Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Adoubement de la Chevalerie d'Alombria [Libre]

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Douhbée
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MessageSujet: Adoubement de la Chevalerie d'Alombria [Libre]   Mer 10 Fév - 17:22

Chaque année, une cérémonie se déroulait au Château d’Alombria pour adouber les nouveaux Chevaliers et attribuer les nouveaux écuyers. C’était la sixième à laquelle Douhbée pouvait assister et elle était toujours aussi impressionnée, la première datant du jour où elle s’était inscrite comme élève, ses yeux s’étaient alors mis à briller pour la première fois depuis des années, en voyant ces fiers hommes et femmes revêtir des armures qui leur donnaient un air impressionnant, majestueux, et elle rêvait du jour où elle en serait apte.

Ce jour approchait à grand pas, car la moitié de son parcours était terminé, et aujourd’hui elle entamait une phase importante de sa formation : elle deviendrait à temps plein l’écuyer d’un Chevalier. Bien qu’ayant à quelques reprises eut des leçons sur le maniement des armes, données par divers Chevaliers, les enfants n’avaient appris qu’une minime base, et un arme, aux yeux de Douhbée, n’était encore rien de plus qu’un outil pour pratiquer son pouvoir de manipulation du métal. Et maintenant elle angoissait, parce qu’elle savait qu’elle allait devoir se battre réellement, et que jusqu’à présent il n’avait que manipuler ces armes dans le vide, sans même toucher une cible de bois, simplement pour «sentir la poigne» du combat et déterminer quelle arme leur seyait le mieux.

Mais même ça, Douhbée ne le savait pas. Elle ne s’était pas sentie plus à l’aise avec une épée qu’un arc, encore moins une lance. Donnez-lui des ciseaux et un ruban à mesurer, elle était habile, mais des couteaux à doubles tranchants? Ouch…

Elle espérait seulement que son maître saurait faire preuve de patience, la Pardusse n’était pas forte et ne le serait probablement jamais, autant par la génétique de sa race que par son passé qui n’était pas ponctué de terres à rabrouer, de vaches à traire, etc…

Une boule se forma dans sa gorge alors que son nom fut prononcé par le Magicien Enseignant, et que ce fut nulle autre que la Chef de l’Ordre qui s’avança pour lui passer sa ceinture d’écuyère autour de la taille. Intimidée, elle n’arrivait même pas à la regarder dans les yeux, alors qu’elle se demandait pourquoi diantre une faible esclave comme elle avait-elle l’honneur d’être assignée à la plus puissante Chevalier du Royaume? Elle ne méritait certainement pas tel honneur, et c’est la tête basse qu’elle se plaça à la droite de son nouveau maître, attendant les prochaines directives, les mains tremblantes.

À la fin des discours, les Chevaliers furent invités à quitter en compagnie de leur écuyer respectif afin de faire connaissance, et Douhbée suivit sagement son maître à l’écart, loin des oreilles indiscrètes. Les siennes, d’oreilles, étaient rouges de timidités.

-Je suis honorée d’avoir une grande Dame comme vous comme maître, Princesse Colombe, bredouilla-t-elle en tentant de bien la regarder dans les yeux, comme l’exigeait la politesse, mais son regard ne cessait de fuir. Je tâcherai de ne pas vous faire honte.

Elle avait failli ajouter «désolée que vous soyez coincée en ma compagnie», mais elle ne voulait pas avoir l’air encore plus piteuse.
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Colombe

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MessageSujet: Re: Adoubement de la Chevalerie d'Alombria [Libre]   Mer 10 Fév - 18:50

Colombe avait déjà formé un écuyer lorsqu'elle avait été nommée chevalier, mais elle avait décidé de ne pas en prendre d'autre par la suite, pour se concentrer sur son nouveau rôle de chef. Après trois ans, elle se sentait assez à l'aise dans celui-ci pour faire profiter quelqu'un d'autre de ses nombreuses compétences et connaissances. Elle avait donc indique à la magicienne enseignante qu'elle était prête à prendre quelqu'un sous son aile. La jeune femme avait discuté de la cérémonie prochaine avec un chevalier et ils avaient parlé des élèves de la prochaine génération. Elle-même avait surtout entendu parlé des plus forts, des plus habiles, de ceux qui ressortaient déjà du lot. Lui lui parla plutôt des cancres, des maladroits, des gênés qui ne disaient jamais rien. Il lui parla particulièrement d'une élève qu'on disait être la plus gênée jamais acceptée dans l'ordre. L'homme était persuadé qu'aucun maître ne pourra faire quoi que ce soit avec elle. Aucun, vraiment...? Aucun? Même pas Colombe? Ah non, même pas Colombe, lui disait-il, l'élève serait bien trop intimidée et elle quitterait après une journée. Ou même une heure! La chef des chevaliers répliqua qu'elle serait tout à fait capable de former n'importe qui, même la plus nulle, même la plus imbécile, même la plus gênée! Elle n'avait aucun doute sur ses propres capacités de maître et s'il fallait qu'elle prenne cette jeune fille sous son aile pour le prouver, elle le ferait.

Une fois que Colombe avait une idée en tête, il était difficile de lui enlever. Tout de suite après sa discussion avec le chevalier, elle alla voir la magicienne enseignante pour lui demander d'avoir l'élève en question comme écuyère. La magicienne lui expliqua qu'elle n'était pas certaine que leurs personnalités concordent vraiment, que la jeune serait peut-être un peu trop intimidée... Ce qui, bien sûr, ne fit que renforcer l'idée de Colombe. Et il est très, très difficile de dire non à Colombe.

C'est donc en sachant déjà qui allait avoir la chance de recevoir son éducation que la jeune femme se dirigea vers la cérémonie d'adoubement. Elle assistait à chacune d'entre elle et y faisait souvent un petit discours pour féliciter les nouveaux chevaliers et accueillir les élèves dans l'ordre. Cette fois, elle prit place sur l'estrade avec les autres maîtres. Lorsqu'elle plaça la ceinture d'écuyer autour de la taille de Doubhée, elle comprit tout de suite qu'on ne lui avait pas menti sur la timidité de l'adolescente : la pauvre petite garda la tête basse, évitant son regard, les mains tremblantes. Une fois la cérémonie terminée, elles se déplacèrent vers un endroit plus tranquille de la cour. Bien sûr, sa nouvelle écuyère était tout honorée de l'avoir comme maître, etc etc, rien de très surprenant.

«Tu peux m'appeler simplement Colombe, je ne suis plus vraiment une princesse. Inquiète toi pas, tu me feras pas honte, à moins que tu fasses vraiment n’importe quoi, mais on va s’arranger pour que ça arrive pas, hein! Bon alors, t’es quand même mon écuyer, et je suis la chef, alors va falloir que tu apprennes à prendre ta place et à ne pas te laisser marcher sur les pieds. Tu dois avoir laissé tes choses dans ta chambre d’élève? Viens, on va… mm, TU vas demander à une domestique d’aller te chercher tout ça.» Elle commença à marcher vers le château en lui posant quelques questions, en espérant que ça amène Douhbée à s’ouvrir un petit peu. «J’aimerais un peu mieux te connaître, pour commencer! Dis-moi, tu as quel âge? Quels sont tes pouvoirs? Qu’est-ce que tu veux faire quand tu seras plus grande? Haha, je blague, je sais que tu veux être chevalier!» Elle lui fit un clin d’œil. C’était sa façon très efficace de détendre l’atmosphère.

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Douhbée
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MessageSujet: Re: Adoubement de la Chevalerie d'Alombria [Libre]   Jeu 11 Fév - 8:32

Comment peut-on ne plus être Princesse? C’est un état de naissance, pas un devoir ou un travail, aucun poste, aucune formation n’enlève un titre de noblesse. Qui nait Princesse, meurt Princesse. *Qui nait esclave, meurt esclave* se moqua une voix malicieuse dans sa tête, mais Douhbée la chassa. Elle ne pouvait toutefois s’empêcher de voir Colombe comme une grande dame, c’était de là qu’elle était issue après tout, alors qu’elle-même relevait du petit peuple, et même pire.

Elle s’était imaginé bien des scénarios par rapport à son maître, encore davantage en apprenant qu’elle était la Chef de l’Ordre et qu’elle serait probablement très sévère. La vie lui avait inculqué que les gens puissants et de haute naissance peuvent être des monstres. Mais jamais elle ne s’était attendu à cette légèreté venant de Colombe, qu’on disait pourtant redoutablement autoritaire. Jamais ne s’était-elle attendu à tant de douceur et de gentillesse. Oui voilà, c’était le mot, gentille. La Princesse Colombe était gentille. Non, tu ne me fais pas honte, oui, nous allons travailler ensemble, non tu ne te laisseras pas marcher sur les pieds, oui, tu vas devenir quelqu’un.

-Oui Princ… Maître Colombe. se corrigea-t-elle en se demandant pourquoi elle devrait demander à un domestique de travailler pour elle, alors qu’elle était habituellement ladite domestique.

Alors qu’elles marchaient vers le château, Douhbée ne pouvait plus retenir un sourire, fait rare dans son existence, exhibant toute sa fine dentition pointue. Ses oreilles de chats ne pouvaient la tromper, son Maître rigolait, blaguait, voulant probablement la rassurer, et ça la petite écuyère s’en rappellerait toute sa vie durant, comment Colombe était pleine de bonté et d’attention.

-J’ai quatorze ans, finit-elle par répondre, après avoir eu besoin d’un temps pour compter. Son anniversaire n’avait jamais signifié grand-chose. J’ai appris à manipuler le métal dans les cours, j’espère que ça va m’aider à comprendre le combat, ça me fait beaucoup peur de ne pas être douée aux armes, si je peux me permettre d’être honnête avec vous Maître. C’est pour ça que j’ai dis ce que j’ai dis tout à l’heure, beaucoup d’enfant ont joué à l’épée de bois en étant petit… pas moi… Un petit regret se forma dans sa gorge, mais elle passa à autres choses, elle ne voulait pas que ça paraisse. J’ai du mal à expliquer l’autre pouvoir… Je vois le futur. Ou un de ses possibles. Même moi je ne comprends pas tellement comment ça marche…

Colombe lui avait aussi demandé ce qu’elle aimerait faire quand elle serait grande, et bien que c’était une blague… Douhbée le pris sérieusement. Oui, elle voulait être Chevalier, mais elle avait raison.

-Quand je serai grande, dit-elle sérieusement, bien qu’elle se douta avoir terminé sa croissance, si j’arrive à devenir aussi forte que vous, je veux défendre les faibles et les malheureux.

Tant de sérieux venant d’une adolescente de cette âge devait paraître cocasse, mais Douhbée s’était toujours jurée que, si elle parvenait à devenir puissante, si elle en avait la force, elle voudrait éviter à d’autres petites filles de subir ce qu’elle avait vécu jadis. Le principe de vengeance ne signifiant rien pour elle, elle ne pensait qu’à prévenir les maux du futur, et non corriger les drames du passé. Un drôle de lien avec son pouvoir de voir l’avenir.

Elles arrivaient dans le dortoir des élèves, déjà en train de se faire évacuer par les adolescents promus à titre d’écuyer. Tout le monde le faisait par soi-même, il n’y avait que quelques domestiques en vue, mais elles nettoyaient les chambres vides pour accueillir les nouveaux élèves, elles n’emballaient pas les affaires des écuyers. C’était impossible, son Maître ne pouvait pas demander ça, les domestiques ne voudraient pas, elles avaient assez à faire ! Douhbée se sentait bien trop mal de leur alourdir la tâche, et puis on lui rirait probablement au nez : la petite Lynx qui donne des ordres ? À d’autres ! Elle osait a peine parler pour demander une indication afin de ne pas se perdre dans le château !

-Je vais tâcher de faire vite, promit-elle à son maître, en entrant dans sa chambre pour vider le peu d’effets qu’elle possédait.

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MessageSujet: Re: Adoubement de la Chevalerie d'Alombria [Libre]   Ven 12 Fév - 16:36

Colombe était contente que Douhbée lui réponde ; franchement, elle n'était pas si gênée que cela! Après ce qu'on lui avait dit, elle avait un peu un peur d'hériter d'une fausse muette. Le pouvoir du métal était très intéressant et serait certainement utile lors de combat. Contrairement à l'écuyère, la jeune femme n'avait jamais vraiment eu de problème avec le combat ; depuis son plus jeune âge, elle passait son temps à se chamailler avec les garçons du château, alors apprendre à se battre avec un maître lui avait paru naturel. Elle comprenait toutefois que son écuyère soit plus appréhensive, surtout si elle n'avait jamais touché une arme de sa vie. Colombe était convaincue de pouvoir passer par-dessus ce problème, elle penserait bien à une solution. La chevalier nota que Douhbée semblait émotive par rapport à son pouvoir de voir dans le futur. Est-ce qu'il lui rappelait de mauvais souvenirs? Avait-elle eu des visions d’une apocalypse prochaine...? Elle décida qu'il valait mieux lui en parler plus tard. Elle était étonnée que l'adolescente lui donne une telle réponse par rapport à ce qu'elle voulait faire plus tard. La pardusse faisait preuve de beaucoup de maturité pour son âge. À quatorze ans, Colombe... Nan, il valait mieux ne pas penser à ça, c'était un peu trop honteux.

«C'est pas grave si tu t'es jamais battu! Au moins tu n'as pas de mauvaise habitude, tsé les gars quand ça commence à s'entraîner, ça se bat N'IMPORTE COMMENT et ça se pense ben ben fort! Moi j'avais un cousin, il a essayé de m'attaquer quand il avait 17 ans -moi j'en avais 15- et comme tout gars imbécile, bah il s'est fait battre! Sache qu'on a un gros avantage sur les hommes, nous.» Elle pointa sa tête. «On prend nos décisions avec notre cerveau... plutôt qu'avec ce qu'on a entre les jambes.»

Une fois dans la tour, Colombe identifia les servantes qui travaillaient à préparer les chambres pour les élèves. Elle en connaissait plusieurs, devant souvent donner des indications aux domestiques en charge de l’aile des chevaliers. L’une d’entre elle, Alina, une Elfe dans la cinquantaine, ne refusait jamais rien à Colombe, soit parce qu'elle était très gentille, soit parce qu'elle était trop intimidée par l'ancienne princesse. Les nouveaux écuyers préparaient tous leurs choses par eux-mêmes et, bien sûr, Doubhée voulut faire comme eux. Avant qu’elle puisse entrer dans sa chambre, Colombe la reteint doucement par l’épaule.

«Hey, stop! Je t’ai dit que je veux que tu demandes l’aide d’une domestique, et je ne changerai pas d’idée! Je peux même t’aider, si tu veux…»

Elle fit mine de chercher des yeux une domestique pas trop occupée, mais envoya plutôt un message rapide à Alina.

[Alina]**J’ai une nouvelle écuyère, elle va te poser une question, peux-tu dire oui? S'il te plaît.**

La jeune femme n’avait pas vraiment le temps de lui donner plus de détails sans que Doubhée se doute de quelque chose, alors elle appela l’Elfe, cette fois à voix haute :

«Alina! Pourrais-tu venir ici, mon écuyère à quelque chose à te demander!»

Elle sourit, la main toujours sur l’épaule de Douhbée, à la fois pour lui donner du courage et pour s’assurer qu’elle ne prenait pas les jambes à son coup pour aller se cacher dans un coin plutôt que de devoir affronter cette première «épreuve».
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Douhbée
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MessageSujet: Re: Adoubement de la Chevalerie d'Alombria [Libre]   Sam 13 Fév - 21:21

Douhbée était soulagée du peu qu’elle découvrait de son Maître, et espérait que toute la suite des choses se passerait de la même façon. Colombe avait le don de la mettre à l’aise, parce qu’elle n’avait pas l’air de la juger, et elle était de si bonne humeur qu’on avait l’impression que rien ne pouvait la décevoir. Elle lui affirma que ce n’était pas grave si elle ne savait pas encore ce battre, puisqu’ainsi elle n’aurait pas de «mauvais plis». Elle lui raconta d’ailleurs une anecdote démontrant son point de vue, qui fit rigoler franchement l’adolescente, jusqu’à ce qu’elle fasse allusion au sexe des hommes. Là, elle cessa de rire, mais se força à sourire pour ne pas paraître trop louche, et répondit de façon hésitante pour que son silence ne passe pas pour louche.

-Oui c’est bien vrai, vous devez avoir raison dans ce cas bredouilla-t-elle en regardant à nouveau ses pieds.

Elle n’aimait même pas entendre parler de la chose, quel que fut le contexte. Chacune des allusions (et elles étaient de plus en plus fréquentes lorsque sa cohorte d’élèves était entrée dans l’adolescence) lui donnait des frissons, et il lui fallait un effort surhumain pour retenir ses larmes.

Toutefois, Colombe changea un peu d’attitude lorsque Douhbée décida d’aller ranger ses choses seule, contrairement aux ordres reçus au départ. Elle la retint par l’épaule et lui rappela ses indications, bien que doucement, elle restait un peu strict. L’écuyère se mordit les lèvres, elle avait espéré que son Maître n’en ferait pas une scène et aurait oublié, mais celle-ci appela aussitôt une servante qui était pourtant occupée, et lui demanda de venir pour écouter ce que la Pardusse avait à lui demander.

Toute souriante et ne semblant pas embêtée le moins du monde d’être interrompue, la servante s’inclina en lui demandant comment elle pouvait être utile. Bouche bée de se voir accorder tant de respect, Douhbée ne remarqua même pas le clin d’œil qu’elle échangea avec Colombe. Ne considérant pas qu’elle, une esclave, méritait plus de respect qu’une servante des Chevaliers, l’adolescent s’inclina encore plus bas que la précédente, et regarda ses pieds en demandant la faveur que son Maître exigeait d’elle.

-M’a-mamacorderiez vous un pe-petit instant pour m’aider-der à rama-ma-masser mes affaires, sssssssss’il-vous plait MademoiselleAli-ali-alina? bégaya-t-elle en rougissant de honte, sachant que Colombe ne serait pas fière de sa performance.

Elle s’apprêtait à ajouter que ce serait pour elle un HONNEUR que Mademoiselle Alina lui accorde cette FLEUR, qu’elle lui rendrait se SERVICE au centuple et ne lui aurait jamais demandé si elle n’y avait pas été obligée… Mais elle n’eut pas le temps. Car c’est souriante et de bonne humeur que la servante accepta avec plaisir, et pénétra sans rien de plus dans sa chambre pour y sortir les quelques effets de ses tiroirs.

La situation était d’autant plus ridicule que Douhbée ne possédait presque rien, et qu’il ne fallut pas une minute aux feux ensemble pour regrouper le tout dans un seul sac, que l’écuyère s’empressa de prendre pour le porter toute seule.

-Bon et maintenant? demanda-t-elle la mine piteuse en regardant son Maître qu’elle se doutait d’avoir déçue.

Alors qu’Alina s’éclipsait en silence pour retourner au travail, l’écuyère se dépêcha de la remercier pour son aide, elle ne voulait pas être impolie…
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MessageSujet: Re: Adoubement de la Chevalerie d'Alombria [Libre]   Mer 24 Fév - 20:40

Douhbée réussit tant bien que mal à demander de l'aide à la domestique. Ce n'était pas fameux et Colombe se demanda si Alina aurait accepté si elle ne lui avait pas demandé de le faire. Probablement que oui, en fait, parce qu'elle ne lui avait rien demandé de difficile, et parce qu'il était évident que la jeune écuyère se sentait extrêmement gênée de demander ce simple service ; elle ne l'avait pas demandé parce qu'elle se croyait supérieure au domestique, comme beaucoup des membres de l'ordre. Colombe avait remarqué que se mettre au-dessus des autres étaient le meilleur moyen de perdre leur collaboration. Une chose que Pride ne comprendrait probablement jamais. Mais inutile de penser à lui maintenant... Douhbée avait la mine piteuse et et semblait s'attendre à ce que Colombe ne soit pas fière d'elle, alors que la jeune femme était plutôt contente d'elle. Si la Pardusse n'avait même pas voulu essayer, là elles auraient eu un grave problème, mais ce n'était pas le cas. Colombe était convaincue de pouvoir amener la jeune fille sur la bonne voie, de pouvoir lui apprendre à avoir confiance en elle. Et puis, il était plus facile de monter l'estime de soi de quelqu'un que de remettre un prétentieux à sa place...

«Tu vois, Douhbée, ce n'était pas si difficile! Je suis contente que tu l'aies fait.» Elle sourit. «Bon, viens, on va aller porter tes choses à ta nouvelle chambre.» Pendant qu'elles se dirigeaient vers les quartiers de Colombe, celle-ci ajouta : «Il y a plein d'écuyers et d'écuyères qui ont la grosse tête dans l'ordre, tu as bien dû le voir. Au moins, ce n'est pas ton cas, hein!»

Colombe fut interrompue par un message télépathique d'un de ses chevaliers, Rolan. Depuis quelques semaines, plusieurs enfants avaient été kidnappés autour du château, probablement pour être vendus comme esclaves. Rolan investiguait les enlèvements et il venait de trouver le repère du maître d'esclave : il lui demandait de l'aide pour pouvoir libérer les enfants, ce qu'il ne pourrait faire seul étant donné le nombre d'hors-la-loi qui protégeaient le repère. Selon lui, les brigands se préparaient à partir. Il fallait qu'ils agissent maintenant, sans quoi les enfants pourraient disparaître à jamais... Colombe aurait préféré ne pas avoir à diriger ce genre de missions le jour des adoubements, mais elle n'avait pas bien le choix.

«Changement de plan! Rolan, un chevalier, a trouvé le repère d'un maître d'esclave. Nous devons nous en occuper aujourd'hui. Ce n'est pas très loin, nous allons y aller à pied.» Elle lança un regard à la dague d'écuyère de Douhbée. Ce ne serait pas suffisant pour se battre, mais elle ne comptait pas lui demander d'affronter les brigands de toute façon. «Tu pourrais regarder, ce ne sera pas dangereux.» précisa-t-elle en espérant que la jeune fille ne panique pas... Pas trop, en tout cas.

Elle envoya un message à une dizaine de chevaliers qu'elle savait ne pas avoir reçu d'écuyers. Selon Rolan, la petite bande comprenait quatre ou cinq hommes. À douze, entraînés et aidés de pouvoirs magiques, ils pourraient les arrêter sans problème. Les brigands s'étaient cachés dans la forêt, à à peine une dizaine de minutes à pied du château, dans une cabane qui avait servi à des chasseurs avant que Virtuas ne s'installe dans la région. Rolan ayant le pouvoir d'invisibilité, il pouvait les attendre sans risque.  

«Suis-moi! Oh, on va donner tes choses à quelqu'un qui pourra s'en occuper.»

Cette fois, Colombe demanda elle-même à un serviteur de prendre les choses de Douhbée. Elle se dirigea ensuite vers la sortie du château ; elle avait déjà son épée qu'elle portait toujours lors des cérémonies et se considérait donc prête à se battre. La chef comptait rejoindre les autres chevaliers en bordure de la forêt. Elle s'assura que son écuyère la suivait...
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Douhbée
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MessageSujet: Re: Adoubement de la Chevalerie d'Alombria [Libre]   Lun 29 Fév - 19:50

Certaine que son maître allait la rabrouer pour sa faiblesse, puisqu’elle était une Princesse qui avait l’habitude de donner des ordres au êtres inférieurs , Douhbée fut surprise de la voir plutôt la féliciter, Colombe n’avait même pas l’air une miette contrariée. L’événement était déjà clos, semblait-il, et il était temps d’effectuer le déménagement. Voilà, tout simplement, pas de «tu aurais du te montrer plus ferme» ou «les servantes ne méritent pas tant de politesse». Ce pouvait-il donc que la nouvelle écuyère se fut trompée sur la façon de vivre de la royauté? Peut-être n’étaient-ils pas prétentieux finalement, et ne se considéraient pas au-dessus de tous juste par leur sang. En tout cas, ça ne semblait pas être le cas de la Chef des Chevaliers, bien que la pardusse s’était toujours imaginée que les princes et princesses étaient effectivement supérieurs à tous.

En se dirigeant vers les quartiers de Chevalerie, où Douhbée logerait maintenant dans la même pièce que Colombe, celle-ci lui expliqua que certains membres de l’ordre, en particulier dans l’adolescente, avaient la grosse tête et se pensaient au-dessus de tous, et qu’elle était contente que ce ne soit pas son cas.

-Mais alors, est-ce que je pourrais vous poser une question? elle ne comprenait tout simplement pas son raisonnement, pourquoi devais-je ordonner à une servante de m’aider, alors que mes collègues de ma génération devaient tout faire seuls? Il est vrai que mes anciens collègues de classe pensaient qu’ils seraient au-dessus des lois une fois dans l’Ordre, ce n’est pas ce que je pense, mais en quoi les servants devraient-ils nous servir? Ne sommes-nous pas nous-mêmes, en quelque sorte, des serviteurs du Château?

L’interrogation était timide, elle se sentait un peu stupide, comme si elle venait de discréditer la valeur de l’Ordre au complet devant celle qui le dirigeait. Ce qu’elle pensait n’était pas sorti en mots comme elle le voulait, mais si l’Ordre protégeait le Royaume, il était donc au service du Château, autant que n’importe quel serviteur…

Tout d’un coup, la Chevalier s’interrompit, les plans venaient de changer. Douhbée compris à son air que quelque chose de grave se passait, et qu’on l’avait probablement appelée pour une mission. Elle écarquilla les yeux lorsque son Maître l’avisa qu’elles partaient toutes les deux pour un repère de marchands d’esclave. Son trouble était double, parce qu’elle craignait les marchands d’esclaves plus que tout, elle craignait d’être reconnue et ramenée à son ancien Maître, Sir Ulyss. Elle ne voulait plus entendre parler d’esclavagisme, et elle croyait qu’il n’en existait pas à Alombria, qu’elle était en sécurité!

Son autre trouble, c’était qu’elle devait y aller? Elle venait à peine d’être adoubée et ne connaissait rien de rien! Colombe laissa les effets de Douhbée à un serviteur, encore un serviteur qui servait des serviteurs! Gênée, l’écuyère lui chuchota qu’elles partaient en mission, voulant se justifier, mais le serviteur était déjà parti en direciton des appartement de Colombe, il ne s’était pas inquiéter outre mesure de devoir terminer ce qu’elels avaient commencé. D’ailleurs, Colombe se dirigeait déjà vers la sortie, l’épée au poing, et la pardusse n’eut d’autre choix que de presser le pas pour la rejoindre. Elle n’était même pas armée bon sang!

-Maître, ne serais-je pas plutôt encombrante? Je suis désolée je ne veux pas encore protester, c’est juste que je ne suis même pas armée et même si je l’étais je ne saurais me défendre… Je vous nuirai je le sais, et j’ai peur.

Une boule se forma dans sa gorge alors que cet aveu sortait de sa bouche sans qu’elle arriva à le retenir. Elle s’était pourtant promis de tout faire pour ne pas décevoir son maître, et voilà qu’à la première occasion, elle avait la tremblote et était sur le point de faire dans ses culottes. Des marchands d’esclaves, ça n’aurait pas pu être pire, comme première mission. Bêtement, elle se mordit les lèvres pour retenir un gémissement d’angoisse, et elle laissa des mèches de cheveux tomber sur son visage pour cacher les larmes qui se pointaient dans ses yeux.

-Je croyais qu’il n’y avait pas d’esclavagisme à Alombria, réussi-t-elle à souffler doucement, tout en courant pour suivre l’allure de son maître. Mais elle n’avait pas réussis à camoufler le sanglot qu’elle portait au bord des lèvres.

Une petite bande de Chevaliers accourait en direction de la forêt, apparemment plusieurs étaient dans le coup. Peut-être qu’elle n’aurait effectivement même pas besoin de s’approcher de l’endroit et ne ferait que regarder de loin? Ils encerclèrent bientôt une cabane de chasseur abandonnée, qui semblait être le repaire des esclavagistes. Apparemment, l’embuscade était déjà ratée et l’effet de surprise dissipée, parce que les criminels s’étaient préparés, armés, et tenaient deux enfants en otage. Mais ce n’était pas cette scène qui choqua l’adolescente autant que de reconnaître l’un deux…

Et bien que cela remonte à près de 10 ans, il ne pouvait y avoir erreur sur la personne, son teint basané trahissait ses longues années de travail dans le désert, et il n’y avait que lui pour tresser sa barbe de petits ossements de reptiles. C’était à lui que le Clan des Lynx vendait jadis ses petites filles pour une poignée d’or. Que faisait-il ici, si loin du désert? Le marché d’esclaves des sauvages battait le l’aile? Peut-être que son ancien Clan s’était remis sur les railles et n’avait plu besoin de s’abaisser à une telle bestialité pour survivre… *Ou peut-être ne survit-il justement plus personne* chuchota une voix maligne dans sa tête, qu’elle chassa en hochant la tête. Les larmes qui coulaient sur ses joues tombèrent sur la main de son maître, qu’elle suivait à quelques centimètres, lorsqu’elle s’ébroua ainsi.

-Je l’connais. S’appel Misrak. dit-elle en pointant le plus foncé de la bande, qui semblait d’ailleurs être le chef. Avant y vendait des petits du Désert.

Elle n’arrivait tout simplement pas à appeler son peuple «les sauvages». Sans expliquer pourquoi elle connaissait ses détails, parce qu’elle n’en avait pas envie et que ce n’était de toute façon pas le moment, elle détacha enfin ses yeux de son ancien «ravisseur» pour essayer de voir les regards des enfants apeurés.

-Je veux être utile, j’veux pas juste regarder, s’il m’aperçoit il va vouloir m’avoir, vous pourriez me négocier contre les enfants? Tout ce qu’elle voulait, c’était qu’aucun autre gamin ne vive ce qu’elle avait vécu, même si cela signifiait pour elle risquer de retourner d’où elle arrivait…
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MessageSujet: Re: Adoubement de la Chevalerie d'Alombria [Libre]   Sam 5 Mar - 14:41

Douhbée souleva une bonne question. Si son écuyère était timide, elle n’était définitivement pas stupide. Colombe fronça les sourcils, cherchant quoi lui répondre. La jeune femme avait voulu qu’elle demande l’aide d’une domestique pour lui donner confiance en elle, pour qu’elle voit que personne n’allait la manger si elle «osait» leur adresser la parole. Elle ne pensait pas que cette petite épreuve allait se transformer en activité de réflexion. Colombe ne voulait surtout pas ridiculiser sa question ; elle sentait que sa relation avec Douhbée se formait à peine et que la moindre remarque négative de sa part pourrait y nuire énormément. Elle n’eut pas le temps d’y répondre tout de suite de toute façon puisqu’il fallait qu’elle quitte le château le plus rapidement possible pour rejoindre Rolan.

Colombe remarqua que la jeune Pardusse semblait assez angoissée. Elle crut qu’il s’agissait simplement du stress normal qui venait avec la première mission : la peur de devoir se battre pour la première fois, la peur de décevoir les autres, la peur d’être dans le chemin, aussi. Colombe n’avait pas vraiment eu à gérer ces peurs lorsqu’elle-même était devenue écuyer ; elle n’avait jamais manqué de courage pour quoi que ce soit, mais elle savait que beaucoup des membres de l’ordre avaient été anxieux lors de leur première mission… Et pas seulement leur première, en fait. Elle nota aussi le commentaire de Douhbée sur la présence d’esclavagiste d’Alombria, mais ne lui donna pas plus d’importance que cela, ne connaissant pas le passé de la jeune fille. La jeune chef répondu en continuant à marcher vers la forêt.

«Tu ne nuiras pas, Douhbée! C’est normal d’avoir peur, on a tous peur à notre première mission.» Sauf Colombe, mais pas besoin de mentionner ce détail. «Mais nous serons une bonne dizaine et nous sommes tous bien entraînés. Il ne peut rien t’arriver! Et on ne s’attend pas à ce que tu nous aides, ne t’inquiète pas. Tu ne fais que commencer ton entraînement! Mais ça va te permettre de voir ce que l’on fait.»

Elle lui mit une main sur l’épaule pour lui donner du courage. En fait, elle pourrait littéralement lui donner du courage si elle en ressentait le besoin. Mais utiliser sa magie pour donner du courage à tous et chacun à n’importe quel moment n’était probablement pas une utilisation judicieuse de son pouvoir puisqu'elle n’était pas toujours là pour supporter ses troupes. Pendant qu’elles marchaient jusqu’au repère des brigands, Colombe décida de répondre à la question de son écuyère. Elle avait eu le temps de bien formuler sa pensée et espérait que Douhbée comprendrait son point de vue.

«Tu m’as posé une question tout à l’heure, et je n’ai pas eu le temps d’y répondre. Tu as raison, nous sommes aussi des serviteurs du château, et surtout du royaume. Je crois que nous ne devrions pas voir les domestiques comme nos serviteurs, ou les serviteurs de qui que ce soit. Ils sont plutôt nos… partenaires? Nous travaillons tous ensemble pour que le royaume devienne meilleur. Parfois, nous avons besoin de leur aide. Cela ne veut pas dire que nous sommes supérieurs à eux. Je viens de demander à un serviteur d’aller porter tes choses. Si nous étions allés nous-même, nous aurions perdu de précieuses minutes et, à la limite, cela aurait pu coûter la vie aux enfants en otage. Les domestiques sont heureux de nous aider lorsque cela signifie que nous pourrons mieux faire notre travail.

J’ai voulu que tu demandes quelque chose à une domestique parce que je veux que tu apprennes que demander de l’aide ne fait pas de toi une mauvaise personne, ou une personne qui profite des autres. Demander de l’aide pourra te permettre de mieux remplir tes obligations de chevalier d’Alombria. Si tu leur demande de faire quelque chose pour toi parce que tu crois que plier tes draps n’est pas à ta hauteur, ou parce que tu veux aller boire à la taverne, c’est là que le problème commence. Mais je ne crois pas que ce soit ton genre!»  


Le temps qu’elle finisse de lui répondre, le petit groupe de chevaliers était déjà arrivé à la cabane de chasseur. Les esclavagistes devaient avoir une vigie qui les avait vu approcher, car ils les attendaient, tenant deux enfants en otage. Colombe était trop concentrée pour remarquer l’état de Douhbée, du moins jusqu’à ce que quelques larmes tombent sur sa main. Elle posa son regard sur la Pardusse, surprise. L’anxiété liée à une première mission n’expliquait pas son comportement. Apparemment, elle connaissait le chef de la petite bande. Celui-ci avait vendu des enfants du Désert. Comment pouvait-elle le savoir…? L’adolescente proposa même de prendre la place des enfants, comme si les chevaliers voudraient faire une telle chose… Elle avait vraiment une faible estime d’elle-même. La Pardusse disait qu’il la voudrait, lui avait-elle déjà appartenu? Avait-elle vécu son enfance comme esclave…? Cela expliquerait bien des choses… Mais elles n’avaient pas le temps d’en discuter maintenant. Colombe se plaça au niveau de son écuyère pour la regarder droit dans les yeux.

«Douhbée, jamais tu n’auras à servir d’otage. C’est généreux de ta part de vouloir le faire, mais tu n’as pas à faire ce sacrifice, et tu n’auras jamais à le faire. Nous n’acceptons pas l’esclavagisme ici. Cet homme sera puni comme il se doit. Nous allons libérer ces enfants. Ils ont vécus des jours très difficiles, ils auront besoin de quelqu’un qui les comprend. Je crois que c’est la meilleure manière d’aider, pour toi. Tu n’as pas besoin de te mettre en danger, d’accord? Reste avec moi.»

Elle se redressa. Les chevaliers attendaient ses ordres. Le mieux serait que les brigands ne résistent pas, mais elle se doutait bien que ce ne serait pas le cas. La priorité serait la sécurité des enfants, qui risquaient d’être gravement blessés (ou pire) s’ils en venaient aux armes. Ils avaient un guérisseur avec eux, mais il ne pouvait ramener les morts. Colombe se demanda si Doubhée aurait été capable d’utiliser son pouvoir du métal pour éloigner les dagues des gorges des pauvres enfants… Mais elle ne voulait pas mettre son écuyère dans cette situation. De toute façon, le pouvoir de télékinésie de Xavier ferait l’affaire. Le vent tomba d’un coup, à la volonté de Colombe. Cela leur permettrait de tirer à l’arc plus facilement. Trois esclavagistes étaient à l’extérieur, mais il y en avait sûrement d’autres à l’intérieur, prêt à les attaquer.

[Chevaliers présents, y compris Douhbée]**Xavier, je veux que tu leurs vole les dagues avec ton pouvoir. Brendon, soit prête à les guérir au besoin. Je resterai en retrait avec mon écuyère.** Elle était habituellement la première à se jeter dans la mêler, mais elle était responsable de Douhbée et ne l’aurait jamais laissée seule. **Lana et Bianca, essayez de nous amener les enfants, d’accord? Lukas, utilise ton pouvoir de fumée pour les aveugler lorsque je te le dirai.**

«Vous êtes entourés!» cria-t-elle. «Vous n’avez aucun moyen de quitter avec les enfants. Laissez-les partir, et nous n’aurons pas besoin de faire couler de sang!»

«C’est juste l’sang des kids qui va couler s’vous approchez! Vous voudriez pas qu’ça arrive, hein!» répliqua Misrak. Il ne semblait pas avoir remarqué Douhbée, pas pour l’instant, du moins. «J’en ai plein, j’peux en tuer un ou deux!»

Colombe serra les dents. Ils n’avaient pas le choix. Elle utilisa son pouvoir sur les deux enfants apeurés pour leur donner du courage, espérant que cela les aide à mieux traverser le combat inévitable. [Chevaliers]**Nous n’avons pas le choix. Xavier, vas-y!** Les dagues que les deux brigands tenaient à la gorge des enfants et l’épée que tenait Misrak s’envolèrent. **Lukas! Les autres, go! Perdez pas de temps!** Des petits nuages de fumée apparurent autour des visages des brigands qui, surpris, mirent un certain temps à réagir. Les chevaliers se lancèrent à l’assaut sans éviter, certains entrant dans la cabane, d’autres se dirigeant tout de suite vers les deux enfants pris en otage pour les mettre en sureté. Colombe plaça une flèche sur son arc, prête à intervenir au besoin.


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MessageSujet: Re: Adoubement de la Chevalerie d'Alombria [Libre]   Dim 6 Mar - 21:16

En chemin pour rejoindre leurs compatriotes, Colombe tenta tant bien que mal de rassurer son écuyère, en lui assurant que tout le monde avait peur à sa première mission et que c’était normal, mais Douhbée avait du mal à s’imaginer comment une femme puissante comme la Chef ait pu un jour avoir peur. Qu’elle soit la vertu du Courage ne lui traversa même pas l’esprit, elle se l’imaginait de toute façon trop forte pour avoir jamais craint quoi que ce soit, elle la voyait déjà comme un genre de Superhéro dans sa tête.

Douhbée sentait quand même que, bien qu’à l’écart, elle risquait sa vie en présence de marchands d’esclaves, puisqu’ils la lui avait déjà ruinée une fois auparavant. Mais Colombe ne lui laissa pas le temps de s’inquiéter davantage, meublant le temps en revenant sur a question des serviteurs, déléguant qu’il fallait apprendre à travailler en équipe avec eux, et que c’était important qu’elle comprenne que, oui, ils étaient sur le même pallier hiérarchique, mais que ce n’était pas mal de leur demander de l’aide, au contraire. Cette explication réussi à satisfaire la jeune pardusse, parce qu’effectivement, elle n’était pas le genre de cas à vouloir abuser de ses collègues serviteurs pour son propre intérêt. Elle hocha donc la tête pour montrer à son Maître qu’elle avait compris, mais ils arrivaient déjà à proximité des autres Chevaliers et de la cabane du chasseur.

Colombe chasse immédiatement l’idée que Douhbée puisse servir de monnaie d’échange, l’esclavagisme n’était pas quelque chose de tolérable à Alombria et qu’ils allaient trouver un moyen pour les libérer. Bien que l’adolescente se mordit les lèvres de ne pouvoir être utile, elle n’osa protester. Maintenant, elle commençait à regretter d’avoir dévoilé tout ça, parce que son Maître devait avoir compris qu’elle avait été esclave, et elle ne voulait pourtant pas que quiconque le sache. En effet, comme elle lui proposait d’aider à la fin à réconforter les enfants, c’est qu’elle n’ignorait plus que la pardusse avait déjà vécu ce genre de choses, bien que ce ne fût pas en prise d’otage.

Douhbée se contenta d’acquiescer de la tête lorsque Colombe lui demanda de ne pas intervenir, mais elle manquait de détermination, elle aurait préféré mettre son corps et son âme à la protection des enfants, dut-elle les remplacer. Elle trouva toutefois, bien malgré elle, un autre moyen pour être utile, car lorsque son Maître dicta ses ordres, la Pardusse se sentit partir, disparaître dans le futur, et rata la majeure partie des informations…

Les couleurs disparurent d’abord, puis les sons, et le présent n’était plus, laissant sa place au futur. À un futur probable, possible, toujours déjouable. Elle se trouvait à l’intérieur de la cabane, où plusieurs autres enfants étaient retenus prisonniers. Ayant apparement reçus un ordre quelconque de l’extérieur, le dernier marchand d’esclaves resté à l’intérieur se mit à les massacrer, tous, en les poignardant proprement dans la gorge, avant d’être enfin abattu par un Chevalier. Mais il était trop tard, le mal était fait…

La première chose que Douhbée entendit lors de son retour au présent, se fut la réponser de Misrak aux négociations de Colombe.

-J’ai eu une vision, maître, il ne bluff pas, il y a d’autres enfants à l’intérieur et il va les tuer… dit-elle au moment même où le Chevalier Xavier fit voler les dagues qui menaçaient les enfants, et que des nuages de fumée aveuglaient tous les brigands. Il y en a un autre à l’intérieur, il va recevoir un signe et tous les tuer! protesta-t-elle en voyant les deux premiers enfants être mis à l’abris, sans arriver à en être soulagée.

Sans se poser plus de questions lorsqu’elle entendit distinctement Misrak lancer un ordre inaudible, mais inquiétant considérant sa vision. Elle courut sans penser à sa vie en direction de la cabane, malgré la pagaille qui l’entourait en plein combats. Elle allait probablement être punie par Colombe pour avoir désobéi à l’ordre de rester à l’écart, mais elle était la seule à savoir ce qui allait arriver…

Se faisant toute petite, elle se faufila dans la porte entrebâillée et fondit en larmes en voyant le poignard du brigand ressortir de sa première gorge en sang. Des Chevaliers accouraient pour l’aider, mais ils arriveraient trop tard, elle l’avait vu. Ce qui permit à Douhbée de faire fonctionner son pouvoir d’attraction du métal fut simplement la peur de voir sa vision se concrétiser, bien qu’elle craignait plus que tout que son pouvoir ne fonctionne qu’à l’inverse et projette l’arme sur ces cibles, elle réussit son coup et attira plutôt la dague vers elle. À toute vitesse. Elle n’eut pas le temps de se pousser, et la lame ensanglantée lui laissa une trace sanglante sur l’épaule avant de disparaître dans la cohue.

Déjà, les Chevaliers débarquaient pour sauver les enfants, ne pouvant rien faire pour le premier, ils eurent au moins le loisir de décapiter le marchand d’esclaves et d’évacuer le reste des prisonniers. Sanglotant désormais, Douhbée aperçue Colombe qui avait du s’aviser de son départ, et ferma les yeux en craignant la punition qui allait s’en suivre. Bredouillante, elle ne pouvait que tenir fermement son bras pour contenir le sang, en tentant de s’expliquer.

-Je suis désolée, je n’ai pas réfléchis, je les ai vus morts! Je ne pouvais pas rester sans rien faire, je ne suis pas une bonne écuyère!

Entre ses sanglots, elle eut le temps de se recroqueviller contre la paroi de la cabane, alors que le calme commençait à reprendre ses droits autour d’elle, les brigands étant abattus ou faits prisonniers, les Chevaliers commençaient à se disperser. Assise au sol, elle ne remarqua que maintenant qu’elle ne saignait pas uniquement au bras. Intriguée, elle tâta son entre-jambe, qui saignait plus encore que le jour de son viol, et elle se remit à pleurer, ne se souvenant pas avoir été atteinte dans la cohue…
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MessageSujet: Re: Adoubement de la Chevalerie d'Alombria [Libre]   Dim 20 Mar - 14:23

Dès que les chevaliers commencèrent leur attaque, Douhbée déclara avoir eu une vision, disant qu’il ne mentait pas, qu’il y avait des enfants à l’intérieur et qu’il allait les tuer, qu’il y avait un autre brigand qui n’attendait qu’un signal pour s’en prendre aux autres enfants. Colombe eut l’impression que son cœur s’arrêtait de battre : s’il fallait qu’un enfant meurt parce qu’elle avait mal organisé leur attaque, parce qu’elle n’avait pas réussi à trouver le meilleur moyen de sauver les otages… Elle n’avait pas le temps de penser à cela, pas maintenant, pas alors que ses compagnons d’arme se battaient. Son écuyère décida d’intervenir, voulant probablement prévenir sa vision, et courut vers la cabane.

«DOUHBÉE! ATTENDS!» Cria Colombe, essayant de la retenir, sans succès. Après une seconde d’hésitation, elle jeta son arc par terre et courut pour la rejoindre en sortant son épée, prête à se battre.

La jeune femme ne savait pas comment le pouvoir de son écuyère fonctionnait, mais elle se doutait bien que si rien ne changeait (donc si Douhbée était restée à côté d’elle comme elle lui avait demandé), sa vision se serait réalisée et plusieurs enfants seraient morts. Mais Douhbée pourrait-elle vraiment les aider? Colombe craignait plutôt qu’elle ne se mette en danger et ne soit blessée, elle qui n’avait pas encore appris à se battre et lui avait avoué un peu plus tôt ne jamais avoir ne serait-ce que jouer avec une épée de bois.

Colombe entra dans la cabane quelques secondes après son écuyère, trop tard pour la voir utiliser son pouvoir sur la dague. Elle aperçut tout de suite l’enfant à la gorge en sang, mort. Son regard parcourut rapidement la pièce, à la recherche d’une autre victime. Heureusement, les autres enfants ne semblaient pas blessés et ses compagnons d’armes s’occupaient déjà du maître d’esclaves qui ne pourraient plus faire de mal à qui que ce soit. Elle aperçut Douhbée qui pleurait doucement, assise contre un mur et tenant son bras ensanglanté. Comment avait-elle était blessée? Colombe tâcha de mettre de côté son sentiment de responsabilité par rapport à la mort de l’enfant ; pour l’instant, elle devait s’occuper de son écuyère. Elle gérerait le relatif échec de la mission plus tard. Il faudrait qu’elle annonce la nouvelle aux parents, ce serait le plus difficile, ils pleureraient, ils… Non, inutile d’y penser maintenant. Il fallait qu’elle se concentre.

Colombe s’approcha de l’adolescente et s’agenouilla devant elle. La jeune femme hésita à la toucher, n’étant pas très à l’aise dans ce genre de situation. Consoler les autres n’avait jamais été son point fort… Douhbée s’excusa, expliquant qu’elle n’avait pas réfléchi, qu’elle avait voulu aider, qu’elle n’avait pas voulu rester là sans rien faire et conclut en disant qu’elle était une mauvaise écuyère.

«Douhbée…» chuchota Colombe, cherchant ses mots.

Son regard s’égarait sur la plaie au bras qui saignait, mais elle avait l’impression que de penser à cette blessure en premier n’était pas la bonne chose à faire. Les émotions pouvaient faire tellement plus mal qu’une blessure physique… Elle décida finalement de s’assoir à côté de Douhbée et de la prendre dans ses bras. Si son écuyère résistait, elle ne la toucherait plus, mais elle avait l’impression que c’était la bonne chose à faire.

«Tu as fait la bonne chose… Je ne sais pas ce que tu as vu, ce devait être horrible, mais j’ai l’impression que tu as sauvé la vie de certains enfants, non?» Elle n’en était pas certaine, mais sa blessure au bras devait bien venir d’une quelconque intervention. «Je suis fière de toi, peu de gens auraient eu ton courage.» C’était vrai. Ça prenait du courage pour se lancer vers l’ennemi ainsi, sans arme et sans réelle façon de se défendre. Le calme revenait peu à peu et un autre chevalier avait pris les commandes de la petite mission, voyant que la jeune chef était occupée avec Douhbée. «Je vais demander de l’aide pour ton bras, d’accord?» Elle n’attendit pas de réponse et envoya tout de suite un message à leur guérisseur, Brendon.

[Brendon]**Pourrais-tu venir dans la cabane quand tu pourras, mon écuyère est blessée.**

Colombe remarqua (finalement) du sang entre les jambes de son écuyère et fit le lien avec les nouveaux pleurs de l’adolescente. Personne n’aimait tomber dans sa semaine, mais de là à avoir une telle réaction… À l’air de Douhbée, la jeune femme comprit que ce devait être sa première fois, qu’elle ne devait pas comprendre ce qui lui arrivait. Qui lui aurait expliqué, de toute façon? Pas sa famille, si elle avait été esclave. Pas les autres élèves, alors qu’elle était tellement timide. Et l’éducation sexuelle ne faisait pas partie des cours donnés aux élèves… Pas à ce qu’elle se souvienne, en tout cas. Colombe ne s’était pas levée en pensant devoir expliquer les menstruations à une adolescente qui venait d’être blessée après avoir sauvé la vie d’enfants pris en otages… Mais il faudrait bien qu’elle trouve un moyen de le faire.  

«Doubhée… Eum… Est-ce que tu sais que… Eum…» Ça ne s’annonçait pas facile. Du calme. «J’ai remarqué que tu saignes entre les jambes, eum… Il ne faut pas que tu t’inquiètes avec ça… C’est quelque chose de normal, toutes les femmes saignent… Une fois par mois. Ça veut dire… Ça veut dire que tu es une…» une femme, mais qu’est-ce que Douhbée penserait si elle disait ça? Y verrait-elle une notion trop… sexuelle? «une grande fille. C’est une étape… dans toutes nos vies. C’est… bien, c’est… c’est normal. Mais c’est normal… d'être... d’être émotive aussi… On s’y attend pas… tsé...»

Par Parandar, elle ne savait pas quoi dire. Ce serait un bon moment pour que Brendon arrive… Quoi qu’un homme ne pourrait certainement pas l’aider à gérer la situation.
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MessageSujet: Re: Adoubement de la Chevalerie d'Alombria [Libre]   Lun 21 Mar - 20:21

De toutes les suites d’événements que Douhbée s’était imaginé, qu’elle avait redoutées, celle-ci ne figurait pas sur sa liste. L’écuyère ouvra de grands yeux ronds et cessa un instant de sangloter lorsque les bras de Colombe se refermèrent sur elle, dans une accolade qui se voulait réconfortante. S’attendant à se faire réprimander, la jeune Pardusse ne s’attendait pas du tout à ce que son Maître lui assure qu’elle avait fait ce qu’il fallait pour sauver les enfants, et qu’elle était fière d’elle. Mais elle n’avait rien fait, un enfant était mort, ça n’avait pas fonctionné…

-Du courage?

C’est dans sa tête que s’interrogeait Douhbée, bien qu’elle s’exprima à voix haute en relevant la tête pour regarder son Maître, ses yeux troublés par les larmes. Et c’était elle qui lui disait ça? Colombe Courage d’Alombria? Les adjectifs qui venaient en tête de l’écuyère étaient plutôt stupidité, inconscience ou folie! Certainement pas courage…

-Vous n’êtes pas fâchée? osa-t-elle quand même demander, d’une voix ou perçait l’angoisse.

Lorsque Colombe parla de sa blessure au bras, Douhbée se rappela qu’elle en avait bizarrement deux, bien que la seconde n’ait pas encore commencé à lui faire mal, probablement à cause de l’adrénaline. En regardant son sang, elle revit celui qui s’écoulait de la victime qu’elle n’avait pu épargner, et ses yeux se remplirent à nouveau alors qu’elle hochait la tête pour montrer son approbation. Qu’on la soigne ne lui importait pas tellement, mais elle ne devait plus désobéir…

Ce n’est qu’après un moment d’attente, alors qu’elle tentait de récupérer la maîtrise de ses émotions dans les bras de Colombe que celle-ci remarqua l’autre blessure de Douhbée. N’ayant pas la moindre idée de la façon dont elle s’était fait ça, elle était plutôt embêté et espérait que ça ne serait pas un homme qui allait la soigner à cet endroit , ce qui serait plutôt gênant… et effrayant. Mais pendant qu’elles attendaient, son Maître tenta tant bien que mal de lui expliquer quelque chose, de façon un peu hésitante. Jamais l’écuyère ne s’était imaginée que Courage pouvait avoir autant de mal à s’exprimer, puisqu’elle était Chef de l’Ordre. D’ailleurs, elle n’y compris rien.

-Je ne comprends pas Maître. protesta l’adolescente en récupérant enfin un débit de voix normal, non plus entrecoupé de sanglots.Tout le monde saigne tout le temps quand ils sont blessés. Je ne suis pas juste blessée?

Colombe ne semblait pas avoir associé le second saignement de Douhbée à une attaque, et l’écuyère devait bien admettre qu’elle n’avait aucune idée comment la chose avait bien pu arriver. Une fois par mois, devenue une grande fille? Normale de saigner et d’être émotive? La Pardusse pleurait parce qu’elle avait vu la mort de près, pleurait parce qu’elle était blessée, pleurait parce qu’elle avait mal. Et qu’elle ne comprenait rien. Pas parce qu’elle était émotive…

-Pourquoi ça devrait être normal de saigner comme ça, Maître? Et surtout à cet endroit, c’est pas normal, c’est même mal. Tout ce qui peut venir de là ne peut être que mal…

Sa dernière phrase n’avait été prononcée qu’en chuchotant, un homme arrivant auprès d’elles pour s’enquérir de leur état. Si elle n’avait pas été blottie contre Colombe, Douhbée aurait certainement eu un mouvement de recul lorsqu’il apposa ses mains autour de sa plaie, l’illuminant pendant quelques secondes. Il avait parlé, s’était présenté, mais l’écuyère n’en avait cure, tout ce qu’elle pensait en cet instant c’est qu’elle ne voulait pas qu’il soigne son entre-jambe, surtout pas!

***[Colombe]Maître, je vous en prie, je ne veux pas qu’il soigne mon autre blessure, s’il-vous-plait, empêchez le de me toucher j’ai peur!***

Tendue comme un ressort, Douhbée regarda avec angoisse sa plaie sur son bras se refermer. Puis, Brandon jeta un œil sur son pantalon taché, mais ne se contenta que de hausser les épaules en lâchant un commentaire que l’écuyère ne comprit pas, «Ton écuyère a eut un p’tit accident, Chef?», puis de partir soigner d’autres personnes. Fronçant les sourcils, la femme-chat le regarda partir, bouche bée. Et si tout ceci était vraiment normal?

-Y a des enfants qui ont besoin de moi... se rappela Douhbée, qui voulait tout faire pour éviter de penser à ce qui se passait dans son corps... Elle ne voulait pas changer, quel que soit la nature de ce changement, elle ne voulait pas cette étape! Elle ne voulait pas être une grande fille... C'est vous qui l'avez dit, je veux aider... ça va m'éviter de penser à tout ça...
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