Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]

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Rubis
Justicier(ère)


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Date d'inscription : 31/05/2016

Feuille de personnage
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Race: Semi-succube
Âme soeur:

MessageSujet: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Jeu 1 Sep - 11:46

Elle marchait dans la noirceur avec un homme qui lui enserrait les épaules de son bras. Ils étaient sortis de l’agglomération urbaine de la capitale de Shola et se baladaient maintenant sur les chemins de terre battue en pleine nuit. L’homme tenait une lanterne à la main et usait de son charme sur elle afin de la mettre en confiance. Il lui promettait mer et monde, déclarant qu’elle vivrait le plus beau moment de sa vie. Si elle le suivait, elle aurait enfin la paix d’esprit qu’elle recherchait depuis longtemps et aurait une place directement dans les plaines de lumière, dans l’au-delà, ce qui lui évitait la potentielle descente aux enfers au moment du Jugement dernier. Le visage empreint de gratitude, Elly observa les traits réguliers de Travis, l’homme qui la guidait avec tellement de gentillesse. Le bras puissant de l’homme descendit dans son dos pour se terminer au niveau de sa taille dans un mouvement sans équivoque. Évidemment, la sérénité n’empêchait en rien les petits jeux tout à fait naturels de la chaire. Après tout, les dieux les avaient conçus pour procréer, pas vrai? Et puis, les sacrifices de l’âme qu’elle allait effectuer dans quelques heures nécessitaient également un total abandon du corps.

Un doux sourire naissait sur les lèvres de la semi-succube qui, visiblement, était d’accord avec lui. Sa tenue était élégante, mais tout de même sobre. Une jupe d’un vert tendre descendait jusqu’au sol et était ornée de quelques broderies fines représentant de petites fleurs blanches dans le bas. Le haut de son corps était serré par un corset couleur de bronze au laçage frontal sous lequel ressortait un chemisier nacré qui lui recouvrait les épaules et les bras… laissant tout de même suffisamment d’ouverture pour que l’on puisse jeter un coup d’œil à sa poitrine opulente. Dans son cou trônait un joli collier de perles et ses cheveux vermeils étaient remontés en une natte « queue de poisson » finement travaillée. Ses lèvres étaient teintées d’un rouge écarlate et affichaient en permanence un sourire à la fois charmé et empreint de soulagement. Elly se comptait chanceuse d’être tombée sur un homme comme Travis… elle avait tellement besoin de ses conseils et de sa présence afin de sentir qu’elle était sur le bon chemin!

Le couple marcha de longues minutes, parlant de la révélation divine dont la jeune femme serait le réceptacle le temps venu. La brise fraîche d’automne souffla dans leurs cheveux et les fit frissonner. Finalement, le duo arriva en vue d’une statue immense de Sin, trônant fièrement au bord d’une falaise qui surplombait la mer. Lady Rosenbaum avait fait pas mal de chemin pour arriver sur ces terres côtières, là où on l’avait guidée. Au loin, devant elle (et au pied de la statue titanesque), elle voyait un attroupement d’individus qui l’attendaient visiblement, torche à la main. « Qui sont-ils? » chuchota-t-elle à l’oreille de Travis, beaucoup plus près que ce que la convenance dictait, de sorte que ses lèvres effleuraient presque la tête de son compagnon.
« Les guides de l’infini, ma jolie. Ils nous mèneront sur notre lieu de pèlerinage, là où nous devrons faire don de nos âmes et de nos corps afin de pouvoir gagner notre laissez-passer dans les plaines de lumières », répondit l’homme, un sourire au visage. Derrière les hommes encapuchonnés de toges blanches se tenait un groupe d’individus tous plus disparates les uns que les autres. Des fidèles en devenir, visiblement, tout comme elle.

Une fois à la hauteur des guides de l’infini, Travis fit les présentations et les individus encapuchonnés firent une courbette devant Lady Rosenbaum. Elle détailla leur tenue, remarquant un insigne sur leur poitrine ressemblant à une étoile rouge auréolée d’un cercle de la même teinte. Rubis avait entendu parler du Peuple de l’Infini, une organisation qui recrutait des âmes en peine en besoin de sens à leur vie. Ils allaient même jusqu’à approcher des adolescents afin d’entrer dans leur tête et d’y implanter leurs idéaux douteux. C’est de cette façon que la justicière s’était « fait prendre », usant de ses charmes et de ses phéromones de succube pour se faire enrôler par Travis. Elle avait rencontré ce dernier dans un cimetière, là où il approchait les individus éplorés qui cherchaient un sens à leur vie après le départ de leurs êtres chers. Les premiers échos de cette organisation étrange étaient venus à ses oreilles alors qu’une femme déclarait avoir perdu son mari aux mains d’une femme prêchant des bonnes paroles d’aucun dieu connu. Depuis la perte de leur unique enfant, l’homme n’avait plus été le même et avait beaucoup de mal à remonter la pente… Or, cette « prêtresse » arrivait au bon moment, promettant espoir et sérénité à un pauvre homme en mal de vivre. Rubis avait cru bon d’investiguer davantage et avait reçu une panoplie d’autres témoignages dans des scénarios plus ou moins similaires. On profitait des moments de faiblesse des pauvres gens et la plupart d’entre eux disparaissaient définitivement. Elle devait en apprendre davantage, voir où tout ça la mènerait.

Les trois dernières années lui inspiraient deux sentiments contradictoires : tout d’abord, elle avait trouvé une piste fiable dans la disparition d’enfants qui sévissait en Shola sans toutefois pouvoir retrouver son fils (ce qui la déprimait royalement, puisque ça faisait si longtemps qu’elle cherchait un filon pour remonter jusqu’à lui), d’un autre côté, Jewelith était entrée dans sa vie avec sa famille et égayait chacun de ses jours passés à ses côtés. La jeune femme en devenir était comme la petite sœur que Rubis n’avait jamais eue et la semi-succube s’émerveillait de la voir devenir une femme forte et indépendante comme elle le souhaitait. Et puis, elle avait retrouvé sa meilleure amie, Juliette, avec qui elle passait du temps dès qu’elle le pouvait. Par contre, elle n’avait toujours pas recroisé la route de la mystérieuse Khassy et, parfois, la justicière se demandait où se trouvait cette dernière et si elle avait réellement bien fait de la relâcher…

Afin de se faire approcher par le Peuple de l’Infini, Rubis avait usé de sa propre expérience de vie pour se faire enrôler auprès de Travis, usant de la douleur inspirée de la perte de son garçon et du meurtre de son père pour s’assurer que sa « comédie » soit le plus véridique possible. Sans parler du fait qu’elle usait volontairement et sans arrêt de ses phéromones de succube sur lui afin de conserver sa fascination à son égard… toutefois, à voir la tronche des gens qui la regardaient sans cesse, elle songea au fait qu’elle y allait peut-être un peu fort avec ce don… elle voulait certes qu’on s’intéresse à elle, mais de là à attirer toute la foule… c’était exagéré. Il fallait dire qu’elle avait parfois un peu de mal à contrôler son pouvoir racial, comme en témoignait la situation présente. Elle était si concentrée à tenter de diminuer la puissance des vagues de phéromones qu’elle envoyait qu’elle sursauta lorsque l’un des guides, grimpé sur une charrette de bois où étaient attelés quelques chevaux, s’adressa à la foule d’une voix forte.


- Mesdames, messieurs! La procession de l’Infini s’apprête à partir pour notre sanctuaire sacré. Nous vous demandons de bien suivre les guides et de ne pas vous éloigner. Faites de la place dans vos esprits et dans vos cœurs pour accueillir la sérénité suprême pendant notre pèlerinage. Cette étape est cruciale afin de purger votre âme. Priez pour votre paix intérieure et préparez-vous à faire l’ultime sacrifice de vous-mêmes. En marche!

C’était quoi ces conneries?! Que de foutaise. Certes, lorsqu’elle était gamine, Rubis allait régulièrement dans les grandes cathédrales de la capitale en compagnie de son père afin de se « repentir de ses péchés », comme tous les enfants de sa génération ou presque. Toutefois, elle le suivait plus par obligation et par tradition qu’autre chose… Son niveau de foi s’arrêtait pas mal là. Les gens autour d’elles étaient totalement différents, embrassant chacune des paroles comme autant de baume sur leur cœur. Elle avait pitié d’eux. Ces pauvres personnes, aux prises avec des moments de pures faiblesses, se faisaient entourlouper par des charlatans qui allaient très probablement abuser d’elles. La justicière ne pouvait rester là sans rien faire. Elle devait intervenir et les ramener auprès des leurs, là où tout le monde serait en sécurité. Mais d’abord, elle devait se rendre dans ce sanctuaire afin de défaire cette organisation à la source même. Si ça se trouvait, bon nombre d’entre eux étaient détenus là-bas dans des conditions funestes... Cette pensée la fit frissonner. Néanmoins, pour le moment, elle devait continuer à jouer le jeu. Le cortège entama donc sa procession en longeant la falaise côtière, entouré des guides de l’Infini qui marchaient, torches brandies.

Joignant ses mains ensemble et avançant dans la foule, Elly Rosenbaum baissa la tête un instant, comme si elle se recueillait auprès de l’Infini. Travis marchait à ses côtés et, toujours sensible à ses phéromones, la fixait avec une envie presque palpable. La jeune femme de 27 ans se contenta de lui jeter un regard en coin et esquissa un bref sourire. Il lui sembla que le recruteur s’était approché d’elle… C’est alors qu’elle sentit sa main, à travers ses vêtements, lui caresser l’arrière-train. Le pervers…
« Peut-être pourrions-nous nous retirer un instant pour gagner immédiatement la sérénité de nos corps, Lady Rosenbaum? » souffla-t-il à son oreille. « Je connais le chemin par cœur, je vous guiderai au sanctuaire moi-même, soyez en assurée… ». Et merde. « Vous n’y pensez pas? Avant d’arriver à cette étape, ne dois-je pas purger mon âme afin d’être digne des plaines de lumières? », rétorqua-t-elle d’un air incertain. Elle devait trouver un moyen de calmer ses ardeurs… Sinon, elle serait dans l’obligation de le suivre et de briser sa couverture.

Travis ouvrit la bouche pour rétorquer quelque chose, un regard séducteur ceignant son visage, quand soudain, la tension montant d’un cran à l’avant du cortège. Plusieurs guides quittèrent leur position pour s’élancer vers l’avant de la procession sous le regard curieux de Rubis qui ne portait maintenant plus aucune attention à son compagnon. Les voix de plusieurs individus encapuchonnés criaient les mêmes mots :
« un profanateur! ». De quoi parlaient-ils? Lady Rosenbaum s’excusa auprès de son partenaire du moment puis sortit un peu du lot afin de voir, au loin, une silhouette armurée de bonne taille. Un homme visiblement. Le guerrier se tenait au loin, bien droit, et semblait observer la foule. Non, mais attendez. Elle reconnaissait cette armure complète! Elle avait combattu à ses côtés et avait travaillé avec lui sur l’affaire de disparitions d’enfants… Elle pourrait le reconnaître entre mille, et ce, même sans voir son visage. « Krovos?? » murmura-t-elle pour elle-même sans que personne ne lui porte attention. Non seulement cette armure lui était familière, mais la queue de lézard qui traînait derrière lui le trahissait. S’il était là, c’est que Phoebe ne devait pas être bien loin, pas vrai? La semi-succube scruta les environs pour essayer de repérer l’autre jumeau, sans succès.

Était-il venu pour arrêter le cortège? Le cas échéant, il lui compliquerait drôlement la vie! Et merde! Pourquoi ne pouvait-elle communiquer avec lui par la pensée?! Ils auraient pu se mettre d’accord sur une façon de procéder…
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Ven 16 Sep - 12:36

KROVOS. JOUR 13 SANS ACCIDENT.


Krovos se déchaînait. Tout sur son passage y passait. Il détruisait les murs de fines planches, renversait les tables, agrippait les gens par la gorge au passage, leur enfonçant ses griffes dans le cou. Ses yeux illuminaient par le rouge de sa colère et personne ne pouvait l'arrêter. Il ne tarda pas à tout démolir dans cette maison et, sans un regard pour les victimes, quitta l'établissement, posant son regard sur tout ce qui l'entourait. Des flammes, de la fumée, des hurlements. Tout cela le rendait fou. Il souffrait. Les bruits lui vrillaient les tympans, la fumée brûlait ses poumons avec une sensation accrue par son pouvoir particulier. Tout autour le faisait souffrir, et l'enrageait. Il fonça vers le feu le plus proche qui l'aveuglait et donna de violents coups de pied et de queue dans le tas de bois qui s'éparpilla dans une virevoltes d'étincelle. Un cri fusa tout près, il se tourna. Un enfant le regardait, les yeux écarquillés, figé sur place.

La bête se dirigea sur l'enfant. « Vas-y, ça te défoulera! » Il s'arrêta. Qui lui parlait? Il tourna la tête. L'enfant devant lui avait disparu, c'était maintenant Phoebe qui le regardait. « Allons, Krovos, tu ne peux pas faire ça. » Il plissa les yeux et leva le bras. « Vas-y! Frappes-la! » Il tomba à genou et se prit la tête entre les mains. Non, pas sa soeur, il ne pouvait pas la blesser! « Krovos. » Il secoua la tête. « Krovos! » Il ne voulait pas la regarder, il avait voulut la tuer. « Laisses-moi! » fit-il, de sa voix grave. « Jamais, je fais parti de toi, et pour toujours. » Mais ce n'était pas la voix de Phoebe. Il se releva, et se vit. C'était lui, les yeux étincelants, qui pleuraient du sang, alors que le sourire qui étirait le visage n'avait rien de naturel.

Écarquillant les yeux, le reptilien tomba vers l'arrière, et recula tant bien que mal devant cette vision, qui s'avançait vers lui. « Maintenant, et pour la vie. » Il secoua la tête. « Tu n'es pas obligé Krovos, relâches tout. » Il soupira. « Rien ne m'y oblige... » murmura-t-il. « Jusqu'à ce que j'en décides autrement. » Il ouvrit subitement les yeux en s'asseyant brusquement. « Non, ce n'est pas toi qui décide! » cria-t-il. Il cligna des yeux. Phoebe le regardait d'un drôle d'air. Il était dans leur chambre, dans son lit à elle. « Qu'as-tu dit? » lui demanda-t-il, en fronçant les sourcils. Sa soeur fronça les aussi les sourcils. Rien. Il rêvait. C'était fini maintenant. Il secoua la tête. « Non, non il y avait une voix. Il y a quelqu'un, je n'ai pas rêvé! » Il rejeta les couvertures et se leva, faisant frénétiquement le tour de la chambre. Il n'y avait personne. « Ce n'est que le début. » Il se tourna vers Phoebe. « De quoi tu parles? » La chevalier le regardait sans comprendre. Elle n'avait rien dit. « Ce n'est pas drôle... » mais il comprit rapidement qu'elle s'inquiétait, car elle était sincère. Il se tut.
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Cela faisait maintenant deux ans, la première fois qu'il avait entendu ces voix. Et elles avaient continuer. Au début, Krovos ne les entendait pas souvent, mais cela s'était fait de plus en plus fréquent. Incapable de savoir d'où elles venaient, il leur répondait, naturellement. Cela avait inquiéter son entourage à un niveau assez incroyable. Le chevalier rageur devenait fou! Il entendait ce qu'on chuchotait dans son dos, et cela l'avait angoisser. Au début. Allait-il empirer? Chasser tout le monde pour ne plus les entendre? Mais rapidement, il se rendit compte qu'elles étaient apaisantes. Un peu comme Phoebe. Elles captaient son attention, et lui évitait souvent de se mettre en rage pour des événements bénins, mais qui normalement aurait causé la destruction de ce qui l'entoure.

Bientôt, on commença à le regarder avec surprise. Il ne réagissait pas, ou peu. Était-ce normal? Surtout le moment où un écuyer fit tomber un étalage d'armes dans un boucan infernal. Il n'avait même pas tiquer. IL N'AVAIT MÊME PAS TIQUER! C'était impossible! Et pourtant. Sentant les regards sur lui, il avait simplement tourner la tête. Tout le monde le dévisageait. Il haussa les sourcils. « Je n'ai rien fait, c'était pas moi. » Ne comprenant pas tout de suite d'où venait leur air incrédule. Ce fut sa soeur, non loin, qui lui expliqua la cause de cette réaction. C'était son manque de réaction, justement. Il comprit. Mais, il était tellement occupé à s'obstiner avec La Voix, qu'il n'avait même pas fait attention au bruit environnant. Ce qui, au départ, inquiétait le plus son entourage, fini par créer du soulagement. Quoique ce fut, c'était salvateur.

Cela prit six mois avant qu'on lui pose un diagnostic. Il avait développé une sorte de maladie mentale qui créait des voix. Elles n'existaient pas. C'était dur à croire car, pour lui, elles étaient bien réelles. Il en reconnaissait trois bien distinctes, mais une s'exprimait bien plus et plus souvent que les autres. Malgré ce qu'on put croire, sa maladie fut rapidement accepté, et même apprécié. Cela la laissait perplexe et, bien qu'on le craignait et l'évitait toujours, ils se sentaient moins à cran autour de lui. Il eut même quelques missions avec d'autres chevaliers que Phoebe et Farÿe, les seules à pouvoir le contrôler.

D'ailleurs, Farÿe... Krovos avait connu sa première période de colère réelle. À lui, sans pouvoir, ni rien. Il s'était senti envahi par la rage, par cette rage. Mais pleinement conscient, des yeux bleus, une taille normale. Il était très proche de sa jeune amie qu'il considérait comme une soeur. Une cadette qu'il chérissait, et qui avait vécu de terribles épreuves. Il s'était juré de tué Chade, et de prendre le temps de lui faire regretter son geste, juste avant d'en finir avec lui. Et il voulait le faire consciemment, pas sous l'effet de son pouvoir. C'était la première que des sentiments aussi négatifs et profonds s'emparaient de lui. Pas comme le désespoir et la tristesse. Non. C'était la rage, la vraie.

Les dernières années avaient été un véritable mix de bouleversements pour le chevalier reptilien. Il s'en sortait renforcit. Comme s'il était libéré d'un poids. Ces voix, qu'il rejetait farouchement au début, il avait finit par les accepter. Si son entourage les acceptait - et limite les appréciait- pourquoi pas lui, qui était le seul à les entendre? Oh certes, au début il avait cru à une mauvaise blague. Mais il ne connaissait pas ces voix, personne dans son entourage, personne qui aurait pu lui parler par télépathie, et encore moins qui le connaissait aussi bien. Ces voix savaient tout de lui! TOUT! Il avait fini par croire le médecin. C'était dans sa tête, tout simplement. Simplement... si ça pouvait l'être, simple.
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On lui avait attribué une mission, à lui seul. On lui avait dit qu'il pouvait tout démolir. Des sources sûres avaient confirmer la présence d'une secte au sein de Shola qui entraînait des gens à vénérer de faux dieux, à se livrer à la décadence et à donner tout ce qu'ils possèdent à l'ordre pourri qui la dirige. Le Peuple de l'Infini. Et puis quoi encore. On l'avait désigné, car on ne craignait pas pour la sécurité de cette secte. C'était des fanatiques. Ils en avaient capturés un, et il n'y avait rien à faire avec cela. Il avait carte blanche pour les anéantir. Il devrait, évidemment, prioriser la mise en capture, mais, si ça venait à mal tourner... bref, le berserk était tout indiqué pour ne pas mettre en péril d'autres chevaliers dans cette drôle de mission. Ces gens étaient dangereux, et le chevalier rageur pouvait se régénéré. N'était-il pas tout indiqué?

Et sans surveillance. S'il ne revenait pas, on lui enverrait sans doute Phoebe ou Farÿe pour le ramener. Mais d'ici là, il ne pouvait que compter sur lui-même, et sur Elles. Les Voix. Sachant de bonne source qu'une délégation allait se déplacer avec de nouvelles victimes, il fut envoyé pour les arrêter, et libéré les prêcheurs qui pouvaient encore être sauvé. Inspirant profondément, Krovos alla placé sa monture en amont de la rivière pour les intercepter. Il les entendit arriver de loin. « Tu peux laisser aller, ils ne représentent rien. » Il secoua la tête. « Ce sont des êtres vivants, ils méritent la vie. » Un ricanement résonna. « Ils sont anéantis, détruits, n'ont plus de volonté propre. Comme toi. » Il serra les dents. « Non, moi je peux encore choisir. » Une autre voix, plus douce, qui lui rappelait pour Phoebe, se fit entendre. « Tu le peux. » Il sourit.

S'avançant sur le chemin, il se plaça au beau milieu de celui-ci, une main sur la garde de son épée, l'autre sur sa hanche, jambes écartées. Il leur barrait la route. Quand on l'aperçu, on le somma de bouger, ce qu'il ne fit pas. « Relâchez ces gens, et je serez conciliant lors de votre jugement. » fit-il, poussant sa voix caverneuse afin de bien se faire comprendre. On lui répondit que les fidèles ne souhaitaient pas repartir, et qu'ils étaient ainsi de leur plein gré. « Votre dieu ne vaut rien, et n'existe pas. Cessez vos duperies et rendez-vous. » Il entendit la foule propager le mot « profanateur » à une vitesse surprenante. Si ceux qu'il venait sauver ne l'aidait pas, ce ne serait pas évident.

Des silhouettes se détachèrent du cortège, on cherchait à l'apercevoir. Beaucoup de gens encapuchonnés s'étaient rapprocher. Certains se mirent en position de combat face à lui. Il ne tiqua pas. Il savait qu'il leur ferait la peau facilement. Une voix, trop basse pour venir de sa tête, prononça son nom. Il plissa les yeux et chercha à voir d'où cela venait. Il reconnaissait cette voix. Il ne tarda pas à la voir, légèrement détachée de la foule. Il avait du mal à croire que Rubis eut pu se laisser berner. De toute évidence, la justicière tentait à nouveau une entreprise solo et cherchait à finir dans le fond d'une tranchée. Il soupira.

Les hommes du cortège s'avançaient vers lui. Il dégaina lentement. « Je suis le chevalier Krovos de Shola. Je vous somme de vous rendre. » Son nom avait créé un frisson, ce qui lui procura des sensations contradictoires. Il appréciait que ses ennemis le craignent, mais pas vraiment d'être craint. « Ce n'est que justice. Tu peux tous les écraser. Vas-y, lâche-toi. » Il secoua la tête. « Je ne peux pas, il y a trop d'innocents en jeu. » La Voix ricana. C'était sa Rage, elle aimait bien le pousser à éclater, ce qui l'encourageait d'autant plus à se calmer. « Ils cherchent la libération, pourquoi ne serait-ce pas toi, leur dieu libérateur? Tue-les! Ils seront libérés. » Il secoua la tête. « Les tuer n'apportera rien. Ils doivent répondre de leurs actes devant le tribunal, et seul lui décidera de leurs sorts. »

Les hommes devant lui étaient pris au dépourvu. À qui parlait-il ainsi de leurs sorts? On l'encercla rapidement. Ils se rendaient à la cathédrale et il n'avait aucun droit de les en empêcher. Il réfléchit à toute vitesse. « Insinues-toi parmi eux, ton âme est déchirée toi aussi, ta place est là! » Il grimaça. Il n'était pas d'accord avec le Désespoir, cette voix pernicieuse qui cherchait toujours à briser sa confiance. « Oui, vas-y, tu auras plus d'impact de l'intérieur! » Enchérit la voix qui lui faisait penser à sa soeur, la Raison. La Rage ricana. « Ils imploseront! Vas-y! » Krovos hésita un instant, puis déclara : « Puisque tout le monde est d'accord... » Il baissa son arme et leva les bras, laissant ses assaillants pris au dépourvu. « Vous m'avez demandé de me rendre, non? Bah voilà. Vous êtes trop nombreux. Mes sources ont mentis. » Mentit-il, pour justifier son geste. On discuta allègrement autour, à voix basse. Comme s'il ne pouvait les entendre...

Finalement, on le ligota, par-dessus son armure, mais bien serré - on connaissait sa réputation, il n'avait pas besoin de relevé son heaume. Et on l'entraîna à l'arrière. Aussitôt, des prêcheurs de jetèrent sur lui pour leur vendre leur salade. Un homme comme lui, ignoré des siens, rejeté par tous. Il aurait sa place parmi eux. Ici, il serait reconnu, il serait accepté. Il pourrait trouver le salut de son âme! « Comme si ton âme était entière. » fit le Désespoir. Il sourit sous son heaume. Ce n'était pas un secret qu'il était un homme brisé. Il n'aimait pas provoqué ces vagues mortelles autour de lui, et chaque réveil était douloureux. Il repéra rapidement Rubis, à l'odeur, qui n'était pas lui.

**[Rubis] Vous voilà de nouveau dans une situation ambigüe. Vous cherchez à nous compliquer la vie? ** Un silence plana. Il perçu son mouvement qui semblait chercher. ** Je suis venu seul. ** répondit-il à la question qu'il devinait. ** Mais votre présence me complique les choses, je ne veux pas vous faire de mal. ** Il avait, il pouvait se l'avouer, eut l'intention de se libéré de sa poigne et d'éparpillé les gens en tombant en rage. Malheureusement, cela n'allait pas fonctionner. Il soupira silencieusement.


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Rubis
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Lun 19 Sep - 14:52

Mais que diable faisait-il ici?! Visiblement, l’ordre de Shola avait eu vent des activités des disciples du Peuple de l’Infini et ils avaient envoyé leur membre le plus instable afin de régler l’affaire. À cette pensée, Rubis serra les dents. Elle devait maintenant composer avec la présence de Krovos. Ce n’était pas que l’idée en soi lui déplaisait fortement, c’était qu’elle avait été spectatrice de la « sensibilité » de l’homme et elle se retrouvait dans l’obligation de marcher sur des œufs à chaque geste ou parole qu’elle entreprendrait. Elle poussa un léger soupir. La voix du chevalier reptilien monta sur l’assemblée, puissante et déterminée, sommant aux nombreux guides de se rendre. Lorsqu’il se présenta, Rubis crut remarquer qu’un frisson collectif secoua l’assemblée. L’homme était plus connu qu’elle ne le croyait! Bon, si elle devait travailler de pair avec le chevalier, elle devait d’abord lui parler et repérer son jumeau. Phoebe était essentiel dans cette histoire puisqu’il semblait avoir une influence apaisante sur le chevalier rageur. Son regard scruta à nouveau les environs et Elly se mordit la lèvre en constatant qu’elle ne le voyait nulle part. Et merde! Elle détestait que ses plans soient contrecarrés!

Ramenant son attention, elle fut étonnée de constater que Krovos semblait discuter à voix haute avec un tiers parti. À voir l’étonnement ceignant le visage des guides, elle n’était pas la seule à trouver que quelque chose ne tournait pas rond. D’autant plus qu’il parlait ouvertement du sort qu’il réservait à tout ce beau monde. Bravo pour la subtilité! Mais voilà qu’elle n’était pas au bout de ses surprises : l’homme capitula sans même combattre et déclara qu’il se rendait, ses adversaires étant trop nombreux pour lui. Hein? Elle avait la berlue, c’était impossible! Il était réputé pour tout détruire sur son passage et voilà qu’il capitulait devant une poignée d’hommes encapuchonnés? D’autant plus que, aux yeux de Rubis, son mensonge grossier ne duperait personne. Et pourtant…

Les hommes chuchotèrent un instant entre eux puis se décidèrent enfin à passer à l’action. Ils s’approchèrent de lui et le ligotèrent solidement avec de la corde. Une fois la besogne terminée, on le tira sans ménagement vers l’arrière du cortège où une tonne de fidèles prêchèrent leurs bonnes paroles. Ils voulaient tous l’embobiner, voyant en lui un moyen extraordinaire de pouvoir prêcher auprès des hautes castes de la société. Après tout, n’était-il pas un fier chevalier? Il devait avoir une certaine influence! Ou alors avaient-ils besoin d’une sorte « d’ange de la mort » pour étendre leur courroux? Pour sa part, Rubis avait du mal à croire ce qu’elle voyait. Mais bon, elle devait vite changer d’attitude sous peine d’éveiller les soupçons. Sous les indications de l’un des guides, elle revint en direction du cortège où elle reprit place, quelques mètres devant Krovos. Malgré le nombre incroyable de gens, ce dernier trouva le moyen de la repérer et communiqua avec elle par la pensée. Son message lui soutira d’abord un sourcillement, puis elle jeta un regard tout autour, tentant à nouveau de repérer Phoebe. Et voilà qu’il prétendait être seul. Et merde! Ça compliquait encore plus les choses! Néanmoins, il précisa qu’il ne désirait en rien lui faire de mal ce qui renforcit l’idée que Rubis avait de devoir se rapprocher pour discuter. Ils étaient présents pour la même raison, alors autant s’entraider!

Après que les guides de l’Infini aient donné le signal, la procession se remit en marche. Rubis suivit le pas, réfléchissant à une vitesse incroyable pour échafauder un nouveau plan. Elle devait rejoindre Krovos pour discuter, c’était primordial! La marche dura de longues minutes, voire même quelques heures? Rubis avait un peu perdu le fil du temps. Un silence complet régnait entre les deux « acolytes » : Elly tentait de trouver une ouverture pour rejoindre le chevalier et ce dernier devait probablement réfléchir de son côté, également. Parfois elle entendait sa voix, derrière elle, signe qu’il discutait avec quelqu’un d’inconnu. Se parlait-il réellement à lui-même? Si tel était le cas, ce nouveau trait était des plus inquiétants… peut-être était-il encore plus instable qu’avant? Cette pensée – doublé du fait que Phoebe était absent – l’inquiéta d’autant plus. Après un long moment, la procession s’arrêta enfin au milieu d’une forêt. Les fidèles étaient épuisés et Rubis devait admettre qu’elle avait des tiraillements dans les jambes. L’un des guides grimpa à nouveau sur la charrette de bois afin de s’adresser à l’assemblée.


- Mesdames, messieurs! C’est ici que nous ferons notre première escale. Une longue route nous attend encore, mais l’Infini est bon! L’Infini est clément et miséricordieux! Ainsi, il vous bénéficiera d’un temps de repos. Prenez cette pause comme un moment crucial dans votre périple vers la sérénité! Repentez-vous, priez et faites le vide à l’intérieur de vous afin d’accueillir la paix! Vous dormirez à même le sol, car la procession ne peut être composée de vaniteux. Seuls les humbles et les repentants pourront atteindre les plaines de lumières, rappelez-vous en.

Les autres guides s’éparpillèrent pour former un périmètre plus au moins sécuritaire autour des pauvres âmes en peine dont était formée la procession. Certains s’agenouillèrent pour prier, d’autres s’étendirent immédiatement au sol. Plus loin, l’un des fanatiques s’était installé au sol, entouré de fervents admirateurs et distribuait sa bonne nouvelle à qui voulait l’entendre. Rubis, pour sa part, décidait qu’il était temps de se taper une petite discussion avec le chevalier. Lentement, elle s’approcha de l’endroit où était assis le guerrier reptilien, entouré de deux fanatiques brandissant des torches. Dès qu’ils virent la jeune femme approcher, ils s’avancèrent d’un pas pour lui bloquer le passage.


- Lady Rosenbaum, vous n’avez rien à faire près de cet infidèle, commença l’un d’eux. Son âme est encore trop perfide et impure pour que vous puissiez vous tenir aussi près. S’il vous plaît, retournez avec les autres.

Perfide et impure?! N’y allait-il pas un peu fort? Quel idiot. Rubis afficha néanmoins un air surprit puis jeta un regard en direction du guerrier en armure complète. Elle ramena ensuite son attention sur les fanatiques, un léger sourire trônant sur ses lèvres vermeilles.

- Je crois justement qu’il est inapproprié d’isoler un homme comme lui, messieurs. Vous ne croyez pas que la présence d’une fidèle pourrait lui être bénéfique? Il a besoin de toute l’aide possible afin d’atteindre la paix et la sérénité, ne croyez-vous pas? Et puis, j’aimerais simplement savoir ses motivations profondes… afin de confirmer mes propres choix intérieurs, vous savez…

L’homme se contenta de hausser un sourcil.


- Je suis navré, Lady Rosenbaum, mais c’est trop risqué. Il risquerait de vous souiller de par les ondes négatives qui émanent de lui. Ne désirez-vous pas atteindre le firmament vous-mêmes? Nous vous l’avons dit, vous devez vous repentir pour votre âme afin d’atteindre la paix de votre esprit et ensuite de votre corps…

Oh, il était énervant à la fin! Elle voulait parler à Krovos, pas à un hurluberlu ayant autant de jugeote qu’un crapaud devant une charrette! Elle devait le faire déguerpir… Une idée lui traversa alors l’esprit. Les hommes avaient presque tous le même point en commun : leur faible pour la gente féminine. Le sourire qui ceignait ses lèvres s’esquissa encore davantage et elle laissa émaner ses phéromones afin de les envoûter. Certes, elle ne les contrôlait pas à la perfection, mais sur ce coup-là, elle croyait sincèrement avoir réussi! La dose était juste assez forte pour les charmer sans les inciter à lui sauter dessus comme ce vulgaire Travis.

- Allons, messieurs, nous pouvons trouver un terrain d’entente, pas vrai? Fit-elle en replaçant l’une de ses mèches rouges délicates qui lui tombait sur le visage. Je ne ferai rien de mal, je veux simplement tenter de le convaincre de rejoindre nos rangs, vous comprenez? Je ne désire rien d’autre que de rendre ma nouvelle communauté fière de moi, vous savez. Et puis, vous semblez avoir accumulé… beaucoup de tension. Vous pouvez vous détendre un peu, je serai vigilante. Vous ne le regretterez pas et votre fardeau sera peut-être d’autant plus allégé…

À voir les traits de leur visage, la justicière comprit que son petit manège faisait effet. Le rouge teinta leurs joues alors qu’ils remarquaient son décolleté et ils bredouillèrent quelques excuses avant de s’éloigner de quelques mètres. Ce serait suffisant, pour le moment du moins. Une expression soulagée naquit sur le visage de la semi-succube et elle vint s’installer près du chevalier afin de pouvoir enfin échanger quelques mots avec lui. Visiblement, il se questionnait à savoir comment elle s’y était pris avec les deux idiots qui montaient sa garde. « Ma mère était une succube » expliqua-t-elle tout bas. « Ça me permet d’avoir quelques tours dans mon sac ». Il fallait dire que, physiquement, presque rien ne la reliait à cette race de luxure, hormis peut-être sa chevelure écarlate et ses formes généreuses.

- Je comprends que ma présence ne vous enchante guère, fit-elle. Mais sachiez que je ne savais guère que vous étiez sur ce cas. Nous pourrions nous prêter main-forte puisque, visiblement, notre but commun est la sécurité de ces gens. Son regard émeraude glissa sur le groupe d’individus en détresse. C’est horrible d’abuser des gens de la sorte. Je ne sais pas si vous êtes au courant, mais certains ragots veulent que des sacrifices soient commis en l’honneur de leur soi-disant dieu. Quelques-uns d’entre eux se verront complètement entourloupés et seront poussés à commettre un suicide ou alors ils accepteront de se faire exécuter… Nous devons les arrêter. Et puis, leur fameux sacrifice du « corps »… C’est plutôt évident, pas vrai? Ils vont abuser d’eux… physiquement, je veux dire.

Ce qui était moche avec ce heaume, c’est que Rubis ne pouvait voir les traits de son interlocuteur. Ainsi, elle ne pouvait en rien deviner les traits de son visage et lire son non verbal. C’était un chouya agaçant.

- Ils me croient l’une des leurs. J’avais l’intention de me rendre à leur lieu de culte et de « disparaître » avant qu’ils fassent le décompte afin de pouvoir mieux les observer. Je voulais tout détruire de l’intérieur et libérer les captifs. Y a-t-il moyen pour nous de coopérer? Qu’aviez-vous en tête, Krovos? Krovos? Vous m’écoutez?

Il était bien silencieux. Elle allait ajouter autre chose quand soudain, il l’informa prestement que quelque chose approchait par-derrière, dans la forêt. Sans qu’elle ne puisse réagir, Rubis poussa une exclamation étouffée et sentit quelque chose la saisir par le bras et la traîner vers l’arrière, à travers les buissons. Elle se débattit un instant puis s’arrêta, le cœur battant… devant Travis qui lui jetait des regards lubriques.


- Lady Rosenbaum, nous nous retrouvons enfin! Je ne cesse de penser à vous! Votre beauté crée chez moi un véritable émoi! Laissez-moi vous démontrer toute l’étendue de ma fascination pour vous!

Les mains de l’homme se baladaient allègrement sur elle et s’empressèrent de se saisir des cordages qui retenaient le corset de la damoiselle! Merde! Elle y était allée réellement trop fort sur lui.

- Travis, vous n’y songez pas! Pas ici! Pas maintenant! Ce n’est pas convenant et… Ah et puis merde, lâchez-moi! Sale crétin! Pesta-t-elle tout bas pour éviter l’attention des guides. Elle sentait l’une de ses mains s’immiscer dans son décolleté alors qu’il tentait d’écarter les jupons de sa robe dans le but évident de… Bordel de merde! Connard, vous n’avez pas le droit! Vous allez le regretter, je vous avertis! Elle n’avait pas envie de briser complètement sa couverture, mais elle n’avait pas le choix! Elle serait dans l’obligation de lui foutre une raclée ou encore de l’éliminer complètement.

Elle n’en avait rien à foutre des guides de je-ne-sais-pas-quoi et des connards qui prêchaient leur bonne parole de merde! Elle était furieuse et allait massacrer l’impudent qui mettait les mains sur elle!
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Lun 19 Sep - 20:36

KROVOS. ENCORE EN CONTRÔLE.



Krovos resta calme malgré l'agitation autour de lui. « Tu sais que tu pourrais tout nettoyer, si tu me laissais aller! » lui susurrait la rage. « Tu peux aussi les laisser te guider vers cet apaisement, regarde comme les disciples semblent être en paix! » Il laissa échapper un ricanement. « Ça crève les yeux, oui. » Il voyait plutôt un tas d'âmes déchirées qui cherchaient désespérément une issue. « Tout comme toi! » Il secoua la tête. Le désespoir était son pire guide. « Non, je ne... » Il se fit interrompe, par nul autre que la raison. « Tu as toute ta tête, nous avons toute notre tête. Ce que pense les autres nous importe peu. » Il pencha légèrement la tête sur le côté. « Humm... tu as sans doute raison. »

C'était particuliers, toutes ces voix qui avaient chacune un trait propre. Saurait-il en avoir davantage un jour? Il souhait que non, et oui à la fois, c'était... particuliers, comme sensation. « Nous sommes là pour toi, pour te sauver. » Il hocha la tête. « Oui, et ça fonctionne...» Autour de lui, même s'il murmurait parfois, à voix normale pour d'autre, on le regardait drôlement. Il les ignorait. Tous. Il semblait occupé, plongé dans une conversation. Parlait-il à ses compatriotes chevaliers? Ils pouvaient faire cela, les chevaliers, non? Mais c'était dans leur tête non? À coup sûr, il les rendait perplexe. Devait-on le garder, ou pas? On décida de lui bander les yeux. Il dut se pencher pour leur permettre de la faire, s'amusant de cette initiative.

« Comme si cela pouvait t'empêcher de savoir où tu es. »
Il sourit. « En effet. » Ses autres sens étaient suffisamment aiguisés pour qu'il puisse se repérer. Ils marchèrent longuement. En fait, il s'en fichait d'où ils allaient. Il devait seulement réfléchir à sa stratégie. Mais c'était dur, avec toutes ces voix qui s'obstinaient constamment, et auxquelles il ne pouvait s'empêcher de répondre. Cela le gardait occupé. Quelques heures s'égrenèrent. Il restait calme, serein et... volubile. Il parlait à voix basse, mais on le regardait tout de même drôlement. Pourquoi ne pas répondre dans sa tête? Ils pouvaient l'entendre penser, ils étaient dans sa tête! À un tel point qu'il n'était plus sûr quand il recevait des messages télépathiques.

Un homme prit la parole, déversant sa litanie ridicule sur les gens devant lui. « Toi aussi tu es bon, clément et miséricordieux. » Il ricana, on lui jeta des regards lourds de reproche. Il se racla la gorge. Le brouhaha continuait bon train dans sa tête. « Taisez-vous donc un instant. » leur demanda-t-il. Il n'eut pour toute réponse qu'une série de ricanement. Il soupira. La procession s'étala sur la zone et on l'amena à l'écart, surveillez par deux acolytes silencieux. Il s'asseya en tailleur, les mains liées dans son dos, les yeux bandés. Et attendit.

Comme prévu, Rubis vint à sa rencontre. Comme prévu, on ne voulut pas la laisser passer. « C'était évident, à quoi elle pense cette idiote. » Le chevalier resta silencieux. Elle avait sûrement une idée derrière la tête. « Un plan pour se mettre toute la procession à dos. » Il ne releva pas, essayant de prêter son attention à la discussion à côté. « Tu es certainement impure, mon cher. C'est évident. » Il se retint de rire, se contentant de sourire. Pourquoi donc est-ce que ces voix l'amusaient tant? Il lui semblait qu'il était plus souriant depuis. Peut-être devrait-il les renommer les voix de l'humour... !

Soudain, il sentit quelque chose qu'il n'était pas habitué de ressentir. C'était... particulier. Il l'avait déjà vu senti avant. C'était irritant. Désagréable. « C'est une femme, tu devrais essayer, cela te ferait du bien. » Il se raidit. Non mais. Il roula des yeux. « Tu sens, cette chaleur diffuse? C'est parce que tu es un homme. » Il haussa les sourcils. Ah bon? Puis, réalisant l'attitude de ses gardes, il comprit. Un pouvoir de séduction. Étant insensible aux charmes féminins, il n'était que faiblement atteint. Il frissonna, réalisant que sous sa forme de rage... « Oh que oui. Cela s’avérerait être un véritable festival. » Il frissonna. Mieux valait ne pas penser à cela.

Ses geôliers s'éloignèrent. Il sentit son odeur s'approcher et se poser près de lui. Les voix s'agitaient dans sa tête. De quel droit se rapprochait-elle de lui? Ridicule, pourquoi elle ne le pourrait pas. Il se secoua intérieurement. Une demi-succube, ce qui expliquait cette capacité de séduction. Remarque, cela aurait pu être un pouvoir personnel, il était bien hypersensible et pas un lycan! Quoiqu'il l'était davantage. Mais bon. Il l'écouta. « C'est pas comme nous avions pu le savoir qu'elle y était, c'est à double sens tout cela. » s'indigna la raison. Il haussa imperceptiblement les épaules. « Pfff, la sécurité. Passer un bon coup de balais là-dedans, ce serait tout autant efficace. » Un coup de balais... belle façon d'imager la Rage.

Pour les sacrifices, il le savait. Ou non, attends. Il s'en doutait. Le savait-il? Il ne savait plus. Était-ce une information qu'il avait reçue ou un doute qui s'était transféré par l'une des voix? Peut-être les deux. Voilà qui était fâcheux. « Allons, détends-toi. Nous sommes là pour t'aider. » la Douceur était une voix bien particulière qui s'exprimait rarement, mais toujours délicatement. C'était comme la mère qu'il n'avait jamais vu. Elle l'adoucissait comme Farÿe et l'apaisait comme Phoebe.

Sa technique n'était pas mal. Ça serait un plan intéressant. Saurait-il se rendre jusque-là? Mais un bruit derrière attira son attention. Les oreilles aux aguets, il ne répondit pas. Quelqu'un venait. « Nous aurons de la visite, derrière vous. » souffla-t-il à voix basse. Mais cela se passa bien plus rapidement qu'il ne l'aurait cru. Le mouvement et le son lui confirmèrent qu'on venait de l'enlever, juste à ses côtés. Il pesta. Attentif, il força ses sens à se concentrer sur l'endroit où elle avait été tirée. Selon les paroles échangées, il devina rapidement la scène.

Bon. Soit il montrait à ses geôliers qu'il pouvait se défaire de cette corde ridicule, soit il restait là sagement à attendre qu'elle brise sa couverture et potentiellement tue ce séduisant harceleur. « Aller, laisse-moi y aller, tu verras, ils n'y verront que du feu. » Il secoua la tête. « Trop risqué. » Il blesserait la justicière, assurément. Il soupira. Quand fallait y aller... Il s'agita et, brandissant sa queue reptilienne, il entreprit de retirer ses gantelets. Ceci fait, il se défit habilement de la corde, et remit ses gantelets, et retira son bandeau. Il était un beau défi. Comment le ligoter convenablement sans le faire tomber en rage? Simplement l'immobiliser, jambes, mains et queue. Y'avait pas d'autre moyen. Par-dessus l'armure. Et encore là, ce n’était pas garanti qu'il reste zen.

Fallait bien des avantages à ce pouvoir cauchemardesque! Le reptilien se leva donc et se tourna vers les buissons. En quelques grands pas, il fut assez prêt pour surgir, attraper le fameux Travis par le collet le planter contre un arbre, à hauteur de regard, et donc les jambes dans le vide. Il lui colla sa deuxième main sur la bouche, pour l'empêcher de s'exprimer. Le tout au moment même où elle émettait son avertissement. « On ne touche pas à la dame. C'est pas... » Il chercha ses mots. « Sain et pur? » fit la voix amusée de la rage. Il sourit sous son heaume. « Ouais, c'est ça. Sain et pur. En tant qu'infidèle perfide et impur, je suis déçu. » Il hocha la tête. « Le châtiment est la mort ou la souffrance, ça dépend de toi. » Il lui fourra son poing dans le ventre.

« Tes camarades qui me surveillaient sont hypnotisés, amusant, non? Toi aussi, je crois. » Il le considéra pensivement. « Tue-le! » Il secoua la tête. « Vas-y! Sinon c'est moi qui le ferai! » Il secoua plus vivement la tête. « Non, je peux le faire. » La rage ricana. « Tu ne le feras pas, nous le savons tous! TUE-LE! » Krovos gronda et leva les yeux sur l'homme devant lui. Des yeux luminescents... et rouges. Une odeur s'éleva dans l'air. « Pouah! » Il relâcha sa poigne et recula, en regardant l'homme avec surprise, et dégoût. Il s'était fait dessus. L'odeur d'urine était terrible. Il soupira. « C'est ce qui arrive quand tu ne me laisses pas faire... » Cette fichue capacité qu'il avait acquis d'entrer en phase de transformation sans nécessairement la terminer. C'était, somme toute, une forme de contrôle.

Il soupira à nouveau, et se tourna vers Rubis. « Je fais quoi de ça, maintenant? » Le laisser filer, lui foutre une raclée, la peur de sa vie... « C'est déjà fait ça. » Il sourit. « Tue-le donc. » Il secoua la tête. « C'est el... vous qui déciderez. » Se reprenant de justesse pour tourner sa phrase comme s'il parlait à Rubis. D'ailleurs, n'avait-il pas répondu à Eux à voix haute, précédemment? Comment savoir s'il le faisait dans sa tête ou non, il y avait un tel boucan là-haut... Le ligoter à un arbre et le laisser moisir? « Tue-le tout de suite. C'est plus simple. » renchérit la rage, toujours prête à se manifester. « Ce serait effectivement plus simple... » Il posa son regard sur Travis. « Tue-le! Tue-le! Tue-le! » À bout, Krovos serra le poing... il brisa la nuque de l'homme.

Soupirant, il relâcha le corps inanimé qui tomba lourdement. « Eh bien... » Un ricanement le fit grimacer. « Ne t'en fais pas, c'est sans doute pour le mieux. » fit la raison. Il se sentit mal, de cette insensibilité qui n'était pas sienne. Il avait donc tant changé? « Non, tu la sens, cette culpabilité. Tu es bon. » Il baissa les yeux sur ses mains qu'il releva à hauteur du nombril. « Pourtant je l'ai tué... consciemment. » Il frissonna, et se tourna vers Rubis, qui le regardait drôlement. Il plongea ses yeux bleus dans les siens. « Quelque chose vous dérange? Vous me semblez... perplexe. » Il le savait en fait. « Je serai toujours en toi, tu le sais, je suis toi. » fit la rage, mielleuse. Il serra les dents. Non, il valait mieux. Il avait tué cet homme pour le bien de la mission, voilà tout.

Quittant les yeux hésitants de la rouquine, il se baissa sur le corps et entreprit de le prendre sous les aisselles. Sans se retourner, il répondit, à ce qui devait être sa question. « Je ne suis pas fou. Ou, enfin, peut-être un peu. Mais sachez qu'elles m'aident à ne pas perdre le contrôle. Je... » Il haussa les épaules. Il ne savait pas comment expliquer, et ne le voulait pas vraiment. « Sachez seulement que cela ne me rend pas dangereux ou irréfléchi. » Pas totalement... « Pas quand tu tues un homme. » Il inspira profondément et se releva avec ledit homme dans les bras. Se tournant vers elle, il ajouta. « Le laisser ligoter à un arbre aurait pu nuire à la suite des événements. Il était perdu de toute façon. »

Il haussa les épaules. « Vous ne pensez quand même pas qu'on m'a choisi pour cette mission pour tous les épargner, pas vrai? » Il plongea son regard dans le sien, et hocha la tête. « J'épargnerai tous les innocents qui le voudront bien, mais les prêcheurs devront tous périr, si je n'arrive pas à les envoyer en prison. J'épargnerai le plus de vie possible. Mais d'ici là... » Il tendit l'oreille. « Je dois revenir à ma... captivité. Vos prétendants reviennent près de l'endroit où j'étais. Je ne peux les laisser découvrir que je n'y suis plus. » Il lui fourra Travis dans les bras. « Bonne chance! Fourrez-le dans un buisson! » Puis, tournant les talons, il s'empressa de se diriger là où il était, de mettre le bandeau, d'enlever les gantelets, passer la corde, remettre les gantelets, et s'installer sagement. La nuit allait être longue et inconfortable. Pourrait-il seulement manger?



Dernière édition par Krovos le Mer 21 Sep - 16:33, édité 2 fois
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Rubis
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Mer 21 Sep - 16:15

Elle se débattait comme une tigresse furieuse. Elle avait même mordu le bras de Travis qui traînait à sa portée. La jeune femme était sur le point de le catapulter avec sa télékinésie quand soudain, Krovos surgit de nulle part. Il agrippa l’impudent par le collet, puis le plaqua à un arbre [NOTE : on est dans la forêt, pas dans un village Wink Y a pas de mur] avec une force suffisante pour faire craquer le tronc. Illico presto, Rubis se redressa en position debout, retenant son corset détaché d’une main. Elle entendit son compagnon armoire-à-glace faire la « morale » à Travis et la semi-succube haussa un sourcil. Pourquoi se parlait-il à lui-même? Il donna un choix à l’homme qui tremblait comme une feuille puis lui enfonça le poing dans l’estomac. Ce dernier couina de douleur et hoqueta alors qu’il vit Krovos, encore aux prises avec un combat intérieur, poser son regard sur lui. À travers les fentes du heaume, Rubis put voir une luminescence rougeâtre provenant des yeux perçants du reptilien. Ça c’était mauvais signe.

Instinctivement, elle recula de deux pas, prête à déguerpir advenant que le chevalier perde le contrôle de lui-même. Un bruit de gouttelettes attira rapidement l’attention de la semi-succube qui baissa le regard vers le sol. Travis était en train de s’uriner dessus! Une mine dégoûtée peignit son visage, mais ce ne fut rien en comparaison de l’exclamation du grand chevalier! Rapidement, il relâcha le bougre et recula de deux pas, trop répugné pour maintenir sa poigne plus longtemps. Mais à qui parlait-il, merde?! Finir quoi? Il tourna ensuite sa tête vers elle et la jeune femme – qui n’avait pas bougé d’un poil – fut très surprise qu’il s’adresse à elle, comme si elle était persuadée qu’il avait oublié sa présence. Au moins, ses yeux ne rougissaient plus…

- Heu… fit-elle avant de reprendre contenance. Elle ramena ensuite ses iris émeraude sur le connard qui avait osé porter la main sur elle. Assommons-le et ligotons-le à un arbre. Le laisser moisir derrière alors que nous serons en route est la meilleure option. De toute façon, il aura tôt fait de se faire dévorer par un animal sauvage…

Étant d’un naturel juste, Rubis voyait là la meilleure option : il aurait la punition qu’il mérite, mais aurait tout de même une chance de s’en sortir. Toutefois, Krovos parla encore tout seul, puis dans un mouvement sec, rompit le cou de Travis, ce qui fit sursauter la justicière. « Ah… ça aussi c’est efficace… » se contenta-t-elle de répondre, ne sachant pas trop comment réagir à cet excès soudain de violence. « Mais était-ce réellement nécessaire d’en arriver là? » Le chevalier rageur regarda sa main puis le corps qui venait de s’effondrer au sol. Sans trop s’en rendre compte, Rubis dévisagea son compagnon reptilien alors qu’il continuait de se faire lui-même la conversation. Il tourna ensuite la tête en sa direction et Rubis crut voir, dans la pénombre, le reflet céruléen de ses yeux à travers les fentes de son casque. Super, il n’était pas fou de rage!

- Non, non pas du tout! Fit-elle un peu trop prestement, ce qui trahissait sa nervosité. Mais… vous… vous allez bien Krovos? Vous me semblez… différent de la dernière fois que nous nous sommes vus…

Le chevalier était maintenant dos à elle, le corps de Travis sous son aisselle, au moment où il répondit à sa question. Et bien… elle n’aurait surement pas utilisé le terme « fou » puisqu’elle ne désirait pas mourir à l’âge de 27 ans, mais ses propos, aussi incohérents soient-ils, semblaient destinés à la convaincre que tout allait bien. Il n’était ni dangereux ou irréfléchi? Elle ne voulait pas mettre en doute ses capacités de raisonnement, mais elle avait de légères réserves à ce sujet. Mais il marquait un point : le garder ligoté à un arbre aurait pu être dangereux. Advenant qu’il se soit réveillé trop tôt, il aurait pu alerter les fanatiques et mettre leur sécurité en péril.

- Je me doutais qu’ils vous avaient envoyé pour une bonne raison et que celle-ci impliquait la destruction d’une majorité de gens, fit-elle sans détour, en réponse à ses propos. Par contre, laissez-moi vous assister afin d’épargner le plus de vies possible. Je suis en accord avec vous : certains seront irrécupérables et je crois honnêtement que nous devrons faire disparaître quelques-uns d’entre eux. Je n’ai pas peur de me salir les mains, ce ne serait pas la première fois de toute façon…

Il coupa net à la conversation pour déclarer qu’il devait retourner à son « poste » avant que les fanatiques ne découvrent son absence. Elle protesta à la mention de ses « prétendants » puis se vit contrainte à se débarrasser du corps alors que le grand gaillard prenait la poudre d’escampette. Et merde!! Elle était toute seule, dans le bois, le corset semi-détaché et un corps trop lourd entre les bras. Que voulait-il qu’elle fasse de lui?! Il puait l’urine à plein nez, de surcroît! Elle n’allait pas faire dans la dentelle et usa de sa télékinésie pour soulever le corps inanimé dans les airs. Elle le percha dans un grand chêne, loin du campement, et revint en direction de Krovos, là où elle se tenait un peu plus tôt, avant de se faire tirer dans les buissons. Elle était debout près de lui et s’apprêtait à le quitter sans plus un mot quand elle remarqua que son corset était toujours détaché, démontrant une partie de son chemisier plongeant. Elle s’empressa de le relacer convenablement quand les fanatiques arrivèrent à sa hauteur. Ils lui jetèrent soudainement des regards indignés qu’elle ne comprît pas immédiatement.


- Comment osez-vous?! Fit l’un d’entre eux. Vous nous demandez de pouvoir vous approcher de notre prisonnier seulement pour le séduire en usant de vos atouts?! Nous vous croyions pure, Lady Rosenbaum! Or, vous agissez en traînée!

- Pardon?! Répliqua-t-elle indignée. Ce n’est pas ce que vous croyez! Vous n’avez pas honte de me traiter de la sorte?! Jamais je ne ferais une chose pareille, idiots!

Elle referma prestement le tout quand l’un des guides lui saisit le bras pour l’éloigner de Krovos. Il la sermonna comme si elle était une gamine prise en flagrant délit et lui somma de se rendre près du prêcheur afin d’écouter la bonne parole et de se repentir de ses pêchés. Ah non! Tout, mais pas ça! Elle n’avait pas envie d’écouter l’autre crétin déblatérer des saloperies emmerdantes! Néanmoins, toutes ses protestations n’eurent aucun effet et elle était trop furieuse pour utiliser ses phéromones à nouveau. Elle fut donc dans l’obligation de s’asseoir dans la foule et d’écouter la « bonne parole » du fervent homme de l’Infini. « Putain, achevez-moi… » marmonna-t-elle pour elle-même avec un soupir d’agacement. Le reste de la soirée se déroula dans la tranquillité la plus… barbante qui soit. Rubis dut rester aux côtés du prêcheur pendant des heures alors que Krovos était laissé à part. Quelques femmes distribuèrent un peu d’eau et de pain sec aux âmes en peine en vue d’être converties puis, ils purent tous profiter de quelques heures de sommeil.

Dès l’aube, l’un des guides de l’Infini grimpa sur sa charrette de bois puis somma à tous de se lever. La procession devait se remettre en marche. Ils en avaient encore pour une journée à déambuler dans cette forêt dense avant d’atteindre leur lieu de pèlerinage. Rubis avait mal dormi et était toute courbaturée. Elle se releva péniblement, secoua ses vêtements pour en retirer la poussière et l’herbe qui y était restée collée puis jeta un regard à Krovos. Leurs yeux se rencontrèrent pendant un instant et elle se demanda si sa nuit avait été aussi pire que la sienne. Sans piper mot, ils se remirent en marche, les guides poussant Krovos à marcher près de la charrette. Elly s’arrangea pour ne pas être très loin de lui. Si ses calculs étaient bons, ils arriveraient en vue du site en question au crépuscule. La journée fut longue et pénible. Le vent soufflait plutôt fort et était annonciateur de pluie. Ce serait bien le bouquet! Heureusement pour eux, Dame Nature les épargna… dans la journée du moins. Les pauses se faisaient rares et on les forçait à répéter les paroles soi-disant bénites de leur dieu tout au long de la procession. Un prêcheur les scandait du haut de sa charrette alors que les pauvres âmes en peine les répétaient avec cœur et passion. Rubis se joignit à eux dans l’unique souci de ne pas attirer l’attention, car elle n’en avait rien à foutre de leur religion bidon. Les pauses étaient brèves dans le but volontaire de fatiguer les futurs disciples. Après tout, les gens avaient tendance à être plus dociles et plus facilement influençables lorsqu’ils étaient épuisés.

La tombée de la nuit arriva rapidement et il était temps pour Rubis de disparaître. Elle avait un plan pour ça. Elle avait soigneusement préparé son coup. Avant de s’embarquer dans cette histoire rocambolesque, elle avait retracé les propriétaires de la charrette qui serait utilisée par les guides et en avait profité pour planquer un sac rempli de quelques effets personnels sous la charpente même de l’embarcation. Elle savait de sources sûres que ces fanatiques n’acceptaient pas la faiblesse et n’hésiteraient en rien à abandonner derrière les individus incapables de se soumettre à leur pèlerinage. Le reste était un jeu d’enfants. Alors qu’elle marchait d’un pas lourd de fatigue, Elly chancela. Elle se prit les pieds dans une racine et s’affala de tout son long au sol, dans un bruit sourd. La tête penchée par en avant, des mèches de sa coiffure défaite tombant sur son visage, elle sanglota silencieusement alors que tout le monde passa à côté d’elle sans rien faire, Krovos y compris. Dès que l’embarcation la dépassa, elle tendit la main et usa de sa télékinésie pour se saisir de son sac qu’elle planqua rapidement sous ses jupons sans que personne ne remarque. Son jeu devait être particulièrement convaincant puisque certains fidèles lui jetèrent des regards sympathisants alors que d’autres la jugeaient clairement.


- Debout Lady Rosenbaum, tonna un guide à son intention.

- J… je n’en peux plus. Je suis si fatiguée… et puis, je me suis tordue la cheville en tombant… hoqueta-t-elle, le visage inondé de larmes. Pour ajouter à son effet dramatique, quelques gouttes de pluie commencèrent à tomber et elle remercia intérieurement les dieux pour leur coup de main inattendu.

- Si vous ne vous relevez pas, sachez que nous vous abandonnerons à votre sort et que vous ne pourrez jamais trouver la route qui mènera à votre salut. Je vous préviens. Levez-vous. Et si vous trouviez le chemin par vous-mêmes, sachez que l’Infini vous foudroiera de sa colère.

Belle analogie pour lui faire comprendre qu’elle serait abattue à vue.

- Je n’en peux plus… Elle laissa libre court à ses sanglots au grand désespoir du guide.

Ce dernier ne se fit pas prier pour la maudire, cracha tout près de la jeune femme et ordonna à la procession de se remettre en route, la laissant seule derrière, sous la pluie naissante et dans la pénombre… à sa plus grande joie! La semi-succube remarqua le mouvement de tête que Krovos fit en sa direction et elle se contenta de lui sourire, visiblement amusée. Pour la bonne mesure, elle supplia les guides de ne pas l’abandonner puis attendit qu’ils soient beaucoup plus loin avant de se relever, de se saisir de son sac et de disparaître entre les arbres aux pas de course. Une fois sous le couvert des arbres, elle retira son foutu corset qui lui enfonçait les côtes dans les poumons, fit virevolter sa robe et son chemisier puis fit disparaître ses bijoux qui, somme toute, n’étaient que du toc. Elle enfila sa tenue de cuir habituelle et serra les sangles afin qu’elle soit bien ajustée. Elle défit sa coiffure, fit un chignon avec sa tignasse écarlate puis rabattit son capuchon sur sa tête. Son masque se positionna sur son visage puis elle s’assura que ses dagues étaient bien en place, faute d’avoir pu traîner une épée dans son paquetage sommaire. Rubis se mit finalement en route à travers les arbres aux pas de course. Il lui serait aisé de les rattraper, elle avait l’habitude de traquer les criminels!

La justicière était prête à passer à l’action!
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Sam 24 Sep - 20:52

KROVOS. EN RAGE.


Rubis revint près de lui et Krovos sourit. Elle s'était débarrassée seule du corps comme une championne. En lui la rage bouillonnait, réclamant qu'on nourrisse sa soif de sang. Il inspira profondément. Ça n'allait pas se passer, pas maintenant. Les gardes revinrent et parlèrent d'une volonté de le séduire, de la part de la justicière. Il aurait pu rire, si ça avait été son genre. « Sa seule façon de te séduire serait que je prenne le relais. » railla la Rage, ce qui n'était pas entièrement faux. « Comme si une paire de seins pouvaient me détourner de mon objectif... » marmonna-t-il. Ce qui passa inaperçu.

Il ne broncha pas quand on l'éloigna de lui, et entendit tout de même la conversation sur quelques pas. « La chanceuse! Elle aurait droit à un discours illuminatoire! » s'exclama le Désespoir, sincère. Il secoua la tête. Personne ne pourrait le convaincre que la voit à suivre était aussi indigne. Ils étaient doués de raison, il n'y avait aucune excuse pour que leur salut se situe dans l'ablation de cette raison. « Ce qui est tout à fait juste. » fit la principale concernée. Commentaire prévisible. Il soupira. « Se raisonner en se parlant à soi-même, est-ce réellement rationnel? » demanda-t-il, à lui-même.

Le guide restant lui jeta un oeil perplexe. « Seulement si tu t'attends à une réponse. » fit la voix raisonnable de son esprit. Il ricana sarcastiquement. « J'aurai une réponse, que je réponse ou non. » Ce qui n'était pas faux. Le guide le somma de se taire. Krovos lui jeta un oeil amusé. Est-ce que cela l'effrayait? Qu'il se parle ainsi? Il n'était, du moins, visiblement pas à l'aise. Ce qui lui fit penser à la justicière. Peut-être vaudrait-il mieux qu'il se retienne devant elle à l'avenir. Elle lui avait sembler sincèrement inquiète et peu convaincue de ses arguments. « C'est évident, t'es qu'un pauvre débile. » railla la Rage, ce à quoi le Désespoir répondit, de toute évidence. « Ta place ne sera jamais parmi eux, tu es différent, tu ne leur arrives pas à la cheville. » À qui? Aux fanatiques? « Aux gens normaux. » Évidemment. Il n'était pas normal...

Au loin, il entendait vaguement le sermon. Ce n'était pas triste qu'il ait l'occasion de rater cela. La nourriture fut distribuée plus tard, on ne lui accorda que de l'eau, qu'il refusa. Il valait mieux de rien prendre, plutôt que de provoquer un incident dont il aurait peine à revenir. Sa bouche s'asséchait, mais il irait, tout au plus, se servir plus tard. Aux vues des discours et de l'allure générale du groupe, cette eau devait être plein d'impuretés. Elle était peut-être même destinée à le rendre malade; ce qui, dans son cas, serait inutile. Il était plus ou moins immunisé. Du moins, le croyait-il. C'était complexe comme situation, et il ne l'avait jamais vécu. En tout cas, il n'avait jamais été malade.

Impossible de dire si le chevalier dormit réellement, ou s'il se contenta de dodeliner de la tête la nuit entière. Toujours est-il qu'on le fit lever au petit matin. Il jeta un oeil à la ronde et repéra Rubis. Qu'avait-elle en tête? Après avoir secouer ses vêtements, elle se tourna vers lui. Il ne lui dit rien, ni par télépathie. De toute façon, elle ne pourrait pas répondre. Il saurait être patient. Il verrait bien. On le poussa près de la charrette et il laissa faire, terriblement coopératif. Il ne parla pas, bien que l'envie le démangeait. Il détestait répondre dans sa tête, s'exprimer clairement lui permettait de se clarifier l'esprit.

Lorsque la procession se mis à scander la parole de l'Infini. Ennuyé à mourir, n'en pouvant plus des échos qui se répercutaient dans son crâne, il se mis à les prononcer à voix basse, provoquant quelques chuchotements autour de lui. « C'est ainsi que tu connaîtras la voix de la vérité et de la sagesse... » scandait avec le Désespoir, soudainement enjoué. Il pouvait presque entendre dans sa tête la raison qui roulait des yeux scandalés. « Tu vaux mieux que cela, nous valons mieux que cela. » Évidemment. Mais il allait réellement devenir fou s'il restait silencieux. « Alors ne cesse pas de t'exprimer! » Plus tard, il le ferait. Mais pas maintenant. Il devait garder le focus sur la mission, et ces paroles salvatrices n'étaient pas si mal pour l'aider à rester concentrer.

Le jour passa avec une lenteur exaspérante. C'était à devenir fou. L'ironie de l'expression n'avait de valeur que dans son cas. Malgré lui, il se chuchota à quelques reprises, devant impérativement se répondre. C'était devenu un besoin, un impératif, oui. Sinon la Rage se mettait en valeur avec une force effrayante. Même si les autres l'aidaient à tenir le coup, parfois, il devait se retenir férocement pour ne pas se laisser aller... Et là il était vraiment irrité. Mais vraiment. La nuit tombait, il avait soif, il avait faim, il était fatigué et courbaturé. Les odeurs d'urines, de sueur et d'excréments empestaient l'air jusqu'à lui donner la nausée, il se sentait crasseux et ne pouvait retirer cette armure. Pas maintenant. Cela viendrait.

« Pas maintenant. » murmura-t-il, sachant pertinemment que le moment allait éventuellement venir. Il ne voulait pas blesser les innocents, ni Rubis. « C'est invivable! INTOLÉRABLE! » s'offusquait la Rage qui en pouvait plus tolérer tous ces irritants. Il était à fleur de peau, et en avait parfaitement conscience. Un bruit sourd évoquant une chute attira son attention et il tendit l'oreille. La succession passa sans réagir, et il jeta un oeil, à ce qui s'avérait être une Rubis à cran. Oh, il n'était pas dupe. « Quelle comédienne! » Il hocha la tête. Elle avait un certain talent. « Et si elle était réellement épuisée? Ne l'es-tu pas? » Il secoua la tête. Ce ne pouvait être le cas. Elle était presque aussi entraîné que lui, il avait vu pire dans sa vie de soldat.

Quoique... généralement il était avec Phoebe, ou ça finissait en carnage. Mais ça... ce n'était pas le sujet. Il se mit à mouiller, et il gronda, faisant sursauter ceux qui étaient près de lui et qui s'écartèrent légèrement. Le bruit de la pluie cognant sur son armure résonnait à l'intérieur de son heaume d'une façon qui allait le faire sortir de ses gonds. Normalement il résistait, mais là... Il inspira profondément. « Pas tout de suite, pas maintenant. » murmura-t-il. Quand la pluie prendrait de l'ampleur, il n'aurait plus de contrôle.

Quand ils se remirent en marche après avoir abandonné définitivement la jeune noble derrière, il tourna la tête vers elle. Sa vue aiguisée capta le sourire, et il sourit sous son heaume. Elle avait visiblement un plan. Malheureusement, elle aurait du lui en faire part, car il risquait de tout foutre en l'air. Ce n'était qu'une question de temps. Ainsi, il se retrouva seul, avec son plan initial en tête. Il commençait à s'agiter dans ses liens, rendant ses geôliers nerveux. Des bruits de course dans la forêt attirèrent son attention c'était elle. Mais la pluie s'intensifia au même moment, il gronda à nouveau. Ça venait...

** [Rubis] J'ignore quel est votre plan, mais je dois vous annoncer qu'il... ** Il s'interrompit pour pousser un nouveau grognement en pressant ses paupières l'une contre l'autre. Il chancela. ** ... va prendre un coup. Je ne tiendrai... ** Il sentit ses yeux le brûler et il poussa une exclamation de douleur avant de tomber à genou. Il agita ses mains qui étaient bien attachées dans son dos. « Coupez ces liens immédiatement. » gronda-t-il d'une voix plus rocailleuse qu'habituellement. Ce qui fit frémir les gardes qui s'éloignèrent de quelques pas.

La procession ralentit jusqu'à s'arrêter. On chuchota. Les guides sommaient aux gens de rester calme. Ce n'est pas tout le monde qui connaissait les sautes d'humeur du chevalier hypersensible. Il tira sur ses poignets jusqu'à s'en faire mal et gronda de plus belle. Il se pencha vers l'avant puis se redressa subitement, en jetant un regard rougeoyant autour de lui. « Vous allez tous mourir. » fit la Rage s'extériorisant dans sa propre voix, rendant sa voix beaucoup plus ténor qu'elle ne l'était en réalité. Les voix se disputaient dans sa tête, mais il n'entendait plus rien, tout bourdonnait. Son corps se transformait.

Soudain, il se releva, les mains toujours dans le dos, terriblement compressée par la corde qui avait rétrécit. Il ne réfléchissait pas. Il voulait qu'on lui retire ses liens. Il voulait se libérer de cette sensation. Mais il ne réfléchissait pu. Il fonça sur les premiers gardes autour de lui, avide de déverser sa colère. Il fouetta de sa queue reptilienne et en fit tomber quelques uns. Des gens crièrent. On demanda à lui retirer ses liens. Les cris l'agitaient et il s'énerva plus encore. On sauta à plusieurs pour le contenir, comme si cette technique avait déjà fonctionné. Quelqu'un cria que les liens n'aidaient en rien, que c'était pire. Il fallait les enlever.

Oh certes oui, les liens l'irritaient profondément. Si cette personne savait qu'il fallait retirer l'irritant, elle était sans doute tout autant idiote, ou n'avait aucun odorat. Jamais cela seul pourrait le faire revenir à lui. On l'attaqua à coup d'épée, mais sur son armure, cela avait un impact bien faible. Comme c'était brillant, cette armure qui s'allonge! Comme un taureau, il éloignait la foule, s'attaquant à tout ce qui était près de lui, et surtout à ce qui essayait de le contenir. Dans la mêlée, il perdit ses liens. Les avait-on coupé? L'avait il fait lui-même? Les avait-il brisé? Sans doute. Ses poignets blessés guérirent d'eux-même sous les gants et il se tourna vivement, balayant la place de son appendice.

Il fonça dans la charrette où un homme criait des ordres. À coup de griffes et de poing, il arracha des morceaux de bois, ne faisant aucune distinction entre ce qui l'entourait et ce qui l'irritait. La pluie, l'odeur... il se tourna sur la foule qui hurlait de terreur et avança, les éparpillant autour, alors que les bergers essayaient de les rassembler. Comme c'était fâcheux pour une certaine personne! Mais il avait les mains libres maintenant... ceux qui s'attaquaient à lui ne résistèrent pas longuement. Il brisa quelques nuques. Des jambes, des bras, des torses. Ce qui lui passait sous la main. Sans distinction pour qui que ce soit.

Il reçut une pierre derrière la tête et se retourna. Sans savoir d'où elle venait, il se dirigea en trombes vers le couvert des arbres où beaucoup de gens s'étaient réfugiés, quittant la route étroite. Les brebis s'éparpillèrent dès qu'il traversa les bosquets, qu'il fourragea rageusement. Les cris le rendaient complètement fou, il s'engagea donc à la poursuite des plus près pour leur tordre le cou. Si la Rage aurait pu parlé, elle aurait éclatée de rire et manifester sa joie.
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Rubis
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Lun 26 Sep - 11:23

Ses pas défilaient à travers les arbres, bougeant les fougères et les arbustes sur son passage. Une buée fraîche sortait de son masque, ultime témoin de la basse température des lieux. Toutefois, la jeune femme était tellement dans le feu de l’action qu’elle ne ressentait pas le froid, ni la fatigue (grâce à l’adrénaline). Elle sauta par-dessus une racine impressionnante, puis poursuivit sa course. Un message télépathique résonna dans son esprit et elle reconnut immédiatement la voix de son compatriote chevalier. Ce dernier tenta de la mettre en garde contre quelque chose, mais sembla éprouver certaines difficultés à lui communiquer le fond de sa pensée. Les sourcils froncés, la semi-succube attendit la suite des propos, mais se buta contre un silence radio. Un doute l’assaillait. Qu’avait-il donc? Lui qui était solide comme le roc, elle doutait qu’il soit en train de se faire passer à tabac au point de l’empêcher de lui taper une discussion cérébrale. Elle accéléra le pas quand soudain, une révélation se dessina dans sa tête. « Non… non non non non… merdouille!! » couina-t-elle tout bas en imaginant le pire : il n’était pas tombé en rage, pas vrai?!! Sans Phoebe, ils seraient tous perdus!!

Elle entendait des éclats de voix, plus loin. L’une d’entre elles ressortait particulièrement des autres : plus rocailleuse, plus puissante. Elle ne comprenait pas les propos échangés, mais elle saisissait bien la situation : ils étaient tous perdus. Son cœur battait la chamade et une angoisse profonde la prit au niveau des entrailles. Elle avait déjà eu affaire à Krovos lorsqu’il perdait la carte et elle en gardait un souvenir particulièrement terrifiant. La procession s’était arrêtée. Rubis s’arrêta dans les fourrées et vit une scène qui lui fit glacer le sang : tous les guides s’étaient rassemblés pour tenter d’arrêter l’immense reptile qui frappait tout ce qui bougeait. Ils tentaient de le maîtriser, mais en vain. Un homme à l’écart hurla de couper les liens du monstre, espérant ainsi calmer sa fureur. Triple idiot! Il n’y avait rien pour apaiser l’immense guerrier hormis son jumeau, mieux valait fuir! Des guides dégainèrent leurs armes dans le but évident d’abattre le « démon » qui se tenait devant eux. Non non non!! Leurs lames heurtèrent l’armure solide et n’eurent pour effet que de rendre Krovos un peu plus fou. Le monstre rua tout ce qui se trouvait sur son passage heurtant des hommes et des femmes de tous âges qui n’avaient aucune formation militaire. Le guide qui avait sommé de couper les liens de la bête se chargea lui-même de la besogne et libéra le chevalier. QUEL IDIOT! Ce serait pire maintenant qu’il était en possession de ses moyens!

« Godzilla » profita de sa liberté nouvelle pour foncer directement sur la charrette où se trouvait l’un des prêcheurs qui beuglait à tous vents des ordres plus futiles les uns que les autres. L’embarcation éclata en morceaux alors que le bois se rompait sous les attaques incessantes de la bête infernale. Les yeux exorbités, Rubis continua d’observer la scène alors que les pauvres gens tentaient tant bien que mal de se soustraire à la poigne hargneuse du chevalier rageur. Des nuques furent brisées et une femme s’écroula au sol comme une poupée de chiffon après avoir perdu la vie. La justicière n’en pouvait plus! Tout ça devait avoir une fin!! Les estropiés hurlaient de douleur et de terreur devant la créature qui demandait toujours plus de carnage. L’instinct de la semi-succube prit le dessus : elle devait faire quelque chose pour empêcher qu’un véritable génocide ne se déroule devant ses yeux! Sans plus attendre, elle bondit hors de sa cachette, nota un rocher de bonne taille au sol et le souleva grâce à sa télékinésie. Dans un mouvement vif du bras, elle balança le projectile directement derrière la tête du colosse afin d’attirer son attention. Oh, son plan fut un franc succès… Krovos se retourna pour lui faire face et rua en sa direction. Rubis détala comme un lapin sous le couvert des arbres, constatant avec horreur que d’autres avaient eu la même idée qu’elle!

- Foutez le camp!! Cria-t-elle à leur attention. Ne restez pas là!!

Les cris de terreur fusaient autour d’elle et les pas du reptile résonnaient signe qu’il était derrière elle. Il se retourna soudainement pour agripper une pauvre femme qui s’était affalée au sol et Rubis s’arrêta net, se campant sur ses pieds à quelques mètres de lui. Elle abaissa son masque, porta ses doigts à sa bouche et poussa un sifflement strident pour attirer son attention. Avec sa télékinésie, elle tira une branche basse – toujours rattachée à un arbre – en sa direction et, quand la tension fut à son apogée, relâcha sa poigne magique. La branche fusa donc en direction de l’arrière-train du monstre, claquant l’armure avec un bruit sec. Évidemment, ce bref mouvement eut l’effet escompté : il chargea à nouveau en sa direction et elle, elle détala à travers les arbres. Son but? L’éloigner du site de pèlerinage pour éviter le plus de morts possible. Elle sauta par-dessus des rochers, puis contourna un chêne ancestral pour courir vers la droite. Au passage, elle sauta à pieds joints sur une branche située au sol afin de la faire craquer. Tout pour garder l’attention du colosse sur elle. Malheureusement pour elle, plus elle se distanciait de la procession, plus elle sentait la fatigue la prendre d’assaut. Il fallait dire que son cardio – bien qu’excellent – n’était pas infini! Elle ne pourrait pas courir indéfiniment comme ça. Krovos, lui ne semblait pas faiblir d’une miette…

La suite de la poursuite se fit un peu plus silencieusement. Non pas que Rubis voulait nécessairement perdre le chevalier dans la forêt, mais elle tentait tant bien que mal de mettre un peu de distance entre eux deux. Cette proximité avec le monstrueux lézard était beaucoup trop dangereuse et bien qu’elle désirait ardemment sauver plus de gens possibles, elle n’avait pas nécessairement envie de mourir non plus. C’était difficile de distancer Krovos, ce dernier étant particulièrement sensible à tout. Vu la noirceur de la nuit, la vision de la justicière était d’autant plus diminuée et, de plus en plus, l’angoisse fit à nouveau son chemin jusqu’à son estomac. Allait-elle seulement survivre à cette altercation?! Bifurquant vers la gauche, elle se pencha pour passer sous le tronc d’un arbre déraciné. Elle ne voyait plus le lézard, mais l’entendait, ce dernier faisant un boucan incroyable en frappant dans tout ce qu’il trouvait. Elle commençait à être au bout du rouleau et sa seule issue fut de se cacher le temps qu’elle reprenne son souffle. Elle repéra rapidement le tronc creux d’un arbre centenaire. Le trou était si grand qu’elle pouvait s’y glisser en position recroquevillée, chose qu’elle fit sans la moindre hésitation.

Elle tremblait comme une feuille et ce n’était pas nécessairement à cause du froid. Les jambes recroquevillées contre sa poitrine, elle tenta de respirer le moins fort possible, ce qui était plutôt difficile puisqu’elle était à bout de souffle. Lady Rosenbaum tentait l’oreille et elle perçut le chevalier rageur un peu plus loin qui continuait de laisser libre court à sa colère. Ses lourds pas se rapprochaient de sa cachette et elle se surprit à prier mentalement Parandar de l’épargner. Malheureusement pour elle, sa prière resta sans réponse. La poigne solide de son adversaire la saisit par la cheville et la tira sans ménagement de sa cachette. Rubis laissa échapper un cri de surprise et tenta de s’agripper au bois de l’arbre, sans grand succès. Elle se sentit tirer comme une poupée de chiffon hors de son refuge temporaire. Elle se fit soulever du sol, puis pivoter autour de Krovos avant d’être propulsée au loin dans la boue. La justicière atterrit lourdement au sol et roula dans la matière glissante et visqueuse. Elle en perdit temporairement le souffle. Elle se releva en position à quatre pattes et grimaça en sentant sa cheville droite l’élancer, cette dernière ayant visiblement été tordue lors de son vol plané autour du grand guerrier. Heureusement, ça ne semblait pas être une cassure, mais une simple foulure. Rubis se redressa enfin sur les pieds pour voir le chevalier s’avancer vers elle, instinctivement, elle leva les mains devant elle, comme pour conserver une distance entre eux deux.

- Kro… Krovos, je vous en prie, fit-elle doucement en reculant et en boitant. Je ne veux pas me battre contre vous. Je sais très bien que je ne représente rien pour vous, mais s’il vous plaît, calmez-vous. Je sais que vous n’êtes pas un sauvage comme tous ces gens le prétendent. J’ai un talent inné pour deviner les gens et vous n’êtes pas un monstre. Ressaisissez-vous, je vous en prie. Je n’ose même pas imaginer tout ce qui a pu vous arriver là-bas, mais vous m’avez dit tout à l’heure que vous ne vouliez pas me faire de mal et que les voix pouvaient vous aider à vous contrôler… Ne vous parlent-elles pas en ce moment? Elle espérait honnêtement que ces dernières ne lui dictaient pas de la couper en morceau comme un petit porcelet, en fait. Je sais que vous êtes là quelque part au fond de votre armure! S’il vous plaît, revenez à vous!

Elle grimaça en sentant sa cheville l’élancer. Son regard émeraude se porta instinctivement dans les iris rougeoyants du guerrier et frissonna à ce contact. C’était comme si son regard bouillonnait de toute la rage du monde, comme un torrent de lave en fusion prêt à se déferler sur elle. Oh bon sang, elle devait fuir avant de mourir en charpies!
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Mer 28 Sep - 19:36

KROVOS. EN RAGE.


Pour Krovos, plus rien n'existait que l'instant présent, et ce besoin insatiable de chasser tout ce qui l'irritait. Il y avait tant d'odeurs, de cris, de mouvements... toutes ces choses qui s'agitaient, c'était terriblement agaçant, et il se devait de les retirer de là, il se devait impérativement d'écraser toutes ces choses dérangeantes. Il avait mal, si mal! Toutes ces choses qui pénétraient ses sens sans aucun préambule, sauvagement, encore et encore. Son corps entier criait réparation. C'est ainsi que, grognant, fourrageant autour, il avançait vers toutes ces choses qu'il essayait d'attraper au passage, ces choses animées et ô combien frustrantes.

La terreur imprégnait l'air avec puissance, on ne tentait plus de l'arrêter. Le mieux serait qu'il s'éloigne et qu'il parte, loin, ô combien loin! Les cris faisaient échos dans son esprit, se répercutaient en de multiples vagues et causaient des douleurs insurmontables. Fauchant, les bras, la queue, tout ce qu'il pouvait, il devait tous les écraser, les faire taire, les faire disparaître. Tous, sans exception. Il avait si mal! Cela l'enrageait, encore et encore. Il n'en pouvait plus, c'était trop, c'était intense. Il courait comme une plaie ouverte, absorbant tous les bruits, les odeurs, les goûts dans l'air, tout ce qui frôlait son armure, ou même s'y cognait violemment, tout ce qu'il voyait courir, il l'écrasait de ses deux poings, ou l'attrapait par le cou pour les soulever et leur briser la nuque.

Le sifflement strident lui vrilla les tympans avec une puissance que personne ne saurait croire. Plus enragé que jamais, le chevalier rageur se tourna vers cette source d'irritant sans égal et commença sa lancée, il fut interrompu par un choc violent sur sa queue reptilienne qui le firent grogner de colère. Il pivote sur lui-même quelques fois et, ne voyant rien à piétiner, partit d'avant vers cette chose qui l'avait profondément blessé dans son ouïe. Peu lui importait les obstacles, s'il ne passait pas à travers, il levait les jambes, rageusement, pour les enjamber. À l'aide de ses bras, de ses jambes et de sa queue, il se frayait un chemin parmi les branches qui semblaient l'arrêter, causant encore plus de colère.

Pourquoi donc ces choses ne se bougeaient pas? Pourquoi devaient-elles frapper contre son armure avec une telle force? Il frappait, de toutes ses forces, tout ce qui se trouvait près de lui. Son apport en adrénaline semblait ne jamais pouvoir s'estomper. Il se serait arrêter, pour se battre avec les arbres qui l'entravaient, mais à quelques pas devant, cette chose bondissante ne cessait de produire des sons plus agressants les uns que les autres. Il devait la faire taire, cela devait cesser.

Au loin, les cris s'éloignaient. Sa nouvelle proie était tout ce qui l'accaparait. Son souffle, ce souffle qui devenait de plus en plus forts, de plus en plus rauques. Et ce coeur, il entendait son coeur tellement il battait violemment dans sa poitrine, faisant échos au rythme gambadant du siens. Chaque bruissement, chaque craquement, chaque mouvement, chaque éclat, chaque respiration, chaque goutte de sueur, il ressentait tout. Il n'y avait plus qu'elle, et il était si focalisé qu'il ne le réalisait même pas. Tout ce qu'il voulait, c'était l'attraper, et la faire taire. Que tout cela cesse.

Elle était rapide. Bien plus rapide que lui qui, vu son imposante stature, était terriblement ralenti. Mais il entendait toujours cette respiration hachée, même lorsqu'elle diminua d'un cran. Cela n'apaisa pas sa fureur pour autant. Il devait la trouver, et l'anéantir. Maintenant, il se rapprochait, plus rien d'autres ne raisonnaient à ses oreilles que ce souffle rapide. Cet halètement sans fin qui résonnait dans son esprit comme une mélodie funeste. Dès qu'il sentit cette odeur terrible qui était si près, il tendit la main et attrapa la première chose qui passa dessous.

Tirant fermement sur sa prise, le reptilien hypersensible la sortie de sa cachette, et le cri qu'elle poussa passa par ses oreilles avec une force prenante qui le fit pousser un grognement guttural avant de la faire pivoter dans les airs et de l'envoyer plus loin. Il se prit la tête entre ses oreilles et gémit, avant de poser son regard rouge iridescent sur cette créature qui le faisait tant souffrir. Il devait l'écraser, l’anéantir, en finir. Plus jamais elle n'allait le blesser. Étonnamment, la mauvaise odeur qui la couvrait disparu infiniment. Elle était toujours là, mais masquer. Dépourvu de tout sens logique, il ne pouvait pas comprendre que la boue en étant responsable.

Ses mains, qui se levaient, il les voyait à peine. Lentement, sans la quitter des yeux il avança vers elle. Elle parlait, mais il ne comprenait pas. Les mots ne le touchaient pas, ne l'atteignaient pas. Il n'était plus qu'une boule de sensations à vifs qui cherchait à apaiser cette soif inétanchable de détruire toutes sources d'irritant. Rien de ce qu'elle pourrait dire ne saurait travers la barrière de son esprit. Il était vide. Il n'y avait rien, ni la raison, ni la douceur, et encore moins la pitié. Seule la rage subsistait et balayait tout. Absolument tout. La rage, et la douleur. Une douleur profonde et cuisante.

Alors non, il n'était pas là, au fond de cette armure. Krovos n'était plus. Seule la rage brillait de toute sa puissance. Et elle allait s'abattre. Dès qu'il fut à sa hauteur, pataugeant dans la boue, il leva un pied pour l'abattre sur elle, ce qu'elle évita. Alors il avança d'un autre pas et se pencha pour la saisir, elle voulut s'esquiver, mais il attrapa à nouveau cette jambe délicate et sensible. Il tira violemment dessus pour la rapprocher, la faisant glisser en partie entre ses jambes. Il lâcha la cheville pour saisir la tête qu'il enfonça dans la boue, une... deux... trois fois. N'ayant pas conscience que c'était mou.

Agrippant les cheveux, et la tête, il tira pour la lever devant lui, lui arrachant un cri, ce qui le fit grogner à nouveau et la pousser aussitôt contre un arbre. Elle s'écroula comme s'écroulaient toutes ses proies. Il avança vers elle, puis s'arrêta soudainement et tourna, vivement, sur lui-même, cherchant la source de cette voix qui résonnait dans sa tête. Il... la reconnaissait. Elle était douce, et l'invitait à la détente. Il secoua la tête. Mais où était-elle? Il partit droit devant lui, ayant complètement oublié la victime à ses pieds. Il chercha un moment dans la forêt, grogna, fourrageant, mais ne la trouvait pas. Il s'arrêta, alors qu'elle reprenait, et tourna sur lui-même pour la localiser, mais elle semblait venir de partout.

Soudain, il n'y eut plus rien. Il tomba dans le silence le plus pur, le plus total. Il n'y avait plus que le battement de son coeur. Le doux bruissement de la brise dans les arbres, léger. Aucune odeur forte et prenante. Rien. Plus rien qui ne l'agressait. Il tomba à genou. Il était enfin seul, enfin plus rien ne le blessait. Fermant ses yeux rougeoyants, il entendit soudain des voix, nettement différentes. Des voix familières, et douces, qui l'invitaient à les rejoindre. La sensation était comme lorsqu'on s'endors. Il se sentit soudain se vidé de son énergie, et il commença à diminuer de taille.

Son armure, dans un claquement, commença à s'étaler autour de lui, certains morceaux ne lui allant plus. Sa tête disparaissant à moitié dans le trou des épaules. « Je savait bien que tu reviendrais. Bon retour. » fit une voix terriblement douce, qu'il n'entendait pas souvent. La douceur était si agréable à entendre. Il baissa les yeux, honteux, conscient de ce qui venait de se produire. Lentement, il retira les morceaux de son armure, alors que les voix multiples de son esprit l'accueillait. « C'est vous... qui m'avez ramené... » murmura-t-il. « Non, c'est la paix. Ne sens-tu pas comme cet environnement est paisible? » Si, il le sentait. Il était à quelque part au fin fond de la forêt, c'était comme s'il était seul au monde, une sensation qui en suscita plusieurs émotions.

« N'est-ce pas agréable? » Il hocha lentement la tête, terminant de retirer son armure et observant, découragé, que celle du dessous avait, évidemment, lâché. Il n'avait pas de quoi réparé les ganses de cuir qui était brisée. Il la retira donc, en marmonnant. « C'est bien ce que tu mérites, avec ce carnage! Ouf! Quel plaisir! » s'exclama la voix qu'il avait espéré ne pas entendre. Il soupira, agacé. Il se leva et jeta un oeil autour de lui. Sa chemise était, heureusement, en bon état. Il avait prévu le coup et en avait mis une beaucoup trop grande... ses pantalons tenaient aussi. « Quel cauchemar... » marmonna-t-il en observant le tas de cuir, et le tas de ferrailles.

Soudain, il réalisa. Phoebe. Phoebe lui avait parlé, il l'avait entendu. Il ignorait ce qu'elle avait dit, mais elle avait su. Elle l'avait empêché de... de... oh merde, Rubis! Il pâlit. Contactant sa soeur, il l'informa qu'il était revenu à lui, et que tout allait bien, qu'il s'occupait du reste, et il la remercia de son effort. Puis il s'empressa de faire sauter le système de glissement de son armure pour la replacer, et l'enfila. Puis il attrapa les retailles de son armure de cuir sous le bras pour se déplacer à vive allure dans la forêt. Elle ne devait pas être bien loin... il reconnaissait l'endroit... il faisait si noir! Soudain, au loin, il entendit des gémissements, et il se précipita. C'était très loin, mais il entendait très bien.

Quand il arriva sur place, il remarqua aussitôt son mouvement de recul et l'expression de peur lorsqu'elle le vit. Krovos leva les mains, faisant tomber ainsi sa sous-armure au sol. « C'est bon, je suis désolé, c'est fini. » Il retira son heaume, pour mieux voir, et le posa au sol près du reste de ses effets, et s'approcha d'elle. Une ombre passa sur le visage du reptilien... qu'avait-il encore fait? « Tu l'as presque tué, quel gâchis! » Il serra les dents, mais s'abstint de répondre. Il avait dit qu'il ne le ferait plus devant elle. « Comme si cela pouvait te faire paraître moins fou! » Il secoua la tête et plongea son regard bleu dans le sien. « Puis-je faire quelque chose pour... » vous aider? Réparer ses torts? Il marqua une hésitation et baissa les yeux, conscient qu'elle allait fort probablement le détester.
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Rubis
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Ven 30 Sep - 10:08

Son instinct lui hurlait de foutre le camp. La terreur lui prenait les entrailles comme elle l’avait rarement ressentie. Ses paroles n’eurent aucun effet. Il était inatteignable. Seul Phoebe pouvait quelque chose pour eux, or, le jumeau aux yeux disparates n’avait pas été attribué à la même mission. Les dieux se jouaient d’elle, visiblement. Le grand lézard fonça directement en sa direction et lui balança un fulgurant coup de pied. Usant du peu de force qui lui restait, Rubis se jeta sur le côté et effectua une roulade pour éviter l’assaut. Elle voulut se relever, mais n’eut pas le temps, car Krovos se jetait déjà sur elle. Elle se propulsa avec sa jambe valide sur le côté, mais ce fut trop tard. La main vorace du monstrueux reptile s’abattit sur sa cheville blessée et la tira avec force vers lui, la faisant glisser dans la marre de boue. Elle termina son parcours entre les jambes du chevalier et roula sur le dos pour lui faire face. Son immense main lui saisit le crâne et instinctivement, elle agrippa son poing dans la vaine tentative de se libérer. Et il frappa sa tête dans la marre de boue : une fois… deux fois… trois fois… Heureusement que le sol était terriblement moue, sinon, son crâne aurait fendu.

Elle toussota bruyamment à chaque impact, la terre liquide lui entrant dans la bouche et dans le nez. Elle ne voyait plus rien, son visage étant entièrement souillé par la matière visqueuse et sablonneuse. S’il continuait comme ça, elle se noierait dans ce liquide terreux! Mais visiblement, le guerrier rageur avait une autre idée en tête. Il lui agrippa sa chevelure souillée et la força à se lever, ce qu’elle fit non sans un cri de douleur. Visiblement, il n’apprécia pas, car il la balança avec violence contre l’arbre le plus proche et une douleur vive parcourue le dos de Rubis. Elle retint avec difficulté sa plainte de souffrance et se contenta de s’écrouler au sol. Non non non! Elle devait se relever! Il était là! Il s’avançait vers elle! Il leva la main et Elly, par instinct, ferma les yeux. Puis rien. Rien du tout. La justicière rouvrit les paupières à nouveau et vit le chevalier enragé qui pivotait sur lui, comme si quelque chose avait attiré son attention. Il frappa tout obstacle devant lui et disparu entre les arbres.

Elle était maintenant seule avec elle-même. Elle était, jusqu’à preuve du contraire, hors de danger. Elle craqua, bien malgré elle. Rubis levant sa main droite et la plaqua contre sa bouche afin d’étouffer le sanglot qu’elle poussa. Elle devait l’admettre, elle avait vu la mort dans les yeux, cette fois. Elle pensa à ses proches : à Myra, à Jewel et sa famille et à son fils qu’elle n’avait jamais retrouvé. Lentement, elle ramena ses jambes contre elle, les enserra de ses bras et posa son front sur ses genoux pour laisser libre court à ses émotions. Ses pleurs n’avaient rien à voir avec la tristesse… c’était plutôt ses nerfs qui lâchaient. La peur et la colère de ne pas avoir pu être à la hauteur. Elle hoqueta, tentant de reprendre le contrôle d’elle-même, mais sans grand succès. Elle avala de l’air à grandes lampées et tenta de faire taire le sentiment de panique qui l’envahissait. Elle devait sortir de cette forêt. Et s’il revenait? Elle ne serait pas en état de pouvoir l’affronter. Elle ne voulait pas mourir, pas aujourd’hui… Elle avait encore trop de choses à accomplir, trop de gens comptaient sur elle. Sans trop s’en rendre compte, elle porta une main à sa poitrine : elle avait du mal à respirer! Elle ferma les yeux si forts, tentant désespérément de se contrôler, de ralentir sa respiration trop rapide, de cesser ces larmes qui creusaient des sillons dans la saleté de ses joues…

Des craquements de branches et des bruissements de feuilles attirèrent son attention, là sur sa gauche. Elle se raidit soudainement et ouvrit les yeux. Krovos apparu devant elle, un amoncellement de cuir sous le bras. Il avait retrouvé sa taille d’origine, mais cela ne rassura pas Rubis le moins du monde. Une expression terrifiée se peignit sur son visage et elle commença à reculer en se poussant avec sa jambe valide et en se tirant au sol avec ses mains. Il voulait l’achever! Elle en était certaine!! Elle glissait dans la boue, ce qui l’empêchait de pouvoir s’éloigner autant qu’elle le voudrait… Mais le chevalier eut une tout autre réaction. Il laissa tomber ce qui semblait être des vestiges de cuir et leva les mains en guise de paix. Il s’excusa et déclara que le cauchemar était terminé avant de retirer son heaume qu’il déposa au sol, près de ses effets. Il s’avança ensuite vers une Rubis, crispée et étendue sur le sol, l’avant-bras levé comme si elle tentait de se protéger. Il s’accroupit près d’elle et planta son regard saphir dans les iris émeraude de la jeune femme. Disparut ce regard infernal et brûlant comme la lave. Seuls deux yeux aussi profonds que l’océan l’observaient maintenant. Il lui demanda s’il pouvait l’aider d’une quelconque façon avant d’abaisser son regard vers le sol.

Elle était figée sur place et le dévisageait. Sa respiration était revenue normale. Visiblement, le retour du chevalier l’avait saisi suffisamment pour la sortir de sa bulle de panique. Elle avait lu du profond regret dans son visage et… peut-être un soupçon de tristesse? Il ne contrôlait rien, visiblement, et souffrait probablement de son état de rage. Du moins, c’est ce qu’elle supposa. Elle poussa un long soupir et se laissa tomber sur le dos, dans la boue. De toute façon, elle ne pourrait juste pas être plus sale qu’elle ne l’était maintenant. Rubis déglutit péniblement, ravalant ses larmes de tout à l’heure et passa son avant-bras sur son visage pour tenter d’y retirer un peu de saleté (et d’essuyer ses pleurs, par le fait même).

- Non, ça va, répondit-elle d’une voix enrouée à la question inachevée du chevalier. Je vais m’en remettre, plus de peur que de mal.

Ce qui n’était pas faux en soit. Elle avait déjà reçu des raclées beaucoup plus sévères que celles-là. Les dieux avaient été de son côté, finalement. « Si vous voyiez l’état de ma peau sous ce plastron de cuir, vous verriez le nombre de cicatrices que j’ai accumulées au fil des ans… Quelques ecchymoses de plus ou de moins, ce n’est rien ». Elle était comme ça. Toujours à banaliser son état et à refuser d’avoir l’air faible. L’orgueil était un vilain péché, selon Myra, mais elle n’en avait rien à foutre. Toutefois, elle devait l’admettre : elle avait eu énormément de chances. Rubis s’appuya sur ses mains et se redressa lentement, grimaçant de douleur sous raideur de son dos. Une douleur vive lui parcouru la colonne du milieu du dos, jusque dans les omoplates puis dans les épaules et termina sa course dans sa nuque. En un rien de temps, un mal de tête incroyable lui vrilla les tympans. Une fois en position assise, elle porta une main à sa tempe et grogna un peu avant de se relever complètement en s’agrippant à l’arbre tout près. Elle gardait sa cheville douloureuse en l’air et sautilla en tendant les muscles de ses bras pour se sortir de la marre où elle pataugeait de puis tout à l’heure. La simple contraction des muscles du haut de son corps lui soutira un gémissement de douleur. Mais elle allait s’en sortir. Une idée lui traversa alors l’esprit, usant de son don de télékinésie vers le sol, elle réussit à se soulever et à léviter à quelques centimètres, suffisamment pour se ramener sur un plancher plus ferme. Elle était épuisée. Elle devait ménager ses forces. Mais ils devaient trouver un abri, la pluie n’ayant pas cessé et, à voir l’attitude du chevalier, ce dernier était également au bout du rouleau. Elle ne pourrait pas marcher allègrement… sa cheville l’élançait beaucoup trop.

- Krovos? Demanda-t-elle. Pouvez-vous arracher cette branche cassée pendante de l’arbre? Elle désigna l’objet de son désir. Je vais l’utiliser comme cane de marche…

Elle attendit que le reptile s’exécute. Une fois qu’il fut de retour à ses côtés, elle tendit le bras pour se saisir de la branche. Elle réalisa alors que sa main allait entrer en contact avec celle du chevalier rageur et la retira vivement, comme si ce contact allait la brûler comme du charbon ardent. Elle ne voulait pas le toucher, comme si elle craignait qu’il ne la rue de coups à nouveau. C’était un réflexe moteur, rien de plus. Elle planta à nouveau son regard dans le sien. Il avait très bien perçu son mouvement. Elle déglutit. La semi-succube se saisit finalement de la branche suffisamment longue pour lui servir de béquille et glissa l’embout en « y » sous son aisselle. Un malaise planait entre les deux compatriotes et le cœur de Lady Rosenbaum se débattait comme un fou dans sa poitrine. Elle avait encore peur, c’était plus fort qu’elle. Ils se mirent donc en route, à travers les arbres et dans la noirceur quasi totale. Ils étaient en quête d’un endroit un peu plus sécuritaire pour se reposer. Rubis avait si mal… sa douleur au crâne ne s’était en rien estompée et elle sentait les pulsations frapper contre ses tympans. Elle devait se changer les idées.

- Alors… comment… comment es-tu revenu à toi? Demanda-t-elle d’une voix douce, mais hésitante. Tu permets que je te tutoie? Au point où nous en sommes rendus, je crois que le vouvoiement n’est plus trop nécessaire… ajouta-t-elle s’efforçant d’esquisser un sourire en coin. Elle se doutait bien que la transformation de Krovos était probablement un sujet délicat, mais… elle était un peu en droit de savoir, puisqu’elle en avait subi les frais.

Elle écouta sa réponse, se concentrant sur le son de sa voix plutôt que sur sa propre douleur. Les propos de Krovos rendaient le tout un peu plus supportable. Ils marchèrent pendant de longues minutes avant de tomber sur un ancien site de campement. Quatre tentes étaient disposées en rond autour d’un cercle de pierres visiblement éteint depuis longtemps. Des vestiges de flèches plantées dans le sol trônaient ici et là et deux des quatre abris de toiles étaient troués de projectiles. Des barils éclatés se trouvaient tout autour et une caravane en bois finement travaillé – mais visiblement abandonnée vu son état terni – était un peu en retrait du campement [Comme ça ici]. Visiblement, c’était un ancien campement de marchands ayant été attaqué par des brigands. La pluie avait cessé, par chance. Elly était transie et elle s’entendit avec Krovos pour faire un feu, autant pour se réchauffer que pour éloigner les prédateurs. Elle le laissa s’approcher du cercle de pierres, puis souleva l’une des tentes de toile abandonnée. Du mobilier rudimentaire s’y trouvait et son regard s’arrêta sur une chaise de bois et un petit meuble dans le même matériel. Ils avaient été épargnés de la pluie et pourraient donc brûler convenablement. Avec sa télékinésie, elle les sortit de l’abri et se tourna vers le chevalier.

- Attention, ça sera bruyant, fit-elle pour le mettre en garde, sachant sa sensibilité au son.

Elle souleva les meubles par magie et les envoya balader contre le tronc d’un arbre afin de les briser. Ça ferait du bois parfaitement sec pour le feu. Néanmoins, elle ne put s’empêcher de jeter un regard intempestif en direction du chevalier, de peur qu’il perde le contrôle à nouveau. « Pardon… » Ils s’empressèrent de ramener le tout dans le cercle de pierres et firent un feu. Rubis s’installa au sol, pas trop loin de Krovos et grimaça. « Mon dos et ma tête me font souffrir… » Répondit-elle au regard interrogateur que lui jeta son compagnon. Puis, elle tourna la tête en direction de la caravane. Dommage qu’elle soit si ternie, c’était une belle pièce d’architecture. « Tu pourras t’installer dans la caravane si tu le désires. J’imagine que la tranquillité ne pourrait être que bienfaitrice. Pour ma part, une tente fera amplement l’affaire… » Elle grelotta. La chaleur ne l’avait pas encore atteinte. Elle devait avoir une mine épouvantable. Tournant la tête vers l’abri de toile qu’elle avait fouillée un peu plus tôt, elle remarqua que le tissu qui servait de « porte » était toujours ouvert. D’où elle était, elle pouvait voir l’intérieur. Elle tendit la main et usa de son don pour attirer une couverture jusqu’à elle. Bon, le morceau de textile sentait l’humidité, mais ça ferait l’affaire. Elle s’enroula à l’intérieur puis leva son regard vers le reptile.

- Est-ce que c’est ta première mission sans Phoebe? Demanda-t-elle tout bonnement, histoire d’encore s’occuper l’esprit. J’avais l’impression que vous ne vous sépariez jamais. D’où ma surprise lorsque je t’ai vu arriver seul.
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Lun 3 Oct - 22:04

KROVOS. JOUR 0 SANS ACCIDENT.



Plus de peur que de mal? Krovos lança un regard perplexe vers la jeune femme. « Ça y est, tu l'as détraquée, cette femme est folle. » Elle avait plus l'air de vouloir amoindrir les faits que de masque une folie... « Elle veut peut-être te ménager. Elle craint que tu recommences. » Il posa un regard attristé sur elle. Sans doute, oui, qu'elle le craignait. Au moins, elle ne semblait pas avoir quelque chose de briser, c'était toujours ça de bon. « Ça peut encore s'arranger... » Il serra les dents et se retint de rétorquer vivement. Il avait eu sa dose de carnage pour les prochaines semaines. Tous ces pauvres gens... qui n'avaient offert aucune résistance... « Ce fut une vraie boucherie! Une vraie partie de plaisir! » Le chevalier inspira profondément. Il avait des doutes sur le côté plaisir, mais aucun pour le côté boucherie.

Ça sentait l'orgueil à plein nez. Au sens figuré, évidemment. Elle se relevait par elle-même, évitant soigneusement tout contact. Il avait son armure... il saurait toléré de l'aider à se relever... mais il n'insista pas. Elle devait le détester. Il ne fallait pas non plus lui donner des raisons de le tuer dans son sommeil... quoique ça c'était impossible. « Ce serait même pire pour elle. » raisonna l'une des voix. Ce qui n'était pas faux. Une blessure déclenchait automatiquement son pouvoir de rage, et ça, il ne pouvait pas le contrôler. S'il savait tenir la bride à ses sensations et limiter les irritants, jamais il ne pourrait se retenir suite à une blessure.

Il recula donc d'un pas et la couva d'un regard fort triste alors qu'elle se redressait tant bien que mal. Qu'avait-il fait? N'était-elle pas son allié? « Un boulet, plutôt. » Il secoua la tête. Non, elle jouait un rôle fondamental pour la capitale et le fait qu'elle oeuvre au-deçà des autorités ne rendaient son entreprise que plus pertinente. « Quelle pensée anti-chevalier! » L'était-ce vraiment? « Tu as voué ta vie à faire régner l'ordre et la justice du roi. Au nom de quelle justice agit-elle? » Il est vrai que ce qui pouvait paraître justice pour elle ne l'était pas nécessairement réellement, mais était-ce si terrible? Elle était une bonne personne, avec des idées à la bonne place, il ne l'avait jamais vu s'en prendre à quelqu'un qui ne le méritait pas.

« Ni à ceux qui le méritent... regardes toi. » Le méritait-il réellement? Sans doute que oui, mais en même temps, il n'était pas mauvais. D'ailleurs, qui pouvait réellement déterminé si le fond d'une personne pouvait excuser ses actes... il avait tué tant de gens... anéanti tant de vie... « Et regardes maintenant ce que tu lui as fait, à cette femme que tu estimes stupidement. » Était-ce stupide d'admirer la bravoure et la volonté d'aider les plus faibles? « Quand tu es la source de son malheur, oui. » L'était-il? En ce moment, certainement. Mais n'avait-elle pas vécu pire? « Cela excuserait-il réellement tes actes? » Bien sûr que non...

Le son d'une voix différente le tira de ses pensées maussades, il leva un regard interrogateur sur Rubis. « La... branche? » Elle la lui indiqua. « Oui, bien sûr. » il se redressa et s'étira à peine pour saisir le morceau de bois et tirer dessus d'un coup sec. Elle céda aisément. Il se rapprocha ensuite pour la lui tendre, et ne manqua pas de remarquer son mouvement de recul. Le visage du reptilien se referma. « Elle te déteste. Tu devrais la laisser et partir. » Mais il devait l'aider... c'était de sa faute, et elle ne pouvait pas se régénérer... le moins qu'il puisse faire soit d'être là pour la protéger en cas de besoin, pendant sa convalescence. Ne serait-ce que cela... et ensuite il repartirait s'occuper des disciples de l'Infini et leur ferait leur fête, en gardant toute sa tête. « Ou essayer. » Oui, en essayant.

Leurs yeux se croisèrent, il se ferma complètement à elle et détourna le regard. À quoi bon la provoquer, si elle le craignait tant. Il valait mieux garder ses distances, et ne pas l'inquiéter davantage. Ce serait inapproprié de se plaindre de ce geste blessant, alors qu'il l'avait littéralement balancé dans les arbres... Il inspira profondément, et expira lentement. Ils prirent la route, et il sentait comme elle était réticente envers lui, créant un profond malaise entre eux, lui par la culpabilité, elle par la peur. Elle reprit tout de même la parole, à sa grande surprise. Comment... il était revenu à lui? C'était... difficile à dire.

Il hocha la tête. Certes oui, elle pouvait le tutoyer, même si cela faisait un peu spécial d'être tutoyer par autre qu'un chevalier. Le tutoiement... n'était-ce pas un signe de rapprochement? Se sentait-elle proche de lui? « Tu l'as marqué dans l'os, ça ne fait aucun doute. » lança la voix la plus agaçante de tous, sur un ton nasillard. Quel trait d'humour sans goût. Il haussa les épaules. « Je ne sais pas. » Il lui jeta un regard, qu'elle évitait, volontairement ou non. « C'est un état dans lequel les choses se passent et... je ne revis que cela par après, par la mémoire, dans un brouillard... obscur. » Comment expliquer autrement qu'il n'en gardait que de piètres souvenirs de tuerie qu'il chassait aussitôt de son esprit conscient, par crainte de ce que cela impliquait?

« Tu es monstre, tu le sais. » Non, ce n'est pas vrai. Il avait eu cette discussion avec Phoebe, il y a longtemps. Il n'était pas un monstre... Tout n'était qu'une question de contrôle. Oui, de contrôle. Il s'améliorait au fil du temps, fini l'époque où tout était sujet à une crise. Il pouvait désormais passer bien plus d'une semaine dans un état conscient et passif. « Je sais... après coup... ce qui s'est produit. Mais... c'est comme... comme si je vivais les actes de quelqu'un d'autre, à travers des yeux qui ne sont pas miens. Et pourtant... » Il soupira. « Ce sont mes mains que je vois, mon armure, mon corps... » et les souffrances incroyables qu'il endurait à chaque transformation... un état dans lequel aucun être conscient ne saurais subsister. Et lui, il le vivait, tel le cauchemar vivant que cela devenait.

Le silence s'installa, ensuite. Elle semblait... compréhensive. Ce qui surprit le grand reptile qui croyait à une réponse accusatrice, à un ton colérique, ou, n'importe quoi qui montre à quel point il était le dernier des hommes à qui elle voudrait faire la conversation, qui lui montrerait à quel point il n'était qu'une bête et n'avait pas sa place parmi les représentants de la justice. Mais non. Rien de tout cela. Il ne sentait aucune animosité. Tout juste de la lassitude, une grande lassitude qui faisait échos à la sienne. « Laisses-lui le temps de se reposer, ensuite la tempête viendra. Tiens, tu devrais lui dire pendant que tu le peux que d'essayer de te tuer dans son sommeil causerait sans doute sa mort immédiate. » Il frissonna. Elle ne ferait pas cela... N'est-ce pas? « Les risques sont dangereux, tu ne devrais pas en prendre, penses à ce qui arriverait! » s'exclama le désespoir, empli soudain d'une peur panique qui provoqua un certain tremblement chez le guerrier.

Fermant les yeux, il ralentit le pas, et inspira profondément. Un campement se profila à l'horizon, alors Rubis ne sembla pas s'apercevoir que le chevalier rageur avait ralenti la cadence. Il prit quelques grandes inspirations pour calmer sa fébrilité et reprit son avancée. L'endroit était visiblement abandonné. Il se pencha sur ce qui devait être un ancien cercle de feu et le reforma. Ils convinrent de faire un feu, ce qui était somme toute naturel. Ils étaient tous deux trempés, et il se sentait en flotte sous son armure... mais pouvait-il réellement l'enlever? Puisque la pluie avait cesser, c'était une chance à saisir. Mais il craignait que la rouquine n'accepte pas cela.

Ce sera... bruyant? Il avisa les meubles qui s'envolait et se boucha promptement les oreilles. Il grimaça tout de même. Elle s'excusa. « J'aurais pu le faire, vous savez. Plus... sécuritairement. » Il ramassa ce qu'il y avait à porter de main et le rapprocha du feu. « Laissez-moi... Laisses-moi faire, Rubis. Ménagez... ménages-toi. » Il grimaça. Le tutoiement ne lui allait pas bien, il n'était réellement pas à l'aise avec cela. Elle pouvait le tutoyer, mais pour sa part... Il s'installa en soupirant près du feu, posa son heaume tout près et laissa choir le cuir non loin. Belle collection fragmentée. Tout cela lui apparaissait d'une inutilité... d'habitude le cuir tenait le coup. Mais ce n'était pas la première fois qu'il le brisait dans sa transformation. On commençait à le connaître chez le tanneur.

Il jeta un oeil à la jeune femme qui ressentit le besoin de se justifier, disant qu'elle souffrait. Il s'assombrit, conscient que c'était pleinement de sa faute. Il avait tout fait échouer. Il soupira bruyamment. Dans la caravane? Il jeta un oeil audit bâtiment. S'il ne s'effondrait pas sous son poids, il ne manquerait pas de craquer. Non, il dormirait dans l'une des tentes, il l'avait souvent fait à la belle étoile. N'était-il pas un chevalier? Il la vit grelotter et se sentit mal de ne pas pouvoir lui prêter sa chaleur. Cela causerait automatiquement une crise s'il retirait son armure pour lui communiquer sa chaleur. Heureusement, il n'avait pas froid, sinon son sang se figerait dans ses veines de reptile, ce qui n'était pas très pratique en soi. « Tu ne tiendras jamais de femmes dans tes bras. » Il haussa les épaules. Il s'y était fait depuis longtemps.

La cohue reprit de plus belle et ce fut la voix de la justicière qui le tira de tout cela. Il secoua négativement la tête. « Ce n'est pas ma première. Ma première... était juste avant de vou... te rencontrer. J'avais été envoyé dirigé des troupes en terre alombrienne. » Il eut un ricanement amer. « On sait pourquoi j'avais été choisi... et je n'étais pas d'accord avec les ordres, Phoebe non plus. » Il haussa les épaules et soupira. « Ça a été pire que ce vous avez pu voir... » Il frissonna. « J'ai mis deux jours avant de m'évanouir sous l'épuisement et de me réveiller dans un endroit perdu. J'ai mis du temps à rentrer... » Ces souvenirs n'étaient pas les meilleurs. Deux jours à s'acharner sur tout ce qui croisait son chemin... autant ses troupes que les troupes ennemis, les femmes et les enfants... tout le monde y passait.

« Aujourd'hui n'est pas à négliger dans ton taux d'exploit. »
Il grimaça. Non, en effet, il avait fait un gros carnage, sauf qu'il n'avait pas duré aussi longtemps... il soupira à nouveau profondément. « V... tu sais, mon pouvoir est loin d'être comme tout le monde le croit. C'est... douloureux. Terriblement douloureux. Je ne vous l'ai pas dit, peut-être vous en... t'en doutes-tu, ou en as-tu entendu parler, mais j'ai des capacités sensorielles terriblement accrues. Et je parle là de TOUS les sens, sans exception. » Il plissa le nez. « Et à un point où vous ne pouvez même pas l'imaginer. C'est comme si le monde bouillait autour de moi et me chauffait les sens, peu importe ce que je fais. Je me brûle. » Il haussa les épaules.

« Avec le temps, j'ai appris à... filtrer ce que je peux ressentir afin de capter ce qui représente un intérêt, et de refuser ce qui représente un... irritant. Sans ce pouvoir, l'autre n'aurait rien d'effrayant. Je ne suis pas le seul chevalier... rageur, si je puis dire. Mais le seul qui soit aussi... » Il inspira profondément. « Dangereux, meurtrier, traître, invivable, monstrueux, bestial. » Il leva les yeux vers le ciel ennuagé. « ...souffrant, et plein de colère. Une colère qui n'est pas mienne, et qui ne réagit qu'aux stimulus environnants. » Il lui lança un regard. « Je ne sais pas si cela v... t'aides à comprendre. Mais je crois que jamais personne ne comprendra réellement toute la douleur... » Un ricanement raisonna dans sa tête. « Quelle jolie victime tu fais. As-tu seulement le droit de te plaindre? » Il se tut. Non. Il n'en avait pas le droit...

« Si jamais, vraiment, je peux faire quoique ce soit... n'hésitez pas à m'appeler... pas trop fort... » termina-t-il dans un triste sourire. Il se leva, et se tourna ensuite vers elle. « Je... V... Tu ne me... détestes pas? » demanda-t-il, dans un souffle. « Je comprendrais, la moité de l'Ordre de Shola me déteste. » Il haussa les épaules. « Ce serait tout à fait légitime. » Si seulement sa sensibilité pouvait demeurer au niveau de ses sens... « Quel grand ourson tu fais, n'as-tu point d'orgueil? » Si, mais à quoi bon être orgueilleux quand on ne cause que des ennuis... mieux valait accepter et aller de l'avant. « Ce qui est la chose à faire. » confirma la raison. « À quoi bon jouer celui qui s'en fiche? Cela ne changera rien à leurs sentiments haineux, tout juste les attiseras-tu. » Il baissa son regard triste sur les flammes, et le détourna rapidement, la rétine irritée. La lumière ambiante avait trop baissée puisqu'il puisse en tolérer la clarté.
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Mar 4 Oct - 21:08

Elle observait attentivement les traits de son visage sous l’effet du feu crépitant. Les petites écailles qui ornaient les côtés de ses tempes reflétaient la lumière comme de minuscules piécettes dorées. C’était peut-être son état de fatigue avancé, mais elle trouvait cette vision… fascinante. Les couleurs chaleureuses influencées par le brasier juraient avec la couleur céruléenne des yeux du jeune homme. Ses cheveux blonds très courts étaient en bataille à cause du port de son casque et une expression soucieuse semblait ceindre son visage. En d’autres circonstances, elle aurait pu le trouver séduisant et il aurait pu être le type d’homme par lequel elle se laisserait volontiers courtiser. Oh certes, il était agréable à l’œil, pour un reptilien. Toutefois, les choses étant ce qu’elles sont, elle le voyait d’un tout autre œil. Elle était… davantage curieuse et intriguée par l’individu qui se tenait non loin d’elle. Et puis, comment oublier la frousse incroyable qu’il lui avait faite, près d’une heure plus tôt?

Selon ses propos prononcés plus tôt, il ne se contrôlait aucunement sous forme de « rage » et était plutôt spectateur de son propre corps. Ce sentiment devait être des plus épouvantables; savoir toutes les atrocités commises par ses propres mains sans avoir la moindre possibilité de mettre un frein au carnage. Ce devait être atroce et totalement déroutant. Cette idée la fit frissonner. Elle resserra sa couverture autour d’elle puis leva la tête pour écouter la réponse de Krovos à sa question précédemment posée. Il parla de sa première mission solitaire qui s’était déroulée sur le territoire alombrien, probablement dans le cadre de cette guerre qui faisait rage entre les deux pays. Selon ses propos, l’issu du combat était… loin d’être louable. Elle grimaça. Bien qu’elle fasse partie de la faction de Shola, Rubis n’aimait pas cette idée de massacrer des Alombriens seulement pour assouvir certains idéaux déplacés. M’enfin, qui était-elle pour juger, au fond? Rubis se mordillait la lèvre inférieure : deux jours avant de sombrer dans l’inconscience? Alors elle avait eu beaucoup de chance qu’il se soit remis aussi vite de sa crise, tout à l’heure… Autrement, elle n’aurait jamais pu s’en sortir.

Lentement, elle glissa son regard émeraude sur les flammes grésillantes du brasier puis écouta la suite des propos du chevalier rageur alors qu’il lui expliquait en partie comment fonctionnait son don (ou plutôt, sa malédiction selon la justicière). Elle hochait de la tête, signe qu’elle l’écoutait et esquissa un sourire, réalisant qu’il avait du mal à la tutoyer. Elle n’en ferait pas de cas : il pouvait faire ce qu’il voulait puisqu’elle ne le forcerait pas à employer ce pronom plutôt intime. D’ailleurs, elle lui jeta un coup d’œil nouveau alors qu’il parla de souffrance. Ainsi, non seulement ne pouvait-il rien faire contre son état de folie, mais en plus, il en souffrait terriblement? Elle avait compris que son ouïe était surdéveloppée, toutefois, elle n’en savait rien de ce qu’il en était de ses autres sens. Sa vie… devait être terrible. Réellement. Un élan de compassion prit naissance au sein d’elle-même et elle lui jeta un regard de compréhension. Pourquoi les dieux s’affairaient-ils à maudire des gens comme Krovos alors que tant de salopards méritaient un sort aussi funeste? Heureusement qu’il avait appris à filtrer une partie des stimulus qui l’entouraient, sinon son existence ne serait qu’un enfer interminable.

Ainsi, ses sens décuplés et sa rage n’allaient pas nécessairement de pairs. Il était en fait aux prises avec deux dons qui, une fois combinés, représentaient un mélange explosif et incontrôlable. Elle ressentit un pincement au plus profond d’elle alors qu’il déclara enfin qu’il était le seul chevalier « rageur » à vivre autant de souffrance et de colère… Elle était navrée pour lui, sincèrement. Elle baissa son regard, un instant, puis hocha de la tête. Oui, elle comprenait. Enfin, pas pleinement, mais elle arrivait à s’imaginer la chose. Pouvait-elle réellement se plaindre de sa situation? Certes, elle avait vécu des choses difficiles… Mais qu’était son existence face à une vie de douleur et de retenue? Elle se sentait idiote soudainement.

Rubis ramena son attention sur le reptilien et répondit à son sourire de la même façon alors qu’il lui proposait son aide d’une quelconque façon. Il voulait se racheter, c’était évident. Toutefois, la question qu’il posa ensuite la prit totalement au dépourvue, voir qu’il la chamboula sans qu’elle ne s’en rende trop compte. Le détester? Pourquoi? Pour quelques baffes de rien (ou du moins, tentait-elle de se convaincre)? Non… Non ce n’était pas le cas. Surtout pas après ce qu’elle venait d’apprendre. Il détourna son regard d’elle et observa le feu... Elle poussa un soupir. Non, elle n’allait pas laisser ça comme ça.

- Non. Non, je ne te déteste pas, fit-elle tout bas, profondément touchée par la situation de Krovos. Peut-être n’en as-tu aucun souvenir, mais je t’ai dit tout à l’heure – pendant ta rage – que j’avais un talent inné pour deviner les gens. Rien de magique, seulement de l’instinct. Je ne prétendrai pas que ça fonctionne à tout coup, mais mon « sixième » ne m’a que rarement déçue par le passé. Quand je te regarde, ce n’est pas un monstre que je vois, contrairement à ce que tu sembles penser, continua-t-elle doucement en plantant son regard sur lui. Je ne vois qu’un homme… qui en a plein les bras avec une sorte de… malédiction. Elle eut une pensée pour Khassy qui avait employé ce terme lorsqu’elle avait parlé de son vampirisme. Un homme qui aimerait que les choses soient plus simples et qui tente de faire le bien autour de lui, mais qui est dépassé par une force supérieure à lui. Son regard émeraude scrutait les iris azurés du jeune homme qui brillaient sous l’éclat des flammes. Je ne prétends pas détenir la vérité assurément. Ce n’est qu’une impression, tu sais…

Un léger vent frisquet se leva, faisant valser la flamme qui les éclairait de sa lumière. Rubis resserra sa couverture autour d’elle.

- J’ai longtemps maudit la vie, fit-elle d’une voix calme. Pendant de nombreuses années, en fait. Elle parla de son passé à Krovos. S’ouvrant sans trop savoir pourquoi. Peut-être parce qu’il l’avait fait également? Elle parla sommairement de Kheldyr, de son fils et de l’assassinat de son père. Elle évita de trop entrer dans les détails, ne relatant que les faits importants. Elly n’avait pas envie de trop s’attarder sur le sujet, en fait. Pendant cette période, je n’étais plus moi-même. J’en voulais à tout le monde et je me suis sali les mains à plusieurs reprises. Toutefois, si la vie m’a appris quelque chose, c’est que tout ne peut pas être noir tout le temps. Chaque fois qu’on atteint les profondeurs de notre noirceur, une lumière se met à briller pour nous ramener à la surface. Outre ton frère, je te souhaite de trouver cette lumière qui pourra t’aider, d’une façon ou d’une autre, lors de tes moments obscurs. Sincèrement. Les miennes s’appellent Myra et Jewelith, de précieuses amies. Elle esquissa un sourire à leur mention. Je ne prétends pas que mon mal est comparable au tien, loin de là, mais je voulais simplement que tu saches que je compatis, malgré tout. Alors non, je ne te déteste pas. Ni avant, ni maintenant, ni demain.

Un silence tomba. Le crépitement des flammes envahissait l’espace et valsait avec le bruit du vent. Les étoiles commençaient à briller dans le ciel, signe que la pluie ne recommencerait pas de sitôt, ce qui était une chance vu la situation de Krovos. Maintenant qu’elle était plus au courant du fonctionnement de ses sens, elle porterait une attention particulière à ses agissements en étant près de lui. Portant une main à son sac qu’elle avait préalablement planqué sous la charrette de la procession, Rubis sortit une gourde de cuir tanné, réalisant alors que la soif la tenaillait. Elle retira le bouchon et porta le goulot à ses lèvres. Elle avala quelques lampées et observa le chevalier. Il devait également ressentir les affres de la soif, non? Lentement, elle se leva et s’approcha de lui en claudiquant avant de lui tendre ledit objet.

- Ce n’est que de l’eau, fit-elle. Avec tout ça, il ne faudrait pas qu’on soit déshydraté en plus d’être épuisé et passablement affamé, non? Elle esquissa un sourire et ne recula pas – cette fois – lorsqu’il tendit la main. Je suis pas mal certaine d’avoir croisé un ruisseau tout à l’heure… on pourra la remplir là-bas. Dis, je ne sais pas toi, mais je suis franchement crevée. Ça te va si je vais me coucher? Tu préfères qu’on fasse une ronde de garde?

Le chevalier la rassura quant à sa capacité à entendre les intrus approcher et elle hocha la tête, signe qu’elle avait compris. Ils se dirigèrent donc vers les abris de toile et Rubis prit celle de droite (il n’y avait que deux tentes en état de pouvoir servir d’endroit de repos). « Krovos? Dors bien. » Elle esquissa un sourire, puis entra dans sa chambre de fortune. Elle referma la toile derrière elle et se contenta de s’étendre directement sur la couche, ramenant sa couverture par-dessus elle. Elle sombra presque systématiquement dans un sommeil sans rêves.

Elle se réveilla quelques heures plus tard, au petit matin. Elle avait très peu dormi, mais son cerveau fonctionnait maintenant à mille à l’heure. Les derniers événements lui traversaient l’esprit à une vitesse folle et elle n’arrivait pas à suivre le fil. Elle repensait à la rage de Krovos, aux pauvres gens blessés et à tous ces innocents dont la vie était en danger de minute en minute alors qu’elle se prélassait sur sa couche improvisée. Avait-elle seulement le droit de se la couler douce de la sorte? La culpabilité était un sentiment terrible et elle jugea qu’il valait mieux se lever et monter la garde malgré tout que de tourner d’un côté et de l’autre à attendre que le temps passe. Elle se redressa lentement et grimaça en sentant les courbatures lui traverser le dos. Elle n’avait rien de cassé, mais elle aurait mal pendant quelques jours. Sa cheville, quant à elle, semblait avoir passablement désenflé et, bien qu’elle restait sensible, elle pouvait s’y appuyer sans trop de problème. Rubis ramassa une petite sangle de cuir qui traînait dans la tente et attacha ses cheveux sales en queue de cheval, histoire de se dégager la nuque. Elle prit ensuite un chiffon et sortit son bras de la tente pour l’humecter dans la rosée du matin. La semi-succube se débarbouilla sommairement le visage et la gorge puis sortit.

Elle s’éloigna de la tente en boitillant légèrement puis s’approcha du cercle de pierres où quelques braises rougeoyantes perduraient. Lady Rosenbaum tourna instinctivement sa tête vers la tente de Krovos et se demanda si elle devait l’informer qu’elle était debout… histoire qu’il soit au courant de l’identité de la personne qui se baladait autour du campement. Évidemment, ça ne le forçait à rien, il pouvait continuer de dormir! Puis, elle se ravisa : il devait déjà l’avoir entendu se lever de sa tente puis sortir, inutile de lui confirmer ce qu’il savait déjà. Accroupit près des vestiges du brasier, elle tendit les mains pour se réchauffer les doigts quelques instants. Un bruissement retentit. Elle releva la tête, les sourcils froncés. Derrière, elle entendait Krovos s’activer dans le but évident de se lever. C’est alors que tout se passa très vite. Trop vite même. De drôle de filaments collants jaillirent des buissons et la ligotèrent comme un saucisson. « Kro…! » s’écria-t-elle avant que sa bouche ne se fasse bâillonner par la même substance et qu’elle ne tombe à la renverse pour s’écraser lourdement au sol. Rubis poussait des cris sourds sous les filaments gluants et on la tira à une vitesse surprenante au sol, jusqu’à ce qu’elle disparaisse entre les buissons. Elle glissait parmi les herbes hautes et les débris à toute allure, comme si elle était tirée par un cheval. La justicière continuait de pousser des plaintes sourdes, s’assurant que Krovos l’entendrait même de loin. Puis soudainement, la course folle s’arrêta. Des hommes marchaient en sa direction en ricanant. Du coin de l’œil, elle vit les tuniques blanches des guides de l’Infini.


- Lady Rosenbaum. Voilà qui est fort intéressant. Une excellente pêche que vous avez faite, Abraham. Je vous félicite!

L’homme araignée qui était visiblement l’auteur de son kidnapping esquissa un sourire amusé et tira davantage sur les filaments gluants afin de ramener sa prise de lui.

- Vous autres, retrouvez ce chevalier… et tuez-le.

Un groupe d’hommes armés jusqu’aux dents s’éloignèrent en direction du campement abandonné et le cœur de Rubis ne fit qu’un bond dans sa poitrine. Un sentiment de panique lui enserra les tripes. Elle se tortilla dans tous les sens et tenta de crier à nouveau! Elle devait avertir Krovos! NON NON!! Et un violent coup à la tête lui fit perdre connaissance…


****************


Elle sursauta. Ses yeux s’ouvrirent et mirent un moment à s’habituer à la noirceur de la pièce. Une odeur aigre et humide lui monta aux narines. Où était-elle? Elle semblait se trouver dans une salle immense, sombre, et dont les murs de pierres étaient surmontés, tout en haut, de petits vitraux. Le manque de luminosité qui s’y introduisait laissait croire qu’ils étaient la nuit. Plissant son regard émeraude, Rubis remarqua les objets religieux accrochés aux murs… Une cathédrale? Lentement, elle se releva non sans grogner de douleur. Sa tête était lourde et sa tempe droite l’élançait. Elle avait reçu un sacré coup au crâne. Baissant son regard sur elle-même, elle remarqua avec stupeur qu’elle ne portait plus sa tenue de combat en cuir noir. La semi-succube était maintenant vêtue d’une simple robe de nuit blanche sans manches, ses longs cheveux rouges bouclés tombant sur ses épaules. De plus, elle découvrit, avec un soupçon de panique, qu’elle était complètement propre! On l’avait donc déshabillé, puis lavé avant de la jeter dans cet endroit lugubre qui semblait être le sous-sol d’une cathédrale poisseuse! Un frisson de dégoût la parcourut de la tête aux pieds et un sentiment de violation se fit sentir. Elle avait l’impression qu’on avait abusé d’elle…

Des gémissements se firent entendre. Balayant l’endroit du regard, elle remarqua enfin qu’elle se trouvait dans une énorme cage dont le plancher et le toit étaient de bois, mais dont les murs étaient constitués de barreaux d’acier. D’autres gens étaient avec elle. Ils étaient au moins cinq! À en voir ses compatriotes prisonniers, ils étaient tous vêtus de blancs et la plupart présentaient des traits blafards et des airs absents. La justicière se leva lentement, puis s’approcha des barreaux. Elle hoqueta de stupeur en réalisant que plusieurs autres cages immenses étaient installées dans ce sous-sol lugubre, l’une à côté de l’autre, en rang d’oignons. Ils devaient y en avoir environ dix! Chaque « cellule » contenait un nombre similaires d’individus. C’était quoi cette merde?!


- Nous sommes des offrandes, mademoiselle, souffla un homme installé dans la même cellule qu’elle. Ce dernier était assis tout au fond et ne semblait pas dans son assiette. Ils abusent de nous et nous sacrifient au nom de leur soit disant dieu. Je les ai vus. Ils ont saignés à blanc cette gamine avant de festoyer devant un immense banquet… Ce sont des monstres… C’est ça, leurs fameux sacrifices de l’âme et du corps…

Elle ne savait pas quoi dire. Sa bouche était ouverte comme une carpe, mais aucun mot n’en jaillit. Et Krovos? Où était-il?! « Krovos? » souffla-t-elle, sachant qu’il l’entendrait coûte que coûte. Toutefois, le silence qui s’en suivit lui fit comprendre qu’il n’était pas présent. Merde. Elle longea les barreaux qui la retenait prisonnière et vit, au loin, un amoncellement de vêtements, d’objets et de pièces d’équipements diverses. Probablement des biens qui appartenaient aux prisonniers. Elle était persuadée que ses effets s’y trouvaient. Elly plissa son regard pour tenter de mieux distinguer les items qui composaient cette pile surprenante quand soudain, son cœur s’arrêta. Là. Tout au bas de la pile. Non. Non non, c’était impossible! Elle reconnaissait ce heaume!! Pourquoi était-il là?! Elle passa son bras à travers les barreaux et usa de son don de télékinésie pour attirer l’objet à elle. Ni une, ni deux, le casque virevolta en sa direction et elle s’en saisit sans la moindre hésitation. Non… c’était le heaume de Krovos, elle pourrait le reconnaître entre mille!! Son cœur se débattait en fou. Elle se rappela les propos des hommes qu’elle avait vus avant de sombrer dans l’inconscience. C’était… impossible. Il ne pouvait pas être vaincu! Et pourtant… il ne séparait jamais de son casque! « Est-ce que quelqu’un peut communiquer avec d’autres gens par la pensée?! » S’empressa-t-elle de demander. Elle devait savoir. Elle devait s’assurer qu’il était vivant! « Personne?! S’il vous plaît, c’est important! » Personne ne répondait. En fait, tous l’évitaient même du regard. Ramenant son regard sur le casque qu’elle tenait dans sa main, elle appuya son front contre les barreaux alors qu'elle était morte d'inquiétude. Était-il… possible de le vaincre?

Une poigne solide lui agrippa le bras qui dépassait de la cage, la faisant sursauter. L’homme araignée – Efraël en l’occurrence – qui l’avait capturé un peu plus tôt lui souriait de toutes ses dents.
« On se la ferme, femme. C’est l’heure de dormir. Si tu ne m’obéis pas, je te montrerai ce que je fais aux vilaines filles dans ton genre… » Il tira farouchement sur son bras, forçant Rubis à se plaquer contre les barreaux. Il avança son visage du sien et lécha la peau de la gorge délicate de la semi-succube qui serra la mâchoire. Non… Elle n’allait pas tolérer telle arrogance. Il allait payer son impertinence et elle retrouverait Krovos.

Et ces guides de l’Infini allaient le regretter amèrement…
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Dim 16 Oct - 11:20

KROVOS. JOUR 1 SANS ACCIDENT.


La réponse de Rubis l'étonna. « Complètement idiote, assurément. » commenta la raison. « Ou masochiste... peut-être a t-elle aimée cela. » frissonna le désespoir. Il faillit bien répondre que c'était ridicule, mais se retint. Elle prendrait la réponse pour ce qu'elle avait dit alors, qu'en fait, c'était les voix... « Elle voit mal, je crois plutôt qu'elle est amoureuse. » Ce qui était d'encore plus ridicule. « Une malédiction, elle n'a pas complètement tort, on y a souvent pensé. » Oui, il y avait pensé à de nombreuses reprises. Mais il était touché, qu'elle ne le voit pas comme un monstre, alors que lui même avait tendance à se voir ainsi. « Aveugle, je te dis. Complètement aveugle. » Pourtant, elle n'avait pas totalement tort. Il voulait effectivement propagé le bien autour de lui, mais n'y arrivait pas comme il le voudrait.

Le chevalier frissonna sous la brise et leva les yeux vers le ciel. Est-ce que la saison froide arrivait déjà? En tant que reptilien, le froid était sa plus grande faiblesse. Il se statufiait sous la glace... et les grands froids, mais pour l'instant, il n'avait pas froid. Soudain, Rubis se confia, et il comprit pourquoi l'affaire des enfants lui avaient tant tenu à coeur. Elle lui raconta toutes sortes de choses. « Elle veut passer pour un martyr. Tapote-lui gentiment l'épaule et va-t-en. Comme si tu avais besoin d'endosser ses malheurs. » Il soupira discrètement. Ce n'était pas le point, mais pas du tout... C'était dur à croire que cette voix pouvait exprimer l'une de ses pensées. En fait, il avait cesser de se poser la question, elles n'étaient pas lui, malgré ce qu'elles prétendaient. « Assurément, que nous sommes toi. Pauvre crétin. »

Trouver une lumière qui pourrait l'aider? Hum, des amis. Il avait Farye, qui lui était très chère. Mais sa relation avec la jeune femme était... ne pouvait établir de contact physique avec qui que ce soit, outre avec sa soeur et encore là, ils limitaient la chose, c'était difficile pour lui d'établir une relation amicale, car elle se devait d'être naturellement distante. Il eut un léger sourire. Il n'avait jamais penser - réellement - qu'elle se confia pour comparer son mal au sien. Il était un peu soulagé, qu'elle ne le déteste pas, et qu'elle affirme que cela n'arrivera jamais. « C'est parce que tu n'as pas encore détruit l'un de ses proches. Cela viendra. » Il grimaça en détournant brièvement la tête. Il ferait tout pour que cela n'arrive jamais. « Tout comme tu fais tout pour te contrôler. » Logique infaillible. Et douloureuse.

Elle se leva et le reptilien tourna le regard vers elle. De l'eau? Même sur l'eau, il était limité... il tendit lentement la main pour l'attraper, elle ne recula pas, il se saisit de la gourde, et prit le temps de la humer avant d'en prendre une lampée. Il n'avait, malheureusement, pas le choix. Heureusement, l'eau convenait. « Cela dépendra de la clarté de l'eau, dans mon cas. » marmonna-t-il. « All... vas-y. Ne v... t'occupes pas de la garde, j'ai l'oreille fine. » Il lui adressa un sourire et s'étira. « Je ne vais pas tarder non plus, mais je n'irai pas dans cette chose. » fit-il en pointant la caravane. « Elle aura tôt fait de s'écrouler sous mon poids et de craquer sans arrêt. »

Se levant, le chevalier la suivit jusqu'aux tentes de toiles et lui jeta un regard lorsqu'elle l'interpella. « Toi aussi. » Répondit-il, ayant pris le temps de penser à ses mots pour ne pas encore hésiter. Il l'observa disparaître puis se tourna vers son abris de fortune. Bon... que le cauchemar se poursuive. « Tu ne t'en sauveras jamais de toute façon. » Il soupira. Il était de toute façon assez épuisé pour ne pas se réveiller au moindre bruissement de la nature, mais s'agit d'une craquement... Il inspira à fond, puis entra à son tour. Il avisa l'ameublement rustique et la couche de fortune. Il plissa le nez. Ça puait l'humidité, il l'avait sentit de dehors, mais là... Il hésitait. Serait-il vraiment capable?

Il pouvait toujours essayer, le confort de la couche, même si ce n'était pas le château, serait toujours mieux que le sol. Au pire, il n'aurait qu'à sortir. « Ou c'est moi, qui sortirai. » murmura suavement la rage dans son esprit. Il frissonna, et hésita à nouveau. « Tu peux le faire. » lui souffla la douceur. Il se détendit. Oui, il le pouvait. Il avait fait pire, de toute façon. Il était capable. Il releva le pan de toile, pour laisser aérer l'endroit, et s'installa. Il ne voyait pas grand chose du lit, mais il entendait très bien. Rubis dormait déjà à côté. Malgré tout, il était si épuisé par sa course rageuse de précédemment qu'il s'endormit rapidement.

Krovos s'était réveillé plusieurs durant la nuit, mais rien à quoi il n'était pas habitué. Lorsqu'il entendit Rubis se lever, il resta un moment étendu, à réfléchir à ce qu'il allait faire. Il l'avait beaucoup entendu se tourner et se retourner, il était persuadé qu'elle n'avait pas bien dormi, tout comme lui. « Si elle s'était calmée deux minutes, tu aurais eu une chance. » Il soupira. Peut-être que oui, peut-être que non. « Tu sais très bien que oui. » Si ce n'avait pas été d'elle, il y aurait eu autre chose. Il y avait toujours quelque chose. Des bruits attirèrent son attention. Il se redressa dans son lit en fronçait les sourcils. Des chuchotements... Il se leva d'un bond, en même temps qu'il entendait le cri étouffé de Rubis, et n'eut que le temps de sortir qu'elle se faisait déjà tirer à une vitesse surprenante, emmaillotée dans une toile.

Pestant, le chevalier se saisit de ses choses, plaça son heaume sur sa tête, et entreprit de suivre la piste. Il n'alla pas bien loin, qu'un groupe armé, selon les cliquetis, se dirigeait vers lui. « Essaie de t'en sortir sans moi, maintenant! » Il le devait. Il n'avait pas le choix. Sinon il en aurait pour deux jours, ou peut-être même plus, étant en meilleure forme que la dernière fois, avant de revenir à lui. Où en serait Rubis, rendu là? Morte, peut-être. « Sûrement, assurément. Elle sera morte, complètement refroidie, et ce sera ta faute. » Il blêmit. S'il pouvait retirer l'une des voix de sa tête, ce serait assurément le désespoir, beaucoup plus alarmiste que la rage qui, somme toute, n'était qu'une voix sarcastique et colérique.

Il se planqua derrière un arbre robuste et attendit. Ils étaient plus loin qu'il ne l'avait d'abord cru, et il pesta. Il perdait un temps précieux. Ils étaient cinq hommes. Avec sa stature, et l'avantage de la surprise, il pouvait s'en sortir. S'ils étaient armés, ce n'était pas pour autant des soldats qui, comme lui, avait voué sa vie à l'art de combattre dans toutes les situations possibles. Il inspira profondément, puis expira. Le moment était venu. Avec un timing légendaire, il étira ses bras de chaque côté de son corps, attrapant les hommes qui esquivaient lentement l'arbre, pour les tirer et les cogner violemment l'un contre l'autre, ce qui fut suffisant pour les assommer. Les trois autres, alertés, eurent tout juste le temps de se tourner vers lui qui en fendait un de son épée et, dans une virevolte, se tournait pour en frapper un deuxième, qui bloqua.

Mais le reptilien avait l'habitude de ses parades, et poursuivit sa volte pour les faucher de sa gigantesque queue de lézard. Ils s'écroulèrent au sol en écarquillant les yeux et il enfonça son pied dans la tête du plus près de lui. L'autre recula sur ses mains, il était supposé être au campement... tout leur plan était tombé à l'eau. Se penchant sur lui, le chevalier l'attrapa par le collet et le poussa contre un arbre, prenant soin de le désarmé de son autre main, il planta ensuite sa lame contre son ventre, et poussa jusqu'à le piquer. L'homme retint son souffle. « Où l'amenez-vous? » fit-il, menaçant. « Dis-moi tout et je t'épargnerai. Et crois-moi, je le saurai si tu me dis tout. Nous savons des choses, nous les chevaliers... » laissa-t-il sous-entendre. Celui-là ne connaissait pas nécessairement la limite des capacités des chevaliers, et sa réaction lui confirma que c'était son cas.

Il déballa tout. Mais absolument tout. Il avait la peur au ventre, et quand le chevalier ne fut pas certain de tout avoir, il fit appel à sa rage, à l'émotion qui le poussait, souvent à, comme il l'avait découvert, avoir les yeux rougeoyants, sans pour autant se transformer. Une sorte de phase un de son pouvoir. L'homme eut si peur qu'il s'empressa de détailler certaines choses, la cathédrale, et bien d'autres choses. Le chevalier le relâcha finalement. Bon. Il croisa ses bras sur sa poitrine d'acier et observa l'individu à ses pieds un instant. C'était si protégé que la seule façon d'y pénétrer, semblait être de se faire capturer. Jamais ils ne pourraient le mettre à nu, comme ils faisaient aux autres prisonniers. « Que feront-ils de moi, d'après vous? » L'homme hésita puis haussa les épaules. Ils devaient le tuer, après tout. En effet, à quoi bon se faire capturer, si leur but était de le tuer.

Soupirant, il jeta un oeil aux autres corps qui commençaient à se réveiller - pour ceux qui vivaient encore. « Je suis immortel, on ne peut pas me tuer. » fit-il à l'intention de son captif. Il plongea son regard dans le sien à travers la fente de son casque. « Ne le saviez-vous pas? » Il secoua vivement la tête. « T'en rajoutes un peu. » Beaucoup, même. Mais il devait bien établir un plan. « Votre seul espoir de m'immobiliser est de me capturer et de me ligoter solidement. Peu importe ce que vous ferez, non seulement je ne mourrai pas, mais qui plus est, je deviendrai plus grand et plus fort... comme hier. » L'homme assimila lentement l'information. Il entendit les autres se réveiller et se faire signe entre eux. Il sourit sous son heaume.

Comprenant ce qui allait se passer, le prisonnier échangea son rôle avec Krovos et somma aux deux autres de se saisir de lui, et de ne surtout pas le blesser, car il s'en suivrait d'un carnage sans fin. Il feignit la surprise et se débattit lorsqu'on l'attrapa par les bras. « Eh bien zut. Tu t'es fais avoir. » Il sourit légèrement. « Qui aurait pu prévoir cela... » Certainement pas ces imbéciles. Il se doutait que celui qui l'avait capturer voulait retourner tout cela contre lui, afin qu'il ne profites pas des informations. Mais ils savaient tous qu'il allait entrer dans cette cathédrale, sous les nombreuses couches de surveillance, et profiter de leur hospitalité. « Vous le regretterez. » siffla-t-il entre ses dents serrées pour la forme.

On mit un long moment à le ramener. Parce qu'il ne fut pas aisé de le ligoter, il ne se laissait pas faire si facilement, et parce qu'il n'avait pas été évident de gérer sa queue reptilienne, qui prenait un malin plaisir à les jeter au sol. Bref, après une capture fort divertissante, il fut mené à la fameuse cathédrale alors que le soleil dépassait son zénith. Il avait faim... Les yeux rouges, il se laissa tomber au sol dans l'entrée du bâtiment et murmura, d'une voix, grave, qu'il devait manger, sinon il allait se transformer... s'ensuivit d'une agitation incroyable et on lui amena du fromage. C'était mieux que rien. On lui retira son heaume et le lui fit manger. Il se retint de montrer son amusement, alors qu'il mâchait lentement, reprenant son allure inoffensive.

« Des imbéciles. Tous des idiots finis. Pourquoi ne me laisses-tu pas aller jusqu'au bout... » Parce que c'était le plan. Il ne devait pas se relâcher. On le poussa vers une cage de bois, aux barreaux de fer, qui se trouvait fort loin de l'endroit où on lui avait décrit qu'étaient les autres. Ce serait si facile de démolir cette cage... du bois... allons dont. Même ligoté, il saurait s'en défaire. Les choses allaient devoir se passer rapidement, par contre. Comme il avait été conscient tout le long du trajet, il avait pu donné la position exacte de la cathédrale à la garde royale, qui était en chemin. Avec les chevaux, ils mettraient un jour à se rendre, et serait donc là le lendemain en soirée. En attendant, il devait s'assurer de faire diversion et d'éviter les sacrifices, autant qu'il le pourrait.

L'endroit était fort plein de bruit, bien qu'il soit éloigné des artères principales, et isolé, il pouvait saisir des conversations. On ne lui avait pas redonner son heaume, et on lui avait même retiré ses gantelets. Il n'osèrent pas, par contre, toucher au reste de son armure, comme on ne savait pas ce qui allait se produire... heureusement, il conservait ses gants de cuir, ce qui altérait assez son sens du toucher pour lui permettre de tenir. Les liens étaient serrés, mais rien qu'il ne puisse pas tolérer. « C'est long, laisses-moi y aller. » Il secoua lat tête. « Non, il ne faut pas, pas maintenant. » murmura-t-il en guise de réponse. Autour de lui, les deux hommes qui le gardaient lui jetaient des regards inquiets, puisque, sans Rubis, il avait recommencer à se répondre.

Il savait que les prisonniers étaient en-dessous de lui, dans les souterrains. Il y avait une trappe d'aération, à l'autre bout de la pièce, qui lui ramenait des gémissements, mais avec les bruits des artères principales qui lui parvenaient, il n'était pas aisé de faire le tri et de se concentrer sur tout cela. Il inspirait donc profondément et essayait de saisir ce qui avait de l'importance, faisant fi des plantes du sous-sol. Alors que le soleil disparaissait lentement, et qu'il étudiait attentivement les rondes et les allers-venus des prêcheurs de l'Infini, Krovos entendit un son bien distinct, qui lui sembla provenir d'en bas. Son nom. Qui tranchait sur tout le reste. Rubis? Il redressa brusquement la tête, faisant sursauter ses geôliers. Il voulut la contacter par télépathie, mais il lui sembla que c'était impossible. Un pouvoir de brouillage?

Il jeta un oeil à l'un des hommes qui le regardait fixement. Il lui embrouillait l'esprit pour l'empêcher de communiquer. Ah! Trop tard, si c'était pour l'empêcher d'avoir du renfort. Par contre, il aurait bien voulu dire à la jeune femme qu'il était là, et qu'il allait la sortir de là. Elle, et tous les autres. « En plusieurs morceaux, peut-être. » Il grimaça. « En un seul, idéalement. » Concentré sur l'homme, cherchant un moyen de l'atteindre, il ne saisit pas les mots prononcés par la jeune femme, dans la cohue qui l'entourait - en fait la pièce était silencieuse, c'était autour que c'était bruyant. À l'aide de sa queue, malgré ses pieds solidement ligotés, il se releva. Les hommes s'agitèrent.

Il frotta vivement ses mains ensembles et la matière céda. Il sourit. L'un des hommes lança à l'autre d'aller chercher un certain Efraël, qui était apparemment le seul à pouvoir faire des liens assez solide, et peu irritants, pour qu'il ne devienne pas fou. Il se détache les jambes et se mit à faire les cents pas, et jetant de fréquent coup d'oeil à l'homme qui poursuivait dans sa tentative de lui brouiller l'esprit. Sans son état de rage, le guerrier était assez résistant aux tentatives d'influence mentale. Il fréquentait, après tout Farye, auprès de qui il se devait d'avoir une volonté d'acier, car elle avait tendance à l'influencer d'un simple regard, lorsqu'il baissait sa garde. Il savait bien qu'elle ne faisait pas exprès, mais les faits étant les faits...!

Le fameux appelé arriva enfin, pestant, car cette intervention l'avait empêché de profiter d'une jolie proie. Le chevalier haussa un sourcil. Cette façon de parler, lui rappelait quelqu'un... toujours est-il qu'il s'empressa de lui lancer sa chose gluante, et il évita, ce qui ne sembla pas lui plaire. S'il voulait jouer? « Toujours. » Il secoua la tête. « Ce n'est pas un jeu, je gagne toujours à ce genre de jeu, vaut mieux vous en tenir là. » Comme si on allait le laisser libre de ses mouvements... toujours est-il qu'il parvint à faire une brèche dans la concentration de l'homme et envoya un message à Rubis.

**[Rubis] Les renforts sont en route, Rubis, tenez bon et, surtout, tenez-vous tranquille, et vous ne serez pas la prochaine sur la liste. ** Évidemment, il avait oublier le tutoiement dans le feu de l'action.

L'homme arachnéen se dirigea vers la porte, Krovos sourit. « Vous oserez vraiment ouvrir la porte et vous retrouvez ici avec moi? » L'homme hésita. Il ne devait pas non plus passer pour un cancre, mais le géant reptilien pouvait se transformer et le réduire en charpie. Alors il clama que si le chevalier ne se calmait pas, il irait chercher deux ou trois pétasses et les maltraiterais et violerais dans sa face de con. Le reptilien cessa aussitôt de bouger pour lui faire face. « Ça, ça serait intéressant! » Non, pas du tout. « Fermes ta gueule. » répondit-il à la rage trop enthousiaste, en marmonnant. S'il parlait à l'arachnéen? « Je ne te parles pas, sale vermine. Mais soit sûr que quand je sortirai, je te boufferai tout cru et je t'arracherai les huit pattes une, à, une. » fit-il avec un regard mauvais vers celui qui avait proféré des menaces. L'homme visé s'en amusa, les voix dans sa tête aussi. Il était sérieux.

Il se fit rapidement ligoté à travers les barreaux avec ce truc gluants et se retrouva chevilles et poings liés, à nouveau assis au sol, à réfléchir à ce qui allait se passer. Il espérait sincèrement que Rubis allait se tenir tranquille. Il sentait à nouveau son esprit s'embrouiller, cadeau de son geôlier fort satisfait de sa condition de saucisson. « Qui rira, rira le dernier. » Il sourit en appuyant sa tête contre les barreaux. « Oui, assurément. » Dès que les renforts arriveraient, il se ferait un plaisir de nettoyer cette fichue cathédrale. À commencer par Efraël. Ce salaud avait visiblement abusé de plusieurs femmes, et ça, il allait le regretter. Mais en attendant, la nuit serait longue jusqu'au lendemain matin. Il ferma les yeux, calma sa respiration, mais il ne dormait pas, et ne dormirait probablement, prêt à réagir au moindre signe et à briser cette cage s'il le fallait.

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Rubis
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Ven 21 Oct - 16:33

Sa mâchoire était serrée et elle envie de meurtre alors qu’elle sentait la langue dégoûtant de son geôlier s’immiscer sur sa gorge, comme si elle n’était qu’une vulgaire chose qu’il pouvait s’approprier à sa guise. Non seulement s’amusait-il à goûter sa peau pâle avec un délice bien assumé, mais elle sentit également la main indécente d’Efraël se glisser sur sa robe blanche à la hauteur de son poitrail. Ses poings se serrèrent et ses jointures blanchirent. Baissant ses iris éclatants sur son adversaire, elle eut dans l’idée de lui enfoncer sa main sur son entrejambe et de serrer de toutes ses forces pour ne faire qu’une bouillie infâme avec le morceau de chair qui lui servait de masculinité. Il la supplierait et couinerait comme un porc qu’on était en train d’égorger. Pour sa part, elle ne ferait qu’admirer avec une satisfaction non dissimulée toute l’horreur et la souffrance qui se peigneraient sur son visage immonde sans vouloir lui donner satisfaction d’alléger sa douleur. Sa main bougea un peu, signe qu’elle était prête à mettre son plan à exécution, mais une voix s’éleva dans la pièce plutôt silencieuse. Un autre homme réclamait la présence dudit Efraël et ce dernier relâcha sa poigne avant que Rubis ne puisse agir. Il s’éloigna en pestant non sans jeter un dernier regard vers elle en se léchant les lèvres d’un air provocateur. La justicière se contenta de lui faire un doigt d’honneur et l’homme éclata de rire avant de disparaître derrière les cages plus loin.

D’accord, elle devait agir. Ne pas rester ici plus longtemps! Elle n’avait pas envie de finir comme ces âmes en peine qui avaient cessé de se battre. Elle était plus forte que ça et allait leur montrer ce dont elle était capable. Tenant toujours le casque de son compagnon dans sa main, elle se rappela que ce dernier manquait à l’appel. Et merde… elle devait le retrouver! Elle refusait de croire que ces salopards étaient venus à bout de lui. Non sans un soupir, elle fit flotter le heaume de Krovos et alla l’accrocher sur un chandelier éteint situé un peu plus loin. Bon, maintenant elle faisait quoi? Elle devait échafauder un plan et trouver une façon de sauver tout le monde… tant de choses à faire pour une seule personne! En tout premier lieu, elle avait besoin d’une arme pour se défendre. Ramenant son attention sur le tas d’objets divers au loin, elle songea au fait que quelque chose lui serait surement utile là-dedans. À distance, elle bougea les morceaux d’équipements et les différents items semi-précieux à la recherche d’une lame quelconque. Malheureusement pour elle, il semblait que ses geôliers aient cru bon de trier ce qu’ils jetteraient là-dedans, soucieux de ne pas laisser d’armes à proximité de leurs prisonniers. Judicieux de leur part, bien que fort embêtant pour elle. Un éclat brillant attira son attention. Un morceau de verre? Bougeant les retailles qui se trouvaient tout autour, Elly remarqua qu’un miroir de poche s’était brisé en plusieurs morceaux. Ce serait parfait. Elle souleva le plus gros éclat ainsi qu’une lanière de cuir et ramena le tout jusqu’à sa portée physique.

Sans plus de manière, elle souleva sa robe blanche jusqu’à son bassin et attacha la lanière dans le haut de sa cuisse, pour finalement y glisser le morceau de miroir. Ce n’était pas l’idéal, mais ce serait mieux que rien. Elle marcha ensuite jusqu’à la porte de sa cage et glissa les doigts sur la serrure qui lui barrait la route. Elle l’examina un instant quand soudain, un message télépathique raisonna dans son esprit. C’était Krovos! Son cœur se mit à se débattre d’un coup. Il était vivant! Mais où était-il, bon sang?! Y avait-il moyen qu’elle puisse le rejoindre? Il voulait qu’elle se tienne tranquille sous peine d’être la prochaine?! C’était un avertissement ou une menace? Croyait-il réellement qu’elle était du genre à rester là, les bras croisés?! Les sourcils froncés, elle voulut examiner encore davantage le cadenas dans le but de trouver une façon de le crocheter quand une pensée traversa son esprit : peut-être voulait-il réellement la prévenir pour éviter qu’il ne la passe à tabac à nouveau? Peut-être avait-il un plan outre d’attendre les renforts? Bordel… En agissant de la sorte, elle allait peut-être foutre en l’air les actions qu’il tentait de poser. Ce n’était peut-être pas toujours à elle de mener le bateau; parfois, elle devait laisser aller les choses et faire confiance. Elle poussa un soupir et baissa les bras. « C’est pas vrai… » Ça lui demandait une force intérieure incroyable pour se convaincre de s’asseoir gentiment et de ne pas faire fi de ses recommandations. Elle se retourna donc et se dirigea vers un coin de la cage, le plus loin possible de ses compagnons de cellule. Elle s’y installa, ramenant ses bras contre sa poitrine et appuyant sa tête contre les barreaux. La nuit allait être longue.

En fait, elle avait très peu fermé l’œil. L’odeur de moisi lui levait le cœur et les plaintes des captifs la rendaient nerveuse. Des pleurs montaient par endroits et à d’autres moments un homme cria de désespoir. Elle ne se sentait pas bien. Toute cette souffrance… c’était si dur à tolérer! Une très brève lueur se glissa à travers l’un des vitraux poussiéreux. Les premiers rayons du soleil? Elle n’eut pas vraiment le temps de s’en assurer que des bruits de pas provenant de l’escalier attirèrent son attention. Tournant la tête vers la gauche, elle vit cinq hommes – dont Efraël – s’avancer dans l’immense sous-sol de la cathédrale. Ils parlaient entre eux, discutant sur la prochaine « sélection ». Mais de quoi parlaient-ils? Ils ouvrirent l’une des cages et se saisirent de deux individus : un homme et une femme. Une pluie de plaintes et des exclamations s’en suivirent. L’agitation commença à se faire sentir. Instinctivement, Rubis se leva et s’approcha des limites de sa cellule afin de mieux voir. Efraël désigna un adolescent d’environ quinze ans, un homme d’une trentaine d’années, puis deux autres femmes dans la vingtaine, tout au plus. Finalement, il tourna son regard vers elle et un sourire mauvais naquit sur ses lèvres.
« La rouquine là. La petite dernière, emmenez-la-moi également! » Ils marchaient en sa direction. Que lui voulaient-ils?! Les hommes ouvrirent la porte de sa cellule et lui agrippèrent les poignets avant de la tirer farouchement auprès des autres. Rubis de débattit comme une tigresse jusqu’à ce qu’elle arrive nez à nez avec Efraël.

- Du calme, femme. Le grand prêtre veut te rencontrer pour te bénir, rien de plus. Son sourire cachait bien mal toutes les mauvaises pensées qui traversaient son esprit. Rubis plissa des yeux et le foudroya du regard. Continue de me dévisager de la sorte, ça m’excite un peu plus à chaque fois.

Soulevant un pan de la toge, l’homme-araignée projeta des filaments gluants vers elle, lui ligotant les poignets ensemble et les bras contre son torse. Il ne servit en rien le même traitement aux autres individus, ces derniers étant visiblement plus effrayés et dociles qu’elle. « Ne me touchez pas. » Siffla-t-elle d’un air mauvais alors qu’il poussait derrière son épaule. Évidemment, son agressivité verbale eut pour effet d’amuser fortement son geôlier qui éclata de rire. Sans plus de cérémonie, la petite procession se mit à avancer parmi les cages en direction de l’escalier de bois sale. Ils gravirent les marches lentement et seuls les bruits de leurs pas et les pleurs des autres femmes envahissaient l’air. Rubis regardait droit devant elle, la mâchoire serrée. Elle pourrait faire quelque chose, là, maintenant, mais elle devait voir où ils l’emmenaient. Elle voulait connaître le fondement même de cette organisation.

Une fois à l’étage, Elly dut cligner des yeux à plusieurs reprises pour s’habituer à la clarté soudaine de l’endroit. Des grandes fenêtres trônaient sur le mur de gauche, ce qui jurait avec le sous-sol ténébreux. Dehors, le ciel était gris, mais aucune goutte de pluie ne heurtait les carreaux. On tirait sur ses liens afin de l’inciter à suivre et elle avança sans trop rechigner. Elle passa dans l’embrasure de la porte et, une fois dans la pièce voisine, elle fut surprise de voir une salle remplie de tables et de chaises. Probablement un endroit de repos pour les Guides de l’Infini. Toute au fond, elle vit une autre cage, isolée des autres. Il fallait passer devant pour atteindre l’autre escalier qui menait à un autre étage plus haut. Curieuse, elle s’étira le cou et son cœur ne fit qu’un bond dans sa poitrine : Krovos était là, ligoté avec les mêmes filaments visqueux qu’elle. Près de sa geôle se trouvait un homme à la peau foncée et aux traits grossiers qui le fixait sans arrêt depuis le confort de sa chaise de bois. Qui était ce crétin? Néanmoins, Efraël sembla lire dans ses pensées, car sans aucune délicatesse, il se saisit d’elle et la tira à part des autres, en direction de la cage. Un air arrogant au visage, il balança férocement la semi-succube contre les barreaux. Rubis grogna sous l’impact et se vit dans l’obligation de se retourner avant de voir son visage plaqué contre le grillage pour la forcer à faire face à Krovos.


- Eh, du con! S’exclama Efraël à l’intention du chevalier rageur avec un sourire arrogant aux lèvres. C’est ta copine, pas vrai? Je me suis dit que tu serais peut-être content de la revoir quelques instants. Ne suis-je pas d’une générosité sans limites? Tu sais quoi? Le grand prêtre veut la voir. Alors profite un peu de sa vue, car je n’ai aucune idée quand il décidera de la renvoyer à sa geôle. Ça, c’est s’il décide de le faire! Peut-être… voudra-t-il s’amuser avec elle? Moi, j’en profiterais à sa place…

Son ton s’était fait plus suave.

- Continue de rêver en couleurs, sale crapaud, l’invectiva-t-elle. Même une aveugle vomirait devant ta laideur.

Efraël gloussa, déclarant qu’il aimait bien son petit caractère.
« C’est encore plus satisfaisant quand on les voit fondre en larmes », avait-il dit en se foutant royalement de la provocation qu’il lançait.

- Ça va aller, murmura-t-elle à l’intention du chevalier afin de lui faire comprendre qu’elle n’avait pas peur et qu’elle ne se laisserait pas faire. Elle n’allait pas lui donner de satisfaction, sous aucune forme.

Elle se fit tirer farouchement vers l’arrière, puis repousser en direction des autres captifs avant de devoir gravir le nouvel escalier, un peu plus loin, qui montait à l’étage supérieur. Une fois à l’étage, elle remarqua qu’elle se trouvait dans la pièce principale de la cathédrale. Cinq rangées de bancs s’étalaient de part en part d’un couloir recouvert d’un tapis rouge. Tout au fond se trouvait un hôtel où étaient inscrits des symboles dans une matière rouge très foncée. Du sang séché?! Une épée souillée y reposait et des statuettes grossières représentant des individus sinistres agonisants trônaient ici et là, rendant l’ambiance encore plus glauque qu’elle ne l’était déjà. Tout au fond se trouvait une grande porte de bois où une étoile rouge entourée d’un cercle y était dessinée. On poussa les captifs en cette direction et on ouvrit ces grandes portes. La pièce était sombre puisque les fenêtres avaient été bouchées. Seules des chandelles servaient de sources de lumière. Le cœur de Rubis ne fit qu’un bond : des instruments de torture se trouvaient un peu partout et des tables surmontées de bracelets de métal se trouvaient tout au fond. « Bordel de merde… » souffla-t-elle, son estomac se serrant. Tout au fond se trouvait un homme, assis sur un trône d’obsidienne et tenant trois chaînes au bout desquelles se trouvaient des esclaves ne portant pas le moindre vêtement. La tenue de l’homme en disait long sur son titre et d’immenses cornes trônaient sur sa tête trahissant ses origines. Il fit signe aux hommes d’emmener les captifs en sa direction. Il devait les voir de plus près pour décider de leurs sorts.


- Et le colosse? Vous en avez fait quoi? Demanda-t-il d’un ton mielleux. Vous l’avez laissé derrière? Bande d’idiots… Emmenez-le-moi. Vous êtes lassants à la fin. Je veux le voir de mes propres yeux, il pourrait m’être utile…

Son regard brillait d’une lueur jaune. Un guide sortit de la pièce afin d’aller quérir le chevalier rageur sous les ordres de son prêtre. L’homme cornu ramena son attention sur la petite assemblée. Il désigna une première femme et l’observa un instant. Il déclara ensuite un seul mot : « Supplice ». La pauvre damoiselle larmoyante se fit tirer sur le côté puis guider jusqu’à l’une des tables sans ménagement. L’adolescent se fit ensuite attirer. « Plaisir ». On l’emmena à part. L’homme du groupe se fit attirer à son tour. « Sacrifice. » Le pauvre se mit à crier. Le grand prêtre passa à la prochaine femme quand les grandes portes s’ouvrirent à nouveau. S’ouvrant sur au moins six hommes en compagnie du chevalier.

- Ah le voilà donc! D’un mouvement de la main, il demanda qu’on écarte le reste de la procession – dont Rubis – afin de pouvoir porter toute son attention sur Krovos. Quel être intéressant! Si fort! Si robuste! Sais-tu que je pourrais t’offrir toute la puissance de ce monde si tu acceptais de joindre mes rangs? Je pourrais faire de toi le guerrier le plus grandiose qu’il ait été donné de voir. Allons, allons. Dis-moi Chevalier, quel est ton nom?

Rubis déglutit péniblement et regarda le visage impassible de Krovos. Elle craignait qu’il perde le contrôle devant toute cette mascarade.
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Dim 30 Oct - 13:04

KROVOS. ENCORE EN CONTRÔLE.


De l'agitation plus bas éveilla son attention et Krovos tendit l'oreille. Une nouvelle procession de sacrifiés... il devait agir! Mais comment? Le mieux serait sans doute de tenter de les suivre avec ses sens pour voir le meilleur moment pour agir. Il sentait la colère grimpée en lui, prenante, presque jouissante, il ferma les yeux pour contenir la rage qui cherchait à prendre le contrôle. « Je m'en sortirai mieux que toi. » Il secoua vivement la tête. « Non, non pas maintenant. Pas tout de suite, attends. » Son geôlier le regardait étrangement. Après tout, il n'était pas censé pouvoir communiquer par la pensée. Avec qui parlait-il? Le chevalier plongea ses yeux amusés dans ceux du guerrier, sans pour autant éclairer les questions qui le taraudaient visiblement.

Les bruits dans l'escalier attirèrent son attention et il dressa l'oreille, faute de pouvoir se relever - pour l'instant du moins. « Je pourrais moi. Je pourrais te sortir de là. Je pourrais tout faire. » Le reptilien roula des yeux. « Et tous les tuer. » Le ricanement résonna dans sa tête. « Oui, tous. » Ce qui s'ensuivit d'une joyeuse cacophonie entre la rage, la raison et le désespoir. Comme à l'habitude, la douceur se faisait discrète. Pourtant, il aurait bien aimé l'entendre en ce moment... Les bruits se rapprochaient, il redressa la tête. La procession allait passer devant lui. Il croisa le regard de Rubis et sentit son coeur s'accélérer. Non, non pas elle. Pas maintenant. Il jura intérieurement. « Elle a ce qu'elle mérite, elle ne se tiendra jamais tranquille, tu le sais. » Il secoua la tête en soupirant. « Elle aurait pourtant pu être utile.. » renchérit la raison. « Utile... » marmonna-t-il. Comme si elle n'était qu'une arme...

Celui qui l'avait ligoté attrapa la justicière et vint la plaquer contre la cage. Krovos se raidit instantanément et jeta un regard meurtrier à l'arachnéen. Son regard se posa sur Rubis, qui ne semblait nullement inquiète, mais plutôt en colère. Quel caractère! Il ne répondit pas aux invectives d'Efraël, mais dans sa tête la rage allait bon train. Quelque chose lui disait que s'il la laissait aller, il serait sa première victime... parmi les autres. Il se sentait personnellement en colère contre lui, et se demandait si cette colère saurait guider la rage, comme l'amour l'empêchait de blesser Phoebe. Est-ce que les sentiments puissants pouvaient avoir un certain contrôle? Impossible à savoir. Mais il allait certainement retenir cette odeur. Assurément.

Qu'est-ce que cela signifiait, que le grand prêtre allait la voir? Allait-elle mourir? « Ce serait un beau geste pour l'humanité. » Si seulement la rage pouvait se taire... « Tu sais comment faire pour que je me tais. » Ce qui était absolument inenvisageable. S'amuser? Donc des meurtres, la renvoyer, s'amuser... son destin n'était donc pas sceller. Il plongea ses prunelles bleus dans celles de la rouquine, pour essayer de marquer à quel point il voulait qu'elle reste tranquille. Il ne fallait pas qu'elle se démarque trop - elle était tout de même ligoté contrairement aux autres. Krovos soupira. Ben non, elle ne pouvait pas se taire. Ce serait trop demandé. « Elle mérite son sort que je te dis! » Sans le mériter, elle le cherchait un peu... Cela aurait été plus simple pour lui s'il n'avait pas eu à la protéger. Car oui, à ses yeux, elle avait besoin d'être protégée.

Le chevalier hypersensible ne savait pas si la promesse de Rubis était réellement à prendre au sérieux. Il voulut répondre télépathiquement, mais n'y arriva pas. Évidemment. « Tu seras le premier à mourir, l'insecte. » fit-il simplement, faisant échos à la voix de la rage dans sa tête. Efraël ne releva pas l'insulte, s'en amusant plutôt. Il n'avait aucune idée de la galère dans laquelle il s'était embarqué. Il n'avait pas été là, lors de la procession pour venir ici. Il n'avait pas vu ce dont le chevalier était capable. Et il allait regretter son attitude. Les prisonniers retournèrent en rond et disparurent dans l'escalier à proximité. Fermant les yeux, il écouta attentivement la suite des événements, prêt, s'il le fallait, à laisser le champs libre à sa rage dévastatrice.

Il entendit les pas qui montaient les marches, puis l'écho indiqua qu'ils étaient sans doute dans la grande sale de la chapelle. Puis un bruit de porte... Et les sons se firent étouffés. Concentrant ses efforts sur son ouïe, il pria pour que rien ne le perturbe de plus près, car s'il relâchait sa capacité auditive, tout pourrait le faire déclencher une crise...! La voix tonitruante qu'il percevait revêtait un charisme exceptionnelle et une assurance que le chevalier n'aurait jamais. Le colosse? Était-ce lui? Être utile à quoi? Quelqu'un revenait par ici, mais il se concentra sur la voix forte. Supplice. Il ne put pas aller plus loin, on ouvrait sa porte, rompait les liens de ses jambes et on lui indiquait de sortir. Ce serait un plaisir de se dégourdir les jambes. Son armure allait finir par rouillé. Il suivit. Plaisir, entendit-il. Sa procession avançait. Sacrifice, il frissonna. Il espérait qu'elle s'était tut.

Ce fut entouré de plusieurs hommes qu'il fit son entrée. Il redressa le menton. s'il n'avait pas son charisme, cela ne l'empêchait pas d'être un fier chevalier. Devant lui se tenait un homme d'une bonne carrure, incube selon toute évidence. Il retint un soupir de soulagement en voyant que Rubis n'avait pas encore passer au jugement. « De toute façon, elle mérite les trois traitements, simultanément. » Se retenant de grimacer, il répondit plutôt mentalement que c'était absurde. De toute façon, la rage n'aimait personne, il ne pouvait pas s'attendre à autre chose de sa part. Le désespoir se mit de la partie, inquiet quant au sort qu'on allait lui réserver. Se faire flatter par cet homme avait quelque chose de dégoûtant. Le guerrier le plus grandiose? Aucun d'eux ne connaissait la nature de ses capacités. Jamais il ne pourrait le contrôler. Il les tuerait tous, jusqu'au dernier. « Et avec un plaisir non dissimulé. »

« Krovos. » fit-il simplement. Ce nom sembla suscité un certain intérêt chez le diable devant lui.
« Le chevalier rageur... » Ce surnom suscita un malaise chez l'interpellé. Ce n'était pas ce qu'il préférait dans la vie, et il n'était nullement fier de cette capacité qui semblait, pourtant, fortement intéressé son interlocuteur. Il avait fort probablement demandé son nom seulement pour confirmer sa pensée. Les gémissements autour, il les entendait à peine, pleinement concentré sur cette personne qui semblait avoir des intentions tout à fait malsaine envers sa personne. Il dégageait quelque chose... d'inquiétant. « Laisse-moi aller! Laisse-moi te libérer! » Il secoua négativement la tête, doucement. « Votre puissance ne m'intéresse pas. Vous ne sauriez pas quoi en faire de toute façon. » répondit-il froidement.

Sa réponse provoqua un sourire qui ne lui indiquait rien de bon. Aussitôt, il sentit que s'il se transformait, cet homme en ferait sa marionnette. Il ne savait pas pourquoi, mais son instinct lui disait de s'en tenir loin. Sa façon de donner des ordres... Krovos avait toujours su repérer les pouvoirs psychiques, ils étaient sa plus grande faiblesse après tout, et il avait l'oeil - quoique souvent il s'imaginait des choses. Mais là, avec cette... divinité. Toute cette mascarade. Et si tout cela venait de lui? Pour son plaisir personnel? C'était un sadique, cela se voyait tout de suite. Son instinct lui disait de s'en tenir loin, et de, surtout garder le contrôle. De toute façon, jamais cet homme ne pourrait connaître son point faible. Il n'y avait que trois personnes en ce monde qui le savait. Farye, Phoebe et le mage enseignant qui lui avait appris une grande partie de ce qu'il savait. Elassaria ne l'avait jamais su, puisque le contrôle de Farye avait passer pour une preuve d'affection, comme Phoebe pouvait le tenir, Far le pouvait aussi. C'était une logique qui ne s'appliquait pas à lui.

La capacité de sa jumelle à le calme ne tenait qu'au lien unique qui les unissait. Personne ne pourrait réussir, à moins d'un pouvoir apaisant.
« Peut-être pourrais-je t'aider à te décider? » fit la voix mielleuse du grand prêtre, alors qu'il faisait signe à la prochaine victime de s'avancer. « Alors, qu'en penses-tu, Krovos? Plaisir? Sacrifice? Humm, non, supplice, n'est-ce pas? » La femme tremblait de tous ses membres, le chevalier sentait une pression terrible pesée sur ses épaules. « J'ai cru comprendre que je ne pouvais pas te plier aux supplices... mais peut-être que les supplices de tes pairs sauraient brisés ta volonté? » Il se tendit. Il ne supporterait pas les cris... et il ne voulait pas se transformer. Il avait l'impression qu'il le voulait, qu'il voulait le voir. Son être entier lui criait de sortir d'ici. « Tu n'as pas de couilles. Laisse-moi te guider! » Non, non il ne fallait pas. « Vas-t-en, vas-t-en vite! Tant pis pour toutes ces âmes, tu ne peux rien pour elles! » s'écria le désespoir dans sa tête.

Devant son inaction, l'incube fit signe à celui qui tenait la femme devant lui.
« Supplice. » Krovos se redressa. « Non! » L'homme haussa un sourcil amusé en le regardant. « Alors, que feras-tu pour moi, chevalier? » Rien. Il ne ferait rien. Les renforts arriveraient le lendemain... mais c'était si loin, trop loin. Que pouvait-il faire? Si ce n'est rien... il devait demeurer au calme. Absolument. Impérativement. Le silence fut rompu par la femme qui se mettait à geindre alors qu'on l'envoyait près de la première condamnée à la torture. Il retint un frisson. Il essayait de se contrôle pour ne pas regarder Rubis, ne pas attirer l'attention sur elle, mais ce damné Efraël n'allait pas l'aider. Poussant la jeune femme devant lui, il indiqua au prêtre de l'Infini qu'elle avait un lien avec lui. « Intéressant... alors, Krovos, quel sort lui réserves-tu, à elle? » La rage et le désespoir l'empêchait de se concentrer, l'un affirmant qu'il devait se laisser aller, l'autre qu'il devait fuir. Mais ni l'une ni l'autre des options n'étaient envisageables. « Sacrifice? » Il blêmit un peu, malgré lui. Ce qui suscita un sourire révoltant sur le visage qui le dévisageait. Il fit signe à quelqu'un, mais indiqua de le faire là.

Le reptilien n'arrivait plus à détacher ses yeux de Rubis. Il ne pouvait pas la sacrifier... Un couteau sa plaça sur sa gorge. La tension monta. Elle était solidement maintenant par Efraël qui lui jetait des regards provocateurs, que le chevalier ignora, fixé sur la jeune femme. Dans un haussement d'épaule, l'incube lança le signa et Krovos s'écria : « Non, attendez! » Fermant les yeux, il baissa la tête. Ne voulant pas voir l'expression de la justicière. « Ce que vous voulez, mais épargnez-la. » répondit-il de sa voix caverneuse, où pointait l'abandon. Sa réponse suscita un intérêt grandissant chez celui qu'il soupçonnait être le maître de toute cela.
« Agenouilles-toi devant moi, et jures-moi obéissance. » Le chevalier hésita. Il était un homme de parole, et se refusait donc de la donner pour un serment qu'il ne voulait pas tenir. Cela sembla évident à son adversaire qui insista; c'était ça, où elle mourait.

Il y avait anguille sous roche. Tout cela ne faisait pas de sens pour lui. Même s'il était un homme d'honneur, il pourrait briser ce serment pour sauver une vie... alors qu'est-ce que cela apporterait réellement au grand prêtre? Un regard sur ses esclaves le fit hésité.
« Tu n'auras pas cette place, tu seras un fier guerrier qui combattra pour le bien du dieu de l'Infini. » Qui exécutera des ordres dégoûtants, en somme. Et dégradants. « En rejoignant nos rangs, tu atteindras une puissance inégalée. Soumets-toi à moi, et libères-toi de tes soucis. » Se libérer... « C'est peut-être ta place, parmi ces damnés... » Baliverne. Sa place était à Shola. Dans le pire des cas, il les tuerait tous. « Bonne pensée! » Il fit un pas en avant et on écarta Rubis sur le côté, qu'il évita encore de regarder.

Inspirant profondément, il mit un genou en terre, et courba l'échine.
« Là! C'est bien! Maintenant jures-moi obéissance, chevalier. » L'amertume emplissait sa bouche d'un goût repoussant. Jurer obéissance... « Je le jure. » dit-il. L'homme sourit. « Dit-le. » Serrant les dents, il hésita à nouveau. Son coeur se débattait dans sa poitrine. « Dit-le! Libères-toi de cette pression qui te ronge. » Il pouvait presque sentir l'agitation de la justicière. Mais l'insecte de plus tôt continuait d'embrouiller son esprit, il ne pouvait pas communiquer avec elle. S'il pouvait protéger les autres ainsi... alors il était de son devoir de le faire. « Et cela te libérera, n'est-ce pas? » Comme s'il pouvait réellement se libérer du poids de son pouvoir. Déglutissant, il prit finalement la parole, laissant tomber les mots tant attendus. « Je vous jure obéissance... » « Grand prêtre de l'Infini, Monseigneur Luqam. » Et il répéta. « ...Grand prêtre de l'Infini, Monseigneur Luqam. » Ceci fait, celui-ci se leva et posa une main sur sa joue, ce qui provoqua instantanément une onde de choc dans son être.

Pour une raison quelconque, il n'arrivait pas à se défaire de ce contact. Ses yeux rougirent alors qu'il sentait la rage s'extasier en lui, mais quelque chose d'inhabituel se produisit. L'homme se pencha à son oreille et lui chuchota de rester calme. Puis il le relâcha et retourna sur son trône, lui ordonnant de se relever. Sans réfléchir, il s'exécuta, se surprenant lui-même. Pourquoi n'était pas en train de se transformer? On lui demanda de s'écarter, il s'exécuta, se surprenant lui-même à nouveau. Il se sentait... léger. Comme libéré...
« Et puis, comment te sens-tu, Krovos? » Observant ses mains gantées d'un drôle d'air, il leva le regard vers lui et murmura : « Libéré... » C'était comme si son pouvoir n'étais plus un problème. Comme s'il n'en avait plus aucun. « S'il te contrôle maintenant, qu'est-ce que cela quand tu laisseras la rage prendre la place! » S'insurgea la raison. Le désespoir louait les dieux pour cette sensation jouissive, alors que la rage quérait pour sa liberté. « Reprends-toi! » le secoua la raison. Mais il n'y arrivait pas, il se sentait si bien!

La voix de Rubis qui prononçait son prénom lui fit relever la tête. Un malaise passager le secoua, mais ne dura pas. On la mena à nouveau devant le grand prêtre. « Tu devais la protéger! » s'indigna à nouveau sa raison, qui était la seule à protester contre ces sensations nouvelles. « Vous aviez dit que vous l'épargneriez... » se permit-il, n'ayant rien oublier de leur échange. Le dénommé Luqam le regarda avec intérêt. La plupart des gens soumis à son pouvoir n'avait plus de résistance, mais Krovos semblait spécial, et encore plus intéressant.
« Oui, il est vrai. Qu'on la ramène en bas. » fit la voix douceâtre de l'incube. Il demanda ensuite au chevalier de se position prêt de lui, il s'exécuta. « Si la rage te prend, il te guidera comme une marionnette... » raisonna la voix. Ne pouvait-elle pas se taire et le laisser savourer cette nouvelle liberté? Le grand prêtre semblait fasciné par les brefs éclairs de lucidité qui éclairait brièvement le regard bleu. Quelle combativité!

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Rubis
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Mar 1 Nov - 21:59

Son regard émeraude scrutait les traits du chevalier rageur avec un soupçon d’angoisse. Elle cherchait le moindre signe qui pourrait trahir un début de perte de contrôle venant de sa part. Si tel était le cas, elle ne voyait pas comment elle pourrait sauver tous ces gens… surtout avec les mains liées! Le chevalier déclina son identité et déclara d’un ton froid que la puissance proposée ne l’intéressait absolument pas. Sa réponse toute simple sembla être à l’origine du sourire qu’esquissait maintenant le grand prêtre. Ce dernier lui proposa, d’un ton mielleux, son « aide » dans son processus de décision. Ainsi, il fit signe à l’un de ses hommes de tirer une femme aux cheveux noirs en sa direction et demanda l’avis du chevalier. Oh bon sang… il allait torturer ces gens devant le reptile simplement pour le faire flancher?! Quel être immonde! Rubis voulait dire quelque chose, mais se ravisa rapidement, songeant au fait que cela les mettrait dans une impasse encore plus importante. Le grand prêtre annonça donc le sort de la pauvre désignée : supplice. Krovos voulut s’interposer, mais le cas échéant, se retrouvait dans l’obligation d’offrir ses services à l’incube. Évidemment, il garda le silence sur le sujet… c’était en fait le choix le plus judicieux.

La semi-succube avait le cœur qui débattait et était terrorisée de la suite des événements. Elle voulait sauver tous ces gens et avait envie de crier à l’idée que Krovos soit corrompu par ces immondes personnages. Mais que pouvait-elle faire de plus? Elle était là, poings liés, dans une situation où elle n’avait absolument pas le contrôle. Elle se sentait impuissante et bon dieu qu’elle détestait ça! Devant le refus de coopérer de la part du chevalier, le grand prêtre annonça que la femme était destinée au supplice. La pauvre gémit de terreur alors qu’on l’emmenait plus loin. Levant une main, l’incube fit signe à ses sbires de lui emmener la prochaine âme en peine qui devait subir son jugement ultime. Une poigne solide se saisit du bras de Rubis et elle vit le sourire sadique d’Efraël qui cria à son supérieur qu’elle était liée au chevalier rageur. Le salopard!! Ne pouvait-il pas se la fermer?! La justicière se fit tirer sans ménagement près du diable qui lui adressa un sourire cynique. Pour une seconde fois, il demanda l’avis de Krovos qui semblait blêmir devant le dilemme sans issu qui s’étalait devant lui. Le monstre évoqua la possibilité du sacrifice et la justicière déglutit péniblement. Elle n’avait pas envie de mourir… Mais en même temps, l’idée que son ami se rende lui était insoutenable. Accepter de travailler pour ce démon était de loin la pire des idées! Elle voulut dire au reptile de ne pas abdiquer, mais Efraël l’en empêcha en plaquant sa main sur sa bouche.

L’arachnéen plaqua une lame sur la gorge de la jeune femme dont le regard était planté dans le bleu céruléen des yeux de son compagnon d’armes. Il semblait sur le point de craquer. Non… Non, Krovos!! Son expression faciale le supplia de ne pas faire l’impensable, de ne pas vendre son âme au diable! La tension était à son comble. L’incube haussa finalement les épaules, donna le signal et Rubis ferma les paupières, appréhendant la suite des événements. Mais Krovos fut plus rapide et s’interposa, dévoilant à haute voix son abdication. Non… Elly ouvrit les paupières et dévisagea le chevalier. Non. Non, c’était un cauchemar! « Eh bien, ton petit ami vient de joindre nos rangs, grâce à toi. » Fit la voix nasillarde d’Efraël à son oreille. La gorge de la justicière se noua. Elle n’arrivait pas à y croire. Le chevalier la fuyait du regard, elle s’en rendait bien compte. Le grand prêtre le somma de s’agenouiller et d’offrir son allégeance. Elly était sans voix. Elle voulait crier pour l’empêcher d’agir, mais tout était bloqué au fond de sa gorge. Face à l’hésitation du guerrier, l’incube lui confirma qu’il ne rejoindrait pas les rangs des sacrifices. En fait, il allait intégrer les guerriers qui travailleraient pour lui. Oh bon sang… si ce connard venait à contrôler Krovos… les répercussions seraient terribles!

Sous le regard horrifié de la justicière, le chevalier posa un genou en terre. Il se fit sommer de jurer fidélité. Le reptile s’exécuta, mais ça ne semblait pas suffisant au goût du diable qui voulait en entendre davantage. C’est à ce moment que la semi-succube retrouva enfin l’utilisation de ses sens. Elle se mit à se débattre dans les bras d’Efraël, causant l’hilarité de ce dernier.

- Krovos, ne fait pas ça, fit-t-elle à son intention. Ne vends pas ton âme! Merde! Ne les laisse pas faire! Je t’en supplie! Krovos!

Efraël plaqua à nouveau une main sur sa bouche et lui susurra de se taire pendant que son ami prononçait les paroles fatidiques. Le démon se pencha, toucha sa joue et un changement s’opéra immédiatement sur les traits du visage du reptile. Les yeux d’un bleu océan de ce dernier se mirent à rougeoyer sous le regard horrifié de la justicière, mais, contrairement aux autres fois, rien ne se produit de plus. En fait, Krovos revint rapidement lui-même et Luqam s’éloigna vers son trône, l’air de rien. Libéré? C’était quoi cette magie à la con? Était-il réellement contrôlé? « K… Krovos? » Leurs yeux se croisèrent à nouveau… du moins, jusqu’à ce qu’on tire la justicière sans ménagement devant l’incube. Le reptile s’interposa, rappelant leur marché à Luqam. Le grand prêtre décida donc de tenir parole et Efraël tira la semi-succube à sa suite.

- Non… non lâchez moi! Krovos! Ne les laisse pas te contrôler!

La dernière chose qu’elle vit, alors qu’on la tirait vers la porte, fut son ami qui se positionnait près du diable et Luqam qui faisait signe à ses sous-fifres de lui emmener la prochaine pauvre âme en peine. Rubis se fit traîner sans ménagement à l’extérieur de la pièce, puis vers le couloir qui menait à l’escalier. Elle savait que son compagnon avait porté allégeance pour elle et c’était probablement ce qui la blessait le plus. Certes, ce geste était très noble de sa part, mais comment pouvait-elle se pardonner sa propre faiblesse? Elle n’avait pas été à la hauteur et n’était pas assez forte pour protéger ne serait-ce que le chevalier. Sans qu’elle en ait réellement le contrôle, elle sentit ses yeux s’embrumer de larmes sous l’effet de la culpabilité, mais surtout de la colère. Ces dernières s’accentuèrent alors qu’elle entendit des hurlements s’élever depuis la salle de torture où elle se trouvait jadis. Ils avaient commencé! Les captifs subissaient les sévices selon la catégorie à laquelle ils avaient été attribués et elle ne pouvait rien faire pour les en empêcher. « Nous allons prendre bien soin de ton petit copain, ma jolie », susurra Efraël. « Le maître va le mettre à sa main et lui montrer les rudiments du métier… crois-moi, il s’amusera comme un petit fou! » Rubis serra la mâchoire. Elle allait faire un massacre! Toutefois, une fois rendu à l’escalier qui menait à l’étage en dessous, l’arachnéen laissa échapper un rire mesquin. Sans crier gare, il poussa la semi-succube qui perdit pieds et dégringola les marches jusqu’en bas. Sa tête heurta avec violence le mur de l’étage inférieur et elle sombra rapidement dans l’inconscience. Encore.

******

- Allez, on se réveille. Debout, petite paresseuse.


Hein? Quoi? Sa tête tournait. Tellement douloureuse. Elle avait envie de dormir. Pourquoi devait-elle se lever? Ses yeux s’ouvrirent. Tout était flou. Elle étendue au fond de sa cage. Son cou était raide. Comme tout le reste, quoi. Elle avait l’impression d’être observée. Tranquillement, elle se redressa. Une tache de sang séchée trônait sur sa robe blanche, au niveau de son épaule droite. Elle s’était surement fendu le crâne lors de sa chute. Elle tourna la tête en direction de la voix… Puis sursauta, revenant brusquement à la réalité. Luqam était là, debout à l’extérieur de la cage et l’observait. À ses côtés se trouvait Krovos… puis un groupe surprenant de soldats. Ils fixaient tous dans sa direction. À cette vision, Rubis hoqueta de stupeur et recula rapidement – toujours au sol – jusqu’à ce que son dos touche les barreaux de sa cellule. Qu’est-ce qu’ils faisaient là!? Son regard émeraude scruta les alentours et elle réalisa qu’elle était toute seule dans sa cage. Avait-on déplacé les autres détenus? La porte était grande ouverte et donnait accès directement à Luqam et Krovos.

- Alors, alors, alors, fit l’incube avec un sourire amusé. On en a mis du temps à se réveiller! Rubis eut un regard interrogateur et il comprit rapidement le fond de sa pensée. Ne vous inquiétez pas, vous n’avez pas dormi très longtemps. Deux heures, tout au plus. Mais, voyez-vous, je ne suis pas du type patient. Allez, debout! Venez nous rejoindre!

Tous ces gens qui l’observaient… Même les détenus des autres cellules avaient le regard rivé sur elle. Des curieux, probablement. Elly déglutit péniblement puis se leva lentement. Elle marcha ensuite en boitillant légèrement en direction de ses interlocuteurs, non sans un air méfiant. Une pensée traversa son esprit. Doucement, elle glissa ses doigts sur sa cuisse et fut déçue de constater que la sangle retenant le fragment de miroir n’y était plus.

- Oh, nous vous avons retiré un morceau de verre, mademoiselle. Vous savez, nous avions peur que vous vous blessiez avec ça… Luqam avait un sourire mielleux et légèrement provoquant. Donc, nous sommes tous ici, car mon ami Krovos, ici présent, doutait de ma bonne foi lorsque je lui disais que vous étiez toujours en vie. Vous êtes donc la preuve que je tiens parole : vous n’avez pas été sacrifiée à ce jour. Mes félicitations pour cet exploit. Il blaguait ou quoi? Ce fut plus fort qu’elle, Rubis haussa un sourcil. Mon nouveau très cher chevalier m’a dit que vous étiez une redoutable guerrière et qu’il valait la peine que je m’attarde sur votre cas. Était-il sérieux?! Non… il bluffait très certainement. Krovos n’aurait jamais dit un truc pareil. Ce genre d’hommes mentait généralement avec brio. Mais avant toute chose, j’aimerais savoir. Quelle est votre nom, beauté?

Rubis garda le silence. Elle n’avait pas envie de lui donner la moindre parcelle d’information sur sa personne et son mutisme exaspéra le grand prêtre.

- Mais pourquoi est-ce que c’est si difficile d’avoir un peu de coopération? Demanda-t-il dans un soupir quasi théâtral. Krovos? Très cher ami, faites parler notre compagne ici présente. Visiblement, le reptilien hésita. Dois-je vous rappeler que vous avez prêté serment?

Le regard de Rubis glissa sur le chevalier rageur alors qu’il s’avançait vers elle. Elle ferma les yeux un instant. Elle était égoïste. S’il avait accepté de vouer allégeance à un enfoiré du genre, c’était très certainement parce qu’il voulait lui épargner toute forme de supplice. Or, en refusant de coopérer, elle l’incitait à devoir agir contre son gré. Au final, c’était presque un pied de nez au sacrifice qu’il avait commis. La justicière n’avait pas le choix : elle devait piler sur son orgueil et plier l’échine… Elle trouverait bien l’occasion de se relever assez rapidement.

- Elly, répondit-elle simplement avant même que Krovos n’ait à lever le bras pour la frapper. Normalement, Rubis ne déclinait jamais sa véritable identité, mais elle craignait que son pseudonyme donne une raison de plus au prêtre d’agir contre elle.

- Elly. Comme c’est charmant! Il se retourna ensuite vers Krovos et lui fit signe de revenir près de lui. Mon cher ami, je vais vous enseigner quelque chose aujourd’hui. Au cas où vous n’étiez pas déjà au courant, les femmes sont des créatures faibles. Il est si facile de les manipuler et d’en faire ce qu’on veut, croyez-moi. Venez ici, Elly. Allez, ne soyez pas timide.

Un frisson parcourut le dos de la semi-succube. Qu’est-ce que…? Oh non. Elle savait ce que c’était. Luqam était un incube. Elle devait donc s’attendre à ce qu’il tente d’user de son talent sur elle! Malheureusement, elle était pile dans la clientèle ciblée. La jeune femme ferma les yeux un instant et encaissa la vague de phéromones du mieux qu’elle put. Si elle savait une chose sur ce talent particulier, c’était qu’il n’influençait pas la volonté des gens. En fait, il n’affectait que le plaisir et la notion de désir des individus qui en subissaient les frais. Certes, ces deux notions pouvaient parfois influencer drôlement le cours d’une pensée, mais puisqu’elle était consciente de ce qui se produisait, elle avait une chance de garder le contrôle sur elle. « Garde la tête froide, garde la tête froide, garde la tête froide » était son mantra actuel. Elle se le répétait sans arrêt afin de focuser sur autre chose que les frissons qui la parcouraient. Ses poings étaient serrés et elle sursauta alors que l’ordre fut répété de nouveau. Elle avait chaud. Si chaud. « Garde la tête froide, garde la tête froide, garde la tête froide. » Les rires des soldats tout autour montèrent à ses oreilles. Ils savaient tous ce qui se passait, c’était évident. Enfin, peut-être pas Krovos, mais ce n’était pas plus mal à son avis. Elle prit une grande inspiration pour retrouver convenance et s’avança lentement, sentant les phéromones de l’incube la prendre d’assaut à nouveau. Elle était plus forte que ça! Il ne pouvait la forcer à quoi que ce soit.

Une fois à la hauteur de Luqam, Rubis grogna de frustration alors qu’elle sentit le bras du grand prêtre entourer ses épaules dans un mouvement de « franche camaraderie ». Elle avait envie de le mordre, mais s’abstint de tout mouvement agressif en sa direction. L’incube jeta un coup d’œil amusé au reptile, puis prit la mâchoire de la justicière dans sa main. Il se pencha pour s’emparer de ses lèvres et Rubis se raidit comme une barre. Elle ne put s’empêcher de répondre tout de même un peu, aux prises avec un nouveau flot de phéromones. Néanmoins, elle rompit elle-même le contact et serra la mâchoire, fusillant le prêtre du regard par le fait-même. Cette simple résistance suscita l’hilarité chez lui.

- Donc, Lady Elly, tout comme mon très cher compagnon Krovos ici présent, j’aurais envie de vous proposer du travail. Après tout, je ne suis jamais contre l’idée de développer les talents déjà présents des ressources qui me sont disponibles! Si vous acceptiez de me vouer allégeance, je pourrais très certainement vous trouver une utilité... toute particulière.

Il était hors de question qu’elle accepte. Jamais elle ne se soumettrait à un homme comme lui! Son silence perdura quelques instants. Luqam ricana malgré tout.

- Que je suis mal élevé! Je suis vraiment navré, Lady Rosenbaum. Laissez-moi me rattraper! Je vous invite donc à diner. Nous discuterons affaires autour d’une bonne coupe de vin. N’est-ce pas la façon qu’utilisait votre père pour amadouer ses associés pendant ses négociations? La semi-succube se raidit. Comment savait-il pour son père? Il ignora son regard interrogateur et se tourna vers Krovos. Joignez-vous à nous, Sir. Après tout, ça me permettra de rattraper la façon cavalière que j’ai employée pour vous enrôler tout à l’heure. Je n’accepterai aucun refus, Krovos.
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Lun 7 Nov - 15:32

KROVOS. ENCORE EN CONTRÔLE.


Enfin, Rubis était sortie. Krovos en ressentit un profond soulagement. Malgré tout, il restait à régler le cas de toutes les âmes qui passaient devant lui. Il était partagé. Leur éviter la mort laissait présagé un pire destin, mourir était, pour eux, le meilleur châtiment à envisager. Il était partagé entre son désir d'intervenir et de sortir tout le monde, et son envie de profiter de la paix qui s'insinuait en lui. « Et si tu me laissais enfin te guider vers la vraie liberté? » rugissait une voix en lui. « Tu dois sauver ces gens, ne le laisse pas pénétrer ton âme se la sorte. » raisonnait une autre. « Enfin, nous sommes libérés. Profitons-en plutôt que de se battre. » soupirait le désespoir. Les voix s'obstinaient, cherchant à savoir celle qui avait le plus raison, ou le plus tort. Quand à lui, il avait du mal à garder les yeux ouverts devant la procession et les regards suppliants qu'on lui jetait. Plus qu'une nuit... une nuit et les renforts seraient là.

Heureusement pour lui, Luqam n'avait pas l'intention de passer sa journée sur ce simili-trône. Il le somma bientôt de le suivre à travers l'établissement, ainsi qu'à l'extérieur. « Il te fait parader. C'est évident qu'il veut montrer qu'il a su enrôler le chevalier rageur. » Le surnom le fit tiquer. « Admets-le une fois pour toute. Laisse-moi leur montrer comment peut être belle cette colère qui te caractérise. » La tentation était forte, à vrai dire. Mais il ne pouvait pas se le permettre. « Il te contrôlera! Tout entier! Libères-toi! Vite! » s'impatientait la raison. De toute façon, il ne savait pas comment se libérer de cela, alors qu'en fait, il se sentait plus léger que jamais. Comme si aucune décision ne requérait son assistance, comme s'il n'avait plus qu'à obéir et à laisser tomber tous ses dilemmes. « Ne le fais pas. Réfléchis. » Il secoua la tête. Comment pouvait-il se sentir aussi soulagé une seconde et perturbé celle d'après... mais il était mal placé pour constater qu'en vérité, son esprit combattait l'étreinte du pouvoir de l'incube.

Quand le diable se mit à lui poser des questions, le chevalier répondit machinalement, sans réfléchir. Jusqu'à ce qu'il réalise que le sujet de la conversation n'était nul autre que Rubis. « Tu viens de vendre celle qui a faillit être ton amie! » Il secoua la tête. « Elle ne te le pardonnera certainement pas, et tu le mérites. » Il avait vraiment... autant parlé? Un claquement de doigt à deux pouces de son visage le ramena sur l'instant présent, Luqam cherchait son attention. Fronçait les sourcils, le reptile le jaugea durement. « Qu'est-ce qui me prouves que vous l'avez garder en vie? » La question sembla le surprendre, et le ravir. C'était à n'y rien comprendre. Dans les faits, l'incube était amusé de constater que le chevalier ne cessait de combattre l'emprise de son pouvoir, sans s'en sortir à 100%, mais assez pour avoir des éclairs de lucidité et de combativité qui rendait sa capture mille fois plus intéressante.

Lui assurant qu'elle était en vie, Krovos avait du mal à le croire. Ainsi, il fut décider d'aller la voir, dans sa petite cellule de chanceuse, ou de gâtée. Il avait employé les deux mots à intervalle différent. Il n'y avait en fait là aucune chance ni faveur... mais il se garda bien de le relever. Arrivé à destination, le reptilien aux écailles dorées eut un pincement. Rubis était évanouie et du sang séché indiquait qu'elle avait été blessée. « Vas-y! Vas-y fâche-toi! Cognes-les! Vas-y laisse moi sortir! » Il était tenté. Très tenté. « Si tu t'abandonnes, il te contrôlera à part entière. » Inspirant profondément, il se contenta de se tourner vers le chef. « Vous deviez l'épargner... » Il lui jeta un regard surpris. Elle était en vie! « Mais dans quel état... » marmonna-t-il, s'attirant un nouveau regard amusé. S'adressant à la demoiselle, il l'invita à se réveiller, afin de lui montrer qu'elle était bel et bien en vie. Quelqu'un s'empressa d'ouvrir la porte, mais personne n'entra, et ça, le chevalier hypersensible y veillait.

Lorsqu'elle s'éveilla finalement, la justicière eut un sursaut de panique et il se sentait profondément mal de ne pas avoir pu lui éviter cette blessure. Il se débattait entre l'envie de frapper le coupable - c'était fort probablement Efraël qui avait quitté avec elle - et cette sensation de paix qui ne cessait de le contraindre. « Tu aurais dû la tuer dès le départ. Tu aurais pu t'assurer de me laisser aller et de tous les buter. Les otages sont en cage, que risques-tu... » L'argument était valable. Les prisonniers étant enfermé, en laissant son pouvoir prendre le dessus, il pourrait faire le grand ménage assez vite... « Combien de fois devrais-je répéter qu'il TE CONTRÔLE! » Il grimaça. Des voix dans sa tête, il pouvait gérer. Mais des cris... La prononciation de son prénom le tira hors de son esprit. En effet, il lui apportait la preuve qu'elle vivait toujours... pourquoi étaient-ils tous encore ici alors? Les questions faisaient difficilement leur chemin dans son esprit, il avait du mal à réfléchir, il était comme dans un brouillard, mais différent de celui qui l'avait empêcher d'utiliser la télépathie jusqu'ici.

L'énonciation des faits qu'il avait trahi des informations sur la jeune femme le fit baisser la tête, honteux. Il ne saurait même pas dire ce qu'il avait révélé ou non. Quand il demanda son nom, Rubis se tut, Krovos releva la tête. « Elle le provoque encore, elle veut mourir, combien de fois devrais-je te le dire? » Elle devait parler. Il le fallait. « Elle n'a aucune conscience des conséquences de ses actes. Quel esprit borné! » Mais terriblement courageux aussi. « C'est du courage, ou de l'inconscience? » Un peu des deux, peut-être? « Hum? » fit-il lorsqu'on prononça son nom. La faire... parler? Il hésita. Mais comme c'était un ordre... à nouveau des sensations se bousculaient dans son esprit, éloignant les voix, et les rapprochant tout à la fois. Il n'avait pas réellement conscience d'avancer vers la rouquine, son corps obtempérait malgré lui.

Il s'arrêta près d'elle et hésita. Elle répondit au même moment. « Eh ben voilà! Elle peut être intelligente quand elle veut! » Elle lui avait surtout éviter un beau combat mental. Et potentiellement physique. Le signe de Luqam le fit tourner les talons et revenir à sa position initiale. Ses paroles le firent froncer les sourcils. Où voulait-il en venir? Il l'observa, perplexe, puis posa son regard sur Rubis, puis avisa les rires autour. Avec l'attitude, et le rouge qui teintait légèrement son visage, il devinait ce qui se passait. Ses sens surdéveloppés sentaient l'aura languissante qui était dégagée juste à côté de lui. Comme une autre fois, il n'en ressentit qu'une légère irritation. De toute façon, tout autour était source d'irritation, dont les rires gras et déplacés qui lui vrillaient les tympans. Mais il était si calme, étonnamment, et ne ressentait pas l'envie de tout détruire.

La jeune femme fut bientôt devant lui et, impuissant, il lui jeta un regard triste, qu'elle ne vit même pas, trop occupée à combattre son propre corps. « Et toi qui est là et qui n'a jamais connu ce bonheur... ça semble si agréable. » soupira le désespoir. Un cauchemar plutôt. Les contacts l'insupportaient au plus au point et le rendait hors de contrôle. L'idée même de la sexualité le rebutait profondément. Il fronça les sourcils sous le regard du démon et serra les dents lorsqu'il embrassa la jeune femme qui s'était raidit à s'en faire craquer la colonne. Mais le mouvement de sa mâchoire indiquait autre chose... c'était l'incube. Il se secoua. Elle ne le voulait pas, elle ne le voulait pas et il était là à regarder comme un gros balourd incapable de réfléchir. Il valait mieux que cela! N'avait-il aucune volonté? « Vas-y, laisse-moi aller! » susurra la voix bien connue. Aussitôt balancée par la raison qui s'y opposait farouchement.

Les sous-entendus de Luqam était clair, Rubis deviendrait un jouet sexuel entre ses mains, et potentiellement celles de ses soldats - sauf lui. Il lui devenait évident que l'incube aimait la résistance. Ses paroles par contre jetèrent un froid. Le père... d'Elly? Il ne pouvait pas en avoir parler, il ne s'était pas renseigné sur cet aspect qui lui paraissait inutile. Bah oui, il avait pris des informations sur la jeune femme pour ne pas risquer ses missions non plus, savoir s'il pouvait lui faire confiance ou non. Même si elle agissait pour sa propre justice, et que ses actions étaient parfois répréhensibles, il préférait fermer les yeux. Tant qu'elle n'exagérait pas. Il pouvait se joindre au repas... un repas... qui se devait d'être à son goût, pour la survie de tous. Ah, non. De Rubis. De Rubis seulement. Les autres devaient tous payés, sans exception. Le fait qu'il n'acceptait pas de refus le laissait hésitant. À chaque fois qu'il lui donnait un ordre, son esprit s'embrumait et il sentait sa volonté s'amoindrir. « Comme il vous plaira. » dit-il finalement, sur un ton neutre.

Voyant que l'incube s'apprêtait de nouveau à saisir Rubis, il réagit vivement. « Ne la t... » Il inspira profondément. « Vous pouvez la relâcher, elle suivra par ses propres moyens. » se reprit-il, conscient que lancer un ordre au seigneur des lieux risquait de provoquer un éboulement dramatique. Il l'incita du regard à ne pas faire de vague. Comme elle se détendait brusquement, il devina que l'incube avait relâcher la pression hormonale. Il se détendit un peu lui-même. « Ça va? » murmura-t-il alors que le diable lançait des ordres pour préparer une table. « S'il te plait, restes calme, tu ne m'aides pas. » laissa-t-il tomber malgré lui. « Bien dit! » Il déglutit. « Ce n'est pas comme si elle allait écouter. » Il cligna des paupières. « Votre tête... vous avez mal? » Il baissa un peu la tête en marchant. « Je comprendrai si vous m'en voulez, mais comprenez que ce n'est pas en vain. Il faut seulement survivre à cette soirée... »

Ils bifurquèrent dans une partie du bâtiment qu'il n'avait pas encore vu et il réalisa bientôt que c'était les arrières salles, là où on pouvait trouver des cuisines... une table avec des chandelles étaient installées dans un coin, des soldats étaient postés à toutes les issus. On les invita à s'asseoir, il s'exécuta. Cette mascarade le rendait perplexe, et en même temps... il ne se sentait pas la nécessité de s'en soucier. Malheureusement, ou le contraire, son sentiment de paix s'évaporait dès qu'il posait les yeux sur Rubis. Il sentait qu'il devait garder l'esprit clair, et la sortir de là, malgré qu'il y soit si bien... Plus de soucis, plus de peur, ni d'inquiétude. La certitude que, quoiqu'il arrive, quelqu'un d'autre gérera la situation, et qu'il n'avait qu'à réagir, à répondre de son corps, sans prendre le temps d'y penser... « Arrête! Tu divagues! » la raison le ramena à nouveau à l'instant présent. Mais que lui arrivait-il?
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Rubis
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Mer 16 Nov - 12:24

La justicière se mordait l’intérieur de la bouche, si fort qu’un goût ferreux se mit à envahir sa cavité buccale. Le baiser qu’elle s’était vue – en quelque sorte – forcée d’échanger avec Luqam la répugnait au plus haut point, mais elle se fit intérieurement violence pour éviter de le laisser transparaître. Elle ne donnerait pas satisfaction à cet abruti, il en était hors de question. Elle fixait un point devant elle, désireuse d’éviter les regards des gens autour d’elle. Mine de rien, elle avait tout de même répondu au baiser de Luqam, à cause de cette maudite testostérone dans l’air, ce qui avait causé l’hilarité quasi générale des troupes de ce dernier. Ressentait-elle un soupçon de honte? Malheureusement, elle devait admettre que oui. Krovos accepta l’invitation improvisée de la part de l’incube et ce dernier, dans un élan de satisfaction, voulut entourer à nouveau Rubis de son bras indésirable. La jeune femme ne put faire autrement que de se raidir à nouveau et sursauta – bien malgré elle – sous la réaction vive et soudaine du lézard.

Intriguée, elle leva son regard émeraude sur lui alors qu’il se reprenait avec davantage de calme afin d’exprimer le fond de sa pensée. Elle appréciait sa façon de vouloir prendre sa défense. Vraiment. Toutefois, se faisant, il risquait de se mettre davantage dans l’eau chaude qu’il ne l’était déjà. Elle scruta ses traits volontaires, l’espace d’un instant, puis vit qu’il lui relançait son regard. Il espérait qu’elle reste calme, elle pouvait le deviner. L’incube s’amusa de la façon dont Krovos était intervenu et, dans un sourire énigmatique, relâcha sa poigne magique qu’il exerçait sur Rubis. La justicière poussa malgré elle un soupir de soulagement et elle crut remarquer que le chevalier s’était également détendu. Luqam s’éloigna des deux individus et beugla à ses hommes de remonter à l’étage supérieur pour préparer une tablée dans ses appartements privés. Tous commencèrent à s’activer et les deux amis suivirent de concert. « Oui, ça va. Si tu savais à quel point j’ai envie de le mordre! » Avait-elle répondu à voix basse d’un ton vindicatif et les poings serrés. La réaction du chevalier fut instantanée et la prit d’ailleurs par surprise. Elle lui jeta un regard stupéfait puis hocha de la tête, d’un air entendu. « Pardonne-moi », souffla-t-elle, en prenant conscience de ce à quoi il faisait référence. « Je te promets de faire attention. Il suffit simplement de ronger son frein jusqu’à demain, j’imagine… » Plus facile à dire qu’à faire pour une femme fière comme Rubis. Mais sachant que ça causait du tort à son compagnon, elle allait tenter l’impossible pour retenir sa colère enfouie en elle-même.

Il la dévisagea un instant en clignant des paupières et elle lui jeta un regard interrogateur. Bah quoi? C’était si surprenant de savoir qu’elle pouvait faire preuve de patience? Enfin… elle devait admettre que ce n’était pas sa qualité la première, mais puisqu’il le lui avait demandé… « Oh ma tête… Oui, ça va. J’ai déjà connu pire. C’est gentil de t’en soucier. » Les soldats les incitèrent à gravir l’escalier qui menait à l’étage supérieure et le duo s’exécuta. Rubis jetait des regards autour d’elle et tenta de mémoriser la trajectoire qu’ils empruntaient. Krovos se pencha légèrement sur elle et elle tourna ses yeux vers lui. À voir les traits du chevalier, elle comprit qu’il se souciait probablement réellement d’elle. Enfin, du moins, il ne semblait pas mentir dans ses propos et sa gestuelle. Craignait-il véritablement qu’elle lui en veuille? Après tout, ils étaient tous les deux dans ce guêpier; ce n’était pas plus sa faute à lui qu’à elle. « Ne t’en fais pas, je n’ai aucune rancœur à ton égard. Je ne verrais pas pourquoi, de toute façon. Ces gens sont cinglés et tu as fait ce que tu croyais le plus juste. Comment pourrais-je être rancunière envers toi alors que c’est grâce à toi si je respire toujours? Je me sens… simplement coupable de voir que tu as été obligé de prêter serment à un fou comme lui… » C’était la réalité. Elle aurait nettement préféré qu’il ne vende pas son âme au diable, mais elle devait se mettre à sa place : qu’aurait-elle fait si les rôles avaient été inversés? Probablement la même chose…

La procession rejoignit rapidement le grand hall où se trouvaient les bancs d’église, puis traversa la pièce pour s’engouffrer dans l’aile opposée de la cathédrale. Rubis n’y avait jamais mis les pieds et scruta les environs d’un air suspicieux. Ils bifurquèrent ensuite dans une grande salle qui servait probablement de cuisine. Une grande table avait été installée dans un coin de la salle et était surmontée de nombreuses chandelles qui servaient d’unique éclairage. La nuit était-elle arrivée? Elle n’en savait rien puisque les fenêtres avaient été bouchées. C’était probablement dans le but de faire perdre leurs repaires aux captifs… Luqam alla s’installer dans l’immense siège qui trônait au bout de la table et invita ses convives à venir le rejoindre. Il somma Krovos de s’installer à sa gauche et Rubis à sa droite. La justicière prit donc place dans son siège près de l’incube, juste en face de son compagnon d’armes. Elle prit une grande inspiration pour retrouver sa contenance et releva la tête pour croiser le regard céruléen du chevalier. L’expression qu’elle y vit fut indescriptible : comme s’il était tiré entre deux émotions. De la confusion peut-être? Elle articula, d’un air soucieux, un bref « Est-ce que ça va? » sans qu’aucun son ne sorte de sa bouche. Elle n’eut pas le temps récolter la réponse de son compagnon que Luqam somma ses soldats d’aller quérir les serviteurs afin qu’ils dressent la table plus convenablement.

- Quelles manières avons-nous là! Je veux quelque chose de digne! Nous avons une lady et un grand chevalier à notre table, après tout!

Deux hommes disparurent dans l’embrasure de la porte et quelques minutes plus tard, trois serviteurs firent irruption. À la vue qui s’offrait à elle, Rubis eut le cœur meurtri. La première était une femme en loques qui traînaient de la vaisselle beaucoup trop somptueuse pour ses doigts sales. Ses cheveux avaient été coupés très courts sur sa tête, voir presque rasés. Des sillons de poussière avaient été créés sur ses joues, signe qu’elle avait probablement pleuré. Sans un mot, ni une jérémiade, elle déposa les assiettes de porcelaine blanche sertie de fioritures dorées devant les trois individus présents. Elle s’éloigna ensuite en titubant, signe ultime d’une maltraitance plus qu’évidente. En chemin, elle croisa un homme maigre, âgé et terriblement cerné qui déposa des coupes de cristal sur la table et disposa de l’argenterie avec une précision surprenante. Visiblement, il avait fait ça à plusieurs reprises. Finalement, ce fut un adolescent au visage recouvert de tissus cicatriciels (semblable à des marques de brûlures) et au crâne rasé qui vint déposer une bouteille de vin de haute qualité près de son maître. Ce qui avait marqué davantage Rubis dans cette parade grotesque, c’était surement le fait qu’ils avaient tous un point en commun : une très épaisse sangle de ceinture recouvrait leur bouche – tellement serrée que la peau en était plissée – comme si on les avait condamnés à un mutisme perpétuel. Elly déglutit péniblement et ramena son attention sur son assiette, détaillant chaque filagramme doré afin de combattre les larmes qui lui montaient aux yeux.

- Vous n’aimez pas mes serviteurs, Lady Rosenbaum? Demanda-t-il avec un sourire en coin. Ils sont pourtant… si dociles. Je vous jure, ils font un travail extraordinaire!

Rubis triturait le bas de sa robe blanche tachée de sang et de poussière, puis dégluti péniblement. Elle ressentait leur douleur avec tellement de force qu’elle avait l’impression de la vivre pour eux. La justicière devait se ressaisir et ne pas laisser son sentiment du sauveur prendre le dessus. Certes, leur situation était terrible, mais elle ne devait pas prendre leur misère sur ses épaules, sinon elle n’arriverait à rien. Si son regard était embué de larmes, elle fut tout de même capable de les contenir pour les empêcher de rouler sur ses joues. « Ils font un excellent travail. Je n’ai rien à redire sur leurs compétences. » Réussit-elle à articuler avec contenance. Elle avait surtout peur des reproches qu’ils pourraient subir advenant la colère de leur maître. « À la bonne heure alors! » Répondit l’incube d’un air enthousiaste. Claquant des doigts, le grand prêtre fit revenir l’adolescent et lui fit signe de faire le service du vin. Le jeune homme s’exécuta immédiatement sans un regard pour les convives, puis se posta derrière le maître qui ne daigna pas lui donner son congé. « Goûtez », ordonna-t-il au duo. « Lady Rosenbaum… Ne faites pas cette tête. Nous ne voulons pas vous empoisonner. Mais si votre vin ne vous plaît pas, je m’assurerai que le fautif soit puni en conséquence. » La justicière se raidit, puis jeta un bref regard au gamin qui tremblait de peur. Sans plus attendre, elle attrapa la coupe et s’empressa d’en boire une gorgée. « Il… il est délicieux. » Et c’était vrai. Krovos, lui, semblait hésiter. Vu sa révélation des jours précédents sur ses sens surdéveloppés, la semi-succube comprit rapidement qu’ils se trouvaient devant un pépin. Et si le goût le répugnait ou était beaucoup trop fort? Est-ce que l’alcool pouvait avoir un effet néfaste sur lui? Après tout, ce vin était vieilli et – bien qu’il fut délicieux – une note acidulée était bien présente. « Krovos, je vous ordonne de b... »

- Vous avez parlé, un peu plus tôt, d’un travail? Fit Elly soudainement avant que son ami ne porte la coupe à ses lèvres, histoire d’attirer l’attention de l’incube vers elle. L’effet fut immédiat, il s’intéressa à elle, laissant le reptile tranquille. N’était-ce pas la raison même de notre repas? Quelle en serait la nature? Nous allons être honnêtes : je doute que vous soyez le genre d’hommes à accepter le refus. Or, je n’aime pas l’incertitude, ni que nous tournions autour du pot. Accepteriez-vous, Seigneur Luqam, que nous allions droit au but? Loin de moi l’idée de vous imposer quoi que ce soit, mais vous semblez être du type à aimer parler affaires.

L’incube esquissa un sourire satisfait. Visiblement, il aimait la résistance et aussi les gens fonceurs. Il était à parier, également, que les gens évitaient de le confronter par peur de son courroux. Il se pencha donc en sa direction et planta son regard dans celui de la jeune femme, un sourire sans équivoque aux lèvres.

- Votre façon d’être aussi directe me plaît. Bien sûr, l’idée de vous prendre comme servante de chambre m’est venue à l’esprit. Après tout, les esprits rebelles peuvent être également les plus créatifs dans les moments les plus intimes. Elle eut du mal à ne pas grimacer sous cette affirmation. Mais j’ai ouïe dire, par mon ami Krovos ici présent, que vous étiez douée pour l’infiltration et que la populace vous appréciait. Or, j’ai besoin d’une recruteuse qui a beaucoup de charme et qui sait parler aux gens. Les fidèles sont toujours nécessaires parmi nos rangs. Je vous fais donc l’offre suivante : soit vous travaillez pour moi sur le terrain, soit vous intégrez ma chambre et n’en ressortirai jamais.

Alors là, c’était surprenant! Les serviteurs profitèrent de ce moment pour apporter du pain chaud accompagné de beurre et servir un potage aux légumes rôtis de saison. L’incube se retourna vers le reptile qui n’avait pourtant pas bougé d’un poil. Peut-être avait-il remarqué une quelconque résistance de sa part?

- Mon cher ami, tu ne sembles pas être d’accord avec le choix que j’offre. Tu crois que je suis trop généreux? Que je devrais imposer mon idée? Pardonne-moi, je ne m’occupe pas assez de toi. Aimes-tu le potage? Allez, goûte, maintenant. Il attendit que le lézard s’exécute et afficha un sourire satisfait. Puisque je n’ai pas envie de faire de jaloux, je vais donc t’inclure dans nos négociations. Tu sembles apprécier cette jeune femme et avec raison. Elle possède un charme indéniable et une vivacité d’esprit qui est très satisfaisante à tester. Elle n’est pas l’une de ces potiches sans le moindre intérêt qui parsèment ce monde. Alors voilà, je te demande maintenant de trancher : la chambre ou le terrain? Doit-elle me servir personnellement ou attirer plus de gens ici? Ne sois pas timide! Je t’ordonne de répondre! Oh, j’allais oublier : si tu choisis qu’elle doive travailler sur le terrain, je m’attendrai à ce qu’elle me prouve sa loyauté et me voue allégeance. Après tout, je ne suis pas stupide au point de m’entourer de personnels hypocrites et traîtres.

- Les négociations ne devaient-elles pas se dérouler entre vous et moi? S’empressa de rétorquer Rubis qui ne souhaitait pas imposer ce choix au chevalier rageur.

- Chuuuuuut, ma jolie. Les grandes personnes discutent maintenant. Krovos, regarde-moi dans les yeux, maintenant. Si tu ne réponds pas, je serai dans l’obligation de faire du mal à Anton, derrière moi. L’adolescent se remit à trembler. Réponds immédiatement. Dès que le jumeau de Shola s’exécuta, l’incube se mit à glousser. Pendant que j’y pense, j’aurais bien envie que tu me prouves ton indéfectible loyauté, là maintenant. Laisse-moi réfléchir à ce que tu pourrais faire …

Il leva les yeux au ciel d’un air songeur dans le but de faire languir ses deux compagnons. Le cœur de Rubis se débattait. Qu’allait-il imposer, encore?!
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Dim 11 Déc - 12:20

KROVOS. ENCORE EN CONTRÔLE.


Rubis lui affirmait qu'elle n'avait aucune rancoeur à son égard. Malgré lui, Krovos en doutait. Quoiqu'en même temps, elle disait que c'était de la culpabilité qu'elle ressentait. Cela le fit froncé les sourcils. Parce que lui ne devait pas se sentir mal de la situation peut-être? Pensait-elle être la seule à vouloir sauver le monde? Ce n'est pas parce qu'il avait fait autant de victime d'un côté comme de l'autre, plus tôt, qu'il n'avait pas l'intention de les aider. Allons dont. Tout cela n'était qu'une vulgaire comédie irritante et agaçante. Plus tôt tout cela serait fini, mieux ce sera. « Si tu me laissais le plaisir de prendre la place, tout ceci ne serait qu'un vague souvenir. » Non, bien sûr que non. Cela ne pouvait être ainsi. « Il aura le dessus. » Pourquoi l'aurait-il? Ce n'était qu'un incube. Son pouvoir ne l'influencerait jamais, il ne ressentait pas ce genre de choses, tout juste sentait-il la magie opéré, sans en être influencé. Tout ceci n'avait aucun sens. Rêvait-il?

« Non, tu ne rêves pas. »
Pourtant, cette sensation qu'il avait... c'était si... ce n'était aucunement naturel. « C'est lui! » Non! Cela ne pouvait pas être lui. Cette race avait tendance à l'irriter, pas l'effet contraire! « Il est dans ton esprit! » Non, il n'y avait que les voix dans son esprit. Et elles commençaient sérieusement à l'énerver. Heureusement, ce sentiment de paix l'empêchait de se fâcher contre elles. D'ailleurs, sans même réfléchir, il prit place dès que Luqam l'ordonna, comme si lui obéir se faisait sans même avoir besoin de faire le cheminement mental qui accompagne normalement une action. C'était... un automatisme. « Réveilles-toi! Regarde-la! Regarde Rubis! » Rubis? Pourquoi...? Il vit sa question, mais n'eut pas le temps de répondre. De toute façon, qu'aurait-il répondu? Est-ce que ça allait? Il se sentait léger... « Tu es enfin libéré, n'est-ce pas merveilleux? » Oui, ça l'était. « Ce n'est pas de la liberté, c'est de la manipulation. » Il ne savait pas qu'être manipulé pouvait être bienfaisant!

« Laisses-moi arranger tout cela. Donnes-moi le contrôle. Laisses-moi lui régler son compte! » Non... pas maintenant. D'ailleurs des... esclaves surgissaient pour mettre la table, sortant le reptilien de sa transe. Son coeur se déchira devant leur détresse évidente. La souffrance... Il connaissait si bien la souffrance... Quand le vieil passa près de lui, il provoqua un courant d'air qui fit fermer les yeux du chevalier hypersensible, un instant du moins. C'était comme si une lame glacée lui avait frôlé la nuque. Il inspira, puis retrouva son calme. C'était... si facile. Voilà qui était intéressant. « Ce ne l'est pas. Ce n'est pas toi. Soit prudent. » Les voix... savaient-elles la vérité? Devait-il vraiment les écouter? Était-ce son imagination, ou son esprit, qui lui parlait? N'était-ce pas que des paroles sans aucun sens? « Ne nous renies pas ! » Ce serait tellement mieux sans tout cela qui lui envahi l'esprit...

Le commentaire du démon le réveilla. Que se passait-il? Dormait-il vraiment? Était-ce un état second? « Une transe. » Ou une transe... Était-ce cela? Ces questions lui semblaient si futiles. Le chevalier suivit l'échange entre les deux convives d'un air distrait. Il avait une si grande conscience de l'odeur des prisonniers... De l'atmosphère lourde. Il sentait sa poitrine se serrer et l'air ambiant brûlait ses poumons. Le vin? Goûter le vin? « Ne le fais pas! » Mais il le lui avait demandé... Sauf qu'il n'avait jamais supporter le vin. Tout alcool en fait. Il est rare qu'il osait y goûter, et ce n'était qu'en présence de sa soeur jumelle. Il déglutit. L’appellation de son nom le fit lever la tête vers son bourreau et il retint son souffle. L'ordre fut coupé par Rubis, provoquant un curieux mélange de soulagement et d'irritation chez le reptilien. Comme si recevoir ses ordres le soulageait du poids de sa conscience. Il fit semblant de prendre une gorgée, l'odeur lui fit plisser le nez et il reposa la coupe. Luqam n'avait rien vu. Et il ne le fallait pas. Le réflexe avait été plus fort que lui. L'odeur de vin l'avait pris de force et lui avait provoqué un sentiment de nausée qui fut, heureusement, rapidement dissipé.

La conversation attira par contre suffisamment son attention pour qu'il ne décroche pas. Un travail...? Oui, c'est vrai. Rubis. Il devait aider Rubis. Voilà ce qu'il devait faire. Il devait la sortir de là. Comment avait-il pu oublier? La raison aurait-elle... raison? Il était contrôlé, manipulé par cet homme? Un pouvoir psychique? N'avait-il pas déjà eu cette réflexion? Il n'y comprenait plus grand chose lui-même... Ses yeux bleus parcouraient les deux convives, se demandant où cette conversation allait les mener. L'air de Luqam promettait que la suite n'allait plaire qu'à lui. Servante... de chambre? Le raisonnement se fit rapidement et le reptilien se sentit légèrement pâlir - une sensation qui lui donnait la sensation d'une douche froide. Il frissonna. Sous l'affirmation se l'homme concernant ses dires, il baissa les yeux, n'osant croiser le regard de la justicière. Il se devait de l'admettre, il avait du mal à résister dès qu'il ordonnait quelque chose. La présence de Rubis était ce qui semblait le garder... éveillé.

Le choix qu'il lui offrait semblait porter vers une évidence. Elle n'allait certainement pas coucher avec lui. Mais lui prêter serment... le reptilien se raidit. Cela ne voulait-il pas dire... se soumettre sous ses mots? Comme il avait fait? Aurait-il donc fait cela pour rien? Encore heureux qu'on ne lui ait pas parlé de l'Ordre, qu'aurait-il donc pu révéler? Levant la tête vers le geôlier, il sentit le reproche le transpercer. L'ordre le frappa de plein fouet et il se pencha pour prendre une cuillerée du potage. Le goût était... gérable. L'inclure dans les... négociations? Trancher? Il ne voulait pas trancher! C'était son choix à elle! Prouver sa loyauté... un nouveau frisson le parcourut, ce qui provoqua un sourire chez l'incube qui n'était pas dupe. L'intervention de Rubis ne changea pas grand chose, et malgré lui, Krovos le regarda dans les yeux tel que demandé. « Marionnette. » Il serra les dents. L'ordre de répondre le força à ouvrir la bouche et à souffler, comme un relâche un aveu douloureux : « Le terrain. » Car il ne souhaitait nullement qu'elle se retrouver brisée de corps et d'esprit. À deux maux, prenons le moindre...

« Crois-tu réellement qu'un mal fut moindre que l'autre? » Oui? Non? Comment savoir? Cette réponse venait-elle de lui, ou de ce que Luqam voulait? Il l'ignorait. « Laisses-moi lui montrer ce que tu vaux, laisses-moi interrompre cette réflexion qui ne promet que d'empirer la situation. Laisses-moi y aller! » Non, non il ne le devait pas. Mais en même temps... « Non! Non, surtout pas! » Sa faiblesse n'était-elle pas le contrôle psychique lorsqu'il était en rage? S'il devenait un monstre obéissant au moindre mot de cet homme, que gagnerait-il? Rien. Assurément rien. Son coeur se mit à battre plus fort, provoquant une sensation de malaise qui lui donnait la nausée. Habituellement, la nervosité ne l'atteignait pas ainsi, sans doute parce que la plupart de ses missions n'impliquaient pas de sacrifice... Les chevaliers étaient tous emplis de magie pour se sortir de ce genre de situation, se complétant les uns les autres. Mais Rubis... elle avait son intelligence, son agilité et sa lévitation. Ni plus ni moins.

Il ne pouvait pas rester là. Il ne pouvait pas attendre que tout cela dégénère. Il devait partir. Elle devait partir. Il fallait agir. Et maintenant. Mais comment? Ses pouvoirs ne lui permettaient rien d'autres que la souffrance. En même temps... l'influence de cet homme n'apaisait-elle pas ses sens? N'était-ce pas l'occasion de se servir de ses compétences de combattant sans que la rage ne s'en mêle? « Non, laisses-moi me battre! » Non, il le pouvait seul. Il le devait, même. Soudain, il se leva, suscitant un regard interrogateur de la part de l'incube, qui lui ordonna de se rasseoir. Il plia les genoux, mais se redressa. Non. Il devait résister. Il était Krovos. Il était un reptilien issu du désert. Il était un chevalier de l'Ordre. Il avait été entraîné pour résister aux incitations mentales. Avec Far, surtout, il avait son lot d'expérience. Sa volonté, si elle était forte et assurée, pouvait tout surmonter - sauf en rage où il n'avait aucune volonté. Il pouvait le faire. Il pouvait se détacher de cette emprise, il pouvait...
« Je vous ai ordonné de vous asseoir, Krovos. Maintenant. » Et il s'assied. N'avait-il aucune volonté...?

Ce petit intermède semblait par contre avoir briser la bonne humeur de Luqam, qui n'aimait sans doute pas que sa marionnette se rebelle de façon aussi équivoque.
« Je ne pensais pas devoir être aussi rude, mais puisque vous insistez... je crois que je ne peux que demander cela. Krovos, voulez-vous bien immobiliser Lady Rosembaum? Allons, Lady, ne faites pas cette tête. Ce n'est que pour éviter quelques malencontreux réflexes. Laissez-vous faire. » Que... voulait-il? Krovos ne s'exécuta pas. Luqam ordonna et il ne bougea pas encore. Jamais il ne ferait quoique ce soit à Rubis. Jamais! Sur ce, l'incube enchaîna, en soupirant. « Il est bien dommage que vous le preniez ainsi. Dans ce cas, je n'ai pas le choix. » Il fit signe à deux gardes qui approchèrent du chevalier. « Je ne peux tolérer cette petite rébellion mon ami. Alors je crois qu'une petite démonstration de ma détermination vous aidera à éclairer votre esprit. » Qu'allait-il faire? Le battre? On ne le toucha, mais il se tourna pour faire signe à l'adolescent derrière lui, qui tremblait de plus belle. Soudain, le chevalier comprit.

**[Rubis] Surtout, n'intervenez pas. **

C'était un test. Pour tous les deux. Et Krovos savait déjà qu'il allait échoué, et il était déterminé. Luqam se demanda à Anton de lui tendre la main, et ce fut une main tremblante, et petite, qui s'avança. Il allait lui casser les doigts... il en était sûr. Le chevalier fronça les sourcils. Il eut un bref mouvement vers l'avant, mais pas assez discret, car aussitôt, deux paires de main se saisit de ses épaules. Armure ou pas, il n'aimait pas qu'on le touche. De toute façon, il faisait environ deux fois leurs carrures à chacun et une fois et demi leur taille. Il se leva sans paraître gêné par les sous-fifres. Il était irrité par contre. Et cette irritation tenait loin l'influence mentale que Luqam voulait exercer sur lui. Sans attendre, le démon attrapa la main du garçon, mais Krovos aplatit sa propre main sur leur deux mains, les écrasant contre la table, tout en empêchant la menace de s'exécuté. Il était un chevalier, un membre de l'Ordre. Il était Krovos, le sauvage. Krovos, le chevalier rageur. Il devait redevenir lui-même, et protester contre l'injustice, protéger les faibles.

Il balaya les deux soldats d'un coup de queue - on l'oubliait souvent celle-là, à son plus grand avantage - et attrapa le garçon pour le tirer hors d'atteinte de l'incube. Comme si cela le sauverait... ils étaient entourés.
« Voilà une belle occasion, Lady Rosembaum, ne me prouvez votre loyauté. Et si vous vous occupiez de votre ami? Tranchez-lui la main. Cela lui apprendra sans doute à ne pas intervenir. » Le mouvement subtil qu'il fit pour masser sa main ne passa pas inaperçu du chevalier. Il lui avait fait mal, et il ne serait pas pardonné de si tôt. Krovos leva le menton. « Si elle le fait, vous ne faites rien au garçon. » dit-il. Sa réaction sembla surprendre l'audience. Rubis semblait horrifiée à cette idée. Si cela pouvait aider... mais il savait ce que cela provoquerait. Immanquablement. Sauf que cela prouverait la loyauté de Rubis, et sauverait le garçon. Il était prêt à vivre cette souffrance pour cette cause. On dirigea Krovos vers un comptoir de la cuisine, sur une planche à découper, visiblement, avec les entailles qui y siégeaient.

**[Rubis] Faites-le. Ne vous inquiétez pas pour moi. Ne posez pas de questions. Faites-le. Prouvez-lui votre loyauté. Vous devez le faire, Rubis. Je vous en prie, faites-moi confiance. **

Il sentait, en lui, la rage qui s'excitait, qui lui soufflait des encouragements, qui demandait à prendre le dessus tout de suite. Encore un peu, juste un peu. Il était évident qu'un coup tranché, il allait se transformé. Son armure allait s'agrandir. Ses yeux devenir rouges. Mais, surtout, il obéirait à tout ce que lui dirait Luqam, sans aucune hésitation, sans aucun éclat de lucidité. Et sa main... allait lentement repoussée. Est-ce que cela allait jouer contre lui? N'était-ce pas de la triche? Son regard plongea dans celui de la rouquine, l'incitant à le faire. Il était prêt à prendre le risque.
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Jeu 22 Déc - 15:51

C’était un véritable cauchemar. Comment allaient-ils bien pouvoir se sortir de là?! Sans trop s’en rendre compte, Rubis se mordit l’intérieur de la bouche, signe de la grande nervosité qui l’envahissait bien malgré elle. Elle détestait ne pas être en contrôle de la situation et le fait qu’ils soient à la merci (elle et Krovos) de cet infâme incube lui donnait envie de crier. Évidemment, elle devait s’abstenir : autant pour ne pas donner satisfaction à leur geôlier que pour éviter de faire souffrir inutilement le chevalier rageur. Son regard émeraude pivota vers Krovos, attendant qu’il étale un jugement qu’il ne semblait pas avoir envie de prononcer. C’est alors que les mots fatidiques jaillirent de ses lèvres : « le terrain ». Si Luqam pensait qu’elle allait travailler pour lui, il pouvait bien s’enfoncer un doigt bien profondément dans le cul! La seule partie qui la rendait réellement craintive était cette histoire de « serment ». En quoi est-ce que ça consistait? Allait-il lui demander de mettre un genou en terre comme il l’avait fait avec Krovos? Qu’avait-il fait à son ami? Du coin de l’œil, elle vit l’incube la regarder avec un sourire immensément satisfait. Sans trop s’en rendre compte, Rubis plissa des yeux, tentant de déchiffrer quelconque indice de ce qu’il pensait, mais en vain.

Le grand prêtre ouvrit la bouche, prêt à prononcer quelques vils paroles, quand soudain, le reptilien se leva sans en avoir reçu l’ordre. La jeune femme rousse ne put s’empêcher d’esquisser une expression de surprise, mais ce fut tout autre chose de la part de Luqam. Ce dernier arborait un air outré, visiblement irrité de voir que son pantin avait fait preuve d’initiative non souhaitée. Sans plus de familiarité, l’incube ordonna sèchement au chevalier de se rasseoir, chose à laquelle Krovos voulut obtempérer… avant de s’arrêter et de se redresser. Si ce soudain excès de volonté fit briller une lueur d’espoir dans les iris de la justicière, le grand prêtre, pour sa part, était sur le point de fulminer. Visiblement, il n’appréciait plus ce petit jeu d’impertinence de leur part et il répéta son ordre de façon beaucoup plus dure cette fois. Finalement, Krovos obtempéra, mais cela ne démonta pas Elly pour autant : il pouvait résister, il en avait fait la preuve, un peu plus tôt!

La bonne humeur de Luqam était complètement gâchée et il en oublia même de demander à Rubis de prêter serment, comme il pensait le faire un peu plus tôt. D’un air furieux, il plongea son regard vers Krovos. Il avait un truc derrière sa sale tête, celui-là. Ouvrant la bouche à nouveau, le diable demanda au reptile de saisir de la justicière afin de lui prouver sa loyauté. Quoi? Que voulait-il faire, ce salopard? Évidemment, l’expression de surprise de Rubis ne passa pas inaperçue et sembla même amuser leur hôte. Se laisser faire? Se laisser faire pour quoi? De la confusion pouvait se lire sur les traits du grand chevalier qui, contre toute attente, ne bougea pas d’un muscle. Lady Rosenbaum ne put s’empêcher de lui jeter un regard chargé de gratitude… du moins, jusqu’à ce que Luqam décide de raffermir sa poigne sur son ami. Dans un mouvement, il fit signe à deux gardes de se rapprocher et le cœur de Rubis se mit à battre à tout rompre. Qu’avait-il derrière la tête?! Qu’allait-il faire à Krovos?! La semi-succube se tendit comme un arc, prête à se lever en un bond quand la voix du chevalier résonna dans son esprit. Il avait lu en elle et leurs regards se croisèrent. Ne pas intervenir? Mais pouvait-elle vraiment rester là sans ne rien faire? Visiblement, elle n’avait pas le choix…

Les deux hommes se postèrent près de Krovos, mais n’esquissèrent pas le moindre mouvement offensif en sa direction. L’incube fit signe au gamin de tendre la main et les yeux de la justicière s’écartillèrent alors qu’elle comprenait ce qui se passait. Elle avait l’impression d’étouffer et elle ne savait pas si elle pourrait supporter de voir ce pauvre jeune homme amaigri se faire torturer juste devant elle sans pouvoir réagir. En fait, elle était plutôt certaine que tout ça serait au-delà de ses forces. Krovos fut le premier à flancher, effectuant un mouvement vers le garçon. Les soldats ne se firent pas prier pour l’agripper par les épaules et le tirer vers l’arrière, ce qui eut pour effet d’irriter davantage le chevalier rageur. Malgré l’intervention des guerriers, le reptilien se leva sous les yeux surpris de Rubis et aplatit la main de Luqam qui, préalablement, s’était saisie de celle d’Anton.

Dans un mouvement rapide, le chevalier balaya les deux soldats d’un puissant coup de queue puis attrapa le garçon pour l’attirer plus loin. La justicière ne pouvait plus rester là à ne rien faire : elle bondit sur ses pieds, puis usa de sa télékinésie pour éloigner le garçon le plus possible de toute cette scène, le forçant par le fait même à quitter lieux. La voix de l’incube la ramena rapidement à la réalité alors qu’il lui demandait de prouver sa loyauté. Trancher le poignet de Krovos? Il était dingue ou quoi? Voir qu’elle ferait un truc pareil. Elle s’apprêtait à lui servir une réplique cinglante quand la voix rauque de son ami se fit entendre, négociant la tranquillité de l’adolescent contre sa main. QUOI?! Il était complètement cinglé ou quoi?! Il n’avait pas besoin de faire ça! En fait, il était HORS DE QUESTION qu’elle commette un tel geste! Jusqu’à présent, elle avait obtempéré à ses demandes comme une bonne petite fille, mais ça, c’était au-dessus de ses forces! Sans trop s’en rendre compte, la semi-succube fusilla son compagnon du regard, coincée entre l’horreur et la frustration de le voir même considérer une telle issue. Luqam, pour sa part, sembla apprécier cette idée et fit signe à ses soldats d’attirer le chevalier et la justicière jusqu’à un comptoir où trônait une planche à découper en bois maculée de sang. On retira le gant de Krovos et l’incita à y déposer la main.

L’anxiété avait gagné son paroxysme chez la jeune femme qui ne pensait qu’à une seule chose : tout faire pour foutre la raclée de leur vie à ces enfoirés. Elle se mordait toujours l’intérieur de la joue et son cœur fit un bond vertigineux dans sa poitrine lorsqu’elle entendit à nouveau la voix de son ami résonner dans sa tête. Il… il n’était pas sérieux? Elle ne pouvait pas faire ça! Non, elle n’y arriverait pas! Pourtant, il continua ses encouragements mentaux et Luqam se mit à glousser. Rubis était devenue livide, d’un coup. Il en profita pour faire venir à nouveau Anton à eux et agrippa de dernier afin qu’il soit aux premières loges. Le bras autour des épaules frêles de l’adolescent, l’incube riait maintenant aux éclats. « Allez, très chère! Faites-le! Si vous refusez, Anton le fera… Mais non, je plaisante! En fait, Anton se fera couper les deux mains par mes soldats, si vous n’obtempérez pas! Ce sera ainsi beaucoup plus amusant! » Le jeune homme se mit à sangloter de terreur à l’idée de se faire mutiler, ce qui augmenta la pression de la semi-succube d’un cran. Non… non… non… elle ne pouvait pas faire ça! Elle était tétanisée pour l’une des rares fois de sa vie. L’un des soldats lui tendit une hache… dont le tranchant était émoussé. Tout pour rendre la situation encore pire qu’elle ne pouvait l’être.

Malgré elle, Rubis sentit des larmes rouler sur ses joues pâlies par l’horreur. Ses iris larmoyants rencontrèrent le céruléen des yeux de Krovos qui tentait de la pousser à agir. « Vous êtes lentes, Lady Rosenbaum! Le temps défile! Si vous ne faites rien d’ici trente secondes, Anton y passera! Tic, tac, tic, tac… » Elle leva une main tremblante comme une feuille, agrippant le manche de la hache émoussée. La voix du chevalier qui la pressait retentit à nouveau dans sa tête. La semi-succube avait l’impression que tout tournait, sa pression montait sans cesse. Les encouragements de Krovos, les pleurs d’Anton, le tic-tac prononcé par Luqam, les gardes qui soupiraient d’impatience, son cœur qui battait de plus en plus vite… Elle ne gérait plus rien! Luqam s’impatienta, mais avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, la jeune femme poussa un cri de désespoir et frappa de toutes ses forces sur le poignet du reptilien qui hurla. Malheureusement, le piètre état de la lame empêcha que le membre soit coupé net. Ainsi, elle dut frapper par deux et trois fois en plus d’user de sa télékinésie pour détacher le membre meurtri du corps de son ami!

Il y avait du sang partout! Elle en était recouverte! Elle jeta la hache au loin et tituba en reculant, essuyant son visage baigné de larmes incontrôlables du revers de la main, barbouillant ses joues du sang de Krovos. Elle avait du mal à respirer.

- Je-je suis dé-désolée Krovos! Hoqueta-t-elle entre deux sanglots, alors que ses jambes flanchaient sous elle à cause de son profond sentiment de culpabilité.

Mais l’homme ne l’entendait visiblement plus, étant agenouillé au sol et serrant son bras meurtri contre lui. Luqam riait aux éclats, Anton était tétanisé et les soldats dégainèrent leurs armes, prêts à prendre le chevalier rageur d’assaut. Rubis était assise au sol et reculait lentement, ses pieds glissant dans le sang du reptilien et ralentissant encore davantage sa progression. L’armure de son ami se déformait et ses cris de douleur résonnaient dans la pièce. Elle avait peur, si peur. Elle ne désirait pas croiser à nouveau son regard de lave en fusion et ne voulait pas subir les frais de son inétanchable colère! Au bout d’un moment, son dos heurta le mur froid de la cuisine et le silence retomba. Krovos, contre toute attente, ne se rua pas sur tout ce qui bougeait. Quelqu’un le contrôlait… Luqam? Le grand prêtre s’avança vers le chevalier en rage et se planta juste devant lui, plongeant ses yeux dans ceux du monstre. Un sourire trônait sur ses lèvres et il osa même porter sa main sur la joue du grand reptile. Il se détourna ensuite, puis revint vers Rubis qui était toujours au sol, ensanglantée et pétrifiée. Une fois à sa hauteur, il se pencha sur elle, un air triomphant au visage.

- Lady Rosenbaum… ne vous mettez pas dans un tel état, très chère. Relevez-vous, je vous en prie! Vous m’avez bien servie aujourd’hui..

Il lui prit la main et l’obligea à obtempérer. Par on ne sait quel miracle, la justicière réussit enfin à se tenir de bout malgré ses jambes ramollies. Luqam posa un baiser sur sa main, puis le long de son bras jusqu’à son coude. Rubis ne ressentait même pas ce contact qui se voulait séducteur, son attention étant toute portée vers le chevalier. Elle était si déconnectée qu’elle sursauta au moment où elle sentit le souffle du grand prêtre effleurer son oreille.

- Oubliez-le, très chère. Il n’est plus là. Il est complètement à moi maintenant, tout ça, grâce à vous. Vous êtes seule. Maintenant plus que jamais. Vous savez que je vous trouve affriolante dans cette tenue? J’aime les femmes soumises.

Une rage incroyable prit naissance au creux de ses tripes. Elle voulait sa mort, là tout de suite!! Elle se retourna vivement et lui agrippa la gorge à deux mains, déterminée à l’étrangler jusqu’à ce que mort s’ensuive! Mais du mouvement se fit sentir derrière elle. Tournant la tête, elle vit Krovos se ruer vers elle. Elly dut user de sa télékinésie pour se propulser dans les airs et ainsi éviter l’assaut. Elle atterrit finalement quelques mètres plus loin, mais chuta au sol, ses pieds nus glissant sur le sang du chevalier reptilien.

Allait-il réellement la tuer?
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Ven 6 Jan - 13:31

KROVOS. EN RAGE.


Tout cela prenait du temps. Beaucoup de temps. Krovos sentait la tension environnante le prendre d'assaut avec force et il devait faire preuve d'un effort inhumain pour ne pas laisser la rage, qui ne cessait de lui chuchoter à l'oreille de la laisser aller, agir à sa place. « À quoi bon, là, ou avec une main en moins. Le résultat sera le même. » Non, ce serait différent, s'il laissait le temps à Rubis de prouver ce que ce connard d'incube appelait la loyauté. Comme si le mutilé pouvait être une preuve quelconque. Au comble de la tension, il se mit à insister télépathiquement auprès de Rubis. Elle devait le faire. MAINTENANT!

Et le couteau d'abattit, le plongeant dans une vague de souffrance si puissante qu'il la ressentit telle une onde de choc, à un point tel que les deux coups suivants ne furent qu'une sorte d'échos au premier. On relâcha sa main, et il la ramena contre lui dans un cri de rage alors que la douleur le prenait d'assaut. Toutes ses cellules bouillaient de colère et il sentait son esprit le quitter. Il eut une pensée pour elle, puis tout fut balayer d'une bourrasque terrible. Ses yeux rougeoyants s'ouvrirent sur la foule qui l'entouraient et, tenant toujours son bras saignant contre lui, alors que les jets arrosaient ceux qui l'entouraient, jusqu'à se tarir lentement. Il était... calme, malgré tout ce qui brûlait à l'intérieur de lui. Chaque pleur, chaque odeur, chaque sensation était comme un couteau chauffé à blanc qu'on promenait sur son être avec insouciance.

Le chevalier rageur voulait tout dévaster. TOUT! Tout ici n'était que souffrance et désagréments. Son corps entier tremblait sous la pression. Et pourtant, il ne bougeait pas. Quelque chose l'empêchait de se défouler. Quelque chose le sommait de ne pas se relâcher. C'était comme si quelqu'un avait placé une conscience en lui dont il ne voulait pas, mais contre qui il ne pouvait rien. C'était comme si sa transformation avait libérée cette petite chose en cage qui désormais propageait son aura sombre sur son âme. Avalant chaque émotion, chaque voix, chaque pensée. Il n'avait plus qu'un seul objectif : Protéger et obéir à Luqam. Tout autour de lui était comme une vrille de sensation qui le prenait d'assaut, amenant ses tripes dans un tourbillon de douleur, arrachés par une scie sans axe.

Il voulut hurler, mais ne le put. Cet homme qui se planta devant lui, il voulut l'étrangler, mais ne le put. Et cette main... cette main qui le brûla. Il ne put pas non plus la saisir comme il en avait envie, l'arracher à ce bras qui plongeait vers lui. Des mots, des mouvements, il ne voyait rien, ne comprenait rien. Tout ce qui occupait son esprit était ce désir flamboyant de destruction, de vengeance. Ce besoin inassouvi de calmer la douleur par la violence. Son bras avait cesser de saigner désormais, et semblait cicatriser, sous les regards ahuris d'Anton et des deux soldats qui avaient remarquer. Cela... guérissait?

Personne ne saurait, pour l'instant, l'ampleur de cette régénération, car devant ses yeux, le besoin de tuer fut libéré d'une façon inattendu. Comme si on le relâchait soudainement, alors que personne ne le tenait, il se propulsa avec un élan incroyable sur la cible qui s'était profilée dans son esprit. Rien ne saurait le retenir, de toute façon. Il se retrouva finalement la tête dans le mur, ayant raté sa cible et n'ayant pas put freiner son élan, si près de l'obstacle. Il secoua sa tête et ses épaules plains de débris et se retourna, son visage blessé se guérissant sous leurs yeux effrayés. La bête ne saurait mourir. Il se rua sur la jeune femme, mais un ordre fusa, sec, clair dans son esprit. Il s'immobilisa. Pourtant, il ne quittait pas des yeux cette chose tremblante à ses pieds, qu'il n'était qu'à un mouvement d'attraper et de tordre... sa queue battait l'air furieusement, seul aspect, outre ses yeux, trahissant son état d'esprit actuel.

Il ne pouvait tuer. Pourquoi ne le pouvait-il pas? En fait, l'on pouvait voir sur le visage de l'inconvenant qu'en fait, contrôler Krovos n'était pas si aisé qu'il ne l'aurait cru. Certes, son esprit était vide de toutes choses. Mais ce qui était difficile, c'était de le retenir. Il voulait, ô oui il le voulait tellement. Il voulait tous les tuer, tous les détruire. Et son marionnettiste ressentait ce besoin irradié sur le lien qui les unissait, lui procurant une sorte de jouissance face à cette puissance qu'il avait entre les mains. Une créature assoiffée de sang et de destruction. Combien de temps saurait-il le garder ainsi déchaîné? Demandant à l'un de ces soldats d'approcher du duo, il projeta ensuite une autre image dans l'esprit du reptilien.

Ni une, ni deux. En quelques secondes seulement il fondait sur la raclure et lui arracha un bras, une main immense posée sur son épaule et autour de son cou, l'autre tenant le poignet qu'il avait tiré jusqu'à sentir la chair se déchirée et les os se déboîtés. Il rejeta ensuite le corps au sol tout en lâchant le bras qui aspergeaient tout autour de sang. Il écrasa la cage thoracique de l'homme d'un coup de pied, puis lui défonça le crâne jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'une bouillie immonde de chair, de sang, et d'autres liquides qui ne seront pas nommés ici. Luqam semblait tout autant impressionné que satisfait. Quant à Rubis... aspergée à souhait.

L'incube sourit à la demoiselle. Lui affirmant que ce serait sa condition si elle s'opposait à nouveau de la sorte et, sachant fort bien que la mort ne l'effrayait pas, s'approchant du colosse pour poser une main sur l'épaule métallique. Le regard du reptile se posa sur elle. Son regard brûlant de ce désir de démolir, contenu. Le diable lui demanda d'imaginer la souffrance de son ami, lorsque celui-ci s'éveillerait et constaterait ses actes. Plus elle allait se débattre, plus Krovos allait commettre des horreurs, jusqu'à ce qu'il s'abatte sur elle, et ne se le pardonne jamais. Était-ce ce qu'elle désirait? Qui pourrait désirer une telle chose?

Et la bête observait. Ne comprenant, ni ne réalisant ce qui se passait. N'ayant à l'esprit que ce désir contenu qui ne saurait se résorbé si longtemps. Son gourou savait qu'il devait relâcher cette tension avant qu'elle ne lui explose au visage, ou le ramener à son état normal. Mais cela ne saurait être aussi amusant... Il fut décider d'envoyer la jeune femme se faire débarbouillée, tandis qu'il allait tester cette nouvelle arme pleine de puissance qui... oh... ne venait-il pas de retrouver sa main? Même si les doigts n'étaient pas tout à fait fini de former... cela devenait de plus en plus intéressant...

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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Jeu 19 Jan - 11:07

Elle était assise au sol, se reculant lentement alors que ses pieds glissaient dans le sang de la créature estropiée devant elle. Elle tremblait comme une feuille et son regard était baigné de larmes. La semi-succube avait déjà affronté ce monstre une fois et avait bien failli y laisser sa peau… Est-ce que cette fois Krovos aurait droit à sa revanche et achèverait le travail qu’il avait entamé la veille? C’était sa faute… Elle… elle l’avait mis dans cet état en lui coupant sauvagement le poignet. Comment pourrait-elle se pardonner un jour de l’avoir estropié de la sorte? Certes, il avait été consentant depuis le début et avait même insisté pour qu’elle agisse… Mais la culpabilité était plus grande que la raison.

L’immense reptile s’avança vers elle d’un autre pas… Mais il ne leva jamais la main sur elle. Pourquoi? Que se passait-il? Lentement, le regard émeraude de la justicière glissa du chevalier rageur… jusqu’à l’incube. Il y était pour quelque chose, c’était plus qu’évident. Le sourire machiavélique qui trônait sur ses lèvres fines témoignait bien de sa jouissance face à une situation terrible dont il semblait avoir le contrôle. Le. Salopard. Elle allait le tuer, elle s’en faisait le serment. D’un simple mouvement de main, Luqam fit signe à l’un de ses hommes de s’approcher de sa nouvelle arme de destruction massive. Ce dernier obtempéra, non sans une once d’hésitation, puis, vif comme l’éclair, le monstre se retourna pour lui faire face. Il posa une main sur sa gorge, puis l’autre sur son poignet, et tira farouchement sur son bras afin de l’arracher d’un simplement mouvement. L’homme hurla et le sang gicla partout, même sur elle! La bête renversa le pauvre soldat, puis vint écraser sa cage thoracique de son pied pour ensuite marteler son crâne qui émit un craquement immonde et lugubre. Il frappa et frappa... Sous le regard horrifié de la justicière qui ne pouvait détourner les yeux, trop glacée par l’effroi. Le bruit… CE bruit… Comment pourrait-elle l’oublier? Elle était maintenant couverte d’hémoglobine de la tête aux pieds et de petits bouts flasques de ce qu’elle soupçonnait être de la cervelle.

Alors que le colosse continuait de s’acharner sur le corps inerte et difforme du soldat, la semi-succube opta pour une position à quatre pattes, puis se détourna pour vider le contenu de son estomac, complètement écœurée par la vision immonde qui s’étalait sous ses yeux. Elle essuya le bord de sa bouche du revers de son poignet tremblant, puis releva les yeux vers Krovos qui la fixait maintenant, son regard incendiaire posé sur elle et lui donnant l’impression qu’elle se tenait sur le bord d’un gouffre infernal. Une main se glissa sur l’épaule du monstre et elle remarqua immédiatement le sourire triomphant de l’incube. Toute cette mascarade… C’était un avertissement plutôt clair. Pourtant, même si elle ne désirait pas périr de façon aussi horrible, en ce moment, elle jugeait que la mort était préférable à l’asservissement qui l’attendait. C’était comme si Luqam avait lu dans ses pensées : il parla d’une voix calme et posée. Il exposa son plan quant à son utilisation de Krovos. Il allait le faire mourir de culpabilité en le forçant à proliférer des massacres perpétuels (et elle serait une victime de premier choix, selon lui) si elle osait résister à nouveau. Elly déglutit péniblement. Il n’y avait réellement aucune issue à leur épouvantable situation.

Dans un mouvement vague de la main, l’incube fit signe à ses hommes de relever la justicière et de l’emmener se faire débarbouiller alors qu’il se retournait vers son nouveau jouet fétiche. Au passage, les yeux de Rubis glissèrent sur le bras du chevalier et hoqueta de stupeur en constatant que le membre préalablement amputé était en train de repousser. C’était pour cette raison qu’il n’avait aucun scrupule à ce qu’elle s’exécute! Il… il ne pouvait pas rester estropié indéfiniment!

Les hommes poussèrent la jeune femme devant eux et cette dernière manqua de s’écrouler au sol, tant ses jambes étaient ramollies par ce qui venait de se produire. Ils quittèrent la cuisine, puis se dirigèrent en direction du hall. Ils passèrent près des bancs de la cathédrale quand soudain, des cris se firent entendre à l’extérieur des grandes portes du bâtiment. Quelque chose approchait… Les renforts? Les hommes de main de Luqam froncèrent des sourcils, puis deux d’entre eux se détachèrent de Lady Rosenbaum pour se rendre jusqu’aux cloisons de bois qui s’érigeaient entre eux et l’extérieur. Ils tendirent l’oreille, puis au bout d’un court moment, portèrent leurs mains simultanément sur les épées qui battaient leurs hanches en effectuant un mouvement de recul. Les grandes portes s’ouvrirent dans un fracas et une marée de soldats sholiens pénétra dans le repaire du diable, armes au poing. Les cris fusèrent et l’un des chevaliers sholiens propulsa une boule de feu en leur direction. Par réflexe, la jeune femme se jeta derrière l’un des bancs en bois massif de la cathédrale et se recroquevilla au sol, les mains sur les oreilles. Son cœur se débattait comme un fou et elle avait du mal à conserver une respiration régulière.

Malgré la maigre protection auditive que représentaient ses mains, Elly entendit les cris de Luqam qui avait été alerté par l’assaut de la garde royale sholienne. Il beugla un ordre au monstre et ce dernier rua ses anciens compatriotes, frappant et happant tous ceux qui se retrouvaient sur son passage… Tout, sauf une seule femme. Une chevalière blonde qui se tenait bien droite devant lui. Étirant le cou pour voir, Rubis put reconnaître la silhouette de la sous-chef de l’ordre : Faryë. Oh elle ne la connaissait pas personnellement, mais comme toute bonne sholienne, elle savait reconnaître l'une des têtes dirigeantes de l’armée de son royaume. Elle ne comprenait pas ce qui se passait et n’entendait absolument pas ce que la jeune femme disait au colosse, mais rapidement, ce dernier se retourna et chargea un homme qu’elle aurait pu reconnaître entre mille (et qui s’était alors interposé) : Efraël. Tout était chaotique autour d’elle. Elle avait du mal à suivre. Oh elle aurait voulu participer à ce combat, mais avec quel équipement? Avec quelle arme? Elle ne possédait rien…

Néanmoins, son regard émeraude put remarquer une présence sur la droite, un peu en retrait, qui beuglait des ordres à tous vents. Luqam. Il n’allait pas s’en sortir si facilement! Une colère bouillonnante prit naissance au creux de sa poitrine et Rubis se redressa en position accroupie. Elle s’avança subtilement dans l’allée d’extrême droite (près du mur) de la cathédrale, penchée derrière les bancs, jusqu’à obtenir une distance idéale entre elle et le grand prêtre. Il ne l’avait pas remarqué, ce qui était parfait en soi.

La justicière prit une grande inspiration, puis se releva d’un coup, tendant la main vers le diable. Sa colère fit naître en elle une puissante vague d’adrénaline qui se transposa jusque dans l’utilisation de son pouvoir. Luqam eut le souffle coupé alors qu’il sentait une poigne invisible lui serrer la gorge et le soulever du sol. Lentement, Rubis s’avança vers lui roulant des hanches et le toisant d’un air meurtrier.

- Toi, siffla-t-elle entre ses dents serrées alors que son captif réalisait enfin qu’elle était le réceptacle d’un pouvoir de télékinésie. Tu vas payer pour toutes les horreurs que tu as proférées. Je vais te faire goûter à ta propre médecine et, crois-moi, tu regretteras le jour où tu es venu au monde!!

Dans un mouvement vif, elle fracassa l’incube sur l’autel, faisant virevolter ici et là l’argenterie qui y trônait. D’une lenteur calculée, la jeune femme aux cheveux écarlates contourna le monument sacré pour voir le diable, à quatre pattes, tenant sa gorge d’une main et avalant de grandes lampées d’air. Elle tendit à nouveau sa main vers lui et le souleva magiquement pour ensuite le plaquer contre le mur, l’empêchant de parler et de bouger. Sans le quitter du regard, elle tendit sa main libre vers un petit couteau de cérémonie et l’attira à elle. Un sourire carnassier trônait maintenant sur ses lèvres alors qu’elle ignorait superbement la cohue qui se déroulait dans son dos. Rubis s’avança vers Luqam, se lovant presque contre lui, puis approcha tranquillement pointe de la petite lame cérémoniale près de son œil affolé. Sa peau tournait au rouge alors qu’il était privé d’air et lentement, elle enfonça son arme de poing dans son globe oculaire, faisant couler une larme de sang. L’incube se tortillait comme un fou, mais ne pouvait rien contre la force combinée de la colère et de l’adrénaline de la jeune femme. Lentement, elle lui servit le même traitement pour son deuxième œil, puis relâcha sa poigne magique en se reculant.

Le diable tomba à genoux et hurla de douleur, prenant son visage à deux mains. Il l’invectiva farouchement, la maudissant et l’insultant. Il alla même jusqu’à menacer de reprendre le contrôle sur Krovos, chose à laquelle elle le savait incapable, dorénavant. Elle fracassa son visage d’un coup pied pour le faire tomber à la renverse, puis vint s’installer sur son poitrail, à califourchon. Elle laissa alors aller toute la colère, toute l’horreur et toute la panique qu’elle avait ressenties jusqu’à présent. Elle enfonça le couteau cérémonial dans la gorge de Luqam dans un mouvement hargneux. Elle frappa et frappa et frappa, comme si sa vie en dépendait.

Le calme était retombé dans la cathédrale et ses pleurs de frustration résonnaient en écho sur les murs et le plafond élevé de l’établissement. Deux mains douces vinrent se poser sur ses épaules pour l’arrêter dans son mouvement et Rubis se retourna vivement, son regard s’enfonçant dans les iris azurés du chevalier Faryë. Sans trop savoir pourquoi, la justicière sentit toute la tension quitter son corps et elle se recula du corps meurtri et encore pris de soubresauts de Luqam. Elle laissa tomber son arme, puis vint essuyer ses joues du revers de son avant-bras ensanglanté. La chef de l’ordre déclara d’une voix calme (presque monocorde, d’ailleurs) que tout était fini.

Rubis tourna la tête et nota que Krovos avait repris forme humanoïde, au bout de l’allée, et était à quatre pattes au sol. Il semblait si faible, soudainement… Il leva la tête et leurs yeux se trouvèrent.

Ils avaient vécu tellement d’horreurs…
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MessageSujet: Re: Fake preachers and poor souls [RP KROVOS][TERMINÉ]   Mar 24 Jan - 12:51

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