Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 [Mission] Où es-tu, ordure? [Faryë]

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Phoebe
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MessageSujet: [Mission] Où es-tu, ordure? [Faryë]   Dim 25 Sep - 10:38

Ils avaient eu besoin de beaucoup de temps pour replacer les choses dans l’ordre… ou dans l’Ordre. Après la fugue de Chade, il avait fallu se réhabituer aux changements de sous-chef, et la guerre à leur porte ne leur permirent pas de courir après le fugitif, aussi dangereux soit-il de le laisser en liberté avec des informations sur eux. Tout le monde était persuadé qu’il avait fuit à Alombria, alors pour l’instant, le meilleur moyen était encore de détruire l’armée ennemi pour pouvoir lui arranger le portrait ensuite, même s’ils auraient préféré régler le cas de cette ordure plus rapidement. Phoebe et Krovos avaient d’autant plus de raisons de vouloir l’écorcher, considérant le mal qu’il avait fait à sa jeune épouse, laissée enceinte et le cœur brisé à Shola, avec un ordre à gouverner… Eh oui, parce que c’était Faryë qui avait pris la place de sous-chef laissée vacante, et qu’elle était leur amie.

Toutefois, après trois années de combat, Alombria n’avait pas encore levé le drapeau blanc, et ils en étaient toujours au même stade. Jusqu’au jour où leur ennemi leur proposa une trêve, non parce qu’ils voulaient leur laisser les terres enkievs, mais parce qu’un ennemi inconnu jusqu’alors venait de mettre le pied dans le sud du Désert, et ambitionnait de prendre tout le continent… avec une armée de Dragon. Une entente fut donc signée, puisqu’aucun des deux Royaumes du nord ne pouvait se débrouiller seul face à Irianeth. C’est ainsi que l’Ordre de Shola découvrit, avec surprise, que Chade n’avait jamais rejoint les rangs alombriens… il avait fuit dans le Désert… Et avait rejoint leur armée à eux, vraisemblablement!

Il était maintenant temps de le retrouver. Monsieur détenait des informations capitales sur leurs forces, et même s’il les avait probablement déjà divulguées, il n’était pas trop tard pour lui péter la tronche. Deux équipes furent envoyées pour lui tanner le cuir, dont une forme de Phoebe et… Faryë!

-Cet enfoiré va pas s’en sortir Faryë, je te le jure. Il a déjà eu assez de répits comme ça, le vent va tourner maintenant.

Il n’était pas question qu’il leur échappe, cette fois-ci. Phoebe avait passé sa petite enfance dans le Désert, et donc, par défaut, ça avait souvent été lui qu’on avait envoyé pour des missions diverses dans le sud, avec Krovos. Pour renforcir les barrières, pour retenir les sauvages qui faisaient parfois du carnage dans les villages, etc. Disons qu’il commençait à bien connaître les lieux, maintenant, et ce malgré le nombre d’années qui le séparait de sa vie là-bas. Il était tout simplement très bien acclimaté à ce milieu et n’en était que plus fort. Que les sauvages et les Irianiens se le tiennent pour dit, il n’était pas là pour se faire des amis.
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Faryë
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MessageSujet: Re: [Mission] Où es-tu, ordure? [Faryë]   Dim 13 Nov - 21:41

Faryë avait chevauché vers le sud avec une boule énorme au ventre. Pour commencer, c’était la toute première fois qu’elle laissait Leelah aussi longtemps seule. Oui bon, seule, c’est vite dit ! La petite était entre bonnes mains au château, mais ça lui crevait le cœur quand même de laisser sa petite si loin. Deuxième, si elle et Pheobe partaient vers le sud, c’était pour une raison capitale : retrouver son salaud d’ex-mari. Oui bon. Théoriquement, il était toujours son mari. Mais Faryë refusait de lui donner encore autant d’importance. Elle ne le considérait même pas comme le père de sa fille. Il n’était rien. Rien d’autre qu’un chien qui méritait d’être abattu.

Alors, pourquoi avait-elle le cœur aussi lourd ? Pourquoi, ses tripes se tordaient-elles plus les km avançaient ?  Chade avait trahi l’Ordre et brisé son cœur par la même occasion. Elle, qui n’était déjà pas très expansive en matière d’émotion… Quand il était parti, elle avait cru mourir. Tant par la honte qui l’étouffait que par la douleur horrible qui lui avait retourné les entrailles des semaines durant. Plus jamais elle ne voulait revivre pareille chose. Chade devait payer pour ça. Mais en même temps, il était et restait… son maître. L’homme en qui elle avait mis toute sa confiance. L’Être qui lui avait tout apprit, tant sur un terrain de bataille que dans un lit. Il l’avait modelé à l’image qu’il voulait. Chade avait façonné la femme qu’elle était à présent.

De plus, il n’était pas juste son Maître, il était aussi son premier amour. Une personne, pour qui Faryë aurait donné sa vie. Fut un temps, où elle respirait pour lui. Lorsqu’elle bougeait, c’était en fonction de ses désirs, de ses volontés. L’écuyère froide était devenue entre ses mains habillent une machine à tuer perfectionnée… et une brûlante créature assoiffée de sexe. Il avait littéralement créé le monstre. Puis, lorsque ses bêtises l’avaient rattrapé, il avait abandonné sa création derrière lui en fuyant comme un lâche. Dès qu’elle y pensait, la nausée montait dans sa gorge et sa peau brûlait à lui faire mal sous les souvenirs de ses touchers. Tout ce qu’elle voulait, c’était en finir. L’oublier… le tuer. L’elfe voulait lui arracher les boyaux, lui tordre ses putains d’oreilles et lui crever ses yeux trop verts. Elle voulait qu’il souffre autant qu’elle avait souffert par sa faute. Elle voulait lui chuchoter à l’oreille qu’il avait une fille. Une magnifique enfant qui ne saurait jamais qui était son père sinon un pauvre crétin de lâche. Elle voulait lui chuchoter tout ça, juste avant de lui couper sa langue acérer et de le regarder s’étouffer dans son sang.

Oh oui. Elle en frémissait d’avance. Il allait payer. Pour avoir trahi l’Ordre, sa famille, la seule chose qui comptaient réellement dans ce monde. Pour l’avoir abandonnée sans un regard, laissant à Elassaria l’honneur de lui annoncer sa fuite. Pour n’être qu’un simple concept flou aux yeux de Leelah. Il allait payer. Sa mort approchait, inéluctable.    

- Ooh. Mais j’y compte bien. Ce lâche n’a que trop respiré l’air de notre monde. Il est temps d’y remédier.

Mais alors, pourquoi n’était-elle pas complètement satisfaite du sort prochain ? Elle le haïssait. De toutes ses forces. De toute son âme… Mais elle l’avait tellement aimée. Chaque fibre de son être se souvenait de ses caresses, de ses baisers. De sa voix qui la dirigeait. Parfois encore, elle se réveillait avec le fantôme de sa présence. Faryë ne savait plus. Elle l’avait aimé à en mourir et maintenant elle ne souhaitait plus que son trépas. Les émotions qu’il soulevait en elle finiraient bien par la tuer. Il devait mourir pour qu’elle puisse guérir. Au moins, n’était-elle pas seule dans le désert. Phoebe était là. Sa présence la rassurait et l’apaisait. Lorsque ses émotions partaient en vrilles, elle posait son regard sur le chevalier et elle se calmait. C’était pratiquement magique, mais c’était bienvenu.

Quoi qu’il en soit, leur piste les avait menés à une grotte dans un coin perdu de la grande étendue de sable. L’elfe avait suivi aveuglément le reptile, il connaissait mieux le coin. Cette grotte pourrait très bien être la cachette du fugitif… ou avoir été la cachette. La prudence devait être maitresse à partir de maintenant, au cas où il serait toujours là ! Hors de question qu’il s’échappe ! Les deux chevaliers de Shola dans un silence prudent mirent pied à terre. Leurs montures parfaitement dresser n’allait allez nulle part sans eux de toute façon. Leurs armes sorties, c’est à pas de loup qu’ils s’approchèrent de la grotte. La sous-chef de l’Ordre eut un petit pincement au cœur en sortant son arme… c’était l’homme qu’ils venaient tuer qui lui avait trouvé ce bijou meurtrier. Une Naginata double, tranchante comme un rasoir neuf. Une œuvre d’art mortel, parfaitement adaptée à son style de combat. À sa connaissance, elle était la seule dans l’Ordre à manier une pareille chose. Il avait fallu ruser pour la maitriser, mais avec l’aide de son mentor Elassaria, qui maniait avec brio les lances et Chade, elle y était parvenue. C’était bien sûr avant qu’il ne devienne le traître. Aucun moyen de s’en sortir. Chaque chose qu’elle faisait ou regardait dans sa vie, lui rappelle, s’en cesse son ancien maître.

La jeune femme était bouillante d’une rage contenue lorsqu’ils arrivèrent enfin à la grotte. Vide. Le salaud n’était pas ici. Ou plutôt, il n’était PLUS ici. Visiblement, il y avait été. L’endroit contenait encore des traces d’un campement et certains objets étaient définitivement propriété de l’Ordre de Shola. Il avait dû être contraint de fuir rapidement. Pas eux, le campement datait de quelques jours. La rage bouillante lui brûla le ventre et son contrôle s’effrita. Elle se faisait l’impression d’être comme Krovos, à un cheveu de tout envoyé en l’air. La tension accumulée pendant le voyage faisait trembler ses membres. Elle refusait de verser ne serait-ce qu’une larme. Même une larme de rage. Aucune. Mais la pression était telle, qu’elle devait la faire sortir d’une manière ou d’une autre. Dans un terrible cri, venant du plus profond de son être, elle balança un coup de pied dans ce qui avait été la paillasse de son cher mari.

- Résidu d’abjection, immonde débris de fange ! Obscène rebut de coprolithe… Où est-ce que tu es par Akuretari !

Elle en avait tellement marre d’attendre. Elle était épuisée, à bout. Elle regarda son compagnon, avec toute la rage, le désespoir et l’impuissance qu’elle ressentait au fond de ses entrailles. Elle n’avait que 20 ans, elle était mère et sous-chef de l’ordre. Son mari était un traître et son monde semblait vouloir la bouffée vivante. Tout ce qu’elle voulait, c’était s’enrouler dans un coin et disparaître. Pour cinq minutes de paix. Cinq minutes de calme. Elle ne vit même pas le livre qui avait été dégagé violemment par son coup de pied.

– Je veux juste pouvoir en finir… est-ce trop demander ?

Peut-être. Quoi qu’il en soit, ils étaient encore une fois loin de lui mettre la main au collet !  

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MessageSujet: Re: [Mission] Où es-tu, ordure? [Faryë]   Lun 14 Nov - 11:37

Phoebe sentait la douleur de Faryë aussi distinctement que si c’était lui, l’elfe, capable d’empathie. C’était tout simplement lisible sur son visage, en fait, mais il ne savait guère ce qui était le plus troublant… sa tristesse ou bien sa colère? En fait, comment se sentirait-il, lui, si l’amour de sa vie le trahissait ainsi? *Encore faudrait-il en avoir un…* Le chevalier transgenre soupira, chassant ses propres pensées pour se concentrer sur sa collègue. Sa sécurité à elle dépendait de sa vigilance à lui : sans rien vouloir enlever aux compétences de la sous-chef, Faryë n’avait jamais été aussi vulnérable qu’en ce moment. Elle était dangereuse pour elle-même, en fait, la lueur qu’il voyait parfois planer dans son regard le lui assurant. Ça lui rappelait drôlement le regard de Krovos, juste avant qu’il ne tourne au rouge et ne grandisse soudainement dans un accès de rage. La rage était là, encore planante à la surface, seulement pas encore explosée. Le reptilien aussi rageait, de cette injustice que subissait sa sœur d’arme, et sa sœur de cœur, sans qu’il ne puisse rien y changer. Par moment, il n’était même pas certain si sa mission devait consister à ramener son amour à la jeune elfe ou l’aider à le tuer…

Il y avait plusieurs jours qu’ils suivaient sa piste, les menant à une grotte pouvant très certainement servir de cachette. Y trouvant un brin d’espoir, les deux Chevaliers s’y rendirent d’un pas silencieux, armés au cas où, et Phoebe s’assura d’inspecter les lieux de l’extérieur avec sa vision magique pour constater qu’il n’y avait pas de piège. En réalité, il n’y avait personne, mais ça ne voulait rien dire : Chade pouvait être à la chasse. Après tout, il y avait plein d’objets à l’intérieur, appartenant à l’Ordre pour la plupart, donc il y avait bien établit domicile. Tout de même, la déception de Faryë était palpable.

-Il est peut-être simplement parti chasser, Faryë… supposa Phoebe pour lui donner un peu d’espoir.

Ils pouvaient encore s’y cacher et attendre son retour pour le faire tomber dans un piège. Mais bien vite, les deux chevaliers durent se rendre à l’évidence : l’endroit était délaissé depuis des jours, peut-être des semaines. Des restants de nourritures se faisaient dévorer par les insectes, lorsqu’ils n’étaient pas carrément moisis, et tous les objets avaient une froideur marquant clairement le manque de vie de la grotte. Faryë jura toutes sortes d’obscénités à l’intention des Dieux, évacuant sa frustration dans un coup de pied au travers d’une paillasse miteuse. Elle semblait tellement désespérée, que Phoebe ne put s’empêcher de chercher une solution. D’accord, il était parti, mais il était seul, et ils n’avaient pas vu trace de cheval. Il l’avait certainement perdu sur la route. Il ne pouvait pas être si loin! S’ils se mettaient sur les traces de cette fameuse armée de dragons, peut-être arriveraient-ils à le retrouver, car, à n’en pas douter, il les avait trahis pour cette force inconnue…

-Ce sera bientôt fini, Faryë, je te le promets. Nex et sa clique sont déjà en train de chercher parmi l’armée ennemie, et nous allons tout simplement faire comme eux. Il ne peut pas être si loin. Ça fait longtemps qu’il est parti, peut-être, mais pas tellement non plus. Deux semaines maximum. Et il est parti si précipitamment, n’apportant rien, ni ses armes, ni ses…

Phoebe s’interrompit. N’était-ce pas là le journal de bord de l’ancien sous-chef, sur le plancher? Les journaux des dirigeants d’Ordre devaient être transmis de prédécesseur en successeur à chaque changement de titre, et pourtant, lorsque le reptilien se pencha pour ramasser l’objet découvert sous la paillasse que Faryë avait envoyé virevolter, il ne put que constater qu’il s’agissait bien là de cette archive importante pour le Royaume. Ça rentrerait avec eux à Shola, pour sur! Hors de question de laisser ça entre les mains de n’importe qui. Les pages étaient datées de l’entrée en poste de Chade, jusqu’à il y avait environ 10 jours, soit probablement peu de temps avant qu’il ne disparaisse. Bien que ça n’expliquait pas pourquoi le renégat avait quitté sa cachette, le transgenre pouvait très bien présumer.

-Avec un peu de chance, il s’est seulement armé d’un couteau pour chasser, ou même poser des trappes, et il sera tombé sur des irianiens, et n’aura pas pu revenir chercher ses effets. Ou alors il a été mangé par un tigre, ça serait bien, ça aussi… marmona Phoebe pour essayer de faire sourire Faryë, en feuilletant lentement les pages du journal. J’ignorais que cet enfoiré ne t’avait pas laissé les traces de son travail, tout de même.

Un nœud se forma dans la gorge de Phoebe lorsqu’il remonta les pages jusqu’au moment précédant la désertion de Chade, et le Chevalier se dit soudain que, finalement, il aurait peut-être mieux fait de ne pas laisser Faryë savoir l’existence de ce livre. Son ignorance était peut-être une bonne chose. Avait-elle vraiment envie de savoir comment et pourquoi il était parti? Une phrase sauta soudainement aux yeux du Chevalier, et il se mit instantanément à blêmir. Elassaria aurait été impliquée dans cette histoire? Pire! Elle l’avait aidé à s’enfuir. Passant rapidement les pages au fil de ses doigts, le reptilien ne put que constater que le nom de la Chef de l’Ordre revenait beaucoup plus souvent que nécessaire… Car le bouquin reflétait davantage les pensées profondes du traître que les activités de l’Ordre, comme il l’aurait dû. Hors, ce qui était raconté sur la jeune elfe n’était pas bien glorieux. Visiblement, celle-ci avait remarqué le trouble de Phoebe, puisqu’elle voulut lire ce qu’il avait sous les yeux, mais, plus grand qu’elle, le Chevalier tint le bouquin hors de sa portée.

-Je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée, Faryë… C’est peut-être un peu lourd pour toi, encore, tu ne crois pas? Ça ne nous aide en rien pour le trouver, de toute façon. Sauf que… Enfin… je crois qu’on va faire pas mal de remue-ménage dans l’Ordre à notre retour. Elassaria l’a aidé à s’échapper, ça fait d’elle une traître aussi, non? lui dévoila-t-il tout de même, espérant que ça lui enlèverait le goût de lire le journal en tant que tel, et parce qu’il ne pouvait garder pour lui cette information-là.

Il y avait quand même un sens des priorités. Trouver Chade. Le tuer. Sauver leurs peaux dans le Désert. Rentrer à Shola. Dénoncer Elassaria. Régler les histoires de cœur plus tard. La nuit commençait à descendre tôt dans le sud, et le soleil déclinait déjà à l’horizon. Pourtant, Phoebe ne sembla pas trouver que la grotte s’assombrissait, comme si Faryë, malgré toute sa hargne et sa tristesse, arrivait encore à l’éclairer d’une quelconque façon. Peut-être que c’était ça qu’on appelait, au sens figuré, une lueur d’espoir?


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Faryë
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MessageSujet: Re: [Mission] Où es-tu, ordure? [Faryë]   Mer 16 Nov - 22:40

Faryë laissa tomber ses bras le long de son corps. Après son éclat de rage, la fatigue l’accablait. Bien sûr, le voyage jusqu’ici n’avait pas été de tout repos, mais c’était surtout une fatigue émotionnelle qui la rongeait. Combien d’abandon, allait-elle vivre ? Elle avait pourtant cru que Chade serait avec elle pour toujours… Au-delà de la femme bafouée, il y avait l’enfant laissé pour compte. La petite fille, dont la mère horrifiée s’était débarrassée chez le magicien du château. L’enfant, qui avait vu son père partir un jour au côté des troupes Sholienne avec un dernier sourire… pour ne plus revenir. Faryë la silencieuse, la timide gamine que les autres élèves fuyaient comme la peste. L’adolescente, qui s’endormait en pleurant le soir, car aucun Chevalier ne voulait d’elle comme écuyère… sans qu’on puisse la renvoyer. On disait d’elle qu’elle était une solitaire… en fait, la solitude l’avait dévorée jusqu’aux os.

Quiconque l’aurait connu à sa plus tendre enfance, vous aurait dit qu’elle était un bambin rieur. Une petite chose certes fragile, mais avec un sourire plus éclatant qu’un millier de diamants et aux yeux lumineux. Pourtant, la Faryë que l’Ordre avait connue était terne. Triste et renfermée, il y avait longtemps qu’elle avait oublié comment sourire lorsque le sous-chef en avait fait son apprentie. Elle avait tant espéré de cet homme ! Il l’avait formé, l’avait aimé… puis était parti. On dit que l’amour donne des ailes et panse les blessures… pourtant, Chade n’avait en aucun cas réparé Faryë. À peine avait-elle esquissé un sourire lors de son mariage. Froide, distante avec tous… telle était le Chevalier Faryë. Et pourtant. Krovos pourrait vous l’assurer, la jeune femme était douce, aimante même. Elle était comme un animal apeuré qui ne demandait qu’à être aimer. Et c’était bien le problème. Elle ne demandait que ça… et quand on lui accordait un peu de cet amour, elle donnait sans réserve le sien. Elle avait une tendresse profonde pour son meilleur ami, son frère, Krovos. Elle avait une affection sucrée pour Dame Sheireen, qui avait été là dans ses heures les plus noires. La jeune femme avait un attachement teinté de complaisance pour Phoebe. Elle aimait plus que tout au monde sa fille, mais… elle avait voué une passion sans borne à Chade.

Comme elle aurait aimé que son compagnon d’armes ait raison. Mais elle le savait, que son mari n’était pas simplement parti à la chasse. Tout ici, le criait. Et elle était tellement fatiguée de lui courir après. En valait-il seulement la peine ? Elle aurait aimé pouvoir répondre oui sans hésitation… mais pourtant, il y avait quelque chose qui semblait la retenir. On aurait pourtant cru que la perte d’une âme sœur laissait un vide impossible à combler… et pourtant, lorsqu’elle était avec les jumeaux reptiliens si chers à son cœur ou même ici, maintenant, elle ne se sentait pas incomplète. Phoebe avait eu ce pouvoir sur elle, celui de la rassurée, un peu comme il calme Krovos. De ses yeux à elle, il semblait rayonné.

D’ailleurs, ses mots la remettaient d’aplomb. Il avait raison, si ce n’était pas eux qui lui tombaient dessus, Nex et les Alombriens allaient le faire. Bien qu’elle rêve de l’écorcher elle-même, si le travail était fait… elle n’allait pas s’en plaindre.  Et puis, une petite voix intérieure lui soufflait souvent le doute : serait-elle réellement capable, d’abattre son âme sœur ? Probablement pas. Peu importe ce qu’elle voudrait ou ce qu’elle croyait pouvoir faire, elle n’était pas sûre d’être capable de le regarder une fois de plus dans les yeux.

- Oui, tu as raison, peut-importe par où il est parti, même si ce n’est pas nous qui lui mettons la main dessus, une équipe le trouvera. L’étau se referme et bientôt, ça sera fini… et je serais libre… le dernier bout de sa phrase était soufflé, comme une prière. Une prière, pour sa liberté. Non pas du mariage, mais libérée du poids qui l’étouffait. De ses chaînes. Honte, tristesse, colère, culpabilité et désespoir. Bientôt, lorsque Chade rendra son dernier souffle… elle pourra enfin prendre le sien. Tourner la page trop longtemps laissée en attente. Faryë, n’était plus une enfant rongée par la solitude. Elle n’était plus une adolescente dépressive. Elle était maintenant une femme, une Chevalier. Elle avait atteint son rêve, peut-être pourrait-elle commencer à vivre ?

Comme si son esprit avait pris cette résolution avant le temps, la Sous-chef eut un petit rire. Un peu rauque, un peu grinçant. Un rire étrange, ironique… mais sincère. La boutade de Phoebe s’était rendue à ses oreilles ! – Tu ne voudrais quand même pas qu’un pauvre animal souffre d’indigestion tout de même ! Et puis, nous gâcher le plaisir du travail accompli ? Tu n’y penses pas ! Oui, elle était capable d’humour. La plupart du temps, c’était dans sa tête… mais ne voulait-elle pas commencer à vivre ? Eh bien, commençons !

Le journal dans les mains de Phoebe lui donna un peu la nausée, mais elle fit comme si de rien n’était. Combien de fois, avait-elle vu ce même journal, se faire remplir, soir après soir ? Il ne me l’aurait jamais laissé, je n’avais même pas le droit d’approcher lorsqu’il barbouillait ses pages !La frustration était présente dans sa voix… c’est qu’elle l’avait toujours trouvé ridicule, son mari, dans ces moments-là ! Et maintenant qu’elle était à quelques centimètres de la chose, elle n’était plus tellement sûre de vouloir lire. Elle se contenta donc de regarder son frère d’armes lire la chose. Encore une fois, il semblait rayonner. Elle attribuait ça, à la confiance qu’il montrait. Cela devait être pour ça, qu’elle se sentait tant en sécurité près de lui.  Par contre, plus il avançait dans sa lecture, plus il semblait troubler. Voir écœurer. Elle voulut lire, mais il refusa net. Elle insista… et il tint son bout. Mais, pourquoi tous s’entêtaient à lui refuser ce journal !   Qui a-t-il donc dans ce satané bouquin à la fin !?!   souffla-t-elle, énervée.

Elle n’était pas quelqu’un de curieux en général, mais là… ça dépassait l’entendement. Par contre, la réponse du Reptile ne l’aida pas du tout. Comment ça, Elassaria était une traîtresse ? Mais c’était quoi cette histoire ! Son mentor ne pouvait pas trahir l’Ordre… elle en était la chef ! Une femme si bonne, douce… gentille ! Elle l’avait pris sous son aile, l’avait aidée ! Tout comme Chade le traitre souffla à nouveau sa petite voix intérieure. C’en était assez. Elle devait lire ce truc. Maintenant.

La sous-chef se déplaça pour être parfaitement face à Phoebe. Levant la main, elle la posa délicatement sur le visage de son ainé, juste sous la joue près du menton. Un petit frisson, courant électrique la parcourra. Il faut dire qu’avec Krovos, elle avait pris l’habitude d’éviter les contacts physiques. Ainsi, elle ne devait avoir touché son vis-à-vis qu’une ou deux fois. Et jamais aussi intimement. Ça la déconcentra et il eut un instant de flottement un peu pesant où elle plongeait dans son regard si spécial. Puis, elle se reprit, se concentrant sur sa mission. « Phoebe, donne-moi ce journal.  Je dois lire ce qui est inscrit. J’en ai besoin. Oh oui elle en avait besoin. Elle devait comprendre, c’était vital. Et tout son désir transpirait dans ses yeux encore plongés dans ceux de l’homme. Son désir pour le journal oui… et peut-être pour quelque chose d’autre, qu’elle n’avait aucune conscience de vouloir.

Elle se sentait coupable d’utiliser cette maudite capacité sur une personne qu’elle respectait autant. Elle n’avait d’ailleurs jamais utilisé ses pouvoirs volontairement sur ses compagnons outre Krovos. C’est donc avec une petite amertume qu’elle récupéra l’objet de ses désirs.

Oh. Comme elle aurait dû s’abstenir. Elle comprenait l’histoire, mais à quel prix ? Son monde s’écroula au fil des pages. La nausée lui tordit avec violence l’estomac. Il ne l’avait pas juste trahi en partant… oh non. Il l’avait toujours trahie. Il s’était joué d’elle. Manipulée, corrompue, abusée. Jamais il n’avait été son âme sœur. Il s’était servi d’elle, lui faisant croire à leur lien si spécial. Et elle, enfant naïve qu’elle était encore, avait fini par imaginer la lumière. Elle lui aurait donné sa vie, il avait été simple de la convaincre !

Elle lisait dans ses pages, tous les jeux pervers qu’il s’était adonné à faire alors qu’elle lui obéissait aveuglément. Elle se sentait violée, salie. Et Phoebe qui avait lu… la honte la submergeait. Et la colère. Oh oui… la colère vibrante, violente. Il la dégoutait. Il s’était servi d’une adolescente à peine formée pour étancher ses pulsions perverses avant de retrouver sa véritable âme sœur, Elassaria. Tous les deux. Ils s’étaient joués d’elle.  Chade avait sauté plus d’une gamine pendant ses années de gloire… mais elle avait été son projet. Sa chose. Il ne l’aimait pas, il s’en servait comme d’une propriété.

Tout à coup, comme si elle sortait d’une torpeur, l’univers éclata. Elle revoyait chaque moment. Chaque geste. Et elle comprenait. Il n’y avait plus le filtre qu’elle s’était posé toute seule. La vérité crue, qui faisait mal. Un mal de chien. Et finalement, alors que les morceaux de sa vie tombaient comme des lambeaux lépreux, elle crut mourir. Comment n’avait-elle pas vu tout ça ? Pourquoi personne n’avait rien remarqué ? La réponse était tellement simple… Faryë était une gamine seule et ils étaient respectés dans l’Ordre.

Le journal tomba au sol dans un bruit assourdissant pour son âme meurtrie et elle ne put que fixer, complètement désœuvré le vide devant elle. « Il… Oh mon dieu. Je… C’est… Oh lord. Pitié… dis-moi que c’est juste un cauchemar. Phoebe… je t’en supplie. Dis-moi que ce n’est pas vrai. Je… »

La demi-elfe avala avec difficulté la bile amère qui montait dans sa gorge. Elle tremblait légèrement, comme si elle était sur le point de s’effondrer. Je ne peux pas… comment… Je. Je la voyais Phoebe. Je la voyais... souffla-t-elle un sanglot dans la voix. Pleurait-elle ? Non. Ses yeux étaient toujours secs… mais elle avait mal. Mal d’avoir été manipulée. Mal d’avoir été si naïve. Je voyais cette stupide lumière ! Mais.. , Mais elle s’était trompée. Elle voulait tellement être aimée, qu’elle avait imaginé voir la lumière qu’il lui avait dit voir.  Elle avait tellement confiance en Chade, qu’elle s’était enfermée dans une fausse réalité. C’est un cauchemar. Et tout ce qu’il écrit, ce qu’il me faisait… seigneur. Elle avait envie de vomir. Envie d’évacuer tout ça… mais elle n’arrivait même pas à pleurer. En état de choc. Voilà ce qu’elle était. Comment aurais-je pu savoir ? Ça avait l’air si réel. Il disait m’aimée… puis… puis il allait la voir elle… je leur faisais confiance. Tant de mots, tant de douleur. Probablement plus de mots à la minute en cet instant que dans six ans d’amitié.  

Elle referma ses bras autour de son ventre et sa poitrine… comme pour se protéger, ou empêcher ses organes de tomber en morceau au sol, au choix. Son regard flou s’attardait sur Phoebe, elle essayait de se raccrocher à lui pour ne pas sombrer. Elle devait avaler. Il l’avait trahie de la pire des façons finalement… mais bientôt, il serait mort. Il allait payer. Elassaria par contre… elle devait la mettre hors d’état de nuire. Elle ne pouvait pas s’appesantir plus longtemps. Il fallait se remettre, c’était capital… mais ses tremblements ne semblaient pas vouloir s’arrêter. Comme on explique aux petits élèves quand ils font des attaques de panique, elle se focalisa. Sur Phoebe et son rayonnement tranquille. Les battements de son cœur erratique se calmèrent peu à peu. La douleur et l’horreur étaient toujours là… mais elle pouvait faire avec. Il faut que nous retournions à Shola. Elassaria … il faut que cette trahison soit rapportée… Et par le fait même, son histoire à elle. Un frisson de terreur lui traversa l’échine. Elle n’avait aucunement envie que ça se sache ! Je vais devoir allez voir le Roi avec ça… j’aurais aimé pouvoir t’avoir à mes côtés. Ton rayonnement réussit à me calmer dans n’importe quelle situation., Mais cela ne pourrait se faire. Le plus petit comité possible pour éviter de mettre la puce à l’oreille de la traitre. Elle devra allez voir le Roi seule. Et affronter sa honte seule.

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Dernière édition par Faryë le Ven 20 Jan - 21:42, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Mission] Où es-tu, ordure? [Faryë]   Sam 26 Nov - 16:25

Tout en sachant que Faryë ne faisait pas allusion au lien de son mariage, Phoebe se demanda si elle se sentirait effectivement libre lorsqu’elle connaîtrait la damnation de son époux. Pouvait-on vraiment être, libre, telle était la vraie question à se poser? Le reptilien avait longtemps médité dessus, et il doutait toujours. Son attachement à Krovos, essentiel à leur survie à tous les deux, ne brimait-il pas cette liberté factice? Ou, au contraire, était-ce la preuve qu’ils ne laissaient pas le destin se jouer d’eux? Le transgenre n’avais jamais su répondre à cette question. Il se contenta donc de sourire à l’elfe, préférant éviter de donner son opinion en craignant de la confondre d’avantage. Elle était déjà assez mélangée comme ça, la pauvre! Un sourire qui s’élargit en entendant sa sous-chef rire, une chose plutôt rare, de sa supérieur. Visiblement, elle était sensible au bien-être animal, à ne pas vouloir leur causer d’indigestion en les laissant manger Chade! Touchant, puisque Phoebe était tout aussi concerné la santé des animaux, dont il pouvait se servir afin d’arriver à ses fins.

Évidemment, que Chade n’aurait jamais laissé Faryë s’approcher de son journal de Chevalerie, même avec une perche de douze pieds. Pas avec ce qu’il écrivait dedans. Pourtant, sa sous-chef insista, et même s’il ne devait pas désobéir à sa supérieur, il le lui refusa. Parce que ce n’était pas une question d’obstination, il s’agissait là de la protéger. Elle n’avait pas besoin de lire ça en plus de tout le reste. Énervée, l’elfe lui demanda ce que pouvait bien contenir ce bouquin de si dérangeant, et Phoebe allait lui répéter qu’il n’y avait rien d’intéressant outre la trahison d’Elassaria, mais il ne put le faire. Lorsqu’elle se plaça face à lui et lui toucha doucement le visage pour le regarder dans les yeux, il sut qu’il était fichu. C’était comme ça qu’elle charmait Krovos pour l’aider à contrôler sa Rage meurtrière. Pourtant, alors qu’il aurait dû sentir immédiatement la pouvoir de sa sous-chef sur lui, celle-ci sembla hésiter à lui forcer la main. Et si Phoebe aurait eu cent fois l’occasion de se défaire de son emprise pendant cet instant de flottement, il n’en fit rien, captivé par la main qui caressait son visage, par la brillance de celui, pourtant dévasté de chagrin, de l’elfe en face de lui.

-Tu ne devrais pas faire ça Faryë… protesta-t-il quand même, pour la forme, juste avant qu’elle n’utilise réellement son pouvoir contre lui, mais sans employer la volonté pour y résister. Ce n’est pas une bonne idée, je crois vraiment que tu devrais au moins attendre qu’on soit rentré… marmonna-t-il bien que lui tendant le fameux journal malgré lui.

Parce que ces informations allaient la peiner incroyablement et qu’il n’était pas sage d’être dans cet état «brisé» en pleine mission. Toutefois, Faryë fit la sourde oreille et commença immédiatement sa lecture. Sa réaction ne se fit évidemment pas attendre, lorsqu’elle comprit finalement que Chade s’était toujours joué d’elle. Une foule d’émotions traversa alors ses traits, parfois contradictoires les unes des autres, alors qu’elle échappa le journal au sol, ultime preuve de la trahison des deux dirigeants de l’Ordre à son égard. Obstinée, elle répétait qu’elle l’avait vue, la lumière, que ça ne pouvait pas être possible, et qu’elle leur avait fait confiance. Phoebe tendit la main pour la serrer contre lui, dans un instinct protecteur, mais figea à quelques centimètres de son bras, hésitant à pousser cette proximité, alors qu’une lueur troublante émanait de sa sous-chef. Cette étrange clarté qu’il percevait sans la comprendre lui semblait désormais bien plus importante. Ce n’était pas une illusion, ou une hallucination à cause des émotions, elle était bien réelle…

-Mon... mon quoi? bredouilla-t-il, sursautant lorsqu’il entendit Faryë faire allusion au «rayonnement» qui émanait de lui, et c’est à cet instant qu’il réalisa qu’elle parlait de rentrer.

Il n’avait pas écouté, captivé par la douce lumière qui émanait de… son âme-sœur? Pouvait-on imaginer pire moment pour cette découverte, vraiment? Alors que Faryë venait de découvrir que le sien l’avait trahi. Mentalement, le Chevalier avait espéré qu’elle n’avait rien remarqué, car il craignait perdre la confiance qu’elle avait en lui. Il se sentait tellement déplacé dans cette situation, alors que la vie de l’elfe s’écroulait autour d’elle et que lui, simple spectateur, la voyait s’effondrer moralement sans pouvoir rien changer. Rien? Vraiment? N’était-il pas son ami, protecteur tel Krovos, et… lié à elle d’une manière toute précieuse qu’il n’avait jamais pris conscience auparavant? * Parce que tu croyais qu’elle était l’âme-sœur de Chade, et que la force de cette conviction te rendait aveugle, tout comme la force de cette conviction lui avait elle-même fait voir une lumière qui n’existait pas…*

-Oui, on rentre… Maintenant. souffla-t-il en terminant finalement son mouvement pour la prendre dans ses bras, sa main étant restée stupidement en l’air un long moment. J’suis désole, Faryë, vraiment. Mais je serai toujours là, tout comme Krovos, tu n’as qu’à me le demander et je serai à tes côtés. Je ne te laisserai jamais tomber je te le jure.

Comme si elle pouvait avoir foi en lui après que tous l’eut trahit. Phoebe avala de travers à cette pensée, serrant un peu plus sa sous-chef contre son cœur, ne sachant que faire, maladroit avec ses émotions. Il n’était peut-être pas la personne la plus appropriée pour régler cette situation. Ou peut-être que oui. Peu sujet aux énervements soudains, le Chevalier transgenre avait toujours été très posé, calme, même dans les situations extrêmes. N’était-ce pas ce qu’elle avait besoin en cet instant? En tout cas, pas question de semer d’avantage le doute dans l’esprit de l’elfe en lui faisant part de ce qu’il voyait, même si elle l’avait certainement vue elle aussi.

-Ils vont payer, tous les deux, je vais m’en assurer Faryë, tu m’entends? chuchota-t-il, la tête appuyée dans ses cheveux blonds, les yeux fermés pour ne plus être déconcentré par la lumière. Il n’y a plus personne qui te fera du mal maintenant, partons.

Pourtant, il n’arrivait pas à la lâcher, desserrer ses bras d’autour d’elle lui semblait représenter une tâche colossal et au-delà de ses compétences. Autant Phoebe ne voulait pas la mélanger plus encore en parlant de leur lien, autant il était curieux de savoir si celle qu’il ne considérait encore que comme une sœur pouvait vraiment… *Non, c’est impossible, je ne l’attire pas de toute façon. Elle aimait Chade, je n’ai pas ce qu’il faut pour la combler.*
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MessageSujet: Re: [Mission] Où es-tu, ordure? [Faryë]   Ven 20 Jan - 21:43

Faryë était toujours submergée par le mélange de honte et de terreur qui lui prenait les tripes. Il faut dire que d’aller demander une audience au Roi Pride pour lui parler de sa triste histoire avait tout de l’humiliation suprême. Savoir en plus que Phoebe avait lu les descriptions de ce qu’elle avait fait dans l’intimité de sa chambre –et ailleurs- en étant manipuler lui tournait les entrailles. Il y avait une différence, entre lire les descriptions cochonnes d’un journal intime versus lire les descriptions vulgaires et commentées des ébats d’une adolescente incertaine. C’était probablement ce qui lui brisait le plus le cœur dans tout ça. C’était de lire les mots chirurgicaux utilisés pour décrire son enthousiasme à accepter n’importe quoi pour son marionnettiste.

Phoebe ne semblait pas comprendre ce qu’elle voulait dire. Peut-être ne s’exprimait-elle pas assez précisément. Elle était de toute façon bien assez troubler. Ton rayonne… L’elfe se tue d’un coup, un peu choquée avant de terminer comme une question. ment…? Elle n’était plus très sûre là. Il rayonnait. Pour de vrai. Plus elle le regardait et plus elle ne pouvait vraiment plus passer à côté. Et comme la lumière était très faible dans cette foutue grotte - un nuage avait dû passer… le seul en 100 ans surement ! – le rayonnement semblait être plus fort. Oh Parandar. Ce ne pouvait pas être vrai. C’était une blague cruelle. Une entourloupe du destin ou elle ne savait pas quoi ! Figée, elle avait soudainement peur de tout ce que ça pouvait vouloir dire. Elle n’était pas complètement idiote, n’en déplaise à Chade et Elassaria.

Elle ne se sentait pas apte à aimer. Elle se sentait salie et brisée. Comment pourrait-elle ne serait-ce qu’aimer à nouveau sans avoir peur d’une nouvelle trahison de cette envergure ? En plus, qui voudraient d’une fille comme elle ? Déjà qu’elle était froide comme une porte de prison et d’une étrangeté uniquement égalée par son ami Krovos. Et là, comme une mauvaise tournure du destin elle comprenait enfin le foutu rayonnement qui la rassurait. Et bien sûr, fallait que ça tombe sur un homme qui venait de lire les moments les plus intimes de sa vie ! Joie. La situation commençait à la rendre nerveuse, surtout, qu’elle voyait la main de Phoebe figer dans l’air. C’était un peu surréaliste. En plus, elle ne savait plus si elle voulait qu’il la touche ou si elle voulait plutôt fuir se terrer dans un coin. Comme une biche dans un rayon soudain de lumière elle se tenait là, prête à détalée, incapable de prendre une décision.

Finalement, la main termina son chemin et Faryë se retrouva contre Pheobe. C’était comme si tout l’extérieur venait de s’éteindre. Son cœur stressé s’apaisa et elle respira à nouveau. Son ami lui assurait de son soutien. Lui et Krovos seraient toujours là. Bien qu’elle aurait pu ne pas le croire, au vu de la récente découverte, l’elfe le ressentait au plus profond de ses entrailles. C’était la vérité. Je sais… je… merci. sa voix n’était pas assurée, elle était triste, mais elle était reconnaissante. Et l’odeur autour d’elle était tout ce dont elle avait besoin. Elle se souvenait de cette fragrance particulière. C’était ce qui l’avait calmée dans ce qui avait été le grand moment de désespoir de sa vie. Cette nuit, où elle était apparue en pleurs dans la chambre de Krovos. Elle s’était sentie enveloppée, étreinte par cette odeur particulière. Et elle s’était calmée. Entre les bras de Phoebe, elle la reconnaissait. C’était son odeur à lui. Semblable à Krovos, mais différente.    

La poigne serrée sur elle était la chose la plus réconfortante que Faryë ait connue. Oui, c’était un coup dur. Une tragédie… mais elle n’était pas seule. Oh non. Elle avait quelqu’un sur qui compter. Phoebe avait toujours eu cette attitude calme et agréable. Il était doux et simple, le reptilien était tout simplement parfait pour la situation. Il chuchotait dans ses cheveux et elle avait fermé ses yeux. Ses mains s’accrochaient dans le dos du Chevalier. Elle était bien. Comme si rien ne pouvait lui arriver. Elle n’avait pas envie de le lâcher et de devoir se faire happer à nouveau par le tourbillon d’émotion et d’évènement. Mais il le fallait. Ils devaient partirent. Régler ça, avant qu’Elassaria ne pose problème. Oui, nous devons nous mettre en route…

Mais avant, elle voulait faire quelque chose. Appelez ça impulsion ou qu’importe. Elle sentait que le moment était pour. Il y avait quelque chose dans l’air. Lourd, fébrile. Entre promesse, désolation, colère et frustration. Il y avait la tendresse. L’amour aussi. Peut-être pas flamboyant comme un feu d’artifice, mais l’amour était là. Lentement, un peu hésitante, Faryë leva le visage vers celui de son compagnon d’armes. Une de ses mains se retira du dos, pour vernir se poser contre le visage de l’homme. Comme plutôt, avant que le ciel lui tombe sur la tête. Elle prit son temps, caressant doucement du pouce. Puis avec toute la douceur dont elle pouvait faire encore preuve, elle s’avança. À tout moment, il pouvait reculer. Finalement, la sous-chef posa ses lèvres contre celle de Phoebe. Pas insistante ni contrôlant. Juste la douceur de deux paires de lèvres qui font connaissance.

L’appréhension dans son ventre fit place à du contentement. Comme si elle avait enfin trouvé sa place. Elle n’était pas encore prête. Peut-être ne le serait-elle jamais. Mais elle ne voulait pas laisser de regret. Plus qu’un baiser, c’était une promesse. Celle de ne pas baisser les bras. D’essayer. Et un remerciement. Sa manière à elle, de lui montrer tant sa tendresse que sa reconnaissance d’être là. De ne pas la juger. D’être lui tout simplement.

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MessageSujet: Re: [Mission] Où es-tu, ordure? [Faryë]   Dim 22 Jan - 17:15

Il ne la jugeait pas, ne l’aurait jamais jugé. Phoebe n’était pas le genre de personne à se faire de fausses opinions des gens basées sur les principes fondant la société, parce qu’il n’y avait jamais pris part. Lui-même étant… particulièrement différent et en marge des autres, qui était-il pour se prononcer sur l’attitude et les émotions d’autrui? Il avait essayé de ne pas trop en lire, en se rendant compte de ce qu’il avait sous le nez, mais il savait ce qui ‘était passé avec Chade et Faryë, comment elle était tombée dans son piège. Et pourtant, il n’avait pas l’impression que ça l’a rabaissait d’une quelconque façon. Elle avait été bernée, mais ça ne faisait pas d’elle quelqu’un de fragile, ou d’idiote. Les mystères de la vie, des relations humaines, sont encore trop profonds pour le Chevalier. Il ne pouvait pas comprendre, n’ayant jamais connu de tels sentiments, alors il s’abstenait de toute opinion. Ce qui comptait, en cet instant, c’était que «sa petite sœur» avait besoin de lui, et qu’il était là, tout simplement.

Phoebe était certain que Faryë ne serait plus capable de faire confiance en personne après ce qui lui était arrivée, pourtant, lorsqu’il lui affirma que Krovos et lui seraient toujours là pour elle, il sentit qu’elle le croyait, ou au moins voulait le croire, et ça lui donnait un peu d’espoir. Là, au milieu de la grotte abandonnée par Chade, serrant sa belle sous-chef contre lui, et doutant de leur futur au vu de cette nouvelle lumière inattendue… Le Chevalier osait un peu d’espoir. Il n’était pas capable de comprendre comment leur duo pouvait fonctionner, s’ils iraient plus loin que la simple amitié, la confiance d’une dirigeante de l’Ordre avec son Chevalier, mais il savait qu’au moins, tout n’était pas perdu. Elle finirait par se remettre, avec l’aide de ses frères de cœur, et après… ils verraient en temps et lieu.

Les deux s’entendirent pour quitter la grotte et rentrer à Shola, il fallait prévenir le Royaume de la traîtrise d’Elassaria et la démettre de ses fonctions. Mais, alors qu’ils affirmaient cela, ni l’un ni l’autre ne desserra la force de leur étreinte. Phoebe était tout simplement incapable de retirer ses bras autour de Faryë en premier, et les mains délicates de la demie-elfe dans son dos ne semblaient pas davantage se détendre. Même lorsque son visage s’éloigna de son torse pour lever la tête vers lui. Le regarder dans les yeux. Phoebe cessa instantanément de respirer, ne savait même pas s’il était censé continuer d’exister, noyé dans les yeux de son âme-sœur rappelant le ciel infini, brillant de larmes, mais brillant aussi de cette aura qu’il était le seul à voir. Une main douce comme la soie, insouciante du fait qu’elle aurait dû être pleine de callosités comme tous les soldats s’entraînement durement… Les elfes avaient-ils tous les mains aussi immunisées contre les aléas de la vie quotidienne?

La dernière chose sur laquelle Phoebe aurait misé, cette journée là, aurait été que Faryë l’embrasse. Ce n’était certainement pas l’homme le plus doué pour prévoir les réactions de la gente féminine, et cette journée semblait toujours vouloir aller dans des directions innatendues, et pourtant, il n’aurait même pas parié une seule pièce de bronze sur ça. Pourtant, c’est ce qu’elle fit, tendant son visage vers lui assez lentement pour qu’il puisse se défiler, s’il le voulait, mais il resta figé. Avait-elle seulement envie de réconfort? Ça pouvait être que pour se consoler… Pensait-elle vraiment que l’aura qui l’entourait définissaient qu’ils devaient s’aimer? Ce qui poussa Faryë à l’embrasser, Phoebe n’allait certainement jamais le savoir, pas plus qu’il ne savait pourquoi il n’avait pas résisté. Parce qu’au fond de lui, il avait toujours espéré être aimé? Parce qu’il profitait de la situation? Parce qu’il sentait que c’était ce qu’il devait faire? Parce que les âme-sœurs (insérer ici le même questionnement contre l’univers, le destin et Parandar)?

Est-ce qu’il réfléchissait trop? Probablement. Peut-être que ce baiser ne voulait rien dire, ou ne devait rien dire Il avait été doux, presque innocent. D’ailleurs, ils ne dirent rien. Phoebe ne se souvenait même pas qui avait rompu le baiser en premier, ni qui avait cessé l’étreinte. D’ailleurs, aucun de deux ne déclara le moment de partir, mais chacun ramassa les effets de l’Ordre qui devaient être retournés au Château, puis sortirent de la grotte sans un mot, en direction du nord, de leur demeure. Ils avaient parlé, sur la route, mais pas du baiser, bien que le Chevalier brûlait d’envie de comprendre ce qui les attendait. Ils avaient parlé d’Elassaria, des démarches à faire pour rencontrer le Roi, de l’avenir de l’Ordre, des missions… Et s’étaient séparés, plusieurs jours plus tard, en arrivant à la capitale, sans avoir dis le moindre mot sur leur étreinte. Faryë devait affronter la Royauté, raconté son histoire, et ne pouvait se permettre d’être habitée par des pensées parasitaires.

Lorsqu’il rejoignit son frère, pour un pique-nique, Phoebe sentait encore la douceur des lèvres de Faryë contre les siennes, et son parfum sylvestre sur sa tunique.

***

Il n’y a jamais de réponses claires pour ce genre de question. Phoebe avait tout raconté à Krovos, s’était vidé le cœur sur ses sentiments, et loin d’obtenir des réponses, il n’avait eu que plus de questions. S’il la blessait? S’il n’arrivait pas à la rendre heureuse? En avait-elle envie, après ce qui lui était arrivé? Combien de temps avant qu’elle soit prête à faire la place à un homme (enfin presque) dans sa vie? Et lui, en avait-il vraiment envie?

Oui. Son baisé l’avait laissé fébrile, sans pour autant qu’il ose l’avouer. La lumière qui se dégageait de Faryë l’attirait comme un aimant, et même s’il savait que son âme-sœur avait un pouvoir agissant sur la volonté d’autrui… il sentait qu’elle ne s’en était pas servie sur lui. Ce n’était pas la magie, mais le destin. Et ça l’effrayait encore plus, parce qu’il doutait encore qu’il put rendre une femme heureuse, dans sa condition. Il n’avait pas envie de la décevoir comme elle avait été déçue par Chade, et autant il espérait qu’elle veuille son amour, autant il voulait l’éviter à tout prix, comme si la solution pour éviter l’échec était de ne pas essayer. Pourtant, Phoebe était loin d’être un lâche, au combat, en mission, dans la vie de tous les jours… mais pour les histoires de cœur, dans lesquelles sa seule expérience avait été une maîtresse rencontrée à quelques reprises sans qu’il n’y ait plus que des contactes physiques (passionnés, certes, mais pas amoureux).

Phoebe cogna, inutilement, avant d’entrer dans le bureau de sa Chef. La nouvelle chef, Faryë. Il haussa un sourcil surpris en voyant le parchemin, identifé du sceau de l’Ordre, qui validait la raison de sa convocation. Elle avait vraiment, tout simplement, une mission à lui donner. Le reptilien jeta un regard interrogatif à la demie-elfe, lis l’énoncé de quête en diagonal, avant de le fourrer dans sa poche. Elassaria n’appelait jamais les Chevaliers pour leur donner leurs missions, elle les faisait souvent parvenir, cachetées, par un serviteur…

-Nouveau protocole, ou c’est une disposition spéciale pour moi…? interrogea-t-il, d’une voix nerveuse, avant même de dire bonjour. Je suis désolé, Faryë, je crois que j’en suis encore… troublé. Comment… comment est-ce que tu te sens? Tu as envie de m’en parler?

Pourquoi l’aurait-elle appelée spécialement, sinon? Le cœur de Phoebe s’emballa, à seulement regarder les mains nerveuses de Faryë, qu’il savait trop bien être douce, et repenser au contact de ses lèvres contre les siennes le faisait rougir comme un puceau de quatorze ans. Il aimerait les caresser à nouveau, mais craignait les implications de ce geste, il devrait dévoiler son secret, pour qu’elle ne se fasse pas trop d’espoirs, et se sentait trop chochotte pour le faire. Peu de gens savaient qu’il était une femme, et c’était le genre de bruit qu’il évitait de laisser courir longtemps.

-J’ai entendu dire qu’El… Il ne se sentait même pas le courage de dire son nom. Qu’elle était morte. C’est vrai? Tu… tu l’as fait?

N’importe quoi pour dévier le sujet à autre chose que leur baiser, sal froussard, alors que c’était tout ce qui l’intéressait, en réalité.
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MessageSujet: Re: [Mission] Où es-tu, ordure? [Faryë]   Dim 22 Jan - 23:11

Faryë avait pris possession de l’ancien bureau d’Elassaria… mais elle détestait l’endroit. Chaque chose lui rappelait les trahisons qu’elle avait essuyées.  Elle pensait le faire changer d’endroit. Oui, ça serait une idée. Quand la paperasse serait réglée… il y avait tant à faire pour assurer le changement et la continuité ! La charge était tellement lourde, comment pourrait-elle y arriver !  Mais il le fallait. La jeune femme avait tellement rêvé d’être un jour chef de l’Ordre, ce n’était certainement pas pour baisser les bras.

Les premiers jours de ses nouvelles fonctions s’achevaient. Demain, ça ferait une semaine. Une longue et difficile semaine. On chuchotait dans son dos… et même parfois directement dans sa figure. Elle savait que les choses allaient finir par se tasser, mais elle détestait la situation. C’était lourd à porter. Elle n’était pas vraiment très populaire en tant que simple Chevalier… quand elle était devenue sous-chef ça avait jasé… là c’était encore pire. Il faut dire, qu’elle était terriblement jeune, que les deux précédents postes avaient été occupés par des traîtres –auquel elle était très liée d’ailleurs- et qu’elle avait tué son prédécesseur. Forcément, ça jasait entre les couloirs !

Elle soupira doucement, puis se remit à trier les dizaines de documents qui trainait classé dans une méthode qu’elle ne connaissait pas. Les coups à la porte lui firent relever la tête presque aussitôt. Juste à temps pour voir Phoebe entrer dans la pièce, le rayonnement l’entourant toujours. Faryë l’avait un peu évité au cours de la semaine… Elle avait bien sûr eu beaucoup à faire, mais c’était surtout parce qu’elle n’était pas encore prête à une confrontation. Elle ne l’était d’ailleurs toujours pas, mais à un moment, il fallait allez de l’avant. Et elle ne pouvait décemment ne pas laisser son ami dans le noir comme ça !  C’est pourquoi elle l’avait fait appeler. Une petite mission de routine l’attendait et c’était une occasion en or pour lui parler. Et si elle n’y arrivait pas, elle aurait au moins une excuse !

Il était nerveux. Autant qu’elle. C’était rassurant dans un sens… même si ça m’était un peu plus de lourdeur sur la situation. Faryë triturait entre ses mains une babiole qui trainait sur le bureau, ne sachant pas trop comment répondre. Qu’à cela ne tienne ! Il fallait bien un jour le faire ! « Non… je veux dire oui. Une nouvelle procédure. Je me disais que de rencontrer les Chevaliers pour donner les missions rendrait ça plus… je ne sais pas, humain ? Moins anonyme ? … » Sa voix était aussi hésitante qu’elle… la nouveauté de la chose la rendait terriblement nerveuse. Elle ne savait pas comment gérer un Ordre ! Elle avait peur de faire une bévue. Mais en même temps, c’était faux. Elle connaissait tous les détails, les rouages. C’était juste l’anxiété qui parlait. Elle se racla la gorge et lui fit un pauvre sourire. « Et bon… je voulais te voir aussi… » Elle gigota sur sa chaise et finit par soupirer tout doucement. Il était toujours troublé. Mais par quoi ? la découverte, ce qu’il avait lu ou bien le baiser ? Et elle… troublé était un faible mot.

Elle n’arrivait pas à expliquer pourquoi elle voulait le voir. N’arrivait pas à mettre des mots sur ses ressentis. Ou plutôt, n’arrivaient pas à sortir les mots à voix haute. Voyant la tension s’accumuler, son compagnon avait posé la question. Peut-être pas LA question, mais une question assez essentielle. Et celle-là était un bon tremplin.  Faryë baissa ses yeux tristes sur la babiole qui avait appartenu à Elassaria. « Oui. Oui, j’ai dû le faire… J’aurais préféré… » Elle dut reprendre son souffle avant de continuer. « Elle est morte. C’était mon mentor, tu sais ? Avant que Ch… qu’il ne me prend pour écuyère, personne ne voulait de moi. C’est elle qui m’entraînait… » Elle l’avait aimée comme on aime une mère. Et elle l’avait trahie. L’elfe n’arrivait pas à s’enlever l’image de la tête qui roulait dans la poussière du terrain d’entrainement. Elle avait tué son mentor, et son cœur allait probablement saigner longtemps.

La nouvelle chef de l’Ordre se secoua la tête doucement pour revenir à la réalité. Elle releva les yeux vers le Chevalier. Il était près de 20 ans son ainé… Phoebe était doux et solide. Elle les avait toujours trouvé très beaux, les jumeaux reptiliens… mais Phoebe avait un charme particulier. Était-ce ses yeux bicolores ? Ses traits plus fins ? Aucune idée. Quoi qu’il en soit, elle puisa dans son regard le courage de continuer. « Phoebe… » Ou presque. Elle se frotta les yeux et ébouriffa ses cheveux. Signe qu’elle était particulièrement au bout du rouleau... ses cheveux n’étaient même pas attachés ! Ils tombaient dans son dos complètement sauvage. « Je ne suis pas prête… J’aimerais pouvoir te dire quand. Mais je ne peux pas. Je ne sais même pas si je le serais un jour ! Et puis... je ne suis pas seule… je dois penser à elle aussi. » Sa voix s’était faite tendre alors qu’elle regardait dans un coin du bureau qui pouvait passer inaperçue. Son bébé Leelah, à peine trois ans, dormait paisiblement sur un tout petit lit d’appoint. Une si petite fille, terriblement semblable à Faryë. Ramenant son regard à Phoebe elle continua. « J’ai dû lui annoncer que son père était mort. Elle ne l’avait jamais connu… mais dans son petit cœur d’enfant elle espérait son retour. Je ne peux pas tout précipiter. » Elle avait dans un sens fait le deuil de Chade pendant les trois derrières années... mais sa trahison avait ré-ouvert la plaie purulente et les morceaux de son être qui tenait à peine ensembles s'étaient tous simplement effondrés.  

L’elfe se leva doucement et se rapprocha de Phoebe. Ce n’était plus un Chevalier et son chef. C’était des âmes sœurs. Et elle était si triste. Désemparée. « Et j’ai peur. Je ne sais qu’à peine comment aimer… comment pourrais-je le faire ? Je ne veux pas risquer de t’entraîner dans la souffrance. En plus… Krovos m’achèverait ! » sourit-elle à sa pauvre tentative d’humour. Avouer sa peur était probablement la pire chose pour elle qui était de nature si fière.

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MessageSujet: Re: [Mission] Où es-tu, ordure? [Faryë]   Lun 23 Jan - 20:36

Faryë n’avait pas l’air certaine si elle avait envie de lui faire croire qu’il s’agissait d’une simple nouvelle procédure ou si c’était vraiment qu’elle avait envie de le voir, et Phoebe s’efforça de ne pas sourire. Enfin, s’efforça, c’est un grand mot. Il était tellement angoissé lui-même qu’il en aurait certainement été incapable sans que ce soit crispé. La Chef des Chevalier tripotait nerveusement un objet quelconque, pas assez important pour que le reptilien y porte attention. De toute façon, sa lumière magique l’aveuglait, doucement et sans douleur, posant sur son cœur une paix qu’il n’avait jamais ressentie ailleurs. Qu’importait qu’elle ait voulu le voir, lui spécialement, ou si c’était anodin comme elle essayait de le prétendre, sa présence le réchauffait. On dit qu’on ne se rend compte de ce qu’on apprécie que lorsqu’on en est séparé, de ce qu’on a besoin que quand on n’en a plus. L’absence de l’elfe lui avait pesé. Il le savait maintenant.

Alors il ne la releva pas, s’en tint au silence, alors que, triste, sa belle avoua avoir du tuer celle qui avait été son mentor, alors que personne ne voulait d’elle comme écuyère. Phoebe eut un pincement au cœur, il se souvenait de cet incident, bien qu’il ne se souvenait plus pour quelle raison Faryë avait été seule. Il savait seulement que, à l’époque, il ne pouvait pas se permettre de prendre une adolescente sous son aile, il avait trop à faire avec Krovos. Mais il aurait pu, il était déjà Chevalier à l’époque! Qu’aurait été leur vie autrement? Aurait-il pu la sauver de toutes ses souffrances, ou n’aurait-il été qu’une de plus? *Avec des si, on mettrait Enkidiev en entier dans une bouteille…* se sermonna-t-il mentalement. Avec des si, on pouvait refaire le monde, mais il n’y avait pas de retour en arrière possible. Il ne l’avait pas prise comme écuyère, qu’à cela ne tienne, à présent il la prenait comme protégée, que ça lui plaise ou pas, à sa conscience ou non. Si leur relation ne pouvait atteindre le stage d’amour, s’ils étaient incompatibles, ou elle trop effrayée, il n’abandonnerait pas, il la protégerait, et souffrirait en silence de ne pas avoir su la protéger avant pour obtenir son cœur.

La jeune Chef sembla enfin sortir de ses pensées. Patient, comme à son habitude, le reptilien avait attendu. Il se doutait de ce qui allait venir, mais l’entendre le blessait quand même. Certes, il avait tout autant la trouille d’essayer d’aimer, surtout de décevoir. Il avait peur de ne pas être à la hauteur, et il était presque soulagé de pouvoir mettre à plus tard ses explications, son secret. Se mettre à nu, au sens figuré, c’est bien plus difficile qu’au sens propre. Pourtant, il aurait aimé l’embrasser une autre fois, et puis pour toujours, tiens, pourquoi pas. Elle était son âme-sœur, cela ne signifiait pas rien. Mais il devait comprendre, elle était fragile, brisée, trompée. La confiance ne se donne pas facilement.

-Je comprends, Faryë, ne t’inquiète pas pour moi.

Phoebe se retourna vers le petit lit, où dormait paisiblement la douce Leelah, la fille du traître, mais surtout la fille de Faryë. Avant de se refaire un cœur pour les hommes, la maman devait se faire un cœur pour son enfant, ça devait rester sa priorité. L’enfant n’avait jamais connu son père, mais elle avait quand même appris sa mort. Le Chevalier eut un pincement au cœur en pensant qu’il aurait aimé être le père, ou au moins un père pour elle, si sa Chef lui en avait donné la chance. Mais tout comme elle ne le laissait pas, pour le moment, l’aimer, et qu’il allait le faire quand même, de loin, qu’est-ce qui l’empêchait de faire de même avec la petite?

-Moi aussi, j’ai la trouille, Faryë, et moi non plus, je ne sais pas comment aimer. Mais je sais une chose, c’est que c’est moi que Krovos va égorger si je te fais souffrir, il m’a prévenu, avoua-t-il dans un demi sourire. La menace avait à peine été voilée… Toi tu es sa petite sœur, il te protégerait contre n’importe qui, même son jumeau. Mais je n’ai pas l’intention de te faire mal, ma sœur, et je te protégerai contre tout le monde, moi-même y compris, si c’est pour t’épargner de souffrir. Parce que je ne sais même pas si je pourrais te rendre heureuse non plus, je suis bien trop ignorant à ce sujet. Je ne vais jamais te lâcher, Far’, que tu le veuilles ou non, je serai toujours là, pas trop loin. Tu sais où me trouver, de toute façon. Mais j’attendrai, comme je sais que tu m’attendras, et si d’avenir nos cœurs pouvaient être apaisés en même temps, je serai flatté que tu veuilles bien que j’essaie de le combler.

Le Chevalier posa sa main sur la porte, prêt à l’ouvrir, et jeta un dernier coup d’œil à la fillette endormie. Il aurait voulu savoir si elle avait entendu sa promesse, parce qu’elle s’adressait également à elle. Qui qu’eut été son père, Phoebe espérait maintenant au moins qu’elle puisse compter sur lui comme un protecteur, à défaut d’un papa. Un papa… peut-être, un jour, si Faryë lui confiait son cœur, alors Leelah pourrait l’appeler ainsi. Le transgenre s’apprêtait à sortir, lorsque soudain, il s’interrompit, et combla la distance entre lui et son âme-sœur en deux seules grandes et rapides enjambées.

Dans la grotte de Chade, Faryë l’avait embrassé, lentement, lui donnant mille et une occasions de se défiler. Phoebe ne l’imita pas, emprisonnant le visage de son âme-sœur entre ses grandes mains de reptilien, volant un baiser tout aussi doux, pas plus insistant, seulement pour encrer profondément l’odeur et le goût de ses lèvres sylvestres et se les remémorer en cas de besoin.

-Juste une autre fois, c’est que je n’avais pas eu le temps d’en profiter, la dernière fois… soupira-t-il, ses yeux bicolores toujours fermés, n’osant affronter le regard de Faryë. Il avait peur d’y lire du dégoût, mais encore plus d’y lire du désir, car il n’aurait pas été capable d’y résister. Ce sera tout, Chef? demanda-t-il innocemment en se dirigeant, une bonne fois pour toute, vers la porte et sa mission.
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MessageSujet: Re: [Mission] Où es-tu, ordure? [Faryë]   Lun 23 Jan - 23:36

Comment n’avait-elle pas remarqué avant, à quel point cet homme était parfait ? Il était doux, compréhensif. Il était patient et attentif aussi. En fait, Phoebe était absolument tout le contraire de Chade. Lui, il était manipulateur, excessif, arrogant et terriblement impatient. Sans compter sa méchanceté déguisée. Souvent, elle lui en avait voulu et c’était senti mal avec son Maitre. Mais elle l’aimait. Elle lui passait toute et n’importe quoi. Krovos lui avait un jour dit que c’était à cause du danger qu’il ne l’ait pas pris sous son aile. Mais dans le fond… n’aurait-elle pas été plus en sécurité avec la menace d’une apocalypse au moins mouvement ? On ne le saura jamais.

Au moins, Chade l’avait-il formé comme il faut. Il aurait pu aussi bien bâcler son enseignement, mais il ne l’avait pas fait. Il s’était plutôt, comme le dit si bien son journal, amusé à créer une machine de guerre impitoyable. Eh bas. Lui et Elassaria en avaient fait les frais. Sauf qu’elle avait cette lacune énorme. Son cœur était presque asséché, glacé par le manque d’affection. Ce qu’elle comprenait aujourd’hui, c’est que ce qu’elle connaissait de l’amour, c’était Krovos et Phoebe qui le lui avait appris. Avec l’affection que l’on donne à une amie chère, à une sœur. Et pour ça, elle leur en serait toujours reconnaissante. Il y avait bien Sheireen, qui lui avait aussi appris à aimer un enfant. Peut-être en savait-elle plus qu’elle ne le pensait… peut-être que c’était suffisant.

Toute sa peur venait de son mariage raté. Mais n’avait-elle pas montré, pendant les trois dernières années, qu’elle était parfaitement capable de vivre sa vie sans cet enfoiré ? Oh bien sûr, elle avait eu ses coups de gueule et c’était parfois langui de ce qu’aurait pu être sa vie s’il n’était pas parti. Mais ça, c’était avant de savoir ce qu’il avait vraiment fait. Tout sentiment amoureux qui aurait pu survivre à trois ans de rage contenue était mort. La laissant enfin libre. Libre de vivre, libre d’aimer. Libre de donner à son enfant tout ce dont elle aurait besoin. Y compris un père aimant. Un père, que sa mère serait fière d’aimer.

Phoebe comprenait, oui. Mais… il ne semblait pas entièrement d’accord avec ses propres paroles. La déception était quand même palpable. Et le cœur de Faryë ce sera doucement. Parce qu’elle n’aimait pas voir cette expression dans ses yeux si doux. Elle secoua doucement la tête. « Bien sûr que je m’inquiéterais pour toi… On s’inquiète toujours pour les gens qui ont une grande place dans nos cœurs… » murmura-t-elle… Ce n’était pas un aveu à proprement parler, mais c’était ce qu’elle ressentait.

Le discours du Chevalier lui retourna les entrailles dans tous les sens. Ainsi, elle n’était pas la seule morte de peur. Ses mots… c’était les plus beaux qu’elle eût entendu. Ils venaient lui faire vibrer directement le cœur. L’apaisant comme une couverture chaude. Elle avait l’impression, qu’une boule de chaleur gonflait dans sa poitrine alors qu’il lui parlait, lui assurait qu’il serait là. Il ne la pressait pas… et ça lui donnait envie de se presser elle-même. Parce qu’elle n’avait pas envie de gâcher son existence pour un crétin de demi-elfe traître et sa salope de compagnie. Surtout pas, quand Phoebe lui faisait de telles promesses. Une boule énorme se formait dans sa gorge alors qu’elle le voyait prêt à partir. Elle n’arrivait tout simplement pas à parler. C’était comme si sa langue était devenue aussi lourde que du plomb.

Puis soudain, elle avait ses lèvres contre celle de son âme sœur. Sa véritable âme sœur. Elle succomba au baiser, accrochant ses deux mains dans la tunique du reptile. Jamais, un baiser n’avait eu tel goût. Les mains du Chevalier recouvraient presque entièrement son visage et elle était sur la pointe des pieds. La position aurait dû être désagréable… et au contraire elle avait une impression de perfection. Malheureusement, ce baiser qu’elle aurait voulu éternel prit fin. Et son compagnon reprit la direction de cette foutue porte.

Il avait les yeux fermés. Un air déchiré et il avançait fermement vers la porte. S’il n’avait pas eu le temps de profiter la dernière fois… elle n’avait pas assez profité à son goût maintenant ! Pris d’une impulsion, elle bondit en trois pas la distance pour se jeter à ses lèvres. Oh ce n’était pas passionné et violant comme on pourrait le croire… la Chef de l’Ordre c’était contenter de l’arrêter en lui agrippant le devant de ses vêtements pour reposer sa bouche contre la sienne. C’est qu’elle ne voulait pas perdre ce goût de paradis. Elle n’était peut-être pas prête à une vie de couple. Mais en le voyant s’éloigner, elle avait compris que si elle voulait être heureuse, vraiment heureuse, il fallait saisir le bonheur quand il se pointait. « Non Phoebe… ça ne sera pas tout. Je ne veux pas être ta sœur. Jamais. » souffla-t-elle en s’éloignant lentement, retombant sur ses talons. « Krovos est mon frère. L’ainé que j’aurais toujours voulu. Mais toi ? Tu n’es pas mon frère… tu es tellement plus… Je. Nous… Juste, essayons. Doucement. À notre rythme. Je sais que toi, tu ne me laisseras pas me briser… Je sais que tu sauras, réparer les morceaux. »

Elle était incertaine, et refusait de le regarder pleinement dans les yeux. Parce que la décision devait n’être en aucun cas influencée par son désir. Celui, de pouvoir considérer cet homme de vingt ans son aîné, comme propriétaire de son cœur.


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MessageSujet: Re: [Mission] Où es-tu, ordure? [Faryë]   Mar 24 Jan - 8:59

Trop trouillard pour regarder derrière lui, Phoebe entendit néanmoins distinctement Faryë se lever et le poursuivre, le rattraper pour l’empêcher de partir. Pendant ce qui ne fut qu’un quart de seconde, il s’inquiéta à savoir si c’était pour le garder plus longtemps ou pour lui reprocher son geste, et aucune de ses deux possibilités le rendait tout à fait confortable, la première parce qu’elle impliquerait dévoiler son secret, et la seconde parce qu’il ne regrettait rien de ce baiser. Lorsque la main de sa chef s’agrippa à sa tunique pour le retenir de passer l’entrebâillement de la porte, le Chevalier fut bien inspiré de ne pas rouvrir les yeux, car ça aurait bien gâché ce moment, alors qu’elle l’embrassait à nouveau. Le reptilien dû se faire violence pour garder ses mains sages, l’une crispée sur le cadrage de la sortie, l’autre sur la porte, alors que l’envie poignante de la prendre dans ses bras, par la taille, et la traîner sur ce bureau où il pourrait l’aimer profondément le tenaillait. Mais il résista. D’abord, parce qu’il en aurait été incapable, il fallait bien l’avouer. Ensuite, car elle n’était pas prête.

Qu’elle est senti ou pas le désir qui risquait d’exploser en lui, Faryë eut la brillante idée de s’éloigner un peu, rafraîchissant ses ardeurs et son esprit. Il n’avait plus envie de la considérer comme une sœur non plus, et ça le rassurait (et l’inquiétait) qu’elle pense de même. Ils étaient des âmes-sœurs, c’était beaucoup plus que de la simple fraternité, ça ne pouvait seulement pas s’arrêter à ça! Ils essaieraient, lentement, pendant des années s’il le fallait. La Chef de l’Ordre était en morceau, mais avec un peu de patience et beaucoup de tendresse, peut-être que Phoebe arriverait à la recoller en une seule pièce.

-J’vais essayer, Faryë. Promis, souffla-t-il avant de s’enfuir, profitant qu’elle ne le regardait pas pour déguerpir, comme un lâche.

Parce que s’il avait croisé son regard, il n’aurait jamais été capable de sortir, et pas à cause de son pouvoir de charme, mais parce qu’il était fou d’elle. Et qu’il était trop dangereux de rester encore, avec tous ces bouleversements, il serait bien incapable de se contenir. En se rendant à ses appartements, il se maudit lui-même, dégoûté par son attitude… Il venait de faire une promesse qu’il ne savait même pas s’il serait capable de tenir. Aurait-il jamais le courage de lui dire la vérité sur lui ? Il allait bien y être obligé, un jour, si Faryë finissait par vouloir s’ouvrir à lui, et alors, il la décevrait assurément…

Merde. Krovos allait le tuer.

[RP TERMINÉ]
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