Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 The viper's curse [PV ALECTO]

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Ansgar
Guerrier(ère)


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MessageSujet: The viper's curse [PV ALECTO]   Sam 22 Oct - 14:02

C’était son tour de garde. Il était assis, près du feu, et travaillait un morceau de bois avec un poignard. Il avait arraché tout l’écorce enrobant l’essence de merisier et était en train de sculpter un petit ourson, simplement pour passer le temps. Ses hommes dormaient autour de lui. Ils avaient décidé de faire une halte alors qu’ils revenaient au campement après avoir pillé un village au nord des terres de Shola. Les nordistes avaient commencé à envahir le pays voisin, curieux de voir les richesses qui s’y cachaient. Après tout, étendre le territoire de « chasse » pouvait être prolifique pour eux! Et puis, on lui avait déjà dit que plusieurs richesses intéressantes se trouvaient au-delà de la frontière.

Son regard d’acier se glissa sur les flammes grésillantes du feu de camp, l’espace d’un instant. Il réfléchissait. À elle. À sa chevelure dorée si douce et à la chaleur de sa peau qui lui manquait tant. Il n’avait pas encore pu trouver une excuse valable pour s’éloigner du campement seul, suffisamment longtemps pour renouer avec elle. Elle lui manquait, plus que tout. Mais c’était plus compliqué depuis l’arrivée d’Hélicie dans les terres sudistes. Il avait du mal à la laisser seule, cette dernière désirant toujours l’accompagner là où il allait. Après tout, elle ne s’était pas embarquée à bord du navire pour se faire abandonner à la première occasion, pas vrai? Il avait fallu plusieurs négociations afin de convaincre sa fille qu’il reviendrait rapidement de cette mission et ainsi la rassurer quant à leurs retrouvailles imminentes. C’était surtout pour cette raison qu’il tardait toujours à s’élancer vers la capitale Alombrienne pour retrouver la sublime fée qui lui manquait tant…

Tournant son regard sur ses compagnons, le Grand Ours s’assura que tout se passait bien. Pour une des rares fois depuis le début de cette aventure, aucun membre de sa fratrie ne l’avait accompagné dans cette mission. Normalement, il y avait toujours l’un d’entre eux à ses côtés simplement parce qu’il avait sa confiance la plus totale envers eux (oui oui, même Idris!) et parce qu’ils représentaient tous – à leur façon – un élément indispensable de son équipe. Mais Idris et Thor était partis vers le nord, Randie était occupée avec son esclave-matou (et avait pour tâche de veiller sur Hélicie) et Bryaan devait s’occuper d’une guerrière qui allait accoucher d’ici quelques jours (le premier enfant norrois à naître en terre du sud, qui plus est!). Malgré l’absence de son bras-droit, de son frangin et de ses sœurs, la mission s’était franchement bien déroulée. Ils avaient pillés beaucoup plus d’or que prévu et avait même fait le plein d’armes de qualités, choses qui leur étaient toujours utiles.

Avec la pointe de sa lame, il grava les yeux de l’ourson alors que la forme générale du bout de bois lui paraissait satisfaisante. Il s’affaira à graver la délimitation de la gueule de sa petite statuette quand des bruissements sur la gauche attirèrent son attention. D’instinct, il tourna vivement la tête en direction des fourrés et plissa les yeux pour mieux voir dans la pénombre du sous-bois. C’était quoi ça? Un cerf? Ça semblait furtif et rapide. Peut-être même… craintif? Lentement, Ansgar se leva et rangea l’ourson dans ses poches. Sa main resserra sa poigne sur sa dague et de l’autre, il claqua des doigts près de Sigfrid pour le réveiller. Le norrois avait du mal à sortir de sa torpeur, mais pu tout de même voir son chef lui faire signe qu’il allait jeter un coup d’œil dans la forêt. Il devait donc se lever pour surveiller pendant son absence. De toute façon, il n’en aurait pas pour longtemps.

Son regard métallique fixant le sous-bois, le chef des norrois s’avançant dans les buissons malgré la molle protestation de Sigrid. Il contourna un saule puis entendit les mêmes bruits sur sa gauche.« Who’s there? » Demanda-t-il dans sa langue natale sans trop y penser. Il lui sembla soudainement que les bruits se rapprochaient alors que d’autres tournaient autour de lui. Peu importe ce que c’était, ils étaient probablement plusieurs. D’accord, tant pis si c’étaient des animaux, il allait réveiller ses comparses et ils ratisseraient les bois pour trouver ce qui s’y tapissait. Il revint donc sur ses pas et contourna une souche avant de sentir une vive douleur sur son mollet droit. Il grogna sous l’impact puis baissa la tête en direction de sa jambe. Quelle ne fut pas sa surprise de voir la gueule d’une vipère dont les crocs étaient plantés dans sa chair! Vif comme l’éclair, il frappa avec sa dague, tranchant net la tête de la bête. Le corps longiforme se tortilla puis se vida de son sang pendant que le guerrier lançait la tête plus loin. Merde! C’était la première fois qu’il se faisait attaquer par une créature du genre! C’était quoi ça? Il lui semblait maintenant entendre des rires, plus loin.

Sans plus attendre, le chef des Guerriers du Kodiak s’élança aux pas de course en direction du campement. Toutefois, il ne savait pas si c’était le fait de faire un effort physique soutenu (ce qui activait sa circulation sanguine) qui lui causait problème, mais il se sentit soudainement étourdi. Ansgar s’appuya sur un tronc puis fut pris de nausée. Son souffle s’accéléra et sa vision s’embrouilla. Il se vit chuter vers le sol, puis ce fut le noir total.

****************

Il avait peu de souvenirs de la suite. Il croyait avoir eu connaissance qu’un petit groupe de personnes l’avaient soulevé, puis bougé. Il se rappelait les frissons, puis la chaleur intense qui l’avait envahi, le tout ponctué de sueurs incontrôlables. Il se souvenait que son cœur s’était débattu en fou et qu’il avait probablement vomi, quelque part là-dedans. Mais maintenant, il avait conscience d’un mal de crâne incroyable qui lui vrillait les tympans. Il n’avait pas ouvert les yeux, mais savait qu’il était réveillé. La douleur à son mollet droit était toujours présente, comme une brûlure impitoyable. Il était donc vivant? Visiblement, la vipère qui l’avait mordu était venimeuse, c’était la seule explication qu’il avait trouvé pour tous ces symptômes qu’il avait ressentis. Où était-il maintenant?

Lentement, Ansgar ouvrit les yeux. Sa vision était embrouillée et il avait du mal à distinguer ce qui l’entourait. La pièce était sombre et des chandelles trônaient sur un meuble tout au fond. Il cligna des paupières à plusieurs reprises, puis se redressa non sans un gémissement de douleur. Une résistance étrange lui enserrait les poignets, limitant ses mouvements. Ce n’est qu’à ce moment qu’il réalisa l’ampleur de la situation. Des chaînes, là. Elles le retenaient par les poignets et les chevilles afin de l’empêcher de trop s’éloigner du mur derrière lui. Mais qu’est-ce que… Le norrois fit arc circulaire avec son bras droit et referma sa main sur le lien de métal qui le gardait prisonnier. Il tira avec force et sentit le tout grincer, bien que les mailles ne semblaient pas vouloir céder. Il était plus fort qu’un humain régulier et songeait au fait qu’il pourrait probablement arracher le tout à force de tentatives répétées. Ou alors, il ne lui fallait que changer de forme pour se libérer avec beaucoup plus d’aisance.

Des murmures tout au fond de la salle devant lui attirèrent son attention. Deux jeunes femmes en loques l’observaient d’un air craintif. La jeunesse de leurs traits le frappa de plein fouet : elles étaient de l’âge d’Idris, tout au plus. Que faisaient-elles là? L’une d’entre elles murmura quelque chose à l’oreille de sa compagne, puis sortit par la porte du fond. Baissant son regard sur lui-même, le guerrier réalisa qu’on lui avait retiré son armure de cuir clouté. Seuls son pantalon noir et sa tunique grise défaite masquaient son corps recouverts de tatouages. Disparus ses brassards, ses bottes et ses armes! Ses longs cheveux marron avaient été dépouillés de la sangle de cuir qui les retenait ensembles et coulaient sur ses épaules comme une rivière d’encre.

- Qu’est-ce qui se passe? Où suis-je? Demanda-t-il dans un enkiev parfait à la pauvre fille qui était restée derrière. Qui êtes-vous? Aucune réponse. Je vous suggère fortement de me libérer, car d’une façon ou d’une autre, je réussirai à briser ces liens. Et croyez-moi, vous ne voulez pas que je recouvre à la force pour y arriver…

La porte du fond s’ouvrit à nouveau. Une silhouette gracieuse et féminine apparue. Le guerrier du nord plissa les yeux pour mieux voir la nouvelle venue…
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Alecto
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Ven 28 Oct - 12:39

Cela faisait quelques fois que ses espions lui mentionnaient l’existence d’un clan de géants barbares s’amusant à piller les villages d’Alombria. Alecto, à l’écoute de cette information, n’avait pas particulièrement réagit, puisqu’elle se fichait du fait que les armes et les richesses des villages disparaissent. Toutefois, elle avait ordonné à ses espions de continuer de suivre ces géants puisqu’elle les trouvait intéressants. Si c’était de l’or et des armes qu’ils recherchaient, elle pouvait très bien leur en fournir. Une armée de barbares lui semblait une idée plus qu’alléchante dans son plan de domination du monde. Cependant, trop d’affaires la retenait à Shola, elle ne pouvait se permettre le voyage jusqu’à Alombria dans l’immédiat. Elle mit donc ses plans de côté et se concentra sur ce qui urgeait le plus, c’est-à-dire continuer d’infiltrer toutes les sphères du royaume sholien afin d’étendre en douceur, mais en finesse, sa domination.

Elle se nourrissait d’une esclave qui lui avait déplut lorsque l’un de ses sbires fit son entrée dans sa salle à manger. Bien entendu, l’homme resta dans l’ombre jusqu’à ce qu’elle termine son repas, sachant à quel point sa maîtresse détestait être interrompue. Dastan – c’était là le nom de l’homme – était l’un des seuls de l’entourage d’Alecto qui ne tremblait pas en sa présence. En effet, la jeune femme n’avait pas à utiliser la peur pour le motiver puisqu’il était lui-même entré à son service. À vrai dire, il la vénérait et ce n’était pas sans déplaire à la vampiresse. Dastan se trouvait à être un ancien garde sholien que l’on avait démis de ses fonctions parce qu’il avait attaqué un village du royaume pour son propre bénéfice. Ainsi, lui et les hommes qu’il commandait, avaient été renvoyés. Cela se passa il y a presque trois ans, lorsque la sorcière hérita du domaine et des affaires d’Ulyss. Peu de temps après, il frappait pratiquement à sa porte pour lui offrir ses services, ainsi que ceux de son régiment, soit une vingtaine d’hommes. En raison de l’utilité et de la docilité de celui qui avait acquis le poste d’homme de main, elle avait consenti à payer le régiment nouvellement acquis. Après tout, certaines personnes n’avaient pas froid aux yeux et ne pensaient qu’à l’argent. De plus, son investissement dans ses soldats lui avait été rentable, puisqu’ils étaient des espions hors pair. L’immortelle avait, de cette façon, acquis un bon nombre d’informations grâce à ceux-ci et cela ne faisait qu’ajouter des cartes dans sa manche.

Lorsqu’Alecto eut terminé son repas, elle claqua des doigts pour qu’on la débarrasse du corps sa vie de la jeune femme à la chevelure rousse et elle fit signe à Dastan de s’approcher. Ce-dernier l’informa que la troupe de barbares sur laquelle ses hommes devaient garder un oeil venait de mettre pied en territoire sholien. La sorcière haussa un sourcil, intéressée. Elle demanda leur localisation et son homme de main l’en informa. Ce n’était pas tout près, mais ce n’était pas si loin non plus. Était-ce possible de faire l’aller-retour en une nuit, questionna-t-elle? Son lieutenant lui répondit que c’était faisable, à condition de partir aussitôt que les rayons du soleil seraient à leur plus bas. Cela lui convenait. Les rayons du soleil étaient beaucoup moins puissants au crépuscule et elle pourrait très bien chevaucher avec une cape recouvrant tout son corps. Un plan se forma dans l’esprit de la vampiresse. L’idée n’était certainement pas de les attaquer en pleine nuit, même ensommeillés ce clan d’hommes barbares gagneraient la bataille. Ses hommes n’étaient pas encore assez nombreux, sans parler du fait que la moitié d’entre eux se trouvaient un peu partout sur le continent, à la recherche d’informations. Le but de cette sortie nocturne serait d’en capturer un seul, pour avoir des renseignements sur ce peuple surgit de nulle part. La magicienne errante ordonna à Dastan de préparer ses hommes ... et de lui trouver quelqu’un d’autre à se mettre sous la dent. Elle aurait besoin d’énergie pour ce qui l’attendait.

La chevauchée s’était bien déroulée et les informations précises de ses espions avait permis à la trouve de localiser facilement le campement des géants. Pour être énormes, ils l’étaient. Alecto se félicita d’avoir pris la décision de ne pas mener une attaque ouverte contre eux. Comme tout le reste de son plan machiavélique, cela devait se faire dans l’ombre. Afin qu’on ne les entende pas venir, la trouve s’était arrêtée à quelques lieu de l’endroit où campaient les barbares. L’immortelle expliqua son plan. Le but était d’en attirer un seul dans la forêt et de le prendre en otage. Elle s’occuperait de le rendre inoffensif pour le voyage et ils le ramèneraient au manoir. Ordonnant à Dastan de trouver un moyen pour attirer l’un des géants dans la forêt, elle se dirigea vers le cheval supplémentaire qui transportait les vivres et également une cage de verre dans laquelle se trouvait une vipère. La vampiresse la libéra et lui ordonna de se placer sur ses épaules. Son homme de main revint vers lui, lui apprenant qu’ils étaient tous prêts à passer à l’action. Un sourire de prédateur se dessina sur les lèvres de la sorcière et elle suivit ses hommes. Un géant à la chevelure foncée montait la garde près du feu. D’un gracieux signe de la main, elle ordonna à Dastan de mettre leur plan à exécution et elle se retira un peu plus loin dans la forêt, attendant que la proie se dirige vers elle. Rabattant sa capuche sur sa tête, bien que la lumière de la lune lui était tellement bénéfique, elle se dissimula derrière un immense tronc d’arbre.

L’immortelle n’attendit pas bien longtemps, l’un de ses hommes lui indiquant par l’imitation d’un hululement de chouette que la proie se dirigeait vers elle. En effet, quelques instants plus tard, il se trouvait dans la clairière, alors que ses hommes à elle l’encerclaient à distance, sans qu’il puisse les voir. Le grand homme cria quelque chose dans une langue que la jeune femme ne comprenait pas. Décidément, ils venaient d’un ailleurs qu’elle ne connaissait point. Alecto caressa alors doucement la tête de sa vipère et celle-ci ondula pour se rendre sur le sol. Le serpent ondoya silencieusement sur le sol, se servant des zones d’ombre pour ne pas être vue, même si le guerrier ne regardait que les arbres et non la terre. La vipère agit alors très rapidement, comme lui ordonnait sa maîtresse et planta ses crochets dans le mollet de l’homme. Il réagit instantanément, trancha la tête de sa fidèle servante et prit la direction du campement à la course. La vampiresse dut résister à l’envie de lui planter ses crocs dans la chair, pour le meurtre de sa vipère; elle respectait plus les serpents que les humains. Toutefois, en courant ainsi vers le campement, le guerrier ne faisait qu’accélérer le voyage du poison dans son sang, puisqu’en se mouvant ainsi, il accélérait de ce fait la circulation sanguine. Le poison de sa vipère aurait sans doute pu tuer un homme de taille normal, mais puisque sa proie était beaucoup plus grande et massive, cela ne ferait que l’assommer pendant plusieurs heures. De toute façon, Alecto avait pris soin d’apporter avec elle un antidote au venin au cas où ses signes vitaux défailliraient jusqu’à la mort. Le géant tomba sur le sol et la sorcière fit signe à ses hommes de s’emparer de lui. Il fallait agir rapidement afin que les autres barbares ne les trouvent pas. L’homme était trop lourd pour voyager à dos de cheval, surtout inconscient. Ainsi, ils l’attachèrent solidement à une planche de bois, ventre contre le bois – il ne fallait pas qu’il s’étouffe avec d’éventuels vomissements – et attachèrent cette planche de bois à deux chevaux. Ainsi, ils se mirent tous en route.

En arrivant à son manoir, l’immortelle ordonna qu’on descende le prisonnier en salle de torture alors qu’elle allait se changer de ses habits de voyage. Mélinda avait posé ses habits du jour sur son lit, ainsi qu’une cruche de vin. Cette jeune femme était décidemment une perle, jusqu’à ce qu’elle commette une erreur. Ainsi, la magicienne revêtit ses habits de soie si typiques des temps désertiques, en plus de sa coiffe préférée. Elle devait être présentable pour leur invité. Dastan revint vers elle, lui indiquant qu’ils avaient enchaîné l’homme dans la salle de torture et que deux de ses esclaves étaient chargées de le surveiller. L’une d’elle viendrait l’aviser lorsqu’il se réveillerait. On l’avait dépossédé de ses armes, de son armure et de tout ce qui pourrait être menaçant. Elle sourit à l’efficacité de son homme de main. Une autre belle acquisition. Alecto le congédia d’un geste de main et se rendit à son bureau, l’amphore de vin à la main, la coupe dans l’autre. Elle venait de s’installer et de lire un premier document lorsque son lieutenant revint vers elle, l’informant que l’étranger venait de reprendre conscience. Bien. Elle allait pouvoir s’amuser. La sorcière ordonna à Dastan d’aller chercher ses instruments de torture et de la rejoindre en bas. Après quoi, elle reprit dans ses mains sa coupe et sa cruche puis elle descendit.

La salle de torture du manoir avait été aménagée afin que la vampiresse soit toujours en contrôle et avantagée dans la situation. Ainsi, le sol était recouvert d’une énorme quantité de sable qu’elle pouvait manier à sa guise. Dastan arriva en même temps qu’elle tenant une énorme boîte de bois dans ses mains. Elle poussa la porte et entra dans la pièce. La vue de l’homme enchaîné au mur lui procura un immense plaisir. Elle se retourna vers Tamina qui était encore dans la pièce. « A-t-il parlé? » En bredouillant de peur, l’esclave l’informa qu’il avait plutôt posé des questions et qu’il avait affirmé être en mesure de réussir à briser ses liens. Alors elle avait affaire à un téméraire. Cela allait de soi. « Disparais » ordonna-t-elle à l’esclave. Puis, elle se retourna vers Dastan. « Libère-les et laisse-nous. » Aussitôt, l’homme ouvrit le couvercle de la caisse en bois et cinq vipères des sables en sortirent et plongèrent immédiatement dans le sable qui recouvrait le plancher de la salle. Alecto se dirigea vers la table où reposaient quelques chandelles et y déposa son amphore de vin, gardant toujours sa coupe pleine à la main. Ensuite, elle se dirigea vers l’étranger. Le contact du sable sous ses orteils lui rappela le Désert pendant un instant. La magicienne portait rarement des souliers, préférant se promener pieds nus, sauf lorsqu’elle sortait du manoir. Elle sentait les vipères se déplacer sous le sable. Elles n’attaqueraient pas, sauf si elle leur ordonnait, mais elle les savait avide de croquer dans la pièce de chair qui s’offrait à eux. Les serpents n’étaient d’ailleurs pas les seuls à avoir cette envie. La vampiresse comptait se servir de ses fidèles servantes pour torturer l’homme. Il ne mourrait pas ici, du moins pas tout de suite, à moins qu’elle ne soit pas satisfaite.

L’immortelle arriva alors à la hauteur du barbare et remarqua tout de suite les nombreux tatouages qu’il portait. Que représentaient-ils? Cela la fit sourire, car elle portait elle aussi de nombreux tatouages, les plus évidents ornaient son visage et représentaient son statut de sorcière dans le Désert. D’autres se trouvaient sur ses bras et dans son dos, figurant plusieurs choses, mais cela restait principalement des symboles inconnus pour les habitants des terres du nord. Elle s’agenouilla devant sa victime et passa ses doigts sur l’ossature de la mâchoire de ce dernier. « J’ai besoin d’informations, étranger et vous pouvez me les apporter. » Elle planta son regard dans celui d’acier du prisonnier. « Je vous offre deux choix. Vous me répondez franchement et docilement, auquel cas je ne vous fais pas souffrir. » Bien sûr, c’était faux. Même s’il lui répondait docilement, elle s’abreuverait quand même à lui et l’expérience n’était pas sans douleur. Elle se releva pour le regarder de haut. « Ou bien vous résistez, vous ne me répondez pas et dans ce cas, vous souffrirez. Énormément. » Elle prit une gorgée de vin. « Je vous conseille de ne pas faire de moi votre ennemie, étranger. Cela serait une bien belle bêtise. » La sorcière décida qu’elle pouvait d’abord faire preuve de bonne volonté. L’homme devait être encore sous l’influence du poison, c’est-à-dire qu’il devait avoir un sérieux mal de crâne. Une fois de plus, elle s’agenouilla devant lui et lui offrit de son vin. Bien sûr, il était réticent. « Il n’est pas empoisonné. Croyez-moi, j’ai bien d’autres moyens de le faire. » À son grand étonnement, il prit une gorgée. Elle sourit. Bien, très bien. Elle se releva et s’éloigna quelque peu du barbare. « Je trouve qu’il est toujours agréable pour un prisonnier de connaître le nom de son geôlier. Je me prénomme Alecto. Quel est le vôtre? » L’homme resta muet. La jeune femme soupira. « Vous pouvez au moins jouer le jeu, ne serait-ce qu’un instant? Je veux tout savoir. Votre nom, votre provenance et la raison pour laquelle vous êtes si agréablement imposant. » Allait-il lui répondre? Il avait l’air borné à ne pas lui dire. En fait, c’était son problème, puisque la vampiresse n’hésiterait à pas à le torturer. Elle lui avait posé les questions de base, elle voulait en savoir tellement plus. Qui était leur chef? Leur mode de vie? Pourquoi pillaient-ils tous ces villages? Leur religion et leurs coutumes? Tout.
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Ansgar
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Jeu 3 Nov - 9:58

Assis au sol, les bras de chaque côté de son corps et le dos appuyé au mur de pierres froides, Ans jeta un regard de provocation à la nouvelle venue. Qui était-elle? Son apparence générale était, il devait bien l’admettre, plutôt agréable à l’œil, mais surtout intrigante. Elle avait l’air hautain des gens qui étaient parfaitement en contrôle de la situation. Mais avait-elle la moindre idée à qui elle s’adressait? Il n’était pas n’importe qui! Il était Ansgar Drakkhen des Terres du Nord et il n’allait très certainement pas jouer les gentils nounours qu’on peut bousculer sans en subir les conséquences. De l’orgueil? Oui, c’était son plus grand péché. Un autre homme entra dans la pièce avec une boîte dans les mains. Le norrois lui jeta un regard intrigué. La nouvelle venue se tourna vers la femme en loques et lui demanda s’il avait parlé. Elle lui répondit non sans couiner de peur et déguerpit rapidement sous les ordres de ce qui semblait être sa maîtresse.

La mystérieuse femme lança un nouvel ordre à l’homme qui s’exécuta rapidement. Il posa la boîte de bois au sol et souleva le couvercle : cinq vipères en jaillirent, se réfugiant dans le sable qui recouvrait le sol. Ça… ça n’inaugurait rien de bon. Instinctivement, le guerrier ramena ses jambes à lui en une vaine tentative de limiter l’espace entre lui et les serpents qui avaient complètement disparu de sa vue. L’homme sortit de la pièce et referma derrière lui, laissant l’inconnue avec Ansgar. Cette dernière se dirigea vers le meuble du fond et déposa une sorte de cruchon parmi les chandelles. Elle tenait une coupe à la main remplie d’un liquide couleur rubis qu’il identifia comme étant du vin. La geôlière marcha lentement en sa direction avec un air qui laissait croire qu’elle possédait tout le temps du monde devant elle. Son regard glissa sur le torse à la chemise ouverte du norrois et nota visiblement les nombreux tatouages qui s’y trouvaient. Est-ce que cela l’intriguait? Visiblement, elle portait des marques elle aussi, bien que ces dernières ne voulaient probablement pas dire la même chose et que Ansgar avait la peau du visage exempt de dessins. Dans un roulement de hanches découlant davantage d’une démarche naturellement sensuelle que véritable provocation, la femme arriva à sa hauteur et s’agenouilla pour ensuite glisser ses doigts sur la ligne de la mâchoire volontaire du guerrier.

Elle déclara avoir besoin d’informations et que ce dernier était celui qui allait les lui prodiguer. Elle lui offrit deux choix : sa coopération contre une indemnité physique ou sa rébellion pour un lot de souffrances incalculable. Du moins selon elle. Son interlocutrice ne connaissait pas les norrois, c’était plus qu’évident. Elle le mit en garde, probablement dans le but de l’intimider. Si elle savait. Il avait été élevé à la dure et avait déjà subi de la torture par le passé. Comme beaucoup de guerriers norrois, en fait. La femme à la peau laiteuse se pencha vers lui et tendit sa coupe. Sur le coup, le Grand Ours recula la tête, puis planta son regard acier dans les yeux énigmatiques de sa geôlière. C’est dans un premier mouvement de provocation qu’il prit une gorgée de la boisson qu’elle lui tendait, désireux de lui faire comprendre qu’elle ne l’effrayait guère. Visiblement, pendant un bref instant, son geste sembla la surprendre. Bien, bien. Si elle croyait avoir à faire à un pleutre ou à un homme docile, alors elle pouvait s’enfoncer son cruchon profondément dans le derrière.

Dans un mouvement gracile, la femme se releva et s’éloigna, non sans préalablement décliner son identité : Alecto. Drôle de nom. Il n’avait jamais entendu une sonorité similaire. Ça avait une consonance exotique et bourrée de mystères. Elle voulait qu’il en fasse de même et il se contenta de rester silencieux. Elle poussa un soupir puis se tourna vers lui. Elle voulait tout savoir? Et bien, il se ferait un plaisir de ne pas lui offrir satisfaction. En fait, non seulement ne pipa-t-il aucun mot, mais il esquissa un sourire de provocation. Pouvaient-ils laisser tomber tout ce flafla et en venir immédiatement à l’exécution de son plan machiavélique? Non pas qu’il avait envie de se faire torturer, mais tout ça était une perte de temps. Alecto revint vers lui non sans avoir préalablement déposé sa coupe et se pencha à sa hauteur avec un regard énigmatique. Elle allait probablement proliférer quelconque menace quand Ans se redressa pour que son visage ne soit qu’à quelques centimètres du sien. Ils se regardaient dans le blanc des yeux et la jeune femme ne pouvait y lire aucune trace de peur.

- You want a piece of me, bitch? Demanda-t-il tout bas dans sa langue d’origine. I have three little words for you : suck my dick.

Il avait appuyé chacun de ses mots, afin de bien faire sentir l’arrogance de la chose. Évidemment, elle ne comprenait rien, mais l’idée qu’elle l’appelle « suck my dick » pendant un instant causa l’hilarité chez lui, comme si c’était une excellente blague qu’il venait de raconter. Dans un mouvement rapide, il se releva sur ses pieds et s’avança jusqu’à la limite permise par ses chaînes. Mais ce qui le surprit davantage fut la vitesse de son interlocutrice qui s’éloigna en un clignement de paupières. Wow! Il n’avait jamais rien vu de tel et visiblement, sa surprise parut sur ses traits. Elle n’était pas humaine, c’était plus qu’évident. Ou bien son mal de crâne toujours bien présent lui jouait des tours… Du mouvement dans le sable se fit sentir à la base de ses pieds nus et Ansgar sursauta. Il recula instinctivement, sachant pertinemment qu’il y avait ces satanées vipères à ses pieds. Il releva la tête et ramena son attention sur la chose qui le fixait avec un air indéchiffrable.

- D’accord, je serai bon joueur, se reprit-il d’une voix raque dans un enkiev parfait, un sourire en coin trônant à nouveau sur ses lèvres. Si ça peut vous faire plaisir, je peux au moins vous faire une fleur et vous décliner mon identité. Ainsi, vous saurez au moins qui est l’homme qui se sera libéré de ses chaînes pour fondre sur vous et rompre votre cou délicat… Parce que c’était l’intention qu’il avait. Je m’appelle Ansgar. Doutez-vous de ma capacité à mettre à exécution mes menaces, Alecto? Vous semblez penser qu’il s’agit de paroles en l’air.

Son sourire s’accentua. Il enroula à la chaîne autour de son bras droit et banda les muscles, faisant grincer dangereusement les mailles métalliques qui le retenaient. Un sifflement mécontent à ses pieds attira son attention et une vipère sortit la tête du sable. Rapidement, il tassa sa jambe pour éviter une morsure imminente. Était-ce un avertissement ou une véritable tentative? Dans tous les cas, Alecto ne semblait pas perturbée le moins du monde. Elle attendait la suite des réponses à ses questions. Des informations banales. Que cherchait-elle?

- Je doute que vous m’ayez pris en otage par simple hasard, continua-t-il en la scrutant de ses yeux gris. Vous connaissez la réputation de mon peuple et je suis persuadé que ma terre de provenance vous est déjà connue, je me trompe? Quant à ma stature… et bien, c’est un cadeau de la nature? Et si vous ne rappelez pas vos serpents immédiatement, je peux vous assurer qu’ils finiront de la même manière que leur compagnon qui a osé traverser ma route. Le cou tranché et le corps recouvert de spasmes. Quoique, je n’ai pas de lame sur moi… mais mes mains suffiront à déchirer leur chair fragile.

Il répondait sans répondre à ses questions et l’allusion aux vipères ne semblait pas lui plaire. Comme il s’en foutait!

- Vous voulez jouer à la dure? Bring it.
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Alecto
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Dim 27 Nov - 12:03

Alecto resta impassible lorsque son captif lui parla dans un langage qu’elle ne connaissait point. Bien qu’elle n’était pas en mesure de comprendre la teneur de ses paroles, elle pouvait tout de moins sentir la hargne qui les accompagnait. Elle comprit qu’elle avait raison lorsque l’homme se précipita vers elle, jusqu’à la limite que lui permettaient ses chaînes. Instinctivement, la sorcière recula, afin de ne pas être happée par son prisonnier. Sa vitesse d’exécution sembla le surprendre. Elle était beaucoup plus rapide que lui, il n’avait aucune chance. Toutefois, un tel assaut sur sa personne, bien qu’il soit voué à l’échec, ne devait pas être pris à la légère et surtout, ne devait pas être reproduit. La femme se concentra sur ses vipères qui se déplaçaient dans le sable et leur ordonna de se promener autour du captif, provoquant ainsi un mouvement dans l’étendue sablonneuse qui entourait l’homme enchaîné. Il recula. Bien. On ne la provoquait pas. Jamais. Et on la menaçait encore moins. La vampiresse fut surprise d’entendre son détenu s’exprimer dans un enkiev parfait. Le langage qu’il avait utilisé auparavant lui était complètement inconnu et elle ne s’attendait pas à ce que cette barrière linguistique soit résolue si rapidement. Cependant, la suite des paroles de l’homme ne lui plurent guère. Des menaces, encore des menaces. Décidemment, ce peuple de barbares ne savait pas reconnaître une situation où leur vie était en danger. L’imposant étranger qui se tenait devant elle semblait être aussi orgueilleux qu’elle. Cela n’allait certainement pas bien se terminer... pour lui. À cet instant présent, elle avait particulièrement envie de lui planter ses crocs dans la gorge et le vider de son sang afin de le punir de la menacer ainsi. Avec une stature aussi gigantesque, il la rassasierait amplement. Par contre, elle n’aurait aucune information et tout ce cirque n’aurait servi à rien. Elle expira, contrôlant sa soif.

Ansgar la provoqua une seconde fois, avec des actions. Les chaînes qui le retenaient ne semblaient pas aussi solides qu’elle l’avait cru. Cet homme possédait décidemment une force surhumaine. Peut-être devrait-elle recourir à d’autres moyens pour le tenir captif. Cela ne serait pas un problème, il ne connaissait pas sa force ni ses pouvoirs. Souriant à cette démonstration de force elle commanda à l’une des vipères de sortir du sable et de faire semblant de l’attaquer. La prochaine fois qu’il tenterait une attaque physique, les vipères n’échoueraient pas. Elle avait tout son temps, elle pouvait l’empoisonner, le guérir et l’empoisonner de nouveau, jusqu’à ce qu’il daigne coopérer. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas eu une distraction digne de ce nom et cet imposant étranger serait parfait. Toutefois, il eut une fois de plus la mauvaise idée de la provoquer, cette fois-ci invoquant ses vipères. Une lueur de colère traversa son regard déjà froid de nature. Il suffisait maintenant! Cette brute avait besoin d’une bonne correction. Il ne lui dirait rien sans souffrance. Ses dernières paroles confirmèrent ses doutes. La jouer à la dure ne la dérangeait en rien. Par contre lui, il allait le regretter et il allait souffrir. « Je dois m’avouer déçue Ansgar. Je vous pensais plus intelligent que cela. » L’immortelle se leva et retourna vers le meuble recouvert de chandelle. Elle ouvrit le premier tiroir, dans lequel était rangée une multitude de dagues. Elle en prit trois, cela devrait être suffisant pour le moment. Elle saisit également deux étuis qu’elle attacha à sa taille et y glissa deux des lames. Attrapant la troisième, la sorcière entreprit de faire chauffer la lame grâce au feu de l’une des chandelles. « Ne vous a-t-on jamais appris de ne pas provoquer un prédateur sur son propre terrain de chasse? » Elle ne le regardait pas, elle ne pouvait jauger sa réaction.

Tout en continuant de faire chauffer la lame, elle imagina toutes les tortures qu’elle pourrait infliger à cet homme du nord. « Je sais que vous venez du Nord et il n’est pas très difficile de déterminer que vous cherchez des armes et des richesses. Des problèmes dans le Nord ou bien une envie de conquête démesurée? Je ne saurais dire, bien que je puisse comprendre l’envie de conquête. » Alecto se retourna et s’avança vers son prisonnier. La lame désormais rougit ne cherchait qu’à entrer en contact avec la chair humaine. « Mes espions m’ont rapporté votre nombre en terre enkiev. Je veux savoir votre nombre exact en comptant ceux qui sont demeurés au nord. » Il ne répondit pas. Il fallait s’y attendre. La vampiresse plaqua la lame brûlante sur le pectoral gauche du guerrier. Elle le vit serrer des dents. « Vous n’allez vraiment pas me donner la satisfaction de vous entendre crier? Encore une fois, vous me décevez. » La sorcière retira la lame de la peau de son captif. « Combien êtes-vous? » Il demeura muet. Saisissant la dague, elle entreprit de le couper lentement sur son biceps droit, laissa couler une traînée de sang. Plaçant son arme sous la gorge de son nouveau jouet afin de l’intimer de rester tranquille auquel cas elle n’hésiterait pas à lui trancher la jugulaire, elle entreprit de lécher doucement le sang qui s’écoulait de la plaie. La vampiresse pouvait mentalement se figurer l’expression de dégoût qui devait apparaitre sur le visage d’Ansgar et cela la fit sourire.

Alecto se recula une fois de plus et éloigna son arme de la gorge de l’étranger. « Nous allons essayer avec une autre question, peut-être serez-vous plus enclin à me donner une réponse. Comment se nomme votre peuple et possède-t-il des capacités magiques? » Cette fois, au lieu de rester muet, il lui répondit en lui crachant des insultes. Furieuse, elle se déplaça rapidement derrière lui et avant même qu’il puisse se rendre compte de l’endroit où elle se trouvait, elle lui empoigna les cheveux, tirant de ce fait sa tête vers l’arrière et planta ses crocs à l’intersection de sa gorge et de son épaule. Elle but le sang du guerrier pendant un moment puis le lâcha avant de se replacer devant lui. « J’ai l’éternité devant moi Ansgar, d’une manière ou d’une autre, vous répondrez à mes questions. Je peux vous tenir en vie aussi longtemps que je le désire, mais vous souffrirez. Abondamment. » Elle s’approcha de son visage et plaça sa main sur la brûlure qu’elle lui avait infligée au pectoral gauche. « Je vais tenter d’être aimable une dernière fois. Première option : vous me donnez les informations que je désire, nous concluons un marché dans lequel je peux faire appel à votre peuple pour mes propres croisades et en échange, je vous fournis tout ce dont vous avez besoin. » Elle se lécha doucement les lèvres. « Deuxième option : vous résistez, je m’amuse à vous torturer, à jouer dans votre tête et vous finissez par être mon esclave jusqu’à ce que la vieillesse et la maladie vous emporte. Jamais je ne vous tuerai, mais vous passerez une longue existence à me servir. » L’immortelle planta son regard dans celui de son captif. « Je vous connais, vous les guerriers orgueilleux. Vous préférez mourir plutôt que de parler. Vous appelez ça de l’honneur, il me semble. Et bien, je ne vous donnerai pas cette satisfaction. » Elle se releva et s’éloigna un peu de lui. « Je vous laisse un peu de temps pour réfléchir, à moins que votre réponse ne soit déjà préparée. »
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Ansgar
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Jeu 8 Déc - 12:00

Un sourire arrogant trônait sur ses lèvres alors qu’il toisait sa geôlière. Elle croyait sincèrement pouvoir le faire craquer? Elle avait affaire à un Drakkhen, l’héritier de surcroît! Pas à un simple Sholien de bas étage! Alecto restait impassible et mystérieuse malgré les provocations répétées de son prisonnier. En fait, Ansgar n’en attendait pas moins de sa part : si elle était réellement aussi terrible qu’elle tentait de le démontrer, alors de simples invectivassions ne seraient pas suffisantes pour l’ébranler. L’énigmatique jeune femme marcha tranquillement dans la pièce, jusqu’à atteindre le meuble du fond où trônaient les chandelles. Elle ouvrit un tiroir et le Grand Ours crut percevoir un reflet lumineux. Des lames? Elle rangea quelques choses à sa taille, puis enfonça le bout d’une dague dans la flamme d’une chandelle. Oh… voilà qui devenait intéressant. La question qu’elle lui posa lui soutira le haussement d’un sourcil. Tentait-elle de l’effrayer? Visiblement, elle n’avait pas compris qu’il était imperméable aux menaces. Combien de fois en avait-il fait les frais par le passé? La peur… n’était pas quelque chose de commun chez lui.

- Votre terrain de chasse? Répéta-t-il. Savez-vous au moins ce que c’est réellement? On peut parler de chasse lorsqu’un prédateur traque sa proie dans un espace ouvert et libre de toute contrainte. Le fait que la proie soit dans la possibilité de répliquer rend justement la chasse un peu plus grisante. Or, ce n’est pas ce que je vois ici.

Elle ne le regardait pas, trop intéressée par la lame qui commençait tranquillement à noircir sous l’oxydation provoquée par la flamme avant de rougir. Elle ignorait superbement sa réplique d’un peu plus tôt et continua son sermon en déclarant ouvertement ce qu’elle connaissait de son peuple. Ah? Pas mal. Elle en savait déjà plus que la plupart des sudistes, ce qui, il devait l’avouer, l’impressionna.. Lentement, elle retira la dague de la flamme et s’approcha tranquillement de lui, le métal rougeoyant pointé en sa direction. L’expression du guerrier était dure et son sourire avait quitté son visage. Il savait quelle serait la suite des événements et tentait de se préparer au contact insupportable du métal en fusion contre sa peau. Il avait déjà fait subir un châtiment similaire à un ennemi et connaissait l’odeur de chair brûlée qui l’accompagnait. Il allait devoir se faire violence pour éviter de pousser un cri qui allait être beaucoup trop satisfaisant pour elle. Elle voulait savoir le nombre exact de Norrois en combinant ceux au sud à ceux qui sont restés dans les Terres Gelées? Il avait une vague idée, mais honnêtement, il n’en savait rien. Les Norrois étaient divisés en quatre grands clans qui étaient tous en guerre… alors faire un recensement… c’était impossible. Et c’était sans compter tous les petits bourgs indépendants qui trônaient ici et là. Ainsi, il préféra garder le silence.

Son manque de coopération fut une raison valable pour Alecto de mettre son plan à exécution. Puisque son poitrail était dévoilé grâce à sa tunique grise défaite, la jeune femme alla plaquer le métal brûlant contre le pectoral gauche de l’héritier du clan Drakkhen. Ans ferma les yeux et serra la mâchoire non sans pousser un grognement de douleur, ce qui accentua son mal de tête déjà important. Sa peau grésillait au contact de l’acier rougi et une odeur d’épiderme brûlée monta à ses narines. Ses bras enchaînés tremblaient malgré lui et il était si concentré sur sa douleur qu’il ne put comprendre le sens des mots prononcés par sa geôlière. Elle retira enfin la pointe brûlante de sa peau, laissant une marque sanguinolente et noircie sur son poitrail. Alecto répéta sa question et le Grand Ours conserva son mutisme employé précédemment. Sans plus attendre, elle tira sur sa tunique lâche pour exhiber son bras droit et entailla le biceps lentement, laissant couler un filet de sang. Drakkhen voulut réagir, mais la lame se retrouva rapidement sur sa jugulaire, menaçant de le vider de son sang dans les plus brefs délais. D’accord, il voulait bien jouer les arrogants, mais éviter de mourir rapidement était également une bonne idée en soi.

La maîtresse des lieux se pencha vers l’avant et alla lécher lentement, dans un mouvement quasi sensuel, la plaie sanguinolente de son bras. Ans lui jeta un regard de dégoût malgré lui, notant la façon dont elle prenait plaisir à déguster son hémoglobine. Mais qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez elle?! Visiblement, elle avait deviné ce à quoi il pensait sans même lui avait jeté un regard, car elle esquissa un sourire amusé et provocateur. Dans un mouvement vif, elle se recula et posa une nouvelle question. Pourquoi s’intéressait-elle autant à son peuple?! L’air condescendant d’Ansgar avait complètement quitté ses traits et était remplacé par une colère noire. Elle voulait des réponses? Il allait lui en donner!

- Espèce de salope! Si tu crois que je vais te donner le moindre indice et bien, tu peux aller te pendre! Go fuck yourself, you bitch! I won’t cooperate. Stop wasting our time and go suck someone else’s balls! You’re such a piece of shit!

Alors qu’il lui crachait son venin au visage, la réponse se fit rapidement sentir. Vive comme l’éclair, Alecto disparut de sous ses yeux et se retrouva rapidement dans son dos. Une poigne solide agrippa sa longue chevelure marron, forçant Ansgar à balancer la tête vers l’arrière. Une douleur vive prit naissance à la jonction de son cou et de son trapèze droite, ce qui lui soutira une plainte de douleur et de surprise. Le souffle d’Alecto se fit sentir et du coin de l’œil, il put voir son visage à la peau glacée plaqué contre son épiderme basanée. Bon sang!! Elle le mordait?! Mais elle était complètement disjonctée!! Le chef des Guerriers du Kodiak sentait son sang être absorbé par sa geôlière qui prenait visiblement un plaisir fou à agir de la sorte. Elle rompit finalement le contact, le bas de son visage barbouillé de sang alors que la plaie qu’elle avait laissée sur la gorge du guerrier saignait toujours. Ansgar lui jetait un regard différent cette fois : un mélange de curiosité teinté d’un subtil soupçon d’anxiété. C’était une cannibale? Pourquoi disait-elle avoir l’éternité devant elle? Personne ne vivait éternellement… Le Norrois ne connaissait pas la race à laquelle elle appartenait et la qualifia instantanément de « démone ».

L’étrange créature lui donna deux options : l’une imposait une servitude de la part de lui et de son peuple – au besoin – en échange de ressources, l’autre impliquait un état d’esclavage et de souffrance perpétuelle qui lui serait entièrement imposée. Le guerrier fronça de sourcils. Les norrois n’étaient pas des chiens qu’on pouvait appeler au bon vouloir. Accepter cette option viendrait à imposer un barème à toute son escouade, voire même son clan, le jour où il siègerait à place de son père. Ils n’auraient plus la liberté d’agir selon leurs mœurs et leur bon vouloir. S’il venait à accepter cette offre, les siens se verraient mener par une leader extérieure à leur clan et qui sait quels sombres desseins elle pouvait avoir derrière la tête. Après tout, elle s’était délectée de son sang, là, sous ses yeux! Rien ne lui disait qu’elle ne prendrait pas l’une de ses sœurs – ou encore pire, sa fille! – pour son bon plaisir et ne s’abreuverait pas d’elle comme elle venait de le faire avec lui. Pouvait-il réellement courir ce risque? C’était insensé et indigne d’un chef. L’option deux n’était pas plus alléchante. Il n’avait pas envie de servir comme esclave et, bien qu’il était très tolérant à la douleur physique, l’idée de se faire torturer perpétuellement ne l’enchantait guère. Toutefois… il serait officiellement le seul à pâtir, puisque Thor prendrait le relais comme chef de guerre et que son père se contenterait de nommer un nouvel héritier. Et puis bon, même si cette idée ne l’enchantait guère, Hélicie avait toujours sa mère pour s’occuper d’elle, en plus de ses oncles et ses tantes. Bref : oui il était un membre important pour le clan, mais n’était pas indispensable et encore moins irremplaçable.

- Pas besoin de me laisser de temps pour réfléchir, grogna-t-il. Votre choix est facile. Écoutez-moi bien, car je ne me répèterai pas : vous pouvez faire ce que vous voulez de moi, mais soyez assurées d’une chose bien simple, je ne livrerai JAMAIS les miens.

À ce propos, il cracha au sol. Son regard était dur et celui d’Alecto sembla briller d’une pointe d’amusement. Visiblement, elle était étrangère au principe du sacrifice personnel au profit d’une nation entière. Le guerrier ressentit du mouvement dans le sable à ses pieds. L’ondulation s’accentua rapidement, signe que toutes les vipères se mirent à bouger en même temps. Le regard nerveux d’Ansgar scruta le sol à la recherche du premier mouvement hostile en sa direction. Il n’eut pas à attendre très longtemps que l’un de serpent frappa au niveau de son mollet droit. Puisqu’il était sous l’adrénaline, Ans put bouger suffisamment vite pour éviter que les crocs de l’animal ne se fichent trop profondément dans sa chair, mais pas assez pour l’empêcher de percer son épiderme malgré tout. La bête l’avait écorché avant de s’enfoncer à nouveau dans le sable ondulant. Le guerrier grimaça, puis esquiva un autre reptile. L’une des vipères bondit derrière lui, lui mordant férocement le bas du dos. Le norrois poussa, cette fois, un cri de douleur. Les ondulations du sable ne se calmaient en rien, signe que les attaques étaient loin d’être terminées.

- Vous croyez vraiment que je vais me laisser faire?!! Gronda-t-il, aveuglé par sa colère et la douleur alors que sa voix devenait de plus en plus grave et rauque. Je suis Ansgar et on m’appelle le Grand Ours du Nord!! Ne l’oubliez jamais!

Dans un mouvement vif et puissant du bras droit, le guerrier tendit la chaîne à son maximum, la faisant grincer dangereusement. Se faisant son corps commença à muter : il prenait de l’expansion et une fourrure épaisse couleur terre recouvrit son épiderme. Son visage se déforma ensuite, prenant des airs d’ursidés furieux. Une fois la transformation terminée, il se tint sur ses pattes arrière et poussa un cri enragé, exhibant ses crocs acérés. Les chaînes se rompirent et l’ours kodiak frappa au sol de ses pattes avant. D’un puissant coup de griffes, il déchira l’une des vipères qui avait voulu se mettre entre lui et sa maîtresse, puis il chargea Alecto. La geôlière fut beaucoup plus rapide que lui et esquiva ses attaques avec grâce et agilité.

La porte s’ouvrit rapidement sur l’une des servantes qui était venue voir ce qui se passait. Le Grand Ours ne voyait plus clair, aveuglé par la brûlure qui irradiait du bas de son dos et par le mal de crâne incommensurable qui lui vrillait les tympans. L’Esprit de la bête avait complètement pris le dessus. Il tourna son immense tête vers la pauvre humaine en loques qui détala sans demander son reste. Ce simple mouvement eut pour effet de stimuler davantage l’instinct de l’ours qui chargea à sa suite. Il s’enfonça dans le couloir, arrachant le cadre de la porte au passage, puis rua sous les cris terrorisés de l’esclave. En un clin d’œil, il fut sur elle et mordit férocement la chair de sa cuisse. La pauvre jeune femme fut secouée dans tous les sens comme une vulgaire poupée de chiffon et la bête la frappa avec force contre les murs de pierres avant de l’écraser au sol. Elle était déjà morte, mais il n’en avait que faire. Il lui flanqua un puissant coup de patte qui l’envoya valser vers sa maîtresse dans un roulement ensanglanté au sol. Il poussa un nouveau grondement puissant, sa gueule béante laissant échapper un long filet de bave et de sang au sol. Il voulut charger à nouveau en direction de la geôlière, mais plus il s’approchait, plus il sentait ses forces le quitter. Les brûlures au bas de son dos et à sa patte arrière droite étaient de plus en plus insupportables et un cillement sourd résonnait dans sa tête alors qu’il commençait à être étourdi.

Avant d’arriver à la hauteur d’Alecto – qui avait néanmoins reculé – Ansgar tituba avant de reprendre forme humaine. Il s’écroula au sol, aux prises avec une soudaine poussée de fièvre et un haut-le-cœur fulgurant. Son corps était couvert de sang et de sueur et il trembla sans pouvoir se contrôler. Il avait froid, si froid… Ce qui était atypique, vu ses origines.
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Alecto
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Mar 10 Jan - 20:36

Le manque de coopération de l’homme du Nord n’étonna en aucun cas Alecto. À vrai dire, elle devait s’avouer contente que ce Ansgar ne veuille pas coopérer. Après tout, elle avait toujours eu ce vilain défaut de jouer avec sa nourriture. Ainsi, après avoir mordu son « invité » et avoir aspiré une partie de son sang, elle lui avait fait une proposition qu’elle jugeait équitable. Jamais elle n’avait été aussi magnanime, mais elle devait s’avouer que ses barbares du Nord pouvaient lui être d’une très grande utilité dans ses projets de domination du monde. Avoir une armée d’hommes sanguinaires, plus grands que la moyenne et surtout ayant une soif de conquête presqu’aussi grande que la sienne ne pouvait avoir que des bénéfices... si elle avait le moyen de les contrôler. Voilà pourquoi elle leur offrait de leur procurer les ressources qu’ils cherchaient tant à piller et même une certaine liberté. L’autre option était plus personnelle, assujettissant le géant brun à son pouvoir à elle, faisant de lui son esclave. Il fallait le dire, elle n’était pas insensible à cet homme de grande stature dont la beauté différait de ce que l’on pouvait trouver sur le continent. Une fois dressé et débarrassé de cette fâcheuse habitude qu’il avait prise de l’insulter, il serait parfait. De toute façon, elle saurait bien le faire coopérer. Il fallait simplement trouver sa faille et manifestement, la torture physique n’en faisait pas partie.

Pendant que son prisonnier réfléchissait à ses offres, l’immortelle détacha un petit bout de tissu qui pendait à la ceinture de sa taille et essuya les traces que sa collation avait laissées sur son mention. Après tout, elle devait être plus que présentable pour la torture qui suivrait. En effet, la vampiresse était loin d’en avoir terminé avec l’homme, peu importe quelle serait sa réponse. Ils avaient passé si peu de temps ensemble, elle n’allait certainement pas le libérer tout de suite. Étant rancunière, elle devait lui faire payer le meurtre de l’une de ses vipères. La voix d’Ansgar la tira de ses pensées et elle se retourna pour lui faire face. Ses paroles lui provoquèrent de l’amusement. Ah ces êtres humains et leur honneur. Il avait beau être plus grand, plus musclé et plus imposant que les Enkievs, il restait profondément pareil. Toujours cette volonté de jouer les héros, les martyres et de se sacrifier pour le bien-être des autres. Le détenu cracha ensuite sur le sable sablonneux, exaspérant de ce fait la maîtresse des lieux. Décidemment, il avait besoin qu’on le ramène à l’ordre. Elle devait réfléchir à un autre moyen d’obtenir sa coopération. Cet homme devait avoir un point faible. Ils en avaient tous. Une personne, un objet, un animal. Tous étaient attachés à des êtres et cela pouvait être exploité. Il fallait seulement trouver cet être cher. Télépathiquement, elle ordonna à Dastan de rassembler les effets trouvés sur le guerrier. Elle l’avertirait lorsqu’elle en aurait besoin. Ensuite, la sorcière se concentra sur ses bien-aimées vipères et elle leur ordonna d’attaquer le géant du Nord et de le mordre. L’inconscience que le poison provoquera lui permettrait de fouiller dans le présent de son « invité » et trouver le maillon faible de son coeur.

Cependant, l’opération ne se déroula pas comme prévu. La première vipère ne réussit pas à le mordre, elle réussit simplement à l’érafler. Il réussit à esquiver la deuxième, cependant, la troisième fit mouche, lui mordant le bas du dos. Pour un géant, il avait définitivement de très bons réflexes, même s’il avait été engourdi par le poison des vipères quelques heures auparavant. Jamais de sa vie, Alecto n’avait vu cela. Normalement, une morsure calmait un homme, mais il se débattait toujours. Ainsi, elle ordonna à ses reptiles de continuer leur assaut, ce qui ne sembla pas plaire du tout à l’homme du Nord, puisqu’il la menaça ensuite, sa voix trahissant sa colère grandissante. La vampiresse tentait encore de déduire ce qu’il voulait dire par « Grand Ours » lorsqu’il lui offrit une démonstration sans même qu’elle lui demande.

Devant ses yeux, Ansgar commença à se métamorphoser. Un peu trop rapidement au goût de l’immortelle, il se transforma en ours géant. La jeune femme ignorait si elle devait être effrayée ou fascinée. Est-ce que tous les hommes du Nord possédaient la faculté de se transformer en ours géant? Si oui, cela leur donnait encore plus de crédit et d’importance. Une image se forma aussitôt dans son esprit : Une armée d’hommes-ours lui obéissant au doigt et à l’oeil. Avec une pareille armée, elle posséderait le monde en quelques mois. Un rugissement mit fin à son fantasme alors que son prisonnier s’avançait dans sa direction. Les chaînes cédèrent sous la force de l’animal et il s’avança dans la direction de la maîtresse des lieux. Instinctivement, elle exigea qu’une vipère interfère, mais la pauvre n’eut aucune chance et se retrouva complètement déchirée par les griffes acérées de celui qui se prenait dorénavant pour un prédateur. Toutefois, la sorcière n’avait pas dit son dernier mot. Il lui restait pour se défendre son agilité vampirique en plus de son contrôle du sable. Elle pourrait aisément forcer l’ours à s’enfoncer dans des sables mouvants, mais elle ne voulait pas utiliser ce pouvoir trop rapidement, afin de ne pas dévoiler toutes ses cartes. Elle ne l’utiliserait que si sa vie ne tenait qu’à un fil. Ainsi, lorsqu’il se dirigea rapidement vers elle, elle fut en mesure de l’éviter à de nombreuses reprises. Une chance pour la magicienne qu’il était lourd et par conséquent, moins rapide. Cependant, il n’en restait pas moins dangereux.

Il prouva ce fait quelques secondes plus tard, lorsqu’une de ses esclaves décida stupidement d’ouvrir la porte pour voir ce qui se passait. Lorsqu’elle comprit ce qui se passait, elle prit ses jambes à son coup, mais une humaine n’était pas assez rapide pour un ours complètement déchaîné. En un rien de temps, il planta ses crocs dans l’une des cuisses de la sotte femme et la secoua tellement qu’elle mourut rapidement, à force de se retrouver plaquée contre le mur comme une vulgaire poupée. D’un coup de patte, Ansgar la fit rouler dans le donjon, devant Alecto. Cette dernière ne posa même pas un regard sur cette loque humaine qui ne lui était désormais d’aucune utilité. L’immortelle ne respectait pas la vie humaine, hormis celle de deux ou trois élus qui lui vouaient un culte, son fidèle Dastan. Et encore, s’il venait à lui désobéir ou à la décevoir, il finirait comme les autres, vidé de son sang. La bête s’avança vers elle, complètement enragée. La vampiresse n’eut d’autre choix que de reculer, puisqu’il bloquait l’accès à l’entrée. Si elle voulait avoir une chance de sortir, il devrait avancer vers elle pour qu’il libère la porte complètement défoncée. Alors qu’il s’apprêtait à la charger, il trébucha et reprit forme humaine. Un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme. Les morsures de vipère venaient de faire effet, enfin. Cela avait pris beaucoup trop de temps. L’homme portait les symptômes de l’empoisonnement. Mentalement, elle appela Dastan.

Ce dernier se présenta sur le champ, armé d’un arc et de flèches, prêt à attaquer l’animal qui menaçait sa maîtresse. Lorsqu’il vit qu’elle était hors de danger, il baissa son arme. « Pose ses effets près de la table et trouve d’autres chaînes. Plus solides. Envoie des hommes pour le transporter. » Son homme de main sortit de la pièce et revint quelques instants plus tard afin de veiller sur sa maîtresse et surtout pour veiller à ce qu’on respecte ses ordres. Ainsi, Ansgar fut apporté près du mur, là où il avait préalablement été attaché. En attendant que les chaînes plus solides arrivent, la sorcière utilisa son pouvoir pour l’engloutir dans le sable jusqu’à la taille et commanda aux grains de la pièce de se resserrer autour de son captif afin de l’immobiliser complètement. Pour l’instant, il ne pouvait se réveiller, puisqu’il était sous l’effet du venin des vipères. La vampiresse se dirigea alors vers la table au fond de la pièce et ouvrit un deuxième tiroir dans lequel s’alignait une rangée de petites bouteilles. Elle en prit une et lentement elle s’approcha du géant. Elle s’agenouilla devant lui et prit d’abord l’un de ses bras. Sans hésiter, sachant que le sang était empoisonné, elle le mordit au niveau du poignet, à l’intérieur du bras, afin de savoir la quantité de poison qui circulait dans le corps de l’homme. De cette façon, elle pourrait savoir quelle quantité d’antidote lui donner. Elle but quelques instants à son poignet, puis retira ses canines. Elle déboucha le flacon de verre et en but une gorgée, afin de se soigner du venin, puis versa le restant de la fiole dans la bouche de son « invité ». Selon ses prédictions, le guerrier n’allait pas se réveiller avant plusieurs heures, il était sévèrement amoché. De plus, elle pourrait le faire dormir grâce à une potion du sommeil. Elle avait un plan et elle avait besoin de temps. Alecto ordonna à trois des quatre vipères restantes de s’installer sur le géant. Chacune s’enroulèrent autour d’un bras et la troisième autour du cou de l’homme, toutefois sans l’empêcher de respirer librement. La quatrième vient trouver sa place autour du bras droit de sa maîtresse. Ainsi, si l’homme-ours se réveillait, il saurait tout de suite qu’il était menacé. Les vipères pouvaient bien le mordre ou bien l’étrangler. Sa vie était donc entre les mains de la maîtresse des lieux.

L’immortelle se dirigea ensuite vers le sac de toile qui contenait les effets personnels du guerrier. On les lui avait retirés avant de l’attacher au mur de la salle de torture. Elle y trouva des armes, ses bottes, son armure, mais son regard s’arrêta sur une forme sculpté dans le bois. Utilisant le mouchoir qui lui avait servi à se nettoyer de sa collation, elle prit l’objet. Elle ne voulait pas avoir de vision prématurée. Elle porta l’objet à la lueur des chandelles et vit qu’il s’agissait d’un ourson taillé dans du bois. Voilà la faille. L’homme devait avoir des enfants, cela était manifeste. Prenant une grande inspiration, la jeune femme ferma les yeux et posa ses mains sur l’objet. Apparut alors dans son esprit une jeune adolescente aux cheveux bruns. Définitivement, elle était la fille d’Ansgar. Elle lui ressemblait beaucoup trop. Elle était dans la forêt, armée d’un arc et de flèches. Elle tirait sur des cibles bancales. Auprès d’elle se trouvait une femme rousse qui observait ses progrès. Elle prononça son nom. Hélicie. Alecto observa les alentours afin de trouver des indices qui pourraient permettre à ses hommes de retrouver le campement. Elle savait qu’elle visionnait le présent. Les deux jeunes femmes ne seraient peut-être pas isolées lorsque ses hommes viendraient. Quelques instants plus tard, la vision s’estompa.

La sorcière se retourna vers Dastan. « Savons-nous la localisation de tous les campements des hommes du Nord? » Il répondit par l’affirmative. « Tu dois me trouver sa fille. Elle se prénomme Hélicie. Elle a environ quatorze ans, les cheveux bruns et elle lui ressemble. Elle porte deux hachettes dans des étuis attachées aux cuisses en plus d’un arc et un carquois. Dans ma vision, elle est supervisée de près par une femme aux cheveux roux. » Elle posa le regard sur son prisonnier. « Tu as quinze heures pour me la ramener. Je le garderai endormi avec une potion du sommeil. Ne me déçois pas. Ramène-moi la fille. » Son homme de main hocha la tête d’un coup sec et disparût. L’immortelle posa son regard sur le cadavre de l’esclave. « Et qu’on me débarrasse de ce tas de chair inutile. » Presque tout de suite, deux hommes apparurent dans l’entrée et disposèrent du corps de la jeune fille. Alecto resta encore quelques instants dans la salle de torture, réfléchissant à son plan machiavélique. Les symptômes d’empoisonnement avaient cessé de transparaître chez le guerrier. Il était encore très pâle, mais il ne tremblait plus. Elle n’allait certes pas rester plantée devant lui pendant les quinze prochaines heures, elle avait mieux à faire. Mentalement, elle appela Malik, son deuxième homme de confiance. « Tu vas veiller sur lui. Les vipères vont rester tranquilles, je leur ai dit d’attaquer simplement s’il essaie de se libérer. » La vampiresse se dirigea vers le bureau et sortit deux fioles du deuxième tiroir. « Voici des potions du sommeil. Il devrait se réveiller de son empoisonnement dans quatre heures. Tu dois le forcer à boire la potion aux trois heures. Cela le gardera inconscient. Je reviendrai dans quinze heures. Préviens-moi s’il y a quoi que ce soit d’anormal. » L’homme obtempéra et la jeune femme quitta la pièce.

***

Lorsqu’Alecto descendit en direction des donjons, Dastan n’était toujours pas revenu de sa mission. Elle allait devoir gagner un peu de temps. Elle n’avait pas l’habitude de donner des deuxièmes chances, mais son homme de main ne la décevait jamais. Il allait arriver. Sans se presser, la sorcière entra dans la salle. Malik était installé par terre, adossé au mur opposé de celui où reposait Ansgar. Il lui avisa que les nouvelles chaînes étaient arrivées, mais qu’ils n’avaient pas réussi à déloger le prisonnier du sable. La maîtresse des lieux esquissa un sourire et d’un seul mouvement gracieux des doigts, elle délogea le captif. Tout de suite, les hommes s’affairèrent à l’attacher solidement aux poignets, grâce aux chaînes, et aussi aux chevilles. L’immortelle ordonna aux serpents qui se trouvaient sur ses bras de rester en place. Celui qui se trouvait au cou alla s’enrouler autour de la jambe gauche du guerrier et celui qui se trouvait à son bras à elle alla prendre place autour de la jambe droite. « Vas à la rencontre de Dastan et dis-lui qu’il est en retard. Lorsqu’il arrivera, qu’il attende que je l’appelle avant de venir me voir. » Lorsqu’il eut quitté la pièce, la magicienne s’approcha lentement du prisonnier. Elle s’accroupit devant lui et lui tapota doucement les joues. Si elle avait bien compté, les effets de la potion étaient sur le point de se dissiper. Voulant s’amuser un peu, elle porta alors ses lèvres sur celles de l’homme et commença à l’embrasser doucement. Lorsqu’elle sentit qu’il revenait à lui, elle l’embrassa une dernière fois avant de planter sa canine droite dans sa lèvre, la perçant de ce fait et il s’en échappa un léger filet de sang. Son « invité » ouvrit les yeux au moment même où elle léchait l’hémoglobine et elle s’amusa du regard de dégoût, mélangé à l’incompréhension qu’il lui lança. La jeune femme se releva tout en essuyant le bas de sa propre lèvre inférieure avec son pouce. « Je dois avouer que le sang des hommes du Nord est très revigorant. Il a quelque chose de bestial. » Une lueur d’amusement brillait dans les yeux de la vampiresse. « Depuis votre transformation, votre peuple m’intéresse de plus en plus. Est-ce que votre sommeil prolongé vous a convaincu de me divulguer des renseignements ou dois-je utiliser d’autres méthodes? » Elle sourit. « Je vous conseille de coopérer. Je ne pense pas que vous allez apprécier mes autres méthodes. Elles sont, disons, beaucoup plus traumatisantes. Toutefois, elles fonctionnent toujours. »
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