Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 When a crazy girl and a fish fall in love... yeah we'll see.

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Philomena
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MessageSujet: When a crazy girl and a fish fall in love... yeah we'll see.    Mer 14 Déc - 21:26

Cela faisait déjà quelques semaines que Philomena était au château de la contrée que l’on nommait Irianeth. Après son entrevue avec le roi Jayson, seigneur régnant sur cet endroit principalement composé de roches, il avait été décrété qu’elle serait jetée en prison comme une vulgaire paysanne pendant que ce dernier prendrait sa décision à son sujet. Jamais de sa vie, celle qui avait été la cadette royale de Shola avait été traité avec aussi peu de considération. Enfin, si l’on excluait ses moments avec Cailean. Il fallait croire que prendre une décision pour ce roi prenait une éternité, puisque la rouquine avait passé plus d’une semaine dans sa cage de fer. Il n’était pas étonnant que personne ne connaissait cette foutue contrée pleine de roche. Si le roi prenait autant de temps à prendre une décision, cela en disait long sur sa façon de gérer le royaume. Décidément, quand on vivait à Irianeth, il ne fallait pas être impatient. Ainsi, Gula avait passé les plus longues heures de sa vie, seule, dans une cellule de fer. Elle s’ennuyait profondément, et l’ennui était quelque chose qu’elle ne pouvait supporter. C’est pourquoi elle avait commencé à torturer ses geôliers subtilement, les assaillants de petites illusions simplement pour passer le temps. Toutefois, les gardes s’étaient rendu compte que quelque chose ne tournait pas rond avec leur prisonnière et qu’ils ressentaient de drôles de choses lorsqu’ils étaient en fonction près de sa cellule. Par conséquent, les gardes se relayaient maintenant, avec ordre de ne pas hésiter à menacer la prisonnière pour qu’elle arrête son petit jeu, sans toutefois la blesser gravement. Elle ne devait pas porter de traces de blessure. Il fallait l’avouer, Philo était restée surprise lorsqu’un garde lui avait lancée une décharge électrique afin de la forcer à arrêter. Elle avait premièrement riposté par l’un de ses éclats de rire si caractéristique avant de lui donner l’illusion qu’il ressentait la même chose qu’il venait de lui faire subir. L’homme frustré, avait répliqué par une décharge encore plus puissante, faisant perdre conscience à la jeune femme pendant plusieurs heures.

Puis, après ce qui sembla une éternité, on lui refit une beauté. Bien qu’on l’avait déjà auparavant lavé dans une bassine d’eau froide avec un savon plus ou moins odorant, cette fois, elle avait eu droit à un bain chaud, avec des huiles essentielles. On avait lavé et peigné ses cheveux, on l’avait revêtu d’une robe beaucoup plus somptueuses que celle qu’elle portait pendant son incarcération et on l’avait finalement menée devant le roi Jayson. Par l’intermédiaire d’un interprète, il lui signifia qu’il avait finalement statué à son sujet. Il avait entendu parler de ses façons de s’amuser en prison et il n’était pas à négliger qu’elle était de sang royal et provenait d’un continent qu’il planifiait d’envahir. Ainsi, il avait décrété qu’il l’épouserait à la prochaine saison et qu’elle deviendrait l’une de ses épouses. Philomena ne comprit pas tout de suite. L’une de ses épouses?  L’interprète lui expliqua alors que le grand roi Jayson était polygame et qu’il y avait plusieurs épouses dans son harem. Elle en ferait donc partie. Cependant, il y avait certaines choses auxquelles elle devait remédier avant la cérémonie. En effet, la future épouse royale devrait apprendre les us et coutumes d’Irianeth, son langage, et en fait, tout ce qui avait rapport avec sa nouvelle demeure. Tout cela n’était pas négociable, elle ne retournerait jamais sur Enkidiev, à moins que son nouvel époux ne daigne l’y emmener pour une raison quelconque. De plus, jusqu’à ce qu’elle prouve qu’elle serait loyale à son nouvel époux en devenir, elle serait surveillée, donc jusqu’à leur mariage. Étonnement, Gula ne sut pas comment gérer cette information. Après tout, d’une certaine façon, elle avait atteint son but. Elle s’était finalement émancipée de la famille royale de Shola, bien que ce voyage ne devait être d’abord que temporaire. Dorénavant, il semblait plus que permanent. De plus, elle cherchait sans cesse de nouvelles façons de tester son pouvoir et surtout de vivre comme elle le voudrait. Du moins, après le mariage, car il était que, jusqu’à ce qu’elle ait fait ses preuves, elle serait surveillée autant qu’elle l’était à Shola. Cependant, ce Jayson, lui offrait la possibilité de dépasser cela, ce qui n’aurait jamais été possible dans son autre royaume. Jamais on ne lui aurait laissé faire ses preuves. Jamais elle ne pourrait se balader librement dans le royaume, jamais on ne la considérerait pour ce qu’elle est vraiment. Ainsi donc, par ultime rébellion contre sa famille, elle s’inclina devant le roi, signifiant qu’elle était d’accord, même si ce dernier ne lui demandait pas vraiment son opinion. Cela allait être, un point c’est tout.

L’interprète, qui parlait pour le roi, lui annonça qu’elle allait donc avoir des appartements à elle, à partir de cet instant, mais qu’ils seraient gardés jour et nuit. Le roi lui demandait aussi de ne pas faire usage de ses pouvoirs sur sa garde, ce à quoi elle répondit qu’elle ne pouvait le garantir. Elle ne devait pas s’ennuyer et les gardes ne devaient pas la provoquer. Étonnement, le roi éclata de rire devant son intervention. Décidemment, elle l’appréciait de plus en plus, tant que cela soit possible. Il lui annonça alors qu’il allait lui trouver quelqu’un qui ne l’ennuierait pas pour la surveiller et lui apprendre tout ce qu’elle devait savoir d’ici leur mariage. Gula écouta le reste du propos de son futur époux en tortillant une mèche de ses cheveux flamboyants. Après quelques instants, il la congédia et on la mena à ses nouveaux appartements.

Ses appartements n’avaient rien à voir avec sa cellule de la dernière semaine ni avec la petite chambre dans laquelle Cailean l’avait menée. Bien sûr, ils n’étaient pas aussi somptueux que ceux qu’elle avait à Shola, mais cela conviendrait parfaitement... pour le moment. Elle avait droit à un petit salon privé, composé de deux divans et une table basse, un petit coin reculé servant de bureau, où se trouvait une table et une chaise confortable, avec une bibliothèque, vide, qu’elle pourrait remplir, puis lorsqu’elle poussait les doubles portes, elle trouvait un lit double – malheureusement pas à baldaquin – une commode, une penderie et une petite table avec un tabouret où elle pourrait coiffer ses cheveux. Les tissus n’étaient pas aussi riches et somptueux qu’à Shola, ses meubles n’étaient pas faits des bois les plus fins et ornés de pierres précieuses, mais au moins elle avait de l’espace et c’était beaucoup plus agréable qu’une cellule. On lui servit son repas du soir dans ses appartements, puisqu’elle n’avait pas été présentée officiellement à la cour, mais cela ne la dérangeait pas. Pour l’instant, la solitude lui permettait d’assimiler tout ce qui était en train de se passer.

Le lendemain matin, elle se réveilla relativement tôt. Elle avait bien dormi. La rouquine se dirigea alors vers sa penderie et enfila l’une des robes qu’on lui avait préparée. Un serviteur lui apporta un petit déjeuner, qu’elle prit le temps de manger, puis on cogna à sa porte. Il s’agissait de l’interprète de la veille. « Mademoiselle, je suis ici pour vous escorter à la bibliothèque où votre tuteur et garde du corps vous attend pour vos leçons de la journée. » Avec l’interprète, se trouvaient deux gardes à l’air menaçant, dont l’un était celui qui balançait des décharges électriques. Philomena lui offrit un sourire ravageur. « Tu ne paies rien pour attendre, mon coeur. » Bien sûr il ne comprenait pas et l’interprète prit bien soin de ne pas traduire la menace de la princesse. Sa garde rapprochée la guida dans un labyrinthe de couloirs, d’entre-couloirs, de portes et d’allées, pour finalement s’arrêter devant une énorme porte donnant accès à la bibliothèque. L’un des gardes poussa la porte et elle y suivit l’interprète à l’intérieur. Il la guida au fond de la bibliothèque et quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle reconnut une chevelure noire bien familière. Elle n’y croyait pas. Son tuteur serait petit poisson? Jayson avait définitivement trouvé quelqu’un qui ne l’ennuyait pas. « L’apprenti-seccyeth Nova a été désigné par Sa Majesté pour vous servir de tuteur et de surveillant pendant quelques heures par jour ou par soir, dépendamment de ses entraînement avec son maître. Le reste du temps, ces deux messieurs vous serviront d’escorte dès que vous aurez été présentée à la cour. Ordre du roi. » Après ces mots, l’interprète et les deux gardes se retirèrent, laissant Gula seule avec Nova. Un sourire s’étira sur ses lèvres. Jayson avait un sens de l’humour absolument divertissant. Il ne s’était pas levé pour l’accueillir et décidément, il n’avait pas l’air très heureux avoir été attitré à cette tâche.

La jeune femme s’approcha alors de celui dont elle avait torturé les sens, mais qui l’avait également menacée de la donner en nourriture au requin, en plus de la noyer. Passant derrière lui dans l’intention de se diriger vers la chaise qui se trouvait à côté de lui, elle passa son doigt d’une épaule à l’autre, en faisant une sorte de vague. « Et bien, petit poisson, comme on se retrouve. » Elle s’arrêta derrière lui et approcha son visage de son oreille droite. « Je veux simplement te dire que je ne t’en veux pas de m’avoir presque noyée. Je suis plutôt d’avis que cela a simplement contribué à forger un lien solide entre nous. Ne crois-tu pas? » Elle déposa un baiser sur sa joue avant d’éclater de rire. Philomena prit place sur la chaise et continua de fixer Nova. « Tu sais, pendant que je croupissais dans cette cellule, j’ai compris et appris de nouveaux trucs que je meurs d’envie d’essayer. » Elle s’approcha de lui et posa sa main gauche la cuisse du triton. « Je te propose de procéder de la manière suivante. Tu m’apprends quelque chose et ensuite je te montre ce que j’ai appris. Qu’en penses-tu petit poisson? » Devant son air presque horrifié, la rouquine éclata une fois de plus de rire. Décidemment, elle allait apprécier ces leçon particulières.

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« My freakness is on the loose
And running, all over you
Please take me to places, that nobody, nobody knows
You got me hooked up on the feeling
You got me hanging from the ceiling
Got me up so high I'm barely breathing
So don't let me, don't let me, don’t let me, don't let me go. »
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Nova
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MessageSujet: Re: When a crazy girl and a fish fall in love... yeah we'll see.    Jeu 29 Déc - 17:49

On était venu le chercher dans le quartier des seccyeths. On avait une mission spéciale à lui attribuer, semblait-il. Quel genre de mission? Visiblement, l’ordre ne provenait pas de son maître Syrian ou encore de son supérieur Zéphir puisque la tâche à laquelle on l’affublait impliquait d’escorter et de servir de tuteur à une prisonnière enkiev fort importante. En fait, il devait, en quelque sorte, servir de garçon de compagnie (du moins, c’est ce qu’il en avait conclus) auprès de cette dame, entre ses entraînements de seccyeth, évidemment. Inutile de préciser qu’il n’était vraiment pas ravi de cette merveilleuse nouvelle. Il était un apprenti seccyeth, bordel! Pas une bonniche! Les bras croisés sur la poitrine, complètement furieux, le triton pestait contre l’interprète royal qui se tenait devant lui. « C’est une mauvaise plaisanterie, pas vrai?! J’ai la gueule d’une servante?! Je suis un apprenti seccyeth, je n’ai pas de temps à perdre avec ces sottises! Vous direz à Zephir ou Syrian… » S’emporta-t-il avant de se faire couper sèchement par l’interprète qui n’avait rien à foutre de ses protestations de pseudo guerrier. « Sir Zephir et son second, le seigneur Syrian, ne sont pas à l’origine de cet ordre. Ça vient de plus haut… Beaucoup plus haut… » L’interlocuteur de Nova esquissa un sourire satisfait… surtout en voyant la mine du jeune triton se défaire tranquillement. « Le… le roi? » Demanda ce dernier, comprenant qu’il n’y avait là aucune matière à négocier. Se glissant une main au visage, l’écuyer de Syrian tenta de reprendre contenance, puis soupira d’irritation ET de résignation. « Bon… Si je n’ai pas le choix… Et à qui dois-je servir d’homme à tout faire? » La réponse ne se fit pas prier. La princesse Philomena de Shola qui s’avérait être la future femme du roi. QUOI?!! Nova hoqueta de stupeur puis se rembrunit rapidement. Il était hors de question qu’il serve la princesse! Compte tenu de leur historique, ce serait se rabaisser beaucoup trop bas pour lui… Évidemment, l’interprète lui fit comprendre à nouveau qu’il ne s’agissait pas là d’une suggestion, mais d’un ordre. « Mais pourquoi moi, bordel?!! On se déteste elle et moi! Vous n’avez aucune idée de ce qu’elle m’a fait subir… et inversement! » S’écria-t-il, un ton rageur dans la voix. « Parce que vous êtes justement celui qui l’avez ramené en Irianeth. Vous en connaissez plus sur elle que beaucoup d’entre nous. Et puis, vous parlez leur langue avec brio alors que moi, les prisonniers en geôle sont ma priorité. Cessez de pester, ça ne donne rien. Soyez à la bibliothèque demain matin. Tôt. Sinon, la garde ira vous quérir. » Si tôt ces mots prononcés, l’interprète tourna les talons et quitta la pièce en compagnie de son escorte personnelle.

Nova avait les poings serrés. Dans toute sa frustration, il frappa le dessus de la table de la cuisine où il se trouvait et jeta les vestiges de son repas au sol du revers du bras. Il avait du mal à contrôler ses émotions depuis toujours, ainsi, les autres seccyeths autour ne furent pas surpris de sa réaction, compte tenu qu’ils avaient également entendus l’altercation. Les cuisinières et les servantes, toutefois, vinrent lui faire savoir le fond de leur pensée, visiblement mécontentes de voir leur dur labeur jeté au sol comme de vulgaires ordures. Nova passa le reste de la journée à ruminer sa colère, appréhendant les retrouvailles qui l’attendaient auprès de la princesse Philomena dès le lendemain matin. Ainsi, il passa une très mauvaise nuit, son cerveau ressassant sans arrêt les événements que composaient la capture de la jeune femme avec son maître, Cailean. Il en avait profité pour discuter mentalement avec Shalar, le mettant au courant de la situation dans laquelle il se retrouvait. Si d’abord l’immense dragon bleu s’était amusé de la situation, celui-ci fut ensuite la créature la plus apte à calmer le cavalier. S’il provoquait Philomena, il était certain que cette dernière lui ferait subir un véritable enfer. Or, il devait apprendre à se contrôler…

Le matin arriva rapidement. Trop rapidement même. Toutefois, le jeune homme fut debout à l’heure requise et en profita même pour aller prendre un bain à l’avance. S’il fallait qu’il fasse mauvaise impression en partant… Il n’aurait pas fini d’en entendre parler! Une fois la baignade terminée, il revint à sa chambre et enfila un pantalon noir, une tunique bleue marine et un manteau croisé couleur charbon surmonté de motifs argentés. Ses bottes de cuir orné de plaques d’acier représentant des écailles ornaient ses jambes et ses brassards similaires recouvraient ses avant-bras. Une ceinture dans le même textile enserrait sa taille et une boucle dorée venait orner le tout. Finalement, ses sempiternelles lanières de tissus noirs surmontaient ses paumes afin de les protéger des visions incessantes qui envahiraient son esprit. Puisqu’il n’avait pas le temps de faire venir une servante pour l’aider à coiffer sa longue chevelure d’encre, Nova décida tout simplement de les laisser détaché. Il quitta finalement sa chambre pour se diriger vers la bibliothèque.

Il était d’avance. Il n’y avait personne dans cette pièce hormis la bibliothécaire. Ainsi, il louvoya à travers les tables et les chaises pour se rendre directement au fond de la pièce, là où ils seraient tranquilles, à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes. Il attendit quelques minutes, quand soudain, des bruits de pas se firent entendre sur sa gauche. Instinctivement, il étendit son écholocalisation, ce qui lui permit de déterminer qu’un groupe de personnes s’approchaient de lui. C’était eux. Prenant une grande inspiration, le triton tenta de calmer l’anxiété qui lui tordait les boyaux. Cette femme était terrible et pouvait torturer les gens en usant de leurs propres sens contre eux. Il le savait, il en avait déjà subi les frais… Que lui réservait-elle? Dès que le groupe fut à sa hauteur, l’apprenti seccyeth se leva, les mains dans le dos, un air impassible au visage, et s’inclina légèrement alors que l’interprète s’occupait de faire les présentations. Au bout d’un moment, les trois hommes se retirèrent, laissant les deux jeunes gens seuls.

Un petit silence plana, l’espace d’un instant et Nova le brisa en se raclant la gorge. Il n’avait sérieusement pas envie d’être ici, mais il faisait l’impossible pour ne pas le laisser paraître. La princesse le contourna par l’arrière et en profita pour faire glisser son doigt dans son dos, plus précisément d’une épaule à l’autre. Ce simple contact eut pour effet d’irriter un peu plus l’apprenti seccyeth qui avait déjà beaucoup de mal à se contrôler. Elle se jouait de lui, comme toujours. Il sentit ensuite la jeune femme se rapprocher drôlement de lui, son souffle chaud caressant sa nuque et son oreille droite. Le triton se figea sur place alors qu’il entendait très bien les propos lancés en sa direction. Elle ne lui en voulait pas? Baliverne! C’était évident qu’elle avait des ressentiments à son égard. Pourquoi en serait-il autrement? Dans son intonation, il comprit aisément qu’il allait en baver avec elle. Rapidement, Philomena l’embrassa sur la joue, puis alla s’installer sur le siège juste à sa droite dans un grand éclat de rire. Nova prit une grande inspiration : il devait rester calme. Plus il démontrerait son irritation, pire ce serait.

- Mouais, un lien solide… se contenta-t-il de marmonner en réponse à sa question.

L’air de rien, Philomena déclara qu’elle avait apprit beaucoup de choses pendant qu’elle croupissait dans sa cellule et en profita pour venir déposer sa main sur la cuisse droite de Nova, ce qui contribua à la raidir davantage. Qu… que faisait-elle? Elle voulait faire un « échange de services »? Nova put très bien saisir le deuxième degré de ses propos et esquissa une expression horrifiée. Visiblement, elle s’amusait follement vue la façon dont elle éclata de rire! Néanmoins, elle ne retira pas sa main pour autant, osant même caresser sa cuisse probablement dans le but de le rendre encore plus mal à l’aise… ce qui fonctionna à merveille. Il devait se ressaisir! Elle se jouait encore plus de lui et il devait reprendre le contrôle de la situation! Sans plus attendre, il agrippa la main de la princesse sans ménagement et l’éloigna de lui. Il relâcha enfin sa poigne, puis vint apposer ses coudes sur la table devant lui.

- D’accord, soyons honnêtes, commença-t-il d’un ton neutre, mais trahissant néanmoins une dureté typique à l’irritation. Je n’ai pas envie d’être ici et j’ai franchement d’autres choses à faire que de jouer les garçons de compagnie. Alors voilà, je suggère que nous mettions nos différents de côté afin de se concentrer sur ce que nous avons à faire. Ainsi, vous pourrez rapidement retourner auprès de votre maître… ou votre futur mari… ou peu importe qui – pas que j’en ai réellement de quoi à foutre – et je pourrai me concentrer sur mes entraînements.

Ignorant les rires amusés de sa compagne, Nova tendit la main vers des parchemins qui trônaient sur la table et qui avaient été préalablement emmenés par la bibliothécaire. Il en rapprocha un de la princesse, puis défit le bandage qui trônait sur sa main gauche. Il plaqua sa paume sur le rouleau afin de lui permettre de bien identifier son contenu, puis reposa la lanière de tissu en place. Il le déroula ensuite et laissa exhiber ce qui semblait être un arbre généalogique de la famille royale.

- La première des choses est de connaître l’histoire de notre nation. Bon… je sais qu’ils sont nombreux et j’ose espérer que vous n’aurez pas à connaître les noms de tous les cousins éloignés, mais il serait important d’au moindre connaître la lignée directe de votre futur mari. Après tout, vous serez sa prochaine épouse… et vous ne servirez probablement qu’à discuter avec ses dignitaires, d’où le besoin d’en savoir un peu sur l’histoire de la famille royale… ainsi qu’à faire des bébés royaux qui, sommes toutes, passeront après ceux de la reine Georgina…

Un sourire amusé se glissa sur ses lèvres, le triton étant visiblement satisfait de la pique qu’il venait de balancer à la princesse. Après tout, à quoi d’autres servirait-elle? Elle serait la dernière arrivée d’un harem déjà bien présent… Malgré tout, Philomena ne releva pas, ce qui, somme toute, était plus inquiétant que si elle avait répliqué. Il la sentit se saisir du parchemin, probablement dans le but d’en étudier le contenu.

- Mon titre, plus précisément? Répéta-t-il à la question balancée par la rouquine. Il ne savait pas s’il avait vraiment envie de parler de lui. Il avait cette sensation poignante qu’il devait se méfier d’elle. Malgré tout, il décida de coopérer, un peu à contrecœur. Je suis un dragonnier. Je fais parti de l’Ordre des Seccyeths qui correspond, sommes toutes, à l’élite d’Irianeth. Notre garnison est dirigée par le seigneur Zéphir qui, en fait, est le frère de notre roi. Son second est Syrian qui se trouve à être mon maître. Elle le narguait, encore. En même temps, s’attendait-il réellement à autre chose? Il devait garder en tête qu’il devait jouer profil bas. Plus il réagirait à ses provocations, plus elle s’amuserait à le mettre hors de ses gonds. Je suis effectivement en formation et j’ai le titre d’écuyer. Mes entraînements auprès de Syrian touchent bientôt à leurs fins et je serai enfin un seccyeth à part entière.

Tendant la main vers d’autres bouquins, Nova voulut rabaisser le bout de tissus pour identifier le livre qu’il allait prendre quand une nouvelle question fusa. Quoi? Elle voulait savoir ce qu’il faisait? Et merde… Devait-il réellement répondre à cette question? Il n’avait pas envie d’expliquer ce en quoi son pouvoir consistait. Il avait cette impression qu’il devait donner le moins d’informations possibles sur lui à cette jeune femme psychédélique. Elle allait retenir chaque détail et les utiliser contre lui. Ou bien était-ce de la paranoïa?

- Comme vous le savez, je suis aveugle. Mais je possède un don qui me permet de voir ce que je touche. Je dois protéger mes paumes, sinon, mon pouvoir s’active sur absolument tout et j’ai du mal à gérer, se contenta-t-il de répondre sans entrer plus dans le vif du sujet.

Vu le soupir qu’elle poussa, il comprit rapidement qu’elle n’avait pas envie de rester dans cette bibliothèque à feuilleter des bouquins. Elle voulait visiter le palais. Bon… il supposait que lui faire faire le tour du château faisait également parti de ses tâches. Nova hocha de la tête et se leva, bientôt imité par sa compagne. Il enfonça ses mains dans ses poches puis se mit en route, ouvrant la marche. Il se dirigea entre les tables et les chaises grâces à son écholocalisation quand soudain, plus rien. Il fronça les sourcils. Il ne recevait aucune information de son talent racial, comme si la pièce était complètement vide autour de lui. Instinctivement, il s’arrêta puis pivota sur lui-même. Qu’est-ce qui se passait?! Il n’arrivait pas à localiser les objets autour ni même les personnes présentes dans la bibliothèque. Seul le gloussement de Philomena lui fit comprendre qu’il n’était pas seul. Comment… comment avait-elle comprit? Il fit quelque pas devant lui quand soudain, son tibia se heurta contre une chaise qui se trouvait devant lui. Par réflexe, Donovann poussa un cri de douleur et agrippa sa jambe.

- Peu importe ce que vous faites, arrêtez! Sinon, je peux vous assurer que je vous plante là et vous vous débrouillerez pour la suite! Je n’ai pas que ça à foutre, me faire enquiquiner par la première abrutie venue! Bon… pour le sang-froid, on repassera!


Dernière édition par Nova le Mar 24 Jan - 9:15, édité 1 fois
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Philomena
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MessageSujet: Re: When a crazy girl and a fish fall in love... yeah we'll see.    Jeu 19 Jan - 17:09

Il était bien évident que l’ancienne princesse de Shola prenait un malin plaisir à tourmenter celui qui devait lui de tuteur jusqu’à ce qu’elle soit prête pour son mariage. Bien qu’elle ne croyait pas au destin et à toutes ses balivernes, Philomena ne pouvait que penser que quelque chose ou quelqu’un s’amusait à réunir deux êtres qui n’avaient aucun point en commun. Manifestement, ce quelqu’un ou quelque chose se tordait de rire. Toutefois, même si Nova avait tenté de la noyer, elle ne lui en tenait pas rancune. Enfin... c’est ce qu’elle disait. Intérieurement, c’était le contraire. Comment avait-il osé s’en servir comme appât à requins? Elle était une princesse après tout! Elle ne comptait certainement pas en rester là. Décidée à prendre son temps pour se venger, du moins autant que sa patience lui permettrait, et si l’ennui ne s’emparait pas d’elle. C’est pour cette raison qu’elle avait posé sa main sur la cuisse du jeune homme, complètement au fait que cela le mettrait mal à l’aise. Il était si facile à troubler. S’amusant de sa réaction horrifiée, la future épouse s’amusa même à bouger sa main afin de le provoquer encore plus. Au bout de quelques instants, l’adolescent s’empara de sa main pour la porter plus loin. Oh, il était si prude! Alors qu’il commençait à parler, la rouquine en profita pour poser son coude droit sur la table de façon à pouvoir supporter sa tête à l’aide de sa main et se mit à écouter le discours de celui qui se désignait comme un garçon de compagnie, un sourire amusé aux lèvres. Quel dommage qu’il ne puisse pas la voir! Mettre leurs différents de côté. Cela semblait plus facile à dire qu’à faire, surtout pour le soldat, qui répliquait pratiquement à toutes les piques qu’elle lui lançait. « Cela ne fait-il pas partie de l’entraînement des soldats d’apprendre à bien se comporter en raison des dames de la noblesse? Je dois m’avouer bien déçue par cet air frustré, petit poisson. Moi qui avais si hâte de passer ces merveilleuses heures en ta compagnie. » Bien sûr, sa dernière phrase était entièrement sarcastique, ce qui lui offrit une occasion supplémentaire d’éclater de rire. Il était si mignon avec sa mine boudeuse et ses yeux aveugles.

Tout en se tortillant une mèche de cheveux avec son index gauche, elle regarda son nouveau tuteur porter la main vers une liasse de parchemins. Il en approcha un dans sa direction et défit le bandage qui couvrait sa paume. La cadette de Shola l’observa avec attention, tout en essayant de saisir en quoi consistait son pouvoir. En effet, elle se rappelait que lorsqu’il lui avait murmuré des informations à propos de son passé, il avait la main nue sur sa bouche. Elle pouvait encore ressentir la chaleur de sa peau contre ses lèvres. La voix de son tuteur la tira de ses pensées et elle fit un effort pour s’intéresser à ce qui se trouvait devant elle. Un arbre généalogique des plus complexes. Celui de son futur apparemment. Gula ne comprenait pas du tout la langue dans laquelle étaient écrites les informations sur le parchemin, mais en se fiant aux paroles de son professeur, elle comprenait. L’attaque très peu subtile de Nova la fit sourire de plus belle. Il tentait de la diminuer en lui assurant qu’elle ne servirait que de poule pondeuse et d’accessoire à parader devant les dignitaires. S’il savait à quel point elle s’en fichait! Tout ce qu’elle voulait, c’était une certaine liberté d’agir, ce qu’on lui assurait aussitôt qu’elle serait épouse officielle et pouvoir satisfaire sa gourmandise qui refaisait surface depuis quelques jours. Si pondre quelques enfants royaux faisaient partie du marcher, alors qu’il en soit ainsi. Après tout, tout cela lui éviterait d’avoir à retourner dans sa cage dorée au royaume de Shola. De plus, en temps et lieu, Jayson comprendrait qu’il aura besoin d’elle. Après tout, même si elle avait une notion assez floue du bien et du mal, elle restait une négociatrice hors pair et son pouvoir d’illusions servait très bien à convaincre des gens. Tout ce qu’il suffisait de faire, était d’apprendre leur désir le plus cher... Alors non. Pondre des enfants royaux qui passeraient après ceux de la première épouse ne la dérangerait pas, surtout si une nourrice se chargeait de leur éducation.

Ennuyée par le contenu de la leçon du jour, elle s’empara du parchemin dans le but de tenter d’en saisir l’écriture, ce qui s’avéra impossible. Mais quel drôle de langage. Décidemment, cela prendrait des tonnes et des tonnes de leçons pour qu’elle soit en mesure de tout comprendre. Cette langue différait tellement de celle des Enkievs. Étymologiquement, il n’y avait aucune racine semblable. Philomena soupira discrètement. Cela faisait à peine une dizaine minutes qu’elle était assise à la table et elle s’ennuyait déjà. Autant parler d’un sujet qui l’intriguait. « À Shola, nous n’avons pas de monteurs de dragons, mais j’ai cru comprendre que tu étais une sorte de chevalier. Quel est ton titre exactement, petit poisson? » La rouquine écouta attentivement la réponse de Nova, question d’enregistrer ces informations qui s’avéraient beaucoup plus pertinentes que de savoir les noms de vieux croûtons gâteux qui tenteraient probablement de glisser leur main sous sa robe à la première occasion. Les vieux aristocrates se ressemblaient tous après tout, peu importe le continent. Oh ainsi, petit poisson était réellement petit? « Oh, mon cher bébé requin, c’est que tu es réellement un bébé? Tout petit encore et pas encore prêt à vivre dans le monde des adultes? Pas étonnant que tu sois aussi coincé et à émotif. » Elle n’éclata pas de rire, mais son amusement transparaissait dans le ton de sa voix. Comme elle aimait le provoquer.

Sa réponse ne se fit pas attendre, assez calme pour une telle provocation. C’était qu’il tentait de contrôler ses émotions, le petit chou! La main de l’apprenti-seccyeth se dirigea vers une pile de livres et il voulut retirer le bandage qui couvrait ses paumes. Gula attrapa son poignet, l’empêcha de retirer le bandage. « Que fais-tu et pourquoi dois-tu absolument retirer ce bandage lorsque tu touches un objet? » La réponse qu’il lui offrit, quoi qu’assez vague, s’avéra très intéressante. Parfois, la nature faisait très bien les choses. Ainsi, elle lui avait offert un don qui palliait à sa cécité. C’était très passionnant. Toutefois, cela devait être plus puissant que ce qu’il le disait, puisque c’était nécessairement grâce à ce pouvoir qu’il avait réussi à voir son passé. Décidant de garder cette information pour elle, du moins pour l’instant, elle poussa un long soupir. « Ne pouvons-nous pas laisser la théorie à une leçon ultérieure? Montre-moi le château! Mon n’escorte ne comprend rien de ce que je lui dis, je perds toujours mon temps à me perdre dans cette forteresse! Allez, petit poisson, fais-moi ce plaisir? » Lorsqu’il hocha de la tête, le sourire de la princesse s’étira. Parfait! Il venait de tomber dans le panneau. Elle allait enfin pouvoir vérifier sa théorie.

En effet, comment Nova faisait-il pour se promener sans se heurter aux objets qui meublaient une pièce? Bien sûr, si c’était un endroit qu’il connaissait très bien, il pouvait avoir à pris à se figurer l’emplacement des objets. Toutefois, dans le Désert, il avait zigzagué parmi les rochers sans entrer en collision avec ceux-ci. Encore plus, il savait souvent avec une précision hors du commun où se trouvaient les objets et les personnes. Il n’avait pas pu connaître le Désert si bien. Son agilité en endroit inconnu avait piqué sa curiosité. Ce n’était qu’en prison, alors qu’elle avait des heures et des heures pour réfléchir, que la réponse lui vint. C’était si évident! Il avait un sixième sens. Enfin, pour l’ensemble des tritons, cela était un sixième sens. Pour Nova, cela était plutôt un cinquième sens. On lui avait raconté, lorsqu’elle était gamine, que certains gros mammifères marins possédaient un autres sens qui leur permettait de se localiser dans l’eau. En quoi cela serait différent pour les tritons?

Le jeune homme se leva donc et prit tout de suite le soin de mettre ses mains dans ses poches. Décidemment, il ne voulait pas du tout lui proposer son bras, comme un parfait gentilhomme l’aurait fait Cela existait-il dans cette partie du monde? Pourtant, ainsi renfrogné, vêtu de noir et de bleu, il était si mignon. Docile, Philomena se leva et le suivit vers la sortie. Encore une fois, elle s’étonnait de le voir se promener parmi les nombreux obstacles sans les toucher ou trébucher. Son hypothèse ne pouvait être que la bonne. La future épouse royale se concentra, même si elle ne comprenait pas exactement comment fonctionnait ce sixième sens. Bien rapidement, la jeune femme comprit qu’elle avait réussi, surtout lorsqu’elle le vit pivoter sur lui-même. Incapable de s’en empêcher, elle se mit à glousser, contente d’avoir réussi. Oh, comme cela était amusant! Maintenant, il était véritablement aveugle. Elle s’amusa de le voir enfin se heurter contre les objets et surtout l’entendre hurler de douleur. Sa vengeance ne faisait que commencer. Sa menace la faisait terriblement rire. « Et comment vas-tu me planter là, petit poisson? Toi qui est maintenant aveugle et sans repère? » Gula s’approcha de lui. « Tu sais bien, bébé requin, que tu ne peux pas me laisser à moi-même. Tu es obligé par le roi de m’aider à apprendre vos coutumes. Que dirait-il si je lui disais que tu m’as laissée à moi-même alors que j’essayais vraiment d’apprendre, simplement parce que je te trouble? » La princesse éclata de rire. Il était évident que, pour l’instant, il ne pouvait rien faire contre elle. Rapidement, elle changea de place. « Je dois t’avouer, je t’ai menti. Je ne t’ai pas tout à fait pardonné de m’avoir utilisé comme appât à requins. Après tout, ce n’est pas de ma faute si tu n’as aucun sens de l’humour et aucune propension au plaisir. » Elle bougea une fois de plus. « J’ai donc décidé que, pour te faire pardonner, tu allais jouer à un jeu avec moi. Qu’en dis-tu? »

Bien entendu, elle s’en fichait de sa réponse. Elle le contrôlait pratiquement entièrement. S’il disait non, elle pouvait tout de même le contraindre à jouer le jeu en affectant un autre de ses sens, chose qu’elle avait apprise de Cailean. Voyant qu’il acceptait de se plier à son caprice, bien que ce n’était pas de bon coeur, elle enchaîna. « Le jeu est simple, il s’intitule Trouver Philomena. Lorsque bon me tentera, je vais te redonner ton sens pour le nombre de temps qu’il me plaira et tu devras me trouver. Si tu réussis, tu seras pardonner et je te redonnerai le contrôle de ta faculté. Si tu échoues... et bien nous verrons. » Bien sûr, Philo n’avait pas l’intention de le perdre de vue. Des plans pour qu’il se sauve et qu’il se plaigne avant qu’elle ait pu donner sa version inventée de l’histoire. Ainsi, son plan était de lui redonner entre deux et cinq secondes de son don, de façon à ce qu’il puisse se rapprocher d’elle, puis elle allait le lui enlever. La jeune femme commença alors à marcher, assez lentement. Comme elle s’y attendait, Nova essayait de se fier à son ouïe pour la retracer. Lorsqu’il fit un pas dans sa direction, elle décida aussitôt d’altérer son ouïe également et lui fit entendre des pas qui courraient dans la direction opposée. Mordant à l’hameçon il se retourna. « Tu sais petit poisson, tu as aussi deviné me secret. » Il se retourna alors vers elle, visiblement perplexe. « Cependant, ce que tu ne sais pas, c’est que je peux altérer deux sens à la fois. » Bien sûr, il cria tout de suite à l’injustice. « Oh, mon chou, ça ne serait pas une vengeance si c’était juste. Et je ne fais pas dans la justice, ça m’ennuie. » Alors qu’elle parlait, il s’était dirigé vers elle.

Elle bloqua aussitôt son ouïe et se dirigea vers la direction opposée. Lorsqu’elle fut assez éloignée, elle lui redonna accès à son ouïe et à son autre sens et compta trois secondes dans sa tête, après quoi elle le bloqua à nouveau. Le jeu dura pendant quelques instants, durant lesquels Philomena s’esclaffait de rire en humiliant son nouveau tuteur. Cependant, Nova s’adaptait vite, ce qui surprit la princesse qui ne pensait qu’à s’amuser et qui baissait un peu trop souvent sa garde. Si bien que, sans presque qu’elle s’en rende compte, elle se retrouva coincée entre l’apprenti-seccyeth et un mur et le jeune homme avait placé les bras de chaque côté d’elle afin de l’empêcher de fuir. Son visage était près du sien. Bien sûr, Gula aurait pu s’enfuir de cette posture en faisant souffrir son compagnon obligé, mais soudainement, elle n’en avait aucune envie. Il murmura qu’il avait gagné et elle enleva alors toute illusion. La rouquine leva sa main gauche et la passa sur la joue droite de son interlocuteur. « Et maintenant, Nova, que se passe-t-il? » Pour la première fois depuis qu’elle lui adressait la parole, il n’y avait aucune trace d’ironie dans ses mots. Elle était simplement troublée par l’effet que lui procurait cette proximité et aussi par les yeux aveugles de l’adolescent. Ils étaient si envoûtants...

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« My freakness is on the loose
And running, all over you
Please take me to places, that nobody, nobody knows
You got me hooked up on the feeling
You got me hanging from the ceiling
Got me up so high I'm barely breathing
So don't let me, don't let me, don’t let me, don't let me go. »
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Nova
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MessageSujet: Re: When a crazy girl and a fish fall in love... yeah we'll see.    Mar 24 Jan - 11:50

Elle se foutait royalement de sa gueule! Il l’entendait glousser derrière lui et sa frustration se mit à grandir à vitesse grand V. L’envie de la planter là, comme une crétine, se faisait de plus en plus ressentir! Certes, elle contrôlait – sans trop qu’il ne sache comment – son talent d’écholocalisation, mais il connaissait bien la bibliothèque : il pourrait se retrouver tout seul, sans trop de problèmes… même si cela impliquait qu’il subirait quelques ecchymoses au passage à force de se heurter partout. Relâchant sa jambe, Nova serra les poings. Il était furieux et elle le savait. Furieux d’être à sa merci comme un simple pantin. Furieux de voir que, malgré toute sa bonne volonté (bon, pas tant que ça, quand même…), elle trouvait le moyen de vouloir le ridiculiser. Évidemment, Philomena en profita pour le narguer, lui remettant encore une fois sur le nez sa condition actuelle.

- Je suis peut-être aveugle, mais pas inapte! Siffla-t-il d’un ton colérique. Je connais le château comme ma poche, pas besoin de mon don pour me repérer!

La princesse s’avança; il pouvait entendre ses pas et sentait sa présence qui se rapprochait de lui. Les autres arguments qu’elle employa furent plus convaincants… Elle n’avait pas tort, même si ça le dégoûtait de l’admettre. L’ordre venait du roi et s’il refusait de coopérer, il pourrait en subir de graves conséquences… Et merde… Voilà qui lui donnait beaucoup trop de pouvoirs sur lui! L’irritation était palpable sur ses traits, mais le triton put tout de même se contenir, évitant d’injurier la future épouse royale qui, visiblement, se donnerait à cœur joie pour le rabrouer. Elle disait le troubler? Non… non ce n’était pas ça : elle l’énervait, nuance! Devant son self-control mal assumé, la jeune femme éclata de rire. Oh elle prenait son pied là… Et bien qu’elle en profite bien, avant qu’il n’arrive à tourner la situation à son avantage!

Des bruits de pas se firent entendre, signe que Philomena se déplaçait vers sa droite. D’un ton nonchalant, elle déclara ouvertement ne pas lui avoir pardonné le coup des requins et ces simples propos eurent pour effet de lui soutirer un sourire en coin. Oh ça… Il était fier de son coup! Au moins, elle avait réussi à se la fermer, l’espace d’un instant, et avait pu le prendre au sérieux. Bon après, il en subissait présentement les conséquences… mais ça en avait valu la peine, sur le moment! D’autres bruits de pas; elle s’éloignait maintenant. Elle déclara alors vouloir jouer à un jeu, voyant là une opportunité pour Nova de se faire pardonner. Baliverne. Elle continuerait à lui remettre ses actions sur le nez, il le savait. Mais quelque chose lui disait qu’elle ne lui laissait aucunement le choix… Le triton poussa un long soupir, puis se contenta d’hocher de la tête, signe qu’il acceptait de se prêter au jeu.

La princesse lui exposa, de façon quasi théâtrale, les modalités du jeu qu’elle intitula « Trouver Philomena ». Wow… Elle l’avait cherché loin son titre… Elle ne marquait pas de points pour l’originalité, en tout cas… Bref. Le but était très simple : il devait la retrouver dans la bibliothèque en utilisant les sens qu’elle daignait bien lui laisser. Elle lui redonnerait son talent d’écholocalisation quelques instants, puis devrait faire le reste pas lui-même. S’il réussissait à la retrouver, il serait pardonné… Autrement… D’accord, d’accord, il avait compris le message. L’écuyer poussa un soupir, puis hocha de la tête à nouveau, signe qu’il avait bien saisi les règles simplistes de ce jeu à la con.

Tendant l’oreille, le triton fit le vide de son esprit pour focuser le plus possible sur son opposante. Des bruits de pas se faisaient entendre devant lui! D’instinct, il s’avança en cette direction, quand soudain, il eut l’impression qu’on courrait derrière lui. Sans plus se poser de questions, il tourna les talons et s’élança dans la même direction que le bruit… avant que le doute ne l’assaille. La voix claire de la jeune femme se fit entendre derrière lui, lui confirmant ses soupçons : elle pouvait contrôler deux de ses sens à la fois! Elle était réellement impitoyable!

- Franchement, ce n’est pas du jeu! Comment veux-tu que…

Elle lui coupa nette la parole, déclarant que la justice l’ennuyait… Et lui, pour sa part, venait de briser la première barrière de courtoisie en choisissant délibérément de la tutoyer. Au point où il en était, la vouvoyer ne servait strictement à rien, sauf flatter l’égo de la princesse en lui donnant de l’importance. Il poussa un nouveau soupir, puis il eut l’impression de ne plus rien entendre : comme si on lui bouchait les oreilles. C’était tellement déroutant! En dehors de son écholocalisation, son ouïe était de loin le sens qu’il utilisait le plus. Il chancela, soudainement étourdi par le manque de ce sens si crucial qui l’aidait autant à se repérer que pour son équilibre. Au bout d’un moment, il lui sembla pouvoir percevoir à nouveau son environnement. Wow, c’était une sensation particulière… Par curiosité, il tenta d’utiliser son écholocalisation, puis fut satisfait de voir que ça fonctionnait. Il étendit donc son sixième sens autour de lui, puis repéra rapidement la présence de la jeune femme, tout au fond de la pièce.

Sans attendre, le triton s’élança en sa direction, zigzaguant à travers les tables et les chaises… puis plus rien. Il ne pouvait plus se diriger. Nova ragea de frustration et tenta de se remémorer la disposition de la pièce. Voilà… voilà ce qu’il devait faire! Plutôt que de garder son focus sur elle – lorsqu’elle le graciait de lui rendre son talent – il devait mémoriser le chemin le plus court pour se rendre à elle. Et si elle venait à bloquer à nouveau son ouïe, il pourrait toujours se fier aux vibrations du sol sous ses pieds. Après tout, chaque fois qu’elle effectuait un pas, il ressentait un très léger tressautement sous ses pieds… Au final… tout ça prenait presque des airs d’entraînement! Prenant une grande inspiration, l’écuyer de Syrian se figea, puis attendit qu’elle lui rende sa faculté. Il mémorisa rapidement l’endroit où elle se trouvait et les obstacles sur sa route, puis s’élança.

Leur petit manège perdura de longues minutes. Évidemment, sa nouvelle stratégie n’était pas au point et il dut s’y reprendre à plusieurs reprises avant de la maîtriser. Bien sûr, la princesse s’amusa à ses dépens, l’insultant allègrement, ce qui augmenta de beaucoup la détermination du futur seccyeth. Au bout d’un moment, il constata qu’il avait réussi à l’immobiliser dans un endroit sans issue, au coin d’un mur et d’une bibliothèque immense. Il courut en sa direction, puis la poussa à s’adosser au mur derrière elle, plantant un bras de chaque côté de son corps gracile. Leur proximité s’était considérablement amenuisée et Nova servait de barrière pour empêcher la future épouse de fuir.

- J’ai gagné, alors maintenant, tiens ta part du marché, souffla-t-il tout bas à son intention.

Lentement, Philomena leva une main et vint caresser sa joue gauche, lui demandant, dans un ton qui ne lui était pas familier, ce qu’impliquait la suite des choses. Il rêvait où elle venait de l’appeler par son surnom? Le jeune De Vere sourcilla un instant, puis attrapa le poignet de la rouquine pour l’éloigner de son visage. Il plaqua ensuite ce dernier au-dessus de sa tête, sur le mur derrière elle. Il était plus grand qu’elle et devait donc baisser le visage pour donner l’impression de lui faire face. Un trouble immense le prit soudainement d’assaut et un papillonnement intense se fit ressentir au creux de lui-même. D… D’où ça venait, ça? Il sentait le souffle de la princesse contre lui et sans trop s’en rendre compte, il se rapprocha davantage d’elle, son corps n’étant maintenant qu’à quelques centimètres du sien. Il ne réfléchissait plus (ce qui était rare pour lui!) et laissa son instinct prendre le dessus pendant un bref instant. Son visage se rapprocha de celui de la future épouse du roi, puis se lèvres effleurèrent les siennes. Il la sentait se lover contre lui et ce contact – jusqu’alors inconnu du jeune homme de 18 ans – était grisant… Il sentait son sang qui battait dans ses veines et une chaleur intense naître au fond de lui au même moment où la tension faisait son apparition…

…C’est alors qu’il retrouva pleinement contact avec la réalité.

Qu’était-il en train de faire, merde!? Avant qu’il n’approfondisse son contact (et donc, qu’il ne l’embrasse), Nova se recula vivement, comme si la simple proximité avec la princesse l’avait brûlé. Elle… elle avait fait ça, pas vrai? Elle le manipulait encore! Il en était persuadé. Son cœur qui se débattait dans sa poitrine n’était qu’un effet secondaire de son talent perfide.

- Arrête ça, fit-il perplexe. Ne fais pas l’innocente, tu sais de quoi je parle. Bon… trêve de plaisanteries, on a mieux à faire. Tu voulais visiter le château, pas vrai?!

Il se racla la gorge, puis se pivota sur lui-même, tentant visiblement de reprendre contenance et de se détourner du sujet brûlant qui venait de se passer. Il se passa une main dans ses longs cheveux d’ébène, écartant quelques mèches rebelles qui tombaient sur son visage, puis s’aventura à nouveau dans la bibliothèque, Philomena sur les talons. Ils sortirent de la pièce en silence, puis bifurquèrent vers la droite, dans un long couloir. Nova entama donc la visite du palais sans qu’aucun incident ne vienne le perturber. Bien sûr, il serait mensonger de déclarer qu’il ne pensait pas un seul instant à ce qui s’était produit dans la bibliothèque. En fait, il tentait plus d’oublier la scène afin de ne pas être davantage perturbé. Après tout, le troubler était exactement ce qu’elle essayait de faire, non?

Ils visitèrent donc les aires de repos de la famille royale, la salle à manger, la cuisine, la salle de bal et passèrent même devant les quartiers des serviteurs et des esclaves. Si la future épouse du roi se comportait plutôt bien, Donovann ne pouvait s’empêcher de craindre qu’elle tramait un truc pas net. Après tout, jamais elle n’avait été aussi disciplinée en sa présence, alors il y avait assurément anguille sous roche… L’avant-midi se déroula donc sans anicroche majeur, jusqu’au moment où le triton se fit interrompre par la jeune femme qui disait être affamée. Maintenant qu’elle en faisait mention… il devait admettre qu’il crevait la dalle aussi. Il devait être l’heure de dîner. Nova suggéra à la rouquine de se rendre à salle à manger et elle obtempéra sans rouspéter. C’était étrange… très étrange. Pourquoi ne faisait-elle plus de blagues sur son cas? Pourquoi était-elle si docile tout à coup? Il devait se méfier…

Ils s’engagèrent donc dans l’immense pièce, puis s’installèrent à une table, un peu à l’écart, comme demandé par la future épouse. Une servante s’empressa de venir leur exposer les différents menus à leur disposition et Nova accepta de prendre un peu de tout et de partager avec Philomena. Elle était réellement gentille tout à coup… Le dragonnier se racle la gorge, puis s’adossa sur son siège.

- Jusqu’à présent, ta nouvelle demeure te plaît? Demanda-t-il calmement. J’imagine que ce doit être très différent de celle dans laquelle tu vivais dans ton pays d’origine. Shola, c’est ça? Mais dis-moi… je m’interroge sur un truc depuis un petit moment maintenant : si tu es une princesse de Shola… que faisais-tu sur la plage avec Cailean le jour où notre route s’est croisée? J’ai vu en vitesse qui tu étais… heu… grâce à mon pouvoir. Je n’ai pas tout retenu. Mais il semble te traiter comme une moins que rien… Ça m’échappe! Pourquoi le suivre comme ça?

Il y eut un silence. Bon, elle était effectivement énervante et il aurait nettement préféré être ailleurs en ce moment (du moins, il le croyait…), mais de là à se faire torturer et malmener tout à fait gratuitement? Personne ne méritait ça. Pas sans aucune raison valable, au moins. Elle ne répondait toujours pas. Cherchait-elle ses mots? Ou peut-être décidait-elle de garder délibérément son histoire pour elle. Ce fut la venue de la servante, les bras chargés de plats, qui brisa la tension presque palpable qui régnait entre eux. Elle déposa plusieurs mets sur la table, puis leur souhaita un bon appétit avant de s’éclipser rapidement pour rejoindre les cuisines.

- Pourquoi je pose la question? Fit-il d’un air surpris, remarquant qu’elle avait évité de répondre. Il poussa un soupir et tendit la main pour prendre un morceau de poisson fumé. Parce que je m’interroge, c’est tout. Personne ne mérite de se faire traiter comme de la merde aussi gratuitement. Pas même les princesses les plus énervantes…

Là était toute la différence entre lui et Cailean. Il n’était jamais mesquin gratuitement. Il réagissait seulement aux propos et aux contacts des autres… avec parfois un peu trop de véhémence? Nova porta le morceau de saumon à ses lèvres et tressauta en réalisant qu’un goût sucré et doucement acidulé de fraise envahissait ses papilles gustatives. Mais… c’était quoi ce poisson? Il haussa finalement un sourcil, réalisant que c’était à nouveau l’œuvre de Philomena.

- Ça t’amuse, pas vrai?
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Philomena
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MessageSujet: Re: When a crazy girl and a fish fall in love... yeah we'll see.    Ven 3 Fév - 16:47

Le jeu auquel Philomena s’adonna avec Nova l’amusa pendant tout le temps qu’il dura. Cela faisait longtemps qu’on ne l’avait pas divertie de cette façon. Dans sa cellule, elle devait tourmenter les soldats pour éviter l’ennui qui lui prenait trop facilement. Puis, il y avait eu le moment passé avec Cailean. La princesse frissonna en se remémorant cet épisode où s’étaient mélangés plaisir, douleur, peur et la sensation que son esprit se morcelait. Peut-être était-ce en raison de ce léger moment d’inattention que l’écuyer fut en mesure de l’isoler contre un mur de la bibliothèque entre les deux bras de son tuteur. Content de lui, il exigea d’elle qu’elle tienne sa part du marché. Tout de suite, elle libéra son écholocalisation. Il était si près d’elle. Ses pensées se mirent à se bousculer et la chaleur s’empara de son corps. Que se passait-il? Pourquoi cette sensation de proximité était si enivrante? Pourquoi n’avait-elle pas envie de le narguer et pourquoi toute son attention était-elle fixée sur cette bouche normalement porteuse d’insulte ou de répliques véhémentes. Ne pouvant plus résister à cette proximité sans contact, l’épouse du roi porta sa main droite sur la joue de l’apprenti. Comme ce contact en douceur était agréable. Était-ce sensé l’être? Après tout, depuis trois ans, elle ne connaissait que la douleur. Le triton s’empara de son poignet et vint la porter contre le mur, au-dessus de sa tête. Définitivement, ce contact physique le dérangeait, toutefois il ne s’éloignait par pour autant.

La respiration de la rouquine se fit de plus en plus profonde lorsque Nova s’approcha encore d’elle, diminuant la distance acceptable qui les séparait en une distance normalement inacceptable pour un apprenti-seccyeth et une épouse royale. Puis, ce fut leur visage qui se trouvèrent à une proximité indécente pour un public extérieur alors que la princesse aurait aimé qu’il s’approche encore plus. Les lèvres du jeune homme effleurèrent les siennes, provoquant une avalanche de frissons sur le corps de la jeune femme. Instantanément, elle voulut se rapprocher pour effacer tout l’espace qui les séparait, même s’il était déjà excessivement réduit. Les pensées qui se bousculaient alors dans sa tête devinrent très claires. Elle voulait que leurs lèvres fassent plus que s’effleurer. Elle avait envie de l’embrasser. Longtemps. Ici, dans la bibliothèque où ils pourraient être surpris. Gula s’en fichait. Elle voulait simplement ressentir ce contact doux et enivrant que se promettait d’être les lèvres du triton contre les siennes.

Malheureusement, Philomena ne put pas le savoir puisque Nova se recula brusquement, probablement maintenant conscient de ce qui se passait. Après tout, n’étaient-ils pas supposés se détester? Aussi rapidement que son tuteur, la princesse reprit contenance et se composa une mine d’abord étonnée lorsqu’il s’adressa à elle, puis rieuse. Bien évidemment, il la tenait responsable de ce qui venait de se produire. Pourtant, bien qu’elle pouvait altérer le sens du toucher et donc donner une sensation de plaisir, il se trompait cette fois. Elle n’y était pour rien. Et bien, c’est qu’elle troublait réellement le petit poisson. Tous les deux tentèrent de reprendre contenance et de faire comme si absolument rien ne s’était passé. L’apprenti passa la main dans ses cheveux et Gula replaça les plis de sa robe, un léger sourire moqueur flottant sur ses lèvres.

Ainsi, la visite du palais qui avait d’abord été un prétexte pour la rouquine afin de se venger de son tuteur eut réellement lieu. Bien entendu, le jeune homme avait fait fi de la courtoisie et avait omis de lui proposer son bras, faisant en sorte qu’ils se promenaient côte à côte – mais pas trop près l’un de l’autre, le seccyeth s’en assurait – La visite fut longue et assez ennuyeuse, si ce n’était de son guide qui la distrayait sans même en être conscient. Après tout, les châteaux se ressemblaient tous et celui d’Irianeth était terriblement terne et austère. Lorsqu’elle serait officiellement mariée, elle prendrait des dispositions pour changer la décoration sinistre de sa nouvelle demeure. Les papillons au creux de son estomac s’amusaient toujours à ses dépens lorsqu’elle jetait un oeil sur le triton. Était-ce pour cela qu’elle n’avait pas le désir de le torturer d’une quelconque façon? Était-ce aussi pour cette raison que, malgré l’ennui qui s’emparait d’elle, la princesse ne lui lançait aucune réplique provocatrice et ne s’amusait pas avec ses sens? Étonnamment, pour l’instant, seul le désir de réitérer leur proximité indécente occupait son esprit, jusqu’à ce qu’elle se rende compte que la fin la tiraillait. « Tu me vois désolée d’interrompre une visite absolument palpitante, mais peut-être que les humains diffèrent des tritons et qu’ils ne mangent pas aux mêmes heures. Pour ma part, je suis tellement affamée que je mangerais un requin. » Bien sûr, cette dernière phrase fut accompagnée d’un clin d’oeil et d’un éclat de rire. Après tout, même si elle éprouvait de la rancune face à son guide pour cet épisode, l’expérience s’était également avérée être une source d’adrénaline assez grisante.

Nova la guida jusqu’à la salle à manger où ils prirent place à une table plus éloignée des autres. Bien sûr, la rumeur circulait désormais que la future épouse du roi provenait d’un royaume ennemi et cela faisait d’elle l’objet des regards des curieux. La servante s’approcha en vitesse, ayant reconnu le nouveau couple de visiteurs et Philomena laissa son guide commander puisqu’elle ne comprenait pas encore la langue. Puis, comme elle s’y attendait, il se mit à combler le silence qu’il devait trouver gênant. Il commença par une banalité, si sa nouvelle demeure lui plaisait. En fait c’était terne, maussade, gris et rocheux, mais elle s’y faisait. Bien qu’Irianeth ne verdoyait pas comme Shola, elle était beaucoup plus reluisante que la cage dorée dans laquelle on se plaisait à l’enfermer. Puis, il parla du sujet défendu. Cailean. Aussitôt, son esprit se remit à se morceler, alors que pendant un bref instant depuis l’épisode de la bibliothèque, il semblait s’être formé à nouveau. Elle ne l’avait pas revu depuis quelques temps et, à vrai dire, c’était mieux ainsi. Refusant de parler de lui, un bon nombre de provocations lui vinrent à l’esprit pour changer de sujet, cependant la servante vint déposer une quantité faramineuse de plats devant eux. Cela sentait si bon. « Pourquoi tant de curiosité, petit poisson? » Répondre par une question était sans doute plus prudent. Cette pensée la troubla. Depuis quand était-elle prudente? Depuis quand était-elle sensible à ce que les autres pensaient d’elle? Gula secoua doucement la tête pour se ressaisir.

La pitié dissimulée que Nova semblait éprouver envers elle la dégoûta. Et puis quoi encore? Il fallait définitivement changer de sujet. Elle n’aimait pas et n’était surtout pas du genre à jouer les victimes. Elle devait reprendre le contrôle de la situation et le triton lui en donna l’occasion alors qu’il portait le poisson à sa bouche. Se concentrant sur son goût, elle modifia sa perception pour lui donner l’illusion que son poisson goûtait maintenant la fraise, un fruit qu’elle affectionnait particulièrement. La surprise put se lire sur le visage du jeune homme et Philomena se retint d’éclater de rire. Finalement, il comprit bien que c’était son oeuvre et lui si cela l’amusait. « Oh petit poisson, tu ne sais pas à quel point. » Et incapable de se contenir, elle se mit à rire, en portant elle aussi le poisson à ses lèvres. À vrai dire, il était absolument délicieux. « Ne me jette pas ce regard désapprobateur. » Elle prit une gorgée de vin que la servante avait pris soin de lui servir. « On va jouer à un autre jeu. » Voyant qu’il soupirait déjà et qu’il était très évidemment réticent, elle sourit. « Ne t’inquiète pas, c’est moi qui vais jouer cette fois. » L’écuyer sembla visiblement très intrigué. « Je vais simplement dire des choses que j’ai remarquées à propos de toi et libre à toi de confirmer ou d’infirmer ce que je dis. »
La rouquine s’empara d’un morceau de pain qu’elle rompit avant d’y étendre un fromage à la pâte délicieusement molle. Tout en prenant une bouchée, elle décida de ce qu’elle allait dire. « En raison de ta cécité, tu ressens un immense besoin –voire une responsabilité – de faire tes preuves. Pour cette raison, tu essaies très très fort de ne pas laisser tes émotions prendre le dessus et tu réfléchis toujours avant d’agir. » La princesse prit une autre gorgée de vin. « Ta vie est très réglée et très ennuyeuse. Tu consacres tout ton temps à ton entraînement et tu es terriblement prévisible, petit poisson. » Elle s’arrêta de parler, jaugeant la réaction de Nova. Bien sûr, elle savait qu’il réagissait très facilement à ses provocations, mais elle s’en amusait beaucoup. « Alors, oui, ça m’amuse de perturber tous tes sens parce que c’est quelque chose que tu ne peux pas contrôler. En faisant cela, je t’offre quelque chose que tu n’oseras jamais t’imposer à toi-même, c’est-à-dire la spontanéité, le risque, la surprise. Je t’offre l’impossibilité du contrôle et crois-moi c’est grisant. » Un sourire se dessina sur ses lèvres, alors qu’elle tortillait une mèche de cheveux avec son index gauche. « Sans oublier qu’il m’arrive souvent de m’ennuyer terriblement et que personne n’ose venir jouer avec moi. Pourtant, toi tu le fais. » La future épouse se tut et attendit patiemment la réponse de son tuteur tout en continuant de manger. Elle se demandait comment il allait réagir. Allait-il s’emporter comme la plupart du temps ou allait-il la surprendre?

Gula écouta la réponse du seccyeth avec attention, sans passer le moindre commentaire. Décidemment, elle s’améliorait, ou était-ce simplement le calme avant la tempête. La servante revint pour les débarrasser des plats vides. « Et bien je présume qu’il est temps de retourner aux leçons, n’est-ce pas? Mon futur époux m’a bien fait savoir que je devais maîtriser la langue d’Irianeth. » Elle se leva lentement en jaugeant bien son tuteur du regard. « On fait la course jusqu’à la bibliothèque? » Voyant qu’il ne semblait pas apprécier son idée, elle soupira. « Allez petit poisson, ne me dis pas que tu as la trouille? » Sa provocation fit mouche et aussitôt qu’ils furent sortis de la salle à manger, tous les deux se mirent à courir en direction de la bibliothèque. Toutefois, Philomena n’avait pas l’intention de jouer fair-play et c’est pourquoi qu’elle se concentra pour altérer le sens du toucher de l’écuyer. Ainsi, elle provoqua l’impression qu’une flèche venait de lui transpercer le mollet droit et aussitôt il se mit à boiter. Elle éclata de rire en le dépassant et il comprit aussitôt qu’il s’agissait d’une illusion et pesta contre elle une fois de plus. « Oh allez petit poisson, tu n’as quand même pas cru que j’allais respecter un quelconque règlement? » La course dura un moment, mais bien évidemment l’apprenti était bien mieux entraîné qu’elle et il gagna haut la main. La rouquine s’était réjouie des mines surprises et consternées des serviteurs et des gardes lors de leur course.

La princesse prit place sur la chaise qu’elle avait occupée auparavant pour reprendre son souffle. Décidemment, elle n’était pas en grande forme physique. Elle adressa un sourire à Nova en réponse à un commentaire provocateur et même moqueur. Lorsque sa respiration se calma, la jeune femme posa un regard sur son compagnon. Il semblait si fier de l’avoir battue. Il prit place à côté d’elle. « Et si nous commencions par les parties du corps? » Ne lui donnant pas le loisir de répondre elle enchaîna. « Comment dit-on tête? » Son tuteur lui dit la réponse et elle la répéta. Il la corrigea quelques fois sur sa prononciation et au bout de quelques minutes elle prononça le mot correctement. « Les yeux maintenant. » Ne pouvant s’en empêcher, elle s’approcha doucement de lui et passa doucement son index droit autour de son oeil gauche. « Quelle dommage que tu ne puisses pas voir le monde autour de toi. » Son doigt descendit à la joue de l’écuyer puis s’arrêta quelques instants sur la lèvre inférieure de ce dernier, avant de terminer son trajet jusqu’à son menton pour ensuite éloigner sa main.

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« My freakness is on the loose
And running, all over you
Please take me to places, that nobody, nobody knows
You got me hooked up on the feeling
You got me hanging from the ceiling
Got me up so high I'm barely breathing
So don't let me, don't let me, don’t let me, don't let me go. »
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Nova
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MessageSujet: Re: When a crazy girl and a fish fall in love... yeah we'll see.    Mar 7 Fév - 11:46

Il poussa un soupir teinté d’irritation alors qu’il comprenait que le but premier de la jeune femme était visiblement de l’exaspérer au maximum. Il devait apprendre à se contrôler davantage! Plus il répondrait aux provocations de la princesse, plus elle s’amuserait à ses dépens. Ignorant le goût étrange (mais tout de même délicieux, il l’admettait) du poisson, il poussa un nouveau soupir désapprobateur, puis mangea un autre morceau de viande sans émettre le moindre commentaire. Évidemment, la jeune femme remarqua son attitude un peu revêche et ne se fit pas prier pour le lui reprocher. Tendant la main, Nova agrippa un quignon de pain et y tartina un peu de beurre avant de croquer dans celui-ci à pleines dents. Alors qu’il mastiquait son casse-croûte, la future femme du roi lui proposa de jouer à un nouveau jeu. L’expression un peu irritée du triton l’incita à corriger le tir, précisant qu’ELLE serait celle qui jouerait cette fois. Bon… au moins, il n’aurait pas à se coltiner quelconque épreuve à la con, encore une fois…

Son jeu était très simple : elle tenterait de deviner qui il était à partir d’affirmations qu’elle ferait à son égard. Pour sa part, il n’avait qu’à acquiescer ou pas, tout dépendant de leur véracité. Tiens… ça, c’était intéressant! Une expression attentive peignit les traits de l’aveugle qui se cala dans son siège, non sans agripper quelques noix rôties au passage. D’un bref mouvement de main, il lui demanda de s’exécuter, curieux de voir de quelle façon elle pouvait bien le percevoir. Les premières affirmations qu’elle déclara furent d’une justesse surprenante. Bon… après, il s’agissait peut-être de simple déduction : toute personne ayant un handicap comme le sien devait forcément travailler plus fort que les autres pour arriver aux mêmes fins. Quant à sa façon de contenir ses émotions… c’était davantage dans le but de ne pas avoir l’air faible aux yeux des autres. Philomena poursuivit ses déductions, puis déclara qu’il était quelqu’un de très rangé et de très prévisible. Elle n’avait peut-être pas tort sur ce point… Il était vrai qu’il n’était pas du genre à se permettre beaucoup de légèreté depuis qu’il avait quitté la chaumière de son père adoptif… Il fallait dire que sa sœur jumelle était aussi sérieuse que lui en plus d’être beaucoup plus impassible. Intéressant.

Il continua de manger, se contenta d’hocher de la tête pour confirmer à la princesse qu’elle avait visée dans le mille. Bon, il n’était pas particulièrement heureux d’avouer que sa vie actuelle était un peu emmerdante, mais c’était pourtant la vérité. La suite le troubla davantage. Perdre le contrôle… effectivement, il détestait ça. La spontanéité, le risque et la surprise ne faisaient pas parties de ses traits de personnalité, pour ne pas dire que ces mots étaient presque absents de son environnement (sauf peut-être le risque… quand on passe sa formation aux côtés de Syrian, on goûte assurément aux risques non nécessaires…). C’était étrange… Il avait l’impression qu’elle lisait en lui comme dans un livre ouvert. Était-il si prévisible que ça? Il mangeait plus lentement, maintenant, visiblement songeur. Philomena avait réussi à le troubler de nouveau; elle devait en être plutôt fière!

- Jouons cartes sur table : je ne joue pas avec toi de gaieté de cœur. Je le fais seulement par obligation. Ne vas surtout pas croire que nous sommes copains-copains, toi et moi. Je suis assis devant toi seulement parce que le roi m’y oblige. Point final.

Le ton de sa voix avait été acerbe, signe qu’il était irrité de voir qu’elle pouvait le comprendre si bien alors que lui avait beaucoup de mal à la cerner. Étrangement, la jeune femme ne pipa mot et se contenta d’écouter. Pourquoi ne rigolait-elle pas? Pourquoi ne tentait-elle pas de l’interrompre? Voilà qui était étrange comme comportement… Le duo insolite continua de manger en silence, puis la servante vint débarrasser les plats maintenant vides. La future épouse du roi suggéra qu’ils reviennent aux leçons précédentes, prétextant que son fiancé exigeait qu’elle apprenne à maîtriser la langue irianienne. Le triton se releva au même rythme que l’humaine, puis poussa un soupir d’exaspération alors qu’elle suggérait de faire la course jusqu’à la bibliothèque. Il n’était pas dupe! Elle allait surement utiliser son talent contre lui! Malgré tout, elle insista, lui demandant par le fait même s’il avait la trouille face à son défi. Quoi?! Lui, avoir peur de perdre?! AHAHAH! Ça, c’était la meilleure! Il était beaucoup plus entraîné qu’elle! S’ils mettaient de côté son foutu pouvoir d’illusion, il était assuré de l’emporter.

- D’accord, princesse. Nous ferons la course jusqu’à la bibliothèque. Mais tu sais que je suis un soldat entraîné… Alors battre une jolie damoiselle de la cour ne devrait pas être trop compliqué.

Il était trop orgueilleux et trop sûr de lui. Il allait tomber directement dans le panneau, il le sentait au fond de lui-même, mais c’était plus fort que lui. Dès que le duo sortit de la salle à manger, les deux comparses se mirent à courir dans les couloirs. Évidemment, Nova commença à prendre de l’avance… jusqu’à ce qu’une douleur épouvantable le prenne d’assaut dans son mollet droit. Mais c’était quoi cette merde?! C’était comme si on venait de lui tirer une flèche directement dans la jambe! Poussant un cri de douleur, l’apprenti seccyeth tituba et agrippa son membre blessé… réalisant qu’il n’y avait absolument rien qui lui transperçait la chair. Encore une supercherie de la part de Philomena!

- Évidemment, tu ne pouvais pas t’empêcher de tricher! C’est la seule façon pour toi d’arriver à tes fins, pas vrai?!! Cria-t-il, indigné.

La princesse rétorqua sans problème qu’elle n’avait aucune intention de suivre quelconque règle que ce soit… Parfait! Il allait devoir composer avec ça! Rassemblant son courage et ses forces, il se remit à courir malgré la douleur insupportable de sa jambe. *Ce n’est qu’une illusion, ce n’est qu’une illusion, ce n’est qu’une illusion…* se répéta-t-il sans cesse, comme un mantra. Au bout d’un moment, la douleur s’atténua et Nova supposa que Philomena n’était plus assez concentrée pour faire durer la supercherie plus longtemps… Peut-être parce qu’elle devait garder son attention sur son souffle pour ne pas le perdre complètement? Le fait est que le futur seccyeth accéléra la cadence et la dépassa sans trop de difficulté. Après de longues minutes, la petite compétition enfantine se termina enfin… faisant Donovann victorieux.

Puisqu’il était le premier arrivé, l’aveugle eut le loisir de choisir l’endroit où ils s’installeraient pour la suite de l’enseignement. Il décida de reprendre place à son ancienne table, cette dernière étant dissimulée derrière d’immenses étagères remplies de livres. Cet endroit était parfait, car il camouflait la présence des deux jeunes gens aux yeux des nouveaux arrivants… ce qui faisait en sorte de limiter le nombre de témoins des railleries de l’épouvantable sholienne. Bon… de toute façon, la pièce était vide à cette heure, seule la bibliothécaire était présente, à l’entrée, près de son comptoir. Le guerrier irianien s’installa sur son siège, posant sa cheville droite sur son genou gauche, optant ainsi pour un air nonchalant. Finalement, la jeune femme arriva à sa hauteur, toute essoufflée, puis reprit place sur son siège d’origine.

- Tu es en retard… Se contenta-t-il de dire avec un sourire satisfait. Je te croyais plus rapide que ça. C’est merveilleux de remporter la victoire contre toi, surtout considérant que je l’ai fait dans les règles de l’art… La tricherie, c’est mal, tu sais?

Tiens, elle ne répliquait pas! C’était probablement parce qu’elle était trop essoufflée pour pouvoir le faire… Allait-il devoir travailler son cardio en plus de tout le reste? Il esquissa un sourire à cette pensée, s’imaginant entraîner la pauvre damoiselle sans relâche alors qu’elle avait du mal à suivre la cadence. Bref, il avait beau rêver, ce ne serait pas demain la veille! Le triton se leva, puis vint prendre place sur le siège situé à côté de son élève. Mieux valait se mettre au boulot immédiatement s’il ne voulait pas qu’ils soient encore en train d’étudier, la nuit venue. Nova ouvrit la bouche pour suggérer une première leçon, mais l’humaine le prit de court, lui suggérant de commencer par les parties du corps. Ah… ouais, pourquoi pas. C’était la base après tout. Il hocha de la tête, signe qu’il acquiesçait.

- Dêda, répondit-il à sa première question, ce qui était littéralement le mot « tête » en irianien. Elle tenta de répéter le mot plutôt maladroitement et Nova dut la corriger à quelques reprises afin de s’assurer que son élocution soit satisfaisante. Uaem pour un œil et oaiq pour les deux yeux… Répondit-il avec assurance… avant de sentir la main délicate de son élève se glisser sur son visage afin de créer un arc de cercle doucereux autour de son œil gauche.

Que faisait-elle? Pourquoi cette proximité soudaine? Et surtout : pourquoi est-ce que son cœur battait soudainement si vite? La voix de Philomena parvint à ses oreilles comme un souffle alors qu’elle émettait un commentaire sur sa cécité. Son index glissa ensuite sur la joue du triton, puis vint tâter doucement sa lèvre inférieure avant de s’attarder sur son menton. Il… il ne savait pas quoi dire, comme s’il se trouvait soudainement dépourvu de la faculté de parler. Toutefois, dans ce cas-ci, ça n’avait rien à voir avec le pouvoir de la jeune femme : il était simplement totalement troublé. Ce contact si minime était beaucoup trop agréable pour rester dans les limites de convenances. C’était… comme si une décharge électrique l’avait traversé, le prenant totalement par surprise. La main gracile de la princesse se glissa ensuite sur sa gorge, puis sur sa clavicule par-dessus ses vêtements avant de terminer sa course sur son torse. Que cherchait-elle à faire au juste? Prouver qu’elle pouvait le manipuler à sa guise? Il ne devait pas se laisser faire… Il devait reprendre le contrôle de lui-même, malgré la difficulté qu’il éprouvait de pouvoir se contenir. Nova se racla la gorge pour reprendre contenance, puis écarta la main de sa protégée de son torse, tentant de revenir aux choses sérieuses.

- Si on continue sur les parties du corps : les oreilles sont unaemmac, le nez est haw et la bouche est puilra. À toi de répéter.

La rouquine répéta d’une voix différente de plus tôt. Plus mielleuse et un brin plus coquine. Avait-elle perçu son trouble, un peu plus tôt? Assurément. Tout ça le mettait profondément mal à l’aise et ça devait très certainement paraître sur ses traits. Philomena releva – avec une pointe de raillerie – même le fait que le rouge teintait maintenant les joues du triton. Eh merde! Pourquoi n’arrivait-il pas à contrôler ses émotions avec davantage de finesse? Il tenta d’ignorer les propos de l’humaine et continua son enseignement.

- Le menton est sahduh, les joues sont zuiac, la gorge est kunka

Il avait l’impression qu’elle ne l’écoutait pas. En fait, il sentait son regard peser sur lui, intense et lourd de sens. Que…que voulait-elle? Un drôle de frisson lui parcourut soudainement le dos, faisant virevolter une multitude de papillons au creux de son estomac. Il avait l’impression que des doigts se glissaient sur sa peau nue (sous ses vêtements), à la hauteur de sa colonne vertébrale et partant lentement du creux des reins jusqu’à ses épaules, comme une caresse invitante et fort agréable. De nouveaux frissons parcoururent son échine et un désir complètement incontrôlable prit naissance, tranquillement, au fin fond de lui-même. Son expression devait en dire long sur ce qui se passait, car Philomena gloussa, à ses côtés. C’était une illusion, encore! Elle jouait avec son sens du toucher comme une gamine avec un vulgaire ourson en peluche.

- Arrêtes, fit-il tout bas, la mâchoire crispée. Il ne voulait pas que la bibliothécaire entende ce qui se passait, surtout! Tu es la future épouse du roi, tu dois te comporter comme telle. Ce que tu fais actuellement est complètement déplacé…

Évidemment qu’elle feignait maintenant l’innocence! Les mains imaginaires glissèrent sur ses trapèzes, puis effleurèrent sa gorge avant de descendre le long de son poitrail bien ciselé. Non non non! Il devait se raisonner! Ce n’était qu’une illusion, rien de plus! Il devait se ressaisir! Sans plus attendre, le seccyeth abattit sa main sur le poignet réel de Philomena qui reposait sur la table. La poigne du triton était solide, ferme et brusque, ce qui fut suffisant pour la saisir et les caresses imaginaires cessèrent immédiatement. Toutefois, cela ne sembla pas démonter la jeune femme pour autant. Elle lui demanda alors de traduire d’autres mots de l’anatomie… mais cette fois, elle choisit des parties du corps beaucoup plus… heu… intimes… Qu…quoi? Elle voulait qu’il traduise ça! En temps normal, le simple mot « sein » ne l’aurait pas dérangé, mais vu la situation actuelle…

- caeh se contenta-t-il de traduire, de nouveau mal à l’aise.

Un raclement de chaise se fit entendre, signe que la princesse se levait. L’apprenti seccyeth sursauta en sentant cette dernière s’asseoir sur ses cuisses. Instinctivement, il porta une main sur le bras gracile de la jeune femme, s’assurant que la situation était réelle cette fois et n’était pas encore le fruit d’une illusion.

- Que…?

Une main se glissa sur sa mâchoire et l’incita à leva la tête. Complètement pris au dépourvu, Donovann obtempéra et il sentit les lèvres de la jeune femme frôler les siennes… Cette fois, il ne put empêcher de se retenir et embrassa son élève… Comment se pouvait-il que ce simple contact soit si agréable alors qu’il ressentait souvent autant de mépris pour la sholienne avec qui il l’échangeait? Peut-être avait-elle raison? Ce n’était pas elle qu’il exécrait, mais plutôt cette sensation de perte de contrôle qu’elle lui faisait souvent ressentir. Sans trop s’en rendre compte, il noua ses bras autour de la taille fine de la future femme du roi, la rapprochant un peu plus de lui… du moins, jusqu’à ce que sa tête reprenne le dessus sur son corps qui lui, en demandait clairement plus.

- Non… Non, mauvaise idée… Si le roi devait découvrir quoi que ce soit, je serais un homme mort. Descends, je te prie, et revenons au sujet d’études… Tout de suite.

Il poussa la princesse et la força alors à retourner s’asseoir sagement sur sa chaise, puis toussota pour retrouver contenance. Il espérait honnêtement qu’elle décide de se concentrer davantage, car il doutait être capable de la repousser une troisième fois…

Mais qu’est-ce qui lui arrivait, à la fin?!
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MessageSujet: Re: When a crazy girl and a fish fall in love... yeah we'll see.    Mar 14 Fév - 21:35

Définitivement, l’apprentissage de la langue irianienne n’allait pas s’avérer facile du tout. Non seulement, elle son étymologie s’avérait complètement différente de la langue enkiev, mais en plus de cela, elle comportait des sons que Philomena n’avait jamais entendu de sa vie. Il ne fallait pas oublier de spécifier qu’il n’y avait pratiquement aucun repère pour elle afin de se situer. Décidemment, le monde était drôlement fait. Comment des êtres aussi semblables pouvaient-ils parler aussi différemment. Cela la dépassait complètement, cependant elle se devait d’apprendre, même si, à ce moment précis, son tuteur l’intéressait beaucoup plus que l’apprentissage d’une langue. Bien sûr, il était impératif qu’elle sache parler le langage de sa nouvelle patrie si elle voulait se sentir intégrée. Toutefois, l’apprentissage du dialecte était terriblement ennuyeux et encore une fois, Nova serait la pauvre victime de son ennui.

La princesse écouta vaguement la façon dont on devait prononcer « oeil » tout comme « yeux ». « Uaem » et « oaiq », mais où allaient-ils chercher tout cela? Elle porta alors son attention sur le triton, aveugle. Auparavant, il l’avait traitée de jolie demoiselle de la cour . Était-ce à dire qu’il savait de quoi elle avait l’air physiquement ou bien s’imaginait-il seulement qu’elle était jolie? Elle n’avait pas relevé le commentaire un peu plus tôt, mais la curiosité s’emparait de son esprit. L’avait-il vue grâce à son pouvoir? Cela pourrait être plausible. Quoi qu’il en soit, elle avait beaucoup mieux à faire, elle aborderait le sujet plus tard. Après tout, elle n’avait pas décidé de commencer par apprendre la prononciation des parties du corps par hasard. Cela faisait partie d’un plan qui trottait dans sa tête depuis l’analyse de son compagnon, pendant l’heure du dîner. Briser ses défenses. Cela s’avérerait un défi de taille, mais cela s’annonçait très amusant. Définitivement, le jeune écuyer semblait condamné à subir ses assauts.

Ainsi, Gula posa doucement un doigt sur le visage du jeune dragonnier, effectuant d’abord un cercle autour de son oeil, pour ensuite laisser glisser ce doigt vagabond sur sa joue, sa lèvre, puis dans son cou tout en passant un commentaire sur sa cécité. En effet, la rouquine s’amusait à jouer avec les sens des autres, elle adorait les en priver, cependant Nova était déjà privé de l’un de ses sens par la nature et elle trouvait cela triste. Bien sûr, parce qu’elle ne pouvait pas l’altérer, mais aussi parce que le monde valait la peine d’être vu. Son doigt continua sa balade jusqu’au torse du jeune homme, où il s’attarda pendant quelques instants. Bien sûr, elle s’amusait à le fixer, mais cela il ne pouvait pas le savoir. Quel dommage, vraiment qu’il ne puisse pas voir. Jamais il ne pourrait voir l’amusement qui scintillait dans ses yeux ou bien les éclats de folie quasi permanents qui s’y trouvaient. Les autres doigts vinrent rejoindre son index et elle continua de la bouger de façon à venir troubler son jeune ami. Elle sut que cela fonctionnait lorsqu’un raclement typique du malaise se fit entendre et que le seccyeth repoussa sa main. Un léger sourire se dessina sur les lèvres de la future épouse. Oh, petit poisson. Combien de temps tiendras-tu?

Elle apprit ensuite que les oreilles se prononçaient unaemmac, qu’elle s’entreprit de répéter, avec une voix beaucoup plus mielleuse, bien qu’elle dut se concentrer pour prononcer ledit mot. Unaemmac, mais c’était quoi ça? Les mots qui suivirent s’avérèrent plus faciles. Elle s’attarda avec amusement sur le mot bouche, que l’on prononçait « puilra ». Bien qu’il ne pouvait pas la voir, Nova devait bien sentir le petit sourire qui se apparaissait sur ses lèvres lorsqu’elle s’attardait à énoncer le mot. D’ailleurs, les joues de ce dernier se colorèrent légèrement de rouge. Était-il si troublé? « Ça te gêne, petit poisson, que j’apprenne ainsi à parler ta langue ? Comment dit-on rougir en irianien? Je pourrais te décrire en ce moment. » Le jeune homme ignora son commentaire et tenta de reprendre contenance, enchaînant avec une suite de mot. Oh non, elle n’avait pas terminé. Philomena appréciait bien cette teinte de rouge sur les joues de son compagnon. Cela lui ouvrait une porte dont elle attendait l’ouverture avec impatience.

Le plaisir s’empara de son regard et elle se mit à tortiller une mèche de cheveux autour de son index. Se concentrant sur le sens du toucher du triton, elle lui procura alors un frisson qui devait lui parcourir l’échine. Visualisant deux doigts dans son esprit, elle les fit sillonner le long de la colonne vertébrale de Nova, lentement, doucement, à même sa peau nue, sachant pertinemment quelle sensation cela procurerait chez lui. Lorsque son visage se mit à refléter le trouble – ou le plaisir – qu’il ressentait, Gula ne put s’empêcher de glousser. Elle adorait lorsque son pouvoir provoquait autant de sensations chez les gens. Surtout chez une personne comme son tuteur, qui tentait si désespérément de rester en contrôle. Bien sûr, il comprit qu’il s’agissait de son oeuvre et lui intima d’arrêter, invoquant même que sa conduite n’était pas digne d’une future épouse. « Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, petit poisson », fit-elle avec l’intonation d’une jeune femme surprise. « Toutefois, tu sembles troublé, c’est à cause de moi? Dit, je te trouble? » Encore une fois, il ne voulut pas répondre à sa dernière provocation. Par orgueil ou par soucis de lui montrer qu’elle ne le troublait pas alors que son corps semblait démontrer totalement le contraire?

Adorant voir l’agitation paraître sur le corps du triton, Philomena continua sa petite torture sensorielle en s’imaginant passer ses mains sur les trapèzes du seccyeth, puis sur sa gorge, pour ensuite s’arrêter sur ses pectoraux. Bien sûr, cela ne resta pas seulement dans son imagination, elle transposait tout cela par le biais de son pouvoir et ce qu’elle imaginait, le jeune homme le ressentait, comme si ses propres mains le touchaient vraiment. Si la bibliothécaire passait devant eux à cet instant précis, elle trouverait une rouquine, un sourire coquin sur les lèvres ainsi qu’un jeune homme à la chevelure noire fort troublé. Alors que la princesse s’apprêtait à faire descendre ses mains invisibles sur le ventre de l’écuyer, ce dernier attrapa son poignet, qui reposait sur la table, de façon assez brusque, ce qui la fit légèrement sursauter, arrêtant de ce fait l’action de son pouvoir. « Tu sais, joli poisson, je ne pense pas qu’il soit tout à fait convenable que tu prennes ma main en public. Après tout, tu l’as dit toi-même, ce n’est pas digne du comportement de la future épouse du roi. » Un sourire d’amusement s’étira sur ses lèvres alors qu’elle utilisait ses propres justifications contre lui. « J’aimerais que l’on retourne aux leçons si tu veux bien. Donc logiquement, si on poursuit notre descente, le prochain mot serait sein. Comment dit-on sein? » La future épouse dut utiliser toute sa force pour ne pas éclater de rire lorsqu’elle sentit le malaise de Nova qui lui indiquait la traduction du mot qu’elle n’écouta évidemment pas.

S’amusant beaucoup de ce trouble et de cette perte de contrôle de ses émotions, du moins de celles qu’il transmettait, Gula se leva de sa chaise pour venir s’installer sur les genoux de son tuteur. Alors qu’il s’apprêtait à lui demander ce qu’elle faisait, elle posa doucement sa main sous sa mâchoire, afin de le forcer à relever la tête. Elle inclina légèrement la tête et frôla doucement les lèvres du triton, un peu dans le but de l’agacer. Après tout, n’avait-il pas fait ce même geste lors de sa victoire au premier jeu auquel ils s’étaient prêtés. À sa grande satisfaction, Nova s’empara de sa bouche et se mit à l’embrasser. Le contact s’avéra électrisant et tout le corps de la princesse frissonna. Le baiser dura quelques instants, devenant de plus en plus fiévreux. Les bras du seccyeth s’enroulèrent autour de sa taille, alors que les siennes avaient trouvé refuge sur le torse du jeune homme. Le monde sembla arrêter autour de la rouquine, comme soudainement silencieux et vide, où seuls eux-deux paraissaient exister. Plus de voix, plus de douleur, plus de pensées complètement entremêlées. Simplement un focus : Nova.

Malheureusement, et bien que c’était prévisible, la future épouse avait espéré que ce moment ne s’arrête jamais, l’écuyer mit fin à leurs ébats en invoquant qu’il s’agissait d’une mauvaise idée. Bien sûr que l’idée était complètement mauvaise, mais voilà pourquoi elle était si grisante! Elle soupira imperceptiblement en reprenant sa place sur sa chaise et en tentant de chasser la sensation des lèvres de son tuteur sur les siennes. Elle fit un effort pour prouver sa bonne volonté et répéta la suite des parties du corps. Ainsi, épaule se traduisait cruimtan, bras devenait yns, main devenait syeh et doigt se prononçait vehkan. Le triton lui apprit ensuite les formules de base, notamment comment souhaiter une bonne journée, dire bonjour et bonsoir, et comment on remerciait. Elle entreprit ensuite de répéter tout ce qu’elle avait vu pendant la journée – bien sûr, cela prit quelques temps, puisqu’elle avait oublié plusieurs mots, surtout ceux où elle avait manqué d’attention. Lorsque son professeur se déclara satisfait, il mit fin à la leçon, au grand plaisir de la princesse qui commençait une fois de plus à s’ennuyer. Pourquoi est-ce que tout dans la vie était aussi ennuyant? Ne faudrait-il pas plus de place pour le plaisir, l’amusement, quels qu’ils soient? C’était, après tout, ce qu’elle recherchait et pour cette raison, on la qualifiait souvent de folle. Bon, c’était en partie vrai, elle ne pouvait le nier.

Toutefois, malgré toutes ses tentatives de sérieux – elle avait bien l’air concentrée et attentive de l’extérieure, mais ce n’était guère le cas à l’intérieur – les pensées de Philomena se bousculaient dans sa tête. Elle voulait impérativement faire craquer Nova. Il était plus qu’évident qu’il n’était pas insensible à sa personne, mais sa tête réussissait toujours à prendre le dessus sur son corps. Le sérieux l’emportait toujours. Bon, bien sûr, l’endroit n’était peut-être pas très bien choisi pour une personne qui ne se fichait pas des convenances, cela pouvait peut-être jouer dans la volonté d’abandon. De plus, il fallait l’avouer, elle n’était elle-même pas insensible aux sensations que lui procurait le triton. En effet, le seul défaut de l’altération des sens était que cela ne s’appliquait qu’aux autres. Ainsi, elle pouvait jouer avec les sensations des autres autant qu’elle voulait, mais jamais elle ne pouvait ressentir à l’extrême. C’est souvent pourquoi elle prenait des décisions inattendues, complètement insensées et qu’elle aimait mettre sa vie en jeu. « Je pense que c’est assez pour aujourd’hui. » La princesse se leva. « Je pense que me raccompagner jusqu’aux quartiers de la noblesse fait partie de tes tâches de comment as-tu formulé cela tout à l’heure... garçon de compagnie? » Elle gloussa face à l’expression. Il était vrai que lorsqu’on s’attardait à la situation, c’était un peu la tâche que le roi lui avait incombé.

Bien entendu, Nova ne trouva pas aussi drôle qu’elle le titre qu’il s’était lui-même donné un peu plus tôt. En soupirant, il se leva et lui fit signe de passer devant elle. Encore une fois, il prit des précautions pour ne pas se trouver trop près de la princesse, bien que la courtoisie aurait exigé qu’il lui offre son bras. Enfin, peut-être qu’il ne s’agissait pas d’une coutume ici à Irianeth. La princesse risqua un oeil sur son tuteur et une idée germa en son esprit. « N’as-tu jamais envie de faire quelque chose de complètement non-conventionnel, petit poisson? » Elle s’approcha de lui, réduisant l’espace qu’il tentait de maintenir entre eux et s’accrocha à son bras. « Est-ce que suivre les règles est quelque chose que tu trouves excitant? » Tout en parlant, elle promena sa main sur le bras de l’écuyer. Utilisant une fois de plus son pouvoir pour provoquer le jeune homme, elle s’acharna encore une fois sur son sens du toucher. Conservant une technique qui avait fonctionné précédemment, Gula lui donna l’impression que des doigts lui parcouraient le corps. Le trajet commença sur la nuque du seccyeth, avant de descendre sur son bras gauche, pour remonter et aller sur son bras droit, doucement, légèrement, simplement pour lui procurer des frissons. La main imaginaire se promena ensuite sur les pectoraux du professeur et descendit jusqu’à son ventre où elle s’acharna quelques moments. La rouquine sentit les muscles de son compagnon se tendre. Comme il était amusant de le voir résister. « N’as-tu pas envie, pour une fois, de faire quelque chose de complètement fou? » Un sourire s’étira sur les lèvres de la future épouse. Le couloir qui menait aux différents appartements des nobles était désert. En effet, la plupart d’entre eux devaient être descendus dans la grande salle pour le repas du soir. Philomena, quant à elle, soupait dans ses appartements, le temps qu’elle apprenne et maîtrise la langue, ce qui n’était définitivement pas encore le cas.

La Sholienne continua de se concentrer sur cette main imaginaire qui provoquait Nova. Ayant quitté son ventre, cette dernière continua son chemin jusque dans le dos du triton, en prenant bien soin de s’attarder d’abord sur son flanc, partie souvent sensible. La concentration était visible sur le visage du jeune homme. Le couloir du quartier de la noblesse était décoré de nombreux piliers sur lesquels reposaient des vases, ou bien des statues de bustes d’Irianiens célèbres. Alors qu’il semblait s’efforcer de garder son calme, Philomena le guida jusque derrière l’un de ses piliers. Elle s’adossa contre celui-ci et obligea son tuteur à lui faire face. La future épouse cessa alors son petit jeu sensoriel et attrapa la main gauche de l’écuyer afin de la poser sur sa cuisse droite à elle, par-dessus sa robe. L’autre main de la rouquine vint agripper la nuque du triton et approcha ensuite sa bouche de son oreille. « Laisse-tomber la rigueur, petit poisson. Oublie les règles, oublie le connu. Viens t’amuser avec moi. Découvre l’inconnu. » Après quoi, elle déposa une suite de baisers légers qui formèrent un trajet de son oreille, pour ensuite dessiner la ligne de sa mâchoire et finalement pour se terminer sur ses lèvres, qu’elle effleura d’abord, mais qu’elle finit par embrasser. En premier lieu doucement, mais comme elle vit que le jeune homme répondait à ses baisers, et continua plus ardemment.

La fièvre monta rapidement rapidement entre les deux êtres et, encore une fois, Nova exprima ses inquiétudes. Il était vrai qu’il était supposément interdit à quiconque de fricotter avec une épouse royale, même si cette dernière ne l’était pas encore officiellement. Tout en gloussant, Philomena le prit par la main et le tira en direction d’un appartement quelconque dont elle ouvrit la porte. Tous deux s’infiltrèrent à l’intérieur, bien que Nova ignorait qu’il ne s’agissait pas de celui de la princesse. Tout en continuant de l’embrasser, elle força le jeune homme à s’asseoir sur un des divans qui trônait dans le salon privé et entreprit de s’asseoir par-dessus lui à califourchon. « Rassuré? » se contenta-t-elle de murmurer à son oreille entre deux baisers langoureux.

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« My freakness is on the loose
And running, all over you
Please take me to places, that nobody, nobody knows
You got me hooked up on the feeling
You got me hanging from the ceiling
Got me up so high I'm barely breathing
So don't let me, don't let me, don’t let me, don't let me go. »
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Nova
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MessageSujet: Re: When a crazy girl and a fish fall in love... yeah we'll see.    Jeu 16 Fév - 16:34

Nova se racla la gorge, visiblement malaisé de la situation qui s’étalait devant lui. Afin de retrouver contenance, il ramena son attention sur l’enseignement qu’ils devaient couvrir cet après-midi et continua sur la lignée des parties du corps. Différents membres (plus adéquats cette fois) du physique humain y passèrent. Ainsi, il se fit un point d’honneur à accentuer la prononciation de Philomena, s’assurant par le fait même que les propos qu’elle tentait d’articuler restaient compréhensibles. Nova était intraitable, ne laissant pas passer la moindre petite erreur d’élocution. Les choses allaient de bon train et la princesse s’avérait être une élève brillante qui assimilait rapidement les différentes leçons que son professeur imposé tentait de lui inculquer. Le seccyeth en formation passa également en revue les différentes formules de salutation et de politesse de base, puis, au bout d’un long moment, se déclara satisfait de la progression de son apprentie.

Poussant un soupir de soulagement, le triton referma d’un mouvement sec le bouquin qu’il avait tendu à la jeune femme, puis s’étira langoureusement, visiblement satisfait de pouvoir faire autre chose de sa journée. La voix de Philomena se fit entendre et Nova ne put faire autrement que d’acquiescer à ses propos. Lui aussi en avait assez de toutes ces leçons barbantes et il ne se fit pas prier pour se lever à son tour. Se dégourdir les jambes lui ferait le plus grand bien! Évidemment, sa protégée laissa échapper une nouvelle boutade en sa direction et Donovann ne put s’empêcher d’esquisser une moue un peu boudeuse. Mouais… il était son garçon de compagnie et ça lui puait au nez… Et elle le savait plus que n’importe qui d’autre! Il poussa un soupir un peu exaspéré et fit signe à la princesse de passer devant lui, acceptant par le fait même de la ramener à ses appartements, tel que désiré. Le triton ramena ses mains dans ses poches, puis marcha d’un pas plus rapide pour arriver aux côtés de la rouquine tout en gardant une distance sécuritaire avec elle.

La voix claire de Philomena se fit de nouveau entendre alors qu’elle lui posait une question qui, avouons-le, le prenait clairement au dépourvu! Faire quelque chose de complètement non conventionnel? Que voulait-elle dire? Avant même qu’il ne puisse l’interroger davantage, le futur seccyeth sentit sa compagne se rapprocher de lui, puis attraper son bras d’un mouvement rapide. Elle lui demanda ensuite s’il trouvait l’idée de « suivre les règles » excitante tout en faisant glisser ses mains habiles sur son bras par-dessus la manche de son manteau croisé. Non pas vraiment, il devait bien l’admettre, mais…

Le cours de ses pensées fut brutalement interrompu par un nouveau frisson qui lui parcourait l’échine. Oh merde, elle recommençait! Rapidement, il eut l’impression que les doigts de la Sholienne parcouraient son corps, avide de découvrir la moindre parcelle que pouvait receler son corps ciselé. Ainsi, il sentit des doigts imaginaires partir de sa nuque, puis glisser le long de son bras gauche avant de remonter et de s’aventurer sur son bras droit. Son toucher était très léger, mais était suffisant pour le faire frissonner de la tête aux pieds. Par la suite, la caresse imaginaire s’attarda sur ses pectoraux avant de glisser plus bas, vers son ventre. Instinctivement, Nova se raidit tant il combattait des émotions qu’il ne pouvait s’autoriser à ressentir. Son cœur battait comme un fou et il prit une grande inspiration, tentant ainsi de se contrôler. L’imaginaire gourmand de la Sholienne s’attarda sur l’abdomen du jeune homme, frôlant au passage une zone hautement plus sensible que le reste de son corps. Sous cet effet malheureusement enivrant, le guerrier arrêta sa marche et pencha la tête vers l’avant, se concentrant visiblement à résister à cet assaut qui pourrait aisément lui faire perdre la tête. Heureusement pour lui, la rouquine changea de tactique et glissa son imaginaire sur le flanc droit de Nova, lui soutirant un léger chatouillement au passage, puis s’aventura dans son dos. Les propos qu’elle avait articulés un peu plus tôt (et auxquels il n’avait pas répondu) résonnaient dans son esprit comme un écho qui le hantait malgré lui : « N’as-tu pas envie, pour une fois, de faire quelque chose de complètement fou? » Pourquoi est-ce que la réponse « oui » s’imposait-elle dans son esprit? Il se faisait manipuler, il le savait que trop bien!

Nova prit une grande inspiration, puis se remit à marcher aux côtés de la princesse, déterminé à ne pas la laisser gagner et à lui opposer résistance. Cette dernière tira malgré tout son bras et l’entraîna à sa suite. L’écholocalisation du triton lui fit comprendre qu’elle le guidait derrière une colonne, probablement masqué de la vue des potentiels passants qui pourraient les surprendre (bien que le secteur noble fût désert à cette heure). Sans trop savoir pourquoi, Nova accepta de se laisser attirer, probablement poussé par un instinct qui se mourrait d’approfondir les choses avec la jeune femme. Le petit jeu sensoriel s’arrêta brusquement et Philomena prit la main gauche Donovann et le posa contre sa cuisse droite. Elle agrippa ensuite sa nuque et l’attira à elle (après tout, il était le plus grand des deux) afin d’avoir un meilleur accès à son oreille. Les paroles qu’elle lui susurra étaient enivrantes et… franchement tentantes, il devait l’admettre. Alors qu’elle déposait une multitude de baisers sur la ligne de sa mâchoire, le futur seccyeth sentait sa résistance éclater en mille morceaux. Les sensations qu’elle lui faisait ressentir étaient extraordinaires, même s’il refusait de l’admettre. Si tout d’abord elle avait préféré frôler ses lèvres des siennes, il en fut tout autrement lorsque Nova répondit à ses baisers. Leur embrassade s’approfondit considérablement au point où ils se répondaient mutuellement de façon fiévreuse. Merde! Pourquoi perdait-il le contrôle de son propre corps maintenant?! Cette femme avait vraiment des effets considérables sur lui!

- Okay, okay, stop, articula-t-il tout bas avec difficulté en se détachant d’elle. Je… je ne peux pas. Si on se fait prendre? On est au beau milieu d’un couloir, Philomena. C’est une mauvaise idée, tu le sais…

Il l’entendit glousser. Visiblement, ça l’amusait beaucoup trop, toute cette histoire! Sans lui laisser le temps d’ajouter quoi que ce soit, la Sholienne agrippa sa main et l’attira à sa suite dans un appartement tout près. Tiens, étaient-ils arrivés à ses quartiers privés sans même que le triton ne s’en soit rendu compte? Une fois à l’abri des regards, la rouquine ferma la porte derrière lui, puis recommença à l’embrasser avec frénésie. Nova ne put s’empêcher de répondre à ses ardeurs, renvoyant ses propres baisers avec ferveur. Il sentit les mains de la damoiselle le pousser vers l’arrière et il tomba assis sur ce qu’il put identifier comme étant un fauteuil. La princesse ne perdit pas une minute et vint s’installer à califourchon par-dessus lui, frôlant son bassin de ses hanches envoûtantes. Elle lui demanda s’il était rassuré entre deux baisers langoureux, puis entreprit de défaire le col du manteau croisé du guerrier. L’écuyer de Syrian se maudissait intérieurement d’être aussi faible alors qu’il se surprenait à caresser les cuisses de sa compagne ainsi que ses hanches qui ondulaient avec provocation par-dessus lui.

Fort de ses 18 ans et de ses hormones en ébullition malgré lui, le triton sentit une tension typique naître au creux de son bas-ventre alors que sa virilité se raidissait sans qu’il ne puisse y faire quoi que ce soit. Le jeune homme se pencha vers l’avant, puis embrassa avec ferveur la gorge chaude et frissonnante de la princesse qui se tendait devant lui. Ses mains remontèrent sur la taille de la belle (par-dessus sa robe), puis s’attardèrent dans son dos, triturant les lacets de son corsage avec envie. Il sentait le souffle de sa future amante s’accentuer contre lui et cette sensation le grisa encore davantage. D’un mouvement sec, la future femme du roi le poussa à s’adosser contre le siège du fauteuil, puis ouvrit son manteau croisé avant de l’inciter fortement à le retirer. Elle tira ensuite sa tunique d’onyx sans manches vers le haut et Nova n’opposa aucune résistance à passer le morceau de tissus au-dessus de sa tête. Maintenant torse nu, il frissonna alors qu’il sentait la jeune femme se lover contre lui et découvrir – réellement cette fois – sa musculature de ses doigts et de ses délicieuses lèvres chaudes. Donovann se foutait maintenant des convenances et ramena ses mains sur la jeune femme afin de l’attirer à lui. Il commença à défaire les lacets de son corset qui, avouons-le, était franchement de trop pendant que bouche explorait sa gorge et ses clavicules avec envie, descendant tranquillement vers son décolleté.

Si la passion continuait de grimper à vitesse grand V… ce fut franchement le contraire qui se produisit alors que les amants entendirent des bruits de pas dans le couloir ponctués d’une voix claire.

- Mais si, très chère! J’insiste! Attendez-moi là, je vais chercher le collier dont je vous parlais et je vous le ramène. Je vous le prête! Il sera magnifique sur vous pendant le banquet que donnera le roi afin de nous présenter sa future nouvelle épouse!

Nova se figea sur place, tendu comme un arc. Et merde!!

- Où sommes-nous, Philomena? Siffla-t-il furieusement tout bas entre ses dents, alors qu’il venait de comprendre qu’ils n’étaient pas dans la chambre de la rouquine.

La réponse visiblement amusée de la rouquine contribua à le frustrer davantage. Elle… elle avait choisi une chambre au hasard?! Mais à quoi avait-elle pensé?!! La propriétaire légitime de ces appartements arrivait en leur direction et ils allaient se faire prendre!! Vive comme l’éclair, la princesse se leva d’un bond et fut rapidement imitée par l’aveugle qui étendit son écholocalisation rapidement. Ils… ils devaient se cacher! La rouquine agrippa les vêtements délaissés du jeune homme et l’attira à sa suite en urgence vers une autre porte, toute au fond de la chambre. Les deux amants entrèrent dans une pièce de taille moyenne et refermèrent doucement derrière eux. Nova tendit les mains devant lui et tâta les objets qui l’entouraient et constata qu’il touchait du tissu soyeux… Une penderie?!! Ils étaient dans l’immense garde-robe de la noble?! Ouvrant la bouche, le triton voulut faire des remontrances à sa protégée, mais la porte des appartements s’ouvrit au même moment, le forçant à se taire. La noble inconnue marcha dans la pièce principale en chantonnant un air joyeux, puis se rapprocha de son bureau. Le bruit d’un tiroir qu’on ouvrait se fit entendre et la dame de la cour se saisissait visiblement d’une boîte.

- Oh, j’allais oublier! Sophia, très chère, je vais vous emmener un manteau qui ira à merveille avec le rouge de votre tenue! Ce ne sera pas très long! S’écria la noble femme qui marchait maintenant en direction de la penderie.

Nova jura mentalement, puis se glissa tout au fond de la garde-robe aux côtés de Philomena. Les deux complices se cachèrent derrière les nombreuses robes exubérantes de la noble, puis retinrent leur souffle alors que cette dernière faisait irruption dans la minuscule pièce. L’écuyer de Syrian priait mentalement les dieux pour que lui et la princesse ne se fassent pas pincer! Son cœur battait la chamade et il n’osa pas bouger d’un seul muscle. La dame de la cour farfouilla dans ses vêtements, puis trouva ce qu’elle cherchait avec une exclamation de voix.

- Vous allez voir, Sophia! C’est magnifique!

La noble damoiselle tourna les talons, puis sortit de la penderie. Elle referma derrière elle et se dirigea d’un pas dansant vers la porte de l’appartement avant de quitter finalement ses quartiers. Donovann poussa un long soupir de soulagement alors qu’un drôle de sentiment l’envahit. Était-ce… de l’euphorie? Bon sang, qu’ils étaient imbéciles! Si on lui avait demandé un jour s’il comptait vivre des moments intimes avec l’une des épouses (ou futures) du roi dans un appartement totalement inconnu, il aurait trouvé cette idée complètement absurde. Pourtant, n’était-ce pas ce qui venait de se produire? Le seccyeth était rassuré de voir qu’ils ne s’étaient pas fait coincer et se passa une main au visage pour éloigner ses mèches rebelles qui lui chatouillaient le nez.

- Tu sais que tu es complètement cinglée, toi? Demanda-t-il à sa compagne. Sérieusement? Toi tu t’es dit : « tiens, prenons une chambre au hasard et amusons-nous dans le dos de la propriétaire légitime! » Bon sang, je ne peux pas croire que je me retrouve dans la penderie d’une pure inconnue avec toi en ce moment même! À moitié nu, de surcroît! C’est surréaliste.

Toutefois, contrairement à son air de remontrance traditionnel, le jeune homme affichait maintenant un air amusé. En fait, il rigola même en repensant à leur aventure franchement idiote et inutile qu’ils étaient en train de vivre. Quoique… inutile, vraiment? Nova riait et constata que la princesse se marrait également de leur situation actuelle. Au bout d’un petit moment, le jeune homme de 18 ans se tortilla, réalisant quelque chose lui pinçait le bas du dos. Il s’était assis sur quoi, bordel? Il plongea une main derrière lui et tira un bon coup… pour sortir une sorte de corset sexy surmonté d’un porte-jarretelle clairement destiné à des ébats charnels. Enfin… ça, il ne pouvait pas le savoir puisqu’il lui était impossible de le voir!

- Philomena… qu’est-ce que je tiens dans ma main actuellement? Ne me dis pas que c’est des dessous indécents…

Il éclata de rire à nouveau, puis lança le morceau de tissu à l’autre bout de la penderie.

- Okay, je dois l’admettre, c’est franchement marrant comme situation, avoua-t-il enfin.

Puis, un nouveau sourire s’esquissa sur ses lèvres. Sans crier gare, il agrippa le poignet de la princesse, puis l’attira de nouveau à lui. Il l’incita à revenir s’installer à califourchon par-dessus lui, puis glissa ses mains sur son fessier galbé.

- Tant qu’à être ici… Autant profiter un peu de la situation, puisque nous sommes déjà dans les ennuis jusqu’au cou…

Ce n’était pas typique de lui, ça! Mais que pouvait-il faire de plus? Il ne savait plus quoi penser et son corps en redemandait plus avec vigueur. Le jeune homme s’empara de la bouche de sa compagne et glissa sa langue contre la sienne, échangeant avec elle un baiser langoureux.
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