Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]

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Sibylle
Assassin


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MessageSujet: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Jeu 10 Mar - 18:28

Un nouveau contrat. Enfin. Lucratif, celui-là. Un jeune garçon l’avait trouvée dans une auberge qu’elle avait l’habitude de fréquenter. C’est à cet endroit qu’on pouvait la rencontrer, si on avait un contrat à lui proposer. Il suffisait de demander à l’aubergiste pour la Rose Noire et on lui pointait généralement la table où elle se trouvait, jamais sous la même apparence. L’aubergiste était une femme et l’une de ses complices. Sibylle s’y trouvait à des jours différents, n’observant jamais de routine particulière, autrement elle serait bien trop facile à appréhender. Le garçon, subtilement, lui avait remis un bout de parchemin. Une femme de l’aristocratie sholienne lui demandait la mort de son mari. Elle ne donnait pas plus de précisions, mais elle indiquait dans sa missive l’endroit où Sibylle pourrait trouver une autre lettre dans laquelle les informations concernant la victime étaient écrites. L’endroit en question se situait à Shola, dans une autre auberge, encore plus luxueuse que celle dans laquelle la jeune femme avait l’habitude de se retrouver. Lorsqu’elle leva les yeux du morceau de parchemin, le jeune garçon avait disparu, cependant une clé de chambre trônait sur la table. L’assassin sourit. Sa nouvelle employeuse était définitivement quelqu’un d’organisée, peu maladroite dans sa façon d’organiser les choses. Elle avait donc affaire à une femme en contrôle de bien des situations, ce qui laissait croire que son mari était probablement un bien-né, nanti certes, mais sans aucune cervelle. Intriguée, et surtout sentant le besoin de sang monter en elle à cause de ce nouveau contrat, la jeune femme paya tout de suite sa consommation – après avoir pris soit de la terminer bien sûr, son amie l’aubergiste lui offrait son meilleur cru – et se dirigea vers le royaume de Shola. L’auberge où elle créchait se situait à la lisière du royaume d’Alombria tout près de sa frontière avec Shola. Elle voyagerait ainsi de nuit et pourrait arriver à destination le lendemain, avant que le soleil soit à son plus haut. À cette auberge, elle trouverait les détails de sa victime ainsi que son paiement – elle exigeait toujours d’être payée d’avance - .

Sibylle ne rencontra aucun problème pendant son voyage. Habituée de faire le voyage entre les deux royaumes, mais aussi partout sur le continent, elle avait découvert les sentiers sûrs à utiliser la nuit, pour passer inaperçue et surtout pour éviter les marchands d’esclaves qui empruntaient les routes officielles. Non pas qu’elle craignait ces brutes, mais elle préférait souvent passer incognito. Déjà que sa soif de sang était très difficile à contrôler, quand elle pouvait éviter la tentation et ainsi laisser une traînée de cadavres derrière elle, elle le faisait. Arrivée en avance au royaume, elle s’arrêta chez elle. En effet, quelques années auparavant, elle s’était établie dans une riche demeure du royaume du roi Sin. Elle n’y résidait pas de façon permanente, son métier l’obligeant à se déplacer partout sur le continent, et cela évitait aussi qu’on la retrouve très facilement. Cette résidence lui servait surtout à entreposer ses belles robes, ses nombreuses armes et son argent. Afin de ne pas se faire cambrioler, elle avait truffé sa demeure de pièges, de dispositifs destinés à tuer, ou blesser très gravement, quiconque tenterait de s’y introduire. Elle seule savait où mettre les pieds pour ne pas finir éventrée ou bien la tête coupée. L’assassin profita donc de cette avance pour changer de robe. Elle opta pour une robe bleu royal, qui se mariait parfaitement avec la nouvelle couleur de ses yeux. Elle changea sa chevelure blonde pour une longue chevelure brune, qu’elle agrémenta de petits bijoux. Après tout, elle adorait jouer les riches femmes.

Armée comme à son habitude, elle entra dans l’auberge, la tête recouverte d’une cape grise-argentée.  Un numéro était gravé sur la clé, huit. Montant lentement les escaliers, elle se dirigea vers la chambre qui portait ce numéro. Méfiante, elle dégaina subtilement une lame qui se trouvait à sa taille, dissimulée sous un pan de tissu. Elle tourna la clé dans la serrure et poussa lentement la porte. Rien à signaler. Sur une petite commode, se trouvait une bourse remplie d’or accompagnée d’une enveloppe scellée. Sibylle défit le sceau et trouva les informations qu’elle désirait. L’homme en question était le marchand de tissu principal au château. Il était cependant manifeste que c’était sa femme qui dirigeait toute sa marchandise. Cela lui rapportait une fortune, puisque tout le monde savait que la princesse Philomena avait un goût très élevé pour la mode et qu’elle dépensait son argent compulsivement. Son employeuse s’était appliquée, elle lui avait indiqué les moments de la semaine où son mari se retrouvait seul ou en public, et les endroits où il se trouvait.

Pendant une semaine, Sibylle le prit en filature, prenant compte de ses habitudes, du genre de femmes qui l’intéressait, des endroits où il pourrait être plus facilement assassiné. Elle se rendit compte que son employeuse n’avait pas choisi cette auberge par hasard, sa victime y venait à chaque soir, accompagnée d’une femme différente. Il dégoûta tout de suite l’assassin qui ne voulait que terminer sa tâche. De plus, elle imaginait le plaisir qu’elle ressentirait lorsqu’elle mettrait fin à ses jours. Déjà des frissons lui parcouraient la peau. Elle mit alors son plan à exécution. Les femmes qu’il ramenait, n’étaient pas de vulgaires catins. Il s’agissait d’aristocrates, souvent mariées, qui succombaient à ses charmes. Il fallait le dire, il n’était pas si ignoble physiquement, mais sa grossièreté dégoûtait la Rose Noire. Elle se rendit au marché une journée et s’arrêta à son comptoir. Elle avait repris l’apparence de son arrivée, c’est-à-dire, une longue chevelure noire, des yeux bleus perçants et des longs cils noirs. Richement vêtue, elle toucha ensuite les étoffes, s’attarda trop longuement à chacune d’entre elles. Elle espérait ainsi attirer l’attention du marchand. Elle savait que certains jours de la semaine, sa femme ne l’accompagnait pas. Elle avait choisi une bonne journée. L’homme, prénommé Lucas, s’approcha d’elle. Sibylle se présenta comme Milady de Baldwin, une dame de compagnie de la reine, dont le mari, très fortuné, était conseiller royal.

Bientôt, Sibylle se retrouva en compagnie du marchand qui lui tenait la main. Elle riait à toutes ses blagues, le touchait, lui chuchotait à l’oreille. Pendant qu’il l’entraînait très hâtivement dans sa chambre, l’assassin aperçu une Ombre familière dans le coin de l’auberge. Décidément, ils étaient destinés à se croiser. Elle lui fit un petit clin d’œil sertit d’un sourire en coin, puis disparut au deuxième étage. Cela ne prit que très peu de temps pour qu’ils se retrouvent dans la même chambre. Aussitôt que la porte se referma derrière elle, Lucas se retourna, une dague à la main. Étonnée de ce revirement de situation, elle fut encore plus surprise de la douleur cuisante qu’elle ressentit au-dessus de sa hanche. Ainsi, il y avait un autre homme dans la pièce. Le marchand lui dit alors qu’elle devait se soumettre à tous leur caprice où elle mourrait. Ainsi, ce que ce porc appréciait était les petits jeux à trois accompagnée de sang de sa victime? La jeune femme n’avait jamais pris le temps de s’attarder à l’état des femmes qui sortaient de la chambre du marchand. Tellement attirée par cette soif de sang, elle avait négligé ce détail. Son regard se posa sur la dague qui était plantée juste en bas de ses côtes. D’un mouvement rapide, elle la retira, retenant un cri et la planta dans le corps. L’homme qui était derrière elle s’approcha pour lui retirer la dague des mains, mais d’un mouvement vif, elle se retourna et lui planta dans la gorge, se baissant juste à temps pour ne pas être aspergée de sang. Accroupie, elle dégaina une lame qui reposait dans ses bottes et la planta dans le pied de Lucas. Se relavant ensuite, elle dégaina les deux lames qui étaient à sa taille et, s’en servait comme d’une paire de ciseaux, lui trancha la tête qui roula sur le plancher. Elle reprit son couteau qui était dans le pied du cadavre et entreprit de rengainer ses armes rapidement. Sibylle se sentait défaillir, la plaie qu’elle avait au bas des côtes saignait abondamment. Appliquant une pression de sa main gauche, elle rabattit son capuchon sur sa tête et sortit de la chambre. Elle se sentait toute étourdie et elle savait que ce n’était pas seulement en raison de la plaie. La lame qui lui avait été plantée dans le corps dégageait une très forte odeur de poison.

Sibylle fut en mesure de descendre les escaliers dignement. Voyant que « James » était toujours assis à la même table, elle passa devant, appliqua sa main ensanglanté sur la table, de manière à y laisser un trace. Ainsi, il saurait qu’elle avait besoin d’aide. De plus, le sang dégageait encore cette odeur nauséabonde de poison. L’assassin se dirigea vers la sortie et marcha le plus rapidement qu’elle put à travers la ville. Ses forces l’abandonnèrent dans une clairière de la forêt où elle perdit connaissance et s’effondra sur le sol tel une poupée de chiffon. Elle espérait, pour une fois, avoir été suivie.
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Fraghstoam
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Sam 19 Mar - 21:07

Fraghstoam voyageait beaucoup en sa qualité d'assapothicaire. Non seulement pour son métier mais aussi pour trouver les ingrédients dont il avait régulièrement besoin, et parfois moins régulièrement. Récemment, il avait dû se rendre sur les frontières, longeant la rivière, afin de se fournir sur quelques ingrédients plutôt rares qu'il ne pouvait trouver que par ici. Profitant de l'occasion, il était allé puiser quelques petits contrats ici et là chez la bourgeoisie afin de monter son pécule. De petits boulots, pas grands choses, mais assez pour que le mot passe que le Maître des potions était dans le coin. Un coup que ce fut fait, il calcula deux jours. C'était le délais pour avoir des contrats plus intéressants, avant que la garde en ait vent et le recherche.

S'installant dans une auberge de belle stature, il en apprécia grandement le confort. C'était pour les riches, il n'en récolterait que de gros contrats ici. Situé sur la lisière du royaume d'Alombria, c'était l'endroit rêvé des marchands et des nobles qui avaient des trucs à cachés. Ce n'était pas la première fois qu'il y passait. Les contrats de meurtres étaient on ne peut plus payants et même les empoisonnements mineurs avaient leurs pesants d'or. Étonnamment, ou pas, ce qui rapportait le plus ici, c'était les humiliations publiques. Quand il pouvait appliquer des pommades ou des poisons qui faisaient boursouflés les gens, leur donnaient des rougeurs, ou même il lui arrivait de leur glisser une potion qui leur donnait la sensation d'avoir des bestioles sous la peau. Rien de mieux que de nuire à la réputation de son rival!

Assis dans un coin, comme à son habitude, Fragh observait la salle dans son ensemble, cherchant l'étincelle de la colère ou de la rancoeur, celle qui lui apportait ses contrats. Passa alors dans son champs de vision, une silhouette bien familière, qui lui fit un clin d'oeil avec un petit sourire en coin. Il roula des yeux, mais ne put les détacher, suivant le « couple » qui montait au deuxième, vers les chambres. Ce n'était pas la première fois qu'il sentait son coeur faire ce petit saut quand il croisait ses yeux, peu importe la couleur qu'ils avaient. Il secoua la tête et reporta son regard sur la salle, espérant qu'elle ne viendrait pas l'importuner sitôt son travail effectué. Il devrait rester sur ses gardes, il ne fallait pas non plus qu'il soit soupçonné. Il passa la salle en revue. Non, aucun risque, la salle avait plutôt une atmosphère bon enfant en ce moment, si elle avait l'air inquiète en sortant, il s'en irait, tout simplement.

Ce ne fut pas un air inquiet qu'elle avait... c'était une démarche inquiétante, carrément. L'assassin, malgré lui, n'avait pu que rester surpris en la voyait redescendre si rapidement, il n'avait pu manquer qu'elle se tenait le côté gauche et que la couleur n'était pas habituelle. Le plus inhabituelle fut en fait qu'elle se dirigea droit vers lui, posa la main sur la table et repartit. Saisissant une serviette de table, il essuya le sang, replia la serviette et sortit immédiatement à sa suite. Pas besoin de s'attarder, l'odeur était assez forte pour qu'il ait compris qu'elle cherchait un antidote. Elle marchait vite, mais laissait derrière elle quelques gouttes de sang, il n'eut aucun mal à la suivre. Il s'arrêta pour sentir le sang, mais l'odeur était différente. Le sang des victimes? Peut-être n'avait-elle pas nettoyer ses armes.

L'apothicaire reprit sa route d'un bon pas, il arriva au moment où elle s'écroulait au loin, il accéléra le pas. Son coeur s'affolait un peu et il se força au calme. Cette attitude anti-professionnelle n'était pas son genre. Il se laissa tomber à genou près d'elle, la plaça sur le dos afin que son sang circule mieux, pris son pouls et compta mentalement. Il était déjà plutôt ralenti. À courir comme elle avait fait, elle avait activé sa circulation sanguine et perdu beaucoup de sang. Il prit son couteau à sa ceinture, déchira la robe vis-à-vis la blessure, arracha un morceau de l'ourlet de la jupe et le mit de côté pour faire un pansement plus tard.

Versant un peu d'eau sur un autre morceau, il entreprit de nettoyer la plaie. Le poison avait bien pénétré son système sanguin et aucune extraction n'était possible. Il pesta et, la soulevant, inerte, fit le tour de son buste afin de bander solidement la plaie. Ce n'était pas mortel, le principal était de l'empêcher de se vider de son sang. Ceci fait, il entreprit de déplier le bout de tissu et, le tenant à une distance raisonnable, il le huma pensivement. C'était artisanal, mais plutôt commun. Rien de bien compliqué. Retirant sa besace de son dos, il la posa près de lui et entreprit de sortir un petit chaudron. Il se dépêcha de ramasser quelques branchages, jeta une poudra qu'il saisit dans un minuscule récipient et le feu prit rapidement après qu'il eut créé une étincelle.

Avec l'habileté de quelqu'un qui fait ça tous les jours, il monta rapidement un feu assez vif pour y poser son chaudron dans lequel il vida une quantité mesurée d'eau. Il rappa un bout de bois de gaïac qu'il avait dans une poche. On appelait aussi cet arbre « bois de vie ». C'était le moment de le voir! Il jeta les écorces dans l'eau, et entreprit de saisir un autre récipient dans lequel il se saisit d'un morceau de foie de renard séché, d'un peu d'arsenic, pour inverser la dose qu'elle avait reçu -bien dosé, elle ne risquait rien avec les ingrédients de l'antidote-, mélangée à l'autre qui l'accompagnait. Il y ajouta ensuite de la belladone et mélangea le tout, s'assurant que l'eau se soit bien évaporée. Alors que le tout bouillait. Il retourna vers elle, plaça une petite couverture sous sa tête et une autre sur sa robe déchirée. Il épongea son front qui commençait à luire de sueur et lui administra le contenu d'une fiole qu'il avait dans sa cape, c'était un fortifiant, pour aider son corps qui avait perdu trop de sang, en attendant que l'antidote soit prêt. Un humain en pleine possession ne mourrait pas du poison, mais elle était trop affaiblie en ce moment.

Le poison qu'on lui avait administrer devait lui donner des bouffées de chaleurs, des étourdissements, la sensation d'avoir du mal à respirer par la contraction de l'oesophage et de l'abdomen. Pourquoi l'aurait-on empoisonner de la sorte? Quel genre de contrat avait-elle? La façon dont elle se comportait et dont l'homme la reluquait, ça avait l'air plutôt sensuel, même s'il avait un regard un peu mauvais. Peut-être était-ce des pratiques peu avouables? Il ne voyait pas comment elle aurait pu se faire avoir sinon. Elle avait une solide réputation et là, elle venait d'en prendre un solide coup, et dans tous les sens. Il l'observa encore un moment. Soudain, les cheveux devinrent roux. Il haussa un sourcil. Serait-ce la vraie Sibylle qu'il avait devant lui? Changer d'apparence était de toute évidence un pouvoir magique. Ainsi, le visage qu'il avait désormais devant lui serait son véritable visage.

Fragh s'accroupit près de ces traits si gracieux pour les apprécier à son aise. Elle papillonna des cils mais retomba rapidement dans l'inconscience. Il n'eut que le temps de voir ses yeux bleus. Il resta encore un moment, attendant de voir si elle s'éveillait, puis s'en retourna à son chaudron, sans voir si elle ouvrait à nouveau les yeux ou non. Il brassa la mixture et attendit de longues minutes qu'elle s'épaississe, jetant un oeil de temps à autres sur la belle victime étendue plus loin. Il ne manqua pas non plus de jeter des regards vers le village pour s'assurer que personne ne les cherchait, mais ça ne semblait pas être le cas. Il faudrait par contre bientôt penser à s'abriter. Il observa le ciel et calcula qu'il ferait bientôt trop sombre pour se déplacer aisément, pour les gens normaux. Pour lui, ce sera facile.

Lorsqu'il fut satisfait de sa préparation, il vida le contenu dans une fiole spécialement conçu pour les contenus liquides et chauds et la boucha puis la rangea dans sa cape. Il éteignit son feu, arrosa son chaudron pour le refroidir, l'accrocha au bas de son sac qu'il entreprit d'endosser à nouveau. Il fallait se déplacer. Prenant la couverture sous la tête de Sibylle, et la couvrit avec celle-ci aussi et la souleva. Elle était plutôt légère, seulement elle était molle, elle devait être encore inconsciente, ou semi-consciente. Il entreprit d'effacer leurs traces avec ses pieds et s'éloigna en se fondant dans l'ombre comme il le pouvait avec son fardeau. Non loin de là se trouvait une petite cabane de pêcheur qu'il utilisait pour ses récoltes, selon les saisons.

Arrivé à destination, Fraghstoam eut un arrêt devant la porte. Il ne pouvait quand même pas la défoncer... et c'était compliquer ouvrir une porte avec une fille dans les bras, s'il tentait d'atteindre la poignée avec sa poignée, il risquait de lui éclater quelque chose contre un mur. Il soupira bruyamment et recula, la déposa en position assise devant le bâtiment en prenant bien soin que la position ne risque pas d'empirer la blessure puis pénétra dans la bâtisse. Il était passé quelques jours auparavant, tout était en ordre, il voulait seulement vérifier que personne n'était là, ou venu entre-temps. Il alluma une chandelle sur la table, tira les couvertures du lit et sortit chercher Sibylle. Passant un bras sous ses aisselles et l'autre ses ses genoux, il lui sembla que ses bras se plaçaient plus naturellement autour de son cou que tout à l'heure, ou peut-être était-ce son imagination.

Montant les trois marches, il pénétra la petite cabane. Elle ne comprenait qu'une pièce. Une table avec une chaise, une grande armoire et un lit pas très large mais plus grand qu'un lit pour enfant. Il l'y déposa son fardeau précautionneusement. Frôlant son visage au passage, il replaça les mèches de cheveux qui le lui masquait et se pencha au-dessus d'elle pour vérifier son bandage. Tout semblait correct. Il replaça les couvertures, prit la fiole d’auparavant et en vérifia la température. Elle avait suffisamment refroidie le temps qu'il arrive jusqu'ici. Tirant une chaise près du lit, il posa son sac, son carquois et ses flèches sur la table, sa cape sur le dossier de la chaise et s'y installa.

Passant son bras gauche derrière les épaules de Sibylle, il la redressa un peu, elle papillonna des paupières. Il plongea ses yeux sombres dans les siens. Elle semblait un peu dans les vapes, et souffrir surtout. « Buvez cela. » Il enleva le bouchon de la fiole avec ses dents et le recracha par-dessus son épaule, puis approcha celle-ci des lèvres de la jeune femme. « Attention, c'est chaud. » Elle ne lui opposa pas de résistance, mais, après tout, c'était elle qui avait appeler son assistance. Il soutint sa nuque pour l'aider puis l'accompagna pour la reposer délicatement sur l'oreiller. La potion devait goûter mauvais et être plutôt grumeleuse, mais il n'était pas un véritable apothicaire et n'ajoutait pas de fruits et de miel pour adoucir le goût de celles-ci. Il eut un léger sourire devant sa grimace puis retira son bras de sous sa tête et entreprit de retirer son capuchon puis son masque. Il posa ce dernier sur la table.

Dans la pénombre où luisait uniquement la lueur de la bougie, les cheveux cuivrés de Fraghstoam, retenu par une lanière de cuir, luisait de leur couleur cuivré comme animé par un feu intérieur. Ses yeux, par contre, était semblable à deux billes noirs, le vert qui les animait n'était pas visible dans cette noirceur car il était déjà plutôt sombre d'origine. Les traits de son visage étaient peu visibles puisqu'il faisait dos à la lumière mais on pouvait tout de même le distinguer un peu, la pièce étant petite, la clarté était suffisante pour le distinguer. Elle était la deuxième personne à avoir vu son visage et à être rester en vie, outre les gens de sa guilde d'assassins. Le premier étant Zackeriel.

Il plongea son regard dans celui de la jeune femme, tandis qu'elle semblait lutter intérieurement. « Reposez-vous, ne luttez pas. » Il attrapa sa gourde d'eau et la lui tendit. « Vous êtes en sécurité ici... Prenez de petites gorgées sinon vous allez vous étouffer à cause du poison, l'antidote prendra environ trente minutes avant de commencer à dissiper les symptômes. » Il l'observa attentivement. À quelque part, il se sentait soulager de la voir consciente. Il avait aussi envie de repousser cette mèche de cheveux qui était retombé devant ses yeux, mais il s'en abstint. Il n'oserait sans doute jamais se l'avouer, mais il avait effectué ses gestes avec une sorte de besoin d'urgence de faire tout ce qu'il pouvait le plus vite possible.
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Sibylle
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Dim 20 Mar - 19:05

Sa vue diminuait dangereusement alors qu’elle rageait contre elle-même. Comment avait-elle pu être aussi idiote? Il n’était pas dans ses habitudes de négliger un tel détail. Ce n’était pas ainsi qu’on l’avait formée. Ses récents contrats avec la bourgeoisie l’avaient rendue presque oisive, puisqu’il s’agissait toujours de contrats faciles sans aucune péripétie. Cet homme qui lui avait tendu un piège, elle ne l’avait jamais vu venir. Résultat, elle avait été empoisonnée lâchement, dans le but qu’on abuse sexuellement d’elle. Sibylle en connaissait tout de même assez sur les poisons pour savoir que celui qui circulait dans ses veines était artisanal et que pour cette raison, il prendrait plus de temps à agir. La dame serra les dents en avançant. Sa plaie lui procurait de plus en plus de douleur. Elle ignorait si « James » l’avait suivie. Il aurait pu tout simplement passer son chemin. Après tout, si elle mourrait, cela faisait simplement moins de compétition dans le métier. Elle avait également pris un énorme risque en lui faisant savoir qu’elle était blessée. Il pourrait l’avoir suivie simplement pour en finir avec elle. L’assassin espérait simplement que l’espèce de « camaraderie » qui s’était installée entre eux allait convaincre l’apothicaire de l’aider plutôt que de la laisser mourir d’une fin peu digne à son goût. Elle faisait exprès pour prendre des détours, au risque de semer d’éventuels poursuivants qui n’auraient pas trop d’expérience, mais elle avait de la difficulté à contenir le sang qui s’écoulait de sa plaie. Elle essayait de marcher le plus normalement possible, mais la plaie étant sous ses côtes droites, cela ne lui facilitait pas la tâche. Après une longue et pénible marche, elle arriva finalement en bordure de la forêt. Poussant un soupir de soulagement, la tueuse s’aventura entre les arbres jusqu’à une clairière. À cet endroit, son corps lui indiqua qu’elle ne pourrait plus parcourir plus de distance. Sa vue se brouilla complètement et ses jambes se dérobèrent sous elle. Tombée sur le sol, elle n’eut le temps que de voir une silhouette noire s’approcher d’elle, puis le néant total.

La sensation qui s’empara d’elle était très étrange. Son corps était tellement mal en point qu’il avait tout simplement été incapable de continuer de fonctionner. Cependant, son esprit tenait toujours bon, et elle était comme semi-consciente, captant certains mouvements autour de son corps. Qui était-ce? L’Ombre, la garde, des passants? Elle n’en avait aucune idée. Elle espérait seulement se réveiller entière, ou bien se réveiller point. Elle ne savait que tuer, si elle devait se réveiller et perdre sa capacité de donner la mort aux gens, elle ne saurait que faire de sa vie. Sibylle sursauta – enfin au mieux de ses capacités, peut-être que la personne qui s’affairait autour d’elle ne s’en rendit même pas compte – lorsqu’elle sentit la tissu mouillé sur sa plaie. Elle s’apaisa aussitôt, sachant que la personne auprès d’elle ne désirait pas la tuer, mais bien l’aider. Ses yeux se fermèrent et ce fut le noir.

Son esprit vogua jusqu’au repaire où elle avait grandi. Elle revit son maître, tout souriant qui l’avait si bien traitée lorsqu’on l’avait enlevée. Puis, elle se vit plus grande, la journée de son rituel de fin d’apprentissage. Devant son ancien mentor, elle tenait deux dagues, une dans chaque main, alors qu’il tenait quant à lui deux épées courtes. On l’avait préparée à cet événement, cela faisait partie de la coutume. Avec les années, on l’avait entraînée pour que son désir de sang soit plus fort que les liens que peuvent entretenir deux personnes entre elles. Comme sa vie était menacée, ce n’était pas son maître qui était devant elle, mais simplement une victime qui allait lui procurer un bonheur sans pareil, une source de plaisir dont elle avait besoin pour continuer de vivre plus sainement. Le combat avait été long. Son maître connaissait toutes ses tactiques et elle connaissait les siennes. Il suffisait simplement que l’un d’eux soit plus créatif plus rapidement que l’autre. Heureusement pour la jeune femme, ce fut son cas. Elle blessa son adversaire à l’épaule en le clouant au mur avec une de ses dagues. D’un geste vif, elle réussit à lui casser les deux poignets pour finalement l’achever avec une dague en plein cœur. Car s’était ainsi que devaient mourir les vaincus du duel. Noblement. Rapidement. On lui avait ensuite proposé de rester ici pour prendre sous son aile une nouvelle recrue et de faire des missions pour la ligue, profitant ainsi de toutes leurs ressources ou de partir vers le monde extérieur, dans lequel elle devrait se débrouiller seule sans jamais avoir aucune communication avec eux. N’ayant aucune attache et ne désirant œuvrer que pour son propre compte et comme bon lui semblait, elle quitta la ligue sans plus jamais y revenir.

Sibylle revint partiellement à elle lorsqu’on lui administrait le contenu d’une première fiole. Son état était, pour le moment, loin de s’améliorer. Elle avait chaud et même si ses yeux étaient fermés, elle avait l’étrange impression que tout tournait autour d’elle. Le pire c’était ce sentiment d’étouffement qui s’emparait d’elle, comme si ses voies respiratoires se rétrécissaient. Elle espérait que celui ou celle qui s’affairait autour d’elle agirait vite, cette douleur était intolérable. Se sentant observée, l’assassin lutta pour ouvrir ses yeux. Son regard se posa sur une stature familière, celle de « James ». Ainsi, il était venu à sa rescousse. L’assassin referma les yeux et soupira douloureusement. Quelle situation inconfortable! Cette position de vulnérabilité ne lui plaisait pas du tout. Bien qu’elle ressentait une certaine confiance pour l’Ombre, elle devait tout de même demeurer sur ses gardes. Pour cette raison, la jeune femme utilisa toutes ses forces pour garder les yeux ouverts le plus longtemps qu’elle pouvait. Le Maître des potions s’affairait autour d’une petite casserole. Il travaillait rapidement et efficacement. Les rumeurs à son propos n’étaient définitivement pas fausses. Lorsqu’il se retourna vers elle, l’effort pour garder les yeux ouverts était trop grand, elle ferma les paupières, exténuée. Jamais de sa vie, la tueuse n’avait ressenti une pareille faiblesse.

Lorsque le mercenaire souleva Sibylle, elle eut d’abord un haut le cœur. Maudit poison et ses effets sur elle. En cet instant présent, elle aurait voulu avoir le pouvoir d’immunité contre les poisons. Elle pouvait sentir la chaleur du corps de celui qui la portait et cela la rassurait aussitôt. Certaines, elle était en proie à des bouffées de chaleur, mais des frissons parcouraient son corps en permanence. La fréquence des pas de « James » et le léger balancement que cela provoquait la fit sourire. Ainsi, ils se déplaçaient. Elle remercia les dieux pour ne pas avoir à récupérer au beau milieu de la forêt, en proie aux loups et aux vagabonds. Les pas s’interrompirent et on la déposa par terre, son dos se retrouvant accoté sur une paroi de bois. Elle dut utiliser toutes ses fortes pour ne pas s’effondrer sur l’un ou l’autre côté. L’assassin était dans une très mauvaise posture, très faible, mais elle essayait tout de même de garder le peu de dignité et de fierté qui lui restaient. Lorsque son allié revint la prendre, elle passa ses bras autour de son cou, ayant retrouvé quelques forces et appuya sa tête contre son torse. Puis, on la déposa sur un lit très lentement. L’Ombre savait définitivement ce qu’il faisait, puisqu’un mouvement brusque aurait contribué à aggraver sa blessure.

La jeune femme ne sut pas combien de temps elle passa sur le lit entre la conscience et l’inconscience, mais elle sentit qu’on la redressait lentement. Ouvrant les yeux pour voir ce qui se passait, son regard fut aussitôt pris en captivité par celui de « James ». Un regard d’un vert sombre, captivant à vrai dire. Une mèche tomba devant les yeux de Sibylle et elle se rendit compte qu’elle avait repris son apparence d’origine. Ainsi, affaiblie, sans aucune possession de ses moyens, complètement vulnérable, celui que le destin semblait toujours mettre sur sa route connaissait également sa véritable apparence. Cela ne lui plut guère, mais c’était sans doute le prix à payer en retour de sa vie. Ses voies respiratoires se resserrèrent encore un peu plus et elle eut du mal à réprimer une moue de douleur. Le Maître des potions lui ordonna de boire le contenu d’une fiole qu’il avait auparavant débouchée avec ses dents. Il la prévint ensuite que le contenu était chaud, mais elle s’en fichait. Elle était normalement habituée à souffrir et la douleur était tellement intense en ce moment qu’une boisson chaude ne représentait rien à ses yeux. Son médecin du jour reposa ensuite sa tête sur l’oreiller et elle s’autorisa enfin à avaler le contenu de la fiole. L’antidote avait un goût absolument infect et elle grimaça légèrement. « Cette potion absolument dégoûtante. On voit tout de suite que vous ne goûtez pas à vos créations. » La tueuse avait tenté une blague, essayant de prouver qu’elle reprenait petit à petit possession de ses moyens. Elle suivit son guérisseur des yeux et vit qu’il avait enlevé son masque. Ainsi tous deux se présentaient à l’autre sous leur vrai jour. Question de confiance? Peut-être. Dans le cas de Sibylle, elle n’avait pas vraiment eu le choix, son pouvoir ne fonctionnant pas lorsqu’elle était inconsciente.

Ainsi ils avaient ce point commun d’avoir une chevelure rousse. Cependant, alors que ceux de Sibylle étaient flamboyants comme la flamme, ceux de « James » semblaient plus cuivrés. Elle sourit. Son sauveur n’était pas mal du tout. Le regard de l’apothicaire trouva encore son chemin jusqu’à celui de l’assassin. Elle refusait de siller, comme pour montrer qu’elle gérait quand même bien la situation. Il l’informa ensuite qu’elle ne devait pas lutter et qu’elle devait prendre de l’eau à petites gorgées. Dans trente minutes, elle irait mieux. La jeune femme ferma alors les yeux et s’endormit.

Lorsqu’elle se réveilla, le mercenaire était toujours là, assis sur la même chaise ne la quittant pas des yeux. Avait-il peur qu’elle succombe à sa blessure? Elle avait survécu à pire. Son corps parsemé de cicatrices en témoignait. La meurtrière se sentait déjà beaucoup mieux. Elle ne savait pas combien de temps elle avait dormi, mais il fallait le dire, les talents de « James » étaient incontestables. Il lui avait sauvé la vie. Lentement, Sibylle se redressa pour s’installer en position assise. Elle grimaça, sa plaie était encore très douloureuse. « Maintenant que l’on sait tous les deux ce à quoi l’autre ressemble, peut-être pourrions-nous être honnête l’un envers l’autre et se donner nos vrais prénoms? » Elle sourit. Elle savait inévitablement que James n’était pas le vrai prénom de l’Ombre. Pourtant dans son cas, elle avait avoué son vrai prénom lors de leur rencontre avec Zackeriel. « En signe de gratitude, je peux commencer. Je me prénomme véritablement Sibylle. »

La Rose Noire posa les yeux sur sa plaie et vit qu’elle était bandée. Cependant, elle savait à quelle profondeur la lame était entrée dans son corps. Elle allait assurément devoir être recousue. La question, qui allait le faire? Bien sûr, elle était capable de suturer ses plaies, mais elle était encore trop faible pour qu’elle fasse un travail impeccable. L’assassin savait que la priorité de son guérisseur avait été de chasser le poison de son système, mais elle continuait tout de même à perdre assez de sang. Sibylle se retourna alors vers l’apothicaire. « Vos talents de couture égalent-ils vos talents d’apothicaire? Il semblerait que ma plaie nécessite quelques points. » La jeune femme tenta de s’asseoir plus confortablement, mais elle réalisa que ses armes la gênaient. Ses dagues reposaient toujours dans leurs étuis. Elle pouvait certes se débarrasser de celle à sa taille dans l’étui de gauche, mais son côté droit lui faisait trop mal pour qu’elle puisse l’atteindre. Elle regarda « James ». « Puis-je solliciter votre aide pour m’aider à retirer mes armes? Je dois avouer que les dagues à ma taille rendent mon séjour quelque peu inconfortable. »

De sa main gauche, la tueuse retira sa dague qui reposait sous un tissu de sa robe, à la hauteur de sa taille. Elle indiqua au mercenaire que son autre dague se situait au même endroit, mais qu’elle ne pouvait pas l’atteindre avec sa main droite. Elle se débarrassa aussi du poignard qu’elle avait au poignet sous sa manche droite, mais signifia à son guérisseur qu’elle était incapable de retirer celui de son poignet gauche. Tout le côté droit de son corps la faisait souffrir, elle détestait être ainsi diminuée. Sibylle décida de garder les dagues qui reposaient dans ses bottes. Elle faisait peut-être un peu plus confiance à l’Ombre, mais on n’était jamais trop prudent. Elle ne se pardonnerait pas de faire une autre erreur de jugement.
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Fraghstoam
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Lun 21 Mar - 16:16

Fraghstoam trouva la remarque de la jeune femme autant amusante qu'inutile. Pourquoi goûterait-il à ses créations, en considérant le fait qu'il créait particulièrement des poisons? Ça ne serait ni rentable, ni utile. Se donner la mort ne lui apporterait rien. Il ne capta pas vraiment l'humour et préféra ne pas réagir, ne sachant si elle était sérieuse ou non dans son petit trait d'esprit. Peut-être que son état était plutôt mauvais et qu'elle n'avait pas les idées claires? Impossible à dire. Ayant reçu un enseignement particuliers à la guilde, Fragh avait parfois du mal à distinguer l'humour lorsqu'il n'était pas clairement exprimer. Et dans la situation, il n'y avait ni rire, ni sourire niais, plus un visage souffrant et une ambiance particulière.

Alors qu'il combattait l'envie futile de retoucher son visage, elle lui sourit, et il ne sut comment interpréter ce sourire. Remerciement? Soulagement? Elle sembla rassurée par ses paroles et sombra dans un profond sommeil. Lorsqu'il vit qu'elle ne se réveillerait pas, l'assassin laissa sa main flotter jusqu'à son visage qu'il dégagea, frôlant la peau délicate au passage. Secouant la tête, il soupira et replaça ses esprits. Tirant sur les couvertures, il regarda la plaie qui saignait encore beaucoup et changea le pansement, avec des mouvements doux et légers, pour ne pas la réveiller. La plaie saignait encore, même si le flux avait diminué. Il allait devoir lui donné un autre fortifiant à son réveil, elle allait être très faible.

Il ignorait la profondeur de la plaie et ne voulait pas de lancer dans des travaux de couture avec une aiguille sur le corps d'une femme endormie, blessée, empoisonnée qui devait en plus avoir des réflexes d'auto-défense aiguisée. Ce serait idiot de mourir par une aiguille qu'on a retourné contre lui... La pensée le fit sourire. Il termina son travail sur la plaie et après s'être assuré que le pansement était propre et bien serré, il se releva de sa chaise en s'étirant. Il fit quelques pas de longs en larges, jetant un oeil sur la jeune femme endormie, puis se rasseyant en soupirant. Il ne pouvait pas quitter la cabane l'esprit tranquille en la laissant là, ça ne se faisait tout simplement pas. Il aurait voulu en profiter pour aller capturer un ou deux crapauds et en extraire le venin, mais non, il ne pouvait pas s'en aller l'esprit tranquille.

L'apothicaire laissa son regard glissé sur la silhouette au teint actuellement pâle étendue sur le lit. Dehors, les ombres du jour faisaient place aux ombres de la nuit. L'espace dans lequel ils étaient tous deux était étroit, mais il n'y faisait pas froid, ni vraiment chaud. En fait, elle devait avoir froid, vu la quantité de sang qu'elle avait perdu, mais elle avait quatre couvertures sur elle. Lui, il avait chaud, un peu. La situation, peut-être. Peu importe. Il passa de longues minutes, probablement près d'une heure, même un peu plus peut-être, à la regarder dormir, s'assurant de temps à autre que son rythme cardiaque, un peu faible, ne diminue pas trop. Une chance qu'il avait en stock une bonne réserve de fortifiant et qu'il ne les utilisait que rarement, puisque se régénérait. D'ailleurs, il devrait peut-être en profiter pour se refaire un peu d'énergie... plus tard.

Enfin, au bout d'un moment, alors qu'il comptait mentalement, pour passer le temps, combien il chargerait à un client ce qu'il avait fait pour Sibylle, un mouvement sous les paupières attira son regard aiguisé. Fragh se redressa sur sa chaise et posa son coude gauche sur son genou du même côté pour se pencher un peu vers elle. Elle ouvrit finalement les yeux et commença à remuer puis se redressa. Il se replaça sur sa chaises « Vous devriez rester couchée... » mais elle l'ignora. Elle était sans doute trop occupée à grimacer sous la douleur, probablement causé par sa plaie car les symptômes du poison devaient avoir tous, ou presque, disparus. Elle prit la parole, en mentionnant qu'ils connaissaient maintenant tous deux le vrai visage de l'autre. Il eut un sourire en coin.

Être honnête l'un envers l'autre et se donner leurs vrais prénoms? Le fait de connaître leurs vrais visages leurs donnaient ce passages vers cette intimité? Il haussa un sourcil. Comme elle souriait, il ne put s'empêcher de sourire un peu en retour, en coin, un peu amusé de la situation, malgré que cela ne devrait pas l'amusé, ni même lui insufflé une quelconque émotion. Son mentor ne serait pas bien fier de lui. Pourquoi personne ne gobait James. Bon, quelques personnes l'acceptaient. Mais on lui jetait toujours un drôle de regard. Ça allait mieux pour lui blond, qu'on lui avait déjà dit d'ailleurs. Zackeriel aurait fait un bon James.

« En signe de gratitude, je peux commencer. Je me prénomme véritablement Sibylle. » Il plongea ses yeux dans les siens. Un peu surpris, et amusé à la fois. Donner son vrai nom en sachant que les gens penseraient à un faux nom, ce n'était pas idiot. Surtout que, si venant d'une guilde, comme lui, personne ne pourrait retracer son nom. Les chances que quelqu'un puisse retracer les origines de Fragh étaient parfaitement nulles car il n'en avait pas. Suivant son regard, il vit ses yeux se porter sur sa plaie et en oublia de se présenter. « J'ai fait du mieux que j'ai pu pendant que vous dormiez. » Elle se tourna vers lui et lui demanda si ses talents de couture égalaient ses talents d'apothicaire. Le compliment le fit sourire.

Elle s'agita un peu tandis qu'il lui répondait : « Il m'arrive régulièrement d'avoir à coudre des animaux après des prélèvements, la vôtre ne devrait pas être bien différente. » Le ton était neutre, mais il n'y avait pas non plus de provocation. Il ne disait pas cela pour la blesser, c'était simplement un fait. Il n'avait jamais recousu d'humain, mais ça ne devrait pas être bien différent, même que sans les poils, ça devrait être plus facile. Généralement, les peaux qu'il recousait était pour la revente, après avoir attrapé des bêtes, un renard par exemple, pour ses petites expériences et le prélèvement d'organes.  

Elle sollicita son aide pour retirer ses armes. Il hocha la tête pour marquer sa coopération. De toute façon, la façon dont son regard lui disait « Aidez-moi, je vous prie. » il n'aurait pas vraiment pas pu l'envoyer promener... de toute façon, elle ne serait pas aller loin. Elle retira des dagues sous des tissus de sa robe, une à la taille et une au poignet, en lui indiqua que c'était pareil du côté qu'elle ne pouvait pas atteindre. Il obtempéra, parfaitement zen... d'apparence. Il ne pensait que jouer dans les vêtements d'un femme pourrait lui faire cette petite sensation de chaleur dans le corps. Malgré cela, pas un tremblement ni une rougeur, il s'exécuta. Prenant les armes qu'elle avait retiré, et celle qu'il avait lui même pris elle en déposa une -de propre- près de son oreiller et se leva pour aller mettre les autres sur la table, avec ses propres effets à lui, en se disant qu'il devrait nettoyer le sang séché plus tard, ou la laisser le faire.

S'installant à nouveau sur la chaise, il lui fit un sourire qui se voulait un peu rassurant. « Je ne vous ferai pas de coup bas, mais si ça peut vous rassuré... » il désigna l'arme « ... vous êtes armée. » Après tout, il était armé lui aussi. Il avait toujours sa ceinture avec ses armes, ses fioles et ses babioles. Il lui tendit la main, avec un brin d'humour dans le regard : « Je m'appelle Fraghstoam, mais si vous voulez, Fragh serait plus simple... ou James. » Il se releva et alla fouiller dans l'armoire, puis en ressortit une aiguille, il alla prendre le fil dans une pochette intérieure de sa cape, toutes les pochettes semblaient invisibles car elles étaient dans des doublures. Il chauffa ensuite l'aiguille sous la bougie, sans se soucier vraiment qu'elle devenait brûlante sur sa longueur et lui chauffait les doigts.

Lorsqu'elle fut assez rougit, il la retira et la secoua pour la refroidir et revint s'asseoir sur sa chaise. Il jeta un regard vers Sibylle. « C'est pour la stériliser, afin d'éviter une infection, je ne sais pas à quoi elle a pu servir avant alors bon... » Et puis, s'il pouvait ne pas prendre ses aiguilles à lui, pourquoi pas! Le fil, c'est que le fil de l'armoire avait l'air un peu humide et moisi alors bon, il avait préféré prendre le sien qui était plus comme du fil à pêche. Plus solide et moins à risque. S'il voulait faire un travail propre... Il pinça l'aiguille entre ses doigts de l'autre main pendant que la rougeur de ses doigts disparaissaient discrètement sous son don de régénération, alors qu'on mini cocon se formait autour de ses doigts, discrètement. « Il faudrait vous allongez à nouveau maintenant, Sibylle. » Se relever, c'était toujours plus facile que de se redescendre, elle allait devoir tortiller son corps pour reprendre sa position initiale. Les couvertures n'allaient pas l'aider à simplement glisser.

Sans attendre, l'assassin coinça le bout troué de l'aiguille sur le coin droit de sa bouche et passa un bras sous les épaules et l'autre sous les genoux de la jeune femme pour simplement la soulever et la replacer comme il l'avait mise plus tôt. Sans un mot, il retira ses bras de sous elle, s'agenouilla au côté du lit, saisit le fil et l'aiguille et l'enfila avec des mains sûres. Il cassa ensuite le fil avec ses dents et entreprit de découvrir la plaie. Si elle n'avait pas été aussi faible, il aurait aussi pu cautérisée avec un fer chaud. Mais elle manquait tellement d'énergie que la douleur l'aurait probablement jeter dans un état second. La robe déchirée et relevée autour, le pansement défait, les couvertures rabattues, ce n'était pas une situation dans laquelle l'apothicaire se serait imaginée un jour être.

Prenant une grande inspiration, il se mit au travail sans un regard vers les yeux bleus qui suivaient attentivement ses mouvements, du mieux qu'elle pouvait du moins, dans la situation où elle était, il y avait les rabats de tissus et ses parties corporelles qui lui cachaient une partie des mouvement de Fragh. Quand à lui, il avait le visage très près de la plaie pour faire une jolie broderie sur le corps de l'assassine. La plaie n'était pas très large, plus profonde qu'autre chose. La travail ne lui prit pas grand temps. Lorsque ce fut fait, il nettoya le tout à nouveau avec sa gourde qu'il offrit à Sibylle en croisant brièvement son regard, puis il se tourna vers sa cape après s'être lavé les mains avec les couvertures déjà tâchées de sang.  

Saisissant une petite fiole dans une pochette, il l'attrapa et se pencha vers la jeune femme, glissant une main derrière sa nuque, il l'aida à ne relever que la tête. « Vous ne devriez pas vous relever, ni forcer quoique ce soit, pour quelques jours. Buvez cela, c'est un fortifiant pour compenser la perte de sang. Cela aidera votre corps à ne pas perdre son énergie. » Il amena la petite fiole, c'est gros comme son pouce environ, à la bouche de la rouquine et la versa entre ses lèvres, puis déposa doucement sa tête sur l'oreiller et se tourna pour déposer la fiole vide sur la table, avec l'autre. Il préféra ne pas entamer le sujet de l'embuscade à laquelle elle avait fait face. Ce n'était jamais plaisant de se faire remarquer ses erreurs par un pair.

Il plongea à nouveau son regard dans le sien. « Vous devriez vous reposer maintenant. La nuit est bien installée, personne ne viendra ici. » Il lui aurait bien proposer de la nourriture, mais elle trop faible pour manger, ou même pour avoir faim. Le fortifiant ferait le travail. Il pourrait aller poser quelques pièges pendant qu'elle dormait, ou vérifier ceux qu'il avait poser au début de son séjour tiens, ils devaient être encore là. Pour l'instant, elle pourrait passer la nuit, il espérait seulement qu'elle se tiendrait tranquille. « Vous pouvez demeurer dans cet endroit autant que vous le voudrez, je n'y vois pas d'inconvénient. » Il se retint d'ajouter qu'il y resterait avec elle aussi longtemps qu'elle le lui permettrait. C'était futile.

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Sibylle
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Sam 2 Avr - 23:10

Pourquoi la simple action de se relever provoquait autant de douleur. Pourquoi avait-elle était aussi négligente? Maudissant intérieurement son orgueil, elle se promit mentalement de ne plus jamais faire preuve de négligence et de toujours prévoir les moindres détails lors de ses assassinats futurs. Son inattention lui avait coûté beaucoup trop cher. Résultat, elle se retrouvait dans une cabane au milieu des bois, à moitié vidée de son sang, complètement vulnérable et la personne qui s’occupait d’elle s’avérait être un assassin aussi notoire qu’elle, mais qui de surcroît manipulait les poisons comme personne. Bien sûr, lorsqu’elle avait été piégée et qu’elle avait réalisé que la lame était empoisonnée, sa seule option avait été le Maître des potions qu’elle avait aperçu dans la salle de réception de l’auberge. Le destin s’acharnait décidemment à mettre l’un sur la route de l’autre. Beaucoup trop fière pour montrer à son interlocuteur à quel point elle souffrait, Sibylle mit pratiquement toute son énergie, oui à se redresser, mais également à s’empêcher de ne pas trop grimacer de douleur. Elle devait se montrer le moins vulnérable possible, et surtout, elle détestait ne pas être en contrôle de la situation. Elle cherchait donc, par tous les moyens, de le reprendre, même si c’était à pas de loup. Il ne s’agissait pas de sa première blessure, la souffrance lui était familière, mais elle n’avait jamais perdu de sang à ce point. La Rose Noire posa son regard sur son bandage. « James », qui ne lui avait toujours pas mentionné son véritable prénom, lui apprit qu’il avait fait du mieux qu’il avait pu. Évidemment. Mais la plaie, quoi que pas très grosse – à peine deux centimètres – était très profonde. En effet, le poignard s’était enfoncé de moitié dans son corps avant qu’elle puisse intervenir et parvenir à le retirer. Souriant et faisant mine que cela ne la dérangeait pas tant que ça, elle demanda à l’apothicaire si ses talents de couture étaient convenables. Sa réponse la fit sourire. Il n’avait donc jamais recousu d’êtres humains? Cela semblait assez surprenant. Elle s’était recousue elle-même à plusieurs reprises, les quelques cicatrices sur son corps pouvaient en témoigner.

Cependant, avant de la recoudre, il lui fallait l’aider à retirer les armes qui la gênaient. N’étant pas capable de se servir de son côté droit, en raison de la plaie, mais également de la perte de sang, elle ne pouvait pas atteindre certains étuis avec son bras gauche. L’assassin était ambidextre, ses étuis avaient donc été placés de manière à ce qu’elle puisse toujours dégainer deux lames simultanément. Sibylle se désarma donc comme elle put, puis indiqua à « James » que les armes étaient situées à la même place, mais de son côté droit. Elle omit cependant de lui mentionner qu’elle gardait des armes dans ses bottes et à ses cuisses, une dague sur chaque cuisse, dans un étui attaché à une jarretière. De plus, elle portait toujours son bracelet en or, qui en fait, se déroulait pour devenir une fine corde d’or dont elle se servait normalement pour étrangler ses victimes. L’apothicaire lui retira donc la lame qu’elle portait à son poignet et celle qu’elle portait à la taille. Il n’y avait pratiquement plus d’espace entre les deux assassins, et pendant tout le temps que son « docteur » s’exécutait, Sibylle ne cilla pas du regard, le fixant intensément tout en esquissant un petit sourire aguicheur. Elle avait toujours aimé tenter de rendre les autres mal à l’aise. Mais il ne rougit point ni ne trembla.

L’apothicaire la désarma, du moins des armes qu’elle lui avait montrées, puis prit ces dernières pour les mettre plus loin. Il laissa toutefois une dague près de son oreiller, lui signifiant qu’il ne lui ferait pas de coup bas, mais qu’elle restait armée si cela pouvait la rassurer. La Rose Noire sourit. Pensait-il vraiment qu’elle allait se désarmer complètement? Sa négligence antérieure était la raison pour laquelle elle s’apprêtait à se faire recoudre par un autre assassin. Non, elle resterait désormais sur ses gardes et c’était pour cette raison qu’elle avait gardé ses autres couteaux. « C’est très aimable de votre part. Est-ce à dire que vous ne me tuerez pas dans mon sommeil? Je suis ravie de l’apprendre. » Il lui apprit ensuite son nom; Fraghstoam. Cela lui allait définitivement mieux qu’un banal James. Cela faisait beaucoup plus, disons, hors du commun, voire menaçant. Tout le monde pouvait se nommer James, les gens extraordinaires ne pouvaient pas porter des noms ordinaires. Fraghstoam et son sa renommée étaient loin d’être ordinaires. Il lui tendit la main. Elle la serra. Le contraste de la main chaude du mercenaire et de la main glacée de Sibylle était assez saisissant. C’est à ce moment qu’elle réalisa à quel point elle avait perdu du sang.

Fraghstoam s’affaira ensuite à chauffer une aiguille pour le travail de couture qu’il avait à faire. Si la jeune femme n’avait pas été aussi faible, elle l’aurait fait elle-même, mais elle savait qu’elle ne serait pas en mesure d’effectuer la tâche dans l’était où elle se trouvait. Il lui expliqua qu’il l’avait fait chauffer pour la stériliser. Elle le savait, bien sûr, mais elle n’avait pas vraiment la force de lui répliquer qu’elle n’était pas une jeune fille quelconque, mais bien une assassin de formation qui avait fait de prestigieuses études. Elle savait bien qu’il fallait stériliser une aiguille. Une fois la stérilisation faite, Sibylle vit qu’un léger cocon se formait autour de sa main brûlée. C’était donc ça son secret, il pouvait se régénérer. Ils en apprenaient définitivement de plus en plus l’un sur l’autre. Son guérisseur la pria alors de s’étendre à nouveau, ce qu’elle fit. En effet, cela allait faciliter la petite opération couture. Plus vite il lui faisait les points de suture, plus rapidement son sang allait arrêter de couler et elle pourrait reprendre ses forces le plus hâtivement possible. En parfait gentilhomme - cela semblait effectivement possible d’être un assassin galant, au grand bonheur de Sibylle, qui ne comprenait toujours pas pourquoi la majorité des assassins étaient des arriérés sociaux dépourvus de bonnes manières – Fraghstoam plaça un bras sous ses épaules et l’autre sous ses genoux afin de l’aider à se replacer convenablement. Comme elle avait hâte d’être à nouveau libre de ses mouvements. Elle détestait tellement dépendre des autres.

Agenouillé auprès de son lit, l’apothicaire enfila l’aiguille et entreprit ensuite de retirer le pansement de sa plaie. Lorsqu’il fut enfin prêt pour l’opération, il enfonça l’aiguille dans sa chair. Sibylle se mordit la lèvre inférieure lors de la première entrée de l’aiguille, puis se détendit pour la suite. Ce n’était pas la première fois qu’elle ressentait cette sensation, elle y était plutôt habituée. Elle ne quitta pas le mercenaire des yeux, s’assurant qu’il ne bâcle pas son travail. Elle avait certes des cicatrices, mais les coutures avaient toujours été effectuées très proprement. La Rose Noire était très perfectionniste. La couture ne dura pas longtemps, vu la longueur de la plaie. Après cela, Fraghstoam nettoya sa plaie et lui offrit un peu d’eau de sa gourde. L’assassin se rendit alors compte qu’elle était complètement déshydratée et avala goulument le liquide froid. Son regard croisa celui de son guérisseur et elle cligna des yeux en signe de remerciement. Cela n’était pas du tout dans ses habitudes de remercier les gens de vive voix, elle espérait que son interlocuteur saurait la signification de son geste. Il partit vers sa cape et revint vers elle quelques secondes plus tard, une petite fiole à la main. Doucement, il souleva la nuque de la jeune femme et l’intima de boire le contenu de la fiole. Cela avait un goût absolument atroce. Pourquoi les potions de cet homme goûtaient toutes les œufs pourris et la vase? Elle ne peut s’empêcher de grimacer. Lorsque la fiole fut vide, il reposa sa tête sur l’oreiller. « Vous savez ce qui goûterait vraiment meilleure que cette potion infecte et qui aurait probablement l’effet de me mettre de meilleure humeur, en plus de me réchauffer et de me donner des couleurs? Du vin. Ça vous aiderait peut-être à vous décoincer aussi, ça ne pourrait pas faire de tort. » Après tout, selon lui, elle devait rester enfermée dans cette cabane de bois, au milieu de la forêt, sans absolument rien faire pendant quelques jours. Ça voulait dire quoi quelques jours? Deux jours ou une semaine?

Fraghstoam planta son regard dans celui de Sibylle et elle le soutint. Il s’installait, dans cette minuscule cabane, une intensité à donner très chaud et à gêner n’importe quel intrus. Il lui suggéra de se reposer et lui dit ensuite qu’elle pouvait rester autant qu’elle voudrait. De toute façon, dans son état, où pouvait-elle aller? Elle regarda sa robe qui était dans un piteux état. Pratiquement en lambeaux, la peau de son ventre à moitié découverte, elle n’avait plus sa classe d’origine. « Oh et si cela n’était pas trop demandé, si vous pouviez me trouver quelque chose de décent à porter? Une robe de paysanne fera l’affaire. » Elle n’entendit pas sa réponse, l’adrénaline des derniers moments retombant. Elle ferma doucement les yeux et sombra dans le sommeil.
***

Sibylle passa les deux jours suivant entre la conscience et l’inconscience. Même consciente, elle était plus souvent dans les vapes que totalement alerte. Son corps était définitivement au plus bas qu’il n’avait jamais été. Elle avait quelques vagues souvenirs, tous incluant Fraghstoam. Elle se souvenait qu’il l’avait nourrie à quelques reprises. La bouillie n’était pas ce qu’elle avait l’habitude de manger, mais cela lui donnait tout de même des forces. Elle se rappelait aussi du goût immonde du fortifiant, qu’elle dut ingurgiter à trois ou quatre autre reprises. Tout le reste demeurait vague, des fragments de couleurs, de sons, de sensations, mais rien de très pertinent.

Lorsqu’elle se réveilla, le troisième jour après son traitement, elle pouvait percevoir les rayons du soleil à travers les planches de la cabane. Pour la première fois, l’assassin ne se sentait pas faible, congelée ou bien nauséeuse. Cela devait être un bon signe. Elle posa sa main sur sa plaie et se rendit compte qu’elle était beaucoup moins sensible. Lentement, la Rose Noire se redressa, s’assoyant doucement sur son lit. En tournant la tête, elle vit que Fraghstoam était toujours assis sur sa chaise, la regardant sans ciller. Tout en calculant ses gestes, elle pivota sur elle-même afin de s’asseoir sur le bord du lit et ainsi déposer ses pieds sur le sol. Elle sourit au mercenaire. « Je ne m’attendais pas à vous trouver encore ici. J’imagine que je vous suis redevable. Nommez votre prix. » Elle ne se doutait pas qu’ils seraient tous les deux en mesure de trouver un terrain d’entente. Se sentant assez forte pour se lever, elle se mit sur ses pieds et s’approcha de l’apothicaire. Elle se pencha et lui donna un baiser sur la joue. « Merci. »
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Dim 10 Avr - 12:43

Fraghstoam haussa un sourcil. Non seulement elle avait le culot de critiquer -encore- le goût de ses potions, mais en plus elle lui quémandait du vin? « Ça vous aiderait peut-être à vous décoincer aussi, ça ne pourrait pas faire de tort. » Elle était sérieuse là? Il venait probablement de lui sauver la vie et elle voulait l'envoyer quérir du vin comme un serviteur? Alors qu'elle était sûrement cherchée par des gardes? Le village devait grouillé de gardes, et Fragh n'était pas du genre à passer inaperçu en achetant du vin... Et il n'avait pas l'habitude de chiper des trucs. Il serra brièvement la mâchoire et la détendit rapidement avant de planter son regard dans le sien. Il lui dit de se reposer et qu'elle pouvait rester ici. Ce à quoi elle répondit, encore ce terrible culot, s'il pouvait aller lui chercher des vêtements.

L'assassin la dévisagea, incrédule, alors qu'elle semblait sombrer dans le sommeil. « C'est tout? » fit-il, sarcastique. Mais elle ne l'entendit pas. Il soupira ouvertement. De toute façon, elle n'était plus là. Il la considéra un instant alors que son visage demeurait légèrement crispé dans le sommeil. Elle avait beau joué les femmes fortes, elle ne pouvait pas se retenir de grimacer en dormant... Il fronça les sourcils. Pourquoi voulait-elle du vin pour le décoincer? Ce n'était pas la première fois qu'on lui sortait des commentaires ridicules dans le genre. Les gens étaient tellement subjectifs qu'ils ne voyaient absolument pas la puissance d'une personne objective telle que lui. Il eut un sourire en coin. Elle ne savait pas ce qu'elle perdait.

Haussant les épaules, il décida de la laisser se reposer un moment. Elle en avait grand besoin, et il n'allait certainement pas rester assis là tout du long à la regarder dormir. Il repensa à ses requêtes et secoua la tête. Il n'était pas son domestique! Pour l'instant, il pouvait aller faire un feu, nettoyer ses fioles et préparer d'autres fortifiants, elle allait sans doute en nécessité d'autres et il ne voulait pas en manquer. Si lui-même venait à en avoir besoin... Soudain il se sentait lasse. Il réalisa que les derniers événements l'avaient sans doute fatigué. Il se releva et alla s'installe directement sur le plancher, bien droit, en appuyant son épaule et sa tête sur l'armoire, et ferma les yeux. Il ne mit que quelques secondes et une douce lumière l'enveloppa, laissant son corps régénérer son énergie, tandis que son esprit entrait en méditation.

Le Maître des potions se réveilla deux heures plus tard. Il se leva en s'étirant et jeta un oeil sur Sibylle. Elle dormait profondément. Il prit son pouls et vérifia la température de son corps. Elle était faible mais vivante. Tant qu'il continua de veiller sur elle, elle était hors de danger. Il devait la nourrir par contre... il roula des yeux agacés. Dans quoi s'était-il donc embarqué. L'adrénaline partie, elle n'allait plus être qu'un amas semi-conscient en processus de guérison, que pouvait-il bien faire d'elle? Il ne pouvait pas la laisser là et partir, il devait rester et s'en occuper. Pourquoi? Aucune idée. Quelque chose lui disait qu'il ne pouvait pas la laisser mourir, et il s'était toujours fier à son instinct.

Il sortit donc faire un feu. Il y avait déjà un petit rond de feu, masqué et éparpillé par ses soins, qu'il prit soin de réunir. Il ramassa ensuite des branchages puis alla prendre la hache dans l'armoire, en jetant un oeil sur la femme endormir au passage et ressorti. Fragh entreprit donc d'aller fendre un petit tronc non loin qui avait commencé à mourir. Puisqu'il était déjà plus ou moins sèche, il brûlerait bien. De temps à autres, il s'interrompait et tendait l'oreille, puis reprenait son manège. Si elle se réveillait, il voulait pouvoir entendre. Avec le silence qui régnait dans la forêt actuellement, on n'entendait que le bruit mat de la hache sur le bois. Il était éclairé de la lune.

L'Ombre en laissa pour plus tard, voulant commencer le feu afin de faire de la nourriture, il commençait à avoir faim. Il entreprit donc d'allumer le feu, puis, alors que les bûches fraîchement fendues prenaient un peu de temps à brûler, il alla faire un tour, voir si les quelques pièges qu'il avait posé quelques jours plus tôt avaient faits des victimes. C'est ainsi qu'il revint avec deux lièvres et un blaireau qu'il entreprit de dépecer proprement. Il était aussi aller remplir son chaudron avec de l'eau, il y avait une rivière non loin, la rivière séparant les frontières justement, là où ils étaient.

Fraghstoam jeta quelques herbes dans l'eau lorsqu'elle eut bouillie assez pour être débarrassée de toxines probables, puis quelques racines afin de faire un bouillon fortifiant. Il ajouta à cela du sang des bêtes puis laissa bouillir pour que le tout épaississe, il y mêla ensuite de la viande qu'il avait préalablement hachée avec les outils qu'il avait à disposition. À chaque fois qu'il faisait des allers-retours à l'intérieur, il jetait un oeil sur Sibylle, s'arrêtant même de temps à autres pour vérifier son pouls et sa température. À l'extérieur, parfois il arrêtait tout mouvement pour s'assurer que c'était le calme plat à l'intérieur, puis poursuivait ce qu'il faisait. Il ne s'inquiétait pas. Bien sûr que non. C'était juste une... précaution. Ce serait dommage d'avoir fait cela pour rien.

Il prépara le surplus de nourriture pour le faire sécher lorsque le soleil se lèverait afin qu'il puisse avoir des réserves, à lui tout seul, il en aurait pour quelques jours, mais s'il devait la faire manger, la moitié allait passer en se faisant haché dans les prochaines bouillies... Il s'en fit cuire une bonne cuisse de lièvre qu'il mangea, puis retira la bouillie fortifiante -qui aurait meilleur goût cette fois- du feu et la laissa refroidir. Le soleil commençait à se lever. Il récupéra une écuelle et une cuillère dans l'armoire puis versa une quantité de la bouillie dedans. Le reste, il allait le réchauffer pour les prochains repas de la journée.

Tirant la chaise près de la tête de la jeune femme, l'Empoisonneur masqué la considéra un instant en hésitant. Il fallait la réveiller. Il faisait ça comment? Il ne pouvait décemment pas la secouer. Le silence pesant de la cabane lui rappelait à quel point l'appeler par son prénom semblait incongru pour un homme comme lui, mais l'appeler Mademoiselle serait encore plus étrange. Peut-être pouvait-il espérer que l'odeur de la nourriture, de la viande du lièvre entre autre, même en bouilli, saurait l'attirer hors de son sommeil? Elle devait avoir faim, elle n'avait rien avaler depuis la veille, et qui sait depuis quand encore avant. Il se releva et alla quérir la nourriture sur la table puis revint. Bon... il était à nouveau dans la même situation.

Finalement, son plan avait marché et elle finit par papillonner légèrement des cils. « Sibylle? Réveillez-vous. » Elle fronça les sourcils dans son sommeil. Il est certaine que la voix de Fragh n'était sûrement pas ce qu'il y avait de plus doux à ses oreilles. Il eut un sourire en coin. « Il faut vous nourrir. » Il prit sa main libre et la glissa sous sa nuque, ce qui acheva de la réveiller, en quelques sortes, elle sembla encore dans les vapes à quelque part. Son plan marchait plus ou moins. il se leva donc de la chaise et s'installa au rebord du lit et glissa son bras dans son dos, la relevant légèrement plus, offrant son bras comme support. Il la somma patiemment de se nourrir, ce qu'elle sembla avoir du mal à comprendre.

Dans un soupir qu'il voulut discret, de toute façon elle ne s'en souviendrait probablement pas, il se contenta de s'assurer qu'elle tenait l'écuelle sous son menton et entreprit de la nourrir de sa main libre. Elle ne chigna pas sur le goût, ni sur quoique ce soit. Il l'aida à se recoucher et alla nettoyer le tout plus loin. Il lui faudrait trouver un seau et ramener de l'eau. Il devait y en avoir un à la cabane à quelque part, il était sûr d'en avoir vu un. Son feu était mort lorsqu'il avait eut fini la bouilli, il laissa cela comme tel. Il ne voulait pas attirer l'attention. Il trouva finalement le seau et alla le remplir d'eau qu'il ramena à la cabane, puis entreprit de placer sa viande pour la faire sécher, tout en continuant son petit manège habituel pour s'assurer que Sybille vivait toujours. Il lui administra un nouveau fortifiant.

C'était l'heure de quérir des ingrédients afin d'en faire de nouveaux. Il passa donc la première journée à faire la cueillette non loin de la cabane de ce qui pouvait servir et/ou remplacer des ingrédients de son fortifiant. De temps à autre, il revenait s'assurer qu'elle allait bien. Lorsque le soleil fut haut dans le ciel, il mangea et alla ensuite la nourrir, puis fit une sieste, c'est-à-dire qu'il médita avec son pouvoir de régénération pour refaire son énergie. Il avait l'habitude de le faire dans le jour et de vivre la nuit. Il ne dormit que trois heures et retourna à sa cueillette. Lorsque le soleil commença à descendre, il revint faire un feu et entreprit de nettoyer tout ce qu'il avait utiliser depuis la veille et de préparer des fortifiants pour le reste du séjour de Sibylle, ainsi que pour plus tard.

Par contre, il ne prit pas la peine d'en modifier la recette pour les bons goûts de la dame. L'idée lui avait effleurer l'esprit... mais jamais l'assapothicaire ne se l'avouerait. Ce ne serait pas bien compliquer pourtant. Mais non. C'était impensable. Il ne vit pas le temps passer et ce furent des gémissements dans la cabane qui attirèrent son attention. Il se releva d'un bon en réalisant que le soleil avait presque disparu. Ses pensées s'étaient perdues dans le feu. Il se précipita dans la cabane et constata qu'elle avait seulement un sommeil agité. Il soupira, visiblement soulagé et s'approcha du lit. Dans la semi-pénombre, elle était toujours aussi séduisante. Elle avait légèrement repris des couleurs. Elle devait avoir faim aussi. Il lui administra sa dernière fiole de fortifiant, en attendant que le reste soit prêt, et alla réchauffer ce qui restait de bouillie pour son dernier repas de la journée, il allait manger ce qui allait en rester.

S'installant au rebord du lit, comme les deux fois précédentes, Fraghstoam eut un léger malaise alors qu'elle lui jetait un regard différent et que sa main, du côté dont elle souffrait le moins, s'aventurait vers lui. Il l'arrêta et la dévisagea. Elle délirait et le prenait pour un autre? Elle ne semblait pas pourtant du genre à cacher un homme dans sa vie. Il haussa les épaules et passa son bras pour la soutenir comme précédemment, encore là, elle semblait avoir des idées concupiscentes et son corps avait des mouvements langoureux. Il avait déjà eu à faire avec des femmes, des clients même, ainsi que des cibles, qui essayaient de l'allumer, et cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Mais pour une raison quelconque, l'attitude de Sibylle le rendait mal à l'aise. Peut-être était-ce parce qu'elle était endormie et n'avait pas réellement conscience de ce qu'elle faisait?

Il se racla la gorge, saisit sa main pour interrompre son geste à nouveau et la somma, moins gentiment que la première fois, de tenir l'écuelle et de se tenir tranquille. Elle soupira, visiblement déçue. Il fronça les sourcils, mais elle ne le regardait pas. Elle... s'était endormie? Il roula des yeux agacés et inspira profondément. Il n'était pas né pour être infirmier. « Sibylle...? Il faut vous nourrir... » Lui aussi il commençait à avoir faim d'ailleurs. Elle remua un peu et sa tête vint s'appuyer contre sa poitrine. Il se raidit. Mais elle n'alla pas plus loin. Elle dormait. Il replaça l'écuelle avant qu'elle se vide de son contenu sur ce qui lui restait de robe et en tortillant son épaule, il la redressa. Humm... Que faire?

L'Ombre soupira... et prit finalement l'écuelle, la posa sur la chaise, puis posa sa main sur le visage de Sibylle, sur l'angle de sa mâchoire, la base de la paume sous son menton. « Sibylle! Réveillez-vous! » Elle allait se passer de repas si elle ne se réveillait pas, il ne passerait pas sa soirée ici... Elle remua des lèvres et papillonna légèrement des cils, il insista, voyant qu'elle était sur le bord du réveil. « Il faut ouvrir les yeux si vous voulez manger. Il faut vous nourrir. » Finalement il eut gain de cause. Elle ouvrit les yeux et leva son regard vers lui. Il réalisa soudainement qu'il la tenait plus ou moins dans ses bras et lâcha son visage et détourna les yeux. Il ramassa l'écuelle et entreprit de suivre le même processus que les deux autres fois. Elle se rendormit rapidement ensuite.

Il prit quelques minutes avant de reprendre contenance, et alla terminer ses potions avec la vague impression que ce ne serait pas la dernière fois. Le reste de la soirée se passa devant son chaudron, l'humeur sombre. Finalement, il se sentit lasse et termina sa besogne, éteignit le feu, et s'installa à la belle étoile pour sommeiller sur un lit de mousse et de branchage, il opta à nouveau pour le pouvoir régénérateur, il nécessitait beaucoup moins d'heures de repos ainsi. Il se reposa cinq heures. À son réveil, la nuit était sombre et seuls quelques rayons de lunes pointaient. Il demeura étendu un moment, écoutant les bruits de la nuit. Que faisait le Maître des potions, étendu à l'extérieur de sa propre cache, pendant qu'une inconnue occupait son lit de fortune, une inconnue pour qui il jouait d'ailleurs les infirmiers?

Il devait se l'admettre, aujourd'hui il avait prévu d'aller au village lui chercher des vêtements de rechange. Tenir une femme dans ses bras ne lui faisait pas grand chose habituellement -pas que ça lui était arrivé souvent, mais on lui avait déjà fait le coup-, mais elle était en partie ensanglantée et sa robe était en morceaux. Peut-être que si elle était mieux habillée... bref. Il soupira. Quelle situation incongrue! Il était à fond dans l'inconnu en ce moment. C'était parfaitement inhabituel de sa part. En même temps, il doutait que Sibylle avait l'habitude de se faire empoisonnée par ses cibles. Ce devait être une situation tout à fait hors du commun pour elle aussi. D'ailleurs, tant qu'à penser à elle... il se releva et alla faire un tour dans la cabane pour ce qui était devenu une sorte du rituel et il prit ses signes vitaux. Elle prenait du mieux. Aujourd'hui il pourrait sortir sans s'inquiéter de son état.

Sortant de la cabane, il entreprit de terminer de bûcher, puis de faire un feu afin de préparer les repas les repas de la journée. Comme la veille, il hacha de la viande et y mis quelques herbes fortifiantes. C'était plutôt redondant comme goût, mais ça avait l'avantage de lui redonner des forces rapidement. Elle avait perdu beaucoup de sang et grâce à ce qu'il lui administrait, son corps pouvait se refaire rapidement, il n'y avait que la cicatrice pour quoi il ne pouvait pas faire grand chose. Dans une semaine environ, ou deux, il faudrait enlever le fil. Hum, d'ailleurs il devrait peut-être nettoyer... avec quelque chose de plus fort que de l'eau. Il soupira. C'était peut-être le moment d'aller acquérir de l'alcool. Il n'en traînait pas sur lui, puisqu'il se régénérait et n'en consommait pas. Il avait plusieurs choses à faire aujourd'hui. Il devait aussi aller se laver, et laver ses vêtements, il n'en avait pas d'autres. Pendant qu'elle dormait, c'était l'idéal, il pourrait sécher tranquille.

Fraghstoam termina la bouillie et entreprit d'aller la réveiller comme la veille et fit le même manège, cela se passa bien. Ce après quoi elle se rendormit et il attrapa ses choses sur la table et la chaise pour aller au village. Après un dernier coup d'oeil, il revint vers le lit et jeta un oeil sur la plaie. Tout était beau. Il partit, non sans un dernier regard vers son visage endormi et alla faire un tour au village. Il avait remis son masque et sa cape. Le soleil se levait, il se faufila donc dans les ombres. Dans une auberge de moindre qualité, où on ne lui passerait aucun commentaire sur son identité masquée, il acheta du rhum. L'odeur le fit grimacer, mais il n'y en avait qu'une petite bouteille, il ne voulait que désinfecter la plaie en surface, pour s'assurer qu'elle reste belle, même si elle l'était. Question de précaution. Ce serait douloureux, mais nécessaire.

Il alla ensuite dans l'auberge de l'avant-veille et s'assura, discrètement, d'où en était la situation concernant Sibylle. On la recherchait toujours, mais on la croyait morte plus loin et le problème de quelqu'un d'autre. Les recherches étaient un peu relâchées. C'était une bonne chose pour lui. Il acheta du vin et s'en alla. Il s'apprêtait à quitter le village lorsqu'il se souvint de la robe. Il grinça des dents. Comme s'il avait les compétences pour cela... soupirant, il revint sur ses pas. Il était déjà parti depuis deux heures, il n'aimait pas être parti si loin, si longtemps. Où pouvait-il acheter une robe? Il ne pouvait pas entrer dans une boutique! La voler? Il pourrait. Mais ce n'était pas son genre. Qu'était-il donc en train de faire pour une femme, pour l'amour du ciel...

Tout à son errements, il finit par revenir vers l'auberge, dans les ombres comme à son habitude, et eut une idée. Tant qu'à voler, aussi bien voler à ceux qui avait les moyens de s'en reprendre une autre. Pas qu'il avait particulièrement une conscience, mais seulement que ce n'était pas dans ses habitudes de faire chier le peuple non plus. Il longea le mur, se glissa derrière et jeta un oeil autour. Le soleil se levait doucement. La plupart des gens dormaient dur. Il escalade donc la parois, jetant un oeil par les fenêtres qu'il voyait. Il tomba sur quelques scènes lubriques, mais n'en fit pas de cas. Il avait vu pire, interrompu pire, d'ailleurs. Finalement, il trouva quelque chose de satisfaisant. Une valise ouverte sur le lit, et une dame qui s'apprêtait à prendre son bain, elle était en train d'enlever sa jaquette.

L'Ombre se glissa à l'intérieur de la pièce et prit une robe dans la valise, puis ressortit, ni vu, ni connu, telle le surnom qu'il portait, alors que la dame se glissait dans son bain dans un soupir. Il roula le tissu et le fourra dans son sac en sautant en bas, et s'en alla rapidement dans les bois. Une chose de fait. Revenu à la cabane, il vérifia l'état de sa « patiente », puis accrocha la robe à l'armoire. Elle était un peu fripée, il la brossa de sa paume puis haussa les épaules. Ce qu'il en avait à faire au fond... il entreprit de déballer ses acquisitions qu'il posa sur la table, puis de se débarrasser de son stock comme le premier soir. Il se démasqua, et posa sa cape. Au passage, il croisa le regard de l'assassine, endormie, qu'il le regardait. Il arrêta son geste et s'y arrêta. Ses paupières s'abaissait, puis se relevait. Il finit par simplement poursuivre et termina en déposant sa cape sur la chaise.

L'Empoisonneur masqué prit ensuite la bouteille de rhum et vint se placer sur la chaise qu'il tira près des ses hanches, il releva le tissu, sachant que le regard vert de la jeune femme le suivait. Il glissa une serviette qu'il avait prit dans l'armoire sous la plaie et versa un peu de liquide sur la plaie. Évidemment, elle poussa un gémissement, ce ne devait pas être agréable. La serviette absorba le liquide et il referma la bouteille. Au moins ça allait rester beau. Ce n'est pas l'environnement de la cabane qui était le plus salubre. Il alla réchauffer le dîner, tout en mangeant un peu de viande séchée de la veille, puis entreprit de la nourrir à nouveau, suite à quoi il prit ses signes vitaux. Par précaution, il lui administra un nouveau fortifiant, puis prit sa cape et son masque, laissant son arc et son sac.

L'assassin s'en alla ainsi au bord de la rivière, où il se déshabilla, et lava ses vêtements, en prenant bien soin de ne pas mouillé son équipement. Il accrocha le tout aux arbres et se laissa sécher. Il en avait l'habitude, il n'avait pas de vêtements de rechange et portait toujours la même chose. Ça ne lui était arrivé qu'une seule fois qu'on le surprenne alors que ses choses séchaient, mais il gardait des armes à proximité. Mais ça n'avait été qu'un groupe d'adolescente gloussante. Il s'en était rapidement débarrassé. Il n'était pas pudique et c'est sans gêné qu'il leur avait indiqué la direction à prendre. Sous le soleil de l'après-midi, ses vêtements ne mirent pas grand temps à sécher, ce fut donc environ une heure et demi plus tard qu'il fut de retour. Il fit un nouveau tour de ses pièges et ne revint qu'avec un lièvre, qu'il dépeça. Il passa le reste de l'après-midi à cuire l'animal et à tanner les peaux pour les revendre. Trois lièvres et un blaireau, ça lui ferait un beau petit revenu.

Suite à quoi Fraghstoam entreprit de la nourrir à nouveau, et passa le reste de la soirée à tourner en rond. Il s'occupa avec les quelques ingrédients qu'il avait à porter de la main. D'habitude, il était en mouvement. Le temps était long. Comme à son habitude des derniers jours, il resta à l'affût des bruits de la cabane, alors qu'il s'occupait à l'extérieur, au bord du feu. Il finit par éteindre le feu et entrer à l'intérieur, s'installant au sol, il se reposa, comme la première fois, sur le bord de l'armoire. De toute façon, il utilisait rarement de lit et dormait rarement. Son pouvoir était tellement plus efficace et lui évitait même les courbatures.

Lorsque l'assapothicaire se réveilla, il s'étira, puis soupira. Il alla s'asseoir sur la chaise et entreprit de prendre ses signes vitaux, mais cette fois elle se réveilla et son regard semblait conscient. Il retira prestement ses mains tandis qu'elle sortait des bras de Morphée. Il l'observa, impassible, tandis qu'elle se redécouvrait. Elle se redressa doucement et il n'intervint pas. Si elle se sentait assez forte... sa peau était beaucoup plus chaude que les jours précédent et son pouls était normal et régulier. Il n'y avait plus que sa plaie pour lui causer des soucis. Elle pourrait continuer seule maintenant, mais il doutait qu'elle puisse voyager déjà. Il n'avait jamais eu de plaie alors il n'était pas certain du processus de guérison exact, il n'en avait qu'observer.

Elle finit par s'installer au bord du lit, face à lui et lui sourire. « Je ne m’attendais pas à vous trouver encore ici. J’imagine que je vous suis redevable. Nommez votre prix. » Il haussa les sourcils. Un prix? Un prix... il n'en avait pas... Elle se leva puis se pencha près de lui. Assis, il lui arrivait à la poitrine, alors ce ne fut pas bien difficile. Elle lui embrassa la joue et il leva un regard surpris vers elle. « Merci. » Euhm... il n'était pas particulièrement habitué à ce genre d'attitude... Il baissa les yeux, mal à l'aise, puis se releva. La pièce était étroite, il la dépassait maintenant d'une bonne tête.

La proximité le rendit un peu mal à l'aise, mais il pouvait pas reculer sans tomber sur le lit. Il tenta de demeurer le plus impassible possible. En fait, ça se voyait probablement, pour des yeux aiguisés, qu'il ne se sentait pas à sa place, car son corps était raide comme une barre. Il détourna son regard de ces yeux trop intelligents et désigna la robe du menton, accrochée à l'armoire. « J'ignore si cela vous ira, mais c'est ce que j'ai pu trouver. » Il haussa les épaules. Il n'était pas couturier et n'avait pas l'habitude d'évaluer les femmes d'un regard. Il avait tout de même un oeil aiguisé et la femme qu'il avait vu faisait à peu près la même taille que Sibylle. Bon, elle était peut-être un peu plus grande... peut-être un peu plus ronde des hanches, maintenant qu'il la voyait debout... la poitrine aussi peut-être...

Le Maître des potions se passa une mains dans les cheveux, qui n'étaient, exceptionnellement, pas attachés ce matin-là. « Disons que la mode n'est pas mon domaine. » ajouta-il alors qu'elle examinait le vêtement. Elle s'était éloigné et il s'était enfin détendu un peu. Pour quelqu'un qui portait toujours la même chose, c'est sûr que ce n'était pas son domaine...! Sa blessure ne lui faisait pas mal, comme ça, debout? Elle était profonde pourtant. « Ça ne vous... fait pas trop mal? » Il hésita puis haussa les épaules. Après tout ce n'était pas de ses affaires. Il détourna les yeux et jeta un oeil dehors, par la fenêtre poussiéreuse. Ils étaient si loin du village qu'ils étaient presque seuls au monde ici. N'importe qui aurait profiter de la situation. Mais pas lui.
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Sibylle
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Mer 27 Avr - 22:44

Sibylle ne savait pas combien de temps elle avait dormi, passant de l’inconscience à la semi-conscience. Tout ce qu’elle savait, par contre, c’est qu’elle était en vie et à l’agonie, presque morte au bout de son sang ou bien complètement affamée. Elle devait sa vie à Fraghstoam, qui aurait très bien pu la laisser mourir en pleine forêt. Mais non. Il avait répondu à son appel au secours, alors qu’il n’avait aucune raison logique de le faire. Après tout, même si elle ne faisait que dans le meurtre et que lui avait un champ d’expertise varié, tout comme sa clientèle qui pouvait faire appel à lui pour plusieurs raisons, ils étaient collègues certes – enfin collègue était un euphémisme, mais également concurrents. Bien que la Rose Noire se plaisait – beaucoup trop – à prendre la vie des gens, tous le faisaient entre autre pour l’argent et la jeune femme n’échappait pas à cela. Il y avait bien une raison pour laquelle elle prenait presque exclusivement des contrats dans la bourgeoisie et la noblesse : ils étaient beaucoup plus lucratifs et elle adorait se vautrer dans le luxe. Qu’est-ce qui avait alors justifié le choix de l’apothicaire de lui sauver la vie et surtout de veiller à ce qu’elle survive? Une vague de sympathie? Il aurait très bien pu contrer le poison, arrêter le saignement, la recoudre et ficher le camp. Rien ne l’avait obligé à la nourrir, car il avait dû le faire, elle en avait quelques vagues souvenirs, et à veiller à ce que son état ne dégrade pas. Définitivement, l’Ombre n’était pas le genre d’assassin qu’elle avait eu l’habitude de fréquenter. Il se distinguait par un je-ne-sais-quoi, quelque chose de plus humain peut-être? Ou bien était-ce autre chose. Peut-être lui avait-il sauvé la vie parce qu’il attendait une faveur d’elle en retour. Un assassinat qu’il ne pouvait se permettre ou quelque chose du genre? Elle l’ignorait totalement et une telle sympathie envers sa personne lui était inconnue. Dans le monde où elle vivait, il y avait toujours un prix à payer. Elle se demandait simplement quel était celui du Maître des potions.

C’est lorsque Sibylle tenta de se relever qu’elle sut que son sauveur l’avait nourrie. S’il ne l’avait pas fait, elle n’aurait pas eu la force dans ses bras pour se relever doucement. Elle se serait tout simplement effondrée. En fait, tout ce qui compliquait sa tâche, était la douleur que provoquait sa plaie. Bien qu’elle ait été recousue, elle était encore extrêmement sensible, mais elle tenta de ne pas le montrer. Sibylle avait été entraînée à fonctionner peu importe la douleur. Il suffisait d’une bonne méditation pour qu’elle disparaisse. Après tout, le corps n'était qu’une enveloppe, une enveloppe que l’esprit peut contraindre à tout. De plus, si Fraghstoam lui avait apporté le vin qu’elle avait demandé, tout irait plus vite et elle n’aurait probablement même pas besoin de méditation. Cela serait toutefois temporaire. Puis, l’assassin, lorsqu’elle réussit à se redresser, se tourna face à l’apothicaire et posa les pieds au sol. Comme il était bon de sentir autre chose que ce lit. Ses jambes seraient-elles capables de supporter tout son poids? Seul un essai lui dirait. Cependant, avant de tenter de se lever, elle posa la question qui occupait son esprit depuis son réveil. Quel était son prix? Que voulait-il en échange de sa vie? Il pouvait lui demander n’importe quoi en fait. Bien que l’honneur était un concept assez variable pour la Rose Noire, elle respectait celui-ci. Lorsque que sa vie était sauvée, elle était redevable au sauveur, peu importe ce qu’il demandait, sauf si cela remettait sa vie en danger, ce qui serait un assez curieux paradoxe.

Avant qu’il ne réponde à sa question, qui semblait le laisser assez perplexe, l’assassin se leva – elle remercia secrètement les dieux de faire en sorte que ses jambes ne flanchent pas sous elle, cela aurait été assez honteux – et se pencha vers l’Ombre. Tout doucement, elle déposa un rapide baiser sur sa joue et le remercia. Il ne semblait pas habitué à ce type de remerciement – quoi que c’était également une première pour elle, elle ne remerciait les gens qu’en de très rares occasions – puisqu’il baissa les yeux au contact de ses lèvres sur sa joue. Puis, il se releva. Leur corps étaient très près l’un de l’autre, ils se touchaient presque. Alors qu’une telle proximité avec un homme ne causait aucun problème à la jeune femme, l’inverse ne semblait pas être une situation très familière pour l’apothicaire dont le corps était devenu très raide. Peut-être avait-il simplement peur qu’elle ne l’attaque, mais il devait savoir qu’elle n’était pas du tout en état pour mener une bataille et qu’il la gagnerait sans problème. Était-ce donc vraiment cette proximité des corps qui le gênait? Question d’en être sûre, mais aussi pour s’amuser un peu, elle s’approcha encore plus de lui. Il la dépassait d’une tête. Leur corps ne se touchaient pas encore exactement, mais un seul petit mouvement et cela se produirait. Sibylle planta son regard dans celui de son sauveur et se mordilla la lèvre inférieure. Son corps ressentait peut-être une quelconque fatigue, mais son esprit était bien éveillé, vif. Doucement, elle plaça sa main droite sur la poitrine de Fraghstoam et laissa flâner ses doigts jusqu’à son ventre. À travers les vêtements de l’apothicaire, elle pouvait sentir ses muscles, mais aussi son pouls qui s’accélérait lentement. Oh, ainsi elle produisait chez lui un quelconque effet. Satisfaite de ce constat, elle retira sa main et se recula quelque peu.

Puis, l’Ombre détourna son regard et désigna du menton une robe, accrochée à l’armoire. Ainsi, il avait vraiment obtempéré à ses demandes quelque peu, il fallait l’avouer farfelues quoi que légitimes. Définitivement, il était vraiment différent de la canaille qu’elle avait l’habitude de fréquenter, qu’ils soient nobles ou roturiers. La robe qu’il avait dénichée n’était pas une robe de paysanne. En plus, il lui avait rapporté de la bonne qualité. Décidemment, cet homme était très difficile à déchiffrer. Déjà la tâche était ardue en raison de son entraînement d’assassin, mais sa personnalité lui compliquait grandement la tâche. Sibylle s’approcha de la robe et toucha le tissu soyeux. La robe serait un peu trop grande, mais rien de désastreux. . Elle le vit se passer la main dans les cheveux qui n’étaient pas attachés, contrairement à toutes les fois où elle l’avait vu. Il marmonna que la mode n’était pas son domaine, ce qui justifiait en partie les quelques erreurs de mensurations. Mais cela importait peu à l’assassin. Cela valait beaucoup mieux que celle en lambeaux qu’elle portait présentement. Comme sa plaie la faisait encore souffrir, elle avait beaucoup de difficulté à délacer le corset qu’elle portait et qui était attaché à son dos. Normalement, c’était une bonne qui s’occupait de cela, peu importe où elle logeait. La robe que Fraghstoam lui avait dénichée n’avait pas de corset, elle n’aurait donc pas besoin de son aide pour l’enfiler Les femmes et leurs besoins n’étaient décidément pas son domaine d’expertise et il était évident qu’il n’était pas à son aise. L’apothicaire lui demanda ensuite si sa plaie lui faisait mal. Quel heureux hasard qu’il aborde le sujet! Elle avait justement besoin de son aide. Il avait détourné les yeux vers la fenêtre, mais elle décida tout de même de lui répondre. Après tout, elle ne pourrait pas se changer s’il ne l’aidait pas. Même si la perspective de le rendre mal à l’aise lui plaisait, elle était vraiment incapable de délacer son corset. « Cela est terriblement douloureux, je dois l’avouer. Mais j’aimerais bien revêtir ma nouvelle robe avant de retourner m’asseoir. » La Rose Noire s’approcha lentement de lui. « Cependant, la douleur m’empêche de délacer mon corset. Puis-je requérir votre assistance? »

Une fois près de lui, elle se retourna lui faisant dos. Elle plaça ensuite ses mains sur son ventre, afin de retenir le morceau de tissu qui allait tomber une fois délacé. La Rose Noire ne put s’empêcher de sourire lorsqu’elle sentit les doigts de l’homme sur sa peau. Elle ne se lassait jamais de cette sensation. Lorsque ce fut fait, l’assassin retourna vers la robe. Désirant faire durer le plaisir, elle retira celle qui était souillée, lentement. Elle ignorait si l’apothicaire avait détourné le regard ou non. Elle ne s'en souciait pas vraiment, étant très à l’aise avec sa nudité. Son dos offrait comme spectacle quelques cicatrices, traces de son métier. La jeune femme enfila ensuite la nouvelle robe, qui, comme prévue, s’avérait être un peu trop grande, mais pas trop. Elle était faite de velours et le doux tissu sur sa peau lui procurait un sentiment de sécurité. Comme le vêtement était un peu trop grand, le col large de la robe descendait et laissait découvrir ses épaules. Doucement, elle replaça ses cheveux sur sa nuque et ses épaules. Comme ils commençaient à devenir moins propres, elle changea leurs couleurs et leur texture pour un beau blond légèrement bouclé. Sibylle retourna ensuite vers le lit et remarqua au passage la bouteille de vin qui y trônait. Enfin, quelque chose pour faire passer la douleur. Elle s’approcha de la table. « Puis-je? » Sans vraiment attendre la réponse, elle prit la bouteille. Elle se dirigea vers l’armoire, à la recherche de contenant afin de boire le breuvage. Satisfaite, elle trouva deux verres en terre cuite et prit la direction du lit. Elle s’y installa – elle devait se l’avouer, sa plaie la faisait souffrir – et versa du vin dans chacun des verres. La jeune femme ignorait si Fraghstoam consommait de l’alcool, mais elle lui en proposa tout de même. Après tout, c’était lui qui se l’était procuré.

Sibylle prit une gorgée de vin et ferma les yeux pendant que le liquide se frayait un chemin à travers son corps. Cela lui faisait un bien fou. Cela prit quelques gorgées avant que la douleur ne s’estompe. Son regard se posa alors sur l’Ombre. Elle lui proposa de s’asseoir près d’elle, sur le lit. « Vous n’avez toujours pas répondu à ma question. Quel est votre prix pour m’avoir sauvé la vie? »


Si jamais à ta lecture tu trouves qu'il te manque de matière, n'hésite surtout pas à m'écrire ou à m'en informer, je vais ajouter le tout le plus rapidement possible. J'espère que ça va te plaire!
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Jeu 28 Avr - 17:26

Avant que Fraghstoam ne montra la robe à Sibylle, elle avait placé sa main sur son torse. Encore là, en ce moment, il sentait la chaleur de sa main à travers ses vêtements alors qu'elle plantait son regard dans le sien. Elle avait descendu sa main de façon suggestive, et il n'avait pas pu retenir son corps de raidir aux limites du supportable et son corps de bondir dans une course folle, qu'il avait refréné du mieux qu'il put. Le contact avait été aussi soudain que court, et elle s'était tourné vers la robe, le laissant souffler. Il posa une main sur son ventre, là où la main s'était arrêtée, alors qu'elle observait la robe qu'il lui avait ramener, en soupirant discrètement. C'était bien la première fois que son corps réagissait de la sorte.

Ses yeux se posèrent sur la nuque de l'assassin. Pourtant, ce n'était pas la première femme qui l'approchait. Des clientes, des collègues, des pions, des cibles même parfois, avaient essayé de le séduire. Il était toujours rester froid et indifférent. Ça ne l'avait jamais intéressé. Son corps avait eu quelques soubresauts, parfois, mais rien d'impressionnant qu'il ne puisse réprimer. Et voilà qu'il devait se retenir à grand renfort d'énergie pour ne pas s'étaler de honte devant elle! Il réagissait comme... comme... oui bah voilà, un puceau oui. Mais ce n'était pas dans ses habitudes. Un peu plus et il rougirait avec ça, pourquoi pas! Aller, un peu de contrôle! Tant qu'elle ne s'en rendait pas compte... Il faut dire que l'homme se croyait encore complètement impassible et ne se rendait pas compte que son corps l'avait déjà trahi, même si son visage était resté de marbre.

Après lui avoir demander si sa plaie lui était plutôt souffrante, elle lui répondit que c'était terriblement douloureux. Intérieurement, il se rembrunit, se demandant ce qu'il pourrait bien faire... Ah. Il la sentit s'approcher de lui, même s'il ne la regardait pas. Il baissa les yeux vers elle, et l'observa lui tourner le dos dans un mouvement gracieux alors qu'elle lui demandait de l'assistance. Même sale et souffrante, elle était terriblement séduisante. L'idée de l'aider à se dévêtir relança son coeur qui s'était à peine calmer de sa course précédente. Il inspira profondément, discrètement, puis avança des doigts sûrs vers les rubans afin de détacher ce corset. Et elle avait dormi deux jours avec ça sur le dos? Les femmes étaient des créatures masochistes.

Il défit les cordons un à un et le tissu pencha bientôt vers l'avant, lui dévoilant la peau nue de cette créature qui le troublait un peu trop depuis tout à l'heure. Pour l'avoir frôlé en délassant la robe, et plusieurs fois précédemment pour divers soins, il savait que cette peau était terriblement douce, et l'envie lui pris d'y poser une main, mais il se retint en fronçant les sourcils, puis son coeur repartit de plus belle alors qu'elle retirait lentement sa robe, après qu'il eut laisser tomber ses bras, maintenant inutiles, le long de son corps, ayant terminé sa tâche. Ses mouvements étaient terriblement lents, et il savait qu'il aurait dû détourner le regard, mais ses yeux étaient accrochés à la peau qui miroitait sous la clarté, aux quelques cicatrices qu'il percevait, ici et là, souvenirs sans doute semblable à celui qu'elle avait récolté deux jours précédents.

Une certaine chaleur se propagea dans son corps et il sentit ses oreilles chauffées. C'est alors qu'il se rendit compte qu'il s'était complètement laissé hypnotisé par la vision qu'elle lui offrait et il se secoua, et agitant vivement la tête de gauche à droite et fermant les yeux fermement. Il posa ses doigts sur sa tempe droite et implora les cieux qu'elle termine de s'habiller et vite. Lorsqu'il tourna la tête, après un bruit de froufrou, il constata qu'elle était habillée, et qu'en fait, elle avait aussi changer la couleur de ses cheveux et leur allure. La façon dont la robe, un peu grande, retombait sur son corps, cela lui donnait une indécence tout à fait sensuelle qui n'aidait en rien sa cause. Elle se retourna et il se raidit à nouveau.

L'apothicaire se détendit, elle ne venait pas vers lui, et se maudit intérieurement de cette réaction beaucoup trop évidente. Ce n'était absolument pas digne de lui. Pour quelqu'un qui ne laissait jamais rien paraître, il échouait lamentablement. Il inspira et expira, discrètement. Il se sentait légèrement étourdi et réalisa qu'il avait retenu son souffle en la voyant se retourner. Imbécile. « Puis-je? » Il baissa son regard sur elle. « Hum? » Mais elle n'attendit pas et attrapa la bouteille de vin. Ah. Il haussa les épaules. « Oui, bien sûr, c'est là pour vous. » Elle alla quérir des verres dans l'armoire et passa devant lui pour aller s'installer sur le lit, il s'écrasa sur le mur pour la laisser passer et s'écarta d'un pas pour la laisser aller au lit. C'était vraiment étroit comme endroit. Il avait besoin de prendre l'air...

Sibylle versa du vin dans les deux verres et lui en offrit. Il hésita, puis le prit pour ne pas la faire attendre. Il observa le liquide dans son verre, sans le boire. Il ne buvait jamais. Non pas qu'il craignait de ne pas tolérer la boisson, mais dans son métier, il n'aimait pas altérer ses sens. Surtout pas après le moment d'égarement précédent... de toute évidence, la seule présence de la jeune femme était suffisante pour l'étourdir. Il déposa le verre sur la table et secoua la tête lorsqu'elle l'invita à s'asseoir sur le lit. Il s'appuya au mur et croisa les bras sur sa poitrine, relevant sa jambe gauche légèrement. « Vous n’avez toujours pas répondu à ma question. Quel est votre prix pour m’avoir sauvé la vie? » Il la considéra un instant.

Le Maître des potions se voyaient mal lui annoncer qu'en fait, il n'avait pas l'intention de lui demander quoique ce soit. Il décroisa ses bras et passa sa main gauche dans ses cheveux en passant par le haut du crâne, tout en haussant les épaules. « Convenons seulement que, si un jour vous voyez mon nom sur la liste, vous passerez à côté... » Il lui offrit un petit sourire en coin. L'idée que Sibylle puisse recevoir le contrat de le tuer l'amusait, particulièrement en référence à leur première rencontre. Ça arrivait parfois, que des assassins en tue d'autres par contrat, surtout lorsqu'ils ne sont pas issus de la même guilde. Parfois même hors contrat, histoire d'éliminer la concurrence. Il n'avait pas peur de l'affronter, mais s'il pouvait éliminer pacifiquement de la concurrence, pourquoi pas?

Même si cela n'avait pas été sa motivation. Il ne pouvait tout de même lui dire qu'en fait, il avait agit par instinct. Lui qui réfléchissait toujours avant d'agir. Son instinct lui avait dit qu'il devait intervenir et il s'y fiait toujours, surtout quand l'intuition était si forte. Seulement d'habitude il prenait le temps d'y réfléchir avant. Cette fois, il avait juste... il n'y avait rien à dire. Il avait agit, tout simplement. Il plongea son regard dans celui de son interlocutrice. « Peut-être puis-je aider encore un peu, à soulager cette douleur, par exemple. » Il fit un mouvement de menton équivoque vers ses côtes. « J'ai quelque chose qui pourrait vous engourdir localement. » Il repensa à ce qu'elle lui avait dit plus tôt et sourit à nouveau, un sourire un peu plus sincère cette fois, pas seulement en coin, mais amusé encore.

« Il se pourrait par contre que l'odeur, la couleur ou la texture vous déplaise, Milady. » Tout en haussant un sourcil amusé, il avait prononcé le dernier mot sur un ton différent, qui, sans être moqueur, montrait qu'il utilisait le terme pour souligner le fait qu'elle s'était plainte à de nombreuses reprises de ses potions. Mais cette fois, ce ne serait pas quelque chose à lui faire ingurgiter, puisque c'était localement. Il s'en servait habituellement pour paralyser des attaquants et s'en sortir en combat sans tuer tout le monde, mais à petite dose, cela pourrait simplement engourdir son mal et la soulager. En fait, il en avait plusieurs sorte. Il pouvait prendre celui qu'il prenait en combat, qui agissait en dix secondes et qui provoquait une paralysie de trente minutes. Ou simplement en prendre un autre qui engourdirait une plus grande zone, prendrait plus de temps à agir, mais durerait plus longtemps. Le deuxième serait sans doute le mieux.

« Cela ne vous coûte rien de l'essayer. La journée sera longue sinon, il n'y a pas assez de vin pour toute la semaine. » L'Ombre alla fouiller dans les poches de sa cape et en ressortit une fiole, puis il prit l'aiguille sur la table qu'il avait utilisé précédemment avec elle. Il s'installa sur le lit à côté d'elle comme elle le lui avait proposé tantôt... puis se maudit intérieurement. Quelle idée stupide, elle allait devoir retirer sa robe maintenant. Il n'avait pas réfléchit, c'était quoi ça! Agir sans réfléchir! « Si vous voulez, ça peut aller à plus tard aussi... » C'était un peu idiot de vouloir reculer maintenant. Il se sentait vraiment comme le dernier des sots d'Enkidiev. Elle l'avait ensorcelé ou quoi? Il n'était pas lui-même, et là, assis sur le lit, la fil et l'aiguille dans une main, l'autre posée sur son genou, il fixait l'armoire devant en se répétant mentalement à quel point il était un idiot. Il avait oublié que cette robe là n'avait pas de trou vis-à-vis la plaie... Il n'osait pas la regarder, de peur d'y voir à quel point elle pourrait se moquer de lui. Quelle situation de merde... « ...ça vaut mieux, oui. » Et il un mouvement pour se lever.

[Bon, si tu manques de stocks, dit-le moi. J'ai pris un guess que t'allais accepter pour le poison. Tu peux soit relever ta robe jusque là, ou la retirer jusqu'au hanche (puisqu'elle est trop grande aux épaules ça devrait bien se faire), ou le laisser se lever dans la honte xD Si tu le laisses se lever, dit-le moi, je vais rajouter du contenu pour que tu aies de quoi à répondre!]
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Lun 2 Mai - 15:42

Sibylle n’avait pas attendu que Fraghstoam donne son assentiment pour qu’il délace son corset. Après tout, il était le seul à pouvoir le faire et elle n’en pouvait plus de porter cette robe maintenant complètement gâchée. De plus, le corset ne facilitait pas sa respiration. Dire qu’elle avait passé deux jours dans l’inconscience totale tout en portant quelque chose qui ne devait pas faciliter sa guérison. Elle devait l’admettre, elle était surprise que son guérisseur ne l’ait pas retiré. Toutefois, peut-être son attention était-elle concentrée sur le fait de la garder en vie. Après tout, le morceau de vêtement ne mettait pas sa vie en danger. Minutieux sa réputation l’indiquait, il défit un à un les lacets qui retenait le morceau de tissu. Lentement, elle sentit que sa respiration se faisait plus profonde et surtout que la simple action de respirer devenait plus facile. Les femmes oubliaient parfois, lorsqu’elles portaient un corset sur une longue période, qu’elles ne respiraient pas à leur pleine capacité. Ce n’était que lorsqu’elles le retiraient qu’elles se rendaient compte à quel point il leur coupait le souffle. Mais c’était le prix à payer pour toutes les femmes de l’aristocratie. De plus, les robes à corset étaient beaucoup plus belles que celles qui n’en avaient pas. Comme la Rose Noire adorait le luxe, elle ne pouvait pas s’empêcher de porter ce type de vêtement. Aussi, il fallait l’avouer, cela avait l’avantage de bien tenir sa poitrine en place lors des combats, un luxe que n’offraient pas les autres robes.

Bien que l’Ombre faisait attention à ce qu’aucun contact ne se produise entre leur deux peaux, il ne réussit pas et il frôla celle de l’assassin à quelques reprises. Elle ferma les yeux pour profiter de ce moment. Combien de temps cela faisait-il depuis son dernier moment intime avec un homme? Autre que pour le travail, bien entendu. La jeune femme était très difficile en matière d’homme. Bien sûr, il lui arrivait souvent d’avoir l’une de ses cibles dans son lit. Le sexe avait toujours été le meilleur moyen de confier la confiance des hommes. Beaucoup d’entre eux ne réfléchissaient qu’en fonction de cela. Mais à quand remontait sa dernière aventure, pour son propre plaisir? Elle ne saurait le dire. Beaucoup trop longtemps en fait. Elle ne pouvait le nier, le Maître des potions exerçait sur elle une fascination qu’elle ne pouvait expliquer. Dès leur première rencontre, alors qu’ils devaient chacun tuer l’employeur de l’autre, elle avait su qu’il n’était pas comme les autres de leur espèce – les assassins. Il était au-dessus de cela, différent et beaucoup plus raffiné dans ses manières de faire. L’assassinat était pour lui un art, pas une nécessité. Bien sûr, elle se considérait elle aussi comme plus raffinée que la plupart des autres assassins. Elle ne tuait pas par poison, ce n’était pas son domaine, mais elle tentait de faire dans la subtilité, le plus souvent possible. Toutefois, elle appréciait toujours une bonne bagarre. Mais peu d’assassins pouvait se vanter de travailler dans l’Aristocratie. Pour cela, il fallait des manières, il fallait apprendre les codes de la cour, il fallait avoir une éducation de noble, ce qu’elle avait reçu avant son enlèvement. Beaucoup d’assassins ruinaient leur couverture en commettant des erreurs de protocole à la cour. Pour cela, la jeune femme se considérait, comme elle considérait Fraghstoam, au rang le plus élevé de la caste assassine. Voilà pourquoi il la fascinait autant. Puis, Sibylle l’avait revu, en compagnie de ce bougre et idiot de vagabond, Zackeriel. C’est à ce moment qu’elle avait réalisé qu’il l’attirait, bien qu’il semblait en être inconscient. Oh, elle ne l’avait pas montré non plus. Elle l’avait simplement réalisé. Bien qu’elle ne croyait pas au destin, elle trouvait cela amusant qu’il se soit retrouvé à la même auberge qu’elle lors de son contrat. Quelles étaient les chances? Elle ne pouvait le nier, elle prenait plaisir à toutes ces petites rencontres fortuites.

Ce fut le vêtement qui retomba qui tira l’assassin de ses pensées. Elle ouvrit les yeux brusquement et se dirigea vers la robe. Elle l’enfila lentement désirant attiser le désir chez l’apothicaire. Il ne l’avait pas admis ouvertement, mais la jeune femme avait senti son corps se raidir et son cœur s’affoler lorsqu’elle avait passé sa main sur son torse. Elle savait donc qu’il n’était pas tout à fait insensible à son charme comme il persistait à la convaincre, ou à se convaincre, elle ne savait pas. Toutefois, si elle devait passer encore quelques heures dans cette cabane, pourquoi ne pas s’amuser un peu. Elle en mourrait d’envie, son désir pour son guérisseur augmentant plus elle essayait d’attiser celui de ce dernier. Cependant, cette maudite plaie la faisait toujours souffrir, elle se doutait bien qu’elle ne pourrait pas s’adonner à une quelconque activité dans cet état. Le vin était, pour le moment, la seule façon d’engourdir sa douleur. C’est pour cette raison qu’elle s’était dirigée vers la bouteille et qu’elle avait pris au passage deux verres en terre cuite dans l’armoire de la cabane. Sibylle s’était ensuite assise sur le lit, puisque les endroits où s’asseoir manquaient dans ce lieu minuscule, mais qui fournissait une atmosphère des plus intimes. Elle versa du vin dans les deux coupes et en offrit une à Fraghstoam, qui la prit sans en boire. La Rose Noire reposa ensuite sa question. Que devait-elle lui offrir en échange de sa vie. Sa réponse la fit sourire. Simplement ça? Il aurait pu lui demander pratiquement n’importe quoi. Non pas qu’elle était insatisfaite de la réponse, elle préférait grandement ne pas lui devoir quelque chose d’immonde. « Je présume que cela peut s’arranger. J’accepte.» Ce qu’elle ne dit cependant pas, c’est qu’elle n’avait aucune intention de le tuer… pour le moment. On lui proposait des contrats, mais c’était elle-même qui choisissait ceux qu’elle exécuterait. Jamais on ne lui forçait la main. Cela était l’un des avantages d’être assassin pour son propre compte.

L’assassin prit une autre gorgée de vin et grimaça. Cette douleur était insupportable. Combien de temps cela prendrait avant qu’elle se dissipe? Comme s’il lisait dans ses pensées, l’apothicaire plongea son regard dans le sien et l’informa qu’il pouvait peut-être faire quelque chose pour soulager la douleur? Vraiment? Oui, sans hésiter. D’un mouvement du menton, il désigna ses côtes. Il pouvait engourdir simplement cette partie. Décidemment, il était vraiment doué. Beaucoup d’antidouleur se prenaient par voie orale et se propageaient dans le corps, ce qui réduisait son effet, mais qui aussi engourdissait le corps presque en entier, ce qui s’avérait dangereux. Un sourire se dessina alors sur le visage de l’Ombre. Il s’agissait de la première fois qu’elle le voyait sourire. Un vrai sourire, pas un sourire en coin timide ou narquois. Ce sourire lui procura un frisson intérieur qu’elle parvint à réfréner. Ce n’était pas le moment de perdre ses moyens. Pas encore du moins. « J’accepte sans hésiter. Je ferais n’importe quoi pour ne plus sentir cette douleur infernale. » Elle hésita quelques instants. Enfin pas n’importe quoi. « Enfin, n’importe quoi ou presque. » La Rose Noire avait cru bon de le spécifier. Elle savait qu’il ne voulait pas attenter à sa vie, mais elle le précisa tout de même. On ne savait jamais. Il la mit ensuite en garde contre l’odeur, la couleur ou la texture. Le « Milady » qu’il ajouta à la fin de sa phrase la fit également sourire. Il n’avait pas apprécié ses précédentes plaintes concernant ces concoctions? Il était peut-être le meilleur dans son domaine, mais ses potions manquaient définitivement de goût. « En guise de remerciement, je vous promets de faire des efforts pour ne pas commenter vos produits. » Sibylle savait fort bien qu’elle passerait sans doute un commentaire. Après tout, elle était habituée au luxe et au raffinement. Elle n’avait pas l’habitude de boire des potions au goût infect. Mais si cela pouvait soulager sa douleur et lui permettre de faire autre chose que de rester assise ou coucher, elle était partante.

Comme s’il sentait le besoin de vendre sa marchandise, le Maître des potions l’informa que la journée serait longue et qu’il n’y aurait pas assez de vin pour toute la semaine. Quoi? Encore une semaine à rester dans cette petite cabane? Cela acheva de la convaincre. Il n’était pas question qu’elle reste une semaine sans pouvoir bouger. Mais cela voulait-il dire qu’il resterait aussi une semaine avec elle? Si c’était le cas, ils auraient définitivement besoin de trouver quelque chose à faire, sinon elle deviendrait sans doute folle. Il n’y avait pas assez d’espace pour elle. Elle préférait les grandes villas, pas les cabanes rudimentaires au milieu de la forêt. « Vous n’avez pas besoin de me convaincre Fraghstoam, faites disparaître cette douleur intolérable. » Comme il n’avait pas accepté son invitation à s’asseoir près d’elle, l’apothicaire marcha jusqu’à sa cape pour y dégoter une petite fiole. Il prit ensuite l’aiguille qui reposait sur la table et revint près d’elle. Cette fois, il prit place près de l’assassin. À peine s’était-il installé qu’il semblait douter de sa proposition. Quoi? Il voulait remettre cela à plus tard? Il n’en n’était pas question! Comment osait-il lui proposer une solution satisfaisante pour se retirer de la sorte ensuite. Non. Sibylle n’en pouvait plus de cette douleur et il allait maintenant la faire disparaître. Il fit un mouvement pour se relever et elle le retint par le bras. Non, ça ne valait pas mieux. « Ne me privez pas du bonheur de ne plus ressentir cette intenable douleur. Si vous pouvez me soulager, faites-le. » La Rose Noire ignorait ce qui le poussait à se rétracter, mais elle n’allait pas le laisser faire. Elle vida son verre de vin d’un trait, puis s’en servit un autre. Elle but une gorgée et le posa sur la table près du lit.

Pour lui montrer qu’il n’était pas question de reculer sur cette proposition, elle porta sa main à son épaule afin de commencer à se dévêtir. C’est à ce moment qu’elle comprit. Elle se souvint de la raideur du corps de son compagnon lorsqu’elle l’avait touché et de l’accélération de son rythme cardiaque. Pour une raison qu’elle ignorait, il ne voulait pas la voir nue. Décidemment, il était vraiment différent des autres hommes. Cela n’arrêta pas l’assassin. Sa main à son épaule continua le mouvement qu’elle avait entamé. Lentement, elle dénuda son bras droit. La robe étant déjà un peu trop ample pour elle, cela lui facilitait la tâche. Elle n’aurait pas à se dénuder complètement, si cela pouvait rassurer quelque peu Fraghstoam. En abaissant le tissu, sa main frôla le bras de l’apothicaire qui était demeuré assis près d’elle. Il ne regardait pas, fixant l’armoire devant lui. Elle posa sa main gauche sur la joue droite de son guérisseur et d’un léger mouvement elle fit tourner sa tête dans sa direction. Elle plongea son regard dans le sien. Pourquoi tenait-il autant à ne pas la regarder? « Vous savez, ça ne me gêne pas du tout que vous me regardiez. » La jeune femme retira alors sa main de la joue de son interlocuteur. Elle entreprit alors de dévêtir son côté gauche, tout en continuant de regarder l’Ombre dans les yeux. Cela avait quelque chose de terriblement sensuel. La robe n’était pas assez ample pour qu’elle puisse abaisser seulement un côté. Elle devrait dévêtir le haut de son corps au complet, jusqu’à ses côtes où se trouvait la plaie. Lentement, elle découvrit chaque morceau de son corps, commençant par le haut de ses seins puis sa poitrine elle-même. Elle fit descendre le tissu jusqu’en bas de son nombril, ce qui lui permit de découvrir la plaie. C’était dorénavant le tour du Maître des potions de faire sa partie du travail.

Sans vraiment prêter attention à ce qu’il faisait autour de sa plaie, elle préféra regarder son visage. Il était concentré. Il n’était pas laid du tout. Elle se demanda si le fait de la voir à moitié nue continuerait à faire monter le désir en lui comme il montait en elle. Elle ne pouvait le nier, se dévêtir devant lui, si lentement, si intimement, lui avait procuré des frissons dans le bas de son ventre et avait fait jaillir le désir en elle. Sibylle avait l’habitude de relations sexuelles plus bestiales, animales ou tout allait parfois vite, parfois lentement. Toutefois, cela restait assez violent. Ce n’était pas ce qu’elle ressentait en ce moment pour Fraghstoam. Jamais elle n’avait autant pris son temps pour séduire un jeune homme. Allait-il succomber à cette retenue qu’il semblait s’imposer lui-même?

Lorsqu’il eut terminé, cela ne fit pas effet sur le champ. Comme elle vit que son guérisseur s'était levé sur le champ, elle se revêtit, à son grand regret. Elle aurait aimé qu'il soit entreprenant. Après tout, il avait une femme presque nue devant lui. Mais ce ne fut pas le cas. En attendant que la potion fasse effet, elle sirota son verre de vin, toujours assise sur le lit en observant Fraghstoam. Une trentaine de minutes plus tard, la douleur s’estompa graduellement. Elle ferma les yeux pour profiter de cet instant, mais également pour calmer l’envie d’embrasser l’apothicaire qui, malgré le fait qu'il s'était éloigné d'elle, n'avait toujours pas disparu. L’assassin ne voulait pas forcer les choses, mais elle se plaisait bien à essayer de briser la résistance de son guérisseur. Elle se mordit la lèvre inférieure et ouvrit les yeux, qu’elle posa sur lui.

Et voilà, j'espère que c'est assez! Je ne me suis pas rhabillée à la fin et je suis restée vague sur ta manière de fonctionner. J'élaborerai dans mon prochain post. Donc tu peux choisir ce que tu veux faire. Rester près d'elle ou bien t'en aller! S'il y a quoi que ce soit, n'hésite surtout pas, comme d'habitude. J'espère que ta lecture a été agréable.
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Fraghstoam
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Mar 3 Mai - 22:51

Sibylle sourit lorsqu'il poussa l'audace à l'appeler Milady. C'était particuliers d'observer ce sourire, sur un visage semblable, alors que la chevelure en changeait le cadre de façon assez impressionnante. Fragstoam ne doutait pas que l'assassin devant lui devait être tout un défi à attraper et devait revêtir un talent extraordinaire pour le camouflage, ce qu'il possédait dans le talent des ombres, elle l'avait dans celui de la magie en changeant d'apparence. Malgré cela, il avait l'impression qu'il pouvait la reconnaître n'importe où. Il n'y avait pas d'autres regards qui pouvaient le faire le douter de lui-même comme elle le faisait. Personne d'autre ne pouvait le faire sentir comme si son esprit s'embrumait et que son ventre s'agitait.

En fait, elle lui promettait de faire des efforts pour ne pas passer de commentaire sur ses produits, mais il doutait de l'efficacité de cette promesse. Quelque chose lui disait que c'était peu probable qu'elle se passe de paroles. Après s'être assis et avoir constaté son erreur, c'est-à-dire qu'il allait devoir la faire se déshabiller, il voulut se relever, mais elle fut prompte à lui saisir le bras en le sommant de ne pas la priver du bonheur de soulager cette douleur. Elle souffrait donc tant que cela? Il la dévisageait un court moment, un peu perplexe. Il ne savait vraiment pas quoi penser de cette femme. Un moment, elle agissait comme si de rien était, l'instant d'après, elle était vulnérable.

La jeune femme vida son verre d'un trait et il la considéra, l'oeil incertain, ne sachant trop ce qu'il devait faire... en fait oui, il devait attendre. Elle se resservit, but, et posa son verre près de celui de l'assapothicaire. Lorsqu'il vit qu'elle commençait à se dévêtir, il tourna son regard sur l'armoire devant eux et ne défigea pas de là. Pas question de la regarder faire. Même le simple chuchotement de son mouvement lui raidissait le corps et faisait courir son coeur dans sa poitrine. Il la sentit se pencher vers lui, et sa main, étrangement douce pour une assassin qui maniait la lame comme elle, pressa sa joue pour attirer son visage vers le sien.

La Rose Noire plongea ses yeux dans ceux de l'Ombre. Il sentit son pouls s'accéléré à nouveau brutalement. Il fronça les sourcils. Il ne voulait rien laisser paraître. « Vous savez, ça ne me gêne pas du tout que vous me regardiez. » Le visage de Fraghstoam afficha une certaine stupeur alors que ses sourcils se haussait et sa mâchoire s’entrouvraient légèrement, mais ses lèvres demeurèrent closes. Rapidement, il serra la mâchoire et reprit son visage impassible, du mieux qu'il put... Elle retira sa main, mais il ne put pas vraiment détourner le regard, car elle ne le quittait pas des yeux.

Et il devait réussir à rester de marbre? Alors qu'elle le regardait droit dans les yeux, son regard brillant d'une lueur qui lui faisait de drôles d'effet? Des frissons dans le dos, une chaleur se propageant dans son corps, ce même corps qui était tendu comme la corde d'un arc. Il avait déjà vu des femmes se déshabiller devant lui, mais c'était... différent. Pour une raison quelconque, celle-ci éveillait ses sens plus que n'importe quelle autre. Lorsqu'elle découvrit ses deux épaules et commença à abaisser le tissu, il ne put s'empêcher de retenir légèrement son souffle, et ne put soutenir plus longtemps son regard, sachant pertinemment que le sien avait du se faire troublé. Elle allait le croire faible de chair, ce qui n'était pas le cas.

En fait, il ignorait totalement à quel point il était résistant, alors qu'il se croyait si faible. Le Maître des potions se voyait actuellement comme quelqu'un ne sachant plus résister, alors que d'un point de vue extérieur, il avait un self-control et un sang froid plutôt hors du commun. Quelle ironie. Il prit une inspiration en fermant les yeux puis reposa son regard sur Sibylle qui le regardait. La robe avait été baissée jusqu'au nombril, c'était donc à lui d'agir. Bon, et bien... soit! Il se redressa pour s'agenouiller au sol face à elle, sans pouvoir s'empêcher d'être terriblement mal à l'aise. Le bout de ses oreilles pointues devait sans doute se confondre dans la couleur de ses cheveux... il fit mine de rien.

Cela disparut rapidement, car l'Empoisonneur masqué reprit rapidement le contrôle de lui-même en se concentrant sur sa tâche. Il défit délicatement le bandage, en prenant soin de ne pas poser son regard sur le poitrine qui pointait tout près de sa tête, dégageant ainsi la plaie et sa zone de travail. Débouchant la fiole qu'il tenait dans sa main, il glissa la ficelle qui était fichée dans l'extrémité intérieure du bouchon sur les rebords du verre pour l'égoutté, puis sur la peau de Sibylle, il tourna autour de la plaie, puis passa par-dessus les points de suture, imbibant la peau d'une légère quantité de liquide. Elle devait sentir que c'était froid, et puisque le liquide était légèrement vaseux, ça ne coulait pas. La sensation faisait un peu penser à de l'argile, mais en plus liquide. L'odeur... bref, une petite visite dans les marécages. Cela n'indisposait nullement Fragh.

Ceci fait, il prit l'aiguille, la passa sur la ficelle, puis reboucha la fiole et entreprit de faire de légère piqûre à quelques endroits précis sur la peau autour de la plaie. Ce n'était rien de bien douloureux et il piquait légèrement. C'était comparable à de l’acupuncture. Concentré dans son travail, il en oublia sa nudité, il en oublia qu'elle l'observait. Il termina enfin ce qu'il voulait faire et entreprit de replacer le bandage correctement et, après avoir vérifier que tout était beau, se releva debout. Son regard tomba sur la nudité de l'assassin et il détourna le regard, mal à l'aise. Il rangea son équipement. Puis, ne sachant que faire de sa peau, de ses mains, de sa tête... il prit le verre de vin et le but d'un trait, puis il grimaça. Beurk, il n'était pas un grand buveur de vin, mais cela ne se buvait certainement pas comme ça!

Elle se rhabilla, et il l'observa du coin de l'oeil. Lorsqu'elle eut finit, il se tourna vers elle. L'apothicaire lui adressa un sourire un peu incertain, mal à l'aise, de toute évidence. « L'odeur se dissipera rapidement, la douleur aussi. S'agit d'être patient. Cela n'agira que quelques heures par contre, après je... il... » Il passa une main dans ses cheveux et regarda par la fenêtre. « ... faudra réappliquer. » Il remarqua soudainement qu'il tenait toujours son verre dans les mains et le tripotait nerveusement. Il le déposa sur la table. Oh et puis, tant qu'à y être... il se resservit, et entreprit de le siroter, comme elle le faisait.

Au bout d'un moment, il alla de nouveau s'asseoir sur le lit, laissant un certain espace entre elle et lui. Le plus qu'il pouvait du moins dans cet espace réduit. Il put voir que le poison faisait effet lorsqu'elle se détendit soudainement en fermant les yeux. Bien qu'il ne la regardait pas directement, il l'avait vu du coin de l'oeil. Il tourna son regard vert forêt de nuit vers elle. La façon dont elle se mordit la lèvre attira son regard vers celle-ci, ça lui donnait envie de croquer dedans à son tour... il secoua la tête et soupira. Il se sentait engourdit. Il jeta un coup d'oeil au vin. Il buvait peu souvent, mais ce ne pouvait être dû à cela. Il soupçonnait un mélange de l'effet de l'alcool avec la présence de Sibylle, elle dégageait quelque chose qui lui embrouillait l'esprit.

Lorsqu'il ramena son regard sur elle, elle le regardait. « Vous vous sentez mieux? » s'entendit-il demander. Il fronça les sourcils, regarda son verre et déposa celui-ci sur la table de chevet. Mieux valait ne pas le retoucher tout de suite, il serait bien curieux d'éclaircir le mystère de l'assassin, mais il aurait l'air d'un bel abruti si elle n'avait aucun pouvoir et que son trouble n'était dû qu'à une attirance physique à laquelle il n'était pas coutumier. Valait mieux qu'il garde le silence là-dessus et ne tente pas d'éclaircir son trouble. « C'est le mieux que je puisse faire... » Il passa une main dans ses cheveux par le dessus de sa tête et les ramena derrière sa nuque en une queue de cheval qu'il n'attacha pas. Il n'avait pas sa lanière de cuir sur lui, elle était sur la table. Il ramena son regard vers elle et plongea son regard impassible dans le sien.

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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Mer 4 Mai - 22:38

Pourquoi s’obstinait-il à ne pas la regarder? Ne la trouvait-il pas belle? Ne lui faisait-elle pas un certain effet? Alors que Sibylle avait commencé à retirer le haut de sa robe, Fraghstoam s’était contenté de regarder fixement l’armoire qui se trouvait devant lui. La plupart des assassins et mercenaires qu’elle avait fréquentés n’auraient pas hésité à se saisir de l’occasion pour … aller plus loin. Au début, elle avait pensé que cela était une tactique pour qu’elle se dénude, mais elle s’était manifestement trompée. Seul un désir médical avait poussé l’apothicaire à lui faire cette proposition. Pourtant, elle n’était pas dupe. Elle savait bien qu’il ressentait une attirance physique pour elle. Le seul contact de sa main sur sa poitrine lui avait permis de s’en rendre compte. On pouvait contraindre le visage à feindre l’indifférence, mais le corps pouvait souvent trahir les apparences. Et c’est ce qui était arrivé lorsqu’elle l’avait touché. Alors pourquoi diable ne faisait-il aucun mouvement vers elle. À croire qu’il était puceau. Mais cela était pratiquement impossible. Seuls les prêtres pratiquaient la chasteté, et encore, certains étaient bien connus pour leur lubricité. Pourquoi alors ne la regardait-il pas? Pendant un instant, elle avait douté de sa beauté, mais elle avait vite repoussé cette idée. L’assassin était reconnue pour sa beauté et elle s’était toujours grandement affirmée. De plus, elle avait énormément confiance en elle et cela jouait aussi sur l’impression qu’elle laissait sur les gens. Mais enfin bon. Elle allait certainement réussir à briser sa résistance, mais elle se doutait que cela prendrait plus de temps que ce à quoi elle était accoutumée. Toutefois, ce qu’elle ressentait pour l’Ombre valait sans doute la peine d’attendre. Elle n’avait jamais ressenti une passion aussi ardente.

La Rose Noire décida donc de prendre les choses en main et ainsi forcer Fraghstoam à la regarder se dévêtir. Peut-être cela susciterait-il un certain intérêt chez lui? Ou peut-être était-il beaucoup trop courtois pour regarder une dame se dévêtir. Après tout, selon les convenances, il fallait bien détourner le regard. Mais les convenances n’avaient pas lieu d’être dans cette minuscule cabane ou la tension montait à chaque seconde. Bientôt, elle exploserait s’ils ne laissaient pas libre cours à leurs émotions… sensuelles. Enfin, c’était ce que ressentait la jeune femme. Elle espérait bien ne pas avoir à sortir de cet endroit insatisfaite. Cela serait bien cruel. C’est donc pour cette raison que Sibylle avait posé sa main sur le visage de son guérisseur. Sa peau était douce. Puis, elle le força à la regarder dans les yeux, à la regarder retirer sa robe lentement, sans se presser, simplement pour qu’il profite du moment. Les sourcils du Maître des potions se haussèrent. Cette requête était-elle si inusitée? Un peu pour l’envoûter, tel un serpent, elle retira sa main, mais ne le quitta pas du regard. Comme elle aurait aimé qu’il pose ses mains sur son corps à ce moment précis, mais il n’en fit rien.

Sibylle finit par retirer tout le haut de sa robe et elle était désormais prête à faire disparaitre la douleur. Il s’agenouilla devant elle, tient c’était une position intéressante. Cependant, l’Ombre avait repris son masque de guérisseur et il portait maintenant toute son attention à la plaie de la jeune femme. Il défit son bandage, qu’elle avait presque oublié, sans cela elle l’aurait sans doute retiré elle-même. Le contact des mains de l’homme sur sa peau lui procura aussitôt des frissons et un petit spasme. Elle ferma les yeux de délice. Elle se prit à se demander s’il faisait preuve d’autant de douceur dans toutes les sphères de sa vie. Cependant, l’abominable odeur de la fiole vint la tirer de sa réflexion et aussi de la savouration du contact de leurs deux peaux. Il avait bien fait de la prévenir et elle lui avait promis de ne pas passer de commentaires. Mais diantre! Il devait faire exprès! N’avait-il pas une seule concoction qui n’empestait pas les marais pourris? Simplement cette odeur abjecte la convainquit de ne pas porter attention à ce que l’apothicaire faisait. Après tout, il lui avait déjà sauvé la vie, elle n’avait aucun doute sur son efficacité. C’est pourquoi elle se contenta de le regarder.

Lorsqu’il se releva, l’assassin attendit quelques instants avant de se revêtir. Peut-être allait-il enfin faire un quelconque geste dans sa direction? Après tout, cette tension déjà insupportable ne faisait qu’augmenter. Bientôt, l’un d’eux allait flancher. Sibylle voulait que ce soit le mercenaire qui flanche d’abord, par orgueil. Et puis, elle voulait qu’il lui montre qu’il la désirait, puisque cela restait assez ambigu. Il envoyait certains signaux positifs, mais aussitôt, des signaux négatifs venaient les brouiller. Il était décidemment un homme très compliqué. Cependant, lorsqu’elle le vit ranger son équipement pour ensuite caler son verre de vin d’un trait, elle comprit que la patience serait une fois de plus de mise. La jeune femme entreprit alors de se rhabiller. Il l’informa que la douleur se dissiperait rapidement, tout comme l’odeur, que cela ferait effet quelques heures et qu’ensuite il faudrait réappliquer la substance. Ah oui? Peut-être que cela sera moins malaisant pour son pauvre guérisseur la prochaine fois? « Je vois. Peut-être profiterez-vous un peu plus de la vue la prochaine fois. » Elle lécha sa lèvre inférieure avant d’ajouter. « Ou peut-être même aurez-vous la gentillesse de m’aider à retirer ma robe. » Puis, il se resservit un verre et, après quelques instants à rester debout, revint s’asseoir près d’elle. Enfin, près d’elle certes, vu la grosseur de la cabane, mais tout de même le plus éloigné d’elle qu’il pouvait également. Il faisait définitivement beaucoup d’efforts pour ne pas entrer en contact avec la Rose Noire, mais cela lui plaisait bien de le voir résister ainsi. Puis, la concoction fit effet. Elle se détendit sur le champ en fermant les yeux pour savourer l’absence de douleur. Se doutant que Fraghstoam la regardait, elle se mordilla la lèvre; cela avait toujours un certain effet chez les hommes. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, elle posa immédiatement son regard sur lui et il la regarda.

Il lui demanda si elle se sentait mieux. Oui, vraiment mieux. La douleur avait complètement disparu. Cet homme était un génie. « Je ne saurai vous remercier assez pour ce répit que vous m’offrez. Je me sens effectivement beaucoup mieux. » Elle cligna des yeux. « À vrai dire, je me sentirais d’attaque pour n’importe quelle activité. » Il lui indiqua ensuite que c’était le mieux qu’il pouvait faire. Cela était déjà beaucoup. Maintenant que pouvaient-ils faire pour occuper le temps? Sibylle le vit passer la main dans sa chevelure rousse pour après plonger son regard vert forêt dans le sien, d’un vert beaucoup plus pâle. L’assassin attrapa son verre de vin qui était sur la table et en but une autre gorgée. Elle décida alors de tester les effets de son antidouleur. Pouvait-elle marcher? Reposant son verre de vin sur la table, elle entreprit de se lever. Elle fit le tour de la pièce et ne ressentit absolument aucune douleur. Soudain, elle se rappela qu’elle était toujours armée. En effet, les dagues reposant dans ses bottes n’avaient pas été retirées, elle n’avait enlevé – avec l’aide de son guérisseur – que les armes qui l’empêchaient d’être confortable. Elle décida alors de s’assoir sur la chaise, près du lit afin de retirer ses armes. Commençant par la jambe gauche, elle releva le bas de sa robe un peu plus haut que nécessaire, découvrant non pas seulement son mollet, mais également une partie de sa cuisse. Tout en longeant la peau dénudée avec sa main, elle porta cette dernière jusqu’à l’intérieur de la botte où elle retira le premier poignard, qui longeait le côté extérieur de sa jambe. Elle retira l’arme, la déposa sur la table et retira celle qui était du côté intérieur de sa jambe. Ensuite, elle croisa sa jambe droite par-dessus sa gauche et retira les deux dagues, qu’elle posa aussi sur la table. Puis, prenant deux lames dans chaque main, la Rose Noire entreprit de les déposer plus loin, avec ses autres armes. Elle revint ensuite vers le lit, se reversa du vin. « Je vous ressers? » N’attendant pas sa réponse, elle remplit son gobelet. Elle but une longue gorgée avant de se réinstaller sur le lit. Bien que l’apothicaire avait pris toute les précautions pour s’éloigner d’elle, elle choisit de s’asseoir directement à côté de lui, sans espace. Leurs jambes se touchaient, elle pouvait sentir la chaleur que le corps de Fraghstoam dégageait.

Sibylle posa alors doucement sa main droite sur la cuisse gauche de l’apothicaire. Il ne fallait pas le brusquer, mais il fallait tout de même attiser son désir. De sa main gauche, elle reprit possession de son visage et comme elle l’avait déjà fait, elle le tourna vers elle. Comme elle rêvait d’embrasser ces lèvres. « Alors Fraghstoam. Comme nous sommes apparemment dans votre demeure, des idées pour occuper le temps? » Elle passa sa main gauche sur les lèvres de l’Ombre, avant de descendre sur sa gorge, puis sur son torse pour s’arrêter à son nombril. Puis, elle retira sa main pour la porter à sa propre chevelure maintenant blonde. Elle rassembla ses cheveux sur son épaule gauche, laissant son cou à découvert devant son compagnon. Ensuite, elle laissa balader sa main jusqu’à son épaule droite, pour descendre le long de son bras. Tout cela, elle l’avait fait en regardant le mercenaire, en lui offrant un regard à la fois de défi et de désir. Il restait simplement à voir s’il attraperait la perche qu’elle lui tendait.

HJ. Bon j'espère que j'en ai pas trop fait pour qu'il parte en courant. Elle lui saute pas dessus-là! Si jamais il y a quoi que ce soit et que tu trouves qu'elle en fait trop hésite pas, je vais modifier, comme d'hab.
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Jeu 5 Mai - 18:36

« Je vois. Peut-être profiterez-vous un peu plus de la vue la prochaine fois. » Si elle voulait le faire mourir, elle savait utiliser les bons mots. « Ou peut-être même aurez-vous la gentillesse de m’aider à retirer ma robe. » Fraghstoam s'était resservit un verre, pour se donner contenance. Cette femme n'avait vraiment pas la langue dans sa poche. Remarque, il en avait croisé des comme ça, mais les situations étaient différentes. Comme si elle avait besoin d'aide pour retirer la robe... Profiter de la vue... Ce n'était pas une vue désagréable, bien au contraire. L'avait-il froissé dans ses sentiments en refusant de la regarder? Les femmes étaient vraiment des créatures étranges. S'il l'avait regardé, il aurait été un pervers lubrique, mais en ne regardant pas, il était anormal et étrange, ou pire encore, c'est qu'il la trouvait indésirable. Il retint un soupir. Au fond, qu'en avait-il réellement à faire de tout cela?

Il s'était assis sur le lit en gardant ses distances. Malgré ce qu'elle pensait, Sibylle lui faisait vraiment beaucoup d'effet. Trop d'effet d'ailleurs. « Je ne saurai vous remercier assez pour ce répit que vous m’offrez. Je me sens effectivement beaucoup mieux. » Il hocha la tête, pour lui signifier qu'il acceptait ses remerciements. Le commentaire suivant par contre... Il préféra changer de sujet en lui disant que c'était le mieux qu'il pouvait faire, en passant une main dans ses cheveux. Elle but une gorgée de son vin, il en fit de même, et l'observa se lever et faire quelques pas. « Allez-y doucement dans vos mouvements, si la douleur n'est plus là, la plaie n'a pas disparu... » Il n'avait pas l'habitude d'utiliser ses poisons pour soigner. Ça lui faisait drôle en fait d'avoir empoisonné quelqu'un... pour son bien.

La Rose Noire semblait un peu concentrée sur ses mouvements, malgré lui, il en profita pour la détaillée. C'était vraiment une belle femme. Plus petite que lui, élancée, quoique musclée. Des trais gracieux. Il avait pu l'observer à son naturel, quand elle dormait. Elle n'avait pas réellement besoin de modifier son apparence pour être belle. La jeune femme arrêta ses mouvements et s'installa sur les chaises. Il haussa un sourcil. Hum... la voilà qui reprenait son jeu. Elle leva sa jambe et souleva sa robe. Imperturbable d'apparence, il suivit son petit manège des yeux. Mais son coeur s'était de nouveau accéléré. Ainsi donc, elle cachait des armes dans ses bottes! Il la regarda retirer les armes, et se trouva idiot de lui en avoir laisser sur le lit pour la rassurer, elle avait du bien rire de lui. Il baissa les yeux sur son verre.

L'Ombre tourna tout de même légèrement la tête pour suivre son manège du coin de l'oeil. Pensait-elle vraiment que ce genre de chose pouvait avoir un effet sur lui? Certes, il sentait une certaine chaleur se propager dans son corps, mais il n'allait certainement pas céder pour autant à son petit jeu. Ses paroles et son attitude étaient celles d'une femme qui espérait le faire venir à elle. D'un autre côté, n'avait-elle pas fait des gestes vers lui? Il ne savait pas quoi en penser. Avec les nouvelles lames de celle-ci sur la table, cela faisait un véritable attirail d'armée. Ses armes, plus les siennes... Il faut dire qu'il avait toujours toutes ses choses à sa ceinture, il ne l'avait pas retirée. Son couteau, son poignard, son nunchaku, sa besace, certaines fioles... son système de poulie avec des embouts de flèches... Ah mais non, pourquoi la retirerait-il, de toute façon?

Sibylle s'installa sur le lit, beaucoup, mais vraiment beaucoup trop près de lui, et lui resservit du vin, après le lui avoir demandé, mais avoir négligé d'attendre une réponse. Il soupira, sans le retenir cette fois. Oui, ça l'agaçait. Sa proximité aussi. Il s'était à nouveau raidit, comme une barre. Sa jambe gauche touchait celle de l'assassin et il son bras aussi, il pouvait sentir la chaleur de son corps, et aurait préféré s'en passer. Il se sentait coincer et n'appréciait pas la situation. Il but une plus longue gorgée du liquide pour se donner une contenance. À peine eut-il abaisser le contenant qu'elle posa une main sur sa cuisse, très légère, et approcha l'autre de son visage, le forçant à nouveau à la regarder. Il inspira et tourna le regard vers elle. C'était difficile d'admettre qu'il aimait bien ce contact, léger et ferme à la fois. Doux et chaud. Quelque chose en lui le poussait à fermer les yeux et à appuyer son visage dans cette main, mais il n'en fit rien.

« Alors Fraghstoam. Comme nous sommes apparemment dans votre demeure, des idées pour occuper le temps? » Sa main glissa sur ses lèvres, qu'il serra, puis descendit sur sa gorge et poursuivit son chemin sur son torse jusqu'à son nombril. Son pouls s'accélérait dangereusement et... il se sentait un peu devenir étroit... ce qui ne lui était jamais arrivé précédemment. Il se raidit davantage, il n'aurait pas cru cela possible, tellement que c'est à se demander si sa colonne n'allait pas craquer. Il n'avait pas quitter son regard brûlant des yeux. Il n'était pas particulièrement doué en langage humain, encore moins quand ça devenait intime, et encore moins quand il avait l'esprit embrumé comme maintenant.

La tension devint trop forte pour lui et il attrapa sa main pour la repousser et se leva brusquement en secoua la tête. C'était quoi cette situation? Il fallait se ressaisir! Si la guilde apprenait ça... il allait devoir retourner là-bas... vingt ans de torture de lavage d'esprit pour se nettoyer des sentiments et des désirs, et voilà qu'il se prenait au jeu pour elle. Jamais personne avant... mais justement en fait. Elle était la seule. Peut-être était-ce de la magie? Il se passa une main dans les cheveux et expira bruyamment, lui tournant le dos. Il se tourna finalement vers elle et s'adossa sur le côté de l'armoire. Il fronça les sourcils et croisa les bras sur sa poitrine. Visiblement irrité. Mais en fait, c'était plus le fait que ça marche qui l'irritait qu'autre chose...

« Vous vous jouez de moi? » Que voulait-elle? Une forme de paiement? Probablement pas, elle était au-dessus de ce genre d'attitude. Elle voulait vraiment juste le séduire? Mais pourquoi? Pourquoi les femmes voulaient-elles ce genre de chose? Elle n'était pas la première à lui faire ce genre de charme et il ne comprendrait sans doute jamais. Il secoua la tête et expira bruyamment, encore. Il plongea son regard perturbé dans le sien. De toute évidence, il ne comprenait réellement rien à ses intentions. Cet entraînement qu'il avait vécut l'immunisait contre les sentiments et lui permettait d'effectuer un travail impeccable, mais lui attribuait aussi une certaine naïveté... « Vous cherchez à accomplir quelque chose? » Il posa sa main droite sur sa hanches et passa l'autre dans ses cheveux, et la laissa derrière sa tête, à la base de sa nuque, en laissant retomber son coude sur son torse avec le ballant naturel. Sa posture montrait de la contrariété, son visage de l'irritation, et son regard semblait plus... perdu. Il avait toujours été honnête, mais quand on est habitué de rien ressentir, on montre rien, hein?
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Ven 6 Mai - 23:34

Installée sur le lit, près de Fraghstoam, Sibylle avait tenté de le séduire, croyant que comme tous les hommes qu’elle avait rencontrés, il succomberait à son charme. Après tout, ils étaient tous les deux, dans une étroite cabane et il avait soulagé sa douleur. N’était-ce pas pour une raison particulière? Lui aurait-il proposé s’il ne la désirait pas? Les hommes voulaient toujours quelque chose, c’est ce qui motivait leurs actions. L’apothicaire, aussi bienveillant semblait-il, ne devait pas être différent. Cependant, à la différence de bien d’autres hommes, l’assassin semblait bien encline à lui accorder ce qu’il désirait. Après tout, elle le désirait aussi. Combien de temps cela faisait-il depuis la dernière fois qu’un homme avait visité son lit? Non pas pour une mission, mais parce qu’elle le désirait bien. Trop longtemps, elle en était certaine. La Rose Noire avait croulé sous les contrats lors des dernières semaines et n’avait pratiquement eu aucun temps pour ses loisirs et plaisirs personnels. En fait, la luxure était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour enrayer sa soif de sang. Lorsqu’elle était dans les bras d’un homme, ce désir de tuer ne venait pas l’agacer. Bien que la sensation de prendre la vie d’un humain lui procurait autant de plaisir que l’acte sexuel, elle savait qu’au fond une telle soif n’avait rien de normal. Mais elle ne pouvait y résister. Elle adorait la sensation, cela faisait partie d’elle maintenant, et elle n’allait pas y renoncer. Souvent, elle se prenait à penser que même si elle n’avait pas été enlevée pas la ligue des assassins, elle aurait quand même terminé avec cette fonction. Toutefois, nul ne pouvait vraiment savoir. Ce qui surprenait le plus la jeune femme, c’était que cette soif de mort ne l’habitait pas en ce moment. La seule soif qui l’habitait était celle de la luxure, à sa grande joie, car l’honneur lui interdisait de tuer celui qui lui avait sauvé la vie.

Assoiffée par un désir insatiable, l’assassin avait tenté de séduire l’Ombre. Normalement, les hommes ne lui résistaient pas. Pour cette raison, elle avait fait usage de ses charmes usuels. Elle avait placé une main sur la cuisse du mercenaire et avait laissé l’autre se balader sur le corps de son compagnon. Toujours, selon sa méthode de séduction habituelle, elle avait porté une main à ses cheveux pour dégager une partie de son cou. Les hommes adoraient voir une nuque dénudée. Elle ignorait pourquoi, mais c’était trop souvent le cas. Peut-être la jugulaire était irrésistible, elle n’en savait rien. Cependant, contre toute attente, Fraghstoam n’eut pas la réaction espérée. Mais, alors que la jeune femme pensait qu’il allait flancher et succomber à son désir, le contraire se produit. Il repoussa la main qui était sur sa cuisse et se leva du lit. Quoi? Il osait lui résister? À croire qu’elle était une vulgaire fille de joie qu’on pouvait balayer d’un revers de main. Outrée, mais sans le laisser paraître, évidemment – elle ne laissait que très rarement paraître ses émotions – Sibylle le regarda passer la main dans ses cheveux. Mais qu’est-ce qui ne fonctionnait pas chez cet homme? Il lui faisait dos. La trouvait-il si laide? S’était-elle à ce point trompée sur lui? Cette raideur, cette accélération cardiaque qu’elle avait senties, étaient-elles fausses? Étaient-elles des produits de son imagination? Puis, lorsqu’il daigna enfin se retourner vers elle, il semblait fâché. Les bras croisés sur la poitrine, les sourcils foncés, il la regardait, comme si elle était issue du démon même.

Comme repentante, la jeune femme se mordilla la lèvre. Allait-il vraiment lui résister? La rejeter? La laisser à elle-même alors qu’elle avait encore besoin de ces soins? Puis il s’adressa à elle. Se jouait-elle de lui? Bien sûr que non. Ses intentions n’étaient-elles pas claires? Avec des paroles et des gestes aussi subjectifs, Sibylle s’était attendu à ce qu’il comprenne qu’elle le désirait, et pas juste un petit peu. Elle ne se donnait pas autant de mal pour beaucoup d’hommes. Il osait remettre son désir en doute? Ne comprenait-il pas qu’elle avait passé à deux doigts de la mort et qu’elle n’avait qu’un seul désir pour le moment? Celui de ressentir des émotions fortes? Il était guérisseur après tout, ses patients ne lui avaient-ils pas communiqué ce gente de besoin pressant lorsqu’on passait si près de la mort? Puis il la questionna à savoir s’il se jouait de lui. Bien sûr que non. Avait-elle l’habitude de jouer à des jeux. Bon peut-être dans la noblesse. Mais là, elle était elle-même, avec l’homme qui lui avait sauvé la vie. Bien sûr, elle s’était un peu amusée à le courtiser, mais l’assassin s’attendait à ce que ça fonctionne. Pas à ce qu’elle soit repoussée de la sorte! La Rose Noire le vit poser sa main droite sur sa hanche alors qu’il passait la gauche dans ses cheveux. Quelle position adopter? La jeune femme savait simuler toutes les émotions. Qu’est-ce qui ferait flancher la barrière que Fraghstoam venait de dresser? Le repentir? La maladie? La mort? Ou peut-être toutes ces options rassemblées?

Peut-être ne la désirait-il pas en fait. Peut-être l’avait-il véritablement sauvé en échange du fait qu’elle l’épargnerait dans une mission future. Peut-être la trouvait-il laide et repoussante? Si c’était le cas, et bien il fallait battre en retraite. « Je … je suis désolée Fraghstoam. Je ne sais pas ce qui m’a pris. » L’assassin passa maladroitement sa main dans ses cheveux et réajusta sa robe sur ses épaules, se sentant mal d’être aussi dénudée. « Je ne peux blâmer cela que sur les émotions ressenties durant ces dernières jours, monsieur. » Sibylle osa un regard sur le mercenaire. « Passer si près de la mort… j’aurais pu y rester si ce n’était de vous. Après toute cette peur, toute cette agonie, toute cette douleur… » Elle baissa les yeux et regarda ses mains. « Vous ne savez pas ce que c’est ce besoin de se sentir vivant après avoir frôlé la mort de si près… votre pouvoir vous permet de vous régénérer. Et puis cette cabane, si étroite … cette proximité… » La Rose Noire posa ses mains sur sa tête et s’autorisa à prendre quelques inspirations. Puis, elle fixa devant elle, n’osant pas regarder l’apothicaire droit dans les yeux… ce qu’elle avait honte… en apparence. Bien sûr tout cela n’était que pure comédie, elle voulait toucher une quelconque fibre chez l’Ombre, mais elle jouait à la perfection. La ligue des assassins lui avait bien appris à reproduire toutes les émotions possibles, peu importe les circonstances. Relevant la tête vers le Maître des Potions, elle le regarda de la tête aux pieds. « Je suis désolée… j’ai cru que je vous plaisais… mais manifestement je vous répugne… » La jeune femme s’approcha du bord du lit pour se relever. Elle prit une grande inspiration et ferma les yeux. Elle fit ensuite mine d’être étourdie avant de se mettre sur ses pieds et de vaciller légèrement. « Cette chaleur… je ne me sens pas très bien … Je vais sortir prendre l’air. »

Sibylle prit la cruche de vin, passa devant l’apothicaire et se dirigea vers la table pour prendre ses dagues. Sans même un regard pour son guérisseur, elle sortit de la cabane. Elle ignorait s’il l’avait suivie, mais elle espérait que son petit jeu de repentante avait fonctionné et qu’il croyait à sa mise en scène. Après tout, elle était experte dans cet art. Lorsqu’elle poussa la porte et arriva à l’extérieur, elle prit une grande inspiration, faisant mine que l’air frais lui procurait un plus grand bien. L’assassin s’avança, et lorsqu’elle vit que la lisière d’arme était à une distance respectable, elle but à même le goulot de la cruche puis la déposa par terre. Tenant ses huit lames dans la main gauche, elle décida que ce qui pouvait lui redonner le plus de contenance était de s’exercer au tir. Il y avait devant elle un tronc d’arbre assez gros qui pourrait servir de cible. Une à une, les lames passèrent de sa main gauche, à sa main droite et au tronc d’arme. Aucune d’elle ne se trouva ailleurs qu’à l’endroit précis où elle avait voulu les lancer.

La Rose Noire se dirigea ensuite vers l’arbre en question et délogea toutes ses dagues. Puis elle revint là où elle avait laissé la cruche et s’assied sur l’herbe fraîche. Elle déposa les poignards près d’elle. Sibylle sentait une présence derrière elle, mais elle ne pouvait deviner si elle était près ou si elle était restée sur le portique de la cabane. « Alors, comptez-vous m’abandonner ici, seule et livrée à moi-même? »
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Fraghstoam
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Dim 8 Mai - 17:36

[Je l'ai fini chez ma belle-famille, huhu! J'espère que ça t'ira!]

Devant lui, Sibylle avait l'air mal à l'aise de sa réaction. Fraghstoam ne savait plus où se mettre ou quoi dire. Elle s'excusa, et cela eut pour effet de le mettre mal à l'aise à son tour. Il ne s'attendait pas vraiment à des excuses. C'est juste que sur le coup, il avait tellement de tension dans son corps qu'il avait ressenti le besoin de rejeter la faute sur elle. Au fond, il était un homme, elle n'était peut-être pas coupable. Il pressa ses paupières l'une contre l'autre un instant, quelles pensées ridicules, il n'était pas supposé ressentir du désir. Il rouvrit les yeux pour la voir réajuster sa robe. Elle lui semblait tout aussi perdue que lui maintenant. Elle l'appela monsieur, il haussa un sourcil.

L'Ombre laissa retomber ses bras le long de son corps en considérant, perplexe, la Rose Noire qui s'étalait devant lui, blâmant la peur, l'agonie et la douleur... il aurait pu y croire de n'importe qui, mais sa réputation la précédait. Il ne savait trop comment agir. D'un côté, c'était crédible, probablement que d'habitude elle passait moins près de la mort... le poison était un catalyseur de la faucheuse plutôt puissant. Il y avait de quoi faire frissonner les plus forts. Il se massa la tempe de la main gauche, ne sachant que croire. « Vous ne savez pas ce que c’est ce besoin de se sentir vivant après avoir frôlé la mort de si près… votre pouvoir vous permet de vous régénérer. » Il afficha la surprise un quart de seconde. « Mon pouv... » puis il soupira. La brûlure avait dû le trahir. Pourtant, il pouvait frôler la mort lui aussi, il l'avait juste évité jusqu'à maintenant, mais il était conscient qu'il pourrait tomber sur plus fort un jour.

Son regard, perplexe, se posa à nouveau sur elle. Elle semblait troublée. Il n'était pas assez doué en signaux humains pour définir avec exactitude, mais il semblait clair que son refus la dérangeait. Il demeura silencieux, observant son manège, les sourcils froncés, les bras qu'il croisa sur sa poitrine à l'instant, cherchant à voir si c'était une performance ou non. Il savait qu'elle était une dure à cuire, comme tous les assassins généralement, mais pour le reste, il n'en connaissait pas long sur ses talents, à part qu'elle était maître dans l'art du camouflage, vu son pouvoir qu'il avait pu constaté par lui-même. Elle le détailla et il haussa un sourcil. « Je suis désolée… j’ai cru que je vous plaisais… mais manifestement je vous répugne… » Il ouvrit la bouche, mais la referma. Il ne pouvait décemment pas lui dire que c'était le contraire, il n'y avait pas meilleur moyen de se mettre les pieds dans les plats.

L'Empoisonneur masqué se voyait mal admettre qu'en fait, il sentait son corps frémir à l'idée de l'approcher. Que sa vue suscitait une douce langueur dans son esprit, ne serait-ce que ses yeux, dont l'éclat était reconnaissable, peu importe l'apparence qu'ils revêtaient. Que des frissons le parcouraient si rudement quand elle le touchait qu'il devait se raidir pour ne pas le laisser transparaître, et que ce seul contact créait en lui des lames de feu qu'il n'avait pas l'habitude de contrôler... non. Il ne pouvait pas décemment lui dire que c'était le contraire. Il l'observa alors qu'elle allait se relever, et fit un pas vers elle lorsqu'elle vacilla, prêt à la rattraper pour l'empêcher de se cogner, c'était assez étroit ici et il n'avait pas particulièrement envie de se coltiner une semaine de soin supplémentaire. Il n'avait pas l'habitude des soins et préférait nettement empoisonné les gens et s'en aller sitôt le travail terminé.

La femme assassin déclara qu'elle allait prendre l'air. Qu'il faisait chaud ici. Fragh se dit qu'il faudrait peut-être penser à se nourrir aussi, l'alcool ne faisait pas un bon déjeuner et déjà qu'elle n'était pas encore très forte... et qu'il venait de... l'empoisonner. Il la suivit des yeux alors qu'elle passa devant lui sans un regard, tout en prenant le vin et ses armes, toutes ses armes, puis sortit de la cabane. Il soupira bruyamment. Il jeta un oeil à son propre équipement et haussa les épaules. Il sortit derrière elle et s'appuya dans le cadre de porte. Il ne savait définitivement pas quoi en penser. Elle était folle, sans doute. Il la regarda s'avancer, boire du vin, déposer la cruche, et lancer ses armes. Elle allait ouvrir sa plaie... Elle était folle. Ou bien elle cherchait à se mutiler pour qu'il repose les mains sur elle?

Le Maître des potions secoua la tête en ayant l'oeil sur sa patiente qui marchait d'un pas trop léger vers ses dagues pour les retirer de leur socle. Sans un regard vers lui, elle revint vers son point de départ. Il demeura silencieux. Elle semblait sincère, il opta donc pour la croire. Peut-être qu'au fond était-ce un réel besoin de se sentir vivant...? Il n'en connaissait pas grand chose. Il enlevait la vie, il ne la redonnait pas, d'habitude. Bien qu'il avait ce qu'il fallait pour contrer ses poisons, c'était généralement plus pour lui-même. Il hésita une dernière fois, puis s'approcha, près à faire une trêve, mais décidé à tenir ses distances... autant qu'il le pourrait. « Alors, comptez-vous m’abandonner ici, seule et livrée à moi-même? » Il eut un léger sourire amusé.

« Bien sûr que non, je n'aimes pas faire de victime collatérale... » Il s'avança vers le rond de fond qu'il avait fait les jours précédent et s'abaissa pour y déposer des brindilles, auxquelles il mit agilement le feu avec quelques coups de pierre, tout en continuant de parler. « ... et le propriétaire de cette cabane pourrait revenir n'importe quand, et serait probablement tenter par une jeune femme blessée de votre calibre. » Il lui jeta un regard amusé en plaçant quelques bûches sur le feu. « Il perdrait évidemment. Vous n'êtes pas répugnante Sibylle... et vous le savez. » Il reporta son regard sur son travail en haussant les épaules. « Disons que... » Il arrêta son geste et hésita un instant. Il y avait suffisamment de bûches dans le feu. Il reposa celle qu'il tenait à côté du rond et frotta ses mains l'une contre l'autre en se relevant.

Fraghstoam se gratta derrière la nuque, sous l'oreille, dans un geste de perplexité, cherchant ses mots. Devait-il être honnête? Trouver une excuse? Se taire? Il alla chercher une chaudière plus loin qu'il avança près du feu et ramassa son chaudron qu'il avait laisser non loin. Il mit un fond d'eau dedans et plaça cela sur le feu, se donnant une contenance. « Cette situation est hors du commun. Je ne sais pas à quoi m'attendre de vous, vous ne pouvez me reprocher d'être prudent. » Ce n'était pas toute la vérité, mais ce n'était pas un mensonge. Il n'avait pas l'habitude mentir. Alors il préférait être franc, et cette demi-vérité était assez réaliste. Il plongea finalement son regard dans le sien.

Debout près du feu, il la dominait de toute sa taille, bien qu'elle soit plus loin. Il pointa ses côtes d'un geste de la main. « Vous devriez définitivement être plus prudente dans vos mouvements, cela ne fait que deux jours que votre plaie est recousue, les fils ne pourront être retiré que dans deux semaines, si je ne me trompe pas. J'en déduis donc que vous devriez restreindre vos mouvements d'ici là. Je ne serai pas toujours là pour vous recoudre. » Il haussa les épaules et alla chercher de la viande séchée à l'intérieur et des herbes avec lesquelles il ressortit. Il jeta le tout dans l'eau. Le déjeuner mijotait. Il commençait à avoir faim.
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Lun 9 Mai - 15:53

Le traitement que lui avait administré Fraghstoam s’avérait plus qu’efficace. Alors que Sibylle tenait toutes ses dagues par la pointe de la lame dans sa main gauche et que d’un mouvement rapide, elles passaient une à une à sa main droite pour ensuite se retrouver dans un tronc d’arbre, elle ne ressentait absolument aucune douleur, alors que selon toute logique, elle aurait dû en éprouver. La plaie se trouvait sur son côté droit, côté qui, pendant les tirs était susciter par l’assassin. Rien. Elle ne ressentait absolument rien. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Le Maître des potions était véritablement maître dans son art. Un atout important, à ne pas négliger certes. Cependant, il semblerait que la jeune femme avait heurté quelque sensibilité avec des approches un peu trop entreprenantes. Entraînée à réagir dans n’importe quelle situation, même les plus intimes, sa meilleure arme avait alors été le théâtre. Ce qu’elle avait dit au mercenaire était en partie vrai, en fait. Brûlait en elle ce besoin de se sentir vivante, de ressentir quelque chose de différent que la douleur. Des frissons, peut-être, la sensation d’une main sur la sienne, de lèvres sur sa peau, sur ses épaules, sur sa gorge, l’impression de pouvoir tout ressentir, l’impression de vivre et non d’agoniser. Et si l’agonie devait la suivre, elle agonirait de plaisir, de volupté, non pas de souffrance corporelle. Alors qu’elle émergea de ses pensées, la Rose Noire se rendit compte que tous ses poignards se trouvaient au centre de sa cible improvisée. Sans même être consciente de ce qu’elle faisait, elle avait continué à tirer. De toute façon, il s’agissait d’une seconde nature, lancer des couteaux. Inspirant profondément, elle avança vers l’arbre pour aller retirer ses armes, puis elle revint vers la cruche de vin.

La jeune femme déposa ses dagues près d’elle, sur l’herbe fraîche et elle décida de s’asseoir, son regard toujours fixé sur la forêt. Elle avait allongé ses jambes et utilisait ses deux mains, placées un peu derrière elle sur le sol pour se retenir. Fermant les yeux un court instant, elle put profiter d’un bref rayon de soleil qui vint doucement caresser son visage. Elle avait mentit à Fraghstoam. Bien qu’elle ressentait vraiment ce besoin de se sentir vivante, elle n’avait pas vraiment eu peur de la mort. On l’avait entraînée pour qu’elle y fasse face noblement, sans aucune frayeur. Mais elle s’imaginait que le commun des mortels la redoutait, alors qu’elle la voyait comme une bonne amie. Après tout, n’était-elle pas l’une de ses représentantes sur le continent? N’était-ce pas la Mort elle-même qui lui insufflait cette soif de sang? Non. Elle ne craignait pas la mort. Elle flirtait avec elle, pratiquement tous les jours de sa vie et cela lui provoquait un sentiment presque euphorique. Cependant, elle misait sur le fait que l’Ombre ignorait qu’un tel feu macabre brûlait en elle. Certes, il l’avait vue se battre et tuer de sang-froid lors d’une de leur précédente rencontre, mais savait-il qu’elle avait besoin de tuer autant qu’elle avait besoin de se nourrir? Probablement que non. Si oui, soit elle avait été trop négligente, soit en plus de se régénérer, il pouvait lire ses pensées.

Sibylle ouvrit les yeux lorsqu’elle sentit sa présence derrière elle. À quelle distance, elle l’ignorait, elle savait simplement qu’il l’avait suivie. Elle lui demanda alors s’il comptait la laisser seule. Oh elle pourrait sans doute survivre. Ces petites piqûres contre la douleur lui manqueraient sans doute, mais elle survivrait. Après tout, s’il voulait partir, elle ne pouvait guère le retenir. Il n’avait pas été obligé de faire tout ce qu’il avait fait pour elle. Oh ainsi, il ne la laisserait pas seule. Voilà qui était intéressant. Elle ne l’avait pas trop traumatisé. Cet homme était définitivement très difficile à déchiffrer. Mais cela consistait en un défi, et elle adorait cela. L’assassin aimait bien les jeux de l’esprit et elle adorait percer le voile que certains mettait entre eux et elle. Elle finirait par le comprendre. Au son des paroles de l’apothicaire, la jeune femme tourna la tête dans sa direction. Il se dirigeait vers un rond fait dans le sol, puis entreprit d’allumer un feu. Curieuse de le voir à l’action, elle roula sur le ventre pour l’observer, appuyant son menton sur ses mains placées l’une sur l’autre. Concentré sur son travail, il parlait sans la regarder. Lorsqu’il évoqua que le propriétaire de la cabane pourrait revenir et se laisser tenter par une jeune femme blessée, elle ne put s’empêcher d’esquisser un sourire. Elle aimerait bien assister à la scène. L’homme serait mort avant d’avoir complètement passé la porte. Puis, Fraghstoam se risqua même à un commentaire qui avait tous les airs d’une tentative de compliment. Bien sûr qu’il perdrait, mais elle appréciait tout de même de voir quelqu’un d’autre le dire. Puis il enchaîna, lui assurant qu’elle n’était pas répugnante et qu’elle le savait. Encore là, la Rose Noire esquissa un autre sourire. Elle le savait certainement, mais elle voulait simplement qu’il lui avoue. Après l’avoir repoussée, c’était la moindre des choses.

L’Ombre ajouta quelques mots, mais ne termina pas son idée. L’assassin détestait quand les gens faisaient cela. Pourquoi donc réprimer une idée? Il était vrai qu’elle avait l’habitude de dire tout ce qui lui venait en tête. Agacée par cette phrase en suspens, elle roula sur le dos et se remit en position assise. Comme son stratagème de retirer les dagues qu’elle portait dans ses bottes n’avait pas fonctionné, elle décida de les remettre à leur place. Quatre des huit dagues retrouvèrent donc leur emplacement dans les bottes de la Rose Noire. Qu’allait-elle faire des quatre autres? Leurs étuis se trouvaient à l’intérieur de la cabane et elle ne voulait pas les porter, cela pourrait être interprété comme un geste menaçant. Le mercenaire s’était relevé puis se gratta sous l’oreille. Elle le regarda mettre de l’eau dans un chaudron puis, à sa grande surprise, il termina sa pensée. Oh, il ne pouvait pas lui faire entièrement confiance, c’était vrai. Il planta ensuite son regard dans le sien, qu’elle décida de soutenir. Ce petit jeu de regards auquel ils se prêtaient depuis le début de cette aventure ne lui déplaisait guère. « Évidemment que je ne peux vous le reprocher. Vous seriez stupide de ne pas l’être et je serai moi-même bien idiote de ne pas faire de même. Après tout, nous faisons notre fortune en tuant des imprudents. »

Puis, il pointa ses côtes. Elle sentait déjà le reproche venir. Ne pouvait-elle pas s’amuser un peu? Vivait-il toujours sans danger, prenant toujours des précautions? Le danger était grisant, la jeune femme ne voyait pas sa vie sans. Quoi? Deux autres semaines à restreindre ses mouvements? Cela impliquait deux semaines sans meurtres? Impossible. Elle ne pourrait pas survivre. Elle serait comme affamée. Sibylle écarta cette pensée d’un minime hochement de tête. Elle verrait en temps et lieux. « Alors j’imagine que je vais aller ranger ces dagues, puisque leur utilisation me semble proscrite. » L’assassin se leva, prit ses quatre dagues dans une main, les autres ayant repris leur place dans ses bottes, et la cruche de l’autre. Elle se dirigea vers la cabane où elle entra et déposa ses dagues dans leur étui respectif, qu’elle laissa sur la table. Elle prit une gorgée de vin à même la cruche, puis ressortit pour aller rejoindre Fraghstoam près du chaudron. Elle déposa le cruchon par terre. La Rose Noire, qui se tenait à présent à côté du mercenaire se retourna pour le regarder. De sa main droite, elle fit marcher ses doigts sur le bras de celui qui était occupé à faire bouillir de la viande séchée, désirant attirer son regard vers elle. « Pour ce qui est des travaux de couture, j’ose croire que ne pensez pas que je ne suis pas en mesure de les faire moi-même. » Combien de fois s’était-elle recousue? Elle ne les comptait plus. Pourquoi lui avait-elle dit cela? Cela pourrait lui donner une raison suffisante de la laisser à elle-même, mais elle tenait à lui faire comprendre qu’elle n’était pas entièrement dépendante de lui.

L’odeur de la viande mélangée aux herbes lui fit se rendre compte qu’elle avait faim. Après tout, elle ne faisait que boire depuis son réveil, ce qui n’était peut-être pas la meilleure idée de monde. Consciente de ce qui était arrivée la dernière fois qu’elle avait trop approché l’Ombre, elle retira ses doigts de son bras et soupira. « Quelles activités me suggérez-vous donc pendant mon rétablissement? Vous devez vous douter que je ne suis pas le genre de femme à m’adonner à la broderie. » Elle passa sa main dans ses cheveux blonds les ramenant tous sur son épaule droite. « En pendant combien de temps encore me ferez-vous le plaisir de votre compagnie? J’imagine que vous avez des choses plus importantes à faire que de vous occuper de moi, ici, au milieu de nulle part. » Sibylle soupira de plus belle. Cette inactivité à venir la déprimait. La passivité n’était pas ce qu’elle appréciait le plus dans la vie. Découragée par cette perspective de tourner en rond dans une cabane, la Rose Noire décida de s’asseoir. Elle attrapa la cruche de vin et en but une autre gorgée. Au diable le fait qu’elle n’avait pas mangé. Le vin avait bien meilleur goût que cette sensation d’inactivité. « Je déteste me sentir comme un animal en captivité. Cette inactivité me pèse déjà. »

Bien sûr, elle se blâmait elle-même. Si elle avait été plus prudente, elle ne se retrouverait pas dans cette situation. De plus, comme Fraghstoam semblait résolu à éviter tout contact physique avec elle à moins qu’il soit nécessaire, son séjour dans la forêt promettait d’être bien long. Dégaina une dague de sa botte droite, elle se mit à la planter dans le sol, comme pour passer le temps. Elle avait l’allure d’un enfant qui boude, mais c’était un peu le cas. Elle se boudait elle-même, son inadvertance, son arrogance à un certain point. De plus, la soif de sang allait bientôt revenir, elle le sentait. Si elle restait seule dans cette demeure avec l’Ombre, cela allait peut-être devenir assez intense. Elle ne pouvait pas le tuer, elle était liée à lui par sa vie. Elle avait une dette envers lui. L’assassin soupira de plus belle et reprit une gorgée de vin. Elle porta ensuite son regard vers l’apothicaire qui était resté debout essayant de chasser sa déprime. « Alors Fraghstoam, qu’avons-nous au menu? » Il fallait qu’elle se change les idées. Il fallait qu’elle évite de penser à l’inactivité qui semblait l’attendre et elle ne devait pas penser à la mort. Toute distraction serait la bienvenue.
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Jeu 12 Mai - 16:51

« Après tout, nous faisons notre fortune en tuant des imprudents. » Fraghstoam sourit à son commentaire. Elle n'avait pas tort. Suite à quoi il lui signifia qu'elle n'était pas assez prudent quant à ses blessures. Ce commentaire semblait l'agacer. Tandis qu'il entrait dans la cabane pour aller chercher les ingrédients du repas, elle lâcha un commentaire qui le fit rouler des yeux. Elle pouvait bien faire ce qu'elle voulait de sa vie... mais il avait mieux à faire de la sienne que de passer son temps à s'occuper d'elle... surtout s'il était pour se sentir aussi troublé dès qu'il s'en approchait.

Après être aller déposer ses armes, celles qu'elle n'avait pas garder sur elle, Sibylle vint le rejoindre près du feu. Elle fit marcher ses doigts sur sa tunique le long de son bras et il lui jeta un regard en coin. Elle lui parla de la couture... il haussa un sourcil et eut un sourire amusé. Avait-elle été touchée dans son orgueil par son commentaire? « Loin de moi cette idée. » L'Ombre ramena son regard sur ce qu'il brassait. Il n'aurait pas à le laisser mijoter longtemps, la viande étant déjà séchée, il n'avait qu'à la ramollir un peu. C'était surtout pour mélanger les herbes. Il n'était pas un grand cuisinier, et ce ne serait donc pas de la grande gastronomie. Les herbes qu'il avait rajouter était seulement reconnue pour leurs vertus nettoyantes et énergisantes. C'était bon pour le corps après une blessure, en somme.

La Rose Noire retira sa main dans un soupir, Fragh la regarda à nouveau en tournant légèrement la tête, du coin de l'oeil. Il avait réussit à ne pas se raidir, bien qu'il en avait eut terriblement envie. En fait, peut-être avait-il eut une légère raideur dans le corps, mais pas si pire. Imperceptible! Elle lui demanda quelles activités il lui suggérait pendant son rétablissement. Il fronça les sourcils. Cela ne le regardait en rien et il n'avait nullement l'intention de se lancer dans cette discussion inutile. Le commentaire qui suivit le fit légèrement sourire en coin, à l'évocation de Sibylle qui faisait de la broderie. L'image était un peu amusante, elle n'avait absolument pas le profil.

« En pendant combien de temps encore me ferez-vous le plaisir de votre compagnie? » Il avait en effet beaucoup mieux à faire. Elle soupira à nouveau, il tourna un peu plus la tête vers elle. Était-elle déçue à l'idée qu'il parte? Il demeura silencieux et reporta son attention sur le plat qui mijotait. Il ignorait combien de temps il resterait ici. Il n'avait pas de contrat, ne manquait pas d'économie, il n'était en attente de rien, et faisait comme il en avait envie. Il pourrait rester ici un mois, ou deux jours de plus, cela ne ferait aucune différence dans ses affaires. Il doutait par contre de pouvoir endurer cette tension entre eux pendant un mois. Il ramena ses cheveux vers l'arrière en se passant la main dedans, par le dessus de son crâne, et se dit qu'il allait devoir les attacher prochainement. D'habitude, ils étaient toujours attachés.

Un mouvement attira l'attention du Maître des potions et il la regarda s'asseoir tout près, en buvant du vin encore, à même la cruche. « Je déteste me sentir comme un animal en captivité. Cette inactivité me pèse déjà. » Hum. Voilà qui expliquait cette attitude et ces longs soupirs. Il ne pouvait pas vraiment l'aider. Elle était la seule à s'être fait poignarder, il n'était en rien coupable de cette situation et n'allait se rendre responsable d'aucun blâme, si telle était son intention. Elle se mit à creuser le sol avec une de ses dagues et il eut un sourire en coin, amusé par ce côté boudeur qui donnait une toute autre dimension à la personnalité de la Rose Noire que sans doute peu de gens avaient pu constater, peu de gens en vie du moins.

Il en revint à sa cuisson. Il roula des yeux en entendant à nouveau un long soupir derrière lui. Mais quel enfant! Elle lui demanda ce qu'il y avait au menu. Au même moment, il décrocha le chaudron et le déposa sur une pierre plate plus loin, déjà suffisamment noircie pour constater qu'elle avait servie à cela précédemment. « Du lièvre. » fit-il, simplement. Puis il alla chercher deux écuelles, deux ustensiles et sa lanière de cuir pour ses cheveux. Il déposa la vaisselle sur la pierre et attacha ses cheveux bien serré et bien bas sur sa nuque, puis entreprit de servir avec la louche qu'il avait pris pour brasser le tout. « Vous avez faim? » Il se tourna vers elle, mais constata qu'elle avait déjà bougé. C'était une réponse plus évidente que n'importe quels mots.

Il lui servit son repas. « Tenez. » Puis il s'installa au sol pour manger, silencieusement. Mais vraiment... silencieusement. Il était peu loquace, l'Empoisonneur masqué. Lorsqu'il eut terminé, il soupira. Elle avait la langue bien pendue, personne ne pouvait le nier. « Je ne sais pas, Sibylle, combien de temps je serai dans les parages. » Il plongea son regard dans le sien, le visage sérieux. « Je n'avais rien planifié de tout cela, je me doute que vous non plus. Toujours est-il que nous sommes là en ce moment, alors je vous en prie, cessez de vous plaindre que vous n'avez rien à faire, je ne vous retiens pas... c'est votre blessure qui le fait. »

Fraghstoam leva les yeux vers le ciel qui s'était assombri et soupira. « Et ce ciel aussi, sans doute... Je reviens. » Il se leva et fit quelques pas, puis se retourna. « Je vais seulement vérifier les pièges, une tempête se prépare. Vous devriez rentrer... et il en reste si vous avez encore faim. » Il se retourna et s'éloigna dans la nature, en espérant qu'elle n'essaiera pas de s'enfoncer dans les bois, elle ne connaissait pas le coin et risquait de se perdre, qui plus est, les cieux noircissaient à une vitesse effrayante et commençaient déjà à gronder. Il pesta et partit au pas de course. Au bout de vingt minutes, il se mit à couler un fin crachat. Il avait récupérer un lièvre. Il termina de visiter les deux derniers pièges et revint au pas de course. La pluie redoublait d'intensité de minutes en minutes.

Arrivé à la cabane, il constata avec satisfaction qu'elle avait entrer le chaudron à l'intérieur, il arriva au pas de course devant la porte et ouvrit d'un coup sec et pénétra en trombes à l'intérieur en pestant bruyamment. Sans un regard pour ce qu'elle faisait, il jeta le lièvre sur la table, ouvrit l'armoire pour attraper une couverture et entreprit de s'éponger la tête. Ses vêtements étaient trempés... il soupira et défit sa ceinture qu'il déposa précautionneusement, il ne fallait pas péter les fioles de poisons qui y étaient accrochés, en l'épongeant du mieux qu'il put, puis entreprit de retirer sa chemise de cuir noire en prenant les deux extrémités du bas de chaque main en les croisant et en tirant dessus. Et hop, il était torse nu.

Il entreprit ensuite de s'essuyer les pantalons en soupirant, mais préféra les garder, puisque Sibylle était dans la cabane et aux vues de son attitude précédente... il n'était pas pudique, loin de là. Il pouvait se promener nu en plein centre-ville sans s'en soucier. C'était plus sa réaction. En fait, il n'avait sans doute pas conscience qu'ainsi, avec seulement ses bottes et son pantalon, ses cheveux mouillés attachés, il n'était pas si mal non plus, avec la peau toute moite... Il n'était pas un homme particulièrement séduisant, mais bien qu'élancé, il revêtait une certaine musculature nécessaire aux combats rapprochés.


[Je tiens à te dire que la tempête, ce sera une méchante grosse tempête, il fera humide et froid, l'eau ne passera pas dans la cabane, pas partout en tout cas, huhu, mais y'aura des éclairs, du tonnerre, la totale, et elle va durer troirs jours Cool Avec des ups and downs, évidemment. Beaucoup de vent aussi. Faut forcer les choses un peu :3 Ça te va?]
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Sibylle
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Dim 29 Mai - 14:52

Fraghstoam n’était définitivement pas l’assassin le plus loquace qu’elle avait rencontré au cours de sa carrière. Alors que beaucoup de mercenaires se plaisaient à frimer devant elle, celui qui lui avait sauvé la vie se distanciait énormément des brutes épaisses munies d’une épée ou d’une quelconque arme – souvent maniées très peu adroitement - qu’elle avait rencontrées. Sibylle, bien qu’adorant la conversation, n’était pas du genre à frimer. Elle savait qu’elle était plus brillante que la moyenne et se servait souvent de son éloquence pour contrarier les gens, ce qui s’avérait fort utile. Un adversaire en colère combattait avec ses émotions et non avec sa tête, ce qui lui procurait un désavantage. Mais le Maître des Potions prônait le silence et ce silence, en plus de la tension qui pesait sur eux, était presque insoutenable. Oh, la jeune femme n’avait rien contre le silence, certes, elle adorait ses moments de silence et de paix profonde. Cependant, dans les circonstances qui entouraient sa blessure, le silence de l’apothicaire pesait sur ses épaules. Bien sûr, elle comprenait pourquoi il ne voulait pas trop lui en dire. Après tout, techniquement, elle lui faisait compétition et trop en savoir l’un sur l’autre pouvait s’avérer dangereux pour leur survie. Toutefois, la Rose Noire avait une dette envers le mercenaire et elle comptait bien tenir sa parole. Que risquait-il à lui parler alors? Elle n’exigeait pas la vérité, après tout, elle adorait le mensonge, mais elle détestait faire la conversation toute seule. De plus, il semblait déterminé à ne pas l’approcher, comme si elle était atteinte de la peste. Allait-il rester ou la laisser à elle-même? Elle était très bien en mesure de s’occuper d’elle-même, mais la compagnie n’était pas désagréable. De plus, elle s’était donné comme défi de faire tomber la barrière de son guérisseur et elle savait que cela n’allait pas être chose facile. Toutefois elle adorait les défis et celui-ci s’avérait à être très ardu, mais très amusant à la fois. Elle savait qu’elle devrait user de toutes ses ruses pour y parvenir.

Lorsque Sibylle lui demanda ce qu’il y avait au menu, il ne lui répondit que le strict minimum. Du lièvre. Cela faisait longtemps qu’elle n’en avait pas mangé, Mais elle se doutait que cela ne serait pas le lièvre raffiné qu’on pouvait servir à la cour. La viande avait été séchée et bouillait dans la casserole dans le but de la ramollir et de l’aromatiser avec certaines herbes. Le tout ne semblait pas bien succulent, mais elle était tellement affamée qu’elle mangerait n’importe quoi. Fraghstoam disparût dans la cabane quelques instants, après avoir déposé le chaudron sur une pierre plate, et il revint avec deux écuelles et des ustensiles. Alors qu’il servait le tout, elle s’approcha de lui afin d’aller chercher sa portion. Lorsqu’il lui demanda si elle avait faim, elle était déjà arrivée près de lui. « Affamée » répondit-elle en le regardant droit dans les yeux. En effet, la Rose Noire commençait à un peu trop ressentir les effets du vin. Il fallait qu’elle se nourrisse. Elle ne pouvait se permettre de perdre tous ses moyens devant l’apothicaire. Après tout, il avait assez eu le loisir de la voir affaiblie. Il lui tendit l’écuelle et elle s’assied près de la pierre. La jeune femme plongea sa cuillère dans le ragoût et porta la mixture à ses lèvres, masquant son appréhension. Après tout, tout ce que le Maître des potions lui avait fait avaler avait un goût répugnant. Pourquoi sa cuisine serait-elle différente? Cependant, lorsqu’elle avala sa première bouchée, elle dut s’avouer que sa cuisine goûtait meilleur que ses potions. Encouragée par le goût pas si terrible et son ventre qui gargouillait, elle mangea avec appétit.

Le repas se déroula en silence. Sibylle était beaucoup trop affamée pour dire quoi que ce soit. Toute son attention se dirigeait vers son écuelle. Lorsqu’elle termina tout ce qui se trouvait dans son bol, son estomac grondait toujours, mais elle n’osait pas se resservir. Cela était impoli de se resservir sans la permission de l’hôte et elle respectait bien toutes les règles de la courtoisie. Elle déposa donc son écuelle près d’elle et au même moment, l’Ombre lui adressa la parole. Alors qu’elle tournait la tête dans sa direction, il plongea son regard dans le sien. Ce petit jeu des regards auquel il s’adonnait lui plaisait bien. Comme s’ils essayaient de se sonder l’un l’autre, ou bien s’intimider, mais l’assassin aimait bien plonger son regard dans les yeux verdoyants de l’apothicaire. Elle pourrait s’y perdre tellement ils étaient intrigants. Lorsqu’il lui indiqua que rien de tout ça n’était prévu ni planifier, elle baissa la tête. Il lui intima ensuite de cesser de se plaindre. Ne pouvait-il pas comprendre à quel point l’inactivité pourrait s’avérer dangereux pour tous les deux? Si sa soif de sang devenait incontrôlable, cela ne serait pas très beau à voir. La jeune femme chassa cette pensée d’un léger mouvement de tête. Pour l’instant, elle se contrôlait, elle devait rester dans cet état et tout irait bien. Son guérisseur leva les yeux au ciel et elle suivit son regard. Il s’était considérablement assombri sans même qu’elle le remarque. Elle était trop occupée à se plaindre de son sort pour le remarquer. Le mercenaire se leva et lui indiqua qu’il allait vérifier ses pièges avant que la tempête gronde. Il lui signifia aussi qu’il en restait, ce qui lui fit grand plaisir. Il disparût ensuite dans la forêt, laissant la Rose Noire seule avec la vaisselle sale. Non mais vraiment. Avait-elle l’air d’une boniche? Une fois son indignation passée, elle se raisonna se disant qu’elle n’avait aucune idée de l’endroit où se situaient les pièges, elle n’aurait pas pu s’en occuper. Profitant de l’absence de Fraghstoam pour pousser un très long et bruyant soupir, elle se leva, attrapa l’écuelle de l’apothicaire ainsi que la sienne et le chaudron, fit un détour vers le feu pour attraper la cruche de vin, beaucoup plus légère, et entra à l’intérieur. Une fois le tout à l’abri, elle versa ce qui restait du ragoût dans son écuelle et mangea en se ferma les yeux. Elle n’avait pas pris la peine d’éteindre le feu, la tempête à venir s’en chargerait pour elle. De plus, il était entouré d’un petit cercle de pierres qui l’empêcherait de se propager.

Sibylle venait à peine de terminer le contenu de son bol qu’elle entendit la pluie battre contre les murs de bois de la cabane. Attrapant toute la vaisselle sale, elle entreprit de les rincer à la pluie. Restant près de la porte pour éviter de se faire complètement tremper, elle nettoya le mieux qu’elle put les écuelles, les cuillères et le chaudron, les secoua vivement pour retirer le surplus d’eau et les déposa sur la table. Ses cheveux avait été quelque peu trempés pendant l’opération. Elle les rassembla alors en une seule couette du côté de son épaule droite et entre prit de les tordre pour faire sortir le surplus d’eau. D’une main, elle les replaça ensuite comme ils étaient et les ébouriffa doucement de ses deux mains pour leur redonner un peu de volume. La pluie tombait de plus en plus fort et Fraghstoam n’était toujours pas revenu. Lui était-il arrivé quelque chose dans la forêt? Elle se sentait fort inutile, la jeune femme savait pertinemment qu’elle se perdrait en forêt et qu’elle n’aurait pratiquement aucune chance de le retrouver. Elle préféra donc rester dans la cabane en attendant le retour de son compagnon. La Rose Noire ouvrit l’armoire et y trouva une troisième écuelle. Elle la prit et la mit dehors quelques instants afin qu’elle se remplisse d’eau. Lorsqu’elle fut pleine, elle la rentra et la déposa sur la table. Sortant un tissu d’un de ses étuis de taille, elle le trempa dans l’eau et entreprit de nettoyer ses armes, même si elles n’étaient pas salles. La jeune femme adorait lorsque ses dagues étaient parfaitement propres et cela lui permettait de passer le temps de façon sécuritaire en attendant le mercenaire.

Sibylle se retourna au son de la porte qui s’ouvrit à la volée. Sans même la regarder, il jeta un lièvre sur la table, qu’elle poussa plus loin du bout d’une de ses dagues. Et puis quoi encore? Il se dirigea vers l’armoire et y dénicha une couverture avec laquelle il entreprit d’essuyer sa tête trempée. Un sourire en coin se dessina sur les lèvres de l’assassin. La vue n’était pas si mauvaise et elle se plaisait bien à voir l’apothicaire pester contre le mauvais temps. Lui qui était si en contrôle ne semblait pas avoir apprécié sa douche forcée. C’est avec un certain plaisir qu’elle s’efforçait de dissimuler – après tout, il ne lui prêtait aucune attention – qu’elle le vit retirer sa ceinture et la déposer avec une très grande précaution sur la table. Il en essuya les fioles et ne semblait même pas avoir remarqué sa présence, assise sur la chaise près de la table. Puis, lors que les fioles furent essuyées, il retira sa chemise de cuir. La jeune femme trouva que la vue n’était pas désagréable du tout. Il commença alors à essuyer ses pantalons. Quoi, il ne voulait pas les retirer? Quel dommage? Était-il pudique à ce point? Ou bien avait-il peur de la réaction qu’elle aurait? Cela était peut-être plus judicieux, parce que le désir commençait à rejaillir dans le ventre de la Rose Noire. La vue du corps trempé de Fraghstoam lui provoquait des pensées pas très prudes. Sibylle, ne pouvant résister à certaines envies, se leva et prit la couverture des mains de l’Ombre. Lui intimant de se retourner, elle passa la couverture sur ses épaules, pour ensuite descendre sur son dos, essuyant toute l’eau qui restait sur sa peau. Elle le contourna ensuite pour se retrouver face à lui et entreprit ensuite d’essuyer le devant de son corps. Elle passa la couverture sur ses trapèzes, ses pectoraux, son ventre, pour ensuite s’occuper de ses bras. La jeune femme s’appliquait à sa tâche, tachant de ne pas croiser le regard du mercenaire. Elle passait doucement et lentement sur chaque partie du torse de son guérisseur, ne négligeant aucune goutte d’eau. Cependant, elle ne put s’empêcher de se mordiller la lèvre inférieure. Cette proximité lui donnait terriblement chaud et elle aurait tant voulu s’agripper à sa peau, mais elle savait qu’il ne supportait pas qu’elle le touche.

Ne pouvant résister à toucher son corps, elle opta pour quelque chose de risqué, mais d’assez doux en même temps. L’assassin se hissa sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur les lèvres de Fraghstoam. Il ne dura pas si longtemps, cinq secondes à peine, puis elle retira ses lèvres de celles de l’apothicaire et se remit à plat sur ses pieds. « Ne fuyez pas, c’était simplement en guise d’excuse pour mon humeur irascible. » Ce n’était pas totalement vrai, elle n’était pas du genre à s’excuser pour son humeur, mais elle savait que si elle ne justifiait pas son action, il la repousserait sans doute encore. Tout ce qu’elle espérait, c’était qu’il réponde à son baiser. Elle plongea une fois de plus son regard dans le sien, en recommençant à se mordiller la lèvre inférieure. Si seulement il pouvait laisser tomber cette barrière.
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Jeu 9 Juin - 23:10

Alors que Fraghstoam se relevait après avoir essuyer du mieux qu'il put ses pantalons, qui était en ce moment fort inconfortable, Sibylle lui enleva la couverture des mains. Il se redressa et lui jeta un regard interrogateur, mais il ne reçut de réponse que de se tourner. Il s'exécuta sans chercher d'explications, lui faisant étrangement confiance. Elle passa la couverture, maintenant un peu humide, sur son corps, commençant par les épaules puis descendant. Il essayait de respirer calmement, mais il sentait drôlement bien cette proximité. D'ailleurs, elle le contourna pour se planter devant lui et poursuivre son petit manège. Il garda le menton haut, tout en baissant ses yeux sur le dessus de son crâne, alors que ses mains parcouraient son corps à travers l'épaisseur du tissu.

Le semi-elfe ne put retenir un frisson lorsqu'elle descendit sur son ventre. Elle était bien appliquée et ne le regardait pas, bien qu'il le faisait. Malgré la pluie battante, et froide, il se sentait envahi par une chaleur surnaturelle. Elle avait les cheveux légèrement humide, ainsi que le haut de sa robe un peu, mais sans plus. Sa peau miroitait doucement dans la faible lueur de la cabane qui s'assombrissait rapidement. Il allait falloir allumer une chandelle... pour l'instant c'était un tout autre feu qui naissait dans cet endroit... Elle évitait soigneusement de le regarder. Peut-être était-ce mieux ainsi. Il la laissait faire alors qu'elle essuyait jusqu'à ses bras.

L'Ombre sentait des pulsions en lui qu'il ne s'était jamais connu jadis. Il avait envie de passer ses doigts dans cette chevelure soyeuse, de caresser cette lèvre qu'elle mordillait doucement, et d'y goûter aussi... de toucher cette peau si douce qu'il n'avait que frôler par pudeur sexuelle. Son corps entier semblait vouloir le pousser vers elle, comme un champs magnétique, et il ne savait plus s'il devait combattre cette pulsion ou non. Les derniers jours l'avaient un peu rendu las. Maintenant qu'elle était éveillée, il ressentait de plus en plus cet épuisement uniquement qu'elle provoquait en lui. Comme si son énergie se vidait à essayer de combattre ce qui le poussait vers elle. Fallait-il continuer de résister? Bien sûr, c'était contre tout son enseignement, sinon! Il ne pouvait tolérer cette situation!

Mais avant qu'il n'ait le temps de prendre une décision, elle se hissa sur la pointe des pieds et... l'embrassa. Ce fut comme si l'orage l'avait frappé, il sentit un courant électrique le parcourir des pieds à la tête et le clouer sur place. Si bref, si futile... et pourtant, même si elle s'était déjà séparé de lui, il sentait encore ses lèvres, si douces, toucher les siennes... Inconsciemment, il avait avancer une main. Si elle ne s'était pas reculer si vite, il aurait bien pu l'attraper par la taille. Il était stupéfait par le geste, son visage l'indiquait clairement. « Ne fuyez pas, c’était simplement en guise d’excuse pour mon humeur irascible. » Hein? Fuir? Mais... oh. Elle parlait de la distance qu'il avait pris précédemment. Oh oui! La distance! « Hum. » fit-il simplement en guise de réponse et leva une main pour la poser à plat sous sa nuque, de nouveau humide à cause de ses cheveux.

Fragh avait baissé les yeux au sol, mais sentant les yeux de la jeune femme peser sur lui, il les releva et plongea dans son regard. Il avait envie... de réitérer l'expérience, sans la laisser reculer cette fois. Il était visiblement troublé. Il ne pouvait pas décemment lui dire qu'elle était la première personne à l'avoir embrasser... Et pourquoi il le lui dirait, de toute façon? Ce fut si bref... il avait envie de plus. Ses yeux avisèrent cette lèvre qu'elle mordillait, provoquant une vague de chaleur en lui. Il leva la main, comme pour exécuter un quelconque geste, puis son bras retomba.

Soudainement, le Maître des potions fronça les sourcils et détourna la tête. Voilà qu'il avait tout oublié! Et ses nombreuses années de formation, où on lui avait refroidit l'esprit, et le corps! Allons, c'était totalement idiot que tout à coup, il oubliait ce pourquoi il avait enduré tout cela, les tortures, le lavage de cerveau... Il évita son regard et passa à côté d'elle, essayant de ne pas la toucher et regarda autour de lui. Il ne pouvait pas sortir... Il soupira et passa une main sur ses cheveux humides. Il se sentait terriblement partagé. Il se retourna et, évitant son regard, il tira la chaise vers lui et entreprit de s'y asseoir, à califourchon, le dossier devant lui et il fit mine de fouiller les poches de sa cape qui y était toujours posé, pour se donner contenance. Malheureusement, il n'avait rien pour s'aérer l'esprit.

Il ne voyait qu'elle, sentant ses lèvres sur les siennes, et cette envie prenante de sentir sa peau contre la sienne. Il croisa les bras sur le dossier de la chaise et appuya son front sur son avant-bras. Peut-être pourrait-il se forcer à dormir par la méditation? Quelle pensée idiote... Ne fuyez pas. Ses paroles le rattrapèrent. Était-ce de la fuite? Il voyait plutôt cela comme de la prudence. Cette femme ne le laissait pas froid et provoquait un raz de marrée d'émotions et de sensations en lui, lui qui avait toujours refouler toutes ses pulsions et ses émotions du mieux qu'il pouvait. Comment pouvait-il réagir autrement qu'en prenant ses distances?

Il la sentit s'approcher et souleva la tête pour poser son menton sur ses avants-bras, en lui jetant un regard courroucé. Il se leva... pour se rasseoir correctement sur la chaise en posant ses mains à plat sur ses genoux. Regardant un point au sol devant lui, il décida de dire quelque chose. N'importe quoi. Il lui dit donc la première chose qui lui passait par la tête. « Vous... embrassez souvent les gens, pour vous excuser? » Aaah bah oui, le sujet du baiser, quoi de mieux pour alléger l'atmosphère tendue de la cabane. Il faisait d'ailleurs de plus en plus sombre. Il leva le regard et le plongea dans le sien.

C'était définitif, il ne pouvait plus le nier, il se saurait jamais la repousser si elle tentait à nouveau une approche. Ses yeux le captivait, comme ses lèvres, sa peau, ses cheveux... tout en elle. Même sa voix. Il devait tenter quelque chose, n'importe quoi, pour attirer son attention ailleurs... « Vous devriez peut-être vous reposer pour ne pas maltraiter cette plaie... » Le ton était légèrement bourru, et il avait à nouveau dévier le regard, avant de prendre la parole. Il se sentait tremblé intérieurement. Elle le troublait, beaucoup trop.

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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Mar 21 Juin - 22:45

La tension devenait de plus en plus insoutenable dans cette cabane perdue au milieu de la forêt du royaume de Shola. Jamais Sibylle n’aurait cru, en acceptant le contrat d’assassinat qu’on lui avait si lucrativement offert, qu’elle passerait autant de temps perdue au beau milieu de la sylve, blessée à un point tel qu’elle ne pouvait reprendre le boulot et dépendante d’un autre assassin de surcroît. Cependant, la situation n’avait pas si mal tourné que cela. Si Fraghstoam ne s’était pas retrouvé à la même auberge qu’elle lors de sa blessure, elle n’aurait probablement jamais survécu. Elle lui devait sa vie, elle le savait bien. Au début, lorsqu’elle s’était finalement éveillée après une inconscience de deux jours, cette perspective de devoir sa vie à quelqu’un – et surtout à quelqu’un qui était probablement aussi dangereux qu’elle – lui avait grandement déplu. Toutefois, plus elle passait du temps avec l’Ombre, plus elle ressentait diverses émotions qu’elle n’avait jamais ressenti. Un désir pour l’homme qui surpassait même sa soif de sang, un tel désir qu’elle parvenait à refreiner son besoin inné de tuer. Comment cela était possible? Elle ne le savait guère. Mais elle ne s’en plaignait surtout pas.

La jeune femme ne pouvait le nier, elle trouvait l’attitude du maître des potions assez étrange. D’un côté, elle sentait qu’il éprouvait une certaine attirance pour elle, mais il n’était pas nécessaire d’être un fin observateur pour remarquer qu’il combattait cette dite attirance de toutes ses forces. Alors qu’elle tâchait de faire reluire le fer de ses lames, la porte s’était ouverte sur un Fraghstoam complètement trempé. Déjà complètement habillée, la vue n’était pas complètement désagréable. Puis, il avait entrepris de retirer sa chemise, procurant à l’assassin un spectacle des plus agréables. Il avait ensuite sorti une couverture dans l’optique de se sécher, mais Sibylle ne pouvant plus résister aux pulsions qui semblaient désormais diriger son cerveau la lui avait prise des mains et avait elle-même entrepris de le sécher. Après tout, sans le savoir, il jouait avec le feu. Le désir de la Rose Noire pour le mercenaire n’était pas un secret, elle lui avait communiqué de façon assez suggestive. Ainsi, concentrée sur sa nouvelle tâche qui n’était pas sans lui déplaire, elle commença par lui essuyer le dos. Elle devait utiliser toute sa volonté pour résister à l’envie qui lui prenait de passer sa main dans ce dos assez musclé. Puis, elle s’attaqua ensuite au devant de son corps. Lentement, sans trop se presser, elle passait la couverture désormais de plus en plus humide sur chaque portion mouillée de la poitrine du guérisseur. Elle n’osait pas le regarder, de peur de perdre sa concentration et aussi son contrôle d’elle-même. Intérieurement, elle avait également peur de déceler dans le regard du Maître des potions une expression de dégoût ou bien de terreur. D’ordinaire, elle adorait voir cette expression chez ses victimes, mais en aucun cas elle ne considérait celui qui lui avait sauvé la vie comme une victime. Oh certes, elle avait presqu’envie de lui faire mal tellement elle le désirait, mais cela pourrait s’avérer beaucoup plus plaisant qu’une dague dans le cœur.

Lorsqu’elle eut terminé son travail – elle n’avait rien négligé, son côté perfectionniste l’emportant même sur son désir – Sibylle ne put cependant supporter toute cette tension et cette proximité. Elle était attirée par les lèvres de Fraghstoam comme si elle en dépendait, comme si elle avait besoin d’y goûter pour survivre. Ne pouvant plus résister à ce besoin, elle s’approcha et l’embrassa. Son corps entier fut alors parsemé d’un énorme frisson. Comme si l’univers lui disait qu’elle avait pris la bonne décision. Elle aurait voulu rester accrochée aux lèvres du mercenaire pendant un long moment encore, avide de cette sensation exquise. Pendant ce bref moment, elle eut même l’impression que l’Ombre ressentait la même chose qu’elle. Mais se rappelant à quel point tout contact avec elle l’avait répugné, elle mit fin au baiser et inventa l’excuse du pardon pour son attitude de gamine de haute société. Lorsque la jeune femme daigna lever le regard dans celui de l’homme qui provoquait en elle cette sensation presque surnaturelle, elle détecta chez lui une expression de … surprise? Elle posa un regard sur une main qu’il avait levée. Aurait-il voulu que le baiser continue? Son impression était-elle réelle? Succombait-il enfin à toute tentation? Il ne répondit qu’un simple son à son excuse et elle le vit placer sa main sur sa nuque. Il semblait assez troublé. Il regardait le sol. La Rose Noire ne savait pas vraiment comment réagir. Après tout, lorsqu’elle avait voulu un homme, elle avait toujours réussi à l’avoir. Fraghstoam avait été le seul à lui résister, ce qui avait d’abord été pour elle une insulte, puis un défi. Cependant, toute action qu’elle entreprenait pour attiser son désir n’avait eu comme résultat que de le repousser. Elle avait constamment l’impression de marcher sur des œufs et cela ne lui plaisait pas du tout.

Par contre, cette fois cela paraissait différent. Le mercenaire ne s’était pas reculé, il n’avait pas eu sa mine presque outrée et il ne l’avait pas regardée comme si elle venait de le pousser à un vice terrible. Elle le regardait, attendant qu’il décide d’agir. Il fixait le plancher, la main toujours posée sur sa nuque. Sibylle sentait toujours en elle cette sensation de frissons, comme si sa peau était constamment parsemée de petits chocs électriques. Elle avait l’impression que ses nerfs étaient à vifs et même seul l’air qui circulait dans la pièce parvenait à faire grossir cette énorme boule de chaleur qui avait pris possession du bas de son ventre. L’assassin se mordilla alors la lèvre inférieure, tentant à la fois d’attiser le désir du guérisseur et montrant également sa perplexité. Parmi tous les hommes avec qui elle avait eu des expériences d’un soir, aucun n’avait réussi à lui faire ressentir autant de sensations. Elle ne pouvait détourner son regard de l’apothicaire. Peut-être était-ce pour cette raison qu’il avait levé les yeux pour les poser dans les siens. Il leva la main. Allait-il faire un mouvement vers elle? Toute cette tension était presque étouffante. La chaleur ne diminuait pas malgré la tempête dehors. Cependant, au grand regret de la jeune femme, il se ravisa et laissa tomber son bras. Puis, il mit fin à leur jeu des regards en détournant la tête. Ainsi, la raison venait de reprendre le contrôle des pensées de Fraghstoam. La Rose Noire soupira légèrement.

L’Ombre agit alors comme il avait l’habitude d’agir lorsqu’elle le mettait mal à l’aise. Il fallait dire que c’était arrivé de nombreuses fois en peu de temps, elle commençait à connaître ce comportement par cœur. Il se promena dans la cabane en passant ses mains dans ses cheveux, évitant soigneusement son regard et soupira. Puis, il vint s’asseoir sur la chaise, s’appuyant sur le dossier. Sibylle esquissa un petit sourire. Il était extrêmement séduisant dans cette position. Cela contribua à augmenter sa fascination pour lui. Comme elle avait envie de le toucher, de passer ses mains sur ce torse nu et dans ses cheveux humides. Il avait posé son front sur ses avant-bras. L’assassin fit un mouvement pour s’approcher de lui, ce qui le fit relever la tête. Elle lui adressa un sourire, mais il lui répondit par un regard qui n’avait rien de charmé. Pourquoi était-il fâché contre elle? Après tout, il la désirait, elle pouvait le sentir et la tension grandissante dans la pièce pouvait en témoigner. Puis, il se retourna pour s’asseoir convenablement sur sa chaise, alors que Sibylle battait presque en retraite en reculant pour s’asseoir sur le lit. Elle croisa sa jambe gauche sur sa jambe droite. Puis, il daigna enfin lui adresser la parole, après ce qui sembla pour la Rose Noire une éternité. Elle ne put s’empêcher de rire lorsqu’elle entendit la question qu’il lui posa. Avait-elle l’habitude d’embrasser des gens pour s’excuser? Bien sûr que non.

Dans l’optique de créer une certaine proximité avant de répondre à la question, Sibylle se leva du lit et s’assied sur la table, tout près de la chaise où était installé Fraghstoam. Le mouvement pour se hisser lui provoqua une petite douleur à sa blessure et elle réprima une grimace qu’elle parvint à dissimuler à travers un sourire. « Non, Fraghstoam, je n’ai pas l’habitude d’embrasser les gens pour m’excuser. » Elle croisa une fois de plus sa jambe gauche sur sa jambe droite, laissant ainsi dévoiler une partie de ses jambes, juste au-dessus de ses bottes. « Je n’ai pas l’habitude de m’excuser en général. » Elle mordilla un moment sa lèvre inférieure. « Disons simplement que j’ai fait une exception pour vos beaux yeux. » Après quoi, elle émit un petit rire cristallin. Le mercenaire leva ensuite le regard et le posa dans celui de l’assassin. Il avait véritablement de beaux yeux après tout, même si ce n’était pas la raison pour laquelle elle s’était « excusée ». Elle s’était servie de cette excuse pour qu’il ne fuit pas, ce qui avait en partie fonctionné. Bien sûr, il s’était quelque peu éloigné, mais rien de dramatique et de dommageable. Il reprit la parole pour lui parler de sa plaie. Elle devait se reposer pour éviter de la maltraiter. Le guérisseur en lui tentait sans doute une remontée, mais en fait, il lui donnait le parfait prétexte pour passer à l’action.

Sibylle adoucit alors son regard, qui était depuis un certain moment beaucoup plus séducteur. « Oui, vous avez sans doute raison. Il ne faudrait pas anéantir tout votre travail. » Lentement, pour ne pas trop brusquer sa plaie en se mouvant, la jeune femme descendit de la table. « Il commence à faire sombre, ne trouvez-vous pas? » Sentant le regard de l’apothicaire sur elle, elle se déplaça gracieusement en se déhanchant un peu, pas trop pour que cela paraisse obscène ou carrément déplacé, seulement pour attirer l’attention du seul homme de la pièce. Sans aucun regard pour Fraghstoam, elle se dirigea vers l’armoire, dans laquelle elle trouva quelques bougies et un paquet d’allumettes. Elle en déposa une sur la table de chevet et trois autres sur la table. Ensuite, elle craqua une allumette et entreprit de mettre feu à la mèche de chaque chandelle, terminant par celle qui se trouvait sur la table de chevet. Se retournant ensuite vers le mercenaire, elle plaqua son regard dans le sien en éteignant l’allumette en soufflant doucement sur la minuscule flamme. L’assassin laissa tomber le morceau de bois par terre et se dirigea lentement vers le guérisseur, bercée par les quatre lueurs vacillantes qui donnait à la cabane un aspect encore plus intime. « Peut-être que vous devriez y jeter un coup d’œil, ne croyez-vous pas? » Elle était arrivée devant lui. Ne le quittant nullement des yeux, Sibylle releva sa robe jusqu’à ses genoux et s’assied lentement à califourchon sur les genoux de Fraghstoam, de sorte qu’elle était dorénavant face à lui, leur visage presque à la même hauteur.

La première chose qu’elle sentait fut d’abord l’humidité des pantalons du mercenaire contre la peau de ses cuisses. Puis son corps se retrouva parsemé de frissons, des frissons si agréables qu’elle ne voulait nullement qu’ils cessent. Son regard était toujours plongé dans celui du guérisseur, comme envoûté par sa couleur verte. En s’assoyant, sa robe – un peu trop grande – avait légèrement glissé, de façon que son épaule droite se retrouvait maintenant complètement dénudée, laissant entrevoir le haut de son sein droit. L’épaule gauche, quant à elle, se retrouvait complètement recouverte par le tissu de la robe. De sa main droite, elle prit la main gauche de Fraghstoam et la fit glisser d’abord sur son genou, puis le long de sa cuisse à moitié dénudée. Le contact forcé de la main de l’Ombre sur sa cuisse lui paraissait divin. Sibylle ne put s’empêcher de se mordre la lèvre inférieure sans quoi elle aurait sans doute poussé un soupir de contentement. Puis, contrôlant toujours la main du mercenaire, elle la guida jusqu’à ses côtes du côté droit, là où se trouvait sa blessure. Quittant le regard du Maître des potions, elle approcha sa bouche de son épaule gauche et passa ses lèvres doucement le long de celle-ci, pour ensuite se rendre à son trapèze, pour continuer jusqu’à cou coup et pour finalement arriver à son oreille. « Un avis professionnel sur l’état de ma plaie, peut-être? » À vrai dire, elle s’en fichait, elle essayait simplement de le rendre fou d’elle. De son autre main – la gauche -, Sibylle passait lentement ses doigts sur le bras droit du guérisseur. Toute cette proximité lui faisait tourner la tête. Elle avait envie de plus, de tellement plus. Mais elle avait également envie de se sentir désirée par celui qu’elle voulait. Elle voulait qu’il pose volontairement ses mains sur son corps, qu’il la serre, fort.

Sa bouche se détacha alors de l’oreille de Fraghstoam pour continuer son chemin sur la mâchoire de ce dernier. Doucement, elle retira la pression qui maintenait la main de l’apothicaire sur ses côtes. « Pourquoi ne pas se soucier de cette blessure à un autre moment. » Après ces paroles, Sibylle, ne pouvant plus résister à cette tentation qui l’assaillait depuis qu’elle s’était assise si subjectivement sur le mercenaire, s’empara alors de la bouche de ce dernier et l’embrassa passionnément. Non pas comme le doux baiser qu’elle lui avait d’abord donné. En celui-ci brûlait la flamme du désir. Elle ne pensait plus clairement, elle n’obéissait qu’aux pulsions de son corps et celles-ci lui intimaient des pensées et des actions de plus en plus indécentes, mais oh combien plaisantes.
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Mer 29 Juin - 11:59

Son but n'était certes pas de la faire rire, mais le son était agréable à ses oreilles. Fraghstoam s'était légèrement détendu malgré le fait qu'elle se soit déplacé du lit à la table. Allez savoir pourquoi, le fait qu'elle réponde à la négative à la question avait provoqué une sorte de soulagement chez lui. La perspective d'être le seul à en avoir bénéficier était agréable. Ce qui était ridicule, évidemment. Le fait qu'elle n'avait pas l'habitude de s'excuser en général, ce qu'elle rajouta ensuite, le fit esquisser un léger sourire en coin... pour une raison mystérieuse, il n'était pas surpris. Le fait qu'elle qualifie ses pupilles de façon méliorative le fit hausser un sourcil. Elle n'était pas la première à le lui dire, mais la première de qui le compliment le fit tiquer. D'habitude, il en avait rien à faire, des femmes, et de leurs pensées concupiscentes... non pas que les hommes l'intéressaient. Personne, personne l'intéressait. Sauf elle...

Malheureusement, le fait de ramener l'attention sur sa plaie n'eut pas l'effet désiré. Elle lui donna raison. Il leva les yeux vers elle lorsqu'elle descendit de la table, ayant eut la pensée ridicule de la soulever pour l'aider... elle pouvait le faire seule. Elle lui parla de la pièce qui s'assombrissait rapidement, ce qui était vrai, amplement. « Hum. » fit-il simplement, en haussant les épaules. Il était habitué à la noirceur. Elle se mouva vers l'armoire dans un mouvement qui attirait les regards sur sa croupe. Il détourna le regard aussitôt posé. C'était indécent. Il l'entendit farfouiller et releva le regard, pour la voir se retourner avec des bougies et un paquet d'allumette. Il devina son intention et ne fit rien pour l'en dissuader, il n'y avait, après tout, rien pour s'opposer à cela. Il ne devait qu'approcher midi... Mais en plein orage. Il l'enverrait bien se coucher, mais elle n'en avait de toute évidence pas l'intention. Quelle hyperactive!

L'Ombre observait la jeune femme tandis qu'elle se penchait sur les bougies pour les allumer. Il avait de plus en plus de mal à détourner le regard. Elle était fort agréable à regarder, après tout. Elle se tourna ensuite vers lui, soufflant la bougie. Il soutint son regard, incertain de l'attitude à adopter. Elle s'avança vers lui, il se redressa sur sa chaise. Jeter un coup d'oeil...? À sa plaie? Euh, non, il en avait assez fait... elle releva sa robe jusqu'aux genoux et il n'eut pas le temps de se lever pour s'éloigner, car elle s'installa sur lui! Leurs visages étaient près l'un de l'autre. Très près. Trop près. Il se sentait électrisé, et réchauffé, par ce contact. Tendu comme la corde d'un arc, il avait la nuque raide, le souffle court. La situation était plus que suggestive. Et malgré lui... il n'avait pas envie qu'elle se lève... et en même temps, il voulait que cela cesse. Comment pouvait-il apprécier le malaise qui l'habitait? C'était d'un ridicule!

L'assapothicaire sentit Sibylle se saisir de sa main gauche et la faire glisser sur son corps. Il eut un bref recul, mais abandonna sous la poigne insistante, comme hypnotisé par les yeux qui le regardaient avec une lueur qu'il n'arrivait pas à identifier. Elle arrêta sa main sur le pansement de la blessure. Elle quitta ses yeux du regard et se pencha sur lui. Il ne pouvait pas être plus raide, son dos finirait par craquer. Elle déposa sa bouche contre la peau nue de son épaule gauche et il frissonna, bien malgré lui. Il n'arrivait pas... à la repousser. Elle remonta sur son cou et lui embrassa l'oreille. Il sentait un tourbillon de sensation enivrante le saisir. Avait-il trop bu de vin? C'était impossible que ce soit... pour cela... il ferma les yeux. La voix de la Rose Noire lui parvint comme à travers un brouillard. Un avis professionnel? C'était... bah elle ne saignait pas... Il n'arrivait pas à penser clairement.

La main de l'Empoisonneur démasqué -pour le moment- demeurait sur la plaie, ne sachant que faire de son corps. L'autre pendait mollement à côté de la chaise, alors qu'elle caressait son bras en une caresse légère. Il secoua la tête, légèrement, comme pour se réveiller, ce qui n'eut pour effet que de faire remonter la bouche de la jeune femme sur sa mâchoire, lui prodiguant de nouveaux frissons. Elle retira la pression sur sa main, en lui susurrant de remettre l'examen médical à plus tard... il n'eut pas le temps de répondre qu'elle l'embrassait, suscitant en lui des émotions aussi diverses que complexes. Il se sentit comme soulever, comme si son coeur était plus léger, et malgré lui sa main libre vint se poser instinctivement dans son dos, sous son bras, sur son omoplate -mais par-dessus la robe-, alors qu'il répondait à son baiser et que son autre main remontait légèrement de la plaie au dos de Sibylle -dessous la robe.

Se laissant emportant par le feu qu'elle lui communiquait, Fraghstoam augmenta la pression de ses mains pour la plaquer un peu plus contre lui. Ses réponses à ses baisers étaient maladroites, car il n'avait jamais embrassé de femme avant elle... mais il était emballé par ses lèvres, et ses mains sur ses épaules et sa nuque. Il enserra sa taille de son bras sous la robe, sans prendre conscience de l'indécence de la situation... il ne réfléchissait pu. Il n'y avait qu'elle, et lui, et le feu qui les consumait, les embrasait. Le contact de sa peau sous sa main était douce et agréable, tout comme ses lèvres. Le souffle court, il recula légèrement la nuque pour reprendre son souffle, et plongea ses yeux troublés dans les siens. Pour une fois, ses yeux exprimaient clairement le désir qu'il ressentait... et peut-être pas seulement ses yeux....

Soudain, prenant conscience de la situation, l'expression de son regard se mua en malaise, son étreinte se desserra jusqu'à se relâcher. Il laissa ses mains retombées sur les hanches de l'assassin et baissa la tête... tombant presque le nez dans son décolleté, il détourna la tête sur le côté, mal à l'aise. « Je... je ne peux pas... » Mais c'était sans compter sur la détermination de la jeune femme qui n'allait pas abandonner en si bon chemin. Elle posa la main sur son visage pour le ramener vers elle. Il plongea son regard dans le sien, troublé par cette même lueur qui l'hypnotisait. Il ne résistait pas beaucoup pour quelqu'un qui ne pouvait pas... mais on lui avait appris à ne jamais céder... d'un autre côté, une fois n'est pas coutume...

Partagé entre son désir de poursuivre l'étreinte et celui de maintenir son engagement à ne jamais copuler, il finit par céder sous les caresses de Sibylle qui, à nouveau, l'embrassait. N'en pouvant plus, il enserra à nouveau sa taille et la souleva, se lavant du même fait. Elle était plutôt légère. Il buta légèrement contre le lit, et sourit un peu sans quitter ses lèvres, avant de déposer son précieux butin sur le lit... mais il fut plutôt déséquilibré et tomba vers l'avant. Ils roulèrent sur le lit, car il n'avait pas voulut l'écraser, mais elle avait suivi le mouvement. Cela se termina par elle, à nouveau à califourchon sur lui, sur le lit. L'expression sur le visage de Fragh exprimait comme il était mal à l'aise, et ses yeux exprimaient son envie -et encore là, pas que ses yeux! Mais n'ayant jamais fait la chose, il était bien à mal de savoir comment s'y prendre. Il n'avait pas eu d'éducation sexuelle non plus, seulement un « Ne fait pas ça. » et un lavage de cerveau qui allait avec. Pratique, non?
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Ven 5 Aoû - 20:17

Si le véritable propriétaire de la cabane décidait d’y entrer à cet instant précis, il se trouverait face à une scène particulièrement indécente qui n’allait qu’en s’empirant dans le domaine de l’impudicité. En effet, il verrait une femme assise à califourchon sur un homme qui lui-même était installé sur une chaise de bois en train d’embrasser fougueusement ce dernier. Les jambes de Sibylle étaient obscènement dénudées. Une main de Fraghstoam venait de se poser sur son omoplate, par-dessus sa robe alors que l’autre main, plus aventureuse, se posait à présent dans son dos, sous sa robe. Le contact de la peau de l’apothicaire avec la sienne, même si elle n’était placée que dans son dos, lui procura une sensation de chaleur beaucoup plus intense que la normale au niveau du bas de son ventre. Il répondait dorénavant à ses baisers, de plus en plus insistants. La jeune femme sentit alors qu’il la pressait contre lui, ce qu’elle le laissa faire puisqu’elle ne voulait plus qu’aucune parcelle d’air les sépare. Elle voulait se fondre en lui, mais tout en continuant de ressentir ce tourbillon de pulsions électrisantes. Pourquoi était-ce soudainement si bon avec cet homme, alors qu’elle n’avait jamais ressenti autant de sensations différentes en même temps avec ses autres conquêtes? Le guérisseur ne faisait rien de plus que les autres. Était-ce dû au vin et à l’antidouleur qu’il lui avait administré auparavant? Oui, cela pouvait en être la cause…

Pendant qu’il répondait à ses baisers, la Rose Noire tenait fermement la tête de son amant en devenir, la main dans ses cheveux roux. Son autre main serrait le bras du mercenaire, comme pour lui communiquer toute la passion qu’elle portait en elle. Puis, il recula la tête comme pour prendre son souffle. Sibylle émit un léger grognement, presque imperceptible pour signifier son mécontentement face à cette pause qu’elle n’avait pas autorisée. Il planta son regard dans le sien, regard qu’elle soutint une fois de plus. Pourquoi s’était-il reculé? Ne voulait-il pas continuer? Comme s’il répondait à son questionnement, il relâcha la pression de ses mains sur le corps de l’assassin qui tombèrent sur ses hanches, tout en baissant la tête. Mais que diantre faisait-il? Il murmura qu’il ne pouvait pas. Il avait une bien drôle de façon de le montrer. Ne venait-il pas de l’étreindre et de répondre à ses baisers avec ardeur? De plus, son corps n’était définitivement pas en accord avec ses paroles, la jeune femme pouvait le sentir, elle qui était assise sur lui. Décidant de faire fit de cette tentative peu sentie de se dérober, elle posa une main sur son menton et releva ainsi la tête de Fraghstoam, l’obligeant à la regarder dans les yeux. Il était aisé pour n’importe qui de se rendre compte qu’elle n’allait pas arrêter là. Son désir était trop grand et elle voulait que trop aller au bout de cette… affaire avec son guérisseur. Elle caressa ensuite le visage de l’apothicaire, alors que son autre main se promenait sur le torse de ce dernier, pour ensuite descendre jusqu’au bas de son ventre, à la limite de son pantalon.

Constatant qu’il ne la repoussait pas alors que ses caresses devenaient de plus insistantes, Sibylle s’empara à nouveau de sa bouche. Ses baisers devenaient de plus en plus pressants, histoire de ne pas lui laisser l’occasion de se retirer une deuxième fois. L’assassin n’avait pas l’habitude qu’on lui dise non, surtout lorsque c’était elle qui déclenchait les jeux amoureux. Le Maître des Potions sembla céder sous cette avalanche de baisers puisqu’il la serra contre lui en la prenant par la taille. Cette fois-ci, la Rose Noire sut qu’il ne se désisterait pas à nouveau. Ses baisers se firent alors plus langoureux. Elle avait toujours une main posée sur le ventre de l’Ombre et son autre main lui tenait fermement le cou, l’empêchant cette fois-ci de s’esquiver. Toutefois, cela ne semblait pas du tout être dans les plans de l’apothicaire, puisqu’il se leva de la chaise tout en la gardant dans ses bras. Instinctivement, sa main qui caressait le ventre de son amant vint rejoindre l’autre qui se trouvait déjà à son cou et ses jambes se refermèrent aussitôt autour de la taille de Fraghstoam. Tout en continuant de l’embrasser, elle le sentit se mouvoir vers le lit qu’il buta quelques secondes après. Alors qu’il la posait sur le lit, ils basculèrent et Sibylle se retrouva une fois de plus installée à califourchon sur l’apothicaire, ce qui n’était pas pour lui déplaire.

Reprenant quelque peu son souffle après cette roulade imprévue et cette série d’embrassade aussi exigeantes qu’une course en forêt, la Rose Noire se redressa et offrit au Maître des Potions l’un de ses sourires coquins dont elle seule avait le secret. « Que vais-je faire de vous Fraghstoam? » De nombreuses idées lui venaient en tête, toutes plus indécentes les unes que les autres. Mais d’abord, elle voulait le faire languir pour lui faire regretter de l’avoir ainsi repoussée depuis le début de la journée. Sa tête butée avait obligé l’assassin à recourir à toute la ruse et la subtilité dont elle était capable pour venir à bout de faire tomber les barrières du mercenaire. « Retirez vos bottes. » Elle s’enleva de sur lui pour lui permettre de retirer ses bottes plus rapidement, alors qu’elle faisait de même, prenant bien soin de ne pas se blesser alors que ses lames reposaient dans leur étui. Lorsqu’il eut terminé, elle se réinstalla par-dessus lui et s’empara à nouveau de sa bouche alors qu’elle le forçait à se recoucher sur le dos. La jeune femme s’empara aussi de ses mains, qu’elle plaqua de chaque côté de sa tête, l’empêchant de bouger. Elle regrettait quelque peu qu’il ne passe pas ses mains sur son corps, mais elle voulait lui faire payer sa résistance et savait qu’il voudrait la toucher en cet instant précis. Puis, Sibylle cessa ses baisers pour mordiller doucement la lèvre inférieure de l’apothicaire, tenant toujours ses mains prisonnières. Sa bouche remonta alors le long de sa mâchoire pour s’arrêter à son oreille gauche qu’elle mordilla également. Elle continua ensuite son chemin jusqu’au cou du guérisseur, lequel elle embrassa doucement tout en le caressant du bout de son nez. Relâchant ses mains, elle continua son expédition, parsemant de baisers le torse de l’Ombre, descendant toujours de plus en plus bas, embrassant maintenant son ventre, à la lisière de son pantalon. Elle refit le chemin inverse, prenant son temps autant qu’il était possible puis s’empara à nouveau de sa bouche.

Sibylle sentait le désir de son amant à travers son pantalon et cela ne faisait qu’augmenter le sien. Le fait d’être ainsi désirée – et ce n’était pas la première fois qu’elle l’était – ne lui avait jamais procuré autant de plaisir qu’à cet instant. La Rose Noire força alors Fraghstoam à se redresser, de manière à ce qu’ils soient dorénavant face à face. Elle approcha alors son visage de celui du mercenaire et se dirigea vers son oreille à laquelle elle murmura : « Retirez ma robe. » Depuis le début, le Maître des Potions n’avait pas été très entreprenant, suivant ses mouvements plutôt que de les initier. La réflexion lui était venue que peut-être ignorait-il réellement quoi faire, mais cela lui avait semblé presque impossible. Un assassin sans expérience sexuelle, cela ne pouvait pratiquement pas exister. Pour cette raison, elle avait chassé cette pensée presque aussitôt qu’elle était apparue. Pour l’instant, ce qui lui importait, c’était le plaisir qu’elle ressentait.
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Mar 16 Aoû - 20:10

Fraghstoam regarda la magnifique créature se redresser sur lui en lui jetant un regard, et un de ces sourires... il sentit toutes ses dernières résistances fondre. Il n'avait qu'une envie ; unie son corps au sien et assouvir ce besoin pressant qui rendait ses pantalons si inconfortables. Qu'allait-elle faire de lui? La question le prit au dépourvu, il hésita. Devait-il répondre? Il ne savait pas... comment... il sentit une gêne l'envahir, mais avant qu'il ne put intervenir, elle lui ordonna de retirer ses bottes. Elle se souleva et il se redressa en position assise, la voyant retirer ses bottes, il fit de même, avec la lenteur de quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il fait. Peut-être pensait-elle qu'il voulait la faire languir, mais ce n'était pas du tout son genre.

Alors qu'il posait sa deuxième botte au sol, l'assapothicaire n'eut que le temps de se redresser qu'elle s'installait à califourchon sur lui et l'embrassait avec une passion qui chassa toutes ses nouvelles hésitations comme de vulgaires feuilles sous une puissante brise. Elle le poussa et il se laissa faire, n'opposant pas de résistance. Elle lui prit les mains et il ne sut comment réagir, la laissant donc faire. Les mains sous les siennes, près de sa tête, et ce sourire qui semblait parler directement à son âme... Elle l'embrassait si bien qu'il se releva pour la suivre alors qu'elle s'éloignait, elle lui mordilla la lèvre en le forçant à rester sur le dos. Il n'osa pas se dégager les bras, il n'en aurait aucune difficulté.

Sa bouche se promena alors sur sa mâchoire, son cou. Il ferma les yeux, en prise à des sensations qu'il n'avait jamais connu. Son coeur battait si vite que sa tête tournait, même s'il était couché. Il ne reconnaissait plus l'endroit où il était, seul lui importait ce regard, cette bouche, ces mains... qui le lâchaient. Il ne savait pas que faire de ses mains. Elle descendit son avalanche de baiser sur son ventre et il retint son souffle. S'empourprant, il saisit ses épaules, pour qu'elle ne descende pas plus bas... elle remonta avec une lenteur exaspérante. Il mourrait d'envie de se saisir de cette bouche brûlante. Il poussa un grognement approbateur lorsqu'elle l'embrassa à nouveau, remontant une main sur sa nuque et l'autre dans le creux de ses reins.

Puis Sibylle se redressa, le forçant à suivre, ce qu'il fit sans hésiter, ne voulant pas subir ce froid qui s'insinuait entre leurs deux corps. Il ressentait le besoin de cette chaleur, d'être prêt, encore plus prêt, cette envie pressante de se fondre en elle. Elle quitta à nouveau ses lèvres pour murmurer dans son oreille, lui procurant un frisson. Retirer sa robe? Euh, oui, ok. Il n'était pas très entreprenant, et ne voyait pas comment il pourrait l'être. Ses mains maladroite se posèrent donc sur ses hanches, où reposait la robe, et voulurent la monter maladroitement, avant de s'arrêter à mi-ventre en pestant imperceptiblement pour s'empresser de défaire le lacet de sa robe. Bon sang! Ses doigts tremblaient tellement qu'il n'arrivait qu'à les emmêler. Il eut l'idée de prendre un de ses couteaux pour les couper, mais ce ne serait pas approprier... il venait à peine de lui trouver cette robe.

La Rose Noire entreprit alors de l'aider avec les cordons et il soupira, soulagé, en évitant ses yeux. Serait-elle déçue? Amusée? Il n'avait aucune expérience, c'était évident. Du moins, il avait l'impression que cela sautait aux yeux de façon éhontée. Il posa à nouveau ses mains sur le bas de la robe et la tira vers le haut, maintenant qu'elle n'était plus retenue par quoi que ce soit. Saisit par la beauté du corps qui s'offrait à lui, il ne sut pas quoi faire. Ses doigts frôlèrent la fine cicatrice insensible, grâce à ses soins. Elle avait quelques autres marques, qu'il parcourut d'un doigt léger. Il était exempt de toutes marques, grâce à son don de régénération. Il réalisait, soudainement, la fragilité de cette femme qu'il tenait dans ses bras. Ému malgré lui, il ressentit le besoin pressant de la combler. Mais comment faire?

À nouveau, il parut hésiter. En fait, l'Empoisonneur masqué était en terrain inconnu et ne savait absolument pas quoi faire de ce qu'il avait entre les mains. C'était le fruit défendu, il mordait à pleins dents dans l'interdit. Mais il sentait une chaleur dans son bas-ventre et son esprit n'était plus très clair. La tempête, violente, battait contre le bois de la cabane. Le bruit singulier s'insinua dans son esprit. Était-ce son coeur qui battait si fort? Non, c'était la pluie. Il n'eut pas le temps de revenir pleinement à lui même que sa compagne manifestait à nouveau son désir avec un mouvement qui lui fit un effet inattendu. C'était indécent de se frotter de la sorte! Malgré lui, la pression se fit plus forte que jamais et il sentit son esprit se vidé entièrement -ou était-ce son sang qui se retirait de son cerveau?

Il grogna, sans s'en rendre compte, un grognement impatient. Elle avait encore ses jarretières, et ses armes... Et lui son pantalon. Mais jamais il ne lui viendrait à l'esprit de le retirer. Et pourtant, il avait besoin d'espace là, en ce moment. Il plaqua ses mains dans son dos, collant son torse nu au sien, et savoura cette chaleur inusitée, en l'embrassant longuement, maladroitement, impatiemment. Et puis soudain, il sut ce qu'il devait faire. Une main sur sa nuque, car il n'était pas question qu'elle s'éloigne à nouveau de lui, il continua dans l'embrasser alors que sa main droite, impatiente, retirait les fourreaux des dagues et les lançait au sol, dans un bruit de métal qu'il entendit à peine. Il fit de même avec sa main gauche, sa main droite prenant la place sur sa nuque. La tâche terminée, il posa sa main dans le bas de ses hanche, glissa dans le milieu du dos et se redressa sur ses genoux en la soulevant, il la poussa simplement sur le dos, changeant leur orientation dans le lit, et inversant leurs positions.

Ainsi, l'Ombre se retrouvait instantanément entre ses jambes dont les cuisses frottait délicieusement sur ses hanches. Tout tournait autour de lui, il n'avait plus l'esprit clair. Sa main gauche quitta le dos de la jeune femme et toucha cette peau si douce, si chaude, si agréable. Il voulait la goûter, lui aussi. Comme elle avait fait plus tôt, il quitta sa bouche et posa des baisers maladroits, mais brûlants, sur cette peau offerte. Le cou, le torse, la poitrine... il la sentit frissonné et s'intéressa à celle-ci. Qu'était-il supposé faire? Il empoigna un sein dans sa main droite, et massa celui-ci. Incertain de ce qu'il devait faire, il préféra revenir vers sa bouche. C'était moins compliqué. Mais elle semblait désiré autre chose. Posant ses mains à plat sur son torse musclé et le repoussant. Ses yeux, hagards, perdus, la regardèrent, sans comprendre.

Jusqu'à ce qu'elle tire sur son pantalon. Détachant celui-ci, et le repoussant sur ses fesses. Euh, ce... est-ce que... Il se mit à genoux pour lui permettre de baisser ses pantalons et, mal à l'aise avec le tissu semi-rigide qui l'empêchait de se mouvoir, il se laissa choir sur son postérieur et entreprit de retirer les jambes une à une, retroussant carrément son pantalon qu'il jeta plus loin, en même temps que ses caleçons. Il n'avait jamais été pudique, mais être ainsi exposé, son désir en évidence, le laissait dans un état d'incertitude troublante. Il regarda celui-ci, comme s'il ne l'avait jamais vu, puis leva ses yeux sur elle. Il fronça les sourcils, était-ce de l'amusement qu'il avait vu dans son regard? Il songea soudainement que son inexpérience le faisait probablement rire, cela s'imposa comme une certitude d'un coup. Il ouvrit la bouche, puis la referma.

Se tournant sur le lit, il mit ses pieds au sol et inspira profondément. Sa tête tournait à la même vitesse que son corps battait. Il avait chaud, terriblement chaud. La fraîcheur du sol sous ses pieds nus lui fit du bien. Mais il n'était pas dit qu'il pourrait se reposer... il reprenait à peine son souffle qu'il sentit ses bras entourés ses épaules et ses lèvres se poser sur son cou. Il ne résista pas, ne se défit pas de l'étreinte. Il ferma même les yeux, laissant ses mains et ses baisers ranimés son désir en frissonnant sous ses caresses. Il ne résisterait pas. Se laissant à nouveau emporté dans ce tourbillon enivrant, comme rassuré qu'elle soit à nouveau venue vers lui, malgré son inexpérience flagrante.
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Sibylle
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Mar 23 Aoû - 20:19

Sibylle, qui avait l’habitude de songer à plusieurs choses différentes lorsqu’elle s’adonnait aux plaisirs du corps, n’avait qu’une seule pensée en tête : Fraghstoam. L’apothicaire s’était complètement emparé de son esprit. Alors qu’elle parsemait son corps de baisers de plus en plus pressants, aguicheurs et, il fallait le dire, éloquents quant aux idées qu’elle avait en tête, elle n’arrivait pas à penser à autre chose qu’à l’homme qu’elle retenait prisonnier sous elle. Cela était une première chez l’assassin qui d’ordinaire ressentait les plaisirs dans son corps, mais jamais jusque dans son esprit. Cette sensation de plénitude était d’autant plus enivrante, car au fond d’elle, elle savait que son amant ressentait exactement la même chose. Son corps à elle n’était devenu qu’un amas de sensations électrisantes, de pulsions et de frissons. À chaque fois que le mercenaire posait une main sur son corps, elle ressentait une chaleur dans le bas de son ventre et tout ce qu’elle voulait c’était que cette chaleur s’intensifie jusqu’à la faire exploser. Puis, le forçant à se redresser, elle lui ordonna de retirer sa robe.

Lorsqu’il éprouva des difficultés à retirer sa robe, la Rose Noire réprima un sourire. Inévitablement, la pensée d’un Fraghstoam inexpérimenté revient à la surface. Il tremblait tellement qu’il fut incapable de délacer sa robe, ne faisant qu’entremêler davantage les cordons. Patiente – étonnement, puisque l’inexpérience des hommes en la matière avait plutôt l’habitude de la contrarier et de l’exaspérer au plus haut point – elle l’aida à délacer ses cordons, lui laissant la tâche de passer la robe par-dessus sa tête. Toujours assise à califourchon sur lui, elle le laissa admirer son corps paré de nombreuses cicatrices. Lorsqu’il toucha la dernière qui était venue s’ajouter à sa collection, elle-même fixée par l’Ombre, elle frissonna, non pas de douleur, mais d’un plaisir exquis. Le doigt du guérisseur se balada ensuite sur toutes les cicatrices visibles que portait son corps. Sibylle soupira de plus en plus intensément, planta ses ongles dans les biceps de celui qui lui procurait autant de sensations nouvelles par un simple geste.

Cependant, son amant ne semblait pas très entreprenant. Elle pouvait sentir son désir à travers son pantalon sur son corps presque dénudé – elle portait encore ses étuis accrochés à ses jarretières – et se décida de le stimuler encore plus en se frottant et en ondulant son bassin contre la partie la plus sensible de son anatomie. Il réagit en la collant contre lui et plaqua sa bouche sur la sienne. La jeune femme répondait à ses baisers avec ardeur, comme si sa vie en dépendait. Elle avait envie de lui mordre la lèvre une fois de plus. Ses mains étaient toujours accrochées à ses biceps, qu’elle serrait de toutes forces. Le désir en elle grandissait tellement, qu’elle avait presqu’envie de lui faire mal. Elle n’était aucunement capable de réfléchir clairement, ses pensées s’étant transformées en un tourbillon de couleurs se mouvant à une vitesse folle. La main droite de Fraghstoam se décrocha de son corps pour se diriger vers son étui. Un bruit de lame retentit plus loin, témoignant du fait que la lame se retrouvait dorénavant sur le plancher plus loin. L’autre alla la rejoindre quelques instants plus tard. En d’autres moments, Sibylle aurait sérieusement réprimandé quiconque aurait traité ses armes avec aussi peu d’attention, mais en l’instant présent, elle s’en fichait, elle voulait simplement se fondre en l’apothicaire et lui procurer autant de plaisir qu’elle était capable.

Le Maître des Potions se fit alors plus entreprenant, à la grande surprise de l’assassin. Il se retrouvait dorénavant sur elle, son corps emprisonné entre ses cuisses. Elle esquissa un sourire entre deux baisers. Voilà qui devenait de plus en plus intéressant. Ses cuisses frôlaient doucement, presque provocatrices les hanches de son amant. Elle sentit une main douce se promener sur sa peau, puis la bouche du mercenaire quitta la sienne pour se promener sur son corps. Une fois de plus, elle laissa échapper un soupir de satisfaction, mais également d’insatisfaction. Jamais on ne l’avait fait languir à ce point. Jamais elle n’avait été victime d’autant d’attention. Jamais la séduction ne s’était poursuite aussi longuement. Sibylle avait l’habitude de séduire complètement habillée et puis l’acte sexuel se produisait dans les trente minutes à venir. Pourtant, autant qu’elle voulait se fondre en Fragsthoam, elle avait l’impression qu’elle pourrait rester des heures sous les caresses légères et maladroites de l’Ombre. Lorsqu’il s’arrêta à sa poitrine, elle ne put s’empêcher de frissonner. Une fois de plus, elle se mordilla la lèvre inférieure, retenant des soupirs alors qu’il caressait sa poitrine. Lorsqu’il revint à sa bouche, le contact de ses lèvres l’électrisa. Elle en voulait plus.

Posant ses mains sur le torse du guérisseur, elle le repoussa et jeta son dévolu sur le pantalon qui établissait une barrière de trop entre la proximité de leur corps. Lentement, elle le détacha puis entreprit de le lui enlever. Après quelques difficultés, le vêtement se retrouva plus loin, laissant l’Ombre complètement dénudé, à la grande satisfaction de la Rose Noire. Une fois de plus, elle mordilla sa lèvre inférieure, contemplant l’objet de son désir, puis remarqua à quel point le mercenaire semblait troublé de sa nudité et de son désir si ouvertement déclaré. Alors que l’assassin s’approchait de lui pour l’embrasser à nouveau, mais pour aussi lui faire ressentir des sensations hors du commun, il se redressa, s’assoyant sur le lit, les pieds posés sur le sol. C’est alors qu’elle eut la certitude concernant le doute qui planait dans son esprit. Fraghstoam était inexpérimenté et à avoir sa réaction face à ce désir ascendant, il était même puceau.

C’est alors que l’information lui revint à l’esprit. Elle avait déjà entendu parler de cette ligue d’assassins très ancienne dans laquelle on obligeait la chasteté. Soudainement émue par le dilemme qui devait habiter le cœur et l’esprit de celui qu’elle considérait comme un futur amant, elle s’arrêta un instant. Considérait-il briser ses vœux pour elle? Si oui, il s’agissait d’un honneur, puisqu’elle savait à quel point il était difficile de briser leur volonté. Pendant un instant, la peur qu’il veuille établir une relation sérieuse avec elle l’assailli, mais elle chassa cette pensé presque aussi vite qu’elle était apparue. S’il brisait ses vœux avec elle, cela resterait un secret. Sibylle resta immobile un instant, se demanda s’il serait prêt à aller jusqu’au bout avec elle. Décidant d’y aller gentiment, après tout son désir à elle ne s’était nullement éteint et elle pouvait voir que celui de l’apothicaire ne l’était point.

La Rose Noire s’approcha de Fraghstoam, passa ses bras autour de ses épaules, collant de ce fait sa poitrine contre son dos chaud et musclé. Elle déposa ensuite plusieurs baisers sur son cou, laissant ses mains descendre le long de ses bras, doucement, légèrement, de façon à lui procurer des frissons. Puis sa bouche se déplaça sur les trapèzes du mercenaire, qu’elle embrassa et mordilla, alors que ses mains se baladaient maintenant doucement sur son torse. Elle décida de ne rien brusquer et le fait qu’il ne la repousse pas suffit à la persuader de continuer. Sibylle approcha alors sa bouche de l’oreille du guérisseur, qu’elle mordilla doucement, alors que ses mains passèrent doucement de son torse jusqu’à ses épaules. « Laissez-moi faire. » Cela ne la gênait en rien de prendre le commandement de leurs ébats amoureux. Elle avait assez d’expérience en la matière pour bien s’occuper de celui qui occupait toutes ses pensées. La jeune femme le força doucement à se retourner et à se coucher sur le dos. Lentement, elle s’installa sur son ventre, à califourchon une fois de plus, et s’empara de sa main droite. Elle posa la main du mercenaire sur sa poitrine à elle pour ensuite le forcer à descendre sur son ventre puis sur sa cuisse gauche où se trouvait toujours la jarretière et l’étui de sa dague, le tout en plongeant son regard dans le sien, pour le captiver. Heureusement, la jarretière était retenue par une boucle et comme elle posait la main de l’Ombre sur celle-ci, il comprit qu’elle voulait qu’il la retire, ce qu’il fit. Une fois que cela fut fait, elle reprit possession de sa main et en la glissant une fois de plus sur sa cuisse, elle la posa sur ses fesses. La jeune femme jeta alors son dévolu sur l’autre main du mercenaire et lui fit faire le même trajet, mais de l’autre côté.

Spoiler:
 

L’assassin se recoucha aux côtés du mercenaire, qu’elle continua d’embrasser quelques temps. Jamais elle n’avait ressenti autant de plaisir lors de ses ébats. Elle se sentait comblée, désirée, même si son désir n’avait pas été complètement assouvi. Cela était normal et elle s’y attendait, considérant l’inexpérience de son compagnon. Leur deux corps étaient couverts de sueur et Sibylle reprenait quelque peu son souffle. Elle plongea alors son regard brûlant dans celui de Fraghstoam. Bien sûr, elle en voulait plus et cette tempête ne semblait pas vouloir se calmer, mais elle ne voulait pas le brusquer. Il semblait être en train d’assimiler ce qu’il ressentait et ce qu’il avait ressenti. Elle décida alors d’attendre qu’il lui adresse la parole, le tout en promenant ses doigts sur le torse de celui qui était étendu près d’elle.
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Mar 30 Aoû - 20:56

Fraghstoam apprécia les caresses qu'elle lui portait alors qu'il s'était éloigné, en fermant les yeux. Sibylle avait des doigts de fée et semblait savoir où poser ses doigts, ses lèvres, pour susciter des réactions sur son corps encore vierge. Il frissonna allègrement, et longuement. Bien que son désir eut légèrement diminué, cela n'y parut à peine qu'il revint en force. Il hésitait encore, quant à la marche à suivre pour la suite. Il eut un léger sourire, ayant la certitude que s'il abandonnait maintenant, elle le tuerait. Mais, au fond, il n'avait pas envie de cesser en si bon chemin. Tant pis pour les voeux. Qui le saurait, de toute façon? Elle ne semblait pas le genre de femmes à aller crier sur tous les toits qu'elle avait séduit le Maître des Potions. Et puis, de toute façon, tous ceux le connaissant devineraient assez vite que c'était impossible.

Et pourtant...! Le voilà qui obéissait à son ordre, qui lui sommait de la laisser faire. Pour quelqu'un qui aimait être maître de toute situation, le voilà qui s'abandonnait, corps et âmes, à ce tourbillon de sensation qui l'étourdissait, l'échauffait, faisant fi de la tempête qui battait son plein à l'extérieur. N'était-ce pas l'échos de son propre esprit? C'était, du moins, en tout point semblable! Avec de légères pressions, mais fermes, elle le guida sur le lit et il suivit le mouvement sans opposer de résistance. Elle s'installa sur lui, et il déglutit. Bien qu'un peu raide, il laissa son bras le plus mou possible afin de la laisser... s'amuser? avec. Il appréciait tout de même la douceur de la peau sous ses doigts, alors qu'il parcourait sa peau. Comprenant rapide le but de la manoeuvre, il ouvrit défit la boucle de sa jarretière.

Spoiler:
 

Elle se coucha près de lui et l'embrassa à nouveau. Fragh répondit plus mollement à ses baisers, maintenant comme fatigué. Il était en sueur, elle aussi, et soudain le vacarme de la tempête perça les nuages de son esprit. C'était aussi violent dehors que cela l'avait été à l'intérieur. Ne serait-ce qu'en sensation, du moins. Reprenant leurs souffles, elle plongea son regard dans le sien, et il la regarda aussi. Il ne savait que dire, il n'y avait sans doute rien à dire. Mais de la voir, dans ses bras, encore brûlante de désir... ses cris lui revinrent et il sentit un frisson le parcourir. Son coeur reprenait peu à peu un rythme normal, sa respiration se calmait. Pourtant, il sentait toujours ce trouble au fond de ses tripes. Il voulait sentir sa chaleur.

Les doigts qui voyageaient sur son torse lui procurait des frissons. Il l'attrapa de sa main gauche pour l'immobiliser. Il sentait comme s'il devait dire quelque chose, mais ne savait que dire. Pensif, prenant soudainement pleinement conscience qu'il avait rompu son serment, il réfléchit à ce que cela impliquait réellement. On le tuerait, certainement. Mais si ça ne se savait pas... et puis, il ne s'impliquerait pas avec. C'était spontané. En fait, il avait du mal à croire que personne n'eut jamais cédé, dans toute la confrérie. On en parlait sûrement pas, voilà tout. Au fond de lui, il avait l'intime certitude que, s'il ne l'avait jamais rencontré, elle, rien de cela n'aurait jamais eu lieu. Regrettait-il? Non. C'était plus intense que tout ce qu'il avait vécu dans sa vie entière.

Sa main droite était posée contre la chevelure de la jeune femme, et jouait pensivement dedans. Il se sentait si bien, si... naturel. C'était carrément indécent, et anormal. Mais il appréciait cette chaleur, au plus au point. Ce n'était qu'une fois, se répétait-il. Une seule fois. Il posa son regard sur elle, qui lui semblait encore brûlante. Il sentit le désir revenir en lui. Il avait envie de lui procurer les même sensations, de la faire vibrer de plaisir comme elle l'avait fait pour lui. Il voulait lui rendre la pareil, poser un sourire béat sur ses lèvres. Bien qu'il ne souriait pas, à l'intérieur, c'était le cas! Ses yeux l'exprimaient, il était on ne peut plus heureux de ce qui venait de se passer.

Malgré lui, son désir refaisait surface, il la regarda allègrement, ayant lâcher sa main pour la promener sur son épaule, sa poitrine, du bout des doigts. Il sentit que cela la faisait frissonner. Il s'enhardit, allant même jusqu'à masser sa poitrine, il descendit ensuite sur sa hanche, qu'il empoigna, et se tourna vers elle, l'embrassant. Pressant son bassin contre le sien, elle ne put que sentir la virulence de son désir reprenant vie. Il eut un léger sourire amusé, sous sa réaction qui ne pouvait que révéler la surprise, mais il ne releva. Était-ce inhabituel de vouloir recommencer? Il continuerait ainsi toute la nuit...!

Fraghstoam se hissa au-dessus de son amante, le genou droit entre ses cuisses. Il posa ses mains à plat chaque côté de sa tête et se pencha à nouveau pour l'embrasser. Le feu coula à nouveau en lui et son esprit se vida - au fur et à mesure que son désir grandissait, quel drôle de hasard! - il se releva pour lancer un regard amusé à Sibylle. Et empli de désir. « On peut aussi discuter... » fit-il, laissant sous-entendre qu'il pouvait aussi laisser la situation en plan. Il s'amusa de sa réaction et l'embrassa à nouveau, prenant appuie sur son coude gauche, il laissa sa main droite se balader sur le corps tant désiré qui s'offrait à lui.

Spoiler:
 

Coucher en étoile, un bras sous sa nuque, Fragh tourna la tête sur le côté pour chercher son regard, alors qu'ils reprenaient tant soit peu leurs souffles. Il avait l'impression de s'être plutôt bien racheté, ayant été profondément à l'écoute de ses réactions. Au fond de lui, une voix lui criait qu'il n'aurait jamais due, son sens de l'honneur le taraudait. L'esprit libre, sa circulation sanguine ayant repris un cours normal, il se sentit harceler par un combat intérieur qu'il n'avait pas envie de vivre. Son regard, d'abord détendu et comblé, se troubla et il le leva vers les poutres du plafond, ses fins sourcils se fronçant sur son regard sombre. Il ne regrettait pas. Ça lui passerait. Il était profondément persuadé, maintenant qu'il l'avait vécu, que plusieurs membres de la fraternité avait du vivre cela. Il n'y avait pas de quoi se sentir mal. Il soupira profondément.
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MessageSujet: Re: I like the way you smile, I might just bite your lip [pv Fragh]   Dim 11 Sep - 12:02

C’est une Sibylle toujours brûlante de désir qui s’étendit aux côtés d’un Fraghstoam assimilant de nouvelles sensations. C’était une sensation qu’elle connaissait plutôt bien, ce manque d’extase, puisque bien peu d’hommes pensaient au plaisir de la femme. Bien sûr, l’acte en tant que tel lui avait procuré de nombreuses sensations, mais l’extase n’avait pas été atteinte. Ce qui était parfaitement normal, son amant étant puceau, il aurait été irréaliste de s’attendre à une atteinte du plaisir absolu de façon commune. Bien qu’elle ne voulait pas brusquer son nouvel amant, elle ne put s’empêcher de continuer d’attiser son désir, même si c’était de manière beaucoup moins évidente. Promenant ses doigts sur son torse, elle ne voulait pas rompre le contact avec sa peau, comme dépendante de sa chaleur. La jeune femme ne voulait pas l’abandonner, de peur que si elle le faisait, tout se terminerait drastiquement. Car, malgré son expérience dans le domaine du corps, jamais encore elle n’avait éprouvé pareille excitation. Jamais un homme ne lui avait procuré autant de frissons, pareils à des chocs électriques qu’envoyaient ses nerfs à sa peau. Un feu qui semblait impossible à éteindre brûlait toujours dans le bas de son ventre, dégageant sa chaleur à tout son corps.

La main du mercenaire se posa sur la sienne afin de l’immobiliser. La Rose Noire afficha une mine boudeuse qui sembla passer inaperçue. En temps normal, elle détestait toujours ces moments où l’amant voulait s’éterniser dans le lit pour quoi déjà? Se cajoler? Elle n’y avait jamais pris plaisir, désirant souvent assouvir ses pulsions le plus rapidement possible sans attache. Toutefois, à cet instant précis, alors que l’autre main de l’apothicaire jouait dans ses cheveux, ce sentiment de proximité s’avérait agréable, mais aussi incroyablement exaltant. Ses cheveux semblaient s’être transformés en décharges électriques et chaque contact de la main du Maître des Potions avec seulement l’un d’entre eux, lui procurait l’impression que son corps était à vif, sensible à tout, ce qui lui causait une avalanche de frissons. Comment un simple contact pouvait-il occasionner toutes ces impressions? Comment cette proximité normalement tant détestée pouvait-elle s’avérer si agréable? Si cela n’avait été de cette faim de désir insatiable qui la taraudait, Sibylle aurait pu rester dans cette position pendant des jours.

Puis, comme si Fraghstoam avait lu ses pensées, il commença à promener sa main sur son corps. Le contact de ses doigts sur sa peau, d’abord sur son épaule, puis sur sa poitrine la fit frissonner. C’était si doux, mais si bon. Elle ne put s’empêcher de mordiller sa lèvre inférieure, pour retenir un léger gémissement de surprise, surtout lorsqu’il s’attarda plus longuement sur sa poitrine. La chaleur s’emparait de plus en plus de son corps déjà fiévreux et la boule qui s’était formée dans le bas de son ventre prit plus d’ampleur, menaçant d’exploser à tout moment. L’assassin réprima un son de surprise lorsque l’Ombre s’empara de sa bouche tout en lui signifiant, d’un mouvement assez subjectif du bassin, son désir renaissant. Sursautant un peu par surprise de tant d’initiative, mais aucunement déçue, la jeune femme répondit ardemment aux baisers insistants de son amant. Pour un homme qui venait de briser ses vœux, il ne semblait pas si tourmenté. L’expérience avait-elle été plaisante à ce point? La Rose Noire ne put s’empêcher de le prendre comme un compliment et sourit entre deux baisers.

Lorsqu’il se redressa pour la surmonter, Sibylle chassa tout questionnement pour se concentrer sur les actions du mercenaire. Comme il était séduisant ainsi, alors qu’il la surplombait de tout son corps. Elle ne put s’empêcher de lui adresser un sourire coquin, ravie de la tournure que prenaient tous ces évènements. Qui aurait pu penser que leur rencontre d’abord drastique se terminerait ainsi? Sûrement pas l’assassin. La bouche de l’apothicaire s’empara à nouveau de la sienne, orientant ses pensées sur leur deux corps et sur les sensations qu’ils pouvaient se procurer l’un l’autre. Puis, il se releva pour plonger son regard dans le sien. Comme il était bon de s’y perdre. Sa voix retentit alors. Quoi? Discuter? Il se moquait d’elle assurément. Comme s’il pouvait laisser en plan ce qui s’avérait si plaisant et prometteur. La jeune femme haussa les sourcils d’un air presque exaspéré, signifiant qu’il était hors de question qu’elle se mette à discuter alors qu’il se plaisait à attiser les braises de son désir. Lorsqu’il se mit à rire de sa réaction, elle lui lança un regard semi-coquin et semi-froissé. Elle ne pouvait pas être fâchée de cette blague, mais pendant un instant le doute avait traversé son esprit. Toutefois, il fut chassé par une série de baisers. Difficile de penser à autre chose.

Spoiler:
 

Alors que son regard croisa celui du mercenaire, Sibylle se mordilla la lèvre inférieure. Jamais de sa vie elle n’avait atteint l’extase à ce point. Jamais de sa vie elle n’avait été aussi comblée lors de ses ébats sexuels. La question revint. Comment se faisait-il qu’un homme inexpérimenté pouvait lui procurer autant de plaisir? Décidemment, cette question resterait un moment sans réponse. Un soupir de l’apothicaire ramena son attention sur lui. Regrettait-il ses actions? Après tout, il venait de briser ses vœux avec elle, peut-être même pour elle. Non. Pas pour elle. C’était absurde. Il était séduisant, certes, et ce n’était qu’une très forte attirance physique qui avait provoqué tout cela. La tempête se déchaînait toujours à l’extérieur. La jeune femme ne voulait pas aborder le sujet qui semblait tarauder l’esprit de son amant. Du moins pas tout de suite. S’ils devaient rester tous les deux à l’intérieur de cette cabane pendant plusieurs jours, elle ne voulait pas sentir le remords de son compagnon. Peut-être effleurerait-elle le sujet lorsque son départ serait plus éminent.
Décidée à continuer cet instant de débauche qui lui plaisait de plus en plus, l’assassin sortit du lit, en prenant bien soin de passer par-dessus le Maître des potions, lui arrachant un baiser au passage. Elle voulait qu’il la désire. Toujours, sans cesse. Elle voulait être l’objet seule de ses pensées aussi longtemps que durerait cette tempête. Sibylle, dans toute sa nudité, se dirigea vers la table où elle avait déposé sa bouteille de vin. Elle y découvrit aussi une bouteille de rhum. Plus tôt dans la journée, l’Ombre n’avait bu qu’une consommation, désireux de bien se tenir sans doute. Mais maintenant, cèderait-il? Elle décida qu’il serait d’abord mieux de finir la bouteille de vin et revient sur le lit. Elle but une longue gorgée du nectar rouge et refila la bouteille à l’apothicaire. « Allez, vous devez être assoiffé après tout cet exercice. » Un sourire provocateur se dessina sur ses lèvres. Fraghstoam prit alors une gorgée.

***

Sybille était couchée, toujours nue, sur le lit, alors que Fraghstoam s’affairait un peu plus loin. Maintenant que la tempête commençait à se calmer, elle repensait aux trois derniers jours. Jamais, au courant de sa vie, elle n’avait vécu trois jours aussi débauchés que ceux qui venaient de passer. Incapables de se résister l’un l’autre, le mercenaire et l’assassin avaient succombé à leur plaisir et à leur désir de nombreuses fois et ce, pratiquement sur toutes les surfaces que proposaient la cabane. À quelques reprises, l’apothicaire avait dû refaire son traitement sur la plaie, afin que la jeune femme ne ressente plus la douleur qu’elle provoquait. Dorénavant, elle se sentait beaucoup mieux. Elle se redressa sur le lit, s’adossa contre le mur. Le moment était venu pour son amant de vérifier sa plaie. Il s’approcha d’elle. « Alors docteur. Un diagnostic? » Une fois de plus, elle lui adressa un sourire provocateur. La pudeur qu’il éprouvait d’abord à son égard avait complètement disparu. Elle se sentait mieux vraiment, et elle se doutait que le moment serait bientôt venu où ils devraient se séparer. Toutefois, il leur restait un peu de temps, puisque bien que la tempête se calmait, elle n’avait pas encore cessé.
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