Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Let them go... [Gareth]

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Esmäelle
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MessageSujet: Let them go... [Gareth]   Jeu 2 Fév - 22:28

La pluie tombait doucement sur la cour en contrebas rendant le paysage gris et morne. Du moins, pour la plupart des gens. La majorité des gens croisés dans le château se plaignait de l’humidité et du froid. Mais pourtant, pourtant ! S’ils s’arrêtaient quelques secondes, ils pourraient voir qu’au contraire, la pluie était magnifique. Elle glissait lentement sur la fenêtre. Laissant des sillions, des chemins humides tout au long de leurs descentes. Chaque goutte dessinait les arabesques d’un motif compliqué et éphémère. À l’instar de la vie. Compliqué, fragile et éphémère. On passe notre temps à se plaindre alors qu’on a quelque chose de merveilleux juste sous notre nez.

La lumière terne de l’après-midi passait sur les fenêtres mouillées d’un salon ouvert quelque part sur un étage du château d’Alombria. Juste devant, perdu dans des pensées terriblement lointaines, la mage guérisseur fixait les arabesques sans vraiment les voir.  Voilà trois mois, qu’elle avait pris le poste ici. Parce que soit disant, que de s’occuper allait lui faire passer la mélancolie qui lui étouffait le cœur. Mais à quoi bon ? Elle n’avait pas envie de perdre la mélancolie. Elle n’était pas encore prête, malgré les six années à laisser partir Henrik.

Comment accepter qu’un amour qui était aussi fort, aussi pur puisse disparaitre en un claquement de doigts ? Comme s’ils n’étaient que des gouttes de pluie sur la fenêtre de Parandar. Un doigt posé et hop. Fini. Parfois, les journées lui paraissaient terriblement longues. Son cœur pesait si lourd dans sa poitrine qu’elle avait l’impression qu’il allait finir par tomber. La douleur était beaucoup moins vive. Elle ne se réveillait plus en criant et pleurant, mais il y avait un manque permanent. La chaleur d’une autre personne contre elle la nuit. La douceur d’une paire de bras qui l’entourent. La sensation de plénitude alors que sa tête repose dans le creux d’une épaule.

Henrik lui manquait. Ses rires, sa voix, ses grognements bougons du matin et ses conversations. L’ami lui manquait terriblement, l’amant aussi bien sûr. Elle avait ce besoin incomblé, mais c’était surtout la présence d’une personne dans sa vie qui lui manquait. Peut-être que son père avait raison et qu’il était temps de le laisser partir, de refaire sa vie. Mais elle avait l’impression que sa serait de trahir tout ce qu’ils avaient vécu. Pourtant, elle le savait, son Henrik n’aurait pas voulu qu’elle passe le reste de son existence à attendre de le rejoindre. Ce n’est pas ce qu’elle aurait voulu si les rôles avaient été inversés.

Il n’était probablement juste pas encore le temps. Elle aurait aimé que son pouvoir fonctionne sur elle-même. Se sentir apaisée. Comprise et écoutée. Se détendre complètement et juste pouvoir laisser la présence fantomatique de son âme sœur glisser autour d’elle sans avoir l’impression de s’arracher le cœur.

La perte d’un être aussi cher était une épreuve des plus difficiles. Et pour certains, c’était pire. Au bout de six ans, on se serait attendu à ce que son deuil soit fait. Peut-être même qu’elle aurait dû avoir une nouvelle famille. Des enfants peut-être. Mais l’image qui se formait dans sa tête avec ses gens aux visages indéfinis lui soulevait le cœur tellement elle paraissait complètement décalée.

Esmäelle soupira doucement, un rond de buée se forma sur la vitre alors que son doigt suivait une goutte en parallèle. Le froid du verre lui faisait un bien fou. Depuis combien de temps était-elle là ? Cinq minutes ? Une heure ? Une éternité ? Peut-être plus vingt minutes. Quoi qu’il en soit, malgré la mélancolie inhérente… elle était plutôt bien à regarder la pluie tombée. Peut-être même pourrait-elle observer un arc-en-ciel quand le soleil pointera le bout de son nez.

La magicienne leva le nez pour voir au loin quand elle remarqua un autre reflet dans la vitre qui la fit sursauter un peu. Elle n’avait pas remarqué, trop perdue dans ses pensées. Depuis combien de temps l’observait-il ? Probablement un moment au vu de son air. Pardonné moi, majesté, je ne vous avais pas remarqué… Elle s’éloigna d’un pas de la fenêtre et exécuta une révérence. Elle tenta un petit sourire, et espérait qu’il allait sortir normalement. Sa mère lui reprochait qu’ils avaient plutôt l’air de grimace depuis…
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Gareth
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MessageSujet: Re: Let them go... [Gareth]   Sam 4 Fév - 16:30

(Libéréééé délivréééé)

Les gens oublient de profiter du beau temps quand ils en ont, et se plaignent quand il pleut. Ils oublient toujours de remercier la terre qui les nourrirent, mais la blâme lorsqu’elle est à sec. Ne savourent pas l’été et trouvent le moyen d’haïr l’hiver. Ne prennent pas le temps de vivre… mais pleurent la mort. On ne se rend toujours compte des choses qu’on aime que lorsqu’on ne les a plus. Et alors, il est trop tard. Gareth a voulu aimer deux femmes, a aimé deux femmes autant qu’il le pouvait, et désormais qu’il n’en avait plus aucune, il réalisait qu’il aurait pu les aimer plus, les aimer mieux, toutes les deux. À tout vouloir, on finit par tout perdre. Ne laissant qu’un arrière goût amer d’abandon et la puissante douleur à la poitrine causée par la solitude. Le Régent avait beau essayer très fort de n’en rien laisser paraître depuis les dernières années, pour être fort devant sa fille, le désespoir le rongeait lentement de l’intérieur.

Le deuil semblait impossible à faire, malgré le temps qui passait. Deuil, pour Marian et pour Aïcha, car il préférait encore considérer sa sœur morte que se résoudre à la voir, chaque jour, pleinement heureuse, mais le privant d’elle. C’était plus facile de l’ignorer, de faire comme si elle n’existait pas, malgré qu’elle vive dans le même château que lui. Gareth n’avait plus de jumelle, l’épouse de Caius lui était aussi étrangère que la nouvelle magicienne guérisseuse, fraîchement arrivée au château pour prendre la relève de Nata (trop débordée par l’Hopital, les voyages vers Shola, l’enseignement de son apprentie et l’aide à celle-ci pour gérer sa classe).

Esmäelle. Une noble veuve de la guerre contre Shola, le nez collé à une fenêtre, semblait perdue dans ses pensées. Gareth s’interrompit à l’entrée du salon, hésitant entre tourner les talons pour la laisser à son silence ou lui faire part de sa présence. Lui-même était à la chasse d’un lieu tranquille où s’évader, sans personne pour le voir. Un livre à la main, il se serait noyé dans un autre univers, juste pour fuir sa douleur quelques minutes. Mais à voir la souffrance qui noircissait les yeux de sa nouvelle magicienne, le Régent sentit qu’elle avait peut-être besoin d’aide, ne serait-ce que pour sortir de ses songes fort probablement mélancoliques. Il avança donc vers les divans, passant devant la fenêtre de façon à ce que sa silhouette s’y reflète, dévoilant sa présence.

-Pardonnez-moi, milady, je ne voulais pas troubler votre quiétude, mentit-il en s’inclinant lui-même devant elle, plus bas. Il se fichait des honneurs et procédures liées à son titre, elles lui semblaient toutes tellement vides de sens. Il n’était pas Roi, juste le veuf de l’ancienne Reine Marian et le régent du fruit de leur amour. Je cherchais seulement un endroit où lire, j’avais l’intention d’aller ailleurs, mais j’ai eu l’impression que vous étiez souffrante… voudriez-vous que j’aie quérir un guérisseur? Vous n’êtes pas la seule ici, vous avez le droit de demander de l’aide également. Ce serait le comble si notre Magicienne guérisseuse soit en douleurs.

Il savait bien que cette souffrance, pourtant, ne se guérissait pas aucun remède… connu, du moins. Car la même se lisait sur ses propres traits depuis trois ans. Un serrement à la poitrine qui n’annonce pas la mort, mais qui ne disparaît jamais vraiment. Ou alors, s’apaise parfois momentanément, comme à cet instant précis, alors qu’il s’approchait d'Esmäelle, mais toujours pour revenir de façon fulgurante et plus douloureuse qu’auparavant.
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Esmäelle
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MessageSujet: Re: Let them go... [Gareth]   Lun 13 Fév - 21:37

Quand Esmäelle regardait son roi, elle voyait une peine si grande, qu’elle aurait pu englober l’univers entier. Peu importe ce que l’on pense ou croit à propos du Régent d’Alombria, on pouvait être sûr qu’il avait aimé sa Marian. Si certain chuchotait qu’il avait épousé la Reine pour se rapprocher du pouvoir, c’est gens ne pouvait pas avoir plus tord. On le voyait, dans ses traits tirés, dans ses yeux lointains. Dans sa posture fatiguée et emplie de désespoir –même s’il le cachait très bien. Mais Esmäelle, elle le voyait. Elle pouvait remarquer tous les petits détails qui hurlaient à pleins poumons la douleur et l’accablement. Elle n’en ratait aucun, car ce qu’elle voyait sur les traits de l’homme était le miroir de sa propre existence.  

Autant, voir une personne qui comprenait sa souffrance pouvait l’apaiser un peu… autant cette vision avait tendance à lui renvoyer en pleine figure sa propre douleur. Mais comment en vouloir à cet homme ? Il portait sur ses épaules le poids de son deuil, oui, mais aussi le poids de la nation. Il devait être fort pour eux tous et pour ça, Esmäelle l’admirait. Il y avait 6 ans qu’elle avait perdu le centre de son univers et elle ne s’était toujours pas remise. N’avait pas le courage de se montrer forte. Peut-être était-ce à cause des enfants ?

La Reine Céleste, cette magnifique petite poupée, brillait telle une étoile pour son peuple était là pour prouver à son père chaque jour qui passait qu’il devait avancer. Mais elle ? Qu’avait-elle ? La mage n’avait jamais réussi à mettre au monde un enfant, son ventre était resté plat, lune après lune. Pourtant, elle n’était pas stérile. Et Henrik non plus. La vie ne leur avait juste pas fait le cadeau d’une partie d’eux à chérir. Et maintenant qu’il était mort, elle se retrouvait seule avec ses souvenirs.

Le Roi s’inclinait devant elle… et elle ne savait que faire ! Il n’était pas censé faire la révérence. Elle était déjà tellement à la ramasse, s’il fallait en plus que les convenances partent en croisière, elle allait rapidement se retrouver larguée… si elle ne l’était pas déjà ! Elle figea donc un peu, rougissante sous l’attention. Après tout, elle avait perdu l’habitude d’avoir des conversations où qu’on ne fasse que la remarquée, s’effaçant toujours un peu plus chaque jour qui passait. La question était légitime, mais elle lui semblait biaisée. Elle pouvait voir au travers de lui… il pouvait donc facilement en faire de même. D’ailleurs, son air un peu résigné le lui criait. Mais il était un homme bien élevé. Ce n’était pas le genre de chose qu’on balançait directement à la gueule de ceux qu’on croisait.

Mais il était aussi en droit de s’assurer qu’elle soit en état de remplir son rôle. Après tout, il ne manquerait plus que la guérisseuse principale du château ce retrouve dans l’incapacité d’exercer parce que trop déprimée ! Elle fit encore un léger sourire, qui n’atteignait pas ses yeux éteints. « Je crains qu’aucun guérisseur ne puisse venir à bout du mal qui me ronge, mon roi. Le temps, il parait, saurait finir par vaincre. Ne vous inquiétez pas pour moi, ce n’est qu’un petit blues passager. La pluie, je l’avoue, à tendance à me rendre mélancolique. » C’est qu’Henrik l’aimait énormément, la pluie ! « Je devrais prendre congé, pour ne pas troubler votre quiétude avec mes nuages noirs. » Manquerait plus qu’elle déprime le Roi ! Et puis, il voulait lire, il serait certainement mieux sans la présence d’une mage dans son dos.
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MessageSujet: Re: Let them go... [Gareth]   Jeu 16 Fév - 20:42

Gareth savait quels étaient les pouvoirs de la nouvelle guérisseuse d’Alombria, mais ne l’avait jamais véritablement expérimenté. Jusqu’à maintenant. Certes, rien ne pouvait vraiment (et ne pourrait jamais) totalement lui enlever Marian et Aïcha de la tête. Esmäelle ne faisait pas oublier le passé, juste apaiser les âmes meurtries, alors si le régent ne se sentait pas du tout jovial, la pression qui écrasait son cœur sembla se dissiper, et son esprit s’éclaircir, comme si les nuages de ses idées sombres laissaient place à quelques rayons de soleil timide. La magicienne resta figée quelques instants, peut-être intimidée en la compagnie de celui qui agissait comme Roi à Alombria, puis souri finalement d’un air triste qui ressemblait fichtrement au sien en temps normaux.

-Vous avez tord… marmonna-t-il lorsqu’Esmäelle fit mine de s’en aller. Je croyais aussi qu’aucun guérisseur ne pouvait venir à bout du mal qui me rongeait, mais vous m’avez prouvé le contraire.

Soudainement, il n’avait plus envie de lire. La lecture était une porte de sortie, un moyen d’évasion contre son monde lourd qui ne lui laissait que peu de répit. Soudainement, il n’avait surtout pas envie qu’il parte, voulant profiter encore un peu de son don, bien que c’était certainement égoïste de sa part. Il souffrait, et pendant qu’elle était là… il souffrait moins, un peu. S’il pouvait essayer de prolonger ce calme dans son cœur et sa tête, peut-être même discuter avec elle et lui faire oublier, l’espace de quelques instants, ses propres tourments… Cela pouvait peut-être les apaiser un peu tous les deux.

-Vous n’êtes certainement pas la seule avec un tel pouvoir. Je sais que la princesse Aemi avait ce don, jadis, mais il semble qu’il l’ait quitté. Ça ne veut pas dire que c’est impossible. Mes nuages sont probablement aussi sombres que les vôtres, mais ensemble on pourrait peut-être combattre la pluie qui vous rend… si mélancolique? l’invita-t-il discrètement en désignant l’un des nombreux fauteuils de ce salon de détente, donnant lui-même l’exemple en prenant place dans l’un d’entre-eux. Je ne tenais pas tant que ça à lire, alors je vous en pris, restez… soupira-t-il en jetant son livre sur la table, puis il se ressaisi. Non, pardon, ce n’est pas ce que je voulais dire. Ce n’est pas un ordre, ce n’est pas le roi qui parle, juste Gareth. Si vous pensez qu’un peu de compagnie peut vous faire du bien, la vôtre m’apaise beaucoup, et je serai… particulièrement enchanté de partager un peu avec vous. Si vous n’avez rien de mieux à faire, évidemment.

Gareth leva à nouveau les yeux vers la magicienne, qui n’avait toujours pas quitté le salon, probablement en train de jongler avec ses pensées. Il ne put s’empêcher de constater qu’elle était magnifique, malgré la douleur qui ravageait ses traits. Ou peut-être grâce à elle. Penser ainsi à une femme fit alors revenir la douleur dans son cœur, surtout qu’il s’était un peu trop éloigné en choisissant son fauteuil, et le pouvoir d’Esmäelle semblait moins efficace avec la distance. Le régent soupira, du soupir des éprouvés par la vie, en s’abandonnant lourdement sur le dossier de son fauteuil, la tête par en arrière et les yeux clos.

-Je ne veux pas vous retenir si vous préférez le calme, évidemment, je suis bien placé pour comprendre cela, milady.
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MessageSujet: Re: Let them go... [Gareth]   Sam 25 Fév - 22:02

Esmäelle ne savait pas trop où se mettre… il faut dire qu’elle n’était plus vraiment habituée aux êtres vivants. Elle se laissait dériver depuis si longtemps, ne vivant que dans les songes où il était encore présent. Mais, elle ne pouvait décemment vivre dans ses souvenirs pour le reste de ses jours. Oh ! Elle aurait pourtant bien voulu, continuer d’être qu’un ombre, attendant l’heure où elle pourrait rejoindre Henrik aux côtés de Parandar… Mais il ne semblait pas que ça soit sa destinée. Parce que malgré les années, elle ne s’était toujours pas éteinte complètement.

Elle avait envie de fuir, d’éviter le contact. D’aller se cacher dans sa chambre ou dans son officine. Là, où elle pourrait se laisser aller à la mélancolie sans interférence autre que pour son travail. C’était bien la seule chose qui l’animait ! Lorsqu’elle guérissait, petites bosses et grosses entailles, elle se concentrait tellement sur l’autre personne qu’elle réussissait pendant un instant à oublier sa peine et sa douleur. Mais pour une raison qui lui était inconnue, elle se sentait pousser vers le Roi. Cet homme si fier, mais qui semblait parfaitement anéanti. Son petit sourire se fit un peu plus grand… et un peu plus triste aux paroles de l’homme. Bien sûr, qu’elle n’était pas la seule avait ce genre de pouvoir… Elle n’en avait personnellement pas rencontré par contre, mais ça ne changeait rien. Elle était bien placée pour le savoir. La douleur s’apaisait… mais après, quand elle ne serait plus dans la pièce, la douleur reviendrait et c’était comme un retour d’élastique. De toute façon, peut-être était-elle un peu masochiste, mais elle n’avait pas vraiment envie que la douleur disparaisse complètement. Pas tout de suite. C’était un peu, comme un rappel, une preuve. Tant qu’elle souffrait, Henrik ne serait pas encore complètement disparu. La magicienne avait peur d’oublier l’amour de sa vie. De perdre, peu à peu son visage et sa voix. Malgré la douleur, elle voulait le garder près d’elle… elle n’était pas encore prête à le laisser partir.

L’invitation du Roi… non. De Gareth était tentante. Depuis combien de temps, n’avait-elle pas profité d’une après-midi en bonne compagnie ? Trop longtemps. Beaucoup trop longtemps. Il n’y avait plus que ses vieux parents maintenant qui s’entêtait à la faire participer à des discussions. Elle fuyait systématiquement les autres. Il était peut-être temps de faire autrement. D’avancer… un peu.

Prenant sa décision, elle fit un pas un peu hésitant. L’insecte avait envie de partager sa compagnie… il semblait même en avoir besoin. Comme il avait l’air seul ! Avait-elle les mêmes traits fatigués et tristes ? Probablement. Les iris argentés semblaient lui crier de rester. Inconsciemment, il ne voulait probablement pas être laissé seul avec sa peine. Peut-être même voulait-il seulement profiter du pouvoir apaisant encore un peu. Comme une escale, une bouée. Elle avait envie de l’aider. Pour la première fois depuis si longtemps, Esmäelle avait vraiment envie de faire quelque chose. Le Roi soupira en s’appuyant contre le fauteuil… et c’est cette image qui fit réellement basculer la balance.

Le soupir était déchirant à entendre. Il fit vibrer les entrailles tordues de la guérisseuse. Il était bel homme et sa douleur semblait l’embellir. Comme un héros épuisé, un guerrier tombé. Elle ne pouvait le laisser souffrir, alors qu’elle pouvait faire quelque chose. C’était absolument hors de question. Soudainement plus sûre d’elle, elle s’avança vers le régent aux yeux fermés.

Arrivée derrière le fauteuil, elle pouvait voir le visage reposant sur l’appui. Lentement, délicatement, elle posa ses doigts sur les tempes des souverains. Une douce chaleur se répandit alors d’elle à lui, l’apaisant. Elle pouvait calmer les cœurs blessés autour d’elle… mais le pouvoir était beaucoup plus efficace, si elle avait touché un peu avant. Quelques secondes, pas plus. Juste le temps de se familiariser avec l’être près d’elle. Puis, tout aussi délicatement qu’elles les avaient posées, Esmäelle retira ses doigts et fit le tour, pour aller s’asseoir dans un autre siège placer en angle avec le sien. À peine quelques centimètres les distançant, pour être sûre d'être le plus efficace possible. Je ne suis peut-être pas la meilleure des compagnies, mais je veux bien partager la vôtre… Et si nous parvenons à chasser pour quelques instants nos nuages menaçants, cela sera grandement apprécié ! Esmäelle avait toujours été une personne douce et calme, sa voix en était une preuve incontestable… Lorsqu’elle était encore heureuse, on la comparait à un carillon dans le vent. Et aujourd’hui, alors que la peine l’avait obscurcie, elle restait aussi douce que des draps fraichement lessivés ou un gâteau sortant du four. Peut-être le fait de ne plus être la seule à souffrir dans ses coins, mais son cœur semblait un peu allégé. Assez, pour lui permettre une petite touche d’humour. J’imagine que vous n’êtes pas du genre terriblement agité non plus ! Je crois être capable de supporter quelque instant de ne pas vivre dans le silence… lança-t-elle, avec dans la voix, ce qui pourrait presque être un petit rire. Presque. Un soupçon d’amusement… c’était bien plus que d’habitude.

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Gareth
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MessageSujet: Re: Let them go... [Gareth]   Lun 27 Fév - 21:19

À un iota près, on aurait pu entendre Gareth soupirer lorsque les doigts de la guérisseuse se posèrent sur ses tempes. En tout les cas, on elle vit certainement assez facilement ses épaules se détendre et son corps se relâcher entièrement alors qu’il expirait (se forçant quand même pour ne pas le faire bruyamment). Il était presque capable de s’imaginer que c’était le toucher délicat de sa défunte épouse, les doigts d’un ange contre sa peau. Contact qui ne dura pas assez longtemps à son goût, et le Régent d’Alombria se fit violence pour ne pas attraper les mains d’Esmäelle pour qu’elle prolonge sa magie encore un peu. Il savait qu’elle n’en avait pas besoin, son cœur s’était déjà allégé dans sa poitrine et son esprit, vide de tous nuages noirs. Mais, égoïstement, il aurait aimé sentir l’ange encore à ses côtés. Pour toujours.

-Vous êtes la meilleure des compagnie que j’aurais pu espérer, vous avez déjà chassé mes nuages rien que par votre… présence ensoleillée. Si d’avenir je pouvais faire de même pour vous, je m’assurerai de vous le rendre au centuple.

Gareth n’avait pas bougé du tout, ni rouvert les yeux, essayant de rester ancré à la sensation de chaleur qu’avait laissée Esmäelle sur ses tempes, refusant de retrouver la réalité froide et grisâtre du salon ouvert. Derrière ses paupières closes, il apercevait distinctement l’aura brillante de Marian, qu’il n’aurait jamais cru pouvoir revoir. Un demi-sourire, léger mais franc pour une fois, tira les lèvres de l’homme-insecte à la tentative de la magicienne de camoufler sa tristesse dans l’humour. S’il n’avait pas été complètement allégé par sa magie, le cœur du Régent se serait serré en entendant ce rire léger où il percevait pourtant énormément de souffrance qu’il ne savait apaiser en retour. Il décida de jouer la même carte qu’elle, espérant lui tirer un vrai sourire. Pour vérifier, il rouvrit les yeux à regret, mais mis du temps à répondre, tout simplement parce qu’il voyait la guérisseuse de façon un peu flou. Comme s’il avait fixé trop longtemps le soleil, il était aveuglé par l’aura (pourtant imaginaire) de Marian qui se superposait désormais à la silhouette d’Esmäelle, assise juste à côté de lui. Plutôt que de l’émouvoir, car il aurait dû être troublé par cette vision, Gareth s’empressa de la chasser pour sourire, ce qui fut bien aisé grâce au don de la guérisseuse.

-C’est bien mal me connaître, milady. Je suis pourtant une terreur sans nom excellent dans les dérangements, le vacarme et la destruction, comme vous pourriez le constater si vous n’aviez pas un tel effet sur moi, assura le roi à la réputation d’homme posé. Vous ne saviez pas que le roi était capable d’être un clown, hein? Vous n’avez rien vu. En ce moment, on a deux choix qui se présente à nous : faire connaissance en se racontant nos expériences passées, qui sont tristes et déprimantes comme la météo et qui ne feraient probablement que prolonger notre chagrin plutôt que nous alléger le cœur… Et comme j’aimerais vous rendre la pareille, je doute que ce soit la solution. Ou alors, j’exploite votre sens de l’humour et j’essaie de vous faire rire, parce que vous avez un rire merveilleux et j’aimerais l’entendre plus… honnête? Ça vous va? Comment appelle-t’on un nain qui se casse une jambe ? demanda Gareth, terriblement sérieux, en fixant de ses yeux d’argent liquide la guérisseuse le temps qu’elle réfléchisse à la question. Un incident.
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