Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]

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Douhbée
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MessageSujet: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Jeu 11 Fév - 15:44

Courir, à en perdre haleine. Courir jusqu’à ce que ses jambes crient grâce, que son cœur lui demande «Pardon Douhbée», que son cerveau se déconnecte de la réalité du sol de pierre, des murs de tapisseries, des décorations en or et joyaux, et qu’il ne reste plus que l’espace à parcourir. Courir tant qu’on cours, et puis ne même plus réaliser qu’on est entrain de le faire, comme si on observait la scène de l’intérieur du corps, mais sans y prendre part.

Courir. Et puis s’effondrer, se rappeler qu’on a nos limites, et qu’on les a depuis longtemps dépassées. Souffrir, les poumons en feu et le cœur en bataille. *Si tu arrêtes de courir, tu dois marcher, pour ne pas faire travailler ton cœur pour rien.* Qui lui avait dis ça? Était-ce Colombe? Probable. Douhbée eut à convaincre ses jambes de l’écouter, mis toute son énergie à se remettre debout pour marcher, alors qu’elle croyait que son cœur exploserait dans sa poitrine. Ses jambes résistaient, mais une douce mélodie, incongrue dans cette situation, calma son cœur et lui donner la force de se lever. La douleur qui envahissait chaque parcelle de son anatomie l’enivrait, et plutôt que de s’en vouloir d’en avoir trop mis, elle se félicita de ne pas avoir abandonné. Et elle marcha, suivant la musique grâce à ses oreilles bien développées.

Son maître allait être content. Il n’avait pas fallu grand-chose pour réaliser que l’écuyère n’était pas physiquement à la hauteur pour l’entraînement qu’on lui demandait de suivre, alors dans ses temps libres, elle continuait de travailler, plus fort et plus longtemps que les autres, pour rattraper les années de retard qu’elle n’avait pas passé à jouer dans les champs à des jeux de guerre.  Parfois c’était des altères, d’autre fois c’était le maniement d’armes, là c’était la course.

Douhbée avait presque terminé de récupérer son souffle lorsqu’elle trouva la source de la musique. Elle reconnu la princesse Aemi, petite sœur de Colombe, qui faisait chanter son violon de notes qui l’apaisait. Elle sourit à la Princesse, mais n’osa l’interrompre, elle décida plutôt de rester à l’écart, après tout elle n’était pas une noble, elle, ça devait probablement être interdit d’adresser la parole aux membres de la famille royale. Seulement, lorsque la chanson pris fin, la demoiselle sembla avoir remarqué sa présence, et pour ne pas avoir l’air complètement bizarroïde (en plus d’être couverte de sueur, vêtue en tunique d’entraînement et coiffée à la va-vite) elle s’inclina bien bas en souriant, comme on lui avait appris à faire lorsqu’elle était élève.

-J’aime beaucoup votre musique, Princesse, j’espère que ça ne dérange pas que je sois restée écouter? Six ans que je suis ici, je ne vous avais jamais croisée.

Elle rougit aussitôt, elle n’avait pas l’habitude de parler aux gens qu’elle ne connaissait pas, surtout des gens importants, et bien qu’elle était l’écuyer de sa sœur, elle n’avait pas l’impression d’avoir plus de permissions. Ses mains ne tremblaient pas d’épuisement, mais de timidité, et elle finit par baisser les yeux, même si Aemi n’était pas plus vieille qu’elle.

-Je suis désolée chuchota-t-elle en bégayant, je réalise qu’il était inconvenable que je vous parle dans cet état, je dois avoir l’air d’une servante en ce moment, constata-telle tout en se disant que ce n’était pas trop faux. Elle était esclave.
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Jeu 11 Fév - 18:16

Aemi s'étira langoureusement, comme un chat, et bailla bruyamment. Elle était lasse de son cours de broderie. Ayant déposé son travail sur ses genoux, elle regardait dehors. Il faisait très beau. Un raclement de gorge se fit entendre. Temperance leva les yeux vers la vieille femme et lui sourit. Elle avait très bien compris le principe, ce cours ne lui était d'aucune utilité. Sans un mot, elle prit sa broderie et la montra à sa tutrice qui demeura un instant bouché. Dans un soupir, elle lui accorda son congé. La jeune princesse avait un talent incontestable pour les travaux qui requéraient de la tranquillité. Elle était rapide et efficace. Elle n'avait plus rien à lui apprendre et devrait en toucher un mot au roi.

Sautant en bas de sa chaise, Aemi s'en alla calmement du petit salon emménager en salle de classe. Que pouvait-elle faire de sa journée? Parcourant les couloirs, elle laissa sa main errer sur les boiseries et les tapisseries ornant les murs. Tout était comme neuf, ce château n'avait, après tout, que dix ans d’existence. Fermant les yeux en faisant un arrêt, elle se laissa inspiré un instant. Instinctivement, les notes vinrent à elle. Elle se mit à fredonné et reprit la route vers sa chambre. Elle voulait jouer du violon, il y avait cette mélodie qui lui trottait dans la tête et qu'elle envie de mettre sur cordes.

Elle alla donc quérir son violon puis redescendit vers la cours intérieur du château pour s'installer sur un arbre qu'elle affectionnait particulièrement. Sa mère lui chantait souvent des berceuses ici lorsqu'elle était petite. Fermant les yeux, debout bien droite, elle posa l'archet sur le violon et se mit à faire naître des notes aux sons doux et harmonieux. Les notes virevoltaient dans l'air, heurtaient la peau des gens, pénétraient les pores, passaient par les oreilles, faisaient vibrer les tympans, entraient dans les veines et atteignaient le cerveau par un chemin ou l'autre. Là, le pouvoir d'Aemi atteignait son paroxysme et créait une sensation de béatitude et d'apaisement chez son auditoire qui oubliait soudainement de se soucier de leurs tracas.

Avec un talent inné, son bras allait de l'avant et de l'arrière, faisant vibrer les cordes de son instrument avec une précision toute artistique. Tout à elle-même, elle en oublia ce qui l'entourait et se laissa entouré dans le tourbillon de la musique qui l'enveloppait. Son corps bougea de lui-même. Elle fit un pas de l'avant, puis de côté, tourna, fit un pas, et elle dansa ainsi, comme dans un monde à part, en jouant de son violon, sans manquer une note.

Quelques gens s'arrêtaient pour la regarder. Tout le monde aimait écouter Aemi jouer, ou encore la regarder. Pas bien grande, de longs cheveux bleutés, un visage innocent où perçaient des yeux bleus foncés comme l'océan. Ce jour là, elle portait une robe simple de couleur violette qui mettait en valeur son teint pâle et la couleur particulière de ses cheveux. Dansant ainsi sous le pommier en fleur, elle semblait d'une petite fée oubliée. Les gens repartaient, circulaient, le coeur léger, libéré de leurs craintes et de leur pression du jour.

De temps à autre, elle entrouvait les yeux et voyait les gens autour d'elle, mais n'y faisait pas réellement attention, toute à sa passion. C'était doux, sans excès, mais tout de même plein de passion, de la passion toute douce qu'elle pouvait donné par sa nature tempérée. Les gens lui souriaient, mais elle termina sa chanson sans s'arrêter, distribuant ainsi à son entourage tout l'apaisement qu'elle pouvait leur offrir. De toute façon, elle aimait quand l'environnement autour d'elle était calme, et jouer de la musique lui permettait d'en jouir librement.

Les dernières notes, elle était revenue à sa position initiale. Elle termina sur un magnifique trémolo puis abaissa son archet et ouvrit les yeux sur ce qui l'entourait et remarqua qu'une personne, qu'elle avait vaguement entrevu précédemment, la regardait encore. Elle l'avait déjà vu. C'était l'écuyère de Colombe. Elle s'avança vers elle s'inclina bien bas, bien trop bas selon Aemi. « J’aime beaucoup votre musique, Princesse, j’espère que ça ne dérange pas que je sois restée écouter? Six ans que je suis ici, je ne vous avais jamais croisée. » La Princesse la regarda de ses yeux aux profondeurs glaciales.

Son interlocutrice avait rougit. Elle semblait mal à l'aise, et tremblante. Pourtant, elle ne pouvait être qu'apaisée après l'avoir écouté. Était-ce la faim? Vu ses yeux qui la fuyaient, son teint rouge, et ses paroles : « Je suis désolée. » Il était évident que ce malaise était de la timidité. Temperance était peut-être jeune, mais elle observait beaucoup, tout le temps, et parlait très peu. Elle pouvait donc rapidement faire le point sur la personnalité des gens.

« Je réalise qu’il était inconvenable que je vous parle dans cet état, je dois avoir l’air d’une servante en ce moment. » Hein? Aemi pencha la tête sur le côté, ne comprenant pas la logique de ses paroles. En quoi est-ce qu'une écuyère qui s'entraîne avait l'air d'une servante et ne devait donc pas lui parler? Mais les servantes avaient le droit de lui parler, elles se devaient de le faire d'ailleurs, sinon la communication serait compliqué puisqu'Aemi ne parlait presque jamais. Elle chantait, mais sinon, c'était souvent le silence radio de son bord. Quand elle parlait, c'était bref. La communication allait être difficile.

Bon. Elle pouvait lui parler, elle semblait trop mal à l'aise, et cela mettait la princesse mal à l'aise aussi. Elle soupira donc et secoua la tête. « Une écuyère qui s'entraîne a l'air d'une écuyère qui s'entraîne. » Elle haussa les épaules pour lui signifier que pour elle c'était évident et que cela n'avait aucune importance. Mais le message semblait passer difficilement. Sa bouche se tordit sur le côté, en une sorte de moue pensive. Puis elle lui prit la main. « Viens. » Si elle se pensait indigne de lui parler, elle pourrait peut-être lui montrer qu'elle était digne de lui parler? Elle insista en tirant sur la main pour amener Douhbée derrière elle, mais marcha calmement, noblement.

À l'une des entrées du petit jardin se trouvait un petit bassin pour se laver les mains ou le visage, il était possible de se salir après tout dans un jardin. Elle le montra à Douhbée. En fait, elle ignorait le nom de l'écuyère, elle l'avait vu traîné avec Colombe tout simplement. En tant que princesse, elle connaissait la place et le rôle de l'écuyer. Elle savait aussi que c'était un poste très noble et que la jeune soldat allait probablement devoir la protéger un jour. Aemi ne maniait aucune arme et n'avait qu'un seul talent, c'était la musique. Probablement que si elle avait étudié la magie, son don lié à la musique pourrait éventuellement lui permettre d'endormir des ennemis, mais elle ne voulait pas l'utiliser ainsi.

Est-ce que Douhbée comprenait ses intentions? Il est vrai qu'Aemi paraissait un peu froide quand on la regardait. Elle n'était pas très expressive et parlait très peu. Elle essayait de se faire comprendre par des gestes et des mots simples, mais parfois cela ne suffisait pas. Elle observa son interlocutrice. « Te sentiras-tu plus noble de me parler si tu es propre? » Elle la regarda dans les yeux. Elle pourrait presqu'être intimidante.
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Douhbée
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Jeu 11 Fév - 19:21

L’expression de la Princesse Aemi donnant à Douhbée le sentiment qu’elle n’avait pas compris ce qu’elle venait de dire, ou qu’elle ne saisissait pas le sens de ses propos. L’écuyère s’apprêtait à partir, se sentant particulièrement stupide, lorsque la jeune violoniste lui dit quelque chose qui semblait aussi incensé, mais qui rappela la place de la Pardusse dans la société. Une écuyère qui s'entraîne a l'air d'une écuyère qui s'entraîne.. Elle ne savait pas encore si c’était quelque chose de positif ou de négatif, mais toujours est-il qu’elle ne donnait pas l’impression d’être une servante.

*Et pourtant, je suis une esclave* un facteur dur à oublier pour elle. Mais Aemi semblait l’avoir affirmé avec tant d’évidence, qu’elle était une écuyère, que Douhbée se sentit obligée de se l’affirmer à elle-même. Après tout, ne lui avait-on pas passé la fameuse ceinture autour de la taille?

Un autre instant passa, l’écuyère pensait que c’en était terminé et que la princesse n’avait plus rien à dire, puisqu’elle avait pris un air pensif. Probablement était-elle déjà repartie dans ses songes de musique, il fallait mieux ne pas la déranger. Mais Aemi la surpris une fois de plus en se levant et en lui prenant la main, et sans lui demander son opinion, elle lui ordonna de la suivre. Sous une certaine insistance, Douhbée n’eut d’autre choix que de suivre la Princesse, après tout, elle lui était bien inférieure.

En la suivant, Douhbée tenta de marquer dans sa tête la démarche de la jeune adolescente, ce port altier naturel, son titre de princesse se lisait dans sa façon de marcher. Même si on ne l’avait pas connu, on aurait deviné sa noblesse juste à la regarder. L’écuyère tentait de l’imiter, elle se sentait maladroite dans ses habits de future guerrière, comparé à la beauté de la robe violette. Lorsqu’elle suivait Colombe, elle avait l’impression qu’elle salissait sa beauté et son assurance, avec sa démarche hésitante et … singulièrement «du peuple». Elle n’arrivait jamais à l’imiter parce qu’elle était trop concentrée à suivre ses grands pas pour la regarder attentivement. Mais Aemi était délicate, elle aussi, et marchait doucement comme une chatte. Et être féline, ça la Pardusse y arriva sans trop de peine.

Les filles se rendirent à une entrée du jardin intérieur, devant un bassin qui servait aux jardiniers à se laver les mains, mais qui était pourtant toujours bien propre, à croire qu’il se lavait lui-même. La Pardusse allait continuer pour rentrer au château, mais la princesse s’était arrêtée, et lui montra la bassine. Pleine d’eau froide. Beurk. La Pardusse détestait se laver dans l’eau froide, elle frissonnait juste d’y penser. Mais elle ne pouvait pas partir. Ben non. Aemi lui tenait encore la main.

Elle lui demandait si elle se sentirait assez noble pour lui parler si elle s’était lavée de sa sueur avant. Ah. C’était donc là qu’elle voulait en venir? Alors, elle avait vraiment envie de lui faire la conversation, ou était-elle seulement aussi gentille que son aînée et espérait lui donner un peu de confiance en elle. Douhbée trempa une de ses mains griffée dans l’eau, mais elle n’était pas gelée comme elle le craignait, le soleil l’avait réchauffée et elle était tiède. Elle se nettoya donc le visage et repoussa les mèches rebelles sorties de sa coiffure maladroite vers l’arrière. Mais en faite, ce qu’elle avait besoin, c’était d’un vrai bain.

-Noble? demanda-t-elle en fronçant les sourcils. Princesse, vous pourriez m’offrir un bain chaud et parfumé, une séance de toilettage coiffure avec vos meilleurs servante, me vêtir de la robe la plus somptueuse de votre garde-robe… Je ne serai pas plus noble, je le crains. Que je sois en habit d’entraînement ou dans mes meilleurs atours, je reste une esc… servante. Doublée d’une ancienne sauvage.

Il faut dire que la gamine qu’elle était à son arrivée à Alombria avait été troublée d’apprendre qu’on appelait le lieu de sa naissance «le Désert des sauvages», car le peuple là-bas n’avait pas de hiérarchie, de Royauté, ce n’était que des clans pour la plupart nomades, qui vivaient surtout de chasse. Elle n’aimait pas cette appellation, mais elle s’était faite à l’idée.

-Je n’ai pas votre démarche gracieuse, votre façon particulièrement calme de parler, votre talent pour la musique ou même votre beauté. La propreté ne fait pas la noblesse…

Mais pourquoi lui disait-elle ces choses? Qu’est-ce qu’il y avait en cette Aemi qui lui donnait autant envie de lui parler, qui lui faisait presque (presque) oublier son statut d’esclave? Elle aurait du partir depuis longtemps, bien avant de dire un seul mot. Elle n’aurait même pas du la regarder, lorsqu’elle jouait du violon. Et pourtant, les mots coulaient de source en cette compagnie, comme si elle… elle apaisait le poids de ses vieux souvenirs, et lui permettait d’accepter de parler de qui elle était vraiment.

Bon en faite… Elle lui tenait encore la main, donc…

-J’ai oublié de me présenter, mais peut-être me connaissez-vous déjà? Je m’appelle Douhbée, c’est votre sœur Colombe qui m’entraîne. Je courais pour être à la hauteur de sa renommée, je ne veux pas être l’écuyère ratée qu’elle n’aura pas réussit à transformer en Chevalier. Je veux être aussi douée au combat que vous au violon, Princesse Aemi. Et elle sourit. Mais pourquoi était-elle inquiète de lui parler, tout à l’heure? Colombe n’était pas moins une Princesse. Et vous, quelles sont vos ambitions? Vous pourriez faire la plus grande barde que le continent aurait porté depuis des siècles et des siècles, sans aucun doute. Vous a-t-on jamais dis comme votre musique semble magique?
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Jeu 11 Fév - 22:25

Aemi fut contente de voir que l'écuyère se nettoyait le visage. Si cela pouvait l'aider à se sentir mieux! « Noble? Princesse, vous pourriez m’offrir un bain chaud et parfumé, une séance de toilettage coiffure avec vos meilleurs servante, me vêtir de la robe la plus somptueuse de votre garde-robe… Je ne serai pas plus noble, je le crains. » Temperance haussa les sourcils. Ah? Était-ce un défi? Une petite lueur s'alluma dans les yeux glacés de la jeune fille.

« Que je sois en habit d’entraînement ou dans mes meilleurs atours, je reste une esc… servante. Doublée d’une ancienne sauvage. » Une esc... servante? Esc... quoi? Ancienne sauvage? C'était ridicule. Elle secoua la tête. Ridicule. Elle était écuyère, rien d'autre. « Je n’ai pas votre démarche gracieuse, votre façon particulièrement calme de parler, votre talent pour la musique ou même votre beauté. » Elles étaient différentes, rien de surprenant... « La propreté ne fait pas la noblesse… » Ça c'était vrai. Mais c'était Douhbée qui avait dit ne pas être en état de se présenter.

Lui tenant toujours la main, elle resta silencieuse et l'écouta religieusement. Même si les gens appréciaient sa musique, on ne lui parlait pas souvent. Généralement, le regard glacial et l'attitude froide d'Aemi éloignait les gens. Mais cette petite féline semblait ne pas s'en soucier réellement. Elle avait été attirée sa musique plus que les autres. Peut-être que son coeur était plus lourd que celui des autres. « J’ai oublié de me présenter, mais peut-être me connaissez-vous déjà? » Elle sourit, un petit sourire, léger, doux. Oui, elle la connaissait, un peu, vaguement, de loin.

« Je m’appelle Douhbée, c’est votre sœur Colombe qui m’entraîne. Je courais pour être à la hauteur de sa renommée, je ne veux pas être l’écuyère ratée qu’elle n’aura pas réussit à transformer en Chevalier. Je veux être aussi douée au combat que vous au violon, Princesse Aemi. » Cette fois, Aemi fit un plus gros sourire et pencha la tête un peu le côté, des mèches tombèrent sur ses yeux. Elles se souriaient toutes les deux. Son interlocutrice allait sûrement devenir une excellente femme chevalier, elle se sous-estimait beaucoup, elle avait la volonté pour le faire, et avec de la volonté, tout était possible. Du moins, presque tout. Mais ça, ça l'était.

« Et vous, quelles sont vos ambitions? » Elle? « Vous pourriez faire la plus grande barde que le continent aurait porté depuis des siècles et des siècles, sans aucun doute. » Ah? Vraiment? Elle apparut vraiment surprise par la nouvelle. « Vous a-t-on jamais dis comme votre musique semble magique? » Cette fois, Aemi prit un air un peu gêné. En fait, sa musique ÉTAIT magique. Elle lâcha la main de l'écuyère et se croisa les mains devant elle en prenant un air pensif. Après un peu d'hésitation, elle prit la parole à nouveau « Je suis négociatrice au sein du conseil royal. Je suis actuellement sous mentorat, mais cela ne durera pas. »

Elle lui prit la main à nouveau, en souriant. « Un peu comme une écuyère! » Elle tira, pour la guider à nouveau derrière elle. Tout en marchant, elle répondit à ses autres questions. « Je ne désire pas être barde. J'aime travailler pour ma famille, avec ma famille. » Elle lui sourit. Son visage serein indiquait qu'elle était sincère. Sa place était ici. Elle eut un petit rire. « Si ma musique semble magique, c'est parce qu'elle l'est... sans doute que je pourrais apprendre à utiliser mon don et le véhiculer autrement. Mais je ne le désire pas. » C'était dit tout simple, c'était tout simple.

Ce que Douhbée ne savait pas d'Aemi, c'est que celle-ci avait une mémoire absolument incroyable et pouvait retenir des choses qu'elle entendait ou lisait pour la première fois si elle y avait prêter attention. « Vous pourriez m’offrir un bain chaud et parfumé, une séance de toilettage coiffure avec vos meilleurs servante, me vêtir de la robe la plus somptueuse de votre garde-robe… Je ne serai pas plus noble, je le crains. » Douhbée était très belle et se sous-estimait beaucoup trop. Elle pourrait être sa soeur si ce n'était de ses atours de chat.

Après avoir parcourut quelques couloirs, elles arrivèrent aux appartements d'Aemi. Elle poussa la porte et déposa son violon sur une table près de l'entrée, elle l'avait tenu dans sa deuxième main tout le long. « Dans un entraînement, c'est important de savoir se détendre, sinon les muscles atrophient et cela complique le processus. » Elle la tira au centre de la pièce, lâcha sa main, lui donna une petite poussée pour l'encourager à avancer et alla à la porte quérir un bain chaud et parfumé à la lavande.

Le petit salon dans lequel elles étaient était plutôt sobre. Deux divans se faisaient face et étaient séparés d'une table basse pour prendre une collation ou étudier. La pièce était parfaitement symétrique, une bibliothèque faisait la longueur au fond et une porte se trouvait à chaque extrémités de la pièce. Quelques décors royaux ça et là jonchaient la pièces, des poteries, des tableaux et des plantes auxquels Aemi n'accordaient aucune importance. La porte de droite était fermée et donnait sur une pièce de jeu qu'elle n'utilisait plus vraiment et la porte de gauche grande ouverte donnait sur sa chambre, on y voyait un lit à baldaquin beaucoup trop grand pour une si frêle jeune fille, une penderie immense et ce qu'on ne voyait pas c'était les deux immenses paravent qui cachaient la bassine de bois où elle prenait ses bains le matin et où Douhbée allait en prendre un.
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Douhbée
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Sam 13 Fév - 10:24

Jamais elle ne s’était sentie si à l’aise de discuter avec quelqu’un, chose totalement incongrue étant donné le rang qu’occupait cette personne, mais les mots semblaient couler de sa bouche comme l’eau d’une source, sans qu’elle n’ait à réfléchir ou à se retenir. Aemi montrait vraiment de l’intérêt à l’écouter, et son calme rendait Douhbée confortable, elle sentait qu’on pouvait dire n’importe quoi à cette jeune fille et que jamais elle ne serait jugée. L’écuyère n’avait même pas remarqué que les yeux de la princesse étaient froids, pour elle, ils semblaient davantage sages et attentifs qu’autre chose.

Douhbée adorait voir la princesse sourire, parce que ce n’était pas moqueur, c’était de l’intérêt et du bonheur, comme devrait sourire une vraie amie. Trop tôt pour dire que c’était le cas d’Aemi, une amie, mais l’écuyère se sentait déjà plus proche d’elle que n’importe quel jeune de sa génération d’écuyers, bien qu’ils avaient passé environ six ans à se côtoyer chaque jour.  Et qu’elle connaissait la princesse depuis heu... six minutes?

Toutefois, la princesse sembla devenir timide lorsqu’il fut question d’elle, apparemment elle aimait mieux écouter les gens que parler elle-même de soi, ce que Douhbée ne pouvait que comprendre, puisqu’il n’était pas dans ses habitudes à elle non plus de discuter autant. Elle lui expliqua qu’elle était un peu comme «l’écuyère» d’un mentor qui lui apprenait à être négociatrice pour le conseil royal. La Pardusse écarquilla les yeux de surprise. À cet âge là? Déjà siégeant au conseil? Certes, elle était sœur de la Reine, mais elle devait être sacrément intelligente pour déjà prendre part aux questions essentielles du Royaume. Y avait vraiment des gens, dans la vie, des surdoués, qui ne semblaient pas suivre le développement lent et «normal» de tous et de chacun…

À nouveau, la Princesse lui pris la main pour la traîner dans les couloirs du château, et Douhbée ne se demandait même plus où elle allait, elle oubliait même être sale, marchant comme une militaire et vêtue comme une souillonne en comparaison d’Aemi. Celle-ci semblait tout simplement l’accepter comme elle était, sans plus ni moins, et vouloir conserver cette compagnie, ce qui touchait profondément l’écuyère. Et puis elle commença à parler aussi de ses ambitions, elle désirait pour toujours travailler avec sa famille et non voyager comme barde. Elle lui expliqua que sa musique était magique et s’en amusait, évidemment. Son rire étonna la Pardusse tout en la soulageant, comme s’il avait le même pouvoir que son violon d’apaiser les âmes, comme si son rire était une chanson. Elle s’imaginait que la Princesse avait le même pouvoir que certains Chevaliers, d’apaiser les gens, mais qu’elle utilisait pour cela la musique. Cela ne l’étonna guère, puisqu’elle savait que ça existait.

Elles entrèrent finalement dans les appartements d’Aemi, et Douhbée resta un instant prostrée dans l’embrasure de la porte, sentait qu’autant de beauté ne tolérerait la présence d’une esclave. Même le manoir de Sir Ulyss n’était pas si somptueusement décoré. Mais elle n’eut pas le temps de protester que la Princesse la traînait au centre du salon.

-C’est magnifique… chuchota-t-elle en fixant bêtement une poterie qui devait sembler banale à n’importe qui d’autre, mais qui épatait la pauvre sauvage qu’elle était.

Certes, elle vivait au château depuis six ans, mais c’était particulièrement contraint à l’aile de Chevalerie, qui était beaucoup plus sobre. C’était Colombe qui insistait pour qu’elle prenne d’avantage connaissance de l’étendue du château, car elle serait invitée à y monter la garde plus tard, et elle devait bien le connaître. Voilà pourquoi elle y courait, tout à l’heure.

La Princesse lui expliqua qu’il était important de se détendre après un entraînement, et Douhbée s’interrogea sur ces propos, sachant qu’elle allait finir par aller prendre un bain dans l’aile des Chevaliers plus tard, lorsqu’elle saurait n’y croiser personne… Elle avait toujours peur d’être aperçue dévêtue, même la compagnie de son Maître la mettait mal à l’aise au bain. Elle craignait qu’on voit son secret, comme si la chose eut été visible…

-Vous aviez une activité de détente en particulier en tête? Demanda-t-elle en observant la magnifique collection de livres. J’adore la lecture, aussi, c’est si calme.

Mais Aemi était partie demander à une servante de l’eau chaude parfumé pour remplir sa baignoire, et Douhbée rougit de honte.

- Mais non mais non! Ce n’était qu’une image, ne prenez pas cela au sérieux… J’veux dire, vous avez pas à faire ça, il y a des bains dans l’aile de Chevalerie, et je ne suis pas une Princesse.

Mais déjà, une servante, suivie d’une seconde, entrait dans les appartements en transportant des sceaux qui semblaient lourds, échappant une vapeur qui réchauffa bientôt la pièce, en plus de l’embaumer de lavande. En bonne servante, Douhbée s’empressa d’offrir son aide aux dames pour transporter leurs poids, mais chacune l’ignorèrent et allèrent dans la section «chambre» où un bain trônait à quelques pas d’un immense lit à baldaquin.

-C’est votre chambre Aemi, et votre baignoire, je ne devrais pas, vous me voyez beaucoup trop gênée.

Ce fut finalement une des «porteuses d’eau» qui compris ce qui se passait et qui poussa la Pardusse dans la chambre en riant. Après tout, n’importe qui aurait deviné à qui était dédié se bain, Aemi était fraîche comme une rose alors que Douhbée empestait la sueur. Amusée par le comportement de sa collègue, une autre servante se mit à la tâche de dévêtir l’écuyère, qui se tendit tout à coup et paniqua.

-Non! s’exclama-t-elle en se dégageant des pauvres femmes qui n’y comprenaient rien.

Pourquoi l’adolescente s’était-elle soudainement mise à trembler de tous ses membres? N’avait-elle jamais pris un bain? Elles lancèrent un regard interrogateur à Aemi, mais ce fut Douhbée qui répondit.

-Excusez-moi, je n’aime pas beaucoup qu’on me touche… bégaya-t-elle en reculant encore. Je vais poursuivre seule, merci pour l’eau.

Elle tremblait encore lorsque les deux femmes s’inclinèrent et sortir, la laissant seule avec Aemi. C’est là que Douhbée remarqua que sa tunique était délacée et laissait entrevoir la grande bande de coton qu’elle utilisait pour masque sa poitrine. Elle faisait ça depuis le début de sa puberté, puisqu’elle avait constaté qu’elle se développait plus vite que les autres filles de son âge et qu’elle ne voulait pas qu’on le remarque. Elle avait déjà des formes d’adultes, quand d’autres commençaient à peine à fleurir… C’était sa honte, parce qu’elle considérait que c’était un corps digne d’une esclave sexuelle, et non d’un Chevalier. Elle la bandait donc de plus en plus serrée…

-C’est gentil Aemi et je comprend que vous vouliez me faire plaisir, mais je ne crois pas… que je vais y arriver…
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Sam 13 Fév - 11:57

« Mais non mais non! Ce n’était qu’une image, ne prenez pas cela au sérieux… » Aemi se retourna vers l'écuyère et lui sourit doucement. Elle savait qu'elle protesterait, mais cela ne la dérangeait pas. « J’veux dire, vous avez pas à faire ça, il y a des bains dans l’aile de Chevalerie, et je ne suis pas une Princesse. » Elle hocha la tête. Elle savait. Il ne prit pas long que deux servantes entrèrent et entreprirent de remplir la petite bassine, pas bien grosse de toute façon, d'eau tiède et qui embaumait une délicieuse odeur de lavande. C'était presque tentant de reprendre un bain.

Temperance adorait les bains, surtout à la lavande. Cela détendait son corps et son esprit, si bien qu'il lui était déjà arrivé de s'y endormir. Pendant le manège des servantes, elle entreprit de parcourir mentalement sa penderie. Elle avait des toilettes de ses soeurs qui étaient trop petites pour elles mais trop grand pour elle qui ferait sûrement à Douhbée. Elle était sûre et certaine que la féline devait être magnifique sous cette couche de timidité et de peur. Si elle n'arrivait pas à le lui montrer aujourd'hui, elle le lui montrerait un autre jour, calmement. En même temps, peut-être que cela aiderait sa grande soeur!

« C’est votre chambre Aemi, et votre baignoire, je ne devrais pas, vous me voyez beaucoup trop gênée. » En effet, elle la voyait vraiment gênée. Elle lui prit la main en souriant pour tirer la chambre et une des domestiques se prit au jeu et vint pousser la jeune guerrière en riant. C'est ainsi qu'elles l'attirèrent dans la chambre de la princesse. Les paravents avaient été repoussés sur un mur et on voyait la baignoire qui fumait légèrement. Ceci fait, elle lâcha son amie et s'installa sur le lit en position assise en attendant que les domestiques la dévêtissent. Mais il s'avéra rapidement que cela n'était pas une bonne idée et qu'elle n'aimait pas cela, il y eut un instant de panique, Aemi s'avança mais les femmes avaient déjà reculé.

Elles l'interrogèrent du regard, Aemi interrogea Douhbée du regard. Il faut dire qu'elle était habituée depuis sa naissance à toute cela. Pour elle, c'était tout à fait naturel. « Excusez-moi, je n’aime pas beaucoup qu’on me touche… Je vais poursuivre seule, merci pour l’eau. » Les servantes s'inclinèrent, interrogèrent Temperance du regard et elle les congédia d'un geste et s'approcha elle-même de la pardusse. Elle remarque la bande de coton qui entourait sa poitrine. « C’est gentil Aemi et je comprend que vous vouliez me faire plaisir, mais je ne crois pas… que je vais y arriver… » Elle s'approcha et tendit la main pour effleurer le tissu puis se retira, pour ne pas indisposer son invité, et recula d'un pas.

« Ça doit être difficile de respirer avec ça. » Elle pencha la tête sur le côté. Courir en ayant la poitrine compressée de la sorte, cela devait être compliqué. « Es-tu blessée? » Elle fronça les sourcils. Si elle était blessée et qu'elle ne l'avait pas dit, c'était dangereux pour sa sécurité, et c'était contre le code de la chevalerie. Un chevalier mal en point était dangereux pour ses compères. Dans une bataille, il serait une faiblesse. Mais elle ne semblait pas souffrir. Pourquoi donc avait-elle un bandage? « Il n'y a que moi... » Elle sourit. « Je ne te mordrai pas, promis. » Elle s'en alla de nouveau sur son lit et s'installa sur le rebord.

« Si je fermes les yeux, ça t'aideras? » Elle sourit à nouveau, et ferma ses yeux. Elle prit une grande inspiration, puis commença à fredonner. Posant ses paumes à plat sur le matelas derrière elle, elle rejeta ses cheveux vers l'arrière et attendit, l'oreille aux aguets, que Douhbée réagisse. Il n'y avait pas de paroles, seulement des « AaaaAaAh AAaaaaAaAh AaaAaaAh » Et la mélodie évoquait le chant d'un oiseau.
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Sam 13 Fév - 22:09

Aemi s’était installée sur son grand lit pour observer la scène, mais elle s’était vite approchée lorsque Douhbée avait paniqué. Bien qu’encore tremblante de peur, l’adolescente s’était à nouveau calmé à proximité de la princesse, à croire qu’elle n’avait pas besoin de musique pour être affectée par le pouvoir de Tempérance. Celle-ci effleura la bande de coton qui masquait la poitrine de l’écuyère, mais cela ne la fit pas autant réagir qu’avec les servantes, ses étrangères .

Étrangères? Et Aemi, qu’était-elle, sinon une étrangère aussi? Quelle pensée absurde, que de la croire autre que cela, elle n’était pas son amie, ni sa sœur. Elles se connaissaient depuis moins de quinze minutes. Et en réalité, elles ne se connaissaient pas, Douhbée était encore remplie de secret que Tempérance ne pouvait même pas imaginer dans ses pires cauchemars…

*Mais je pourrais y remédier…* songea-t-elle bizarrement. Pourquoi avait-elle toujours envie de se confier en présence de la Princesse? Était-ce encore l’effet de sa magie? Les pouvoirs raciaux de Sir Ulyss n’avait pourtant pas fonctionnés sur elle, elle n’avait jamais désiré ses contacts et les détestaient… Alors, elle croyait qu’elle était immunisée contre la magie affectant les sentiments… Jusqu’à maintenant!

Inquiète, Aemi lui demanda si c’était difficile de respirer ainsi bandée. Douhbée songea que c’en était encore plus difficile que de courir, mais s’abstint de commenter. C’était pour ça qu’elle n’arrivait pas à s’améliorer, parce qu’elle se donnait elle-même des limites physiques infranchissables. Fronçant les sourcils, la princesse l’interrogea si elle était blessée.

-Non. fut la première réponse, rationnelle, qui vint en tête, parce qu’elle pensait d’abord aux blessures physiques, mais elle se corrigea aussitôt. Enfin, oui, un peu… dit-elle parce qu’en réalité, elle l’était, mais psychologiquement. Même si je le voulais, je ne saurais pas comment vous expliquer ça. Je vous jure que ça ne m’empêche pas de me battre, alors s’il-vous-plait, je vous en conjure, n’en parlez pas à Colombe… supplia-t-elle en  se forçant pour chasser les larmes qui voulurent monter à ses yeux, mais qui moururent avant de s’écouler.

Parce qu’elle était juste trop jeune. Aemi n’avait pas connu ça encore, et même elle n’aurait pas dur savoir de quoi il retournait en amour… La vie en avait décidé autrement.

Voulant la rassurer probablement parce qu’elle ne la croyait que timide, elle lui assura qu’il n’y avait qu’elle, et lui sourit en lui disant qu’elle ne mordait pas. Si son intention était de détendre l’atmosphère, c’était un peu raté, parce que pour être honnête, ce n’était pas ça que craignait Douhbée. Aussitôt, la Princesse lui tourna le dos et retourna s’asseoir sur son lit, en lui promettant de ne pas regarder. Effectivement, elle ferma les yeux, la tête vers le plafond, et se mit à fredonner. Cette douce mélodie qui ne pu que calmer l’âme de la Pardusse, comme quoi il ne fallait effectivement pas un violon à Tempérance pour que son pouvoir fonctionne…

Moins timide, la Pardusse retira ses vêtements sals, gardant toutefois son bandage, et se laissa glisser dans l’eau, parfaitement tempérée et si odorante qu’elle laissa son cerveau s’imprégner de ce parfum de calme et de repos. Elle se glissa toute entière dans l’eau, pour y tremper les cheveux, au son du chant d’oiseaux. Tant de calme, tant de douceur, tant de bonté, s’en était presque trop pour l’écuyère, qui éclata en sanglots incontrôlables. Difficile de dire si c’était de la tristesse ou un étrange soulagement, de pouvoir ici être libre de tout jugement. Elle se sentait presque coupable de se sentir aussi bien en aise.

-Une esclave n’a pas le droit d’oublier son tourmenteur, elle devait être en crainte continuellement d’être mal traitée, ne devrait pas se détendre, avoir une amie, être heureuse. se plaignit-elle au travers de ses larmes, ne réalisant même pas qu’Aemi pouvait l’entendre. Elle se parlait à elle-même, comme pour se punir et se rappeler quelle était sa place dans la société.
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Dim 14 Fév - 13:38

« Même si je le voulais, je ne saurais pas comment vous expliquer ça. Je vous jure que ça ne m’empêche pas de me battre, alors s’il-vous-plait, je vous en conjure, n’en parlez pas à Colombe… » Cette écuyère était un curieux mystère. Les bruits de tissus lui indiquèrent que Douhbée se déshabillaient et Aemi fut ravie de constater qu'elle allait prendre un bain. Elle ne croisait pas beaucoup de personne de son âge, ou environ, et encore moins qui l'approchait. Les écuyers se tenaient généralement loin, elle avait tendance à les intimider avec son allure naturellement froide. Mais son coeur avait la chaleur du soleil, peu de gens le savaient.

Les bruits d'eau résonnèrent dans la pièce. Temperance se laissa glisser dans sa mélodie, les yeux fermés, le coeur battant le rythme, elle sentait cette vague qui l'envahissait souvent la parcourir, partir de sa poitrine et parcourir son corps, lui procurant une sensation si bienfaisante. Depuis la mort de son père et l'éloignement de sa mère, la musique était son plus grand réconfort, sa famille n'étant pas la plus chaleureuse qui soit. Les bruits de sanglots firent échos à ses pensées et elle se tut. Se redressant sur son séant, elle jeta un regard surpris sur Douhbée qui sanglotait. Elle ne semblait pas avoir remarquer qu'elle s'était tut. Toute à son malheur.

« Une esclave n’a pas le droit d’oublier son tourmenteur, elle devait être en crainte continuellement d’être mal traitée, ne devrait pas se détendre, avoir une amie, être heureuse. » Une esclave? Aemi se leva. De toute évidence, ce n'était pas à elle qu'elle parlait. La jeune adolescente semblait dans un univers bien sombre et triste. Est-ce que la musique avait ouvert une porte close de son coeur? À pas silencieux, elle s'approcha d'elle et, pour ne pas la surprendre, elle murmura son nom, comme sur une note musicale : « Douhbée. »

Elle s'agenouilla derrière elle sur le rebord de la baignoire et, sans se soucier de se faire mouiller, passa ses bras autour des épaules de son aînée pour lui procurer chaleur et réconfort, sans serrer trop fort pour ne pas qu'elle se sente prise. Elle appuya le côté de sa tête derrière la tête de l'écuyère. Elle semblait avoir vécu des choses terribles avant d'être venue ici. N'ayant connu que la vie de château, Temperance pouvait difficilement imaginer une vie emplie de misère. Comment pouvait-elle aider quelqu'un à oublier un passé difficile alors que la seule épreuve qu'elle avait eu à surmonter dans sa vie était l'absence de ses parents? La mort de son père et l'éloignement de sa mère.

Comment mettre en mot ce qu'elle pensait et ressentait à l'égard de Douhbée? Elle voulait l'aider, la réconforter. Devant les paroles qu'elle avait prononcer, Aemi se retrouvait dépourvue de toutes réponses. Que pouvait-elle dire... ou faire? Elle resta un moment ainsi à écouter les sanglots, silencieusement. Presque religieusement. « Aujourd'hui tu es une écuyère. L'avenir se profile à l'horizon. Si quiconque te voulait du mal, l'Ordre d'Alombria se lèverait entier contre celui-ci. » Elle resserra légèrement son étreinte, fit une légère pression de sa tête derrière la sienne pour montrer qu'elle était là, puis s'écarta, mais simplement pour prendre les cheveux de Douhbée et entreprendre de les laver. « J'y veillerais personnellement. »

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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Lun 15 Fév - 12:11

Douhbée ne comprit qu’Aemi avait cessé de chanter que lorsque la mélodie l’appela par son nom. Cela résonnait encore comme une chanson aux oreilles félines de la Pardusse, même s’il était suivi du silence. Le Silence avait sa propre tonalité, un rythme et des paroles. Même dans le silence, l’apaisement de la Princesse Tempérance ce véhiculait jusqu’à l’écuyère troublée, transporté par les bras qui entourèrent ses épaules pour la réconforter. L’étreinte, bien que retenue, apportait à l’ancienne esclave un support qu’elle ne s’était jamais imaginé mériter au cours de sa vie. Elle posa fermement sa main pour enlacer à son tour les bras qui la réconfortaient, pour lui montrer qu’elle ne voulait pas qu’elle parte, jamais, qu’elle avait besoin de ce soutien.

L’étreinte d’Aemi se resserra, en la rassurant sur la protection que lui offrirait l’Ordre de Chevalerie, puisqu’elle était maintenant Écuyère, que tous se lèverait pour la protéger si on lui voulait du mal.

-Vous ne comprenez pas Princesse… protesta Douhbée, alors qu’Aemi relâchait son étreinte, mais pour mieux caresser (ou nettoyer? Quelle importance!) ses cheveux. Ils n’ont pas le pouvoir, je lui appartiens, il a payé pour moi jadis. S’il me trouvait, il pourrait faire valoir ses droits sur moi, et l’Ordre se parjurerait en ne respectant pas le contrat qui me lie à lui…

Si elle le disait, c’était parce qu’elle le pensait vraiment. Bien que l’esclavagisme fût interdit à Alombria, la Chevalerie pourrait-elle vraiment s’opposer à un contrat signé et approuvé au Royaume de Shola? En tant que réfugiée, Douhbée avait-elle les mêmes droits de protection que n’importe quel habitant véridique du Royaume des vertues? Elle en doutait fortement. Et pourtant, Aemi jurait qu’elle veillerait personnellement à ce qu’elle soit protégée contre Sir Ulyss, bien qu’elle ne le connaissait pas. Après tout, elle était négociatrice, serait-elle elle-même responsable de la négociation si Sir Ulyss retrouvait son esclave au château? La Pardusse l’espérait profondément, car elle sentait maintenant qu’elle pouvait, sans hésitations, faire amplement confiance à la Princesse. Jeune, elle avait pourtant toute sa maturité de future adulte, et une bonté infinie.

Douhbée comprenait, maintenant, pourquoi elle s’attardait elle-même à prendre soin de sa chevelure, et elle ne protesta pas cette fois-ci. Tout à l’heure, elle avait parlé d’être coiffée par les servantes personnelles d’Aemi, mais elle les avait chassées. Et même si elle rappelait à la Princesse qu’il n’était pas son devoir de soigner l’apparence d’une écuyère, elle savait qu’elle n’allait pas vouloir entendre raison, comme si elle prenait cette histoire de noblesse pour un défi personnel. Elle se laissa donc faire, savourant la douceur de ses doigts peignant son épaisse tignasse. Les yeux fermés, elle avait cessé de pleurer, la panique qu’elle refoulait dans son cœur était enfin évacuée, et elle pouvait profiteur de la chaleur et du réconfort de la Princesse sans plus de honte, sans plus être inquiète d’être vue ainsi vulnérable. Le seul son qu'elle émettait était le doux ronronnement qu'elle ne s'était jamais surprise, de son souvenir, à entendre provenant d'elle de toute sa vie. Une seule question persistait encore, causée par l’ignorance de Douhbée en matière d’éducation sexuelle : était-ce visible?

-Je vous aime, Princesse. chuchota-t-elle sans y réfléchir vraiment, les mots sortants encore de sa bouche sans qu’elle n’ait le temps de les retenir, à cause du pouvoir d’apaisement de Tempérance. Me jugerez-vous jamais, si vous saviez tout? Je vous connais si peu et j’ai pourtant le sentiment que non. Vous êtes tellement bonne et pure, que je n’en crois pas ma chance d’être en votre compagnie, j’aimerais que cela ne cesse jamais.

Elle prit une des mains qui dorlotait ses cheveux pour l’embrasser, un tantinet de respect normal pour la royauté, mélangé à de l’amour, ou du moins ce qu’en connaissait Douhbée. Tout ce qui comptait, en cet instant, c’est que ce petit brin de princesse ne lui voulait pas de mal et lui donnait une affection particulière que l’écuyère ne pensait pas mériter. Elle était la seule personne qu’elle se souvenait avoir jamais aimé, outre son père, mais même lui, elle le haïssait de l’avoir abandonné. La Pardusse fixa son regard doré dans l’azur de celui d’Aemi, y péchant toute la force d’exprimer ses émotions.

-Quoi qu’il en soit, je vous serai éternellement reconnaissante de ce que vous faites, maintenant, pour moi. Je deviendrai Chevalier et me ferait un honneur de vous protéger et de vous chérir. Si vous m’en donnez le droit, je vous aimerai aussi inconditionnellement. Je sais qu’on ne se connaissait pas hier encore, mais je crois que le temps ne fait pas les sentiments, et je sais que vous êtes la seule personne au monde que je puis considérer comme une amie, et j’espère que vous ressentez ce lien aussi… déclara-t-elle en posant la main de la Princesse sur son cœur, près de son bandage, pour qu’elle y sente son cœur battre.
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Mer 17 Fév - 11:02

« Vous ne comprenez pas Princesse… Ils n’ont pas le pouvoir, je lui appartiens, il a payé pour moi jadis. S’il me trouvait, il pourrait faire valoir ses droits sur moi, et l’Ordre se parjurerait en ne respectant pas le contrat qui me lie à lui… » Aemi secoua la tête négativement. Bien sûr que non. Un tel contrat n'était pas valide à Alombria. « L'esclavage est bannit d'Alombria sous toutes ses formes, Douhbée. » Il n'y avait pas moyen qu'un telle chose puisse être acceptée ici, tout comme Vertuas en était horripilé, jamais Marian ne pourrait commandité ce genre de chose.

Si cet homme qu'elle craignait venait à requérir son ''droit'' sur la jeune écuyère, Aemi était prête à entamer son premier gros contrat de négociation. Glissant ses doigts dans les magnifiques cheveux de sa nouvelle amie, elle s'amusait tranquillement à regarder les bulle de savon lui former des fleurs et des couronnes. À ses souvenirs, elle n'avait jamais réellement eu d'amis. Elle était trop calme, les autres enfants la trouvait ennuyante et froide. C'était dommage, et bien que cela l'attristait légèrement, elle pouvait comprendre que sa situation fut intimidante pour les autres nobles.

Soudain, Temperance réalisa que le petit bruit qu'elle entendait n'était nul autre qu'un ronronnement, et qu'il provenait de Douhbée! Cela la fit sourire. Il est vrai que celle-ci était une créature féline humanoïde. Il n'était dans ce cas pas réellement surprenant que ce genre de chose se produise. Elle s'en amusa tout de même car ce genre de chose ne s'était jamais produite auparavant près d'elle. « Je vous aime, Princesse. » entendit-elle chuchoter. Elle sourit. Elle aussi elle l'aimait! Bien sûr, elle ne comprenait pas le véritable sens de ces simples mots. Aemi n'y voyait qu'une pure amitié.

« Me jugerez-vous jamais, si vous saviez tout? Je vous connais si peu et j’ai pourtant le sentiment que non. Vous êtes tellement bonne et pure, que je n’en crois pas ma chance d’être en votre compagnie, j’aimerais que cela ne cesse jamais. » Que d'éloges! Elle vint prendre l'une de ses mains et y dépose un baiser qu'elle interpréta comme étant du respect. De l'autre main, elle la posa délicatement sur le dessus de la tête de la pardusse et caressa affectueusement sa tête en souriant. C'était ainsi que l'on se faisait des amis? Probablement que c'était peu commun, mais la famille royale était peu commune alors, pourquoi pas? « Je ne te jugerai jamais. » confirma-t-elle.

La tête sous sa main se tourna et l'écuyère la regarda dans les yeux. « Quoi qu’il en soit, je vous serai éternellement reconnaissante de ce que vous faites, maintenant, pour moi. » Aemi afficha une mine sincèrement surprise. Elle ne faisait rien d'aussi exceptionnel qui mérita autant de reconnaissance! « Je deviendrai Chevalier et me ferait un honneur de vous protéger et de vous chérir. Si vous m’en donnez le droit, je vous aimerai aussi inconditionnellement. » Encore là, Aemi n'y voyait qu'un amour amical « Je sais qu’on ne se connaissait pas hier encore, mais je crois que le temps ne fait pas les sentiments, et je sais que vous êtes la seule personne au monde que je puis considérer comme une amie, et j’espère que vous ressentez ce lien aussi… »

Sa main qui s'était fait faire prisonnière se vit poser sur le coeur de Douhbée. Aemi se pencha et déposa un baiser tout innocent sur le front de la jeune fille, et se recula à nouveau pour lui sourire. « Bien sûr que tu es mon amie Douhbée! » Son discours lui faisait penser à Yahto -qui devait être soit en cuisine, soit à la porte. C'étant en tout point semblable à la dévotion de son ami lycan, à la différence que celui-ci avait grandit avec Aemi dans le but de la protéger, même s'il avait eut le choix de faire autre chose, il avait choisit de la protéger. Elle l'aimait beaucoup, amicalement parlant. Aemi n'avait encore aucune notion d'amour de coeur ou de sexualité, cela viendrait plus tard.

Elle reprit le contrôle de sa main captive et entreprit de tordre gentiment les cheveux de son amie, après avoir doucement prit ses épaules et de les avoir tourner pour qu'elle lui fasse dos à nouveau. Ceci fait, elle se releva debout et fit le tour pour faire face à Douhbée. « Ça devrait être assez propre! » Elle lui sourit. Elle prit une serviette qui pendait sur les paravents entassés le long du mur et la déposa tout près pour qu'elle puisse se sécher. Le haut de sa robe était trempée et cela lui collait à la peau, elle allait devoir se changer. Elle tourna donc les talons dans une jolie virevolte et entreprit de fouiller dans son immense penderie.

Elle était un peu petite et devait donc se lever sur la pointe des pieds pour faire défiler les supports. Elle sortit une robe au fond bleu aux motifs fleuris pour elle et la jeta sur le lit. Les multiples jupons blancs étaient plutôt jolis et donnaient un beau volume à la jupe. Elle continua de fouiller plus au fond, cherchant dans les robes qui ne lui faisait pas encore pour trouver quelque chose plus de la taille de l'écuyère. Elle finit par sortir une robe couleur lilas qui avait appartenu à Marian, mais cela elle ne le dirait pas à la féline qui en serait gênée. Elle la posa sur le lit.

Elle poussa ensuite Douhbée pour qu'elle s'asseoit sur le lit et entreprit de relever ses cheveux sous une serviette propre et sèche. Puis elle lui montra la robe qu'elle avait choisi pour elle. « C'est pour toi! Je te la donnes! » Elle la prit et la lui poussa dans les mains, l'obligeant à la prendre et coupa court à ses protestations. « Ne proteste pas, c'est impoli de refuser un cadeau. » Et elle lui fit un clin d'oeil pour lui montrer qu'elle n'en était pas offusquée. « Mets-la maintenant! Après nous allons te coiffer! » Elle parlait beaucoup, c'était rare, mais signe qu'elle était à l'aise. Et oui, tous ces mots là, c'était beaucoup pour Temperance! Puis elle avisa la bande de coton. « Attends. » C'était tout mouillé. Elle fit une moue pensive et sceptique. « Tu peux pas t'habiller avec ça qui est tout mouillé... »  
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Mer 17 Fév - 20:46

Même si l’esclavagisme était bannit à Alombria, le contrat avec été signé à Shola, comment Aemi pouvait-elle être si sure que Sir Ulyss n’avait aucun moyen de faire valoir ses droits ? Elle avait beau être négociatrice, elle n’était pas juriste, et c’était de sa sœur Myrianna Justicia que Douhbée aurait besoin alors. Car en toute bonne négociation, il doit y avoir un compromis. Que donner en échange d’une Pardusse lynx comme elle, qui ne déclencherait pas un conflit?

Elle essaya de chasser ces idées sombres, se convaincre qu’elle était protégée par son titre et par son amitié avec une princesse était beaucoup mieux pour sa santé mentale que de s’imaginer qu’elle retournerait vivre le calvaire de son enfance. Et puis, voilà six ans qu’elle avait fuit et jamais il ne l’avait retrouvée, il ne pouvait quand même pas s’imaginer qu’elle vivait au château, encore moins celui d’Alombria, puisque c’était à Shola qu’elle l’avait quitté.

Même si elle avait du mal à se convaincre elle-même et qu’elle doutait de ses propres espoirs, la tendresse des doigts d’Aemi qui soignait sa chevelure l’apaisait tout autant que si elle avait repris son violon, et bientôt, elle ne pensait plus à rien. Elle ne serait pas jugée, elle pourrait tout lui dire, se vider enfin le cœur après tant d’années. Douhbée avait refoulé ses peurs toute sa vie pour ne pas qu’on la traite comme une esclave, qu’on sache qu’elle n’était plus pure. Elle avait toujours cru que les femmes ne voudraient pas de sa compagnie en sachant qu’elle était souillée. Mais la Princesse Tempérence avait le cœur pur, et la pardusse savait au fond de son cœur qu’elle ne mentait pas lorsqu’elle lui disait qu’elle n’allait pas la juger, parce qu’elle soutenait son regard, parce qu’elle souriait alors que l’écuyère lui faisait ressentir son amour, parce qu’elle embrassa son front en lui disant qu’elle était son amie.

Son amie. Bien sur, mais plus encore, ça non plus Douhbée n’en doutait pas.

Récupérant sa main, Aemi tordit les cheveux de Douhbée en déclarant que maintenant elle devait être assez propre pour sortir, et elle lui tendit une serviette, moelleuse et douce, dans laquelle l’écuyère pris plaisir à s’engouffrer sans que le tissu n’irrite sa peau, comme il était de bonne qualité.

Douhbée ne prit même pas la peine de se couvrir de sa serviette, elle se contenta de s’éponger correctement, sans plus de gêne. Elle n’avait plus de mal de se tenir nue devant Aemi, parce que si la chose était visible, son amie savait déjà sa situation, il n’y avait plus rien à cacher. Seul son bandage persistait, elle ne voulait pas exhiber son impressionnante poitrine devant quiconque, pas par peur, mais parce qu’elle en éprouvait elle-même un dégoût terrible, se doutant que c’était exactement ceci la raison de sa vente jadis.

Lorsqu’elle leva les yeux vers Aemi, enfin sèche, la Pardusse remarqua une sublime robe bleue étandue sur le lit, brodée de fleurs magnifiques. Elle rougit et refusa d’un signe de tête, mais la Princesse avait le nez dans son armoire et ne vie pas son geste. Lorsqu’elle ressortit une autre robe, Douhbée soupira de soulagement. En effet, la princesse avait mouillé sa robe en la prenant dans ses bras, et la bleu était pour elle. L’autre, qu’elle lui tendait, était toute simple. L’écuyère sourit en tendant la main pour la prendre, lorsqu’elle sut qu’elle lui était donnée. Elle semblait, du premier coup d’œil, de moins bonne facture, étant donné sa simplicité, et Douhbée était reconnaissante envers son amie de ne pas la forcer à prendre un cadeau de valeur, c’aurait été bien trop gênant. Elle commençait à la connaître, et avait donc choisis un truc qu’elle ne portait pas car il n’allait pas à une Princesse.

Ou pas. En prenant le tissu entre ses doigts, elle comprit qu’elle s’était trompée. Elle allait protester mais Aemi l’en empêcha immédiatement, en lui faisant un clin d’œil et en exigeant qu’elle la porte immédiatement. Voilà, ce n’était pas une robe de petite facture… Pour avoir travaillé dans le textile chez Sir Ulyss, Douhbée savait reconnaître les étoffes de qualité, et si la coupe était simple, cette robe valait certainement son poids en or! Il n’y avait pas matière à se tromper, c’était elle qui avait pour tâche d’évaluer les pièces de tissus et leur accorder un prix, alors elle n’ignorait pas la valeur qu’un tel vêtement pouvait avoir.

Mais elle n’avait pas le droit de protester. D’ailleurs, toute à sa réflexion, elle avait oublié qu’Aemi la regardait et attendait qu’elle s’habille. Mais alors qu’elle s’apprêtait à essayer délicatement d’enfiler la robe sans l’abimer, la Princesse l’interrompit à nouveau.

Le bandage mouillé. Il ne fallait pas gâcher cette robe en l’humectant de l’intérieur, cela allait gâcher le matériel et Douhbée était bien placée pour le savoir. Se mordant les lèvres de ses petites dents pointues, la pardusse jeta un regard inquiet vers la porte, mais elles étaient bien seules. Si aisément qu’elle s’était faite à l’idée de se tenir flambant nue devant sa nouvelle amie, l’écuyère manquait encore de courage pour démasquer sa poitrine.

-D’accord mais… je ne sors pas d’ici sans, hein? Il n’est pas question qu’on me voit ainsi, surtout pas les hommes. Vous allez garder cela pour vous, promis?

Tout d’un coup redevenue pudique, elle tourna le dos à la Princesse le temps de retirer son bandage, les mains tremblantes, et de le suspendre pour qu’il sèche. Puis, elle enfila doucement la robe délicate, mais laissa Aemi l’aider à la lasser. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas porter vêtement qui nécessitait de l’aide pour s’habiller.

Si son bandage avait la fermeté pour diminuer de moitié son buste, la sublime robe avait la capacité de mettre en valeur celle qui la portait, et maintenant elle semblait porter trois fois le bonnet qu’elle essayait de faire croire aux gens. Malhabile, elle mit sa main devant son corps pour le cacher, mais ce n’était pas bien subtil. Les joues rougies par la malaise, elle s’empressa de s’asseoir devant la coiffeuse d’Aemi, pour lui tourner à nouveau le dos, mais on voyait tout trop bien dans la glace. Elle enleva donc la serviette qui retenait ses cheveux et acheva de les éponger pour pouvoir avoir une raison de garder ses mains devant son corps.

-Vous n’êtes pas obligée de faire tout ça pour moi, Aemi. Amies ou pas, je n’ai pas à prendre de vos vêtements, ni à me faire coiffer par vous. Vous n’êtes pas une servante, ce n’est pas un travail de princesse. Mais elle ne voulait surtout pas qu’elle en rappelle une… Son secret allait être dévoilé ainsi. On peut aussi laisser tomber la coiffure, vous avez réussis ce que vous vouliez, je me sens spéciale maintenant, vraiment.

Au travers du miroir, elle s’accrocha aux yeux magnifiques d’azur de son amie.

-Pas à cause du bain ou de la robe, mais parce que maintenant, je sais que j’ai quelqu’un qui compte dans ma vie, et pour qui je compte. C’est plus important que la noblesse. sourit-elle sans perdre la rougeur de ses joues. Et que pour la première fois de ma vie, j’ai l’impression que mon passé ne compte pas. Si je suis toujours une esclave à mes yeux, je sais que ce n’est pas le cas pour les vôtres, et si je ne vous raconterai pas l’histoire aujourd’hui, car je crains que vous soyez jeune pour entendre des choses si terribles, je sais que même lorsque le jour sera venu, vous ne me verrez toujours pas comme une servante. Juste pour ça, je suis bien mieux qu’une noble maintenant.
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Jeu 18 Fév - 17:17

Aemi remarqua que la mention du bandage avait provoqué un énorme malaise chez Douhbée. Avait-elle quelque chose qui pourrait le remplacer? « D’accord mais… je ne sors pas d’ici sans, hein? Il n’est pas question qu’on me voit ainsi, surtout pas les hommes. Vous allez garder cela pour vous, promis? » Ayant une minuscule poitrine, la jeune fille ne pouvait pas réellement comprendre l'embarras qui habitait son amie. Elle entreprit de l'aider à lasser le délicat vêtement. Elle fut sincèrement surpris de voir le résultat. Le bandage faisait une immense différence.

Avisant le malaise grandissant de son amie, Temperance entreprit de réfléchir à un moyen de palier à cela. Elle aurait bien voulut sortir de la chambre, elle était fière de son oeuvre! Ainsi habillée, l'écuyère pouvait presque passée pour l'une de ses soeurs si ce n'était de ses attraits félins. « Vous n’êtes pas obligée de faire tout ça pour moi, Aemi. Amies ou pas, je n’ai pas à prendre de vos vêtements, ni à me faire coiffer par vous. Vous n’êtes pas une servante, ce n’est pas un travail de princesse. » Elle lui sourit dans le miroir. Voulait-elle qu'elle appelle une servante? Certainement pas.

« On peut aussi laisser tomber la coiffure, vous avez réussis ce que vous vouliez, je me sens spéciale maintenant, vraiment. » Elle secoua la tête et attrapa une brosse pour commencer à brosser les cheveux de Douhbée. Celle-ci la regarda droit dans les yeux et elle soutint son regard. « Pas à cause du bain ou de la robe, mais parce que maintenant, je sais que j’ai quelqu’un qui compte dans ma vie, et pour qui je compte. C’est plus important que la noblesse. » Elle serra affectueusement son épaule de sa main libre. C'est fou comme elle avait pu se rapprocher rapidement d'elle en une journée seulement!

Elle ne comprenait pas tout ce qu'elle raconta par la suite. Pour Aemi, c'était évident que Douhbée était une écuyère, peu importe son passé. Mais il y avait des choses dans la vie qui laissait des marques. Elle déposa la brosse dans la main de son amie. Elle venait d'avoir une idée pour le bandage, elle avait peut-être quelque chose qui ferait la même chose! Une fois, elle s'était tordue la cheville et elle avait dû s'entortiller le pied et la cheville dans un long bandage, si long qu'elle aurait pu s'enrouler dedans tout le corps comme une momie! Elle alla fouiller dans une petite table près de son lit, rangea le contenue, puis retourna dans la penderie, observa au sol. Pas là.

Où était-ce donc? Elle s'en alla dans la partie salon et ouvrit quelques tiroirs ici et là et tomba finalement dessus. Triomphante, elle revint voir Khanrell en brandissant le bandage. « Est-ce que cela t'irais? En attendant que le tien sèche? Tu es si jolie! On ne peut pas rester ici! » Elle le posa sur la coiffeuse devant elle et lui reprit la brosse des mains et entreprit de lisser les cheveux. Ils étaient biens brossés. Elle posa ensuite son instrument, prit une petite poigne de cheveux de chaque côté du visage de Douhbée et les ramena vers l'arrière, en faisant des tresses avec des cheveux qu'elle prenait sur le ''chemin''. Elle rejoignit ensuite les deux tresses vers l'arrière et les fit descendre ensemble, n'en formant plus qu'une.

Fière de son oeuvre, elle recula et hocha la tête, ravie. Elle pivota sur elle-même. Elle commençait à frissonner dans sa robe humide. Sans se soucier de sa nudité, quand on est princesse, on est difficilement pudique puisqu'une armée de servante vous lave depuis votre naissance!, elle retira son vêtement qu'elle déposa sur le paravent de sorte à le faire sécher, puis enfila la robe qu'elle s'était choisie. Elle sourit à son amie et alla saisir la brosse qu'elle passa rapidement dans ses longs cheveux qu'elle laissa libre sur ses épaules. « J'aimerais te présenter quelqu'un, cela te dérangerait-il? »


Dernière édition par Aemi le Dim 21 Fév - 9:29, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Sam 20 Fév - 15:02

[Je savais pas si tu voulais que je continue ou si Yahto est déjà là... J'attends vos indications pour voir si j'en mets plus ou si je laisse ça comme ça.]

Toute en sourire, la seule réponse qu’offrit Aemi aux protestations de Douhbée fut de prendre une brosse, une belle brosse, et commencer à défaire les nœuds dans les cheveux de la Pardusse. Comme elle était silencieuse, cette jeune adolescente, alors que l’écuyère se croyait timide, en voilà une qui ouvrait la bouche beaucoup moins souvent qu’elle, mais ce n’étai pas vraiment de la gêne, plutôt son tempérament calme, comme l’indiquait son deuxième prénom.

La Princesse n’eut qu’a lui serrer l’épaule pour que Douhbée comprenne qu’elle appréciait de l’avoir fait sentir spéciale, l’espace d’une journée. En effet, Aemi parlait peu, mais ce n’était pas nécessaire, l’écuyère pouvait lire dans son visage et dans ses gestes. Ne voulant probablement pas forcer la pardusse à en parler tout de suite, sa nouvelle amie dévia le sujet, en lui remettant la brosse et en faisant le tour de sa chambre pour chercher quelque chose. Suivant se manège des yeux, l’adolescente avait entreprit de continuer de brosser ses cheveux, se sentant toujours un peu mal à l’aise d’être «servie» par Tempérance. Bientôt, celle-ci trouva ce qu’elle cherchait et lui proposa un autre bandage, qui semblait d’origine médicale plutôt que la grossière bandelette de coton déchirée depuis des vieux vêtements. Douhbée sourit de soulagement en la prenant entre ses mains, contente que son amie respecte ses choix.

Aemi termina finalement de la coiffer d’une magnifique tresse qui lui donnait un air de princesse, et Douhbée rougit encore en se regardant dans le miroir. Elle n’avait pas l’air, mais alors pas dutout, d’une esclave. Ou d’une servante. Ou même d’une écuyère. Sous les bons soins de la Princesse Tempérance, elle pourrait passer pour une noble, pour les gens qui ne la connaissaient pas.

-C’est magnifique Aemi… chuchota-t-elle en faisant passer la natte sur son épaule pour mieux l’admirer. On croirait que vous avez tous les talents, vous devez être née sous une bonne étoile. souri-t-elle en se retournant.

Voyant que la princesse s’était dévêtue pour enfiler quelque chose de sec, Douhbée détourna le regard, gênée. Elle en profita pour tenter de bander sa poitrine avec le bandelette que lui avait prêtée Aemi, et bien qu’elle le fit en vitesse et sans défaire sa robe (parce que hein, tout relacer à nouveau, non merci) le résultat était plutôt satisfaisant. Bon, cette sublime tenue mettait encore trop en valeur ses formes de femmes, mais il n’y avait rien de plus à faire pour l’instant. Ce n’était pas une tunique d’écuyer, après tout, qui ne moulait rien du tout…

Ceci fait, elle remarqua qu’Aemi avait terminé aussi, s’étant contenté de rebrosser ses cheveux, elle lui demanda si elle pouvait lui présenter une personne. Douhbée haussa les sourcils, intriguée, en se demandant bien quel genre de personne aurait envie de la rencontrer. Certes, elle s’était fait mettre en beauté, mais ce n’était tout de même pas ça qui changerait que, demain, elle porterait sa tunique d’écuyer, un pantalon de toile et une épée à la ceinture. Enfin, si la Princesse tenait à ce qu’on sorte de ses appartements, la pardusse suivrait, parce qu’elle n’avait plus envie maintenant de s’éloigner de son amie.

-S’il plait à la Princesse, je ne peux dire non souri-t-elle en haussant les épaules. De toute façon, au point où elle en était. Aurait-elle la chance de se faire une nouvelle amie aujourd’hui? C’était presque trop espérer. Où devons-nous nous rendre? demanda-t-elle en précédant Aemi vers la porte de l’appartement, ouvrant déjà la porte.
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Dim 21 Fév - 9:54

« S’il plait à la Princesse, je ne peux dire non. » La réponse fit sourire Aemi. Ravie, elle tapa sans ses mains qu'elle serra contre elle. Elle espérait que Douhbée apprécie Yahto! Bien sûr, la princesse ne pensait pas un seul instant que le fait qu'il fut un homme put refréner la bonne humeur de sa nouvelle amie. Elle connaissait le lycan depuis si longtemps que pour elle, il était tout à fait naturel de le présenter à quiconque entrait dans son entourage. Il était son garde du corps personnel de toute façon, si l'écuyère voulait pouvoir se promener dans le coin sans qu'il s'interpose, elle devait le rencontrer.

« Où devons-nous nous rendre? » Cette fois, ce fut la pardusse qui précéda la jeune princesse et qui lui ouvrit même la porte de ses appartements, elle s'en amusa. Elle était habituée de se faire servir, évidemment. Mais c'était l'empressement à le faire, sans doute avant qu'Aemi lui ouvre la porte pour ne pas se sentir encore plus comme si elle la servait! « C'est juste en face! » Temperance pointa la porte du couloir qui faisait face à la sienne. Ça semblait plus être un placard à balais, mais c'était en fait la chambre de son garde du corps, Yahto! Elle sourit à Douhbée pour l'encourager et lui attrapa la main pour l'empêcher de se sauver puis alla toquer deux petits coups, très, très légers, en face. Tout juste si elle effleura le bois.

« Yaahto! J'aimerais te présenter une amie. Il fait beau, donc nous irons dans les jardins intérieurs. Rejoins-nous! » Elle n'avait pas parlé bien fort, mais elle espérait qu'il fut dans sa chambre. De toute façon, dès qu'il entendait son nom, peu importe où il se trouvait dans le château, il devenait généralement attentif à savoir ce qu'elle allait lui donner comme ordre. C'est qu'il avait une bonne ouïe. Elle se tourna vers Douhbée en lui souriant. « Allons-y! » et la traîna, comme précédemment, afin de revenir à leur position initiale. Dans les jardins. En marchant, elle lui expliqua un peu qui était Yahto : « S'il n'est pas occupé aux cuisines, il viendra nous rejoindre. » Elle regarda du coin de l'oeil sa réaction et enchaîna « Tu n'as rien à craindre de lui, c'est mon garde du corps. »

Elle ralentit son pas et se tourna face à l'écuyère, lui attrapa l'autre main et marcha un peu de reculons. « Il m'est parfaitement loyal. Je le connais depuis ma naissance. C'est aussi mon plus vieil ami. » Elle lui fit un sourire encouragea et lui lâcha une main pour recommencer à marcher normalement. « Il te faudra le rencontrer un jour ou l'autre, il m'accompagne partout, il n'est jamais bien loin. » Sa mère avait établit beaucoup de réticence à le voir rôder au tour lorsqu'elle était bébé, mais Vertuas, qui avait libéré l'enfant, avait voulu lui faire confiance. Aujourd'hui, il était presque impossible que quoique ce soit de mal arrive à Aemi avec son fidèle ami.

Aux jardins, elle s'installa sur un banc et invita Douhbée à en faire de même en tapotant la place à ses côtés. « Ne sois pas nerveuse. » Elle eut un petit rire. « Yahto n'est vraiment pas du genre intimidant! » Du moins, pas pour Temperance. Il était tellement... hors norme. Il ne suivait pas les coutumes, agissait d'instinct. C'est tout juste si des fois elle ne devait pas lui rappeler de se mettre un gilet avant de sortir. À douze ans, Aemi ne voyait pas encore l'aspect plus... disons viril que pouvait revêtir cet aspect de son ami. Elle était encore un peu innocente dans ses amours et sa sexualité.


[Petit résumé pour Yahto : Douhbée vient de prendre un bain, elle sent donc fraîchement la lavande et Aemi l'a aidé donc elle sent aussi mais juste le haut du corps lol, elles ont toutes deux des vêtements propres. Douhbée porte un bandage sur le haut du corps qui a appartenu à Aemi, en plus que la robe, anciennement à Marian était dans sa penderie, fack mettons que Douhbée en ce moment est comme pleine d'odeur d'Aemi ahah, en plus de peut-être sentir un peu Marian. Je pense pas avoir oublier de détails qui pourrait être pertinent pour ton post!]
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Mer 24 Fév - 19:27

[J’ai prétendu que Yahto était sous sa forme loup pour mettre plus de piquant dans le RP, si ça va pas dit moi et je réécris la fin Very Happy]

Comme une enfant surexcitée à qui on venait de promettre une très grosse part de gâteau, Aemi tapait des mains, enthousiaste que Douhbée accepta de sortir, même si elle était toujours gênée de son apparence qui la mettait beaucoup trop en valeur, alors qu’elle cherchait toujours à cacher ses attraits de femme. À plusieurs reprises, elle avait pensé à couper son épaisse chevelure blonde très courte, comme un garçon, mais elle n’avait pas trouvé le courage… Ils étaient si doux… Un peu de douceur dans la vie d’une demoiselle aussi brisée, ça comptait pour beaucoup.

Les adolescentes n’eurent qu’à traverser le couloir pour se trouver devant la porte de l’ami d’Aemi, mais la Princesse n’ouvrit pas la porte, se contentant de cogner et avertir Yahto qu’elle serait dans les jardins. Yahto. Douhbée avala sa salive de travers, mais elle ne pouvait plus fuir, Tempérance ne lui avait pas lâché la main, qu’elle contracta sans y penser. Elle se laissa donc encore traîner en travers des couloirs du château, comme à leur rencontre, mais sur le chemin inverse. Toute à son bonheur, Aemi lui expliqua que s’il n’était pas occupé aux cuisines, il les rejoindrait, et qu’il s’agissait de son garde du corps. Il. Un homme… Intérieurement, l’écuyère pria pour que ce ne fut qu’un garçon, mais s’il était garde du corps d’une princesse…

Toute crispée qu’elle était, Douhbée se força de sourire de toutes ses petites dents pointues de chatte lorsque la princesse se retourna vers elle, marchant de reculons pour lui parler de face, lui tenant désormais l’autre main. Elle avait beau marcher à l’aveuglette maintenant, il était claire qu’Aemi connaissait son chemin par cœur. Elle lui expliquait qu’il la protégeait depuis la naissance, étant son plus vieil ami, et qu’il l’accompagnait toujours partout, alors elle n’avait pas vraiment le choix de le rencontrer un jour ou l’autre… Ne sois pas nerveuse . Avait-elle remarqué? Son malaise était-il si clairement visible? Pas intimidant!. Quel homme ne l’est pas? Mais Aemi ne pouvait pas comprendre ça, pas encore…

-V…v..ous avez de la-la-la chance d’être b…bien protégée P..p…Princesse. bredouilla-t-elle en prenant place sur un banc, enfin arrivée au jardin. Elle avait beau tenter de ne pas trembler comme une feuille, elle ne pouvait s’empêcher de tortiller la pointe de sa flèche en regardant tout autour, craignant à n’importe quel moment de voir débarquer Yahto. Elle ne voulait pas voir un homme, elle était si bien seule avec la Princesse, elle aurait voulu que ce moment d’intimité s’éternise.

Une ombre vint lui couvrir le visage, et c’est en se retournant qu’elle vit la bête qui était arrivée derrière elles. Ses oreilles s’écrasèrent dans sa chevelure, ses yeux s’écarquillèrent de peur, mais ce furent les réflexes d’écuyère protectrice de la Royauté qui réagirent plus que sa peur des hommes, mais aussi des loups. Car ce n’était pas un homme, derrière elles, mais un Lycan.

-Aemi Attention! s’écria-t-elle, paniquée, alors qu’elle la couvrait de ses bras pour l’attirer loin du banc, tout en feulant comme n’importe quelle Pardusse voulant intimider un adversaire plus fort et plus grand qu’elle. Mais c’était la peur que son corps trahissait, et non le courage. Ses bras entouraient toujours la princesse alors qu’elle s’efforçait de reprendre pied après avoir trébuché sur une pierre. Elle ne quittait pas le lycan des yeux, mais si la vie de Tempérance était en danger, elle ne fuirait pas en abandonnant son amour!
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Lun 29 Fév - 21:33

La chambre était noire. Les rideaux étaient encore tirés à cette heure. Normal, il avait passé une partie de la nuit à se balader sur les terres entourant le château. Cela lui arrivait parfois de vagabonder et de laisser libre court à ses instincts de loup. Sentir le vent sur son pelage, l’herbe sous ses paluches et les odeurs chatouiller sa truffe… c’était si gratifiant! Tellement, que parfois, il oubliait de revenir avant le lever du soleil… Il était maintenant couché sur son lit et n’avait même pas prit la peine de reprendre forme humaine. Il était sur le dos, ses pattes avant repliées sur elles-mêmes et la tête pendant légèrement vers le sol. Sa respiration était profonde et, parfois, on pouvait l’entendre geindre légèrement, signe imminent de sa rêverie. Puis, il émergea enfin, entre deux songes. Ses yeux dorés firent enfin éruption et sa gueule s’ouvrit toute grande, laissant échapper un bâillement canin. Il était quelle heure? La journée était-elle avancée? Il hésitait entre l’envie de dormir plus longtemps, d’embêter la cuisinière et d’aller voir Aemi.

L’indécision de Yahto fut rapidement chose du passée, car au même moment, deux petits coups légers résonnèrent à la porte. Une voix douce et délicate survint timidement. Il n’eut aucun mal à reconnaître Tempérance et le lycan sourit intérieurement à sa demande. Elle désirait lui présenter une amie? Voilà qui était une bonne nouvelle en soit. Aemi était une fille terriblement attachante, mais elle avait peu d’amis, et ce, malgré son statut de princesse. Cela lui ferait le plus grand bien d’avoir une copine! Bien sûr, Yahto allait les surveiller en permanence, mais serait discret dans sa tâche. Les pas des jeunes filles s’éloignèrent, ce qui incita le jeune homme a enfin se lever. Non sans un grincement de paresse, le canidé se retourna sur lui-même, puis s’étira langoureusement. Il était l’heure de s’activer! Sans plus attendre, il posa son immense patte sur la poignée de la porte, puis tourna celle-ci. Sans plus de cérémonie, il mit son museau à l’extérieur et renifla l’air ambiant. Une douce odeur de gâteau provenait des cuisines… il le sentait jusqu’ici! Son estomac se mit alors à gronder, à sa plus grande exaspération. Il était vrai qu’il n’avait rien avalé de la journée… bah, ça pouvait attendre.

L’immense loup se secoua pour se redonner contenance, puis s’engagea dans les couloirs du château en direction des jardins. Une myriade de parfums lui chatouillait les narines et il reconnut sans peine la douce odeur de lavande que dégageait normalement Aemi. Il était sur la bonne piste! Son pas s’accéléra et Yahto trottait maintenant joyeusement; les quatre pattes touchant le sol lustré. Arrivant en vue des jardins, il remarqua enfin la silhouette qu’il connaissait si bien, siégeant sur un banc en compagnie d’une inconnue. Aemi rayonnait, ce qui rendit Yahto heureux. Cela faisait changement de son air maussade des derniers temps : depuis le décès de son père, la princesse ne souriait presque plus… Il était donc impératif qu’il rencontre cette fameuse « amie ». Ralentissant la cadence, le lycan s’approcha du banc, ses griffes tiquant sur le parterre de pierres. Une fois près des jeunes filles, quelle ne fut pas sa surprise de voir « l’amie » d’Aemi le fixer et écraser ses oreilles sur son crâne. Mais qu’est-ce qui lui prenait?

Curieux, Yahto se redressa sur ses pattes postérieures, puis pencha légèrement sa tête sur le côté, tentant de comprendre ce qui était entrain de se produire. La petite pardusse semblait paniquée et couvra Aemi de ses bras… elle tentait de la protéger de… de lui?! Eh oh! C’était son travail à lui!! Et voilà qu’elle jouait aux « braves chatons » et feulait en sa direction! Le lycan se contenta d’hausser un sourcil, peu impressionné. Elle voulait être brave, mais tout son corps suintait la peur, il aurait pu le sentir à des kilomètres à la ronde. Elle enserrait toujours Aemi et trébucha même sur une pierre… Bon sang… si elle désirait réellement la protéger, elle devrait s’y prendre autrement…

Tournant ses iris dorés vers la princesse, il comprit que la pardusse était importante pour cette dernière. Il allait donc jouer la carte du bon toutou pour gagner la confiance du « chaton » et, par le fait-même, calmer le jeu. Sans attendre, Yahto opta pour une position assise, puis ouvrit la gueule pour laisser pendre sa langue. Il savait que ce petit manège lui donnait des allures de niais, mais c’était le meilleur moyen de détendre l’atmosphère. Sa queue battait joyeusement l’air, lui donnait une allure « bon enfant ». Il les regarda toutes les deux, puis se releva doucement pour étirer son nez dans leur direction et renifla l’air. Étrange, il ne percevait que le parfum d’Aemi! Comment cela se pouvait-il? Le lycan voulu s’approcher davantage, mais sentit la tension monter d’un cran et jugea qu’il s’y prenait de la mauvaise façon. Peut-être que de prendre forme humaine serait plus rassurant? Le seul pépin était qu’il n’avait aucun vêtement à se mettre et il ne désirait pas faire honte à Aemi… Jetant un regard autour de lui, Yahto nota la présence de deux servantes tout près et fit signe à Tempérance et son amie d’attendre bien sagement. Il courut jusqu’au buisson le plus garni et se jeta dans celui-ci, histoire de disparaître complètement des regards indiscrets. Il entama alors sa métamorphose vers une forme plus humaine. Ses os se replacèrent et son pelage tomba d’un coup, laissant paraître une peau blanche et soyeuse.

Dans un bond, il sortit sa tête du buisson et afficha un énorme sourire aux jeunes filles. Il ne pouvait sortir comme ça. Il toussota donc bruyamment pour attirer l’attention des servantes.

- Oh, Rachel! fit-il tout haut à l’intention de l’une des servantes. Dis, pourrais-tu être gentille et aller me chercher de quoi me vêtir? Ce serait vraiment apprécié…

Il connaissait bien cette fille, il leur arrivait régulièrement de discuter lorsqu’il visitait les cuisines. Il lui fit son regard de « chien battu » et cette dernière plia enfin à sa requête.

- Bonjour Aemi! s’écria-t’il enfin tout en restant sagement dans son buisson. Bonjour à vous aussi, mademoiselle…? Il attendit quelques instants qu’elle se nomme, puis se gratta la tête, d’un air embarrassé. Je suis navré de ne pouvoir m’approcher davantage, heu… j’essaie de ne pas être… inconvenant?

Il répétait les mots exactes qu’avait toujours prit Vertuas à son égard.

- Je m’appelle Yahto et je suis aux services de sa majesté Aemi. Puis, la servante arriva avec un pantalon en toile couleur marron et tendit le tout au lycan non sans un ricanement. Ce dernier la gratifia d’un sourire, puis enfila le tout en s’assurant de bien boucler sa ceinture. Enfin libéré de sa cachette végétale, il s’avança vers ses deux interlocutrices, ses pieds nus foulant le sol. Je suis ravi de voir qu’Aemi s’est fait une nouvelle amie! Mais dites-moi, nous nous sommes déjà rencontrés? Je crois vous avoir déjà vu quelque part…

Puis, il fronça les sourcils un instant en remarquant la tenue que portait la pardusse.

- Dis Aemi, c’est pas tes vêtements ça?
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Mar 1 Mar - 17:38

Aemi sourit. Douhbée n'était clairement, absolument pas à l'aise. « V…v..ous avez de la-la-la chance d’être b…bien protégée P..p…Princesse. » Elle secoua la tête et posa sa main sur celle de son amie. « Appelle-moi Aemi! Au moins quand nous sommes toutes les deux, si les convenances t'inquiètes. » Elle lui fit un grand sourire, puis soupira. Elle était beaucoup trop inquiète. Pourtant, Yahto n'avait rien de particuliers. C'était un garçon comme un autre. Elle verrait bien à son arrivée qu'il n'avait rien d'inquiétant!

Évidemment, cela était sans compter sur la magnifique nature discrète et sensée de son garde du corps. Non seulement il arriva derrière elles, se sorte qu'elles ne le virent pas tout de suite, mais en plus, en forme lycane. Aemi était habituée de le voir ainsi, alors elle partit pour lui parler mais la réaction de l'écuyère la prit par surprise. « Aemi Attention! » Et avant même qu'elle ait le temps de lui expliquer qui était le nouveau venu, elle passa ses bras autour d'elle et la tira loin du banc.

Peut-être aurait-elle du préciser que Yahto était un lycan? De un, elle n'y avait pas penser. De deux, cet idiot aurait pu avoir la décence de se présenter sous forme humaine. Mais bon, Temperance ne lui présentait pas souvent de nouveau ami, alors pour cette fois, ça irait... elle posa ses mains sur les bras de Douhbée pour l'inciter au calme. « Douhbée... » mais celle-ci semblait habiter par la peur. Avait-elle déjà vu un lycan avant? Une mauvaise expérience peut-être? Soudain, Aemi se sentait mal. L'avait-elle confronté à un mauvais souvenir?

Aemi observait Yahto droit dans les yeux. Celui-ci, redressé, la tête sur le côté, semblait évalué la situation. Du regard, elle tenta de lui intimer de reprendre forme humaine. Évidemment, Aemi ne pensait absolument pas à l'aspect « à poil » de sa demande. Elle voulait juste que la situation se calme, elle tenait beaucoup à l'amitié de la pardusse et espérait que ses deux amis puissent un jour s'entendre, mais le premier contact se passait pas vraiment comme elle aurait aimé. Elle fit la moue, mécontente. Sa position était désagréable, et elle n'appréciait pas du tout.

Semblant comprendre qu'Aemi voulait que Yahto se montre inoffensif, ce dernier fit le chiot. Vu la grosseur de la bête, ç'en était un tantinet ridicule. Cette attitude sembla efficace et la pression se relâcha, mais alors qu'elle sentait qu'elle allait pouvoir se dégager, le lycan fit mine de s'avancer et l'étreinte se raffermit, elle lança un regard sombre sur son ami. Il leur fit signe d'attendre, la princesse roula des yeux et elle gigota dans les bras de Douhbée. « Douhbée... » Elle posa ses mains sur les siennes. « Douhbée! » Elle soupira. « Calme-toi, Douhbée. »

Yahto plongea dans un buisson. Aemi observa un instant l'endroit où il disparut. Il faisait quoi là? Elle hésitait entre rire ou être découragée. Un bruit de craquement sinistre lui donna un frisson dans le dos. Il se métamorphosait. Elle acheva de se dégager de Douhbée et se tourna vers elle en soupirant. « C'est Yahto, tu sais. » Elle fit un geste de la main pour marquer son impuissance. « Je ne pensais pas qu'il se montrerait ainsi, je m'en excuse, j'aurais dû te prévenir d'avance. »

Elle se tourna vers la tête qui dépassait du buisson pour appeler une servante pour quémander des vêtements. Oh, c'est vrai. La transformation le ramenait nu. Elle se sentit un peu idiote sur le coup. Elle avait voulut qu'il se transforme tout à l'heure, mais il n'avait décemment pas pu. Ça aurait été plutôt gênant. Quelle idée d'avoir cet homme comme garde du corps! Mais c'était aussi son meilleur ami. Elle soupira. C'était déjà pardonné. Elle était comme ça, Aemi. « Bonjour Aemi! » Elle lui sourit, doucement, et inclina la tête. « Bonjour à vous aussi, mademoiselle…? » Elle répondit pour son amie : « Douhbée »

Elle prit la main de celle-ci qu'elle sera délicatement entre les deux siennes, pour lui insuffler du courage. « Je suis navré de ne pouvoir m’approcher davantage, heu… j’essaie de ne pas être… inconvenant? » Aemi pouffa légèrement. Réalisait-il qu'il était nu dans le jardin intérieur de la cours royale devant deux jeunes filles? Ce n'était absolument pas inconvenant, puisqu'il avait eu la délicatesse de plonger dans un épais buisson afin de masquer ses, euhm, bref, cela.

Il se présenta plus officiellement à l'écuyère, juste avant que Rachel, la servante, revienne avec un pantalon et le donne au jeune homme, non sans s'amuser à ses dépens. Cela ne semblait pas être la première fois. N'y avait-il pas de chemise? Soit, Yahto n'aurait qu'un pantalon à se mettre devant elles. De toute façon, elle était habituée. Elle était encore trop innocente pour être sensible au charme sauvage de son ami. « Je suis ravi de voir qu’Aemi s’est fait une nouvelle amie! Mais dites-moi, nous nous sommes déjà rencontrés? Je crois vous avoir déjà vu quelque part… » Elle mit les poings sur ses hanches. Ce n'est pas comme si elle n'avait aucun ami!

Mais elle n'eut pas le temps de lui répondre car il enchaîna : « Dis Aemi, c’est pas tes vêtements ça? » Il avait sans doute du sentir son odeur sur les vêtements que portaient Douhbée... quelle délicatesse. Elle fronça les sourcils. Comme si celle-ci n'était pas déjà assez embarrassée de les porter, il devait en beurrer par-dessus! Elle décida d'ignorer la dernière question. « Ne fais pas comme si je n'avais jamais d'amis, Yahto. Et puis Douhbée est l'écuyère de ma soeur Colombe, alors tu l'as certainement vu non loin d'elle. » Elle fit un sourire encourageant à sa nouvelle amie pour qu'elle ne se sente pas trop mal.

Se tournant à nouveau vers Yahto, elle mit ses mains sur ses hanches en fronçant les sourcils, se voulant faussement menaçante -de toute façon, même sérieusement elle en serait incapable. « Tu devrais demander pardon, Yahto. J'ai pris la peine de dire que je te présentais une nouvelle personne, endormi ou pas, tu devrais prendre la peine de réfléchir et t'habiller! » Et par là, elle faisait allusion au fait qu'en loup, il était nu, et que donc qu'il aurait du venir en humain. Du moins, elle espérait que le message passerait. Que ce soit subtil ou non, c'était dit. Elle s'avança et lui pinça amicalement les cotes.
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Mer 2 Mar - 20:04

Douhbée fut flattée qu’Aemi désirait qu’elle l’appelle par son prénom, bien qu’elle s’y était déjà échappé dans l’intimité de ses appartements, la pardusse n’osait pas le faire en public, de peur d’être punie. Il n’empêche que dans son fort intérieur, elle espérait développer une liaison plus profonde avec elle, et mettre les convenances de côté. Pour l’instant, il était trop tôt, mais elle attendrait avec impatience le jour où la Princesse lui demanderait de lui dire tu.

-Avec plaisir, Aemi. lui sourie-t-elle doucement.

Bien qu’Aemi pose ses mains sur Douhbée pour la calmer, cela ne fit rien, seule son pouvoir aurait pu calmer la femme-chatte devant l’horrible monstre-loup qui se dressait devant elle. Quelle ne fut pas sa surprise, donc, de voir la bête s’asseoir au sol et «faire le mignon», comme s’il avait été un petit chiot de compagnie, alors que la princesse essayait de calmer sa nouvelle amie. Mais Douhbée ne pouvait tout simplement pas relâcher son étreinte, car avouons-le, c’était elle qu’elle essayait de protéger plus qu’autre chose, elle avait non seulement peur des hommes, mais les lycanthropes étaient les prédateurs naturels des pardusses depuis l'existence de leur monde. Alors même s’il faisait maintenant son beau, la jeune adolescente ne pouvait éteindre ce sens inné de protection qu’elle ressentait au fond de son âme, comme les animaux de la nature savent d’instincts quelles créatures éviter… C’était tout simplement acquis dans son sang de Pardusse sauvage.

C’est Yahto. Comment sa tendre amie, sa chère Princesse, pouvait-elle être protégée par une créature aussi immonde et sauvage, aussi effrayante et dangereuse? Aemi son amour, qu’elle s’était mentalement jurée de protéger, de chérir et d’aimer tant qu’elle vivrait, à qui elle avait déclaré sa flamme quelques minutes plus tôt? Qui était encore trop jeune pour intégrer ce concept d’amour, mais qu’elle savait instinctivement proche d’elle malgré leur récente rencontre. Protégée par un Lycan? C’était inconcevable.

-Mais… mais c’est un loup Aemi…

Douhbée ne jugea pas utile d’ajouter «et moi je suis un chat», il lui semblait que c’était fort évident, vu les feulements et… bon son apparence en général. Comment pouvait-elle espérer qu’une Pardusse et un Lycan puissent faire bonne compagnie? Rapportant son attention sur le loup, la jeune écuyère tremblante réalisa qu’il était allé se cacher dans un buisson et que seule sa tête en ressortait, mais une tête bien humaine. C’est ainsi caché qu’il salua banalement la princesse comme si tout était parfaitement normal, et salua également Douhbée. Celle-ci était si bouche bée qu’elle n’arriva même pas à dire son prénom lorsqu’il lui en donnant l’opportunité, ce fut Aemi qui lui répondit.

Aemi sembla s’amuser lorsque le loup s’excusa d’être caché pour ne pas être inconvenant, et Douhbée compris que, n’ayant pas de vêtements sous sa forme lycan, il ne pouvait pas plus en avoir sous sa forme humaine… Elle eut donc la décence de rougir et de regarder ailleurs lorsqu’une servante lui apporta de quoi se vêtir et qu’il put s’approcher pour se présenter correctement, toujours torse nu par contre. Bien que la Pardusse avait toujours la trouille, au moins son instinct félin s’était apaisé puisqu’elle ne voyait plus le loup. Et puis, une partie d’elle ne détestait pas réellement la vue qu’offrait le jeune homme, de belle apparence certes, bien qu’elle n’avait cessé de trembler. D’ailleurs, elle se faisait presque honte de regarder, considérant ce qu’elle avait vécu, et détourna le regard vers la princesse. Sa proximité ne faisait plus reculer l’adolescente, qui n’avait jamais supporté être en présence d’homme, même lorsqu’elle y était obligée. Disons qu’elle préférait les voir de loin, ou alors pas du tout. Peut-être que la Tempérance y était pour quelque chose…

Aux questions que posait Yahto, Douhbée tenta de répondre mais les mots restaient coincés au fond de sa gorge. Elle craignait que le seul son qui aurait pu en sortir soit un couinement ignoble d’angoisse, ou un autre feulement. Aemi se chargea donc de lui expliquer qu’elle était l’écuyère de Colombe, avant d’offrir à la pardusse un sourire encourageant, auquel elle réussit finalement à répondre, bien que moins franchement que lorsqu’elles étaient seules.

Ainsi, Aemi était-elle une princesse timide? Les allusions de Yahto au sujet de ses amis semblaient avoir ennuyé la jeune adolescente, et Douhbée s’étonna qu’elle ait pu si facilement l’approcher, si elle n’était pas supposé être quelqu’un de facilement approchable. Mais en faite, elle aussi était très timide, alors il était tout simplement bizarre qu’elles se soient trouvées toutes les deux aussi facilement et naturellement…

Relâcha enfin la tension, Douhbée cessa de protéger Aemi de son corps, puisqu’apparemment elle n’avait rien à craindre, mais n’osait toujours pas regarder son protecteur. La Princesse, les poings sur les hanches, ordonna à Yahto de s’excuser pour s’être montré non vêtus devant une nouvelle personne, comme si c’était la chose la plus banale. Mon problème ce n’est pas ce qu’il porte, mais ce qu’il est… songea amèrement la femme-chat en tournant légèrement la tête vers lui. Un homme, mais quand même jeune. Malheureusement pas le petit garçon de l’âge de la princesse qu’elle aurait préféré rencontrer, mais surement pas assez vieux, encore du moins, pour être un abuseur d’enfants, un violeur de femme ou un acheteur d’esclaves. Et puis, si Aemi lui fait confiance….

-Non Aemi, c’est moi qui devrait m’excuser…

Elle tentait difficilement de regarder son interlocuteur dans les yeux, en tenant la main d’Aemi pour y puiser du courage. Cela n’avait pas échappé à Douhbée que Yahto avait le droit de tutoyer sa protéger, et elle avait compris que les proches de la princesse, quel que soit leur milieu de provenance (parce que le loup n’était définitivement pas de naissance noble, vu son manque de convenances), alors il était important pour elle de traverser les frontières de son cercle rapproché, si elle voulait pouvoir vivre son amour en toute liberté.

-Je suis désolée d’avoir réagit si vivement. Je n’aime pas que les hommes m’approchent, et vous m’avez surprise. Je ne voulais pas vous blesser, ne croyez pas que c’est de votre faute, c’est moi qui est à fleur de peau. Disons que je ne m’attendais pas à voir un lycan…

Sa voix se voulait un peu plus assurée, bien qu’elle trembla à quelques reprises, la main d’Aemi dans la sienne lui donnait du courage et de la force. À nouveau, Douhbée entoura la Princesse de ses bras, mais seulement pour une étreinte amicale, puis la relâcher.

-Votre nez ne vous a pas trompé, c’est bien une robe d’Aemi, elle me l’a donnée pour que… je me sente spéciale. expliqua-t-elle en faisant un clin d’œil à sa nouvelle amie. Disons qu’elle avait devinée que le lycan avait su la vérité grâce à son nez, et non à ses yeux, elle savait ce que c’était aussi que d’avoir ces instincts animals.
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Mer 9 Mar - 20:07

Mais pourquoi arborait-elle cet air semi-courroucé? Il n’avait rien fait de mal, si? Un air interrogateur au visage, il plongea son regard aux reflets dorés dans celui de son amie. Il tentait d’y chercher une réponse à sa question qui resterait dans le vague, puisque visiblement, la princesse avait délibérément choisie d’ignorer celle-ci. Elle lui demanda ensuite de ne pas prétendre qu’elle n’avait aucun ami, puisque c’était faux. Bah, ce n’était pas qu’elle n’en avait aucun, mais Yahto en avait rencontré très peu, et donc, n’avait aucune idée de l’étendue du cercle d’amis de Tempérance. Et comme ils étaient souvent ensemble… Il avait fait ses propres conclusions.

Ainsi, cette petite était l’écuyère de Colombe? Il l’avait probablement effectivement croisé à quelques reprises sur le terrain d’entraînement, puisqu’il y traînait souvent. Yahto fit un sourire enchanté à la pardusse, espérant ainsi qu’elle se sentirait moins intimidée par sa présence. Parce que c’était gros comme le ciel qu’elle était anxieuse. Ramenant son attention sur Tempérance, le garde du corps sursauta légèrement alors qu’elle le fixait, les poings sur les hanches, et un air faussement menaçant au visage. Quoi? Qu’avait-il fait encore? Demander pardon? Mais il ne s’était pas baladé tout nu devant elles quand même! Et puis, il se voyait mal dire à Aemi qu’il avait dormi si tard parce qu’il avait passé la nuit debout à vagabonder… les chances qu’elle désapprouve ce comportement était élevées. Pour ce qui était de sa forme lycane… bon certes, il aurait pu réfléchir davantage avant de de pointer de cette façon, mais… il était comme ça. C’était dans sa nature. Il ferait… attention la prochaine fois?

Pendant un bref instant, il jeta un regard désolé à son amie, puis gloussa alors qu’elle lui pinçait amicalement les côtes. Il était très très chatouilleux… et ce, depuis toujours. Il l’aurait bien poussé pour se chamailler un peu avec elle, mais il craignait d’être inconvenant de nouveau et ne désirait pas recevoir davantage de remontrances, aussi douces soient-elles.

- Je suis navré de vous avoir rejoint sous ma forme lycane, fit-il finalement, les mains dans les poches. Je vous ai fait peur, damoiselle Doubhée, et je m’en excuse profondément…

La pardusse, pour toute réponse, déclara qu’elle était celle qui devait s’excuser. Mais pourquoi? Elle n’avait rien fait de mal… certes, elle avait réagi un peu fortement, mais elle s’était fait surprendre par un énorme loup… qui pouvait lui en vouloir pour ça? C’est donc avec une expression de surprise que le garde du corps reçu les excuses de l’écuyère. Elle avait peur des hommes? Hmmmm… elle devait avoir un vécu plutôt désagréable pour dire quelque chose de la sorte. Yahto était particulièrement sensible aux émotions et aux énergies que les gens dégageaient et, maintenant qu’il y portait davantage attention, il sentit bien toute la peur de la jeune fille… mais autre chose également. Cette façon dont elle serrait la main d’Aemi – comme si c’était le plus beau des trésors -, cette façon dont elle avait utilisé son propre corps pour la protéger… Ces regards, cette énergie… Elle était amoureuse de Tempérance, non? Enfin, peut-être que le terme était fort, mais elle n’était vraiment pas indifférente…

Doubhée avoua porter la robe de la négociatrice et prétendit que cette dernière le lui avait donné pour qu’elle se sente spéciale. Elle ponctua le tout d’un clin d’œil complice. Oui… elle ressentait quelque chose pour son amie. Yahto ne savait pas quoi penser de tout ça. Certes, l’amour finirait par entrer dans la vie de la princesse et il s’attendait à devoir un jour composer avec tout ça. Mais si vite? Enfin, non pas que la princesse de 12 ans était amoureuse elle aussi, mais cette scène lui rappela qu’un jour, lorsqu’elle serait assez vieille, elle afficherait le même air que Doubhée. C’était étrange d’imaginer Aemi avec un regard amoureux, de l’imaginer se pendre au cou de quelqu’un ou même tenir une main avec la même finesse et la même tendresse. Bon… il fallait dire aussi que Tempérance faisait généralement preuve de beaucoup de retenue et cela serait probablement encore vrai lorsqu’elle serait adulte… mais quand même.

Devait-il informer son amie des sentiments de Doubhée ou garder cela pour lui? Avait-il simplement le droit de divulguer ce genre d’information alors qu’il n’avait aucune réelle assurance de la véracité de ses propos? Il devrait d’abord réfléchir sur le sujet, histoire d’éviter de faire un nouveau faux-pas.

Son air devait être des plus sérieux, car un silence étrange avait envahie le trio. Il se rendit alors compte qu’il dévisageait Doubhée! AH! Il allait la rendre mal à l’aise! Il secoua la tête puis arbora un sourire radieux. Il devait faire quelque chose pour détendre l’atmosphère!

- Dites-moi, mesdemoiselles, aimeriez-vous que nous profitions de cette magnifique journée en mangeant quelque chose dans les jardins? demanda-t’il en réalisant soudain qu’il n’avait rien avalé de la journée. Je pourrais aller chercher quelques trucs à manger en cuisine pour nous trois et nous pourrions nous installer pour profiter du soleil! Qu’en dites-vous?

Yahto aimait bien se prélasser au soleil quand il en avait la chance. Il faisait régulièrement ce genre de pique-niques, avec ou sans la présence d’Aemi. Et puis, ça lui permettrait d’aller embêter vite fait la cuisinière en toute légitimité et peut-être de mettre la main sur une tarte ou quelques biscuits. Il en profiterait pour emmener du thé ou quelque chose du genre à boire. Tout le monde aimait grignoter en pleine nature, non? Ainsi, peut-être que Doubhée apprendrait à se détendre en sa présence! Il était primordial qu’il fasse bonne impression afin qu’Aemi soit fière de lui!

- Je pourrais peut-être en profiter pour ramener du thé? ajouta-t’il avec un regard plein d’espoir, sachant qu’Aemi appréciait généralement la chose. Oh et j’espère que ma question de tout à l’heure ne vous a pas insulté, mademoiselle Doubhée, concernant la robe… je voulais juste vous dire qu’elle vous va à ravir. Vous êtes très belles.

Il tourna ensuite son regard vers Aemi et lui fit un sourire franc. Il espérait honnêtement qu’elle apprécierait son idée!
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Mar 15 Mar - 22:44

Aemi fut satisfaite d'entendre Yahto rigoler sous son geste et afficha un sourire heureux. Il présenta ses excuses de façon convenable et elle lui lança un regard qui affichait sa satisfaction, c'est exactement ce qu'elle voulait. Par contre, quand Douhbée s'excusa à son tour, elle lança un regard surpris vers celle-ci. Allons, pas besoin de s'excuser! Mais en même temps, elle trouvait que ses amis partaient du bien pied et elle apprécia grandement leurs gestes. Elle apprécia le contact des mains de son amie et ne chercha pas à se dérober pour l'encourager, ne comprenant pas la véritable nature de celui-ci pour elle.

Temperance répondit par un sourire au clin d'oeil de la pardusse. Ensuite, en posant son regard sur le lycan, elle s'aperçut que celui-ci dévisageait son amie. Il s'installa un malaise. Une minute. Deux minutes. « Euh... Yahto? » Il secoua la tête et reprit soudainement son air niais - oui, Aemi lui trouvait l'air niais! « Dites-moi, mesdemoiselles, aimeriez-vous que nous profitions de cette magnifique journée en mangeant quelque chose dans les jardins? » Elle prit un air pensif, oubliant l'air étrangement sérieux de son ami d'enfance précédemment.

Ce n'était pas une mauvaise idée! « Je pourrais aller chercher quelques trucs à manger en cuisine pour nous trois et nous pourrions nous installer pour profiter du soleil! Qu’en dites-vous? » Elle lâcha la main de Douhbée pour taper dans les siennes avec un air ravi en hochant la tête de haut en bas deux fois. « Fait donc cela! » C'était une bonne idée! « Je pourrais peut-être en profiter pour ramener du thé? » Elle sourit à son ami. Il la connaissait si bien! Il enchaîna sur un compliment pour l'écuyère qui agrandit le sourire d'Aemi. Yahto était si gentil!

Ils échangèrent un regard et elle lui partagea sa bonne humeur par un grand sourire. « Du thé, une collation et tu pourrais en profiter pour t'habiller plus convenablement, peut-être? » Elle lui fit une grimace. Elle savait que pour Yahto, des pantalons, c'était convenable. Mais elle parlait d'une chemise là, quelque chose de plus! Elle sentit qu'elle devait peut-être insister, alors elle le fit : « Tu sais... une chemise et des bottes? » Elle ria et le poussa dans le dos. « Aller, va! » Elle le regarda disparaître puis se tourna vers son amie qu'elle invita à nouveau à aller s'asseoir avec elle sur un banc.

S'installant, elle se tourna vers Douhbée. « Je suis désolée de toute cette drôle d'activité autour de Yahto. C'est un personnage particuliers... » Elle soupira et s'appuya sur le dossier du banc en levant les yeux vers le ciel. « En fait, je crois que vous pourriez plus vous comprendre tous les deux que tu ne pourrais le croire. Yahto était esclave avant, mon père l'en a libéré. Que Parandar ait son âme. À ma naissance, sa maîtresse est venu me l'offrir comme... chien de garde. Seulement, même après avoir été libéré de ses chaînes, il n'a pas voulu partir. Nous sommes devenus amis... et puis voilà. » Elle se tourna vers elle et lui sourit. « C'est très résumé. Mais c'est cela. »

Elle se redressa, droite comme un i sur son banc et posa ses mains croisées sur ses cuisses. Portant son regard devant elle, elle se remémora les moments où, enfant, elle avait eu peur de Yahto. Son père lui avait expliqué que sa transformation était normale. En fait, elle n'avait pas peur de lui, mais de la transformation tel quel. Elle soupira. L'esclavage était une chose dégoûtante. C'était un drôle de hasard que ces deux seuls amis, car oui, Yahto avait raison, c'était ces deux seuls amis, étaient d'anciens esclaves. Elle avait d'autres amis, bien sûr, mais c'était autre chose. Des amis de convenance.
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Jeu 17 Mar - 20:31

Obéissant à Aemi, le lycanthrope fit à Douhbée des excuses qui semblaient sincères, aussi cela surprit tout le monde que la Pardusse déclare que c’était à elle de s’excuser, mais c’est qu’elle ressentait vraiment qu’elle avait mal agit, il fallait vraiment qu’elle se soigne de cette peur des hommes, ça lui pourrissait l’existence. Elle perdait toujours ses moyens quand on l’approchait, pire quand on la touchait, et ça devenait incontrôlable à mesure qu’elle alimentait cette peur en fuyant les hommes. Il fallait qu’elle apprenne à faire confiance à son entourage, si la Princesse Tempérance était digne de confiance, comme elle le lui avait montré aujourd’hui, alors son garde du corps ne devait pas être si méchant. Même si c’était un loup. Et qu’elle était un chat. Brrrr…

Un long moment de malaise suivit l’intervention de Douhbée, qui se demanda ce qui pouvait bien se passe pour que tout le monde soit silencieux, tout d’un coup. Puisqu’elle regardait Aemi au moment où elle avait finit de parler, elle ne comprit que Yahto était carrément en train de la dévisager lorsque la Princesse le ramena sur la terre ferme. La Pardusse frissonna encore d’appréhension… Était-il entrain d’évaluer la qualité de la marchandise? Comment savoir ce que pouvait bien penser un homme? Il songeait peut-être à en faire son prochain repas, et elle n’avait aucune idée duquel des deux sens, figuré et propre, qu’elle redoutait le plus… Peut-être que finalement, elle faisait bien d’alimenter sa phobie des hommes avec des craintes comme celle qui lui inspirait Yahto…

Souriant, le Lycan revint parmi elles et proposa d’aller chercher de quoi pique-niquer, comme si rien de bizarre ne venait de se passer. Aemi embarqua dans sa proposition, lâchant la main de Douhbée pour applaudir comme une gamine. Oh, ce qu’elle était, en faite, mais ça la rendait encore plus mignonne. Sans que l’écuyère soit complètement contre l’idée de manger au soleil pour profiter de la belle journée, elle ne put empêcher son esprit de dériver vers les pensées qui la hantaient un instant plus tôt, concernant le possible appétit de Yahto, et déglutit nerveusement en hochant la tête, montrant son assentiment à l’idée. Si ça pouvait faire plaisir à Tempérance…

Rouge de gêne, Douhbée écarquilla ses deux grands yeux dorés devant le compliment, elle ne savait pas si elle devait être flattée ou avoir peur… Pour ne pas être impolie, elle lui répondit quand même, mais sans oublier la façon bizarre qu’il avait eu de la fixer…

-M..m…merci Yaht…t…to. bargouina-t-elle en se mordant les lèvres de honte. Il fallait qu’elle bégaye en plus! Elle allait avoir l’air complètement sotte devant la Princesse!

Yahto les quitta enfin pour aller chercher le repas, ainsi que des vêtements sous l’ordre express de sa protégée, et Douhbée recommença enfin à respirer normalement. Elle n’avait plus osé lever les yeux depuis qu’elle s’était rendue ridicule, et avait attendu que le Lycan parte en espérant disparaître et qu’on oublie son malaise. Aemi, sa bonne humeur pas le moins du monde affectée par la scène étrange, invita l’écuyère à s’asseoir avec sa légèreté habituelle.

-Moi aussi, je suis un personnage très particulier chuchota Douhbée lorsqu’Aemi s’excusa du comportement de Yahto. J’espère que je n’ai pas été une honte pour ma Princesse? demanda-t-elle avec un sourire gêné.

Aemi regardait le ciel en racontant à Douhbée que Yahto avait aussi été un esclave, avant que feu le Roi Virtuas ne le libère de ses chaîne, mais qu’il avait décidé de rester avec eux quand même pour être son protecteur, mais sans être «un chien de garde» comme il était destiné à devenir. Ainsi, c’était une relation amicale qui s’était développée pour eux, et non d’obéissance et de cruauté… Cela ne pouvait être que normal pour une demoiselle douce comme Tempérence, tout de même, cette histoire ébranla le peu de certitudes que l’écuyère pensait avoir. Le Lycan avait été l’esclave soumis d’une femme? Ainsi donc, il n’y avait pas que les filles qui pouvaient être meurtris, et que les hommes qui pouvaient se montrer grotesques? Elle frissonna en pensant à toutes les horreurs que leur monde recelait et dont elle ne se doutait pas encore… Il allait falloir qu’elle change d’attitude avec Yahto, car s’il ne paraissait pas profondément brisé comme elle, il n’en restait pas moins un ancien esclave, et ça, elle pouvait le comprendre…

-Je suis un peu… troublée je dois dire, Aemi. Je ne m’attendais pas à entendre une telle histoire concernant un homme, j’ai toujours cru qu’ils n’étaient jamais les victimes, mais que les tourmenteurs. Hors, vous m’apprenez que les rôles peuvent être inversés, j’en suis un peu bouleversée…

Les yeux dans le vague, Douhbée fixait l’endroit où avait disparu Yahto l’instant d’avant, ayant presque hâte de le voir revenir pour regarder plus attentivement quel genre de personne il était, cette fois. Entre esclaves, ils devaient se comprendre, elle ne pouvait pas être froide et détachée avec lui, elle devait se reprendre.

-Ça explique une chose en tout cas! pensa-t-elle subitement en se retournant vers la Princesse, le sourire aux lèvres. Je comprends mieux comment une demoiselle de votre lignage puisse être aussi tendre avec une fille comme moi. Je vous savais le cœur emplis de bonté, mais c’est plus que ça. Vous êtes une genre de sauveuse, enfaite!

Sans dire que Douhbée était complètement soulagée de ses tourments, qui ne disparaîtraient sans doutes jamais, on pouvait au moins annoncer avec certitude qu’aujourd’hui, elle se sentait plus légère, débarrassée d’une partie de son fardeau. Simplement parce qu’elle avait une amie, une personne qui ne la jugeait pas et qui la faisait sentir spéciale et appréciée, sans arrières pensées… L’écuyère tendit la main pour reprendre celle d’Aemi, mais hésita en chemin, peut-être que la Princesse commençait à trouver que c’était trop?

-Je voudrais vous demander une faveur, vous pouvez dire non! Vous en avez tant fait aujourd’hui pour moi… mais j’ai remarqué que… rapidement, elle jeta un coup d’œil autour d’elles, s’assurant que personne ne les entendaient. Que votre protecteur… enfin que Yahto vous tutoie, et je me demandais si vous trouveriez ça inconvenant… Lorsqu’il n’y aura que nous bien entendu? Puisque nous sommes des amies maintenant, Aemi, j’aimerais beaucoup vous tutoyer, s’il-vous-plait! demanda-t-elle en rougissant un peu, mais son sourire ne la quittant pas une seconde.
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Lun 21 Mar - 12:38

Un sourire radieux naquit sur ses lèvres fines en constatant à quel point Aemi appréciait son idée. Rien n’était plus gratifiant pour le jeune homme que de faire plaisir à sa « maîtresse ». Il fit une liste mentale des choses qu’Aemi aimait bien manger et eu une moue légèrement boudeuse lorsqu’elle mentionna le fait qu’il devait enfiler une chemise, histoire d’être plus décent. Elle savait, pour sa part, qu’il n’appréciait pas ce genre de tissu, mais il comprenait la raison pour laquelle elle lui demandait de faire une telle chose. C’était probablement malaisant pour la pauvre Douhbée. Mais le pire, c’était les bottes…. Les boooooooottes. Pourquoi les gens portaient ce genre de choses qui serraient les pieds, donnaient chaud et entravait le mouvement de la sorte? Il détestait encore plus les bottes que les tuniques… mais il ferait avec. Au moment où il allait tourner les talons pour accomplir sa tâche assignée, Yahto entendit la pardusse le remercier… très mal habilement. Pourquoi était-elle si timide avec lui? Était-il intimidant? Néanmoins, il lui adressa un sourire de gratitude et hocha de la tête en sa direction. Il tourna enfin les talons et marcha en direction du château, les mains dans les poches.

Ses pieds foulèrent l’herbe fraîche du jardin, puis les dalles froides du chemin qui menait jusqu’au palais. Ses pensées voguaient du côté d’Aemi et de sa nouvelle amie. Il se demandait si sa « maîtresse » avait la moindre idée de ce qu’elle projetait sur la jeune pardusse. Douhbée en pinçait énormément pour Temperance, c’était plus qu’évident. Ou peut-être croyait-il que ce l’était tant que ça alors qu’il n’y avait juste lui pour s’en rendre compte? Dans tous les cas, Aemi n’était pas assez attentive à ce genre de choses et possédait naïveté presque exemplaire à ce niveau. Peut-être devait-il songer sérieusement à lui en faire part… lui en voudrait-elle si elle venait à apprendre qu’il était au courant de la situation, mais avais omit de lui en glisser un mot? En fait, la princesse n’était pas du genre à être rancunière envers les gens. Toutefois, ce genre de non-dit pourrait la blesser, ce qui était pire en soit.

Continuant son chemin, le jeune homme sortit enfin de ses pensées et réalisa qu’il était arrivé à sa chambre. Doucement, il poussa sur la porte en bois et pénétra dans la petite pièce aussi grande qu’un placard à balais. Il s’approcha de sa commode et ouvrit le premier tiroir pour y voir les quelques tuniques qui y siégeaient sagement. Une moue boudeuse naquit sur son visage. D’un air résigné, il choisit une tunique rouge vin sertie de fins filagrammes dorés au niveau de l’encolure. Rien de trop chic, ni de trop sobre. Ce morceau de vêtement – dont la couleur lui allait à merveille selon certaines servantes – lui avait été offert par Aemi afin qu’il l’accompagne lors de leurs sorties du palais. Ça ferait l’affaire… si? Près des tuniques, il repéra ses ceintures et en prit une au hasard. Il attacha donc cette dernière à sa taille et referma la boucle de ceinture dorée et bien travaillée. Il s’approcha ensuite d’une minuscule garde-robe et sortit la seule paire de bottes qu’il possédait : des bottes de cuir très foncé ornés de gravures stylisées. Il opta pour une position assise sur son lit, puis enfila le tout et noua les cordons mal habilement. Oh qu’il détestait ça… c’était bien parce qu’il adorait Aemi qu’il faisait une telle chose!

Poussant un long soupir, le lycan revint sur ses pas et ouvrit de nouveau la porte de sa chambre. Il s’aventura dans le couloir et se dirigea vers les cuisines. Pour la première fois depuis longtemps, il appréhendait la réaction de Rosalya. Normalement, il adorait la faire crier, mais cette fois, il devait préparer un goûter pour les deux jeunes filles qui l’attendaient et il craignait que la vieille cuisinière lui en fasse voir de toutes les couleurs. Non pas qu’elle n’était pas dans son droit de le faire… mais il aurait espéré un autre moment que celui-ci. Il était à quelques mètres de la pièce tant convoitée et s’arrêta net. Mais… mais… il était nerveux à l’idée d’y aller? Voilà qui était nouveau et demandait matière à réflexion… En fait, il ne voulait tellement pas revenir les mains vides, que ça l’angoissait. Prenant à nouveau une grande inspiration, il entra finalement aux cuisines d’un pas décidé.

- Bonjour, je viens de la part de la princesse Aemi et j’aimerais faire préparer un panier pique-nique pour trois personnes accompagné d’une théière remplie de thé au jasmin.

Levant le regard, il vit le sourire narquois et victorieux que Rosalya lui lançait.


- Tiens tiens tiens, Yahto, quelle belle surprise! Habillé comme ça, tu as presque l’air d’un homme! C’est étrange à quel point tu deviens poli lorsqu’il s’agit de plaire à ta maîtresse!

- Oh ça va, hein. Je suis sérieux cette fois. C’est pour sa majestée Aemi. Quelques petits gâteaux aux fraises avec des fruits frais, quelques morceaux de fromages et des noix seraient vraiment appréciés… S’il-te-plaît, Rosalya?

La femme prenait visiblement son pied alors que l’irritation du garde du corps était presque palpable. Elle lui somma de sortir et d’attendre à l’extérieur de la cuisine. Quelqu’un irait lui porter son panier pique-nique lorsqu’il serait prêt. Les sourcils froncés, le garde du corps hésita un instant, puis capitula puisqu’il savait que la cuisinière n’obtempérerait seulement s’il obéissait. Une fois dans le couloir, il fit les cents pas, tournant en rond comme un lion en cage. Et si elle lui faisait une mauvaise blague? Et si elle mettait des trucs dégoûtants dans ce panier juste pour le ridiculiser? Non… elle ne ferait pas ça, elle n’en avait pas intérêt puisque c’était pour Aemi. Les minutes s’écoulèrent et une servante arriva enfin avec un joli panier en osier sur lequel reposait un petit tissu fleuri. Elle lui décocha un magnifique sourire et Yahto lui rendit la pareil alors qu’il se saisissait du précieux colis. Sans attendre, il souleva le chiffon et fut satisfait de ce qui se présentait devant lui : des petits gâteaux à la fraises, un mélange de fruits frais, deux sortes de fromage, une myriade de noisettes, du pain frais et trois petits pots de confitures différents. Près de ce festin trônait une jolie théière en porcelaine fleurie ainsi que trois petites tasses assorties. C’était magnifique et visiblement, Rosalya s’était donnée! Yahto passa ensuite sa tête dans l’entrebâillement de la porte et remercia chaleureusement la cuisinière qui, pour toute réponse, lui somma de partir avant qu’elle ne lui lance un potiron en plein visage.

Soudainement joyeux, le garde du corps déambula dans les couloirs et rejoint finalement les deux amies, assises sur le banc, dans les jardins. Un sourire aux lèvres, il s’approcha des deux jeunes filles et déposa le panier pique-nique près d’elles.

- Gracieuseté de Rosalya, précisa-t’il en retirant le tissu fleuri.

Désirant être galant, il sorti la théière du panier et la déposa aux côtés d’Aemi. Il voulut ensuite s’emparer des petites tasses dans le but évident de servir le thé aux jeunes filles quand soudain, une grimace parcouru son visage. Une odeur de brûlé monta à ses narines et il retira rapidement sa main du panier. Sur le bout de ses doigts, des marques rouges – telles des brûlures – avaient soudainement apparues. Baissant son regard couleur marron aux reflets dorés, il repéra, tout au fond, des ustensiles en argent brillant de mille feux. Rosalya avait fait exprès, il en était certain. Bah… c’était une bien maigre vengeance pour tout ce qu’il lui avait fait subir. « Ce n’est rien Aemi » fit-il pour toute réponse alors qu’il servait le thé malgré ses doigts qui chauffaient. Il sortit ensuite doucement quelques petites serviettes de table en évitant soigneusement les ustensiles en argent et les tendit aux adolescentes afin qu’elle puisse y déposer leur collation.

Ils allaient se régaler et l’incident des ustensiles en argent n’entacha en rien sa bonne humeur.
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Mar 22 Mar - 16:05

Douhbée sembla un peu troublée par les aveux qu'Aemi lui avait fait, et elle espéra que ce n'était rien de bien négatif. Mais pour ce qu'elle avait appris sur elle, en si peu de temps, elle trouvait un peu triste sa réaction de tout à l'heure et espérait sincèrement que cette information adoucirait leurs relations. C'était une première impression malheureusement, mais elle connaissait suffisamment Yahto pour savoir qu'il ne s'arrêterait pas à cela. Justement, la pardusse lui avoue qu'elle était troublée, et qu'elle avait toujours cru que seules les femmes étaient les victimes. La princesse s'en étonna, mais ne le releva pas. Elle était mal placée pour savoir ce qu'on vivait et ce qu'on croyait connaître dans ce monde.

Elle la laissa y réfléchir, en lui souriant doucement, comme un encouragement. Il faut dire que le lycan était très jeune lorsqu'il était arrivé. Comment dire s'il en gardait des souvenirs, et quels souvenirs il en gardait? C'est un sujet qu'elle n'entamait jamais avec lui. En fait, jusqu'à aujourd'hui, elle n'y avait jamais réellement pensé, quelque fois, ça lui arrivait. Elle le voyait comme un autre, elle était si habitué à sa façon instinctive de voir les choses et de réagir que pour elle, il n'était pas différent ni étrange. Elle l'appréciait à sa juste valeur. C'était sans doute pour cela que pour elle, Douhbée n'avait rien de particuliers dans sa façon toute craintive de voir les choses et hésitante dans ses gestes. Comme si elle avait tout à cacher.

Il y eut un vague instant de silence, mais il n'était pas malaisant. Temperance souriait doucement en pensant à ses deux amis assez particuliers alors que Douhbée semblait plongée dans ses pensée. Puis elle se tourna subitement vers elle, en souriant et disant que cela expliquait quelque chose. La princesse afficha un visage surpris. Quoi donc? « Je comprends mieux comment une demoiselle de votre lignage puisse être aussi tendre avec une fille comme moi. » Ah bon? Elle fronça ses délicats sourcils bleutés. Quels genre de liens avait-elle pu faire dans sa tête? « Je vous savais le cœur emplis de bonté, mais c’est plus que ça. Vous êtes une genre de sauveuse, enfaite! » D'abord surprise, elle resta bouche-bée un moment puis finit par rire un peu, avec légèreté en secouant la tête doucement.

Elle, une sauveuse? Et qu'avait-elle sauver? Elle n'avait rien sauver du tout! « Mais je n'ai rien sauver du tout, Douhbée. Mon père l'a fait. » Dans le cas de Yahto, du moins. Qui avait sauver l'écuyère? Elle n'en avait aucune idée, mais le sujet était sans doute trop délicat. Une autre fois peut-être. Elle vit le mouvement de main de l'adolescente, et aussi qu'elle l'avait interrompue et leva son regard vers elle. Elle semblait profondément insécure et avoir un grand besoin de lui serrer la main pour se sentir mieux. Sans poursuivre son geste, elle lui demanda une faveur. Jetant un regard autour d'elle, comme si elle avait peur d'être entendue, elle lui mentionna qu'elle avait remarqué que Yahto la tutoyait.

Oh. C'est vrai que Yahto était supposé la vouvoyer en public et que tous deux avaient omis cette formalité plus tôt. Aemi était encore jeune et cette habitude ne dérangeait pas tant la cours, mais plus elle vieillirait, plus cela ferait jaser. Il n'était pas coutume d'être aussi familiers avec les « petites » gens. Pour la princesse, elle n'était en rien supérieur aux autres. Quoiqu'il en soit, Douhbée lui demanda si elle pouvait la tutoyer. D'abord un peu surprise, non pas par la demande, ce n'était pas osé, mais par le fait que la jeune fille le croyait osé. Un peu rougissante, tout en lui souriant, elle semblait intimidée par cette question. Temperance gloussa gentiment et posa une main qui se voulait rassurante sur celle de la pardusse en lui souriant : « Bien sûr que je te le permets! »

Puis elle secoua la tête en prenant un air faussement contrarié. « Ah ce Yahto, j'ai oublié de lui rappeler ses bonnes manières... » Elle haussa les épaules et lui fit un clin d'oeil. « Entre nous trois, cela ne sera pas bien grave, n'est-ce pas? » Car en fait, personne ici n'écoutait vraiment ce qu'ils se disaient et en fait, du haut de ses douze ans, Aemi s'en fichait un peu de ce genre de convenance. Ne pouvait-elle pas tutoyer ses amis et qu'ils la tutoient en retour? Lorsqu'elle aperçu Yahto enfin arriver au loin, joyeux comme tout, elle lui un grand sourire et lui un signe de la main, mais il les avait déjà repéré. Il se dirigea vers elle et déposa un joli panier près d'elles.

Voulant sans doute montrer ses bonnes manières, le lycan s'occupa de les servir et Temperance laissa faire en souriant. Il grimaça soudainement en retirant rapidement sa main du panier. Envoyant les marques sur ses doigts, elle sut tout de suite ce qu'il se passait et soupira. « Gracieuseté de Rosalya, hum? » Elle savait très bien que son garde du corps avait la fâcheuse habitude d’embêtée la cuisinière et ne pouvait malheureusement pas l'en dissuader, n'étant pas du genre à menacer. Il lui dit que ce n'était rien, et elle secoua la tête. Cette animosité de la part de la cuisinière était répréhensible, mais d'un autre côté l'attitude du jeune lycan l'était tout autant. Que pouvait-elle y faire? Pour aujourd'hui, ne pas s'en mêler.

Haussant les épaules en levant les yeux au ciel, elle prit ce qu'il lui tendait. « Je vous remercie. » fit-elle avec une voix de madame sérieuse, afin de s'assurer que l'atmosphère demeure détendue. Elle fit un clin s'oeil à son ami loup et jeta un oeil au contenu du panier. « Est-ce toi qui a demandé tout cela ou est-ce elle qui y a penser? » Ravie de constater que le contenu regorgeait des délices qu'elle préférait, elle se mordit la lèvre inférieure, incertaine de ce qu'elle pourrait bien prend en premier. Elle attrapa quelques morceaux de fromage et quelques fruits qui avaient l'air délicieux avec les ustensiles que Yahto évitait soigneusement, et les déposa sur la serviette de Douhbée en lui faisant un sourire qui disait * Je sais ce que t'en penses mais je le fais pareil! * et se servit ensuite. Elle croqua avec délice dans un morceau de fromage en fermant les yeux pour bien en goûter la saveur.
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Jeu 24 Mar - 19:45

C’est ce que Douhbée trouvait charmant, chez Aemi, entre autres chose. La douce naïveté de la jeunesse qui n’a pas été brisée par une quelconque forme d'impureté. Et cette modestie incroyable. Oh, sans oublier se rire, tellement innocent et réconfortant, la Princesse trouvait les propos de l’écuyère amusants, bien qu’elle était tout à fait sincère, mais il ne fallait pas s’en offusquer. Tempérance, si modeste, ne se voyait pas comme une sauveuse, il fallait donc lui expliquer où elle voulait en venir.

-Oh certes, vous ne l’avez pas vous-même libéré de ses chaînes, vous n’étiez qu’un bébé. Mais c’est vous qui êtes devenu son amie, pas votre père, et si Yahto n’est pas considéré comme un vulgaire esclave, c’est parce que vous ne le voyez pas ainsi. C’est ce que vous faites avec moi aussi…

Mais pouvait-elle comprendre ça, du haut de ses douze ans? Aemi rigola encore lorsque Douhbée lui demanda sa faveur, mais elle n’en fut pas froissée. Ce n’était pas un rire moqueur, mais celui chaleureux d’une jeune demoiselle heureuse. Juste à entendre ce gloussement réconfortant, l’écuyère savait déjà que c’était oui, et ça la fit rire aussi, de soulagement. Ainsi donc, elles étaient vraiment amies, cette permission toute spéciale à elle résonnait dans son coeur comme un pacte d’amitié, c’était un pas de plus vers une intimité qu’elle espérait développer plus tard, et elle se sentit choyée que la vie lui offrit cette opportunité.

Douhbée sourit de toute ses dents en refermant ses doigts sur la main d’Aemi, qui semblait avoir compris combien se geste, tout simple et idiot, était réconfortant pour la petite chose brisée qu’elle était. L’âme plus légère, elle pu s’amuser de voir la Princesse jouer les contrariées en parlant de l’absence de bonnes manières de Yahto, mais en ajoutant avec un clin d’oeil qu’entre eux trois, ce n’était pas très grave. Justement, celui-ci arriva sur ces entre faits, trouvant les deux amies riants et détendues, l’adolescente réalisa à son approche que toute l’angoisse qui l’habitait généralement en présence des hommes s’était envolée et n’était pas revenue avec lui. Le peu qu’elle avait appris sur lui avait suffit à en changer l’image qui l’effrayait tant d’habitude.

Galamment, Yahto présenta le panier rempli de somptueuses collations offertes par Rosalya, cette vieille cuisinière rabougrie à qui Douhbée détestait aller demander des choses. C’est qu’elle avait un caractère… Et voilà qu’amie avec une Princesse, elle avait le droit à tout un festin qui rendrait jaloux n’importe quel des adolescents de sa génération! En voulant servir le thé aux jeunes filles, le lycan sembla se brûler les doigts au fond du panier, probablement que la théière était trop chaude. Mais à l’odeur de fumé que su percevoir le nez fin de la Pardusse, elle trouva étrange que la seule chaleur dégagée par le thé suffise à dégager ce relent de peau calcinée… D’ailleurs, aux regards et paroles que s’échangèrent Aemi et son protecteur, l’écuyère su qu’il se passait quelque chose, sans trop savoir quoi.

Le garde du corps servi tout de même le thé à Aemi et Douhbée, bien que sa main semblait lui faire mal, puis il tendit des serviettes à tout le monde. L’écuyère sourit en acceptant sa tasse et chuchota un merci timide, tout le contraire de la Princesse qui prit des airs de grandes dames pour rigoler. En observant le choix de nourriture dans le panier, Tempérence se mordit la lèvre, semblant hésiter devant les bonnes choses qu’il contenait, et l’adolescente sourit en lui découvrant ainsi un air presque taquin qui contrastait avec son calme ordinaire. En fait, plus elle passait de temps avec elle, et plus elle la trouvait amusante et réconfortante, rien à voir avec la froideur qu’elle semble dégager au premier regard.

-Merci Aemi… rougit Douhbée lorsqu’elle fut servie avant même que la Princesse ne se prenne quoi que ce soit à manger. Elle savait qu’il était inutile de protester avec Tempérence, il n’était pas question de lui rappeler que ce n’était pas à elle de la servir… De toute façon, cette vérité semblait de moins en moins évidente dans la tête de la pardusse, qui commençait à se faire à l’idée d’être devenue une amie.

Bien qu’elle n’eut pas besoin d’une fourchette pour manger du fromage et des fruits, Douhbée prit l'ustensile entre ses doigts pour en admirer les fines gravures. Elle n’en avait pas vu de si belle depuis… Oh, des années… Soupesant l’objet, elle fronça les sourcils, ce n’était définitivement pas le même alliage que celui utilisé pour les couverts qu’on retrouvait dans l’aile de chevalerie, et bien qu’elle n’y connaisses rien du tout en métaux, elle se demanda si c’était de la véritable argenterie, comme Sir Ulyss avait. De l’argent. Évidement… Yahto s’était brûlé…

-Je reviens dans un instant expliqua-t-elle rapidement en courant vers le château, maugréant contre cette Rosalya qui avait probablement fait exprès de nuire au garde du corps de la princesse. Pour qui elle se prenait, elle? Ça ne lui suffisait pas de faire peur aux élèves de l’Ordre, il fallait en plus qu’elle torture les anciens esclaves?

Bouleversée de voir que certaines personnes se pensent effectivement au dessus des autres alors qu’ils sont eux-mêmes rien de plus que des serviteurs, Douhbée tenta de courir jusqu’aux cuisines, en tenant maladroitement sa longue jupe, et s’arrêta, le souffle court, juste à côté de la porte. Les voix qu’elle entendit rigolait, apparemment Rosalya était bien fière de raconter le mauvais coup qu’elle avait fait au lycan…

-Qu’est-ce que je donnerais pour voir la tête qu’il a fait en mettant sa main dans le panier!

Douhbée soupira et jeta un oeil à l’intérieur. Les cuisinières tournaient toutes le dos à la porte, c’était le moment ou jamais. Un sourire malicieux aux lèves, l’écuyère nota avec plaisir que les poignées des tiroirs étaient en fer, elle n’aurait même pas besoin d’entrer dans la pièce. Fixant avec insistance le premier tiroir à l’entrée de la cuisine (d’instinct, les ustensiles sont toujours dans celui-là) elle utilisa de son pouvoir sur le métal pour magnétiser la poignée. Doucement, le tiroir avança, suivant la poignée métallique qui était irrésistiblement attirée vers la Pardusse. Lorsque l’ouverture fut assez grande pour que l’adolescent aperçoive son contenu de loin, elle arrêta le processus. C’était les ustensiles, gagné! Encore un peu de magnétisme, et ce fut une demi-douzaine de couverts divers qui volèrent jusqu’à elle. Oups, un peu trop fort... Au moins, elle avait ce qu’elle était venue chercher, et Rosalya n’avait rien vu. C’était bel et bien l’alliage de moindre qualité qui servait au reste du château…

Les mains pleines, Douhbée tenta de presser le pas pour retrouver Aemi et Yahto le plus rapidement possible, mais elle ne pouvait pas trop se presser sans s’encombrer dans sa robe. Lorsqu’elle revint vers eux, se dépêcha de donner le (trop) grand nombre d’ustensiles qu’elle avait réussi à chiper directement au Lycan.

-Y sont pas en argent.

Sans se justifier davantage, elle repris sa place pour déguster ses fabuleux fromages...

[Je suis sûrement partie un petit bout, have fun pour combler le temps.]
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MessageSujet: Re: Musique, sueur et adolescence [TERMINÉ]   Mar 29 Mar - 12:36

[Bon, mon rp est pas super long et je vous donne pas des masses de contenus... j'en suis navré :/ Je manquais un peu d'inspiration. Je vais me rattraper au prochain rp!]

Tout dans ce panier lui faisait envie! Mais surtout les petits gâteaux aux fraises. Yahto, en fier représentant de la race canine, était un gourmand de nature. C’était une chance qu’il soit aussi actif physiquement, sinon, il deviendrait vite obèse vue la quantité impressionnante de nourriture qu’il pouvait ingérer dans une journée. Ce n’était pas pour rien que la cuisinière en avait marre de le voir traîner en cuisine : il était TOUT LE TEMPS entrain de quêter de la nourriture. Esquissant un sourire, il regarda son amie Aemi prendre ses airs de grandes dames alors qu’il lui tendait sa tasse de thé. Il nota le clin d’œil qu’elle lui adressa et elle se pencha pour regarder le contenu du panier.

- Oui, pour la majorité! Mais Rosalya a ajouté sa touche également. Elle t’aime beaucoup Aemi, c’est évident et c’est souvent ce qui me sauve la mise, fit-il en rigolant.

La princesse prit l’argenterie pour servir quelques délices à Doubhée et tendit la serviette vers cette dernière. La princesse Temperance était si gentille; elle pensait régulièrement à autrui avant elle-même. Elle se servit ensuite et Yahto sourit intérieurement alors qu’elle semblait visiblement se délecter de quelques morceaux de fromage à la pâte semi-ferme. Pour sa part, Yahto souffla un peu sur sa tasse thé, tentant ainsi d’en refroidir le contenu, puis prit une gorgée. Ce thé au jasmin était parfait. Les gens trouvaient toujours ça étrange de voir le garde du corps rustre boire à même une délicate tasse de porcelaine. Il fallait dire que cette vision était particulière. S’il buvait du thé, c’était parce qu’Aemi lui avait appris à apprécier la chose. Levant ensuite le regard, le lycan remarqua la façon dont Doubhée détaillait l’argenterie. Puis, elle se redressa dans un bond et détala en direction du château, déclarant qu’elle allait revenir rapidement. Le jeune homme affichait un air surprit alors qu’il posa son regard marron aux reflets dorés vers son amie.

- J’ai fait quelque chose d’inconvenant? demanda-t’il par réflexe à sa maîtresse. Il haussa ensuite les épaules et baissa sa tasse de thé. Elle est gentille ton amie, Aemi. Tu l’as rencontré comment?

Il écouta la réponse de son amie avec attention, puis un sourire naquit sur ses lèvres.

- Elle tient beaucoup à toi, c’est évident. Mais sais-tu à quel point?
Yahto avait envie de lui en parler. Il ne cachait rien à Aemi, jamais. Toutefois, il ne savait pas jusqu’à quel point la vérité devait être dite. J’ai remarqué la façon dont elle tient ta main, la façon dont elle te regarde. Puis, voyant l’air interrogateur de la princesse, il se ravisa. Et si sa déclaration venait à ruiner l’amitié des jeunes filles? Aemi avait peu d’amis proches… Non il ne pouvait pas faire ça. Oh laisse tomber, finit-il avec un sourire.

Il se releva, puis vint s’installer près de la princesse. Il passa son bras atour de ses épaules et la serra contre lui, posant un baiser sur sa tête. Ce geste affectueux, il ne le réservait qu’à sa meilleure amie, son petit trésor, « sa petite sœur ». Baissant ensuite son regard vers le panier pique-nique, il se saisit d’une fraise qui était à l’écart des autres directement avec les doigts et l’enfourna dans sa bouche. Évidemment, il se doutait bien que la princesse n’approuverait pas qu’il se serve de la sorte, mais il ne pouvait pas toucher les ustensiles! Un sourire aux lèvres, il fit signe à son amie qu’il se régalait en émettant un bruit de satisfaction avec sa bouche fermée. Non, mais c’était vrai! La fraise était particulièrement juteuse et sucrée. Exactement comme la princesse les aimait. Du coin de l’œil, le guerrier royal vit l’écuyère pardusse qui revenait vers eux, les mains chargés d’ustensiles en acier, généralement réservé aux serviteurs.

Ça, c’était particulièrement gentil! Doubhée lui tendit sa poignée de fourchettes, de cuillères et de couteaux. À cette vue, le jeune homme éclata de rire. Il n’oublia pas de la remercier chaleureusement. Afin d’être galant, il se releva pour redonner sa place à la jeune femme aux oreilles de chat. Il retourna s’installer au sol avec son « butin » puis déposa le tout près du panier, ne gardant qu’une fourchette dans ses mains. Il piqua donc quelques morceaux de fromage, quelques fruits et un petit gâteau, s’assurant qu’il en reste une bonne quantité pour les deux filles. Il se délecta de sa collation, surtout du petit gâteau! Ses yeux en disaient long quant à sa satisfaction actuelle. Un homme à l’estomac rempli était un homme heureux! Le seul détail pouvant entacher sa bonne humeur actuelle était la masse impressionnante de nuages noirs qui se pointaient à l’horizon. Le vent se leva, signe qu’un orage s’approchait tranquillement. Non pas que la mauvaise température l’effrayait, mais cela venait un peu ruiner le moment présent.

- Nous avons un peu de temps devant nous, mais notre pique-nique sera malheureusement de courte durée,
fit-il en indiquant le ciel avec un mouvement de tête.
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