Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Voler de ses propres ailes [Vigie]

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Primrose
Élève


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MessageSujet: Voler de ses propres ailes [Vigie]   Dim 5 Fév - 13:40

- Papa! s’écria joyeusement la petite en poussant la porte de sa chambre. Elle savait que sa maman était partie au château avec Altaïr, donc elle avait son papounet à elle seule toute la journée.

Elle courut maladroitement jusqu’à la salle à dîner, où se trouvait son géniteur. Son mélange de bondissement et de battement d’ailes lui donnait toujours un équilibre précaire. Il n’était pas rare, comme ce fut le cas ce matin, qu’elle culbute une fois ou deux. Heureusement qu’elle était excitée par l’idée de revoir son paternel et qu’elle oubliait rapidement qu’elle était tombée.

Une fois à la hauteur du pheryxian, elle tendit les bras pour qu’il la prenne sur ses genoux. La fillette ne manqua pas de mettre ses mains potelées sur les joues de son père et de lui donner un bisou à quelque part dans les environs du nez. Disons qu’elle devait encore se pratiquer à embrasser le bon endroit dans sa hâte de montrer son affection.

Primrose sourit, puis s’assit sur les cuisses de son paternel. Elle se blottit contre lui et replia ses ailes sur elle-même. Par la suite, elle se laissa tenter par les petits fruits que son père apportait à sa bouche. De toute évidence, la petite voulut faire pareil avec son papa adoré… sauf qu’elle eut plus de succès à lui entrer un bleuet dans le nez et lui écraser une framboise sur le menton que de le nourrir. On dit que c’est l’intention qui compte, pas vrai?

Père et fille se nettoyèrent le visage et les mains après le déjeuner. La plus jeune imita tous les gestes de son idole avec plaisir. C’est alors que Soren avoua à sa progéniture qu’il avait une surprise pour elle. Il va sans dire que l’oisillon se mit à le bombarder de questions sur ce qu’était sa surprise. Elle lui tourna autour, tira sur ses pantalons, essaya de grimper sur son dos, lui lécha la main… Bref, il n’y a rien qu’elle ne fit pas pour attirer son attention et essayer de le convaincre de lâcher le morceau. Cependant, le pheryxian tint bon et ne pipa mot sur ce qui attendait son enfant.

- Mais papa, veux savoir! supplia Primrose, tandis qu’elle trottait derrière son géniteur.

Ils quittèrent leur maison de campagne et marchèrent main dans la main pendant un bon moment. La gamine fut souvent distraite par des insectes qui volaient à la hauteur de ses yeux, ou par les paysans qu’ils croisèrent. Elle dut se faire rappeler à l’ordre et tirer par la main à quelques reprises, sans quoi elle aurait tôt fait de finir dans le fossé parce qu’elle ne portait pas attention à où elle allait.

La famille se retrouva éventuellement sur des petits vallons, en bordure de la forêt. Toute excitée, l’enfant grimpa sur un rocher qui avait environ la même hauteur qu’elle. Heureusement qu’elle avait des griffes pour l’aider, ainsi qu’un coup de main subtil de son géniteur.

- Papa, quoi surprise? demanda-t-elle, revenant à nouveau à la charge.
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Vigie
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MessageSujet: Re: Voler de ses propres ailes [Vigie]   Jeu 9 Fév - 16:25

Il était revenu de mission la veille en compagnie de Miya, son écuyère. Malgré le fait qu’ils étaient arrivés au château en plein après-midi, le pheryxian n’avait pas eu un seul instant à lui pour se reposer. Il avait d’abord profité de ses retrouvailles avec sa femme dans les bains, puis avait été faire son rapport à Losly et Adelyn pour ensuite manger son repas du soir en compagnie de sa petite famille. Les enfants se couchant tôt, il avait pu alors profiter DE NOUVEAU de sa tendre épouse comme l’imposait son statut d’homme marié. Au final, les moments de tendresse d’ordinaires si rares entre Doubhée et Vigie (la dure vie de parents, quoi!) s’étaient éternisés jusqu’aux petites heures du matin. Ainsi, le jeune papa pouvait clairement dire que la nuit avait été plutôt courte!

En épouse exceptionnelle qu’elle était, Douh avait pris pour initiative de s’occuper elle-même de faire déjeuner la marmaille. Oh il était à parier qu’elle aurait bien profité également de quelques heures de sommeil supplémentaires pour rattraper son état de fatigue bien avancé, mais elle avait rendez-vous avec la magicienne Nata, tôt ce matin, pour poursuivre sa formation. Elle avait donc pris Altaïr avec elle (comme à chaque fois) et avait demandé à sa grande fille de s’occuper dans sa chambre afin de permettre au papa de dormir un peu plus, puisque sa mission l’avait littéralement crevé. De plus, elle devait rester la plus silencieuse possible, puisque sa tante Miya sommeillait également dans la chambre d’à côté, cette dernière ayant particulièrement usé de sa magie auprès des blessés qui défendaient les lignes ennemies. Vigie avait été conscient du départ de sa merveilleuse femme et s’était promis intérieurement de prendre le relais auprès de leurs progénitures, le soir même, histoire de lui permettre de se reposer à son tour.

Primrose était pleine de bonnes intentions, Soren le savait. Mais étant une enfant plutôt expressive et remplie d’une joie de vivre débordante, il était fort peu probable qu’elle ne tienne en place plus de quelques minutes. Toutefois, la petite féline eut tout de même la force de rester dans sa chambre une BONNE demi-heure avant de finalement oublier toutes ses résolutions et d’entrer en trombe dans la pièce où sommeillait son paternel. Évidemment, le chevalier immaculé était réveillé (comment ne pas l’être avec ce cri de joie si matinal…), mais garda néanmoins les paupières closes, espérant que sa tendre chérie aurait plutôt l’idée merveilleuse de venir se lover contre lui pour faire dodo plutôt que de vouloir l’inciter à se lever. Ééééévidemment, ce ne fut pas le cas! Il entendit les petits pas maladroits de Rose accourir jusqu’à lui, puis un silence temporaire plana. Soren ouvrit un œil et vit sa petite puce, tout sourire, tendre les bras en sa direction. Comment pouvait-il résister à cette bouille adorable?

- Bon matin, mon poussin, fit-il en se redressant et en tendant les bras pour la cueillir.

Il vint la déposer sur ses genoux, puis sa progéniture posa ses petites mains potelées chaque côté de son visage pour venir déposer un baiser à côté de son nez… Bah, elle avait PRESQUE visé juste. Il ne lui manquait qu’un peu de pratique! Primrose vint se lover contre lui, puis Soren repéra un plateau de fruits que lui avait préparé Douhbée ce matin. Aaaaaaah, sa femme! Elle était si extraordinaire! Il tendit la main, rapprocha le plat de lui, puis prit une fraise qu’il porta à la bouche de sa fille aînée. Cette dernière ne se fit pas prier pour mordre à pleines dents dans le fruit juteux! Bien sûr, elle voulut l’imiter et le papa se prêta au jeu… ce qui se résultait en un bleuet dans sa narine droite et une framboise directement sur le menton. Au moins, l’oisillon trouvait ça plutôt drôle! Ahahah! Il aimait entendre son rire!

Après le petit déjeuner, les deux pheryxians allèrent se débarbouiller dans la salle de bain et Vigie nota du coin de l’œil la façon dont sa petite chérie prenait grand soin de l’imiter. Elle était réellement adorable!

- Rose? Puisque nous passons la journée ensemble, toi et moi, je dois enfin t’avouer que j’ai une surprise pour toi. Instantanément, la petite fille devint excitée comme une puce et le bombarda de questions parfois drôlement formulées. Je ne peux pas te dire ce que c’est, Rose! C’est le but d’une surprise! Il faut garder ça secret jusqu’au moment où on le dévoile! Allez, va t’habiller!

Il était temps pour lui de lui apprendre à voler. C’était à environ son âge qu’il avait fait ses débuts en la matière et il considérait qu’il était primordial pour sa fille d’apprendre ce mode de déplacement le plus tôt possible. En cas de pépin, ça lui permettrait de fuir ou même de repérer les environs si elle devait se perdre. Pendant un bref instant, un élan de nostalgie prit le jeune homme d’assaut alors qu’il pensait à son père et ses frères qu’il n’avait jamais revus. Comme il aurait voulu que son paternel voie ce qu’il était devenu… Il aurait adoré sa petite-fille (la première de sa famille, puisque son géniteur n’avait eu que des garçons). En parlant de « fillette », Soren réalisa enfin toutes les simagrées que faisait cette dernière pour attirer son attention et ne put s’empêcher de grimacer en la sentant lui lécher les doigts. Elle était vraiment déterminée!

- J’ai dit non, Rose! Tu le sauras le temps venu! Se contenta-t-il de répliquer à ses supplications.

Une fois qu’ils furent habillés, père et fille s’aventurèrent à l’extérieur de la maison de campagne. Au moins, Miya serait tranquille pour se reposer un peu… Ils marchèrent sur les sentiers de terre battue pendant un bon moment, main dans la main, et Soren dut ramener sa fille à l’ordre alors qu’elle tendait à vouloir suivre un papillon. L’été débutait et les journées chaudes battaient leur plein. Le soleil brillait de mille feux et le ciel était complètement dégagé, sans compter que la brise était plutôt légère. C’était, somme toute, une journée parfaite pour apprendre à voler! Finalement, la petite famille s’arrêta près de petits vallons en bordure de forêt et la gamine – toujours excitée – grimpa à l’aide de ses griffes sur un rocher de bonne taille. Évidemment, elle lui balança à nouveau cette question, mais ça amusa Soren plus que cela ne l’agaçait vraiment.

- Sais-tu ce que nous sommes, toi et moi, Rose? Demanda-t-il, les mains dans le dos. Sa réponse le fit éclater de rire. Ouais, c’était la logique même! Oui, je suis ton papa et tu es ma fille, bonne réponse! Mais en dehors de ça. Qu’avons-nous de différent avec maman et tante Miya? Nous avons des ailes, exactement. Oui, Altaïr aussi en a, tu as raison! Doubhée et Miya sont des pardusses, un peuple félin provenant du désert. Papa, lui, est un pherixyan : un homme-rapace venant des montagnes du nord. Bon… le nom de sa race était peut-être un peu compliqué à prononcer pour sa fille de quatre ans, mais il avait bon espoir qu’elle y arriverait un jour. Qu’est-ce que les oiseaux font, Rose? AHAHA! Oui! Ils font cuicuis, je suis d’accord. Mais les oiseaux, ils volent également. Et c’est ce que nous allons apprendre aujourd’hui.

Les yeux de sa fille s’agrandirent soudainement, brillants d’une excitation presque palpable. Bien! Elle semblait motivée, c’était une excellente chose! Vigie se recula de deux pas, puis ouvrit ses ailes blanches tachetées de noir toutes grandes, laissant le soleil miroiter sur ces dernières. Instinctivement, sa progéniture l’imita et il esquissa un sourire. C’est alors qu’il réalisa que sa fille n’avait jamais réellement pu gagner en altitude de toute sa courte vie. Entre les classes, les missions et l’éducation des bambins, les parents n’avaient pas vraiment eu le temps de s’adonner à ce genre de plaisir avec l’aînée des deux enfants. D’autant plus que Douhbée avait parfois tendance à être un peu insécure avec sa précieuse fille… C’était donc le moment ou jamais! Le chevalier tendit les mains vers Primrose et l’invita à le rejoindre. Il la souleva dans ses bras, puis posa un baiser sur son front.

- Accroche-toi, mon poussin, fit-il tout bas, comme si c’était un secret. Papa va te montrer quelque chose que seuls les pheryxians connaissent.

Il courut quelques pas, puis effectua un puissant battement d’ailes avant de prendre de l’altitude. Le vent soufflait dans leurs cheveux et l’air était doux. Le soleil réchauffait leur peau naturellement claire et Vigie survola les arbres, passant près de deux pigeons qui voltigeaient non loin d’eux. Ils glissèrent au-dessus des champs de blé, puis, au bout d’un moment, se rapprochèrent d’un moulin à vent dont les lattes pivotaient mollement. Soren alla se ficher tout en haut du bâtiment, s’assoyant sur une corniche assez large et déposant sa fille à ses côtés (en s’assurant qu’elle ne tomberait pas). D’où ils étaient, ils pouvaient voir les champs, les arbres et les fleurs estivales à perte de vue. Le jeune papa fut enchanté de voir l’émerveillement dans les yeux de sa petite et tendit la main pour pointer un truc à l’horizon.

- Tu vois ça? Cette petite chaumière minuscule? C’est notre maison! On la voit même d’ici! En vol, ça ne nous prendre qu’une vingtaine de minutes pour nous y rendre. À la marche, il faudrait compter près d’une heure. Rose, j’aimerais que tu m’écoutes attentivement, d’accord? C’est important que tu respectes TOUTES mes consignes pour notre pratique de vol, compris? C’est très important que tu apprennes à bien le maîtriser, parce que si tu devais tomber de très haut, tu pourrais te faire sérieusement mal. Pour ta sécurité – et pour celle de papa, puisque maman ne lui pardonnerait jamais – tu DOIS être prudente et ne prendre aucun risque non nécessaire. Promets-le-moi.

La petite fille s’exécuta, puis il esquissa un sourire. Bon… comme premier vol, il devait trouver quelque chose de plus bas que le haut d’un moulin… Il n’allait surtout pas reprendre la méthode que son propre père avait employée! Il s’en rappelait comme si c’était hier… Östen – son père – l’avait entraîné au sommet du pic qui surplombait leur maison. Il lui avait fait un discours incroyable sur l’importance du vol chez les pheryxians (comme ce qu’il venait de faire avec Primrose, en fait…), puis s’était contenté de le lancer dans le vide en s’écriant « Vole de tes propres ailes, mon fils! ». Le jeune Soren avait eu tellement la trouille qu’il s’était souillé pendant l’exercice… Au moins, il avait appris rapidement… Un sourire naquit sur ses lèvres fines alors qu’il repéra un amoncellement de ballots de foin, près de la base du moulin. Ce monticule factice était plus haut que lui, mais pas assez pour blesser Rose en cas de pépin. Parfait!

Sans plus attendre, il agrippa sa fille, puis se jeta dans le vide pour planer jusqu’à l’endroit de son désir. Il déposa sa petite sur le plus haut ballot, puis s’éloigna de quelques mètres.

- Okay Rose! C’est très simple, tu devras d’abord renforcir tes ailes. Pour voler, il faut que tu battes des ailes dans un mouvement ample et régulier. Si tu vas trop vite, tu vas tomber et si tu ne les bouges pas en même temps, ça ne fonctionnera pas non plus. Tu dois forcer avec les muscles de ton dos pour les garder bien ouvertes. Il est très important aussi que tu regardes là où tu veux aller, sinon tu n’iras pas droit. Regarde-moi, mon poussin! D’ici la fin de la journée, j’aimerais que tu puisses planer jusque dans mes bras, d’accord?
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