Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 (Terminé) La chance ne donne pas, elle ne fait que prêter [PV Ansgar]

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Idris
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MessageSujet: (Terminé) La chance ne donne pas, elle ne fait que prêter [PV Ansgar]   Sam 7 Mai - 18:31


« La chance ne donne pas, elle ne fait que prêter. » - Proverbe scandinave


La Norroise se terrait sous une pile de fourrures, plus par habitude que par froid réel. D’ailleurs, elle ne tarda pas à se réveiller en sueur. Elle maudit intérieurement ce climat tempéré. Celui-ci était bien différent de ce que l’on trouvait dans les Terres gelées. Elle jeta brusquement les fourrures sur le premier bougre en maugréant. Comment les autres faisaient-ils pour dormir? Elle soupira, mécontente, et jeta un regard circulaire à leur campement. Elle remarqua que son frère manquait à l’appel. Ce n’était pourtant pas son tour de garde, Latham étant présentement en train d’affiler la lame de sa dague sur une bûche un peu plus loin.

La cadette des Drakkhen se leva silencieusement. Elle passa devant l’homme qui faisait le guet, lui envoyant un signe de la main voulant dire qu’elle allait faire un tour et avait l’intention de revenir, donc ce n’était pas la peine de s’alarmer et de réveiller leurs comparses. Il lui demanda si elle allait à la recherche de leur chef, ce à quoi elle hocha de la tête sans se retourner. Nonchalamment, elle se métamorphosa en renard sans ne jamais arrêter sa marche. Elle rôda dans les environs jusqu’à ce qu’elle sente la piste d’Ansgar. Cet abruti l’exaspérait quand il partait en douce sans avertir personne. Elle n’était pas réellement mieux placée pour parler, mais ça, c’était pour un tout autre débat.

Elle s’avança avec précaution dans la forêt. Elle portait une grande attention aux bruits environnants, car elle savait que tout comme dans son territoire natal, beaucoup de prédateurs était plus actifs la nuit. Elle se compta chanceuse de ne pas faire de rencontre importune. Elle flaira le sol, malgré qu’elle pouvait voir les empreintes de son frère. Elle le repéra peu loin au bout de quelques minutes. Si elle avait été sous sa forme humaine, elle aurait soupiré d’agacement.

Elle s’immobilisa avant d’être trop près. Ansgar et elle avaient un code à respecter lorsqu’ils décidaient de prendre la forme de leur totem protecteur afin d’éviter de se tuer par mégarde. Elle s’assit patiemment au sol et d’une patte, elle gratta doucement le tronc d’un arbre près d’elle. Le Renard attendit quelques secondes avant de recommencer son manège. Ce fut au deuxième bruit que son frère se retourna vers elle, visiblement irrité. Tiens donc, il ne voulait pas de sa présence? Voilà une raison de plus de venir l’importuner, se dit Idris.

Elle s’avança au petit trot et alla prendre place aux côtés de son frère. Son regard se posa sur un village en proximité. S’agissait-il de leur prochaine cible? C’était possible; or, si tel était le cas, pourquoi Ansgar était-il si énervé de l’avoir près de lui? Il ne pouvait pas lui en vouloir encore parce qu’elle était venue jusqu’ici contre ses ordres, quand même! Il devait bien être passé à autre chose par maintenant.

** Que cherches-tu à voir, grand frère? Oh, et puis grognes-donc après moi, tant qu’à y être! Bon sang, je suis seulement venue voir ce que tu manigançais loin du camp. Même Latham ne sait pas pourquoi tu as filé en douce.**

Elle communiquait avec lui via la pensée, et ce, même si elle savait pertinemment que son frère n’avait pas ce pouvoir. L’apprentie Oracle préférait toutefois réduire le bruit qu’ils produisaient au minimum afin de n’alerter personne à leur présence… ou n’importe quel animal qui pourrait vouloir les transformer en casse-croûte nocturne. Elle savait que son frangin comprendrait.

**Tu sais, pour quelqu’un qui fait le malin, j’ai remarqué que ce n’est pas la première fois que tu disparais sans dire quoi que ce soit à personne. Ça te dérangerait de me dire ce que tu manigances? Le Renard marqua une pause, puis fit un coup de menton en direction de la petite agglomération. C’est notre prochaine destination, ça? Si tu tiens tant à faire du travail de reconnaissance, tu devrais au moins amener un guerrier avec toi… parce que là, t’agis en gros con… Et qu’est-ce qu’on cherche, exactement?**

Se gênait-elle pour balancer des bêtises à  son frère? Non, aucunement…  Et elle continuait tout bonnement la conversation comme si elle ne lui avait rien dit de mal. Bon, elle profitait un peu du fait qu’il ne pouvait se permettre de lui crier après… mais même s’il avait pu, ça n’aurait pas empêché Idris de lui dire ce qu’il lui passait par la tête. Elle était comme ça; elle n’avait pas de filtre entre son cerveau et sa bouche.


Dernière édition par Idris le Lun 11 Juil - 15:51, édité 1 fois
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Ansgar
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MessageSujet: Re: (Terminé) La chance ne donne pas, elle ne fait que prêter [PV Ansgar]   Mer 11 Mai - 14:53

Il avait du mal à fermer l’œil. Ça faisait plusieurs jours qu’ils étaient sur ces terres sauvages et il avait l’impression de n’avoir encore rien vu, rien exploré. Pourquoi devait-il perdre son temps avec du sommeil? Il avait réussi à s’assoupir pendant quelques heures (quatre tout au plus) et c’était plus que suffisant. Couché sur le dos, il regarda le ciel étoilé. Même les astres étaient différents de ceux qu’il connaissait. Et puis… cette chaleur… il n’avait jamais rien connu de tel. Il avait si chaud (malgré cette température probablement fraîche pour la population locale), qu’il avait décidé de sommeiller torse nu sur ses fourrures plutôt qu’en dessous. Oh et puis il en avait marre de rester là bêtement sans trouver le sommeil. Il se redressa sur les coudes et remarqua que ses compagnons dormaient tous à poings fermés, hormis Latham qui faisait le guet. Il aurait pu relever ce dernier de ses fonctions, toutefois, il savait qu’Edwin allait bientôt prendre sa place. Avec un soupir non dissimulé, Ansgar se releva, enfila à nouveau sa tunique puis attrapa son glaive qu’il attacha à sa taille. Il n’avait pas besoin d’enfiler toute son artillerie, il allait simplement faire un tour.

Latham lui jeta un coup d’œil curieux et Ans lui fit signe de ne pas se soucier de sa présence. Il n’avait pas besoin de parler. Son non verbal fit le travail pour lui et l’homme à la chevelure rousse ramena son attention sur sa lame qu’il affûtait avec beaucoup de minutie. Le chef des guerriers du Kodiak passa près de lui, lui flanqua une claque amicale sur l’épaule puis disparut à travers les fourrés et les arbres. Il avait besoin de bouger, de se dégourdir. Ses yeux de norrois mirent quelques minutes à s’habituer à la noirceur. Après tout, d’où il venait, le sol était entièrement blanc. Ainsi, il était d’autant plus facile de voir les obstacles ou les ennemis approcher! Tout était différent de chez lui! Le bruissement des feuilles, les branches qui craquaient sous ses pas, l’odeur de terre qui embaumait l’air… Ce pays était fascinant! Dans les terres gelées, il n’y avait aucun arbre feuillu : que de la toundra et une forêt de conifères qui se densifiait alors qu’on approchait de la barrière de montagnes. Tout au nord, près de l’océan, le paysage n’était que glace et neige; un désert aride et givré ou peu de gens pouvaient vivre… hormis les norrois qui étaient conçus pour ce climat.

Silencieusement, il se déplaça dans la dense végétation, touchant les feuilles du bout de doigts, puis l’écorce des arbres. Un bruissement retentit sur sa droite et il se retourna vivement pour avoir le temps d’observer une créature cervidé très élancée qui détalait en plusieurs bonds gracieux. Rien à voir avec les troupeaux de rennes au pelage dense qu’il côtoyait régulièrement! Au nord du continent, tout était plus rustique, plus dense, plus grossier. Ici, la nature était plus frêle et gracieuse. Il adorait ce qu’il découvrait. Et puis, être en voyage lui permettait de souffler un peu, loin de Tilda. Un léger grognement monta de sa gorge alors qu’il repensait à sa « tendre épouse ». Il priait l’Esprit du Grand Ours Kodiak de la dévorer pendant son absence. Au pire… il n’avait qu’à demander à l’Esprit Loup d’envoyer l’une de ses meutes, non? Un travail rapide, efficace et qui ne laisserait que peu de traces…

Alors qu’il continuait son exploration solitaire, Ansgar s’arrêta soudainement, remarquant dans la pénombre qu’une pente abrupte s’étalait devant lui. Définitivement, ses yeux n’étaient pas aussi adaptés à la noirceur qu’il ne le croyait. Au bas de cette descente se trouvait un petit village qu’il n’avait pas vu jusqu’à présent. Voilà qui était intéressant! L’agglomération de maisonnettes était entourée d’une palissade de bois plutôt haute, ce dernier servant probablement à la protection contre de potentiels envahisseurs. Eux, en l’occurrence. De la fumée sortait des cheminées, signe que la population était probablement bien emmitouflée dans leurs chaumières. Le fils aîné du clan Drakkhen songea à réveiller ses hommes afin de profiter de la nuit pour envahir les lieux, quand soudain, un grattement attira son attention. Tournant naturellement la tête, le guerrier norrois eu un soupir d’irritation en repérant le petit renard roux qui le fixait dans la nuit. Il pouvait reconnaître cet animal parmi des milliers! Mais que faisait-elle loin du campement?! N’avait-elle pas compris qu’il y avait un couvre-feu pour les gamines dans son genre? Une expression réprobatrice au visage, il fixa sa frangine sous forme de canidé et crut voir un haussement de sourcil (si la chose était possible chez un tel animal). Cette dernière s’approcha de lui aux petits trots et s’arrêta à ses côtés. Il poussa un soupir d’exaspération et se pinça l’arête du nez, entre les deux yeux, avant de la regarder de nouveau.

- Le problème est justement ce besoin que tu as de toujours fouiner, fit-il d’un ton un peu amer. Tu dois toujours fourrer ton nez là où ce n’est pas nécessaire, pas vrai?

Ça sentait la dispute à plein nez. En fait, les deux jeunes gens étaient parfois comme chien et chat, même s’ils s’adoraient au fond. Mais ce soir, le chef aurait vraiment apprécié quelques minutes de solitude, ce qui arrivait trop peu souvent ces derniers temps. Et il refusait d’admettre sa fascination pour ce nouveau pays, faute de quoi, il aurait l’air d’un faible aux yeux des autres membres du clan.

- Non, tu ne le sauras pas, répondit-il soudainement. Tu vois, l’avantage d’être le chef de garnison, c’est que je n’ai de comptes à rendre à personne. Si tu savais à quel point c’est merveilleux, ironisa-t-il en lui jetant un regard en coin. Malheureusement, ce n’est pas ton cas et je doute que ce le soit un jour, sac à puces. Alors tu ferais bien de retourner au campement avant que je ne t’y traîne par la peau du cou. Oh il pouvait le faire. Il l’avait déjà fait par le passé. Néanmoins, il continua de répondre aux propos de sa cadette, ignorant son commentaire désobligeant en sa direction. J’y songeais oui. Je viens juste de découvrir cet endroit et, à titre indicatif, morveuse, j’avais déjà en tête de revenir chercher quelques guerriers… Oh mais malheur, tu n’en faisais pas partie! C’est bête, pas vrai?

Il soutint le regard incendiaire que lui lançait le renard et un sourire amusé se dessina sur ses lèvres. En temps normal, elle lui aurait probablement sauté en plein visage, toutefois… on ne voulait pas qu’il hurle et alerte tout le monde, pas vrai? Il se contenta alors tout simplement de la pousser du pied sans mettre trop de force, histoire d’éviter de lui faire du mal. Après tout, sa cadette, lorsque sous forme spirituelle, avait la constitution d’un vrai renard. Ainsi, toute la force d’un norrois pourrait lui broyer les os. Elle avait beau l’énerver, jamais il ne commettrait une telle atrocité à son égard. L’idée de la taquiner encore davantage lui traversa l’esprit quand un mouvement au bas de la colline attira son attention. Ansgar se retourna rapidement et vit un groupe d’hommes masqués se diriger vers le village, torches en main. Merde, on les prenait de court! Il jura tout bas, puis s’agenouilla.

- On dirait que nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée, fit-il en désignant le groupe de brigands, un peu plus bas. Mais pourquoi un si grand groupe désire s’en prendre à un minuscule village? Il eut un instant d’hésitation, puis un sourire naquit de nouveau sur ses lèvres. Ça sent la bonne affaire, Idris! L’endroit doit surement être plus prospère que nous le croyons. Puis, il se retourna pour faire face au petit renard. Nous n’avons même pas besoin de risquer la vie de nos hommes. Il suffit que nous nous infiltrions entre ces murs, que nous chapardions l’or et les bijoux, puis que nous quittions les lieux en les laissant s’entretuer. Si nous repérons un trésor trop gros pour nous permettre de l’emporter, et bien les autres ne sont pas loin… Nous devons bouger maintenant, sinon on risquerait de perdre l’effet de surprise et donc, un précieux temps.

Il jeta un nouveau coup d’œil en direction des intrus, puis sans un mot de plus, il détala à travers les arbres en effectuant un mouvement rapide à l’intention de sa sœurette, lui demandant ainsi de le suivre. Il courut pendant de longues minutes, contournant le village vers l’arrière, puis détala la colline qui était moins escarpée à cette hauteur. Il s’approcha ensuite de la rambarde de bois puis jeta un regard autour pour s’assurer qu’ils n’étaient pas épiés. Il fit signe à sa cadette de s’approcher de lui, puis en l’espace de quelques secondes, son corps se métamorphosa pour prendre l’apparence d’un immense ours brun. L’ours kodiak laissa suffisamment de temps au renard de s’agripper à sa fourrure d’une densité incroyable, puis planta ses griffes dans les billots de bois dont était composée la muraille du village. Il grimpa la surface avec toute l’agilité de son totem animal. L’ascension prit quelques minutes; suffisamment de temps pour permettre aux brigands de commencer leur assaut en mettant le feu à un toit de maison. Une fois tout en haut, Ansgar reprit forme humaine et se tenait debout sur la plateforme qui entourait le village tout en s’assurant que sa cadette se trouvait bien à ses côtés. De leur perchoir, ils pouvaient voir les flammes lécher les maisonnettes et les gens qui se dispersaient dans une cohue assourdissante.

- On profite du chaos pour se remplir les poches, Idris, d’accord? Ne prends pas de risques inutiles et n’hésite pas à me faire signe si tu as des soucis, déclara-t-il en tapotant sa tempe, signe qu’elle pouvait le contacter par la pensée. On se retrouve ici dès que nous avons les poches trop pleines. Dans un mouvement rapide, il ouvrit sa besace qui pendait dans son dos et prit un autre sac de toile un peu plus petit qu’il donna à sa cadette. Ce serait plus simple pour elle de tout transporter avec ça.

Dans un mouvement rapide, il attrapa l’épaule de sa cadette et colla son front contre le sien, signe d’affection typique à leur famille et qui leur avait été transmis par leur défunte mère. Un sourire amusé trônait alors sur ses lèvres fines. Le jeune homme de 26 ans adorait ce genre de situation : l’adrénaline était comme une drogue pour lui. Il tourna ensuite les talons puis détala sur la plate-forme. Il nota la présence d’une échelle en bois qui lui permettrait d’atteindre le sol sans encombre. Il agrippa cette dernière de ses deux mains, puis y accota ses pieds de chaque côté pour ensuite se faire glisser jusqu’en bas. Ses pieds heurtèrent rapidement le sol poussiéreux puis il courut vers une maisonnette, ignorant les cris et les supplices gens autour. D’un coup de pied, il défonça la porte en bois d’une chaumière puis pénétra dans celle-ci. Une femme et deux enfants y étaient recroquevillés, tremblant de peur. Un sourire carnassier aux lèvres, le chef des guerriers du Kodiak repéra rapidement l’argenterie sur la table et enfourna le tout dans son sac. Il courut ensuite jusqu’à ce qui semblait être la chambre des maîtres et renversa chacun des tiroirs sur son passage, prenant les bijoux et les écus qu’il voyait. Il revint ensuite sur ses pas, puis s’approcha de la femme, ignorant ce qui semblait être des supplications de sa part et les cris de terreur des enfants. Dans une poigne ferme, il agrippa le haut de sa jolie robe et la souleva pour qu’il puisse bien voir le collier qu’elle arborait au cou ainsi que ses boucles d’oreilles. Ça brillait… ça semblait être des pierres précieuses. Dans le doute, il n’avait qu’à les prendre! De sa main libre, il arracha les objets de son désir et décocha un nouveau sourire.

- I think you should run, fit-il dans sa langue maternelle et sur un ton trop calme. Because those men will kill you if they found you here. Don’t say that I didn’t warned you.

Évidemment, ils ne semblaient pas comprendre un traître mot de ce qu’il disait. Ce n’était plus son problème à lui! Le guerrier norrois sortit par la porte de derrière. Les flammes gagnaient du terrain sur le village. Il n’avait pas de temps à perdre. Il continua donc son manège, passant de maisonnette en maisonnette et remarqua que cela faisait un moment qu’il n’avait pas vu Idris.

Mais où était-elle?


Dernière édition par Ansgar le Mer 1 Juin - 9:35, édité 1 fois
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Idris
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MessageSujet: Re: (Terminé) La chance ne donne pas, elle ne fait que prêter [PV Ansgar]   Dim 22 Mai - 17:07

Le Renard se tenait immobile comme un arbre, seulement son poil frémissant à l’occasion sous la brise. Ce n’était pas tant qu’elle arborait un calme serein, mais plutôt qu’elle attendait la réaction de son aîné. Celui-ci ne se fit d’ailleurs pas prier pour afficher son exaspération à se faire déranger par sa soeur. Si elle avait pu sourire sous sa forme animal, elle l’aurait fait. Son plaisir fut interrompu par une vague de colère naissante. Comme si elle avait la moindre puce! Non, mais… Sans compter qu’Ansgar verrait bien qu’il ne serait pas de tout repos de la ramener par la peau du cou, tel qu’il menaçait de le faire.

Pour toute réponse à la tentative de son frère de la faire sortir de ses gonds, le canidé fouetta la queue sur le sol jonché de feuilles. Oh, mais elle aurait trouvé un moyen de se faufiler entre ses pattes, il devait bien le savoir! Il n’était pas pour la mettre de côté aussi facilement. Le pauvre animal tituba sous l’encouragement prodigué par le pied du chef du groupe de Norrois. Il allait payer cette insolence, se jura-t-elle intérieurement. Elle ouvrit la gueule avec la clair intention de lui mordre le poignet, lorsqu’Ansgar se déroba pour se concentrer sur le village près d’eux. Idris s’approcha en émettant un faible grognement, question de savoir ce qu’il en retournait.

Ses yeux perçants ne prirent aucun temps à apercevoir les hommes mal intentionnés, pas qu’elle était mieux placée pour parler, qui se dirigeaient en direction de leur futur victime. Bordel, c’était chiant de se faire battre quand ils étaient si près du but! Si son têtu de frère n’avait pas perdu autant de temps à réveiller ses guerriers, ce seraient eux qui seraient en train d’assaillir ce village en ce moment! Le Renard voulut partager le fond de sa pensée avec son compagnon; or, celui-ci la devança.

Elle leva ses yeux noirs brillants en sa direction, l’écoutant attentivement pour une fois. Elle sentit une vague d’adrénaline la parcourir. En effet, elle appréciait le plan improvisé de son frangin! Profiter de la diversion de ces brigands était une excellente façon de faire tourner les choses en leur faveur.

**Enfin, une idée de ta part digne d’être entendue! Qu’est-ce qu’on attends pour se lancer dans la mêlée?**

Dans mouvement fluide, elle s’élança derrière le Norrois et repris sa forme naturelle de femme. Elle suivit son aîné dans le plus grand silence, se tenant aussi basse que possible pour éviter d’être repérée par les villageois ou les voleurs. Elle attendait le signal de son chef à chaque étape puisque le temps n’était plus à la rigolade. Idris était peut-être l’adolescente la plus indépendante du siècle, mais même elle savait reconnaître quand il était nécessaire de travailler en équipe.

En voyant son frère prendre sa forme d’animal protecteur, elle comprit qu’elle devait l’imiter afin de faciliter leur escalade de la muraille de bois les coupant de leur destination. Elle mordit dans la fourrure au niveau du cou de l’ours kodiak, sans ménager ce dernier.

**Tu devrais penser à te laver, une fois de temps en temps!** le nargua-t-elle. Elle avait été sage trop longtemps, ça ne lui faisait pas.

Une fois rendus en haut, elle ne se fit pas prier pour mettre le pied à terre et abandonner sa forme de renard. Elle hocha ensuite de la tête, tout à fait d’accord avec le plan de son frère. Elle lui jeta un regard à la fois impatient et agacé.

- Je ne suis plus une gamine, franchement! lâcha-t-elle en roulant les yeux. Ce qu’il était surprotecteur quand il s’y mettait! S’il y a de quoi, c’est moi qui devrait surveiller ton derrière flasque.

Elle soupira bruyamment, tout en dérobant le sac de toile que venait de sortir Ansgar. Toutefois, elle ne refusa pas son étreinte et ferma même les yeux l’espace des quelques secondes où son front s’appuya sur celui de son frère. Elle l’observa s’éloigner à la vitesse de l’éclair afin de commencer à se remplir les poches. Par après, elle sourit en admirant la pagaille qui était semée au sol. Sa seule déception était de ne pas avoir été celle à mettre le feu à ces chaumières!

D’un pas feutré, elle repéra une échelle dans une direction opposée de celle où s’était dirigé le chef norrois. Ils devaient couvrir le plus grand territoire possible. Elle descendit vivement jusqu’au sol et se cachant derrière la première maison à sa portée. Ce fut juste à temps, d’ailleurs, car des brigands passèrent à moins d’un mètre d’elle avec une femme dont ils avaient sans aucun doute envie de profiter une fois le reste de leur besogne accomplie. L’étrangère ne pouvait dire ne pas être dégoûtée, mais cette femme avait perdu ce rapport de force et méritait donc de tomber au statut d’esclave. Elle retint le souffle le temps que ces vermines s’éloignent suffisament de sa personne. Elle n’était pas sotte au point de se jeter dans la gueule du loup, hein!

La jeune femme continua son chemin. Elle sentait la frustration monter en elle. Les premières chaumières étaient soit déjà en prise aux flammes, soit elles étaient occupées par les voleurs qui faisaient déjà le tour des tiroirs. Elle n’avait réussit qu’à terrasser que quelques habitants terrorisés et leur prendre leurs bijoux. Ansgar serait amèrement déçu de sa performance si elle ne ramenait rien de plus. Elle décida alors que la meilleure stratégie serait donc de se diriger plus loin, vers un recoin du village plus tranquille. Idris concentra ensuite son énergie magique afin de se faire rapetisser et ainsi pénétrer dans une maison qui semblait richement décorée. Elle était d’ailleurs en retrait du reste et moins visible pour les agresseurs à partir de la porte principale de l’agglomération. Intéressant... Peut-être cette maisonnette appartenait-elle au chef de ce village? Une fois à l’intérieur, elle sentit l’ivresse du moment faire vibrer tout son être. Elle se faufila au travers ce qui semblait être une cuisine pour faire son chemin vers un salon au centre duquel trônait un coffre en bois massif. À l’image d’une pie, des étoiles se mirent à briller dans ses yeux. Elle était visiblement tombée sur le gros lot.

La cadette des Drakkhen voulut aviser son frère de sa trouvaille quand elle une douleur aiguë surgit vivement au niveau de sa nuque. Elle tomba durement sur ses genoux et porta la main là où elle avait reçu un coup. Ce fut un mouvement de pieds sur le tapis qui l’alerta du danger et lui permit d’esquiver un deuxième coup à temps. Elle se releva sur ses coudes : un adolescent se dressait devant elle.

- You bastard… jura-t-elle entre ses dents.

Son agresseur fit une nouvelle tentative de la rendre hors d’état de nuire, mais les réflexes de la Norroise étaient de loin supérieurs aux siens. Elle lui asséna un violent coup de pied dans le ventre, malgré la douleur dans son crâne. Elle en profita pour saisir le chandelier dont il s’était servi pour l’attaquer en premier lieu. Sans merci, elle lui étampa le bougeoir sur la tempe. La rouquine ne ferma même pas un oeil lorsque le sang éclata dans son visage. Elle le frappa une deuxième fois pour s’assurer qu’il ne l’importunerait plus.

Prudente, elle tendit l’oreille. Elle put enfin se remettre à respirer en constatant le silence absolu des lieux. Elle roula le cadavre dans un coin, question de ne pas trébucher sur lui dans le noir. Devenant miniature à nouveau, elle se glissa dans le coffre via la serrure à l’avant. Elle se retrouva à nager au travers de pièces d’or, d’argent et de cuivre, en plus de pierres précieuses. Elle embrassa passionnément un rubis avant de faire son chemin jusqu’à la sortie, poussant la gemme devant elle.

**Ansgar! Je viens à ta rencontre. J’ai trouvé un butin hors de ce monde! Mon sac ne sera jamais assez grand pour tout contenir.**

Une fois de retour à sa taille normale, elle glissa le rubis dans sa poche et déguerpit de la maison par la porte arrière. Elle se faufila entre les maisons du mieux qu’elle le pouvait, étant encore un peu sonnée par le coup qu’elle avait mangé à la tête. Elle aurait certainement un magnifique souvenir de cette soirée au cours des jours à venir. Elle prit plus de temps qu’elle ne l’aurait voulu à rebrousser son chemin jusqu’à son frère, mais ce n’était pas important. Lorsqu’elle repéra enfin son aîné, elle siffla à la manière d’un oiseau local qu’ils n’avaient pas encore croisé en ce nouveau territoire. Elle savait qu’Ansgar serait assez brillant pour faire le lien. D’ailleurs, il se rua rapidement vers elle lorsqu’il l’aperçut.

Idris tira brusquement sur le collet de son frère pour l’attirer vers elle.

- Fais attention, espèce d’idiot! Un peu plus et un de ces grossiers voleurs te voyait filer avec une partie de leur butin! lui reprocha-t-elle à voix basse. Elle secoua la tête; ce n’était pas le temps de s’obstiner avec lui. Suis-moi. J’ai trouvé quelque chose d’extraordinaire. Elle appuya ses paroles d’une courte présentation du rubis qu’elle gardait à moitié caché dans sa poche. Le sourire en coin du chef en fit naître un autre sur son propre visage. Nous devons nous dépêcher d’y retourner avant que les brigands ne mettent le grappin sur les autres trésors… Et crois-moi, il y en a un coffre plein!

D’un mouvement de ses mains, elle lui montra la taille approximative du coffre qu’elle avait découvert. C’était désormais à son tour de guider Ansgar au travers de l’agglomération prise d’assaut. Cependant, elle était beaucoup plus à l’aise de savoir qu’il était là pour surveiller ses arrières. Elle ne risquait donc aucun autre coup traître.

- La voilà! fit-elle en montrant la maison du doigt. Non, mais sérieux? C’est quoi cette tronche? Croyais-tu que j’allais te faire perdre ton temps dans un moment comme celui-ci? Arrête de faire la truite et suis-moi. J’ai laissé la porte arrière déverrouillée pour nous. Elle agrippa son frère par la main et le traîna jusqu’au coffre. Ce après quoi, elle plaça les mains sur ses hanches. As-tu une idée de la façon de le ramener jusqu’au camp? Je peux contacter nos frères, mais je doute qu’ils se rendent jusqu’à nous avant que nous recevions de la visite.
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Ansgar
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MessageSujet: Re: (Terminé) La chance ne donne pas, elle ne fait que prêter [PV Ansgar]   Mer 1 Juin - 9:34

Son regard couleur acier scruta les environs à la recherche du moindre signe de sa cadette. Mais où était-elle? Idris était une fille brillante et pleine de ressources, alors il était peu probable qu’elle se soit fait prendre. Non pas qu’il écartait totalement cette possibilité (instinct de frère aîné oblige), mais il aurait été surpris de cette tournure de situation. Des brigands passèrent près de lui et le chef des norrois eut pour réflexe de s’accroupir derrière des barils remplis de légumes racines. Les ennemis passèrent donc près de lui sans même le remarquer. Ils n’avaient pas commencé à faire le tour des maisons, étant trop occupés à se débarrasser des villageois récalcitrants. C’était une chance, tout de même.

C’est alors que la voix de sa petite sœur résonna dans son esprit. Ah! Il était temps! Et la nouvelle qu’elle lui annonça lui plut énormément. Mais un problème subsistait : son sac était presque plein, également. Et si le butin était aussi gros qu’elle le prétendait, ils seraient trop chargés pour pouvoir ramener le tout au campement par eux-mêmes. L’idée de faire appel à ses compagnons lui traversa l’esprit, mais il ne désirait pas attirer l’attention des brigands. Et puis, le temps qu’ils arrivent, il ne resterait plus rien. Les flammes étaient voraces et le vent n’aidait en rien. S’étirant le cou, le guerrier nota enfin la silhouette de sa sœur et esquissa un sourire. Sans plus tarder, il se remit sur pieds, puis s’élança en sa direction, son précieux fardeau reposant sur ses épaules solides.

Une fois à la hauteur de sa cadette, Ansgar fut surpris de sentir Idris l’attraper par le collet le tirer à sa suite derrière une maisonnette. Et voilà qu’elle lui faisait déjà des remontrances et le regard qu’il lui jeta était des plus éloquents : il lui intimait le silence. Sans plus relever, l’adolescente lui demanda de le suivre et en profita pour lui montrer le rubis qu’elle avait trouvé, gros comme le creux de sa main. À la vue presque émouvante de ce sublime joyau, Ans ne put s’empêcher de sourire. Idris lui répondit de la même façon avant d’ajouter qu’ils devaient se dépêcher à récupérer le reste. Un coffre plein? Mais ils ne pourraient jamais emmener tout ça… Ça les ralentirait trop. En même temps, il était hors de question qu’il laisse ça derrière, parole de norrois! Et il y avait tant de maisons à fouiller encore… Le chef des Guerriers du Kodiak hocha finalement de la tête puis détalla à la suite de la rouquine. Son regard vif scrutait les environs à la recherche de quelconque ennemi. Il n’était pas question qu’ils se laissent surprendre par un connard de brigand!

Leur progression ne dura que quelques minutes et ils s’arrêtèrent un instant en vue de la maison « du bonheur assuré ». Le Grand Ours du Nord scruta l’établissement, d’un air incertain. L’endroit ne semblait pourtant pas si aisé. Évidemment, l’apprentie oracle profita du moment pour le piquer davantage dans son orgueil avant de finalement le traîner à sa suite. La fratrie entra dans la demeure par la porte de derrière et ils s’arrêtèrent près du coffre. Idris avait sous-estimé les dimensions de la chose. Les poings sur les hanches, elle le questionna quant à la façon dont il désirait procéder pour ramener le tout. Voilà qui était un problème.

- Non, n’appelle pas les autres, fit-il d’une voix basse pour éviter de se faire entendre par les brigands à l’extérieur. Comme tu le dis, ils n’auront pas le temps de nous rejoindre. Si ce n’est pas les brigands qui nous trouvent, ce seront les flammes.

Puis, Ansgar se pencha vers l’objet de leur convoitise. Poussant le loquet, il ouvrit le coffre et constata qu’il était encore presque plein. Il referma le couvercle de l’objet et agrippa les poignées pour finalement soulever le tout. Il pourrait le transporter, mais c’était plutôt lourd et son sac l’encombrait. Sans compter qu’il ne pourrait utiliser ses mains pour se défendre en cas de besoin. Il redéposa le trésor puis regarda sa sœur, l’air songeur. Juste au sud de la maison, il avait pu remarquer une ouverture dans la palissade de bois. Ce n’était pas loin, quelques mètres à peine. Ce passage avait visiblement été créé pour permettre aux villageois survivants de fuir. Et juste à l’extérieur du village se trouvait la forêt…

- D’accord, on va procéder de la façon suivante, fit-il, toujours accroupi au sol. Tu vas prendre nos sacs, passer par le passage dans la barrière du village – juste au sud de la maison - et aller les planquer dans la forêt. Une bonne cachette que seule toi connaîtras. Ne me regarde pas comme ça, c’est un ordre. Il se releva de toute sa hauteur et débarrassa son épaule de son énorme sac de toile remplit à craquer d’argenterie et de bijoux. Il tendit ce dernier à sa cadette. Certes, pour une norroise, elle était frêle, mais Ansgar savait qu’elle était beaucoup plus solide qu’il n’y paraissait. Il la connaissait bien. Avant que tu ne me le reproches : non je n’essaie pas de t’écarter du village, Idris. Mais il faut se rendre à l’évidence : tu es plus rapide que moi. Une fois que tu auras planqué notre butin, reviens ici. Je transporterai le coffre, mais j’aurai besoin de toi pour couvrir mes arrières. Nous récupérerons nos sacs une fois que nous aurons terminé notre besogne. Allez, file!

Il regarda sa cadette se diriger – non sans ronchonner – vers la porte arrière, puis il la héla de nouveau.

- Idris! Si des brigands me trouvent avant ton retour, je m’arrangerai pour rester dans les parages pour te faciliter la tâche. Alors, ne me cherche pas trop loin de cette maison, d’accord?

Mieux valait lui donner un indicatif pour éviter qu’elle ne le cherche pour rien. Sa sœur quitta finalement les lieux et Ansgar scruta la maisonnette où il se trouvait. Comment des gens vivants si humblement pouvaient se permettre d’avoir autant de joyaux? Ça le dépassait complètement. Un héritage peut-être? Ou encore, ils étaient peut-être eux-mêmes des pillards… Pris dans ses réflexions l’espace de quelques instants, Ansgar fronça les sourcils alors que des éclats de voix se faisaient entendre en dehors du bâtiment. Les envahisseurs avaient visiblement terminé leur besogne et commençaient leur exploration. Il ne pouvait pas rester là! Sans plus attendre, le norrois se pencha, agrippa le coffre et banda ses muscles afin de pouvoir le soulever. Il s’élança vers la porte arrière et sortit au moment où la porte de devant éclatait en mille morceaux. Le dos appuyé contre le mur extérieur de la maison, il tendit l’oreille. Les hommes étaient nombreux. Il ne comprenait pas un traître mot de ce qu’ils disaient, mais il était plutôt sûr qu’ils se séparaient pour mieux chercher. Lentement, il contourna la maison dans l’espoir de pouvoir gagner la chaumière voisine. Ainsi, il trotta à découvert pendant quelques secondes et alla se planquer derrière le bâtiment tout près. Il ne devait pas trop s’éloigner, sinon Idris serait conduite en erreur et ne pourrait le rejoindre. Il contourna à nouveau la deuxième maison, puis se figea sur place alors que la pointe d’une lame lui piquait la gorge. Un homme aux oreilles pointues le regardait d’un air mauvais, notant du regard le coffre qu’Ansgar tenait dans ses mains. L’inconnu héla ses compagnons et lui fit signe de se mettre à découvert. Le Grand Ours Kodiak aurait pu le tuer immédiatement, mais les autres rappliqueraient rapidement. Or, une autre idée germa dans son esprit.

Ainsi, il s’exécuta sans piper mot. Maintenant à découvert entre les deux maisons, il vit les autres brigands se rassembler autour de lui. Il déposa lentement le coffre à ses pieds, puis roula ses épaules vers l’arrière, comme pour chasser une douleur qu’avait fait naître le poids surprenant de son butin. Les hommes parlaient entre eux et riaient. Ils se moquaient de sa gueule c’était plus qu’évident.


- Maintenant, sois gentil et donne-nous ce coffre. Si tu fais ça, nous te donnerons une mort rapide. Sinon… bah tu souffriras, crois-moi, gaillard!

Un air interrogateur au visage, Ansgar leur fit comprendre qu’il ne pigeait rien à leur charabia. Mais hey, ce petit jeu pouvait se jouer à deux, pas vrai?

- You know what? I don’t give a fuck about you, fit-il d’un air désinvolte. Let me go and then… MAYBE I’ll spare your miserable life. Oh wait… no, that’s not gonna happen. You’re gonna die no matter what. What a shame…

Un sourire narquois trônait sur ses lèvres alors qu’il crachait aux pieds du chef, en guise de révolte. Visiblement, son ennemi avait compris ce message. Sans plus attendre, Ansgar posa son pied sur le coffre, puis le renversa avec force. Les joyaux et pièces d’or s’éparpillèrent à ses pieds. Mais ce qui lui plut particulièrement fut ce petit miroir de poche serti de bijoux qui glissa entre les pieds des brigands pour arrêter sa course derrière eux. Ans connaissait les dons de sa sœur. Elle n’était pas une apprentie oracle pour rien. Ainsi, elle tirerait aisément parti de toutes ses surfaces réfléchissantes qui ornaient le sol. Maintenant, il devait simplement garder l’attention sur lui.

- Come and get me, if you dare!

Son sourire carnassier se mua en une gueule puissante surmontée de crocs. Ses muscles devinrent saillants et son épaisse fourrure brune recouvrit chaque parcelle de son corps. L’immense ours se releva sur ses pattes arrières sous les yeux ébahis des brigands. Il poussa un mugissement monstre, exhibant ainsi ses crocs acérés. Le premier homme qui chargea vers lui se coltina un coup de patte puissant, puis virevolta pour finalement se fracasser contre l’une des maisons. Les griffes de l’ursidé déchireraient tout ce qui oserait se dresser sur son passage…
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Idris
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MessageSujet: Re: (Terminé) La chance ne donne pas, elle ne fait que prêter [PV Ansgar]   Dim 5 Juin - 14:40

La Norroise tapait du pied, les mains sur les hanches, la tête penchée sur le côté et se mordant la lèvre inférieure. Cet énorme coffre plein de pierre précieuses avait paru être la chose la plus merveilleuse que les Grands Esprits auraient pu mettre sur son chemin… mais maintenant qu’Idris avait ramené son frère avec elle et qu’ils se penchaient sur la question du transport, son rêve sembla soudainement se transformer en cauchemar. Non seulement ce fichu coffre était-il massif, mais il devait peser une tonne avec tout ce qu’il contenait! Elle avait suggéré de contacter les autres au campement en sachant pertinemment que c’était inutile. Les brutes à l’extérieur ne tarderaient pas à trouver ce trésor massif.

Ce fut avec une grimace que la rouquine observait son chef soulever le coffre afin d’en évaluer le poids. Il était évident qu’elle n’avait pas la carrure pour le traîner, d’où le fait qu’elle soit retournée auprès d’Ansgar pour qu’il vienne la seconder… Ou, plutôt, qu’il vienne s’en charger pendant qu’elle le secondait. Pour une rare fois dans sa vie, le Renard ne pressait pas son frère à prendre une décision et elle ne lui balançait aucune connerie pour le piquer à vif. C’était le domaine d’expertise de son chef, non le sien. Et puis, elle était peut-être rebelle à ses heures, mais Idris n’était pas têtue au point de mettre leurs vies en péril pour le simple plaisir de voir son aîné jurer dans sa barbe. Bref, elle écouta attentivement le plan d’attaque pour sortir cette somptueuse monstruosité au-dehors de ce village perdu.

Ça commençait bien, d’où le hochement de tête approbatif de l’apprentie Oracle… D’accord, elle était capable de prendre les sacs et elle avait remarqué l’issue de secours. Tout allait à merveille jusque là… Du moins, jusqu’à ce l’adolescente comprenne que son frère n’avait aucune intention de la suivre et qu’elle ne servait qu’à aller cacher une partie du butin maigre en comparaison de ce qu’elle avait trouvé. Pensait-il vraiment se débarrasser d’elle aussi facilement? Eh, oh, elle savait se battre aussi bien que plusieurs de ses hommes! Elle était capable de surveiller ses arrières pendant qu’il traînait ce boulet de splendeurs. Non, mais elle était une fière combattante norroise, qui n’avait pas besoin d’être surprotégée comme un nouveau-né. C’était ça, la malédiction d’être la plus jeune de famille! On ne la prenait jamais au sérieux!

- Quoi!? commença-t-elle, mais elle se fit rapidement interrompre par Ansgar. Il n’entendait pas discuter ses ordres, pas maintenant. Cela n’empêcha pas sa cadette de le foudroyer du regard. Elle serrait la mâchoire, s’imaginant sous sa forme d’animal protecteur en train de déchiqueter son chouchou de frérot en fines lanières de viande dégoulinantes. Tu peux en être certain que je vais revenir ici, espèce de couillon!

D’un mouvement brusque, signe de son éternel tempérament bouillant, la jeune femme pris le sac de son frère en plus du sien et se faufila vers la sortie de la maison. Elle continuait de jurer entre ses dents, mécontente de ne pas pouvoir participer à l’entièreté de l’action. C’était injuste que son aîné et ses sbires se réservent toujours tout le plaisir. Combien de fois devait-elle leur répéter qu’elle n’était plus une enfant? Elle s’arrêta net devant la porte, inspirant bruyamment par le nez pour calmer sa colère contre Monsieur Je-décide-tout-et-ne-râle-pas-sale-morveuse, avant de se retourner avec un air meurtrier dans son regard turquoise. Elle se contenta de rouler les yeux même si, intérieurement, elle n’aimait pas l’idée qu’Ansgar puisse se faire prendre par un ennemi et doive se terrer dans un trou en attendant du renfort. Il n’y avait qu’elle qui pouvait se permettre de le malmener!

Aussi discrètement que possible, l’adolescente scruta les environs immédiats de la maison afin d’écarter toute possibilité de se faire remarquer par un des brigands. Elle avançait à pas feutrés sans trop se presser, car un mouvement trop soudain aurait tôt fait d’attirer l’attention sur elle. Elle se faufila ainsi de l’autre côté de la palissade, puis suivit initialement les traces de villageois qui s’étaient enfuis à la hâte. Toutefois, dès qu’elle vit une opportunité de piquer dans la forêt sans laisser d’empreintes trop évidentes, elle disparut entre les arbres. Idris veillait à marcher légèrement accroupie pour qu’on ne l’aperçoive pas trop facilement de l’orée de la forêt. Après tout, la dernière chose qu’elle voulait était qu’on vienne lui voler son butin qu’elle était chargée de cacher en lieu sûr! Elle continua prudemment son chemin de longues minutes, s’arrêtant ici et là pour guetter les sons qui se répercutaient entre les arbres. Il était plus ardu qu’elle le croyait de trouver une cachette satisfaisante.

« Ah, enfin!» pensa le renard lorsque ses yeux pâles se posèrent sur une tanière. Une inspection rapide lui appris que celle-ci était abandonnée. Voilà qui était parfait! Elle y enfouit donc les deux sacs qu’elle transportait, heureuse de se débarrasser de ce fardeau. Elle essuya la sueur de son front, prenant un instant pour noter visuellement ce qui se trouvait autour, bien qu’elle se servirait de son odorat de renard pour se retrouver en cas de doute. C’était plus pour donner des indications à son chef si leur chemin devait se séparer une fois de plus.

** Tiens bon, Ansgar, je serai bientôt de retour, mon frère!** lui envoya-t-elle pour qu’il s’attende de la voir arriver sous peu.

Pendant qu’elle rebroussait chemin, elle trouva dommage d’être l’une des seules personnes à pouvoir utiliser ce mode de communication pourtant si pratique! À son avis, tout le monde devrait être obligé d’apprendre à s’en servir… ou au moins essayer de le faire. C’était infiniment plus subtil que de crier des bêtises à tout et chacun en espérant avoir la moindre cohérence.

Malheureusement, une surprise attendait la rouquine quand elle revint enfin en vue du village en proie aux flammes. Il serait plus difficile d’y rentrer que ce ne le fut pour en sortir. Les malfaiteurs avaient commencé à se promener de chaumière en chaumière dans le but évident de ramasser tout bien ayant de la valeur leur tombant sous la main. Le trafic était donc plus dispersé qu’initialement. Idris maugréa intérieurement ces vermines d’entraver son chemin de la sorte. C’était humiliant de glisser entre les maisons comme une souris, même si personne ne la voyait faire. Puis, elle crut faire une crise cardiaque quand elle vit son frère en pleine transformation et toutes les pierres précieuses qu’ils devaient ramener au campement éparpillées sur le sol. « Mais quel idiot!!! Je vais le tuer de mes propres mains! » se plaignit-elle intérieurement.

Cette fois, elle allait s’en mêler, n’en déplaise à cet abruti qui lui servait de famille! Elle repéra un cadavre qui devait être une sentinelle du village, à voir l’arc qui traînait à proximité. Elle s’en empara, en plus du carquois et des quelques flèches que l’homme n’avait pas eu la chance d’utiliser avant sa mort. Après avoir remercié les Grands Esprits de lui avoir permis de mettre la main sur son arme de prédilection en si peu de temps, elle observa le champ de bataille plus attentivement. Elle constata qu’un miroir de poche avait arrêté sa course folle légèrement en retrait des malfaiteurs qui s’affrontaient. La rouquine en profita alors afin de lier la fenêtre de la maison plus près d’elle à ce miroir, lui permettant de se déplacer jusqu’à ce dernier. Elle put enfin se jeter dans la mêlée, comme un tireur fou. Elle abattit de nombreux hommes qui s’en prenaient à Ansgar, ce qui finit par semer la panique parmi les brigands qui ne l’avait pas vue venir… D’autant plus que leur plus grand homme n’était pas tout à fait aussi grand que cette étrange femme à la chevelure de feu. Malheureusement, la cadette des Drakkhen se vit forcée de battre en retraite quand elle vint à manquer de flèche.

Idris avait évidemment appris à se débrouiller avec des glaives et d’autres armes diverses, mais elle était loin d’égaler ses compatriotes norrois qui gagnaient leurs vies par le biais des arts de la guerre. Son instinct de préservation lui indiqua donc qu’il était préférable qu’elle laisse à son chef le soin d’achever la poignée d’hommes qui arrivaient encore à se tenir debout. Il n’y en avait que deux ou trois, tout au plus. L’adolescente utilisa alors un de ses pouvoirs jusqu’à ce qu’elle ne fasse pas plus qu’un centimètre de hauteur. Elle savait que cette métamorphose ferait perdre la concentration des adversaires à Ansgar pendant quelques secondes et que celui-ci ne se gênerait pas pour en profiter.

Elle dut cependant courir d’un côté et de l’autre car, en achevant ce carnage, son frère mettaient des grosses pattes un peu partout et sa soeurette adorée passa à un cheveu de se faire écraser par un froussard voulant prendre la suite. Elle sacrait comme une bûcheronne, sans se gêner le moindrement… or, avec tout ce vacarme et vu sa petite taille, personne n’entendait toute sa poésie verbale. Dès qu’elle en eut l’opportunité, elle utilisa un collier de perle pour transporter sa miniature personne dans une flaque d’eau plus loin, où elle put reprendre sa taille normale.

** Ans, je me suis réfugiée derrière la chaumière près de la palissade. Il faudrait faire vite, la plupart des pillards semblent être plus loin dans le village. Ce serait le moment parfait pour déguerpir.**

Elle prit sur elle-même de ne pas invectiver son frère, car sa concentration était cruciale pendant un combat… La moindre petite erreur pouvait faire la différence entre la vie et la mort. Baissant les yeux, l’adolescente sentit un large sourire sadique apparaître sur ses lèvres : quelqu’un avait abandonné sa dague ici-même. Elle la prit dans ses mains et revint juste à temps pour sauver son aîné d’un imbécile qui voulait lui sauter dans le dos en lui plantant une épée entre les omoplates. Pas question qu’on achève son frère sans qu’elle n’ait son mot à dire! Ce fut plutôt le combattant mesquin qui se fit surprendre, une dague lui fendant le crâne. Ainsi s’achevait la confrontation pour le croffre remplit de merveilles.

- Bordel… Tu as le don de compliquer les choses! Remue tes grosses fesses de balèze et aide-moi à remettre ça dans le coffre, qu’on foute le camp d’ici!

Le Renard aurait bien aimé posséder le pouvoir de faire voler tous ces bijoux et ces pierres précieuses dans le coffre pour leur sauver du temps. D’un autre côté, si Ansgar n’avait pas renversé le tout, ils n’auraient pas eu à ramasser ce gâchis pour commencer… d’autant plus qu’il fallait parfois retourner des cadavres pour s’assurer qu’il n’y avais pas un diamant ou un émeraude de caché en-dessous. Néanmoins, les Drakkhen parvinrent à rassembler la plus grande partie de leur trésor avant que des voix ne se mettent à retentir tout près. Ils devaient déguerpir… et maintenant!

- Je dis qu’on ramène ce coffre à nos frères pour qu’ils nous aident ensuite à récupérer les sacs! … Je ne crois pas que ce coffre va entrer dans ma cachette.
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Ansgar
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MessageSujet: Re: (Terminé) La chance ne donne pas, elle ne fait que prêter [PV Ansgar]   Mer 8 Juin - 9:44

Levant son énorme museau en l’air, Ansgar rugit à nouveau pour démontrer son impressionnante dentition. Il ramena ensuite ses pattes au sol et chargea l’un des guerriers qui le menaçait d’une torche. Un puissant coup de patte l’envoya valser plus loin et l’ursidé bondit à nouveau pour lui tomber dessus. Vif comme l’éclair, il referma sa gueule dégoulinante de bave sur la jambe de son adversaire et le secoua dans tous les sens. Le brigand hurlait de terreur de douleur devant cet ours monstrueux qui voulait visiblement sa mort. Deux autres guerriers avancèrent vers la bête, mais Ans les vit approcher du coin de l’œil. Il tourna son immense tête vers eux et rugit de nouveau. Il leva à nouveau une immense patte griffue, quand une tornade rousse envahit les lieux.

* Ah enfin! Elle en a mis du temps! Songea-t-il en posant son regard acier sur elle. *

La cadette courait partout, glissant, puis roulant sur elle-même pour ensuite décocher furieusement ses projectiles. Elle faisait mouche à chaque fois, démontrant bien la force de l’entraînement qu’elle avait subi durant toute sa jeunesse. Idris était la meilleure archère de son groupe et il était fier de le dire. Son manège de souplesse et d’agilité dura de longues minutes, jusqu’à ce qu’elle se retrouve à court de flèches. Il ne restait maintenant que quelques brigands et l’aîné prit sur lui de terminer le travail, sachant que sa sœur était moins à l’aise au glaive qu’à l’arc. Cette dernière usa de l’un de ses dons pour devenir minuscule, ce qui causa la confusion au sein de leurs ennemis. Profitant de cette distraction, le Grand Ours Kodiak chargea de nouveau et reversa deux hommes de par sa simple masse. Il brisa le cou du premier d’un coup de patte, puis mordit sauvagement le deuxième, laissant une plaie béante et sanguinolente au niveau de sa gorge. Le bougre émit des gargouillis, laissant comprendre au norrois qu’il avait sectionné l’une de ses artères principales.

Un message télépathique de sa sœur résonna dans sa tête, ce qui l’incita à vouloir terminer rapidement le travail. Ainsi, dans cette même furie bestiale qui l’animait, il acheva prestement les autres bougres, puis revint vers sa cadette de son pas lourd et pataud. Toutefois, puisque la vision de l’animal n’était pas des meilleures, il ne fut pas alerté par l’un des survivants qui bondissait dans son dos, arme à la main. Il se retourna au dernier moment pour voir sa sœur enfoncer une lame entre les omoplates du malheureux, lui sauvant ainsi la mise. Certes, Idris était chiante à ses heures, mais il pouvait toujours compter sur elle, et ça en était encore la preuve. Elle acheva le brigand d’un coup de dague dans le crâne, puis poussa le cadavre un peu plus loin. Évidemment, les remontrances vinrent à la vitesse de la lumière, incitant l’ours à rouler ses yeux vers le ciel.

Ansgar reprit rapidement forme humaine, puis aida la Renarde à ramasser les bijoux. S’il avait agi de la sorte, c’était pour faire diversion et lui permettre d’intervenir plus rapidement. Mais, évidemment, Idris était une tête de mule et ne voyait que sa propre version des choses sans jamais comparer avec celle d’autrui. Voilà ce qui faisait d’elle une piètre leader, malheureusement. D’un coup de pied, l’Ours retourna les corps qu’il voyait, récupérant un rubis par-ci, puis une poignée de pièces d’or par-là. Une fois que la majorité du trésor fut réuni, Idris suggéra de rentrer directement au campement pour récupérer plus tard les sacs qu’elle avait planqués. C’était de loin la meilleure idée qu’elle avait eu de toute la soirée! Des voix montèrent à leurs oreilles, signe que d’autres brigands approchaient. D’un coup de pied, le norrois ferma le coffre, puis l’empoigna pour le soulever du sol. Même allégé de quelques pièces, il n’en restait pas moins très lourd!

- Passe devant, je te suis, fit-il tout bas. Je compte sur toi pour avoir des yeux tout le tour de la tête, puisque je ne serai pas en mesure de pouvoir me défendre tout en transportant cette chose!

L’aîné fit donc une confiance aveugle à la rouquine, courant à sa suite en direction de la sortie. Furtivement, ils se glissèrent à travers le passage menant vers la forêt, puis ne purent s’empêcher de sourire alors que des cris d’alerte résonnaient depuis le village en flamme. Les inconnus venaient de réaliser qu’ils avaient été dupés et que leurs frères d’armes en avaient subi les conséquences. Bien que la scène avait un petit côté hilarant, la fratrie devait accélérer le pas, car à la vitesse où ils progressaient, ils se feraient rapidement rattraper! Ansgar faisait de son mieux, mais le trésor était réellement lourd, même pour un grand gaillard comme lui. Ses mains étaient endolories et ses bras tremblaient sous l’effort. Des gouttes de sueur perlaient sur son front alors qu’il grimpait tant bien que mal la colline qui menait à la forêt. Si seulement il possédait la force physique de l’Ours même sous forme humanoïde…

Des éclats de voix derrière eux leur firent comprendre qu’ils avaient été repérés alors qu’ils pénétraient dans les sous-bois. Les brigands partiraient à leur recherche et ce n’était qu’une question de temps avant qu’ils ne se fassent rattraper. Ils devaient les ralentir, coûte que coûte. Tournant de nouveau son regard vers sa cadette, il réfléchissait visiblement à la situation.

- Tu crois pouvoir les ralentir ou faire diversion? Demanda-t-il, le souffle court. Je connais le chemin jusqu’au campement, ce n’est qu’une question de temps avant que je ne l’atteigne. En fait… appelle nos guerriers. Ils n’ont pas besoin d’être nombreux, mais des renforts seront utiles.

Voyant le sourire ravi de l’adolescente face au fait qu’il lui confiait une mission aussi périlleuse que de créer diversion, Ansgar se maudit mentalement. Il la mettait dans un danger considérable… mais Idris ne pourrait ramener le coffre; entre eux deux, seul lui en était capable. Il détestait devoir l’exposer de la sorte, mais il n’avait pas le choix. Puis, une autre idée lui vint en tête. Ouvrant de nouveau le trésor, il ressortit le petit miroir de poche ainsi qu’un rubis brillant de mille feux. Il tendit le premier objet à sa cadette, puis lui montra le deuxième.

- En cas de danger, tu pourrais revenir en utilisant le miroir et cette gemme? Je la garderai sur moi, ce qui t’assureras un passage direct pour venir me rejoindre. Utilise la bénédiction de l’Esprit Renard pour t’approcher de l’ennemi, ils n’auront aucune idée que c’est toi. Oh et, ne prends AUCUN risque inutile, compris Idris? Je suis sérieux, je veux que tu reviennes en un seul morceau, sinon je t’achèverai moi-même.

C’était sa façon de lui faire comprendre qu’il s’inquiétait pour elle. Sans plus de cérémonie, il agrippa le bras de l’adolescente, l’approcha de lui et colla son front contre le sien avant de la laisser partir. Le chef de la bande coinça le rubis à sa ceinture, puis poussa un soupir en regardant le coffre. Il avait plus que hâte de se débarrasser de ce fardeau! Sa progression était lente, mais régulière. Heureusement pour lui, aucune embûche ne s’était encore présentée sur son chemin et il priait intérieurement l’Esprit Ours pour que ça reste comme ça. Le décor défila tranquillement et Ansgar n’en pouvait plus. Cela faisait combien de temps qu’ils s’étaient séparés, lui et Idris? Il ne pourrait le dire. Il espérait honnêtement que tout se passait bien… L’inquiétude commençait à le ronger. Pourquoi ne pouvait-il pas lui répondre par la pensée, lui aussi?! Ça lui aurait permis au moins de s’enquérir sur son état!

Un cri strident le fit soudainement sursauter, mais il reconnut rapidement ce son. Une buse! Le norrois déposa son coffre puis leva la tête pour voir le rapace couleur terre se poser devant lui et prendre la forme de Bhali, l’un de ses hommes. Ce dernier vint rapidement à sa rencontre et les deux hommes se serrèrent les avant-bras en guise de salutation. Puis, des silhouettes se dessinèrent à travers la noirceur des arbres. Au moins dix de ses hommes étaient présents, ce qui le soulagea.

- Je suis content de vous voir, fit Ansgar. Idris est restée derrière et fait diversion. Nous sommes poursuivis par des brigands. Nous avons pu récolter une petite fortune! Pour ponctuer ses propos, le chef ouvrit le coffre sous les yeux émerveillés des membres de sa garnison. Nous avons deux autres sacs remplis de trucs du genre. Idris les a planqués quelque part. D’ailleurs, des nouvelles d’elle?

- Pas depuis qu’elle nous a alerté, répondit Elin, un poing sur une hanche. On croyait qu’elle serait avec toi, depuis le temps. Mais pourquoi avez-vous décidé d’envahir un village sans nous?!

La peur enserra les tripes de Drakkhen et il évita de répondre à la question de son amie d’enfance. Personne ici n’était en mesure d’entrer en contact avec sa soeur. Ansgar jura entre ses dents serrées, puis regarda chacun de ses guerriers.

- D’accord. Gavin, Datram, prenez ce coffre et ramenez le au campement. Bhali, fais à nouveau appel à l’Esprit de la Buse et part devant. Essaie de repérer Idris, qu’elle soit elle-même ou sous forme renarde. Dès que ses paroles furent prononcées, Bhali devint une buse et s’envola. Ans prit le rubis se trouvant toujours à sa taille et le donna à Elin afin qu’elle le garde avec elle. Les autres, suivez-moi. Nous la retrouverons ce soir, sinon personne ne connaîtra de répit, croyez-moi!

Les mains du grand norrois devinrent des pattes et un énorme ours détala à travers les arbres. Il était plus rapide sous cette forme et son odorat était tellement plus développé! Il allait la retrouver! Il en faisait le serment!!
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Idris
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MessageSujet: Re: (Terminé) La chance ne donne pas, elle ne fait que prêter [PV Ansgar]   Dim 19 Juin - 19:23

La Norroise n’hésita pas à devancer son aîné lorsque celui-ci lui en fit la demande. Il était plus que temps de quitter ce fichu village, d’autant plus qu’elle désirait éviter un autre combat comme celui qu’ils venaient de terminer. Ce serait une bien mauvaise idée de se risquer à poireauter plus longtemps puisqu’ils venaient de se fatiguer contre un premier groupe d’ennemis. « Tu n’as pas à me le dire deux fois! » lança-t-elle par-dessus son épaule, en réponse à Ansgar. C’est pourquoi elle ne s’était pas fait prier pour prendre les devants. D’ailleurs, tel que demandé, elle jetait fréquemment des regards autour d’eux pour s’assurer que le chemin était libre. Elle maudirait son empoté de frère s’ils devaient se retrouver au milieu d’une autre scène de : « Je balance tout le contenu du coffre par terre pour essayer de me rendre utile et, au final, on repart avec moins de butin, mais qui compte de toute façon? »

Un sourire amusé ne manqua pas de se dessiner sur les fines lèvres d’Idris à entendre les idiots qui venaient de découvrir leurs copains mutilés. Que c’était triste, ils étaient arrivés trop tard! Oups. Meilleure chance la prochaine fois? En fait, non, ces nabots n’auraient pas de meilleurs résultats s’ils devaient se frotter au peuple du Nord à nouveau. Ils ne faisaient simplement pas le poids. Ceci étant dit, la preuve de leur rage rajoutait à l’urgence de la situation puisqu’ils allaient immanquablement chercher à identifier les responsables du massacre de leurs semblables. Ainsi, le Renard accéléra, tout en vérifiant que son frère la suivait toujours. Il n’était pas question de le perdre de vue! C’était, après tout, lui qui traînait le coffre – presque – plein de trésor. Malheureusement, la décision de prendre de la vitesse vint un peu trop tard car, en peu de temps, les voleurs les avaient découverts au loin.

En vrai chef, Ansgar demanda à sa cadette de faire diversion, en plus de sommer à leurs frères d’amener leurs derrières ici au plus sacrant. Il était temps! La rouquine hochait vivement de la tête à toutes les précautions que lui énuméraient son frangin, comme si elle était une fillette à qui on voulait donner des consignes claires et s’assurer qu’elle les retiendrait. Elle savait néanmoins que cette décision rongeait son frère de l’intérieur, car il n’avait jamais été enclin à la pousser vers le danger. Étant la plus jeune des Drakkhen, on avait tendance à la couver de la même façon qu’on essayait d’éloigner Bryaan de tout malheur. Cependant, elle se garda bien de laisser paraître sa compassion, hein!

- Pour qui tu me prends, le grand? Bien sûr que je suis capable de revenir à toi via ce rubis! Arrête de te faire de la bile, tu vas finir par avoir des cheveux blancs!

Ce après quoi elle haussa les épaules et envoya la main à son frérot comme pour lui dire : « Voyons, comme si moi, je prendrais des risques inutiles. » Elle lui confirma qu’elle en mettrait plein la vue à ces humains, en plus d’appeler du renfort. Il va sans dire qu’elle était ravie que le Grand Ours la prenne enfin au sérieux. Elle accepta avec plaisir leur accolade typique des Drakkhen, puis elle détala dans la direction opposée.

**[Norrois au campement] Allez, hop, Latham, on a besoin de vous ici! Réveille les hommes et dirigez-vous vers l’Ouest, ordre d’Ansgar lui-même! Vous le rejoindrez. Il vous rapporte une jolie surprise, mais on a des visiteurs armés persistants… alors, ne perdez pas trop de temps!**

Ensuite, sans perdre un instant de plus, elle se métamorphosa en renard. C’était autant pour aller plus vite que pour la subtilité de la chose. Sa forme de canidé lui permettait de se déplacer de façon quasi silencieuse, ce que la situation exigeait présentement. Idris avançait le ventre à terre et les oreilles basses. Son odorat plus développé lui permit de retrouver assez facilement ses poursuivants. Ils avaient avancé de bon train; or, ils se dirigeaient davantage vers sa cachette temporaire que la fratrie qu’ils pourchassaient pourtant, car ils étaient trop incompétents pour correctement suivre la trace des Norrois. C’était pitoyable de les regarder aller… d’autant plus que les Drakkhen n’avaient pas particulièrement essayé de ne pas casser de branches ou de ne pas laisser d’empreintes dans la terre.

Enfin, elle reprit momentanément sa forme humaine pour déposer le rubis qu’elle avait caché dans sa poche avant de le montrer à son aîné, preuve du trésor qui les attendait dans la chaumière isolée près de la palissade. De retour sous la forme de son animal totem, l’apprentie Oracle prit la pierre précieuse dans sa bouche. Puis, après une grande inspiration, elle bondit droit devant les brigands. Quelques hommes sursautèrent, mais furent rapidement rappelés à l’ordre par celui qui semblait mener le troupeau. Le groupe ne manqua pas de remarquer le rubis qui trônait dans la gueule de l’animal devant eux.
« Allez, suivez-le! » cria l’un d’eux, un laidron aux cheveux blonds plus gras que le beurre et plus crasse que du fumier, en plus de lui manquer plusieurs dents. La vue suffit presque à faire oublier au Renard qu’on l’avait désignée au sexe masculin plutôt que féminin. Bande d’ignorants!

L’adolescente se sauva dès qu’ils tombèrent dans le piège qu’elle leur avait tendu et ils ne manquèrent pas de la suivre, croyant qu’elle était associée au duo qu’ils avaient vu au travers de la forêt un peu plus tôt. Ah, sur ce point, ils n’avaient pas tord! Ils ne se trompaient que sur un ou deux petits détails, quoi! La bête rousse zigzagua au travers des arbres et tout allait bien… jusqu’à ce qu’on commence à lui lancer des flèches. Non, mais oh, qu’on se calme! Ce n’était pas une partie de chasse! Sans parler du fait que s’ils abattaient la créature qu’ils pensaient les guider jusqu’aux fuyards, ils ne les retrouveraient simplement pas. Ces hommes devaient être nés dénués de cervelles! La Norroise redoubla donc d’ardeur, ne désirant pas se faire atteindre par un des projectiles. Elle avait le feu au derrière et était bien partie pour les semer… quand une patte dérapa. Elle lâcha un couinement à la fois plaintif et surpris, s’étant foulé la patte droite avant. Quand elle pencha les yeux, elle vit une pelure de fruit jaune légèrement incurvé, mais avec des tâches noires. « What the actual f*uck… » se demanda-t-elle mentalement, ne reconnaissant pas l’odeur étrange de cette chose. Il faut dire que les bananes ne poussent pas dans les Terres gelées. Ce fruit n’était pas tant sucré, mais ce n’était définitivement pas salé. Elle enfouit son nez à l’intérieur pour mieux le sentir, la curiosité prenant temporairement le dessus. Elle était à se dire que cette pelure n’était pas vraiment alléchante quand un cri retentit tout près.


- Le v’la!

Idris leva le museau, la pelure de banane restant collée à son nez. Elle reconnaissait la voix. Un rapide coup d’œil autour lui permit de constater qu’elle devait avoir fait son chemin au campement des brigands, car il y avait beaucoup de restants de nourriture qui trainaient un peu partout… Mais quels porcs! D’un autre côté, elle ferait mieux de décamper et que ça saute! Elle fuyait à nouveau, la peau de machin jaune dans la face, faisant fi de la douleur grâce à l’adrénaline qui circulait dans ses veines. La chance reprenait ce qu’elle lui avait accordé plus tôt, car elle sentit une flèche lui frôler le dos. Après tout, la chance ne donne pas, elle ne fait que prêter.

Heureusement, ce n’était qu’une blessure en surface… Quoique ce n’était quand même rien de positif. Le terrain se mit à changer graduellement et devint plus difficile à pratiquer… Surtout qu’elle n’y voyait qu’à moitié avec ce truc aux tentacules masquant une partie de sa vision! Elle savait pourtant que l’ennemi n’était plus très loin, car ils lui balançaient même des roches. Ce n’était pas vraiment sympathique comme promenade nocturne dans la forêt. La jeune Norroise courrait donc à en perdre haleine, craignant de plus en plus pour sa vie, et parvint à semer les hommes une fois de plus. Elle était soulagée d’au moins pouvoir les éloigner autant de ses compatriotes, car elle ne quitterait pas ce monde dans la honte si les choses devaient mal tourner. Mais tout allait pour le mieux, elle filait à vive allure, évitant un rocher de justesse et… elle se retrouva à déraper dans le vide. Elle glissa à une vitesse fulgurante, mais parvint à s’agripper au dernier moment au bord de la pente à pic. Elle pouvait discerner le bruit d’un cours d’eau plus bas, sans doute une rivière. Elle songea un instant à reprendre sa forme humaine pour s’aider… mais se souvint qu’Ansgar ne voulait pas qu’on la reconnaisse… Elle ne pouvait pas prendre ce risque.

Mais merde, elle ne savait pas combien de temps elle pourrait tenir! Elle entendait les bruits de pas des brigands se rapprocher dangereusement. Elle pria les Grands Esprits pour que ces canailles passent tout droit et ne remarque pas ses pattes s’accrochant désespérément dans l’herbe. Elle jugea qu’elle avait pris une sage décision de ne pas retrouver son corps de Norroise, car des mains beiges auraient été plus facile à repérer de loin, dû au contraste avec le sol.

Et putain qu’elle avait mal dans sa patte droite! Puis, c’était quoi ce machin jaune bidon!? Elle en avait plus que marre de l’avoir après le museau. Sérieusement, ça n’avait l’air de rien, mais ça faisait des ravages, ce truc! Elle secoua la tête comme un diable enragé pour essayer de s’en débarrasser puisque ce n’était clairement plus le temps de s’amuser avec cette cochonnerie!

Soudain, la sortant de ses pensées ravageuses à propos de cette pelure maléfique, elle aperçut une buse que trop familière voler au-dessus d’elle. Elle remercia intérieurement les Grands Esprits d’avoir envoyé un de ses camarades à sa rescousse!

**[Bhali] Bhali! Ici! Vers ta gaAUuCHE!**

L’apprentie Oracle venait de lâcher prise, la douleur ayant enfin eu raison d’elle. Elle jura de façon plutôt colorée dans sa tête en sentant son frêle corps de canidé se heurter à de la terre et des pierres… mais ne put s’empêcher d’être affreusement soulagée quand elle se défit ENFIN de cette merde jaune tachetée sur son nez. Ce fut juste avant qu’elle ne tombe dans l’eau et ne se fasse amener par le courant. Elle se débattit de toutes ses forces, dans l’espoir de parvenir à se mettre à nager pour ensuite gagner le rivage, mais elle était en trop mauvais état pour y parvenir. Le courant était bien plus fort qu’elle. De plus, elle était épuisée. Elle savait néanmoins qu’elle ne devait pas céder à la panique et abandonner sa forme animale. Cette fois, ce n’était pas à cause des paroles d’Ansgar, mais parce qu’elle était consciente qu’elle offrirait une plus grande surface à laquelle la rivière pourrait administrer de sérieuses blessures sinon. La pauvre peinait à garder sa tête hors de l’eau et manquait un peu d’air. Ce n’était pas facile, non plus, de n’avoir aucune idée de ce qui l’entourait. Ce qu’elle vit parvint toutefois à arrêter le sang dans ses veines.

**[Tous les Norrois] AAAaaaAAAaaHHhHH, merde, CHUUUUUUUUTE!** cria-t-elle dans toute sa panique.

Elle heurta une nouvelle roche – à en croire qu’elles voulaient toutes avoir sa tête ce soir –, ce qui ne manqua pas de l’assommer assez sérieusement… Pas tout à fait assez pour qu’elle perde connaissance, mais suffisamment pour qu’elle devienne trop étourdie pour réagir. Elle n’eut même pas la présence d’esprit d’invoquer tous ses sacres préférés afin de commémorer comme il se devait le moment où elle dévala la chute. Elle ne fut consciente que de différentes teintes de bleu, soit pour la couleur de l’eau de la rivière et du ciel sombre, le tout parsemé de quelques taches brunes et vertes pour la forêt et des points gris ici et là, pour la pierre. Par après, elle fut submergée l’espace de quelques secondes. Quand elle remonta enfin à la surface, elle se laissa flotter. « Je vais être malade… » pensa-t-elle, maintenant qu’elle se laissait aller dans une partie où le courant était moins fort. Une chose était certaine, par contre : il n’y avait pas un abruti qui allait poursuivre un renard jusqu’ici… d’autant plus que le rubis avait disp… oh, tiens donc, il flottait juste là…
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Ansgar
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MessageSujet: Re: (Terminé) La chance ne donne pas, elle ne fait que prêter [PV Ansgar]   Mer 29 Juin - 15:09

Ses énormes pattes griffues foulaient la terre alors qu’il se faufilait avec une agilité surprenante (du moins, vu sa taille) entre les arbres. Son souffle était rauque, mais il refusait de ralentir la cadence. Si Idris était en danger, c’était son devoir en tant que chef – mais surtout en tant que grand frère – de la protéger. Il n’aurait jamais dû lui confier une tâche aussi dangereuse… tous les trésors du monde ne valaient pas la vie de sa cadette! Ils auraient dû laisser ce putain de butin derrière et revenir ensemble au campement. En ce moment même, il culpabilisait face à l’éventualité que sa petite sœur puisse être aux mains de ces brigands ou encore pire, qu’elle soit blessée ou à l’article de la mort quelque part dans cette forêt. Il se traitait mentalement de tous les noms alors qu’il dévalait une colline à la course, sautant par-dessus un tronc renversé par le fait même.

Il ne percevait aucune odeur, signe qu’Idris n’était pas passé par ici. Levant la tête, il remarqua entre les feuillages des arbres que Bhali volait bien haut dans la même direction. Il cherchait visiblement la trace de la cadette Drakkhen. Leurs recherches durèrent de longues minutes qui eurent des airs d’éternité. Finalement, Ansgar vit Bhali descendre en piqué vers le sol et il comprit à ce moment qu’ils l’avaient enfin trouvé. Il bifurqua vers la gauche en suivant la buse quand il reçut un message télépathique, comme chacun de ses guerriers visiblement. Une chute?! Voyant enfin la rivière devant lui, l’ours remarqua à quel point le courant était fort. Au loin, il vit une silhouette rousse se débattre dans le courant juste avant de se fracasser contre un rocher et de tomber dans la fameuse chute plus tôt mentionnée. Sous la surprise et l’horreur (pour sa cadette), Ansgar poussa un rugissement d’ursidé avant de s’élancer sur les berges. Bhali longea la rivière et descendit à nouveau, longeant l’écoulement de l’eau. Non non non non non non!! Elle risquait de se rompre tous les os dans sa chute!! Ses pattes glissaient sur les pierres humides, mais il n’en avait cure. Rien ne pourrait l’empêcher de rejoindre sa cadette, dut-il se casser une patte au passage. Une fois sur le rebord de la cascade vertigineuse, il vit le corps inerte du petit renard flotter dans le bassin d’eau plus bas. Son cœur se serra comme jamais. Était-elle encore consciente? Il baissant son regard devant le terrain escarpé devant lui et remarqua que la pente était trop abrupte pour qu’il puisse descendre sous cette forme sans risquer de tomber. Il reprit donc sa forme norroise et entreprit rapidement sa descente, s’accrochant aux arbres et aux rochers pour se retenir.

- IDRIIIIS! Cria-t-il à pleins poumons.

Il allait si vite dans sa descente qu’il faillit perdre pied. Ce n’était définitivement pas le moment de se casser le cou! Une fois rendu sur le rivage de la rivière, il fit signe à Bhali (qui venait de reprendre forme humaine) de guider les autres jusqu’à lui, puis il plongea dans le cours d’eau sans la moindre hésitation. À l’instar de son totem, Ansgar était un excellent nageur et comme le courant était très faible, il atteignit rapidement le petit canidé qui flottait sans bouger le moindre muscle. Il passa son bras autour de la renarde puis agrippa le rubis au passage.

- Idris, tiens bon! Fit-il en nageant vers la berge. Je t’en prie!

Il ne lui fallut que quelques instants pour retrouver pied et il souleva l’animal dans ses bras pour remarquer avec satisfaction qu’il respirait encore. Évidemment, il nota la cicatrice que sa sœur arborait au dos et à voir sa patte avant enflée, il comprit qu’elle se l’était probablement tordue. Il déposa la petite bête au sol et cette dernière reprit forme norroise. L’aîné de la fratrie était en position accroupie au sol et tenait la tête de sa cadette entre ses mains. Elle arborait plusieurs ecchymoses, dont une importante au crâne.

- Tu as fait une sacrée chute… fit-il tout bas d’un air soulagé. Tu n’as rien de cassé? Merde, je n’aurais jamais dû t’envoyer seule. C’était beaucoup trop dangereux. Tu aurais pu y rester! Pourquoi ne t’es-tu pas téléporté jusqu’à moi? Au final, je n’en ai rien à foutre des trésors si c’est pour te perdre au passage.

Les adolescentes étant ce qu’elles sont (donc imprévisibles et sautant rapidement aux conclusions), Ansgar ne comprit pas immédiatement pourquoi elle avait les sourcils froncés en une expression de désapprobation de la sorte. Elle se redressa en position assise puis lui balança un poing fulgurant directement sur la gueule. Puisque le sol était trempé, et donc très glissant, le chef perdit pied et s’affala de tout son long. Les autres guerriers qui s’approchaient virent la scène et éclatèrent de rire.


- Je crois qu’elle va bien, chef, fit Latham en ricanant.

Pour sa part, Ans se retourna pour être face au sol. Il venait de comprendre : cette idiote croyait qu’il ne lui faisait pas confiance et qu’elle était incapable d’accomplir ce genre de mission. Ce n’était foutrement pas le cas! Il avait simplement eu peur pour elle! Ils étaient de la même famille et prendre soin de ses cadets était son travail. Couché à plat ventre, il porta une main à sa mâchoire et la fit bouger tranquillement, notant mentalement la douleur qui y irradiait. C’est alors qu’il vit un simple ver de terre ramper à quelques centimètres de son visage. Il prit la bestiole dans sa main et la regarda un instant.

- Tu sais que tu as de la chance toi? Fit-il à l’insecte larvaire. Tu n’as surement pas de petite peste de sœur au caractère de merde. Tu sais, les adolescentes sont une véritable plaie. Alors, vis ta vie et arrange-toi pour ne pas en avoir dans les pattes… enfin… façon de parler…

Puis, il tourna son regard mauvais vers sa sœurette et lui lança l’insecte directement dessus.

- Non, mais tu es complètement folle ou quoi?! Cria-t-il à nouveau à l’intention de cette dernière. Je me faisais du souci pour toi! Je croyais que tu étais morte! Et puis, ce n’est pas MON problème si tu n’as pas respecté mes consignes! PAS DE RISQUES INUTILES! Et en cas de problème, tu reviens vers moi grâce à ton rubis! Tonna-t-il en déposant brusquement le bijou dans les mains de sa cadette. Mais non! Tu as fait à ta tête! Résultat, tu as failli y laisser ta peau! Je sais que tu es douée et que tu es capable de faire des missions sans l’aide de personne. J’ai des yeux pour voir, Idris. Mais n’importe qui peut se trouver en mauvaise position! Et puis, dis-moi à quoi ça me servirait d’avoir la meilleure archère de la garnison à mes côtés si elle se faisait bêtement tuer dans une mission trop périlleuse?! Bordel de merde!

Il se releva et serra les poings, furieux. Les autres norrois affichaient un sourire amusé, étant visiblement habitués aux éclats de colère et aux prises de bec des deux Drakkhen. Dos à sa cadette, Ansgar regarda la rivière et tenta de retrouver son calme. Il prit de grandes inspirations quand il sentit cette dernière approcher de lui, pour finalement se retrouver à ses côtés. Il lui jeta un regard en coin, la jaugeant un instant, puis finit par passer son bras autour d’elle pour lui faire une accolade.

- Néanmoins, bien joué, crétine, fit-il finalement non sans un grognement., Mais ne me refait plus ça. Puis, il leva les yeux vers les autres et haussa un sourcil. Qu’est-ce que vous regardez comme ça, bande de guignols? Vous voulez notre portrait peut-être?! Allez, on fout le camp. Mais pas avant d’avoir ramassé nos sacs qu’Idris a cachés. Alors, par où, gamine? Allez-vous autres! Bougez-vous avant que je vous botte le derrière!

Les autres guerriers éclatèrent de rire devant cette menace vide et se mirent en marche, visiblement tous rassurés d’avoir pu retrouver la rouquine en un seul morceau.


[Je suggère que nous closions ce rp ci avec ta réponse et que nous en partions un autre avec notre frérot! Wink ]
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Idris
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MessageSujet: Re: (Terminé) La chance ne donne pas, elle ne fait que prêter [PV Ansgar]   Lun 11 Juil - 15:50

Il va sans dire qu’Idris se tapait la nausée du siècle! Elle avait été secouée dans tous les sens à une vitesse fulgurante, en plus de se heurter contre une quantité inconnue de pierres durant son parcours dans l’eau. Heureusement pour elle que son frêle corps de renard flottait, car elle n’aurait pas eu la force de se tenir sur ses pattes. Elle se contentant de fixer lentement le rubis qui flottait près de son museau. Elle était bien trop lasse pour essayer de l’attraper. Elle n’eut qu’un faible mouvement des yeux pour exprimer la surprise de voir la pierre précieuse disparaître dans une grosse main. Elle ferma ses paupières de moitié quand elle se senti prise en charge par son sauveur. Malgré son état léthargique avancé, rien ne pouvait l’empêcher de reconnaître la voix de son frère aîné. Elle reconnaîtrait la voix d’Ansgar parmi des milliers.

Une fois hors de l’eau, la petite bête conclut qu’il devait être sécuritaire pour elle de reprendre sa forme norroise. Elle permit donc à son corps de retrouver sa forme originale et gémit alors que son chef plaçait sa tête entre ses mains. Elle marmonnait une panoplie d’injures dirigées à cette infâme pelure jaune tachetée qui l’avait mise dans un tel guêpier. Elle sourit bêtement, amusée par la vue du visage barbu du grand ours kodiak penché sur elle. C’était un drôle d’angle, assurément.

- Tu sais, j’ai vu le machin jaune le plus étrange… Pi il avait pleeeein de bras, mais c’était mou… murmura-t-elle en divaguant. Il était impossible qu’un Norrois ait la moindre idée de ce qu’était une banane… Sans compter que sa description était plutôt louche et décousue, pour ne pas dire incomplète.

L’air béat de l’apprentie oracle disparu vivement quand il fut sous-entendu que la charger de distraire les brigands avait été une mauvaise décision. Son orgueil fut piqué à vif. Déjà qu’Ansgar ne la croyait pas apte à l’accompagner dans ce voyage en territoire inconnu, voilà qu’il regrettait la seule occasion qu’il lui avait donnée pour prouver sa valeur. Non, mais elle en avait marre de se faire traiter comme une gamine incompétente! Elle était aussi apte que les autres et ne voyait pas pourquoi il devait toujours la rabaisser de la sorte. Ainsi, elle ne se gêna pas pour lui balancer son poing en pleine figure et elle y mit toute la force qu’elle put puiser en elle-même. Elle jeta ensuite un regard courroucé à Latham qui osait se moquer de la situation. Elle ne lui en voulait pas personnellement, mais ce n’était pas le moment d’entrer dans sa bulle.

La cadette du clan Drakkhen dévisagea ensuite son frère qui faisait la conversation avec un verre de terre. « Non, mais tu es rendu cinglé, ou quoi? » lui lança-t-elle, croisant les bras. Elle recula à voir l’insecte faire un vol plané et lança un regard mauvais à son frère. Qu’avait-il de travers dans le cul pour lui balancer un verre de terre dessus? Elle essuya sa cuisse de quelques coups de mains rapides, avant de se faire tomber dessus par un Ansgar en furie. Il la sermonnait sur son supposé manque de discipline.

- Hé, ho, tu ne crois pas que je serais revenue si j’avais pu? Je ne suis pas conne à ce point, je te ferai remarquer! répliqua-t-elle sans broncher au rubis que venait de lui retourner sèchement son aîné. Elle lui asséna violemment un coup sur la poitrine pour montrer qu’elle était tout aussi hystérique que lui. Je devais bien perdre les salopards qui me tiraient dessus avec des flèches avant de me téléporter! Et je te ferai remarquer que ce n’est pas de ma faute si ma patte a dérapé, encore moins que cette pelure de machin me colle au museau comme si sa vie en dépendait! Avec ce truc sur la gueule, y’avait plus moyen de rien voir, alors salut la rivière!

Idris respirait désormais bruyamment par le nez. Elle serrait les poings jusqu’à sentir le rubis qui coupait dans la chair de sa paume. Elle sentait également les larmes lui monter aux yeux face au discours de son chef, quoiqu’elle mettrait ça sur le dos de ses multiples blessures à la tête durant sa balade en rivière. N’empêche qu’il lui faisait un bien fou d’entendre Ansgar admettre qu’elle avait un talent certain dans le tir à l’arc et qu’il avait confiance en elle jusqu’à un certain point. Malgré tout, la rouquine faisait des grimaces dans le dos du grand ours puisqu’elle était trop fière pour admettre d’être touchée par ses paroles. Elle cessa au bout d’un moment et décida qu’il était sans doute temps pour une trêve entre eux. Elle alla donc se poster aux côtés de son aîné.

- Elle te servirait à abattre plusieurs crétins avant de tomber honorablement au combat, c’est ça qu’elle ferait! Bah ouais, elle devait défendre sa position plutôt que de dire merci.

Elle haussa le menton pour le mettre au défi d’en rajouter. Heureusement, son frangin ne trouva pas de nouvelle remontrance à lui balancer, ce qui fit naître un sourire en coin sur les lèvres du Renard. Elle rit amicalement lorsqu’Ansgar la prit par les épaules. Au fond, elle l’aimait bien et il le savait. Elle le taquina en passant ses bras autour de sa taille et en se frottant la joue contre son torse tandis qu’il donnait des ordres au reste des Norrois.

- Bien sûr qu’ils veulent notre portrait, mon grand frère d’amour! roucoula-t-elle, causant l’hilarité parmi les hommes. La soit-disant menace de leur chef ne fit qu’augmenter l’intensité des rires. Allez, suivez-moi bande de tortues! cria-t-elle avant de se diriger vers la forêt.

Elle prenait appui sur le bras de son frère l’espace de quelques pas, mais retrouva rapidement sa forme canidé afin de flairer son chemin. Ce fut sur cette note de bonne humeur que les joyeux lurons se rendirent jusqu’au butin qu’elle avait habilement caché dans une tanière.


[H-J : Terminé pour Idris!]
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(Terminé) La chance ne donne pas, elle ne fait que prêter [PV Ansgar]
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