Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Altercation au Paresseux [Libre]

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Ceit Moira
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MessageSujet: Altercation au Paresseux [Libre]   Sam 19 Nov - 15:52

- C’est un plaisir de faire affaire avec vous, sire.

Une serrée de main et l’affaire fut conclue. La lycan salua l’homme de la tête et quitta la maisonnée où elle venait de livrer sa marchandise. Il s’agissait en fait d’une épée de première qualité, dont le manche était finement travaillé et orné de quelques pierres précieuses. L’homme d’affaires désirait l’offrir à son futur gendre, car sa fille se mariait dans un mois. Il avait donc commissionné Ceit puisqu’elle et son père adoptif avaient une excellente réputation dans la région.

La jeune femme se faufila au travers des rues bondées, le village marchand étant très populaire à ce temps-ci de l’année. On profitait de l’accessibilité des routes au printemps pour faire reprendre les affaires. C’était aussi un moment où les gens étaient plus enclins à dépenser pour avoir du nouvel équipement ou pour faire un cadeau aux autres. Alors, tout le monde se retrouvait à la place publique. C’est d’ailleurs là que la lycan se rendait, car elle désirait visiter Le Paresseux, la taverne locale.

Elle fit irruption dans le bâtiment et se dirigea directement au comptoir pour se commander une bière. « Salut, Georges. La même chose que d’habitude! » lança-t-elle au tavernier. Sans pour autant être une cliente régulière, elle venait assez fréquemment pour qu’il la reconnaisse et sache sa commande par cœur. Il faut dire qu’une beauté dans la fleur de l’âge avait ses avantages…

Elle était à demander des nouvelles de la femme du propriétaire des lieux quand une bagarre éclata derrière elle. Ceit Moira l’ignora; elle avait l’habitude. Cependant, le trouble vint la trouver bien malgré elle. Dès qu’elle eut sa bière en main, quelqu’un vint la bousculer et elle renversa le contenu alcoolisé de sa choppe partout sur elle. « Hé, ho! On fait gare aux autres! » tonna-t-elle, se retournant pour faire face à l’idiot qui était tombé sur elle. Non, mais s’il n’était pas capable de se mêler correctement à une bagarre, elle allait lui montrer comment faire. Elle n’avait pas froid aux yeux, hein. « Personne ne vous a appris à respecter les autres? »
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Yahto
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MessageSujet: Re: Altercation au Paresseux [Libre]   Mar 22 Nov - 20:41

Ils s'étaient donnés rendez-vous dans cet établissement de ce petit village marchand prospère. Le bourg était voisin de la capitale et les marchés grandioses qui s'y tenaient attiraient régulièrement des foules plus surprenantes les unes que les autres. Surtout en cette période de l'année alors que le renouveau émergeait de la neige fondante printanière et que les chemins étaient aisément praticables. Sam lui avait donné rendez-vous dans cette taverne nommée « Le Paresseux ». C'était un endroit qui - selon ses dires - brassait une bière de bonne qualité et où l'ambiance était agréable... Yahto put lire entre les lignes qu'il s'agissait en fait d'un établissement où le corsaire n'était pas connu et où il ne risquait pas de se retrouver au milieu d'une bagarre l'impliquant directement... Ou encore où il ne se ferait pas jeter une bière en pleine poire par une folle furieuse... Bref, une taverne qui représentait une denrée rare pour un salopard comme Sammy.

La municipalité marchande avait été choisie, car le marin y avait affaires et c'était moins loin pour lui de s'y rendre que d'aller à la capitale. C'était, en quelque sorte, couper la poire en deux, niveau distance! Toutefois, le lycan blond l'avait bien informé qu'il était possible qu'il ne puisse pas se libérer comme prévu; après tout, la fonte des glaces étaient également synonyme de regaint d'activités important pour la flotte royale. Yahto n'avait aucune garantie de la présence de son ami, mais avait tout de même fait le voyage qui, somme toute, n'était vraiment pas si long pour un lycan comme lui. Ça faisait un petit moment qu'ils ne s'étaient pas vus, alors ça valait la peine de tenter le coup!

Le jeune homme marchait donc en direction de l'établissement, les mains dans les poches. Il était d'avance, il le savait. Ce n'était pas un problème en soit, il allait simplement en profiter pour relaxer un peu. Ses bottes de cuir martelèrent les marches du Paresseux, puis il poussa la porte battante. Le garde du corps d'Aemi s'avança dans l'établissement et fut heureux de voir que l'ambiance y était plutôt bonne. Les gens riaient et buvaient allègrement, ce qui confirma les propos du corsaire sur la qualité de l'alcool. Il s'approcha du comptoir et s'installa près d'une femme aux cheveux bruns qui piquait une petite conversation au tavernier : Georges, visiblement. Une fois que la damoiselle fut servie, le tenancier osa porter son attention vers le soldat royal avec un sourire aimable.

- Je vais prendre une pinte, je vous prie, fit-il en posa quelques pièces sur le comptoir.

Georges s'activa et déposa sa consommation devant lui. C'est alors qu'une bagarre éclata juste derrière Yahto. Le jeune homme se retourna d'un air curieux, mais décida de ne pas se mêler inutilement de l'altercation d'ivrognes. Après tout, le tavernier se dirigeait déjà vers les dissidents, alors à quoi bon... Le lycan marron porta la chopine à ses lèvres quand un homme se détacha du lot en titubant et heurta sa voisine de siège qui échappa sa consommation tout autour d'elle. Le dégât se propagea et aspergea le pantalon de cuire de Yahto qui maugréa malgré lui. Il n'eut pas le temps de rien dire que déjà, la jeune femme sembla vouloir se mettre de la partie, grondant après le fautif qui avait osé la bousculer.

- Ça ne sert à rien de vouloir lui dire votre façon de pensée, se risqua Yahto qui essuya son pantalon du revers de la main. Les mecs ivrognes comme lui ne comprennent rien quand on leur parle.

Le jeune homme leva son regard mordoré sur elle et esquissa un sourire en coin. Un peu de bière répandu n'était pas la fin du monde, non? Il n'avait pas envie de chercher des noises à ces hommes, il voulait simplement relaxer en attendant son frère. Le garde du corps ouvrit la bouche pour ajouter quelque chose, quand l'ivrogne en question poussa la damoiselle avec un air de provocation plutôt raté vu la façon dont il titubait. « Tu veux me faire la morale, gamine?!! Je n'ai pas peur de toi! Je fais ce que je veux, quand je veux, moi, madame!! » Il postillonnait en plus. Sans compter qu'il avait une haleine de fond de tonneau... une odeur fort désagréable pour l'odorat extrêmement développé du lycan.  

- Ça suffit, fit-il en se releva et en agrippant l'épaule de l'inconnu alcoolique. Arrêtez ces sottises. Boire en paix n'est pas interdit quand même!

Il poussa l'homme qui recula non sans trébucher sur une chaise et s'étala de tout son long au sol. Ça en disait long sur son état, puisque, franchement, le guerrier royal n'avait pas mit beaucoup de force dans sa bousculade.

- Hum... Pardon, je n'aurais peut-être pas dû me mêler de vos affaires, dit-il malgré tout en direction de la jeune femme. Je m'appelle Yahto. Et vous?
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Ceit Moira
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MessageSujet: Re: Altercation au Paresseux [Libre]   Lun 5 Déc - 17:41

S’être renversé sa chope de bière sur elle-même à cause d’un ivrogne n’était pas quelque chose que la lycan était prête à accepter en ne disant rien. C’est pourquoi elle ne s’était pas gênée pour faire remarquer la bévue à l’homme qui l’avait grossièrement bousculée. Elle s’apprêtait à lui donner une leçon de savoir-vivre, quand son voisin de bar décida de s’en mêler. Elle lui jeta d’abord un regard courroucé, avant de devoir admettre qu’il marquait un point. Essayer de faire la morale à un soulon revenait au même que de prêcher dans le vide. Ceit Moira haussa alors les épaules et entreprit de se retourner… mais figea à entendre le couillon la provoquer. Oh, bah, ça, alors… s’il y tenait à ce point à se faire tabasser! D’autant plus qu’elle avait de sa bave dans son cou et sur la mâchoire maintenant… C’était franchement dégoûtant!

La jeune femme s’essuya du revers de la manche, mais n’eut pas le temps de se venger puisque, déjà, son voisin de siège s’occupait du compte de l’ivrogne. « Hmph… » fit-elle simplement, levant les yeux au ciel un instant. Elle prit un linge que lui tendait une serveuse, puis lança un : « Ya pas de quoi à excuser. » au nouveau venu. Elle fit son possible pour éponger tout l’alcool qu’elle avait sur elle, mais il y avait fort à parier qu’elle allait empester pour le reste de la soirée. « Georges, tu m’en amèneras une autre! » lança-t-elle au tavernier. Par la suite, elle tendit la main à ce Yahto. « Ceit Moira est mon nom. Enchantée. » Elle reprit place sur son siège. « Vous savez, j’ai un frère qui s’appelle Yahto. Du moins, à ce que ma mère m’en a dit! C’est fou, la coïncidence. » Elle avait dit le tout comme si de rien était car, au final, elle n’avait jamais connu ce grand frère et ne connaissait de lui que le nom. [b]« Alors, qu’est-ce qui vous amène ici, l’ami? Est-ce le marché? »

Tout à coup, une délicieuse odeur de soupe parvint aux narines de la lycan. Elle se lécha les lèvres, puis héla à nouveau Georges. « Une soupe à l’oignon par ici, quand ça sera prêt! Et une pour ehm… Ah, oui, Yahto! » Elle se tourna vers le principal intéressé. « C’est moi qui paie! Et croyez-moi, vous ne voulez pas passer à côté de la soupe à l’oignon. Marcus, le cuisinier, est un as dans le domaine! »

Son compagnon la remercia et, sans doute pour faire de la petite conversation, lui demanda plus d’informations sur ce frère qui portait le même nom que lui. « Oh, ne vous en faites pas… Ce n’est pas une de ces histoires mélodramatiques! Ma mère a eu plusieurs louveteaux… Oui, je suis lycan aussi. » Elle fit un clin d’œil à son voisin de bar qui, somme toute, paraissait bien sympathique. « La plupart partaient pour une raison ou pour une autre, une histoire d’élevage qui ne devrait pas avoir sa place. » Elle lui adressa un sourire qui laissait transparaître un fond d’amertume. « Ne vous sentez pas mal pour moi… Je me suis sauvée et ai grandi loin de tout ça, bien heureusement pour moi. Sinon, si je peux demander, c’est quoi votre histoire? »
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Yahto
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MessageSujet: Re: Altercation au Paresseux [Libre]   Lun 12 Déc - 14:58

Sa compagne improvisée prit la serviette que lui tendait la serveuse non sans jeter préalablement un regard courroucé à l’ivrogne qui avait visiblement décidé que le plancher était le lit parfait pour pieuter. Elle ne sembla pas lui en vouloir pour son intervention improvisée et en profita pour commander une autre bière auprès du tavernier. Alors qu’elle s’épongeait, Yahto l’observa, ayant un très léger sentiment familier à son égard. Ses traits ne lui évoquaient rien, mais son instinct lui disait qu’ils avaient certains aspects en communs, bien qu’il n’aurait pu mettre le doigt sur les éléments qui faisaient naître en lui ce sentiment de familiarité. Elle était peut-être une lycane? Après tout, il avait pu reconnaître Sam un peu de cette façon. Une fois qu’elle eut terminé de nettoyer sommairement ses vêtements – qui empestaient maintenant l’alcool à plein nez –, la jeune femme se retourna enfin pour lui faire face et tendit la main en sa direction. Sans attendre, Yahto la serra et fut surpris par la fermeté de sa poigne; rien à voir avec les dames de la cour. « Enchanté, Ceit Moira. » Se contenta-t-il de répondre non sans un sourire en coin. La jeune femme décida alors de reprendre place à ses côtés et le lycan songea au fait qu’elle pourrait être de bonne compagnie en attendant la venue (non assurée) de Sam.

Le garde du corps de la princesse Aemi haussa les sourcils de surprise lorsque Ceit Moira souleva le fait que son frère possédait le même prénom que lui. En fait, son nom possédait une sonorité plutôt particulière et il était étonné de savoir que d’autres en étaient affublés. Non pas qu’il en avait l’exclusivité… c’était juste… surprenant. « Alors, votre frère est surement un chic type. Ça va de soi! » Répondit-il avec un sourire amusé en prenant une gorgée de bière. « Ce qui m’emmène ici? » Répéta-t-il à la suite de Ceit Moira. « J’ai voyagé depuis la capitale pour venir à la rencontre d’un ami. Le bougre est matelot et cet endroit est idéal pour rattraper le temps perdu, puisqu’il est situé à mi-chemin entre mon lieu de résidence et l’endroit où est accosté son navire. Évidemment, j’en profiterai peut-être pour jeter un coup d’œil au marché, tant qu’à être dans le coin… J’ai entendu de très bons commentaires à ce sujet. » En fait, il allait probablement en profiter pour acheter un truc à Aemi. Pourquoi pas de jolies boucles d’oreilles? Ou encore, il avait vu une plume finement travaillée dans un écrin d’ébène aux fioritures dorées… peut-être que cela lui redonnerait envie de composer quelques mélodies qu’elle pourrait lui jouer un de ses jours? En fait, sa protégée hantait ses pensées nuits et jours depuis qu’ils avaient assisté au bal d’anniversaire du seigneur Sicéron. D’ailleurs, Yahto doutait que Sam soit au courant pour ce retournement de situation… à moins qu’Aemi ne lui en ait fait part dans une missive, entre temps? Certes, elle désirait garder leur relation secrète, mais le corsaire n’était pas n’importe qui non plus…

La voix de la jeune brunette qui l’accompagnait le sortit brusquement de ses pensées. Oh? Une soupe à l’oignon? Voilà qui était sympa de sa part! Un sourire amusé se glissa sur les lèvres du garde du corps et il ne put s’empêcher de glousser un peu lorsqu’il vit Ceit tenter de se rappeler de son prénom. « Je croyais que votre frère se nommait exactement comme moi. Ou alors il vous arrive d’oublier votre propre fratrie? » Fit-il en rigolant. La jeune femme ne releva pas et se contenta de vanter les mérites de cette soupe consistante qui semblait faire la fierté de l’établissement. « Eh bien, j’ai hâte d’y goûter alors! C’est très gentil à vous de m’offrir le gueuleton! Alors si vous me permettez, la prochaine ronde de bières sera pour moi. » Les deux jeunes gens levèrent leurs chopines et l’entrechoquèrent, histoire de sceller cette entente. Ils prirent chacune une grande gorgée de la boisson alcoolisée, puis déposèrent le tout sur le comptoir devant eux. « Vous m’intriguez avec ce frère qui possède le même nom que moi. » Continua-t-il pour simplement entretenir la conversation. « Mon prénom est peu commun en Alombria, vous savez. Il fait quoi comme métier? Ou alors c’est un sujet que vous ne désirez pas aborder outre mesure? » Visiblement, ce n’était pas le cas, car Ceit déclara – en quelque sorte – que son histoire était plutôt banale et étala sans vergogne ses origines lycanes. Ah, ça expliquait ce sentiment de familiarité qu’il ressentait avec elle. C’était franchement ironique, par contre, que son frère puisse posséder le même prénom que lui et être de même race.

- Quel drôle de hasard, fit-il avec une pointe de surprise. Je suis également un lycan. Ça explique la raison pour laquelle vous m’avez semblé sympathique dès le premier regard. Il semblerait que les membres de notre race possèdent des liens plutôt forts, et ce, sans même s’être déjà rencontrés!

Ceit Moira continua son histoire et le sourire de Yahto s’estompa tranquillement. Une histoire d’élevage? Ça commençait à faire beaucoup trop de coïncidences, tout ça. Son cœur commença à s’accélérer et la jeune femme sembla prendre son changement d’attitude comme étant de la pitié ou de la sollicitude. Évidemment, elle voulut en savoir davantage sur lui, mais avant qu’il ne puisse répondre, le tenancier revint près d’eux, déposant deux grands bols de soupe à l’oignon sur le comptoir accompagnés de cuillères d’acier. Il devait savoir d’où elle venait exactement et qui étaient ses géniteurs. Se pouvait-il que d’autres élevages comme celui qui l’avait vu naître existaient un peu partout sur le continent? Ou alors, elle venait du même endroit que lui… et ça faisait une coïncidence de trop. Elle voulait en savoir plus sur lui… et sembla lui jeta un regard curieux en voyant sa mine désemparée, voir un peu pâle. Il se racla la gorge et trempa sa cuillère dans le bouillon avant de porter la soupe à ses lèvres. « C’est délicieux. » Se contenta-t-il de répondre, à la grande satisfaction de la jeune lycane.

- Mon histoire est assez simple et me fait un peu penser à la vôtre, dit-il en regardant sa soupe, non sans avoir d’abord toussoté un peu pour reprendre contenance. Je viens d’un élevage également. On l’appelait l’élevage des Terres du Nord qui était situé en Shola. Il scruta les traits de Moira du coin de l’œil et constata qu’elle avait immédiatement tourné la tête vers lui, comme si ce nom lui était familier. L’endroit était dirigé par la poigne de fer d’une personne effroyable qu’on appelait Laïssa. En fait, cette femme était une magicienne qui avait fait fortune en effectuant l’esclavage et la reproduction de lycans. C’est lorsque j’ai atteint l’âge de six ans que Laïssa est venue m’arracher des bras de ma mère pour m’emmener au palais de Shola. On avait annoncé la naissance de la dernière fille du roi Virtuas et elle avait l’intention de m’offrir en cadeau à Sa Majesté afin que je protège sa plus jeune progéniture et de faire connaître davantage son commerce…

La porte de l’établissement s’ouvrit à la volée et un homme blond s’arrêta au pas de porte, scrutant les convives à la recherche de quelqu’un. Il s'approcha ensuite des ivrognes situés derrière eux, soutirant des cris de joie de la part de ces derniers. Pendant un bref instant, Yahto crut qu'il s'agissait de Sam, mais visiblement, il s'était trompé. Toutefois, l'arrivée du nouveau venu semblait vouloir compliquer les choses, puisque les ivrognes étaient maintenant d'autant plus bruyants. Le lycan poussa un soupir et ramena son attention sur son interlocutrice.

- Ma mère? Elle s’appelait Azalée… comme la fleur.

Les traits de Ceit se muèrent soudainement et elle n’eut pas à en dire plus. Le garde du corps de la princesse Temperance venait de comprendre : ils avaient la même mère. Son cœur se mit à battre la chamade. Jamais il n’aurait cru, un jour, apprendre qu’il avait une fratrie. Certes, maintenant qu’il y réfléchissait, il avait très certainement de nombreux frères et sœurs, mais entre le doute et la réalité, il y avait parfois un monde de différences. Il ne savait pas quoi, ni quoi dire! Plus aucun son ne sortait de sa bouche, comme si tous ses mots étaient disparus en fumée en même temps qu’il s’était rendu à l’évidence. Tendant la main, le guerrier royal agrippa sa chopine et en avala le contenu en une rasade. Il déposa lourdement le contenant sur le comptoir, puis tourna les talons.

- Pardon, je dois prendre l’air quelques instants, fit-il à la volée en se dirigeant vers les portes battantes de l’établissement.

Une fois à l’extérieur, il porta ses deux mains derrière sa tête et marcha de long en large, un air soucieux au visage. Le roi Virtuas lui avait promis, alors qu’il était un gamin, qu’il s’occuperait de faire fermer l’élevage. Puisque Ceit Moira semblait plus jeune que lui, c’était un signe évident que le roi avait mis du temps avant d’exécuter sa promesse. En fait… l’avait-il simplement tenue? Et si l’endroit fonctionnait toujours? Et si sa mère y était toujours captive? Un sentiment immense de culpabilité le prit d’assaut alors qu’il réalisait qu’il n’avait jamais tenté de retrouver sa génitrice et qu’il l’avait laissé moisir là-bas tout ce temps. Il avait chaud. Son cœur se débattait en fou. Qu’allait-il faire?
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Ceit Moira
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MessageSujet: Re: Altercation au Paresseux [Libre]   Mer 28 Déc - 10:37

- Vous seriez surpris! répondit-elle en riant, face au commentaire comme quoi elle avait momentanément oublié l’identité d’un homme portant le même prénom que son frère.

Somme toute, malgré ses vêtements qui empestaient l’alcool, la lycan ne pouvait dire que sa journée avait si mal viré. Elle s’était découvert un excellent compagnon de taverne qui, ma foi, était fort sympathique. Il était d’une nonchalance qui le rendait facile d’approche, ce pourquoi Ceit n’avait pas hésité à lui faire un résumé de l’histoire de sa vie. Elle n’était pas entrée trop profondément dans les détails, mais avait étalé les grandes lignes. Toutefois, elle s’arrêta net dans son mouvement de porter sa chope de bière à ses lèvres. Elle indiqua à son voisin de bar qu’il était inutile de s’en faire pour elle et elle essaya d’en savoir davantage à son sujet.

Elle eut pour seule réponse que la soupe à l’oignon était exquise. Certes, elle le savait, c’était la raison pour laquelle elle l’avait commandée. « Heureuse de voir qu’elle vous plaît. Je vous le dis, Marcus est dur à battre dans ce domaine! » Elle donna par la suite une bonne claque dans le dos de Yahto, satisfaite.

Par chance, elle n’eut pas à revenir à la charge concernant l’historique du lycan, car celui-ci entama son récit de son propre gré. Moira n’en fit pas de cas, se disant qu’il n’avait sans doute besoin que de mettre ses idées en ordre avant de se lancer. Elle comprit toutefois d’où venait son hésitation lorsqu’il mentionna provenir également d’un élevage. Il s’agissait d’un sujet sensible et ce n’était pas tout le monde qui avait la même facilité d’aborder le sujet que la forgeronne. Celle-ci était à hocher de la tête quand elle entendit le nom « Élevage des Terres du Nord ». Elle tourna vivement la tête en direction de son camarade, le poil se dressant sur ses bras. C’était franchement hallucinant comme coïncidence et, à sa connaissance, il n’y avait eu qu’un seul Yahto à l’élevage du temps qu’elle y avait grandi.

La jeune femme laissa retomber sa cuiller dans son bol de soupe à l’oignon, étant temporairement trop travaillée par le discours de Yahto. Il ne faisait plus l’ombre d’un doute pour elle qu’ils avaient les mêmes origines. Le regard de Ceit ne quitta pas les traits du lycan un seul instant, même pas pour jeter un coup d’œil au nouvel ivrogne qui venait de faire son entrée. Elle devait avoir le cœur net : était-il ce frère qu’elle n’avait jamais connu?

- Votre mère, par hasard, comment s’appelait-elle? se risqua-t-elle à poser comme question.

La réponse qu’elle obtint eut l’effet d’une douche froide pour la forgeronne : ils avaient la même génitrice. Elle avait donc devant elle un membre de sa famille, un comparse issu du même élevage sordide qu’elle… Et il venait de venir à la même conclusion qu’elle. Ceit Moira le regarda vider sa chope d’un trait, mais s’abstint d’en faire de même. Si elle était abasourdie par ce qu’elle venait d’apprendre, elle avait néanmoins eu l’avantage de grandir en connaissance de cause. Tout de même, tomber sur un frère longuement perdu, juste comme ça, après un boulot de livraison de marchandise des plus routiniers… C’était quelque chose!

La lycan massa son visage de ses mains, particulièrement ses yeux et ses tempes. Elle laissa son visage reposer dans ses mains, les coudes sur la table, et dit au tavernier que ce n’était rien. Elle n’avait pas envie de mêler Georges à cette histoire… Un jour, elle le lui raconterait peut-être, mais elle avait besoin d’encaisser l’information par elle-même en ce moment. Elle cogna du poing sur le comptoir au bout d’une longue minute : elle n’était pas pour se laisser abattre aussi facilement. Elle devait faire quelque chose pour Yahto, car elle savait que c’était infiniment plus choquant pour lui comme nouvelle que ça ne l’avait été pour elle.

- Georges, garde nos places! lança-t-elle au tavernier, question qu’il sache qu’elle avait l’intention de revenir finir sa soupe. Elle se dirigea ensuite vers l’extérieur et chercha son compagnon du regard. Elle le vit un peu plus loin, en train de marcher en rond. Vous savez, la soupe est bien meilleure chaude. fit-elle pour amorcer la conversation. Par après, elle posa la main sur l’épaule de celui qui était vraisemblablement son frère. Ne vous mettez pas de pression avec ça. C’est tout un coup à encaisser, je sais… mais j’ai passé ma vie sans un frère, je peux continuer de me débrouiller même si j’en ai un que je ne vois pas souvent. Allez, retournons à l’intérieur et je vous raconterai ce que je sais.

Ceit ne laissa pas vraiment de choix à Yahto de la suivre, car elle le poussait dans le dos. Elle cria aux ivrognes de se taire, ceux-ci répliquant qu’elle ne se mêlait pas de ses affaires et le tout se termina avec Georges qui menaçait de jeter tout le monde dehors s’ils ne se calmaient pas un peu. Il n’était que midi, c’était trop tôt pour tout ce grabuge.

- Ce n’est pas aussi désagréable en temps normal… fit-elle à l’intention de son voisin de bar. Le duo termina lentement leur repas en parlant peu. Ce fut surtout la jeune lycan qui étala les connaissances qu’elle avait de l’élevage, mais précisa qu’elle n’y avait pas mis les pieds depuis un bon moment. À ma connaissance, par contre, je crois qu’il est possible qu’il existe encore. Cette Laïssa est tout un numéro… mais ne prenez pas ma parole pour des pièces d’or, hein! Elle se gratta la nuque, un peu mal à l’aise de toute cette discussion sur l’élevage. Vous ne disiez pas attendre un ami? Vous croyez qu’il va se pointer? demanda-t-elle pour changer de sujet.
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Yahto
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MessageSujet: Re: Altercation au Paresseux [Libre]   Mer 11 Jan - 22:59

Les mains derrière la tête, Yahto semblait vraiment aux prises avec ses pensées. Il marchait en rond, jonglant avec une tonne de questions qui lui traversaient l’esprit. Bien sûr qu’il se doutait qu’il avait des frères et sœurs! Mais c’était une toute autre histoire que d’accepter de les rencontrer… Ramenant ses mains sur ses hanches, il baissa le regard vers le sol et chercha une façon de regarder Ceit en face. Surtout, il cherchait quoi lui dire! C’est dans des moments comme celui-ci qu’il aurait aimé qu’Aemi soit présente… Elle aurait su le calmer et aurait pu trouver les bons mots! Poussant un soupir, le jeune homme songea à vouloir revenir sur ses pas quand une voix claire le fit sursauter. Une main se glissa sur son épaule et Yahto tourna la tête vers la jeune femme qui, il devait l’admettre, avait de plus en plus ses airs à lui maintenant qu’il la regardait.

Il écouta ses paroles calmement et eut un léger pincement au cœur. « Je peux continuer de me débrouiller même si j’en ai un que je vois pas souvent. » Elle avait raison. Mais maintenant qu’il connaissait son existence, voulait-il réellement la garder loin de sa vie? Lui qui avait toujours rêvé d’avoir une famille, une meute : s’il repoussait totalement Ceit par peur, il passerait probablement à côté de quelque chose. Certes, il avait Sam – qu’il adorait – mais c’était un peu différent comme situation. Il hocha de la tête lorsque la jeune femme lui proposa de rentrer à l’intérieur de l’établissement et la suivit docilement. De toute façon, ce n’était pas comme si elle lui en laissait réellement le choix…

Une fois les portes battantes passées, le guerrier lycan entendit Ceit sommer les ivrognes de se taire. Ceux-ci n’entendaient pas obtempérer et se dépêchèrent de l’envoyer paître avant que le tavernier – Georges, en l’occurrence – ne menace de jeter tout le monde dehors si la dispute reprenait de plus belles. Les deux jeunes gens reprirent place au comptoir, là où les soupes encore chaudes trônaient toujours. Ils mangèrent en parlant très peu… En fait c’était surtout Ceit Moira qui faisait la discussion, Yahto étant trop absorbé par ses pensées. Évidemment, il écoutait ses propos malgré tout, n’étant tout de même pas impoli. Lorsqu’elle mentionna qu’il y avait une possibilité que l’élevage existe toujours, une lueur brilla dans les iris mordorés du jeune homme. Ah bon? C’était toujours d’actualité? Visiblement, la jeune femme était mal à l’aise puisqu’elle passa une main sur sa nuque… le même geste qu’il faisait régulièrement lorsqu’il était dans l’embarras. Elle tenta de détourner l’attention vers la venue – maintenant improbable – de Samelson.

- Sam? Fit-il. J’aurais espéré qu’il puisse se libérer. Mais il est corsaire et les affaires sont bonnes ces temps-ci. Plus le temps passe, moins il y a de chances qu’il se pointe. Bah… C’est pas plus grave, nous allons nous revoir une autre fois…

Levant une main en direction du tavernier, Yahto commanda une boisson. Il avait besoin d’un truc fort… Du whisky serait parfait. Il en profita pour en demander un deuxième pour sa… sœur. Ça faisait réellement étrange de penser qu’il avait désormais une réelle frangine… M’enfin, il allait devoir se faire à l’idée et en savoir un peu plus sur elle était le minimum à faire. Yahto avala une nouvelle lampée de soupe et termina son bol. Au même moment, le tenancier déposa deux verres de whisky devant lui et sa cadette, puis le lycan marron déposa les quelques pièces devant lui.

- Notre… notre mère. Elle était encore vivante lorsque vous avez quitté l’élevage? Demanda-t-il enfin, redoutant la réponse qu’il pourrait récolter. Je pense régulièrement à elle… Le roi Virtuas m’avait promit qu’il mettrait un fin à l’élevage… Ça me déconcerte de voir qu’une telle promesse n’a pas été tenue. Et puis… j’étais si jeune… j’ai jamais tenté de la retrouver… Je ne me rappelle même plus de quoi elle avait l’air…

Il baissa la tête sur son verre, regardant le liquide ambré tournoyer sous ses yeux. Il se sentait si coupable. Du coin de l’œil, il remarqua la légère grimace qu’effectua la jeune femme alors qu’elle trempait ses lèvres dans le puissant alcool. Cette simple moue difficilement contenue lui soutira un sourire amusé.

- J’ai grandi au palais en compagnie que la princesse Aemi Temperance d’Alombria. Je suis son garde du corps depuis toujours. En fait, depuis l’âge de 6 ans, bien qu’à l’époque je servais davantage de camarade que de protecteur. On m’a inculqué une éducation stricte, basée essentiellement sur le maniement des armes qui, somme toute, ne me sont pas si utiles que ça au final. J’ai toujours préféré me défendre sous l’autre forme, voyez-vous. C’est tellement… plus simple. Il porta son verre à ses lèvres et prit une nouvelle gorgée. Le seul hic, c’est que j’ai toujours eu du mal avec l’étiquette et l’éducation avec les bouquins. Faut croire que je n’ai eu que très peu d’intérêt pour les écrits et les jolis textes. Voilà une façon subtile de révéler qu’il ne savait – en fait – ni lire ni écrire! En même temps… il ne s’en tirait pas plus mal pour autant! Mais cessons de parler de moi un peu. Tu fais quoi dans la vie? Tu permets que je te tutoie, au fait? Devant son hochement de tête, il esquissa un sourire en coin.

Il écouta son récit avec minutie, prenant en note toutes les informations perspicaces à son sujet. Après tout, il voulait en savoir plus sur elle. Il hocha de la tête, marquant le fait qu’il suivait bien ses propos. Ainsi, elle était forgeronne? Un travail tout à fait honorable, il devait l’admettre. Les deux jeunes gens discutèrent encore un moment, Yahto enchaînant les whiskys et paya la traite à sa cadette. Les langues se dénouèrent et ils parlaient maintenant avec un peu plus d’enthousiasme. À l’extérieur, le soleil commençait à décliner et le garde du corps comprit rapidement que son ami corsaire ne se pointerait pas. Dommage.

Le lycan marron déposa son verre un peu trop lourdement sur la table, puis se leva non sans chanceler un tantinet. Il avait visiblement un peu trop but. Il aida sa sœur à en faire de même, puis gloussa en voyant qu’elle titubait également.

- J’ai besoin de prendre un peu d’air. Ça te chante? Je ne connais pas vraiment le coin, tu pourrais me faire visiter!

Sous l’air entendu de Ceit, la fratrie sortit de l’établissement, puis s’avança sur les pavés du petit bourg alors que l’horizon était teinté d’orangé.

- Tu habites ici? Ou tu es du genre plus… nomade?

Ils croisèrent les marchands qui rangeaient leurs kiosques, puis passèrent près d’une fontaine.

- Tu sais quoi? J’ai envie de retourner à l’élevage… Déclara-t-il finalement, du tac au tac, non sans réprimer un hoquet. Non, non, je ne blague pas! Je suis sérieux comme pas un! Penses-y. Si maman est encore là-bas, tu ne crois pas que ce serait notre devoir, en tant que bons petits louveteaux, d’aller la sauver? Quels gamins ingrats on fait! Et perso, j’aurais bien envie de botter les fesses de Laïssa… Ou encore lui croquer une jambe… ou pisser sur ses plates-bandes… le genre de trucs chiants quoi!

Les deux jeunes gens éclatèrent de rire. Certes, il était peut-être un peu trop ivre pour mesurer entièrement tout le poids de ses paroles, mais au fond, il était totalement sérieux. Du moins, pour la partie « libérons notre génitrice ». Un jour, il allait devoir y retourner… Et il devrait le faire avec Ceit et Sam. C’était important pour clore ce chapitre de leur vie.

- Bon après, je ne sais pas si Aemi – ma patronne – acceptera que je foute le camp quelques jours… Tu as un patron toi?
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Ceit Moira
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MessageSujet: Re: Altercation au Paresseux [Libre]   Sam 14 Jan - 21:57

Il n’était pas fréquent de voir la jeune femme indisposée par un sujet de conversation. Cependant, elle n’était pas des plus à l’aise à révéler à celui qui s’avérait être son frère que l’élevage ayant détruit leur enfance existait peut-être toujours. C’était une chose d’en parler à un inconnu qui n’y porterait que très peu attention… et une toute autre de partager le peu de souvenirs qu’il lui restait avec quelqu’un ayant connu le même enfer. C’est pourquoi Ceit Moira fit dériver la conversation vers la connaissance qui devait venir rejoindre son compagnon. C’était plus léger comme sujet et forcément plus facile à digérer après s’être découvert un nouveau membre de la fratrie.

Seulement, la brunette n’en fut pas convaincue pendant très longtemps. Son frère mentionna rapidement qu’il rencontrait un Sam. Cela fit penser à la lycane qu’elle avait également un frangin du nom de Samelson, à sa connaissance… mais ça ne pouvait pas être le même. Elle secoua la tête pour se sortir cette drôle d’idée de la tête et décida plutôt de se concentrer sur les propos de son voisin de bar. Ainsi, cet ami travaillait pour la marine royale. Ceit hocha la tête d’approbation; ce n’était pas trop mal comme boulot.

- J’aimerais bien aller en mer un jour… Vous me présenterez ce Sam, un de ces quatre! Elle éclata d’un rire franc et poussa son bol de soupe désormais vide vers l’avant. Elle voulait se faire de la place, ce qui s’avéra être une bonne idée puisque Yahto lui commanda un whisky. On ne rigole plus avec la boisson, à ce que je vois. rigola-t-elle avant de vider sa bière d’un coup. Quand elle reçut son verre, elle le cogna contre celui de son nouvel ami, en guise de remerciement. À votre santé!

La forgeronne imita son aîné, qui observait son alcool virevolter à l’intérieur de son verre. Elle-même aimait la couleur de cette boisson, qui lui rappelait un peu celle de ses yeux. Par curiosité, elle se pencha un peu vers l’avant pour voir si son compagnon avait la même couleur d’iris qu’elle. Elle sourit en coin en constatant que c’était assez similaire. À vrai dire, elle était amusée de prendre connaissances des points qu’elle avait en commun avec cet homme qu’elle venait de rencontrer.

Elle se redressa lorsque le sujet revint à leur génitrice et son sourire disparut naturellement. Elle préféra prendre une gorgée de whisky avant de prendre la parole; elle avait besoin de ce courage liquide. Elle ne parvint à cacher une grimace face à la puissance de l’alcool qu’elle venait d’ingérer, mais laissa toutefois échapper un soupir de soulagement une fois que le liquide eut terminé de descendre dans sa gorge.

- Oh, ne vous faites pas du sang de cochon pour rien, l’ami. Elle était en pleine santé quand j’ai fuit. Elle pinça les lèvres dans un sourire qui se voulait rassurant, mais qui échouait un peu à remonter le moral. Elle tapota l’épaule de Yahto avant de prendre une autre gorgée de whisky. Elle était d’avis que ça ne servait à rien de se morfondre sur quelque chose pour laquelle elle ne pouvait rien faire. Ce n’était pas le cas du lycan à ses côtés et elle pouvait comprendre pourquoi il s’inquiétait de leur mère. Il avait grandi dans un environnement différent. Nous étions des gamins, c’était un trop grand problème pour nous. Puis Laïssa est rusée, elle ne se serait pas laissée abattre aussi facilement. Moira marqua une pause puis, pour se reprendre sur une note plus positive, elle enchaîna avec ce dont elle se souvenait sur leur mère. On me disait souvent que j’étais le portrait tout craché de maman lorsque j’étais plus jeune… Mais je crois qu’elle était plus jolie.

Yahto enchaina avec le récit de sa vie, ce qui attira forcément l’attention de sa frangine. Celle-ci haussa les sourcils en apprenant qu’il vivait en côtoyant la royauté alombrienne depuis son plus jeune âge. C’était franchement impressionnant, tout ça. Elle ne put s’empêcher de rire en l’entendant parler qu’il n’aimait pas les bouqins. « Même chose ici! » Naturellement, la conversation continua et le garde-du-corps voulut en savoir plus sur cette sœur qu’il rencontrait pour la première fois. Ceit devait admettre ne pas être entrée dans les détails la première fois. Elle hocha également de la tête afin de signifier à son compagnon qu’il pouvait la tutoyer. Ça faisait bien son affaire, à vrai dire.

- Oh, il n’y a rien de particulièrement intéressant à mon sujet. Après l’élevage, j’ai eu une enfance plutôt banale auprès de mon père adoptif. Elle sourit à cette pensée et prit sa dernière gorgée de whisky. Elle grimaça davantage que les fois précédentes et déposa d’un coup sec son verre sur la table. Quand il m’a recueillie, je le suivais comme son ombre. C’est lui qui m’a tout apprit de l’art d’être forgeron. Mine de rien, j’adore ça! Il m’a même encouragée à m’essayer à la bijouterie. C’est un bon gagne-pain… Moins glorieux que garde-du-corps, mais quand même valorisant à sa propre manière.

La fratrie nouvellement réunie se mit à discuter plus amplement, partageant des petits détails cocasses de leurs vies respectives. Ils buvaient, riaient et parlaient. Le malaise lié à leur lien de parenté jusqu’alors inconnu se dissipa graduellement et laissa place à une camaraderie remarquable. Si bien que la lycane ne vit pas le temps passer; elle passait du très bon temps avec ce frère dont elle ne connaissait presque rien avant aujourd’hui.

Il va de soi qu’elle pouffa de rire à voir les jambes de Yahto fléchir légèrement quand il décida enfin de se lever, mais devint réellement hilare quand vint son propre tour. Elle trouva le moyen de s’empêtrer dans les pattes de son tabouret et ficha le camp sur une table. Heureusement, celle-ci n’était pas occupée, alors elle ne dérangea personne à proprement parler. Elle se releva à moitié, étant pliée en deux avec la main sur son ventre tellement elle riait d’elle-même. Elle envoya la main à Georges, avant de lui lancer un baiser de loin, ce à quoi le tavernier roula les yeux. Elle n’était sans doute pas la première à agir comme une idiote après avoir un peu trop bu.

Par la suite, Ceit Moira hocha de la tête en direction du garde-du-corps de la princesse Aemi Temperance. Elle aimait sa proposition. Après tout, un peu d’air frais lui ferait le plus grand bien. Peut-être retrouverait-elle un peu de ses esprits? « Ouep, compte sur soeurette pour te montrer le coin, mon beau! » gloussa-t-elle. Puis elle empoigna le bras de son compagnon afin qu’ils s’aident mutuellement à marcher en ligne simili-droite. « Oh, je ne viens pas du coin. répondit-elle. « J’habite un petit bourg à plusieurs lieues d’ici. Ça n’a rien à voir avec ce village, mais c’est un bon coin pour les affaires. Tu savais que je viens de vendre une épée pour plusieurs belles petites pièces d’or, justement? » Ce n’était pas habituellement le cas de la jeune femme de parler de combien elle gagnait grâce à son travail, mais elle était ivre. Elle faisait moins attention de garder une certaine confidentialité, surtout en compagnie de quelqu’un qu’elle appréciait vraiment – après un bel après-midi de beuverie ensemble. Il y avait quelque chose chez Yahto qui la poussait à confier des choses qu’elle gardait normalement pour elle.

« T’es pas sérieux, là? » demanda-t-elle, interloquée par le soudain changement de sujet du guerrier à son bras. Il voulait sincèrement retourner aux Terres du Nord? La brunette ne s’attendait pas à un discours sur le devoir de louveteaux, là, maintenant. D’un autre côté, elle devait admettre particulièrement aimer l’idée d’aller pisser sur les plates-bandes de Laïssa. Elle pouffa de rire à imaginer la scène. « Ou on pourrait laisser un tas de merde enflammé sur le seuil de sa porte! » ajouta-t-elle au délire de son frère. «Oh, mais elle peut bien vivre sans toi quelques jours, quand même! » argumenta-t-elle. Jamais ne croirait-elle qu’une princesse n’avait qu’un seul garde pour la protéger. « Je ne parlerais pas de patron, mais plutôt de partenaire d’affaires. Mais ne parlons pas de boulot ce soir! Oh, je sais! »

Sans crier gare, elle s’éloigna en titubant en direction d’une ruelle où elle s’éclipsa quelques instants. En réalité, elle se dévêtit pour ensuite fourrer tous ses effets personnels dans un sac. Elle prit ensuite sa forme lycane et ressortit en bondissant tout droit devant Yahto, qui était venu voir ce qu’elle était en train de faire. Elle sautilla autour de lui, tirant sur sa tunique avec sa gueule, voulant l’inciter à jouer avec elle sous la même forme. Il sembla comprendre son message non verbal, car il se métamorphosa à son tour. Elle hurla de joie et décampa au travers du dédale de rues. Elle s’amusa intérieurement de l’indignation des marchands qui juraient lorsque les deux loups passaient un peu trop près à leur goût. Puis, plutôt que de s’attarder à la place centrale, Ceit entraîna son compagnon vers la forêt en bordure du village. Là, ils purent réellement courir à en perdre haleine entre les arbres et escalader une montagne. Ils fendaient l’air ensemble, roulant parfois dans l’herbe dans un jeu bestial.

Ils entendirent éventuellement un hurlement, rapidement suivi d’autres, ce qui les fit stopper net. La louve blanche tendit les oreilles, avant de se joindre aux voix de ses frères sauvages. Elle ne lança qu’un regard mordoré au garde-du-corps royal avant de sprinter en direction de la meute un peu plus bas et, pendant un instant, le duo de lycan put traverser la forêt de pins en leur compagnie. Le soleil se couchait et un vent se levait, mais cela ne dérangeait aucunement les bêtes. Elles se mouvaient en unisson avec les leurs. Elles longèrent un cours d’eau, de l’autre côté duquel courait quelques cerfs. Ce ne fut qu’au bout d’une trentaine de minutes que Ceit Moira et Yahto se détachèrent de leur meute d’adoption afin de faire leur propre chemin, n’ayant pas de goût pour la viande fraîche. La louve blanche en profita pour aller s’amuser dans l’eau et traîner Yahto par le cou pour qu’il vienne. Ils se chamaillèrent ainsi durant quelques minutes, s’aspergeant et allant ensuite se rouler dans l’herbe. Ils s’amusaient comme de vrais louveteaux.
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