Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]

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Ishobel
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MessageSujet: Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]   Jeu 23 Juin - 22:26

Ishobel triturait toujours la foutue lettre entre ses mains, celle qui avait à la fois mis de la vérité sur son passé et des questions sur son avenir. Presque déchirée par endroit pour avoir été trop manipulée peu précautionneusement, le message, qui faisait deux pages, était parfaitement ancré dans la tête de la demi-lycan. Elle aurait pu le réciter, et pourtant elle continuait de parcourir ses lignes et d’être étonnée, comme si c’était la première fois qu’elle les lisait. Étouffée par l’atmosphère lourde du bordel d’Aïcha dont l’élève sholienne avait quelque peu perdu l’habitude, elle décida de sortir pour aller prendre l’air et s’aérer l’esprit…

Chlomidea lui avait demandé de rentrer passer sa journée de congé hebdomadaire au bordel, prétextant qu’elle avait à lui parler de sujet qui ne pouvait pas s’écrire. Sa maman adoptive lui appris alors que sa mère biologique la cherchait, et avait retrouvé sa trace de l’orphelinat jusqu’au bordel grâce à beaucoup de chance et d’attention, peut-être un peu d’instinct lycan et maternel. Toutefois, sa piste s’était effacée lorsqu’elle avait rencontré Chlomi, puisque celle-ci avait nié savoir où se trouvait Ishobel, ne voulant pas perdre sa fille d’adoption aux mains de celle qui l’avait abandonnée. Malgré tout, Ashari avait insisté pour laisser une lettre à son enfant, au cas où les pas de celle-ci la ramèneraient auprès de la prostituée.

Cela avait fait réfléchir Chlomidea, et si elle n’avait toujours pas informé Ashari de la localisation d’Ishobel, elle avait plutôt fait déplacer sa fille lorsque la lycane fut partie, voulant lui laisser à elle la décision de rencontrer sa mère ou de rester cachée. Une décision plutôt difficile à prendre, pour une gamine de huit ans… C’est sur cette question qu’elle réfléchissait en retournant à gauche et à droite la lettre que lui avait laissée sa mère adoptive et qui lui révélait les raisons pour lesquelles elle avait été abandonnée. Même si ce n’était pas sa décision, la gamine hésitait encore si elle voulait lui pardonner de ne pas avoir tout fait pour la garder auprès d’elle, ou du moins quitter son élevage sordide pour protéger sa progéniture. Sa seule progéniture, d’ailleurs, puisque tous ses autres enfants étaient mort-nés, et c’était pourquoi Ashari avait finalement été elle aussi évacuée de l’élevage, quelques années plus tard.

Ayant besoin de faire le ménage dans son esprit qui bouillait de pensées incohérentes, Ishobel s’élança dans une course effrénée, remontant à la surface ses instincts sauvages qu’elle avait récemment appris à développer. L’exercice physique aidant à soigner le psychologique, elle oublia bientôt ses soucis et les révélations de sa lettre, froissée dans le creux de sa main, alors que le vent courait dans ses cheveux au rythme de ses pas. Ashari faisait aussi mention de son père, dans cette histoire, et c’était le seul fragment qui lui resta en tête alors qu’elle s’enfonçait dans le dédale des ruelles de la capitale. Sa mère biologique  avait voulu qu’elle en sache le plus possible sur son paternel, espérant peut-être qu’à défaut de la retrouver elle, elle le trouverait lui. Parce la Lycane avait aimé Zackeriel, même si ce n’était pas réciproque.

-Ashari, Zackeriel… scandait-elle dans le vent, ces deux noms pourtant étrangers lui apportant un certain confort à les prononcer.

C’est en pensant à son père, dont elle tenait son sang sylvestre, qu’Ishobel perdit momentanément son attention et se fracassa le crâne dans une porte de taverne qui venait tout juste de s’ouvrir devant elle, laissant passer un homme que la gamine ne put observer attentivement, car les étoiles qui dansaient devant ses yeux masquait son tortionnaire. Les deux mains plaquées contre son front, la lettre cachait la moitié de son visage, et lorsque sa vue se fixa à nouveau sur du solide, ce fut sur le prénom de son père que se posa son attention.

-Zackariel… murmura-t-elle à nouveau, plus pour elle-même, ne pensant déjà plus à l’homme qui avait causé son accident.
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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]   Mar 28 Juin - 16:22

Il était assis au comptoir de l’établissement depuis un certain moment. Contrairement à son habitude, il n’était pas en train de boire tout son saoul. En fait, il cassait simplement la croûte pour son dîner. Bon, l’après-midi était déjà bien entamé, mais le brigand n’avait trouvé le temps de se remplir la panse avant ce moment précis. Déchirant un morceau de cuisse de canard braisé qui se trouvait devant lui, il fixait le comptoir d’un air absent. Sa rencontre avec « Lucrezia » quelques semaines plus tôt l’avait mis dans un état songeur et commençait, tranquillement, à se faire à l’idée qu’il avait peut-être un problème et qu’il avait besoin d’aide pour le régler. Mais qui pourrait le supporter dans son sevrage? En fait, il n’était pas encore assez stable émotionnellement pour s’y mettre dans l’immédiat, mais au moins, l’idée faisait son chemin.

Tendant sa main droite vers le gobelet qui trônait sur la surface de bois devant lui, le semi-elfe prit ce dernier et le porta à ses lèvres. Un doux arôme de jasmin envahit sa gorge alors qu’il avalait lentement un thé très chaud. Le fait de ne pas boire d’alcool à cette heure de la journée était déjà un bon commencement. Certes, il supportait encore mal ses démons intérieurs, mais il devait s’accoutumer à leurs présences, lentement mais surement. Il picora ensuite quelques légumes bouillis puis songea au reste de la journée qui s’étendait devant lui. Il pouvait en profiter pour changer de ville et voir les petits bourgs avoisinants… Après tout, moins il restait en place longtemps, moins il avait de chances de se faire prendre ou reconnaître par un bougre quelconque. Ou encore, il pourrait faire les ruelles pour tenter de mettre la main sur de l’opium… son stock commençait à être plutôt bas et il n’était pas encore prêt à faire le grand saut pour se sevrer.

Une fois son repas terminé, le semi-elfe retira une bourse de sa taille, puis paya grassement la serveuse rondelette et la ponctua d’un sourire charmeur. Oh, une jolie femme était une jolie femme, peu importe son poids. Cette dernière gloussa sous l’effet que lui faisait le jeune homme, puis rougit ouvertement en prenant les écus qu’elle cacha dans sa poitrine plantureuse. Zack se détourna ensuite puis s’approcha de la porte de la taverne. Il poussa celle-ci sans retenue quand un bruit sourd attira son attention. Interloqué, le semi-elfe baissa la tête pour voir une enfant qui se tenait la tête à deux mains. Visiblement, elle s’était frappée la tête sur la porte avec assez de force qu’elle semblait en être étourdie! Et merde! Voilà qu’il s’en prenait aux gamines maintenant! C’était un accident et il espérait honnêtement que les gens autour s’en étaient rendu compte. Tendant la main vers elle, l’homme sylvestre lui agrippa doucement le bras pour l’aider à rester debout. Wow! Ça avait réellement frappé très fort! Un papier trônait dans ses petites mains d’enfant et instinctivement, elle prononça… son nom? Comment l’avait-elle su?

Le brigand était visiblement perplexe et invita l’enfant à s’asseoir sur le banc qui trônait juste à côté d’eux. Comment pouvait-elle deviner comment il s’appelait? S’étaient-ils déjà rencontrés quelque part?

- Ça va, petite? Demanda-t-il. Attends, laisse-moi voir ton front, je peux très certainement t’aider avec ça.

Il descendit lentement les mains de l’enfant et regarda l’endroit où elle s’était cognée. La peau y était maintenant bleutée et légèrement fendue, laissant couler une très fine goutte de sang. Wow… Il n’aurait jamais cru causer autant de torts avec une simple porte! Levant sa main maîtresse, il plaça sa paume tout près de la tête de la gamine. Une douce lumière blanche en jaillit et vint réparer la tête de l’enfant. En quelques secondes, la plaie était complètement disparue.

- Voilà, personne ne remarquera! Fit-il d’un air satisfait. Par contre, je t’avertis, tu risques d’avoir un peu mal à la tête. Je peux faire disparaître les blessures, mais pas nécessairement les douleurs résiduelles. Puis, il prit tout son temps pour l’observer. Il avait un léger sentiment de déjà-vu. La forme de son visage, de son nez, de ses yeux… Ils s’étaient probablement croisés quelque part. Tiens, à en croire la forme de ses oreilles, elle avait une ascendance elfique. Dis-moi, petite… comment connais-tu mon nom? Tu m’as appelé Zackeriel… or, très peu de gens en Alombria connaissent mon véritable nom. Normalement, je me fais surnommer Rémy… ou Trefflé… tout dépendant de mon humeur. C’était surtout ça qui l’inquiétait. Qui connaissait son existence dans ce pays?

Puis, il prit la gourde d’eau qui pendait à sa taille et la tendit à l’enfant afin qu’elle puisse se désaltérer.

- Comment t’appelles-tu? Demanda-t-il ensuite.

Puis, une bourrasque de vent se leva d’un coup et sous la surprise, l’enfant échappa le papier qu’elle tenait en main. À en voir les traits de son visage, le guerrier comprit que ce morceau de parchemin était important pour elle. Il se leva donc dans un bond puis accourut à la suite du document récalcitrant. La poursuite dura quelques secondes et il put enfin le coincer sous son pied. Il prit le papier, puis revint vers l’enfant, non sans jeter un coup d’œil de curiosité sur son contenu. Il ne prit pas le temps de le lire au complet puisque c’était indiscret. Mais le nom d’Ashari éveilla un très vague souvenir en loin. Il avait déjà côtoyé une femme portant ce même nom, il y a de cela plusieurs années. Ils avaient eu un peu de bon temps ensemble et Zack était ensuite reparti avec les Lames Pourpres. Les détails de la soirée restaient flous puisqu’il était complètement ivre ce soir-là.

- Tu connais une femme qui s’appelle Ashari? Demanda-t-il en remettant la lettre à l’enfant et en enfonçant ses mains dans ses poches. C’est un drôle de nom qui m’éveille de vagues souvenirs. Quoique… il n’y a surement pas une seule Ashari dans tout le pays. C’est toutefois un nom qui n’est pas très commun.

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MessageSujet: Re: Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]   Ven 1 Juil - 19:28

Ishobel en avait presque oublié l’individu qui lui avait ouvert la porte dessus (ou qui avait ouvert la porte sur laquelle elle avait foncé, allez savoir!) jusqu’à ce qu’il ne l’aide gentiment à se relever et ne l’installe sur un banc pour l’examiner. L’enfant en fut reconnaissante, puisque s’asseoir lui permit de cesser d’avoir l’impression que tout bougeait autour d’elle, et elle n’avait plus à se supporter sur ses jambes ébranlées par sa chute. Dommage que son fessier, lui, n’était pas d’accord avec la position assise, ayant été le premier à toucher le sol un peu plus tôt, mais tant pis!

À regret, l’hybride retira ses mains plaquées sur son front pour apaiser la sensation désagréable du sang qui y battait aussi rapidement que son cœur et qui accentuait la douleur. Même sans la voir, Ishobel se doutait que ce n’était pas joli et sentait du sang couler sur sa peau, elle ne s’était vraiment pas manqué. Le visage de son sauveur (ou tortionnaire?) en disait aussi long sur son état, et la demie-lycan failli remettre ses mains sur la plaie autant pour la cacher qu’amoindrir la sensation, mais ce fut plutôt l’homme qui posa une main dessus. L’enfant sourit en comprenant qu’il avait aussi un pouvoir de guérison, comme elle, et la douleur disparu rapidement. Elle avait encore de la difficulté à se soigner toute seule, ayant plus de talent pour les blessures des autres, et elle aurait été de toute façon trop étourdie pour le faire elle-même si elle avait voulu. Maintenant que la douleur disparaissait, sa vision redevint fixe et l’impression d’être sur le point de tomber la quitta.

-Merci! D’habitude c’est Miya qui me soigne quand je me fais mal, je suis capable moi aussi, mais elle est bien meilleure que moi. En passant ses doigts sur son front, l’enfant fut surprise de n’y sentir aucune trace de sa blessure, pas même une petite prune. Mais moins que vous, je pense. Je n’ai même pas mal à la tête, en fait, vous êtes doué! Vous êtes un Chevalier?

C’était sa façon à elle de remercier les gens, en bonne gamine qu’elle était encore. Elle en avait presque oublié ses premiers soucis, ceux qui l’avaient emmenée dans cette course éperdue pour les fuir, jusqu’à ce que l’étranger lui demande comme elle savait son nom, puisqu’elle l’avait apparemment appelée par celui-ci. Hors, Ishobel n’avait dit à voix haute que le nom «Zackeriel», qu’elle venait de lire dans la lettre de sa mère. Aussi, fronça-t-elle les sourcils en se demandant de quoi il parlait. Et pourquoi donc son nom était-il un secret bien gardé dans ce Royaume?

-Vous êtes un espion sholien? chuchota la gamine les yeux écarquillés de stupeur et légèrement effrayé. Mieux valait ne pas lui laisser savoir qu’elle était élève d’Alombria, il savait déjà qu’elle avait un pouvoir, et c’était trop!

Mieux valait jouer la gentilles paysanne innocente maintenant, et simplement répondre à ses question et s’esquiver aussitôt qu’elle en aurait la chance. Si elle accepta la gourde de Zackeriel, c’était vraiment parce qu’elle avait soif d’avoir couru, par contre. Évidemment, la gamine ignorait que son nom n’était pas tellement répandu et ne comprenait pas l’étonnement de l’homme. Lorsqu’il lui demanda son propre nom, elle hésita à répondre, se disant que s’il était un espion, l’ordre de Shola saurait que l’élève (éventuellement écuyère!) Ishobel d’Alombria savait guérir les gens! Ce n’était pas le genre d’informations qu’on voulait donner à l’ennemi, pas vrai? Elle faillit répondre «Chlomidea», mais ne voulait pas mêler sa mère adoptive à cette histoire, aussi décida-t-elle de dire la vérité puisqu’elle était de toute façon une mauvaise menteuse. Elle s’assurerait simplement qu’il ignore son rang, ils étaient loin du château après tout!

-Ishobel.

C’est alors qu’une grande bourrasque de vent fit envoler la lettre qu’Ishobel ne tenait plus aussi fermement que plus tôt et qu’elle avait presque oublié, mais Zackeriel s’empressa de la rattraper avant qu’elle ne disparaisse. L’enfant soupira, ayant craint de perdre cette partie de son passé qui lui était resté obscure trop d’années. Et tendit la main pour le récupérer au plus vite, nerveuse que le demi-elfe ait eu le temps de poser les yeux dessus. Il ne l’avait pas lue au complet, il n’aurait pas eu le temps, mais il lui demanda s’il connaissait une femme s’appelant Ashari, puisqu’il lui semblait en connaître une, bien que ce n’était pas impossible qu’il en existe plus d’une. C’est là que l’hybride avala sa salive de travers, et reposa ses yeux sur la partie du message qui l’intéressait. Rencontrer un «Zackeriel», c’était une chose. Rencontrer un Zackeriel qui connaissait une Ashari, c’en était une autre. L’enfant sursauta et se dressa sur ses pieds en relisant le passage qui décrivait son supposé père. Un demi-elfe blond.

-Ashari c’est ma mam… mère. Chlomidea était sa maman, peu importe ce qu’en disait cette lettre. Biologique. Je ne la connais pas. Et si j’ai dis «Zackeriel», tout à l’heure, c’est parce que je pensais à mon père. Ashari dit la dedans que mon père s’appelait Zackeriel, elle veut me retrouver et m’a fait parvenir ça. dit-elle en secouant la lettre sur ces propos, puis en la tendant à l’homme pour qu’il la lise vraiment. Elle l’a décrit aussi… Dites, vous êtes sûr de ne pas être un espion sholien?

Bon, l’innocence des enfants… Évidement, lui laisser lire sa lettre ne mettrait pas le Royaume en danger et ne la rendrait pas traître aux yeux des dirigeants d’Alombria, puisque ça ne concernait en rien la sécurité du royaume, seulement sa vie privée. Par contre… ça serait embêtant d’avoir un père de l’autre camp… Après tout, les nourrices de l’orphelinat disaient qu’elle était arrivée de Shola, alors rien n’était impossible. Si Ashari décrivait son père comme un criminel en cavale, rien n’empêchait qu’il soit devenu Chevalier après? «Normalement, je me fais surnommer Rémy…» Un criminel en cavale… changerait son nom, évidemment…
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MessageSujet: Re: Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]   Lun 4 Juil - 15:40

C’était toute une coïncidence que l’enfant connaisse une femme nommée Ashari. C’était un joli nom, bien que plutôt hors du commun. Les mains dans les poches il observa celle qui s’appelait Ishobel alors qu’elle se redressa rapidement sur ses pieds, posant son regard vert sur le parchemin qu’elle tenait entre ses mains. Y avait-il un truc qui clochait? Elle semblait empreinte d’une révélation soudaine. Elle releva la tête en sa direction et déblatéra quelques propos qui fit sourciller le semi-elfe. Sa mère se nommait Ashari? Elle ne la connaissait visiblement pas – selon ses propos – et ajouta qu’elle avait prononcé son nom, car elle pensait à son père. Quoi?! C’était surement une erreur. Et puis, peut-être faisait-elle référence à un autre Zackeriel? Certes, ça faisait un peu trop de coïncidences pour qu’il puisse vivre davantage dans le déni. L’enfant secouait sa lettre dans tous les sens et le sholien agrippa le parchemin sans grand ménagement, ignorant par le fait même sa question quant à son allégeance à Shola.

Il posa son regard couleur bronze sur la lettre et la lue en entièreté cette fois. Ashari… il se souvenait d’elle maintenant. Une femme provenant d’un élevage sordide de lycans, en shola. Leurs routes s’étaient croisées alors qu’il traînait dans un village avec d’autres membres du clan. Il était sous les effets de stupéfiants lorsqu’ils s’étaient vus. Sans compter tout l’alcool qu’il avait ingéré… Ses souvenirs étaient plutôt flous, mais il se rappelait avoir couché avec la lycane qui était originellement venu dans le petit bourg pour faire des courses pour sa maîtresse. Elle s’était d’ailleurs attachée beaucoup trop vite à lui, comme la plupart des esclaves qui trouvaient un peu de réconfort auprès d’un homme libre. Après leurs ébats plutôt torrides et brusques, elle lui avait fait une déclaration d’amour à laquelle il était hors de question qu’il réponde. Zackeriel des Lames Pourpres ne s’attachait jamais et n’allait surtout pas unir sa vie à celle d’une esclave. Il était donc reparti avec sa bande sans jeter un regard en arrière. Quel salopard il a été! Son cœur s’accélérait alors que ses yeux se posaient à nouveau sur l’enfant qui se trouvait devant lui. Cet événement s’était produit alors qu’il était encore tout jeune. Dix-huit ans, tout au plus. À l’époque, il était encore en peine d’amour après avoir été obligé de laisser tomber Saoirse au profit du clan.

- Quel âge as-tu? Demanda-t-il en un souffle, son cœur menaçant d’exploser à chaque battement tant la nervosité le prenait d’assaut. Avec un peu de chances, Ashari aurait eu d’autres amants après lui et aurait cru que l’enfant était de lui, puisqu’elle était si obnubilée par sa personne. La réponse que lui servit la gamine ne lui plus guère. Trop de coïncidences… C’est pas possible, souffla-t-il en la dévisageant. Et pourtant, à force de la fixer, il commençait à y voir certaines ressemblances. Sa chevelure blonde, ses oreilles légèrement pointues, ses traits délicats témoignant vraisemblablement d’une ascendance elfique. Même ses yeux! Ils n’étaient pas ceux de Zack (qui les tenaient de son père), mais ceux de sa mère, Elwë, possédaient la même forme légèrement en amande avec la même couleur. Non c’est impossible! Désolé petite! Trancha-t-il finalement.

Puis, il tourna rapidement les talons et commença à marcher rapidement pour s’éloigner d’elle. Il ne pouvait pas le croire! Ne VOULAIT pas le croire! Il n’avait pas d’enfant, n’en avait jamais eu. Le seul qui avait passé près de voir le jour avait été tué dans le ventre de Saoirse au moment où elle voulut récupérer son collier. Tout ça, c’était trop d’information pour lui. Une bien trop grande charge qu’il ne se voyait en rien soulever. Il n’avait rien d’un père, absolument RIEN. Il n’avait aucune expérience avec les enfants, avait un passé criminel très lourd, était alcoolique et opiomane par-dessus le marché! La gamine devait se tromper! Et pourtant… Malheureusement pour lui, Ishobel courrait derrière lui, visiblement décidée à en savoir plus. Trop de détails concordaient, ça en était effrayant.

- Écoute moi, Ishobel, fit-il en se retourna soudainement pour lui faire face. Je ne suis PAS ton père. Je n’ai PAS d’enfants! Je n’en ai jamais eu! Alors, retire cette sottise de ta tête et laisse-moi tranquille! J’ai à peine connu ta mère, donc crois-moi, il y a erreur! Va voir ailleurs, tu y trouveras surement ton vrai père!

Son ton était plus brusque qu’il ne l’aurait voulu. C’était dû à la panique de se voir incomber un fardeau beaucoup trop important pour lui. Un enfant, c’était tout un contrat! Il ne se voyait pas combler un rôle auquel il n’avait jamais postulé. Oh ce n’était pas qu’il n’aimait pas les mômes, il s’était même rapidement attaché à Agrias, la gamine qui suivait Saros en permanence. Mais le rapport entre eux était tout autre. Il n’avait aucune responsabilité envers elle, ce qui était totalement différent d’Ishobel, advenant le cas où il était réellement son père. Malheureusement, le ton qu’il avait employé était réellement trop sec puisqu’il vit les yeux de la petite fille s’embrumer de larmes. À cette vision, son cœur se serra. La pauvre enfant était orpheline jusqu’à tout récemment et venait de découvrir – par le biais d’une simple lettre – qu’elle n’était pas réellement seule au monde. Et maintenant qu’elle tombait nez à nez avec le seul potentiel parent biologique qu’elle croyait avoir, ce dernier la repoussait avec une véhémence qu’elle ne méritait pas. Bravo Zack, bravo! Ce n’était pas contre elle, c’était de la panique, ni plus ni moins. Voyant l’enfant détaler, le guerrier songea au fait qu’il y était peut-être allé un peu – beaucoup – trop fort. Ishobel, dans sa course, en avait même échappé sa lettre et Zack trotta jusqu’à cette dernière pour la ramasser. Et voilà que la culpabilité se mettait de la partie… Il devait la rattraper!

Sans plus attendre, il se mit à courir derrière l’enfant, tenant sa lettre solidement en main. Il valsa entre les gens tentant de se frayer un chemin dans la foule qui peuplait les rues de la capitale. Au loin, il vit la tignasse de la petite fille qui courait foutrement vite! Elle tenait peut-être sa rapidité de sa mère… ou même de son père… Alors que ses pas foulaient les dalles de pierres du pavé, il trébucha sur le pied d’un citoyen, passant près de s’étaler de tout son long. Il se confondit en excuses, puis tourna la tête juste à temps pour voir Ishobel tourner le coin d’un bâtiment. Il s’élança à sa suite puis s’arrêta alors qu’il la vit assise sur un banc dans un petit parc. Elle semblait aux prises d’un énorme chagrin. Le cœur battant la chamade, le semi-elfe s’avança doucement vers elle, sa lettre toujours en main. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait cette nette impression qu’elle disait vrai et c’était ça qui lui faisait le plus peur. Lui? Papa? Sérieusement? C’était une mauvaise blague des dieux. Il n’avait tellement pas l’étoffe d’un père…

- Je suis désolé, fit-il enfin une fois à sa hauteur. J’ai été odieux avec toi. Tu ne méritais pas ça.

Puis, il s’approcha un peu plus d’elle et lui tendit sa lettre afin qu’elle puisse la récupérer. Un silence régnait entre eux deux. Le semi-elfe se racla la gorge pour reprendre contenance, puis vint s’asseoir sur le banc, près d’elle, les coudes appuyés sur ses genoux et les mains jointes. Dans cette position légèrement voûtée, il avait l’air songeur.

- Je ne suis pas un espion, reprit-il finalement d’une voix plus douce. Mais je viens réellement de Shola. Garde ça pour toi, s'il te plaît, ce n’est pas un mot que nous pouvons prononcer à la légère, ces jours-ci. Puis, il se redressa pour appuyer son dos contre le dossier du banc et leva le regard vers le ciel. Je ne voulais pas te faire de la peine. En fait, je crois avoir paniqué après avoir lu ta lettre. Tout me semble trop familier dans les propos d’Ashari au point où ça me fait peur. À mon souvenir, je n’ai jamais eu d’enfants. Et si je ne suis pas un espion, j’admets ne pas être la personne la plus recommandable qui soit. Alors, m’imaginez avec une fille sous ma tutelle… c’est au-delà de mes forces. Puis, il planta son regard couleur bronze sur la petite demoiselle. Tu as les traits de ta grand-mère…

Et c’était ça qui était le plus frappant. Les mêmes traits doux qu’Elwë et qui se reflétait également dans le visage de Zack. Plus il la regardait, plus il y voyait des airs de famille. C’était si déconcertant.

- Où vis-tu? Qui s’occupe de toi? Tu dois bien avoir une maman, enfin… adoptive, je veux dire.

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MessageSujet: Re: Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]   Ven 8 Juil - 10:59

Si Ishobel avait encore des doutes sur l’identité de celui que le hasard avait placé sur son chemin, ils disparurent en voyant les émotions défiler sur le visage du demi-elfe alors qu’il parcourait la lettre sans un mot. Il n’avait répondu à aucune de ses questions, pour l’instant, mais c’était présentement le moindre des soucis de la gamine. Comme elle connaissait par cœur l’entièreté du message, elle sut presque avec exactitude à quel passage il eut quel réaction. «Demi-elfe blond», «Zackeriel», «est reparti» et «j’étais enceinte» sont les moments approximatifs au cours des quels le teint de son père sembla blanchir un brin. La façon dont il la dévisageait maintenant en disait aussi long sur les déductions qu’il avait faites.

-Huit ans… répondit simplement l’élève, ce qui fit naître d’autres émotions plus ou moins agréables à regarder sur le visage de Zackeriel, qui répétait dans la panique que c’était impossible. Attendez!

L’homme tournait déjà les talons pour s’éloigner d’elle, lui rendant sa lettre sans ménagement. La gamine le regarda s’éloigner quelque peu, mais n’avait pas l’intention d’abandonner de si tôt. Elle avait besoin de réponses, elle voulait savoir, entre-autres, si sa mère valait la peine d’être retrouvée, ne serait-ce que pour en avoir le cœur net. Et s’il devait partir lui aussi, Ishobel voulait au moins pouvoir le regarder une fois avec la certitude que c’était lui, juste pour graver ses traits dans sa mémoire. Mais lorsque ses efforts finirent par porter fruit et que Zackeriel se retourna enfin vers elle, les traits durcis par la colère, ou l’impuissance, ou la peur peut-être, ne lui plurent pas, tout comme les mots brusques qui lui brisèrent le cœur. Ses yeux se remplirent rapidement de larmes alors que son probable père déversait sa haine sur elle, sans qu’elle ne sache si elle était vraiment l’objet de cette haine, aussi tourna-t-elle les talons à son tour. Mieux valait rester dans l’ignorance de sa famille plutôt que d’en avoir une qui la détestait.

Sa mère l’avait abandonnée alors qu’elle était encore à son sein, et son père faisait maintenant la même chose. Pourquoi les parents faisaient-ils des enfants si c’était pour ne pas s’en occuper? Ils n’avaient qu’à se trouver une autre occupation, tiens! Quand on fait un bébé –et oh qu’Ishobel avait appris tôt comment faire des bébés!- on doit en prendre la responsabilité. Les femmes chez Aïcha s’occupaient bien des poupons qui résultaient de leur «travail», quand il y en avait! Elles ne les mettaient pas à la rue, et ne leur criaient pas des bêtises non plus!

Ishobel n’échappa pas sa lettre dans sa course, elle la jeta par terre, décidée à ne pas retrouver Ashari, qui ne méritait pas plus son pardon que Zackeriel. Elle avait cru que son père, au moins, serait content de la revoir, puisqu’il ignorait probablement avoir une enfant, il était innocent dans son abandon! Mais s’il l’abandonnait lui aussi tout juste après l’avoir retrouvée, alors il n’était pas mieux que sa mère!

Courant instinctivement en direction du bordel, dans l’espoir de se consoler dans les bras de sa vraie maman, la gamine ne manqua pas d’entendre son père essayer de la rattraper. Des regrets, maintenant? Un peu trop tard pour Ishobel, qui le voyait déjà comme le parent indigne qu’était aussi Ashari. De toute façon, elle courrait beaucoup plus vite que lui, et le sema bien aisément dans les ruelles qu’elle connaissait par cœur. Ce n’est qu’en traversant un petit parc un peu délabré qu’elle réalisa à quel point elle s’était éloignée de chez Aïcha lors de sa première course, et qu’elle était trop épuisée pour terminer d’un coup la route. Elle se laissa donc tomber sur un banc, profitant du répit, octroyé par la certitude de n’avoir plus Zackeriel à ses trousses, pour pleurer vraiment. Difficile pour une gamine, dont le passé semblait enfin vouloir s’ouvrir à elle, de le voir se refermer aussi brusquement, masquant pour toujours les questions qui avaient habité toute son enfance.

Toutefois, elle avait eu tord en pensant que Zackeriel ne la retrouverait pas, puisqu’il débarqua bientôt dans le parc. Allez savoir comme il avait retrouvé sa trace, toujours est-il que les traits sur son visage plurent beaucoup plus à Ishobel, maintenant qu’il semblait plus ouvert à lui parler. Le demi-elfe commença par s’excuser, avant de lui remettre la lettre pleine de saletés de la rue. Il avait raison, elle ne méritait pas ça. Elle ne méritait pas d’être détestée et de voir chambouler toute son existence parce qu’Ashari et lui n’avaient pas pris leurs responsabilités. L’enfant prit quand même la lettre, après une brève hésitation. Même si le texte était maintenant difficilement lisible, elle le connaissait sur le bout des doigts.

Zackeriel poursuivit en répondant finalement à ses questions, dont elle n’était plus certaine de vouloir connaître la réponse. Si elle était soulagée qu’il ne soit pas un espion, Ishobel fit quand même la moue en apprenant ce dont elle se doutait malgré tout : son père était sholien, donc techniquement un ennemi même s’il ne combattait pas au front comme les Chevaliers. Que faisait-il ici, alors, s’il était sholien? Plus il lui répondait, plus elle avait de questions qui apparaissaient dans sa tête, exactement comme en classe. Elle haussa les épaules lorsqu’il avoua ne pas être vraiment recommandable pour élever un enfant, elle le savait déjà, selon la description d’Ashari. Ainsi donc, il était vraiment un criminel en cavale.

-Rassurez-vous, vous n’aurez pas à subir d’avoir une fille sous votre tutelle, ni même de l’imaginer. répliqua-t-elle un peu plus brusquement qu’elle l’aurait dû. Chlomidea s’est occupé de moi, elle m’a gardée parce que j’étais magique. En ce moment j’habite au château, parfois je viens ici pour voir maman. Voyez? J’ai pas besoin de père, rassuré?

Malgré une certaine sévérité dans ses mots, le ton d’Ishobel s’était considérablement adoucit, probablement attendrit par le regard encore un peu effrayé de son père, ou parce qu’il l’avait comparé à sa propre mère, montrant qu’il commençait à se faire à l’idée.

- On joue pas à faire des bébés quand on est pas capable de s'occuper des bébés! le gronda-t-elle d’un air réprobateur, avec toute l’innocence digne d’une enfant… une enfant qui ne devrait définitivement pas savoir déjà comment on fait des bébés… Alors… comment elle s’appelle, ma grand-mère? chuchota-t-elle malgré tout en regardant ses pieds, trop curieuse pour se taire. En fait, elle voulait tout savoir, tout ce qui le concernait lui, tout ce qu’elle pouvait savoir sur Ashari. Peut-être irait-elle la retrouver, finalement?
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MessageSujet: Re: Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]   Lun 11 Juil - 16:33

Adossé contre le dossier de son banc, Zack plongea son regard dans les yeux verts de la jeune fille. Cette dernière était encore fâchée contre lui, c’était plus qu’évident. Mais pouvait-il réellement lui en vouloir? Il avait été odieux avec elle quelques minutes plus tôt et elle était totalement en droit d’avoir une dent contre lui. Elle le « rassura » quant à la possibilité qu’il ne soit pas dans l’obligation de trimballer la gamine partout où il irait puis parla de ce qui semblait être sa mère adoptive. Chlomidea? Quel nom de merde… Évidemment, il garderait cette réplique pour lui! Savait-elle qu’elle avait un prénom rappelant drôlement une maladie vénérienne? Cette simple pensée le fit sourire. Ishobel précisa que c’était cette femme vénérienne qui s’était occupée d’elle et ajouta même qu’elle était une enfant magique. Sans trop savoir pourquoi, cette révélation surprit le brigand. Elle avait des dons? Comme lui et Uriel? La curiosité prenait soudainement le dessus sur sa réticence, il devait bien l’admettre.

Zack gloussa alors que l’enfant lui faisait des remontrances évidentes quant au fait qu’il ne devait pas faire d’enfants s’il était dans l’incapacité de s’en occuper. Elle n’avait pas tort! Mais visiblement, la notion de sexualité était encore beaucoup trop abstraite pour une enfant de son âge (et heureusement!). L’air réprobateur qu’elle affichait lui donnait une bonne idée de l’attitude que la femme vénérienne devait démontrer à son égard lorsqu’elle la punissait. Pendant un bref instant, le semi-elfe se demanda si la petite aurait pris des traits provenant de lui, s’il avait été présent pour son éducation. Et merde, tout ça était beaucoup trop étrange à son goût.

La petite baissa la tête afin de scruter ses pieds et un silence régna l’espace de quelques instants. Que pouvaient bien se dire deux parfaits inconnus d’âge diamétralement opposé qui venaient à peine de découvrir un lien de parenté de plus en plus évident? Finalement, ce fut la gamine qui rompit le silence, s’interrogeant sur le nom de sa grand-mère.

- Elwë, répondit Zack en observant d’un air songeur les fleurs se balloter au gré du vent. Ça faisait une éternité qu’il ne l’avait pas vue. En fait, l’homme adorait sa mère. Il n’avait simplement jamais trouvé le courage de lui faire face après toutes ces années. Et son père, c’était encore pire… Ton grand-père s’appelle Richard. C’est un duc du côté de Shola. De plus, tu as un oncle qui s’appelle Uriel : mon frère jumeau. Avant que je ne te parle davantage de moi, tu dois savoir un truc, Ishobel. Tu ne dois pas prononcer mon nom, à personne. Comme je t’ai dit, je ne suis pas une personne recommandable. Du moins je ne l’étais pas. Les chances que mon nom soit connu du côté d’Alombria ne sont pas improbables. Je préfèrerais garder l’anonymat pour éviter les ennuis.

Puis, il se passa une main dans ses cheveux blonds longs d’un air embarrassé.

- J’ai reçu l’éducation d’un duc, commença-t-il. Moi et mon frère avons vécu dans l’opulence toute notre enfance. Mon père voulait que nous reprenions le duché à sa mort. Ma mère – Elwë, une magnifique elfe aux cheveux blonds et aux yeux verts, comme toi – nous a éduqués dans l’amour de la nature et des arts. Avec elle, nous avons appris à lire, écrire, compter, dessiner, jouer de la musique et j’en passe. Mon père, pour sa part, nous apprenait le combat à l’épée, la diplomatie et la politique. Une fois à l’adolescence, nous avons été recrutés dans l’armée sholienne pour faire notre service militaire. Or, ton oncle Uriel est une tête de mule et refusait systématiquement d’obéir aux ordres de notre supérieur. Après deux ans de service, il a décidé de foutre le camp. C’était mon jumeau… je ne pouvais pas le laisser partir seul et faire des bêtises à n’en plus finir. Je l’ai donc suivi. Bref, nous avons été dépêchés par des gens peu recommandables alors que nous n’avions que 16 ans et c’est là que tout a commencé. Je vais t’épargner les détails, tu n’as pas besoin de savoir ce que j’ai fait jusqu’ici. Mais au moins, tu connais une partie de tes racines.

Puis, il tourna la tête vers elle avec un sourire en coin. C’était probablement la première personne en dehors des Lames Pourpres et de Saoirse à qui il racontait les grandes lignes épurées de sa vie. Certes, l’idée que ce môme soit le sien le terrorisait au plus haut point, mais le fait est qu’il devait admettre qu’il y avait trop de coïncidences pour qu’il puisse les nier.

- Tu dis être une enfant magique. Quels sont tes dons? Demanda-t-il d’un air curieux. Fais-tu partie de l’ordre d’Alombria? Si tel est le cas, tu t’enlignes pour un avenir glorieux, ce qui est une bonne chose en soit. Du moins, tu auras un avenir plus assuré que le mien…

Il écouta les propos de l’enfant, puis hocha de la tête pour lui faire comprendre qu’il suivait bien le fil de la discussion. Si cette gamine était réellement sa fille, il avait de quoi être fier. Après tout, n’était-ce pas ce que tout parent désirait? Que leurs mômes les surpassent? Puis, il tendit la main vers la lettre aux écriteaux presque illisibles et y glissa à nouveau son regard.

- Quand as-tu eu ce parchemin? L’interrogea-t-il. Je veux dire… est-ce que ça fait longtemps que tu es au courant pour notre lien? Et je crois avoir une idée de ce qui a poussé Ashari à t’abandonner. À mon souvenir très très vague, nous nous sommes rencontrés alors qu’elle est effectuait des courses pour sa maîtresse. Une sorte d’esclave. Elle ne m’a toutefois jamais dit qui elle servait. Si ça se trouve, elle espérait peut-être que tu aies un avenir meilleur que le sien? Au fond, c’est un cadeau qu’elle t’a fait… Puisque visiblement, elle a réussi son coup. Puis, un nouveau silence tomba. Zack se pinça l’arête du nez alors qu’il tentait de bien assimiler le fait qu’il avait une fille qu’il n’avait, jusque-là, jamais connue… une progéniture. Je ne peux pas croire que j’ai une fille depuis tout ce temps… souffla-t-il du bout des lèvres. Puis, il regarda à nouveau la gamine. Et ta mère? Tu comptes essayer de la retrouver?

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MessageSujet: Re: Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]   Jeu 14 Juil - 20:16

Ishobel s’était attendu à peu près à tout, sauf peut-être le faire rire lorsqu’elle lui fit ses remontrances. La gamine s’empourpra à l’idée qu’elle avait probablement eut l’air ridicule, mais fut aussi offusquée qu’il ne la prenne pas plus au sérieux, elle était quand même une élève de l’Ordre, elle ne méritait pas qu’un criminel se moque d’elle! Bon, ledit criminel ignorait que ladite élève en était une, mais détail. Un jour, elle serait Chevalier, et puis plus personne ne se moquerait d’elle. Et elle n’aurait plus besoin de trouver personne pour veiller sur elle et qui l’abandonnerait par la suite car les adultes sont trop froussards pour prendre leurs responsabilités! Pour l’instant, la demie-lycane se contenta de baisser les yeux sur ses pieds, trop gênée et frustrée par le sourire moqueur de celui qui aurait dû être son père.

La gamine eut un sourire aux lèvres en répétant silencieusement le nom de sa grand-mère, qui sonnait doux sur ses lèvres. Elfique, sans aucun doute, ce qui justifiait les oreilles pointues qu’Ishobel caressa distraitement, prétendant replacer une mèche de cheveux derrière. Zackeriel les avait aussi, ça elle l’avait remarqué. Son grand-père devait être un humain, et l’enfant haussa des sourcils surpris en apprenant qu’il était un Duc. Ainsi donc, si elle avait vécu à Shola, elle aurait été noble? Plus encore, possiblement héritière d’un duché? Tout dépendant de qui des deux jumeaux était le plus vieux des deux. Mais cela n’avait pas d’importance, elle était alombrienne, et selon la confession chuchotée de son père, celui-ci était un criminel. Un criminel peut-il conserver son titre de Duc? Difficile à dire. En tous les cas, Miya allait se délecter de cette histoire, même si la gamine hocha vivement la tête pour montrer qu’elle conserverait son anonymat. Sa meilleure-amie-pour-la-vie ne comptait pas dans les ennuis probables!

Et Zackeriel continua son histoire, piquant légèrement la jalousie d’Ishobel, qui avait grandit dans un orphelinat, puis un bordel, apprenant à récurer les planchers, faire la vaisselle et la cuisine, alors qu’elle aurait pu jouer… du violon, peut-être? Au moins, elle avait la chance de faire partie de l’Ordre, et avait appris la majeure partie de ce qui manquait à son apprentissage dans la maison des plaisirs…

C’est ainsi qu’Ishobel appris comment son père et son oncle s’étaient fait leur mauvaise réputation en quittant le service militaire. En désertant. Elle aussi, elle allait devenir soldat, u soldat magique, qui n’allait pas déserter. L’enfant hocha la tête, ne désirant pas en savoir plus de toute façon. Elle en savait déjà trop. Elle connaissait le nom et le visage d’un criminel et ne pouvait le dénoncer, ce qui était grave dans son cas, alors mieux valait éviter de connaître le reste, car elle risquerait d’avoir envie de le remettre aux autorités, même si cette idée lui faisait de la peine. Elle ne le connaissait pas, et pourtant, elle commençait déjà à l’aimer. Probablement uniquement pour la partie de sa vie qu’il représentait et qu’elle n’avais jamais connu.

-Oui je suis une élève, pour encore trois ans, avoua-t-elle finalement avec un sourire flatté, s’enorgueillis de l’avenir flatteur qu’il décrivait pour elle. Oh, elle n’avait pas l’intention de devenir une criminelle, non! Je suis un peu guérisseuse, mais je ne suis pas la meilleure. En fait, je suis douée pour soigner les autres, mais j’ai beaucoup de mal avec l’auto guérison. Encore quelque chose que je tiens de mon paternel, visiblement. Ajouta-t-elle en replaçant à nouveau une mèche de sa chevelure blonde derrière ses oreilles. Mèche qui se teinta bientôt de bleu, puis de vert, avant de virer sur le roux et retourner à sa couleur naturelle. Oh, et il y a ça aussi. Je peux faire plein de trucs avec ce pouvoir, mais c’est un peu compliqué à expliquer… En fait, je suis encore en train d’apprendre.

À l’insu de son père, Ishobel s’amusa à faire pousser les poils de sourcils du demi-elfe, alors que celui-ci la questionnait sur l’origine de la lettre puis extrapolait sur les raisons pour lesquels Ashari avait dû l’abandonner, en lui expliquant comment il l’avait rencontrée et mise enceinte. La gamine savait déjà que sa mère était une esclave, c’était écrit dans sa lette, mais c’était encore plus désolant de l’entendre. La demie-lycane eut un sourire triste en haussant les épaules. Elle l’avait protégée de quoi? Elle avait failli se retrouver esclave dans les mines, elle aussi! Ou pire… Heureusement que Parandar avait mis Chlomidea sur sa route…

-C’est qu’Ashari est à ma recherche, elle a été jetée de «l’élevage» sordide où je suis née, parce qu’elle ne produisait pas des assez beaux bébés. marmona-t-elle en grinçant les dents, bien que la vérité était plus compliqué. Elle retrouvé ma trace jusqu’à Chlomidea, puis maman lui a dit qu’elle ne savait pas où j’étais. Pour me protgéer… Alors Ashari a laissé une lettre pour moi, et maintenant c’est ma décision de savoir si je veux entrer en contact avec elle, ou pas… J’en ai les moyens.

Et cette décision là n’était pas encore prise. Ishobel eut un petit sourire lorsque Zackeriel fronça ces énormes sourcils velus en se pinçant l’arrête du nez, un peu plus longs encore, et ils lui barraient la vue. L’idée était plutôt amusante, et l’enfant se prit à continuer la croissante accrue de la pilosité faciale de son père, pendant qu’elle répondait à sa dernière question.

-Je ne peux pas croire que j’ai un père! le nargua-t-elle en manquant de s’étouffer de rire, alors qu’il n’avait pas encore remarqué l’état de ses sourcils. Je ne sais pas encore… J’y pensais, tout à l’heure, justement. Même si maintenant je sais que ce n’était pas de sa faute, je ne peux pas m’empêcher de lui en vouloir… Ne serait-ce de ne pas avoir essayé un peu plus fort? Et puis, j’ai Chlomidea aussi. Je crois que ça la rendrait triste que je la remplace, elle s’est si bien occupée de moi. C’est elle ma maman. Et pourtant… y a toujours l’envie de savoir si je lui ressemble… marmonnait-elle en ayant retrouvé son sérieux, les yeux un peu plongés dans le vide, perdue dans ses pensées.

Ce fut la réaction de Zackeriel qui la ramena au présent et la fit éclater de rire, ses poils de sourcils apparaissant maintenant aisément dans son champ de vision. La gamine en rajoutant en leur imposant une teinte rose bonbon, pour son plus grand plaisir.

-Désolée, je n’ai pas pu résister! ricanna-t-elle sans toutefois remettre la pilosité de son père à sa forme originelle. Mais vous êtes charmant comme ça! Il ne faut pas en rougir, je paris que toutes les femmes vont aimer. Oh, mais on ne fait pas d’autres bébés avec celles-ci si vous ne voulez pas vous en occuper, hein? Une fois, c’est assez! le gronda-t-elle sans cesser de rire, se tenant maintenant le ventre à deux mains pour soulager ses crampes.
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MessageSujet: Re: Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]   Mer 20 Juil - 12:38

C’était si étrange que de se répéter qu’il était le père d’une gamine de 8 ans. Du jour au lendemain, sa vie venait de prendre un drôle de tournant. Peut-être même… un sens, en quelque sorte. Tournant la tête vers la gamine, le semi-elfe eut un sourire en coin lorsqu’il l’entendit le narguer par rapport au fait qu’elle ne croyait toujours pas « avoir un père ». Il fallait dire que la situation devait être aussi étrange pour elle que pour lui. C’était probablement une situation à laquelle ils devraient s’adapter tous les deux. Puis, le guerrier fronça ses épais sourcils alors qu’il écoutait la suite de ses propos. Elle en voulait à Ashari de l’avoir abandonné malgré tout. Il supposait que c’était normal comme réaction, puisque l’enfant avait grandi en ignorant tout de ses géniteurs et en ayant probablement le sentiment très fort d’être complètement rejetée.

- Tu sais, savoir qui est ta vraie mère ne viendrait probablement pas remplacer la relation que tu as avec ta mère adoptive, fit-il d’un air songeur. Après tout, peu importe ce qui va se passer, ça ne pourra jamais retirer les souvenirs que tu as, pas vrai? Enfin, tu fais ce que tu veux, je ne veux pas t’inciter à rien, mais si j’étais toi, je serais terriblement curieux de connaître mes origines. Mais à savoir si tu ressembles beaucoup à Ashari, je t’avoue que je ne pourrais pas vraiment te le dire. Je ne l’ai pas énormément connue et ça fait si longtemps…

Il balança sa tête vers l’arrière et regarda le ciel à nouveau. Les nuages, comme autant de boules de coton, flottaient paresseusement en l’air. Puis, quelque chose sembla masquer son regard, le faisant sursauter. Instinctivement, il porta une main à son visage puis tâta ce voile étrange pour… réaliser que c’était ses sourcils!! QUOI?!! Il poussa une exclamation de stupeur, puis toucha rapidement son front avec un air interrogateur. À côté de lui, Ishobel se mit à rire. Mais merde, qu’est-ce qu’il se passait?!! Non seulement ils étaient terriblement longs, mais en plus, ils étaient… roses?! Stupéfait, il tourna la tête vers l’enfant qui se tenait le ventre sous ses éclats de rire.

- C’est toi qui fait ça?! S’écria-t-il alors qu’elle déclarait qu’il était « charmant » de cette façon et qu’il plairait encore aux femmes avec une telle apparence. Puis, elle lui fit de nouvelles remontrances sur son inaptitude à s’occuper des bébés, mais ce, sans cesser de rire. Ça va, ça va, marre toi! Mais maintenant, enlève moi ça immédiatement.

Merde, il avait l’air d’un crétin! Et Parandar seul savait à quel point il était orgueilleux! En fait, au départ, il fut piqué au vif et ne sembla pas trouver la situation drôle du tout. Mais au final, le rire incessant de la gamine eut raison de lui et l’incita à esquisser un sourire en coin. Bah… ce n’était qu’une enfant, il ne fallait pas se prendre la tête pour si peu. Ishobel continua ses blagues pendant quelques instants avant de finalement redonner son apparence normale à son géniteur… à son plus grand soulagement!

- C’est stupéfiant! Tu peux changer l’apparence des gens à ta guise? Et pour ton don de guérison, tu dois tenir ça de moi. Mais tu vois, dans mon cas, je ne le contrôle pas totalement non plus. Il jeta un regard en coin à la jeune fille qui sembla surprise de cette révélation. En fait, je peux guérir les gens sans problème. Mon don fonctionne également très bien sur moi. Trop même. Quand j’étais gamin – à ton âge plus précisément – je jouais avec mon frère dans les jardins de la résidence de mes parents. Je me rappelle avoir grimpé à un arbre et avoir perdu l’équilibre. Lors de ma chute, ma tête a frappé une pierre. Selon ma mère, je serais resté inconscient un certain temps, et maintenant, mon autoguérison s’active toute seule dès que je suis blessé. Je ne contrôle rien. Même si le tout vient d’un incident, ça reste de loin ma meilleure alliée. Disons seulement que ça m’a sauvé la mise plus d’une fois.

Puis, il haussa les épaules et regarda à nouveau celle qui semblait être sa fille.

- Si tu veux, un jour, je te donnerai un coup de main pour la maîtrise de ton don de guérison. J’en connais quand même un rayon sur le sujet… Bien que je me doute que la magicienne qui t’enseigne soit probablement plus compétente que moi dans le domaine.

Puis, il se releva, dans le but évident de s’étirer. Il invita l’enfant à marcher avec lui, histoire de continuer de discuter un peu. Les mains dans les poches, il marcha dans les rues d’Alombria, découvrant par le fait-même les environs, n’étant pas originaire de l’endroit.

- Alors, où as-tu grandi? Demanda-t-il. Je veux dire, je sais que ta mère adoptive s’appelle « Chlomidea », vraiment, c’était étrange à prononcer, comme nom, mais que fait-elle dans la vie? Tu dis qu’elle habite non loin d’ici. J’imagine donc que tu as passé la majorité de ta vie dans la capitale d’Alombria, je me trompe? Pour ma part, je suis au pays depuis quelques mois seulement, je ne connais donc pas énormément de choses sur cet endroit.

Puis, il prit un air songeur.

- Peut-être qu’une guide pourrait m’être utile, pour me faire visiter un peu les lieux, fit-il avec un sourire en coin. Enfin, seulement si le cœur t’en dit.

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MessageSujet: Re: Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]   Ven 22 Juil - 8:43

Ishobel replia la lettre et l’enfonça dans sa poche en songeant aux propos de son père. Oh, peut-être, oui peut-être qu’elle pourrait la rencontrer, juste pour savoir, comme elle avait voulu savoir pour Zackeriel et son passé. Pas pour remplacer Chlomidea, ça n’arriverait jamais, c’était elle sa maman, celle qui avait voulu d’elle. Mais quel mal cela pouvait-il faire de rencontrer sa génitrice, seulement pour écouter ce qu’elle avait à dire? De toute façon, elle était élève d’Alombria, elle n’aurait donc pas l’ultime difficulté de devoir choisir entre l’une ou l’autre, puisque c’était le château qui l’hébergeait. Et comme ce n’était pas le demi-elfe qui allait lui dire si elle ressemblait à Ashari, faute de s’en souvenir, il n’y avait qu’elle pour en juger.

Pendant quelques instants, Zackeriel sembla apeuré par le mauvais tour d’Ishobel, peut-être pensait-il qu’il s’agissait là d’une attaque. Ce fut le rire incessant et les blagues de la gamine qui lui fit comprendre que c’était son coup à elle, et il lui répliqua, l’air sévère, de remettre ses sourcils dans l’ordre. La gamine refusa d’un hochement de tête, incapable de parler à force d’avoir les côtes écrasées par un ricanement incessant, jusqu’à ce que le demi-elfe cède, trouvant finalement cela plutôt drôle. L’enfant accepta alors de rendre leur longueur originelle aux sourcils de son père, sans toutefois en changer la couleur, il était amusant comme ça. Oh, et puis… il ne pouvait plus le voir, alors elle pouvait bien faire ce qu’elle voulait! Comme leur changer de texture pour qu’ils soient frisés? Oh oui! C’était mignon comme ça, on croirait un caniche en friandise.

-Nan! Je change pas vraiment l’apparence des gens, c’est ça que j’ai du mal à comprendre encore. Y’a que quelques trucs que je peux changer, comme les cheveux et les poils, oh et puis les ongles et les plumes, j’ai essayé sur un phéryxian, c’était plutôt drôle! Y a pas de reptilien qui a voulu me laisser voir si ça fonctionnait sur les écailles par contre, mais mon professeur dit que je contrôle heum… la «katrine» ou quelque chose comme ça, qui est une substance dans le dedans de nos poils. Et apparemment, y en a dans les écailles, mais j’ai pas vérifié.

Voilà, à peu de choses près, ce qu’Ishobel avait réussi à comprendre de son pouvoir, ce qui était bien peu, mais c’était déjà mieux que lors de son arrivée en classe, où elle ne semblait rien de mieux qu’une banale coiffeuse magique. On s’était déjà moqué d’elle en disant que son pouvoir ne servirait à rien d’autre que de «décoiffer» les ennemis, et qu’au mieux ça les ferait rire un peu. Ça avait fait bien de la peine à la gamine, à l’époque, mais son professeur lui avait fait comprendre qu’il y avait du potentiel là dedans, et qu’ils n’avaient qu’à lui apprendre à en faire bon usage.

Zackeriel lui parla ensuite de son don de guérison, qu’il ne contrôlait pas, ce qui étonna Ishobel. Les vieux ne contrôlaient-ils pas tous leurs pouvoirs? Il faudrait qu’elle demande à Sifu Nata… Enfin, il n’avait pas vraiment de quoi se plaindre, car si ce n’était pas lui qui décidait de déclencher son auto-guérison, de ce que la gamine comprenait, elle s’activait toute seule, et c’était encore mieux. Même inconscient, ses blessures disparaissaient, alors que la demie-lycane avait du mal à le faire éveillée!

-Mais c’est super méga génial! s’exclama la fillette en écarquillant les yeux. Tu vas vraiment venir me voir au château? Sifu Nata est guérisseuse aussi, mais changer de professeur des fois ça casse la routine hein? Miya voudra venir, je suis certaine, elle adore rencontrer des gens! s’enthousiasmait-elle un peu trop, soulagée quand même que son amie ait cessé de sentir le popotin des étrangers qu’elle rencontrait.

Ishobel se leva pour suivre son père, incapable de cesser de le fixer à mesure qu’ils marchaient pour graver ses traits dans sa mémoire, s’assurer qu’il était bien vrai et non un autre rêve qui la torturait d’ignorer son passé. Se découvrir une seconde mère, c’était plutôt frustrant, puisqu’elle en avait déjà une. Mais un papa, elle n’en avait jamais vraiment eu… Lorsque Zackeriel lui demanda où elle avait grandi, l’enfant fit la moue, se rappelant qu’on lui avait déjà dit qu’une petite fille n’était pas supposée vivre «dans un bordel». Mais comment éviter la question quand on la lui pose? Et puis, où elle avait «grandit» n’était pas uniquement le bordel, elle avait aussi passé un bout de temps à l’orphelinat, puis ensuite au château. Justement, comme le demi-elfe lui demandait de lui servir de guide à la capitale, ils s’approchaient de la rue où se situait le luxueux édifice de Dame Aïcha, alors la gamine pensa que montrer était toujours mieux qu’expliquer, elle attrapa la main de l’homme et l’entraîna vers chez elle.

-C’est juste là! On habite avec Dame Aïcha. Ma maman, son travail c’est… heu…

Huit ans, elle n’était pas supposé savoir ce genre de choses, et pourtant elle savait. Enfin, elle en avait une sacrée bonne idée, pour avoir entendu, et même une fois accidentellement vu. Ishobel s’empourpra et décida d’utiliser les termes exacts de Chlomidea, lorsque celle-ci avait voulu expliquer son métier à une enfant de cinq ans sans la traumatiser.

-C’est de faire plaisir aux clients. Et puis moi j’aidais dans les cuisines surtout, et parfois je faisais le ménage avec Axel, lui c’est le fils d’Aïcha. Plus ou moins, mais son père devait s’en ficher. Tu veux aller voir à l’intérieur? C’est plutôt joli, et propre, Axel y veille bien, et tout le monde est gentil. Après, on pourra aller à la boulangerie de monsieur Cournoyer, et puis je te montrerai où est le château. la gamine eu une hésitation, pendant laquelle elle fronça les sourcils. Tu as le droit de t’approcher du château, même si t’es un méchant criminel?

Ce n’était peut-être pas le genre de choses à dire en public, non?
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MessageSujet: Re: Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]   Ven 29 Juil - 9:37

Père et fille déambulèrent dans les rues de la capitale en direction d’une destination inconnue. En fait, Zack voulait simplement bouger un peu tout en continuant de faire la connaissance de ce qui était de plus en plus évident pour lui : sa propre fille. Non pas que l’idée ne lui paraissait pas saugrenue, bien au contraire, mais… l’information commençait à faire son chemin, disons le franchement. D’un air curieux, le semi-elfe observa la moue qu’esquissait l’enfant alors qu’il lui avait demandé où elle avait grandi. Pourquoi est-ce qu’elle réagissait de la sorte? N’avait-elle aucune envie de parler de son passé? Si tel était cas, il ne la forcerait en rien. Il en connaissait un rayon sur « les passés à dissimuler ». Il allait changer de sujet quand soudain, le visage de l’enfant s’éclaira et elle lui prit la main pour l’attirer à sa suite.

Surprit de ce retournement rapide de situation, le semi-elfe se laissa donc guider et accéléra le pas pour marcher au même rythme que l’enfant. C’est alors qu’elle désigna un luxueux édifice non lettré aux moulures en bois massifs décorés de fins filagrammes dorés. Wow! Elle avait grandi là avec une certaine « Dame Aïcha »? Elle n’était pas à plaindre lorsqu’il lui parlait du manoir familial. Bon, ce n’était pas une maison aussi noble, mais ce bâtiment valait très certainement son pesant d’or. C’était quoi au fait, comme endroit? Zack baissa le regard vers la gamine puis fit les yeux ronds alors qu’elle parlait de la fonction du bâtiment. Faire plaisir aux clients…? Est-ce que c’était réellement ce qu’il pensait? Une maison close?! Non pas qu’il était contre ce genre d’établissement, loin de là (il en avait déjà fréquenté plusieurs en fait), mais l’idée qu’une enfant grandisse dans un tel milieu lui faisait vraiment étrange. Elle avait dû voir… beaucoup trop de choses, la petite. Et pourtant, elle ne semblait pas plus marquée de son expérience dans cet endroit. Heureusement, elle précisa qu’elle s’occupait davantage des cuisines et qu’elle avait un copain – un dénommé Axel – qui travaillait aussi avec elle, mais faisait de l’entretien ménagé. Un autre orphelin, de ce que le brigand avait saisi.

Visiblement complètement emballée par l’idée de montrer l’endroit où elle avait grandi, Ishobel enchaîna en prétextant qu’elle pourrait ensuite lui montrer la boulangerie d’un certain M. Cournoyer et ajouta qu’il pourrait même voir le château. Oh là! Il n’en demandait pas tant non plus! Et elle devait faire attention à ses propos! N’importe qui pouvait écouter leur conversation. Il posa ensuite un genou en terre afin d’être à sa hauteur et planta son regard bronze dans celui de l’enfant.

- Je veux bien visiter tout ça avec toi si tu veux, mais ne mentionne plus mes activités, Ishobel, fit-il calmement, mais un peu durement tout de même. On avait dit qu’on gardait ça pour nous, pas vrai? Et tu sais, n’importe qui peut entendre notre conversation. De toute façon, j’ÉTAIS un criminel. Je ne baigne plus dans ce genre d’activités maintenant. Ou du moins, je tente de m’en tenir loin. C’est simplement que le passé a parfois tendance à me rattraper et si tel était le cas, je ne pourrai plus rester dans la capitale et je serai obligé de me trouver un autre endroit où vivre. Tu comprends?

S’assurant qu’elle avait bien saisi la situation, Zack se redressa puis voulu s’avancer à sa suite quand soudain, il s’arrêta. Il leva une main à son visage et tâta ses sourcils qu’il sentit complètement frisés. Il poussa un soupir puis jeta un regard à sa fille. « Si tu veux que je te suive, tu vas d’abord devoir les remettre dans leur état originel. Sinon, je n’irai nulle part. ». Il attendit de longues secondes le temps que l’enfant s’exécute à contrecœur, puis, il sortit une dague de sa botte afin de s’en servir comme miroir. Il laissa ensuite tomber son bras et regarda à nouveau l’élève : « la couleur également, Ishobel ». La semi-lycan sembla régler à nouveau la situation non sans une moue, puis Zack s’observa à nouveau, satisfait de voir que ses sourcils tiraient à nouveau sur le châtain foncé, leur couleur naturelle. Il rangea ensuite son arme, et suivit l’élève en direction du bâtiment où elle avait grandi.

Bon sang que ça lui faisait étrange. Était-il réellement entrain de pénétrer dans un bordel en compagnie d’une gamine? Ce genre de choses ne devrait jamais se produire… Zack se passa une main embarrassée derrière la tête alors que l’enfant poussait la grande porte massive finement travaillée. Un brouhaha surprenant montait de l’endroit, étant généralement composé de rires et d’exclamations des clients. Des hommes montaient à l’étage avec des femmes beaucoup trop sexy pour les yeux d’une enfant. L’une d’entre elles passa près du Sous-Chef des Lames Pourpres, sa poitrine étant complètement exhibée et lui fit un clin d’œil. Au bon sang! Normalement, il l’aurait suivi sans le moindre remord, mais là… il n’était pas seul. Une autre femme au corset lavande lui fit signe de le suivre en mordillant le bout de son doigt d’un air coquin. Et merde… il se sentait comme devant un buffet de nourriture alléchante et qu’il était dans l’interdiction de goûter à quoi que ce soit! Il pourrait décider de revenir plus tard sans Ishobel, mais il serait probable que la situation monterait aux oreilles de l’enfant et la blesserait encore davantage. Nan, il devait être un bon « petit garçon » et garder ses mains dans ses poches.

- Alors, c’est ici que tu as grandi? Fit-il en se raclant la gorge pour reprendre contenance. L’endroit est joli… mais comment en es-tu venue à devoir habiter dans un tel établissement?

Il écouta attentivement la réponse de l’enfant, jusqu’à ce que cette dernière s’exclame qu’elle désirait lui montrer sa chambre… comme toute bonne gamine qui voulait montrer ses maigres possessions à un inconnu. Le semi-elfe grimpa donc à l’étage en compagnie de la gamine puis suivit une semi-lycan beaucoup trop excitée jusqu’à ce qui semblait être l’endroit où elle résidait. Au passage, le guerrier remarqua les regards étranges que les employées lui lançaient. Mais pourquoi est-ce qu’on lui jetait tous ses regards désapprobateurs? C’est alors qu’il comprit : il était dans une maison close et il suivait une gamine jusqu’à une chambre! La situation ne pouvait pas sembler moins louche!! Nan mais, il n’était pas un abuseur d’enfants tout de même! Il avait certes beaucoup de défauts, mais pas celui-là! Il avança néanmoins jusqu’à la chambre désignée par l’élève d’Alombria, mais n’y entra pas, se contentant de jeter un regard depuis l’embrasure de la porte.

- Jolie ta chambre, fit-il avec un sourire en coin pour lui faire plaisir. Non, je n’entrerai pas. En fait, heu… peux-tu expliquer aux femmes qui travaillent ici…


- Mais qui êtes-vous?! Tonna une jeune femme marcha droit en sa direction visiblement désireuse de préserver la jeune enfant. Pourquoi voulez-vous entrer dans la chambre de ma fille, sale pervers! Ishobel! Ishobel!!

Ça semblait être Chlomidea. Dans un mouvement d’irritation, Zack porta une main à l’arête de son nez et la pinça comme pour reprendre contenance. Il avait réellement l’air d’un obsédé des mômes! Mais ce n’était pas le cas!

- Vous vous méprenez mademoiselle, commença-t-il d’un ton sec. Je ne suis pas venu pour ça… Je…Et Ishobel sortit de sa chambre, d’un air curieux et sauta dans les bras de ce qui était visiblement sa maman adoptive… Belle première impression, Zack.

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MessageSujet: Re: Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]   Mar 9 Aoû - 14:08

Oups, peut-être qu’elle n’aurait pas du dire ça tout haut, Zackeriel semblait tout à coup inquiet qu’on puisse les entendre et que les gens sachent qu’il était un ancien criminel. Ishobel plaqua ses mains sur sa bouche dans un geste dramatique non feint, comme lorsqu’on échappe accidentellement un gros mot pour les adultes. Même si son père essayait de se tenir loin de ce genre d’activités, il n’était pas toujours facile de fuir son passé, et il craignait de devoir quitter la capitale s’il était découvert. La gamine hocha la tête vigoureusement, muette devant la stupidité qu’elle avait fait preuve, mais aussi surprise de la soudaine dureté du demi-elfe. Non pas qu’il avait été vraiment brusque, juste qu’il ressemblait… ben à un père, maintenant.

Cette constatation la fit sourire, finalement, puisqu’il y avait quelque chose de réconfortant dans cette idée que Zackeriel prenait son rôle au sérieux, même si c’était peut-être inconscient de sa part. Toutefois, son sourire s’évanouie aussitôt, laissant la place à une moue déçue lorsque son père découvrit la nouvelle supercherie qu’elle avait utilisé à son insu et lui ordonna, tout aussi paternel, de lui défriser les sourcils. Ce qu’elle fit, négligeant le «remettre dans leur état originel», puisqu’il ne pouvait tout simplement pas voir leur belle couleur rose bonbon, n’ayant aucun miroir sous la main. Ou presque. L’enfant soupira en voyant l’air découragé de son père lorsqu’il sortit sa dague pour y trouver son reflet, puis elle s’exécuta en lui rendant la pigmentation blonde qui était aussi naturellement la sienne, faisant mine de bouder comme si on lui avait confisqué son jouet préféré, mais tout de même un brin amusée par la réaction du demi-elfe.

Habituée par la nudité des femmes de l’établissement, la gamine ne tiqua même pas lorsque l’une des employée passa près deux, les seins bien en évidence, et lui ébouriffa gentiment la tignasse. Pour Ishobel, c’était normal, et elle ne voyait pas le problème dans cet établissement, ni l’étrangeté du fait qu’elle y vivait –ou y avait vécu, plutôt. Occupée à replacer ses cheveux, l’enfant ne remarqua pas l’œillade que fit cette femme à Zackeriel, et crut que c’était à elle que sa comparse faisait un signe de la main, et non au demi-elfe qu’elle voulait attirer dans ses jupes. D’ailleurs, la gamine y répondit avec un gros sourire, avant de prendre la main de son père et l’entraîner vers les escaliers, ne voyant rien des airs réprobateurs que cet étrange duo attiraient en cet instant, trop innocente de par sa jeunesse pour comprendre que ce geste, dans cet endroit, laissait entendre beaucoup plus que ce qu’elle avait en tête!

-Bah, c’est que Chlomidea m’a adopté pour éviter que je finisse aux mines, de ce qu’elle m’a raconté, mais elle n’avait pas un bon travail à ce moment là. L’enfant pris un air conspirateur pour chuchoter la suite. Elle aussi était une criminelle! Haussant les épaules, elle reprit son ton habituel, sa confidence passée. Parce que j’étais magique, elle voulait me protéger, mais trouvait que ce qu’elle faisait avant n’allait pas avec une petite fille à sa charge et elle ne gagnait pas assez pour me faire vivre. Ici, Aïcha la paye bien et me loge en plus, alors c’était gagnant-gagnant, en plus, c’est comme si j’avais une douzaine de mamans pour s’occuper de moi, même si Chlomi reste ma préférée! Et j’avais un petit frère avec ça, chouette non? expliqua –t-elle en montant les escaliers, ne remarquant rien du malaise de Zackeriel. Viens, je veux te monter ma chambre! Elles l’ont gardé même si j’y vis plus, parce que des fois je viens faire dodo ici dans mes congés, alors elles la tiennent propre pour quand je viens! Des fois j’ai l’impression qu’il me traite comme une princesse maintenant que je vis au château, maman dis que c’est parce que je suis devenue quelqu’un de «spécial» en entrant dans l’Ordre. J’trouve ça plutôt amusant, mais ça m’empêche pas d’aider au ménage quand j’ai l’temps, hein! J’suis pas devenue égoïste non plus!

Trop préoccupée à discuter (enfin, discuter étant un grand mot puisqu’elle monologuait plutôt) Ishobel entra dans sa chambre sans toutefois être suivie par Zackeriel. Le mobilier était simple, mais coquet comme il sied à une gamine. Disons que l’établissement ne manquait pas de luxe, contrairement à la plupart des bordels, alors elle se sentait effectivement un peu comme une «princesse» dans cet endroit, bien plus luxueux que les dortoirs des élèves. Est-ce qu’on avait une chambre plus intéressante quand on devenait écuyer? La demie-lycane était déjà passée devant les appartements d’un prince, et avait été ébahi devant la richesse de la place qui dépassait de loin sa petite chambre de Chez Aïcha. Enfin, elle n’avait pas à se plaindre, pour une orpheline, elle était plutôt choyée.

Ce fut finalement le ton de la voix de Zackeriel qui lui fit réaliser que celui-ci était mal à l’aise, et avait d’ailleurs refusé d’entrer à sa suite. Bien qu’il n’eut pas le temps de lui poser sa question, Ishobel avait déjà comprit ce qu’il voulait qu’elle explique aux employées de l’établissement, juste avant que Chlomidea ne débarque en trombes et n’insulte gratuitement son père, sautant rapidement aux conclusions. C’est que… du haut de ses huit ans, la gamine n’y avait tout simplement pas pensé mais… Maintenant, c’était plutôt évident. Un sourire amusé, qui se voulait rassurant, se peignit sur le visage de la demie-lycane, quand elle se précipita pour enlacer sa mère adoptive, autant par réelle affection que pour s’interposer entre elle et le demi-elfe, considéré fautif à tord.

-Maman! C’est pas un «sale pervers», c’est papa! s’exclama l’enfant, sans ce douter que l’un n’excluait pas toujours l’autre, et que ces propos n’étaient pas supposés sortir de la bouche d’une enfant. Regarde c’est mon papa, c’est lui, c’est vraiment Zackeriel! s’excita-t-elle en sortant la lettre froissée et désormais illisible de ses poches, et en pointant un paragraphe en particulier. Oh… c’est effacé… Mais c’était écrit, juste là, «un demi-elfe blond nommé Zackeriel», et il a dit qu’il connaissait Ashari. Tu vois? Je voulais lui montrer où on habite, et puis après on ira manger un gâteau chez M. Cournoyer, tu veux venir? T’es d’accord P’pa? demanda-t-elle tout naturellement, sans se rendre compte qu’elle utilisait cette appellation pour la première fois, l’idée d’un paternel dans sa vie s’étant naturellement faite, malgré ses réticences du début.

Puis, elle remarqua le trouble de Chlomidea, et ne sut si elle était encore fâchée d’avoir trouvé un homme près de la chambre de sa fille, ou si elle ne la croyait tout simplement pas qu’il fut son père. Peut-être était-elle aussi triste qu’il le soit, et que sa petite ait trouvé sa vraie famille. Dur à dire, les adultes semblaient toujours ressentir tellement d’émotions en même temps que c’était difficile pour une enfant de les suivre. Craignait-elle qu’elle l’abandonne pour lui? Ou qu’il la ramène à Ashari? Ishobel se blottit à nouveau dans les bras de sa mère adoptive, abandonnant la lettre au sol. À quoi bon s’inquiéter de sa mère biologique, quand elle avait cette tendre femme près d’elle pour la protéger et la chérir? Elle repris ses explications excitées, en bonne enfant qu’elle était, lorsque Chlomidea la questionnait sur le comment elle l’avait trouvé et semblait toujours douter que ce fut un piège de cet individu pour lui prendre sa pureté.

-Bah je lui ai rentré dedans, expliqua simplement l’enfant, attirant aussitôt le regard réprobateur de sa mère, qui la fit rougir. C’était un accident! J’étais partie courir, et puis je pense que je… lisais en même temps? Ou peut-être que je réfléchissais en même temps? Je ne me rappelle plus, peut-être parce que je me suis cognée la tête, justement. Ishobel haussa les épaules, comme si elle racontait le truc le plus anodin du monde. Alors je suis rentrée dans la porte, et puis c’est Zackeriel qui m’a aidé à me relever, et il m’a demandé comment je savais son nom, mais je ne me souvenais pas avoir dit son nom, je devais penser tout haut? Et puis… enfin tu vois… de fil en aiguille. C’est mon père, bref.

C’était peut-être juste trop compliqué à expliquer pour une enfant, elle se rendait soudain compte que, en effet, n’importe quel homme mal intentionné aurait pu utiliser ce prétexte, qu’elle avait bel et bien dit son nom, pour gagner sa confiance. Pourtant, elle n’avait pas de doute sur Zackeriel, son choc en apprenant qu’il avait une fille avait été sincère, et il ne pouvait être que le vrai père dont parlait Ashari dans sa lettre, le contraire était impossible. Mais avec ses explications bâclées et l’étrangeté de sa situation (soit avoir retrouvé l’inconnu de la lettre le jour même où elle l’avait reçue) Chlomidea allait elle y croire?

-Alors heu… On va manger ce gâteau ou pas?
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MessageSujet: Re: Réunion de famille sylvestre [Zackeriel][TERMINÉ]   Mer 24 Aoû - 11:14

Un air décontenancé trônait sur son visage. Les regards de jugement qu’on lui lançait le rendaient complètement mal à l’aise. Et c’était bien pour dire : il n’était pas du genre à être malaisé pour un rien. La petite semi-lycan câlinait sa mère adoptive et s’empressa d’expliquer qu’il était son père et non pas un « sale pervers ». À ces propos, le guerrier pinça à nouveau l’arête de son nez, songeant au fait qu’il était bel et bien dans une drôle de situation. L’enfant continua dans sa lancée, déclarant qu’il était son père en secouant une lettre illisible sous le nez de sa maman adoptive. Évidemment, les gens étaient sceptiques puisqu’ils n’avaient pas vraiment de preuve sous les yeux, mais physiquement, ils devaient admettre qu’il y avait une ressemblance plutôt frappante. Les traits de Chlomidea passèrent de l’indignation, à la frustration, puis à une déconfiture totale. Elle avait visiblement lu ladite lettre et commençait à croire les propos de sa progéniture alors que son regard passait de la gamine à l’homme. Visiblement, la jeune femme n’était pas aussi heureuse que l’enfant… ayant probablement peur qu’il reprenne ses droits et lui arrache la gamine qu’elle avait élevée avec tout l’amour qu’elle pouvait lui donner.

Dans toute son innocence d’enfant, Ishobel ajouta qu’elle voulait simplement lui montrer sa chambre et qu’ils iraient manger du gâteau chez ce fameux M. Cournoyer. Elle en profita pour inviter Chlomidea avant de demander la permission à Zack. Ce dernier sursauta à l’appellation « P’pa », n’étant pas habitué à ce qu’on le nomme ainsi. « Mais pourquoi pas » se contenta-t-il de répondre en haussant les épaules. Ramenant son attention sur la femme de joie, il constata que son trouble était de plus en plus évident. Visiblement, la gamine s’en était également rendu compte puisqu’elle laissa tomber la lettre au sol pour enserrer doucement le corps de sa maman adoptive. Après quelques instants, le malaise se dissipa un peu et Ishobel reprit ses explications de plus belle. Chlomidea, pour sa part, sembla s’interroger quant à l’origine de leur rencontre. La petite fille expliqua qu’elle s’était heurtée accidentellement contre lui à la sortie d’un établissement et le reste de sa réponse fut si décousue que lui-même avait du mal à suivre. Plus elle parlait, plus il songeait au fait que la situation était réellement étrange. Il serait facile pour la mère de croire qu’il n’était rien d’autre qu’un prédateur d’enfants et l’élève d’Alombria n’aidait pas vraiment sa cause. Il allait donc devoir intervenir.

Retirant l’une de ses mains de ses poches, Zack s’avança vers Chlomidea en se raclant la gorge et la lui tendit. Après une pointe d’hésitation, la fille de joie obtempéra et ils s’échangèrent une poignée de main.

- Je m’appelle Zackeriel, fit-il en regardant les yeux de la jeune femme incertaine. Elle a raison sur un point : elle m’a effectivement heurtée alors que je sortais d’une auberge. Elle lisait sa lettre et, pour une raison que j’ignore, a prononcé mon nom. Je me suis donc demandé ce qu’elle cherchait, d’autant plus qu’elle avait une plaie à la tête, résultat de sa chute. J’étais effectivement sur le point de quitter après m’être assurée qu’elle allait bien quand j’ai pu lire sa lettre. Je sais… c’est étrange tout ça et j’ai du mal à y croire moi-même… Il se passa une main sur la nuque, ne sachant trop quoi penser. Je n’ai jamais eu d’enfants. Du moins, Ishobel est la première qui est portée à ma connaissance. Je connais Ashari et je me rappelle les circonstances dans lesquelles nous… et bien… vous comprenez. Il expliqua sommairement la rencontre avec la lycane (en omettant son état d’ivresse du moment ainsi que ses origines sholiennes) et donna une description assez juste de la damoiselle en question. À voir l’expression au visage de Chlomidea, Zack comprit qu’elle avait déjà rencontré la mère biologique et que la description concordait. Je vous assure que je ne veux pas vous enlever votre fille, continua-t-il doucement. Je voudrais seulement la connaître davantage. Si ça peut vous rassurer, je me porte garant pour que nous nous rencontrions en votre présence et toujours dans un lieu public. Ainsi, je vous prouverai que je ne suis pas un salopard qui s’intéresse trop aux enfants.

C’était peut-être ses propos qui avaient fini par la convaincre ou son charme qui opérait sur elle, mais la damoiselle se détendit un peu sans toutefois perdre complètement sa méfiance. Le semi-elfe avait bel et bien vu ce petit quelque chose dans son regard : il lui plaisait bien, du moins, physiquement. Il pourrait probablement user de cette attirance pour enterrer les soupçons de cette dernière… dans la mesure où il voulait simplement connaître Ishobel, sans plus. Il avait énormément de défauts, mais « violeur d’enfants » ne faisait pas partie de la liste. La petite voix de la semi-lycan monta finalement à leurs oreilles et Zack ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en coin. Elle possédait l’innocence typique à son âge et c’était plutôt mignon. Au diable les doutes et les soupçons, tout se réglait avec une part de gâteau! Le semi-elfe ramena son attention sur Chlomidea.

- Allez, venez avec nous. Ça nous permettra de discuter davantage.

Après un moment d’hésitation, la mère adoptive de l’enfant finit par opiner de la tête et alla se changer, histoire de porter des vêtements plus appropriés. À voir l’expression de la gamine, Zack comprit à quel point elle était heureuse de ce dénouement. Ils attendirent donc patiemment que la femme les rejoigne, puis ils descendirent à l’étage. Le trio sortit finalement de l’établissement pour se rendre à la boulangerie de ce M. Cournoyer. Ishobel courait devant, surexcitée, pendant que les adultes faisaient connaissance. Une fois sur place, elle commanda haut et fort trois parts de gâteau, ajoutant avec joie qu’elle venait déguster le tout avec son papa et sa maman. Visiblement, elle était fière d’avoir enfin un semblant de famille et Zack ne voulut pas ruiner son plaisir en protestant d’une façon ou d’une autre. Il sortit sa bourse pour payer l’addition puis tendit une gamelle de bois à la fillette dans lequel trônait un gros morceau de gâteau aux fraises. Pour sa part, il prit une part de cake aux bleuets et Chlomidea opta pour la même chose que sa fille. Ils allèrent s’installer sur un banc à l’extérieur pour déguster leur repas et le brigand continua d’en apprendre davantage sur la mère et la fille. Ça lui faisait étrange. Il avait l’impression de revoir une scène similaire de son enfance alors qu’ils dégustaient des tartes aux pommes en famille dans un verger. Son père, normalement si distant et autoritaire, profitait de ce moment pour se détendre enfin pendant que les jumeaux jouaient à chats tout autour. Ce n’était pas désagréable comme sentiment.

Le sous-chef des Lames Pourpres se promit de ne plus ignorer Ishobel. Elle était là et l’idée d’avoir une fille ne lui déplaisait pas totalement en fin de compte. Certes, il ne pourrait pas être aussi présent qu’il le voudrait bien, mais dès qu’il remettrait les pieds dans la capitale, il ferait assurément un arrêt pour revoir la gamine aux capacités extraordinaires.

[RP TERMINÉ]

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