Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Lavande

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Capucine
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MessageSujet: Lavande   Jeu 22 Sep - 20:22

- Prend soin de toi, Zackeriel.

La jardinière caressa une dernière fois le visage de son bien-aimé, refoulant les larmes qui menaçaient de couler à tout moment. Elle puisa le peu de courage qui lui restait pour envoyer un sourire éclatant au semi-elfe. Elle ne savait pas pourquoi elle était émotive à ce point, mais elle n’y pouvait rien. Elle savait qu’elle ne le verrait pas l’espace de quelques semaines et elle appréhendait le vide dans son lit que rien ne pourrait combler. La vie perdrait de son éclat durant le périple de son chéri en territoire ennemi, le temps qu’il puisse assister à la cérémonie d’adoubement de sa fille. Ils avaient longtemps planifié de s’y rendre ensemble, afin que la magicienne puisse enfin rencontrer Ishobel… mais la santé de la jeune femme aux yeux comme l’onyx s’était dégradée rapidement au cours des derniers jours. Elle était aux prises avec de violentes nausées à tout moment du jour, surtout le matin. Le couple avait donc décidé qu’il était préférable qu’elle ne voyage pas aussi loin dans son état.

Les amoureux s’embrassèrent une dernière fois, avant que le guerrier ne salue les autres occupants de Magnolia qui étaient venu lui dire au revoir. Capucine lui envoya la main alors qu’il franchissait les portes en fer forgé du domaine. Elle resta plantée là à le regarder disparaître dans la forêt au loin. Elle pinçait les lèvres et serrait les plis de sa jupe au point de blanchir ses jointures. Elle détestait le voir partir, d’être laissée derrière, sans savoir comment il se portait… Elle avait eu si peur pour lui lors de son escapade avec l’apothicaire, qui s’était joué de lui pour voler à la rescousse d’une femme, qu’elle ne savait plus à quoi s’attendre. Elle renifla silencieusement, espérant qu’on ne remarque pas ses joues entièrement trempées. Elle s’ennuyait déjà de Zackeriel et ça ne faisait même pas cinq minutes qu’il avait disparu de son champ de vision.

N’eut-elle à peine le temps de se retourner que son garde-du-corps, ce fidèle Saros, passait un bras autour de son épaule, rapidement suivit par Agrias qui lui prit une main. La magicienne leur murmura un : « Merci. », profitant de leur chaleur pour se recentrer. Elle essuya ses larmes du revers de sa main et passa une main dans le dos de ses compagnons, leur proposant de rentrer à la maison.
-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-

Un voile de brume courait sur le sol de la jardinerie, contournant gracieusement les pieds de Capucine. Celle-ci se tenait devant l’entrée de son domaine et étudiait l’étendue de verdure à l’extérieur de Magnolia. Cela faisait près d’une heure qu’elle n’avait pas bougé, et ce, dans l’espoir de voir une silhouette familière se dessiner entre les arbres. Elle jouait distraitement avec l’ourlet de ses manches. Elle se préoccupait peu du vent frais, celui-ci annonçant de la pluie plus tard en soirée. Des bruits de pas derrière elle la sortirent de ses songes et elle sourit maladroitement au pardusse. Il avait pris l’habitude de venir la cueillir à cet endroit matin et soir, car il était devenu un rituel pour la magicienne de se poster devant les portes en fer forgé pour attendre le retour de son bien-aimé. Elle n’y manquait jamais : c’est ainsi qu’elle commençait ses journées, puis elle venait faire une seconde vérification une fois que tout son ouvrage était terminé. Comment pouvait-elle espérer trouver le sommeil si elle n’avait pas au moins fait l’effort de vérifier l’entrée de son domaine?

- Il ne reviendra pas ce soir, n’est-ce pas? fit-elle, mélancolique. Son sourire trahissait sa déception, car il manquait de sincérité. D’autant plus qu’elle se trainait les pieds en s’éloignant et se retournait à tous les trois pas pour jeter un coup d’œil par-dessus son épaule. Il me manque… murmura-t-elle de façon à peine audible.

-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-

La semi-insecte grogna, puis déposa sa tasse de thé sur la table de bois. Elle se massa ensuite le sternum; ces nausées devenaient de plus en plus envahissantes. Elle craignait constamment de régurgiter son dernier repas. Son humeur prit une tournure sombre dès qu’elle posa son regard sur le meuble qu’avait confectionné son partenaire pour leur premier anniversaire de couple. Il avait passé un nombre incalculable d’heures à travailler sur cette table, qui leur permettait de déjeuner paisiblement à l’extérieur. Elle caressa la surface de bois, se remémorant une panoplie de bons moments passés en compagnie de Zackeriel. Cet homme avait laissé sa trace partout dans la maison, ce qui ravissait sa compagne en temps normal; or, récemment, elle trouvait douloureux d’être rappelée de son absence partout où elle regardait. Elle aurait donné n’importe quoi pour qu’il soit là pour lui caresser les cheveux et lui dire que son mal était passager. Il n’y avait rien comme ses bras, ainsi que ses mots doux, pour trouver le sommeil quand l’insomnie frappait à la porte.

Capucine soupira : elle s’était mise à sangloter sans raison particulière. Elle maudit intérieurement ses sautes d’humeur. Elle avait l’impression de n’avoir aucune constance dans ses émotions depuis quelque temps et ça l’énervait au plus haut point. Elle détestait ne pas avoir le contrôle de ce qu’elle ressentait. Un moment, elle était heureuse parmi ses plantes et, le suivant, elle balançait sa truelle au bout de ses bras parce qu’elle venait de trouver une mauvaise herbe là où il ne devrait pas y en avoir. Ce n’était pas elle de perdre patience de la sorte… Tout comme elle ne se reconnaissait pas dans cette femme pleurnicharde qu’elle était présentement. Certes, elle s’ennuyait de son petit ami, mais ce n’était pas dramatique au point de verser toutes les larmes de son corps.

Elle se massa les tempes : ce devait être la fatigue qui commençait à prendre le dessus. Elle dormait affreusement mal depuis un mois et rien de ce qu’elle faisait ne semblait aider. Des cernes étaient apparues sous ses yeux, enlevant une partie de leur charme. Le pire dans cette histoire était qu’elle ne pouvait s’assoir sur le sofa sans avoir les paupières lourdes… mais pas moyen de faire une sieste lui permettant de récupérer l’énergie nécessaire. Elle était constamment épuisée. Comment pouvait-elle récupérer de tous ces épisodes où elle était malade dans la cuvette si elle ne pouvait avoir ne serait-ce qu’une bonne nuit de sommeil? Il y avait définitivement quelque chose qui se passait avec son corps. De toute sa vie, elle n’avait jamais été malade. Son immunité aux toxines et tout ce qui était négatif pour son corps la gardait généralement en excellente santé… mais voilà qu’elle n’était que l’ombre d’elle-même désormais. Un rapide coup d’œil en direction de sa tasse de thé lui fit lever les yeux au ciel : encore une fois, elle ne serait pas en mesure de la terminer.

La magicienne se releva mais, quand elle vint pour prendre sa tasse, elle dut plutôt s’agripper au rebord de la table. Elle venait d’avoir un moment de faiblesse. Elle trouva la chose inquiétante… Elle était dans un sale état si elle ne pouvait même plus se lever sans risquer de tanguer. Au bout du minute, elle conclut qu’elle était capable de se rendre jusqu’à la cuisine avec sa tasse. Elle déposa cette dernière dans l’évier et se rendit au salon pour parcourir du regard sa collection de livres. Elle devait trouver ce qui lui causait tous ses malaises, car ça ne pouvait clairement pas être… Non, elle n’était pas… L’était-elle?


-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-*-

Plissant les paupières, la maîtresse des lieux se retourna dans son lit. Elle ne savait plus dans quelle position de placer afin de ne plus avoir de douleur à la poitrine. Ses seins étaient extrêmement sensibles et étaient plus gonflés qu’à la normale. Cela faisait un contraste atroce avec la perte de poids vertigineuse qu’elle vivait. Elle avait recouvert tous les miroirs de sa demeure pour ne pas avoir à constater à quel point les vêtements pendaient sur son corps ou comment on pouvait aisément voir ses côtes. Elle vomissait tout ce qu’elle mangeait; elle était incapable de garder un repas dans son ventre. Cela faisait un peu plus d’une semaine qu’Agrias tentait de la nourrir avec des soupes ou des potages, question de faciliter la digestion, mais rien ne semblait fonctionner.

Capucine était désormais prisonnière de sa propre maison : elle avait entièrement cessé de prendre des contrats pour le moment et avait arrêté tout travail il y a trois jours. Elle avait continué de se pousser malgré les étourdissements fréquents, mais ses compagnons l’avaient forcée à mettre fin à ses activités lorsqu’elle avait perdu connaissance un après-midi. Son repos forcé était passé en grande majorité dans son lit. Elle ne pouvait faire autrement, de toute façon.

Elle n’avait donc rien de mieux à faire que de réfléchir à son état et à ce que ça l’impliquait. Elle était enceinte, elle en était persuadée. Elle avait trop de symptômes d’une grossesse pour le nier. Elle s’était toutefois gardée de partager cette information avec Agrias et Saros, ne désirant pas les mettre au courant avant son amoureux. Elle ne savait pas elle-même comment y réagir, d’ailleurs…

Si ce n’avait été de la fatigue, elle aurait probablement été la femme la plus heureuse du royaume… mais elle se sentait si mal qu’elle divaguait. Elle se demandait sans cesse quelle serait l’opinion de Zackeriel à ce sujet. Ils n’avaient, après tout, jamais parlé de fonder une famille. Peut-être n’étaient-ils pas rendus là dans leur relation… D’autant plus que l’ex-contrebandier était déjà père d’une magnifique fille. Il n’était pas impossible qu’il n’ait pas envie d’avoir d’autres enfants. La jardinière se questionnait également quant au désir qu’il aurait pour son nouveau corps. Elle ne serait plus jamais la même après l’accouchement et elle craignait viscéralement de le perdre parce qu’elle n’était plus assez séduisante pour lui. Elle le trouvait si attirant… si parfait de la tête aux pieds… Il pouvait avoir n’importe quelle beauté, alors pourquoi se contenter d’une baleine mauve?

Toutefois, ce qui lui faisait le plus peur dans cette grossesse, c’était sa capacité d’être une mère. Elle n’avait jamais eu personne pour lui montrer l’exemple… À vrai dire, elle n’avait que de mauvais souvenirs de son enfance. Et si elle était incapable de se lier avec son enfant? Sa propre génitrice l’avait abandonnée à la naissance… Qu’est-ce qui lui disait qu’elle ne serait pas aussi distante avec sa progéniture?

La panique suivait généralement ce fil de pensées. Ce fut donc ainsi que la demoiselle au teint de parme se retrouva à mélanger frénétiquement diverses herbes et huiles pour se concocter une potion provoquant une fausse-couche. Elle ne réfléchissait pas à ce qu’elle faisait; l’épuisement brouillait complètement sa logique. Seule la folie se rendait à son esprit : si elle se dépêchait à boire ce mélange, elle avait peut-être une chance de perdre le fœtus avant que son amant ne revienne de son voyage. Elle eut néanmoins un moment d’hésitation une fois qu’elle eut terminé de concocter le breuvage. Elle tenait la petite bouteille dans sa main et la fixait intensément du regard. Devait-elle la prendre? Ou serait-ce mieux de renoncer avant de commettre l’irréparable et mettre fin à une vie qui n’avait même pas eu la chance de commencer?

Expirant bruyamment, Capucine ferma les yeux et leva la potion à sa bouche. Elle frôlant cependant la crise cardiaque quand une main s’abattu sur son bras avec une force incroyable, envoyant la fiole se fracasser au sol. Elle sursauta, mais n’eut pas le temps de porter une main à son corps car, déjà, on l’agrippait par les épaules et on la secouait. Au bout d’un instant, elle parvint à sortir de sa trance et à lever les yeux pour… croiser le regard de bronze du semi-elfe blond. « Z-Zackeriel? » Il lui prit un moment avant de comprendre qu’il lui demandait frénétiquement si elle avait tenté de mettre fin à ses jours avec ce breuvage et, si oui, pourquoi elle était si désespérée alors qu’il n’avait été absent que deux semaines et demie. La jardinière cligna des yeux avant de finalement interrompre son compagnon. « Je n’ai pas… Zack! Je… Je suis enceinte, Zackeriel. » À ces mots, son amant cessa tout mouvement. Il la dévisageait, la bouche grande ouverte. « C’était un mélange pour… pour mettre un terme à la grossesse, je n’allais pas me tuer… Mais…. Mais maintenant que j’y pense, je ne sais même pas s’il aurait fonctionné… » Immanquablement, il lui demanda pourquoi elle avait voulu faire une telle chose, surtout sans lui en parler avant. « C’est mon corps! Et tu n’étais pas là! Je… » La magicienne ne put faire autrement que se mettre à pleurer. Il avait raison : elle ne faisait toujours qu’à sa tête, ne lui laissant jamais la chance de se prononcer sur quoi que ce soit. Elle avait fait la même chose lorsqu’elle lui avait demandé d’emménager avec elle. « Je ne sais pas… J’ai paniqué, d’accord!? Je ne suis pas comme toi, confiante d’être capable d’affronter n’importe quoi. J’ai paniqué. Je ne dors plus… Je vomis tout ce que j’avale… Mes seins et le bas de mon dos me font souffrir… Je passe mon temps à être étourdie ou à perdre connaissance… si je ne suis pas en train de courir à la toilette pour faire pipi aux cinq minutes. Je suis désolée… mais j’ai peur, Zack. J’ai peur que tu ne me trouves plus belle comme avant… Peur que tu partes parce que tu ne veux pas de cet enfant… Peur de… d’être une mère, quoi! »

Elle ne savait pas comment expliquer toutes les craintes infondées qui s’entassaient dans sa tête. Il y en avait tellement qu’il était difficile de n’en choisir quelques-unes pour faire son point. Elle repoussa son amour, qu’elle avait pourtant attendu impatiemment, désirant prendre ses distances… jusqu’à ce qu’elle devienne la tête légère et ait besoin qu’il la rattrape par les bras pour qu’elle ne s’étale pas au sol. Elle sut qu’en glissant une main autour de sa taille, il avait remarqué à quel point elle avait maigrit durant son absence. Peut-être, ainsi, prendrait-il conscience de l’ampleur du malaise de sa bien-aimée et de ce qui l’avait poussée à perdre la tête comme elle l’avait fait. Elle ne pensait pas clairement et c’était de plus en plus évident.
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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Lavande   Ven 23 Sep - 11:59

Sa monture trottait sur le chemin de terre battue alors qu’il bifurquait parmi les arbres. Après plus de deux semaines d’absence, Zack revenait enfin au bercail. Parce que oui, Magnolia était maintenant sa maison! Ça lui faisait étrange de penser de la sorte, lui qui avait adopté l’errance comme mode de vie depuis son départ des Lames Pourpres. Son séjour en Alombria s’était passé comme un charme et la traversée des lignes s’était beaucoup mieux déroulée qu’il ne l’aurait initialement cru. Les soldats surveillant le territoire étaient épuisés de cette guerre qui n’en finissait plus et certains avaient relâché leur vigilance… d’autres étaient facilement achetables avec une petite somme d’argent. Le semi-elfe était franchement fier de sa fille qui avait gradué au titre d’écuyère avec brio. Son maître semblait quelqu’un de bien… et d’agréable, il devait l’admettre! Mais même si son séjour dans la capitale ennemie s’était déroulé sans anicroche, il devait admettre qu’il avait hâte de retrouver ceux qui, pour lui, étaient les membres de sa nouvelle famille.

Le vent frais de l’automne lui fouettait le visage et il resserra sa cape autour de ses épaules. C’était fou à quel point la température s’était rafraîchie ces derniers jours! Il y a environ une semaine, il était encore en tunique à manches courtes, pendant qu’il assistait à l’adoubement de sa fille… Il avait donc troqué sa tenue un peu plus estivale pour un pantalon épais couleur terre, des bottes solidement lacées d’une teinte plus foncée, une chemise bleue royale en coton à manches longues et un veston sans manches noir doublé à l’intérieur en fourrure de lièvre. Des gants de cuir ceignaient ses mains et sa traditionnelle cape grise recouvrait ses épaules. Les feuilles des arbres avaient commencé leur chute et d’ici une semaine ou deux, les immenses feuillus seraient totalement dépourvus de leur parure colorée. Un bon thé et un repas chaud lui feraient le plus grand bien, une fois arrivé à destination. Il avait tellement hâte de revoir Capucine! Il avait pensé à elle constamment pendant son séjour à l’étranger. Il se remémorait sans arrêt le moment de leur départ : le baiser qu’ils s’étaient échangé était chargé d’émotion. Enfin, si Zack était plutôt déçu (même s’il ne l’avait jamais admis) que sa petite amie ne le suive en rien dans son périple, il avait toutefois perçu l’émotion qui avait teinté sa magnifique voix. Elle avait trouvé leurs « au revoir » plutôt difficiles, il le savait. Heureusement que son voyage n’était pas très long!

Portant une main vers la poche de son veston, Zack tâta une petite boîte du bout des doigts. Le simple fait de penser à ça faisait naître un sentiment d’excitation et d’angoisse au fond de lui. Il avait mis un temps fou à trouver ce qu’il cherchait! Après trois ans de vie commune, l’idée de s’unir à Capucine lui avait traversé l’esprit à maintes reprises. Certes, tout ça s’avérait un risque pour la belle magicienne, compte tenu de sa réputation auprès des autorités de Shola… Mais il avait décidé de ne plus vivre dans la crainte de subir quelconques représailles. Si la jeune femme acceptait sa demande, elle le ferait en étant pleinement consciente de sa situation. Il avait profité de son voyage en Alombria pour magasiner cette bague. Puisqu’il n’était pas très connu là-bas, ça lui avait permis de pouvoir chercher la perle rare en toute quiétude. Il devait trouver une bague raffinée, délicate et exotique, tout comme la femme qui la porterait. Il voulait quelque chose à l’image de sa future femme, rien de plus, rien de moins. Elle n’avait pas besoin d’immenses diamants ou de pierres précieuses spectaculaires; ce n’était pas son style et puis, il n’avait pas nécessairement les moyens d’acheter quelque chose dignes des princesses de Shola. Zack y était donc allé avec la simplicité, mais y avait mis beaucoup de cœur. Son choix s’était arrêté sur une bague d’or blanc surmontée d’une perle nacrée en provenance des côtes d’Alombria. Quelques minuscules saphirs entouraient la bague, rappelant l’élément marin que contrôlait Capucine. Le bijou était composé de fioritures élégantes rappelant un peu une plante grimpante. L’aspect général de l’anneau était directement inspiré de l’art elfique, simplement parce que Zack chérissait particulièrement cette partie de ses origines [le look de la bague, ici]. Il avait d’excellents souvenirs de ses visites dans la cité natale de sa mère, l’endroit étant essentiellement composé d’elfes et étant situé dans une forêt dense non loin des côtes sholiennes.

Ses doigts trituraient donc la petite boîte de bois et un doute l’assaillit soudainement. Allait-elle aimer le bijou? Peut-être aurait-il dû choisir quelque chose de plus éclatant finalement… Et si elle décidait finalement qu’elle ne désirait en rien s’encombrer d’un criminel pour le restant de ses jours? Il n’aurait jamais dû suivre Uriel lorsqu’il avait quitté la garde sholienne… Les choses auraient été probablement différentes et beaucoup plus simples! C’était bien la première fois de sa vie, d’ailleurs, qu’il regrettait d’avoir suivi son jumeau. Bah, il fallait se ressaisir! Ce n’était pas lui de douter de la sorte! Normalement, il était sûr de lui et pensait APRÈS avoir agi, jamais avant. Ça ne lui faisait pas bien d’être plus réfléchi, visiblement… Les portes de fer forgé apparurent enfin au bout du chemin, ultime barrage qui l’empêchait d’accéder au domaine. Zack relâcha la boîte de bois, puis tira doucement sur les rênes de son étalon brun afin de le stopper sur place. Il descendit de monture et guida l’animal à sa suite alors qu’il défaisait le loquet de la porte pour entrer dans la jardinerie. Il referma derrière lui et progressa sur le chemin quand il vit un immense gaillard se diriger dans sa direction. Avec un sourire amusé, Zack vit Saros arriver à sa rencontre, fidèle à lui-même, avec des expressions de joie. Le semi-elfe se fit étreindre par le colosse et sentit sa colonne craquer sous la démonstration d’affection. Bon sang!! Il ne contrôlait toujours pas sa force! « Moi aussi je suis franchement heureux de te revoir, Saros », fit-il d’une voix rauque en reprenant son souffle. La petite Agrias eut tôt fait de les rejoindre et Zack lui fit également une accolade. C’était lui où il avait encore l’impression qu’elle avait grandi? Ils lui demandèrent s’il avait fait bonne route, ce à quoi il se fit un plaisir de leur raconter son voyage. Le trio se dirigea en direction de la petite écurie du domaine et le guerrier fut surpris de constater que Capucine n’était nulle part. N’était-elle pas ravie de le revoir? Il questionna ses compagnons qui se jetèrent un regard incertain. Quoi? Qu’est-ce qui se passait? Agrias lui révéla que Capucine se reposait dans sa demeure et que les deux dernières semaines avaient été plutôt difficiles pour elle. Visiblement, son état ne s’était pas vraiment amélioré depuis son départ. Et merde. L’inquiétude le prit d’assaut et, constatant sa presse de revoir sa bien-aimée, Saros lui somma de déguerpir, prétendant qu’il allait s’occuper du destrier.

Zack le remercia, lui flanqua une claque amicale dans le dos, puis tourna les talons, se dirigeant vers la demeure qu’il partageait avec sa future femme (parce que oui, il l’appelait déjà comme ça dans sa tête). Depuis le temps où il avait mis les pieds la première fois dans la jardinerie, le semi-elfe avait trouvé la faculté de s’orienter plus facilement dans ce domaine qui n’en finissait plus. Enfin… ça, c’était quand Capucine ne s’amusait pas à ses dépens à tout déplacer juste pour le mélanger, ce qui arrivait également lorsqu’elle était furieuse contre lui et lorsqu’elle s’emmerdait. Ah… Au moins, il la faisait rire. Une fois à la hauteur de la demeure principale, il poussa la porte puis s’avança dans le hall. Il s’arrêta soudainement, recula jusqu’à l’entrée, retira ses bottes (avant de se le faire reprocher) puis reprit sa progression dans la sublime maison. Son premier réflexe était d’aller voir dans la chambre des maîtres, à l’étage, sachant que sa bien-aimée se reposait, mais des bruits frénétiques de verre et de mortier en provenance de la cuisine attirèrent son attention. Il se détourna donc de sa destination initiale, puis s’avança silencieusement dans les couloirs pour déboucher dans la pièce en question. Capucine était au milieu de la place, une fiole remplie d’un liquide étrange entre les mains. Tout autour d’elle se trouvait un foutoir impressionnant (surtout compte tenu de la propreté presque maladive qu’elle se faisait un point d’honneur de conserver) signe qu’elle avait travaillé avec frénésie et probablement une pointe de panique. C’était quoi cette mixture… Elle allait boire ça?! Est-ce que c’était du poison?!! Bordel de merde, à quoi elle jouait!?!

Le semi-elfe s’élança aux pas de course puis agrippa le bras de sa petite amie avec vigueur, la forçant à laisser tomber la fiole de verre qui se fracassa au sol. Dans un mouvement vif, il la fit pivoter sur elle-même pour qu’elle lui fasse face et il la secoua un peu par les épaules.

- Mais qu’est-ce que tu fais, merde?! S’écria-t-il à la fois paniqué et furieux. Avaler du poison!! Es-tu complètement tombée sur la tête?! La jeune femme semblait surprise de le voir là, dans un tel état. Je pars un peu plus de deux semaines et je te retrouve sur le point de mettre fin à tes jours! Deux petites semaines, Capu! Tu me fais donc si peu confiance??? Tu as réellement peur que je te quitte et ne reviennes jamais?!? Arrête ça immédiatement, je ne peux pas vivre en pensant que, chaque fois que je te quitte pour quelque temps, tu risques de te tuer dans un élan dramatique quelconque! Il va falloir… Et elle l’interrompit enfin dans sa litanie pour lâcher la plus grosse bombe de l’univers. Enfin, à ses yeux à lui. En… Enceinte? Répéta-t-il, incrédule. Il cligna des yeux à plusieurs reprises et écouta les propos de la jeune femme sans trop réellement saisir ses propos. Il fallait dire qu’il avait du mal à assimiler le fait qu’il allait être père pour une deuxième fois.

Ainsi… elle voulait mettre un terme à sa grossesse, comme ça, sans qu’il ne soit au courant? « Et m’en parler, ça ne t’es jamais venu à l’esprit? » lança-t-il du tac au tac. Il n’était pas furieux, seulement stupéfait qu’elle agisse de la sorte sans songer ne serait-ce qu’un instant à lui. Évidemment que c’était son corps à elle, il le comprenait! Mais il fallait être deux pour faire un môme, aux dernières nouvelles! C’était ce manque de considération qui l’énervait le plus, tout comme le manque de confiance envers lui dont elle faisait preuve parfois, sans trop s’en rendre compte. Il n’eut pas le temps de réagir davantage que la magicienne éclata en sanglots. Elle se justifia, déclarant qu’elle n’était pas comme lui, confiante dans la vie, sans peur et fonceuse. Oh si elle savait : il était loin d’être totalement sûr de lui, dans la vie. C’était simplement une image qu’il projetait. Il l’écouta jusqu’au bout, la laissant vider son cœur de toute l’angoisse qu’elle y avait visiblement accumulée en 18 jours d’absence de sa part. Il ne broncha pas. Elle le repoussa sans plus de cérémonie. Par peur ou par frustration contre lui, il n’en avait aucune idée. Elle fit quelques pas, puis tangua dangereusement. Sans un mot de plus, le semi-elfe l’attrapa en vol et en glissant une main autour de sa taille, sentit ses côtes proéminentes. Bon sang, elle avait maigri! Il n’était pas expert en la matière, mais il avait certaines connaissances et savait qu’une perte de poids significative était non seulement nocive pour la mère, mais pouvait également être très dangereux pour le petit qu’elle portait. Il n’avait pas le temps de réfléchir ou de s’étendre davantage sur ses propres angoisses : il devait s’occuper d’elle.

Sans plus attendre, il la souleva du sol et l’incita à s’étendre sur le fauteuil. Il tourna les talons, revint vers la cuisine, tassa le foutoir qui s’y trouvait et prit une tasse de porcelaine. Il immergea celle-ci dans un baril d’eau fraîche et revint vers Capucine. Il s’agenouilla à ses côtés et l’aida à boire. Son cerveau fonctionnait à des milles à l’heure, puisant dans sa mémoire pour trouver de l’information qui pourrait être utile dans un cas comme celui-ci. Il se remémorait les trois années qu’il avait passées dans le désert, après la mort de Saoirse [voir en référence le premier saut, ici, premier poste plus précisément], où il avait été hébergé par une gentille dame nommée Raya. Elle était sage-femme de profession et avait un don tout particulier avec les poupons et les femmes enceintes. Zack n’avait jamais assisté à son travail en tant que tel, mais il avait vu nombre de femmes venir la consulter pour soulager leurs maux reliés à la grossesse. Oh il était loin d’être un expert en la matière, mais il avait retenu quelques trucs dont il avait été témoin. Puisqu’aucune femme n’était pareille, il espérait que quelques trucs pourraient soulager un peu sa douce moitié.

- Tu dis que tu ne dors plus la nuit, c’est ça? Demanda-t-il doucement en touchant le front de la femme mauve parme, soucieux qu’elle ne fasse de la température, vu son sale état. Alors tu devras t’imposer des siestes régulières. Matin, midi, soir. Tu auras l’impression de dormir tout le temps, mais la fatigue accentue les nausées, expliqua-t-il ensuite. J’ai vu que tu avais avalé du thé. À quoi? L’idéal c’est le gingembre, il paraît. Ça aide l’estomac. Il prit la tasse vide qu’elle avait entre les mains et s’éloigna pour la porter dans la cuisine. Pendant un temps, laisse tomber les soupes, bouillis et mijotés, continua-t-il en revenant vers elle. Il semblerait que les odeurs soient ce qui incommode le plus, je ne sais pas si c’est ton cas…? Les repas froids dégagent moins d’odeurs et seront moins susceptibles de t’inciter à vomir. Je m’occuperai de la cuisine pour un temps, te garder loin de la préparation des repas devrait t’aider. Normalement, les nausées s’estompent avec le temps, alors ce n’est qu’une phase. C’est déjà ça de positif.

Il s’agenouilla près d’elle et remarqua la façon dont elle le regardait. Stupéfaite, incrédule même. Il esquissa un sourire amusé.

- J’ai énormément voyagé, Capu, fit-il doucement en réponse à son expression interrogative. Or, j’ai vécu trois ans dans le désert dans la chaumière d’une gentille dame qui était sage-femme. J’ai simplement retenu quelques brides de conseils qu’elle donnait parfois aux futures mères qui venaient la voir aux prises avec des symptômes similaires. Je ne sais pas quoi faire pour les pertes de conscience et tes douleurs au buste, par contre. Je suppose que bien t’alimenter et dormir aidera une partie du problème. Puis, son expression fut un peu plus sérieuse. Ne fait plus ça, Capu… Je ne veux plus voir ce genre de mixture près de toi, compris? Je comprends tes craintes et ta peur. Et une chose est certaine, tu ne me répugneras jamais. Même lorsque tu seras enceinte jusqu’aux oreilles et que tu seras ronde comme un ballon. Enlève-toi ça de la tête immédiatement. En fait, tu n’as jamais été plus belle que maintenant… Malgré tes soucis de santé, tu es radieuse. Quand comprendras-tu enfin que je t’aime plus que je ne m’aime moi-même?

C’était l’un effet de la grossesse sur les femmes : les cheveux plus soyeux, la peau plus claire… Il se pencha vers elle, posa un baiser sur ses lèvres tendrement puis se redressa. Il lui demanda de rester là à se reposer pendant qu’il irait se changer à l’étage. Son pantalon sentait le cheval et ses vêtements étaient empoussiérés par la route. Il se détourna d’elle et se dirigea vers l’escalier qu’il gravit quatre à quatre. Ce n’est qu’une fois à l’étage, quand il entra dans leur chambre, qu’il laissa libre court à ses pensées. Encore en fois, il avait preuve de sang-froid et de droiture devant son amoureuse, mais il était terrifié, lui aussi! OH BON SANG. Il allait être papa une deuxième fois!! On aurait pu croire qu’il aurait été habitué à ce statut, mais bien au contraire! Il avait connu Ishobel alors qu’elle n’était âge que de 8 ans!! Chlomidea avait fait tout le boulot et lui, n’avait rien eu à faire! Il n’avait pas la moindre idée de comment s’occuper d’un bébé, il avait seulement quelques notions sur la grossesse! Son cœur se débattait en fou. Il déposa son paquetage au sol. Retira sa cape qu’il accrocha à une patère aux côtés de son veston doublé et jeta ses gants sur une commode. Il retira sa chemise puis, prit d’un élan de panique, se précipita vers le balcon. Il défit frénétiquement le loquet puis ouvrit la porte vitrée toute grande, laissant l’air froid d’automne s’engouffrer dans la chambre. Il appuya ses mains sur la balustrade et se pencha vers l’avant, la tête penchée vers le plancher du balcon. Il prit de grandes inspirations dans l’espoir de reprendre contenance. Il était un criminel, recherché partout à travers le pays… Cet enfant naîtrait avec une étiquette sur le dos dont il n’était pas responsable! Le bébé n’avait rien demandé, lui! On le jugerait et si les Lames Pourpres venaient à connaître son existence, ils tenteraient probablement de lui mettre la main dessus. La petite voix d’Ishobel résonna dans son esprit : « On ne fait pas de bébés si on n’est pas capable de s’en occuper ». Elle avait tellement raison. En serait-il capable? Capucine se fiait à lui. Elle avait besoin qu’il soit fort. Il ne pouvait montrer aucun signe de faiblesse sous peine de la voir s’écrouler devant ses yeux. Il devait ravaler son inquiétude, son angoisse, et être aussi inébranlable que la pierre… pour elle et pour le bébé à venir. Il devait être… comme son père l’avait été avec lui-même. Merde, il n’était plus un gamin! Il devait se ressaisir. Pour la première fois depuis des lustres, il eut une pensée pour sa mère. Comme il aurait voulu qu’elle soit là, en ce moment, pour lui faire comprendre que tout irait bien!

- Ressaisis-toi, merde… jura-t-il entre ses dents à sa propre intention.

Il n’avait pas le droit à la peur. Pas le droit à l’incertitude, ni au doute. Il en allait du bien-être de Capucine. Pourtant, ça ne lui empêcha pas de se retourner vivement en sursautant qu’il entendit la voix claire de sa petite amie l’appeler. Elle se tenait dans l’embrasure de la fenêtre vitrée. Son regard était indéchiffrable. Ça faisait combien de temps qu’elle était là?! Elle lui demanda pourquoi il était à l’extérieur, dans cet accoutrement, à une température aussi fraîche. « Bin… ça ne paraît pas, mais mes fringues de voyage sont terriblement chaudes! Je voulais juste… me rafraîchir avant de redescendre! Mais toi, tu ne devais pas te reposer en bas? Ne t’inquiète pas, tout va bien. Tu devrais t’étendre, je m’occupe de tout. ». Il passa à côté d’elle pour rentrer dans la chambre, mais arrêta net sa progression alors qu’il sentit sa main lui saisir le bras. Il déglutit péniblement. Elle ne devait pas s’inquiéter pour lui… il allait se ressaisir.

Il était un homme après tout… et un homme, ça ne pliait jamais.

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Capucine
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MessageSujet: Re: Lavande   Sam 24 Sep - 19:36

La jeune femme au teint de parme aurait voulu demeurer immobile un instant, car c’était habituellement ce qu’elle faisait après un épisode d’étourdissement comme elle venait de vivre. Son partenaire avait cependant d’autres plans pour elle et, elle devait l’admettre, ils étaient sans doute mieux que ce qu’elle avait en tête. Elle pleura donc silencieusement alors qu’il la portait vers le fauteuil. Elle n’avait pas la force de se démener de toute façon… Elle passa une main dans sa douce chevelure tandis que Zackeriel allait lui chercher de quoi à boire. Elle n’était pas certaine d’être en mesure de boire l’eau qu’il lui amenait, mais elle fit un effort… pour lui. Elle lui devait bien ça après la scène qu’elle venait de lui faire dans la cuisine.

Elle voulut sourire lorsqu’il vérifia sa température, mais son expression sortit davantage comme une moue qu’une affirmation de bonheur. Elle se contraint à acquiescer au sujet de son insomnie. C’était un vrai calvaire de ne jamais avoir le repos dont elle avait pourtant besoin, elle qui portait une nouvelle vie dans son ventre. Par la suite, elle écouta la suite des recommandations de son bien-aimé, les yeux mi-clos. « Tu sais que tu me demandes de ne rien faire de mes journées…? » Ses propos étaient un synonyme de : « Prépares-toi à m’y forcer, car je ne risque pas de t’obéir autrement. » Elle était têtue et éprouvait beaucoup de difficulté à rester en place. Ce n’était que par force de cas majeur qu’elle n’avait rien fait dernièrement. Elle but les dernières gorgées de sa tasse d’eau, s’étonnant elle-même de la soif qu’elle n’avait pas remarqué qu’elle avait.

Elle soupira, avant de souffler : « Jasmin. » en guise de réponse à la nouvelle question du guerrier. Il s’agissait de son thé favori, ainsi qu’une des rares choses qu’elle ne vomissait pas dix minutes après l’avoir avalé. Elle leva les yeux au ciel quand son petit ami lui fit remarquer que le gingembre était mieux adapté à sa situation. Elle n’avait pas l’habitude de se faire dire quoi faire… surtout qu’elle connaissait déjà les propriétés du gingembre… Elle n’avait simplement pas eu envie d’en boire tout à l’heure. Elle masqua toutefois sa pointe d’exaspération en essuyant le restant de ses larmes. La présence de son amour avait réussi à la calmer un peu.

Elle se pinça les lèvres pour éviter de rire à imaginer son Zackeriel faire toute la cuisine. Elle ne doutait pas de ses talents culinaires, loin de là, mais l’idée de le voir faire l’homme à la maison l’amusait. Elle avait plutôt hâte de se faire traiter aux petits oignons, finalement… mais il y avait une chose qui l’embêtait : quand avait-il prit le temps de se renseigner sur les symptômes de grossesse et comment y voir? À son souvenir, et elle avait une excellente mémoire, ils n’avaient jamais eu LA discussion… Il ne pouvait quand même pas avoir anticipé secrètement de la mettre enceinte, pas vrai? Il était bien trop franc et direct pour planifier ce genre de coup secrètement. Il lui en aurait parlé, s’il voulait des mômes. Il était comme ça : il partageait tout avec elle… Ce qu’elle devait apprendre à faire avec lui si elle voulait que leur relation perdure… Et il n’y avait rien qui ne pourrait lui faire plus plaisir au monde.

Le semi-elfe dut lire la question sur son visage, car il s’empressa de justifier ses connaissances sur son passé dans le Désert. À cela, Capucine ne savait trop que dire… Elle était surprise, c’était certain, mais également ravie qu’il partage cette petite tranche de vie avec elle. Après tout, elle faisait toujours attention de ne pas trop le questionner sur son passé puisqu’elle voulait qu’il s’ouvre à elle quand il en avait envie, et non parce qu’il se sentait obligé de le faire. Elle respectait les cicatrices qu’il gardait cachées; elle avait fait la même chose pendant si longtemps.

- Je te dirais bien de le masser… or, je crois que ce serait plus douloureux que plaisant pour moi… rétorqua-t-elle face à son incertitude sur ce qu’il pouvait faire pour alléger la douleur de son buste.

Elle avait essayé de détendre l’atmosphère, mais elle se rendit compte assez rapidement que ça n’avait pas fonctionné… puisque son amoureux lui reprochait d’avoir tenté de mettre fin à sa grossesse sans qu’il ne soit même au courant de l’affaire. Elle sentit sa paix intérieure s’évaporer face aux propos affectueux de l’ex-contrebandier. Elle était profondément touchée qu’il tienne autant à elle, sans toutefois ignorer qu’il la mettait en garde de modifier son comportement.

- Je suis désolée… fit-elle d’une voix étranglée. Je t’aime aussi, tu sais…

Elle était trop émue pour en dire davantage. Elle apprécia infiniment le tendre baiser qu’il déposa sur ses lèvres. Elle sentit un poids s’enlever de ses épaules : il ne partirait pas sous l’effet de la colère. Elle avait alors une chance de se rattraper pour sa bêtise. Elle hocha de la tête, déterminée à lui obéir cette fois, puis ferma les yeux. Malheureusement, son cerveau ne fonctionnait pas ainsi. Un mélange de soulagement de le savoir de retour et de culpabilité de lui faire endurer une telle épreuve dès son retour se tiraillait dans le cœur de la jardinière. Elle s’en voulait profondément de ne pas avoir eu la force de patienter à peine quelques minutes de plus. Elle ne pouvait pas laisser les choses comme ça!

Capucine se releva avec précaution et monta lentement les escaliers. Elle se rendit tranquillement à la chambre des maîtres et fronçât des sourcils à remarquer la brise fraîche qui émanait de la porte ouverte. Elle s’approcha prudemment du balcon, mais son instinct lui disait de ne pas franchir le seuil de la porte. Son bien-aimé ne l’avait clairement pas entendue entrer dans la pièce; il se croyait seul. La semi-insecte sentit son cœur se briser légèrement quand il se dit qu’il devait se ressaisir : elle était celle qui avait mis cet homme dans un tel état de détresse. C’était entièrement de sa faute s’il était obligé de se donner des airs forts. Elle se mordit la lèvre inférieure. C’était injuste de lui mettre autant de pression… Elle referma son peignoir très simple, un morceau de coton ivoire avec un motif de fleurs de lotus de couleur sable dans le bas et au bout des manches. (Elle veillait seulement à ne pas se faire surprendre toute nue par Agrias ou Saros, s’ils devaient se décider à venir faire une visite surprise afin de jeter un œil sur son état.)

- Zackeriel, que fais-tu là? Tu vas attraper froid, surtout habillé de la sorte, tu ne crois pas? Reviens à l’intérieur, veux-tu? Elle saisit le bras de son partenaire au passage, décidée à ne pas le laisser filer entre ses doigts après qu’il lui ait sorti une excuse bidon. Je te connais mieux que ça, Zackeriel… Elle leva son regard noir vers son visage exténué par les dernières minutes. Nous devons parler… Je suis tellement désolée, tu sais. Je ne voulais rien de plus que de te faire l’amour dès ton retour, me lover dans tes bras et me dire que la vie est belle à tes côtés… Mais je ne suis pas en état de le faire. Me laisseras-tu au moins me reprendre?

Elle pencha la tête sur le côté, attendant patiemment qu’il acquiesce à sa demande. Elle l’entraîna vers le lit et sourit à l’observer placer les oreillers pour qu’elle soit confortablement assise. Elle prit alors place sur les couvertures et tapota sur le matelas pour que son amant siège à ses côtés.

- Alors, dis-moi comment était ton voyage?

Elle vit qu’il était confus qu’elle change subitement de sujet, mais elle ne démordrait pas du sujet de conversation. Elle voulait lui faire l’accueil qu’il aurait dû recevoir tantôt. Il n’eut d’autre choix que d’obtempérer et relater tout ce qu’il avait fait à Alombria. De temps à autres, la jardinière hochait de la tête. Elle cligna des yeux et, quand elle les rouvrit, son petit ami avait disparu. Paniquée, elle se redressa vivement. Elle ne l’avait pas halluciné, toujours? Non, elle devait avoir rêvé… mais tout lui avait semblé si réel. Elle chercha frénétiquement des yeux un signe quelconque de la présence de son compagnon, mais s’arrêta sur une assiette de fruits des champs sur la table de chevet. Tiens, elle ne se souvenait pas de ça… Peu importe, ce n’était pas ce qu’elle voulait voir! Elle tourna la tête et vit enfin la cape du semi-elfe, en plus de son veston et ses gants. Que Parandar soit loué! Il était bel et bien dans la maison!

La maîtresse des lieux se laissa retomber sur ses oreillers. Elle pouvait se détendre. Par la suite, elle prit une poignée de bleuets… et sut dès la première bouchée qu’elle venait de trouver le fruit magique! Ce devait être la grossesse qui lui faisait apprécier le goût aussi intensément que son partenaire de vie, car elle les dévora tous en moins d’une minute. Oh, elle mangea aussi les autres baies dans l’assiette, mais aucune autre n’avait eu l’effet d’une révélation pour elle.

Ce fut à la suite de cette collation qu’elle descendit au rez-de-chaussée et elle constata que Zackeriel avait nettoyé le bordel qu’elle avait semé dans la cuisine. Il n’y avait plus la moindre trace de verre cassé sur le plancher. Un rapide coup d’œil confirma toutefois à la jeune femme à la peau mauve qu’elle n’avait pas perdu la journée à dormir. Elle devait s’être assoupie une heure ou deux, tout au plus. « Merci, mon amour. » susurra-t-elle à son petit ami en déposant l’assiette sur le comptoir. Fidèle à lui-même, il la souleva du sol et voulut la ramener au fauteuil… sauf qu’il n’avait pas prévu que sa compagne se sentait infiniment mieux qu’à son arrivée. Aussi bien qu’elle s’accrocha à lui comme si sa vie en dépendait. Elle avait passé les bras autour de son cou et refusait de lâcher prise. Elle enroula même ses jambes autour de la taille du semi-elfe, qui éclata de rire devant ce comportement enfantin. « Non! » s’opposa gaiement la jardinière. Il n’y avait rien à faire, elle n’irait pas sur ce fauteuil. Elle eut néanmoins la « gentillesse » de donner un élan à son prisonnier pour se relever à l’aide de son pied. Elle ne tarda pas à retrouver sa position initiale, faisant glousser son partenaire. « Je ne te lâcherai plus jamais! » décréta-t-elle, riant elle-même à n’en plus finir. Puis, elle se mit à couvrir son homme de baisers. Elle ne le laissait pas en placer un seul.

Au bout d’un moment, le guerrier se laissa choir sur le divan, ce qui permit à sa belle de se blottir contre lui. Elle l’embrassa tendrement, cette fois, avant de placer son oreille par-dessus son cœur. Il n’y avait pas plus beau son que le battement du cœur de son amoureux. Elle se plaisait souvent à l’écouter. Ensuite, elle caressa le torse de l’ex-contrebandier, reprenant son sérieux.

- Ne te cache plus de moi, Zackeriel, d’accord? Parle-moi, plutôt, comme tu veux que je le fasse avec toi. Et puis, nous ne pouvons éviter de discuter de l’en… de notre futur enfant. Elle pouvait entendre le cœur du semi-elfe qui s’était mis à battre follement sous son oreille. Je sais que je n’ai pas ta force d’esprit… ni physique, soyons francs… mais ne pense pas que je ne peux pas être là pour toi. Je veux te supporter aussi, Zack. Elle avait décidé d’utiliser le diminutif du nom de son petit ami puisqu’elle trouvait ça plus intime. Je ne t’en veux pas de paniquer… J’ai eu la même réaction lorsque j’ai enfin compris ce qui se passait avec moi. Or, j’ai tout gardé ça en-dedans… et on a bien vu ce que ça l’a donné Elle eut un rire honteux et silencieux. Elle n’était pas fière de ce qu’elle avait failli faire… Je veux savoir ce que tu en penses, que tu me dises ce que tu ressens et que tu partages tes craintes avec moi. J’en ai déduit tout à l’heure que tu tiens à garder cet enfant et ça me fait plaisir, vraiment. Tu feras un père merveilleux. Je n’aurais pu demander de plus beau cadeau de ta part aux dieux, même si j’ai atrocement peur d’être la pire mère du monde. J’ai peur de ne pas avoir d’attachement à cet enfant… Je veux dire, si ma mère m’a abandonnée… S’il y a une partie de cette femme en moi, y a-t-il une possibilité que je sois aussi froide qu’elle? Enfin… J’aimerais parler de la grossesse avec toi maintenant, même si ce n’est pas le moment idéal. Ça ne sert à rien de remettre ça à plus tard… Ça ne serait qu’un éléphant dans la pièce à chaque fois que nous serons ensemble. Je ne crois pas qu’il y ait de bon moment pour cette discussion, à vrai dire… Et puis, j’aimerais bien que nous puissions annoncer la nouvelle à nos amis… Car je ne voulais leur en piper mot avant que tu ne le saches toi-même.
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MessageSujet: Re: Lavande   Lun 26 Sep - 20:14

Il était figé sur place, regardant droit devant lui. Il ne voulait pas contribuer à l’angoisse générale de Capucine. Elle avait besoin de sérénité, de repos (beaucoup) et de savoir qu’elle pouvait compter sur lui. Un amoureux pleurnichard et anxieux ne lui serait d’aucune utilité. Le semi-elfe se raidit alors qu’elle déclarait le connaître assez pour ne pas tomber sous la supercherie. Le brigand n’avait plus de secrets pour elle et elle pouvait aisément lire en lui. En fait, la seule autre personne à le connaître autant – sinon plus – n’était nulle autre qu’Uriel lui-même. Il poussa un soupir et tourna ses yeux airains en direction de sa bien-aimée qui semblait plus qu’exténuée. Elle s’excusa de ne pas avoir pu l’accueillir comme il se devait et il secoua doucement la tête. « Ne le sois surtout pas, Capu » fit-il doucement. Elle lui demanda alors s’il lui permettrait de se reprendre et il hocha de la tête de façon positive. Il se dirigea ensuite vers le lit, replaça les oreillers afin que le tout soit le plus confortable possible pour elle et il laissa la magicienne s’étendre. Après qu’elle lui ait fait signe, le semi-elfe vint s’installer près d’elle. Il entoura ses frêles épaules de son bras et la lova contre lui.

- Très bien, je dois l’admettre, commença-t-il après un moment de surprise et d’hésitation en réponse à sa question. Traverser les lignes a été un véritable jeu d’enfants. Les soldats sont épuisés et leur vigilance en est diminuée. Pour le reste… rien de mieux qu’un bon vieux pot de vin. Il grimaça devant la mine à demi outrée de sa compagne. Bah quoi? C’est une pratique comme un autre! Sinon, l’adoubement d’Ishobel était franchement bien. Elle rayonnait sur l’estrade. J’ai rencontré son maître, une certaine Adelyn d’Alombria. Une femme brillante et vive d’esprit. Évidemment, il omit volontairement de dire qu’elle était plutôt jolie. Ça ne valait pas la peine d’inquiéter Capucine outre mesure. Ishobel sera entre de bonnes mains.

Il continua son récit, parlant de l’endroit où il avait logé et des marchés qu’il aimerait bien fréquenter en sa compagnie. Il déblatéra sur les nombreux étalages exotiques qui pourraient très certainement intéresser la magicienne vu les nombreux trésors qu’ils recelaient. Il baissa la tête pour voir son expression et gloussa en constatant qu’elle s’était endormie alors qu’il lui parlait. Oh, il ne lui en tenait pas rigueur : il savait à quel point elle était épuisée. Il se pencha donc en sa direction, embrassa le dessus de sa tête et se retira doucement pour ne pas la réveiller. Il agrippa ensuite une jetée en laine déposée sur un fauteuil tout près et la couvrit afin d’éviter qu’elle ne prenne froid. Zack tourna alors les talons et se dirigea vers la commode qu’il ouvrit doucement, se saisissant d’une chemise blanche à manches longues qu’il enfila. Il passa ensuite près de la patère, enfonça sa main dans la poche de son veston et sortit la petite boîte de bois qu’il fourra ensuite dans la poche de son pantalon… Au cas où il se déciderait sur un coup de tête à faire sa demande plus vite que prévu. Il sortit ensuite de la chambre et ferma la porte doucement derrière lui.

Il passa l’heure suivante à remettre de l’ordre dans la maison, commençant par ramasser la cuisine et par tout nettoyer sur son passage, s’attardant quelques minutes sur le dégât de verre qui trônait sur le sol. Il fit un peu de ménage au salon également puis une idée lui traversa l’esprit. Il prit un panier d’osier et monta à l’étage pour se rendre à la serre intérieure. Il alla cueillir une quantité assez impressionnante de petits fruits et s’attarda plus que prévu sur la talle de bleuets. En fait, il en profita pour bouffer allègrement plusieurs de ces petits fruits sucrés avant de redescendre à l’étage avec son paquetage. Il prépara un assortiment impressionnant dans une jolie assiette, puis remonta à l’étage. Il se glissa subtilement dans la chambre et fut heureux de constater que sa belle dormait toujours. Il déposa l’assiette sur la table de chevet et ressortit, sur la pointe des pieds. Si la chance était de son côté, elle mangerait un peu à son réveil. D’ailleurs, il profita de ce moment de tranquillité pour se diriger vers la porte d’entrée. Il enfila ses bottes et sortit à l’extérieur en simple chemisier malgré le froid. Il se dirigea vers un cabanon extérieur dans lequel se trouvaient des légumes racines qui devaient être conservés dans un endroit sec et frais. Une fois à l’intérieur, il se dirigea vers l’armoire du fond et trouva rapidement un amoncellement impressionnant de racines de gingembre. Il en cassa un morceau qu’il enfourna dans sa poche droite. Il sortit ensuite de la remise pour se rendre à un amoncellement de bois cordé qu’il avait lui-même fendu avec la précieuse aide de Saros (le bougre avait un talent incroyable pour trancher du bois! Même l’essence d’érable ne lui offrait à peu près pas de résistance!). Il se saisit d’un caisson et le remplit de rondins à pleine capacité avant de rentrer enfin à l’intérieur.

Une fois dans le hall, il retira ses bottes puis se dirigea vers le salon où se trouvait un foyer. Il déposa son paquetage au sol et s’affaira à faire du feu afin de réchauffer la demeure qui devait être plutôt fraîche avec la température extérieure. Zack revint vers la cuisine pour attraper une bouilloire en terre cuite qu’il remplit d’eau grâce à un baril remplit du liquide convoité. Il sortit une planche de bois ainsi qu’un couteau et coupa des rondelles du gingembre qu’il avait préalablement nettoyé. Il envoya le tout dans le contenant et revint au salon afin de le suspendre au-dessus des flammes. C’est alors qu’il était de nouveau dans la cuisine et qu’il nettoyait derrière lui qu’il entendit la voix de sa bien-aimée qui venait visiblement de se réveiller ET de manger son casse-croûte! Il était plus qu’heureux de voir cette assiette vide et il se retint pour ne pas démontrait davantage son allégresse. Il s’avança vers elle, la serra dans ses bras et l’embrassa tendrement sur les lèvres. Il la souleva ensuite du sol pour la porter jusqu’à son fauteuil situé près du foyer. Quand il voulut la déposer dans son siège, il fut surpris de constater qu’elle s’accrochait à lui comme à une bouée de sauvetage. Mais qu’est-ce qu’elle faisait? Non seulement refusait-elle de lâcher prise, mais elle noua solidement ses jambes autour de sa taille, ce qui le fit éclater de rire. « Allez Capu, lâche-moi maintenant » fit-il en gloussant. Évidemment, sa protestation fut imminente, mais tout de même joyeuse. Et bien! Elle avait repris son aplomb soudainement! Néanmoins, la jeune femme fut assez gentille pour l’aider à se relever, non sans reprendre rapidement sa place initiale contre lui, comme un bébé koala qui s’accrochait fermement à sa mère.

La magicienne déclara qu’elle ne le laisserait plus jamais partir, ce qui causa l’hilarité chez l’ancien brigand. « Ah tu crois? Même lorsque j’aurai besoin de me soulager la vessie? Tu vas voir qu’il n’y rien de bien glorieux ou d’attachant là-dedans! » Visiblement, sa remarque idiote causa à nouveau l’hilarité chez sa compagne. Elle le couvrit de baisers, chose à laquelle il répondit sans se faire prier. Après quelques minutes, le semi-elfe abdiqua et se laissa choir sur le divan tout près, permettant à sa douce de prendre place par-dessus lui, blottie dans ses bras. Ils étaient bien, là, étendus dans le salon. Baissant la tête, le guerrier accepta d’emblée les lèvres de la semi-insecte afin d’échanger un tendre baiser avec elle. Elle appuya ensuite sa tête contre sa poitrine pendant que lui-même prenait ses aises. Il glissa une main derrière sa propre tête et regarda le plafond, un instant. Visiblement plus serein que plus tôt, Zack poussa un soupir de contentement, sentant la main de sa future femme se glisser sur son torse par-dessus sa chemise. Leur instant de quiétude dura quelques minutes, jusqu’à ce que Capucine prenne la parole. Elle voulait parler du bébé à venir. Cette simplement mention accéléra le rythme cardiaque du jeune homme qui cherchait déjà un nombre incalculable d’excuses pour continuer de préserver la femme mauve parme. Il écouta néanmoins les paroles de la magicienne notant mentalement la façon dont elle le suppliait (de façon détournée) de s’ouvrir à elle. Oh… il n’était pas très doué pour parler de ses angoisses et de ses peurs… du moins, pas à jeun. Meh… il aurait bien pris un whisky, là, maintenant. Tout le monde savait que l’alcool dénouait les langues et facilitait la discussion… mais il n’avait pas glissé un seul mot concernant les spiritueux depuis qu’il vivait en Magnolia, de peur que sa compagne ne le juge. Considérant ses antécédents, ça n’aurait pas été de plus surprenant.

Capucine parla de ses propres craintes, évoquant les antécédents de sa mère qui l’avait abandonnée. Tiens? C’était probablement l’une des premières fois qu’elle abordait le sujet de sa génitrice avec lui. Pour sa part, ce n’était pas sa génétique qui le rendait anxieux, mais son caractère et les choix qu’il avait faits délibérément. C’était tout à fait différent. Mais elle avait raison sur un point : ils ne pouvaient pas faire comme si ça n’existait pas. Cet enfant allait être là un jour, point final. Zack poussa un nouveau soupir puis passa une main sur son visage, replaçant ses mèches blondes vers l’arrière.

- Je ne doute en rien de tes capacités, Capu, fit-il doucement d’un air incertain. La génétique, ce n’est pas tout, tu sais. Je suis certain que tu feras tout pour le petit. Lorsqu’un truc te tient à cœur, tu ne démords pas et tu peux arriver à faire des miracles. Regarde cet endroit? Magnolia n’est-il pas le travail de toute ta vie? Je ne vois pas en quoi ce sera différent dans ce cas-ci… Il marqua une pause, une hésitation. Il n’était pas doué pour ça. Mais visiblement, elle insistait et ne le laisserait pas se défiler. Dans tous les cas, tu ne contrôles pas ta génétique. Personnellement, à ce niveau, je n’ai pas grand-chose à redire. Mais… mais… quand est-il des actes commis par une personne? Quand est-il quand des choix délibérés ont été posés et influencent une existence au complet?

Il se redressa sur les coudes et la magicienne imita son geste afin d’opter pour une position assise. Elle ne semblait pas saisir où il voulait en venir et il ne pouvait pas lui en vouloir pour ça. Il ne se trouvait pas particulièrement clair lui-même. Le brigand se redressa finalement en position assise lui aussi et apposa ses coudes sur ses cuisses, regardant le sol devant lui. Sa jambe droite sautillait, signe d’une anxiété bien présente.

- J’ai fait des choses, Capucine, commença-t-il, trouvant soudainement ses mains franchement fascinantes. Des choses que je ne t’énumèrerai pas pour te préserver. Des choses… terribles. J’ai commis des actes en toute connaissance de cause et j’ai choisi d’agir de la sorte alors que d’autres issues s’offraient à moi. Ces actions délibérées m’ont donné une sorte d’étiquette, qui elle, a été marquée sur mon épaule gauche au fer rouge. Je ne pourrai jamais m’en débarrasser. De toute façon, je mérite ce qui m’arrive puisque j’ai décidé d’être une personne terrible. Cette étiquette me suivra partout et pour toujours. J’en ai eu la preuve lorsque j’ai accepté de suivre Fraghstoam dans sa quête pour sauver cette… erh… Sibylle. Les soldats m’ont reconnu, immédiatement. Ça relève du miracle qu’on ne m’ait pas retracé jusqu’ici, encore. Il leva une main et la glissa sur sa nuque, visiblement malaisé. Il tourna ensuite la tête vers Capucine un air angoissé au visage. Je ne suis plus cet homme aujourd’hui. J’ai voulu changer il y a plusieurs années et j’y suis arrivé. Mais personne ne le sait ça, Capu. De toute façon, les gens s’en fichent, parce que mon étiquette me suit partout. Je ne suis pas déçu d’avoir un enfant avec toi, bien au contraire. Il marqua une nouvelle pause puis se racla la gorge. J’ai peur Capu. Mon enfant naîtra dans un monde où sa mère est certes noble et sublime, mais où son père est un salopard de première recherché par les autorités sholiennes. Ma réputation découlera naturellement sur lui. Ce qui me terrifie, c’est l’idée qu’on découvre qu’il est de moi et que, par la bande, vous soyez en danger. Je tremble à l’idée qu’on vous utilise contre moi dans le but évident de m’atteindre. Ishobel a la chance d’être mon enfant illégitime, ce qui lui a permis d’avoir un avenir brillant. Notre enfant n’aura pas ce luxe. Si quelque chose venait à vous arriver… J’en mourrais, Capu.

Sur ses mots, il se leva d’un bond puis s’approcha de la fenêtre, dos à elle, les mains sur les hanches. Il regarda dehors pour reprendre contrôle de son corps et cesser ces tremblements intempestifs qui le prenaient d’assaut.

- Si je pouvais tout effacer et recommencer, je le ferais, Capu. En d’autres circonstances, je serais simplement le fil de Richard et d’Elwë de Shola, second héritier d’un duché luxuriant. J’assumerais mon sang noble et nous pourrions vivre notre vie ouvertement sans nous cacher. Qui sait, mon frère serait même encore près de moi. Or, ce n’est pas le cas. Il n’y a pas d’issues à ma situation. Je vous veux plus que tout, toi et le bébé. Mais le cas échéant, je vous mets en danger.

Un bruit strident attira enfin son attention. La bouilloire sifflait depuis quelques minutes, mais il ne s’en était pas rendu compte. Il jura bruyamment, s’approcha du récipient et le saisit directement. Se faisant, sa peau brûla et il jura de nouveau. Il retira vivement sa main et regarda sa peau rouge et à vif. Évidemment, une lueur blanche naquit immédiatement sur son épiderme, régénérant le tout à une vitesse surprenante. Sans plus réfléchir, il replia la manche de sa chemise sur sa main et répéta le même manège, courant vers la cuisine avec la bouilloire brûlante à bout de bras. Il la déposa sans ménagement sur le comptoir et sautilla sur place en secouant sa main dans tous les sens. Bordel que c’était chaud!!

- Je t’ai fait du thé au gingembre, pour ton estomac, annonça-t-il finalement avec une moue à l’intention de sa compagne.

La femme insecte se dirigeait vers lui, un air infiniment triste au visage. Il détourna le regard un instant.

- Je sais à quoi tu penses. Je ne devrais pas m’inquiéter avec ça. Mais parfois, je me dis que la seule chose sensée que je pourrais faire, c’est de purger ma peine en prison. Or, j’en aurais pour une éternité… et ça, c’est si on décidait de me laisser en vie. Connaissant la folle qui sert de conseillère, je peux oublier toute forme de clémence, ajouta-t-il en parlant de la princesse Khanrell de Shola qu’il connaissait un peu trop bien. Je pourrais changer d’identité? Tu crois que tu pourrais t’habituer à m’appeler Lorenzo à l’avenir? On trouverait une façon de me teindre en noir et je me raserais la barbe. Avoue que ça te plairait! Un sourire en coin apparaissait maintenant sur ses lèvres.

Il fallait toujours qu’il fasse le guignol à un moment ou un autre.

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MessageSujet: Re: Lavande   Mar 11 Oct - 11:17

Installée confortablement contre son homme, la magicienne appréhendait la réponse qu’il lui donnerait. Elle le savait nerveux, ne serait-ce que par son rythme cardiaque… Il avait également eu du temps à lui-même pour réfléchir à leur situation. Elle espéra toutefois qu’il puiserait du courage dans les confidences qu’elle lui fit car, à deux, les choses se passaient toujours mieux. Elle retint son souffle alors que le semi-elfe soupirait, signe qu’il était fin prêt à prendre la parole. Ses propos concernant ses futures qualités de mère lui réchauffèrent le cœur à coup sûr. « Merci, mon amour… mais nous parlions de toi. » lui dit-elle gentiment. Elle tenait vraiment à ce qu’il partage le fond de ses pensées avec elle; sinon, comment se préparer ensemble à la venue de ce futur enfant?

Fronçant les sourcils, Capucine repris une position assise en même temps que son compagnon. C’était bien vague, les « actes commis par une personne », tel qu’il le disait. Ça pouvait dire un peu n’importe quoi, en fait. Elle prit cependant soin de ne pas le brusquer. Elle eut néanmoins un pincement au cœur en le voyant aussi anxieux. Elle n’avait qu’une envie : le prendre dans ses bras et lui dire que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Elle se contenta de lui caresser tendrement le dos.

La jardinière ne mit pas longtemps à comprendre qu’il faisait référence à l’époque durant laquelle il faisait partie des Lames Pourpres. Il lui en avait déjà parlé brièvement par le passé et, tel qu’il le mentionnait, il en avait un rappel permanent sur l’épaule gauche. Elle lui sourit affectueusement lorsque son regard de bronze chercha le sien. Elle se doutait que ce devait être un combat quotidien que de vivre avec les souvenirs d’erreurs passées, en essayant de ne pas les laisser contrôler sa vie. Vint éventuellement la source de toute son angoisse : la menace qui pèserait sur leur progéniture, et elle-même par association, pour ces actes commis durant sa jeunesse. Elle ne pouvait pas dire ne pas comprendre d’où venait sa peur, car celle-ci était entièrement raisonnable. C’était certes quelque chose à considérer jusqu’à la fin de leurs jours.

Elle jeta un bref regard en direction de la bouilloire, qu’elle n’avait pas remarquée avant maintenant, se demandant ce que son amoureux avait bien pu préparer durant sa sieste. Quoique bon, ce n’était pas important en ce moment. Elle préféra retourner son attention à la conversation. Elle voulut ensuite enlacer Zackeriel et le serrer contre elle, lui caressant les cheveux et lui murmurant qu’il n’avait pas à s’inquiéter, que tout irait bien… mais il ne lui en laissa pas la chance. En deux temps, trois mouvements, il se retrouvait devant la fenêtre à fixer elle-ne-savait-quoi. Elle apprit qu’il semblait regretter ne pas pouvoir jouir de l’honneur de sa maison, ce qui leur aurait simplifier l’existence, selon lui.

La femme insecte se leva dès qu’elle l’entendit sacrer de vive-voix, se demandant pourquoi il était aussi énervé par une bouilloire en terre cuite. Visiblement, leur conversation l’avait mis dans tous ses états. Elle porta son poing à sa bouche en le voyant se brûler la main pas une, mais deux fois. Elle n’était pas sans connaître son don d’autoguérison, mais ça ne l’empêchait pas de détester le voir souffrir… surtout inutilement. Il va de soi qu’elle se dépêcha à ses côtés, secouant la tête à la mention du thé au gingembre. Ça l’aurait été un acte des plus touchants, si ça n’avait été du manque de sécurité auquel il s’était exposé.

Le pire, cependant, fut de le voir se tourner quand elle arriva enfin à sa hauteur. Le cœur de Capucine se serra. Pour elle, c’était comme s’il ne voulait pas qu’elle s’aventure trop profondément dans son cœur… Cette sensation fut rapidement suivie par de la colère en entendant son partenaire parler de purger sa peine en prison. Ce n’était pas le genre de réflexion qu’il devrait faire… pas après trois ans de vie commune! Ce fut donc plus fort que la magicienne de donner un coup de doigt dans le front de son amoureux… Ce fut suffisant pour qu’il la regarde avec un air ahuri.

- Ne parle plus jamais ainsi, Zackeriel de Shola. gronda-t-elle. Tu n’iras nulle part, surtout si tu ne peux que penser qu’à aller moisir dans le fond d’une cellule de prison. Elle sentait ses yeux se remplir d’eau, mais elle ravala sa peine. De toute façon, le noir t’irait affreusement mal. Tu devrais plutôt te teindre en brun ou en roux. Ça irait mieux avec ton teint… Et si tu veux être capable de t’en tirer avec un nom comme Lorenzo, je te conseille de garder au moins la moustache.

Voilà ce qui mit fin au bref moment de conflit, car l’ex-contrebandier vit l’humour dans les propos de sa compagne. Ils s’enlacèrent un moment, riant de l’idée ridicule de transformer Zackeriel en Lorenzo. « Je crois que je ne serai jamais capable de t’appeler Lorenzo pendant que nous faisons l’amour… » ajouta la magicienne, très sérieuse. Elle ne pouvait simplement pas s’imaginer la scène… Cela ne manqua pas de causer l’hilarité chez son amoureux, qui n’y voyait sans doute pas de problème. Après un faux regard irrité, Capucine ne manqua pas de s’éloigner de la cuisine tranquillement. « Que dirais-tu de déguster ce thé à l’extérieur? » Elle se retourna, prenant appui contre le mur, puis admira son homme pendant qu’il réfléchissait à sa réponse. « Oh! Et on ne peut déjà nier qu’il s’agit de ton enfant. Il raffole autant des bleuets que toi, semble-t-il. » Elle lança un radieux sourire lorsque son partenaire accepta, visiblement ravi que sa future progéniture montre déjà des similitudes avec lui, et la jardinière ne manqua pas d’aller chercher deux couvertures dans la garde-robe. Elle en prit une en cachemire couleur sable, ainsi qu’une autre en laine brun pâle. « Fais attention de ne pas te brûler, cette fois. » envoya-t-elle gentiment au semi-elfe à son retour.

Ils se dirigèrent tranquillement vers l’extérieur, sans se presser. Ils avaient tout le temps du monde devant eux, sans compter que la maîtresse des lieux n’avait pas l’énergie de courir un marathon.

- Tu sais, Zackeriel, lorsque nous avons commencé à nous côtoyer… je suis entrée dans cette relation en toute connaissance de cause. Si le fait que tu te sois introduit par effraction chez moi n’était pas déjà un bon indicateur de ton passé trouble, je te rappelle que nous avons eu affaire à tes anciens collègues moins de 48 heures après ton arrivée. Elle marqua une pause pour admirer la fontaine, qu’elle avait vidée de son eau en vue de l’hiver à venir. Le bruit de l’eau coulant lui manquait, parfois. Enfin, elle leva son regard d’obsidienne sur le visage de son compagnon. Je n’ai pas à tout savoir de ce que tu as commis comme crime. Ce qui m’importe, c’est qui tu es maintenant. Je t’ai vu à ton pire, mais j’ose croire que je t’ai désormais à ton meilleur. Que le reste du monde le sache m’importe peu, car ceux qui comptent pour nous le savent définitivement. Et puis, autant que tu disais que je ferais tout pour cet enfant, je sais que ce sera la même chose pour toi. Nous l’éduquerons de notre mieux en espérant qu’il ne répète pas nos erreurs et, de toute façon, son père lui enseignera bien à se battre, non? Elle lança un sourire joueur à au futur papa en question. Elle serait bien surprise s’il décidait de ne pas apprendre à sa progéniture la façon de manier l’épée. Ce serait comme si elle ne lui enseignait rien concernant les plantes : c’était tout simplement inconcevable. Ce que je tente de dire, c’est que tu ne dois pas trop t’en faire pour les erreurs de ton passé. Rien ne garantit qu’il fera les mêmes… Alors, chasse un peu ces soucis. Nous affronterons les obstacles en temps et lieu… ensemble.

La femme au teint de lavande caressa le bras de son bien-aimé, puis termina de se rendre au banc que celui-ci avait d’ailleurs fait à sa demande. Elle désirait un endroit confortable pour admirer la mer plus bas, ce pourquoi elle avait déterminé qu’un long banc en bois travaillé flanqué de petites tables était la solution parfaite. Ils pouvaient autant regarder la cour intérieure que la mer, en plus des escaliers menant à la plage. Bref, la jardinière laissa son compagnon déposer les tasses de thé. Elle le regarda prendre place, avant de lui demander de se tasser un peu. En fait, elle voulait seulement pouvoir appuyer sa tête sur le bord du banc, tout en ayant les cuisses de Zackeriel comme appui pour son dos. Ainsi allongée, elle évitait les nausées, mais était suffisamment relevée pour se permettre de boire son délicieux thé au gingembre. Évidemment, le couple s’était emmitouflé dans les couvertures.

- J’ai longuement réfléchi à la chose… commença-t-elle, prenant une gorgée de son breuvage avant de reprendre, si je calcule bien, je crois que je suis à environ six ou sept semaines de grossesse… Enfin, si je me fie à mes dernières règles et au moment où j’ai commencé à être malade. Elle leva des yeux à la fois anxieux et excité sur son petit ami. Je crois que nous pouvons nous attendre à un bébé du printemps. Elle soupira. Ce qui signifie que nous n’aurons pas la chance de faire – ou, plutôt, de compléter – des rénovations avant son arrivée… Mais je me demandais… Si nous regardons notre budget et qu’il nous le permet, nous pourrions peut-être agrandir la maison non seulement pour accommoder cet enfant, mais aussi pour faire une chambre à Ishobel. Je sais à quel point tu tiens à ce qu’elle ait sa petite place parmi nous. Ce serait une occasion parfaite de le faire, qu’en penses-tu?
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MessageSujet: Re: Lavande   Mar 18 Oct - 11:05

Un sourire en coin naquit sur ses lèvres fines alors qu’il s’imaginait une identité factice des plus ridicules. De toute façon, une chevelure noire ne lui irait probablement pas très bien. Capucine leva la main et vint presser son index dans le front du semi-elfe, le prenant par surprise par le fait même. Sa voix se faisait dure et pendant un bref instant, Zack eut l’impression de se faire gronder comme quand il était petit. La magicienne le regardait avec son regard à la fois furieux et terriblement attristé. Les larmes qui embuèrent ses iris d’obsidiennes trahissaient bien le mélange d’émotions explosives qui l’envahissait. La semi-insecte se calma presque instantanément et lui confirma qu’une autre couleur que le noir lui irait mieux au teint. Lorsqu’elle mentionna la moustache, le fils du duc de Shola ne put s’empêcher d’éclater de rire. Ça lui donnait presque envie d’essayer de raser le reste de sa barbe naissante simplement pour voir sa tronche. Il enlaça sa petite amie avec tellement d’amour… et ne put s’empêcher d’éclater de rire à son autre commentaire. « De toute façon, faut le prononcer avec un accent prononcé! Sinon, c’est franchement moins excitant. Tu es sûre que tu ne peux pas dire : Lorrrrrenzo? Ça serait titillant! » Pour toute réponse, il reçut une tape sur l’épaule et un regard faussement irrité de la part de la magicienne.

Capucine s’éloigna tranquillement et lui demanda s’il avait envie de déguster le thé à l’extérieur. Il faisait un peu frais à dehors… Mais qui sait, peut-être que cela lui ferait du bien? Elle en profita pour l’informer que son enfant avait déjà des similitudes avec lui, puisqu’il semblait raffoler des bleuets. Zack esquissa un sourire ravi et fut surpris lui-même d’être franchement content d’en apprendre un peu plus sur ce petit bout d’enfant à naître. Finalement, peut-être qu’il allait aimer être papa une deuxième fois. « Bien sûr, ma chérie, j’emmène ce qu’il faut pour qu’on s’installer dehors. » Il prit un plateau de bois sur lequel étaient gravés de délicats motifs elfiques (fait par lui-même, évidemment) et y déposa la théière non sans esquisser une légère grimace au commentaire de la magicienne. Il y rajouta deux tasses, puis fit glisser ses doigts sur les gravures, lui rappelant la bague qu’il avait dans les poches. Il allait devoir se décider à lui demander sa main un jour… Sans plus attendre, il souleva le tout, puis suivit sa future femme à l’extérieur de la résidence, écoutant ses propos avec attention. Il est vrai qu’elle avait déjà accepté les « modalités » en cédant à ses avances. Elle savait qui il était et ce que ça impliquait. Malgré tout, il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter et de regretter de ne pas être un meilleur homme pour elle. Il grimaça légèrement en l’entendant parler de ses « anciens collègues ». Mouais… c’était beaucoup trop poli comme terme, mais ce genre de cérémonies faisait partie d’elle. Il l’aimait également pour ça : sa grande classe en tout temps.

La magicienne se retourna et planta son regard dans les yeux airains du semi-elfe. Il esquissa un sourire en coin en écoutant ses paroles réconfortantes. Elle avait raison et il le savait. Bon sang qu’il l’aimait. Leur enfant allait assurément savoir se défendre, il allait compter là-dessus. Et puis, il était à parier que Saros se ferait également un plaisir à veiller à l’entraînement du bambin lors de ses absences (et même en tout temps!). Le colosse possédait une grande patience avec les enfants et était l’homme le plus fiable qu’il connaissait. Il hocha de la tête, confirmant à la jeune femme lavande qu’il était d’accord avec elle. « Je m’assurerai qu’il ne prenne jamais le même chemin que moi, je te le promets. Merci, Capu. » Il sentit la botaniste lui caresser le bras puis ils se dirigèrent enfin vers le banc de bois tant désiré. Il déposa le plateau à thé sur l’une des tables basses puis s’installa sur le banc. Dès que sa petite amie lui fit signe, il se tassa et la laissa s’étendre sur ses cuisses, appuyant sa tête contre le bras de leur siège. Ainsi emmitouflés dans leurs couvertures, les deux jeunes gens prirent une gorgée de thé, appréciant la proximité de l’autre. Elle lui avait tellement manqué!

Zackeriel écouta les propos de sa petite amie d’un air songeur. Un bébé de printemps? Bon certes, les plans pour l’année prochaine allaient être retardés, mais ce n’était pas si mal. Puis, elle évoqua la possibilité de faire des agrandissements à la résidence afin de faire une chambre pour le petit, mais également pour Ishobel afin qu’elle puisse venir les visiter et se sentir chez elle. Le semi-elfe posa immédiatement un regard attendri sur sa petite amie. Elle était si adorable! Il était visiblement touché par cette proposition.

- Ce serait… parfait… fit-il avec un sourire amoureux. Et puis, peut-être que nous pourrions en profiter pour en faire une de plus… tu sais… au cas où…

Sur ces propos, il glissa une main sous les couvertures et caressa le ventre encore plat de sa petite amie. Bientôt, son abdomen s’arrondirait pour laisser plus de place à la vie qui grandissait en elle. Au fond, plus il y songeait, plus cette pensée le réjouissait. Elle serait une mère parfaite et il n’aurait pu trouver meilleure partenaire de vie. Un silence se glissa entre eux d’eux un instant, alors qu’il caressait toujours son ventre soudainement si précieux. Une vague d'amour le prit d’assaut et il se pencha pour embrasser tendrement ses lèvres. Tout ça… ça le confortait dans son choix de faire d’elle sa femme. Et le plus vite serait le mieux, avant que le petit ne voie le jour.

- Je t’aime tellement, Capu, souffla-t-il du bout des lèvres. Si tu savais à quel point tu m’as manqué ces deux dernières semaines. J’aurais tellement aimé que tu sois à mes côtés. Comme en ce moment…

Envolée la belle blonde aux ailes féériques! Elle avait été renvoyée aux oubliettes depuis un petit moment déjà et malgré sa beauté classique, elle n’était rien en comparaison de l’exotisme de la magnifique magicienne mauve parme. Doucement, il releva sa main le long du corps de sa petite amie et glissa ses doigts sur sa joue et sur la ligne de sa mâchoire. Il détailla son visage avec tellement de délicatesse et de douceur… Rien à avoir avec l’attitude qu’il avait eue à l’égard de ses nombreuses conquêtes! Il embrassa à nouveau ces lèvres si délicieuses, puis se redressa lentement avant de regarder l’horizon.

- Mon voyage à Alombria m’a confirmé ce que je croyais déjà, fit-il doucement. Le temps passe tellement lentement quand tu es loin de moi, il me semble que tout est plus morne et moins intéressant que tu n’es pas là. En fait, j’ai réalisé qu’il n’y avait aucune femme pour t’égaler. Tu es simplement parfaite pour moi. Tu es sensible – ah ça oui! –, généreuse, brillante… mais tu as également suffisamment de caractère pour me tenir tête quand je fais le crétin et le guignol. Ce n’est pas rien! Il esquissa un sourire en coin en regardant sa petite amie cette fois. Le plus important de tout : tu me fais confiance, même si c’est difficile parfois.

Doucement, il glissa une main dans le dos de sa petite amie et l’aida à se redresser en position assise. Pour sa part, il se leva et s’étira sous les yeux interrogateurs de la magicienne, faisant, par le fait même, tomber sa couverture au sol. Il s’empressa de la ramasser et de la remettre sur le banc avant de poser ses mains sur ses hanches tout en regardant l’horizon.

- Bref, mon périple dans la capitale alombrienne m’a fait énormément réfléchir Capu. Au futur, à ce que je désirais et à ce qui serait le mieux pour nous deux. J’admets que la nouvelle que tu m’as annoncée au moment où je suis arrivé m’a un peu ébranlé et à un peu changer la donne. Je voulais remettre ça à plus tard et attendre le moment propice pour te l’annoncer. Mais mieux vaut casser la glace tout de suite, non?

Pourquoi se sentait-il si nerveux tout à coup? Croyait-il réellement qu’elle allait le repousser et briser son cœur? Ça faisait un bon moment qu’ils étaient ensemble maintenant et ils étaient heureux… et puis, l’arrivée du petit venait effectivement précipiter les choses s’il désirait l’épouser avant la date d’arrivée du bébé. Il prit une grande inspiration, glissa sa main dans sa poche pour en sortir la petite boîte de bois qu’il serra dans sa main puis se retourna pour faire face à la magicienne.

- Capu. Si tu savais à quel point ta présence a été bénéfique pour moi, et ce, dès le premier jour où mon regard a croisé le tien, sous cette tempête. Personne ne s’est évertué à m’aider de la sorte avant toi. Tu as cru en moi – malgré nos moments difficiles – et tu as eu la patience de m’endurer alors qu’au fond, tu aurais pu simplement me jeter en dehors de ton domaine comme l’auraient fait la plupart des gens. Tu m’as aidé à vivre mon deuil de Saoirse sans jamais rien demander en retour outre un coup de main dans ton domaine somptueux. Tu as accepté de me donner ton cœur et tout ton être malgré ton passé difficile et malgré mes avances parfois grossières et ridicules. Il esquissa un sourire à ces propos, repensant aux nombreuses blagues salaces qu’il avait faites à son égard… Tellement qu’il n’arrivait plus à les compter. Et encore aujourd’hui, tu acceptes ma plus totale imperfection en acceptant d’élever un enfant à mes côtés malgré ma mauvaise réputation et mes agissements du passé. Tu as déjà mon amour, mais là, maintenant, je t’offre ma vie entière. À toi et pour toujours. Il prit une autre grande inspiration, puis posa un genou devant elle. Il ouvrit ensuite la boîte et leva les mains pour faire découvrir son présent à sa petite amie. La bague brillait de mille feux et la perle nacrée trônait fièrement sur le dessus. Un nouveau sourire se glissa sur ses lèvres. Ce n’est pas une clé, je l’avoue. Mais c’est – à mon humble avis – tout aussi symbolique. Capucine de Shola, accepterais-tu d’unir officiellement ta vie à la mienne en devenant mon épouse?

Son regard couleur bronze scrutait les iris obsidiennes de la jeune femme. Et si… si elle refusait? Non c’était impossible… Vraiment?

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MessageSujet: Re: Lavande   Ven 21 Oct - 17:27

Capucine était à penser à toutes ces idées de décorations qu’elle avait eue au fil des dernières années, mais qu’elle n’avait jamais réalisées par manque d’espace à enjoliver. Elle était déjà excitée en considérant que son partenaire participerait activement à l’apparence des additions à leur petit nid d’amour. Elle comptait avoir son opinion, surtout en matière de la chambre pour sa première fille, Ishobel. La jardinière sut qu’elle avait frappé dans le mille en suggérant une pièce supplémentaire pour la demi-lycan et le regard admirateur de son compagnon le lui confirma. Il était ravi qu’elle songe à sa progéniture, même si elle n’en était pas la mère. Elle ne s’attendit toutefois pas à ce qu’il propose une autre chambre en prévision d’un deuxième enfant avec elle.

Clignant des yeux, il lui sembla qu’elle venait de perdre le fil de la conversation. Elle venait à peine de se faire à l’idée qu’elle donnerait naissance à une nouvelle vie d’ici quelques mois que, déjà, son amoureux parlait déjà d’avoir un autre enfant avec elle. Elle dut cependant admettre que son cœur s’emballait et qu’elle ne détestait pas l’idée. Elle sourit à son bien-aimé, qui passait une main délicate sur son ventre. Elle se sentait honorée qu’il songe à fonder une famille avec elle et sache déjà qu’une progéniture ne marquerait pas la fin de leur procréation. Elle accueillit alors son baiser avec une joie non dissimulée, un soupir de plaisir s’échappant de ses lèvres. Ce qu’elle était heureuse qu’il soit de retour pour qu’ils puissent continuer de vivre, d’évoluer même, ensemble.

- Le sentiment est partagé, Zackeriel. Je ne pourrai jamais remercier Parandar assez de t’avoir mis sur mon chemin… eut-elle le temps de dire avant que sa bouche retourne à la rencontre de celle de son compagnon.

Elle plongea ses yeux noirs dans ceux de bronze du semi-elfe, complètement sous le charme… Au point où elle mit un moment avant de se questionner sur ce qui avait été confirmé pour son petit ami. D’un autre côté, son esprit se laisser emporter par les belles paroles qui parvenaient à son oreille. Quelle femme n’aimait pas se faire flatter l’orgueil en se faisant dire qu’elle n’avait personne pour lui arriver à la cheville? D’autant plus qu’avec un homme de la beauté de Zackeriel, ce n’était pas facile de se considérer à sa hauteur.

- Il faut bien quelqu’un pour te ramener à l’ordre! s’exclama-t-elle avant de rire. Elle repensait à tout à l’heure, quand le guerrier avait voulu qu’elle l’appelle désormais Lorenzo pour que personne ne se doute de son identité réelle. C’était d’un ridicule hors de ce monde! Et pourtant, si ce n’était de ces blagues qu’il plantait si habilement à tout moment d’une conversation, l’ancien contrebandier perdrait une partie de son charme indéniable. Mon amour… je ne suis pas plus facile. Toi aussi, tu me fais confiance quand je n’y arrive pas moi-même.

Elle se laissa relever, bien à regret, puis déposa sa tasse de thé sur la petite table à côté de leur banc. Elle se dit que son poids devait empêcher une bonne circulation sanguine dans les jambes de son compagnon et qu’il désirait simplement retrouver une sensation normale dans le bout de ses orteils. Elle ne comprit toutefois pas le besoin d’un étirement complet, ce pourquoi elle plissa les sourcils à regarder son partenaire aller. Était-ce un autre épisode de guignol qui s’amenait?

La magicienne sentit son cœur tomber dans son estomac au moment où Zackeriel mentionna qu’il avait réfléchi à son avenir et ce qui le rendrait heureux. Malgré qu’il venait d’affirmer à quel point il tenait à elle, Capusine ne pouvait faire autrement que d’avoir peur de ce qui allait suivre. Après tout, le semi-elfe parlait de briser la glace et d’une nouvelle qu’il tardait à lui annoncer. C’était illogique de craindre qu’il lui annonce qu’il ne désirait plus partager sa vie, mais elle ne voyait pas où il voulait s’en aller avec son discours. La pauvre femme au teint mauve parme sentait le sang battre fortement dans ses tempes, voire que sa gorge s’était resserrée sous l’effet de l’anxiété. Elle ne manqua pas un mot de la suite du discours de son compagnon. Elle dut se faire violence pour ne pas fondre en larmes tant elle était touchée par les remerciements de l’ex-contrebandier. Il était vrai qu’ils avaient vécus des moments difficiles ensemble et qu’ils avaient surmontés de nombreux obstacles, autant l’un que l’autre.

L’état d’esprit de la jardinière changea ensuite du tout au tout lorsqu’elle comprit enfin, à la vue du minuscule coffret que son petit ami sorti de sa poche, ce qui se tramait réellement. Après toutes ses années de bonheur aux côtés du guerrier, elle ne pensait même plus au mariage. Elle se délectait tout simplement de sa compagnie et de la béatitude qui en découlait. Cependant, elle se souvint du moment où elle l’avait invité à s’installer dans sa résidence. Il avait, à ce moment, crut qu’elle lui demandait sa main, ce qui avait créé un certain malaise, qu’il avait rapidement corrigé en mentionnant qu’il se réservait le droit de faire sa demande lorsqu’il jugerait le moment bon. Il fallait croire que ce moment, c’était maintenant.

Les larmes au bord des yeux, la maîtresse des yeux porta ses mains à sa bouche en apercevant la bague qui trônait sur un coussin de velours. Des larmes de joies coulèrent éventuellement sur ses joues colorées par le sang qui y était monté. Elle n’avait jamais rien vu d’aussi sublime. Cette bague était si simple mais, à la fois, sophistiquée. Ces fioritures étaient sublimes et Capucine adorait les saphirs. Ce qu’elle aimait le plus du bijou était toutefois cette perle nacrée… Cela lui rappelait immanquablement ce jour fatidique sur la plage, celui où ils s’étaient embrassés pour la première fois et qu’elle décida d’ouvrir son cœur au guerrier. À vrai dire, la bague entière semblait faire référence à ce qui faisait de Capucine et Zackeriel qui ils étaient.

- Oh, Zack… souffla-t-elle avant qu’un son des plus étranges, un mélange de cri de joie et un gémissement étouffé par des pleurs, ne vienne l’interrompre. Elle était trop émotive présentement pour construire une phrase cohérente dans sa tête et ensuite la prononcer à voix haute. Elle se laissa alors une minute pour pleurer son surplus de bonheur, avant de donner sa réponse définitive. Oui, bien sûr que je le veux, Zackeriel. Si tu savais comment cette bague vaut plus à mes yeux qu’une clef de maison… Elle était fébrile alors qu’il glissait l’anneau sur son doigt.

Sur ce, elle se jeta dans les bras de son amoureux et l’embrassa comme si la fin du monde était à leur porte. Elle tenait son visage elfique entre ses deux mains, refusant qu’il se dérobe de son baiser. Peu lui importait qu’elle se soit lancée avec trop d’enthousiasme et qu’ils se soient retrouvés sur le sol, tous deux étendus sur le côté. Tout ce qui comptait, c’était ce baiser qu’ils échangeaient après l’ultime preuve d’amour dont Zackeriel avait fait preuve. Éventuellement, la magicienne se laissa glisser sur le dos, souriant face à son fiancé qui se penchait sur elle. Elle en profita pour replacer une mèche blonde derrière son oreille.

- Je ne sais pas quoi dire… Je ne sais pas comment je pourrais être à la hauteur de la déclaration que tu m’as faite. Tout ce à quoi je pense est à quel point je t’aime de tout mon cœur et que je ne peux pas imaginer un avenir sans toi. Tout est mieux avec toi à mes côtés et je… Oh, Zack, je ne me serais jamais épanouie comme je l’ai fait si ça n’avait été de toi. Avant de te rencontrer, je n’imaginais même pas porter un enfant un jour mais, maintenant que tu es là, c’est la chose la plus merveilleuse – quoique terrifiante – qui pourrait m’arriver. Je t’aime.

Elle ne put dire si c’était ses hormones de grossesse ou le simple débordement d’affection qu’elle ressentait, mais la jardinière sentit un tiraillement familier lui travailler les entrailles. Elle voulait son partenaire, là, maintenant… pas dans cinq minutes, maintenant. Dans cette optique, elle se remit à embrasser le semi-elfe, mais avec beaucoup plus de passion qu’à son habitude. Ses mains s’agrippaient déjà au col de la chemise blanche de son amant. Fait plus étonnant, elle se mit à déchirer ladite chemise de ses griffes, chose qui était plus expéditif que de passer le vêtement par-dessus la tête de son bien-aimé. Ce dernier lui jeta un regard étonné, reculant un peu la tête par le fait-même.

- Je ne suis peut-être pas assez en forme… dit-elle entre ses dents, rongée d’un désir aussi soudain qu’inattendu, mais toi, tu l’es… Elle approcha ses lèvres du lobe d’oreille de son compagnon, qu’elle mordilla un peu avant de rajouter : Fais-moi l’amour, ici, maintenant. Ce n’était pas qu’une simple suggestion, d’ailleurs, mais plutôt un ordre… car la maîtresse des lieux déposa sa nuque sur le sol et déchira ce qui restait de la chemise de ses deux mains, avant de caresser avidement le torse musclé qui s’offrait à elle. Elle se mordit la lèvre inférieure, tandis qu’elle s’affairait déjà à détacher la boucle de ceinture de Zackeriel. Ce dernier allait devoir faire quelque chose bientôt s’il tenait s’en sortir avec le moindre morceau de vêtement encore intact ou, encore, se diriger dans un endroit plus chaud… car sa belle ne comptait pas attendre avant d’obtenir l’objet de son désir… lui, en l’occurrence.
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MessageSujet: Re: Lavande   Mar 25 Oct - 22:50

Son regard airain observait les iris obsidiennes de sa bien-aimée, cherchant presque fébrilement l’ombre d’une réponse à la grande question qu’il avait posée. Il y eu un moment d’hésitation; le genre de suspens angoissant qu’il aurait préféré éviter. Du moins, jusqu’à ce qu’elle prononce son surnom ponctué d’un son étrange que Zack n’aurait jamais cru humainement possible. Elle ne semblait pas être capable d’en dire plus et prit un moment pour laisser libre court à ses larmes. « Heu… ça veut dire? » fit-il d’un air incertain. Par on ne sait quel miracle, Capu trouva la force de prendre une grande inspiration et de répondre à sa demande par une affirmative des plus émues. Elle prit la bague et la glissa à son doigt. Un autre moment d’angoisse s’évapora d’un coup, puisque le semi-elfe n’était pas totalement sûr si la taille de l’anneau était adéquate. Dans un élan de passion, la semi-insecte se jeta sur son amoureux qui l’attrapa dans un grand éclat de rire. Ils s’embrassèrent avec la fougue de deux jeunes tourtereaux et, suite au saut de Capucine, se retrouvèrent au sol. Zack sentait les mains de sa petite amie lui tenir le visage alors qu’elle l’embrassait avec fougue, mais ne chercha en rien à se dérober. Il était trop heureux de voir que sa demande avait eu l’effet escompté et il n’aurait pu en demander davantage.

La magicienne se roula sur le dos et Zack se redressa légèrement pour la surplomber, observant ses traits délicats et lavandes avec tellement d’affection. La jeune femme replaça l’une de ses mèches derrière son oreille et lui fit une sublime déclaration. Si elle disait ne pas être à la hauteur des propos qu’il avait proférés un peu plus tôt, pour sa part, il était néanmoins totalement touché par ses paroles. Chacun, à leur manière, avait aidé l’autre à grandir malgré les embûches tendus par la vie. Il n’aurait jamais pu trouver meilleure partenaire, il en était sûr. « Je t’aime aussi, Capu. » Souffla-t-il en caressa la joue de la magicienne de son pouce. « Maintenant plus que jamais. » Quelque chose changea soudainement chez la botaniste mauve parme. Il ne savait que dire, mais son regard brillait autrement. Elle emprisonna à nouveau ses lèvres sur les siennes et l’embrassa avec une fougue nouvelle, langoureuse… sensuelle? Il avait l’impression que tout son être vibrait sous l’effet puissant que dégageait soudainement sa fiancée. Elle avait envie de… là? Maintenant? Dehors? Heureusement qu’il avait échappé sa couverture et qu’elle était allongée sur celle-ci, autrement, le sol aurait été franchement froid pour son dos.

Les mains avides de Capucine agrippèrent le col de sa chemise et sans plus de cérémonie, elle se mit à déchirer le tissu, révélant rapidement le poitrail musclé du semi-elfe. Oh là! Elle ne blaguait plus! Un air surprit ceignit le visage de Zack qui recula un peu, comme s’il se demandait qui était la jeune femme qui se tenait à la place de son amoureuse. C’était la première fois qu’elle faisait preuve de tant de… férocité? Elle déclara ne pas être dans le meilleur de sa forme et attira le guerrier à elle. La bouche de la magicienne se rapprocha de son oreille et elle mordilla le lobe lascivement ce qui fit frissonner l’ex-sous-chef des Lames Pourpres. Elle lui somma de lui faire l’amour, là, maintenant. Zack ne connaissait pas cette fougue chez sa future femme et… il devait dire que ça le titillait drôlement. Capucine se laissa retomber sur le dos et c’est en se mordant la lèvre inférieure qu’elle s’attaqua frénétiquement à la boucle de la ceinture du guerrier, rayant le cuir de ses doigts fébriles. Si elle continuait comme ça, elle allait complètement déchirer les vêtements qu’il avait sur le dos. Sans plus attendre, Zack posa une main sur les doigts de sa compagne afin de l’arrêter, un bref instant.

- Ne préfèrerais-tu pas que nous rentrions? Demanda-t-il, le souffle court. Tu serais plus confortable dans notre lit ou sur notre divan…

Le regard qu’elle lui lança était sans équivoque : elle n’avait pas le temps pour ce genre de sottises. Depuis quand était-elle déterminée à ce point? Était-ce là l’un des symptômes de sa grossesse? « C’est une suggestion ridicule, c’est ça? » Et elle confirma sa pensée sans le moindre remord. Elle voulut ensuite recommencer son manège avec sa ceinture et Zack lui donna un coup de main, espérant ainsi épargner un peu de tissu.

Spoiler:
 

Haletant, le jeune homme se pencha et embrassa sa fiancée. « Je t’aime. » Souffla-t-il à son attention avant de se retirer et de s’étendre près d’elle, tirant la deuxième couverture par-dessus eux. En fait, il était en sueur et avait terriblement chaud, mais il ne désirait pas que sa compagne attrape froid. C’était la première fois qu’ils faisaient l’amour aussi précipitamment sans même prendre la peine de se dévêtir. Il fallait dire qu’après deux semaines et demie d’absence, ils avaient eu leur lot de tensions accumulés! Zack gloussa, à la fois enchanté et amusé de ce qui venait de se passer.

- Tu sais que j’aime quand tu es aussi… fiévreuse? Dit-il en plantant son regard de bronze sur elle. Non seulement tu dégages ce charme presque bestial qui me fait perdre la tête, mais ça flatte énormément mon égo! Je savais que j’avais un sex-appeal hors du commun, mais de là à me faire arracher les vêtements sur le dos… Bon sang, je suis vraiment irrésistible!

Elle lui flanqua une petite tape sur l’épaule et il éclata de rire. Il aimait tellement la taquiner! Elle était encore plus belle avec cet air courroucé au visage. Il glissa une main sur sa joue et embrassa à nouveau ses lèvres avec un sourire non dissimulé. Les bras grands ouverts, il la laissa se lover contre lui et ils regardèrent ensemble la bague qui trônait à son doigt.

- J’ai eu beaucoup de mal à trouver la bague parfaite, fit-il en caressant le bras de la semi-insecte. Je voulais un truc qui te représente… nous représente. Mais je sais que tu n’es pas fan du flafla. J’ai dégoté cette merveilleuse bijoutière elfique en Alombria et ça m’a parlé immédiatement. Si tu savais à quel point j’étais nerveux de te la donner! Parce que bon, il y avait toujours ce doute que tu n’apprécies pas ta bague autant que je l’aurais cru.

Puis, sa main glissa sur son abdomen, caressant à travers le vêtement cette peau qui serait bientôt tendue par la vie.

- Je vais être papa… murmura-t-il avec un air presque émerveillé. J’ai du mal à y croire. Ce sera un merveilleux garçon… Puis, il se recula un peu, un sourire amusé aux lèvres. Ouais, je crois que ce sera un garçon. Pas toi? M’enfin, peu importe, je serai assurément heureux. Il se pencha et posa un baiser dans le cou de la magicienne. Alors, pour le mariage, tu vas annoncer tout ça en même temps à Saros et Agrias? Il faudra faire ça assez rapidement, pendant que tu es encore enforme, tu ne crois pas?

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MessageSujet: Re: Lavande   Dim 30 Oct - 18:39

Rentrer? La magicienne scruta les traits de son partenaire comme si elle était victime de la plus grande irritation. Elle n’était nullement incommodée par le sol sous elle. En fait, tout ce qui importait, c’était la fusion future de son corps avec celui de l’ancien brigand. Elle était d’ailleurs si près du but que l’idée de retourner à l’intérieur lui semblait ridicule. Elle secoua donc la tête. « Non. » Elle n’avait pas été rude dans sa réponse, elle avait simplement gardé ça court. Il la voulait ou pas? Il était inutile de remettre le plaisir à plus tard. « Très ridicule. » répondit-elle du tac-au-tac. Elle n’avait pas de temps à perdre à dorer la pilule. Son compagnon était un grand garçon, il pouvait prendre ce genre de commentaire.

Spoiler:
 

- Cesse de te moquer de moi… geignit-elle, sans être fâchée le moindrement contre sa tendre moitié. Elle l’aimait beaucoup trop, surtout après qu’il ait vu à ses désirs les plus profonds tel qu’il venait de le faire. Par ailleurs, elle lui renvoya son rire. Elle ne manqua toutefois pas de lui donner une tapoche sur le bras pour son attitude de guignol qui reprenait le dessus. Lorenzo, sort de ce corps, à la fin!

Heureusement qu’elle retrouva son petit ami dont elle était tombée amoureuse, pressant son corps contre le sien après un doux baiser et trouvant un confort inégalé dans ses bras musclés autour d’elle. Maintenant que son esprit était de moins en moins embrumé par le désir, elle recommençait à réfléchir logiquement. Elle était tellement ravie de savoir que Zackeriel la voulait malgré sa perte de poids considérable, malgré sa grossesse et, surtout, malgré toutes les erreurs de jugement qu’elle avait fait depuis leur rencontre. Ses yeux retrouvèrent leur chemin jusqu’à la bague de fiançailles qu’elle portait fièrement. « N’importe quelle bague aurait fait mon bonheur, Zackeriel… mais je dois admettre que tu as l’œil. J’adore cette bague. » Elle le pensait : elle ne se souvenait pas d’avoir vu un bijou aussi magnifique et qui reflétait autant les existences entrelacées de deux amoureux. « Tu devras me présenter cette bijoutière pour qu’elle puisse s’occuper de ta propre alliance… ainsi qu’un petit quelque chose pour l’enfant à venir. »

D’une main délicate, elle allait se saisir de celle de son bien-aimé, qui caressait son ventre porteur de leur premier enfant. La maîtresse des lieux se sentait rassurée maintenant et savait qu’elle pouvait compter sur le semi-elfe si jamais le doute devait la prendre à nouveau. Elle était d’autant plus heureuse de savoir qu’il s’occuperait d’elle, ce qui lui éviterait de se retrouver à nouveau dans l’état ayant mené à sa tentative d’avortement.

Elle haussa les sourcils lorsque son compagnon affirma que leur progéniture serait un garçon. À sa connaissance, il n’avait aucun don de clairvoyance… Ce n’était donc qu’une supposition qu’il faisait. Elle lui sourit, n’étant pas contre l’idée. Ça la rassurerait, à vrai dire… Elle avait toujours eu cette impression que la vie était moins dangereuse quand on était un homme, car on risquait moins de se faire abuser sexuellement que lorsqu’on était une femme. Il faut admettre qu’elle avait de très mauvaises expériences à ce sujet et espérait donc que son enfant soit assez fort pour se défendre et, ainsi, ne jamais se retrouver dans le même type de situation qu’elle. « Nous verrons bien que ce Parandar nous réserve. » répondit-elle simplement. Elle craignait de trop mettre d’espoir sur le sexe de leur enfant et préférait être ouverte à n’importe quelle issue. Pour l’instant, il importait surtout qu’elle reprenne des forces pour mener cette grossesse à terme. Elle haussa un peu l’épaule et rit sous le baiser de Zackeriel dans son cou. Elle se vengea en l’embrassant sur la joue et lui léchant le bout du nez.

- Je crois que nous devrions le faire ensemble, ne penses-tu pas? Nous devrions inviter Agrias et Saros pour dîner et leur annoncer autour d’un bon repas. Ce serait… simple, mais je crois que ce serait la juste dose d’intimité pour la famille que nous formons tous les quatre. Nous pourrions en profiter pour leur annoncer la… Oh! Elle se redressa légèrement, croisant le regard inquiet de son fiancé. Oh, non, Zack, ce n’est rien de grave! Je viens seulement de penser… que nous devrions envoyer une invitation à Ishobel dès que nous nous serons décidé sur une date. Crois-tu que son maître acceptera qu’elle traverses la frontière pour se joindre à nous?

Il lui faisait si étrange de penser à la fille de son amant de façon presque instinctive. Elle n’avait jamais rencontré l’adolescente, mais cette dernière faisait déjà partie de sa vie. Après tout, la jardinière la prenait toujours en considération parce qu’elle savait à quel point son amoureux y tenait. Celui-ci apprécia justement la mention de sa première progéniture, d’autant plus qu’il revenait d’une visite pour assister à son adoubement. « Aide-moi à me relever, veux-tu? » demanda-t-elle, tout en refermant son peignoir. Elle pinça les lèvres, question de ne pas pouffer de rire, en voyant dans quel état elle avait laissé l’habit de son futur mari. « Désolé. » dit-elle et elle porta une main à sa bouche, en attendant que le guerrier ne l’aide à se remettre sur pieds. Elle le dévisagea, toujours aussi attirée par son physique divin, mais se secoua la tête. Elle devait se calmer. « Retournons à l’intérieur… » fit la jeune femme au teint de la couleur de la lavande.

Elle ne prit que sa tasse et suivit son partenaire, qui ouvrait gracieusement le chemin avec les couvertures et le plateau ayant la théière. Elle se pressa toutefois à lui ouvrir la porte, car il manquait de mains, le pauvre! Elle le laissa passer afin de refermer derrière lui… mais ce fut un bruit de tasse cassée qui retentit dans la maison. Un bref instant, la magicienne avait été étourdie et cela avait amoindri la prise qu’elle avait sur son thé. Elle fit signe de la main à son fiancé de ne pas s’inquiéter, que ce n’était rien. Néanmoins, elle ne s’opposa pas à le laisser ramasser les débris. Elle savait que ça ne servait à rien de lui dire qu’elle le ferait, car il ne la laisserait jamais faire. Elle se dirigea donc vers la salle de bain pour soulager sa vessie, gardant toujours une main contre le mur en guise de mesure de sécurité, et revint ensuite au salon. Elle s’assit sur les cuisses du semi-elfe, déposant sa tête dans le creux de son cou.

- Je m’excuse, Zackeriel… Je me sentais pourtant mieux… mais vois-tu, la grossesse me joue souvent des tours. Je suis au septième ciel un instant et, le suivant, pouf! Je m’effondre comme une mouche. Tu crois que ça se replacera au fil du temps? lui demanda-t-elle en lui serra la main. Tu sais quoi? N’en parlons plus… Nous prendrons chaque moment comme il viendra, qu’en dis-tu? Je préfère penser à notre mariage. À cela, un sourire fit son retour sur son visage. Qu’as-tu en tête? Oh, je veux des vêtements faits sur mesure… Imagine le sourire d’Agrias quand elle apprendra qu’elle aura une robe de soirée? Et Saros… Les deux amoureux pouffèrent de rire en cœur en imaginant le félin avec de beaux habits sophistiqués. Je ne sais pas ce qu’il portera, mais je crois lui laisser la discrétion de choisir, ha ha! Oh, Zackeriel, où tiendrons-nous la cérémonie?
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MessageSujet: Re: Lavande   Mar 1 Nov - 14:55

Il adorait entendre son gloussement. Surtout dans des moments d’intimité comme celui qu’ils partageaient en ce moment même. Il bécotait la peau tendre de son cou mauve parme et esquissa un sourire alors qu’elle se vengeait en lui embrassant la joue et lui léchant le nez. Un air songeur au visage, il écouta les propos de sa fiancée lorsqu’elle déclara qu’ils devaient annoncer la nouvelle ensemble. Elle avait raison. Ça ferait franchement plus intime et serait surement plus apprécié de la part de leurs amis. Une famille… elle avait raison. C’était ce qu’ils formaient. Zack n’avait plus eu de noyau familial depuis si longtemps qu’il avait oublié un peu ce que c’était. Une pensée vogua du côté d’Uriel et de ses parents. Tout ça, c’était de l’histoire ancienne, bien que ça lui arrachait un pincement de nostalgie. « C’est une excellente idée, Capu… Quoi? Qu’y a-t-il? » S’exclama-t-il en l’entendant pousser une exclamation de surprise. Un regard attendri se dessina sur son visage alors qu’elle mentionna le nom de sa fille aînée. Elle n’avait aucune idée à quel point il l’aimait, en ce moment. Elle pensait à tout et avait inclus Ishobel sans même la connaître. « C’est une excellente idée, ma belle. » Souffla-t-il. « Ça ne coûtera rien d’essayer en tout cas... Si tu savais à quel point je t’aime. » Il se pencha sur elle et l’embrassa à nouveau avec tellement d’amour… et un brin de sensualité qui laissait déjà germer une idée coquine dans sa tête, bien que cette fois, ce serait surement moins rapide.

Rompant le contact, Capu lui demanda s’il pouvait l’aider à se lever et il accepta d’emblée. Une fois qu’il fut lui-même sur pieds, il attrapa la main de sa compagne et porta son autre bras dans son dos pour lui donner un meilleur appui. La magicienne refermer son peignoir et afficha un air amusé en regardant les fringues du guerrier. « Oh ça… ce n’est rien. J’irai en acheter d’autres. » Il rattacha néanmoins sa ceinture, histoire que son pantalon ne lui glisse pas aux chevilles. Le semi-elfe hocha de la tête lorsque la jeune femme lui suggéra de rentrer. Il prit les couvertures qu’il balança sur ses épaules puis se saisit du cabaret porteur des tasses et de la théière. Il passa devant et ouvrit le chemin jusqu’à la résidence. Une fois à la hauteur de l’entrée, il laissa Capucine lui ouvrir gentiment la porte et il s’avança dans le hall en direction de la cuisine. Une fois dans la pièce en question, il déposa le cabaret quand soudain, un bruit de tasse cassée attira son attention. Sans plus attendre, Zack revint sur ses pas et vit Capucine qui se tenait contre la poignée de la porte, sa tasse gisant au sol dans un amoncellement de débris. Une nouvelle faiblesse?

Le guerrier lui fit signe de ne pas s’en faire, qu’il allait s’occuper de ramasser. Elle se dirigea donc vers la salle de bain et il s’affaira à nettoyer le dégât. Par la suite, il alla s’installer dans le salon, sur le divan, le temps que sa copine vienne le rejoindre. Quelques minutes plus tard, la semi-insecte réapparut enfin et vint s’installer sur ses genoux, appuyant sa tête dans le creux du cou de son fiancé. Zack l’entoura de ses bras et caressa doucement son bras alors qu’il l’écoutait parler de ses faiblesses et de son début de grossesse difficile. « Ne t’inquiète pas, ce n’est rien. Et puis je crois sincèrement que ça se tassera. Il semblerait que les moments les plus difficiles soient au tout début. Et puis, je suis là pour m’occuper de toi, non? » Prendre le moment présent comme il venait? C’était une excellente idée. De toute façon, ils ne pouvaient rien faire de plus à part atténuer les symptômes qu’elle ressentait. La mention de leur mariage à venir le fit sourire. Elle le questionna sur ce qu’il avait en tête et déclara vouloir des vêtements sur mesure. Cette idée ne lui déplaisait guère. Ce serait personnalisé et tout le monde serait à leur meilleur. Et puis, vu la carrure de Saros, une tenue sur mesure n’était même pas un luxe. D’ailleurs, il sembla que la magicienne eut la même idée que lui, car elle lui jeta un regard complice et ils pouffèrent tous deux de rire.

- Non, pour Saros, la tenue sur mesure sera obligée! Sinon je ne vois pas ce qui lui ferait! Tu l’imagines avec une tenue trop petite? Les pantalons à la mi mollet et la chemise trop courte? Cette image sembla amuser encore davantage la semi-insecte. Pour le lieu de cérémonie… Ici, en Magnolia. Il n’y a aucune raison pour que nous fassions ça ailleurs, pas vrai? En fait… je pensais à la plage. Je trouvais ça très significatif.Là où tout avait commencé… dans tous les sens du terme. Après tout, c’était sur cette étendue de sable que l’ex-brigand avait combattu pour se libérer de ses poursuivants lors de leur première rencontre et également le même lieu où il avait déclaré sa flamme à Capucine.

Cette suggestion semblait faire grandement plaisir à la magicienne qui, en s’imaginant la scène romanesque, en eut les yeux remplis d’eau. Zack leva sa main et caressa sa joue du bout de doigts. Tout ça… c’était parfait. Totalement à leur image.

- Quelque chose de simple. Toi, moi, Agrias, Saros et Ishobel. Nos êtres aimés, point. Tu en penses quoi? Évidemment, si tu as d’autres noms, je ne m’y opposerai pas. Et après, nous pourrions nous faire une tablée, à l’extérieur, éclairée par des bougies. Tu sais, tout en haut de la falaise? La vue serait imprenable. Nous pourrions accrocher des lanternes un peu partout dans Magnolia. Malheureusement, ça impliquerait que nous devions attendre au printemps… Ajouta-t-il d’un air songeur. L’air est trop frais à ce temps-ci de l’année. Mais visiblement, le regard enchanteur que lui jetait sa compagne lui faisait comprendre que l’idée lui plaisait beaucoup trop. J’imagine que ça veut dire que tu es prête à attendre? Et puis, les fleurs seront de la partie… Oh bon sang, je t’aime!

Il gloussa et colla son front contre le sien. Baissant le regard vers le peignoir de sa petite amie, il nota que celui-ci était défait dans le haut, laissant entrevoir la naissance de ses seins. L’idée de toute à leur lui revint en tête et, non sans un sourire, il se mit à lui embrasser la gorge, la clavicule, puis descendit un peu plus bas… Le souffle de Capucine lui fit comprendre qu’elle appréciait son petit manège. Levant sa main, Zack glissa ses doigts dans l’encolure du peignoir pour ensuite les laisser vagabonder vers sa poitrine, quand soudain, il s’arrêta, un sourire amusé aux lèvres.

- Cette fois, c’est moi qui décide de la suite des choses, souffla-t-il à son oreille, non sans mordiller un peu le lobe, histoire de la titiller davantage. Et je dis que ce n’est pas ici que ça va se produire!

Il glissa un bras dans le dos de sa fiancée, puis l’autre sous ses genoux. Il la souleva de terre et fut satisfait de l’entendre éclater de rire. Toutefois, sa légèreté toute nouvelle lui pinça le cœur, l’espace d’un moment, puisqu’il réalisait maintenant à quel point elle avait perdu du poids. Néanmoins, il ne laissa pas son humeur être gâchée pour autant! Il transporta sa future femme vers l’escalier et gravit les marches une à une avec son précieux fardeau. Une fois à l’étage, il se dirigea vers leur chambre à coucher, là où ils passeraient un autre moment d’amour qui, cette fois, serait beaucoup plus de circonstances pour souligner leurs retrouvailles tant attendues…

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MessageSujet: Re: Lavande   Mar 1 Nov - 14:55

[FIN DU RP]

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