Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Ah, les hommes... (PV Douhbée)

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Colombe

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MessageSujet: Ah, les hommes... (PV Douhbée)   Lun 13 Juin - 11:23

La guerre était maintenant officiellement déclarée. Il n’y avait pas eu de grandes batailles, pas encore, mais les missions de sabotage et d’espionnage avaient déjà débuté. Colombe passait beaucoup de temps à planifier la stratégie qu’Alombria devrait adopter pour reprendre Shola. Elle ne voulait pas vraiment de guerre ouverte ; elle avait grandi à Shola, elle connaissait ses habitants, ses gardes, sa noblesse… C’était difficile d’imager se battre contre des anciens compagnons d’arme, des gens qui avaient grandi avec elle. Souvent, elle pensait à Khanrell, qui avait été comme une sœur pour elle. Et elle pensait à Pride, peut-être la seule personne qu’elle tuerait sans regret. Mais même s’il mourrait, ses frères et sœurs prendrait sa place pour gouverner Shola… Reprendre ce royaume ne serait pas facile. Pour les instants, les efforts d’Alombria se concentraient sur des missions plus subtiles qui visaient à toucher la stabilité du royaume ennemi.

Colombe se doutait bien que Shola essayerait de faire la même chose. Plusieurs mesures avaient été mises en place pour limiter les tentatives de sabotage. La capitale était particulièrement surveillée et l’inspection des marchandises entrant dans la ville était beaucoup plus importante qu’avant. La jeune femme craignait surtout que des armes soient amenées à des groupes rebelles dans la ville, ou que le commerce d’esclaves reprenne d’ampleur. Même s’il n’y avait pas de grandes batailles, il était facile de blâmer la disparition de quelqu’un sur des «espions sholiens» plutôt que sur des esclavagistes et ceux-ci en profitaient pour essayer de cacher leurs opérations.

Colombe avait décidé d’aller voir comment les fouilles se déroulaient à l’entrée de la capitale pour essayer de voir s’il y aurait moyen d’améliorer le fonctionnement actuel et pour en apprendre davantage sur les besoins des gens qui y travaillaient. Peut-être qu’elle ne ferait aucun changement, mais les soldats de garde serait probablement content de la voir passer. Elle ne voulait pas être une chef qui ne voyait jamais ses soldats, elle préférait essayer de rester près d’eux. De plus, Douhbée pourrait gagner à mieux savoir comment les marchandises étaient inspectées. Cela pourrait lui être utile à Alombria autant qu’à Shola, si jamais elle devait aller en mission d’espionnage et avait à entrer dans une ville incognito.

Le duo se dirigeait donc tranquillement vers la porte principale de la ville, là où le trafic était le plus important. Colombe avait remarqué que Douhbée semblait avoir un certain intérêt pour un écuyer, Vigie... La jeune femme se demandait si elle devrait en parler avec l’adolescente, ou s’il valait mieux faire comme si de rien était. Jeune, elle n’avait pas particulièrement aimé que les autres s’intéressent à ses relations amoureuses, mais elle n’avait rien vécu qui aurait bien rendre sa relation avec les hommes difficiles, contrairement à Douhbée. Colombe ne savait pas exactement ce qui lui était arrivé, mais elle se doutait bien que ça avait compliqué les relations hommes-femmes pour la jeune fille. Peut-être qu’elle aurait donc besoin de soutien, de quelqu’un avec qui parler…? Ou peut-être pas? Colombe n’avait aucune idée de comment savoir ce qu'elle devrait faire. Elle essaya donc d’y aller en toute subtilité… Essaya.

«Douhbée, j’ai remarqué que tu passes beaucoup de temps avec Vigie!» C’était un bon début… Peut-être? «C’est bien. Comment ça va… avec lui…? Il est… gentil? Il a l’air gentil!»

C’était pas si pire comme façon d’aborder le sujet, non? Comme ça, Doubhée pourrait changer de sujet si elle ne voulait pas en parler? Au moins, elle aurait essayé, hein!

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Douhbée
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MessageSujet: Re: Ah, les hommes... (PV Douhbée)   Ven 17 Juin - 20:46

Douhbée accompagnait son maître à l’entrée de la capitale pour vérifier le fonctionnement des inspections de cargaisons. Leurs principales inquiétudes étaient l’entrée de marchandise sabotée pour leur armée, ou d’armement pour les rebelles. Mais le pire, c’était considérer qu’on pouvait transporter, dans le fond des chargements, de la «marchandise» humaine… les esclavagistes profitant de la cohue des divers enlèvements de guerre pour extirper de précieuses alombriennes, malheureusement moins bien protégée qu’à l’accoutumée à cause de la concentration des forces sur les frontières. Alombria était fière d’avoir toujours banni l’esclavagisme, et c’était ce qui rassurait l’écuyère chez elle… Mais ça commençait à redevenir inquiétant…

Qu’elle ait été amenée ici pour apprendre des trucs afin de se faufiler incognito dans les chargements, ou parce qu’elle avait de l’expérience dans le trafic humain et pouvait s’imaginer les stratagèmes et les cachettes utilisées par les marchands, toujours est-il que Douhbée était fière d’accompagner son maître pour une mission, qui devenaient toutes plus importantes les unes des autres à mesures que les hostilités gagnaient leur plein sur Enkidiev. En tout les cas, elle ne s’était pas attendu à ce que leur sortie pour la sécurité royale se transforme en conversation sur ses intérêts pour Soren.

-Hein? sursauta la jeune femme, ayant définitivement vieilli et embelli avec les années, s’affirmant plus dans sa féminité que jamais. Heu, bien sûr qu’il est gentil, c’est mon ami.

Surprise par la question soudaine de son maître, Douhbée n’avait rien trouver de mieux à bredouiller que cette bêtise, qui n’était naturellement plus la vérité, Soren n’étant pas vraiment un «ami» à proprement dit. Cela faisait plusieurs semaines qu’ils ne l’étaient plus, et quelques jours qu’ils ne l’étaient vraimeeeennt plus, mais l’écuyère n’avait toujours pas trouvé le bon moment pour en parler avec son maître. Ou plutôt, elle ne savait pas comment aborder le sujet de ses craintes, s’empourprant aussitôt qu’elle y pensait. Peut-être Colombe voulait-elle simplement remplir la route vers la porte avec une conversation annodine, ou alors elle avait deviné dans les regards de son écuyère se qui s’était passé… En tout les cas, il n’y avait plus de raisons d’éviter le sujet.

-Vous… vous le savez, pourtant, qu’on est devenus amis après notre entraînement un peu… forcé en compagnie des jumeaux?

Bon, la vérité était qu’ils étaient devenus amis après leur escapade nocturne, mais ils s’étaient si bien épuisés à la cacher qu’il n’avait pas été question de dire la vérité à Colombe, qui ne s’était rendu compte de rien, finalement. Mais les rapports de Douhbée et Vigie avaient bel et bien évolués quelques temps avant son adoubement, juste avant que la jeune femme en devenir ne lui déclare finalement son amour. Là, oui, ils avaient commencés à passer vraiment tout le temps qu’ils pouvaient ensemble, ce qui était souvent trop peu pour eux, malheureusement…

-En fait ça à un peu… changé dernièrement, on n’est plus vraiment «amis»… Oh mais il est toujours gentil! s’empourpra-t-elle comme une gamine prise en train de voler des bonbons. Très gentil…

Comment expliquer à son maître, qui n’ignorait rien de son passé de violentée sexuelle et de sa peur des hommes, qu’elle s’était jetée dans les bras d’un homme et qu’elle était follement amoureuse, ayant relégué ses peurs aux oubliettes, du moins le temps qu’elle avait passé dans les bras de Soren?

-J’ai toujours sus qu’il aurait aimé plus, mais il était si gentil qu’il respectait ma peur et n’a jamais insisté sur ses sentiments, avoua-t-elle finalement d’une voix basse, presqu’inaudible dans le brouhaha qui les envahissaient graduellement à l’approche du trafic marchand. Vraiment gentil. Il n’avait pas besoin de me le dire pour que je le saches, mais j’avais trop peur pour me demander si j’…

L’écuyère s’interrompit en posant la main sur sa dague, plus accessible que l’arc au travers son dos. Une querelle venait d’éclater de l’autre côté de la porte, et même si elles étaient encore bien loin, Douhbée entendait distinctement la fureur d’un marchand refusé à l’entré, grâce à son ouïe fine.

-Oh il se passe quelque chose de pas joli là bas, Maître! annonça Douhbée, à la fois soulagée d’avoir une distraction de cette conversation qui s’annonçait gênante et déçue de ne pas avoir pu aller jusqu’au bout, puisqu’elle avait encore cette inquiétude qui ne la quittait pas depuis qu’elle avait couché avec Soren… Lorsque Colombe lui avait appris, trois ans plus tôt, ce que signifiait être «devenue une femme», l’adolescente d’alors n’avait pas oublié les risques que cela lui ferait prendre.
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Colombe

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MessageSujet: Re: Ah, les hommes... (PV Douhbée)   Mar 21 Juin - 13:56

Douhbée sembla un peu surprise que son maître la questionne sur Soren et Colombe se demanda si elle avait eu la bonne approche. Son écuyère lui assura que bien sûr il était gentil, puisque c’était son ami. La jeune femme se doutait bien qu’il était plus qu’un ami, ou qu’en tout cas Douhbée devait au moins rêver qu’ils deviennent plus… Et elle avait l’impression que c’était réciproque pour le petit Vigie. Ils étaient si mignons, tous les deux. La jeune chef avait eu vent de cet entraînement forcé qui leur avait au moins permis de se connaître. Elle ne doutait pas qu’ils auraient tous deux été bien trop timides pour se parler autrement… Tout de même, elle avait bien fait comprendre à Lolsy (et/ou Lyslo) qu’elle ne voulait pas qu’ils forcent son écuyère à faire quoi que ce soit. Elle était responsable de son éducation, pas ces deux bouffons. Pauvre Vigie quand même, qui allait devoir passer un autre trois ans avec eux… Parce qu’être l’écuyer d’un, c’était comme être l’écuyer de l’autre. Ils devaient bien changer de place une fois de temps en temps…

Colombe cessa de penser à ces deux chevaliers lorsque Douhbée mentionna qu’ils n’étaient plus vraiment «amis», que les choses avaient changé dernièrement. Elle sourit lorsque l’adolescente ajouta qu’il était toujours gentil, très gentil, même! Elle devina qu’il devait déjà s’être passé quelque chose entre eux. La jeune femme était soulagée de voir que les traumatismes vécus par la Pardusse dans son jeune âge ne l’empêchaient pas d’être heureuse avec Vigie. Selon ce qu’elle disait, l’écuyer respectait ses limites et ne la poussait pas à aller plus loin. Il avait donc l’approbation de Colombe, qui n’aurait pas hésité à donner une bonne leçon à tout adolescent qui aurait donné le moindre signe de vouloir forcer Douhbée à faire quoi que ce soit.

Devrait-elle avoir la conversation avec Douhbée? Savait-elle comment… ne pas avoir de bébés? Elle n’aurait quand même pas voulu se retrouver avec une écuyère enceinte… Mais pouvait-elle aborder le sujet maintenant? C’était peut-être un peu… tôt? La jeune femme se contenta de l’écouter en hochant la tête pour l’encourager, essayant de gagner du temps pour voir dans quelle direction elle devrait amener cette conversation. Elle n’eut pas à se décider puisque Douhbée attira son attention vers une querelle à l’entrée. En se forçant, Colombe pouvait entendre ce qui devait être des cris, mais elle n’avait pas l’ouïe fine comme son écuyère.

«Allons voir!» Ne voulant pas perdre l’opportunité de discuter des relations de couple (et des risques que cela impliquait…), Colombe ajouta : «On continuera cette conversation plus tard… Si tu veux bien!» Elle lui sourit.

Colombe se dirigea rapidement vers la porte, prête à sortir son épée si cela devenait nécessaire. Ce l’était rarement dans ce genre de situation : habituellement, les marchands voyaient qu’il était inutile d’essayer de se battre contre les soldats du château. Ils essayaient plutôt d’utiliser leurs mots et leurs pièces d’or pour essayer de convaincre les gardes du château, mais ceux-ci ne se laissaient pas acheter. En tout cas, Colombe espérait qu’ils ne se laissent pas convaincre par quelques pièces… Un marchand suivi d’un grand chariot couvert de toutes sortes de tissus et accompagné par des hommes armés (probablement des mercenaires engagés pour protéger sa marchandise). Le marchand criait des bêtises au garde qui essayait tant bien que mal de le calmer.

«Que se passe-t-il ici?» demanda Colombe. Les gardes la connaissaient et même le marchand sembla comprendre qu’elle avait un grade important. Celui-ci essaya de prendre la parole, mais la chef des chevaliers leva la main pour lui faire signe de se taire. «J’aimerais avoir le rapport de mon garde d’abord, si vous le permettez, monsieur.»

Le garde expliqua que le marchand refusait qu’on inspecte son chariot. Depuis la guerre, les marchandises qui semblaient louches étaient toujours inspectées, mais il y avait aussi des fouilles au hasard. «Pourquoi refusez-vous la fouille?» Le marchand expliqua que ses tissus valaient chers, qu’il ne voulait pas que de vulgaires gardes aux mains salles y touches… Qu’il préférait partir de cette ville de fous plutôt que de voir ses précieux tissus abîmés. Colombe fronça les sourcils. Plus quelqu’un refusait une fouille, plus il y avait de chance qu’il aille quelque chose à cacher, et plus les gardes avaient de raison de vouloir vérifier qu’aucune contrebande ne se cachait dans le chariot.

«Vous avez été sélectionné pour une fouille et devez vous y soumettre. Nos gardes peuvent mettre des gants pour s’assurer que vos tissus ne soient pas endommagés. Mais ils fouilleront votre marchandise. Il en va de la sécurité du royaume.» Sans attendre son accord, elle fit signe aux gardes de s’approcher du chariot. Les gens du peuple attendant leur tour regardait la scène avec intérêt. Elle fixa le marchand, le mettant au défi d’empêcher les soldats de faire leur travail. Colombe n’était pas très patiente avec ceux qui s’opposaient à la loi, et pas tellement diplomate non plus…

[Douhbée]**Tu peux les aider, si tu veux.**
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Douhbée
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MessageSujet: Re: Ah, les hommes... (PV Douhbée)   Ven 24 Juin - 20:39

Bien sûr, Colombe ne perdait jamais les nerfs contre Douhbée, qui était de toute façon une écuyère trop obéissante pour pousser son maître à bout, mais elle avait quand même été inquiète de recevoir des réprimandes, ne serait-ce que parce que Vigie était un Chevalier, ou encore parce qu’elle ne lui en avait pas parlé d’abord, et qu’elle prenait des risques. Hors, son maître semblait plutôt apprécier ses confidences comme une amie qui se délecte d’une bonne nouvelle. Oh, non, elle n’allait pas lui ramener sous le nez qu’une victime de viol ne devait pas se jeter si facilement dans les bras d’un homme… Si facilement? Ça faisait quand même trois ans qu’ils étaient amis et qu’elle le reléguait dans la friendzone malgré le désir qu’elle savait qu’il éprouvait pour elle, ça n’avait pas été si «facilement» en fait. Même qu’elle avait failli le perdre par son éternelle hésitation.

-Oui Maître. approuva Douhbée en s’empourprant, sachant qu’elle n’échapperait tout de même pas à la conversation que, de toute façon, elle avait cherché à avoir sans savoir comment l’aborder d’elle-même. Elle avait besoin de l’aide de Colombe, ne serait-ce que pour se rassurer.

Les deux jeunes femmes se précipitèrent vers la porte où des bruits de querelles c’étaient fait entendre. Un marchand avait refusé de se soumettre à la fouille réglementaire, ce qui le rendait d’autant plus coupable que s’il avait été pris le charriot plein de marchandise de contrebande. Entouré de ses gardes, l’homme était presque invisible aux yeux de Douhbée, qui ne manqua toutefois pas de frissonner en entendant ses protestations. Elle-même camouflée dans l’ombre de son maître pour ne pas être dans ses pattes et déranger, elle n’avait probablement été remarquée par personne… Et surtout pas par lui, si c’était bien l’individu qu’elle croyait, et craignait, avoir reconnu. Une telle voix ne s’oublie pas.

Son cerveau lui dictait de prendre ses jambes à son cou, mais si Colombe n’était pas sévère, elle ne préchait pas pour les froussards, source de son second prénom «Courage». Douhbée contourna donc son maître l’espace d’un instant pour vérifier ses inquiétudes, sachant que le marchand allait être trop occupé à s’assurer que les gardes d’Alombria n’abimaient pas ses étoffes pour remarquer sa présence. Hors, ses ailes de cuir ne pouvaient la tromper, et même s’il lui faisait dos, l’écuyère pouvait aisément le reconnaître.

-C’est lui. chuchota-t-elle plutôt que de répondre à Colombe, qui ne lui avait de toute façon pas donné un ordre.

Douhbée n’était pas contrainte, effectivement, d’aller aider les gardes à fouiller la cargaison, elle pouvait toujours l’éviter, et elle en avait franchement envie. Le mieux était qu’Ulyss ne la reconnaisse pas, il allait de toute façon probablement être mis aux cachots car nul doute que ce monstre baignait dans des histoires louches, alors les surveillants de la porte allaient se débrouiller sans elle… Mais en même temps… Elle était un peu curieuse de savoir s’il la reconnaîtrait, malgré toutes ces années, et quelle serait sa réaction en la voyant. Il ne pouvait pas essayer de la reprendre, c’était interdit dans ce royaume et il ne pouvait l’ignorer. Hors, s’il clâmait haut et fort qu’elle lui appartenait, on allait l’enfermer pour esclavagisme, en plus de ce qu’il transportait certainement. Oh, la surprise qu’elle lirait sur son visage s’il la voyait aujourd’hui, fièrement vêtue de son uniforme de l’Ordre, vaudrait sûrement de l’or…

-C’est Ulyss. répéta-t-elle pour Colombe, au cas où elle n’aurait pas compris de qui elle parlait au premier coup. Il peut avoir très bien caché ses fournitures, maître, et je refuse de laisser ce … monstre s’en sortir. Impossible qu’il soit innocent, il doit se faire prendre, ne serait-ce que pour avoir déjà une accusation à son actif pour le mettre derrière les barreaux, se sera plus facile de lui ajouter des charges après…

Arrêter quelqu’un pour un délit qui s’est déroulé une décennie plus tôt sans avoir de preuves, c’est toujours risquer. Mais quand un criminel est déjà reconnu coupable aux yeux des autorités, il est plus facile de le faire accuser d’autres méfaits. Ne voulant pas que les gardes laissent partir l’homme faute d’avoir trouvé quelque chose, Douhbée s’approcha, hésitante, alors qu’Ulyss invectivait d’injures les soldats trop peu délicats (même s’ils portaient des gants.

-Moi je sais manipuler de telles délicatesses, il se trouve que j’ai déjà travaillé l’étoffe. affirma-t-elle d’une voix effrayée, alors que tous se retournaient vers elle.Je vais m’occuper de la fouille.

Il fallut un long moment avant que le regard colérique d’Ulyss ne se métamorphose en surprise ahurie. La bouche grande ouverte comme un poisson sorti de l’eau, il semblait vouloir dire quelque chose, mais se ravisa en notant les armes à la hanche et dans le dos de l’écuyère, en plus de la Chevalier qui la talonnait. La victime et le tortionnaire se jaugèrent un instant du regard, et ses yeux terribles remémorèrent à la jeune femme des images qu’elle cherchait vainement à effacer depuis des années, lui procurant des sueurs froides et un léger tremblement nerveux dans les mains. Se sachant trop bien entourée pour qu’il ose lui faire quoi que ce soit, la pardusse entreprit donc la fouille, sous le regard maintenant découragé du marchand, mais dû rapidement se rendre à l’évidence : il n’y avait pas de cachette sous les planches de l’embarcation.

***[Colombe]Il n’y a rien, maître… qu’est-ce qu’on fait?***

Pas besoin de s’expliquer d’avantage, il était clair qu’elles ne pouvaient laisser filer ce monstre, qui continuait certainement de profiter de l’esclavagisme sholien depuis toutes ces années, et qui lui avait volé son enfance. Mais sans preuve concrète, de quoi pouvait-on bien l’accuser?
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MessageSujet: Re: Ah, les hommes... (PV Douhbée)   Dim 26 Juin - 11:08

Colombe ne comprit pas tout de suite ce que Douhbée voulait dire par «C’est lui». Elle regarda le marchand en essayant de le reconnaître, mais elle ne pensait pas l’avoir déjà rencontré par le passé. Elle comprit seulement lorsque son écuyère précisa que c’était Ulyss. Ulyss, son ancien maître… Incroyable tout de même qu’elle le rencontre ici, par hasard. À croire que les Dieux faisaient bien les choses… Parce que la jeune chef comptait bien le punir pour ce qu’il avait fait à la pardusse. Celle-ci n’avait pas à la convaincre de fouiller la marchandise (surtout qu’elle l’aurait fait de toute façon). Elle espérait de tout son cœur trouver quelque chose d’illégal qui lui permettrait d’arrêter le maître d’esclave, mais son petit doigt lui disait qu’il n’y aurait peut-être rien sous les tissus. Colombe fut surprise que Douhbée propose d’aller aider à fouiller le chariot. Au ton de sa voix, elle devina sa peur. Elle était fière que son écuyère ait le courage d’affronter son ancien bourreau, consciente que cela devait être très difficile pour elle. Pour l’aider un tout petit peu, la jeune femme utilisa son pouvoir pour lui donner encore plus de courage, même s’il semblait qu’elle n’en avait pas besoin. Elle demeura tout de même sur ses gardes, prête à dégainer son épée au moindre signe de résistance.

Après un bon moment, le regard d’Ulyss se posa finalement sur Doubhée et son visage marqué de surprise montra à quel point il était étonné de la voir là, habillée en écuyère du prestigieux ordre d’Alombria. Colombe sourit ; elle espérait que l’adolescente savourait ce moment ; s’être élevée si haut dans la société était une sorte de victoire et de vengeance. Mais elle se doutait bien que les émotions de la Pardusse devaient être toutes autres et craignit que la proximité avec Ulyss ne l’empêche de faire la fouille. Le revoir devait ramener à la surface d’horribles souvenirs…

[Douhbée]**Je suis avec toi, tu ne cours aucun danger. Il ne fera plus de mal à personne, jamais.** lui envoya-t-elle pour la rassurer et la soutenir.

La fouille fut rapide et, malheureusement, ne donna rien. Douhbée lui demanda ce qu’elles devaient faire… Évidemment, elles ne pouvaient le laisser entrer dans la ville comme si de rien était. Colombe ne ferait jamais cela à son écuyère, sans compter qu’Ulyss pratiquait peut-être encore le commerce d’esclaves. D’un autre côté, comment pourrait-elle expliquer son arrêt immédiat? Les gardes et la foule attendaient son verdict, sans avoir la moindre idée du passé sombre du marchand. Elle n’avait aucun doute que les gardes lui obéiraient si elle leur demandait de procéder à l’arrêt de l’homme, mais elle était là pour donner l’exemple, et arrêter des gens sans preuve claire n’était pas un bon exemple à donner.

Si Colombe justifiait l’arrestation par le témoignage de son écuyère, penserait-il qu’elle faisait du favoritisme en se fiant autant à elle…? Et même si elle le mettait en prison maintenant, il aurait certainement un procès, et elle ne savait pas si les souvenirs lointains de la Pardusse suffiraient à l’emprisonner pour toujours. Même si elle était persuadée que Douhbée disait vrai, peut-être qu’un juge ne verrait pas son histoire du même œil. Pouvait-elle vraiment courir le risque de le voir relâcher dans la nature, faute de preuves? Non. Il fallait démontrer qu’il avait encore des activités dangereuses, ce qui non seulement permettrait de le mettre derrière des barreaux pour le reste de ses jours, mais pourrait aussi sauver la vie de jeunes esclaves, s’il baignait encore dans le trafic d’humains. Le nombre de mercenaire accompagnant le chariot de simples tissus (aussi précieux puissent-ils être) lui faisait penser que quelque chose de louche se tramait derrière tout ça.

[Douhbée]**Je ne peux pas l’arrêter maintenant, surtout sans preuves concrète. Je crains que ton seul témoignage ne soit suffisant pour l’emprisonner. Et s’il est encore actif dans le monde de l’esclavage, il serait bien d’arrêter son réseau… Peut-être qu’on pourrait sauver certains esclaves… Je vais le laisser partir, mais j’envoie des gardes après lui, pour le faire suivre. Je pense que c’est notre meilleur espoir…**

L’un des gardes avaient des oreilles d’Elfe et Colombe pensa qu’il devait avoir le don de télépathie. Elle utilisa son propre pouvoir pour lui demander de suivre le marchand, expliquant qu’il était soupçonné de trafic d’esclaves et qu’ils avaient besoin de preuves pour l’arrêter. La jeune femme s’approcha ensuite du marchand ;

«Merci d’avoir accepté de vous prêter à cette fouille. Bienvenue dans la capitale, monsieur.»

Au ton de sa voix, il était évident qu’elle été irritée par la situation. Colombe essayait de ne pas laisser paraitre sa frustration, mais elle avait toujours de la difficulté à cacher ses émotions. Ulyss lançait de nombreux regard à Douhbée, mais il ne dit rien et entra dans la cité sans un mot de plus. Peut-être allait-il rejoindre un groupe d’esclavagistes dans la ville? Peut-être aussi faisait-il le commerce illégal d’autres biens, comme des armes ou même de la drogue. Quoi qu’il en soit, il faudrait un certain temps avant que les gardes qui le suivraient viennent faire un rapport. Colombe fit signe à son écuyère de la suivre dans une petite pièce de la tour de garde, là où elles pourraient discuter seules. Elle s’assit à une table en bois et fit signe à l’adolescente de faire de même.

«Je suis fière de toi, Douhbée. Tu as su prendre ton courage à deux mains et affronter ta peur. Tu as bien fait. Nous ne le laisserons pas s’en sortir. J’ai l’impression qu’il cachait quand même quelque chose… Nous verrons bien. Même si ce qu’il fait maintenant est tout à fait légal… On pourra l’arrêter quand même.»

Et essayer de l’avoir par un procès. Peut-être que ce serait suffisant… S’il avait réalisé ses méfaits à Alombria, il y aurait plus de chance qu’elles réussissent à le mettre en prison, mais il avait dû passer le plus clair de sa vie à Shola…
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Douhbée
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MessageSujet: Re: Ah, les hommes... (PV Douhbée)   Mer 29 Juin - 15:09

Douhbée avait tellement été certaine qu’elle trouverait de quoi culpabiliser Ulyss dans son chariot qu’en le trouvant exempt de tout crime elle se mit à trembler violemment des mains, comme si l’adrénaline générée dans l’espoir de le mettre derrière les barreaux s’était envolée tout d’un coup. Et même si Colombe l’avait aidé à faire face à cette épreuve en lui donnant encore plus de courage, magiquement et par télépathie, il ne restait plus maintenant que la déception, qui accentuait sa peur.

Lorsque Colombe confirma ses inquiétudes comme quoi elles ne pouvaient l’arrêter faute de preuves, Douhbée ne sut retenir les larmes qui montèrent dans ses yeux. Heureusement, elle tournait encore le dos à Ulyss, elle n’aurait pas voulu qu’il la voie pleurer. Il l’avait suffisamment vu pleurer… La jeune femme laissa finalement échapper un sanglot difficilement contenu lorsque la marchandise de son ancien maître s’éloigna, suivant son propriétaire, lorsque Courage l’eut rudement accueilli dans la capitale et lui eut donné l’autorisation d’entrer. L’écuyère plaqua une main sur sa bouche pour étouffer ses pleurs, afin que les curieux qui avaient observé la fouille ne remarquent rien. Et les gardes continuèrent leur travail, quoique moins nombreux maintenant que certains d’entre eux s’étaient éloignés en catimini pour suivre Ulyss à bonne distance, comme le leur avait certainement ordonné la Chef de l’Ordre.

Suivant sans discuter son maître dans la tour de garde, Douhbée fut soulagée de pouvoir enfin ne plus être au centre de l’attention et s’efforcer, bien inutilement, à garder un calme qu’elle n’avait pas. Dire qu’elle alla s'asseoir devant Colombe aurait été un mot trop faible pour décrire la façon dont elle se laissa tomber sur la chaise, épuisée par ses émotions et trop tremblante pour rester debout une seconde de plus. Cachant son visage entre ses mains, accoudée sur la table, la jeune femme écoutait les impressions de la Chef de l’Ordre et ses félicitations sur le courage dont elle avait fait preuve.

-Mon courage à deux mains? répéta-t-elle en relevant son visage que Colombe pouvait finalement voir baigné de larmes sous son air ahuri. Je croyais que c’était vous qui… avec votre pouvoir, non? bredouilla-t-elle de ses lèvres encore tremblantes d’émotions.

En fait, maintenant qu’elle y repensait, elle avait bien senti la vague de courage que lui avait envoyée Colombe, mais c’était après qu’elle ait décidé de prendre les choses en mains, et non avant comme elle le croyait. Elle avait fait ça toute seule, ou du moins avait essayé toute seule, avant que Courage ne vienne à sa rescousse. Qu’aurait-elle fait, sans elle? Pleurer devant tout le monde face à sa défaite et ridiculiser l’ordre? Heureusement qu’elle n’était pas encore Chevalier! Elle n’était définitivement pas prête.


Évidemment, qu’Ulyss cachait quelque chose, il ne pouvait pas être innocent et Douhbée allait s’assurer qu’il ne reparte pas de la capitale, jamais! Maintenant que des gardes prenaient l’espionnage en charge, elle pourrait souffler un peu, mais elle s’était donné cette nouvelle mission et n’avait pas l’intention d’y échouer. Son ancien maître allait payer pour ce qu’il lui avait fait, pour ce qu’il lui faisait encore juste à exister, et son nouveau Maître l’aiderait. Oui, car Colombe tentait bien de l’encourager en lui disant qu’elles trouveraient un moyen de l’arrêter, ce qui fit réaliser à la jeune femme que ce n’était pas du tout ce dont elle avait vraiment envie, maintenant qu’elle avait affronté son regard.

-Mais je ne veux pas l’arrêter. Du moins, je ne le veux plus. Je ne veux même pas qu’il aille en prison. souffla-t-elle honteusement, avec une pointe de colère dans la voix. Je ne veux même pas qu’il ait le droit de vivre encore, il ne mériterait pas de respirer même dans la plus sombre et la plus puante des cellules du château, c’est encore trop bien pour lui. gronda-t-elle les dents serrées, se rendant à peine compte de ce qu’elle disait.

Les chevaliers étaient des guerriers de la justice, et n’avaient rien de bouchers. Ils devaient protéger le royaume et servir le peuple, pas éliminer les criminels. Et pourtant, Douhbée ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir de ne pas avoir eu assez de tête pour dégainer sa dague et la lui planter dans la nuque lorsqu’il avait pris les devants pour entrer dans la ville. Elle ne s’était pas abstenue par devoir de justice, mais parce qu’elle avait été trop ébranlée. Parce qu’elle était faible, en fait. Et heureusement, parce que ça aurait été mal, et elle n’aurait alors pas été mieux que lui.

-Est-ce que ça fait de moi quelqu’un de mauvais, maître? sanglota-t-elle en laissant la colère faire à nouveau place à la tristesse. Je voudrais qu’il meure, et je voudrais être là pour le voir, ou mieux le faire moi-même. avoua-t-elle en baissant les yeux sur la table. Je ne suis pas digne d’être un Chevalier, n’est-ce pas? Les vrais Chevaliers ne rendent pas le sang par le sang, et pourtant je le jure, Colombe, si vous m’aviez donné plus de courage encore lorsqu’il est entré dans la Capitale, je lui aurais jeté ma dague dans la nuque. Mais j’avais peur. Une écuyère bourreau, injuste et froussarde…
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Colombe

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MessageSujet: Re: Ah, les hommes... (PV Douhbée)   Dim 7 Aoû - 10:37

Colombe remarqua la tristesse de Douhbée et ne pouvait qu’imaginer ce que l’adolescente devait ressentir, à voir partir son ancien bourreau. La jeune chef aurait voulu lui épargner une telle épreuve, mais elle ne croyait pas avoir eu le choix. Elle voyait bien que la Pardusse essayait de cacher ses émotions et espérait qu’elle se sente mieux dans l’intimité de la tour de garde. Colombe savait comment il pouvait être difficile de cacher sa tristesse (ou sa colère… surtout sa colère), elle qui n’avait jamais été bien douée pour contrôler ses émotions. Ceux présents aux funérailles des deux rois avaient pu le remarquer.

Voyant les larmes couler sur les joues de son écuyère, Colombe s’approcha d’elle et posa une main hésitante sur son épaule. Même le temps ne lui avait pas permis de devenir plus à l’aise à essayer de consoler quelqu’un d’autre. Elle faisait ce qu’elle pouvait, mais elle avait toujours l’impression de dire un mauvais mot, de faire un mauvais mouvement ou de ne pas agir comme elle le devrait. C’était tellement plus simple de gérer une armée que de consoler quelqu’un qui pleurait…! Douhbée croyait que c’était Colombe qui lui avait donné du courage avec son pouvoir. La jeune femme regretta peut-être pour la première fois de sa vie d’avoir utilisé son pouvoir. Elle savait que son écuyère avait d’abord agi de son propre chef, en utilisant un courage qui venait d’elle, et elle avait seulement voulu la soutenir en lui donnant un coup de main avec son pouvoir. Allait-elle maintenant croire qu’elle avait agi comme elle l’avait fait seulement à cause de Colombe? Ce serait tellement dommage ; ça lui empêcherait de voir la force qui dormait en elle… La jeune chef essaya de rattraper la situation, tant bien que mal.

«Douhbée… C’est vrai, j’ai utilisé mon pouvoir pour t’aider, et je le regrette maintenant, car j’aurais voulu que tu vois ce que tu es capable de faire, toute seule, sans moi. Tu as une grande force en toi, tu dois te faire confiance. Ce n’est pas moi qui t’a poussé à aller fouiller son chariot, tu l’as fait toute seule. Beaucoup n’auraient pas eu ton courage.»

Colombe fut surprise de voir la tristesse de Douhbée se transformer en une colère sombre. L’adolescente était habituellement si douce, la chevalier ne l’aurait jamais cru la voir ainsi, n’aurait jamais cru qu’elle puisse souhaiter la mort de quelqu’un… Elle-même vouait une haine profonde à Pride, lui qui avait voulu tuer son père et avait pris le trône de Shola alors qu’il ne méritait nullement de gouverner quoi que ce soit. Encore maintenant, il lui arrivait de souhaiter son mort, alors elle pouvait comprendre ce que son écuyère ressentait. Et même, la haine de Doubhée était probablement bien plus légitime que celle qu’elle portait à Pride… Hésitante, Colombe cherchait les bons mots pour calmer la jeune fille. Les mots qu’elle trouvait rarement pour se calmer elle-même… Elle réfléchit quelques secondes de trop, car la colère de la Pardusse se transforma d’elle-même en tristesse, et en honte. La jeune chef lui prit la main et se plaça face à elle pour essayer de lui faire comprendre qu’elle était bien plus qu’une écuyère froussarde.

«Douhbée, c’est normal que tu détestes Ulyss, après tout ce qu’il t’a fait. Tu ne peux pas t’en vouloir des sentiments que tu vis, ce n’est pas quelque chose qu’on peut contrôler. On peut seulement contrôler… ce que nos émotions nous font faire, nos actes. Moi aussi, j’ai beaucoup de haine pour Pride, et souvent je veux qu’il meure… Même s’il est mon cousin. Ce n’est pas pour rien que nous sommes en guerre… Et il… Il m’a fait moins de mal qu’Ulyss a pu te faire, alors je peux seulement à quel point tu peux lui souhaiter… de mauvaise choses...»

Qui n’avait jamais souhaiter de mal à autrui? Pas Colombe, en tout cas. Et elle n’avait pas seulement été en colère contre Pride : elle avait souvent dû laisser partir des criminels qu’elle savait coupables, faute de preuves. Mais un royaume où les gens seraient punis sans recevoir un procès juste serait bien plus dangereux qu’un royaume avait un peu plus de bandits en liberté. Reste que ce n’était jamais facile d’imaginer que des tueurs vivaient alors que leurs victimes ne verraient jamais la lumière du soleil…

«Vouloir que quelqu’un meurt ne fait pas de toi quelqu’un de mauvais, Douhbée. C’est vrai que les chevaliers ne rendent pas le sang par le sang… Mais ça ne veut pas dire qu’on ne voudrait pas le faire, parfois. Tu as dû remarqué que j’ai… Un certain caractère… Mais je me contrôle. C’est peut-être… La première fois que tu vis autant de colère contre quelqu’un… C’est normal que ce soit difficile…» Elle ne savait pas trop quoi dire par rapport au désir réel de Douhbée de planter sa dague dans le cou de son bourreau. «Tu sais… Ça prend du courage pour s’attaquer à quelqu’un… Mais ça prend encore plus de force intérieure pour s’empêcher de le faire. Moi je sais que tu n’es pas une froussarde. Une froussarde ne serait pas allée fouiller le chariot, ou ne serait pas aller aider les enfants enlevés, il y a quelques années… Moi je sais que tu es courageuse, Douhbée. Maintenant, c’est à toi de croire en toi, de croire en ton courage.»

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MessageSujet: Re: Ah, les hommes... (PV Douhbée)   Lun 22 Aoû - 21:23

Colombe n’était peut-être pas la meilleure psychologue en ville, laissant aisément transparaître son hésitation à la bonne façon de consoler son écuyère, et pourtant, elle trouvait toujours les mots qui apaisaient Douhbée. Aussi, alors même que la jeune femme avait constaté que la démonstration de courage dont elle avait fait preuve n’était pas uniquement magique, son maître le lui confirmait, assurant qu’elle avait fait le gros du travail toute seule. Soit Courage avait un don inconnu lui soufflant les mots à dire, ou alors la pardusse était simplement facilement apaisée. En tous les cas, si ses doigts griffus tremblaient encore entre les mains de son maître, elle avait au moins cessé de pleurer, serrant convulsivement les doigts, inconsciente de son geste, puisant dans cette poigne le support dont elle avait besoin, au risque de blesser la Chef des Chevaliers avec sa «patte» de fauve.

Bien que Colombe ne lui affirma nullement qu’elle était en droit d’assassiner son ancien tortionnaire, Douhbée se sentit moins coupable de ressentir autant de haine aveugle, ne serait-ce qu’en se confortant dans l’idée qu’elle n’était pas la seule. Qu’elle n’était pas seule. Il ne servait à rien de refouler ce qu’elle éprouvait, mais tant qu’elle ne faisait rien d’imbécile, elle n’était pas coupable de ses émotions. Avec Courage à ses côtés, il n’y avait aucuns risques qu’elle dérape. Elles attraperaient ce salaud, trouverait des preuves contre lui et le feraient condamner. Avec un peu de chance, elles mettraient la main sur des informations passibles de lui valoir la peine de mort, et le lourd passé de la pardusse serait enfin rassasié, sans qu’elle soit dans le tord. Le seul moyen était de trouver des preuves, sur territoire Alombrien, de ses activités pédophiles à Shola… Mais elles n’avaient même pas pu prouver une trace de marchandise de contrebande dans son chariot…

-Merci Maître... soupira-t-elle simplement, ne trouvant rien de plus inteligent à rajouter après le discours de Colombe. Parce qu’il n’y avait plus rien à ajouter, parce qu’elle l’avait rendu confortable avec ses sentiments, et qu’en sa compagnie, elle était maintenant capable de les accepter et les maîtriser. Enfin, elle l’espérait…

Douhbée essuya ses joues du revers de la main, refusant de se réousdre à attendre et espérer que le problème de ce criminel en liberté se résout de lui-même, il fallait faire quelque chose, même si elle ne voyait pas encore quoi. Si elle n’était plus inquiète de risquer de lui sauter à la gorge lorsqu’elle le croisait, la pardusse n’était pas moins déterminée à le voir périr, de quelque main que ce soit.

-Mais si je n’y arrivais pas? À m’abstenir… pas aujourd’hui mais dans trois ans? Avec vous, je sais que je ne risque rien, vous serez toujours là pour vous assurez que je ne fais pas de bêtises, mais quand je serai vraiment toute seule? Trois ans… c’est suffisant pour apprendre à me contrôler? s’inquiéta-t-elle tout de même avant de se relever, prête à sortir de la tour de garde. Quoi que, si on règle ce cas avant mon adoubement, je crois bien que je n’aurai plus jamais de situation qui exige votre support pour avancer… Heureusement, vous êtes là pour ça, je vous en suis très reconnaissante.

Les deux membres de l’Ordre quittèrent la tour de garde, suivant distraitement du regard l’activité qui gagnait à nouveau les portes de la capitale, où s’était malencontreusement introduis leur criminel. Sachant qu’il y avait déjà des hommes à ses trousses pour le surveiller, Douhbée se sentait impuissante à trouver comment se rendre utile à la situation. Ce n’est qu’en se retournant pour faire face à la sortie bien gardée que les images l’assaillirent, plus fortes que jamais, propulsée par sa haine et sa détermination.

L’enfant était couverte de sang, probablement le sien considérant les nombreuses lésions et ecchymoses qui recouvraient tout son corps. Elle devait avoir au moins 10 ans, bien que son corps faible et amaigri lui faisant paraître plus jeune, son regard brillait d’une audace d’adulte. Ulyss n’avait jamais frappé Douhbée, puisqu’elle ne s’était pas débattue contre les actes perfides qu’il lui avait imposés, mais cette nouvelle prise était probablement plus difficile à dompter, et cela semblait l’amuser profondément alors qu’il la dominait dans un bordel crasseux de fond de ruelle.

L’incube était entré dans l’établissement par la porte de service, au nez et à la barbe des gardes qui l’avaient suivi depuis la porte de la capitale. Selon l’échange qu’il eut ensuite avec le propriétaire des lieux, Ulyss s’indignait de devoir payer le prix fort pour une putain qui n’était pas docile, et arriva à faire baisser son prix d’achat, car il n’était pas venu seulement pour l’essayer, mais pour se la procurer. Il allait finir par la dompter, elle ne pourrait pas résister longtemps à sa magie, et son propriétaire semblait plutôt heureux de s’en débarrasser, finalement. Il ne resterait plus qu’à la faire sortir de la ville, maintenant, sans se faire pincer par la maudite pardusse qui allait certainement lui chercher des noises. Pourquoi diable avait-il fallu que cette esclave ne meurt pas de faim après son escapade, hein?


-Je l’ai! s’excita la jeune femme, les yeux écarquillés de stupeur, lorsqu’elle revint de sa vision. On n’a rien trouvé parce qu’il n’a pas fait entré de marchandise illicite à Alombria, il en fait sortir! Colombe, il vient d’acheter une esclave… ou il va le faire! Je ne sais pas quand, mais je sais où, ne me demandez pas comment, c’est juste l’instinct… Enfin, faisons d’une peirre deux coups, car on a un établissement aux activités douteuses en ville qu’on pourrait faire fermer grâce à ça.

Bon, la prostitution n’était pas un crime en soi, tant que les femmes (ou les hommes) le faisaient de leur plein gré, l’esclavagisme, lui, étant passible d’emprisonnement. Hors, ce qu’elle avait vu, là, était non seulement de la vente d’humains, mais surtout d’enfant. Et si Douhbée aurait aimé pouvoir fermer toutes les maisons de joies de la capitale, même les plus propres et légales, elle aurait au moins le plaisir d’en fermer une réellement criminelle. En plus de mettre la main sur Ulyss.

-C’est par là! affirma-t-elle en s’engouffrant dans l’achalandage de ruelles. Mais… Ah bon sens, on pourrait y passer la journée, ou la semaine! Je déteste ne pas savoir quand les choses vont se produire…

Enfin, il y avait toujours un progrès, sachant que, habituellement, elle ne reconnaissait pas les lieux non plus. Hors, il y avait bien plus d’un bordel crasseux à Alombria, et n’étant pas friande des rues sombres et de ce milieu, Douhbée n’aurait pas du savoir duquel il s’agissait. Pourtant, elle avait cette certitude d’avoir fait une ronde à cet endroit, plusieurs semaines auparavant… Comment s’en rappelait-elle, alors qu’elle avait l’habitude de fermer les yeux et ignorer ce qu’elle avait vu? Mystère… L’adrénaline lui remontait des images à la tête qu’elle n’avait pas réussi à oublier.

-Il a acheté une… une autre gamine. Ou il va acheter. Je l’ai vu, Maître, il va la violer et puis l’emmener et essayer de la faire sortir. Je ne sais pas s’il va réussir, mais on va tout faire pour que ça ne soit pas le cas. Et avec un peu de chance, on arrivera avant que tout ça ait seulement commencé, marmonna-t-elle d’une voix rauque qu’elle s’efforçait de rendre assurée, puisqu’elle angoissait à l’idée qu’une autre gamine se fasse abuser comme elle l’avait été par ce même bourreau… Mais si elles l’en empêchaient… auraient-elles suffisamment de preuves contre lui?
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Ah, les hommes... (PV Douhbée)
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