Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Parce que je t'aime. [Aemi]

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Douhbée
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MessageSujet: Parce que je t'aime. [Aemi]   Jeu 7 Juil - 17:38

Douhbée et son maître étaient de garde, cette journée là, mais l’écuyère avait promis à princesse Aemi de la rejoindre pour dîner dans le jardin, la princesse passait par une période difficile depuis la mort de sa mère, et plus récemment les effets incontournables de l’adolescence et de ses sentiments pour son garde. La pardusse avait certes eu un pincement au cœur en remarquant la façon dont son amie regardait Yahto, mais depuis sa propre relation avec Vigie avait énormément… évoluée, lui faisant réaliser qu’elle n’était pas réellement amoureuse de Tempérence, probablement seulement admirative envers celle qu’elle considérait comme sa meilleure amie.

La princesse ne lui avait pas encore parlé de son intérêt pour Yahto, c’était plutôt à force de l’observer secrètement que Douhbée avait remarqué cet attrait, qui la rendait triste au début. Maintenant, la seule chose qui lui déplaisait, c’était l’impression que le garde ne rendait pas justement son amour à Aemi, et l’écuyère aurait voulu la protéger d’une telle déception, puisqu’elle en avait déjà lourd sur le cœur avec son deuil. C’est pourquoi la pardusse essayait de passer le plus de temps possible avec son amie, jusqu’à ce que celle-ci s’ouvre à elle et qu’elle puisse la consoler du mieux qu’elle le pouvait. Elle ne voulait pas la laisser seule.

-Tu n’as pas apporté ton violon, Aemi? demanda Douhbée après avoir salué cette dernière, s’assoyant prudemment à ses côtés en prenant garde que ses armes ne la gênent pas. Étant de garde, elle ne pouvait pas vraiment se permettre de les retirer.

La princesse avait cessé de jouer ou de chanter depuis la mort de sa mère, et c’était par ceci que voyageait son pouvoir de tempérance. Peut-être qu’elle serait moins triste si elle arrivait à s’efforcer de jouer, mais c’était probablement justement son deuil qui l’empêchait de le faire. Lorsqu’elles s’étaient donné rendez-vous, Douhbée avait proposé à Aemi qu’elle apporte son instrument, mais n’avait pas réellement eut de réponse, aussi n’était-elle pas vraiment surprise de la voir sans.

-Ça fait si longtemps que je ne t’ai pas entendue, tu sais comme ça me fait du bien de t’entendre jouer! Tu as trop de talent pour le laisser en suspend comme ça, Aemi, dit-elle sans la tristesse habituelle qu’on entendait toujours sans sa voix. L’humeur de Douhbée avait sensiblement augmenté ses derniers temps, à mesure que sa relation avec Vigie avait évolué. Il lui semblait maintenant que rien ne pouvait plus la peiner, sauf peut-être la peine des autres.
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MessageSujet: Re: Parce que je t'aime. [Aemi]   Dim 10 Juil - 10:23

Aemi était de bonne humeur. Cela faisait un petit moment qu'elle n'avait pas pu voir Douhbée seule à seule et cette perspective d'un repas dans le jardin entre elles lui plaisaient grandement. Elle avait donné congé à Yahto qui, ainsi, pouvait malgré elle aller rejoindre sa petite -le terme est très adéquat- amie. Mais, décidant de ne pas se laisser abattre par ce détail fâcheux, elle s'habilla modestement -aussi modeste que le lui permettait sa garde-robe- avec une robe mauve, assez pâle, qui mettait en valeur sa longue chevelure bleutée et ses yeux. Ceux-ci, pour une des rares fois, brillaient d'excitation. Ainsi, ses domestiques se plièrent à ses demandes sans broncher, il ne fallait pas ternir l'humeur de la princesse!

Passant préalablement chercher un petit panier pique-nique aux cuisines, elle se dirigea ensuite d'un pas léger, presqu'en gambadant, vers les jardins où Douhbée l'attendait sûrement déjà. Hum, finalement, elle arriva avant elle. Haussant les épaules, elle glissa le panier sous un banc et s'y installa, patientant en se faisant aller les jambes dans le vide et en regardant les magnifiques fleurs qui poussaient en cet endroit. Elle n'attendit pas longtemps, car l'écuyère apparut bientôt et elles se saluèrent. Son amie était habillée avec tout le tralala. La princesse fit la moue, sans doute qu'elle devrait retourner travailler sitôt le repas terminé.

Cette moue s'appliquait aussi à la question qu'elle lui posa. Aemi secoua négativement la tête. Elle n'avait pas envie de jouer. Cette pensée lui causa un léger pincement au coeur, mais les musiques qu'elle jouait était sensiblement différente d'avant et ne reflétait plus grand chose. Douhbée insista, l'adolescente soupira. Heureusement, le ton de Douhbée était plutôt dégagé et calme, pas suppliant ou triste, sinon elle l'aurait pris un peu plus mal. Elle haussa donc les épaules. « Je n'en ai pas envie. » Elle se tourna vers elle et lui prit les mains en souriant. « Parlons de toi plutôt! » Ce qui était nettement plus intéressant que ses propres déboires d'adolescente qui, somme tout, ne faisait pas grand chose à part importuner les domestiques et son garde du corps.

Elle voulait tout savoir de la vie de son amie qui était beaucoup plus trépidante que la sienne. Comme elle aurait aimé être magique elle aussi et pouvoir brandir un glaive contre l'ennemi! Son rôle de négociatrice dans cette guerre lui semblait terriblement superflu. « Comment se passe tes entraînements? Tu as l'air en forme! » Elle tâta son bras en gloussant. « Cela te va si bien! Tu es beaucoup plus jolie que lorsque je t'ai rencontré! C'est peut-être dû à un certain garçon, aussi. » Elle la poussa gentiment de l'épaule, pour lui montrer qu'elle la taquinait. « Dis-moi tout, je veux tout savoir! » Et à la question de ce qu'elle voulait savoir exactement, elle haussa les épaules en souriant. « Tout! Ta vie me semble trépidante dernièrement, partages avec moi! Aller! »
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MessageSujet: Re: Parce que je t'aime. [Aemi]   Mer 13 Juil - 10:37

Douhbée eut un pincement au cœur en voyant l’expression d’Aemi changer, elle n’aurait peut-être pas dû parler de musique, mais ça l’attristait considérablement de voir son amie vivre son deuil aussi difficilement et elle ne savait plus comment lui changer les idées. Elle aurait voulu s’excuser, mais sentait que ça enfoncerait plutôt el couteau dans la plaie alors que la princesse réglait déjà la question d’un simple haussement d’épaules et s’empressait de changer d’attitude pour dévier la conversation. L’écuyère ne put s’empêcher de sourire lorsque son amie lui pris les mains, une habitude qu’elle adoptait elle-même dès le début de leur relation lorsqu’elle avait besoin d’être réconfortée (ce qui était genre… tout le temps à l’époque).

Parler d’elle? Douhbée n’avait jamais été du genre à s’éterniser sur sa petite personne, ne se considérant pas suffisamment intéressante pour qu’on veuille entendre parler d’elle, de toute façon. Mais si c’était pour changer les idées de son amie, pourquoi pas? Elle ne savait toutefois pas par où commencer, jusqu’à ce qu’Aemi propose des pistes de discutions avec une tonne de questions qui firent à la fois sourire et empourprer l’écuyère. Sourire parce qu’effectivement, sa morphologie avait énormément changé au cours des dernières années par ledit entraînement, quoi que la confiance en soi avait joué pour beaucoup dans la beauté nouvellement assumée de la jeune femme. Empourprer à cause de l’allusion à «un certain garçon», alors qu’elle avait prudemment évité de parler de Vigie devant la princesse au cours des derniers mois, craignant que son bonheur à elle ne souligne encore davantage les malheurs de Tempérance. Elle avait peur d’être égoïste en étalant son amour devant elle… Et elle était aussi franchement gênée considérant que c’était justement la princesse qui avait fait battre son cœur pendant plusieurs années, bien que celle-ci l’ignorait.

Devant l’insistance d’Aemi, toutefois, Douhbée ne pouvait que céder, tripotant tout de même nerveusement l’anneau enfilé autour de sa chaîne, caché sous sa tunique. Non pas qu’elle voulait garder ses fiançailles secrètes, le bruit commençait déjà à se répendre, mais plutôt qu’elle avait préféré ne pas le mettre en évidence aujourd’hui… Alors qu’elle rencontrait la princesse qui n’était même pas encore au courant de sa liaison avec le Chevalier. À moins qu’elle le savait déjà, d’où l’allusion à «un certain garçon», après tout ils ne s’étaient pas vraiment cachés.

-Comment est-ce que ça pourrait mal aller avec Colombe? répondit-elle avec un sourire, décidant de commencer par sa première question, beaucoup plus facile que les autres. Même après trois ans comme son écuyère, il y a encore des jours où je n’en reviens pas de ma chance! Je ne sais pas comment je serais passé au travers sans elle, tu as vraiment une sœur formidable, j’espère que tu le sais?

Bon, Courage n’avait peut-être pas toutes les qualités du monde et n’était pas exempt de défauts, mais elle avait ceux donc Douhbée avait besoin et qui lui faisaient cruellement défaut, au point d’en être le match parfait. Ce qu’elle n’avait pas, elle le puisait dans les compétences de son maître. Elle n’en savait pas assez, toutefois, sur sa relation de sœur, mais espérait vraiment que Colombe savait apporter du réconfort à sa cadette avec son propre don affectant les émotions. Si Tempérance ne savait plus s’apaiser l’esprit, peut-être qu’un peu de courage l’aiderait à continuer?

-Et pour ce qui est d’être plus «jolie» qu’avant… marmonna-t-elle en regardant avec scepticisme ses bras peut-être un peu plus musclés qu’auparavant. Je doute que ce soit l’entraînement plus que le moral qui a fait la grosse différence. C’est beaucoup plus la façon dont je me perçois moi-même qui affecte celle dont les autres me perçoivent, je crois.

Arrêter de se prendre pour une esclave, de se sentir comme une merde et de ne pas accepter qu’il lui arrive du bonheur et non seulement du malheur, c’était très difficile pour l’adolescente qu’elle était. Un peu trop de chance, ça ressemblait vaguement à un piège et ça l’effrayait. Mais la roue avait définitivement l’air de ne pas vouloir cesser de tourner en sa faveur, encore moins changé de côté. Douhbée ne se cachait plus, toute féminine qu’elle était, puisque de toute façon… c’était comme ça qu’elle plaisir à Vigie, non?

-Mais c’est pas juste grâce à Colombe… Tu as raison, pour le garçon. Mais comment as-tu sus? interrogea-t-elle, les sourcils froncés.

Même si le couple ne s’était pas particulièrement cachés, ils n’avaient pas crié leur amour sur tout les toits non plus, et se voyaient rarement à cause des missions du Chevalier. Même s’ils ne faisaient théoriquement rien de mal considérant leur mince différence d’âge, Douhbée n’était pas encore tout à fait à l’aise avec le regard des gens, dont elle craignait le jugement puisqu’elle n’était qu’un écuyer. Une adulte, oui, mais non adoubée. Et puis, si les rumeurs courraient vite dans un château, la jeune femme s’était imaginé que Tempérance était trop préoccupée par ses propres problèmes pour y prêter l’oreille.

-Parfois, même moi j'ai du mal à comprendre comment ça m'est arrivé. Un garçon.. dans ma vie? Je n'y aurais pas cru si on me l'avait dit il y a quelques années, même si je l'avais vu en vision je n'y aurais pas cru! Pas avec son triste passé, ça non, pas avec sa peur des hommes.
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MessageSujet: Re: Parce que je t'aime. [Aemi]   Mer 20 Juil - 9:49

Douhbée lui vanta les mérites de sa soeur, Aemi grimaça légèrement. Elle savait qu'elle avait une soeur forte et courageuse, présente et attentive pour les autres... mais surtout pour l'Ordre. Aemi n'était pas très proche de sa soeur, même si elle savait pouvoir lui faire confiance à tout instant. Disons simplement le caractère emporté de Colombe avait tendance à entrer en conflit avec la nature calme de Temperance. C'était tant mieux du moins si cette nature avait plu à son amie et qu'elle avait pu pleinement s'épanouir aux côtés de sa soeur aînée.

La princesse s'amusa du regard que l'écuyère jeta sur ses bras. Elle ne parlait pas tant de ses bras, mais de l'ensemble. Les paroles évoquant le moral et la perception des gens furent par contre plutôt mystérieuse pour l'adolescente qui ne comprit pas où elle voulait en venir. Elle pencha la tête sur le côté, incertaine. La façon dont elle se perçoit affecte celle dont les autres la perçoive? C'était du charabia, mais elle ne releva pas. Si ça faisait plaisir à Douhbée... ça lui faisait plaisir aussi. Que son amie cesse de la mettre sur un piédestal, c'était déjà suffisant pour elle, qui ne se croyait supérieur à personne. Du moins, quand elle était de bonne humeur...

Aemi s'afficha définitivement surprise quand Douhbée lui confirma qu'il y avait un garçon. Mais... elle ne disait cela que pour plaisanter? Le fait qu'elle lui demande comment elle avait su la fit se renfrogner. Elle avait rencontrer quelqu'un qui l'avait suffisamment aider pour qu'elle se sente mieux et ne lui en avait pas parler? Elle avait déjà vaguement entendu parler de la timide écuyère et d'un écuyer tout aussi timide, mais elle avait pris cela pour une rumeur banale et n'y avait pas prêté attention. Le chevalier qui en parlait semblait en rire. Est-ce que cela durait depuis longtemps? Pourquoi le lui caché? Elle était partagée entre l'irritation et la tristesse. Allait-elle toujours être rejetée par ses proches?

Baissant les yeux sur ses mains pour masquer son trouble à son amie, la princesse pris le temps d'écouter la suite. Était-ce parce qu'elle n'y croyait pas qu'elle n'en avait pas parler? Avait-elle eu peur que l'évocation de ce rêve le fasse fuir? Comment savoir? Difficile à dire... Relevant son regard couleur glace sur la pardusse, Temperance lui sourit doucement, un peu triste tout de même de ne pas l'avoir su plus tôt. « Je ne savais pas, Douhbée. Je disais cela comme ça... Est-ce... Est-ce que cela dure depuis longtemps? » Elle haussa les épaules. « Au fond, c'est pas important, si tu en parles maintenant c'est sans doute mieux que jamais... » La fin se mourut dans un murmure.

Secouant la tête et haussant les épaules à nouveau, elle se força à une humeur plus agréable. Serrant les mains de son amie, elle lui sourit, essayant d'y placer plus de bonne volonté. « Qui est-il? Si tu ne veux pas me le dire, ce n'est pas grave, je comprends que les relations dans l'Ordre puissent être compliquées... c'est cela non? Il est dans l'Ordre? » Elle s'imagina un instant les hommes de l'Ordre qu'elle connaissait, avec Douhbée. Mais à part le duo infernal, et quelques autres... elle ne connaissait pas beaucoup les écuyers et voyait mal son amie avec l'un des chevaliers.

« Tu sais, il faudra que tu me le présentes! » Prenant conscience que cela pouvait sonner comme un ordre, elle se reprit. « Quand tu seras prête, évidemment, pas avant. » Ce serait l'horreur si elle perdait sa seule amie parce qu'elle avait laissé la bride lousse à ses mauvaises humeurs et ses tendances autoritaires, surtout sur les dernières années. Elle frissonna. Elle ne voulait pas que Douhbée l'abandonne elle aussi. Elle avait déjà subit trop d'abandon. Lâchant les mains de son amie sans prévenir, elle passa ses bras autour de son cou et la serra contre elle. Non, elle ne voulait pas la perdre. Malgré elle, des larmes perlèrent au coin de ses yeux, qu'elle retint.

Aemi prit une grande inspiration et expira. Ayant ravalé ses émotions, elle reprit sa place sur le banc. Comme si rien ne c'était passé, elle enchaîna. « Comment l'as-tu rencontré? » Consciente que le sujet était peut-être taboo, elle poursuivit ; « On peut parler d'autres choses aussi, si tu préfères! Ou commencer à manger. »


Dernière édition par Aemi le Lun 1 Aoû - 10:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Parce que je t'aime. [Aemi]   Ven 22 Juil - 10:17

Douhbée s’en voulu aussitôt en voyant l’expression sur le visage d’Aemi, bien que celle-ci tâcha de la cacher, elles se connaissaient depuis trop longtemps maintenant et l’écuyère comprit que son amie prenait mal la nouvelle. Difficile de savoir pourquoi, toutefois, était-ce de la jalousie envers son bonheur ou de l’irritation qu’elle ne lui en ait pas parlé plus tôt? Tempérance ne lui avait jamais semblé être une fille jalouse, mais elle avait bien changé dernièrement. Lorsque la princesse lui affirmant, en forçant un sourire, qu’elle l’ignorait et qu’elle avait dit cela plutôt par hasard, la pardusse comprit qu’elle était plutôt déçue qu’elle ne lui ait pas dit. La jeune femme s’empourpra en se mordant les lèvres, se maudissant d’avoir gardé cela pour elle.

-Non Aemi c’est plutôt récent, en fait. Très très récent et je… je ne voulais pas te le cacher, je ne savais juste pas comment l’apporter. Je ne voulais pas t’embêter avec mes histoires… marmonna-t-elle en s’efforçant de ne pas ajouter «avec tout ce que tu traverse», préférant ne pas tourner le couteau dans la plaie. Je suis désolée Aemi, j’aurais du te le dire. Parfois, je ne suis même pas certaine d’y croire moi-même, tellement ça me semble étrange... d’aimer quelqu’un autrement que par amitié. Un homme en plus.

Douhbée s’efforça de sourire, contente d’avoir fait disparaître la tristesse dans les yeux d’Aemi, ne serait-ce qu’un instant, et lui rendit son affection en serrant également ses mains, rassurée de voir la princesse s’intéresser à sa relation sans plus paraître peinée. Si ça pouvait lui changer les idées, alors tant mieux. La pardusse hocha la tête avec un sourire, sachant que de toute façon, elle allait tout lui dire. Si la Princesse voulait tout savoir, elle saurait tout. Et puis, rien ne servait de cacher des informations, tout se savait dans l’ordre, et il était étonnant que la rumeur ne se soit pas propagée plus que cela encore.

-Oui, c’est un Chevalier. Ça ne fait pas très longtemps qu’il est Chevalier, il était encore écuyer tout récemment. Douhbée s’amusa de l’enthousiasme rassurant de son amie, malgré que celle-ci semblait toujours se reprendre de peur de trop poser de questions. Bien sûr que je vais te le présenter, Aemi! Bientôt même, j’essaierai de voir lorsqu’il sera de retour de mission, d’accord? Pourquoi attendre, ce n’est pas vraiment un secret…

C’était plutôt que… tous les deux étant timides de nature, ils ne l’avaient pas crié sur tout les toits. Mais Colombe lui avait bien assuré qu’il n’y avait rien de mal à leur relation, tant qu’ils étaient discrets et respectaient un minimum les gens en gardant leur vie privée pour eux… Douhbée s’était empourprée à cette pensée, sachant très bien ce qu’elle avait eut en tête. Bref, s’il n’y avait pas de mariage ou de naissance avant qu’elle-même ne soit adoubée, il n’y avait rien à cacher. Sous sa tunique, la pardusse sentait la fraîcheur de son alliance contre sa poitrine, promesse d’une union à venir… le plus tôt possible.

-Aemi…? s’étonna Douhbée lorsque l’expression de la princesse changea à nouveau, juste avant qu’elle ne précipite pour l’enlacer, étreinte à laquelle la pardusse répondit naturellement, pressant ses bras dans le dos de son amie pour lui montrer qu’elle était là, puis la caressant avec la tendresse maternelle qu'elle s'était développé depuis sa rencontre avec Miya.

Était-ce sa faute ou s’agissait-il d’un simple «bas» dans les nombreuses variations d’émotions de la princesse depuis les dernières années? Douhbée lui embrassa la joue en la sentant inspirer profondément, comme lorsqu’on essaie difficilement de reprendre son calme, et elle ouvrit la bouche pour s’excuser de lui avoir fait de la peine, craignant que ce fut de sa faute, mais Aemi poursuivait déjà comme si rien ne s’était passé, lui demandant si elle pouvait lui raconter comment elle l’avait rencontré ou si elle préférait manger. L’écuyère eut un sourire amusé en regardant avec un appétit non feint les délicieuses pâtisseries que la princesse apportait toujours dans leurs pique-niques.

-Et pourquoi pas les deux en même temps? demanda-t-elle en fouillant dans le panier pour trouver son dessert préféré, passant par-dessus le repas simplement par gourmandise. Si je mange sans parler, j’ignore quand j’aurai le temps et l’occasion de t’en reparler. Et puis, si je repars travailler le ventre vide, je vais m’entendre gronder toute l’après-midi! Douhbée s’empressa d’avaler une bouchée savoureuse, ayant trop faim pour attendre. Mais tu le sais déjà, à peu de choses près, comment je l’ai rencontré. Même que tu sais qui c’est, je t’en ai déjà parlé. C’est mon ami Soren.

Amis depuis un entraînement forcé par les deux chevaliers incubes, Vigie et Douhbée c’étaient soutenus dans un stratagème pour éviter ce combat qu’ils jugeaient tous les deux ridicules… et surtout qu’ils étaient tous les deux trop timides pour subir. À la suite, ils s’étaient retrouvés lors d’une escapade nocturne, où le garçon avait sauvé la mise de la pardusse, puis ils ne s’étaient plus quittés. Elle en avait parlé spécialement à Aemi puisque c’était son premier vrai ami dans l’Ordre, en plus d’être son premier ami garçon, ce qui était tout un exploit.

-C’était juste un ami, tu le sais, quand tu n’étais pas disponible pour mes journées de congé, on allait parfois s’entraîner ou se balader au village. Juste des amis… La seule chose que je ne t’ai pas dite, c’est parce que moi-même j’essayais de faire semblant que je l’ignorais. Vigie a toujours été amoureux de moi, en cachette, et il a continué d’être seulement mon ami parce qu’il savait que ça me faisait peur… Parce qu’il sait pour Ulyss, tu vois?

Mais il n’y avait plus de problème avec Ulyss. Ça, c’était un cas qu’elle et Colombe s’étaient occupées de régler tout récemment. Oh, il faudrait qu’elle lui parle de cela aussi, aurait-elle jamais le temps? Plus de traumatisme, et plus de tourmenteur, décidément, la vie de Douhbée avait pris un important tournant au cours des derniers mois.

-Je savais que ça lui faisait de la peine, mais il ne me l’a jamais reproché. Il est tellement gentil… Enfin, il est devenu Chevalier il y a quelques temps et j’ai… on…

Ce qui gênait le plus Douhbée dans cette histoire, ce n’était pas ce qu’ils avaient fait, mais plutôt comment cela s’était produit. Elle n’était pas tellement fière d’avoir eut besoin de jalousie pour vaincre sa peur, et elle avait encore honte de l’être.

-Je crois que je l’avais toujours aimé aussi, mais que j’avais trop peur de ce que ça pouvait impliquer pour l’admettre. Mais je le lui ai dis finalement, parce que je savais que si je ne le faisais pas tout de suite, j’allais le perdre. Il m’attendait depuis trois ans, il est beau, c’est un Chevalier, quelqu’un allait bien finir par l’aimer en retour, et cette simple idée me blessait énormément. Je voulais qu’il continue à m’aimer, même si c’était égoïste. Tu me trouve égoïste? Moi oui, je me trouvais égoïste. Mais c’est plus vrai maintenant, j’ai juste compris que je l’aimais et que j’avais été stupide de le faire attendre. Et depuis… on a fait un très long bout de chemin en très peu de temps, pour rattraper le temps perdu.

Dans un réflexe dont elle ne se rendait même plus compte, Douhbée passa à nouveau ses doigts sur sa tunique, rassurée de sentir l’anneau caché en dessous. Son dessert terminé, elle fouilla le contenu du panier d’Aemi pour se prendre quelque chose de plus soutenant, la journée allait encore être longue!
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MessageSujet: Re: Parce que je t'aime. [Aemi]   Lun 1 Aoû - 11:13

Aemi prit le temps de digérer les informations que lui avait donner Douhbée. C'était un chevalier, et la relation était récente. Et elle avait encore cette fâcheuse habitude d'avoir l'impression de déranger. Depuis longtemps elle avait arrêté de se fâcher de cela, elle était une princesse, les gens la plaçaient tous sur un piedestal et elle n'arrivait pas à en descendre. Pourquoi la dérangerait-elle? Si elle avait été du genre envieuse, elle lui aurait enviée sa vie trépidante de l'Ordre. Elle, elle se faisait bel, négocier des choses inutiles et attendait. Elle ne savait pas ce qu'elle attendait, mais elle attendait. Que quelque chose se passe, peut-être. N'importe quoi qui puisse divertir sa vie routinière.

Si Yahto n'était pas là, elle aurait probablement sombrer dans un gouffre froid où personne n'aurait pu la rejoindre. Pas que Douhbée n'était pas une bonne amie, mais les deux filles se voyaient si peu souvent désormais. Pas de sa faute, c'était la princesse qui prenait des distances de tout le monde... l'écuyère et le garde du corps étaient les deux seuls qui la gardaient à flot en la sortant de temps à autre, en lui changeant les idées et en ne s’apitoyant pas constamment sur son sort de cadette abandonnée et inutile. En effet, Aemi avait une bien piètre estime d'elle dernièrement. Que valait-elle? Comment aurait-elle pu retenir sa mère? Même si Marian lui avait signifié qu'elle était là, qu'elle n'était pas seule, elle n'arrivait pas aller vers elle. Tout à coup, c'est elle qui dérangeait. Elle se sentait comme la cinquième roue du carrosse, et se demandait si elle allait servir un jour... surtout quand on ne souhaite pas voir les autres roues se casser.

La négociatrice en devenir sourit et hocha la tête vers son amie. Va pour les deux en même temps. « Bon appétit... » mais Douh avait déjà enfourné une pâtisserie, agrandissant le petit sourire de Temperance. Lorsque le prénom de Soren ressortit, elle afficha une mine surprise, puis un peu amusée. Eh bah oui, pourquoi n'y avait-elle pas pensé. Ce ne pouvait être que lui. Qui d'autres auraient pu se rapprocher d'elle assez pour ravir son coeur? Elle était si belle, ce ne devait pas être les prétendants qui manquaient. Elle n'avait pas conscience de sa beauté! Savoir que cet ami avait toujours été amoureux d'elle surprit Aemi, et Douhbée ne l'avait jamais encouragé, seulement en amitié? C'était un brin cruel. Mais d'un autre côté que savait-elle elle-même de l'amour? Rien.

En écoutant l'histoire de son amie, elle prit quelques bouchées de fromage et de jambon, sans cesser de boire ses paroles. Beau... il était pas mal, mais pas particulièrement dans les goûts d'Aemi. Elle trouvait beaucoup plus attirants les hommes grands et musclés, solides! Pas un pheryxian, en somme. Elle secoua la tête en souriant. Non, elle ne trouvait pas cela égoïste. Pour le peu qu'elle en savait, l'amour n'avait pas de raison. C'était peut-être pour cela, qu'elle n'en éprouvait pas? Elle réfléchissait trop? Elle hocha la tête. Tant mieux, s'ils avaient rattrapé le temps perdu. Elle ne savait pas trop ce que cela impliquait. Mais c'était une bonne chose, sans doute.

« Tu es chanceuse, Douhbée. Cela doit être merveilleux de partager sa vie avec quelqu'un d'aussi doux et gentil que ton ami. » Elle regarda ses mains et poursuivit : « Je me demande... » Elle releva son regard sur elle. « Je me demande comment c'est, d'aimer? D'être aimer? » Elle pencha la tête légèrement sur le côté. « Dit-moi, Douhbée, comment on se sent quand on aime? Moi je ne sais rien de ces forts sentiments... je ne sais pas... je sais que je t'aime, mais ce n'est sûrement pas la même chose. Comment sais-tu quand ce n'est plus de l'amitié? Comment voir la frontière? » Elle tourna le regard sur le jardin autour d'elle.

Aemi avait de nombreux prétendants, étant princesse, beaucoup espéraient améliorer leur position sociale. Quelques uns lui plaisaient, parfois. Elle leur laissait lui faire la cour, mais à part quelques petits plaisirs d'orgueil, elle n'en retirait pas tant de choses que ça. Oui, ils l'attiraient. Mais était-ce cela l'amour? Ça ne pouvait pas être aussi superficiel. Sa mère n'en serait pas morte, si c'était aussi léger. Elle frissonna. L'amour semblait être impardonnable, et difficile. Était-ce si attirant, d'aimer? Ne pouvait-on pas vivre seul? Pourquoi est-ce qu'ils ressentaient tous se besoin de se lier par paire? Elle baissa les yeux sur ses mains.

Était plongée dans ses pensées, elle ramena son attention sur son amie, qu'elle n'avait pas écouter le moins du monde. « Tu disais? » Elle fit un petit sourire, contente tout de même d'être avec elle. Sans laisser se répéter, elle enchaîna: « Tu crois que c'est si important, de trouver quelqu'un à aimer, quoique ce soit comme sentiment? À mes yeux, l'amour me semble dangereux... l'est-ce? »
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MessageSujet: Re: Parce que je t'aime. [Aemi]   Mar 9 Aoû - 20:08

Peut-être que, finalement, elle n’aurait pas du cacher son bonheur de peur d’attrister son amie, puisque Aemi semblait retrouver le sourire en l’écoutant raconter son histoire. Se faire changer les idées, c’était parfois tout ce qu’il fallait pour cesser d’être triste, non? Douhbée se sentait toujours coupable de s’être tut, se trouvant d’autant plus stupide maintenant qu’elle comprenait que ça aidait son amie, et non lui nuisait. Plus question de garder quoi que ce soit pour elle, il fallait se reprendre. Et en sentant le métal froid contre sa peau, camouflé par sa tunique, la pardusse su comment elle s’y prendrait. En effet, Tempérance ne serait que la deuxième à l’apprendre, puisque Colombe avait évidemment été mise au courant en primeur, parce qu’elle avait besoin de sa bénédiction… et de ses conseils! De toute façon, elle n’avait même pas revu la princesse depuis la demande en mariage de Vigie, alors ce n’était pas vraiment, cette fois-ci, comme si elle n’avait pas voulu lui dire, hein?

-Oui, je le crois aussi, lança-t-elle dans un sourire en rougissant, trouvant soudain son sandwich plus intéressant que nécessaire pour camoufler sa gêne. Toi aussi, Aemi, tu auras ta chance, tu es si douce et gentille également, impossible que personne ne souhaite partager sa vie avec la tienne. Il doit déjà y en avoir d’ailleurs, non?

Parlant de partager sa vie avec un autre, Douhbée s’apprêtait à glisser ses doigts sous sa tunique pour en sortir le bijoux, lorsqu’elle remarqua qu’Aemi avait l’air d’hésiter à lui demander quelque chose. Ne voulant pas l’interrompre dans sa réflexion, l’écuyère suspendit son geste et la camoufla en prenant une bouchée de son repas, faisant mine de n’avoir levé la main que pour manger. Les questions qui suivirent la prirent de court, et elle resta bouche bée pendant un instant. Comment pouvait-elle répondre à cela? Disons qu’elle ne se sentait pas particulièrement une experte en la matière, sachant comment elle avait éternellement tergiversé entre la princesse et le chevalier, faute de savoir distinguer les sentiments «amour» et «amitié». Et même après tout ce qui s’était passé, elle se voyait encore difficilement en train de décrire la chose, tout simplement parce qu’elle ne savait pas encore si elle avait compris. Comment en être persuadé, après tout, quand personne n’a pris la peine de vous l’expliquer correctement?

-Moi aussi je t’aime, Aemi, souffla-t-elle, parce qu’il fallait bien commencer quelque part, et qu’après une longue hésitation à se demander quoi répondre, Douhbée n’avait pas vraiment trouvé mieux… Et je crains, malheureusement, de ne pas être la personne la mieux placée pour répondre à ta question, parce que je me la pose encore, parfois. Par exemple, j’ai passé trois ans à croire que j’étais amoureuse de toi, pour finalement comprendre que ce que je resesntais pour toi n’était que de l’amitié. Une puissante, passionnante et magique amitié, mais toujours pas de l’amour. Quand j’ai commencé à ressentir quelque chose de plus fort pour Soren, j’ai compris que j’avais tord. Mais ai-je raison? N’y aura-t-il pas quelqu’un qui me fera ressentir quelque chose de plus fort, juste pour me donner tord? Comment pourrais-je le savoir, puisque je n’ai aucune idée de ce qu’est l’amour moi-même… Je mets le mot amour sur tout ce qui me fait sentir bien, ça a déjà été toi, ça l’est encore parfois, puis c’est devenu Soren. Je présume que c’est vraiment cela, et j’espère que ce l’est, car il est une trop bonne personne pour que je le blesse à nouveau. Mais ça ne veut pas dire que j’ai raison.

Douhbée prit une pause pour prendre une bouche de nourriture, n’utilisant se prétexte que pour rassembler ses esprits. Elle ne s’était pas vraiment rendu compte qu’Aemi ne l’écoutait pas tout à fait, alors elle continuait d’essayer de répondre à la question qu’elle n’avait pas volontairement évité, seulement négligée.

-Mais pour ce qui est de ce que je ressens, et que je crois être de l’amour… Eh bien, déjà, quand je suis avec lui, j’ai l’impression que rien n’est impossible, mais pas comme avec Colombe, qui nous donne magiquement du courage, tu vois? Plus… C’est qu’il vient chercher quelque chose que j’ai déjà à l’intérieur de moi et le faire rayonner. Parfois ça me donne des frissons juste de penser à lui, ou de petits chatouillements à l’intérieur, comme s’il y avait des petits papillons qui battaient des ailes dans mon ventre. Et il me manque quand il n’est pas là, je ne pense qu’à le revoir, le temps semble s’écouler si lentement et son absence est lourde. Et quand je le revois, c’est comme s’il n’était jamais parti, les papillons sont encore là et le voir me rend toujours aussi heureuse. Voilà, je pense que c’est l’amour, ça.

Douhbée releva alors les yeux, ne s’étant même pas rendu compte qu’elle les avait baissés en parlant pour regarder sa nourriture, troublée d’avoir essayer de mettre des mots sur des sentiments, avec un succès plutôt mitigé, à son avis. C’est là qu’elle remarqua vraiment qu’Aemi avait cessé de l’écouter. La trouvait-elle ennuyante, ou avait-elle recommencé à souffrir, écrasée dans son malheur par le trop grand bonheur de l’écuyère? Peut-être qu’elle ne comprenait tout simplement pas, non plus, elle était si jeune, après tout… Lorsque l’écuyère toussota, l’adolescente reporta son attention sur elle, et lui demanda, tout sourire, ce qu’elle était en train de dire. Quelle partie avait-elle manqué, au juste? Difficile à dire, et la jeune pardusse ne se sentait pas la force de répéter, précisément puisqu’elle craignait encore de raviver la douleur de la princesse. Heureusement, celle-ci ne lui laissa pas le temps de le faire, ni se trouver une excuse pour ne pas le faire, puisqu’elle lui posait à nouveau des questions troublantes, auxquelles elle du prendre le temps de réfléchir avant d’ouvrir la bouche.

-Oh, mais ça l’est. J’ai toujours sus que c’était dangereux, depuis le jour où… enfin tu sais, hein? Mais c’est aussi dangereux d’être Chevalier, et pourtant c’est important, même essentiel pour le Royaume. En même temps, il est aussi possible que je fasse mes vieux jours dans l’Ordre sans jamais risquer ma vie, c’est le temps qui nous le dira. Ce que je veux dire, Aemi, c’est qu’on peut essayer d’éviter les trucs dangereux, on prend aussi le risque de manquer tout ce que la vie a d’extraordinaire à nous apporter. Je n’aurais pas survécu, sans l’ordre, même si c’est dangereux, je n’aurais pas pu supporter… d’être toute seule, après ce qui m’ait arrivé, et l’Ordre m’a protégé. Ça me rend heureuse d’aimer Soren, il me rend heureuse, et c’est important, du moins pour moi, de m’attacher à quelqu’un et savoir qu’il va être là pour me protéger. C’est réconfortant, c’est tout… Peut-être que c’est dangereux, oh et je suis bien placée pour connaître les dangers de l’amour, mais en ce moment je n’ai pas peur. Pas avec Soren. C’est pour ça que je lui ai dis oui, parce que lui, je ne le crains pas. Je crois que, quand on a trouvé la bonne personne, il n’y a plus de dangers.

Douhbée attendait de voir la réaction d’Aemi, puisqu’il lui semblait que c’était le moment idéal pour lui annoncer ses fiançailles. Avait-elle déjà compris, lorsqu’elle avait dit «lui avoir dit oui»? L’écuyère attendit de voir la confirmation de la compréhension se peindre sur le visage de la princesse, mais celle-ci semblait recasser autre chose… Peut-être était-elle encore trop jeune pour comprendre? Glissant sa main sous sa tunique, la jeune femme en sorti l’anneau doré, ornant sa chaîne.

-Il m’a demandé de l’épouser, Aemi, chuchota-t-elle sur le ton de la confidence, abandonnant sur le panier son sandwich peu à propos, pour s’approcher de la princesse afin que personne n’entende leur conversation. Quand je serai Chevalier, bien sûr. Et je lui ai dis oui. Mais gardes cela pour toi, d’accord, je ne suis pas encore prête à ce que ça se sache dans tout le château.

La pardusse s’approcha davantage pour prendre l’une des mains de son amie, qu’elle sera fortement entre ses doigts fébriles, poussant la tendresse jusqu’à lui embrasser une joue qu’elle caressa ensuite de l’autre main, plongeant son regard dans celui, toujours aussi triste malgré tout, de la princesse.

-Tu peux avoir peur de l’amour, Aemi, mais ne le fuit pas, il peut t’apporter beaucoup de bonheur en retour, si tu l’affronte avec courage. Et si tu as trop peur pour l’affronter toute seule, dis le moi et je t’accompagnerai. Je lui ai déjà cassé les noises à quelques reprises, rigola-t-elle en espérant faire oublier ses soucis, le temps d’un rire, à son amie. Tu sais que tu es ma meilleure amie, Aemi? J’ignore si c’est réciproque, mais pour moi ce n’est pas à prendre à la légère. Ça aussi c’est de l’amour, et c’est très important pour moi que tu sois heureuse. J’aimerais vraiment te rendre heureuse, te faire oublier ta peine. Ça aiderait, si je te demandais… de m’offrir le privilège de t’avoir pour demoiselle d’honneur?
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MessageSujet: Re: Parce que je t'aime. [Aemi]   Mar 23 Aoû - 10:17

Aemi grimaça. Douhbée lui confirmait que l'amour était dangereux. Elle s'en était toujours douté, mais maintenant, cela lui semblait moins nécessaire que jamais. À quoi bon se laisser aller à un sentiment aussi futile que dangereux? Si elle pouvait se contenter de ses amis, et de sa famille, cela lui irait. Elle était très heureuse, entourée de l'écuyère et de Yahto. Du moins, souhaitait-elle s'en convaincre. Mais bon, elle ne comprenait pas la comparaison de son amie. Quel était le lien entre la chevalerie et l'amour? Dangereux, mais essentiel? Elle ne comprenait pas. C'était complètement hors sujet... Elle secoua la tête.

Semblant s'apercevoir que la princesse était dans le vague, Douhbée précisa ce qu'elle voulait dire. Donc, si elle ne prenait pas le risque d'être amoureuse, elle manquerait quelque chose. Fallait risque sa vie pour être heureux? Les connections se faisaient tout croche dans sa tête, c'était vraiment pas très clair. Elle n'aurait pas survécu si l'Ordre n'avait pas été dangereux? Hein? Ce qui était clair, c'est quelle aimait Soren et qu'il la rendait heureuse. Quant au reste... elle leva les yeux vers le ciel en cherchant comment interpréter ce drôle de discours. L'amour était dangereux, mais pas avec la bonne personne? Donc sa mère et son père, ce n'était pas un bon couple? Ils étaient le couple le plus amoureux qu'elle ait jamais vu, cela n'avait aucun sens.

Ou peut-être était-ce la perte qui rendait cela dangereux? Comment pouvait-on accepter de ce lien à quelqu'un jusque dans la mort, à un point tel où la mort de l'un entraîne la mort de l'autre? Tout à ses pensées, Temperance ne réalisa pas que Douh attendait une réaction de sa part. Le mouvement attira son regard et elle observa l'anneau qu'elle lui montrait. De l'épouser? Elle prt quelques secondes pour réaliser. Douhbée allait se marier? Douhbée allait se marier! « OH! » fit-elle, son visage s'éclairant sous la révélation. Elle hocha vigoureusement la tête, elle garderait le secret. « Comptes sur moi. » ajouta-t-elle, à voix basse.

La pardusse lui prit les mains et Aemi sourit sous son baiser, laissant la main lui caresser la joue. Elle était heureuse pour son amie, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser au mariage de ses parents et de s'interroger. Elle parlait de l'amour comme une épreuve à traverser, ce qui laissait la jeune fille assez perplexe. Le commentaire l'a fit sourire. Puis elle hocha la tête à sa question. « Bien sûr que ça l'est! » réciproque. Mais ce n'était pas ce genre d'amour qui l'inquiétait, mais celui qui vous prend par les tripes et vous plonge dans un gouffre où seule cette personne peut vous apporter la lumière tant désirée... c'était comme devenir prisonnier, non?

Oublier sa peine... elle soupira. Elle ne pouvait pas l'oublier, seulement apprendre à vivre avec, ce qui était d'autant plus difficile. Elle écarquilla les yeux. Elle, demoiselle d'honneur? « Je... tu... c'est uniquement pour me changer les idées que... ? » Elle ne termina pas sa question mais la réponse de son amie fut équivoque. « Je... bien sûr que non. Je ne sais que dire, Douhbée... je... oui, je veux bien. Merci d'avoir penser à moi et, euhm, félicitations? » Elle l'enlaça. Se replaçant, elle enchaîna. « Je te rendrai la pareille si un jour je trouves pareil sentiment à quelque part. Pour l'instant, je ne ressens ce que tu m'as décrit pour personne. » Pas comme elle l'avait décrit, ça, c'est sûr!

Un chevalier qui passait s'arrêta près d'eux, demandant par le passage à Douhbée si elle n'était pas supposée être de garde. Levant les yeux vers le ciel, Aemi sourit. « Il lui reste cinq minutes, je crois. » Le chevalier sourit et hocha la tête, poursuivant son chemin. Se tournant à nouveau vers son amie, la princesse lui sourit. « Encore félicitations pour ton bonheur, et ne t'en fais pas, j'irai te voir si jamais ce genre de choses me traverse l'esprit. » Elle se leva et entreprit de secouer les miettes sur sa jupe. « Mais tu dois impérativement me tenir au courant de l'évolution de votre relation! » et elle ne pensait absolument pas à la dimension sexuelle en disant cela, elle avait encore cette part de naïveté enfantine... malgré ses quinze ans.

Après une dernière embrassade, elles se séparèrent, et Aemi alla porter les restants du repas aux cuisines, et partit à la recherche de Yahto. Elle avait envie de quitter les murs de pierre et de prendre l'air. Elle se sentait un peu étouffée, comme écrasée par le bonheur de ses parents.
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Parce que je t'aime. [Aemi]
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