Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Camélia - amour éternel [TERMINÉ]

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Capucine
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MessageSujet: Camélia - amour éternel [TERMINÉ]   Lun 18 Juil - 20:55




La vie continuait de bon train en Magnolia, là où il y avait toujours quelque chose à faire à un endroit ou à un autre. La maîtresse des lieux se tenait occupée à chaque jour. Elle s’était graduellement habituée à devoir modifier son horaire de travail afin de consacrer du temps à l’éducation d’Agrias, d’amener Saros lors de ses voyages, voire même d’envoyer Zackeriel chercher des légumes pour le repas… quand elle n’était pas pressée de les ravoir. Elle avait trouvé, les premiers temps, que toute cette activité était plutôt fatigante. Il lui arrivait parfois de s’ennuyer de l’époque où elle vivait seule sur son domaine… mais un bon dîner en compagnie de tout le monde lui amenait un bonheur inattendu et lui rappelait pourquoi elle avait décidé d’ouvrir ce sanctuaire à ces gens : ils étaient un groupe dépareillé qui se complétait étrangement et qui cherchait à donner un sens à leurs vies.

Toutefois, en ce matin-même, la jardinière s’était retrouvée seule pour accomplir sa besogne. Elle avait besoin de cette solitude de temps à autre, sans quoi elle ne tarderait pas à perdre la tête. C’était pourquoi elle s’était levée avant le soleil et avait filé au travers des chemins avant qu’on ne vienne la déranger. Cette isolation lui permit de jeter sa cape au sol pendant qu’elle s’affairait ailleurs. Elle n’avait pas à se soucier d’être aperçue par qui que ce soit, donc elle se permit de s’exécuter dans une tunique ajustée de couleur crème, dont le collet s’attache avec de la ficelle noire à l’avant. Elle portait également des pantalons moulants noirs, puis des bottes brunes. De plus, une ceinture pendait à sa taille afin qu’elle puisse y accrocher ses outils, entre autres. Enfin, elle avait remonté ses cheveux ondulés en une queue de cheval, celle-ci étant retenue par une lanière de cuir de la même couleur que ses bottes.

La femme insecte avait décidé de s’attarder sur le cas des cerisiers qu’elle faisait pousser pour une livraison d’arbustes à venir dans quelques mois. Elle leur prodiguait le meilleur soin qu’il était possible de trouver pour une plante, usant de ses talents magiques pour les aider dans leur croissance et leur assurer une floraison spectaculaire, le temps venu. Le travail était particulièrement plaisant avec le chant des oiseaux en bruit de fond. Par la suite, elle s’était penchée sur les mauvaises herbes qui avaient fait leur chemin là où elles n’étaient pas désirées. Ce n’était pas difficile, mais Cap devait néanmoins œuvrer à quatre pattes et arracher les plantes invasives. Elle tira sur les cordons avec son index pour que son haut soit plus lousse et, par conséquent, laisse passer plus d’air frais. Puis elle continua à travailler comme si elle était seule au monde pendant de nombreuses minutes.

Elle se releva une fois qu’elle eut terminé d’arracher la dernière herbe de cette section de sa jardinerie. Elle admira le travail qu’elle venait d’accomplir, une main sur la hanche. Il y aura de quoi être fière une fois que ces arbustes seront dans leurs nouveaux domiciles! Par après, elle s’essuya le front du revers du bras, tout en expirant fortement. Une pause lui ferait le plus grand bien! Elle s’apprêtait à ramasser ses effets personnels quand elle entendit siffler. Son visage se crispa instantanément. Elle reconnut son locataire semi-elfique avant même de tourner lentement la tête en sa direction, afin de le fusiller du regard. C’était bien son genre de faire un commentaire – abstrait ou non – sur l’apparence de son hôtesse! À le voir s’approcher en gloussant, Capucine se demanda pour la mille et unième fois pourquoi elle s’était laissée gagner par ses belles paroles quelques jours plus tôt. Pour résumer, elle avait trouvé l’ex-contrebandier tout penaud, accoté contre la porte de fer à l’entrée du domaine, les bras pendants à l’intérieur. Monsieur avait enfin trouvé la sortie, ce qui expliquait son absence inhabituelle les deux jours précédents, mais il était venu à la conclusion qu’il n’avait pas vraiment d’endroit où aller. C’est alors qu’il s’était mis à vanter ses charmes auprès de sa compagne au teint mauve parme. Elle s’ennuierait de lui de toute façon, selon ses propos, s’il devait partir. Malgré ses doutes à ce sujet, la magicienne s’était contentée de rouler les yeux et de lui rouvrir la porte. C’était mieux ça que de le voir remonter la clôture et abîmer d’autres plantes parce qu’il voulait revenir.

La question actuelle était : comment était-il parvenu à la retrouver tandis qu’il n’était toujours pas en mesure d’aller chercher des radis sans qu’elle doive aller le retrouver une heure plus tard? Peu importe, elle ne le saurait jamais! Cet homme devait avoir un sixième sens pour la détecter. Capucine regarda autour d’elle pour localiser sa cape, qu’elle enfila aussitôt. Il s’était suffisamment délecté de la vue. « Il serait grand temps que vous trouviez un autre passe-temps que d’épier les jeunes femmes. » le sermonna-t-elle. Ce Zackeriel ne semblait pas savoir comment se tenir devant la gente féminine. Quoique d’un autre côté, elle avait appris à connaître ce côté blagueur du guerrier. Après tout, il était pensionnaire de la jardinerie depuis près de cinq mois, maintenant. Elle était donc moins sévère avec lui, mais se plaisait de le critiquer amicalement de temps à autres. Il le lui rendait bien, tel qu’il le faisait à l’instant en insistant pour qu’elle le tutoie enfin. La demoiselle roula les yeux comme à son habitude et ignora le commentaire. Elle était incapable de concevoir le jour où elle le tutoierait… C’était un peu comme si elle craignait inconsciemment que le tutoyer reviendrait à admettre qu’elle avait des sentiments pour lui et qu’il était cher à ses yeux.

- J’espère que vous n’avez pas oublié que vous devez gagner votre droit de demeurer ici, Zackeriel. fit-elle en allant porter les mauvaises herbes dans un bac à compostage. Elle s’obstinait à ne pas poser ses yeux sur lui et à continuer sa besogne, sachant qu’elle l’avait sur les talons de toute façon. Elle se dirigea ensuite à un cabanon, où elle récupéra des sacs de toiles. Elle en jeta un à son compagnon. Puisque vous êtes décidé à me suivre, nous allons à la plage ramasser des coquillages. Si nous sommes chanceux, nous trouverons peut-être des fruits de mer ou des poissons en bordure de l’eau. Cette idée sembla le ravir, car il ne se plaignit pas à l’idée d’aller se balader près de la vaste étendue d’eau.

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Une chose était claire : la température était idéale à la plage. Le soleil brillait fièrement dans le ciel, mais il était balancé par la mer qui apportait une fraîcheur, celle-ci étant rehaussée par la brise. Les nuages cotonneux n’annonçaient aucune pluie, d’ailleurs. Le duo prit un moment pour admirer le paysage qui s’étendait à perte de vue devant eux. C’était un des avantages indéniables de Magnolia : la mer n’était jamais loin et tempérait le climat. Le sable blanc s’étendait sur des lieues à la ronde, puis quelques herbes venaient offrir une petite touche de vert au décor.

- Je ne vous le dirai qu’une seule fois : vous êtes mieux de bien vous tenir! averti-t-elle son camarade, alors qu’elle se débarrassait de sa cape, malgré qu’un sourire en coin était visible sur ses lèvres. Aussi offusquée pouvait-elle être des coups d’œil indécents de l’homme blond, elle ne pouvait empêcher la chose de lui faire un petit velours.

Puis Capucine mit un pied sur une grosse roche afin d’enlever plus facilement sa botte. Elle préférait marcher pieds nus sur le sable, voire possiblement dans l’eau, que de s’encombrer avec des bottes. Que son décolleté soit plus que visible tandis que ses seins étaient appuyés sur sa cuisse était loin de lui traverser l’esprit… du moins, jusqu’à ce qu’elle sente le regard de son parasite favori peser sur elle. « Ce n’est qu’une poitrine, rien que vous n’avez jamais vu auparavant. » dit-elle sarcastiquement en déposant sa botte par terre. Elle était au courant de l’histoire d’amour tragique qu’il avait vécu avec une elfe du nom de Saoirse, tout comme il était venu à lui confier qu’il avait une fille qui lui était inconnue jusqu’à tout récemment. Alors, il était plutôt inévitable qu’il ait déjà vu une femme dans toute sa splendeur plus d’une fois dans sa vie. La semi-insecte serra rudement le lacet de sa tunique, avant de procéder à enlever silencieusement sa deuxième botte. Elle plaça soigneusement ses chaussures près de la pierre lui ayant servi d’appui, car celle-ci se trouvait près des escaliers menant à la jardinerie en hauteur. « Violets, ils sont violets. » Au regard que lui lançait Zackeriel, dont la bouche était entrouverte de surprise, elle ajouta : « Je sais que vous vous êtes posé la question. », se doutant qu’elle n’avait pas besoin de préciser ce à quoi elle faisait référence. C’était un fier mâle, il était plus qu’évident ce à quoi il pouvait penser.

La maîtresse des lieux déposa sa main sur le bras de son compagnon, le poussant en le tournant, de façon à ce qu’il cesse de la dévisager comme une carpe et qu’il se mette à avancer à ses côtés. Il obtempéra, sans doute trop occupé à se faire une image mentale des courbes de son hôtesse. Quand cette dernière se rendit compte qu’elle le touchait de façon maintenue, elle retira vivement la main. « J-Je suis désolée. » fit-elle simplement dans un murmure, baissant les yeux au sol. Elle se massa ensuite l’intérieur de la paume en évitant de le regarder. Elle ne comprenait pas pourquoi elle se retrouvait parfois à le toucher sans même s’en apercevoir… et, à chaque fois, elle sentait son cœur se pincer et une pointe de culpabilité naître en elle. Le guerrier avait fait un effort considérable pour éviter tout contact pouvant la rendre mal à l’aise, car il pouvait deviner qu’elle avait vécu un quelconque traumatisme plus tôt dans sa vie. Il avait même été respectueux au point de ne pas aborder le sujet, la laissant libre de s’ouvrir à lui ou non. À ce jour, elle n’avait toujours pas trouvé le courage de lui avouer tout ce que son maître lui avait fait subir, en plus de l’incident ayant mené à l’engagement des services de Saros. Toujours est-il qu’il ne la brusquait plus physiquement et s’était abstenu de se moquer de la panique qui l’envahissait immanquablement. Voilà donc pourquoi elle détestait lui imposer un contact quand lui-même devait se retenir. Elle ne trouvait pas que c’était juste… Pour ne pas dire qu’elle s’obstinait à ne pas reconnaître son attirance pour lui, ce qui aurait clairement fait plaisir à son camarade.

- Oh! En voilà un! fit-elle en référence aux coquillages qu’ils étaient venu chercher sur la plage.

La jeune femme s’agenouilla et ramassa un coquillage du mollusque harpa cabriti, une espèce d’escargot de mer, dont la forme est légèrement arrondie bien qu’ayant un bout pointu et qui a un magnifique motif de rayures brunes sur fond beige. (Ceci.) Elle souffla délicatement sur l’objet, et ce, avant de l’essuyer sur son pantalon. Elle venait de trouver un spécimen plutôt incroyable. Elle se releva et voulu le montrer à Zackeriel, mais il était déjà près d’elle et prenait sa main dans la sienne. Son regard se posa d’abord sur la main, mais longea le bras du semi-elfe jusqu’à son épaule, puis termina sa course dans les yeux de bronze de son compagnon. Elle ne se rendit pas compte que sa respiration s’arrêta un moment. Elle était hypnotisée par son regard, au point où elle ne retira pas vivement sa main comme elle l’aurait normalement fait. Il y avait quelque chose qui l’attirait dans les yeux du guerrier, un élément mystérieux auquel elle portait attention pour la toute première fois. Elle avait l’impression qu’elle pourrait se perdre longtemps dans ces pupilles. Elle ne se questionna même pas quant à si elle hallucinait en voyant le visage du semi-elfe se rapprocher ou non, mais elle était si captivée que ses doigts se relâchèrent… et le coquillage tomba par terre, brisant le moment qui avait uni les deux jeunes gens jusque-là. À cela, elle sursauta et baissa la tête pour regarder l’objet à ses pieds, laissant échapper un petit : « Oh! » de surprise.


Dernière édition par Capucine le Jeu 18 Aoû - 16:44, édité 1 fois
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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Camélia - amour éternel [TERMINÉ]   Mar 19 Juil - 11:29

Plusieurs mois s’étaient défilés depuis l’attaque des Lames Pourpres. Zack vivait toujours en Magnolia et ne s’en plaignait pas. En fait, il était nourri et logé en échange de quelques menus travaux. Au début, ce n’était que quelques petites tâches – comme récolter le jardin par exemple – puisque ses malaises reliés à son sevrage le rendaient inapte à faire des travaux demandant davantage de dextérité. Bon sang que ça avait été difficile! Les sueurs froides, les terreurs nocturnes, les faiblesses, les maux de tête, les nausées et la paranoïa… Il était probable qu’il avait réveillé son hôtesse à plusieurs reprises en hurlant au milieu de la nuit, empreint à une angoisse poignante qui l’empêchait souvent de dormir. Heureusement, cette dernière ne semblait pas lui en avoir tenu rigueur et n’abordait jamais le sujet, chose en laquelle il était terriblement reconnaissant. Les symptômes s’étaient étalés sur quelques semaines, leur intensité s’estompant avec le temps. Depuis ce moment, le brigand effectue quelques travaux ouvriers pour Capucine : réparant des clôtures qui ont été détruites pendant certaines intempéries, construisant des bacs pour les arrangements floraux destinés à certains clients, etc. En fait, il ne détestait pas ce nouveau « chapeau » qu’il avait revêtu. Il s’était découvert un talent pour les travaux manuels et il était plutôt doué dans le domaine. Son esprit d’analyse était visiblement pratique pour autre chose qu’arnaquer les gens!

Puis, Saros et Agrias s’étaient joints à l’équipe, pour son plus grand bonheur. Il était totalement heureux de les revoir, ces derniers ayant été d’une précieuse aide lors de son réveil amnésique. S’il y avait des gens qu’il appréciait réellement en ce bas monde, c’était bien eux. D’ailleurs, Capucine avait été surprise de constater qu’ils se connaissaient, tous les trois et que ces derniers semblaient avoir une opinion tout à fait acceptable de lui. Bin oui! La planète entière ne le détestait pas forcément! S’il avait été un connard de première avec bien des gens, ce n’était pas le cas de tout le monde. Bon… ses amis étaient plutôt peu nombreux et se comptaient sur les doigts d’une main, mais il savait qu’il pouvait compter sur eux. Et puis, la présence du colossal félin et de la minuscule gamine rajoutait une ambiance plutôt festive à l’endroit, leur bonne humeur étant presque contagieuse… et faisant drôlement changement des ronchonnements de Capucine. Oh Zack aurait pu foutre le camp de Magnolia et retrouver sa liberté. Il en avait eu l’occasion à plusieurs reprises. Plus particulièrement la fois où il avait enfin réussi à trouver la sortie en grimpant par-dessus le mur de pierres qui entourait la jardinerie. Il avait alors réalisé à quel point il se plaisait en ces lieux… et qu’il avait en fait nulle part où aller. Il était donc revenu à l’entrée et s’était appuyé contre les barreaux de fer forgé retenus par un immense cadenas. En fait, il avait réalisé à ce moment-là qu’il y avait une autre raison pour laquelle il ne désirait pas nécessairement quitter l’endroit : Capucine. Oh il allait se garder de lui en faire part, mais il percevait maintenant la magicienne « froide et sérieuse » d’une toute autre façon.

Zackeriel avait perçu chez la magicienne une femme totalement différente de ce qu’elle avait bien voulu démontrer jusqu’à présent. En fait, Capucine s’était révélée être une fille attentionnée, à l’écoute et d’une patience incroyable. Pour une raison qui lui échappait, elle n’avait émis aucun jugement à son égard, ce que bien des gens auraient fait dès le début. Elle était d’ailleurs la première personne à qui il s’était réellement confié, chose qu’il n’avait même pas faite avec Saoirse. Elle connaissait tout de son passé et, néanmoins, tolérait sa présence malgré tout, et ce, même si elle se doutait de la monstruosité des crimes qu’il avait déjà commis. Elle l’avait également aidé pendant son sevrage et avait été présente lorsqu’il vivait pleinement son deuil de son ancienne flamme. Sans compter l’hommage qu’elle avait fait à cette dernière de son propre chef, sans qu’il ne lui en fasse la requête. Comment oublier tout ça… Cette fille était une fleur éclatante jurant avec la laideur incroyable ce monde, et elle ne s’en doutait même pas. Oh et il fallait aussi avouer que l’exotisme de son apparence était des plus attirants. Sans le savoir, la jeune femme trônait en permanence dans les pensées du semi-elfe. Certes, il faisait régulièrement des blagues salaces à son sujet, mais c’était davantage pour cacher quelque chose de plus profond; une zone plus sensible qu’il préférait cacher pour éviter d’être blessé. Après tout, il avait beau jouer les durs à cuire, sous cette carapace solide se cachait un cœur meurtri par le passé qui recommençait à peine à battre… Ce pourrait-il que la profondeur de ses sentiments était plus intense qu’il ne le croyait ou voulait bien l’admettre? Toujours est-il qu’il avait été des plus heureux lorsqu’elle avait rappliqué pour venir lui ouvrir les portes de Magnolia afin de lui redonner accès à la jardinerie…

En ce matin ensoleillé, Zack s’était affairé à nettoyer les légumes qu’il avait cueillis du potager, à la demande de Capucine. Il était assis, sur le rebord des marches en bois du cottage où il résidait, les jambes repliées et un seau d’eau trônant entre celles-ci. La magicienne était partie de son côté pour effectuer quelques travaux en solitaire, Saros effectuait une ronde de protection pour s’assurer que la sécurité était toujours adéquate dans Magnolia et Agrias s’affairait à désherber les plants de dahlias qui devaient être livrés bientôt à une famille de bourgeois. Une brosse douce à la main, le semi-elfe frottait des carottes et des pommes de terre au-dessus de l’eau afin de les débarrasser de la saleté qui s’y était encrassée, puis déposa les légumes racines dans un panier d’osier tout près de lui. En effectuant sa tâche, il était perdu dans ses pensées : dire qu’il avait été l’un des plus brillants criminels de Shola doublé d’un sang de noble lignée et voilà qu’il récurait des produits maraîchers. Quelle ironie du sort! Et pourtant, cette tâche toute simple le relaxait. Dans son panier trônait un arsenal impressionnant de produits frais : poivrons, tomates, carottes, pommes de terre, courgettes, chou, haricots… Le potager de Capucine produisait une quantité impressionnante de légumes! Avec tout ça, ils allaient probablement se concocter une ratatouille ou un bouilli. Agrias serait heureuse, elle qui refusait de manger quelconque produit provenant d’animaux… Même les framboisiers étaient des plus productifs! Relevant la tête vers le ciel, le jeune homme observa les nuages puis essuya son front du revers de son bras. Le soleil était plombant, malgré l’heure matinale. Une fois la besogne terminée, il se leva, alla vider l’eau garnie de saletés dans des plates-bandes plus loin, puis déposa la chaudière près de la chaumière. Il revint ensuite sur ses pas, se saisit du panier d’osier qu’il entra à l’intérieur et laissa reposer sur le comptoir de la cuisine. Il retira ensuite le tablier blanc tâché de terre qui était noué à sa taille et le déposa sur le rebord de la fenêtre afin de le laisser sécher.

Qu’allait-il faire par la suite? Il y avait de la tourbe à retirer près des rosiers afin que Capucine puisse y planter des arbrisseaux rustiques… sinon, l’un des cabanons avait des planches de pourries qui devaient être remplacées. Tournant son regard près d’un cruchon d’eau, il décida de se servir un verre pour étancher sa soif. Depuis qu’il vivait ici, son mode de vie avait terriblement changé. Les vêtements de voyageur qu’il portait généralement avaient été troqués dans l’immédiat pour un pantalon de tissu marron, des bottes simples s’arrêtant à la mi-mollet, une chemise bleue plutôt sobre entrouverte sur sa poitrine musclée (vu la chaleur surtout) et une ceinture à la boucle cuivrée. Ses cheveux avaient considérablement allongés depuis les cinq derniers mois et il les avait fixés à l’arrière de sa tête en un chignon lâche, ce qui n’empêchait pas de nombreuses mèches rebelles blondes trop courtes de retomber sur son visage. De plus, il passait tant de temps à l’extérieur que sa peau avait foncé au soleil, lui donnant un look bronzé inhabituel pour un homme comme lui. Son épée ne battait plus sa hanche en permanence et ses bottes étaient exemptes de dagues. Il ne consommait ni drogue, ni alcool (puisque ça lui était interdit), ne s’était pas bagarré depuis un bon moment et n’avait pas touché à la moindre femme depuis de nombreux mois (ce qui lui semblait être une éternité… puisqu’il appréciait généralement la bonne chaire). Bref, il était PRESQUE un saint… ce qui était emmerdant par moment. Il fallait bien l’admettre…

Il déposa finalement son verre sur le rebord du comptoir puis esquissa un sourire. Tiens tiens… s’il allait embêter son hôtesse, pendant quelques instants? Les mains dans les poches, il sortit à l’extérieur du cottage, puis s’aventura dans la jardinerie. Il commençait à bien se diriger dans Magnolia, au grand dam de la magicienne et sans trop savoir pourquoi, il trouva rapidement l’endroit où cette dernière se trouvait. Elle était là, devant lui, à quatre pattes au sol devant des plants de cerisiers en pleine santé. Son pantalon noir moulant mettait en évidence ses fesses rebondies et la forme parfaite de ses hanches. Son chemisier couleur crème épousait avec précision sa taille et – oh joie! – était ouvert grâce à un cordon noir lâche qui exhibait une poitrine bien développée. Les cheveux couleur lavande de la damoiselle étaient remontés en une queue de cheval qui, heureusement, ne cachait en rien la vue splendide qu’elle offrait. Oh bon sang, avait-elle la moindre idée à quel point elle était séduisante? Des pensées grivoises, voire même obscènes, traversaient l’esprit de l’homme un tantinet en manque de femmes, mais il se ressaisit rapidement. Il savait qu’elle avait du mal avec les contacts physiques (pour une raison totalement inconnue d’ailleurs) et avait respecté sa volonté de conserver ses distances avec lui, jusqu’à présent. Mais, en s’imaginant en train de coucher avec elle, il ne faisait de mal à personne non? Tant que ça relevait uniquement du fantasme…

Terminant enfin sa besogne, Capucine se releva enfin pour essuyer son front du revers de sa main et Zack ne put s’empêcher de siffler à la vue alléchante qu’elle offrait. Il était là, debout devant elle, les mains dans les poches et un sourire immense trônant sur ses lèvres fines. À voir son exaspération totale, le brigand ne put s’empêcher de glousser en s’approchant. Il adorait la taquiner! Il fallait dire qu’elle réagissait avec tant de force… pourquoi cesserait-il? Ça l’amusait beaucoup trop! D’ailleurs, la remarque cinglante qu’elle lui lança ne tarit en rien sa bonne humeur! « Oh, mais je n’y peux rien, si tu es dans une position trop parfaite pour m’empêcher de regarder! Vois ça comme un compliment! Et puis, arrête de me vouvoyer, tu sais que je préfèrerais que tu me tutoies » fit-il avec un sourire en coin. Évidemment, elle se contenta de lever les yeux au ciel, pour toute réponse, puis lui rappela qu’il devait gagner son droit de rester en Magnolia. Oh, il le faisait bien assez et elle le savait. C’est d’ailleurs pourquoi il ne releva pas cette remarque. Il se contenta tout simplement de la suivre alors qu’elle jetait ses mauvaises herbes dans un tas destiné au compostage. Elle revint ensuite vers lui, deux sacs de toile à la main et lui somma de l’accompagner à la plage pour récupérer des coquillages et probablement des produits de la mer. Oh l’idée lui plaisait totalement! Il faisait si chaud! Et puis, il adorait les fruits de mer…

Le duo se dirigea donc vers la plage, descendant les escaliers de pierres qui longeaient la falaise pour se rendre sur l’étendue de sable. Le vent était si agréable et le soleil brillait toujours de mille feux. Une température idéale pour un séjour à la plage. Pendant un bref instant, le jeune homme balaya l’endroit de son regard de bronze, se rappelant le moment où cette scène idyllique avait été le réceptacle d’un carnage incroyable. Dire qu’il avait assassiné plusieurs membres des Lames Pourpres en cet endroit… La voix de la magicienne le tira brusquement de ses pensées et l’incita à esquisser un nouveau sourire. « Bien me tenir? Je sais TOUJOURS bien me tenir voyons. Dis-moi, depuis quand suis-je indécent? » s’exclama-t-il faussement offusqué et d’un ton ironique. La femme violette ne releva pas sa remarque et se contenta de retirer sa cape d’un sourire amusé. Oh là! Il avait bien vu? Elle avait souri à sa remarque? Il lui plaisait assurément, elle voulait simplement se faire désirer… du moins, le croyait-il. S’approchant d’un rocher de bonne taille, la magicienne y posa un pied et se pencha vers l’avant avec la ferme intention d’en défaire les lacets… sous le regard de Zack qui lorgnait sans ménagement vers la vision alléchante de sa poitrine. « Oh, certes, j’en ai déjà vu d’autres, mais jamais des aussi exotiques », se contenta-t-il de répondre avec une pointe d’amusement dans la voix, dans le but évident de la rendre mal à l’aise. Une pensée amusante traversa son esprit à ce moment-là, pendant qu’elle retirait son autre botte. La pointe de ses seins… elle était de quelle couleur? Aussi mauve ou tirait-elle davantage vers une couleur plus « chair »? Ou même bleutée? Pouvaient-ils être noirs? Ça serait étrange, non? Visiblement, Capucine lisait parfaitement en lui, car elle se contenta de préciser que le tout était d’une teinte violette. Zack, d’abord bouchebé de surprise, éclata de rire à cette remarque. Il était si prévisible que ça?

La femme revint alors vers lui et le poussa par le bras afin de le faire pivoter sur lui-même et l’inciter à marcher à ses côtés, chose qu’il fit sans rechigner. D’ailleurs, il ne put s’empêcher de constater qu’elle avait gardé le contact pendant de longues secondes. Il lui jeta alors un regard en coin, puis elle retira vivement sa main en s’excusant puis en massant ses paumes. « Mais il n’y a aucune matière à s’excuser » fit-il plus doucement cette fois, pendant qu’elle regardait le sol d’un air timide. Elle était plus que charmante sans même le savoir… Puis, elle s’éloigna aux pas de course alors qu’elle avait repéré un immense coquillage et Zack se contenta de la suivre tranquillement, amusé par son air enfantin. Une fois à sa hauteur, il tendit le bras et se saisit de la main de la jeune femme dans le but de l’aider à se lever. Cette dernière leva tranquillement son regard sur son bras, suivant celui-ci jusqu’à son épaule, puis jusqu’à lui. Quoi? Avait-il fait un truc déplacé? Elle le dévisagea pendant quelques instants et elle ne sembla même pas remarquer qu’elle s’était relevée, s’approchant de lui par le fait même. Puis, elle sursauta et échappa son coquillage avec une expression surprise.

- Ça va? Se contenta-t-il de demander avant de le ramasser et de le redonner à la magicienne.

Puis, il la regarda se ressaisir et il relâcha sa main. Il balaya ensuite la plage de son regard puis nota un peu plus loin d’autres coquillages. « Viens ». Il s’éloigna sur la plage, le sac vide balancé sur son épaule, puis s’arrêta près d’immenses rochers, non loin de là où se trouvaient auparavant les vestiges de la tente des Lames Pourpres dont il s’était personnellement débarrassé pour éviter de les avoir à vue en permanence. Il ramassa quelques autres coquillages en compagnie de Capucine, puis une idée lui traversa l’esprit. Il posa le bout de son pied droit derrière son talon gauche et retira sa botte sans utiliser ses mains. Il fit le même manège avec sa botte droite, puis roula le bas de ses pantalons jusqu’à ses genoux. Il retira ensuite sa chemise bleue, exhibant sa musculature bien dessinée et le sigle des Lames Pourpres marqué au fer rouge sur son omoplate gauche. Il s’approcha de la mer où il trempa ses pieds avec joie. L’eau était moins froide qu’il s’y attendait! Plusieurs coquillages trônaient dans l’eau salée, exempts de toutes saletés. Il en cueillit plusieurs puis jeta un regard en coin à la magicienne. Il rêvait où il venait de la surprendre à le reluquer? Non… non il ne rêvait pas! Il connaissait ce regard puisqu’il avait vu plusieurs femmes lui jeter le même. Elle le trouvait de son goût, c’était évident! Voilà qui était intéressant en soi! Il évita d’afficher son éternel sourire goguenard (pour éviter qu’elle ne croit qu’il se moque d’elle) et planta son regard dans les iris sombres et verticaux de la jeune femme. Ils s’observèrent un instant, puis il se détourna pour ensuite s’accroupir et continuer son travail quand une vague inattendue le prit d’assaut, l’éclaboussant jusqu’à la taille. Oh bon sang! L’eau était quand même froide! Un frisson le parcourut au niveau de son échine et il entendit des gloussements derrière lui. Il se releva tranquillement en observant son pantalon marron complètement trempé puis gloussa lui-même.

- Ah et puis merde, je suis déjà trempé, fit-il en ricanant.

Avec un sourire en coin, il jeta un nouveau regard à la magicienne, puis courut vers la mer où il se jeta sans hésitation. Il s’enfonça dans l’eau salée et se laissa porter un instant par les vagues puis se releva ensuite, pour éviter d’être attiré par le courant. Son chignon lâche était à moitié défait et collait à sa peau. Il se passa ensuite les mains au visage pour dégager ses mèches rebelles et descendit le regard vers le sol. Oh génial! Là, devant lui, il y avait une multitude de moules! Il en avait déjà mangé dans un petit bourg de pêcheurs. C’était franchement excellent!

- Capu, fit-il en lui affublant un surnom sans son autorisation (à noter qu’il se foutait royalement des quelques protestations qu’elle aurait pu prononcer). Je viens de trouver une partie de notre repas de ce soir!

Il plongea ses mains dans l’eau, puis sortit trois petits mollusques à la coquille très foncée. Il revint ensuite sur la plage près de son… amie? Il tendit la main vers elle afin de lui montrer sa découverte et nota la façon qu’elle l’observa au passage, non sans un sourire. Il se pencha ensuite pour ramasser son sac vide et y glissa son précieux butin.

- Allez, vient! Il y en a plein d’autres! J’ai besoin d’aide pour les ramasser. Il prit la main de sa compagne et l’attira à sa suite sans vraiment lui laisser le choix. Oh, ne fait pas cette tête, ce n’est que de l’eau! Ça ne tue pas. Et puis, tu contrôles la mer, alors…

Il déposa son sac en bordure de la plage, s’assurant que celui-ci reste humecté dans l’eau et déposa un rocher sur une partie de celui-ci afin d’éviter qu’il ne parte avec le courant. Le principe était simple : il voulait s’assurer que les mollusques restent vivants et au frais. Il revint ensuite s’accroupir dans l’eau, perdant légèrement l’équilibre par moment lorsque les vagues lui fouettaient le dos. Il continua sa cueillette non sans jeter des regards en coin à la magicienne couleur lavande.

- Saros devrait être content, fit-il pour briser le silence. Les chats aiment les fruits de mer et les poissons, pas vrai? Bon, c’est un peu stéréotypé, mon truc, mais quand même! Je crois qu’il risque d’aimer.

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Capucine
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MessageSujet: Re: Camélia - amour éternel [TERMINÉ]   Mer 20 Juil - 15:17

Voilà qui était un spectacle plutôt rare : Capucine perdant momentanément ses moyens. Elle ne se l’expliquait pas à elle-même. Pendant un instant, elle avait été attirée par les yeux couleur airain de l’homme se tenant à ses côtés. Elle ne put faire autrement que bredouiller qu’effectivement, tout allait bien… même si, en réalité, elle n’en avait pas la moindre idée. Elle ne parvenait pas à trouver d’explication sensée à son égard de comportement. Elle reprit donc timidement le coquillage qu’elle avait échappé, qu’elle glissa dans son sac de toile suspendu à sa ceinture. Comment avait-elle pu se laisser distraire de la sorte? C’était insensé. Ce n’était que des yeux, bon sang! Il n’y avait aucune raison pour que son cœur batte à tout rompre dans sa poitrine. C’était une sensation franchement désemparante. Elle fit son possible pour se calmer et revêtir son masque réservé sur son visage.

La magicienne déglutit imperceptiblement alors que son compagnon l’intimait de le suivre. Il n’était pas évident de ne pas lui accorder trop d’attention. Sa voix était comme un aimant auquel ses oreilles ne pouvaient résister. Elle savait pertinemment qu’elle ne serait jamais en mesure de l’ignorer. Oh, puis à quoi bon ressasser toutes ces sensations étranges qu’elle ressentait depuis qu’elle avait fait la connaissance du semi-elfe? Elle secoua la tête avant de s’approcher de ce dernier. Elle devait bien s’avouer à elle-même qu’elle s’amusait à faire la chasse aux coquillages avec Zackeriel. Son tempérament allègre compensait bien le sérieux de son hôtesse. Sans parler qu’il avait un bon œil pour repérer les coquillages; ainsi, le duo se suivit de près en s’envoyant parfois un petit commentaire dans le but de taquiner l’autre.

La bonne humeur générale n’empêcha toutefois pas la jeune femme au teint parme de dévisager le brigand lorsque celui-ci se mit à enlever ses bottes comme un sauvage. Franchement, était-ce si difficile de les enlever de manière un tant soit peu plus civilisée? Par après, le visage de Capucin se peignit d’horreur en comprenant la suite qui approchait à grands pas. Elle avala difficilement sa salive à découvrir le torse nu de son camarade. Une fois de plus, elle se vit dans l’impossibilité de détourner le regard de la vue qui s’offrait à elle. Elle sentit aussitôt son bas-ventre qui la travaillait, ce qui lui faisait étrange… pour ne pas dire qu’elle avait peur de la réaction incontrôlable de son corps. Elle restait muette, là, accroupie avec une main tendue vers le sable, l’autre tenant son sac de toile… à dévorer son soupirant du regard. Était-ce un soupirant, à en croire toutes les blagues? C’était difficile à dire… N’empêche que la jardinière suivait chacun de ses muscles en mouvement, chacune de ses mèches de cheveux ballotant au vent, chacun de ses gestes quand il se penchait… La pauvre femme commençait même à avoir chaud! La première chose qu’elle sut, ils étaient en train de se regarder dans le blanc des yeux. Venait-elle de se faire prendre la main dans le sac? Il semblerait que si.

Elle se sentit soudainement honteuse, sans trop savoir pourquoi. Était-ce possiblement parce qu’elle avait osé l’admirer de façon indécente tandis que c’était si hors de caractère pour elle? Ou était-ce parce qu’elle lui reprochait constamment de le faire envers elle, bien que c’était plus gentiment ces derniers temps? Toujours est-il qu’elle fut trop distraite pour activer son pouvoir à temps et ne put avertir l’ex-contrebandier à temps d’une vague notable. D’un autre côté, elle ne put s’empêcher d’éclater de rire à le voir se faire éclabousser de la sorte. Il y avait eu quelque chose dans la fraction de seconde que ça avait pris à Zackeriel pour comprendre ce qui se passait qui l’amusait. Sa bonne humeur sembla contagieuse, parce qu’il se joignit à elle dans son hilarité. Ensuite, la magicienne l’observa tendrement se jeter à l’eau. Elle se demanda pourquoi elle tirait autant de contentement d’avoir sa présence sens dessus dessous dans sa vie. Elle aimait le voir aller, tout simplement. C’était devenu une partie intégrale de sa vie et, bien qu’elle ne le lui dirait pas, il avait eu raison de dire qu’elle s’ennuierait de lui s’il n’était pas là.

Involontairement, elle se mordit la lèvre inférieure quand le semi-elfe refit surface. La façon dont ses cheveux lui collaient à la peau… Un peu plus et elle se mordait jusqu’au sang. Elle s’empressa de détourner le regard. Il devait y avoir quelque chose qui ne tournait pas rond avec elle aujourd’hui; c’était impossible qu’elle ressente de… de l’attirance, pour lui? Était-ce ça qui la mettait dans tous ses états? Se pouvait-il qu’elle pensait à son compagnon jour et nuit parce qu’elle… parce qu’elle ressentait de tendre sentiments pour lui? Cela expliquerait bien des choses, à vrai dire, mais comment lui faire face maintenant qu’elle se doutait des émotions qu’elle nourrissait à son égard? Elle ne pouvait le regarder en pleine face… jusqu’à ce qu’il l’interpelle. Elle haussa les sourcils : Capu? Elle devait avoir mal entendu. Depuis quand se permettait-il de lui donner des petits surnoms, celui-là? D’autant plus qu’elle se référait à elle-même en tant que Cap, lorsque c’était nécessaire de se présenter durant un contrat. Il était bien le premier à l’affubler du surnom Capu. Elle serra la mâchoire, malgré qu’intérieurement, elle aimait cette petite attention.

La maîtresse des lieux soupira et se releva, rattachant son sac de toile après sa ceinture. Elle s’approcha du semi-elfe, tout fier de ses moules. C’était presque mignon à voir. Elle déglutit face à sa clavicule ruisselante, mais tâcha de ne pas s’y attarder trop longtemps. Elle ne savait pas comment elle réagirait si elle devait se laisser tenter plus longtemps.

- Ce sera parfait avec de l’ail, de l’oignon et quelques herbes… Oh, puis pourquoi pas avec quelques tomates. Vous en dites quoi?

La femme au sang d’insecte sursauta lorsque Zackeriel la prit par la main pour la forcer à le suivre dans l’eau. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il ose un contact de sitôt, sans parler qu’elle ne s’était pas préparée à aller faire un tour dans la mer immédiatement. « Mais… Je ne porte pas… Je veux dire, mes pantalons! » gémit-elle, inutilement. En réalité, ce qui l’inquiétait davantage dans toute cette histoire, c’était son manque de sous-vêtements. Ce petit fait cocasse en surprendrait plusieurs, mais la magicienne détestait devoir porter des sous-vêtements qu’elle jugeait inconfortables en-dessous de tout le reste… et elle ne s’était pas embarrassée avec ça ce matin, croyant qu’elle serait seule toute la journée. La plupart des vagues ne poseraient pas problème, mais il y en avait de temps à autre qui risquaient de l’asperger comme ce fut le cas pour le brigand un peu plus tôt. De plus, même si elle contrôlait l’eau, elle ne se trouvait pas à l’abri d’une mauvaise vague. D’un autre côté, c’était une chose de parler de ses boutons de seins pour taquiner son compagnon, qui paraissait infiniment curieux quant à l’anatomie de son hôtesse, mais ça en était une toute autre de les lui montrer pour qu’il en fasse sa propre constatation!

- Vous avez déjà entendu parler de noyade, pas vrai?

Elle avait répondu avec un ton légèrement sarcastique, les sourcils froncés. Que voulait-il? C’était plus fort qu’elle de le corriger quand elle en était capable. C’était, en quelque sorte, son équivalent de blagues salaces.

Malgré ses protestations, elle ne se débattit pas, voire qu’elle s’accroupit près de son parasite préféré et entreprit de ramasser des moules. Elle glissait ces derniers dans son sac, qu’elle tendait en direction de Zackeriel quand elle voyait qu’il avait attrapé quelque chose. Elle agissait sans même réfléchir. C’était plutôt étonnant de voir à quel point le duo travaillait à merveille ensemble. Ils ne se cassaient pas les pieds, puis avaient peu besoin de communiquer pour savoir que l’autre avait besoin d’un coup de pouce. Néanmoins, Cap se concentrait sur sa tâche autant que possible, question d’éviter de regarder son compagnon à des endroits inappropriés pendant qu’il était tout trempé. On aurait cru que l’eau froide serait parvenue à lui remettre les idées en place, mais il semblait que ça ne faisait que redoubler ses ardeurs qu’elle comprenait à peine.

La jeune femme pinça fortement les lèvres pour ne pas pouffer de rire quand son camarade mentionna que les chats aimaient les fruits de mer. Il n’avait pas tort, il était juste con quand il le voulait. Sincèrement, il n’y avait que lui pour faire des commentaires du genre. En dépit de cela, elle lui accorda que Saros devrait bel et bien apprécier le met, malgré qu’elle doive préparer une alternative pour Agrias. Celle-ci étant végétarienne, elle refuserait immanquablement de goûter aux moules. « Vous savez, à propos de Saros… » commença-t-elle doucement, sur une note de confidence qui la surpris elle-même avant qu’elle ne puisse s’arrêter quand, tout à coup, une violente vague la fit basculer vers l’avant. Heureusement que Zackeriel ne se trouvait pas trop loin, car elle put s’agripper à son bras pour ne pas tomber complètement dans l’eau salée. Quelque peu gênante comme situation, la jardinière ne manqua pas de remercier l’homme blond pour le support qu’il lui offrait… puis elle se rappela qu’elle portait une tunique pâle. Elle cacha prestement sa poitrine de ses mains, sentant la panique monter en flèche en elle.

Rapidement, elle eut les larmes aux yeux. Elle se pressa à utiliser ses pouvoirs pour enlever l’eau qui rendait son haut plus transparent. Elle était trop mal à l’aise à l’idée de dévoiler sa nudité, déjà qu’elle montrait son corps plus qu’à la normale avec ses vêtements moulants. Elle voulut s’excuser, voire qu’elle entrouvrit la bouche pour le faire, mais se ravisa devant l’expression compatissante de l’ancien brigand. Il aurait facilement pu se moquer d’elle comme il le faisait au départ, mais il n’en faisait rien. Il se contentait de lui faire comprendre de ses yeux de bronze qu’il ne se moquait pas d’elle et n’abuserait pas de la confiance qu’elle avait en lui… Bien qu’elle se doutât que ce n’était pas l’envie qu’il lui manquait de lorgner ce qui se trouvait sous les mains griffues de la magicienne. Cette dernière pinça les lèvres afin d’éviter qu’elles ne tremblent de façon trop évidente. Elle s’en voulait d’être à ce point vulnérable, pour ne pas dire qu’elle détestait cette peur viscérale qui la grugeait de l’intérieur dès qu’un contact inhabituel ou le moindrement intime avait lieu. Cela l’empêchait d’explorer ses sentiments envers l’homme qui se tenait devant elle, ce qu’elle trouvait dommage présentement. Ils passaient du si bon temps ensemble il y avait à peine quelques secondes… et maintenant, tout était tombé à l’eau, autant figurativement que littéralement. Elle baissa les yeux un instant, refoulant les larmes du mieux qu’elle le pouvait. Il était désormais plus qu’évident qu’elle devait lui révéler la vérité pour qu’il puisse au moins comprendre la raison derrière son comportement.

- T-tu permets? s’enquéra-t-elle doucement en indiquant le torse du semi-elfe d’un coup de menton.

Elle trouvait étrange la sensation de le tutoyer, et ce, même s’il lui demandait de le faire depuis des mois. Elle n’était pas habituée à cette familiarité avec les gens, ayant toujours gardé ses distances pour se protéger. Elle n’était pas certaine de vouloir adopter ça en permanence. Ça ne serait pas évident, mais probablement pourrait-elle s’y faire. Toujours est-il qu’elle se blottit maladroitement contre Zackeriel, ne sentant pas la force de le regarder directement dans les yeux pour ce qu’elle s’apprêtait à lui dire.

Capucine fut toutefois reconnaissante qu’il accepte sa requête et délaisse les moules pour passer un bras autour de ses épaules. Elle était d’autant plus obligée qu’il ne passe pas de commentaire déplacé. Le silence permeit à la jardinière de prendre quelques inspirations plus lentes, faisant ainsi baisser son niveau d’anxiété. Puis, ce fut plus fort qu’elle, la semi-insecte étira les bras pour refaire le chignon de son compagnon. Ses cheveux avaient été malmenés dans les vagues et, maintenant qu’elle avait une vue sur la lanière de cuir qui menaçait de lâcher à tout moment, elle devait corriger la situation. « Arrête de rire… » Elle fit exprès de tirer un peu sur la tignasse blonde pour punir l’insolent qui osait se moquer de son trouble obsessionnel soudain. Par chance, cela sembla le faire taire. Elle put donc fermer les yeux un instant et, dans un murmure, elle lui demanda de garder ce qu’elle allait lui dire pour lui. Il sembla comprendre qu’elle s’ouvrait enfin à lui et que c’était son opportunité de montrer qu’il savait bien se tenir quand il le fallait.

- T-tu sais… Tu n’as pas toujours un comportement déplacé, Zackeriel. Seulement… quand j’avais quatre ans, mon maître décida de… Bon sang, comment allait-elle continuer son récit? Elle appuya sa joue contre l’épaule de son compagnon, cherchant les bons mots pour exprimer ces souvenirs douloureux. Nous avons tous un passé, des parties de notre histoire dont nous sommes moins fiers et qui reviennent nous hanter plus souvent qu’on ne le voudrait… Dans mon cas, il s’agit principalement de mon maître. Il désirait bien paraître devant la population de mon village natal, d’où son généreux enseignement à une pauvre orpheline au sang partiellement insecte… Sur ce, elle venait de révéler ses origines moins glorieuses à l’ex-contrebandier, soit pourquoi elle avait la peau mauve, des dents plus pointues que la moyenne, des griffes et des pupilles verticales. Seulement, personne ne l’empêchait de glisser sa main sous ma jupe… Parfois, c’était autre chose que sa main… jusqu’à ce que je développe mon corps de femme et qu’il perde intérêt. Elle continua son récit en expliquant que les autres enfants de l’orphelinat où elle avait grandi la malmenaient parce qu’ils étaient répugnés par son apparence. C’était la même chose avec les responsables de l’établissement, qui la battaient sans toujours avoir une raison pour le faire. Son maître, quant à lui, était devenu acerbe maintenant qu’il n’était plus attiré par son corps devenant mature. Le même scénario se reproduit sans cesse quand elle rencontre des hommes, soient ils ne cherchent qu’à abuser de sa chair à ses dépens. Comme je voulais dire tout à l’heure… Concernant Saros, je suis reconnaissante que les dieux l’aient mis sur mon chemin quand ils l’ont fait. Des bandits de route venaient de me jeter en bas de mon cheval brusquement et si Saros n’était pas intervenu… À ces mots, elle sanglota bien malgré elle. Elle revoyait la scène comme si c’était hier. Ils devaient être cinq… ou six… Je ne m’en souviens même plus. J’étais plaquée au sol et cet… cet homme déposait des baisers humides dans mon cou, ma poitrine était à découvert et… Oh, ils se seraient tous passé le relai pour me laisser pour morte ensuite, sans doute. Je ne pouvais rien faire pour me défendre. Nous étions sur une grande plaine; il n’y avait que des herbes… et très peu d’eau. Elle garda le silence un moment, pinçant les lèvres légèrement. Elle aimait sentir l’odeur musquée de Zackeriel, en plus de celle de la mer, le tout mélangée à la sienne qui tirait plus sur celle des cerisiers dont elle s’était occupée plus tôt. Je n’y peux rien, dit-elle en fin, j’ai peur que… Ça fait toujours mal, tu sais? Ça n’augure jamais rien de bon, que de la douleur…

Elle resta là, silencieuse, à se laisser bercer par la brise et les quelques vagues qui les ébranlaient, son compagnon et elle. Il n’y avait rien à dire, mais cette absence de parole lui fit le plus grand bien. Elle trouva éventuellement le courage de reculer en reniflant un peu. Elle détestait se montrer aussi fragile, de prouver qu’elle était loin d’être aussi forte qu’elle le prétendait… Or, il était grand temps que ces émotions la quitte. « Je suis désolée. » Elle recula de quelques pas et entreprit de s’éloigner, sans être capable de regarder le semi-elfe dans les yeux. Elle avait peur de son jugement, maintenant qu’il savait qu’elle était de la marchandise souillée. Elle venait probablement de fracasser son fantasme de la femme exotique, difficile à atteindre parce qu’elle aime le voir se languir d’elle. Elle n’était qu’une demoiselle éprouvée par la vie. Elle s’en voulut d’accorder autant d’importance à l’opinion d’un homme. En même temps, ça lui briserait le cœur s’il décidait de reprendre la route pour ne plus jamais revenir, penaud, les bras pendants entre les barreaux en fer de la porte de sa jardinerie. Elle s’écarta de quelques pas supplémentaires, laissant mollement trainer ses pieds et ses épaules s’affaisser… pour finalement s’effondrer à genoux dans l’eau. Elle se mit à pleurer à chaudes larmes, son corps entier secoué par les sanglots.

- Ne pars pas… murmura-t-elle tout bas pour Zackeriel, qu’elle avait entendu s’approcher. Ne pars pas parce que je suis brisée…
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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Camélia - amour éternel [TERMINÉ]   Ven 22 Juil - 15:38

Toujours penché sur l’eau, les mains farfouillant le sol à la recherche de moules, il entendit sa compagne du moment commencer une discussion sur Saros sur un ton qui appelait à la confidence. Quoi Saros? C’était quoi cette intonation? Son cœur battait soudainement la chamade… allait-elle lui dire qu’elle en pinçait pour le grand félin? Bon, certes, il était sympa – un peu simplet, mais sympa – et il avait le physique d’un titan, mais à part ça… pfffff. Qu’avait-il plus que lui? La jeune femme ne put progresser davantage sur sa confidence qu’une vague la prit d’assaut, la poussant vers l’avant sous la force de l’impact. Instinctivement, Capucine se saisit du bras de Zack, puis réalisa que son buste était complètement trempé… Il fallait dire que sa tunique était de couleur crème… Rapidement, elle porta une main à sa poitrine, se cachant du mieux qu’elle put. La réaction fut immédiate : des larmes embuèrent son regard et une expression quasi paniquée teinta son visage parme. Elle usa rapidement de son don de manipulation de l’eau pour retirer l’excédent de sa tunique puis ouvrit la bouche, histoire de se justifier d’une façon ou d’une autre. Pour sa part, le brigand ne dit rien, se contentant de lui jeter un regard compatissant plutôt qu’un regard lubrique (comme il l’aurait pour la taquiner en temps normal). Pourquoi affichait-elle ce regard honteux? Bon d’accord, elle avait exhibé accidentellement ses atouts à cause d’une vague… certes c’était gênant, mais ce n’était pas la fin du monde! Le regard en direction du sol, elle lui demanda la permission pour effectuer un quelconque mouvement en sa direction, désignant sommairement son torse d’un geste de menton. Pour toute réponse, Zack hocha de la tête et fut surprit de la voir venir se blottir contre lui.

Instinctivement, il leva les bras et enlaça ce corps frêle et tremblotant contre le sien. Jamais il n’aurait cru qu’elle se serait permit autant de proximité avec lui, puisqu’elle préférait généralement l’envoyer balader et ignorer sa présence. Ils restèrent ainsi, debout, collé l’un à l’autre, pendant de longues minutes… avant que la jeune femme ne redresse la tête et ne tende les bras pour refaire le chignon de Zack qui était plus que lâche. Pendant un instant, le jeune homme eu un regard incrédule, puis se mit à glousser. « Tu ne pouvais t’en empêcher, n’est-c… aaaïïïe », fit-il, se faisant soudain interrompre par la jeune femme qui lui sommait de cesser de rire en lui tirant sur la couette. Une fois la chevelure revenue dans un état qui semblait davantage plaire à la magicienne, cette dernière décida de se lover à nouveau puis lui fit une requête dans un seul murmure : il devait garder ce qu’elle allait dire juste pour lui. Était-ce encore cette histoire avec Saros?? Il espérait que non, car il aurait du mal à ne pas lâcher un soupir d’exaspération si tel était le cas. Mais qu’est-ce que le grand matou avait de si intéressant de toute façon…?

Il se contenta alors de hocher de la tête, décidant de recevoir l’information redoutée comme le grand garçon qu’il était. Fixant un point sur la plage, il écouta les propos de la magicienne qui semblait prétendre que son comportement n’était pas tout le temps déplacé… bon elle avait raison jusqu’à un certain point, mais il savait d’expérience que ses blagues salaces n’étaient pas appréciées de toutes. Puis, elle continua en parlant de son enfance, de quand elle avait quatre ans, plus précisément. Il avait la nette impression qu’elle tremblait, ce qui le poussa à reprendre définitivement son sérieux. Que s’était-il passé dans sa jeunesse afin qu’elle soit marqué de la sorte? Elle entama donc son récit, prétendant que, comme beaucoup de gens, elle avait un passé dont elle n’était pas particulièrement fière. Tout sa semblait relié à son maître. Ah tiens? Elle avait du sang insecte? Voilà qui expliquait la teinte exotique de sa peau, les pupilles verticales, les dents pointues et les griffes… Logique quoi. Zack se raidit alors qu’elle dévoilait enfin l’origine des sévices que son maître lui faisait subir. Car oui, porter la main à la culotte d’une gamine sortant à peine des couches, c’était littéralement un sévice.

Un malaise le prit d’assaut sous les révélations de la magicienne. Voilà pourquoi elle avait tant de mal à accepter les contacts physiques avec les hommes… comment pouvait-elle avoir une relation saine avec le sexe opposé quand tout ce qu’elle avait en tête était des viols perpétués par un porc qui aimait un peu trop les gamines? Et puis tous ces mômes qui avaient été si cruels avec elle… Tant de choses s’expliquaient soudainement d’elles-mêmes. Des mauvais traitements à répétitions pouvaient détruire complètement une personne, et c’était visiblement le cas de Capucine. Sans trop s’en rendre compte, Zack resserra son étreinte autour d’elle. Il était navré pour elle. Désolé de voir que la vie avait été si vache avec elle, jusqu’à présent. La magicienne couleur lavande parla enfin de Saros, prétendant que ce dernier l’avait sortie des griffes de bandits ayant la ferme intention d’abuser d’elle. Ce très cher Saros… toujours là au bon moment. Le semi-elfe lui était désormais doublement reconnaissant. Si ça n’avait pas été de lui, Capu aurait surement été… enfin…

Puis une pensée lui traversa l’esprit comme un éclair foudroyant : il avait déjà été le salopard qui abusait des jeunes filles. Ce qu’elle avait vécu… IL l’avait déjà fait vivre à d’autres. Juste d’y penser, son cœur battait la chamade. Et si elle venait à l’apprendre? Que penserait-elle de lui? Il n’était plus comme ça… mais le croirait-elle? La drogue et l’alcool lui avait fait faire beaucoup de choses dont il n’était pas fier, en commençant par les sévices qu’il avait lui-même infligés à d’autres. Les paroles de la femme insecte montaient à ses oreilles et sa gorge se serra. Le même scénario qu’il avait déjà usé pour commettre ses méfaits… mais ses victimes, elles, ne s’en étaient pas sorties à si bon compte. Comme il regrettait, présentement! Instinctivement, il leva une main, caressa l’épaisse chevelure de sa compagne et appuya sa joue contre le dessus de sa tête. Elle ne devait jamais savoir. Jamais. Si seulement il pourrait revenir en arrière…

Lentement, elle recula pour mieux lui face, non sans renifler légèrement. Ses grands yeux remplis de larmes le touchaient au plus profond de lui-même. Désolée? Mais de quoi? Lentement, il tendit la main en sa direction avec le but évident de vouloir la ramener près de lui, mais elle décida de tourner les talons pour marcher en direction de la plage. Elle ne fit que quelques pas, puis s’effondra, à genoux, dans l’eau de la mer, aux prises avec des sanglots incontrôlables. Zack avait la gorge serrée. Il marcha à sa suite, puis l’entendit prononcer quelques paroles qui achevèrent sa volonté. Elle voulait qu’il reste. Mais il n’avait aucune intention d’aller nulle part. Une fois à sa hauteur, il tendit les mains pour se saisir de celles de sa compagne. Il l’aida à se relever, puis l’attrapa à nouveau dans ses bras afin de la serrer avec force contre lui. Elle pleurait tout son saoul et lui… et bien, il la berçait doucement dans son étreinte.

- Je ne vais nulle part, Capucine, souffla-t-il du bout des lèvres. Je te le promets. Laisse aller. Il faut que ta détresse sorte. Je me suis pourri la vie pendant 3 ans en essayant d’éviter de la vivre… je sais de quoi je parle.

Elle était visiblement au gouffre du désespoir, et lui… il avait la gorge serrée, touché par une tristesse qui n’était pas la sienne. Ce qui était rare en soi, en fait. Ils restèrent serrés l’un à l’autre pendant un bon moment, bercés par le vent et les vagues. Zack pouvait sentir les effluves de cerisiers qui émanaient de la jeune femme et cette odeur douce et agréable lui montait à la tête. Sa peau était si douce et ses cheveux brillaient au soleil. Son corps en entier vibrait, ainsi lové contre celui de la jeune femme. Lui qui se contrôlait si bien normalement était en train de perdre le nord. Ainsi, il glissa une main dans la chevelure de sa compagne, puis baissa doucement son visage près du sien. Son front se colla à celui de Capucine alors qu’elle relevait un regard interrogateur en sa direction. Puis ce fut plus fort que lui : il captura ses lèvres contre les siennes en un baiser plutôt tendre. C’était un besoin vital; il avait soudainement cette nécessité de goûter ses lèvres violettes, de la sentir près de lui. Visiblement, cette envie presque primitive n’était pas nécessairement partagée, puisque Capucine se libéra rapidement de son étreinte en un mouvement presque sauvage. La panique l’avait prise d’assaut et Zack réalisa enfin ce qu’il venait de faire. OH MAIS QUEL CON! Elle venait de se confier à lui, parlant des mauvais traitements qu’elle avait subis et des hommes qui avaient abusé d’elle, et lui, connard de première, trouvait moyen de lui voler un baiser alors qu’elle était vulnérable! À ses yeux, il ne valait probablement pas mieux qu’eux! Le semi-elfe eut un regard confus pendant un instant, puis leva les mains en direction de Capucine afin de lui signifier qu’il ne voulait pas lui faire de mal.

- Capu, je suis navré! S’écria-t-il soudainement. Je ne sais pas ce qui m’a pris! Non attends! Je suis désolé!!

Et voilà qu’elle tournait les talons après lui avoir crié quelques paroles qu’il n’avait pas comprit tant il était occupé à tenter comprendre pourquoi il avait flanché de la sorte, comme un gamin pré-pubère qui n’avait aucun contrôle sur lui-même. Elle courait en direction de la plage et le brigand s’élança à sa suite, l’appelant en espérant qu’elle s’arrête dans sa course folle. Mais quel crétin! Quel idiot! Quel débile! Comment avait-il pu croire, ne serait-ce qu’un instant, qu’elle apprécierait qu’il l’embrasse de la sorte?! La première fois, elle avait eu une attaque de panique, alors pourquoi cela aurait-il été différent cette fois?! La plante de ses pieds heurtait le sable chaud à une vitesse surprenante dans le but de tenter de la rattraper. Mais c’était qu’elle était rapide! C’était comme si la force du désespoir lui avait fait pousser des ailes!

Le semi-elfe s’arrêta net alors qu’il la voyait s’engager dans l’escalier de pierres qui la mènerait à Magnolia, abandonna au passage tout ce qu’elle avait emmené avec elle, lui comprit. Il ne pouvait pas croire que ça se terminerait comme ça. Aussi brusquement.

- Mais tu saisis rien, pas vrai?!! Cria-t-il enfin en sa direction pendant qu’elle gravissait l’escalier. Visiblement, il avait attisé sa curiosité, car elle s’arrêta net. Le souffle court, il la regarda, les bras ballants de chaque côté de son corps. Ça ne t’es jamais passé par la tête que je faisais tout ça parce que je t’aime, merde?! Que je ne tentais pas d’abuser de toi, mais plutôt de te démontrer mon intérêt?! Bordel! J’ai beaucoup de défauts et j’ai commis plusieurs choses pour lesquelles je ne suis réellement pas fier, mais si tu sais un tant soit peu déchiffrer les gens, tu verras que je ne mens pas en ce moment. Si tout ce que je voulais c’était abuser de toi, alors je ne serais pas revenu, l’autre jour. J’aurais foutu le camp alors que j’en avais l’occasion. Je suis revenu parce que je voulais te voir toi. Parce qu’en fait, c’est toi qui m’aurais manqué le plus, pas le contraire. Je ne te demande pas que ce soit réciproque, mais au moins, ne me regarde pas comme si j’étais un monstre, merde…

Puis, il tourna les talons pour marcher un peu plus loin sur la plage. Avec un soupir de découragement, il se laissa tomber en position assise dans le sable, les jambes repliées et les coudes appuyés sur ses genoux. Il se prit la tête à deux mains pendant quelques instants, puis releva le visage en direction de la mer. Elle ne voudrait plus le voir maintenant qu’il possédait une étiquette de « monstre ». Qu’allait-il devenir? Il allait devoir retourner sur la route et errer. L’idée de vagabonder n’était pas un problème en soit – il l’avait fait si longtemps – mais il avait réellement espérer trouver un endroit où se poser officiellement…

… et bien c’était loupé.

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MessageSujet: Re: Camélia - amour éternel [TERMINÉ]   Lun 25 Juil - 19:56

La jeune femme mauve était devenue insouciante face à son environnement. Il lui importait peu que ses vêtements deviennent entièrement trempés par l’eau salée de la mer. Sa respiration était à la fois rapide et saccadée, lui rendant la tâche de parler plutôt ardue. Elle n’avait été en mesure que de supplier Zackeriel de ne pas la quitter parce qu’elle était impure. Autrement, elle ne faisait que pleurer toutes les larmes de son corps. Elle enfouit son visage dans ses mains, comme si cet acte simple pouvait la cacher des yeux du monde. Ce manège ne dura toutefois pas très longtemps, car les mains de son compagnon vinrent chercher les siennes. Elle le laissa la remettre sur pieds, d’autant plus qu’elle acceptât volontiers son étreinte qui lui permit de rester debout. Elle cacha son visage dans le cou de l’ancien sous-chef des Lames Pourpres. Elle se servit de sa stabilité comme ancre durant la tempête intérieure qui la dévastait. La façon dont il la berçait l’empêchait de sombrer dans les vagues tumultueuses de ses souvenirs. C’était, à vrai dire, la toute première fois de sa vie qu’elle se faisait réconforter par quelqu’un.

Un poids immense sembla se soulever de la poitrine de Capucine lorsque son camarade lui assura qu’il n’avait pas l’intention de l’abandonner. C’était sans doute la chose qu’elle désirait le plus entendre présentement. Sa voix était si rassurante… C’était à la fois étrange et agréable. Si elle avait pu se lover davantage contre lui, elle l’aurait sans doute fait. Elle se sentait à l’aise en sa présence de sangloter comme elle ne l’avait jamais fait. Elle ressassait ses souvenirs, et ce, malgré la douleur qui les accompagnait. Elle pouvait sentir la panique monter en elle, mais elle faisait son possible pour la repousser loin dans son esprit. Se concentrer sur la respiration du semi-elfe l’aidait fortement en ce sens… même lorsqu’il passa la main dans sa chevelure ondulée et qu’il colla son front au sien. Elle posa son regard sur le visage du guerrier, cherchant à comprendre ses intentions puisqu’elle était confuse. Son comportement était si différent de ce à quoi elle était habituée que…

Ses lèvres vinrent chercher les siennes et, instinctivement, la magicienne se raidit. Elle revoyait une scène de ses huit ans, quand son maître avait fortement tiré sur ses cheveux et forcé un baiser sur elle après qu’elle ait refusé de se laisser faire. La situation actuelle n’avait rien à voir avec cette époque et, pourtant, avant même que la semi-insecte ne puisse raisonner, elle repoussait l’homme devant elle de toutes ses forces. Elle avait l’impression que les yeux lui sortiraient de ses orbites… Sans parler qu’elle s’était mise à hyperventiler. « Est-ce cela que vous aviez en tête depuis le début!? Attendre que je baisse ma garde pour… pour… Je vous faisais confiance! » Impossible de le tutoyer tandis qu’elle se sentait si trahie. Elle secoua la tête, refusant d’écouter ce qu’il avait à dire pour sa défense. Elle s’était remise à trembler de tous ses membres. Elle devait fuir… et maintenant!

Quelle idiote elle avait été de croire que Zackeriel était différent des autres! Elle s’était laissée attendrir par ses histoires et son sourire charmant. Pourtant, il n’avait qu’une seule chose en tête! Si ça se trouvait, elle n’était qu’un défi de plus étant donné que les femmes insectes n’étaient pas courantes en Shola. La jardinière pouvait malgré tout sentir son cœur s’effriter en plus de miettes qu’il ne l’était déjà. Elle désirait se réfugier dans son domaine à un point tel qu’elle courait à s’en donner des coups de pieds à elle-même. Elle devait retrouver quelque chose de familier, quitte à abandonner ses bottes sur la plage. Elle n’en avait pas réellement besoin, elle pouvait toujours s’en procurer d’autres. Elle devait continuer sa course folle jusqu’à un lieu sécuritaire, loin de cet infâme parasite qui avait abusé de sa confiance. Elle était sur le point d’user de ses griffes afin de gravir le mur de pierres donnant accès au niveau supérieur de Magnolia quand les paroles du semi-elfe retentirent enfin clairement à ses oreilles. Elle s’arrêta net dans sa frénésie, se demandant ce qu’il insinuait qu’elle n’avait pas compris. Le ton qu’il avait employé était si… désemparé, pour ne pas dire blessé jusqu’à l’âme. Elle ne pouvait faire un pas de plus sans écouter la suite de ses propos.

Elle se retourna, méfiante, puis planta ses yeux noirs comme la nuit dans ceux de son compagnon. Elle se sentit faiblir à l’entendre prononcer les mots : « Je t’aime. » Une douleur cuisante lui traversa le cœur. Elle pouvait sentir sa lèvre inférieure trembler, qu’elle s’empressa de mordre. Ça ne pouvait être réel, pas vrai? Il était inconcevable, sous l’effet de la surprise, pour elle de concevoir qu’il ait développé de tendres sentiments pour elle. Jamais personne ne l’avait aimée, alors que voyait-il de différent chez elle? Ce devait être son imagination qui lui faisait des tours… Encore ne saisissait-elle pas pourquoi elle imaginerait qu’il lui déclare sa flamme. Cependant, il marquait un point : peu importe à quel point elle l’observait, elle ne voyait aucun signe de tromperie dans ses traits. Puis, une panoplie de moments lui revinrent à l’esprit : l’air lamentable qu’il avait au visage tandis qu’il ne pouvait revenir en Magnolia, son sourire quand il la poursuivait frivolement au travers de la jardinerie après qu’elle se soit cogné la tête, son expression amusée quand elle le boudait, l’air désolé alors qu’il s’excusait de lui avoir involontairement frôlé le haut du dos pour aller cueillir un fruit, son gloussement avant qu’elle ne lui tire sur les cheveux parce qu’il se moquait d’elle… Elle repensait également à l’expression indéchiffrable qu’elle avait aperçu si souvent dans son regard de bronze.

Les larmes se mirent à couler une fois de plus sur les joues mauve parme de la jeune femme, alors qu’elle regardait cet homme si cher à ses yeux s’éloigner sur la plage. Elle avait toujours refusé de voir à quel point elle tenait à lui avant maintenant. Et puis, certes, elle avait eu peur lorsqu’il l’avait embrassée pour une deuxième fois, mais il lui peinait qu’il croit qu’elle le voyait comme un monstre. De toutes les erreurs qu’il avait pu commettre, aucune ne rivalisait avec ce qu’elle avait vécu aux mains de son maître ou de divers hommes durant ses voyages. Maintenant qu’elle se calmait peu à peu, elle voyait bien que ce n’était pas le cas. Il n’était pas un monstre. Le moment avait simplement été mal choisi puisqu’elle avait été si absorbée par son passé qu’elle avait perdu le contact avec la réalité pendant un instant. Elle hésitait à le suivre, ne sachant pas si elle ne devait pas plutôt continuer son chemin jusqu’à sa demeure. Cela aurait été l’option de loin la plus facile et la plus sécurisante pour elle. L’idée de se lancer en amour, surtout avec le peu d’expérience qu’elle avait en la matière, la terrifiait. Ressentait-elle la même chose envers lui? Elle ne se sentait pas en mesure de répondre. Elle venait à peine de prendre conscience que son corps résonnait avec le sien, mais cela pouvait-il être le signe d’une affection plus profonde encore?

Maladroitement, elle redescendit les marches. Elle passa une main sur sa nuque : que lui dirait-elle? Faisait-elle simplement le bon choix en retournant vers lui? Elle ne savait pas si elle pouvait faire confiance à ce sentiment qu’elle ressentait, celui même qui la poussait à avancer lentement vers le semi-elfe. Malgré tout, elle prit place à une distance qu’elle jugea sécuritaire de lui puis, tremblotante, elle prit une de ses mains entre les siennes. Elle déglutit, osant à peine le regarder dans les yeux.

- Vous n’êtes pas un monstre… Du moins, j-je ne le crois pas… Pardonnez-moi, Zackeriel, je… j’ai pris peur. Je ne sais pas… Je n’ai jamais connu l’amour. Je ne sais pas reconnaître les signes, ni ce qu’on ressent… Je n’avais pas vu votre baiser venir, donc j’ai paniqué… Donnez-m… Ça ne ferait pas l’affaire, elle devait se reprendre autrement. Elle prit une grande inspiration avant de commencer à nouveau. Veux-tu me donner une chance? De me familiariser avec… De prendre mon temps? S’il-te-plaît…

Sa voix s’était enrouée et elle ne pouvait continuer sans éclater en sanglots une fois de plus. Elle avait si peur de ce dans quoi elle s’embarquait. Elle savait pertinemment que tout rapprochement avec son pensionnaire, s’il acceptait de rester dans son domaine après les événements de la journée, signifiait d’affronter ses plus grandes peurs et de les surmonter. D’un autre côté, elle avait vraiment envie d’essayer… si c’était avec lui. Elle n’en aurait pas la force autrement. Elle s’approcha craintivement du visage du brigand et déposa ses lèvres sur les siennes. Son baiser avait été bref, probablement rigide, ainsi que légèrement empreint de peur… mais c’était néanmoins un baiser. Elle devait se faire à l’idée ou, plutôt, à la sensation. Elle avala difficilement sa salive, puis l’embrassa à nouveau, un peu plus longtemps cette fois. Elle maintenait les yeux fermés. Elle se sentit infiniment mal à l’aise qu’il ne réponde pas à ses avances, mais elle refusait de baisser les bras. Elle s’essaya une troisième fois et quelque chose sembla débloquer en elle, car le baiser qu’elle échangea avec Zackeriel fut soudainement empreint d’affection. Cette fois-ci, le semi-elfe répondit et la magicienne put se détendre. Elle n’avait pas remarqué à quel point la tension avait monté dans son corps tandis qu’elle croyait avoir manqué son unique chance de partager un tel moment avec son compagnon. Elle colla son front au sien, comme il l’avait fait avec elle un peu plus tôt.

Ne pars pas, je t’en supplie, même si j’ai été horrible avec toi… murmura-t-elle.

Elle rouvrit les yeux juste à temps pour voir un pélican s’approcher du sac dans lequel l’ex-contrebandier avait laissé ses moules tout à l’heure. Sursautant et cessant de réfléchir un instant, Capucine se releva prestement. « Non! » cria-t-elle en guise d’avertissement, bien que l’oiseau n’en avait rien à cirer de ses menaces. « Il faut l’arrêter! » Elle le poursuivit avant qu’il ne s’envole trop loin avec son butin, mais s’arrêta momentanément quand elle vit une pierre voler à quelques centimètres à peine de son visage. Elle se retourna pour lancer un regard ahuri à son camarade, un regard qui semblait lui demander s’il essayait de la tuer ou de l’aider. Après un bref soupir, elle se retourna et s’agrippa après le sac de toile qui pendait dans le bec du pélican. C’était que cette bête était plus forte qu’elle n’y paraissait! Usant de son contrôle élémentaire, la magicienne fit en sorte qu’un puissant jet d’eau arrose l’oiseau suffisamment fort pour qu’il lâche prise.

Sous le changement soudain de résistance, la jeune femme à la peau lavande tituba vers l’arrière. Par chance, elle sentit des bras musclés enserrer sa taille et freiner sa chute. Elle figea un instant. Elle était à bout de souffle, mais cela ne l’empêcha pas de pouffer de rire en compagnie du semi-elfe. Elle lui donna une claque sur la cuisse, toujours en riant.

- Un peu plus et tu me fendais le crâne avec ta pierre! Elle ne pouvait s’empêcher de rire, se retournant pour regarder Zackeriel droit dans les yeux. Si elle ne pouvait reconnaître les sentiments dans son cœur, certainement que le guerrier saurait lire tout l’amour qui se trouvait dans ses yeux sans qu’elle n’en soit consciente. Ce genre de chose ne se produisait jamais avant toi! Ce n’était pas tant un reproche qu’une observation ludique. Cette course folle avec le pélican avait permis à la maîtresse des lieux d’oublier ses soucis et de se détendre. Elle sourit à l’homme blond et, naturellement, glissa ses mains sur ses bras. Puis elle se hissa sur la pointe des pieds afin de l’embrasser comme le font de jeunes amoureux, vivant leur passion pour la toute première fois, sans que leurs caresses ne soient empreintes de crainte, de mauvais souvenir ou d’émotion négative… Les soucis étaient désormais loin, voire même le fracas incessant des vagues sur leurs pieds.
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MessageSujet: Re: Camélia - amour éternel [TERMINÉ]   Mer 10 Aoû - 16:45

Assis dans le sable, le guerrier regarda l’horizon, la mort dans l’âme. Qu’est-ce qui lui avait pris au fond de commettre un tel geste? Il savait que Capucine avait du mal avec les rapprochements et qu’elle se méfiait de lui. Avait-il complètement perdu la tête? Ou était-il en manque de contacts physiques au point de forcer une personne à commettre des choses qui ne l’intéressaient guère? Bon, ce n’était pas la première fois dans sa vie qu’il obligeait une femme à « obtempérer », mais ce Zack-là était un peu dérangé par les substances illicites. Il tentait d’être un meilleur homme, maintenant. Elle lui plaisait, tout simplement. Mais maintenant qu’il avait bousillé toutes ses chances d’un jour espérer plus, il allait devoir faire un deuil sur l’éventualité qu’un jour ils puissent être ensemble. Un fort pincement au cœur se fit ressentir et le guerrier déglutit péniblement avec tristesse. Et merde, pourquoi se sentait-il si mal tout d’un coup? Ce n’était surement pas le temps de se taper une peine d’amour! Après tout, il pouvait avoir toutes les femmes qu’il voulait! Il n’allait surement pas s’attarder à une seule, pas vrai? Il devait se ressaisir! Mouais… définitivement plus facile à dire qu’à faire.

Des bruits de pas dans le sable attirèrent son attention. Dans un mouvement instinctif, il tourna la tête et remarqua Capucine qui s’avançait vers lui, un air incertain au visage. Qu’est-ce qu’elle faisait là? N’avait-elle pas pris la poudre d’escampette? Son expression interrogative ne sembla pas passer inaperçue aux yeux de la damoiselle couleur lilas, car, sans crier gare, elle s’installa près de lui et prit l’une de ses mains dans les siennes. Que faisait-elle? Les yeux d’onyx de la jeune femme ne se levèrent vers lui que l’espace d’un bref instant. Elle semblait honteuse. D’une voix douce et chevrotante, elle entama son discours, lui demandant pardon et déclarant soudainement qu’il n’était pas un monstre. Le semi-elfe, pour sa part, resta figé un instant, comme si le moindre geste pourrait la faire fuir, l’effaroucher. Son cœur battait la chamade au fil des mots qu’elle prononçait. Était-elle en train de lui dire qu’elle était finalement intéressée? Elle prit une pause un instant, puis lui demanda de prendre son temps. C’était bien ça! Il en resta pantois, l’espace de quelques instants, sa poitrine tentant de contenir ce cœur qui se débattait comme un diable dans l’eau bénite. C’était étrange. Il avait l’impression d’avoir 16 ans à nouveau en ce moment. Le même sentiment que lorsqu’il voyait la gamine rousse alors qu’il fréquentait les forces de l’ordre sholienne. Le même genre de béguin qui laisse les jambes molles et une ribambelle de papillons dans l’estomac. Ça faisait des lustres qu’il n’avait rien ressenti de tel.

Toutefois, une petite ombre passa sur ce tableau si merveilleux : la pauvre Capucine éclata à nouveau en sanglots, visiblement effrayée par un passé qui l’avait marqué au fer rouge. Bien qu’il était toujours à la fois nerveux et excité, Zack reprit contenance devant cet état de faiblesse de la jeune femme. Lentement, il vit la damoiselle mauve parme s’approcher de lui dans le but évident de poser ses lèvres sur les siennes. Le semi-elfe ne bougea pas d’un iota, laissant ainsi le contrôle de la situation à la magicienne. Ce nouveau baiser fut plutôt rigide et dépourvu de tendresse… il fallait dire que la peur était bien trop présente pour laisser place à toute forme d’intimité. Hmm… si elle désirait apprendre davantage en sa compagnie, elle allait devoir essayer de se calmer d’abord. Sinon, elle n’apprécierait jamais… Encore une fois, plus facile à dire qu’à faire. Néanmoins, le semi-elfe n’osa pas trop répondre à ce deuxième baiser dont elle le gratifiait, de peur qu’elle le rejette à nouveau s’il venait à être trop « entreprenant ». Ce n’est que lors du troisième, alors qu’il la sentait déjà plus détendue (et donc, encline à vouloir réellement vivre ce moment intime en sa compagnie) qu’il décida enfin de répondre, fermant les yeux à son tour.

Ce véritable baiser était maintenant tendre et empreint d’affection. Zack ne cherchait pas à aller plus loin, se délectant de ce si simple contact. Non seulement ce genre de rapprochement physique lui avait terriblement manqué ces derniers mois, mais en plus, il était partagé avec la magicienne qui lui faisait perdre la tête. Ça faisait si longtemps qu’il n’avait pas échangé de baisers avec une personne qu’il aimait. Personne depuis Saoirse en fait. Il avait oublié à quel point c’était mieux qu’avec ses amants(es) d’un soir. Tellement plus intime, tellement plus beau. Capu brisa ensuite leur contact, collant son front contre le sien. Zack s’était rapproché d’elle. Son corps en demandait plus. Son besoin d’amour suppliait silencieusement sa compagne de le gracier davantage de sa proximité. Oh il allait contrôler ses pulsions. Il était assez grand pour pouvoir mettre un frein à son désir, mais de l’affection… il en avait besoin en ce moment. Après tout, il était un homme comme les autres : il avait cette nécessité de sentir qu’on le prenait dans ses bras, qu’on l’aimait… juste un peu, du moins.

- Je ne vais nulle part, souffla-t-il du bout des lèvres en réponse aux propos de la jardinière. Tant que tu voudras de moi, je serai là…

Il voulut passer ses bras autour de la taille de la damoiselle, mais cette dernière se déroba d’un coup en criant à pleins poumons un « Non! » bien assumé. Quoi? Comment ça, non?! Et puis, si elle ne désirait pas davantage de rapprochements, elle pouvait passer son message sans crier. Ce n’est qu’alors qu’elle déclarait « devoir arrêter quelque chose » que le brigand réalisa enfin qu’elle ne parlait pas de lui. Il cligna des yeux à quelques reprises, visiblement surpris, puis tourna la tête pour voir enfin la source du mécontentement de son hôtesse. Un pélican désirait se faire la malle avec leur butin! Dans un mouvement rapide, Zack se redressa sur ses pieds, empoigna un caillou et le balança au volatile dans le but évident de l’empêcher d’aller plus loin. Malheureusement, il calcula mal la trajectoire du projectile (pourtant, il était plus doué que ça, normalement!) et passa près d’assommer la magicienne au passage. La semi-insecte se retourna en sa direction, un regard à la fois outré et surpris au visage, ce à quoi l’homme blond se contenta de répondre en haussant les épaules. Finalement, la propriétaire de Magnolia agrippa le sac de toile et une joute se produisit entre elle et l’animal. Finalement, ce dernier relâcha son précieux butin alors qu’un jet d’eau le heurta de plein fouet.

Sous le manque nouveau de résistance, Capucine tituba vers l’arrière et c’est Zack qui l’attrapa au passage, afin de lui éviter une chute certaine. C’est ainsi collé l’un contre l’autre (elle, dos à lui, et lui, les bras autour de sa taille) que les deux jeunes gens se mirent à rire de la situation ridicule dans laquelle ils s’étaient trouvés! Zack s’imaginait bien dire à Saros : « Désolé, on avait une idée de repas du tonnerre pour ce soir, mais le repas a été kidnappé par un pélican… Vilaines bêtes, qu’elles sont! Alors tu mangeras une bouillie de patates, mec ». Le grand félin aurait eu un pincement au cœur, lui qui n’était pas fan de repas végétariens. Toujours hilare, la jeune femme lavande se retourna et lui « reprocha » le projectile qui avait bien failli la heurter. Zack pouvait bien voir, dans ces pupilles verticales, à quel point elle appréciait sa présence, et ce, même si elle n’osait pas l’admettre. Ce genre de regard ne mentait jamais.

- C’est parce que j’ai un talent tout naturel pour attirer les tracas, semblerait-il, fit-il avec un sourire en coin, faisant référence aux circonstances de leur première rencontre. Mais, l’avantage, c’est qu’on ne s’ennuie jamais avec moi.

Elle lui caressa ensuite les bras, réalisant visiblement qu’il la tenait toujours contre elle. Toutefois, au lieu de paniquer comme elle l’avait fait un peu plus tôt, elle se contenta de se lever sur la pointe des pieds pour venir chercher ses lèvres dans un mouvement visiblement amoureux. Sous ce simple geste rempli d’affection, Zack ressentit une vague de soulagement. Il avait maintenant moins peur de la réaction de sa compagne, comprenant – par son simple envie de rapprochement – qu’elle était prête à tenter quelque chose avec lui. Ainsi, le fils du duc de Shola répondit à son baiser avec la même tendresse, glissant une main dans chevelure violacée. Ils restèrent comme ça, quelques instants à partager ce moment intime ensemble en silence. Ils étaient ballottés par le bruit apaisant de la mer et seuls quelques goélands, au loin, brisèrent la quiétude du moment avec leurs cris lointains. Puis, après de longues minutes, le duo décida enfin de se séparer pour continuer leur besogne. Après tout, ils avaient un travail à faire. Toutefois, l’ambiance était totalement différente : beaucoup plus détendue. Par moment, ils se lançaient des petits regards coquins et amusés. Zack recommença sa cueillette de moules alors que sa compagne se concentrait à chercher des coquillages.

Le guerrier était dos à elle, les vagues lui fouettant les cuisses et les hanches. Il se retenait pour ne pas se relever et partir à sa suite dans le but évident de quêter davantage d’affection. Il craignait qu’elle le trouve « un brin trop collant », alors il ramena son attention sur sa besogne. Il ramassa une bonne quantité de mollusques quand il sentit soudain les doigts de la damoiselle lui effleurer le dos de bas en haut. Un frisson le parcourut de part en part à ce contact. Il adorait sentir les mains de ses conquêtes lui caresser le dos, surtout pendant l’amour, il devait l’admettre. Encore une chance qu’il avait le bassin dans l’eau de l’océan, ça l’aidait à refroidir ses ardeurs! Après tout, ça faisait des mois qu’il n’avait touché à personne… lui qui avait une vie bien remplie, auparavant, à ce niveau. Tout naturellement, il leva la tête vers sa compagne, la gratifiant d’un sourire ravi. Il referma son sac de toile, le balança sur la plage puis agrippa Capucine de ses mains libres. Dans un mouvement rapide et fluide, il l’attira à lui, l’incitant à s’asseoir sur ses genoux, dans l’eau, alors qu’il optait pour une position assise.

Les vagues s’arrêtaient à la taille de la jeune femme, ce qui préservait sa tunique couleur crème et donc, évitait tout étalement charnel indésirable. Il leva la tête et alla quérir les lèvres de la magicienne en un baiser tendre. Il sentait ses mains lui caresser la nuque et les cheveux… bon sang qu’il adorait ce simple contact. Il en voulait plus, toujours plus. Mais il se força à agir en bon petit garçon et donc, évita de la renverser pour enfreindre certaines règles de pudeur et de bienséance. Leur échange gagna en intensité un peu malgré eux et Zack fut celui qui rompit le contact le premier. Il détourna le regard, puis toussota pour reprendre contenance. Il fit signe à Capucine se relever, en évitant de la regarder.

- Si j’étais toi, je me relèverais, fit-il tout simplement. J’essaie de rester un bon petit garçon, tu vois. Je vais simplement rester assit ici, quelques instants encore, si tu me permets.

Il laissa la jeune femme s’exécuter alors qu’il se contentait de regarder au loin en pensant à des images désagréables. S’il pouvait contrôler ses pulsions, il avait pourtant moins de faciliter à empêcher sa masculinité d’être au « garde-à-vous »! Normalement, ce genre de réaction naturelle ne le gênait en rien. Mais là, c’était différent avec Capucine… Il se pinça l’arête du nez, visiblement frustré par son manque de contrôle quand il sentit quelque chose lui chatouiller la jambe. Son attention fut portée en cette direction, puis poussa un cri de stupeur.

- CRABE SUR MA JAMBE! CRABE SUR MA JAMBE! Dans un mouvement de dégoût et de surprise, il secoua sa jambe vers le haut, faisant virevolter le crustacé plus loin, tout près de Capucine.

En deux temps trois mouvements, il fut sur ses pieds, un frisson de dégoût lui parcourant tout le corps sous les yeux hilares de Capucine.

- Il m’a surpris, ce petit connard! S’écria-t-il pour se justifier. Ah c’est ça, hein? Ça t’amuse!

C’est alors qu’il se mit à pourchasser la jeune femme sur plage dans le but évident de lui faire regretter son hilarité. Il sauta par-dessus le sac de moules, contourna un rocher, puis profita du fait que la magicienne titubait sur le sable pour la happer au passage dans ses bras et la faire tournoyer autour de lui en la chatouillant « sauvagement ». La jeune femme riait aux éclats sous le regard amusé du guerrier. « Demande pardon et je te lâche! ». Évidemment, la jardinière était orgueilleuse et n’obtempéra pas immédiatement. Toutefois, puisqu’il ne semblait pas vouloir arrêter, ce fut un Zackeriel totalement satisfait qui entendit la supplication de son hôtesse. Ainsi collé l’un contre l’autre, le duo se regardait mutuellement, leur front collé en guise de signe d’affection. Une pensée traversa alors l’esprit du brigand.

- Dis-moi, est-ce qu’on se qualifie toujours de « patron et employé » ou… enfin… Je me demandais simplement ce que tu entrevoyais pour le futur quoi… Pourquoi se sentait-il gêné tout à coup? Encore une fois, la sensation d’avoir retrouvé ses 16 ans le prit d’assaut. Est-ce que ça… ce qu’on vit… est-ce que c’est passager ou plus? Et merde… je me sens nul dans ce genre de choses… Il fallait dire que, normalement, il prenait ce qu’il voulait sans plus se poser de questions. Tu crois que… que je pourrais te considérer comme ma petite amie? Enfin, éventuellement.

IL SE SENTAIT CON. Tellement cliché. Tellement « quétaine ». Mais il ne savait pas trop comment approcher la chose d’une autre façon.

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MessageSujet: Re: Camélia - amour éternel [TERMINÉ]   Jeu 18 Aoû - 16:34

Le temps défilait sans que Capucine n’en soit consciente. Elle s’était perdue dans l’échange romanesque avec l’homme qui caressait si doucement ses cheveux. Elle vivait un moment de pur bonheur, ce qui avait été si rare depuis qu’elle était en ce monde, et elle n’avait pas l’intention d’en gaspiller la moindre seconde. Elle savourait le goût exquis de Zackeriel. Qui aurait cru, lors de leur rencontre, qu’il parviendrait à faire tomber toutes les défenses de la magicienne et lui montrer qu’il existait un chemin vers le bonheur autre que l’exclusion du reste du monde?

Il fut difficile, mais nécessaire, pour la jeune femme d’accepter que ce baiser prenne fin. Le duo avait encore du pain sur la planche. Ils ne pouvaient donc se permettre de s’embrasser pour le reste de la journée. Ce fut néanmoins le cœur léger qu’ils se remirent à l’ouvrage. Il était plus fort que la jardinière de jeter des coups d’œil à son compagnon, se mordant la lèvre inférieure en se remémorant les doux moments qu’ils venaient de partager. D’autant plus que le sourire du semi-elfe était contagieux! Il va sans dire que la cueillette de coquillage ne fut pas des plus rapides… mais qu’y pouvait-elle? La distraction était bien trop présente pour qu’elle puisse s’y consacrer entièrement. Il y avait toujours une partie d’elle qui était attirée par la mer et la personne qui s’y trouvait.

Éventuellement, la maîtresse des lieux décida qu’elle avait suffisamment de coquillages pour l’usage qu’elle avait l’intention d’en faire. Elle jugea, selon ce qu’elle pouvait observer de la plage, que son camarade avait amassé une quantité plus qu’acceptable pour le repas du soir. Le cœur battant la chamade, elle prit une grande inspiration et s’avança d’un pas timide en direction de Zackeriel. Désirant lui éviter une crise cardiaque, elle se contenta de glisser ses doigts sur son dos pour l’avertir de sa présence à ses côtés. Elle répondit au sourire de l’ex-contrebandier avec une expression tout aussi rayonnante de joie. Elle-même avait laissé son sac au bord de l’eau, plutôt que de le traîner inutilement.

Elle eut toutefois un léger mouvement de sursaut lorsqu’elle se sentie tirée en direction de son compagnon. Les yeux grands ouverts, elle regarda directement dans ses pupilles de bronze. Elle n’avait même pas eu le temps de réagir que, déjà, elle se trouvait confortablement installée sur ses genoux. C’était qu’il était efficace, le jeune homme! Elle accepta ensuite volontiers le baiser de celui-ci, puis en profita pour caresser sa nuque. Au fur et à mesure qu’ils s’embrassaient, les mains de la jardinière se nouèrent dans la chevelure blonde de celui qu’elle ne considérait plus réellement comme un parasite. Elle se découvrait une faim pour un contact prolongé et toujours plus fervent que le précédent.

Quelle impression déboussolée ressentit-elle lorsqu’il décida de mettre fin à leur embrassade sans crier gare. La pauvre femme mauve n’y comprenait rien. Ses yeux encore fiévreux démontraient bien à quel point elle n’était pas prête à ce qu’ils rompent le contact intime entre eux. Elle cligna des yeux à quelques reprises et sentit son cœur se serrer douloureusement quand il lui intima de s’éloigner de lui. Elle craignit un instant qu’il ne la trouve trop peu expérimentée pour lui et qu’il ne retirait pas le même plaisir dans la chose qu’elle. Sans pouvoir lui en vouloir, Cap était cependant grandement attristée par cette idée. Par chance, il lui fit comprendre que c’était plutôt l’inverse : soit qu’il se sentait perdre le contrôle tant il appréciait leur baiser. Ce ne fut qu’à cet instant qu’elle remarqua que sa masculinité s’était éveillée durant leur embrassade. Soulagée, la magicienne se leva et le laissa seul un instant. Elle retrouva leurs sacs de toile plus loin, observant furtivement son camarade qu’elle avait laissé dans l’eau fraîche. Elle était étrangement fière qu’il réagisse aussi fortement à elle, ce qui était entièrement nouveau en soi.

Son attention fut soudainement ramenée à la réalité au cri affolé du semi-elfe, tout ça pour un vulgaire petit crabe qui s’était aventuré sur sa jambe. Ce fut trop pour la jardinière, qui pouffa de rire. Ah, c’était vrai qu’on ne s’ennuyait jamais en compagnie de ce Zackeriel. La semi-insecte pouvait sentir qu’elle était sur le point d’avoir une crampe tant elle riait de tout son soul. Une main sur le ventre, elle était pratiquement pliée en deux, surtout quand son camarade s’offusqua amicalement qu’elle se moque si ouvertement de sa surprise.

- Mais comment ne pas rire quand tu te mets à sauter ainsi dans tous les sens? On aurait pu croire qu’un monstre des mers venait de t’arracher une jambe! parvint-elle à articuler.

Il ne fallut pas grand temps pour la propriétaire de Magnolia à déguerpir quand elle vit que l’ex-contrebandier voulait se venger. Elle se souvenait encore de leur poursuite au travers de la jardinerie tout juste après qu’elle se soit cogné la tête. Elle ressentait le même amusement qu’alors, sauf qu’elle était moins habile dans le sable que sur les sentiers de terre. Et puis, il fallait admettre que le semi-elfe était déterminé! Il ne tarda pas à emprisonner sa cible, celle-ci se tortillant de rire de tous bords, tous côtés.

- Il n’en est pas question!

Ça, non, elle n’avait pas l’intention de capituler aussi facilement. Toutefois, ses efforts afin de se libérer étaient toujours en vain. Elle perdit espoir de gagner cette bataille amicale lorsque son « tortionnaire » se mit à trouver ses points sensibles.

- Ah! D-D’accord! Je m’excuse! Ah, lâche-moi, tu as promis! La jardinière ferma les yeux au contact du front de Zackeriel contre le sien. Elle profita de ce moment de répit pour reprendre son souffle. Elle rouvrit les paupières de façon à ce que leurs regards se croisent. Elle déposa ses mains sur les hanches de son compagnon. Elle se demandait s’il accepterait qu’elle glisse ses bras autour de sa taille, tout comme elle était curieuse quant à la sensation qu’elle éprouverait elle-même si elle s’essayait. À peine eut-elle le temps de faire glisser ses doigts de quelques centimètres qu’il brisa le silence. Ses questions la prirent totalement au dépourvu. Elle ne s’était pas aventurée aussi loin dans la réflexion quant à ce qu’ils représentaient l’un pour l’autre. Ils avaient certainement franchi une barrière en partageant de tendres moments ensemble. Ehm… Eh bien, c’est… Ce sont des points valides.

Elle était sans mot, ce qui n’arrivait pas souvent. Elle comprenait très bien le malaise que ressentait son compagnon, sur l’épaule duquel elle avait déposé sa tête, car elle aussi devait réfléchir à ce que l’avenir leur réservait. Jusqu’à présent, elle avait vu le brigand comme un pensionnaire qui avait initialement eu besoin d’elle pour se débarrasser d’une dépendance à l’opium et, ensuite, comme un homme à tout faire qui lui donnait un coup de main en échange d’un endroit où demeurer. Cependant, il était définitivement plus que ça pour elle maintenant. Sans savoir où leur relation les mènerait, elle ne voulait pas que ce soit temporaire. Elle se rappela de la peur viscérale qu’elle avait ressentie en ayant cru son heure venue sur la plaine, alors que des bandits de la route voulaient abuser d’elle avant de la laisser pour morte. Elle n’avait pu chasser Zackeriel de son esprit à cet instant… D’autant plus que ses pensées revenaient toujours vers lui le soir, avant qu’elle ne trouve le sommeil.

D’un côté plus logique, s’ils étaient pour… « expérimenter » physiquement, de façon exclusive, avec de forts sentiments d’affection, il ne serait que normal de se considérer comme étant un couple, pas vrai? La magicienne sourit à l’idée d’avoir le semi-elfe que pour elle-même. En étant sa petite amie, sans doute continuerait-il de la prendre dans ses bras tel qu’il le faisait présentement. Elle adorait l’idée d’être sienne et que ce soit réciproque. Le positif dépassait largement le négatif que représentait sa crainte des implications d’une relation sérieuse. Elle avait confiance en Zackeriel.

Dissimulant à peine son sourire, elle planta ses pupilles verticales dans celles de l’ex-contrebandier. Elle garda le silence quelques secondes avant de l’embrasser doucement.

- Oui… Oui, tu peux me considérer comme ta petite amie.

Elle eut un court rire excité, avant de déposer un baiser rapide sur les lèvres de son amoureux. Elle qui pensait qu’elle passerait sa vie seule… voilà qui changeait tous les plans qu’elle s’était faits pour elle-même! Elle ramassa son sac de coquillage, laissant au semi-elfe le soin des moules, puis le traina par la main jusqu’aux marches menant à la jardinerie. Ils remirent les morceaux qu’ils avaient enlevés et entreprirent de retourner au cottage pour se changer. Ils n’étaient tout de même pas pour arriver chez Saros et Agrias tous trempés! D’ailleurs, à cette pensée, Capucine sorti en trombe de la chambre avec des vêtements de rechange qu’elle laissait toujours là et regarda Zackeriel avec un air paniqué.

- Mais qu’est-ce qu’on fait d’Agrias et Saros? Devaient-ils annoncer l’heureuse nouvelle à leurs compagnon ou plutôt profiter de leur relation naissante? Pourquoi me regardes-tu comme ça? Évidemment, le brigand se mit à glousser en voyant sa tendre moitié avec une robe boutonnée à la va-vite et toute décoiffée. Non, mais, oh! Cachant sa poitrine de ses mains, bien que rien ne fusse visible, la jardinière referma vivement la porte pour terminer de se changer convenablement.


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