Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 MISSION | MONTAGNES | The Tale of an Owl and a Kitten [PV MIYA][TERMINÉ]

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Vigie
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MessageSujet: MISSION | MONTAGNES | The Tale of an Owl and a Kitten [PV MIYA][TERMINÉ]   Mar 4 Oct - 13:22


Le vent frais du nord leur fouettait le visage. Les immenses barrières de montagnes s’étalaient devant eux, offrant au duo une vision des plus impressionnantes. C’était à couper le souffle. On les avait dépêchés en ces lieux afin d’enquêter sur les tribus barbares qui descendaient du nord pour envahir les terres alombriennes. Ces Hommes nordiques devaient bien arriver de quelque part! Ça faisait plusieurs jours que la mission avait été entamée et c’était la première fois que le chevalier quittait la capitale depuis son retour du terrible fiasco qu’avait été son escapade dans le désert. Douhbée avait d’abord eu beaucoup de mal à se faire à l’idée qu’il devait la quitter pour partir vers le nord, mais elle dut revenir à de meilleur sentiment quand elle apprit qu’elle-même devait quitter en compagnie de son écuyère. Les « au revoir » avaient été difficiles, mais ils avaient tous les deux le sentiment que tout se déroulerait bien, cette fois.

Vigie était donc parti vers le nord sur sa monture en compagnie de Miya, son écuyère. Ils enquêtèrent pendant quelques jours dans plusieurs petits bourgs, questionnant les villageois et les fermiers environnants sur l’apparition de ces barbares sans pitié. Les récits étaient tous semblables : des hommes surgissaient de nulle part et pillaient la moindre richesse sur leurs passages. Ils kidnappaient les femmes et parfois même les enfants. Ils étaient des rustres et pouvaient même se changer en animaux à volonté! Selon les pauvres victimes, ces guerriers intarissables seraient tous extrêmement grands, parleraient une langue inconnue et seraient sans pitié. Ce drôle de descriptif lui rappela amèrement ses geôliers Irianiens… Ce n’était surement pas eux… pas vrai? Ils n’étaient pas particulièrement grands… m’enfin…

À force de recherches et d’enquêtes, le duo Alombrien avait fini par découvrir que des navires ennemis avaient été découverts par des pêcheurs sur la côte ouest du pays. Les deux membres de l’ordre avaient donc investigué les plages et avaient débusqué des campements de fortune et bon nombre de barques trônant sur la berge. Ainsi, ils avaient appris qu’ils passaient par la mer pour se rendre jusqu’à eux. Le but de leur mission avait été rempli assez rapidement et comme ils avaient gardé leur distance, le tout s’était déroulé de façon assez sécuritaire. D’autant plus que Vigie ne voulait en rien mettre la vie de Miya en danger… Toutefois, alors qu’ils relaxaient dans la taverne d’un petit bourg tout au nord du pays, Soren avait surpris une conversation entre deux bergers qui déclaraient que leurs troupeaux avaient été attaqués par des hommes sauvages dans les montagnes. Ah? Certains passaient par la chaîne rocailleuse pour descendre au sud? Voilà qui était totalement différent de toutes les autres versions entendues jusqu’à présent. Selon les deux hommes, de plus en plus d’envahisseurs passaient par là depuis les dernières semaines. Si tel était le cas, il fallait qu’ils découvrent l’origine de leur passage afin de pouvoir les empêcher de descendre plus au sud. S’il était difficile d’empêcher les norrois de voguer par la mer, il n’était tout de même pas impossible de bloquer l’accès aux montagnes, non?

Ils avaient donc repris la route et s’étaient arrêtés, un instant, pour admirer la vue. C’était la première fois que Vigie se rapprochait si près des montagnes depuis son départ initial. Il avait grandi dans ce « territoire » reculé du monde et d’autres pheryxians, comme lui, y prospéraient toujours. Une multitude de souvenirs le prit d’assaut et il se revit, alors qu’il n’était qu’un bambin, voltiger au-dessus de ces plaines tout en bas des montagnes, alors qu’il se dirigeait vers la capitale avec ses frères et son père. Le sentiment d’angoisse qui le saisissait à l’époque! Son père avait vu tout le potentiel de son petit oisillon et avait décidé de prendre la déchirante décision de lui offrir un avenir meilleur, loin de lui et de sa famille. La voix de Miya le sortit soudainement de ses pensées et Vigie tourna la tête en sa direction.

- Oui, ça va Miya, fit-il avec un sourire. Tu savais que j’ai grandi dans ces montagnes? Ma famille y réside encore, ça fait seulement étrange de voir que je vais me balader en ces lieux.

Ils se remirent donc en route, leurs montures marchant d’un pas régulier parmi la verdure tendre des plaines. Ils croisèrent quelques troupeaux de moutons et de chèvres quand l’étendue vert s’amenuisa, laissant tranquillement place à la pierre et aux quelques herbes de montagne qui parsemaient le décor ici et là.

- Alors, qu’avons-nous retenu des propos des informations divulguées par les bergers? Demanda-t-il à son écuyère désirant savoir si elle avait bien compris le nouvel objectif qu’ils s’étaient donnés avec ce revirement de situation.

Il écouta les propos de la pardusse avec un sourire puis lui fit signe de s’arrêter. Devant eux, le chemin devenait de plus en plus escarpé. Ça deviendrait dangereux pour les montures qui pourraient perdre pied. Et puis, où ils étaient présentement, il y avait suffisamment d’herbes pour les nourrir et un ruisseau coulait un peu plus bas. Il suffisait de revenir un peu en arrière et de les laisser parmi les troupeaux de moutons alors qu’ils continueraient à pied. Il exposa donc sa pensée quant aux chevaux à son écuyère puis ils revinrent sur leurs pas sur quelques mètres avant de laisser leurs destriers paître dans les étendues de verdure en compagnie des ovins. Ils reprirent ensuite la route à pieds, tranquillement. « Ils seront plus en sécurité ici-bas que là-haut avec nous, crois-moi. Nous les récupérerons plus tard. » La pente était beaucoup plus abrupte qu’il n’y paraissait et Vigie se fit conforter dans sa décision de laisser un répit aux bêtes.

Ils grimpèrent pendant plusieurs mètres et s’arrêtèrent sur une sorte de plateau qui surplombait les plaines, beaucoup plus bas. Miya semblait apprécier cette séance d’escalade, son petit « côté » lynx ressortant visiblement. Après tout, les pardusses n’aimaient-ils pas les hauteurs, tout comme les félins à leur effigie? « Ne trouves-tu pas cette vue magnifique? » Demanda-t-il à l’adolescente. « C’est un paysage qui me manquait, je m’en rends compte maintenant. Tu es la première avec qui je partage ce spectacle. Dommage que ce soit dans des circonstances pas trop glorieuses. » Il porta une main au dos de sa belle-sœur et l’incita à le suivre. Ils se remirent donc en route quand, des voix au loin attirèrent l’attention du chevalier. À voir les oreilles félines de son écuyère frétiller, il comprit qu’elle les avait également perçus. Un langage inconnu. Des voix graves. Heureusement, ils étaient tous les deux vêtus de tenues de voyage et Vigie avait recouvert ses avant-bras de brassards de cuir clouté, ce qui masquait le tatouage représentant l’insigne d’Alombria sur sa peau. Ses vêtements chauds étaient de couleur terre et une cape (fendue de chaque côté pour laisser passer ses ailes) trônait sur ses dos. Il devait avoir l’air d’un natif de l’endroit, ce qui lui allait amplement.

Les inconnus arrivaient dans leur direction, il en était sûr! Sans plus attendre, il porta un doigt à sa bouche pour intimer le silence à la petite lynx, l’agrippa et la souleva de terre. Il ouvrit toutes grandes ses ailes immaculées et dans un battement gagnèrent en altitude. Leur vol intempestif ne dura que quelques instants, car Vigie alla se percher sur une corniche beaucoup plus haute qui les mettrait hors de vue des inconnus. Il déposa Miya près de lui et pointa les hommes tout en bas. Ils marchaient vers le sud en discutant. Derrière eux se trouvaient trois femmes aux poignets ligotés qui étaient traînées par une longue corde. À voir les oreilles sur leur tête, Soren en déduisit qu’il s’agissait des pardusses, également. Probablement des natifs de la montagne, tout comme lui.

**[Miya] Visiblement, ils prennent des esclaves… Mieux vaut attendre qu’ils passent avant de continuer. Dès que nous en saurons davantage sur eux, nous pourrons tenter de libérer ces femmes. **

Le souffle glacial jouait dans leurs cheveux. Le vent du nord était parfois annonciateur de mauvaises nouvelles…


Dernière édition par Vigie le Lun 6 Fév - 10:16, édité 1 fois
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Miya
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MessageSujet: Re: MISSION | MONTAGNES | The Tale of an Owl and a Kitten [PV MIYA][TERMINÉ]   Mar 18 Oct - 11:03

Montagne. Vigie. Montagne. Vigie. Montagne. Oh! Oiseau… Montagne. Vigie.

Ainsi allait le regard de l’adolescente, qui se demandait bien pourquoi son maître s’était soudainement arrêté sur sa monture alors qu’ils se dirigeaient vers lesdites montagnes. Tout allait superbement bien quand il avait décidé tout à coup de faire halte. Miya décida alors de scruter les environs, à la recherche d’activité suspecte. Peut-être y avait-il une menace qu’elle avait manquée, ce qui était inhabituel dans son cas, mais ce n’était pas impossible. Cependant, elle ne remarqua rien d’alarmant, ce qui la ramena à se demander ce que le chevalier pouvait bien regarder de la sorte. Avait-il un soudain malaise? La pardusse n’était pas sans savoir qu’il avait vécu un réel calvaire durant son absence de la capitale – sa sœur s’étant bien chargée de lui faire comprendre qu’elle ne devait pas tenir rancune à son fiancé de l’avoir abandonnée et fait de la peine pendant si longtemps – et elle avait développé une certaine empathie envers son mentor.

- Est-ce que tout va bien, maître? Y a-t-il quelque chose que je puisse faire? s’enquerra-t-elle auprès de son compagnon.

Elle hocha de la tête, satisfaite, lorsqu’il lui répondit que tout allait pour le mieux. Autrement, elle se serait sentie mal d’être aussi excitée par leur mission et le territoire qu’elle découvrait pour la première fois. C’était vrai, depuis qu’ils avaient quitté le château, Miya n’avait cessé de s’émerveiller à tout ce qu’elle voyait. Elle débordait constamment d’énergie et était toujours prête à se lancer à l’aventure. Même la simple action de questionner des villageois la rendait infiniment heureuse, car elle se prenait pour un détective et ne perdait jamais de vue leur objectif. Chaque indice les rapprochait de ces barbares nordiques, ce qui signifiait qu’elle était toujours un pas plus près d’apporter une contribution significative à l’Ordre. Elle devait admettre que les derniers jours en compagnie de Soren lui avait ouvert les yeux quant à un avenir qu’elle n’avait jusqu’alors pas considéré : celui d’éclaireur. Ce rôle, bien que périlleux, avait la juste dose de ruée d’adrénaline et d’exploration dont elle avait besoin. Ce qui lui restait à maîtriser, toutefois, était la patience…

L’enfant du Désert ramena son attention sur le pheryxian à ses côtés, haussant les sourcils et jetant un regard nouveau aux montagnes. « Vous avez grandi ici? C’est si différent de chez moi! » Eh oui, malgré les années, elle considérait toujours le Désert comme étant sa maison. Ça ne changerait probablement jamais… Bref, le contraste entre les montagnes recouvertes de neige et une étendue infinie de sable était assez marquant. Elle imaginait difficilement grandir dans un endroit comme celui-ci, non qu’elle n’était pas entièrement sous le charme des pics escarpés et des possibilités de s’amuser dans la nature sauvage.

Soudain, elle inspira si intensément qu’on aurait pu croire qu’elle prenait sa première bouffée d’air après avoir été prise sous l’eau pendant de nombreuses minutes.

- Est-ce que ça veut dire que nous allons croiser votre famille!? Ça en fait des gens à avertir de ne pas faire mal à Douh… De faire attention aux Nordiques qui descendent des montagnes! se rattrapa-t-elle maladroitement. Le regard de Vigie lui fit bien comprendre qu’il avait relevé la remarque, mais il sembla préférer laisser tomber le sujet… Ce qui permit à son apprentie de soupirer de soulagement.

Un peu plus tard, le chevalier décida de tester ses connaissances. Instinctivement, la pardusse se redressa sur sa monture, ramenant ses épaules vers l’arrière. Elle était fière et avait bien l’intention de lui montrer qu’elle n’avait pas fait la sourde oreille quand ils avaient croisé les bergers. Elle essayait sincèrement de devenir une chevalière d’exception, du genre dont on parlait dans les légendes et les chants populaires. (Voir grand? Tout à fait.)

- Plutôt que de pratiquer les voies marines, certains envahisseurs préfèrent plutôt emprunter des sentiers montagneux. Ce qui veut dire qu’ils profitent du terrain difficile d’accès pour s’infiltrer dans nos terres sans que nos sentinelles ne puissent les intercepter à temps… ou simplement les voir. Nous devons donc essayer de trouver le chemin qu’ils empruntent, dans l’espoir de couper cette avenue et les dissuader d’embêter nos villageois!

Miya était prête à continuer sur sa lancée, son orgueil gonflé par le sourire approbateur de son maître; or, il en décida autrement. Sa queue, qui s’agitait allègrement quelques secondes plus tôt, s’arrêta net et ses oreilles se plaquèrent sur sa tête. Elle n’aimait pas se faire interrompre, surtout sans savoir explicitement pourquoi. Son mécontentement dut se lire sur son visage, car Vigie ne perdit pas grand temps avant de lui expliquer qu’ils abandonneraient leurs montures avant de continuer. « Nous allons les laisser tous seuls, ici? » demanda-t-elle, incrédule. Elle ne pensait pas se séparer de son cheval de sitôt… même si elle devait reconnaître que la pauvre bête aurait bien de la misère avec la route qui se dressait devant eux… si on pouvait vraiment parler de route. C’était plus un passage montagneux typique de la région.

Une fois descendue de sa monture, l’adolescente jeta un regard aux alléchants moutons. Tiens, tiens… Ça lui donnait un creux, toute cette belle viande! Elle se lécha les babines et voulu mordre un bout d’animal pour goûter, mais se ravisa juste à temps pour ne pas se faire prendre par le chevalier. Ce dernier n’aurait probablement pas apprécié de la surprendre en train de vouloir manger du bétail. Sans compter que cette anecdote aurait fait son chemin jusqu’à sa sœur, qui l’aurait immanquablement grondée d’avoir laissé son estomac la contrôler. Ce n’était pas digne d’un représentant du royaume… mais la pauvre pardusse n’y pouvait rien. Elle aimait la bonne bouffe, c’était dans son sang!

Heureusement, elle put se changer les idées avec la partie d’escalade qu’elle entama en compagnie de son mentor. Elle s’amusait comme un petit chat! … Ce qu’elle était, en quelque sorte. Mais une chose était certaine : elle était dans son élément. Elle était une grimpeuse hors pair et l’activité physique avait toujours été son dada. Elle préférait se déchaîner que de dépendre d’une monture pour avancer, même si elle reconnaissait l’avantage de ne pas dépenser toute son énergie et le temps que des cheveux permettait de sauver. La lynx ne s’arrêta dans sa lancée qu’aux propos de son compagnon, ce qui lui fit tourner la tête vers la vue qui s’offrait à eux. « Magnifique, oui… » souffla-t-elle. « Et vous avez grandi ici? … Mais je trouve ça glorieux, moi! Et il faudra le montrer à Douh, je crois qu’elle aimerait. » continua-t-elle, malgré l’encouragement de se remettre en marche. De toute façon, avancer ne l’empêchait en rien de terminer ce qu’elle voulait dire, hein! Puis c’était vrai que sa sœur aimerait voir le lieu où avait grandi son amoureux. D’un autre côté, l’adolescente se sentait choyée d’être la première à faire la rencontre de cet environnement majestueux. Ça venait renforcer le lien qu’elle était en train de tisser avec Soren, ce qui était important considérant le travail qu’ils effectuaient ensemble.

Tout à coup, les oreilles de Miya se dressèrent sur ses oreilles.

**[Vigie] Il y a quelqu’un.**

Elle n’en dit pas plus, sachant d’instinct que le pheryxian comprendrait qu’ils n’étaient pas seuls et qu’il y avait possiblement une source de danger à proximité. D’ailleurs, il sembla bien le remarquer par lui-même. Un grondement sourd se mit à vibrer dans la poitrine de l’écuyère, celle-ci se préparant à se défendre. Elle n’était pas du type à reculer devant le danger et se plaquer dans un coin sécuritaire pour voir ce qui la menaçait ne lui traversait pas encore l’esprit. Ses réflexes n’étaient pas suffisamment aiguisés pour qu’elle envisage automatiquement la meilleure option lors d’une situation comme celle dans laquelle le duo inusité se trouvait.

Avant qu’elle ne puisse émettre le moindre son pour intimer son compatriote à tendre une embuscade aux inconnus, celui-ci lui ordonna silencieusement de ne pas piper mot et il la porta hors de portée des voyageurs suspects. Bon, d’accord, ce n’était pas une mauvaise idée… Elle ne pouvait pas rechigner à ce sujet. Elle se blottit plutôt contre le torse de Vigie le temps qu’ils étaient dans les airs, tendant néanmoins la tête pour voir le paysage défiler sous ses pieds. Plutôt que d’être effrayée, elle était plutôt fascinée par la sensation de voler. Elle n’aurait pas été entièrement contre le fait d’avoir des ailes! Clairement, ses neveux et nièces, quand elle en aurait, seraient vachement chanceux.

Une fois déposée sur une corniche, la jeune lynx s’accroupit et regarda dans la direction que lui pointait son beau-frère. Elle eut envie de recommencer à grogner en constatant que des femmes étaient ligotées. Il n’y avait aucun doute qu’elles étaient prisonnières des hommes à l’étrange langage. La rage monta en un flot ahurissant dans la poitrine de Miya. Elle était de la même race que ces femmes et n’était pas sans connaître la culture esclavagiste de sa terre natale. Ça ne se passerait pas comme ça, pas si elle avait son mot à dire!

Ignorant superbement les propos télépathiques de son supérieur, la pardusse s’élança dans le… nulle part. Elle sentit plutôt le souffle lui manquer et une douleur cuisante sur son cou alors que son maître la retenait par la cape. Il la ramena de force sur la corniche et lui lança un regard démontrant à quel point il n’approuvait pas de l’initiative de sa protégée. Elle aurait droit à une leçon quand ils seraient hors de danger, c’était plus qu’évident. L’adolescente se sentit immédiatement mal d’avoir agi sans réfléchir et rabaissa ses oreilles. Ses yeux montraient à quel point elle était désolée, même si elle savait que ça ne lui épargnerait pas de se faire faire la morale.

Malheureusement pour le duo, quelques pierres se délogèrent de la montagne face à tous ces mouvements… ce qui attira l’attention des Norrois, plus bas.
« Who does there!? » beugla l’un d’eux. Sans réfléchir, encore une fois, Miya jeta un regard paniqué autour d’elle. En deux temps, trois mouvements, elle agrippait une pauvre perdrix bien dodue et la lançait dans la direction où les pierres avaient tombées. « It’s just a stupid bird, you dumbass! Let’s get a move on. » répondit un autre bougre. À cela, la pardusse soupira. Ça en avait été proche! Elle tourna la tête en direction de Vigie.

**[Vigie] Je suis terriblement désolée, maître! Je… Je ne pouvais pas rester là sans rien faire en voyant des miens se faire… M’enfin… Je ne recommencerai plus. Je vous promets d’attendre votre signal avant de faire quoi que ce soit. Je vais essayer, je le jure! Et… Ehm… Maître, c’est moi où cette buse là-bas nous dévisage? Non, mais regardez… Elle nous jette un drôle de coup d’œil. Oh non! Croyez-vous que ça pourrait être un de ces…**

L’écuyère ne termina pas sa phrase, le rapace prenant son envol. Elle recula dans le chevalier, qui eut le bon sens de la retenir pour qu’elle ne tombe pas, mais ne quitta jamais des yeux l’oiseau. Celui-ci se contenta de chier sur son genou et de continuer son chemin comme si de rien était. Clairement, l’adolescente au regard doré n’apprécia pas et voulu crier tout son dégoût face à la chose… mais deux puissantes mains s’abattirent sur sa gueule et l’empêchèrent de hurler de tout son soûl.
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Vigie
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MessageSujet: Re: MISSION | MONTAGNES | The Tale of an Owl and a Kitten [PV MIYA][TERMINÉ]   Mer 19 Oct - 19:14

Levant une main sur l’encolure de sa tunique, Vigie resserra les cordelettes qui y trônaient, histoire d’empêcher le vent glacial de s’engouffrer davantage par cet espace. Son regard perçant scrutait les sauvages, tout en bas, et il eut une expression désolée pour les femmes pardusses. Il savait ce que c’était que d’être traité comme de la marchandise et il ne souhaitait ça à personne. Le fait que Douh ait déjà vécu une vie similaire le rendait malade et il ne put s’empêcher de faire le lien entre elle et ces pauvres dames aux traits félins. Lui aussi ça le démangeait d’intervenir, mais ils devaient réfléchir et faire preuve de prud… Mais où allait-elle bon dieu?!! Dans un mouvement vif, le pheryxian agrippa la cape de Miya qui allait se jeter dans le vide! Avait-elle complètement perdu l’esprit?!! Se jeter tête première sur leurs ennemis n’était en rien un choix judicieux! Un air réprobateur au visage, il fusilla son écuyère du regard dans le but de lui intimer de rester tranquille. Sa belle-sœur, les oreilles plaquées sur son crâne, lui jeta un regard désolé que Soren balaya du revers de la main. Ils allaient avoir une discussion sur le sujet dès qu’ils en auraient l’occasion.

Sous le mouvement brusque de l’écuyère, quelques rochers s’étaient décrochés de leur corniche et roulèrent tout en bas, attirant l’attention des sauvages. Rapide comme l’éclair, Vigie se recula et plaqua sa main sur le poitrail de la jeune adolescente pour l’inciter à faire de même. Du coin de l’œil, il la vit paniquer puis agripper une malheureuse perdrix somnolente avant de la jeter dans le vide. Visiblement, la pauvre bête paniquée fut une réponse suffisante pour leurs ennemis qui continuèrent leur route, l’air de rien. Soren pouvait enfin respirer à nouveau! Un peu plus et ils se faisaient voir. Le message télépathique de Miya l’exaspéra à nouveau alors qu’elle ne lui laissa même pas le temps de placer un mot. Il voulut lui couper la parole, mais la suite de son débit verbal attira son attention. Une buse? Ou ça? Instinctivement, il tourna la tête pour voir le volatile haut perché qui les fixait de son œil mordoré. Il était vrai que ces sauvages étaient réputés pour se transformer en animaux, mais de là à prétendre que la moindre bête était suspecte…

Le volatile poussa son cri strident et battit des ailes pour prendre son envol, ce qui fit reculer Miya. Elle buta contre le chevalier qui eut le réflexe de la retenir afin d’éviter qu’elle ne tombe… et la buse laissa échapper une défécation liquide directement sur le genou de son apprentie. Vigie voyait venir le coup : connaissant le tempérament bouillant de son écuyère, il était certain qu’elle exploserait devant ce qui semblait être une provocation de la part du rapace. Sans plus attendre, l’éclaireur officiel de l’ordre plaqua ses mains gantées sur la bouche de la pardusse, étouffant ses exclamations de rage. Si le danger de se faire repérer était bel et bien réel, le ridicule de la situation eut raison du pheryxian qui tentait tant bien que mal d’éviter d’éclater de rire. La coulisse blanchâtre et brunâtre roulait sur le pantalon foncé de la jeune fille de 12 ans et termina son parcours sur le bout de sa botte. L’expression cramoisie de son visage témoignait bien de toute son indignation et ce fut trop pour le chevalier immaculé qui pouffa de rire tout bas. Bon sang! Quelles étaient les chances que Miya se fasse chier dessus par une buse « suspecte » au beau milieu d’une mission d’espionnage?!

Évidemment, l’expression hilare du maître ne plus guère à l’apprentie qui l’invectiva de façon colorée, les yeux plissés de frustration. Heureusement que le gant de cuir de Vigie était toujours plaqué sur sa bouche! Ça étouffait ses insultes! Il libéra sa deuxième main et essuya sommairement les larmes de rire qui pointaient sur le coin de ses yeux, puis relâcha finalement sa poigne sur son apprentie… qui boudait maintenant.

- Allez, ne fait pas cette tête, murmura-t-il tout bas. Ce n’est pas la fin du monde. Tu savais que ça porte chance?

Il se recula rapidement pour éviter une baffe de la part de la petite lynx irritée, puis lui tendit un mouchoir de tissu pour qu’elle essuie le dégât. Il lui fit signe de garder le morceau de textile, qu’il n’en avait pas besoin. Maintenant que les sauvages étaient hors de leur champ de vision, ils allaient devoir continuer leur progression pour voir d’où ils venaient. Mais avant, il devait toucher deux mots à son écuyère.

- Miya, nous allons devoir continuer notre progression. Mais je ne veux plus de débordement d’émotions comme tout à leur, la prévint-il. Je comprends que ça t’affecte tout ça et crois-moi, ça me pue au nez à moi aussi. L’esclavage est à prendre terriblement au sérieux, j’en connais un rayon sur le sujet. Il marqua une pause un instant, réalisant qu’il venait de faire allusion à son emprisonnement en Irianeth. Il espérait que sa belle-sœur ne lui poserait pas trop de questions sur le sujet, n’ayant pas envie d’en parler. Si nous brisons notre couverture, nous leur serons d’aucune aide, tu comprends? Reste près de moi et je ferai part de mes instructions le temps venu.

Levant la tête, il repéra, plus loin, un chemin naturel un peu plus haut sur la montagne. De là, ils pourraient marcher en hauteur et surplomber le parcours emprunté par les norrois. Ce serait parfait pour observer ce qui se passait. Ils allaient devoir s’y rendre en vol par contre. Il fit signe à Miya de se rapprocher et de s’accrocher à lui, chose à laquelle elle obtempéra avec une joie non dissimulée. « Au fait, bravo pour le coup de la perdrix. » Il lui décocha un sourire en coin. Il aimait néanmoins sa vivacité d’esprit, il devait l’admettre! Jetant un regard vers le chemin tout en bas, il s’assura d’abord que personne ne venait, puis dans un battement d’ailes gagna rapidement les airs. Miya était plutôt légère, ce qui était un avantage en vol. Ils glissèrent dans les airs entre des rochers escarpés, puis Vigie se posa sur le chemin de pierres naturelles plus loin. De gros flocons de neige tombaient du ciel, signe qu’ils étaient situés à une altitude plus élevée. D’où ils étaient, ils pouvaient très bien voir le chemin qu’avait emprunté les norrois un peu plus bas. Ils leur suffisaient de le suivre à distance et ils pourraient être témoins de leurs allées et venues sans trop se faire remarquer.

Le duo s’avança sur le chemin en altitude et jeta un coup d’œil de temps en temps vers le sentier rocailleux emprunté par les norrois, beaucoup plus bas. Il n’y avait aucun signe des sauvages et Vigie commençait à s’impatienter. Contournant un énorme rocher qui se dressait sur leur route, le chevalier sursauta alors qu’il entendit un bruit sur sa gauche, soit en direction du vide. En un bond puissant, une chèvre de montagne émergea et se dressa sur leur route. À voir les impressionnantes cornes recourbées sur son crâne ainsi que la paire de couilles qui pendaient entre ses pattes, il fut aisé de déduire qu’il s’agissait d’un bouc… ma foi pas trop commode! Instinctivement, maître et écuyer jetèrent un regard vers la falaise sur leur gauche et remarquèrent qu’un troupeau complet de chèvres de montagnes grimpaient sur la surface terriblement escarpée. C’était… impressionnant! Vigie ramena son attention sur le caprin à la fourrure brune et recula lentement lorsqu’il le vit baisser la tête pour les menacer de ses cornes.

- Miya, recule, souffla-t-il doucement. Il veut nous affronter.

Quelle erreur de sa part! Pourquoi avait-il dit une chose pareille?! Ni une, ni deux, la petite féline bomba le torse et s’avança en direction du bouc qui renâclait, furieux. Un air fier au visage, la pardusse montra les griffes et feula bruyamment, dans le but évident d’impressionner son adversaire montagneux. Soren leva le bras pour l’attraper, mais ne fut pas assez rapide. Elle avait décidé de s’opposer au caprin?!! Oh bon sang! Le bouc, furieux de cet affront, chargea en direction de l’écuyère et, bien qu’il rata son coup, poussa celle-ci… directement dans le vide. Le cœur du pheryxian s’arrêta soudainement et il jura à voix haute. Sans plus attendre, il courut vers la falaise et se jeta dans le vide. Il ferma ses ailes dans son dos et profita du peu de résistance sur son corps pour foncer directement sur l’adolescente. Une fois à sa hauteur, il l’attrapa dans sa chute, mais ne vit pas venir la branche solide qui arrivait drôlement rapidement à leur rencontre. Vigie se la récolta directement en pleine poire et l’impact le sonna pendant une fraction de seconde. Par réflexe, il tendit sa main gauche vers la ramure de bois pour s’y agripper et attrapa le pied de son écuyère de la main droite. Ils avaient l’air d’une chaîne humaine, ainsi pendus dans le vide! Le chevalier immaculé se secoua la tête en essayant de retrouver ses esprits, mais le décor tournoyait autour de lui. Il lui faudrait un moment pour y voir plus clair.

Et c’est ce moment précis que Douhbée choisit pour lui envoyer un message télépathique! Merde!! Elle désirait s’assurer que tout se passait bien!

** [Douhbée] Mon amour! Oui, je suis heureux d’entendre ta voix. Je t’assure, tout se passe bien ici, comme sur des roulettes! Miya? Oh oui, elle s’amuse follement et est totalement dans son élément! Fit-il d’une voix doucereuse alors qu’il sentait son écuyère – qui pendait par le pied dans le vide, rappelons-le – exploser devant l’absurdité de la situation. Je te remercie d’avoir pris de nos nouvelles! Mais je dois te laisser, notre situation requiert mon attention tu comprends? Je t’aime mon amour! **

- Miya, arrête de grouiller! S’écria-t-il. Calme-toi et réfléchis! Non, je ne peux pas juste lâcher prise et m’envoler. Non seulement je suis sonné, mais y a des chances que je heurte un rocher avant de pouvoir reprendre le contrôle de la situation. Penses-tu pouvoir te redresser et grimper? Arrête de rouspéter et dépêches-toi, je te prie!
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Miya
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MessageSujet: Re: MISSION | MONTAGNES | The Tale of an Owl and a Kitten [PV MIYA][TERMINÉ]   Lun 24 Oct - 12:12

Deux mains sur sa bouche suffisaient à peine à taire les protestations et le dégoût que criait la pardusse. Cette dernière trouvait la défécation liquide sur son genou, qui s’étendait d’ailleurs de plus en plus sur ses bottes, extrêmement dégueulasse. Il n’y avait juste pas d’autre mot pour décrire la chose, selon elle. Le pire, par contre, était de sentir les petits soubresauts de son traître de maître qui essayait de ne pas rire dans son dos. Elle n’était pas dupe : elle savait reconnaître quand quelqu’un se faisait violence pour ne pas pouffer de rire. Il fallait bien un moineau pour trouver la situation comique! Comme de fait, Monsieur l’éclaireur ne tarda pas à rire dans sa barbe quand son écuyère se tourna vers lui afin de le foudroyer du regard. Si elle avait pu produire le moindre son, il va sans dire que Miya aurait partagé des insultes des plus colorées en dépit du lien maître/apprentie et le respect qui devait en découler.

Étonnamment, dès que sa bouche fut enfin libre de l’emprise de Soren, la lynx ne se lança pas dans une explosion de colère. Plutôt, elle se mit dos à lui et croisa les bras sur sa poitrine. Un grognement sourd s’échappait de la minette, qui n’appréciait pas du tout qu’on se moque d’elle. Elle ne releva même pas les excuses du chevalier, étant décidée de l’ignorer… jusqu’à ce qu’il ait le culot d’insinuer que se faire chier dessus portait chance. Elle se retourna en feulant instinctivement, prête à bondir sur le pheryxian et lui sacrer une de ces baffes. Elle l’eut presque… presque!

Elle accepta toutefois le mouchoir, car rien ne lui ferait plus plaisir que de faire disparaître cette chiasse sur ses vêtements. Bon, ça ne voulait pas partir complètement, mais le plus gros avait été nettoyé. « Merci. » se força-t-elle à dire, essayant d’être sympathique avec Vigie malgré sa frustration pour faire plaisir à sa sœur. Elle ne voulait quand même pas que des nouvelles sur ce désagrément se rendent jusqu’à Douhbée et que celle-ci soit déçue que sa cadette ne fasse pas davantage d’efforts pour s’habituer à son fiancé. La lynx tendit le tissu souillé à son propriétaire, qui n’en voulait plus. Elle fut tentée de le lui lancer quand même, mais se retint, propulsant le mouchoir sur la pierre à leurs pieds – elle n’allait pas risquer de se faire prendre une deuxième fois!

Miya releva la tête pour être accueillie avec un sermon. Elle plissa les sourcils, mais ravala tout commentaire désobligeant. Elle savait reconnaître qu’elle avait été dans le tort de vouloir faire un saut de l’ange pour « voler » à la rescousse de ces pauvres femmes. Puis, la prenant de court, l’adolescente se souvint que son maître avait subi un supplice similaire aux mains d’un nouvel ennemi. Elle n’avait jamais pris la peine de penser à ce qu’il pouvait ressentir dans le feu de l’action et elle s’en sentit affreusement mal.

- Je suis désolée, maître. Elle était sincère. Ça ne se reproduira plus. Ce serait difficile pour la lynx de garder cette promesse, mais elle ferait très certainement son possible. Ce n’était pas son premier écart de comportement et elle avait eu suffisamment peur des Norrois. Ce n’était pas un jeu dans la cour en pleine nuit avec Ishobel. Quelle est la prochaine étape? demanda-t-elle en bonne écuyère.

Pendant que son maître était occupé à réfléchir, elle en profita pour contacter sa meilleure amie.

**[Ishobel] Je viens de passer à un doigt de nous faire tuer par les envahisseurs du Nord! Il va vouloir me changer en revenant, j’en suis sure! Je ne sais pas quoi faire, Isho… J’ai vraiment l’impression d’avoir foiré, tu sais? Dis-moi que ça se passe mieux de ton côté.**

Le duo de plumes et de poils s’aventura ensuite plus loin… en vol. L’idée de planer dans les airs, surtout après avoir reçu un compliment effaçant ses doutes, plaisait énormément à Miya. La pardusse sauta pratiquement dans les bras du pheryxian, tout sourire. La partie de défécation de buse était complètement derrière elle, maintenant. « Merci! » Un peu plus et l’adolescente criait un « Wooouaaaaahhh. »[/b] tandis qu’elle les sentait fendre l’air. C’était grisant comme sensation et si nouveau! Elle aurait presque aimé avoir des ailes pour pouvoir faire de même. Il faut dire qu’elle aime les sensations fortes, alors voler était totalement dans ses cordes. Cependant, elle tendit une main pour toucher aux flocons. Elle en avait rarement vus d’aussi gros dans sa vie, c’était superbe! Ce fut donc à contrecœur qu’elle remit pieds à terre.

- On devrait toujours voyager comme ça, maître! s’exclama-t-elle dans un demi-murmure excité.

Elle le suivit docilement et, surtout, dans le plus grand silence. Être une pardusse, surtout de type lynx, avait ses avantages dans un environnement montagneux comme celui dans lequel ils se trouvaient. Elle se mit éventuellement à se demander quand ils auraient enfin un signe de vie autre qu’eux-mêmes, car ils n’avaient pas revus les étrangers de tout à l’heure. « Maître, a… Woah! » Un bouc massif venait d’émerger de nulle part et, visiblement, il était antipathique. Il devait trouver qu’on empiétait sur son territoire ou quelque chose dans cette lignée. L’écuyère vit là sa chance de briller : il ne lui faisait pas peur. Elle en avait par en-dedans, peu importe ce que croyait son maître, qui lui recommandait de reculer. Malheureusement, son commentaire fut trop tard, car l’adolescente se lançait déjà. Fière comme un paon, elle avançait et fit de son mieux afin d’intimider la bête en feulant et lui montrant les griffes. Ensuite, elle partit à la course. Elle frôla le poil de la bête mais, étant donné qu’elle manqua son coup après s’être donné un bon élan, elle perdit pied… Ce qui signifiait qu’elle venait de se jeter dans le vide.

À savoir pourquoi, elle trouva la sensation de fendre l’air beaucoup moins grisante cette fois-ci… Le fait de se faire agripper un pied ne fit que faire monter sa panique d’un cran. Ça y est, elle allait mourir! Qui devait-elle contacter dans ses derniers moments? Douhbée et Régina, ses sœurs, ou sa meilleure-amie-pour-la-vie Ishobel? Peut-être Axel, qu’elle avait embrassé, pour simple but de savoir ce que ça faisait, la semaine dernière? Non, pas Axel… D’ailleurs, il ne fallait pas que ça se sache, sans quoi elle se ferait gronder autant par sa sœur que par le fiancé de cette dernière!

- Je pense que… que je vais être malade!

Le sang lui montait sérieusement à la tête et ça lui donnait la nausée. Sans compter que l’adolescente ne pouvait faire autrement que de se tortiller, car ses muscles essayaient de retrouver un équilibre. Les chats retombaient toujours sur leurs pattes, après tout… et ce n’était pas facile de se faire tenir par un pied. Ça lui faisait mal à la cheville.

- Je n’y peux rien, maître! J’essaie juste de garder mon balan… Pourquoi est-ce qu’on ne se remet pas à voler? La question se posait. J’aimerais bien vous voir réfléchir dans ma position, hein! Ça n’est pas aussi facile que ça en a l’air! beugla-t-elle en s’empourprant.

Non, mais… Quand est-ce s’était-il cogner la tête pour être sonné? Elle n’avait eu conscience de rien, étant trop préoccupée par sa propre chute. Il voulait qu’elle grimpe? D’accord, elle allait grimper. Elle se balança de plus belle, ce qui fit jurer l’éclaireur, mais elle utilisa ce momentum pour se replier sur elle-même et agripper les bottes du pheryxian. Elle continua son ascension, malgré les grimaces de Vigie. Elle bondit sur l’arbre une fois rendue au niveau de la taille de son compagnon, mais fut assez vive pour se retourner et lui tenir la main droite, le temps qu’il ramène la gauche et puisse se hisser également sur la branche. La pardusse crut bon de grimper un peu plus haut, le temps que son maître reprenne ses esprits… et pour éviter que la branche ne craque sur leurs poids combinés.

- Ne bougez pas, maître. ordonna-t-elle, même si ce n’était pas vraiment sa place de le faire. Cependant, elle était déterminée à lui venir en aide. Ainsi, elle tendit les bras et une lumière blanche fut émise par le bout de ses doigts. Elle déposa ceux-ci sur les tempes du chevalier jusqu’à ce qu’elle voit ses traits s’adoucir, signe que son mal de bloc était en grande partie envolé. Je dis ça comme ça mais, mine de rien… nous avons une bonne vue… Tout à coup, ses oreilles se redressèrent. Elle entendait quelque chose. Elle intima le silence à son partenaire de mission et tourna les oreilles en direction du son. Vers l’Ouest, à une vingtaine de mètres, il y a des gens. Je ne comprends pas ce qu’ils disent… mais on dirait… un homme et une femme et ça ne sonne pas plaisant. Maître, croyez-vous qu’il s’agit des envahisseurs?

Le temps pressait désormais, du moins aux yeux de Miya, afin de voir ce qui se tramait plus loin. Et si la femme se faisait agresser? Elle attendit toutefois la permission du chevalier avant de descendre habilement et partie en reconnaissance. Elle jura sur l’honneur de sa famille de ne rien faire de stupide et de ne pas approcher les inconnus. Puis, elle disparu de la vision de son maître et s’avança, accroupie, jusqu’au bord de la steppe où se trouvait l’arbre. Plus bas, il y avait effectivement ce qui semblait être un couple de Norrois. Ce n’était pourtant pas une scène d’agression, mais plutôt un argument enflammé.

**[Vigie] Ce ne sont pas les mêmes que tout à l’heure, maître… mais ce sont définitivement des Norrois. Un homme et une femme s’engueulent… À propos de quoi, je ne saurais… Oh! La femme vient de se transformer en puma! Elle semble hésiter à partir, comme si elle ne s’éloignait que pour la forme. L’homme, quant à lui, continue de gronder après elle et de gesticuler dans tous les sens. Que voulez-vous que je fasse? Je reviens vers vous ou je vous attends ici?**

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MessageSujet: Re: MISSION | MONTAGNES | The Tale of an Owl and a Kitten [PV MIYA][TERMINÉ]   Jeu 27 Oct - 15:54

Sa poigne solide retenait son écuyère par la cheville. Ce qu’il redoutait par-dessus tout, c’était que son gant glisse et ne lâche prise. Non… non il n’allait pas penser à ça! Il devait focuser sur le présent et non pas sur ce qui pourrait potentiellement arriver. Ils étaient dans une mauvaise posture, mais tout problème avait sa solution, n’est-ce pas? Soren poussa un soupir d’exaspération devant les éclats de l’adolescente qui déclarait avoir du mal à se concentrer. « Je sais que ce n’est pas évident, Miya! Mais tu n’as pas tellement le choix, malheureusement! » S’écria-t-il à son intention. L’explosive écuyère mit un instant à réfléchir, puis se mit à grouiller de plus belle. Le chevalier, pour sa part, laissa échapper une envolée de jurons colorés, sentant son gant qui menaçait de quitter sa main. Si elle continuait, il allait perdre sa poigne! Voyant ce qu’elle tentait de faire, Soren tendit le pied en sa direction et Miya en profita pour s’y agripper avec… ses… griffes… Oh la la! Ça allait faire mal lorsqu’elle remonterait plus haut! Ses appréhensions se transformèrent rapidement en réalité quand les pattes de la petite lynx s’agrippèrent à son pantalon! Vigie esquissa des grimaces de douleur quand les griffes de la pardusse s’enfoncèrent non seulement dans ses vêtements, mais aussi dans sa chair. « Ah… AH!! Miya!! Tes griffes! Bordel! » Dès qu’elle fut à la hauteur de sa taille, elle se donna un élan et s’agrippa au bois de l’arbre avant de se retourner rapidement pour lui attraper le poignet, histoire de s’assurer qu’il ne lâche pas prise.

Le chevalier immaculé se donna un élan et ramena sa main gauche sur la branche au-dessus de lui et banda ses muscles pour se hisser. Il leva sa jambe droite et son pied de rapace – protégé par une simili botte de cuir fendue – et surmonté de serres s’agrippa au bois. Après plusieurs efforts, il put enfin s’asseoir et Miya – qui s’était installée sur une branche plus haut pour mieux répartir leur poids sur leur perchoir temporaire – se pencha pour tendre les bras en sa direction. Une douce lumière blanche jaillit de ses paumes et elle les appliqua sur les tempes du pheryxian dont le mal de crâne était considérable. En quelques instants à peine, la douleur descendit au point de disparaître comme si rien ne s’était produit. « Merci Miya. » fit-il en lui adressant un sourire. Elle avait raison : d’où ils étaient, ils avaient une vue imprenable sur les chemins, tout en bas. Tournant la tête vers l’horizon, Vigie se raidit lorsque son écuyère lui somma le silence. Ah? Elle avait repéré quelque chose? Suivant ses indications, Vigie tourna la tête là où Miya disait avoir entendu quelque chose. Il plissa des yeux et sa vision aiguisée de rapace lui permit de percevoir un truc plus loin. Deux individus. Elle avait raison, mais il allait devoir se rapprocher pour mieux voir.

L’écuyère lui demanda la permission pour aller de l’avant et Soren hésita. Serait-ce réellement sûr de la laisser prendre les devants? Elle était en formation… et si quelque chose se produisait…? En même temps, il connaissait sa belle-sœur : elle avait besoin d’une forme de liberté et de reconnaissance pour bien coopérer. Après un instant de délibération avec lui-même, le chevalier donna finalement son approbation. « Mais ne fais rien de stupide, hein? Tu restes loin et tu me fais un compte rendu, d’accord? Jure-le! » La gamine s’exécuta et partit devant. Pour sa part, Vigie se redressa en position accroupie sur son perchoir et observa la petite pardusse qui descendait avec l’agilité typique à sa race. Elle n’avait qu’une parole, alors il se doutait bien qu’elle ferait attention. Après quelques minutes de progression, la gamine disparut complètement de son champ de vision et le pheryxian tritura la branche sous lui avec nervosité. Il n’aimait pas la savoir si loin. Si un truc pas net survenait, il arriverait trop tard. Un message télépathique le heurta de plein fouet. Miya lui exhiba la situation et son maître fronça des sourcils. Ça semblait davantage être une scène de ménage. Si la femme avait effectivement revêtu l’apparence d’un puma, ses sens devaient être décuplés. Le mieux était de ne pas attirer son attention.

** [Miya] Reste où tu es. Si elle a pris son apparence sauvage, il y a des chances que ses sens soient décuplés. Ne te fais pas repérer surtout! J’arrive. **

Sans l’ombre d’une hésitation, Vigie se jeta dans le vide et ouvrit ses ailes pour s’élancer dans le ciel. Il glissa sur les courants d’air silencieusement et alla se poser sur des rochers, plus haut sur la steppe et juste au-dessus de Miya. La scène qui se déroulait devant lui semblait davantage une dispute de couple qu’autre chose. Évidemment, le pheryxian ne comprenait pas un traître mot de ce qui avait été dit, mais à voir la gesticulation des deux individus, il avait une bonne idée de ce qui se passait. Ces deux-là n’étaient pas tellement intéressants pour leur mission, toutefois, les traces de pas qu’on voyait bien dans la neige derrière eux pourraient les guider vers un campement ou encore leur montrer le chemin qu’ils avaient emprunté.

** [Miya] Recule-toi doucement et contourne les énormes rochers derrière toi. Je suis juste en haut. Tu vois? Ils ont laissé des traces. Nous suivrons le chemin tout tracé de loin et nous verrons par où ils sont passés. **

La petite pardusse s’exécuta doucement, mais le mouvement des oreilles fines du puma fit comprendre au chevalier que le son – même minime – de la jeune fille avait été perçu. La norroise sous forme animale regarda un peu partout autour d’elle, tentant de trouver l’origine de ce son. Vigie allait lui donner un coup de main. Prenant son arc, il encocha une flèche et la tira au loin pour détourner l’attention des deux sauvages. Le projectile claqua contre la pierre à des mètres d’eux et les deux guerriers s’élancèrent en direction du bruit suspect. Le jeune homme fit signe à son apprentie de se dépêcher et ils détalèrent à travers les rochers, tête baissée. Une fois plus loin, le pheryxian jugea qu’ils étaient à une distance sécuritaire de leurs ennemis. Ils continuèrent de progresser à la marche, suivant de loin (et en hauteur) les traces de pas des norrois.

- Ces sauvages n’ont pas l’air des plus commodes, dit-il en scrutant les montagnes autour d’eux. Ils ont l’air taillé pour la guerre… Il va falloir être prudent. Surtout si nous prenons en considération qu’ils peuvent changer d’apparence. Bon sang, je donnerais tout pour comprendre ce qu’ils disent…

Le vent du nord fouettait toujours leur visage et de gros flocons continuaient de tomber du ciel. Alors qu’ils grimpaient une pente escarpée, Vigie sortit sa gourde et prit une grande lampée d’eau. Il la proposa ensuite à son écuyère et dès qu’elle fut désaltérée, il raccrocha le contenant à sa taille. Malgré la température très basse de l’air montagnard, le duo n’avait pas froid, vu l’effort qu’ils mettaient dans leurs mouvements. D’autant plus que la quantité de neige – atteignant par moment la hauteur de leurs genoux – rendait parfois leur progression difficile. Malgré tout, Miya ne se laissa pas démonter par les difficultés reliées à la température! En fait, elle avait l’air d’un petit poisson dans l’eau, sautillant à gauche et à droite, stimulée par le moindre son et la moindre odeur. Ça, c’était sans compter le moment où elle tenta d’attraper un rat à mains nues pour aucune raison apparente… Mais le pheryxian devait admettre que sa joie de vivre le changeait de sa routine. Et puis, ça l’empêchait de trop réfléchir.

Ils marchèrent pendant des heures quand Vigie remarqua que les nombreuses traces (signe que beaucoup de guerriers étaient passés par ici) commençaient à disparaître. Ils n’étaient peut-être pas partis du bon côté? Il s’arrêta, regarda tout autour de lui et jura. Peut-être que plus loin, ce serait mieux… Merde! Il devait gagner de la hauteur pour avoir une meilleure vue d’ensemble. Il fit signe à petite pardusse de s’agripper à lui, puis, dans un battement d’ailes gagna le ciel. Heureusement, les bourrasques de vent se calmèrent, rendant le vol plus facile. Gagnant en altitude, Vigie survola une barrière montagneuse puis se posa sur l’autre versant. D’où ils étaient, ils avaient une sublime vue sur une petite vallée où trônait un lac glacé. De l’autre côté de l’étendue d’eau se trouvait une forêt luxuriante. Miya sembla émerveillé. Certes, la vision était magnifique… mais du mouvement attira son attention. Il y avait des gens sur le lac. Ils semblaient traverser à tâtons : un homme aux cheveux bruns arborant une barbe et une femme rousse tenant une lance.

- Ne me dis pas que c’est leurs traces que nous avons suivies… maugréa-t-il. À voir la neige parfaitement lisse qui s’étend devant eux, je me doute bien que ce n’est pas le chemin emprunté que nous cherchons…

Leur progression allait de bon train quand soudain, la fille s’arrêta net. L’homme l’imita rapidement. Que se passait-il?? Les sourcils froncés, l’Alombrien regarda la scène, imité par son écuyère. Puis soudainement, la glace se fendit sous les jambes de la rouquine qui disparut dans le flot glacé, échappant sa lance au passage. Miya était tendu comme un arc. L’homme s’élança, évitant l’orifice béant dans la glace, puis se jeta à genoux avant de farfouiller la neige à la recherche de sa compagne. Dès qu’il sembla l’avoir trouvé, il souleva son arme et frappa la surface du lac avec férocité. Vigie grimaça. Elle devait être frigorifiée. Il imaginait mal la panique qui l’aurait envahi si les rôles avaient été inversés et que Miya se serait enfoncée à la place de cette rouquine. Au final, malgré ses défauts, il adorait l’adolescente et trouvait qu’elle faisait du bon boulot malgré son manque d’expérience.

- Non, Miya, nous ne pouvons rien pour eux. De toute façon, ils sont probablement plus qu’aptes à se débrouiller qu’on le pense. Tiens, tu vois? Il vient de fendre la glace. Et voilà… il la sort de son trou. Bonne chance à eux pour ne pas mourir d’hypothermie, par contre. Allez, viens. On doit retrouver le chemin principal.

La petite pardusse s’agrippa à nouveau sur son maître et ce dernier se jeta dans le vide, ouvrant grand ses ailes pour gagner de l’altitude. Ils s’élancèrent en direction des montagnes, laissant la vallée du lac derrière eux…
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MessageSujet: Re: MISSION | MONTAGNES | The Tale of an Owl and a Kitten [PV MIYA][TERMINÉ]   Dim 13 Nov - 18:11

Pour une fois, la pardusse ne jetait pas directement dans la mêlée et demeurait plutôt en retrait. Elle avait donné sa parole quant au fait qu’elle n’interviendrait pas sans en avoir eu la permission… Ce pourquoi elle n’avait pas tardé à informer son maître de la scène qui se déroulait sous ses yeux. Elle se retint de justesse de gronder quand ce dernier fit sous-entendre qu’il était possible qu’elle se fasse repérer parce qu’elle aurait fait une quelconque connerie. Pour une fois qu’elle était sage! Par chance, elle se contenta de froncer les sourcils et d’attendre patiemment où elle était. Son ouïe l’avertit néanmoins qu’on approchait derrière; l’adolescente se retourna donc pour constater qu’il s’agissait du pheryxian. Elle le salua silencieusement d’un hochement de tête, puis ramena son attention sur les Norrois qui continuaient leur dispute.

Vint alors l’ordre du chevalier indiquant à son apprentie de se déplacer, ce qu’elle fit sans se faire prier. Elle était bien plus excitée à l’idée de partir sur une nouvelle piste, après tout, que de rester là à regarder une chicane de couple dont elle ne comprenait même pas un traître de mot. D’autant plus que la situation ne se prêtait pas à un jeu où elle pouvait s’imaginer ce que disaient l’homme et la femme; c’était bien trop dangereux pour ça. Bref, Miya suivit les indications qu’elle avait reçues à la lettre… jusqu’à ce qu’elle sursaute en entendant un bruit. Elle avait été distraite par la flèche de Vigie heurtant un rocher plus loin. Heureusement encore que l’écuyère avait de bons réflexes, car elle ne perdit pas un instant avant de décamper au signal de son partenaire de mission.

Le soudain changement au rythme de leur quête fit le plus grand bien à la pardusse, qui avait presque toujours un surplus d’énergie à dépenser. Elle fut presque déçue lorsqu’elle put ralentir la cadence, car elle aurait bien couru un peu plus longtemps. « N’y avait-il pas une apprentie magicienne norroise au château? » demanda-t-elle à Soren, ce dernier ayant mentionné qu’il souhaitait comprendre le langage des barbares. À vrai dire, la jeune fille n’avait vu la Norroise en question qu’à une ou deux reprises et n’avait retenu que le fait qu’elle était rousse. Miya ne connaissait même pas son nom. Par contre, si cette apprentie était toujours à la capitale, elle se disait que les chevaliers pourraient lui demander de leur enseigner la langue… question qu’ils comprennent. Bon, ce serait un peu trahir le peuple d’origine de la rouquine, mais l’adolescente était entièrement pour la cause alombrienne…

Ceci étant dit, les heures qui suivirent fut très éducatives pour l’enfant du Désert. Elle put affiner son talent de pistage, grâce aux nombreux conseils que lui prodiguait le chevalier. Celui-ci lui montrait comment mieux suivre une piste, surtout dans la neige, qui ne permettait pas de savoir si les traces étaient fraîches ou non. Elle put, à son tour, lui montrer comment chasser un rat. À savoir pourquoi, son maître ne sembla pas particulièrement enchanté. Cela n’empêcha aucunement Miya de sautiller tandis qu’ils avançaient, car elle était d’excellente humeur. Être sur le terrain, comme ça, c’était ce qu’elle aimait le plus de son futur rôle de chevalière. Elle ne se voyait pas rester en place à la capitale. Elle voulait voir du monde, aller plus loin, ainsi que découvrir de nouvelles choses. Elle partagea son avis au pheryxian, qui semblait plutôt ravi de lui avoir transmis la piqûre pour le rôle d’éclaireur. C’était définitivement quelque chose que l’adolescente considérait pour son avenir.

« Je ne le dirai pas à Douh… » fit-elle d’une voix mielleuse, taquinant Vigie qui blasphémait devant le manque de traces à suivre. La jeune fille éclata de rire, même si la situation n’était pas aussi comique pour le guerrier. Elle préférait cependant prendre leur situation avec un grain de sel, pour une fois, et crut que faire une blague quant au fait que le fiancé de sa sœur jurait devant elle comme quelque chose de déplaisant pour Douhbée parviendrait à détendre l’atmosphère. « Oui! » s’exclama-t-elle, sautant sur place, alors que son maître lui indiquait qu’ils s’envoleraient pour mieux voir où ils s’en allaient. La pardusse se découvrait sérieusement un intérêt pour le vol. C’était non seulement pratique, mais elle avait cette vague d’adrénaline qui venait la chercher à chaque fois! Elle laissa d’ailleurs échapper un : « Ouaaah… » quand elle aperçut un grand lac entièrement gelé. Elle ne se fit pas prier pour retourner au sol et s’avancer légèrement pour se régaler davantage du paysage. « Oh, maître, regardez! » s’exclama-t-elle, pointant du doigt un couple sur la glace. « Je ne crois pas que ce soit les mêmes que tout à l’heure… »

C’était plus que logique, en fait, considérant que Vigie les avait envoyés sur une fausse piste et ils n’avaient croisé âme qui vive depuis ce moment. Les oreilles de l’adolescente se baissèrent à cette pensée, elle venait de se rendre compte qu’elle n’avait pas fait un commentaire bien bien brillant. Elle tenta de se rattraper en proposant de venir en aide au couple plus bas, surtout lorsque la rouquine tomba dans l’eau, faisant ressortir son côté de protectrice des plus faibles… sauf qu’elle comprit rapidement que le duo alombrien n’interviendrait pas dans cette histoire. Ça lui fendit un peu le cœur de s’éloigner sans proposer de donner un coup de main à des gens qui venaient de vivre une rude épreuve, mais son maître avait raison : ils ne pouvaient rien y changer. Ils ne pouvaient pas retourner dans le temps pour empêcher la femme de sombrer dans l’eau… et même le pouvoir de guérison de la pardusse avait des limites. Sans compter qu’ils étaient clairement des Norrois, il pourrait donc être catastrophique de leur faire connaître leur position.

Ce fut donc docilement que l’écuyère suivit son maître, qui avait trouvé un nouveau chemin à suivre. Ils reprirent les airs au bout d’un moment, jugeant tous deux que c’était la meilleure solution afin de trouver le chemin à suivre. Ils prirent une pause pour manger au bout de plusieurs minutes. Au cours de leur repas, quelque chose attira le regard de l’adolescente. Elle déposa son sandwich, ce qui montrait à quel point elle était absorbée par ce qu’elle regardait. « Maître, par là… » murmura-t-elle, comme si soudainement le besoin d’être silencieuse se faisait sentir. Elle pointa plus loin, en direction du versant d’une des montagnes. Ce n’était pas évident à voir, mais un chemin sinueux longeait la côte. « On dirait qu’il y a un couloir au creux de la montagne… entre les arbres… Est-ce que vous le voyez? » Miya s’empressa alors de manger le restant de son repas, manquant de s’étouffer… si ça n’avait été d’une bonne claque dans le dos. Ce fut alors des yeux larmoyants qu’elle posa sur le chevalier, reconnaissante.

Cette fois-ci, par contre, ils ne prirent aucune chance et ne choisirent pas la voie des airs pour suivre le chemin. Tous deux avaient le sentiment que ce sentier allait les mener à quelque chose, même s’il n’y avait aucun Norrois en vue. Ils le suivirent donc en parallèle… sauf qu’au bout d’un moment, l’adolescente mit un pied sur une plaque de glace. Ses griffes ne parvinrent pas à la retenir en place et elle se mit à glisser. Elle heurta le tronc d’un arbre sur le flanc droit, ce qui eut pour effet de lui couper le souffle. Elle gémit, mais refusa la main du pheryxian pour se relever. Elle devait être forte! Elle se remit donc sur pied toute seule et fit jaillir de la lumière bienfaisante de ses paumes. Elle ne fit pas entièrement disparaître la douleur, car la fatigue de la journée commençait à lui entrer dans le corps.

- Maître, je p-propose d’aller voir ce que cache ce tunnel… » Ce à quoi elle se fit répondre par la négative. Mais… Mais nous sommes si près du but! Nous devons… Elle voulut s’élancer, déterminée à se rendre au bout de l’affaire, mais elle se fit retenir par la manche… en plus de se faire rappeler sa promesse de ne rien faire avant d’en avoir la permission. Elle serra la mâchoire, mais ne rouspéta pas. Elle se contenta de croiser les bras pendant que Vigie lui expliquait que le soleil commençait à descendre et qu’il serait mieux de camper pour la nuit plutôt que de s’aventurer dans l’inconnu… ce qui pouvait être fatal, vu leur fatigue. D’accord, mais on ne peut pas monter une tente. Ça serait bien trop visible!

Une leçon de survie en nature s’avérait toutefois nécessaire… car si la pardusse était parvenue à vivre par elle-même en bas-âge, elle l’avait fait dans des climats désertiques et tempérés… jamais dans les terres gelées. C’était une toute autre partie. De toute façon, Soren avait grandi dans un territoire comme celui-ci, il en savait donc beaucoup plus long que sa protégée.

- Dites, maître… comment avez-vous connu Douh? demanda-t-elle pour faire de la petite conversation, alors qu’elle regardait quel type de branche couper pour se faire un abri temporaire.
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MessageSujet: Re: MISSION | MONTAGNES | The Tale of an Owl and a Kitten [PV MIYA][TERMINÉ]   Mar 29 Nov - 10:06

Il filait dans l’air, son écuyère dans les bras. Le vent du nord soufflait fort et les gros flocons fouettaient le pheryxian qui, somme toute, n’avait pas réellement froid vu les efforts déployés pour rester en altitude. Son regard perçant scruta le sol à la recherche du chemin tant convoité quand il entendit le grondement de l’estomac de son écuyère. Tournant la tête vers elle, il esquissa un sourire en voyant sa mine un peu gênée. Il fallait dire qu’ils n’avaient pas mangé depuis un moment. Comment avait-il pu oublier un détail aussi important? Sans plus attendre, le chevalier descendit vers le sol, puis vint se poser sur le sol rocailleux. Vigie fit signe à son apprentie de le suivre et ils allèrent s’installer au creux d’un rocher, à l’abri du vent. Il posa sa main sur sa besace et sortit un sandwich qu’il tendit à la pardusse avant de se servir lui-même.

- Tu sais, Miya, tu peux m’en faire part quand tu as besoin d’une pause, hein? Articula-t-il entre deux bouchées. Parfois, quand je suis absorbé par mon travail, il m’arrive d’oublier ce genre de détails… Tu m’en vois navré.

Tournant la tête vers sa belle-sœur, Vigie remarqua qu’elle semblait captivée par un truc, plus loin. Elle voulut attirer son attention dans un murmure et le chevalier glissa son regard doré à l’endroit désigné par la jeune fille. Elle avait raison. Il voyait bien ce couloir sinueux et bien caché par bon nombre de rochers et d’arbres. Voilà une piste fort intéressante. « Bien joué, Miya. » Fit-il en engouffrant également son sandwich à la vitesse de la lumière. Constatant que son écuyère semblait s’étouffer avec son repas, le pheryxian lui flanqua une grande claque dans le dos et esquissa un sourire alors qu’elle lui jetait un regard larmoyant, mais reconnaissant. Une fois leur repas sommaire engouffré, les deux représentants de l’ordre d’Alombria se remirent en route, décidant cette fois qu’il serait plus judicieux de faire le chemin à pieds, histoire d’éviter d’être repéré. Ainsi en hauteur, ils purent avoir une vue d’ensemble sur ce qui s’étalait devant eux et ils purent parcourir la distance voulue en toute sécurité. Il n’y avait aucune âme qui vive et Vigie trouvait ça à la fois rassurant et étrange. Peut-être n’étaient-ils pas sur la bonne voie? Il n’eut pas le temps d’exprimer sa pensée qu’il sursauta en voyant Miya chuter au sol. Et merde! L’adolescente glissa sur une plaque de glace et termina sa course avec violence contre le tronc d’un arbre. Soren accourut vers elle en prenant bien soin de faire attention où il mettait les pieds et voulut l’aider à se relever, chose à laquelle la jeune pardusse répondit par la négative. Elle s’occupa de soigner magiquement son corps meurtri et ne se fit pas prier pour se porter volontaire pour aller explorer le tunnel qui s’étalait un peu plus loin.

- Non, Miya. Pas tout de suite. Se contenta-t-il de répondre en constatant que le soleil déclinait derrière les montagnes. Évidemment, en bonne tête de mule qu’elle était, la petite féline continua de répliquer et voulut s’élancer malgré tout, chose à laquelle Vigie répondit en lui agrippant la manche. Elle avait juré de ne plus rien faire de stupide, or, elle s’apprêtait à briser cette promesse. Écoute moi bien, Miya. Le soleil décline à l’horizon. Bientôt, nous ne verrons plus rien. Et puis… ce vent fort et ces flocons qui nous fouettent le visage… Je n’aime pas ça. Attendons à demain, ce sera plus sûr, expliqua-t-il malgré l’air boudeur de son apprentie. Fais-moi confiance, j’ai grandi ici et voyager de nuit est de loin la pire idée.

Bon… il fallait dire qu’il n’était pas chaud à l’idée de s’aventurer dans un tunnel comme celui-là. Pourquoi? Parce que… bin… La simple pensée de se retrouver prisonnier et de ne pouvoir avoir d’issu pour fuir l’angoissait terriblement. Bon, d’accord, il devait l’admettre : il avait la frousse! Certains avaient peur des serpents ou des rats, lui il craignait les endroits sombres, clos et sans issues! Voilà! Mais loin de lui l’idée de l’admettre ouvertement à son apprentie. Ce ne serait pas digne d’un chevalier! À contrecœur, la petite pardusse accepta sa proposition, pour son plus grand bonheur. Première des choses, ils devaient construire un abri. Si son estimation était bonne, les chances qu’un blizzard éclate au milieu de la nuit étaient plutôt élevées. Ils devaient donc trouver une base solide pour éviter que leur campement ne se fasse souffler par le vent.

- Miya, commence à couper des branches de sapins. Il va nous en falloir beaucoup. Prends les plus fournies, dit-il en lui tendant une hachette. Pendant qu’elle s’exécutait, il s’approcha des rochers derrière lui, à la recherche d’un creux suffisamment grand pour eux deux. Comment j’ai rencontré Douh? Répéta-t-il en s’arrêtant soudainement, avec un regard interrogateur. Sans trop savoir pourquoi, cette question le surprit au plus haut point. Il croyait que tout l’ordre était au courant, hors, c’était le cas pour sa cohorte et celle de son maître, mais sans plus. Eh bien… Je l’ai vu la première fois alors que je n’étais qu’un écuyer, continua-t-il en scrutant les rochers autour. À l’époque, j’étais sous la tutelle du chevalier Lyslo. Je m’en rappelle comme si c’était hier : elle venait de grimper sur la grande estrade pour se faire attribuer au chevalier Colombe… elle était si belle.

Il avait enfin trouvé ce qu’il cherchait! Une crevasse assez grande pour qu’ils puissent s’y installer, à l’abri du vent. Voilà qui serait parfait. S’agenouillant au sol, le chevalier s’empressa de creuser la neige pour la dégager le plus possible de là et y déposa les paquetages et les couvertures au sol. Il revint ensuite vers son écuyère pour ramasser les branches qu’elle coupait et les traîna jusqu’à leur futur bivouac.

- Tu sais, à l’époque, j’étais terriblement timide avec les filles. Il faut me comprendre, j’ai grandi dans un environnement entièrement masculin et je n’ai jamais connu ma mère. Je suis le fils cadet d’une famille de sept garçons et ma mère est morte en me donnant naissance. Alors… je n’avais aucune expérience de vie avec les filles. J’ai passé beaucoup de temps à observer ta sœur avant même d’oser l’approcher. J’en étais incapable. Je me contentais de soupirer pour elle à distance. Relevant la tête, il vit l’air amusé de Miya, ce à quoi il répondit en esquissant un sourire. Quoi, ça te fait rire? Imagine-moi, deux minutes. Je devenais rouge comme une pivoine et j’étais incapable d’enligner deux mots cohérents de suite. Puis, un jour, alors qu’elle faisait son jogging matinal, mon maître et son frère jumeau – Losly – nous ont forcés à nous entraîner ensemble afin d’élaborer notre « travail d’équipe ». Je te dirais que c’est à ce moment qu’on a commencé à se parler davantage. Ta sœur… a vécu des choses plutôt difficiles par le passé et avait peur des garçons, tu vois. Revenant auprès de Miya, il prit la relève, voyant que ses bras commençaient à trembler sous l’effort. Il prit la hachette dans sa main droite et s’approcha d’un immense sapin avant de commencer à couper une grande branche. Il lui en profita pour lui demander de rassembler du petit bois sec pour faire un feu. Alors les chances que nous commencions à nous fréquenter étaient plutôt minces. Et pourtant, elle a fini par m’avouer sa flamme trois ans plus tard, alors que je venais d’être sacré chevalier.

Sa hachette martela le bois dans un mouvement régulier alors qu’un sourire en coin naissait sur ses lèvres. Il était frappé de plein fouet par une vague de souvenirs plutôt agréables. Tirant un bon coup sur la branche, il la détacha du sapin et traîna le tout jusqu’à leur cachette. Une fois la besogne terminée, il fit signe à son écuyère de s’installer dans leur abri improvisé puis vint la rejoindre. Il commença ensuite à se saisir des épaisses branches de sapin et à les redresser vers lui afin de boucher l’entrée de leur cachette. Miya l’imita et il lui fit néanmoins signe de laisser la place à une ouverture dans le haut de leur porte improvisée. « Nous allons faire du feu. Il faut laisser un espace pour que la fumée puisse s’échapper. » Déjà, le vent avait augmenté d’intensité et les précipitations tombaient encore plus fortement qu’avant. Il avait vu juste : un blizzard était bel et bien en train de se créer. Sans compter que les bourrasques soulevaient de la neige poudreuse du sol. Une fois qu’ils eurent terminé de placer les branches qui leur serviraient de protection, Vigie agrippa deux pierres à feu pendant que Miya plaçait le petit bois au milieu de l’alcôve de pierres où ils se trouvaient. Il frappa les deux cailloux ensemble à quelques reprises, puis une petite flamme prit naissance avant de s’intensifier et de réchauffer la petite grotte assez rapidement. Soren ne craignait pas que la fumée trahisse leur présence pour la simple et unique raison que la vision, à l’extérieur, devait être déjà limitée par les rafales de neige.

- Le blizzard risque d’être assez intense ce soir, raison de plus pour que nous restions ici, dit-il à son apprentie qui prenait ses aises. Alors, Miya. Pas trop pénible notre périple jusqu’à présent? Je dois admettre que je suis ravi de t’avoir à mes côtés. Normalement, je voyage seul, mais je me rends compte qu’une partenaire pourrait vraiment m’être utile. Après tout, à ce qu’on dit, « deux têtes valent mieux qu’une », pas vrai? Et puis, tu sembles être naturellement douée pour l’exploration. Qui sait, peut-être qu’un jour nous serrons officiellement partenaires de travail? Ça t’intéresserait? Sortant un morceau de viande séchée de son sac, il en tendit un à son apprentie. Il prit ensuite sa gourde d’eau et la porta à ses lèvres avant d’en offrir également à Miya. Comment entrevois-tu ton futur? Si idéalement tu pouvais faire ce que tu voulais, sans contrainte… que ferais-tu?

Il tourna son regard doré vers elle. Il voulait réellement en savoir plus sur elle. Après tout, elle était plus qu’une simple apprentie : elle faisait partie de sa famille maintenant. Il porta son morceau de viande séchée à sa bouche et mâcha tout en écoutant les propos de sa belle-sœur.
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Miya
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MessageSujet: Re: MISSION | MONTAGNES | The Tale of an Owl and a Kitten [PV MIYA][TERMINÉ]   Dim 11 Déc - 11:45

- Les plus fournies? Compris!

Ça, elle savait comment faire. Avec ses yeux de lynx, la jeune pardusse n’avait aucune difficulté à repérer les branches de sapin qui iraient le mieux pour se monter un abri. Ce fut donc avec plaisir qu’elle s’attela à la tâche que lui avait confié son maître. Elle frappait frénétiquement avec sa hachette, faisant néanmoins attention à ne pas se blesser dans le processus. Elle devait admettre bien aimer ce côté plus « manuel » des missions, car elle était une fille d’action. D’autant plus qu’elle aimait se retrouver en nature, et ce, même dans un climat aussi froid que les Terres gelées. Bon, elle avait une nette préférence pour les endroits plus chauds, mais elle pouvait voir la beauté des lieux où elle se trouvait.

Cela n’empêcha cependant pas l’adolescente de prêter oreille au récit de la rencontre entre sa sœur et son fiancé. Elle était heureuse de pouvoir en apprendre davantage sur la façon dont leur couple était venu à être. Surtout qu’elle apprenait à chaque jour à mieux connaître Soren. Toujours est-il qu’elle fut plutôt surprise de savoir qu’il avait été plutôt mal à l’aise avec la gente féminine par le passé. Elle le regarda avec un sourire en coin, essayant de s’imaginer un pheryxian plus jeune qui n’osait guère approcher l’élue de son cœur. C’était mignon.

« Vous vous ressembliez donc sur ce point. » fit-elle en référence au fait que Douhbée avait également de la difficulté à parler aux représentants du sexe opposé. La cadette de celle-ci avait éventuellement remarquer que sa sœur était timide, voire pratiquement craintive, des garçons… sans nécessairement en connaître la cause profonde. Par contre, elle ne ressentait pas de jalousie envers son beau-frère. Certes, il savait des choses sur son aînée dont elle n’était pas au courant… mais il y avait des choses que sa meilleure amie, Ishobel, savait d’elle dont Douhbée ne se doutait pas non plus. On choisit à qui on révèle certaines choses et c’est tout à fait normal. Et puis, rien ne disait que Miya ne serait pas dans la confidence un jour, pas vrai?

En somme, l’écuyère continua de travailler à couper les branches les plus fournies jusqu’à ce que le chevalier vienne prendre la relève. Elle devait admettre qu’elle était plutôt soulagée qu’il vienne la relever de sa tâche, car elle se sentait de plus en plus faible. Elle n’y était pas allée de main morte, hein! Sans doute aurait-elle pu s’acharner plus longtemps si elle avait procédé avec davantage de modération. Bref, ce fut avec un plaisir à peine dissimulé qu’elle s’élança pour aller ramasser du petit bois. C’était plutôt simple, ce qui faisait également du bien à ses bras. Les pauvres tremblaient encore un peu à cause des multiples coups portés aux branches de sapin.

- Ça m’étonne qu’elle ait fait les premiers pas…

À vrai dire, elle avait pour idée que le garçon était celui qui faisait les premiers pas. C’était souvent ce qu’on entendait dire… Toutefois, elle était heureuse de savoir que les filles pouvaient aussi le faire. Elle n’aimait pas l’idée de devoir attendre qu’un garçon lui parle des sentiments qu’il avait pour elle avant de pouvoir faire quelque chose. Ainsi, elle savait qu’elle pourrait prendre les choses en main le jour où elle trouverait un garçon de son goût et que ça risquait de bien passer.

Le temps fila et l’apprentie parvint à créer tout un monticule de branchage sec, donc parfait pour allumer un feu. Elle était plutôt fière d’elle-même, d’ailleurs. On ne pouvait pas dire qu’elle faisait les choses à moitié, en tout cas. Par la suite, elle vint docilement s’installer dans l’abri, à la demande de Vigie. Elle n’était pas pour rouspéter, car dépenser toute cette énergie à couper et ramasser des branches l’avait fatiguée. Elle se redressa et observa attentivement la façon dont son maître relevait les branches afin de refermer le bivouac. Elle nota sa manière de procéder et se mit à faire de même. Elle stoppa net lorsque le pheryxian lui mentionna qu’il fallait laisser un trou dans leur mur de branches, car elle était sur le point d’essayer de refermer le tout. Elle fronçât les sourcils, jusqu’à ce qu’elle se dise que l’explication du chevalier était pleine de sens.

« Nous ne risquons pas de mettre le feu à notre abri? » demanda-t-elle. Néanmoins, elle plaça quelques branches au centre de leur cachette. Elle s’assura que son tas n’était pas trop gros, mais suffisant pour que le feu à venir puisse les réchauffer suffisamment. Il y eut un moment où Miya tira la langue pour avaler un flocon, tout juste avant que Soren ne se lance dans la mise en garde contre le blizzard. Elle hocha de la tête à ces propos et s’installa contre la paroi de la grotte. Ce ne serait pas une nuit facile; déjà, le vent s’était levé et il tombait une quantité impressionnante de précipitations.

Par après, l’adolescente fut touchée par les paroles prononcées par le chevalier. Non seulement ça lui faisait un petit velours, mais elle était contente de voir que son excitation était partagée. Elle adorait explorer de nouveaux territoires avec Vigie. Ce dernier avait d’ailleurs ouvert les yeux de la pardusse à une toute nouvelle avenue dans son cheminement pour devenir chevalière. Elle lui en était plus que reconnaissante.

- Ça pourrait être pire! Mais j’adore, sincèrement! C’est beaucoup mieux que de rester enfermée au château et devoir aller à des cours à tous les matins. Non pas que Sifu Nata était ennuyante, mais c’est tellement plus plaisant de pouvoir courir à l’extérieur! Elle gesticulait pour illustrer ses propos et rendre son discours plus vivant. Elle avait toujours été comme ça. Elle attrapa ensuite le morceau de viande séchée qu’on lui tendait avec plaisir. Elle prit un moment pour réfléchir à la réponse à donner à la question de son maître. Elle but une gorgée d’eau avant de prendre la parole à nouveau. Plein de nourriture! S’il n’y a pas de contraintes, je veux voyager et tout manger ce que le monde a à offrir! Puis elle éclata de rire. C’était tout à fait son genre de penser à son estomac en premier. En fait, je veux de l’action! Je ne veux pas toujours rester au château à m’entraîner; je préfère être sur le terrain, vous savez? J’espère avoir plein d’autres missions comme celle-ci, qui me permettront de voir plus de territoire. Je veux être à l’avant de l’action, pas rester derrière à attendre que les autres préparent le terrain. Donc oui, ça m’intéresserait que nous devenions partenaires un jour. Je crois que nous faisons une bonne équipe, pas vrai?

Elle envoya un sourire à Vigie, tout en réclamant un dernier morceau de viande. Le reste de la soirée fut passé à discuter de ce qu’impliquait la vie d’éclaireur, les plus et les moins et ainsi de suite. Miya buvait les paroles du pheryxian et rêvait déjà de toutes les aventures qui l’attendaient. Elle en oubliait presque la tempête qui faisait rage à l’extérieur. Ce qu’elle n’oublia point, cependant, fut la fatigue. Autant qu’elle voulait continuer à jaser avec son maître, son corps lui faisait signe qu’il avait atteint sa limite pour la journée. Elle baillait à toute les deux minutes… ce qui n’était pas très subtil.

Ainsi, le chevalier prit le premier tour de garde et laissa son apprentie roupiller en premier. Il ne la réveilla que plusieurs heures plus tard, temps qui passa en un clin d’œil pour l’adolescente. Celle-ci n’avait pas tardé à sombrer dans un sommeil lourd et sans rêve. Toujours est-il qu’elle ne ronchonna pas longtemps, se rappelant qu’elle était en mission. Cette simple pensée avait suffi à lui redonner de l’aplomb et à ne plus penser au fait qu’elle aurait dormi encore un peu. Son enthousiasme fut toutefois de courte durée, car monter la garde durant un blizzard n’était pas des plus passionnants. Elle soupira et se mit à penser à ce qui les attendait, son maître et elle, une fois que la température serait plus clémente.

Du moins, jusqu’à ce qu’elle soit tirée de ses pensées par des grognements inconfortables. Elle constata alors que Soren était en plein cauchemar. Le pauvre était recouvert de sueur et affichait une expression douloureuse. La jeune pardusse hésita avant de s’approcher de lui, essayant de voir si son mal passerait… mais ce ne fut pas le cas. Elle se demanda si c’était lié à la tempête à l’extérieur. Après tout, nombre de gens n’aimaient pas les orages… alors pourquoi pas les blizzards? Ce ne fut qu’au bout de quelques minutes qu’elle se rappela que son maître avait été captif pendant un certain temps. Peut-être faisait-il un cauchemar en lien avec cette sombre période de sa vie? Immédiatement, l’écuyère se sentit mal de lui en avoir voulu à l’époque parce qu’il avait fait de la peine à sa sœur. Elle avait été égoïste et n’avait pas considéré le point de vue de Vigie. Elle serra la mâchoire et se décida de faire son possible pour le rassurer dans son sommeil. Elle se blottit légèrement contre lui et se mit à ronronner. C’était d’ailleurs la tactique qu’elle employait avec Ishobel, à l’époque où elles étaient encore élèves et ça fonctionnait à tout coup. D’un autre côté, ça lui permettait de voler un peu de chaleur au chevalier. La tactique sembla fonctionner, car Soren se calma peu à peu.

Environ une heure plus tard, la tempête semblait vouloir commencer à se calmer. Miya en profita pour alimenter le feu… puis entendit un bruit suspect plus loin. Elle retint son souffle et tendit l’oreille. Ce n’était pas évident à dire, étant donné le bruit causé par les bourrasques de vent, mais il lui semblait que c’était un groupe de voix qu’elle entendait. Sans attendre, elle secoua son maître et plaça son doigt devant sa bouche pour qu’il comprenne de ne pas faire de bruit. « Shh… » souffla-t-elle.

**[Vigie] J’entends des voix à l’extérieur. Je crois que ce sont nos amis les Norrois qui reprennent le chemin, malgré la neige et le vent… parce que bon, je ne comprends rien de ce qu’ils disent.**

L’adolescente se risqua à tasser une branche ou deux de l’entrée de leur petite grotte, question d’avoir une vue sur les environs sans pour autant laisser entrer trop de vent. Même avec ses yeux, elle n’y voyait pas grand-chose… mais elle crut apercevoir des silhouettes plus loin.

**[Vigie] Voyez-vous quelque chose? Devrions-nous éteindre le feu?**

Puis, pour ruiner ses efforts de silence absolu, elle entendit son ventre grogner comme si elle n’avait pas été nourrie depuis deux semaines. Elle lança un regard désolé en direction de Vigie.

**[Vigie] Je crois que manger en premier serait peut-être mieux que de les suivre… ça pourrait trahir notre présence dans le petit chemin dans la montagne. En même temps, est-ce que ça vaut la peine d’aller voir plus près avec le blizzard qui n’est pas tout à fait fini encore?**
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MessageSujet: Re: MISSION | MONTAGNES | The Tale of an Owl and a Kitten [PV MIYA][TERMINÉ]   Mar 20 Déc - 21:55

Il terminait son morceau de viande séchée en esquissant un sourire amusé. Lorsque sa belle-sœur mentionna son envie de découvrir le monde et de manger « toute la nourriture » qu’elle trouverait sur sa route, le pheryxian éclata de rire. Pourquoi est-ce que ça ne l’étonnait guère? Miya était une goinfre, ce n’était un secret pour personne! Ça faisait, en quelque sorte, partie de son charme! Il écouta la suite de ses propos et hocha de la tête lorsqu’elle mentionnant son envie d’être à l’avant, dans le feu de l’action. Il était bien placé pour la comprendre puisqu’il faisait ce métier pour exactement la même raison. Vigie adorait être à l’avant plan, voyageant pour le compte de son ordre. C’était, selon lui, la meilleure position au sein de la chevalerie d’Alombria.

Miya réclama un autre morceau de viande séchée et le chevalier immaculé lui en tendit un avant de se resservir lui-même à nouveau. Ils « trinquèrent » avec leur encas, et continuèrent de discuter du métier qu’exerçait le nouveau mari de Doubhée. Sans vraiment s’en rendre compte, le jeune homme parla des avantages de son rang avec énormément d’enthousiasme et son écuyère semblait boire la moindre de ses paroles… du moins, jusqu’au moment où elle sembla crouler de fatigue. Voyant qu’elle bâillait à répétition depuis un petit moment, le pheryxian lui offrit de prendre le premier tour de garde, chose à laquelle la pardusse ne s’opposa absolument pas.

Alors que sa belle-sœur se roulait en boule afin d’être plus confortable pour roupiller, Soren rajouta du bois dans le feu, s’assurant que le brasier resterait vivant encore un bon moment. Après tout, il importait de s’assurer que la source de chaleur reste bien présente, compte tenu du blizzard qui sévissait à l’extérieur. Le dos appuyé contre la pierre de leur abris improvisé, le pheryxian observa le mur de sapin qui les protégeait des intempéries. Son esprit vagabondait, très loin, aux côtés de Douhbée qui était elle-même en mission à l’heure actuelle. Sachant que cette dernière était enceinte, il espérait honnêtement que tout se passerait pour le mieux. Heureusement, Ailis était avec elle et il savait que l’écuyère faisait son possible pour s’assurer que tout se déroule comme sur des roulettes.

Au bout de longues heures, Soren sentait la fatigue le peser plus que jamais. Il était complètement exténué et combattait farouchement le sommeil qui menaçait de le prendre d’assaut à tout moment. Il était temps que Miya prenne le relais. Oh il aurait aimé la laisser dormir plus longtemps, vraiment! Mais il avait également besoin de reprendre des forces s’il voulait être efficace. Lentement, il porta une main sur l’épaule de la jeune pardusse et la secoua doucement. Au bout de quelques instants, la petite féline émergea de ses songes et lui jeta un regard confus. Heureusement, elle comprit rapidement de quoi il en retournait et accepta de prendre le relais, sans trop ronchonner. Vigie la gratifia d’un sourire, puis s’étendit à son tour, sombrant rapidement dans un sommeil profond.

Sa nuit était agitée. Une série de mauvais rêves s’enfilèrent dans son esprit, le ramenant momentanément sur l’île d’Irianeth, là où il avait vécu la pire année de sa vie. Il revoyait Saphyra qui tentait de lui soutirer ses faveurs et les nombreuses tortures qu’il avait lui-même infligé à bon nombres d’Enkievs. Combien étaient morts par sa faute? Dans son songe, il revoyait la tronche d’un sholien qui était prit de soubresauts sous ses assauts incessants composés de décharges électriques. Sans compter les nombreux moments où on l’avait passé à tabacs simplement dans le but d’essayer de le soumettre. Son pouls s’était accéléré et des grognements de douleurs et de terreur glissèrent de ses lèvres sans qu’il ne s’en rende compte. Du moins, jusqu’au moment où il émergea, pendant une fraction de seconde, à cause d’un mouvement sur sa gauche. Il était entre deux songes, mais put néanmoins percevoir le mouvement léger de la pardusse qui se rapprochait de lui. Doucement, elle se lova contre lui, en boule, et un doux ronronnement se fit entendre. Si normalement ce son typique à sa race voulait dire autre chose pour lui (Douhbée ronronnait dans des situations heu… forts différentes à celles-ci?), il dût admettre qu’en ce moment même, il se sentit apaisé. En quelques secondes à peine, le chevalier sombra à nouveau, dans un sommeil sans rêve, cette fois.

Une heure s’écoula avant qu’une main ferme ne l’empoigne par l’épaule et ne le secoue avec force. Soren sursauta puis ouvrit ses yeux dorés, esquissant un air confus. Miya était penchée sur lui et porta une main à sa bouche, lui intimant silencieusement de conserver un mutisme indéfectible. Sa voix résonna rapidement dans son esprit et Vigie fronça les sourcils. Des intrus, non loin? Les Norrois les avaient-ils retrouvés? Voilà qui était une mauvaise nouvelle en soit. Le chevalier se redressa sur les coudes et tendit l’oreille. Son écuyère avait raison : il entendait des voix, plus loin. Bien qu’il ne comprenait rien à ce qu’il se disait, il avait l’impression que les inconnus semblaient chercher quelque chose ou quelqu’un. Le pheryxian se redressa, puis rejoignit la pardusse qui jetait un œil à l’extérieur.

** [Miya] Oui, éteignons tout avant qu’ils nous repèrent! **

Un grondement sourd se fit entendre et instinctivement, le chevalier immaculé jeta un regard à sa compagne. Manger avant d’agir était une idée judicieuse. Non seulement cela leur procurerait des forces, mais en plus, ça éviterait de trahir leur présence. Alors que l’adolescente se servait à nouveau dans la viande séchée, Vigie s’affaira à étouffer les flammes. Il se saisit également d’un bout de leur casse-croûte de fortune, puis ramassa leurs effets personnels.

** [Miya] Puisque le blizzard est beaucoup moins intense, nous pourrons l’utiliser à notre avantage. Il pourra camoufler nos pas et couvrir nos mouvements. **

Soren resserra sa cape autour de ses épaules et réajusta sa tunique. Dès que la petite féline fut prête, il se posta près de la porte improvisée et tendit l’oreille. Les voix s’étaient éloignées, signe que le chemin était libre. Lentement, l’éclaireur de l’ordre d’Alombria souleva quelques branches et jeta un œil. Mise à part le vent et la neige poudreuse qui fouettait le décor, un calme plat semblait régner. Le pheryxian se glissa alors à l’extérieur de leur cachette, puis s’avança de quelques pas, ses pieds de volatiles s’enfonçant dans la neige vaporeuse. Levant une main, il fit signe à Miya de le suivre et le duo se remit en route, cherchant l’endroit où se trouvaient leurs ennemis, quelques minutes plus tôt. Le ciel était encore sombre, signe que la nuit n’était pas encore tout à fait finie, toutefois, il était à parier que le jour n’était pas très loin. Après quelques minutes de progression silencieuse, les deux représentants de l’ordre arrivèrent à un chemin sinueux, entre des rochers, qui menait directement vers le tunnel repéré plus tôt par l’écuyère. Des empreintes de pas s’y rendaient et disparaissaient dans la noirceur du dédale souterrain. Ainsi, cette grotte inconnue constituait un passage pour ces barbares… Voilà qui était franchement intéressant.

Bon, l’idée de s’enfoncer sous terre ne lui plaisait toujours pas, mais il devait se rendre à l’évidence : ils devaient aller voir où menait ce passage. Tournant son regard doré vers son apprentie, Soren nota la lueur de détermination qui trônait au fond de ses iris. Visiblement, elle, elle était toujours partante pour partir à l’aventure! Néanmoins, elle sembla noter son appréhension et s’empressa de l’interroger mentalement.

** [Miya] Non ça va, ne t’inquiète pas. **

Après tout, il ne se voyait pas dire à sa belle-sœur qu’il avait les chochottes rien qu’à l’idée de se retrouver coincé sous terre! Il prit une grande inspiration puis marcha tranquillement en direction de la caverne… quand un grand cri se fit entendre derrière eux. Des éclats de voix s’en suivirent rapidement et le cœur du chevalier fit un grand bond dans sa poitrine. Là, au sommet d’un rocher escarpé se trouvaient des norrois qui les pointaient du doigt. Certes, ces derniers devaient avoir du mal à bien les discerner vu les restes de la tempête, mais ils avaient néanmoins assez de perspicacité pour comprendre qu’il s’agissait d’intrus.

- Bordel de merde! Jura Vigie entre ses dents alors que sa main se refermait sur le bras de l’adolescente. Suis-moi, vite!

Les deux Alombriens détalèrent dans le chemin sinueux alors que leurs ennemis descendaient de leur perchoir improvisé. Ils devaient faire vite avant que ces barbares ne leur tombent dessus! Le chevalier courait à en perdre haleine, son écuyère sur les talons. Sans plus réfléchir, le duo s’enfonça dans la noirceur du tunnel, suivant le chemin naturel qui s’étalait devant eux. Vigie ne voyait absolument rien et déjà, il sentait sa gorge se serrer. Il avait l’impression qu’un étau se refermait sur sa poitrine et une main solide l’agrippa pour le tirer farouchement vers la droite. Dans le mouvement alimenté par l’adrénaline, le chevalier fut propulsé entre deux rochers, en retrait du chemin principal, ce qui lui permit d’être soutiré de la vue des norrois qui s’engouffraient maintenant dans le tunnel. Le regard du pheryxian se posa sur Miya qui lui faisait signe de se taire, espérant ainsi que leurs poursuivants continueraient leur route sans se douter qu’ils étaient tout près. Vigie était impressionné par les réflexes vifs de la pardusse. Si elle n’avait pas été là, il se serait fait prendre comme un débutant. Visiblement, les souterrains ne la dérangeaient guère.

Bon, il devait se ressaisir! Son apprentie avait besoin de lui! Le jeune homme secoua sa tête pour reprendre contenance et opta pour une position accroupie. Les éclats de voix étaient tout près, signe que les norrois se trouvaient maintenant à portée de main. Si seulement il pouvait décoder leurs propos… Un grand gaillard blond se trouvait maintenant de l’autre côté du rocher qui dissimulait les deux représentants de l’ordre. Maître et apprentie retenaient leur souffle, le sang battant leurs tempes. Au bout d’un moment, leurs adversaires décidèrent de passer leur chemin, probablement dans le but de poursuivre leurs recherches. L’éclaireur officiel de l’ordre d’Alombria poussa un soupir de soulagement.

** [Miya] Bravo pour tes réflexes de tout à l’heure. Je te dois une fière chandelle. Je suis désolé, j’ai… j’ai un peu de mal avec les souterrains, je l’admets. Bon sang, je me sens idiot! **
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Miya
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MessageSujet: Re: MISSION | MONTAGNES | The Tale of an Owl and a Kitten [PV MIYA][TERMINÉ]   Mar 24 Jan - 20:12

Que pouvait-elle dire? Elle était en pleine croissance et avait besoin de se sustenter plus fréquemment que la moyenne. Encore une chance qu’elle avait un bon métabolisme et qu’elle menait une vie active, sans quoi elle aurait facilement fait le triple de son poids actuel. La pardusse pouvait également remercier la tempête à l’extérieur, car personne n’avait entendu son ventre grogner à part son maître. Elle s’excusa auprès de lui et se prit un peu de viande séchée. Cela aioderait son ventre à se calmer un peu. Elle imita ensuite son compagnon et récupéra ses choses.

**[Vigie] Bien noté, maître.**

Miya était fébrile à l’idée de sortir à l’extérieur, comme si le blizzard la rendait encore plus excitée qu’à la normale. Elle s’imaginait déjà comme une espionne, bondissant subtilement d’un arbre à l’autre, sous le couvert de la neige tombante. Elle était si emballée par l’idée qu’elle dut se reprendre à trois fois avant de pouvoir attacher sa cape convenablement. Elle s’accroupit derrière Soren et tendit l’oreille comme lui. Elle demeura étrangement immobile pour une adolescente qui n’attendait qu’à foncer dans l’inconnu. Seule sa queue s’agitait un peu, mais ce n’était pas visible sous sa cape.

L’éclaireur de l’Ordre n’eut pas à faire signe deux fois pour que son écuyère vienne le rejoindre à quatre pattes, comme pour mieux se fondre dans l’environnement. L’enfant du Désert avait des yeux tout le tour de la tête et cherchait le moindre indice des Norrois. Elle essayait également de voir si ses yeux de lynx ne lui permettraient pas de voir des empreintes, aussi effacées soient-elles. Elle faillit crier de joie lorsqu’elle remarqua, en même temps que le chevalier, que les barbares s’étaient dirigés vers le chemin dans la montagne qu’elle avait repéré la veille. Elle qui mourrait d’envie d’aller l’explorer, elle aurait enfin sa chance! Elle se demanda alors ce qu’elle et Soren attendaient avant de s’y lancer, quand elle remarqua qu’il avait mauvaise mine.

**[Vigie] Est-ce que tout va bien, maître?** s’enquéra-t-elle, inquiète.

Il la rassura qu’il n’y avait pas matière à s’en faire, mais elle ne le crut qu’à moitié. Elle avait bien vu dans quel sale état il avait dormi… alors, elle se doutait qu’il y avait peut-être anguille sous roche. Cependant, qui était-elle pour le contester? Elle était son apprentie et devait suivre ses consignes. Elle en conclut donc qu’elle se fierait à son bon jugement. Elle ne garderait qu’un œil sur son état et lui glisserait mot de ses inquiétudes si ça devenait absolument nécessaire.

Un cri vint interrompre les pensées de la pardusse, qui se retourna vivement vers la source de celui-là. Elle avisa les Norrois en hauteur et jura, au même titre que son maître. Leur couvert était brisé, c’était évident. Elle se maudit d’avoir baissé sa garde parce qu’elle s’en faisait pour son beau-frère. S’ils ne s’étaient pas arrêtés pour discuteur, peut-être auraient-ils eu le temps de se rendre en lieu sûr avant de se faire voir. Mais bon, ça ne servait à rien de s’attarder là-dessus. De toute façon, le pheryxian la trainait déjà par le bras et elle ne se fit pas prier pour le suivre à grands pas de course.

Miya dépensa sa réserve d’énergie pour suivre le rythme du chevalier. Elle ne s’arrêta même pas avant de pénétrer dans le tunnel sombre devant eux, se fiant à sa vision féline pour se diriger. Ses yeux s’adaptèrent rapidement à la pénombre, ce qui lui donnait un avantage sur leurs poursuivants. Ceux-ci n’étaient plus très loin de la grotte, ce qui signifiait qu’il fallait se trouver un endroit pour se cacher… et vite! Sans plus attendre, l’adolescente au regard doré entraîna son maître avec elle derrière un rocher. Elle avait eu une fraction de seconde pour remarquer cette cachette parfaite et elle en avait profité. Par la suite, elle intima le silence à son partenaire de mission. Elle jugea qu’il devait s’être suffisamment habitué pour voir le signe silencieux qu’elle lui envoyait.

Silencieuse, la pardusse s’approcha de son compagnon afin de prendre le moins de place possible derrière le rocher. Elle ramena même sa tête dès qu’elle vit les premiers signes de présence barbare. Lorsque l’ennemi fut tout juste de l’autre côté, Miya prit une grande inspiration et cessa de respirer aussi longtemps qu’elle ne le pouvait. Elle avait peur d’éternuer et de se faire prendre. Ça l’aurait tellement été sa chance! S’ils se faisaient prendre, elle pouvait oublier toute opportunité de voir le beau garde-du-corps Yahto et d’en parler à sa meilleure-amie-pour-la-vie. Ce serait franchement dommage de ne pas pouvoir se vanter de ses aventures auprès du lycan, qui était un vaillant guerrier… et qui faisait rêver l’adolescente en couleurs. Elle n’avait aucune chance, elle le savait, mais ça ne faisait de mal à personne qu’elle ait un béguin sur lui, non?

Vigie ne tarda pas à la ramener au moment présent, ce qui était franchement une bonne chose, vu le pétrin dans lequel ils se trouvaient tous les deux. Il remercia son apprentie de l’avoir tiré de là quand elle l’a fait. Le compliment fit un petit velours à la jeune fille, qui se sentait utile dans leur mission. Elle voulait sincèrement devenir une excellente chevalière et s’impliquer auprès des siens. Savoir qu’elle avait eu de bons réflexes venait rehausser son estime de soi. Elle fut également touchée par la confession de son mentor; ça ne devait pas avoir été facile pour lui de lui avouer qu’il n’aimait pas l’endroit où ils étaient.

**[Vigie] Vous auriez fait la même chose pour moi, maître, vous ne me devez rien. Et si nous devenons partenaires un jour, vous ne manquerez pas d’occasions de me sauver la peau des fesses!** Elle mit sa main sur l’épaule du pheryxian et la serra un peu. **Je suis là; il ne vous arrivera rien. Nous ressortirons très bientôt.**

L’écuyère risqua ensuite de sortir le bout de sa tête afin de jeter un regard circulaire dans le tunnel. Le bruit des Norrois n’était plus qu’un murmure, signe qu’ils étaient plus loin. Miya demanda ensuite à son maître de rester où il était, qu’elle allait voir ce qui se passait d’un peu plus près. Elle utilisa l’argument qu’elle avait la meilleure vision nocturne des deux pour le convaincre de la laisser partir, en plus d’être capable de se déplacer sans faire de bruit. Elle termina en lui rappelant qu’au moins, elle avait pris la peine de lui demander la permission avant d’agir.

D’un pas de loup, elle retourna vers l’entrée du tunnel. Elle jetait souvent des coups d’œil par-dessus son épaule, juste au cas. Soudain, elle perçut du bruit en provenance de l’extérieur. Son cœur sauta un battement dans sa poitrine. Elle revint donc vivement sur ses pas et se tint prête à retourner derrière le rocher. On ne s’approcha toutefois pas de sa position, ce qui lui fit comprendre que certains barbares étaient restés tout près au cas où les fugitifs auraient tenté de rebrousser chemin.

**[Vigie] Nous ne pouvons pas retourner là par où nous sommes arrivés. Des Norrois semblent faire le guet. Je vais voir ce qui se passe de l’autre côté.**

Elle n’attendit pas la réponse de son mentor avant de pousser son exploration plus loin. Elle était d’avis qu’ils devaient découvrir ce qu’il y avait de l’autre côté de toute façon, ne pouvant pas rebrousser chemin. La pardusse prit néanmoins la précaution de marcher accroupie au sol; elle espérait ainsi être plus difficile à repérer de loin pour ces grands gaillards. Elle avançait avec les oreilles tendues et les pupilles dilatées au maximum. Elle n’entendait pratiquement plus rien, ce qui était un signe qu’il n’y avait pas de grand danger tout près. Elle devait simplement faire attention à l’endroit où elle mettait les pieds et les mains.

Tout à coup, elle se retrouva face à un dilemme : le chemin qu’elle suivait se divisait en deux. Elle grogna faiblement, avant de se rappeler qu’elle devait absolument garder le silence. Rien ne semblait lui indiquer quel était la voie de la sortie… Elle jura intérieurement et se mit à tâter le sol. Elle espérait y trouver de la neige, fondue ou non, qui lui indiquerait le chemin par où étaient passés les Norrois. Elle progressa donc lentement, en prenant le chemin de gauche.

Des bruits de pas… tout droit devant.

L’adolescente n’attendit pas de voir ce qui venait vers elle avant de revenir sur ses pas et emprunter le chemin de droite. Dans sa hâte, elle avait décidé qu’elle ne voulait pas risquer de révéler la position de Soren. Elle entendit alors des voix, signe que ses poursuivants s’approchaient d’elle. Ils semblaient agités. Sans savoir si elle avait été repérée, elle s’engouffra plus loin… jusqu’à ce qu’elle tombe nez à nez avec une paroi rocheuse. Merde! Elle ne pouvait plus continuer : c’était un cul-de-sac. Vite, elle devait trouver un endroit pour se cacher! Elle regarda partout autour d’elle et ne vit rien, jusqu’à ce qu’elle lève la tête. Elle n’eut le temps que de voir un peu de couleur au bout du tunnel avant de grimper en hauteur, sur une minuscule corniche.

**[Vigie] Ne sortez surtout pas de votre cachette! Les Norrois ont rebroussé chemin et… Oh, ils s’approchent.** Le sang battant fortement dans ses tempes, la pardusse baissa son regard doré vers un groupe de trois individus. À les voir aller, c’était évident qu’ils cherchaient quelque chose… ou quelqu’un. **À bien y réfléchir… c’est peut-être le moment. Un peu plus loin dans le tunnel, le chemin se divise en deux. Ne prenez surtout pas la voie de droite, car les Norrois s’y trouvent présentement et c’est sans issue, de toute façon. Vous avez plus de chance de trouver la sortie en prenant la gauche.**

Le regard de l’écuyère alternait entre le trio plus bas et la voie principale du tunnel. Elle retint son souffle lorsqu’elle vit la tête blanche de son maître faire son apparition plus loin. Elle lui envoya mentalement de continuer et de ne pas s’arrêter, afin de ne pas se faire prendre. Cependant, un des Norrois eut soudainement la brillante idée de vouloir se retourner vers l’autre chemin. Ce fut trop pour Miya, qui s’agita un peu sur sa corniche et fit accidentellement tomber une pierre.

Clairement, le bruit ne passa pas inaperçu : trois têtes se levèrent à l’unisson, toutes vers elle. Sans perdre un instant, l’enfant du Désert sauta de son promontoire improvisé et atterrit sur le premier Norrois du bord. Elle le griffa sauvagement au visage, tout en feulant. Elle profita ensuite de l’effet de surprise afin de déguerpir, tout en bousculant les deux autres. **[Vigie] Vite! Fuyez!** envoya-t-elle simplement à l’éclaireur de l’Ordre, dans lequel elle passa à un doigt de rentrer dedans. Les équipiers coururent à en perdre haleine, évitant les projectiles de leurs poursuivants. Ceux-ci leur lançait des pierres.

Le temps sembla filer à une vitesse ahurissante pour la jeune lynx; déjà, elle était aveuglée par la soudaine lumière de l’extérieur… À un point tel qu’elle faillit ne pas voir les deux hommes qui les attendaient, elle et son partenaire de mission, à la sortie. Elle cria de surprise et dérapa en essayant de freiner. Le chevalier eut de meilleurs réflexes qu’elle et trouva un moyen de les écarter de leur route. Ce ne fut toutefois pas assez pour éviter à son apprentie de passer tout droit et tomber dans un gros tas de neige. Paniquée et ne voyant plus Vigie dans son champ de vision, car il se fondait bien dans le décor blanc et la fin de la tempête de neige, elle entreprit de grimper au sommet d’un arbre.

**[Vigie] Maître, aidez-moi!**

Comme de fait, les Norrois étaient en train de s’attrouper en bas de son perchoir. L’un d’entre eux entreprit de se transformer en ours polaire, ce qui fit franchement peur au pauvre chaton prit dans l’arbre. Elle n’avait d’expérience de métamorphose que celle d’Ishobel, qui était une demi-lyan. Ça n’avait rien à voir avec ce à quoi elle assistait présentement. L’ours blanc donna quelques coups après le tronc d’arbre, dans le but de faire tomber sa proie… qui tint bon, car sa vie en dépendait! Lorsqu’il se rendit compte que ça ne fonctionnait pas, il se décida à grimper… et ce ne fut pas les quelques cônes que lui lança la pardusse qui l’importunèrent.

**[Vigie] Maître!**
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MessageSujet: Re: MISSION | MONTAGNES | The Tale of an Owl and a Kitten [PV MIYA][TERMINÉ]   Lun 6 Fév - 10:14

L’angoisse d’être coincé dans une allée souterraine lui serrait toujours les tripes, mais le chevalier immaculé se fit violence pour chasser cette sensation poignante et désagréable. Ce n’était certainement pas le moment de paniquer, loin de là! Tournant doucement la tête vers son apprentie, il lui envoya un regard de gratitude, songeant au fait qu’elle avait eu de parfaits réflexes pour les sortir de là tous les deux. Visiblement touchée par les propos de son maître, la petite pardusse s’empressa de répondre par télépathie et passa près de faire éclater de rire le pheryxian. Elle avait tout un sens de la répartie, cette petite! En fait, si on comptait réellement les coups, il lui avait déjà sauvé les fesses à quelques reprises à ce jour… Mais il s’en foutait royalement. Le fait est que son écuyère pouvait être fière d’elle, puisque lui-même l’était. Miya posa une main sur son épaule, un air compatissant au visage, puis prononça des propos qui le firent tiquer un peu. Vigie savait qu’elle voulait bien faire et que ce sens de « protection » était inné chez elle, mais elle devait faire attention de ne pas brouiller les cartes : IL était le maître et c’était à LUI de la protéger, pas le contraire.

Sans plus attendre, Miya sortit sa tête de leur cachette, imitée de près par l’éclaireur alombrien. Avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, l’écuyère déclara vouloir partir devant pour voir ce qui se passait un peu plus loin. De ce fait, elle lui demanda de rester planqué derrière son rocher, prétextant qu’elle avait une vision nocturne plus développée que la sienne. Elle blaguait ou quoi?! Certes, elle avait raison sur ce dernier point, mais n’oubliait-elle pas son rang en demandant à son supérieur de rester planqué alors qu’elle-même risquait sa vie, toute seule, inutilement? Les sourcils froncés, Vigie jeta un regard désapprobateur à l’adolescente. Certes, il était peut-être UN PEU claustrophobe, mais il n’était pas faible pour autant et n’avait pas besoin d’être couvé comme un oisillon. Évidemment, elle souligna le fait qu’elle prenait la peine de lui demander la permission au lieu d’agir sans le consulter… Ouais, ça, c’était bien, mais attendait-elle une médaille de sa part pour cette réflexion? Elle était son écuyère, après tout! Elle brouillait réellement les cartes, là! Bon sang, Miya était une vraie tête de mule lorsqu’elle le voulait!

**[Miya] Miya, je ne crois pas que ce soit une excellente idée que tu partes toute seule de ton côté… Ne pense pas que je veux t’empêcher de t’impliquer dans cette mission, mais ils connaissent cette zone alors que nous, non. Nous devons être prudents surtout…**

Il n’avait pas été assez clair, car visiblement, elle conclut d’elle-même que c’était une forme d’autorisation de sa part… Eh merde! Il y allait trop doucement avec elle! La prochaine fois, il serait vraiment plus direct! Il voulut se redresser pour l’agripper, mais la chenapan était trop rapide! Elle avait filé furtivement vers l’entrée de la grotte. La mâchoire serrée, Soren voulait lui sommer de revenir près de lui, mais avait peur de la déconcentrer et que cette action cause sa perte. Mais il était faux de croire qu’elle n’en entendrait pas parler! Loin de là! Des bruits en provenance de l’extérieure firent échos sur les murs de la grotte et le pheryxian se tendit comme un arc. Bon sang, Miya!! Il espérait qu’elle ne se fasse pas prendre! Il vint pour se lever en un bond, quand la voix de la gamine résonna dans son esprit.

**[Miya] D’accord, mais reviens ici tout de suite, jeune fille! C’est dangereux, tu ne peux pas t’aventurer toute seule! Miya? Miya!**

Tête brûlée! L’irritation le gagnait de plus en plus et il se jura que si elle se sortait vivante de cette situation, il allait l’étrangler lui-même (enfin… au sens figuré). Elle allait devoir apprendre à obéir et à réprimer ses pulsions aventureuses : il allait s’assurer que cette leçon lui rentre dans son petit crâne félin! Un dilemme envahissait maintenant le maître qui était toujours tendu comme un arc, soit : se lever et partir à la suite de son écuyère ou attendre ici qu’elle lui confirme que la voie était bel et bien libre. La première option était des plus tentantes, mais dans l’impulsion du moment (due à sa frustration), il risquait de les faire repérer tous les deux. La deuxième option n’était pas mieux : si un truc arrivait à sa belle-sœur, il serait beaucoup trop loin pour intervenir! Or, l’idée de perdre Miya lui était insupportable… et causerait – en plus! – beaucoup trop de chagrin à Douhbée qui n’avait déjà plus tellement de famille… Le chevalier d’Alombria se mordit l’intérieur de la bouche devant cette situation qui comportait beaucoup de risques, peu importe le choix qu’il ferait!

Tendant l’oreille, l’éclaireur alombrien crut percevoir de nouvelles voix étrangères provenir de l’autre extrémité de la route. Les norrois!! Ils arrivaient également de ce côté… là où s’était engouffrée Miya. Le cœur battant la chamade, Vigie voulut contacter son écuyère, mais cette dernière le prit de court, lui exposant sa situation actuelle. Selon ses propos, les barbares se rapprochaient d’elle?!! Bon sang!! Évidemment, elle lui somma de prendre les devants, lui dévoilant la position d’une embouchure en V et prétextant qu’il devait prendre le chemin de gauche, puisque le chemin de droite donnait sur un cul-de-sac.

Sans plus attendre, le chevalier se leva de sa position, puis s’élança dans le tunnel, légèrement accroupi, la main sur la garde de son épée et évitant les obstacles qui se trouvaient sur son passage.

**[Miya] Où es-tu? Il est hors de question que je sorte de ce tunnel sans toi! Je t’avertis, Miya, si tu songes ne serait-ce qu’un instant à te sacrifier, ça ira très mal, jeune fille…**

Le chevalier arriva à la hauteur de l’embranchement dont lui avait parlé l’adolescente et eut un moment d’hésitation. Il tourna son regard doré vers la droite et vit le trio de norrois qui semblait inspecter le cul-de-sac en question. C’est alors qu’une réalisation le frappait de plein fouet. C’était SÛR que sa belle-sœur se trouvait dans cet endroit sans issue, cachée quelque part! Quitter impliquait de la laisser volontairement seule avec ces guerriers sanguinaires! Il en était hors de question! S’il le fallait, il viderait toute son énergie magique sur ces trois grands gaillards sans la moindre hésitation! Un nouveau message télépathique fusa dans son esprit; la voix de Miya le somma de continuer son chemin pour ne pas se faire prendre. Vigie n’eut pas le temps de réagir que l’un des guerriers norrois se retourna… pour voir l’Alombrien qui se tenait au bout du couloir.

Tout se passa très vite : un caillou tomba du plafond et attira l’attention des trois sauvages. Sans plus attendre, Miya décida de bondir hors de sa cachette et lacéra le visage de l’un des guerriers avec ses griffes. Elle bouscula les deux autres, puis détala en direction de son maître, sommant à ce dernier de fuir, par le fait même. Alors là, c’était de loin la meilleure idée qu’elle avait eu depuis qu’ils avaient mis les pieds dans ce foutu tunnel! La pardusse passa près de lui (non sans l’éviter de justesse), puis le duo détala dans le dédale de tunnels, évitant au passage les différents cailloux que leur balançaient leurs ennemis. Ils coururent à en perdre haleine jusqu’à voir enfin la lumière au bout du tunnel. Le pheryxian accéléra le pas et hoqueta en voyant la silhouette de deux grands gaillards se dessiner à la sortie. Planta son pied de volatile dans le sol sous ses pieds, il enfonça ses serres dans la croûte de glace qui trônait au sol, puis utilisa sa propulsion pour pivoter sur lui-même et éviter de foncer directement dans le norrois de gauche. Avec une vitesse incroyable et beaucoup de chance, le chevalier réussit à ses glisser entre le gaillard et le mur du tunnel, ce qui lui permit de se retrouver enfin à l’extérieur. Il tituba dans le tapis blanc poudreux, puis glissa sur une autre plaque de glace avant de rouler dans la neige plus loin.

Soren mit un moment à retrouver ses esprits. Il gisait face contre terre dans un banc de neige, ses ailes immaculées étendues de chaque côté de son corps. Portant ses mains sous lui, il se releva lentement, quand la voix apeurée de son écuyère le revigora d’un seul coup! Miya!! Le chevalier se releva prestement sur ses pieds et remarqua que cinq norrois se tenaient au pied d’un arbre (les deux à l’entrée de la grotte en plus des trois qui les poursuivaient dans le tunnel). Sous les yeux horrifiés du pheryxian, l’un d’eux se transforma en gigantesque ours polaire, puis entreprit de secouer l’immense conifère sous les acclamations de ses comparses. Sans plus attendre, il commença à grimper sur l’écorce et le nouvel appel à l’aide de la petite pardusse confirma sa présence sur l’une des branches hautes perchées.

Sans plus attendre, l’éclaireur agrippa son arc et encocha une flèche. Il visa la nuque de l’un des guerriers, puis tira. Le projectile siffla puis transperça le cou du barbare qui émit automatiquement un gargouillement immonde. Les trois autres norrois se tournèrent alors de concert vers lui et Soren en profita pour encocher une deuxième flèche. Une fois propulsé, le trait alla se ficher directement dans l’œil d’un autre barbare qui hurla. Les deux autres fondirent en sa direction et Vigie passa son arc en bandoulière sur ses épaules. Il porta sa main gantée sur le manche de son épée et dégaina juste à temps pour bloquer une hache qui fusait vers sa tête. Sous l’impact, son bras se mit à trembler tant la force de son adversaire était surprenante. Un coup de pied fusa vers ses côtes et le chevalier fut suffisamment rapide pour éviter l’assaut de justesse. Ces gaillards étaient forts!! Un seul coup pourrait lui rompre les os! Le deuxième adversaire brandit son glaive vers ses ailes et Vigie décida d’effectuer une roulade dans la neige pour éviter l’assaut. Le hurlement de Miya se fit entendre derrière lui alors que l’ours grimpait en hauteur. Eh merde!

- Saute, Miya!! Cria-t-il à son intention. La neige amortira ta chute!! Vas-y et rejoins-moi!!

Un coup de genou le heurta à l’abdomen et le pheryxian eut le souffle coupé. Un coup de pommeau l’atteignit en plein visage, soutirant un filet de sang de son nez au passage. Sa vision était floue à cause de l’impact et ses yeux larmoyaient. Il était hors de question qu’il fléchisse! Ils avaient l’information recherchée, ils n’allaient très certainement pas crever maintenant! Un coup d’épée fusa vers son épaule, et Vigie eut le réflexe de dévier l’assaut avec sa lame, évitant ainsi d’être blessé. Il glissa ensuite sa main gauche sur l’une des dagues qui trônaient à sa ceinture, puis planta cette dernière dans la cuisse de l’un de ses assaillants, émettant par le fait même une décharge fulgurante qui secoua le norrois de la tête aux pieds. Ce dernier s’effondra au sol, complètement sonné.

Du mouvement se fit sentir derrière lui et il comprit que son écuyère avait réussi à le rejoindre, un ours immense sur les talons. Dans un mouvement fluide, elle déchaîna une micro rafale qui heurta de plein fouet l’autre guerrier norrois qui affrontait Vigie. Ce dernier fut déstabilisé et virevolta beaucoup plus loin dans la neige. Jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, le pheryxian vit l’ours blanc géant qui fonçait vers son écuyère, écumant de rage. Non. Juste non. Il n’allait pas affronter cette créature colossale! Ça ne faisait pas partie de sa mission de toute façon! Il pivota sur lui-même, lança sa dague vers l’ursidé qui reçut le projectile directement dans le poitrail, puis agrippa la main de son écuyère. Il l’attira à lui, puis la souleva sans difficulté du sol. Il ouvrit ses ailes toutes grandes, puis dans un battement, gagna la voie des airs. En un clin d’œil, les deux représentants de l’ordre d’Alombria furent hors de portée et survolèrent déjà les montagnes acérées. Ils avaient la réponse à leur interrogation : outre par bateaux, certains norrois passaient par les montagnes pour se rendre au sud. Un chemin sinueux pouvait être suivi à travers les différents monts et ils devaient passer par un tunnel pour atteindre les terres sudistes. Ce rapport de mission risquerait d’être fort intéressant pour ses supérieurs.

**[Miya] Nous avons notre réponse, nous rentrons maintenant, Miya. Ça fait un bon moment que nous sommes partis et je crois que Colombe et Losly seront très contents de notre découverte. Nous avons besoin d’une pause bien méritée. Par contre, ne crois pas que nous n’aurons pas une petite discussion, toi et moi, sur le respect des rangs, pas vrai?! Il jeta un regard légèrement courroucé vers son apprentie qui plaqua ses petites oreilles sur son crâne. Heureusement qu’il l’aimait profondément… Mais pour le moment, nous nous contenterons de retrouver nos chevaux et de revenir au pays où nous pourrons nous reposer un peu… Je me languis de manger un véritable repas, pas toi? Du sanglier braisé, ça te parle?**

Ainsi, le duo glissa dans les airs vers le sud, laissant derrière les norrois furieux d’avoir perdu cette manche…

[FIN DU RP]
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