Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Le fil rouge du destin [PV Zackeriel] [TERMINÉ]

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MessageSujet: Le fil rouge du destin [PV Zackeriel] [TERMINÉ]   Sam 5 Mar - 12:42

La température était agréablement chaude pour une soirée d’automne et la brise légère était la bienvenue. Le soleil, quant à lui, prenait tranquillement sa retraite derrière la cime des arbres, permettant aux étoiles de briller davantage à chaque instant. Ici et là étaient suspendus des lanternes, ce qui donnait une ambiance féérique au décor. Une musique festive se faisait entendre partout au village. Le temps était à la célébration! Il allait donc de soi qu’une odeur délicieuse de nourriture flotte dans l’air. Des éclats de rire fusaient de toutes parts, surtout lorsque des enfants se décidaient à se faufiler entre les jambes des adultes qui se régalaient d’une chope d’alcool. D’ailleurs, bière et cidre coulaient à flots.

Laissant échapper un soupir de plaisir, Saoirse se délectait d’une tarte aux framboises. Cela faisait un bail qu’elle n’avait mangé une version aussi succulente de ce dessert! Elle s’empressa donc de complimenter la cuisinière avec enthousiasme. C’était bon à s’en lécher les doigts. Elle dut se retenir pour ne pas se mettre à s’empiffrer dans le dessert. Pour se distraire, elle décida plutôt d’admirer romantiquement les lanternes. Elle esquissa un mince sourire à la vue de lucioles qui tournoyaient autour de la lumière. L’elfe avait oublié à quel point les festivals des récoles de Shola étaient merveilleux. Il ne faisait aucun doute à ses yeux qu’il valait la peine de prendre une pause de ses activités pour venir ici et festoyer avec les villageois. Le vieillard du marché de la capitale n’avait pas menti en vantant les mérites de ce festival en particulier. Ce devait être l’un des plus beaux de tout le royaume!

Sea déambula par la suite dans les diverses allées du marché central, s’émerveillant constamment devant la diversité et l’abondance des récoltes de cette année. Elle était reconnaissante à la nature de voir ainsi aux besoins des habitants. Elle caressa du bout des doigts une variété de courges de toutes sortes quand, sous l’influence silencieuse du destin, elle tourna la tête en direction de la foule et y remarqua une tête familière. Certes, elle avait jadis habité Shola, mais elle avait vécu dans une autre région du royaume… et non à proximité de la capitale. Se mordillant la lèvre inférieure, elle pencha légèrement la tête sur le côté puis, au même moment, la personne tourna la tête afin de laisser passer une vieille dame pressée.

Le monde entier cessa de tourner à cet instant même. Cela ne faisait aucun doute : il s’agissait de Zackeriel de Shola. Le cœur de l’apprentie s’arrêta… Même lorsqu’il se remit à battre, ce fut initialement avec difficulté. Elle avait le cœur serré, c’était le moindre qu’on puisse dire. Elle sentait le souffle lui manquer et avait l’impression que le décor se mettait à chanceler autour d’elle. Elle secoua vivement la tête. Elle devait se reprendre en main! Dire qu’après toutes ces années, elle n’était toujours pas prête à le revoir… D’autant plus qu’elle avait abandonné son plan de vengeance après sa mésaventure au château qui, soyons franche, aurait pu très mal se terminer.

Puis, tranquillement, la tristesse fit place à la colère. Elle ne pouvait oublier ce qu’il lui avait fait vivre, autant le bon que le mauvais. La blessure était encore profonde et fraîche, semblait-il. Saoirse ne pouvait s’empêcher de penser que ce scélérat devait payer pour ce qu’il avait fait! En deux temps, trois mouvements, la messagère agrippa une courge musquée qu’elle balança en plein arrière de tête de son ancien amoureux. Sans perdre une seconde, elle se jeta par terre en activant son pouvoir de camouflage… soit avant que Zack ne puisse se retourner et voir qui était l’idiote qui avait osé lui lancer un légume. Et l’elfe glissa subtilement quelques pièces de monnaie sur le comptoir en direction du marchand, qui les mis dans ses poches comme si de rien était.

Se déplaçant aussi subtilement qu’il lui était possible, Sea prenait de grandes inspirations pour calmer son cœur qui battait à toute allure. Sa vengeance devait se terminer avec cette attaque de lâche. Après tout, elle avait affaire à un criminel qui était beau, grand, fort, bâti, séduisant… Elle se secoua la tête : c’était un salaud, une vermine dans un bel emballage, rien de plus. Et elle… elle ne faisait pas le poids. Pour tout ce qu’elle savait, il était devenu un brigand sanguinaire qui s’amusait à collectionner les têtes de ses victimes sur des pics à l’entrée de sa maison faite à partis d’os et de pierre. Elle ne pouvait se mesurer à une brute.

Le mieux à faire était de s’éloigner pendant qu’il n’avait encore aucune idée de qui l’avait frappé de dos avec une courge musquée. Elle devait essayer de retourner au château. À partir de maintenant, ainsi que pour les prochaines années, elle allait devenir un ermite se pliant aux quatre volontés de son maître, soit Khanrell Wrath de Shola. Si elle restait cachée dans son trou, il y avait un mince espoir de ne pas croiser à nouveau le chemin de Zackeriel.

Malheureusement, l’apprentie magicienne se vit forcée de dévier de son plan de fuite par des enfants qui lui prirent les mains pour l’entraîner un peu plus loin. Quand allait-elle apprendre à ne pas baisser sa vigilance et cesser de se fondre dans son environnement si vite? Les enfants voulaient danser avec elle et se plaisaient à la faire tourner sur elle-même. Il était difficile pour l’elfe de ne pas éclater de rire avec eux. Elle était consciente qu’elle ne devait pas se laisser distraire, mais comment refuser un aussi petit plaisir à ces jeunes?

Avant longtemps, ce fut des adultes qui prirent la relève des enfants. La première chose qu’elle sut fut qu’elle se promenait de bras en bras des plus beaux garçons du village. Elle n’aurait pas pensé être autant en demande. Elle finit par oublier son plan d’évasion tant elle avait du plaisir à danser parmi la foule. Elle cessa de porter attention à qui était son partenaire après un moment. Cela lui importait peu, car tout le monde était de bonne compagnie.

Elle riait de bon cœur et son visage était illuminé par un sourire sincère. Elle se retourna quand on la tira doucement par la main et se laissa blottir contre le prochain homme sans trop rouspéter… surtout qu’elle pouvait sentir des muscles saillants. Ce devait être le prétendant le plus en forme qu’elle avait eu de la soirée! Quel délice, pensait-elle… jusqu’à ce qu’elle reconnaisse l’odeur musquée, en plus d’une mèche blonde qui s’était glissée dans son champ de vision. Le corps de l’elfe se raidit instantanément : cette odeur était gravée dans sa mémoire à jamais, tout comme cette sensation d’être dans les bras de… cet homme.

Il lui fallut un effort surhumain pour amasser assez de courage afin de lever les yeux et ainsi confirmer sa pire crainte : elle se trouvait bel et bien dans les bras de la dernière personne dont elle aurait voulu être proche. **Oh, non! Il n’en est pas question!** lui envoya-t-elle sèchement. Son sourire si charmant avait désormais disparu. N’aurait-il pas au moins pu sentir comme une moufette ou avoir une haleine de chacal? Non, il devait être parfait de la tête aux pieds encore…

Sans réfléchir, Saoirse agit sur sa vague de panique et écrasa son talon aussi fort qu’elle en était capable sur les pauvres orteils de son partenaire involontaire de danse. Elle n’hésita pas à se cogner la tête sur le menton de Zack, espérant qu’il se mordrait la langue ou quelque chose. Elle s’élança aussi rapidement qu’elle en était capable. Sa fuite fut de très courte durée, car quelqu’un mit accidentellement le pied sur sa cape. Immédiatement, elle eut le souffle coupé. Elle ne tarda pas, non plus, à sentir la douleur vive de la rencontre entre son popotin et la terre dure.


Dernière édition par Saoirse le Lun 7 Mar - 17:59, édité 1 fois
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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Le fil rouge du destin [PV Zackeriel] [TERMINÉ]   Dim 6 Mar - 14:37

Quelle magnifique soirée! La brise était douce et surprenamment chaude pour un soir d’automne, ce qui faisait changement des soirées à la limite du glacial. Le festival des récoltes du village bordant Shola battait son plein. Des lanternes d’une myriade de teintes se ballotaient doucement au-dessus des gens sous le rythme lent du vent. Une musique festive retentissait, donnant la bougeotte à la populace qui désirait franchement s’amuser en ce soir de fête! Même Zackeriel se fit prendre au jeu. Un sourire amusé au visage, il observa les gamins courir dans tous les sens, les damoiselles rire en dansant dans la rue et les hommes chanter des cantiques de beuveries tout près d’une taverne. Pour rajouter une touche de féérie à l’atmosphère, de nombreuses lucioles valsaient au-dessus des gens; bref la soirée parfaite.

Baissant le regard, le semi-elfe remarqua la quantité surprenante de nourriture qui s’étalaient devant la populace : des courges de toutes sortes, des citrouilles, des pommes de terre, des carottes, des aubergines et bien plus encore. Sans parler de l’odeur alléchante des pâtisseries ou des mijotés de lièvres. Passant près d’un étalage, un homme tendit une chopine de cidre chaud à l’ex-contrebandier qui accepta d’emblée. Il prit une gorgée du doux nectar et soupira d’aise. Pendant un bref instant, il rangea dans un coin de sa tête tous ses problèmes et se concentra sur le présent; ce qu’il faisait très peu ces derniers temps. Du coin de l’œil, il remarqua une jeune femme blonde plantureuse qui lui faisait de l’œil. Un sourire en coin sur les lèvres, il prit une nouvelle gorgée de sa boisson avec la ferme intention d’aller l’aborder quand soudain, un projectile venu de nulle part le heurta derrière la tête. Sous l’impact, le jeune homme renversa sa chopine en jurant en portant instinctivement une main sur l’endroit où il avait été touché. AÏE! Qui était assez débile pour faire un truc pareil un jour de fête!? Le regard courroucé, il se retourna vivement, mais ne repéra en rien l’auteur de ce méfait… Non sans quelques jurons, il baissa le regard et ramassa une courge musquée de bonne taille. Qui utilisait des missiles végétaux pour s’en prendre aux gens? Fallait vraiment être débile…

Le semi-elfe se releva avec son légume en main puis haussa les épaules. Il se retourna pour revoir la femme plantureuse… mais trop tard. Celle-ci s’était déjà faite abordée par un colosse à la chevelure d’onyx. Bah… elle ne savait pas ce qu’elle ratait. C’était plutôt dommage par contre pour le cidre chaud… Une nouvelle musique enjouée envahit l’air et une main agrippa le poignet du jeune homme pour l’emmener dans une danse folle. Il ne connaissait pas sa partenaire : une petite femme rondelette aux cheveux roux. Toutefois, cette dernière était plutôt joyeuse et l’entraîna rapidement dans sa bonne humeur. Dans cette danse plutôt loufoque, il était coutume de changer régulièrement de partenaire. Ainsi, il passait d’une femme à l’autre sans vraiment s’en rendre compte et il embarqua d’emblée dans ce petit manège ludique… jusqu’à ce qu’il se retrouve au bras de cette fille : une petite brunette aux yeux verts d’origine elfique.

Lorsque le regard couleur bronze de Zack se posa sur elle, son cœur sursauta et se serra. Pendant un bref instant, un défilé de souvenirs flous parcourus sa pensée. Rien de bien concret ou d’identifiable, toutefois, c’était la première fois que quelqu’un faisait remonter en lui une forme de mémoire. Ils se connaissaient. Oui… bien qu’il ne pouvait pas mettre un nom sur son visage ou même dire qui elle était, il savait qu’il la connaissait. Le fils du duc de Shola ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais aucun son ne sortit. Soudainement, la voix de la jeune femme retentit dans sa tête dans sa tête avec une intonation menaçante et sans crier gare, elle lui écrasa les orteils avec toute la force de son talon. Dans un mouvement de réflexe, Zack se pencha vers l’avant pour porter une main à son pied non sans jurer éperdument, puis reçu un coup de tête sur la mâchoire. AÏE! Mais elle était complètement cinglée? Ou encore, elle le connaissait et il avait été un connard avec elle… ce qui était possible en soit. Mais il ne pouvait se permettre de la laisser filer! C’était la première qui lui faisait cet effet : aucune personne n’avait pu lui faire jaillir le moindre souvenir, hormis avec une concoction drôlement bidouillée qui avait eu peu d’effets hormis avoir mauvais goût.

Se massant rapidement la mâchoire, l’ex-contrebandier vit la jeune femme détaler à toute vitesse. Il ne pouvait la laisser aller! Il avait besoin d’elle!

- At-Attendez! réussit-il à crier sans grand succès.

Rapidement, il partit à sa suite, d’abord en claudiquant, puis en courant de pieds fermes. Il se savait rapide et agile. Il pourrait la rattraper s’il n’y avait pas trop d’obstacles sur son chemin. Il bouscula quelques personnes et lança des excuses à la volée. La poursuite perdura quelques secondes et l’homme dû sauter pour ne pas s’empêtrer les pieds dans la jeune femme qui se retrouvait soudainement par terre. Quelqu’un avait visiblement marché sur la cape de cette dernière et elle toussotait maintenant pour reprendre son souffle. Il devait lui parler, il devait lui poser quelques questions. Lentement, il revint sur ses pas et tendit la main pour aider la damoiselle à se relever. Non sans grande surprise, il vit son aide refuser du revers de la main et le regard qu’elle lui lança laissa croire qu’il n’était pas la bienvenue.

- Attendez, je veux juste vous poser quelques questions, fit-il tout bonnement. Non, s’il-vous-plaît, j’ai juste besoin d’informations!

Visiblement, elle n’entendait pas raisonner avec lui. Elle allait se relever et le repousser, mais il fut plus rapide qu’elle. Sans attendre, il lui agrippa fermement (pas suffisamment pour la blesser non plus) les poignets pour l’empêcher de le frapper puis avec force, la fit pivoter autour de lui pour ensuite venir l’adosser rudement contre le mur.

- Non, mais arrêtez quelques minutes!! tonna-t’il en constatant toute la frustration de la damoiselle. Je vois bien que vous me détestez, mais je dois vous demander deux ou trois trucs. Avant que vous ne me crachiez au visage, je veux dire que j’ai cette impression qu’on se connaît, mais je ne me rappelle pas qui vous êtes! Merde, ne me regardez pas comme si j’étais un demeuré, c’est la réalité. Je ne me rappelle de rien, mais je sais qu’on se connaît et…


- Tout va bien ici? fit un étranger qui s’approchait d’eux avec deux autres individus. Mademoiselle, vous avez besoin d’aide? Cet homme vous importune?

Oh il manquait plus que ça… un bon samaritain. C’était immanquable : une femme avait l’air un minimum en détresse et, tout de suite, une brochette d’hommes arrivaient à sa rescousse. Zack ne lui voulait aucun mal, Il voulait juste qu’elle se calme pour discuter. D’ailleurs, c’est elle qui l’avait assailli la première! Du regard, l’ex-brigand nota les armes qui trônaient à la taille des trois étrangers. Ceux-là ne blaguaient pas, hein? Lentement, Zacky relâcha les poignets de la jeune femme. Il n’allait faire aucun mouvement brusque pour ne pas attiser davantage la colère des citoyens et ainsi, ruiner ce qui était une magnifique fête.

- Je ne veux de mal à personne, fit-il tout bas. Je veux juste des réponses et…

… Et un coup fulgurant lui heurta les bijoux de famille. Traîtresse. Le fils du Duc plia des genoux sous la douleur et tout de suite, les hommes le saisirent par les poignets, comme s’il était un fou furieux! Non, mais c’était quoi ce bordel! Ils l’attirèrent avec force et lui se débattait malgré la douleur qui irradiait de son entre-jambe.

- At-attendez! Mademoiselle, comment vous appelez-vous?! Mad…

Et un autre coup à l’estomac de la part de ces merveilleux gentlemen. Une journée qui débutait si bien… et qui terminait si mal.


[Bon, je te manipule un petit peu, mais c’est plutôt minime. Comme à notre habitude, si y a quoi que ce soit, fais-moi signe et je modifierai sans problème!]

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MessageSujet: Re: Le fil rouge du destin [PV Zackeriel] [TERMINÉ]   Mer 9 Mar - 17:39

Résumé:
 

Air… Elle avait besoin d’air. L’elfe tira sur sa cape et massa son cou. Elle était sonnée par sa chute. Elle était davantage préoccupée par sa douleur que par la fuite qu’elle avait tenté de prendre. Elle demeura au sol un instant, toussotant. Pendant un moment, elle eut de la difficulté à faire passer de l’air normalement dans sa gorge. Elle fit un signe de la main au gars qui l’avait fait tomber accidentellement que c’était correct. Elle allait s’en remettre. Il suffisait de lui donner une minute ou deux. Elle nettoierait sa cape et la vie serait belle à nouveau! Machinalement, elle leva le bras pour aller prendre la main qui lui était tendue… jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive à quel corps était rattachée ladite main.

Aussi brusquement que ses actions précédentes, Sea frappa la main du vagabond. Il pouvait continuer de rêver s’il pensait qu’elle allait accepter un acte de gentillesse de sa part maintenant. Il pouvait bien se la mettre où elle pensait, cette fichue main. Si elle avait pu le tuer du regard, elle l’aurait probablement fait à l’instant même. Non, mais pour qui se prenait-il? Même lui devait s’avoir qu’après ce qu’il s’était passé entre eux, ce n’était pas vraiment approprié d’essayer d’être sympathique et chevaleresque. L’apprentie magicienne préférait de loin s’arranger avec ses propres problèmes. Elle était une grande fille, elle était capable de se relever sans l’aide de personne. Elle ne se gêna pas pour laisser échapper un sourire indigné quand Zackeriel dit vouloir lui poser des questions. S’il y avait quelque chose, c’était elle qui devrait plutôt interroger ce connard.

Elle se remit sur ses pieds avec la ferme intention de lui administrer une baffe bien méritée… mais il apprenait vite, le charmant jeune homme : il agrippa les poignets de la messagère et la força à lui faire face, son dos étant contre un mur. Il ne lui avait pas tant fait mal physiquement qu’il avait suscité chez elle une grande colère.

**Toujours le même, à ce que je vois!** lui envoya-t-elle avec animosité, se retenant à peine de lui cracher au visage tel qu’il lui demandait de ne pas le faire. Elle voulait juste profiter d’un festival d’automne, pas se faire malmener par une ancienne flamme. Bah, une… la seule qu’elle avait eue, mais c’était une autre histoire.

Elle fronça les sourcils quand Zack se mit à la vouvoyer. C’était quoi son problème? S’était-il frappé la t… À vrai dire, peut-être que la courge qu’elle lui avait lancée était un peu trop grosse. Elle devait lui avoir fait du dommage beaucoup plus permanent qu’elle avait cru. Cependant, Saoirse devint livide quand il prétendit ne pas la connaître. Pardon? Là, il allait trop loin. Ça, ç’en était trop. Non, mais c’était la pire excuse bidon qu’elle avait jamais entendu! Et ça, ça venait d’une fille qui manquait cruellement de talent pour s’inventer des histoires pour se sortir du trouble. Sérieusement, elle ne faisait pas autant dans le médiocre que lui présentement. Clairement, qu’elle le prenait pour un demeuré. C’était quoi cette histoire?

** Oublié? Oublié!? Comme c’est pratique! Moi aussi, je devrais me servir de cette excuse plus souvent!** lui envoya-t-elle acerbement. Elle gigota en espérant qu’il la relâche. C’était en train de virer au ridicule.

Une voix masculine retentit non loin et on put entendre des pas qui se rapprochaient. De coin de l’œil, la jeune femme pu voir que trois hommes s’avançaient vers eux. Hallelujah! Voilà la cavalerie qui faisait son apparition et juste au bon moment, si elle pouvait se permettre de le penser. Elle pourrait alors profiter de leur intervention pour se débarrasser de ce crétin qui faisait semblant de ne pas se souvenir d’elle. Elle saisit sa chance lorsqu’elle senti la pression se relâcher sur ses poignets : elle plaça ses mains sur les épaules du mi-elfe et envoya un genou à la rencontre de ses bijoux de famille… En espérant que ça découragerait une ordure comme lui de se reproduire!

L’apprentie était fière de sa vengeance. Que ça faisait longtemps qu’elle attendait ce moment! Elle était aussi satisfaite qu’elle l’avait imaginé. Elle était d’ailleurs d’avoir eu la chance au cours de sa vie pour qu’une telle opportunité de lui faire savoir clairement à quel point elle lui en voulait se présente. Ceci étant dit, elle profita de l’aide des gros bras pour s’éloigner. Elle ne se ferait certainement pas prié pour reprendre son chemin. Elle se retourna au « Mademoiselle » et dévisagea Zackeriel. Elle était plus contrariée par ce mot que par le fait qu’il lui demandait son nom. Jamais, de toute sa pas-si-sainte-que-ça vie, il ne l’avait appelée ainsi. Même durant leur enfance, il n’avait pas une seule fois utilisé cette appellation pour elle.

Un malaise soudain se manifesta chez l’elfe, notamment quand elle vit un de ses « sauveurs » lui donner un vilain coup au ventre. Que ce soit elle qui maltraite son ex-amoureux, c’était une chose… Elle avait d’excellentes raison de le faire, mais que ce soit des inconnus en prétextant que c’était pour sa défense… ce n’était pas pareil. Elle se sentait horrible de les laisser ruer leur pauvre victime de coups de façon aussi gratuite.

**Ça va, les gars! Merci! C’est juste un ignorant qui ne comprend pas la signification du mot « non ». Il n’en vaut pas la peine.** Elle leur adressa un sourire qui se voulait reconnaissant.


- Vous en êtes certaine? demanda le leader du trio puis, après un moment de réflexion, ils relâchèrent le jeune homme. Tu es mieux de te tenir loin d’elle. Qu’on ne te reprenne pas à malmener une femme comme ça! lui donna-t-il comme avertissement, le tout accompagné d’un dernier coup de poing en pleine gueule.

Ils offrirent à Sea de la raccompagner, ce que celle-ci s’empressa d’accepter. Elle tourna le dos à Zackeriel, essayant de mettre ce qui venait de se passer derrière elle. Elle fit donc son chemin jusqu’à la fête avec les hommes qui lui étaient venu en aide. Elle prit la peine de les remercier, même si elle n’était pas entièrement à l’aise avec leur méthode. Dans un certain sens, elle savait que le semi-elfe aurait pu être une réelle menace et ces hommes ne pouvaient savoir exactement à quel point elle était en danger.

Toutefois, elle ne tarda pas à leur fausser compagnie. Elle devait être folle pour même considérer ce qu’elle s’apprêtait à faire, mais c’était plus fort qu’elle. Elle voulait pouvoir enfin tourner la page et passer à autre chose. Elle avait une opportunité pour éclaircir les choses, ce qu’elle n’aurait jamais avec sa famille.

Elle retourna donc subtilement à Zack, qui était toujours penché pour reprendre son souffle. Ah, ce qu’il devait regretter de s’être pointé au festival des récoltes de ce village. Saoirse distança ses pieds, pour qu’ils soient parallèles à ses hanches, faisant attention de traîner ses pieds sur le sol de façon à alerter l’homme blond à sa présence. Elle croisa les bras sous sa poitrine et plongea son regard directement dans les yeux de bronze de son interlocuteur.

Elle était sérieuse, ce qui était une occurrence rare. Elle était, après tout, ce qu’on qualifiait de bon vivant. Elle ressentait fortement les choses, mais semblait tout prendre avec un grain de sel. Elle tenait rarement rancune, son très cher compagnon devant elle étant l’exception confirmant la règle. Il était donc précieux de profiter de ces moments où elle affichait un air réfléchi… car il ne suffisait que d’une petite distraction et elle retournerait à sa nature joviale. Elle n’avait présentement pas le cœur à rigoler, ni même à éviter les choses plus difficiles. Elle se concentrait sur cette conversation qui avait trop tardé à se produire.

**J’espère que tu as appris une leçon, ce soir… bien que tu ne méritais pas de te faire battre par ces inconnus.** admit-elle. Elle continua après une courte pause. **Je ne sais pas ce qui te prend, mais je vais jouer à ton jeu. Tu as oublié? Parfait. Trois questions, c’est tout ce que je te donne.** Après tout, il avait lui-même mentionné qu’il ne voulait demander que deux ou trois trucs… alors Sea allait le prendre au pied de la lettre. **Fais gare à bien les choisir, car je ne risque pas de te gracier d’autant de réponses si nos chemins ont le malheur de se recroiser. Et, si tu tiens réellement à connaître mon nom, ce sera à toi d’évaluer si la réponse vaut la peine de sacrifier une de tes questions.**
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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Le fil rouge du destin [PV Zackeriel] [TERMINÉ]   Jeu 10 Mar - 21:25

Toussotant bruyamment, Zackeriel tenta de retrouver son souffle alors que le trio de crétins discutait visiblement avec la jolie damoiselle. Évidemment, plus personne ne portait attention à lui… mais bon il ne s’en plaignait pas trop, puisque cela lui évitait de se faire tabasser davantage. Relevant la tête, le semi-elfe écouta d’une oreille distraite les propos du leader du groupe, puis reçu une nouvelle baffe directement sur la mâchoire. Sous la force de l’impact, il tourna la tête et laissa échapper un filet de sang. Le connard… s’il n’y avait pas tant de gens aux alentours, Zack lui aurait fait payer la gratuité de ses gestes! Sans trop de gêne, l’ex-contrebandier cracha un peu de sang au sol, puis sentit sa lèvre fendue se guérir magiquement par son don incontrôlé. Du coin de l’œil, il vit les hommes partir aux côtés de la jeune elfe aux cheveux bruns sans que Zack ne puisse faire quoi que ce soit.

Se promettant de la retrouver plus tard, le jeune homme essuya la commissure de ses lèvres du revers de sa main gantée. À genoux au sol, il voulut se redresser quand une présence se fit ressentir. Lentement, il releva la tête et fut surpris de revoir la damoiselle inconnue de nouveau devant lui. Et bien, elle avait fait vite… Elle le toisait, bien campée sur ses pieds et les bras croisés sur sa poitrine. Un air dur flottait sur son visage aux traits fins et Zack se demanda, pendant un instant, ce qu’il avait bien pu lui faire pour attirer autant d’animosité. Avait-il vraiment envie de le savoir, au fond? La voix de la jeune femme résonna dans son esprit. Elle déclara ne pas approuver qu’il se fasse tabasser de la sorte, bien qu’elle espérait qu’il ait apprit sa leçon. Elle prétendit ensuite embarquer dans son « jeu » et lui accorda le droit de poser trois questions, pas une de plus. Elle établit donc les règles à suivre et lui demanda de bien songer aux questions qu’il allait lui poser.

Poussant un long soupir, l’ex-contrebandier se redressa non sans quelques difficultés puis planta son regard couleur bronze dans le vert des yeux de la jeune elfe.

- Alors nous continuerons cette conversation assit sur le banc là-bas, déclara-t’il en pointant un siège un peu plus loin, très près des festivités. Nous serons à la vue de tous et ainsi, vous ne pourrez prétendre que je tente de vous violer ou autre truc du genre. Et puis, avec la rincée que je viens de me prendre pour aucune raison apparente, je me permets de vous imposer cette condition.

Puis, sans un mot de plus, il se retourna et marcha jusqu’au banc de bois pour ensuite s’y installer. Il attendit que la jeune femme vienne l’y rejoindre. Les gens buvaient, criaient, riaient et dansaient. Ils étaient tous si festifs, si joyeux. Ça donnait presque envie de se joindre à eux… presque.

- Avant que je ne vous pose lesdites questions, je vais vous faire un topo de ma situation, parce que je peux visiblement lire plusieurs questions sur votre visage. Tout d’abord, je ne mens pas lorsque je dis que je ne me rappelle pas de vous, que je ne me rappelle de rien… Avec un soupir las, le semi-elfe se passa une main dans les cheveux. Il y a quelques semaines, je me suis réveillé aux abords d’un lac, la tête en sang, courbaturé et aux prises avec des maux de tête insoutenables. Outre le malaise généralisé, j’ai remarqué que je ne possédais plus le moindre souvenir. Mais vraiment rien. Je ne me rappelais même plus de mon propre nom. J’ai erré quelques jours dans les villages de Shola et j’ai fait la rencontre de la magicienne Khanrell de Shola. Selon ses propos, nous nous serions côtoyés lors de notre enfance. Elle m’a révélé que j’avais un frère jumeau du nom d’Uriel et que mes parents possédaient un duché à Shola. Elle a tenté de me faire retrouver la mémoire avec une potion de son cru, mais sans grands résultats. Le jeune homme toussota légèrement et ramena son regard vers sa compagne du moment. Il n’avait pas envie de parler de l’aventure qu’il avait eu avec la magicienne. Par la suite, j’ai croisé un apothicaire qui a tenté de faire la même chose, mais je n’ai récolté que quelques flashbacks de souvenirs… Et là, quelques jours plus tard, je vous rencontre vous et tout de suite, j’ai un fort sentiment de déjà-vu. Alors vous comprendrez mon intérêt soudain. Toutefois, visiblement, nous n’étions vraiment pas en bon terme, vous et moi…

Tournant la tête, Zack remarqua au loin un homme chauve et ivre comme un pot. Ce dernier avait une attitude étrange et regardait en leur direction en donnant de grandes tapes à son voisin. Il semblait pointer la jeune femme près de lui. N’en faisant pas de cas, Zack fit une pause un instant et semblait réfléchir. Il devait bien choisir les questions qu’il désirait poser.

- Maintenant que vous êtes un peu au courant de ma situation, libre à vous de me croire ou non. Mais pour en revenir aux questions… Voici donc ma première : comment nous sommes-nous rencontrés?


Il ne savait pas pourquoi, malgré l’animosité qu’exprimait clairement son interlocutrice à son égard, Zack se sentait à l’aise près d’elle. Comme s’ils se connaissaient depuis des lustres. Du plus loin qu’il se rappelait – même si ce n’était pas si loin – c’était la première fois que ça lui arrivait.

Du coin de l’œil, Zackeriel vit l’homme chauve s’approcher et demanda à la brunette de retenir ses propos une minute ou deux. Il se tourna ensuite pour faire face au nouveau venu qui claudiquait jusqu’à eux. Dès qu’il fut à leur hauteur, l’homme chauve lorgna sans vergogne la brunette de la tête jusqu’aux pieds et son désir était plus qu’apparent dans ses yeux.


- Toi, la poulette, fit-il en se mordant les lèvres de façon grossière. Combien pour avoir tes services? C’est que t’es plutôt belle et j’aimerais bien passer un peu de temps en tête-à-tête avec toi.

Zack retint difficilement un gloussement. L’air qu’affichait l’elfe aux yeux verts était des plus hilarants! L’homme sentait la bière et l’urine et sa grosse barbe fournie ne devait pas être des plus plaisantes au toucher.

- Alors, ça te dirait de passer un peu de temps avec moi? Je saurais comment combler tous tes désirs.

Sur ce, sans aucune gêne, l’ivrogne porta une main… directement sur la poitrine de la jeune fille et tâta « la marchandise » comme on pouvait évaluer une miche de pain fraîche. La bouche ouverte, Zack ne pouvait pas croire ce qu’il voyait. C’était incroyable! Aucun idiot n’oserait faire une telle chose, surtout en plein public! Un pincement de frustration se fit ressentir chez le vagabond qui bondit sur ses pieds. Il attrapa la tunique de l’homme et l’éloigna avec force.

- Eh oh, mais ça va pas, sale abruti? Dégage avant que je mette en pièces!

Et Zack le repoussa avec force, ce qui fit trébucher le barbu qui ricanait en ne lâchant guère la belle des yeux.

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MessageSujet: Re: Le fil rouge du destin [PV Zackeriel] [TERMINÉ]   Ven 11 Mar - 22:05

Si on se laissait aller au rythme de la musique à la place publique, sous la douce lumière des lanternes et des lucioles, ce n’était pas le cas pour les anciens amoureux… Fait dont l’un d’eux ne se souvenait pas, par ailleurs. L’engouement ne se rendait pas au couple qui se tenait légèrement à l’écart de la joie contagieuse du festival. De leur côté, l’humeur était prudente, certains pourraient dire à la limite de l’hostilité, même. La magie avait disparu il y a longtemps maintenant.

Fermée telle une voûte, la messagère se tenait en face du vagabond agenouillé. Elle le regardait durement. Elle ne pouvait entièrement comprendre pourquoi elle lui offrait la possibilité de lui poser des questions. Certes, elle culpabilisait de l’avoir fait souffrir à la main d’inconnus qui n’avaient rien à voir avec eux… mais une partie d’elle ne pouvait que s’interroger quant à si c’était une bonne idée de rester en compagnie de cette pauvre excuse d’un homme à la chevelure dorée. Se sentirait-elle réellement mieux si elle mettait les choses au clair avec lui? D’autant plus qu’il prétendait ne pas se souvenir de quoi que ce soit. Si tel était le cas, ce n’était pas maintenant qu’elle aurait la conversation sérieuse qu’elle avait besoin d’avoir avec Zackeriel. Il ne pourrait lui apporter les réponses qu’elle recherchait… C’était donc, jusqu’à un certain point, une situation ne bénéficiant qu’à un seul d’entre eux.

Dans le pire des cas, elle le regretterait demain! Elle n’était pas du genre à revenir sur sa parole. Si elle lui avait promis trois questions, c’était ce qu’elle lui donnerait. En même temps, elle n’était en aucun cas obligée d’élaborer les réponses qu’elle était sur le point de lui fournir. Par ailleurs, ce pourrait être une façon mesquine, quoique néanmoins subtile, de se venger.

Sea observa son compagnon se redresser. Oh, elle n’était pas sans cœur au point de ne jamais offrir une main à quelqu’un ayant besoin d’aide… Simplement, elle n’était pas sans connaître le petit don de guérison du semi-elfe. Elle avait eu la chance de voir ce pouvoir à l’œuvre à quelques reprises dans le temps. Ce n’était donc pas un secret monumental pour elle. C’était également ce qui la poussait à se dire qu’il était un grand garçon, voire même un avantagé comparativement à plusieurs; il était capable de se remettre de quelques coups comme un grand.

Elle hocha la tête en accord lorsque la vermine aux yeux de bronze ardents proposa de continuer leur discussion sur un banc à proximité. Elle inclina la tête en haussant un sourcil quand il continua de parler. **Oh, ho… Monsieur se permet d’imposer des conditions. Ok, je vois… Ton amnésie t’a probablement fait oublier les règles de conduite d’un bon gentlemen… Quoique, à bien réfléchir, c’était très entamé comme oubli même avant tout ça...** ne se gêna-t-elle aucunement de mentionner.** Et je te ferai remarquer que tu n’étais exactement en train de me faire la cour en me plaquant contre un mur, me retenant par mes poignets, non plus. Ça paraît tellement romantique, ça, alors! Et tu la méritais, la courge mus…** ajouta-t-elle sarcastiquement, changeant tout à coup de ton avec sa mention de la courge musquée. **J’ai juste entendu une rumeur comme quoi un grand blond costaud a reçu une courge musquée volante tout à l’heure. Je me suis dit que ça correspondait à ta description. Tu ne trouves pas? Quel fou penserait à faire ça! … Mais est-ce que ça l’a fait mal? Genre douleur lancinante qui dure…?**

Malgré tout, l’apprentie le suivi pour ensuite prendre place à ses côtés. Elle affaissa ses épaules, tout laissant un soupir s’échapper de sa gorge. Peut-être était-ce à cause de la pression qu’elle allait mettre sur toutes les questions ou commentaires… ou peut-être l’extrême pression qu’elle se mettait afin de ne rien laisser paraître de sa douleur émotionnelle… du moins, pas plus qu’elle ne l’avait déjà fait. Même un imbécile comme Zack devait déjà avoir deviné certaines choses qui, dans le meilleur des mondes, les aideront à le faire disparaître de la vie de Saoirse le plus vite possible.

L’elfe étendit des pieds devant elle, se cherchant un moyen de distraction en attendant que l’autre babouin se décide enfin à se mettre à parler. D’ici là, voire même lorsququ’il ouvrit enfin la bouche, sa compagne était concentrée sur ses pieds dont elle faisait cliquer les extrémités ensemble, ne décollant jamais les talons. Quoi? C’était sa façon de patienter tranquillement.

Ah, voilà l’histoire… « Il ne se souvient de rien. » Quel drame! Un vrai classique, quoi! Mais bon, s’il tenait à prendre ça comme trame de fond… Elle le laisserait faire. Sea se pencha plutôt vers l’avant, appuyant son menton dans le creux de sa main. Elle connaissait depuis suffisamment longtemps cette ordure pour avoir une bonne idée de quand il mentait ou qu’il désirait de l’honorer avec la suprême vérité. Elle ne fit donc pas dans le velours pour examiner tous les traits du visage de son compagnon. Au diable, s’il était inconfortable!

La jeune femme qui feignait prendre un grand intérêt dans les paroles de son voisin de banc détourna rapidement le regard en direction de lanternes plus loin à la mention du nom Khanrell de Shola… surtout quand celui-ci était devancé de magicienne… Délicatement, elle forma un poing sur une de ses cuisses. La rumeur qu’elle avait entendu à la taverne était fondée alors… Elle fixait les lucioles, malgré que ces petites bêtes ne parvenaient plus à apporter la moindre lueur de joie ou d’espoir dans son cœur. Ce dernier se serra, aussi illogique que cela puisse être. Cela expliquait pourquoi son maître avant été si curieux de connaître l’identité de Zackeriel… Par contre, comment celui-ci était-il parvenu à se rendre jusqu’au château avec elle pour une potion? Quand Sea s’était montrée, elle avait passé à un cheveu d’aller visiter les premières loges des cellules en bordure des catacombes. Et ce toussotement provenant de son compagnon n’augurait rien de bon… Oh, non… l’apprentie magicienne était amplement capable de faire 1+1 égale… quelque chose qu’elle ne tenait vraiment pas à savoir. Et de toute façon, Zack étant le fils d’un duc, évidemment qu’il allait avoir croisé une princesse ou deux dans sa vie.

De toute façon, c’était quoi cette stupide idée d’être jalouse? Non! Pas jalouse, quand même, il ne faudrait pas aller trop loin… Elle n’acceptait juste pas que… que… deux personnes lui cachent de l’information. Voilà, rien de plus. Il ne fallait pas en faire tout un plat! Son cœur se serrait sous l’anxiété générale provoquée par leur situation inhabituelle.

Elle laissa échapper un long soupir. Cet homme allait vraiment devoir arrêter de croire que des potions pouvaient régler tous ses problèmes… Surtout qu’il fallait être extrêmement vigilant en matière de la personne à qui on demande de préparer ces concoctions. Khanrell, si elle n’avait rien à reprocher au vagabond, pouvait être considérée comme étant une source sure. Son apothicaire, ça… elle ne pouvait pas le savoir.

Elle eut un rire ironique plutôt moche, n’ayant pas énormément de son sortant de la gorge de l’apprentie, lorsque Zackeriel fit allusion qu’ils n’étaient pas en très bons termes selon ses observations. **NON! Pas vrai? Tu as devina ça tout seul? Bravo, champion! Moi qui pensait que j’avais si bien dissimulé mon amertume envers toi…**

La messagère se frotta les tempes… Elle évaluait le niveau de sarcasme dans ses propos. Elle n’aimait peut-être pas particulièrement la situation, mais il n’était là que pour lui poser trois questions et elle en aurait enfin fini avec lui. Sans compter qu’il était inutile de s’exaspérer avant même s’il n’ait posé sa première question. Qui sait? Ça pouvait toujours devenir intéressant de voir ce qu’il trouverait comme étant le plus important à demander… Surtout la question qui venait avant toutes les autres.

Légèrement d’humeur meilleure, Saoirse prêta oreille à la fameuse première question. Ah, un classique! La rencontre… Alors, il préférait ne pas connaître son nom. Choix judicieux. Toutefois, comment lui expliquer qu’elle devait être bébé et ne s’en souvenait pas plus que lui… Bon, elle devait quand même lui donner un petit quelque chose. « Pense, Saoirse… Pense… » se dit-elle mentalement.


- Toi, la poulette, fit-il en se mordant les lèvres de façon grossière. Combien pour avoir tes services? C’est que t’es plutôt belle et j’aimerais bien passer un peu de temps en tête-à-tête avec toi.

Le visage de l’elfe prit la couleur d’un homard en une fraction de seconde. Le sang bouillait dans ses tempes. Ce soir serait peut-être le jour de son premier meurtre non prémédité… Elle n’en croyait pas ses oreilles.

**Pardon? Vous me prenez pour quoi? Et vous ne voyez pas l’étalon que j’ai à côté de moi? Je crois que je suis bien équipée pour la nuit!** envoya-t-elle à l’ivrogne, en même temps qu’à Zack… à qui elle donna un coup de coude, avant de lui ajouter personnellement un : **T’avise pas de rire! Je t’ai vu! Et non, je ne passe pas la nuit avec toi, avant que tu ne me le demandes… car même si j’avais un tarif, tu ne serais pas en mesure de te le payer!**


- Alors, ça te dirait de passer un peu de temps avec moi? Je saurais comment combler tous tes désirs.

**Oh, putain, il sent horrible! NON!**

La pauvre femme alla porter une main à sa bouche, espérant de tout son cœur être en mesure de retenir le contenu de son estomac là où il se trouvait bien confortablement. Elle ne voulait vraiment pas régurgiter cette si bonne tarte aux framboises… Disons que ça n’avait pas exactement le même goût en ressortant.

Malheureusement pour elle, ce moment de prévention de vomissure fut une opportunité pour l’ivrogne pour aller tripoter grossièrement SA poitrine. Sea avait eu sa part de commentaires salaces, mais de là à se faire masser les seins de la façon la moins agréable possible par un homme des plus dégoûtants… jamais. Elle bouillait de rage. Pourtant, elle était figée sur place.

Son chevalier au passé criminel n’ayant jamais obtenu sa belle armure d’argent avec un sublime cheval blanc, quant à lui, se leva pour définir les limites. Il ne perdit pas un instant à faire déguerpir le pervers, le menaçant clairement de ne pas rester dans les environs parce que ça finirait mal pour lui.

Saoirse, de son côté, s’était laissée glisser sur le sol à côté du banc. Elle était recroquevillée sur elle-même, le nez entre ses genoux, face au mur. Elle serrait fortement ses jambes. Jamais n’avait-elle été aussi insultée de sa vie! Elle était enragée… mais, au fond, elle avait honte. Elle savait que ça n’avait aucune raison d’être… mais elle s’était sentie violée. Son corps lui était précieux et elle ne le donnait pas à n’importe qui. Il était évident qu’elle aurait de la difficulté à dormir ce soir… et fort probablement pour plusieurs nuits à venir. Elle se sentait sale.

N’aidant pas sa cause, toutes ses tentatives de penser à autre chose pour ne pas se laisser trop atteindre par ce contact dégoûtant finissaient toujours avec des souvenirs où c’était Zackeriel qui avait ses mains là. Lorsque celui-ci revint enfin vers elle, elle lui murmura tout bas un : **Merci… mais j’ai besoin d’une minute…**

Elle ne pouvait s’en empêcher… Elle avait beau lui en vouloir du plus profond de son cœur, il ne serait jamais autre chose que son premier amour. Elle l’avait aimé longtemps avant même qu’elle n’ait la chance de lui avouer ses sentiments pour lui. Et toute cette rancune qu’elle retenait contre lui n’enlevait pas tous les tendres moments qu’ils avaient passés ensemble. Combien de fois avait-elle pleurer dans ses bras après la mort de ses parents? Combien de fois avait-elle eu besoin qu’il la tienne dans ses bras pour qu’elle puisse s’endormir sans ne refaire le cauchemar dans lequel elle revoyait son frère se faire trancher la tête.

La messagère essuya une larme qui avait fait son chemin sur une de ses joues et repris sa place à la gauche de son compagnon. Elle s’efforçait de reprendre son air sérieux.

Doucement, elle entama quelques précisions au vagabond. Elle tourna son regard d’émeraude en direction du visage de son interlocuteur puis, poussée par les souvenirs qui avaient refait surface dans sa mémoire récemment, elle déplaça délicatement quelques mèches blondes de la façon dont elle le faisait alors qu’ils étaient encore ensemble. **Tu sais, il paraît que le corps se souvient de choses dont l’esprit n’est plus en mesure de se rappeler.** dit-elle en guise d’explication derrière le fait que Zackeriel avait ressenti quelque chose de différent avec elle, ce qui n’avait été le cas avec personne d’autre. **Ton père était effectivement un duc… Je peux aussi te confirmer que ton jumeau se nomme bel et bien Uriel.** continua-t-elle en plaçant les mèches derrières les oreilles légèrement pointues du vagabond. Puis elle le caressa le long de sa mâchoire avec l’endos de ses doigts.

Si ces actions contrastaient avec son comportement en début de soirée… eh bien, il y avait une explication logique. Elle cherchait une réaction de sa part. Il ne pourrait nier reconnaître ce tendre geste qu’elle avait fait de si nombreuses fois si sa mémoire était intacte… Sinon, dans l’éventualité où il disait la vérité avec toute ses manigances d’amnésie, peut-être cela l’aiderait-il à retrouver un souvenir. Saoirse laissa glisser sa main jusqu’à l’omoplate gauche de l’ex-contrebandier (bien qu’elle croyait qu’il faisait encore partie de ce clan) et le tapota à l’endroit même où il était marqué par les épées entrecroisées dans un cercle. **Et tu es… ou étais… dans les Lames Pourpres… Gracieuseté de la maison!** annonça-t-elle avec un clin d’œil. ** … Tu sais, pour avoir fait peur à l’ivrogne, là.** ajouta-t-elle en donnant une bonne tape sur l’épaule gauche de Zackeriel.

À partir de cet instant, Saoirse gardât ses mains à elle-même. Elle étira à nouveau ses jambes pour faire claquer le bout de ses bottes ensemble. Elle devait se surveiller pour ne pas trop en dire. Maintenant, il était temps de passer aux choses importantes.

**Comment nous sommes-nous rencontrés? Je livrais des épices à ta résidence. Je ne pourrais te dire quel jour exactement ce fut, ni même à quel âge… Ma mère m’amenait avec elle alors que je n’étais qu’un bébé pour faire les livraisons à votre famille… Par la suite, j’ai naturellement pris la relève. Mais en gros, c’était vraiment plus une histoire de visites ponctuelles.**

Saoirse croisa ses bras et ses jambes puis, sans accorder le moindre regard à son compagnon, elle décida qu’il était temps de faire avancer les choses encore un peu. La catastrophe avec le pervers étant derrière eux, elle pouvait enfin retrouver son sérieux.

**Pose ta question numéro deux.**
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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Le fil rouge du destin [PV Zackeriel] [TERMINÉ]   Mar 15 Mar - 19:41

- Allez déguerpit, espèce de porc! tonna le semi-elfe en flanquant un coup de pied à l’ivrogne qui ricanait de plus belle en se relevant difficilement. L’indésirable personnage finit par marmonner quelques paroles acerbes, puis s’éloigna en claudiquant.

Marmonnant plusieurs jurons, Zackeriel revint auprès de la jeune femme à la chevelure couleur terre pour finalement la voir accroupie près du banc, face au mur. Immédiatement, il regretta d’avoir ricané un peu plus tôt. Il ne pensait pas qu’elle le prendrait si durement… certes, ce n’était pas tous les jours que les femmes se faisaient ainsi tâter allègrement par le premier venu… Il fallait dire qu’il avait vu pire depuis le moment où il s’était réveillé près du lac. Un regard navré au visage, il retourna s’asseoir sur le banc alors que la jeune femme le remerciait et lui demandait un moment de solitude. Franchement mal à l’aise, il se passa une main sur la nuque et poussa un long soupir. Il ne savait quoi dire, ne savait quoi faire pour tenter de dissiper la douleur émotionnelle qui entourait la situation qui venait de se produire. Pouvait-il vraiment dire quoi que ce soit de toute façon? D’où il était, il entendait le souffle très légèrement saccadé qui émanait de la jeune femme, signe distinct de sa tristesse actuelle.

Finalement, après quelques instants, elle se releva et vint le rejoindre sur le banc, les yeux encore humides d’avoir pleuré en silence. La gorge serrée, Zack observa ces traits fins, ces cheveux soyeux et ce regard émeraude. Elle était vraiment… sublime. D’un mouvement gracieux, la jeune femme glissa ses doigts délicats sur le côté du visage du semi-elfe et alla placer doucement quelques mèches blondes derrière son oreille légèrement pointue. Son mouvement se voulait doux et était – peut-être malgré elle – empreint d’affection. Le genre de mouvement qu’on réservait généralement à quelqu’un de très cher. En effectuant ce geste, elle lui confirma ses origines nobles et expliqua la façon dont les corps pouvaient posséder une mémoire qui leur était propres. Elle continua son mouvement en glissant doucement le revers de ses doigts sur la ligne de sa mâchoire. Sous cette caresse d’une douceur surprenante, le vagabond ferma les yeux un instant. Il appréciait ce genre de contact dont on le graciait si peu souvent.

La jeune femme termina finalement son parcours en glissant sa main sur son épaule gauche, puis sur son omoplate qu’elle tapota en indiquant l’endroit de sa marque. Elle lui confirma son lien avec les Lames Pourpres en ponctuant ses propos d’un clin d’œil, ce qui soutira un sourire de la part du vagabond. Elle ramena ensuite ses mains sur elle-même, puis étira ses jambes fines pour ensuite claquer le bout de ses bottes.

Portant son regard couleur bronze dans l’émeraude des iris de la jeune femme, Zackeriel écouta chacun de ses propos, prenant note mentalement de chacune des informations qu’elle voulait bien lui transmettre. Ainsi, elle livrait des épices dans sa demeure? Elle devait donc connaître Uriel également… peut-être qu’elle pourrait lui donner des informations sur ce dernier? S’il était son jumeau, il était probable que la mention de ce dernier éveillerait quelque chose en lui. Soudainement, la jeune elfe changea de position et croisa ses jambes et ses bras sur sa poitrine, donnant ainsi l’impression qu’elle se refermait à nouveau comme une huître. Elle lui somma d’un ton neutre de poser sa deuxième question. Zack hocha de la tête, puis prit un air songeur.

- Vue notre lien, vous connaissiez probablement également mon frère jumeau, Uriel. Dites-moi, étions-nous proches lui et moi? La raison pour laquelle je vous pose la question, c’est que des rumeurs courent dans les tavernes… prétextant qu’il aurait tenté de m’assassiner. J’ai du mal à me figurer que mon propre frère puisse me détester au point de vouloir ma mort… ou bien nous avions beaucoup de haine l’une envers l’autre.

C’était vrai tout ça. Les rumeurs de sa mort couraient les rues et Zack se demandait quand viendrait le moment où il verrait réapparaître des assassins pour terminer le travail inachevé du jumeau aîné. Il écouta la réponse de sa compagne d’un air à nouveau songeur quand soudain, son estomac émit un gargouillement monstre. Sursautant face à ce bruit émanant des tréfonds de ses entrailles, l’ex-contrebandier plaqua une main sur son ventre. Hum… voilà qui était un peu gênant.

- Hmm… Je n’ai rien avalé depuis ce matin, je l’admets… Attendez-moi ici, je reviens et je ne désire pas perdre la dernière question à laquelle j’ai droit!


Levant une main pour sommer à la jeune femme d’attendre, le semi-elfe se releva et s’éloigna vers un marchand situé pas très loin dudit banc. Devant le kiosque, Zack fit bouger son regard sur la marchandise. Il repéra un petit pain aux raisins et à la canelle ainsi qu’une petite bourse remplie de noix sucrées. Il en profita pour prendre deux cidres chauds. Il sortit quelques pièces d’or qu’il remit au marchand, puis revint vers le banc. Il était satisfait de constater que la jeune femme ne s’était pas sauvée. Un sourire en coin, il revint s’installer près d’elle et lui tendit le gobelet de cidre chaud. L’air commençait à se refroidir alors que la lune faisait son chemin dans le ciel.

- J’ai pris la liberté de prendre quelque chose pour vous, fit-il tout bonnement en tendant également les noix sucrées et en prenant une bouchée du pain aux raisins. Je comprends que tout ça n’est pas évident pour vous, ajouta-t’il en désignant la situation actuelle. Vous me détestez et je suis persuadé que vous avez raison de le faire. Je ne suis pas dupe. Plusieurs gens m’ont fait sentir que ma réputation était loin d’être dorée et je réalise que j’étais probablement le pire des crétins la majorité du temps. Néanmoins, je vous remercie de prendre un peu de temps pour répondre malgré tout aux trois questions dont vous m’avez graciée.

Un silence régna l’espace de quelques instants alors que le jeune homme terminait son pain et qu’ils buvaient tous deux quelques gorgées de cidre chaud. Le semi-elfe réfléchissait à la prochaine et dernière question qu’il pourrait poser. Il ne devait pas rater son coup. Ce serait peut-être sa dernière chance (ou pas) d’en savoir plus sur lui-même et sur la sublime jeune elfe. Du coin de l’œil, il la détailla à nouveau du regard quand soudain, un reflet attira son attention au niveau de l’encolure de cette dernière. Un bijou doré brillait de mille feux. Soudainement curieux, Zacky se redressa et regarda l’objet sans maintenant prendre la peine d’être subtil. Ce collier… une pierre de jade décorée d’une fleur de lotus, le tout suspendu au bout d’une chaîne dorée… Il l’avait déjà vu. Son cœur battait maintenant la chamade et une douleur commençait à poindre dans sa tête. Rapidement, il dû porter une main à sa tempe et une grimace de douleur déforma ses traits. Il poussa un grognement de souffrance et en échappa même son gobelet de cidre au sol. Un bruit aigu lui vrilla les tympans et il n’avait plus conscience de ce qui se passait autour de lui. Un souvenir apparu sous ses yeux!

Il tenait le collier d’une main. Il discutait avec un homme à barbe et aux cheveux noirs de jais. Il négociait un prix pour le collier et Zack hocha de la tête pour clore l’entente, et ce, malgré sa gorge nouée et son cœur serré. Il jeta un dernier regard au pendentif délicat et le remit dans la main aux ongles sales de l’individu qui se trouvait devant lui. Cet homme achetait ledit bijou afin de l’offrir à sa fille pour son mariage à venir. Lui et toute sa famille étaient membres d’un clan… membres des Lames Pourpres.

Ses coudes étaient accotés sur ses genoux et il tenait sa tête entre ses mains alors que la douleur diminuait graduellement. Ses yeux recommençaient à voir ce qui se passait devant eux. Ses oreilles cessèrent de bourdonner et il remarqua que son souffle était court. Lentement, il releva la tête et la confusion pouvait se lire sur son visage. Il était toujours assit sur ce banc et quelques individus l’observaient d’un air inquiet. Avait-il attiré l’attention à ce point? Tournant finalement la tête vers sa compagne du moment, il observa à nouveau le pendentif, un malaise palpable trônant sur ses traits.

- Ce… ce collier, fit-il enfin d’une voix rauque. Je l’ai vendu… à un type. Un membre du clan pour sa fille qui se mariait dans les jours à venir. Je ne voulais pas le vendre. Mais c’était une condition… une condition pour ne pas être jetés hors du clan, continua-t’il comme une machine plus pour lui-même que pour la jeune femme. Je devais le faire, pour éviter que nous soyons considérés comme des traîtres et que nous soyons traqués. C’était la volonté du chef…

Serrant à nouveau la tête entre ses mains, une grande frustration le prit d’assaut. Il n’arrivait pas à en savoir plus! Pourquoi les avait-on menacés de la sorte, lui et Uriel. Ce n’était qu’un collier! Pourquoi avoir réagi comme ça?! Il avait été contraint de le vendre. Mais à qui appartenait ce bijou et comment avait-elle pu mettre la main sur celui-ci?! Dans un mouvement de colère, Zack se releva et flanqua un coup de pied dans le gobelet vide.

- Rien d’autres ne me revient! Merde!


Puis, il leva la tête vers le ciel et passa ses deux mains sur son visage, histoire de reprendre contenance. Il laissa ensuite tomber ses deux bras ballant chaque côté de son corps dans un mouvement las.

- Je suis épuisé… se contenta-t’il de répondre.

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MessageSujet: Re: Le fil rouge du destin [PV Zackeriel] [TERMINÉ]   Mer 16 Mar - 17:28

Il s’agissait d’une bataille intérieure pour que l’elfe se retienne de partager plus d’information qu’elle n’en avait l’intention. Malgré le fort ressentiment qu’elle éprouvait à l’égard de son compagnon, il était trop aisé d’échanger avec lui. Contrairement au vagabond amnésique, sa mémoire était encore parfaitement intacte… Ce qui incluait tous les souvenirs de moments passés ensemble et… toutes ces habitudes développées au fil des années. Après tout, ce n’était pas comme si elle ne l’avait connu que durant une seule et courte semaine. Leur histoire remontait aussi loin que ses souvenirs lui permettait de se remémorer.

L’apprentie faisait tout de même des efforts en vue de ne pas laisser la nostalgie prendre le contrôle. Elle se rappelait mentalement qu’elle devait surveiller ses paroles, ainsi que garder son sérieux. Elle s’était fait avoir une fois… Il serait bien si c’était la seule. C’était la raison derrière laquelle elle avait croisé les bras et détourné le regard quand elle eut terminé d’expliquer comment elle avait connu l’homme à ses côtés. À vrai dire, elle ressentait un certain malaise devant la façon dont il la regardait directement dans les yeux. Elle était consciente qu’elle devait avoir le visage bouffi et légèrement rougi par les larmes… Or, elle avait l’impression de déceler autre chose dans la façon dont l’observait Zackeriel. Quoique cela ne pouvait être que le fruit de son imagination. Après tout, elle était désormais une inconnue pour lui.

Et bien qu’elle ne l’admettrait pas à voix haute, façon de parler, elle le croyait davantage à chaque minute en sa compagnie qu’il avait effectivement perdu la mémoire. Elle ne voyait aucun des signes habituels qu’il mentait ou qu’il lui cachait quoi que ce soit. Cela détruisait conséquemment tout espoir d’une engueulade en bonne et due forme.

Ses pensées furent interrompues par un semi-elfe contemplatif. On pouvait lui donner ça : il prenait le temps nécessaire afin de réfléchir aux questions qu’il posait. Il réorienta la conversation vers son jumeau. Avec raison, il tentait de faire du sens dans toutes les rumeurs qui circulaient à leur sujet. Ça ne devait pas être évident d’entendre des bouts d’histoires ici et là, la moitié étant le résultat de pure fabulation au sujet de personnes qu’on ne connaît même pas… Il était ardu de trouver le fond de vérité là-dedans. Malheureusement, l’aide que Saoirse pouvait apporter était plutôt maigre. Ayant quitté Shola pendant les six dernières années, ce qu’elle savait n’était pas à jour. Sans mentionner qu’elle ne tenait pas particulièrement à informer son ancien amoureux qu’elle s’était sauvée au royaume ennemi après leur rupture. Ce n’était pas comme s’il méritait de tout savoir ce qu’elle avait fait depuis qu’il l’avait trahie.

La question était maintenant de savoir comment amorcer une réponse. En dépit de logique, elle avait peur de le froisser. Elle n’était pas sans coeur; elle savait que comme elle, la famille avait jadis été tout pour l’ex-contrebandier. De plus, elle voulait éviter de le lancer sur une mauvaise piste.

Anxieuse, elle se mit à tirer sur un bout de bois qui dépassait du banc sur lequel ils étaient assis. Elle le poussait d’un côté et de l’autre. Son regard de jade ne lâchait pas cette écharde, ne voulant pas faire face à son interlocuteur. Elle craignait de voir la déception sur son visage.

**Ne te fais pas trop d’espoir… Certes, je connais Uriel, mais je n’ai pas eu de vos nouvelles depuis que nous avons coupé les ponts. ** termina-t-elle amèrement. **De ce que je me souviens, oui, vous étiez comme les deux côtés d’une médaille. Vous ne faisiez qu’un, sans pour autant avoir le même caractère. Il était certes le plus rebelle de vous deux. Toutefois, s’il a tenté de te tuer ou non, je n’en ai aucune idée. J’aurais de la difficulté à le croire mais, comme je viens de te dire, il y a un moment que nos chemins ne se sont pas croisés.**

Avec un bruit à peine audible, le morceau de bois avec lequel jouait distraitement l’apprentie se brisa. Elle le jeta par terre sans plus de cérémonie. Elle pourra un soupir et leva la tête vers le ciel. Elle plaça une main devant ses yeux, les lanternes l’aveuglant vaguement, puis elle continua.

**En passant, tu n’as pas à me vouvoyer… voire que ça fait franchement étrange. Je sais que tu ne te souviens pas de moi, mais épargne-moi la politesse inutile.**

C’était vrai, elle grinçait des dents à chaque fois qu’elle entendait le mot « vous » sortir de sa bouche. Ce n’était pas… naturel. D’autant plus qu’elle n’était pas d’origine noble et n’avait rien fait de spectaculaire de sa vie… Du moins, pas encore. Les choses changeraient peut-être une fois qu’elle terminerait ses études en magie, mais elle n’était pas rendue à ce point dans sa vie.

Et ce fut à ce moment qu’un gargouillis retentissant se fit entendre, le tout rapidement suivi par un Zackeriel tressaillant vivement. Aucunement amusée, elle lui jeta un regard conséquent. Ses yeux disaient clairement : « Tu veux rire de ma gueule, là? » Ils étaient en plein milieu d’une conversation sérieuse et ÇA se produisait. Il venait de faire partir le peu de magie qu’il avait pu y avoir quelques secondes plus tôt.

Il lui implora de ne pas prendre la poudre d’escampette pendant qu’il allait chercher de quoi grignoter. Oh, là, c’était à ses risques et périls de la laisser toute seule. Elle cherchait déjà dans quelle direction se sauver… Cependant, elle vit une blonde plantureuse qui semblait dévorer quelqu’un des yeux. La curiosité reprit le dessus de Sea, qui ne put s’empêcher de suivre la direction dans laquelle cette femme regardait. Non, mais un peu de reten… Quoi!? Elle bavait devant Zackeriel? Pour résumer les choses simplement, le regard de la messagère fit : blonde, Zack, blonde, Zack, blonde… quand cette dernière remarqua sa « rivale », lui envoyant un air résultant d’un mélange de triompe et de dégoût. Elle devait se dire que la maigre petite elfe toute recouverte de vêtements n’avait aucune chance avec un aussi spectaculaire spécimen viril du sexe opposé. Puis elle se décida de passer à l’attaque.

Instantanément, l’apprentie se raidit sur son siège, qu’elle serrait d’ailleurs si fort qu’elle en avait les jointures blanches. Le pauvre homme était inconscient de la rafale d’hormones qui faisait son chemin jusqu’à lui. Il prenait ci et ça, tout bonnement. La blonde tirait sur son corset et sa chemise pour faire ressortir sa poitrine, faisant son chemin entre les festivaliers. Le semi-elfe cherchait de l’argent dans sa bourse. Mais putain, s’il ne faisait pas plus vite, cette… cette… séduisante humaine à la poitrine démesurée allait se rendre à lui!

Bien sûr, il n’était pas question pour Saoirse d’admettre à la moindre parcelle de jalousie. Elle n’était qu’un tiers parti qui ne voulait pas perdre son temps à attendre que deux jeunes gens flirtent. Oh! Mais voilà que l’ex-membre des Lames Pourpres se retournait et revenait en sa direction. Il n’avait pas vu la blonde qui était presque à ses côtés, voire qu’il souriait à la messagère alors qu’il revenait vers elle.

Relevant le menton, c’était au tour de la brunette d’envoyer un sourire mesquin en direction de la blonde. C’était elle, au final, qui allait avoir la compagnie du semi-elfe. Sea se délecta de sa victoire et, surtout, de la mine offusqué de l’inconnue, alors qu’elle prenait le gobelet de cidre chaud qui lui était tendu. Elle remercia Zackeriel d’un ton anormalement joyeux pour quelqu’un qui, initialement, ne voulait pas vraiment être là avec lui. Elle ricana silencieusement avant de prendre une gorgée du liquide chaud. Du cidre n’avait jamais été aussi savoureux…

Distraitement, elle pris quelques bouchées des noix sucrées. Elle devait reconnaître qu’elle adorait se faire gâter, surtout avec des sucreries. Ça lui rappelait le bon temps… soit quand l’ex-contrebandier était désireux de lui donner que le meilleur et la couvrir de cadeaux. Elle avait beau lui dire qu’elle était capable de payer sa part et qu’elle n’avait pas besoin d’autant de choses, il ne voulait rien entendre. Évidemment, elle eut un pincement de coeur à cette pensée.

Il la ramena à la réalité en précisant qu’il comprenait le ressentiment qu’elle exprimait à son égard. Il avait déjà assimilé qu’il n’avait pas eu un comportement exemplaire avant de perdre la mémoire. Eh bien, c’était le cas de le dire. Saoirse se tordit les doigts d’une main sur ses genoux, serrant son gobelet de l’autre main, question de ne pas cracher au visage de son voisin de banc. Crétin n’était pas exactement ce qui lui venait en tête quand elle repensait à leurs derniers moments. Elle devait se calmer. « Inspire… Expire… Inspire… Expire… » se répétait-elle comme un mantra.

Elle ne porta pas attention à son compagnon qui se redressait, étant trop concentrée sur sa respiration. Par contre, elle remarqua éventuellement qu’il fixait sa poitrine. Seulement, elle pensait qu’il n’avait aucune gêne et elle le trouvait particulièrement effronté après l’épisode de l’ivrogne. Ce qu’elle n’avait pas compris sur le coup, c’était que le semi-elfe observait plutôt son collier.

Elle sursauta à le voir soudainement souffrir, une main à la tête. Elle haussa rapidement les pieds pour éviter que ses bottes ne se fassent asperger de cidre. Elle se leva en deux temps, trois mouvements. Les yeux et la bouche grand ouverts, elle ne savait pas quoi faire. Elle sentait la panique pointer le bout de son nez. Elle n’avait rien fait… pour une fois! Elle souriait maladroitement aux passants, qui se posaient visiblement autant de questions qu’elle. Elle eut une envie passagère de prendre un bâton et de picosser Zack dans les côtes pour savoir s’il allait survivre, mais elle se retint.

Elle bondit à nouveau quand il revint à lui-même. Quant à savoir qui était le plus indisposé entre les deux, c’était difficile à dire. L’apprentie était sur ses gardes. Elle serra d’ailleurs son pendentif fortement dès qu’il fut mentionné. Elle ne se le ferait pas prendre une deuxième fois.

Sa respiration devint de plus en plus bruyante au fur et à mesure que son compagnon partageait la vision qu’il venait manifestement d’avoir. Il offrait une explication partielle quant à la raison pour laquelle il avait détruit tout ce qu’ils avaient travaillé si fort pour se bâtir ensemble. Heureusement qu’elle avait terminé sa boisson, car elle l’aurait renversée en plein visage de cet imbécile devant elle autrement.

Elle recula brusquement quand un Zackeriel enragé envoya promener au loin son gobelet vide d’un coup de pied plutôt violent. Il jura à vive voix, n’étant pas capable de se rappeler davantage à propos du collier et les circonstances entourant sa vente. Il annonça ensuite qu’il était « épuisé ».

Oh, mais Saoirse n’en avait rien à cirer. Le pauvre garçon avait un blanc de mémoire… C’était dur de se souvenir de son passé… Qu’il faisait pitié. Ouais, eh bien, elle, elle s’en rappelait! Ç’en était fini de ménager ses émotions. Il n’était pas le seul à souffrir dans cette histoire.

**Évidemment, tu l’as vendu, espèce de connard! As-tu la moindre idée de ce qu’Edouard fait quand on essaie de reprendre... ** Elle se tut. Elle s’approcha du demi-elfe et lui donna une claque sur le torse. Des larmes se mirent à couler à nouveau sur ses délicates joues. Graduellement, elle se mit à le ruer de faibles coups. ** Tu n’avais pas le droit de le prendre! Ne pas se faire jeter hors du clan… Le clan… On aurait pu tout simplement…** Elle peinait à trouver les bons mots à dire. Toutes ses émotions déferlaient en même temps. Elle déposa son front contre le torse du blond au regard de bronze et continua à pleurer, faisant fi de sa raideur au contact de sa tête. **Tu n’as jamais pensé à moi… On aurait pu aller à Alombria, espèce de couillon!** termina-t-elle, l’enlaçant autour de la taille.

Il était ironique de rechercher du confort dans les bras de la personne qu’elle détestait le plus en ce monde… d’autant plus qu’il n’avait aucune idée de ce qu’elle racontait. Mais il était là, devant elle. Avant son épisode d’épiphanie, il avait agit comme le garçon dont elle était tombée amoureuse. Elle n’y pouvait rien. Enfoui loin dans son coeur, il y avait de l’affection pour lui. Ce genre d’amour qui ne s’éteint jamais, peu importe la souffrance qui tente de l’asphyxier. Se sentir près de lui apaisait sa douleur.

Puis, soudain, une idée lui traversa l’esprit. Il ne semblait plus se soucier de grand chose depuis qu’elle s’était blottie contre lui pour déverser sa peine. Si elle agissait habilement et rapidement, elle serait sans doute en mesure de lui voler sa bourse… ce qui serait une revanche partielle. Elle délia les doigts; or, au même moment, l’ex-contrebandier passa ses bras musclés autour d’elle. La pauvre conspiratrice serra le tissu de la tunique de son compagnon. Voilà sa détermination qui s’envolait avec les lucioles. Elle ne pouvait pas s’amener à le voler. Ce n’était pas le genre de personne qu’elle était. Elle refusait de s’abaisser à son niveau pour se venger.

Elle était, toutefois, le genre de personne à se frotter le visage en faisant mine de s’enfouir le visage plus désespérément… alors qu’en réalité, elle essuyait la morve sur le torse de son mouchoir vivant. C’était une maigre consolation d’avoir été victime de supercherie et de vol il y a longtemps.

Elle releva la tête avec un air piteux, faisant la moue. Si Zackeriel n’était que l’ombre de l’homme qu’elle avait connu, il la prendrait en pitié. Il avait toujours eu un point faible pour ses yeux de chat botté.

**Il te reste… toujours… ta dern… ière… question.** articula-t-elle, distraite par un mouvement dans la foule derrière eux. Elle se leva sur la pointe des pieds de son compagnon, prenant appui sur ses épaules, afin d’avoir une meilleure vue des visages familiers. Inspirant brusquement, elle reconnu les trois gaillards qui lui étaient venu en aide plus tôt dans la soirée. Ils ne pouvaient pas la revoir dans les bras de celui qui l’avait adossée au mur!

**Les gars de tantôt! On ne peut pas rester ici!** déclara-t-elle vivement et, vite comme l’éclair, elle prit la main du semi-elfe et détala comme un lapin. Fatigué ou pas, il n’avait pas le choix de la suivre.

Elle zigzagua au travers des festivaliers, sautant par-dessus de la nourriture renversée au sol, évitant de justesse certaines personnes, passant à un cheveux de se tordre la cheville sur la courge musquée dont elle s’était servie comme projectile… D’ailleurs, elle sauta un peu sur une jambe après que son pied ait roulé sur le légume.

Tout compte fait, elle s’en tirait plus propre que durant sa course dans les cuisines du château! Il y avait quand même eu amélioration! Elle termina sa course dans une ruelle peu éclairée, ce qui ne dérangeait pas vraiment sa vision elfique. Lorsqu’elle s’arrêta enfin, elle lâcha son emprise sur Zack. Elle se pencha vers l’avant, les mains sur ses cuisses, complètement à bout de souffle. Elle n’avait aucune difficulté à marcher une journée entière… mais courir pendant aussi longtemps, ce n’était pas son point fort. Elle pointa un doigt chancelant en direction du crétin qui lui servait d’ancien petit ami.

**Je t’avise que je viens de te sauver de te faire donner d’autres coups dans les côtes… D’ailleurs, as-tu encore mal?** s’enquéra-t-elle.

Elle n’eut pas le temps d’avoir de réponse que, tout à coup, elle tressauta à la suite d’un son de boîtes et de métal qui tombait tout près. Elle eut pour réflexe d’agripper Zackeriel par l’épaule. Après tout, c’était lui le combattant, pas elle! Pendant un instant, elle cru qu’une créature maléfique venait de décider de quitter les ombres pour s’en prendre à eux. Il s’avéra que ce n’était qu’un chat de gouttière qui sortait de sa cachette après avoir été alerté par deux fous qui étaient arrivés en menant tout un train.

**Stupide chat!** s’écria-t-elle. La pauvre avait frôlé la crise cardiaque.

Le félin, qui ne voyait pas en elle une très grande menace, s’approcha lâchement. C’était un mignon tabby brun. Ne pouvant résister à sa binette, Sea pila sur son orgueil et s’agenouilla, tendant la main pour que le chat puisse la sentir. Elle lui gratta ensuite le menton, ce qu’il sembla apprécier. Ce n’était pas un stupide chat, finalement. Non, il était trop adorable pour ça. En un rien de temps, l’animal s’était laissé amadouer par l’elfe et la laissa même le prendre dans ses bras. L’apprentie se releva, plutôt fière de son exploit. Elle était à nouveau heureuse et souriait de façon radieuse. Elle allait proposer à son compagnon de flatter l’animal quand, celui-ci, fut effrayé par un son imaginaire et déguerpit en graffignant Saoirse sur la poitrine et les bras.

Si elle avait pu crier, elle l’aurait fait. Malheureusement, elle ne pouvait faire mieux que d’ouvrir la bouche sous le coup de la douleur soudaine. Cela ne l’empêcha pas de crier mentalement au félin et à Zackeriel : **Tu es aussi pire que lui, sale traître!** pointant le blond derrière elle du doigt. **Je retire tout ce que j’ai pensé de bon de toi! Tu ES un stupide chat!** Elle continua de vociférer mentalement en direction du félin, ne sachant pas s’il allait la comprendre, agitant le poing dans la direction où il était parti.


[P.S. Je suis désolée pour le post aussi long. Ce n’était pas prévu. Je t’ai contrôlé un peu, j’espère que ça ne dérange pas.]
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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Le fil rouge du destin [PV Zackeriel] [TERMINÉ]   Jeu 17 Mar - 21:18

[Je te fais pas mal bouger en prétendant que tu me suis. Évidemment, si ça te déranges, n'hésite SURTOUT pas à me le dire! Mais bon, depuis le temps, on est habitué toi et moi, hein? Razz Alert aux rps qui en finissent plus, en passant!]

Pinçant la base de son nez, entre ses yeux, Zackeriel tenta de se concentrer et d’aider sa mémoire à se rappeler encore plus. Ça lui foutait un de ces maux de crâne! Il était si frustrant de ne pouvoir rien se rappeler, de voir les gens autour de vous vous dicter qui vous êtes alors que leurs propos donnaient l’impression d’appartenir à quelqu’un d’autre. Ne pas savoir qui il était faisait peur par moment. Mais il ne s’attendait pas à ce que quiconque ne le comprenne vraiment. Perdu dans ses pensées l’espace d’un instant, le semi-elfe sursauta alors qu’il entendit la voix de la jeune femme éclater dans sa tête. Se retournant rapidement, il la regarda d’un air incrédule. Edouard? C’était probablement l’homme barbu qu’il avait vu… Reprendre le collier? Donc il était bien à elle. Pendant un bref instant, il sentit un fort sentiment de compassion pour la jeune fille qui ne retenait même plus ses larmes. Elle lui flanqua une claque sur la poitrine et le martela de ses poings. Zack, pour sa part, ne broncha pas d’un poil et se raidit même légèrement lorsqu’elle appuya son front sur son torse. Ne pas penser à elle? Aller à Alombria? Pourquoi restait-elle si vague dans ses propos? Faisait-elle exprès de donner des informations au compte-gouttes? Tout ça commençait à l’exaspérer un tantinet. Si elle désirait lui faire des reproches, alors qu’elle le fasse ouvertement histoire qu’il puisse au moins mesurer toute l’ampleur de la situation!

Puis, ayant visiblement besoin de réconfort, elle l’enlaça sa taille et se plaqua contre lui. Une petite lumière s’alluma alors dans la tête du grand blond à la mémoire amochée. Oh… ils étaient un couple. Elle était sa petite amie ou du moins, l’avait déjà été avant qu’il ne lui vole ce collier. Mais s’il l’aimait, pourquoi lui avait-il dérobé ce bijou qui semblait si important? Un malaise profond le prit d’assaut et lentement, il enserra la jeune femme et la berça tranquillement dans ses bras. Cet élan d’affection était sincère : soudain et instinctif, mais sincère. Il sentit ensuite ses doigts délicats serrer sa tunique, probablement un signe distinct de toute la douleur qu’elle pouvait ressentir. Il avait été un connard de première. Leur chef lui avait visiblement ordonné de prendre ce pendentif sous peine d’être jeté hors du clan avec Uriel. Les Lames Pourpres ne semblaient pas non plus apprécier les « déserteurs », vu son souvenir, et ces derniers les auraient ensuite traqués puis tués. Oui, c’était ça… Il s’en souvenait maintenant. Du moins, il se rappelait de ce passage de sa vie. Le chef les voyait comme une menace lui et Uriel. Le fait que Zack s’était lié amoureusement avec une femme externe au clan lui avait fourni une raison suffisante pour le briser, voire même se débarrasser de lui. Qui disait « se débarrasser de Zack » disait également « se débarrasser d’Uriel ». Il faisait donc une pierre deux coups. Zackeriel ne pouvait pas mettre sa sécurité et celle de son jumeau en péril de cette façon et avait fini par obéir, à contre cœur… Ce qui expliquait toute la tristesse et la honte qu’il avait ressenti lors de son flashback. Bon, la suite lui était encore inconnue, mais tranquillement il y arriverait.

Baissant le regard vers la jeune elfe, il ouvrit la bouche pour lui faire part de la totalité de l’histoire entourant le bijou quand il se ravisa au moment où elle frottait son nez plein de morve sur sa tunique. Ark!! Sérieusement?! Il retint une impression de dégoût alors qu’elle levait un regard piteux vers lui. Un pincement au cœur se fit ressentir et le semi-elfe sentit sa volonté défaillir. Non… non elle ne pouvait pas le regarder comme ça! Il ne supportait pas ce regard de petit chien battu! Puis, la jeune femme baissa les yeux et sembla fixer un point, loin derrière, alors qu’elle prononçait difficilement les dernières paroles. Sans attendre, elle se leva sur la pointe des pieds et prit appui sur le semi-elfe afin de mieux voir on-ne-sait-quoi. N’osant pas faire de mouvement, le brigand attendit qu’elle lui explique la situation. C’est alors qu’elle déclara à la hâte que les trois individus de plus tôt étaient revenus. Elle lui agrippa la main et l’entraîna à sa suite dans une course effrénée. Aveuglément, le fils du Duc de Shola suivit la jeune femme alors qu’elle zigzaguait à travers les festivaliers tout en évitant semi-habilement, la nourriture et les ordures qui jonchaient le sol. En parlant de rebus… c’était pas la courge musquée qu’il s’était pris derrière la tête?

Bifurquant sur la gauche, le duo s’arrêta enfin dans une ruelle mal éclairée alors que la jeune elfe tentait de reprendre son souffle. Elle pointa le festival en mentionnant qu’elle venait de lui sauver la mise face à ces truands. Pour toute réponse, Zackeriel hocha de la tête avec un semi-sourire. C’était gentil de sa part, mais sachant leurs intentions belliqueuses, il ne se serait pas fait prendre deux fois et aurait pu facilement se débarrasser d’eux. Mais mieux valait lui laisser sa minute de gloire, histoire d’éviter de nouveaux propos odieux de sa part. Repensant à leur conversation de tout à l’heure, Zack eu à nouveau une pointe d’irritation au creux de sa poitrine. Oui, il comprenait qu’il avait été un con de qualité « triple A » et il acceptait la colère de cette dernière. Ce qui l’énervait royalement, c’était cette façon qu’elle avait de lui reprocher des choses en tournant constamment au tour du pot. Il avait bien l’intention de lui en faire part… jusqu’à ce qu’un chat sorte de sa cachette et fasse sursauter la jeune femme. Par réflexe, elle s’empara de son épaule et injuria le pauvre animal effrayé. Ce dernier, constatant le manque de danger, décida finalement de s’approcher du duo. C’était un chat brun rayé… un chat de gouttière quoi. Pas de quoi s’emballer. Non pas que l’ex-contrebandier n’aimait pas les félins, mais il avait autre chose à discuter que le pelage soyeux de ladite bête. Sa compagne du moment semblait très heureuse du contact dont l’animal la graciait et le prit dans ses bras. Évidemment, ce petit moment de bonheur fut de courte durée, car le félin griffa la brunette et détala pour aller se cacher. L’insulte destinée au semi-elfe fut de trop cette fois.

- Bon ça suffit maintenant, tonna-t’il en haussant le ton à l’intention de la jeune femme. Je comprends que je t’ai fait du mal, je comprends que j’ai été un salop et j’assume le fait d’être crétin. Toutefois, ce que je supporte mal, c’est de te voir m’insulter à tout vent alors que j’ai FOUTREMENT AUCUNE IDÉE DE QUOI TU PARLES! Alors arrête de tourner autour du pot, merde, et assume ta colère jusqu’au bout! Vide ton sac que je puisse jeter un œil sur son contenu une bonne fois pour toute!


- Tiens donc… deux jeunes conspirateurs dans une ruelle sombre qui parlent de sac… volé? fit un homme en sortant de l’ombre en compagnie de plusieurs individus. À voir leur tenue, il était plus qu’évident qu’ils faisaient partie de la garde.

Un soupir exaspéré quitta les lèvres de Zackeriel qui se retourna pour faire face aux nouveaux venus. Cet homme n’était pas net. Même les hommes de lois comptaient des pommes pourries parmi leur rang, il en savait d’ailleurs un rayon sur le sujet.

- C’est une expression, du con, répondit Zack du tac-au-tac d’un air totalement exaspéré. Nous discutons et tu déranges, alors dégage.


- Et bien, qui vois-je? Zackeriel des Lames Pourpres? Tu sais que ta tête vaut un prix? Et je suis persuadé que ta complice doit valoir son montant d’écus également…

La bouche ouverte, un air surprit au visage et le doigt en l’air, le semi-elfe allait visiblement rajouter un truc… mais manqua de mots l’espace d’un instant.

- … ma complice? finit-il par prononcer, surprit de la tournure que cette conversation prenait. Il n’avait jamais pensé, ne serait-ce qu’un instant, que la jeune femme serait inculpée pour quoique ce soit simplement parce qu’elle traînait avec lui. Ce n’est pas ma complice… en fait, on ne se connaît même pas…

Un rictus amusé trônait sur les lèvres du soldat qui donna l’ordre à ses hommes de s’emparer du duo. Dans un mouvement rapide, Zack se retourna vers la jeune femme et la poussa vers la ruelle sombre. Il planta ensuite son regard dans le sien.

- Cours, je m’occupe d’eux, fit-il juste assez fort pour qu’elle l’entende.

Ignorant le regard mauvais qu’elle lui lançait, le brigand fit volte-face et planta solidement ses pieds au sol. Un sourire en coin trônait sur ses lèvres alors que les guerriers royaux s’approchaient de lui toutes lames dehors. Ayant préalablement balayé l’endroit de son regard, il avait rapidement repéré de potentiels armes. D’ailleurs cette bouteille de vin vide qui trônait près de son pied ne passa pas inaperçue. Dans un mouvement vif comme l’éclair, le contrebandier flanqua un coup de pied sur l’objet qui termina sa trajectoire au visage du premier soldat venu. La bouteille éclata en mille morceaux et l’humain hurla de douleur. Un deuxième guerrier flanqua un coup d’épée en sa direction, mais le fils du Duc de Shola évita agilement l’attaque en effectuant une roulade calculée. Il leva ensuite le regard et repéra le chat tabby, tapis parmi les ordures et espérant visiblement passer incognito. Malheureusement pour le pauvre animal, le semi-elfe avait un talent pour repérer le moindre détail de son environnement… C’est donc sans vergogne que le semi-elfe se saisit du félin et le lança sur la poitrine du premier homme qui s’approchait de lui. Le petit chat hurla de frustration, feula bruyamment et griffa l’humain avec frénésie là où il pouvait. Sans demander son reste, Zackeriel détala à la suite de sa compagne.

** L’échelle à gauche! cria-t’il mentalement à cette dernière. Grimpe! Vite! **

Ses pieds résonnaient sur les dalles de la rue et à l’oreille il perçu les bruits émis par les soldats. Oh, ils étaient plus nombreux qu’il croyait! Sans attendre, il arriva près de l’échelle et grimpa rapidement à la suite de la belle. L’un des gardes voulu en faire de même, mais le semi-elfe blond était bien déterminé à l’en empêcher. Agrippant le toit de la maison avec ses mains, il repéra la gouttière remplie à craquer d’eau stagnante, de feuilles mortes et d’excréments de pigeons. Il fallait dire que les derniers jours avaient été particulièrement pluvieux… Un sourire amusé trônant sur ses lèvres fines, Zack se hissa sur la toiture et fracassa la conduite pluviale afin de la faire céder. Le métal se tordit et le contenu poisseux se déversa au visage du guerrier qui émit des « glous glous » sonores. Le contrebandier poussa ensuite l’échelle avec force afin qu’elle s’écrase dans la rue, beaucoup plus bas. Les éclats de colère de la part des soldats fusèrent de tout côté et pour réponse, Zack leur fit un sublime « doigt d’honneur » ponctué de toute l’arrogance dont il était capable. Il tourna ensuite les talons et empoigna la main de la jeune femme pour la traîner à sa suite.

Envolée la fatigue! À voir la vitesse avec laquelle il courait, il était plus qu’évident qu’il avait eu un regain d’énergie ponctué d’une montée d’adrénaline. Le duo se déplaça sur le toit de la résidence, puis sauta sur la toiture voisine. Zackeriel ralentit le pas et constata que les soldats les suivaient depuis la rue. Une idée traversa alors son esprit.

** Attends-moi sur l’autre toit, je te rejoins
, ordonna-t’il à la jeune femme en ignorant toute forme de protestations. **

Il attendit qu’elle s’exécute, puis prit l’une de ses dagues qu’il dégagea de ses bottes. Il avait remarqué que les tuiles de terres cuites qui ponctuaient le revêtement étaient plutôt lâches (elles étaient probablement dues pour être changées). Il enfonça donc sa lame dans l’espace restreint entre les deux premières tuiles, puis utilisa son arme comme levier. Un bruit sonore retentit et les tuiles se détachèrent rapidement de leur emplacement respectif pour chuter vers la rue dans un bruit assourdissant. Pour sa part, Zack n’attendit pas d’être emporté à leur suite et sauta immédiatement sur la toiture voisine, près de sa compagne. Les hommes de lois hurlaient de douleur alors qu’une avalanche de tuiles en terre cuite leur tombait sur la tête comme une pluie torrentielle en plein été.

Le toit où se trouvait le duo était, pour sa part, complètement plat. Le brigand s’élança vers l’autre extrémité du bâtiment et constata qu’il n’y avait aucun endroit pour descendre et l’autre immeuble était trop loin pour sauter… Le seul raccordement qui unissait les deux maisons était une corde qui servait probablement à étendre les vêtements propres… Peut-être pourraient-ils traverser par cette voie? Mais rien n’indiquait que ce serait assez solide… Un grincement se fit entendre derrière eux et le hors-la-loi soupira en voyant une trappe s’ouvrir sur des soldats qui avaient maintenant atteint leur niveau d’élévation. Ils avaient dû passer par l’intérieur du bâtiment pour les atteindre… Bon bah ils n’avaient plus le choix. Zacky se saisit de la main de la jeune femme et dans un mouvement rapide l’incita à s’accrocher dans son dos, les jambes autour de sa taille et les bras autour de ses épaules.

** Accroche toi le plus solidement possible à moi! cria-t’il mentalement. Ne me lâche en AUCUN cas! **

Puis il se mit à courir vers la fin de l’immeuble. Sa dague toujours en main, il coupa la corde qui reliait les deux immeubles et enroula cette dernière autour de son poing. Il avait repéré un balcon, un étage plus bas dans le bâtiment d’à côté. Il suffisait de se balancer dans le vide et la corde les mènerait directement là… non? Ils n’avaient pas le choix de toute façon. Il ignora les cris de panique de sa compagne et décida d’effectuer sa plus belle imitation de Tarzan en se jetant dans le vide. Bandant les muscles, il sentit la corde se tendre et le porter là où il souhaitait… ou presque. Au lieu d’atterrir sagement sur le balcon comme prévu, ils continuèrent leur trajectoire et fracassèrent la porte ornée de vitraux pour se retrouver à l’intérieur de la pièce. La jeune femme virevolta plus loin et roula sur le carrelage alors que Zackeriel heurta de plein fouet une baignoire remplie d’eau au parfum de rose. L’énorme récipient se renversa complètement, trempant le jeune homme de la tête aux pieds. Une femme rondelette, âgée et nue se trouvait près de lui au sol, un air incrédule au visage… alors que son mari – lui aussi en tenue d’Adam – les observait sans comprendre ce qui venait de se passer.

- On interrompt quelque chose, pas vrai? fit un Zack qui se leva en boitillant légèrement. Continuez de vous aimer… nous ne faisons que passer! Faites comme si nous n’étions pas là!

Il aida ensuite sa compagne à se relever puis descendit l’escalier quatre à quatre en ignorant sa douleur et les bruits de succions que faisaient ses bottes trempées. Ils se dirigèrent ensuite vers la porte arrière de l’immeuble et le brigand ouvrit cette dernière à la volée. La cour du bâtiment était calme et le semi-elfe nota du coin de l’œil un énorme – et vieux – cabot qui dormait, une chaîne le reliant à sa niche. Rapidement, il leva un doigt pour intimer à sa compagne de baisser le ton, puis renifla l’air ambiant. Une drôle d’odeur embaumait l’air… Il baissa la tête et fit une moue un peu dégoûtée.

- Ne panique pas… mais tu as marché dans une crotte de chiens… fit-il tout simplement.

Non, ce n’était pas leur soirée… Mais ce n’était pas sa faute! Du moins… pas entièrement… Levant les yeux au ciel, il prit la main de la jeune elfe et l’attira à sa suite alors qu’il sautait par-dessus la clôture en bois. Il termina finalement sa route près d’un amoncellement de tonneaux vides desquels émanait une odeur âcre d’alcool séché. Ils se situaient maintenant jusqu’à côté de l’auberge.

- Bon, je pense qu’on les a semés, fit-il tout bas, alors qu’ils étaient accroupis près des barils puants. Quoi?!! Tu voulais aller en tôle peut-être? Églantine, j’en ai franchement ma claque moi aussi de me faire chier par la terre entière. Tu n’es pas la seule! Évidemment, ce surnom ne faisait pas l’unanimité. Mais à l’instar de l’apothicaire qu’il avait surnommé « Günter », Zack avait décidé de la baptiser à sa façon. Tu refuses de me donner ton nom! Il faut bien que je trouve une façon de te nommer! Et puis, je refuse d’utiliser ma dernière question pour ça!

_________________
Thème

Run away with me
Lost souls in revelry
Running wild and running free
Two kids, you and me

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[#2e2118]
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MessageSujet: Re: Le fil rouge du destin [PV Zackeriel] [TERMINÉ]   Lun 21 Mar - 10:50

Tout un répertoire d’insultes colorées était en train de défiler à l’intérieur de la tête de l’apprentie magicienne. Elle n’en revenait toujours pas que ce chat de gouttière s’était retourné contre elle quand elle avait fait preuve de tant d’affection! Ce n’était pas une façon de remercier quelqu’un qui nous faisait des câlins. Dire qu’elle avait baissé sa garde, seulement pour se faire poignarder en plein coeur.

Pourtant, la brûlure qu’elle ressentait là où elle s’était fait griffer était le moindre de ses soucis. Un Zackeriel bien en colère lui balançait ses quatre vérités. Elle lui jeta un regard noir, bien qu’elle savait intérieurement qu’elle méritait chaque mot qu’il lui disait. N’empêche qu’il était déplaisant de se faire crier après. C’était un fait bien connu : il est toujours plus facile de reprocher tous les défauts des autres que de recevoir la critique soi-même. D’ailleurs, l’elfe sentait son coeur battre si fort qu’elle le ressentait dans ses tempes. Une vague d’adrénaline était en train de prendre le dessus. Elle voyait rouge simplement à entendre son ancienne flamme clamer haut et fort qu’il n’avait aucune idée de quoi elle parlait à chaque fois qu’elle lui remettait quelque chose sur le nez. Si seulement il savait… Elle n’attendait que ça, la chance de vider son sac. Seulement, ça ne servait à rien si sa mémoire ne lui était pas revenue. C’était moins que rien de demander pardon pour quelque chose dont on n’a aucun souvenir. Ça n’avait aucune valeur. De toute façon, l’ex-contrebandier ne méritait pas de l’avoir aussi facile.

La messagère était sur le point de répliquer du tac au tac, se laissant entièrement emporter par la colère, mais elle fut interrompue par une voix inconnue.


« Tiens donc… deux jeunes conspirateurs dans une ruelle sombre qui parlent de sac… volé? »

Saoirse fit volte-face. Il s’agissait de la garde de Shola. Soudain, un souvenir ressurgit dans l’esprit de la messagère. Son maître ne lui avait-elle pas demandé de lui ramener Zack du moment qu’elle en aurait terminé avec lui? C’était donc peut-être là une opportunité de le faire, elle qui ne pensait pas être en mesure de le traîner jusqu’au château… surtout pas après l’avoir mis en colère de la sorte. L’elfe devait toutefois admettre qu’elle avait un mauvais pressentiment vis-à-vis ces soldats. Il y avait un air pas net autour d’eux. Elle se surprit à être reconnaissante que son compagnon soit plus rapide à leur répondre qu’elle. Soyons francs, il était nettement plus menaçant qu’elle.

À savoir pourquoi, Sea ne considérait pas que le fait que les gardes reconnaissent le semi-elfe était de bonne augure pour eux. Cela signifiait qu’ils étaient au courant de sa réputation moins que désirable… Il aurait probablement fallu que l’apprentie ne se concentre pas autant sur ce détail… car ce ne fut qu’au moment où son partenaire prononça le mot « complice » qu’elle rebobina les propos du garde dans sa tête et compris qu’elle avait été étiquetée comme étant l’acolyte du redoutable jumeau des Lames Pourpres. Vraiment, c’était un trop grand… honneur? Comme si elle avait la carrure d’un guerrier sanguinaire…

**Il a raison! On ne se connait pas!** fit-elle en écho à Zackeriel. Bon, c’était plus là un souhait que la vérité… Du moins, de son côté. D’autant plus qu’elle préférait ne pas être mise dans le même panier que lui.

Elle serra les poings en entendant le soldat belliqueux commander à ses hommes de capturer les deux criminels. Oh, non mais! Là, c’était de trop! Elle était l’élève de leur princesse, ils allaient de mettre dans la merde jusqu’au cou si quelque chose devait lui arriver! Non que Khanrell ne tienne à elle à ce point en si peu de temps, mais ne serait-ce par principe que ses hommes s’en étaient pris à quelqu’un de leur camp.

Par contre, le semi-elfe avait d’autres plans dans la tête. C’était au tour de Sea de se faire malmener sans avoir le temps de recevoir d’explication. Sans crier gare, elle s’était fait pousser dans la ruelle tout près et ordonné de partir à la course. S’occuper d’eux? Depuis quand avait-il une âme si noble, lui, hein? La brunette le fusilla du regard : il n’était pas question qu’elle l’abandonne! Pas avant d’avoir essayé de leur faire comprendre qui elle était vraiment…

**Non! Tu ne comprends pas!**

À bien y penser, la magicienne fit demi-tour plus vite qu’une pièce de monnaie tourne sur elle-même quand on la lance dans les airs. Disons qu’elle s’était ravisée dès qu’elle avait vu la multitude d’épées qui n’attendaient que d’entailler sa petite chaire de pêche. Son instinct de survie avait donc repris le dessus assez rapidement. Elle eu un haussement d’épaule saccadé lorsque le bruit d’une bouteille de vin se brisant retentit jusqu’à ses oreilles. Elle se surprit à espérer que ce n’était pas son briseur de coeur qui venait de le manger en pleine tronche. Elle fut quelque peu soulagée de noter que le cri qui suivit n’était pas celui de son blondinet haïssable préféré.

La pauvre messagère trébucha dans un rebus sur le sol au son d’un chat qui hurlait sa vie. Elle ne s’était pas attendue à entendre un son aussi vil et déconcertant. Elle se releva juste à temps pour recevoir le conseil de Zackeriel. Machinalement, son corps bifurqua vers la gauche et elle se mit à grimper dans l’échelle. Heureusement qu’elle était habile, car elle ne perdit pas un instant à monter sur le toit. Elle se pencha juste à temps pour apercevoir son ami fugitif poursuivi par l’ennemi.

**Attention!** cria-t-elle par télépathie. Elle était en mode automatique et de la façon qu’elle voyait les choses, le blondinet était de son côté, sans mentionner qu’il était sa meilleure chance de survie… Et que c’était excitant de le voir se battre aussi virilement et avec autant d’ingénio… Quoi? Par chance, elle manqua le doigt d’honneur qu’il avait réservé à l’ennemi, car ça l’aurait brisé le bref moment de magie encore plus rapidement.

Par chance, son partenaire supposé de crime la prit par la main et l’entraîna plus loin, ce qui permit à Saoirse de revenir à la réalité. Putain, elle allait mourir à bout de souffle au train où le semi-elfe la forçait à se mouvoir. Ensemble, ils passaient d’un toit à l’autre, sautant sans prendre la peine d’évaluer les risques. Ce qui était d’autant mieux, car ils ne pouvaient se permettre de ralentir. Une fois de plus, l’apprentie ne s’arrêta pas assez vite puisqu’elle fonça directement dans Zack. Ce dernier, étant fort comme un boeuf, ne le remarqua même pas et l’avisa d’aller patienter sur un autre toit.

**Non, mais c’est quoi, ça, encore? Je ne suis pas une demoiselle en détresse! … Bon, d’accord, peut-être que je le suis, mais pourquoi est-ce que je dois toujours… Tu ne changeras pas d’avis, hein? … D’accord, mais c’est la dernière fois!** décréta-t-elle en le pointant du doigt. La prochaine fois, elle participerait à son plan avec lui. Elle aussi avait des trucs cachés dont personne ne se doutait. D’ailleurs, elle aurait pu être plus utile bien avant si on lui avait laissé la moindre chance d’utiliser ses pouvoirs.

L’elfe fit tel qu’on lui avait demandé et se dirigea sur le toit du bâtiment voisin. Elle s’accroupit de façon à ce qu’elle soit en partie cachée de la vue des hommes au sol, puis elle observa attentivement ce que l’ex-contrebandier avait de prévu pour leurs assaillants. Elle porta les mains à ses oreilles devant le bruit fracassant des tuiles qui glissaient et tombaient lourdement sur les gardes plus bas. Elle n’osa pas bouger tant qu’elle n’en recevrait pas le signal, ne serait-ce que pour s’apercevoir de l’arrivée des soldats par une trappe tout près. Elle ne savait pas jusqu’à quel point le blondinet avait réfléchi à la suite des événements.

Elle eut le souffle coupé quand elle se sentit être soulevée de terre par son compagnon de poursuite. Avant qu’elle ne comprenne toute l’ampleur de la situation, elle se retrouva montée sur son dos. Il lui ordonna de se tenir après lui et de ne lâcher prise sous aucune raison.

**Tu n’as pas à me le dire deux fois!** répliqua-t-elle, mortifiée.**Il n’y a vraiment aucune autre alternative? On va mourir!** Elle le serra si fort qu’elle craignit pour sa respiration pendant un instant… jusqu’à ce qu’elle se sente tomber dans le vide et qu’elle cesse de porter soin à son confort. Elle voulait VIVRE! Elle s’époumonait -par télépathie- puisque ce qui lui arrivait était entièrement hors de son contrôle. Sans crier garde, toutefois, l’estomac de la belle elfe décida qu’il était temps de régurgité son contenu… celui-ci ayant été beaucoup trop agité dernièrement. Au plus grand malheur des fugitifs, Sea n’avait aucune main disponible à plaquer devant sa bouche pour empêcher ce qui allait se produire…



Régurgitement de cidre et de noisettes dans les cheveux éméchés de son gorille. Elle eut un léger gémissement d’inconfort. **Je sais que tu va m’en vouloir, mais je s… AAAH!** Craquement par ci, boom métallilque par là, de l’eau qui ruisselle partout… et un vieux couple visiblement pas au sommet de leur forme qui regarde les bozos qui viennent de faire intrusion dans leur demeure. Saoirse peinait à se relever, car elle sentait des coupures un peu partout sous son corps. Elle émit un gémissement intense quand un nouveau morceau de vitraille alla de placer dans sa paume. Elle grimaça alors qu’elle le retira. Elle fit de même avec les autres morceaux qu’elle pu identifier sur le moment. Elle se doutait bien qu’elle et le jumeau des Lames Pourpres ne resteraient pas là bien longtemps à interrompre les ébats du vieux couple… si ceux-ci était en mesure de se remettre dans la bonne ambiance après une invasion aussi soudaine que brutale. Quoique… Sea n’était pas certaine qu’elle se remettrait du spectacle macabre et érotique avant longtemps.

Toutefois, elle accepta volontiers l’aide de son compagnon pour se relever. Elle ne se sentait pas au top de sa forme après cette glissade tranchante. Elle le suivit maladroitement dans les escaliers, ayant de la difficulté à prendre pied étant donné toute l’eau qu’il laissait derrière chacun de ses pas. Ce n’était qu’une question de temps avant que l’elfe ne glisse et ne se casse le cou après la rampe ou de quoi dans cette lignée.

Puis, pour faire changement, la brunette capta à temps le signal de procéder de la façon la plus silencieuse possible. Aucune collision frontale cette fois-ci! Elle suivit son regard en direction de l’énorme chien qui roupillait plus loin, comprenant davantage le besoin de minutie dans leurs mouvements… quoiqu’elle aurait sans doute fait son possible pour passer inaperçue, même si ça n’avait pas été de la bête, par crainte que les soldats les retrouvent.

Elle sentit quelque chose glisser sous son pied droit, mais ne pris pas la peine de vérifier de quoi il s’agissait. Elle était toujours en mode de survie, alors tout le reste était secondaire tant qu’elle ne se sentirait pas de nouveau en sécurité. L’important était de continuer à avancer. Elle fronçât les sourcils à voir la mine dégoûtée de son partenaire. Qu’est-ce qui clochait, cette fois?

Sans même essayer d’embellir la situation ou d’amortir le choc, le vagabond énonça tout bonnement qu’elle avait de l’excrément de chien sous sa botte. Ah, c’était donc ça qu’elle avait senti un peu plus tôt. Les lèvres de Sea se mirent instantanément à trembler, pour ne pas mentionner qu’elle avait une soudaine envie de se mettre à pleurnicher. Du sang, c’était une chose… mais du caca de chien? Elle n’arriverait jamais à faire sortir l’odeur nauséabonde de la semelle! Et ça, c’était si elle était capable de prendre son courage à deux mains pour essayer de la nettoyer. Elle leva un regard noir en direction du blondinet; oh, il devait aimer la voir piler dans de la merde après son pétage de coche de tout à l’heure… La soirée n’était pas encore finie! Et puis, bon, il avait quand même encore un restant de vomi dans les cheveux… donc c’était un peu partie remise en avance, n’est-ce pas?

Leur pause fut de courte durée car, déjà, le jumeau des Lames Pourpes entraînait sa compagne par-dessus la clôture et plus loin encore dans la noirceur. L’elfe plissa le nez quand l’odeur d’alcool séché fit son chemin jusqu’à ses narines. Elle détestait cette odeur, ça lui rappelait toujours les ivrognes qui essayaient de faire une passe sur elle quand elle livrait des paquets dans les auberges. Elle n’en put plus au bout d’une minute et pinça son nez avec ses doigts. Un haut-le-coeur n’était jamais bien loin depuis leur course folle. Elle s’était pelotonnée contre son camarade, toujours en attente de nouvelles consignes. À vrai dire, elle avait compris qu’il ne servait à rien de le contredire et il était assez compétent pour les sortir du trouble.

Enfin, il déclara que le chemin semblait être enfin libre, soit qu’ils n’avaient plus personne à leur trousse. Saoirse poussa un soupir de soulagement. Elle pouvait enfin reprendre son souffle sans être excessivement aux aguets! Son partenaire sembla mal interpréter ce soupir, car il insinua qu’elle n’était pas reconnaissante d’être enfin en un semblant de sécurité. Piquée à vif, la brunette sentit son visage devenir rouge comme une pivoine. Non, mais pour une fois qu’elle ne disait rien de mal! Et c’était quoi, cette histoire d’Églantine!? Oh, parce qu’il ne voulait pas gaspiller sa dernière question, il se pensait en droit de lui inventer un nom? C’était une insulte à la tradition de sa famille qui ne choisissait que les noms les plus respectables, même si la populace ne savait pas apprécier leur beauté ou savoir comment les écrire correctement.

**Pardon!? Églantine? ÉGLANTINE!? Magnifique…. TREFFLÉ!** lui gueula-t-elle. **Oh, oui, on peut être deux à jouer à ce jeu! Si je suis une Églantine, tu es un Trefflé!** Elle avait ponctué ses paroles de pointage de doigt vers elle, puis d’enfoncement d’un petit doigt pointu dans la poitrine de Zack.

Bouillonnant de rage, elle se releva et planta son regard émeraude dans celui de son compagnon. Elle allait lui vider son sac, ça oui, mais pas celui qu’il pensait.

**Et tu veux savoir pourquoi je tourne toujours autour du pot, espèce de nabot, hein!? Parce que je ne veux pas avoir cette conversation avec toi.** entama-t-elle, ses mots étant comme du poison. **C’est une conversation que je dois avoir avec mon Zackeriel.** Elle plaça une main sur sa poitrine. **Parce que tu sais quoi? Même si je te racontais pourquoi je t’en veux, tu n’aurais jamais toute l’histoire. Tu l’as dit toi-même, tu n’as aucune idée de quoi je parle! À moins que tu ne retrouves ta mémoire, c’est complètement inutile d’essayer de t’expliquer… parce qu’il va toujours te manquer quelque chose. C’est bien plus que juste les événements d’une seule soirée. Notre histoire remonte à beaucoup plus loin! Ce qui est crucial pour moi n’est peut-être que des bagatelles pour toi! Et, qui sait? Il y a peut-être quelque chose quand on avait 13 ans qui a changé à jamais ta perception de moi. Ou, encore, qui me dit que tu n’avais pas des secrets dont tu n’avais pas encore eu le courage de partager avec moi? Il y a tellement d’éléments qui entrent en ligne de compte que pour quelqu’un qui ne se souvient de rien, c’est impossible de jeter un coup d’oeil sur tout le contenu du sac, comme tu le dis si bien.**

L’apprentie prit une grande inspiration. Elle pouvait voir dans le visage du semi-elfe qu’il  comprenait au moins partiellement ce qu’elle était en train de lui dire. Elle se mit à marcher en rond. Elle était épuisée et voulait se trouver un endroit tranquille pour se remettre de ses émotions.

**Que dis-tu de ceci? Nous nous arrêtons pour la nuit… parce que j’ai vachement mal partout et j’aimerais bien m’occuper de toutes mes coupures… Après ça, tu me poseras ta troisième question et on se fichera mutuellement la paix. Est-ce que ça serait bon pour toi, Trefflé?**

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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Le fil rouge du destin [PV Zackeriel] [TERMINÉ]   Mer 23 Mar - 21:16

[Okay, je te fais pas mal bouger. Je sais que tu étais d'accord pour que je le fasse, mais je tiens quand même à préciser la chose qui suit : s'il y a quoi que ce soit, n'hésite surtout pas à me faire signe et j'apporterai les modifications nécessaires sans problèmes! Smile]

Et voilà qu’elle faisait tout un plat avec un rien! Elle n’avait qu’à lui donner son nom si elle n’aimait pas le surnom dont il l’avait affublé! Il fallait dire qu’il avait fait exprès de prendre l’appellation la plus laide de son répertoire. Pourquoi? Il espérait ainsi qu’elle détesterait suffisamment « Églantine » pour lui faire part de son véritable nom. Visiblement, c’était le cas… mais elle préféra plutôt embarquer dans son petit jeu en le nommant « Trefflé ». C’était RIDICULE. Elle connaissait son véritable nom, alors c’était inutile, pour sa part, de l’appeler de cette façon. Toutefois, le sous-chef des Lames Pourpres était si orgueilleux qu’il accepta ce surnom sans broncher. Pas question de faire une scène et de lui donner satisfaction! Son petit doigt pointu enfoncé dans sa poitrine se voulait accusateur, mais le jeune homme se contenta de flanquer une petite claque du revers de la main sur ce dernier afin de l’éloigner de lui. Églantine bouillonnait visiblement de rage et se releva d’un bond pour ensuite venir se planter devant lui.

Elle cracha son venin comme pouvait le faire un cobra du désert. Nabot hein? À cette appellation, il se contenta d’hausser un sourcil et son regard voulait tout dire : qui était le plus nabot d’entre eux? Les bras croisés sur sa poitrine, un regard délicieusement arrogant au visage, il écouta chacune des accusations sans broncher. Elle insinuait un tas de choses, mais prétendait surtout qu’il lui serait impossible de comprendre toute l’ampleur des reproches vu son manque flagrant de mémoire… et c’était exactement le cas : il ne pigeait rien. Néanmoins, elle n’avait pas totalement tort. Cet excès de colère eu pour effet de le frustrer encore davantage. Il aurait dû la laisser moisir dans cette ruelle aux mains des soldats qui n’auraient fait qu’une bouchée de cette minuscule elfe. Églantine termina son long récit, puis tourna en rond. Elle tentait visiblement de se calmer et lui fit une proposition : trouver un endroit pour se reposer pour la nuit, répondre à sa troisième question puis partir chacun de son côté. Il ADORAIT son plan. Toujours irrité, le semi-elfe avait bien hâte de se débarrasser d’elle et regrettait de l’avoir abordé un peu plus tôt dans la soirée.

- Parfait, se contenta-t’il de répondre sèchement. On va aller en forêt, c’est toujours l’endroit le plus sûr. Et après, je fous le camp et on ne se verra plus jamais, pour ton plus grand bonheur, d’accord Églantine? À ce moment précis, quelque chose lui tomba sur l’épaule. Curieux, il tourna la tête et remarqua ce qui semblait être un grumeau. Ce n’est qu’à ce moment précis qu’il réalisa que la jeune femme lui avait vomi dans les cheveux. Un air plus que dégoûté naquit sur son visage. EN PLUS TU M’AS VOMI DANS LES CHEVEUX. Tu aurais pu te retenir, merde!

Son regard était en disait long sur sa frustration du moment. Le sous-chef des Lames Pourpres se redressa et jeta un coup d’œil autour d’eux. À son plus grand soulagement, il constata qu’il n’y avait personne autour d’eux. Sans un son, il fit signe à Églantine de le suivre, puis s’avança dans la rue avec précaution. Le festival battait toujours son plein sur la place publique, ce qui expliquait pourquoi les rues étaient si vides. Zack accéléra le pas et couru à travers les ruelles qui s’appauvrissaient au fur et à mesure qu’ils atteignaient les limites de la cité. Un sentiment de satisfaction l’envahit alors qu’il aperçut le pont en pierres qui surmontait le canal et qui menait vers les champs. D’un mouvement de la main, il intima à sa compagne de le suivre et de se presser. Ils ne devaient pas traîner, sous peine de se faire prendre! Aux pas de course, il atteignit le pont puis traversa ce dernier sans se soucier d’Églantine. Qu’elle le suive ou non, c’était son problème et elle devait maintenant se débrouiller pour le rejoindre. Oui, le jeune homme avait un petit côté rancunier et pouvait même être « gamin » à ses heures…

Une fois de l’autre côté du ponceau, il piqua vers la droite pour se faufiler dans les champs de blés. Ce n’est que lorsqu’il parcouru quelques mètres dans ces herbes hautes qu’il daigna enfin se retourner pour voir celle qui était de toute évidence son « ex petite amie». Elle traînait un peu de la patte, mais gardait néanmoins le rythme. Un sourire narquois se gravit sur ses lèvres. Il ne pouvait pas rester là sans rien dire, c’était plus fort que lui : « Tu sais, si tu continues à cette vitesse, l’aube sera plus rapide que nous. J’ai pas envie d’y passer la nuit. Accélère, même les chenilles sont plus rapides que toi! ». Oh il savait que ça la frustrerait. Avec un peu de chance, la colère lui donnerait un coup de pouce et la motiverait à avancer. Se retournant de nouveau, il continua son chemin, tassant le blé qui s’étendait devant lui afin de se frayer un passage. La marche à travers les champs perdura de longues minutes. Bon sang. Il était pourtant persuadé que la forêt était plus près. Il s’étira le cou du mieux qu’il put et constata avec satisfaction que les arbres n’étaient plus qu’à quelques mètres d’eux. Ce n’était pas trop tôt. Il jeta un nouveau coup d’œil derrière lui afin de s’assurer qu’Églantine le suivait toujours, puis poursuivit sa route jusqu’à entrevoir enfin la fin des herbes hautes.

Les arbres de cette forêt étaient matures et gigantesques. Le sous-chef s’arrêta et mit quelques minutes à adapter sa vision à une noirceur aussi dense. Il porta son regard vers la jeune femme qui venait tout juste d’arriver à ses côtés et ne cacha en rien son sourire amusé en constatant qu’elle avait les joues rougies par l’effort.

- Ça va? Tu t’en sors?

Gloussant ouvertement, il entama sa marche à travers arbres et fourrés. Une odeur de bois et de terre meuble envahissait l’air. Le vent faisait bruisser les feuilles des arbres et un hululement de hibou retentit. Zackeriel aimait bien toute l’activité qui se déroulait en forêt la nuit. En fait, les boisés étaient de loin ses endroits de prédilection pour disparaître. Le seul hic était que, dans l’immédiat, il ne voyait presque rien. Le feuillage des arbres était si dense que la lumière naturelle des étoiles et de la lune était presque entièrement masquée. Visiblement, Églantine pensait comme lui, car soudainement, sa peau se mit à émettre une douce luminosité blanche : un peu comme une luciole. Tournant rapidement la tête vers elle, le semi-elfe eu un air étonné. C’était la première fois – à son souvenir pas si lointain – qu’il assistait à un phénomène comme celui-ci. Il omit d’émettre le moindre commentaire, mais son regard démontrait bien toute la curiosité qu’il avait en lui. Grâce au don de sa compagne, il voyait maintenant très bien où il mettait les pieds. En fait, c’était de cette façon qu’il peut trouver un endroit parfait pour s’installer : un espace de quelques mètres naturellement créé entre trois grands chênes. C’était bien comme endroit. Ils seraient à l’abri des regards de la route et pourraient allumer un feu sans avoir peur de créer un véritable brasier de forêt. D’où ils étaient, il entendait le bruissement d’une rivière, ce qui était également un bon signe; ils auraient de l’eau potable et, si la chance était de leur côté, du poisson à manger, advenant que la faim vienne à les tenailler (bien qu’il n’avait pas l’intention de camper plusieurs jours à cet endroit non plus). Sans un mot, le sous-chef des Lames Pourpres rassembla plusieurs cailloux puis creusa un peu la terre. Il forma un cercle de pierres, puis récolta du bois séché.

- Nous allons camper ici, se contenta-t’il de dire. Personne ne nous cherchera dans cette forêt, à cette heure tardive et nous aurons la paix. À moins que tu n’aies une meilleure idée, Églantine?

Le bois était en position. Le fils du Duc de Shola sortit deux pierres à feux, puis les frappa l’une contre l’autre afin de créer quelques flammèches. Ce petit manège dura quelques minutes, puis un crépitement se fit entendre. Grâce à une branche, il touilla le bois séché puis s’installa au pied d’un chêne, s’adossant contre son tronc. Son regard couleur bronze était directement porté sur les flammes alors qu’il était visiblement prit dans ses pensées. Un silence régnait en ces lieux et seuls le crépitement du feu et le hululement du hibou venaient briser la monotonie. Personne ne parlait. Il fallait dire également que la fatigue commençait à se faire ressentir. Les minutes s’écoulèrent, puis Églantine se leva et disparu à travers les buissons. Cette façon d’agir de sa part n’alarma en rien Zackeriel qui avait décidé de lui laisser toute la latitude dont elle avait besoin. Si ça se trouvait, elle avait simplement besoin d’aller au petit coin, comme tout le monde. Le semi-elfe blond passa en revue mentalement les derniers événements de sa journée. Quelle étrange soirée. Jamais il ne se serait douté, ne serait-ce qu’un instant, qu’il tomberait sur quelqu’un comme la jeune elfe et encore moins que cette dernière aurait été son ancienne petite amie. Plusieurs questions planaient à nouveau dans son esprit : combien de temps avaient-ils été en couple? Avaient-ils des projets? À quel point étaient-ils vraiment amoureux? À moins que la jeune magicienne n’était en fait qu’une simple aventure d’un soir et qu’elle mentait sur toute la ligne…? Ce n’était pas impossible en soit. D’ailleurs, où était-elle?

Le jeune homme se redressa, réalisant que de longues minutes s’étaient écoulées depuis le départ d’Églantine. Si elle avait pris la décision d’aller au petit coin… il espérait qu’elle au moins qu’elle avait eu la décence d’aller plus loin, histoire de lui épargner l’odeur. En parlant d’odeur… Il réalisa que ses cheveux étaient encore maculés de régurgit et que le tout avait même commencé à sécher. Une grimace de dégoût naquit à nouveau sur son visage. Il DEVAIT se débarrasser de ça! C’était écœurant! C’est alors qu’il se rappelait qu’une rivière coulait un peu plus loin. Il avait franchement besoin d’un bain et ce, malgré la rincée d’eau de rose qu’il s’était coltiné un peu plus tôt. Décidant de déposer son sac près du feu, il suivit le son de l’eau avec la ferme intention de se nettoyer à la rivière. Ses recherches furent brèves, car il repéra aisément la source de son désir. Devant lui s’étalait une large rivière dont le courant semblait plutôt faible. Dans cette portion de la forêt, les arbres se faisaient un peu plus rare, laissant libre cours à la lune et aux étoiles d’étendre leur bienveillante lumière. Aux premiers abords, l’eau semblait peu profonde, ce qui était parfait en soit.

Sans plus attendre, Zack retira sa tunique couleur vermeille et la déposa sur la rive. Le reste de ses vêtements s’en suivirent : les brassards de cuir clouté, les gants sans doigts, les bottes également en cuir clouté, le pantalon de couleur marron et les braies. Ses armes reposaient également près de ses effets personnels, là où il pouvait les voir. Nu comme un ver, le brigand s’approcha de la rivière, puis y plongea un pied. L’eau était froide, mais lui faisait un bien fou. D’un mouvement rapide, il s’enfonça dans le liquide riverain et submergea complètement sa tête. Cette sensation d’apesanteur lui faisait le plus grand bien et effaça ses soucis l’espace d’un instant. Il ne pensait à rien et ne ressentait rien d’autre que cette bienfaisante sérénité. La rivière était peu profonde et à l’endroit où il se trouvait, il avait aisément pied. Ainsi, il sortit le haut de son corps de l’eau, puis frotta vigoureusement sa longue chevelure blonde avec ses deux mains pour bien la nettoyer et en retirer tous les répugnants grumeaux. Il la rinça abondamment, puis ramena ses cheveux dans son dos…

… pour finalement réaliser qu’il était nez à nez avec Églantine. Visiblement, elle avait eu la même idée que lui. Heureusement, il avait de l’eau jusqu’à la taille, ce qui cachait ses attraits masculins. Toutefois, il ne pouvait pas accorder cette même chance à la magnifique jeune elfe. Bien qu’elle se cachait, il pouvait très facilement deviner ses courbes féminines, ce qui n’était pas pour lui déplaire, évidemment. Il savait qu’elle était sur le point d’éclater; c’est qu’elle ne le portait pas dans son cœur!

- Je n’avais AUCUNE idée que tu serais ici, déclara-t’il du tac-au-tac, sur la défensive. Je voulais juste me nettoyer un peu. Les mains en l’air, il ressemblait – de par sa gestuelle – à un homme qui plaidait non-coupable à un procès. Toutefois, son attitude changea rapidement alors qu’il prit conscience de la véritable situation : deux beaux jeunes gens en costume d’Adam et Ève, seuls dans une forêt… Au fond, qu’y avait-il de mal à être en même temps dans cette rivière, hein? Nous sommes tous les deux majeurs et en pleine possession de nos moyens, n’est-ce pas? Est-ce qu’on t’a déjà dit que tu étais particulièrement ravissante? Surtout en ce moment. Un sourire trônait sur ses lèvres alors qu’il replaçait délicatement une mèche soyeuse derrière l’oreille de la brunette. Ses doigts glissèrent ensuite sur la mâchoire à la peau délicate et incitèrent Églantine à redresser la tête afin qu’elle le regarde.

Dans sa mémoire de jeune femme effarouchée, elle se rappelait surement qu’il pouvait être tendre lorsque la situation se présentait, pas vrai?

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MessageSujet: Re: Le fil rouge du destin [PV Zackeriel] [TERMINÉ]   Dim 27 Mar - 21:19

La tension entre les anciens tourtereaux était palpable à un point tel qu’on aurait pu la trancher au couteau. Loin semblaient être les moments d’affection maladroite ou de coups bas mesquins. Les deux étaient épuisés et à cran, ce qui était compréhensible avec tout ce qui s’était passé depuis que leurs chemins s’étaient croisés à nouveau. Ils avaient besoin de se ressourcer et reprendre ça un autre jour. Seulement, ce n’était pas une option qu’ils avaient présentement… La menace de la garde pesait encore lourdement sur eux.

À tout le moins, l’ex-contrebandier accepta l’offre d’«Églantine», qui consistait à se trouver une cachette pour la soirée. Il n’avait pas accepté à coeur joie, mais personne ne s’attendait vraiment à une chaleureuse accolade après leur dispute. L’apprentie leva le nez et tourna la tête en guise de réponse à son compagnon. Elle n’allait pas répondre à sa pique, surtout pas quand il continuait de l’appeler d’une façon aussi ridicule. Ce sera un bon débarras quand elle serait enfin en mesure de se débarrasser de lui!

Elle ne put toutefois retenir un sursaut quand il se mit à vociférer, se plaignant qu’elle aurait pu se retenir de lui vomir dessus. Rouge pivoine, l’elfe ne se fit pas prier pour rétorquer : **Comme si j’avais le contrôle là-dessus! Et c’était quoi l’idée de me nourrir avant de me charrier comme une poche à patate sur ton épaule, hein!? Je n’ai pas un estomac de fer. C’était à tes risques et périls, Trefflé! Tu y penseras à deux fois avant la prochaine fois que tu voudras tourmenter quelqu’un!**

Ce n’était peut-être pas judicieux de soutenir son regard de bronze et de lui renvoyer le même niveau d’animosité, mais il y avait un moment qu’elle avait cessé de réfléchir correctement. Il la détestait sans doute; or, s’il avait voulu lever la main sur elle, il l’aurait fait bien avant. Elle jugea qu’il était temps de mettre fin à leur histoire… une bonne fois pour toute, espérait-elle. Il répondrait pour ses crimes et elle pourrait enfin se sentir soulagée de s’être vengée de lui.

**[Khanrell] Maître, je suis extrêmement désolée de vous déranger si tardivement. Le festival ne se déroule pas comme prévu… En fait, je suis en présence de Zackeriel de Shola. Je vous épargne les détails, mais nous nous dirigeons en direction de la forêt. Il est affaibli et le sera sans doute encore plus après le déplacement qui nous attend. Je ne crois pas être en état de le ramener moi-même… mais je sais qu’il y a des gardes dans les environs, quoiqu’il serait bien de les aviser que je ne suis pas la complice de l’autre. Avec leur aide, il serait possible de vous le ramener d’ici l’aube.**

Saoirse roula les yeux à voir l’ex-contrebandier lui envoyer des signes de la main. Il la prenait pour quoi, un membre d’un commando? Elle n’était pas une guerrière d’élite; il avait plus de chance de l’embarbouiller que de se faire écouter. Et la télépathie, ça ne lui tentait pas? Elle savait qu’il en était capable… Par chance, elle avait été capable de comprendre qu’il voulait qu’elle lui emboîte le pas. Elle se fondit donc immédiatement dans son environnement et suivi le semi-elfe en silence.

Du moins, jusqu’à ce qu’il détale comme un lapin au travers des festivaliers. Elle soupira plaintivement : pas encore une course folle! Elle en avait eu son lot pour la journée déjà, si ce n’était pas pour la semaine. Allez, elle était capable! … Ou pas. Elle n’avait visiblement pas la même endurance que son partenaire, mais elle parvenait à toujours le garder dans son champ de vision. Évidemment, il n’hésita pas à lui remettre son manque de forme physique en pleine tronche. Il était plus arrogant que dans ses souvenirs. Comment avait-elle pu le trouver charmant à une époque? (Il faut dire qu’un mec avec du vomi dans les cheveux, c’est vachement moins séduisant.)

Elle le fusilla du regard, sans pour autant lui donner la satisfaction de se plaindre. Elle lui montrerait ce dont elle était capable! Déjà, elle imaginait des mauvais coups qu’elle pourrait lui faire. Il s’agissait là de sa petite motivation personnelle, soit de se représenter mentalement plein de choses méprisables à lui infliger, que ce soit réaliste ou non. La vraie punition arriverait assez tôt, de toute façon.

**Non, mais elle arrive ou pas cette forêt!? Tu es certain que tu ne t’es pas perdu?**

Il ne lui répondit pas. Meh, elle n’avait pas besoin de jaser avec lui pour passer le temps! Tant qu’ils finissaient par trouver un endroit pour se détendre, question qu’elle repose ses muscles endoloris, elle serait satisfaite. Elle n’en demanderait pas plus avant l’arrivée des gardes.

Quel soulagement ce fut quand elle aperçut la forêt devant elle. Elle s’arrêta près de Zackeriel, profitant de cette pause pour reprendre son souffle. Il dut, bien sûr, ruiner le moment. Elle lui répondit avec un : **Ha, ha, très drôle. Je vais survivre.** Le voilà qui gloussait comme une dinde. Elle préférait encore quand il ne pipait mot. **Rit tant que tu veux, tu pue pire qu’une moufette!** Elle n’avait pas tord : le mélange de sueur et d’odeur nauséabonde de vomi réchauffé était loin d’être aussi plaisant qu’un parfum de rose. Cela expliquait en partie pourquoi elle gardait ses distances d’avec le semi-elfe… C’était aussi un peu pour le voir essayer d’avancer alors que la visibilité était presque nulle. Rien ne l’obligeait à lui révéler un de ses pouvoirs dans l’immédiat. Elle profita de sa misère pendant quelques minutes, jusqu’à ce qu’elle-même considère qu’ils avaient perdus assez de temps à tâtonner leur chemin.

Elle prit les devants sans demander la permission à son compagnon. Elle ferma les yeux le temps de se concentrer, soit jusqu’à ce que son corps se mette à briller doucement. C’était la façon plus simple de procurer une source suffisante de lumière sans s’épuiser à le faire. Après tout, même lorsqu’elle cesserait d’utiliser sa magie pour générer l’effervescence, celle-ci continuerait à briller pendant un certain temps. Sea adressa un sourire triomphant à l’ex-contrebandier, à la limite orgueilleux.

**Que se passe-t-il, Trefflé? As-tu donné ta langue au chat?** l’interrogea-t-elle sarcastiquement. **Allez, referme ta bouche. On doit se trouver un campement.**

Le duo ne tarda à se trouver un endroit pour passer la nuit. L’apprentie approuva le choix de son compagnon, qui s’affairait déjà à préparer le campement; c’était bel et bien un coin tranquille… et si elle n’avait pas avisé Khanrell de leur plan, il y aurait effectivement eu peu de chance qu’on les retrouve.

**Pourquoi dois-tu toujours assumer que je vais essayer de te contredire ou me plaindre de quelque chose? C’est parfait comme endroit, même moi je peux voir ça, alors on se calme.**

**[Khanrell] Maître, nous sommes arrivés. Nous avons traversé les champs à la sortie du village et nous nous sommes arrêtés à proximité d’un cours d’eau.**

Elle se lassa de le regarder les flammes vaciller après un moment et décida plutôt d’essayer d’aller trouver cette rivière. Zackeriel et elle n’avaient plus rien à se dire, de toute façon, puis une saucette rafraîchissante dans la rivière lui ferait le plus grand bien. Sans piper mot, l’elfe quitta le lieu de campement à la recherche du cours d’eau. Il ne lui fallut pas grand temps pour s’y rendre. C’était un lieu magnifique à voir en pleine nuit, avec la lune et les étoiles qui miroitaient à la surface de l’eau. Elle eut un pincement de coeur en se disant que, jadis, cela aurait été un moment qu’elle aurait adoré partager avec sa douce moitié. Il était malheureusement trop tard pour recoller les pots brisés… sans compter qu’elle planifiait maintenant sa trahison.

Une larme coula sur sa joue à cette pensée… Une larme qu’elle s’empressa d’essuyer. Elle ne valait pas mieux que lui, voire qu’elle se considérait encore pire (ne sachant pas tout ce qu’il avait pu faire durant son temps parmi les Lames Pourpres) puisqu’elle le poignardait dans le dos après lui avoir reproché exactement ce fait. Se convaincre que c’était pour le mieux, autant pour elle que pour le royaume, était une bien maigre consolation… si ça en était une.

Elle prit une grande consolation et décida de ne plus y penser pour l’instant. Elle se dévêtit après s’être assurée qu’il n’y avait pas de pervers autour. Elle fut parcourue d’un frisson des orteils jusqu’à la tête dès que sa peau entra en contact avec l’eau. Saoirse prit son temps pour s’immerger. Elle s’ennuyait de la demeure de son ancien maître, celle-ci était bordée par un lac où elle s’était souvent baignée. Elle adorait la sensation de pureté de l’eau fraîche. D’ailleurs, la basse température du liquide apaisait la douleur de ses coupures. Soudainement de meilleure humeur, elle s’engagea plus profondément dans le cours d’eau afin de nager, question de délier ses muscles un peu. Elle plongea jusqu’au fond, touchant les galets de ses mains et refit tranquillement surface.

Une sourire trônait sur son visage détendu… jusqu’à ce qu’elle se fasse éclabousser. Elle enleva un grumeau de son sourcil, dégoûtée et, surtout, en prise à une soudaine panique : Zackeriel se trouvait tout juste devant elle! Elle se sentait comme si ses yeux allaient sortir de leur orbite et exploser. Il était… dans un état aussi naturel qu’elle. Elle baissa vivement la tête, ne pouvant dévorer ce torse du regard plus longtemps, puis croisa ensuite ses bras sur sa poitrine. Ce n’était pas possible! Il ne pouvait pas attendre qu’elle revienne au campement pour venir se laver!?

De toute évidence, l’ex-contrebandier s’empressa de plaider son innocence, soutenant qu’il ne voulait que se nettoyer. L’elfe pouvait très bien comprendre pourquoi, mais n’avait-il aucune décence? Comme s’il ne savait réellement pas qu’elle était là, ses vêtements traînaient sur la rive!

**C’est ça, tu n’avais aucune idée que je serais là… N’essaie pas de me faire marcher!**

Saoirse dévisagea son partenaire quand il se mit à parler d’être adultes en pleine possession de leurs moyens. Où diable voulait-il en venir avec ça? Attends, là, venait-il vraiment de lui faire un compliment? Ça n’augurait rien de bon! Elle n’aimait pas la direction dans laquelle se dirigeait leur conversation. Elle fut tétanisée au contact du doigt de son ancien amant sur sa peau. Non… Il n’avait pas le droit de lui faire ça! Ils n’étaient plus à faire leurs retrouvailles sur le banc, ils étaient nus dans une rivière. De plus, il s’était passé beaucoup trop de choses pour qu’ils puissent simplement décider de profiter du clair de lune pour une partie de jambes en l’air. Le coeur de l’apprentie battait la chamade malgré tout et elle avalait difficilement sa salive. Le semi-elfe n’était pas sans lui faire effet… surtout pas maintenant que son corps avait fini de se développer et qu’il posait un regard fiévreux sur elle.

**N-Non, mais tu t’es cogné la tête en t’en venant ici ou quoi? Arrête de te jouer de moi. Bas les pattes!**

Elle tenta de faire un pas vers l’arrière, mais elle perdit pied. Elle se serait rapidement retrouvée au fond du cours d’eau si le jumeau des Lames Pourpres ne l’avait pas retenue et ensuite ramenée vers lui. Au final, elle était encore plus près de lui qu’avant d’essayer de s’en éloigner. On pouvait donc dire que son plan avait lamentablement échoué. Enfin, le contact de leurs corps était tout aussi agréable que déplaisant. Il n’y avait aucune place pour l’imagination et, à sentir son membre, elle n’était plus certaine qu’il bluffait un peu plus tôt. Elle s’en voulut de trouver tentant de profiter de la situation… mais non, elle ne lui ferait pas exactement le même coup que lui lui avait fait! Elle ne s’abaisserait pas à ce niveau-là, et ce, peu importe comment elle avait envie d’oublier toutes leurs querelles et leur passé pour se fondre dans ses caresses.

**On va mettre les choses au clair : ça ne se passera pas, Roméo!**

Cette fois-ci, elle réussit à faire quelques pas de côté. Ce qui fut tout aussi bien, car elle remarqua qu’un raton laveur était en train d’examiner ses biens sur le bord de l’eau. **Ah, non! Ne touches à rien!** envoya-t-elle au raton… et à Zack, pour préserver les apparences et pour qu’il ne se demande pas trop pourquoi elle s’élançait soudainement hors de l’eau, oubliant temporairement sa pudeur. En fait, elle ne voulait pas qu’il croit qu’elle était prude au point de déguerpir au moindre contact physique, malgré que ce ne soit pas terriblement loin de la vérité.

La jolie brunette chassa l’animal de long en large sur la rive, celui-ci ayant décidé qu’il chérissait particulièrement sa bourse. Il était très habile et refusait d’abandonner son butin aussi facilement. L’apprentie réussit éventuellement à le rattraper et à lui arracher son sac. Un rire moqueur ramena son attention vers la rivière : un Zackeriel lui souriait à pleine dents. Ah, bah ouais… il avait pu admirer le spectacle du début à la fin, lui. C’était évident qu’il en avait profité!

Dans un mouvement brusque, Sea se pencha pour se couvrir avec la première chose à lui tomber sous la main… ce qui s’avéra être la cape du semi-elfe. Ceux qui disaient que le destin faisait bien les choses pouvaient bien aller se promener. Il n’y avait rien de plus faux! Aussi rouge que le morceau de tissu dans ses mains, elle cria à l’ex-contrebandier d’arrêter de se moquer d’elle.

**Regarde ailleurs! Tu en as assez vu! Laisse-moi me rhabiller… Non, mais retourne-toi!**

Elle ne bougea pas d’un poil tant que son compagnon n’eut pas tourné le dos pour continuer à se laver. Elle se sentait si humiliée! Ce n’était pas la façon dont elle voulait se dévoiler à un homme… et elle savait pertinemment qu’il lui remettrait ça sur le nez jusqu’à la fin des temps! Si jamais ils se retrouvaient après qu’il ait fait un tour en prison, bien sûr. Elle s’empressa ensuite de remettre ses vêtements, ayant besoin de s’asseoir une fois rendue à ses bottes. Elle pouvait encore l’entendre ricaner un peu plus loin. Oh, il devait se régaler de sa honte…

Elle ne le laisserait pas s’en tirer indemne lui non plus… Il avait piqué sa fierté et ce n’était jamais une bonne idée. Cependant, que pouvait-elle y faire? L’elfe laissa ses yeux dériver autour d’elle quand, tout à coup, ceux-ci se posèrent sur les vêtements de son compagnon. Tiens donc… Il ne lui portait plus attention, ayant fait l’erreur de la laisser sans supervision. Un sourire se dessina sur les lèvres de Saoirse; elle savait très bien la façon dont elle le punirait pour s’être rincé l’oeil un peu trop longtemps.

**C’est ça… continue de rire de ma gueule, Trefflé!**

La petite demoiselle n’était pas dupe : elle savait que si elle demeurait silencieuse trop longtemps, sa victime commencerait à se poser des questions. C’était la dernière chose qu’elle voulait… elle qui amassait tout ce qui traînait par terre dans le centre de la cape vermillon, qui servirait ultimement de baluchon. Sans un bruit, elle se plaça en position accroupie, prête à partir. Elle attendit que Zack immerge sa tête à nouveau pour décamper aussi rapidement que ses pattes le lui permettaient. Peu lui importait le train qu’elle menait à présent car, par le temps que le blondinet comprenne ce qui se passait, elle aurait une assez bonne avance sur lui.

Comme de fait, elle ne tarda pas à l’entendre jurer loin derrière elle. C’était qu’il avait un vocabulaire assez coloré, le beau jeune homme! Ah, tant pis pour lui! L’apprentie fit un détour vers leur campement, remarquant avec joie que le sac de sa victime était là. Un butin de plus pour elle, alors! Maintenant, elle ne pouvait plus se permettre trop de détour. Les pas de son poursuiveur se faisaient plus près… Ce qui n’était pas mauvais en soi. Du moins, pas pour ce qu’elle avait en tête. Elle comptait, en fait, sur l’égo de l’ex-contrebandier. Il penserait vraisemblablement être capable de la rattraper puisqu’il avait plus d’endurance d’elle. Seulement, cette fois, elle n’essayait pas se faire perdre de vue.

Elle fit exprès de ralentir à quelques mètres de leur campement, activant son pouvoir de camouflage. «Trois… Deux… Un...» compta-t-elle mentalement, puis elle relâcha la branche qu’elle avait tendue. Cette dernière claqua en plein visage du semi-elfe avec un bruit retentissant. Simultanément, Sea usa de son pouvoir de la lumière pour aveugler son compagnon, de façon à lui faire croire que le coup de la branche était ce qui l’avait aveuglé. Elle profita de cette fraction de seconde pour prendre un lourd bâton au sol, qu’elle frappa en pleine tempe du pauvre homme qui tomba sans connaissance sur-le-champ.

Elle porta une main à sa bouche, incrédule face à la façon dont elle l’avait mis hors d’action aussi facilement. Sa respiration était saccadée. C’était fait… Elle peinait à le croire mais, pour la toute première fois de sa vie, elle avait effectué son plan non seulement à la perfection, mais aucun de ses pouvoirs ne l’avaient laissée en plan. Elle déposait ses effets personnels de façon à lui cacher sa masculinité quand, inopinément, des bruits de pas et d’armures retentirent dans la forêt sombre. Sur sa garde, la brunette s’accroupit… jusqu’à ce qu’elle vit apparaître les armures de gardes de Shola et que, heureusement, les belliqueux de tout à l’heure n’étaient pas parmi eux.


- Vous devez être mademoiselle Si… Sè..Sir… balbutia le premier, visiblement incapable de savoir comment répéter le nom que leur princesse leur avait envoyé mentalement.

**Saoirse, et oui, c’est bel et bien moi. À mes pieds se trouvent Zackeriel de Shola, qui est recherché et doit être ramené à princesse Khanrell dès l’aube. Je peux vous faire confiance pour que ça se produise?**

L’apprentie vit bien qu’un des hommes avait envie de lui demander ce qui s’était passé… soit, plus particulièrement, pourquoi leur amenait-elle un criminel… en habit d’Adam.

**Ne posez pas de question… Attachez-le… et rhabillez-le, par pitié… puis amenez-le au cachot. Dame Khanrell s’occupera de son cas quand elle aura du temps libre sur les mains. Compris!?**

Ce que c’était étrange d’avoir des hommes qui répondaient à toutes ses commandes comme si elle était leur chef. Sans doute son maître les avait-elle menacés de les cramer vivants s’ils ne ramenaient pas l’ancien jumeau des Lames Pourpres… Saoirse se retrouva néanmoins à espérer que le châtiment ne serait pas trop dur pour son ancien amoureux… car, malgré tout le négatif, ils avaient quand même eu quelques moments tendres au cours de cette soirée.


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