Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]

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Rubis
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MessageSujet: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Mer 20 Juil - 13:48


Des grognements de frustration fusaient dans l’obscurité naissante du crépuscule. Des bruits de coups se faisaient également entendre, signent d’une bagarre un peu plus loin. Ils étaient aux limites de la capitale, près du grand mur qui entourait la cité. Des arbres trônaient tout autour et un feu crépitait au loin. Visiblement, des hommes – au nombre de cinq – avaient été dérangés dans leur casse-croûte du soir. Le ciel était encore teinté de rosé et d’orangé, mais les arbres rendaient l’endroit des plus sombres. Des exclamations d’irritation pouvaient se faire entendre sur une bonne distance, signent que la personne qui leur tenait tête était des plus tenaces.

La semi-succube, vêtue de la tête aux pieds, faisait l’impossible pour garder la tête froide. Son corps souple et agile se faufilait avec aisance parmi ses adversaires. Ses vêtements de cuir noir lui étaient terriblement utiles pour se camoufler. Ses jambes étaient enserrées par un pantalon couleur d’obsidienne et, jusqu’aux genoux, par des bottes dans le même textile. De plus, ses mains étaient recouvertes de gants tout aussi sombres. Un capuchon de tissu noir recouvrait sa tête et un masque couvrait le bas de son visage, ne laissant paraître que ses yeux émeraude surmontés de longs cils fournis. Alors qu’elle pivotait sur elle-même, elle en profita pour fléchir les genoux et éviter un coup de poing solide de l’un des hommes présents. Elle usa de son élan pour enfoncer férocement sa dague de part en part du mollet de son adversaire qui étouffa un cri de douleur pour éviter d’alerter les gardes.

Pourquoi s’en prenait-elle à eux avec autant de ferveur? Elle avait appris de sources sûres qu’ils étaient directement impliqués dans une histoire de kidnapping d’enfants. Ils avaient dérobé trois gamins d’environ 7 ans et les parents légitimes de ces mômes avaient complètement perdu la trace de leur progéniture depuis plusieurs jours. Inutile de préciser que cette histoire l’avait touché au plus haut point et qu’elle était déterminée à les retrouver! Et qui sait, peut-être pourrait-elle mettre la main sur une piste qui la mènerait à son fils… ou du moins à Kheldyr, le salopard qui était en fait l’autre géniteur de l’enfant.

Elle devait garder la tête froide, car sinon, elle les assassinerait l’un après l’autre avec une fureur qui ne lui était pas habituelle. Elle devait d’abord les faire parler, ensuite, elle pourrait laisser libre court à sa colère. Effectuant une roulade vers l’avant, elle évita un coup d’épée qui était destiné à être enfoncé dans son dos, puis usa de son don de télékinésie pour repousser de quelques mètres les deux hommes qui fonçaient droit sur elle. Elle retira ensuite une dague de sa botte et l’envoya valser directement dans l’épaule de l’un d’entre eux. Elle bondit ensuite sur ses pieds, puis fonça vers l’individu le plus près d’elle. Elle sauta dans les airs et atterrit sur les épaules de son adversaire en position assise. Rubis balança son corps vers l’arrière, posa ses mains au sol et fracassa son ennemi au sol derrière elle par la simple force de ses jambes. Elle se recula ensuite pour pouvoir s’asseoir par-dessus lui et approcher son visage du sien, puis dégaina une autre dague. La justicière enfonça la pointe de sa lame sur sa jugulaire, un air menaçant dans le regard.

- Écoute-moi bien, petit enfoiré de merde, siffla-t-elle entre ses dents serrées, sa voix légèrement étouffée derrière son masque. Je SAIS que toi et ta bande avez pris ces trois mômes il y a quelques jours!! OÙ SONT-ILS?! L’homme sous elle riait face à sa question et dans toute son irritation, la semi-succube entailla sa gorge afin de lui montrer qu’elle ne plaisantait pas. Tu ne sais pas de qui je parle? Camille, Owen et Édouard, ça ne te dit rien?! Fils de pute, réponds!

Du coin de l’œil, elle vit un mouvement vif en sa direction. Le colosse du groupe avait décidé de lui régler son compte, visiblement. D’un mouvement rapide du bras, elle frappa le plat de la lame qui se dirigeait en sa direction du revers de la main, mais comme sa concentration était dirigée ailleurs, l’homme sous elle décida d’utiliser ce moment d’inattention pour la faire basculer vers l’arrière avec un violent coup de poing. Rubis fut déstabilisée et se retint grâce à sa main libre. Sa mâchoire était douloureuse, mais elle n’en avait rien à faire. Elle balança sa dague en direction d’un troisième homme qui courait en sa direction, la lame s’enfonçant dans sa cuisse. Le colosse à côté d’elle la saisit ensuite par le bras, puis la fit pivoter autour de lui avant de la propulser contre la palissade de pierres brutes qui entourait la capitale. Sous la vitesse du coup, le capuchon de Rubis tomba sur ses épaules, dévoilant ses cheveux vermeils remontés en un chignon serré. La jeune femme détestait démontrer le moindre indice de son identité à ses adversaires, de peur qu’ils remontent jusqu’au manoir et donc, jusqu’à Jewelith, sa famille et Myra.

Elly Rosenbaum toussota bruyamment, car, suite à l’impact encaissé par son dos sur la pierre froide, elle perdit momentanément le souffle. Puis, la poigne solide du colosse l’agrippa à la gorge, serra celle-ci avec un sourire malveillant et bloquant l’air qui pourrait y entrer. Les mains de Rubis tenaient ce poignet solide, tentant de le faire fléchir d’une quelconque façon, sans grand succès. Bon sang!! Cet homme, c’était un golem ou quoi?! Elle tendit la main vers une bûche qui trônait au sol près du feu et voulut utiliser son don de télékinésie pour la faire bouger, mais elle avait trop de mal à se concentrer! Elle flanqua un bon nombre de coups de pieds dans l’abdomen de son adversaire, en espérant le faire flancher, mais succès. Des larmes de douleur se pointaient aux coins de ses yeux et ses poumons étaient en feu!! C’est alors que ses sens en alerte perçurent du bruit venant du couvert des arbres, derrière le groupe qui s’en prenait à elle. Visiblement, elle n’était pas la seule à percevoir la présence d'autres individus, car l’homme au mollet meurtri beugla qu’ils avaient de la compagnie.

Le colosse relâcha enfin sa poigne et Rubis tomba assise au sol. Son souffle était rauque et empreint de toussotements sévères. De l’air entrait enfin dans ses poumons! Elle aurait très certainement une marque rougeâtre autour de sa gorge pour les prochains jours! Venait-elle de transgresser leur premier règlement, à elle et Jewel? Ne pas se mettre inutilement en danger? Peut-être, mais ces pauvres enfants, eux, pâtiraient de son excès de prudence. L’adolescente, qui était en fait son apprentie, serait compréhensive si elle se trouvait parmi eux. En fait, pour être totalement honnête, la semi-succube lui avait interdit de l’accompagner. Elle savait dans quoi elle s’embarquait et il était hors de question qu’elle mette sa compagne en danger. Des plans qu’elle se fasse enlever elle-même, chose à laquelle Rubis ne pourrait jamais se pardonner. Des frictions s’en étaient suivies et Elly avait dû ordonner à la petite araignée de rester derrière. Elle avait peut-être été un peu trop catégorique avec elle et avait culpabilisé tout le long du chemin qui l’avait mené jusqu’ici. Dès son retour, elle lui présenterait ses excuses. Reprenant enfin son souffle avec difficulté, Rubis remarqua que les nouveaux venus semblaient de bonne taille. Plus grands qu’elle en tout cas. À voir la queue qui traînait derrière eux, elle les identifia comme étant d’origine reptilienne.

Alliés ou ennemis? Puisqu’ils n’avaient pas encore bougé d’un poil et semblaient discuter vivement avec les truands, elle ne pouvait déterminer leurs intentions. Mais rapidement, la réponse fut dévoilée d’elle-même. Un homme avait effectué un large arc de cercle autour des nouveaux venus, poignard en main, afin de les attaquer en traître. Il leva sa lame dans le dos de l’un des deux lézards, mais ne put jamais abattre son arme. Vive comme l’éclair, Rubis s’était emparée – grâce à son don – d’un rocher de bonne taille et l’avait propulsé sur l’enfoiré qui désirait s’en prendre lâchement au guerrier devant elle. L’humain grogna de douleur et tituba sur le côté, s’éloignant ainsi de sa présumée victime.

- Ne croyez pas un mot de ce qu’ils vous diront, s’écria Rubis d’une voix encore enrouée par la pression qui avait été faite sur sa trachée. Ce sont crapules! À l’origine d’une traite d’enfants en direction du sud. Ils veulent vous manipuler, rien de moins!

Elle savait que, vue de l’extérieur, elle avait visiblement le mauvais rôle, étant celle ayant frappé la première. Mais elle espérait que les nouveaux venus auraient suffisamment de discernement pour la croire sur parole. Plissant son regard émeraude, la femme masquée remarqua alors un insigne sur leurs tenues...

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Phoebe
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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Ven 22 Juil - 20:40

Phoebe et Krovos étaient de garde cette nuit, surveillant les allées et venues dans les rues de la capitale, à proximité du château. Depuis le début des hostilités, les choses allaient plutôt mal en ville, il semblait que tous les criminels s’étaient passé le mot pour profiter de l’absence de Chevalerie, occupée au front, pour mettre en place le chaos. Les jumeaux revenaient de missions, séparés l’un de l’autre par manque d’effectifs et parce qu’il y avait trop de tâches à couvrir, mais l’expérience ayant prouvé que c’était un très mauvaise idée de ne pas les laisser ensemble, ils arpentaient maintenant les rues de la grande ville sholienne en équipe, tout en se racontant le déroulement de leurs missions respectives.

-Et puis ça m’a pris trois jours pour rentrer, trois jours à me demander si je ramenais Phileas pour rien, parce que ceux qui n’ont pas une rage régénérative peuvent ne pas survivre à un aussi long voyage lorsque blessé à l’article de la mort, conclut-il en haussant vaguement les épaules, voulant paraître détaché alors qu’il était profondément troublé par l’échec de sa mission. Il est vivant, c’est tout ce qui compte désormais. Pour le reste, on ne peut pas revenir en arrière. J’espère simplement que ça suffira à notre chef pour lui faire comprendre que j’ai besoin de toi.

*Tout comme tu as besoin de moi* songea-t-il amèrement, alors qu’il s’efforçait de sourire à son frère. Deux de leurs compagnons d’armes étaient décédés pendant la surveillance de frontière qu’il avait dû faire, et l’un avait failli y passer. Phoebe avait beau être un Chevalier doué, il ne pouvait pas protéger tout le monde dans un guet-apens aussi désastreux.

-Et toi, comment s’est passée ton intrusion à Alombria? s’enquiert-il finalement, sa voix résonnant étrangement dans le silence des rues vides, il termina sa phrase en chuchotant.

Le soleil n’avait pas encore tout à fait terminé sa descente vertigineuse vers l’horizon, mais les habitants étaient déjà tous cloîtrés chez eux, se cachant de la chaleur excessive de cette journée d’été, accablant tout le monde sauf les reptiliens du désert, qui préféraient d’ailleurs ce climat. Aussi étaient-ils tout à fait à l’aise malgré leur armure respective, discutant avec plaisir dans le calme de ses rues abandonnées au crépuscule. Le récit que Krovos venait de commencer fut toutefois vite interrompu par des bruits facilement distinguables de bagarre, et les Chevaliers accoururent en direction du boucan.

En arrivant sur les lieux, les Chevaliers purent distinguer une demi-douzaine de combattants, dont une seule à la silhouette féminine qui semblait être seule contre les autres assaillants. Craignant sur le coup qu’il s’agissait là d’une demoiselle en détresse, Phoebe s’apprêtait à agir, mais se freina brusquement en remarquant que c’était plutôt elle qui mettait les cinq hommes à mal. Le transgenre gronda en jetant un œil exaspéré à son frère. C’est qu’il détestait débarquer dans des situations qui semblaient aussi complexe et ne pas connaître le début de l’histoire. Voyant que le combat semblait maintenant être au désavantage de la dame, le reptilien décida qu’ils en avaient assez vus et héla le colosse qui étranglait la guerrière et sortit des fourrés qui les abritaient l’instant d’avant.

-Cinq hommes contre une seule femme, vous êtes vraiment courageux les gars! Vous en aviez assez de taper sur des gamins c’est ça, ça commençait à être trop facile? les nargua-t-il en dégainant son épée sans crainte, sachant qu’il était secondé par Krovos.

Au moins, son intervention eut l’effet escompté et l’homme qui étranglait la femme la relâcha pour venir menacer les Chevaliers, leur ordonnant d’aller voir ailleurs s’il y était et de se mêler de leurs affaires.

-Oh, mais ceci est notre affaire, vois-tu? Ce sont nos rues, de notre ville, et nous sommes de garde, alors toi et tes petits camarades allez disparaître immédiatement si vous ne voulez pas finir la nuit en cellule. On ne veut pas de bagarres dans la capitale, dégagez le terrain! ordonna-t-il avec une autorité qui dénotait son rang, mais avec un brin de sarcasme pour montrer qu’il n’avait pas la trouille.

Au même moment où les truands firent mine de se jeter sur les Chevaliers, la guerrière précipita magiquement –enfin, c’était l’impression de Phoebe- un projectile qui passa tout près de son oreille pour aller s’écraser entre les bijoux de famille d’un des bandits s’étant glissés derrière eux. Le transgenre fit une grimace en songeant comment ça devait avoir fait mal, mais n’avait pas le temps de se moquer, puisque les autres s’étaient mis en mouvement. Les jumeaux se mirent au combat, neutralisant rapidement les cinq hommes et les ligotèrent solidement, pendant que la jeune femme tentait de leur expliquer qu’il ne fallait pas écouter ses hommes car ils marchandaient des enfants esclaves. Oh… chouette. Il n’avait pas vraiment un tel grappin aujourd’hui.

-Nous n’avions pas l’intention de les écouter non plus, mademoiselle… ? Enfin, ils vont passer la nuit en cellule jusqu’à ce qu’on trouve des preuves de ce que vous avancez. D’ailleurs, vous venez avec nous aussi, je vous mets en garde-à-vue, pour avoir été prise à vous bagarrer. Vous avez été gentille, alors je ne vais pas vous attacher, mais je vous conseillerais de ne pas essayer de vous enfuir. Si vous détenez vraiment des informations sur un trafic d’enfants, ce ne serait pas à votre avantage de partir de toute façon.

Phoebe s’était approché de la jeune femme, qui semblait encore avoir de la difficulté à respirer. Il s’en était apparemment fallu de peu pour qu’ils arrivent trop tard. Souriant, le Chevalier tendit la main à celle qu’il espérait vraiment n’être qu’une victime, malgré sa farouche défense en combat, et lui sourit pour la rassurer.

-Vous venez?
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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Dim 24 Juil - 10:39

KROVOS. JOUR 3 SANS ACCIDENT.


Krovos secoua la tête, attristé par le récit de Phoebe qui lui parlait de sa dernière mission. Ils avaient été séparés, à son plus grand dam, et tous deux souhaitaient sincèrement ne pas réitérer ce genre d'expérience. Même si Phileas était vivant, c'était à se demander dans quel état il allait survivre... Krovos frissonna, réalisant que, d'un certain côté, il avait une chance incroyable. Il ne pouvait pas être mutilé. Bah en fait, si, mais il se guérirait. Quoiqu'il se passe, il reviendrait à son état initial. Même s'il ne s'était jamais coupé un membre, il était persuadé qu'il repousserait. D'instinct, mais aussi parce qu'il s'était déjà sévèrement coupé, retirer un bon maillon de chair, et que celle-ci avait repoussé à une vitesse incroyable. Ça ne pouvait pas avoir que de mauvais côtés...!

Il hocha la tête. Lui aussi il espérait que cet événement montrerait comme ils sont un duos. Séparément, ce sont de bons chevaliers, mais ensemble, ils sont invincibles. Krovos aurait été beaucoup moins mal à l'aise de laisser la colère monté, en mission, si sa moitié avait été là pour le ramener à lui, plutôt que de virer fou, frapper ses hommes, et se brûlé sévèrement dans sa folie. Il avait fini par simplement disparaître de la vue à tous, emporté dans sa rage, et n'avait reparu que deux jours plus tard, épuisé et désorienté. Il se sentait terriblement mal à propos de cela et ne ressentait pas particulièrement le besoin de partager cet événement. Il se souvenait cruellement de la morsure du feu sur sa peau et ses écailles, malgré qu'il n'y paraisse plus rien, il avait tout de même ressenti la souffrance et une part de lui avait hurlé de douleur.

Le reptilien soupira. « Catastrophique. » fit-il pour répondre à la question de sa soeur. Il avait ramené plusieurs blessés de sa mission, et malheureusement, il était responsable de près de la moité d'entre eux. N'ayant eu sous sa gouverne aucun chevalier, peu d'entre eux avaient réalisé à temps qu'il ne fallait pas tenter de le résonner et aucun n'avait eu de pouvoir pouvant le freiner. Leur plus gros succès avait été qu'il y ait pire qu'eux pour l'énerver. Un peu plus et les ennemis portaient secours à SES hommes contre LUI-même! Il leva les yeux sur le soleil couchant. « Je préfères éviter les missions où mes hommes sont plus vulnérables que mes ennemis... » il n'eut pas le temps d'aller plus loin, et de toute façon, il n'était pas prêt à en raconter plus tout de suite.

Plus loin, les échos d'une bagarre, qu'il avait perçut depuis un moment, virent s'intensifier. Il avait d'abord pris cela pour une chicane de ménage, mais de toute évidence, ce n'était pas le cas. Il n'avait pas envie de s'en mêler, mais l'intensité de la bataille nécessitait leur présence. C'est donc dans un grognement mécontent qu'il suivit Phoebe vers les lieux où se trouvaient les coupables. Il y avait six personnes, dont une femme. Le chevalier admira la grâce avec laquelle elle se battait, qui faisait contraste avec la lourdeur de son propre style. Elle semblait une adversaire redoutable! Les jumeaux observèrent le combat un instant. Ils n'avaient pas besoin de communiquer ensemble pour savoir ce qu'ils en pensaient ; qui était l'agresseur? Était-ce la femme? Ou les hommes s'en étaient-ils pris à plus fort qu'eux?

Quand la femme se trouva en très mauvaise posture, Phoebe intervint, Krovos sur les talons. En voyant sa soeur dégainé son épée, il fit pareil, dans un mouvement hésitant. La plupart était déjà amoché, le travail était mâché pour eux. Le chevalier hypersensible n'apprécia pas qu'on leur dise d'aller voir ailleurs, il plissa les yeux, alors que sa moitié répliquait que si, ça l'était. Il hocha la tête pour appuyer ses dires. Bon ok, ça lui donnait l'ai d'un gros sbire incompétent. Mais cette odeur piquante de sang dans l'air lui donnait un goût de métal sur la langue, et il entendait avec précision la respiration rauque de la jeune femme. Il grimaça. Tout juste eut-il le temps d'entendre celui qui s'était glissé silencieusement derrière eux - il avait l'ouïe fine malgré la discrétion de l'homme - qu'il ne put que dire : « Phoe... » avait qu'un projectile percute le mécréant.

Oh, bien joué la demoiselle. Cela déclencha les hostilités, et les deux reptiles n'eurent aucun mal à maîtriser la troupe amochée. Avec sa lourde armure de haut en bas, il ne craignait pas les coups et percuta violemment ses ennemis et ses poings et de son épée. Les cinq hommes étaient ligotés dans le temps de le dire. Le fait qu'ils puissent être coupable d'un trafic d'enfant n'avait fait que doublé l'ardeur du chevalier, qui n'aimait pas qu'on profite de l'innocence des enfants, ni qu'on leur fasse du mal. Il avait assez souffert en tant que gamin, il ne souhaitait cela à personne. Cela devait être une période de pure innocence, ni plus, ni moins. Sa soeur déclara que tout le monde allait venir faire un tour en cellule. Il eut un sourire en coin en la voyant approcher la demoiselle en détresse. Typiquement Phoebe. Pour sa part, il était beaucoup moins accueillant, et se contenta donc de garder un oeil sur la petite bande à ses pieds.

Après l'invitation du transgenre, la victime, se leva. « Vous auriez dû faire appel à nous, Mademoiselle. » fit-il de sa voix grave. « Pour un crime aussi sévère, c'est aux Chevaliers de gérer cela et de démanteler ce trafic. » Il désigna le lot à ses pieds. « Nous disposons de tout ce qui est nécessaire pour les faire parler... que ce soit naturel ou non. » Il faisait, évidemment, allusion à la magie qui régissait l'Ordre. L'un des prisonniers geignit bruyamment et Krovos ferma les yeux en grimaçant. Il devait fermé son esprit à tout cela, se concentrer sur les faits, ne pas laisser ses sens le déstabilisé. Il rouvrit ses yeux bleus sur Phoebe. « Il faudrait les soigner, certains ne survivront peut-être pas à leurs blessures. » Il se tourna à nouveau vers la femme en fronçant les sourcils. « J'admire votre courage, Mademoiselle. Mais je vous assure que nous prendrons cette affaire au sérieux et que notre opération ne s'ébruitera pas, nous pourrons démanteler cela avant qu'ils aient le temps de réaliser ce qu'il se passe. » C'était un compliment, un avertissement, ou un reproche? Dur à dire. Elle le prendrait bien comme elle le voudrait.

Il se pencha pour attraper deux hommes, dont le plus costaud, par les coudes pour les obliger à se relever et les poussa devant lui. « Pas de chahut, si vous faites les idiots, vous le regretterez. » Grogna-t-il, n'ayant pas envie de montrer à tous comme il pouvait être redoutable. De toute façon, s'ils étaient bien renseignés, ils avaient du entendre parler du chevalier rageur, et personne n'avait envie de se frotter à lui. De toute façon, après un bon coup de poing gantelé de sa part, le colosse avait la moitié du visage meurtri. S'il s'essayait à nouveau, il se ferait un plaisir d'équilibré la chose.

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Rubis
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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Lun 25 Juil - 23:02

Tapotant douloureusement sa gorge du bout des doigts, la jeune femme songea aux marques immondes qui allaient strier sa gorge d’ici quelques heures. Myra serait furieuse contre elle en voyant ça, sans compter Jewelith qui prendrait probablement un malin plaisir à lui rappeler l’importance d’être deux pendant leurs activités nocturnes. Le combat qui s’était déclaré entre les truands et les chevaliers fut des plus surprenants. Les nouveaux venus savaient ce qu’ils faisaient et semblaient habitués à combattre des ennemis beaucoup plus nombreux qu’eux (enfin, ce genre de petits gredins étaient surement monnaie courante pour eux… une marche de santé quoi). En deux temps trois mouvements, les salopards furent maîtrisés puis ligotés à même le sol. Rubis leur jeta un regard surprit : surtout à cause de leur synchronisme des plus surprenant plus que pour la force de frappe dont ils avaient fait preuve. La justicière observa longuement les deux reptiliens qui se trouvaient devant elle puis réalisa enfin de qui ils s’agissaient : c’étaient les jumeaux chevaliers Phoebe et Krovos! Leur réputation était importante au sein de la cité et tout le monde les connaissait au moins de nom. Bien que Rubis n’ait jamais eu à faire à eux, elle savait par les rumeurs que l’un d’eux était prompt aux explosions de colère monumentales. Super… Un truc de plus à gérer. L’un des deux hommes précisa qu’ils n’avaient en rien l’intention d’écouter les propos factices de leurs adversaires, ce qui soulagea la semi-succube. « Rubis » se contenta-t-elle de répondre à sa question laissée en suspens. Quoi?! Laissez ces malotrus croupir en prison? Non pas que la justicière était contre cette idée, mais elle désirait les faire parler AVANT qu’elle ne puisse plus avoir accès aux précieuses informations qu’ils taisaient. Puis, la suite des propos de l’homme de lois la laissa pantois. Elle, en garde à vue?!! C’était une mauvaise plaisanterie, pas vrai? Et il osait insinuer qu’elle avait « été gentille, ce qui lui méritait de ne pas être attachée ». Qu’il essaie, juste pour voir…

Néanmoins, malgré sa mauvaise humeur momentanée reliée au fait d’être traitée en suspecte, la jeune femme décida de ravaler ses propos. Être impolie dans un moment comme celui-ci était loin d’être judicieux. Si elle envoyait balader régulièrement la garde royale, il en était tout autre d’agir de la sorte avec des chevaliers qui leur étaient nettement supérieurs. Partager ses informations… et puis quoi encore? Si elle coopérait, que recevrait-elle? Elle serait surement écartée de l’enquête et se retrouverait surveillée… chose à laquelle elle n’avait vraiment pas envie. D’un autre côté, son manque de coopération pourrait être perçu comme un signe de culpabilité de sa part, ce qui était faux. La jeune femme soupira puis toussota, sa gorge étant encore douloureuse. Levant lentement la tête, elle remarqua que le reptile qui s’était adressé à elle (Krovos ou Phoebe? Elle n’en savait trop rien, ne les connaissant pas personnellement) s’était rapproché d’elle et lui tendait maintenant la main dans le but évident de l’aider à se lever. Pendant un bref instant, la semi-succube se perdit dans le regard disparate de son interlocuteur, fasciné par la couleur différente de ses iris. D’accord, d’accord Rubis… mieux valaient les rallier à sa cause plutôt que de jouer les têtes fortes et leur opposer une résistance dont elle n’aurait probablement pas le dessus. Elle tendit donc la main pour se saisir de celle du grand guerrier en armure, puis se releva.

- De toute façon, aies-je vraiment le choix? Demanda-t-elle avec une légère moue. Puis, elle tourna son regard vers l’autre jumeau à la carrure imposante alors que ce dernier mentionnait qu’elle aurait dû faire appel à eux. Non… décidément non. Elle travaillait beaucoup mieux seule ou avec Jewelith. J’aurais peut-être due, effectivement. Mais je n’en ai rien fais car je croyais pouvoir m’en sortir seule. Se contenta-t-elle de répondre avec toute la retenue dont elle pouvait faire preuve. Puis, elle soupira. Mais merci à vous du coup de main. Je suis bien forcée d’admettre que votre intervention était plus qu’appréciée.

Oh qu’elle avait envie de se mordre l’intérieur des joues à ces propos! Elle était orgueilleuse et s’était toujours débrouillée seule depuis presque toujours. Son père exécrait son entêtement… c’était pour une bonne raison. Puis, elle fronça les sourcils alors que le grand gaillard casqué à sa droite déclarait que ce genre d’affaires devait être géré par l’ordre et qu’ils avaient davantage les moyens de faire parler des racailles dans ce genre. Oh, elle pouvait les faire parler elle-même sans soucis. Pas besoin de bellâtres musclés pour faire le sale travail. Et puis, pourquoi prendre la peine de les soigner? Ces connards méritaient leur misère pour avoir osé trafiquer de pauvres enfants… Puis, on s’adressa à nouveau à elle. Le grand gaillard aux yeux bleus et au visage masqué par un heaume la complimenta quant à son niveau de courage et lui assura qu’ils feraient tout en leur pouvoir pour régler rapidement cette affaire… Attendez… était-il réellement entrain de l’écarter officiellement de l’affaire? Non… non il n’en était pas question. Elle n’allait pas jouer les potiches en attendant que quelqu’un d’autre se tape cette enquête. SON enquête, par tous les dieux! Elle devait trouver quelque chose pour les convaincre d’accepter sa présence à leurs côtés! Et puis, s’ils refuseraient… elle continuerait de son côté, mais mieux valait éviter les ennuis avec ces deux-là. Elle ne savait pas lequel possédait la rage des titans et elle ne désirait pas réellement le savoir non plus.

Le guerrier aux yeux bleus se saisit de deux hommes, puis les força à marcher devant lui sans ménagement, leur ordonnant de se tenir tranquille. Ses mouvements étaient durs et à voir le regard effrayé des deux individus fautifs, la jeune femme comprit rapidement qui était le fameux chevalier rageur. D’accord, alors il fallait ménager celui-là sous peine d’être réduite en charpie? Encore plus super. Les hommes se mirent donc à marcher et suite au regard insistant de celui qui semblait être Phoebe, Rubis suivit le troupeau. Ils se dirigeaient vers la caserne, c’est ça? Et merde…

- Attendez, messieurs, fit la femme masquée d’un ton calme. Je comprends que vous faites votre travail et désirez-vous occuper de la suite des choses, mais permettez-moi de m’y opposer. Ça fait un bon moment que je suis sur cette piste et j’ai plusieurs informations de mon côté. Écoutez, je ne veux pas me faire écarter de la chose, ça fait longtemps que je travaille sur cette histoire et les pauvres parents de ces enfants m’ont confié cette tâche. Visiblement, ils n’avaient toujours pas l’air convaincu. Écoutez, soyons honnêtes : vous êtes souvent partis en mission, pas vrai? Continua-t-elle en s’efforçant de garder son calme. Vu vos titres de chevaliers, j’ose croire que vous en avez plein les bras avec les tâches qui vous sont attribuées et cette guerre qui fait rage… Et à voir la quantité de chevaliers que possèdent l’Ordre, je crois bien que ces rondes de nuit ne sont pas nécessairement les choses la plus importantes dans votre emploi du temps, je me trompe? Et bien moi, je fais ça à chaque jour de ma vie. Je connais la cité comme ma poche. Chaque recoin, chaque rue, chaque planque… Je les connais tous. J’ai énormément de contacts qui pourraient être utiles à cette cause. Si vous me permettiez de me joindre à vous, je mettrai toutes mes ressources à votre disposition…

Alors qu’elle tentait de les convaincre, elle passa près de l’un des prisonniers qui semblait avoir une dent toute particulière contre elle. Il profita d’un très bref moment d’inattention de la part de tout le monde pour passer ses bras par-dessus la tête de Rubis et utiliser ses liens pour continuer le travail précédemment entamé par le colosse. La justicière sursauta puis porta naturellement ses mains vers sa gorge, là où la corde qui unissait les deux poings du truand l’étranglait. Eh bien, il était hors de question qu’elle se fasse prendre à ce petit jeu deux fois! Dans un mouvement fluide, elle porta une main à sa hanche, puis retira un poignard au manche noir comme la nuit. Elle enfonça la lame dans le bras de son agresseur qui grogna de douleur. Elle en profita ensuite pour flanquer un coup sur ses poings liés pour les dégager de sa gorge et se dégagea aussi fluidement que le courant d’une rivière. Rubis agrippa ensuite le col de la tunique du salopard et le poussa afin de le plaquer contre le tronc de l’arbre le plus près. Elle porta finalement la pointe de son poignard sur les parties génitales de son agresseur et approcha son visage à quelques centimètres du sien.

- Écoute-moi bien, petite merde, siffla-t-elle sous son masque.Je ne passerai pas par quatre chemins : tu me dis ce que je veux savoir ou je te jure que tu perdras tes précieux bijoux de famille en un clin d’œil.

L’homme la regarda, les yeux écartillés, mais ne pipa mots. Les chevaliers marchaient en leur direction et étaient probablement sur le point d’intervenir quand elle appuya sur la lame juste assez pour que la pointe pique l’engin reproducteur du mécréant. Ce dernier couina de terreur.


- Okay okay! Fit-il, la gorge serrée par la peur. Je ne sais pas grand-chose! Mais les gamins, je les ai vus! Des enfants solides, adorables et en santé. On nous a demandé de les emmener à Régis Jambe-de-Bois, à la taverne des Sept Légions . Je n’en sais pas plus, il voulait seulement les mômes contre du fric… je vous le jure! Je vous en prie! Ne faites pas ça! Régis traîne là-bas pendant la nuit, mais il n’y vient jamais à la même heure… vous avez qu’à vous y rendre et vous le croiserez bien un jour!

Rubis le toisa de son regard émeraude. Il disait la vérité. Elle en était certaine. Ainsi, elle recula tout simplement sa lame et lâcha son emprise sur l’homme afin de permettre aux chevaliers de se saisir de lui. Elle en profita pour demander une description sommaire de ce « Régis Jambe-de-Bois » et le brigand coopéra sans plus de résistance. Hormis sa jambe de bois, Régis était un homme à la peau foncée et aux cheveux… absents? Semblerait que le gaillard était également bègue. Bon sang… il n’avait pas grand-chose pour lui. La justicière regarda les chevaliers, puis poussa un soupir.

- Désolée pour cette altercation, fit-elle en rangeant son poignard. Soyez assurés qu’il est aussi intact que le jour qu’il est né, ajouta-t-elle avec un sourire en coin sous son masque. Maintenant, je comprends que vous devez ramener ces mécréants là où ils seront hors d’état de nuire, je me trompe? Vous comprendrez que le temps presse et que ces enfants sont ma priorité. Ainsi, je désire coopérer et vous aider dans votre travail. Vous en avez ma parole. Toutefois, je vous dirai ce que je sais une fois que nous serons à la taverne des Sept Légions qui se trouve à l’est de la cité, près des quartiers pauvres. Je prends de l’avance et vous y attendrez, messieurs.

Elle leur envoya un clin d’œil amusé, puis dans un mouvement rapide, elle balança sa main droite vers le sol pour se propulser dans les airs grâce à sa télékinésie. Dans sa poussée, la jeune femme virevolta vers les bâtiments les plus près et s’agrippa à la corniche du toit. Avec force, elle se hissa sur son perchoir, puis se mit à courir de maison en maison en direction de sa destination. Elle allait réellement coopérer avec ses chevaliers; elle n’avait qu’une seule parole. Elle désirait en fait être rapidement sur place afin d’éviter de rater la venue de ce Régis Jambe-de-Bois. Sa progression dura de longues minutes, sautant d’établissements en établissements puis courant dans les ruelles afin de se rendre à l’endroit de prédilection. Une fois en vue de la taverne, elle s’arrêta soudainement, songeant qu’elle devait prendre une apparence plus… normale afin de ne pas trop attirer l’attention. Et puis, personne ne connaissait de nobles bourgeois dans ces quartiers mal famés. La famille Rosenbaum passerait donc inaperçue. Elle retira donc son masque, puis détacha son long chignon afin de laisser voguer ses longs cheveux rouges sur ses épaules. Elle rangea le tout dans le sac qui trônait à sa taille puis sortit une cape couleur charbon qu’elle déroula et noua autour de ses épaules. Ça ferait l’affaire…

La semi-succube entra donc dans l’établissement et fut surprise de voir à quel point c’était tranquille. L’endroit était-il plus bondé, en temps normal? Les tables étaient propres et les convives décents. Elle avait du mal à croire qu’elle se situait près des quartiers pauvres de la cité… D’un mouvement de main, elle fit signe au tavernier de lui fournir une consommation, puis elle alla s’asseoir tout au fond de l’établissement, un peu en retrait des autres. Le tenancier s’avança en sa direction, puis déposa un verre de kir devant elle. Très bon choix. Visiblement, il n’y avait aucune trace de Régis Jambe-de-Bois… Il fallait donc attendre.
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Phoebe
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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Jeu 28 Juil - 11:58

Phoebe sourit en entendant le nom sous lequel se présentait la jeune femme, remarquant pour la première fois une mèche vermeille légèrement apparente sous la capuche et le masque de celle-ci, lui faisant croire qu’il s’agissait plutôt d’un surnom. Quoi que, sait-on jamais, certains parents utilisaient le physique de leurs enfants pour les baptiser. La combattante accepta, probablement de mauvaise foi, la main que lui tendait le Chevalier transgenre, heureusement assez raisonnable pour ne pas s’opposer à sa garde-à-vue, car le reptilien n’aurait pas voulu avoir à se battre contre elle. Non pas qu’il la craignait, mais plutôt qu’il la croyait et n’avait pas envie de lui mettre des crimes contre la couronne sur le dos, s’il pouvait l’éviter.

Krovos profita du calme momentané pour souligner à la demoiselle qu’elle aurait dû demander de l’aide, puisque c’était le rôle de la chevalerie de régler ce genre de crimes graves, mais Rubis se défendit en avouant qu’elle avait cru pouvoir régler ce cas toute seule, puis dans un soupire qu’elle appréciait leur intervention, malgré tout. Phoebe ne se départissait pas de son sourire, non pour se moquer, mais plus par compréhension. Il n’aimait pas non plus avouer qu’il avait tord, l’orgueil du mâle quoi… Mais qui était-elle donc, cette Rubis, pour croire qu’il était de son devoir de démanteler un trafic d’esclaves juvéniles?

-C’était seulement notre devoir, mademoiselle Rubis, souligna-t-il autant pour son remerciement que en réponse à ses propres pensées, dont elle ne pouvait évidemment pas comprendre l’allusion.

Si la jeune femme était réticente à l’idée de soigner les gaillards, elle n’en montra rien, aussi Phoebe s’empressa-t-il de bander sommairement les plaies les plus graves, plus en espérant ne plus les entendre geindre –car c’était certainement cela qui dérangeait Krovos plus que de les savoir à l’article de la mort – que pour réellement les sauver. Quoi que, morts, ils ne pouvaient pas avouer leurs méfaits, n’est-ce pas? Pendant ce temps, Son jumeau souligna le courage de la jeune femme, mais lui laissa comprendre qu’ils allaient maintenant prendre l’affaire en main. Le transgenre n’avait pas vraiment l’intention, pour l’instant du moins, de la laisser continuer à s’impliquer, puisqu’il se sentait responsable de sa sécurité en quelques sortes. Si elle pouvait leur donner la piste qu’elle avait trouvée, ils s’occuperaient du reste.

À la suite, Krovos souleva aisément deux des plus amochés pour les forcer à marcher devant eux, alors que les autres se levaient sans se faire prier sous l’ordre sévère du géant casqué, de peur de goutter à nouveau à sa médecine. Phoebe attendit tout bonnement que Rubis ne passe devant lui, décidé à ne pas la laisser s’échapper, ne serait-ce que pour s’assurer que l’enquête serait bien prise en main par les bonnes personnes. Le transgenre fermait donc la marche en direction du château, lorsque la jeune femme commença à vouloir donner des explications. Malgré son calme, le reptilien compris l’importance de ses inquiétudes dû au fait qu’elle était sur cette enquête depuis un long moment et qu’elle s’opposait à ce qu’ils prennent en main la suite, du moins pas sans l’écarter.

-Nous avons aussi toutes sortes de bonnes raisons pour prendre à cœur cette histoire, mademoiselle, souligna-t-il pour lui montrer qu’ils n’avaient pas l’intention de chômer.

Croyait-elle vraiment que les missions allaient les empêcher de mettre la main sur ses truands? Au contraire, de telles informations allaient certainement générer une mission, puisque les risques que le trafic soit dans le but de gonfler les forces de l’armée ennemie étaient trop grands, et ce serait nécessairement les jumeaux qui prendraient celle-ci en charge, étant ceux ayant découvert la piste. De toute façon, même si le roi en personne leur demandait de ne pas s’en occuper, ils n’écouteraient pas. L’injustice concernant des enfants les touchaient droit au cœur…

Phoebe choisit de ne pas répondre à la question de Rubis, qui n’en était pas réellement une de toute façon, puisqu’effectivement, les Chevaliers étaient rarement responsables des rondes dans la ville, sauf en ces temps troubles où bien du grabuge c’était produit. Toujours est-il qu’il dû s’avouer impressionner par l’aveu de la jeune femme concernant ses propres rondes de nuit, apparemment une routine, et qu’elle connaissait chaque recoin de la capitale et suffisamment de contacts pour faire avancer la cause. Elle ne voulait donc pas les empêcher de travailler, mais leur proposait plutôt de faire équipe avec eux? Pendant un instant, le transgenre se demanda ce qu’en penserait sa chef, mais après tout… elle n’avait pas besoin d’être au courant. Ce n’était pas comme s’il la tenait en assez haute estime pour tout lui raconter, hein?

-Nous allons voir ce que nous pouvons faire… laissa-t-il sous-entendre après un regard entendu vers Krovos. Évidemment, toute aide aussi précieuse que la vôtre sera la bienvenue, mon frère et moi ayant de façon égal la même… détermination lorsqu’il est question d’injustice commise envers des enfants.

Et puis, ils l’avaient vu combattre. Rubis ne pouvait pas leur être inutile, encore moins un poids, et Phoebe la croyait réellement honnête, depuis le début. Mais pourquoi cette femme n’était-elle pas membre de la garde, au minimum? N’avait-elle d’ailleurs pas un pouvoir magique, en plus? Que de talent gaspillé. Elle en fit d’ailleurs une autre démonstration de ce dernier lorsque l’un des prisonniers, le colosse ayant déjà essayé de l’étrangler, attentat à nouveau à la vie de la jeune femme. Aucun des chevaliers n’eut besoin de réagir, la combattante se défendant toute seule en lui enfonçant son poignard dans le bras, se dégageant avec une facilité déconcertante. Elle le plaqua ensuite contre un arbre, pointant son couteau vers l’entre-jambe de son agresseur.

-Krovos, je croyais que tu avais dis «pas de chahut»? Peut-être que notre ami est sourd et qu’il faudrait que tu lui fasses un dessin, la prochaine fois. Avec son sang? se moqua Phoebe, plus préoccupé à s’assurer que les quatre autres hommes resteraient calmes, plutôt que d’empêcher Rubis de menacer l’individu. De toute façon, sa décision était déjà prise au sujet de Rubis, et il sentait drôlement que son jumeau était d’accord avec lui. Vous quatre, je vous déconseille de vouloir suivre l’exemple de votre patron, puisque ce n’est pas mademoiselle qui va s’occuper de vous, mais moi. Ou mon adorable jumeau, cela dépendra de l’audace de votre tentative, menaça-t-il en finalement un rapide coup d’œil vers Rubis et sa victime, qui avait déjà flanchée, au grand étonnement de tous. Mais quelle mauviette quand même, pour un colosse!

Phoebe se saisit immédiatement du criminel lorsque Rubis le relâcha, le bottant du pied pour qu’il avance rejoindre les autres, sous les regards attentifs des deux Chevaliers. Malheureusement trop attentifs vers les hommes, en oubliant presque la femme, jusqu’à ce qu’elle leur explique pourquoi elle devait –oh quel malheur – partir tout de suite, et ne leur laissa pas le temps de réagir avant de disparaître, sautant sur le toit de l’immeuble le plus près. Elle avait utilisé la magie, cette fois le chevalier en était certain.

-Merde! maugréa Phoebe en lança un regard frustré à Krovos. Pour qui elle se prend, celle-là? Je l’ai mise en garde-à-vue ou pas? Qu’elle soit dans notre équipe ou pas, maintenant elle est dans le pétrin. Le Chevalier transgenre poussa ses prisonniers pour les forcer à presser le pas, ils devaient s’en débarrasser au plus vite pour rejoindre Rubis.

Si Krovos n’avait pas été… Krovos, il lui aurait certainement confié la garde des criminels et auraient poursuivis la jeune femme, mais comme il était hors de question de le laisser seul, ils firent plutôt équipe pour pousser plus rapidement les hommes, qui prenaient manifestement plaisir à les ralentir par tous les moyens, jusqu’à ce qu’ils croisent un groupe de garde arpentant les rues. Génial, ils n’auraient pas besoin d’aller jusqu’au château! Leur signalant de bien surveiller ces dangereux hors-la-loi et les mettre sous les barreaux jusqu’à leur retour, les jumeaux prirent la direction de l’est, repérant assez rapidement la taverne des Septs légions. Phoebe retira de son uniforme toute marque pouvant permettre à quelqu’un de l’identifier comme Chevalier, cachant son insigne dans sa poche et couvrant son armure d’une cape, puis entra.

Repérer la fille, toutefois, fut une tâche plus difficile, voulant le faire magiquement avant d’entrer dans l’établissement, fermant un œil pour activer son pouvoir de vision magique. Non pas parce qu’il était bondé, mais parce que la combattante masquée et capuchée aperçue plus tôt n’était plus, laissant place à une noble bourgeoise. Ce fut la chevelure de feu qui attira l’attention de Phoebe, qui se dirigea aussitôt à sa table lorsqu’il entra, rassuré de ne pas avoir vu leur cible. Même s’il ne se voulait pas sévère avec elle, son ton de voix ne laissait entendre aucune réplique lorsqu’il lui reprocha d’être partie sans eux.

-La prochaine fois, vous feriez mieux de nous attendre, ne me faites pas regretter d’avoir accepté que vous travailliez avec nous, car en ce qui me concerne, vous auriez tout aussi bien pu finir en cellule vous aussi ce soir, souffla-t-il discrètement, en donnant l’impression d’être simplement en train de discuter de la pluie et du beau temps, je vais prendre la même chose.

Le serveur tourna les talons aussi vite qu’il le put, n’ayant décidément pas envie de rester à proximité de ce trio plutôt étrange ce soir, surtout avec le ton de Phoebe lorsqu’il l’avait vu approcher.

-Votre leçon de tout à l’heure ne vous a pas suffit? Vous auriez fait quoi s’il avait été là et que nous ayons pris plus de temps pour vous rejoindre? Vous l’avez dit vous-même, vous auriez dû demander de l’aide plutôt, alors maintenant ne crachez plus sur celle qu’on vous offre, et dites-nous ce que vous savez, chuchota-t-il en regardant la porte… pendant qu’ils en avaient encore le temps. Nous fuir comme ça vous donne l’air encore plus louche, alors ne nous faites pas regretter de vous avoir cru. J’ai lu l’honnêteté dans votre regard et je compte bien me prouver que j’avais raison, mais vous allez devoir apprendre à travailler en équipe à partir de maintenant.

La main sur la garde de son épée était bien cachée sous la table, lui donnant un air décontracté malgré qu’il était prêt à bondir si leur cible apparaissait, et Phoebe ne doutait pas que Krovos fut tout aussi prêt…

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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Mar 2 Aoû - 17:19

KROVOS. JOUR 3 SANS ACCIDENT.


Krovos fut satisfait des soins sommaires apportés par Phoebe à leur prisonniers. C'était moins pire, déjà. Moins de geignements, moins de risques de rage. Il poussa donc les truands devant lui, mais ne marcha pas longtemps. Un ordre, plutôt déplacé, fusa pour leur demander d'attendre. Il s'arrêta et se retourna. Il était bien ouvert à ses idées, mais il ne fallait pas qu'elle pousse le bouchon trop loin. Elle parlait à des chevaliers, là. Non pas que cela lui porta une estime particulière de lui-même, mais il jugeait déplacer sa façon d'agir. Tant mieux s'il avait des informations, mais qui lui avait dit qu'elle allait être complètement écarté? Il était bien ouvert à voir ce qu'elle pouvait amener avec sa contribution, si elle coopérait. Hors, c'était plus ou moins le cas pour l'instant.

Les chevaliers échangèrent un regard. Ils se comprenaient très bien, son aide serait la bienvenue. Le reptilien vit un mouvement du coin de l'oeil et posa sa lourde main sur l'un des hommes qui s'étaient avancés, comme pour fuir discrètement, détournant ainsi son attention de celui qui saisit la jeune femme à la gorge. Il se retint d'user de ses griffes pour défaire la corde, car, de un, cela aurait exposé sa main aux contacts, et de deux, elle se débrouillait assez bien. Prompte, elle se défit de l'étreinte rapidement et alla le planter sur un arbre en le menaçant. Il ne put retenir un sourire amusé. Le commentaire de Phoebe ne fit qu'accentuer ledit sourire. « J'ai du le cogner un peu trop fort, qui sait. » Bien qu'orientant son regard vers le duo, il garda un oeil sur les captifs, s'amusant des menaces de sa soeur. Une petite bagarre de temps en temps n'était pas pour lui déplaire.

L'efficacité de Rubis était impressionnante. Son adversaire ne mit pas long à déballer tout ce qu'il savait, fournissant même une description détaillée alors que Phoebe allait le récupérer. La perspective d'un trafic d'enfant le fit grimacé d'horreur. Cela le touchait bien qu'il ne le faudrait et l'idée de ces enfants, arrachés contre leur gré, à des familles probablement aimante, pour subir un calvaire aux mains d'inconnus... il ne le supportait tout simplement pas. Il gronda entre ses dents serrées. Pas question de laisser filer ça! Mais avant de faire quoique ce soit, elle leur donna rendez-vous et se fit la malle avant de leur laisser le temps de réagir. Oh ben ça alors! Phoebe pesta, et Krovos ne put retenir une exclamation : « Mais quelle agilité! Elle est impressionnante. » Il ricana. « Je ne suis pas sûr si c'est elle qui est dans le pétrin ou ce fameux Régis... » Que ce soit elle, ou eux, qui lui tombe dessus, il allait avoir sa fête.

Ils poussèrent les prisonniers devant eux, avec une certaine hâte, afin de la rejoindre le plus vite possible. Devant leur résistance, il ne put s'empêcher de se sentir profondément énervé de devoir constamment les pousser. Leurs plaintes, leurs tentatives, l'agaçait profondément. Il finit par coller son poing sur l'un d'eux avant de finalement croiser des gardes qui récupérèrent les captifs branlants sans trop comprendre ce qu'il se passait, outre qu'ils devaient les enfermer. Sa soeur ayant été suffisamment clair, le message passa et ils poussèrent les mécréants. Après un regard entendu, ils se dirigèrent vers le fameux endroit. À une certaine distance dudit bâtiment, sa moité entama de retirer son armure et de cacher ce qui l'identifiait à l'Ordre. Le chevalier hypersensible hésita. Il serait rapidement repérer s'il ne faisait pas de même... mais l'idée de se débarrasser de son armure ne lui plaisait guère.

Un regard de Phoebe le fit hocher la tête. Elle était là, après tout, si jamais la situation devenait problématique. Il entreprit donc de retirer son armure, bien complexe, et de masquer son insigne. Il fourra le tout dans un coin où il était sûr de la retrouver, et prit une grande inspiration avant de suivre sa compagne dans la taverne. Sous son armure de métal, il portait une armure de cuir assez particulière. Elle était rattachée en plusieurs morceaux par des lanières de cuir pincées, qui avaient pour objectif de se détacher dans le cas où il venait à s'enrager. Conscient que l'armure de métal pouvait être problématique, il avait fait faire ces morceaux de cuir afin de préserver sa sensibilité. Il portait aussi des gants, et bien que son visage soit dégagé, son cou était solidement protégé par une bonne épaisseur de cuir. Bref, il avait l'air d'un mercenaire malcommode.

Il entra dans le bâtiment peu après sa soeur, ayant eut une dernière hésitation à l'entrée. L'endroit était peu fréquenté, mais il suivit sa moitié qui s'était dirigé droit vers une femme aux cheveux rouges. Vu le ton qu'elle prit, il devina que c'était leur camarade masquée qui, comme eux, était venue en « civil ». Il s'installa à la table en déclinant l'offre pour commander - un plan que ça ne soit pas de son goût! - et jeta un oeil à la ronde. Il entendait le moindre toussotement, chuchotement. Il en vint rapidement à la conclusion qu'on ne les avait pas repéré, malgré que le duo reptilien ne passa pas inaperçu, particulièrement que la petite Rubis paraissait bien petite entre eux deux.

Les odeurs ne lui apportaient rien de suspect, et ses sens en éveil, privé de leur abris de métal, vibrait dans l'air ambiant. Heureusement qu'il avait le cuir pour le priver des courants d'air de la pièce bien délaissée par les clients en cette chaude soirée. Le soleil avait finalement disparu dans sa course éternelle et l'endroit ne tarderait probablement pas à se remplir, selon lui, bien que son expérience de ce genre d'endroit était fort limité à ses missions. C'était à ce moment que les gens affluaient dans ce genre d'endroit, non? Ayant rebouclé sa ceinture, il avait son épée qui pendouillait à celle-ci sous la table, et il était prêt à s'en servir, un échange avec sa jumelle et il comprit qu'ils étaient deux.

« Ne vous méprenez pas, Mademoiselle, nous n'avons pas l'intention de lésiner sur ce genre d'opération. » souffla-t-il discrètement en tournant ses yeux bleus clairs, de la même couleur que l'un de ceux de Phoebe, sur elle. « J'ignore l'opinion que vous avez de nous, mais cela nous touche plus que vous semblez le croire, et c'est à mon tour de vous demander de ne pas nous écarter. » Il serra les dents un instant, à la pensée de tous ces enfants, pleurant, appelant leur parents... « Maintenant, racontez-nous ce que vous savez. N'omettez aucun détail, on ne sait jamais, peut-être y aura-t-il un lien entre de précédentes enquêtes. » Quelqu'un qui tirait sa chaise en la laissant traîner au sol le fit tiquer et il se raidit avant de poser ses mains sur ses cuisses, sur la table, en serrant les poings, en inspirant profondément. Suite à quoi il posa un coude sur la table et déposa son front sur sa main, la tête légèrement de biais, cachant à son regard la pièce, mais pas à son oreille attentive.
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Rubis
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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Ven 19 Aoû - 10:16

Elle était assise tranquillement à sa table, tenant son verre délicat de kir entre ses doigts. Son regard émeraude scrutait les environs à la recherche du suspect, mais également des chevaliers qui devaient l’accompagner. Cela faisait à peine quelques minutes qu’elle était installée à sa table, à l’écart, que déjà, elle vit les deux hommes de l’ordre de Shola pointer le bout de leur nez. Si elle ne reconnut pas le guerrier préalablement masqué (et dont l’apparence actuelle laissait croire à un mercenaire forcené), elle ne manqua pas de repérer son frère aux yeux disparates. Rubis planta regard dans le sien et le salua d’un discret mouvement de la tête. Elle attendit que ses deux « partenaires » du moment s’approchent avant de se caler tranquillement dans son siège, ses longues jambes croisées dans un mouvement typiquement féminin. La semi-succube détailla la tenue de ses deux interlocuteurs, réalisant avec satisfaction qu’ils avaient eu la même idée qu’elle en optant pour un accoutrement plus « civil », moins « officiel ».

Les premières paroles du chevalier Phoebe eurent pour effet de soutirer une légère moue de la part de la justicière. Ah, parce qu’il était sérieux avec son garde à vue? Il avait vraiment cru qu’elle allait s’y plier? Elle n’obéissait à personne sauf à elle-même et il n’était visiblement pas au courant de la chose. Néanmoins, elle était bonne joueuse et allait se contenter d’être polie afin d’éviter de s’attirer des ennuis et d’ainsi ruiner toutes ses chances de pouvoir collaborer avec ces représentants du prestigieux ordre de Shola.

- N’en soyez pas offensé, sir, fit-elle également sur le ton de la discussion. Ne croyez pas que j’ai agi dans le simple but de vous provoquer ou de vous déplaire. C’est simplement l’urgence de la situation qui m’a poussée à prendre les devants. Après tout, ces enfants sont tout ce qui compte, pas vrai?

Un autre serveur arriva à leur hauteur désireux de prendre en note la consommation des deux nouveaux venus. Seul le chevalier Phoebe commanda un verre – la même chose que Rubis, d’ailleurs –, l’autre guerrier ne semblant pas enclin à vouloir avaler quoi que ce soit. D’un air visiblement impassible, Rubis écouta la suite des remontrances du membre de l’ordre de Shola et ne sourcilla pas non plus lorsque ce dernier prétendit ouvertement qu’elle était incapable de gérer la situation toute seule. Parce que c’était effectivement ce qu’il sous-entendait. Certes, leur aide ne serait absolument pas de refus, elle devait l’admettre. Ce qu’elle digérait moins, c’était cette façon dont il avait de lui parler comme si elle était une criminelle, voir même une vulgaire fauteuse de troubles. Néanmoins, son irritation ne transparaissait en rien dans son visage. Ça n’aurait servi à rien de toute façon. Et Phoebe continuait sur sa lancée, transpirant les reproches à plein nez. Pour toute réponse, la semi-succube se contenta de lever son verre et d’y tremper les lèvres. Ah ces chevaliers…

L’autre chevalier – Krovos, en l’occurrence – prit la parole à son tour, mais semblait beaucoup plus posé sur ses propos que son jumeau. Moins d’irritation transparaissait dans sa voix, ce qui était ironique vu la réputation qu’il se coltinait. L’opinion qu’elle avait d’eux? Était-ce réellement important? Pour le moment, elle avait l’impression qu’elle était jugée en criminelle et en voyou, ce qui ne dorait pas leur blason à ses yeux. Mais une opinion pouvait être variable selon le fil des conversations et des gestes posés… Puis, l’attitude du chevalier changea drastiquement alors qu’il se raidissait sur sa chaise. Il se pencha ensuite pour poser un coude sur la table et appuya finalement son front sur sa main, cachant ainsi son visage. Le regard de Rubis changea soudainement, passant de l’impassibilité à la curiosité, puis à une certaine forme d’inquiétude. Elle glissa ses yeux d’un vert émeraude vif vers Phoebe, l’interrogeant du regard. « Vous allez bien? » se risqua-t-elle doucement à l’intention de Krovos. Puis, elle jugea bon de passer outre, afin d’éviter qu’on la rabroue en prétextant que « ce n’était pas de ses oignons ».

- Contrairement à ce que vous semblez penser, je te n’ai absolument pas l’intention de vous écarter, commença-t-elle en tournant son verre de kir entre ses doigts. Vous semblez me voir comme étant une simple voyou ou une empêcheuse de tourner en rond. J’imagine qu’on ne peut vous en vouloir puisque, à vos yeux, je semble vous tenir tête. Or, ce n’est pas le cas. Elle leva son verre et porta le liquide alcoolisé à ses lèvres. Les ragots courent les rues. Les gens parlent, vous savez. Des murmures, le soir, prétendant qu’une famille soit privée de leur fils aîné, une autre de leur benjamine. Je n’ai que suivi les propos du peuple. C’est comme ça que tout a commencé. De fil en aiguille, j’en suis venue à entrer en contact avec ces familles délestées de leur précieuse progéniture. Je suis… sensible à ce genre de cause. Après discussion, ils ont tous prétendu la même chose : leurs enfants ont été dérobés, souvent pendant la nuit. Parfois sous leurs yeux, parfois en douce alors que leur attention était portée ailleurs. La plupart des malfaiteurs ont été identifiés comme des criminels de bas étage. Connus du milieu. Par contre, lorsque nous remontons jusqu’à eux, nous réalisons qu’ils font tous affaire avec les mêmes types d’individus. Une sorte de réseau d’esclavage. Certains de ces hommes m’ont révélé n’avoir jamais pu identifier leurs employeurs : des individus masqués et vêtus de tenues tout de même drôlement exotiques. Mais selon eux, ces « étrangers » tisseraient des liens serrés avec un certain Brennan Fer Ardent. Vous connaissez? Personnellement, j’en ai entendu régulièrement parler : on dit de lui qu’il est l’un des plus grands caïds du pays, entretenant l’un des plus vastes réseaux criminels. Presque aussi célèbre auprès de la petite population que peut l’être Uriel des Lames Pourpres.

Elle tourna son regard à travers la taverne, cherchant quelques traces de leur cible, mais sans grand succès, encore une fois. Elle porta à nouveau son verre à ses lèvres et termina sa consommation avant de déposer le contenant sur la table.

- Bref, je tente par tous les moyens de remonter jusqu’à ce « Brennan Fer Ardent ». Je cherche à trouver une piste qui m’aiderait à remonter jusqu’à lui. Personne ne sait où il se situe ni même l’endroit où se tient sa bande. Mais je crois que ce Régis Jambe-de-Bois pourra nous être fort utile. Les truands se connaissent tous, vous savez. De ce que j’ai conclus également, avec les témoignages que j’ai récoltés, c’est que le réseau de commerce d’enfants découle directement vers le désert. Je suppose que c’est à partir de cet endroit qu’ils éparpillent leurs pauvres victimes et traitent les demandes… Juste à y penser, j’ai la bile qui me monte à la gorge… Et elle ne mentait pas vraiment, vu la moue qu’elle esquissait. Elle imaginait sans mal son pauvre bébé passer de mains en mains afin de voir qui serait le plus offrant… Cette simple image la rendait dingue. Tout ça était de la faute de Kheldyr, le salopard qui avait servi de géniteur. Elle avait d’ailleurs secrètement l’objectif de lui faire payer son affront par son sang. Si nous mettons la main sur ce Régis Jambe-de-Bois, alors là, nous aurons une chance de retrouver la trace de Brennan Fer Ardent.

Le trio attendit pendant de longues minutes, voire presque une heure entière. Rubis commençait à désespérer et pestait tout bas contre ce foutu prisonnier, croyant qu’il avait menti sur toute la ligne. Ce n’est qu’à ce moment que ledit homme claudiquant fit son entrée, saluant bien fort le tavernier et bégayant à presque chaque parole. D’un mouvement discret du menton, Elly fit signe à Krovos et Phoebe, indiquant leur cible. À entendre les propos qu’il articulait mal à tous vents, il ne serait pas sur les lieux bien longtemps. Il était visiblement venu en quête de ragots et d’informations. Dans un mouvement assez rapide, Rubis posa une main sur le poignet de Phoebe pour attirer son attention.

- Tendons-lui une embuscade, à l’extérieur, souffla-t-elle tout bas. Mieux vaut ne pas ébruiter que nous en avons contre Brennan Fer Ardent. Les murs ont des oreilles et l’information voyage trop vite… Le moins il y aura de témoins, le mieux ce sera, croyez-moi.[/b] Puis, elle jeta son regard dans le bleu des yeux de Krovos, ce dernier ayant décidé de relever momentanément la tête, cherchant un peu à savoir ce qu’il pensait de cette idée. Le mieux serait que nous nous séparions. Moi et Phoebe d’un côté et Krovos qui tend l’embuscade…

À voir l’expression qui trônait sur leur visage, Rubis comprit que cette idée ne leur plaisait pas totalement. Elle se rappela alors un truc qu’elle avait entendu sur ce duo reptilien : « Les jumeaux travaillent toujours de concert ». Il devait y avoir une raison pour laquelle ils ne se séparaient jamais. Bien qu’elle n’en connaissait pas réellement la cause. La raison pour laquelle elle avait fait cette suggestion était simple : elle voulait prouver à Phoebe qu’elle n’avait pas l’intention de leur fausser compagnie. Toutefois, dans le cas présent, elle était dans l’obligation de se séparer du duo. Une idée traversa alors son esprit… bien que cela ne lui plaisait guère. D’un air hésitant, elle porta une main aux attaches de son amure de cuir couleur obsidienne puis détacha les sangles du haut. Elle porta une main à sa gorge et tira une petite chaînette dorée au bout de laquelle pendait une bague d’homme surmontée d’un rubis poli brillant de mille feux. À l’intérieur de l’anneau, on pouvait y lire « Rosenbaum » gravé en fine calligraphie. Elle retira le bijou puis le serra dans sa paume gantée, incertaine. Puis, elle soupira.

- Je vais tendre l’embuscade, fit-elle tout bas. Mais comme preuve de ma bonne volonté, je vous remets ceci. Elle déposa la bague et la chaîne dans le creux de la main de Phoebe. C’est la bague de mariage de mon défunt père. J’y tiens énormément. Je vous la laisse pour vous prouver que je ne prendrai pas la poudre d’escampette. Ne la perdez pas, fit-elle d’un ton un peu plus autoritaire, histoire de leur faire comprendre qu’elle tenait réellement à ce bijou. Puis, elle vit Régis Jambe-de-Bois qui se dirigeait tranquillement vers la porte dans le but évident de quitter les lieux, bien qu’il fût toujours retenu par un tavernier un peu trop bavard. Nous devons agir, maintenant, continua-t-elle. Je sais d’emblée que vous, chevaliers, possédez un talent pour parler entre vous par la pensée. Si vous le pouvez, communiquez-moi vos indications, pour me faciliter la tâche. Je ne pourrai répondre, mais je promets d’être coopératrice et de me fier à vous. Je pars devant, suivez-le. Nous allons le prendre en pince dans une ruelle.

Elle jeta un dernier regard vers la bague de son père avec regret. Si le chevalier Phoebe venait à perdre ce mémento de son paternel, elle ne savait pas ce qu’elle ferait. À contrecœur, elle se leva avec grâce, puis passa près de Krovos avant de se diriger vers l’escalier qui montait vers l’étage sous le regard envieux de Régis qui était maintenant sur le pas de la porte. Lady Rosenbaum monta à l’étage avec la ferme intention de passer par l’une des fenêtres. Elle repéra une chambre vide, y entra, puis, une fois l’intérieur, ouvrit la fenêtre. Elle en profita pour refaire son chignon serré puis recouvrit son visage de son masque. Dans un mouvement agile, la justicière se glissa par la fenêtre et se jeta dans la rue, usant de son don afin de ralentir sa chute. Elle s’adossa contre le bâtiment, attendant avec patience les indications des frères jumeaux. Après quelques minutes, la voix de ce qui semblait être Krovos retentit dans son esprit, lui confirmant que Régis était enfin sorti de l’établissement. Elle devait se diriger vers le sud. Elle s’élança donc, en parallèle des deux chevaliers et tentant de prendre de l’avance. Des indications lui étaient régulièrement lancées, tant par Phoebe que par Krovos, lui révélant les rues dans lesquelles tournait Régis Jambe-de-Bois. Rubis connaissait les rues par cœur. Elle n’avait donc aucun mal à se figurer le parcours que prenait la cible. De ce qu’elle avait compris, l’éclopé avait fini par remarquer qu’il était suivi et avait commencé à accélérer le pas. Visiblement, le bougre était drôlement rapide malgré son handicap! Elle devait donc faire vite! Selon la dernière indication lancée par Phoebe, l’homme chauve se dirigeait vers une ruelle plutôt étroite et comme Rubis était en avance, elle décida qu’il s’agissait du meilleur endroit pour tendre son embuscade. Elle se plaqua contre le mur juste au coin puis attendit. Des bruits de pas irréguliers arrivèrent à ses oreilles ponctués d’injures mal articulées vu le bégaiement prononcé de l’individu. La justicière attendit encore quelques instants, puis bondit dans la ruelle, tendant les bras vers le criminel qui hoqueta de stupeur. Elle usa de son don de télékinésie afin de le figer sur place. L’homme était heureusement plutôt svelte, ce qui lui permit de pouvoir le maintenir en place sans toutefois pouvoir le soulever. Toute son attention était rivée sur lui jusqu’à ce que l’un des chevaliers arrive à sa hauteur et ne le saisisse pour le plaquer contre un mur. Ce n’est qu’à ce moment qu’elle relâcha enfin son étreinte magique avec un soupir de fatigue.

L’un des deux impressionnants jumeaux tenait Régis Jambe-de-Bois contre le mur, plaquant son avant-bras sur sa gorge dans une menace évidente. L’autre lui posait des questions. Le malfaiteur couina de terreur, d’abord récalcitrant, puis répondit à leurs interrogations, déclarant que le repère de Brennan Fer Ardent se trouvait… sous terre?! Il avait utilisé une partie des catacombes de la ville pour y faire son repaire. C’était une blague?! Cet endroit était un véritable labyrinthe! Un peu découragée, Rubis porta une main à son front puis poussa un soupir. Elle s’approcha du trio de testostérone puis posa une main sur l’épaule de Phoebe pour qu’il lui fasse une place près du bègue.

- Où est l’entrée la plus près pour son repaire, demanda-t-elle sur un ton qui ne laissait pas de place à la discussion.


- D-d-d-d-d-dans une c-c-c-c-c-c-cave… Au s-s-s-s-sous-s-s-s-s-s-sol d’une b-b-b-boucherie… Celle de M. C-C-C-Clément plus précisément. M-m-me tuez pas!!

Et merde… cette boucherie était située dans le quartier riche de la capitale, à quelques pâtés de maisons. Comment avait-elle fait pour rater ça?! Quelle imbécile elle faisait… Visiblement contrariée par son manque d’attention, Rubis se pinça l’arête du nez. Ce boucher… elle y allait si souvent avec Myra et Jewelith! Dire que son pauvre garçon était probablement passé par là, des années plus tôt. Et puis… le sous-sol, c’était là que le bougre attachait ses carcasses pour les dépecer… Cette idée lui leva le cœur.

- Faites-ce que vous voulez de lui, fit-elle, visiblement dégoutée par Régis. Nous devons aller à cette boucherie et trouver la trappe qui mène aux sous-sols de la ville… Pour votre information, c’est à cet endroit que M. Clément travaille ses carcasses de bêtes pour la vente… ça risque de ne pas être des plus plaisants…

Visiblement, cette option ne l’enchantait guère.
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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Mer 7 Sep - 21:11

Phoebe s’abstint de répondre à la question de Rubis, puisque ce n’en était pas vraiment une. Le ton laissait plutôt entendre qu’il s’agissait d’un commentaire pour justifier de les avoir laissés en plan, et le Chevalier se retint d’en ajouter, puisqu’il avait déjà, de toute façon, dit tout ce qu’il avait à dire sur le manque de coopération de la jeune femme. Elle n’avait visiblement pas encore compris à qui elle avait à faire, et la prochaine fois qu’elle désobéirait, le transgenre risquerait de moins vouloir parler, et plutôt appliquer ce qu’il sous-entendait si bien depuis les dernières minutes.

En tous les cas, Krovos poursuivit la tentative pour la convaincre qu’ils étaient à fond avec elle dans sa mission et qu’ils ne voulaient pas lui nuire, mais l’aider à l’accomplir et qu’elle devait les inclure dans ses informations. Il eut ensuite un geste qui pouvait ressembler à un malaise, pour quelqu’un ne le connaissant pas, et Rubis s’inquiéta de son état, avant de finalement se raviser, considérant probablement que ça ne la regardait pas, à juste titre. Sachant ce qui se passait réellement, Phoebe n’eut qu’à poser une main rassurante sur le bras de son jumeau, l’espace de quelques secondes, puis la retira pour écouter les commentaires de leur complice, mettant les points sur les «i» quant à son rôle réelle dans cette histoire plutôt ambigüe.

À savoir qu’est-ce qui, dans les propos de son jumeau, l’avait convaincue, difficile à dire, puisque Phoebe avait pourtant l’impression d’avoir tenu le même discours. Toujours est-il que Rubis leur fit enfin l’honneur de leur raconter ce qu’elle savait, soit que les fameux malfaiteurs n’étaient, au final, que des sous-fifres d’un plus gros caïd du domaine de l’esclavagisme, entretenant un réseau sur l’échelle de tout le royaume, peut-être de tout le continent. Il n’y avait pas vraiment de surprise, en fait, puisque même si on n’arrivait pas toujours à relier les crimes aux réseaux organisés tels que celui des Lames Pourpres et de Brennan Fer Ardent, il était plutôt rare que l’un ou l’autre ne soit pas impliqué lors des trucs illicites.

Phoebe frissonna de dépit lorsqu’il apprit que les esclaves étaient souvent dirigés vers le désert, sa terre natale. Évidemment, considérant les mœurs douteuses de ses habitants sauvages, il n’y avait pas à douter qu’ils fermaient les yeux sur les activités honteuses d’Enkidiev. De toute façon, même s’ils avaient voulu s’y opposer, la population du sud était trop désorganisée pour tenter quoi que ce soit. Ainsi, cela semblait l’endroit tout disposé pour cacher des activités criminelles. Bref, s’ils retrouvaient la trace de celui qui menait les salopards qu’ils avaient mis sous les fers tout à l’heure, peut-être que ça leur donnerait une véritable piste vers la grosse tête dirigeante de ce trafic d’esclaves juvéniles.

Hochant la tête d’approbation, Phoebe n’avait plus vraiment rien à dire, puisque le mieux était maintenant qu’ils se taisent sur leurs intentions véritables, au cas où ils étaient écoutés. Il serait bien bête que le cible change de lieu en ayant surpris leur conversation. Plusieurs minutes s’écoulèrent donc, après les explications de Rubis, pendant lesquelles chacun s’efforça d’entretenir un semblant d’intérêt sur des sujets tous aussi banals les uns des autres. Lorsqu’un individu bruyant, claudiquant et bégayant entra dans leur taverne, le Chevalier eut un mince sourire amusé. *Pas très impressionnant comme criminel*. Le geste subtil de leur acolyte fut inutile, tout le monde savait que c’était leur homme…

Bien que s’abstenant d’énoncer haut et fort leurs protestations, les visages des jumeaux était plutôt éloquent à la première proposition de Rubis, soit de tendre une embuscade en les séparant l’un de l’autre. Même si Phoebe était soulagé de cette idée, signifiant clairement qu’elle n’avait pas l’intention de prendre ses jambes à son cou, il ne pouvait toutefois que s’y opposer, même si cela ne le ravissait pas de laisser la femme, seule, pour tendre le piège à leur cible. Autant pour des raisons frôlant le machisme que parce qu’elle leur avait déjà fait faux bon. Il failli protester lorsqu’elle lui fourra la bague de son paternel entre les mains, achevant de le convaincre qu’elle était avec eux. Il aurait voulu lui dire qu’il n’en avait pas besoin, qu’il la croyait maintenant, mais elle était déjà aux trousses de Jambe-de-Bois. Le chevalier transgenre glissa le bijou à son propre doigt, qui lui allait parfaitement, pour s’assurer de ne pas l’oublier quelque part, alors que la jeune femme disparaissait à l’étage au dessus.

-Tout un brin de femme, hein? marmonna-t-il dans un soupir en se levant de table, ils n’avaient pas de temps à perdre.

Bien qu’ils ne connaissent pas le plan de Rubis, le temps pressant trop pour qu’elle leur en fasse part, les Chevaliers se tinrent prêts à toutes éventualités. Dès que Régis réussi à s’extirper du «blabla« incessant du tavernier, les jumeaux le suivirent de loin, envoyant constamment des informations télépathiques sur leurs déplacements à leur complice, espérant qu’elle avait réussi à prendre suffisamment d’avance pour mettre son projet, quel qu’il soit, à exécution, puisque leur éclopé avait commencé à presser de son pas claudiquant, probablement à cause d’un sixième sens lui intimant qu’il était suivi, malgré que les reptiliens aient fait tout ce qu’ils pouvaient pour être aussi invisibles que possibles avec leur carrure impressionnante. Aussi furent-ils soulagés lorsque, en pénétrants dans une ruelle alors qu’ils risquaient de le perdre pour de bon, la femme à la chevelure de feu bondit pour immobiliser magiquement leur fugitif, le temps nécessaire à son Géant de frère pour l’agripper par le collet aisément, considérant la silhouette légère de l’individu, et le plaquer sur le mur de pierre.

-Salut mon vieux, on a entendu dire que tu pourrais nous raconter des trucs intéressants sur des enfants disparus dernièrement, j’espère pour ton appareil de reproduction que c’est vrai et que tu n’es pas assez imbécile pour résister.

Il ne fallut pas grands choses de plus, sauf quelques menaces – qui n’en étaient pas vraiment, Phoebe était réellement prêt à tout pour obtenir ses informations, la vente d’esclaves juvénile étant suffisante pour justifier toutes les tortures – avant qu’il ne parle, non sans avoir fait dans ses culottes. Les informations ne plurent toutefois pas au trio, puisque «sous-terre» ne constituait pas vraiment une réponse appropriée, cela pouvait être n’importe où dans le réseau des catacombes de la capitale. Le Chevalier transgenre se poussa légèrement lorsque Rubis posa sa main sur l’une de ses épaules afin de poursuivre l’interrogatoire, mais ne s’éloigna pas suffisamment pour cesser de sentir son impressionnante présence… Elle lui plaisait bien, finalement.

L’idée de côtoyer des cadavres d’animaux, bien que peu plaisante, ne révulsa pas Phoebe autant que cela semblait être le cas de Rubis. Il pris donc les devants, après avoir planté une griffe empoisonnée dans la gorge du criminel, qui leur pleurait la vie l’instant auparavant. Inutile de le ramener au château pour lui faire justice, ce salaud ne méritait pas autant de temps, et ils avaient assez de preuve pour justifier cette exécution rapide. Ils n’avaient pas le temps, en plus, de s’en charger.

-Saleté d’voleur d’enfant… marmonna-t-il en prenant le chemin de la boucherie incriminée, Tu peux reprendre ça Rubis, j’en ai plus besoin, ajouta-t-il en lui rendant son bijoux, y a as de temps à perdre.

Lorsqu’ils débarquèrent chez le boucher, bien que n’arborant pas leurs insignes de Chevaliers, les deux hommes furent aisément reconnus, comme n’importe quel membre de l’Ordre en plein quartier marchand –et riche – de la capitale. Les griffes toujours ensanglantées de Phoebe furent office d’arguments plutôt lourds, lorsqu’ils exigèrent du propriétaire de leur dévoiler sa cache. Plus i coopérerait, moins sa charge pour complicité criminelle serait importante…
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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Lun 19 Sep - 10:48

KROVOS. ENCORE EN CONTRÔLE.


Le contact de Phoebe l'aida à se détendre à nouveau et Krovos la remercia du regard. Il ne répondit pas à la question de Rubis, ne sachant pas quoi dire de toute façon. Et puis, elle changea de sujet, ce qui l'arrangeait. Elle se défendit, elle semblait se sentir attaquée, puis raconta son histoire. Il sera les dents devant le récit, ayant particulièrement du mal avec tout ce qui touchait des enfants effrayés, car ils devaient l'être ces pauvres petits. Il hocha la tête discrètement quand elle parla du mécréant. En tant que chevaliers, ils en connaissaient quelques uns, ils était, après tout, payé pour les arrêter.

Le chevalier rageur se retint de frissonner avec la mention du Désert. Pourquoi est-ce que sa terre natale ne semblait pas rimer avec sécurité? Pourquoi était-ce donc le paradis du mauvais genre? Il retint aussi un soupir, découragé. Il pouvait bien comprendre, lui aussi la bile lui montait à la gorge... au sens figuré, sinon le goût amer de la bile pourrait être suffisant pour déclencher une crise. Il déglutit. Ce n'était pas tant le moment. Il hocha à nouveau la tête. Rattraper l'estropier était la meilleure chose à faire pour l'instant. Il se mêla plus ou moins aux bavardages inutiles qui en suivirent, sur des sujets sans réels intérêts. N'ajoutant qu'un mot de temps à autre. Il semblait bien peu coopératif. Mais en fait, il était attentif à son environnement, tout en essayant de maintenir son contrôle en place.

Il entendit le claudiquement bien avant qu'il n'arrive dans l'établissement. Il poussa le pied de sa moitié sous la table pour attirer son attention et indiqua la porte. Peu après, il entrait. Le geste de Rubis fut inutile, mais elle n'y pouvait rien, ne connaissant pas les chevaliers qu'ils étaient. La proposition d'embuscade était bonne, mais, quand elle le regarda dans les yeux et énonça l'idée de les séparer, il fronça les sourcils, visiblement peu enclin à cette idée. Les risques qu'il tue le captif étaient trop grands, peut-être même partirait-il à dévier l'on ne sait où. Mieux valait qu'il reste avec Phoebe. En même temps, si Rubis partait seule de son côté, rien ne leur disait qu'elle ne ferait pas les choses à sa manière. Dilemme.

Dilemme qu'elle régla, sans qu'ils eut à parler. Elle comprenait vite. Elle déclara qu'elle ferait la partie solo et, pour prouver sa bonne foie, retira une chaîne d'allure précieuse et la glissa dans la main de Phoebe, accentuant le point sur lequel elle tenait énormément à ce bijou. Le reptilien rageur était surpris, elle semblait vraiment vouloir leur montrer sa bonne foie. Il hocha la tête sur ses indications et elle fila rapidement. Il échangea un regard avec sa soeur et sourit sous le commentaire. « Ouais, vraiment. » Dès que l'éclopé réussit à se tirer du bavardage incessant du tavernier, il quitta, et les jumeaux entreprirent de remplir leur part de la mission, envoyant des indications à la justicière sur ce qui se passait.

Bientôt, ils furent repérer, ils ignoraient comment, mais leur cible accélérait drôlement. Impossible de savoir comment il avait fait, mais Krovos commençait à avoir hâte que Rubis intervienne. Au détour d'une rue, ils la virent qui tenait l'individu magiquement. Sans plus attendre, le reptilien l'attrapa par le cou et le plaqua contre un mur, pesant graduellement sur sa gorge. Les pieds de l'homme pendait dans le vide et il s'agrippait au bras du chevalier frénétiquement. Le commentaire de Phoebe le fit sourire, et il avança le genou, pour appuyer qu'il n'hésiterait pas à s'en servir. Ce n'était pas vraiment dans ses méthodes, mais bon. L'aurait-il fait? Probablement pas, sauf si ça s'avérait nécessaire, mais ce qu'il avait entre les mains n'avait rien d'un dur à cuire.

Il grimaça. Il n'avait que son armure de cuir, il n'y avait là rien d'agréable à cet imbécile qui s'agitait. Il aurait nettement préféré avoir sa peau de métal, qui était bien plus étanche. Il serra les dents alors qu'il relâchait légèrement la pression sur la gorge pour laisser l'homme parler. Il débita toute une histoire qui ne plut à personne. Rubis vint demander des précisions. La réponse ne leur plus pas tout autant. Faire ce qu'il voulait de lui? Le chevalier hésitait. Ils étaient mal situés pour l'envoyer aux cachots... Sa soeur prit la décision en enfonçant ses griffes empoisonnées dans la gorge qu'il avait lui-même relâchée. Qu'il en soit ainsi. Il regarda tristement le corps qui s'écroula. Il n'aimait pas retirer la vie, et que ce soit elle ou lui, c'était tout de même une part de lui. Il comprenait, tout de même, le pourquoi.

Phoebe rendit le bijou à la rouquine sur le chemin vers le quartier riche de la capitale. Rendu sur place, il ne fut pas non plus difficile de convaincre le boucher de les mener aux sous-sol, ce à quoi le chevalier rageur fut plus réticent. Les odeurs... À peine le boucher eut-il ouvert la porte qu'il grimaça et recula d'un pas. Allait-il pouvoir le faire? Il échangea un regard avec Phoebe qui lui pressa légèrement le bras. Il hocha la tête. Il allait fermer la marche. Rubis passa devant, pour des raisons pratiques, histoire que les jumeaux restent près. Il n'y avait pas pire endroit pour Krovos qu'un sous-sol. S'il perdait le contrôle... ça pourrait avoir de terribles répercussions.

Plus ils descendaient, plus l'odeur était forte. Le sang, la chair, l'humidité. Il serra les dents. Se concentrer, chasser cela, ne pas mettre son énergie là-dessus. Il se rapprocha de sa soeur et se concentra sur son odeur, qui ressemblait énormément à la sienne. Il se sentait à vif. Valait mieux finir cela le plus rapidement possible. Le boucher leur indiqua une porte dissimulée qui les mena dans un couloir aux allures labyrinthique. Par où devaient-ils passer? Comment être sûr que Clément disait la vérité? Un peu de pression, le chevalier rageur se fit une joie de le prendre à la gorge, beaucoup moins doux que plus tôt. « Si jamais tu nous as menti, soit sûr que nous reviendrons. » Sa voix grave était sèche et menaçante. L'homme affirma qu'il fallait prendre à droite deux fois puis à gauche, et ensuite à droite, puis tout droit. Qu'il en soit ainsi.

Le reptilien hypersensible sentait une pression monstrueuse sur ses épaules. Était-il claustrophobe? Peut-être pas tant, mais il faut dire qu'il avait l'impression de sentir le poids de la vie à la surface sur ses épaules, sachant pertinemment qu'il pouvait faire en sorte que tout s'écroule. « Phoebe... » murmura-t-il dans la mi-clarté, seulement éclairé par les torches qu'ils avaient pris soin d'allumer. Il n'en tenait pas, laissant ce soin aux autres. Le contraste était déjà assez irritant pour les yeux. Il se retenait d'attraper la main de sa jumelle, ce qui semblerait puéril. Et pourtant, cela allait probablement se montrer nécessaire...

Ici, il ne flottait qu'un odeur de moisissure et de terre humide, mais c'était déjà beaucoup pour lui. Il entendait le couinement des rats, le bruit de leurs pas et de leurs respiration. Il pouvait même goûter les minerais de la terre, lui laissant un goût de métaux désagréables sur la langue tellement l'odeur était forte. La fraîcheur de l'endroit lui donnait des frissons désagréables. Au moins, il ne faisait pas froid. Sinon il figerait comme le bon reptile qu'il était. Il regardait attentivement où il mettait les pieds, pour éviter ses rétines sensibles de se faire brûler par la couleur vive du feu dans la noirceur des lieux. « Phoebe... je ne suis vraiment pas à l'aise... » ajouta le chevalier sensible. Plus ils avançaient, plus ils sentait une boule dans son ventre. Il serra les dents. « Pas question de vous laisser seuls, je... je vais tenir. » fit-il, dans un autre murmure. Une pression de sa jumelle le rasséréna un peu, et ils poursuivirent leur avancée.

Après avoir suivi les indications du boucher Clément, ils virent la porte dont il avait parler. Il demanda télépathiquement à Rubis d'attendre et s'avança, tendant l'oreille. Par télépathie toujours, il précisa qu'il y avait quatre hommes dans cette pièce, un endroit de bonne taille, mais encombrée -il le détectait grâce à l'échos de la voix,- et qu'il y avait une autre porte d'où il pouvait percevoir des bruits étouffés. Deux hommes et une femme. Il ajouta d'être prudent, il y en avait peut-être plus. Reculant, il fit face à ses deux compagnons. Il fallait même déterminer ce qu'ils allaient faire. Il pouvait percevoir les voix, sans plus, peut-être devrait-il préciser la nature de ses pouvoirs à Rubis? Il n'eut pas le temps de se décider, des bruits de pas retentirent.

Vivement, il attrapa la justicière par le collet et la tira derrière lui et fit signe à Phoebe de se placer. « Quelqu'un vient. » murmura-t-il pour qu'elle comprenne ce qu'il se passait. Il se doutait qu'ils n'avaient pas entendu ce que lui, il avait entendu. Comme de fait, quelques secondes après, la porte s'ouvrit dans un grincement. L'homme dans le cadrage s'était tourné vers l'intérieur, disant qu'il n'allait pas tarder. Sauf que bon. Il y avait de la lumière inhabituelle dans le couleur... c'est là qu'il vit les deux reptiliens. Dans un geste bien synchronisé, alors que la porte se refermait derrière lui, l'un lui plaqua la main sur la bouche pendant que l'autre l'assommait. Avec de la chance, ceux en dedans n'y verrait que du feu et ne capterait pas ce qui se passait l'autre côté.
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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Mar 27 Sep - 11:43

Ça ne lui plaisait pas. L’idée de se balader parmi les carcasses d’animaux et de se rendre sous terre pour errer dans les catacombes la rendait nerveuse. Si c’était un piège? Ils n’auraient aucune issue pour fuir… Mais avaient-ils réellement le choix? Si ça se trouvait, ces mômes attendaient quelque part que quelqu’un vienne les secourir. Cette pensée lui redonna un brin de courage. Régis couinait entre les mains des deux lézards, priant les deux jumeaux d’épargner sa vie. Visiblement, le chevalier Phoebe décida qu’il en serait tout autrement, plantant ses impressionnantes griffes dans la gorge du bougre. Il ne méritait que ça. Rubis n’avait aucune pitié pour les salopards dans son genre. Le jeune homme aux yeux disparates maugréa quelques paroles à l’intention du cadavre puis rendit la bague à Rubis. Cette dernière remit le bijou à sa place – sur sa chaîne dans son cou – puis s’élança à la suite du grand lézard qui ouvrait la marche.

Une fois rendu à l’établissement tant convoité, Rubis toisa M. Clément qui ne semblait pas la reconnaître sous son masque. C’était une chance puisqu’elle ne désirait pas que sa véritable identité soit connue de tous. Constatant les griffes ensanglantées du chevalier, le marchand prit peur et désigna le lieu exact où se trouvait ladite trappe au sous-sol. « Ne devrait-on pas le livrer aux autorités pour complicité? » chuchota-t-elle à près de l’épaule de Phoebe. « Le bougre a contribué au trafic d’enfants pendant de nombreuses années… » En fait, il était fort probable que le chevalier avait alerté la garde afin qu’ils rappliquent rapidement, mais Rubis voulait s’assurer que M. Clément ne s’en sortirait pas si facilement. Le trio, guidé par le boucher, se dirigea enfin vers l’escalier qui menait au sous-sol et la jeune femme tendit la main pour se saisir d’une lampe à huile qui trônait sur un meuble tout près. Ils allaient avoir besoin de clarté, là-dedans. Plus elle descendait les marches, plus l’odeur du sang la prenait au nez. Bon sang, c’était dégoûtant! Sans compter toute cette humidité qui alourdissait l’ambiance. Le propriétaire de l’établissement les mena à travers les corps des porcs pendus la tête en bas pour la saignée et s’arrêta près d’une trappe au sol. La semi-succube baissa la tête vers l’entrée secrète puis jeta un regard incertain vers les jumeaux.

Comme si Krovos avait lu dans ses pensées, il saisit le boucher par la gorge et proliféra des menaces à son intention, lui faisant comprendre qu’il ne fallait pas les sous-estimer. L’humain déglutit difficilement, puis donna d’autres indications afin de les aider à ses diriger dans le dédale souterrain. Phoebe ouvrit finalement la trappe de bois et fut bientôt suivi par ses deux autres compatriotes. L’air humide était répugnant et une odeur de moisissure écœurante planait dans ces couloirs sombres. Quelques torches ceignaient les murs éclairant le passage, mais Rubis décida de conserver sa lampe à huile, au cas où. Le trio se mit donc en route et elle entendit Krovos murmurer le nom de son frère jumeau d’un air incertain, ce qui eut pour effet d’attirer l’attention de Lady Rosenbaum qui lui jeta un regard interrogateur. Elle s’abstint néanmoins de poser toutes questions, ne désirant pas paraître impertinente. Le long couloir était généralement silencieux. Seuls les bruits de leurs pas et de leur respiration se faisaient entendre… du moins jusqu’à ce qu’un gros rat sorte de sa cachette pour couiner et courir entre leurs jambes.

La voix de Krovos se fit entendre à nouveau. Bien que basse, elle trahissait son malaise qui commençait à être plus qu’évident. La justicière tourna encore une fois la tête vers les deux frères, un air à nouveau interrogateur dans le regard. Que se passait-il? Il était claustrophobe? Le chevalier aux yeux disparates lui suggéra de rester derrière, chose à laquelle le lézard aux yeux bleus s’opposa vivement. Ils continuèrent donc leur route, bifurquant selon les dires de M. Clément. Après quelques minutes de progression, ils arrivèrent enfin en vue d’une immense porte de bois rudimentaire. Rubis voulut prendre les devants, mais un message télépathique de la part de Krovos lui intima d’attendre, chose à laquelle elle obtempéra. Le grand lézard blond passa donc devant elle et appuya son oreille sur la porte. Il fit une description quand même détaillée de la pièce de l’autre côté, déclarant le nombre de personnes présentes et même qu’une autre porte – plus loin – dissimulait également d’autres individus. Bon sang, il avait des oreilles d’un dieu ou quoi?! Comment faisait-il pour percevoir tout ça avec autant de précision? Finalement, le chevalier rageur précisa que la prudence était de mise, ce qui était quand même évident en soi. Les trois compatriotes voulurent établir un plan d’action. Elly se retourna un instant, voyant qu’une serrure trouait la porte de part en part. Jeter un coup d’œil n’était pas une mauvaise idée, puisqu’un contact visuel lui donnerait une meilleure idée de la disposition de la pièce. Elle s’approcha donc lentement de la paroi de bois, se pencha pour rapprocher son visage de l’interstice… et sentit une poigne solide lui agripper le collet pour la tirer vers l’arrière. Elle tituba et passa près de s’étaler alors que Krovos la ramenait derrière lui et Phoebe. Selon lui, quelqu’un approchait.

La suite se déroula à une vitesse incroyable : un homme ouvrit la porte et sortit en jetant un regard par-dessus son épaule, Phoebe l’agrippa en plaquant sa main sur sa bouche pour l’empêcher de crier et Krovos l’assomma. Le corps retomba mollement au sol. Wow, ça, c’était de l’efficacité! Par contre, avant que le groupuscule ne puisse réagir, la porte s’ouvrit à nouveau devant un elfe à l’air arrogant.
« Lucius, attends tu as oublié… Mais qui êtes-vous?!! On a de la compagnie!! » Les deux hommes derrière lui se relevèrent dans un bond et zigzaguèrent à travers une multitude de caissons remplis d’une marchandise non identifiée. Les deux jumeaux ne tardèrent pas à s’immiscer dans la pièce pour s’occuper des trois brigands et Rubis les suivit aux pas de course. Elle s’approcha du premier caisson de bois, puis ouvrit le couvercle qui craqua sous la pression. À l’intérieur se trouvait une multitude d’armes de manufacture différente. « De la contrebande d’armes… » fit-elle avant de s’approcher des autres récipients pour en vérifier le contenu. Un sigle était gravé sur le bois et instinctivement, la justicière y glissa les doigts. C’était bel et bien le signe de Brennan Fer Ardent. Ils étaient sur la bonne piste. Elle attacha sa lampe à huile à sa taille, puis s’apprêta à prêter main-forte aux lézards.

La porte tout au fond s’ouvrit à la volée et un homme sortit, un air furibond au visage et rattachant son pantalon. Derrière lui, on pouvait voir son comparse se taper allègrement ce qui semblait être une prostituée.


- Mais c’est quoi ce bordel!? Vous êtes qui vous!???

Une expression de dégoût trônait sur le visage masqué de Rubis et elle fronça les sourcils. Sans plus attendre, elle agrippa le couvercle de l’un des caissons et le lança en direction du nouveau venu. Le morceau de bois fit mouche en frappant le bougre en pleine gueule, ce qui le fit tomber à la renverse. En un bond, elle grimpa sur les cargaisons puis sauta pour arriver à la hauteur du connard qui jurait comme un charretier, le nez saignant abondamment. Son comparse derrière lui laissa tomber sa besogne et courut en leur direction sans même prendre la peine de rattacher son pantalon. Ni une, ni deux, elle sortit une dague, l’enfonça dans le crâne de l’homme gisant au sol puis propulsa ensuite son arme en pleine poitrine de l’homme qui chargeait en sa direction. Sous l’impact, il tomba à la renverse au sol sous les yeux incrédules de la prostituée qui se rhabillait prestement. Rubis jeta un regard en direction des deux chevaliers qui s’étaient habilement débarrassés de leurs adversaires puis s’approcha du brigand déculotté afin de retirer la lame de sa poitrine. La prostituée voulut détaler comme un lapin, mais la justicière la retint grâce à sa télékinésie. Elle la plaqua sur le mur sans ménagement.

- Ne me tuez pas, je vous en prie! Sanglota la prostituée, tremblant de tout son corps. Je n’y suis pour rien! On m’a demandé de les suivre et qu’on me paierait grassement, c’est tout, je vous jure!

- La ferme, répliqua sèchement Rubis. Je ne veux pas savoir qui vous êtes et comment vous avez été approchée, ce qui m’intéresse, c’est ce qui se passe en ces lieux. Qui sont-ils et que savez-vous sur eux?

- Je… je… C’est les hommes de Brennan Fer Ardent. Ils contrôlent le commerce d’armes, de drogues et d’esclaves sur une partie de la capitale… mais je n’en sais pas plus, je vous en prie!! Je sais simplement qu’ils ont beaucoup d’argent et beaucoup d’influence. Ils ont parlé d’une cargaison de drogue qui devait être livrée aux Lames Pourpres, mais c’est tout ce que je sais!

Elly la toisa pendant un instant. Elle ne mentait pas, elle était certaine. « Vous ne nous avez jamais vus. Je vous jure que je saurai vous retrouver si d’autres connards dans leur genre partaient à nos trousses. Et croyez-moi, je peux être sans pitié quand la situation l’impose. » Elle relâcha sa poigne magique et laissa la jeune femme sanglotante déguerpir comme si sa vie en dépendait. Pivotant sur elle-même, la semi-succube observa la petite pièce dans laquelle elle se trouvait. Il n’y avait qu’une table, quelques chaises, deux caissons remplis d’argenterie et un tableau de mauvaise manufacture au mur. C’était tout? Non, c’était impossible. La justicière longea le mur, faisant glisser sa main gantée sur la pierre grossièrement taillée. Lorsque les jumeaux arrivèrent à sa hauteur, ils virent la jeune femme observer les parois de la pièce avec un peu trop d’attention. Elle cherchait un indice, un signe comme quoi le repaire était beaucoup plus gros qu’il n’y paraissait.

Son attention se tourna vers le cadre. Pourquoi conserver un tableau aussi laid? C’était visiblement un faux et connaissant les talents de voleurs des hommes de Brennan Fer Ardent, il était peu probable qu’ils ne se satisfassent que d’une babiole du genre. Elle s’avança vers la peinture puis se saisit du cadre en bois grossièrement travaillé qu’elle souleva pour le déposer au sol. Derrière, il y avait une brique dans laquelle était gravé l’insigne de Fer Ardent. Elle appuya sur cette dernière, mais rien ne se produit. Elle tenta de la déloger, mais sans grand succès. Phoebe s’avança donc près d’elle, une dague à la main et glissa la lame dans la délimitation de la brique. Un petit coup sec et cette dernière tomba directement au sol. Un bruit de coulissement et de mécanisme résonna dans la pièce, puis, plus rien. Rubis jeta un regard interrogateur à ses compatriotes puis le trio revint dans la salle aux cargaisons pour voir qu’un pan de mur s’était ouvert, laissa place à une porte en métal. Ils s’avancèrent donc en direction de la nouvelle issue et Elly laissa place à Krovos afin qu’il tende l’oreille à nouveau. Rien cette fois.

Rubis prit les devants. Elle ouvrit lentement la porte et jeta un coup d’œil derrière. Le couloir était totalement noir cette fois. Encore une chance qu’elle avait conservé sa lampe à l’huile! Elle détacha cette dernière de sa taille, puis la leva devant sa tête pour éclairer le passage. D’immenses toiles d’araignée trônaient dans les coins de murs soutirant une nouvelle grimace à la semi-succube. Elle détestait ces bestioles! Leur progression dura quelques minutes quand des pleurs d’enfant attirèrent leur attention alors qu’ils s’étaient arrêtés à une embouchure. Le chuchotement d’un homme se faisait entendre bien qu’elle n’arrivait pas à percevoir ses paroles. Il s’adressait au môme qui, visiblement, était terrorisé par ce qu’il entendait. Ce n’était pas un endroit pour un enfant. C’était de loin la corde la plus sensible de Rubis et sans plus de cérémonie marcha d’un pas décidé en direction des propos soufflés. Ce n’était peut-être pas l’un des gamins qu’elle recherchait, mais si au moins elle pouvait sauver celui-là…
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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Mer 5 Oct - 20:31

Évidemment, le boucher allait être incriminé, c’était certain qu’il n’allait pas s’en sortir sans une égratignure, mais s’il se montrait coopératif et n’essayait pas de les mener en bateau, les Chevaliers allaient peut-être lui accorder un peu de clémence (pour ne pas faire de mauvais jeux de mots) du genre… lui laisser la vie. Mais pour sûr, il serait remis aux autorités, tel que le demandait Rubis, seulement ils allaient peser un peu dans la balance pour éviter qu’il ne soit décapité ou pendu sur la place public.

Sage, il accepta donc, sous la menace quand même de l’air assassin de Phoebe, de les accompagner vers sa trappe secrète. Alors qu’ils s’enfonçaient sous terre, la puanteur reliée à la viande avariée et simplement à la décomposition du sol commençait déjà à étouffer le transgenre, qui ne pouvait que craindre ce que Krovos subissait en cet instant. Les jumeaux se suivirent donc de près, laissant Rubis passer devant, afin que le toucher rassurant du cadet assure la maîtrise de l’aîné, chaque fois qu’il en demandait l’assistance ou bien lorsqu’il remarquait lui-même le besoin, prenant souvent les devants sur la panique grandissante du Chevalier sensible.

-Tu pourrais rester ici et guetter aussi, s’assurer que notre ami ne s’enfuit pas, ça serait tout aussi ut… chuchota Phoebe, sans avoir la chance de terminer sa phrase, puisque Krovos protestait déjà qu’il ne les abandonneraient pas.

Le trio arriva devant une porte close, celle dont leur avait parlé le boucher, et Krovos pris les devants pour écouter et leur fit une description détaillés de ce qu’il y entendait. Profitant que Rubis essayait de regarder par le trou de la serrure, Phoebe ouvrit le col de sa tunique pour arracher un morceau de l’étoffe qui lui masquait la poitrine, et se rattacha en vitesse. La différence était à peine perceptible, puisque son corps de femme n’était pas, de toute façon, particulièrement généreux. Le transgenre glissa le tissu dans la main de son frère, lui mimant de s’en servir pour étouffer les odeurs (sa propre sueur pouvait certainement être plus supportable que la pourriture ambiante) lorsque Krovos les prévint d’une arrivée imminante. Il tira brusquement Rubis derrière lui pour la mettre hors de danger, juste à temps pour sauter sur l’individu qui ouvrait la porte à cet instant.

Phoebe s’occupait de l’étouffer d’une main pour l’empêcher de crier pendant que Krovos cognait, ça n’avait pas pris un quart de seconde et les jumeaux n’avaient même pas eut le temps d’expirer. Toutefois, l’accalmie ne dura guère plus longtemps, puisqu’un elfe suivit le premier homme et eut le temps d’appeler deux comparses qui tentèrent de s’enfuir, sans grand succès avec les chevaliers expérimentés à leurs trousses. Le combat qui s’en suivit fut un peu plus bruyant, bien que tout aussi désorganisé, attirant l’attention de deux autres individus (dont l’un accompagné d’une fille de joie). Celui des deux qui avait tout son équipement dans ses pantalons se jeta sur Rubis, en train d’inspecter ce qui était visiblement de l’armement de contrebande, mais elle le mit rapidement hors d’état de nuire en lui fichant un couvercle de bois dans la poire. L’autre, les pantalons aux chevilles, voulu prêter main forte à son compagnon, sans succès. Avant d’avoir le temps de dire «Brennan Fer Ardent», tout ce beau monde était mort. Sauf la fille.

Rubis s’occupa de la retenir et de l’interroger sur ce qu’elle savait, avant de la relâcher sous menace, et elle de se précipiter hors de cette scène maudite en sanglots. Au moins leur avait-elle appris que Fer Ardent avait une cargaison à livrer aux Lames Pourpres, groupe criminel plutôt connu, alors ça leur donnait une piste pour mettre la main sur ces voyous.

Il semblait tout de même insensé que cette immense cache ne recèle que l’armement de contrebande, et non les enfants qu’ils étaient venus chercher (quoi que dans cet atmosphère lugubre et malodorante, c’était peut-être pour le mieux!) Pour la forme, le trio continua son insepction. Phoebe essuya du revers de sa manche le sang qui lui collait au visage, et qui n’était pas le sien, et remarqua avec un certain dégoût que Krovos avait également été peinturluré par leur ennemis. Mouillant son doigt de bave pour dissoudre plus facilement la croute séchée, le transgenre frotta vigoureusement la saleté rougeâtre dans le front de son jumeau, ce qui aurait été une chose terrible à faire par n’importe qui d’autre que lui.

-On a l’air d’avoir fait de la boucherie, sans vouloir faire de mauvaises blagues… marmonna Phoebe en haussant les épaules, abandonnant sa tâche de nettoyage de Krovos pour porter attention à Rubis, qui avait remarqué une pierre inhabituelle derrière un hideux portrait. Le transgenre l’aida à déloger la brique de son couteau, ce qui sembla déclancher un mécanisme quelque part, de ce qu’ils purent entendre. En faisant demi-tour, ils trouvèrent une nouvelle porte découverte, fait de métal ce qui empêcha Krovos d’écouter au travers. Phoebe essaya également de voir de l’autre côté avec sa vision magique, mais c’était le noir total, alors ils entrèrent, parés à l’attaque…

Mais ils étaient seuls. Un couloir désert s’ouvrait devant eux, et Rubis leur éclaira le chemin de sa lampe à huile, découvrant des toiles d’araignées pour seules compagnies. Ils avancèrent un long moment dans le silence lorsque leur attention fut attirée vers un autre couloir, où ils s’étaient arrêtés faut de savoir dans quelle direction allée. Des pleurs d’enfants. Ils les avaient trouvés! Ceux-ci n’étaient certainement pas seuls, mais ça n’allait pas les arrêter, leurs tortionnaires subiraient le même sort que le groupuscule qu’ils venaient d’anéantir. Grâce à sa vision infrarouge, que Phoebe avait décidé de garder en permanence à partir de cet instant, il repéra facilement la direction à prendre dans le dédale grottes et passages qui s’en suivirent, voyant toujours au travers des murs pour deviner le parcours le plus efficace vers les gamins, qui n’étaient, heureusement, que surveillés par un seul homme. Leur homme, visiblement!

***[Krovos et Rubis] On va bientôt y être, silence total, on doit le prendre par surprise si on ne veut pas qu’il ait le temps d’utiliser les enfants pour nous arrêter. Attendez-moi ici pendant que j’utilise un détour, car il y a deux entrées à la salle où il a caché les momes. Je vais pouvoir arriver par l’autre côté et on l’empêchera de fuir. ***

Juste avant de mettre son plan à exécution, Phoebe effleura Krovos d’une main rassurante, lui adressant un clin d’œil qui signifiait qu’il n’en aurait pas pour bien longtemps et qu’il ne fallait pas s’inquiéter. En effet, à peine une minute après leur avoir intimé d’attendre, le chevalier transgenre arrivait à proximité du criminel et des enfants, mais de l’autre côté.

***[Krovos et Rubis] Je suis en place. Maintenant!*** les informa-t-il avant d’entrer, armé comme il se devait, dans la cache, bloquant la voie de secours de Brennan Fer Ardent.
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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Mar 25 Oct - 18:30

KROVOS. JOUR 0 SANS ACCIDENT.


Tout s’était passé si vite! Un elfe était sorti, alertant tout le monde. Puis ça avait été la course où Krovos avait saisi un homme par le bras pour le faire pivoter et lui asséner un violent coup de poing. Il grimaça, regrettant la présence de son armure de métal. Le cuir était beaucoup moins… isolant. Il y eut quelques échanges de coups et, saisissant son épée, il lui trancha la jugulaire, créant un véritable raz-de-marée. Le combat avait été court, et il avait pu percevoir les actions de ses deux comparses qui s’en sortaient très bien. Il admira le courage et l’efficacité de la justicière. Ce n’est pas tous les jours qu’il voyait quelqu’un hors du château qui fut presque plus efficace qu’eux. Presque. Elle n’avait pas l’atout « chevalier ». Le chevalier hypersensible alla jeter un œil dans les caissons alors qu’un interrogatoire se poursuivit de l’autre côté. Il avait l’oreille aux aguets de toute façon. Il prit note des informations; il leur faudrait interrompre ce prochain événement si possible. Mais cette… saisie, risquait de modifier l’horaire de ces brigands.

Il voulut retirer le sang sur son visage, et son armure, qui laissait une sensation désagréable, mais n’en étendit que davantage. Il soupira. Phoebe vint vers lui et se mit en quête de l’aider à faire disparaître les traces qui le démangeaient, succès aux résultats plutôt partagés puisqu’elle avait aussi du sang sur elle. « Je m’en serais bien passé. » soupira-t-il pour toute réponse. La boucherie n’était vraiment pas ce qu’il préférait et l’odeur pestilentielle du liquide lui soulevait le cœur. C’était beaucoup trop proche de son nez. Il se tourna finalement vers un des morts pour déchirer un bout de sa tunique et de s’en servir comme torchon. Pouah, ce que ça sentait mauvais! Au moins avait-il le mérite de se sauver un peu de l’odeur du sang. Il secoua la tête en grimaçant. Au moins ça passerait. Ne pouvait-il y avoir une bassine d’eau ici…? Non. Nulle part. Alors soit… il s’en passerait.

Le cliquetis fut perçut bien avant ses compères, et le reptilien observa le mouvement du mur. Voilà qui était intéressant. Avec le regard qu’elle envoya vers lui, il comprit qu’elle s’attendait à ce qu’il fasse comme précédemment. Phoebe serait beaucoup plus adapté que lui dans ce cas-ci… il ne percevait rien. Secouant la tête pour le signifier, elle prit les devants. Il sourit, amusé, en échangeant un regard avec sa moitié. Cette femme avait du cran, ce n’était pas peu dire. Bientôt, il commença à entendre des pleurs, et une voix. Plus ils approchaient, plus il comprenait, et plus il se sentait blêmir. Rapidement, ils furent assez prêts pour que les autres aussi perçoivent les voix et, à voir leurs visages, ils n’en comprenaient pas les mots. Il s’abstint de les rapporter. C’était… dégoûtant. Cela lui donnait la chair de poule!

Hochant la tête vers sa jumelle, le reptilien lui signifia qu’il avait compris le message et attendit, profondément mal à l’aise. Ses mots, même s’ils se voulaient réconfortant, ne changeait rien au malaise grandissant du chevalier. Il n’était pas à sa place ici, avec ces odeurs, ces sensations, ces sons, ces voix… et Rubis, à ses côtés, qui ne savait même pas ce qu’elle risquait. Au signal de Phoebe, ils entrèrent dans la pièce avec un synchronisme divin. L’homme se leva prestement, surpris, et les enfants de mirent à glapirent comme s’il entrait dans un poulailler. Il y en avait au moins une quinzaine. Il se boucha les oreilles en grimaçant, lâchant son épée qui tomba au sol. Ils pleuraient, criaient, demandaient de l’aide, alors que l’homme se démenait vainement, ayant été rapidement saisi et immobilisé. Il voulut dire qu’il fallait le garder vivant, mais il ne put pas.

Il tomba à genou, se prenant la tête à deux mains et se penchant vers l’avant. Les enfants qui n’étaient pas attaché au mur se mirent en devoir de se jeter sur lui. C’était trop. Beaucoup trop. Son armure de cuir était terriblement limitée dans la protection physique qu’elle lui offrait. Quand bien même Phoebe voulait l’aider, il y avait des limites à ce qu’il pouvait supporter. Il ne pouvait pas se calmer. Les enfants insistaient… et ils ne pouvaient pas comprendre. Ils étaient simplement heureux d’être sauvés. La transformation n’en fut que plus longue et douloureuse. Lentement, terriblement lentement, son corps changea alors que sa sœur essayait tant bien que mal d’obtenir le calme et de les détacher de lui. Rubis ne comprenait pas. Ce qui était, somme toute, bien normale.

Lorsqu’il se redressa enfin, les yeux luminescents, d’un rouge vif, du même que celui de l’œil de sa jumelle. Il gronda. On ne voyait aucune âme dans ce regard. Simplement une rage profonde, grondante et puissante. Les enfants eurent peur et se réunir plus loin pour pleurnicher. Phoebe somma à la justicière de les calmer et le poussa dans le mur où elle lui parlait. Il ne comprenait pas le sens de ses mots, et malgré toute la rage qu’il avait, ce regard résonnait en lui avec une telle puissance qu’il n’arrivait pas à abattre son poing. Sa queue écaillée fouettait l’air avec colère alors que son regard allait de la reptilienne aux enfants. Il se sentait partagé. Comme une colère froide qui cherchait à s’exprimer. Il n’opposait que brièvement de la résistance. Les ganses retenant les plates de cuir entre elles s’étaient étirées, ce pourquoi elles étaient faites, et son immense corps était ainsi peu couvert, si ce n’est le col de cuir qui continuait d’entourer son cou. Il expirait bruyamment, renâclait.

Puis Brennan Fer Ardent tenta de fuir, alors que le silence commençait à tomber dans la pièce. Cette fois, il fut plus rapide. Le mouvement attira rapidement son attention et devant cet énergumène qui le gênait, autant par son odeur de sueur que celle de pisse – en fait la pièce entière sentait le pipi – il fonça pour l’agripper par la gorge et le soulever. Un puissant « Non! » retentit, mais il ne comprenait rien. Il n’était que plaie et souffrance, et cherchait à alléger son cauchemar par la violence. Une force puissante saisit son bras et le fit lentement lâcher alors qu’on le poussait à nouveau plus loin. Les reniflements et braillements avaient repris. Le regard de sa jumelle lui communiquait des informations qu’il avait peine à recueillir, alors que non loin l’homme toussait en se prenant la gorge. Après un avertissement, plus personne n’osa respirer, la transgenre avait aussi posé ses mains sur ses oreilles. Les yeux de la bête arrêtèrent alors de parcourir la pièce et ses nombreux irritants et se concentrèrent sur la seule chose agaçante – outre l’odeur – qui le gênait actuellement; soit Phoebe.

Cela prit un bon gros deux minutes qui parut une éternité pour tous, avant qu’il commence finalement à se détendre, pour finalement chanceler et reprendre sa stature habituelle. Sa sœur le soutint et l’accompagna jusqu’au sol où il s’agenouilla en se sentant étourdi comme si le monde s’était mis à tourner à une vitesse vertigineuse. Il put sentir la pression se relâcher dans la pièce, alors qu’il reprenait ses esprits, en constatant le drame qui avait failli se produire. Il grommela quelque chose d’incompréhensible, honteux. Malheureusement, sa rage suscitait toujours une grande fatigue lorsqu’il revenait à lui, alors il ne put pas quitter la pièce. Mais, malgré que les enfants et les deux adultes semblaient reprendre vie, il demeura calme, grâce à la présence rassurante de sa moitié et son toucher reposant. Ils se doutaient qu’ils allaient tous se tenir loin de lui pour un bon moment. C’était un bien pour un mal… Rubis s’adressait aux enfants, alors Phoebe tentait de le rassurer. Il s’en voulait, il n’y avait rien à faire. Même s’il ne se contrôlait pas, il venait probablement d’offrir des mois de cauchemars à ces enfants. Se relevant péniblement, il sortit de la pièce. « Ne me suis pas, occupes-toi d’eux. Je t’appellerai en cas de besoin. » Il sortit et s’adossant sur un mur, plus loin, et soupira. Il pouvait gérer l’odeur, se répétait-il. Tant qu’on ne criait plus et qu’on ne le touchait plus… il saurait tenir le coup pour la suite.

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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Mar 1 Nov - 13:35

Les poings serrés, Rubis marchait d’un pas déterminé à travers les couloirs du dédale souterrains. Ce gros dégueulasse qui retenait les mômes allait très certainement payer très cher les gestes qu’il avait commis. Elle allait s’assurer qu’il ne puisse plus jamais lever la main sur un môme de sa vie! C’est alors qu’elle avançait d’un pas rapide qu’elle perçut les propos de Phoebe dans son esprit. Elle s’arrêta donc et pesta intérieurement. Elle n’avait pas envie d’attendre, mais le chevalier avait totalement raison. Elle devait garder la tête froide et ne pas agir sous l’impulsion, sinon Brennan risquait de menacer les enfants. Elle prit une grande inspiration et hocha de la tête, signe qu’elle avait compris. Portant une main sur la lampe à huile, la justicière ferma cette dernière pour ne pas trahir leur présence et la rattacha à sa taille. Krovos et elle s’avancèrent donc afin de se mettre en position et attendirent l’autorisation de Phoebe avant d’agir.

Rubis avait dégainé sa lame et se plaqua contre le mur. Elle jeta un regard vers son comparse reptilien qui ne semblait pas bien du tout. La justicière le questionna par son contact visuel, mais ce dernier évita de lui donner le moindre indice. Bon… Elle n’allait pas insister et de toute façon, ils n’avaient pas de temps pour quelconque enfantillage. Le signal fut donné et le duo disparate sortit de sa cachette et entra en trombe dans la pièce. L’autre issue était bloquée par Phoebe et Brennan hoqueta de stupeur. La réaction des enfants fut imminente : ils se mirent à pleurer et à crier, visiblement effrayés par ce qui se passait. Ils étaient… si nombreux! Une quinzaine, à vue de nez. Cette vision augmenta la haine de Rubis d’un bon cran. « Espèce de salopard! » Tonna-t-elle alors qu’il fondait sur elle. Sa lame heurta celle de Fer Ardent et sans plus de ménagement, elle effectua un arc circulaire avec son épée pour déstabiliser son adversaire, puis le poussa avec une force incroyable grâce à son don. Le criminel tituba sous l’impressionnante poussée et Phoebe se saisit de l’homme à bras-le-corps.

Le chevalier tenta de maîtriser son adversaire quand Rubis repéra du mouvement sur sa droite. Tournant la tête, elle vit Krovos laisser tomber son arme, s’agenouiller au sol, la tête entre les mains et grimacer comme s’il était en proie à une douleur insoutenable. Mais bon sang, il faisait quoi là?! Ce n’était pas le temps de faire une crise d’on-ne-sait-quoi!! Les hommes de Brennan pouvaient arriver à tout moment! Visiblement, les enfants étaient terriblement soulagés de voir un chevalier venir à leur rescousse et se jetèrent sur lui, l’enserrant de leurs petits bras. Rubis nota l’air affolé de Phoebe et comprit qu’il était impératif d’éloigner les gamins du chevalier rageur. Sans plus attendre, elle se jeta sur eux et les détachèrent un à un du chevalier reptilien. « Laissez le respirer les enfants, ce sera plus sûr! » Tentait-elle de leur dire d’une voix douce et gentille pour ne pas les effaroucher. C’est alors que l’impensable se produisit : Krovos commença à changer. Son corps s’allongeait et son poitrail s’élargissait. Par… Parandar… Elle venait de comprendre. On ne l’appelait pas le Chevalier rageur pour rien. En fait… comprenait-elle RÉELLEMENT ce qui se passait? Non pas vraiment. Mais elle était capable de voir qu’il devenait une menace. Krovos se releva, les yeux rougeoyant d’une haine inconnue de la justicière. Jamais elle n’avait une rage aussi brute dans le regard de quelqu’un et bien malgré elle, Rubis fut secouée d’un frisson de terreur.

La voix de Phoebe la ramena à la réalité. Elle devait s’occuper des enfants, c’était leur priorité. « Reculez! » S’écria-t-elle et les gamins obtempérèrent sans la moindre hésitation. Ils se serraient les uns contre les autres dans un coin de la salle en pleurant comme si le diable était à leurs trousses. La semi-succube vint se poster entre le reptile enragé et eux, faisant office de barrage (bien maigre) avec son corps. Le jumeau au regard disparate relâcha Brennan et se jeta sur son jumeau pour le plaquer contre un mur. Rubis regardait la scène avec horreur : Krovos se débattait en fou, sa queue reptilienne fouettant l’air avec une colère surprenante pendant que Phoebe le maintenait en place. Les choses se calmèrent et c’est à ce moment précis que Brennan tenta de fuir. La justicière agrippa une dague sur sa ceinture, prête à la lancer dans la jambe du bougre, mais le chevalier rageur fut plus rapide. Il agrippa le criminel par la gorge et le souleva comme une vulgaire poupée de chiffon. Les enfants se remirent à pleurer de plus belle et Phoebe dut se faire violence pour reprendre le contrôle de la situation.

Après quelques minutes – qui parurent une éternité – Krovos se calma enfin et Rubis put recommencer à respirer. Elle se retourna vers les gamins et posa un genou au sol pour être à leur hauteur.

- Tout le monde va bien? Demanda-t-elle doucement malgré les regards terrifiés et les visages ruisselants de larmes. Est-ce que l’un d’entre vous est blessé? Ils étaient trop terrorisés pour répondre. Un mouvement dans son dos lui indiqua que Krovos venait de sortir. Phoebe revint près d’elle et la justicière lui jeta un regard reconnaissant. Qu’est-ce qui s’est passé? Souffla-t-elle à son intention. Est-ce que… Est-ce qu’il va bien? La réponse de Phoebe fut brève, car il dut rapidement revenir sur ses pas pour récupérer Fer Ardent qui toussotait encore tout son saoul. Bon, les enfants, ne vous inquiétez pas, nous allons vous ramener chez vous. Mais vous allez devoir nous écouter au doigt et à l’œil, d’accord? C’est très très important. Et une fois dehors, d’autres soldats vous poseront des questions pour en savoir plus sur ce qui s’est passé, d’accord?

Rubis se doutait bien qu’elle serait tenue à l’écart de cette partie de l’enquête, mais ça ne lui dérangeait guère. Elle avait ses propres techniques pour recueillir les informations qu’elle convoitait. Et puis, ces mômes avaient vécu suffisamment d’émotions fortes pour un bon moment. La semi-succube se releva lentement puis jeta un regard à Phoebe qui maîtrisait Brennan à merveille.

- Merci Phoebe, fit-elle à son intention. Pour ton aide avec Krovos.

Le chevalier lui fit signe de passer devant. Il était grand temps qu’ils émergent tous de ce trou paumé! La jeune femme sortit donc la tête en premier dans le couloir pour voir le jumeau de Phoebe appuyé contre le mur. Il semblait… épuisé… mais en contrôle. « Heu… Krovos. Nous… heu… les enfants et moi, nous allons passer. » La jeune femme se retourna et intima aux gamins de garder le silence, histoire d’éviter d’être repérés. Ces derniers semblèrent comprendre, malgré leurs reniflements et leurs joues baignés de larmes. Elle prit donc la tête de cette délégation miniature et les enfants la suivirent en file indienne, passant devant le chevalier rageur sans lui jeter un regard. Le chemin du retour fut un peu plus laborieux que prévu. Les gamins étaient terrifiés par les araignées et les corps gisants de leurs kidnappeurs dans la pièce au bout du couloir. Heureusement, les deux chevaliers fermaient la marche, derrière, en compagnie de Brennan Fer Ardent, ce qui empêchait les gamins de se faire distancier du reste du groupe. Rubis dirigea les enfants dans le couloir humide et grimpa la première dans l’échelle qui menait au sous-sol de la boucherie. Une fois en haut, elle aida les enfants un à un afin de s’assurer que tous arrivaient à grimper convenablement. Certains d’entre eux étaient si jeunes… deux ans tout au plus.

Dès qu’ils atteignirent le rez-de-chaussée de la boutique de M. Clément, la marmaille fut rapidement prise en charge par les soldats de l’armée Sholienne qui étaient enfin arrivés. Le propriétaire de la boutique était menotté plus loin et Rubis attendit à l’extérieur, ayant préalablement prit soin de remettre son masque en place, d’attacher ses cheveux en queue de cheval et de rabattre son capuchon sur sa tête. Après tout, elle voulait garder un minimum d’anonymat! Les deux jumeaux sortirent enfin en tenant solidement le criminel. Le capitaine de la garnison vint quérir Brennan Fer Ardent et l’emmena plus loin sous les recommandations du chevalier Krovos. Les reptiliens notèrent finalement sa présence et arrivèrent à sa hauteur.

- Félicitations messieurs pour cette merveilleuse prise, fit-elle. Malgré l’incident avec le chevalier rageur, la jeune femme décida de ne pas changer d’attitude envers lui. Elle comprenait, maintenant, beaucoup mieux l’origine de sa réputation. Et puis, il avait l’air déjà assez mal comme ça. Le repos sera franchement mérité. Dites… suis-je toujours en état d’arrestation? Elle posa son regard émeraude sur Phoebe, un sourire en coin s’étant glissé sur ses lèvres. Si les deux hommes ne pouvaient le voir, ses yeux, eux, exprimaient aussi ce sourire. C’est bien ce que je croyais. Je vous tire donc ma révérence. Je vais m’occuper d’aller aviser, de ce pas, les parents des enfants afin qu’ils sachent que ces derniers ont été retrouvé. Elle s’inclina, puis tourna les talons, avant de s’arrêter, quelques pas plus loin. Elle pivota à nouveau sur elle-même pour s’adresser à eux. Merci de ne pas m’avoir totalement écartée de cette affaire et de m’avoir cru quand je disais que j’étais de votre côté. Il est à parier que les choses auraient franchement tourné au vinaigre pour moi sans votre intervention. Elle le croyait à moitié pour dire vrai. Mais ils n’avaient pas à le savoir. Je vous souhaite une très merveilleuse soirée, Sir Krovos et Sir Phoebe!

Elle détala ensuite aux pas de course et, dans une poussée de télékinésie, se propulsa sur le toit voisin avant de disparaître.


[FIN DU RP POUR RUBIS]
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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Dim 6 Nov - 10:25

Évidemment, ça ne pouvait pas juste bien se passer dans le calme, comme ça semblait si bien organisé dans la tête de Phoebe. Aussitôt que l’assaut fut lancé, Brennan Fer Ardent ne put que constater qu’il était cerné, et Rubis ne tarda pas à le maîtriser, avec l’aide du transgenre. Et lui seulement, puisque dès leur arrivée, les gamins s’étaient mis à crier, de peur ou de joie, à s’exciter et s’agiter devant l’arrivée de ce qu’ils devaient avoir deviné être des Chevaliers, ou au moins des sauveteurs. Krovos en avait échappé son épée, littéralement foudroyé sur place par les bruits, et avait plaqué ses mains sur ses oreilles pour ne rien entendre, laissant le travail de maîtriser l’ennemi aux deux autres.

-Merde!

Hors, bien qu’il tenta de ne rien entendre, Krovos ne put rien faire contre le raz-de-marée de mains qui se tendirent vers lui, s’accrochant au chevalier sensible comme s’il s’agissait d’une bouée de sauvetage, pleurant et riant de soulagement d’être délivrés. Les deux sorties n’étant plus surveillées, Phoebe ne pouvait tout simplement pas relâcha sa victime, qu’il était seul à maîtriser, et se débattait furieusement pour au moins le ligoter avant de venir en aide à son jumeau. Rubis, quant à elle, semblait avoir compris (ou pas?) que son allié avait un malaise et tenta de détacher les enfants de lui et leur intimer de lui laisser de l’air. Seulement, il était trop tard, la transformation avait été lente, mais réussie, et ce n’était plus un reptilien ordinaire qui battait furieusement de la queue.

-Rubis protège les enfants, et surveille Brennan! s’exclama Phoebe en se jetant vers son jumeau pour le plaquer contre le mur, voulant le préserver de faire du mal autour de lui autant qu’à lui-même. Ça va Krovos, c’est juste moi, chut, on est juste tous les deux, y a personne d’autres. Tu m’entends Krovos? C’est Phoebe. Ton frère est là, tout va bien. Phoebe ne cessait d’essayer de croiser le regard furieux de son jumeau, qui allait du sien aux enfants, hésitant. Tu es capable de revenir Krovos, je le sais, calme-toi, on va respirer ensemble tous les deux, d’accord? Inspire Krovos lui intima-t-il en donnant l’exemple, mais son jumeau ne l’écoutait pas, se contentant d’expirer bruyamment comme un boeuf.

Il avait vu la tentative de Brennan de se sauver, Rubis étant trop préoccupée par la sécurité des enfants effrayés pour s’occuper du criminel. Malgré toute la force de Phoebe, il n’arrivait pas à la cheville de Krovos lorsqu’il était en rage, et lorsque la tendresse fraternelle ne suffisait pas à le calmer, le transgenre ne pouvait l’arrêter. Ainsi, le reptilien féroce se défit de la poigne de son jumeau et sauta sur Fer Ardent et le souleva aisément de terre, prêt à lui arracher probablement la tête. Sauf qu’ils avaient besoin de cet homme vivant, même si ce ne leur plaisait pas!

-Non, Krovos! Arrête! tenta désespérément Phoebe en se lançant à sa suite, prenant un seul de ses bras à deux mains pour essayer de lui faire lâcher prise, ce qu’il réussi non pas grâce à sa force, mais parce… qu’il était son jumeau, out simplement, et que son touché était généralement efficace, sans qu’on sache trop pourquoi.

Heureusement, Brennan sembla avoir été considérablement sonné pendant l’altercation, si bien que Phoebe put mettre tous ses efforts à veiller sur Krovos, plaquant lui-même ses mains sur les oreilles sensibles de son jumeau, lui chuchotant à nouveau des phrases qu’il espérait réconfortantes, yeux dans les yeux, jusqu’à ce qu’enfin, le regard rougeoyant ne redevienne bleu. Visiblement épuisé, comme d’habitude, le chevalier sensible se laissa glisser à genoux au sol. Le transgenre ne le lâcha pourtant pas, gardant ses bras autour de lui jusqu’à ce qu’il soit assuré que la rage ne remonterait pas, portant à peine attention aux efforts de Rubis pour calmer les gamins. Finalement, son jumeau se releva pour sortir de la grande pièce, assurant qu’il appellerait en cas de besoin, et Phoebe n’insista pas, car malgré les efforts de la justicière, les gamins pleuraient encore.

-Rien d’anormal, répliqua Phoebe un peu plus sèchement qu’il l’aurait voulu à la question de Rubis. Ça va aller, mais on doit sortir tout le monde au plus vite. Surtout Krovos, l’informa-t-il un peu moins durement, laissant les gamins sous la responsabilité de la jeune femme pendant qu’il achevait de ligoter Brennan, qui reprenait peu à peu conscience après avoir autant manqué d’air.

Au remerciement de Rubis, Phoebe se contenta d’hausser les épaules, signifiant que ce n’était rien, surtout parce qu’il ignorait si elle les remerciait tous les deux d’avoir aidé à retrouvé les gamins, ou si elle le remerciait lui d’avoir éviter la catastrophe signée Krovos. Sa tournure de phrase permettant les deux, le transgenre préférait ne pas s’aventurer en ce terrain glissant, et la suivit de loin alors qu’elle quittait la pièce avec les enfants, légèrements apaisés.

***[Krovos]Rubis va sortir avec les enfants, ils sont calmes par contre.*** voulu-t-il l’avertir, quelques instants avant que Rubis ne fasse de même, de vive voix, passant tout près du Chevalier sensible dans un calme plutôt étonnant. La marmaille n’allait pas répéter son erreur une seconde fois.

Les jumeaux fermèrent la marche à bonne distance. Phoebe ne savait pas trop si Krovos l’aidait à soutenir Brennan, ou s’il se soutenait lui-même sur celui-ci, mais en tous les cas, tout le monde fut évacué dans le calme, et l’esclavagiste remis aux soldats dès qu’ils mirent le pied à l’air libre, rejoignant son complice, le boucher. Les gamins furent également pris en charge, si bien que les chevaliers et la justicière furent bientôt relevés de leurs tâches. Rubis félicita leur travail, sans mentionner le petit accident, ce qui soulageait bien le transgenre. D’ailleurs, elle réussit à le faire sourire, détendant l’atmosphère, en lui demandant si elle était toujours en état d’arrestation. L’amusement du chevalier lui suffit comme réponse, et elle se contenta de les informer qu’elle partait aviser les familles et les remercia de l’avoir laissé participer.

-C’était un plaisir pour nous, Rubis. J’espère que nous pourrons à nouveau faire équipe à l’avenir, et s’était plutôt honnête, Phoebe espérant grandement qu’il pourrait revoir cette femme surprenante, en espérant qu’elle n’avait pas été trop traumatisée par Krovos. Quelle… étonnante jeune femme, n’est-ce pas? lança-t-il à son jumeau lorsqu’elle eut disparu, en grandes pompes comme d’habitude. Allez, on a terminé notre quart depuis belles lurettes mon frère, il est temps de rentrer. Un peu de repos nous fera le plus grand bien à tous les deux… chuchota-t-il en glissant son bras sous celui de son jumeau, s’assurant qu’il pouvait s’appuyer sur ses épaules au besoin, sa rage le laissant souvent dans un état d’épuisement total, et l’urgence de la situation ne lui ayant pas laissé le temps de souffler convenablement.

[Terminé pour Phoebe]
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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   Sam 12 Nov - 15:59

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MessageSujet: Re: One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]   

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One lady, two lizards and a bunch of bastards [PV KROVOS, PHOEBE][TERMINÉ]
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