Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Maünh Za

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MessageSujet: Maünh Za   Jeu 19 Fév - 2:04

Informations personnelles

Nom : Za, qui en dialecte zénorois ancien réfère à un «nomade du Désert».
Prénom : Maünh
Surnom : Masa, surnom qui est venu naturellement de par la mauvaise prononciation, rapide et bâclée, de son prénom et de son nom par son grand-père. Le promeneur.
Âge : 107 solstices.
Sexe : Masculin
Race : Humain/Fée [50/50]

Informations physiologiques et psychologiques

Physique : Maünh Za perpétue une traditionnelle image des métèques du Sud et des provinces maritimes: une taille imposante, un corps aux traits précisément dessinés mais dont la peau révèle une robustesse propre aux êtres exposés au soleil. Évidemment son teint basané est probablement le meilleur indice de sa provenance, souvent associé à l'exotisme des peuples du lointain occident d'Enkidiev. Sa barbe et ses cheveux sont de couleur noisette tirant vers le grisâtre, signe de vieillesse plutôt que de sagesse. Ils sont signe de son laisser-aller.

Ses yeux reflètent le paroxisme de son envoûtante présence: autour de ses pupilles, dans l'iris, se trouvent des rayons jaunâtres qui glissent lentement, en dégradé, vers le bleu pâle pour finalement aboutir à un pourpre saisissant aux limites extérieures de cette partie colorée de l'oeil. Évidemment, sa carrure est imposante, passage nécessaire d'un guerrier endurci. Cependant, ce n'est rien de grossier: ses traits sont définis et sa masse n'a rien d'impressionnante. Après tout, c'est un combattant qui danse autour de ses adversaires.

Finalement, sa forme physique autant que son caractère provoquent le désir ardent, ce n'est évidemment pas naturel, c'est la visée intentionnelle du guerrier métèque. Son habillement est léger sans être vulgaire, et des traces qu'il dessinne laisse deviner à l'imagination des gens les particularités de son corps infatigable.

Signes particuliers : Masa élance souvent sa main dans un subtile mouvement de poignet de façon répétée, lorsqu'il se prend une main avec l'autre derrière son dos. Cela pourrait sembler être un tic anondin mais en fait, c'est le rythme que se donne le combattant du Sud, pour le plaisir de le faire ou pour mieux comprendre les variations élémentaires de ses adversaires. Ainsi, avant de s'engager, il comprend mieux comment son rival façonne ses combats; il peut donc plus facilement briser sa cadence.

Un bracelet d'or est installé sur sa cheville droite, ornement de tout Za. C'est grâce à cet artéfact que son peuple nomade pouvait traverser du Désert au royaume de Zénor sans problème. Les Zénorois savaient ainsi à qui ils avaient affaire: à des transporteurs.

Finalement, comme tout guerrier qui se respecte, Maünh a une arme de prédilection: une naginata ornée de dessins des légendes du Désert et dont la lame affûtée aveuglait les curieux tellement la surface était lisse. L'arme est construite de façon à ce que la lame puisse se détacher avec un pomeau pour ainsi créer une épée courte. Cet outil de guerre se nomme Miüne. Par ailleurs, il a hérité du poignard de son père, la Griffe du Talion, une arme qui lui laisse la lattitude de se compromettre avec sa naginata.

Caractère : Mä est un hédoniste, c'est-à-dire qu'il recherche le plaisir en toute chose et évite le déplaisir plus que tout au monde. Cela ne s'oppose pas directement au mode de vie d'un dirigeant: il trouve son plaisir dans la perfection, que ce soit dans un mouvement ou dans une pensée. À l'image des épicuriens il recherche la paix d'esprit, mais ce n'est pas dans l'harmonie et dans la modération qu'il la trouve, plutôt dans l'excès, dans le chaos. Jamais Masa n'eut atteint un sentiment de plénitude plus parfait que dans ses pulsions dyonisiaques.

Tout comme son folklore, son caractère est très mystérieux: il est difficile de savoir si son code morale provient de la raison ou de l'ésotérisme, tellement il ne révèle rien. Ce qui est important parcontre, c'est de savoir que lorsqu'il prend certaines responsabilités, il s'assure de les respecter au mieux de son possible. Il attend des autres ce qu'il attend de lui-même, ce qui peut être problématique et créer des altercations, mais il ne se satisferait jamais d'un travail bâclé, autant chez les jeunes que chez les plus vieux. Son expérience l'a mené à la conclusion que d'aller à son propre rythme n'était pas une bonne idée si le monde n'allait pas à ce rythme. Il faut s'adapter, et en situations exceptionnelles davantage.

Ce qui le définie principalement est qu'il aime qu'on le désire: consciemment ou non, il charme ses semblables à chaque instant. Si la raison amène des résultats intéressants, Masa croit que les pulsions passionnelles peuvent amener l'humain à la perfection. Il faut succomber à ses tentations, mais aussi faire le mieux à partir de ces intuitions dangereuses.

Faiblesse(s)/phobie(s) : Maünh Za n'a pas reçu l'éducation d'un intellectuel: son peuple que l'on chassait toujours ne disposait pas des institutions nécessaires au développement de la pensée que l'on pouvait trouver ailleurs sur Enkidiev. Le danger pourchassant ainsi sa tribu, les gens n'apprenaient ni à lire ni à écrire, car les écrits pouvaient souvent servir de preuve pour incriminer les nomades. La transmission est donc toujours orale, ce qui fait en sorte que la mémoire du guerrier est excellente mais qu'il lui manque une compréhension du langage, problème qui n'est pas très répendu chez les classes dirigeantes.

Par dessus tout, il craint l'échec. Il craint de ne pas être à la hauteur de la situation au moment venu. C'est pourquoi il tente de maîtriser ce qu'il peut maîtriser au mieux de sa capacité, pour ne pas commettre d'erreur fatale. Masa se met énormément de pression sur les épaules, surtout s'il a la charge d'autres êtres humains.

Finalement, Maünh se laisse souvent tenter par l'excès, ce qui peut être considéré comme une faiblesse. Le vice n'en est pas vraiment un pour lui qui recherche le plaisir en toute chose. Il se laisse facilement dérangé par les autres hédonistes.

Orientation sexuelle : Préférence marquée pour les femmes.

Capacités :

Talent(s) / Compétence (s) : S'il est analphabète, il s'est développé des compétences en langue plutôt extraordinaires. Ses nombreux voyages l'ont mené à découvrir d'innombrables peuples aux langages et aux dialectes différents, et la force du temps l'a mené à en apprendre la plupart, ce qu'il fait qu'il peut facilement entrer en communication avec les différentes tribus du continent, surtout au Sud. C'est un avantage considérable dans les relations avec les peuples qui acceptent moins les étrangers.

D'autre part, Masa est un terrifiant adversaire en combat, de par son expérience et par son style peu conventionnel. Tout est une question de rythme, et c'est le rythme qu'il maîtrise le mieux toute catégorie confondue. Mä est un danseur extraordinaire en plus d'être un percussionniste aguerri. Par ses deux formations pertinentes, il a su exporter ses talents dans l'art du combat et en profite pour déstabiliser ses assaillants lors de confrontations quelconques.

Finalement, le promeneur du Sud est un grand séducteur et il connait les mécanismes du désir mieux que la plupart des êtres humains. La plupart du temps, ce n'est pas volontaire ou conscient, mais il sait très bien qu'au fond cela fait partie de lui.

Pouvoir(s) : De sa race Masa a conservé le pouvoir d'illusion. Il ne le maîtrise guère mais en fait usage en scénarios où l'urgence motive ses mouvements. Comme vous le lirez dans la suite de ce récit, le jeune transporteur se découvrit également une autre force lui permettant de canaliser une partie des rayons du soleil vers un endroit spécifique. Si une cible est atteinte, cela a pour effet de l'affliger d'une pression intense dirigée vers le sol. Ce pouvoir sert surtout à neutraliser les cibles: les brûlures causées ne sont que minimes, l'important étant vraiment qu'à l'intérieur de cette zone, les êtres vivants sont presque incapable de bouger. L'effet se calcule en secondes.

Informations sociales

Royaume d'origine : À la frontière de Zénor et du Désert.
Royaume de résidence : Depuis peu il habite Emeraude.
Relation/Famille/Clan : Sa famille disparue avec le temps et de ses humbles contacts il ne lui reste que son grand-père, à la frontière sud de Zénor.

Informations historiques

Histoire : Les Transporteurs n'ont jamais réellement eut de littérature à leur nom et c'est pour quelques raisons bien simples: leur histoire n'en est pas une de héros mythologiques et n'amène pas une morale à se révéler, mais encore aurait-il fallu qu'un seul Transporteur décide de mettre à l'écrit leurs aventures pour que la pérennité se charge du reste. Ces gens du Désert n'avaient rien de très étrange, mais leur manque de racines fit en sorte qu'ils fussent considérer comme des étrangers partout, tout de même.

C'était une troupe unie, fort davantage que la majorité des familles qui n'avaient vécu les tragédies de ce peuple fragile. Leur tâche était très similaire à chaque fois: ils devaient transporter une marchandise précieuse à partir du sud du Désert vers Zénor en passant par des chemins qu'ils étaient seuls à connaître à ce point d'expertise. La tribu chez qui ils allaient cueillir le matériel n'était pas très civilisée, seulement assez pour attribuer une valeur monétaire à ce qu'ils avaient de précieux. Le défi alors n'était pas vraiment de survivre à ce chemin déjà périlleux: c'était de survivre à la menace des tribus anciennes qui rôdait sur le chemin qu'ils empruntaient. Nombre de Transporteurs disparue tellement le danger était omniprésent et que les objets qu'ils amenaient avec eux était source de convoitise.  

Les parents de Maünh ne voulûrent jamais d'un tel futur pour leur seul et unique fils: longtemps ils pensèrent à envoyer leur progéniture aux quais avec son grand-père, mais le sort en fut autrement. Lorsque Liani et Drovnak s'en retournaient à la frontière de Zénor avec la marchandise demandée, on leur priva de passage lorsque le garde responsable remarqua la forme du ventre de Liani qui présageait une naissance imminente. Elle souffrait terriblement mais les Transporteurs comprirent rapidement pourquoi on leur refusait l'accès: une naissance en sol zénorois conférerait à l'enfant sa citoyenneté et les Transporteurs n'étaient les bienvenus nulpart. Voila pourquoi un soir de la saison sèche naquit Masa, en sols désertiques. On lui fit tout de suite porté le bracelet de pied de sa tribu et c'est dans l'amertume profonde que commença une toute nouvelle aventure pour ses parents.

Pendant des années ils prirent la responsabilité du bambin qui lentement apprenait à devenir un Transporteur. À cette époque Liani et Drovnak dirigeaient la tribu, ainsi, par tradition, Maünh Za apprit tôt qu'il devrait se découvrir des compétences de direction. Avant tout, il devait faire ses preuves, et c'est pourquoi ses parents ne firent preuve que d'un léger favoritisme chez les recrues. Les jeunes capables de courir rapidement devenaient souvent des éclaireurs et le jeune nomade n'y fit pas exception; dissimulé, il se chargeait d'avancer sur le chemin avant les autres pour s'assurer que la voie était libre. À cette époque il n'avait vécu que douze solstices, mais déjà il comprenait la réalité de son peuple qui était soumis à vivre une vie dangereux et instable. C'est donc dans sa fébrile jeunesse que Masa connue l'échec, et le vrai.

Alors que la troupe se dirigeait vers le sud, rien de plus normal, Maünh ne fit pas particulièrement preuve de vigileance et de sérieux dans son rôle d'éclaireur. C'est pourquoi la menace surgit du périmètre qui était sous sa responsabilité... Malheureusement, une fois à proximité, il est très difficile de repousser les assaillants sans se voir infliger de lourdes pertes. Dans le lot des victimes se trouva Liani, ce qui veut dire que pour Masa, le peuple tout entier était mort l'instant d'un cri. Son père survécue difficilement mais après ce douloureux événement il n'entra en contact avec son fils que professionnellement. Après avoir vécu le deuil, il vécue la honte.

Seize solstices. Drovnak se faisait vieux et voyant que son fils ne savait plus comment échouer, il lui laissa tenir les rênes. La stratégie des Transporteurs étaient devenue très complexe, mais son exécution précise permettait à la tribu de s'en tirer à chaque fois sans aucune perte, ce qui était prodigieux mais surtout souhaitable pour ces gens unis dans la misère et dans la tragédie humaine. Au lieu de suivre de près la côte ouest, ils se dirigeaient d'abord vers le milieu du désert le plus rapidement possible: d'abord le chemin se faisait sur chevaux. Lorsque le climat devenait insupportable, une petite troupe était responsable de ramener les bêtes à Zénor alors qu'à un point précis se trouvait un vieil homme qui s'occupait des chameaux qui leur étaient indispensables pour le reste du voyage. Masa avait découvert dans ses quelques voyages personnels qu'aucune tribu ne vivait dans les gorges profondes du coeur du désert. Seuls des vestiges ésotériques s'y trouvaient, mais rien de tel ne pouvait effrayer le fier Masa.

À la charge des opérations, les choses se passaient pour le mieux. Un jour son père perdit la vie aux suites d'une lutte avec la peste du sud, qui emporta avec elle près de la moitié des Transporteurs. Faut-il ramener que son père n'était devenue qu'une figure d'autorité et un rappel de son plus grand échec - la tristesse ne le gagna que modérément ce jour-là. Ils n'étaient alors plus que onze, mais c'était suffisant pour les nouvelles missions dont ils étaient responsables. Le matériel était de plus en plus léger, les quantités de moins en moins grande mais la valeur de ces objets était de loin supérieure à tout ce qu'ils avaient pu transporter par le passé. De l'or, des vases anciens, des parchemins inintelligibles pour les Transporteurs qui étaient tous, sans exception, analphabètes.

Trente solstices.

Cette fois l'enjeu était grand: la tribu possédant les objets de convoitises des zénorois se trouvait au sud-est, à l'un des endroits les moins accessibles sur le territoire d'Enkidiev. Maünh Za accepta difficilement, mais on leur offrait en échange leur citoyenneté zénoroise, ce qui voulait dire qu'un travail dans les ports était envisageable. Cette décision fut prise démocratiquement avec chacun des membres du peuple des Zas. Tous acceptèrent le défi et pendant des semaines Masa prépara le nécessaire avec ses deux conseillers pour que la tâche n'en soit pas une de suicide. Ils devaient faire preuve d'une extrême vigileance et cette fois ils ne pourraient plus transporter de ressources à un certain point de l'aventure: même les chameaux deviendraient une nuissance à proximité de l'endroit qu'on leur avait désigné sur la carte que le dirigeant lui-même avait dessiné. Le peuple devrait donc trouver des ressources pour subsister à l'endroit le moins propice à la vie humaine qu'il n'avait jamais envisagé visiter.

Tout était près. C'était au paroxisme de la saison des pluies, même si cela ne veut plus rien dire dépassé un certain point. Comme à l'habitude, les Transporteurs commencèrent le trajet à dos de cheval. Cette fois-ci par contre ils durent dépasser d'assez loin le point où d'habitude on ramenait les bêtes à Zénor. Cela voulait dire en effet qu'ils voyagèrent à dos de cheval jusqu'à ce que la fatigue s'empare des pattes des animaux. Évidemment ils retardèrent ce moment, mais lorsqu'il fut atteint, les nomades achevèrent leurs nobles montures et s'en firent des repas. Ainsi le voyage continue à pieds pour un long moment. Déjà à ce stade le peuple souffrait la perte de l'un des plus anciens membres. Celui-ci s'éteignit avec le sourire; au départ il le faisait déjà seulement pour la libération des plus jeunes.

Les bonnes nouvelles tardirent mais après une semaine à marcher sans espoir de trouver un point d'arrêt intéressant, ils tombèrent sur ce qui semblait être le territoire d'une tribu très ancienne. Dans cette région du désert, il était coutume au croisement de deux tribus que chacun envoie un champion pour combattre à mort à la gloire des dieux. Évidemment qu'il n'était pas judicieux d'envoyer Masa, responsable des opérations et donc de la vie des membres de sa communauté, mais il ne put se résoudre à envoyer quelqu'un d'autre à sa place. Il se proposa donc et un affrontement était prévu à quelques minutes de la tombée du soleil. Il affrontait un terrible assassin: un danseur de lames qui semblait infatigable mais surtout dont le rythme brisait toute séquence que Masa pouvait s'imaginer. Lui-même à ce moment de sa vie n'était doté que de techniques de base de combat. Ce fut donc une sorte d'éveil que de combattre cet homme indevinable. De longues minutes s'écoulèrent et Maünh comprit la stratégie de son adversaire: il voulait le fatiguer, tromper sa vigilance afin de pouvoir l'exécuter avec facilité. Pendant ce temps, Masa tentait simplement de décoder le rythme de son rival, chose qu'il n'avait jamais fait avant. Le Transporteur avait un seul avantage sur son ennemi du moment: il connaissait sa stratégie. Ainsi il décida d'utiliser cette seule connaissance pour vaincre cet inconnu que le hasard avait placé sur son chemin. À chaque minute Masa se fatiguait, mais il exagérait sa fatigue pour que le champion du village croit, au moment venu, que le guerrier de la frontière soit exténué et donc près à mourir. De nombreuses minutes encore...le soleil allait se coucher sous peu. Masa décida donc de profiter de cet élément à son avantage: avant que l'astre de vie disparaisse dans le ciel, il fit semblant de n'avoir plus aucune force, se tenant à peine sur ses jambes et levant difficile la lame de son épée courte vers son adversaire. Celui-ci, sans déroger à son rythme, s'avança de façon plus téméraire qu'à l'habitude et au moment où le couteau de sa main droite allait se loger dans la nuque de Masa, ce dernier l'évita avec rapidité et trancha trois doigts de cette même main à l'aide de son arme.

Stupéfait, sidéré, le champion du sud recula stratégiquement, lui qui ne disposait maintenant que d'une main. La nuit était tombée et Masa savait pertinnement que son assaillant n'avait pas prévu une stratégie adaptée à la nuit, persuadé que le combat allait se terminer avant même que le ciel devienne sang. Les deux combattants ne pouvaient plus se voir: le peu de lumière provenant du ciel et le feu tout autour d'eux faisaient en sorte que leurs yeux ne pouvait s'acclimater complètement. Par chance, à cet instant, Maünh avait compris le rythme de son adversaire et c'est sous les cris peinés de la tribu ancienne que le combat s'acheva, par la courte lame du Transporteur transperçant le coeur du condamné. Cela prit quelques minutes pour que tout le monde réalise pleinement la situation. Masa comprit ce jour-là toute la force du rythme qu'il avait négligé...

Le combat fut suivi d'une fête où chacun était invité à jouer des percussions en chantant les chants anciens de l'appel aux dieux. On fumait l'herbe avec le chamane du village qui dirigeait les cérémonies. Ce n'était pas la première fois que Maünh se prétait à cette musique, mais il la vivait différemment maintenant.

Au lendemain de cet événement les Transporteurs repartirent sur leur chemin avec des ressources données généreusement par la tribu des Oënés. Cela ne voulait certainement pas dire que le reste du trajet se ferait aisément, mais ils pourraient au moins espérer survivre, ce qui devenait de moins en moins possible avant cette rencontre cérémoniale. Ils empruntèrent des chemins de moins en moins sécuritaires avec de moins en moins d'information à leur entrée, mais ils n'avaient plus le choix. Les ressources s'épuisaient rapidement et leur destination n'était plus qu'à une seule journée de route, ce qui voulait dire qu'ils avaient voyagé au minimum quatorze jours ensemble. Quatre autres membres avaient perdu la vie dans cette insupportable aventure. Ils n'étaient plus que six.

Ils firent leur entrée dans la gorge la plus creuse de leur périple entier; leur destin allait se jouer sur ce chemin. Plus ils marchaient et plus les Transporteurs remarquaient des symboles sur la pierre, d'une provenance inconnue. Masa n'avait pas l'habitude d'être distrait sur son chemin mais cette fois les traces humaines que l'on trouvait sur les différentes parois captèrent toute son attention. Il ne comprenait évidemment pas l'ensemble de la signification de cette fresque, mais il reconnaissait certains événements: une lumière affligeante sur un peuple, un passage en sous-terrains, une rencontre divine, une sorte de chaos... Les réflexions de Maünh étaient toutes animées par ces curiosités venues d'une autre époque, d'un autre endroit.

Selon les plans il ne restait plus que quelques détours quand la tempête fit rage. Ce n'était pas une tempête de sable réguliere, non: il semblait que du haut des gorges tombaient d'énormes pierres rendant le passage très difficile pour les nomades stupéfaits. De ses yeux Masa vit cet ami avec qu'il avait vécu ses plus grandes aventures périr sous le poids insupportable de ces rochers fracassés. Plus que cinq. À l'instant de ce constat, Mä fut complètement séparé du reste de son équipage et décida de simplement se protéger des dangers potentiels: il se cacha dans une crevace assez grande pour l'accueillir et attendit simplement une accalmie pour se révéler. Malheureusement il ne vit personne dans son champ de vision et remarqua que l'éboulement qui venait de se dérouler avait barré la route pour s'en retourner au nord. Était-il seul? Il n'en avait aucune idée. Il n'avait en tête à cet instant que de se rendre à destination puisque ses ressources ne lui permettaient plus de s'arrêter.

Il marcha longuement jusqu'à en être presque complètement épuisé sans pourtant voir une fin à ce trajet. Les parois étaient toujours parsemées de symboles mystérieux mais Masa n'avait plus l'énergie pour y penser davantage. Il se sentait faiblir à chaque pas et malheureusement pour lui, sans même le réaliser, il perdit connaissance, s'écroulant sur le sable sous les puissants rayons de lumière.


Maëdja

À son réveil Masa resta figé: il ne pouvait bouger, le guerrier se dit alors que cela devait faire déjà un moment qu'il était à cet endroit - sa barbe pouvait en témoigner. Il pense à ses camarades mais sa triste conclusion fut que la troupe n'avait pu s'en tirer de l'autre côté de l'éboulement. Il tenta donc de comprendre sa situation, tout en vivant le deuil de sa communauté. Il se trouvait dans une salle où la lumière pénétrait par les différents vitraux au contenu artistique fort intéressant. Les murs étaient de pierre et comme les vitraux ne se trouvaient qu'au plafond Maünh conclue rapidement qu'il se trouvait sous-terre. Mais où était-il réellement? Était-il parvenu à l'endroit tant convoité? Avant tout l'aventurier solitaire devait savoir qui l'avait sauvé, c'est pourquoi il usa de toutes ses forces pour se lever et commença à se perdre à travers les différents corridors liant les différentes pièces de cette tanière sous-terraine. Il ne fit aucune grande découverte jusqu'à ce qu'il franchisse une porte aux inscriptions très similaires à celles qu'il avait apperçu pendant son trajet.

De l'autre côté se trouvaient une vingtaine d'hommes dont la forme du crâne indiquait clairement une différence physiologique avec les autres peuples d'Enkidiev. Peut-être faisaient-ils partie d'une tribu oubliée? Il s'avança mais d'un signe de main celui qui semblait être le chamane du petit groupe lui demanda de s'arrêter à cet endroit. Masa ne soummit à son autorité, faute de choix. L'être étrange tourna autour de lui afin d'observer les différentes traits physiologiques du demi-homme demi-fée. Pourquoi? Il n'en savait rien. Après un moment déstabilisant le vieillard invita Maünh à s'asseoir en cercle avec les autres membres. Personne ne parlait, mais une sorte de compréhension plânait dans l'air. Chacun semblait familier avec la situation et donc il comprit qu'il était le seul non-initié de l'assemblée. C'est alors que tous se mirent à chanter et à frapper sur de différents instruments à percussion. C'était la première participation de Masa aux rites de Maëdja.

Aux premiers jours de son arrivée en ces lieux, Maünh était très peu à l'aise avec la situation et pensait toujours ce moment comme une période de transition. Cependant, des mois entiers passèrent et sa vie à cet endroit était devenu sa maison où il apprenait bien davantage qu'il ne croyait apprendre au départ. Avec eux il s'entraîna au maniement d'armes: la lance et l'épée courte étaient devenues ses armes de prédilection par la force des choses. Son mentor ne voulue pas lui apprendre autre chose et en rétrospective il en était très reconnaissant. Non seulement il s'intéressa aux traditions de combat de la tribu mais il participa aux différents rituels musicaux où il apprit à jouer des percussions, à préserver un rythme, à varier sur un même air. Le chamane était très stricte et souvent Maünh resta après les rites pour continuer à se pratiquer sans quoi il ne pouvait recevoir le repas journalier.

Ainsi il devint très talentueux et lorsqu'il fut fin près, on l'accepta également à participer aux danses traditionnelles qui se déroulaient à la fin de chaque cycle lunaire; même si Masa n'avait pas vu le soleil directement depuis des lustres, la lumière venant des vitraux était suffisante à lui faire réaliser quel était le moment de l'année. C'est qu'il avait appris à observer ces moindres petits détails au fil du temps, l'état méditatif étant devenue une seconde nature chez celui qui bientôt pourrait fêter ses quarante-cinq solstices sous la terre des Hommes. Bientôt il serait sur un pied d'égalité avec ceux qui partageaient sa vie maintenant. Il ne lui restait qu'à apprendre par coeur la Danse du sable, une danse complexe qui compilait chaque notion de rythme qu'il avait appris par les années. Il en fit la tentative quinze fois déjà, sans jamais atteindre la perfection que semblait rechercher le chamane.

Le jour où l'objectif fut finalement atteint, on remit à Masa sa première naginata: une arme avec laquelle il apprendrait à combattre mieux que jamais. C'est ainsi que commencèrent les classes de maître où pendant des heures les guerriers s'entraînaient en combattant avec des armes en bois pour ne pas se blesser gravement. Même si les dommages étaient non-létaux, Masa portera des années plus tard les cicatrices de ces heures passées à pratiquer un seul mouvement des centaines de fois. Il n'était qu'un enfant face à ses confrères, mais un enfant déterminé à apprendre les secrets de cette tribu ancienne.

Les années s'enchaînèrent et Masa apprit la discipline, la rigueur, le combat, la musique, le rythme et surtout la méditation. Cependant, un jour lui vint le désir de revoir son grand-père, de retourner en civilisation, de pouvoir communiquer avec un langage. Il décida donc de se préparer au grand voyage; le chamane s'opposa tout de suite à son départ. Avaient-ils peur à ce point que Maünh révèle leurs secrets? Qu'importe la réponse, le nomade désirait s'en retourner au nord et rien ne l'arrêterait, pas même son guide spirituel. C'est alors que ce dernier le provoqua en duel et Mä accepta à contre-coeur. L'événement prit place au temple du soleil, où se trouvait le plus splendide vitrail de la tanière sous-terraine. L'apprenti disposait de sa naginata alors que le chamane se battait avec deux hachettes tranchantes; le dernier des Zas n'avait jamais vu combattre son maître, ce qui se posait comme le plus terrible des problèmes. On alluma la chandelle cérémoniale et l'affrontement commença sous les cris puissants des spectateurs.

Ce fut un duel sanglant qui se termina par ce qui sembla d'abord à Masa une intervention divine: alors que tous deux ne semblaient plus avoir de force, le chamane se releva comme si le combat ne s'était jamais déroulé. Il courue vers Mä et alors qu'il se trouvait à près de deux mètres de distance, on entendit le vitrail éclater avec puissance alors qu'un immense rayon aveuglant tout droit descendu du ciel atterit directement sur le chamane. Cette magie affligea tellement le maître d'arme qu'il s'écroula sur le sol. Maünh n'eut alors qu'à épargner davantage de souffrance à son opposant en l'exécutant sur-le-champ. Un silence accâblant se répendit dans la pièce, suivit de douloureux cris. Leur chef était vaincu.

L'apprenti-chamane guida Masa vers une pièce magnifiquement décorée et ouvrit un coffre. De ce coffre il sortit une naginata des plus splendides, magnifiquement forgée et surtout d'un tranchant assassin. Il la donna à celui qui allait partir et prononça le seul mot qu'entendu Maünh de tout son séjour: Miüne. C'était donc Miüne? Cet arme était l'objet que recherchaient les marchands de Zénor. Pourtant ces hommes avaient décrit Miüne comme un collier; ils n'avaient probablement pas réussi à traduire leurs parchemins anciens. Avant de partir Masa prit donc un parchemin au hasard dans la bibliothèque et se fit escorter vers la porte principale. Au moment même où le soleil entrait dans la pièce, sa conscience le quitta...


-


Il se réveilla au village de la tribu des Oënés où l'attendaient deux des membres de l'aventure initiale qu'avait organisé Masa il y avait de ça des années. Autour d'une table ils discutèrent et le survivant comprit que ses camarades, à la suite de la catastrophe, s'étaient dirigés vers ce village qui leur était familié. Maünh salua leur idée et demanda à savoir comment l'avaient-ils retrouvé: ils avaient vu ce qui semblait être un puissant éclair dans le ciel et avaient décidé de quitter le campement pour aller voir ce qui se passait. Ainsi ils ramenèrent le corps inherte de leur dirigeant avec son parchemin et Miüne.

Après quelques jours de repos Masa les informa de ses plans de retour, comme il avait trouvé Miüne mais qu'il prévoyait leurer les marchands avec ce vieux parchemin afin de gagner sa citoyenneté. Ses deux sauveurs décidèrent de le suivre dans ce périple; ils quittèrent le lendemain à l'aube.

À leur arrivée à Zénor, on ne les reconnue point. Après tout, cela faisait longtemps que leur peuple était disparu. Dans le chaos de la situation jaillie le grand-père de Masa, qui pendant son absence avait gagné en influence au royaume: il était responsable du port principal avec ses associés. Il fit donc en son possible pour que ces trois adultes rencontrent enfin les marchands en question. Comme prévu le guerrier leur remit le parchemin sans aucun problème: après tout, ces marchands n'étaient pas réellement intéressés à savoir si ces écrits avaient une quelconque valeur, ils désiraient seulement le vendre à un prix dérisoir. Tel que promis, on brisa leur bracelet et les Zas purent commencer à travailler dans les ports.

Masa devint rapidement capitaine d'une importante flotte qui assurait la protection des commerçants contre les pirates. Cela voulait donc dire que ses navires étaient envoyés aux limites du périmètre accessible pour ne pas être pris par surprise. Ce rôle lui allait à merveil, lui qui de toute façon n'appréciait guère les multitudes de contacts humains que nécessitaient la plupart des travaux.

Un jour comme les autres, alors qu'il se trouvait sur son navire à la limite ouest du périmètre, Masa se perdit dans ses pensées, comme hypnotisé par le vol d'un oiseau étrange: celui-ci avançait à une vitesse impressionnante, tellement que le l'ancien nomade crut d'abord avoir apperçu un condor. La bête inconnue approcha un peu plus et malgré son imagination fertile, Masa savait que ce n'était guère une hallucination... Non, ce n'était pas un oiseau. Comment était-ce possible? Il devait avertir les autres.


Émeraude


On cogna à la porte principale des halles d'entrée. Un garde alla rapidement répondre et des murmures se firent entendre d'un bout à l'autre du corridor. Le garde revint à la salle du trône et, s'adressant à la reine d'Émeraude, Aren:


Ma reine, un message important venu de Zénor.


Fonction : Futur chef des Chevaliers d'Émeraude
Informations Hors-Jeu:
 


Dernière édition par Masa le Jeu 26 Fév - 14:19, édité 20 fois
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MessageSujet: Re: Maünh Za   Sam 21 Fév - 9:48

Coucou ! Petit passage pour te dire de me contacter avant de finir ton histoire, pour qu'on voit comment on commence les rps Smile
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MessageSujet: Re: Maünh Za   Dim 22 Fév - 3:31

Présentation terminée.
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MessageSujet: Re: Maünh Za   Sam 28 Fév - 17:33

Présentation approuvée


Bon RP (:
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MessageSujet: Re: Maünh Za   

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Maünh Za
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