Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]

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Douhbée
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MessageSujet: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Mer 31 Aoû - 19:16

[À noter que ce rp ne se passe pas au saut, mais un an avant. Douhbée a 19 ans.]

Les yeux dans le vague, Douhbée était de garde tout en haut du mur entourant le château et ses habitants, surveillant les allées et venues dans la capitale, s’assurant de la sécurité de tous. Et pourtant, sa tête était ailleurs, à des centaines de kilomètres au sud, où les plaines verdoyantes d’Alombria cédaient leur place à l’infini ensablée du désert des sauvages. Ses songes se trouvaient dans cette merveilleuse oasis paradisiaque où elle et Vigie s’étaient aimé sans retenues, plus de deux ans auparavant, dans une mission où ils avaient fait équipe. Cette fois, on ne lui avait pas demandé de l’accompagner, et la jeune femme angoissait à savoir son promis à nouveau dans le désert, seul cette fois, pour vérifier des informations concernant une possible attaque de Shola par la frontière sud. Ce qui l’embêtait le plus, c’était de ne pas pouvoir communiquer avec lui, car elle risquerait de le mettre en danger en le déconcentrant, alors elle devait se résoudre à attendre qu’il le contact lorsqu’il était suffisamment en sécurité pour le faire.

Cela faisait des jours qu’il était parti… Rien d’étonnant, étant donnée la distance à parcourir et la complexité de la mission, mais la jeune femme, presque Chevalier maintenant, s’impatientait de le voir revenir. Les journées s’éternisaient sans lui, et son absence se faisait lourdement sentir dans son cœur, qui ne demandait qu’à être rassuré dans ses bras. La pardusse s’assied à la rambarde, regardant d’un œil distrait ce qui se passait au sol, ne songeant qu’au phéryxian qui faisait battre son cœur, au moment où celui-ci la contacta enfin. Plutôt que de se détendre, rassurée de l’entendre, Douhbée se tendit en notant l’inquiétude de son amant, cessa de respirer en écoutant ce qu’il avait à dire, et manqua un battement de cœur lorsque la communication fut interrompue sans raison.

***[Vigie] Soren? Qu’est-ce qui se passe?*** s’inquiéta-t-elle, tendue comme la corde d’un arc prêt à tirer, silencieuse comme si ça lui permettrait de mieux l’entendre l’appeler. ***Soren tout va bien? SOREN!***

Les larmes lui montèrent aux yeux en repassant dans sa mémoire les derniers mots que lui avaient envoyés le Chevalier, puis elle paniqua en comprenant qu’il ne s’était pas inquiété en vain. Malgré de multiples appels, nul ne répondit à son message télépathique, et pourtant elle savait que ce n’était pas faute de sa propre magie. En tournant les talons pour rentrer au château et alerter son Chef et maître, Douhbée perdit ses sens et eut un intense sentiment d’étourdissement qui lui fit perdre pied. Son dernier contact avec la réalité fut celui de la pierre froide du muret sous elle.

Des centaines, peut-être des milliers, de kilomètres entre elle et le sol. Le vertige nauséeux de sentir qu’on n’a pas le contrôle sur notre équilibre. Un moyen de transport mouvant et rugueux sous ses mains. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, Douhbée aperçu les écailles beiges d’un serpent sur lequel elle était couchée, et qui ondulait dans le ciel, loin de tout, pour la transporter quelque part. Un serpent volant? La jeune femme déglutit en comprenant quel genre de monture l’emmenait dans une destination inconnue, car elle avait bien entendu parlé que d’autres continents qu’Enkidiev apprivoisaient des créatures mythiques appelées «dragons», bien qu’elle avait toujours cru à des histoires pour enfants… En regardant ses mains, la jeune femme paniqua, car elle les reconnaissait sans que ce soit les siens. Ce n’était pas elle qu’on transportait à dos de dragons, mais elle connaissait la personne qui était ballotée ainsi, probablement inconsciente. Ces mains là, elle les reconnaîtrait entre mille, car elles avaient plus d’une fois caressé sa peau.

-SOREN! paniqua Douhbée en sortant brusquement de sa vision prophétique.

-----

*Il n’est pas mort. C’est sur qu’il est vivant. Je le saurais s’il était mort. C’est impossible, de toute façon, qu’il meure.* C’était la seule chose qui l’empêchait de perdre la tête, récitant cet encouragement tel une lithanie, maladive, jusqu’à ne plus pouvoir fonctionner correctement. Elle n’essayait pas de convaincre les autres, ceux qui lui lançaient des regards plein de pitié à son approche, ou pire, ceux qui manquaient de convictions en ce qui avait trait à sa mission. Pourquoi, en effet, gaspiller autant de Chevaliers et gardes pour un voyage dans le désert alors que les combats faisaient rages à la frontière? Les gens la jugeaient, certes, mais elle n’allait pas abandonner Soren, elle partirait, avec ou sans aide. Non, ce n’était pas eux qu’elle voulait convaincre… C’était elle-même.

Heureusement, Douhbée fut, sommes toute, plutôt bien entourée pour cette aventure, ne se jetant pas seule dans la gueule du désert sans être accompagnée de deux Chevaliers, Losly et Adelyn, et de quelques soldats. Colombe n’aurait jamais accepté que son écuyer parte seule, et voilà pourquoi elle lui avait monté ce petit escadron… Probablement parce qu’elle savait que, même si elle avait voulu l’en empêcher, la pardusse serait allée, au risque de briser sa parole, son honneur, sa place dans l’ordre, et la confiance de son maître. Mieux valait alors lui donner la permission, c’était beaucoup plus sage, quelques jours après la vision de l’écuyer. Il fallu encore plusieurs jours de préparatifs pour cette longue expédition, puisqu’ils ignoraient le temps qu’ils auraient à passer dans le désert, et qu’un tel voyage ne se décide pas du jour au lendemain, au grand damn de la jeune femme.

-Je sais qu’il est vivant, affirma-t-elle au dernier des sceptiques, avant que le groupe ne se mette en branle vers le sud, parcourant des centaines de kilomètres sur cinq jours pour atteindre la frontière du désert, là où se trouvait, quelque part, Soren. Enfin, ils l’espéraient.

Tout le monde savait quelle était l’étendue de la mission de Vigie, il fut donc décidé de commencer par interroger les villageois à la frontière, puisque les probabilités étaient que des soldats sholiens avaient bel et bien tenté de s’introduire à Alombria par le sud, ce que le Chevalier éclaireur était parti vérifié, et qu’ils l’avaient enlevé. Pourtant, tout ceux qu’ils croisèrent à la frontière affirmèrent n’avoir pas aperçu, de près ou de loin, la moindre trace d’ennemis, et que s’ils se souvenaient bien du passage du chevaliers ailés, ils n’étaient pas au courant de ce qu’il lui était arrivée.

-Les Chevaliers de Shola n’auraient pas rebroussés chemin comme ça, non? Pas en ayant la voie libre… Ce sont peut-être des sauvages qui l’ont attrapé, tout simplement. Nous avons fait une mission pour démanteler un réseau d’esclavagisme dans le désert, il y a deux ans, déglutit-elle en repensant avec nostalgie à ce qui avait été plus une escapade en amoureux qu’une mission. Et Vigie est plutôt facile à reconnaître. Hors, on ne s’est pas fait beaucoup d’amis, ce jour-là… Peut-être… Peut-être que Shola n’est pas une bonne piste, proposa-t-elle, sachant que, même si elle était à l’origine de cette mission, c’était aux Chevaliers de prendre la décision, elle ne pouvait que les aider du mieux qu’elle le pouvait, du haut de ses dix-neuf ans pas encore adoubés.

Elle tourna donc la tête vers ses compagnons de route, frissonnant comme d’habitude en croisant le regard de Losly, qu’elle arrivait au moins à soutenir maintenant. Si elle n’était plus aussi paniquée par les incubes, ils lui laissaient toujours la même désagréable impression qu’elle ferait mieux de s’en éloigner. Hors, même si elle avait appris que les hommes, peu importe la race, n’étaient pas tous des monstres, la raison s’écrasait souvent devant les peurs. Les hommes la mettaient à peine mal à l’aise, maintenant, mais les incubes… il y avait encore beaucoup de chemin à faire pour une guérison complète, celui-ci passant peut-être par la route tumultueuse devoir travailler avec l’un d’eux, justement? Douhbée détourna le regard vers Adelyn, cette amie sur qui elle pouvait compter en cas de besoin, en profitant pour cacher son trouble. Elle n’était pas seule, au moins.
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Losly G.
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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Jeu 1 Sep - 18:56

Losly avait bien changé. Pas parce qu'il avait maintenant 32 ans, mais plutôt par ce qu'il avait vécu. Cela ne faisait qu'un an qu'il était remis sur pied, et il en gardait un goût amer. Il avait passé huit mois alité, après son retour de mission avec Colombe. Il ne regrettait pas, bien sûr. Jamais il ne regretterait de lui avoir sauver la vie. Mais il aurait préféré mourir. Tout le long de sa guérison, il avait mûrit de sombres pensées. Il avait mal, si mal. C'était la première fois de sa vie qu'il souffrait, et c'était peu pour décrire le calvaire qu'il avait vécu. Son dos avait été déchiré, déchiqueté. Ses jambes avaient aussi été touchées. Ses ailes étaient trouées, sur l'extrémité dorsale, il avait faillit en perdre une -heureusement, Alombria avait d'excellents guérisseurs qui avaient sauvé ses ailes. Des organes avaient été atteints et il avait vécu deux morts cliniques. Il s'était battu pour survivre, mais parfois, il avait passé si près d'abandonner... mais le regard de son frère, et de Colombe, l'avait empêché de sombrer. Mais quand il se retrouvait seul...

Bien qu'il n'eut plus mal du tout, il sentait les raideurs causées par les cicatrices. Son dos en était couvert, ainsi que ses cuisses et ses ailes, la partie dorsale, particulièrement la gauche qui était balafrée de bord en bord. Il gardait la tête haute devant ses troupes, en digne sous-chef, mais il était moins exubérant, et plus passif. Mourir, ça lui remettait les idées en place. Il ne voyait plus les choses de la même façon, et plus que jamais, il craignait la perte des êtres proches. S'il n'avait pas été aussi résistant, il serait mort. C'est d'ailleurs pour cela qu'il était intervenu. Il aurait pu échapper à cela, aisément! Mais pas Colombe. Elle était vulnérable, et il n'avait pu que s'interposer entre elle et l'explosion. Il avait reçu tous les projectiles, la protégeant de son corps, de ses bras et de ses ailes, du mieux qu'il put.

La suite restait vague. Il ignorait comment il avait été transporté, tout ce que le chevalier savait, c'est qu'il était tombé dans le coma et s'était réveillé parfois pour se rendormir dans un profond sommeil, du moins l'avait-il senti ainsi. Il avait fait de nombreux rêves, parfois, peut-être était-ce la réalité, il ne le savait pas, et n'en parlait pas. Son état avait mis deux mois à se stabiliser complètement, même en ayant été hors de danger, son corps était résistant à la guérison, malheureusement. Le travail avait été ardu. Après son réveil, on l'avait tenu au lit, et hors des entraînements, pendant un bon six mois. Le pire calvaire de sa vie. Lui, faible. Lui, incapable de se débrouiller seul. Lui, sans forces... Il n'aimait pas en parler.

Habillé, outre la grande cicatrice sur son aile, qui somme toute ne se voyait que pour un oeil avisé, on ne voyait même pas ce à travers quoi il avait passé. Si ce n'est que le regard du sous-chef était parfois plus sombre, ou plus doux. C'était comme si une vie entière avait passé, pour lui. Il s'était mis à reconsidérer chacune de ses actions, à sentir des regrets, des incertitudes. Tout cela le travaillait, le minait, mais il n'en parlait pas. Ni même à son frère, qu'il ne voulait pas inquiéter. Lui aussi, il avait eu la vie dure. Quatre mois avant son intervention avec les barbares, son frère avait subit une défaite cuisante face à un reptilien déchaîné. En piteux états, pas mourant, mais magané. Son adversaire n'avait sans doute pas une marque. De la régénérescence à l'état pur! Qui l'eut cru? Des membres qui repoussaient! C'était dément! Soudainement, il enviait ce pouvoir. Il aurait bien aimé, lui aussi, pouvoir se régénérer, lorsqu'il avait subit son calvaire.

Maintenant, il était de nouveau en mission. Colombe avait longuement hésité à l'attribuer, mais il avait grandement insisté. Comment le sous-chef saurait-il rester au château plus longtemps? Un an qu'il n'était pas sorti! Se contentant de petites missions bénignes au sein de la capitale. Il était flatté qu'elle ait peur pour lui, plus qu'elle ne pourrait le penser, mais il n'était pas question pour lui de rester à la maison. Il avait besoin de se prouver, au moins à lui-même, qu'il n'était pas un bon à rien. Qu'il n'avait rien perdu. Il était encore Losly Günter d'Alombria, le sous-chef de l'Ordre des Chevaliers d'Alombria, et un fier et puissant guerrier.

C'est ainsi qu'il se retrouvait à la frontière du Désert, désigné pour chercher Soren, alias Vigie, qui avait disparu depuis trop longtemps. Douhbée, qui ironiquement était devenu sa copine, les accompagnait, rongée par l'inquiétude, et par le malaise qu'il provoquait encore chez elle après tout ce temps. Il soupira. Saurait-elle un jour l'accepter? « Shola n'aurait jamais rebrousser chemin, encore moins avec l'un des nôtres entre leurs mains. Si les villageois n'en savent rien, c'est forcément cette étendue de sable qui aura les réponses. Malheureusement, jamais on ne pourra trouvé de traces là-dedans... » Il marqua un temps d'hésitation. Que pourrait-il faire, ou dire?

Il posa son regard sombre, presque noir, sur l'écuyère qui, comme toujours, frissonna sous son impassibilité. Il le tourna vers l'étendue brûlante devant eux, pour ne pas l'indisposer davantage. Il était heureux qu'Adelyn soit là. De tous les chevaliers, elle était celle avec qui il aimait le plus travailler, outre Colombe et Hylias, mais c'était différent. S'il avait su, qu'elle fréquentait l'homme qu'il tenait coupable de sa convalescence, il aurait sans doute rapidement changé d'avis... Heureusement, il ne le saurait sans doute jamais, gardant, au fond de son coeur, le souvenir de ce dirigeant-ours comme celui qu'il devait exterminer. Il était rendu loin du campement lors de l'incident, mais n'était-il pas le chef? Y avait-il seulement un coupable? Il ne se souvenait plus. Quelqu'un avait-il provoqué cette explosion? Était-ce un malheureux hasard? Impossible à savoir, mais jamais il n'oublierait la multitude de poignards et de résidus qui s'étaient enfoncés dans sa peau avec une force surprenante.

Il frissonna à son tour, mais parce que les pensées lui avaient remémorés la cruelle morsure dans sa chaire. Il se tourna vers la chevalier. « Il est temps d'explorer cette dangereuse région. Prenons le temps d'abord de récolter suffisamment d'eau, de vivres et, surtout, d'informations, si nous voulons survivre. Mes connaissances du Désert sont terriblement limitées, aux notions géographiques, entre autres, et aux récits de certaines personnes originaires de cette contrée sauvage. Il y a des clans de géants reptiliens, des guildse de voleurs, des fraternités d'assassins... et sûrement pire encore. Je m'occuperai de traîner tout cela, j'en ai la force » Il leur fit un clin d'oeil. Même pas particulièrement grand - bah quand même au-dessus de la moyenne, mais rien de sortant de l'ordinaire- il était tout de même plus grand qu'elles, et, surtout, de son pouvoir, il était aussi fort physiquement qu'elles deux réunies, si ce n'est plus. Il s'était entraîné durement, et activement, depuis son retour.

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Adelyn
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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Mar 6 Sep - 14:06

Enfilant ses gants, la chevalière jeta un dernier regard en direction du château. Étant sur le point de partir en mission, elle savait qu’elle ne reverrait pas sa maison avant un bon moment. Elle n’était, cependant, aucunement triste à ce sujet. Elle avait besoin de partir à l’aventure, de vivre des émotions fortes, de lâcher le surplus de colère qu’elle avait accumulé au cours des dernières semaines… à la suite de sa rupture assez mouvementée d’avec Ansgar. La fée n’avait pas accueilli chaleureusement la nouvelle comme quoi le Norrois devait retourner dans sa contrée natale et qu’il ne pouvait lui dire quand ils se reverraient. Était-elle sensée l’attendre éternellement sans n’avoir la moindre nouvelle à son sujet? Et puis, même si elle comprenait le besoin de revoir ses enfants, elle ne pouvait faire autrement qu’éclater de colère qu’il l’abandonne sans plus de préavis. Cela faisait maintenant deux ans qu’ils se rencontraient secrètement et voilà comment il la remerciait? Juste à y repenser, elle sentait ses émotions se mettre à bouillir au plus profond d’elle-même.

Elle secoua la tête et ramena ses pensées à ce qui importait : retrouver l’éclaireur Soren, qui était porté disparu depuis un bon moment déjà. C’était inhabituel de la part du pheryxian de manquer à l’appel, car il excellait habituellement à son job. D’un autre côté, il s’agissait de l’amoureux de Douhbée, une des amies d’Adelyn. C’est pourquoi elle s’était portée volontaire pour accompagner l’écuyère et fut ravie qu’on accepte de l’assigner à cette mission de sauvetage. La pauvre aurait très certainement besoin de support moral tout au long de leur quête visant à retrouver sa douce moitié.

La fée s’approcha de la pardusse, puis déposa une main sur son épaule. « Ne t’inquiète pas, beauté, nous allons le retrouver. » Elle lui adressa ensuite un sourire chaleureux pour lui redonner un peu de courage avant le grand départ. Elle savait que le long silence du chevalier avait mauvaise augure, mais elle était de ceux qui refusaient de baisser les bras avant d’avoir la preuve concrète de son décès. Elle portait donc peu attention aux rumeurs disant qu’il avait péri et que partir à sa recherche était inutile. Depuis quand se porter à la rescousse d’un des siens était inutile? Ils étaient tous frères et sœurs d’armes; s’ils ne s’occupaient pas les uns des autres, qui le ferait?

- Heureuse de te compter parmi nous, Kaylen. souffla-t-elle à l’intention de Losly, faisant référence au faux nom dont elle l’avait affublé lors de leur mission à Shola il y a deux ans.

Les jours défilèrent à un rythme soutenu, le groupe de chevaliers et de soldats faisant leur chemin vers le Désert. Dès qu’ils furent à proximité de la vaste étendue de sable, ils se mirent à questionner les villageois quant à la présence de Vigie dans les parages. Malheureusement, la chance ne semblait pas être de leur côté puisqu’ils ne récoltèrent aucune information utile. La pardusse, en proie à une panique intérieure raisonnable, suggéra que la piste d’un enlèvement sholien n’était peut-être pas la bonne. La fée soupira à entendre leur sous-chef parler sans grand espoir de retrouver le pheryxian. Ce n’était pas la meilleure tactique pour remonter le moral de Douhbée… ni des soldats qui les accompagnaient. Personne n’a envie de se perdre dans un désert pour le simple plaisir d’y faire une balade.

Adelyn leva les yeux au ciel, exaspérée par cette logique négative. Cela ne l’empêcha pas d’écouter les consignes de l’incube, étant d’accord avec son approche, cette fois. Il ne serait pas judicieux de ne pas faire le plein des vivres nécessaires avant de s’aventurer plus loin.

- Je te laisse tout porter avec plaisir. répondit la fée avec un sourire non feint.

Le groupe s’affaira donc à recueillir différentes denrées, puis certains en profitèrent pour continuer à questionner les villageois. La jeune femme blonde, de son côté, en avait profité pour marchander une carte à bon prix. C’est à ce moment que des passants l’accostèrent, lui demandant où elle avait l’intention d’aller. Lyn leur dit simplement qu’elle ne le savait pas, car elle suivait ses camarades. Les inconnus ne cherchèrent pas à soutirer davantage d’information, mais la mirent en garde de ne pas s’aventurer trop au sud. Le Désert y devenait dangereux… Elle voulut leur en demander plus, mais ne parvint pas à leur retirer rien de concret. Le duo avait échangé un regard sous-entendu, en plus de se faire dévisager par les marchands à proximité. Perplexe, la chevalière retrouva le petit escadron alombrien, tapotant la carte qu’elle tenait dans ses mains. Elle déposa quelques sacs de nourriture qu’elle avait achetés, puis s’installa près de ses compères de l’ordre. Visiblement, elle était la dernière à revenir de ses commissions.

- Douhbée… Tu avais parlé d’une monture à écailles grises volant dans le ciel, n’est-ce pas? demanda-t-elle, pensive. Elle analysa l’information que lui fournissait l’écuyère. Par après, elle tourna son attention vers Losly, soudainement très sérieuse. Elle déplia la carte pour que lui et l’écuyère puissent la regarder avec elle. Au marché, des villageois m’ont avertie d’éviter le sud du Désert. La région est supposément périlleuse à traverser. Il paraît que personne n’ose s’y aventurer ces temps-ci, mais on n’a pas voulu m’expliquer pourquoi. La population locale ne semble pas ouverte à partager la raison derrière cette méfiance, mais il y a anguille sous roche. La créature écailleuse de la vision à Douhbée y est peut-être liée? Elle soupira. Je ne sais pas dans quoi nous nous embarquons, mais nous devrons être vigilants à chaque étape.

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Douhbée
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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Mer 14 Sep - 20:21

Ce qui avait empêché Douhbée de perdre la tête jusqu’à maintenant, c’était la conviction qu’il était vivant, quelque part dans le sud, et que l’absence de réponses télépathiques n’étaient qu’un contretemps… Après tout, il était déjà arrivé que les Chevaliers constate des brouillements dans les communications lorsque quelqu’un descendait trop profondément sous terre, comme dans les cachots les plus creux du château, ou lorsqu’ils allaient sous l’eau, entièrement immergés. Plusieurs facteurs peuvent donc affecter la télépathie, au final, et ils n’en connaissaient probablement pas la moitié. Il n’était pas nécessairement mort. Il n’était simplement pas mort!

Elle n’avait donc fichtrement pas besoin que quelqu’un lui dise qu’on ne pouvait pas vraiment retrouver une trace dans l’infini du désert. Évidemment, elle était au courant de la complexité de la mission, sachant que les vents du sud soufflaient constamment dans le sables, masquant naturellement les routes prisent par des individus solitaires, en plus de l’incoyale supperficie à couvrir. En fait, les Enkievs n’avaient qu’une vague idée de l’étendue du désert, même s’ils possédaient des cartes traçant tout le continent, personne n’était certain de leur véracité, puisqu’aucun habitant n’avait jamais vérifié leur exactitude. En tous les cas, aucun doute possible : il était immense.

Heureusement qu’Adelyn était là pour la soutenir, comme elle l’avait soutenu tout au long de leur périple jusqu’à la limite d’Alombria, car Douhbée n’aurait pas supporté seule de garder la tête haute après le commentaire de Losly. En effet, s’il était d’accord avec l’écuyère concernant la possibilité que la disparition de VIgie soit d’origine Sauvage et non Sholienne, il ne semblait pas partager ses certitudes. Au moins, il était là, il essayait, on ne pouvait pas en dire autant de bien des membres de l’Ordre, qui l’avaient déclaré mort sans preuves. *Il n’est pas mort… je le saurais s’il était mort,* songea à nouveau l’écuyère.

Le groupe se divisa à l’approche du dernier village avant de franchir la frontière sauvage, alors que Losly les encourageaient à prendre le plus de vivres pour la route, leur assurant qu’il s’occuperait du transport. Douhbée parti au puit pour remplir le plus de gourdes possibles, écoutant les conversations autour d’elle d’une oreille discrète, son ouïe développée permettant d’éviter qu’il soit trop évident lorsqu’elle espionnait les conversations d’autrui. Elle entendait des femmes murmurés quelque chose à propos d’un trucs vraiment immense, mais n’était pas certaine à quoi elles faisaient allusion. En tous les cas, elles avaient un ton effrayés, et préparaient un départ pour le nord. Aussi, lorsque les trois membres de l’Ordre se réunirent, la pardusse ne fut pas surprise d’entendre Adelyn les informer qu’elle s’était fait chaudement recommandé de ne pas descendre dans le Sud, trop dangereux.

-Certains villageois semblent être en train de plier bagages… Quitter leurs maisons pour s’éloigner de la frontière. Mais pourquoi ces gens ne veulent-ils rien nous dire! Nous pourrions les protéger, c’est notre devoir, et ils le savent, non?

En ce qui concernait la créature, elle n’était plus tellement certaine de la couleur, ses visions prennent souvent des teintes plus ternes que la réalité, ce qui l’aidait certes à les différenciers de ce qui se passait réellement, mais lui nuisait lorsqu’il était question de retracer quelqu’un ou quelque chose.

-En tous les cas, c’était comme un lézard, ou un serpent, mais je suis certaine qu’il volait… Ma vision se passait dans le ciel, et je ne voyais pas la terre en dessous de moi. Enfin, en dessous de Soren…. La jeune femme déglutit difficilement en essayant de reprendre le cours de son récit, qu’elle croyait pourtant avoir raconter au moins une centaine de fois. Gris, ou bien beige, je ne sais pas vraiment, en tous les cas il était clair, et immense… Vraiment immense. Il y avait une autre personne dessus, alors plus gros qu’un cheval de loin.

À cet instant, l’un des soldats les accompagnant leur signala qu’ils avaient terminé de rassembler le nécessaire pour survivre plusieurs semaines dans le désert, au cas où ça s’avérait nécessaire. Les carrioles étaient plutôt chargées et ils ne passeraient pas inaperçus, mais les membres de l’Ordre allaient certainement jouer les éclaireurs et ne revenir auprès de leurs renforts que le temps de dormir, afin de diminuer le groupe et l’attrait qu’ils représentaient. Le soleil commençait à descendre à l’horizon, mais Douhbée n’avait pas envie de s’arrêter maintenant, leur objectif semblait s’éclaircir à mesure qu’ils progressaient, et elle n’arrivait plus à dormir, de toute façon.

-Si je puis me permettre, par expérience… Les journées sont épouvantablement chaudes dans le désert, il est souvent plus simple et sécuritaire de voyager de nuit, et s’abriter pendant que le soleil est au plus haut. On pourrait donc partir tout de suite, si vous êtes d’accord.

Disons que ça l'arrangerait surtout elle…
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Losly G.
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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Dim 25 Sep - 16:33

Après s'être séparé et avoir récupérer ce qu'ils pouvaient - pour sa part Losly avait récupéré de ces vêtements exotiques (les grandes capes qui protègent du soleil là, pas les parures brillantes et légères) pour les protéger du soleil, quelques armes et morceaux de métaux, ainsi que de la nourriture - ils se retrouvèrent plus loin, avec le reste des soldats qui constituaient leur équipe. Somme toute, ils avaient un peu tous entendu les même choses. Lui aussi, avait perçu une hésitation, on l'avait d'ailleurs abordé, pour leur demander jusqu'où ils iraient dans le désert, ce qu'il n'avait pas su répondre.

À la question de Douhbée, il haussa les épaules. « Plus près de la frontière, les gens sont plus indépendants de l'Ordre. » déclara-t-il simplement et platement. C'était tristement vrai. Ils étaient la barrière du monde extérieur sur le royaume, leur climat était différent et leurs coutumes aussi. C'est normal qu'il se creuse une distance entre les gens du nord, comme eux. Il écouta la description du reptile ailé. C'était inquiétant, et cela renforçait sa décision d'en découvrir plus. Si une telle créature effrayait les populations, il devait définir à quel point elle représentait une menace, s'il y en avait d'autres, et potentiellement la neutralisé.

Le sous-chef tourna la tête vers la carriole, il aurait préféré un bon gros sac sur le dos, des sacoches sur les montures, et un voyage rapide. Mais s'ils voulaient survivre, ils devaient avoir une bonne quantité de provision, ils étaient peu habitués à ce climat, après tout. Il jeta un regard pensif sur l'étendue sablonneuse devant eux. Vigie... Ce tas de plumes aimait bien inquiétait les gens qui tenaient à lui. Ils allaient le retrouver, et le ramener. Et s'il lui manquait des plumes, il ferait en sorte d'éplucher le coupable.

Les paroles de l'écuyère le firent tourner la tête vers elle. La nuit... le sable était clair, la lune les éclairerait, mais qu'en était-il des nuits sombres? Il hésita. Jamais ils ne pourront dormir en plein soleil. Il prit le temps d'y penser quelques secondes de plus. L'idéal serait d'éviter l'heure de pointe du soleil, sans nécessairement passer leurs journées à s'en cacher. Il déclara finalement : « Nous nous arrêterons peu avant que le soleil soit à son zénith, et nous repartirons quand il aura bien entamer sa descente. Quand la nuit sera noire, nous nous arrêterons à nouveau, sans le soleil il sera dur de s'orienter dans ce désert, et la lune ne sera pas toujours là pour nous éclairer. » Il leur fit face. « Ça vous va? »

Selon lui, c'était la meilleure façon de faire les choses. « Nous longerons les côtes le plus possible pour ne pas se perdre au milieu du désert, puisque le sud est la zone à éviter, nous irons directement là. » Il hocha la tête. « Des protestations? Non? Je n'en veux pas vraiment de toute façon. » Il jeta un oeil sur l'assemblée et présenta les vêtements à ses soeurs chevaliers, il avait déjà demander aux soldats de s'en procurer. « Il ne faut pas oublier cela, même si le soleil ne sera jamais à son zénith quand nous serons dessous, il est suffisamment fort pour nous carboniser la peau. » Il ricana. « Du moins la vôtre. » Il jeta une simple cape sur ses épaules et monta à cheval. « Ces montures sont habituées au climat bouillant d'ici, le village prendra bien soin de nos chevaux habituels. Faites connaissances avec vos nouveaux compagnons. »

Personne n'était à pied. Il y avait ceux qui dirigeaient la carrioles, et les soldats qui l'entouraient. Ils ne pouvaient se permettre de perdre pied dans ce paysage sordide. Il talonna son cheval. Le soleil plombait à l'horizon, ils avaient quelques heures avant qu'il disparaisse, autant commencer tout de suite. Avec un, un habitant du désert qui avait accepter de leur servir de guide, connaissant les différents dialectes de la région et le désert à proprement dit. Il avait approuvé les directives de Losly, ce qui faisait son affaire. La route allait être longue. Sur sa monture se trouvait de nombreux fourreaux et morceaux d'armure. Pas question de porter son armure de métal, et Kriesa débalancerait le cheval. C'était la meilleure méthode qu'il avait trouvé pour l'instant, gardant à sa ceinture, le pommeau de sa meilleure alliée et le poignard qui l'accompagnait, sous sa petite forme.

Le départ se passa donc ainsi, quand la nuit commença à devenir trop sombres, il s'arrêtèrent, formèrent le campement, et on recommanda de demeurer à l’affût, il y avait toutes sortes de petits prédateurs dans le sable. Il ne fallait pas une seule faille dans la toile, sinon ils allaient se faufiler. Quelle joie de partager son sommeil avec ces serpents et ces scorpions! Quand le soleil commença à pointer son nez, il leva tout le monde. Ils allaient pouvoir se reposer plus tard. Ils reprirent la route sous le soleil qui se levait. Il y avait toutes sortes de paysages. Des dunes, des trous, des grottes, des rochers, des oasis... le désert était une source intarissable de surprise qui firent sursauter les soldats plus d'une fois, avec ses multiples créatures.

Mais il ne virent pas de reptiles ailés géants. Un jour passa. Puis deux. Puis trois. Ils avançaient dans cet endroit hostile. De temps à autre, deux des chevaliers partaient d'avance, afin de voir ce qui s'en venait, puis revenait. Le quatrième jour, ils rencontrèrent une tribus de nomades qui remontaient. Ils n'étais pas allé tout au sud, mais le déconseillait. Les reptiles géants? Non, pas vu. Vigie? Un homme pâle, de race pheryxiane? Portant cet insigne? Oui, oui. Ils en avaient vu un plus au centre, plus creux encore.

De toute évidence, cette information suscita une vague d'enthousiasme. Il avait été aperçu à environ deux jours d'où ils étaient, ils allaient devoir s'enfoncer plus dans le désert, mais c'était déjà cela. Il y avait une petite oasis marchande. Ils allaient s'y rendre! Il aurait bien dit un mot d'encouragement à Douhbée, mais il ne saurait que dire. Il se contenta de lui envoyer un clin d'oeil et de faire signe à la troupe de suivre le guide vers la nouvelle destination.

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Adelyn
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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Lun 3 Oct - 12:52

La chevalière avait un mauvais pressentiment qui lui tiraillait les entrailles. Cette méfiance inhabituellement élevée de la part des habitants locaux n’augurait rien de bon, selon elle. D’autant plus que leur seule piste quant à ce danger immense était une vision d’une créature inconnue… Or, ils n’avaient aucune preuve que l’enlèvement de Soren était lié à la menace du Sud. Elle avait également des craintes quant à un reflux de réfugiés en territoire alombrien si les choses devaient empirer, mais elle passa son inquiétude sous silence. Ça ne servait à rien d’essayer de régler tous les problèmes du monde en une seule séance, sans compter que les soldats les accompagnant leur faisait déjà signe que les préparatifs étaient terminés.

Adelyn tourna la tête en direction de la pardusse, écoutant ses recommandations sur les voyages dans le désert. Étant née dans la région et y ayant fait une mission par le passé, en compagnie de son amoureux disparu, elle avait une bonne idée des conditions climatiques et des dangers qui pouvaient se retrouver sur leur chemin. La fée lui prit doucement la main, question de lui transmettre un peu de compassion et de réconfort. Elle la caressa de son pouce tandis qu’elle avait tourné son attention vers Losly. Ce dernier avait une vision légèrement différente de la façon de procéder, mais qui était tout aussi valable que celle de Douhbée.

- Chef, oui, chef! fit-elle avec un sourire en coin, servant également un salut militaire pour accentuer sa taquinerie.

Elle ne pipa mot lorsqu’il s’enquit de possibles protestations, car elle n’en avait pas, voire qu’elle était plutôt d’accord avec cette décision d’investiguer la menace du sud tout en cherchant une piste pour le pheryxian. Elle accepta volontiers les vêtements destinés à les protéger du soleil, roulant les yeux au commentaire du sous-chef, et ne perdit pas un instant pour enfiler la cape.

- Salut, mon beau… souffla-t-elle à sa nouvelle monture, après être allée dire au revoir à sa jument habituelle, évidemment.

Les premiers jours de leur périple fut exactement comme on aurait pu s’y attendre : du sable, du soleil, du sable, des bestioles qui cherchent à s’infiltrer dans les craques de leur tente, du sable et encore du sable! L’humeur de la fée devenait massacrante au fur et à mesure que ses excursions avec Losly continuaient de ne donner aucun résultat. Par chance, lors du quatrième jour, un groupe de nomades leur fournit enfin de l’information concrète concernant Vigie. Cela apaisa la colère de Lyn, car leur groupe pouvait désormais retrouver un focus sur leur objectif plutôt que de déambuler dans le désert.

- Nous y arriverons bientôt, ma jolie. Tu avais raison de ne pas perdre espoir. dit-elle à Douhbée en lui serrant l’avant-bras.

Le groupe continua sa route en direction de l’oasis marchange; or, le lendemain, la chevalière rattrapa Lorsly et fit signe à l’écuyère de se rapprocher. Elle avait longuement réfléchi la nuit dernière à la façon d’approcher cette nouvelle étape de leur mission et, même si ce n’était pas à elle de prendre des décisions, elle savait qu’elle était en droit de donner son opinion.

- Je crois que Douhbée et mois devrions aller de l’avant et infiltrer l’oasis avant que le reste du groupe ne fasse son entrée. Elle soutint le regard du sous-chef, car c’était surtout lui qui avait le pouvoir d’accepter ou de refuser sa proposition. Nous avons ici une opportunité de s’informer sur cette menace du sud sans qu’on ne se méfie de notre allégeance. Je peux aisément prendre la forme d’une pardusse lynx et passer pour la sœur de Douhbée. Et, petite comme elle était, elle serait inévitablement considérée comme étant la plus jeune… Les habitants nous feront sans doute plus confiance s’ils nous considèrent comme étant des leurs… Je crois que ça vaudrait la peine d’essayer de recueillir autant d’information que possible avant que mot ne parte de notre enquête concernant la disparition de Vigie. Surtout qu’on ne peut éliminer le possible lien entre son enlèvement et ce qui se passe à l’autre extrémité du désert, alors ces informations pourraient nous aider également dans ce cas. Je crains qu’on ne refuse de nous renseigner s’ils savent que nous appartenons à un ordre d’un des royaumes du nord. Qu’en dis-tu, Los? Est-ce que ça en vaudrait la peine? Et toi, Douhbée, serais-tu partante?

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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Sam 8 Oct - 21:08

Douhbée serra machinalement les doigts d’Adelyn dans les siens, écoutant d’une oreille distraite les instructions de Losly, hochant la tête lorsque cela s’avérait nécessaire, et soupira de soulagement à savoir qu’ils partaient immédiatement. Quelle que soit la méthode employée, tout ce que la pardusse voulait, c’était quitter ce foutu village et commencer les recherches, question de ne pas perdre la tête dans ses pensées effrayantes de créatures ailés. L’écuyère quitta un peu à regret la poigne réconfortante de la fée-chevalier pour aller rejoindre son nouveau cheval, une bête forte conçue pour la vie dans le sable, abandonnant la jument avec laquelle elle avait l’habitude de faire ses missions et dont elle s’était attachée, mais prudence et sécurité étaient de mise, leurs chevaux resteraient derrière.

Douhbée s’abrita sous ses nouveaux vêtements typiques du désert et enfourcha sa nouvelle bête, plutôt docile après avoir reçu sa dose de caresse derrière l’encolure et les oreilles. Les heures de voyage étaient pénibles, non pas à cause de la température (la pardusse s’en fichait éperdument) mais parce qu’elle sentait que, plus ils s’enfonçaient dans le désert, plus leurs soldats manquaient d’intérêt pour cette mission et commençait à douter de son intérêt. Mais les heures se sommeil étaient bien pires, puisque l’écuyère les passaient soit toute éveillée à se ressasser des horreurs, ou à dormir et à voir bien pire. Il s’agissait toujours de simples rêves, et non de visions, concernant Vigie, mais à son réveille, il y avait toujours quelques secondes d’hésitation au cours desquelles elle n’était plus certaine d’avoir aperçu le futur ou simplement les scénarios fictifs de son cerveau désirant la faire sombrer en dépression.

La nuit précédant la quatrième journée de route, la pardusse s’était encore éveillée en sursaut à la suite d’un cauchemar, au cours duquel Soren subissait d’atroces souffrances, et plus elle le repassait dans sa tête… plus elle craignait d’avoir finalement eut une vision. Tremblante et les yeux plein d’eau, elle s’était précipité en silence près de la couche d’Adelyn, sans oser la toucher au risque de la réveiller, elle reprit son calme en suivant le rythme de la respiration endormie de son amie, jusqu’à ce que le désert soit suffisamment claire pour qu’ils recommencent la route.

***[Vigie] M’entends-tu Soren? *** essaya-t-elle désespérément, certaine, malgré la douleur que ça lui infligeait, d’avoir eut une vision de son fiancé, et non un simple cauchemar. Le point positif étant qu’il était toujours vivant… Mais sa requête resta sans réponses, pour la centième fois au moins depuis le message inquiétant du phéryxian.

Quelques temps après le départ ce jour-là, toutefois, la lumière sembla enfin vouloir se faire sur leur route (et non pas à cause du soleil qui se levait). Losly avait questionné, par l’entremise de leur traducteur, un groupe de nomades qui se dirigeaient vraisemblablement vers la protection que leur offrait le nord, eux aussi. Pourtant, ils n’avaient vus aucuns reptiles géants, mais un oiseau blanc? Ça oui! Douhbée souriait déjà lorsque l’incube se retourna pour lui adresser un clin d’œil encourageant. Ils ne voyageaient pas en vain… La pardusse posa sa main griffue sur les doigts délicats de la fée qui venaient de se poser sur son avant-bras, la serrant pour se redonner contenance. Elle n’avait jamais perdu espoir, mais était passé près de le faire…

Ainsi, malgré leur intention première de longer l’océan, le groupe commença à s’enfoncer à l’intérieur de l’immensité du désert pour retrouver cette oasis dont avaient parlé les nomades. Probablement grâce à son espoir renouvelé, Douhbée ne fit plus d’autres cauchemars par la suite, mais elle n’avait quand même pas gardé sa vision pour elle, partageant avec ses compatriotes de l’Ordre sa certitude que Soren était vivant, sans donner de détails sur les tortures qu’elle avait vues. Elle n’avait prétendu que l’avoir vu enchaîné, ce qui était une demie-vérité… ou un demi-mensonge? Enfin, simplement quelque chose de plus facile à dire pour elle, à tout moment sur le point de craquer rien que d’y penser…

Au cours de la deuxième journée de marche vers l’oasis marchande, Adelyn proposa à Losly qu’elle et Douhbée partent seule pour infiltrer, puisque la Chevalier pouvait se transformer en pardusse et que l’origine «sauvage» de l’écuyère pourrait apaiser les craintes. Elles pourraient donc s’informer en paix sans qu’ils craignent avoir à faire à des habitants d’Alombria ou de Shola.

-Évidemment, je suis partante, je serais bien incapable de rester derrière et vous attendre, de toute façon. Et puis, le Clan des Lynx ne parlait pas de dialecte sauvage, ils parlaient la langue enkiev, c’est Miya et Regina qui me l’ont appris. S’ils s’étonnent de notre absence de vocabulaire dans leurs langues, on pourra se rattraper ainsi. De toute façon, dans une oasis marchande, on devrait trouver des habitants du désert parlant enkiev, c’est la langue de commerce même ici.

Ainsi, lorsqu’un éclaireur revint vers eux pour les informer de la proximité de la fameuse oasis, le lendemain, Douhbée et Adelyn entreprirent seules d’y galoper, et se firent effectivement peu questionner de par leur teint halé du désert et leurs attributs lynx. Bientôt, elles purent découvrir ce qui effrayait tant les habitants du désert et du sud d’Enkidiev, et cette nouvelle fit paniquer la pardusse, gardant avec difficulté un air impassible, comme si elle était déjà au courant… Une invasion… manquait plus que ça! Aucun des sauvages interrogés n’avait aperçu de phéryxian blancs, d’ailleurs ceux à qui les deux membres de l’Ordre posèrent la question les regarda avec un air intrigué, se demandant vraissemblablement pourquoi elles espéraient trouver un habitant des montagnes du nord dans l’infini de sable. Mais même sans cette information, la terrible vérité faisait son chemin dans la tête de l’écuyère.

-Ce n’est pas Shola, soupira Douhbée lorsqu’elles furent toutes les deux retournées auprès de leur groupe., resté hors de vue de l’oasis. Mais on a un autre méga problème, bien pire que Shola. Des envahisseurs ont commencé à abattre les habitants du désert par la frontière Sud, mais pas par bateau… ils sont arrivés… à dos de dragons. Et les clans sauvages sont incapables de les arrêter.

Si Vigie avait effectivement été arrêté par ce nouvel ennemi potentiel… Alors cela pouvait expliquer l’absence de réponses télépathiques. Les sauvages ignoraient d’où venait leur envahisseur, mais semblait dire que la distance entre le continent Enkidiev et leur ennemi était considérable, peut-être même infranchissable en bateau, car aucun navire pêcheur n’en avait jamais vu la côte. Ils étaient débarqués par voie aérienne… Et si c’était le seul moyen de s’y rendre? Non… ils ne pouvaient quand même pas avoir déplacé une armée entière avec des dragons! Ils ne pouvaient pas en avoir autant, quand même! Si… ?
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Losly G.
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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Sam 22 Oct - 15:55

Le lendemain de la rencontre de leur informateur, Adelyn vint à lui. Losly l'écouta attentivement et prit le temps d'y réfléchir. Elle avait amener de fort bons arguments, même s'il rechignait un peu à l'idée de se séparer d'elles. Il craignait pour leur sécurité. Sauf que pour la mission, c'était une solution fort censée. Il savait comme Douhbée avait besoin de cet espoir. Il n'était pas dupe, il voyait cette inquiétude grandissante, il l'entendait s'agiter dans son sommeil. Même si leur relation était tendue, il la respectait. Même s'il n'en montrait rien, il s'inquiétait lui aussi pour le jeune homme. Même s'il n'avait pas réellement été son écuyer, il avait participé à sa formation et avait eu de nombreux moments agréables avec lui.

L'idée que celui-ci soit enfermé quelque part n'était pas pour lui plaire. Ainsi, se frottant le menton, avec une barbe naissante, il considéra les deux jeunes femmes. Les deux le regardaient, attendant son verdict après leur échange. Il hocha finalement la tête. « Alors soit, qu'il en soit ainsi. Mais vous devrez me contacter au moindre signe de grabuge et j’accourrai. » fit-il, la mine grave. Où était donc passé le Günter farceur que tout le monde connaissait? C'était l'inquiétude en fait qui perçait à sa manière. Il ne restait qu'à prier les deux que tout se passe pour le mieux.

Le jour suivant, l'éclaireur qu'il avait envoyer revint avec de bonnes nouvelles. Ils approchaient du but. Et fit donc halte au premier endroit qu'il vit qui offrait un certain abris, et fit signe aux deux femmes qui entreprirent de poursuivre la route, seule. Il n'avait plus qu'à attendre en se tordant les mains et en faisant les cent pas. Il était visiblement agité et n'arrivait pas à se montrer calme. Et si c'était un piège? Si les deux jeunes femmes se faisaient aussi capturées? Il ne pouvait que demeurer sur ses gardes, prêt à sauter sur sa monture pour venir à leur secours.

Heureusement, cela ne fut pas nécessaire. Après plusieurs heures, elles revinrent avec des nouvelles peu chaleureuses, assez pour lui procurer un frisson malgré la chaleur environnante. « Des dragons... » murmura-t-il. N'était-ce des créatures mythiques qui ne devaient plus exister sur leur continent depuis des siècles? Et une invasion avec ça. Il passa une main sur sa barbe qui commençait à s'épaissir. Il était du pour un bon rasage, mais n'en avait cure. Ce n'était absolument pas sa priorité. Si le chevalier avait réellement été pris par ceux-ci, ils devaient trouver leurs campements, leurs bases, et récolter le maximum d'information.

Il hocha finalement la tête en inspirant profondément. « Nous allons retourner longer l'océan, l'air salin nous fera du bien. Il nous faudra descendre et demeurer sur nos gardes, et trouver un moyen de rejoindre ce qui doit être un fort loin continent. Nous trouverons forcément un port où nous devrons louer les services d'un navire et de son équipage. » L'idée de s'embarquer vers l'inconnu... « Douhbée, si tu as vu quelque chose sur cet endroit, je ne serai pas fâché d'en savoir plus, sinon ce n'est pas grave, nous trouverons un moyen d'obtenir ce que nous voulons. » Ils n'avaient pas de dragons, ni rien qui puisse les éclairer par la voie des airs. C'était le travail de Soren, ça.

Maintenant, il devait communiquer cette information aux soldats... Soupirant, le sous-chef convoqua un rassemblement et énonça les faits, s'assurant de demeurer calme, et rassurant. Il ne fallait pas semer de panique. Si quelqu'un savait quelque chose sur le sud du désert, un continent au sud, ou les dragons, qu'il se manifeste... S'en suivit de plusieurs échanges sur des rumeurs, des informations obscures et difficiles à vérifier. Bref, il ne pouvait pas vraiment s'y fier, car personne n'avait de certitude. Les dragons crachaient du feu, non c'était de l'eau bouillante. Il sont grands comme cinq hommes, ou non seulement deux. Des mythes, des légendes. Quelques histoires racontés par des sudiste du désert qui étaient venu à leurs oreilles. Toute information était un brin pertinente, il ne pouvait simplement pas réellement s'y fier.

Ainsi, ils devaient traverser le désert en entier, risque la faim et la soif, trouver un port, s'il y en avait un, et même là, qui ait un bateau suffisamment gros et résistant pour la route, ou le faire construire. Il fallait un équipage prêt pour cette aventure. Et il ne connaissait pas l'océan, mais un désert d'eau devait être aussi pénible pour s'orienter que celui de sable. C'est à savoir s'ils n'allaient pas mettre des années à se rendre... Le mieux était peut-être de rentrer, et de faire construire le navire qui leur fallait au nom de la reine et ainsi s'assurer d'un équipage et d'une quantité suffisante d'eau et de vivres pour le voyage.

Il secoua la tête et leva la main pour faire taire tout le monde. « Nous n'avons pas le choix, s'il nous faut un grand navire et un équipage fiable, nous allons devoir rentrer. L'un des équipages de corsaires pourra sûrement nous faire traverser, ils sont habitués aux intempéries de la mer et, surtout, à l'autorité des chevaliers d'Alombria. Je sais que l'idée de retourner à la source ne vous plait guère, mais soyez assuré que ce voyage n'est pas en vain. Nous avons appris beaucoup, et sommes assuré que nous avons une chance de retrouver le chevalier, et d'en apprendre plus sur un potentiel ennemi. Nous passerons le reste de la journée et la nuit ici, demain nous prenons la route d'Alombria. De longues épreuves nous attendent! »

Il se tourna ensuite vers Douhbée et posa une main sur son épaule. Elle fut probablement loin dans ses pensées, car elle n'esquiva pas. « Nous allons le trouver, je remuerai ciel et terre avec toi, sois en sûr. » Adelyn assura qu'elle serait de la partie aussi. C'est ainsi que, le jour suivant, ils reprirent la route vers Alombria. Les soldats étaient ravi de revenir vers un climat plus clément. Intérieurement, le semi-incube se moqua. Il ne s'attendait pas à ce que la mer soit plaisante. Il avait entendu bien des histoires sur sa colère et ça brasserait bien plus qu'ici.

À part une bande de brigands qui les ralentit, et dont ils se débarrassèrent sans trop de peine, deux blessés, mais aucun mort - de leur côté, ils revinrent sans encombre. Losly entreprit d'exposer son plan à Colombe, par télépathie, tout en dirigeant ses troupes vers le port. Pas de détour par le château, de pause avec la famille? Non. Le voyage allait être long, il n'y avait pas de temps à perdre. Il fallait trouver une île que personne ne connaissait! Les corsaires étaient habitués à sillonner les mers et affronter son courroux, ainsi que tout ce qui concernait la piraterie et les attaques marines. Il était à l'aise de réquisitionner leur aide et leur équipage. Ils étaient tous de fiers combattants alombriens, non?

Ouais... il faut dire que la notion de soldat alombrien, au château, et la version marine était fort différente. Probablement que lui aussi, il serait plus... verbal et direct, s'il passait son temps entouré de poisson et des même hommes puants et bavants. Ce n'est pas toutes les femmes d'équipage qui donnaient leur faveur, et les catins étant interdites... ils avaient les poches pleins et une grande envie de tout... dépenser arrivés sur terre! Bref, n'ayant jamais fréquenté ceux-ci, le sous-chef eut un bref choc. Adelyn, ça allait, elle pouvait se défendre. Mais Douhbée, qui détestait les hommes... il ne pouvait renier ses charmes. La route allait être pénible. Il prit donc la plus vieille de ses compagnes à part.

« Adelyn, toi et moi allons devoir garder un oeil sur ces ivrognes débauchés, parce que je crains que Douhbée ne se fasse harceler. » Il sourit et lui fit un clin d'oeil. « Je sais que tu n'hésiteras pas à leur présenter ton genou, mais nous connaissons tous deux la réticence de notre jeune amie envers les étrangers. » Et ce n'est certainement pas lui qui aura du mal à contrôler les gorilles de leur équipage. Il était fort probablement plus fort que chacun d'entre eux. Il n'était pas inquiet à ce propos, et puis, de plus, n'était pas le sous-chef de l'Ordre des chevaliers d'Alombria? À sa connaissance, c'était Colombe qui supervisait les corsaires. Ainsi, il avait tout autorité sur leur salaire et leur métier. L'embarquement se fit en gromelant. Il y avait bien peu de place pour ce petit monde, il y eut ainsi deux semaines d'ajustement, pendant lesquels on modifiait le navire.

La cale fut aménagée pour recevoir une grande quantité de vivre, et quelques armes de rechange, les combats étaient à prévoir. Les dortoirs furent modifiés. Ainsi, Douhbée et Adelyn allaient avoir une chambre ensemble, à la porte verrouillée, et Losly aurait sa cabine personnelle, au même titre que celle du capitaine. Il parla d'ailleurs longuement avec celui-ci, visualisant des cartes, alors qu'ils séjournaient sur le village côtier en attendant le départ et les modifications. Le grand jour arriva enfin. On sonnait le départ et l'embarquement. Il se plaça aussitôt non loin de Douhbée, prêt à distribuer des regards sombres et menaçants à quiconque s'essayait - et tout autant pour Adelyn, même s'il s'inquiétait moins pour elle quant à l'insistance des marins. Il s'adressa aux deux jeunes femmes. « Prêtes? » De toute façon, elles n'avaient pas le choix.

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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Mar 1 Nov - 13:52

La chevalière fut satisfaite de constater que son confrère et sa consoeur consentaient à son plan d’infiltration de l’oasis, dans le but de recueillir davantage d’information sur cette menace mystérieuse dont on ne voulait piper mot aux représentants de leur ordre. Il n’en fallu pas plus pour que la fée se transforme en pardusse lynx et jure à son supérieur qu’elle et sa collègue ne courraient pas inutilement de risques. Le duo blond, cependant, ne s’était pas attendu à faire une découverte d’une si grande ampleur que celle de dragonniers cherchant à envahir tout ce qui se trouvait au nord de leur territoire… Territoire inconnu, à ce qu’en déduit les guerriers alombriens.

Adelyn n’osa avancer de théorie sur cette nouvelle menace, qui était plus grande qu’elle ne l’eut cru. Elle préféra s’en tenir à l’information recueillie. C’est pourquoi elle soutint le sous-chef lorsque celui-ci décréta que leurs forces retourneraient au bercail avant de se lancer dans une expédition visant à découvrir où se trouvait la terre natale de cet ennemi mystérieux. « Losly a raison, nous ne pouvons partir à l’aveugle avec ce que nous avons comme équipement et provisions en ce moment. Nous devons prendre la peine de se préparer convenablement à une mission de plus longue durée. » Elle serra ensuite la main de son amie Douhbée, lui démontrant qu’elle était tout aussi déterminée que leur compagnon à retrouver Vigie. Ce dernier était fait fort; sans compter qu’il ne voudrait pas que sa douce se lance dans un tel périple sans avoir pris les précautions nécessaires.

Le groupe retourna à la capitale alombrienne, sans pour autant y faire un arrêt digne de ce nom. Leur premier et unique arrêt fut au port afin de se dénicher un navire pouvant les amener à destination. Tout à coup, Losly demanda à Adelyn de parler. Elle le suivit donc en retrait, cachant les questions qu’elle se posait afin de ne pas alarmer les autres. « Qu’y a-t-il? » demanda-t-elle, pour se faire répondre qu’il s’inquiétait de leur camarade à oreilles touffues. La fée acquiesça, sachant fort bien comment son amie était avec les hommes. Elle ne voulait pas trop la couver, mais elle promit de garder un œil ouvert pour que les hommes la laissent tranquille. Le premier à lui faire des avances aurait affaire à elle et Parandar savait qu’elle était amplement capable de foutre une raclée à un marin.

Le jour où le départ se fit, la jeune femme au regard céruléen se tenait fièrement sur le pont avec ses camarades. Elle porta son poing à son cœur et clama calmement : « Pour Alombria. »[/b] Puis, elle fit un clin d’œil à la pardusse, avant de lui murmurer un : « Pour Soren. » Les premiers jours furent rocambolesques, Adelyn se faisant violence pour ne pas se prendre la tête avec un corsaire ou un autre. Elle leur fit clairement savoir qu’elle ne tolérait pas leurs blagues salaces… mais ce ne fut rien qu’un bon coup de poing en pleine tronche ne put régler. Ce fut Losly qui s’amusa de la situation, déclarant au marin blessé qu’il avait averti l’équipage de respecter les femmes à bord. Autrement, si elle n’était pas en train de consulter des ouvrages obscurs sur les dragons et le désert, la fée faisait son possible pour tenir compagnie à Douhbée. La pauvre avait le mal de mer… ce qui rendait le voyage particulièrement pénible pour elle.

Le vingt-huitième jour, Adelyn alla à la rencontre de sa colocataire de chambre. Elle lui fit signe de prendre place sur un baril, le temps qu’elle lui peigne les cheveux. Cela lui permettait de vomir par-dessus bord si jamais il y avait trop de houle. Sinon, on ne pouvait dire que la fée n’aimait pas jouer dans les cheveux soyeux de sa compagne! Elle créait un chef-d’œuvre sur leurs têtes respectives à tous les jours, question de passer le temps.

- As-tu eu de nouvelles visions concernant Soren, ma jolie? Elle commença à tresser ce que l’on appelle une queue de poisson, en l’honneur de la mer. J’ai rêvé à lui cette nuit, tu sais. Il était dans un palais sous-marin, dans une cage de verre. Il attendait, le dos tourné, mais je pouvais voir à sa posture qu’il était calme… bien que triste. Puis, une voix se mit à chanter. J’ai mis un moment avant de comprendre qu’il s’agissait de la tienne… et c’est là que tu es arrivée, entourée d’une aura. On aurait juré une déesse. Immédiatement, le visage de Soren s’est illuminé et, comme par magie, il sortit de sa cloche de verre. Elle noua un ruban bourgogne, son favori, au bout de la natte de son amie. Elle lui serra ensuite les épaules, signe qu’elle pouvait se relever. Nous le retrouverons… N’est-ce pas, Losly? cria-t-elle pour attirer l’attention du chevalier. Celui-ci lui fit signe d’attendre, puisqu’il discutait avec le capitaine. Nous devrions bientôt avoir terminé de contourner le dé… Par Parandar, je n’y crois pas. Douhbée, regarde ça! Tu as de meilleurs yeux que moi… Dis-moi si ta première vision ressemblait à ça.

Bouche-bée, Adelyn ne savait que dire. Au loin, elle voyait une forme pâle, surmontée d’une forme plutôt sombre, voler au-dessus de la mer. Heureusement que le ciel était peu parsemé de nuage, sans quoi elle ne les aurait peut-être même pas vues. Malheureusement, ce fut une curiosité de courte durée… car le duo inconnu changea de cap et vint en direction des Alombriens. Une fois plus près, Adelyn comprit qu’ils avaient affaire à l’une de ces dragonnières, car c’était bel et bien une femme à la chevelure d’ébène et aux yeux tout aussi sombre qui fonçait sur eux. (La seccyeth Mi Yeon, en l’occurrence.) « En garde! » hurla la chevalière ailée, tirant sur le bras de sa consœur, l’attirant vers le sol pour la cacher un peu de la créature volante. Tout se passa si rapidement que ce fut terminé avant que la fée ne puisse comprendre ce qui se passait. La dragonnière avait utilisé sa monture, de la grosseur d’un cheval de trait, afin d’endommager les voiles.

- Putain! souffla la guerrière à la chevelure de blé. Ce n’avait été qu’un murmure, mais elle pouvait lire la surprise sur le visage de sa compagne. Nos voiles sont entièrement déchiquetés… et je ne vois pas de terre ferme nulle part. Elle se rua aux côtés du sous-chef de l’Ordre. Losly, quel est ton plan? Elle ne prit pas la peine de lui demander son état; s’il était capable de se tenir debout, c’est qu’il allait bien. Avons-nous beaucoup de blessés?

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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Jeu 3 Nov - 18:25

Bien que n’ayant fichtrement pas envie de perdre des semaines à faire demi-tour, pour revenir les mains vides à Alombria, Douhbée ne pouvait protester. Ils auraient perdu encore plus de temps à longer l’océan via le désert pour ne finalement trouver probablement jamais d’embarcation digne de ce nom pour partir en expédition à la recherche de ce territoire inconnu d’où provenaient des dragons. Pourtant, même s’ils avaient progressés dans la mission, la jeune femme avait l’impression de reculer. Arriverait-elle jamais à retrouver Soren? Vivant? Les mois qu’ils passeraient à rentrer, préparer le voyage en mer (ce qui n’était pas une mince tâche), voguer jusqu’aux extrémités sud du désert, chercher ces étrangers… Ça pouvait prendre des mois! Des années même! La vision qu’elle avait eue de Vigie, souffrant sous la torture, lui broya le cœur. Et lui, combien de temps allait-il pouvoir attendre?

Elle savait qu’ils avaient raison, pourtant elle ne put s’empêcher de faire la moue, malgré l’apparente confiance de Losly, lui assurant qu’ils finiraient par le retrouver. Même le contact de sa main n’avait pas réussi à faire réagir Douhbée. Il n’avait pas vu ce qu’elle avait vu…

---

Le groupe n’avait même pas pris la peine de passer par le château, se rendant immédiatement aux ports de la capitale pour préparer l’embarcation avec les vivres nécessaires pour passer plusieurs mois en mer. Au cas où. Ils ne savaient même pas exactement où ils s’en allaient, après tout!

De ce qui se passa sur le navire pendant tout le premier mois que dura le voyage, Douhbée n’eut que quelques vagues impressions, n’étant pas tout à fait à son aise sur l’eau. La malédiction du mal de mer l’avait frappé, et même si elle avait deviné qu’elle n’allait pas avoir le pied marin, le constater était toute autre chose. Les premiers jours de navigation furent passé à se vider les tripes par-dessus bord, jusqu’à ce qu’elle n’ait plus rien à régurgiter. Essayer de manger, c’était un enfer, elle perdit considérablement du poids pendant les premiers jours, jusqu’à finalement trouver le moyen de lui faire boire du bouillon, qui lui donnait assez de forces dans lui mettre l’estomac à l’envers. Le voyage n’était définitivement pas de tout repos pour la pardusse, et elle se sentait d’autant plus frustrée de se savoir aussi inutile à bord. Quoi que, qu’aurait-elle pu faire de plus, en attendant de quitter la périphérie du continent pour chercher l’ennemi?

Un jour, elle était assise devant le bastingage (par précaution habituelle) alors qu’Adelyn jouait dans ses cheveux, les tressant comme elles avaient pris l’habitude de le faire depuis que Douhbée était capable d’aligner deux mots sans vomir. Heureusement que la fée avait été là pour s’occuper d’elle et lui changer les idées, car combiné à la faim et l’épuisement de ses nausées, la pardusse n’avait cessé de faire des cauchemars, tous plus troublants les uns des autres, et elle avait parfois un mal fou à savoir s’il s’agissait de visions. Pourtant, avec les années, elle avait su affiner sa capacité à discerner le futur du rêve, mais malade comme elle était, tout lui semblait flou et confondu.

-Je ne sais pas, c’est difficile à dire, Adelyn, tout est mélangé dans ma tête… marmonna-t-elle en réponse à la question de sa comparse au sujet de ses visions. Je ne sais pas chanter! ajouta-t-elle en riant, ce qui arrivait bien peu souvent dernièrement.

Le rêve qu’Adelyn lui avait raconté en était bien un, ça c’était facile à deviner. Ses rêves à elle frôlaient parfois tellement le réalisme que la confusion avec ses visions était trop puissante. Il y avait quelque chose de particulièrement effrayant à l’idée d’être devenue incapable de faire la distinction entre le cauchemar et la réalité, car disons que ses rêves n’avaient rien de mignon ou d’amusant depuis qu’elle était en mer. Ils étaient troubles, comme noyés, chaotiques, apocalyptiques parfois, dans leurs effusions de sang et de cris. Douhbée s’était relevée lorsqu’elle sentit le ruban se nouer dans ses cheveux, et s’apprêtait à échanger de place avec son amie pour la coiffer à son tour lorsqu’elle attira son attention vers le ciel.

La pardusse déglutit, se contentant d’hocher la tête vigoureusement, en reconnaissant la silhouette effrayante d’un dragon piquant le ciel. Ça ne semblait pas être exactement le même, puisque de couleur immaculée, ce que Douhbée pouvait aisément percevoir malgré la distance. Bientôt, tous les soldats durent armés sur le pont, bien que l’écuyère se demandait qu’est-ce que des hommes à pieds pouvaient bien espérer contre un tel monstre. La jeune femme dégaina son couteau au moment où Adelyn la tirait vers le sol pour la protéger. Prenant appui sur la balustrade, la lynx s’obstina à essayer de se remettre debout pour prêter main forte aux deux Chevalier. Heureusement, il sembla que le peur avait pris le dessus sur le mal de mer, car elle put lâcher son appui et même marcher sur le pont sans vomir.

Toutefois, comme elle le craignait, ils ne purent rien faire contre le dragon, qui déchiqueta si rapidement leurs voiles que personne n’avait eu le temps de réagir. Quelques flèches avaient été tirées ici et là, mais aucunes n’avaient fait mouche, les mains tenant les arcs trop tremblantes pour savoir viser. Ils ne pouvaient maintenant plus se diriger convenablement, et ils avaient commencé à s’éloigner de la côte Enkiev depuis quelques jours… Pouvaient-ils vraiment encore se permettre de rebrousser chemin à la pagaie afin de réparer les voiles?

-Terre! s’excita la jeune femme après avoir jeté un regard par-dessus bord. Losly venez! Il y a une île! C’est beaucoup moins loin que le continent.

À peine se profilerait-elle à l’horizon, et ils n’y seraient pas avant la nuit même en mettant tout l’équipe sur les rames, mais retourner à Enkidiev et mettre l’ancre dans le désert aurait été bien plus long, et aussi dangereux. Certes, ils ne pouvaient être assuré de ce qu’ils trouveraient sur cette île, mais une chose rassurait Douhbée : le dragon et sa cavalière n’était pas venus de cette direction et ne s’y rendaient pas non plus, avec un peu de chance, c’était une île déserte, ou un arrêt pour pêcheurs et pirates.

La pardusse fut la première à se précipiter sur la terre ferme dès que le navire fut stabilisé, s’offrant généreusement à la tâche de réparer les voiles autant pour s’occuper les mains que l’esprit. Hors de question de rester sur le bateau tant qu’elle le pourrait, et c’est avec délice qu’elle savoura les nombreux jours qui leur fallu pour remettre l’embarcation en état de voguer sur les grands remous de l’océan. Apaisée par le sol qui ne tanguait sous elle, Douhbée s’était remise à manger convenablement et à reprendre des couleurs. Fait surprenant, à son retour à bord, elle fut bien moins affectée par les roulis et ne vomissait plus à tout va.

-On a une idée d’où on va? Ce territoire n’a jamais été répertorié, non? demanda-t-elle à Losly en fixant l’horizon avec lui, à la recherche de la moins parcelle de terre pouvant être habitée. J’ai encore essayé ce matin de communiquer avec Soren, je le fais à chaque jour. Si seule la distance l’empêche de m’entendre, on finira peut-être par être capable de se guider en se rapprochant, selon la clarté de ses réponses.

Douhbée était accoudée contre la rambarde, à côté du sous-chef, sa présence ne la troublant plus du tout, depuis les semaines, les mois qu’ils passaient ensemble. Si elle avait toujours une préférence pour la compagnie d’Adelyn, c’était simplement car elles étaient amies depuis six ans, et que c’était une femme. Oh, et qu’elle savait lui faire des tresses aussi, ça aidait. La fée venait justement les rejoindre, ne sachant plus, comme tous les autres, comment passer les longues journées de navigation à l’aveuglette.

-Je pense que j’ai eu une vision cette nuit. Ça commence à redevenir un peu plus clair. J’ai vu un très gros château entouré de falaises, ou peut-être de montagnes. Si c’est une île, on devrait la voir de loin, œil de lynx ou pas. Et si c’est un continent, il sera plutôt facile à trouver.

Sauf que pour l’instant, ce qui attirait son regard n’était pas quelque chose d’immobile. Et le drapeau noir qui fut bientôt hissé sur le navire qui venait vers eux n’augurait rien de bon. Apparemment, elle n’avait pas été la seule à les remarquer.

-On va avoir de la compagnie… maugréa-t-elle en allant dans sa cabine chercher son arc, avec lequel elle espérait désormais être capable de viser, ayant cesser d’être bousculée par des nausées.
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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Mer 9 Nov - 20:15

Quand Losly ne surveillait pas l'attitude de l'équipage envers les deux jeunes femmes, et qu'il ne parlait pas avec le capitaine, il s'installait au bord de la balustrade pour observer l'étendue infinie devant lui et ruminer du noir. Il avait tant de colère en lui, et d'incertitude. L'attitude de Colombe le perturbait. Un instant il lui en voulait de lui faire subir son mécontentement, puis il s'en voulait lui-même d'être la cause de tout cela et lui donnait raison de lui en vouloir. Il avait du mal à faire le point sur ses pensées, sur tout cela. Sa vie avait basculé, ni plus ni moins. À un point tel qu'il ne sentait même pas le poids de l'abstinence - ce qui était beaucoup pour lui. Il se sentait vidé, physiquement et mentalement, et seule la mission lui octroyait un focus acceptable pour ne pas perdre le cap dans la noirceur de son esprit.

Ainsi, comme il le faisait régulièrement, il était en train de faire le point sur leur position et leurs prévisions quand Adelyn l'interpella pour quelque chose qu'il ne comprit même pas. Il entreprit de lui faire signe qu'il était occupé, mais peu de temps après, les mots « en garde » le firent se tendre et prêté attention alors que la flotte se mettait sur ses gardes. Un dragon, un vrai. Il était là, et en rapide mouvement d'aile, il piqua vers le navire et plantant ses griffes acérées dans les voiles pour les déchirer et repartir plus loin, sans plus se soucier d'eux. C'était tout? À part un marin attraper puis relâcher à l'eau... que l'équipage s'empressait de repêcher. Cela allait considérablement retarder leur voyage, mais ce n'était rien de majeur. Les deux chevalières semblaient par contre en penser tout autrement. « Quelques hommes à terre, avec des bleus, et un avec quelques égratignures, sans plus. » Rien qui ne nécessite d'aller sur la terre ferme, du moins.

Jetant un oeil vers l'arrière du bateau, il avisa que le gouvernail n'avait pas souffert. C'était l'essentiel. Tant que le mat restait en place, les voiles ce n'était qu'une question de vitesse et d'efficacité, le safran étant ce qui dirigeait principalement le navire. Un long travail d'aiguille et le tour est jouer. Le capitaine lança les ordres pour se diriger vers l'île aperçue par la jeune lynx, histoire de s'ancrer quelque part pour prendre le temps de réparer ce précieux atout. Il n'était pas question de se retarder, et prendre trop de temps en mer pour procéder au raccordement les soumettait au risque de manquer de poussée, le surplace était un des pires moyens pour se rendre vulnérable.

Ce fut donc sans l'apport du vent que Philips, leur capitaine, entreprit de tourner le gouvernail dans la bonne direction et d'encourager quelques marins à sortir les rames pour pousser. Lentement, mais sûrement, ils furent assez près de l'île pour jeter l'ancre. N'ayant pas de port, il fallut faire plusieurs allers retour avec la barque pour débarquer ceux qui allaient s'occuper d'explorer, ravitailler, et réparer. Étendant les longues toiles sur la sable, plusieurs personnes furent désigné afin d'entreprendre de raccorder les longues déchirures. Profitant de cette proximité terrienne, quelques accrochages furent réparés en plus des voiles, et quand le navire reprit la mer près d'une semaine plus tard, ils avaient de nouveaux vivres, le plein d'eau portable, et un bateau plus efficace que jamais. Oh et, une Douhbée rassérénée.

« Hum, si je me fis à la dernière carte que j'ai vu, l'île y est, mais n'avait pas été explorée. Le cartographe s'est occupé de la dessiner. » répondit-il à la question de l'écuyère. Il ne trouvait pas les mots pour l'encourager, ou la rassurer. Il se contenta d'hocher la tête. Elle finirait bien par entrer en contact avec lui, il le souhaitait, appréciant le jeune pheryxian. Les informations qu'elle apporta ensuite le rendirent pensif. Une forteresse... voilà qui était problématique. Surtout entourée de falaise. Il devait y avoir de nombreux postes de surveillance, leur présence n'allait pas passer inaperçue, surtout avec des dragons pour guetter du ciel. Et encore là, il restait les murs ensuite à percer pour découvrir ce qui pourrait être un donjon, avec de la chance, Vigie y serait.

L'agitation à bord le tira de ses pensées, et Günter avisa à son tour l'ennemi qui approchait. Voilà qui était dérangeant. Ils avaient du les repérer immobile près de l'île. Philips et lui avaient voulu éviter les souci de fuite en mer en s'arrêtant, mais au final, c'était tout aussi dangereux. La mer était un lieu particuliers où tout le monde était toujours à couvert. Son domaine restait définitivement celui de la terre. Ce univers tanguant n'était pas pour lui. Mais il y était, et il était de son devoir de prêter main forte à l'équipage. Leurs pouvoirs ici était assez limité par contre. Les navires étant surtout faits de bois, lui et Douhbée ne pouvait pas freiner l'arrivée et l'efficacité de leurs ennemis avant leur approche, et là, ils n'auraient d'impact que sur leurs armes.

« Adelyn, crois-tu pouvoir nous éviter un combat et illustrant un dragon sortant des soutes de notre navire? Comme si nous ouvrions de grandes portes et qu'il s'envolait vers eux? » Elle hocha la tête pour faire de son mieux, et il fit passer le mot à l'équipage que ce serait une illusion. Les pirates étaient encore trop éloignés pour qu'elle essaie d'abuser leurs sens à eux précisément. Ce serait moins d'effort, selon ses connaissances, de simplement créer l'illusion ouvertement. Il fut lui-même plutôt impressionné par la vision qui s'offrit à eux. Le dragon sembla sortir du navire et s'envola rapidement. Il y eut un branle-bas éreintant où les marins plaçaient les voiles et l'équipement afin de maximiser la vitesse du navire pour s'enfuir - éviter le combat était conseillé, en mer!

Le dragon fut près des autres en quelques coups d'aile et fut aussitôt rué de flèches qui passèrent bord en bord. Il y eut quelques hurlements, que seule Douhbée perçu, comme prouvant qu'ils avaient réaliser la supercherie. Bah, cela aura eu le don de les occuper? Ils avaient déjà commencé à les distancer. Les heures suivantes furent plutôt énervantes, pendant un moment le bateau pirate sembla vouloir les rattraper. C'était terrifiant à quel point la mer était infini et qu'une telle poursuite pourrait durer des jours... Mais le navire nouvellement réparé et l'équipage un peu pressé ne pouvait se permettre les désagréments d'un combat sanglant où il y aurait des blessés et des réparations à effectuer.

Cela durera près d'une demi-journée, si ce n'est un peu plus. Un brouillard s'était levé, et leur ennemi sembla abandonner l'idée de les poursuivre dans celui-ci. Le sous-chef demanda à la fée si c'était son idée, mais elle nia. On demanda à tous de rester alerte et à ceux ayant la meilleure vue de se positionner à l'avant afin d'éviter de possible obstacles. La nuit tombait, l'horizon était voilée, on voyait à peine d'un bout à l'autre du navire. Malgré lui, le demi-incube trouvait cela fort joli. Une partie de la nuit se passa sur le qui-vive, et l'aurore, qui se pointait tôt, chassa la brume et soulagea l'équipage qui entreprit d'instaurer un tour de garde et de repos. « Allez dormir. » ordonna-t-il aux deux chevalières alors qu'il s'organisait pour en faire de même. Tout ceci représentait un incroyable retournement de situation et de nombreux bouleversements émotionnel.

Après quelques heures de sommeil agité, trop préoccupé par la forteresse, le chevalier se leva aussi fatigué qu'il s'était couché et alla aussitôt retrouvé le capitaine dans le bureau-cabine de celui-ci. Ils devaient parler tactique. Il lui parla de l'île, ou le continent, entourant de hautes falaises et creusé d'une forteresse. Peu spécialisé dans les assauts, il pouvait par contre le conseillé et l'orienté sur ce qui pouvait être fait à l'aide du navire. Il y avait aussi l'aspect dragon, qui était dérangeant. Si cette île en était peuplée, jamais ils ne pourraient arriver subtilement. Le mieux était encore de la repéré de loin, le plus loin possible, et de la contourner, pour ancre le navire dans une crique, loin des regards et des observateurs, et de se faufiler à pied jusqu'à la forteresse, au risque d'avoir des jours de marche. Et, si ce n'était qu'une île... ils allaient devoir se dévoiler dès le départ, car de toute façon ils seraient repéré dès les premiers instants.

Leur discussion s'éternisa, et l'appétit se manifesta bruyamment, il s'excusa poliment, ce que Philips prit en riant, et ils s'installèrent pour manger à la petite table ronde. Par télépathie, Losly invita Douhbée et Adelyn à se joindre à eux, et en profitant pour leur exposer ce qu'il avait défini plus tôt avec le capitaine. Leur laissant le temps de tirer des chaises autour de la petite table, où reposaient des fruits et légumes crus, du poissons et des noix de toutes sortes. Leurs options concernant la destination étaient assez limitées, et il demanda leur avis sur la question. Peut-être qu'une idée extérieure, aussi incongrue soit-elle, pourrait être utile.

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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Mar 29 Nov - 19:08

La jeune femme ailée ne perdit pas un instant pour aller rejoindre le sous-chef de l’Ordre puisqu’ils étaient dans une situation nécessitant une réaction immédiate. Les dommages étaient considérables au niveau de l’embarcation, mais ce fut un soulagement d’apprendre que ce n’était pas si pire que ça en avait l’air au niveau de l’équipage. Adelyn fut d’autant plus soulagée que sa collègue aperçoive une île à proximité, où on pourrait effectuer les réparations nécessaires.

Cependant, la chevalière ne se rua pas à l’île. Elle décida plutôt d’attendre et de garder un œil sur les marins et le navire. Elle ne se rendit à la terre ferme que le lendemain, une fois qu’elle fut certaine que la dragonnière ne ferait pas un retour surprise. On n’était jamais trop prudent en territoire inconnu, après tout. Elle alterna donc voyage sur terre et mer durant les jours où on fit la réparation des voiles. Elle fut néanmoins rassurée de constater que Douhbée n’était plus aussi atteinte par le mal de mer que lors de leur départ.

Elle fut présente lorsque la pardusse mentionna ses multiples tentatives de rejoindre son amoureux à Losly. En fait, elle était arrivée juste à temps pour entendre la fin de leur discussion. Elle sourit tristement, puis passa un bras autour des épaules de son amie. « Ce n’est qu’une question de temps maintenant. Nous nous rapprochons du but à chaque moment. » Elle déposa sa tête contre celle de sa compagne, avant de la relever. Elle n’écouta la vision de Douhbée que d’une oreille, car elle voyait quelque chose qui annonçait une complication notable. « Je crois que tu as raison, beauté… » se contenta-t-elle de dire. Elle ne bougea de son poste à la rambarde, contrairement à plusieurs des hommes qui cherchaient leurs armes, car elle espérait pouvoir éviter un conflit avant de se retrouver assez près pour faire du corps à corps. D’ailleurs, Losly sembla être du même avis qu’elle, car il lui demanda de créer une illusion décourageant les pirates à s’en prendre à eux.

La fée hocha de la tête et exécuta les ordres de son chef. Elle se concentra uniquement sur son illusion, car elle devait non seulement montrer la scène décrite par le succube, mais elle devait créer les sons et les sensations en découlant si ça se produisait réellement. Ce fut toutefois une ruse de courte durée, car l’ennemi se rendit bien compte que leurs flèches ne faisaient aucun dommage et passaient de bord en bord de l’animal ailé. Cela permit cependant à l’embarcation des chevaliers de s’éloigner suffisamment pour éviter d’être rattrapée.

Lorsqu’un brouillard décida de venir se mêler de la partie, ce fut une Adelyn qui arpentait le pont d’un bout à l’autre qu’on pouvait voir. Elle n’aimait pas être privée de sa vision quand elle se savait poursuivie par des pirates… Surtout si elle devait expliquer à tout le monde que ce n’était pas son œuvre. Elle aurait bien aimé que ce soit le cas, mais on devait le tout à la nature. Elle refusa poliment la suggestion du sous-chef de l’Ordre d’aller se coucher une fois que l’aube se leva, jusqu’à ce que Douhbée la traine de force jusqu’à leur chambre partagée.

C’est à peine si elle parvint à fermer l’œil; elle s’attendait toujours à entendre un cri d’alarme indiquant que les pirates étaient à nouveau sur eux. C’était son instinct de guerrière qui la gardait éveillée. Elle se reprendrait plus tard. Le mieux qu’elle put faire fut des exercices de relaxation pour au moins se détendre un tantinet. Ce fut avec une pointe de soulagement qu’elle accueillit l’invitation à déjeuner de son camarade et qu’elle alla le rejoindre. Elle déjeuna principalement aux fruits et aux légumes, n’ayant pas particulièrement faim non plus.

« Hmm… C’est effectivement tout un dilemme que nous avons, n’est-ce pas? » fit-elle, pensive. Ce ne serait pas évident de se rendre jusqu’à Vigie sans se faire repérer… « Si seulement nous avions pu recueillir davantage d’information des habitants du Désert, nous aurions pu nous déguiser en habitants locaux… car je doute que les dragonniers soient si fréquents. Du moins, j’espère qu’ils ne le sont pas. » La fée laissa la pardusse faire part de ses ideés, car elle ne voyait pas elle-même d’autre solution que de faire leur possible pour se camoufler dans cet environnement qu’ils tardaient à découvrir.

Les jours suivants furent plus ou moins une répétition de cette matinée : les chevaliers se rencontraient régulièrement pour faire le point et essayer de trouver la tactique qui serait la plus favorable à leur mission de sauvetage. Il n’y avait malheureusement pas de solution magique puisqu’ils n’avaient pas de certitude sur ce qui les attendait. Ils ne pouvaient que se fier à la vision de Douhbée. D’ailleurs, à ce sujet, Lyn s’assura que sa compagne ne se mettait pas trop de pression sur les épaules. Elle leur avait déjà communiqué de l’information précieuse.

Ce fut au bout de quatre jours qu’un vent puissant se leva et refusa de relâcher son emprise sur la met. Bientôt, le ciel fut envahi par d’épais nuages et une pluie torrentielle se déversa sur l’équipage. Les précipitations montèrent en intensité et il y eut même un feu qui se déclencha après que le mât fut frappé par la foudre. Le groupe fut chanceux dans sa malchance, dans la mesure que le feu s’éteignit au bout d’une trentaine de minute à cause de la pluie. Cette tempête dura cependant trois jours complets. Plusieurs marins passèrent près de passer par-dessus bord au cours de cette période et on perdit quelques barils qui trainaient sur le pont… en plus de la direction générale dans laquelle le navire s’en allait.

Une fois le beau temps revenu, il n’y avait plus un seul indice de la direction dans laquelle ils se dirigeaient. « Savons-nous toujours sur quoi mettre le cap? » demanda la fée. On l’informa que ce serait difficile à dire tant que la nuit ne serait pas tombée et qu’on n’aurait pas les étoiles pour se guider. Elle soupira et se passa une main dans les cheveux : elle n’aimait pas ça. « Prenons-nous une chance de continuer ou faisons-nous du sur-place en attendant la nuit? » questionna-t-elle Losly et Douhbée.

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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Sam 10 Déc - 20:48

[Je précipite vraiment les choses, du coup, afin qu’on puisse clore la mission avant le saut Razz]

L’illusion créée par Adelyn pour détourner l’attention des pirates était spectaculaire, mais également effrayante. Même en sachant qu’il était factice, Douhbée sentit distinctement son pouls s’accélérer et la chaire de poule la gagner alors que la fausse créature de l’enfer sortait de leur pont pour fuser vers le ciel. Ce n’était qu’une autre terrible façon de lui rappeler les dangers qu’ils couraient en partant à la recherche de Vigie… mais aussi ce qui l’attendait, lui, s’ils ne faisaient rien! Cela faisait déjà de nombreux mois qu’il avait disparu, et il en faudrait encore quelques uns pour le retrouver dans la forteresse inconnue, d’une île tout aussi mystérieuses, dans un océan qui semblait infini…

Si la tactique ne fut pas effective bien longtemps, car les pirates réalisèrent la supercherie, elle leur permis tout de même de prendre une bonne distance d’avance sur eux lors de la chasse qui s’en suivit. La fuite ne cessa que lorsqu’un brouillard, bien naturel celui là, se leva et les fit disparaître aux yeux de leurs poursuivants, mais qui eut également l’art de les rendre aveugles également. Les Chevaliers restèrent debout toute la nuit pour s’assurer que l’autre navire ne retrouvait pas leur trace, et la vision de lynx de Douhbée lui fut bien utile pour surveiller leur environnement. Ce n’est qu’à l’aube qu’elle incita Adelyn à rentrer dans leur cabine en sa compagnie, puisque le capitaine reprenait la navigation, désormais libre de vision et de criminels.

Enfin libérée du lourd poids du mal de mer, la pardusse dormi comme une souche, se réveillant même étonnée de n’avoir point eut de cauchemars confondants. Elle n’en oublia toutefois pas de tenter d’interpeller Vigie, sans succès à nouveau. Depuis le temps, Douhbée aurait du s’être habituée à ce silence, mais il était toujours aussi angoissant… insoutenable! Il lui laissait craindre le pire, même si elle s’efforçait à croire au mieux. Heureusement, la faim se fit sentir elle aussi, revenue avec le sommeil, et elle n’eut pas à s’efforcer pour se mettre quelque chose dans l’estomac en rejoignant Losly pour le déjeuner, en compagnie d’Adelyn.

Tous les jours, les Chevaliers se réunissaient pour essayer de se bâtir une tactique pour rejoindre Irianeth, malgré l’incertitude de la direction à prendre et de ce que leur réservait cette île inconnue. Seule une vision aurait pu leur donner l’heure juste, mais Douhbée n’en avait plus de valable depuis des mois, ne sachant plus différencier ses rêves de la réalité. D’ailleurs, étant incapable d’en obtenir sur demande, elle se sentait bien inutile à l’équipe. Puis, comme si leur fuite dans le brouillard ne les avait pas suffisamment éloignés de leur but, le bateau fut happé dans une tempête qui dura trois jours, pendant lesquels ils furent propulsés dans une direction inconnue, sans pouvoir naviguer, peinant à seulement survivre. Les nausées de Douhbée revinrent l’accabler, de plus que les visions cauchemardesques qui pouvaient autant être issues de son imagination que de la magie. De toute façon, elles étaient tellement flous et décortiqué que la jeune femme n’en ressortait aucune information notable, la laissant seulement dans la peur, la panique et la confusion.

Lorsque la tempête se calma, ils ne purent que constater s’être perdus, et durent attendre la nuit pour pouvoir se guider grâce aux étoiles. Malgré tout, il fut encore plus difficile de retrouver le point d’où ils étaient partis, et ce n’est qu’après un mois entier qu’ils furent certains d’être à nouveau sur la piste d’Irianeth. Avec acharnement, Douhbée tentait une communication avec Vigie chaque jour, se pratiquant de temps en temps avec Adelyn ou Losly afin de s’assurer que ce n’était pas elle qui était devenue complètement folle et qu’elle était toujours capable d’utiliser son pouvoir! Ce n’était donc pas elle qui faisait défaut, mais bien la communication avec Soren. Aussi crut-elle que son cœur allait cesser de battre lorsqu’elle entendit, tel un murmure, son propre prénom murmuré dans sa tête par une voix reconnaissables entre toutes malgré l’effroyable distance.

-Je l’ai entendu! s’excita-t-elle en secouant Adelyn, toujours allongée sur sa couche, puisque Douhbée s’adonnait toujours à communiquer avec Vigie au réveil. Il m’a répondu, Adelyn, il est encore loin, mais on s’approche!

Ce fut donc magiquement qu’ils poursuivirent leur recherche, s’orientant grâce à la communication télépathique, qui avait d’abord commencé très lointaine et entrecoupée de silences, mais qui s’éclaircissait à mesure qu’ils approchaient d’Irianeth. Le tout dura encore des semaines, faisant changeant de cap chaque fois qu’ils perdaient le contact ou que la voix de Vigie leur semblait plus lointaine. Gonflée d’espoir et soulagée de le savoir toujours vivant, Douhbée essayait de l’encourager à attendre encore un peu, bien qu’il lui semblait, au son de sa voix, déjà bien malmené. Ils évitaient de communiquer trop longuement avec lui, à entretenir de longues conversation, puisque le fil télépathique était trop faible et que, de toute façon, le phéryxian était bien épuisé par son incarcération. Ils durent toutefois se rendre à l’évidence : il ne possédait pas grands informations sur l’île et ses habitants, ayant été séquestré la majeure partie du temps qu’il avait passé sur Irianeth.

-Bon, de ce que je peux déduire de mes visions, l’île est quand même plutôt grande, on devrait pouvoir trouver un petit racoin où jeter l’ancre sans tomber directement sur la forteresse, pour passer inaperçu. Enfin, ça c’est en espérant que c’était bien des prémonitions, et non des cauchemars, ce dont je ne suis pas certaine, je tiens à le préciser. Par contre, pour les dragons, je suis dans le noir total. Combien il y en a et où sont-ils, ça reste un mystère. D’ailleurs, je me dis que si nous pourrons bientôt apercevoir l’Île, ils pourront nous voir tout autant. Peut-être devrions-nous simplement partir sur des embarcations de secours, pour être plus discrets? Si on arrive avec ce mastodonte des mers en vue de la côte, ils nous repérerons assez vite.

Il y avait toujours la technique d’essayer de se faire passer pour des habitants d’Irianeth, puisque Soren leur avait confirmé qu’ils n’étaient pas bien différents, physiquement, des Enkievs, mais il y avait la barrière du langage qui les aurait rapidement démasqué. Quelques jours plus tard, ce qui semblait être une île minuscule, à cause de la distance, ce profila à l’horizon. À en juger par la lenteur avec laquelle ils se rapprochaient, toutefois, Douhbée sut qu’ils étaient bien loin, et qu’elle n’était donc pas si petite que ça… Soupirant de soulagement, la pardusse participa aux recherches pour trouver un endroit paisible et vide d’êtres vivants pour encrer leur navire, lorsqu’ils aperçurent soudainement un, puis deux, et enfin trois dragons fendre le ciel au dessus de l’île. À cette distance, ils auraient pu croire à des oiseaux, mais elle savait que ce n’était pas le cas…

***[Soren]On y est presque, mon amour… Parles-moi des dragons…*** voulut-elle l’encourager, tout de même inquiète qu’ils aient pu déjà être repérés alors qu’ils étaient encore loin de mettre pied à terre.
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Losly G.
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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Ven 23 Déc - 21:31

Les discussions, les rencontres, les tactiques... tout cela lui paraissait tellement superflus. Ils manquaient tant et tant d'informations qu'il lui semblait improbable de parvenir à destination, et même là, de récupérer le jeune chevalier. Losly n'était pas enthousiaste, mais il le masquait bien à son équipe, ne voulant pas leur miner le moral. Après tout, peut-être était-ce seulement lui qui était défaitiste. Il pouvait tout de même faire l'effort de les pousser à réfléchir, pour les tenir occupé. Le temps passait, se défilait, c'était interminable. Il gardait le contact avec son frère de temps à autre, mais ils furent finalement coupé, la distance sans doute. Ils étaient au courant tout deux que ça risquait d'arriver.

Malgré tout, plus le temps passait et la distance s'accumulait, plus il ressentait un manque au creux de son ventre. Comme il était incomplet... Dans cette mer déchaînée, il se sentait perdu sur le flots de ses émotions et souffrait de ne pouvoir se raccrocher à son frère. Dans chaque tourmente, il le contactait, ne serait-ce que pour échanger quelques mots. Il savait bien qu'Hylias se rendait compte qu'il gardait les choses pour lui. Mais ils savaient tous deux aussi que Günter finirait tôt ou tard par s'ouvrir à son frère. Le moment venu. Pour l'instant, cette distance déchirante lui insufflait un sentiment de compréhension envers Douhbée, qui devait aussi se sentir incomplète sans son cher et tendre Soren. Il ne pouvait s'empêcher, de temps à autre, de lui jeter un regard triste et compatissant. Il se garda bien de mentionner ses propres déboires, cela ne regardait personne. Outre Lyslo, évidemment. Mais son frère était sa moitié, tout ce qui le touchait, le touchait également. Penser le contraire serait absurde.

Un jour, la fameuse île se profila à l'horizon, et avec la lenteur à laquelle ils approchaient, il était évident qu'elle était immense. Il était temps de mettre les choses au point. « Nous n'avons que deux barques, les allers retours seraient trop longs. Et puis, le navire sera plus discret collé sur les côtes qu'éloigner en pleine mer comme un point scintillant. » répondit-il à Douhbée. « On a plus de chance si on file à pleine vitesse en pleine nuit pour se cacher dans ses criques, qu'en demeurant aux abords. » Le capitaine approuva. La suite allait être un pur hasard. À savoir si les dragonniers allaient les percevoir ou non. Il ne leur restait qu'à prier.

Il fut établit qu'arriver sur les berges, ils allaient communiquer avec Vigie et tenter d'établir des informations sur le lieu de sa capture. À savoir des cachots, un autre genre de pièce, s'il avait une fenêtre, quel genre de vue il avait, ce genre de choses, afin de pouvoir le situer. Puis Losly allait se faufiler en mode camouflage pour établir un plan des lieux, avant de revenir auprès des autres pour établir un plan de match dès qu'il l'aurait repéré. Tout cela allait vraiment être difficile, et compliqué. Il se doutait bien que la sécurité de cette île devait être bonne, mais en même temps, ils ne s'attendaient sûrement pas à une intrusion, les chances étaient pour eux. « Ça passe ou ça casse. » murmura-t-il en observant l'horizon. Il ne pouvait pas mieux dire.

Quelques jours défilèrent encore, pendant lesquelles l'équipage se faisait le plus petit possible, baissant la voile de jour, la montant de nuit, cherchant à se faire discret et à passer le plus loin possible de la forteresse. Ils contournèrent ainsi légèrement l'île et trouvèrent une crique où mettre l'ancre. Les trois membres de l'Ordre mirent pied à terre avec quelques soldats. Il contacta Soren par télépathie et lui demanda de décrire l'endroit où il était, s'il avait une fenêtre et tout cela, et de s'assurer que sa réponse parvienne à Adelyn et Douhbée aussi qui était avec lui pour venir le chercher. En écoutant les informations qui leur parvinrent, après un certain délais. Il inclina la tête. « Montez un campement discret, je vais aller explorer et essayer de cartographier la zone et les environs de la forteresse. Avec les indications de notre ami, je vais essayer d'aller à l'intérieur. Je vous tiens au courant. » Il les salua d'un hochement de tête et partit à la recherche de la geôle de Vigie et afin de faire une reconnaissance des lieux.

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Kriesa, son épée.
Il lui manque une tête pour être de la même taille qu'elle.
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Adelyn
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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Mer 4 Jan - 15:11

Ce ne fut pas chose facile de retrouver le cap après l’avoir perdu, cela prit beaucoup plus de temps que ce que la fée ne l’eut espéré. Un mois entier, voilà ce que ça l’avait pris pour que l’équipage soit à nouveau sur le chemin d’Irianeth. Chaque jour avait été un défi pour Adelyn, qui commençait à avoir hâte de retrouver la terre ferme. Elle en avait un peu marre de vaguer sur l’océan à la recherche de l’inconnu… Il n’était pas évident, après tout, de garder espoir après une si longue période de temps. Chaque moment était une chance de moins de retrouver Vigie en vie. Du moins, c’est ce que cru la chevalière jusqu’au soir où elle se fit secouer par son amie Douhbée, qui criait de joie qu’elle avait enfin réussi à communiquer avec son amoureux.

- C’est super… avait marmonné la jeune femme ailée, prenant un instant pour retrouver ses esprits.

Ce moment, toutefois, avait ravivé l’espoir d’Adelyn et du reste de l’équipage. Ils avaient enfin un moyen de rejoindre Soren, et ce, même si ça ne fonctionnait pas toujours aussi bien qu’ils ne l’auraient voulu. Toujours est-il qu’ils étaient partis de rien et avaient maintenant quelque chose pour les guider.

Au bout de plusieurs semaines encore, les chevaliers et leurs compatriotes purent enfin apercevoir leur destination à l’horizon. Ce fut toutefois avec méfiance que la fée observait ce bout de terre qui se profilait au loin. Les embûches n’avaient pas manqué au cours de leur périple, mais le plus difficile était à venir et Lyn le savait. Ils pénétraient en territoire inconnu et il n’était pas inconcevable qu’aucun d’entre eux n’en sortent vivant. Ce pourquoi la guerrière eut une pensée pour son meilleur ami Yahto, une autre pour son ancien amant Ansgar, ainsi que pour toutes les personnes qui lui étaient chères. Elle pria intérieurement les dieux pour qu’ils leur permettent de retrouver leur collègue en un seul morceaux et qu’ils puissent le ramener à la maison. Cela faisait trop longtemps que Soren n’avait pas vu de visage familier. Il méritait de retrouver les siens.

Une rencontre fut de toute évidence nécessaire entre les chevaliers et le capitaine du navire. S’il y avait un moment parfait pour parler de tactique, c’était bien maintenant. Ce fut d’ailleurs Douhbée qui lança le bal avec ce qu’elle avait appris par le biais de ses prémonitions. « Ne prenons rien pour acquis, mais ne mettons pas de côté les pistes que nous donnent tes prémonitions. Elles nous aident à échafauder des plans et réfléchir à des choses qui nous passeraient autrement dix pieds au-dessus de la tête. » fit Adelyn, pour mettre son grain de sel dans la conversation. Cependant, ce fut surtout Losly qui apporta une contribution concrète à leur discussion. Le plan final fut de foncer sur Irianeth durant la nuit et de trouver un endroit discret pour jeter l’ancre.

Ce fut des journées plutôt éreintantes pour la fée, qui masquait leur embarcation à l’aide d’illusions à chaque fois qu’un ou plusieurs dragons les survolaient. On lui avait déconseillé de dépenser autant d’énergie pour leur couverture, car elle aurait besoin de toutes ses forces plus tard, mais elle refusait qu’ils se fassent prendre si près du but. « De toute façon, j’aurai du temps pour me reposer pendant que Losly partira en reconnaissance. » répondait-elle à chaque fois.

Vint enfin le moment tant attendu : celui d’amarrer dans une crique et de débarquer du bateau. Adelyn fut parmi les premiers à descendre par le biais de ses ailes, laissant ainsi une place de plus dans les barques. Elle se fit néanmoins discrète dans sa descente et attendit ses comparses sur la berge. « À vos ordres, chef. » dit-elle à l’intention de Losly. Elle observa ensuite ce dernier s’éloigner avant de se rapprocher de la pardusse, de qui elle serra l’épaule. « Nous y sommes presque, beauté. »

Le périple de leur compagnon dura plusieurs jours, durant lesquels l’équipage demeura sur le qui-vive. Douhbée, pour sa part, communiquait fréquemment avec Vigie afin de recueillir le plus d’information possible. Adelyn, quant à elle, s’occupait de vérifier avec Losly où ce dernier en était dans son exploration. Elle notait toutes les informations qui revenait au campement, que ce soit de Soren ou de Losly, sur des parchemins qu’elle conservait en lieu sûr. Elle espérait ainsi que si jamais elle n’était pas de ceux à faire le chemin du retour vers Alombria, que son groupe aurait au moins des notes concernant Irianeth. Il ne faisait aucun doute, après tout, que les habitants de cette île comptaient semer le trouble dans le Désert… Qui sait s’ils avaient l’intention d’aller plus loin?

Ce ne fut qu’au bout de cinq jours que Losly refit apparition parmi le groupe, qui s’était légèrement éloigné de la berge pour être moins à la vue des dragons. Le bilan était similaire à ce qu’il leur avait rapporté durant son absence : beaucoup de sable, de chaleur, de créatures volantes… mais très peu de forêt ou d’oasis. C’était à se demander comment le peuple faisait pour se nourrir. D’un autre côté, l’île était vaste et il y avait peut-être des endroits plus fertiles. Ceci étant dit, il ne serait pas évident pour un groupe de se faufiler sans se faire remarquer. Il serait donc préférable que ce ne soit que les chevaliers qui avancent et que l’équipage reste prêt à partir en cas d’urgence.

Un élément positif ressortit toutefois de la réunion des têtes dirigeantes de cette mission : Losly avait aperçu une forteresse à environ une semaine de marche et Douhbée avait eu une vision concernant une forteresse également… et, selon la description de la pardusse, il y avait de fortes chances que ce soit la même. Il n’en fallut pas plus pour que le trio se prépare et se mette en route dès la tombée de la nuit suivante. Ils ne furent que d’autant plus déterminés lorsqu’un rapport de Soren sembla leur confirmer qu’ils se dirigeaient au bon endroit.

Ce fut étonnamment facile pour le trio de se déplacer à la noirceur, principalement grâce à la vision affutée de Douhbée. Cette dernière prenait les devants et les aidait à éviter de se faire repérer… Du moins, ce fut le cas jusqu’au moment où ils arrivèrent en bordure de la forteresse. Une tournée de garde de nuit les prit de court. Les chevaliers firent leur possible pour faire marche arrière et retourner sous le couvert du bosquet… mais le bruit attira l’attention des gardes. L’un d’entre eux était également un pardusse, ce qui n’augurait rien de bon. C’est alors qu’Adelyn prit une décision qu’elle risquait de regretter : elle sortit de sa cachette et bondit directement sur une des sentinelles. Elle parvint à l’abattre, mais elle était en minorité : trois autres hommes foncèrent sur elle.

**[Douhbée et Losly] Ne venez pas à ma rescousse! Trouvez Vigie, je vais m’en sortir. Je vous donnerai de l’information de l’intérieur.** fut tout ce qu’elle parvint à articuler avant de recevoir un violent coup derrière la tête.

Voilà qui venait faire foirer son plan de donner de l’information tant convoitée à ses compatriotes sur la façon de s’infiltrer à l’intérieur de la forteresse… Elle ne perdit pas connaissance, mais il ne fut pas aisé pour elle de renvoyer des données concernant le nombre de gardes et la configuration des corridors de ces donjons. D’ailleurs, on ne tarda pas à lui bander les yeux une fois à l’intérieur et elle se fit malmener jusqu’à elle ne savait où. Tout ce qu’elle savait, c’était qu’on la promenait comme si elle était une poche de patates et qu’on la jeta sur une surface dure… probablement de la pierre, dans un sous-sol étrangement humide et qui empestait le fer. Elle sentit qu’on ligotait ses poignets et qu’on la soulevait, car elle se retrouva sur la pointe des pieds dans le temps de le dire. Quand on lui enleva enfin le bandeau de sur les yeux, sa mâchoire tomba par terre.

**[Douhbée et Losly] Je… Je l’ai trouvé.**

**[Vigie] Soren… Que… Que t’ont-ils faits? ** demanda-t-elle, car elle constata dans quel état son compagnon se trouvait.

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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Lun 16 Jan - 10:51

Il était étendu sur le côté sur la pierre froide et crasseuse du fond de sa cellule. Il était si faible. Il en avait marre. Marre de tout ce cirque. Marre de cette putain d’île. Marre de ces enfoirés qui voulaient tant le faire craquer. Marre des visites incessantes de Saphyra… Il… Il voulait que tout cela se termine. Combien de fois avait-il prié les dieux de venir le chercher? Il était au bout du rouleau… Pourquoi vivait-il tout ça? Quels étaient leurs buts premiers, là-haut? En faire un martyr? Lui passer un message douteux dont le sens était trop obscur pour qu’il puisse le saisir? Il avait tenté de mettre fin à ses jours, il y a de cela une semaine… Ça n’avait pas fonctionné, les hommes de Saphyra l’ayant trouvé, puis ayant fait appel à une guérisseuse qui s’était affairée de faire un superbe travail avec ses blessures. Qu’elle aille se faire voir, cette emmerdeuse! Elle aurait dû le laisser crever!

Ainsi étendu au sol, Soren se sentait presque bien. La fraîcheur du plancher apaisait ses nombreuses ecchymoses et ses plaies. Son bras était allongé devant lui et il scrutait le bout de ses doigts avec fascination alors qu’il les bougeait lentement. Cet état de béatitude devant un mouvement des plus banals en disait long sur son état d’esprit! Il ne pensait à rien. Strictement à rien. En fait, il n’aurait pas dit non si on lui proposait de rester coincé dans cet état d’esprit pour le restant de ses jours. Ce n’était pas si mal d’être aux limites d’un état végétatif, en fin de compte…

Qu…quoi? Il avait perçu un murmure. Très bref. On avait prononcé son nom. Il fronça les sourcils, un instant. Non… il avait rêvé. Encore?! Mais c’était quoi cette blague? Ah… ça y était. Il avait franchi le point de non-retour : il était devenu complètement fou. C’était marrant en fait, car son état de schizophrénie nouvellement acquise avait la même voix que Douhbée. C’était… presque rassurant. C’était un très bon indicatif pour démontrer à quel point il s’ennuyait de sa bien-aimée. Et pourtant… cette voix irréelle ne ressemblait qu’à un souffle dans sa tête. Elle répétait son nom… sans cesse… Bon… Il était content d’entendre cette voix, mais elle pouvait changer de discours quand même. Ça devenait agaçant à la fin : « Soren? Soren? Soren, tu es là? Soren? Soren, je t’en supplie, dis-moi que tu m’entends… » Il avait envie de lui répondre. De lui dire de changer de sujet un peu. De lui dire à quel point il faisait beau à Alombria. De quoi le faire rêver un peu, quoi. Tiens. La voix devenait de plus en plus forte.

Un doute l’assaillit soudainement. Rêvait-il réellement? Lentement, il se redressa, posant son coude au sol afin de s’en servir comme appui, les sourcils froncés. Attends… est-ce qu’il ressentait réellement sa présence dans sa tête? Il avait l’impression… de se reconnecter à nouveau avec ses frères et sœurs d’armes. Était-ce… possible? Après tout ce temps?

**[Douhbée] D… Douh? **

Répondit-il, le cœur battant la chamade. Il y eu un moment de silence. C’était réellement trop beau pour être vrai… Il se laissa glisser à nouveau au sol, retrouvant son état de béatitude précédent en observant le bout de ses doigts. Puis une réponse se fit entendre et il sursauta. Okay, là, ça ne pouvait pas être une coïncidence! Si c’était le cas, sa santé mentale lui faisait vraiment peur.

**[Douhbée] Douh, c’est toi mon amour? Réellement toi? Attends… ce n’est pas une plaisanterie, pas vrai? **

Afin de prouver son point, la jeune femme commença à lui réciter des informations que seul lui connaissait : leur premier contact réel en compagnie de Lyslo et Losly, leur promenade au marché alors qu’ils étaient adolescents, la circonstance entourant la déclaration d’amour de Douh… Il en eut les larmes aux yeux. C’était elle. Réellement. Ce fut plus fort que lui : il se redressa en position assise, le dos contre le mur et les jambes allongées devant lui, puis éclata en sanglots. Il n’y avait plus cru. Plus jusqu’à maintenant. Il avait voulu mourir alors qu’elle le cherchait activement depuis un bon moment. La discussion mentale reprit, faible, mais bien présente. Entre chaque silence, il était fébrile d’entendre sa voix de nouveau. De l’espoir… ça faisait longtemps qu’il n’en avait plus eu. Au bout d’un moment, alors qu’il avait adossé sa tête contre le mur de pierres derrière lui, il entendit des bruits de pas en provenance du couloir. Devant lui apparut son tortionnaire, son geôlier. Il devait l’emmener à Saphyra, encore. Sa mine se décomposa. Ça n’allait pas être une partie de plaisir, mais cette fois… il avait quelque chose à quoi s’accrocher….

************

Les sévices avaient recommencés. La dernière rencontre qu’il avait eue avec la princesse Saphyra s’était très mal déroulée. Elle avait décidé d’assumer pleinement son impatience et avait commencé à le menacer plus explicitement. Vigie avait réussi à se défaire des liens défaillants des soldats, puis avait balancé une décharge à la dragonnière. Inutile de dire que cette dernière était devenue furieuse, non enragée… Elle s’était occupée elle-même de lui foutre la plus grande rincée de sa vie, usant d’abord d’une chaise pour le frapper à répétition, puis venant s’installer sur lui pour le tabasser à mains nues. Il en avait perdu connaissance. Évidemment, comme à chaque fois, elle fit appel à une guérisseuse afin de soigner les plaies les plus dangereuses pour sa survie, puis avait demandé à ses gardes de le retourner dans sa cellule sans délicatesse. À partir de ce moment précis, on reprit les séances de tortures de : on coupe tes vivres et on t’empêche de dormir. Toutefois, c’était un peu différent de la première fois. En fait, les sévices se déroulaient de façon sporadique et totalement aléatoire, histoire qu’il ne puisse jamais s’attendre à quoi que ce soit. Parfois, on le laissait dormir quelques heures. Puis après ils le gardaient éveillé pendant deux jours… La nourriture était parfois potable, puis parfois on « l’oubliait » ou on lui donnait des rations non comestibles. Seule l’eau était fournie de façon régulière afin d’éviter qu’il ne meure déshydraté.

Il était réellement au bout du rouleau. Mais la voix douce de Douhbée résonnait dans sa tête, lui demandant des informations et le suppliant de tenir le coup. Il allait le faire… pour elle, mais aussi pour ses compagnons qui l’accompagnaient. Tendant la main vers une bassine d’eau remplie d’eau poussiéreuse, le jeune homme jeta un regard sur le reflet que lui rejetait le liquide. Il avait… une mine réellement affreuse. Il était livide par le manque de sommeil et était crasseux, faute de pouvoir se laver. Des cernes creusaient ses yeux ternes et sa chevelure, normalement immaculée, était entièrement tachée de sang et de saleté. Des sillons étaient apparus sur ses joues, là où ses larmes avaient coulé… Il était torse nu (n’ayant que son pantalon d’origine maintenu par une corde afin qu’il ne glisse pas sur ses hanches) et réellement amaigri au point où on pouvait apercevoir ses côtes. D’horribles ecchymoses parcouraient son corps un peu partout, signes distincts des sévices qu’il avait subis, sans parler des cicatrices de fouet qu’il avait au dos. En parlant de son dos… L’état de ses ailes était pitoyable. Elles étaient serrées l’une contre l’autre par des sangles de cuir depuis si longtemps… Certaines zones étaient dégarnies de plumes, laissant apparaître sa peau, et des marques ensanglantées trônaient ici et là.

Sans trop le vouloir, le chevalier eut un immense pincement au cœur. Dire que sa belle allait le voir dans cet état… Elle le trouverait… repoussant. Ça faisait plusieurs jours (voir semaines) qu’ils discutaient mentalement maintenant et il n’avait pas encore osé lui parler concrètement des sévices qu’il avait subis, de peur de la pousser à agir sans réfléchir. Il craignait sa réaction. Ils approchaient tous, il le sentait maintenant… Il… il devait les informer, car les chances qu’ils ne le reconnaissent pas étaient également élevées. Le pheryxian poussa un soupir, puis porta la bassine à ses lèvres afin de boire de grandes lampées. D’accord… il devait préparer le terrain… Mais pas directement avec Douh. Puisqu’il avait déjà discuté, ces derniers jours, avec ses deux autres compatriotes, il jugea qu’il était plus sûr de passer par l’un d’eux pour parler de sa… situation.

**[Losly] Los… vous êtes sur la bonne voie, je vous sens vous rapprocher. Faites attention, le donjon est farouchement gardé et une dragonnière nommée Saphyra rôde régulièrement dans le coin. Méfiez-vous d’elle, c’est une pheryxian aux ailes noires… Elle est dangereuse, manipulatrice et franchement mesquine. Son dragon n’est jamais loin non plus, il peut créer de féroces bourrasques de vent… De plus, je dois te dire. Heu… Vous ne me reconnaîtrez peut-être pas immédiatement. L’année passée ici m’a un peu… changé. Heu… Les sévices étaient terribles, je dois l’admettre, mais je ne veux pas en faire part à Douhbée… Elle risquerait de perdre la tête. J’ai tout du prisonnier ayant moisi en tôle pendant énormément de temps, alors… Prépare-la, d’accord? J’ai peur qu’elle saute un plomb…**

L’angoisse lui serra les tripes. Il se releva lentement, puis s’approcha de la minuscule fenêtre qui menait à l’extérieur. Il faisait nuit noire. Il espérait que tout se passait pour le mieux… S’ils devaient se faire prendre ou se faire abattre… Bref, il ne préférait pas y penser.

Du tapage se fit entendre dans la geôle et des cris fusèrent dans le langage irianien. Que se passait-il? Curieux, Vigie se retourna et s’approcha des barreaux de sa cellule, espérant voir quelque chose. On traînait quelqu’un dans la salle de torture au bout du couloir, il pouvait en mettre sa main au feu! Ses oreilles fines perçurent le grincement typique d’une chaise, puis le clac strident des bracelets métalliques qui se refermaient pour ligoter quelqu’un. Des bruits de pas se firent entendre… On venait en sa direction. Sous le regard interrogateur du pheryxian autrefois immaculé, le geôlier sortit ses clés, puis déverrouilla sa porte. Il s’approcha ensuite de lui et l’agrippa sans ménagement, passant des liens faits à base de cordage autour de ses poignets. Il avait suffisamment de latitude pour bouger ses mains indépendamment de l’autre, mais pas assez pour faire de grands mouvements.

- Que se passe-t-il? Demanda-t-il. Voyant qu’on ignorait son interrogation, il répéta dans la langue de son geôlier qui le poussait maintenant dans le couloir. Xia ca bycca-d-em?

On le força à entrer dans la salle de torture, puis son regard se posa sur une silhouette frêle qu’il aurait pu reconnaître entre mille : Adelyn. Son cœur se débattait en fou. Que faisait-elle là?!!! Où étaient les autres?!! Si elle se tenait devant lui, c’était signe que la mission s’était mal déroulée, non?!! Il était tétanisé. On retira le bandeau des yeux de la fée et… Son expression horrifiée démontra bien toute la véracité de sa théorie : il avait une mine plus qu’horrible.

**[Adelyn] Qu… Que fais-tu là? Renchérit-il en ignorant son commentaire. Tu… tu ne peux pas être ici! Tu n’as aucune idée dans quelle pièce tu te situes! Douhbée et Losly, ils sont où? **

On le poussa avec force vers la jeune femme et le regard doré de Vigie croisa celui de son tortionnaire. Ce dernier lui somma (dans sa langue, mais il commençait à bien la comprendre, même s’il ne la parlait que très peu) de se mettre au travail. QUOI?! Il voulait qu’il torture Adelyn?! Non… non il n’en était pas question. « Huh. [Non.] » Répondit-il. « Huh, byc ladda vuec. [Non, pas cette fois.] » Un sourire carnassier se dessina sur les lèvres du geôlier. Un coup de poing vint le heurter en plein dans les côtes, là où il avait déjà une énorme ecchymose. Sous l’impact, le pheryxian expira tout son air non sans pousser une plainte de douleur. Un coup de genou le heurta en plein visage, alors qu’il se pliait en deux, soutirant un filet de sang à son nez. Le tortionnaire l’agrippa par la gorge et le plaqua contre le mur sous les regards hilares des autres soldats présents. Vigie manquait de souffle. Il… il entendit les menaces que vociférait son tortionnaire, mais son regard se porta naturellement vers Adelyn qui se débattait sur sa chaise comme une furie. Il ne pouvait pas… Il ne pouvait pas lui balancer des décharges! Pas sur elle! Son adversaire voyant qu’il ne semblait toujours pas coopérer le jeta au sol. Les soldats s’approchèrent avec vitesse et le ruèrent de coups de pieds alors qu’il était couché en position fœtale, protégeant sa tête de ses bras. Il entendait les cris d’Adelyn, mais ne pouvait rien faire. De toute façon, c’était un autre événement devenu banal dans sa vie tant il était habitué.

C’est alors qu’on l’agrippa par ses ailes ligotées l’une contre l’autre afin de le forcer à se lever que Vigie hurla à pleins poumons. C’était de loin la partie de son anatomie qui était la plus douloureuse. Il obtempéra, se levant en titubant, puis vit le tortionnaire penché sur Adelyn, lui susurrant des paroles menaçantes alors qu’il écorchait la peau fine de son cou de la pointe d’une dague. NON! Un feu hargneux s’embrasa au fond de la poitrine du prisonnier alombrien. Poussé par l’adrénaline, il chargea l’homme qui s’apprêtait à creuser des sillons plus creux au niveau de la carotide de la fée ligotée.

- Ne poste pas tes sales pattes sur elle!!! Tonna-t-il en l’agrippant par-derrière.

Il passa la corde de ses liens autour de sa gorge, puis plaqua sa main droite sur la bouche du tortionnaire avant de le tirer vers l’arrière. Une puissante décharge électrique fusa, secouant l’homme comme un pantin de bois. Ses yeux se révulsèrent et du sang coula de son nez juste avant que Vigie ne sente son cœur cesser de battre. Il relâcha sa poigne, laissant son tortionnaire mort s’écrouler au sol. Les soldats derrière lui s’activèrent, fonçant directement sur lui. Il était trop faible pour leur tenir tête…

Des bruits de pas dans le couloir se firent entendre. Des gens arrivaient au même moment où il se laissa tomber assis au sol.
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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Mer 18 Jan - 21:08

L’équipage contourna lentement, de nuit, l’île afin de trouver l’endroit le plus approprier pour jeter l’ancre, s’éloignant vraisemblablement de ce qu’ils pensaient être la civilisation pour ne pas apparaître en plein village, où ils seraient rapidement repérés. Ils n’auraient qu’à faire le reste à pied! C’est d’ailleurs ce que fit une petite équipe, se fiant aux informations de Vigie pour repérer non seulement le château, mais surtout la région de celui-ci où il était détenu. Douhbée ne vivait plus que d’espoir, elle aurait pu se priver de nourriture et d’eau si ce n’était pas de savoir qu’elle avait besoin d’énergie pour combattre l’ennemi. Son corps, son esprit, tout roulait sur le seul but de récupérer son fiancé saint et sauf, chose qui ne lui avait jamais semblé aussi possible que depuis les derniers jours. La pardusse ressemblait vaguement à un robot, ne vivant que pour progresser dans la mission, s’interdisant de réfléchir aux risques d’échouer si près. Elle n’avait pas besoin d’être découragée, même pas elle-même!

Les seuls écarts de conduites qu’elle permit à son esprit fut ceux consacrés à communiquer avec Vigie, pour obtenir tout ce qu’il savait d’Irianeth. Elle savait, juste à son ton de voix, qu’il n’allait pas parfaitement bien, mais n’avait pas le courage de le questionner… Si elle en savait trop, elle risquait de perdre les pédales, et elle le savait très bien! Aussi, Douhbée joua-t-elle uniquement la carte de l’informatrice, sans oublier de rassurer le phéryxian autant qu’elle le pouvait. Et se rassurer elle-même. Sa voix nouvellement retrouvée agissait comme un baume sur son cœur meurtris par les mois de silence! Après une semaine en terre inconnu, le groupe bougea enfin, lorsque le sous-chef de l’Ordre, et le bilan était plutôt… froid, malgré la chaleur. Moins ils seraient, plus ils mettraient les chances de leur côté pour ne pas être repérés, puisqu’il n’y avait nul endroit où se cacher. Ainsi, il fut décidé que seuls les trois Chevaliers partiraient à la rescousse de Vigie. Qu’importe, la pardusse était amplement d’attaque. Elle se sentait le courage de les anéantir tous seule, si elle le devait. Rien ne l’arrêterait pour retrouver son amoureux désormais. La semaine suivante, ils étaient enfin faces à la forteresse… faces à Soren.

Ils étaient si près… et faillirent se faire pincer! Une patrouille de garde passa si près d’eux que, même en se précipitant pour se cacher, ils furent repérés. En tout les cas, le pardusse du groupe semblait avoir entendu un bruit, alors Adelyn se précipita hors de leur cachette pour les combattre. Douhbée s’agita pour l’aider, mais fut intimée au calme rapidement. Leur amie se jetait dans la gueule du loup pour que, eux, restent inaperçus… C’était d’ailleurs ce qu’elle confirma, télépathiquement, en leur disant qu’elle se débrouillerait et qu’ils devaient chercher Vigie, avant d’être assommée, incapable de résister au nombre. Et sembla perdre conscience.

Le duo attendit que la voie soit libre pour suivre les sentinelles, qui portaient Adelyn à l’intérieur. Non, ils ne lui désobéissaient pas… une porte en valait une autre, et peut-être que les gardes allaient la mener dans la même cellule que Vigie! Alors, ils suivirent, n’ayant pas particulièrement d’autres plans de la forteresse à leur disposition. Toutefois, ils les perdirent vite de vu, à les suivre trop prudemment de loin, et se trouvèrent devant une intersection.

***[Losly] Droite ou gauche? *** demanda-t-elle bêtement, tendant l’oreille en espérant surprendre un bruit de pas, ou avoir une vision.

Disons que Douhbée se voyait mal se séparer désormais. Pas qu’elle craignait le danger, mais depuis qu’elle était dans cette foutue mission, elle n’avait cessé d’être accablée de visions toutes plus fulgurantes et inattendues les unes des autres! Et dans ces périodes, elle était totalement figée, à la merci de n’importe quel ennemi… Une bête façon de mourir, à son avis! Alors, se séparer d’Adelyn, s’était une chose, mais se retrouver complètement seule… c’était courir à l’abattoir.

Finalement, un léger tintement lui titilla l’oreille, si faible qu’elle n’était pas certaine d’avoir vraiment entendu quoi que ce soit… mais ça valait le coup d’essayer, alors elle prit la gauche, faisant signe à son sous-chef qu’elle croyait les avoir détectés. Ils continuèrent autant en se fiant à leur instinct (ils cherchaient des cachots, quand même) qu’aux bruits. Leur progression fut longue, sachant qu’ils devaient se camoufler devant chaque autre sentinelle… À un moment, alors qu’ils croyaient approcher du but, Losly voulu donner une information à Douhbée, concernant Vigie, mais fut interrompu par l’urgence d’Adelyn. Elle l’avait trouvé! Le duo incongru s’empressa de se remettre à leur recherche, négligeant quelques prudences pour arriver plus rapidement au but.

Lorsqu’ils furent dans … ce qui semblait être une salle de torture… Douhbée s’enflamma en constatant les dégâts qu’avaient faits les soldats sur le visage de son amie, mais s’étouffa davantage en reconnaissant, à peine, la silhouette de son fiancé, malmené par ses mois d’emprisonnement. En fait, si Adelyn ne lui avait pas dit qu’elle était avec lui, la pardusse n’était pas certaine qu’elle l’aurait identifié… immédiatement.

-Soren… marmonna-t-elle, alors que tous les regards se retournaient vers les nouveaux arrivants.

Visiblement, ça avait bardé dernièrement, Vigie avait dû tenter de résister et se battre, avec un succès étonnant malgré son faible état, mais il était désormais en sous-nombre, comme Adelyn quelques minutes plus tôt. Instinctivement, Douhbée pensa d’abord à détacher les chaînes de la fée, espérant les égaliser en nombre. Il ne fallut qu’une puissante dose de magnétisme bien placée pour détruire les chaînes en les tirants tout simplement vers elle avec la force d’un ogre. La jeune femme libérée, ils faisaient égalité avec leurs ennemis. Déconcentrés par cette démonstration de magie, les gardes baissèrent… leur garde, justement. Une seconde de trop, qui leur fut fatale. Ils ne pouvaient tout simplement pas faire face à trois Chevaliers entraînés (quatre, mais Vigie n’était pas en état!)

-Soren bon sang! s’époumona Douhbée lorsque le dernier soldat fut à terre (pas envie de détailler le combat lol) et que ses yeux s’emplissaient de larmes de colère.

Douhbée  avait envie de lui sauter dans les bras, l’embrasser fougueusement pour lui rappeler comment il l’avait manqué. Le toucher, le caresser… et en même temps, elle avait si peur de le briser, que lorsqu’elle s’approcha de lui, ce ne fut que pour effleurer sa joue d’un doigt tremblant. Elle s’était imaginée ses retrouvailles si souvent, qu’elle lui semblait désormais totalement irréalistes. Elle s’était vu lui partager un amour débordant avec l’urgence que seule confère des mois de séparation, mais elle s’en voyait incapable, de peur de lui faire mal. Lentement, hésitante, la pardusse frôla les lèvres du phéryxian avec les siennes, craignant à tout moment de le voir sursauter de douleur, tant sa peau semblait tuméfiée.

-On va sortir d’ici… chuchota-t-elle pour lui comme pour elle, caressant sa bouche en parlant, n’osant l’embrasser. C’est fini mon amour, je suis là. Tout va bien aller maintenant.

Le plus difficile, c’était encore de ne pas se mettre à sangloter comme une femmelette… Ils avaient d’autres préoccupations, pour le moment… Et pourtant, sa voix était terriblement étouffée par un nœud puissant à la gorge.
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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Mer 25 Jan - 16:34

Son exploration fut longue, mais efficace. Il devait parfois demeurer cacher de longues heures, pour se reposer après avoir autant abuser de son camouflage, et éviter les endroits où se trouvaient les dragons, pour ne pas qu'on le repère à l'odeur - il avait passé proche en découvrant une sorte de repère à dragon! Il était entré quelques fois discrètement aux abords de la forteresse, ce qui semblait être une sorte de capitale, sans jamais pouvoir aller bien loin, car quelqu'un semblait le sentir, sans le voir, pas toujours la même personne évidemment. Il devait alors battre en retraite et attendre avant de revenir. Il avait ainsi émis un rythme de changement de quart, du moins, approximatif, et exploré les environs, qu'il avait transmis télépathiquement à Adelyn. Il espérait avoir donner suffisamment de détail pour que sa transcription sur parchemin ne fut pas trop erronée.

Après un certain, il revint au campement, épuisé. Il fit un rapport plus direct, en vérifiant au passage si Adelyn avait fait du bon travail - il n'en doutait même pas! C'était le moment d'approcher la forteresse désormais. Le périple fut long, et ils réussirent à passer le cap de la capitale et à approcher le bâtiment ciblé. Manque de chance, un spécimen au flair bien développé et à l'ouïe sensible les repéra, le tout manqua de peu de virer en prise de prisonniers, mais cela tourna bien plus au cauchemar que ce qu'il redoutait; Ils étaient séparés. S'il y avait bien quelque chose que Günter avait voulu évité, c'était cela. Zut de merde! Il se retint de pester, plaquant sa main contre la bouche de Douhbée pour lui signifier de ne pas se faire repérer. Il envoya un message à Adelyn, lui affirmant qu'il la maudissait, mais elle était déjà dans les vapes -du moins le pensait-il. Pourquoi ne l'avait-elle pas laissé faire SON travail, il aurait très bien pu gérer cette patrouille! Si Soren était une priorité pour elle, dans son cas à lui, il n'était pas ici pour faire un échange. Sa priorité était de ramener TOUT LE MONDE.

Il bouillait intérieurement, fomentant bon nombre de discours moralisateur pour la chevalière. S'ils la torturaient? Ça aurait été à LUI de faire diversion! Il aurait bien mieux subit les sévices! Douhbée et Losly se consultèrent du regard. Il fallait entrer dans ce fichu bâtiment, et maintenant. À bonne distance, ils suivirent les sentinelles, faisant bien attention de ne pas se faire repérer. Il économisait ses forces, n'usant pas de son pouvoir, afin de se préparer à un combat. Les derniers temps avaient été éprouvants et il n'était pas au mieux de sa forme - ce qui consistait tout de même un bon niveau au-dessus de la normale.

Malheureusement, ils les perdirent de vue, faute de prudence - toujours mieux que de se faire capturer, quoique Losly n'avait pas peur des bracelets de fer! La question de Douh le fit serrer les lèvres pensivement. Comment savoir? Finalement, la pardusse sembla avoir repérer quelque chose et l'invita à tourner vers la gauche. Après une brève hésitation, il suivit, insistant pour passer devant. En cas de la présence d'un adversaire, il pourrait plus facilement recevoir des dégâts et servir de bouclier. En même temps, il ressassait dans sa tête les informations de Vigie et était conscient de devoir préparer mentalement Douhbée à cette éventualité, mais il n'était pas le plus doué avec les mots. Comment lui dire qu'elle ne reconnaîtrait pas l'homme qu'elle aimait, car il ne serait que l'ombre de lui-même, blessé dans l'âme et dans le corps, amaigri et blême? Car oui, un prisonnier ayant moisi en tôle, comme l'avait dit le jeune homme, devait ressembler à grossière description. Prenant une grande inspiration, il se tourna vers elle.

** [Douhbée] Écoute Douhbée, avant qu'on ne retrouve Vigie, il faut que tu prennes en compte que... **

Le message d'Adelyn l'interrompit et ils se précipitèrent. Si elle était déjà là, il s'attendait à tout moment de l'entendre appeler à l'aider sous la torture. Et il voulut retenir la jeune blonde, mais elle fila plus vite que lui, mue par l'amour qu'elle portait au prisonnier de longue date. Argh! Elle allait avoir un sacré choc... « Douh... attends! » fit-il en chuchotant, mais elle ne l'entendait plus. Il pesta à mi-voix. Il déboucha à peine une seconde après elle, mais assez tard pour qu'elle repère son amour et... son état. Par contre, Losly repéra d'abord le visage de l'écuyère, les plaies sur le cou de la chevalière et la situation... qu'ils avaient interrompus, le jeune chevalier à genou, comme s'il s'attendait à recevoir une raclée. Les soldats se tournèrent et il s'interposa pour bloquer un coup d'épée qui allait s'abattre sur la pardusse, mais les soldats furent rapidement déconcertés par les anneaux de métal qui s'arrachait de la pierre, cadeau de celle-ci.

Cela ne dura pas longtemps, mais suffisamment pour qu'Adelyn se mette en garde que que le sous-chef charge l'ennemi le plus près. Le combat ne fut pas bien long, mais assez féroce. Se souvenant de la dragonnière dont Soren lui avait parler, Losly pressa Douhbée. « Pas le temps Douhbée, faut partir! » Il manquait peut-être de délicatesse, mais il ne tenait pas à voir une folle furieuse débarquer! S'avançant vers le chevalier, il s'agenouilla devant lui, dos à lui, en l'invitant à monter sur son dos. « Pas le choix, bonhomme! Je vais jouer les montures! Tu verras, je suis pas farouche. » Il lui fit un clin d'oeil, voulant détendre un peu l'atmosphère, qu'il savait lui-même assez dangereuse, et partit au pas de course dès qu'il eut son cadet sur le dos.

Comme aucune alarme n'avait encore été donné, ils eurent un bon coup de chance. Mais quelque chose taraudait le sous-chef. Comment allaient-ils faire pour passer dans la capitale, regagner le campement, foutre le camp sur le bateau, sans que personne ne les remarque, ou ne les arrête? Ils durent se fondre dans l'ombre plusieurs fois, avec l'aide des illusions d'Adelyn pour disparaître, et dès qu'ils se fondirent dans la noirceur d'une chaumière, il se tourna vers les autres. « Faut une diversion! Vous avez une minute pour trouver une bonne idée! » Après un court échange, ce fut Vigie qui suggéra le feu... l'intonatino du jeune homme l'inquiéta sur sa santé mentale, mais il se contenta d'hocher la tête. « Excellent, je m'en occupes. Les filles, soutenez le jusqu'au campement. Je vous rejoindrai en chemin, si je ne suis pas encore là, commencez tout de même à appareiller le navire, je serai à bord avant que vous décolliez, parole de chevalier! »

Il se pencha pour permettre à Vigie - comme il était petit soudain! Courbé par le poids de son emprisonnement - de descendre de son dos, et s'adressa à nouveau à elle. « C'est un ordre, on ne discute pas. On se revoit bientôt. » Ce sur quoi il partit de son côté. Ayant un sens inné pour ce qui touchait au métal, il trouva rapidement une fonderie. Pénétrant dans le bâtiment silencieux, il activa les braises et s'assura de propager le feu autour. Il s'appliqua ensuite à enrouler son épée de tissu auquel il mis le feu, et passa sur ce qui devait être des étales de marché. Il mit le feu, comme s'il cela s'agissait d'une propagation naturelle en partance de la fonderie. Bientôt, des cris d'élevèrent, la boucane aussi. Il poursuivit son travail, à travers toute la capitale, armé de son camouflage, il poursuivit jusqu'à tard dans l'aube, le soleil pointant déjà ses rayons.

Il passa la journée à semer la zizanie dans la capitale, s'assurant de faire passer les voisins pour coupable du malheur des autres, et s'en fut finalement. On fouillait déjà l'endroit, ayant découvert les soldats morts dans les cachots. Il du faire bien attention aux dragons qui survolaient l'endroit. Au pas de course, plus rapide et endurant que la moyenne, il rattrapa les filles et le blessé trois jours plus tard. Il observa l'état de ce dernier, puis le reprit sur ses épaules, accélérant ainsi la cadence puisqu'elles n'avaient plus à supporter le presque cadavre. Ainsi, ils furent plus rapidement de retour qu'ils avaient mis à atteindre la forteresse. Ayant prévenu le capitaine, le navire était déjà prêt à partir. Sans prendre de repos, ce fut le départ. Heureusement pour eux, c'était la nuit. Le navire fila silencieusement sur l'étendu bleu. Au loin, on voyait encore quelques filaments de fumée, cadeau du chevalier aîné.

Maintenant, tout était une question de discrétion, mais ils allaient s'en sortir, tout était de leur côté. L'obscurité, le vent, la panique qui se mourait lentement à la capitale. Le temps que les dirigeants pensent à vérifier plus derrière l'île, le navire aurait disparu et vogué depuis longtemps. Il ne restait plus qu'à Douhbée de soigner l'âme de Soren... Quand à lui, il attendait impatiemment le retour de la proximité d'Alombria, pour reprendre contact avec son jumeau et se sentir à nouveau entier.


[Fin du rp pour Losly]

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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Sam 18 Fév - 17:58

C’était un tout autre sentiment qu’Adelyn avait imaginé pour sa réunion avec son collègue de l’Ordre porté disparu depuis des mois. Elle s’était attendu à du soulagement et de la joie. La réalité était cependant toute autre. Elle était horrifiée. Il lui était difficile de retenir ses larmes, car elle ne pouvait même pas commencer à imaginer toute la souffrance que Soren devait avoir enduré ces derniers temps. Il n’était que l’ombre de lui-même et ça brisait le cœur de la fée. Elle craignait également la réaction de Douhbée lorsque celle-ci ferait son arrivée avec leur chef.

**[Soren] Je crois en avoir une assez bonne idée, en fait. Pour ce qui est de ta douce et Losly… ils sont sains et saufs.**

Du moins, elle espérait que c’était toujours le cas. Ils étaient en parfaite santé lorsqu’elle avait été séparée d’eux et n’avait pas eu de nouvelle comme quoi les choses avaient viré au vinaigre depuis leur séparation. Elle préférait croire que c’était un bon signe. De toute façon, il était inutile d’inquiéter Vigie davantage qu’il ne l’était présentement. La fée pouvait ressentir tout ce qui se passait en lui; elle était donc bien placée pour savoir qu’il s’en faisait pour leurs compagnons.

Elle hoqueta de surprise lorsqu’un premier coup fut porté au pheryxian. Non qu’elle n’eût jamais assisté à un combat dans sa vie, mais parce qu’elle n’avait rien compris à l’échange menant à cette altercation. Elle se mordit la lèvre inférieure en voyant son confrère recevoir un violent coup de genou en pleine face. « Laissez-le tranquille! » hurla-t-elle. Peu lui importait d’attirer de l’attention sur elle… Tout ce qui lui importait était d’éviter davantage de souffrance à son frère d’armes. Il avait suffisamment pâti dernièrement, il méritait un peu de répit. Sans plus attendre, Lyn se mit à se démener sur place. Il devait y avoir un moyen de faire quelque chose!

Elle maudit le coup qu’elle avait reçu un peu plus tôt, car il lui était impossible de se concentrer assez sur les tortionnaires et utiliser son pouvoir d’illusion pour les faire souffrir. Elle avait un mal de bloc qui compliquait largement les choses. Elle détestait se sentir aussi impuissante. Elle ne pouvait faire autrement que vociférer à voix haute en espérant qu’on change de victime. Elle devait épargner Soren si elle voulait qu’il ait une chance de survivre jusqu’à ce que les renforts arrivent.

Pour une fois, son plan fonctionna avec brio, car un des hommes s’approcha en sa direction avec un lame dans la main. La chevalière soutint son regard et se prépara au pire. Elle était faite forte, elle pouvait en prendre… Peut-être pas en conservant le silence, car elle ne put s’empêcher de crier lorsqu’elle sentit la lame s’enfoncer brusquement dans sa cuisse… mais il en faudrait plus pour venir à bout d’elle. Elle se compta chanceuse de ne pas comprendre les paroles perfides des tortionnaires, car ils ne pouvaient pas jouer avec son esprit comme ils le faisaient avec leurs victimes habituelles. Elle ferma ensuite les yeux afin de bloquer les cris de son frère d’arme de son esprit. Elle ne devait pas s’y attarder si elle voulait être capable de résister aux lacérations qu’on lui faisait subir un peu partout sur le corps, surtout au niveau de son visage. Elle retint son souffle lorsqu’elle sentit la chair de son cou être entaillée puis ferma les yeux. Elle rouvrit les paupières seulement sous l’effet de surprise d’entendre le cri de rage de Vigie.

- Non, Soren! Ne…

La jeune femme ne continua pas sa phrase puisque c’était dorénavant inutile pour elle d’intimer au soldat alombrien de ne pas prendre de risque pouvant lui coûter la vie. Elle ne voulait pas avoir fait tout ce chemin pour assister à sa mort… Elle ne se le pardonnerait jamais. Si quelqu’un méritait de vivre, c’était bien ce valeureux chevalier. Il était une personne d’exception, quelqu’un qui méritait tout le respect de la fée. Sans compter qu’il avait une femme qui l’aimait qui l’attendait. Il avait tout son avenir devant lui.

- Soren, je t’en supplie… murmura-t-elle, le voyant s’effondrer.

La rage monta en flèche au sein d’Adelyn, qui voyait arriver ses partenaires de mission. La simple vue de Douhbée et de Losly lui redonna une dose d’espoir. L’adrénaline se mit à couler à flot dans ses veines et elle ne perdit pas un instant lorsqu’elle se fit libérer de ses liens de fer pour foncer sur le premier soldat devant elle. Elle était si déterminée à sortir de cette salle de torture qu’elle ignora complètement sa blessure à la cuisse. Elle désarma son adversaire avec un coup bien placé, pour ensuite lui tordre le cou. Le reste se passa si rapidement que la chevalière en eut à peine conscience. Elle jeta un regard à son supérieur, le temps que les amoureux se retrouvent, puis l’appuya dans son plan de prendre la fuite pendant qu’il était encore temps.

- Allez, Douhbée, il ne faut pas rester ici. fit-elle en prenant son amie par la main.

L’adrénaline du moment lui permit de se servir de son pouvoir d’illusion à nouveau pour éviter que leur groupe ne se fasse prendre. Elle fut heureuse qu’on ne lui accorde pas plus d’attention et qu’on se concentre sur le fait d’aider Soren. « Oui, chef. » répondit-elle simplement aux ordres de Losly. Elle se glissa sous un bras du pheryxian, laissant la bien-aimée de celui-ci s’occuper de l’autre côté. « Allons-y. »

Sous le couvert de la nuit, les deux femmes transportèrent leur compagnon aussi vite qu’elles le purent. La route fut pénible pour la fée, qui sentait son énergie descendre à une vitesse inquiétante. Elle ne relâcha toutefois pas ses efforts avant que le trio se soit suffisamment éloigné de la capitale. Ce n’est qu’alors qu’elle se permit de s’occuper de sa blessure à la cuisse, mais elle s’assura néanmoins de ne jamais rester au même endroit très longtemps. Ils devaient avancer et parcourir le plus de distance possible avant que Losly ne vienne les rejoindre. Elle avait espoir en lui. Elle lui fit d’ailleurs toute une accolade lorsqu’il réapparut au bout de trois jours.

- Contente de ne pas devoir partir sans toi. lui lança-t-elle, avec une claque amicale dans le dos.

Les chevaliers firent le reste du chemin dans un délai plus que raisonnable, car ils connaissaient maintenant l’endroit où ils se trouvaient. Du moins, assez pour ne pas se perdre et avoir à chercher où aller. Le départ se fit dès leur retour au navire puisque tout avait été préparé à cet effet durant leur absence. Adelyn en profita pour laisser les guérisseurs s’occuper d’elle et de Soren, puis se reposer en attendant le retour au bercail. Elle ne manqua pas de faire savoir à son confrère qu’elle était réjouie de l’avoir parmi eux à nouveau, puis de serrer la Douhbée dans ses bras. Elle partageait son bonheur, et ce, pas uniquement parce qu’elle était empathique. Elle ne pouvait qu’imaginer l’enfer que son amie avait vécu tout ce temps. Ce fut donc avec le cœur léger qu’elle se laissa porter par les vagues jusqu’à la capitale alombrienne.

[Fin du rp pour Adelyn]

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MessageSujet: Re: Il n'est pas mort. [Adelyn et Losly]   Mar 28 Fév - 17:58

Losly avait raison, Adelyn aussi, ils devaient partir, et même si Douhbée trouvait difficile de ne pas immédiatement profiter de ses retrouvailles avec son amoureux, elle trouvait d’autant plus difficile de le voir dans cet état, et craignait trop de lui faire mal en le touchant. Ils avaient besoin de le ramener en urgence sur le bateau, en sécurité, là où elle pourrait prendre soin de lui. Là où il guérirait de ses blessures, et elle aussi. Pour éviter que Vigie s’affaiblisse d’avantage, le sous-chef de l’Ordre décida de le porter, afin que tous puissent courir sans craindre quoi que ce soit jusqu’à l’extérieur du château. Toutefois, avant de mettre le pied dehors, le demi-incube proposa qu’il ferait diversion pendant qu’eux trois traverseraient la capitale, sinon ils risquaient de se faire découvrir. Les deux femmes continuèrent donc d’aider le phéryxian à marcher pendant que le Chevalier restait derrière pour faire du grabuge et dévier l’attention.

Douhbée entendit à peine les cris d’alarme lorsqu’une dense fumée envahi les environs du château : elles étaient déjà loin avec leur fardeau. De toute façon, l’écuyère était bien trop occupée à rassurer Vigie, lui répéter qu’ils arrivaient bientôt, qu’ils allaient s’en sortir tous les quatre, qu’ils rentraient à Enkidiev. Le phéryxian n’était plus le même, pas seulement physiquement. Il lui semblait terriblement lointain… mais comment aurait-elle pu s’attendre à autre chose? *Je vais te ramener tout entier, Soren d’Alombria, je te le jure,* se promit-elle, quoi qu’il en coûterait, elle ne laisserait pas son amoureux sombrer ainsi.

Lorsqu’ils furent enfin sortis de la capitale, le trio s’octroya une pause et Douhbée aida Adelyn à soigner sa cuisse, avant de se remettre immédiatement en route. Vigie avait besoin de repos, mais elles avaient besoin de mettre le plus de distance possible entre eux et les dragons, alors elles s’épuisèrent jusqu’à atteindre le navire, ce qui mit plusieurs jours pendant lesquels la pardusse s’assurait de prendre soin de son fiancé avec toute l’énergie du désespoir qu’elle lisait dans ses yeux à lui. Soignant son corps avec l’aide de la fée comme elles le pouvaient, et son âme du mieux qu’elle en était capable, lui parlant le plus possible, de la vie à Alombria depuis son départ, de la mission qu’ils avaient fait, des petites choses anodines de son quotidien, et parfois de ses sentiments, de ses peurs et de ses espoirs. Ils s’effondrèrent tous les deux sur la paillasse qu’elle avait partagé avec Adelyn dès qu’ils atteignirent le navire, et de tout le voyage vers Enkidiev, jamais Douhbée ne se sépara de son fiancé, lui insufflant toute son énergie, l’écoutant lorsqu’il voulait parler, lui parlant lorsqu’il n’en était pas capable, et se taisant lorsque c’était ce qui fallait faire.

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