Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Encore lui? [Vigie]

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Douhbée
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MessageSujet: Encore lui? [Vigie]   Mar 1 Nov - 22:36

Bien qu’elle entendit le remue-ménage (pas si bruyant honnêtement, mais elle avait l’ouïe fine!) de Miya et Ailis qui se préparaient à quitter la maison, Douhbée resta obstinément couchée. C’était jour de congé hebdomadaire pour l’Ordre, et comme d’habitude depuis qu’ils étaient mariés et lorsqu’ils n’étaient pas en mission, Soren et elles n’avaient pas à se pointer à la capitale de toute la journée, merci beaucoup! Les adolescentes étaient donc également au repos, mais elles avaient demandé la permission de se rendre au château tout de même, pour retrouver leurs copains de cohorte et essayer de passer du temps avec eux. Hors, bien qu’ils adoraient tous les deux leur écuyère respective… Les deux Chevaliers ne s’étaient pas fait prier pour un peu de bon temps seuls!

La porte se ferma bientôt sur les jeunes filles et les chevaux hennirent de contentement en les voyant approcher pour les sceller. Souriante, Douhbée se tourna sur le côté pour se blottir contre Vigie, pas encore trop gênée dans ce mouvement par son ventre qui commençait à peine à s’arrondir de par l’enfantement. Valait mieux en profiter pour se cajoler avant qu’elle ne ressemble à une baleine, non? Ronronnant, la pardusse commença à se lever sur son coude pour venir embrasser le phéryxian, amis se laissa bientôt tomber à nouveau, une moue de dépit aux lèvres, alors que les étourdissements la gagnait à nouveau, accompagnés de la nausée habituelle.

-Voilà qui gâche mes plans… marmonna-t-elle en se demandant ce qu’ils pourraient bien faire de la mâtiner, à défaut de…

La jeune femme grommela, enfouissant son visage dans le cou chaud de son époux en prenant de grandes inspirations, espérant bêtement que le malaise passe. Cela avait commencé depuis au moins un mois, ne lui laissant de répit que quelques rares matins. Heureusement, ça disparaissait dès qu’elle ingurgitait quelque chose (ce qui était plutôt difficile, compte tenu des circonstances) pour ne revenir l’accabler que le lendemain, aux aurores. Depuis un mois, donc, elle dormait avec un sceau propre juste à côté du lit… au cas où.

-Bon matin quand même… mon mari rigola-t-elle tout de même, adorant le son de ce mot dans sa bouche. On continue de dormir jusqu’à ce que ça passe pour… ? Tu sais…? Ou alors on part tout de suite? J’aimerais profiter de la journée pour aller au marché, tu sais comme j’aime y aller avec toi… marmonna-t-elle lentement, entrecoupant ses propos de longues inspirations destinées à calmer sa nausée. Ça rappelle de si délicieux souvenirs, n’est-ce pas? Il nous manque encore des vêtements pour le bébé et Miya a…

La jeune femem s’interrompit soudainement, plauqant une main sur sa bouche pour retenir un haut-le-cœur. Pourtant, il n’y en eu pas. Elle avait eu cette impression car sa vue s’était mise à devenir flou, et cet étourdissement était habituellement son signe précurseur de vomissements. Ça… c’était en oubliant que ses prémonitions aussi étaient toujours précédées d’une perte de vue, d’audition et tous les autres sens. Ce matin, ce n’était pas leur futur qui lui faisait de sienne, mais le futur, tout simplement.

Un homme d’apparence frêle et au teint pâle, comme s’il avait été enfermé pendant des mois ou des années, battait difficilement des paupières à la vue du soleil, mais repris vite contenance en entendant les cris derrière lui. Les gardes avaient compris son subterfuge et le prenaient en chasse. Il était déjà loin, toutefois, et les passants trop surpris par la scène pour réagir, si bien que l’incube se faufila aisément au travers des gens, agrippant une adolescente blonde au passage pour s’en servir comme monnaie d’échange s’il tombait entre de mauvaises mains. Pour l’empêcher de se débattre, il lui lança une vague de testostérone, qui la laissa troubler assez longtemps pour qu’il la traîne derrière lui à l’extérieur de la capitale. Ils étaient déjà loin tous les deux, disparaissant dans le couché du soleil, lorsque les gardes atteignirent la porte.

Hoquetant, Douhbée s’extirpa de sa vision dans un violent sursaut, et n’eut que le temps de réaliser les signaux que son corps lui lançait pour se précipiter vers le sceau et se vider les tripes, son corps tremblant non sous les soubresauts de sa nausée, mais bien de peur. Des doigts encore lourds de fatigue vinrent remonter ses cheveux derrière son visage, pour éviter qu’elle ne s’éclabousse, mais si ce geste la réconfortait habituellement, et les paroles chuchotées qui l’accompagnait, la pardusse n’arrivait pas cette fois-ci à retrouver son calme. C’était Ulyss, elle en était certaine. La prison l’avait considérablement changé, mais elle reconnaîtrait ce fichu incube parmi des millions. Et l’adolescente aussi, était plus que reconnaissable.

-Miya… bredouilla-t-elle, tremblante, la respiration saccadée et les yeux remplis de panique. Elle est en danger. Non le sera. Y faut… y faut y aller.

Bon, premièrement, elle devait essayer de se lever debout, puis, manger, ce n’était pas très prometteur encore. Sans cela, elle n’arriverait jamais à aligner plus de deux phrases dans avoir envie de vomir à nouveau, et pour raconter sa vision, bonne chance!
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Vigie
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MessageSujet: Re: Encore lui? [Vigie]   Mar 8 Nov - 14:10

Il somnolait dans la douceur de ses couvertures. Son jour de congé était terriblement apprécié puisqu’il avait si peu de temps, normalement, pour paresser au lit avec sa femme. Depuis qu’ils vivaient tous sous le même toit, les moments de solitudes entre eux deux s’étaient considérablement amenuisés. C’est d’ailleurs pour cette raison que le couple ne s’était pas opposé à l’idée que leurs écuyères passent du temps dans la capitale avec leurs compagnons de cohorte! Les yeux toujours fermés, couché sur le dos et le bras au-dessus de sa tête, le pheryxian entendit la porte de la maison de campagne se refermer délicatement, signe imminent de leur solitude. Il n’eut pas vraiment le temps d’ouvrir les paupières qu’il sentit une Doubhée ronronnante se coller contre lui. Les lèvres délicates de sa femme rencontrèrent la peau délicate de son cou et Soren esquissa un sourire. Malheureusement pour lui, ce petit manège s’arrêta rapidement puisque la pardusse sembla être secouée par une nouvelle nausée matinale.

Vigie ouvrit les yeux pour voir la moue boudeuse qu’esquissait la chevalière qui vint se lover contre lui. Ce fut plus fort que lui, il se mit à glousser. Bien sûr que l’idée de faire l’amour de si bon matin lui plaisait (même énormément, puisque leurs séances de rapprochements avaient également diminué), mais les affres de la maternité se faisaient régulièrement sentir et il n’était donc pas surpris de constater que les plans de sa femme étaient contrecarrés par leur fille à naître.

- Bon matin, ma femme, répéta-t-il doucement malgré sa voix légèrement enrouée. L’idée de rester au lit avec toi est terriblement alléchante, ma belle. Mais tu sais… tant que tu n’auras rien avalé, tes nausées ne passeront pas. Il glissa une main sur sa joue et posa un baiser dans son front. J’ai une idée. Reste là, je te préparer un truc à manger, et après, on pourra profiter de notre intimité? De toute façon, pour les courses, on a toute la journée devant nous…

Il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire devant l’allusion de leur première escapade au marché, puis repoussa sa couverture. Il opta pour une position assise, sur le rebord du lit et se frotta les yeux pour y chasser les brumes du matin. En simple caleçon, il se releva, s’étira puis remarqua que Doubhée avait placé une main sur sa bouche. Sans l’ombre d’une hésitation, il attrapa la chaudière de métal qu’il tendit devant elle… mais réalisa à ce moment précis qu’elle semblait ailleurs. « Douh? » Demanda-t-il en se penchant pour attirer son attention. Il déposa le sceau sur la table de chevet, puis tapota doucement l’épaule de sa femme qui sursauta violemment. Dans son élan de panique soudain, elle agrippa le contenant et y recracha le maigre contenu de son estomac alors que les doigts encore endormis du pheryxian relevèrent sa chevelure. « Qu’est-ce qui se passe, mon amour? » Souffla-t-il, ressentant le malaise de sa femme. Lentement, il s’agenouilla sur le lit et scruta les traits de sa bien-aimée qui semblait prise de panique. Sans plus attendre, il prit sa tête entre ses mains et l’incita à le regarder, probablement dans le but de lui faire reprendre contenance.

- Miya? Répéta-t-il surpris. En danger? Qu’as-tu vu? Douhbée, dis-moi, je t’en prie!

Ça semblait réellement urgent et il voulait l’aider dans les démarches qu’elle voulait entreprendre, mais il devait d’abord en savoir davantage! Il savait que ce serait impossible tant qu’elle n’avalerait pas un truc… Il devait donc prendre les rênes de la situation, puisqu’elle ne semblait pas en état de pouvoir le faire. Il posa ses mains sur les épaules de la pardusse et l’intima de se rassoir.

- Respire, Douh! Elle SERA en danger, c’est ce que tu as dit. Ce que tu as vu ne s’est donc pas encore produit. Je vais contacter Miya pour lui dire de redoubler de vigilance. Je te prépare rapidement un truc à avaler et toi, tu en profites pour me faire part de ce que tu as vu. Seulement là, on pourra agir.

Il prit le sceau qu’elle avait entre les mains et le déposa au sol. Le regard qu’il lui lança ne laissait absolument pas place à la discussion et ainsi, la chevalière fut obligée de rester assise. Le pheryxian se dirigea d’un pas rapide vers la cuisine, puis agrippa une miche de pain.

**[Miya] Miya, je sais que toi et Ailis êtes parties pour le village, mais je tiens à t’informer que Douhbée a eu une vision te concernant. Selon elle, tu serais en danger. Je suis désolé, je n’en sais pas encore davantage, mais s'il te plaît, soit vraiment prudente. Ne quitte pas Ailis des yeux et reste près des autres écuyers. Je te recontacte dès que j’en sais plus. **

Au moins, si sa belle-sœur était au courant qu’un danger la guettait, ça lui donnait une chance de pouvoir éviter ce futur tant redouté. Prenant un couteau, le jeune homme coupa des tranches de pain et les tartina de confiture de fraises que Douhbée avait fait la veille. Il prit ensuite du fromage qu’il coupa en cubes et déposa le tout dans une assiette. Il la garnit ensuite de fruits frais et de noix de pécan. Finalement, il revint de la cuisine, le plat dans une main et un verre d’eau dans l’autre, et s’installa sur le lit près de sa femme qui tentait de reprendre le contrôle de ses émotions. Il déposa l’assiette devant elle avant de lui-même se servir d’une tartine (il fallait dire qu’il y en avait facilement pour deux). Il laissa la pardusse se désaltérer et se leva pour s’approcher de sa commode non sans prendre une grosse bouchée de son pain à la confiture. Il ouvrit un tiroir et prit un pantalon couleur terre qu’il jeta sur le lit, puis fit de même avec une tunique couleur charbon et une ceinture à la boucle dorée.

- Alors, explique-moi ce qui se passe, fit-il d’un ton sérieux alors qu’il terminait sa tartine. Il écouta la pardusse d’une oreille attentive et enfila son pantalon. Il glissa ensuite sa tunique sur son torse et noua sa ceinture. Au moins, elle mangeait un peu, même si le cœur n’y était pas du tout. Ulyss?! Répéta-t-il incrédule. J’avais en tête que ce bougre était mort... Va savoir pourquoi. Il s’est échappé? Tu en es certaine?! Il revint près d’elle en replaçant sommairement ses cheveux de neige et s’installa à ses côtés en prenant quelques petits fruits et des noix. Tu as vu où ils se trouvaient? As-tu une idée vers quelle heure c’est sensé se produire? Je peux y aller seul sans problème, tu sais… Je ne veux pas que ce connard t’approches et crois-moi, il va regretter d’avoir croisé ma route.
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Douhbée
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MessageSujet: Re: Encore lui? [Vigie]   Mar 8 Nov - 20:57

Qu’avait-elle donc fait au grand Parandar pour mériter mari si attentionné, merveilleux, et tendre? Cette bénédiction était-elle destinée à ce qu’elle pardonne le ciel de lui avoir ruiné son enfance ? Même dans les pires moments, alors qu’il apprenait durement que son écuyère était peut-être… ou allait peut-être être en danger, Vigie savait mettre de l’ordre dans ses idées. C’était lui qui aurait du avoir besoin d’être calmé, et pourtant, c’était elle qui se faisait rassurer. Sa petite sœur serait prévenue d’être prudente, le temps qu’ils investiguent sur cette prémonition. Incapable de rouvrir la bouche dans se vomir dessus, Douhbée du attendre qu’il lui apporte à déjeuner. Évidemment, les premières bouchées de fruits passèrent un peu de travers dans sa gorgée nouée par la panique, mais remettre son système digestif en marche l’aidait à prendre le dessus sur ses nausées. Si Miya était effectivement en danger, ça n’allait pas se produire tout de suite, le soleil venait à peine de se lever, et elle pourrait jurer que sa vision se déroulait après le coucher du soleil.

-C’est Ulyss… Dans ma vision, il semblait s’être échappé de prison. marmonna-t-elle après s’être soulagée la gorge d’un peu d’eau fraîche. Non, on n’a jamais réussi à récolter assez de preuves contre lui pour l’envoyer à la guillotine, il a plutôt été enfermé dans les cachots du château, en attendant qu’on trouve de quoi l’accuser et le faire condamner à mort, mais après trois ans, on y est pas arrivées…

Avec tout ce qui s’était passé dans les dernières années, surtout la dernière, disons que le temps disponible pour enquêter sur un marchand d’esclave sholien était passé en second plan après l’urgence de la guerre contre les cousins royaux et la recherche de Soren en sol Irianien. Douhbée posa son verre d’une main tremblante en fouillant à son tour dans ses tiroirs pour se trouver une tunique acceptable, assez lâche pour couvrir sa grossesse.

-Il n’en est absolument pas question! répliqua-t-elle plus sèchement qu’elle ne l’aurait voulu lorsqu’il lui proposa d’y aller seul. Pardon. Depuis le temps que j’espère une occasion pour le tuer celui-là, il n’est pas question que je laisse quiconque d’autre le faire.

La rage épouvantable qu’elle ressentait, depuis si longtemps, chaque fois qu’on lui parlait d’un sujet sensible, ça avait commencé lorsqu’elle l’avait retrouvé. Sa vengeance ne pouvant être assouvi, elle était restée à fleur de peau tout ce temps, même pour des cas n’étant pas directement liés à lui. La dernière fois qu’elle avait vu Ulyss, Douhbée s’était si délicieusement imaginer lui planter un couteau dans la nuque et le regarder mourir, que rien ne lui ferait plus plaisir que de se salir les mains pour pouvoir le faire.

-Je crois que c’était à la porte est de la ville, ça ne se passera pas avant le couché du soleil, mais ce n’est pas une raison pour perdre du temps. Il est peut-être déjà en train de manigancer sa fuite. Ça fait trois ans qu’il est là, sans qu’on arrive à l’incriminer à mort, alors peut-être que la vigilance des gardes s’est rabaissée… S’ils ont eu le malheur d’y poster une femme, malgré nos spécifications… Douhbée eut un terrible nœud dans la gorge, qui passa difficilement même après sa gorgée d’eau et une bouchée de pain. C’est un incube tu vois?

Prenant appui sur le bras de son époux, Douhbée se mit difficilement debout, encore un peu tremblante, mais tout de même moins qu’après sa vision. La nourriture lui redonnait des forces, et il était à parier qu’elle ne tremblait plus de ses nausées habituelles, mais de la rage qui ne l’avait jamais quitté et remontait à la moindre occasion. Avec l’aide de Soren, la jeune femme réussi à s’habiller, puis s’armer, tenant finalement seule debout alors que son assiette à déjeuner était presque vide. Lorsque son estomac reprenait le bon sens, elle avait un appétit plutôt vorace. Pourtant, Vigie semblait toujours inquiet à la regarder, probable que son teint normalement de bronze devait être plus pâle qu’à l’habitude. S’attendant à ce qu’il tente de la dissuader de venir, que ce soit pour sa sécurité ou celel de leur fille, la pardusse s’empressa de couper court à toute forme de protestation.

-J’y vais un point c’est tout. J’en ai besoin, de le voir mort de mes propres yeux, ou mieux, de le faire de mes propres mains. Je ne veux pas que notre fille vive dans le même monde que lui, tu comprends ça, Soren? souffla-t-elle en le fixant droit dans les yeux, tenant son visage à deux mains, pour qu’il ressente l’importance qu’elle accordait à cette vision. S’il-te-plait, ne me laisse pas en dehors de ça, je ne le supporterais pas. Fais-moi confiance.

Prise d’un désir puissant à la fois de lui prouver qu,elle allait bien, mais aussi simplement parce qu’il avait toujours ce don de la mettre dans un état peu avouable, Douhbée se jeta sur ses lèvres adorables qui savaient lui faire perdre la tête. Ce baiser aurait pu être l’aube d’une longue partie de plaisir, par la fougue qu’elle y mit, mais même s’ils avaient encore plusieurs heures devant eux, il fallait élaborer leur plan dès que possible, et prendre la route de la capitale pour le mettre en marche. Sur ce premier point, la pardusse avait déjà son idée, dont elle fit part à Vigie en prenant le chemin de leur écurie pour sceller sa jument.

-Si on se contente de resserrer la sécurité autour de lui, de prévenir les gardes… il ne s’échappera pas, certes, mais je raterais ma chance de le faire condamner plus sévèrement. Et qui sait si les soldats nous prendrons suffisamment au sérieux et ne relâcheront tout simplement pas à nouveau la surveillance dans quelques semaines? Il n’est pas dit que j’aurai à nouveau une vision, à ce moment-là. Je pense qu’il vaut mieux lui donner l’impression qu’il a réussi, mais s’assurer que Miya n’est pas sur sa route. Puis, lui tendre une embuscade. Il faut qu’il ait le plus de crimes possibles contre lui pour justifier une sentence plus sévère…

Et avec un peu de chances, ils seraient dans l’obligation d’utiliser la force contre lui. Affaibli par des années d’emprisonnement, Ulyss serait bien incapable de résister à deux Chevaliers. S’ils en venaient à la violence, elle n’aurait même pas à se questionner sur les crimes à lui inculper pour le voir mort… La légitime défense suffirait!
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Vigie
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MessageSujet: Re: Encore lui? [Vigie]   Lun 14 Nov - 13:21

Vigie jeta un regard incrédule devant la réponse inhabituellement sèche de sa femme. Depuis quand était-elle si vindicative? Visiblement, Douh se rendit rapidement compte du ton qu’elle avait employé et se ravisa. Soren scrutait ses traits alors qu’elle lui révélait que sa vision se déroulait au coucher du soleil près de la porte est de la ville. Sans attendre un instant, le chevalier immaculé bascula cette information à Miya via un message télépathique, histoire de s’assurer qu’elle soit d’autant plus prudente. Sa femme avait raison par contre : ils n’avaient pas une minute à perdre. Le pheryxian se releva et fronça ensuite les sourcils. Comment diable ce bougre avait-il réussi à s’échapper des geôles? Il espérait honnêtement que la garde royale avait respecté les recommandations de Douhbée et Colombe, puisque, selon les dires de sa conjointe, l’homme était de race incube.

Tendant son bras vers la pardusse, Vigie l’aida à se relever puis lui donna un coup de main afin de lui permettre de se vêtir convenablement. Il n’aimait pas l’idée qu’elle aille au-devant des dangers, surtout pas dans son état. Il pouvait faire le travail seul sans problème, et elle le savait… Ou doutait-elle de ses capacités après ce qui s’était passé en Irianeth? Douhbée tremblait et ça le rendait d’autant plus inquiet. Elle était pâle et il doutait de plus en plus que son idée de pourchasser Ulyss soit judicieuse. Après tout, ne venait-elle pas de préciser qu’il était un incube? Or, Vigie serait immunisé à ses phéromones, n’était en rien le public cible du gros enfoiré.

- Douhbée, sérieusement, laisse-moi y aller. C’est dang…

Il n’eut même pas le temps d’entamer sérieusement sa protestation que sa femme y mit fin en un claquement de doigts. Cette façon qu’elle avait de parler avec autant de véhémence le prenait de court. C’était comme s’il avait un peu de mal à la reconnaître, tout à coup. La pardusse prit son visage entre ses mains et planta son regard dans les iris d’or fondu du pheryxian. Elle lui demandait de lui faire confiance… En ce moment même, il avait un peu de mal à accéder à sa requête. Non pas que la jeune femme n’était pas une personne fiable, bien au contraire, mais il avait l’impression qu’elle n’y voyait pas totalement clair et qu’elle était menée par la boule d’émotions négatives qui lui enserrait les tripes comme un piège vorace. Puis soudain, prise d’une pulsion un peu inattendue, l’épouse de Vigie s’empara de ses lèvres dans un baiser fougueux, voire même terriblement langoureux. Avait-elle une idée autre derrière la tête? Il avait un peu de mal à la suivre si tel était le cas, puisque bon, elle avait clairement fait comprendre à son époux à quel point la situation était urgente! Vigie répondit malgré tout, bien qu’avec un peu moins d’intensité qu’elle. Le couple se sépara enfin et se dirigea vers les écuries d’un pas décidé.

Soren écouta sa tendre moitié lui exposer son plan et afficha un regard perplexe. L’idée de faire condamner définitivement Ulyss était une bonne idée en soi, mais de là à exposer volontairement les gens au danger potentiel qu’il représentait? Après tout, s’il était un incube, il était à parier qu’il pouvait influencer les gens avec une intensité non négligeable. Le pheryxian empoigna la porte de l’écurie et l’ouvrit pour ensuite laisser passer la pardusse. Il sella son étalon gris d’un air songeur puis attira la bête à sa suite pour retrouver sa femme qui l’attendait patiemment à l’extérieur. Le pheryxian grimpa en selle et le couple se mit en route au trot sur les chemins de terre battue qui sillonnaient les champs de blé en direction de la capitale.

- Douhbée, commença-t-il doucement. Je dois admettre que j’ai des réserves quant à ton plan. Si Ulyss est emprisonné depuis près de trois ans sans avoir pu être condamné, c’est qu’il sait très bien comment faire disparaître ses traces. De plus, c’est un habile manipulateur et je suis persuadé que la maîtrise de son talent racial est plus que développée… Tu ne crois pas que de le laisser filer est un risque en soi? Pendant ses instants de liberté, rien ne nous dit qu’il ne pourrait pas échapper à notre surveillance et qu’il ne pourrait pas faire d’autres victimes… Je comprends que tu souhaites ardemment sa mort et je te soutiens dans cette quête, mais l’idée de risquer l’intégrité physique d’autres citoyennes me berce de doutes…

Il savait qu’il ne prononçait pas les paroles qu’elle souhaitait entendre. Elle désirait probablement plus que tout au monde (surtout en ce moment) qu’il soutienne ses idéaux et travaille de concert avec elle en lui accordant sa confiance la plus totale. Il ne demandait rien de mieux! Mais pour ça, ils devaient avoir un plan pour lequel il avait envie de se battre. Et puis, être marié voulait aussi dire « tenter de garder sa compagne dans le droit chemin », non? C’était exactement ce qu’il essayait de faire. Il avait peur que Douhbée s’égare par la faute de cette haine qu’elle avait au cœur. Le bougre méritait un châtiment, pour ça, il était plus que d’accord. Seulement, la façon de procéder était périlleuse, à son avis.

- Ce que je suggère? Répéta-t-il. Je n’en ai aucune idée, je dois te l’avouer. En fait, commençons par nous rendre aux geôles pour voir s’il y est toujours. Ensuite, nous pourrons établir un plan à la juste hauteur de la situation. Tu n’étais pas la seule victime de cet horrible personnage, non? Pourrais-tu les retrouver? Déjà, je trouve aberrant que ton témoignage seul ne soit pas suffisant pour l’obliger à monter sur la potence. Alors, si on pouvait retrouver les autres femmes qui ont subi les affres d’Ulyss, toutes ensembles, vous pourriez faire le poids contre lui, non?

Cette idée – bien que sensée – ne semblait pas assez rapide pour le besoin de justice de la pardusse et il ne pouvait pas lui en vouloir pour ça. D’autant plus que retrouver d’anciennes esclaves dans un pays comme Shola était comme chercher des aiguilles dans une botte de foin; pas impossible, mais très laborieux comme tâche. Le reste du voyage jusqu’au palais se fit en silence et Vigie était conscient qu’il avait peut-être courroucé sa compagne. Enfin… c’est ce que son manque de loquacité lui faisait comprendre, bien qu’elle aurait simplement pu être songeuse également. Une fois passés les limites du château, les deux chevaliers laissèrent les palefreniers s’occuper de leurs montures puis se dirigèrent vers les geôles. Si tôt avaient-ils franchi les portes de la prison qu’un brouhaha infernal monta à leurs oreilles. Les gardes étaient sur le qui-vive et rapidement, le duo comprit qu’Ulyss était déjà parti.

Soren jeta un regard incrédule à sa compagne, puis s’enquit près de l’un de soldats présents sur les lieux. On l’informa que l’incube manquait à l’appel depuis un petit moment déjà et que des hommes ratissaient la ville. C’est lors du changement de ronde que l’acte aurait été commis, puisqu’au petit matin – au moment de donner la bouillasse aux prisonniers – Ulyss était déjà disparu. Le garde jura qu’aucune femme n’avait été attribuée à la surveillance de ce dernier et le chevalier immaculé n’eut d’autres choix que de le croire sur parole.

- Ça implique que nous avons probablement un traître dans nos rangs, fit-il avec une mine sombre une fois à la hauteur de sa femme. Nous devons partir, Douh. Nous n’aurons pas besoin de le laisser aller en le surveillant, sa simple fuite sera suffisante pour le condamner.

Il lui jeta un regard inquiet, puis se mit en route à la suite de la chevalière féline.
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Douhbée
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MessageSujet: Re: Encore lui? [Vigie]   Lun 14 Nov - 15:20

Il faut croire que personne n’avait spécifié à Soren, pour l’instant du moins, qu’il n’est pas très judicieux de contredire une femme enceinte. Surtout pas Douhbée, lorsqu’elle est animée de cette pulsion rageuse envers tout ce qui a trait à Ulyss… ou à toute forme d’injustice que ce soit, en réalité! Autant elle le trouvait carrément désirable de vouloir la surprotéger, elle et l’enfant, autant elle était exaspérée par ses tentatives de la mettre de côté. Comme si ce n’était pas déjà clair qu’elle ne resterait pas derrière? Pourtant, Vigie pensait que son plan n’était pas idéal, qu’ils ne devaient pas le laisser sortir, puisque quelques instants de liberté pouvaient être fatals grâce à ses dons incubes. Franchement, comme si la pardusse n’y avait pas pensé! Évidemment qu’ils prépareraient un guet-apens, pour qu’il n’aille le temps de faire aucun dommage, mais s’ils ne le laissaient pas au moins sortir de cellule, ils ne puissent rien faire pour l’incriminer. Or, une tentative d’invasion, en charmant une garde qui plus est, ça c’est condamnable!

-Je ne veux pas le laisser sortir du château non plus, mais on peut évacuer les cachots, garder quelques gardes à portée de la main et voir comment il s’organise pour s’évader. Comme ça, au moins, on a la preuve qu’il tentait de s’évader, on l’attrape aussitôt sortit et on a une peine de plus contre lui, expliqua-t-elle en essayant d’être calme, bien que son impatience transparaissait dans sa voix alors qu’elle se hâtait de seller son cheval.

Douhbée se mordit les lèvres, honteuse. Vigie ne méritait pas sa mauvaise humeur, seul Ulyss en était coupable. * Et toi-même… Cette histoire est en train de te rendre complètement folle*. Pourtant, le phéryxian n’avait rien de mieux à suggérer, supposant qu’ils pouvaient toujours commencer par vérifier si Ulyss était bien en cellule, ce à quoi elle se contenta de hocher la tête. Pourquoi diable serait-il déjà sorti s’il ne devait pas fuir la capitale avant le coucher du soleil? C’était quand même un début. Quant à retrouver les autres victimes, c’était peine perdue. Sa seule voix n’avait pas suffi à titre de preuve pour la pendaison, bien qu’elle eut l’appui de la Chef de l’Ordre, il lui aurait fallu des témoins, dans le cas contraire, elle n’avait pu que se contenter de le voir derrière les barreaux.

-On a déjà essayé… marmonna Douhbée d’une voix rauque d’émotion, en se souvenant de la quête qu’elles avaient effectuée, trois ans plus tôt. Avec Colombe, on a cherché et on n’a trouvé personne. On a même été incapables de retracer le manoir où j’ai vécu, il ne laisse aucune trace derrière lui.

De quoi la rendre complètement folle! Certes, à l’époque, ils étaient toujours en guerre contre les sholiens, et ne pouvaient donc pas compter sur l’aide de ceux-ci pour obtenir cette information. Mais même dans le cas de la trêve actuelle, pourquoi diable leur donneraient-ils de bonnes raisons pour assassiner l’un des leurs ? Or, aucune autre femme, apparemment, outre Douhbée, n’avait réussi à s’enfuir du manoir d’Ulyss vivante, ou suffisamment équilibrée pour en parler. Enfin, ce n’était pas comme si ça avait été facile pour elle non plus. Raconter son histoire même à portes closes et avec la protection de Colombe avait été un arrache cœur pour l’écuyère qu’elle était alors, après avoir passé sa vie à tenter de cacher sa faiblesse. La peur du jugement d’autrui l’avait toujours empêché de se confier, et c’était toujours dans le doute qu’elle avait plaidé contre lui. En vain.

Ressassant de sombres pensées, Douhbée remarqua à peine la vitesse à laquelle ils arrivèrent au château. Elle ne reprit conscience de ce qui se passait lorsque ses tripes se serrèrent d’angoisse. Les cachots étaient beaucoup trop agités, bruyants… Ulyss était déjà parti. Cette seule nouvelle aurait suffi à la pardusse à se vider à nouveau les tripes, si ça n’avait pas été de son inquiétude pour Miya. Heureusement, Soren s’était occupé de la prévenir, mais leur problème n’était pas réglé. Quelqu’un l’avait aidé à s’échapper. Quelqu’un travaillait encore pour lui après tout ce temps?

-Mais quel genre de personne voudrait aider cette merde pourrie jusqu’à la moelle! gronda Douhbée, rouge de frustration.

Oui, il y avait certainement eu un traître, un ancien employé d’Ulyss qui s’était fait embauché dans le seul but de le sortir de tôle. Pourtant, aucun de ses sous-fifres ne devait être très bien traité par l’esclavagiste, alors qui cela pouvait-il bien arranger ? Un client? Un vendeur? Soudain, les dommages qu’il pouvait déjà avoir commencé à faire lui traversèrent l’esprit. Que ferait un homme comme lui, incube, après avoir finalement retrouvé la lumière du jour et la liberté trois années plus tard? Sa frustration sexuelle retenue de force ne pouvait être que dévastatrice. Même s’il était affaibli par le manque de nourriture, de soleil et d’air frais, il trouverait certainement le moyen d’assouvir ses pulsions. Et qui serait la pauvre victime de ce manque?

-Merde… marmonna la jeune femme entre ses dents, voyant défiler toutes sortes de visages d’enfants, connus et inconnus, devant ses yeux. MERDE NON! paniqua-t-elle à l’idée qu’il put être toujours sur le territoire du Château, qui grouillait de marmaille, la crème de la relève alombrienne, la prunelle de l’Ordre et de la royauté.

Douhbée aurait pu se précipiter sur son cheval pour parcourir la capitale de fond en comble, mais à quoi bon? Des dizaines, ou même des centaines de soldats étaient déjà à ses trousses. Ce n’était pas en se lançant aveuglément à ses trousses, sans la moindre piste. Lorsqu’elle demanda à inspecter la cellule du prisonnier, le garde leva un sourcil à la fois interrogateur et irrité, lui répliquant qu’ils avaient déjà vérifié pour des parcelles d’indices, mais qu’il n’y avait rien du tout.

-Vous n’y êtes pas, je veux essayer d’avoir une vision, expliqua-t-elle autant pour le soldat, qui la laissa passer, que pour Soren, qui devait bien se demander ce qu’elle faisait à perdre son temps à l’intérieur quand leur cible était dehors. Il y a des années que je m’entraîne pour les avoir sur commande, même si ce n’est pas très fructueux, quand je touche quelque chose qui a beaucoup d’importance pour un individu, ça m’arrive d’avoir de petits flashs. Il a vécu ici trois ans, il y a peut-être laissé un peu d’essence de lui-même? Juste assez pour que je sache où il est, au moins?

Elle s’exprimait extrêmement rapidement, hâtée par la peur comme le dégoût, répugnant le moindre contact envers tout ce qui pouvait lui rappeler Ulyss. Pourtant, elle n’avait d’autre choix que de tout tâter, les couvertures comme l’assiette vide de son dernier repas, et même les murs froids, espérant bêtement voir quelque chose. Pourtant, plus elle cherchait, et moins elle voyait, son regard doré s’embrumant de larmes de rage mal contenue, mais aussi de peur panique.

-J’y arriverai jamais… s’entendit-elle sangloter, attisant plus encore sa frustration contre sa propre faiblesse. J’y arriverai jamais! hurla-t-elle en n’arrivant à se retenir qu’in extremis de frapper dans le mur de ses deux mains, qui restèrent suspendues dans les airs quelques instants, avant de tomber le long de son corps.

*Mais qu’est-ce qui m’arrive?* songea-t-elle, calmant difficilement les tremblements rageurs de ses mains, pas plus que les larmes qui coulaient à flots sur ses joues et qu’elle essuya du revers de sa manche, espérant que Soren ne les avait pas vues, lui tournant toujours le dos, face au mur. Elle était en train de devenir complètement folle, son impuissance à le tuer lui faisait carrément perdre la tête, et sa nouvelle liberté n’était que torture dans son esprit. L’odeur de l’incube était on ne peut plus présente dans la cellule, lui puant au nez aussi certainement que de la bouse de cheval, et la pardusse se précipita vers la porte pour la fuir, craignant qu’elle ne l’envahisse des terribles souvenirs qu’elle rattachait à cet effluve… de mâle en rut. En courant tête basse vers la porte, Douhbée ne vit pas son mari qui venait à sa rencontre, probablement pour tenter de l’apaiser, si bien qu’elle lui rentra dedans de plein fouet, avant de s’agripper à lui, autant pour ne pas le faire tomber que pour ne pas se perdre elle-même.

-Il faut le tuer Soren. Je t’en prie, aide-moi, il est en train de me rendre complètement folle. J’ai peur, mon amour, peur de moi-même, je ne suis même plus capable de supporter qu’il vive, sa simple existence me met hors de moi. Je ne me reconnais plus moi-même, j’ai l’impression que je ne pourrai avoir l’esprit tranquille tant que je ne l’aurai pas tué, pleura-t-elle en cachant son visage dans les vêtements du phéryxian, rouge de colère et de honte.

Quelle honte incroyable avait-elle ressentie, le jour où cette colère l’avait gagnée pour la première fois, lorsqu’elle avait revu Ulyss, en mission avec Colombe. Elle avait cru être devenue un monstre sans cœur, et même si son maître l’avait rassurée, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de se dégoûter elle-même. Comment pouvait-on être sain d’esprit et désirer autant la mort de quelqu’un ? Plus son incapacité à le tuer était devenue évidente, plus sa soif de vengeance avait cru, si bien qu’elle s’était fait violence pour ne pas étriper la pauvre Isil, pourtant innocente dans cette histoire, simplement parce qu’elle ne l’aimait pas ! Bon, elle avait eu le culot d’essayer de la faire sortir de ses gonds, mais ce n’était pas moins honteux de sa part. Quel genre de Chevalier est incapable de garder son sang-froid face à la simple taquinerie d’une adolescente trop fière de clamer ses victoires? Pourtant, avant de revoir son ancien maître, elle ne détestait pas l’elfe… Comment en vouloir à une jeune fille d’être charmée par Vigie? Elle était la seule coupable de cette histoire, et pourtant, elle s’était mise à haïr la mauvaise personne…
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MessageSujet: Re: Encore lui? [Vigie]   Ven 18 Nov - 14:54

Vigie scrutait d’un air inquiet les traits de Douhbée qui commençait à prendre conscience de l’ampleur de la situation. Certes, il pouvait avoir une bonne idée de la catastrophe auquel ils étaient confrontés, mais personne ne pouvait réellement comprendre sauf elle. Rapidement, elle se mit à crier de rage et le pheryxian en fut un peu pris au dépourvu. S’ils avaient déjà eu des disputes tous les deux, aucune n’avait mené la pardusse à un état de colère aussi élevé! Le silence plat tomba et aucun garde n’osait piper mot. Ainsi, alors que tous croyaient qu’elle allait se précipiter vers l’extérieur, qu’elle ne fut pas leur surprise de l’entendre demander à ce qu’on la conduise à la cellule du multirécidiviste. Malgré l’étonnement général, le responsable des geôles ne put s’empêcher d’afficher son irritation devant une telle demande, comme s’il croyait que la chevalière doutait de l’efficacité de son travail. La jeune femme expliqua rapidement son raisonnement et Soren songea au fait qu’il s’agissait là probablement de la meilleure piste possible pour retrouver la trace de l’incube. Les visions de Douhbée étaient toujours justes et pouvaient être un bon indicateur des prochaines actions qu’allait entreprendre le fugitif.

Sans rechigner davantage, le soldat guida la pardusse à la cellule d’Ulyss et cette dernière ne se fit pas prier pour y foutre une pagaille pas croyable. Elle cherchait visiblement à provoquer un flash en tâtant tout ce qui tombait sous sa main. Ses mains s’agitaient dans toutes les directions frénétiquement avec l’énergie du désespoir et Soren fut tenté d’intervenir, voyant bien que la situation dégénérait malgré elle. Puis, Douh perdit le contrôle d’elle-même, hurlant de frustration et passant près de frapper le mur près d’elle dans un élan de haine incontrôlable. « Merde », jura son mari qui comprit rapidement que les choses ne se déroulaient pas comme elle l’aurait souhaité. Dos à lui, la pardusse prit un moment avant de se retourner et sortir de la cellule à la course. Il n’était pas idiot, il comprenait qu’elle était emprise de panique et de désespoir! Il était hors de question qu’il reste derrière plus longtemps, les bras croisés!

Vigie s’élança en direction de sa bien-aimée qui, elle, ne lui porta aucune attention. Elle buta contre le chevalier immaculé qui s’empressa de l’attraper, puis elle enfonça ses griffes dans sa tenue, probablement dans le but de s’agripper et d’éviter de s’écrouler au sol. Le jeune homme entoura sa femme de ses bras et la maintint contre lui alors qu’elle s’exclamait avec tellement de hargne et de tristesse. Douhbée cacha son visage dans sa tunique couleur charbon afin de pleurer tout son saoul. Soren avait vraiment du mal à la reconnaître et songea – non sans un pincement au cœur – qu’elle lui faisait penser à lui alors qu’il venait d’être libéré de l’emprise d’Irianeth. Lui aussi aurait tout donné pour rendre la monnaie de sa pièce à ses geôliers… bien que les tortures qu’il avait subies étaient de toute autre nature. Vraiment? Une brève image de Saphyra s’immisça dans son esprit et il la chassa rapidement. Il n’était pas question de lui dans cette histoire, mais de sa femme qui vivait une situation qui n’avait jamais réellement eu réparation jusqu’à maintenant.

- Du calme, Douhbée, souffla-t-il en la berçant légèrement dans ses bras. Nous allons le retrouver et le faire payer, je te jure. Mais là, il faut se ressaisir, d’accord? Il recula doucement d’elle et la saisit par les épaules pour plonger son regard doré dans les yeux larmoyants de son épouse. La priorité en ce moment, c’est que tu retrouves ton sang-froid. Ton pouvoir n’est déjà pas facile à contrôler, si tu paniques, tu n’arriveras à rien. Non, Douh, regarde-moi. La jeune femme avait momentanément détourné le regard, mais il avait besoin qu’elle garde contact avec lui. Peut-être que je ne saisis pas bien l’urgence de la situation, mais nous n’arriverons à rien si nous laissons nos émotions prendre le dessus et j’en connais un rayon sur le sujet. Prends trois grandes inspirations, là, maintenant. Il attendit qu’elle s’exécute. Bien. Maintenant, nous retournons dans cette cellule. J’y vais avec toi et nous trouverons bien quelque chose qui t’aidera à déclencher une vision.

La pardusse semblait hésitante et il comprenait pourquoi. Il se saisit de sa main puis l’attira à sa suite vers la geôle où avait vécu Ulyss ces trois dernières années. Voyant que l’idée de retourner là-dedans l’échaudait profondément, le pheryxian lui suggéra de rester dans l’embrasure de la porte. Sans plus attendre, le chevalier immaculé commença à fouiller à son tour, désignant des objets à Douhbée afin de trier ceux qu’elle avait déjà touchés de ceux qu’elle n’avait pas vus. Soren arracha les couvertures du matelas et renversa ce dernier. Rien. Il souleva et tapota l’oreiller à la recherche d’un objet, quand un truc métallique heurta le sol dans un tintement léger. Dans l’énervement et sa frénésie, il était normal que la chevalière ait loupé quelques détails. Le pheryxian se pencha vers le sol et ramassa ce qui semblait être un vulgaire éclat de métal. Il le bougea entre ses doigts, puis tourna son regard vers la base de lit. Sans trop savoir pourquoi, il se releva et se dirigea vers la couche. Il agrippa le bois rudimentaire et rigide, puis le tira loin du mur pour voir ce qu’il y avait derrière.

Il eut l’impression que son cœur s’était arrêté net. Il était debout, les bras ballants, et fixait la pierre salie du mur de la cellule. La voix de Douh retentit et le fit sursauter. Mieux valait qu’elle ne voie pas ça.

- Non, Douh, attends, reste là, tenta-t-il de dire en levant la main pour lui intimer de rester à distance. Malheureusement pour lui, sa fiancée ne sembla pas vouloir obtempérer et s’avança pour voir ce qu’il avait trouvé.

Là, sur le mur, derrière le lit, était gravé le nom de « Douhbée » frénétiquement en plusieurs grosseurs différentes. Il n’y avait pas un seul centimètre de libre et certains mots formaient des sillons terriblement creux, comme si Ulyss avait passé tout ce temps à focaliser sur la jeune femme. Comme si son épouse était l’objet d’une obsession grandissante pour l’incube. Cette pensée lui donnait froid dans le dos en plus de faire naître une colère sourde au fond de ses tripes. S’il croyait pouvoir atteindre sa bien-aimée de la sorte sans qu’il ne fasse quoi que ce soit, alors là, il se foutait un doigt dans l’œil jusqu’au coude! Se retournant sur lui-même, le chevalier immaculé s’approcha de la petite table et de la seule chaise qui trônaient dans la pièce et les tassa sans délicatesse. Le nom de « Douhbée » y était répété frénétiquement à cet endroit aussi. Ce qu’il avait entre les mains était probablement l’objet qu’il avait utilisé pour cultiver cette obsession maladive pour la jeune femme du désert.

Soren s’approcha de son épouse et posa une main sur son épaule. La réaction de cette dernière fut immédiate : elle sursauta, comme s’il avait été le diable en personne. Instinctivement, le pheryxian leva les mains en guise de paix, puis se détendit en voyant qu’elle retrouvait rapidement ses esprits.

- Tiens, fit-il doucement. Je crois que j’ai un truc qui pourrait t’aider pour les visions. Lentement, il prit la main de sa femme et tourna celle-ci afin que la paume soit tendue vers le haut. Il y déposa le fragment de métal puis observa Doubhée, persuadé que l’objet – chargé par l’énergie négative de l’obsession d’Ulyss – ferait le travail requis.
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MessageSujet: Re: Encore lui? [Vigie]   Ven 18 Nov - 17:59

Les bras de Soren la berçaient si tendrement, que pendant un instant Douhbée avait l’impression qu’elle aurait pu être ailleurs. Un très, très bref moment, parce que le devoir la ramena bientôt à la réalité. Pourtant, Parandar savait à quel point elle aurait préféré être chez elle, blottie dans ses mêmes bras, à ne penser qu’à l’amour plutôt qu’à la haine qui lui martelait le cœur. L’urgence de la situation ne lui permettait toutefois pas cet espoir de paix. De toute façon, jamais son cœur ne pourrait être totalement apaisé avant qu’elle ne le voit mort. Elle le savait depuis longtemps, l’avais compris alors qu’elle n’était encore qu’écuyer, mais après la vision de ce matin, c’était on ne peut plus clair. Ulyss était à l’origine de tous ses maux, le faire disparaître les feraient s’envoler, eux aussi…

-J’arrive pas à garder la tête froide quand il est question de lui… marmonna-t-elle les dents serrées aux encouragements de Vigie à reprendre son calme.

Il lui arrivait souvent de douter de ses propres capacités à être un Chevalier efficace, depuis qu’elle avait découvert la boule de colère qui se nichait dans son cœur, ayant grandi, couvée par le temps. Une telle hargne n’était pas digne de la Chevalerie, et même si Colombe l’avait rassurée à ce sujet… Son ancien maître ne savait pas tout. Si Douhbée rageait seulement par rapport à Ulyss, ça aurait été raisonnable, compréhensible, voire même normal. Mais il n’était pas la seule victime de ses sombres pensées, et même si tout découlait de lui, que c’était entièrement sa faute, il était impardonnable que la pardusse déteste autant l’une de ses sœurs d’arme. La jeune femme détourna le regard, souffrant de croiser les yeux d’or de Soren alors qu’elle pensait à son ennemie, cherchant à tout prix à le dissocier d’elle, mais il la força à garder le contact visuel. Elle accepta tout de même, à contrecœur, de l’accompagner dans son exercice de respiration, mais n’en ressorti pas apaisée.

-Je suis un Chevalier pitoyable… marmonna-t-elle à nouveau, pour elle-même. J’veux dire, incapable de déclencher mon pouvoir sur commande, tout les Chevaliers devraient en être capable, c’est pas normal, se corrigea-t-elle, voulant justifier ses propos, bien qu’ils n’avaient pas réellement été pensés par rapport à son don de voir le futur.

Douhbée soupira en prenant les doigts de son époux, pour le suivre jusqu’à la cellule, où elle attendit à l’entrée. L’odeur d’Ulyss lui puait au nez, maintenant qu’elle avait conscience de celle-ci, ça ne l’aidait définitivement pas à refouler sa colère. La jeune femme lui indiqua ce qu’elle avait déjà inspecté, pendant que Soren farfouillait pour essayer de trouver un objet assez personnel pour qu’elle établisse un lien avec son ancien agresseur. Mais que pouvait-il posséder de personnel, alors qu’il avait été défait de tous ses biens? Un tintement métallique la fit froncé des sourcils, remarquant alors que son mari avait trouvé un morceau de métal ordinaire, et pourtant tout à fait incongru dans la cellule d’un prisonnier. La pardusse jeta un regard noir autour d’elle, cherchant un soldat à blâmer pour avoir laissé l’ombre d’une arme entrer en la possession du captif, mais il n’y avait personne. Une voix nasillarde dans sa tête s’amusa à lui signifier qu’ils avaient tous eu peur de sa réaction complètement folle, et elle n’avait probablement pas tord… Elle-même se faisait peur. Comment Vigie pouvait-il garder son sang froid alors que son épouse perdait les pédales? *Et s’il cessait de t’aimer, en apprenant les horreurs qui te passent par la tête?* lui nargua la même voix, qu’on pourrait appeler «mauvaise conscience».

-Il y a quelque chose derrière? fit-elle mine de s’intéresser, lorsque Soren tira la base du lit où il avait découvert l’objet métallique. En réalité, elle voulait juste penser à autres choses. Soren? Qu’est-ce qu’il y a? s’inquiéta-t-elle en remarquant qu’il ne lui répondait pas, fixant la pierre froide du mur en silence.

Lorsqu’il l’entendit enfin, Vigie lui demanda de ne pas venir, mais sachant qu’il tenait quelque chose, Douhbée ne se voyait pas rester à l’écart. Qu’est-ce qui pourrait être pire, de toute façon, que ce qu’elle ressentait déjà. En prenant conscience de l’étendu de la folie qui avait prise Ulyss au cours des trois dernières années, la pardusse ne sut comment réagir. Pendant un long moment, elle resta silencieuse, à regarder son nom écrit fébrilement de part et d’autres, et elle ne ressentit rien du tout. Sauf peut-être une once de soulagement : elle n’était pas la seule à devenir cinglée. De son côté, Soren lui bouillonnait, cherchant d’autres traces de cette frénésie maladive à l’égard de son épouse, qu’il trouva sans peine derrière les autres meubles. La jeune femme reporta son attention aux lettres et eut une soudaine envie de vomir. Et ce n’était pas le bébé, pour une fois.

-Il est complètement fou… Fou dangereux… marmonna-t-elle en évitant de préciser «comme moi».

Elle ne s’était même pas rendu compte, en fait, qu’elle avait énoncé cela à voix haute, concentrée sur les écriteaux, et sursauta lorsque Soren la toucha, comme si elle craignait subitement de voir apparaître Ulyss. Tout cela… le rendait beaucoup trop… vivant! Et effrayant. De la colère et la tristesse, Douhbée avait finalement retrouvée la seule émotion sensée qu’elle aurait du ressentir face à pareille situation : la peur. Mais la peur lui avait gâché la vie, elle ne pouvait pas la laisser l’habiter, et son seul moyen pour la combattre, c’était la rage. Voilà pourquoi son cœur cachait autant de haine, c’était ce qui semblait être la seule arme contre lui.

La jeune femme referma ses doigts sur l’objet de la folie d’Ulyss, fermant les yeux pour essayer de faire le vide dans sa tête. Ce n’était pas l’absence d’empreinte de son tortionnaire qui l’avait empêché d’avoir une vision, mais sa propre colère, elle le savait. Pourtant, la froideur de l’éclat métallique lui permis de s’attarder sur ce seul petit détail, effaçant tout le reste de sa tête. Et bientôt, ce fut comme s’il n’était plus là. Plus de froid, plus de la respiration rassurante de Soren, plus de l’odeur âcre de l’incube. Juste Douhbée.

La petite silhouette effrayée courrait à toute allure dans les ruelles de la ville, son souffle saccadé résonnant dans la tête de la Chevalier. L’enfant jeta un regard paniqué derrière elle, soupira en constatant qu’elle distançait son poursuivant, trop faible pour conserver le rythme d’une gamine en santé, et cru qu’elle réussirait à le semer lorsqu’elle trébucha sur une caisse de bois qu’elle n’avait pas vue, trop occupée par ce qui se passait derrière pour regarder devant. Douhbée n’eut que le temps d’y lire le nom du commerce d’où ladite caisse provenant, avant que la gamine ne pousse un cri aigüe au contact d’une main féroce qui l’agrippa par les cheveux, surplombée par une ombre ailée.

-Le nacre rosé? s’étonna-t-elle en dévisageant son mari. Tu as déjà entendu ça, quelque part? J’ai vu une caisse portant ce nom, Nacre Rosé, c’est une bijouterie?

Un toussotement la fit à nouveau sursauter, et Douhbée remarqua qu’ils n’étaient plus seuls, les gardes étaient venus vérifier si leur enquête progressait, visiblement. Avant même qu’il ne lui explique ce qu’était réelle le Nacre Rosé, la pardusse avait compris, d’après les nuances de roses qui coloraient justement ses joues. Où d’autre un homme tel qu’Ulyss aurait put accourir dès ses premières heures de liberté, sinon un bordel?

-Je crois que je sais où c’est… l’interrompit-elle dans ses explications bafouillée en se souvenant de l’établissement où des filles de joies avaient voulu entraîner Vigie, écuyer à l’époque, charmées par sa timidité de puceau.

Les deux Chevaliers retrouvèrent bien vite l’établissement, et Douhbée s’adossa à son mur, se cachant dans l’ombre de son toit. Elle était beaucoup trop reconnaissable dans cette foule, et si elle voulait piéger Ulyss, elle ne devait pas être vue. La pardusse décrocha son arc, sans encocher de flèche, et attendit en épiant la foule, décrivant du mieux qu’elle le pouvait l’enfant de sa vision.

-Je suis certaine que c’est ici, maintenant, c’est probablement la ruelle en arrière, mais idéalement, j’aimerais trouver la gamine avant qu’il ne la trouve, expliqua-t-elle en cherchant à retrouver la petite tête noire qu’elle avait vue l’instant d’avant. Lorsqu’elle la repéra enfin, son cœur s’emballa, et elle s’empressa de la désigner à son époux. En fait, l’enfant sortait justement du bordel… probablement la fille d’une des prostituées. Douhbée serra les dents, se demandant combien d’années de repos la gamine aurait avant d’être réduite au même travail dégradant de sa mère. Il ne manquait plus qu’à repérer Ulyss.
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MessageSujet: Re: Encore lui? [Vigie]   Mer 30 Nov - 10:05

Glissant sa main sur celle de sa bien-aimée, Vigie l’incita à fermer les doigts autour de l’éclat de métal qui, à première vue, semblait totalement inoffensif et inutile. La jeune femme ferma les yeux et de longues secondes s’écoulèrent. Le chevalier retenait presque son souffle tant il espérait que sa femme ait une vision. La respiration de Douhbée se calma, puis elle fut soudainement secouée d’un soubresaut et sembla ensuite prise dans une sorte de transe. Ça y était! Son pouvoir s’activait! D’autres minutes s’écoulèrent avant que la pardusse ne revienne à elle. Elle ouvrit ses grands yeux dorés et scruta les traits soucieux de son mari. Le Nacre Rosé? Voilà un drôle de nom… Fronçant les sourcils, le pheryxian sembla creuser dans sa mémoire… Pourquoi ce nom lui disait-il quelque chose? Une bijouterie? Non… il lui semblait que non…

Le toussotement du garde ponctué du rose qui lui teintait les joues eut pour effet de rafraîchir la mémoire du chevalier immaculé. Lui-même sentit le pourpre lui monter au visage en se rappelant où il avait vu ce nom. Il y avait passé son enterrement de vie de garçon quelques jours avant le mariage. Non, il n’avait pas couché avec ces damoiselles, mais ses compatriotes de cohorte les avaient payées pour qu’elles dansent pour lui… enfin… danser… BREF. Voilà qui était embarrassant… En même temps, c’était terriblement logique vu la nature des crimes d’Ulyss. Ouvrant la bouche, Vigie fut interrompu par Douhbée qui déclara soudainement savoir où se trouvait l’établissement en question. Oooooh il le savait aussi… mais se garderait bien d’en faire part. Il espérait seulement que les courtisanes ayant dansé pour lui ne se rappelleraient pas de sa tronche.

Sans plus attendre, les deux chevaliers se mirent en route, sortant des geôles et grimpant rapidement sur leurs montures avant de les talonner. Il n’y avait pas de temps à perdre, la sécurité de Miya était en jeu! Une fois en ville, le duo ne mit pas de temps à retrouver le bordel qu’ils cherchaient. Douhbée se plaqua contre le mur, à l’ombre du toit et effectua une description sommaire d’une gamine qu’elle avait vue dans sa vision. Ainsi, son écuyère n’était pas la seule à subir les affres de cet immonde incube? Voilà qui rajoutait encore davantage à l’urgence de la situation. Vigie écouta les propos de sa femme d’une oreille attentive, puis porta son regard à l’endroit désigné par celle-ci. Ses yeux d’or fondu scrutèrent une enfant de petite taille avec de longs cheveux d’ébène. Probablement une enfant de prostituée… Elle se dirigeait vers une ruelle adjacente avec un paquetage dans les bras et le chevalier blanc jeta un regard entendu à sa compagne. Il fallait qu’il l’empêche d’y entrer, sachant qu’Ulyss n’était pas loin. Malheureusement, il serait impossible pour lui de reconnaître l’homme puisqu’il ne l’avait jamais vu. Le mieux était que Douhbée reste derrière et observe les environs.

- Je ne vais pas rester là à attendre qu’il saute sur cette enfant, ce serait trop m’en demander, fit-il tout bas à la pardusse. Nous savons tous les deux qu’il est tout près, vu ta vision. Je vais interpeller l’enfant et je compte sur toi pour surveiller les environs. Je ne l’ai jamais vu alors que toi, tu pourras probablement l’identifier entre mille. Fais-moi signe dès que tu l’auras repéré, d’accord?

Sans plus attendre, Vigie s’avança dans la foule, les mains dans les poches. Puisqu’il était en congé, il n’avait pas revêtu d’insigne officiel le rattachant à Alombria et était habillé en simple civil. Les chances qu’Ulyss reconnaisse son titre étaient donc assez minces. Il marcha à travers les citoyens, l’air de rien, et se rapprocha subtilement de l’enfant qui s’engouffrait dans la ruelle. Il y eut un bref mouvement sur la droite, à peine perceptible pour Vigie. C’est Doubhée qui lui signifia avoir vu quelque chose, bien qu’elle avait eu du mal à identifier clairement l’individu en question. Le chevalier entra dans la ruelle à sa suite et vit que l’enfant jetait des ordures près d’une pile à cet effet. Au bout de la ruelle, un mouvement bref se fit percevoir à nouveau, signe qu’un homme avait passé son chemin d’un pas accéléré.

** [Douhbée] Je crois l’avoir vu! Il est parti vers la gauche. Sois prudente et ouvre l’œil! **

L’enfant lui jeta un regard interrogateur et le pheryxian lui décocha un sourire.

- Pardon, je t’avais pris pour quelqu’un d’autre, mentit-il à son intention. Je cherche ma petite sœur, elle te ressemble un peu. On m’a dit qu’elle traînait dans le coin. Tu n’aurais pas vu une autre enfant aux cheveux noirs un peu plus longs que les tiens?

La gamine répondit par la négative et Vigie afficha un air déçu. Il la remercia, puis s’éloigna. Il devait revenir auprès de sa femme et vite! Le jeune homme accéléra le pas et jogga jusqu’au point de départ où se trouvait Douhbée… originellement. Un air désemparé au visage, Vigie réalisa qu’elle n’y était plus. Il jeta un regard autour de lui, sans grand succès.

**[Douhbée] Chérie, où es-tu? Tu n’es pas à notre point de rencontre. Douhbée??**

Elle ne répondait pas. Étrange. Était-il arrivé quelque chose? Son cœur commençait à battre la chamade. Il n’aimait pas ça. Ouvrant ses ailes immaculées, le chevalier blanc gagna de l’altitude en un battement avant de venir se poser sur le toit de l’établissement. De son perchoir, il avait une vue d’ensemble sur la capitale, ce qui lui permettait de scruter la foule. Rien. Il tenta à nouveau de la contacter, mais se buta à un mutisme toujours présent. Il tourna lentement sur lui-même et remarqua du mouvement dans les ruelles sombres plus loin. On traînait un corps inanimé?! Oh bon sang… Douh!! Vigie courut sur les tuiles de terre cuite du toit puis se jeta dans le vide, glissant dans l’air grâce à ses ailes toutes grandes ouvertes. Il survola les toits des maisons avoisinantes, ses iris de rapace scrutant nerveusement les environs à la recherche de sa bien-aimée. C’est alors que le message télépathique de cette dernière le heurta de plein fouet. Ulyss était avec elle?! Il devait faire vite avant que l’irréparable ne soit commis!

Bon sang, il allait faire payer ce connard!!
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Douhbée
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MessageSujet: Re: Encore lui? [Vigie]   Dim 18 Déc - 21:05

Soren s’empressa de se proposer pour rester près de l’enfant, le temps qu’elle réussisse à repérer Ulyss. Ainsi, la gamine ne risquerait rien, mais Douhbée ne serait pas à la vue, diminuant ainsi les chances que le criminel ne se sauve en la remarquant. La pardusse acquiesça, évidemment, bien que ce fut peu nécessaire, son mari prenant déjà de l’avance à se rapprocher de la demoiselle, marchant d’un pas leste, comme s’il n’était qu’un simple client du marché… ou de la nacre rosé! La jeune femme en profita pour observer les environs, notant chaque mouvement inattendu avec angoisse. Tendue comme un ressort, prête à sauter à la moindre occasion. Cet homme-là ne vivrait pas un crépuscule de plus, elle s’en faisait le serment.

Particulièrement alerte, non pas uniquement à cause de la demande de prudence de son mari mais bien d’elle-même, Douhbée ne manqua pas le bref mouvement dans la ruelle, déclenchant les battements précipités de son cœur. L’excitation à l’idée d’obtenir enfin vengeance? Elle fit un discret signe à Soren pour lui signaler qu’elle avait vu quelque chose, et celui-ci se rapprocha davantage de la présumée victime. Cela eut pour effet de dissuader immédiatement la silhouette, qui ne pouvait être qu’Ulyss, qui s’empressa de tourner les talons pour s’éloigner. Encore une prémonition de contrée, et certainement pas la dernière! Ne voulant pas le perdre de vue le moindre du monde, la pardusse se mis à le suivre de loin, son arc bandé, prêt à tirer. Seulement, lorsqu’elle mit les pieds dans la ruelle pour suivre l’ombre furtive qu’elle avait aperçue, celle-ci détalait déjà au coin d’une autre, disparaissant de sa vue. Pressée, la jeune femme s’enfonça à sa suite, tourna à gauche, puis à nouveau à droite alors qu’il la semait, et une dernière fois à gauche, incertaine de la direction qu’il avait prise. Nerveuse, elle réalisait enfin qu’il avait échappé à sa vigilance, et sa poigne se crispa sur son arc, frustrée de l’avoir à nouveau échappé, au moment où elle recevait un message télépathique de son mari, inquiet de ne pas la retrouver au point de rencontre.

Douhbée soupira, découragée et incapable de lui répondre, se demandant ce qu’elle pouvait bien lui dire, maintenant qu’elle l’avait perdu. Frustrée, elle sentit les larmes poindre dans ses yeux alors qu’elle réfléchissait à la bonne façon de s’expliquer, lorsqu’une vraie raison de pleurer l’assailli : un coup solide porté sur le côté du crâne, qui lui fit voir instantanément des étoiles et remplir ses yeux de larmes. La pardusse arriva juste à couiner de douleur, étouffée par un second coup, au ventre celui-ci, qui lui coupa la respiration et la possibilité de crier. Sa première pensée cohérente fut de s’inquiéter pour le bébé, mais si elle commençait tout de suite à y penser, elle ne s’en sortirait jamais. Valait mieux s’inquiéter d’elle-même. Déjà, elle sentait qu’on la traînait, et si ses yeux encore troublés l’empêchaient de voir son assaillant, l’odeur de celui-ci… elle l’aurait reconnue entre mille, même avec la couche de crasse de la prison qui le recouvrait.

Essayant difficilement de retrouver ses esprits malgré son souffle court et son mal de crâne, Douhbée arrivait à peine à gigoter pour protester contre le fait d’être trimballée selon le bon vouloir d’Ulyss. Seul un bruit rauque s’échappa toutefois de sa gorge, augmentant la douleur lancinante dans sa tête. L’intervention de Soren par télépathie ne l’aida pas plus à se focaliser, raisonnant en écho bruyant entre ses oreilles, lui faisant fermer fortement les yeux d’impuissance.

-Comme on se retrouve, ma belle… j’espérais bien avoir la chance de te faire payer ces années derrières les barreaux…

La voix lui parvenait de si loin, comme s’il se trouvait à des lieux, bien qu’elle voyait distinctement son visage à quelques centimètres du sien désormais. Ce visage de cauchemar qu’elle rêvait d’ensanglanter depuis tant d’années, et qui affichait ce sourire narquois typique en la brutalisant, la jetant contre une pile de déchets comme on jette un sac de pommes de terre. L’homme, bien qu’affaibli, ne manqua pas de force pour lui plaquer sa main contre ses lèvres, probablement afin d’éviter qu’elle ne cri, tâtant son corps de l’autre à la recherche de l’attache de sa ceinture, de plus en plus difficile alors que la pardusse commençait à s’agiter pour échapper à sa poigne. Cette fouille sommaire eut le don d’aider Douhbée à reprendre le dessus sur ses sensations et rouvrir son esprit à la télépathie.

***[Vigie]Soren! C’est Ulyss, il m’a sonné, j’sais pas où j’suis, aide-moi! J’ai mal! *** se plaignit-elle alors que la douleur dans sa tête revenait l’accabler sous l’effort d’utiliser sa magie.

Puis, Douhbée sentit la main de son assaillant contre son ventre, et vit distinctement la surprise dans le regard d’Ulyss lorsqu’il en sentit la douce rondeur de l’enfantement, encore si peu perceptible, mais tout à fait incongrue chez une jeune femme aussi entraînée qu’elle. Le moment de surprise lui permis de renverser la vapeur, lui crachant au visage tout en lui enfonçant son genoux dans les parties génitales, le faisant perdre prise sur elle alors qu’il s’effondrait dans un cri de douleur. La pardusse s’empressa d’essayer de crier, pour attirer l’attention de son époux, mais seul un toussotement s’échappa de sa gorge, alors que l’air peinait encore à retrouver son chemin.

Comme Ulyss semblait se relever et que la pardusse n’avait pas lâché son arc pendant tout ce temps, elle le frappa sur la tempe avec celui-ci, ne pouvant pas réellement l’armer avec une telle proximité. Puis, elle dégaina le couteau enfoui dans sa botte, au moment où elle entendait enfin les battements d’ailes rassurants qui la rejoignait. Son ventre la faisait souffrir, son crâne aussi, mais ce n’était pas le moment d’y penser, ni à cela, ni à Primrose, malmenée par toutes ces péripéties. Le couteau pointé vers l’objet de ses cauchemars, Douhbée attendit quelques secondes que Vigie la rejoigne, et constata avec plaisir que le violeur ne se relevait pas. Elle l’avait probablement trop sonné.

-Mon amour… chuchota-t-elle entre deux toussotements, la voix rauque. Tourne le, s’il-te-plait. Je veux l’voir. Je veux m’assurer qu’il est conscient de qui lui tranche la gorge et que ce soit mon visage qu’il le hante en enfer, rugit-elle, pourtant incapable de faire ce qu’elle devait pour s’approcher de lui, sa main qui ne tenait pas son arme posée à plat contre son ventre douloureux. Il avait failli l’avoir. Encore. Il m’a… frappée. Il a frappé Rose. J’vais tuer cet enfoiré, Soren, laisses-moi le tuer, se mit-elle soudainement à sanglotter, c’est moi qui doit l’faire.
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MessageSujet: Re: Encore lui? [Vigie]   Mer 11 Jan - 11:05

Il allait lui faire la peau à ce connard de première! La mâchoire serrée, Vigie filait dans l’air à toute allure. Son cœur battait la chamade et il farfouillait nerveusement les ruelles de son regard. S’il osait porter la main sur elle, il n’était pas mieux qu’un homme mort!! Il n’aurait même aucun scrupule à user des connaissances en torture qu’il avait acquises pendant son passage à Irianeth juste pour faire payer son affront à cet enfoiré de première. Il glissa dans l’air avec une rapidité surprenante puis tourna à droite, là où il croyait avoir vu du mouvement.

**[Douhbée] J’arrive Douhbée!! Tiens bon! **

Mais merde, où étaient-ils?! Ils n’avaient pas pu filer aussi rapidement en une fraction de seconde, non?! Bien sûr, Ulyss avait probablement gagné de la vigueur et de la force avec l’adrénaline qui coulait dans son sang, mais de là à s’éclipser totalement… Repérant des traces au sol, Vigie tourna à gauche cette fois et fut enfin soulagé de voir la silhouette familière de sa femme. Elle était debout, chambranlante et couteau en main, alors qu’Ulyss était au sol devant elle. Elle… elle en était venue à bout? Était-il mort? Sans plus attendre, le pheryxian se posa au sol et attrapa rapidement cette dernière dans ses bras afin de la serrer tendrement contre lui. Il voulait lui demander si elle était blessée, s’il avait abusé d’elle, s’il était mort… Tant de questions! Mais il ne put prononcer le moindre mot, car déjà, la mère de sa future fille prenait la parole. Selon ses propos, il comprit qu’Ulyss était toujours vivant. Les muscles de sa mâchoire se tendirent à nouveau et, alors qu’il s’éloignait de la pardusse pour s’activer, il serra les poings, prêt à frapper le connard qui avait osé détruire la vie de sa bien-aimée. Une fois à sa hauteur, c’est avec un coup de pied qu’il le retourna sur le dos sans ménagement. Si à l’origine il n’avait aucune intention de tabasser outre mesure Ulyss, ses envies changèrent du tout au tout alors que Douhbée déclara que le salopard avait osé la frapper à l’abdomen. QUOI?! Ça expliquait la voix rauque et l’air crispé qu’elle avait…

Vigie n’entendait plus les supplications de sa bien-aimée qui lui demandait de la laisser le tuer. Il voyait rouge. Il voulait sa peau à ce connard! Non seulement avait-il causé un mal quasi irréparable à la femme de sa vie, mais en plus, il avait osé porter la main à sa petite perle qui grandissait, bien au chaud, au creux de la chevalière. Soren le frappa au visage à plusieurs reprises, déformant les traits de l’incube alors que sa peau boursoufflait déjà. Il agrippa ensuite l’impudent par les cheveux et lui balança une vive décharge électrique. Ulyss hurla de douleur alors que son corps était secoué par les spasmes. Le chevalier immaculé ne voyait plus rien, n’entendait plus rien. Que la rage profonde au fond de lui. Du moins… jusqu’à ce que la voix de sa femme lui hurle d’arrêter. Il ne stoppa qu’à ce moment, le poing en l’air prêt à frapper de nouveau. C’est vrai, ELLE voulait être son bourreau. Il ne pouvait pas lui refuser ça… Il jeta un bref coup d’œil par-dessus son épaule, son regard doré croisant les iris furieux et suppliants de sa femme. C’était SON privilège à elle, il n’allait tout de même pas lui voler ça, non?

Son regard s’abaissa tranquille alors qu’il repéra un truc qui le perturba, l’espace d’un instant. Là, entre les jambes de Douh… Il y avait du sang qui coulait le long de ses vêtements. Son expression dure et sadique se mua soudainement en panique et en tristesse. Il relâcha sa victime, puis se précipita vers sa compagne.

- Douh!! Tu saignes! Oh bon sang!

Il porta instinctivement la main au ventre de sa femme et constata avec horreur qu’il ne ressentait pas les mouvements de bébé Rose. C’était mauvais signe, assurément. Son épouse baissa la tête et constata également la perte de son hémoglobine. Ses traits trahissaient toute la colère, l’horreur et la panique qui traversaient son esprit. Était-elle en train de perdre leur enfant? La jeune femme releva la tête et son regard doré croisa les iris de Soren. Ils se posaient la même question. Elle… elle devait voir une guérisseuse et vite! Rapidement, le pheryxian attrapa le visage de sa bien-aimée entre ses mains pour la forcer à garder le focus sur lui et il esquissa un sourire, tentant d’avoir l’air confiant… du mieux qu’il put, du moins.

- Okay, pas de panique ma belle, souffla-t-il à son intention. Ça va aller. On va terminer ce pour quoi nous sommes venus et je t’emmènerai à la princesse Nata afin qu’elle t’inspecte. Je suis sûr que ce n’est rien… Tu m’écoutes, Douh?

Du mouvement se fit sentir derrière lui. Une ombre se relevait, menaçante, tremblante et en quête de vengeance. Tout se passa si vite. Une vive douleur se fit ressentir sur son flanc gauche, au niveau de sa cage thoracique. Une dague s’enfonça entre ses côtes très profondément. Trop pour que ce soit bénin. Vigie poussa une plainte alors que le métal acéré mordait sa chair. Lorsqu’Ulyss retira la dague, le chevalier sentit ses forces le quitter soudainement. Ses jambes ramollies par la souffrance cédèrent sous lui et Soren se retrouva à genoux au sol, l’une de ses mains étant instinctivement portée à sa plaie. Douhbée se tenait devant lui, la bouche ouverte, réalisant à peine ce qui se passait. Ce n’était qu’une question de secondes avant qu’une folie meurtrière ne la prenne d’assaut et il le savait. Vigie toussota, sentant son souffle devenir plus rauque. Un filet de sang sortit de sa bouche. Il avait la tête qui tournait et ne comprenait plus très bien ce qui se passait autour de lui.

Il perçut le hurlement de rage de Douhbée. Il la sentit passer à côté de lui pour se ruer sur Ulyss. Cet homme, en ce moment, devait très certainement regretter le jour où il était venu au monde. L’attention que le chevalier immaculé portait à la scène qui se déroulait juste à côté de lui s’arrêta là. Il préférait conserver ses forces pour garder le focus sur sa propre situation. Il ne devait pas défaillir et surtout, il devait rester calme. Si la panique le prenait d’assaut, son pouls s’accélérerait et son poumon atteint se gorgerait plus rapidement de sang.

Sa femme hurlait au visage de l’incube. Il ne comprenait pas bien de quoi elle parlait. Elle lui jetait probablement tout le venin qu’elle avait accumulé au fil du temps. L’abcès causé par l’infamie de son ancien geôlier était enfin percé. Dès que tout serait fini, elle serait enfin libérée et elle pourrait voler de ses propres ailes, bien haut au-dessus de ces années de noirceur.

Il avait envie de lui dire qu’il l’aimait, là tout de suite. En aurait-il simplement la force?
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MessageSujet: Re: Encore lui? [Vigie]   Mer 11 Jan - 22:09

Douhbée se retrouva bientôt blottie contre son mari, encore crispée de douleur et tremblante de rage (ou de peur?), et même si elle avait hâte d’en terminer avec son bourreau, elle n’arrivait pas à se résoudre à lâcher Vigie, qui savait la rassurer par sa seule présence. Ce fut lui qui rompit ce réconfortant contact, et pendant un instant elle cru qu’il faisait seulement ce qu’elle lui avait demandé, soit le retourner et le tenir le temps qu’elle achève cette ordure… Mais non. Lui aussi avait souffert d’Ulyss, bien qu’indirectement, la douleur de la pardusse, ses peurs, ses hésitations, ses colères, tout cela venait de cet incube qui lui avait gâché son enfance, et Soren en avait toujours été affecté. Mais plus encore, apprendre qu’il avait frappé sa fille, cela semblait avoir mis le phéryxian dans une colère incontrôlable. Pour peu, la Chevalier se serait sentie rassurée… Oui, rassurée, car elle s’en était trop longtemps voulu d’être incapable de contrôler ses émotions face à l’injustice, de ne pouvoir étouffer ses frustrations dans les moments trop forts… Alors ça la rassurait, de savoir qu’elle n’était pas la seule, qu’elle n’était pas folle, déséquilibrée… Juste vivante.

Toutefois, c’était à elle de le faire, de le finir une bonne fois pour toute, et si Douhbée n’en voulait pas à Vigie de passer sa frustration sur ce déchet de l’humanité, il devint bien vite beaucoup trop violent, martellant l’épave de ses poings, de ses pieds, le dévisageant rapidement, jusqu’à ce que la pardusse commence à craindre qu’il ne le tue.

-Arrête Soren! S’il-te-plait! Je dois le faire moi-même!

Oui, craindre qu’il ne le tue, parce que c’était à elle d’abattre cette ordure, pour son bien-être mental! Sans qu’elle saches comment, Douhbée avait la certitude que c’était ce qu’elle avait besoin pour que toute sa souffrance disparaisse à jamais. Ses crises de colères pour des raisons égoïstes : sa jalousie pour Isil, le sentiment de rage lors des missions touchant l’esclavagisme ou les enfants, pour ne nommer que celles-ci… Tout ça était lié, de près ou de loin, à Ulyss, et elle le savait. Assassiner son bourreau, c’était le seul moyen de faire la paix avec son passé.

-J’en ai besoin pour me libérer, je t’en pris, laisse-le! se plaignit-elle d’une voix qui commençait à retrouver de sa vigueur, juste après que Vigie eut envoyé une violente décharge à Ulyss, qui le laissa hors d’état de nuire pour un bon moment (du moins le croyait elle)

Soren s’arrêta, se retournant vers elle, et Douhbée ne put s’empêcher de soupirer. Bien que faible, il lui semblait encore qu’Ulyss respirait. Tant mieux. Il devait la regarder droit dans les yeux lorsqu’elle lui trancherait la gorge. Toutefois, ce fut l’ambre des iris de Vigie qui l’inquiéta, alors qu’il la détaillait d’un air… inquiet, justement. Ce n’est qu’à cet instant que la pardusse réalisa la chaude humidité entre ses cuisses, et, sans oser baisser les yeux pour regarder, la jeune femme glissa un doigt sur la toile de son pantalon et le releva vers son visage, pour constater ce qu’elle craignait. Vigie se précipita vers elle, en comprenant qu’elle saignait et, paniquée, la Chevalier tenta de ressentir, au fond de ses entrailles, le mouvement rassurant de la petite fleur qui s’épanouissait en elle… Hors, le calme battement de cœur qu’elle pouvait parfois sentir lorsqu’elle s’y concentrait était absent.

-Prim… sanglota-t-elle, les lèvres tremblantes. Ma p’tite Rose, ma fleur, mon bébé… bredouilla-t-elle malgré les paroles rassurantes de son époux.

Il fallait que ce soit rien… Elle devait avoir ce bébé, elle l’avait vu en prémonition! Elle, et son petit frère, dans quelques années! Et pourtant… Douhbée tenta de chasser, sans succès, la pensée qu’il lui était parfois (souvent) arrivé de contrer une vision lorsqu’elles s’annonçaient catastrophiques… n’avait-elle pas sauvée la vie de Céleste au détriment de la mort qu’elle avait vue? La jeune femme se mit à pleurer. Par ses gestes, elle était capable de changer le futur. Sa soif de vengeance, son refus d’écouter son mari (il lui avait pourtant demandé de rester à la maison!) … est-ce que ça pouvait avoir tué sa fille?

Trop déconcentrée par se panique, mais aussi trop persuadée que Soren avait mis Ulyss hors d’état de nuire, Douhbée cru que son cœur manqua un battement lorsqu’elle vit l’ombre apparaître derrière le phéryxian. Elle ouvrit la bouche pour l’avertir, mais il était déjà trop tard. Le tout c’était passé trop vite pour que la pardusse comprenne, encore trop de sang, encore des cris, et cet enfoiré qui ne voulait pas mourir proprement et sagement comme son destin le lui imposait! La seconde suivante, le bourreau voulu régler le compte de la jeune femme de la même façon, mais elle avait repris ses esprits. Et sa haine. D’un tour de main, elle désarma son adversaire en lui enfonçant ses griffes félines dans le poignet et ce n’est qu’en ruinant la moitié de sa main qu’il parvint à lui échapper.

-Si tu penses que tu vas t’en sortir comme ça! Violeur! Meurtrier! Bourreau! Lâche! Abuseur! Monstre!

Mais elle n’allait pas le laisser fuir, cela était hors de question! À peine eut-il tourné d’un quart de tour pour dégager le terrain que Douhbée sautait déjà sur lui, toutes griffes dehors, sans ménagement, s’écroulant au sol avec lui. Il l’avait détruite. Avait tué sa fille. Blessé son mari. Quel calvaire pouvait-elle lui imposer qui puisse valoir toutes ces souffrances? Même la mort semblait trop douce. Et pourtant, elle ne put se retenir, malgré son envie pulsante de le faire d’abord souffrir, sa colère était trop forte et la supplanta. À mains nues, elle étrangla, déchiqueta, frappa, toute en criant sa frustration, vidant son cœur de haine, jusqu’à ce que la masse de chaire et de sang sous elle ne cesse de s’agiter. Le sang de qui, au juste?

Douhbée s’arrêta seulement lorsqu’elle comprit qu’elle continuait à se battre pour rien. Ulyss était bel et bien mort, et tous les supplices qu’elle aurait pu vouloir lui infliger n’auraient rien changé. Soudain, son ventre se contracta, laisser échapper le peu qu’elle avait réussi à ingurgiter pour déjeuner, en plein sur le cadavre de son ancien bourreau. Tout ce sang, cette douleur, cette rage, c’en était trop pour son corps meurtri. Meurtri et sensible par la maternité… enfin, l’était-elle encore?

-Soren? souffla-t-elle en se souvenant qu’il était autant, ou alors plus, blessé qu’elle, et elle s’empressa de se précipiter auprès de lui.

Hors, leur situation n’était pas glorieuse. Soren ne pourrait pas voler, encore moins marcher, pour la porter jusqu’à Nata comme il l’avait dit quelques instants plus tôt. Et ses entrailles, à elle, saignaient toujours comme un rappel tragique de l’enfant qu’elle risquait de perdre. Qu’elle avait peut-être déjà perdue? Tremblante, autant de fatigue du combat que de la faiblesse de son état, Douhbée sut qu’elle ne pourrait pas marcher non plus pour rentrer. Étaient-ils vraiment pour mourir stupidement dans ce fond de ruelle pour n’avoir pas pu rentrer au château? La pardusse se secoua, tenta d’entrer en contact télépathique avec sa sœur, puisqu’elle était également guérisseuse, mais son crâne la fit intensément souffrir, et aucune communication ne s’établit. Têtue, elle retenta l’expérience, avec Nata cette fois-ci, avec le même insuccès et la même douleur. Puis elle se remit à pleurer, se jetant stupidement, impuissantes, entre les bras sanglants de son mari. Comment deux Chevaliers aussi forts qu’eux pouvaient-ils terminer comme cela? Et Primrose… Quel genre de dieu atroce avait pu décider que cette enfant ne méritait pas de vivre? Tout cela à cause de l’incompétence de ses parents à rentrer au château, rejoindre les appartements de la magicienne et recevoir les soins qui…

Faiblissant, Douhbée sentit qu’elle perdait contact avec la réalité, n’étant même plus capable de suivre le fil de ses propres pensées. Les yeux clos, appuyée contre le torse de Soren, tout aussi faible et calme (trop calme) qu’elle, la Chevalier abandonna. Elle n’avait plus la force, de toute façon, de se plaindre, se sentant seulement coupable d’avoir échouée à être une mère. La pardusse essayait de calmer ses pleurs en s’imaginant arriver à rejoindre Nata, débouler dans ses appartements, être soignée, Vigie aussi, ainsi que Primrose, et que la vie conti… Quel beau rêve, n’est-ce pas?

Juste avant de sombrer dans l’inconscience, Douhbée entendit distinctement des voix, étonnées, puis paniquées. Les avait-on trouvés dans la ruelle? Un peu trop tard, non? La jeune femme s’écroula, mais plutôt que de rencontrer le sol de pierre dur et froid de la ruelle, sa peau entra en contact avec le doux tapis couvrant les appartements de la magicienne Nata…
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