Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 The betrayal [PV ADELYN, NORROIS]

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Ansgar
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MessageSujet: The betrayal [PV ADELYN, NORROIS]   Lun 20 Fév - 16:31

Il marchait de long en large dans sa tente, les mains dans le dos, et un air soucieux au visage. Si tout se passait comme prévu, Adelyn devait arriver au campement d’ici la fin de l’avant-midi. Depuis leurs retrouvailles dans la capitale alombrienne, les deux amoureux s’étaient offerts de brèves rencontres ponctuelles, loin des villes et des cités. Inutile de dire qu’ils avaient rentabilisé chaque moment passé ensemble comme s’il était le dernier! Lors de leur dernière rencontre, les deux amants avaient reparlé de cette idée qu’avait eue le norrois relativement à une potentielle visite de son amante dans le campement officiel du clan Drakkhen. Il était heureux que la fée revienne sur le sujet et ils déterminèrent ensemble le moment idéal pour mener à bien leur projet. Elle resterait parmi eux quelques jours, profitant de l’occasion pour offrir de petites vacances à son écuyère.

La rencontre devait avoir lieu aujourd’hui même et le grand gaillard avait reçu un message télépathique de sa belle cette nuit, l’informant que – selon ses calculs – elle serait au campement juste avant que le soleil ne soit à son zénith. Dès lors, il n’avait pu refermer l’œil, l’excitation l’ayant gagné comme un adolescent prêt à revoir sa première sa petite amie dans le dos de ses parents. Il avait même dû se lever, craignant de réveiller Hélicie – qui dormait à poings fermés sur sa couche tout près de son lit – à force de rouler sur lui-même. Il avait profité de l’air frais de la nuit pour se rafraîchir les idées et tenter de penser à autre chose… en vain.

Ses frères et sœurs étaient maintenant au courant de sa situation. Tous étaient également informés que l’ancienne esclave allait venir leur rendre visite (enfin… presque tous, considérant que Randie était partie pour le nord depuis un petit moment déjà) et gare à celui qui oserait tenter la moindre hostilité envers elle! Ans ne supporterait pas la moindre action impertinente posée envers sa bien-aimée et ferait payer le premier imbécile qui oserait aller contre sa volonté! Prenant une grande inspiration, le chef des Drakkhen tenta de reprendre contenance. Est-ce que tout s’était bien déroulé? Et si elle s’était fait attaquer par des bandits de grands chemins? Non, elle l’aurait contacté en cas de soucis… non? Du moins, il espérait que son orgueil ne la pousserait pas à s’arrange par elle-même en cas de besoin… L’idée de se transformer en ours et de rôder dans les boisés environnants afin de partir à sa rencontre lui traversa l’esprit, mais le grand ours se ravisa : les chances qu’elle arrive pendant qu’il est absent étaient trop grandes.

Au bout d’un moment, la voix goguenarde de sa sœur cadette se fit entendre dans son esprit, déclarant d’une voix presque mielleuse que l’un des éclaireurs avait repéré la présence d’un cavalier inconnu se dirigeant vers le campement par la limite sud. Le cœur d’Ansgar s’emballa d’un coup! D’accord, il devait partir à sa rencontre, immédiatement! Sans plus attendre, il glissa sa ceinture d’armes à sa taille (pour la forme…), puis attacha sa longue tignasse couleur chocolat à la base de sa nuque avec une lanière de cuir. L’été battait son plein et, malgré la chaleur de la température estivale, une brise fraîche et saline en provenance de la mer soufflait sur le campement. Dans un mouvement brusque, le chef des Guerriers du Kodiak repoussa la porte de toile de son abri, puis traversa la grande place d’un pas rapide en direction du sud. Des regards curieux se jetèrent en sa direction, mais il les ignora royalement, son attention était toute portée vers la venue de sa belle qui serait à ses côtés d’une minute à l’autre.

Au bout d’un moment, le grand gaillard s’arrêta aux limites du campement, puis scruta l’horizon de son regard couleur acier. Il ne percevait aucun mouvement à travers la végétation… Où était-elle? Les mains dans les poches, il marchait de long en large le long du rempart de bois attendant avec impatience d’enfin voir sa tignasse blonde. Les minutes s’écoulèrent quand enfin, il put entendre des bruits de sabots sur le chemin de terre qui louvoyait à travers les arbres. Une silhouette encapuchonnée se dessina enfin; une jeune femme approchait, chevauchant une magnifique monture noire qui trottait allègrement en leur direction. Quelques mèches blondes pouvaient être perçues et Ansgar ne put s’empêcher de sourire à pleines dents. C’était elle! Il pourrait la reconnaître entre mille! La chevalière sortit du couvert des arbres et esquissa un sourire radieux qui fit rapidement fondre l’ours au cœur tendre.

Maintenant à quelques mètres de son amant, Adelyn se jeta en bas de sa monture, puis accourut en sa direction. Inutile de dire que Drakkhen ne se fit pas prier pour la cueillir dans ses bras et la faire tournoyer autour de lui! Bon sang qu’il était heureux de la voir! Levant la tête, il alla quérir un baiser sur ces lèvres qui lui avaient tant manqué, profitant de chaque seconde de ce contact qui le rendait presque fiévreux. Finalement, la fée se recula un peu et le salua avec un sourire attendri.

- J’avais hâte que tu arrives, souffla-t-il du bout des lèvres en collant son front contre le sien. Je n’ai pas arrêté d’y penser dès le moment où tu m’as contacté, cette nuit.

Doucement, il laissa glisser le corps gracieux de sa belle contre lui jusqu’à ce que ses pieds touchent le sol. Ans glissa une main sur sa mâchoire, puis alla quérir un nouveau baiser sans la moindre hésitation. Ils étaient un peu dans leur bulle quand un raclement de gorge se fit entendre, sur sa droite. Le chef de garnison ouvrit rapidement ses yeux, reprenant rapidement contact avec la réalité, puis s’écarta de sa belle pour tourner la tête en direction de l’intrus qui se tenait à quelques mètres d’eux.

- Ah, Bhali! S’exclama Ansgar dans sa langue natale en toussotant pour reprendre contenance. Tu es venu récupérer la monture de notre invitée? Heu… tu connais… heu… Le chevalier Adelyn, pas vrai?

Le norrois hocha de la tête en direction de la damoiselle, puis tendit la main pour prendre les rênes du destrier avant de l’attirer à sa suite. Il lui souhaita la bienvenue, puis s’éloigner avec le cheval en direction de l’écurie du campement. Ans se racla la gorge, puis passa une main dans ses cheveux marron pour dégager quelques mèches rebelles de son visage, puis fit signe à l’Alombrienne de le suivre.

- Je sais que cet endroit ne doit pas te rappeler beaucoup de bons souvenirs, commença-t-il en faisant référence aux circonstances entourant leur rencontre. Mais j’ose espérer que je pourrai te faire changer d’avis, cette fois. Je me suis assuré que mes hommes ne soient pas hostiles à ton égard, ne t’inquiète pas. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu peux le demander et ils te répondront sans le moindre problème.

Baissant le regard vers sa douce, Ans remarqua qu’elle tenait une lourde besace probablement remplie de ses effets personnels. Il tendit la main vers le dernier et déchargea Adelyn. Il balança le sac sur son épaule, puis le duo marcha tranquillement dans le campement en direction de la tente du grand ours. Plusieurs norrois curieux s’arrêtaient au passage pour jeter un œil à la nouvelle venue, mais Drakkhen ne sembla pas s’en incommoder. L’héritier du clan interrogea sa belle sur les conditions de son voyage quand une voix masculine le héla, derrière lui. Instinctivement, Ansgar se retourna pour voir Thorvald arriver en sa direction. Ce dernier sembla noter la présence de la chevalière sans la moindre once d’hostilité.

- Thorvald! Je suis content de te voir, fit Ans en serrant l’avant-bras de ce dernier. Je voulais te présenter Adelyn. Lyn, voici Thorvald, mon second et mon beau-frère, par le fait même. Le grand ours passa un bras autour des épaules de la fée, la laissant saluer le grand Aigle, puis avisa le sourire amusé que lui lançait son meilleur ami. Quoi? Qu’y avait-il? Était-il SI différent en présence de son amante? Ah merde! Il ne rougissait pas, toujours?! Quelle honte, si tel était le cas! Ans toussota pour essayer de reprendre contenance, puis s’adressa à son second. Idris n’est pas avec toi? Je voulais faire les présentations en bonne et due forme… Je sais qu’elle et Adelyn se connaissent, mais je préférerais m’assurer que la hache de guerre est bel et bien enterrée… Après tout, la dernière fois qu’il avait avait vu les deux femmes ensemble, elles s’étaient littéralement sautées au visage, toutes les deux [NOTE : Voir premier rp d’Ansgar et Adelyn XD]

Thorvald annonça alors à son meilleur ami qu’un navire approchait les berges contrôlées par les norrois. À voir l’allure du bateau, celui-ci provenait des Terres Gelées. Ah? Voilà qui était étrange, ils n’attendaient pas de renforts avant un petit moment maintenant.

- De nouvelles cargaisons, tu crois? Demanda-t-il d’un air soucieux. Je ne les attendais pas avant des mois… c’est curieux… Est-ce que mon père vous avait dit qu’ils envoyaient plus d’hommes pour nous soutenir lorsque toi et Idris étiez au nord? Bon heu… Thor, peux-tu aller les accueillir pour moi? Je vais guider Adelyn juste à ma tente pour qu’on puisse décharger ses effets et je te rejoindrai. J’espère que ce sont de bonnes nouvelles…

Le grand ours flanqua une claque dans le dos de son compagnon, puis tourna la tête vers sa belle, esquissant un sourire amoureux en sa direction.

- Bon, allons déposer ça que je puisse te faire visite les lieux!
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Thorvald
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MessageSujet: Re: The betrayal [PV ADELYN, NORROIS]   Ven 24 Fév - 17:54

Oh certes, les norrois avaient été prévenu d'avance. Mais l'arrivée de l'alombrienne créa tout de même un certain remous au sein de la horde. Si tout le monde respectait Ansgar, les avis n'étaient pas tous partagés. Heureusement, pour sa part, Thorvald était fort enthousiasme quant à ce projet d'alliance qui n'était, pour l'instant, qu'explorer en surface. Si ce royaume pouvait les soutenir, ils pourraient fort bien, en échange, offrir une force de frappe importante en soutien dans leurs conflits. Les indications avaient été fort claires, peut-être même un peu trop! Étant au courant de la relation que son ami entretenait avec l'émissaire, il n'avait pu s'empêcher de sourire de façon amusée quand le grand ours avait fait de sévères menaces sur quiconque se montreraient inconvenant ou désagréable avec elle.

Alors qu'il scrutait pensivement les eaux, en plein vol, le Grand Rapace aperçu un bateau typiquement norrois qui s'approchait de leur campement. Ah bon? En quel honneur? Il tourna un moment au-dessus, mais n'osa pas se poser. Le vent cinglait en pleine mer et il ne voulait pas se ramasser à la flotte. La nage n'était pas son plus bel atout sous cette forme, et l'idée de couler avec ses armes n'était pas fort plaisante. De toute façon, il devait avertir son chef de l'arrivée imminente de ce bateau. Il piqua vers le sol, et se reprit dans un magnifique plané au-dessus des quais avant de se poser un peu plus loin. Rien n'était plus impressionnant et magnifique que cet aigle aux ailes de près de 8,5pi d'envergure. Du moins, pour toute personne ayant une certaine admiration pour les rapaces!

Thor se transforma alors qu'il touchait le sol, dans un magnifique atterrissage où il n'eut qu'à faire quelques pas pour conserver son équilibre. Son regard perçant parcourut la foule environnante, et il n'y pas va cette tête rousse qu'il affectionnait tant. Elle devait être dans les bois, non loin d'où Adelyn allait arrivée. Lorsqu'ils s'étaient séparé un peu plus tôt, elle avait parlé d'aller chasser, mais il se doutait qu'en fait elle voulait mettre le feu au coeur de son aîné en lui annonçant d'avance l'arrivée imminente de sa douce. Il allait se déchirer l'âme en comptant les secondes qui le séparerait d'elle, dès lors qu'il entendrait qu'elle arrivait! Du moins, c'est ce qu'il en avait déduit. Peut-être se trompait-il. Peut-être pas.

Il fendit la petite foule qui s'accumulait près du quai, tous curieux de savoir ce que leur terre natale leur envoyait. Il se doutait qu'il trouverait son compagnon près des remparts, à attendre la petite fée. Malheureusement, à son arrivée, on lui indiqua qu'il avait déjà passé. Il ne mit pas de temps à le repérer plus loin et le héla dès qu'il fut à portée de voix. Il dut se prendre à trois reprises avant qu'être enfin entendu et que le chef de la garnison ne se retourne vers lui. Sans surprise, il avisa la présence de la chevalière près de lui, et leur sourit en les rejoignant d'un pas rapide.

Après les salutations d'usage, Thor inclina du chef respectueusement devant la jeune femme, que son ami entourait d'un bras possessif, nullement désireux de masquer son affection à son égard. Malgré lui, il en fut amusé et n'arriva pas à retenir ses lèvres de s'étirer. Il était radieux, ça en était bouleversant. Était-il vraiment face à Ansgar Drakkhen en ce moment? Ce dernier affichait un sourire idiot qui ne laissait rien présager de faux sur ses sentiments. Le rapace dû se secouer intérieurement pour reprendre son sérieux, sans pour autant empêcher ses yeux de briller d'amusement. « Idris? Non, elle est dans les bois, mais elle devrait pas tardé. » Quant aux émotions de celle-ci à l'égard de la blondinette... c'était difficile à déterminer clairement. Comme si qui que ce soit pouvait comprendre quelque chose au caractère enflammé d'Idris... même si elle disait vouloir faire la paix, cela ne voulait pas dire qu'un coup face à face, sa volonté serait la même. Seul l'avenir le dira! Ils n'en avaient pas beaucoup parler. Leurs conversations sur l'oreiller tourna autour d'autres sujets... beaucoup plus... enflammés.

« Écoute, Ansgar, je me doute qu'en ce moment t'as mieux à faire, mais y'a un navire qui approche en ce moment, et il vient du Nord. » Il secoua la tête suite à la question qui suivit. « Aucune idée. » Puis il hocha la tête. « Non, j'ai pas souvenir de ça... Oui bien sûr, j'y vais. » Il lui jeta un regard amusé. Pour décharger ses effets, et seulement ça, évidemment. « Prends ton temps! » fit-il en lui flanquant une claque amicale sur l'épaule. Il reçut le même traitement et il s'en alla dans un rire vers les quais. En chemin, il chercha des yeux s'il n'apercevait pas la tête de son épouse dans les parages, mais ce n'était pas le cas. Ils étaient mariés depuis trois ans maintenant. Environ un an après leur arrivée, il avait redemander celle-ci en mariage, tel qu'ils avaient convenu, dans un contexte beaucoup plus approprié. Évidemment, elle avait dit oui... et quelque semaines plus tard, ils faisaient une cérémonie beaucoup plus à leur image, parmi ceux qu'ils aimaient. Randie était partie pour le nord peu de temps après.

Déçu de ne pas pouvoir attraper les hanches de sa douce pour lui voler un baiser, il poursuivit son chemin vers les quais. Il la verrait sans doute plus tard. De toute façon, il entendait déjà les norrois parler de l'arrivage, la rumeur se propageait vite, et certaines personnes affluaient, pas toutes évidemment, plusieurs s'en fichaient, mais d'autres étaient attisés par la curiosité de cet arrivage inattendu. Peut-être était-ce Randie qui revenait finalement? Il en doutait par contre. Le temps s'écoulait un peu différemment au Nord, avec la neige qui immobilisait le paysage. Peut-être qu'ils avaient mal fait le calcul et devançait la date de livraison prévue... Il n'y avait qu'une seule façon de le savoir!

Debout sur les quais, il se dressa fièrement à l'avant des curieux et attendit le débarquement qui pourrait enfin éclairer ses questions. De par ses yeux particulièrement perçants, il voyait d'ici de l'agitation sur le pont, comme si quelqu'un pressait tout le monde, et créait une ambiance confuse et stressante. Il plissa les yeux, mais il était trop loin pour bien définir la silhouette et les traits de cette personne. Malgré lui, un poing se forma dans son estomac. Il avait un mauvais pressentiment... On aida quelqu'un à descendre dans la barque et finalement, au fur et à mesure que celle-ci approchait, le visage de Thor perdait de sa bonne humeur. Il commençait à entendre des récriminations d'une voix qu'il ne connaissait que trop bien. Pourquoi n'y avait-il pas de quais plus décents? Pour la subtilité! Le voyage en barque n'était pas si terrible que cela... Il soupira bruyamment, pendant qu'il le pouvait encore, et se prépara à accueillir la terreur de ce campement, et particulièrement de son chef : l'épouse d'Ansgar, Tilda Drakkhen.

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Adelyn
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MessageSujet: Re: The betrayal [PV ADELYN, NORROIS]   Ven 10 Mar - 20:08

Le cœur d’Adelyn était déchiré. D’une part, elle était fébrile à l’idée de retrouver l’homme qui faisait battre son cœur. Cette rencontre n’aurait rien à voir avec toutes les autres que le couple avait pu avoir par le passé. Pas question que la chevalière se cache dans les bosquets pour imiter le bruit d’un oiseau local afin d’aviser son amant qu’elle était à l’extérieur de sa tente… Elle n’avait aucun mensonge à inventer pour justifier sa présence au nord du royaume. Elle n’avait qu’à suivre la route jusqu’à ce qu’elle arrive à destination et elle serait accueillie à bras ouverts par son amant.

D’un autre côté, cependant, cette liberté avait été chèrement acquise. Convaincre le chef de l’Ordre des chevaliers d’Alombria d’une paix avec un des clans Norrois avait été une chose… Lui apprendre qu’elle entretenait une relation avec Ansgar Drakkhen, de toutes les personnes possibles, en avait été une autre. Losly n’avait pas accueilli la nouvelle très chaleureusement, car son animosité pour le Grand Ours était encore bien présente. Le tout avait créé un froid entre deux bons amis et ça peinait énormément la fée. Ils fonctionnaient toujours bien ensemble pour les affaires officielles… mais ce n’était plus pareil. Lyn devait constamment veiller à ne pas mentionner son petit ami afin d’éviter de créer une tension inutile.

Venait ensuite le cas de son écuyère… La chevalière avait pris le temps de s’asseoir avec son apprentie et de lui expliquer brièvement qu’elle était amoureuse d’un Norrois, et ce, malgré que la chose ne fasse aucun sens. Les émotions qu’elle ressentait pour son beau barbu ne se contrôlaient simplement pas… Cela faisait partie de la vie. L’adolescente, bien que la fée puisse clairement lire le déplaisir sur son visage, ne pipa mot. Lyn prit cette réaction comme étant une sorte d’acceptation… sans approbation. N’empêche qu’elle ne pût faire autrement que d’avoir l’impression de décevoir Ishobel et c’était tout le contraire de ce qu’elle cherchait à accomplir.

Il faut croire que tout cela était le prix à payer pour ne plus vivre son amour dans l’ombre. La guerrière soupira. Elle dût se rappeler que le pire était derrière elle; la vérité avait – partiellement, du moins – fait surface dans les deux camps. Elle savait qu’Ansgar avait dû faire face à une adversité similaire à la sienne vis-à-vis ses proches. Mais maintenant, ils pouvaient mettre tout ça derrière eux et se concentrer sur leur avenir.

**[Ansgar] Mon bel amour, je me languis de tes bras autour de moi ce soir. Dormir à la belle étoile perd un peu de son charme sans toi… Si les dieux sont bons, et que mes calculs sont corrects, je pourrai me lover contre toi avant la fin de la matinée. Je t’aime.**

C’est en se concentrant sur des souvenirs passés en compagnie de son tourtereau qu’Adelyn parvint à trouver le sommeil. Son repos fut de courte durée puisqu’elle se leva en même temps que le soleil pour reprendre la route. Elle sentait l’excitation la gagner un peu plus à chaque instant. Elle chevaucha à un rythme régulier afin de ne pas épuiser sa monture, mais elle se contentait du strict minimum en matière de pause.

La nervosité ne se fit sentir que lorsqu’elle entra en territoire norrois. Elle approchait du but… et de la rencontre des guerriers du kodiak. Elle ne pouvait s’empêcher de regarder chaque animal avec suspicion, se demandant s’il s’agissait d’un totem chargé de surveiller son arrivée. Elle sentit une boule se former dans sa gorge… ce qu’elle tenta d’ignorer. Tout irait bien, se répétait-elle. Il n’y avait aucune raison pour elle de s’inquiéter. On ne l’avait pas arrêtée encore, ce qui était bon signe, pas vrai? On n’oserait certainement pas lui tendre une embuscade… pas quand elle était attendue par le chef, n’est-ce pas? Il y eut un moment où elle crut apercevoir une silhouette dans le boisé, mais elle préféra ne pas relever. Elle n’avait ressenti aucune émotion néfaste lorsqu’elle avait sondé les environs. Elle secoua la tête : elle devait se ressaisir. Elle était une femme accomplie, bon sang, pas une gamine!

Tous ses doutes fondirent comme de la neige au soleil lorsqu’elle distingua son homme face à la palissade de bois entourant le campement. Un sourire se dessina tout naturellement sur son visage et elle sentit son cœur devenir soudainement plus léger. Plus rien d’autre ne comptait à ses yeux. Elle ne perdit pas un instant pour rabaisser le capuchon de sa cape, avant de descendre de son cheval et accourir en direction d’Ansgar. Ce qu’il lui avait manqué! Elle se précipita dans les bras du guerrier, qui la fit tourner majestueusement dans ses bras. Elle répondit tendrement au baiser de son petit ami et posa un regard radieux sur lui. Elle rayonnait à simplement se trouver en sa présence.

- Et moi donc! J’avais n’avais qu’une envie : me retrouver près de toi. Tu m’as tellement manqué.

La fée fut presque déçue de retourner au sol, mais fut prête à pardonner son amoureux puisqu’il vint quérir un autre baiser. Elle n’allait certainement pas s’y opposer. Elle glissa des mains autour de sa taille afin de profiter au maximum de leur proximité. Elle se délectait de ses lèvres lorsqu’elle entendit quelqu’un s’éclaircir la gorge. Elle émit un court grognement, mais se contenta de se mordiller la lèvre inférieure plutôt que de passer un commentaire. Elle posa ses yeux émeraude sur le nouveau venu, le détaillant subtilement de la tête aux pieds. À entendre son petit ami parler, le Norrois se prénommait Bhali. Tiens, tiens… Elle en avait entendu parler. Elle trouva plutôt plaisant de pouvoir mettre un visage sur le nom, finalement. Elle inclina la tête en réponse à la salutation silencieuse de Bhali et s’empressa de récupérer ses effets personnels avant qu’il n’emporte sa monture.

Lorsqu’elle ramena son attention sur le Grand Ours Kodiak, Lyn laissa échapper un soupir. Savait-il à quel point il était séduisant en faisant une chose aussi simple que replacer quelques mèches? Le voir aller lui donner envie de passer une main dans ses cheveux marrons et caresser sa nuque… Ah, mais le moment pour ça viendrait, sûrement! Ils avaient quelques jours devant eux pour passer de beaux moments ensemble.

Le grand gaillard décida alors de guider sa belle au travers du campement qu’il appelait « maison » quand il n’était pas aux Terres Gelées. Il commença en lui confirmant ce qu’elle pensait : il avait veillé à ce qu’on ne s’en prenne pas à elle, surtout considérant qu’elle était d’abord venue en tant qu’esclave. « Merci, mon cœur. » lui dit-elle, sincère. Elle savait qu’elle pouvait compter sur lui et ça lui faisait un souci de moins. Elle réitéra ses remerciements lorsqu’il lui prit son sac. Mine de rien, elle aimait les petites attentions de ce genre. Comme quoi, il n’était pas vrai que tous les hommes du nord étaient des barbares. Eux aussi connaissaient la galanterie.

Elle se tint près de l’héritier du clan Drakkhen au fur et à mesure qu’il lui faisait visiter les lieux. Elle tâcha de conserver la tête haute face aux curieux, qui la détaillaient sans trop s’en cacher. Elle n’avait pas honte de ce qu’elle était, voire qu’elle était fière d’avoir un amant aussi formidable que leur chef. Elle avait bien l’intention de leur montrer qu’elle était digne de lui et pas seulement une sudiste, comme ils se plaisaient à appeler les Alombriens.

- Oh, ça s’est relativement bien passé. Il y a eu un peu de pluie au départ, mais ça s’est calmé. Autrement, les routes étaient belles jusqu’ici. Vous les avez bien entretenues, félicita-t-elle son compagnon, après que celui-ci lui ait demandé des nouvelles sur son voyage.

Combien de son message Ansgar comprit, elle ne le sut pas, car il se fit interpeller par un autre barbu. Instinctivement, elle leva la tête vers ce grand gaillard qui leur souriait. Elle écarquilla légèrement les yeux en comprenant qu’il s’agissait du meilleur ami de son bien-aimé. « Enchantée. » fit-elle par politesse. Elle baissa la tête un instant vers ce bras que son chéri avait passé autour de ses épaules. Ce petit geste lui faisait étrangement plaisir. C’était on ne peut plus clair comme indication qu’elle lui appartenait. Un sourire en coin demeura sur le visage de la fée, même lorsqu’il fut mention d’Idris. Apparemment, le Renard n’était pas dans les parages. La chevalière ne pouvait pas dire être extrêmement déçue, même si elle ne tenait plus rancune envers la cadette des Drakkhen.

– Je n’ai pas l’intention de lui arracher les cheveux, Ansgar… Je sais comment me tenir. Elle se tourna vers Thorvald. S’il y a conflit, ça ne viendra pas de moi!

La jeune femme à la chevelure de blé se fit silencieuse tandis que les meilleurs amis discutaient d’une embarcation arrivant de leur terre natale. De ce qu’elle en comprit, personne ne s’attendait à cette visite. Elle espérait que ce ne serait pas de mauvais augure. Rien ne pourrait décrire la déception qu’elle ressentirait si quelque chose devait venir entacher son séjour parmi les Norrois. Il était plutôt rare qu’elle pouvait se permettre de passer autant de temps sans son écuyère, encore moins de profiter pleinement de la présence de son bien-aimé. C’était un moment important pour elle.

- Oui, faisons ça, répondit-elle en rendant le sourire au Grand Ours Kodiak.

Elle se glissa à nouveau sous les bras de son tourtereau, se sentant comme si elle avait seize ans à nouveau. Elle prit la peine de regarder attentivement tout ce qu’il lui montrait et elle écoutait avidement les explications qu’il lui donnait. Elle cherchait réellement à voir ce campement pour ce qu’il était et non pour le lieu de captivité dont elle se souvenait. Elle eut un peu plus de difficulté lorsqu’elle vit le poteau auquel elle avait été attachée… mais détourna son attention vers autre chose que lui montrait le guerrier. Elle dut admettre qu’ils s’étaient plutôt bien organisés depuis la dernière fois qu’elle était venue.

- C’est elle, n’est-ce pas? s’écria-t-elle joyeusement, pointant la tente dont elle se souvenait comme si c’était hier. Le grand gaillard sembla ravi qu’elle reconnaisse sa tente. Elle fit quelques pas devant lui et sautilla sur place. Allez, qu’attends-tu? Elle tendit les bras pour qu’il la soulève et lui fasse passer le seuil de sa demeure dans ses bras. Oh, Madame avait bien l’intention de se faire gâter.

Son homme accepta avec un rire gras, signe qu’il était plutôt amusé par la demande de sa douce. Cette dernière s’occupa de tenir son sac pour les quelques mètres restants. Elle balança ses effets personnels au sol dès qu’ils furent à l’intérieur de la tente et entreprit d’embrasser langoureusement son petit ami. Elle fit tout un travail sur les cheveux du Norrois, tant elle lui caressa la nuque avec passion. « Si ce n’était pas de ce navire, je te prendrais maintenant… » susurra-t-elle, mordillant la lèvre inférieure de son amant. Elle posa un regard attendri sur lui, puis entreprit de lui rattacher les cheveux convenablement. « Désolée… Je me suis laissée emporter. » ricana-t-elle, avant de demander d’être déposée au sol.

Elle jeta un regard circulaire à la « pièce ». C’était comme si elle la découvrait pour la première fois, puisqu’elle avait été plutôt en mauvais état lors de sa première visite. Elle pointa une couche. « Est-ce celle d’Hélicie? » s’enquit-elle, levant les yeux en direction de son chéri. Elle savait que la fille de celui-ci l’avait accompagné en Alombria. « Tu crois qu’elle me donnera une chance? Je veux dire… Je sais que je ne suis pas sa mère et que je ne prendrai jamais cette place… Je ne m’y attends pas… mais je ne voudrais pas que notre relation cause des problèmes dans ta famille. »

À vrai dire, faire la rencontre de la progéniture de l’héritier du clan était ce qui la rendait le plus nerveuse dans toute cette histoire. Elle n’était pas sans savoir à quel point le Norrois tenait à sa famille, surtout à ses enfants. Il lui prononça des paroles réconfortantes et tendit une main qu’Adelyn accepta volontiers. Elle serra ses doigts et se lova contre lui. Elle écouta son cœur battre un instant et profita du silence, les yeux fermés. Enfin, elle leva la tête et caressa le pendentif en bois de son amoureux. Bon sang, ce que ce collier lui manquait! Il lui arrivait encore, à l’occasion, de porter la main à son cou seulement pour s’apercevoir que les oursons n’y étaient pas.

- Ansgar… commença-t-elle doucement. Elle était nerveuse, tout à coup. Elle ne savait pas comment aborder le sujet, mais elle savait que c’était le moment ou jamais. Cela faisait quelque temps qu’elle y réfléchissait et trouvait qu’il n’y aurait pas de meilleure occasion de l’aborder avec son chéri… surtout qu’ils ne vivaient plus leur amour dans le secret. Crois-tu que… que nous… Oh, la, la… Où était passée son éloquence? Elle qui parlait normalement avec tant de grâce… la voilà qui balbutiait n’importe quoi. Elle prit une grande inspiration. Aurons-nous des enfants ensemble un jour? Je veux dire… Crois-tu que nous pourrions avoir notre propre petite famille? J’aimerais… J’aimerais tant avoir un collier comme le tien, que je pourrais porter pour penser à toi et… et à ce que nous aurons construit ensemble comme vie...

Elle s’arrêta, ayant la gorge nouée par l’émotion. Elle essayait de déchiffrer le regard d’acier d’Ansgar tandis qu’elle se sentait plus vulnérable que jamais. « Dis quelque chose… » le supplia-t-elle, sur le bord des larmes. Toutefois, le destin ne semblait pas vouloir la gracier d’une réponse, car le nom du chef de garnison se fit entendre. Il y avait tout un remue-ménage à l’extérieur. Le couple eut à peine le temps de tourner la tête à l’unisson que la voix du second des guerriers du kodiak retentit à nouveau. Quelque chose ne tournait pas rond…

À cet instant-même, une tornade blonde fit son entrée dans la tente en criant le nom d’Ansgar à tous vents. La chevalière put sentir son amant se raidir et s’éloigner d’elle d’un coup sec. Son cœur se brisa en mille miettes. Elle ne comprenait pas ce qui se passait et pourquoi il y avait soudainement autant de tension dans la tente. Même Thorvald, qui n’avait pas tardé à les rejoindre, paraissait contrarié.


- C’est qui, cette garce? Fait sortir ton esclave!

- Pardon? répondit-elle, offusquée, dans la langue norroise. Elle foudroya la femme du regard. Je croyais que personne ne serait hostile? envoya-t-elle à son petit ami, qui n’avait d’yeux que pour la belle guerrière nordique.

Adelyn croisa les bras afin de montrer à cette folle qu’elle n’était nullement intimidée par sa taille de géante, ses formes plantureuses et son agressivité. L’inconnue s’approcha d’elle avec un air menaçant au visage, se demandant par quel culot une sudiste osait lui parler de la sorte. La femme réitéra son ordre voulant qu’elle disparaisse de sa vue, elle avait à parler à… son mari. L’expression de la fée perdit de sa férocité un instant, avant de redevenir un masque imperturbable. Ce n’était définitivement pas Idris… ce qui ne laissait qu’un seul homme marié : Ansgar. Celui-ci laissa tomber le nom de son épouse : Tilda. Cette dernière demanda à la fée pour qui elle se prenait, l’ayant choisie comme cible.

- Je ferais gare à mes paroles, si j’étais vous, commença-t-elle d’un ton dur. Elle ne se laisserait pas intimider, pas aujourd’hui… et ce, même si son estime venait de se faire écraser. Elle ne faisait pas le poids, littéralement, contre une grande femme, au teint bronzé, plutôt jolie et qui savait sans doute se battre aussi. Elle était aussi minuscule qu’un des enfants du peuple nordique en comparaison. Elle avait moins de poitrine également, ce qui la complexait sans doute pour la première fois de sa vie. Je suis le chevalier Adelyn d’Alombria et je suis ici pour négocier la paix avec le clan Drakkhen.

Elle voulut terminer d’expliquer sa présence en ces lieux, sans toutefois parler de sa relation amoureuse avec le Grand Ours Kodiak, mais n’en eut pas la chance. Tilda renifla avant de cracher au visage d’Adelyn. Jamais la guerrière n’avait-elle été aussi insultée de sa vie. La rage monta en elle comme une flèche enflammée.

**[Ansgar] Je vais l’égorger!** envoya-t-elle à son compagnon avec toute la hargne qu’elle portait en son sein.

Elle essuya méticuleusement son visage. Les paroles que prononçait la charmante épouse de son amant ne faisaient qu’empirer la situation, car elle ne se gênait pas pour dire que c’était l’idée la plus ridicule du siècle. Jamais les fiers Norrois ne s’allieraient avec des êtres inférieurs, à peine bons pour être des esclaves. Adelyn regarda Ansgar, lui disant de ses yeux qu’il était mieux de s’en mêler et d’avoir de méchantes bonnes explications quant à la présence de celle qu’il était sensé avoir divorcé pour être avec elle. Elle posa même ses yeux sur Thorvald, s’attendant à ce qu’il trouve quelque chose à dire puisqu’elle avait entendu qu’il était le fin négociateur.

Malheureusement, les deux hommes étaient figés sur place. Sans doute cherchaient-ils la meilleure façon de désamorcer la situation… mais ce fut trop pour la fée. Celle-ci quitta la tente d’un pas décidé, bousculant violemment Tilda de son épaule au passage, et ne se retourna même pas pour regarder les deux Norrois. Elle se sentait trahie… et blessée dans son orgueil de femme. Ses cheveux avaient la teinte du blé, pas de l’or… Ils étaient raides, pas ondulés comme des vagues cascadant dans son dos… Elle avait un teint de lait, prenant difficilement de la couleur, et non pas une peau halée… Elle se sentait comme une naine devant toujours se lever sur la pointe des pieds et espérer que son beau ne se penche pour être capable de l’embrasser… Elle s’arrêta près de la mer, ayant fait son chemin jusqu’à l’endroit où était amarré le bateau. Elle serra les poings. Devait-elle repartir tandis qu’elle ne venait d’arriver? Oh, et pourquoi avait-elle parlé d’avoir des enfants tout juste avant que la mère des progénitures d’Ansgar ne se pointe!? Ce qu’elle était idiote!

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