Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]

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Philomena
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MessageSujet: Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]   Mer 4 Mai - 14:58

Assez. Elle en avait assez. Elle n’en pouvait plus. Ne pouvaient-ils pas comprendre qu’elle n’était plus une petite enfant. Elle était une adulte maintenant. Pourquoi personne ne semblait s’en rendre compte? Une fois de plus, on lui avait refusé l’accès au conseil du roi sous prétexte qu’elle ne comprendrait pas les enjeux discutés. Quoi? Comment la négociatrice officielle du royaume pouvait-elle bien faire son travail si elle n’était pas au courant des dits enjeux? Pestant à voix haute contre le roi, son frère Pride, Philomena claqua toutes les portes du château qu’elle put trouver. Cela n’était certes pas la plus mature des façons de souligner sa colère, mais au moins, cela la défoulait. Lorsque qu’elle arriva dans sa chambre, la jeune princesse s’assied sur son lit pour essayer de se calmer. Comment leur faire comprendre qu’elle n’était plus une jeune fille fragile? Au cours des trois dernières années, elle avait grandi, elle avait affiné son art de la parole, elle pouvait convaincre n’importe qui de n’importe quoi. De plus, on lui avait enseigné la politique et tous les enjeux des deux royaumes. Elle connaissait aussi les états financiers du pays – elle était en partie responsable des dépenses et des acquisitions du royaume – et était au fait de tout ce qui pourrait être profitable et dommageable pour Shola. Que fallait-il qu’elle fasse de plus pour que ses aînés comprennent qu’elle n’était plus une jeune adolescente naïve, qui se sentait responsable de la mort de sa mère? Cette bulle de protection dans laquelle on l’avait enveloppée pesait sur ses épaules comme un boulet. Gula devait trouver un moyen de s’en défaire. Elle ne pouvait plus supporter d’être mise à l’écart. Sa famille allait comprendre qu’elle pouvait se débrouiller seule. Et ils allaient le comprendre de la manière dure.

Cela faisait plusieurs semaines que Philo préparait son coup. Chaque fois, elle laissait une chance de plus à sa famille de lui accorder la place qu’elle méritait au sein du conseil. Toutefois, le refus d’aujourd’hui était la goutte qui avait fait déborder son vase déjà trop plein. En poussant violemment les portes de sa chambre, la jeune princesse pénétra dans sa chambre. Elle congédia toutes les servantes et tous les gardes. Se dirigeant vers une armoire, elle actionna le loquet qui laissa découvrir un petit compartiment secret. À l’intérieur, s’y trouvait un sac de voyage contenant plusieurs provisions, des vêtements de rechange et assez d’argent pour subvenir à ses besoins. Philomena troqua sa robe noire brodée de fils dorés pour une autre robe noire, sans décoration de quelque sorte pouvant trahir son appartenance à la royauté. Elle ne conserva que le collier de sa mère, qu’elle portait en permanence, toutefois elle dissimula l’émeraude du pendentif dans sa robe. Dans son armoire, se trouvait sa ceinture et sa dague, qu’elle posa sur ses hanches. Il s’agissait de la première fois qu’elle partait à l’aventure sans escorte, il fallait bien qu’elle apporte quelque chose pour se défendre. Oh, elle n’était pas la plus grande guerrière, mais le maître d’armes lui avait appris à utiliser sa dague pour sauver sa vie. De plus, elle pouvait toujours ses servir de son pouvoir d’illusion pour créer une diversion. Il ne lui manquait plus qu’un dernier détail, sa cape. Comme elle ignorait combien de temps elle voyagerait à l’extérieur, Gula opta pour sa cape de fourrure. Faite sur mesure, elle la garderait au chaud en plus de la dissimuler. En effet, la cape était munie d’un capuchon et était d'une couleur assez terne, grisâtre ou brunâtre selon l'angle duquel on regardait. Ainsi, il lui serait beaucoup plus aisé de passer le plus inaperçu possible. Il n'existait pas beaucoup de cape d'une telle beauté. Elle était doublée à l'intérieur de soie et était dotée de plusieurs pochettes.

Accrochant sa besace à son épaule, sous sa cape, la jeune femme se dirigea ensuite vers le cadre géant de sa mère situé sur le mur opposé de son lit. D’un geste rapide, elle le tira vers elle et laissa découvrir une ouverture dans le mur. En effet, le château de Shola était truffé de passages secrets. Pour combler la solitude à laquelle on la laissait en lui refusant l’accès au conseil royal, Philomena s’était fait un devoir de tous les découvrir et de retenir où ils menaient. Ainsi, elle pouvait se diriger secrètement vers les écuries sans être aperçue. Lorsqu’elle y arriva, elle demanda au palefrenier de seller son cheval. Il protesta tout de suite lorsqu’il vit qu’elle n’était pas accompagnée de son escorte habituelle. Gula s’approcha lentement de lui et lui susurra quelques mots doux à l’oreille, lui promettant qu’elle allait seulement se balader en forêt. Elle lui glissa deux pièces d’or dans la main et déposa un baiser sur ses lèvres. Incapable de résister à autant d’attention féminine de la part de la princesse, il se recula, les joues roses le regard vers le sol. Il sella ensuite son cheval et la jeune princesse partit à l’aventure.

Elle galopa jusqu’à la frontière entre Shola et Alombria. Son raisonnement était simple. Sa famille, pensant qu’elle n’irait jamais à Alombria en raison de toutes les absurdités que l’on lui avait racontées sur le royaume, concentrerait d’abord ses recherches à Shola. Ainsi, elle se procurait elle-même plus de temps que prévu. Elle savait bien que les gens d’Alombria n’étaient pas différents de ceux de Shola. Elle ne croyait plus aux histoires d’horreur qu’on lui racontait pour la garder au château. La jeune princesse avait soif d’aventure et c’est dans le royaume de ses cousins qu’elle allait la trouver. Il ne fut pas très difficile pour la jeune femme de traverser la frontière. Après tout, à l’aide de son pouvoir d’illusion, elle put faire croire aux gardes qu’il n’y avait personne. La fébrilité était tellement à son comble en raison des hostilités à venir qu’ils ne s’aperçurent même pas de sa présence. Philomena poussa son cheval au galop jusqu’à ce que la nuit tombe. À ce moment, elle atteignit un petit village reculé de la civilisation. L’endroit semblait très pauvre, mais elle avait faim et elle voulait dormir dans un lit. Il devait certainement y avoir une auberge, ou à la limite une taverne dans cette petite localité. Étrangement, Philo n’avait pas peur du danger. Elle affrontait la nouveauté avec joie et sans grande appréhension. Voilà ce qui arrivait lorsqu’on gardait un animal en cage un peu trop longtemps. La soif de liberté était plus puissante que tout, elle primait sur la sécurité et poussait parfois les gens à se mettre en danger.

Gula repéra une petite taverne un peu glauque, mais qui semblait assez fréquentée. Par quel type de gens? Elle l’ignorait, mais cela ne la freina pas. Elle confia son cheval à l’écurie de la place et poussa la porte. L’endroit était rempli d’homme surtout et de quelques filles de joie. Gardant son capuchon rabattu sur sa tête, la princesse repéra une place libre, au fond et s’y dirigea. Cependant, en s’y rendant, elle se prit les pieds dans sa robe et renversa une chope de bière qui était sur une table, en face d’un homme blond qui ne semblait pas très bien se porter. « Je suis désolée monsieur, j’ai renversé votre chope. » Philomena se pencha pour la ramasser. « Laissez-moi vous en offrir une autre pour me faire pardonner. » D’un mouvement de la main, elle appela le tavernier et commanda une chope pour l’inconnu et un verre de vin pour elle. Elle adressa un sourire à l’homme et continua son chemin vers la table qu’elle avait aperçue. La jeune femme s’y installa et une fois dans l’ombre, retira son capuchon laissant découvrir sa chevelure enflammée. On lui apporta son verre de vin et elle commanda une pièce de viande. Sans qu’elle sache pourquoi, elle ne pouvait s’empêcher de regarder l’homme à qui elle avait payé une nouvelle chope. Il semblait si dévasté.

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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]   Jeu 5 Mai - 11:58

Il était crevé. Il avait marché toute la journée pour se rendre dans ce coin perdu d’Alombria; ce petit village en décrépitude et en déclin plus qu’évident. L’endroit se nommait Mystral. Pourquoi était-il venu ici? Par envie de fuite doublée d’un accès de nostalgie, tout simplement. L’endroit était loin d’être comme dans son enfance. Autrefois, c’était un coquet village qui était réputé pour ses champs de fleurs, ses parfumeries et ses vignobles. Son père les avait emmenés, lui, son frère Uriel et sa mère afin qu’ils profitent de petites vacances en famille. Zack se souvenait très bien des deux semaines qu’ils avaient passées dans une petite villa d’été en bordure de rivière qui appartenait au cousin de son père. L’endroit avait marqué sa mémoire d’enfant et il avait toujours voulu y remettre les pieds. Or, entre-temps, un malheur s’était abattu sur Mystral. Un énorme brasier de forêt avait ravagé les vignobles et les champs, brûlant tout sur son passage. Les gens avaient essayé de reconstruite, mais sans grand succès, visiblement. Zack avait envie de voir si la villa avait survécu, puisque celle-ci se trouvait un peu à l’écart, au milieu d’une clairière… Mais là… il était crevé et avait soif… et la nuit tombait.

Sa journée avait été de la vraie merde. En fait, il serait arrivé beaucoup plus tôt s’il ne s’était pas fait arrêter par des bandits de grands chemins qui l’avaient intercepté sur la route. Un petit clan qui lui était inconnu. Oh le sous-chef des Lames Pourpres s’était très bien défendu, mais les bougres avaient tout de même réussi à se sauver avec sa monture! Un si bel étalon massif et de couleur chocolat… c’était injuste! Il l’avait si durement volé à un bourgeois de la capitale! Tant d’efforts pour finalement se retrouver à devoir terminer la route à pieds.

Ce qui était merdique, lorsqu’il avait autant de temps à se consacrer à lui-même, c’était qu’il avait le « luxe » de réfléchir tant qu’il voulait. Or, réfléchir était de loin la dernière chose qu’il souhaitait. C’était les seuls moments où il était coincé pour affronter ses démons, choses qu’il tentait de fuir à tout prix. Puisqu’il était sur la route, il ne pouvait pas les engourdir d’une quelconque façon; il n’avait aucun alcool à ingurgiter et l’opium – dans ces moments-là – était la pire idée qui soit. Pourquoi? Parce que l’opium servait à le mettre dans un état d’extase et d’euphorie. Lorsque ces herbes étaient inhalées, il fallait absolument avoir la possibilité de se coucher puisque la personne se retrouvait comme dans un état second, de plénitude extrême… une très mauvaise idée quand il fallait marcher. Surtout s’il avait la possibilité de rencontrer d’autres passants! Auquel cas, il se mettait dans une position de vulnérabilité totale. Ainsi, son esprit s’était mis à vagabonder dans tous les sens, passant d’un sujet à l’autre, glissant sur des territoires qu’il préférait n’affronter en aucun cas : sa fuite du château de Shola avec son frère, sa rencontre avec les Lames Pourpres, sa trahison envers Saoirse, ses années de débauches intenses, les nombreux meurtres qu’il avait commis alors qu’il était intoxiqué, ses crimes crapuleux, le visage détruit de sa mère lorsqu’elle comprit ce qu’il était devenu, l’abandon d’Uriel, la mort de Saoirse…

Il n’en pouvait plus! Plus il était fatigué, pire c’était! Sans parler de la paranoïa qui le prenait parfois lorsqu’il croyait avoir vu des membres des Lames Pourpres! Sa gorge était serrée et il sentait des tremblements le secouer de part en part. Voilà que ce que ça faisait que de fuir ses propres angoisses depuis si longtemps! Il était maintenant incapable de les affronter. Le corps lourd et les pieds en compote, il repéra enfin une taverne. Un endroit glauque et où l’affiche pendait lamentablement sur le côté. Inclinant la tête, le vagabond put y lire : « L’Illustre Vignoble ». Visiblement, l’endroit n’avait plus rien de glorieux et était probablement réputé pour son vin, à l’époque. Au final, il n’en avait rien à foutre, puisqu’il avait juste envie de se saouler la gueule pour faire taire ses voix intérieures qui hurlaient des vérités un peu trop poignantes.

Sans aucune hésitation, le jeune homme de 26 ans poussa les portes battantes et s’engouffra dans le bâtiment qui, visiblement, n’attirait plus son « illustre » clientèle. À l’intérieur se trouvaient quelques bougres venus pour boire leur saoul et une poignée de filles de joie un peu moches qui tentaient de se ramasser de la clientèle. L’endroit manquait d’éclairage et une drôle d’odeur âcre trônait dans l’air : un fin mélange de sueur et… d’urine??? Qui avait osé se pisser dessus dans un endroit public?! Même s’il n’était généralement pas très sélectif, le semi-elfe ne put s’empêcher d’exhiber une face de dégoût. Il s’approcha néanmoins du comptoir et paya pour la chambre numéro 4. Il prendrait la clé au moment de monter à l’étage, histoire d’éviter de se la faire piquer ou un truc du genre. Il en profita pour commander la plus grosse chopine de bière possible. Il avait besoin d’engourdir ses pensées. Finalement, il demanda à ce que lui apporte un ragoût de bœuf qui, selon les gens autour, semblait être la spécialité de l’endroit (pour peu que cette information vaille quelque chose).

Le fils du duc de Shola se détourna puis alla s’installer à une table. Sa consommation alcoolisée arriva rapidement jusqu’à lui, à la main d’une serveuse qui lui exhiba son décolleté plongeant avec un regard lubrique. Oh il n’avait pas envie de ça ce soir; il n’y porta donc que très peu d’attention. Il prit la chopine et avala une longue gorgée du liquide mousseux. Une bougie trônait sur sa table et il perdit son regard dans la flamme qui y dansait au fil des courants d’air. Il repensait à Saoirse et à sa dernière révélation… elle avait été enceinte de lui. Et par sa faute, elle avait dû s’introduire dans la maison d’un membre des Lames Pourpres pour récupérer son collier de jade et, dans cette dangereuse mission, avait perdu l’enfant. Elle avait vécu tout ça toute seule, sans l’appui de personne… sans sa présence à lui. Il ne voyait pas de quelle façon il pourrait se pardonner ça un jour. La culpabilité découlant de cette dure réalité le hanterait à jamais. La gorge nouée, il plongea une main dans sa poche et retourna entre ses doigts un petit sac de toile dans lequel se trouvaient quelques herbes entremêlées d’une fine poudre brunâtre. Sa meilleure amie, son amante… son opium. Il avait réservé une chambre plus « luxueuse » simplement pour avoir accès à un foyer, et donc, avoir du feu. Sa pipe à opium n’était pas loin. Il allait engourdir tout ça une fois à l’étage.

Soudainement, sa table se fit bousculer, le tirant de sa rêverie et renversant sa bière par le fait même! Une jeune femme se redressa avec un air désolé au visage. La détaillant du regard, Zack remarqua à quel point l’étoffe de sa cape était luxueuse : de la fourrure du genre n’était pas donnée à tout le monde. Même sa tenue – d’un noir d’ébène – semblait faite en un matériel, certes bon marché, mais néanmoins inaccessible à la basse caste de la société. Le semi-elfe avait toujours été un fin observateur et chaque détail lui sauta au visage. Le vocabulaire très soigné, la façon dont elle s’excusa rapidement et s’empressa de lui commander une nouvelle boisson, ses quelques mèches rousses visiblement trop soyeuses pour une paysanne et dépassant de son capuchon… Une dame de qualité qui voyageait peut-être pour affaire et qui voulait passer inaperçue? Néanmoins, l’endroit n’était pas fait pour des jeunes filles de son rang social. Donc, elle détonnait avec la population déjantée des lieux. D’autant plus qu’elle alla s’asseoir à part et commanda un verre de vin… C’était maintenant plus qu’évident qu’elle n’avait pas sa place ici. Néanmoins, sa présence piqua la curiosité de Zackeriel qui planta son regard de bronze dans les iris émeraude de la damoiselle.

Visiblement, il avait chacun, l’un envers l’autre, une curiosité débordante. Zack remercia la servante qui lui rapporta une autre consommation et qui frotta sa table avec exagération en le dévorant du regard. Pour sa part, il l’ignora, mais remarqua bien les coups d’œil que quelques crétins jetaient à la damoiselle. Généralement, ça ne voulait rien dire de bon… Le guerrier blond rangea rapidement son opium dans ses poches, prit sa chopine, contourna la servante outrée et vint s’installer à la table de la nouvelle venue, face à elle.

- Pardonnez-moi de m’infiltrer à votre table ainsi, mais vous semblez faire l’émoi autour de vous, fit-il en indiquant d’un coup d’œil en coin le groupe d’ivrognes qui l’observait un peu loin. De ce que j’ai compris : la population de Mystral porte beaucoup d’intérêt aux nouveaux venus. Précisément aux jeunes filles qui semblent venir de bonnes familles. Ce n’est pas de leur faute, il ne reste plus que de la vermine dans ce coin paumé du monde. Merci pour la bière, par le fait même.

Il leva sa chopine en guise de remerciement et avala une gorgée. Il n’avait aucune idée pourquoi il faisait ça. Il aurait bien pu rester à part et laisser ces bougres s’occuper d’elle. Les viols devaient être monnaie courante dans ce village qui semblait être le trou du cul du monde. Outre le fait qu’elle était jolie, il avait simplement envie de l’aider, si quelqu’un tentait de la bousculer ou de la forcer à quoi que ce soit… peut-être aussi parce qu’elle semblait la seule personne sensée dans cet endroit et qu’il n’avait pas envie d’être seul? Les discussions le détendaient et lui permettaient de se distraire un peu. Idéal pour oublier sa vie misérable.

- J’en profite pour me présenter : je m’appelle Remy, mentit-il en prenant une pose nonchalante sur sa chaise. Pardonnez mon arrogance, mais qu’est-ce qu’une femme de votre trempe vient faire dans un endroit pareil? Les affaires – pour peu que ce soit possible vu le peu d’activités commerciales des lieux? Ou vous fuyez quelqu’un ou quelque chose? Il essayait visiblement de deviner. En fait, il se doutait bien que sa question pourrait rester sans réponse.

La servante revint auprès d’eux et déposa la pièce de viande devant la rouquine et le bol de ragoût devant Zack. Évidemment, le brigand put aisément noter le regard courroucé que l’employée jeta à l’inconnue. Tsss… comme si la servante aurait eu la moindre chance de toute façon… Prenant la cuillère en bois qui trônait sur la table à sa droite, il plongea l’ustensile dans le liquide épais et goûta son repas. Meh… ce n’était pas terrible. On s’était joué de lui ou quoi? Il prit une rasade de bière pour faire passer le gros morceau de bœuf coriace qu’il avait en bouche et fit une légère grimace.

- Je ne pensais pas que le bœuf pouvait avoir cette texture… commenta-t-il en regardant son plat mijoté d’un air déçu. Un peu comme du cuir de botte… Bizarre. Et vous? Le verdict est mieux que le mien?

Du coin de l’œil, le semi-elfe nota les bougres dans le coin de la taverne qui riaient de leur voix grasse en se donnant des coups de coude évocateurs. L’un d’entre eux semblait prêt à vouloir aborder la jolie rouquine. S’adossant sur son siège d’un air à nouveau nonchalant, le jeune homme se passa une main dans ses cheveux blonds courts et sourit d’un air amusé.

- Tenez-vous prête, vous allez vous faire aborder dans trois… deux… un…


- Parandar doit être inquiet, fit l’homme à la grosse barbe en jetant un regard qui se voulait charmeur à la voyageuse. Il a perdu l'un de ses anges qui s’est égaré dans ce trou paumé. Si vous voulez, je pourrais vous montrer le chemin vers le paradis…

Pour toute réponse, Zack étouffa un rire amusé. Quelle réplique merdique pour avoir une fille dans son lit! Il jeta alors un regard hilare à la jeune femme, se demandant comment allait se sortir de ce faux pas.

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Run away with me
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Running wild and running free
Two kids, you and me

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[#2e2118]
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Philomena
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MessageSujet: Re: Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]   Ven 6 Mai - 14:26

Alors que la princesse de Shola était assise à sa table, au fond de la taverne, elle ne pouvait s’empêcher d’avoir quelques pensées incertaines. Toute sa vie, elle avait été enfermée dans une bulle, éloignée de tous les problèmes du monde, entourée de beaucoup trop d’attention. Maintenant, elle se retrouvait seule dans une taverne plus ou moins fréquentable, seule, devant se débrouiller par elle-même pour survivre. Elle se demanda si elle devait réserver une chambre tout de suite. Il n’était pas question qu’elle dorme dehors pour sa première nuit dans ce village où l’honneur ne semblait pas y avoir de place. Elle préférait, et de loin, dormir dans une chambre fermée à clé. Certes le goût de l’aventure était toujours très présent en elle, mais elle ne tenait pas du tout à mourir la première nuit. Elle avait tout de même un certain instinct de survie, même s’il était bien frêle. En quittant le château, Philomena savait que la vie ne serait pas celle qu’elle connaissait. Mais c’est ce qu’elle voulait en fait. Forger son caractère, forger son physique peut-être, et surtout, montrer à ses frères et sœurs qu’elle était entièrement capable de se débrouiller seule et qu’elle méritait enfin sa place dans le monde comme personne forte et non comme personne fragile, naïve et nécessiteuse. Elle voulait être en danger et elle voulait s’en sortir toute seule. Oh, Gula n’irait pas jusqu’à le chercher d’elle-même, mais s’il venait sur sa route, elle ne prendrait pas la fuite. Perdue dans ses pensées, la jeune femme ne remarqua pas que de plus en plus de regards se tournaient dans sa direction. Il était bien imprudent de ne pas s’en rendre compte.

C’est le bruit d’une chaise qui racle le sol qui tira la jeune princesse de ses pensées. Devant elle, à sa grande surprise, se trouvait l’homme à qui elle avait payé une autre chope. Que faisait-il devant elle? Prise d’une soudaine panique, elle posa lentement sa main droite sur sa dague et tenta de calmer les battements de son cœur. Il l’informa alors qu’elle semblait causer l’émoi autour d’elle. Promenant son regard sur la pièce, Philo remarqua que la moitié des hommes avait leur regard braqué sur elle. Décidemment, les tavernes n’étaient pas faites pour les femmes seules. Après tout, elle aurait dû y penser. L’homme ajouta que la population de Mystral – ah c’était donc cela le nom du village – n’était pas habituée aux nouveaux venus et aux jeunes femmes de bonne famille. Ainsi, elle était démasquée. Elle aurait vraiment dû s’acheter des loques de paysannes, mais elle ne pouvait se résoudre à quitter ses vêtements luxueux. Sa propension à la gourmandise était beaucoup trop puissante. « Ah, et vous êtes différent de cette vermine, monsieur? Au premier regard, il serait difficile de l’admettre. » Elle ne savait pas pourquoi elle venait d’insulter celui qui s’annonçait comme un bienfaiteur ou un protecteur. Peut-être parce qu’elle avait tenu sa langue trop longtemps pendant son adolescence? Ou peut-être essayait-elle aussi de se donner une contenance, montrant à cet homme qui, certes avait l’air un peu douteux de prime abord, qu’elle n’avait peur de – presque – rien. L’homme leva sa chope en guise de remerciement. Ne pouvant s’empêcher d’obéir aux règles de la courtoisie, elle inclina doucement la tête pour signifier que cela lui faisait plaisir.

Puis, elle le regretta. Pourquoi avait-elle fait ce geste? Si elle voulait éviter de se faire aborder par des hommes pervers, elle devait cacher son appartenance à la noblesse. Mais il était bien difficile de renier ce qui faisait désormais partie de sa vie et qui était surtout devenu des réflexes. L’homme se présenta ensuite, il disait s’appeler Rémy. C’était un joli nom. Puis il lui demanda la raison de sa visite dans le village. Non mais quel cran. Cela ne le regardait en rien. « Je suis enchantée de faire votre connaissance, Rémy. » Philomena prit une gorgée de vin pour se donner de la contenance. « Je vous pardonne votre arrogance, mais ce que je fais dans ce village ne vous regarde en rien, monsieur. » En effet, elle n’allait pas lui expliquer qu’elle avait fugué du château de Shola pour donner une leçon à sa famille. À son grand bonheur, Rémy croyait qu’elle était simplement une noble, il n’avait pas réalisé son appartenance à la famille royale. Il fallait donc préserver ce secret le plus longtemps possible. « Je peux toutefois vous donner nom, en guise de remerciement pour votre compagnie. Je me prénomme Lucrezia. » Gula lutta pour ne pas lui présenter sa main. Un réflexe de la royauté qu’elle réussit à freiner de justesse.

La serveuse, ou la fille de joie, Philo ne savait pas vraiment s’il y avait une différence entre les deux, dans cet établissement crasseux à la clientèle qui devenait de plus en plus douteuse, déposa devant eux leur plat. La princesse lutta également pour ne pas commenter le repas qui se trouvait devant elle. Mais qu’est-ce que c’était? Pouvait-on vraiment appeler cela de la viande? Son repas était difforme, elle ne pouvait même pas réussir à déterminer quel était l’animal et quelle partie de l’animal s’apprêtait-elle à manger. Mais son ventre gargouillait et elle savait qu’elle devait manger. Le vin seul ne la sustenterait pas. Philomena regarda Rémy plonger sa cuillère en bois dans ce qui semblait être un ragoût. Enfin, c’était dur à dire. Les ragoûts qu’elle avait l’habitude de manger ne ressemblaient pas à cela. La vie du peuple était bien différente de la sienne, elle le constatait bien. Son compagnon de table fit alors une grimace. Cela n’était guère encourageant. Pendant qu’il lui adressait la parole, commentant la texture de son bœuf, elle prit une bouchée. La pièce de viande était trop dure, difficile à mâcher et elle n’était toujours pas en mesure de déterminer quel était l’animal qu’elle mangeait. « Je dois avouer avoir connu du cuir plus tendre que ce pauvre animal dont je ne peux encore déterminer la provenance. Qu’en pensez-vous? Bœuf, cheval, mouton? » Elle poussa son assiette dans sa direction afin qu’il puisse y goûter. Elle espérait seulement que cet animal n’était pas avarié. Elle ne voulait pas du tout passer sa nuit à être malade.

Puis, pendant que Gula s’acharnait à essayer de couper ce qu’elle considéra comme une partie de la cuisse d’un animal, Rémy l’intima de se tenir prête, car elle allait se faire aborder. Définitivement, elle allait devoir être plus alerte si elle voulait survire. Mais cet inconnu qui avait pris place devant elle semblait bien vouloir qu’elle reste en vie. Un homme se présenta donc à leur table et l’aborda d’une phrase de drague complètement dépourvue de charme. Non, mais s’attendait-il vraiment à ce que cela fonctionne sur elle? Y avait-il vraiment des femmes si dépourvues d’estime d’elles-mêmes qu’elles ouvraient leurs jambes à ces simples paroles? Ce n’était pas le cas de Philomena, heureusement pour elle. L’avantage de grandir en milieu noble est que cela vous permet de développer une certaine confiance en soi. De plus, ce qui l’attirait vraiment chez un homme, c’était l’intellect, et ce pauvre bougre paraissait en être dénué. Philo se recula dans sa chaise, appuyant son dos contre le dossier. De sa main droite, elle enroula une mèche de cheveux autour de son doigt, pendant qu’elle jaugeait son interlocuteur de la tête aux pieds. « Je crois bien que cela sera impossible, monsieur. Lorsque je regarde ce qui semble guider vos pensées en ce moment, je vous tout de suite que vous n’avez pas les compétences requises pour me montrer … comment dites-vous? Ah oui, le chemin vers le Paradis. » La princesse haussa les sourcils d’un air provocateur. Non mais vraiment! Quel culot et surtout quelle vulgarité. « Maintenant, je vous prierais de nous laisser. »

Cependant, la réponse de la jeune femme ne parut pas plaire à celui qui avait d’autres idées en tête. Il abattit violemment sa main sur la table. « Écoute-moi bien, sale petite pute prétentieuse, tu vas monter dans cette chambre avec moi ou je profiterai de toi ici même devant tout le monde! » Philomena soupira. Bien sûr, cette menace l’avait effrayée, mais elle gardait un visage impassible. Son maître d’armes lui avait toujours répété qu’il ne fallait pas faire sentir sa peur à ses adversaires, sans quoi ils auraient toujours l’avantage. Voulant donner une leçon à ce bougre, la princesse inspira profondément. Bien sûr, elle ne pouvait pas commencer à se battre, la guerre n’était pas son domaine d’expertise. Toutefois, au fil des trois dernières années, alors qu’on lui avait répété que son don d’illusion ne devait servir qu’à sa propre défense, elle avait continué à l’exercé en cachette pour qu’il soit plus offensif. Maintenant, elle le maîtrisait bien mieux et était en mesure d’altérer tous les sens, ce qui lui plaisait bien. « Vous avez dû trop vous approcher de la chandelle monsieur, votre chemise est en flammes. » L’impoli lui lança un regard d’incompréhension sachant fort bien qu’il n’était pas près de la chandelle. D’un mouvement de menton, Gula désigna la manche de la chemise de l’homme et utilisa son pouvoir d’illusion pour altérer ses sens. Ainsi, il était le seul à voir sur sa propre manche des flammes orangées et il était le seul à ressentir la brûlure. Oh bien sûr, il ne brûlait pas pour vrai, ce n’était qu’une illusion. Lorsque Philo déciderait qu’il avait assez souffert, cela disparaîtrait comme par magie. L’homme se débattait donc comme un fou, en criant de douleur, sous le regard étonné des clients qui ne voyaient absolument rien. Il demanda de l’eau, on lui en donna. Cela ne servit cependant pas à rien, puisque la sensation n’était pas réelle. Les flammes ne disparurent pas.

Lorsque Philomena jugea qu’il avait assez souffert, elle mit fin à l’artifice. Il lui lança un regard effrayé, auquel elle répondit par un doux sourire, puis il quitta la taverne à la course. Elle se retourna vers Rémy. « Moi qui voulait rester dans l’ombre, c’est un peu raté. Je vous remercie de m’avoir prévenue. » Elle mangea un nouveau morceau de sa pièce de viande. « Peut-être voudriez-vous me faire l’honneur de me tenir compagnie, monsieur? Je vous offre une autre chope? » La princesse lui offrit un sourire charmeur. Elle venait de prouver qu’elle pouvait se défendre contre un homme, mais contre plusieurs, elle en serait incapable. La compagnie de se Rémy, qui semblait être en mesure de se défendre et qui semblait bien connaître la nature humaine des gens pouvait lui être utile pour sa protection.

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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]   Lun 9 Mai - 16:38

Un sourire amusé trônait sur ses lèvres fines. Eh bien, eh bien! Comment allait se débrouiller la délicate bourgeoise alors qu’elle se faisait aborder par le premier ivrogne venu (bon… nous pourrions dire « le second ivrogne venu » puisque Zack l’avait abordé en premier, mais il n’était pas ENCORE saoul, donc ça ne comptait pas)? La réaction de Lucrezia rendit le semi-elfe des plus hilares. Ainsi, elle s’adossa dans son siège et jeta un regard presque arrogant à l’intrus. Les propos qu’elle prononça furent délicieusement provocateurs, au plus grand plaisir de « Rémy » qui adorait les individus de ce genre : avec du caractère et de l’assurance. Avec un sourire approbateur, il regarda la déconfiture se peindre sur le visage du barbu qui changea ensuite rapidement de stratégie. Ainsi, le grand gaillard beugla quelques insultes et martela la table de son poing, passant près de renverser la chopine du vagabond. Par pur réflexe, le semi-elfe porta une main à son épée et fit mine de vouloir se lever, quand il constata toute la désinvolture de Lucrezia. Dans un soupir profond, elle planta son regard émeraude dans celui de l’impertinent personnage et déclara tout bonnement qu’il s’était trop approché de la chandelle et que son chemisier était en feu.

Haussant un sourcil à son tour, Zack regarda le bras de l’homme et constata que ce dernier était très loin des flammes… et pourtant, il sembla la croire sur parole. Dans un mouvement de panique, il secoua son bras et ordonna qu’on lui apporte de l’eau. Une servante se dépêcha de s’exécuter et le bougre utilisa le liquide frais pour s’asperger le bras. Ce geste ne sembla lui apporter aucun réconfort, car il hurla de douleur sous les yeux ahuris de tous. Voilà qui était… franchement impressionnant. « Mais il est complètement fou… » souffla le jeune homme blond en regardant l’impressionnant gaillard courir partout en hurlant au feu. Puis, tout s’arrêta comme par enchantement. Le barbu jeta un regard terrifié à Lucrezia et constata que tout le monde le dévisageait. Il sortit donc de l’établissement en trombe, trop horrifié pour demander son reste.

Un air incrédule au visage, le guerrier regarda la bourgeoise devant lui et referma la bouche, songeant au fait qu’il devait très certainement avoir l’air d’une carpe. La jeune femme le remercia de l’avoir informée et lui offrit de lui tenir compagnie. Pour toute réponse, le sous-chef des Lames Pourpres hocha de la tête et termina sa chopine en une rasade, notant par le fait même le sourire charmeur que lui lançait la damoiselle rousse.

- Et bien, si vous l’offrez si généreusement, j’accepterais volontiers un verre de whisky. Y avez-vous déjà goûté? C’est fort, mais pas si mauvais.

Alors que la jeune femme s’affairait à commander de nouvelles boissons, le guerrier tenta une nouvelle bouchée de son ragoût. Définitivement, il était franchement étonnant qu’une viande braisée si longtemps soit aussi dure à mastiquer! Il jeta finalement son dévolu sur les légumes racines et observa sa compagne d’un soir. Qu’avait-elle fait à ce bougre?

- S’il vous plaît, damoiselle Lucrezia, rappelez-moi de ne jamais vous contrarier, fit-il avec un sourire amusé, faisant référence à l’incident d’un peu plus tôt. Ce bougre a amplement mérité son sort. Mais dites-moi – je suis curieux – que lui avez-vous fait? Il semblait soudainement empreint de démence… Avez-vous le don de rendre les gens complètement fous? Si tel est le cas, je vous lève mon chapeau et j’envie vos capacités magiques! Puis, il piqua sa viande du bout de sa fourchette avant de faire une nouvelle grimace. Et pour répondre à votre question d’un peu plus tôt, la viande est peut-être du mouton… ou du rat, qui sait!

Puis, la serveuse leur apporta chacun un verre de whisky et Zack trinqua avec la bourgeoise à une soirée qui s’enlignait pour être fort amusante. Ils prirent chacun une gorgée du liquide alcoolisé et le fils du duc de Shola esquissa un sourire amusé en voyant la grimace de la jeune rouquine. Cet alcool était davantage répandu au sein de la basse caste de la société et était peu prisé des nobles et bourgeois. Alors il était plus que probable qu’elle n’y avait jamais goûté.

- Je sais, la première gorgée est répugnante, mais on s’habitue! Vous allez voir, déclara-t-il en gloussant. C’était bien connu, l’alcool déliait les langues et animait les conversations. Ainsi, ce ne fut pas très long que les deux jeunes gens se mirent à discuter avec davantage d’aisance. Vous savez, je ne viens pas non plus de la région, précisa « Rémy ». Pour être honnête, je viens à peine d’arriver après de longues journées de voyage. Vous saviez que Mystral était autrefois reconnue pour ses champs fleurs et ses vignobles? L’endroit était des plus prospères avant qu’un incendie ne brûle tout. Personne n’a su quelle était la source de ce brasier. Bizarre, pas vrai?

Le semi-elfe raconta un peu sa vie à la jeune femme, changeant les noms et les titres des acteurs principaux par des informations factices. Ainsi, son père était devenu un riche marchand de soie et son nom fut troqué par un autre. L’essentiel de l’histoire restait le même, mais il se garda bien de dire qu’il était d’origine sholienne. Ainsi, il parla des vacances de jeunesse dans la villa du coin et de son envie de revenir dans ses lieux. Évidemment, il tut également son passé criminel. Il n’était pas saoul à ce point non plus! Parlant d’alcool, à force de discuter, les deux jeunes gens terminèrent leur consommation et Zack prit sur lui de payer la suivante. La serveuse apporta donc dix minuscules verres qu’elle disposa devant les jeunes gens : cinq pour elle, cinq pour lui. À l’intérieur se trouvait un alcool transparent fait à base de pommes de terre fermentées. Ce dernier était plutôt fort, mais c’était ça qui était amusant pas vrai? Il leva donc le premier minuscule récipient, un air de défi au visage, et but son contenu en une rasade en même temps que la bourgeoise, puis frappa ce dernier sur la table, le fond du verre vers le haut. Ils répétèrent l’opération quatre autres fois et le jumeau de Shola éclata de rire.

- Et bien! On peut dire que vous savez boire comme un homme, damoiselle Lucrezia! Fit-il avec un sourire amusé. Oh, je vous assure, c’est un compliment! Normalement, les femmes boivent des boissons plus douces et sucrées. Vous m’épatez!

Zack n’avait presque rien mangé. De toute façon, sa nourriture était répugnante et il n’avait pas envie d’avaler une viande dont il ne connaissait pas la provenance. Ainsi, l’alcool était d’autant plus efficace. Non, il n’était pas ivre, loin de là, mais une douce euphorie commençait à le prendre d’assaut. La serveuse vint ramasser les verres et les assiettes et Zack commanda une nouvelle bière. Le jeune homme remarqua ensuite que la porte de la taverne s’était à nouveau ouverte sur le barbu d’un peu plus tôt. Tiens tiens, il avait envie de se frotter à nouveau contre la bourgeoise?


- Elle est là, les mecs! Beugla-t-il en pointant Lucrezia. C’est une sorcière, que je vous dis! Rien de plus! Une folle machiavélique! Chopez-la!

« Rémy » planta son regard bronze dans les iris émeraude de la jeune femme.

- Dirigez-vous vers les cuisines, il y a toujours une sortie supplémentaire pour le personnel de l’établissement, fit-il tout bas à son intention. Je vais faire diversion pour que vous couvrir. Allez, partez!

Puis, il se leva et écarta les bras de son corps. L’employée des lieux lui apporta sa nouvelle consommation et il la remercia chaleureusement. Il prit une grande gorgée de la boisson mousseuse et regarda les hommes qui s’approchaient de lui. Ils étaient huit et il était seul… Pas de problème, Zack aimait les défis.

- Holà messieurs! Fit-il avec un air arrogant au visage. Où croyez-vous aller comme ça? On commence à peine à s’amuser! Vous semblez bien pressés! Vous voulez ne pas vous asseoir un peu et boire un truc? Une partie de dés pourrait peut-être vous détendre, non?

L’un d’eux l’agrippa par sa tunique couleur écarlate et le jeune homme blond se contenta de sourire.

- Je prends ça pour un non.

Puis, sans crier gare, il flanqua un coup de pied dans les parties intimes de l’homme qui le retenait, puis écrasa sa chopine sur sa tête. Le verre éclata en un millier de morceaux et l’alcool ambré dégoulina partout. Zack tendit ensuite la main et attrapa la bougie qui trônait sur la table et il la balança directement sur le barbu qui avait osé aborder Lucrezia. Ce dernier hurla de stupéfaction, ce qui permit au jeune homme de 26 ans de mettre la main sur une chaise qui se trouvait à sa droite. Il fracassa cette dernière au visage du premier venu. D’un air surpris, « Rémy » vit les flammes se propager réellement sur la tunique du barbu et tout le monde dans la taverne s’affaira à lui donner un coup de main. Il profita donc de la cohue générale pour détaler vers les cuisines à la suite de la bourgeoise, poussant deux servantes et un cuisinier au passage. La porte battante de la cuisine s’ouvrit à la volée et le jeune homme sortit de l’établissement aux pas de course. Une fois à l’extérieur, il repéra la bourgeoise aux cheveux roux.

- Je vous suggère que nous changions d’établissement, car ces bougres sont bien décidés à vous mettre la main dessus! Oh et ils n’ont pas appréciés ma surprise, donc il ne faudrait pas trop traîner, car le bazar finira par s’estomper!

Un sourire amusé trônait sur ses lèvres. Il devait bien admettre qu’il s’amusait plutôt bien et ça le changeait de ces derniers jours moroses et empreints d’une lenteur découlant de son très cher opium.

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MessageSujet: Re: Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]   Jeu 9 Juin - 23:10

L’incident du bougre-croyant-son-bras-en-flammes fut vite oublié pas les clients de la taverne qui préférèrent de loin, et avec raison, reporter leur attention sur leurs consommations plutôt que sur l’étrange couple que formaient Philomena et Rémy. Après tout, dans ce coin reculé du monde, il était plus que fréquent de tomber sur des individus plutôt louches qui se plaisaient dans leur anonymat. Question de détendre l’atmosphère créée par la panique de l’impoli qui se croyait supérieur aux femmes, la princesse de Shola avait tout de suite offert un autre verre à son compagnon en lui offrant de l’accompagner pour la soirée. Après tout, elle avait fui le château royal pour goûter à une vie plus dangereuse que sa douce cage dorée. Le danger lui était grisant en ce moment et elle voulait profiter de chaque instant que cette nouvelle sensation lui procurait. Lorsque son interlocuteur lui demanda si elle avait déjà goûté au Whisky, elle hocha négativement de la tête. Au château, on ne servait que les alcools les plus fins, notamment les meilleurs vins et les meilleurs hydromels. Gula avait certes déjà entendu parler de cet alcool, mais c’était plutôt ce que buvaient les paysans ou sinon certains marchands. Elle décida donc de tenter l’expérience. Rémy semblait être un guide hors pair en ce qui avait a trait à la beuverie et elle avait bien envie de s’amuser. Une fois la serveuse arrivée à la table, elle commanda leurs consommations et reporta son attention sur son assiette. Décidemment, elle ne voulait pas avaler une bouchée de plus de cet infâme plat, mais si elle devait boire, elle savait qu’il n’était pas prudent d’avoir l’estomac vide.

Philo se força donc à prendre une autre bouchée, mais la texture à la fois rigide et spongieuse lui provoqua presque un haut-le-cœur. Elle prit une grande inspiration pour faire passer cette sensation désagréable. La princesse prit une gorgée de son verre de vin – la dernière – afin de faire passer le goût atroce. Elle devait se résoudre : elle ne pourrait qu’avaler ce repas qu’à coup de grosses gorgées de liquide. Le whisky se faisait donc attendre. Rémy détourna ensuite ses pensées de cette infecte nourriture pour lui faire la conversation, ce qui était plus que bienvenue après l’incident du bougre. Elle avait été contente de ne pas avoir fait fuir son compagnon, ainsi ce n’était pas la première fois qu’il avait affaire à la magie, contrairement à ce pauvre idiot, enfin il en donnait l’impression. Son premier commentaire la fit sourire, un sourire sincère qu’elle accompagna d’un regard semi-coquin et semi-provocateur. « Et bien Rémy, je ne crois pas avoir eu assez d’alcool pour vous confier mon secret. Toutefois, si vous le demandez gentiment à la fin de la soirée, peut-être vous ferai-je une démonstration? » Elle lui offrit un sourire charmeur. « Quant à rendre les gens complètement déments, je suis d’avis qu’il s’agit d’un talent, plutôt que d’un don magique. Ma sœur, par exemple, en est grandement capable et cela ne fait pas partie de ses pouvoirs magiques. » Il piqua ensuite sa fourchette dans son plat de viande et assuma qu’elle était en train de manger du mouton ou bien du rat, ce qui lui provoqua un nouveau haut-le-cœur et elle poussa son assiette du bout des doigts. Décidemment, elle ne pourrait plus ingurgiter une seule bouchée de cette viande inconnue.

La serveuse arriva à ce moment avec leurs consommations. Ne pouvant s’empêcher d’agir comme une bourgeoise pur et dure – après tout, Rémy avait déjà découvert qu’elle ne faisait pas partie du peuple – elle renifla doucement l’alcool ambré. Il avait une forte odeur qui dégageait les voies respiratoires. Voyant que son compagnon portait déjà le verre à ses lèvres, elle fit de même et prit une gorgée. Philomena ne put s’empêcher de grimacer alors qu’elle sentait le liquide se frayer un chemin jusqu’à son estomac. Jamais elle n’avait goûté à quelque chose d’aussi fort. Elle avait l’impression qu’on lui nettoyait l’intérieur du corps avec un liquide composé de flammes. Et puis ce goût! Ouf. Rémy l’encouragea en lui disant que la première gorgée était la pire. Elle ne put s’empêcher. « J’ai l’impression qu’on vient de me nettoyer l’intérieur du corps avec du feu. » Toutefois, ne voulant pas paraître trop fine bouche, elle en prit une deuxième gorgée, puis une troisième. Il avait raison, on s’habituait au goût. Alors qu’elle continuait à boire sa consommation, Rémy devint de plus en plus bavard. Il lui parla d’abord du village. Oh, ainsi elle était au fameux village de Mystral? Elle en avait déjà entendu parler. Les meilleurs vins du château de Shola provenaient des vignobles de ce village. Elle était loin de s’imaginer un lieu aussi décrépit. Puis, son interlocuteur l’informa qu’un incendie avait tout ravagé. « J’ai entendu dire que les meilleurs vins d’Alombria proviennent des vignobles de ce village. Leur destruction m’attriste beaucoup. »

Ensuite, son compagnon lui raconta certaines parties de sa vie. Gula l’écoutait avec attention, désirant en connaître plus sur celui avec qui elle passait sa soirée. Bien que très capricieuse, la jeune femme était aussi très humaine et éprouvait souvent beaucoup d’empathie pour les gens qui n’étaient pas de sa famille. Elle lui posait des questions sur certains détails, ajoutant parfois des anecdotes de sa propre vie, sans bien sûr mentionner qu’elle provenait de la royauté sholienne et en parlant de sa famille en disant seulement « un de mes frères » ou « ma sœur » Puis, au fur et à mesure qu’ils en apprenaient plus l’un sur l’autre, l’alcool diminuait. La princesse allait commander d’autres consommations alors que Rémy la devança. La serveuse revint avec dix petits verres, comprenant chacun une gorgée d’un alcool transparent. Enfin, elle pensait que c’était de l’alcool puisqu’au premier regard, cela ressemblait plus à de l’eau. Mais aussitôt que l’odeur parvint à ses narines, elle ne douta plus. C’était bel et bien de l’alcool. Ne sachant pas vraiment quoi faire – après tout, on l’avait habituée à déguster, ce pourquoi elle n’avait jamais été très douée, car ce qui la définissait était la gourmandise, la dégustation ne faisait pas partie de ses spécialités. Bref, elle n’avait jamais vraiment bu dans l’optique de devenir complètement ivre et Rémy lui, semblait vouloir en arriver à ce point, autant pour elle que pour lui. Elle l’imita donc, leva son petit verre et but le contenu en une gorgée. Tout comme le whisky, elle sentit le liquide descendre dans son corps. La jeune femme vit alors le semi-elfe taper du verre sur la table et prendre le deuxième. Quoi, il fallait se les enfiler les uns à la suite de l’autre? Pas étonnants que les gens des tavernes étaient pratiquement tous ivres. Philo ne prit pas la peine de réfléchir et avala les quatre autres boissons qui lui étaient attitrées. Lorsqu’elle tapa du dernier verre sur la table, elle avait la tête qui tournait légèrement et une espèce de brouillard semblait lentement prendre possession de son cerveau.

La voix de Rémy entreprit de chasser un peu la brume qui semblait accaparer son cerveau, et par le fait même, ses sens. Quoi? Elle buvait comme un homme? Quel culot il avait, celui-là! Ah, c’était un compliment. Philomena commanda alors à son cerveau d’esquisser un sourire. Toutes ses inhibitions semblaient avoir disparues, ou du moins, elles n’étaient plus en charge des commandes et étaient fortement influençables par un très flagrant manque de jugement et un sentiment de liberté soudain. L’ivresse était grisante! « Et bien vous saurez, monsieur, que je n’ai pas l’habitude de faire comme les autres femmes. Et puis la modération qu’ont les femmes est bien moins amusante! » Elle avait parlé plus fort qu’auparavant, mais elle ne s’en rendait guère compte.

Puis, comme pour contrevenir au semblant de bonheur qu’elle ressentait en ce moment, le bougre qu’elle avait fait fuir auparavant réapparut à la porte de la taverne. Non, mais vraiment! Ne savait-il pas abdiquer quand il le fallait? Surtout que Philo n’était plus vraiment en état de bien se concentrer pour que son pouvoir ait un effet aussi prenant que la première fois. De plus, elle redoutait fortement le moment où elle devrait se lever. Elle avait ingurgité beaucoup plus d’alcool qu’à son habitude et elle n’avait pas bougé de sa position. Ah et puis, au diable les inquiétudes! Elle se sentait presque invincible en compagnie de son ami de beuverie. Il n’avait pas l’air du garçon qui n’encaissait pas l’alcool et il était certainement habitué aux bagarres de tavernes. L’idiot pervers ordonna à ses copains de se saisir d’elle sous prétexte qu’elle était une sorcière machiavélique. Et puis quoi encore? Il n’avait jamais vu le monde cet imbécile? Plus de la moitié de ces habitants possédait des pouvoirs magiques. Philomena soupira devant le manque d’éducation de l’homme. Elle aurait bien aimé lui donner une leçon d’histoire et de géographie, mais il ne semblait pas vraiment être dans l’état d’esprit pour recevoir un cours.

Rémy, en plongeant son regard dans le sien, lui intima de s’enfuir par les cuisines alors qu’il faisait diversion. C’était insensé, il était seul contre huit hommes! Mais son regard ne semblait pas laisser place à la discussion alors elle obtempéra. Lorsque la princesse se leva de sa chaise, ses jambes ne parurent pas être au courant du fait qu’elles allaient être sollicitées. Sa tête tourna quelque peu le temps que ses jambes comprennent qu’elles devaient avancer, puis elle se mit en marche vers les cuisines. Son compagnon avait raison, une porte au fond de la cuisine menait à l’extérieur. Toutefois, lorsqu’elle poussa la porte, l’un des amis du bougre lui bloqua le passage. Eh merde! Que pouvait-elle faire pour le faire fuir? Elle n’était nullement en mesure d’utiliser sa dague, mais peut-être pourrait-elle l’effrayer avec son pouvoir. Fermant les yeux pendant un bref moment – elle avait besoin de toute sa concentration – elle se visualisa en train de se dédoubler. Elle ne le ferait pas vraiment, mais l’homme se croirait entourer d’une quinzaine de Philomena. La princesse de Shola dégaina alors sa dague et fit mine d’avancer vers son assaillant. L’homme qui croyait alors être en infériorité numérique fut pris de panique et s’enfuit en courant en la traitant de sorcière.

Satisfaite, Gula se dirigea vers un banc situé près d’une boutique fermée. Elle entendait des bruits de vaisselle cassée en provenance de la taverne. Elle espérait de toutes ses forces que Rémy se porte bien, elle ne pourrait supporter que son premier ami sur la route se retrouve blessé à cause d’elle. La nuit fraîche lui fit un grand bien et parvint à chasser une fois pour toute la brume de sa tête. Quelques instants plus tard, son compagnon sortit par la même porte qu’elle avait empruntée. Les dieux soient loués, il était sain et sauf. Sans aucune difficulté, il la repéra et se dirigea vers elle. Il lui suggéra de changer d’établissement, ce que Philo approuva sans avoir besoin d’être davantage convaincue. Elle se leva et s’accrocha au bras de Rémy. « Est-ce ainsi que se déroulent habituellement vos soirées? » En effet, elle l’avait remarqué, il semblait relativement habitué à ce genre d’ambiance. « Vous savez, toute cette agitation m’a donné soif, vous vous sentez d’attaque pour une autre tournée? Et peut-être même pourrons-nous trouver quelques jeux à boire? » Elle se retourna et le gratifia d’un de ses sourires les plus charmeurs. « Je vous en prie, instruisez-moi Rémy. »

Le couple drôlement formé avança dans le village et ils élurent domicile dans une auberge, cette fois-ci, qui semblait beaucoup moins mal famée que leur dernier lieu. En arrivant, la femme de l’aubergiste leur assigna une table. Philomena se rendit compte qu’elle était affamée, alors elle commanda du pain et du fromage – question d’être certaine de ce qu’elle mangerait – et en commanda également pour son sauveur. Elle commanda aussi deux grosses chopes de bières et ils prirent place. La jeune femme savait pertinemment qu’elle n’aurait pas dû continuer à consommer de l’alcool, mais elle s’en fichait. Le sentiment euphorique que l’alcool produisait repoussait toute pensée logique. De plus, la compagnie de Rémy lui plaisait beaucoup, il avait un don pour lui faire des compliments et surtout, il ne la traitait pas comme un oiseau dans une cage dorée.  « Donc, après la bagarre, que se passe-t-il normalement? » Philomena se sentait comme une femme du peuple en plein apprentissage de la vie. En une soirée, elle en apprendrait sûrement beaucoup plus que ses cinq dernières années d’apprentissage au château auprès de maîtres grincheux et ennuyeux.

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MessageSujet: Re: Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]   Lun 27 Juin - 16:47

Les bras croisés sur sa poitrine, Zack regarda la jeune femme d’un air satisfait. Visiblement, elle s’amusait tout autant que lui! Voilà qui était une bonne nouvelle en soit. Et puis, ça lui permettait de réfléchir à autre chose qu’à ses démons, donc c’était d’autant plus merveilleux pour lui. Le semi-elfe ne put s’empêcher de noter le sourire qui trônait sur les lèvres de Lucrezia. Il la trouvait plutôt jolie. Ainsi, il fut d’autant plus satisfait alors qu’elle se leva d’un bond et vint s’accrocher à son bras. Ils se mirent donc à marcher, tout naturellement, d’un pas lent. Il ne put s’empêcher de glousser alors qu’elle lui demanda si ses soirées se terminaient régulièrement de la sorte.

- Un peu trop souvent ces jours-ci, je dois l’admettre, fit-il en gloussant. Mais ça ne m’empêche pas de profiter de la vie…

Puis, elle déclara que toute l’agitation dont ils avaient été témoins lui avait donné encore plus soif. Elle lui suggéra ensuite de faire une autre tournée et, même, d’apprendre quelques jeux à boire. C’est qu’elle était plutôt décidée, la rouquine! Évidemment, une pensée lubrique traversa l’esprit du guerrier alors qu’elle lui demanda « de l’instruire davantage », mais il chassa rapidement cette dernière. Il n’y pouvait rien! Il aimait la bonne chair autant que l’alcool. Toutefois, il devait d’abord en savoir un peu plus sur elle avant de s’embarquer dans une autre histoire; il avait appris sa leçon depuis Khanrell et se faisait un peu plus méfiant. Ainsi, il se contenta de voir la situation actuelle comme étant de simples amusements amicaux. Après, les amis se faisaient rares autour de lui…

Leur démarche lente, mais calculée les mena en direction d’une auberge. Le drôle de couple riait aux éclats alors que « Rémy » venait de raconter l’une de ses mésaventures à « Lucrezia ». Ils poussèrent ensuite la porte de l’établissement et furent satisfaits de constater que l’endroit avait l’air beaucoup plus salubre que l’autre taverne qu’ils avaient préalablement fréquentée. Dès que leurs bottes foulèrent le plancher de bois, la tenancière des lieux accourut à leur rencontre pour leur désigner une table. L’endroit était plutôt fréquenté et les gens avaient l’air plus calme. Voilà qui était une bonne chose pour pouvoir discuter en paix. La rouquine prit rapidement les choses en mains et en profita pour commander un énorme plat de pain et de fromage ainsi que deux chopines de bière. Les deux jeunes gens s’installèrent donc sur leur siège respectif et Zack gloussa de nouveau en voyant l’intérêt que lui portait sa compagne. L’alcool était probablement le principal fautif, mais il avait remarqué à quel point elle s’était soudainement détendue et semblait apprécier davantage sa présence. Voilà qui faisait changement des gens qui voulaient profiter de lui ou le méprisaient.

- Après la bagarre? Fit-il d’un air surprit. Oh normalement, je me trouve une chambre pour dormir un peu ou je file vers les bois pour ériger un campement. En fait, ça dépend réellement de l’ampleur de la querelle. Si c’est qu’une petite rixe de taverne, je peux continuer de vaquer à mes occupations sans problème, mais parfois, les disputes sont un peu plus sérieuses… Puis, il planta son regard bronze dans les iris émeraude de la jeune femme. L’alcool lui montait à la tête, il devait faire attention à ce qu’il allait dire pour ne pas se trahir ou encore effrayer celle qui semblait prendre des airs d’amie. Non pas que ça arrive souvent non plus. Mais bref, quand ça tourne mal, y a rien de mieux que la forêt pour se cacher, continua-t-il après son interruption soudaine. J’aime bien les boisés, héritage de ma mère. Il désigna ses oreilles pointues, puis esquissa un sourire alors que la tenancière emmenait leurs commandes.

Il attendit que Lucrezia se serve, puis il prit lui-même un morceau de fromage et un croûton de pain qu’il enfourna avec appétit. Il prit ensuite une gorgée de bière mousseuse, apprécia toute sa saveur.

- La prochaine tournée, c’est moi qui paie, fit-il après avoir avalé une bouchée. Ce n’est pas très galant de ma part, je devrais être celui qui invite, pas le contraire.

Étonnamment, le jeune homme connaissait les bonnes manières et possédait un savoir surprenant de l’étiquette. Après tout, il venait lui-même d’un milieu huppé, son père étant nulle autre que le duc de Shola. Certes, il avait des manières rustres, mais il pouvait avoir une finesse surprenante, puisque sa mère l’avait sévèrement éduqué dans ce mode de pensée. Tout comme cette dernière, il était doué en art et en langue et apprenait très rapidement. Très peu de gens connaissaient cet aspect de lui, sauf sa famille immédiate et la défunte Saoirse. Il fallait dire qu’actuellement, il n’était pas tellement friand de démontrer toute l’ampleur de son éducation. Oh, il devait penser à autre chose qu’à la jeune elfe décédée, sinon, il deviendrait à nouveau d’humeur maussade, voir sombre. Ramenant son attention vers Lucrezia, il leva son verre et trinqua avec elle.

- Puisque nous sommes destinés à passer la soirée ensemble, parlez-moi un peu de vous. Je sais que votre présence en ce village n’est pas de mes oignons, fit-il avec un sourire en reprenant la façon dont elle avait balayé sa question du revers de la main, un peu plus tôt, et vous n’êtes visiblement pas d’origine modeste. J’avais laissé sous-entendre que vous étiez bourgeoises et vous n’avez pas démenti mes propos. Alors j’en conclus que vous trempez dans les affaires. Quel domaine? Puis, il prit un nouveau morceau de fromage dans lequel il croqua à belles dents. Non, il ne tentait pas de l’entourlouper, il voulait réellement en savoir un peu plus sur elle. Laissez-moi deviner… le textile? À voir la qualité du tissu que vous arborez, c’est la première chose qui me vient en tête. Après tout, ce n’est pas toutes les dames de la noblesse qui savent comment se vêtir avec autant de doigté : soit de bon goût sans être criard.

Puis, il esquissa un nouveau sourire ponctué d’un clin d’œil et prit une gorgée de bière. Alors qu’il l’observait attentivement, il eut un bref sentiment de déjà vue. En fait, il était maintenant presque sûr l’avoir déjà vu quelque part, bien qu’il n’arrivait pas à mettre le doigt sur le moment exacte de leur première rencontre. Mais s’ils se connaissaient (peut-être juste de vu), c’était qu’elle était originaire de Shola. Il était en Alombria depuis trop peu de temps pour pouvoir avoir un véritable cercle de connaissances. C’était risqué pour une sholienne de sa qualité de se balader dans le pays ennemi… il en savait quelque chose puisque lui-même portait également ce fardeau à longueur de journée, étant également sholien d’origine. Après quelques instants, il balaya ce sentiment de déjà vue du revers de la main puis ramena son attention sur sa compagne. Un remarqua ensuite, à une table tout près, des gens qui semblaient boire un liquide inconnu accompagné d’un morceau de citron. Elle avait envie de s’amuser? Alors c’était le moment d’essayer un truc de nouveau.

- Puisque nous avons tous deux envie de nous amuser, je propose d’essayer quelque chose de nouveau, fit-il en gloussant. Puis, il désigna du menton les deux hommes qu’il avait préalablement remarqué. Une bière, c’est bien, mais j’ai envie d’essayer ça. À voir leur grimace, ça l’air particulièrement fort… vous êtes partantes?

Un sourire de défi trônait sur ses lèvres et à voir son regard s’illuminer, il avait compris qu’elle était prête à embarquer dans son jeu. Sans plus attendre, Zack héla la tenancière et sortit sa bourse. Il demanda à cette dernière à avoir la même chose que la table voisine. Cette dernière leur expliqua qu’il s’agissait d’une boisson en provenance du désert composé essentiellement de plante d’agave fermentée. Elle s’éclipsa un instant, puis revint avec deux minuscules verres, deux quartiers de citron, du sel et une bouteille contenant un liquide transparent. Elle expliqua la façon dont il fallait procéder pour avaler ce qu’elle appelait de la « tequila » et les prévint de la haute teneur en alcool de ce breuvage.

- Vous n’avez pas peur, pas vrai? Demanda-t-il avec une très légère pointe d’arrogance.

Puis, il suivit les consignes de la tenancière : il lécha un coin de sa main, y saupoudra du sel et prit un morceau de citron. Il leva ensuite son verre, trinqua avec Lucrezia et s’exécuta. Zack lécha donc le sel, avala le liquide très fort et mordit ensuite dans le citron. Visiblement, il dut faire une grimace monumentale car il entendit sa compagne pouffer de rire. Oh bon sang!! C’était si fort et le citron était particulièrement acidulé! Un frisson le parcouru de la tête aux pieds, mais malgré cette sensation aux limites du désagréable, ils en commandèrent un deuxième, puis un troisième…

Le duo picora encore un peu leur casse-croûte et commençait à être éméché. Cette « tequila » était particulièrement intense et le semi-elfe sentait sa tête tourner… et il lui en fallait beaucoup pour arriver à ce point! Il avait également terminé sa bière en une rasade, un peu plus tôt. Du bout des doigts, il tripota quelques miettes de pain sur la table. Il se demandait s’il en voulait encore ou non. Mais une chose était sûre, il se sentait un peu plus bavard.

- Je n’aurais jamais pensé, en mettant les pieds ici, que je passerais la soirée en si bonne compagnie, déclara-t-il d’une voix un peu plus sérieuse. Je suis arrivé à Mystral il n’y a que quelques heures et ça fait du bien de relaxer après un si long voyage. Puis, il se redressa sur son siège pour s’approcher un peu de sa compagne. En fait, pour être honnête, je ne suis même pas alombrien, fit-il tout bas cette fois. Je viens de Shola, mais je erre en Alombria depuis un certain temps. J’ai eu quelques ennuis et je voulais repartir en neuf… Mais hey, vous n’êtes pas non plus d’ici, pas vrai? J’ai la nette impression vous avoir déjà vu quelque part… de loin probablement. Et ça ne fait pas assez longtemps que je suis en Alombria pour avoir ce sentiment envers une personne d’ici. Ça va, je ne juge pas. Je serais très mal placé de toute façon. Et puis… on est bien dans ce foutu pays, pas vrai?

Il enfourna un autre morceau de fromage dans sa bouche et fit une légère grimace. Non… la nourriture ne rentrait plus.

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MessageSujet: Re: Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]   Mer 3 Aoû - 19:29

Alors que Philomena et Rémi attendaient leur nourriture et leur consommation, elle engagea la conversation, questions de savoir ce que son compagnon du soir faisait normalement dans ce genre de situation. En effet, il avait été évident pour la jeune princesse que ce genre de bagarre de taverne n’était pas inconnu au demi-elfe. Sa manière de se défendre et de gérer l’intercalation avait été éloquente, cela lui arrivait plus fréquemment qu’à d’autres. Ainsi, la jeune femme l’écouta raconter son habituelle routine post-bataille avec le plus d’attention qu’elle le pouvait. Bien qu’elle avait commandé encore plus d’alcool et que l’air frais lui avait fait le plus grand bien, une partie d’elle semblait toujours étourdie, lui criant presque qu’elle devrait cesser de consommer tout ce qui contenait de l’alcool. Mais la retenue ne faisant pas partie des qualités de Gula, elle chassa cette toute petite voix d’une main dans sa chevelure de feu et reporta son attention sur l’homme devant elle. Il parla alors de son appréciation des boisés, héritage elfique lui provenant de sa mère. La jeune princesse allait lui poser des questions sur ses origines sylvestres lorsque la tenancière déposa devant eux les deux chopes de bière ainsi que le pain et le fromage. Comme toute sa conscience lui hurlait pratiquement de se nourrir pour tenter de dissiper l’alcool, elle se servit en premier après avoir murmuré un « merci » à la serveuse, tout en glissant dans sa mains les pièces d’argent qu’elle demandait.

La nourriture avait bien meilleur goût que celle qu’elle avait commandée dans la taverne. Le pain était frais du jour et le fromage savoureux. La nourriture lui faisait un bien fou. À mesure qu’elle mangeait, elle sentait ses idées devenir un peu plus claires. Cependant, chaque gorgée de bière qu’elle prenait venait anéantir tous les bienfaits de la nourriture, continuant de propager dans son esprit un léger brouillard qui semblait affecter ses inhibitions. Rémi mentionna ensuite qu’il se chargerait de la prochaine tournée, mentionnant qu’il n’était point galant qu’une femme paie ainsi leurs consommations. Ce qui était vrai, si l’on s’en tenait aux règles de la cour. Mais il importait peu à Philomena de les suivre pour le moment. De plus, elle adorait dilapider son argent et Rémi était si gentil, si drôle, cela lui faisait plaisir de payer tout ce qu’il voulait. « Ne vous en faites pas Rémi. Après tout, vous m’avez bien défendu dans cette taverne, c’est le moins que je puisse faire pour vous remercier. » Il leva ensuite son verre pour trinquer et elle suivit son mouvement en souriant. Cette douce liberté lui plaisait tant. Elle voulait rester dans cette auberge avec Rémi, qui n’était pas déplaisant à l’œil, il fallait l’avouer, pendant toute sa vie. Ses responsabilités face à son royaume et à sa famille semblaient tellement loin. Les gens normaux devaient ils être aussi sérieux qu’elle se devait d’être? Si ce qu’elle vivait en ce moment était le reflet d’une vie ordinaire, elle voulait échanger presque tout ce qu’elle possédait pour vivre ainsi jusqu’à sa mort.

La voix de Rémi la ramena à la réalité. Il quémandait des informations à son propos. Que pouvait-elle bien lui dire? Elle ne pouvait lui révéler sa véritable identité. Bien qui lui ait prouvé qu’il semblait être un homme digne de confiance, la princesse savait bien que tout cela pouvait changer lorsque les mots « princesse » « cadette » et « Shola » se retrouvaient dans la même phrase. L’alcool qu’elle ingurgitait la poussait à être complètement honnête avec lui, mais une voix dans son esprit lui murmurait que cela n’était pas une bonne idée. Contre toute attente, elle décida d’écouter cette voix. De plus, Rémi la traitait comme n’importe qui et elle se doutait que si elle lui révélait sa véritable identité, son attitude envers elle changerait drastiquement. À son grand soulagement, Philomena n’eut pas à se forger une histoire très complexe, puisque son ami à moitié elfe lui mettait pratiquement les mots dans la bouche. Elle décida de ne pas le contredire, puisqu’elle n’était pas en mesure d’inventer une grande histoire, surtout pas dans l’état où elle se trouvait. « On ne peut apparemment rien vous cacher, cher Rémi. Vous avez raison, je ne suis pas d’origine modeste. Cela peut se voir à mon manque de talent à essayer de me vêtir comme une paysanne. Il faut l’avouer, j’ai lamentablement échoué. » Elle lui adressa un sourire tout en portant sa chope à ses lèvres. Alors qu’elle prenait une gorgée de la boisson, elle se demanda s’il ne la trouverait pas trop prétentieuse après ces paroles. Cela ne sembla pas le choquer puisqu’il essaya de deviner le domaine des « affaires » de son père. Encore une fois, il lui mit les mots dans la bouche, d’une telle façon qu’elle ne pouvait qu’adhérer à ses propos en ajoutant quelques détails de son cru. « N’avez-vous jamais voulu vous lancer dans une carrière de soldat, Rémi? Vous avez un œil qui est difficile de tromper. Vous m’avez décodée sans aucun problème! » Philomena reprit une gorgée de bière, en pensant à ce qu’elle allait lui dire. « Vous avez raison, mon père est l’un des meilleurs marchands de tissus officiel du royaume. Je lui donne souvent un coup de main, mais il ne me laisse jamais sortir de notre demeure, si ce n’est que pour nous rendre à la cour de la reine Marian. Pour cette raison, j’ai décidé de m’enfuir quelques temps. Simplement pour lui faire comprendre que je ne suis pas un oiseau que l’on peut mettre en cage. » En avait-elle trop dit? Était-il si évident qu’elle était la princesse Philomena du royaume de Shola, négociatrice officielle du roi Edgar? Penserait-il qu’elle n’était qu’une pimbêche, fille d’un riche homme qui ne comprenait pas combien elle était choyée de venir ainsi de la bourgeoisie. Philomena avait noté le compliment de Rémi sur sa toilette. « Je vous remercie du compliment. J’ai toujours pensé que le noir ne devrait pas être synonyme de deuil, mais plutôt de mystère et de classe. Qu’en pensez-vous? » Elle avait haussé un sourcil avec sa question. Elle se questionnait également sur son interlocuteur. Il savait les manières de la cour, mais il ne semblait pas y avoir mis les pieds. Cachait-il lui aussi quelque chose à propos de son identité? S’il se sentait en confiance pour lui avouer, peut-être lui ferait-il des confidences plus tard dans la soirée.

Ils burent tous les deux une gorgée de leur consommation en silence. Toutefois, ce n’était guère un silence gênant, il était plus réconfortant qu’autre chose. Gula se considérait chanceuse d’être tombée sur un homme tel que lui. Son escapade n’était nullement ce qu’il y avait de plus réfléchi à entreprendre, elle aurait pu tomber sur n’importe quel bougre qui aurait tenté de poser les mains sur elle, comme celui de la taverne. Cependant Rémi était arrivé, se dressant devant elle comme un protecteur. Jamais personne ne l’avait fait, mis à part Mikhael, mais venant de lui, c’était ce qu’il y avait de plus normal. Rémi rompit une fois de plus le silence en proposant d’essayer quelque chose de nouveau. D’un mouvement de menton, il désigna deux hommes qui grimaçaient après avoir bu quelque chose qui semblait particulièrement fort. « Je ne suis pas le genre de femme délicate qui refuserait un défi pareil, si vous êtes partant, il va de soi que je vous suis. » Elle lui adressa un sourire presque provocateur. La gourmandise en la princesse la poussait à essayer tout ce qu’elle pouvait, puisqu’elle n’était pratiquement jamais rassasiée. Elle en voulait toujours plus. Ainsi, Rémi héla la tenancière et commanda l’alcool. Peu de temps après, la serveuse revint avec deux petits verres, du sel et du citron. Elle leur expliqua le fonctionnement afin de bien boire ce qui se dénommait « téquila » et partit. Le demi-elfe la nargua un petit peu, lui demandant si elle avait peur. N’ayant déjà pas la langue dans sa poche et encouragée par l’alcool, elle n’eut pas peur de lui répondre sur le même ton arrogant qu’il avait pris. « Je ne vais pas me défiler, si c’est ce que vous craignez. Cependant, si vous avez trop peur, je ne vous jugerai pas de renoncer et relèverai le défi sans vous. » Elle s’esclaffa ensuite, sachant très bien qu’il ne se défilerait pas. Suivant les instructions de la tenancière, elle suivit le mouvement de son compagnon de beuverie, léchant le sel sur sa main, ingurgitant le liquide qui lui brûlait tout le corps y compris la gorge et mordant dans le citron. Retirant l’agrume de sa bouche, elle porta sa main sur cette dernière afin de cacher une terrible grimace. Toutefois, Rémi ne la vit pas, trop occupé à grimacer à son tour. Ne pouvant s’en empêcher, elle se mit à rire devant son expression. « J’ai l’impression de boire du feu mélangé à de l’eau de vie. » Cela ne les empêcha par contre pas d’en prendre deux de plus, riant de leurs pires grimaces.

Philomena se sentait de plus en plus étourdie. Ses inhibitions étant complètement disparues, elle ne se gênait pas pour lancer quelques regards coquins à Rémi, même si elle n’était pas complètement certaine qu’elle voulait s’adonner avec lui à des affaires plus intimes. Une chose était sûre, elle avait terriblement envie de lui révéler sa véritable identité. Elle était certaine qu'il ne réagirait pas aussi mal qu’elle pouvait se l’imaginer. Après tout, il semblait apprécier sa compagnie autant qu’elle appréciait la sienne. Rémi semblait si expérimenté dans les choses de la vie, elle voulait qu’il lui montre plus. Ils étaient là à discuter un peu trop bruyamment. Les mots commençaient à s’entremêler dans la tête de la princesse. Rémi s’était remis à parler. Il lui révéla alors qu’il n’était pas alombrien. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il lui apprit que, tout comme elle, il était Sholien! Toutefois, ce qui la surprit encore plus, c’était qu’il lui dit avoir l’impression de l’avoir déjà vue elle, et pas à Alombria. Eh diantre! Était-ce venue l’occasion de lui révéler la vérité? Elle ne pouvait pas le faire ici, près de toutes ces oreilles indiscrètes. De toute façon, elle savait qu’elle parlait beaucoup trop fort. « Lucrezia » posa alors sa main sur celle de Rémi et lui offrit un sourire aguicheur. « N’avez-vous pas envie d’aller prendre un peu d’air? » Avant même qu’il lui réponde, elle se leva, un peu trop rapidement, et cela lui prit quelques instants pour retrouver son équilibre. Gula reprit alors la main du demi-elfe et l’entraîna vers la sortie. Elle faisait tout son possible pour marcher droit. Aussitôt qu’elle franchit la porte, une bouffée d’air frais lui fit le plus grand bien. Elle se retourna vers Rémi, à qui elle tenait toujours la main et lui affichait un sourire, celui-ci plus provocateur, le genre de sourire d’une personne qui a trop consommée et qui se croit invincible. « Tu sais ce qu’on devrait faire – tu permets que je te tutoie? – tu devrais m’apprendre à me battre à l’épée! Ou bien on pourrait aller nager dans la rivière ou peut-être voler quelque chose? » Voyant qu’il semblait assez incertain elle tenta de le convaincre. « Allez, s’il te plait! Je ne veux pas que cette soirée se termine! Je veux vivre dangereusement comme toi! » Approchant son visage du sien, elle prit son autre main et inséra ses doigts dans les siens. « On pourrait jouer à un jeu! J’y jouais avec une amie lorsque j’étais plus petite. Il s’agit de choisir entre une vérité et une conséquence, tu connais? » Elle relâcha une de ses mains, le tirant ainsi vers la route.

Soudainement, au bout de cette même route, apparurent des soldats alombriens. Réagissant assez vite, étant donné la quantité d’alcool qu’elle avait ingurgité, elle tira Rémi vers elle. Ils étaient près d’une petite chaumière, elle y plaqua son compagnon et l’obligea à placer ses mains autour de sa taille. Elle se hissa sur la pointe des pieds et déposa un baiser sur la joue de son ami. L’obscurité les couvrait en grande partie, les gardes ne verraient pas qu’ils ne s’embrassaient pas vraiment. Lorsqu’ils furent passés, elle s’éloigna quelques peu de son ami. « Alors, c’est la rivière, le combat d’épée ou le jeu? » Philomena savait bien qu’il exigerait des explications pour son comportement. Pourquoi diable fuirait-elle les soldats alombriens? Elle espérait seulement qu’il aurait la conscience d’esprit de s’éloigner du village avant de lui poser toutes ses questions. De plus, elle voulait réellement s’amuser d’avantage, toujours poussée par son ivresse. Pourvu que Rémi le veuille aussi, c’était tout ce qu’elle souhaitait.

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And running, all over you
Please take me to places, that nobody, nobody knows
You got me hooked up on the feeling
You got me hanging from the ceiling
Got me up so high I'm barely breathing
So don't let me, don't let me, don’t let me, don't let me go. »
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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]   Mer 24 Aoû - 9:44

Malgré son mal de cœur naissant, Zack gloussa en voyant la tronche que tirait la damoiselle qui l’accompagnait. Visiblement, elle grimaçait aussi fort que lui. Le guerrier avait la tête légère et avait un peu l’impression que le sol sous lui n’était pas aussi stable que précédemment. Évidemment, en fin observateur qu’il était, il remarqua les regards coquins que lui envoyait Lucrezia. Il n’y était pas totalement insensible, d’ailleurs! Il fallait dire que la jeune femme était très jolie et avait un charisme indéniable. Oh et puis… il flânait un peu en Mystral et après, il comptait repasser les lignes de la frontière pour retourner temporairement en Shola. Il avait des choses à régler… Alors, autant profiter des derniers temps de sa visite alombrienne comme il se devait, pas vrai? Les deux jeunes gens, intoxiqués par l’alcool, riaient fort et parlaient dans un ton de voix difficilement contrôlable. Notant les regards courroucés des tenanciers de l’établissement, Zack tenta de « baisser le volume », mais sans grand succès. Ainsi, lorsque la rouquine lui proposa de sortir prendre l’air, il opina de la tête sans aucune hésitation. Il lui rendit son sourire charmeur et se leva à sa suite, gloussant en la voyant tanguer légèrement devant lui. Il se saisit de sa main à nouveau puis l’accompagna vers la sortie de la taverne au grand soulagement des convives qui commençaient à en avoir marre d’eux.

Une fois à l’extérieur, le guerrier prit une grande inspiration pour chasser le début de nausée qui persistait. Il ne pouvait plus rien manger, autrement, il se retrouverait dans l’obligation de tout recracher. Toutefois… de l’alcool, ce n’était pas de la nourriture, si? Ils allaient devoir trouver une autre source, s’ils voulaient poursuivre leur beuverie! Baissant son regard couleur bronze sur la jeune femme, il esquissa un sourire en notant l’expression provocatrice qu’elle avait au visage. « Je n’ai aucun problème à ce que tu me tutoies. » Répondit-il avec un sourire en coin, encore charmeur. Puis, elle lança une série d’idées qu’elle désirait effectuer en cette soirée fraîche et « Rémi » afficha soudainement un air incertain. Oh la baignade et le vol ne le dérangeaient guère… mais combattre à l’épée? Il n’était clairement pas en état pour ça et risquait même de la blesser… ce qui ruinerait totalement l’ambiance. Nan, ça c’était une mauvaise idée. Puis, Lucrezia glissa ses doigts dans les siens et approcha son visage tout près du sien. Pendant un bref instant, il voulut s’avancer pour l’embrasser, mais s’abstint, écoutant les paroles qu’elle prononça d’un air amusé. Vérité ou conséquence? C’était effectivement le genre de jeu auquel les enfants s’adonnaient pour pimenter leur vie inexpérimentée. Bah… pourquoi pas? Il était bon joueur. Il hocha donc de la tête pour lui faire comprendre qu’il connaissait le fonctionnement de ce genre de divertissement d’adolescents.

Puis, des bruits métalliques attirèrent leur attention, ce qui trahissait la présence de soldats alombriens qui effectuaient probablement leur routine nocturne. Vive comme l’éclair (enfin, aux yeux trop ivres de Zack, du moins), Lucrezia l’agrippa par la tunique, le fit pivoter autour d’elle pour ensuite le plaqua au mur d’un bâtiment afin qu’ils soient cachés par la noirceur. Elle se lova contre lui et lui intima d’encercler sa taille de ses bras musclés. Elle profita du passage des guerriers pour lui embrasser la joue, feintant une embrassade de jeune couple. Pourquoi avait-elle peur des soldats? Finalement, elle n’était peut-être pas si nette que ça… Néanmoins, « Rémi » profita de cette proximité pour humer la peau de sa compagne, sa bouche frôlant sa mâchoire, près de l’oreille. Avait-il perçu un frisson de sa part ou était-ce son imagination? Une fois les guerriers ayant passé leur chemin, la noble damoiselle se recula et lui demanda à nouveau qu’elle fût sa préférence pour la suite des événements. Oh… sa préférence dans l’immédiat ne faisait pas partie des choix énumérés un peu plus tôt, mais il se garda bien d’en faire part à sa compagne.

- J’ai une idée, fit-il tout bas. Combinons deux activités : la rivière ET le jeu. Ça te va? Laissons tomber le combat à l’épée, je ne suis pas en état de t’enseigner quoi que ce soit et je risque de te blesser… ce qui nous forcerait à tout arrêter pour le reste de la nuit. Ça serait chiant, pas vrai?

Il prit alors la main de Lucrezia dans la sienne, puis marcha en titubant légèrement en direction de la sortie du village. Il savait d’emblée que le pont de la rivière se situait au sud du petit bourg. Ils pourraient toujours s’y réfugier, ce qui leur permettrait de faire… ce qu’ils voulaient. Ils gloussèrent en chœur sans vraiment savoir pourquoi, visiblement influencés par l’ivresse qui les prenait d’assaut. Leur promenade à travers les rues du village dura quelques minutes, puis ils s’éloignèrent des dernières maisons, pour marcher en direction du pont qu’ils voyaient au loin. Le semi-elfe repassa dans sa tête les événements de sa soirée et songea de plus en plus au fait qu’elle lui mentait quant à ses origines de bourgeoise. Quoi de mieux que leur petit jeu pour jouer cartes sur table? Il se racla alors la gorge, puis planta son regard métallique dans les iris de la jeune femme.

- Alors, on commence : vérité ou conséquence?

Un sourire naquit sur ses lèvres en voyant qu’elle désirait probablement commencer « prudemment » en lui autorisant à poser une question à laquelle elle serait obligée de répondre par une vérité. Excellent.

- Pourquoi as-tu peur de la garde alombrienne?

Alors qu’ils marchaient en direction du pont, le brigand écouta les propos de la noble damoiselle, souriant au passage. Ce jeu était franchement intéressant, tout compte fait. Évidemment, si elle décidait de lui poser des questions, il répondrait avec autant de franchise. Une fois arrivé à la rivière, le sous-chef des Lames Pourpres descendit la pente douce qui menait au cours d’eau puis alla jeter un coup d’œil sous le pont de pierres. Parfois, certains itinérants s’y cachaient et ces derniers pouvaient être très territoriaux quand des étrangers se pointaient le bout de leur nez dans leur cachette. Avec un certain soulagement, l’homme blond constata qu’il n’y avait personne et qu’aucune trace de mendiant ne s’y trouvait. Il était donc peu probable qu’on vienne les déranger au courant de la nuit. Il s’avança donc vers la planque improvisée et fit signe à Lucrezia de le suivre. L’eau de la rivière coulait lentement à quelques mètres d’eux et le liquide était cristallin, signe de bonne qualité. Un cercle de pierres qui fut jadis utilisé trônait au sol et « Rémi » rassemblant du petit bois pour faire un feu. Pourquoi? Parce qu’il était encore assez conscient pour savoir qu’ils gèleraient après s’être baignés. Il craqua donc une allumette, lança celle-ci dans le cercle et des flammes envahirent finalement les lieux, éclairant leur planque par le fait même.

- On est peut-être saouls, mais on n’est pas totalement con non plus, fit-il en voyant son regard interrogateur. L’eau sera froide et faudrait pas mourir d’hypothermie non plus.

Puis, un sourire coquin trôna sur ses lèvres alors qu’il retira ses bottes pour les déposer non loin des flammes, histoire de les garder au chaud. Il attrapa ensuite le bas de sa tunique écarlate et la tira vers le haut, histoire de la retirer et de la balancer au sol. Heureusement pour lui, l’alcool qu’il avait ingéré engourdissait ses sens, ce qui l’empêcha de frissonner de froid alors que son torse était maintenant exhibé. C’était toujours risqué pour lui de se dénuder de la sorte, pour la simple et unique raison qu’une marque (originellement une brûlure faite au fer rouge répétée à plusieurs reprises, vu son don d’autoguérison) trônait sur son omoplate gauche : le sigle des Lames Pourpres, plus précisément un cercle dans lequel se croisaient deux épées. La célèbre pègre de Shola n’était que très peu connue en Alombria… mais comme il connaissait maintenant les origines sholienne de sa compagne… Enfin. Espérons que l’alcool enterrait entièrement son discernement. « Rémi » porta ses doigts à la boucle de sa ceinture et la défit pour ensuite déboutonner son pantalon qu’il retira finalement. Maintenant en caleçon, il s’approcha de la rivière où il trempa ses pieds. L’eau était fraîche, voire presque froide, mais franchement agréable malgré tout. Il s’enfonça jusqu’à la taille, puis jeta un regard à Lucrezia.

- Alors, tu viens? Lui demanda-t-il avec un sourire en coin. Au fait, je choisis « conséquence »… mais tu peux tout de même m’imposer une vérité également, puisque visiblement, quelques questions te brûlent les lèvres.

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MessageSujet: Re: Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]   Mar 6 Sep - 22:02

Le cœur de Philomena n’avait jamais été aussi léger qu’en cet instant où toutes ses préoccupations et toutes ses inhibitions s’étaient envolées. Lorsque la garde alombrienne s’était approchée, la princesse avait tout de suite réagi afin de tenter de passer inaperçue. Il ne fallait pas qu’elle se fasse repérer, après tout les deux royaumes étaient en guerre. Son statut royal ne la protégerait pas, au contraire, on pourrait demander une reddition en échange de sa libération. Alors qu’elle était encore lovée contre lui, la bouche de Rémi frôla sa mâchoire. Elle ne put retenir un frisson. Il était près, beaucoup trop près. Jamais elle n’avait entretenu une aussi intime proximité avec un homme de sa vie. Elle avait toujours respecté les convenances en matière de proximité, afin qu’on n’ait jamais rien à lui reprocher. Toutefois – et peut-être était-ce dû à l’alcool – cette proximité indécente n’avait rien de désagréable. Elle mourrait d’envie de rester près de Rémi, mais elle se raisonna et s’éloigna doucement, demandant à son compagnon ce qu’il préférait dans les choix qu’elle venait d’énumérer. Le sourire de Gula s’élargit lorsqu’il proposa un mélange de deux activités. Cela s’avérait très amusant! Évidemment, il avait raison, l’épée était une activité trop dangereuse dans l’état où ils étaient.

Ne pouvant s’empêcher de glousser lorsqu’il s’empara de sa main pour la guider, elle le suivit dans une parfaite confiance. Elle ignorait pourquoi, mais bien qu’il soit un parfait étranger rencontré dans une taverne miteuse, la jeune femme savait qu’il n’avait rien d’un truand qui ne voulait que profiter d’elle. Peut-être se trompait-elle royalement, ce qui n’aurait rien de surprenant, elle se trompait souvent sur les gens. Toutefois, le demi-elfe ne l’avait pas questionné à propos de sa mise en scène lors du passage de la garde d’Alombria. Tout le monde avait des secrets après tout. La princesse chassa alors ses pensées qui devenaient de plus en plus embrouillée en raison de l’alcool, bien que l’air frais contribuait à supprimer le mal de cœur qu’elle avait commencé à ressentir. Ainsi, elle laissait donc Rémi la guider à travers le village. Puis rompant le silence, il lui demanda si elle préférait choisir vérité ou conséquence. Habituée de toujours commencer avec une vérité – ce qui pouvait s’avérer sage en raison de leur état d’ébriété, les conséquences pourraient être beaucoup plus intenses que lors d’une soirée de jeunes filles – Philomena répondit donc sans hésitation. « Vérité. » Et diantre! Il lui avait posé la question qu’elle ne voulait pas qu’il lui pose. Mais après tout, elle lui devait bien des explications. Elle n’avait pas besoin de lui avouer qu’elle était princesse, mais elle pouvait se risquer à lui confesser sa véritable origine. Puisque c’était elle qui avait proposé le jeu, il fallait bien qu’elle réponde. Il ne serait pas très amusant de sa part de refuser de jouer. « Je dois avouer avoir un peu menti quant à mes origines. La raison pour laquelle je me cache de la garde alombrienne est qu’en fait, je ne suis pas d’Alombria. » Voyant qu’il tenait toujours sa main pour la guider et qu’il ne semblait pas vouloir se sauver, elle continua. « Mes parents sont des nobles de la Cour sholienne. Je me suis enfuie, car j’avais besoin de liberté, mais avec les conflits qui règnent entre les deux royaumes, je ne peux pas prendre le risque de me faire capturer. » La rouquine soupira de soulagement lorsqu’elle vit que Rémi ne voulait pas lui fausser compagnie après l’aveu de sa véritable origine. Cette soirée devenait de plus en plus intéressante.

Le couple drôlement formé arriva près du pont. Rémi descendit plus loin afin de vérifier si le pont était occupé, puis lorsqu’il déclara que la voit était libre, il fit signe à la princesse de venir le rejoindre. Philomena tituba plusieurs fois lors de la descente de la petite pente. Elle avait l’impression de marcher sur des nuages, parfois elle ne sentait même plus le sol sous ses pieds. Alors que camarade s’affairait à préparer un feu question de ne pas les faire mourir de froid, Gula décida de s’asseoir quelques instants. Ses jambes ne semblaient plus vouloir la supporter plus longtemps. Elle gloussa lorsqu’elle tomba par terre et porta son regard sur le demi-elfe. Il avait un je-ne-sais-quoi de très séduisant. Peut-être était-ce en raison du fait qu’il semblait totalement se balancer du regard des autres sur lui, ou était-ce dû au fait qu’il ne semblait avoir peur de rien et qu’il était prêt à s’amuser à chaque occasion. Enfin, c’est ce qu’il dégageait.

Lorsque le feu commença à crépiter et que Rémi commença à se dévêtir, Philo se releva précautionneusement, de façon à ne pas retomber. Si elle devait retirer ses vêtements pour éviter de se noyer, être assise n’était pas du tout la meilleure solution. Maintenant sur ses jambes, elle retira sa cape qui couvrait ses épaules. Elle la plaça près du feu pour la maintenir chaude, copiant ainsi l’idée de l’homme blond aux iris de cuivre. Alors que son compagnon se retirait ses vêtements à une vitesse qu’elle ne pouvait suivre, elle attendit qu’il ait terminé. En effet, elle éprouvait une certaine difficulté. Sa robe noire comprenait un corset qui s’avérait être lacé à l’arrière. Si elle avait pensé qu’elle irait se baigner lors de son escapade, elle aurait opté pour un corset se laçant à l’avant, mais cette aventure nocturne n’était certainement pas planifiée. À l’auberge, une femme de chambre serait venue l’aider à se dévêtir, mais maintenant qu’elle était seule près de la rivière avec Rémi, elle ne pouvait se contorsionner pour défaire les lacets de son vêtement. La princesse ne pouvait pas non plus se baigner avec sa robe, le vêtement serait trop lourd et cela pourrait s’avérer très dangereux… déjà que cette baignade sous influence ne relevait pas du tout de la prudence. Cherchant une solution à son problème, elle commença donc par enlever ses bottes, chancelant dangereusement alors qu’elle se tenait sur une jambe. Philomena s’aperçut alors que son ami se trouvait dorénavant en caleçon, les pieds dans la rivière, alors qu’elle portait toujours sa belle robe noire. Elle le regarda s’avancer jusqu’à la taille.

Un sourire aux lèvres, il lui demanda si elle venait. Bien sûr qu’elle voulait, mais elle devait d’abord se débarrasser de sa robe. Rémi lui donnait la parfaite occasion de l’aider. La princesse se dessina alors un sourire charmeur aux lèvres et s’approcha du lit de la rivière. « Très bien. Ton défi sera de revenir ici et de délacer mon corset, sinon tu devras sois te baigner seul ou repêcher mon corps lorsque j’aurai coulé. » Consciente qu’il devrait quitter la température pour s’exposer à l’air frais elle attendit qu’il approche d’elle en se tortillant une mèche avec un doigt – chose qu’elle faisait souvent sans s’en rendre compte. Lorsqu’il arriva près d’elle, elle se dirigea près du feu de façon à ce que la lumière les éclaire puis se retourna pour lui montrer son dos. Retenant le devant du corset sachant très bien qu’il allait retomber vers l’avant lorsqu’il serait délacé, « Lucrezia » profitait de l’indécence de la situation. C’était la première fois qu’un homme délaçait son corset et, bien qu’elle ait imaginé la scène de très nombreuses fois, jamais elle n’aurait pensé que cela serait en de pareilles conditions. Cette soirée s’avérait décidemment riche en surprises et en premières fois. Une fois le travail fait, elle se retourna vers Rémi et le poussa légèrement vers l’arrière en riant. Elle retira ensuite son corset, puis enleva sa lourde robe noire. L’air fais la saisit aussitôt et elle frissonna. Ne se retrouvant qu’en chemise légère, elle s’avança sur le bord de la rivière et trempa son pied droit. L’eau était vraiment fraîche et saisissante.

Prenant tout son courage, Gula entra dans l’eau, avançant de plus en plus vite afin de submerger son corps le plus rapidement possible. Si elle s’attardait, elle savait qu’elle n’y entrerait jamais complètement. Lorsque Rémi s’approcha d’elle, elle l’éclaboussa gentiment, puis éclata à nouveau de rire. Jamais dans sa vie elle n’avait fait pareille folie. « Je vais maintenant profiter de ma question. » Elle s’approcha de lui dans l’eau. « Que représente la marque sur ton épaule? » Tout comme il avait fait avec elle, elle écouta son récit sans le juger. Après tout, il n’avait porté aucun jugement sur sa vérité camouflée. Puis ils parlèrent un peu de tout et de rien jusqu’à ce que les frissons commencent à les envahir et à devenir incontrôlables. À ce moment, afin de taquiner une fois de plus son compagnon, la rouquine lui plongea la tête sous l’eau et s’empressa de sortir se réfugier près du feu. Sa tête tournait un peu moins, l’eau rafraîchissante avait fait son travail. Alors qu’elle s’approchait du feu, elle se rendit compte que sa chemise était complètement transparente en raison de l’eau. Elle hésita un moment, devait-elle mettre sa robe? Elle se répugnait à la mouiller en raison de sa chemise, alors elle décida de rester ainsi. Et puis alors? Elle s’était sauvée du palais pour ne plus avoir à obéir aux convenances. Philomena s’étendit alors près du feu et regarda Rémi s’approcher des flammes. « C’est maintenant à mon tour de choisir. » Elle planta son regard dans les iris cuivrées de l’homme. « Je choisis conséquence. Quel sera ton défi? » Elle lui offrit un autre sourire charmeur. Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle voulait ni ce qu’il désirait. Mais elle savait qu’elle ne résisterait sans doute pas. Après tout, on ne vivait qu’une seule fois.


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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]   Mar 20 Sep - 11:14

Un sourire semi-séducteur, semi-amusé, trônait sur ses lèvres alors que son regard de bronze était porté sur la jeune femme rousse. Visiblement, elle éprouvait… quelques problèmes techniques. Un sourire charmeur aux lèvres, elle s’approcha du cours d’eau et si ce n’était pas de cette gigantesque robe, Zack aurait pu parier qu’elle roulait des hanches. La jeune femme lui lança donc son défi et le guerrier ne put s’empêcher de glousser. Elle avait envie qu’il délace sa robe? Parfait, il était expert en la matière, ayant déshabillé plus d’une femme dans sa vie. Un mouvement de main dans ses cheveux, le semi-elfe replaça ses mèches rebelles puis sortit de l’eau en direction de la jeune noble qui se dirigeait à présent vers le feu de camp. Excellente idée, ça l’empêcherait – par le fait même – de mourir de froid! Après tout, il était trop orgueilleux pour ne serait-ce grelotter devant elle! La coquine torsadait même une mèche de cheveux roux à son approche! C’est qu’elle commençait tranquillement à lui donner des idées…

Les doigts experts du brigand dénouèrent tranquillement le complexe laçage qui retenait le corset de la jeune femme. Il en profita pour rapetisser la proximité entre eux afin qu’elle sente toute la sensualité de la situation. Elle devait très certainement ressentir son souffle chaud sur sa nuque, car elle semblait se délecter de la situation actuelle. Tout ça fit sourire Zack. Une fois qu’il termina le travail, il laissa la jeune femme le repousser tranquillement puis elle laissa tomber sa lourde robe noire au sol, ne restant maintenant qu’en simple chemisier. L’avantage avec ces vêtements, c’est qu’ils allaient coller à la peau de la damoiselle et même devenir très légèrement transparents au contact de l’eau. Ainsi, il aurait tout le luxe d’observer les courbes de Lucrézia! Joli spectacle en perspective. D’autant plus qu’il était encore enivré par l’alcool!

La noble jeune femme quitta ensuite ses côtés pour se rapprocher de la rivière. Elle y trempa un pied, puis se submergea complètement non sans grelotter. Sans plus attendre, le semi-elfe l’imita et trotta jusqu’à l’étendue d’eau. Sans la moindre hésitation, il s’enfonça à son tour et ricana alors qu’elle l’aspergeait amicalement. Il répondit à son « offensive » de la même façon, puis écouta sa requête. Elle avait effectivement une question pour lui quant aux origines de son tatouage. Il l’observa s’approcher de lui, puis prit un air songeur. De quelle façon allait-il aborder la situation pour éviter qu’elle ne s’enfuie? Après tout, les Lames Pourpres n’avaient pas bonne réputation en Shola et étaient reconnues comme étant une pègre bien établie et particulièrement active. Bah, il n’avait pas réellement envie de passer par quatre chemins. L’alcool l’étourdissait et la fatigue était prenante. Mieux valait aller droit au but et advienne que pourra.

- C’est la marque des Lames Pourpres, fit-il du tac-o-tac.J’ai fait partie de leur bande pendant de nombreuses années. J’y étais un membre actif et respecté, je dois l’admettre. Toutefois, j’ai déserté leurs rangs il y a trois ans. Je suis donc venu en Alombria dans le but de me faire oublier. Je me doute que tu n’as jamais eu à côtoyer des individus du genre, mais tu sais… on ne quitte pas les Lames Pourpres aussi facilement. Je l’ai appris à mon grand dam.

Une ombre passa dans son regard un instant alors que l’image meurtrie de Saoirse lui revenait en tête. Elle avait été tuée par les membres de ce clan justement, car il cherchait à l’atteindre, lui. Bon sang, allait-il se remettre de cette perte un jour? Il commençait à en douter. Il chassa donc du mieux qu’il put les mauvaises pensées qui l’envahissaient et ramena son attention sur sa compagne du moment. Ils discutèrent de choses et d’autres jusqu’au moment où le froid de l’eau eut raison d’eux. Lucrézia fut la première à réagir, s’enfonçant complètement dans la rivière avant de ressortir près de la berge. Ses longs cheveux roux coulaient dans son dos comme un torrent de lave et sa chemise – comme l’avait prédit le brigand – moula ses formes trempées et dévoilait beaucoup trop d’information pour être décente. Le sourire charmeur de Zack en disait long sur sa pensée. Elle était superbe et ses courbes étaient franchement invitantes, il devait l’admettre. Il nagea également vers la rive et sortit, l’eau ruisselant sur sa musculature bien ciselée. Ses longs cheveux blonds collaient à sa peau et il vit sa compagne s’étendre près du feu. Lentement, il marcha en sa direction et prit un air songeur alors qu’elle choisissait l’option « conséquence ». La petite coquine avait plein d’idées derrière la tête, il en était certain! Il alla donc s’installer près d’elle, à proximité des flammes.

- Ce qui est vraiment bien, c’est que j’ai l’embarras du choix pour les conséquences, commença-t-il avec un sourire en coin qui en disait long.

Il s’était rapproché d’elle avec un regard séducteur. Il avait envie de lui voler un baiser, là, maintenant. Après tout, qu’est-ce que c’était, un simple baiser? Pas grand-chose. Et puis, s’il était chanceux, peut-être serait-elle assez enivrée pour aller plus loin… Qui sait? Des bruits se rapprochant lui faisaient comprendre qu’un couple marchait tranquille en direction du village. Oh ça pourrait être franchement amusant, par contre! Ne disait-elle pas qu’elle aimait le danger et avait envie de faire des folies? Lentement, il se recula et ricana tout seul à l’idée qui lui venait en tête.

- Tu dis que tu veux de l’action, pas vrai? Fit-il un peu plus bas, hilare. Tu entends ces voix? C’est un jeune couple qui passera dans quelques minutes sur le pont pour se rendre en Mystral. Je veux que tu montes là-haut, dans ta tenue actuelle, et que tu leur flanques la peur de leur vie. Pas de blessés. Seulement une grosse frousse. Tu dois ensuite revenir ici sans te faire voir. Alors?

Visiblement, Zackeriel n’était pas au courant pour le don d’illusion de la jeune femme puisque celle-ci ne lui avait pas révélé l’origine de son don. Si au début elle sembla gênée à l’idée de relever ce défi, elle changea net d’attitude quand le jeune homme demandant : « As-tu peur de le faire? ». Gloussant de nouveau, il regarda Lucrézia monter la butte pour se rendre en direction du pont. D’où il était, il ne voyait absolument rien. Toutefois, il pouvait très bien entendre les voix qui se faisaient aller au-dessus de lui. Tout d’abord, il y eut des questionnements de la part du couple, puis de l’incertitude. À l’écoute de ce spectacle auditif, Zack se coucha sur le dos, les mains derrière la tête et retenait un rire certain. Quelques minutes plus tard fusèrent des cris d’épouvantes ponctués de bruits de pas qui s’éloignaient à une vitesse effrénée. C’est à ce moment que le sous-chef des Lames Pourpres éclata de rire. Il entendit le ricanement de sa compagne et se redressa sur les coudes pour mieux la voir revenir vers lui.

- Que leur as-tu fait? Demanda-t-il en souriant devant l’hilarité de la noble jeune femme. Ça semblait plutôt efficace!

Elle revint s’installer près de lui. Si près qu’il pouvait sentir son odeur très légèrement florale. Son regard était de nouveau charmeur. Que pouvait-il faire d’autre? Elle était magnifique, dans une tenue frôlant l’indécence et il était encore ivre. Tous les facteurs étaient présents pour… une belle soirée. Et puis, ce petit jeu de séduction n’était en rien déplaisant!

- Alors, à ton tour, la défia-t-il. Je choisis « conséquence » également. Je n’ai pas froid aux yeux alors impressionne moi!

Il était visiblement plus qu’amusé de la situation et puis, ils étaient bien, là, près du feu!

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MessageSujet: Re: Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]   Jeu 29 Sep - 17:55

La chaleur du feu contrastait énormément avec la température glaciale de l’eau de la rivière. Étendue près des flammes dont la lueur procurait un spectacle de jeux d’ombres mystérieux sur leur corps, Philomena tentait tant bien que mal de se réchauffer. La proximité de Rémi suscitait également chez elle cette combinaison que lui avait offrait le contraste de l’eau et de la flamme : Une étrange chaleur parsemée de frissons. Quelle étrange sensation, elle devait se l’avouer. Son compagnon était très près, si près que cela en était beaucoup trop indécent. Toutefois, la princesse n’avait pas fui le château pour vivre un moment empli de convenances et de courtoisie. Non, elle s’était enfuie pour vivre dangereusement, pour connaître la vie des autres femmes, connaître la vie des gens qu’on n’enfermait pas dans une cage. Au fond d’elle, sous cette couche de convenance, naissait un désir, un désir de femme, qu’elle n’avait jamais ressenti pour le moment. Un désir qui n’avait rien avoir avec cette amourette de pacotille éprouvée pour Louis-Alexandre.

Alors qu’elle croyait que le demi-elfe s’approcherait d’elle pour lui voler un baiser – et il fallait l’avouer, elle espérait grandement qu’il le fasse – il se recula. Gula réussit à cacher sa déception et écouta le défi qu’il lui lança. Quoi? Ce genre de défi n’était pas ce à quoi elle s’attendait. De plus, cela n’était certainement pas dans ses habitudes de faire peur aux gens pour aucune raison. Incertaine d’abord d’accepter ce défi, Rémi prononça la phrase qui eut l’effet de revigorer son orgueil et surtout de réhabiliter le côté amusant de son esprit. « Bien sûr que non. Je vais le faire. » Déterminée à impressionner son camarade, elle se leva, ce qui s’avéra un peu plus difficile que prévu, offrit à Rémi la vue de son chemisier transparent puis lui tourna le dos pour se diriger vers la colline qu’elle devait escalader pour atteindre le pont. En fait, maintenant qu’elle songeait à une façon d’effrayer ses pauvres gens, la réponse était limpide. Après tout, elle n’avait pas vraiment besoin de se montrer dans cette tenue puisque son pouvoir lui permettait de tout faire à une certaine distance. Ainsi, elle pourrait rester hors de vue du couple. Comme le jeune homme blond ne l’avait pas suivi, jamais il ne saurait qu’elle ne s’était pas véritablement montrée en chemisier un peu trop transparent.

Essayant de ne pas faire trop de bruit, ce qui s’avéra particulièrement difficile, puisque la rouquine trébuchait sans arrêt et ne pouvait s’empêcher de glousser à chaque faux pas, Philomena réussit à s’approcher assez près de ses victimes, de sorte qu’elle pouvait utiliser son pouvoir sur eux. Elle n’avait pas vraiment songé à la frousse qu’elle allait leur imposer. Logiquement, la vue et l’ouïe étaient les sens les plus faciles à influencer, ainsi elle pourrait créer une illusion représentant quelque chose d’effrayant tout en produisant un son tout aussi effroyable. D’elle-même, l’idée s’imposa dans son esprit. Un dragon épouvantable se dessina dans ses pensées. Elle projeta la bête dans l’esprit du jeune couple et altéra leur ouïe afin qu’ils entendent un énorme rugissement. Bien sûr, d’où il était, Rémi ne pouvait entendre ni voir ce qu’elle leur infligeait puisqu’il était beaucoup trop loin pour que son pouvoir fasse effet sur lui. Le couple, qui n’en crurent d’abord pas leur yeux – et avec raison – s’approchèrent de ce qui aurait dû être un dragon, mais lorsqu’un rugissement encore plus puissant retentit, ils firent demi-tour très rapidement et partirent en courant, sans oublier de crier de peur.

Satisfaite, la princesse s’esclaffa de rire et s’apprêta à redescendre la colline. Elle vit cependant que le jeune couple avait laissé tomber un panier qui contenait une bouteille de vin. Croyant que le destin contribuait à ce que cette soirée continue, elle empoigna le panier et se dirigea vers Rémi. Lorsqu’elle arriva près de son camarade, elle le gratifia d’un sourire triomphal. Il lui demanda aussitôt ce qu’elle leur avait fait. Pas encore complètement certaine de vouloir lui expliquer son pouvoir, elle décida plutôt de s’asseoir vers lui, tout en déposant son panier près d’elle. Passant une main sur le bras du demi-elfe, elle le regarda par-dessous ses cils. « Oh pour le savoir, il faudra que tu me tortures. » Gula n’était pas vraiment sérieuse, elle ne voulait pas être torturée, mais ne voulait pas lui avouer si facilement qu’elle possédait un pouvoir qui pouvait à ce point altérer la réalité des gens. Après tout, toute leur relation s’était établie comme un certain composite entre mystère et vérité donnée au compte-goutte, même souvent camouflée. Pourquoi ne pas continuer? En définitive, ils ne se reverraient sans doute plus après cette soirée, pourquoi ne pas continuer de garder ce mystère qui planait autour d’eux?

Lorsque Rémi lui annonça qu’il voulait un autre défi, elle retira lentement sa main de son bras, non pas sans laisser glisser son index sur tout son avant-bras. « Je dois m’avouer à cours d’idée, laisse-moi réfléchir quelques instants. » Son regard se posa sur le panier qu’elle venait de trouver. Sortant la bouteille de vin, elle la déboucha et prit une gorgée. Son regard se porta alors sur son ami et un sourire coquin se dessina sur son visage. « Oh je sais! » Elle approcha son visage de celui du jeune homme, si près qu’elle sentait son souffle sur son visage. « Tu dois trouver un moyen de me convaincre de partager le contenu de cette bouteille avec toi. » Ce après quoi, elle recula son visage d’une rapidité surprenante et se leva. Elle s’éloigna quelque peu du feu, puis alla se réfugier près d’un arbre derrière lequel elle se cacha. Le jeu de cache-cache était certes un jeu de gamine, mais en ce moment, il lui semblait un jeu terriblement aguichant.

Le demi-elfe la retrouva bien vite, après tout elle n’avait pas fait un grand effort pour se dissimuler. Toutefois, encore une fois, elle s’esquiva et se dirigea un peu plus loin, cette fois-ci toujours près d’un autre arbre sur lequel elle s’adossa. Lorsqu’il arriva près d’elle une fois de plus, elle se retrouva coincée entre les bras de l’homme. « Je n’ai jamais dit que je n’allais pas te rendre la chose difficile. » Encore une fois, elle lui offrit un sourire charmeur. « Alors, comment comptes-tu me convaincre? » Elle éclata d’un rire charmant, amusée par la tournure que prenait cette soirée. Qui aurait imaginé qu’elle se retrouverait ainsi? Elle, sans doute pas.

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MessageSujet: Re: Une rencontre fort révélatrice [TERMINÉ]   Lun 3 Oct - 16:05

Il baissa son regard sur le panier qu’elle tenait en main. Elle avait dérobé la bouteille de vin de ce couple? Elle était encore plus vilaine qu’il ne le croyait initialement! Dans un mouvement suave et lent, elle glissa une main sur son bras et Zack esquissa un nouveau sourire charmeur. Il se redressa un peu en se rapprochant d’elle et fit une légère moue lorsqu’elle déclara ne pas avoir d’autres idées en ce qui concernait la prochaine « conséquence » qu’elle devait lui attribuer. Et pourtant, ce petit jeu lui plaisait tellement… dommage. La jeune femme retira sa main et déboucha la bouteille de vin avant d’en prendre une gorgée. Oh? Finalement, elle avait une idée? Excellent! Elle approcha lentement son visage du sien et le brigand put sentir son souffle sur lui. Le défi qu’elle lui lança le surprit au point où il éclata de rire! Petite coquine! Il avait son lot d’idées pour la convaincre. Toutefois, avant qu’elle ne lui laisse la moindre chance d’agir, Lucrézia se releva d’un bond et détala pour se cacher derrière un arbre.

Sans plus attendre, le sous-chef des Lames Pourpres se redressa sur ses pieds à son tour et s’élança à sa suite. Il contourna l’énorme végétal et tendit la main pour se saisir de sa compagne, mais cette dernière se déroba à nouveau avant de se plaquer contre le tronc d’un deuxième arbre. Cette fois, il fut plus rapide. Il bondit sur elle et plaqua ses bras de chaque côté de la rouquine dans le but de la forcer à rester en place. Elle lui adressa un sourire charmeur et Zack gloussa à ses propos. Pas facile, mais pas si difficile non plus! Elle voulait réellement savoir comment il allait s’y prendre pour boire le contenu de cette bouteille? Il suffisait simplement de la convaincre, non? Il s’y connaissait suffisamment en femme pour savoir ce qui allait lui faire plaisir. Son rire joyeux était des plus charmants et Zack leva sa main droite pour la glisser sur la mâchoire délicate de sa partenaire du moment.

- J’ai quelques petites idées, je dois l’admettre, fit-il tout bas en un murmure.

Il plia son coude afin que son avant-bras prenne appui sur le tronc de l’arbre, ce qui le rapprochait considérablement de la noble marchande. Son visage était si près du sien. Leur souffle ne faisait qu’un. Un nouveau sourire enjôleur naquit sur ses lèvres. Ses doigts quittèrent la mâchoire de Lucrézia et se glissèrent le long de sa gorge. Le semi-elfe était satisfait d’y sentir une multitude de frissons. Elle ne semblait pas trop encline à le repousser, sinon ce serait déjà fait depuis belles lurettes. Il s’avança donc davantage et effleura ses lèvres avec les siennes pendant un bref instant, avant de l’embrasser langoureusement. Sa main glissa de sa gorge jusqu’à son épaule, puis le long de son bras. Elle termina sa course sur la taille de sa compagne et attira cette dernière à lui. Collés l’un à l’autre, ils échangèrent ce baiser pendant un petit moment avant que la main de Zack ne quitta à nouveau la taille de la rouquine pour s’emparer de la bouteille de vin. Il rompit alors le contact et, avec un air provocateur, porta le goulot à ses lèvres afin de prendre une lampée de vin.

L’air semi-outré de la noble damoiselle le fit rire. Elle voulut reprendre son bien, mais dans un mouvement vif, le semi-elfe se pencha et la balança sur son épaule comme un sac de patates. Sous les éclats de rire de sa compagne, le brigand revint vers leur campement de fortune, bouteille à la main, avec son précieux fardeau. Il la déposa près du feu, lui redonna sa bouteille et s’étendit près d’elle. Il mordilla sa lèvre inférieure en contemplant le spectacle qu’offrait la rouquine devant lui. Sa chemise de nuit était transparente et laissait paraître suffisamment de détails pour titiller son imagination. Couché sur le côté, la tête appuyée contre sa main, il se pencha un peu par-dessus elle. Il fit glisser ses doigts le long de la cuisse délicatement repliée de Lucrézia.

- As-tu besoin que je te convainque davantage de me laisser boire à cette bouteille? Susurra-t-il près de son oreille. Parce que, tu sais, je peux être encore plus persuasif si le besoin s’en fait sentir.

Se penchant vers l’avant, il embrassa la gorge délicate qui s’offrait à lui, glissant lentement ses lèvres sur la clavicule de la jeune noble. Puis, une idée lui vint en tête. Elle avait encore envie de s’amuser, pas vrai? Ils pouvaient porter l’amusement à un tout autre niveau, si le cœur lui en disait. Il se recula doucement et décocha un sourire complice à Lucrézia qui buvait encore à même la bouteille. Il lui fit signe d’attendre, puis s’étira jusqu’à son paquetage. Fouillant dans sa besace, il sortit un drôle d’objet qu’il tendit sous les yeux de son amie du moment. La lueur des flammes dansait sur l’objet poli.

- Tu sais ce que c’est? Lui demanda-t-il. C’est une pipe à opium. Si tu as vraiment envie de t’amuser, je pourrais te montrer comment on l’utilise. Et là… crois-moi, tu atteindras des sommets, dans tous les sens du terme.

Son sourire était coquin et sans équivoque. Si elle acceptait, ils allaient passer une soirée inoubliable tous les deux. La rouquine prit l’objet entre ses mains, visiblement déchirée entre la curiosité et la crainte, quand des bruits de pas retentirent.


- Que faites-vous là?! C’est interdit de traîner ici!! Fichez le camp!!

Et merde, la garde!! Vif comme l’éclair, Zack attrapa la pipe à opium et la cacha à la vue des soldats. Ni une, ni deux, ils furent sur pieds et ramassèrent vivement leurs effets personnels, échappant par le fait même la bouteille de vin qui se vida sur le sol. L’un des gardes s’affaira à éteindre le feu alors que les autres les pressaient de foutre le camp. Zack n’eut que le temps d’enfiler son pantalon qu’il se fit pousser afin d’accélérer la cadence. C'est donc deux jeunes gens à moitié nus qui quittèrent leur cachette pour se faire mener vers les rues. Le brigand jura à voix haute et enfila prestement ta tunique. Il sautilla quelque peu pour enfiler ses bottes et regarda Lucrézia qui tenait fermement son corset contre sa poitrine, ayant enfilé le reste de sa tenue. Les gardes les laissèrent tranquilles une fois qu’ils furent en vue d’une taverne et Zack leur lança un regard chargé de fureur. L’ambiance était maintenant totalement cassée. Échaudés par ce qui venait de se passer, les deux jeunes gens se jetèrent des regards désolés… mais également amusés.

- Attends, je vais au moins t’aider, fit Zackeriel qui renoua sommairement le corset de la jeune femme afin de lui permettre de se libérer les mains. Je n’avais aucune idée qu’ils nous trouveraient là, crois-moi.

Puis, une fois le travail terminé, il fit face à sa compagne, se passant une main embarrassée dans ses cheveux blonds. C’était comme si l’adrénaline avait chassé toutes les dernières vapeurs d’alcool de son corps et il était certain qu’il en était de même de sa compagne.

- De toute façon, c’était une mauvaise idée, pas vrai? Je crois que nous devrions nous en tenir à ça. Ce à quoi elle acquiesça vivement. Oh il aurait pu poursuivre la chose et tenter de coucher avec elle… mais il l’appréciait honnêtement, somme toute. Elle méritait mieux qu’un couillon comme lui. Eh bien, ce fut une excellente soirée, Lucrézia. Merci. J’en avais sérieusement besoin. Et qui sait, peut-être nous recroiserons-nous un jour?

Ils se serrèrent la main, mais malgré tout, le semi-elfe ne put s’empêcher d’attirer la jeune femme à lui. Il se pencha pour poser un baiser sur sa joue… mais embrassa plutôt la commissure de ses lèvres avant de rompre le contact avec un sourire enjôleur. Il se recula ensuite et balança sa besace sur son épaule avant de la saluer de la main. Il s’éloigna finalement, se dirigeant vers la première auberge, là où il avait préalablement loué une chambre. Heureusement, l’opium, sa meilleure amie, serait là pour le réconforter et terminer la soirée en beauté…


[RP TERMINÉ]

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