Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Parle-moi du coeur [PV Yahto] [Terminé]

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Adelyn
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MessageSujet: Parle-moi du coeur [PV Yahto] [Terminé]   Mar 18 Oct - 17:31

Elle leva les yeux au ciel, laissant ses pieds balloter au bord de la fontaine… qu’elle prenait comme siège, malgré que ce ne fut pas l’endroit le plus confortable du monde. N’empêche, c’était suffisant pour le temps qu’elle y passerait. La jeune femme au regard d’émeraude replaça une mèche derrière ses oreilles, le reste étant tressé lâchement en queue de poisson et retombant sur son épaule. Elle soupira ensuite, se demandant combien de temps elle serait là, toute seule, à attirer des regards compatissants. Elle ne venait tout de même pas de se faire plaquer – pas que la douleur de sa rupture avec Ansgar ne la faisait plus souffrir – et elle ne manquait certainement pas d’amis… Seulement, elle en attendait un en particulier.

Elle observa ensuite son panier d’osier, qu’elle avait déposé par terre. Elle avait fait préparer toute une panoplie de verrines de fruits et légumes, ainsi que des cuillers en bois. Elle avait été très spécifique quant à la nécessité de ne pas avoir la moindre once d’argent dans ce panier. Ce serait tout simplement inacceptable!


- Adelyn!

Relevant la tête, elle aperçut enfin celui qu’elle attendait : le garde-du-corps royal, Yahto. Son ancien amoureux était devenu, au fil du temps, son meilleur ami et confident. Ils avaient continué à se voir en qu’amis après leur rupture, ce qui était pour le mieux, selon la chevalière. Elle ne croit pas qu’elle aurait survécu à le perdre définitivement de sa vie. Il enrichissait tellement son existence.

- Il était temps, mon loup, je commençais à avoir froid!

C’était évidemment une blague, question de ramener sur le tapis la fois où elle avait éclaté de colère après la rencontre du corsaire Samelson parce que le lycan avait omis de la réchauffer de son corps. Cette fois-ci, elle était loin d’être aussi inconfortable. Elle avait des pantalons noirs, avec des bottes en cuir montant jusqu’à ses genoux, une épaisse tunique, en plus d’un veston sans manche en laine brune. Elle complétait le tout avec des gants en cuir dont il ne manquait que le bout des doigts. En somme, elle était plus que confortable sous cette température clémente d’automne.

- Allez, on y va. dit-elle en passant son bras autour de la taille de son camarade.

Elle n’avait pas eu à prononcer le moindre mot pour qu’il prenne le panier, comme quoi il la connaissait. Ils se dirigèrent en discutant de comment il avait été pénible pour le guerrier de se libérer, car il avait passé à un cheveu de se faire envoyer en mission de reconnaissance. Heureusement, le projet avait été abandonné, ce pourquoi il était là… en retard, mais là. Cela importait peu à la fée, qui refusait de se mettre en colère en une si belle journée. De toute façon, elle avait un but bien précis en tête.

- Nos montures sont déjà prêtes. Je me suis dit que je pouvais bien gagner du temps en attendant après tes belles petites fesses!

Elle lui fit un clin d’œil car oui, elle avait vu son spectaculaire derrière et elle se trouvait plus comique qu’elle ne l’était réellement. Elle lui caressa enfin le bas du dos avant de monter à cheval. Elle avait réussi, elle ne savait comment, à convaincre le lycan de prendre ce mode de transport plutôt que de se transformer. Elle avait un lieu qu’elle désirait partager avec lui et il aurait été plutôt éreintant pour lui de s’y rendre à la course.

Ils quittèrent donc le château au trot, aucunement pressés de se rendre à destination. Ils avaient le reste de la journée devant eux, voire le lendemain au besoin… bien qu’il fût encore tôt, le soleil s’était levé il y avait à peine une heure.

- Si tu savais comment ça fait du bien d’avoir une journée de congé! Oh, je ne me plains pas de la compagnie d’Ishobel, elle est un amour. Simplement, ne jamais avoir de moment à moi… juste à moi… ça me manque, parfois, tu sais? Elle continua ainsi, faisant de la petite conversation. Au bout de quelques heures, elle indiqua à son compagnon de descendre de sa monture. Nous y sommes, mon beau. Elle prit sa jument par la bride et l’amena dans un sentier s’enfonçant dans une forêt de chênes. Au bout d’une quinzaine de mètres se trouvait une ouverture… menant à une clairière. L’herbe était mi-haute et quelques fleurs à floraison tardive enjolivaient encore l’endroit. Qu’en dis-tu? Ce n’est pas trop mal, pas vrai?

La fée reprit enfin son panier pour débarrasser le garde-du-corps, laissant à celui-ci la chance d’admirer le paysage par le fait-même. Elle sortit une couverture qu’elle étendit sur le sol et elle y prit place. Dès que son ami vint la rejoindre, elle lui prit la main et planta son regard dans le sien. La conversation sérieuse commençait maintenant… avant même de grignoter.

- Yahto… J’aimerais que tu me parles. Je sens de la peine en toi depuis des mois maintenant et ça m’inquiète. Je sais que les affaires de ton cœur ne me concernent en rien mais, en tant qu’amie, je ne peux faire autrement que de me ronger de soucis. Ce n’est pas comme toi de laisser transparaître de la tristesse… Et tu sais que tu peux tout me dire. Je te promet, sur mon honneur de chevalier de l’Ordre d’Alombria, que rien de ce que tu me diras ne sortira de cette clairière. Alors, mon cœur, qu’est-ce qui te tracasse?

En réalité, elle avait une très bonne idée de ce qui dérangeait son ami… car cela avait d’ailleurs été l’une des raisons derrière leur séparation. Cependant, elle voulait sincèrement qu’il soit heureux et qu’il trouve l’amour à nouveau. Si quelqu’un le méritait, c’était bel et bien lui. Sans compter que n’importe quelle femme serait chanceuse de l’avoir pour compagnon; elle était très bien placée pour le savoir.

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Dernière édition par Adelyn le Dim 12 Fév - 19:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Parle-moi du coeur [PV Yahto] [Terminé]   Sam 22 Oct - 9:47

Il sortait de sa chambre, refermant soigneusement la porte derrière lui. Un bordel pas croyable y régnait, mais Yahto n’en avait rien à faire. Il n’était pas adepte du ménage, alors que ses effets traînent un peu partout était de loin le cadet de ses soucis. Les mains dans les poches, il déambula dans le couloir où l’activité matinale commençait à peine à se faire voir. Il avait rendez-vous avec Adelyn ce matin pour le petit déjeuner et il avait plutôt hâte de la revoir. C’était que les deux amis se voyaient vraiment très peu avec ces nombreuses missions et cette écuyère dont la fée s’était vue affublées. Évidemment, étant soucieux d’être le plus transparent possible avec la princesse, Yahto l’avait mise au courant de cette rencontre avec son ancienne petite amie – maintenant sa confidente en plus d’Aemi – et avait bien remarqué la moue qui avait peint son visage. Ça n’avait pas semblé faire son bonheur (loin de là), mais elle s’était néanmoins contentée de lui lâcher un bref « Amuses-toi » sans enthousiasme. Après tout, il n’était plus un eslcave : il était libre de faire ce qu’il voulait, tant qu’il puisse être aux côtés de Temperance en cas de besoin. Il n’était pas sans savoir que la princesse éprouvait de l’antipathie envers la femme chevalier, mais il ne pouvait tout de même pas briser son amitié avec elle non plus. Ainsi, il décida de faire à sa tête et de tout de même se rendre à son rendez-vous, malgré le semi-consentement de sa maîtresse.

À l’extérieur, le soleil était déjà levé depuis une heure. Le ciel était clair et sans nuage; ce serait une magnifique journée. Yahto se dirigea vers les jardins, les mains toujours dans les poches. En cette belle matinée, il avait opté pour une tenue plutôt simple : un pantalon marron, une tunique noire un peu ample, une ceinture de cuir de la même couleur que son pantalon et des bottes en cuir (oui, oui! Il portait des bottes!). Alors qu’il marchait sur l’allée de dalles qui menait au centre des jardins, il leva la tête vers l’horizon et remarqua la présence d’Adelyn, assise sur le rebord de la fontaine, les pieds ballants dans le vide. Comme à son habitude, elle était d’une élégance sans pareil et bien qu’ils n’étaient maintenant qu’amis, Yahto admira néanmoins sa beauté évidente. « Adelyn! » S’écria-t-il en souriant pour attirer son attention. Il ne put s’empêcher de glousser face à sa remarque qui faisait référence à leurs aventures à Ookabi. Bon sang qu’il en avait entendu parler de cette histoire! Il avait bien prit note de ne plus jamais ignorer une femme qui était trempée et frigorifiée en sa présence.

Une fois à sa hauteur, Yahto fit la bise à son amie ainsi qu’une accolade amicale. Après tout, ils ne s’étaient pas vus depuis si longtemps! La jeune femme glissa un bras autour de sa taille et le garde du corps se saisit du panier de victuailles. Alors qu’ils déambulèrent dans les jardins, le lycan expliqua la raison de son retard à Adelyn : on lui avait demandé d’aller à la rencontre d’un riche dignitaire en compagnie d’Aemi afin de le guider jusqu’au palais – histoire de parler affaire – mais, finalement, la rencontre avait été annulée. Évidemment, il se contenta de cette excuse pour se justifier, ne désirant pas dévoiler à la fée que la princesse ne la portait pas dans son cœur et qu’il avait dû s’assurer qu’elle ne lui en voulait pas vraiment pour cet avant-midi passé en tête-à-tête avec elle.

- Nos… montures? Répéta-t-il à la suite de son amie. Lyn, tu sais que je n’aime pas trop monter à cheval et que ledit animal ne me porte pas non plus dans son cœur…

Évidemment, elle tentait de le manipuler en complimentant ses attraits physiques et le guerrier fit la moue. Une fois à la hauteur des deux destriers, il commença à argumenter avec la chevalière déclarant qu’il n’avait aucune envie de grimper sur l’une de ces bêtes. Après moult discussions, Yahto finit par plier. Il n’avait pas envie de la décevoir et il était franchement trop gentil… Il s’approcha d’un étalon noir qui renâcla à son approche, puis jeta un regard incertain à sa confidente qui l’encouragea à continuer. Finalement, il réussit à calmer la bête et à grimper sur son dos, bien que cette dernière semblait plutôt nerveuse. Heureusement, son destrier était plutôt docile…

Ils quittèrent donc le palais au trot et parcoururent les plaines environnantes sous un doux soleil du matin. En route, ils parlèrent de tous et de rien et Yahto esquissa un sourire de compassion alors que la jeune femme lui avouait être heureuse d’avoir un moment juste à elle. Il fallait dire que ça ne devait pas toujours être évident de passer d’état de complète liberté à tutrice d’une enfant. Heureusement, Ishobel était une gamine adorable et Yahto la connaissait bien, puisqu’il avait passé plusieurs moments avec elle dans le but de l’aider à contrôler sa transformation. Pour sa part, il parla de ses tâches quotidiennes et de sa relation avec Sam qui avait évolué au-delà de simple connaissance. Certes, cette nouvelle sembla étonner un peu la fée (qui, visiblement, se demandait pourquoi le lycan marron portait autant d’intérêt au corsaire), mais elle n’en fit aucun commentaire.

Après quelques heures de déambulations, Adelyn annonça finalement qu’ils étaient arrivés à destination. Un air interrogateur au visage, Yahto descendit de sa monture, se saisit des brides et guida l’étalon à travers une forêt de chênes. De l’autre côté – au bout d’une quinzaine de mètres – se trouvait une superbe clairière d’herbes hautes ponctuées d’une multitude fleurs automnales. La vision était superbe, surtout avec les feuilles colorées des arbres en arrière-plan. « C’est vraiment magnifique, Adelyn. » Fit-il avec un regard admirateur. Il observa l’horizon et sentit la main de sa compagne le délester de son paquet. Lorsqu’il se retourna, il la vit, installée sur une couverture, le panier à ses côtés. Sans plus attendre, il alla la rejoindre pendant que les chevaux paîtraient un peu plus loin.

Une fois assit à ses côtés, il fut surprit de voir à quel point elle était devenue sérieuse. Sa main dans la sienne, il scruta son visage soucieux de son regard mordoré. Que se passait-il? Les propos qu’elle étala devant lui le surprirent au plus haut point. Vraiment? Il avait l’air si… peiné? Lui qui gardait tout bien caché au fond de son cœur n’avait pas l’impression d’avoir démontré autant d’indices de son trouble. Mais la chevalière était particulièrement sensible et le connaissait mieux que quiconque… surtout après ces trois années à avoir partagée sa vie en tant que petite amie. Le guerrier poussa un soupir et détacha son regard du sien, comme s’il tentait de lui cacher sa pensée profonde.

- Ce n’est rien, Lyn, fit-il naturellement. Pas de quoi en faire un plat, je t’assure. Et puis, je ne veux pas passer l’une de nos rares journées de congé commune à me morfondre sur mon sort qui, somme toute, n’est pas si pénible que ça.

Dédramatiser la situation était son premier réflexe lorsqu’il s’agissait de parler de ses émotions profondes. Mais visiblement, la chevalière n’était pas dupe et le haussement de son sourcil témoigna avec brio de son manque de conviction sur le sujet. Ramenant son attention vers elle, il nota l’air sceptique qu’elle affichait puis poussa un nouveau soupir en glissant sa main libre sur sa nuque. Il était malaisé. Le garde du corps de la princesse Temperance connaissait la chevalière comme sa poche : elle ne lâcherait pas le morceau tant qu’elle n’aurait pas satisfaction.

- Qu’est-ce que je peux dire? Ajouta-t-il d’un air résigné. Je soupire pour quelqu’un que je ne peux avoir? Tu es déjà au courant de ça, c’est l’une des raisons de notre séparation d’ailleurs. Il se replaça quelques mèches de cheveux qui tombaient sur son visage. Le hic, c’est que malgré toutes mes nobles intentions et ma bonne volonté, le fait est que mon cœur a choisi la mauvaise personne. Aemi est une fille extraordinaire : douce, gentille, distinguée, tellement intelligente et si belle… Mais c’est une princesse. Les filles de son rang ne se tournent pas vers des hommes comme moi, Lyn. Les femmes de sang bleu méritent des hommes de leur stature. Pas de simples guerriers anciennement esclaves. Et puis… j’ai déjà tenté un truc et… et elle m’a clairement dit que j’étais son meilleur ami, alors…

Il remarqua l’expression de la femme chevalier et esquissa un sourire malgré.

- Oui, je sais. Ouch, hein? Et puis, même si elle se foutait des titres et des rangs – ce qui n’est pas le cas; Aemi et les protocoles, c’est une longue histoire d’amour – j’ai parfois l’impression qu’elle préfère les côtés fonceurs et un peu débiles de Sam. Probablement parce qu’il est du genre à la narguer un peu et à la confronter. Ce qui fait changement de moi, bref. Évidemment, cette phrase sembla surprendre un peu Adelyn qui, somme toute, ne semblait pas porter particulièrement le corsaire dans son cœur. Hmm… Dans ton panier, tu as un peu de vin? Je pense que j’en aurais drôlement besoin.

Sans plus attendre, il agrippa le paquet d’osier et remarqua la présence d’une bouteille. Il remercia intérieurement les dieux que son amie y ait pensés et attrapa deux coupes. Il retira le bouchon de liège et vida du liquide blanc transparent dans chacun des récipients. Il en tendit un à la chevalière, puis ils trinquèrent avant de prendre une gorgée.

- Mais dis-moi, toi, qu’est-ce qui se passe à ce niveau? Les rumeurs veulent que tu te sois rapprochée du chevalier Losly? Ça fait un moment que tu ne m’as pas parlé de ta vie à ce niveau. Tu dois bien avoir quelqu’un dans ta vie, pas vrai?

Il tentait de changer de sujet, c’était aussi évident que le nez au milieu du visage. Il avait dit le tout sans aucune ombre d’animosité, désirant visiblement seulement prendre des nouvelles de son ex qui, somme toute, restait mystérieuse quant à ses relations. Prenant une nouvelle gorgée de vin blanc, il scruta le visage de la fée de son regard mordoré et esquissa un sourire. Il avait touché une corde un brin sensible vue la façon dont elle détourna la tête.

- La vie est compliquée, pas vrai? Se contenta-t-il de dire doucement face à la réponse qui tardait à arriver. Dis, j’ai un peu faim. Pas toi? Alors, qu’est-ce que tu nous as préparé, très chère?
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Adelyn
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MessageSujet: Re: Parle-moi du coeur [PV Yahto] [Terminé]   Mar 25 Oct - 12:44

« Ce n’est rien. » Voilà ce qu’il avait à lui dire? Adelyn leva les yeux au ciel, exaspérée par son compagnon qui ne voulait pas faire un effort de se confier en elle. Il savait pourtant qu’elle n’était pas du genre à répandre des rumeurs ou à se moquer des autres… Du moins, pas à voix haute, si jamais un commentaire lui venait en tête. « Qu’est-ce que ça peut bien faire que nous passions une journée à parler de toi? De toute façon, si tu crachais le morceau, ça ne prendrait que quelques minutes et je te ficherais la paix. » fit-elle du tac-au-tac, haussant un sourcil pour témoigner de son incrédulité face au côté supposément non dramatique de la situation du lycan. Il était misérable, ça lui crevait les yeux… en plus de lui fendre le cœur.

Le visage de la chevalière se renfrogna sous le rappel de leur rupture, il y avait de cela un moment. Ce fut très bref et elle se reprit rapidement. Il faut dire qu’elle n’avait pas apprécié passer en deuxième place et, même si elle avait fait comme si ça ne l’affectait pas outre mesure, elle avait été blessée. Son cœur s’était un peu brisé d’être consciente que son bien-aimé de l’époque lui glissait entre les doigts. Il ne s’en était certainement pas remis avec ce stupide Norrois, qui l’avait abandonnée à Alombria pour elle ne savait combien de temps. C’était à croire qu’elle n’aurait jamais la première place dans le cœur de quiconque… Ce qui était vachement nul, quand elle y pensait. Mais bon, aujourd’hui ne la concernait pas. Elle était là pour remonter le moral de Yahto et non pour ressasser les événements de leur passé commun.

- Je ne sais pas si je serais prête à dire que ton cœur a choisi la mauvaise personne. Tu es sans doute le gars le plus… sincère que je connaisse, celui au cœur le plus bon. Et je tiens à te rappeler que la reine Marian – que son âme repose en paix – ne s’est pas mariée avec un noble, loin de là. Si j’étais toi, je n’abandonnerais pas la partie simplement parce que tu n’as pas le sang bleu.

C’était malheureusement tout ce qu’elle pouvait dire, car elle ne pouvait pas se prendre comme exemple : elle avait des racines aussi nobles que ce qui se faisait. D’un autre côté, ça ne l’avait pas empêchée de tomber sous le charme du guerrier lors de ses seize ans. Elle voulut le lui rappeler, croyant soudainement avoir trouvé un nouvel argument en faveur de son point de vue… sauf qu’elle aurait trouvé ça déplacé après que son camarade lui ait avoué avoir essayé de faire connaître ses sentiments. Là, elle ne pouvait qu’être désolée. Il put le lire sur son visage, d’ailleurs. La jeune femme fit son possible pour attendrir son timbre de voix avant de reprendre la parole.

- Je suis sincèrement désolée Yahto… Cependant, si tu crois qu’elle aime tant le côté fonceur de… Sam… Ah, ce corsaire… Elle ne s’ennuyait pas de celui-là! Elle trouva d’ailleurs étonnant que les lycans se fréquentent encore… Mais bon, c’était sans doute une de ces histoires d’hommes qui se comprenaient ou, encore, c’était lié au fait qu’ils provenaient du même élevage. Peut-être devrais-tu essayer d’être un peu plus comme lui? Côté frivole en moins? Question de voir si l’attitude d’Aemi à ton égard change un peu avec ça… Ça te donnerait au moins une idée de si c’est réellement une qualité qu’elle apprécie.

Bon, elle ne lui disait pas de devenir un casse-cou qui ne s’importune jamais avec les émotions des autres… mais parfois, un changement subtil dans le comportement d’une personne pouvait grandement affecté – pour ne pas dire déranger – la perception qu’on a d’elle. Si Yahto agissait différemment, la princesse lui ferait peut-être un commentaire comme quoi ça passe ou ça casse. Ce serait alors au garde-du-corps de prendre note et de réajuster sa conduite en conséquence.

Par la suite, d’un mouvement de main, la fée fit signe à son compagnon que la bouteille de vin qu’il cherchait se trouvait dans le panier. Après tout, elle n’était pas partie en pensant que leur discussion serait facile. C’était exactement le genre de conversation qui appelait à boire, ne serait-ce que pour oublier temporairement… Ce qui n’était pas la meilleur des habitudes, elle pouvait le reconnaître, mais si ça pouvait délier la langue de son compagnon… Pourquoi ne pas faire une petite exception?

La pauvre Adelyn figea alors qu’elle prenait sa première gorgée – ce qui était plutôt rare, considérant qu’elle se tenait aussi loin de l’alcool que possible afin de ne pas amoindrir ses réflexes et sa capacité de raisonner. Pourquoi le sujet de conversation avait-il changé pour sa propre vie amoureuse? Et pourquoi est-ce que Losly en faisait partie? Elle préféra tourner la tête en direction opposée du lycan que de répondre. Elle n’avait pas envie de raviver la plaie laissée par le départ d’Ansgar. En fait, elle ne voulait même pas en parler à quiconque, car elle savait qu’on risquait de la prendre pour une traîtresse… malgré que ce soit tout sauf le cas.

- Je ne sais pas si compliqué est vraiment le bon mot… Elle pensait à douloureux, plutôt. Ses échecs amoureux affectaient son estime d’elle-même plus qu’elle ne voulait l’admettre. Elle accepta donc la diversion de son camarade avec un soulagement non feint. Nous avons, en premier lieu, une verrine de fruits des champs avec yogourt et gruau. En deuxième lieu, nous avons une salade de carottes, raisins secs et noix. En troisième lieu, une verrine de saumon fumé. Par la suite, nous avons une verrine d’avocats et crevettes. Enfin, en dernier lieu, nous avons une verrine de fromage à la crème et de fraises. Bon appétit, mon cœur!

Elle avait nommé les divers plats dans un ordre aléatoire, les cuisinières ne s’étant pas cassées la tête pour séparer selon l’aspect sucré ou salé de la verrine. Elle y était donc allées avec ce sur quoi son regard se posait en premier et ainsi de suite. Pour sa part, elle se donna à cœur joie dans la salade de carottes, raisins secs et noix. C’était plutôt léger et un savant mélange de salé, sucré avec une vinaigrette aigre juste à souhait.

- Losly est un collègue de travail extraordinaire, fit-elle pour au moins faire un effort de répondre à une des questions du guerrier à ses côtés. Quand elle le vit hausser des sourcils et sourire, elle le poussa un peu sur l’épaule en pouffant de rire avec lui. Non, pas comme ça! De toute façon, tout le monde sait qu’il en pince pour Colombe. Ils font comme si de rien était, mais personne n’est dupe. Alors, c’est purement professionnel entre nous. Nous nous entendons seulement très bien. Il est toujours ouvert à mes suggestions et j’apprécie son raisonnement. Il est un excellent stratège. Elle marqua une pause afin de resservir son ami en vin. Et non, je n’ai personne dans ma vie en ce moment… Mais, contrairement à toi, je ne soupire pour personne. Bon, d’accord, c’était un demi-mensonge. Elle s’ennuyait d’Ansgar pour mourir et manquait sérieusement de bonne chair depuis son départ pour les Terres gelées. Elle était simplement incapable d’amener un autre homme dans sa couche; elle ne voyait que son Grand ours kodiak. Dis-moi, pourquoi es-tu si résigné à croire que tu n’as aucune chance avec elle? Et si tel est le cas, as-tu pensé à lui en parler… avec des mots? Elle ne savait pas ce qu’il avait essayé comme « truc », donc ce n’était pas évident de lui prodiguer des conseils… Cependant, ils ne quitteraient pas cette clairière tant qu’elle ne serait pas satisfaite des progrès dans leur conversation. Je veux dire… comment penses-tu pouvoir passer à autre chose tant que tu n’en auras pas le cœur net? Tu te fais souffrir inutilement en silence présentement, mon chou, et tu sais que j’ai raison. Je crois fermement que même si tu essuyais un refus, au moins, ça te permettrait de savoir que tu as tout essayé ce que tu pouvais, que tu as donné tout ce que tu as… et là, ton cœur pourrait guérir. Sans compter que, parfois, se faire dire les choses telles qu’elles sont permet de nous ouvrir les yeux. Qui sait? Aemi n’a peut-être que besoin d’un petit coup de pouce pour se rendre à l’évidence et se questionner plus en profondeur sur ce qu’elle ressent pour toi. Tu vois où je veux en venir, pas vrai, Yahto?

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Yahto
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MessageSujet: Re: Parle-moi du coeur [PV Yahto] [Terminé]   Lun 31 Oct - 11:28

Son regard farfouilla le panier pique-nique avec une excitation presque palpable. Le lycan était un goinfre et c’était une caractéristique bien connue de tout le monde… surtout d’Adelyn, vu leur intimité partagée pendant de nombreuses années. Alors qu’il écoutait la description alléchante que lui faisait son ancienne petite amie, le garde du corps ressassa en arrière-pensée les paroles qu’elle avait prodiguées un peu plus tôt. Être un peu plus comme Sam? Comment le pourrait-il… Son meilleur ami – voire même son frère – était naturellement taré. Avait-il vraiment envie d’être comme ça? Enfin… un peu quand même. Ça rendrait sa vie tellement plus simple de ne se soucier de rien! Mais après, il fallait POUVOIR imiter ledit enfoiré. Ça, c’était une autre paire de manches. Aussi étrange que ça puisse paraître, Yahto était plutôt du type à trop analyser et à trop réfléchir lorsqu’il s’agissait de sa vie sentimentale, ce qui jurait franchement avec son côté très franc de tous les jours qui ne réfléchissait pas toujours avant de parler. Il fallait croire qu’il avait – en quelque sorte – deux personnalités bien distinctes.

- Ouah, Adelyn! Ça l’air franchement excellent tout ça, fit-il avec un regard étonné. Ne me dis pas que tu t’es donné tout ce mal pour cuisiner tout ça toi-même!

Une étincelle maligne brillait au fond de son regard. Il savait pertinemment que la chevalière ne cuisinait pas (ou à peu près pas). Du moins, il n’avait jamais eu à manger sa cuisine, puisqu’elle était très occupée et déléguait cette tâche aux servantes de la cuisine. Cette simple remarque amicale lui valut un coup de poing sur l’épaule, ce qui le fit rire. Toutefois, la façon dont elle le surnomma « mon cœur » le fit sourire. Un regard affectueux fut posé sur elle. C’était le petit mot d’affection qu’elle utilisait régulièrement alors qu’ils étaient encore ensemble... Ça lui donnait cette sensation que rien n’avait changé depuis le temps, et ce, malgré la distance qui les avait séparés. Enfin… le côté charnel en moins. Il fallait dire que Yahto allait toujours aimer Adelyn, bien que différemment de la façon dont il aimait Aemi. Après tout, un premier véritable amour, ça ne s’oubliait pas totalement, n’est-ce pas? Tendant le bras vers le panier pique-nique, Yahto prit une verrine de saumon fumé et prit une cuillère en bois. Il avala une bouchée et s’extasia du goût excellent qui envahissait ses papilles gustatives. La chevalière s’y connaissait en bonne bouffe, comme toujours.

Adelyn parla enfin du chevalier Losly. Yahto ne connaissait pas particulièrement ce dernier, hormis de vue et de réputation. Il savait que ce dernier était réputé pour ses « bonnes manières » envers les filles et ne put s’empêcher d’hausser les sourcils et d’afficher un sourire sans équivoque. La réaction fut instantanée : elle le poussa en riant, ce qui causa son hilarité. Trêve de plaisanteries, elle lui parla de son compatriote chevalier alors que le lycan continuait de manger sa verrine. À entendre les éloges d’Adelyn, il comprit que l’homme était un membre respecté au sein de ses paires, probablement au même titre que son frère jumeau, Lyslo. Yahto grimaça lorsqu’il reçut la petite pique de sa confidente. Bon… oui, il était fou d’Aemi. C’était évident. Poussant un soupir, il déposa sa verrine vide et prit sa coupe de vin qu’il porta à ses lèvres. Lui dire avec des mots… C’était plus facile à dire qu’à faire, en fait. Évidemment qu’il n’avait pas envie d’essuyer un refus! Ça lui briserait le cœur et il aurait du mal à regarder la princesse en face par la suite. C’était ça le problème. Ça causerait un malaise évident entre eux et il savait qu’il aurait du mal à travailler pour elle pendant un moment. Et déserter n’était pas dans ses options non plus. Mais elle n’avait pas totalement tort : comment pourrait-il s’attacher à une autre femme s’il restait dans le doute quant à sa protégée? Tout ça était un terrible casse-tête et il se maudissait de ne pas être davantage maître de ses émotions.

- C’est compliqué, Adelyn, soupira-t-il. Je saisis bien ce que tu dis et je sais que tu as raison. Mais les choses sont différentes. Comment pourrait-elle s’unir à quelqu’un comme moi? Elle me reproche régulièrement mon manque de manières et je risquerais de lui faire honte à tout bout de champ. Elle est négociatrice pour le royaume. Les apparences comptent énormément pour elle. Qu’est-ce que les gens diraient? Tu vois le genre?

Il termina sa coupe en une rasade et se resservit à nouveau. Il en avait besoin.

- Et si j’essuyais un refus, comment pourrais-je la regarder dans les yeux? Être à ses côtés en permanence malgré le malaise évident qui va se créer entre nous? Je sais que le temps fait bien les choses et que je m’en remettrais éventuellement… Mais j’aurais beaucoup de mal à travailler si étroitement avec elle, advenant une bourde de ma part. Et crois-moi, en ce moment, elle ne s’en remettrait pas si je devais quitter ses côtés le temps que les choses se calment. Depuis la mort de notre défunte reine et de la princesse Reyth… Elle s’est refermée comme une huître…

Il y eut un silence pendant un instant et Yahto baissa son regard mordoré sur ses mains. Il fit pivoter sa coupe entre ses doigts. Mouais… Il se doutait bien de ce que ses proches pensaient de sa situation.

- Tu dois te dire que je manque de couilles, pas vrai? Fit-il en tournant la tête vers elle. Que c’est idiot tout ça et que je devrais faire un homme de moi. On me l’a déjà dit, t’inquiète. Il avait une nouvelle pensée pour Sam. Le bougre n’avait pas la langue dans sa poche et ne s’encombrait jamais de tact. J’en ai l’habitude maintenant. C’est que… y a tant à perdre dans toute cette histoire. Et pourtant, ce n’est pas comme si je manquais de franchise en général. Mais ce sujet, en particulier, est spécialement sensible, je dois l’admettre. Je devrais en fait juste oublier cette histoire et passer à autre chose. Peut-être que rencontrer d’autres filles me ferait du bien.

Il termina à nouveau sa coupe dans une gorgée.

- Merci de te soucier de moi, Adelyn, ajouta-t-il en lui affichant un sourire. Juste d’extérioriser tout ça me fait du bien. Je suis confus quant à ma relation avec Aemi, mais somme toute, je t’assure que je vais bien. Je me garde en forme et occupé, puisque la princesse a plusieurs déplacements qui requiert ma présence, ces derniers temps. D’ailleurs, on doit aller dans une soirée huppée la semaine prochaine pour l’anniversaire d’un noble avec qui elle tisse des liens d’amitiés et d’affaires serrés. Tu me vois, moi, dans une sorte de bal? Bon sang! Je vais jurer avec la décoration. Ils éclatèrent tous deux de rire à ce propos. Je vais devoir réviser mes règles de bienséance, sinon je vais avoir l’air d’un con de premier rang!

Puis, il tendit la main pour se saisir d’une verrine de fraises et fromage à la crème. L’expression de satisfaction qu’il lâcha en prenant la première bouchée fit sourire sa comparse. S’il ne se retenait pas à deux mains, il dévorerait le panier au complet sous les yeux ébahis de sa confidente!

- Hey, j’y pense! Comment se passe l’entraînement d’Ishobel? Partez-vous en mission très bientôt?
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MessageSujet: Re: Parle-moi du coeur [PV Yahto] [Terminé]   Sam 19 Nov - 15:29

La fée était bien mal placée pour donner des conseils en amour, mais cela ne l’empêcha aucunement de partager le fond de sa pensée avec le lycan. Elle souhaitait sincèrement le bonheur à ce dernier, car il était l’une des personnes qui le méritait le plus de tous ceux qu’elle avait l’honneur de connaître. Après tout, il dédiait sa vie à un amour à sens unique; il se donnait corps et âme au royaume; il était toujours prêt à prêter main forte aux autres, qu’il les connaisse personnellement ou non… Sans mentionner qu’il n’avait jamais cessé d’être là pour elle, et ce, même après leur rupture.

La chevalière soupira lorsqu’elle entendit la réplique de son meilleur ami : encore cette histoire sur les apparences. Elle était la première à y prêter de l’importance… et, pourtant, tous ses partenaires avaient été des exceptions à la règle. Yahto lui-même n’était pas un noble à l’histoire incroyable… Puis que dire d’Ansgar? Ce dernier était la définition-même du type d’homme de qui elle devait protéger les Alombriens. Elle en savait donc tout un rayon comme quoi le cœur a ses raisons, il ne sert à rien d’essayer de comprendre. D’autant plus que c’est de se priver d’un potentiel avenir heureux pour la simple excuse que la société s’attend à autre chose de notre part.

D’un autre côté, Adelyn comprenait très bien qu’il serait pénible pour son camarade de côtoyer la princesse si elle devait clairement lui faire savoir qu’elle n’était pas intéressée à aller plus loin. Il n’avait pas tort en disant qu’il était avec elle la majorité du temps et que ça rendrait la situation malaisante.

La guerrière posa donc un regard à la fois attendri et attristé sur son ancien amoureux. Ça lui crevait le cœur de le voir souffrir de la sorte et elle aurait aimé le prendre dans ses bras, lui dire que tout irait bien et qu’il filerait le parfait bonheur plus tôt qu’il ne le croyait… Malheureusement, ce serait déplacé. Elle devait se limiter dans la façon qu’elle agissait avec lui, ne désirant pas lui donner la mauvaise idée ou partir des rumeurs à leur sujet…. Car ça n’aiderait pas son cas.

- Je dois t’avouer être un peu offusquée que tu crois que je te penses couillon. Ce n’est jamais évident se lancer en amour, Yahto… Le premier pas est toujours le plus difficile. Il ne faut juste pas que tu t’empêches de le faire par peur de l’échec. Même si ça devait être inconfortable, Aemi mérite de savoir ce que tu ressens et tu mérites d’avoir une chance. Le pire qui peut arriver, c’est qu’elle dira non. Personne ne vas en mourir et tu sais quoi? Je te prêterai même mon épaule pour pleurer, si jamais tu en ressens le besoin. Je vais toujours être là pour toi, mon loup, toujours. Elle lui serra doucement l’épaule de sa main droite. Pour ce qui est de voir d’autres filles, je ne suis pas certaine que ça te ferait entrer dans les bonnes grâce de la princesse.

Elle adressa un clin d’œil au lycan. Mine de rien, il la faisait réfléchir aussi. Elle n’avait pas rencontré personne depuis le départ d’Ansgar et n’y avait jamais pensé sérieusement. Elle ne se sentait simplement pas prête à le faire. Par contre, parler avec le garde-du-corps royal lui faisait comprendre qu’elle devrait peut-être essayer. Elle n’était pas mieux que lui si elle ne se bottait pas le derrière pour faire quelque chose sur le plan amoureux.

- Mais de rien, très cher, c’est fait pour ça, les amis! répondit-elle gaiement, tandis qu’elle se prenait une verrine d’avocats et crevettes. Elle passa à un cheveu de s’étouffer quand elle entendit Yahto parler de sa future sortie avec Aemi. Par Parandar, la chevalière paierait cher pour assister à cette soirée! Elle rit tellement fort qu’elle eut presque de la nourriture qui lui ressorti par le nez. Ne me dis pas des choses comme ça pendant que je mange! Elle prit une serviette de table et s’essuya la bouche. Elle prit ensuite le revers de sa main pour essuyer les larmes au coin de ses yeux. Bon sang, Yahto habillé comme un noble, avec des chaussures et tout le tralala… Ça n’avait pas de prix! C’est où, déjà? Des plans que je connaisse le noble en question… Oh, mais pourquoi, je ne peux pas m’inviter à cette soirée huppée?

Évidemment qu’elle n’avait pas l’intention d’y aller, c’était uniquement pour rire. D’ailleurs, la bonne humeur était au rendez-vous puisqu’Adelyn apprécia de voir son compagnon se délecter du dessert. Elle appréciait de le voir reprendre un peu de gaieté. Elle soupira, déposa sa verrine de crevette et avocats qu’elle venait de terminer, mais ne rechigna pas que le guerrier change de sujet. Ça lui ferait du bien de parler de son rôle de mentor sans retenue.

- Je ne suis pas la plus grande fan de son tigre, car il laisse du poil partout… mais, autrement, je crois que ça va bien. Si tu savais comment ça m’angoisse, parfois! Je veux tellement qu’elle devienne une femme indépendante. J’essaie de l’encourager à réfléchir par elle-même et de trouver le chemin qui lui convient le mieux, mais je ne sais pas… Parfois, je me demande si je fais la bonne chose. Je regarde les autres et je me dis que je devrais peut-être la pousser un peu plus dans une certaine direction, lui imposer un peu plus d’une chose que d’une autre. Je ne sais pas si ça fait du sens… En même temps, je ne serai pas toujours là pour lui indiquer le meilleur chemin et je veux qu’elle soit capable de se débrouiller sans avoir quelqu’un qui lui souffle les réponses. La fée s’étira et s’appuya sur les mains, un peu derrière son dos. Elle tourna la tête en direction de son camarade. As-tu déjà pensé prendre un apprenti? Peu de gardes-du-corps t’arrivent à la cheville et je suis certaine que tu serais excellent pour former la relève. Quoique bon… ce ne serait probablement pas évident avec la princesse et tout. Il y eut un court moment de silence, avant que la chevalière ne reprenne la parole. Sais-tu quoi? Lève-toi.

La jeune femme à la chevelure de blé se remis sur pieds et insista pour que son interlocuteur fasse de même. Le pauvre ne comprenait pas ce qui se passait. « Allez, et que ça saute! » Elle tapa des mains pour le presser un peu. Par la suite, elle ferma les yeux et se concentra : le décor autour d’eux devint une salle de bal grandiose. Le plancher était de marbre, des piliers d’onyx trônaient de chaque côté de la « pièce » et derrière eux se trouvait des rideaux en velours dorés. Il y avait une panoplie de couples qui valsaient autour du duo, les ignorant superbement.

- Que dis-tu d’un peu de pratique pour ta soirée? dit Adelyn, qui avait changé l’apparence de ses vêtements pour donner l’illusion de porter une robe blanche, décolletée à souhait.

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MessageSujet: Re: Parle-moi du coeur [PV Yahto] [Terminé]   Ven 2 Déc - 11:59

Bon sang, cette verrine était délicieuse! Il s’en délectait visiblement, puisqu’il engouffra son contenu à la vitesse de la lumière. Portant à nouveau sa coupe à ses lèvres, le lycan écouta les paroles de sa confidente d’une oreille attentive. Il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire amusé à la mention du poil que la bête laissait traîner partout. Adelyn aimait les animaux, mais n’appréciait pas ce désagrément qui venait de pair. Après tout, du poil laissé ici et là pouvait ruiner aisément l’élégance d’une tenue! D’ailleurs, lorsqu’ils formaient un couple, elle lui interdisait formellement de se balader sous forme lycane dans sa chambre à coucher justement pour cette raison. Si elle remarqua son air amusé, la chevalière n’en tint absolument pas compte, continuant son récit pendant que son ex laissait ses doigts se saisir d’une verrine aux crevettes et à l’avocat.

La formation d’Ishobel tenait énormément à cœur de la belle fée, c’était évident. De la façon dont elle parlait d’elle, Yahto eu l’impression, l’espace d’un instant, qu’elle conversait sur le futur de sa propre fille. Elle était angoissée à l’idée de ne pas mener son apprentie là où elle le voulait et c’était normal. Adelyn avait un souci incroyable du détail et aimait que les choses soient bien faites, d’où le fait qu’elle excellait dans… à peu près tout, quoi! On ne la surnommait pas la prodige pour rien! Prenant une bouchée de sa verrine, Yahto mâcha un instant, puis plongea son regard mordoré dans les iris changeants de la chevalière. Il tendit la main et la glissa sur celle de son amie.

- Tu sais, j’ai confiance en toi, moi. Je sais que tu pourras la mener là où tu le souhaites. Tu fais une excellente mentore et Ishobel semble grandir de jour en jour à tes côtés. Figurativement, je veux dire. Cesses de te mettre autant de pression. Tu es douée et ton apprentie t’adore. Ça crève les yeux.

Adelyn retira doucement sa main pour venir prendre appui derrière elle et Yahto en profita pour terminer sa nouvelle verrine qu’il déposa ensuite au sol. Un apprenti? Il n’y avait jamais réellement songé. Outre le fait qu’il soit attitré uniquement à Aemi, l’idée ne lui avait simplement jamais traversé l’esprit. Certes, il maniait pas mal tous les types d’armes et faisait un très bon garde du corps, mais de là à éduquer un protégé? Il ne savait même pas lire ni écrire! Quel modèle il ferait! Néanmoins, l’idée qu’Adelyn le voit comme un bon futur mentor le toucha profondément. « Merci, Lyn. » Se contenta-t-il de dire avec un sourire sincère. Avant même qu’il ne puisse ajouter quoi que ce soit, Adelyn se redressa et lui somma de faire pareil. Qu’avait-elle derrière la tête? Devant son hésitation à obtempérer, la fée tapa dans ses mains et insista. Bon, si elle le souhaitait… Le lycan fut donc rapidement sur pied et lui jeta un regard interrogateur. La chevalière aux cheveux dorés ferma les yeux, puis la clairière disparue rapidement, laissant place à une somptueuse salle de bal bondée d’élégants danseurs.

Les démonstrations des pouvoirs de son amie l’étonnaient à chaque fois! Yahto regarda autour de lui en laissant échapper un sifflotement d’admiration. Lorsqu’il ramena son attention sur elle, il fut surpris de voir qu’elle portait maintenant une somptueuse robe blanche au décolleté plongeant. Ce fut plus fort que lui, le garde du corps lorgna de ce côté l’espace d’un bref instant. Il fallait dire qu’il n’avait pas eu de relations charnelles depuis elle justement. Évidemment, elle remarqua son regard et le jeune homme s’empressa de s’excuser, l’air un peu embarrassé. Certes, il n’y avait rien sur elle qu’il n’avait pas déjà vu, mais c’était impoli, surtout compte tenu du fait qu’ils avaient cessé ce genre d’activités. Dooonc… Elle voulait lui donner un cours en vue de sa prochaine soirée de bal? C’était très gentil de sa part, mais il savait déjà danser. Il avait appris avec Aemi pendant ses cours… la jeune femme aux cheveux d’azur se devait d’apprendre les pas de danse classique et avait eu besoin d’un partenaire… donc par la bande, il avait développé ce talent impromptu chez lui. Malgré tout, l’idée de danser pour le simple plaisir ne lui déplaisait absolument pas. Yahto esquissa un sourire, puis glissa un bras autour de sa compagne avant de prendre sa main libre dans la sienne. Évidemment, Adelyn jugea bon de modifier son apparence à lui aussi, changeant ses banals vêtements pour une tenue d’apparat noire classique. Une musique venue d’on ne sait où se fit soudainement entendre et Yahto fit tournoyer sa compagne avant de l’attirer dans une valse bien maîtrisée. Bon, le sol était inégal, car somme toute, ils étaient réellement dans une clairière et non pas sur une piste de danse, mais il n’en avait cure.

- Tu savais que je pouvais danser? Lui demanda-t-il avec un sourire amusé. J’ai été forcé d’apprendre, mais au final, ça peut m’être utile!

Tendant la main, le lycan fit tournoyer la fée, puis dans un mouvement suave la ramena à lui avant de l’attraper dans ses bras. Il la fit pencher vers l’arrière dans un mouvement improvisé et presque langoureux, puis la redressa avant de s’élancer à nouveau dans des pas de valse. Malgré leur rupture, il y avait de cela quelques années, une sorte de chimie perdurait au sein du duo; davantage physique qu’affectif, mais n’était-ce pas normal, somme toute? Leurs jeux de la chair avaient toujours été harmonieux et étaient, de loin, le point fort de leur relation. Adelyn le connaissait par cœur et il en allait de même pour lui. Ils dansèrent ainsi pendant de longues minutes et cette brève incartade sensuelle, bien qu’inoffensive somme toute, prit fin après que Yahto ait trébuché sur un rocher qui était invisible à cause des illusions de la fée. Heureusement, il eut le réflexe de relâcher son étreinte sur la chevalière - histoire de ne pas l’attirer à sa suite -, puis s’écrasa sur le dos de tout son long. La jeune femme afficha un air surpris, ce à quoi le lycan répondit d’un regard incrédule… avant d’éclater de rire. C’était d’un ridicule tout ça! Le décor redevint normal et Adelyn voulut se pencher pour lui tendre une main, mais l’homme-loup décida plutôt de se saisir d’elle et de la jeter dans l’herbe près de lui, avant de se chamailler comme des enfants.

- Je te le ferai payer! S’écria-t-il dans un éclat de rire, tentant de prendre le dessus sur elle.

Mais la jeune femme était agile et flexible comme un chat et c’était presque impossible de l’immobiliser au sol! Elle se dérobait sous sa poigne comme une experte et se retrouva dans son dos. Yahto tenta de l’agripper pour la déloger, sans grand succès. Il décida donc de se basculer vers l’arrière, pour l’écraser de son poids, avant de porter ses mains derrière sa tête.

- On est bien là, tu ne trouves pas? Fit-il en faisant mine d’être étendu tranquillement au sol. Tu fais un bon coussin, Adelyn!

Évidemment, la réplique fut terrible! Dans un mouvement impressionnant de sa part, elle lui ramena un bras dans le dos, un air de défi au regard. Elle avait appris ça où?! Il se retrouvait coincé! S’il bougeait, elle forcerait un peu plus… et c’était quand même un peu douloureux, bien qu’il ne voulait pas l’admettre! À sa demande, il se redressa pour la libérer, puis éclata d’un grand rire devant le ridicule de la situation. Battu par une minuscule fée? « Je te demande pardon! » S’écria-t-il entre deux rires, à sa demande non négociable. Dès qu’elle relâcha, il ramena son bras vers une position pour naturelle… puis se jeta sur elle pour la plaquer au sol de son poids, ses mains solides emprisonnant ses poignets délicats chaque côté de sa tête. Évidemment, il prenait bien garde à ne pas la blesser!

- Alors, Lady Adelyn! C’est à votre tour de demander pardon!
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MessageSujet: Re: Parle-moi du coeur [PV Yahto] [Terminé]   Dim 18 Déc - 12:21

Comme à chaque fois qu’elle utilisait son don, Adelyn fut ravie de la réaction de son partenaire pour ce bal improvisé. Elle n’était pas sans aimer voir les gens s’émerveiller devant son pouvoir d’illusion… car s’ils y croyaient, c’était qu’elle avait réussi son coup. D’un autre côté, elle n’était pas pour se plaindre que son ancien petit ami mate son décolleté. C’était plus fort qu’elle : se savoir belle, ça lui faisait un petit velours. « Il n’y a pas matière à s’excuser, mon loup. » susurra-t-elle, amusée. Ce n’était pas comme si elle avait oublié la chimie qui les avait unis par le passé, elle voyait donc la chose comme normale et flatteuse.

- Oh, tu sais, je n’en doutais pas… fit-elle par rapport à la question de son ami. Elle tendit donc les bras en direction de Yahto, qui la mena dans une valse plutôt bien maîtrisée pour le terrain sur lequel ils se trouvaient. Elle se doutait bien qu’il savait danser, car il côtoyait quand même une princesse pratiquement à tous les jours de sa vie, mais il y avait plus d’une raison pour la danse. Un peu de pratique ne fait jamais de tort… et puis, nous avons rarement dansé ensemble comme ça. D’ailleurs, si tu veux subtilement montrer ton intérêt à ta belle, tu peux baisser un peu plus la main dans son dos… Et oui, la chevalière essayait encore de donner des trucs au lycan pour qu’il puisse tâter le terrain de l’intérêt amoureux d’Aemi. Après tout, elle souhaitait sincèrement son bonheur et elle savait ce qui faisait plaisir à une femme. Elle était donc bien placée pour lui donner quelques conseils. Tu pourras jauger immédiatement sa réaction quand tu descendras ta main et ça te donnera une idée de si tu peux te lancer dans une déclaration ou non.

Le couple factice dansa ainsi un instant, profitant tout simplement du moment passé en bonne compagnie l’un de l’autre. La fée aima particulièrement se faire tournoyer et pencher vers l’arrière, car cela lui donnait rappela qu’elle avait auprès d’elle une personne chère à son cœur. Même en tant que simple ami, Yahto parvenait à la faire sentir spéciale et appréciée.

La magie se brisa toutefois lorsque la jeune femme se fit soudainement relâcher par son partenaire de danse, qui venait d’avoir un malentendu avec un rocher au sol. Elle se stabilisa assez rapidement, mais ne savait pas trop quoi penser du lycan étendu au sol. Elle planta son regard dans le sien… avant de pouffer de rire avec lui. C’était toute une façon de terminer une valse! « Tu as plus de chance de te casser les os que de gagner le cœur d’une gente dame avec cette tactique, tu sais? » se moqua-t-elle gentiment. Il était temps de mettre fin à cette illusion de salle de bal. Dans un claquement de doigt, toute la magie disparu et le duo fut de retour dans la clairière d’automne.

La chevalière s’approcha de son ami, bien décidée à l’aider à se remettre sur pieds… sauf que les choses ne se passèrent pas exactement comme prévu. Entre autres, elle se retrouva propulsée au sol à son tour. Elle grogna à l’impact, sans réellement se faire mal, avant de se lancer dans sa terrible vengeance. « On verra qui rira le dernier! » rétorqua-t-elle. Elle ne lésinait pas sur les roulements et les tortillements, ce qui faisait d’elle une proie difficile à attraper. Elle n’était pas sans être une experte dans le domaine, hein! Elle crut avoir enfin le dessus et pouvoir demander à son ami de s’excuser, sauf que ce dernier eut la brillante idée de la transformer en coussin vivant! « Tu devrais penser à te mettre à la diète! » fut sa seule réplique. Puis, elle passa aux choses sérieuses : en deux temps, trois mouvements, elle avait ramené le bras de Yahto derrière lui dans une position qu’elle savait très inconfortable. « Allez, relève-toi! » exigea-t-elle, dans un ton aucunement sérieux. Certes, elle voulait qu’il enlève son poids de sur elle, mais elle n’était pas de mauvaise humeur, loin de là, même.

Quelle ne fut pas sa satisfaction d’entendre le garde-du-corps royal lui demander pardon! Réjouie, elle relâcha sa prise. Elle était pour lui dire qu’il venait d’apprendre une leçon importante, soit ne jamais sous-estimer une femme… quand le traitre décida de faire d’elle sa prisonnière! Elle ne pouvait se libérer aussi facilement qu’auparavant, car il lui tenait les deux mains et qu’il était par-dessus elle. Voilà qui la mettait en position désavantageuse… Son camarade avait toutefois oublié un détail important : elle avait des pouvoirs. Elle fit donc naître chez lui la sensation qu’une couleuvre était en train de faire son chemin le long de sa jambe… pour ensuite aller se faufiler dans son dos et entrer dans son chandail par le col. Clairement, le lycan relâche sa poigne de fer et tente de se débarrasser de l’intrus dans ses vêtements.

Adelyn ne demande pas son reste et s’éloigne de quelques pas, se retenant de toutes ses forces afin de ne pas pouffer de rire à voir son compagnon se tortiller… du moins, jusqu’à ce qu’il se rende compte de la supercherie. À ce moment, c’est plus fort qu’elle et elle s’esclaffe. Se faisant accuser de ne pas jouer légitimement, elle réplique : « Ce n’est pas de la triche… Tu sais, ce n’est pas de ma faute si tu n’as pas de pouvoir magique. Allons, faisons une trêve, veux-tu? »

La fée proposa ensuite d’aller faire une balade dans les bois afin de digérer plus élégamment qu’en se chamaillant. Elle prit alors son camarade par le bras et marcha tranquillement à ses côtés. Somme toute, la température était confortable. Ils jasèrent de tout et de rien, se tenant loin des sujets du cœur. Ils rattrapaient tout le temps qu’ils avaient passé sans se voir et se donner convenablement des nouvelles quand, tout à coup, Adelyn stoppa net. « As-tu entendu ça? » demanda-t-elle, un air inquiet au visage. Elle délaissa alors le bras de son ami et se mit à regarder partout autour d’elle. De toute évidence, le garde-du-corps en fit de même puisque ses sens étaient plus aiguisés que ceux de sa compagne. « … Le dernier retourné à la clairière est un œuf pourri! » s’exclama-t-elle en poussant légèrement le lycan, puis elle détala comme un lapin.

Malheureusement pour elle, elle se fit rapidement dépasser par un loup géant. « C’est de la… » commença-t-elle à crier, mais elle se ravisa avant de terminer sa phrase. Elle ne pouvait pas remettre sur le nez du lycan d’utiliser ses aptitudes quand elle venait de lui faire le même coup à peine quelques minutes plus tôt. N’empêche qu’elle courut aussi vite qu’elle en était capable et profita du fait qu’elle pouvait dépenser un peu d’énergie en faisant autre chose que s’entraîner avec des armes. Ce ne fut pas une grande surprise qu’elle fut la dernière arrivée à la clairière. Elle n’avait pu voler et n’allait pas aussi vite sur deux pattes que son ami ne pouvait le faire sur quatre. Elle leva alors les bras en guise de défaite. « Tu as gagné, mon loup. C’est moi l’œuf pourri! » Elle baissa la tête, avant de rire face à leur comportement enfantin. « Nous devrions vraiment nous voir plus souvent! »

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MessageSujet: Re: Parle-moi du coeur [PV Yahto] [Terminé]   Lun 9 Jan - 21:09

Il devait admettre que de la voir se tortiller sous lui pour se libérer était une sensation plutôt satisfaisante. Une étincelle de malice brillait au fond de son regard mordoré alors qu’il affichait son plus beau sourire à la fois amusé ET narquois. De quoi faire enrager encore davantage sa meilleure amie qui n’appréciait visiblement pas sa supériorité momentanée. Toutefois, il ne put savourer sa victoire bien longtemps : un glissement se fit sentir le long de sa jambe. Qu’est-ce que…? Interloqué, le jeune homme eut l’impression qu’un petit serpent – une couleuvre, en l’occurrence – ondulait le long de son corps. Les sourcils froncés, il se demanda pendant un instant si c’était la réalité ou alors un coup perfide de la part d’Adelyn. Ce n’est qu’au moment où il sentit la peau froide de la bestiole qui glissait dans son col pour s’aventurer sur sa peau que le lycan eut un vent de panique. Non pas qu’il avait particulièrement peur des serpents (loin de là), mais sentir la bête s’immiscer dans ses fringues ne figurait absolument pas dans le top 3 des choses qu’il aimait dans la vie!

Son visage exprima une émotion de dégoût et rapidement, il se vit contraint de relâcher la fée blonde. Il ramena rapidement ses mains dans son dos à la recherche de la créature filiformes, en vain. Mais où était… elle? Il n’y avait rien sous sa tunique… Ce n’est qu’à ce moment précis qu’il entendit la chevalière pouffer de rire devant sa mine ahurie. Oh… Il s’était fait avoir comme un débutant! C’était exactement ce qu’il craignait : une supercherie! « Ce n’est pas du jeu! C’est de la triche! Sans tes pouvoirs, tu n’aurais jamais pu te libérer! » S’écria-t-il en prenant une mine de petit garçon boudeur. Évidemment, Adelyn se défendit du mieux qu’elle put, puis lui demanda de faire une trêve. Bon… il pouvait bien faire ça pour elle! Mais ce n’était que partie remise, il se le promettait! Il tendit la main pour sceller la paix avec son ex, puis se releva en époussetant ses vêtements salis par la terre.

Lyn lui proposa ensuite d’aller faire une balade dans la forêt, histoire de permettre à leurs estomacs surchargés de digérer le repas qu’ils avaient ingéré. Yahto hocha de la tête en guise d’approbation, puis aida son amie à ranger leurs effets près des chevaux. Il tendit ensuite un bras à sa compagne et esquissa un sourire alors qu’elle le saisissait sans l’ombre d’une hésitation. Malgré le fait qu’ils ne formaient plus un couple, il y avait toujours cette douceur et cette forme de galanterie entre eux. Comme quoi malgré leurs différences et le fait que l’amour n’y était plus, la tendresse régnait toujours. Ils discutèrent de la pluie et du beau temps, passant en revue également une grande majorité des facettes de leur vie respective. Presque tous les sujets furent abordés sauf un seul : celui de l’amour. Après tout, ce thème les rendait tous les deux un peu à fleur de peau… L’air ambiant était doux et frais. Yahto prit une grande bouffée, appréciant l’arôme sauvage qui l’entourait. Toutes ces odeurs, tous ces effluves… Ça en était grisant! Il pouvait sentir la terre humide sous ses pieds, l’odeur des feuilles portées par le vent, la trace d’un écureuil qui avait fait son chemin devant eux, la douceur légèrement acidulée des baies rouges dans le buisson de droite… Comme la nature lui avait manquée, au fil du temps!

Alors qu’il profitait des petites joies simples que lui offrait la forêt entre deux conversations, Yahto sentit sa confidente se raidir. Instinctivement, il fronça des sourcils et se tendit comme un arc. Elle lui demanda s’il avait entendu ce bruit étrange et il leva la main pour lui intimer le silence. Il tendait l’oreille… Pourtant, il ne percevait rien d’anormal… C’est alors qu’il entendit Adelyn s’écrier derrière lui, prétendant que le dernier arrivé dans la clairière était un œuf pourri. Oh… Oh elle voulait jouer à ça, hein? Un sourire presque carnassier se glissa sur ses lèvres fines et il frappa le sol de ses mains. Rapidement, son corps se métamorphosa, prenant de l’ampleur au point où ses vêtements se déchirèrent. Tous, sauf son pantalon. C’était en fait un morceau de tissu qu’avait fait fabriquer Aemi en prenant exemple sur celui de Sam. Ce dernier possédait un pantalon extensible qui s’étirait au fil des métamorphoses et reprenait sa taille originelle au même rythme que le lycan. Puisque la princesse en avait marre de voir son garde du corps à poils après chaque transformation, elle s’était empressée de demander aux couturières et aux artisans d’en fabriquer quelques uns pour son ami d’enfance. C’était donc le moment idéal pour tester la marchandise!

Une énorme bête aux allures de loup prit la place du beau jeune homme en quelques secondes à peine. La créature détala, surpassant rapidement la fée puisqu’étant beaucoup plus rapide. Évidemment, cette dernière sembla vouloir répliquer, mais se ravisa, ayant visiblement peur de se faire remettre sa remarque sur le nez. Comme c’était amusant tout ça! Le souffle de la bête envahissait l’air ambiant alors qu’il zigzaguait entre les arbres. Il rejoignit la clairière en moins de deux, puis reprit forme humaine. Il croisa les bras sur sa poitrine et afficha un air franchement satisfait alors qu’il vit sa confidente s’approcher de lui, les bras en l’air en guise de capitulation. Elle avait le souffle légèrement court et lui s’approcha lentement d’elle. Il huma l’air bruyamment, puis afficha une grimace.

- Tu sens cette odeur? Demanda-t-il.Ça sent l’œuf pourri… Je me demande d’où sa vient…

La réplique ne se fit pas attendre et il reçut un coup dans les côtes, ce qui ne manqua pas de le faire éclater de rire.

- Mais pour tout te dire, moi aussi je crois qu’on devrait se voir plus souvent. Tu me manques, gamine…

Et encore quelques coups furent décochés sur sa poitrine, Adelyn feignant d’être vexée par cette appellation. Finalement, il passa son bras autour de ses épaules et lui fit une accolade amicale.

- La prochaine fois que tu seras en congé, promets moi de me faire signe. Ça me manque, ces journées qu’on passait ensemble, tu sais…

Puis, il se figea. Son air se fit sérieux tout à coup. Il avait perçu du mouvement dans les fourrés, derrière Adelyn. Quelque chose approchait. Il leva soudainement la main pour faire taire son amie et lui faire signe qu’il avait perçu un truc, mais, évidemment, cette dernière n’en crut pas un mot. Après tout, ne venait pas d’utiliser la même tactique pour l’inciter à baisser sa garde? Il savait qu’elle n’était pas dupe, mais là, il ne blaguait pas.

- Non, mais je suis sérieux Adelyn, y a vraiment un truc cette fois…

La suite se déroula aussi rapidement qu’un éclair. Il ne vit rien venir. Des filaments collants jaillirent des buissons et s’entortillèrent vivement autour de la jeune femme. Yahto ne vit rien venir! En un mouvement sec, Lyn s’écrasa au sol et se fit tirer vers la forêt où elle disparue en moins de deux!

- ADELYN!

Le jeune homme s’élança en direction de l’endroit où elle avait disparu. Le cœur battant la chamade, il courut le plus rapidement qu’il put quand il s’arrêta soudainement. Devant lui se trouvait un homme étrange, pourvu de pattes d’araignée dorsales, qui tenait sa meilleure amie ligotée contre lui. Ses filaments visqueux et collants recouvraient la bouche de la jeune femme alors qu’il lui jetait clairement des regards plus qu’intéressés. Il se délectait visuellement de la fée, mais Yahto ne put savoir si l’arachnéen avait des pensées lubriques ou si la jeune femme lui était aussi appétissante qu’un poulet rôti.

- Lâchez-la!! Cria Yahto à plein poumons alors qu’il était prêt à se métamorphoser.

La créature sursauta, puis lui jeta un regard amusé. Sans plus attendre, il leva l’un de ses bras et un filet gluant vint se ficher directement dans les yeux du garde du corps de Temperance, enserrant sa tête avec aisance. Il ne voyait plus rien!! Enragé, le guerrier lycan poussa un cri terrible alors qu’il portait ses mains à son visage. Il tentait de défaire la poigne répugnante du filament, sans grand succès. Un autre filament vint se ficher sur sa bouche, l’empêcher de crier davantage. Heureusement, son nez était libre, ce qui l’empêchait de suffoquer! Tendant l’oreille, il perçut les cris étouffés de sa meilleure amie qui, visiblement, se faisait emmenée loin de lui. Non… non!! Sans plus attendre, Yahto se métamorphosa et porta ses pattes au bâillon organique qui masquait sa vue. Avec ses griffes, il tenta de se déprendre, déchirant la peau recouverte de fourrure de son visage au passage. Il se débattait dans tous les sens, prit entre la panique et la colère. Après de longues minutes de lutte, le garde du corps réussit enfin à dégager son visage, recouvrant alors la vue malgré ses yeux larmoyants (surtout à cause du contact avec les filaments). Il cligna des yeux et remarqua qu’il n’y avait plus de traces de l’homme araignée ou même de la fée… Il s’empressa ensuite d’arracher les filaments qui recouvraient sa gueule, puis accourut à l’endroit où l’inconnu se tenait un peu plus tôt. Il percevait son odeur au sol… Il allait devoir utiliser sa truffe pour le retrouver!

Sans plus attendre, le lycan s’élança à travers les arbres, reniflant le sol à plusieurs reprises. Mais rapidement… il perdit la trace de son adversaire… C… Comment était-ce possible?! MERDE!! Décontenancé, la créature sentait son cœur battre à tout rompre. Il devait retrouver Adelyn… Vite!! Instinctivement, le loup géant leva son nez au ciel et poussa un long hurlement, voulant ainsi faire comprendre à la chevalière qu’il tenterait tout pour la libérer. Alors que son signal se terminait, il remarqua des filaments flottant au vent au-dessus de lui. L’arachnéen… avait utilisé la voie des airs pour se déplacer, voilà pourquoi il ne retrouvait plus son odeur! Il allait devoir suivre les résidus gluants résultant de sa fuite…

Plus déterminé que jamais, il s’élança à nouveau…
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MessageSujet: Re: Parle-moi du coeur [PV Yahto] [Terminé]   Mer 11 Jan - 19:29

- Je ne sais pas, as-tu pris un bain dernièrement? lança la chevalière à l’intention de son meilleur ami, qui la narguait évidemment en insinuant qu’elle puait l’œuf pourri. Elle ne se gêna pas pour lui donner un coup dans les côtes, question de lui rappeler à qui il avait affaire. Elle laissa tomber toute retenue quand elle se fit ensuite traiter de gamine. Oh, ça, elle ne le prenait pas! Elle se tortilla sous l’étreinte du lycan, mais se laissa finalement faire puisqu’il lui avait quand même manqué en bout de ligne. Un sourire aux lèvres, elle lui fit la promesse de le tenir au courant de ses congés. Je te le jure, sur mon honneur de chevalière!

Riant de bon cœur, la fée ne prit pas au sérieux l’intimation au silence de son compagnon. Elle n’était pas pour tomber dans le panneau après le tour qu’elle venait de lui jouer. Il allait devoir être plus original que ça pour la faire marcher. « Oh, allez, ce n’est drôle que la première fois! » fit-elle, enjouée. Elle leva les yeux au ciel quand Yahto voulut lui répéter qu’il ne blaguait pas. « Mais oui, c’est ÇA! » Sa phrase se termina dans la plus grande stupeur, car la jeune femme se senti soudainement tirée vers l’arrière.

Elle perdit pied dans le temps de le dire et se fit traîner au sol. Elle lutta contre ce qui lui arrivait de son mieux, mais elle ne put empêcher les petites pierres au sol de lacérer ses vêtements par endroits et de lui écorcher la peau. Elle grogna instinctivement face à la douleur. Elle craignit également pour ses ailes, bien qu’elle n’eût pas le temps de s’en préoccuper présentement.

Prise de court, elle ne retrouva ses esprits que lorsqu’elle se fit soulever brusquement par un inconnu. Elle n’eut pas l’opportunité de voir son visage, ce qui la fit rager intérieurement. « Vous allez regretter cet affront… » fut tout ce qu’elle put dire avant d’entendre un rire gras, qui la déconcerta. Elle se renfrogna davantage en constatant la façon dont l’homme, un arachnéen visiblement, la dévorait du regard. Elle n’était pas enchantée du tout. Elle reçut par après une baffe qui l’empêcha de renchérir à ses protestations, mais la cerise sur le gâteau fut cette grotesque substance collante que son agresseur apposa sur sa bouche.

La fée fut consciente de la tentative de rescousse de Yahto; or, le soulagement de le voir apparaître fut de courte durée. Le lycan subit un sort similaire au sien une fois que l’homme-araignée se soit remis de sa surprise. Il profita ensuite de la confusion du garde-du-corps royal, qui ne voyait plus rien et ne pouvait plus faire usage de sa bouche, pour prendre la voie des airs. En effet, l’assaillant utilisa son don racial pour se hisser dans les arbres et ainsi se déplacer d’une branche à l’autre. Si Adelyn avait pu crier à ce moment, elle l’aurait fait. Cependant, elle ne pouvait faire autrement que de maudire sa petite stature pour la mille et unième fois dans sa vie. Elle faisait une victime beaucoup trop facile à transporter. Elle voulut recommencer à se débattre, mais se cogna la tête contre une branche. Il faut dire que son transporteur ne se souciait pas particulièrement de l’état dans laquelle il la ramenait Parandar seul sait où.

Quand la chevalière revint à elle-même, ils étaient en train de redescendre au sol. Elle se sentit projetée contre une surface dure et rugueuse. Ce n’est qu’après-coup qu’elle constata qu’il s’agissait de la pierre, près de ce qui ressemblait à une tanière. Son attaquant ne se tenait pas loin et lui chantonnait de ne pas trop s’en faire, ce serait bientôt fini. Il s’assura de recouvrir également les jambes de sa victime de filaments gluants et s’éloigna pour commencer sa sombre besogne. Pendant un instant, la jeune femme craignit faire affaire à un cannibale. Après tout, elle n’avait qu’entraperçut qu’une dague quand elle s’était étiré le cou afin de voir ce qui se tramait un peu plus loin.

Elle se fit violence pour ne pas céder à la panique. Elle se répéta qu’une situation n’était jamais aussi désespérée qu’elle n’y paraissait. Il devait y avoir quelque chose qu’elle pouvait faire afin de se sortir de ce pétrin. C’est alors qu’elle se dit qu’elle pouvait toujours essayer de métamorphoser ses mains pour avoir des griffes. Malheureusement pour elle, son agresseur avait trop bien fait son travail : elle n’arrivait pas à bouger les mains, ce qui faisait en sorte que ses griffes étaient inutiles. Elle tenta ensuite de se faire pousser des canines plus longues et acérées, ce qui lui permit de faire un trou dans la toile recouvrant sa bouche. Elle se fit toutefois remarquer par l’homme, qui n’apprécia nullement son initiative. Il revint d’un pas décidé vers elle, lui arracha violemment les filaments du visage et lui fit boire un liquide au goût affreusement amer.

Adelyn toussa et recracha ce qu’elle put, mais elle ne se mérita qu’un coup de poing au visage. Elle grimaça de douleur. Elle se recroquevilla et trouva le moyen de ramper un peu, question de mieux voir ce que préparait la créature. Ce qu’elle vit lui glaça le sang : il y avait un autel de fortune, des dagues et épées, des chandelles à être allumées, en plus de plusieurs pots contenant elle-ne-sait-quoi. Sincèrement, elle ne voulait pas rester dans les parages afin de le découvrir. D’un autre côté, elle se disait qu’elle devait trouver un moyen d’éliminer cette menace pour les habitants d’Alombria…

Ce n’est qu’au bout d’un moment qu’elle remarqua que sa vision n’était plus ce qu’elle était. À vrai dire, elle voyait flou et les sons qui parvenaient à son oreille avaient un drôle d’écho. Elle commençait même à avoir moins de sensation dans ses membres. Elle comprit donc qu’elle avait été droguée, probablement dans l’optique de moins offrir de résistance durant le sacrifice à venir. Elle devait aviser Yahto de ne pas venir pour elle, mais plutôt d’aller chercher des renforts.

**[Yahto]Mon… venir… pas… renforts… seul… Yahto…**

La guerrière ne parvint à formuler de message clair, son esprit étant trop embrouillé pour ce faire. Son message télépathique était incompréhensible et elle s’en doutait. Ses propres pensées n’étaient plus cohérentes à ce point, voire qu’elle pensa voir des yeux marrons qui la surveillaient dans les buissons. Elle était en train de divaguer et ne pouvait rien faire pour empêcher la situation de s’envenimer.

Au premier mouvement suspect de l’arachnéen, elle lança sa tête vers l’arrière. Elle appréhendait ce qu’il ferait par la suite; or, il ne se dirigea pas vers elle. Quelque chose semblait avoir attiré son attention, pour ne pas dire le mettre en colère. Ce fut donc dans un dernier élan de lucidité que la fée avisa qu’elle était tout près d’une pente. Elle se mit à rouler sur elle-même et dévala la pente à toute allure. Elle se cogna contre plusieurs obstacles en cours de route, mais elle n’en avait cure. Elle ne ressentait pas la moitié de ses blessures de toute façon… Elle se rendit toutefois compte que sa chute lui avait permis de déchirer les filaments qui la retenaient prisonnière. Quel soulagement de pouvoir enfin bouger!

… Du moins, ses bras étaient libres. Elle ne pouvait en dire autant de ses jambes, ce qu’elle remarqua lorsqu’elle planta face première dans un tas de feuilles mortes. Il semblait que ses jambes étaient toujours ligotées… Oups… Adelyn décida alors de s’acharner à déchirer les filaments de ses griffes, et ce, malgré qu’elle s’entaillât les mollets et les chevilles au passage. Elle n’avait malheureusement pas le luxe de trop se poser de question, car de sombres formes dévalaient à leur tour la pente en sa direction. Sans compter qu’elle faisait de son mieux, étant donné son état...

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MessageSujet: Re: Parle-moi du coeur [PV Yahto] [Terminé]   Mer 25 Jan - 14:17

La bête fusait à travers les arbres, son souffle rauque se faisant entendre sous l’effort. Son cœur tambourinait dans sa poitrine et il dut se faire violence pour ne pas tout ravager sur son passage, tant sa colère était grande. De quel droit cet enfoiré OSAIT s’en prendre à Adelyn?!! Il allait le payer cher! Il jeta un bref coup d’œil mordoré vers le ciel et remarqua que d’autres filaments pendaient depuis les branches, au-dessus de sa tête. Où avait-il emmené la jeune femme? Pourquoi s’en était-il pris à elle? Se connaissaient-ils? Il ne savait plus quoi penser…

Ses pattes martelaient le sol, ses griffes s’enfonçant dans la terre fraîche afin de lui permettre d’être plus stable dans sa course. Cela faisait combien de temps qu’il courait maintenant? Il n’en avait aucune idée. Il avait du mal à conserver sa notion du temps sous cette forme… Il bifurqua vers la droite quand un message télépathique faible et décousu fusa dans son esprit. C’était Adelyn! Qu… que venait-elle de dire? Il n’avait rien saisi! Il espérait honnêtement qu’elle allait répéter ses propos afin qu’il puisse en tirer quelconque information pertinente… Mais rien ne se produisit. La détermination du lycan augmenta d’un cran.

Au bout d’un moment, il arriva enfin en vue d’une portion dégagée de la forêt, en bordure d’une pente plutôt abrupte qui menait vers la rivière tout en bas. Le canidé colossal s’arrêta dans les fourrées et constata que la vile créature avait emmené Adelyn près de ce qui semblait être sa tanière. La jeune chevalière était à moitié couchée sur une plaque de pierre, entière ligotée, alors que l’arachnéen préparait une multitude de petits outils faits en ossements près de ce qui semblait être un étrange autel primitif. Il… il faisait quoi là? Le lycan était perplexe et tenta de comprendre où voulait en venir son adversaire, quand il remarqua enfin le regard suppliant et embrumé de son amie. Merde, qu’est-ce qu’il en avait à foutre au fond! La grosse araignée allait subir son courroux, peu importe ce qu’elle planifiait!

Sans trop s’en rendre compte, Yahto émit un grondement sourd et retroussa naturellement les babines. Alerté par les grognements, l’homme-araignée se retourna, puis marcha en sa direction, passant près d’Adelyn sans la regarder. Bien, bien! C’est exactement ce qu’il voulait : qu’il laisse la chevalière en paix. Le garde du corps de la princesse Aemi conservait son regard mordoré rivé vers son adversaire au point où il remarqua à peine sa confidente rouler en bas de la pente. Il se releva lentement, puis sortit de sa cachette, marchant en direction du kidnappeur qui le regardait d’un air perplexe. Les deux ennemis se fixèrent un instant, quand la créature à huit pattes esquissa enfin un sourire. Sans plus attendre, il leva ses mandibules et d’immenses jets gluants furent propulsés en direction du lycan. Yahto, vif comme l’éclair, vit venir le coup et esquiva sans trop de difficulté. Il effectua une roulade au sol, puis chargea, toutes griffes dehors.

Le loup-garou leva sa patte droite et fendit l’air. L’araignée, pour sa part, bondit vers l’arrière, évitant de peine l’assaut qui déchira malgré tout ses vêtements en de nombreuses lanières. Il n’avait pas dit son dernier mot! Le kidnappeur ouvrit un pan de son manteau, puis exhiba un arsenal de dagues en os plutôt impressionnant! Il posa sa main quasi squelettique sur plusieurs d’entre elles et les propulsa en direction du guerrier alombrien qui évita de justesse les projectiles, sa peau étant tout de même légèrement entaillée par endroits. Les assauts étaient répétés entre les filaments gluants et les dagues acérées. Si Yahto était suffisamment agile pour éviter de se faire pourfendre, il savait également qu’il ne pourrait pas être sur le qui-vive indéfiniment. Il devait bouger! Changer d’endroit! Son adversaire connaissait cette portion de la forêt comme sa poche, ce qui était à son avantage!

Sans plus réfléchir, l’Alombrien décida de dévaler la pente, la créature à ses trousses. Il zigzagua entre les arbres quand il repéra enfin la fée, tout en bas, qui se défaisait de ses liens. Cette dernière ne semblait pas blessée, à priori, mais il remarqua bien la façon dont elle chancela sur ses jambes, prise d’une faiblesse soudaine. Elle n’allait pas bien, c’était plus qu’évident… Il ne pouvait pas traîner ici plus longtemps et il était hors de question qu’il l’abandonne derrière! Le lycan se rua en direction de la chevalière, puis sans la moindre hésitation, lui agrippa le bras. Il fit un mouvement circulaire avec le corps la fée blonde, puis vint la percher sur son dos, lui intimant par ses gestes de nouer ses jambes autour de son torse et ses bras autour de son cou. Elle allait devoir se cramponner!

Leur ennemi sur les talons, Yahto détala, ignorant les rires amusés et ironiques de leur poursuivant. Le doux ruissellement de la rivière se fit entendre et sans trop savoir pourquoi, le monstre canin se laissa guider jusqu’à elle, instinctivement. Il sauta par-dessus un immense tronc d’arbre renversé, puis s’arrêta une fois sur la rive. Il nota la présence d’immenses rochers au sol, puis sans crier gare, attrapa l’un d’entre eux. Dès que l’araignée fit son apparition, le lycan lança son projectile et fit mouche, le heurtant en pleine poire. Sous l’impact, leur adversaire se fit propulser vers l’arrière et s’écrasa au sol, le visage en sang. Voilà l’ouverture qu’il recherchait!

Yahto déposa Adelyn sans trop de ménagement (il n’avait pas trop le temps, en fait…), puis chargea en direction du grand homme maigre qui avait osé s’en prendre à son amie. Fou furieux, il referma sa gueule sur son bras et de grands filets de sang coulèrent de la plaie. Le lycan secoua la tête dans tous les sens à l’instar d’un chien enragé et tentait visiblement de lui arracher le bras. Il lacéra son torse de ses griffes, ignorant les hurlements du kidnappeur. L’homme-araignée leva l’une de ses mandibules, puis envoya un filet gluant directement dans les yeux du lycan qui laissa échapper accidentellement un couinement. Ah, ça brûlait!! Yahto lâcha prise, puis recula en portant ses pattes griffues à son visage.

Sa mâchoire claqua dans l’air autour de lui, comme s’il tentait par tous les moyens de se dégager.

- Sale cabot!! Pesta l’homme squelettique de sa voix ironiquement caverneuse (malgré sa stature rachitique). Je vais te museler, moi!! Crois-moi, tu vas détaler avec la queue entre les pattes! Et toi! La putain! Tu vas bien me servir! Je vais me festoyer de tes entrailles!

Il… il était complètement fou! Un bruit métallique se fit entendre, signe que son ennemi venait de dégainer d’autres dagues. Merde, merde, merde!! Il ne voyait rien!! Yahto se tortillait dans tous les sens, en vain. Toutefois, l’impact ne vint jamais. Tout ce qu’il entendit fut le cannibale qui hurlait de douleur (ou de terreur? Ce n’était pas impossible) et qui suppliait ouvertement son bourreau de cesser sa torture très soudaine. Il devait surement parler d’Adelyn! Que lui faisait-elle?! Titubant, les yeux qui brûlaient, le lycan heurta la chevalière accidentellement au passage et les deux amis perdirent pied… avant de s’enfoncer dans la rivière derrière eux. Le seul problème, à cette hauteur du cours d’eau, c’était que le courant était plutôt fort. Ils se firent donc rapidement emporter…

Submergé, Yahto se débattait comme un diable pour se défaire de l’emprise des filaments. Heureusement pour lui, l’effet de l’eau sur ses liens gluants eut tôt fait de dissoudre un peu la matière, ce qui lui permit d’enfin pouvoir se libérer. Ses yeux étaient rougis par le contact avec la matière organique, mais il n’en avait rien à faire. Le lycan nagea vers la surface, puis sortit son immense tête canine de l’eau. Son cœur battait la chamade et il tenta de se repérer. Où était Adelyn? D’instinct, Yahto se mit à aboyer pour essayer de donner sa position à la fée. C’est alors qu’il l’a vit, un peu plus loin devant lui, emportée également par le courant. Si elle semblait toujours consciente, il remarqua toutefois le léger filet de sang qui s’échappait de sa chevelure dorée. Elle semblait confuse.

La bête banda les muscles et nagea le plus rapidement possible en sa direction. Il agrippa la fée, la plaqua contre lui et pivota sur lui-même avant de recevoir un rocher – qui trônait au milieu des flots – dans le dos. Il couina de douleur, mais au moins, sa confidente n’avait pas eu à subir cet impact. Il… il devait les sortir de là, et vite! Le grand canidé baissa son museau vers sa compagne et lui lécha un peu le visage en guise de réconfort.

Ils allaient s’en sortir… assurément.
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MessageSujet: Re: Parle-moi du coeur [PV Yahto] [Terminé]   Dim 12 Fév - 19:18

Son cœur battait à vive allure, sa respiration était saccadée, ses mains tremblaient… Le bruit de feuilles mortes se faisant brusquement déplacer par des pas pressés faisait monter la tension d’un cran. La fée ne savait pas quel sens donner à ce qu’elle entendait, d’autant plus qu’elle n’avait qu’une vision partielle. Elle était incapable de faire le focus avec ses yeux. Elle déchiquetait les liens gluants contraignant ses pieds, sans se soucier du dommage qu’elle se faisait à elle-même. Elle n’en avait cure : elle devait trouver un moyen de retrouver l’usage de ses jambes. C’était à peu près la seule chose dont elle était certaine en ce moment.

Eut-elle à peine le temps de se défaire des fils d’arachnéen sur ses chevilles qu’elle se fit tirer d’un côté et projeter d’un autre. Un haut-le-cœur faillit avoir raison d’elle, mais Lyn parvint à ne pas vider le contenu de son estomac. Elle fit alors confiance à son instinct, qui lui dictait de faire confiance à peu importe qui l’avait installée sur son dos. Elle s’accrocha à la créature poilue comme si sa vie en dépendait… ce qui, à vrai dire, n’était pas très loin d’être la vérité. Elle mit un instant à prendre conscience du rire mesquin qui les suivait comme une ombre. Elle fronçât des sourcils et se souvint alors de son agresseur. Oui, c’était bien lui qui avait un tel rire à glacer le sang.

C’est alors qu’elle comprit sur le dos de qui elle se trouvait : c’était nul autre que son meilleur ami, le fidèle Yahto. Il devait avoir pris sa forme lycane pour voler à sa rescousse. La chevalière eut envie de se mettre à pleurer de reconnaissance, sauf que le moment était mal choisi. De toute façon, il y avait plus de chance qu’elle commence à larmoyer à cause de la douleur de se faire lâcher abruptement au sol. Elle tomba sans ménagement sur ses genoux, la faisant jurer de façon incohérente pendant une seconde ou deux. Elle se maudit intérieurement de ne pas être capable de se relever immédiatement, les étourdissements étant trop puissants pour ce faire. Elle se recroquevilla le temps que ça passe, puis s’essaya à se remettre sur ses pieds. Elle chancela légèrement, mais fut satisfaite de constater qu’elle avait suffisamment d’adrénaline dans les veine pour rester debout. Elle prit une grande inspiration et repéra son compagnon, qui était en plein démêlé avec leur ennemi.

Adelyn eut de la difficulté à saisir les propos prononcés par l’arachnéen, mais elle en comprit assez pour comprendre qu’il se vantait encore de sa supériorité. Elle serra les poings face à cette attitude arrogante. Elle était une représentante de l’Ordre des chevaliers d’Alombria, bon sang! Son ami était un garde-du-corps royal. Les choses ne se termineraient pas avec la victoire d’un truand à mandibules; c’était hors de question!

La jeune femme vulnérable fit appel à toute la concentration dont elle était capable afin d’activer son pouvoir d’illusion. Elle reproduit alors la sensation de brûlure intense partout sur le corps de l’assaillant. Ce dernier put découvrir l’effet d’être brûlé vif et il ne tarda pas à changer son discours. Visiblement, il ne parvenait pas à faire face à la douleur qui lui était imposée. Malheureusement pour lui, son ancienne victime n’était pas en état de raisonner et ainsi se dire qu’elle y allait trop fort avec son don. Elle ne savait simplement pas comment mesurer l’ampleur de ce qu’elle infligeait.

Sur ces entrefaites, le monde de la guerrière chavira à nouveau lorsqu’un loup désorienté se précipita involontairement sur sa petite personne. Elle se retrouva à l’eau en une fraction de seconde. Elle se heurta la tête au cours de sa chute, ce qui eut pour effet d’achever toute lucidité qu’elle était parvenue à rassembler. Elle se mit à tousser bruyamment dès que sa tête sortit de l’eau. Elle se mit alors à s’agiter dans tous les sens, son instinct de survie prenant le dessus. Elle paniquait, tout simplement. Elle ne comprenait pas qu’elle se faisait emporter par la rivière et ne fit qu’angoisser davantage lorsque ses mouvements furent restreints par Yahto. Celui-ci la protégeait, une fois de plus, mais elle avait perdu contact avec la réalité. Plus rien ne faisait de sens et tout lui procurait une douleur incroyable. Elle se mit à pleurer, et ce, malgré la marque de réconfort de son ami.

Les deux compagnons se firent malmener par le courant durant une période indéterminée, pour finalement s’arrêter lorsqu’ils s’entremêlèrent dans les immenses racines d’un vieil arbre en bordure de la rivière. Heureusement pour eux, un groupe d’hommes d’âge mûr chassait le lapin dans les environs et les avait aperçus. Ensemble, ils parvinrent à repêcher les deux blessés et à les installer sur la berge. Ils veillèrent à nettoyer leurs plaies avec le peu de moyens dont ils disposaient. Ils offrirent généreusement de les ramener à la capitale sur leurs chevaux. N’étant plus en mesure de parler, Adelyn se laissa faire docilement. À vrai dire, elle était à peine consciente rendue à ce point. Elle eut un vent de panique quand elle fut séparée du lycan, mais ce dernier la rassura que tout irait bien. Elle se calma avant de finalement tomber dans les pommes. Ce fut sans doute mieux ainsi, car elle n’eut pas conscience des heures mises à les transporter jusqu’au château.

Ce ne fut que le lendemain matin qu’elle reprit conscience et, encore là, elle ne parvint pas à quitter son lit. Un mal de tête la clouait sur place et elle dut se résoudre à un repos forcé. Elle prit toutefois la peine de renseigner la garde du royaume du danger que représentait l’arachnéen dans la forêt, ainsi que de faire la requête qu’on aille récupérer les deux montures qui avaient été abandonnées à l’orée de la clairière. Il fallut une semaine avant qu’une équipe ne retrouve les traces du sauvage qui avait attenté à la vie de la fée, ainsi que celle de Yahto. On ne trouva pas l’homme, celui-ci ayant abandonné son repère, mais on promit à la chevalière qu’on surveillerait étroitement tout rapport pouvant indiquer où se trouvait cette menace pour la population.


[Fin du RP]

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