Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Love you like a Black Widow [Léandre]

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MessageSujet: Love you like a Black Widow [Léandre]   Dim 18 Déc - 3:10

« Annabelle, ma jolie Annabelle, tu sais que je n’aime pas lorsque les esclaves me mentent. » Susurra une silhouette drapée de rouge.

L’instinct de préservation était incroyablement puissant chez les êtres faibles. Malgré l’insignifiance de leur existence, ils s’y accrochaient fébrilement et c’est cela même qui les rendait facilement malléables. Ils vendraient leur âme au diable pour ajouter une minable seconde à leur vie passée au pied des plus forts. Et la Sarmad le savait parfaitement : pendant qu’elle couvrait sa proie d’un regard sardonique qui se travestissait de compassion, elle cherchait la faille où frapper. De l’autre côté de la salle, Annabelle frissonnait sous poids du regard écarlate qui la cajolait, qui semblait pulser et se rapprocher d’elle, car elle avait assisté en première loge à ce dont sa maîtresse était capable quand elle s’estimait lésée. Et il n’y avait pas assez d’énergie hypnotique dans les assauts des sens que Megaera lui projetait pour la convaincre de révéler ce qui signerait son arrêt de mort. Après plusieurs secondes de silence frémissant, la vampire s’avoua vaincue et dut reconnaître que la volonté de sa servante outrepassait son pouvoir… ou qu’elle avait sévèrement sous-estimé la puissance de sa dévotion filiale! Malgré le fait qu’elle soit déjà en possession de la vérité, le mage se délectait de la frayeur qui agitait l’adorable elfe aux yeux bleus. Des perles de sueurs s’accrochaient à sa chevelure dorée et son visage, d’habitude si fier, s’était décomposé en une grimace apeurée. Malgré tout, elle résistait au charme de Megaera de toutes ses forces, refusant de lui confesser le crime commis par sa cousine – qui était prostrée dans un coin de la suite –. Par loyauté, ou par folie, elle protégeait son sang en se taisant. « Comme je vois que tu ne veux pas parler… je vais demander à Rosabelle de me donner sa version. » Elle tendit sa main froide vers ladite cousine qui s’empressa de la prendre, trébuchant sur ses jupes en chemin. Le tout était pathétique et de la pitié brilla dans les yeux de la sœur d’Alecto, mais elle garda sa contenance et laissa son esclave lui embrasser les doigts. « Dis-moi, ma belle, ce que tu m’as dit tout à l’heure. … »

La brunette s’empressa de répéter la même fable en l’accentuant de lamentations : c’était Annabelle qui avait dérobé la tiare de l’ancienne elfe et lorsqu’elle s’en était rendu compte, elle avait tenté de convaincre sa traître de cousine de restituer l’item – et ainsi s’éviter les foudres la deuxième propriétaire du manoir –, mais en vain. Une belle histoire somme toute qui fit sursauter l’adolescente blonde qui jeta un regard effaré à sa maîtresse avant de rebaisser la tête, déconfite. C’était si bien ficelé, avec moult détails, qu’il n’aurait été que folie de mettre en doute l’émouvante Rosabelle. Sûrement attendrie par les larmes, Megaera ouvrit ses bras pour serrer la délatrice apeurée qui sanglotait devant elle. Le reste se passa très rapidement : un craquement sinistre se fit entendre et la soubrette aux cheveux bruns tomba au sol comme une poupée désarticulée. « Comme je le vois, je t’ai fait une faveur : tu étais prête à sacrifier ta vie pour quelqu’un qui t’a trahi pour sauver la sienne. » Enjambant le cadavre de sa servante sans la moindre considération, la sorcière traversa le salon de sa suite pour se diriger vers la sortie. Juste avant de partir, elle jeta un regard par-dessus son épaule « La loyauté est une qualité que j’apprécie… J’espère que cela t’apprendra à qui tu devrais être loyale… » Se tournant vers un esclave agenouillé devant sa porte, elle lui ordonna de s’occuper du corps, car elle n’aimait pas le chaos. Et il faisait mieux d’exécuter son ordre à la perfection, car elle était déjà d’humeur exécrable.

La rumeur de ce qui s’était passé dans la suite de Megaera se répandit comme une trainée de poudre dans le manoir et les domestiques se mirent à l’éviter dans les corridors comme une pestiférée. Personne n’allait prendre le risque d’avoir la furie de la Sarmad s’abattre sur eux… non, il était bien plus sage de s’éloigner et d’attendre que sa bonne disposition revienne. Même si elle appréciait l’agitation que provoquait sa colère parmi les esclaves et les serviteurs, cela rendait la difficile la tâche de trouver quelqu’un pour l’accompagner aux donjons. Après quelques secondes à regarder autour pour voir seulement des pans de robes disparaître dans les coins, elle renonça à chercher et se tourna vers la seule domestique qui n’était pas assez futée pour disparaître. Elle ne put s’empêcher de soupirer : la jeune fille était sotte, crédule et si terrifiée par sa maîtresse vampire qu’elle était pour la plupart inutile. Cependant, étant la seule domestique qui restait, il faudrait s’en contenter et sans tarder elle entraîna la servante dans les donjons pour vérifier si les rebelles qu’elle y avait mis il y a une semaine – ou était-ce un mois? – s’étaient repentis de leur comportement séditieux. Une à une, elle demandait à Natasja d’ouvrir les portes pour évaluer l’état des esclaves à l’intérieur.. Tous rampèrent à ses pieds pour la supplier de les libérer et magnanime, elle accepta. Ils avaient clairement compris leur leçon et de toute façon, s’ils lui déplaisaient à nouveau, elle se conterait de rompre leur misérable cou. Fin de l’histoire.

Elle allait quitter les donjons lorsqu’une porte close attira son attention. Il n’y avait que 19 prisonniers, elle se souvenait parfaitement de les y avoir mis… Qui avait mis une 20e personne? Alhyss ne se souciait pas de l’intendance de la maisonnée et Alecto s’occupait des affaires et faisait confiance à sa cadette pour gérer les domestiques. Megaera arracha le trousseau des mains de Natasja qui prenait un temps fou à s’emmêler dans les clés et ouvrit la porte sur une étrange de créature. « Quel drôle d’oiseau… » L’odeur nauséabonde fut suffisante pour la faire reculer, mais elle ne lâcha pas des yeux bleus qui la fixaient. Doucement, sans faire de mouvement brusque, l’elfe s’accroupit et tendit une main vers le petit animal qui semblait terrorisé. « N’aie pas peur… Viens. Tu es libre maintenant, mon Petit Oiseau. » Par vague sensoriel, elle activa son pouvoir. Ses yeux rubis brillèrent, un délicat bouquet de lavande émana d’elle alors que sa voix se faisait enjôleuse et envoûtante. Elle cherchazit à l'apprivoiser, comme un petit animal sauvage qu'elle voulait cajoler. « Je ne te ferais aucun mal, Petit Oiseau. Fais-moi confiance. » Tant qu’il était obéissant….

« Natasja, va me chercher un plateau de nourriture, des vêtements et une bassinette pour lui faire prendre un bain… chaud, évidemment. » murmura la sorcière sans même jeter un regard à la servante. Pour une raison obscure, elle était fascinée par la créature dans la cellule. Elle n’aurait su dire si c’était un humain ou un elfe, ou une femme ou un homme. Elle voyait seulement qu’il avait beaucoup souffert. Cela éveillait un brin de pitié chez l’impassible femme aux yeux écarlates. « Parle-moi, Petit Oiseau. Comment t’appelles-tu? »
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MessageSujet: Re: Love you like a Black Widow [Léandre]   Lun 2 Jan - 19:08


Depuis combien de temps était-il enfermé là ? Léandre n'aurait pas su le dire. Au départ, celui-ci avait commencé à compter les jours, grattouillant, ce qui était sûrement de la moisissure, sur l'un des murs pour y symboliser un jour de plus par un petit bâton. Cet exercice qui l'occupait quelques minutes par jour - ou peut-être encore moins - tout au début de son incarcération, l'aidait à tenir le coup, mais à présent, il n'en était plus question. De toute façon il avait perdu le compte depuis longtemps, vu que la moisissure avait repris sa place. Cela ne servait à rien de compter les jours s'il était condamné à y rester jusqu'à la fin de sa vie et si chaque jour se ressemblait.

Il ne voyait presque plus personne, sauf celle qui apportait la ration des prisonniers ou ceux qui venaient vider les pots de "chambre" et lorsque d'autres malheureux étaient mis au cachot, ou libérés. Mais personne ne le voyait vraiment. Il avait pris l'habitude que tous ceux qui arrivaient après lui, repartaient avant lui. Que ce soit pour être libéré ou tué, d'ailleurs, mais il n'en savait jamais rien. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il n'existait plus pour personne, qu'on l'avait laissé pour mort ici et il l'avait accepté. Il n'était qu'un fantôme. Un jour, on oublierait peut-être même de le nourrir, et il mourrait. Là où il en était, la mort serait un soulagement. Il ne dormait pas, il avait souvent froid, souvent faim et il était toujours à moitié malade. Mais il n'était pas mort, ni de pneumonie, ni de rien d'autre. A y réfléchir, c'était vraiment le fait fait de voir des visages qui lui manquait. Ce petit homme n'avait jamais eu une vraie vie sociale, mais le simple fait de voir quelqu'un l'aurait rendu heureux, surtout si cette personne la voyait, elle aussi. Bien sûr, l'ennui était difficile aussi, mais non, le plus dur était d'être seul et invisible.

Mais en ce jour, le donjon qui était un lieu où régnaient fantômes et lamentations, devint le théâtre d'une animation. Oui, il aimait voir des visages, mais il fallait avouer que ceux qui passaient en ce lieu étaient loin d'être amicaux et de ce fait, Léandre ne risquait qu'un discret coup d'oeil à ce qu'il se passait quand il le pouvait.
Ce jour là, il glissa à quatre pattes jusqu'à la porte de sa cellule et tenta d'apercevoir les personnalités qui y entraient, mais c'était peine perdue, il était bien trop loin de l'entrée pour y voir quoi que ce soit. Il n'y vit donc que des ombres avant de retourner se blottir dans son coin favori, celui qui était un peu moins sombre et un peu moins humide. Et il écouta.
Il comprit rapidement que la femme qui accompagnait la servante - ou le serviteur, mais au bruit de son pas, il penchait pour une demoiselle - était crainte par tous ses camarades détenus. Elle ne prononça que peu de mots, mais il n'en fallait pas plus pour y ressentir sa puissance, son rang. Elle fut clémente avec chacun d'entre eux et accepta de les libérer, mais rien qu'à la façon dont ils se prosternaient devant elle, cette dernière inquiétait Léandre.

S'il en avait eu le courage, s'il ne s'était pas senti aussi inexistant, peut-être aurait-il tenté de les observer lorsqu'elles s'étaient présentées à la cellule qui jouxtait la sienne. Il aurait pu les apercevoir et regarder leur visage. Mais pourtant il ne bougeait pas de son coin et le donjon se vidait. Il serait bientôt de nouveau seul avec sa solitude. Peut-être que quelqu'un d'autre que lui aurait fini par s'inventer un ami imaginaire, ou plus vraisemblablement serait devenu enragé comme un lion en cage, mais pas lui.
Alors, lorsque les pas se rapprochèrent de sa propre cellule, il resta dans son état catatonique, à regarder le plafond.

Mais la clef fit un tour dans la serrure, et il sursauta en dardant son regarde sur la porte. La clef tourna une nouvelle fois et la porte grinça. Ce n'était pas pour le repas. Ce n'était pas pour le pot de chambre. Ce n'était pas le serviteur.
En une seconde, Léandre paniqua. Que se passait-il ?! Qui venait le voir ?! Pourquoi ?! Tout raide, resté dans son coin, l'air terrorisé par cette situation qui le prenait de court après tout ce temps seul... Il fixa pourtant la femme dans les yeux. Elle avait les yeux rouges. Des yeux de démon. Était-il l'heure pour lui ? Allait-il mourir ? Il ne pouvait détacher son regard de celui de la dame qui se présentait à lui. Ce regard terrible, terrorisant ... et éblouissant.

« N’aie pas peur… Viens. Tu es libre maintenant, mon Petit Oiseau. »

Léandre n'entendit pas. Les yeux de la femme brillaient. Elle ... Elle sentait la fleur ?! Cette femme était belle et terrifiante. Elle avait un visage ... des yeux ... des oreilles pointues, comme lui, même plus ! Elle semblait ... calme ? Gentille ? Mais elle lui faisait peur. Mais ... non, elle avait été gentille avec les autres hommes ! ... Mais on devait la craindre, il devait la craindre, il l'avait compris. Mais elle était entrée dans sa cellule, s'était mise à sa hauteur et lui tendait la main...

« Je ne te ferais aucun mal, Petit Oiseau. Fais-moi confiance. »

Elle ne lui ferait pas... de mal ? Léandre ne la connaissait pas, mais il continuait à la regarder fixement, toujours apeuré, mais ... il la croyait.
Qu'avait dit ? de quoi avait-elle parlé ? De ... liberté ? Allait-elle vraiment le faire sortir d'ici ?!

« Parle-moi, Petit Oiseau. Comment t’appelles-tu? »
Sa voix était douce. Il s'avança. Il n'avait pas beaucoup de forces et n'osait pas se lever. Il avança donc vers elle, presque comme un petit singe, mais s'arrêta tout de même à distance. Il avait peur ... et c'était une dame. Il se posa à genoux, se redressa un peu et ouvrit la bouche, mais elle était trop sèche pour qu'il articule quoi que se soit. Il se gratta la gorge, une fois, deux fois, essaya d'articuler, mais seulement quelques syllabes mâchées passèrent ses lèvres. Il posa alors fébrilement sa main sur sa poitrine, courba et un peu l'échine et baissa la tête. Sa tentative de révérence. Il releva alors doucement la tête et porta sa main à sa gorge, les yeux embués, regardant la dame dans les siens, essayant de lui faire comprendre qu'il essayait de lui répondre, mais qu'il avait du mal... Une première larme coula alors et il réussit à articuler un mot :

« Lé...Léandr... »
Allait-elle vraiment le faire sortir, lui donner à manger, lui donner des vêtements et lui faire porter de l'eau chaude ? Qui était cette femme qui était si bonne avec lui ? Si bonne qu'il avait une peur terrible qu'il ne s'agisse que d'un rêve ou d'une mascarade.
Il essaya de rester à peu près droit, mais des sanglots de fatigue secouaient ses épaules. Trop d'émotions différentes lui étreignaient le coeur...
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