Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 À toi, mon frère // Ansgar

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Bryaan
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MessageSujet: À toi, mon frère // Ansgar   Dim 12 Fév - 1:46

Ça faisait plusieurs années que je n’étais plus dans les terres gelées. Sincèrement, la neige me manquait, la place aussi. Je suis remonté un peu, mais j’ai passé plus de temps dans le Sud. Je n’aime pas tellement la place, il fait chaud et c’est totalement différent de ce qu’on connaissait plus haut, j’avais du mal à m’habituer à certaines choses. Je m’étais adapté et parfois, je me retrouvais en ville me mêler aux autres. C’est en les connaissant qu’on allait mieux s’entendre et tout. Sincèrement, aucun problème. Pendant ces années, plusieurs choses s’étaient produites. Par exemple, j’avais perdu Kody. Il était parti et il n’était jamais revenu. Je dois dire que cela m’avait fait un gros choc. Je savais très bien que c’était des choses qui se passaient, mais cela ne voulait pas dire que je devais y être habitué. Ça avait été dur comme il était une personne très proche de moi. Je l’appréciais et je m’étais rapproché de lui. Finalement, oui, j’en ai souffert mais mon deuil a finalement été fait.

De plus, notre père était malade.. J’avais été reconnu en tant que guérisseur et je tenais à cette réputation. Mais voilà que j’apprends qu’il est malade à nouveau et que rien ne semble bien. Il avait été souvent malade… et je craignais le pire. Mais je ne voulais pas penser à cela. Peut-être était-ce par expérience ? La maladie faisait des ravages… Cette fois-ci, Ansgar et moi avaient été rappelés dans le Nord. Nous devions aller le voir, je souhaitais aller le voir aussi. Même si ma vie a été difficile sur certains points, jamais je ne lui en avais voulu. En plus, il était malade maintenant… et je détestais cela. J’allais monter avec Ansgar et rapidement. Dès que la nouvelle était arrivée, nous nous sommes préparés à monter. Assez de choses pour le voyage, un voyage préparé rapidement mais qui n’était pas non plus bâclé.

Pendant le voyage, je regardai Ansgar. Il semblait un peu stressé. Bien sûr, c’était une chose que je comprenais. Je n’allais pas au mieux de ma forme morale non plus. Je ne le montrais et je crois qu’Ansgar souhaitait le cacher aussi. Cependant, je le connaissais très bien. Il était mon frère… Je m’approchai de lui et je posai ma main sur son épaule. Nous étions ensemble dans cette épreuve et je voulais qu’il le sache, qu’il voit que je le soutienne comme je pouvais. Le voyage fut un peu long, surtout que nous avions le temps qui nous pressait. Sincèrement, je doutais de ce que nous pouvions faire. Nous allions voir père, c’était important pour nous. « Ansgar ? Tu penses que cette fois-ci, encore ça ira ? » C’était une question qui n’avait pas vraiment de réponse… Ça pouvait aller, comme ça pouvait mal aller. Nous arrivions bientôt, nous ne pouvions malheureusement pas accélérer le voyage.

« Je suis vraiment inquiet… il est souvent malade, ça commence à être… tu sais. Je commence à avoir peur. » À vrai dire, je ne commençais pas à avoir peur. Cela faisait un moment que je redoutais cela. Je savais qu’il n’allait pas bien, alor… s’il continuait à tomber malade sans que cela ne s’arranger, en tant que guérisseur, j’étais capable de dire que les gens ne peuvent pas vivre très longtemps comme ça. C’est ainsi que je commençais à avoir peur. Je savais que je pouvais en faire part à Ansgar. C’était une peur tout à fait normale. « Tu en penses quoi toi ? » Je baissai les yeux avant de soupirer et de secouer la tête. Je suis pessimiste, je devais être un peu plus optimiste.

« On va arriver très bientôt, c’est une question de minute, on en aura le coeur net à ce moment-là. »

Je devais être présent pour Ansgar, car ça devait être aussi difficile pour lui que pour moi, ou du moins, plus que moi comme il avait été plus prêt de lui. Je ne pouvais pas dire, mais…. je savais que c’était sérieux cette fois-ci. Non pas les dernières ne l’étaient pas, mais cette fois-ci… ça semblait… différent. Enfin, dès que nous arrivions, je regardai Ansgar et je le suivis. Notre destination était évidente : nous n’avions pas une seule minute à perdre, nous devions y aller tout de suite et directement.
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Ansgar
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MessageSujet: Re: À toi, mon frère // Ansgar   Lun 27 Fév - 14:28

Le vent marin soufflait dans ses longs cheveux marron. Ça faisait un moment maintenant que le navire avait quitté les côtes sudistes en direction du nord. Ansgar, debout sur le pont au niveau de la proue, observait l’horizon devant lui, la mâchoire contractée par l’inquiétude. On les avait sommés, lui et Bryaan, de se rendre dans les Terres Gelées le plus rapidement possible puisque leur paternel n’était visiblement pas au top de sa forme. C’était une missive, envoyée par Randie (qui était déjà au nord) qui leur avait sommé de faire vite. Si sa sœur avait voulu faire attention aux propos qu’elle avait inscrits dans la missive, Ans put deviner néanmoins l’urgence de la situation : Valkyon n’allait visiblement pas bien. Ayant consulté Bryaan (le meilleur guérisseur du clan), les deux hommes avaient convenu qu’ils iraient ensemble au nord, laissant Idris derrière avec Thorvald afin qu’ils puissent prendre les rênes des Guerriers du Kodiak pendant son absence.

Les deux frères étaient donc montés à bord d’un navire avec leur équipage, emmenant avec eux le strict minimum. Avant le départ, Ansgar avait fait un câlin à sa sœur cadette, lui promettant de lui donner rapidement des nouvelles et lui demandant d’aviser Adelyn pour lui, puis avait serré sa fille chérie très fort contre elle. Cette dernière allait rester avec sa tante pendant son absence. Une accolade amicale et de compassion fut échangée avec Thorvald, puis le grand gaillard était grimpé à bord de l’embarcation dans le but de rejoindre son frère cadet qui l’y attendait déjà. Le voyage avait été long… Beaucoup trop long. Du moins, aux yeux des deux frangins. Ils avaient très peu échangé pendant tout ce temps, non pas qu’ils ne s’entendaient pas bien (au contraire!), mais leurs inquiétudes les poussaient à se renfermer tous les deux dans un mutisme évident. Il fallait dire que l’orgueil était monnaie courante dans leur famille et ni Ansgar, ni Bryann, ne voulaient démontrer la tristesse évidente qui hantait leur cœur. Ils devaient se rendre tous deux à l’évidence : Valkyon dépérissait.

Au loin, l’horizon se dessinait et Ansgar avait les bras croisés sur sa poitrine, son regard toujours porté au loin. Il ressentait une angoisse pas croyable, mais s’affairait à ne pas le montrer. Toutes ses pensées se bousculaient dans sa tête. Malgré son caractère de merde, il aimait profondément son paternel et avait beaucoup de respect pour lui. Il fallait dire que hormis son mariage forcé, Valkyon avait toujours été bon avec lui et l’avait toujours tenu en haute estime. Mais un autre sujet s’imposait dans son esprit : si le grand chef du clan Drakkhen venait à trépasser, ce serait à lui, Ansgar, son fils héritier, à prendre le relais. Était-il réellement prêt pour ça? Serait-il réellement apte à diriger le clan avec autant de doigté que son géniteur? Et Adelyn dans tout ça? Comment prendrait-elle la nouvelle? Et voilà qu’il doutait de ses capacités… Journée de merde.

Une main se glissa sur son épaule droite, le sortant brusquement de ses pensées. Ans tourna la tête pour faire face à Bryaan qui cachait maintenant très mal son inquiétude. La question que ce dernier lui posa le fit soupirer. En fait, il ne savait simplement pas quoi répondre à ça. Normalement, il aurait revêtu un air confiant simplement pour tenter de le rassurer, mais là, le cœur n’y était absolument pas.

- Je ne sais pas Bryaan, souffla-t-il. Ça fait un moment que père tombe malade à répétition et Randie ne semblait pas particulièrement optimiste dans ses écrits. Mais en même temps… notre père est un solide gaillard. Les Grands Esprits auront peut-être pitié de lui? Tant qu’il ne crève pas avant que nous soyons à son chevet, ce serait déjà bien…

Son regard couleur acier scruta les traits soucieux de son frère cadet alors que ce dernier lui affirmait – maintenant ouvertement – à quel point il pouvait être inquiet. Comme il aurait voulu essayer de le rassurer… Mais merde, il n’était pas sûr lui-même que la situation allait bien se dérouler pour leur géniteur. Bryaan lui demande ce qu’il pensait de la situation, puis baissa les yeux vers le sol avant de secouer doucement de la tête.

- Je… Je dois admettre que je ne suis pas plus optimiste que toi… Il faut se rendre à l’évidence, sa santé est franchement précaire. Avoua-t-il enfin en détournant le regard vers l’horizon. Le rivage arrivait plutôt rapidement et il était pressé de rejoindre sa famille. Et puis, ton opinion compte plus que la mienne à ce niveau. Je ne m’y connais que très peu dans le domaine.

Bryaan déclara qu’ils n’en auraient le cœur net qu’une fois aux côtés de leurs géniteurs et Ans dut hocher de la tête. Il avait raison. C’était inutile de se créer des chimères tant que la réalité ne s’étalait pas devant eux. Mieux valait arrêter de créer des hypothèses et se concentrer sur les faits. Le grand gaillard jeta un regard entendu à son frangin, puis lui flanqua une claque amicale dans le dos. Au bout d’un moment, le navire arriva à bon port et une foule de norrois s’était agglomérée sur les ponts pour les accueillir. Le fils aîné des Drakkhen salua ses compatriotes nordistes, puis, après avoir discuté un peu ici et là, fit signe à son cadet de le suivre. C’était bien beau rattraper le temps perdu avec les leurs, mais ils n’avaient pas vraiment de temps à perdre.

Les deux hommes marchèrent donc côte à côte sur le chemin de neige tapé et se dirigèrent vers leur village, le cœur visiblement lourd. De gros flocons tombaient du ciel, donnant des airs féériques au village norrois enneigé. Malheureusement, le Grand Ours n’arrivait pas à s’émerveiller de cette vue, et ce, malgré le fait que sa patrie lui manquait cruellement. Les gens les saluaient sur leur passage et les deux frères répondaient dans un simple hochement de tête. Un cri clair se fit entendre au loin et Ans esquissa un sourire malgré lui. Son fils venait de poindre sa tête entre deux maisonnettes et courait en sa direction, ses cheveux châtains virevoltant au vent. Ansgar écarta les bras et serra le môme contre lui avec terriblement de force. Randie arriva ensuite en leur direction, un pauvre sourire au visage. Elle était la tutrice du fils cadet d’Ansgar, s’assurant que celui-ci ne manquait de rien depuis la mort de Tilda. Ans colla son front contre celui de sa progéniture, puis se releva pour serrer sa sœur dans ses bras.

- Je suis ravi de te revoir, souffla-t-il à l’oreille de celle-ci, content de voir qu’elle semblait aller mieux depuis son départ des terres sudistes. Il fallait dire que le départ de Saros semblait l’avoir affecté plus qu’elle ne voulait bien le laisser entendre.

Randie alla ensuite serrer Bryaan ses bras avant de finalement croiser les bras sur sa poitrine, visiblement attristée par la véritable raison de la venue de ses deux frangins dans les Terres Gelées.

- Alors… Comment il est? Demanda Ansgar, soucieux en jetant un coup d’œil vers son frère qui, visiblement, était tout aussi inquiet que lui sur le sort de leur père. La réponse de Randie laissa comprendre aux frangins que leur géniteur était dans un état presque critique. Actuellement, une Oracle était à ses côtés, mais ils n’avaient aucune idée quel mal le rongeait. Je sais qu’il a été malade à quelques reprises récemment, mais son mal à commencer à empirer quand? Quelques mois après l’arrivée de Randie au nord. Visiblement. Ansgar hocha de la tête, puis contracta les muscles de sa mâchoire, signe qu’il était angoissé. Randie les informa que leur père n’était plus que l’ombre de lui-même et qu’il était en proie à une violente fièvre, signe qu’il délirait un peu. Elle voulait les mettre en garde pour éviter qu’ils ne soient trop déstabilisés. Mais malgré tout, en voyant les larmes qui menaçaient de rouler sur ses joues, Ans comprit que la situation allait vraiment très mal.

- D’accord. Allons-y Bryaan. Mieux vaut ne pas tarder…

Le frère aîné flanqua une claque dans le dos de son frère, puis ébouriffa la tête de son fils, avant de marcher en direction de l’immense chaumière familiale, Randie sur les talons. Le pas se faisait rapide et le cœur du frère aîné se débattait en fou. Au bout d’un homme, le trio arriva enfin à la hauteur de la maison qui les avait vus naître, puis poussa la porte d’entrée. Des norrois s’affairaient à transporter de l’eau vers la chambre des maîtres alors que d’autres s’occupaient de nettoyer des draps souillés. Plusieurs les saluèrent, visiblement heureux de voir les deux fils aînés de leur grand chef. Sans un regard pour eux, Ans se dirigea vers la chambre de son paternel. Il s’arrêta devant la porte close, puis jeta un regard inquiet vers Bryaan.

- Bryaan… je dois l’admettre, j’ai peur de voir ce qu’il y a de l’autre côté… Fit-il tout bas à son frangin en portant néanmoins une main sur la poignée. Les doigts de Randie se glissèrent sur son avant-bras et elle lui jeta un regard encourageant, bien que baigné de larmes.

Dans quel état allait-il retrouver son père? Il avait du mal à supporter l’idée de le voir amaig
ri et suintant de sueur…
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Bryaan
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MessageSujet: Re: À toi, mon frère // Ansgar   Sam 4 Mar - 23:10

Je suis là, à ne pas savoir si je souhaitais continuer. Je ne voulais pas avoir la vérité en face… J’étais inquiet mais je devais me montrer plus fort. Je souhaitais absolument montrer ça. Randie était si inquiète aussi, Ansgar l’était et je le voyais très bien. Je devais absolument me dire que cela pouvait aller. Ansgar ne pouvait pas vraiment me rassurer tout comme je ne le pouvais pas vraiment moi non plus. Je souhaitais l’aider, mais je ne pouvais pas. C’était assez difficile pour le moment. On savait très bien, tous les deux, qu’il n'en restait pas long mais on ne souhaitait tout simplement pas le dire comme cela. Pour nous, c’était bien difficile à admettre et même qu’y penser était blessant. De plus, je savais très bien qu’Ansgar avait un poids de plus sur les épaules : il avait une nouvelle responsabilité. Je ne savais pas tellement comment il faisait pour tenir. J’étais inquiet et je le montrais plus que lui. Enfin, je devais me calmer. Il n’était pas optimiste et j’étais le mieux placé pour le dire. J’avais baissé les yeux, sachant que… je savais que cela devenait de plus en plus rare.

On allait en avoir le cœur net seulement lorsqu’on allait le voir. En voyant Randie, c’était évident qu’elle était perturbée. La voir dans cet état était difficile, compte tenu qu’elle était notre petite sœur. Je n’allais pas tant jouer un rôle de grande frère pour elle lorsqu’elle était jeune vu ma santé… mais tout de même. Randie n’était pas optimiste aussi et nous savions tous que le pire était à venir… Je voulais le voir une dernière fois au moins, le guérir magiquement si c’était possible. Nous avions qu’il était malades depuis un moment. « Ça fait quand même un moment… » Nous étions tellement angoissés, tous les trois. Je ne voulais pas laisser ma peur prendre le dessus. On avançait et c’était le plus rapide. Ansgar me donna un certain soutien juste en me mettant la main dans le dos. Oui, ça allait. Tout allait. J’étais inquiet, mais je devais me montrer quand même fort. C’était difficile. Finalement, en marchant un moment et le plus vite possible, nous arrivâmes à l’endroit où il se trouvait. Une bonne inspiration en voyant l’endroit. Ça faisait un bon moment. Et je me sentais assez nostalgique en voyant cette place. J’avais passé des jours et des jours enfermés là, sans rien de plus.

Nous devions entrer. C’était ce que nous devions faire. Et finalement, l’intérieur était comme je me rappelais, très actif. Si les circonstances avaient été différentes, je peux dire que j’aurais vraiment aimé être ici et que j'aurais été joyeux. On semblait content de nous voir, mais nous… on avait du mal. C’était difficile moralement et Ansgar faisait des efforts pour le cacher, je le voyais. Mais il fallait être capable d’avancer. Ansgar me confia qu’il avait peur de voir ce qu’il se trouvait derrière cette porte. Je mis ma main sur son épaule et je la serrai un peu. J’avais peur aussi, je tremblais presque... Mais je me disais que c’était la meilleure façon d’aller. « Je... je comprends très bien. J’ai peur aussi mais c’est la seule façon de voir ce qu’il en est. On ne peut rien faire si on reste ici.. » Je mis donc ma main sur la porte et je fus celui qui enfonçai la porte. Je regardai attentivement, Ansgar était à mes côtés et Randie aussi. Mon premier réflexe fut de regarder les signe qui montrait oui ou non la vie d’une personne. Je doute être capable de supporter et d’arriver le voir déjà décédé. Je ne le voulais pas. Je doutais pouvoir faire quelque chose, ma magie ne pouvait pas changer tout. Si la médecine connue par nos clans étaient suffisantes pour le soigner avant, maintenant, ce ne l’était plus. Et vu le mal qu’il semblait avoir, je doutais aussi que je puisse faire quelque chose.

Je voyais qu’il bougeait encore. Il semblait respirer de manière un peu saccadée... Mais il était encore en vie. On le voyait ainsi et on avait la chance de le voir. On s’approcha de l’endroit où il dormait. On était maintenant a ses côtés. Je me rappelais l’homme grand et fort que je voyais lorsque j’étais petit. J’avais eu beaucoup de mal avec lui, c’est vrai. Mais ça s’était amélioré. Je souffrais en le voyant ainsi, ça me faisait mal de le voir comme ça. « Père... On est venu pour toi voir, Ansgar est là, Randie aussi et moi-même, Bryaan. » Il eut un mouvement de sa tête. Est-ce que je pouvait soulager sa douleur ? Est-ce que je pouvait faire quelque chose. On s’approcha donc tous de lui. En le voyant, c’était presque pire que ce que je m’imaginais. J’avais peur de le voir mourir... maintenant. Peut-être que je pouvais faire en sorte qu’il ne souffre plus ? Je ne savais même pas s’il accepterait. « Ça ne va pas... c’est évident. » C’était difficile en fait d’être guérisseur dans ces situations. Je savais très bien qu’il était malade et qu’il pouvait même être décrit comme étant mourant. C’était visible. Il n’allait pas survivre longtemps et je ne pouvais pas le dire comme cela. « Je peux faire en sorte que ce soit... moins douloureux. » Je me retournai vers Ansgar. Je ne voulais pas dire comme ça qu’il était mourant mais je crois qu’il comprenait. La seule chose que je pouvais faire, réellement, était de rendre tout cela moins douloureux et de faire en sorte qu’il puisse peut-être parler... et dire à son fils ainé les choses qu’il avait à dire.

« Mais je ne pourrais pas faire plus que cela...  » Ça me faisait mal de dire cela. Mais c’était ça. Je faisais des efforts pour rester un peu plus en maîtrise de mes moyens. C’était difficile, mais pour la dernière fois que j’allais le voir, je pouvais faire ça. C’est seulement en le voyant qu’on le comprenait : il allait mourir bientôt... Je commençais donc à apaiser sa douleur. Peut-être pourrait-il parler après ? Un peu plus bouger ? Je ne sais pas.
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Ansgar
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MessageSujet: Re: À toi, mon frère // Ansgar   Lun 20 Mar - 16:34

La main de Bryaan se posa sur son épaule, se voulant rassurante. Toutefois, les tremblements très légers qui secouaient le bras de son frangin en disaient long sur sa pensée : il avait également peur de voir l’état dans lequel se trouvait leur paternel. Ans écouta les propos de son cadet d’une oreille attentive, même si son regard refusait de se poser sur le blondinet. Le grand Ours se contentait de fixer la paroi de bois devant lui, luttant par le fait même pour éviter d’être envahi par des émotions qu’il aurait trop de mal à contrôler. Sans trop s’en rendre compte, Ansgar relâcha la poignée et ce fut le guérisseur qui prit l’initiative d’ouvrir la cloison afin de révéler la chambre de leur paternel où l’odeur de maladie trônait en maître. Une silhouette se dessinait sous les couvertures du grand lit qui trônait au centre de la pièce. Un râle se faisait entendre et l’aîné des Drakkhen déglutit avec difficulté en comprenant que ce bruit rauque provenait de son paternel.

Mis à part le souffle lent du mourant, un silence de plomb se faisait sentir. Aucun des trois enfants Drakkhen n’osait piper mot, donnant à la situation des airs encore plus solennels. Était-il…? Non, il venait de bouger! Le trio s’avança lentement et alla se poster aux côtés du chef de clan : Randie d’un côté, Ansgar et Bryaan de l’autre. La première chose qui frappa psychologiquement Ans – outre le teint cireux du paternel – fut de voir à quel point Valkyon avait maigri. Envolée cette musculature puissante et cette force surhumaine qu’il lui avait toujours connue! À la place de son héro d’enfance se tenait un vieil homme rachitique et affaibli qui n’attendait plus que la mort vienne le chercher. Comme si elle avait compris les pensées qui assaillaient son frère aîné, Randie lui jeta un regard désolé et essuya subtilement le coin de ses yeux du revers de sa main.

Bryann prit la parole. C’était une chance, car son frère aîné en était incapable. Il tenta de faire comprendre à leur géniteur qu’ils étaient là pour lui, tous les trois. Lentement, Valkyon ouvrit ses paupières et tourna son regard vers ses fils, une étincelle – très brève – ravie au fond de ses iris. Des bruits saccadés surgirent de sa bouche aux lèvres gercées, démontrant que ce dernier tentait visiblement de parler, sans grand succès. Constatant à quel point leur père n’allait pas bien, Bryaan suggéra d’alléger ses souffrances, le temps que la mort ne l’emporte. D’instinct, les deux frères s’observèrent et Ansgar comprit rapidement que son petit frère ne pourrait soigner le vieil homme. Il ne fallait qu’un seul regard pour comprendre que Valkyon était aux portes de la mort, même le chef des Guerriers du Kodiak devait se rendre à l’évidence. Le grand norrois aux cheveux marron hocha de la tête, incapable de prononcer la moindre parole.

Le Harfang se pencha vers l’avant, usant de son talent de guérison pour alléger les souffrances de son géniteur et Ans prit subtilement appui sur la table de chevet qui se trouvait derrière lui. Il n’aurait jamais cru se sentir aussi démuni devant le décès de son père! Or, malgré le fait que son visage restait stoïque, une profonde blessure prit naissance au creux de lui-même. Il… il n’était pas prêt. Pas prêt pour prendre le flambeau, pas prêt de laisser partir celui qu’il avait toujours vu comme une force de la nature. Bryaan tremblait. Est-ce qu’on pouvait vraiment lui en vouloir pour ça? Absolument pas. Une expression de sérénité envahit rapidement les traits crispés du paternel qui, visiblement, se sentait soulagé de la douleur qu’il ressentait. Malgré tout, il semblait trop faible pour ne prononcer la moindre parole. Il leva doucement sa main droite en direction de Randie – sa préférée depuis toujours – et cette dernière ne se fit pas prier pour la prendre dans la sienne et venir y déposer un baiser affectueux. Il tourna ensuite la tête vers Bryaan et esquissa un sourire ravi levant sa main gauche vers lui, faisant mine de vouloir le toucher, comme s’il avait peur que sa simple présence ne soit qu’un rêve. Même s’il sembla hésiter un instant, le guérisseur glissa finalement ses doigts dans ceux du vieillard. Valkyon serra doucement la main de son fils dans la sienne, lui lançant par le fait même un regard chargé d’une affection qu’il n’avait pas l’habitude de partager.

Finalement, le chef de clan tourna la tête vers son fils aîné. Un nouveau sourire faible naquit sur ses lèvres et ses yeux, embrumés de larmes, sondèrent le grand gaillard qui ne semblait pas savoir où se tenir. Ses lèvres desséchées prononcèrent silencieusement le prénom d’Ansgar, ce qui acheva de crever le cœur de l’héritier du clan. Des larmes roulèrent sur les joues de l’aîné sans qu’il puisse les contrôler. Il fit un pas en avant, leva une main et la posa sur l’épaule de son père qui ferma les yeux, un simple instant. La fratrie n’était pas complète, malgré tout, les trois enfants Drakkhen savaient que leur sœur Idris était avec eux en pensée. La pauvre croyait simplement à un gros rhume... Comment allait-elle réagir en apprenant que son père était décédé sans sa présence? Parce que cette fatalité était inéluctable, il fallait bien l’avouer…

Valkyon ouvrit ses yeux. Ouvrit sa bouche pour tenter à nouveau de dire quelque chose, mais seul un râle se fit entendre. Ses traits se détendirent encore un peu plus, puis son regard se figea. Un simple souffle quitta ses lèvres et ses muscles se détendirent. Qu-Quoi?! Non… Non c’était pas possible! Les trois enfants Drakkhen se jetèrent des regards incrédules, puis Randie fut celle qui éclata en premier, enfouissant son regard sanglotant sur le torse de son père. Ansgar recula de quelques pas. Il… il ne se sentait pas bien!

- Je… Non… C’est pas possible! Je… Je dois sortir. J’ai besoin d’air.

Sans plus un mot, il passa derrière Bryaan, puis sortit de la pièce sous les regards des curieux qui s’approchaient de la chambre des maîtres. Le grand Ours s’élança vers la porte principale et sortie de la maison avant de s’engouffrer dans le froid de l’extérieur. Il fit quelques pas dans la neige, puis se laissa tomber à genoux au pied d’un grand chêne. L’Esprit du Puma était venu quérir l’âme du grand Valkyon Drakkhen. Ansgar serait le prochain souverain. Il… Il n’était pas prêt! Il ne pouvait pas! Non! Il croisa les bras sur sa poitrine, puis se pencha vers l’avant, des larmes coulant maintenant allègrement sur ses joues barbues. Il laissa même échapper une plainte de détresse. Valkyon n’était plus…

Des bruits de pas dans la neige se firent entendre derrière lui. Ans savait qu’il s’agissait de Bryaan. Personne n’oserait l’approcher en ce moment même autre que son frère.

- C’est… c’est impossible Bryaan! S’exclama-t-il malgré lui. Il ne peut pas être mort! Je ne peux pas prendre sa place, je n’y arriverai jamais! Pas comme lui!

Une main se glissa sur son épaule, mais Ans se laissa malgré tout aller à son deuil…
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MessageSujet: Re: À toi, mon frère // Ansgar   

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