Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Coeur brisé [Aïcha]

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Gareth
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MessageSujet: Coeur brisé [Aïcha]   Jeu 26 Jan - 17:44

[Mi-saut, Gareth et Aïcha ont 34 ans)

Il avait bien essayé de s’en passer, pensant qu’il était inconcevable de salir l’honneur de Marian après sa mort, mais c’était beaucoup trop difficile. Jamais Gareth n’avait trahi son épouse dans les bras d’une autre femme (heuu… Aïcha ne compte pas, c’est sa sœur, ok?) et il se sentait comme une merde à chaque fois qu’il se rendait a son bordel pour rencontrer une «amie», mais il fallait s’alléger l’esprit (et le pantalon) il n’en pouvait tout simplement plus. Ce n’était pas seulement un besoin physiologique, quoi qu’il est plutôt logique qu’un homme ait besoin d’une étreinte chaleureuse pour ne pas perdre la raison, mais c’était aussi psychologique. Comment pouvait-il faire son deuil, s’il ne passait pas à autres choses? Cela faisait des semaines, qu’il se contentait de l’amour de sa petite Céleste, et bien qu’elle vaille plus que tout l’or du Royaume dans son cœur, il manquait quelque chose que sa fille ne pouvait pas lui offrir.

Le Roi interim s’était donc rabattu sur ses employées, à défaut de ne pouvoir retrouver les bras de son âme-sœur ou sa jumelle, la première étant décédée, la seconde mariée et enceinte. Pour Gareth, son mariage n’avait jamais rien changé dans sa relation avec Aïcha (outre une vie plus luxueuse) il l’avait toujours accueillie à bras ouverts, continuant leurs fréquentations en cachette sans honte. Parce que «ça ne comptait pas», c’est la famille, ce n’est pas de la trahison. Mais il avait noté quelques tentatives d’évitement de sa jumelle depuis qu’elle était mariée à Caius, alors apparemment, elle ne partageait pas la même absence de remords que lui. Il ne lui en avait jamais parlé, puisqu’elle lui avait appris plus tard être enceinte, et à ce moment-là, il aurait été complètement égoïste d’exiger des relations charnelles ou des explications… Alors il avait laissé tomber, temporairement, trouvant refuge dans les bras de d’autres femmes, aucune ne le rendant tout à fait heureux.

Mais maintenant, ça faisait plusieurs mois que les jumeaux d’Aïcha étaient venus au monde, et Gareth attendait impatiemment un signal de sa jumelle comme quoi elle était prête à le revoir, sans développement. Pourtant, il n’avait pas particulièrement l’impression que Caius en était privé, lui, (enfin il n’avait pas vérifié) alors il ressentait un peu de jalousie. Les bras de sa belle lui manquaient, seul réconfort à la perte de son épouse, et il avait parfois la sensation que c’était elle seule qui pouvait l’aider à faire son deuil. La mort de Marian pesait encore énormément sur son âme, et jamais il ne s’était sentit totalement vivant depuis. Il profita donc de l’absence de Caius, en chasse avec le vampire Dylan pour trouver les assassins (ils approchaient du but, selon ses dernières informations) de Marian et Reyth, pour rejoindre sa belle dans ses appartements.

-Aïcha? C’est moi… chuchota-t-il, inquiet de réveiller les bambins, qui dormaient heureusement à poings fermés. Tu me manques, merveille de ma vie, j’ai tellement besoin de toi en ce moment, plus que jamais. Quand pourrais-je espérer que tu aie à nouveau du temps pour moi? La solitude me tue à petit feu… susurra-t-il en l’enlaçant par derrière, embrassant doucement ses cheveux et la base de son cou.
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Aïcha
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MessageSujet: Re: Coeur brisé [Aïcha]   Jeu 2 Fév - 16:23

La nuit était tombée depuis environ une heure et Aïcha regardait la lune briller par la fenêtre de ses appartements. Oh… si elle on lui avait dit, vingt ans au paravent,  qu’elle aimerait un Prince assez fou pour l’aimer en retour et l’épouser… elle ne l’aurait jamais cru. Il y avait vingt ans, elle berçait désespérément un énième frère mourant. Trop jeune pour avoir vu sa première pleine lune. Désespérée et affamée. C’était ce qu’elle était. Aujourd’hui, elle était une femme de la cours. Elle avait épousé son âme sœur et ses enfants dormaient paisiblement sous la pleine lune… le ventre plein avec un titre de Prince.

Ils en avaient fait du chemin depuis la chaumière Sholienne. Gareth et elle avaient surmonté bien des épreuves… mais depuis quelque temps, les chemins semblaient se séparer lentement. Inévitablement. Quand est-ce que ça avait commencé ? Lorsqu’il avait reconnu Marian comme âme sœur ? Lorsqu’il l’avait épousée ? Lorsqu’elle avait débuté sa relation avec Caius ? Son mariage ? Elle ne savait pas. Mais elle savait qu’ils n’étaient plus comme autrefois. Elle l’aimait toujours autant. Il était la lune dans son ciel, sa moitié. Elle pourrait mourir pour lui… mais il n’était plus le seul dans le cœur de sa jumelle. Un soleil brillant avait fait éruption entre eux. Sans enlever une once de l’amour qu’elle pouvait porter à Gareth, il l’avait comblée.

Elle savait Caius conservateur sur ses principes. Elle n’avait pas grand-chose. Oh elle était terriblement riche, mais il y avait longtemps qu’elle avait perdu la valeur la plus précieuse d’une femme. Vendue pour quelques pièces. Puis vendu des milliers de fois à qui voudrait bien payer. Elle ne s’était jamais plainte, parce qu’elle voyait là le moyen parfait de manger à sa faim. De sauver un énième enfant. De quitter la marasque dans lequel elle avait grandi. Jamais, elle ne regretterait d’avoir vendu ce que d’autre voulait acheter. Mais pour Caius, ce qui lui restait, ce n’était rien. Alors elle lui offrirait sa fidélité. C’était ce que ses vœux de mariage prônaient. Plus aucun autre homme que son époux ne se glisserait entre ses jambes. Fut-il être Parandar lui-même !    

Aïcha aurait voulu être capable de l’expliquer à son frère. Son amour, son jumeau. Mais elle savait qu’il ne pouvait comprendre. Encore, si Marian avait encore été là… mais elle n’était plus. Elle aurait dû avoir le courage de lui expliquer avant, quand elle était encore là… et qu’il n’était pas encore réduit à l’ombre de lui-même. Mais elle s’était trouvé des milliers d’excuses, ayant toujours peur des remous. L’insecte était une femme forte, mais elle n’était pas courageuse. Ainsi, pendant près de deux ans, elle trouvait toutes les raisons du monde pour éviter la confrontation.

L’Orphelinat lui prenait un temps considérable. À peine ouvert que la directrice était débordée. Trop d’enfants seuls hantaient les rues du pays. C’était sa mission, offrir à chacun d’entre eux, un toit, de la nourriture et une éducation. Une fois adulte, elle les aiderait à se trouver des places d’apprentis chez les métiers. Ou une place dans l’armée. Mais aucun d’entre eux n’allait terminer brigand par faute d’option ! Les enfants magiques, elles les remettaient à l’Ordre. Les petits mages avaient droit aussi à une éducation magique. Mais tout ça était terriblement long et difficile à administrer. Elle était souvent épuisée, quand elle se laissait tomber dans son lit le soir. Et sa grossesse qui avait été si difficile. Elle avait bien cru perdre ses jumeaux, quand Marian était morte. Le stress avait été si fort. Elle avait dû être alitée. Gareth perdait son âme sœur, sa nièce perdait sa mère et son mari voyait sa famille se faire décimer !

Elle les avait mis au monde, ses deux trésors.  Noir de cheveux, un peu plus pâle qu’elle. Les yeux bleus brillants de leur père avec la pupille maternelle. Ils étaient magnifiques, son fils et sa fille. À elle. Le plus beau cadeau que Caius avait pu lui faire.

La porte de l’appartement s’ouvrit doucement. Pourtant, son homme venait à peine de quitter avec Faith pour traquer les fous qui s’étaient attaqués à leur famille. Elle savait qu’il se sentait infiniment coupable. Elle le supportait du mieux qu’elle le pouvait, mais il n’aurait de répits tant qu’ils vivraient encore. Chaque fois qu’il devait partir, elle s’installait à la fenêtre, qui donnait sur la cour, guettant son retour.

Le pas dans la pièce lui annonça que c’était Gareth. Elle pourrait le reconnaître entre mille. Son jumeau s’approcha d’elle par-derrière et l’enlaça. Son baiser sur sa nuque lui envoya les mille et un frissons habituels. Son odeur la couvrait et elle se surprit à soupirer doucement. Il lui avait manqué. Elle aimait Caius, mais Gareth avait été son tout tellement longtemps… Je sais bien que c’est toi, Lune de ma vie. souffla-t-elle en se tournant vers lui. Tu sais bien que tu peux venir me voir en tout temps… je suis là parle-moi, sang de mon sang. Elle lui caressa doucement le visage, comme elle le faisait pour apaiser ses amours lorsque les dents essayaient de percer la chair et que la douleur devenait insoutenable.
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Gareth
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MessageSujet: Re: Coeur brisé [Aïcha]   Ven 3 Fév - 22:26

L’argent ne fait pas le bonheur. Gareth avait passé sa vie à courir après les affaires, à monter son rang et celui de sa sœur, pour remplir les bouches de sa famille, pour essayer d’être heureux. Et il avait réussi. Ils avaient été heureux, un temps. Plus encore lorsqu’il avait épousé Marian, les deux femmes de sa vie à ses côtés, béni par la vie qui lui avait toujours craché dessus, relégué au rang d’esclave… Mais aujourd’hui, il savait que ce n’était pas sa fortune qui lui avait donné le sourire tant de matins ensoleillés… c’était ses belles. Aujourd’hui, il en manquait une, et l’autre se faisait distante, si bien qu’en s’éveillant dans ses draps de soie, servi par des domestiques aux petits oignons avec lui, mieux nourris que n’importe qui d’autre dans tout le Royaume… il était malheureux.

La chaleur d’Aïcha, qu’il sentait au travers sa robe, réussi à le faire fondre comme seule elle pouvait désormais le faire. La nouvelle mère frissonna et soupira dans son étreinte, comme elle l’avait fait maintes fois lorsqu’il n’y avait qu’eux deux au monde. Comme elle l’avait fait dans la grange, derrière la maison, lorsqu’ils s’étaient découverts ensemble pour la première fois. Les mains de Gareth descendirent sur ses hanches, plus rondes qu’auparavant, délicieusement plus rondes, et il ferma les yeux au contact des doigts de satin sur son visage.

-Es-tu vraiment là, Merveille de ma vie? Je te cherche depuis des mois sans te trouver.

Le Régent d’Alombria descendit ses baisers sur l’épaule de sa douce jumelle, repoussant les manches de sa robe pour la dénuder, alors que ses mains remontaient dans son dos, passant par ses fesses, pour s’accrocher aux lacets de son corset sur lesquels il tira lentement, doucement, freinant sa propre urgence d’amour pour ne pas brusquer sa sœur, comme si elle était une chose fragile. Cela faisait si longtemps, depuis la dernière fois, qu’il se sentait fébrile et incompétent comme au premier jour.

-J’ai besoin de toi, Aïcha. Je sais que c’est égoïste, que d’autres ont besoin de toi, mais je ne vis plus depuis la mort de Marian, je survis à peine pour Céleste. Ton absence m’est insupportable, j’ai besoin de retrouver la proximité qu’on a toujours eu, celle qu’on avait avant que tu tombe enceinte… avant que je sois veuf. La voix du Régent se roua à ce mot, et la tristesse qu'il refoulait en public s'entendait dans sa voix, se serait vu dans ses yeux si elle l'avait regardé. Je suis capable de te partager, comme tu m’as partagé avec mon âme-sœur, je comprends ton amour pour Caius, Merveille de ma vie, mais chacune de tes raisons pour ne pas venir dans mon lit me lacèrent le cœur. J’ai besoin de temps avec toi pour continuer à exister.

Il aurait été idiot de dire qu’il n’était pas conscient de lui mettre de la pression, mais Gareth avait encore la folle idée qu’Aïcha ne voulait pas vraiment le repousser, qu’elle était seulement passionnée par ses nouvelles occupations, ce qui était probablement vrai. Mais savoir que quoi que ce soit pouvait l’enflammer plus que lui-même lui lacérait le cœur.
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MessageSujet: Re: Coeur brisé [Aïcha]   Mar 14 Fév - 10:13

La chaleur de Gareth se faisait puissante, présente. Elle la sentait au travers de sa robe légère, le satin du tissu froufroutait à chaque mouvement que son jumeau faisait. Les mains de ce dernier glissaient sur ses hanches et elle devait prendre toute sa volonté à bras le corps pour s’empêcher de soupirer et de s’abandonner entre les bras forts du roi.

Elle avait promis. Elle avait juré… mais elle était si habituée ! Gareth connaissait chaque levier, chaque bouton pour l’activer. Il savait comment la caresser, comment la toucher. Il connaissait son corps mieux que quiconque, même si son mari apprenait rapidement. Gareth était son plus vieil amant, son plus vieil ami. Il était sa moitié biologique, l’autre partie de son identité. Et pendant plus de 30 ans, il avait été son univers, son monde, son tout. Aïcha haïssait la distance qu’elle devait mettre en eux. Elle la haïssait, mais la savait nécessaire. Comment pourrait-elle respecter ses engagements, si elle se sentait fondre aux moindres frôlements ?

Voudrait-elle retourner au tout début ? Lorsqu’ils se découvraient d’une nouvelle manière, dans la grange derrière la maison ? Parfois oui. Tout été tellement plus simple… mais en même temps, ces temps-là étaient noirs. Marqué par le désespoir et la fatalité… mais en était-ce vraiment différent aujourd’hui ? Gareth pleurait la perte de son âme sœur et Aïcha craignait chaque nuit d’être contrainte à en faire de même. Leur unicité avait disparu, envolée avec les cendres de leur relation charnelle. Il était là, juste face à elle, la touchant comme seul lui savait le faire et pourtant elle avait l’impression d’être à des kilomètres.

N’avaient-ils que le sexe pour les définir ? N’étaient-ils rien d’autre que deux corps haletant sous la passion débridée de leur amour ? Ne restait-il plus rien de leur complicité d’enfant… probablement pas. Meurtris par une vie qui semblait les haïr plus que tout, ils s’étaient accroché l’un à l’autre dans un mode de vie décaler. Ils semblaient forts à deux… mais ils étaient si faibles ! « Peut-être ne m’as-tu pas cherché de la bonne manière… ? Je n’ai pas bougé d’ici depuis des mois, Trésor de mon existence. » Oui. Elle n’avait pas bougé de là. Toujours là, à ses côtés… mais non plus comme une femme, mais comme une sœur. Elle avait tellement essayé de lui faire comprendre. De lui montrer. Mais elle ne voulait pas lui porter le coup final. Pas à lui, qui était si important pour elle… pas à lui, qui était déjà si démoli.

Les mains frôlèrent ses fesses, l’alertèrent du prochain mouvement. Elle devait agir… mais en aurait-elle le courage ? Tout ce qu’elle souhaitait c’était de se laisser allez, de se fondre encore une fois dans le corps de son jumeau. Il agrippa ses lacets, essayant de la mettre à nue. Elle voulait le laisser faire. S’étendre là, sur le sol et se laisser prendre… mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait plus. Elle avait Caius. Son âme sœur, son prince charmant, celui qu’elle aimait de tout son cœur, de toute son âme. « non… » souffla-t-elle. Il ne pouvait la prendre. Elle ne pouvait le laisser faire. Mais son frère était tellement perdu. Tellement au bout de son rouleau. Il se lança dans une supplique verbale, alors que ses doigts continuaient de quémander le passage de son corset. Les yeux fermés pour essayer de garder le contrôle que la tristesse de son frère mettait à rude épreuve, elle trembla.

Les lacets de son corset se dénouaient, laissant ses seins trop pleins de lait se faire plus lourd. Trop plein de lait, pour ses enfants. Ceux de Caius. « Non… Gareth. Je ne peux pas. »Elle retenait son corsage d’une main alors que l’autre caressait toujours le visage de son amant. Elle le regarda avec tout l’amour qu’elle avait pour lui. Qui brûlait encore au fond d’elle. « Tu n’as pas besoin de mon corps pour vivre. Tu as mon âme… » appuya-t-elle d’une voix douce. Il avait son âme. Et cela aurait dû suffire. « Oh… merveille de ma vie, je ne peux te donner ce que tu veux. Je peux t’offrir ma vie, mon âme, ma présence. Mais je ne peux t’offrir mon corps. Ma fidélité est tout ce que je peux donner à mon époux. Tu sais bien qu’une femme comme moi n’a plus rien à donner… Caius m’a prise, aimée et épousée, malgré ma condition. Malgré qu’il sera moqué. Je me dois d’au moins lui laisser ma fidélité à défaut de ma virginité.» Elle était si chanceuse, qu’il l’ait épousée tout de même. Gareth était un homme, on ne s’attendait pas de lui qu’il fut vierge… mais une femme. À la cour qui plus est…

Mettre fin à tout ceci, lui brisait le cœur puisqu’elle savait qu’elle enfonçait un pieu dans celui de son frère. Mais elle espérait tellement, qu’il aurait assez d’amour en lui pour comprendre…

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MessageSujet: Re: Coeur brisé [Aïcha]   Sam 18 Fév - 13:50

[Comme j’aime vraiment pas jouer de la grosse dépression sale, ben j’avance pas mal le truc là… ça me déprime XD]

Gareth failli lui répliqué qu’il avait parlé au sens figuré, et non au sens propre, et qu’il détestait la façon dont elle banalisait l’absence dont elle avait fait preuve au cours des mois… mais il se retint, parce qu’il pensait maintenant la retrouver. Évidemment, qu’elle n’avait jamais bougé… physiquement. Mais psychologiquement, il la cherchait sans la trouver depuis trop longtemps. Et à ce moment précis, il y avait une grande part de lui-même, naïve, qui refusait encore d’admettre qu’elle l’avait fait exprès et qui pensait enfin l’avoir retrouvée. Que ça n’avait été qu’une phase que leur amour l’un pour l’autre avait réussis à traverser et que la passion qui résulterait de ces retrouvailles serait plus forte que tout ce qu’ils avaient jamais vécu.

Illusion rapidement brisée par ce mot. Étonnant, comment trois lettres peuvent bouleverser une existence déjà renversée, arrêter tout simplement un cœur de battre, une âme d’exister. Gareth ne réagit pas au non d’Aïcha, resta figé dans le temps pendant ce qui lui semblait une éternité, à analyser comment il se sentait, à ne plus sentir les battements de son cœur. Il était probablement mort, à cet instant précis, lorsqu’elle lui avait dit non, mais son cerveau continuait de rouler, penser, paniquer. Comment est-ce que celle qui la connaissait mieux que lui-même, la moitié de son âme, pouvait avoir aussi tord à son sujet? Croire qu’il n’avait pas besoin de son corps, qu’il pouvait se contenter de la voir s’épanouir comme une merveilleuse fleur au printemps et se réjouir alors que lui perdait tout ce qui l’accrochait à la vie? Toutes ces certitudes s’effondraient, perdant les deux seules femmes qu’il aimait, et elle pensait qu’il comprendrait?

-Non, souffla-t-il en réponse, bien décidé de ne lui donner que trois lettres, incapable d’en prononcer plus parce qu’il manquait de souffle. Les morts ne parlent pas, de toute façon.

Il aurait eu envie de lui dire qu’elle se trompait, qu’elle avait tout à offrir encore et que c’était Caius qui était chanceux d’avoir une perle comme elle. Que sa condition n’aurait jamais rien du changer à ses chances de mariage. Il aurait aimé se fâcher, la traiter d’égoïste, lui rappeler comment lui, il n’avait jamais failli à leur couple, même marié, même après ses vœux de fidelité, parce qu’avec sa sœur ça ne comptait pas. Il n’était pas infidèle avec Marian, il l’avait toujours pensé dans le fond de sa tête et de son cœur, en avait été persuadé, car Aïcha était sa jumelle. Ça ne comptait pas.

Il aurait voulu la faire sentir coupable, la convaincre de changer d’avis, puis ils se seraient consolé l’un dans les bras de l’autre, comme avant, comme lorsque rien d’autre n’existait qu’eux et leur ambition de devenir plus grands, d’écraser le destin qui voulait s’abattre sur eux. Mais le destin avait gagné, et les morts ne parlent pas et ne se mettent pas en colère. Gareth se contenta donc de la lâcher, sèchement comme si son contact lui faisait mal… ce qui était le cas. Parce qu’en soutenant le regard de sa jumelle, le régent d’Alombria ne la reconnaissait même pas. Comment pouvait-elle prétendre l’aimer et pourtant le repousser ainsi. Cette femme qu’il avait devant lui n’était pas Aïcha, n’était pas sa sœur, et il la détestait de lui avoir volé la dernière amour qu’il avait encore, le laissant seul avec un cœur arraché par le décès de sa femme puis piétiné par la seule qui aurait encore pu prendre soin de lui.

-Mais qui es-tu donc? Qu’as-tu fait de ma sœur? trouva-t-il la force de marmonner, s’étonnant lui-même d’être encore capable de parler, avant de tourner les talons, tremblants, tenant à peine sur ses pieds.

Ça y est, il allait mourir. Il le savait à sa main agitée de soubresauts lorsqu’il ouvrit la porte pour quitter cet appartement de malheur. Un corps ne pouvait tout simplement pas survivre à tant de souffrances. Il marchait maladroitement dans le couloir, comme un alcoolique, sa vision se troubla de larmes, mais il pensait qu’il perdait conscience. Plus capable de supporter son propre poids, ses jambes faiblirent sous lui, et il se retint au mur pour se laisser glisser sur le sol froid, comme si ça avait encore de l’importance qu’il ne se blesse pas. Les morts ne ressentent pas la douleur, de toute façon? Quelqu’un, dans le château, cria très fort, un cri plein de désespoir qui se répercuta certainement sur les murs, renvoyé dans tous les couloirs environnant. C’était peut-être lui? Mais comment est-ce que ça aurait pu être possible? Les morts ne crient pas…

-Marian... Aïcha... murmura-t-il pour lui même lorsque l'écho du cri se fut éteint et qu'un sourire se dessinait sur ses lèvres, dans la folie de son désespoir. Oui, il était heureux de se sentir mourir, parce qu'il rejoindrait aux cieux sa charmante épouse, qui l'attendait certainement à bras ouverts. Et il retrouverait sa vraie jumelle, sa maîtresse, car il ne faisait aucun doute que la femme qu'il avait laissé derrière lui n'était pas Aïcha. Sa Aïcha était morte depuis longtemps, il ne l'avait juste pas encore remarqué avant, aveuglé de tristesse. Là haut, auprès de Parandar, ils vivraient heureux tous les trois, comme si rien de tout cela n'était arrivé.
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Coeur brisé [Aïcha]
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