Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]

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Douhbée
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MessageSujet: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Jeu 2 Juin - 19:24

Voilà qui faisait bien le bonheur de Douhbée. Même si elle était officiellement l’écuyère de Colombe, la jeune femme avait quelque fois accompagné d’autres chevaliers sur les terrains de missions, selon les besoins. Or, pour la présente mission de Soren, c’était elle qu’on avait envoyé pour l’épauler, et elle n’allait certainement pas se plaindre. Surprise, certes, puisque Colombe n’ignorait rien de leur relation, mais pas déçue. Chacune des absences de Vigie lui étaient de plus en plus difficiles à supporter, et quand ce n’était pas lui qui quittait le château, c’était elle qui devait accompagner une mission.

En tous les cas, ils devaient se rendre sur la frontière du désert pour enquêter sur le trafic d’esclaves, de plus en plus présents depuis le début de la guerre, même à Alombria, où l’esclavagisme était interdit. La vente d’esclave servait autant à former de fideles mercenaires pour le camp adverse, cacher des espions et «payer» pour des services, bref tout ce que l’Ordre de Chevalerie exècre et interdit. Douhbée, particulièrement affectée par la nature de la mission, garda tout de même son visage de glace lorsqu’elle l’apprit. Rien ne pouvait mal aller… pas tant qu’elle était avec Soren.

Aussi, c’est dans son uniforme d’écuyer, dague à la ceinture et carquois dans le dos que Douhbée attacha son arc à la scelle de sa monture, une belle jument noire. En bonne apprentie, elle avait déjà scellé le cheval de Soren avant la sienne, et avait attendu qu’il monte avant de le suivre, un sourire heureux ne quittant plus ses lèvres depuis l’annonce de son partenaire de mission. Le plus intéressant, c’est que le Désert est terriblement loin du château, situé au nord d’Alombria, si bien qu’il leur fallu plusieurs jours de route avant d’arriver à destination. Jours dont ils passèrent la majeure partie à longer la plage, renouant délicieusement après des semaines de séparation, se réchauffant mutuellement à la nuit tombée, en ce début d’automne frisquet.

C’est au crépuscule du cinquième jour qu’ils aperçurent le début du Désert à l’horizon, l’immense infini de sable doré envahissant ce qui avait été jusque là des plaines verdoyantes. Comme le soleil était déjà presque couché et qu’il valait mieux ne pas s’arrêter en territoire inconnu à la tombée de la nuit, épuisés qui plus est, le duo dressa le camp à bonne distance du royaume libre, juste assez près de la mer pour l’entendre les bercer toute la nuit, mais sans risquer de se réveiller à la flotte.

-Alors, quel est le plan pour demain, Maître? questionna-t-elle avec un ton moqueur, se plaisant à le traiter en supérieur depuis le début du voyage.

En vrai, ils n’avaient pas tellement eut le loisir de discuter de la mission présente, au cours des cinq derniers jours, discutant plutôt des dernières, faisant le bilan sur ce qu’ils avaient vu et appris, se retrouvant bref. Et parfois, ils ne parlaient pas, pour se retrouver aussi. Mais maintenant qu’ils étaient à la frontière du désert, ils allaient bien devoir élaborer un plan. Si Vigie n’en avait pas déjà un.

-Ça fait tellement longtemps… murmura Douhbée plus pour elle-même que pour son compagnon en soignant les chevaux. C’est drôle, j’ai jamais pensé que je reverrais le désert, et pourtant, il est là.

Le château d’Alombria lui semblait si loin, vu sur carte, que cela semblait presque impossible de retrouver sa terre natale, qui n’était pourtant que devant elle, maintenant. Douhbée ne savait dire si elle était ravie d’y revenir ou troublée. Parce qu’elle n’y trouverait pas son Clan, ça elle le savait, même s’il avait été vivant, puisque le désert était immense. Mais il ne l’était pas, de toute façon, seules Miya et Regina avaient survécu.

Le regard de Douhbée se perdit sur la ligne dorée de l’horizon, qui disparaissait de plus en plus dans la noirceur. Douhbée du Clan des Lynx du Désert.
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Vigie
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Lun 6 Juin - 14:58

Il avait eu tant de mal à y croire! Effectuer une mission en compagnie de Douhbée? C’était le paradis! Enfin, non pas qu’il ignorait que cette situation ne représente un couteau à deux tranchants. Pourquoi? Parce qu’il était à la fois ravi de faire ça avec elle, mais qu’il serait également mort d’inquiétude s’ils venaient à se faire embusquer par des ennemis. Normalement, Vigie travaillait seul. Mais sa petite amie était l’une des seules membres de l’ordre à posséder quelques connaissances sur le désert. Elle était donc indispensable au bon fonctionnement de cette mission. Elle risquait de lui faciliter grandement la tâche. Ils avaient donc effectué le trajet à cheval pour plus de rapidité. En fait, Vigie effectuait généralement ses missions en vol, mais il lui aurait été impossible de couvrir cette distance avec Douhbée dans ses bras. Il se serait épuisé beaucoup trop vite.

Ainsi, ils allaient enquêter sur un trafic d’esclaves sévissant dans l’immensité du désert. Les esclaves servaient, entre autres, à grossir les rangs de mercenaires (pouvant ainsi se retrouver entre les mains du camp adverse, ce qui était impensable pour Alombria), de monnaie d’échange, mais également d’espions pour quiconque y mettrait le prix. Dans ce cas-ci, la raison pour laquelle des membres de l’ordre d’Alombria se mêlaient directement à cette histoire se déroulant au-delà de leur territoire était due aux rumeurs voulant que certaines paysannes du pays aient été kidnappées pour servir d’esclaves sexuels aux malfrats du désert. Vigie mettrait un point d’honneur à les retrouver et à les ramener saines et sauves à leur famille. Et il savait que Douh se donnerait corps et âme à cette cause, également. Le couple passa donc plusieurs jours à voyager vers le sud, longeant la mer par moment. Évidemment, ils profitèrent un peu de la vue pittoresque et s’adonnèrent à quelques moments charnels en chemin. Il fallait s’y attendre, non? Depuis qu’ils sortaient officiellement ensemble, le jeune couple était presque fusionnel et ne se lâchait plus dès que le moment y était propice… comme deux lapins, quoi! Bref, ce n’était pas pour leur déplaire.

Ce n’est qu’au crépuscule du cinquième jour que le duo arriva enfin en vue du désert. Toujours sur sa monture, Vigie laissa son regard doré effleurer l’immensité aride qui s’étalait devant lui. C’était la première fois qu’il venait en cet endroit et il dû admettre qu’il était impressionné par la somptuosité de l’endroit. Ce n’était que du sable, mais le désert inspirait fortement le respect. Une merveille de Parandar, à la fois immense, sublime et meurtrier. Levant la tête, le chevalier réalisa que soleil descendait vers l’horizon et déclara à sa compagne qu’il était temps de monter le campement. Ainsi, ils s’exécutèrent, ensemble, dressant la tente et créant un cercle de pierres pour le feu. D’où ils étaient, ils pouvaient entendre le bruit de l’océan, se trouvant juste l’autre côté d’une colline. Le doux bruit rajoutait une petite vague de romance dans l’air, bien qu’ils fussent hors de vue de quelconque embarcation ennemie et hors de portée d’une marée haute.

Assis près du feu, le pheryxian tenait deux bâtons longs et faisait griller des poissons fraîchement pêchés au-dessus des flammes. Douh prit alors la parole et Vigie esquissa un sourire à ses propos. D’un mouvement invitant, il lui fit signe de venir s’asseoir près de lui. Il avait envie de sentir son corps près du sien. Toutefois, pour une fois, il n’avait pas d’arrière-pensée. Ils devaient se calmer à ce niveau, car la mission débuterait le lendemain à l’aube et ils auraient besoin de toute leur énergie pour voyager dans ce désert.

- S’il-te plaît, arrête de m’appeler « maître », fit-il avec une grimace. Je ne suis pas Colombe et je ne te considère pas comme ma subalterne, et ce, même si je suis en charge pour cette mission. Tu seras toujours mon égale, termina-t-il en s’étirant le cou pour l’embrasser.

Réalisant alors que les chevaux avaient été mis de côté le temps de monter le campement, Douhbée se redressa – au grand dam de Soren – puis alla s’occuper des destriers pendant que le repas cuisait. Le chevalier en profita pour l’observer, alors qu’elle retirait les scelles et caressait les bêtes. Il entendit bien les paroles qu’elle murmura pour elle-même et se contenta de sourire. Il était vrai qu’elle n’avait jamais remis les pieds dans son pays d’origine, tout comme il n’était jamais retourné dans les montagnes du nord d’Alombria. Un jour peut-être, qui sait. Soren laissa la jeune femme à ses pensées, songeant qu’elle avait peut-être besoin d’un moment de solitude. Il laissa donc son regard se perdre dans le feu et retourna leurs poissons pour une cuisson plus uniforme. Une fois le repas près, il héla la pardusse afin qu’elle vienne le rejoindre.

Ils mangèrent leur repas et Vigie en profita pour exposer son plan.

- Nous allons nous rendre au village le plus près. Je suppose que ce sont les plus petites agglomérations qui sont les plus touchées par ce genre de trafic. Moins il y a de gens au courant, moins ça fait de remous, est-ce que je me trompe? Demanda-t-il à la pardusse qui connaissait les mœurs du désert alors qu’il enfournait un morceau de poisson rôti dans sa bouche. J’imagine que la population vivant dans de petits groupuscules est plus susceptible d’être intimidée par leurs bourreaux et est généralement trop fière pour demander de l’aide des capitales ou des métropoles. Nous nous dirigerons vers la taverne. Meilleur endroit pour connaître les ragots des environs. L’alcool délie les langues. Et dès que nous trouverons un filon, nous tenterons de l’exploiter au maximum.

Il prit une gorgée d’eau, puis rapprocha son sac de toile. Pour infiltrer le réseau de trafic, il fallait passer inaperçu. Il allait donc utiliser les origines de Douhbée à son avantage. Il ouvrit donc sa besace et farfouilla pour sortir des bracelets de métal reliés par une chaîne.

- Quand nous serons sur notre piste, tu me passeras ces bracelets aux poignets. Nous simulerons que je suis ton esclave et que tu veux me vendre au plus offrant. Étant donné ton apparence exotique – et que tu connais le milieu désertique – tu feras une esclavagiste plus crédible que moi. Notant du regard l’expression de son amoureuse, il eut un tendre sourire qui se voulait rassurant. Ne t’inquiète pas, Douh. Ça fonctionnera et ça nous permettra d’infiltrer les rangs sans éveiller les soupçons. Et puis, un chevalier d’Alombria, ça vaut son pesant d’or, pas vrai? Et si ça tourne mal, ton don du contrôle de métal me permettra de me libérer en moins de deux. Je pourrais jouer les esclavagistes à ta place, mais j’éveillerais les soupçons et ça me prendrait beaucoup plus de temps pour gagner leur confiance.

Il rangea les bracelets métalliques dans son sac, puis attira la jeune femme à lui. Il savait qu’elle réussirait son rôle. Elle était plus forte qu’elle ne le croyait. Ils terminèrent leur repas, puis discutèrent plus amplement des détails du plan de Vigie. L’écuyère ne semblait pas à l’aise dans le rôle qu’il lui proposait, mais c’était de loin la meilleure issue. La fatigue les gagna enfin et ils allèrent se coucher, non sans préalablement éteindre le feu de camp. La nuit se déroula sans embuches et le couple fut debout au petit matin. Vigie alla remplir leurs réserves d’eau dans le ruisseau le plus près alors que sa petite amie s’occupait de défaire le campement et de sceller les chevaux. Soren revint ensuite vers elle et l’aida dans sa tâche. Il changea ses vêtements à l’effigie d’Alombria pour une tunique couleur sable, un pantalon de toile couleur charbon et une cape marron. Ils grimpèrent sur leurs destriers, puis se mirent en route. Vigie laissa Douhbée prendre les devants et lui montrer le chemin, puisqu’elle possédait naturellement une meilleure orientation dans ce pays aride. Ils voyagèrent toute la journée avant d’enfin trouver un petit bourg non loin d’une oasis. Le soleil commençait à se coucher à l’horizon lorsqu’ils guidèrent les chevaux dans une écurie et entrèrent dans un sobre petit établissement de toiles et de bois. Une taverne, visiblement. Son capuchon sur sa tête pour camoufler ses cheveux blancs comme neige (afin de moins attirer l’attention), Soren se dirigea vers le comptoir. Sa cape cachait également ses ailes, ce qui l’aidait grandement à passer inaperçu parmi cette population principalement représentée par des pardusses, des hommes lézards et des humains. Les pheryxians devaient être plus rares dans ce pays torride, ces derniers préférant généralement les sommets hauts perchés aux étendues de sable sans arbres. Quoique… il ferait peut-être une découverte, qui sait?

Le chevalier d’Alombria s’approcha du comptoir en compagnie de l’écuyère puis s’installa à un tabouret. Le tavernier l’observa longuement, probablement à cause de sa peau nacrée qui jurait royalement avec le teint bronzé des habitants locaux. L’homme lui fournit néanmoins un verre d’alcool inconnu et en fit de même avec Douhbée. Vigie jeta un regard à sa compagne, puis porta le verre à ses lèvres avant de grimacer. Le goût était très puissant! Peu importe ce que c’était, ce n’était pas très bon. Tendant l’oreille, le chevalier écouta les conversations d’ivrogne tout autour. Heureusement pour lui, son ouïe surdéveloppée lui permettait de capter toutes les conversations autour. Un groupe jouait à l’argent avec un jeu de cartes non identifié, un autre parlait d’une chasse infructueuse, un autre d’un mariage arrangé entre deux paysans… Rien de bien intéressant. Le couple dû attendre de longues heures avant d’entendre des propos qui en vaillent la peine. Soren allait se lever pour gagner la chambre qu’il avait payée, quand Douhbée posa une main sur son avant-bras. Elle avait capté un truc. Il écouta plus attentivement et eu un sourire. Ils avaient une piste.

Deux hommes discutaient à voix basse, croyant ne pas être entendus. Ils parlaient d’un attroupement qui se déroulerait au sud du bourg, au creux d’un canyon rocailleux qu’ils surnommaient « Les gorges de cuivre ». À en croire les traits de l’écuyère, le pheryxian conclut qu’elle connaissait le milieu (peut-être de nom seulement?). Ainsi, les deux individus parlaient d’un grand marché clandestin où « plusieurs merveilles venues des quatre coins du monde » seraient exhibées. Voilà qui vaudrait la peine d’y jeter un coup d’œil.

Tout naturellement, Vigie tendit la main vers sa petite amie et glissa ses doigts à travers les siens. Si des esclaves étaient réellement exhibés, ce serait dur pour elle de faire face à cette réalité qui l’avait jadis touchée.

**[Douhbée] T’en fais pas, tout se passera bien. Et puis, peut-être que les femmes d’Alombria s’y trouvent… il faut qu’on y aille… **
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Douhbée
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Ven 10 Juin - 20:34

Douhbée ne considérait en rien Soren comme son supérieur, même s’il l’était en théorie, et c’était réciproque. Elle l’avait connu, était devenue son amie, puis l’avait aimée alors qu’ils étaient deux écuyers, et qu’elle ne soit pas encore adoubée alors que lui si ne changeait rien. Elle s’amusait simplement à le taquiner, particulièrement à cause de la façon dont elle avait été «attribuée» à cette mission pour «l’assister», comme si elle devenait temporairement son écuyère. Certes, elle avait déjà assisté d’autres Chevaliers que Colombe, mais le faire avec son amoureux avait quelque chose de rigolo!

La jeune femme admirait le soleil rougissant le sable de son passé, lorsqu’elle réalisa que Soren la regardait, attendant probablement qu’elle revive ses retrouvailles avec le sud. Et pourtant, il n’y avait rien qu’elle voulait de plus que sa présence auprès d’elle, parce qu’il était son présent et son futur, et cela était bien plus important que les quelques souvenirs qu’elle avait laissés dans le désert. C’est donc souriante qu’elle le rejoignit pour manger leur repas qu’il lui avait préparé. Elle était probablement plus troublée de ne pas être affectée par son retour chez elle qu’autres choses… Troublée de ne rien ressentir d’autre que l’admiration pour le paysage, et l’urgence de la mission.

Après tout, ces malheurs n’étaient pas originaires du Désert, et elle ne se souvenait de presque rien en ces lieux…

Venant d’un Clan totalement nomade et n’ayant pas vécu assez longtemps dans le Désert pour le savoir, Douhbée fut étonnée d’apprendre que des villages existaient dans l’immensité de sable. Probablement tous situés en proximité de la frontière pour assurer le commerce avec les deux Royaumes, la jeune femme doutait d’y trouver une grande capitale ou d’importants rassemblement de toute façon, puisque les clans de «sauvages», comme on les appelaient, étaient effectivement peu sociables les uns envers les autres et ne se côtoyaient que lorsque nécessaire. Aussi, le seul attrait qui pouvait rassembler des clans, s’était la vente d’esclaves, et ça, elle l’avait expérimenté.

-Je suppose que oui… marmonna-t-elle en tentant de se rappeler s’il y avait eu beaucoup de témoins lors de sa propre vente, mais les souvenirs étaient trop flous. De plus, c’était à une époque où l’esclavagisme n’était pas nécessairement caché, il n’y avait même pas deux royaumes!

Ils allaient donc se diriger vers la taverne du village le plus près de la frontière, espérant que l’alcool ferait parler les habitants du coin, en espérant trouver une piste pour localiser les vendeurs d’esclaves. Et il ne resterait plus qu’à prier que les alombriennes disparues s’y trouvaient, sans quoi il faudrait recommencer encore et encore… Bien que Douhbée n’était pas convaincue de pouvoir faire une bonne esclavagiste et qu’elle n’était pas enthousiaste à menotter son amoureux (faut pas confondre avec Khanrell), elle devait bien admettre qu’il avait raison, et ce plan en valait bien un autre… Au moins, il ne faudrait qu’un petit coup de magie pour le sortir de sa fâcheuse position, en espérant qu’elle ne perdre pas ses moyens dans la peur…

Elle ne refusa toutefois pas les bras de Soren pour la rassurer et lui confier ses craintes, lesquelles disparurent à l’aube. Ils avaient une mission à accomplir, et les doutes n’y avaient pas leur place. Ils défirent ensemble le camp et abandonnèrent leurs tenues d’Alombria pour les troquer par des vêtements plus neutres, plus paysans, bien que leur armement laissait encore paraître qu’ils n’étaient pas de simple faucheurs de blés… Il fallu toute une journée sous le soleil adent du désert pour repérer le premier signe de vie, si bien que Douhbée failli protester en croyant que Bigie se trompait et qu’il n’y avait vraiment que des nomades dans les territoires sauvages. Évidemment, il avait raison, puisqu’ils trouvèrent une «taverne» (si on pouvait l’appeler ainsi) entourée d’un tout petit village, essentiellement commercial, au crépuscule.

Le couple s’installa dans un coin achalandé de la place, s’assurant de pouvoir tout entendre et tout voir, se mêlant à la foule par leur simplicité. La cape du Chevalier cachait sa peau clair, anormale dans le désert. En comparaison, l’écuyère avait conservé son bronzage, qu’on ne devrait probablement même pas qualifier ainsi puisqu’il est de naissance. Été comme hiver, sa peau est toujours de bronze, et leurs six journées de routes avaient fait ressortir d’avantage son origine «sauvage». En voyant la grimace de Soren lorsqu’il goûta à ce que leur servie le tavernier (sans même leur avoir demandé ce qu’ils voulaient), Douhbée cacha difficilement un sourire et s’abstint de toucher à son verre.

Pour ne pas avoir l’air encore plus louches qu’ils ne l’étaient, Soren paya une chambre, un repas et ils firent mine de discuter de la météo et de la chasse pour tromper l’ennui, mais ils étaient tous les deux forts attentifs aux conversations les entourant. Alors qu’elle se demandait s’il ne valait pas mieux simplement questionner les gens, après les avoir bien saouler évidemment, Douhbée entendit finalement quelque chose qui la fit réagir. Non pas que les «gorges de cuivre» lui disaient quoi que ce soit, mais ces mots déclenchèrent une vision. En tous les cas, elle pensait que c’était ce qui l’avait déclenchée!

*Les nuits dans le désert sont aussi froides que les jours sont chauds. Les jeunes femmes se blottissent les unes contre les autres, cherchant la chaleur de leur voisine en attendant avec angoisse ce qui allait suivre. Douhbée reconnu la scène, ayant aussi cherchée la chaleur de ses compagnes d’infortunes lorsqu’elle avait été vendue. Mais elle était loin, observant la scène de l’extérieur, attendant elle aussi de voir ce qui se produirait.

Les jeunes femmes furent poussées brusquement sur l’estrade, prenant la place des jeunes hommes vigoureux qui venaient d’être vendus. Douhbée tentait de relever tous les détails, le moindre d’entre eux qui pouvait lui indiquer où cela se trouvait, et quand. Tout ce qu’elle releva fut les oreilles félines des esclaves. Des pardusses.*


Les alombriennes qu’ils cherchaient n’étaient pas même pas des pardusses, enfin de ce que Douhbée se rappelait de la description de leur mission. Mais ils pouvaient y en avoir plus, et puis un marchand d’esclave anéanti en valait bien un autre. Aussi, la jeune femme s’empressa de poser sa main sur celle de son amoureux pour l’empêcher de quitter les lieux, et lui désigna l’homme qui avait déclenché sa vision d’un geste du menton.

***[Vigie]Et il faut qu’on y aille tout de suite.*** répondit-elle avec une assurance qui la surprit elle-même, alors que Soren semblait plutôt s’inquiéter qu’elle angoisse face à la mission qui les attendait. Elle angoissait plutôt de ne pas arriver à temps. ***Je viens d’avoir une vision… je crois que ça se passe maintenant, ou alors sous peu. C’est bizarre, je sais rarement quand est-ce que ça va se dérouler, et pourtant aujourd’hui j’ai cette étrange impression d’urgence… ***

Tant pis pour leur chambre, leur repos mérité et leur lit probablement infesté de bestioles de toute façon. Douhbée s’empressa de suivre Soren à l’extérieur, et ce ne fut qu’en scellant sa monture qu’elle réalisa que ses mains tremblaient. Peut-être que la signification de leur mission l’affectait plus qu’elle ne voulait se l’avouer. Ou le laisser paraître. Montant tout de même habilement en croupe, la jeune femme mena sa monture en direction du sud, et toussota avant de parler pour essayer de masquer son trouble et l’angoisse dans sa voix.

-Ça ne devrait pas être bien loin, selon ce qu’ils semblaient dire. pria-t-elle inconsciemment, craignant que la longue journée de soleil ne l’ait trop endormie pour supporter le chemin jusqu’aux marchands. Et pourtant, ils n’avaient pas le temps de prendre une pause. Il n’y avait pas de pardusses, il me semble, dans le groupe qu’on doit chercher, n’est-ce pas Soren? Je n’ai vu que des pardusses là-bas, je n’ai peut-être pas vu toutes les esclaves, mais aucune de celles-là ne ressemblaient à la description des disparues qu’on nous a données. Elles avaient toutes le même signe distinctif, elles venaient probablement du même clan. Un autre Clan détruit par l’esclavagisme… soupira-t-elle en rappelant à son esprit l’image des oreilles bien rondes et courtes des femmes qu’elle avait vues.

Rondes. Et courtes. Et sables. Loin des longues oreilles pointues des lynx. Oh, c’étaient des pardusses, mais des pardusses appartenant au clan des Cougars. Plus elle tentait de se concentrer sur sa vision, plus Douhbée en était convaincue, et c’est ainsi qu’elle comprit pourquoi elle était aussi troublée et tremblante depuis sa vision. Parce qu’elle s’en allait secourir les membres du clan qui avait anéanti le sien! Elle chassa toutefois ses pensées lorsqu’elle apperçue une lueur au loin, indiquant un feu assez imposant et donc un rassemblement. Ils allaient dans la bonne direction…

-Tes chaînes… murmura-t-elle dans la nuit, lança un regard hésitant à son amoureux. Faisons vite, qu’on en finisse, je t’en prie.

Lorsqu’elle tendit la main pour prendre la chaîne qui restreignait Soren, Douhbée se sentit aussi criminelle que n’importe lequel de ces mécréants, même si ce n’était qu’une mise en scène. Peut-être simplement parce que ça ramenait à la surface une scène où les rôles étaient inversés. La pardusse déglutit en prenant les devants, dirigeant sa jument droit vers l’exposition des «merveilles venues des quatre coins du monde». Les quatre coins… Avec un peu de chance, les femmes disparues y étaient et elle ne les avait simplement pas vues, trop attirée par les individus de sa race et ennemies d’honneur.
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Vigie
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Jeu 16 Juin - 10:06

Un regard inquiet trônait sur son visage alors qu’il scrutait les traits de sa bien-aimée. Il savait ce que cette mission représentait pour elle, puisqu’il était au courant du passé douloureux de Douhbée. Chose sûre, il la supporterait coûte que coûte dans cette dure épreuve. L’écuyère de Colombe déclara qu’il fallait partir rapidement et précisa qu’elle avait eu une vision lui démontrant que l’événement auquel ils souhaitaient assister se déroulerait sous peu. C’était étrange, car normalement, la pardusse n’avait qu’une vague idée du futur. Dans ce cas-ci, il semblait que sa prédiction était particulièrement juste. Peut-être parce que toute cette histoire la touchait de près? Néanmoins, il n’y avait pas une seule seconde à perdre!

Tendant la main vers sa petite amie, Vigie prit sa main et l’attira à sa suite à l’extérieur de l’établissement. Ils se dirigèrent ensuite vers les écuries et chacun s’occupa de sceller sa propre monture. Un bref regard en coin permit au pheryxian de constater que sa compagne de voyage tremblait. Était-ce réellement une bonne idée qu’elle soit mêlée à cette histoire d’esclavage? Après tout, ça l’affectait beaucoup plus qu’elle ne voulait bien le laisser paraître… Non pas que Soren doutait du professionnalisme de sa douce moitié, mais comment pourrait-elle garder la tête froide lorsque son passé lui revenait en pleine figure? De toute façon, il était trop tard pour reculer… Le duo grimpa donc en scelle et se dirigea en direction du sud. Douhbée menait la marche et Vigie suivait docilement. Le silence régnait entre eux deux et seul le vent du désert venait briser leur mutisme par sa plainte lancinante. Il fallait dire que les bourrasques étaient particulièrement fortes…

Finalement, la pardusse brisa le silence en toussotant, voulant visiblement masquer son trouble. Vigie la connaissait comme le fond de sa poche. Elle n’avait pas à agir en « dur à cuire » avec lui. Il n’était pas dupe. Néanmoins, il décida de ne pas lui faire part du fond de sa pensée, de peur de l’offenser. Selon ses propos, elle déclara que le fameux canyon ne devait plus être très loin. Elle n’avait pas tort, car le sol commençait à être davantage rocailleux et prenait une teinte drôlement orangée. Vigie aurait eu envie de prendre son envol pour mieux y voir, mais il craignait de se faire repérer… il s’abstint donc d’agir en idiot et resta sagement sur sa monture. La question de l’écuyère le sortit alors brutalement de ses pensées.

- Des pardusses? Non je ne crois pas. On m’avait parlé d’humaines… Il n’y avait que des pardusses dans ta vision?

Dans tous les cas, ça valait le coup de jeter un coup d’œil. Et s’il n’y avait aucune trace des humaines, ils auraient au moins la possibilité de libérer de pauvres victimes malgré tout. Soren nota la façon dont Douhbée s’était renfermée dans un mutisme évident. Quelque chose la travaillait. Devait-il insister pour la faire parler? Il avait envie qu’elle lui fasse part de ses pensées, mais en même temps… c’était une situation si délicate. Peut-être avait-elle simplement besoin de faire le point? Tournant à nouveau son regard d’or fondu vers l’horizon, le volatile remarqua alors des lueurs entre d’immenses rochers cuivrés. Des éclats de voix parvenaient à ses oreilles fines signe d’un grand rassemblement. Ils approchaient.

L’écuyère le ramena à l’ordre en lui rappelant leur plan et Soren hocha de la tête. Il descendit de sa monture, puis s’approcha d’elle en tendant les poings. La pardusse lui attacha les mains solidement avec une chaîne non sans une pointe de regret, puis Vigie lui fit signe de cacher son destrier derrière un immense rocher et de transférer ses sacs sur le cheval de l’écuyère. Les amoureux vidèrent ensuite de l’eau dans un petit sceau pour l’animal laissé derrière puis Douhbée se remit en scelle. Soren allait continuer à pied, puisqu’il était improbable qu’une esclavagiste remette une monture à son captif. Le chevalier d’Alombria en profita pour rabaisser sa capuche, histoire de capter davantage l’attention des gens puis s’arrêta net. Ses ailes… Elles devaient être attachées, sinon ça serait étrange. Il pourrait facilement s’échapper autrement.

**[Douhbée] Mon amour, attends, fit-il mentalement alors qu’ils avaient encore le temps de peaufiner leur plan. Fouille dans mon sac près de la scelle de ta monture. Tu trouveras des lanières de cuir surmontées d’attaches en métal. Attache mes ailes ensemble, sinon ça sera étrange. Je suis sûr qu’on m’inspectera alors ce serait mieux d’éviter les soupçons. **

Non sans un soupir résigné, la jeune femme redescendit de sa monture et sortit trois lanières de cuir brut. Vigie se tint tranquille alors qu’elle ligotait doucement ses ailes ensemble. Elle avait peur de le blesser, il le sentait. Il ne put donc s’empêcher de murmurer un bref « ça va aller et non ce n’est pas trop serré, ne t’inquiète pas ». Une fois le travail terminé, il se pencha et prit de la terre roussie entre ses mains liées. Il s’en barbouilla le visage et les vêtements pour donner l’illusion qu’il s’était débattu puis hocha de la tête en direction de sa compagne pour lui faire signe de remonter en scelle. Le duo recommença donc sa progression et après de longues minutes de marche, Vigie se fit enfin traîner dans le cercle de lumière. Le canyon était immense et l’attroupement était des plus impressionnants. La foule grouillait de toute part. Des étalages surélevés trônaient par-ci par-là. Des hommes, des femmes et des enfants de tout âge et toutes races étaient exhibés comme des animaux de foire et Soren fut surpris de constater qu’aucun pheryxian n’y figurait. Visiblement, ce n’était pas une race commune dans ces terres reculées. Puis, tout au fond à droite, il les vit : des pardusses aux oreilles rondes recroquevillées les unes contre les autres sur la scène improvisée.

**[Douhbée] Douh! Regard tout au fond! Est-ce que c’est les femmes de ta vision? Les pauvres… elles ont l’air terrorisées. Comme tous les autres! Mais quel commerce sordi… **

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase qu’on le bouscula férocement, ce qui lui fit perdre pied. Un homme lézard colossal était penché sur lui, un rictus mauvais aux lèvres. Soren se releva lentement et toisa l’individu qui ricana bruyamment.

- Alors mademoissssselle, siffla-t-il comme un serpent. Qu’avez-vous là? Ccccc’est la première fois que je vois une telle créature. Voussss êtes venues pour vendre votre marchandisssse? Je sssssssuis le maître des lieux. On m’appelle Cobra. Sssssi vous voulez un étalage de préssssentation, ccccc’est avec moi qu’il faut faire affaire.

L’homme colossal posa sa main griffue sur le menton de Soren et le força à lever la tête. Ce dernier se contenta d’afficher un air sérieux, presque renfrogné. Cobra le contourna, analysant sa musculature, sa taille, son teint laiteux, ses pieds griffus… Il souleva ensuite la cape poussiéreuse et constata avec joie que l’esclave factice possédait des ailes blanches comme neige parsemées de taches noires. Le chevalier attira rapidement l’attention des gens autour et un cercle se forma rapidement autour d’eux. Un homme insecte le bouscula à nouveau et Vigie se contenta de le toiser et de cracher à ses pieds. Visiblement, on voulait tester la marchandise.

** [Douhbée] N’intervient pas! S’écria-t-il mentalement. Laisse les faire et contente-toi d’en savoir plus sur ce Cobra-machin-chouette. Ils ne me font pas peur. Nous devons garder notre couverture le plus longtemps possible. Si ça devient trop sérieux, je te ferai signe. Regarde les me mater de la sorte, je crois qu’ils m’aiment bien, tout compte fait, blagua-t-il finalement pour essayer de détendre l’atmosphère. **


- Je vois que votre esssssclave sssssusssscite l’intérêt. Vous en tirerez un bon prix, ma Dame, continua Cobra avec un sourire alors qu’il lorgnait visiblement du côté de la sublime Douhbée. Dites-moi, où avez-vous pu dénicher un tel homme. Il ssssssemble en pleine forme et vigoureux. Et ccccccces ailes… Toutefois, il n’est visiblement pas originaire de notre merveilleux déssssert…

Un humain s’approcha de Vigie et tira férocement sur ses chaînes pour le forcer à fléchir les genoux. Soren s’exécuta sans se débattre davantage et l’envie d’électrifier le lien de métal lui traversa l’esprit, mais il s’abstint. Qui aurait envie d’un esclave pouvant vous mettre chaos sans même vous toucher? L’homme se saisit de la mâchoire du chevalier et le força à ouvrir la bouche pour analyser sa dentition. Elle était en bonne condition, ce qui était un bon point.

- Cobra, il a le teint similaire aux alombriennes que Dale a emmenées, déclara l’humain à haute voix. Peut-être un peu plus pâle… il risque de brûler au soleil. Est-ce que ça pourrait nuire aux tâches dont ses futurs maîtres voudront l’affubler?

**[Douhbée] Bingo! Bon… après, faut trouver qui est ce Dale et où il est… Ça va, Douh? Tu tiens le coup? Son ton se faisait plus inquiet. Il sentait que sa compagne n’aimait réellement pas cet endroit. Tu te débrouilles bien mon amour, ce n’est pas le temps de flancher! Tiens bon! **
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Ven 17 Juin - 19:58

Maintenant que Vigie était à pied pour la suivre, leur plan devenait un peu plus credible, il ne restait qu’à espérer que personne ne trouve la monture supplémentaire, sans quoi le couple devrait rentrer à deux sur la même bête, ce qui signifie beaucoup moins de distances pour le même temps. Enfin, Douhbée fit particulièrement attention à ne pas presser sa jument pour que son amoureux n’ait pas à courir derrière elle, bien que c’est ce qu’aurait fait un vrai esclavagiste : il ne fallait quand même pas épuiser son compagnon s’il risquait d’y avoir un combat! Un seul détail clochait à leur stratagème et Soren s’en rendit compte heureusement avant d’arriver à la vue du rassemblement : il ne pouvait pas avoir les ailes détachées, c’était un peu ridicule qu’ils n’y aient pas pensé avant.

Sans être particulièrement confortable à l’idée de le retreindre plus encore dans ses mouvements, Douhbée passa tout de même une attache de cuir à la naissance de ses ailes, de façon à ce qu’il ne puisse plus les faire battre. Heureusement, l’attache était également métallique, avec un peu de chance elle arriverait aussi à l’en libérer s’il advenait un combat… N’empêche que c’était une très petite attache et que ça lui demanderait beaucoup de concentration, et donc de calme.

-Ça te fait pas mal? s’inquiéta quand même la jeune femme, consciente que les ailes de toutes les races étaient des zones particulièrement fragiles. Avec une dernière caresse dans le plumage blanc tacheté de Soren, Douhbée retrouva sa selle confortable alors que son «prisonnier» se maculait le visage et les vêtements de terre rousse comme si elle l’avait cruellement traînée derrière sa monture tout le chemin faisant. Il ne manquait plus que quelques écorchures pour rendre le tout parfaitement réaliste, mais même si Colombe le lui ordonnait elle-même, jamais l’écuyère ne serait capable de pousser le réalisme aussi loin. Et heureusement, son amoureux s’abstint de le lui demander, avec un peu de chance il n’y avait pas pensé non plus.

L’attroupement autour du canyon en disait long sur les mœurs faibles des habitants d’Enkidiev. Oh oui, d’Enkidiev, car l’accoutrement de plusieurs laissait deviner une origine sholienne, peut-être même alombrienne, ces scélérats! Douhbée tenta de graver le visage de ceux qu’elle croyait originaire de son royaume où l’esclavagisme est punit, en espérant pouvoir les retracer et les dénoncer. En attendant toutefois, sa priorité devait être de sauver les innocents. Justement, la pardusse repéra le groupe de couguars en même temps que son amoureux qui lui demanda si c’était bien les femmes de sa vision. Il n’eut pas le temps d’élaborer plus sur son dégout de la scène, assez poignante même si la jeune femme ressentait une sorte d’animosité envers celles qui n’étaient au final que des victimes.

***Vigie]Oui… ce sont elles, des femmes du Clan Couguars…***

Un reptilien s’approcha d’eux en bousculant sans ménagement son compatriote, ou plutôt son esclave, et ne s’adresse qu’à Douhbée et à elle seule, négligeant Soren comme s’il s’agissait d’un tas de bouse. Alors que Cobra faisait les présentations et lui posait quelques questions, il examinait son «prisonnier» sans ménagement, attirant bientôt l’attention des acheteurs potentiels vers ce beau trésor.

-C’est un phéryxian, de type harfang des neiges, on ne les trouvent que dans les montagnes nordiques.

La jeune femme avait soupiré sa réponse de mauvais cœur, grinçant des dents pour s’empêcher de repousser les badauds qui avaient envie de voir un peu ce qu’il avait dans le ventre. Soren l’intima d’ailleurs télépathiquement de ne pas intervenir. Heureusement, le sourire amusé de Douhbée lorsque son amoureux blagua passa pour une attitude soulagée des nouvelles que lui apprenaient Cobra concernant l’intérêt que susciterait son «spécimen». Alors que Cobra continuait de questionner la jeune femme, un autre individu, humain cette fois, examina plus en détails. Elle se mordit les lèvres et évita les questions du reptilien alors que l’humain malmenait le Chevalier, qui ne se défendait évidemment pas.

-En effet, je l’ai chassé à Alombria. répondit-elle finalement en espérant qu’ils cesseraient d’examiner aussi brutalement Soren si elle leur donnait les informations qu’ils voulaient. Il est vigoureux, parce que c’est un Chevalier, mais un chevalier oiseau pour moi ce n’est pas plus difficile à chasser qu’un vulgaire insecte. soupira-t-elle en se donnant un air lasse, comme si tout ceci l’exaspérait, bien qu’elle était plutôt offusquée par ses propres propos.

Vigie ne manqua pas, tout comme elle, de relever le nom de celui qui avaient enlevé les alombriennes qu’ils cherchaient, puis s’inquiéta pour Douhbée, qui avait légèrement recommencé à trembler en jetant un œil aux couguars.

***[Vigie]Les Couguars… C’est leur clan qui a détruit les Lynx, selon Miya.*** lui expliqua-t-elle finalement en tentant de ne laisser paraître la fureur qui naissait dans son cœur, comme si ce n’était qu’un fait banal et sans intérêt.

-Et c’est pour ça que je lui ai mis une cape, bougres d’imbéciles! Remettez la en place, les phéryxian ne tolèrent pas bien le désert, sinon ils ne vivraient pas en montagnes voyons. Évidemment que le soleil pourrait les abîmer. Si elle voulait se donner un air dur, c’était plutôt raté car sa voix tremblait un peu… Alors quoi, je vais l’installer près des autres alombriennes? On peut pas presser un peu les choses, on a fait longue route et je suis épuisée.

Ainsi elle espérait camoufler son tremblement par la fatigue, bien que ce n’était pas entièrement un mensonge. Sans attendre la réponse de Cobra et de l’autre individu, Douhbée tira sur la chaîne de Soren pour faire mine de se diriger vers les étals, bien qu’elle n’avait aucune idée d’où elle trouverait Dale. Heureusement, le reptilien eut l’imbécilité de lui répondre qu’on pourrait bien «ranger» les alombriens ensemble, et lui pointa un doigt hasardeux vers une direction quelconque, que le duo prit immédiatement sans demander leurs restes.

***[Vigie] On libère les nôtres et on fiche le camp, je t’en pris! Je commence à étouffer, je ne sais pas comment je vais faire pour continuer ce jeu plus longtemps…*** supplia mentalement Douhbée bien que la raison n’était ni la fatigue cumulée, ni la chaleur, ni même le fait de se retrouver dans un marché d’esclaves une seconde fois.

En passant devant les femmes couguars, la Lynx fit exprès de ne pas les regarder, pour éviter de raviver encore sa douleur. Ils étaient là pour libérer les alombriennes, et s’ils n’avaient pas eut l’intention de laisser des esclaves derrière eux, ce n’était pas l’urgence de leur mission de toutes les sauvées. Et honnêtement, l’écuyère tergiversait à savoir si ces femmes en valaient la peine ou si elle ne préférait pas les voir souffrir comme elles avaient fait souffrir son Clan.

-C’est vous, Dale? demanda la jeune femme pour attirer l’attention d’une autre reptiliens posté devant un étalage à humaines, sans aucuns doutes leurs recherchées. Juste ce fichu sable… marmonna-t-elle alors qu’elle réalisait que ses yeux s’étaient remplis d’eau et que le marchand d’esclaves la regardait drôlement. Je mets ça où?

Douhbée s’empressa de se frotter les yeux vigoureusement, comme pour en chasser le sable qui s’y était supposément incrusté, bien qu’il n’y avait rien d’autre que la tristesse de son Clan perdu. Elle désigna Soren du bout du doigt, un peu comme elle s’en fichait, et faisait exprès de parler de lui comme d’un objet sans intérêt, comme avaient l’habitude de le faire les esclavagistes. Elle espérait ainsi que Dale serait plus intéressé à ce qu’elle lui amenait qu’à ses yeux noyés.
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Lun 27 Juin - 10:15

La bouche ouverte, un air béat au visage, Vigie attendait que l’humain termine son « inspection sanitaire ». De toute façon, à quoi ça lui servait de savoir s’il avait une belle dentition ou non? Qu’est-ce qu’ils en avaient réellement à foutre…? De plus, le chevalier était un peu courroucé de voir qu’on parlait de lui ouvertement sans même lui porter la moindre attention. La vie d’esclave était une réalité à laquelle il était très peu familier et il songea à tous ces gens qui n’étaient traités qu’en simple objet… Voilà qui était à la fois frustrant et désespérant. On relâcha enfin sa mâchoire et le pheryxian regarda sa tendre moitié alors qu’il reçut son message télépathique. Alors… ces femmes étaient du clan qui avait originellement attaqué celui de Douhbée. Il connaissait suffisamment la pardusse pour se douter qu’elle devait avoir de la haine au cœur en ce moment. Voilà qui était normal en soit… mais ces esclaves n’étaient pas nécessairement les fautives dans toute cette affaire. Elles étaient autant victimes qu’avaient pu l’être les pauvres pardusses lynx qui avaient été vendues en même temps que l’écuyère…

D’un ton cinglant, Douhbée remit l’humain à sa place d’une voix malheureusement mal assurée. Vigie espérait être le seul à l’avoir remarqué, puisqu’il la connaissait mieux que quiconque. Elle devait se ressaisir, bien que ce n’était en rien évident vu son passé qui refaisait surface. Sans plus attendre, elle déclara qu’elle allait « ranger » Vigie avec les alombriennes, puis tira fortement sur les chaînes, passant près de le faire trébucher au passage. Elle voulait se détourner de son interlocuteur, c’était plus qu’évident. Néanmoins, Cobra fut des plus collaborateurs à son insu en désignant l’endroit où étaient exposées les femmes recherchées. Quel imbécile… Le duo se dirigea donc vers l’étalage en question et le chevalier reçu le message télépathique de l’écuyère. Elle n’en pouvait plus… il le comprenait bien. Mais elle devait jouer le jeu plus longtemps, sinon ils se feraient prendre… À moins de trouver une autre idée pour leur permettre de fuir avec les esclaves. Créer de la cohue était des plus tentants, mais s’il fallait en arriver là, mieux valait préalablement s’assurer qu’une porte de sortie était à leur disposition… Vigie allait réfléchir plus amplement sur le sujet. Au pire, il pourrait faire diversion et Douhbée pourrait en profiter pour filer avec les alombriennes… Une monture était toujours camouflée à l’écart du canyon… il faudrait simplement en voler une autre afin de s’assurer que tout le monde puisse se sauver à dos de destrier. Vigie, pour sa part, pourrait toujours voler!

**[Douhbée] Je suis en train d’élaborer un truc pour nous permettre de foutre le camp au plus vite, expliqua-t-il. Je vais faire de mon mieux. La seule chose que je te demanderais, c’est d’obéir à mes consignes sans me questionner, d’accord? Parce que mon plan ne risque pas de te plaire… Il faut juste ne pas oublier que notre but premier est de faire sortir les alombriennes d’ici.**

« L’esclavagiste et son prisonnier » marchèrent devant une foule de gens et passèrent devant l’étalage des femmes cougars. Soren ne put s’empêcher de constater la façon dont Douhbée les ignora. Normalement, sa petite amie était d’une sensibilité quasi sans limite, mais cette fois-ci, elle était bien décidée à jouer les dures à cuir face à ce clan ennemi. Le pheryxian ne pouvait pas lui en vouloir pour ça… elle avait tant souffert. Une fois devant un autre homme lézard, Douhbée lui demanda son identité et essuya ses yeux, prétextant que du sable s’y était glissé. Okay, si elle avait du mal à contenir ses larmes, c’était signe qu’ils devaient foutre le camp le plus vite possible! Ce n’était qu’une question de temps avant que leur couverture ne soit percée à jour! L’homme lézard ne sembla pas trop faire de cas de l’attitude étrange de l’esclavagiste factice puis jeta un regard à Vigie alors que la jeune femme le désignait du doigt. Il lui montra ensuite un endroit où elle pourrait l’installer, près de 4 jeunes femmes visiblement humaines tremblotantes et sanglotantes. Bingo!

Sans grande délicatesse, Douhbée poussa Vigie vers celles-ci pour lui intimer d’avancer. Il avait la terrible envie de communiquer mentalement avec les humaines afin de les rassurer, mais se faisant, elles opteraient tout naturellement pour une autre attitude (soit, elles démontreraient une forme d’espoir que les esclaves n’avaient généralement jamais), ce qui risquait de les faire repérer. Ainsi, il se contenta de garder le silence. Il s’approcha donc de ces dernières quand une voix se fit entendre derrière lui. Une femme plantureuse aux cheveux de jais – visiblement succube – s’approcha de l’étalage.

- Attendez, je veux le voir de plus près, fit-elle d’une voix mielleuse en s’approchant de Douhbée et de Vigie. Je suis intéressée par cette marchandise. Voyez-vous, je possède un bordel et ce genre de rareté est généralement très apprécié de mes clients… dit-elle d’un air nonchalant alors qu’elle porta tout naturellement sa main vers l’entre-jambe du chevalier – par-dessus son pantalon -, désirant manifestement « tâter la marchandise ». Le chevalier toussa bruyamment, visiblement embarrassé, et n’était pas du tout enchanté à l’idée de se faire tripoter comme un vulgaire bœuf reproducteur. Bah quoi? Continua-t-elle devant l’air surprit de la pardusse. Pour satisfaire les clientes (ou clients, selon les préférences de ces derniers) d’un bordel, il faut qu’il ait un minimum de contenu sous la ceinture. Puis, sans crier gare, elle lui détacha la ceinture à la vitesse de la lumière et baissa son pantalon devant tout le monde. OH PUTAIN! Mais elle était complètement folle ou quoi?! Le pire, était cet air critique qu’elle arborait au visage! Comme si elle évaluait réellement la chose!

- Non, mais ça va pas la tête?!! Qu’est-ce qui vous prend, merde?! Gronda Vigie sans pouvoir se retenir davantage. Il porta instinctivement ses mains ligotées à son pantalon et le releva rapidement. Évidemment, cet acte de rébellion de sa part lui valut une solide claque derrière la tête de la part de Dale.

La jeune femme arbora un air amusé face à l’attitude de l’esclave qui, manifestement, ne semblait pas enclin à se laisser faire sans répliquer. L’ouïe fine de Vigie lui permit d’ailleurs de percevoir un grondement sourd, comme celui d’un chat courroucé prêt à bondir. Instinctivement, il tourna la tête pour voir l’air fulminant de Douh qui semblait lutter pour ne pas déchirer le visage de l’impudente en lambeaux. Okay! Okay!! Maintenant, ça suffisait, ils allaient mettre fin à toute cette mascarade, car forcément, les gens les regardaient maintenant drôlement.

**[Douhbée] Libère moi, maintenant! S’écria-t-il mentalement à son intention. Dès que les regards s’éloignent de toi et des alombriennes, fichez le camp par derrière. Agrippe la monture de Dale qui est attachée un peu plus loin puis filez là où se trouvent ma jument. À trois chevaux, vous pourrez mettre suffisamment de distance entre vous et le canyon. Trouvez-vous une cachette et restez-y! Je m’occupe du reste. Et Douh, ne te retourne pas! ** Puis, il put voir l’hésitation sur son visage. Visiblement, elle se demandait ce qu’il allait faire, lui. Il n’avait pas le temps d’exposer son plan. ** Obéis mon amour, nous n’avons pas de temps à perdre! Tu me donneras ta localisation, je vous rejoindrai! **

Quelques instants s’écoulèrent avant qu’un déclic familier ne se fasse entendre. Les attaches des lanières de cuir venaient de céder, libérant les ailes du pheryxian. De plus, les bracelets de métal s’ouvrirent sur ses poignets et les chaînes qui le retenaient captif s’écroulèrent au sol. Dans un mouvement vif comme l’éclair, Vigie se saisit de la lourde chaîne, puis balança cette dernière autour du cou de l’homme lézard situé près de lui. Il resserra sa poigne et Dale émit des plaintes sourdes. Évidemment, plusieurs gens purent voir la scène et c’était exactement ce que Vigie souhaitait. Sans plus attendre, il émit une forte décharge électrique et l’homme lézard fut pris de convulsions. Ses yeux roulèrent dans leurs orbites et il s’effondra au sol, inconscient. Des cris de stupeurs montèrent de la foule et les gens ne sachant pas se battre détalèrent sans demander leur reste.

Vigie porta une main à sa cape et la fit valser au visage d’un pardusse qui accourait dans sa direction. Il ouvrit ensuite ses ailes toutes grandes puis dans un battement gagna les cieux. Tous le regardaient et Soren en était ravi. Attirer l’attention était exactement ce qu’il voulait. Pivotant sur lui-même, il évita trois flèches qui furent décochées en sa direction, puis plongea pour fondre sur un homme insecte qui dégainait son épée. Avec ses pieds de volatile, le chevalier agrippa les épaules de l’homme et regagna quelques mètres d’altitude. Il empoigna ensuite la tunique de ce dernier pour le ramener près de son visage où un rictus mauvais trônait et le relâcha sans plus de ménagement pour le voir chuter dangereusement vers le sol. Le pheryxian fut à la fois surprit et satisfait de voir ensuite une épée filer en sa direction, manche devant. Visiblement. Douhbée lui envoyait une arme pour l’aider à se défendre. Vigie se saisit du manche de l’épée puis dévia une dague qui filait vers sa tête grâce à cette dernière. Il fondit à nouveau vers le sol, puis se posa derrière d’immenses barils d’eau. Des hommes accouraient vers lui et d’un mouvement fluide, Soren évita à nouveau une flèche qui filait vers lui. Le chevalier poussa les barils afin qu’ils déversent leur liquide au sol, puis planta sa main dans l’étendue d’eau pour émettre une nouvelle décharge puissante. Ses ennemis furent foudroyés sur place.

La cohue perdura de longues minutes. Suffisamment longtemps pour permettre aux femmes de se faufiler en douce. Lorsqu’il sentait qu’il perdait l’attention de ses adversaires, Vigie leur balançait des phrases provocatrices en plein visage, les insultant allègrement au passage. Finalement, il songea que le manège avait suffisamment duré et qu’il était temps pour lui de rejoindre sa bien-aimée. Il pivota sur lui-même puis voulu quitter les lieux en plein vol quand une douleur vive le prit sur le flanc droit. Une flèche venait de se jucher dans sa chaire. La tête métallique était bien enfoncée et il serait impossible pour lui de la retirer avec aisance. Non sans un cri de douleur, il cassa le projectile afin de retirer l’excédent de bois, puis se saisit d’une dague qu’il avait préalablement volée. Il chargea cette dernière et la lança en direction de l’humain qui avait osé décocher cette flèche. Soren avait la particularité de faire mouche à chaque fois qu’il lançait quelque chose. Ainsi, il ne fut par surprit de voir la lame s’enfoncer directement entre les yeux de l’impudent personnage.

Une main sur son flanc, il continua sa trajectoire en plein vol en direction du nord du canyon. Une grimace de douleur trônait sur son visage et il sentait le sang couler entre ses doigts. Ah, mais il n’y avait pas de quoi s’inquiéter, il était résistant! Ce n’était pas la première fois qu’il se faisait blesser en mission, il pourrait s’en sortir! Il était confiant. Enfin, il le fallait bien…

**[Douhbée] Je quitte l’endroit. Où es-tu? Je vais te rejoindre! **

Quelque chose lui disait qu’elle n’était pas bien loin. Il la connaissait bien : malgré son ordre, il était plus que probable que Douh soit encore dans les parages dans le but évident de lui donner un coup de main. Le souffle court et la douleur s’intensifiant, Vigie décida de se poser au sol puisque l’effort demandé à ses ailes lui coûtait trop d’énergie. Une fois par terre, il posa un genou dans le sable, histoire de se reposer quelques instants, quand des voix jaillirent derrière lui.

- Il est là! Ce sale volatile!

Trois hommes accouraient en sa direction. Des hommes du canyon. Et merde…
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Mar 28 Juin - 14:46

Bon, encore un plan qui n’allait pas plaire à Douhbée. Définitivement, qu’elle soit ou non sa copine, en situation de mission, elle restait l’écuyère et lui le Chevalier, aussi ravala-t-elle son envie de lui demander quelle genre de mauvaise idée il avait encore eu, puisqu’elle allait certainement détester de toute façon, aussi bien se contenter de juste obéir. Savoir la ferait anticiper le moment, et la rendrait nerveuse, mieux valait ne pas y penser, ne pas réfléchir et avancer aveuglément en suivant les ordres. Elle faisait assez confiance à Vigie pour ça : le suivre aveuglément, elle savait qu’elle ne risquerait rien ainsi, et était capable de se remettre entièrement entre ses mains. C’était sûrement pour ça qu’ils faisaient une bonne équipe.

Avec un peu de chance, Soren n’avait peut-être pas compris que si Douhbée était pressée, ce n’était pas seulement parce qu’elle n’était plus capable de supporter la pression, mais parce qu’elle espérait n’avoir le temps de sauver que les alombriennes et non les pardusses couguars, ce qui lui éviterait de vivre le dilemme ardu : esclavagisme ou vengeance? La seconde n’est pas digne d’une future Chevalier, mais tellement soulageante… Maintenant qu’elles étaient derrière elle, l’écuyère pouvait mieux se concentrer sur sa tâche et essayer de les oublier.

Heureusement, Dale ne semblait pas s’intéresser plus que nécessaire au «prisonnier» de Douhbée, aussi ils n’eurent pas à repasser l’inspection et les questions. Enfin, pas immédiatement, car si le duo pensait enfin s’en sortir en se dirigeant vers les alombriennes enlevées par le reptilien, c’était sans compter la clientèle qui commençait à observer la marchandise pour se faire une idée avant les enchères. D’un seul regard, la pardusse eut un drôle de déjà vu alors qu’une succube observait Vigie d’un regard expert, et se rappela durement où elle l’avait vue : madame était dans le métier de la prostitution depuis fort longtemps, même si sa beauté succube cachait son âge, et l’enfant qu’avait jadis été Douhbée avait bien failli être vendue à elle, outre qu’Ulyss lui avait mené une forte bataille monétaire et l’avait remportée. Peut-être, finalement, avait-elle été un peu… mais alors vraiment un peu chanceuse de ne pas avoir atterrit dans les griffes de cette femme, car son calvaire aurait certainement été bien pire, et sa fuite probablement impossible.

Douhbée s’empourpra de façon plutôt évidente lorsque la succube porta la main vers le… enfin «l’avenir» du couple pour vérifier l’état de la marchandise, mais ce ne fut rien en comparé à sa réaction lorsque madame décida que le meilleur moyen de vérifier était de lui baisser les pantalons. Visiblement experte en la matière, la tenancière de bordel avait réussi à détacher le tout en un clignement de paupières, avant même que quiconque ait le temps de l’en empêcher. Heureusement, car si elle avait bénéficié de quelques secondes de plus, la pardusse l’aurait probablement arrêté et étripé, dévoilant rapidement qu’elle n’était pas une esclavagiste. Sauf que là, il était hum… trop tard pour réagir? De toute façon, Soren s’occupait de sa dignité en l’abritant maladroitement des regards curieux qui s’étaient dirigés vers eux après le grondement du phéryxian.

Ce n’est toutefois que lorsque Vigie posa des yeux légèrement surpris vers elle, après s’être pris une claque derrière la tête par Dale pour sa mauvaise attitude, que Douhbée compris qu’il était temps de ficher le camp. Elle n’avait pas pu s’empêcher de gronder lorsque la femme avait touché à son homme, et c’était maintenant elle qu’on regardait curieusement, avec ses oreilles écrasées sur sa tête et tout son poil dressé. Elle ne se le fit donc pas dire deux fois et fit immédiatement éclater les chaînes de Soren, ficha son poing sur le nez de la succube, qui tomba inconsciente, et profita de la cohue qu’elle venait de causer en libérant son prisonnier (enfin, personne ne savait encore que c’était elle) pour défaire de la même façon les chaînes des alombriennes et les inciter à courir avec elle, pendant que tous les autres couraient après Vigie.

***[Vigie]Fait attention à toi, Soren…*** le pria-t-elle mentalement, sachant que même si elle s’opposait à ses ordres, il n’y avait rien de mieux à faire, pour l’instant.

Malgré tout, elle ne put s’empêcher de regarder derrière elle après avoir couru une bonne distance avec ses prisonnières, ne serait-ce que pour s’assurer qu’elle n’était pas suivie, et fut rassurée de voir que Dale, le plus robuste de leurs ennemis, était inconscient au sol. Toutefois, Vigie n’en était pas encore sorti pour autant, et il évitait les flèches qu’on lui lançait en plein vol et ce battait avec tous ceux qui tentaient de l’arrêter. Repérant l’arme massive du reptilien évanoui, Douhbée eut un sourire et la fit virvolter avec son pouvoir jusqu’à son amoureux, lui prêtant main forte comme elle le pouvait. L’arme lui permit de se sauver la vie in extremis, mais des gens avaient finalement remarqué l’absence des autres prisonnières et les cherchaient. La jeune femme déglutit en tournant le dos à la scène pour guider les victimes vers les premiers chevaux qu’elle trouva, avant d’être repérée, et les pressa de monter à cru, il n’y avait pas de temps pour sceller. Puis, elle pressa sa propre monture au galop et fila vers le nord, en contournant volontairement le village où elles allaient à coup sûr être cherchée en premier.

***[Vigie]Plein nord, tu ne peux pas nous manquer!*** répondit-elle à son amoureux qui la cherchait, enfin! ***Comment ça s’est passé, tu vas bien?***

De fait, Douhbée chercha frénétiquement des yeux la silhouette de harfang qu’elle n’avait plus aucun mal à reconnaître, mais elle avait parcouru une distance assez grande pour le confondre avec un pigeon, d’où elle était, si bien qu’elle ne sut le repérer dans le ciel. Mais à défaut de le repérer, elle entendit plutôt distinctement des voix d’hommes raisonner jusqu’à elle, ils avaient repéré «ce sale volatile». Merde!

-Continuez sans moi, il y a des buissons là bas, planquez-vous! ordonna-t-elle aux prisonnières en se disant que, si Vigie et elle ne s’en sortaient pas, elles n’ont plus de toute façon, alors vallait mieux mettre toutes les chances de son côté en s’assurant que la première partie ne se réalise pas…

Dès que les humaines lui eurent obéi, la pardusse fit faire demi-tour à sa jument, décrocha son arc de son dos et encocha une flèche, en ne dirigeant plus son cheval que par la pression de ses cuisses. Une bête bien entraînée, celle-là, spécifiquement pour les archers. Elle repéra ainsi rapidement Vigie, un genou au sol et le flan en sang, ce qui acheva d’éveiller la guerrière en elle. La première flèche fit mouche, happant l’un des trois hommes dans l’épaule, mais la deuxième rata sa cible dans le stress de la situation et Douhbée perdit sa concentration lorsque l’ennemi effraya sa monture en la blessant, désarçonnant sa cavalière qui tomba au sol, faute d’avoir eut les rennes en main.

Avec un peu de chance, ils se trouvaient sur l’une des rares oasis de vergeture du désert, et l’herbe s’y trouvait dense et amorti la chute de la pardusse, qui, de toute façon, tombait toujours sur ses pattes. Douhbée fit une roulade pour éviter une attaque, puis se leva en titubant dans les herbes folles, sentant tous ses sens à l'affût, plus sensible que jamais. Il lui semblait que tous les mouvements de ses ennemis étaient désormais exagéré, que les odeurs et les sons étaient plus puissants et que les couleurs étaient plus éclatantes que la réalité. Un ronronnement incongru en pareille situation monta de sa gorge, et ce fut dans un mode «chasseuse excitée» qu’elle attaqua ses adversaires, toutes griffes dehors, en balayant l’air de sa queue comme si elle jouait. Il lui fallut un moment, après que tous les ennemis soient finalement tranquilles au sol, avant de réaliser qu’elle n’était vraiment pas normale. C’est lorsqu’elle se surpris en train de se rouler dans l’herbe à nouveau qu’elle se souvint que les quelques rares verdures capables de percer le désert étaient majoritairement de l’herbe à chat, une plante qui ne nécessite évidemment que peu de soin pour pousser abondamment.

-Oh zut… ronronna-t-elle en étant incapable de retrouver son sérieux, complètement sous le charme de l’herbe. Vigiiiiieeeee sussura-t-elle en s’étirant au sol, savourant l’odeur de ce qui était pour elle une drogue. Tu vas bien bébé oiseau? J’ai vu que t’avais un p’tit bobo.

Il lui fallu un impression effort de volonté pour abandonner la caresse de la pelouse pour rejoindre son compagnon, fortement étonné de l’attitude bizarre de l’écuyère. D’ailleurs, celle-ci, qui était toujours sous la folie de l’herbe à chat, se frotta la joue contre lui et lui lécha le nez avec des petits mouvements secs comme un vrai félin. Puis, se souvenant qu’il était blessé, elle s’attarda à lécher le tour de la plaie sur le flan de Soren, voulant nettoyer la zone avant de retirer ce qu’il restait de la flèche.

-Ohhh les bandages sont dans la trousse… sur mon cheval. Cheeevaaalll? CHEEEVVVAL!? gloussa-t-elle en espérant ramener sa jument paniquée vers eux pour récupérer la trousse de premiers soins, qui serait certainement plus efficace en guérison que sa langue râpeuse.

Quoi? C'était un mauvais moment pour crier? Oh, et un mauvais moment pour s'attarder aussi? Vraiment? Dites ça à l'herbe à chat!
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Jeu 30 Juin - 12:01

Le genou en terre, Vigie leva un regard mauvais sur les assaillants qui fonçaient droit sur lui. Quelques gouttes de sueur perlaient sur son front, autant par la chaleur du désert, que par la douleur qu’il ressentait et les efforts qu’il avait fait jusqu’à présent. Les trois hommes affichaient des rictus mauvais et dégainèrent leurs armes dans le but évident de l’achever. Oh, mais Soren n’avait pas l’intention de se laisser faire sans broncher! Il allait leur offrir une farouche résistance! Toutefois, il n’eut aucunement le temps de bouger qu’une flèche vint se jucher dans l’épaule de l’un de ses trois ennemis. Des bruits de sabots se firent entendre et le pheryxian vit sa petite amie qui arrivait en sa direction sur sa monture, arc en main, telle une amazone. Elle encocha un deuxième projectile, mais celui-ci rata sa cible. L’homme visé fit tournoyer son épée et blessa la monture au niveau de sa patte antérieure qui se cabra sous la peur et la douleur. Douhbée n’avait visiblement pas vu venir le coup, car le redressement soudain de l’animal lui fit perdre pied. Au lieu de s’écraser au sol comme n’importe quel humanoïde, la jeune femme retomba habilement sur ses pattes parmi les herbes hautes de l’oasis où ils se trouvaient. Avec un peu de chance, la verdure serait plutôt dense et limiterait les dégâts que cette chute pouvait causer à la jeune femme; après tout une cheville pouvait être si rapidement tordue…

Les deux hommes indemnes chargèrent ensuite la pardusse. Cette dernière, vive comme l’éclair, roula dans l’herbe afin d’éviter un assaut porté en sa direction, puis se remit rapidement sur pied… non sans tituber? Vigie regardait la scène, le cœur battant. Il se força à se remettre sur pieds également, mais la douleur lancinante de son flanc lui fit voir des étoiles. Décidément, son vol jusqu’ici ne semblait plus être l’idée du siècle. Il avait perdu beaucoup de sang et la tête de flèche mordait trop profondément ses muscles pour lui permettre de bouger à nouveau avec toute sa liberté habituelle. Il refusa toutefois de s’écraser au sol et resta debout par orgueil. Il était hors de question qu’il laisse Douhbée se faire massacrer par ces mécréants! Afin d’éclaircir sa vision, le pheryxian secoua vivement sa tête puis ramena son regard sur la scène qu’il redoutait tant… et se figea un instant en voyant l’écuyère abattre sauvagement ses ennemis, sa queue fouettant l’air avec furie. C’était toutes griffes dehors qu’elle avait eu raison d’eux! Et bien! Il ne l’avait jamais connu aussi bestiale!

Vigie devait avoir l’air d’une carpe. Il regarda son amoureuse qui se roulait maintenant avec passion dans l’herbe, parmi les cadavres, en ronronnant comme un félin qui recevait un surplus de caresses. Mais qu’est-ce qu’elle faisait?! Elle se tortillait dans tous les sens et affichait un air béat et de plénitude totale. Après quelques instants à l’ignorer, Douh leva enfin la tête et planta son regard doré sur Vigie qui tenait à peine debout. Bébé oiseau?! Depuis quand l’appelait-elle comme ça? La jeune femme était mielleuse et ronronnait à tout vent! Ah tiens, elle avait remarqué « son petit bobo »? C’était délicat de sa part.

- Douh, fit-il doucement. J’ai une tête de flèche plantée dans le flanc… Pourrais-tu m’aider avec ce « petit bobo » plutôt que de te frotter dans l’herbe? S’il te plaît…

La pardusse se releva bien maladroitement et s’approcha de lui. Vigie s’agenouilla donc au sol et essuya les perles de sueur de son front avec le revers de sa manche. Une grimace de douleur déformait légèrement ses traits, mais quelle ne fut pas sa surprise que de sentir la féline damoiselle se frotter contre lui, tête d’abord! Elle ronronnait de plus belle et lui lécha même le nez! Elle en profita ensuite pour déchirer un peu sa tunique (pour dégager la plaie) et se mit à lécher sans délicatesse la chair meurtrie pour une raison inconnue du volatile.

- Douh! Arrête, s’écria-t-il. Ça fait mal! Et je doute que ce soit la meilleure façon de procéder.

Mais visiblement, la jeune femme ignora ses propos et continua son travail, toujours guidée par son instinct félin. Elle procéda ensuite à l’extraction de la tête de flèche avec ses griffes [NB. : j’imagine que c’est la façon la plus efficace dans l’état où elle est XD], ce qui soutira un hurlement de douleur de la part du chevalier. D’accord, crier n’était en rien une bonne idée, mais il n’y pouvait rien! Sa chair était à vif… L’écuyère se releva non sans un gloussement puis appela maladroitement son cheval avec une voix très forte. Elle voulait visiblement récupérer les bandages dans la trousse de premiers soins… Quelle image elle offrait! Elle ricanait à voix haute et son visage était barbouillé de sang frais. Ça donnait l’impression qu’elle venait de manger un animal vivant. Vigie tenta de lui faire comprendre qu’il valait mieux qu’elle baisse le ton, mais rien n’y faisait! L’écuyère se leva puis courut (enfin… gamba presque) vers la bête boitante et effrayée que constituait son destrier. Soren n’y comprenait rien. Jamais elle n’avait agi de la sorte. C’était comme si elle avait trop bu ou avait consommé des substances illicites… Le chevalier pressa la plaie béante qui trônait sur son flanc avec sa main, puis se leva à nouveau. Il se força à battre des ailes puis s’élança vers le cheval terrorisé. Il fut plus rapide que l’écuyère « ivre » et agrippa les rennes de l’animal. Il banda ses muscles pour la forcer à rester en place non sans grogner de douleur. Sa plaie saignait de plus en plus, lui faisant ainsi comprendre qu’il DEVAIT se tenir tranquille. Du moins, le temps que ça cicatrise.

Une fois la bête un peu moins agitée, il tendit une main souillée de sang vers les sacoches qui trônaient sur la scelle et défit l’une de leurs attaches habilement. Il sortit un rouleau de bandage puis s’agenouilla un peu plus loin dans le but évident de bander ses blessures tout seul. Douh n’était pas en état de pouvoir l’aider, visiblement. Néanmoins, c’était naïf de sa part que de croire qu’il pourrait faire son travail tranquillement alors que la pardusse un peu trop « high » était toujours dans les parages. Il sentit la ronronnante jeune femme s’approcher de son dos en gloussant. Que faisait-elle? Elle tendit les mains pour prendre les pansements et lui jeta un regard presque coquin. Elle semblait vouloir l’aider dans sa tâche. Reprenait-elle tranquillement ses esprits? Il commençait à en douter à voir la façon dont elle déchira sa tunique sans grande retenue, exhibant ainsi son torse à la peau diaphane. Est-ce que c’était une impression ou elle semblait caresser son corps? Non pas que ce n’était pas affriolant, mais le moment était mal choisi pour profiter du corps de l’autre! Est-ce que les herbes de l’oasis étaient à l’origine du comportement étrange de son amie? Il devait d’abord les regarder de plus près pour en avoir le cœur net.

- Arrête Douhbée, fit-il un peu plus sèchement cette fois. Je n’en ai pas envie et tu n’es pas toi-même en ce moment.

Il se saisit alors des poignets de sa douce moitié en s’assurant bien qu’il ne serrait pas trop fort pour lui faire mal. Il la repoussa ensuite doucement et se leva pour marcher vers les herbes hautes. Il se pencha pour les regarder de plus près et reconnu instantanément le végétal en question. De la cataire! Cette herbe avait des effets particuliers sur les félins et cela expliquait le comportement étrange de son amoureuse. Dire que Douh s’était roulée là-dedans… pas étonnant qu’elle ait du mal à revenir à elle! Le chevalier remarcha en direction de l’écuyère et reprit les bandages qu’elle avait entre ses mains. Il enroula le tissu médical autour de sa propre taille et serra fortement celui-ci afin qu’il fasse une pression considérable sur sa plaie. Ses mains tremblaient, mais le pansement semblait tenir, ce qui était l’essentiel. Il rangea le restant du rouleau dans la sacoche du cheval, puis prit les brides afin de guider l’animal blessé à sa suite. Il fit de même en prenant la main de la pardusse. Ainsi, ils marchèrent de longues minutes dans le sable, s’éloignant de l’oasis de cataire.

… quand Vigie fut pris de vertige. Il commença à tituber, puis tomba à nouveau à genoux au sol. Il avait besoin de repos.
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Mar 5 Juil - 10:43

Ignorait-il donc que la meilleure façon de nettoyer une plaie à vif reste une bonne vieille langue râpeuse de chat? Non? Ah, ces fichus volatiles qui n’y connaissent rien! Bon, ce n’était certes pas la sensation la plus agréable en ville, mais au moins ça nettoie. Bon, elle n’était pas sa petite sœur et ne connaissait fichtre rien en guérison, c’était seulement l’instinct félin qui avait pris le dessus. Ce qui était plus difficile à comprendre pour Douhbée, du moins dans son état un peu… «primale», c’était pourquoi Vigie avait eut le droit de crier tout son saoul lorsqu’elle avait extirpé le bout de flèche de sa chaire, mais qu’il lui demandait d’être plus silencieuse pour rappeler sa jument paniquée par sa blessure. L’écuyère s’éloigna à contrecœur de son amoureux qu’elle n’avait envie que de caresser pour courir après sa monture, dans un air d’allé plein d’ivresse un peu ridicule et bien contradictoire avec son apparence sanglante, dont elle n’avait pas encore conscience.

-Allez viens ici vilaine fille! se plaignit Douhbée en essayant de la rattraper, mais malgré sa blessure Vigie fut plus rapide qu’elle et réussi à mettre la main sur les rennes de la bête effrayée Oh bah bravo, ça à recommencé à saigner! Tu devrais rester tranquille, Soren. dit-elle avec plus de lucidité qu’elle n’en avait eut au cours des dernières minutes. Et tous mes efforts pour te soigner, hein? Tu en fais quoi? Lucidité zéro.

Peut-être que Vigie avait décidé de faire sans l’aide de son infirmière, mais ça n’allait certainement pas se passer comme ça. Un blessé se doit de rester tranquille, aussi Douhbée se pressa-t-elle de le rejoindre et de lui enlever les bandages des mains. Si sa chemise était déchirée à l’endroit de sa blessure, ça ne lui laissait pas assez d’espace pour travailler convenablement, aussi commença-t-elle à lui arracher sa chemise sans réaliser vraiment l’air coquin qu’elle avait au visage et sans contrôler le ronronnement naissant dans sa gorge alors qu’elle caressait le torse nu de son amoureux. Ses oreilles félines se plaquèrent instantanément lorsqu’il la repoussa sèchement, sous-entendant qu’elle n’était pas elle-même.

Froissée d’avoir été refroidie aussi brutalement dans son ardeur, Douhbée sorti ses griffes qu’elle enfonça dans les bandages qu’elle tenait fermement entre ses doigts et feula en direction de cet oiseau indigne qui ne reconnaissait pas son amour et ses efforts. Elle s’attarda donc plutôt à bander sa jument pour qu’elle puisse continuer à marcher, puisque son blessé préféré s’éloignait d’elle l’espace d’un instant. À son retour, les effets de l’herbe à chat avaient commencés à se dissiper sur la pardusse puisqu’elle s’en était éloigné dans sa chasse pour récupérer sa monture, mais elle avait encore l’impression de flotter au dessus de la scène et ne réalisait pas encore ce qui s’était passé. C’est pourquoi elle ne réagit pas lorsque le Chevalier récupéra les bandages pour se soigner lui-même avant d’emmener à sa suite à la fois la jument de Douhbée que son propriétaire.

Les tremblements revinrent dans les mains de l’écuyère lorsque les images des dernières minutes commencèrent à lui revenir en tête alors qu’elle n’était plus affectée par la drogue féline. Douhbée jeta un regard surpris derrière elle, ne s’étant jamais douté de la puissance de la cataire, mais n’osa plus poser le regard sur Vigie, complètement gênée par son attitude, bien qu’elle avait été hors de contrôle, il lui semblait que ce n’était pas une excuse. Quel fier Chevalier elle faisait! Elle hésitait encore à ouvrir la bouche pour parler, ne sachant ce qu’elle pourrait dire, lorsque le phéryxian s’écrasa au sol, alors qu’ils arrivaient tout près de la cachette des alombriennes.

-Les filles venez m’aider… souffla-t-elle en espérant que sa voix parvienne jusqu’au buisson, puis en jetant un regard désespéré derrière elle en craignant d’être entendue, quoi que s’il y avait eu encore des poursuivants, ils l’auraient entendue bien plus tôt.

Heureusement, l’une des esclaves avait l’oreille fine et vint l’aider à supporter Vigie jusqu’à leur cachette, prenant chacune leur bras pour le porter. S’attardant pour la première fois vraiment à sa blessure depuis que les vapeurs de l’herbe à chat avaient quitté son esprit, Douhbée se sentit d’autant plus inutile étant donné l’état du Chevalier et la stupidité de son «aide» un peu plus tôt. La jeune femme passa ses bras autour de son amoureux dans une étreinte on ne peut plus tendre, rien à voir avec sa vigueur un peu plus tôt, puis lui embrassa les cheveux pour cacher les larmes qui naissaient dans ses yeux.

-Je suis désolée Soren. Tellement… tellement stupide… Oh Soren qu’est-ce que j’ai fait? Me pardonneras-tu mon amour? sanglota-t-elle en ouvrant finalement les yeux pour remarquer avec horreur le trace de sang qu’avaient laissée ses lèvres dans la chevelure immaculée (ou presque) de Vigie.

Ne comprenant d’abord pas d’où elle provenait, la pardusse se tâta le visage à la recherche d’une blessure, constatent finalement qu’elle était simplement couverte du sang de Vigie qu’elle avait léché un peu plus tôt. Elle n’arriva pas à retenir un haut le cœur lorsqu’elle compris l’origine de l’arrière goût qui trônait dans sa bouche et se détacha prestement du Chevalier pour se vider les entrailles un peu plus loin, recrachant une bonne partie du sans qu’elle avait avalé.

-Oh seigneur. Qu’est-ce que j’ai fait? sanglota-t-elle à nouveau en essuyant vigoureusement les trace de sang sur son visage avec le revers de sa manche, se retournant juste à temps pour voir l’une de leurs protégées s’approcher de Vigie et poser une main illuminée sur son flan.

Douhbée eut juste le temps de soupirer de soulagement avant d’entendre une voix masculine au loin hurler qu’il venait de voir de la lumière, puis des exclamations victorieuses en retrouvant les corps des victimes de la pardusse. Elle comprit distinctement un «ils ne peuvent pas être bien loin!» avant que le reste ne s’étouffe dans un brouhaha de voix chuchotées et de pas dans toutes les directions.

-Merci mademoiselle, chuchota la lynx plus bas que jamais en s’approchant de la guérisseuse. Mais plus de magie maintenant, et on doit filer, y vont trouver notre trace en suivant les gouttes de sang. Douhbée jeta un regard soulagé vers la plaie bien bandée et presque guérie de Vigie, ce n’était pas lui qui avait laissé traîner du sang en chemin, mais elle… Tu peux te lever, mon amour? On ne peut pas rester ici, ils vont nous trouver. Je vais nous ramener à Alombria, je vais tous nous ramener je te le jure. souffla-t-elle en prenant son visage entre ses mains, plongeant ses yeux dorés dans les siens. Ça va bien aller, d’accord?

Et pourtant, c’était elle qui avait besoin d’être rassurée, alors que les prisonnières essayaient de libérer leurs chevaux de la cachette et les monter sans faire de bruits. Sauf qu’il manquait encore une monture, ou plutôt deux, considérant que celle de Douhbée était blessée. S’ils ne se rendraient pas loin à monter à deux sur la même bête, ils pourraient au moins essayer de mettre une distance raisonnable entre eux et leurs poursuivants. C’est pourquoi la jeune femme fit signe aux deux plus jeunes prisonnières de monter ensemble, puis elle aida Vigie à faire de même avec elle, étant tous les deux de frêle ossature, ils avaient des chances de ne pas trop épuiser la bête. Les rennes de la jument blessée étaient attachés à son poignet, elle arriverait sûrement à suivre si elle ne portait personne.
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Mar 5 Juil - 15:09

Ses genoux bien enfoncés dans le sable, il avait réellement la tête qui tournait. Son regard se portait vers le sol et sa vision était un peu floue. Probablement un mélange de fatigue, de perte de sang et de douleur. Où allait-il puiser la force de pouvoir avancer? Avec une monture estropiée, de surcroît… Il secoua sa tête, espérant ainsi éclaircir sa vision quand il entendit la voix de Douhbée qui sommait aux alombriennes de venir lui donner un coup de main. De par l’urgence de son ton, Vigie avait compris qu’elle avait finalement retrouvé ses esprits. Des bruissements de feuilles montèrent à ses oreilles, puis deux poignes solides le saisirent sous les bras. Le chevalier sentit qu’on le supportait afin qu’il puisse le lever, puis marcha avec ses deux alliées jusque dans leur cachette improvisée, soit parmi un amoncellement de buissons touffus.

Une fois à l’endroit indiqué, le pheryxian opta pour une position assise, la tête basse. Il fixait un point devant lui, espérant ainsi que le décor allait arrêter de tourner. Il sentit ensuite les bras amoureux de Douhbée l’enlacer et les lèvres de cette dernière qui embrassaient sa tête dans un geste plein d’affection. Sous ce contact si tendre, Soren ferma les yeux. Avait-elle la moindre idée à quel point sa proximité lui apportait une forme de réconfort? Elle allait bien, c’était tout ce qui comptait à ses yeux.

- Ne t’en fait pas, Douh, fit-il tout bas en l’entendant se confondre en excuses. Tu ne pouvais pas savoir que c’était de la cataire, surtout dans le feu de l’action. Si tu n’avais pas été là, ils m’auraient tué… Et pour le reste… ça va, n’y pense plus. C’était l’instinct qui prenait le dessus…

C’est à ce moment qu’il sentit sa compagne se figer. Levant la tête, le pheryxian remarqua qu’elle avait la bouche ensanglantée… de par son sang qu’elle avait tenté de lécher. À voir son expression, il comprit qu’elle lui avait accidentellement taché les cheveux, ce qui était le cadet de ses soucis. Néanmoins, l’horreur se peignit sur son visage et le goût lui remonta visiblement à la bouche, puisqu’elle s’éloigna pour vomir un peu plus loin. Pauvre Douhbée! Ce séjour était des plus difficiles pour elle… D’abord le retour des souvenirs, ensuite ça. Soren ne pouvait s’empêcher de songer que, s’il avait fait plus attention, il ne se serait pas retrouvé dans cette position. Il voulut ouvrir la bouche pour réconforter la pardusse qui sanglotait, quand une main se posa sur son épaule. Instinctivement, il tourna la tête pour tomber nez à nez avec l’une des alombriennes. Elle lui décocha un sourire réconfortant et déclara qu’elle pouvait l’aider. Elle lui donna donc un coup de main afin qu’il puisse défaire ses bandages et dégager la plaie, puis passa l’une de ses mains sur la chair à vif qui trônait sur son flanc. Vigie grimaça de douleur sur le coup, puis ses traits s’adoucirent, signe que ses souffrances s’estompaient grandement. Là où se trouvait une plaie béante se tenait maintenant une simple cicatrice un peu rougie, rien de plus. Le chevalier alombrien se sentait déjà mieux. Néanmoins, par précaution (mais aussi par souci de préserver la plaie du sable du désert), la jeune femme banda à nouveau le corps du volatile. La douleur en moins, il avait les idées plus claires, moins embrumées. Ça ne chassait pas la fatigue, mais c’était déjà un très bon début.

Puis, c’est alors que son sang ne fit qu’un tour : des voix montèrent à ses oreilles fines, signe que d’autres poursuivants étaient à leur trousse. Combien étaient-ils? Il ne saurait le dire, toutefois, il était prêt à parier qu’ils ne mettraient pas beaucoup de temps à les retrouver s’ils restaient en place. Douhbée remercia l’humaine qui avait aidé Vigie puis lui demanda s’il était en mesure de pouvoir se lever. Ce dernier hocha de la tête et s’exécuta non sans grogner un peu… D’acc…. Il avait encore un peu mal, mais c’était davantage ankylosé qu’autre chose. La jeune femme s’approcha de lui, prit son visage dans ses mains douces et lui fit la promesse de tous les ramener en Alombria. Soren esquissa un sourire et hocha de la tête. Il avait confiance en elle et, actuellement, elle avait l’étoffe d’une vraie chevalière. Il avait parfois du mal à se rappeler qu’elle n’était encore qu’écuyère…

Ainsi, le groupe s’activa rapidement. Les deux plus jeunes alombriennes montèrent sur l’un des destriers et les deux membres de l’ordre grimpèrent sur l’autre. Douhbée tenait fermement en main les rênes de la monture estropiée. Les deux autres humaines les plus en forme allaient suivre le plus rapidement qu’elles pouvaient [P.S. Elles n’étaient pas quatre au départ???] à pieds. Ainsi, le groupe disparate commença sa progression dans le désert, restant à l’affût du moindre mouvement suspect. Ils avancèrent du mieux qu’ils pouvaient, mais les sabots des chevaux ainsi que les pas des femmes à pieds s’enfonçaient dans le sable, rendant la progression plus ardue que prévu. C’est au moment où ils passèrent près d’énormes rochers que les choses se gâtèrent de nouveau…

Le groupe commençait sincèrement à se fatiguer et Vigie allait suggérer de prendre une pause, quand soudain, un bruit de rocaille s’écroulant attira son attention. Il n’eut pas le temps de tourner la tête qu’un projectile (un caillou visiblement) lui heurta la tête de plein fouet. Sous l’impact, il tomba en bas de sa monture, puis roula dans la poussière. Les chevaux poussèrent un hennissement de surprise et les alombriennes se mirent à crier. Soren voyait des étoiles. Tout était flou. Il lui semblait que les sons étaient déformés et un mal de bloc le prit d’assaut. Des cris d’hommes et des rires montèrent à ses oreilles fines, mais il n’arrivait pas réellement à en déterminer la source. Péniblement, il se hissa à quatre pattes au sol et tentait de retrouver ses esprits. Il perçut à peine les alombriennes qui tentaient de fuir autour de lui. Tout semblait au ralenti. Il tourna lentement la tête et crut voir Douhbée aux prises avec deux hommes. L’un lui tenait les bras solidement dans le dos alors que l’autre, un rictus mauvais aux lèvres, s’approchait par le devant. La pardusse se débattait comme un diable dans l’eau bénite, mais rien n’y faisait. *LÂCHEZ LÀ* avait-il envie de crier, mais il avait du mal à retrouver ses sens. Ainsi, il se contenta d’émettre un grognement. *Allez, Soren!! SECOUE-TOI MERDE!*. Il se leva finalement debout, puis regarda la scène qui se déroulait devant lui. L’adrénaline envahissait son corps, l’aidant grandement à recouvrer ses esprits. Les envahisseurs étaient au nombre de quatre, ce qui n’était pas insurmontable.

Un bruit de tissu déchiré ponctué d’un cri attira son attention. Le brigand qui s’en prenait à Douhbée venait de déchirer le haut de sa tunique afin d’exhiber ses atouts féminins dans le but évident d’abuser d’elle. Le SALOPARD! Le regard du pheryxian balaya l’endroit à une vitesse incroyable et il nota son arc, au sol près de lui. Ses flèches s’étaient éparpillées au sol au même moment où leur monture s’était affolée. Vif comme la foudre, il se saisit de l’objet de son désir, encocha une flèche et tira sans aucune hésitation. Le projectile alla se ficher dans la gorge de l’agresseur qui s’écroula dans un gargouillis immonde. L’homme insecte qui retenait l’écuyère lâcha sa poigne sous la surprise. Cette dernière se dégagea rapidement au grand soulagement de son amoureux. La suite fut des plus surprenantes : ce n’était plus de la peur ou de la détresse qui semblait trôner sur les traits de l’écuyère… mais une incommensurable colère. La suite des événements se passa en un éclair. Trois hommes qui chargeaient. Une pardusse en probable quête de vengeance. Vigie n’eut pas besoin de lever le moindre petit doigt. Il n’avait jamais rien vu de tel. Dès que la poussière retomba, il se précipita vers son amoureuse. Il retira la cape de ses épaules et entoura cette dernière avec le tissu afin de l’aider à cacher ses attraits.

- Trouvons un endroit pour nous reposer, nous avons assez bougé pour cette nuit. Nous reviendrons ensuite vers Alombria dès que nous le pourrons, souffla-t-il à cette dernière en l’enserrant de ses bras.

***********************************************

Les humaines dormaient près du feu. Vigie ouvrait les yeux en sursautant après un sommeil plutôt léger. Il ne dormait jamais beaucoup de toute façon. Il était entouré d’une riche végétation due à une oasis. Tout près d’eux se trouvait une étendue d’eau cristalline; une véritable bénédiction pour un endroit aussi aride que le désert. Au loin, le soleil semblait être sur le point de se lever, chassant par le fait même les ombres de la nuit. Soren se releva sur ses coudes et remarqua Douhbée, déjà levée, qui regardait l’horizon. Lentement, il se releva puis marcha en sa direction en prenant bien soin de ne pas réveiller les humaines. Une fois à la hauteur de son amoureuse, il glissa doucement ses bras autour de sa taille puis posa quelques baisers sur sa nuque.

- Ça va? Demanda-t-il doucement à son intention. Tu me sembles bien songeuse…

Il glissa ensuite sa main sur la mâchoire de la jeune femme et l’incita à se retourner, face à lui. Il passa un bras autour de sa taille puis embrassa tendrement ces lèvres si douces et si tentantes. Il caressa ensuite la chevelure blonde de sa petite amie dans un geste amoureux.

- Tu m’as impressionné ce soir, Douhbée. Tu as été incroyablement forte. J’aurais été perdu sans toi, souffla-t-il du bout des lèvres. Tu sais, j’ai réalisé beaucoup de choses ces dernières heures. J’aurais pu y rester, là-bas. Sans parler de ces salopards qui ont osé lever la main sur toi… Son ton était un peu plus acerbe, mais il se radoucit immédiatement, ne désirant pas ruiner leur moment d’affection. Mais nous nous en sommes sortis, grâce à toi… et ce, malgré ton écart avec la cataire, ajouta-t-il en souriant, visiblement amusé.

Puis, il avança sa tête et posa un baiser dans le front de l’écuyère en murmurant un bref « Merci ». Il se recula ensuite doucement, et prit sa tête entre ses mains afin de l’inciter à le regarder.

- Je ne sais pas ce que je ferais sans toi… Tu es celle qui me permet de rester fort, la raison même qui me pousse à me surpasser, à vivre même. Puis, un air sérieux s’afficha sur son visage. Son regard fusionna avec l’or des iris de l’écuyère de Courage. Douh? Veux-tu m’épouser? Souffla-t-il à nouveau, un élan d’amour le prenant d’assaut, comme s’il réalisait à quel point la vie pouvait être courte et périlleuse. Enfin, pas tout de suite, mais quand tu seras sacrée chevalier. Voudras-tu unir ta vie à la mienne?

Parce que tout le monde savait qu’il était mal vu pour un chevalier de s’unir officiellement à une écuyère. Mais au moins, ils seraient fiancés. Et il était patient : il pouvait attendre quelques années sans problème, tant que la pardusse était à ses côtés.
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Jeu 7 Juil - 14:44

La route ne pouvait pas bien se passer aussi longtemps, les événements malheureux ou malchanceux semblaient tous vouloir se concorder pour faire de cette journée, ou de cette nuit plutôt, un enfer. L’épuisement abattait autant les prisonnières que les membres de l’Ordre de Chevalerie, et il fallait trouver un véritable abri avant que tous ne s’écroulent. Personne n’osait parler, espérant émettre le moins de sons possibles, mais cela ne servit à rien, puisqu’ils tombèrent dans un piège au détour d’un énorme rocher, parfait pour abriter l’ennemi. Ils auraient dû être plus vigilants, mais le sommeil avait pris le dessus sur leurs esprits.

Ce qui risqua leur vie fut le délai entre le moment où Vigie reçu un caillou sur la tête et la réaction de Douhbée. L’esprit trop embrumé par la fatigue, il lui fallu un moment avant de réaliser qu’ils étaient victimes d’une attaque, même lorsque le jeune homme tomba de leur monture. Ce délai fut mis à profit des esclavagistes qui leur avait tendu ce piège, arrachant à son tour la pardusse à sa selle et l’agrippant solidement pour éviter les coups de poings et de pieds qu’elle s’acharnait à leur donner, en même temps que les chevaux étaient pris de panique et que les alombriennes étaient attrapées à nouveau. Rapidement, la pardusse fut entourée par des hommes, masquant son amoureux à sa vue, elle ne savait plus s’il était toujours au sol ou s’il s’était repris, mais ce n’était plus son urgence actuelle.

L’envie qu’elle lisait dans les regards dégueulasses de ses captifs en disaient long sur ce qu’ils avaient en tête à propos de «la furie qui avait tué leurs comparses», si on utilise les termes employés par ceux-ci. D’ailleurs, les prisonnières allaient certainement subir le même sort un coup le cas de Douhbée réglé, il est toujours plus amusant de commencer par le gros défi d’abord, non? Heureusement, la pardusse n’avait pas l’intention de leur laisser ce loisir, et bien qu’ils tentaient de la retenir, elle réussi à griffer ou mordre chacun de ceux qui osa poser une main sur elle, même si cela ne semblait qu’attiser leur amusement et leur désir plutôt que leur faire peur.

Ce ne fut pas assez pour empêcher l’un d’eux de réussir à lui déchirer sa tunique, dévoilant toute sa… sensualité aux regards avides de ses tortionnaires, qui la maintenaient désormais assez fermement pour qu’il ne lui reste plus qu’à crier des injures, incapable de se débattre. Sa seule fierté était de ne pas s’être mise à pleurer, puisque c’était la rage qui l’habitait plutôt que la peur. Elle n’était plus une gamine et victime fragile, et ça la frustrait de se retrouver dans une position de faiblesse, maintenant qu’elle était une femme et une écuyère d’Alombria. Douhbée n’eut même pas le temps de soupirer de soulagement lorsqu’une flèche, dont elle connaissait l’origine sans le voir, transperça la gorge de son agresseur principal. La surprise des autres lui donna le temps de se dégager aisément, et n’ayant pas de temps pour les remerciements, la pardusse reprit son attaque, toujours mains nues. Son combat avait la saveur de la vengeance, comme si c’était Ulyss lui-même qu’elle égorgeait de ses griffes affutées et non un banal esclavagiste du Désert. Dans sa tête, c’étaient tous des incubes qu’elle tuait, et non un homme insecte, un reptilien et un humain.

La jeune femme était encore tendue en position de combat, prête à éliminer le prochain adversaire qui se jetterait sur elle, lorsque Vigie se précipita pour la couvrir de sa cape. Elle en avait presque oublié qu’elle était à moitié nue, et les terribles images dans sa tête reprirent le dessus lorsqu’il l’entoura de ses bras réconfortants. Alors, elle put se permettre de pleurer, parce que c’était terminé, et de toute façon, il était là pour la protéger.

Les fugitifs avaient finalement trouvé une oasis tranquille où passer la nuit, mais même allongée contre le corps de Vigie, Douhbée n’arrivait pas à fermer l’œil. Ils avaient pourtant eu assez de sentiment de sécurité pour oser allumer un feu, se sentant enfin à l’abri d’une attaque, mais la jeune femme ne pouvait cesser de revoir la scène, alors qu’elle avait failli être violée une autre fois. Ne voulant réveiller le Chevalier, elle se détacha doucement de ses bras pour mieux le laisser dormir, et décida de monter la garde, bien qu’elle ne fût plus nécessaire à cette distance du marché des esclaves. Quelques temps avant le levé du soleil, le phéryxian vint la rejoindre en silence, mais la pardusse ne sut retenir un soupir de soulagement lorsqu’il l’entoura de ses bras et l’embrassa. C’était en réalité tout ce dont elle avait besoin.

-J’arrive pas à fermer l’œil… souffla-t-elle pour toute réponse, doucement pour ne pas réveiller les anciennes prisonnières.

En se retournant vers lui, elle sut qu’il n’était pas nécessaire qu’elle ajoute des précisions, il savait pourquoi. Elle se laissa réconforter par ses caresses et son baiser plus que par les paroles qui suivirent, et qui eurent plutôt le don de la faire rougir. N’était-ce pas lui qui l’avait sauvée d’être à nouveau agressée? Il disait qu’elle avait été forte, elle s’était plutôt trouvée horriblement fragile, dans le sens où elle avait perdu le contrôle de sa tête, assoiffée par la vengeance, et que ça aurait pu être dangereux pour eux tous. Ils avaient eu de la chance… Surtout considérant l’accident avec l’herbe à chat, qui aurait pu être désastreux, et qui la faisait encore rougir de honte rien qu’à y penser.

-Non chut, l’interrompit-elle lorsqu’il la remercia. Ils ont failli m’avoir. Encore. C’est moi qui devrait te remercier, pas l’inverse.

Ou peut-être qu’ils faisaient simplement une bonne équipe, travaillant l’un pour l’autre plus farouchement que jamais grâce à l’amour qui les unissait. Alors que Douhbée aurait voulu baisser les yeux, toujours troublée par ce qui avait failli lui arriver, Vigie la força à le regarder, et c’est dans l’or de ses yeux qu’elle puisa son courage. Ces mots, prononcés par Soren, résonnaient en elle avec la même exactitude que si c’était elle qui les lui avait dit. Il était sa raison de vivre sans craindre l’avenir.é

-Je t’aime, lui répondit-elle en oubliant, l’espace d’un instant, les femmes endormies autour d’eux. Comme s’ils étaient seuls au monde. De toute façon, leur amour ne méritait-il pas d’être annoncé haut et fort, à qui voulait l’entendre?

La suite des événements prit évidemment la pardusse par surprise, et elle resta béate malgré le sérieux de Vigie, ses lèvres étant figées dans une réponse qui restait coincée dans sa gorge. Venait-il vraiment de lui demander ça, alors qu’il était Chevalier et elle écuyère? Ce n’était probablement même pas permis, et si Colombe ne relevait pas leur relation, c’est parce qu’ils avaient taché de la gardé discrète, au moins jusqu’à ce qu’elle soit adoubée. Toutefois, Vigie ajouta aussitôt qu’il parlait du futur, quand elle serait libre de s’unir à lui, dans trois ans bref. La bouche de Douhbée resta longuement ouverte de surprise, dans l’espoir de répondre à cette question qui la laissait toutefois sans voix. Ce fut donc plutôt son expression qui répondit à sa place, lorsque ses yeux se remplirent de larmes, de bonheur, et que ses lèvres se retroussèrent dans un sourire tremblotant. Elle se jeta ensuite sur lui pour l’embrasser, le faisant presque tomber sur le dos dans sa précipitation, oubliant toutes ses peurs, sa fatigue et sa colère des dernières heures dans cette étreinte chaleureuse et ce baiser régénérant.

-Oui… réussit-elle finalement à répondre entre deux baisers, le temps de reprendre son souffle. Oui, oui, oui! répéta-t-elle autant de fois qu’elle jugea nécessaire, chaque fois entrecoupés de baisers, juste au cas où il n’aurait pas compris seulement avec son non-verbal. Oui, quand j’aurai le droit. Oui, quand j’aurai le rang. Oui, si je le pouvais tout de suite, ça serait oui, et ça le sera encore dans trois ans. Oui, je te veux à moi pour toujours. Oui, je t’aime.

Un bruit inattendu la fit alors sursauter, et elle s’empourpra en réalisant qu’ils avaient réveillé l’humaine la plus proche, ayant momentanément oublié de chuchoter. Douhbée lui mima le mot «désolée» du bout des lèvres, l’incitant du regard à se recoucher, mais la jeune femme lui répondit plutôt par un sourire et se leva pour les rejoindre. À la grande surprise des deux tourteraux, elle retira une alliance, simple anneau d’or, de son doigt et le tendit à Vigie, avant de se pencher vers eux pour chuchoter, tenant à ne pas réveiller ses autres compagnes d’infortune.

-Ils ont tué mon mari lorsqu’ils m’ont emmenée. Il vous servira plus à vous qu’à moi, je ne veux plus le voir chaque jour, de toute façon. De vraies fiançailles devraient être officielles et publiques, ne le cachez pas. Ne vous en faites pas pour sa valeur, on dira que c’est ma façon de vous remercier pour m’avoir sauvé la vie.

Puis elle s’empressa de retourner se coucher, non sans un clin d’œil à notre attention, afin de couper court aux protestations qui allaient surgir, de Vigie comme de Douhbée. Ils ne les avaient pas sauvées pour être payés, mais parce que c’était leur rôle en tant que membres de l’Ordre de Chevalerie, en tant que protecteurs d’Alombria. Pourtant, le phéryxian du comprendre qu’il ne servirait à rien de tenter de lui faire entendre raison, et comme elle leur tournait déjà le dos, il passa plutôt l’alliance au doigt de la pardusse, qui y allait étonnement juste.

La jeune femme resta un moment figée à regarder son doigt, se demandant l’espace d’un instant ce que les gens diraient s’ils s’affichaient publiquement. Certes, ils n’avaient pas un grand écart d’âge, et ils avaient passé une partie de leur formation d’écuyers dans une belle amitié, mais cela n’empêchait pas toutefois qu’il était Chevalier et pas elle. N’était-ce pas mieux de garder ces fiançailles secrètes jusqu’au jour de son adoubement? Elle eut sa réponse dans les yeux brillants de son amoureux, elle savait en le regardant qu’elle n’avait qu’une seule envie maintenant, et c’était de crier son amour pour lui sur tous les toits du Royaume.

Un sourire mystérieux aux lèvres, Douhbée détacha de son poignet le bracelet qu’il lui avait offert plusieurs années plus tôt, et qu’elle portait toujours sur elle. Usant de sa magie, elle détacha quelques mailles du bijou, malheureusement de bien piètre qualité comparativement à l’alliance de l’ancienne prisonnière, et façonna un anneau parfaitement ajusté à l’annulaire de Vigie, qu’elle lui passa au doigt de la même façon qu’il avait fait avec elle.

-Maintenant tout le monde sauras que tu es à moi, chuchota-t-elle prudemment cette fois-ci, s’assurant de n’éveiller personne, comme ils sauront tous que je suis à toi. À partir d’aujourd’hui, et jusqu’à notre dernier jour.

Ça faisait longtemps qu’elle se considérait «à lui» et qu’elle le considérait «à elle», depuis le jour où elle lui avait donné son corps, ou peut-être le jour où elle lui avait ouvert son cœur. En tout les cas, voilà qui rendait ses sentiments un peu plus officiels.
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Mer 13 Juil - 9:54

Son regard doré scrutait les traits de la pardusse en recherche d’un signe de sa part. Pour le moment, tout ce qu’il y lisait, c’était une stupéfaction sans limites. Avait-il choisi le mauvais moment pour poser sa question? En fait, il n’avait pas réellement réfléchi à un « bon moment ». La question lui était venue naturellement au moment où il réalisait à quel point leur travail était dangereux. Il voulait vivre avec elle et s’unir à elle pour toujours, et ce, même si elle est un peu étrange sous les effets de la cataire! Cette micro pensée le fit sourire, l’espace d’un instant. Puis, les larmes montèrent aux yeux de Douhbée qui l’embrassa avec une passion et une frénésie hors du commun. Elle répéta le mot « oui » à plusieurs reprises, au grand soulagement du chevalier qui répondit à ses baisers avec autant de vigueur. Un sourire rassuré trônait maintenant sur ses lèvres en entendant les propos de sa douce moitié et il passa ses bras autour de sa taille pour la serrer contre lui avec force. Bon sang qu’il l’aimait!

Puis, un bruissement retentit sur sa droite et Vigie se retourna au même rythme que sa petite amie. Une humaine se leva, tout sourire, et le pheryxian imita la pardusse alors que cette dernière s’excusait et incitait l’Alombrienne à retourner se coucher. Néanmoins, cette dernière n’écouta en rien leurs recommandations et s’approcha d’eux malgré tout. Elle retira son alliance – un simple, mais tout de même délicat, jonc doré – et le tendit à Vigie. Ce dernier lui jeta un regard incrédule, ne pouvant accepter un tel cadeau. Elle déclara alors en chuchotant que son mari était décédé au moment où elle avait été enlevée. De ce que Soren avait compris, elle n’arrivait plus à poser le regard sur cet anneau qui, somme toute, devait trop lui faire penser à son tendre époux. C’était donc un cadeau de sa part, en guise de remerciement. Le chevalier ailé ne savait que dire et la remercia chaleureusement. Il hocha de la tête à ses recommandations, songeant également au fait qu’il ne désirait pas vraiment cacher sa relation avec Douhbée non plus. Et puis, ils ne feraient rien de mal tant qu’ils ne se mariaient pas avant l’adoubement de l’écuyère.

La femme leur jeta un regard attendri, puis retourna se coucher auprès de ses compagnes. Il se retourna donc vers sa compagne avec un sourire amoureux et glissa la bague à son doigt. Heureusement, cette dernière lui faisait parfaitement, ce qui faisait en sorte qu’ils n’auraient pas besoin de lui apporter des altérations. Ils n’auraient qu’à trouver un anneau complémentaire serti de pierres précieuses qui ferait office de bague de mariage, le temps venu. Lentement, Douh leva sa main et admira la bague qui brillait à son doigt. Elle sembla coincée dans ses pensées un bref instant, puis ramena son attention sur son amoureux qui l’observait avec des yeux brillants d’amour. Elle lui répondit de la même façon, puis détacha le bracelet que Vigie lui avait offert à la foire, trois ans plus tôt. L’écuyère de Courage usa de son don de manipulation du métal et défit plusieurs mailles pour façonner une bague des plus originales. Certes, ce n’était pas la même qualité que l’alliance de Douh, mais le pheryxian n’en avait rien à faire. C’était le geste qui comptait et rien d’autre. Elle lui glissa l’anneau au doigt, puis lui chuchota à l’oreille que c’était dorénavant une preuve qu’il lui appartenait totalement. C’était peut-être la sensation grisante du moment, le fait qu’il était heureux qu’ils soient tous les deux en vie ou encore le souffle chaud de sa petite amie près de son oreille, mais un frisson le parcourut de la tête aux pieds. Une douce chaleur l’envahit et un tiraillement se fit ressentir au niveau de son abdomen. Il avait envie d’elle… là, maintenant.

- À toi, maintenant et à jamais… répondit-il en un souffle avant de l’embrasser avec passion. Il caressa sa taille et le bas de son dos de ses mains langoureuses – démontrant visiblement ce qu’il avait en tête – puis nota le fait qu’ils étaient encore près des Alombriennes.

Il se recula doucement en direction de l’oasis, un sourire coquin aux lèvres, et prit la main de Douhbée. Il tira doucement sur son bras pour lui faire signe de le suivre, mais elle sembla hésiter. En fait, il était plus que probable qu’elle était déchirée entre l’envie de suivre son amoureux et de garder un œil constant sur les Alombriennes.

**[Douhbée] Je t’assure, nous ne serons pas loin. Alleeeeez… À moins que tu n’en aies pas envie? Le regard qu’elle lui jeta lui confirma qu’il avait tort sur ce point. Viens Douh, j’ai terriblement envie de te sentir près de moi, de sentir ta peau contre la mienne, ton souffle au même rythme que le mien… ajouta-t-il d’un ton effroyablement mielleux. **

Il la dévorait du regard et bientôt, il eut raison de la jeune femme. Elle esquissa finalement un sourire puis décida de le suivre non sans un gloussement. Ils étaient loin des esclavagistes maintenant et l’endroit semblait réellement sécuritaire. Et puis, ils avaient tous deux l’ouïe terriblement fine et possédaient une vue perçante. En cas de pépin, ils pourraient réagir rapidement. Le chevalier entraîna donc la jeune femme parmi les herbes hautes et les fleurs aux couleurs vives puis s’avança près de l’étendue d’eau, caché de la vue des Alombriennes. Le sable était chaud et terriblement fin. L’eau de l’oasis était cristalline, donnant envie de s’y baigner… Toutefois, pour rassurer totalement l’écuyère quant à la sécurité des lieux, il déploya ses ailes. Il lui confirma qu’il allait simplement s’assurer que les environs étaient sécuritaires et lui somma de ne pas bouger de là (pas question qu’il laisse tomber l’idée de leur danse charnelle, il en avait trop envie!). Dans un battement, il gagna les airs à une altitude surprenante et scruta les environs. La vision était superbe d’où il était! Il voyait le canyon au loin et le sable à perte de vue. Heureusement, il n’y avait personne autour de leur refuge. Parfait!

Il redescendit rapidement vers le sol puis dévora sa compagne du regard au moment où ses pieds de volatiles touchaient le sable chaud. Elle était assise sur la plage, plus radieuse que jamais. Il marcha donc en sa direction, retirant sa tunique déchirée par le fait même pour la jeter au sol. Il se foutait du bandage qui ceignait à sa taille. Ça ne l’empêcherait en rien. Il s’agenouilla au sol, une fois à la hauteur de Douh, et s’avança à quatre pattes par-dessus elle avec un sourire évocateur aux lèvres. Il emprisonna les lèvres de sa fiancée contre les siennes, puis introduit langoureusement sa langue dans sa bouche. De sa main gauche, il caressa sa gorge, son épaule, glissa sur la courbe de sa poitrine, le long de sa taille puis de sa cuisse. Il incita sa compagne à nouer ses jambes autour de ses hanches et nota le fait qu’il était plus qu’évident qu’elle devait ressentir l’étendue de son désir à travers leurs pantalons mutuels. Sa main libre glissa ensuite sous le tissu du chemisier de sa fiancée et caressa la peau douce de sa taille et de la courbe de ses reins. Il la sentait se cambrer et frissonner sous son contact, ce qui le fit sourire de satisfaction. Pendant un bref instant, il pressa son bassin contre le sien, savourant leur contact malgré la barrière de tissu qui les séparait. Dans un mouvement lent et langoureux, il retira le morceau de vêtement des épaules de la pardusse, puis se recula pour la laisser se redresser. Ils s’enlacèrent l’un l’autre avec amour et Soren ferma les yeux au contact de la peau nue, douce et chaude de la femme de sa vie contre la sienne.

Sa bouche embrassa la gorge de l’écuyère, puis la clavicule et descendit doucement vers sa poitrine… Puis, une idée germa dans sa tête. Il releva son visage, puis regarda les iris d’or fondu de son amoureuse.

- T’as envie qu’on se baigne un peu, tous les deux? Souffla-t-il du bout des lèvres.

Se baigner nu avec sa compagne était une idée qui lui plaisait beaucoup! Mais à savoir si ça la brancherait, il n’en savait rien. Normalement, tant que l’eau n’était pas trop froide, il ne devrait pas y avoir trop de problèmes…
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Jeu 14 Juil - 17:20

Difficile à dire si ce fut son regard d’or brillant, son ton de voix passionné lorsqu’il lui répondit, son sourire aguicheur ou ses mains langoureuses lorsqu’ils échangèrent un nouveau baiser passionnée, mais Douhbée comprit rapidement ce que Vigie avait en tête sans avoir besoin de le vérifier. Comme d’habitude lorsqu’il était du désir qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre, la jeune femme s’empourpra, toujours aussi timide lorsqu’il était question de s’assumer entièrement féminine. Certes, l’idée de se consoler dans les bras de son amou… fiancé était plus que tentante, s’éloigner de ses pensées obscures pour rejoindre l’extase… Ne plus penser aux ennemis, à l’agression, aux prisonnières, à la mission, et ne penser à elle était certes égoïste mais franchement tentant.

Sauf que justement… les prisonnières. Douhbée jeta un coup d’œil hésitant à leurs protégées lorsque Soren l’incita à la suivre en s’éloignant de leur campement, ce à quoi la pardusse résista un instant. Ils étaient responsables d’elles… S’il devait leur arriver quelque chose en leur absence? Un autre enlèvement, par exemple. Était-il certain que les ennemis n’attendaient pas simplement la disparition de leurs protecteurs pour reprendre leur dû? Ce n’est pas tant l’insistance de Vigie ou sa promesse de rester assez près pour qu’il n’arrive rien qui la fit céder, mais son regard brillant lorsqu’elle se retourna vers lui pour le corriger. Oh, c’était faux de croire qu’elle n’en avait pas envie. Elle avait tout simplement toujours envie de lui, il la rendait tellement… vivante. Et femme.

***[Vigie]Es-tu habité par le mauvais esprit de la tentation? Tu finiras par me conduire tout droit en enfer, Soren…*** répondit-elle de la même manière, non sans une once de malice.

Les jeunes complices échangèrent un sourire, la première lorsqu’elle eut cédé, le second lorsqu’il eut compris que c’était le cas, et l’un entraîna l’autre à l’écart, non sans la dévorer du regard juste comme il savait bien le faire pour lui faire perdre la tête. Sentant ses joues avoisiner à nouveau entre les teintes «tomate» et «pivoine», Douhbée étouffa avec peine un gloussement ridiculement gêné, non sans un dernier regard en arrière pour s’assurer que nulle ne se rendait compte de leur départ. Sauf peut-être la veuve, probablement toujours éveillée, mais elle se garda bien de leur laisser savoir.

La pardusse se laissa entraîner par Vigie, non sans s’assurer d’abord qu’ils ne passaient pas au travers d’un plant d’herbe à chat, cette horreur se rependant facilement, puis attendit sur le bord de l’oasis que l’Harfang-des-neiges fasse son inspection. Passablement rassurée, Douhbée se détendit considérablement en approchant de l’a petite étendue d’eau, source de miracle dans l’étendue aride du désert. Si la jeune femme détestait habituellement être trempée, elle doutait que cette eau là soit froide et désagréable, et s’y trempa les pieds pour en chasser le sable coincé entre ses griffes. Elle était délicieuse, presque aussi bien tempérée que les bains de l’aile de Chevalerie, la nuit ne l’ayant pas refroidit d’une miette.

Lors du retour de Soren, la cape légère de l’écuyère avait été étendue sur le sol pour s’asseoir sur son confort (et éviter de se mettre du sable plein les cheveux et…. Autre part). Douhbée s’empourpra comme une adolescente à la vue du torse déjà nu de son amoureux lorsqu’il s’agenouilla devant elle pour mieux s’allonger contre elle, l’emprisonnant bientôt de ses bras et de ses baisers. En aucun cas le bandage ne gâchait son attirance, car c’était plutôt les yeux de Vigie qui lui donnait des palpitations, fenêtres ouvertes sur l’amour qu’il éprouvait pour elle et qui enflammait son cœur… et son corps. Le ballet de leur langue emporta bientôt la pardusse dans l’extase de la luxure, aussi facilement qu’à l’accoutumée, possédée par les caresses sur son corps, délectables même au travers ses vêtements. Elles n’en étaient que plus aguicheuses, comme s’il se jouait d’elle pour la mettre au défi de céder à son plaisir en premier.

La pardusse s’accrocha à son fiancé en lui entourant le bassin de ses jambes, avec le même désir habituel. Les intentions de VIgie, même si elles n’étaient plus à douter, se ressentaient aisément sous son pantalon pressé contre le sien, ce qui fit sourire la jeune femme qui le poussa légèrement des pieds afin qu’il soit encore plus collé à elle, montrant qu’elle désirait ce qu’il y avait sous ses vêtement autant que lui. Des mains chaudes se mirent ensuite à caresser la peau de Douhbée sous sa tunique, la faisant frissonner malgré la chaleur, émoustillée par le chatouillement agréable qu’il lui procurait. La jeune femme se tendit, caressant les cheveux du phéryxian de ses mains moites et avides d’amour, parcourant la descente de sa nuque jusqu’à son dos musclé, où naissaient ses ailes aussi immaculées que sa chevelure. Ou presque, si on oubliait le sang dans celle dernière…

Douhbée se laissa déshabiller doucement, nécessitant toute sa force d’esprit pour ne pas s’impatienter et arracher elle-même sa tunique de sur son dos, Vigie ayant le don de la faire tourner en bourrique en la faisant languir. Il lui avait donné envie, et elle le voulait maintenant, l’attente la torturait. Lorsqu’il se redressa pour retrouver une position assise, la jeune femme suivit son mouvement, ses mains toujours agrippées à son dos, abandonnant son haut au sol avec soulagement. Soren ne se faisait que tendresse, alors que la pardusse se voulait désir et soupirait dans la lenteur que son fiancé prenait volontairement pour régler «leur petite affaire», non car elle s’inquiétait de leurs protégées, mais parce que le désir dans son bassin frôlait l’indécence. Crispée sous les baisers langoureux qui parcouraient sa peau nue, elle gémit lorsqu’il s’arrêta juste à la naissance de son sein, arrêtant sa course pile où elle espérait justement qu’il ne s’aventure, lui proposant tout bonnement d’aller faire une baignade, ce qui la fit gronder.

-Ce n’est pas que l’idée d’un bain de minuit… ou d’aube, peu importe, avec toi ne me soit pas alléchante, mon amour, mais…

Comment dire qu’elle le voulait immédiatement et que l’attente la rendait folle? Qu’elle n’avait qu’une envie et que c’était d’arracher leurs pantalons et lui ouvrir son corps pour qu’il la prenne comme il savait si bien le faire? Que son corps se languissait de ses caresses sur sa peau? Comment le dire sans passer pour... enfin ce qu’elle était : une fille en manque d’amour, éprouvée par la mission et terriblement attirée par lui. En glissant les doigts dans les cheveux de Vigie, le visage de Douhbée se marqua d’un sourire amusé, notant la même soif d’amour qu’elle dans son regard doré. Oh, il la voulait, et c’était justement pour mieux la savourer qu’il attendait, comme il avait attendu lorsqu’elle lui avait ouvert son cœur.

-Oh et puis… j’ai déjà vérifiée l’eau, elle est chaude. Un bain ne nous fera pas de tord, ni à l’un, ni à l’autre. chuchota-t-elle en étouffant un rire amusé lorsqu’elle souleva une des mèches rougies par le sang de son fiancé.

La jeune femme se jeta alors malicieusement sur les lèvres attrayantes de Vigie, l’embrassant sans le quitter une seconde alors qu’elle se levait avec lui, l’attirant vers l’étendue d’eau en détacha sa ceinture, faisant rapidement tomber son pantalon à ses chevilles de rapace. Son dernier vêtement à elle subit rapidement le même sort, juste avant de mettre un premier pied dans l’eau chaude et confortable de l’oasis. Un véritable paradis au milieu de la désolation. Le fond de l’eau était moelleux sous les pieds, comme s’il avait été prévu pour cela. Douhbée se mit rapidement la tête sous l’eau, bien qu’elle déteste cette sensation, ne serait-ce que pour se débarrasser de toutes les saletés qui recouvraient sa chevelure, principalement de la poussière ou du sable, mais d’autres substances qu’elle préférait ne pas imaginer lui virent en tête en regardant l’état de Vigie.

-Oh tu ne vas pas t’en sortir toi non plus, ricana-t-elle malicieusement en l’emmenant sous la surface avec elle, caressant plus sensuellement que vigoureusement la chevelure en piètre état de son fiancé, même si c’était un vrai nettoyage qu’il aurait eu besoin.

Leurs corps couverts d’eau reflétaient la lumière naissante du soleil, rendant la scène plus idyllique encore, et les muscles apparents du phéryxian plus sensuels. Douhbée glissa ses doigts entre ceux de Vigie, quelque peu hypnotisée par les reflets dorés que rejetait l’alliance de son amoureux, pourtant en toc. Le ciel se couvrait d’orangé et influait toute les surfaces par ses teintes tantôt mielleuse, tantôt rosées. Debout dans l’eau délicieusement chaude de leur cachette, la jeune femme se blottit à nouveau contre Soren, embrassant avec passion cette bouche délicieusement rosée par le soleil levant, attirée vers lui comme s’il était de métal et qu’elle avait accidentellement activé son pouvoir de magnétisme. Charmée par la scène trop romanesque pour être vraie. Ses doigts griffus parcoururent prudemment, mais habilement, le corps désirable dont elle connaissait chaque centimètre carré, descendant lentement vers l’objet de son intérêt. Douhbée s’amusa de sentir pulser le désir montant de l’homme de sa vie, et se délectait de le faire attendre aussi bien qu’il l’avait fait languir.
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Lun 18 Juil - 21:41

Son visage était à quelques centimètres de celui de la pardusse et le pheryxian ne put s’empêcher de sourire en lisant parfaitement l’impatience sur les traits de sa compagne ponctué d’un petit grondement félin. Il savait très bien ce que Douhbée désirait le plus, et ce, maintenant. Mais à quoi bon se presser? Il s’amusait à la titiller de la sorte et le moment d’extase en serait d’autant plus savoureux. Vigie gloussa légèrement en entendant les maigres protestations de sa compagne qui tentait de lui dire qu’elle le voulait dans l’immédiat. Elle avait du mal à dire ce qu’elle désirait, même après plusieurs mois de fréquentation, comme à leurs débuts. Ça la rendait d’autant plus mignonne. D’un mouvement amoureux, l’écuyère glissa une main dans ses cheveux de neige et Vigie ferma les yeux un bref instant. Il adorait quand sa fiancée lui jouait dans les cheveux. Un mouvement si simple, mais tellement réconfortant.

Elle déclara alors que l’eau de l’oasis était chaude et ajouta qu’elle était d’accord pour prendre un bain en sa compagnie, désignant par le fait-même les quelques mèches blanches souillés de sang qui lui collaient sur le front. Un nouveau sourire naquit sur les lèvres du chevalier qui se leva au même rythme que sa compagne. Leurs bouches se rencontrèrent, échangeant un baiser langoureux avec la langue. Comme enchanté par le charme de Douhbée, le jeune homme la suivit lentement vers l’eau de l’oasis, sans quitter sa bouche de la sienne et sentant ses doigts experts se saisir de sa ceinture. Dans un mouvement décidé, elle fit disparaître ses derniers vêtements puis Vigie s’en prit également à son pantalon, le faisant valser un peu plus loin. Ils entrèrent ensemble dans l’eau chaude de l’étendue d’eau claire et Soren observa les formes ruisselantes de sa compagne alors qu’elle sortait de l’eau. Les courbes de ses seins, le creux de ses reins, la musculature de son abdomen, ses cheveux dorés plaqués contre sa peau bronzée, ses lèvres roses à souhait… tout lui donnait envie. Puis, elle l’observa avec un sourire amusé en déclarant qu’il ne s’en tirerait pas sans un bon nettoyage. Vigie gloussa en la sentant le tirer par le bras afin qu’il s’enfonce dans l’eau avec elle. Elle lui frotta sensuellement les cheveux puis refirent surface.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Mar 19 Juil - 19:39

[Ho, j’aurais du spoiler O_O Méchante Khan qui a traumatisé des enfants pas avertis]

Contenu explicite:
 
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Ven 22 Juil - 16:33

Spoiler:
 

Le souffle court, le jeune homme n’osa pas bouger pendant quelques instants, alors que sa petite amie semblait retrouver tous ses sens. Un regard amoureux trônait sur son visage et lentement, il se pencha sur son amante afin d’embrasser tendrement ses lèvres pulpeuses. Comme il l’aimait! Et dire qu’un jour, elle serait totalement sienne. Sa femme… c’était étrange à dire, même mentalement. Si un jour on lui avait dit qu’elle serait à la fois sa meilleure amie, son amante et la femme de sa vie, il n’en n’aurait très certainement pas cru un seul mot. Lui qui était autrefois si timide n’osait même pas imaginer – à l’époque du moins – qu’une fille pourrait un jour vouloir même l’embrasser. Et pourtant, là, il venait de faire l’amour à la fille de ses rêves pour la X ième fois depuis le début de leur vie commune. En songeant à tout ça, c’était presque irréaliste. Doucement, il appuya son front contre celui de la pardusse, puis se retira doucement de ce corps si agréable. Il couvrit ensuite le visage de sa compagne de baisers, puis se releva pour se diriger vers l’oasis dans le but évident de se nettoyer.

Il avait de l’eau jusqu’à la mi-cuisses quand il sentit la pardusse s’approcher d’un pas lent et calculé. Des bras enserrèrent sa taille et il la sentit, dans son dos. Tout naturellement, il glissa son bras par-dessus celui de sa petite amie dans un geste affectueux.

- Peux-tu croire que, lorsque tu seras chevalier, nous serons mariés? Demanda-t-il en observant le soleil qui se levait. Trois ans… Trois petites années. C’est tout ce que nous devons attendre afin que je puisse enfin t’appeler ma « femme » en toute liberté. Rien ne peut me rendre plus heureux…

Puis, il se retourna pour lui faire face. Il prit son visage entre ses mains, puis l’embrassa à nouveau avec une tendresse incroyable. Ses mains glissèrent ensuite le long de sa chevelure blonde, puis caressèrent son dos aux muscles dessinés.

- Tu crois qu’elles nous ont entendus? Demanda-t-il avec un sourire amusé en désignant du menton l’endroit, au loin, où était érigé le campement. Ça serait un peu gênant, tu ne trouves pas?

Puis, il gloussa à cette idée. En fait, ça l’amusait presque. Au pire, elles seraient de lointains témoins du charisme incroyable du pheryxian! Non pas que ça importait réellement, mais ça lui faisait tout de même un velours rien que d’y penser. Il se demandait également quelle serait la réaction de ses comparses de l’ordre lorsqu’ils apprendraient la nouvelle. Non pas qu’ils allaient nécessairement le crier sur tous les toits (Vigie connaissait le besoin d’intimité de l’écuyère de Courage), mais il n’avait pas nécessairement non plus l’intention de se cacher. Julius descendrait de ses grands chevaux et Soren, pour sa part, afficherait un air glorieux non dissimulé.

Les amoureux restèrent un bon moment dans l’étendue d’eau, s’embrassant et se caressant avec des gestes remplis d’amour. Puis, ils revinrent vers la plage où ils s’étendirent sur la cape de Douhbée pendant de longues minutes. À la fois pour profiter de leur intimité que pour laisser le vent les sécher un peu. Ils s’admirèrent, rigolèrent puis émirent nombre d’hypothèses sur la réaction de l’ordre lorsqu’ils découvriraient leur nouvel engagement. Vigie se délectait des paroles de la pardusse, remerciant intérieurement les dieux de lui avoir offert une fiancée aussi extraordinaire. Puis, des exclamations les firent sursauter. Les Alombriennes les cherchaient! Le chevalier ailé leur envoya un message télépathique dans le but de les rassurer. Le couple se dépêcha d’enfiler les vêtements qui parsemaient la plage et se dirigea en direction du campement dans le but évident de ramener les rescapées dans leurs foyers, en Alombria…
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MessageSujet: Re: Esclaves de l'amour. [TERMINÉ]   Sam 23 Juil - 21:02



Le couple répondait aux caresses de l’autre avec la même fougue passionnée qu’à l’accoutumé, peut-être un peu plus précipité qu’autrefois, avec ce sentiment de sécurité qui les enveloppaient alors qu’ils avaient bien failli y passer la veiller. Se sentir l’un à l’autre, l’un dans l’autre, c’était une façon de s’assurer qu’ils s’en étaient bel et bien sortis, comme ils s’en ressortiraient toujours, tant qu’ils étaient ensemble. Douhbée perdait la tête, comblée dans les bras de son fiancé, certaine qu’elle n’aurait jamais pu être plus heureuse que maintenant, alors que Soren lui faisait à nouveau voir le septième ciel, mais sans les vertiges de l’envolée. Juste une profonde et puissante satisfaction, qui les laissèrent tous les deux épuisés, mais ivres de plaisir.

La pardusse reprenait contact avec la réalité, s’éloignant à regret du paradis de promesses que lui offraient les bras de Soren pour se rappeler amèrement de la mission qu’ils n’avaient pas terminée. Ils prirent tout de même le temps de profiter du calme avant que le soleil ne soit assez élevé pour éveiller leurs protégées, savourant simplement la présence de l’autre dans une étreinte paisible, retrouvant un rythme de respiration plus calme. Douhbée sourit sous les baisers amoureux de son fiancé, mais fit la moue en le laissant partir à regret, quittant la chaleur de leurs corps enlacés pour retourner dans l’eau se nettoyer convenablement. Elle le regarda s’éloigner pendant un instant, admirant son corps qui la faisait encore rougir lorsqu’elle le voyait, jusqu’à ce qu’elle ressentit le manque de sa présence et s’empresse de le rejoindre à nouveau, ne serait-ce que pour continuer de le toucher et s’assurer qu’il était toujours à elle.

Ses mains délicates glissèrent sur la peau trempée du phéryxian et elle enfouie son visage dans les plumes douces de ses ailes qui lui chatouillaient la peau. Elle aurait voulu rester éternellement dans ce paradis au milieu de la désolation, mais ils devaient bien prendre leurs responsabilités. Peut-être, lorsqu’ils seraient vieux et inutiles à l’Ordre, ils reviendraient dans ce petit coin isolé du monde, pour s’aimer sans avoir l’impression de mal faire. Seuls.

-Trois ans… soupira Douhbée sans sourire. J’ai l’impression de passer mon temps à te faire attendre trois ans

Malgré l’engouement de Soren, la pardusse avait l’impression que ces années n’allaient pas être si «petites», car lorsqu’on espère profondément quelque chose, il semble toujours arriver plus lentement. Trois ans, ça lui semblait presque inaccessible, si loin et si mystérieux dans le futur. Étrange, pour quelqu’un qui avait le futur à portée de la main comme elle. Il lui semblait que le futur des autres lui était toujours accessible, mais pas le sien. «Trois petites années»… Les trois dernières lui avaient-elle aussi semblées petites, alors qu’elle ne savait comment lui rendre son amour? Au moins, il ne les avait pas passé à attendre, puisqu’il n’avait alors aucune façon de croire qu’il aurait une chance.

-«Ta femme»… Ce seul mot réussi à lui faire retrouver le sourire, lorsque Vigie se retourna vers elle. Tu peux commencer à m’appeler comme ça tout de suite, en toute liberté. Ça me fait plaisir de l’entendre. Ça m’aiderait à attendre.

Pour autant qu’elle sache, elle se considérait déjà à lui, de toute façon. Douhbée répondit à son baiser avec la même tendresse, glissant ses doigts sur les hanches de Soren, remontant à son dos de la même façon qu’il la caressait, savourant le plaisir de l’avoir contre elle, ne sachant quand elle en aurait à nouveau l’occasion. La pardusse ricanna en pensant aux jeunes femmes qu’ils avaient certainement éveillé au son de… leur amour.

-Arrête, ne fait pas le timide, je suis certaine que tu ne seras pas fâché de la réputation que tu viens de te bâtir. Maintenant, tout le monde va savoir quel superbe amoureux tu fais. Douhbée s’empourpra, comme chaque fois qu’elle parlait avec plus d’audace qu’à l’accoutumée, mais chassa son trouble en plongeant son regard amusé dans celui de son homme. J’espère qu’elles ont entendus! Parce que comme ça… tout le monde va savoir que tu es à moi. Le meilleur amoureux est déjà pris, c’est mon homme et je ne partagerai pl… pas.

Elle avait faillit dire «je ne partagerai plus», montrant qu’elle pensait encore beaucoup trop souvent à la blessure de jalousie qui lui saignait le cœur, et espérait que Soren n’ait pas remarqué. Douhbée avait toujours du mal se l’enlever de la tête, se demandant souvent avec amertume si elle lui avait fait l’amour avec autant de tendresse qu’elle, et s’il lui avait répondu avec autant de passion. Mais elle ne pourrait jamais poser la question, refusant de se faire mentir, et craignant d’entendre la vérité…

Le couple se sépara à contrecœur après plusieurs minutes d’étreintes passionnées et de baisers chaleureux, tantôt dans l’eau puis à nouveau sur la plage, laissant Douhbée encore désireuse de lui malgré la satisfaction qu’il lui avait donné plus tôt. Il lui semblait qu’elle serait toujours ouverte à lui, il ne cessait jamais de lui donner envie d’accueillir son amour. La pardusse ne craignait pas la réaction des gens, elle espérait simplement avoir le temps de l’annoncer convenablement, proprement, aux personnes les plus importantes pour elle avant que les rumeurs ne montent à elle, et comme elle était toujours aussi peu douée pour s’exprimer… Ça pouvait encore être long. Elle s’amusa tout de même des élucubrations de son fiancé sur les réactions de certains de ses amis, jusqu’à ce qu’ils furent tous les deux interrompus en sursauts lorsqu’ils s’entendirent appeler. La réalité les voulait à nouveau, et ils devaient obéir. La mission n’était pas terminée tant que ces femmes n’étaient pas en sécurité dans la capitale, et il restait encore un long chemin à parcourir. Les amants s’empressèrent donc de se revêtir et de retourner au campement, avant de prendre le nord, laissant leur oasis paradisiaque et leurs ébats secrets loin derrière eux, mais apportant sur le chemin leurs espoirs et leurs projets.

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