Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]

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Yahto
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MessageSujet: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Lun 24 Oct - 16:30

La carriole s’arrêta après une heure et demie de route. Ils étaient enfin arrivés pour la plus grande joie de Yahto. Rester assis tranquille sans bouger pendant autant de temps lui était presque pénible. L’ambiance avait été tendue dans l’embarcation, le duo qu’il formait avec Aemi ayant essuyé quelques frictions au début du voyage. Elle n’appréciait pas qu’il recommence à fréquenter Adelyn, même s’il lui assurait que ce n’était qu’entre amis. Oh, Temperance ne s’était pas emportée! Bien au contraire. Elle avait seulement fait preuve de son implacable froideur, typique de ces moments où elle ressentait une profonde irritation. Malheureusement, ces instants glaciaux se faisaient de plus en plus fréquents depuis la terriblement mort de Marian et de Reyth. Yahto tentait, la plupart du temps, de rester compréhensif et de ravaler sa frustration (il savait que son amie souffrait terriblement et il en était tellement navré…). Mais malheureusement, ce ne fut pas le cas aujourd’hui. Il appréciait réellement la chevalière – outre le fait qu’elle était son ancienne petite amie – et son amitié était précieuse. Il avait beau répéter à sa protégée que rien ne se passait entre eux, rien n’arrivait à la rassurer. C’était à ce moment que la terrible et implacable réplique était sortie de sa bouche sans qu’il ne puisse l’arrêter : « De toute façon, qu’est-ce que ça peut te faire?! Que je sache, je ne te dois rien en ce qui concerne ma vie amoureuse! ». Il avait regretté ses paroles dès qu’elles avaient jailli de ses lèvres.

La plus grande partie du trajet se passa en silence et Yahto tenta de s’excuser à de nombreuses reprises, mais la princesse s’était enfermée dans un mutisme lourd. De la joie en perspective, étant donné qu’ils se rendaient à la soirée donnée en l’honneur de Sir Elrik Sicéron, un noble de la cour qui s’était lié d’amitié avec la négociatrice. C’était son anniversaire et il avait si insisté pour que la princesse y soit… Non seulement Aemi n’avait absolument pas envie d’y être, mais en plus, elle était l’invitée d’honneur! Pour l’occasion, Yahto s’était terriblement forcé pour revêtir une apparence adéquate. Sa tenue, à la fois élégante et sobre (vu son rang, puisqu’il n’était « que » le serviteur de la princesse), était composée d’un veston noir (attaché jusqu’en haut) sous lequel trônait une superbe chemise bleue royale, un pantalon de tissu de qualité dans le même noir obsidienne, des bottes bien cirées tout aussi sombres se terminant aux genoux et des gants blancs recouvrant ses mains. Quelques écussons dorés à l’effigie d’Alombria trônaient sur sa poitrine et témoignaient également de son appartenance à l’armée du pays. La cerise sur le sundae? Ses cheveux marron étaient soigneusement coiffés, ce qui jurait avec le quotidien! Bref, il avait l’air d’un soldat en tenue d’apparat… ce qui était totalement juste au fond.

Sa main se posa sur la poignée de la porte et avant qu’il n’ouvre, il s’arrêta pour faire face à son amie. Il planta son regard mordoré dans le sien et soupira.

- Aemi, je me suis excusé au moins 10 fois pendant le voyage, fit-il tout bas pour éviter que les valets à l’extérieur de l’entendent. S’il te plaît, dis quelque chose. Sinon, la soirée sera encore plus longue que prévu…

Le silence perdura encore, puis Yahto comprit qu’elle lui en tenait toujours rigueur. Il soupira à nouveau, puis ouvrit la porte sous les regards des nobles qui les accueillaient comme s’ils étaient le roi et la reine en personne. Le garde du corps sortit le premier, un air impassible au visage, puis se tassa pour laisser passer la princesse. Il tendit sa main pour l’aider à descendre et fut néanmoins satisfait de voir qu’elle n’écarta pas son geste. Aemi marcha devant et il suivait de près, un peu en retrait pour permettre à leurs hôtes de venir à sa rencontre et de la saluer comme il se doit. Il se tenait bien droit, les mains dans le dos et inclina la tête en direction de la noblesse lorsque Temperance le présenta et leur expliqua sa fonction. Il détestait être en froid avec elle. Plus que tout au monde et il se faisait violence pour ne pas l’attirer dans un coin et régler les choses comme il se doit. De toute façon, il la connaissait : la presser ne donnait rien. En fait, ça faisait exactement l’effet contraire et la rembrunissait encore davantage.

Au bout de l’allée ponctuée d’un tapis rouge, il repéra le jeune Sir Elrick qui regardait sa meilleure amie, les yeux pétillants d’une joie non dissimulée. Allez savoir pourquoi, Yahto n’aima absolument pas la scène qui se déroulait devant lui. Qu’est-ce qu’il avait à la regarder comme ça?! Non, mais, un peu de retenue, c’était inconvenant! Venant de lui, c’était une douce ironie… La jeune femme qu’il accompagnait s’avança donc en direction de son ami et les invités l’imitèrent. Yahto était complètement ignoré, mais ça lui allait très bien. Il en avait l’habitude et le but que sa tenue soit aussi sobre était également pour renvoyer toute l’attention sur la princesse qui resplendissait comme un diamant au soleil. Bon sang qu’elle était belle. Même lorsqu’elle était irritée… enfin, « SURTOUT lorsqu’elle est frustrée » aurait probablement dit Sam avec un sourire narquois. De toute façon, il devait prendre son mal en patience : à voir l’indifférence feinte qu’elle s’obstinait à arborer en lui jetant le moindre regard, il comprenait qu’elle n’avait pas encore accepté de passer à autre chose.

Ils passèrent donc à l’intérieur et Yahto eut le souffle coupé face à la somptuosité du hall qui servait de salle de réception. Bon sang, ils avaient mis la gomme! Ce n’était pas un peu exagéré pour un simple anniversaire? Ou peut-être était-il trop… terre-à-terre? Sir Elrick prit délicatement la main d’Aemi dans la sienne et en baisa les doigts. Ce simple geste fit naître une pointe d’irritation au creux de la poitrine du lycan et il se retint à deux mains de ne pas émettre un grognement de mécontentement. En fait, il se contenta de serrer la mâchoire et de relever la tête. Les musiciens, tout au fond, entamèrent une valse avec leurs violons et le fêté attira la belle négociatrice dans une danse. Ils furent rapidement imités par plusieurs couples, dont les seigneurs de la résidence.

Un serviteur arriva à la hauteur de Yahto et lui tendit une flûte de champagne. Ce dernier accepta d’emblée l’alcool et remercia gentiment son interlocuteur. Il trempa ses lèvres dans le liquide pétillant et fixa Aemi du regard. Bah… au moins, elle avait l’air de s’amuser, là, en ce moment. Il fallait voir le point positif, pas vrai? Une main se glissa sur son épaule et Yahto tourna la tête. Une jeune femme vêtue d’une somptueuse robe rose lui demanda s’il voulait lui accorder une danse.

- Vous m’en voyez navré, Milady, mais je ne danse pas. Je me permets seulement cette simple flûte, mais en fait, je suis en service. Je vous remercie infiniment de votre intérêt.

Il baisa le bout de ses doigts et la jeune femme s’éloigna, cherchant un autre cavalier potentiel. En fait… il aurait aimé danser, mais avec personne d’autre qu’Aemi. Chose qui était impossible… Il termina sa flûte en une rasade et la tendit ensuite à un autre serviteur. Il ramena ses mains dans le dos et observa les danseurs, un brin de mélancolie au fond de ses iris mordorés.
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Dim 30 Oct - 22:43

Aemi soupira de soulagement quand leur transport s'arrêta enfin. Cela faisait si longtemps qu'elle y était qu'elle se sentait toute courbaturée. Ça, et le fait qu'elle s'était tenue raide, droite comme i, la tête haute et fixée vers l'exact opposé de son grand nigaud de garde du corps. Comme elle le détestait en ce moment! Il était tout ce qu'elle avait de plus chère et il ne daignait même pas lui faire preuve de respect. Oui! Il lui avait manqué de respect! Elle avait simplement marqué que le fait qu'il se rapproche d'Adelyn n'était pas positif en soit. Elle ne l'avait jamais aimé. Elle la trouvait... envahissante. Elle lui volait l'attention de son petit soldat à elle. Cette possessivité l'irritait autant que l'attitude même du sujet. Et cette façon qu'il avait eu de lui répondre! Non, en effet, il ne lui devait rien. Il n'était qu'un ami. Quelle valeur avait donc l'amitié? Elle aurait dû amené Samelson. Lui au moins, il n'affichait pas de faux airs amicaux.

La princesse avait donc passé le reste du trajet sous silence. Observant le paysage qui passait sous ses yeux. Elle avait du se faire violence pour ne pas éclater en sanglot. Serrant les dents, relevant la tête, et ignorant complètement la présence de ce damné lycan sans manière. Comme si elle ne se sentait pas assez abandonnée comme cela... Son coeur se serrait douloureusement, l'air lui manquait. Mais elle se reprit rapidement. Elle était rendue habituée aux crises de panique, malheureusement, et avait de moins en moins de mal à les contenir. La pression, par contre, ne disparaissait pas. Son esprit se faisait seulement plus sombre, plus seul, plus... délaissé. Elle aurait voulu qu'il la réconforte, comme dans la cabane... même s'il n'avait pas semblé comprendre, ses bras avaient été d'un soutien sans pareil, bien plus que ceux de Sam. Mais c'était ridicule. Il n'avait d'yeux que pour la chevalière. Et puis... et puis... elle s'en fichait! Comme si elle avait rapport dans sa vie amoureuse, comme il l'avait si bien dit!

S'il voulait n'être qu'un chien, qu'il en soit un. Mais il n'aurait pas une seule caresse. Le vide caractéristique de ses grandes colères l'emplissait graduellement et elle sentit ce froid habituel parcourir son âme. Elle se coupait du monde. Ce monde qui, de toute façon, n'avait jamais pris ses émotions en compte. Ses aînés étaient tous des égoïstes qui n'avaient aucune considération pour elle. En fait, ce n'était pas vrai... mais l'impression ne la quittait pas. Tout était allé en dégringolade depuis le départ de Dylan... parfois elle le trouvait responsable, et le détestait. Mais c'était son frère, qu'elle aimait tant. Alors elle avait décidé que ce serait cette cousine froide et détestable : Khanrell. Tout était de sa faute. Absolument tout. La guerre, le départ de son frère, le désespoir de Nata, la mort de ses deux soeurs aînées... même l'envahisseur. Elle la détestait plus que tout.

Quoiqu'il en soit, Temperance ignora avec un talent hors du commun les paroles du garde indigne. Qu'il se soit fait beau n'y changerait rien - il n'avait pas eu le choix de toute façon. Quand elle l'avait vu, elle avait hésité. Il était magnifique, mais elle était habitué à son petit côté le sauvage, et de le voir... domestiqué, l'avait un peu troublée. Pouvait-elle réellement imposé cela à la nature animale de son ami? De toute façon, à l'heure actuelle, elle espérait qu'il se sente mal dans ces beaux habits et dans cet endroit. Elle n'arrivait pas à lui pardonné son âme refroidie, elle l'aurait voulu comme allié dans cette grande mascarade qui allait se dérouler ce soir. Comme si elle pouvait réellement sourire pour l'anniversaire de son noble ami, Elrick. Elle aurait bien aimé, mais elle n'y avait pas la tête, et maintenant pas le coeur non plus.

Elle jeta donc un regard glacé, comme si elle ne le voyait même pas, et attendit qu'il ouvre la porte. Ce qu'il fit. On les acclama chaleureusement. Elle apprécia silencieusement qu'il demeure formel, il aurait au moins appris à se tenir, faute d'apprendre à communiquer... Elle saisit noblement sa main, le dos droit, la tête haute, en digne princesse. Elle ne manqua pas d'entendre les chuchotements admiratifs alors qu'elle s'extirpait du carrosse dans sa robe somptueuse. L'argenté de ses bijoux brillait comme du diamant et et le pourpre de son vêtement mettait en valeur la couleur peu naturelle de sa chevelure et de ses iris. Elle ne saurait faire fis du protocole, mais elle relâcha la main de son terrible ami dès qu'elle le put, et ne lui accorda plus du tout d'attention, comme s'il n'était même pas là.

Rapidement, on papillonna autour d'elle, ce fut Elrick qui vint galamment la quérir et la sortir de la cohue admirative des nobles de bas niveau - ce qui ne la dérangeait pas tant en tant que tel, elle ne les dédaignait pas. Elle dut présenter Yahto, mais le fit très sommairement. Le qualifiant simplement de garde du corps royal - et non pas personnel, il ne lui appartenait pas, elle n'avait rien à voir avec sa vie non plus. Qu'un employé. Non? Elle apprécia l'enthousiasme évident de son noble ami et lui accorda un sourire sincère. La soirée ne pouvait pas être si mauvaise en sa compagnie. Il avait toujours été charmant avec elle - très protocolaire aussi, ce qu'elle appréciait. Elle savait qu'il lui faisait la cour, elle était moins naïve qu'avant. Il y avait des gestes qui ne trompaient pas. Les compliments, entre autre, lorsqu'il lui murmurait à l'oreille et qu'elle ne pouvait contenir la rougeur qui envahissait ses joues. C'était un indice plutôt révélateur.

Dès qu'ils entrèrent, elle admira la splendeur du hall. « Vos décorations sont magnifiques cher Elrick, vous vous êtes dépassé pour cet heureux événement! » Il sembla apprécier le compliment. La musique entama un morceau. Elle était l'invitée d'honneur, mais... l'avait-on réellement attendu? Son compagnon l'invita aussitôt à danser et elle inclina la tête, acceptant la proposition. Il était un excellent danseur et elle se détendit légèrement entre ses bras. Si Elrick n'était pas le plus bel homme qu'elle connaisse, il avait tout du même du charisme et une certaine élégance. Ses cheveux de jais et ses yeux verts créaient un certain contraste attirant. Ses traits étaient un peu irréguliers, mais son sourire était charmant, son regard honnête et inquisiteur. Elle était à l'aise avec lui. Quant à lui, il sentait très certainement comme elle avait relâché la pression graduellement dans ses bras, et ne pouvait que se gorger d'orgueil. N'était-ce pas une petite victoire, de réchauffer le coeur de cette frigide princesse?

Beaucoup de soupirants n'avaient pas été bien loin avec elle. Aemi était d'une froideur très... freinante. Mais quand on prenait le temps d'essayer de la connaître... on découvrait une femme très chaleureuse, généreuse et attentionnée. Elrick faisait partir des rares, pour ne pas dire seuls, de ses soupirants à avoir aperçu cette partie d'elle. Depuis lors, il n'avait eut de cesse de chercher à revoir cette chaleur dans son regard. Il y avait réussi, plusieurs fois, et ils avaient ainsi lié une belle amitié qui, dernièrement commençait à muer vers une toute autre étape... le voulait-elle? Elle ne saurait le dire. Elle refoulait ses sentiments, quels qu'il soit, pour éviter d'avoir à souffrir. Elle sentit le regard insistant de son garde du corps et releva le menton en inspirant profondément. Ne s'était-il pas excusé? Oui, bien sûr. Mais ses paroles l'avaient blessée et, venant de lui, elle avait du mal à l'accepter... n'avait-elle pas des attentes trop exigeantes pour son ami?

Tout à sa réflexion, elle laissa échapper un « Oh ! » surpris lorsque son partenaire la fit virevolter brusquement, dans un élégant bruissement de jupes qui tourbillonnèrent autour d'elle comme les pétales d'une fleur éclot. Il réussit à ramener son attention sur lui, ce qui le fit affiché un air satisfait. Il ne voulait pas perdre le peu qu'il avait acquéri. Après une deuxième danse, elle apprécia volontiers la proposition d'un rafraîchissement et croisa le regard triste de son ami. Elle se sentit mal. Elle savait comme ce genre de soirées n'était pas son truc. Elle hésita, balancée entre sa rancoeur et l'envie de le toucher pour raviver sa joie de vivre qu'elle appréciait tant, et qui réchauffait tant son coeur glacial. Finalement, elle avança vers lui et leva les bras pour replacé son col qui, en fait, n'était pas réellement défait. En regardant son cou, elle se contenta de murmurer. « Oublions cela, d'accord? » Elle ne voulait plus entendre parler d'elle. Elle ne voulait plus être obligée de le partager avec qui que ce soit. Mais elle n'allait pas le dire.

Levant un regard inquiet dans ses yeux, elle y vit l'approbation qu'elle souhaitait y voir et afficha un soulagement évident. « Et maintenant cesse d'avoir cet air de chien battu. » ajouta-t-elle de nouveau à voix basse en lui pinçant discrètement un bras. La voix d'Elrick la fit se retourner et il arriva près d'elle avec une coupe pétillante. Elle le remercia dans un sourire. Il proposa son bras, qu'elle saisit, et l'entraîna vers un groupe qui discutait plus loin en disant qu'il voulait la présenter à d'autres gens. Ce qu'elle ne remarqua pas, fut le regard qu'il lança par-dessus son épaule à Yahto qui leur emboîtait le pas. Se penchant vers son oreille, il lui demanda si sa présence était vraiment nécessaire. Elle leva un air outrée sur lui et répondit aussi à voix basse : « Il est mon garde du corps, cette question est absolument déplacée. » Il s'excusa en se renfrognant un peu, mais cela ne dura pas. Il lui présenta sa soeur aînée et le mari de celle-ci, qu'Aemi connaissait vaguement de nom, ainsi qu'un ami, Sir Claus Trofee, qui avait le même âge que celui-ci, à première vue. Soit de quatre ans son aîné.

Après un échange de banalités polies, Sir Claus l'invita à danser. Elle lança un regard en coin à son partenaire qui l'encouragea. Avec un sourire réservé, elle accepta la proposition. Il ne manqua pas de remarquer comme la princesse était raide - elle l'était depuis qu'elle avait approché le groupe d'ailleurs- et alla même jusqu'à le lui relever. Elle se contenta de lui jeter un regard courroucé sans répondre. Il haussa les épaules. Quand la danse arriva à sa fin, elle quittait ses bras avec un soulagement qu'elle dissimula. Elle lui sourit poliment et se tourna pour retourner vers Elrick, mais elle fut retenue par le poignet. Elle lui jeta un regard interrogateur. Il lui avoua à mi-voix qu'il ne voyait pas ce que son ami lui trouvait, si ce n'est qu'elle était fort jolie... et il caressa l'intérieur de son poignet de son pouce.

Elle fronça les sourcils. Il s'avança et elle se raidit. Il murmura que sa colonne allait finir par craquer. Et s'avança encore pour ajouter qu'elle devait être particulièrement cochonne pour réussir à captiver Elrick. Elle tira sur son bras pour qu'il le lâche, mais il ne lâcha pas, et ajouta à mi-voix : « Il a sans aucun doute plus de manières que vous. » Mais leur petite altercation polie - et discrète histoire de ne pas attirer l'attention - s'arrêta là. Yahto vint poliment demandé s'il y avait un problème et savoir sa présence derrière elle la rasséréna. Elle récupéra son poignet qu'elle frotta discrètement. « Non, tout va bien. Nous discutions seulement de bonnes manières. » Elle se retourna et posa une main sur le torse de son ami qu'elle sentait tendu. Si elle avait prit la peine de regarder ses yeux... mais elle ne le fit pas, souriant plutôt à Elrick plus loin qui semblait inquiet.

Sans plus de cérémonie, elle rejoignit son ami. Il lui demanda si tout allait bien, elle hocha la tête. « De quelle famille vient Sir Claus, déjà? » Devant l'hésitation du noble, elle comprit que ce n'était pas réellement un Sir. Elle lui sourit doucement, signe qu'elle ne lui en tenait pas rigueur, et il se pencha vers elle pour lui chuchoter qu'il s'excusait pour son ami et que cela ne se reproduirait pas. « Je l'espère bien. » répondit-elle, sans doute trop vivement et froidement, car il sembla piqué par sa réponse. Elle s'en voulu. « Et si nous retournions danser? » ajouta-t-elle en posant une main délicate sur son bras. Il parut heureux de la proposition et posa son verre pour l'accompagner en lui prenant la main. Pour une raison quelconque, ce fut à ce moment que la princesse réalisa qu'elle était sans doute... l'une des plus petites personnes de la salle. Sa petite taille ne l'avait jamais dérangé, mais cette constatation lui donnait l'impression d'être une petite fille qui n'était pas à sa place.

Elle comprit que c'était seulement l'angoisse qui la taraudait de nouveau. Elle chercha Yahto des yeux et n'eut que le temps de l'apercevoir avant que son partenaire de danse ne ramène son attention à lui. Il engagea le sujet, discutant de choses et d'autres. Il parvint à nouveau à l'aider à se détendre et elle lui en fut reconnaissante. Lorsqu'il complimenta son excellent sens du rythme, elle sourit. « Vous êtes plutôt doués vous également, mon cher ami. Dites-moi, j'ai malencontreusement oublié, jouez-vous d'un instrument? » Il lui sourit doucement et mentionna qu'il jouait du piano. Elle baissa les yeux. Du piano. Elle n'en avait pas entendu souvent, mais elle adorait le son de cet instrument. L'inconvénient c'est qu'elle ne pouvait pas l'amener avec elle. Il lui demanda si elle en jouait. Elle sourit à son tour. « J'en ai joué, petite. Mais le violon s'avère beaucoup plus mobile. » Ils discutèrent encore un peu musique, et ce fut trois danses plus tard qu'on vint réclamer qu'il partage la délicieuse princesse.

Aemi sourit sous les compliments, bien qu'elle n'ait nullement envie de danser avec un inconnu, et encore moins un de ces nobles qu'elle connaissait déjà et qu'elle savait mauvais danseur - il faut dire que de guider une tour de glace sur la piste nécessitait sans doute des dons de pilotes particuliers. Mais elle n'avait pas conscience de la difficulté qu'elle offrait. Après tout, Yahto et Elrick était de bon danseur. Heureusement, on sonna le repas, ce fut avec soulagement qu'elle accompagna le noble jusqu'à la salle à manger. Il y aurait un léger rafraîchissement comme entrée, puis un repas plus copieux. Elle fut soulagée de constater qu'on avait réservé une place près d'elle pour Yahto. Mais en même temps, elle espérait sincèrement qu'il saurait manger correctement en présence de la noblesse... ils étaient à la table d'honneur!


Dernière édition par Aemi le Lun 31 Oct - 16:23, édité 1 fois
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Yahto
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Lun 31 Oct - 14:45

Les mains dans le dos, le garde du corps observait la piste de danse, ne pouvant quitter des yeux sa sublime amie. Sa magnifique robe pourpre tournoyait autour d’elle comme les pétales d’une fleur délicate et le jeune homme se surprit à rêvasser un instant qu’il était à la place de ce seigneur. Comme il aurait aimé lui demander de lui accorder une danse, une seule. Mais c’était peine perdue : non seulement les ragots se feraient aller de bons trains, mais elle était encore furieuse contre lui. Il l’avait remarqué selon la façon qu’elle avait levé le menton en réalisant qu’il l’observait. Évidemment, le lycan n’avait pu s’empêcher de remarquer la façon dont Sir Elrick fut satisfait de conserver l’attention de sa compagne sur lui. Il avait… cette nette impression d’être la cible d’une sorte d’animosité de sa part. L’homme était possessif? Jaloux? Qu’avait-il à craindre d’un simple soldat? Ainsi, Yahto ne put s’empêcher d’hausser un sourcil en notant le comportement du noble. Malgré tout, il se sentait terriblement triste de l’attitude de sa protégée à son égard et regrettait sérieusement les paroles qui avaient jailli de ses lèvres un peu plus tôt. Il fallait dire que le « chien royal » détestait les frictions avec sa maîtresse. Il se sentait coupable, c’était plus fort que lui.

Une fois la deuxième danse terminée, le guerrier remarqua l’air de sa meilleure amie qui, visiblement, était déchirée entre deux idées bien distinctes. L’hôte de l’endroit sembla lui proposer un rafraîchissement et s’éloigna. Temperance profita donc de ce moment pour venir à sa rencontre et Yahto ne put s’empêcher de la suivre du regard. Une fois à sa hauteur, elle tendit les mains et replaça l’encolure du lycan. Ah? Il était mal placé? Il ne s’en était pas rendu compte. Ce simple geste, aussi banale pouvait-il sembler, le toucha au plus profond de lui-même. Il avait vu avec quelle affection elle s’était exécutée et Yahto fut pris d’un élan de tendresse pour Aemi. Toutefois, il prit bien garde à ne pas laisser sortir son trop-plein d’émotion, histoire d’éviter une honte totale à sa protégée.

- Je suis vraiment désolé, Aemi, souffla-t-il tout bas pour elle. Ce à quoi elle répliqua qu’elle ne voulait plus entendre parler de cette histoire. Il hocha donc de la tête, esquissa un petit sourire en coin qui lui était destiné.

À ce moment précis, la princesse leva son regard couleur de glace sur lui et paru instantanément soulagée à la vue de ce sourire. Elle lui somma gentiment de cesser d’afficher un air de chien battu – tout en pinçant son bras comme elle avait l’habitude de le faire –, ce à quoi il répliqua : « Oui, mais tu adores ce regard adorable, pas vrai? ». C’était sorti tout seul. Il ne savait pas pourquoi il avait dit une telle chose, mais la princesse ne releva pas, puisque Sir Elrick arrivait maintenant à leur hauteur, une coupe de champagne à la main. Sous le regard un peu envieux du garde du corps, la princesse se saisit du bras de son hôte et se laissa guider jusqu’à un groupe de gens, un peu plus loin. Il était hors de question que Yahto se laisse se faire éclipser! Il se fit donc un immense honneur de suivre le couple, les bras dans le dos, la tête haute et affichant un air digne. Évidemment, la présence du lycan ne sembla pas être appréciée du noble qui le fusilla du regard. Ce dernier se pencha ensuite pour murmurer quelque chose à l’oreille de la princesse et cette dernière poussa une réplique – un air outré au visage en prime – qui fit sourire Yahto. Si cet idiot croyait pouvoir se débarrasser de lui si facilement, il pouvait bien s’enfoncer un doigt profondément dans le derrière.

Restant tout de même un peu à l’écart pour ne pas être impertinent, le jeune homme aux cheveux marron observa d’un air distant la présentation entre sa meilleure amie et la famille du fêté. Ce qu’il apprécia moins fut la façon dont Aemi se vit obligée de danser avec un certain Claus (du moins, il avait saisi ce nom). Yahto savait pertinemment qu’elle n’aimait pas la proximité avec des étrangers. Mais visiblement, on ne lui laissait pas le choix. Alors que le duo s’éloignait, le lycan de 24 ans remarqua l’air courroucé de sa protégée et hésita. Devait-il intervenir? Hmm… mieux valait attendre. Si ça trouvait, le bougre avait seulement laissé échapper une remarque déplacée. Néanmoins, il resta à l’affût, prêt à intervenir dès le premier écart un peu trop visible. Plus il observait Claus, plus il doutait de ses origines nobles. Il avait plus rustre, moins guindé… Une fois la danse terminée, Aemi voulut s’éloigner, mais le soi-disant noble la retint par le poignet. Cette fois, Yahto, tendu comme un arc, était prêt à bondir. De quel droit osait-il retenir la princesse d’Alombria?! Si elle voulait s’éloigner, il n’avait aucun droit de lui dicter le contraire. La respiration du garde du corps s’accéléra et son regard mordoré était directement posé sur l’homme qu’il qualifia instantanément de connard .

Visiblement, sa poigne se faisait plus raide, car Temperance se retrouva clouée sur place. Claus s’approcha d’elle. Yahto ne pouvait percevoir leur conversation, mais il n’aimait vraiment pas cette proximité qui s’amenuisait sans arrêt entre eux. Cette fois, il en avait marre!! Sans plus attendre, il se fraya un chemin à travers la foule et se rapprocha du duo juste à temps pour entendre le commentaire grivois du salopard. Après tout, il avait l’ouïe fine typique aux représentants de sa race! Il se faisait violence pour ne pas pousser un grondement en provenance du fin fond de sa poitrine. Il avait envie de casser le nez de cet impertinent personnage!

- Est-ce que tout va bien ici? Demanda-t-il avec une politesse qui ne lui était pas typique. Il y a un problème?

Aemi récupéra son poignet et Yahto ne manqua pas de noter la façon dont elle le frotta, signe qu’il était légèrement douloureux. Elle se tourna vers lui et posa une main sur sa poitrine, mais le guerrier n’y prêta que très peu d’attention. En fait, il toisait « Sir Claus » du regard et ce dernier lui répondit de la même façon, mais avec une expression d’arrogance au visage en prime. La princesse s’éloigna, laissant les deux hommes seuls avec leur joute visuelle. L’imbécile de première voulut s’éloigner, mais Yahto l’en empêcha, lui barrant la route en lui frappant fortement la poitrine avec sa main ouverte.

- Je ne passerai pas par quatre chemins, siffla-t-il tout bas à son intention. La prochaine fois que vous posez la main sur elle, c’est avec moi que vous aurez à en découdre. Et croyez-vous, je me ferai un plaisir de rompre vos doigts un à un simplement pour avoir osé lui forcer la main. Me suis-je bien fait comprendre?

Il ne blaguait pas, son regard assassin en disait long sur le sujet. Toutefois, l’homme ne sembla pas être intimidé le moins du monde par sa remarque cinglante. Ainsi, il s’approcha un peu plus près avec ce sourire que Yahto détestait tant. « Vous osez me menacer, soldat? Car dois-je vous rappeler que cela est votre rang? Vous ne valez guère mieux qu’un serviteur et en un claquement de doigts, je peux me débarrasser de vous. » Yatho baissa le regard vers le sol et ricana à son tour. Bon sang que c’était dur de ne pas le frapper en pleine gueule, là maintenant! « Oh, mais vous n’avez rien de noble, pas vrai? Vous essayez de vous fondre dans une masse qui n’est pas la vôtre. Or, moi, j’assume mon titre qui, dois-je vous le rappeler, est celui d’être le garde du corps de la princesse Aemi Temperance d’Alombria… ». L’altercation s’arrêta là. Sir Claus contourna le lycan non sans un rire méprisant et s’éloigna vers un groupe qui lui semblait familier.

Yahto poussa un soupir puis jeta un regard autour de lui à la recherche de sa protégée. Cette dernière était de retour sur la piste de danse au bras du riche noble, sa robe sublime tournoyant autour d’elle. Le lycan remarqua la façon dont elle le chercha du regard et vit très bien que Sir Elrick n’appréciait pas l’attention qu’elle portait à un « vulgaire roturier » comme lui. C’était définitif : l’hôte de la soirée entretenait une animosité à son égard. Yahto n’en avait rien à foutre et se contenta de se tenir droit près d’une grande colonne de marbre, là où il serait facilement repérable en cas de besoin. Les chansons s’enchaînèrent et Aemi dansa tout son saoul sous l’œil bienveillant de son garde du corps. Puis, le repas fut sonné et tous furent conviés dans la somptueuse salle à manger de la très richissime demeure. Plusieurs tablées avaient été montées pour l’occasion et Yahto fut surpris de constater qu’on l’avait installé près de sa protégée. En fait, pour dire vrai, il aurait cru qu’on lui aurait demandé de manger auprès de serviteurs, ce qui était coutume dans les nobles familles. Pendant un moment, il crut qu’il s’agissait là d’une requête d’Aemi, mais réalisa bien vite que la suggestion venait de Sir Elrick en personne. Aaaaaah… bien sûr. Il voulait marquer plus de points auprès de sa précieuse invitée. Le lycan vint donc s’installer aux côtés de son amie (à la table d’honneur), qui elle, était accoudée avec Sir Elrick.

Lorsque tous furent en place, les serviteurs débutèrent le service. On commença par leur offrir un potage velouté aux légumes de saison ainsi que du pain chaud et Yahto mangea en silence, écoutant d’une oreille attentive la conversation entre Aemi et Elrick. Si de prime abord ils semblaient parler de banalités, Yahto, lui, eut le cœur serré. Ils parlaient des différentes pièces musicales que jouait jadis Temperance et il songea avec tristesse que sa musique lui manquait cruellement. À l’époque, elle était constamment bercée par les mélodies et possédait une créativité sans pareil. Sans compter sa voix sublime… Comme ça lui manquait tout ça! Mais évidemment, il était le seul à comprendre toute la profondeur de ce sujet, puisque personne ne pouvait se targuer de la connaître autant que lui. Après le potage vint la première entrée composée d’escargots au beurre persillé. Le lycan jeta un regard surpris sur son assiette et sentit la nervosité le gagner. Non, mais! QUI mangeait des insectes dans ce bas monde?! Son regard marron aux reflets dorés scruta la montagne d’ustensiles qui s’étalait devant lui et il songea à tout simplement sauter ce service. Mais si son refus de manger était vu comme de l’insolence?! Par miracle, Elrick cessa d’accaparer Aemi un instant et ce fut comme si cette dernière avait lu dans ses pensées. Elle lui jeta un regard amusé et désigna discrètement une longue fourchette effilée à deux dents. Il la laissa se servir en premier et imita son geste, délogeant la créature de sa coquille. Il hésita un instant. Normalement, il n’était pas dédaigneux, mais l’idée de manger une limace… Le regard encourageant de la princesse acheva son peu de volonté et il porta son encas à sa bouche. Ce n’était pas si mal… mais il préférait franchement n’importe quelle viande à ça!

- C’est un non-sens, souffla-t-il à l’oreille de sa meilleure amie. Tant de richesse pour se retrouver à devoir manger des limaces de jardin…

Évidemment, il s’était assuré que personne n’entendrait ses propos sauf Aemi qui gloussa discrètement, visiblement amusée par l’image qu’il se faisait et la mine déconfite qu’il esquissa un instant. « Non, mais c’est vrai. Il y a tant de ressources et de nourriture délicieuse dans ce bas monde… Tu sais ce dont j’aurais envie? D’un gros morceau de sanglier braisé. Tu sais, comme celui que Rosalya nous prépare au palais? » avait-il continué sur le même ton. Son évocation de la cuisinière revêche amusa encore la princesse, à son plus grand plaisir. Chaque gloussement, chaque sourire que sa protégée esquissait faisait naître en lui une pluie de papillonnements. Ce simple son était la plus belle des symphonies à ses oreilles. Il avait besoin de la savoir heureuse, de la sentir légère. Comme si sa propre survie en dépendait. Visiblement, Elrick n’apprécia pas ce moment de complicité entre les deux amis et se dépêcha de récupérer l’attention de son invitée en lui vantant l’efficacité de ses serviteurs. Puis, il jeta son dévolu sur Yahto qui s’était fait discret pour ne pas empiéter sur la présence d’Aemi.

- Alors, monsieur… Yahto c’est ça? Demanda-t-il et le lycan hocha de la tête, déposant son ustensile et avalant sa bouchée rapidement afin d’éviter de discuter la bouche pleine. Depuis combien de temps êtes-vous au service de Lady Aemi?

Il jeta un bref regard à sa meilleure amie qui l’encouragea à répondre. Il se racla donc la gorge, histoire de se donner une contenance.

- Dix-huit ans, sir, répondit-il poliment. J’ai été attitré à Sa Majestée le jour de sa naissance afin de veiller sur elle.

Elrick afficha un air surpris, notant visiblement la jeunesse du garde du corps. Comment pouvait-il s’assurer de sa sécurité depuis autant de temps et ne pas être… vieux? Il jeta un regard interrogateur à son invitée d’honneur puis demanda l’âge de Yahto. « J’ai 24 ans, Sir Elrick. » Tiens? Il n’était pas au courant de l’historique de la famille royale? Soit il ne venait pas souvent à la cour, soit il manquait carrément à son devoir. « Pour répondre à votre question, j’ai été désigné à notre princesse à l’âge de six ans afin que je grandisse avec elle et ait une totale compréhension de l’univers dans laquelle elle évolue. » Bref, personne ne la connaissait mieux que lui et il vit bien que ça ne faisait pas l’affaire du noble. Personnellement, ça lui fit un petit velours, comme s’il venait de gagner une bataille non officielle. Elrick lui posa des questions un peu plus personnelles et ne tourna pas autour du pot, lui demandant carrément l’origine de sa génétique. « Je suis un lycan, Sir. » L’étincelle dans le regard du noble voulait tout dire. Le guerrier y lu le terme « cabot », bien que l’homme se garda bien de le dire tout haut. Sa curiosité à son sujet s’arrêta là, comme si cette simple information venait de l’écarter d’une course dont eux seuls étaient concurrents. Entre-temps, le service avait changé et un beau morceau de saumon citronné et surmonté d’herbes accompagné de légumes sautés trônait dans une assiette devant lui. Il passa le reste du repas en silence, laissant son amie être complètement accaparée par le noble.

Pourquoi se sentait-il humilié par le regard que lui avait lancé l’hôte de la soirée? Sam lui aurait surement dit de l’envoyer « se faire enculer par un bouc », mais se faisant, il humilierait Aemi. Mieux valait se faire discret et ronger son frein.
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Lun 31 Oct - 21:58

Le premier plat semblait terriblement délicieux et, après s'être assurée que Yahto mangeait celui-ci convenablement, sans bruit indélicat entre autres, elle reporta son attention sur son hôte qui poursuivait la conversation sur la musique. Elle évita précieusement de préciser qu'elle ne jouait plus vraiment. Elle n'avait pas envie des questions qui viendraient inévitablement avec cet aveu. Elle appréciait beaucoup le jeune noble, mais de là à confier ses sentiments profonds... dont elle ne parlait même pas avec ses proches. Elle garda un ton badin, sans montrer nullement le trouble que cela suscitait chez elle. Elle était passée maître dans l'art d'enfouir ses émotions au plus profond d'elle-même.

Le prochain plat fut un délicieux mets d'escargots qu'elle appréciait particulièrement. Elle jeta un regard à son ami et profita du fait qu'Elrick discutait justement du met avec sa soeur de l'autre côté pour afficher un air amusé pour le lycan en lui indiquer la fourchette appropriée. Elle entreprit ensuite de prendre une première bouchée et apprécia le goût dans sa bouche. Voyant qu'il ne se décidait pas, elle l'encouragea du regard, et il prit la petite créature sur sa langue. L'air critique qu'il affichait était d'un comique inhabituel. Pour quelqu'un d'aussi... libéré? Être aussi difficile sur la nourriture ne lui allait pas bien. Elle l'avait toujours imaginé insouciant de quêter sous les racines dans le bois. Peut-être se trompait-elle, après tout! Elle ne put retenir un gloussement lorsqu'il lui chuchota à l'oreille qu'ils se nourrissaient de limaces de jardin... La tête qu'il faisait!

Et il en rajouta. Un sanglier braisé, et puis quoi encore! Ils n'étaient pas au palais, ni au lendemain d'une chasse, mais à un repas d'anniversaire. Ah, Rosalya... elle n'aimait pas plus son ami glouton qu'avant cette chère cuisinière. Il faut dire que Yahto mangeait comme trois et avait des manières à rediscuter. Malgré son côté revêche, Aemi était persuadée que la bonne femme s'était habituée aux habitudes peu convenables du jeune lycan. Elle posa une main légère sur l'avant-bras de son ami, sans même réellement s'en rendre compte, alors qu'elle gloussait discrètement derrière sa coupe qu'elle avait attrapée pour prendre une gorgée. Comme Elrick lui parlait, elle lâchait son ami et se tourna vers celui-ci. Ses serviteurs... voilà un sujet fort peu intéressant. Il sembla saisir le peu d'intérêt que cela suscita chez elle - n'était-elle pas princesse? - et décida plutôt de s'intéresser au garde du corps.

Temperance termina lentement son assiette en demeurant attentive à la conversation des deux hommes, sans réellement s'en mêler, s'ayant contenté d'encourager le soldat à répondre. C'était plutôt une bonne chose qu'ils parlent entre eux, non? Mais elle se sentait soudainement prise dans un étau. Mais quelle tension! D'où cela venait-il? Le lycan répondait simplement aux questions. Il lui semblait que c'était plutôt le noble qui se faisait drôlement insistant... et personnel. L'évocation de leur enfance commune fit naître un léger sourire sur ses lèvres, qui n'échappa pas à leur hôte. Mais comme il devenait trop envahissant sur la vie privée de Yahto - qui ne la regardait pas, rappelons-le - elle lui jeta un regard de reproche. « Cela suffit, Elrick. Ne vous inquiétez nullement de ses antécédents, mon père s'est personnellement occupé de son embauche. » Était-ce réellement de cela dont il était question, c'était dur à dire. Mais maintenant elle sentait que son ami était plutôt mal à l'aise et s'en voulut d'avoir laisser les choses aller si loin.

L'arrivée du plat suivant coupa court à cette légère altercation - en était-ce vraiment une? Elle n'était plus trop sûre de ce qui s'était passé. Le fêté entreprit de lui parler de comment ce plat était devenu son favori et elle écouta poliment. Ils discutèrent ensuite de différents mets et comparèrent leur goût. Elle fut surprise de se connaître autant de goût en commun avec son noble ami. Il avait des goûts de luxe. Une lueur amusée au fond du regard, elle ajouta : « Je vais vous faire un aveu, mon cher ami. Le meilleur poisson que j'aie mangé fut pêcher par un corsaire et cuit sur une broche, sur un feu de camp! Je crois que la présence d'amis précieux modifient l'impact d'un met sur notre perception. » Elle refusa d'en dire plus sur ce drôle d'événement, et il changea de sujet en partie, en précisant qu'il confirmait que ce plat n'en était que meilleur lorsqu'il était partagé en sa présence. Malgré elle, elle rougit légèrement sous le compliment.

On retira leur assiette et leur servie une petite salade de noix agrémentée de fruits de saison. La laitue était fort fraîche et agréable au plais. « Quel délicieux plat! Mais je ne pourrai jamais avaler tout cela! » Elrick s'amusa de son commentaire et lui proposa de ne pas tout manger. En temps normal, elle aurait glissé son assiette au lycan... qui avait un appétit nettement plus impressionnant que le sien. Mais ce serait inconvenant. Elle mangea tout de même la salade, mais lorsqu'on apporta un plateau de fromage et petits biscuits, elle refusa l'offre en riant. Le nobliau précisa qu'il y avait encore de la danse ensuite pour digérer tout cela. « J'espère bien, c'est une orgie de nourriture, mon estomac ne peut digérer tout cela sans aide! » Le terme orgie fit relever quelques têtes et elle plaça une main devant sa bouche. Ah, cette Nata, elle lui plaçait de drôles de termes dans la tête. Elle se promettait de dire à sa soeur que ce n'était pas un mot qu'il fallait lui glisser à l'esprit. Elle soupira, puisque l'incident ne provoqua pas de vague et se contenta de boire un peu d'eau pour faire passer le tout.  

La princesse nota tout de même avec un certain amusement que Yahto, lui, ne laissait pas une miette. Elle se pencha légèrement vers lui et murmura : « Tu manges à ta faim? » Sa réponse la fit sourire et elle hocha la tête en se redressant. Les lumières baissèrent soudainement d'intensité et les serveurs entonnèrent un chant d'anniversaire, bientôt repris par les invités. Elle se retint de chanter - un plan pour ruiner la soirée en endormant tous les esprits. Et puis, au château, on ne faisait pas ce genre de chant. Il y avait un discours, une brève éloge, mais pas de ce chant enfantin. N'était-il pas assez vieux pour s'en passer? Mais sans doute que c'était différent pour le peuple. Elle était princesse après tout, elle pouvait convenir que la maturité évolue différemment chez les gens moins fortunés. Elle bougea tout de même les lèvres, afin que son ami, qui s'était levé, puisse y croire. Elle ne voulait pas non plus lui manquer de respect, mais il ne connaissait pas la nature de son pouvoir.

On apporta ensuite le dessert. Il remercia chaleureusement ses invités et fit un bref discours énonçant brièvement les joies qu'il avait connu dans cette dernière année, avec une mention toute spéciale à leur invitée d'honneur qui rougit légèrement, et il termina en disant que la soirée n'était pas fini et qu'il y aurait probablement une annonce plus tard. Elle lui jeta un regard interrogateur et, dès qu'il reprit place, elle osa lui demandé : « De quelle annonce s'agit-il? » Il se contenta de sourire et de répondre mystérieusement qu'elle le saurait en temps et lieu. Ah... bon. Elle lui sourit et observa la part de gâteau qu'il y avait dans son assiette. Elle ne pouvait déjà plus rien avalé. Prenant la plupart de ses repas dans l'intimité, cela la gênait d'être à la table d'honneur. Elle ne pouvait pas disposer de la nourriture comme bon lui semblait... la redistribuer, parfois. Et pas seulement à Yahto, évidemment. Il avait parfois un fond. Du moins... parfois, oui.

Jetant un regard vers son meilleur ami, elle lui donna un léger et discret coup de coude. « Doucement, espèce de goinfre. » lança-t-elle à voix basse alors qu'il semblait fortement apprécié la douceur du sucre. Elrick ramena son attention en parlant de choses et d'autres, qu'elle écouta d'une oreille distraite. Soudain, sa soeur lui manquait. Elle laissa échapper un soupir sans réellement le réaliser et se redressa dans un léger sursaut lorsque son hôte lui demanda si tout allait bien. Elle lui sourit et lui assura que oui. « C'est juste... la famille, vous voyez. » Il sembla comprendre et ne releva pas. Tout le monde savait que la famille royale avait subit de lourdes pertes; Marian était leur reine. Il n'insista donc pas, ce qu'elle apprécia. Lorsqu'on sonna enfin que le repas était terminé, elle masqua son soulagement. Se relever et évacuer toute cette nourriture allait lui faire le plus grand bien.

Elle se leva lentement, et soudain Aemi réalisa que la troisième coupe de champagne avait sans doute était de trop. Elle se sentait légère. Elrick l'invita galamment à danser et elle accepta dans un sourire, non sans avoir jeter un regard au préalable à Yahto qui reprenait sa place, droit et avec fière allure. Le noble ramena son regard en posant son index sur son menton pour le diriger vers lui. Elle baissa la tête en rougissant, regardant plutôt sa cravate. Une bien jolie cravate. Il y avait du rouge dessus. C'était joli, le rouge... Elle ferma les yeux en constatant qu'elle avait définitivement trop bu, mais comme le rythme accélérait, elle dut s'accrocher plus qu'elle ne l'aurait voulu à son partenaire de danse qui ne sembla pas s'en offenser. Il se pencha à son oreille et avoua qu'il n'allait laisser l'honneur de tenir la princesse à personne et qu'il se réservait ce plaisir, si elle le lui permettait. « Hum, oui, assurément, joyeux anniversaire Elrick. » répondit-elle, étourdie par la musique et les mouvements de son compagnon.

Après un tourbillon particuliers, elle manqua un pas qu'il rattrapa brillamment. Elle gloussa légèrement et secoua la tête. « Vous avez fait exprès de me resservir mon ami... je n'ai pas l'habitude d'autant de champagne. » Il sourit devant la perspicacité de Temperance et le lui fit remarquer. Elle rougit sous le compliment. « Si vous l'admettez, je ne peux plus vous le reprocher... » ajouta-t-elle à mi-voix. Il lui faisait penser à Samy, tout à coup. Cette manie de la taquiner et de ne pas s'en cacher. Pour une raison quelconque, elle n'arrivait pas à garder rancune pour une faute avouée, et encore moins avec un tel sourire... Il ria de son commentaire, elle piqua un peu du nez, gênée, mais amusée à la fois.

Lorsque la danse toucha enfin à sa fin, elle refusa catégoriquement d'en faire une autre. « J'ai la tête qui tourne, je préférerais aller prendre l'air, s'il-vous-plait bien de m'y guider. » Il accepta avec joie et lui prêta son bras. Elle marcha tout de même dignement, ne laissant pas paraître son vice. Elle se doutait que Yahto suivrait - c'était son métier après tout - et espérait réussir à renvoyer Elrick à l'intérieur pour... pour rien en fait. Elle voulait juste être un peu seule. Mais comme un moment de solitude impliquait généralement son meilleur ami, cela ne la dérangeait absolument pas qu'il y soit. Après avoir un peu marché, son hôte la mena à une magnifique arche de roses et l'invita à s'asseoir sur un banc tout près. Un petit ruisseau ajoutait une jolie musique en plus de celle de l'intérieur qu'on entendait jusqu'ici. « Votre demeure a une magnifique résonance. » Il acquiesça en souriant et lui embrassa le dos de la main en lui disant qu'il aimerait bien l'y entendre jouer un jour.

« Mmh. Peut-être un jour. » répondit-elle sans réellement le penser. Elle observa le coulis de l'eau et se dit qu'un petit verre rafraîchissant ne lui ferait pas de mal. Elle s'apprêta à le lui demander lorsqu'il se redressa pour... s'agenouiller devant elle, sans pour autant lâcher sa main. Le geste la fit rougir instantanément. Elle était un peu naïve, certes, mais là... Il fouilla dans sa poche en sortit un minuscule écrin. La surprise peignit les traits de la princesse tout autant que la rougeur. Elle porta sa main libre, soit la droite, à sa bouche.


« Aemi. Mes sentiments pour vous sont sincères. J'aimerais réellement vous apporter mon soutien dans toutes les sphères de votre vie. Vous protéger contre ceux qui pourraient attenter à vous. Je vois cette tristesse dans vos yeux et j'ai la réelle intention d'être un époux digne de vous, de chercher à provoquer vos sourires, à entendre votre rire, et votre délicieuse musique. Je vous aimes de tout mon coeur comme je n'aurais jamais cru pouvoir aimer. Je sais qu'il y a de chaleur en vous, et je compte bien être celui qui fera briller vos yeux dès maintenant et pour les jours avenirs. » Après avoir ouvert l'écrin, il enchaîna. « Aemi, me feriez-vous l'honneur de devenir mon épouse? »

Devant l'inertie de la princesse, le jeune noble lui sourit en refermant doucement l'écran, retirant de sa vue le magnifique saphir entouré de minuscules diamants. Il lui affirma qu'elle pouvait prendre le temps d'y penser, et déclara aller chercher de l'eau. Elle hocha lentement la tête. « Je vous remercie, j'en aurais bien besoin. » fit-elle d'une petite voix. Et il quitta après une brève pression sur sa main et... avoir doucement relever son visage pour déposer un bref baiser sur ses lèvres, d'une rare tendresse. Elle ne réagit pas. Il disparu rapidement et elle posa ses mains à plat sur ses cuisses, sonnée par cela. Elle savait qu'il lui faisait la cour mais... de là à la demander en mariage... il était tout de même un bon parti, ce n'était pas négligeable... son esprit était embrumé par les vapeurs de l'alcool et elle se mit à se triturer les mains.
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Yahto
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Mar 1 Nov - 10:54

Bien qu’il ne pipa mot du reste du repas, Yahto gardait l’oreille attentive à la conversation qui se déroulait près de lui. Ainsi, il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en coin lorsque sa meilleure amie parla du meilleur poisson qu’elle avait mangé de toute sa vie. Elle n’avait pas tort : lui aussi préférait nettement le saumon de Sam. En fait, il trouvait parfois que les meilleurs plats étaient les plus simples, une fois bien exécutés. Le commentaire du nobliau piqua le garde du corps qui eut beaucoup de mal à ne pas lever les yeux au ciel. Franchement, il ne la connaissait pas vraiment, donc comment pouvait-il dire de pareilles sottises sans que ce soit des paroles en l’air? Évidemment, le lycan se garda bien d’émettre toute forme de commentaires sur le sujet.

Après le service du poisson s’en suivit une salade de noix, de laitue croquante et de fruits de saison. Il devait admettre qu’Aemi avait raison : c’était franchement délicieux. Si toutefois elle avait du mal à terminer son assiette, lui avala le tout sans aucune difficulté. Ce fut ensuite une assiette de fromages, de biscuits, de raisins et de figues qui fut déposée devant le lycan. Ce service était – il devait l’admettre – son favori. Ce genre de pique-assiette était le genre de repas qu’il adorait : à la bonne franquette et sans grandes manières. Le genre de plat qu’on mangeait en bonne compagnie dans une simplicité bienfaisante simplement pour partager de bons moments. Normalement, le lycan aurait mangé les victuailles de ce plateau alléchant avec les doigts, mais comme il était devant une foule guindée… il usa de ses ustensiles, ce qui, à son œil, enlevait un peu de charme à ce service. Aemi prit alors la parole après avoir refusé cette délicieuse assiette. Le commentaire qu’elle émit fit pouffer de rire Yahto qui dut rapidement attraper une serviette de table tout près. Il plaqua cette dernière sur sa bouche afin d’éviter de cracher sa bouchée. Il jeta un regard amusé à sa compagne qui semblait embarrassée par son choix de mots. Depuis quand parlait d’elle « d’orgie »? Surtout à table dans une soirée mondaine! Elle avait surement perçu l’hilarité de son compagnon, mais ne releva pas.

Lorsque les conversations reprirent de bons trains, Aemi se pencha en sa direction et lui demandant s’il appréciait le repas. « Oui, c’est excellent. Les portions sont parfaites, si tu veux mon avis. Quoique, vu ton petit appétit, j’imagine que tu ne peux plus rien avaler? Avoue que tu as pensé à me refiler tes restes. » Son sourire la trahissait. Il adorait ce regard complice qu’elle lui lançait alors qu’elle tentait néanmoins de se faire discrète. Les lampes à huile diminuèrent d’intensité et un chant joyeux d’anniversaire remplit soudainement la salle. Sérieusement? Ils chantaient encore cette ballade pour enfants? N’était-il pas plus adéquat de porter un toast et de faire un discours? Néanmoins, Yahto se joignit à la chorale improvisée sans grand entrain et surtout pour faire bonne figure. Il remarqua qu’Aemi faisait semblant de chanter, ce qui était bien songé puisque les effets de sa sublime voix auraient tôt fait d’amortir l’ambiance festive. Le fêté se leva, fit un bref discours et mentionna une annonce toute spéciale prévue pour la fin de la soirée. Hein? Quelle annonce? Ce fut plus fort que lui, Yahto jeta un regard interrogateur à leur hôte. Qu’avait-il derrière la tête? Visiblement, Aemi se posa la même question, mais Elrick resta évasif, préférant garder la surprise. Le lycan ramena son attention sur sa part de gâteau qu’il dévora avec appétit. Il adorait le sucre, depuis toujours en fait. Aemi lui demanda d’y aller doucement et le lycan se figea, déglutissant la grosse bouchée qu’il avait avalée. Oops? Il mangea donc le reste de son dessert dans un rythme plus adéquat.

La fin du repas fut sonnée et tous se levèrent avec beaucoup de soulagement. Il fallait dire qu’ils avaient mangé à outrance et que rester assis aussi longtemps engourdissait les jambes. La foule d’invités quitta la salle à manger pour retourner à la pièce principale pour le reste de la réception. Aemi se fit entraîner dans une nouvelle danse et Yahto remarqua, avec une pointe d’amusement, la souplesse nouvelle qui l’habitait. Elle qui était généralement plutôt rigide semblait… ramollie? Visiblement, elle avait avalé une coupe de champagne de trop! Raison de plus pour qu’il garde un œil sur elle. Le garde du corps retourna se poster près d’une colonne de marbre et observa la scène avec un air fier… bien qu’une pointe d’hilarité le gagnait en observant sa meilleure amie. Une fois la mélodie terminée, cette dernière glissa son bras sur celui de Sir Elrick et tous deux se dirigèrent vers un couloir vide, probablement dans le but de se rendre à l’extérieur. Yahto se fit un PLAISIR de les suivre et remarqua bien l’exaspération de leur hôte qui en découlait. Une fois à l’extérieur, ils marchèrent un moment jusqu’à ce que le seigneur décide de guider la princesse jusqu’à une arche de roses. Il l’invita à s’asseoir et cette dernière obtempéra. L’endroit était sublime et les étoiles brillaient de mille feux. Une soirée parfaitement romantique en fait.

Soudain, une terrible pensée traversa l’esprit du lycan. L’endroit était trop parfait pour n’être qu’une balade de convenance. Tout défila trop vite dans sa tête. Il repensa à la déclaration d’Elrick lors du repas et ses tripes se serrèrent. Était-ce réellement ce qu’il croyait? Les craintes de Yahto se concrétisèrent alors que le seigneur Sicéron s’agenouillait devant Temperance. Des sueurs froides l’envahirent et il n’avait qu’une idée en tête : pousser le bougre par-dessus la balustrade afin qu’il tombe à l’eau. Toutefois, ses fantasmes de violence restèrent dans son esprit. Son souffle s’était accéléré et son cœur était incontrôlable. Et pourtant, il devait bien s’attendre à ce que ça se produise un jour, non? L’homme était de haute stature et possédait tout du prétendant parfait pour la princesse… Non… Non il n’était pas parfait! Il ne la connaissait pas! Il… il voulait son titre, il en était certain! Vraiment? ET MERDE. Après une déclaration qui aurait fait fondre le cœur de n’importe quelle femme, Elrick attendit un moment une réponse qui ne vint pas. Il referma le petit écrin et proposa à Aemi de réfléchir à sa proposition le temps qu’il aille chercher de l’eau. Le mouvement qu’il entreprit par la suite augmenta la panique du lycan d’un autre cran. Il venait de lever la tête de sa protégée pour lui voler un baiser?!! Cette fois, il avait envie de mordre!

Elrick quitta les jardins en jetant un regard triomphant à Yahto. Le connard!! Le silence était tombé et Aemi semblait confuse quant à ce qui venait de se passer. Le guerrier avait la gorge nouée. L’angoisse lui serrait les tripes. Qu’allait-elle dire?! Non, mais au final, on s’en foutait de ce qu’elle allait répondre! LUI-MÊME devait faire quelque chose et maintenant! Sa petite voix intérieure lui hurlait de réagir avant qu’il ne soit trop tard.

- Je… j’ai du mal à y croire, souffla-t-il du bout des lèvres. Tu… tu comptes dire quoi? Visiblement, elle n’en savait rien. Ne me dis pas que… que tu considères peut-être…? C’est insensé. Tout simplement. Cette simple remarque sembla piquer la princesse au vif. Il reçut son regard glacial comme un coup de fouet. Non… non ce n’était pas ce qu’il voulait dire! Je ne dis pas que l’idée que tu puisses te marier est ridicule, Aemi. Mais… mais il ne te connaît pas! Pas vraiment en tout cas. On ne marie pas les gens comme ça, sans prendre la peine d’approfondir les liens avant, tu ne crois pas?! Il s’enfonçait. La réplique cinglante qu’il lui avait balancée en début de soirée planait au-dessus de sa tête : s’il ne lui devait rien en matière de vie amoureuse, l’inverse était également vrai. Aemi, ne te fâche pas, je t’en prie. Ce que j’essaie de te dire, de te faire comprendre, c’est que…

- Tout va bien ici? Il y a un problème?

Une réplique qu’il avait lui-même dit un peu plus tôt. Elrick se tenait là, avec des verres d’eau dans les mains. Il fusillait littéralement Yahto du regard. Le lycan ne put s’empêcher d’émettre un grognement cette fois. Il aurait voulu que le noble déguerpisse de sa vue en ce moment précis. Il était en discussion avec Temperance qui… qui… s’était refermée comme une huître. Il avait tout fait foirer. « Oui, tout va bien. » Se contenta-t-il de répondre, la mâchoire serrée. Il avait paniqué et ses paroles étaient sorties comme un torrent de propos inutiles et vexants. « Bon, je vous prierais de nous laisser, Yahto. Je vous assure que les jardins sont bien gardés par mes soldats, la princesse ne risque rien. S’il vous plaît, soyez gentils et attendez-nous à l’intérieur. J’aimerais m’entretenir avec elle en privé. » Visiblement, Elrick avait vu le trouble d’Aemi, et maintenant, Yahto passait pour le méchant de l’histoire. Il jeta un regard à sa protégée qui l’ignora superbement. Le lycan poussa un soupir et tourna les talons pour se diriger vers le bâtiment. Il effectua le chemin jusqu’à la résidence en pestant et ce n’est qu’une fois à l’intérieur qu’il se sentit blêmir. Si… si elle acceptait? Après tout, Elrick était réellement un bon parti… Oh bon sang… Il n’avait jamais pu lui dire. Il n’avait jamais pu lui faire comprendre à quel point il l’aimait. En fait, c’était le contraire : il avait eu tout le temps devant lui, mais était trop dégonflé pour pouvoir étaler ses sentiments.

Il marcha lentement sur le plancher de marbre. Le couloir était vide. Il vint s’adosser contre un mur, puis se laissa lentement glisser jusqu’à opter pour une position assise, les jambes pliées devant lui. Sa tête était inclinée vers l’avant et il se sentait accablé d’une incroyable tristesse. Il aurait dû agir bien avant. Adelyn et Sam avaient raison. Il devait au moins lui faire part de ce qu’il ressentait, sinon, il le regretterait toute sa vie (bien que bon… Sam n’avait pas dit les choses de cette façon). Il attendit. Patiemment. Comme un bon toutou. Il ne savait combien de temps qu’il était resté là à ruminer du noir. Un bruit de porte se fit entendre et la voix d’Aemi résonna dans le couloir. Elle discutait avec leur hôte. Dans un mouvement rapide, Yahto fut sur pieds et marcha à leur rencontre. La princesse se tenait au bras du seigneur et lui jeta un regard glacial. Une fois à sa hauteur, le lycan marron glissa une main sur le bras libre de sa protégée sans vraiment y mettre de pression. Il avait besoin qu’elle le suive. « Aemi, il faut que je te parle. » Fit-il d’une voix basse. « Yahto, vous poussez votre chance un peu trop loin. Laissez la princesse Aemi tranquille, bon sang. ». Le garde du corps n’adressa qu’un bref coup d’œil à Sicéron et ne releva pas sa remarque. « S’il te plaît, Aemi. C’est important, ça ne peut attendre. » C’était maintenant ou jamais.

Heureusement pour lui, la jeune femme accéda à sa requête et demanda au fêté de les laisser seuls. Sans plus attendre, Yahto glissa sa main dans celle de sa meilleure amie et l’attira à sa suite, déambulant dans les couloirs de la résidence. Il poussa une porte qui menait à l’extérieur sur un grand balcon qui surplombait la cour. Il marcha un instant, puis vint s’appuyer face à la rambarde, ses coudes reposant sur la pierre blanche.

- J’ai vu que tu ne portais pas sa bague, commença-t-il doucement. Tu n’as donc pas accepté? Elle y réfléchissait. C’était déjà ça. Lentement, il baissa son regard mordoré sur ses propres mains. Tu sais, je dis vrai quand je prétends qu’il ne te connait pas. Non laisse-moi terminer Aemi, je t’en prie. Certes, vous avez passé de bons moments ensemble, je le conçois. Il a des titres de noblesse, il possède un beau domaine et beaucoup de respect de ses pairs. Je te l’accorde, c’est un bon parti et tu aurais tous les droits d’accéder à sa requête. Mais… mais il ne connaît que la Aemi en surface. Il marqua une légère pause, reprenant son courage à deux mains. Il n’a aucune idée de qui tu es vraiment. Il ne sait pas que tu adores les fraises fraîches et le thé au jasmin. Il ne sait pas que tu détestes te lever tôt le matin et que ça te rend en rogne. Il n’a aucune idée du talent que tu as pour les arts. Comment pourrait-il le savoir puisqu’il ne t’a jamais vraiment côtoyé? Il se redressa doucement et son regard fixait maintenant l’horizon. Il ne sait pas que tu aimes chevaucher pendant les belles journées d’été pour sentir la brise chaude sur ton visage et que tu aimes les jolies choses toutes simples comme une breloque en forme de flocon de neige achetée dans une simple festivité de la populace. Que les glissades en luge te terrifient, même si tu essaies de prétendre le contraire. Il n’a aucune idée à quel point l’étincelle de complicité dans ton regard est sublime lorsqu’on te raconte une blague que seule toi peux comprendre. Il tourna la tête vers la princesse qui, visiblement, était estomaquée. Et il sait encore moins que tu n’es jamais aussi jolie que lorsque tu es concentrée à lire un bouquin, bien installée dans ton fauteuil favori. Ce que j’essaie de te dire, c’est que… je…

Il avait du mal. Terriblement de mal. Il devait le dire, là maintenant! Laisser parler son instinct! Jugeant soudainement qu’un geste valait mille mots, il glissa ses mains sur la mâchoire de sa protégée et vint déposer un baiser sur ses lèvres. Si elle semblait surprise, il fut quand même heureux qu’elle ne le repousse pas. Il rompit le contact, les yeux fermés et colla son front contre le sien. « Tu n’as aucune idée à quel point je t’aime, Aemi. »
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Mar 1 Nov - 19:17

Aemi ne put s'empêcher de repenser au baiser que lui avait donné Elrick. Ce n'était pas la première fois qu'on l'embrassait, et souvent elle n'en ressentait rien. C'était troublant de se dire qu'elle n'en était que perturbée. La seule fois où un frisson l'avait parcouru... c'était quand Yahto l'avait embrassé, il y a de cela environ un an, quand il avait voulu la rassurer après les événements troublants qu'ils avaient vécus. Elle avait mis cela sur le compte de la fatigue et de la situation. Mais là, elle était encore plus déprimée qu'à l'époque, et sous effet d'alcool qui plus est. Pourtant, le nobliau ne lui avait pas fait d'effet. Peut-être que c'est parce que son ami lycan savait mieux embrasser? Comment savoir? Elle ne pouvait tout de même pas comparer... c'était déjà absurde que l'idée lui traverse l'esprit!

La voix du concerné la sortir de ses pensées et elle leva un regard perplexe sur lui. Ce qu'elle allait dire? Elle haussa les épaules... pour l'instant elle pensait plus à ses lèvres... Mais les paroles qui suivirent la secouèrent. Pour serait-ce insensé? N'avait-elle pas le droit d'être aimée? Croyait-il réellement que tout le monde l'abandonnerait? Qu'elle attirait le malheur peut-être? Elle, elle le croyait... et souhaitait ne plus y croire. Il se reprit, mais ne s'en enfonça que plus. Il ne la connaissait pas peut-être pas aussi bien que lui, mais leur hôte la connaissait plus que beaucoup d'autres. Pensait-il qu'elle était assez sotte pour sauter dans les bras du premier venu sans prendre la peine d'y réfléchir? Pour quelqu'un qui affirmait la connaître, elle trouvait la réaction de son ami fort décevante. « Je ne vois pas pourquoi... s'il ne me connait pas, tu crois être mieux placé que lui pour parler de ma vie amoureuse? » Qu'elle ne se fâche pas... c'était difficile. Il avait lui-même entamé le sujet en disant que sa vie amoureuse ne la regardait pas, pourquoi devrait-elle lui rendre des comptes maintenant? Ne savait-il pas qu'elle allait prendre le temps d'y réfléchir sans lui sauter à la tête? - Même si l'idée lui avait un peu traversé l'esprit pour provoquer le jeune homme, mais ce serait déplacé envers le noble qui s'attendait à du sérieux.

Celui-ci intervint, d'ailleurs, revenu de sa quête d'eau. Elle saisit le verre qu'il lui tendait en évitant celui de Yahto, et chassa son trouble pour reprendre son air naturel, et froid. Elle n'apprécia pas le grognement, mais ne releva pas, toute à sa concentration de conserver son calme. Malgré tout, l'idée que son garde du corps s'éloigne la rendait un peu nerveuse. Il avait beau être un idiot, c'était aussi son port d'attache et elle se sentait mal à l'aise quand il n'était pas près. Elle avait souvent peur qu'il ne revienne pas... Elle inspira doucement en fermant les yeux. Tout allait bien se passer. Elrick voulait lui parler, elle pouvait bien le lui accorder. Et si cela impliquait que son meilleur ami s'éloigne... si elle se mariait un jour, elle devrait s'y faire, de toute façon. Comme elle ne protestait pas, il finit par quitter les lieux. Elle sentait à nouveau la pression dans sa poitrine et son souffle qui se faisait cours. Elle se somma intérieurement de respirer calmement. Elle le retrouverait plus tard, elle n'était pas fâchée, juste déçue de sa réaction. C'était ses propres peurs qui avaient mal réagi.

Le jeune Sicéron s'agenouilla à nouveau devant elle alors que la princesse prenait une gorgée du liquide bienfaisant. Si Yahto l'importunait? Elle secoua la tête. « Non, ne vous inquiétez pas de son attitude. Il est tout à faire naturel qu'il soit inquiet, vous n'êtes pas le premier homme à m'approcher, si je puis me permettre, et beaucoup n'avait pas... d'aussi bonnes intentions, si je puis dire cela ainsi. » Il ne sembla pas convaincu, mais accepta cette excuse.
« Il faudrait s'assurer qu'il n'intervienne pas davantage dans votre vie privée, cela pourrait avoir des répercussions... négatives. » Elle leva un regard interrogateur sur lui. Négative? Il comprit qu'elle n'avait pas saisi ce qu'il voulait dire, chercha ses mots, puis haussa les épaules. « Ne parlons pas de lui, parlons plutôt de nous. » Il lui prit son verre d'eau des mains, le posa à côté et attrapa ses deux mains. Elle lui sourit, un peu gênée, et dégagea l'une de ses mains pour reprendre le verre et y prendre une gorgée. Il s'excusa de son manque de délicatesse, elle secoua la tête.

« Je n'ai pas coutume de m'alcooliser de la sorte, c'est plutôt à moi de vous demander pardon. » Il caressa sa paume de son pouce et elle baissa les yeux sur leurs mains jointes, hésitante. Il plongea la main vers ses poches et, avant qu'il ne ressorte l'écrin, elle protesta. « Je... s'il vous plait j'aurais besoin de temps pour y réfléchir. Je ne crois pas être en état de vous donner une réponse convenable. » Il sembla s'attrister de cela. Peut-être s'attendait-il à ce qu'elle lui saute dans les bras... mais ce n'était pas son genre, il devait le savoir. D'ailleurs, il admit qu'il s'attendait à quelque chose de plus... émotif. Mais qu'il acceptait sa réponse et saurait se montrer patient. Elle l'en remercia en lui souriant chaleureusement et en déposant sa paume sur sa joue. Il embrassa le creux de sa main et se redressa, lui tendant la sienne. Elle accepta volontiers son aide pour se relever et prit une dernière gorgée de son verre avant de le laisser là. Quelqu'un passerait, de toute façon.

Ils prirent lentement la route pour retourner à l'intérieur, et Elrick entreprit de parler de son héritage, de ses talents, bref, de ses atouts et de vanter comme il serait un bon parti. Surtout, il énonça les grandes qualités de la princesse et comment l'homme qui pouvait la faire sourire était un homme heureux. Elle ne put s'empêcher de sourire et de rougir un peu. « Vous êtes un charmeur, Sir Elrick! » Lui dit-elle tout en entrant dans le grand manoir. Un bruit se fit entendre et elle tourna la tête pour voir le soldat qui venait vers eux. Elle s'immobilisa, un peu troublée de le voir à cet instant, particulièrement parce qu'elle se sentait heureuse de le voir. Tout cela était trop d'émotion pour elle, elle avait besoin de se changer les idées, de se vider l'esprit. Elle n'avait jamais besoin de trop réfléchir avec lui, sa simplicité était une des choses qu'elle appréciait le plus du lycan. Il glissa doucement une main sur son bras libre et elle relâcha celui de leur hôte qui voulut la retenir. Elle hésita un peu.

Yahto semblait vraiment avoir besoin de lui parler... Pour toutes les fois où il l'avait écouté pleurer et geindre, qu'il l'avait consolé. Elle pouvait bien lui accorder cette faveur que, somme toute, répondait aussi à ses propres besoins personnels. « Je reviendrai plus tard, Elrick. Laissez-nous seuls, je vous prie. » Il ne put masquer sa déception. Elle lui sourit et pressa doucement son bras avant de finalement le lâcher et de suivre son garde du corps. La paume chaude de celui-ci qui réchauffait la sienne, un peu froide, lui faisait le plus grand bien. Elle ignorait où il allait, et encore moins s'il le savait, mais ne passa pas de commentaire avant de finalement accéder à un balcon extérieur d'où on voyait la grande cour de la demeure. Il lui tournait le dos, et elle croisa ses mains devant elle, n'osant pas prendre la parole, sentant qu'il voulait dire quelque chose. Pour une raison quelconque, elle se sentait soudainement fébrile. L'alcool, peut-être?

La bague? Non, en effet... elle regarda sa main. « J'y réfléchis... » elle se retint de préciser qu'il devait s'en douter, puisqu'il la connaissait si bien, non? Elle soupira, et voulut protester quand il ramena le sujet qu'Elrick ne la connaissait pas. Cela faisait déjà près d'un an qu'il lui faisait la cours, et c'était sans compter les deux précédentes années où ils s'étaient rapprochés. Mais comme il voulait qu'elle le laisse terminé... elle croisa ses bras sur sa poitrine et attendit. Oh certes oui, il était un bon parti et elle ne négligeait pas cette proposition. Le « mais », par contre, l'intriguait. La Aemi en surface? Elle ne l'interrompit pas, se demandant où il voulait en venir. Puis il se mit à énumérer, plein de petites choses de son quotidien... Elle rougit sous les compliments de son ami, ne s'attendant pas à se faire dire de telles choses. Elle voulut prendre la parole, mais comme il cherchait ses mots, elle garda le silence, décroisant les bras, faisant un pas vers lui et penchant la tête sur le côté, cherchant à comprendre ce qu'il voulait lui dire.

Puis, soudainement, il prit son visage en coupe et... l'embrassa. Elle fut surprise par le geste, mais n'arriva pas à s'en détacher, ressentant à nouveau ce petit frisson et cette étrange pulsion de prolonger le contact... avait-il perçu dans ses pensées la question qu'elle se posait plus tôt sur sa capacité à la faire frissonner? Il n'avait pas ce pouvoir, et pourtant, il venait de lui confirmer sa précédente pensée. Pourquoi était-il le seul homme à la faire sentir aussi vivante? Son visage était collé au sien, elle n'osait pas le regarder, et fixait ses lèvres, dont le goût lui manquait, soudainement... À quel point... quoi? Elle se dégagea et secoua la tête. De l'amour? Incertaine, elle le dévisagea, il semblait souffrir qu'elle se soit ainsi éloignée, mais... « Tu veux dire... en ami? » Le regard incrédule qu'il lui adressa lui indiquait bien que non. « De l'amour? » Il lui confirma que c'était cela, elle inspira profondément, sentant ses mains devenir moites. L'amour? Elle avait demandé une fois ce qu'était l'amour à Douhbée.

C'était un sentiment dangereux et douloureux, mais qui apportait beaucoup de bien. Elle se souvenait que son amie avait parlé d'une sensation de légèreté, ou que tout était possible, que l'absence de l'autre était douloureuse et qu'il s'agissait d'une grande complicité. Était-elle amoureuse? Elle connaissait Yahto depuis toujours, elle avait toujours pris son fort lien avec lui pour une profonde amitié. Était-ce différent? Était-ce plutôt de l'amour? Une fois, Samy lui avait dit en riant qu'elle était terriblement innocente et qu'elle ne voyait rien des sentiments des autres, même s'ils étaient évidents. Était-ce le cas? Est-ce que Yahto... Elle déglutit et alla s'accouder à son tour à la rambarde, plongeant son regard trouble sur le paysage plus bas. « Je... ça... fait longtemps? » Osa-t-elle demander. Sa réponse la troubla davantage. Si longtemps? Et elle n'avait jamais remarqué?

L'idée pourtant d'en être éloigné lui était douloureuse, tout autant que la perspective de le blesser. Mais pouvait-elle réellement répondre à ses sentiments? N'était-elle pas trop... de glace? Elle se sentait si froide à l'intérieur... Elle avait peur de ce que l'amour impliquait. Elle se souvenait l'air ravagé et déchiré du roi lorsque sa soeur avait péri. Si elle perdait Yahto... elle ne survivrait pas. Malgré tout, avec cette peur, cette incertitude, ce trouble, tout ce qu'elle souhaitait était sa chaude étreinte et ses mots de réconfort. Était-ce de l'amour? D'avoir peur de devenir proche de lui pour le perdre, mais d'en avoir tout de même envie? Elle frissonna. La pression dans sa poitrine revint. Mais elle était avec lui, maintenant, elle n'avait plus besoin de se contenir, elle pouvait être honnête.

Dans un hoquet, elle se retourna brusquement et lui fonça dans les bras plus qu'autre chose. « J'ai froid... réchauffe-moi. » Répondit-elle simplement, fermant les yeux sous la chaleur diffusée par ses bras musclés. Ses mains étaient accrochées à se chemise et son visage blotti contre sa poitrine. Elle entendait son coeur qui battait rapidement, à l'unisson du sien. Il la serra très fort, ce qu'elle apprécia énormément. Après un moment, quand elle se détendit et qu'elle cessa de grelotter - probablement plus de peur qu'autre chose - elle glissa un bras autour de sa taille et garda l'autre près de sa tête, blottie contre lui. « Tu sais, Yahto... je... ça me fait peur, tout ça... j'ai aimé mon père, ma mère... mes soeurs... mon frère qui est parti, Nata qui se décompose sous la douleur de sa séparation... Douhbée m'a dit que l'amour était dangereux. Douloureux. Et même si parfois je suis triste quand tu es là, tu ne m'as jamais causé ce poing... cette souffrance dans ma poitrine quand je pense à tous ceux qui sont partis... et qui devaient m'aimer... Je ne veux pas que ça change... »

Puis elle se sentit égoïste, et repensa aux paroles de son amie. N'avait-elle pas dit qu'elle ne voulait pas que Soren regarde ailleurs, sans pour autant se laisser aller? Qu'elle avait eu le sentiment d'être égoïste? Et que c'était là qu'elle avait réalisé qu'elle l'aimait? Et si c'était aussi son cas à elle... ne risquait-elle pas de passer à côté de quelque chose? Elle glissa son second bras autour du lycan et crispa les mains sur sa chemise, sous ses omoplates, en collant son front contre sa poitrine. « Mais, je... je ne sais pas si... si je t'aime. » Elle crispa un peu plus ses mains en le sentant se raidir, souffrant sans doute de cet aveu, mais elle n'avait pas fini. « Mais je sais que... que je ne veux jamais que tu t'en ailles, que j'aie moins peur quand tu es là, que je n'aie pas froid près de toi... que... que je... je n'aime pas Adelyn parce qu'elle est trop proche de toi et que je n'ai rien à lui reprocher vraiment... je n'aime pas tous ceux qui t'éloigne de moi, en fait... » Termina-t-elle rougissante, le visage brûlant, se cachant contre sa chemise sans oser le regarder.
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Jeu 3 Nov - 16:34

Les yeux fermés, il gardait son front collé contre celui de la princesse. Cette proximité nouvelle lui faisait le plus grand bien et il sentait tout son corps frissonner. Il en oublia l’endroit où ils se trouvaient et la raison pour laquelle ils étaient ici. Dans son esprit, Elrick n’existait pas. Il n’y avait que lui et sa protégée. Jamais, par le passé il n’avait osé esquisser ce genre de contact à son égard et Adelyn avait raison : c’était… libérateur? Pendant un infime instant, il crut qu’elle ressentait la même chose. Enfin… jusqu’à ce qu’elle se recule, complètement interloquée. Ouvrant les paupières, Yahto scruta son visage et il dut admettre que ce dégagement de sa part lui causa un pincement au cœur. Dans tous les scénarios qu’il s’était imaginé relativement à ce même instant, jamais il n’avait cru qu’il aurait pu entendre les propos qu’Aemi laissa échapper dans son élan de surprise. En ami. Mais… mais elle plaisant, pas vrai? Son visage empreint d’incrédulité fut – au moins! – facilement perçu par la princesse qui rectifia le tir. « Oui. » Se contenta-t-il de répondre à sa demi-question. C’était comme si ce concept lui était étranger. Elle semblait avoir du mal à assimiler l’information.

La réaction qu’elle eut par la suite ne fut pas celle escomptée. Au lieu de répondre à sa déclaration, elle se dirigea vers la rambarde et s’appuya contre celle-ci, à l’instar de son garde du corps, un peu plus tôt. Si ça faisait longtemps? Son cœur se serra à nouveau. Il craignait que son amour ne soit pas partagé. Si tel était le cas, il ne pouvait la forcer… mais il aurait bien du mal à pouvoir la regarder en face pendant un bon moment. Le lycan se racla la gorge et vint prendre place à ses côtés, optant pour la même position et levant son regard mordoré vers l’horizon.

- Un… un bon moment maintenant, souffla-t-il enfin en réponse à sa question précédemment posé. Deux ans je dirais. Enfin… je ne peux te cacher que c’est en partie pour cette raison que moi et Adelyn avons rompu.

Il ne saurait dire si c’était l’air frais de la nuit ou la peur de le blesser qui était en cause, mais il remarqua bien, du coin de l’œil, que sa meilleure amie frissonnait. Il se sentait soudainement idiot. Elle venait de se faire demander en mariage par un mec plus qu’adéquat pour elle et il venait tout foutre en l’air avec ses belles paroles et sa grande déclaration. Il se maudissait intérieurement. Il aurait dû se taire. Il aurait dû étouffer ses sentiments! Une fois mariée, il aurait été obligé de passer à autre chose et tout se serait déroulé comme sur des roulettes. Lentement, il se retourna pour lui faire face. Il était navré de lui faire vivre ces émotions inutiles et il ouvrit la bouche, déterminé à lui faire comprendre à quel point il était désolé, mais ne put piper mot, car la jeune femme hoqueta et se jeta dans ses bras, l’implorant de la réchauffer. Les papillons revinrent de plus belle au creux de ses entrailles et Yahto encercla la princesse de ses bras. Aemi semblait aux prises avec un élan de panique et s’agrippa si fortement à sa chemise… Son visage était enfoui contre sa poitrine et le lycan ressentit un nouvel élan d’amour pour elle… qu’il tut, cette fois.

Après un moment à ne pas bouger ni parler, il sentit enfin sa meilleure amie se détendre. Elle glissa un bras autour de sa taille et resta lovée contre lui. Ce n’est qu’à ce moment qu’elle parla, enfin. Il l’écouta, patiemment, comme seul lui savait le faire. Ainsi, elle avait peur de le perdre… comme tous ces gens qu’elle avait aimé et qui étaient morts de causes diverses. La pauvre avait un syndrome d’abandon si puissant que l’idée même d’ouvrir son cœur à nouveau lui était insupportable. Douhbée n’avait pas totalement tort : l’amour était douloureux et dangereux. Mais le contraire était également vrai. Ça pouvait être si beau, si fort! Mais comment le lui faire comprendre? Un deuxième bras se glissa autour de sa taille et la jeune femme camoufla à nouveau son visage dans sa chemise, se tenant à lui comme s’il était la seule bouée qui l’empêchait de dériver. La voir dans un tel était de peur lui faisait quelque chose. Comme il aurait aimé pouvoir prendre tous ses maux sur ses épaules juste pour pouvoir lui redonner une paix d’esprit si méritée.

Elle prononça les mots fatidiques. Elle ne savait pas si elle l’aimait. Il… il aurait dû s’y attendre. Sa gorge se noua. Ce fut plus fort que lui. Il toussota un peu, pour reprendre contenance et éviter de laisser démontrer la moindre once de tristesse. Il savait que ce genre de choses pouvait être lourd pour la princesse et il ne désirait pas rajouter une couche de culpabilité par-dessus ça. Après avoir marqué une petite pause, Aemi continua dans sa lancée, déclarant – plus ouvertement cette fois – à quel point sa présence lui était chère. Sans s’en rendre compte, elle tenait un discours tellement… adorable. Il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en coin lorsqu’elle parla d’Adelyn. En fait, sa protégée était jalouse, ni plus, ni moins. Yahto ne devait pas se leurrer : tout était ambigüe avec la princesse et s’il croyait qu’il s’agissait là d’une sorte de déclaration de ses sentiments, il devait garder en tête qu’il se pouvait qu’elle soit mélangée et donc, pas complètement sûre du message qu’elle véhiculait.

- Je ne vais pas te dicter tes émotions ni tenter d’influence ton jugement, Aemi, souffla-t-il du bout des lèvres en penchant la tête pour que son menton s’appuie sur le dessus de sa tête. Si tu m’aimes comme moi je t’aime, alors là, je serai l’homme le plus heureux et chanceux du monde. Mais pour ça, il faut que ça vienne de toi. Pour ce que ça vaut, je peux te dire que tes émotions ressemblent drôlement à de l’amour. Je ne te brusquerai pas. Je voulais simplement que tu le saches. Et peu importe ce que ton cœur te dicte, je t’assure que je ne t’en voudrai pas.

Doucement, il caressa sa mâchoire et son cou du revers des doigts, comme si elle était la chose la plus précieuse au monde. Jamais il ne pourrait lui faire de mal. Et il serait toujours là pour elle, peu importe l’issue de cette histoire. Il guida lentement sa main sous son menton pour l’inciter à lever la tête. Le rouge teintait toujours ses joues et Yahto esquissa un sourire si tendre. Elle méritait ce qu’il y avait de mieux. Tout simplement. Il déposa un baiser sur son front, fermant les yeux au contact de ses lèvres avec sa peau laiteuse. Il descendit ensuite son visage vers le sien et sa bouche frôla celle d’Aemi. Il sentait son souffle et avait tellement envie de l’embrasser à nouveau. De sentir cette sensation grisante l’envahir… Mais un bruit en provenance du couloir attira son attention, brisant immédiatement l’ambiance. Il ouvrit les yeux soudainement et se tendit. « Quelqu’un vient! » Chuchota-t-il à sa meilleure amie qui se raidit immédiatement. Tant que le cœur d’Aemi n’était pas décidé, il valait mieux garder cette histoire secrète.

Les deux amis se quittèrent rapidement et le garde du corps toussota pour reprendre contenance. Une silhouette se dessina dans la porte vitrée de la résidence et cette dernière s’ouvrit… sur Claus qui les regardait d’un air critique.

- Qu’est-ce que vous foutez. Vous prenez un temps fou. Elrick s’impatiente…

Yahto avait compris la mise en garde qui lui était subtilement lancée. Il toisa l’ami du seigneur de l’endroit et croisa les bras sur sa poitrine.

- Je devais m’entretenir avec elle de choses urgentes. Inutile d’être brusque. Princesse Aemi avait également besoin de prendre un peu d’air. À voir l’air qu’il affichait, Yahto comprit qu’il n’était pas convaincu. Nous étions prêts à rentrer, n’est-ce pas princesse?

Elle afficha un air incrédule l’espace d’un instant, puis se ressaisit rapidement afin d’embarquer dans le jeu de son meilleur ami. Claus poussa un soupir méprisant, puis tourna les talons, ouvrant la marche vers la salle de bal. Yahto s’avança vers la porte et laissa Temperance passer devant lui, non sans lui frôler les doigts au passage dans un discret mouvement affectueux. La jeune femme marcha devant lui et son garde du corps revint rapidement à ses côtés s’avançant au même rythme qu’elle. Ils s’évitaient du regard. Non pas parce que l’envie n’y était pas, mais plutôt pour éviter de laisser transparaître le moindre indice de ce qui venait de se passer. Le bruit de leurs semelles résonnait dans le couloir vide et, rapidement, ils entendirent le brouhaha de la salle où les gens les attendaient avec impatience. Une fois en vue de la noblesse environnante, Yahto s’inclina devant Temperance avec respect, puis lui fit un léger mouvement de tête pour lui faire comprendre qu’il ne serait pas loin. Elle resta donc derrière avec Claus pendant qu’Elrick tentait de se libérer d’une discussion politique.

Le lycan revint se poster près de sa colonne de marbre et revêtit à nouveau cet air fier qu’il avait esquissé un peu plus tôt. En fait, ses émotions étaient en ébullition à l’intérieur de lui. Il repassait dans son esprit les minutes passées seuls à seuls avec sa meilleure amie et tentait de ne pas faire transparaître la myriade de papillons qui lui vrillaient l’estomac. C’était une drôle de bouillie de sentiments contradictoires qu’il ressentait : de l’extase d’avoir pu embrasser ces lèvres si tentantes, mais aussi de la peur de se faire clairement refusé son amour. De la tendresse devant l’air confus d’Aemi, mais aussi de la tristesse devant la peur qu’elle ressentait à cause de toutes ces pertes qu’elle avait subies. Il maudissait Claus et Elrick. Il avait simplement envie de se retrouver en tête à tête avec elle. Envie de la serrer à nouveau contre lui et de laisser le temps s’écouler sans se quitter. D’ailleurs, ces nombreuses minutes avaient passé en coup de vent. Combien de temps s’étaient-ils réellement absentés? Trop longtemps pour le seigneur visiblement.

Sicéron avait enfin rejoint la princesse qui était toujours aux côtés de Claus. Ce dernier n’avait pas porté la main sur elle cette fois, probablement avisé que le lycan surveillait non loin. Le fêté prit la main de Temperance dans la sienne et se pencha pour lui susurrer quelques paroles à l’oreille. Cette proximité entre eux deux rendait Yahto inconfortable. Comme si leur moment partagé le rendait encore plus… possessif? Les yeux couleur glace de sa protégée se tournèrent vers lui et ils eurent du mal à se quitter de regard. Claus s’en rendit compte et esquissa une moue mauvaise destinée au lycan qui se contenta de hausser un sourcil. L’ami du seigneur en place tourna finalement les talons et s’éloigna de la salle de réception, disparaissant dans les couloirs de la luxueuse demeure. Qu’est-ce qu’il tramait celui-là? Un drôle de sentiment le prit d’assaut sans trop savoir pourquoi. L’envie d’aller voir le taraudait, mais il ne pouvait quitter son poste, de peur de laisser Aemi sans protection. Il se demandait bien ce qui s’était dit alors qu’il était trop loin pour entendre (surtout à cause de la musique et des exclamations de rire). L’envie de revenir auprès de son amie se fit ressentir, mais il n’osait pas, de peur d’avoir l’air trop insistant aux yeux d’Elrick, ce qui aurait tôt fait de mettre Aemi dans l’embarras.

L’homme attira la princesse à sa suite sur la piste de danse et ils se remirent à tournoyer. L’air de Temperance était indéchiffrable. Il se passait un truc, il en était certain. Il en aurait le cœur net dès qu’elle serait disponible à nouveau.
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Dim 6 Nov - 11:50

Aemi sentait le coeur de Yahto battre en écho au sien. Elle l'entendait clairement, ainsi pressée contre sa poitrine. Ses paroles semblaient raisonnées dans sa poitrine alors qu'elle sentait son menton sur sa tête. L'aimait-elle? Était réellement cela? S'il le lui disait... c'est qu'il ressemblait la même chose pour elle? Ainsi elle serait amoureuse? Cette pensée la rendait heureuse et inquiète à la fois. Elle devait impérativement mettre le point sur cela et y réfléchir... malheureusement cette soirée n'était pas le moment idéal pour prendre le temps de trier ses pensées. Trop de choses s'imposaient à son esprit d'un coup et elle ne savait plus où elle en était.

Yahto était amoureux d'elle. Ça, c'était soudainement une certitude. Il y avait eu tant d'indices qu'elle n'avait jamais vu... mais... et elle? Cette vieille jalousie? Cette possessivité? Ce désir qu'il soit toujours près d'elle, qu'il soit celui qui la réchauffe, celui qui peut la voir pleurer, et la voir rire. Il était celui avec qui elle ne mettait son masque que lorsqu'elle était fâchée, et elle ne pouvait jamais le rester longtemps. Était-ce cela, l'amour? Ça lui ressemblait, apparemment. Elle eut un léger frisson, agréable, alors que les doigts légers de Yahto parcourait sa peau délicate. Elle se laissa faire lorsqu'il releva sa tête vers lui et elle n'en rougit que davantage. Si proche de lui... et cette bouche qui souriait, elle voulait connaître à nouveau son contact!

Fermant les yeux au contact de ses lèvres sur son front, elle se sentit fébrile, à l'idée qu'il puisse à nouveau l'embrasser. Les mots lui brûlaient les lèvres, par l'envie de quêter un baiser. Sa bouche vient frôler la sienne, comme une réponse à ses prières, et elle tendit légèrement la nuque pour établir un contact... mais il se recula soudainement et elle sursauta. Un peu perdue par les sensations qui l'étourdissaient quelques secondes auparavant, elle se raidit. Qui donc pouvait venir ici... Ah, ouais. Elle était chez Elrick. Les faits se replaçaient lentement dans son esprit. Elle se détourna de lui et prit de grandes inspirations pour retrouver ses esprits. En entendant la voix désagréable de ce qui devait être un bourgeois - il n'y avait aucune noblesse dans cet être - elle se retourna lentement.

L'attitude arrogante du lycan la laissait perplexe. Sur le point d'entrer? Hein? Elle jeta un regard interrogateur à son ami puis réalisa où il voulait en venir. « Oui, oui bien sûr. Nous avions fini. » fit-elle en reprenant son sang-froid et en replaçant son masque de froideur. L'attitude de Claus la dérangeait profondément et elle se promettait d'en glisse un mot à leur hôte. Cette pensée la ramena au fait qu'il l'avait demandé en mariage... le contact de Yahto la fit frissonné et elle lui jeta un bref regard. Elle était étrangement soudainement excessivement consciente de la présence de celui-ci derrière elle. Sa chaleur lui manquait déjà.

Lorsqu'ils furent à destination, elle sourit doucement au soldat qui s'inclinait devant elle et se tourna pour chercher Elrick des yeux. Elle sentait le poids du regard de Claus sur elle, et se raidit davantage. L'impertinent lui envoya un commentaire amusé, sous-entendant qu'elle avait un aspect libertin qu'elle cachait bien, et que si elle aimait le faire avec des animaux, il trouverait un moyen de la satisfaire. Elle lui jeta un regard indigné, mais l'arrivée de leur hôte l'empêcha de lui envoyer une réplique cinglante. Se penchant à son oreille, le noble lui indiqua qu'elle lui avait manqué et qu'il espérait qu'elle en avait profité pour réfléchir. Oh, ça... elle n'avait pas eu l'esprit clair une seule seconde alors... pas vraiment. Il avait été le cadet de ses pensées.

Jetant un oeil sur celui qui occupait principalement ses pensées depuis qu'elle avait quitté Elrick sur le pas de la porte, elle croisa son regard et regretta de ne pas pouvoir passer plus de temps avec lui pour approfondir ce qu'elle se découvrait soudainement. Elle avait toujours eu de forts sentiments pour lui, mais ils avaient brusquement un nom, et elle avait besoin de temps pour le digérer, et le réaliser pleinement. Ce fut le noble qui l'entraînait qui la ramena à l'instant présent et elle lui sourit poliment. Elle n'avait pas trop la tête à danser, pas même avec lui. Il lui serait difficile d'avoir l'air naturel. Alors qu'il la faisait à nouveau tourner, il releva son manque d'enthousiasme, comparé à plus tôt, et accusa d’ambler le lycan.

Temperance secoua la tête. « À vrai dire, il s'agit de Sir Claus. » Son noble ami prit un air perplexe. « Il... » Elle hésita. Comment pouvait-elle le dire? « Il devrait probablement surveiller ses manières, il m'a dit des choses... indécentes. » termina-t-elle. Elrick ne sembla pas surpris, mais plutôt pensif. Elle se retint de froncer les sourcils et se contenta de regarder fixement son épaule, impassible. Elle avait confiance en lui, malgré tout. Sa famille avait une excellente réputation et lui-même était quelqu'un de profondément doux. Mais elle avait un peu peur que son grand ami indécent puisse avoir une mauvaise influence. Il était le même, le tenant correctement, sans chercher à la presser inutilement. Il était correct, un véritable gentleman. Elle n'avait pas envie de se retrouver à nouveau seule avec l'autre. Après la danse, plusieurs personnes virent essayer d'avoir droit de profiter de la présence de la princesse au petit bal. Elle déclina poliment, surtout par respect pour Sir Sicéron, et demanda plutôt à profiter d'un verre d'eau.

Même si les affres de l'alcool se faisait un peu moins présent, refroidie par les derniers événements, elle ne se sentait pas l'esprit clair. Yahto vint se poster tout près et elle se tendit légèrement, prenant à nouveau conscience d'à quel point elle ressentait profondément sa proximité. Elle se sentait en sécurité, et une certaine langueur se glissait dans ses membres. Elle se détendit un peu et entreprit de discuter des différents styles de danse du royaume avec le jeune noble. La présence du lycan l'empêchait de se concentrer et elle devait régulièrement faire répéter le fêté qui cachait son irritation en répétant doucement. Elle prétexta la fatigue. Elle dormait moins depuis... les attentats au château. Il s'excusa, soudainement compréhensif. Ce n'était pas entièrement faux, après tout. Elle sourit tristement et poursuivit leur sujet, entamant sur les danses des tribus du désert, qu'elle ne savait pas danser, mais qu'elle trouvait fort intéressante. Il approuva, parlant des mouvements fluides, et se retenant de peu de glisser « sensuel ,» mais elle était n'était pas -si- dupe. Elle sourit discrètement en prenant une gorgée d'eau. Les hommes...

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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Mar 8 Nov - 16:22

Il était persuadé que le changement d’attitude de la princesse était dû aux propos qu’avait tenus sir Claus alors qu’ils étaient seuls tous les deux. L’envie d’attraper le bougre dans un coin et de lui casser le nez se fit ressentir, mais il réussit tout de même à garder le contrôle de lui-même. Certes, son travail était de protéger la princesse contre tous dangers potentiels, mais certaines attaques ne pouvaient lui être évitées. Les paroles étaient blessantes, il en savait un rayon sur le sujet, mais il ne pouvait pas empêcher des connards comme Claus de parler ou de penser… malheureusement. Il avait envie de la rejoindre. De la prendre dans ses bras et de la garder près de lui… Il n’aurait jamais cru que déclarer sa flamme rendrait les choses encore plus difficiles.

Aemi continua de tournoyer au bras de Sicéron et Yahto crut comprendre que son cœur n’y était plus. Plusieurs autres nobles voulurent profiter d’une danse avec la princesse, mais cette dernière déclina les offres avec amabilité et rapidement, un verre d’eau lui fut proposé. Elle s’éloigna des danseurs avec leur hôte et le lycan en profita pour se rapprocher d’elle. Il sentait une sorte de lassitude émaner d’elle. Comme si elle était fatiguée ou ennuyée de devoir continuer à fréquenter cette soirée qui, jusqu’à présent, fut plutôt riche en rebondissements. Puis, alors qu’il se rapprochait un peu plus d’elle, Yahto eut la nette impression qu’elle se détendait soudainement, comme si sa simple présence pouvait la rassurer. Cette pensée, toute simple, fit naître plusieurs papillons au creux de son estomac. Il avait envie d’entraîner la princesse à l’extérieur, loin de tout le monde, pour continuer ce qu’ils avaient entamé, un peu plus tôt. Après tout, avant de se faire interrompre par Claus, il avait eu la sensation – pendant un très bref instant – qu’elle partageait ses sentiments. Était-ce possible? Mais pour en savoir davantage, il devait impérativement se retrouver à nouveau seul avec elle. Pendant qu’Aemi discutait avec Elrick, le lycan chercha la moindre faille, le moindre prétexte, pour attirer son amie loin du regard des autres.

Elle ne semblait pas attentive aux paroles du fêté et ce dernier s’en rendait compte. Temperance déclara être fatiguée, puisqu’elle dormait mal depuis un moment. Il était vrai qu’elle avait du mal à fermer l’œil depuis les attentats et avec raison… Sans trop le vouloir, Yahto se réjouit intérieurement de l’entendre évoquer ce fait : c’était une excellente raison pour lui suggérer de quitter la soirée. Était-ce mesquin de sa part de vouloir profiter de la faiblesse de la princesse afin de l’éloigner de son « prétendant »? Peut-être… mais il était rarement égoïste dans la vie, alors il se pardonnerait cet écart de conduite. Ainsi, la jeune femme parlait de différents types de danses avec leur hôte et le garde du corps guetta le bon moment pour suggérer à sa meilleure amie de rentrer au château. C’est au moment où elle étouffa un bâillement (où elle s’empressa de s’excuser, puisqu’elle était réellement épuisée) que Yahto décida de saisir sa chance. Il se rapprocha de la négociatrice, les mains dans le dos, et se pencha sur son oreille.

- Princesse, vous semblez réellement exténuée, désirez-vous que j’aille quérir le cocher? Demanda-t-il suffisamment fort pour qu’Elrick puisse l’entendre.

Cette simple et très courte proximité fit frissonner le lycan, bien qu’il ne le laissa absolument pas paraître. Aemi sembla d’abord hésitante, mais acquiesça néanmoins à sa demande. Il dut se faire violence pour ne pas trépigner de joie! Loin du prétendant, il avait toutes ses chances de convaincre sa meilleure amie de refuser sa requête de mariage! Elrick sembla déçu et Yahto dût se faire violence pour ne pas sourire. Il s’inclina avec respect et salua leur hôte, le remerciant de lui avoir permis d’assister à une si merveilleuse soirée. Il allait attendre Aemi à l’extérieur, près de la porte d’entrée, lui permettant ainsi de prendre son temps et ses aises pour remercier le fêté. Il décocha un bref regard en coin à la princesse, puis s’éloigna de la piste de danse avant de s’engouffrer dans le hall d’entrée. Des serviteurs lui ouvrirent les grandes portes et une fois à l’extérieur, il se dirigea là où se trouvaient les carrosses des convives. Il fit signe à Albert de préparer les chevaux chose à laquelle l’homme dans la cinquantaine hocha de la tête en guise de compréhension.

Yahto revint sur ses pas et alla se poster près de la porte d’entrée. Il leva son regard vers le ciel et observa les étoiles avant de prendre une grande inspiration pour retrouver sa contenance. Pourquoi se sentait-il nerveux tout à coup? Était-ce parce qu’il allait partager l’embarcation avec Aemi et qu’ils allaient être totalement seuls pendant près d’une heure et demie? Pourtant, il n’avait jamais eu la moindre once de stress par rapport à son amie, par le passé. En fait, c’était de la nervosité mélangée à de l’excitation. Il avait l’impression que quelque chose d’important allait se conclure ce soir. Il devait se calmer. Être sûr de lui, c’était la clé! Ça faisait combien de temps qu’il attendait maintenant? Près de quinze minutes surement… Rien d’alarmant! Elle devait quand même saluer tous les convives et prendrait probablement le temps de remercier Elrick adéquatement. Après quelques minutes supplémentaires d’attente, les grandes portes s’ouvrirent enfin sur Aemi et Elrick qui marchaient lentement en sa direction en discutant. Yahto hocha de la tête respectueusement en leur direction, puis alla se poster près de la carriole qu’Albert venait tout juste de mettre en position. Sicéron guida Temperance près de l’embarcation pendant que le lycan ouvrait la portière. L’hôte remercia la princesse pour la merveilleuse soirée et embrassa sa main avec délicatesse. Il déclara enfin qu’il attendrait patiemment sa réponse et, ce faisant, sembla rempli d’espoir. Yahto tendit la main pour aider sa meilleure amie à grimper dans l’embarcation et une nouvelle nuée de papillons vrilla son estomac à ce simple contact. Il grimpa finalement à bord à son tour, puis referma derrière lui avant de venir s’installer aux côtés de sa protégée. Albert donna le signe de départ aux chevaux et c’est sous les yeux un peu peinés du noble que le carrosse s’élança sur les chemins de terre battue.

Le silence régnait entre les deux amis, mais cette fois, ce n’était pas le même genre de tension qui dominait l’ambiance. Comme une sorte de nervosité fébrile. Depuis quand était-il intimidé par la présence de son amie d’enfance? Il devait dire quelque chose! Il ne devait pas laisser ça comme ça… Vite vite!

- C’était… toute une soirée, pas vrai? Demanda-t-il doucement pour briser la glace. Je ne me rappelle pas quand est la dernière fois où je t’ai vu autant danser. Ça m’a fait plaisir de te voir si… radieuse.

Parce qu’elle l’était réellement. À plusieurs reprises il avait pu constater que son amie s’était amusée, ce qui n’était pas arrivé depuis un moment. Il baissa le regard et remarqua que la main de Temperance reposait sur le banc, entre eux deux. Lentement, il retira ses gants et les rangea dans ses poches. Il glissa ensuite délicatement ses doigts par-dessus ceux de la princesse et caressa sa peau si douce. Une délicieuse chaleur se diffusait en lui et il en oublia rapidement sa nervosité. C’était comme si la simple proximité de son amie était suffisante pour lui faire oublier tous ses soucis.

- Ton simple sourire me chavire, Aemi, souffla-t-il. Tu n’as aucune idée à quel point il vaut cher à mes yeux. J’aimerais pouvoir te voir aussi heureuse à chaque instant de ma vie. Ses doigts glissèrent sur les jointures de la princesse et il prit finalement sa main dans la sienne. Sa peau était fraîche, signe qu’elle devait avoir un peu froid. Ce n’était pas étonnant, vu sa petite carrure, Temperance avait tendance à être frileuse. Instinctivement, il leva le bras et l’invita à se rapprocher de lui comme ils l’avaient si souvent fait par le passé. Il encercla donc ses épaules et caressa doucement ses doigts de sa main libre. Bien qu’ils aient si souvent eu ce genre de proximité, cette fois… c’était différent. Il le sentait. Tu es réellement exténuée, pas vrai? Tu peux dormir si tu veux, tu sais que je veillerai sur toi…

En prononçant ces paroles, il avait légère penché la tête vers elle afin que son front s’appuie sur le sien dans un mouvement remplit de tendresse. Ils restèrent quelques instants dans cette position, quand Yahto se laissa enfin guider par son instinct parler. Il approcha son visage un peu plus près du sien et posa un baiser sur ses lèvres si douces. Une nouvelle vague de chaleur l’envahissait et il espérait honnêtement que ce soit la même chose pour sa protégée. Le baiser dura quelques instants avant que le contact ne soit rompu. Il resta là, un instant, les yeux fermés, comme s’il voulait graver ce qui venait de se passer dans sa mémoire. Il ouvrit les paupières et scruta le visage de la princesse.

- M’aimes-tu, Aemi? Souffla-t-il tout bas à son intention. Je… je ne veux pas te brusquer… mais… j’ai besoin de savoir.
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Mar 8 Nov - 21:15

Bâillant outrageusement, la jeune plaça prestement une main devant sa bouche et se confondit en excuse. Alors qu'Elrick l'excusait galamment, Yahto s'approcha d'elle se pencha près de son visage, ce qui la rendit un brin fébrile. Elle hésita un instant - elle tout de même l'invité d'honneur - mais accepta finalement dans un hochement de tête. Cette soirée l'épuisait réellement, et elle avait passé par beaucoup d'émotions, pour une personne qui se targuait d'éviter ces complications sentimentales afin de justement ne pas troubler son remarquable sang-froid. Les troubles émotifs étaient presque aussi épuisants que l'entraînement physique. Et puis... sa discussion avec le garde du corps avait été brusquement interrompue alors qu'ils avaient mis le doigt sur quelque chose. Elle devait prendre le temps de considérer ses sentiments à son égard et de peser leur importance. Elle ne voulait pas le blesser... mais ne se sentait pas la force de le repousser.

Comme le soldat quittait pour quérir la voiture, elle entreprit de se lever et de sourire à son hôte qui était visiblement déçu. « Vous me voyez navrée de quitter si tôt cette charmante soirée, mais je n'ai plus l'habitude des amusements mondains dernièrement et beaucoup de choses se sont produites. » Évidemment, il s'empressa de l'excuser. Ils firent le tour des quelques personnes qu'il n'avait pas eu le temps de lui présenter, parlèrent brièvement de la beauté de la décoration, puis il la guida vers la porte de sortie. Sur le pas de celle-ci, il s'approcha d'elle et réitéra à nouveau sa demande en insistant sur la profondeur de ses sentiments pour elle et de ce qu'il souhaitait lui apporter en tant qu'époux et ami. Elle lui sourit doucement et posa une main sur son bras. « Bien sûr que je prendrai le temps de considérer votre demande. J'ai conscience de vos qualités. Je dois seulement sonder mes propres sentim... » Il la coupa, en lui assurant que si elle ne l'aimait pas, qu'elle apprendrait à l'aimer, qu'il ferait tout pour l'amener vers cela.

Souriant doucement, Temperance hocha la tête. « Je n'en doute pas. » Il se retenait de l'embrasser, elle le voyait à la façon dont il s'était penché, s'était interrompu, et observait ses lèvres avec un air hésitant au visage... fallait pas être devin. Elle se détourna discrètement et il lui emboîta aussitôt le pas. La porte s'ouvrit devant eux. Le jeune Sicéron l'invita à une prochaine soirée, et elle déclina poliment. C'était mouvementé au château en ce moment avec les décès et la trêve avec leurs cousins, sans compter les envahisseurs du nord ET du sud. Elle se garda bien par contre de lui raconter tout cela, se contentant d'une formule polie pour refuser. Il s'assura qu'elle accepterait un repas en sa compagnie, quand les choses se calmeraient, ce qu'elle accueillie avec le sourire. « Il me fera toujours plaisir de vous voir, Elrick, n'en doutez pas. »

Ils se dirigèrent vers la carriole où le lycan les attendait sagement. Leur hôte rappela à nouveau comment il avait apprécié sa présence et lui souhaita une excellente soirée et une bonne route, sans manquer de préciser qu'il attendait sa réponse, le temps qu'il faudra. « Je vous remercie de votre compréhension. » répondit-elle, soudain pressée qu'il en finisse avec ses phrases de convenance. La main de son ami se présenta et elle l'a prit avec une certaine fébrilité pour enfin monter dans le carrosse. Sa paume était si chaude et son contact si électrisant! Et elle réalisait que ce n'était pas nouveau, elle en avait seulement plus conscience. Elle se souvenait, adolescente, comme elle aimait son contact et cherchait tous les moyens de le toucher. Et comme elle voulait toujours son attention, même quand elle lui disait de partir, elle ne voulait jamais qu'il s'éloigne. Était-ce de l'amour, ça aussi?

L'objet de ses pensées s'installa près d'elle et, après un dernier salut par l'interstice, elle s'installa dans un soupir. Quelle soirée... Un ami qui la demandait en mariage, et l'autre qui lui déclarait sa flamme. Elle ne se savait pas autant aimée. Une pensée qu'elle chassa rapidement, risquant d'en amener d'autres bien plus sombres. L'embarcation s'ébranla doucement et s'engagea sur la route du retour. Le silence qui s'installa n'était pas désagréable. Cette tension entre eux était particulière, nouvelle et fébrile. Elle avait envie de s'approche de lui, mais ne trouvait pas cela convenant, ni décent. Alors elle s'abstint. Au fond d'elle, elle espérait qu'il le soit, lui. Inconvenant. Il l'était si souvent... et là ce serait vraiment le moment.

Yahto prit la parole, et elle hocha la tête. En effet, cette soirée avait été assez active. Elle n'avait pas pris beaucoup de repos, excepté pour troubler son esprit déjà perturbé. Danser... elle aurait honnêtement aimer pouvoir profiter de ses bras. Un souvenir jaillit dans son esprit, alors qu'elle était encore plus petite, et qu'elle avait placé ses pieds sur ceux de son ami et qu'ils dansaient en riant. Un sourire tendre étira ses lèvres à cette image. Alors qu'il bougeait, elle sentait ses mouvements comme une espèce de zone électrique, plus consciente que jamais de sa proximité. Elle sursauta légèrement en sentant sa main sur la sienne, mais ne la retira pas, retenant plutôt son souffle, se sentant tendue par une sorte d'anxiété qu'elle n'avait pas coutume de ressentir. C'était comme si elle attendait quelque chose... une délivrance. Ou son contact... elle n'osait pas noué ses doigts au sien, mais en mourait d'envie.

Sa voix lui caressa les oreilles et elle rougit. Leurs doigts s'entrelacèrent enfin. Elle sentait, et entendait, sa respiration s'accélérer, alors qu'elle cherchait à sonder ces sensations nouvelles. Mais sa tête s'embrouillait et il lui semblait que prendre le temps de penser était devenu superflu. Elle n'était qu'une boule de sensation et d'attente qui se battait contre son sens de la bienséance. Pourtant, sans hésiter, elle se blottit contre lui lorsqu'il lui proposa son épaule. Elle ne put retenir le soupir qui s'échappa de sa gorge. Du soulagement? Du bien-être? Un peu des deux peut-être. La tension s'évacua lentement et elle sentit la fatigue accumulée de la fête prendre le relais. Dormir? Oui, elle pourrait, mais elle n'en avait pas envie, quelque chose lui disait que c'était maintenant l'occasion, et que perdre cette opportunité d'être avec lui, consciemment, serait une mauvaise idée.

Elle aimait son contact, la douceur de ses cheveux qui lui chatouillait le front et les oreilles, sa peau chaude contre la sienne, et cette proximité enivrante. Elle releva légèrement la tête, alors qu'il penchait la sienne, et tendit finalement timidement le cou alors qu'il venait à sa rencontre. Un long frisson la parcourut et elle ferma les yeux, laissant la sensation grisante que ce contact lui procurait se propulser en elle comme une vague de chaleur qui lui procurait un sentiment de légèreté, et de bonheur. Quand il se recula, elle garda les yeux fermés, assimilant le trouble qui l'envahissait. Elle se sentait tremblante. Mais terriblement bien à la fois. Cette sensation était presque aussi étourdissante que l'alcool. Mais c'était beaucoup plus intense.

Sa voix brisa le silence. Si elle l'aimait? Elle avait du mal à l'affirmer avec certitude. Mais ce n'était que de l'ignorance. « Qu'est-ce que l'amour... » murmura-t-elle. « Probablement que oui, depuis toujours. Mais que c'est si naturel pour moi que je n'ai jamais pensé... que si notre amitié était si différente des autres, c'est que c'était plus que cela... » Elle soupira. « Peut-être que si je n'ai jamais eu d'élan pour un homme, ni de frisson, c'est justement parce que je t'avais déjà, toi. Parce que je n'ai jamais eu besoin de quelqu'un d'autre pour me faire sentir légère, heureuse, protégée... » Elle se blottit un peu plus contre lui et posa une main sur sa joue avant de lever la tête pour regarder ses yeux, puis sa bouche, qu'elle frôla du bout des doigts. « C'est comme un courant électrique. Une étincelle. » Elle frissonna au souvenir de son baiser, puis laissa glisser sa main, qu'elle suivit des yeux, sur son menton, son cou, avant de la poser à plat sur son coeur qu'elle sentait battre sous sa paume.

« Je crois que oui, Yahto. Je crois que... que je t'aime. » murmura-t-elle. Extériorisé ces mots lui faisaient un drôle d'effet, mais elle ne se sentait pas mal de le dire, ni de le penser. Elle se sentait plutôt soulagée. Comme si elle avait traîner cela depuis longtemps et qu'elle n'avait jamais su comment l'exprimer. « Je... oui, c'est ça. Je t'aime, Yahto. » répéta-t-elle avec plus d'assurance en levant les yeux vers lui, avant de se faire presque étouffer par ses bras qui l'entouraient et la serrer contre lui. Elle sourit en se blottissant confortablement contre lui.
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Mer 9 Nov - 10:14

Son regard mordoré scrutait les traits de la princesse en quête de réponses – favorables – à sa question. Glissant une main sur sa joue, il caressa sa peau très légèrement rosée de son pouce. Il avait besoin de savoir ce qu’elle ressentait. Ainsi, il pourrait passer à une autre étape de sa vie : soit aimer ouvertement sa protégée, soit enterrer ces émotions au creux de sa poitrine et laisser le temps faire les choses. Il ne pouvait plus vivre dans cette incertitude qui perdurait depuis trop longtemps maintenant. Aemi prit enfin la parole, posant une question toute simple, mais à laquelle il était si difficile de répondre. Accroché à ses lèvres délicieusement rosées, le lycan écouta ses paroles avec une pointe de fébrilité. Sans prononcer les paroles exactes, elle était en train de répondre à sa question par l’affirmative, c’était de plus en plus clair. Un sourire attendri naquit sur les lèvres du garde du corps et il avait tellement envie de l’embrasser à nouveau.

Temperance se lova un peu plus contre lui et porta une main à joue avant de glisser doucement ses doigts vers sa bouche. Doucement, elle porta sa paume sur le cœur du guerrier royal et ce dernier vint apposer la sienne par-dessus sa main. Elle pouvait très certainement sentir à quel point les battements y étaient forts et puissants, juste pour elle. Les mots tant attendus jaillirent enfin de la bouche de la princesse et Yahto ferma les yeux un instant, laissant ces paroles vibrer jusqu’au creux de lui-même. La chaleur qui se développait en lui s’intensifia et les papillons revinrent de plus belle. Il se sentait… si bien! Si apaisé! Ouvrant les paupières à nouveau, il ne put s’empêcher de l’enlacer alors qu’elle éclipsait les résidus de doute qui pouvaient encore perdurer. Ainsi enlacé, il pouvait sentir son souffle contre son cou et pouvait percevoir également son cœur qui battait aussi vite et aussi fort que le sien. Tournant à nouveau la tête vers elle, Yahto alla quérir un nouveau baiser qui, cette fois, fut un peu plus prolongé. Il n’avait pas envie de rompre de contact et il sentait que l’élue de son cœur pensait comme lui. Dans un élan de tendresse, il glissa ses bras autour de la taille de sa protégée et l’invita à venir s’installer sur lui, comme ils l’avaient fait à la cabane de pêcheur, un an plus tôt. Une fois le baiser rompu, Aemi vint appuyer sa tête contre épaule, à la naissance de son cou. Ils restèrent ainsi un instant, en silence, bercé par la cadence régulière de leur souffle commun.

Pourquoi avait-il attendu si longtemps avant de se déclarer, déjà? Il ne comprenait plus sa propre réticence. Sans trop s’en rendre compte, il gloussa légèrement, ce qui attira la curiosité de sa protégée.

- Je suis simplement heureux, murmura-t-il à son oreille. Et puis… aussi étrange que ça puisse paraître, j’ai actuellement une pensée pour Sam. Voyant l’air incrédule qu’elle lui lançait, il éclata de rire. Tu ne t’en étais peut-être pas rendue compte, mais Sam connaît mes sentiments pour toi depuis le tout début. Il a compris avant même que je lui en parle… pour être honnête, je crois même que c’est lui qui m’a fait comprendre ce que je ressentais. Si tu savais à quel point il pouvait être exaspéré devant mon statu quo malgré la puissance de mes sentiments. Je crois qu’il n’y a pas un jour où il n’a pas tenté de me convaincre de te faire part de mon amour pour toi. Baissant la tête vers sa protégée, il posa ses lèvres sur son front. Pourquoi je n’ai pas agi avant? Oh… parce que jusqu’à aujourd’hui, je croyais fermement que mes sentiments étaient déplacés. Après tout, on se connaît depuis si longtemps et j’ai toujours cru que tu devais partager ta vie avec un homme de ton rang… pas un roturier dans mon genre. Ne me regarde pas comme ça, c’est ce que je suis, tu le sais. Un ancien esclave. Je n’ai rien de royal ou de noble.

Aemi se redressa légèrement et plongea son regard couleur glacier dans ses yeux. Il eut un pauvre sourire. Elle ne semblait pas apprécier qu’il se dénigre à ce point, mais pour lui, c’était une évidence même. Il glissa à nouveau une main sur sa joue.

- Si je suis un homme meilleur aujourd’hui, c’est grâce à toi, Aemi. Si je croyais que taire mes sentiments était le plus grand service que je pouvais te faire, j’ai radicalement changé d’avis lorsque Sir Elrick t’a fait sa déclaration. J’ai pris conscience que… si je ne disais rien, alors là, je passerais probablement à côté du plus beau cadeau que la vie m’ait donné… C’était comme si je… je ne pouvais plus vivre avec l’idée que tu ne saches pas. Que je devais quitter ce nid d’incertitude où je m’étais installé. Ses doigts glissèrent le long de la mâchoire délicate de la princesse et il se mordit la lèvre inférieure. Des paroles lui brulaient les lèvres, c’était évident. Tu n’as pas répondu à la question de Sicéron. Je sais que je n’ai pas le droit de te dicter ta conduite, mais… Je t’en prie, ne l’épouse pas. Je sais que ce serait une alliance stratégique et probablement un excellent parti. Je suis conscient aussi que vous pourriez être complices et heureux. Mais… mais j’aurais énormément de mal à supporter l’idée de te voir dans ses bras… Je n’ai pas de terres à moi, ni de somptueuse résidence et j’aurais bien du mal à t’offrir les plus belles tenues et les bijoux les plus somptueux… Mais j’ai la prétention de croire que jamais il ne t’aimera comme je t’aime. Jamais il ne pourra t’épauler avec autant de loyauté, de respect et de fidélité comme je peux le faire. Et je crois sincèrement qu’il ne pourra jamais te faire sourire comme je le fais. Ma vie entière t’est complètement dévouée, tu le sais. Je n'ai pas l'intention de te mettre la moindre pression à ce niveau, Aemi, je t'assure. Seulement... si c'est possible, j'aimerais avoir le temps de te prouver que je pourrais réellement te rendre heureuse, si tu m'en laissais l'opportunité...

Il l’embrassa à nouveau avec tellement d’amour et un brin de passion également. Avait-il des idées déplacées derrière la tête? Non. Enfin… peut-être un peu quand même, mais il n’avait absolument pas l’intention d’être inconvenant en laissant parler son instinct. Mais la présence grisante de la princesse éveillait de puissantes émotions au fond de lui. Maintenant qu’il savait qu’elle l’aimait en retour, il ne pourrait plus accepter de l’imaginer embrasser quelqu’un d’autre que lui. La simple pensée qu’elle puisse goûter à d’autres lèvres que les siennes lui paraissaient maintenant comme un supplice.
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Jeu 17 Nov - 21:20

Aemi ne résista pas sous la pression d'un nouveau baiser et soupira même d'aise. Elle était si bien, pour la première fois de sa vie, il lui semblait. Comme si ses soucis n'avaient plus de poids, comme si ses inquiétudes étaient balayés comme des feuilles sous la brise automnale. Elle se sentait apaisée comme si le coeur de Yahto faisait résonner la musique qu'elle sentait vibrée en elle. Une mélodie joyeuse et entraînante. Son coeur battait la chamade et propageait une chaleur unique en elle. Si seulement elle pouvait rester contre lui pour l'éternité... Ne plus repenser à tout ce qui l'attendait au château. Aux murs froids, aux couloirs silencieux, à l'aura lourde du deuil.

Quand il la souleva, ce fut comme s'il cueillait son âme, et elle se laissa doucement porter par cette force sécurisante. Il n'y avait pas meilleur endroit au monde où elle voudrait être. Ici, aucun deuil, aucune morte, aucun brigand, aucun kidnappeur, personne ne pouvait lui faire de mal. Il n'y avait plus que le lycan, et elle, et cette vibration entre eux qui la faisait sentir toute chose. Engourdie, insensible à la douleur, à la souffrance. Quand il se sépara finalement d'elle, la princesse vint lentement appuyé sa tête contre son épaule et ferma les yeux. La fatigue restait stagnante, mais elle était trop bien pour la laisser la prendre dans son étau éreintant. Elle ne voulait plus dormir, elle voulait vivre ce moment, et le graver au plus profond d'elle. Vivre cette sensation encore et toujours, et que rien ni jamais ne puisse la lui faire oublier.

Le gloussement de son compagnon lui fit lever le regard vers le sien. « Moi aussi. » murmura-t-elle en réponse à son affirmation. Comment ça, il avait une pensée pour Sam? À un tel moment? Fronçant les sourcils, il s'amusa de son air incertain. Jamais elle ne se serait douté que le corsaire puisse être aussi perspicace. Ou était-ce elle qui était particulièrement naïve? Un peu des deux, peut-être... Elle ferma les yeux alors qu'il lui embrassait tendrement le front. « S'il te poussait, pourquoi tu as... que tu n'as pas... » elle cherchait ses mots, mais il termina sa question pour elle. Pourquoi ses sentiments auraient-ils été déplacés? Elle rouvrit ses yeux pour lui jeter un regard courroucé. Un roturier?! Il était un garde royal! Il n'était pas un roturier! Elle soupira.

Se redressant un peu, Temperance le regard dans les yeux. « Tu es un garde royal, Yahto. Ce qui fut, n'est plus. » Puis elle haussa les épaules, roula des yeux et eut un pauvre sourire, comme le sien. « Marian n'a-t-elle pas épousé un paysan, alors qu'elle était reine? » Malgré ce commentaire, il ne semblait pas se considéré plus digne. Elle soupira. Elle haussa un sourcil sceptique. Elle ne voyait pas comment elle aurait pu faire d'elle un homme meilleur... Oh, la déclaration d'Elrick, elle avait oublié. Elle baissa la tête, puis soupira. Elle poussa légèrement la tête contre sa main sous la caresse délicate et ferma les yeux. Ne pas l'épouser... La partie rationnelle en elle hésitait à refuser. Mais en même temps, ne serait-ce pas comme dire à Yahto qu'il avait raison? Après qu'elle épouse le soldat ou le noble, quelle différence y aurait-il?

La suite la laissa sans voix. « Je n'ai pas de terres à moi, ni de somptueuse résidence et j'aurais bien du mal à t'offrir les plus belles tenues et les bijoux les plus somptueux... » La... demandait-il en mariage? « ...j'aimerais avoir le temps de te prouver que je pourrais réellement te rendre heureuse, si tu m'en laissais l'opportunité... » Elle était sous le choc, il l'embrassa et elle se laissa rapidement emportée par son baiser, mais recula finalement la tête en la secouant. Il... mais c'était si drôlement formulé... Elle devait en avoir le coeur net. « Je... Yahto... » Elle rougit violemment et baissa la tête sur sa main qui jouait avec un bouton de chemise du lycan. Il l'encouragea à poursuivre et elle se mordit la lèvre inférieure. Nah, elle devait se faire des idées. « Laisse tomber. » fit-elle avant de plonger son visage brûlant contre sa chemise.

C'était pas ça, assurément pas. Elle avait simplement imaginer des choses. Épouser... Yahto? Quelle folie! Mais en même temps... n'était-ce pas à cela que menait l'amour? Oh, si seulement elle pouvait se contenter de vivre le moment présent sans chercher à réfléchir et analyser... Elle entoura subitement le cou de son ami et leva la tête pour que ses lèvres rencontrent les siennes, cherchant à vider son esprit analytique. Comme leur baiser s'intensifiait et qu'elle se redressait instinctivement pour se presser contre lui, la calèche percuta quelque chose, un roche probablement, et donna un gros coup qui les fit se heurter le crâne assez intensément, elle lui mordit même la lèvre. « Oh ! » fit-elle, surprise, avant de porter une main à son crâne en fermant un oeil, près de là où sa tête avait percutée la sienne. « Pardon. » marmonna-t-elle, consciente qu'elle n'était en rien coupable. Puis ils rirent de bon coeur de la drôle de situation que cela créait.

En levant ses yeux brillants de plaisir vers lui, elle avisa sa lèvre légèrement fendue. « Oh, non... je suis désolée Yahto... » et elle se mordit la lèvre inférieure, sincèrement navrée de l'avoir blesser. « Cela... fait-il mal? » Elle grimaça un peu, elle n'aimait pas la vue du sang. Heureusement, il faisait sombre dans la cabine, alors elle n'y voyait pas grand chose réellement. Le soleil se couchait. En fait, elle n'avait même pas remarquer qu'il commençait déjà à se faire si tard, elle lui semblait qu'ils venaient tout juste de quitter le bal. Depuis combien de temps étaient-ils dans la carriole? Elle alla vers la fenêtre et chercha à se repérer, faute d'avoir conserver la notion du temps. Elle soupira et reprit sa place initiale sur le banc. « J'aurais voulu que ce voyage n'en finisse jamais... » murmura-t-elle tristement.

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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Mer 23 Nov - 13:52

Leur baiser fut rompu par la princesse qui secoua lentement la tête. Quoi? Que se passait-il? Aemi triturait machinalement l’un des boutons de sa chemise et sembla vouloir poser une question, mais se ravisa rapidement, son visage s’empourprant soudainement. Yahto lui jeta un air curieux, mais elle l’ignora puisqu’elle était trop occupée à regarder sa main, le visage penché vers l’avant. Lentement, le lycan glissa une main sous son menton pour lui relever le visage et il l’encouragea du regard à continuer sa phrase, mais Aemi se referma comme une huître, lui demandant d’oublier l’affaire avant d’enfouir son visage contre son poitrail. Il avait envie de la pousser un peu à lui révéler le fond de sa pensée, mais il se ravisa, sachant que sa meilleure amie n’aimait pas être brusquée et se braquait souvent lorsqu’il y avait trop d’insistance.

La princesse resta quelques instants dans cette position quand soudain, elle entoura le cou du lycan de ses bras graciles et vint quérir ses lèvres amoureusement. Yahto répondit sans se faire prier et se laissa porter par ce contact grisant. Leur baiser s’intensifia bien malgré eux et le jeune homme sentit sa bien-aimée se redresser pour ensuite se presser davantage contre lui. Avait-elle la moindre idée de la sensation grisante qu’elle faisait naître en lui? Il sentait le souffle de Temperance s’accélérer au même rythme que le sien et, malgré toute sa bonne volonté, des pensées indécentes naquirent dans son esprit. Il devait se calmer, tout de suite. Il était hors de question qu’il ait l’air d’une bête sans le moindre contrôle auprès de sa protégée! Mais d’un autre côté, ça faisait si longtemps maintenant… Ça faisait au moins trois ans que lui et Adelyn avaient rompu et il n’avait pas posé sa main sur la moindre femme depuis. Penser à autre chose, c’était l’ultime solution!

Heureusement ou pas, les dieux répondirent à son appel à l’aide en plaçant un rocher sur le parcours de la calèche. Sous l’impact, les tourtereaux se heurtèrent mutuellement et un bref « Désolé! » se fit entendre de la part du cocher. Le lycan grogna un peu de douleur, réalisant qu’accidentellement, Aemi lui avait mordu la lèvre inférieure. Visiblement, la princesse s’était aussi fait mal, car elle tenait son crâne d’une main en marmonnant quelques excuses au passage. Si un silence perdura l’espace de quelques instants, ce ne fut pas très long que les deux amis se mirent à rire de bon cœur! De toute façon, ce n’était pas un vulgaire caillou qui allait tarir leur bonne humeur, non? Aemi releva la tête, puis son air changea soudainement : elle venait de constater que la lèvre de son garde du corps s’était fendue lors de l’impact. « Ce n’est rien Aemi, sincèrement. » Répondit-il en épongeant la plaie du revers de sa main. « J’ai déjà vécu bien pire, alors ne t’inquiète pas. » Néanmoins, la jeune femme se recula (au grand dam du guerrier) et retrouva sa place initiale sur le banc, à ses côtés. Son regard glaciaire se perdait sur le décor qui défilait dans la pénombre de la nuit et Yahto en profita pour l’observer avec envie. Ses courbes étaient si bien soulignées dans cette tenue sublime et son décolleté (joli, mais respectant dignement les règles de convenances) semblait soudainement très attirant. Bon sang! Il devait se ressaisir! Yahto se racla la gorge et tourna son regard mordoré vers la fenêtre de son côté tentant de retrouver le plein contrôle du fil de pensées.

La voix douce et triste de son amie résonna dans l’habitacle. Ce fut plus fort que lui, le guerrier ramena son attention vers elle et nota à quel point son expression était mélancolique tout à coup. Redoutait-elle quelque chose lors de son retour au palais? Un violent retour à la réalité? Il fallait dire qu’ils avaient tous deux l’impression d’être dans un rêve en ce moment, loin des responsabilités et loin des soucis de la vie quotidienne. Le lycan tendit la main vers celle sa protégée et entremêla ses doigts aux siens.

- Moi aussi, Aemi, souffla-t-il. Je t’en prie, n’ait pas l’air si triste. Je suis là, maintenant, mais aussi pour toujours. Tu le sais.

Levant sa main libre, il la glissa sur sa joue afin qu’elle tourne son regard triste vers lui.

- C’est l’important, tu ne trouves pas? Et puis… je crois que ce qui s’est passé ce soir perdurera, peu importe si nous sommes dans cette carriole ou au palais. Après tout, nous ne pouvons effacer ce qui a été dit ou ce qui a été fait. Je sais que nous sommes bien, tous les deux, là en ce moment. Mais ceci n’est pas un rêve. Je t’aimerai tout autant demain que je peux le faire là, en ce moment. Voir que je t’aimerai toujours plus, au fil où le temps passera.

Il nota l’expression qui trônait sur son visage et songea au fait qu’elle était peut-être réellement exténuée. Il caressa sa joue de son pouce, puis s’installa de biais sur le banc pour adosser son dos contre le mur de l’embarcation. Il fit signe à la princesse de s’installer contre lui et attendit qu’elle s’exécute. Ainsi à moitié allongée, elle aurait une position confortable pour sommeiller si elle en ressentait le besoin en plus de pouvoir ressentir la chaleur qui émanait du lycan. Yahto entoura les épaules d’Aemi de son bras puis posa un baiser sur le dessus de sa tête avec toute l’affection du monde.

- Tu sembles au bout du rouleau, dors Aemi, souffla-t-il à son oreille. Je t’assure que je veillerai sur toi.

Son regard mordoré scruta la vitre du côté de la princesse et observa le décor sombre qui y défilait. Le souffle régulier de Temperance se faisait entendre et après un moment, il crut qu’elle s’était réellement assoupie. Toutefois, un mouvement de sa part vint lui prouver le contraire. Instinctivement, il baissa la tête et ses lèvres rencontrèrent celles de la jeune femme en un baiser doux… mais tout de même un peu langoureux. Avançant sa tête vers la sienne, le guerrier prolongea le contact, intensifiant un peu la chose. Les bras gracieux de la princesse s’enroulèrent autour de sa taille et Yahto fit glisser ses doigts le long de sa gorge délicate avant de laisser glisser sa main sur sa clavicule, puis sur son épaule. Ce simple frôlement sembla soutirer des frissons à la jeune femme, à sa grande satisfaction. Le lycan ne réfléchissait à rien d’autre qu’à elle. Sans trop s’en rendre compte, il laissa son instinct prendre le dessus sur l’homme qu’il était. Ses lèvres quittèrent la bouche de Temperance et longèrent la ligne de sa mâchoire avant de goûter la peau diaphane de sa gorge. De nouveaux frissons surgirent sous les nombreux baisers que Yahto lui prodiguait. Ses bras se resserrent autour du corps svelte de la jeune femme et ses doigts triturèrent doucement le lacet de son corsage, dans son dos. La bouche du guerrier ne cessait de goûter l’épiderme frissonnant de sa clavicule et la jeune femme ne semblait pas s’en plaindre. Sa main libre s’était glissée dans sa coiffe couleur céruléenne, apprécia la douceur de ses cheveux. Leur souffle s’était accéléré et le jeune homme crut sentir Aemi qui se pressait à nouveau contre lui… Du moins, jusqu’à ce qu’elle comprenne soudainement ce qui se passait, probablement en ressentant la tension bien présente chez son partenaire.

Son attitude changea du tout au tout, passant de la tendresse à l’hésitation. Yahto lui jeta un regard surpris alors qu’elle se reculait lentement et comprit, de par son malaise, qu’il avait franchi une ligne qu’elle ne désirait pas parcourir avec lui.

- Oh bon sang, balbutia-t-il d’un air confus. Je suis navré Aemi! Je… J’ai cessé de réfléchir un instant. Et merde.

Levant son bras, il frappa trois fois sur le plafond de la carriole pour faire signe au cocher d’arrêter. Dès que ce fut fait, il posa sa main sur la poignée de la porte. « Avant que tu ne te poses la question, non je suis ne pas irrité, mais il faut que je me change les idées quelques instants. » Dit-il juste avant de sortir. Il avait besoin de se refroidir les esprits avant de perdre le contrôle et de sauter sur la princesse comme une vulgaire bête en rut. La température était fraîche et il marcha un instant sans s’éloigner, les mains dans les poches. Le cocher lui jeta un regard interrogateur, mais le garde du corps l’ignora royalement. Il leva son regard vers le ciel et admira les étoiles qui étincelaient de mille feux. Yahto resta ainsi quelques instants et dès qu’il sentit la tension typique de son bas-ventre s’estomper tranquillement, il se retourna pour se diriger à nouveau vers l’embarcation.

Son regard mordoré croisa l’air navré de sa compagne et il eut un sourire attendri.

- Ça va, je t’assure, Aemi, fit-il doucement. Je voulais simplement retrouver mes esprits après… heu… mon malaise.

Il ne pouvait parler ouvertement, puisque Albert – le cocher – n’était pas au courant de ce qui se tramait. Et puis, il était persuadé que la princesse ne désirait pas ébruiter leur relation… Enfin, pas en ce moment. « Vous allez bien, M’sieur Yahto? » Demanda le cocher en se penchant vers lui. « Oui, merci Albert. Tout va bien. ».
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Jeu 1 Déc - 11:01

Aemi apprécia la chaleur des doigts de son ami qui se mêlaient tendrement au sien. Ses paroles l'aidèrent pourtant pas à retrouver son sourire. Pour toujours... cela sonnait comme une promesse. Il y a tant de gens qu'elle aurait voulu conserver pour toujours. Pourquoi Yahto serait le seul à réussir et à ne pas la laisser sombrer? Elle désirait tellement y croire! Mais une part d'elle-même demeurait terre-à-terre et considérait cela comme un conte de fée, où tout était irréel et rien ne saurait perduré dans leur monde dur et froid. Quoiqu'il en soit, il avait raison, rien ne pourrait être effacé sur ce qui avait été dit ou fait. Mais c'était là son problème. Le garde du corps avait-il conscience que... oui il en avait conscience, il en avait parlé plus tôt. Elle était une princesse, s'il s'affichait près d'elle, il allait devoir conserver des manières et... et... une certaine apparence... un peu comme ce soir. N'était-ce pas contre sa nature? Admettre ses sentiments pour lui n'était pas l'enchaîner à des convenances qu'il n'aimait pas?

L'aimerait-il le jour où il ne pourrait plus se passer de botte? Où il devrait monter à cheval pour la suivre plutôt que de courir à côté? Où il devrait se montrer bienséant la journée entière et que seul le soir, et encore là, il pourrait relâcher cette... liberté d'être soi-même qu'il avait toujours eu? Elle se voyait mal s'afficher publiquement avec un homme qui n'ait pas le même respect qu'elle des convenances. Est-ce que l'amour pouvait surmonter ce genre de dilemme? Les événements de la journée l'avait épuisée. Elle soupira. La caresse du lycan lui fit levé les yeux vers lui et il l'incita à se coucher contre lui, ce qu'elle accepta sans hésiter. Elle alla donc se blottir contre lui et sourit légèrement en sentant le baiser sur le dessus de sa tête. Oui, elle était épuisée. Elle aimait comme il pouvait aisément lire ses émotions, même s'il ne savait pas toujours ce qui les causait. Il était dur de le deviner, puisqu'elle n'en parlait que très peu et rarement.

Détendue, elle prit une respiration posée. Malgré tout, ses pensées la taraudaient encore. Pourquoi les choses ne pouvaient-elles pas être plus simples? C'était comme si ses émotions se battaient avec sa rationalité habituelle. L'amour était un sentiment déstabilisant, et pour une jeune femme comme elle, c'était réellement troublant. Et maintenant qu'elle en était consciente, elle réalisait toutes sortes de choses, passées ou futures, qui changeaient entièrement sa perception des choses. Lasse de son cerveau qui l'empêchait de se reposer comme elle le voudrait, elle leva la tête vers le jeune homme. Il pencha aussitôt la tête pour l'embrasser, ce à quoi elle ne s'attendait pas réellement, mais qu'elle apprécia. Ce long frisson qui la parcourait, cet engourdissement des sens et ce léger tournis qui lui procurait tant de sensations nouvelles, mais délicieuses.

Le contact se fit rapidement plus intime, et elle se laissa aller contre lui, passant ses bras autour et cherchant un meilleur contact. Les caresses de son amoureux la faisaient frissonner. Il lui semblait qu'elle devenait une boule de sensation, qui ne cessait de s'intensifier. Bientôt, elle sentit qu'elle se perdait elle-même dans les caresses de celui-ci et soupirait d'aise. Mais lorsqu'elle sentit... la tension, et comprit là où ils se dirigeaient, elle se raidit et elle marqua une pause, avant de reculer. Elle n'avait pas l'intention de glisser dans ce chemin... charnel. Sa vertus était soigneusement conserver pour le mariage, ne le savait-il pas? Elle secoua la tête doucement. Il n'avait pas à s'excuser... elle rougit, réalisant qu'elle l'avait peut-être un peu encouragé sans le réaliser. Elle fut surprise de le voir faire arrêter le cocher et lui jetant un regard interrogateur.

Il... allait sortir? Hein? Irrité? Pourquoi le serait-il? Il ne l'était pas... mais pourquoi... se changer les idées? Perdue, elle ne comprit pas ce qu'il avait l'intention de faire. Elle écarquilla les yeux en le voyant se glisser par l'embrasure. Qu'avait-elle fait de mal? Avait-il besoin de réfléchir, car elle s'était refusée à lui? Elle fronça les sourcils. Ce serait ridicule. Elle se laissa tomber contre le siège dans un soupir et observa le toit de la carriole. Elle se sentait comme une adolescente idiote. Elle avait perdu le contrôle de son corps et de ses pensées. Se sermonnant intérieurement, elle se promit de ne plus se laisser aller de la sorte et de se garder une réserve. Enfin... si Yahto voulait toujours d'elle... Elle se mit à triturer ses doigts nerveusement en lui jetant un oeil par la petite fenêtre.

Comme il était beau, vêtu d'apparat, le regard levé vers un ciel brillant, éclairé uniquement par la lune et les étoiles. Elle ne distinguait pas vraiment ses traits, mais il ne semblait pas fâché. Il avait l'air... mal à l'aise? Elle ne comprenait pas. Il revint bientôt vers elle, qui se sentait mal de l'avoir mis dans un état qui lui semblait désagréable. Son sourire lui confirma qu'il n'avait aucune rancoeur à son égard. Son malaise... mais quel malaise? Elle ne saisissait pas l'ampleur de la situation. Elle savait que le désir des hommes se manifestaient par une... dureté. Mais ses connaissances en la matière n'allait pas plus loin. Elle n'avait jamais été plus curieuse non plus. Quoiqu'il en soit, après avoir assuré au cocher que tout allait bien, le lycan revint sur la banquette près d'elle, et le carrosse se remit en route.

Temperance ne voulait pas faire à nouveau d'erreur, alors elle gardait ses mains l'une contre l'autre, le dos bien droit, et regardait dehors. Elle se sentait idiote, de manquer d'information à ce point sur ce qui pouvait habiter un homme au contact d'une femme. Mais à l'idée de se renseigner... cela la fit rougir. Elle se voyait mal aller interroger son amie, Douhbée, à ce sujet. Il lui restait toujours Nata, sa soeur aînée. Mais encore là... elle retint un soupir. Elle manquait cruellement d'éducation en ce domaine. Le murmure de son nom la fit tourner la tête vers son ami qui semblait avoir voulu attirer son attention. Elle rougit à nouveau et baissa la tête sur ses mais. « Je... je suis désolée. Je... » Elle baissa la voix, préférant murmurer. « Je ne connais rien... aux... aux hommes... » Les baisers qu'elle avait jadis échangés étaient plutôt chastes et ne lui procuraient pas grand chose. Avec Yahto, tout était différent. Elle en était troublée. « Je... tout cela est nouveau pour moi... c'est... trop vite, je crois. » ajouta-t-elle, à voix basse.

Levant le regard sur son ami, elle vit son air coupable et s'empressa de se reprendre. « Ce n'est pas de ta faute, ne te sens pas mal, c'est juste que... je... je n'avais jamais... considéré de relation amoureuse dans ma vie... alors... encore moins... je n'avais jamais pensé à... tu sais... » Elle s'empourpra davantage et se tut, consciente de se ridiculiser en osant pas prononcer le mot approprié. D'ailleurs, qu'était-il? Le sexe? Le coït? Le simple fait d'y penser l’emplissait de trouble. De toute façon, à voir le paysage, il ne leur restait pas plus de quarante minutes de route. Raide sur son siège, elle n'osait pas s'approcher de lui de nouveau, se sentant coupable de lui procurer un moment désagréable. « Je suis désolée si cela était... désagréable. » fit-elle à mi-voix sans oser le regarder.
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Jeu 1 Déc - 20:06

Un drôle de silence pesait alors qu’il était revenu s’installer sur la banquette de la carriole, aux côtés de la princesse. Envolée la chaleur précédente et les baisers langoureux! L’élue de son cœur se tenait bien droite, les mains ramenées sur elle et regardant à l’extérieur comme elle avait tendance à le faire lorsqu’elle n’était pas à l’aise. Lui en voulait-elle d’avoir osé tenter de franchir une barrière qui – il aurait dû y songer plus tôt – était réservée à son futur époux? Yahto se racla la gorge, comme pour retrouver une forme de contenance qu’il avait du mal à conserver. Il ne pouvait s’empêcher de lui jeter des coups d’œil en coin, n’arrivant pas à percevoir le pourpre qui teintait les joues de la princesse à cause de la noirceur de la nuit. Il avait réellement peur de l’avoir froissé… Devait-il lui poser la question ou le prendrait-elle mal? Il hésita encore quelques instants avant de finalement se décider à éclaircir la situation.

- Aemi? Souffla-t-il du bout des lèvres, tâtant doucement le terrain.

La réaction de Temperance ne se fit pas prier : elle baissa honteusement son visage sur ses mains et balbutia quelques excuses, déclarant soudainement qu’elle « ne connaissait rien aux hommes ». Oh… ce n’était que ça? Elle n’était pas furieuse, elle était seulement… gênée? Un nouvel élan d’amour se fit sentir au fond de Yahto alors qu’il comprenait que sa bien-aimée était prise au dépourvu, coincée au beau milieu d’une multitude de sentiments totalement nouveaux pour elle. Il comprenait et réalisait aussi que tout ça faisait énormément de chamboulements pour la jeune femme. Malgré tout, le garde du corps ne put s’empêcher de se sentir coupable : il avait vraiment agi en idiot, un peu plus tôt. Non seulement avait-elle eu une demande en mariage qui était restée sans réponse, mais en plus il avait tenté – bien malgré lui – de la dépuceller avant même qu’elle ait pu réfléchir réellement à la réponse qu’elle allait servir à Sicéron. Cette simple constatation rajouta à sa culpabilité déjà bien ressentie.

Aemi put percevoir rapidement son trouble et tenta de lui faire comprendre qu’il n’avait pas à se sentir mal de la situation dans laquelle il les avait mis, tous les deux. Et bien, au contraire : il avait de quoi être malaisé, puisqu’il avait prouvé, l’espace d’un bref instant, qu’il ne possédait que très peu de contrôle en la matière. Enfin… il y avait pire que lui, évidemment : il y avait Sam, entre autres choses. Le bougre n’aurait probablement pas accepté de refus si une damoiselle avait tenté de le repousser de la sorte dans une situation similaire (enfin… Yahto espérait honnêtement que ça aurait été différent, dans le cas où cette femme aurait été Aemi). La princesse était raide, sur son siège et gardait bonne distance avec lui. Peut-être de peur qu’il « remette ça »? Il espérait que non, puisqu’une telle situation aurait eu pour effet de le blesser un peu plus. Les propos qu’elle tint par la suite le surprirent au plus haut point. Désagréable? De quoi parlait-elle? Elle plaisantait ou quoi? C’était bel et bien le contraire, le problème! Le lycan la dévisagea un instant, se rappelant soudainement qu’elle lui avait confié, un peu plus tôt, ne rien connaître des relations charnelles. Mais, elle se méprenait totalement! Il devait remettre les pendules à l’heure, c’était le minimum à faire! S’il espérait avoir une relation avec sa protégée, il devait au moins s’assurer qu’elle comprenne ses non-dits et… le sens de la vie, quoi!

- D… Désagréable? Répéta-t-il toujours incrédule, voyant que sa meilleure amie l’évitait bel et bien du regard. Aemi… C’est tout le contraire, d’où la problématique…

Elle lui jeta un regard en coin, mi surprise, mi interrogatrice. Elle ne comprenait pas où il voulait en venir, visiblement… Un peu embêté, Yahto se passa une main sur la nuque puis prit une grande inspiration. Ils DEVAIENT avoir cette conversation… Alors mieux valait que ce soit maintenant, pendant qu’ils étaient dans cette carriole, loin des oreilles indiscrètes.

- Tu sais, Aemi… Tout à l’heure … c’était justement parce que c’était trop agréable que je suis sorti. Si certains contacts physiques sont plus naturels et semblent plus banals, d’autres sont plus heu… comment dire… grisants? À un point où… tu en veux toujours plus, tu comprends? J’ai saisis tout à l’heure – un peu en retard, tu m’en vois désolé – que tu ne désirais pas franchir cette limite et je suis totalement compréhensif. Mais il fallait que je sorte pour me changer les idées pendant quelques instants et... heu... refroidir mes ardeurs, tu sais.

C’était vague tout ça. Surtout pour une femme qui n’avait jamais pris la peine d’explorer cette facette de la vie et ne s’y était jamais réellement intéressée, outre mesure. Bon… peut-être devait-il commencer par la base? Étrangement, jamais il n’aurait cru, un jour, devoir faire un petit cours d’éducation sexuelle à la princesse, croyant fermement que ce genre de choses revenait à sa famille… Toutefois, vu la façon dont la négociatrice s’était renfermée complètement sur elle-même à la suite de toutes les tragédies qui s’étaient abattues sur sa famille, il était normal que personne n’ait tenté d’avoir ce genre de discussion avec elle, histoire de lui éviter d’être malaisée en plus d’être triste.

- Bon, partons du début alors, fit-il en comprenant qu’elle ne saisissait pas bien toutes les nuances des propos mentionnés un peu plus tôt. Quand un homme et une femme s’aiment, comme c’est notre cas, il arrive très souvent que des rapprochements se créent. Comme tout à l’heure, par exemple. Cette intimité donne parfois une sensation de bien-être immense en plus d’un nombre incroyable de frissons et d'une envie de ne plus réfléchir à rien d’autre que notre partenaire. Arrivant maintenant à distinguer le rouge qui ponctuait les joues de sa meilleure amie, Yahto comprit qu’elle avait ressenti ce genre de choses, l’espace d’un instant (il devait avouer en être un peu fier, d'ailleurs). De toute façon, les frissons qui l’avaient parcourue ne mentaient pas, eux. Souvent, ces émotions nous donnent l’impression de perdre la tête et font naître une forme de tension… heu… bah tu sais où. Les hommes y sont particulièrement sensibles, je l’admets. Ce sentiment est loin d’être désagréable, bien au contraire. Le hic, c’est que ce désir rend un peu accroc, poussant la personne qui le ressent à en vouloir toujours plus. Tu sais… certains hommes n’auraient pas arrêté comme je l’ai fait. Ils auraient insisté et auraient même pu te forcer à aller jusqu’au bout malgré ta réticence… On appelle ça un viol… Et c’est un manque total de respect pour la femme. C'est terrible, mais malheureusement, ça existe. Évidemment, ce n'est pas mon cas et c'est pour cette raison que je suis sorti; pour éviter que ce ne soit encore plus embarrassant.

La princesse gardait le silence. Il aurait tellement aimé savoir à quoi elle pensait! Elle semblait embarrassée. Il aurait aimé pouvoir alléger les choses, mais avait-il réellement le choix de faire autrement?

- Je sais que tu n’aimes pas particulièrement parler de ces choses-là, mais je trouve ça important qu’on en discute, Aemi. Peu importe ce que tu choisiras pour ton futur, tu seras confrontée à ce genre de choses un jour ou l’autre. Quand je parle « d’aller jusqu’au bout » tu sais à quoi je fais référence, pas vrai?

Elle lui jeta un bref regard en coin puis tourna instinctivement la tête pour ramener ses yeux vers l’extérieur de la carriole. Ce simple geste en disait long sur le sujet. Elle ne savait pas en quoi consistait l’acte de faire l’amour? Yahto se fit violence pour ne pas afficher la moindre émotion de surprise. Il ne voulait surtout pas la rendre encore plus mal qu’elle ne l’était déjà.

- La sexualité est la suite naturelle d’une relation amoureuse entre un homme et une femme, répondit-il en tentant d’être le plus sérieux possible. Idéalement, il s’agit d’un acte d’amour découlant également d’un besoin physique. Pour que le désir naisse, il faut qu’il y ait une attirance pour le partenaire choisi. Le moment venu, tu le sentiras, au creux de ton ventre. Je ne peux t’en dire davantage à ce niveau, tu devras le découvrir par toi-même. Et ça implique généralement de se donner entièrement à l’autre. De se mettre à nu, dans tous les sens du terme. L’acte le plus intime qui soit bref. D’où la nécessité de se sentir en confiance avec l’autre personne. Ton corps te le dira lorsque tu te sentiras prête à te lancer dans une relation avec l’homme que tu auras choisi. Mais il est très important que tu imposes tes limites et n’accepte jamais que quiconque te pousse à coucher avec lui sans ton autorisation. Par la suite… lorsque tu seras prête, tu découvriras que la sexualité est quelque chose de totalement naturel… de beau et d’extasiant. Faire l’amour enforcit les liens et solidifie encore plus les sentiments tendres… du moins, lorsque c’est commis dans un contexte amoureux.

Un autre silence régna et Yahto comprit que, malgré tout, Aemi l’écoutait d’une oreille attentive. Elle semblait avoir plutôt du mal à s’ouvrir sur le sujet.

- Tu sais, tu peux me poser n’importe quelle question, Aemi, si tu en ressens le besoin… Ajouta-t-il tout bas en gardant tout de même ses distances, de peur de l’effaroucher. Il n’y a aucun tabou entre nous et je te répondrai honnêtement.
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Jeu 1 Déc - 22:36

Le ton surpris de son ami et ses paroles l'incitèrent à lui jeter un bref regard. Si ce n'était pas si terrible, pourquoi était-il parti en ayant besoin de se changer les idées et en se sentant si mal? Elle ne voyait pas pourquoi une sensation agréable lui donnerait de telle réaction, c'était insensée. Il aurait plutôt voulu la garder, l'amplifier, non? Elle fronça les sourcils sans ramener son regard vers lui. Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait rien. Bah, elle comprenait que des contacts étaient plus grisants que d'autres... elle avait senti son corps s'emporter, après tout. Mais que tentait-il de lui expliquer? Voir plus... plus de quoi? Certes, elle ne désirait pas perdre sa vertu avant le mariage, mais... elle ne savait même pas ce que c'était. Elle savait juste qu'elle ne devrait pas prolonger les contacts avec un homme et se retrouver nue avec. Mais pour le reste...

Donc... la tension qu'il ressentait était chaude et il avait besoin de faire baisser avec du froid? Ce n'était vraiment pas clair tout cela. Elle retint un soupir. Puis il déclara qu'il allait partir du début. Quel... début? Ah... des rapprochements... non pour vrai... se moquait-il? Elle lui jeta un bref regard. Non, probablement pas. Sam se serait moquer, pas Yahto. Des sensations de bien-être immenses... des frissons... et unique l'autre en tête. Ça elle connaissait bien maintenant. Elle avait eu son cours - et limite se croyait connaissante désormais. L'impression de perdre la tête aussi, elle connaissait. Mais la tension dont il parlait... elle ne l'avait pas ressentie. Pourquoi les hommes y étaient plus sensibles? Quelle était cette mystérieuse tension qui donnait chaud? Elle aussi elle avait chaud près de lui, mais n'était-ce pas la chaleur qu'il dégageait et son visage rougit par sa gêne?

Cela rendait... accroc? Il ne pouvait pas s'en passer? C'était quoi, jusqu'au bout? Comment forçait-on quelqu'un? Il la déshabillait de force? Et après... c'était comme les chats? Même les chats, elle ne comprenait pas comment ils faisaient. Ça avait l'air horrible en fait. Au fond, les chats se violaient? Elle n'avait jamais vu les choses de cette façon avant... mais si la femme violait, c'était le fameux acte? Et pas un viol? Alors la seule différence entre les deux, étaient le consentement? Ça elle pouvait le comprendre. Comme offrir quelque chose, ou se le faire voler, non? Au fond, le viol était un vol de la vertu de la femme.

En effet, elle n'aimait pas parler de ces choses-là, c'était tellement... indécent! Mais Temperance semblait réaliser que les choses devaient être dites, maintenant. Elle voudrait bien aider Yahto à être heureux comme il l'avait été, sans pour autant perdre ce qu'elle gardait pour le mariage. Puis, il sortit la question gagnante. Lui jetant un regard, elle se tourna un peu plus dos à lui, consciente que le rouge gagnait ses oreilles et peut-être même son cou. Ce que c'était gênant! Elle ne savait pas ce que c'était... Elle se mordit la joue intérieure. La sexualité... ce simple mot lui donnait l'impression de plonger dans l'interdit. Allait-elle être damnée d'en parler avec Yahto? Pourquoi le serait-elle? Un acte d'amour découlant d'un besoin physique... comme cette sensation d'avoir besoin de se coller à lui? C'était ça? Mais en nu?

Qu'était-elle sensée sentir au creux de son ventre, exactement? Elle se sentait drôle, était-ce du désir? Quoiqu'en ce moment c'était plutôt le malaise. Mais précédemment, était-ce cela? C'était difficile à déterminer... elle devait apparemment le découvrir seule. Se donner à l'autre était une autre expression qui la laissait perplexe. Donner n'impliquait-il pas un échange d'une main vers une autre? Elle lui donnait un oeuf qu'il fécondait, comme les oiseaux? Nah, ça ne se pouvait pas, elle ne pondait pas d'oeuf! D'ailleurs sa mère lui avait expliquer que ses saignements mensuels étaient le signe qu'elle était prête à accueillir un enfant le jour venu. Était-ce l'homme qui mettait l'enfant dans le ventre? Mais comment? Si les humains n'avaient pas d'oeufs...

Argh, toutes ces choses qui ne l'intéressaient pas avant! Elle devait définitivement se renseigner, ne serait-ce que dans les livres, rendu à la maison. Oh, mais pitié, elle ne devais surtout pas se faire prendre. Imposée ses limites, comme plus tôt. Mais en fait, elle ne savait même pas jusqu'au où elle pouvait aller sans perdre sa vertu. Ou du moins sa dignité. C'était particuliers l'idée que faire l'amour enforcissait les liens et solidifiait plus les sentiments tendres. Donc... si elle était amoureuse de lui... commettre l'acte les uniraient encore plus intensément? C'était pour ça que ses parents s'aimaient autant? Ils l'avaient fait souvent? Malheureusement, son ami ne dévoila pas plus d'information et l'invita plutôt à poser des questions. Oh, elle en avait plein qui lui brûlaient les lèvres, mais oserait-elle les poser? Aucun tabou... c'était facile à dire.

Se mordant la lèvre inférieure, elle baissa les yeux sur ses mains qu'elle recommença à se triturer nerveusement. « Je... c'est quoi... quand... quand les hommes... comme quand tu... pourquoi c'est... dur? » Elle n'osa pas le regarder. « Pourquoi cela te donne-t-il chaud... et te fait-il du bien? » Elle enfouit son visage dans ses mains en poussant une plainte. « Oh, Yahto! Je n'y connais tellement rien! Je... je sais qu'un homme et une femme doivent être... nus... pour avoir des enfants et que donner sa vertu doit se faire après le mariage. Mais... je ne sais pas... ce que c'est que de donner sa vertu... je ne comprends pas ce que je suis sensée donner... » Elle recula la tête et observa ses mains. « Je ne sais même pas comment cela se passe, qu'est-ce qui se passe, je comprends que mon esprit s'embrume, je me sens toute étrange, mais de là à... je ne sais pas. Je me sens terriblement ignorante... »

Tournant ses yeux vers la fenêtre, elle observa le château qui s'approchait lentement. « Ma mère n'a jamais eu le temps de me l'apprendre... je ne sais même pas comment on fait les bébés... » marmonna-t-elle sur un ton persqu'incompréhensible - pour un humain. Avec la guerre, les meurtres, tous les drames que vivaient sa famille, s'occuper de la sexualité d'Aemi avait été la dernière de leur priorité. De toute façon, n'était-il pas plus simple de la laisser dans l'ignorance, elle qui ne s'y intéressait point? « Je n'ai jamais eu toutes ces questions avant, cela ne m'a jamais vraiment occupé l'esprit. Je me disais que le moment de la nuit de noce venu, je comprendrais, que mon mari me montrerait, voilà tout... » Elle se remit à se tordre les mains et lui jeta un bref regard avant de ramener ses yeux sur la vue de l'extérieure. « J'espère que ce n'est pas comme les chats... » ajouta-t-elle d'une petite voix, d'où pointait la honte de son ignorance.

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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Ven 2 Déc - 16:30

Il lui jetait un regard interrogateur. Elle semblait être aux prises avec ses propres pensées, probablement coincée entre l’envie de poser des questions, somme toute, très intimes et l’envie de rester dans les convenances en évitant le sujet. Si elle ne voulait réellement pas en parler, alors là, il ne pourrait pas la forcer. Toutefois, contre toute attente, la jeune femme se mordilla la lèvre inférieure (en triturant nerveusement sa robe), puis brisa enfin le bref silence qui s’était installé. P-pourquoi c’est dur?! Cette simple question fit monter le pourpre aux joues de Yahto bien malgré lui. Bon… il ne pouvait pas éviter le sujet! Il avait promis de répondre à ses questions! Elle enchaîna immédiatement avec une interrogation sur la chaleur qu’il avait ressentie ainsi que le bien-être qui l’accompagnait. Bon… il avait promis… Il se répétait ce segment de phrase pour se donner du courage. Il toussota pour reprendre contenance, puis se passa une main sur la nuque.

Spoiler:
 

Il prit une grande inspiration, sachant pertinemment qu’il allait devoir rentrer dans les détails de ce qu’est une relation sexuelle afin que la princesse puisse comprendre complètement l’étendue de la situation. Toutefois, il n’eut pas le temps d’entamer sur ce nouveau « discours informatif » que la jeune femme poussa une longue plainte. Elle prétendait ne rien connaître à ce sujet et, visiblement, vu la façon dont elle cachait son visage de ses deux mains, elle était terriblement embarrassée de cette révélation. Il fallait dire que… avec tous les chamboulements des dernières années, il n’était pas si étonnant que cette partie de l’éducation d’Aemi ait été mise de côté. À l’entendre étaler ses connaissances sur le sujet, Yahto comprit qu’il avait beaucoup de pain sur la planche pour éduquer sa meilleure amie sur le sujet. Doucement, le guerrier posa une main rassurant sur le bras de la jeune femme qui décrivit sommairement des symptômes qu’elle avait perçus chez elle sans pouvoir en saisir totalement le sens. Mais tout ça… ça faisait partie de la chose. « Ne t’inquiète pas Aemi, ta famille était terriblement occupée avec cette guerre et tous ces conflits… C’est normal, dans un sens, que personne n’ait abordé le sujet avec toi avant. » Dit-il doucement à son intention alors qu’elle avait déjà tourné le regard vers la fenêtre. Au loin, on pouvait déjà voir le domaine de la famille royale apparaître. Plus qu’une dizaine de minutes et ils seraient à destination.

Aemi renchérit en déclarant que sa mère ne lui avait même pas appris la façon dont les bébés étaient faits. Enfin, c’est ce qu’il crut comprendre derrière cette farandole de marmonnements. Eh bien… ça venait confirmer ce qu’il croyait… il allait devoir expliquer en détail ce en quoi consistait une relation sexuelle complète! Pourquoi se sentait-il nerveux? Avait-il peur d’avoir l’air d’un véritable crétin? Pourquoi avait-il en tête l’imagine énervante et narquoise de Sam qui se foutait de sa gueule? Bon… il devait reprendre le dessus sur ses émotions, sinon, il risquait de froisser Aemi. « Pas comme les chats? » Répéta-t-il, incrédule. Pourquoi parlait-elle de matous soudainement? Une image mentale de deux félins en plein coït apparut dans son esprit et il se retint pour ne pas pouffer de rire. Alors là… non, ça n’avait rien à voir!

Spoiler:
 

Il espérait que oui! Il ne voyait pas à quel point il pouvait être davantage précis. Il se passa une main dans les cheveux en prenant une grande inspiration.

- Quand on parle de vertu chez une femme, on parle du fait qu’elle n’ait jamais fait l’amour avec un homme, expliqua-t-il de nouveau. Selon nos grands prêtres, il serait indigne pour une femme de se laisser pénétrer par un homme en dehors des liens sacrés du mariage. Personnellement, j’avoue avoir une opinion différente sur le sujet, mais ce n’est pas moi qui fais les règles. Donc quand on te dit de ne pas donner ta vertu avant le mariage, on implique que tu dois rester vierge afin d’être pure pour ton époux. Et je te rassure tout de suite, si tu as encore en tête l’image des chats de ruelle qui s’accouplent, alors là, tu peux oublier ça, ajouta-t-il avec un sourire en coin. Va savoir pourquoi, mais le genre humain - et tout ce qui s’y rapproche - éprouve du plaisir dans la sexualité, contrairement aux animaux. Je peux te rassurer, c’est loin d’être désagréable ou traumatisant… Bien au contraire! C’est grisant et tellement… enfin.

Il devait faire attention : il allait ouvrir une porte sur ses propres expériences s’il continuait sur cette voie et il ne savait pas s’il serait capable de parler ouvertement de ses relations personnelles. Il ne le faisait pas avec Sam, alors il se voyait très mal le faire avec Aemi! Après tout, une grande partie de sa sexualité (pas en totalité tout de même) était reliée à Adelyn! Ça ne regardait personne d’autre.

- J’espère avoir répondu à bon nombre de tes questions… C’est sûr que tu trouveras une grande partie de tes réponses au moment où tu vivras tes propres expériences. L’important, au moment où ça arrivera, ce sera de lâcher prise et de te laisser guider par ton partenaire et ton instinct… Il esquissa un sourire en coin. Tu sais, ce que tu as beaucoup de mal à faire? Il va falloir que tu apprennes.

Laisser parler son instinct était presque une notion inconnue pour Temperance, il en était presque certain. Elle réfléchissait beaucoup trop… en tout temps. C’est ce que voulait dire, entre autres, son commentaire. La carriole ralentissait : ils s’engageaient sur le pavé de dalles devant le palais. Ils étaient enfin arrivés à destination. Avant qu’un garde ne se pointe, Yahto en profita pour se pencher et venir quérir les lèvres de la princesse dans un baiser amoureux. Il voulait en profiter une dernière fois avant qu’il ne doive conserver à nouveau une distance nécessaire à son rang avec la princesse. « Je t’aime, Aemi. » Chuchota-t-il avant de se redresser pour poser sa main sur la poignée de la porte. Il sortit donc le premier, puis tendit la main à Temperance pour l’aider à descendre de la carriole sous les yeux des soldats. Il laissa ensuite la négociatrice prendre les devants, marchant à sa suite jusqu’à l’intérieur du palais d’Alombria.

Les couloirs étaient silencieux. On pouvait simplement y voir quelques serviteurs s’affairer à des tâches nocturnes ou des soldats effectuant leur ronde. Yahto accéléra le pas pour être aux côtés de sa meilleure amie et se pencha un peu en sa direction.

- J’ai passé une merveilleuse soirée, Aemi, fit-il. Je… j’imagine que nous allons garder pour nous ce qui s’est passé dans la carriole? Non! Je ne parle pas de notre conversation! Ça, c’est évident que ça reste entre nous. Mais heu… avant la discussion, je veux dire.

En fait, il ne savait plus trop où il en était avec Temperance. Étaient-ils encore de simples amis ou… aspirait-elle également à plus?[/b]
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Jeu 22 Déc - 10:09

Que de détails! Même si elle percevait la gêne de son ami, Aemi se sentait de plus en plus embarrassée et regrettait d'avoir poser des questions. En fait, ça aurai été n'importe qui, sa soeur ou son amie, qu'elle aurait été tout autant troublé. Que de détails!! C'était troublant, et gênant, à un point tel qu'elle avait du mal à se concentrer sur ses paroles. Une érection... En quoi consistait réellement cela? C'était le fait d'être dur? C'était son... son... qui l'était... aaaah, elle ne pouvait rougir plus, et à un tel point qu'elle en avait mal à la tête. Elle entendait son sang battre dans ses tempes avec violence comme s'il cherchait à s'expulser.

Mais, avec déduction... Yahto avait précédemment été prêt à faire l'amour? Déjà? Mais... mais... ils... c'est-à-dire que... ça ne commençait que tout juste... c'était quoi cette dimension sexuelle qui apparaissait déjà alors qu'elle prenait à peine conscience de ses sentiments? Tout cela, c'était trop pour elle, trop vite. Elle avait besoin de prendre du recul, de laisser retomber toute cette excitation, tout cela. C'était définitivement beaucoup trop! Malgré tout, elle ne pouvait l'interrompre, elle ne pouvait qu'écouter, le souffle court, lui expliquer tout cela, en cachant son visage dans ses mains. Et puis, cela crevait les yeux que son commentaire sur les chats le faisait marrer. Ce n'était pas sympa de sa part, toujours est-il qu'il se retint, même si le ton employé trahissait sa stupéfaction. Et bien quoi... ce n'est pas comme si elle avait beaucoup de référence!

Heureusement, le lycan fut proactif et anticipa ses questions, du moins quelques unes, l'empêchant de s'empêtrer plus encore dans le malaise grandissant qu'elle ressentait. De toute façon, elle n'était plus certaine qu'elle oserait en ajouter! Et dire qu'elle ne savait rien de tout cela, à dix-huit ans... elle était une adulte, après tout. Mais une adulte bien innocente. D'après ce qu'il disait, chaque relation créait un bébé? En même temps, elle se souvenait d'une conversation avec sa mère - il y en avait eu, quand même! - sur ses menstruations. Sa mère disait qu'elle devait ovuler pour faire un bébé. C'était donc une combinaison? Sans doute. L'idée de copuler la laissait dans le vague. Elle ne se sentait pas plus attiré, mais pas non plus repoussé. C'était une sorte de mystère. Et puis, son ami lui certifiait que c'était plaisant... ainsi... il avait déjà...?

De toute façon, pour lui décrire cela, il était évident qu'il avait déjà fait l'amour. Ce qu'elle pouvait être naïve...! Mais elle ne voulait pas savoir, rien savoir, de ce qu'il avait pu faire et avec qui il avait pu le faire. Elle s'en doutait un peu de toute façon... Le commentaire suivant la fit relever un sourcil et légèrement la tête. Qu'elle avait du mal à faire? Se laisser guider par son partenaire? Hum, non. Il devait plutôt parler de son instinct. Elle soupira. Avait-elle seulement un instinct? Elle pesait toujours tout avant de se décider. Ce n'était pas les décisions spontanées qui la caractérisait.

D'ailleurs, elle ne répondit pas, réfléchissant à tout cela, et cherchant à reprendre son calme; ils arrivaient. Yahto vint lui voler un baise, la prenant par surprise, mais elle ne le repoussa pas. Elle ferma même les yeux sous le contact agréable. « Moi aussi. » chuchota-t-elle timide en réponse à ses mots d'amour. Inspirant profondément, elle expira lentement. Elle refit le manège deux autres fois avant de se lever et d'attraper la main du jeune homme pour descendre doucement les quelques marches. Comme toujours, elle était droite et digne. Elle savait que certaines personnes parlaient dans son dos qu'elle serait plus digne que l'Intendant pour le rôle de tenir le royaume, en attendant la majorité de la jeune Céleste. Elle savait aussi qu'il se disait la même chose de Caius et de Nata. Et même Colombe, malgré qu'elle en avait déjà plein les bras avec l'Ordre, cela ne la rendait que plus adéquate pour gouverner.

Menant le pas, elle chassa ces pensées de succession. Ce n'est pas comme si le veuf de son aînée ne faisait pas un bon travail. Pour sa part, elle le considérait apte, et le fait qu'il ne soit ni noble, ni royal, ne la concernait en rien. N'avait-elle pas un ancien esclave comme garde du corps? Les rangs... comment pouvait-elle y accorder autant d'importance et si peu à la fois. Elle prenait conscience soudainement qu'elle pardonnait à ses proches s'ils étaient de pauvres naissances, mais qu'elle ne regardait pas les autres. N'était-ce pas du favoritisme, en quelques sortes? Les paroles de Yahto la tirèrent de sa réflexion et Temperance tourna la tête vers lui. Garder pour eux...? Évidemment! Elle n'allait pas ébruiter cette conversation gênante! Elle rougit et fronça les sourcils, mais il sembla comprendre son langage non-verbal et se reprit.

Oh, il voulait qu'ils gardent leurs sentiments secrets? Elle ramena son regard devant elle et ralentit légèrement le pas. Que devait-elle en déduire? Il ne souhaitait pas s'afficher auprès d'elle? Le souhaitait-elle? Elle hocha la tête. « Ce... c'est entre nous et cela ne regarde personne d'autres. » Elle hésita et ajouta. « Il faut... il faut que je réfléchisse à tout cela. C'est... c'était... inattendu. » Le mot était plutôt approprié. Mais cela aurait du se produire tôt ou tard. Elle jeta un oeil alentour et, comme il n'y avait personne pour les voir dans cette portion de couloir, elle posa sa main sur le bras de Yahto et se hissa pour l'embrasser sur la joue. Elle ne voulait pas qu'il pense qu'elle le rejette. Elle avait simplement besoin de recul pour revoir tout cela et comprendre la mesure de ce qu'il s'était produit.

Elle lui sourit doucement. « Bonne nuit, Yahto. » et elle entra dans sa chambre avant de refermer la porte, et de s'appuyer contre celle-ci en fermant les yeux. C'était comme si une vie s'était écoulée depuis ce matin. Il fallait qu'elle fasse le tri dans tout cela et établisse ses pensées et ses priorités. Elle devait une réponse à Elrick, et elle se devait d'éclaircir ses réactions envers les avances de son garde du corps. Elle sentait qu'elle n'allait pas s'endormir tout de suite, malgré sa fatigue... mais demain matin, rien ni personne n'allait la convaincre de se lever tôt! Une grande dame avait ses faiblesses! Et elle, c'était le sommeil et les grasses matinées!
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MessageSujet: Re: No matter what... [PV AEMI][TERMINÉ]   Jeu 22 Déc - 17:41

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