Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Precious little deer [PV Hélicie]

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Ansgar
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MessageSujet: Precious little deer [PV Hélicie]   Lun 17 Oct - 10:51

Il marchait en direction du navire qui l’avait ramené des Terres Gelées. Il avait laissé Randie en compagnie de son nouveau « chat domestique » au campement et avait décidé de revenir près de leur port improvisé pour superviser les opérations. Le bateau se vidait des effets qu’ils avaient ramenés de leur terre natale et commençait à se remplir avec les caisses d’or, de joyaux et de victuailles qui étaient destinés à ravitailler le clan. Ses pieds foulaient la terre humide due à la fonte des neiges et une brise fraîche chargée d’une odeur de terre embaumait l’air. L’après-midi était déjà bien entamée quand Ansgar s’approcha des cargaisons de bois qui trônaient la plage ici et là. Il serra l’avant-bras de Sigmund qui était responsable du chargement et déchargement des navires et lui demanda de lui faire un topo sur la situation. Si tout se passait bien, le navire norrois pourrait quitter la plage d’ici deux jours.

Le Grand Ours Kodiak suivit son guerrier à travers le dédale de caissons de bois puis glissa son regard sur les contenus. Une immense boîte contenait une quantité incroyable d’armes destinée à être envoyée dans le nord. Tiens? Depuis quand fournissaient-ils le clan en armements? Curieux, il posa la question à Sigmund qui se glissa une main derrière la tête, un air un peu malaisé au visage. Irrité, Ans se massa la tempe gauche lorsqu’il apprit que l’ordre venait de nulle autre que de sa charmante épouse. Selon elle, son clan n’était pas considéré au même pied d’égalité que les Drakkhen et avait besoin d’armes pour se défendre en cas d’envahisseurs. Bien sûr…Et elle le prenait pour un total imbécile? Il savait bien qu’elle voulait simplement défendre ses intérêts dans la mesure où les siens pouvaient être facilement surclassés par le clan de son époux.

- Il est hors de question que vous rameniez ça dans le nord. Les armes restent ici, nous en avons besoin pour combattre les sudistes, trancha-t-il d’un ton acerbe. Peu importe ce que t’as dit ma femme, je reste ton chef et je travaille dans l’intérêt du clan et de mon père.

Levant la main, il héla un groupe de norrois qui passa près d’eux et leur ordonna de ramener la cargaison d’armes vers les campements. Le visage blême de Sigmund en disait long sur sa pensée : il cherchait une façon d’annoncer à Tilda qu’elle n’aurait pas sa livraison comme prévue. Non pas qu’il était fidèle à celle-ci, mais la femme du chef était réputée pour ses excès de colère presque apocalyptique. Notant l’expression de son compatriote, Ans lui balança une claque amicale dans le dos. Il était bien placé pour comprendre ce que c’était que d’affronter « dragonne » de plein front. « Dis-lui que l’ordre vient de moi. Je me chargerai de son courroux… si ce dernier vient jusqu’à moi. De toute façon, ça ne changera pas grand-chose, elle me méprise déjà. » Sigmund lui adressa un pauvre sourire et regarda les norrois s’affairer à faire disparaître la cargaison de lames et d’armements divers.

Puis soudainement, une voix attira l’attention du chef des Guerriers du Kodiak. Bhali marchait en sa direction et désigna le navire qui flottait paresseusement au fil des flots, plus loin sur la mer. Il arrivait de l’embarcation et venait tout juste de quitter sa forme de buse pour s’adresser à son chef.

- Ans, tu dois venir sur le bateau, les hommes ont repéré un intrus à bord. Il est rapide et se faufile partout. Tu devrais venir, c’est peut-être un espion de Tilda.

L’aîné de la famille Drakkhen hocha de la tête et héla trois de ses hommes pour venir avec lui. Ils poussèrent avec vigueur l’une des barques échouées sur la plage dans l’eau saline de l’océan et grimpèrent à bord avant de se saisir des rames. Bhali, pour sa part, reprit sa forme de rapace et fila vers le navire, devançant aisément l’embarcation de son chef. Le Grand Ours rama avec force aux côtés de ses hommes et songea à cet intrus à bord de leur navire. Pourquoi s’embarrassait-il encore de Tilda? Non seulement la méprisait-il, mais en plus, elle envoyait des espions pour lui mettre des bâtons dans les roues! Elle était une véritable plaie! Le but de leur alliance était de créer un état de paix entre leurs deux clans, mais au final, si conflit il y avait vraiment, les Drakkhen avaient d’excellentes chances de l’emporter. Certes, ils étaient affamés et affaiblis, mais les choses se rétablissaient tranquillement avec les cargaisons que le campement envoyait vers le nord. Et puis, l’hiver achevait dans les Terres Gelées et des températures un peu plus clémentes (bien que très froides) allaient voir le jour et permettre au peuple de chasser et de pêcher. Lentement, l’idée d’échafauder un plan pour exécuter sa « tendre » épouse germa dans son esprit. Ainsi, peut-être pourrait-il déclarer officiellement sa flamme à Adelyn… certes, beaucoup seraient réticents à l’idée de le voir s’unir à une sudiste (son père le premier), mais ils finiraient par s’y faire.

Après de longues minutes à ramer, les guerriers arrivèrent enfin à la hauteur du navire norrois. Ils accostèrent leur barque au flanc de l’immense embarcation et grimpèrent sur l’échelle de corde qu’on leur envoyait. Une fois à bord, Ans serra l’avant-bras du capitaine : un norrois âgé du nom de Sven. Il salua également ses hommes puis écouta ce qu’il avait à dire. Des cris pressés montèrent de la cale et sans plus attendre, l’héritier du clan Drakkhen s’élança dans l’escalier qui menait sous le pont. Il dévala les marches de bois puis traversa les dortoirs des marins avant de prendre un autre escalier qui menait encore plus bas. À fond de cale, quatre hommes se criaient mutuellement des ordres afin de tenter de capturer « l’espion » qui se glissait aisément entre les amoncellements impressionnants de cargaison. Visiblement, ce dernier était de petite taille pour pouvoir se mouvoir avec autant d’aisance.

- Qu’est-ce qui se passe ici! Tonna-t-il ce qui fit figer tout le monde. Ses hommes lui firent rapidement état de la situation, déclarant qu’un espion s’était infiltré parmi eux. Si tel est le cas, alors je vous conseille fortement de vous montrer. Vous savez qui je suis, pas vrai? Je suis Ansgar Drakkhen, héritier de Valkyon Drakkhen. Vous n’avez nulle part où aller et si vous ne vous montrez pas, je vous ferai exécuter dès que nous mettrons pied à terre.

Sans plus attendre, le grand guerrier bondit et grimpa sur les caissons avec rapidité, voyant la silhouette frêle de l’espion. Instinctivement, il porta une main à son glaive qu’il dégaina. Toutefois, il arrêta rapidement son geste lorsque son oreille perçut le couinement typique d’une jeune femme. La damoiselle sortit lentement de sa cachette et Ans blêmit. Mais qu’est-ce qu’elle faisait là!? Non, elle ne pouvait pas être venue dans le sud avec eux! Les lieux n’étaient pas sûrs pour elle et les conflits avec les sudistes étaient perpétuels! Sans plus attendre, il rangea son arme et leva la main pour sommer à ses hommes de faire pareil.

- Hél… Hélicie?! Fit-il en serra sa fille chérie dans ses bras. Ma puce, qu’est-ce que tu fais ici?! Pourquoi t’es-tu glissée à bord! C’est dangereux. Imagine ce que nous aurions pu te faire, tu aurais dû dire que c’était toi. Il caressa la chevelure foncée de son aînée avec tellement d’affection. Ils ne t’ont pas fait mal, hein?

Il sentit ses hommes déglutir péniblement et il était persuadé qu’ils devaient être blêmes dans la pénombre. Gare à ceux qui osaient porter la main sur la progéniture du chef! Ils verraient leur poignet tranché!
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Hélicie
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MessageSujet: Re: Precious little deer [PV Hélicie]   Jeu 20 Oct - 18:28

Il n’avait pas été particulièrement difficile pour Hélicie de se glisser dans la cale du bateau à l’insu de tous les membres de l’équipage. Petite parmi les géants, elle s’était faufilée en se cachant derrière diverses caisses et en se trouvant une cachette derrière celles-ci. Les marins ne descendaient pas souvent à la cale, seulement pour venir y chercher des provisions et ils étaient tellement bruyants, que la jeune Norroises les entendait venir du pont, elle pouvait donc ainsi aisément se cacher pendant qu’ils s’affairaient. Pour se nourrir pendant tout le voyage, cela avait été également très facile pour l’adolescente rusée. Après tout, sa cachette se situait à l’endroit même où l’on gardait les réserves de viandes séchées – principalement du poisson – d’eau potable et d’alcool (bien qu’elle n’y ait pas touché). Le voyage avait duré des semaines et la brunette fut contente de constater qu’elle n’était pas atteinte du mal de mer, sans quoi cela aurait rendu son séjour beaucoup plus inconfortable qu’il ne l’était déjà. La seule difficulté restait pour elle de prendre l’air. En effet, dans cette cale qui sentait le vieux poisson, il était difficile de ne pas avoir d’étourdissements et de haut-le-cœur sporadiques. Ainsi, elle en profitait pour essayer de sortir sa cachette pendant la nuit, ce qui s’avéra plus complexe qu’elle ne l’aurait espéré. Se rendre sur le pont ne représentait pas un problème en soi. Petite, rapide et furtive, elle était en mesure de passer la section où dormaient les marins sans se faire entendre. Toutefois, il y avait une constante agitation sur le pont, puisque se relayaient les marins qui dormaient le jour et qui travaillaient la nuit. De cette façon, il n’y avait pas un seul instant où le pont était inoccupé.

Cependant, et cela était une chance pour elle, l’équipage de nuit était considérablement réduit par rapport à l’équipage de jour, faisant en sorte qu’il y avait beaucoup moins de circulation sur le pont et que beaucoup de zones de ce dernier restaient sans surveillance. C’est ainsi que la Norroise put profiter de l’air frais de la mer tout en se dégourdissant les jambes et en admirant la vue du firmament se reflétant sur l’étendue bleuté. Elle ne se risquait pas à tous les soirs, voulant minimiser les chances de se faire repérer. Après tout, elle n’était pas sensée se trouver à bord. Son père l’avait une fois de plus abandonnée dans les Terres Gelées, lui recommandant de veiller sur son jeune frère et de continuer son entraînement comme une bonne fille de chef se devait de le faire. Mais la présence de son père qu’elle aimait plus que tout lui manquait terriblement. C’est pourquoi elle décidé de désobéir à ses ordres et de s’embarquer sur le navire, comme sa tante Idris l’avait fait avant elle. Elle lui expliquerait à leur arrivée, lorsqu’il ne pourrait plus exiger que le bateau fasse demi-tour pour la ramener chez sa mère. Arrivé à destination, il ne pourrait plus décider de faire tout de suite le chemin du retour. Enfin, c’est ce qu’elle espérait.

Après des jours et des jours de voyage, ils accostèrent enfin. Hélicie commençait à ressentir de l’appréhension. Comment son père allait-il réagir? Serait-il en colère? Serait-il content de la voir? Pendant tout son voyage, elle avait réfléchi à la manière dont elle se manifesterait à Ansgar, mais elle n’avait pas réussi à en trouver une qui soit assez satisfaisante. La seule solution serait de le cerner lorsqu’il serait seul et avant que le bateau ne soit complètement déchargé, sans quoi elle serait inévitablement repérée. Elle supposait que son père serait dans sa cabine avant et pendant le déchargement, mais elle entendit quelques membres de l’équipage bavarder et dire que leur chef avait déjà mis le pied à terre. Zut. Qu’allait-elle faire? Le mieux était de se trouver une autre cachette et d’attendre que son père revienne à bord. Ou de se glisser dans l’une des caisses et se laisser décharger sur la rive? L’adolescente n’eut pas vraiment le temps de prendre une décision, puisqu’une bande de géants Norrois arrivèrent dans la cale pour commencer à la décharger. Non! Pas tout de suite. Elle n’avait pas trouvé de cachette. Avant même qu’elle puisse réagir, l’un d’eux, Sigfrid s’approcha de l’endroit où elle se dissimulait. Elle ne fut pas assez rapide, il repéra son ombre. « Hé les gars! Je crois que nous avons un passager clandestin sur le navire! » La jeune fille réagit aussitôt et se glissa derrière d’autres caisses. « C’est petit et c’est rapide. C’est sûrement un espion de Tilda! Bhali, va prévenir Ansgar tout de suite. Pendant ce temps, on va essayer de choper ce traître. »

Hélicie déglutit en entendant ces paroles. Elle n’était pas un traitre! Elle était la fille aînée du chef du clan! Que faire? Elle ne savait pas du tout. La pauvre paniqua et se mit à se sauver et à esquiver les Norrois qui essayaient tant bien que mal de l’attraper. Sa grandeur lui donnait l’avantage de la vitesse, puisqu’elle pouvait se glisser entre les grosses caisses, alors que ses poursuivants devaient les déplacer pour bouger. Rabattant son capuchon de fourrure sur sa tête pour ne pas être découverte, elle se sauva ainsi des hommes de son père. Ils avaient dégainé leurs armes. L’un d’eux passa près de l’écorcher vivante, mais heureusement, elle portait plusieurs épaisseurs de vêtements et de fourrures, ainsi bien qu’il passa au travers de toutes ces couches, il ne fit que l’égratigner. L’adolescente se devait de trouver une solution, elle ne pourrait pas continuer ainsi pendant longtemps. À force de simplement vider les caisses, ils allaient la trouver. Qu’arriverait-il si l’un des hommes d’Ansgar la trouvait? Oseraient-ils lui faire du mal? Elle ne croyait pas. Ils n’oseraient pas courir le risque de mettre leur chef en colère. Mais si son père était en colère aussi? Peut-être leur pardonnerait-il de lui avoir infligé quelques douleurs?

La voix puissante de son père retentit dans la cale du bateau. Comme il était bon d’entendre le son réconfortant de sa voix, même si à l’instant présent il semblait en grande colère. Avant qu’elle puisse se montrer à son père, ce dernier grimpa sur les caissons et dégaina son arme. Comme un petit animal blessé, elle couina par peur de celui qu’elle aimait plus que tout. Hélicie se glissa entre deux caisses, se révéla enfin à tous ceux qui avaient involontairement joué aux chats et à la souris avec elle. Ansgar rangea son arme et intima à ses hommes d’en faire autant. Il la prit aussitôt dans ses bras et elle-même passa les siens autour du cou de son père, le serrant très fort. Comme il lui avait manqué. Les larmes lui montèrent aussitôt aux yeux. « Je... je ne voulais pas que tu m’abandonnes encore. » L’adolescente baissa les yeux et essuya les larmes qui coulaient sur ses joues. « Je ne voulais pas rester avec maman, les femmes et les enfants. Je voulais être avec toi, tu pars toujours si longtemps. Je ne voulais pas que tu m’oublies. » Lorsque son père lui demanda si l’un des membres de l’équipage l’avait blessée, son regard se posa aussitôt sur la plaie de son bras. Quelques gouttes de sang avaient coulé. Elle était incapable de mentir à son père. « Je ne sais pas qui a fait ça. Ils pensaient que j’étais un espion, ce n’est pas de leur faute papa. Après tout, je ne devais pas du tout me trouver là. » Elle ignorait si son père allait punir le fautif. Elle ignorait vraiment qui l’avait touchée. Dans la précipitation de sa fuite, elle n’avait pas du tout remarqué qui la poursuivait.

Les yeux toujours au sol, elle décida de lever son regard pour voir le visage de son père. Il était impassible. Était-il en colère? Heureux de la voir? Allait-il la punir? Elle avait toujours été la fille parfaite à qui on n’avait rien à reproché. Pour la première fois, elle avait désobéi aux ordres. « Est-ce que tu es fâché papa? » Avant qu’il ne puisse répondre, elle décida de réciter le discours qu’elle avait récité pendant tout le voyage pour lui expliquer les raisons de son acte. « Je ne voulais pas que tu me laisses là-bas papa. Je voulais vivre des grandes aventures avec toi et être utile au clan. Et puis, maman est toujours en colère ces temps-ci, je ne voulais pas rester avec elle. Elle n’arrête pas de dire que je te ressemble trop et elle me punit toujours pour rien. Tu ne vas pas me punir toi, hein? » Et elle sortit son arme secrète, arme qui fonctionnait toujours. Ses grands yeux doux et naïfs, remplis d’amour pour son père qui était son idole. Elle aimait tellement cet homme. Il était son héros.
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Ansgar
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MessageSujet: Re: Precious little deer [PV Hélicie]   Lun 24 Oct - 13:17

Il posa sa main sur la joue douce de sa fille aînée. Il avait du mal à croire qu’elle était là, devant lui. Il était déchiré entre l’envie d’être furieux contre elle pour avoir mis sa vie en danger pour rien et le désir de la voir sourire, tout simplement. Toutefois, pouvait-il vraiment la punir alors qu’elle semblait si piteuse? Hélicie et son frère étaient, pour lui, les plus belles merveilles du monde. Ansgar était totalement différent avec eux et la plupart des gens étaient surpris de la douceur qu’il pouvait avoir à leur égard. Ainsi, il eut – malgré lui – un regard attendri alors que sa petite fille couinait quelques excuses, prétextant qu’elle avait peur d’être abandonnée à nouveau. Dans toute cette histoire, il avait uniquement pensé à son désir de s’éloigner de Tilda et de retrouver Adelyn. Pas une fois il n’avait eu de pensées pour sa progéniture qui, somme toute, devait se languir de sa présence. Suivant le regard de sa fille aînée, il remarqua les gouttes de sang qui perlaient sur son bras. D’instinct, il leva la main et examina la plaie, quelques instants. Des déglutissements de crainte retentirent dans la pièce. Ses hommes savaient à quel point il était protecteur avec sa progéniture et craignait clairement son courroux. Néanmoins, Hélicie s’élança à leur défense, déclara qu’elle n’avait aucune idée qui l’avait blessé de la sorte.

- Ça n’a pas d’importance, ils seront tous punis si tel est le cas… marmonna-t-il à l’intention de ses guerriers qui reculaient lentement sous le regard perçant du Grand Ours.

Son expression impassible rendit le tout encore plus effrayant puisque personne n’arrivait à deviner ce à quoi il pensait. La petite voix de sa fille chérie attira à nouveau son attention et ses propos lui serrèrent le cœur comme jamais. Elle était constamment punie par Tilda? La raison était simple : elle lui ressemblait trop au point où c’était insupportable pour son horrible conjointe. Connaissant cette dernière, il savait pertinemment le genre de punitions qu’elle devait imposer à sa fille aînée : la correction physique était souvent de mise dans le clan norrois. Le grand regard doux de la préadolescente combiné avec les larmes qui pointaient au coin de ses yeux achevèrent le peu de volonté du chef qui décida de se pencher pour être à sa hauteur.

- Non, Hélicie. Je ne suis pas furieux, dit-il doucement. Mais je n’aime pas te savoir ici. Ne crois pas que je ne désire pas te voir, bien au contraire, ma puce. Mais le sud est un endroit dangereux où nous ne sommes pas la bienvenue. Te savoir potentiellement en danger me chavire. Levant doucement une main, il essuya de son pouce la larme qui s’était échappée de l’œil de sa fille chérie. Je suis désolé pour les nombreuses punitions imposées par ta mère. J’ose espérer que le tout avait une raison d’être, bien que j’aie du mal à l’imaginer.

Poussant un soupir, il serra sa fille à nouveau dans ses bras, puis se redressa.

- Nous ferons examiner ton bras par ton oncle Bryaan. Il pourra te soigner en un tour de main. Puis, il se retourna vers ses hommes d’un air sévère. Montrez-moi vos lames, continua-t-il d’un ton sans réplique et dur. Non sans une pointe d’hésitation, ses guerriers dégainèrent leurs glaives et Ans les scruta d’un œil critique. Son regard d’acier s’arrêta sur la pointe d’une arme où trônait une petite traînée de sang. Il ramena l’attention vers le norrois qui la possédait et remarqua à quel point il tremblait. Emmenez-le sur le pont, fit-il d’un ton froid.

Sans plus attendre, ses hommes agrippèrent le fautif qui hurla de nombreuses excuses – espérant calmer le courroux de son chef – et le tirèrent sans ménagement vers l’escalier. Ansgar était implacable. Personne ne levait son arme sur sa fille, sa perle. Il passa son bras autour des épaules de cette dernière, puis l’attira à sa suite. Une fois sur le pont de l’embarcation, Ansgar s’approcha du fautif qui avait été forcé de se mettre à genoux par ses comparses.

- Tu as osé lever ton arme contre la fille de ton chef, tu ne t’en sortiras pas impuni. LA FERME! Non, je ne veux pas entendre tes excuses, je n’en ai rien à foutre! C’était à toi de t’assurer qu’il s’agissait bien d’un espion AVANT d’enfoncer ta lame vers elle! Puis, il ramena son attention sur ses guerriers. Coupez-lui la main, ça lui apprendra à ne pas prendre garde avant d’agir.

L’homme trembla de peur et Ans se détourna pour revenir vers sa fille aînée.

- Je sais que tu n’aimes pas ce genre de choses, Hélicie, mais nous ne devons pas laisser ces actes aller sans rien faire. Sinon, nous perdrons rapidement le contrôle sur nos hommes. Tu es ma fille. Tu dois t’endurcir, c’est impératif. Toutefois, je t’autorise à ne pas regarder, si tu le désires.

Les hommes plaquèrent leur comparse au sol et l’un d’entre eux tira violemment sur son bras. Le fautif chigna en prononçant une pluie d’excuses en direction de la fille de son chef. Toutefois, le Grand Ours ne se laissa pas attendrir. Un coup sec et la main se détacha du bras dans un filet de sang. Les hurlements du guerrier remplirent l’air et sans plus de cérémonie, Ans attira sa fille à sa suite en direction de la barque afin de retourner sur le continent.

- Bandez la plaie, lança-t-il à la volée. Bhali, va chercher un guérisseur afin qu’il arrête le saignement. Le norrois hocha de la tête, puis se transforma en buse avant de filer vers la berge.

Il descendit le long de l’échelle de corde et attendit que sa fille aînée le rejoigne. Il voyait bien que les pleurs et les cris de l’homme meurtri l’affectaient et il en était désolé. Mais la règle était la règle et rien ne pourrait le faire déroger. Surtout lorsqu’il s’agissait de sa fille. Trois de ses guerriers vinrent les rejoindre et ils s’installèrent à la hauteur des rames, forçant Hélicie à s’installer à l’avant, là où elle serait confortable. Alors que la barque s’élançait à travers les flots, Ans jeta un regard à son aînée.

- Tu sais, Hel, ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. Il s’en remettra, crois-moi. Le vent salin leur fouettait le visage et au loin, il voyait la berge se rapprocher plus rapidement qu’il ne l’aurait cru. J’y pense, tu dois avoir faim et soif, ma puce. Tout ce temps passé dans la cale… Tu aurais dû te manifester plus tôt, je t’aurais fait une place, dans ma cabine voyons…

Après quelques instants à voguer, la barque toucha enfin le fond sablonneux de la plage. Sans plus attendre, le chef des guerriers du Kodiak se jeta par-dessus bord et atterrit sur le sol, l’eau de la mer lui arrivant aux genoux. Il agrippa l’embarcation de bois de ses mains puissantes et, à l’aide de ses guerriers, tira le tout jusque sur la terre ferme. Il tendit ensuite une main à sa fille et l’aida à descendre. Évidemment, tous les guerriers présents la reconnurent et un silence de plomb tomba. Personne n’osait parler, sachant à quel point les terres du sud étaient dangereuses pour la fille de leur chef. C’est finalement Sigmund qui brisa le silence en arrivant à leur rencontre.

- Damoiselle Hélicie, je vous souhaite la bienvenue sur le territoire sudiste.

Ils se connaissaient très certainement tous les deux, puisque le bougre faisait partie de la garde rapprochée d’Ansgar. L’homme effectua un clin d’œil en direction de l’aînée de son patron.


Dernière édition par Ansgar le Jeu 17 Nov - 8:57, édité 1 fois
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Hélicie
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MessageSujet: Re: Precious little deer [PV Hélicie]   Jeu 10 Nov - 17:11

Lorsque son père lui annonça qu’il n’était pas furieux contre elle, Hélicie sentit ses épaules s’affaisser. Toute la pression des dernières semaines, la peur de devoir affronter la colère de son père, la peur d’être trouvée et de ne pouvoir expliquer sa présence, la présence permanente de l’odeur du poisson, les courbatures en raison des positions inconfortables dans lesquelles elle dormait et surtout la fatigue en raison de ses heures peu communes de sommeil, tout ça disparût lorsque le chef de la tribu des Drakkhen prononça les mots « je ne suis pas furieux. » Bien sûr, en papa ours qu’il était, il ajouta qu’il n’aimait pas le savoir ici, mais la jeune fille s’en fichait. L’importait était de se trouver auprès de son père, dans l’une de ses aventures dans le sud. Elle pourrait passer beaucoup de temps avec lui et apprendre auprès du meilleur : le chef du clan et surtout son père. Le contact de la main de son paternel sur sa joue finit de chasser tous les doutes qui restaient dans son coeur : il l’aimait toujours! « Mais papa, ce voyage est la meilleure occasion pour moi d’apprendre à devenir la meilleure guerrière. Et j’apprendrai auprès des meilleurs! » Son enthousiasme débordait. L’adolescente ne faisait pas partie des femmes qui désiraient rester au village parce que l’inconnu les effrayait. Non, elle avait une âme d’aventurière, elle le savait. Toute sa vie, la curiosité avait toujours motivé une grande partie de ses actions. De plus, bien qu’elle se battait seulement lorsque c’était nécessaire, elle avait également une âme de guerrière et seulement l’entraînement l’ennuyait. Elle voulait mettre ses connaissances à l’épreuve, dans le monde réel et surtout avec de vrais ennemis.

Après un câlin supplémentaire, Ansgar s’éloigna d’elle et entreprit de trouver l’homme qui avait osé lever la main sur elle. Hel savait bien qu’elle ne pouvait dissuader son père de punir le fautif. Sa plaie n’était pas bien profonde et l’homme avait agit en la prenant pour un espion, c’était tout à fait légitime, elle ne s’était jamais dévoilée. Cependant, son père ne voulait rien entendre. Lorsqu’il exigea de voir les lames des hommes, elle retint son souffle, priant intérieurement pour qu’aucune lame ne présente de trace de son sang. Malheureusement pour l’un des hommes, ce ne fut pas le cas. Il exigea qu’on l’amène sur le pont et, bien que la brunette aurait préféré rester à l’arrière, son père l’amena avec elle. L’air frais caressa agréablement son visage lorsqu’ils firent irruption sur le pont. Lorsque le chef ordonna qu’on tranche la main du fautif, Hélicie hoqueta et jeta un regard d’excuse à l’homme qui allait être châtié. Si elle ne s’était pas embarquée illégalement sur le navire, rien de tout cela ne serait arrivé.

Son père revint vers elle, lui reprochant doucement qu’elle n’était pas assez endurcie pour une héritière de chef de clan. Bien sûr, le ton qu’il utilisa n’en était pas un de reproche, mais l’apprenti-guerrière savait très bien que cela en était un. Il avait raison après tout. Elle était trop douce et avait toujours tendance à essayer de faire en sorte que la punition soit évitée. Elle détestait être la source d’un tel châtiment. Toutefois, elle restait Hélicie Drakkhen, fille du chef et elle savait qu’aucun mal ne devait lui être fait par les gens du clan. Lorsque son père lui affirma qu’elle pouvait ne pas regarder, elle prit cela comme une sorte de défi. Il voulait voir à quel point elle était faible. Désireuse lui montrer qu’elle était digne de son rang et surtout de son sang, elle se résigna à regarder la punition. Ainsi, l’adolescente suivit du regard le chemin de la lame qui vient séparer la main du reste du bras du guerrier. Sans s’en rendre compte, elle avait retenu sa respiration et ne pouvait s’empêcher de fixer le sang qui couler. Les cris de l’homme résonnaient dans sa tête.

Hélicie se remit à respirer lorsqu’elle sentit les bras de son paternel l’attirer vers la barque. Elle avait réussi. Elle avait assisté au châtiment sans pousser un seul cri, sans démontrer aucune faiblesse. Elle était une Drakkhen, elle l’avait toujours su. Cependant, elle ne pouvait pas s’empêcher d’être triste pour le guerrier qui n’avait fait que son travail. Cela dut se voir, car une fois qu’elle fut installée à l’avant de la barque, il tenta de la rassurer. La jeune fille savait bien qu’il s’en remettrait, mais comment manierait-il l’épée à une seule main? « Je sais papa. Je vais essayer d’être plus forte, crois-moi. » Elle tentait de le convaincre en même temps qu’elle essayer de se convaincre elle-même. L’apprenti-guerrière maniait les armes de mieux en mieux, elle était l’une des meilleures de sa génération, mais elle savait que les armes ne faisaient pas le guerrier. Il fallait aussi avoir l’attitude. Et elle devrait travailler fort pour que ce tempérament fasse surface. Elle y arriverait. Elle était très déterminée. La mention de la nourriture rappela à la brunette qu’elle mourrait de faim. Son ventre, ce qui la surprit puisqu’elle pensait que de voir la séparation d’une main de son bras lui aurait coupé l’appétit, criait famine. « Je suis affamée! Mais je ne crois pas que je serai capable de manger du poisson avant un bon bout de temps! » Bien sûr, si elle avait su qu’il ne réagirait pas mal à son embarquement illégal sur le navire, elle se serait manifestée bien plus tôt, mais la peur avait repoussé toute ambition de révéler sa présence à son père. « J’avais peur que, si je te faisais savoir que j’étais à bord, tu décides de faire demi-tour et de me ramener dans les Terres Gelées. » Elle soupira. « J’aurais compris ta décision, mais je ne l’aurais pas appréciée. »

La jeune biche reporta son attention devant elle avant de fermer les yeux et laisser l’air salin caresser son visage. Cette sensation était si agréable. C’était si doux, si paisible. Il était bien dur d’imaginer que ces terres pouvaient être aussi dangereuses que le clamait son père. Il devait sans doute exagérer pour la dissuader de venir. Cependant, elle était là maintenant et elle découvrirait cette nouvelle contrée! Le bateau approcha de la rive et elle observa les guerriers descendre dans la mer pour tirer le bateau jusqu’à la terre. L’eau ne semblait pas si chaude, puisqu’elle n’était pas recouverte de glace. Elle se promit d’essayer d’y tremper ses pieds. Hélicie adressa un sourire à son père lorsqu’il l’aida à descendre puis rougit lorsqu’un énorme silence s’installa. Et bien quoi? Idris s’était bien embarquée clandestinement aussi, les guerriers lui avaient-ils réservé le même accueil? L’un d’entre eux, Sigmund, lui souhaita la bienvenue. Elle aimait bien Sigmund, il était toujours gentil avec elle et lui racontait souvent des histoires drôles pour la faire rire. Ainsi, l’apprentie-guerrière fut contente qu’il lui adresse la parole et elle lui signifia d’un radieux sourire. « Je te remercie Sigmund! » Elle hocha de la tête en guise de salutation – et aussi pour répondre à son clin d’oeil - puis promena son regard sur le reste de la bande. Allaient-ils arrêter de l’observer ainsi? Après tout, ils ne pouvaient plus rien faire! « Dit papa, qu’est-ce qu’on mange? » Elle grimaça. « Pas du poisson j’espère? »

L’enthousiasme de l’aventure s’empara d’elle. Elle voulait tout voir, tout découvrir. « Est-ce qu’on peut aller chasser? Il doit tellement y avoir d’animaux différents! » Hélicie fit quelques pas sur le sable de la rive. La forêt près de la plage était immense! Il y aurait forcément une foule d’animaux qui y habitait! « Je pourrais te montrer à quel point mon tir à l’arc s’est amélioré! Je ne rate presque jamais ma cible maintenant! » La jeune biche porta sa main à son dos, comme pour prendre son arc, mais elle réalisa qu’elle était nullement armée. Oh non! Elle avait oublié ses armes dans la cale! Une mine triste se dessina sur son visage. Elle aurait tellement aimé montré ses progrès à son père. Sa plus grande motivation était d’impressionner celui qu’elle aimait plus que tout. « J’ai laissé mes armes dans la cale derrière deux immenses caisses de poisson gelé. » Elle soupira profondément. « Je ne pourrai pas aller chasser. » Comme elle n’était qu’une adolescente, son arc avait été fait sur mesure, ceux des guerriers adultes étant beaucoup trop grands pour elle. La jeune fille avait également oublié ses deux hachettes ainsi que leurs étuis. Elle avait tellement été prise par surprise par les hommes de son père, qu’elle avait du se sauver sans prendre ses armes. Quelle tristesse! Ne voulant pas gâcher son humeur, elle décida qu’elle pouvait être utile autrement. On leur apprenait aussi à dresser des camps, à faire des feux, à préparer la nourriture. « Peut-être que je peux être utile au campement? » En fait, le plus important était qu’elle était avec son père maintenant, sur une nouvelle terre. Cette journée ne pouvait qu'être belle.
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Ansgar
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MessageSujet: Re: Precious little deer [PV Hélicie]   Jeu 17 Nov - 10:53

Ansgar esquissa un sourire à l’intention de Sigmund qui accueillait la jeune damoiselle avec bonne humeur et chaleur. Ce grand gaillard avait un talent avec la jeunesse et avait toujours réussi à mettre les enfants Drakkhen à l’aise, peu importe où il se trouvait. Évidemment, le malaise généralisé qui trônait prit un moment à se dissoudre, les hommes présents sachant que la présence la prunelle d’Ansgar viendrait probablement compliquer les choses. Pourquoi? Parce que le Grand Ours avait du mal à être rationnel lorsqu’il s’agissait de sa progéniture. Leur chef surprotégeait ses enfants et cela intimidait plusieurs d’entre eux. Après un moment d’observation, les guerriers autour finirent par se résigner et par continuer leur travail sous le regard inquisiteur de leur chef. Le commentaire d’Hélicie tira l’héritier du clan Drakkhen de ses songes et ce dernier gloussa à ses propos. « Ne t’inquiète pas, ma puce, je vais te trouver de quoi manger. Et non, ce ne sera pas du poisson. » Après tout, elle devait en avoir par-dessus la tête des produits de la mer!

Père et fille se mirent alors en route tranquillement sur le chemin de terre trempée en direction du petit campement qui bordait le port improvisé des norrois. Le printemps était bien présent et cela réjouissait Ans qui avait plutôt hâte qu’Hélicie voie les merveilles du sud en pleine période de floraison! Bon… il y avait encore pas mal de neige ici et là, mais ce n’était qu’une question de semaines avant que les premiers bourgeons ne se mettent à éclore! D’ailleurs, la température était fraîche pour n’importe quel sudiste, mais plutôt douce pour des norrois comme eux, ce qui expliquait que le fils aîné des Drakkhen avait laissé son manteau et sa lourde cape en fourrure au campement, se baladant maintenant en simple chemise à manches longues de coton couleur charbon, en pantalon couleur marron, le tout ponctué de bottes de cuir rembourrées de laine de mouton. Du coin de l’œil, il remarqua l’enthousiasme qui gagnait sa fille aînée alors qu’ils progressaient en lisière d’une forêt et le grand gaillard brun ne put s’empêcher de sourire. Il avait eu une réaction similaire à son arrivée dans ces contrées sauvages et il remarqua à quel point sa prunelle commençait à lui ressembler. Comme ça devait énerver Tilda…

Un peu plus tôt, alors qu’ils étaient encore sur la plage, Hélicie avait témoigné une envie incroyable de chasser, probablement dans le but de lui montrer à quel point elle avait progressé. Il n’en doutait même pas. L’idée lui plaisait, seulement, puisqu’elle avait oublié ses armes à la cale, la démonstration allait devoir être reportée à plus tard. De toute façon, ce n’était pas comme s’ils n’auraient pas le temps de se balader ensemble dans la forêt! Sur leur route, la petite famille Drakkhen croisa Bhali et trois hommes qui marchaient en sens inverse en direction du port. Tel que demandé, l’homme de confiance d’Ansgar avait été quérir un guérisseur afin de le ramener à bord du navire. L’homme Buse salua son chef ainsi que sa fille et le Grand Ours en profita pour lui agripper le bras au passage, simplement pour attirer son attention.

- Bhali, lorsque tu reviendras du navire, pourrais-tu ramener les armes d’Hélicie? Demanda Ansgar. Elle les a laissés à la cale. Son arc, son carquois et ses hachettes. Merci!

L’homme avait acquiescé avec un sourire et son chef lui flanqua une claque amicale dans le dos avant de reprendre son chemin. Il jeta un regard amusé vers sa fille non sans ajouter un simple : « Tu vois? C’est réglé, tu récupéreras tes effets. » Ainsi, elle pourrait lui montrer à quel point elle s’était améliorée, tel que désiré. Il n’y avait rien de trop beau pour sa fille! Et puis, si elle désirait pousser la chose un peu plus loin, elle pourrait demander à Idris et Randie qui étaient plutôt douées en la matière (voir les meilleures archères du clan). Il devait admettre que la présence d’Hélicie dans les terres du sud allait être bénéfique pour sa formation de guerrière, puisque – selon lui – les meilleurs éléments s’y trouvaient. Voyant que la jeune norroise désirait ardemment être utile au campement, Ansgar esquissa un sourire attendri. Il entoura ses épaules de son bras et posa un baiser sur le dessus de sa tête.

- Ne t’inquiète pas ma puce, tu seras amplement utile, je t’assure. Nous avons besoin de bons éléments ici, tu sais. Tu es une Drakkhen et ma fille de surcroît. Tu es et seras toujours un élément important pour le clan, souviens-t’en.

Lentement, ils arrivèrent en vue du petit campement. Ansgar gloussa en la voyant s’extasier d’un simple petit attroupement de tentes. Si elle voyait leur baraquement principal, elle n’en reviendrait pas. Le père guida sa fille vers la chaumière la plus grosse et entra dans la taverne improvisée. Il salua à nouveau Björn qui tenait le comptoir et ce dernier afficha un air chaleureux en voyant la jeune fille qui accompagnait leur leader.

- Et bien, qu’avons-nous là? Mon humble établissement n’est pas digne d’une aussi noble damoiselle. Bien le bonjour, petite dame Drakkhen! Je ne savais pas que nous attendions votre visite dans notre modeste campement!

- Peux-tu lui donner une ration de ragoût de sanglier, Björn? Hélicie a fait un long voyage… en ma présence, sans même que je m’en rende compte! Il jeta un petit regard malicieux à son aînée, non sans esquisser un sourire en coin. Oh et puis, sers en deux, j’ai faim également.

Björn éclata de rire devant la situation et souligna évidemment le lien entre la gamine et sa tante. Visiblement, s’infiltrer était de famille! Son commentaire n’était pas si bête, au fond : elle ferait un bon éclaireur! Elle était petite – pour une norroise – agile, souple et discrète. Ansgar eut un air songeur et jugea qu’il valait la peine de demander à Idris si elle désirait prendre sa nièce sous sa tutelle, un jour. Mais pour l’heure, le guerrier s’installa sur un tabouret, au comptoir, près de prunelle.

- Tu aimerais avoir une formation d’éclaireur? Décida-t-il de lui demander. Idris est excellente dans le domaine et je suis persuadée qu’elle apprécierait pouvoir t’enseigner quelques trucs. Évidemment, je parle à travers mon chapeau, faudrait lui poser la question directement. Le Grand Ours glissa une main derrière la tête aux cheveux foncés de sa progéniture et attira celle-ci en sa direction. Il vint appuyer son front contre le sien, signe d’affection typique au clan Drakkhen. Si tu veux, tout à l’heure, nous irons nous balader dans les environs, ajouta-t-il en relâchant son geste d’amour paternel. De toute façon, il va falloir revenir à notre camp qui se trouve au sud. Ici, c’est un attroupement secondaire afin de pouvoir veiller sur nos navires. Notre famille se trouve dans l’autre campement et, en fait, tu as raté Randie de peu. Elle doit être en route à l’heure qu’il est, en compagnie de son nouvel esclave. Björn revint vers eux et déposa deux bols de ragoût de sanglier fumant accompagnés de pains dont la croûte était en croustillante. Ans le remercia et lui donna une généreuse poignée de pièces d’or. Avant tout, il faut que nous établissions certaines règles toi et moi, tu es d’accord?

Le Grand Ours plongea sa cuillère de bois dans bol et porta une bouchée de son repas – composé de sangliers braisés et de légumes racines – à ses lèvres. Bon sang, c’était délicieux. Il rompit son pain et le trempa dans le bouillon avant de l’avaler en une croquée. Du coin de l’œil, il voyait la jeune biche engouffrer son repas comme si elle n’avait jamais mangé de sa vie. Elle était plus qu’affamée.

- Doucement, Héli, fit-il avec un sourire en coin. Tu vas t’étouffer. Si tu veux autre chose, ne te gêne pas surtout. Donc je disais? Ah oui, les règles. Première des choses, je veux que m’informe si tu décides de sortir du campement pour te balader en forêt, d’accord? Et si je ne suis pas là, tu dois impérativement en informer ton oncle et tes tantes. Les terres du sud sont dangereuses et nous devons savoir où tu es. Deuxième des choses, je veux que tu te méfies des sudistes. Nous n’avons pas bonne réputation auprès d’eux et avec raison. Après tout, la réputation des norrois n’était plus à refaire : ils étaient des conquérants et prenaient ce dont ils avaient besoin, et ce, même si du sang devait être répandu dans le processus. La plupart des sudistes ont peur de nous et n’hésiterons pas à tenter de t’exterminer pour ce que tu es. Fais très attention. Troisième des choses, je veux que tu te mettes à étudier la langue enkiev. En cas de pépin, il faut que tu apprennes à te faire comprendre, d’accord? Je maîtrise bien la langue, Idris et Bryaan également. Alors, nous nous occuperons de ton éducation à ce niveau. C… Comment j’ai appris? Fit-il d’un air surpris malgré lui. Il fallait dire que tout le monde savait qu’Idris avait complété sa formation auprès d’un Alombrien (ce qui nécessitait qu’elle apprenne la langue native du pays) et que Bryaan était particulièrement doué pour ce genre de choses. Pour sa part… Certes, il était très curieux de nature, mais n’avait jamais démontré une quelconque facilité – ou même un intérêt très poussé -– dans l’apprentissage des dialectes différents du sien. Devait-il lui parler d’Adelyn? Non… Non, mieux valait la préserver. J’ai eu une esclave pendant un moment. Une Alombrienne que j’ai capturée pendant un raid. Je lui ai forcé la main afin qu’elle m’apprenne le dialecte. Tu sais, étant le chef, je me dois de pouvoir communiquer avec nos ennemis… Voilà une semi-vérité. Mais il se voyait mal déballer tout son sac à sa progéniture, comme ça, sans préambule. Bon heu… termine ton bol, on va se mettre en route tout de suite après, tu veux bien?

Il se racla la gorge pour reprendre contenance, puis termina son ragoût et son pain en quelques bouchées. Björn vint discuter un peu avec Hélicie et une fois qu’elle eut terminé son repas, Ans se leva pour se rendre derrière le comptoir. Il récupéra son manteau et sa cape qu’il avait laissés là, puis les enfila. Il vint fixer son bouclier rond dans son dos et s’assura que son glaive et sa hache battaient bien ses hanches. Il était prêt pour le départ. Le duo sortit de la tente, puis se réengagea sur les sentiers qui s’enfonçaient en forêt, en direction du sud. Une petite étincelle malicieuse brilla au fond des iris couleur acier du grand chef. Tout ça était trop sérieux. Il devait alléger l’atmosphère.

- Nous n’avons qu’à suivre le chemin qui se dirige vers le sud pour se rendre au campement, déclara-t-il tout bonnement. Il n’y a pas vraiment moyen de se perdre. Tu sais quoi? Le dernier arrivé est une grosse éponge de mer!

Un sourire taquin apparut sur ses lèvres et le guerrier poussa sa fille aînée, puis détala aux pas de course. Dans son élan, il changea d’apparence et c’était maintenant un gros ours qui dévalait le chemin de sa démarche lourde, mais puissante.

Qui allait l’emporter? La biche ou le kodiak?
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Hélicie
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MessageSujet: Re: Precious little deer [PV Hélicie]   Ven 9 Déc - 19:57

Alors qu’Hélicie venait d’exprimer son désir d’être utile au camp, son père l’entraîna sur un chemin en lisière de la forêt tout en lui assurant qu’elle pourrait apporter son aide, non seulement de par sa présence, mais également de par son rang. Elle était une Drakkhen après tout. Jamais ils n’étaient inutiles. Père et fille marchèrent un petit moment jusqu’à ce qu’ils arrivent au campement. Les yeux de la Norroise s’agrandirent et un large sourire se dessina sur ses lèvres. Il y avait quelques petites chaumières ainsi que plusieurs attroupements de tentes. Elle y vit quelques Norrois à l’affaire, en train de vérifier la solidité des pieux tenant les tentes en place, d’autres coupaient de très gros arbres afin d’en faire du bois pour le feu. Elle regardait partout, ayant l’impression de ne pas avoir assez d’yeux pour tout voir et tout enregistrer. Cette aventure s’annonçait tellement excitante! Il lui restait tant de choses à découvrir! Les sudistes semblaient tellement différents des gens de son peuple. Comment se faisait que jamais ils n’en avaient entendu parler?

L’adolescente avait cessé d’avancer, et si elle avait été seule, elle aurait probablement passé son après-midi à se promener dans le campement et poser des questions aux Norrois sur les choses qu’ils avaient appris depuis leur arrivée en terre sudiste. Malheureusement pour elle, mais très heureusement pour son estomac qui ne cessait de grogner de manière beaucoup trop fréquente, son père l’attira vers l’une des plus grosses chaumières. Lorsqu’elle y entra, ses yeux s’écarquillèrent encore plus – si cela était possible – et sourit grandement quand elle remarqua qu’elle était dans une taverne. Jamais de sa vie on l’avait fait entrer dans un pareil établissement puisqu’on lui répétait sans cesse qu’elle était trop jeune. Les enfants et les adolescents ne fréquentaient pas les tavernes, c’était connu. Toutefois, il semblait qu’en terre sudiste, il était fréquent de faire des exceptions. Ce fut la voix de Björn qui ramena son attention sur ce qui se passait. Elle aimait bien Björn, il la faisait toujours rire avec ses fausses manières de s’adresser à elle comme si elle faisait partie d’une royauté quelconque. Bien sûr, elle était importante, elle était la fille aînée du chef du clan, mais les manières ampoulées du tavernier provoquaient toujours chez l’apprentie-guerrière une hilarité contagieuse et elle avait toujours aimé discuter avec lui. Hélicie gloussa lorsqu’il avoua ne pas savoir qu’elle était attendue dans le campement. Bien sûr qu’il l’ignorait, comme tout le monde. Ansgar répondit à la question du tavernier alors que sa fille se contenta de lui répondre par un sourire et un geste de main.

Père et filles prirent place au comptoir de l’établissement après que le chef des Drakkhen ait pris le soin de commander deux gros bols de ragoût de sanglier. La jeune biche était encore très occupée à détailler tout ce qu’elle pouvait voir lorsque son père lui demanda si elle serait intéressée par une formation d’éclaireur. Quoi? Pour vrai? « Une formation d’éclaireur? Pour moi? Oh papa, tu sais que j’adorerais ça! En plus j’adore tante Idris, elle me fait toujours beaucoup rire! Si elle dit oui, je jure d’être la meilleure élève du continent. Je serais la meilleure éclaireur, tu ne seras pas déçu de moi, je te le promets. » À peine eut-elle terminé sa phrase qu’Ansgar vint coller son front contre le sien, symbole d’amour chez les Norrois. Hélicie ferma les yeux au contact de leurs deux fronts et esquissa un doux sourire. Comme elle aimait son père. Elle le savait, elle n’aurait pas pu survivre une autre période sans lui. Il relâcha l’étreinte pour enchaîner en proposant une balade dans les environs après leur repas. L’adolescente hocha frénétiquement de la tête pour signifier son accord puis son père lui parla du campement au sud et de sa tante Randie. Elle avait un esclave? « Dit papa, moi aussi je pourrais avoir un esclave? Je suis une Drakkhen après tout, j’ai bien le droit d’en avoir un! » Elle fut interrompue par l’arrivée de Björn qui déposa un énorme bol d’un ragoût fumant qui semblait absolument délicieux. « Merci Björn. » Le chef des Drakkhen venait à peine de sortir une poignée de pièces d’or de sa bourse qu’Hélicie commençait déjà à engloutir son plat à grande bouchée! C’était tellement bon! Ça changeait du poisson séché! La viande était tendre, le plat était chaud, les légumes cuits à point et lorsqu’on trempait le pain dans le bouillon, c’était exquis. La jeune fille ne répondit même pas à son père lorsqu’il évoqua les règles, tellement elle était occupée à engloutir la plus grande quantité de ragoût. Elle était tellement affamée!

Ansgar l’intima de ralentir et c’est là qu’elle se rendit compte qu’elle avait sans doute l’air d’une personne sans aucune classe. Mettant toute sa résolution, elle diminua la cadence de ses bouchées et surtout leur grosseur et se mit à mastiquer plus lentement les morceaux de viande et de légume. Il était manifeste que son père tenait à établir les règles et en bonne fille obéissante, elle se devait d’écouter. L’apprentie-guerrière hocha affirmativement de la tête à la première règle. Il était évident qu’elle n’irait pas se balader en forêt sans d’abord prévenir quelqu’un. Après tout, elle ne connaissait pas le territoire et elle pourrait très bien se perdre. La deuxième règle consistait à se méfier des sudistes. « Sont-ils vraiment si dangereux papa? » Son paternel lui répondit qu’en raison de la réputation que les Norrois avaient, les gens du sud étaient très effrayés et n’hésiteraient pas à lui faire du mal pour cette raison. Le troisième règlement était simple : elle devait apprendre la langue enkiev. Son oncle Bryaan et sa tante Idris parlaient la langue parfaitement bien, tout comme son père. Vraiment? « Je ne savais pas que tu parlais la langue des gens du sud! Comment l’as-tu apprise? » Elle savait qu’il connaissait quelques mots et expressions, puisque lorsqu’il était revenu de son premier voyage, elle lui avait demandé de lui en réciter quelques-uns. Toutefois, elle ignorait que sa maîtrise de la langue était parfaite et qu’il pouvait très bien se débrouiller. En guise de réponse, il lui parla d’une esclave alombrienne qu’il avait eue qui lui avait appris la langue. « Donc si j’ai un esclave, je pourrais l’obliger à m’apprendre la langue? Il m’en faut un absolument! C’est primordial pour mon apprentissage! » Elle blaguait à moitié, se demandant comment son père réagirait. Il l’intima ensuite de terminer son bol, ce qu’elle fit sans se faire prier une autre fois. Comme cela était magnifique de manger autre chose que du poisson séché!

Björn s’approcha du comptoir et lui demanda comment elle avait fait pour s’embarquer sur le navire sans que son père le remarque. Hélicie lui raconta toute l’histoire, ses visites nocturnes sur le pont, sa nouvelle aversion pour le poisson séché – ce qui fit bien rire le tenancier – et comment on l’avait découverte. Elle omit volontairement de spécifier qu’un Norrois avait perdu sa main par sa faute. Puis, lorsque la jeune Norroise eut terminé son repas, ils sortirent tous les deux de la taverne, après que son père eut récupéré quelques effets personnes. La jeune fille regarda encore partout autour d’elle, émerveillée comme la première fois, avant de disparaître dans la forêt en suivant un sentier. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle entendit la proposition de son père. Une course? Jusqu’au campement? L’adolescente n’eut pas le temps de donner son accord, son père venait de se transformer en énorme ours kodiak et s’élançait déjà sur le sentier.

Un sourire aux lèvres – la bonne humeur d’Ansgar était contagieuse – elle courut un moment avant de se transformer en biche. Son ouïe s’affina sur le champ et elle prit tout de suite plus de vitesse. Lorsqu’elle prenait sa forme cervidée, Hélicie se sentait complètement libre. L’énorme ours savait déjà pris beaucoup d’avance. Sa démarche était puissante, cependant la jeune biche était beaucoup plus légère et sa course plus rapide. Elle s’approchait de plus en plus de son père, mais elle savait qu’elle ne pourrait jamais le dépassé. Cela lui avait pris trop de temps à réagir, sans compté qu’il l’avait légèrement poussée avant de se transformer. L’apprentie-guerrière avait d’abord du retrouver son équilibre avant de s’élancer pour ensuite se métamorphoser. Elle tenait de son père son esprit de compétition et tenait à tout prix lui montrer qu’elle maîtrisait sa transformation et surtout qu’elle méritait grandement son animal totem. Une occasion se présenta presqu’aussitôt qu’elle formulait cette pensée. En marge du sentier se trouvait une roche surélevée un peu en angle vers le haut, comme une petite pente. Si elle parvenait à la monter, elle pourrait s’en servir pour se propulser devant le kodiak et ainsi, elle pourrait gagner la course!

Hélicie poussa ses muscles pour se forcer à prendre encore un peu plus de vitesse. Elle atteignit la roche et lorsqu’elle fut presqu’en haut, elle se propulsa du bout de la roche et ainsi elle put exécuter un magnifique vol plané au-dessus de l’ours qui continuait à courir. Il lui suffisait maintenant de réussir l’atterrissage, mais elle faisait confiance à ses réflexes de biche. Elle inspira profondément puis ses sabots touchèrent le sol et elle profita du choc pour prendre encore plus de vitesse. Elle avait réussi! Elle avait dépassé son père! Ne voulant pas s’asseoir sur ses lauriers, l’adolescente continua de courir de toutes ses forces le long du sentier, tentant de se concentrer le plus possible sur le chemin, évitant les racines, les pierres, les trous dans la terre battue et tous les obstacles qu’elle pouvait y trouver. La course dura de nombreuses minutes, voire presqu’une heure. Souvent, le kodiak se rapprochait dangereusement d’elle, mais elle poussait ses muscles pour garder la cadence.

Lorsqu’elle aperçut enfin le campement, elle puisa dans ce qui lui restait d’énergie pour gagner la course. Elle mit finalement la patte à l’entrée du campement et se retourna juste pour voir un énorme ours arriver derrière elle. La Norroise reprit sa forme humaine et se laissa choir sur le dos, complètement essoufflée! « J’ai gagné! Je t’ai battu! » Elle prit alors de grandes inspirations pour tenter de calmer sa respiration et surtout son coeur qui débattait dans sa poitrine. « La prochaine fois, on fait une course sur une moins longue distance. » Elle s’assied alors et son père vint prendre place près d’elle. Débordant d’amour pour l’homme, elle s’accrocha alors à son bras et le serra, lui témoignant toute son affection. « Je suis tellement contente d’être ici avec toi papa. Je n’aurais pas supporté d’être laissée derrière une fois de plus. » Elle ferma les yeux. « J’adore maman, c’est vrai, mais depuis qu’elle a commencé à me punir, j’ai l’impression qu’elle ne m’aime plus. » Elle ouvrit les yeux et regarda devant elle. « Je ne pleure jamais lorsqu’elle me frappe. Une Drakkhen ne pleure pas. Mais je ne comprends pas ce que je fais de mal. Je fais toujours de mon mieux, je te le jure. »

Un léger raclement de gorge se fit entendre et Bhali entra dans son champ de vision. « Voici tes armes, petite dame. » Un sourire éclaira alors le visage de l’apprentie-guerrière. « Je te remercie Bhali! » Elle se leva et vint prendre les armes que lui présentait l’homme de son père. « Maintenant on peut aller chasser! S’il te plaît papa! Je veux pouvoir dire que j’ai chassé ma première proie en terre sudiste à ma première journée! » Elle commença à attacher ses étuis à ses cuisses. « Allez, lève-toi espèce de grosse éponge de mer! » Son père réagit alors à l’insulte, se leva et se mit à la poursuivre. Elle se sauva en courant, mais il l’attrapa bien vite. Elle ne pouvait s’empêcher de rire, surtout qu’Ansgar la tenait maintenant au-dessus de sa tête à bout de bras. « Papa, je me transforme en biche, pas en aigle! Lâche-moi! » Lorsqu’il la libéra enfin, elle se dirigea promptement vers ses hachettes, les inséra dans ses étuis, passa son carquois en bandoulière, tout comme son arc. « Je suis prête maintenant. Viens on va chasser! »

Résigné, le chef des Drakkhen suivit sa fille dans la forêt. Ils se mirent à entrer plus avant, question de sortir du sentier. Le gibier n’avait pas l’habitude de s’aventurer là où pouvaient passer des prédateurs. « Tu as parlé d’une esclave alombrienne tout à l’heure. Où est-elle? Tu l’as libérée? Pourquoi? » Hélicie était consciente qu’elle posait beaucoup trop de questions et qu’elle parlait probablement trop. Mais elle était tellement enthousiaste par rapport à cette nouvelle aventure, surtout qu’elle la partageait avec son père et que, pour une fois, son plus jeune frère n’était pas là. Elle l’avait juste pour elle et cela lui plaisait beaucoup. Un craquement sonore retentit autour d’eux. Aussitôt, l’apprentie-guerrière banda son arc, croyant qu’un animal avait fait trop de bruit. Cependant, aucun animal ne jaillit devant eux. Ce fut plutôt une troupe de sudistes armés qui les encerclèrent aussitôt. Ils pointèrent leurs épées dans leur direction et l’un d’eux s’exprima dans un langage qu’elle ne comprenait pas. « Papa? », chuchota-t-elle. Tout cela n’envisageait rien de bon.
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Ansgar
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MessageSujet: Re: Precious little deer [PV Hélicie]   Mer 21 Déc - 10:11

Ses énormes pattes d’ursidé heurtaient le sol dans un pas rapide, régulier, mais tout de lourd. Le souffle de la bête se faisait entendre et une certaine forme d’amusement pouvait être perçue dans sa gestuelle. Son imposant physique musculeux ondula dans le sentier avec une puissance admirable typique aux ours kodiaks. Du mouvement se fit sentir sur sa gauche. Du coin de l’œil, le norrois métamorphosé vit une biche gracieuse s’élancer sur un monticule rocheux avant de faire un bond vertigineux qui la propulsa directement devant lui sur le terrain! Wow! Ça, c’était tout un saut! Une pointe de fierté naquit au creux de la poitrine du grand ours qui accéléra le pas en espérant pouvoir rattraper la petite cervidée.

La course effrénée dura un bon moment. Un peu trop même, malgré les capacités physiques naturelles des deux animaux qui s’en donnaient à cœur joie. Si par moment l’ours croyait pouvoir l’emporter, la biche, elle, lui prouva qu’elle avait un véritable feu au ventre. La gamine remporta cette course et c’est un gros ours écumant et au souffle rauque qui la rejoignit de son pas lourd. Hélicie se laissa choir au sol pendant quelques instants, savourant sa victoire imminente sous le regard attendri et amusé de l’ursidé qui râlait encore un peu. Elle laissa ensuite échapper un commentaire relativement sur la longueur de la course qu’ils venaient d’effectuer puis opta pour une position assise alors que l’énorme animal vint s’asseoir à ses côtés, ses pattes puissantes étendues devant lui à la manière des humains. Il avait l’air d’un gros ours balourd, mais n’en avait rien à faire. L’adolescente tendit les bras pour enserrer le corps massif et recouvert de fourrure de la bête et lentement, l’ours kodiak reprit sa forme humaine, laissant place à un norrois aux cheveux marrons et à la barbe de quelques jours. Dans un mouvement affectueux, il porta sa main sur le dessus de la tête de sa fille aînée.

- Je suis heureux que tu sois là également, Hélicie, [/bfit-il d’une voix tendre.[b] Tu sais que je t’aime plus que tout au monde. J’espère juste que tu comprends pourquoi je devais te laisser derrière… À la suite des paroles de sa fille aînée, le grand guerrier fronça des sourcils. Cette salope de Tilda osait porter la main sur sa prunelle! Il le savait à la façon dont sa fille parlait de ses « punitions ». Elle avait raison : une Drakkhen ne pouvait pas pleurer. Malgré tout. l’envie de voir crever sa très chère épouse se faisait cruellement ressentir. Tu sais, parfois, certaines choses sont hors de notre portée. Certains agissements ne sont compréhensibles que de la personne qui les prodigue. C’est le cas de ta mère. Elle a sa propre logique dont elle refuse de nous faire part, malheureusement. Mais je peux t’assurer d’un truc : elle ne te frappera plus. Je t’en fais le serment, Hélicie.

À ces propos, le chef des Guerriers du Kodiak planta son regard acier dans les iris de sa progéniture, quand soudain, un raclement de gorge le fit sortir de ses songes en un sursaut. Tournant vivement la tête, l’héritier du clan Drakkhen vit Bhali s’avancer vers eux, tenant les armes d’Hélicie en main. L’adolescente se releva dans un bond et alla à la rencontre du guerrier pendant qu’Ansgar lui décocha un sourire d’approbation, visiblement content de voir que la Buse avait effectué la tâche qui lui avait été attribuée. La jeune fille récupéra ses armes et demanda avec joie à son paternel s’ils pouvaient partir à la chasse ensemble. Ans n’eut pas vraiment le temps de répondre que déjà, Hélicie le pressait en le traitant de grosse éponge de mer. Cette minuscule forme d’impertinence de sa part eut pour effet à la fois de le surprendre, mais également de causer une hilarité non dissimulée chez lui.

- Je suis une grosse éponge de mer, hein?! S’écria-t-il en se levant dans un bond. Tu vas demander pardon pour m’avoir manqué de respect, jeune fille!

Papa Drakkhen s’élança à sa suite pendant que l’adolescente essayait de fuir du mieux qu’elle put. Toutefois, la ferveur dont faisait preuve l’homme eut raison de l’apprentie guerrière. Il l’agrippa avec force, la faisant tournoyer autour de lui avant de la soulever du sol dans un grand éclat de rire. « Bah quoi? Ça n’existe pas, les biches volantes? » Évidemment, il dût relâcher sa poigne après un moment et Hélicie en profita pour remettre ses armes en place, à sa taille, avant de le presser à nouveau de partir en chasse avec elle. Résigné, Ansgar poussa un soupir puis s’élancer à la suite de sa progéniture sous le regard amusé de Bhali qui, visiblement, trouvait ironique de voir qu’une si petite chose pouvait soumettre leur grand chef avec autant de facilité.

Le duo Drakkhen s’aventura dans la forêt, toujours un peu plus loin histoire de s’assurer de trouver du gibier. La neige ramollie par le soleil chaud du printemps rendait la progression un peu plus difficile, mais néanmoins, Ansgar était ravi de pouvoir vivre cette première expérience avec son aînée. Bientôt, les bourgeons allaient éclore et les premières fleurs allaient faire leur apparition sous les yeux émerveillés de sa fille chérie. D’ailleurs, la voix de cette dernière le sortit rapidement de ses songes.

- Hmm? Fit-il d’un air interrogateur. Une esclave alombrienne? Ah oui! Celle qui m’a appris la langue sudiste. Elle s’est sauvée… Enfin, disons que je l’ai laissé filé, continua-t-il afin d’éviter que sa fille le croit faible. En fait… c’est compliqué. Elle s’appelait Adelyn. Pour être plus juste, nous pouvons dire qu’elle était plutôt une prisonnière de guerre. Vois-tu, Adelyn est ce que les sudistes appellent « une chevalière ». Somme toute, il s’agit d’une « Oracle guerrière ». J’ai réussi à la mettre à ma main pendant un temps, jusqu’à ce que les siens rappliquent avec des troupes pour la récupérer. Je… je ne voyais pas l’intérêt de mettre en péril la sécurité du campement simplement pour une esclave, alors j’ai accepté de la laisser filer.

Ouais… il modifiait la réalité. Il se voyait mal dire à sa fille qu’il avait laissé Adelyn s’échapper, car ses ennemis étaient trop nombreux. Et encore moins qu’il en était tombé follement amoureux! D’ailleurs, il espérait qu’elle n’ait pas vu la pointe de nostalgie qui avait déformé ses traits, l’espace d’un instant. La fée lui manquait cruellement.

Un craquement retentit vers la droite. Dans un mouvement vif, Hélicie banda son arc et Ansgar posa une main sur son glaive qui battait sa hanche. S’il avait d’abord cru à la présence d’une proie, le norrois se mordit l’intérieur de la bouche en voyant qu’il s’agissait d’une tout autre chose. Là, devant lui, se trouvait une troupe de sudistes armés jusqu’aux dents qui se déployait lentement pour les encercler. À en voir l’apparence de leur tenue, il en conclut qu’il ne s’agissait pas de soldats. Des mercenaires, tout au plus.

- Tiens, tiens, tiens. Des barbares du nord! S’exclama celui qui semblait le chef. On nous avait dit que les truands dans votre genre rôdaient dans le coin. Vous savez qu’une prime a été mise sur la tête de votre petit peuple de merde? Un beau pactole nous sera remis pour chaque sauvage qu’on remettra aux autorités. Quoi? Vous ne comprenez pas ce qu’on vous dit, petites merdes?

Le visage d’Ansgar était dur et sévère. Pour qui se prenaient-ils ces guignols? La petite voix d’Hélicie se fit entendre et le très léger trémolo qu’il perçut dans sa voix lui confirma que l’adolescente était intimidée par toutes ses lames pointées en leur direction. C’était normal somme toute, puisqu’elle n’avait encore jamais été exposée à de réels combats contre l’ennemi.

- Don’t worry, Hélicie, souffla-t-il en sa direction. I’ll take care of them. You’re a Drakkhen. Don’t let them know that you’re scared. You’re fierce and strong… show them no mercy. For now, stand back and get ready. We’re gonna fight.Puis, il ramena son attention sur ses interlocuteurs. Si vous croyez que je ne pige pas un seul mot de ce que vous dites, vous pouvez vous foutre un doigt profondément dans votre cul. Visiblement, sa maîtrise de la langue commune les surprit au plus haut point.

Portant ses mains à ses hanches, Ansgar esquissa un sourire arrogant. Il n’avait pas peur, c’était évident. Il marcha tranquillement en leur direction, attirant leur attention vers lui. Les lames étaient pointées sa direction, mais il n’en avait cure.

- Vous croyez me faire peur? Fit-il d’un ton un peu plus bas, son sourire devenant de plus en plus carnassier. J’en ai tué des beaucoup plus coriaces que vous. J’ai vécu des choses que vous ne pourrez même vous imaginer. Alors je vous le redemande : croyez-vous réellement me faire peur?

Son ton était presque doucereux. Puis, sans crier gare, il frappa la lame du chef du revers de son bras, le tranchant frappant son brassard de cuir clouté, dans le but de l’éloigner de lui. Dans le même mouvement, il attrapa le poignet de son adversaire et le tira avec force vers lui. De sa main libre, il dégaina son glaive et l’enfonça directement dans l’abdomen du mercenaire qui émit un gargouillement immonde, sa dernière vision étant celle du sourire menaçant d’Ansgar. Les autres hommes chargèrent. Le Norrois retira sa lame du corps de sa première victime et repoussa l’homme mourant avec force afin d’encombrer le mouvement d’un nouvel adversaire qui le prenait de front. Il pivota ensuite sur lui-même pour éviter un estoc qui fusait derrière lui, sur sa droite, et enfonça son arme dans le cou du guerrier qui avait osé essayer de le prendre de revers. Effectuant un bond vers l’arrière, le grand ours esquiva une hache qui effectua un arc de cercle dans le but de le pourfendre. Se faisant, il ne vit pas l’elfe derrière lui qui leva un poignard dans le but de frapper entre les omoplates. Avant que le grand mercenaire aux oreilles pointues ne puisse s’exécuter, une flèche siffla (au-dessus de l’épaule d’Ans) et alla se planter directement dans son œil gauche. L’héritier du clan Drakkhen sursauta, puis tourna la tête pour voir Hélicie, arc brandi. Sa première victime!! Comme il était fier d’elle! Elle devenait une véritable Drakkhen!

Ansgar fracassa le genou d’un autre guerrier qui fondait vers lui d’un seul coup de pied, puis profita du momentum pour lui enfoncer sa lame directement dans la bouche. Le sang coulait à flot, teintant la neige détrempée de rouge. Hélicie se défendit avec une habilité surprenante, gonflant un peu plus son paternel de fierté. Il ne restait plus que trois guerriers. L’un d’eux porta une corne à sa bouche et un son puissant se fit entendre. Qu’est-ce que…? Il appelait des renforts? L’un des mercenaires profita de l’effet de surprise pour enfonça sa lame directement dans le flanc gauche du norrois qui poussa une plainte de douleur. Le Grand Ours ne put réagir davantage que deux flèches se fichèrent dans l’impertinent qui couina de douleur avant de s’effondrer. Le poignard se retira de la chair du chef des Guerriers du Kodiak et ce dernier porta instinctivement une main à sa plaie. Heureusement, il était plus résistant que la moyenne des hommes du sud et son armure légère avait encaissé une bonne partie du coup, empêchant l’arme d’atteindre des points vitaux. Toutefois, la douleur n’était pas moins présente.

- Hélicie, run! S’écria-t-il. They’re calling for reinforcement! We need to get out, while we still can!

Ans enfonça son glaive dans l’abdomen d’un autre mercenaire, puis tourna les talons, agrippant sa fille au passage. Il n’avait aucune idée combien ils étaient, et pour cette raison, il était hors de question qu’ils les attirent au campement. Ils allaient se trouver un endroit où se planquer ou encore un terrain qui les avantagerait en vue du combat à venir.
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