Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 The viper's curse [PV ALECTO]

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Ansgar
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MessageSujet: The viper's curse [PV ALECTO]   Sam 22 Oct - 14:02

C’était son tour de garde. Il était assis, près du feu, et travaillait un morceau de bois avec un poignard. Il avait arraché tout l’écorce enrobant l’essence de merisier et était en train de sculpter un petit ourson, simplement pour passer le temps. Ses hommes dormaient autour de lui. Ils avaient décidé de faire une halte alors qu’ils revenaient au campement après avoir pillé un village au nord des terres de Shola. Les nordistes avaient commencé à envahir le pays voisin, curieux de voir les richesses qui s’y cachaient. Après tout, étendre le territoire de « chasse » pouvait être prolifique pour eux! Et puis, on lui avait déjà dit que plusieurs richesses intéressantes se trouvaient au-delà de la frontière.

Son regard d’acier se glissa sur les flammes grésillantes du feu de camp, l’espace d’un instant. Il réfléchissait. À elle. À sa chevelure dorée si douce et à la chaleur de sa peau qui lui manquait tant. Il n’avait pas encore pu trouver une excuse valable pour s’éloigner du campement seul, suffisamment longtemps pour renouer avec elle. Elle lui manquait, plus que tout. Mais c’était plus compliqué depuis l’arrivée d’Hélicie dans les terres sudistes. Il avait du mal à la laisser seule, cette dernière désirant toujours l’accompagner là où il allait. Après tout, elle ne s’était pas embarquée à bord du navire pour se faire abandonner à la première occasion, pas vrai? Il avait fallu plusieurs négociations afin de convaincre sa fille qu’il reviendrait rapidement de cette mission et ainsi la rassurer quant à leurs retrouvailles imminentes. C’était surtout pour cette raison qu’il tardait toujours à s’élancer vers la capitale Alombrienne pour retrouver la sublime fée qui lui manquait tant…

Tournant son regard sur ses compagnons, le Grand Ours s’assura que tout se passait bien. Pour une des rares fois depuis le début de cette aventure, aucun membre de sa fratrie ne l’avait accompagné dans cette mission. Normalement, il y avait toujours l’un d’entre eux à ses côtés simplement parce qu’il avait sa confiance la plus totale envers eux (oui oui, même Idris!) et parce qu’ils représentaient tous – à leur façon – un élément indispensable de son équipe. Mais Idris et Thor était partis vers le nord, Randie était occupée avec son esclave-matou (et avait pour tâche de veiller sur Hélicie) et Bryaan devait s’occuper d’une guerrière qui allait accoucher d’ici quelques jours (le premier enfant norrois à naître en terre du sud, qui plus est!). Malgré l’absence de son bras-droit, de son frangin et de ses sœurs, la mission s’était franchement bien déroulée. Ils avaient pillés beaucoup plus d’or que prévu et avait même fait le plein d’armes de qualités, choses qui leur étaient toujours utiles.

Avec la pointe de sa lame, il grava les yeux de l’ourson alors que la forme générale du bout de bois lui paraissait satisfaisante. Il s’affaira à graver la délimitation de la gueule de sa petite statuette quand des bruissements sur la gauche attirèrent son attention. D’instinct, il tourna vivement la tête en direction des fourrés et plissa les yeux pour mieux voir dans la pénombre du sous-bois. C’était quoi ça? Un cerf? Ça semblait furtif et rapide. Peut-être même… craintif? Lentement, Ansgar se leva et rangea l’ourson dans ses poches. Sa main resserra sa poigne sur sa dague et de l’autre, il claqua des doigts près de Sigfrid pour le réveiller. Le norrois avait du mal à sortir de sa torpeur, mais pu tout de même voir son chef lui faire signe qu’il allait jeter un coup d’œil dans la forêt. Il devait donc se lever pour surveiller pendant son absence. De toute façon, il n’en aurait pas pour longtemps.

Son regard métallique fixant le sous-bois, le chef des norrois s’avançant dans les buissons malgré la molle protestation de Sigrid. Il contourna un saule puis entendit les mêmes bruits sur sa gauche.« Who’s there? » Demanda-t-il dans sa langue natale sans trop y penser. Il lui sembla soudainement que les bruits se rapprochaient alors que d’autres tournaient autour de lui. Peu importe ce que c’était, ils étaient probablement plusieurs. D’accord, tant pis si c’étaient des animaux, il allait réveiller ses comparses et ils ratisseraient les bois pour trouver ce qui s’y tapissait. Il revint donc sur ses pas et contourna une souche avant de sentir une vive douleur sur son mollet droit. Il grogna sous l’impact puis baissa la tête en direction de sa jambe. Quelle ne fut pas sa surprise de voir la gueule d’une vipère dont les crocs étaient plantés dans sa chair! Vif comme l’éclair, il frappa avec sa dague, tranchant net la tête de la bête. Le corps longiforme se tortilla puis se vida de son sang pendant que le guerrier lançait la tête plus loin. Merde! C’était la première fois qu’il se faisait attaquer par une créature du genre! C’était quoi ça? Il lui semblait maintenant entendre des rires, plus loin.

Sans plus attendre, le chef des Guerriers du Kodiak s’élança aux pas de course en direction du campement. Toutefois, il ne savait pas si c’était le fait de faire un effort physique soutenu (ce qui activait sa circulation sanguine) qui lui causait problème, mais il se sentit soudainement étourdi. Ansgar s’appuya sur un tronc puis fut pris de nausée. Son souffle s’accéléra et sa vision s’embrouilla. Il se vit chuter vers le sol, puis ce fut le noir total.

****************

Il avait peu de souvenirs de la suite. Il croyait avoir eu connaissance qu’un petit groupe de personnes l’avaient soulevé, puis bougé. Il se rappelait les frissons, puis la chaleur intense qui l’avait envahi, le tout ponctué de sueurs incontrôlables. Il se souvenait que son cœur s’était débattu en fou et qu’il avait probablement vomi, quelque part là-dedans. Mais maintenant, il avait conscience d’un mal de crâne incroyable qui lui vrillait les tympans. Il n’avait pas ouvert les yeux, mais savait qu’il était réveillé. La douleur à son mollet droit était toujours présente, comme une brûlure impitoyable. Il était donc vivant? Visiblement, la vipère qui l’avait mordu était venimeuse, c’était la seule explication qu’il avait trouvé pour tous ces symptômes qu’il avait ressentis. Où était-il maintenant?

Lentement, Ansgar ouvrit les yeux. Sa vision était embrouillée et il avait du mal à distinguer ce qui l’entourait. La pièce était sombre et des chandelles trônaient sur un meuble tout au fond. Il cligna des paupières à plusieurs reprises, puis se redressa non sans un gémissement de douleur. Une résistance étrange lui enserrait les poignets, limitant ses mouvements. Ce n’est qu’à ce moment qu’il réalisa l’ampleur de la situation. Des chaînes, là. Elles le retenaient par les poignets et les chevilles afin de l’empêcher de trop s’éloigner du mur derrière lui. Mais qu’est-ce que… Le norrois fit arc circulaire avec son bras droit et referma sa main sur le lien de métal qui le gardait prisonnier. Il tira avec force et sentit le tout grincer, bien que les mailles ne semblaient pas vouloir céder. Il était plus fort qu’un humain régulier et songeait au fait qu’il pourrait probablement arracher le tout à force de tentatives répétées. Ou alors, il ne lui fallait que changer de forme pour se libérer avec beaucoup plus d’aisance.

Des murmures tout au fond de la salle devant lui attirèrent son attention. Deux jeunes femmes en loques l’observaient d’un air craintif. La jeunesse de leurs traits le frappa de plein fouet : elles étaient de l’âge d’Idris, tout au plus. Que faisaient-elles là? L’une d’entre elles murmura quelque chose à l’oreille de sa compagne, puis sortit par la porte du fond. Baissant son regard sur lui-même, le guerrier réalisa qu’on lui avait retiré son armure de cuir clouté. Seuls son pantalon noir et sa tunique grise défaite masquaient son corps recouverts de tatouages. Disparus ses brassards, ses bottes et ses armes! Ses longs cheveux marron avaient été dépouillés de la sangle de cuir qui les retenait ensembles et coulaient sur ses épaules comme une rivière d’encre.

- Qu’est-ce qui se passe? Où suis-je? Demanda-t-il dans un enkiev parfait à la pauvre fille qui était restée derrière. Qui êtes-vous? Aucune réponse. Je vous suggère fortement de me libérer, car d’une façon ou d’une autre, je réussirai à briser ces liens. Et croyez-moi, vous ne voulez pas que je recouvre à la force pour y arriver…

La porte du fond s’ouvrit à nouveau. Une silhouette gracieuse et féminine apparue. Le guerrier du nord plissa les yeux pour mieux voir la nouvelle venue…
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Alecto
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Ven 28 Oct - 12:39

Cela faisait quelques fois que ses espions lui mentionnaient l’existence d’un clan de géants barbares s’amusant à piller les villages d’Alombria. Alecto, à l’écoute de cette information, n’avait pas particulièrement réagit, puisqu’elle se fichait du fait que les armes et les richesses des villages disparaissent. Toutefois, elle avait ordonné à ses espions de continuer de suivre ces géants puisqu’elle les trouvait intéressants. Si c’était de l’or et des armes qu’ils recherchaient, elle pouvait très bien leur en fournir. Une armée de barbares lui semblait une idée plus qu’alléchante dans son plan de domination du monde. Cependant, trop d’affaires la retenait à Shola, elle ne pouvait se permettre le voyage jusqu’à Alombria dans l’immédiat. Elle mit donc ses plans de côté et se concentra sur ce qui urgeait le plus, c’est-à-dire continuer d’infiltrer toutes les sphères du royaume sholien afin d’étendre en douceur, mais en finesse, sa domination.

Elle se nourrissait d’une esclave qui lui avait déplut lorsque l’un de ses sbires fit son entrée dans sa salle à manger. Bien entendu, l’homme resta dans l’ombre jusqu’à ce qu’elle termine son repas, sachant à quel point sa maîtresse détestait être interrompue. Dastan – c’était là le nom de l’homme – était l’un des seuls de l’entourage d’Alecto qui ne tremblait pas en sa présence. En effet, la jeune femme n’avait pas à utiliser la peur pour le motiver puisqu’il était lui-même entré à son service. À vrai dire, il la vénérait et ce n’était pas sans déplaire à la vampiresse. Dastan se trouvait à être un ancien garde sholien que l’on avait démis de ses fonctions parce qu’il avait attaqué un village du royaume pour son propre bénéfice. Ainsi, lui et les hommes qu’il commandait, avaient été renvoyés. Cela se passa il y a presque trois ans, lorsque la sorcière hérita du domaine et des affaires d’Ulyss. Peu de temps après, il frappait pratiquement à sa porte pour lui offrir ses services, ainsi que ceux de son régiment, soit une vingtaine d’hommes. En raison de l’utilité et de la docilité de celui qui avait acquis le poste d’homme de main, elle avait consenti à payer le régiment nouvellement acquis. Après tout, certaines personnes n’avaient pas froid aux yeux et ne pensaient qu’à l’argent. De plus, son investissement dans ses soldats lui avait été rentable, puisqu’ils étaient des espions hors pair. L’immortelle avait, de cette façon, acquis un bon nombre d’informations grâce à ceux-ci et cela ne faisait qu’ajouter des cartes dans sa manche.

Lorsqu’Alecto eut terminé son repas, elle claqua des doigts pour qu’on la débarrasse du corps sa vie de la jeune femme à la chevelure rousse et elle fit signe à Dastan de s’approcher. Ce-dernier l’informa que la troupe de barbares sur laquelle ses hommes devaient garder un oeil venait de mettre pied en territoire sholien. La sorcière haussa un sourcil, intéressée. Elle demanda leur localisation et son homme de main l’en informa. Ce n’était pas tout près, mais ce n’était pas si loin non plus. Était-ce possible de faire l’aller-retour en une nuit, questionna-t-elle? Son lieutenant lui répondit que c’était faisable, à condition de partir aussitôt que les rayons du soleil seraient à leur plus bas. Cela lui convenait. Les rayons du soleil étaient beaucoup moins puissants au crépuscule et elle pourrait très bien chevaucher avec une cape recouvrant tout son corps. Un plan se forma dans l’esprit de la vampiresse. L’idée n’était certainement pas de les attaquer en pleine nuit, même ensommeillés ce clan d’hommes barbares gagneraient la bataille. Ses hommes n’étaient pas encore assez nombreux, sans parler du fait que la moitié d’entre eux se trouvaient un peu partout sur le continent, à la recherche d’informations. Le but de cette sortie nocturne serait d’en capturer un seul, pour avoir des renseignements sur ce peuple surgit de nulle part. La magicienne errante ordonna à Dastan de préparer ses hommes ... et de lui trouver quelqu’un d’autre à se mettre sous la dent. Elle aurait besoin d’énergie pour ce qui l’attendait.

La chevauchée s’était bien déroulée et les informations précises de ses espions avait permis à la trouve de localiser facilement le campement des géants. Pour être énormes, ils l’étaient. Alecto se félicita d’avoir pris la décision de ne pas mener une attaque ouverte contre eux. Comme tout le reste de son plan machiavélique, cela devait se faire dans l’ombre. Afin qu’on ne les entende pas venir, la trouve s’était arrêtée à quelques lieu de l’endroit où campaient les barbares. L’immortelle expliqua son plan. Le but était d’en attirer un seul dans la forêt et de le prendre en otage. Elle s’occuperait de le rendre inoffensif pour le voyage et ils le ramèneraient au manoir. Ordonnant à Dastan de trouver un moyen pour attirer l’un des géants dans la forêt, elle se dirigea vers le cheval supplémentaire qui transportait les vivres et également une cage de verre dans laquelle se trouvait une vipère. La vampiresse la libéra et lui ordonna de se placer sur ses épaules. Son homme de main revint vers lui, lui apprenant qu’ils étaient tous prêts à passer à l’action. Un sourire de prédateur se dessina sur les lèvres de la sorcière et elle suivit ses hommes. Un géant à la chevelure foncée montait la garde près du feu. D’un gracieux signe de la main, elle ordonna à Dastan de mettre leur plan à exécution et elle se retira un peu plus loin dans la forêt, attendant que la proie se dirige vers elle. Rabattant sa capuche sur sa tête, bien que la lumière de la lune lui était tellement bénéfique, elle se dissimula derrière un immense tronc d’arbre.

L’immortelle n’attendit pas bien longtemps, l’un de ses hommes lui indiquant par l’imitation d’un hululement de chouette que la proie se dirigeait vers elle. En effet, quelques instants plus tard, il se trouvait dans la clairière, alors que ses hommes à elle l’encerclaient à distance, sans qu’il puisse les voir. Le grand homme cria quelque chose dans une langue que la jeune femme ne comprenait pas. Décidément, ils venaient d’un ailleurs qu’elle ne connaissait point. Alecto caressa alors doucement la tête de sa vipère et celle-ci ondula pour se rendre sur le sol. Le serpent ondoya silencieusement sur le sol, se servant des zones d’ombre pour ne pas être vue, même si le guerrier ne regardait que les arbres et non la terre. La vipère agit alors très rapidement, comme lui ordonnait sa maîtresse et planta ses crochets dans le mollet de l’homme. Il réagit instantanément, trancha la tête de sa fidèle servante et prit la direction du campement à la course. La vampiresse dut résister à l’envie de lui planter ses crocs dans la chair, pour le meurtre de sa vipère; elle respectait plus les serpents que les humains. Toutefois, en courant ainsi vers le campement, le guerrier ne faisait qu’accélérer le voyage du poison dans son sang, puisqu’en se mouvant ainsi, il accélérait de ce fait la circulation sanguine. Le poison de sa vipère aurait sans doute pu tuer un homme de taille normal, mais puisque sa proie était beaucoup plus grande et massive, cela ne ferait que l’assommer pendant plusieurs heures. De toute façon, Alecto avait pris soin d’apporter avec elle un antidote au venin au cas où ses signes vitaux défailliraient jusqu’à la mort. Le géant tomba sur le sol et la sorcière fit signe à ses hommes de s’emparer de lui. Il fallait agir rapidement afin que les autres barbares ne les trouvent pas. L’homme était trop lourd pour voyager à dos de cheval, surtout inconscient. Ainsi, ils l’attachèrent solidement à une planche de bois, ventre contre le bois – il ne fallait pas qu’il s’étouffe avec d’éventuels vomissements – et attachèrent cette planche de bois à deux chevaux. Ainsi, ils se mirent tous en route.

En arrivant à son manoir, l’immortelle ordonna qu’on descende le prisonnier en salle de torture alors qu’elle allait se changer de ses habits de voyage. Mélinda avait posé ses habits du jour sur son lit, ainsi qu’une cruche de vin. Cette jeune femme était décidemment une perle, jusqu’à ce qu’elle commette une erreur. Ainsi, la magicienne revêtit ses habits de soie si typiques des temps désertiques, en plus de sa coiffe préférée. Elle devait être présentable pour leur invité. Dastan revint vers elle, lui indiquant qu’ils avaient enchaîné l’homme dans la salle de torture et que deux de ses esclaves étaient chargées de le surveiller. L’une d’elle viendrait l’aviser lorsqu’il se réveillerait. On l’avait dépossédé de ses armes, de son armure et de tout ce qui pourrait être menaçant. Elle sourit à l’efficacité de son homme de main. Une autre belle acquisition. Alecto le congédia d’un geste de main et se rendit à son bureau, l’amphore de vin à la main, la coupe dans l’autre. Elle venait de s’installer et de lire un premier document lorsque son lieutenant revint vers elle, l’informant que l’étranger venait de reprendre conscience. Bien. Elle allait pouvoir s’amuser. La sorcière ordonna à Dastan d’aller chercher ses instruments de torture et de la rejoindre en bas. Après quoi, elle reprit dans ses mains sa coupe et sa cruche puis elle descendit.

La salle de torture du manoir avait été aménagée afin que la vampiresse soit toujours en contrôle et avantagée dans la situation. Ainsi, le sol était recouvert d’une énorme quantité de sable qu’elle pouvait manier à sa guise. Dastan arriva en même temps qu’elle tenant une énorme boîte de bois dans ses mains. Elle poussa la porte et entra dans la pièce. La vue de l’homme enchaîné au mur lui procura un immense plaisir. Elle se retourna vers Tamina qui était encore dans la pièce. « A-t-il parlé? » En bredouillant de peur, l’esclave l’informa qu’il avait plutôt posé des questions et qu’il avait affirmé être en mesure de réussir à briser ses liens. Alors elle avait affaire à un téméraire. Cela allait de soi. « Disparais » ordonna-t-elle à l’esclave. Puis, elle se retourna vers Dastan. « Libère-les et laisse-nous. » Aussitôt, l’homme ouvrit le couvercle de la caisse en bois et cinq vipères des sables en sortirent et plongèrent immédiatement dans le sable qui recouvrait le plancher de la salle. Alecto se dirigea vers la table où reposaient quelques chandelles et y déposa son amphore de vin, gardant toujours sa coupe pleine à la main. Ensuite, elle se dirigea vers l’étranger. Le contact du sable sous ses orteils lui rappela le Désert pendant un instant. La magicienne portait rarement des souliers, préférant se promener pieds nus, sauf lorsqu’elle sortait du manoir. Elle sentait les vipères se déplacer sous le sable. Elles n’attaqueraient pas, sauf si elle leur ordonnait, mais elle les savait avide de croquer dans la pièce de chair qui s’offrait à eux. Les serpents n’étaient d’ailleurs pas les seuls à avoir cette envie. La vampiresse comptait se servir de ses fidèles servantes pour torturer l’homme. Il ne mourrait pas ici, du moins pas tout de suite, à moins qu’elle ne soit pas satisfaite.

L’immortelle arriva alors à la hauteur du barbare et remarqua tout de suite les nombreux tatouages qu’il portait. Que représentaient-ils? Cela la fit sourire, car elle portait elle aussi de nombreux tatouages, les plus évidents ornaient son visage et représentaient son statut de sorcière dans le Désert. D’autres se trouvaient sur ses bras et dans son dos, figurant plusieurs choses, mais cela restait principalement des symboles inconnus pour les habitants des terres du nord. Elle s’agenouilla devant sa victime et passa ses doigts sur l’ossature de la mâchoire de ce dernier. « J’ai besoin d’informations, étranger et vous pouvez me les apporter. » Elle planta son regard dans celui d’acier du prisonnier. « Je vous offre deux choix. Vous me répondez franchement et docilement, auquel cas je ne vous fais pas souffrir. » Bien sûr, c’était faux. Même s’il lui répondait docilement, elle s’abreuverait quand même à lui et l’expérience n’était pas sans douleur. Elle se releva pour le regarder de haut. « Ou bien vous résistez, vous ne me répondez pas et dans ce cas, vous souffrirez. Énormément. » Elle prit une gorgée de vin. « Je vous conseille de ne pas faire de moi votre ennemie, étranger. Cela serait une bien belle bêtise. » La sorcière décida qu’elle pouvait d’abord faire preuve de bonne volonté. L’homme devait être encore sous l’influence du poison, c’est-à-dire qu’il devait avoir un sérieux mal de crâne. Une fois de plus, elle s’agenouilla devant lui et lui offrit de son vin. Bien sûr, il était réticent. « Il n’est pas empoisonné. Croyez-moi, j’ai bien d’autres moyens de le faire. » À son grand étonnement, il prit une gorgée. Elle sourit. Bien, très bien. Elle se releva et s’éloigna quelque peu du barbare. « Je trouve qu’il est toujours agréable pour un prisonnier de connaître le nom de son geôlier. Je me prénomme Alecto. Quel est le vôtre? » L’homme resta muet. La jeune femme soupira. « Vous pouvez au moins jouer le jeu, ne serait-ce qu’un instant? Je veux tout savoir. Votre nom, votre provenance et la raison pour laquelle vous êtes si agréablement imposant. » Allait-il lui répondre? Il avait l’air borné à ne pas lui dire. En fait, c’était son problème, puisque la vampiresse n’hésiterait à pas à le torturer. Elle lui avait posé les questions de base, elle voulait en savoir tellement plus. Qui était leur chef? Leur mode de vie? Pourquoi pillaient-ils tous ces villages? Leur religion et leurs coutumes? Tout.
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Ansgar
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Jeu 3 Nov - 9:58

Assis au sol, les bras de chaque côté de son corps et le dos appuyé au mur de pierres froides, Ans jeta un regard de provocation à la nouvelle venue. Qui était-elle? Son apparence générale était, il devait bien l’admettre, plutôt agréable à l’œil, mais surtout intrigante. Elle avait l’air hautain des gens qui étaient parfaitement en contrôle de la situation. Mais avait-elle la moindre idée à qui elle s’adressait? Il n’était pas n’importe qui! Il était Ansgar Drakkhen des Terres du Nord et il n’allait très certainement pas jouer les gentils nounours qu’on peut bousculer sans en subir les conséquences. De l’orgueil? Oui, c’était son plus grand péché. Un autre homme entra dans la pièce avec une boîte dans les mains. Le norrois lui jeta un regard intrigué. La nouvelle venue se tourna vers la femme en loques et lui demanda s’il avait parlé. Elle lui répondit non sans couiner de peur et déguerpit rapidement sous les ordres de ce qui semblait être sa maîtresse.

La mystérieuse femme lança un nouvel ordre à l’homme qui s’exécuta rapidement. Il posa la boîte de bois au sol et souleva le couvercle : cinq vipères en jaillirent, se réfugiant dans le sable qui recouvrait le sol. Ça… ça n’inaugurait rien de bon. Instinctivement, le guerrier ramena ses jambes à lui en une vaine tentative de limiter l’espace entre lui et les serpents qui avaient complètement disparu de sa vue. L’homme sortit de la pièce et referma derrière lui, laissant l’inconnue avec Ansgar. Cette dernière se dirigea vers le meuble du fond et déposa une sorte de cruchon parmi les chandelles. Elle tenait une coupe à la main remplie d’un liquide couleur rubis qu’il identifia comme étant du vin. La geôlière marcha lentement en sa direction avec un air qui laissait croire qu’elle possédait tout le temps du monde devant elle. Son regard glissa sur le torse à la chemise ouverte du norrois et nota visiblement les nombreux tatouages qui s’y trouvaient. Est-ce que cela l’intriguait? Visiblement, elle portait des marques elle aussi, bien que ces dernières ne voulaient probablement pas dire la même chose et que Ansgar avait la peau du visage exempt de dessins. Dans un roulement de hanches découlant davantage d’une démarche naturellement sensuelle que véritable provocation, la femme arriva à sa hauteur et s’agenouilla pour ensuite glisser ses doigts sur la ligne de la mâchoire volontaire du guerrier.

Elle déclara avoir besoin d’informations et que ce dernier était celui qui allait les lui prodiguer. Elle lui offrit deux choix : sa coopération contre une indemnité physique ou sa rébellion pour un lot de souffrances incalculable. Du moins selon elle. Son interlocutrice ne connaissait pas les norrois, c’était plus qu’évident. Elle le mit en garde, probablement dans le but de l’intimider. Si elle savait. Il avait été élevé à la dure et avait déjà subi de la torture par le passé. Comme beaucoup de guerriers norrois, en fait. La femme à la peau laiteuse se pencha vers lui et tendit sa coupe. Sur le coup, le Grand Ours recula la tête, puis planta son regard acier dans les yeux énigmatiques de sa geôlière. C’est dans un premier mouvement de provocation qu’il prit une gorgée de la boisson qu’elle lui tendait, désireux de lui faire comprendre qu’elle ne l’effrayait guère. Visiblement, pendant un bref instant, son geste sembla la surprendre. Bien, bien. Si elle croyait avoir à faire à un pleutre ou à un homme docile, alors elle pouvait s’enfoncer son cruchon profondément dans le derrière.

Dans un mouvement gracile, la femme se releva et s’éloigna, non sans préalablement décliner son identité : Alecto. Drôle de nom. Il n’avait jamais entendu une sonorité similaire. Ça avait une consonance exotique et bourrée de mystères. Elle voulait qu’il en fasse de même et il se contenta de rester silencieux. Elle poussa un soupir puis se tourna vers lui. Elle voulait tout savoir? Et bien, il se ferait un plaisir de ne pas lui offrir satisfaction. En fait, non seulement ne pipa-t-il aucun mot, mais il esquissa un sourire de provocation. Pouvaient-ils laisser tomber tout ce flafla et en venir immédiatement à l’exécution de son plan machiavélique? Non pas qu’il avait envie de se faire torturer, mais tout ça était une perte de temps. Alecto revint vers lui non sans avoir préalablement déposé sa coupe et se pencha à sa hauteur avec un regard énigmatique. Elle allait probablement proliférer quelconque menace quand Ans se redressa pour que son visage ne soit qu’à quelques centimètres du sien. Ils se regardaient dans le blanc des yeux et la jeune femme ne pouvait y lire aucune trace de peur.

- You want a piece of me, bitch? Demanda-t-il tout bas dans sa langue d’origine. I have three little words for you : suck my dick.

Il avait appuyé chacun de ses mots, afin de bien faire sentir l’arrogance de la chose. Évidemment, elle ne comprenait rien, mais l’idée qu’elle l’appelle « suck my dick » pendant un instant causa l’hilarité chez lui, comme si c’était une excellente blague qu’il venait de raconter. Dans un mouvement rapide, il se releva sur ses pieds et s’avança jusqu’à la limite permise par ses chaînes. Mais ce qui le surprit davantage fut la vitesse de son interlocutrice qui s’éloigna en un clignement de paupières. Wow! Il n’avait jamais rien vu de tel et visiblement, sa surprise parut sur ses traits. Elle n’était pas humaine, c’était plus qu’évident. Ou bien son mal de crâne toujours bien présent lui jouait des tours… Du mouvement dans le sable se fit sentir à la base de ses pieds nus et Ansgar sursauta. Il recula instinctivement, sachant pertinemment qu’il y avait ces satanées vipères à ses pieds. Il releva la tête et ramena son attention sur la chose qui le fixait avec un air indéchiffrable.

- D’accord, je serai bon joueur, se reprit-il d’une voix raque dans un enkiev parfait, un sourire en coin trônant à nouveau sur ses lèvres. Si ça peut vous faire plaisir, je peux au moins vous faire une fleur et vous décliner mon identité. Ainsi, vous saurez au moins qui est l’homme qui se sera libéré de ses chaînes pour fondre sur vous et rompre votre cou délicat… Parce que c’était l’intention qu’il avait. Je m’appelle Ansgar. Doutez-vous de ma capacité à mettre à exécution mes menaces, Alecto? Vous semblez penser qu’il s’agit de paroles en l’air.

Son sourire s’accentua. Il enroula à la chaîne autour de son bras droit et banda les muscles, faisant grincer dangereusement les mailles métalliques qui le retenaient. Un sifflement mécontent à ses pieds attira son attention et une vipère sortit la tête du sable. Rapidement, il tassa sa jambe pour éviter une morsure imminente. Était-ce un avertissement ou une véritable tentative? Dans tous les cas, Alecto ne semblait pas perturbée le moins du monde. Elle attendait la suite des réponses à ses questions. Des informations banales. Que cherchait-elle?

- Je doute que vous m’ayez pris en otage par simple hasard, continua-t-il en la scrutant de ses yeux gris. Vous connaissez la réputation de mon peuple et je suis persuadé que ma terre de provenance vous est déjà connue, je me trompe? Quant à ma stature… et bien, c’est un cadeau de la nature? Et si vous ne rappelez pas vos serpents immédiatement, je peux vous assurer qu’ils finiront de la même manière que leur compagnon qui a osé traverser ma route. Le cou tranché et le corps recouvert de spasmes. Quoique, je n’ai pas de lame sur moi… mais mes mains suffiront à déchirer leur chair fragile.

Il répondait sans répondre à ses questions et l’allusion aux vipères ne semblait pas lui plaire. Comme il s’en foutait!

- Vous voulez jouer à la dure? Bring it.
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Alecto
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Dim 27 Nov - 12:03

Alecto resta impassible lorsque son captif lui parla dans un langage qu’elle ne connaissait point. Bien qu’elle n’était pas en mesure de comprendre la teneur de ses paroles, elle pouvait tout de moins sentir la hargne qui les accompagnait. Elle comprit qu’elle avait raison lorsque l’homme se précipita vers elle, jusqu’à la limite que lui permettaient ses chaînes. Instinctivement, la sorcière recula, afin de ne pas être happée par son prisonnier. Sa vitesse d’exécution sembla le surprendre. Elle était beaucoup plus rapide que lui, il n’avait aucune chance. Toutefois, un tel assaut sur sa personne, bien qu’il soit voué à l’échec, ne devait pas être pris à la légère et surtout, ne devait pas être reproduit. La femme se concentra sur ses vipères qui se déplaçaient dans le sable et leur ordonna de se promener autour du captif, provoquant ainsi un mouvement dans l’étendue sablonneuse qui entourait l’homme enchaîné. Il recula. Bien. On ne la provoquait pas. Jamais. Et on la menaçait encore moins. La vampiresse fut surprise d’entendre son détenu s’exprimer dans un enkiev parfait. Le langage qu’il avait utilisé auparavant lui était complètement inconnu et elle ne s’attendait pas à ce que cette barrière linguistique soit résolue si rapidement. Cependant, la suite des paroles de l’homme ne lui plurent guère. Des menaces, encore des menaces. Décidemment, ce peuple de barbares ne savait pas reconnaître une situation où leur vie était en danger. L’imposant étranger qui se tenait devant elle semblait être aussi orgueilleux qu’elle. Cela n’allait certainement pas bien se terminer... pour lui. À cet instant présent, elle avait particulièrement envie de lui planter ses crocs dans la gorge et le vider de son sang afin de le punir de la menacer ainsi. Avec une stature aussi gigantesque, il la rassasierait amplement. Par contre, elle n’aurait aucune information et tout ce cirque n’aurait servi à rien. Elle expira, contrôlant sa soif.

Ansgar la provoqua une seconde fois, avec des actions. Les chaînes qui le retenaient ne semblaient pas aussi solides qu’elle l’avait cru. Cet homme possédait décidemment une force surhumaine. Peut-être devrait-elle recourir à d’autres moyens pour le tenir captif. Cela ne serait pas un problème, il ne connaissait pas sa force ni ses pouvoirs. Souriant à cette démonstration de force elle commanda à l’une des vipères de sortir du sable et de faire semblant de l’attaquer. La prochaine fois qu’il tenterait une attaque physique, les vipères n’échoueraient pas. Elle avait tout son temps, elle pouvait l’empoisonner, le guérir et l’empoisonner de nouveau, jusqu’à ce qu’il daigne coopérer. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas eu une distraction digne de ce nom et cet imposant étranger serait parfait. Toutefois, il eut une fois de plus la mauvaise idée de la provoquer, cette fois-ci invoquant ses vipères. Une lueur de colère traversa son regard déjà froid de nature. Il suffisait maintenant! Cette brute avait besoin d’une bonne correction. Il ne lui dirait rien sans souffrance. Ses dernières paroles confirmèrent ses doutes. La jouer à la dure ne la dérangeait en rien. Par contre lui, il allait le regretter et il allait souffrir. « Je dois m’avouer déçue Ansgar. Je vous pensais plus intelligent que cela. » L’immortelle se leva et retourna vers le meuble recouvert de chandelle. Elle ouvrit le premier tiroir, dans lequel était rangée une multitude de dagues. Elle en prit trois, cela devrait être suffisant pour le moment. Elle saisit également deux étuis qu’elle attacha à sa taille et y glissa deux des lames. Attrapant la troisième, la sorcière entreprit de faire chauffer la lame grâce au feu de l’une des chandelles. « Ne vous a-t-on jamais appris de ne pas provoquer un prédateur sur son propre terrain de chasse? » Elle ne le regardait pas, elle ne pouvait jauger sa réaction.

Tout en continuant de faire chauffer la lame, elle imagina toutes les tortures qu’elle pourrait infliger à cet homme du nord. « Je sais que vous venez du Nord et il n’est pas très difficile de déterminer que vous cherchez des armes et des richesses. Des problèmes dans le Nord ou bien une envie de conquête démesurée? Je ne saurais dire, bien que je puisse comprendre l’envie de conquête. » Alecto se retourna et s’avança vers son prisonnier. La lame désormais rougit ne cherchait qu’à entrer en contact avec la chair humaine. « Mes espions m’ont rapporté votre nombre en terre enkiev. Je veux savoir votre nombre exact en comptant ceux qui sont demeurés au nord. » Il ne répondit pas. Il fallait s’y attendre. La vampiresse plaqua la lame brûlante sur le pectoral gauche du guerrier. Elle le vit serrer des dents. « Vous n’allez vraiment pas me donner la satisfaction de vous entendre crier? Encore une fois, vous me décevez. » La sorcière retira la lame de la peau de son captif. « Combien êtes-vous? » Il demeura muet. Saisissant la dague, elle entreprit de le couper lentement sur son biceps droit, laissa couler une traînée de sang. Plaçant son arme sous la gorge de son nouveau jouet afin de l’intimer de rester tranquille auquel cas elle n’hésiterait pas à lui trancher la jugulaire, elle entreprit de lécher doucement le sang qui s’écoulait de la plaie. La vampiresse pouvait mentalement se figurer l’expression de dégoût qui devait apparaitre sur le visage d’Ansgar et cela la fit sourire.

Alecto se recula une fois de plus et éloigna son arme de la gorge de l’étranger. « Nous allons essayer avec une autre question, peut-être serez-vous plus enclin à me donner une réponse. Comment se nomme votre peuple et possède-t-il des capacités magiques? » Cette fois, au lieu de rester muet, il lui répondit en lui crachant des insultes. Furieuse, elle se déplaça rapidement derrière lui et avant même qu’il puisse se rendre compte de l’endroit où elle se trouvait, elle lui empoigna les cheveux, tirant de ce fait sa tête vers l’arrière et planta ses crocs à l’intersection de sa gorge et de son épaule. Elle but le sang du guerrier pendant un moment puis le lâcha avant de se replacer devant lui. « J’ai l’éternité devant moi Ansgar, d’une manière ou d’une autre, vous répondrez à mes questions. Je peux vous tenir en vie aussi longtemps que je le désire, mais vous souffrirez. Abondamment. » Elle s’approcha de son visage et plaça sa main sur la brûlure qu’elle lui avait infligée au pectoral gauche. « Je vais tenter d’être aimable une dernière fois. Première option : vous me donnez les informations que je désire, nous concluons un marché dans lequel je peux faire appel à votre peuple pour mes propres croisades et en échange, je vous fournis tout ce dont vous avez besoin. » Elle se lécha doucement les lèvres. « Deuxième option : vous résistez, je m’amuse à vous torturer, à jouer dans votre tête et vous finissez par être mon esclave jusqu’à ce que la vieillesse et la maladie vous emporte. Jamais je ne vous tuerai, mais vous passerez une longue existence à me servir. » L’immortelle planta son regard dans celui de son captif. « Je vous connais, vous les guerriers orgueilleux. Vous préférez mourir plutôt que de parler. Vous appelez ça de l’honneur, il me semble. Et bien, je ne vous donnerai pas cette satisfaction. » Elle se releva et s’éloigna un peu de lui. « Je vous laisse un peu de temps pour réfléchir, à moins que votre réponse ne soit déjà préparée. »
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Ansgar
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Jeu 8 Déc - 12:00

Un sourire arrogant trônait sur ses lèvres alors qu’il toisait sa geôlière. Elle croyait sincèrement pouvoir le faire craquer? Elle avait affaire à un Drakkhen, l’héritier de surcroît! Pas à un simple Sholien de bas étage! Alecto restait impassible et mystérieuse malgré les provocations répétées de son prisonnier. En fait, Ansgar n’en attendait pas moins de sa part : si elle était réellement aussi terrible qu’elle tentait de le démontrer, alors de simples invectivassions ne seraient pas suffisantes pour l’ébranler. L’énigmatique jeune femme marcha tranquillement dans la pièce, jusqu’à atteindre le meuble du fond où trônaient les chandelles. Elle ouvrit un tiroir et le Grand Ours crut percevoir un reflet lumineux. Des lames? Elle rangea quelques choses à sa taille, puis enfonça le bout d’une dague dans la flamme d’une chandelle. Oh… voilà qui devenait intéressant. La question qu’elle lui posa lui soutira le haussement d’un sourcil. Tentait-elle de l’effrayer? Visiblement, elle n’avait pas compris qu’il était imperméable aux menaces. Combien de fois en avait-il fait les frais par le passé? La peur… n’était pas quelque chose de commun chez lui.

- Votre terrain de chasse? Répéta-t-il. Savez-vous au moins ce que c’est réellement? On peut parler de chasse lorsqu’un prédateur traque sa proie dans un espace ouvert et libre de toute contrainte. Le fait que la proie soit dans la possibilité de répliquer rend justement la chasse un peu plus grisante. Or, ce n’est pas ce que je vois ici.

Elle ne le regardait pas, trop intéressée par la lame qui commençait tranquillement à noircir sous l’oxydation provoquée par la flamme avant de rougir. Elle ignorait superbement sa réplique d’un peu plus tôt et continua son sermon en déclarant ouvertement ce qu’elle connaissait de son peuple. Ah? Pas mal. Elle en savait déjà plus que la plupart des sudistes, ce qui, il devait l’avouer, l’impressionna.. Lentement, elle retira la dague de la flamme et s’approcha tranquillement de lui, le métal rougeoyant pointé en sa direction. L’expression du guerrier était dure et son sourire avait quitté son visage. Il savait quelle serait la suite des événements et tentait de se préparer au contact insupportable du métal en fusion contre sa peau. Il avait déjà fait subir un châtiment similaire à un ennemi et connaissait l’odeur de chair brûlée qui l’accompagnait. Il allait devoir se faire violence pour éviter de pousser un cri qui allait être beaucoup trop satisfaisant pour elle. Elle voulait savoir le nombre exact de Norrois en combinant ceux au sud à ceux qui sont restés dans les Terres Gelées? Il avait une vague idée, mais honnêtement, il n’en savait rien. Les Norrois étaient divisés en quatre grands clans qui étaient tous en guerre… alors faire un recensement… c’était impossible. Et c’était sans compter tous les petits bourgs indépendants qui trônaient ici et là. Ainsi, il préféra garder le silence.

Son manque de coopération fut une raison valable pour Alecto de mettre son plan à exécution. Puisque son poitrail était dévoilé grâce à sa tunique grise défaite, la jeune femme alla plaquer le métal brûlant contre le pectoral gauche de l’héritier du clan Drakkhen. Ans ferma les yeux et serra la mâchoire non sans pousser un grognement de douleur, ce qui accentua son mal de tête déjà important. Sa peau grésillait au contact de l’acier rougi et une odeur d’épiderme brûlée monta à ses narines. Ses bras enchaînés tremblaient malgré lui et il était si concentré sur sa douleur qu’il ne put comprendre le sens des mots prononcés par sa geôlière. Elle retira enfin la pointe brûlante de sa peau, laissant une marque sanguinolente et noircie sur son poitrail. Alecto répéta sa question et le Grand Ours conserva son mutisme employé précédemment. Sans plus attendre, elle tira sur sa tunique lâche pour exhiber son bras droit et entailla le biceps lentement, laissant couler un filet de sang. Drakkhen voulut réagir, mais la lame se retrouva rapidement sur sa jugulaire, menaçant de le vider de son sang dans les plus brefs délais. D’accord, il voulait bien jouer les arrogants, mais éviter de mourir rapidement était également une bonne idée en soi.

La maîtresse des lieux se pencha vers l’avant et alla lécher lentement, dans un mouvement quasi sensuel, la plaie sanguinolente de son bras. Ans lui jeta un regard de dégoût malgré lui, notant la façon dont elle prenait plaisir à déguster son hémoglobine. Mais qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez elle?! Visiblement, elle avait deviné ce à quoi il pensait sans même lui avait jeté un regard, car elle esquissa un sourire amusé et provocateur. Dans un mouvement vif, elle se recula et posa une nouvelle question. Pourquoi s’intéressait-elle autant à son peuple?! L’air condescendant d’Ansgar avait complètement quitté ses traits et était remplacé par une colère noire. Elle voulait des réponses? Il allait lui en donner!

- Espèce de salope! Si tu crois que je vais te donner le moindre indice et bien, tu peux aller te pendre! Go fuck yourself, you bitch! I won’t cooperate. Stop wasting our time and go suck someone else’s balls! You’re such a piece of shit!

Alors qu’il lui crachait son venin au visage, la réponse se fit rapidement sentir. Vive comme l’éclair, Alecto disparut de sous ses yeux et se retrouva rapidement dans son dos. Une poigne solide agrippa sa longue chevelure marron, forçant Ansgar à balancer la tête vers l’arrière. Une douleur vive prit naissance à la jonction de son cou et de son trapèze droite, ce qui lui soutira une plainte de douleur et de surprise. Le souffle d’Alecto se fit sentir et du coin de l’œil, il put voir son visage à la peau glacée plaqué contre son épiderme basanée. Bon sang!! Elle le mordait?! Mais elle était complètement disjonctée!! Le chef des Guerriers du Kodiak sentait son sang être absorbé par sa geôlière qui prenait visiblement un plaisir fou à agir de la sorte. Elle rompit finalement le contact, le bas de son visage barbouillé de sang alors que la plaie qu’elle avait laissée sur la gorge du guerrier saignait toujours. Ansgar lui jetait un regard différent cette fois : un mélange de curiosité teinté d’un subtil soupçon d’anxiété. C’était une cannibale? Pourquoi disait-elle avoir l’éternité devant elle? Personne ne vivait éternellement… Le Norrois ne connaissait pas la race à laquelle elle appartenait et la qualifia instantanément de « démone ».

L’étrange créature lui donna deux options : l’une imposait une servitude de la part de lui et de son peuple – au besoin – en échange de ressources, l’autre impliquait un état d’esclavage et de souffrance perpétuelle qui lui serait entièrement imposée. Le guerrier fronça de sourcils. Les norrois n’étaient pas des chiens qu’on pouvait appeler au bon vouloir. Accepter cette option viendrait à imposer un barème à toute son escouade, voire même son clan, le jour où il siègerait à place de son père. Ils n’auraient plus la liberté d’agir selon leurs mœurs et leur bon vouloir. S’il venait à accepter cette offre, les siens se verraient mener par une leader extérieure à leur clan et qui sait quels sombres desseins elle pouvait avoir derrière la tête. Après tout, elle s’était délectée de son sang, là, sous ses yeux! Rien ne lui disait qu’elle ne prendrait pas l’une de ses sœurs – ou encore pire, sa fille! – pour son bon plaisir et ne s’abreuverait pas d’elle comme elle venait de le faire avec lui. Pouvait-il réellement courir ce risque? C’était insensé et indigne d’un chef. L’option deux n’était pas plus alléchante. Il n’avait pas envie de servir comme esclave et, bien qu’il était très tolérant à la douleur physique, l’idée de se faire torturer perpétuellement ne l’enchantait guère. Toutefois… il serait officiellement le seul à pâtir, puisque Thor prendrait le relais comme chef de guerre et que son père se contenterait de nommer un nouvel héritier. Et puis bon, même si cette idée ne l’enchantait guère, Hélicie avait toujours sa mère pour s’occuper d’elle, en plus de ses oncles et ses tantes. Bref : oui il était un membre important pour le clan, mais n’était pas indispensable et encore moins irremplaçable.

- Pas besoin de me laisser de temps pour réfléchir, grogna-t-il. Votre choix est facile. Écoutez-moi bien, car je ne me répèterai pas : vous pouvez faire ce que vous voulez de moi, mais soyez assurées d’une chose bien simple, je ne livrerai JAMAIS les miens.

À ce propos, il cracha au sol. Son regard était dur et celui d’Alecto sembla briller d’une pointe d’amusement. Visiblement, elle était étrangère au principe du sacrifice personnel au profit d’une nation entière. Le guerrier ressentit du mouvement dans le sable à ses pieds. L’ondulation s’accentua rapidement, signe que toutes les vipères se mirent à bouger en même temps. Le regard nerveux d’Ansgar scruta le sol à la recherche du premier mouvement hostile en sa direction. Il n’eut pas à attendre très longtemps que l’un de serpent frappa au niveau de son mollet droit. Puisqu’il était sous l’adrénaline, Ans put bouger suffisamment vite pour éviter que les crocs de l’animal ne se fichent trop profondément dans sa chair, mais pas assez pour l’empêcher de percer son épiderme malgré tout. La bête l’avait écorché avant de s’enfoncer à nouveau dans le sable ondulant. Le guerrier grimaça, puis esquiva un autre reptile. L’une des vipères bondit derrière lui, lui mordant férocement le bas du dos. Le norrois poussa, cette fois, un cri de douleur. Les ondulations du sable ne se calmaient en rien, signe que les attaques étaient loin d’être terminées.

- Vous croyez vraiment que je vais me laisser faire?!! Gronda-t-il, aveuglé par sa colère et la douleur alors que sa voix devenait de plus en plus grave et rauque. Je suis Ansgar et on m’appelle le Grand Ours du Nord!! Ne l’oubliez jamais!

Dans un mouvement vif et puissant du bras droit, le guerrier tendit la chaîne à son maximum, la faisant grincer dangereusement. Se faisant son corps commença à muter : il prenait de l’expansion et une fourrure épaisse couleur terre recouvrit son épiderme. Son visage se déforma ensuite, prenant des airs d’ursidés furieux. Une fois la transformation terminée, il se tint sur ses pattes arrière et poussa un cri enragé, exhibant ses crocs acérés. Les chaînes se rompirent et l’ours kodiak frappa au sol de ses pattes avant. D’un puissant coup de griffes, il déchira l’une des vipères qui avait voulu se mettre entre lui et sa maîtresse, puis il chargea Alecto. La geôlière fut beaucoup plus rapide que lui et esquiva ses attaques avec grâce et agilité.

La porte s’ouvrit rapidement sur l’une des servantes qui était venue voir ce qui se passait. Le Grand Ours ne voyait plus clair, aveuglé par la brûlure qui irradiait du bas de son dos et par le mal de crâne incommensurable qui lui vrillait les tympans. L’Esprit de la bête avait complètement pris le dessus. Il tourna son immense tête vers la pauvre humaine en loques qui détala sans demander son reste. Ce simple mouvement eut pour effet de stimuler davantage l’instinct de l’ours qui chargea à sa suite. Il s’enfonça dans le couloir, arrachant le cadre de la porte au passage, puis rua sous les cris terrorisés de l’esclave. En un clin d’œil, il fut sur elle et mordit férocement la chair de sa cuisse. La pauvre jeune femme fut secouée dans tous les sens comme une vulgaire poupée de chiffon et la bête la frappa avec force contre les murs de pierres avant de l’écraser au sol. Elle était déjà morte, mais il n’en avait que faire. Il lui flanqua un puissant coup de patte qui l’envoya valser vers sa maîtresse dans un roulement ensanglanté au sol. Il poussa un nouveau grondement puissant, sa gueule béante laissant échapper un long filet de bave et de sang au sol. Il voulut charger à nouveau en direction de la geôlière, mais plus il s’approchait, plus il sentait ses forces le quitter. Les brûlures au bas de son dos et à sa patte arrière droite étaient de plus en plus insupportables et un cillement sourd résonnait dans sa tête alors qu’il commençait à être étourdi.

Avant d’arriver à la hauteur d’Alecto – qui avait néanmoins reculé – Ansgar tituba avant de reprendre forme humaine. Il s’écroula au sol, aux prises avec une soudaine poussée de fièvre et un haut-le-cœur fulgurant. Son corps était couvert de sang et de sueur et il trembla sans pouvoir se contrôler. Il avait froid, si froid… Ce qui était atypique, vu ses origines.
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Alecto
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Mar 10 Jan - 20:36

Le manque de coopération de l’homme du Nord n’étonna en aucun cas Alecto. À vrai dire, elle devait s’avouer contente que ce Ansgar ne veuille pas coopérer. Après tout, elle avait toujours eu ce vilain défaut de jouer avec sa nourriture. Ainsi, après avoir mordu son « invité » et avoir aspiré une partie de son sang, elle lui avait fait une proposition qu’elle jugeait équitable. Jamais elle n’avait été aussi magnanime, mais elle devait s’avouer que ses barbares du Nord pouvaient lui être d’une très grande utilité dans ses projets de domination du monde. Avoir une armée d’hommes sanguinaires, plus grands que la moyenne et surtout ayant une soif de conquête presqu’aussi grande que la sienne ne pouvait avoir que des bénéfices... si elle avait le moyen de les contrôler. Voilà pourquoi elle leur offrait de leur procurer les ressources qu’ils cherchaient tant à piller et même une certaine liberté. L’autre option était plus personnelle, assujettissant le géant brun à son pouvoir à elle, faisant de lui son esclave. Il fallait le dire, elle n’était pas insensible à cet homme de grande stature dont la beauté différait de ce que l’on pouvait trouver sur le continent. Une fois dressé et débarrassé de cette fâcheuse habitude qu’il avait prise de l’insulter, il serait parfait. De toute façon, elle saurait bien le faire coopérer. Il fallait simplement trouver sa faille et manifestement, la torture physique n’en faisait pas partie.

Pendant que son prisonnier réfléchissait à ses offres, l’immortelle détacha un petit bout de tissu qui pendait à la ceinture de sa taille et essuya les traces que sa collation avait laissées sur son mention. Après tout, elle devait être plus que présentable pour la torture qui suivrait. En effet, la vampiresse était loin d’en avoir terminé avec l’homme, peu importe quelle serait sa réponse. Ils avaient passé si peu de temps ensemble, elle n’allait certainement pas le libérer tout de suite. Étant rancunière, elle devait lui faire payer le meurtre de l’une de ses vipères. La voix d’Ansgar la tira de ses pensées et elle se retourna pour lui faire face. Ses paroles lui provoquèrent de l’amusement. Ah ces êtres humains et leur honneur. Il avait beau être plus grand, plus musclé et plus imposant que les Enkievs, il restait profondément pareil. Toujours cette volonté de jouer les héros, les martyres et de se sacrifier pour le bien-être des autres. Le détenu cracha ensuite sur le sable sablonneux, exaspérant de ce fait la maîtresse des lieux. Décidemment, il avait besoin qu’on le ramène à l’ordre. Elle devait réfléchir à un autre moyen d’obtenir sa coopération. Cet homme devait avoir un point faible. Ils en avaient tous. Une personne, un objet, un animal. Tous étaient attachés à des êtres et cela pouvait être exploité. Il fallait seulement trouver cet être cher. Télépathiquement, elle ordonna à Dastan de rassembler les effets trouvés sur le guerrier. Elle l’avertirait lorsqu’elle en aurait besoin. Ensuite, la sorcière se concentra sur ses bien-aimées vipères et elle leur ordonna d’attaquer le géant du Nord et de le mordre. L’inconscience que le poison provoquera lui permettrait de fouiller dans le présent de son « invité » et trouver le maillon faible de son coeur.

Cependant, l’opération ne se déroula pas comme prévu. La première vipère ne réussit pas à le mordre, elle réussit simplement à l’érafler. Il réussit à esquiver la deuxième, cependant, la troisième fit mouche, lui mordant le bas du dos. Pour un géant, il avait définitivement de très bons réflexes, même s’il avait été engourdi par le poison des vipères quelques heures auparavant. Jamais de sa vie, Alecto n’avait vu cela. Normalement, une morsure calmait un homme, mais il se débattait toujours. Ainsi, elle ordonna à ses reptiles de continuer leur assaut, ce qui ne sembla pas plaire du tout à l’homme du Nord, puisqu’il la menaça ensuite, sa voix trahissant sa colère grandissante. La vampiresse tentait encore de déduire ce qu’il voulait dire par « Grand Ours » lorsqu’il lui offrit une démonstration sans même qu’elle lui demande.

Devant ses yeux, Ansgar commença à se métamorphoser. Un peu trop rapidement au goût de l’immortelle, il se transforma en ours géant. La jeune femme ignorait si elle devait être effrayée ou fascinée. Est-ce que tous les hommes du Nord possédaient la faculté de se transformer en ours géant? Si oui, cela leur donnait encore plus de crédit et d’importance. Une image se forma aussitôt dans son esprit : Une armée d’hommes-ours lui obéissant au doigt et à l’oeil. Avec une pareille armée, elle posséderait le monde en quelques mois. Un rugissement mit fin à son fantasme alors que son prisonnier s’avançait dans sa direction. Les chaînes cédèrent sous la force de l’animal et il s’avança dans la direction de la maîtresse des lieux. Instinctivement, elle exigea qu’une vipère interfère, mais la pauvre n’eut aucune chance et se retrouva complètement déchirée par les griffes acérées de celui qui se prenait dorénavant pour un prédateur. Toutefois, la sorcière n’avait pas dit son dernier mot. Il lui restait pour se défendre son agilité vampirique en plus de son contrôle du sable. Elle pourrait aisément forcer l’ours à s’enfoncer dans des sables mouvants, mais elle ne voulait pas utiliser ce pouvoir trop rapidement, afin de ne pas dévoiler toutes ses cartes. Elle ne l’utiliserait que si sa vie ne tenait qu’à un fil. Ainsi, lorsqu’il se dirigea rapidement vers elle, elle fut en mesure de l’éviter à de nombreuses reprises. Une chance pour la magicienne qu’il était lourd et par conséquent, moins rapide. Cependant, il n’en restait pas moins dangereux.

Il prouva ce fait quelques secondes plus tard, lorsqu’une de ses esclaves décida stupidement d’ouvrir la porte pour voir ce qui se passait. Lorsqu’elle comprit ce qui se passait, elle prit ses jambes à son coup, mais une humaine n’était pas assez rapide pour un ours complètement déchaîné. En un rien de temps, il planta ses crocs dans l’une des cuisses de la sotte femme et la secoua tellement qu’elle mourut rapidement, à force de se retrouver plaquée contre le mur comme une vulgaire poupée. D’un coup de patte, Ansgar la fit rouler dans le donjon, devant Alecto. Cette dernière ne posa même pas un regard sur cette loque humaine qui ne lui était désormais d’aucune utilité. L’immortelle ne respectait pas la vie humaine, hormis celle de deux ou trois élus qui lui vouaient un culte, son fidèle Dastan. Et encore, s’il venait à lui désobéir ou à la décevoir, il finirait comme les autres, vidé de son sang. La bête s’avança vers elle, complètement enragée. La vampiresse n’eut d’autre choix que de reculer, puisqu’il bloquait l’accès à l’entrée. Si elle voulait avoir une chance de sortir, il devrait avancer vers elle pour qu’il libère la porte complètement défoncée. Alors qu’il s’apprêtait à la charger, il trébucha et reprit forme humaine. Un sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme. Les morsures de vipère venaient de faire effet, enfin. Cela avait pris beaucoup trop de temps. L’homme portait les symptômes de l’empoisonnement. Mentalement, elle appela Dastan.

Ce dernier se présenta sur le champ, armé d’un arc et de flèches, prêt à attaquer l’animal qui menaçait sa maîtresse. Lorsqu’il vit qu’elle était hors de danger, il baissa son arme. « Pose ses effets près de la table et trouve d’autres chaînes. Plus solides. Envoie des hommes pour le transporter. » Son homme de main sortit de la pièce et revint quelques instants plus tard afin de veiller sur sa maîtresse et surtout pour veiller à ce qu’on respecte ses ordres. Ainsi, Ansgar fut apporté près du mur, là où il avait préalablement été attaché. En attendant que les chaînes plus solides arrivent, la sorcière utilisa son pouvoir pour l’engloutir dans le sable jusqu’à la taille et commanda aux grains de la pièce de se resserrer autour de son captif afin de l’immobiliser complètement. Pour l’instant, il ne pouvait se réveiller, puisqu’il était sous l’effet du venin des vipères. La vampiresse se dirigea alors vers la table au fond de la pièce et ouvrit un deuxième tiroir dans lequel s’alignait une rangée de petites bouteilles. Elle en prit une et lentement elle s’approcha du géant. Elle s’agenouilla devant lui et prit d’abord l’un de ses bras. Sans hésiter, sachant que le sang était empoisonné, elle le mordit au niveau du poignet, à l’intérieur du bras, afin de savoir la quantité de poison qui circulait dans le corps de l’homme. De cette façon, elle pourrait savoir quelle quantité d’antidote lui donner. Elle but quelques instants à son poignet, puis retira ses canines. Elle déboucha le flacon de verre et en but une gorgée, afin de se soigner du venin, puis versa le restant de la fiole dans la bouche de son « invité ». Selon ses prédictions, le guerrier n’allait pas se réveiller avant plusieurs heures, il était sévèrement amoché. De plus, elle pourrait le faire dormir grâce à une potion du sommeil. Elle avait un plan et elle avait besoin de temps. Alecto ordonna à trois des quatre vipères restantes de s’installer sur le géant. Chacune s’enroulèrent autour d’un bras et la troisième autour du cou de l’homme, toutefois sans l’empêcher de respirer librement. La quatrième vient trouver sa place autour du bras droit de sa maîtresse. Ainsi, si l’homme-ours se réveillait, il saurait tout de suite qu’il était menacé. Les vipères pouvaient bien le mordre ou bien l’étrangler. Sa vie était donc entre les mains de la maîtresse des lieux.

L’immortelle se dirigea ensuite vers le sac de toile qui contenait les effets personnels du guerrier. On les lui avait retirés avant de l’attacher au mur de la salle de torture. Elle y trouva des armes, ses bottes, son armure, mais son regard s’arrêta sur une forme sculpté dans le bois. Utilisant le mouchoir qui lui avait servi à se nettoyer de sa collation, elle prit l’objet. Elle ne voulait pas avoir de vision prématurée. Elle porta l’objet à la lueur des chandelles et vit qu’il s’agissait d’un ourson taillé dans du bois. Voilà la faille. L’homme devait avoir des enfants, cela était manifeste. Prenant une grande inspiration, la jeune femme ferma les yeux et posa ses mains sur l’objet. Apparut alors dans son esprit une jeune adolescente aux cheveux bruns. Définitivement, elle était la fille d’Ansgar. Elle lui ressemblait beaucoup trop. Elle était dans la forêt, armée d’un arc et de flèches. Elle tirait sur des cibles bancales. Auprès d’elle se trouvait une femme rousse qui observait ses progrès. Elle prononça son nom. Hélicie. Alecto observa les alentours afin de trouver des indices qui pourraient permettre à ses hommes de retrouver le campement. Elle savait qu’elle visionnait le présent. Les deux jeunes femmes ne seraient peut-être pas isolées lorsque ses hommes viendraient. Quelques instants plus tard, la vision s’estompa.

La sorcière se retourna vers Dastan. « Savons-nous la localisation de tous les campements des hommes du Nord? » Il répondit par l’affirmative. « Tu dois me trouver sa fille. Elle se prénomme Hélicie. Elle a environ quatorze ans, les cheveux bruns et elle lui ressemble. Elle porte deux hachettes dans des étuis attachées aux cuisses en plus d’un arc et un carquois. Dans ma vision, elle est supervisée de près par une femme aux cheveux roux. » Elle posa le regard sur son prisonnier. « Tu as quinze heures pour me la ramener. Je le garderai endormi avec une potion du sommeil. Ne me déçois pas. Ramène-moi la fille. » Son homme de main hocha la tête d’un coup sec et disparût. L’immortelle posa son regard sur le cadavre de l’esclave. « Et qu’on me débarrasse de ce tas de chair inutile. » Presque tout de suite, deux hommes apparurent dans l’entrée et disposèrent du corps de la jeune fille. Alecto resta encore quelques instants dans la salle de torture, réfléchissant à son plan machiavélique. Les symptômes d’empoisonnement avaient cessé de transparaître chez le guerrier. Il était encore très pâle, mais il ne tremblait plus. Elle n’allait certes pas rester plantée devant lui pendant les quinze prochaines heures, elle avait mieux à faire. Mentalement, elle appela Malik, son deuxième homme de confiance. « Tu vas veiller sur lui. Les vipères vont rester tranquilles, je leur ai dit d’attaquer simplement s’il essaie de se libérer. » La vampiresse se dirigea vers le bureau et sortit deux fioles du deuxième tiroir. « Voici des potions du sommeil. Il devrait se réveiller de son empoisonnement dans quatre heures. Tu dois le forcer à boire la potion aux trois heures. Cela le gardera inconscient. Je reviendrai dans quinze heures. Préviens-moi s’il y a quoi que ce soit d’anormal. » L’homme obtempéra et la jeune femme quitta la pièce.

***

Lorsqu’Alecto descendit en direction des donjons, Dastan n’était toujours pas revenu de sa mission. Elle allait devoir gagner un peu de temps. Elle n’avait pas l’habitude de donner des deuxièmes chances, mais son homme de main ne la décevait jamais. Il allait arriver. Sans se presser, la sorcière entra dans la salle. Malik était installé par terre, adossé au mur opposé de celui où reposait Ansgar. Il lui avisa que les nouvelles chaînes étaient arrivées, mais qu’ils n’avaient pas réussi à déloger le prisonnier du sable. La maîtresse des lieux esquissa un sourire et d’un seul mouvement gracieux des doigts, elle délogea le captif. Tout de suite, les hommes s’affairèrent à l’attacher solidement aux poignets, grâce aux chaînes, et aussi aux chevilles. L’immortelle ordonna aux serpents qui se trouvaient sur ses bras de rester en place. Celui qui se trouvait au cou alla s’enrouler autour de la jambe gauche du guerrier et celui qui se trouvait à son bras à elle alla prendre place autour de la jambe droite. « Vas à la rencontre de Dastan et dis-lui qu’il est en retard. Lorsqu’il arrivera, qu’il attende que je l’appelle avant de venir me voir. » Lorsqu’il eut quitté la pièce, la magicienne s’approcha lentement du prisonnier. Elle s’accroupit devant lui et lui tapota doucement les joues. Si elle avait bien compté, les effets de la potion étaient sur le point de se dissiper. Voulant s’amuser un peu, elle porta alors ses lèvres sur celles de l’homme et commença à l’embrasser doucement. Lorsqu’elle sentit qu’il revenait à lui, elle l’embrassa une dernière fois avant de planter sa canine droite dans sa lèvre, la perçant de ce fait et il s’en échappa un léger filet de sang. Son « invité » ouvrit les yeux au moment même où elle léchait l’hémoglobine et elle s’amusa du regard de dégoût, mélangé à l’incompréhension qu’il lui lança. La jeune femme se releva tout en essuyant le bas de sa propre lèvre inférieure avec son pouce. « Je dois avouer que le sang des hommes du Nord est très revigorant. Il a quelque chose de bestial. » Une lueur d’amusement brillait dans les yeux de la vampiresse. « Depuis votre transformation, votre peuple m’intéresse de plus en plus. Est-ce que votre sommeil prolongé vous a convaincu de me divulguer des renseignements ou dois-je utiliser d’autres méthodes? » Elle sourit. « Je vous conseille de coopérer. Je ne pense pas que vous allez apprécier mes autres méthodes. Elles sont, disons, beaucoup plus traumatisantes. Toutefois, elles fonctionnent toujours. »
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Ansgar
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Mar 24 Jan - 9:12

Il tremblait comme une feuille. Le froid… L’obscurité. Il ne voyait plus rien, pourtant, ses yeux étaient grands ouverts. Son corps était recouvert d’une fine couche de sueur. Une douleur intense le prenait d’assaut, comme une brûlure irradiant de son dos et de son mollet et se propageant lentement dans tout son corps. Ses muscles se crispaient, lui donnant des crampes épouvantables. Il sentait la présence de la mystérieuse jeune femme non loin de lui et un autre individu sembla s’introduire dans la pièce. Le nouveau venu s’approcha de lui et le norrois voulut se défendre, mais en fut incapable. Au lieu de se débattre comme il l’aurait souhaité, il tourna plutôt de l’œil, sombrant dans une perturbante inconscience…

Contrairement à la fois précédente, il n’eut conscience d’absolument rien. Le venin s’était trop étendu dans ses veines, probablement activé par sa circulation sanguine alors qu’il se déchaînait sous forme bestiale. Il eut même l’impression, pendant un instant, de quitter son corps, comme si sa mort était toute proche… Voilà une étrange sensation qui avait quelque chose… d’effrayant. Certes, il n’avait pas peur de mourir, mais… de cette façon? Il s’était toujours vu sombrer au combat, en pleine guerre ou lors d’une mission particulièrement périlleuse. Pas en tant que prisonnier voir même potentiel esclave! Il n’y avait rien de bien glorieux là-dedans. Voilà qui était malaisant… Comment allait-il expliquer la façon dont sa vie avait pris brusquement fin auprès du grand Esprit de l’Ours? Lui qui avait été gracié par l’un des esprits les plus puissants et les plus rares, voilà qu’il n’avait même pas pris la peine de lui faire réellement hommage.

Outre son totem divin… Qu’allaient dire les membres de sa famille? Ils ne le retrouveraient probablement jamais… Il les connaissait, ses frères et sœurs. Ils partiraient à sa recherche et devraient bien admettre, devant l’échec de leurs vaines tentatives, qu’il leur était impossible de lui offrir une sépulture digne de ce nom. Au moins, il pouvait compter sur Thorvald pour reprendre le contrôle du campement… Et ses deux enfants… ils allaient être à la merci de leur folle de mère. Pourquoi avait-il cette sensation de les avoir abandonnés? Avait-il été un mauvais père pour eux? Il n’était pas très présent et les laissait souvent derrière. Voilà un regret de plus qu’il pourrait rajouter à son tableau. Et Adelyn? Sa belle et merveilleuse Adelyn. Il avait du mal à croire qu’il quitterait ce monde sans même avoir eu la chance de revoir son beau sourire ou de sentir ses lèvres si douces contre les siennes. En parlant de lèvres…

Il recevait un baiser, il pouvait le sentir maintenant. Peut-être qu’il n’était pas mort, au final. Pendant un bref instant, il crut qu’il s’agissait d’ELLE. Sa belle. L’Alombrienne qui lui manquait tant. Bien qu’il était faible, il répondit à son baiser, songeant au fait qu’il se languissait réellement de pouvoir la serrer contre lui à nouveau. D’ailleurs, pourquoi ne pouvait-il pas l’entourer de ses bras? Quelque chose le retenait contre son gré. Il avait beau essayer de tendre les bras, c’était comme si l’élue de son cœur était hors de sa portée… Instinctivement, le guerrier norrois ouvrit les paupières (bien que difficilement) et dut cligner des yeux à quelques reprises afin de chasser les brumes qui masquaient sa vision. C’est alors qu’il sursauta : ce n’était pas Adelyn qu’il embrassait, mais cette harpie!! Avant qu’il ne puisse se reculer, cette dernière lui mordit la lèvre inférieure, laissant couler un filet de sang. Elle en profita pour lécher l’hémoglobine dans un mouvement sensuel qui, malgré tout, soutira une expression dégoutée au chef des Guerriers du Kodiak. Mais qu’est-ce qu’elle faisait?! Elle ne pensait tout de même pas qu’il allait se laisser tenter par elle? Visiblement si… En fait, il était probable qu’elle ait réussi, par le passé, à en faire flancher plus d’un avec son corps qui, somme toute, était plus qu’appréciable à regarder (il devait bien se l’admettre).

Alecto se releva, essuyant de façon suggestive le bas de sa lèvre avec son pouce, puis prit la parole. Alors qu’elle vantait les mérites du sang norrois, Ans fronça les sourcils et crispa les muscles de sa mâchoire, signe de sa contrariété. Elle se foutait royalement de lui, c’était évident! Elle laissa sous-entendre toute l’étendue de son intérêt pour lui et son peuple, puis lui demanda s’il était prêt à coopérer, sous peine de devoir utiliser d’autres méthodes. Quelles méthodes avaient-elles en tête? Étaient-elles RÉELLEMENT si traumatisantes que ça? Ça pouvait être du bluff… ou pas. Le grand guerrier était aux prises avec un de ses maux de crâne incroyable… La douleur tambourinait dans ses tempes et sa bouche était sèche. Il avait envie de l’envoyer paître. Non, il n’avait pas envie de se faire mordre à nouveau et ne désirait pas particulièrement découvrir quelles étaient ses autres techniques, mais il n’avait pas le choix… Asservir les siens était de loin la pire des idées.

- B… Bring it… Déclara-t-il d’une voix rauque et sèche. Montrez-moi ce que vous savez faire. Je ne vous offrirai jamais les miens sur un plateau d’argent. Je ne vous donnerai pas la moindre goutte d’information sur eux. Autant me tuer tout de suite…

Il n’en avait pas la moindre envie. Ça se voyait sur son visage. Mais que pouvait-il faire de plus? Il était littéralement acculé au coin du mur. Son corps était toujours couvert de sueur au point où sa chevelure commençait à coller à sa peau et la fièvre qu’il couvrait n’avait pas énormément diminué. Avec un peu de chance, le poison viendrait à bout de lui. Alecto s’avança vers lui, un air visiblement ravi au visage. Dès qu’elle fut à sa portée, il voulut l’agripper, mais un sifflement furieux se fit entendre. Ce n’est qu’à ce moment qu’il réalisa avec horreur que chacun de ses bras et de ses jambes était enserré d’une vipère qui menaçait d’enfoncer ses crocs dans sa peau. Son regard acier glissa sur les nouvelles chaînes dont on l’avait affublé et il dut admettre que, cette fois, il ne pourrait pas s’en libérer… Elles étaient beaucoup trop épaisses pour ça! Même sous forme ours, il n’y arriverait pas…

Il sentit la main de la vampire glisser sur son poitrail à la tunique défaite et elle semblait le jauger du regard. Elle faisait quoi? Elle cherchait un endroit plus intéressant pour le mordre? Alecto était aussi perfide que ses vipères et le regard que lui lança le grand guerrier en disait long sur le fond de sa pensée. Il lui sembla que la jeune femme se rapprocha davantage, penchant la tête probablement pour lui voler un autre baiser (sachant pertinemment que ça le provoquerait), mais Ans détourna vivement la tête. Elle avait beau être séduisante, il était hors de question qu’il partage la moindre intimité avec elle. Une image d’Adelyn apparut dans son esprit et il s’y rattacha avec toute la force du monde. Visiblement, la sorcière comprit rapidement de quoi il retournait et s’amusa de la situation. Son cœur était pris, c’était évident.

- Croyez-moi, même si vous saviez qui elle était, vous ne pourriez pas l’atteindre. À moins d’être suicidaire, fit-il d’un sourire satisfait. Après tout, comment serait-il possible, pour elle, d’aller chercher la belle fée au sein de la capitale d’Alombria, parmi les rangs mêmes de l’ordre des chevaliers? C’était impossible. Ne perdons donc pas notre temps sur elle. Vous disiez avoir d’autres cartes dans votre manche concernant mon sort. Je commence à croire que c’est du bluff. Le temps me paraît long, soudainement…

Il souriait. Arrogant? Totalement. Mais il voulait absolument détourner le sujet d’Adelyn, quitte à en payer le prix fort. En espérant que sa tortionnaire morde à l’hameçon et passe à autre chose…
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Ven 3 Fév - 19:52

La réponse d’Ansgar à ses baisers surprit d’abord Alecto. Vraiment? Était-ce là une forme de capitulation ou bien une ruse pour qu’elle abrège ses souffrances? Cependant, lorsqu’elle vit le regard dégoûté qu’il lui lança lorsqu’il ouvrit les yeux, elle comprit. Il ne pensait pas qu’il s’agissait d’elle, mais probablement d’une autre femme. Oh, un moyen de pression supplémentaire, peut-être? Bien qu’elle se doutait que le moyen qu’elle comptait utiliser serait amplement suffisant pour faire parler l’homme du Nord, la sorcière prit note mentalement de le faire parler de celle qui semblait faire battre son coeur. Une fois assurée que le poison était complètement évacué de son corps, elle lui donna une dernière chance de lui donner des informations librement sans quoi elle aurait recours aux autres méthodes. Fidèle à ses habitudes, le barbare refusa son offre en l’intimant de montrer ce qu’elle pouvait lui faire. Oh il saurait bien assez tôt. Il lui suffisait simplement de gagner un peu de temps afin de donner à Dastan l’occasion de revenir. Une fois de plus, la vampiresse s’approcha de son détenu qui essaya de l’agripper. Manifestement, il ne s’était pas rendu compte de la présence des vipères autour de ses bras, car leur sifflement sembla le surprendre. « Oh Ansgar, n’affichez pas cette mine surprise. Croyez-vous vraiment que je ne prendrais pas de précautions supplémentaires après votre spectaculaire transformation. Bien que je sois téméraire, je ne suis pas sotte au point de ne pas m’assurer de ma supériorité sur vous. » Elle passa sa main sur la poitrine musclée de l’homme à la chevelure brune. « Après tout, vous êtes sur mon terrain de jeux. »

La sorcière laissa sa main flâner sur le torse de son captif pendant quelques instants avant d’approcher son visage du sien. À quel point tenait-il à cette femme? Oserait-il résister et refuser les plaisirs de la chair pour elle? Bien sûr, Alecto était complètement consciente du fait qu’elle le répugnait probablement. Après tout, elle s’était nourrie de lui quelque fois et visiblement les créatures de la nuit lui étaient inconnues. Cependant, cela l’amusait d’essayer. Malheureusement pour elle, qui aimait bien jouer avec sa nourriture, l’homme du Nord détourna la tête et esquiva sa tentative de baiser. Et bien. L’emprise que cette femme avait sur lui était définitivement forte. Lui, le grand guerrier du Nord aurait-il succombé à la faiblesse de l’amour? Il était évident que oui, mais cela ne faisait que lui assurer que son plan fonctionnerait. À moins que l’amour qu’il éprouvait pour cette femme était unique et qu’il ne ressentait pas la même chose à propos de sa chair et de son sang. Il serait bientôt le temps de le vérifier. « J’espère qu’elle en vaut vraiment la peine pour que vous daigniez vous affaiblir avec un sentiment aussi idiot que l’amour. Laissez-moi deviner? C’est le genre de femme qui exige l’exclusivité? » Bien sûr, le provoquer ainsi l’amusait grandement. L’amour avait toujours été la plus grande plaie et la plus grande faiblesse des humains. Certains naïfs y voyaient une force, mais la mort les trouvait généralement très rapidement.

La réponse d’Ansgar la fit sourire. Ainsi sa dulcinée était inatteignable. Vraiment? « Me proposez-vous un défi Ansgar? » Bien sûr, il lui serait probablement aisé d’obtenir une vision de l’élue de son coeur. Si vraiment il lui proposait un défi, elle se ferait un plaisir de le relever et de lui présenter le cadavre de sa bien-aimée, complètement vidé de son sang. Il ne lui laissa pas le temps de continuer ses railleries que déjà il la mettait vraiment au défi, insinuant qu’elle bluffait. Un sourire cruel se dessina sur ses lèvres. Oh, bien sûr elle s’amusait intérieurement, mais la suite des choses n’allait certainement pas lui plaire. Le sourire arrogant de son prisonnier la fit frémir. Ainsi, il voulait vraiment jouer à ce petit jeu d’orgueil avec elle? Il allait très vite apprendre qu’elle ne jouait jamais si elle n’avait pas toutes ses cartes. « Sachez une chose, très cher, c’est que je ne perds jamais. » Alecto se dirigea vers le mobilier qui se trouvait au fond de la pièce, là où elle avait laissé les effets personnels du guerrier. Elle prit le petit ours de bois encore en confection et revint vers son invité, le petit objet sculpté bien en évidence dans la paume de sa main gauche.

L’Immortelle sut qu’elle avait vu juste lorsque le visage de l’homme-ours changea momentanément pour ensuite reprendre son expression de défi. « Il n’est pas utile de bien vous connaître pour savoir ce que cet objet signifie, n’est-ce pas? » Évidemment, si Ansgar ne s’était pas transformé en ours géant devant elle, elle aurait probablement seulement songé qu’il considérait la sculpture comme un moyen de passer le temps. Cependant, après sa transformation, cet ouvrage de bois impliquait forcément autre chose. Le grand ours avait des oursons. « Un simple passe-temps? Je ne crois pas. Pas après votre transformation, mon cher. » Les humains. Ils étaient tellement sentimentaux. Toutes ces émotions affectives allaient décidemment causer leur perte. « Je vais vous expliquer quelque chose Ansgar. Je possède un pouvoir très utile que l’on appelle prémonition. Peut-être que cela vous dit quelque chose? » L’homme du Nord hocha de la tête affirmativement. « Et bien, sachez que mon don est encore plus spécial. Non seulement il me permet de voir le futur, mais il me permet également de voir le présent. » Son sourire devint encore plus cruel. « Après vos morsures, voyant que vous n’alliez pas obtempérer aussi facilement que je l’espérais, j’ai dû trouver un autre moyen de vous faire coopérer. » La sorcière fit tourner la petite figurine entre ses mains. « Quel ne fut pas mon bonheur lorsqu’en touchant cet objet j’ai pu apercevoir une belle adolescente aux cheveux aussi foncés que les vôtres, accompagnée d’une femme à la chevelure rousse. » Elle lança l’ourson de bois près du prisonnier. « Et puis, le destin sembla en ma faveur lorsque j’entendis la femme rousse prononcer un charmant prénom. » Toutes ses dents étaient maintenant découvertes, tellement elle profitait de ce moment pour faire souffrir son invité. « Hélicie. »

***[Dastan] Amène la fille près des cachots. Attends que je te donne le signal avant d’entrer.

La réaction d’Ansgar fut immédiate. Il commença aussitôt à s’agiter et les vipères se mirent à siffler, mais Alecto leur ordonna de ne pas attaquer. Toujours fidèle à son habitude, il se mit à la menacer, mais cela n’eut que comme effet de provoquer un sentiment de plaisir chez la vampiresse. Ainsi, il tenait à son enfant. Bien très bien. Le plaisir allait pouvoir commencer. « Je dois avouer qu’il est assez imprudent de ne pas garder un oeil permanent sur sa progéniture. À quoi pensiez-vous lorsque vous l’avez laissée aussi loin de votre campement? À votre belle dulcinée? N’est-ce pas un peu irresponsable de votre part? » L’homme du Nord tournait littéralement au rouge tellement il semblait en colère. Allait-il tenter une autre transformation? Sans doute pas? Avait-il seulement la force pour le faire? Encore une fois, il la menaça, lui annonça tout ce qu’il ferait si elle touchait à seulement un cheveu de sa fille.

***[Dastan] Entre avec la fille.

La prote derrière la magicienne s’ouvrit. Elle poussa un imperceptible soupir de soulagement. Bien qu’elle s’adressait à Dastan par la pensée, celui-ci ne possédait pas le don et ne pouvait donc pas lui répondre. Intérieurement elle espérait qu’il ait réussi à se rendre à temps. Son homme de main entra. Hélicie se trouvait devant lui, les mains ligotées devant elle et Dastan tenait une dague sur son coup pour lui éviter de tenter le moindre mouvement contre lui. Alecto se retourna vers l’adolescente et les grands yeux de cette dernière lui plurent tout de suite. Oh, elle n’était pas un prédateur comme son père, il s’agissait bel et bien d’une proie. La petite prit aussitôt la parole. « Daddy! What is going on? What are we doing here? Daddy are your hurt? » La vampiresse fit signe à Dastan de la faire taire et il posa sa main sur sa bouche. Ansgar s’adressa à sa fille dans leur langue et il était évident qu’il tentait de la rassurer. Alors qu’elle laissait le père donner de l’espoir à la fille, elle commanda à la vipère qui se tenait autour de la jambe gauche du guerrier de plonger dans le sable et de grimper sur la jeune fille afin de venir s’enrouler autour de ses poignets. « Daddy? What is this? Who is she? What is she doing? » L’homme du Nord se mit alors à la menacer, mais elle le fit taire d’un signe de main et en ordonnant à la vipère de faire mine de planter ses dents dans la peau de la brunette. « Vous allez dire à votre fille de se tenir tranquille sans quoi elle se fera mordre par ma charmante amie. Et croyez-moi, la dose est mortelle pour une adolescente de sa taille. » Soudainement plus docile, le barbare transmit ses instructions à Hélicie qui cessa presque tout de suite de se débattre.

La sorcière ordonna d’abord à Dastan de quitter la pièce puis à la vipère de cesser de menacer l’adolescente. « Voilà comment je vois les choses Ansgar. Vous allez répondre à toutes mes questions sinon ce n’est pas vous qui souffrirez, mais votre charmante petite fille. Est-ce bien clair? » Son prisonnier hocha affirmativement de la tête, signifiant qu’il comprenait les règles du jeu. « Comment cela se fait-il que vous puissiez vous transformer en ours? Est-ce que tous les hommes du Nord possèdent cette faculté? » Ansgar répondit, mais non sans une pointe d’arrogance et d’irrespect. Rapide comme l’éclair, Alecto se retrouva derrière l’adolescente, pencha sa tête sur le côté, dégagea le vêtement qui recouvrait son épaule et mordit son trapèze. Hélicie poussa sur le champ un cri d’horreur mélangé à de la douleur. L’Immortelle aspira une certaine quantité d’hémoglobine avant de s’arrêter. « Ai-je oublié de mentionner que je voulais des réponses dénuées d’insultes, d’arrogance et de sarcasmes? » La maîtresse des lieux s’éloigna de la jeune guerrière et essuya le filet de sang qui coulait le long de sa lèvre, avant de sucer son doigt avec délice. Le sang des adolescents avait toujours été le plus vivifiant. Encore plus que celui des hommes du Nord. « Combien êtes-vous en tout? » Encore une fois, son invité lui répondit, bien que la réponse était un peu floue. Le fait était qu’il ne le savait pas exactement. Étaient-ils vraiment aussi nombreux?

Ainsi donc, Alecto apprit que ce peuple du Nord se faisait appeler Norrois et que ce n’était pas tout le monde qui possédait la faculté de se transformer en animal. En effet, seuls quelques élus le pouvaient, une histoire de totem et tout, et cela pouvait être presque n’importe quel animal. Bien entendu, celui-ci devait être en mesure de survivre dans les Terres Gelées. La sorcière posa alors un regard affamée sur la jeune Hélicie. Après avoir goûté à ce sang si délicieux, il était difficile de ne pas vouloir se resservir. « Et votre adorable fille, est-ce qu’elle se transforme? »
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Ansgar
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Mar 14 Fév - 14:57

Que pouvait-il faire de plus? Il n’allait très certainement pas lui donner satisfaction en affichant un air qui trahirait l’anxiété qui grandissait en lui! Il avait son orgueil, tout de même! Son sourire trônait toujours sur ses lèvres alors que la jeune femme mystérieuse se dirigeait vers son mobilier pour quérir un objet destiné à le torturer. Qu’avait-elle prévu? Peu importe, il devait rester fort! Aucune douleur physique ne pourrait le faire flancher, il se le jurait mentalement! Dans un roulement de hanches provocant, Alecto revint sur ses pas, puis tendit la main gauche afin de bien mettre en évidence le petit objet qu’elle se faisait un plaisir d’exhiber. C’était quoi ça? Ansgar plissa des yeux et son cœur s’arrêta soudainement en constatant qu’il s’agissait du petit ourson de bois qu’il sculptait un peu plus tôt. Non… non il devait retrouver sa confiance et sa contenance! Sinon, il donnait raison à sa tortionnaire et risquait de la mettre sur une piste potentiellement exploitable. Évidemment, la jeune femme tenta de l’ébranler en prétextant connaître la signification de cet objet si banal. Ans ne se laissa pas démonter, conservant son sourire en coin.

- Quoi? Vous parlez de ce vulgaire passe-temps? Que bien vous en fasse…

Elle lui coupa la parole, lui faisant ainsi comprendre qu’elle ne le croyait absolument pas. Pour elle, il était évident qu’il s’agissait d’autre chose que d’un simple moyen de se distraire. Le grand ours se mordit l’intérieur de la joue alors qu’elle fit le lien avec sa transformation précédente. Merde… Son sourire arrogant se décomposa tranquillement alors que sa geôlière lui parlait de son pouvoir de prémonition. D’ailleurs, à sa question, le norrois se contenta de hocher de la tête, lui faisant ainsi comprendre qu’il savait de quoi retournait son pouvoir personnel. Certaines Oracles possédaient ce genre de don, alors il avait déjà côtoyé des voyantes dans son genre. Alecto développa davantage sur son talent et Ans fronça les sourcils. Elle pouvait voir le présent? Où voulait-elle en venir? Le sourire de la mystérieuse dame s’accentua, affichant allègrement toute la cruauté dont elle pouvait faire preuve. L’anxiété du chef des Guerriers du Kodiak s’accentua d’un seul coup alors qu’il craignait de comprendre ce qui se passait. Non, c’était impossible. Elle n’avait pas pu…? La sorcière semblait jubiler alors qu’elle jetait le morceau de bois aux côtés du guerrier immobilisé. Elle était en train de lui décrire une jolie brunette qui lui ressemblait un peu trop pour être une simple coïncidence. Non… Non… Elle n’avait pas réussi à mettre la main sur elle? C’était un cauchemar! Il allait se réveiller bientôt, non? C’est alors que l’épouvantable femme prononça enfin le nom tant redouté : Hélicie.

La réaction du géniteur fut instantanée : Ans se raidit et se mit à gigoter dans tous les sens! Évidemment, les vipères sifflèrent, mais ne bougèrent pas d’un iota. NON! Elle mentait!! Hélicie ne pouvait pas être ici! C’était impossible!!

- Vous mentez, sale sorcière!! Si vous osez toucher à un seul cheveu d’elle, je vous jure que je vous massacrerai! Je mettrai votre précieux repaire à feu et à sang, vous pouvez me croire!!

Il fulminait! Non, il bouillonnait! Il voulait lui faire la peau à cette salope! D’ailleurs, le commentaire qu’elle émit contre ses talents de père le mettait encore plus contre lui. Comment osait-elle!! La rage d’Ansgar était telle qu’il sentait son totem se mouvoir en lui, comme si ce dernier était prêt à prendre le relais sur la raison de l’homme du nord. Toutefois, son mal de tête et sa faiblesse générale empêchaient l’ursidé en lui de faire jaillir toute l’étendue de sa colère. Maudit poison!

- Au diable votre précieuse demeure! Vous n’avez pas idée de ce qui vous attend! Je me chargerai de broyer chacun de vos bras maigrichons avant d’arracher les deux rotules qui vous permettent de marcher! J’ouvrirai votre abdomen et laisserai vos tripes se déverser au sol tout en m’assurant que vous ne mourriez pas immédiatement! Mon courroux sera terrible, sorcière, si vous osez porter préjudice à Hélicie!! Continua-t-il de pester, fou de rage.

Le chef des norrois continuait de pester contre sa geôlière, quand soudain, la porte derrière elle s’ouvrit. Il y eut un bref moment de silence avant qu’un homme ose se pointer dans la pièce en tenant l’adolescente en joug, une dague sur sa gorge gracile. Ansgar avait cessé de se mouvoir, en fait, il était même tétanisé par la peur. Non… non c’était impossible! Qu’est-ce qu’elle faisait là? La gorge du grand gaillard était soudainement très sèche et il eut l’impression de sentir la pièce tournoyer autour de lui. Sa fille ne pouvait pas être là, devant lui! L’aîné de la fratrie Drakkhen ferma les yeux, un bref instant, et pria intérieurement les Grands Esprits de sauver sa progéniture. Hélicie, sa perle, sa prunelle… Si quelque chose venait à lui arriver, il s’en voudrait pour le restant de ses jours. La petite voix terrorisée de la gamine fusa dans la pièce, posant une multitude de questions dans sa langue d’origine. Comme il aurait aimé qu’elle ne soit pas là en ce moment. Lentement, le grand norrois ouvrit les paupières et jeta un regard navré à sa fille aînée. Immédiatement, l’homme d’Alecto posa une main sur la bouche de la jeune fille, lui sommant ainsi de se taire.

- Héli, baby, it’s okay. Fit-il d’une voix rassurante en plongeant son regard acier dans les yeux de sa fille chérie. Look at me. I’ll get us out of here, I promise. But I need you to behave properly, okay? Do as they say and let me handle this.

L’adolescente se contenta de l’observer, une pointe d’horreur trônant dans ses grands yeux brillants et larmoyants. Il avait mauvaise mine, il le savait. Mais il préférait de loin subir mille tortures que de voir Hélicie entre leurs griffes. Puis Ansgar sursauta. Du mouvement se fit sentir sur sa jambe gauche et il baissa automatiquement les yeux vers la vipère qui avait quitté sa position pour s’enfoncer dans le sable. En moins de deux, elle traversa la pièce, puis se glissa sur l’adolescente avant de se lover contre ses poignets ligotés. Non… non!! Il savait la souffrance que pouvait engendrer une seule de ces morsures et il ne voulait en rien faire subir une telle torture à sa fille! La panique prenait du terrain sur les émotions de la jeune fille qui se mit à poser de nouvelles questions, complètement terrifiée.

- Je vous assure que ça se passera très mal pour vous si votre vipère ose ne serait-ce que menacer ma fille! Gronda-t-il, complètement furieux, à l’intention de la sorcière qui ne se fit pas prier pour le faire taire d’un simple mouvement de main.

Alecto somma Ansgar d’ordonner à sa fille de se tenir tranquille sous peine de la voir récolter une dose mortelle du poison de la vipère qui la menaçait maintenant ouvertement. La mâchoire crispée, le paternel poussa finalement un soupir résigné.

- Sweetie, that thing is a viper. I won’t lie to you : it is highly poisonous. You must stay quiet, okay? Otherwise, the sorceress’s gonna ask her snake to bite you and we don’t want that to happen, understand?

Les yeux d’Hélicie s’agrandirent de terreur et, automatiquement, la fille aînée de Drakkhen se calma et cessa de se débattre. Visiblement satisfaite, la sorcière donna congé à son homme de main, puis somma au serpent de cesser ses menaces. Elle expliqua ensuite les règles du jeu et Ansgar hocha de la tête en guise d’affirmation. Son cœur se débattait en fou et il faisait l’impossible pour rester le plus en contrôle de ses moyens possibles. Malgré l’urgence de la situation, le grand ours ne put s’empêcher d’être ironique face à la question que lui posait maintenant sa geôlière.

- Je peux me transformer en ours tout simplement parce que la vie en a décidé ainsi. Non, mais regardez la tronche de ma fille, il est évident qu’elle est aussi un ours monstrueux, pas vrai?

Un sourire amusé trônait sur ses traits. Évidemment, Alecto n’apprécia pas son attitude et lui fit payer très cher son affront. Dans un mouvement vif comme l’éclair, elle se retrouva derrière la jeune Drakkhen, pencha sa tête sur le côté et enfonça ses crocs dans sa chair tendre et juvénile. « NON!!!! » Cria instinctivement Ansgar en voyant les traits de sa progéniture se tordre de douleur et d’effroi. Hélicie hurla et trembla comme une feuille, ce qui sembla amuser la sorcière. Cette dernière en profita pour préciser qu’elle ne désirait aucune forme de sarcasmes ou d’insultes dans les réponses que lui fournirait le guerrier. Ans déglutit péniblement et dut se faire violence pour retrouver contenance. Okay… okay c’était terminé les petits jeux. Il allait obtempérer… Avait-il réellement le choix de toute façon?

- Nous sommes nombreux. Moins que les humains toutefois, se contenta-t-il de répondre au mieux de sa connaissance. Assez pour dominer toutes les Terres du Nord. Je ne peux pas vous donner de nombre exact, puisque je n’en sais rien. Nous sommes divisés en quatre clans et, bien que le mien soit le plus populeux et le plus puissant, je n’ai jamais eu de données exactes à portée de main. Le grand gaillard prit une pause un instant, puis se remémora les autres questions qu’elle lui avait posées un peu plus tôt. Peut-être que… que s’il y répondait, elle laisserait Hélicie tranquille? Nous sommes des norrois. Des guerriers vivant dans les terres glacées depuis des générations maintenant. Ma transformation est due à mon totem représentant l’Ours Kodiak, le plus puissant des Esprits nordiques. Ils sont… un peu comme l’équivalent de vos dieux pour nous. Ce n’est pas tous les norrois qui ont cette capacité, seuls les élus des grands Esprits le peuvent. La raison pour laquelle nous arrivons à survivre dans les terres du nord vient entre autres de la bénédiction des Esprits, mais aussi de notre insensibilité à toute forme de froid…

L’écoutait-elle encore? Le regard de la sorcière voguait dangereusement du côté d’Hélicie. Merde… elle avait de nouveau un intérêt pour sa fille aînée! Elle posa d’ailleurs une question la concernant et Ans se sentit se crisper. Comme il aurait préféré éviter de parler d’elle!

- Hélicie… a été bénie par le totem du cerf. Répondit-il en baissant le regard vers le sol. Elle a donc la capacité à se transformer en biche.

Il sentait la vampire rôder autour de l’adolescente et il détestait ça! Il devait… Il devait ramener toute son attention sur lui! Sa mâchoire crispée, le jeune homme de 29 ans prit une grande inspiration. Il savait exactement quoi faire pour s’assurer d’être le plus intéressant possible aux yeux de la sorcière. Bien qu’il ait préféré garder cette information pour lui, il se retrouvait dans une impasse : fermer sa gueule et la laisser maltraiter sa petite perle ou lui donner exactement ce qu’elle voulait et ainsi s’assurer de la sécurité de sa progéniture.

- Valkyon Drakkhen est à la tête de notre clan. Il est notre grand chef. Alecto se retourna vers lui, satisfaite de voir qu’il se mettait enfin à table. Toutefois, il faut savoir qu’il se trouve actuellement dans notre terre natale, loin au nord. Il vous faudra un guide pour vous y rendre, soit par la mer, soit à travers la barrière de montagnes qui est presque insurmontable si on ne sait pas par où passer. Valkyon possède plusieurs enfants et comme toute bonne famille, c’est son fils aîné qui héritera des rênes du clan Drakkhen. Il releva sa tête, puis planta son regard déterminé dans les yeux de sa tortionnaire. Il se trouve que vous détenez justement son héritier devant vous. Je suis Ansgar Drakkhen, fils du grand Valkyon Drakkhen et chef d’une garnison d'élite que nous nommons les Guerriers du Kodiak. Hélicie est ma fille aînée, mais n’est en rien mon héritière. Si vous avez besoin d’une monnaie d’échange ou d’un élément-clé, alors je suis la personne qu’il vous faut. Et si vous avez ne serait-ce que l’ombre d’une forme discernement adéquat, vous saurez que je ne mens pas.

La sorcière souriait à pleines dents et revenait vers lui, comme si elle le considérait d’un nouvel œil, soudainement. Ans évitait le regard de sa fille et ne broncha pas lorsque la vampire s’attarda à nouveau sur ses tatouages. Après tout, n’avait-il pas omis de répondre à sa question les concernant, plus tôt?

- Celui sur mon pectoral gauche est la marque de mon totem. Il représente la patte d’un ours kodiak. Celui sur mon pectoral droit représente le sigle officiel des guerriers. Au milieu de mon dos se trouve l’insigne de notre clan et, celui sur ma nuque, mon appartenance à ce qu’on pourrait qualifier de notre famille royale. Sur mon flanc gauche se trouve la marque des chasseurs et sur ma hanche droite, que vous ne voyez pas présentement, se trouve un sigle de guerre que j’ai récolté à la première grande bataille que j’ai menée…

Ansgar passa en revue l’entièreté des insignes qui se trouvaient sur son corps. Certaines représentaient des marques honorifiques de guerre, alors que d’autres étaient aussi banales qu’un simple insigne de statut matrimonial (puisqu’il était marié à Tilda). Si Alecto venait à comparer l’épiderme d’Ans avec celui d’Hélicie, elle remarquerait bien à quel point la jeune fille ne possédait que très peu de tatouages, ce qui était normal vu son jeune âge. Relevant son regard, le grand gaillard croisa celui de sa fille qui, visiblement, ne comprenait rien. Comme il avait envie de la prendre dans ses bras pour tout lui expliquer! Maudite soit cette femme qui le maintenait captif! Les doigts graciles de la sorcière parcouraient son torse alors qu’elle notait chaque recoin de ses tatouages. Il… il devait trouver une autre façon de conserver son intérêt… C’était primordial! Il devait gagner du temps jusqu’à ce qu’il puisse trouver une façon de sortir d’ici avec son aînée!

- Il y a-t-il autre chose que vous désirez savoir? Demanda-t-il en ramenant son attention sur sa geôlière. Quelque chose lui disait qu’elle n’était pas au bout de ses interrogations! La guerre est un deuxième mode de vie pour nous, expliqua-t-il lorsque la vampire fit référence à ses prouesses au combat. Pour vous dire, ça fait maintenant six ans que nous tenons tête aux forces alombriennes et vous n’avez aucune idée combien de saccages nous avons à notre actif. Nous sommes forts, résistants et le sang de la bataille coule dans nos veines. Rien ne peut nous faire plier ou nous soumettre…

À ces dernières paroles, une ombre de défi se glissa dans les yeux de la vampire, qui, visiblement, y voyait là un affront. Rien ne pouvait les faire plier ou les soumettre, vraiment? Sans crier gare, elle se releva dans un bond, puis se jeta sur Hélicie, la renversant au sol avec violence. Ansgar réalisait à peine ce qu’il avait bien pu dire d’offensant que déjà, l’adolescente criait de terreur et de douleur pendant que la sorcière mordait violemment son épiderme pour s’abreuver de son sang juvénile. MERDE!! Il venait de réaliser que ses propos – prononcés de façon totalement banale – prenaient des airs de provocations sans même qu’il ne s’en rende compte!

- HÉLICIE!!! NON!! Arrêtez!! Cria-t-il avec force alors que les vipères se resserraient sur ses bras. Il avait tellement peur qu’elle empoisonne sa fille… Bon sang!! Vous avez gagné!!! Je vais travailler pour vous!! LAISSEZ-LA!!!

Puis, le calme retomba. La sorcière jeta un regard intéressé par-dessus son épaule alors que Ans laissait retomber sa tête vers l’avant, son épaisse tignasse chocolat tombant devant son visage.

- Baby, I’m so sorry… I… I have to do this to save you. Please, forgive me.

La geôlière revenait vers lui, maintenant satisfaite de la tournure que prenait la situation. Elle était curieuse, voire intriguée par lui. Un air énigmatique trônait maintenant sur ses traits et dans un mouvement de main, elle fit dégager les vipères qui trônaient sur les bras d’Ansgar. Visiblement, elle voulait jouer avec lui, tester ses limites, voir jusqu’à quel point il allait lui obéir. La jeune femme lui somma de se lever et le grand guerrier obtempéra sans la moindre hésitation, à l’instar d’un golem sans volonté propre. La porte du fond s’ouvrit à nouveau et une jeune femme – visiblement une Enkiev capturée un peu plus tôt – se fit pousser sans ménagement dans la pièce. La sholienne d’environ 20 ans tremblait comme une feuille et pleurait en suppliant la maîtresse des lieux de la laisser partir. Selon elle, elle avait deux bambins qui l’attendaient à la maison et qui devaient bien se demander où elle était partie. La nouvelle prisonnière jeta un regard terrorisé autour d’elle et ses yeux bleus rencontrèrent ceux d’Ansgar qui, pour sa part, était un peu confus. L’homme de main d’Alecto était revenu et, recevant visiblement un ordre silencieux, s’avança vers Ans. Il détacha les chaînes qui le retenaient et le guerrier norrois se massa les poignets instinctivement. Évidemment, la sorcière le mit en garde contre le moindre signe de rébellion de sa part; la totalité des vipères avait maintenant élu domicile sur Hélicie, la menaçant de leur venin mortel.

Ansgar jeta un regard curieux à la sorcière, puis déglutit alors qu’elle lui somma de tuer la jeune mère qui venait d’être poussée de force dans la pièce. La… tuer? Pourquoi? Qu’avait-elle fait pour mériter ça? Incertain, il tourna son regard vers la pauvre femme qui sanglotait et le suppliait de l’épargner. Les traits du guerrier se durcirent soudainement : il tuerait des centaines de jeunes mères simplement pour protéger sa progéniture. Sans plus attendre, il traversa la pièce en quelques enjambées déterminées, agrippa la mâchoire de la pauvre femme d’une seule main, puis, dans un mouvement sec et bien calculé, lui rompit le cou. La jeune damoiselle s’écroula au sol, inerte.

Ans se retourna sur lui-même et fit face à la sorcière qui l’observait de son regard indéchiffrable. C’était tout ce qu’elle lui réservait? Qu’attendait-elle d’autre de lui?
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Alecto
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MessageSujet: Re: The viper's curse [PV ALECTO]   Ven 31 Mar - 20:26

Quel ne fut pas son plaisir de voir Ansgar répondre docilement à toutes ses questions. Chaque homme, femme possédait une faiblesse, il suffisait simplement de savoir l’exploiter. Et les humains étaient tellement ignares, qu’ils l’affichaient presque comme une fierté. Il n’y a nulle grandeur à afficher ses faiblesses, il s’agit seulement d’un moyen plus rapide de se faire tuer. Alecto était arrogante et orgueilleuse, elle le savait fortement. Elle prétendait ne pas avoir de point faible, mais jamais elle n’aurait l’outrecuidance d’oser croire qu’elle ne possédait pas de faiblesse. Elle savait pertinemment que ses deux sœurs pouvaient s’avérer être un moyen de la faire coopérer. Toutefois, ces dernières, tout comme elle, n’étaient pas atteintes de d’imbécilité et étaient parfaitement en mesure de se défendre toutes seule. Même Alhyss, dont la santé mentale semblait légèrement défaillante. Ainsi, depuis déjà quelques minutes, son invité lui révélait toutes les informations qu’elle quémandait depuis sa séquestration. Elle apprit donc, en plus de ce qu’il venait tout juste de lui dire, que sa charmante fille se transformait… en biche. Instinctivement, son regard se posa sur la brunette et elle se mordit la lèvre inférieure. Voyez-vous ça. La fille du chef était en réalité la proie du prédateur. Comme attirée par ce sang qu’elle avait déjà goûté, et surtout par les grands yeux effrayés de l’adolescente, l’Immortelle se mit à rôder autour de celle qu’elle envisageait comme sa proie. Après tout, elle pourrait simplement quelques instants, simplement pour goûter à nouveau à ce sang tellement vivifiant.

Alors que la vampiresse s’approchait de la jeune fille dans le but de planter ses canines dans sa jugulaire, le barbare se mit à débiter une quantité énorme d’informations. Intriguée, elle retourna la tête dans sa direction et l’écouta attentivement. Sa soif pouvait bien patienter quelques instants, d’autant plus que l’homme du Nord débordait de coopération. Elle en apprit donc davantage sur le chef de son clan, un certain Valkyon, qui, par hasard, s’avérait être le père de son presqu’attachant prisonnier. Il lui donna aussi grosso modo les trajets possibles pour se rendre dans les Terres Gelées, information qu’elle garda en mémoire, puisque cela pouvait se révéler plus qu’important dans un futur plus ou moins rapproché. La sorcière porta un autre regard intéressé à Hélicie qui n’était pas l’héritière d’Ansgar. Ainsi, il devait avoir un fils. Il n’était pas difficile de déduire que les Norrois se trouvaient à être une société majoritairement patriarcale. Peut-être qu’elle pourrait garder l’adolescente ici, avec elle, comme moyen de pression supplémentaire en gage d’obéissance? Avec l’aide de Dastan, elle en ferait une guerrière chevronnée, elle lui retirait pour toujours cette terreur qui habitait son regard. Elle la transformerait pour faire d’elle une loyale garde du corps, sensible à sa cause, et de plus, cela lui garantirait l’appui des Norrois. Oh, cette idée semblait des plus alléchante. Sans oublier que, si elle réussissait à modeler son esprit, la jeune fille serait plus qu’enchantée de servir d’abreuvoir à sa maîtresse. Un sourire aux lèvres, Alecto écarta cette réflexion momentanément pour reporter son attention au guerrier.

Revenant vers lui, un sourire qui découvrait ses dents d’une blancheur parfaite, l’Immortelle se mit à penser qu’elle pourrait le garder, lui aussi, avec elle. Mais cette idée ne fut pas long feu. Si l’esprit de l’adolescente pouvait encore être converti, il n’y avait aucun moyen qu’elle puisse compter sur la loyauté de ce grand ours. Jamais il ne se rallierait à sa cause de son plein gré et il ne ferait que causer plus de dommages. Elle porta donc son attention aux nombreux tatouages de l’homme, et comme il pouvait deviner sa question, il se mit à lui expliquer la signification de toutes ces marques indélébiles. Sensuellement, elle se mit à toutes les parcourir de son index. Portant elle-même des tatouages représentatifs de sa caste et de son titre, elle était normalement plus qu’intriguée par ceux de l’homme du Nord, puisqu’elle n’avait jamais vu ce genre de marque au Nord du Désert, croyant ainsi que cette coutume n’était que sudiste. Il interrompit ses doigts furtifs en lui demandant si elle avait d’autres questions. Bien entendu qu’elle en avait. Cette nouvelle culture s’avérait tellement fascinante. « J’ai remarqué que vous vous défendiez avec ardeur et précision. En est-il de même pour tous les Norrois? » Évidemment, si tous les gens de son peuple savaient se battre de la même façon que lui, cela le rendait encore plus intéressant. Une armée de guerriers barbares, déjà prête et entraînée, c’était le rêve.

La vampiresse l’écouta faire l’éloge des prouesses guerrières du peuple du Nord jusqu’à ce qu’il glisse une menace dans sa dernière phrase. Les yeux déjà foncés de la jeune femme tournèrent au noir, ombragés par le défi et la colère. Encore osait-il la menacer? « Rien ne peut nous faire plier ou nous soumettre ». Se payait-il sa tête? Manifestement, il avait grand besoin qu’on lui rappelle qu’elle-même était plus qu’en mesure de le soumettre à elle. Rapide, grâce à l’agilité de sa race, elle se retrouva en un clin d’œil face à Hélicie. De sa main droite, elle l’agrippa à la gorge et d’un mouvement, elle la fit basculer vers l’arrière, faisant en sorte que l’adolescente se retrouvait couchée sur le dos. Toujours dans une extrême rapidité, elle planta ses canines dans la jugulaire de la brunette, là où le sang coulait à flot. Un sentiment d’euphorie s’empara de tout son être alors qu’elle goûtait de nouveau à ce sang si pur, si revigorant. À la vitesse qu’elle s’abreuvait de la jeune fille, son visage perdrait bientôt de la couleur. Oh, elle n’avait pas l’intention de la tuer, cela serait plus qu’idiot de sa part. Cependant, elle avait bien le dessein de l’affaiblir au point de provoquer une bonne frayeur à son père arrogant. La jeune biche criait de douleur et se tortillait. Lentement, elle retira ses canines de son cou et s’approcha de son oreille. « Reste tranquille ma chérie, sinon c’est ton papa que je viderai de son sang. » Aussitôt, les cris cessèrent, ce qui indiqua qu’elle comprenait au moins les grandes lignes de la langue enkiev. Alors que la sorcière s’apprêtait à replonger ses crocs dans la gorge maintenant trouée d’Hélicie, la voix d’Ansgar retentit une fois de plus derrière elle. Il ne la sommait plus d’arrêter, mais il capitulait. Enfin.

Alecto regarda le guerrier par-dessus son épaule. Visiblement, il cédait pour de bon, tout dans son visage avait abandonné. Cet air arrogant avait maintenant disparu. Lentement, elle lâcha le menton de l’adolescente, qu’elle avait attrapé pour dégagé la veine principale de son cou, et se releva. Il s’adressa en langue nordique à sa fille pendant que l’Immortelle s’approcha de lui. Maintenant, il fallait qu’il passe le test, qu’il prouve qu’il ferait réellement tout ce qu’elle demandait. Elle devait choisir une épreuve qui irait sensiblement contre les principes de l’homme du Nord, mais qui démontre qu’il était prêt à tout pour sa progéniture. Une idée se forma alors dans son esprit malicieux.

*** Amène-moi une esclave, jeune, belle, faible. Une de celles qui n’auront pas la volonté de faire fonctionner mon commerce.

D’un geste gracieux de la main, elle ordonna aux vipères de quitter leur domicile pour aller s’installer sur la charmante petite biche. Après tout, il fallait s’assurer que papa ours n’allait pas tenter quelque chose d’incroyablement stupide. « Levez-vous Ansgar. » En guise de coopération, il se leva presque instantanément. Bien. Très bien. Dans un timing parfait, la porte s’ouvrit derrière elle et Dastan fit son entrée accompagnée d’une jeune femme, qui tremblait tellement qu’elle menaçait de s’effondrer. Aussitôt, elle se mit à implorer Alecto de la laisser partir. Impassible et implacable, la maîtresse des lieux ne lui jeta pas même l’ombre d’un regard. Tous la suppliaient. Jamais cela ne fonctionnait. Ils n’étaient que des objets, des esclaves destinés à servir sa grandeur. Celle-ci, selon le triage de son homme de main, n’aurait jamais pu faire commerce de ses charmes. Ainsi, elle était inutile. Au lieu de servir de repas à elle ou à sa sœur, elle allait plutôt devenir un cobaye pour une expérience. Mentalement, la vampiresse demanda à son second d’aller détacher son prisonnier afin qu’il soit en mesure de se prêter au jeu qu’elle lui préparait. « Vous aurez remarqué, j’en suis sûre, que mes vipères ont élu domicile sur un autre corps. Faites quoi que ce soit de suspect et elles mordront simultanément votre fille, la faisant mourir dans d’atroces souffrances d’ici les deux prochaines minutes. » Le Norrois obtempéra, lui affirmant de ce fait qu’il ne ferait rien contre elle.

Un sourire sadique se dessina sur les lèvres de l’immortelle. « Tuez-là. » Il y eut d’abord une hésitation. Elle s’attendait à ce qu’il lui demande la raison, mais à sa grande surprise, son regard hésitant se changea en une détermination endurcie. En quelques enjambées, il se retrouva devant la jeune femme et d’un puissant mouvement de main, il lui brisa la nuque. Elle s’effondra comme une poupée de chiffon, morte. La satisfaction se dessina alors sur le visage d’Alecto. Bien. Maintenant, devait-elle le soumettre à d’autres épreuves? Et un dilemme se formait dans son esprit. Gardait-elle Hélicie auprès d’elle comme moyen de pression ou la laissait-elle partir? Bien sûr, l’idée alléchante de faire d’elle une loyale soldate trônait toujours dans sa tête, mais il y avait la possibilité qu’Ansgar se retourne contre elle s’il voyait qu’elle avait complètement changé les pensées de sa précieuse progéniture. Parce qu’évidemment, elle en était capable. Elle savait corrompre les esprits comme personne. Ce n’était certes pas un pouvoir magique, mais seulement une faculté qu’elle avait développé au fil des années. Évidemment, cela était toujours plus facile avec les esprits moins endurcis, c’était le cas de l’adolescente et ce n’était pas le cas de son père. Après quelques instants de réflexions, elle dû admettre qu’il était plus sûr qu’elle rende la jeune biche à son père.

*** Va me chercher des fioles de verre, environ six et reviens avec Garsive.

Dastan disparut de la pièce, laissant la sorcière en compagnie des deux Norrois et du cadavre de la femme. « Comme vous avez à peine hésité à tuer cette loque humaine, je vais faire preuve de magnanimité et vous laisser partir, vous et votre fille. » Elle put tout de suite apercevoir une lueur de soulagement dans les yeux de ses invités. « Toutefois, j’impose mes conditions et vous devrez les respecter. » Le soulagement disparu aussitôt. « Vous amènerez avec vous un de mes hommes. Je sais que vous, les Norrois, vous réduisez en esclavage les prisonniers enkievs. Nous ne sommes pas si différents, vous et moi Ansgar. Cet homme sera mon moyen de communication avec vous. Il devra donc être en apparence traité comme un esclave, mais il devra être bien traité. Est-ce bien clair? » Le guerrier hocha de la tête. « Pour l’instant, en aucun cas vous ne devez parler de votre alliance avec moi. Ma conquête est un lent jeu que je ne suis pas prête à dévoiler complètement. Ainsi, lorsque vous exécuterez mes ordres, vos hommes devront croire qu’ils viennent de vous. » Le regard d’Ansgar se durcit. Bien sûr, il avait peur que sa légitimité soit mise en cause, ce qui était plus que normal. « Ne vous inquiétez pas, mon cher, mes ordres auront une logique qui correspond aux idéaux norrois. Vos actions ne seront pas mises en causes par vos hommes. » Probablement un peu rassuré – quoi qu’il était presqu’impossible d’être rassuré dans une pareille situation – l’homme obtempéra une fois de plus. « Si vous avez besoin de communiquer avec moi, vous communiquerez via l’homme que je vous enverrai. Il possède lui aussi le pouvoir de communiquer par l’esprit. » Le regard de l’immortelle se fit alors dur. « La vie de cet homme sera aussi importante que la vôtre ou celle de votre fille, vous devez donc le protéger en tout temps. S’il venait à mourir, soyez assuré que je prendrai votre fille en otage en échange de votre bon comportement avec mon prochain émissaire, avez-vous compris? » Encore, il hocha de la tête.

Dastan choisit alors ce moment pour revenir en compagnie de Garsive qui resta près de la porte. « Voici Garsive, c’est l’homme qui vous accompagnera. » Alecto fit signe à Dastan de s’approcher. « J’ai des espions partout, certes, mais je dispose de moyens plus efficaces pour retrouver votre charmante fille. Vous comprendrez que je prends ces précautions en prévision d’une éventuelle rébellion? » Elle se tourna vers Hélicie. « Viens ici ma chérie. » L’adolescente regarda son père inquiète mais il lui dit d’obéir. En guise d’encouragement, la vampiresse agita doucement ses doigts et toutes les vipères sauf une se réfugièrent dans le sable. La brunette s’approcha vers elle. La jeune femme dégaina une petite dague qui pendait à sa ceinture et coupa trois mèches de cheveux brune, qu’elle inséra dans trois des fioles. « Tends ton bras, ma petite biche. » Consciente qu’elle devait obtempérer, elle tendit son bras. Rapidement, la sorcière se servit de sa dague pour pratiquer une incision sur l’avant-bras de la jeune fille. Elle prit ensuite son avant-bras et le tourna sur le côté, de façon à ce que le sang qui s’écoulait de la plaie tombe directement dans la fiole que tenait Dastan. L’Immortelle appuya fortement sur la veine de façon à ce que le sang s’écoule plus rapidement, jusqu’à ce que les trois dernières fioles soient remplies. Une fois le tout terminé, elle lui fit signe de retourner près de son père. « Avec ces ingrédients, je serai en mesure de retrouver votre fille peu importe où elle est. Donc si jamais vous faites quoi que ce soit pour me déplaire, sachez que je viendrai la chercher. Elle et moi serons en contact direct. Est-ce bien clair? »

Le guerrier, le visage dur, répondit par l’affirmative. Un sourire satisfait se dessina sur les lèvres de la créature nocturne. « Maintenant une dernière chose. Je veux que vous vous agenouilliez devant moi et que vous me prêtez un serment de loyauté. Ensuite, vous serez libre de partir où bon vous semble, comme vous êtes libres de passer la nuit ici pour vous reposer. Je vous jure que aucun mal ne vous sera fait. » Un frisson d’excitation parcouru son corps entier. Comme ce sentiment de puissance était grisant.
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