Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

Partagez | 
 

 On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Jeu 1 Sep - 17:29

- Ça n’augure rien de bon, ces putains de nuages…

La rouquine marmonnait pour elle-même sur le pont du bateau chargé de la ramener chez elle. Elle se tenait là, les bras croisés et les sourcils froncés. On aurait cru qu’elle serait excitée à en casser les oreilles de tout le membre de l’équipage; or, c’était loin d’être le cas. Elle était d’humeur massacrante depuis qu’elle avait mis pied à bord et personne ne parvenait à l’endurer bien longtemps, encore moins de lui redonner le sourire. À vrai dire, il y avait trop de choses qui lui traversaient l’esprit pour qu’elle soit heureuse de son retour à sa terre natale.

Dans un premier temps, la nouvelle concernant sa capture avait jeté une ombre de dégoût sur sa réputation. La cadette des Drakkhen avait fait honte à sa lignée en s’étant montrée faible. La gloire aurait été sienne si elle y avait laissé sa peau. Hélas, elle avait survécu! Oh, elle était consciente que ses frères et sœurs avaient été soulagés de la savoir toujours en vie… mais on ne pouvait en dire autant de leur père et du reste du clan. Elle avait entendu des murmures chez les partisans de la famille de cette vache Tilda et elle savait que ça n’avait aidé en rien sa famille à garder le contrôle de la situation.

Dans un deuxième temps, plus d’un accueillirent son apprentissage chez les sudistes avec un froid non feint. Quel culot avait-elle eu de se montrer la face devant les siens après avoir accepté d’être subjuguée par leur ennemi? D’autant plus que son maître n’était pas une Oracle respectée, mais un homme! C’était un concept trop innovant pour les Norrois, fiers de leurs traditions. Ils ne voulaient comprendre que sire Caius était un personnage respectable et qu’il avait un savoir non négligeable à transmettre. Sans compter qu’il faisait partie de la royauté alombrienne, ce qui avait permis à Idris d’en apprendre considérablement sur ce royaume d’adoption. Il s’agissait là d’un avantage indéniable, mais qui voulait l’entendre? Pratiquement personne…

Dans un troisième temps, son père avait été malade dernièrement et le Renard avait été dans l’impossibilité de se rendre à son chevet. Elle s’était sentie comme une fille indigne durant plusieurs mois. C’était son devoir de rester auprès du patriarche et elle y avait manqué… Et elle s’était tant inquiétée de ne pas pouvoir constater de ses propres yeux l’état de son paternel! Une lettre était loin d’avoir le même effet que d’être présente en chair et en os.

Dans un quatrième et dernier temps, elle n’était pas sans savoir ce qui l’attendait à son retour au bercail. Peu de temps avant la fin de son apprentissage, elle avait reçu une missive d’Ansgar concernant son « avenir », comme il le disait si bien. Une longue et ennuyeuse discussion sur les possibles prétendants pour marier la cadette des Drakkhen était à venir avec son père. Elle était sensée demeurer dans l’ignorance, sans doute pour s’assurer qu’elle se pointe plutôt que de continuer à traîner à Alombria, mais voilà qu’elle s’approchait de la maison avec le cœur lourd et l’esprit bouillonnant. Son grand frère lui avait fait une fleur en lui donnant un avertissement, sans doute parce qu’il savait ce que ça faisait que de se faire couper les ailes avant de pouvoir prendre son envol convenablement. Cependant, la jeune femme n’était pas pour se laisser marcher sur les pieds. Elle voulait montrer au monde entier qu’elle ne se laisserait pas faire et qu’elle n’était pas une froussarde bonne à rien!

D’un autre côté, elle paniquait en son for intérieur à l’idée d’être catapultée dans un autre village dans le simple but de conclure une alliance temporaire. Elle avait bien vu ce que ça l’avait donné avec Ansgar et Tilda : la dissidence était toujours présente dans leurs rangs. La paix ne tenait qu’à un fil… Le Grand ours kodiak avait donc sacrifié une vie de bonheur pour peu, en bout de ligne. La rouquine était venue à apprendre son affaire « secrète » avec Adelyn d’Alombria par la demoiselle concernée elle-même; or, plutôt que de péter les plombs à son frère, elle s’était tue et avait gardé le secret. Elle voulait que son aîné se confie de lui-même… et puis, elle voulait qu’il soit heureux, pour une fois. Elle eut même une période où elle pensa à mille et une façons de faire disparaître « naturellement » Tilda du portrait. Bref, pour en revenir au sujet principal, elle ne voulait pas se retrouver dans le même guêpier que son chef. Pire que tout : elle craignait d’être séparée des siens de façon permanente. Elle refusait d’être une femme à la maison ennuyante, qui n’a rien de mieux à faire que de trouver des moyens de faire chier son mari.


- Attention!

Le cri d’un membre de l’équipage tira la magicienne – car c’était ce qu’elle était devenue – de ses pensées. Elle avait été si absorbée par le fil de ses pensées qu’elle n’avait pas remarqué qu’une pluie torrentielle s’était mise à tomber. Elle était troublée à ce point, oui! La mer devenait instable, les vagues forçant l’embarcation norroise à tanguer dangereusement d’un bord et d’autre. Il y avait un fort vent qui se levait et, comble de malheur, un orage violent commença.

- Bordel de merde! jura de vive voix la rouquine.

Il fallait qu’elle retourne à l’intérieur… ou qu’elle tente de venir en aide d’une quelconque façon. Elle voyait déjà les glaciers des Terres gelées se dresser non loin. Une série de sacres lui fit rapidement comprendre qu’un éclair avait happé le mât et que celui-ci s’était brisé en deux morceaux. Si ce n’avait été de la pluie abondante, sans doute serait-il resté en feu plus longtemps. « La vache! » fut tout ce qu’elle put prononcer avant de se jeter aussi loin qu’elle le put, question d’éviter de se faire écraser par le bout de bois massif. « Thorvald! Retourne en-dedans, espèce de con! » cria-t-elle à son sous-chef, qui était sorti et qui semblait vouloir s’approcher d’elle. Il avait mal choisi son moment de faire son preux guerrier. Il allait se faire jeter par-dessus bord s’il s’aventurait trop loin. Il y avait déjà plusieurs hommes qui étaient tombés à l’eau, les vagues étant telles qu’elle venait lécher le pont et repartaient avec tout ce qu’elles pouvaient.

Puis, l’inévitable arriva : au moment où Idris tenta de se relever, le bateau happa un des glaciers. L’impact projeta des barils sur la jeune femme de dix-huit ans, qui tomba à l’extérieur du navire sans avoir la moindre chance de s’agripper après quoi que ce soit. La suite fut plutôt floue, car elle se faisait brasser sans relâche et son corps se fracassait contre les débris de l’embarcation qui devait la ramener saine et sauve chez elle. Elle n’avait aucune idée du temps qu’elle passa à se faire malmener comme une vieille chaussette, mais elle parvint éventuellement à s’agripper à une planche de bois, sur laquelle elle se hissa. À bout de souffle, elle jeta un regard autour d’elle et ne vit que de la désolation… Son cœur se serra et des larmes se mirent à couler automatiquement sur ses joues. Elle ne voyait que des fragments de ce qui avait été un navire norrois de première qualité, pour ne pas parler de cadavres de fiers combattants. Elle avait échappé à la mort une fois de plus… mais, ce coup-ci, elle aurait préféré ne pas être là pour assister à la destruction des siens. Elle aurait donné n’importe quoi pour prendre la place d’un d’entre eux, n’importe lequel, tant qu’il y en ait un qui puisse retourner à sa famille.

Soudain, elle entendit un grognement un peu plus loin. Elle tourna vivement la tête en direction du bruit et scruta l’eau mouvementée à la recherche d’un autre survivant. Son cœur cessa de battre quand elle reconnut la silhouette de Thorvald, le meilleur ami de son frère. Elle plongea dans l’eau sans hésiter afin de se porter à sa rescousse. « Pourquoi t’es-tu porté volontaire pour m’accompagner, sale idiot… » murmura-t-elle. Il aurait dû rester dans le sud plutôt que de se proposer pour veiller sur la cadette des Drakkhen quand le Grand ours avait fait son retour des Terres gelées. Ainsi, il ne se serait pas retrouvé semi-conscient et blessé.

La Norroise traîna son compatriote de peine et de misère jusqu’à la berge. Ce fut un effort considérable étant donné la distance qui les avait séparés de la terre ferme, mais l’adrénaline faisait en sorte qu’elle s’était démenée pour qu’ils s’y rendent ensemble. Une fois en lieu sûr, elle passa ses bras sous les épaules de son compagnon et le tira pour qu’il n’ait plus la moitié du corps à l’eau. Puis, elle se jeta dans ses bras pour l’embrasser passionnément, tenant son visage barbu entre ses mains. Ce n’était pas là une déclaration d’amour ou une soudaine illumination quant à ses sentiments, seulement le soulagement d’avoir frôlé la mort à deux et s’en être sortis. Par la suite, elle le serra dans ses bras de toutes ses forces. Peu lui importait le sang qui coulait sur son front, la douleur qui l’assaillait de toute part… Il n’y avait que le guerrier qui comptait à ses yeux présentement, le seul à partager sa souffrance actuelle.

- Que les Grands esprits soient loués, tu es vivant! Elle ne relâcha Thorvald que lorsqu’il lui dit qu’il ne pouvait plus respirer, ce à quoi elle répliqua en lui fichant un coup de poing dans le ventre. Arrête de te plaindre comme une mauviette! fit-elle sèchement, avant de l’enlacer à nouveau… un peu moins fort, cette fois. D’ailleurs, les soubresauts de la Renarde trahissaient les pleurs qu’elle tentait de dissimuler sur l’épaule de son ami. Comment vais-je annoncer ça à Ansgar? … Comment le dire aux nôtres? demanda-t-elle tout bas. Je ne sais même pas où nous sommes… Qu’allons-nous faire, Thor?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thorvald
Guerrier(ère)


Messages : 21
Date d'inscription : 16/06/2016

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Ven 2 Sep - 11:53

Thorvald s'était porté volontaire, à la surprise de tous, lorsqu'on avait dit qu'Idris devait impérativement rentrer au bercail et qu'on sélectionnait l'équipage. Il s'était porté volontaire pour veiller sur elle. Plusieurs attribuèrent cela au désir de retrouver la maison, qui lui manquait, mais aussi au fait qu'il était un valeureux et fidèle ami de leur chef, Ansgar, et qu'il lui faisait sans doute une fleur. Lui il savait, qu'en fait, cela lui donnerait l'occasion de passer du temps avec elle. Lorsqu'elle avait été capturé, il avait senti son monde basculé, prenant encore plus pleinement conscience de ses sentiments inavoués pour elle. Cela avait été une période difficile, où il était toujours de mauvaise humeur et peu fréquentable. Personne n'avait réellement fait le lien, il était allé chercher de bonnes excuses. On l'avait cru.

La nouvelle qu'elle était en vie fut un ravissement, et encore plus celle de son retour. Si quelqu'un avait remarqué ce changement d'attitude, il s'était bien abstenu de provoquer le grand guerrier. Il n'en avait cure des opinions des autres, rejetant ce qu'elle avait fait, rejetant sa vie, rejetant son retour. Il n'exprimait pas ouvertement ce qu'il pensait, mais il était persuadé qu'elle pouvait lire le soulagement dans son regard. Il n'y avait pas que sa famille qui était contente de la revoir en vie, et libre. Ce qui le travaillait vraiment, et qui le laissait parfois pensif et sombre, c'était que son maître fut un homme. Avaient-ils...? Cela le minait sérieusement. Il essayait de ne pas y penser. Cela aurait été tout naturel de céder devant la beauté de la jeune femme, mais il n'arrivait pas à accepter cette idée. Il sentait la jalousie le ronger et il devait se faire violence pour ne pas le montrer.

C'est donc l'esprit léger, et soulagé, qu'il était monté sur la navire vers la maison, faisant fi de la mauvaise humeur d'Idris, simplement satisfait de la savoir loin d'Alombria et de potentiels amants. Bien sûr, il n'était pas réjoui de la voir ainsi, espérant sincèrement qu'elle ne regrettait pas sa vie là-bas. Il aurait bien du mal à supporter cette nouvelle. Il souhaitait qu'une virée à la maison allait lui redonner son enthousiasme et son énergie, il n'aimait pas la voir ainsi prostrée.

Des cris fusèrent à l'extérieur. Des jurons, des exclamations. Une pluie intense tombait sur eux, il l'entendait tambouriner sauvagement sur le pont. Il sortit donc des quartiers où il discutait avec le capitaine du temps et de la distance avant la destination. Devant ses yeux s'étalaient un véritable cauchemar, les norrois se faisaient sauvagement ballotter. Grondant et pestant, il en attrapa deux par le collet qu'il poussa à l'intérieur. Il ne pouvait pas laisser son équipage dans une telle situation sans réagir, il devait apporter son aide. Le mat se brisa devant ses yeux ébahis. Il fit un mouvement vers Idris qu'il apercevait, afin de lui venir en aide. Elle l'insulta en le sommant de rentrer. Comme s'il allait l'écouter!

La situation devenait dramatique. Il était persuadé qu'elle allait passer par-dessus bord. Son coeur ne fit qu'un bond dans sa poitrine et il perdit toute notion de rationalité. Il devait la mettre à l'abris. Un choc puissant secoua le bateau, la coque se déchira dans un bruit de craquement assourdissant et tout ce qui se trouvait sur le pont se brisa et se déchaîna. « IDRIS! » n'eut-il que le temps d'hurler avant qu'une série de barils se lance sur elle et la propulse à la mer. Il se sentit pâlir et ne réfléchit même pas avant de plonger derrière elle. Il l'appelait, la cherchait. « Idris?! IDRIS! Idris! Bon sang, Idris! » Il faillit l'attraper deux fois, mais les remous de la mer l'empêchait de se mouvoir librement. La voir heurter la coque le rendait fou, il était pris dans un courant différent qui le trimbalait à quelques mètres. Il voulut s'extirper de tout cela en attrapant une planche, pour se hisser hors de l'eau et se transformer, mais le navire qui n'en finissait pas d'éclater en morceau craqua de nouveau, la rambarde alla fracasser tous ceux qui se trouvaient à proximité, il sentit son crâne se fendre et sombra dans la noirceur.

Le grand aigle se débattit de toutes ses forces avec sa conscience, il sentait ses poumons le brûlé sévèrement, il devait sortir de là, il devait sauver Idris. Il émergea de sa torpeur et battit des bras et des pieds pour retrouver la surface. Il attrapa un morceau de bois et se hissa hors de l'eau en l'agrippant. Le morceau cala sous son poids mais le tint à flot, il tousse bruyamment et longuement, ses poumons le faisaient mal, et il sentait tout l'environnement tourbillonné sévèrement autour de lui. Ses paupières voulaient se fermer, il se débattait avec lui-même pour rester conscient. Il produit un son, venant de sa gorge en feu, qu'il eut du mal à reconnaître, une sorte de grondement guttural. Il avait si mal! Ses yeux ne voulaient pas rester ouverts. Ses mains glissaient sur le bois, il avait du mal à rester à flot. S'endormir, voilà qui serait intéressant... il n'aurait plus mal et pourrait se reposer...

Soudain, une voix résonna à ses oreilles alors qu'on le saisissait par les épaules. Il soupira, soulagé. « Idris... » fut tout ce qu'il arriva à prononcer. Il était courbaturé, ayant été heurté de partout, mais pas autant qu'elle, il voulut se dégager, mollement, mais n'y arriva pas. Sa tête lui faisait terriblement, la douleur lui retournait l'estomac, il avait envie de vomir. Il sentit vaguement le sol percuté son dos et poussa faiblement avec ses jambes pour l'aider à le ramener sur la berge. Il sentit un poids se jeter sur sa poitrine et il n'eut le temps que d'ouvrir un oeil avant qu'elle... qu'elle... l'embrasse? Euh, quoi? Idris l'embrassait? L'esprit entre deux eaux, il ne prit pas la peine de réfléchir. Si elle pouvait l'embrasser, c'est qu'elle allait survivre. Il leva donc ses bras et l'entoura lui aussi, répondant volontiers à ce baiser, pleurant légèrement, discrètement -car ce serait indigne- sa joie qu'elle soit sauve.

La renarde le serra si fort qu'il se sentit étouffé. Ses poumons qui souffraient déjà terriblement manquaient d'air, il souffla : « Idris, humph, tu m'étouffes... » Il appréciait qu'elle louait les Grands esprits pour lui, mais il espérait vivre assez longtemps pour que cela en ait valut la peine. Elle répliqua en lui donnant un coup de poing dans le ventre qui le fit expiré bruyamment son air, dont il manquait d'ailleurs. Ah, mais quel sale caractère! Mais il ne put pas lui en vouloir, même si elle l'insulta, car elle l'enlaça de nouveau, il sentait les soubresauts de son corps, savait qu'elle pleurait. Il se sentait entre deux mondes, mais cela ne l'empêcha pas de resserrer son étreinte sur elle -veillant à ne pas l'étouffer tssé. De toute façon, il n'en aurait peut-être pas la force tout de suite. La partie frontale gauche de son crâne présentait une violente entaille, ses bras et ses jambes, sont corps en entiers en fait, étaient couverts d'ecchymoses et d'entailles.

Soudain, Thor réalisa qu'elle saignait, elle aussi. Mais que pouvait-il faire, il n'était même pas sûr d'avoir la force de se lever tout de suite. Il ferma les yeux, cherchant à reprendre ses esprits, la respiration douloureuse. Il n'y avait aucune façon d'annoncer ce désastre, dont il ne connaissait pas encore l'étendue. Est-ce que les norrois à l'abris dans la soute et les cabines avaient survécu? Le choc avait été violent, ils avaient pu être écrasé sous des débris et noyés par la mer qui entrait à flot. Il caressa doucement le dos d'Idris avec ce qu'il avait de force. Il se sentait déchiré. Il déglutit, difficilement, avant de répondre à sa question. « Je sais environ... où nous sommes. » Articula-t-il avec peine. Sa gorge semblait être un brasier qui ne s'éteindrait pas, et que la pluie violente qui les percutait ne calmerait pas.

« Je parlais avec... Burtof... du temps avant d'arriver... oh bon sang... Burtof... » Il pensa à son ami qui n'avait probablement pas survécu, étant à l'avant du navire quand celui-ci avait percuté le glacier. Il déglutit à nouveau, avec peine, il plissa ses yeux fermés pour contenir son émotion. Ses émotions, en fait. Il se sentait bousculé par une vague de plusieurs sentiments. Idris était en vie, mais beaucoup étaient morts. Il était fâché contre les événements, soulagé d'y avoir survécu avec elle. Il était bouleversé par tout cela.

Inspirant profondément, il voulut se relever sur ses coudes, mais cela lui prit un effort considérable pour décoller sa tête du sol, et il vit le monde se mettre à tourner encore plus et à percevoir des points noirs, sa vision se brouilla. Il se laissa retomber avec un grognement. Passant ses mains sur le crâne d'Idris, il se mit à tâter, cherchant où elle était blessée. C'était inutile de nettoyer, après un séjour dans l'eau salée et avec la pluie torrentielle qui les trempait jusqu'aux os, il n'y avait pas à s'inquiéter d'une potentielle infection. Il se souciait surtout de la sévérité de ses blessures. Il ne la laissa pas esquiver ses mains et tâta aussi ses bras et son dos, puis, par décence, il ne toucha pas sa poitrine et le bas de sa ceinture, couché ça irait mal, de toute façon.

Il soupira de soulagement. « Il faut qu'on se bouge d'ici... et qu'on cherche des survivants. » Mais il n'arrivait pas à la lâcher. Retrouvant peu à peu ses esprits, il caressa ses cheveux trempés dans un geste qui se voulait apaisant, puis tenta à nouveau de se relever en reculant les coudes. Elle eut la décence de se lever, ce qui lui permit de se retourner pour s'aider. Le monde chavira de nouveau. Les mains à plat au sol, le poids sur sa cuisse droite, il se sentit prit d'un haut le coeur et vomit. C'était bien peu séduisant. Il s'essuya la barbe qui, de toute façon, se laverait d'elle-même avec les gouttes glacées qui leur tombaient dessus. Il prit un instant pour se resaisir, puis, quand l'univers cessa de tanguer, il tenta à nouveau un mouvement. Aussitôt, la nausée le reprit et il se sentit basculer, le fait est qu'il ne tombait pas, mais que la sensation était bel et bien là. Il pesta et jura.

Le second des guerriers du Kodiak voyait, près de ses mains, que la pluie saignait, et finit par comprendre que c'était le ruissellement sur son visage qui causait cela. Il porta la main là où la douleur se faisait la plus violente, et réalisa que la chair était mise à nue. Ce n'était pas le moment pour un travail de broderie, mais allait en avoir de besoin. « Idris. » fit-il d'une voix rauque. « Je vais avoir besoin de ton aide. » marmonna-t-il, le ton bourru. Ce n'était pas facile d'admettre cela. Il réussit à s'asseoir, une jambe repliée, sur laquelle il se tenait pour rester assis, et l'autre au sol, son pied venant s'accrocher derrière son autre talon, afin de se stabilisé. Il la laissa faire une bandage sommaire - et trempée - autour de la plaie, pour au moins la tenir fermée et ralentir le saignement. Il grimaça lorsqu'elle fit le noeud en serrant fort.

Il ignora ses remarques et lui souffla des remerciements, bien simple. « Merci. » tout bonnement. Pas nécessaire d'en rajouter, de toute façon. Il resta immobile, à attendre que la position se stabilise, avant de tenter de se relever. Il rejeta son aide, mais fit quelques pas vers l'arrière en se relevant, se sentant de nouveau chaviré. Elle l'empêcha de s'écrouler et il marmonna un second merci, irrité par sa propre faiblesse. Ses yeux perçants se posèrent sur l'étendue devant eux. Grâce à son totem, il avait une vue fort précise. Mais il faut dire que dans les remoux, comme ça... il faudrait les repêcher un par un et vérifier qu'ils ne sont pas simplement inconscients... mais c'était impossible dans cette tempête.

Il posa ses yeux sombres sur la jeune femme à ses côtés. Il se sentait déchiré entre son envie de leur venir en aide, et son impuissance face à la situation. De nouveau, il jura à mi-voix. « Nous ne pouvons décemment pas partir comme ça... » Il leva les yeux vers le ciel, ce qui le fit à nouveau tangué, il apprécia le support qu'elle lui apporta. Les nuages, bien que toujours sombres, commençaient à s'éclaircir. D'ici une heure ou deux, tout serait fini. La joie des contrées maritimes, des tempêtes aussi violentes que soudaines, et aussi dangereuses qu'expéditives. C'était à se demander si trouver un abris en vaudrait la peine, ils ne pouvaient pas être plus trempé qu'ils ne l'étaient. Il hocha lentement la tête. Ils n'avaient pas le choix.

« Tu te sens d'attaque? »
fit-il en plongeant ses yeux dans les siens. Il lui sourit tristement et se dégagea pour se rapprocher de la mer. « Il y a forcément des survivants. » Ils ne pouvaient décemment pas être les seuls... ils passèrent donc de longues minutes, peut-être même des heures, à fouiller le rivage, à bouger des débris. Il devait parfois s'arrêter pour reprendre pied sur terre, sujet à de soudains étourdissements, mais il était pris par l'adrénaline de l'urgence. C'était maintenant ou jamais. Ces gens mourraient tous, si certaines vivaient encore. La terre accumulait rapidement les corps et les débris du navire, rejeté par la mer qui s’apaisait peu à peu. Ils étaient encore loin du compte, ils n'avaient pas retrouvé tout le monde... ni de survivants. Il entra dans l'eau jusqu'à la taille et, ancra bien ses pieds dans le fond, brassa ce qu'il trouvait à porter, cherchant quelqu'un pris sous le bois, ou encore accroché faiblement.

Pris d'un nouvel étourdissement, le grand rapace tomba vers l'arrière, son derrière heurtant le fond de l'eau. Il poussa rapidement avec ses pieds pour reprendre surface et toussa bruyamment en rampant plus loin. Il avait de nouveau respirer de l'eau. Il se sentait terriblement impuissant. Il tapa du poing au sol et se hissa hors de l'eau, en se relevant, et en chancelant. Il se tourna à nouveau vers la mer et avisa le bateau encastré dans le glacier, coulant peu à peu et s'empalant encore et encore dessus. Et si quelqu'un était encore dedans? Il devait se transformer. Mais il avait tant de mal à marcher, jamais il ne saurait voler. Il se tourna vers la rouquine qui s'était rapprocher. « Je dois aller voir là-bas... » désignant du menton la carcasse plus loin, mouvement qui le fit reculer d'un pas pour stabilisé son équilibre défaillant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Sam 3 Sep - 19:47

Tout naturellement, le Renard cherchait les conseils du second des guerriers kodiak. Il avait été là pour la guider depuis aussi longtemps qu’elle pouvait se souvenir. Si ce n’était Ansgar qui dirigeait, c’était lui. Il était devenu, avec le temps, un autre de ses frères, en quelque sorte. Sans mentionner qu’il avait à maintes reprises prouvé qu’il méritait la confiance qu’on plaçait en lui. Si quelqu’un saurait quoi faire dans une situation aussi monstrueuse que la leur, c’était lui. Il prouva une fois de plus qu’il était là pour elle en lui caressant tendrement le dos. Ce simple geste aidait à rendre la douleur émotionnelle moins vive. Elle se sentait moins seule dans sa misère et ça lui redonnait une once de courage… et les Grands esprits savaient à quel point elle en aurait besoin dans les heures à venir.

Idris recula légèrement la tête lorsqu’elle l’entendit prendre parole pour la première fois depuis qu’ils étaient revenus sur la terre ferme. Elle renifla et fit son possible pour calmer le flot de larmes qui sillonnaient ses joues, se mélangeant avec les nombreuses gouttes de pluie. Elle savait que Thorvald lui viendrait en aide! S’il se doutait de leur emplacement sur le territoire, ce serait d’autant plus facile de retrouver leur chemin jusque… ah, ouais, leur village et son père qui voulait la marier à n’importe quel imbécile pour mieux s’en laver les mains par la suite. Cependant, le temps n’était pas aux remontrances intérieures contre son géniteur. La jeune femme serra son compagnon un peu plus fort, l’espace d’un instant, en guise de sympathie pour la très probable perte de son ami Burtof. Putain, c’était encore pire quand elle se mettait à penser à chaque individu qu’elle ne reverrait sans doute jamais vivant!

Elle se demanda, un bref moment, si elle aurait la force de se relever aussi… sentant bien sous elle que le guerrier essayait de se remettre sur pieds. Elle ne fut pas vraiment surprise qu’il échoue, car elle avait remarqué l’entaille qu’il avait au crâne. Elle se mordit la lèvre inférieure : rien de tout ça ne lui serait arrivé s’il était simplement resté dans le sud. C’était quoi cette idée de merde de vouloir jouer à la nounou avec elle? Il avait tellement d’autres chats à fouetter que c’était un non-sens qu’il ait tenu à l’accompagner. Elle relâcha sa lèvre inférieure, s’apercevant qu’elle se faisait mal en bout de ligne, puis chercha à se dérober à l’examen du Rapace.

- Aïe, mais tu sais que tu me fais mal, du con! ronchonna-t-elle.

Il faut admettre que le sous-chef de leur escadron du sud mettait les mains sur des blessures encore sensibles, alors qu’il tentait de déterminer dans quel état elle se trouvait. S’il était mal en point, elle n’avait pas tant meilleure mine. Elle avait seulement eu la chance de ne pas se cogner la tête trop durement. C’était la seule raison pourquoi elle ne vomissait pas et parvenait à se mouvoir presque normalement. On pouvait dire qu’elle avait réussi à répartir ses entailles un peu partout sur son corps.

- Tu devrais te préoccuper de ton cas plutôt que du miens, Thor. Tu fais dur!

La Norroise allait lui balancer une autre série d’insultes, question qu’il ne pense pas qu’elle était soudainement devenue laxiste, mais de tut quand il passa une main dans sa chevelure de la couleur du soleil levant. Il avait raison : ils devaient faire tout en leur possible afin de venir en aide à ceux qui avaient pu survivre à cette rencontre choc avec le glacier. Ils auraient amplement le temps de se chamailler s’ils étaient capables de survivre à cette nuit… car, même si on ne pouvait clairement le voir, le soleil entamait sa descente. D’ici quelques heures, il ferait nuit. Elle l’embrassa mollement sur la joue avant de se relever.

- Je suis contente que tu sois là… pour prendre les choses en main. souffla-t-elle en tournant la tête en direction du rivage.

Le visage de l’Oracle se crispa de dégoût en entendant l’autre guignol vider le contenu de son estomac. Peut-être que la pluie n’était pas autant à maudire qu’elle le pensait… Au moins couvrirait-elle l’odeur de vomi. « Une chance que je t’ai embrassé avant que tu régurgites ton dîner, ouache! » Elle aurait été vachement moins soulagée de le savoir vivant s’il avait été malade à ce moment-là. En fait, elle se serait fort probablement contentée de lui tapoter une épaule pour véhiculer sa joie. D’un autre côté, elle ne pouvait pas lui en vouloir de se sentir comme de la merde. Il avait passé un sale quart d’heure, lui aussi. Elle se posta donc à ses côtés, en prévoyance de ses prochains étourdissements.

Le Renard soupira quand le guerrier décida enfin de lui demander de lui donner un coup de main pour son entaille à la tête. « Il était temps! Les hommes et leur orgueil… » pesta-t-elle tout bas, malgré qu’elle était affreusement mal placée pour parler. Mais ça, il ne fallait pas le lui faire remarquer parce que même amochée comme elle l’était présentement, elle restait dangereuse à se mettre à dos. Par après, sans plus de cérémonie, elle déchira le bas de sa tunique en lanière afin d’en faire un bandage de fortune. Elle dégagea la plaie d’autant de cheveux que possible, puis elle tira de toutes ses forces afin de ralentir le saignement et s’assurer que le tissu n’irait pas nulle part.

- Sois un homme, maintenant…

À l’évidence, Thorvald ne releva pas les commentaires puérils de sa cadette et se contenta de la remercier. Ce fut une excellente décision de sa part; la rouquine était si facile à enrager et à lancer dans un monologue sans fin d’insultes toutes aussi colorées les unes que les autres. Cela ne l’empêcha toutefois pas de lâcher un « Hmph! » offusqué lorsqu’il refusa qu’elle l’aide à se remettre sur pieds. Elle l’agrippa fermement lorsqu’il passa à un poil de basculer vers l’arrière, levant les yeux au ciel. Il aurait été mieux d’accepter son support la première fois, ça l’aurait été moins gênant que de devoir lui dire merci une deuxième fois.

- Oh, là, le grand, une chose à la fois! lui dit-elle en glissant ses bras sous les épaules du second des guerriers du kodiak.

Un simple regard suffit au duo pour se mettre d’accord sur le besoin de secourir leurs comparses. Ils étaient du même avis sur ce point : tant qu’ils seraient capables de se mouvoir, ils chercheraient à trouver d’autres survivants du naufrage. L’équipage entier ne pouvait pas avoir succombé à ce glacier, pas vrai? Enfin, c’était ce que la rouquine préférait se dire… C’était mieux que de baisser les bras avant même d’avoir commencé et de se laisser gagner par le désespoir.

Idris s’éloigna donc du Norrois afin de débuter la recherche de son côté, tout en veillant à ne pas aller trop loin. Elle n’osait pas le dire à voix haute, mais elle avait peur que le Rapace n’ait un autre accident et qu’il ne se noie parce qu’il n’aurait pas repris connaissance assez vite pour se sortir de l’eau tumultueuse. Bref, elle tassait tous les débris qu’elle était capable de relever, retournait tous les corps qui lui tombaient sur la main… et, à chaque fois, elle sentait son cœur se noircir un peu plus. Le poids de son organe vital dans sa poitrine devenait insoutenable… C’était trop de pertes en même temps!

Puis, tout à coup, elle entendit le bruit d’un objet de taille considérable tomber soudainement dans l’eau. Elle se rua immédiatement en direction de Thorvald, qui avait perdu pied, comme elle le craignait. Elle ignora son commentaire de noble guerrier voulant se porter à la rescousse de son équipage et prit son poids sur elle-même pour le remettre debout. « Tu n’iras pas nulle part. » décréta-t-elle sèchement. Elle le força à retourner sur la plage et à asseoir son derrière par terre. « Maintenant, tu vas rester là, tu m’entends? » Elle ne laissait pas place à de la protestation. Elle se retourna et fit un pas, mais sentit l’homme la retenir par le poignet. Elle lui jeta un regard courroucé. « Je ne vais pas aller me jeter à l’eau, le gros nigaud! Je ne suis pas folle à ce point-là. Je t’ai peut-être ramené jusqu’ici, mais je n’aurai jamais la force de retourner jusqu’au bateau. » lui fit-elle remarquer sans passer par quatre chemins. Ce commentaire sembla rassurer son compatriote. Il s’en faisait vraiment pour rien, à la fin! Elle ne serait même pas capable de se déplacer grâce à son pouvoir, même si elle en avait envie, tant elle était vidée de sa virée en mer. Elle contempla le navire, qui continuait à se remplir d’eau et faire son chemin vers le fond de l’eau. Que pouvaient-il faire?

Soudainement, elle sut ce qu’elle devait faire. Elle se tourna en direction de Thorvald, le visage illuminé par l’espoir et le bonheur de pouvoir faire quelque chose.

- Noms… J’ai besoin de noms! Elle parvint à afficher un sourire, le premier depuis qu’elle était revenue parmi les siens. Elle attendit que son camarade lui dise le premier nom à lui passer par la tête, claquant des doigts puisqu’elle cherchait également de mémoire qui était à bord avec eux. Niels? D’accord, Niels!

Elle fit à nouveau face à l’étendue d’eau. Elle frappa son poing dans sa main, puis ferma les yeux pour mieux se concentrer. Elle envoya son esprit aussi loin qu’elle le pouvait, à la recherche de celui de Niels. Malheureusement, elle ne parvint pas à se connecter à lui. « Un autre… Donne-moi un autre nom! » La manège continua ainsi, sans pour autant que le Renard ne perde espoir. Elle ne pouvait pas abandonner maintenant… Il y avait encore des gens qu’elle n’avait pas encore tenté de rejoindre. Si elle ne pouvait parler à Bjorn, elle n’avait qu’à passer au suivant. Forcément, quelqu’un finirait par être en vie, non?

Son assurance baissa graduellement au fur et à mesure qu’ils passaient au travers de leur liste mentale de l’équipage. Elle avait déjà essayé d’établir contact avec la plupart des Norrois faisant partie de l’expédition. Il ne lui restait plus qu’une personne à tenter de rejoindre : Yorick. Elle prit une grande inspiration et entreprit de faire un dernier effort pour parler à un survivant. Elle sentit son cœur sauter un saut dans sa poitrine quand son esprit trouva le moyen de se connecter à celui de Yorick. Elle laissa échapper un cri de joie, avant de placer les mains devant sa bouche. Elle fit signe à Thorvald qu’elle était en mesure de communiquer avec Yorick.

**[Yorick (PNJ)] Yorick, mon homme, ce que je suis contente de te parler! Je suis tellement heureuse que tu sois en vie! Tiens bon, Thorvald et moi sommes sur la plage. Nous élaborons présentement un plan pour venir te chercher dans le bateau. Tu vas revoir ta femme. Ne lâche surtout pas, nous nous en ve…**

Le lien qui unissait les deux compatriotes se brisa brusquement. L’Oracle n’avait même pas eu la chance de terminer sa phrase. C’était un homme mort qui se trouvait désormais sur l’embarcation échouée. Elle… elle était la dernière personne à lui avoir parlé. Plus jamais Yorick ne verrait un de ses proches. Il venait de rendre l’âme avec une sale conne lui donnant un faux espoir d’être secouru. Ce devait avoir été cruel de lui faire de belles promesses qu’il devait savoir être vides, car il ne se rendrait jamais à l’extérieur de sa prison flottante. Du moins, il fallait le dire vite, car le bateau n’avait pas fini de caler dans le fond de l’eau.

L’expression sur le visage de la rouquine devait être plus que clair, car le second d’Ansgar avait pris la peine de se relever. Cependant, il n’eut pas le temps de s’approcher d’Idris que, déjà, elle s’éloignait. « Espèce de sotte! Tu n’es qu’une bonne à rien! » ragea-t-elle contre elle-même. Dans son élan de colère, elle se donna un coup de poing sur la tête, puis un autre, suivit d’encore un coup supplémentaire. « Tu n’es qu’une bonne à rien! Tout ça est de ta faute, Idris Drakkhen! » Elle ne cessait de se blesser à la tête, ignorant la douleur qu’elle se causait. Elle pleurait à chaudes larmes et devait extérioriser sa colère. « Tu aurais dû mourir à sa place! Tu aurais dû mourir il y a longtemps! Tu n’aurais jamais dû partir pour commencer! Rien de cela ne serait arrivé si tu avais eu la moindre once de raison! Sale idiote! Ils sont tous morts à cause de toi! » Elle se frappait, encore et encore… jusqu’à ce qu’une poigne forte vienne retenir son bras, l’empêchant de s’administrer un nouveau coup. La même poigne ne tarda pas à prendre son autre bras, question qu’elle ne continue pas son manège autrement.

À coup sûr, la jeune femme se débattit comme un diable dans l’eau bénite. Elle voulait se libérer, aller se noyer dans la mer, comme elle le méritait clairement. La Rapace, toutefois, ne partageait clairement pas cet avis. Il semblait avoir retrouvé la force, sans doute dans un reflux d’adrénaline, car il ne lâcha jamais prise. Idris n’eut aucun choix que de crier à s’époumoner, un cri témoignant de toute la douleur qui la ravageait intérieurement. Puis, elle se laissa choir au sol, son compagnon l’accompagnant dans sa descente. Elle laissa aller sa peine; il était inutile de la cacher maintenant. D’instinct, elle plaqua son front à celui de Thorvald lorsque celui-ci caressa ses cheveux, tel qu’il l’avait fait un peu plus tôt. Elle braillait à s’en fendre l’âme, poussant quelques fois son front, y trouvant un réconfort puisque c’était la marque d’affection typique des Drakkhen. Ainsi, le duo fit son deuil de l’équipage et de tout ce qu’il avait été, de ce qui avait perdu et ce qui ne serait plus…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thorvald
Guerrier(ère)


Messages : 21
Date d'inscription : 16/06/2016

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Ven 16 Sep - 17:59

Thorvald grogna de mécontentement en sentant Idris le forcer à se lever. Il prit ce qu'il put de son propre poids pour ne pas l'écraser dessous. Il fronça les sourcils. Ce n'allait pas être elle qui déciderait pour lui. Il ne pouvait tout bonnement pas rester planté sans rien faire. Que dirait-il à Ansgar? Son ami lui avait confiance pour assurer ce trajet, et il n'avait rien pu faire. Pire encore, c'était Idris qui lui avait sauver la vie, sinon elle aurait été seule, et peut-être même morte aussi. Il était impuissant, et agissait en plus comme un lâche, sans faire tout ce qu'il pouvait pour aider. C'était grotesque.

L'ayant ramener sur la plage, elle le laissa choir et il soupira bruyamment, visiblement irrité. Rester là? Elle lui donnait des ordres? Il fronça les sourcils. Elle se retourna et il la saisit par le poignet pour la retenir. « Que crois-tu que tu feras! » Le regard qu'elle lui jeta aurait fit frémir bien des hommes, mais pas lui, il y était, un peu, habitué. Il ne tiqua pas sous l'insulte, trop soulagé de constater qu'elle était raisonnable. Une pensée stupide pour celui des deux qui ne l'était pas. Tous deux observèrent le navire qui coulait avec une lenteur macabre. Il serra les dents à s'en faire mal.

Ils étaient perdus. Ils étaient tous perdus, et il n'avait rien pu faire. Il tapa du poing au sol, ne provoqua qu'un léger bruit mas, étouffé par la tempête qui rageait. Elle lui refit face et il fut surpris de voir son visage s'illuminé. Ce qu'elle était belle... que pouvait-il ainsi la gonfler d'espoir? Il eut rapidement la réponse. Un nom? Il fronça un sourcil - ce qui lui faisait mal - pourquoi un nom? « Mais qu'est-c... » Devant son air, il ne chercha pas à pousser la question et lança le premier qui lui venait à l'esprit. « Niels? » Elle acquiesça et se tourna vers le bateau, son geste le laissa perplexe, mais elle semblait se concentrer. Qu'est-ce que l'oracle mâle lui avait appris? Pouvait-elle les ramener? Non, ce serait idiot, elle l'aurait fait avant. Que faisait-elle alors?

Le grand Rapace sentit la jalousie lui étreindre le coeur. Cet homme en savait tellement plus sur la rouquine que lui même, présentement. Du moins, le croyait-il. L'avait-il toucher? Embrasser? Idris le sortit de ses pensées, exigeant un autre nom. Ce qu'il fit, la regardant, perplexe. Elle semblait terriblement enthousiasme, mais cet enthousiasme mourut rapidement. Ils écumèrent tout l'équipage. Quand vint le tour de Yorick, elle sembla s'excité. Voyant que c'était bon, et ayant fini par comprendre qu'elle cherchait à entrer en contact, il se redressa sur son séant. Puis ce fut le clash. Le visage de la renarde se décomposa rapidement. Il comprit que le lien avait été rompu. Il se redressa lentement.

Elle s'éloignait, rapidement, s'insultant. Thor ne savait que faire. Il resta là, les bras ballants, à la regarder, sans savoir quoi dire. Elle se donna un coup, il sursauta. Puis un autre. Il s'avança vers elle, elle s'éloignait rapidement, et il était ralentit. Il pesta. « Putain Idris, arrête ça! » Mais elle ne semblait pas l'entendre. « T'y es pour rien! Idris! IDRIS! Arrête, bon sang de merde! » Il accéléra, prit d'adrénaline et lui attrapa le poing qui allait s'abattre. Sans attendre, il se saisit du deuxième. « Ça suffit. » Elle ne semblait pas l'entendre de cette façon, car elle se mit à se battre violemment. Il baissa ses bras, l'encerclant ainsi des siens et croisant les petits bras de la rouquine.

Il l'enserra et la serra fortement contre lui. Il ne savait pas quoi dire, et écoutait les reproches qu'elle se faisait en sentant son coeur se serrer. Ce n'était pas de sa faute. Allons. Elle s'alourdit dans ses bras, il se laissa choir à genou derrière elle, l'accompagnant dans la chute. Ses cris lui déchiraient l'âme. Son désespoir était si grand qu'il se sentait dépourvu de ses moyens. Il ne savait pas quoi faire d'autres que de la serrer fortement contre lui. Elle se mit à pleurer violemment, il caressa doucement ses longs cheveux, la tourna vers lui et appuya son front au sien, en même temps qu'elle faisait le même mouvement.

Sa peine le touchait bien plus que la sienne. Il acceptait de souffrir, mais ne pouvait supporter de la voir dans cet état. Il pleura silencieusement lui aussi, dans la pluie qui masquait ses larmes. Il continua son geste apaisant sur la cadette Drakkhen. Une main sur sa joue, l'autre sur ses cheveux qui bougeait doucement. Au bout d'un moment, il releva la tête et l'encouragea d'un mouvement à s'appuyer contre son épaule. Il jeta un oeil aux alentours. Ils devaient bouger, le soleil les avait quitté, les bêtes de la nuit n'allaient pas tarder, et ils n'avaient rien à boire, ni à manger. Bah, pour ce qui était de boire... le ciel les gâtait généreusement. Il avait toujours sa gourde sur lui, à sa ceinture, mais quant était-il d'Idris?

Le Rapace prit le temps de visualiser la carte de précédemment et chercha à se repérer. Dans 36h, le village allait partir à leurs recherches, car ils auraient dû être arriver. En fait, dans 48h, le temps de constater que ce n'était pas qu'un retard. 36h en bateau, c'était environ quatre jours de marche, même six puisqu'ils étaient blessés. Cela n'augurait rien de bon. Tout à ses calculs, il ne se rendit pas compte tout de suite que la jeune femme s'était calmée. Il ne le réalisa que lorsque sa chaleur quitta son épaule. Il baissa les yeux sur elle. Le visage sérieux. Beaucoup d'obstacles les attendait.

Son visage s'adoucit et il lui fit un sourire triste, qui se voulait encourageant. « Nous devons partir d'ici, et trouver un abris pour la nuit. Demain un long voyage nous attends. » Il soupira. Lisant la question dans ses yeux, il répondit avant qu'elle ne demande. « Six jours, environ. À pieds, ralentit par nos blessures... Six jours. » Il était conscient qu'à vol d'oiseau, en trois jours, vu son état, il y serait. Mais il ne pouvait pas l'abandonner, et il ne serait jamais assez fort, blessé comme il était, pour la porter, même sous la forme de son totem. Il relâcha son étreinte, après une dernière pression sur son épaule, puis se releva.

Son regard perçant se porta aux alentours. Ils allaient devoir marcher vers les montagnes plus loin, il y aurait certainement une grotte, où ils pourraient se reposer un peu, avant de partir chercher du bois et de la pierre afin de constituer un feu qui les sécherait. Ils n'étaient pas peut-être pas sensible au froid, mais ils n'étaient pas immunisés à la maladie, et ils étaient trempés jusqu'aux os. Il lui tendit la main pour l'aider à se relever, puis porta son regard sur l'horizon, masqué par les montagnes. « Là-bas. » fit-il en pointant, ce devait être à une ou deux heures de marche. « Nous trouverons un arbri, et de quoi faire un feu. » Il fallait penser à se sustenter aussi.

Il repéra son marteau de guerre sur la plage et alla le récupéré. Il se saisit aussi d'une hachette, qu'il passa à sa ceinture près de son épée. Il n'utilisait que très rarement son épée, préférant le marteau, mais parfois les combats nécessitaient une plus grande rapidité, alors il la gardait sur lui. La hachette servirait pour le bois. Il se sentait moins étourdi quand il marchait, mais il avait tout de même besoin de repos. Le monde risquait de se remettre à basculer n'importe quand. L'adrénaline retombait, et il sentait un poids alourdir son corps, et ce n'était pas seulement dû à la pluie. Après un dernier regard derrière lui, il posa sa main sur l'épaule frêle de la rouquine et l'encourage à avancer. Le soleil s'était couché, bientôt il ferait noir. « Nous devons nous hâter. »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Sam 17 Sep - 19:48

Si on lui avait demandé d’expliquer courtement ce qu’elle ressentait à l’instant présent, la cadette des Drakkhen aurait répondu que la perte de son équipage revenait à lui arracher le cœur de la poitrine tandis qu’il battait encore. Elle avait si mal à l’âme que toute douleur physique ne suffisait pas à représenter sa souffrance. Elle avait cherché à se punir de son existence, se sentant entièrement responsable du malheur qui s’était abattu sur les Norrois; or, le second des guerriers du Kodiak n’avait pas tardé à l’arrêter dans sa folie. Elle se retrouvait donc au sol, front contre le sien, à pleurer toutes les larmes de son corps. Elle n’en était pas réellement consciente en ce moment-même, mais elle était reconnaissante des caresses de son aîné. Elle avait, inconsciemment, besoin de cette tendresse afin de se permettre de vider entièrement sa peine et ensuite retrouver ses forces. Ainsi, elle ne rechigna pas lorsque Thorvald lui fit signe de reposer sa tête contre son épaule. Pour une fois, elle fut obéissante et alla même jusqu’à enlacer la taille de son ami de longue date. Elle le serra longuement. Le corps musclé de son compatriote lui permettait de ne pas s’affaisser au sol, ou d’être trop secouée par les soubresauts causés par ses sanglots.

Tout naturellement, au bout de longues minutes, elle retrouva un semblant de calme. Elle était venue à bout de ses larmes, il faut croire. Elle renifla une dernière fois, pour bonne mesure. Elle se laissa toutefois bercer par la respiration de son camarade pendant un instant supplémentaire. Elle savait qu’ils ne pouvaient se permettre de rester là éternellement et qu’ils devraient s’activer bientôt… Elle devait prendre exemple sur lui et se reprendre en main. Elle s’était laissé un temps pour se morfondre; maintenant, elle fallait qu’elle passe à autre chose. Elle prit une inspiration profonde et se redressa, comme la grande fille qu’elle était. Elle planta son regard turquoise dans celui du Rapace, répondant amèrement à son sourire. Ils se comprenaient.

Idris hocha de la tête, signe de son approbation d’aller chercher un endroit pour se cacher de la pluie et se reposer. Ils avaient besoin de refaire leurs forces. Elle voulut lui demander un estimé du temps jusqu’à leur village, sachant qu’il avait une meilleure idée d’où ils se trouvaient qu’elle, mais il lui répondit avant qu’elle ne puisse ouvrir la bouche. C’était ce qu’elle appelait être efficace! Elle devait admettre être plutôt soulagée de l’avoir avec elle. Il avait l’habitude de prendre des gens en charge et de prendre les décisions difficiles. Il était plus fort de caractère qu’elle sur ce point… Pour le reste, elle était dure à battre.

Elle soupira tandis que Thorvald se relevait. Elle l’admirait de pouvoir se mettre à la recherche d’outils alors qu’elle trouvait si pénible de se remettre sur pieds. Elle était déprimée au point de manquer de motivation… mais elle y parvint néanmoins, avec son aide. Sa main tendue avait été la bienvenue. Elle acquiesça à la proposition de destination; elle lui faisait confiance. S’il disait qu’ils devaient se diriger vers les montagnes, c’est ce qu’ils feraient. Elle enjamba quelques cadavres par la suite, à la recherche de trucs utiles. Elle jura à voix basse, la chance n’étant pas de son côté. « Notre navire vient de couler… ça serait trop demander d’avoir quelque chose qui puisse nous servir? » marmonna-t-elle pour elle-même. Elle continua de pester en éloignant des mèches trempées de son visage. Lorsqu’elle revint aux côtés de son camarade, elle n’avait pas été en mesure de trouver plus qu’une dague, qu’elle avait mise à sa ceinture, une gourde non percée (Les deux premières à être tombées sous sa main étant défectueuses…), un rouleau de corde et deux capes trempées. « Je me suis dit que ça pourrait servir… pour l’abri… » se justifia-t-elle pour les capes imbibées d’eau. Elle grimaça en voyant que le sous-chef de son clan avait trouvé bien mieux qu’elle. « Tu sens la merde à plein nez. » se contenta-t-elle de dire, question de ne pas vraiment masquer sa jalousie.

Ce ne fut qu’au contact de la main du Rapace sur son épaule que le Renard comprit qu’il était temps de se remettre en marche. « Ah! Ouais, c’est vrai… » Elle avançait lentement, jetant des coups d’œil en direction de son compagnon de temps à autre. Il s’était gravement blessé à la tête, alors elle ne pouvait s’empêcher de craindre qu’il ne tombe à nouveau sans connaissance. Son propre mal de tête, bien qu’affreusement déplaisant, ne l’étourdissait pas. De toute façon, elle l’avait cherché en se martelant la tête de coups… donc, pas question de se plaindre! Au bout d’une quinzaine de minutes, elle passa le bras du guerrier par-dessus son épaule, voyant bien qu’il avait de la difficulté à se tenir debout. « Arrête de rechigner! Je n’irai pas le raconter à personne que tu avais besoin d’une béquille ambulante, si c’est ça qui te dérange, mais je n’ai pas envie que tu foutes le camp par terre à cause d’un étourdissement. » L’homme à ses côtés n’avait, en réalité, vocalisé aucune opposition au support qu’elle lui offrait, mais elle n’avait pu s’empêcher de parler. Elle ne voulait pas lui donner l’impression qu’elle le prenait en pitié ou les Grands esprits savaient quoi! Elle ne le prenait pas pour un faible… ce n’était pas une question de faire atteinte à son honneur, loin de là. Sans compter qu’elle offrait rarement le moindre signe d’affection à quiconque, alors elle ne voulait pas que ses agissements soient mal interprétés… surtout qu’elle-même ne comprenait pas pourquoi elle le couvait autant. C’était un adulte capable de s’occuper de lui-même! … Mais elle devait quand même le soutenir parce que… parce que.

La Norroise n’avait pas la moindre idée du temps qu’il leur prit à atteindre finalement les montagnes, seulement qu’elle n’y voyait plus grand-chose… et que son corps entier commençait à la faire souffrir, surtout ses pieds. Ils devaient se dépêcher de trouver un endroit pour s’installer, sans quoi elle ne paierait pas cher de leur peau. « Par là! » cria-t-elle lorsqu’elle aperçut un trou dans la base de la montagne. Ce n’était pas très profond, ni très haut, mais c’était suffisant pour que deux personnes y campent pour la nuit. « Je m’occupe de trouver du bois, je te laisse le soin d’aménager un coin pour le feu. » fit-elle en déposant son matériel sur le sol. Elle n’était pas particulièrement enchantée de devoir retourner sur la pluie, qui s’était toutefois calmée un peu, mais il était essentiel de trouver de quoi faire un feu. Elle ne s’éloigna pas beaucoup, ne voulant prendre aucun risque inutile. Il y avait déjà eu assez de pertes aujourd’hui…

Ceci étant dit, la cadette des Drakkhen trouva le bois nécessaire en deux temps, trois mouvements. Il était plutôt trempé, mais elle ne pouvait rien y faire. Elle avait pris ce qu’il y avait de plus sec, Thor n’aurait qu’à faire avec! Elle en avait aussi profité pour se trouver plusieurs branches afin de cacher un peu l’entrée de leur logis temporaire. Quel ne fut pas son plaisir de constater que son camarade avait eu la présence d’esprit d’accrocher les capes après la corde, le tout fixé après des pierres, afin d’empêcher un maximum d’eau de s’infiltrer dans leur minuscule grotte. C’était parfait, ça!

- Ta-dah! s’écria-t-elle presque joyeusement lors de son retour. Elle tendit quelques branches au guerrier pour qu’il termine sa besogne. Bonne chance. ajouta-t-elle avec un sourire moqueur.

Elle était consciente du défi devant le Rapace pour allumer un feu. Elle aurait bien voulu être déçue qu’il n’ait pas autant de misère qu’elle le pensait, mais elle était trop comblée par la chaleur qui émanait des flammes. Elle tendit les mains afin de se réchauffer. C’était la première bonne chose à se produire depuis que l’orage avait détruit leur embarcation. Maintenant, ils auraient enfin une chance de sécher et de retrouver un semblant de confort.

- Allez, Thor, repose-toi. dit-elle doucement. Elle tourna son regard vers lui, ne montrant aucune hostilité pour faire changement. Tu es davantage blessé que moi, alors je vais assurer le premier tour de garde. Hé, ho, vas donc te coucher et dors! Sa douceur s’était rapidement estompée au premier signe de refus. Ce qu’il était têtu, espèce de tête d’âne! Mon œil que tu vas rester debout toute la nuit! Couche-toi avant que je t’assomme! lança-t-elle en brandissant une longue branche dans la direction du second à son frère. Il sembla comprendre qu’il ne gagnerait pas cette dispute-là et s’étendit au sol.

Enfin seule avec ses pensées, la rouquine sorti la dague de sa ceinture et entreprit de couper les bouts qui dépassaient de son immense branche. Elle avait ramassé ce bâton avec un but précis en tête : le transformer en lance rudimentaire. Ça ne serait pas l’arme du siècle, certes, mais ça pouvait toujours dépanner. De toute façon, il n’était pas vraiment question de retourner auprès de la berge pour dénicher autre chose. Elle poussa un soupir. Son esprit retournait sans cesse au naufrage, ce qui la ramenait immanquablement au mariage forcé qui l’attendait à son retour dans son village natal. Son père serait furieux d’apprendre ce qui était arrivé! Elle ne doutait pas un instant qu’il chercherait à la marier à un idiot à l’autre bout des Terres gelées, ne serait-ce que pour ne plus jamais avoir à lui faire face. Pourquoi n’avait-elle pas fuit quand elle était encore au royaume d’Alombria? Ansgar avait prit la peine de l’avertir… mais non, il avait fallu qu’elle fasse sa tête dure… ce qui avait coûté la vie à de nombreux compatriotes, qui ne méritaient pas un tel sort. Les pensées de la jeune femme n’étaient qu’un cercle vicieux se répétant. Elle était incapable de chasser ses soucis, même pendant qu’elle taillait la pointe de sa lance. Elle n’eut pas plus de succès en durcissant ladite pointe par le feu, technique visant à rendre le bois plus robuste.

Tout à coup, elle entendit un bruissement à l’extérieur de leur abri. Immédiatement, elle se redressa, lance en main. Elle demeura immobile afin d’être certaine d’entendre le moindre bruit émanant de dehors. Il n’y avait, toutefois, que du silence. La pluie s’était enfin arrêtée… mais l’Oracle était mal à l’aise. Elle avait entendu quelque chose, elle en était persuadée! Elle devait sortir de la grotte pour en avoir le cœur net! Elle se leva, jetant un dernier regard à son compagnon, qui dormait déjà. Sa vision prit ensuite un moment à s’habituer à la pénombre. Un regard circulaire lui dit qu’il n’y avait rien… or, elle se trompait. Un puma l’assaillit brusquement par derrière, ce qui la fit chuter au sol. Elle grimaça sous l’impact. « Nom d’un chien! » Elle se mordit la lèvre inférieure afin de ne pas crier, alors qu’elle se faisait mordre l’épaule droite. Par elle ne sait quel miracle, elle parvint à se débattre suffisamment pour s’éloigner de quelques pas et ainsi faire face à la créature des montagnes. Ça ne lui servit pas à grand-chose puisque le félin lacéra profondément sa taille du côté gauche. Elle tenta de l’assommer, tandis qu’il essayait de la mordre au même endroit qu’il venait de griffer. « T… » fut la seule chose à sortir de sa bouche tandis qu’elle se faisait à nouveau plaquer au sol. Tout l’air de ses poumons sembla quitter son corps à cet instant. C’était qu’elle était lourde, cette bête!

Par chance, elle eut assez de réflexe pour placer la lance devant son visage, ce qui bloqua le puma. Ce dernier avait cherché à l’atteindre au visage, mais sa gueule n’avait trouvé qu’un bout de bois à mordre. Malheureusement, Idris ne savait pas pour combien de temps elle pourrait retenir l’animal. Elle était si engourdie de son voyage brutal en mer qu’elle n’avait plus grand force pour se défendre… et autant qu’elle avait pu souhaiter trouver sa mort plus tôt, voilà que son instinct de survie refusait de la laisser baisser les bras. « THOR! » réussit-elle enfin à crier. Or, le guerrier était déjà là. Sans doute avait-il entendu le vacarme venant des adversaires à l’extérieur de la grotte et, ayant remarqué l’absence de sa cadette, il avait tout de suite compris ce qui se passait. Il abattit sa hache sur le cou du félin, brisant sa colonne vertébrale par le fait-même. Cela permit à la rouquine de repousser la bête sur le côté et de se libérer.

Elle laissa à son compagnon le soin d’achever l’animal, question de reprendre un peu son souffle. Elle refusa ensuite son aide du revers de la main : elle était capable de se relever par elle-même. « Ce n’est pas… aussi… pire que ça en a l’air… » haleta le Renard. « Nous… devrions garder… le puma… pour le dépecer… Pour se nourrir… demain… » ajouta-t-elle. Elle ne fit pas de cas de sa nudité partielle, sa tunique étant en lambeaux pour la très grande majorité. Il faut dire que les Drakkhen ne sont pas très prudes pour commencer… De toute façon, le meilleur ami de son frère devait l’avoir vue toute nue des centaines de fois! Ils se connaissaient depuis des millénaires… même si, en réalité, c’était la première fois qu’elle dévoilait autant de sa peau depuis qu’elle n’était plus une gamine se baignant toute nue dans le premier lac qu’elle pouvait trouver. Bref, elle serra la mâchoire pour contenir sa douleur, évaluant le dommage que lui avait infligé la bête. Il lui resterait des cicatrices sur tout son côté gauche, de la poitrine jusqu’au bas de sa taille. Elle devait toutefois admettre qu’elle était soulagée de voir que la pointe de son sein avait été épargné. Elle avait quand même l’intention de s’en servir quand elle aurait des poupons, hein! « Hmph! Le vieux va avoir de la misère à me marier maintenant… » marmonna-t-elle tout bas, ne pensant pas que Thorvald pouvait l’entendre.

Elle voulut se retourner pour prendre les pattes de l’animal qui était de son côté, soit pour aider le meilleur ami de son frère à ramener le félin à l’intérieur de leur abri… mais elle dut s’arrêter un instant. Elle voyait double, là… Elle secoua la tête, comme si cette action replacerait sa vision, mais ça ne fonctionna pas du tout. Si ça se trouve, c’était encore pire! Elle se sentit soudainement la tête très légère. Elle réitéra qu’elle allait bien et que ses blessures étaient superficielles…

… Jusqu’à ce que tout devienne noir, alors qu’elle tombait face première au sol.

Elle ne reprit conscience que le lendemain matin, mais n’avait aucun souvenir de comment elle s’était rendue là. Elle tenta de s’appuyer sur son bras droit pour se relever convenablement, mais cria plutôt de douleur. « AH, LA VACHE! Putain que ça fait mal! » Elle retomba adossée contre la paroi de pierre, n’ayant pas été capable de se remettre complètement sur pieds. « Mais merde… ça brûle! » gémit-elle lorsque la sensation revint sur son flanc gauche. Évidemment, Thorvald ne tarda pas à revenir de l’extérieur, les mains ensanglantées. Les yeux de la rouquine s’ouvrirent grand, craignant le pire pour lui, jusqu’à ce qu’il lui explique qu’il était en train de dépecer le puma de la veille. « Ne me fais plus peur comme ça, sale buffle crotté! » cria-t-elle avant de se remettre à pleurer. Elle se souvenait, maintenant, des conditions qui l’avait menée à se retrouver où elle était. Elle n’osait même pas baisser le regard pour voir de quoi avait l’air ses blessures ce matin, ni même si son compatriote avait trouvé un moyen de lui faire des bandages avec le peu de ressources qu’ils avaient.

Furieuse, elle se cogna la tête contre la roche derrière elle. Le Norrois dut se jeter par terre pour l’empêcher de continuer, un peu comme ce fut le cas la veille. Ne pouvait-il pas comprendre à quel point elle s’en voulait qu’ils se retrouvent dans ce merdier!? Sanglotant de plus belle, elle se mit à baragouiner tout ce qui lui passait par la tête. « J’ai essayé de t’appeler… Je te jure, j’ai vraiment essayé! Mais il… Ça s’est passé trop vite! » Elle pleurait si fort qu’elle était sur le point d’hyperventiler.

En temps normal, elle se serait plaint… voire qu’elle aurait peut-être versé quelques larmes… mais elle n’aurait jamais été dans un si mauvais état. Seulement, ça faisait depuis son retour parmi les Norrois qu’elle refoulait toute la colère et la peine qu’elle ressentait depuis des années… surtout depuis la nouvelle que son père voulait la marier. Elle n’avait rien partagé de ses inquiétudes et, maintenant, c’était trop pour elle. La pauvre venait de se briser en mille morceaux. « Je suis tellement désolée, Thor… Tellement désolée… Je suis un boulet! Laisse-moi moisir ici, c’est tout ce que je mérite. Je vais juste te ralentir, de toute façon. » parvint-elle à articuler.

Elle tenta de le convaincre que ce serait plus rapide pour lui de progresser s’il était seul, surtout sous sa forme bestiale. Face à son refus catégorique, elle renchéra : « Tu ne dois pas ça à Ansgar, tu sais… Tu ne dois rien à personne, tu as assez donné. Allez, pars… » Clairement, le guerrier refusa encore de l’abandonner. « Tu es une sacré tête de mule, tu le savais!? Et de quoi, je suis mal placée pour parler!? » Et oui, malgré ses blessures, elle trouvait encore le moyen de s’indigner qu’on ose faire un commentaire sur son caractère de merde. « Écoute… je n’ai communiqué avec personne encore, je n’en ai pas la force. Tu n’as qu’à dire que j’ai péri avec tous les autres, personne ne t… » Elle ne put terminer sa phrase, le Rapace l’interrompant. Elle ne parviendrait jamais à le convaincre de partir sans elle. Il la trouvait folle de même considérer cette option. « Thorvald, dans mon état actuel, je peux à peine bouger… Ça va être atrocement pénible de marcher et on risque de passer le reste de nos vies à déambuler en forêt! » Bon, elle exagérait… or, il était vrai que sa mésaventure de la veille avait rallongé le temps qu’ils prendrait à retourner à leur village. « D’accord! Je ne moisirai pas ici, j’ai compris! Bordel, qu’allons-nous faire? » Ce n’était pas tant une question… plutôt qu’une marque d’exaspération.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thorvald
Guerrier(ère)


Messages : 21
Date d'inscription : 16/06/2016

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Sam 17 Sep - 23:25

Thorvald poussa un profond soupir. Elle allait cesser de le regarder comme cela? Il faisait déjà tout son possible pour rester droit et garder les yeux bien ouverts. Ce n'était pas nécessaire qu'elle rajoute de la pression de la sorte. Finalement, elle se saisit de son bras et le tira sur son épaule. Il eut un mouvement de recul, mais préféra ne pas s'obstiner. De toute façon, les paroles de la rouquine fusait déjà, réfutant toute protestation. Mais quelle caractère! Et dire que sa soeur était pareille! Une chance que Randie n'avait pas été là, il aurait vécu un sale calvaire. Il ne la remercia pas, de toute façon elle savait. Il se retint par contre de poser son poids sur elle, mais le simple fait qu'elle soit là l'aidait à garder son équilibre et à continuer.

Après près d'une heure et demi de marche, ils arrivèrent au pied de la montagne. Il était temps, car il se sentait commencer à tanguer, bien qu'il faisait son possible pour que rien n'y paraisse. Il avait marché sur un espèce de mode radar, se repérant à l'oeil, à moitié endormi, pataugeant dans la neige humide. Quand elle s'écria, il sursauta légèrement. Levant les yeux, il avisa l'endroit. Il hocha la tête. Il aurait préféré aller quérir le bois lui-même... mais bon. « D'accord. » fit-il, puisqu'elle se plaisait à lui dire quoi faire... ils entrèrent dans leur abri improvisé et il examina la parois, cherchant ce que cet abri avait à offrir. Il avait fait plusieurs excursions hors du village et était habitué de survivre dans cette nature aride.

Bien sûr, Idris n'avait pas eu un confort de princesse non plus, mais il se plaisait à l'idée de faire de son mieux pour lui en offrir. Va savoir d'où ça venait, elle n'était tout de même pas sa femme. Tout en récupérant des pierres pour faire un rond, il pensa à son avenir et à celui de la jeune femme. Il savait très bien qu'elle ne voudrait jamais de lui, mais il ne pouvait pas s'empêcher de sentir son coeur s'accélérer en sa présence, et son corps se précipité pour la sortir des nombreux pétrins dans lesquels elle se fourrait. En tant que second d'Ansgar, il lui était aisé de l'avoir à l'oeil, surtout que l'aîné lui refilait régulièrement cette tâche, n'ayant pas particulièrement envie de se frotter à elle lui-même.

Il jeta un oeil autour et, après un moment de réflexion, le grand Rapace se saisit de la corde qu'Idris avait récupéré plus tôt, ainsi que les deux capes, et fit une porte avec, ce qui couperait les courants d'air et les aiderait à sécher - eux autant que les capes. Il balaya finalement légèrement le sol de ses pieds, pour chasser les petites pierres qui pourraient les blesser en se couchant au sol, et les amena près du feu. La pierre était relativement sèche, et sécherait rapidement. Il avait pris les plus humides pour faire un rond extérieur, ce qui aiderait le feu à rester contenu là. La rouquine revint bientôt avec du bois et des branches. Elle semblait de meilleure humeur, et il lui sourit doucement.

Sous sa provocation, il lui jeta un sourire amusé et se pencha afin de frotter deux pierres l'une contre l'autre. Il y eut un peu de vapeur, puis asséché par les étincelles, une petite partie des branches prirent feu, ce qui se répandit rapidement. Cela avait prit un petit moment, mais il était patient. Il avait fait cela à de nombreuses reprises, et dans de pires conditions. Elle s'installa au sol, non loin de lui, et il l'observa tendre les mains, son visage était moins crispé. Il ne pouvait que s'attendrir de voir comment elle était forte et courageuse. Leur situation était assez critique. En fait, eux pas tant, mais plutôt LA situation. Des dizaines de leurs camarades avaient péri. Il soupira et se secoua. Valait mieux penser à autre chose pour l'instant, il aurait bien assez de temps pour faire son deuil dès qu'il les aurait sorti de là.

La renarde le somma de se reposer. Il fronça les sourcils et ouvrit la bouche pour protester, ce devant quoi son ton se durcit. Il serra les dents. Elle pensait réellement qu'elle pouvait lui dire quoi faire? Malheureusement, il était réellement trop épuisé pour se battre avec elle. Il soupira bruyamment et ronchonna « Ça se passera pas toujours comme ça... » à mi-voix tout en s'étendant sur le sol dur. Repliant son bras sous sa tête, il sentit comme ses paupières étaient lourdes. Tss, il n'allait quand même pas lui donner raison. Pas tout de suite en tout cas. Il observa la cadette Drakkhen alors qu'elle s'activait à tailler une branche. Le bruit régulier, le crépitement du feu, le bruit de la pluie qui allait en diminuant rapidement... ses paupières étaient lourdes, sa tête aussi. Il pouvait bien fermer les yeux une petite seconde. Juste une. Pour reposer ses yeux qui lui brûlaient. Ensuite il se relèverait. Il la vit vaguement se tourner vers le feu, puis ferma ses yeux. Juste une petite minute de plus... Et il sombra dans le sommeil.

Combien de temps avait-il dormi? Cinq minutes? Une heure? Trois jours? Les bruits sourds à l'extérieur l'extirpèrent de son sommeil qui n'était, au fond, pas encore bien profond. Il prit quelques secondes à réaliser qu'il ne rêvait pas, et quelques autres qu'Idris n'était pas là. Cette dernière constatation faite, il se redressa brusquement, ce qui lui provoqua un étourdissement qu'il ignora. S'appuyant contre le mur de pierre, il saisit son marteau de guerre, s'aida de son appuie et se leva pour se précipiter - à moitié débouler - à l'extérieur, au même moment où il entendit son nom. Il plissa ses yeux et avisa rapidement plus bas que la jeune femme était étendue sur le dos, les bras tendu avec sa branche de précédemment, que le Puma mordait sauvagement pour la briser afin d'atteindre sa proie.

Il grogna. « Sale bête! » fit-il avant de lui abattre son marteau sur le cou, dans un bruit de craquement dégoûtant. Il poussa la bête du pied et vérifia qu'elle était morte. Par précaution, il lui tordit le cou. Il se tourna ensuite vers elle et lui tendit la main à la rouquine pour l'aider à se lever, ce qu'elle refusa. Il évalua rapidement son état du regard. Son épaule droite saignait, ainsi que sa taille du côté opposé. Il fronça les sourcils. Il n'était pas contre l'idée de conserver la bête, mais pour ce qui était de refuser son aide. Il ne se souciait pas de l'état de ses vêtements, mais vraiment plus de la chair qui s'y montrait! Il secoua la tête en soupirant légèrement, alors qu'elle s'examinait. Elle lâcha un commentaire qui le fit écarquillé les yeux. La marier? Hein? Le chef voulait la marier?

Malgré lui, il sentit comme si un gouffre s'ouvrait sous ses pieds. Il avait toujours su qu'il n'avait aucun avenir avec elle, et pourtant, il avait tout de même, au fond de lui, ce petit espoir... Non, il ne pouvait pas. Jamais la cadette Drakkhen n'accepterait ce genre de chose! Son père devait le savoir! Elle tuerait son mari, si ce n'était physiquement, elle l'anéantirait mentalement, il n'avait aucune peine à le croire. À travers le voile qui s'était installé devant ses yeux, il la vit secouer la tête, mais pas naturellement. Plutôt comme il l'avait fait plus tôt. « Idris? » fit-il, inquiet. Elle marmonna que ça allait, mais il la vit bien pencher. Il voulut se précipité pour la retenir, mais ne fut pas assez rapide et elle s'étala au sol. Il grimaça, tout en se penchant sur elle.

La retournant sur le dos, Thorvald la déplaçait précautionneusement. Il plaça sa tête sur ses genoux et prit son visage entre ses mains. « Idris? Tu m'entends? Eh oh, sale gamine, ce n'est vraiment pas le moment... » Il soupira. Elle était molle comme une poupée. Il entreprit d'examiner plus attentivement ses blessures. Cela n'augurait rien de bon. Pourquoi Bryaan n'était pas venu? Ils avaient besoin de lui plus que jamais! Puis il réalisa la stupidité de cette pensée. Il aurait sans doute péri, et la perte n'en aurait été que plus grande. « Superficielles, mon cul. Une chance que c'est pas toi la guérisseuse... » marmonna-t-il en déchirant les lambeaux de sa tunique pour penser les blessures. De toute façon, ça ne lui servirait plus à rien. Il retira sa chemise et la lui mit par-dessus ce qui restait de ses vêtements.

Oui, il venait de voir ses seins. Non, cela ne lui faisait aucun effet. Il n'avait vraiment pas la tête à cela. Sur le dos à lui, il ne lui restait que son justaucorps, une sorte de camisole à raz le corps qui empêchait la sueur de couler sous sa chemise, imbibant plutôt le vêtement. Cela faisait drôle de la voir vêtu de son vêtement. Elle flottait dedans, cela lui faisait presque une robe. Il soupira en pensant à réaction le lendemain. Tant pis, il avait encore un moment pour réfléchir à sa défense, elle n'était pas prêt de se réveiller. Après avoir porter précautionneusement son précieux fardeau jusqu'à l'intérieur, et fait entrer le corps inerte du puma, il s'appuya le dos contre la paroi et posa la tête de la jeune femme sur ses jambes. Il sourit, en pensant qu'éveillée, elle aurait passer un commentaire sur l'odeur de ses pieds - qui somme toute ne sentait pas en ce moment, seule l'humidité de la grotte suintant.

Il se leva à un certain moment pour raviver le feu, puis revint s'installer près d'elle. Il s'endormit bientôt, d'un sommeil léger et agité, se réveillant au moindre bruit. Quand le jour pointa, il s'éveilla, un rayon passant entre les peaux et lui illuminant les paupières. Il cligna des yeux et prit quelques temps avant de se replacer dans l'espace. Il avait fini par s'étendre au sol et lui offrir son épaule comme oreiller. Il se dégagea doucement en baillant. Déposant avec toute la douceur du monde sa tête sur le sol, il se leva et s'étira de toute sa taille. Le mieux qu'il put du moins sans heurter les parois. Il jeta un oeil au puma, puis au feu.

Il raviva d'abord le feu, afin d'avoir un bon fond chaud quand il ferait cuire la viande, et alla même jusqu'à quérir du bois qu'il plaça au côté. Thor faisait son possible pour ne pas faire de bruit, et bougeait furtivement, voulant la laisser se reposer. Son visage était presque serein. Il attrapa le puma et le tira dehors pour le dépecer. Avec la hachette, ça allait plutôt bien. Il sortit les viscères, qu'il plaça tout près, et entreprit son travail. Les gestes, qu'il avait fait de nombreuses fois, revêtait une routine qui apaisa son esprit tourmenté. Du moins, jusqu'à ce que l'orage gronde à nouveau. Au non, pas dehors, mais dans la grotte. Idris s'était réveillée. Il frotta ses mains comme il put sur le sol et alla la retrouver.

En voyant son visage, le grand Rapace se sentit un peu mal pour elle. « C'est le puma, je suis en train de le découper. » Elle l'insulta. Normalement, il aurait sourit sous l'insulte, mais elle se mit à pleurer. Il resta bouche-bée. Qu'avait-il fait? Puis il comprit. C'était les événements de la veille qui lui retombait dessus, elle avait dû craindre pour lui en le voyant ensanglanté. Elle se cogna subitement la tête contre le rocher, il écarquilla les yeux. Il se jeta aussitôt sur elle pour la retenir. C'était devenu un tic ou quoi?! Il n'avait pas voulu l'entaché -surtout que c'était sa chemise à lui! (comme si elle était propre, tss.)- mais il n'avait pas vraiment eu le choix. Elle pleurait à nouveau, intensément, comme la veille. Il ne savait pas quoi faire.

Soudain, elle se mit à parler. Il lui sourit tristement. « C'est fini, je suis arrivé à temps, il est mort maintenant. » fit-il, voulant tant bien que mal la réconforter. Ses sanglots étaient si forts qu'il l'entendait à peine. Elle s'excusa. Il secoua la tête. « Bien sûr que non, c'est plutôt léger comme boulet... » son trait d'humour passa dans le vide, elle était sur sa lancée d'auto-dérision. Il soupira. « Jamais je ne te laisserai derrière, Idris. Tu m'entends? » Il plaça son index sous son menton pour relever sa tête. « C'est clair? » fit-il, le ton dur, le regard sérieux. Elle renifla, lui disant qu'il ne devait rien à Ansgar. Il fronça les sourcils. Assez donné? Tant qu'il était en vie, il continuerait! « Tu vois pas clair, Idris. Regardes-moi dans les yeux. J'ai l'air de quelqu'un qui s'en ira? »

Une tête de mule, lui? Il haussa un sourcil. « T'es un peu mal placée pour me dire ça! » Son indignation le soulagea un peu. Si elle avait la force de s'énerver, elle pourrait survivre à ses blessures. Il se détendit un peu, mais cela ne dura pas, il fronça à nouveau les sourcils. « Ça suffit! » laissa-t-il tomber durement. « T'es vraiment stupide, et complètement folle, de penser que je pourrais tout bonnement foutre le camp et te planter là. » Il haussa les épaules à sa réponse. Et puis quoi encore? Ça prendra une semaine, un mois, un an! Il s'en foutait, mais il ne la laisserait pas là. « Y'a rien à faire, je changerai pas d'avis. Tu vas venir avec moi, de gré ou de force. » Et c'était clair qu'il était sérieux. Elle ne saurait jamais se défendre contre lui - quoique... c'était Idris.

Elle céda, finalement. Il ne lui laissait pas vraiment le choix, de toute façon. Sa question ne semblait pas demander de réponse, mais il lui en donna une. Il avait eu le temps d'y penser. Il la relâcha lentement, s'assurant qu'elle ne reprenne pas son manège destructeur. Il se doutait que des informations techniques lui remonteraient un peu le moral, ou du moins lui changeraient les idées. « Dans deux jours, le village commencera à envoyer des éclaireurs à notre recherche, nous aurions dû arriver dans un peu moins de trente heures. Il y a des limites à ce qu'un délai peu occasionné. Quand ils verront l'état du navire, ils chercheront des survivants. Ils repêcheront tout le monde, j'en suis sûr, et ils verront bien qu'on manque à l'appel. Nous serons rendu déjà bien loin, mais ils finiront bien par passer au-dessus de nous, et à ce moment nous leur ferons signe. » C'était simple, et clair. Il présentait cela comme si ça allait être super facile. Il se voulait rassurant.

Le Grand rapace se releva. Ils étaient tous deux échevelés, les cheveux croûtés par le sang, la peau sale, pâle et marquée. Ils étaient dans de sale état, et il n'y avait pas un lac à la ronde, et pas question de retourner à la mer. Ils allaient devoir s'endurer. Il alla tourner les capes sur la corde, histoire de les faire sécher de l'autre côté. Il en aurait besoin, car il n'était pas très habillé en ce moment, sa peau était froide, bien qu'il n'avait pas froid. Sur ses bras musclés, on pouvait voir de nombreuses ecchymoses ainsi que des entailles. La jeune femme avait les même, en plus des blessures du puma. Tout en s'occupant des capes, il ajouta : « Peu importe le temps que nous mettrons à rentrer, nous rentrerons, et ensemble. » Il était catégorique, surtout sur le dernier point. S'il devait finir le trajet avec une renarde entre les serres, il le ferait, il la porterait au bout du monde, même les jambes cassées.

Il sortit, la laissant à ses réflexions. Sa dernière pensée l'avait rendu drôlement émotif et il ne voulait pas le montrer. Il retourna débiter la bête. La verbalisation de la jeune femme le fit sourire. Elle venait probablement seulement de réaliser ce qu'elle portait. Il revint avec deux bons morceaux de gigots qu'il plaça sur la pierre avant d'entreprendre de raviver et de faire monter le feu. Ils allaient faire fumer le reste de la viande pour la transporter, ils en auraient encore pour un bon deux heures avant de quitter, mais ils auraient de quoi manger pour les deux prochains jours s'ils faisaient attention.

Pendant la cuisson, Thorvald posa ses yeux clairs sur elle. Des yeux gris. Il n'osait pas engager le sujet, mais il était persuadé de l'avoir entendu parler de mariage. Ils allaient avoir un long bout de trajet à faire ensemble. Il garda donc le silence. Si elle voulait se confier, elle le ferait. Par contre, il trouva nécessaire de préciser quelque chose. « Tu sais, Idris, tu n'es pas seulement la petite soeur d'Ansgar. » Il avait baissé les yeux sur ce qu'il faisait. « À mes yeux, c'est difficile à détacher. » Il haussa les épaules. « Les guerriers du Kodiak sont une famille, toi inclue, évidemment. » Il soupira. « Ne me demande plus jamais de te laisser derrière. Je préfère mourir que d'annoncer à Ansgar, et à ton père, que j'étais trop faible pour nous deux. » Il secoua la tête. « Ce n'est pas une question d'orgueil, je préfères mourir que de savoir que je t'ai laisser derrière. » Comme n'importe quel autre guerrier de Kodiak, sans doute? Non, pas vraiment. Mais il n'allait certainement pas lui avouer qu'elle, plus qu'aucun autre, il ne supporterait pas de la perdre. Ils n'étaient pas sur le point de mourir, il n'avait nul besoin de lui faire cet aveu et de voir son regard désolé ou compatissant.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Lun 19 Sep - 19:56

« Inspirer par le nez… Expirer par la bouche… »

Voici le mantra que se répétait mentalement la rouquine dans le but de calmer sa respiration. Malheureusement, elle ne faisait que s’énerver davantage puisque la patience n’avait jamais été son point fort... Sans compter que ce truc bidon ne l’aidait en rien : elle pleurait encore comme une madeleine. Sa dispute avec Thorvald avait ajouté à son agacement initial et elle le fusillait du regard. On pouvait dire autant qu’on le voudrait que le Renard était butée comme pas deux, mais son compagnon du moment ne laissait pas non plus sa place. Pas moyen de le persuader qu’il était mieux parti sans avoir la cadette des Drakkhen dans les pattes! S’il avait été sudiste, fort probablement qu’il aurait fait partie de l’Ordre d’Alombria. Il avait de ces idées chevaleresques; il se serait fondu dans le lot comme du beurre dans un panier de petits pains.

- Ce n’est même pas juste… C’est clair comme de l’eau de roche que je n’ai pas la moindre chance dans mon état, pff! rouspéta-t-elle tout bas.

Mine de rien, le ton autoritaire du second des guerriers du kodiak avait suffi pour qu’elle se ferme la trappe… ou presque. Elle avait toujours bien lâché le morceau de se faire abandonner dans cette grotte miteuse, alors c’était une victoire en soi pour le plus âgé des deux. Idris se demandait parfois comment il faisait pour résister à l’envie de lui tordre le cou, tandis que sa propre famille arrivait à peine à la sentir pendant plus de cinq minutes consécutives. On devrait peut-être lui accorder un tatouage spécial pour sa patience hors du commun. Non, mais c’était quelque chose, quand même! Elle en connaissait plus d’un qui l’aurait relancée à la mer simplement pour avoir la paix… plutôt que de tout faire pour lui remonter le moral.

D’ailleurs, c’était impressionnant de constater à quel point il savait quoi dire pour la soulager et lui changer les idées. Des données techniques, c’est-à-dire un estimé du temps avant que du secours ne parte à leur recherche, étaient étrangement ce qu’il fallait à l’Oracle pour se tranquilliser. Elle ne pouvait, après tout, résister à l’envie de calculer mentalement ce que ça représentait pour eux et de vérifier s’il s’agissait de projections probables ou si c’était tiré par les cheveux. D’un autre côté, ça la rassurait de savoir qu’il y avait cette solidarité chez les Norrois… du moins, dans son clan. Il était vrai qu’on ne laissait jamais personne derrière. Le groupe se tenait les coudes, pour le meilleur et pour le pire. Elle devait s’accrocher à cet espoir même si, au fond d’elle-même, elle savait que de moins en moins de gens lui étendraient cette solidarité. Son père serait le premier à dire qu’elle serait mieux dans le fond de l’eau plutôt qu’à se montrer au village…

La jeune femme laissa son compagnon aller s’occuper des peaux et ne dit plus rien pendant un long moment. Elle avait replié ses jambes, et ce, malgré les élancements provoqués par ce geste. Elle n’était pas prête à se lever et à se déplacer. Elle avait ravivé son mal de tête en se cognant volontairement contre la paroi rocheuse, puis elle était relativement engourdie. Elle se permettait un moment de repos supplémentaire, même si c’était le comportement d’un lâche. Le Rapace n’aurait qu’à lui crier après si ça lui déplaisait, hein!

Parlant de lui… Il prononça quelques mots qui firent relever les sourcils et tourner la tête à Idris. Tenait-il à ce point à ce qu’elle retourne à la maison avec lui? Il était étrangement déterminé à ce qu’elle l’accompagne jusqu’au bout. Elle secoua faiblement la tête, ce devait seulement être à cause qu’il se sentait mal pour l’équipage qu’ils avaient perdu le jour précédent. Il était un leader naturel et devait ressentir le besoin de ramener ce qu’il restait de son troupeau au bercail. Il aurait agi de la même façon avec n’importe qui.

La magicienne baissa enfin la tête pour constater l’état de ses vêtements… et hurla en apercevant la chemise de Thorvald sur ses épaules. « Nom d’une belette, c’est quoi ça!? Elle tira sur le tissu du bout de ses doigts, n’étant pas ravie à l’idée de comment ça s’était rendu sur son dos. C’était qu’elle flottait, dans ce truc! Elle aurait facilement pu y entrer un double d’elle-même, tant c’était trop grand pour elle. Et il portait quoi, ce nigaud, si c’était elle qui avait sa chemise? Elle ne se rappelait pourtant pas qu’il ait été torse nu… Elle dut creuser dans sa mémoire une bonne minute avant de se remémorer ce justaucorps tout crasse qu’il portait en-dessous de tout le reste… en temps normal. « Par les Grands esprits, c’était vraiment nécessaire? » Elle jeta un coup d’œil à l’intérieur du collet, remarquant le bandage élémentaire que lui avait fait son compatriote. Ce n’était pas le travail du siècle, mais ça devrait faire l’affaire jusqu’à ce qu’ils trouvent mieux pour panser ses plaies. Par ailleurs, aucun des deux n’avait fière allure en ce moment. Ils étaient légèrement contraints par leur situation, disons…

Elle ignora le guerrier qui revint à l’intérieur avec de la viande, étant encore trop occupée par ce qu’il y avait en-dessous de sa chemise. Elle ne pouvait s’empêcher de se dire que son corps avait eu de plus beaux jours… Elle grogna. Ce sale chat ne l’avait pas manqué, en tout cas! Elle se ferait un point d’honneur de le déguster aussi lentement que possible pour se venger. Distraite, elle n’écouta que d’une oreille les propos de Thorvald.

- Je le sais, j’ai cinq frères et sœurs… répondit-elle du tac au tac. Ce ne fut qu’alors qu’elle croisa brièvement le regard d’acier du meilleur ami d’Ansgar et qu’elle y remarqua son sérieux. Il s’était à nouveau penché sur la cuisson de la viande, mais elle n’avait pas manqué l’éclat dans ses yeux. Peut-être aurait-elle dû l’écouter plus attentivement, finalement. En fait, je ne le demandais pas, je l’exigeais… mais tu ne voulais rien entendre. Bah oui, il fallait qu’elle trouve un moyen de l’enquiquiner. C’était dans sa nature de chercher le trouble… C’était pour un côté pratique. Ne pense pas un instant que mon père serait triste de me voir disparaître.

Elle ne pouvait en dire autant de son aîné; Ansgar tenait à tous les membres de sa famille, sauf sa détestable femme. En même temps, au nombre de fois où ils s’étaient pris le bec, il ne serait peut-être pas entièrement déçu d’avoir un peu de répit de sa sœur intraitable. Cependant, elle était convaincue de ce qu’elle disait à propos de son paternel. Ce dernier était loin de la tenir dans son cœur depuis quelques années. La rouquine soupira; elle préférait ne pas s’attarder sur ce vieil haïssable.

- Je pensais… débuta-t-elle, sans sarcasme, qu’une fois que nous serions plus en forme, il y aurait possiblement moyen d’accélérer nos déplacements. Elle jouait distraitement avec le col de la chemise, question de garder ses mains occupées. Quand j’aurai retrouvé des forces, et toi aussi hein, je pourrai me rapetisser et me cacher dans tes serres. En étant petite, ça ne serait rien pour toi de me transporter sous forme d’oiseau et nous serions capable de couvrir une plus grande distance au cours d’une journée que si nous le faisions à pieds. M’enfin, c’est juste une idée comme ça… On rentrerait plus vite au village…

Ce n’était pas elle le stratège du siècle, mais elle se disait que son raisonnement faisait du sens. « Plus vite… » souffla-t-elle, sa voix mourant sur ces deux mots. Voulait-elle vraiment se presser à retourner auprès des siens? Plus vite elle rentrait, plus vite elle se ferait catapulter elle ne savait où… Pourquoi ne pouvait-elle jamais se débarrasser de cette mélancolie qui l’habitait depuis qu’elle avait ouvert la missive d’Ansgar? Peu importe ce qui arrivait, elle retournait toujours à ces quelques mots lui annonçant qu’un mariage forcé était en tête de priorité pour leur géniteur, celui-ci étant mécontent des actions de sa cadette au cours des trois dernières années. Son frère avait vécu une situation similaire et il s’en était relativement bien sorti… mais elle était incapable d’accepter de subir le même sort. Toutefois, avec le naufrage, la donne avait changé. Ça paraîtrait affreusement mal qu’elle tienne tête à son père après avoir été la cause d’une aussi grande tragédie. Une dizaine d’hommes et de femmes avaient perdu la vie pour la ramener aux Terres gelées… Bon, elle et une bonne quantité de victuailles du sud, mais c’était un détail qu’elle ignorait avec brio.

- Thor… Elle déglutit. Ce que c’était inconfortable pour elle de prononcer les mots qui s’apprêtaient à sortir de sa bouche. Je voulais te dire merci… pour tout. Je veux dire, pour m’endurer comme un champion. Elle n’osait pas le regarder; il était hors de question qu’elle lise l’expression triomphante sur le visage du Rapace. Ce dernier devait savoir qu’il était mieux de garder le silence et la laisser finir ce qu’elle avait à dire… car au premier commentaire, elle exploserait comme elle le faisait toujours et les confidences seraient terminées à jamais. Ça fait du bien d’avoir quelqu’un de mon côté, tu sais… Je veux dire, qui ne me juge pas d’avoir complété ma formation à Alombria. C’est comme si tout le monde pensait que j’ai déserté; que je ne suis rien de mieux qu’un traître qui couche avec l’ennemi. Elle rit sèchement, levant enfin ses yeux turquoises pour croiser ceux de son camarade. Elle avait un sourire amer suspendu aux lèvres. Va savoir, ils pensent tous… Elle s’arrêta. Non, ce n’était pas vrai… pas lui aussi! Elle connaissait ce regard, celui qui croyait fermement qu’elle s’était envoyée en l’air avec son maître. Je n’ai jamais baisé avec lui, d’accord!? JAMAIS! Comme si j’écarterais les jambes pour un mec qui risque de se briser au premier gros coup de vent! J’ai quand même plus d’honneur que ça. Je te pensais différent des autres, mais tu es pareil! Elle sentit sa respiration s’accélérer dangereusement. Elle retombait dans sa panique à cent miles à l’heure. Elle se mit à trembler de rage. Une idée folle venait de s’insinuer dans son esprit et elle ne pouvait plus la chasser de là. Est-ce que c’est pour ça que tu t’es porté volontaire pour venir dans cette expédition!? Pour ça que tu ne tiens absolument pas à dire à Ansgar et mon père que tu n’as pu me ramener? Tu… Tu étais dans le coup aussi, hein!? Elle passa la main gauche dans sa tignasse rousse. Je savais qu’on me détestait, mais je te pensais au-dessus de ça… Ha! Quelle conne je suis, la vache! Ça va être qui, hein!? L’espèce de gringalet de douze ans du clan Nielsen? Par pitié, il était couvert de boutons la dernière fois que je l’ai vu et il n’était même pas encore dans sa puberté… Et il ne saurait même pas quoi faire de son… Merde! J’aurais dû foutre le camp quand j’ai reçu la lettre d’Ansgar plutôt que de me jeter dans la gueule du loup… Je suis sensée me défendre comment maintenant, hein, avec la mort de tout un équipage qui me pend au-dessus de la tête!?

Elle couvrit ses yeux; elle devait trouver un moyen de se sauver de Thorvald et ainsi disparaître. D’un autre côté, elle en était incapable… Elle n’était pas mieux que lui sur ce point, elle ne se le pardonnerait pas si elle n’avait pas la preuve tangible qu’il était retourné au bercail sain et sauf. Elle se remit à pleurer, n’étant pas en mesure de trouver d’alternative satisfaisante à son dilemme.

- Je ne veux pas devenir une autre Tilda…. pleurnicha-t-elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thorvald
Guerrier(ère)


Messages : 21
Date d'inscription : 16/06/2016

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Ven 23 Sep - 19:26

Thorvald soupira. Elle ne comprenait pas, de toute évidence, là où il voulait en venir. Elle cherchait plutôt à le faire réagir, ce dont il s'abstint. Il ne croyait pas que son père serait heureux de la savoir disparu. Même si tous les deux ne s'entendaient pas très bien, il était sûr qu'à quelque part, il vouait un profond attachement à sa cadette. Tout comme il aimait sans doute Ansgar, mais lui a imposé cette incroyable punition; le mariage. En même temps, c'était à se demander si c'était réellement de l'amour paternel, de se servir de ses enfants pour créer des liens. Pour sa part, il ne ferait jamais un telle chose. Bon, il n'était pas chef de clan, mais s'il l'était... il veillerait à cela, sûrement.

Il continua ce qu'il faisait, plonger dans ses pensées, jusqu'à ce qu'elle reprenne la parole, sur un ton différent. Il lui jeta un regard. Elle semblait sérieuse, et peu... nerveuse? Elle jouait avec le col de sa chemise d'une drôle de façon. Malgré lui, il ne put s'empêcher de trouver fort attirant qu'elle porte sa chemise... mais ce n'était pas le genre de pensées à avoir. Elle émit une possibilité à laquelle il avait déjà penser. Mais il n'en avait pas parler. Au fond de lui, il espérait éterniser ce périple, le plus possible... Si elle devait réellement se marier, il ferait en sorte de ralentir le moment. Peut-être son père changerait-il d'avis? Peut-être pourrait-il... en fait il ne pouvait pas faire grand chose. Idris préférerait sans doute l'élu choisi par son père que de le prendre lui pour époux.

Il haussa les épaules. « Nous verrons rendu là. » fit-il platement, sans entendre ce qu'elle avait dit à voix basse. Elle prononça son surnom, et il lui jeta un bref regard. Elle semblait à nouveau vouloir dire quelque chose de plus... personnel? Du moins, qui ne soit ni sarcastique, ni provocateur. Elle le remerciait... pour l'endurer? Il haussa un sourcil en lui jetant un bref regard, elle ne le regardait pas. Elle n'était pas si terrible que cela. Il lui arrivait même, un peu trop souvent, d'apprécier sa présence, aussi irritante puisse-t-elle être. Malgré lui, il ne pouvait s'empêcher de se sentir attendri devant cet effort incroyable qu'elle semblait déployer pour le lui avouer.

Gardant le silence, sentant qu'elle avait besoin d'en dire plus, il tourna lentement la viande et patienta. Ce ne fut pas long, elle avoua qu'elle se sentait rejeté depuis son retour, pas dans ces mots, mais c'était le même principe. Aux derniers par contre, il eut une hésitation, qui transparut sur son visage, à son plus grand damne. Il leva des yeux coupables sur elle, et elle le vit. Elle s'interrompit rapidement et il devina, à son air, qu'elle avait saisit qu'il pensait la même chose. En fait, il ne le pensait pas vraiment, il le redoutait plutôt. Il n'arrêtait de se répéter que ce n'était pas possible, mais la jeune femme était si séduisante... comment ne pas céder?

Elle s'emporta, et il déglutit, constatant son erreur. Il hocha la tête prudemment. « Je te cr... » mais elle ne l'écoutait pas, complètement dans sa lancée. Quand elle lui dit qu'elle le pensait différent, il tiqua, et baissa la tête. Était-il comme eux tous? Il ne l'avait jamais vraiment cru... mais les rumeurs... il n'avait pu que s'en inquiéter... il inspira profondément, se maudissant d'avoir été transparent. Mais elle n'avait pas fini, pas du tout! Elle se mit à déblatérer de ces insanités, il cligna des yeux et leva un regard étonné sur elle? Hein? Dans... le coup? Il fronça les sourcils. De quoi parlait-elle?

La détester? Absolument pas! « Idris, je... » mais elle ne lui laissa pas en placer une. Qui, de quoi? Quelle lettre d'Ansgar? Il ne comprenait pas... se défendre de quoi? La mort de l'équipage au-dessus de sa tête...? « Mais tu... » Il s’interrompit, prit au dépourvu par son attitude. Un instant elle allait bien, après elle le taquinait, elle se confessait, et maintenant elle tremblait de colère... il savait que les femmes avaient leur côté explosif et irrationnel, mais là, c'était quelque chose! Elle l'accusait de... de quoi au juste? Il était complètement pris au dépourvu, ne sachant comment réagit. Elle pleurait là! Mais pourquoi? Elle était triste ou en colère? N'était-elle pas sereine l'instant d'avant? C'était à devenir fou!

Tilda? Pourquoi... soudain il comprit. Le mariage, elle parlait du mariage! N'avait-elle pas préciser que son père voulait la marier, sans penser qu'il l'entendait? La lumière se fit dans son esprit, mais seulement sur cela. En quoi était-il lié à cela? Comment pourrait-il être dans le coup? Elle le lui avait appris! Il soupira. Bon, que faisait-il de tout cela maintenant? Le mieux était sans doute de lui expliquer calmement? Lui expliquer quoi? Ses sentiments? Ce serait terriblement déplacé. Il cherchait ses mots, tout en la regardant et se sentit complètement impuissant et désolé. Il soupira encore et tisonna le feu avec une branche tenue par sa deuxième main, en regardant les flammes.

Sur un ton bourru, qui allait avec la tête qu'il affichait maintenant, le guerrier prit la parole. « Tu devrais arrêter de tirer des conclusions hâtives... Laisse-moi finir, Idris. » Il ajouta les derniers mots d'un ton sec car elle avait l'air de vouloir ouvrir la bouche. « Oui, j'avoue, j'y ai pensé. Pour le fait que tu aies pu avoir un amant, là-bas. C'était dur de ne pas y penser, tout le monde en parlait, et je ne suis pas aveugle, Idris. Tu n'es pas un boulet, tu n'es pas vulgaire, il aurait été normal qu'il ait voulu te séduire. J'ignore comment a été ton apprentissage, je ne sais pas ce qu'il s'est passé, je sais juste ce que tu as dis, ce qui est assez inutile, puisque tu ne me parles pas. » Il balaya l'air de la main en continuant de regarder le feu et poursuivit sur le même ton.

« Je sais, je ne suis pas ton ami, je ne suis que le second de ton frère, mais je te connais depuis tellement longtemps, que j'avais du mal à le croire. Le doute, tu sais, était tout de même présent. Sans doute que c'est parce que... » parce qu'il craignait de la perdre, qu'elle tombe amoureuse... Il soupira. « Laisses-moi terminer. » ajouta-t-il à nouveau, avant qu'elle ne l'interrompe. « Je n'ai compris ton allusion que parce que, avant de t'évanouir hier soir, tu as parlé de mariage. Je l'ai appris comme cela, Ansgar ne m'en a pas parlé, personne ne m'en a parlé. Et jamais je n'aurais pu... » participer à ce qui l'éloignerait de lui à tout jamais. Il serra la mâchoire et se concentra sur ce qu'il faisait, même s'il y faisait plus ou moins attention.

Il plaça finalement le morceau de viande à côté, il était bien assez cuit, en plaça un autre, tout en parlant. Demeurer occupé l'aidait à rester calme. « Je ne suis pas d'accord avec cette méthode. Je ne vois que trop bien comment ton frère souffre de cette situation, ce serait mesquin de te souhaiter pareil destin. Arrêtes de penser que tout le monde te déteste. Ce n'est pas le cas. Si tu sortais la tête de ta bulle, tu le verrais peut-être... » termina-t-il sur un ton plus que morose. Il ne la regarda pas, se doutant que ces dernières paroles allaient provoquer un flot d'insulte. D'ailleurs, puisque ça tardait à venir, il leva ses yeux sur elle. Ne sachant comment interprété cela, il baissa les yeux, plus bourrus que jamais, et marmonna : « C'est bon, je me la ferme. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Dim 25 Sep - 17:29

Il y avait trop de choses qui se bousculaient dans son esprit; elle ne savait plus où donner de la tête! Elle était en train de virer folle à essayer de jongler tous ses problèmes en même temps. Elle ne pouvait plus s’en sauver; or, elle était complètement perdue quant à ce qu’elle devait faire. Ce n’était pas que le merdier d’être une adulte. La vie était tellement plus simple et plus agréable quand elle n’était qu’une gamine n’ayant rien de mieux à faire de de jouer de sales tours à tout le monde. Voilà que le traître voulait se mêler de ses affaires encore! Elle n’avait pas la tête à ça.

Elle ouvrit la bouche pour lui dire de se la fermer, mais ce fut plutôt elle qui se fit ordonner de la boucler. Elle fusilla donc le second des guerriers du kodiak du regard. Non seulement elle n’appréciait pas son ton, mais ses mots ne faisaient que tourner le poignard dans la plaie de son cœur. Elle n’aimait pas savoir qu’elle était l’entretien de la ville. Les Norrois n’avaient-ils rien eu de mieux à faire au cours des trois dernières années que de parler dans son dos? « Pourquoi est-ce que ça aurait été normal? Parce que je suis une femme et tous les hommes des porcs? » Elle manquait un peu de conviction dans son reproche, surtout qu’elle renifla dès qu’elle eut terminé de parler.

Le guerrier ne semblait pas avoir terminé de s’expliquer, faisant valoir l’incertitude qu’il avait eu face aux rumeurs. Pendant une fraction de seconde, Idris se demanda pourquoi c’était elle qu’on soupçonnait d’avoir une affaire quand c’était plutôt son frère qui avait une relation intime avec une sudiste… et en-dehors des liens sacrés du mariage, de surcroit! La jeune femme voulut interjecter, mais on ne lui en laissa pas la chance. Putain, c’est comme s’il avait un sixième sens pour savoir quand elle voulait dire quelque chose, sale gosse!

Ensuite, toute couleur disparut du visage déjà pâle du Renard. Elle était tellement épuisée la veille qu’elle n’avait pas porté attention à son ton de voix et n’avait pu retenir le commentaire sur le jugement que son père aurait de ses cicatrices… Et si elle comprenait bien, Thorvald n’aurait jamais su qu’elle était à être mariée dès son retour si ce n’était de sa grande gueule!? Elle devait apprendre à se la fermer, un de ces jours… sérieusement. D’autant plus qu’elle venait sans doute de se mettre à dos l’une des rares personnes qui n’avait pas eu de jugement à son égard, ce qui n’était pas d’avance considérant qu’ils étaient pris l’un avec l’autre pour survivre jusqu’à leur village.

Elle dévisagea son compatriote, ne sachant trop comment réagir face aux propos qu’il venait de tenir. Elle aurait pu lui lancer toute une série de jurons et d’insultes, mais… elle n’en voyait pas le point. Elle était trop anéantie de l’intérieur pour en avoir le cœur. Alors, elle pleura silencieusement en constatant le manque d’éclat dans les yeux gris du Grand rapace. Elle ne s’était pas attendue à lui inspirer autant de tristesse. À vrai dire, elle ne pensait pas atteindre la limite de sa patience un jour. Elle l’avait mal jugé sur toute la ligne, il fallait croire.

- Parle plus d’un septième frère Drakkhen! fit-elle dans une tentative de lui remonter un peu le moral. Ce n’était pas tant vrai qu’il n’était pas son ami… Comme il l’avait si bien dit, ils se connaissaient depuis si longtemps qu’il ne pouvait n’être rien pour elle. Ansgar ou pas, il avait son respect pour tous les actes de bravoure qu’il avait réalisés au cours des ans. Cependant, il ne semblait pas du tout avoir apprécié de se faire appeler un de ses frères… ce qui était pourtant un compliment, aux yeux de l’Oracle. Je suis désolée… fut la première chose à lui traverser l’esprit quand le Norrois baissa la tête. Elle prit une grande inspiration, malgré les sanglots, et se dit qu’elle lui devait de vider son sac… Clairement et entièrement, question qu’il saisisse ce qu’elle disait et pourquoi elle agissait comme elle le faisait depuis qu’elle était revenue d’Alombria. J’ai tellement de cossins qui me tourmentent… tellement d’émotions en même temps que je ne sais plus où donner de la tête. Mon père me fait chier royalement avec son mariage imposé, parce que je suis une « fille ingrate qui lui fait honte ». Ça me fait enrager juste d’y penser… Je ne veux pas être un pion dans ses plans de merde. Je veux marier un guerrier qui s’est prouvé au combat, un homme viril qui sait se tenir et qui n’est pas une mauviette, tu sais? Un gars comme toi, tu vois ce que je veux dire? En même temps, je me sens mal de ne pas avoir été au chevet de ce vieil haïssable quand il était malade… Je me dis que je mérite probablement son courroux. J’ai honte parce que j’ai voulu disparaître dans le Sud pour éviter ses arrangements à la con… mais je voulais lui faire ravaler ses paroles et lui tenir tête… Lui faire savoir qu’il ne pourrait pas faire ce qu’il veut de moi, que je vais prendre mes propres décisions… Mais maintenant, je m’en veux… Si j’avais obéis à Ansgar il y a trois ans et étais restée aux Terres Gelées, rien de tous les malheurs que j’ai causés ne seraient arrivés. Notre équipage n’aurait pas été en mer au moment où l’orage a frappé. Il serait encore en vie et… et… et tu ne te serais pas retrouvé blessé au milieu de tout ça, tu sais? Je ne sais plus si je dois pleurer, crier, me cogner la tête partout ou aller me jeter dans la mer… ou toutes ces choses en même temps.

La rouquine essuya sommairement ses larmes et murmura un : « Je vais me reposer encore un peu… » d’une voix un peu rauque. Elle voulut se coucher sur le côté, de façon à ne pas voir Thorvald, mais elle sacra sous la douleur vive provoquée par son épaule droite. Elle l’avait oublié pendant une minute, celle-là! Elle peina à trouver une position confortable, mais s’efforça de fermer l’œil pour donner un moment de paix à son compagnon. Le pauvre en avait besoin!

À son réveil, le Renard se sentait d’attaque pour le voyage à venir. Elle demanda à Thorvald de l’aider à se relever, car elle avait encore mal à son flanc. « Oh, allez, je ne te demande pas la lune, à ce que je sache! » rétorqua-t-elle face à son hésitation. Il n’avait qu’à glisser ses bras sous les épaules de sa compagne et la soulever; c’était simple comme bonjour. Une fois la chose faite, elle lui tapota le dos et se dirigea à l’extérieur. Elle s’affaira à descendre les capes de la corde, en transformant une en baluchon pour la viande qu’ils devaient traîner pour leur survie. Elle en grignota d’ailleurs un morceau, que le Rapace avait pratiquement forcé dans sa bouche sous prétexte qu’elle devait se nourrir avant de partir. Elle lui avait tiré la langue en guise de représailles, avant de se remettre aux préparatifs en vue de leur départ. Elle faisait des efforts surhumains pour ne pas être aussi pénible à endurer qu’elle l’avait été jusqu’alors. Autant bien montrer ne serait-ce qu’à une seule personne dans ce monde qu’elle n’était pas toujours haïssable et qu’elle était capable de prendre les sentiments des autres en considération.

Le duo se lança à l’aventure environ trois quarts d’heure après que la magicienne se soit réveillée. Celle-ci prenait appui sur sa lance improvisée pour éviter de glisser sur la neige, qui était encore un peu humide de la veille. Elle garda le silence, l’ambiance entre elle et le guerrier étant plutôt lourde. Ce qui s’était passé dans l’abri semblait avoir changé la relation qu’ils avaient toujours eue… et ce n’était pas nécessairement pour le mieux. C’était comme si ni un, ni l’autre ne savait de quelle façon agir en la présence de l’autre, désormais. Certaines vérités étaient bel et bien mieux non dites en bout de ligne…

Au bout de quelques heures, Idris n’en pouvait plus du silence. C’était pire d’avoir quelqu’un avec elle s’ils ne pouvaient même pas se regarder dans le blanc des yeux comme le feraient n’importe quels Norrois! « Alors, pourquoi n’es-tu pas encore marié? Un grand gaillard comme toi, à la bonne réputation dans la couche, ça ne devrait pas être trop dur de te trouver une gonzesse, non? Ah! Laisse-moi deviner : c’est parce que tu es un homme li… » Et elle fonça directement dans un tas de muscles, de barbe et de crasse. Elle faillit échapper sa lance, mais la rattrapa de sa main gauche après quelques acrobaties de ses bras. Hé, ho, c’est quoi ton…

Elle se tut, comprenant le signe de main que lui faisait Thorvald. Elle déposa une main sur son bras, se penchant sur le côté pour voir ce qui l’avait poussé à arrêter net. Elle dut baisser le regard au sol pour savoir de quoi il retournait. Il y avait des empreintes et s’il y avait une chose qu’elle avait apprise en côtoyant Ansgar sous la forme de son totem protecteur, c’était que ces empreintes appartenaient à un ours. « Bordel… » jura-t-elle tout bas. Ce n’était pas le pire : il y avait de plus petites traces près des grosses. Une mère et ses petits rodaient dans le coin.

Elle se raidit et tomba instinctivement en mode survie. Ses yeux parcoururent la forêt qui se trouvait autour d’eux, en quête du moindre danger dans les parages. Elle ne vit pas la tanière des bêtes, ce qui était déjà ça. Elle ne manqua cependant pas de voir l’énorme tache noire plus loin. Elle tapota le bras du Rapace et pointa du doigt en direction de l’ours et de ses deux petits. Ils s’étaient immobilisés, sans doute alertés par le commérage de l’Oracle. (Bah ouais, sa grande gueule les avait encore mis dans le trouble… pour faire changement.) Le cœur se serrant, elle tapota à nouveau sur le bras du meilleur ami à son frère et lui indiqua du doigt qu’ils avaient un autre problème : un des oursons était près d’eux. La mère devait les surveiller parce qu’elle avait peur pour sa progéniture.

Le côté protecteur du guerrier reprit le dessus, car il poussa sa cadette sur la hanche pour qu’elle se glisse derrière lui. Elle ne se fit pas prier : il était redevenu le second des guerriers du kodiak et elle, elle était son soldat. Elle calquait son comportement sur le sien, ne détournant jamais le regard de l’ours adulte à une dizaine de mètres d’eux. Elle put également sentir son souffle chaud revenir sur son visage après avoir buté dans le cou du Norrois. Elle était si près qu’il y avait moins d’un centimètre entre elle et l’homme. Lentement, très lentement, elle transféra sa lance dans sa main droite et rapprocha cette dernière de la main du Rapace.

**[Thorvald] Je vais suivre ton exemple. Si tu veux que je lance mon arme, je peux faire le tir, même avec ma blessure… Ou si tu as un autre plan, je te suis.**
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thorvald
Guerrier(ère)


Messages : 21
Date d'inscription : 16/06/2016

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Dim 25 Sep - 20:01

Un septième frère Drakkhen. Ben ouais, pourquoi pas. Il devrait se sentir flatté, peut-être? Elle s'excusa, semblant saisir que Thorvald n'aimait pas l'idée, et il préféra ne pas soutenir son regard pour qu'elle y voit ce qui s'y trouvait réellement. Il était blessé, blessé oui, d'être considéré comme un frère par celle qu'il aimait. Elle sembla diminuer ses pleures et il du se faire puissance pour ne pas céder et la serrer contre lui pour lui prêter son épaule. Ce n'était pas le moment, et ce serait déplacé. Et puis... il ne voulait pas être un frère.

Malgré tout, son intervention sembla ramener l'état de confidence de la jeune femme - sérieux, c'était complètement fou tout ça - car elle reprit la parole. Bon, au moins là, il comprenait pourquoi elle semblait... euhm... instable? Si elle avait tant de choses dans sa tête. Le passage du mariage le fit raidir, puis le rendit mal à l'aise. Un guerrier... comme lui? Il appréciait la description et ne savait pas trop comment prendre le commentaire. Ce n'était pas une façon de lui montrer un intérêt quelconque, puisqu'elle venait de l'appeler « septième frère Drakkhen » et pourtant, il servait de référence sur son idéal masculin. Il hésitait entre se gonfler d'espoir - ou de désespoir.

Ça ne pouvait pas être pour la maladie que son père lui en voulait, Bryaan n'était pas revenu non plus - et pourtant il était guérisseur - et le père ne l'avait pas marié de force... ça avait probablement plus un lien avec cette histoire d'alombrien... Malgré tout, il ne voyait pas quels étaient « tous ces malheurs » dans elle parlait. À part rendre la moitié de la garnison folle à endurer ses disputes avec son frère, et l'autre moitié amusée... qu'avait-elle fait de si malheureux? Elle avait été absente la moitié du temps! Elle leur avait fichu la frousse oui, ils étaient morts d'inquiétude, il s'était, lui-même, rongeait les sangs. Mais là, elle était là. Elle était en vie.

Il secoua la tête. Elle n'était absolument pas responsable du naufrage, c'était ridicule. Il sourit un peu devant la fin de son discours. Sans doute la réponse était « toutes ces réponses » mais il préférait la voir devant lui, idéalement en un morceau, et bien vivante. Il hocha la tête. « Ça te fera sans doute du bien. » marmonna-t-il. Il leva les yeux sur elle sous la pluie du jurons et eut un air amusé alors qu'elle gigotait pour réussir à trouver quelque chose de relativement confortable. Et dire qu'il l'avait eu dans les bras la nuit dernière et qu'elle ne le savait même pas... valait mieux ne pas réitérer cela. Survivre à cette expédition serait tout un défi s'il se retrouvait défiguré par-dessus le reste.

Quoiqu'avec la belle marque qu'il avait dans le front... il y porta la main. Les événements commençaient à devenir un peu flou concernant le naufrage, et il se doutait que ce soit du au choc qu'il avait reçut sur la tête. Il savait, pour l'avoir vu sur d'autres, que plusieurs choses étaient oubliées après coup. Hum. Il était persuadé qu'il n'oublierait pas qu'elle l'avait embrassé. Même si ce n'était pas sensuel ou amoureux, c'était un geste qui démontrait son affection et qui réclamait réconfort. Il pourrait lui en donner tant qu'elle voulait de ce réconfort là... il se secoua. Demeurer près d'elle, dans un état d'esprit aussi peu retenu allait être difficile. Thor sentait son taux d'inhibition bien plus bas qu'habituellement et soupçonnait une commotion cérébrale. Bah, il survivrait.

Alors qu'elle s'endormait lentement, il entreprit de terminer sa besogne avec la viande, et de manger, en même temps. Ce n'était pas fameux comme goût, mais c'était mieux que rien. On ne mangeait pas du puma tous les jours. Malgré lui, il lui jetait de fréquents regards, elle semblait avoir un sommeil perturbé. Comme il mourrait d'envie de se glisser contre elle pour lui fournir chaleur et réconfort... BON! On se secoue! Il se leva et sortit de la grotte pour se frotter le visage vigoureusement avec de la neige. Il avait la tête en flotte! Il divaguait! Normalement il contenait ce genre de pensées. Certes, il n'avait pas connu de femmes depuis un moment, avec les expéditions, les préparatifs, le tour de bateau... et Idris.

Le guerrier inspira profondément et alla terminé sa besogne. Quand ce fut fait, il entreprit de disposer ce qui restait de sortes à ce que de futurs prédateurs s'en empare, mais loin de lui. En revenant à l'intérieur, après s'être nettoyé dans la neige pour efface le sang, il la vit s'éveiller et resta immobile, mal à l'aise, ne sachant que faire. Elle semblait avoir du mal à se lever, et lui quémanda de l'aide. Il hésita. Sentant qu'elle commençait à s'énerver, et avant de recevoir une flopée d'insultes, il s'activa. Elle était si frêle dans ses bras! Elle ne lui passa pas plus de commentaires, à sa grande surprise, et sortit. Incrédule, il regarda son dos. Ah... bon. Tant mieux, non?

Il l'observa alors qu'elle s'afférait et se secoua pour se mettre à récupérer ses effets dans leur abri de fortune. Si elle le voyait à rien faire, elle lui chaufferait probablement les oreilles. À un moment, il s'arrêta, sourit, et prit un moment pour se moquer de lui-même. Depuis quand il s'inquiétait de se faire chauffer les oreilles par une jeune femme? Elle avait le don de lui mettre la pression, de l'exaspéré, et de l'attendrir, presque simultanément! Revenant vers elle pour placer de la nourriture dans la cape, il avisa qu'elle n'en prenait pas. « Il faut que tu manges, Idris. » Elle réagit plus ou moins. Il prit un morceau de viande, qu'il lui plaça dans la main. « On ne part pas, si tu manges pas. » Comme elle ne semblait pas enclinte à se nourrir, il fronça les sourcils, prit sa main et la plaça devant sa bouche. « M'oblige pas à te forcer. » fit-il sur un ton menaçant.

Il s'attendait de nouveau à des invectives, mais elle lui tira plutôt la langue. Il marqua un temps d'arrêt. Couvait-elle quelque chose? Les coups répétés à la tête sans doute... ou regrettait-elle de lui avoir parler? Son attitude n'était pourtant pas distance, ce ne devait pas être ça. Limite, elle était plus... amicale. Il lui jeta un regard amusé. Voulait-elle se faire pardonner de l'avoir engueuler pour aucune raison? Après avoir terminé leurs préparatifs - et qu'il se soit éloigné pour faire sa petite affaire - ils prirent enfin la route. Il eut un pincement au coeur, sachant qu'il abandonnait derrière lui le corps de plusieurs de ses soldats, et que leurs familles ne pourraient jamais les enterrer dignement près de leurs ancêtres. Il inspira profondément.

Si Idris se sentait coupable, il ne se sentait pas moins coupable lui-même. Il aurait du être en haut, avec sa vue perçante, il aurait peut-être pu percer la mer, voir qu'ils se dirigeaient vers l'anarchie, réagir ou... ou... et si... s'il avait... tellement de choses qui se bousculaient dans sa tête et qui ternissaient son humeur. D'ailleurs tout à ses pensées, il ne vit pas le temps s'écouler, tournant le tout dans tous les sens, trouvant mille et unes façon dont il aurait pu éviter cette tragédie. Et, surtout, éviter ces blessures à la renarde. Il ne réalisa même pas qu'il plombait l'ambiance entre eux, et que cela la rendait mal à l'aise.

La voix d'Idris le sortit de ses pensées et le Rapace fronça les sourcils en lui jetant un regard de biais. C'était parce qu'elle pensait à son propre mariage qu'elle le lui demandait? Depuis quand était-elle intéressée à sa vie amoureuse? Elle connaissait sa réputation dans la... il se frotta l'arrière de la nuque, un peu gêné par cette éventualité, mais ne releva pas. Elle n'avait pas à savoir qu'il aurait préféré que ça ne se discute pas jusqu'à ses oreilles. Les femmes étant ce qu'elles sont... il était effectivement un bon parti. Second des guerriers du Kodiak, fier guerrier, menant ses troupes d'une main ferme, bon stratège. Et... bonne réputation au lit. Il regarda ses pieds en soupirant et vit... il s'arrêta net.

Elle lui fonça dedans, de plein fouet. Il garda le silence, observant le sol. Il y en avait plusieurs. Des traces, des empruntes d'ours. Si ce n'était du sérieux de la situation, il aurait sourit sous l'indignation qu'elle manifesta. Va savoir pourquoi, il préférait la voir sur ses grands chevaux plutôt que de lui parler de sa vie amoureuse. D'un autre côté, qu'allait-elle lui dire avant de lui foncer dedans? Il était un homme... quoi? Il lui montra le sol plutôt. Elle posa une main légère sur son bras. Il hocha la tête lorsqu'elle jura. « Les traces ont l'air fraîches, ils ne doivent pas être loin... » Il parcourut le paysage de son regard perçant, commençant par leurs arrières, il n'avait pas envie d'être entre la mère et les petits.

Finalement ce fut, la cadette Drakkhen qui les vit, il tourna la tête et avisa aussitôt la mère et les deux oursons qui les observaient. Il tenta d'évaluer son attitude, pour l'instant, elle était immobile, ce qui était bon signe en quelques sortes. Il secoua son bras sous les doigts d'Idris qui réclamait encore son attention, il ne voulait pas quitter la mère des yeux, mais du bien se tourner sous son insistance. Il vit aussitôt le troisième ourson à deux mètres devant, dans une sorte de renfoncement léger, ce qui l'avait masqué à leurs yeux précédemment. Lentement, il plaça son bras devant elle et la poussa derrière lui. Elle était déjà suffisamment blessée, si l'ourse décidait de charger, il interviendrait.

Ramenant son attention sur la mère, il surveilla le moindre geste. L'ourson semblait figé, ce qui n'était pas pour l'aider. N'allait-il pas rejoindre sa mère? Bon sang! Le souffle d'Idris dans son dos qui regardait par-dessus son épaule le faisait frisonner, mais il tenta de ne pas y faire attention. Elle ne pouvait pas reculer, un peu? Il sentit le mouvement et tourna légèrement la tête pour jeter un oeil rapide vers la rouquine. Il entendit sa voix dans sa tête, et se remémora que c'était sans doute ainsi qu'elle avait voulu rejoindre l'équipage... mais l'ourse, les ours. C'était leur priorité. Il secoua lentement, et discrètement, la tête négativement. S'il tuait la mère, les petits ne survivraient pas. Il ne pouvait pas non plus tuer un ourson inoffensif, c'était anti-guerrier.

Il hésita, il ne voulait pas paraître un flanc mou non plus en déclarant tout bonnement qu'il ne tuerait pas un ourson, et ne voulait pas se voir responsable de leur mort imminente sans leur mère! De toute façon, un ours qui ne bougeait pas, c'était bon signe. L'ourson fit un mouvement vers eux et il eut un mouvement de recul. Il buta aussitôt contre Idris et passa un bras derrière lui pour la retenir de tomber. La mère ours se mit à claquer des dents et à battre le sol de ses pattes avant. Il sentit la jeune femme presser sa lance près de sa main. « Idris, si on tue ces ours, Ansgar nous tuera. » marmonna-t-il à voix basse. Ce n'était, somme toute, pas totalement faux.

Comme ils ne bougeaient pas, elle se mit à grogner et se lever sur ses pattes arrière. « Ça, ça veut dire de foutre le camp. Alors tu vas reculer lentement, sans te retourner, et tu restes derrière moi. Elle ne risquera pas sa vie si elle voit qu'il y a une issue. » Il incita donc la guerrière à reculer en en faisant de même, un bras derrière lui qui tenait son avant-bras, au cas où elle tombe. L'ourson s'était tourné vers sa mère qui s'agitait et alla la retrouver en galopant dans la neige. Malgré lui, la scène l'attendrissait un peu, ce dont il se garda bien de le montrer à la jeune femme. Il s'arrêta, obligeant Idris à en faire de même puisqu'il tenait encore son bras.

La mère ours, rejoint par son dernier ourson, reprenait son chemin, tout en leur jetant de fréquents regards. « Ne bouge pas jusqu'à ce que je te le dise. » lui souffla-t-il en tournant légèrement la tête. Il passèrent près d'une heure planté comme des piquets, les ours avaient disparus depuis plusieurs minutes, une vingtaine peut-être, mais il voulait être sûr. Il expira soudainement profondément et réalisa qu'il tenait toujours son bras et qu'elle était encore dans son dos. Il la lâcha et se tourna vers elle. « Ça va ? » dit-il en la scrutant du regard. C'était une situation somme toute stressante. Tous deux savaient fort bien les dégâts que pouvait faire un ours.

Il ne put s'empêcher de se sentir attendri et il lui sourit doucement en posant sa grande main sur sa tête. « On y va. » fit-il simplement. Il jetant un oeil autour, pour repérer quelque chose d'autres, mais son oeil avisé ne vit rien. Il posa un regard sur elle, et prit finalement la parole. « Tu sais, rien n'est de ta faute. » Il eut un ricanement un brin amer. « Ironiquement, tu te fais les même reproches que moi. Et sans doute, autant je ne te convaincrai jamais que tu n'y aies pour rien, autant tu ne me feras jamais croire que je n'y pouvais rien. » Il haussa les épaules. « Je pense qu'on est peu idiots tous les deux. » Il lui fit un clin d'oeil, pour appuyer que ce n'était pas pour l'insulter.

Levant les yeux sur le ciel radieux, il inspira et soupira profondément. « Parlons d'autres choses, il fait trop beau pour ressasser tout cela, nous en aurons bien le temps plus tard. » Il lui jeta un oeil et pensa à l'éventualité de son mariage. Il devait le lui avoir rappeler, avec son commentaire. Il opta donc pour changer de sujet. « Qu'allais-tu dire, avant de croiser cette ourse? Tu crois que tu pourrais deviner pourquoi je ne suis pas marier. » Il sourit et reporta son regard sur l'horizon. « Quoi que tu dises, tu ne tomberas jamais sur la vérité. » Car la vérité c'est qu'il était tomber amoureux d'une gamine, en avait longuement eu honte avant qu'elle devienne finalement une jeune femme. Et par gamine, il entendait qu'il avait perçut ses qualités vers ses quinze-seize ans, mais il était déjà un homme depuis longtemps à ce moment là.

Il sourit, la voyant prendre cela pour un défi. Il préférait la voir active plutôt qu'à se morfondre. Il préférait même la voir fâchée que triste. Il n'aimait pas les femmes qui pleurent, il ne savait jamais vraiment quoi faire avec cela et se sentait comme un idiot. Ce qu'il était peut-être un peu, au fond. Il haussa finalement les épaules. « Non en effet, je ne te le dirai jamais. » Il lui jeta un oeil amusé, par son air buté entre autre. Il s'apprêtait à passer un commentaire quand la lance qui servait d’appui à la renarde planta dans du mou et qu'elle partit sur le côté. Vivement, il tendit le bras et la rattrapa de justesse, une main sur ses cotes, l'autre sur son bras gauche. Par chance, c'était l'inverse d'où elle était blessée. « Tu ne devrais pas mettre autant de poids là-dessus. » lui reprocha-t-il.

Il balaya ses protestations de la main. « Si tu es épuisée, je peux te porter. J'ai le dos larges. » Il sourit à la pensée de tenir un petit renard blessé dans le creux du coude, ce qui fut malheureusement mal interprété, probablement. « Tu sais, les gens ne sont pas toujours automatiquement en train de se moquer de toi ou de chercher à te nuire. » Il haussa les épaules. « Je veux juste t'aider. » Il lui tourna le dos et reprit sa marche. « On n'est pas près de s'arrêter. » Il l'entendit trottiner derrière pour le rattraper, et ne put s'empêcher de sourire, amusé par cet orgueil démesuré dans un aussi petit bout de femme. Il tourna la tête à l'opposé, pour qu'elle ne le voit pas.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Lun 26 Sep - 14:25

L’Oracle était aussi immobile qu’une statue de givre, seul son torse bougeant sous l’effet de sa respiration. Elle était prête à bondir à tout instant. Il ne manquait qu’un mot de la part du second des guerriers du kodiak pour qu’elle passe à l’action, peu importe ce qu’il déciderait qu’était leur plan d’attaque. Visiblement, s’en prendre à la mère ours n’était pas l’option ayant retenu l’attention du Norrois, au grand soulagement de sa compagne. Cette dernière affectionnait particulièrement les ursidés, car ils lui rappelaient son grand frère. Elle comprenait alors très bien la réticence de son partenaire.

- En dernier recours, Thorvald… répondit-elle dans un murmure, avant de passer à un cheveu de foutre le camp sur le derrière. Elle n’avait pas vu que l’ourson avait voulu se rapprocher de son compatriote, ni que ce dernier voulait reculer pour éviter d’enrager la mère. Par chance, un bras solide l’agrippa pour qu’elle reste debout.

De toute façon, si ça devait en arriver là, à tuer ces magnifiques bêtes, est-ce qu’un des deux serait assez stupide pour aller raconter cette histoire à Ansgar? Autant bien signer son arrêt de mort maintenant, dans ce cas!

La rouquine dut ramener vivement son attention sur les animaux devant eux. La mère n’aimait pas du tout la situation et commençait à s’énerver. Tous les signes d’avertissement étaient là, le plus évident étant qu’elle se tenait debout et était se faisait plus qu’imposante. C’est pourquoi le Renard ne prit même pas la peine de répondre aux ordres de Thorvald avant de se mettre à marcher de reculons. Elle continua jusqu’à ce que la main sur son bras lui fasse comprendre que c’était le moment d’arrêter. Elle hocha délicatement de la tête à l’ordre de son chef.

Commença alors la pénible attente que les ursidés s’éloignent suffisamment loin pour ne plus représenter une menace au duo… Idris se contenta de jeter des regards discrets autour, ainsi qu’à contrôler sa respiration, afin de faire passer le temps. Elle n’avait pas l’intention de faire le moindre pas ou prononcer la moindre parole avant d’en recevoir la permission. C’était ça, se remettre entièrement à un dirigeant. Elle avait peut-être trahi les mœurs ancestrales en terminant sa formation dans le sud avec un homme, mais elle n’avait pas tout oublié des traditions de son peuple. De toute façon, elle avait reçu l’ordre de faire la statue, hein.

Elle sursauta quand le Grand rapace lâcha enfin son bras. Ah bon, il la tenait encore après tout ce temps? Elle n’y portait même plus attention… « Ouais, ça va. Ne t’en fais pas pour moi. Et toi? » Question inutile à poser, mais ça n’empêcha pas la jeune femme de le faire. Elle secoua la tête quand il mit la main sur sa tête : il ne trouvait pas qu’elle était suffisamment ébouriffée comme ça? Elle replaça sommairement ses cheveux en grimaçant, mais omit de lancer une floppée d’insultes. Elle lâcha toutefois un « Hmph! » quand son camarade affirma que ce n’était pas de sa faute. Elle savait, sans qu’il n’ait à le préciser, qu’il faisait référence au naufrage. Elle aurait préféré ne plus s’attarder à ce drame… La douleur était encore trop fraîche et poignante qu’elle risquait de faire une autre crise de culpabilité. Elle s’abstint de le faire remarquer à Thorvald, car elle n’était pas aveugle, elle voyait bien que ça lui faisait quelque chose aussi. « Nous voilà dans le même bateau, alors… » rétorqua-t-elle au commentaire comme quoi les deux étaient des idiots, avant de se rendre compte qu’elle avait mal choisi ses mots. « Je suis désolée. C’est sorti tout seul. »

Elle fut alors plus qu’heureuse du changement de sujet, alors qu’ils se remettaient en marche. Un « Hmm… » s’échappa toutefois de sa gorge quand le guerrier ramena la conversation sur la raison derrière son éternel célibat. Ainsi, Monsieur était curieux de savoir la suite de ses propos, hein? Elle lui rendit amplement son sourire. Elle aimait être mise au défi, ne serait-ce que par plaisir de prouver aux autres qu’elle avait toujours de quoi les surprendre! Il ne fallait jamais sous-estimer le Renard, jamais!

- Tu ne me crois pas à la hauteur? Détrompe-toi : une femme finit toujours par savoir ce qu’elle veut! Un homme ne peut rien nous cacher. Alors, alors… Je disais, comme première hypothèse, mon cher, que tu n’avais pas pris femme encore parce que tu étais un homme libre… Tu ne veux pas d’attache. Tu aimes explorer de nouvelles contrées et profiter de tout ce que la « faune » locale a à offrir, pas vrai? Et pourquoi se contenter d’une seule quand tu peux en avoir un nombre infini?

Faux. Elle ne l’avait pas eu. Elle croyait pourtant qu’il y avait une pointe de vérité dans son hypothèse… Après tout, on ne se faisait pas une réputation comme la sienne en était un saint pratiquant l’abstinence. Mais bon, parfait, si ce n’était pas ça la raison, elle en trouverait une autre!

- D’accord… Que dis-tu de ceci : toute ta vie, tu as connu cette fille. Vous étiez inséparables enfants et vous avez juré de ne jamais vous perdre de vue. Dans un élan d’innocence typique de mômes, vous vous êtes fait la promesse de vous marier une fois adulte. Malheureusement, comme la vie est une vache, ton rival a demandé sa main avant toi et le père de ta belle est intervenu en sa faveur… Depuis, tu noies ta peine dans les bras d’autres f… Trop loin? Bah, ça aurait pu être une fin tragique aussi… Elle aurait pu mourir de la rougeole ou je sais pas… Puis si tu ne veux pas entendre mes histoires farfelues, tu n’as qu’à répondre à ma question… Non? Tu ne changeras jamais d’avis pour me le dire, hein?

Elle se renfrogna… Qu’il s’obstine à ce point à ne pas lui révéler la raison derrière l’absence de mariage ne faisait que piquer davantage sa curiosité. Y avait-il anguille sous roche? Elle voulut se lancer dans une autre théorie tirée par les cheveux, mais se vit plutôt crier soudainement alors qu’elle perdait l’équilibre à cause de sa lance qui n’avait pu trouver de quoi de solide au sol. Son cœur battait encore à vive allure quand elle comprit qu’elle ne s’était pas fracassé la tête au sol uniquement à cause des réflexes surnaturels de son compagnon… D’autant plus qu’il était parvenu à la retenir en évitant ses blessures. Il avait un don, c’était officiel. Personne n’était chanceux comme ça dans la vie!

- Et tu veux que je mette mon poids où, hein, si ce n’est pas sur mon bâton de merde!? Hé, ho, ne me gesticule pas dans la face comme ça!

Elle fit aller frénétiquement ses bras dans les airs pour taper sur les mains du Rapace. Le meilleur moyen de faire ressortir son côté gamine était justement de lui faire des reproches, aussi amicaux puissent-ils être.

- J’avais remarqué, ouais, que tu avais le dos deux fois large comme le mien. Je te suis depuis des heures, je n’ai que ça à faire te mater le dos!

Elle continua à marmonner dans sa barbe – fictive, les Grands esprits soient loués – en suivant avec peine et misère son camarade. C’était quoi l’idée de marcher aussi vite quand il savait qu’elle était blessée? Elle dut redoubler ses efforts pour parvenir à le rattraper. Elle prit donc sa lance et lui tapota le flanc avec. « Alors, tu te penches pour que je monte ou je dois t’escalader en plus? » Ce n’était pas tant la fatigue qui la poussait à accepter son offre, mais plutôt la folle envie de lui faire regretter d’avoir insinué qu’elle n’était pas capable de continuer par elle-même. Elle haussa les sourcils, redressa le dos et envoya ses épaules vers l’arrière – fière, la fille – quand il se retourna, surpris, et posa ses yeux gris sur elle. « Ne me dis pas que tu as déjà changé d’avis! » C’était à son tour de le provoquer. Elle dut admettre que ça lui fit une sensation bizarre de monter sur son dos et passer les bras autour de son cou. Elle tenait toujours la lance, tout en essayant que le bout de bois ne soit pas trop dans le chemin.

- Ma troisième hypothèse… Elle sentit le rire qu’il tenta de dissimuler à l’entendre reprendre de plus belle avec ses théories. C’est que tu vis un amour défendu. Toutes ces amantes ne sont qu’une couverture. Tu ne peux te résoudre à prendre femme, car ce serait trahir les tendres sentiments que tu ressens pour ta douce moitié. Vous ne pouvez qu’échanger de tendres regards autour du feux, priant pour que les autres guerriers ne vous voient pas… mais au fond de vous brûlent une passion que seuls les combattants peuvent comprendre… Frères d’armes, vous…

Et elle se fit interrompre brusquement. À savoir pourquoi, Thorvald n’aimait pas du tout cette hypothèse d’amour homosexuel…

- Bah là, c’est pas comme si je disais que tu étais tombé amoureux d’une chèvre! Quoique… Okay, okay, je n’en ferai pas ma quatrième théorie! Mais tu sais, j’en ai souvent vu des hommes qui se paient du bon temps ensemble. Ce n’est pas mon truc et je ne voudrais rien savoir de passer une nuit avec une autre femme, mais ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent dans leur couche. Je ne t’aurais pas jugé… J’aurais seulement trouvé que ça aurait été une perte pour l’humanité que tu n’aies pas de descendance. Tu sais, de jeunes Norrois forts… faut perpétuer ça! Elle marqua une pause… Pour quelle autre raison le meilleur ami de son frère n’était-il pas marié… le meilleur ami de son frère… son frère… Tilda! haleta-t-elle. Oooh, théorie numéro quatre : tu es jaloux d’Ansgar parce qu’il est celui à avoir marié cet abominable monstre des neiges! Mais tu ne peux rien dire, car c’est un mariage publique et qui était nécessaire pour le clan… D’autant plus qu’Ansgar est ton meilleur ami et chef… Mais dans le fond… Aïe! Ne me pince pas la cuisse! AÏE! D’accord, ce n’est pas à cause de Tilda! J’ai compris!

Leur périple continua en silence à partir de ce point… La jeune femme ne voulait pas être obligée de recommencer à marcher car, elle ne l’avouerait jamais, mais ça lui faisait un bien fou de pouvoir se reposer. C’était beaucoup moins dur sur ses blessures. Ça lui donnait aussi une chance de cicatriser plus proprement que si elle devait bouger sans arrêt. Cependant, elle n’était pas plus patiente en matière de garder le silence qu’elle ne l’avait été ce matin. Ils n’étaient plus en danger immédiat, alors c’était lourd… Oh, tiens, elle venait d’avoir une idée…

Subtilement, elle ramena sa main droite jusqu’à sa bouche. Elle trempa son doigt dans sa bouche et, vive comme l’éclair, l’enfonça dans l’oreille du second des guerriers du kodiak et le tourna à toute vitesse. « Allez, crache le morceau! Dis-moi pourquoi tu n’es pas marié! » Il va de soi que son porteur se tortilla dans tous les sens, menaçant de la jeter par terre… bien qu’elle failli tomber d’elle-même sous la force des mouvements du Norrois. Elle pouffa de rire avant de se rendre et retirer son doigt de là… et parce qu’elle était la plus gracieuse des femmes, elle essuya son doigt sur l’épaule de sa pauvre victime.

Ils s’arrêtèrent ensuite brièvement pour dîner. La magicienne choisit une souche en guise de banc et prit une bouchée vorace de sa viande de puma. « Qui est-ce qui rit maintenant, salope! » Évidemment, le second de son frère ne tarda pas à la corriger en disant qu’il s’agissait plutôt d’un mâle. À cela, Idris leva un autre morceau de viande devant ses yeux. « Salopard! » et mordit à nouveau dans son repas. Elle mâcha lentement, savourant chaque seconde de sa vengeance. Une fois le repas terminé, il fut exigé de la cadette de remonter sur le dos du Rapace… sous prétexte que si elle n’avait pas réussi à faire trois pas sans se planter, elle était mieux sur son dos. Elle grogna, mais obéit. Elle n’aimait pas se faire rappeler qu’elle s’était enfargé dans une racine et était tombée directement sur son épaule blessée.

Elle leva les yeux au ciel face au sermon qu’elle se faisait servir sur un plateau d’argent. « C’est assez, j’ai compris. Si j’ai besoin d’aide à l’avenir, je demande. » Ce fut à cet instant qu’elle remarqua qu’ils avaient miraculeusement fait leur chemin jusqu’à un énorme lac. À ce temps-ci ce l’année, il était complètement gelé et recouvert d’une épaisse couche de neige. « Laisse-moi descendre. » exigea-t-elle doucement.

Elle s’approcha de ce qui devait être la berge. Un regard circulaire lui apprit qu’il y avait les montagnes d’un côté et la forêt de l’autre. Contourner le lac leur ferait toutefois perdre une quantité considérable de temps… Elle se retourna en direction du Rapace. « Laisse-moi voir si c’est sécuritaire. » Elle leva la main pour arrêter ses protestations. « Je suis plus légère que toi… Si je ne passe pas, la glace ne pourra certainement pas supporter ton poids. J’avancerai lentement et je n’irai pas loin… Fais-moi confiance. Nous sommes en mauvais état et je n’ai pas envie de perdre le reste de la journée et une partie de demain à contourner ce lac monstre. » Elle s’avança ensuite et fit un pas sur la glace… puis un deuxième… Elle se servait de la partie acérée de sa lance pour se cramponner au besoin. Au bout de quelques mètres, elle se retourna pour faire signe à Thorvald que c’était sécuritaire.

La rouquine en profita pour exprimer sa nouvelle théorie sur le célibat de son compagnon. Elle commença par lui expliquer la théorie des sudistes sur ce qu’ils appelaient des « âmes sœurs ». Selon elle, le valeureux guerrier attendait de rencontrer la bonne personne, celle qui résonnerait avec lui jusqu’au plus profond de son être. La barre était haute pour un homme de son statut, donc il n’était pas évident de trouver cette perle rare. Or, il gardait espoir de voir cette lumière… Bon, encore fallait-il croire à ces foutaises d’âmes sœurs… mais le principe de vouloir rencontrer la bonne personne en était un universel. Peut-être n’avait-il simplement pas encore fait connaissance de celle qui était sensée devenir sa femme?

Elle allait se retourner quand elle sentit quelque chose craquer sous son poids. Elle s’immobilisa, avisant Thorvald de ne pas faire le moindre pas de plus. Elle sentait son cœur s’affoler dans sa poitrine. Elle ne devait pas paniquer… ils étaient presque de l’autre côté. Elle voulut se remettre en marche, mais plongea plutôt dans l’eau glacée, échappant sa lance au passage. Elle n’eut même pas le temps de crier qu’elle était déjà submergée. Elle paniqua : elle se revoyait, ballotée par les forts courants de la mer, happée par une tonne de débris, tout le monde qui mourait autour d’elle… Son instinct lui criait de remonter à la surface, ce qu’elle tenta de faire, mais elle se frappa à un plafond de glace. Comment s’était-elle éloignée autant du trou où elle était tombée? Angoissée, elle se mit à cogner sur la glace de toutes ses forces. Elle commençait à manquer d’air, oh bon sang! Elle allait mourir noyer… Elle allait vraiment y laisser la peau!

Elle dut se faire force de lever les yeux vers un bruit sourd qui parvint à ses oreilles, juste au-dessus de sa tête. Elle y discerna une ombre qui poussait la neige, puis qui frappait avec quelque chose en métal. Elle mit un moment à comprendre que son compatriote martelait la glace de sa hachette. Elle se laissa caler un peu, question de ne pas recevoir l’arme dans le front, mais agrippa la main du Rapace dès qu’elle fit son apparition dans l’eau. Elle le sentit la tirer de là de toutes ses forces. Une fois sortie de sa misère, elle prit une grande inspiration, l’air lui manquant cruellement. S’en suivit immédiatement une série de toussotements, puis elle recracha l’eau qu’elle avait avalé. Elle ne put malheureusement se permettre de se remettre de ses émotions, car Thorvald la trainait déjà loin de ce trou dans la glace. Ils marchèrent à toute vitesse jusqu’à la terre ferme, où l’Oracle se fit soulever du sol et transporter jusqu’à ce que le duo arrive à un endroit où ils pourraient passer la nuit.

Le vent s’étant levé durant qu’ils étaient sur le lac, il fut impossible d’allumer un feu pour permettre à Idris de se sécher. Elle réitéra pour la centième fois à son compagnon de ne pas s’en faire pour elle. Ce n’était que de l’eau. Ils devaient plutôt se concentrer à se faire un abri avec des branches de sapin. Ça n’aurait pas le confort de la grotte de la veille, mais il n’y avait rien de mieux à proximité. De toute façon, le soleil commençait déjà à descendre et il deviendrait trop dangereux de continuer en forêt dans le noir. L’espace étant limité, ils devaient s’accroupir afin d’entrer dans leur « tente ». (Un truc comme ça.) La jeune femme rampa sur le nid d’épines et s’approcha de Thorvald. Elle avait besoin de se réchauffer. « Tu parles de ce soir et tu es un homme mort… » l’avisa-t-elle avant de se blottir contre lui. Il avait pris appui sur un des arbres qui servait de support aux autres branches, donc elle se retrouva assise entre ses jambes, le dos contre son torse. Elle replia les jambes et le laissa les recouvrir de sa cape pour les garder au chaud durant la nuit. Au bout de quelques minutes, elle lui demanda : « Que ferais-tu… dans ma situation? » Sur le coup, le Norrois ne savait pas vraiment quoi répondre. Sa cadette ajouta alors : « Laisse tomber… mais demain matin, je tiens à avoir ma réponse! T’auras le droit à une question aussi, si ça te chante. » Pas qu’elle voyait vraiment ce qu’il pourrait bien vouloir savoir d’elle… car elle ne gardait pas grand secret, le seul ayant été son mariage arrangé à venir… et ça l’avait fini par sortir, alors bon… Elle se tourna un peu sur le côté afin d’appuyer sa tête sur l’épaule du Rapace, puis ferma l’œil pour la nuit.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thorvald
Guerrier(ère)


Messages : 21
Date d'inscription : 16/06/2016

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Jeu 29 Sep - 22:43

Thorvald baissa les yeux sur son flanc et avisa le morceau de bois. Il lui jeta un regard par-dessus l'épaule. Elle... voulait monter sur son dos? Il s'arrêta et se tourna vers elle, étonné qu'elle prenne en plus l'initiative. L'attitude qu'elle afficha, cette fierté, le remplit d'une chaleur qu'il connaissait bien. Il aimait la voir ainsi, fière et sûre d'elle, pleine d'assurance. Changer d'avis? Il sourit et secoua la tête. Avant qu'elle-même change d'idée, il se pencha et l'invita à monter, elle entoura son cou de ses bras et il passa ses bras sous ses genoux pour l'aider à se maintenir contre lui. Il se redressa pour poursuivre la route.

Idris reprit la parole et il ne put s'empêcher de sourire jusqu'aux oreilles, se retenant tant bien que mal d'éclater de rire. Elle avait du cran! Et de l'imagination! Au fur et à mesure qu'elle avançait dans son hypothèse sur cet amour interdit, il finit par comprendre où elle voulait en venir. Il se renfrogna. Il se pencha vivement sur le côté pour la brasser, sans pour autant la lâcher. « Non mais... » grogna-t-il. Il n'aurait pas cette réputation auprès des femmes si elle ne l'attirait pas vraiment. On ne donne pas du plaisir à ceux qu'on n'aime pas! Ne serait-ce qu'une nuit, du moins.

Il eut envie de la faire chavirer lorsqu'elle évoqua la chaise. Il poussa un profond et bruyant soupir de découragement. Elle sembla comprendre le message. Il secoua la tête. Non, il n'était pas homosexuel. Encore une fois, il nota qu'elle faisait à nouveau référence à sa force. Une perte pour l'humanité? Il y eut un silence, où tous deux pensaient à des choses totalement différentes. Certes oui, il aimerait perpétrer sa lignée. Et y mélanger un peu de sang de rouquine bipolaire au sang chaud. Il se demandait, soudainement, si cela avait une signification. Il s'était déjà fait dragué, mais il le voyait venir. Il était persuadé que ce n'était pas dans les intentions de la jeune fille, et pourtant...

Elle l'avait embrassé. Elle l'avait complimenté, affirmant qu'elle voulait un homme comme lui pour époux. Et là, elle lui parlait d'une future descendance. Pourtant, il n'était pas sûr de vraiment y voir un message. Son ton était si badin qu'elle aurait pu dire cela à son frère que ç'eut demeurer décent. Frère... il ne voulait pas être comme un frère pour elle. Parlant de frère, sa quatrième théorie était pur fantasme. D'un tel ridicule! Il lui pinça une cuisse, et comme elle protestait et ne semblait pas abandonner, il pinça l'autre. Il sourit, satisfait, un peu baveux, lorsqu'elle affirma avoir compris. Bien fait. Il secoua la tête négativement et marmonna : « Cette Tilda c'est la pire maladie vénérienne qui eut été donné d'exister. » Il faillit ajouter : La femme que j'aime a beaucoup plus d'atouts.

Il se mordit l'intérieur de la joue. C'était passé proche. Il retint un soupir et grimaça. Il avait terriblement mal au crâne. Sa tête l'élançait, ce qui était normal vu le coup qu'il s'était reçu, et son corps étaient terriblement courbaturés. Mais vraiment, depuis qu'elle était sur son dos, il lui semblait que la tête lui tirait plus que précédemment. À croire que le cerveau était directement connecté à ses muscles et que, plus il forçait, plus il souffrait. Ce qu'il donnerait pour faire une pause et se reposer, là là! Mais il ne pouvait pas faire ça, et de plus, il la décevrait certainement. N'avait-elle pas tant vanté sa force? Il s'en voudrait de passer pour un faible.

Soudain, quelque chose de chaud et humide s'enfonça dans son oreille. Il sursauta et grogna en agitant la tête pour tenter de s'y soustraire, mais elle était terriblement tenace! « Je vais te jeter à terre, Idris, arrête ça. » Et il fit mine de lâcher une main alors qu'elle éclatait de rire et qu'elle se retirait. Il grimaça et se frotta l'oreille sur l'épaule. Ce n'était pas pour l'aider. Maintenant il était de mauvaise humeur. Sa tête l'élançait encore plus et son bandage de fortune lui semblait fort peu agréable. Malgré tout, il tint le coup, la soutenant fermement dans son dos, il avançait sur un pas qui se voulait régulier et énergique. Ce qui le drainait étonnamment beaucoup.

Des longues minutes plus tard, qui lui apparurent comme une éternité, le soleil était suffisamment haut - et il avait suffisamment faim - pour faire une pause afin de se sustenter. Ce fut une véritable libération lorsqu'il put enfin s'asseoir. Il sortit de la nourriture et en tendit à la renarde qui mordit dedans avec plein d'énergie, l'insultant de ce fait. Ce fut plus fort que lui, il sourit. « C'est un mâle. » lui dit-il simplement en prenant une bouchée du puma. Il lui jeta un regard de biais et se détendit à la voir si légère, beaucoup moins rompue par sa culpabilité. Pour sa part, il avait du mal à s'en défaire, particulièrement que sa tête le vrillait d'une douleur pas possible. Il appuya un coude contre son genou et posa la tête dans sa paume, pour ainsi reposer son cou et soulager, ne serait-ce qu'un peu, ses douleurs musculaires qui étaient, probablement, en grande partie la source de ses désagréments crâniens.

Pendant le repas, le guerrier ne put que constater qu'Idris était sans doute beaucoup plus affaiblie qu'elle ne voulait le montrer, et donc bien davantage que lui - ce qu'il ne montrerait pour rien au monde. Après avoir tout ranger, et l'avoir vu se mettre en route, il secoua négativement la tête. « Tu remontes? » ce qu'elle refusa. Il fronça les sourcils. « Idris, tu peux pas faire trois pas sans te retrouver au sol... » Il durcit son ton. « Y'a pas place à la protestation, j'ai pas envie de te traîner par les chevilles parce que tu ne tiens plus. Et crois-moi, je le ferai si je trouve que tu traînes encore. » Idée qui ne sembla pas plaisante, car elle grogna. « Tu ne guériras jamais si tu continues de te blesser par-dessus tes blessures! » Il faillit ajouter que c'était un ordre, mais se retint. Par expérience, ce n'était pas elle qu'il pouvait convaincre avec ces mots magiques.

Elle grimpa sur son dos, et ils reprirent la route. « Si tu cessais de jouer la grande fierté et que tu prenais deux minutes pour réfléchir, tu penserais peut-être à demander quand t'as besoin d'aide. Et là, je te l'offre, même pas besoin de demander. Alors prends ce que je te donnes. » C'était plus fort que lui. La voir souffrir l'insupportait. Mais c'était lui, qui ne réfléchissait pas, là. La prendre à nouveau contre son dos, avait un côté certes très agréable, la sentir se presser contre lui et s'agripper, c'était terriblement vivifiant. Elle lui faisait confiance, cela crevait les yeux, et il s'en enorgueillit. Malheureusement, sa tête lui faisait plus mal que jamais et il sentait son coeur battre contre ses tempes.

Devant lui s'étendait maintenant un lac immense. Il ralentit le pas, hésitant quant à la façon de traverser. Il ne faisait pas confiance à la surface, mais perdrait un temps précieux à le contourner. Elle demanda à descendre, et il hésita. Mais comme elle l'avait si bien demander... et qu'il avait terriblement mal au dos et à la tête, il obéit. Elle s'avança vers le lac et le second tendit le bras pour la rattraper mais la rata de peu. Elle ne sembla pas avoir remarquer son geste protecteur, observant le paysage. « Idris... » Elle se tourna vers lui. Il secoua la tête et ouvrit la bouche pour protester. Elle leva la main, son regard lui disait clairement qu'elle avait pris sa décision.

Il ne le sentait pas... même si la glace supportait son poids, ça n'irait pas nécessairement pour le sien - qui devait faire près du double - et encore moins pour les deux ensembles! Mais ses arguments étaient convaincants... surtout qu'il ne se sentait pas particulièrement bien. Il avait anormalement chaud. Il fit un nouveau pas vers elle lorsqu'elle se détourna pour s'engager sur la glace. Son visage exprimait clairement son inquiétude. Son coeur s'accéléra et il retint sa respiration. Plus elle s'éloignait, plus il se sentait fébrile, et si la glace cédait? Elle était si loin! Il ne pourrait jamais se transformer et traverser, tellement sa tête le faisait souffrir, mais il lui semblait qu'un vol tout croche valait mieux qu'une descente sous le lac. Si seulement il n'avait pas si mal...

Finalement, la guerrière lui fit signe et, à pas très lent et le plus léger possible, il mit le pied sur la glace. Thor se sentait comme un ours sur des oeufs. Ça allait péter, c'était évident! Ce n'était qu'une question de temps! Il se botta le derrière mentalement. Un peu de couilles bonhomme! Il avait plus de courage que ça! En fait, c'est pour elle qu'il s'inquiétait. Elle avait de ces dons pour terminer dans des situations pas possible...! Pas inquiète le moins du monde, elle reprit la parole, et parla d'un concept sudiste auquel il prêta attention, malgré lui. Elle ne vit pas à quel point il lui jeta un regard intéresser. Âme soeur?

Il ne put s'empêcher de se détendre et de sourire. La barre était haute? À nouveau, elle le flattait. Il se sentit mal de lui masquer sa faiblesse, mais en même temps, il devait tenir. Il était sûr que s'il flanchait, elle n'aurait pas la force de poursuivre et s'accuserait de tous les torts du monde. Et ça, il ne se le pardonnerait pas. Au fond de lui, il sut tout de suite, que c'était elle, cette perle rare. Celle qu'il voulait plus que tout, depuis trop longtemps pour que, comme jadis, il put croire que ça lui passerait. Elle avait disparu depuis trois ans, et cela ne s'était jamais estompé! Et à son retour, il s'était senti plus captivé que jamais! Ce qui lui avait d'ailleurs valut quelque situations fâcheuses à se trouver entre elle et Ansgar...!

Soudain, elle lui lança de ne plus bouger. Il s'arrêta aussitôt. Son visage pâlit aussitôt. Non... non, non, non! Sa respiration s'accéléra et il ne la quitta pas des yeux. Il la vit bouger... « Non, Idris, ne bouges pas! » Mais il fut trop tard, elle disparut aussitôt sous la glace. Il se sentit comme si son coeur avait chuté avec elle et se précipita sans réfléchir. Il fouilla l'eau du regard, et ne la vit pas. Seule sa lance trainait à côté. « Merde, merde, merde... où es-tu... » murmura-t-il, affolé. Un bruit plus loin attira son attention et, sans réelle précaution, il évita le trou pour s'y précipiter. Il se jeta à genou, doucement, et remua la neige. Là, là! Il la voyait!

Saisissant son marteau de guerre, il se mit à heurter violemment la glace. Mais c'est qu'elle était épaisse ici! Il lui fallut trois grands coups pour percer la glace et sans perdre de temps, il plongea le bras pour l'attraper. Dès qu'il la sentit prendre sa main, il plongea le deuxième bras pour la tenir bien comme il faut et il la hissa hors de l'eau en un coup. Peu lui importait sa douleur crânienne, ou n'importe quelle autre blessures qu'avait subi son corps, tout ce qui lui importait présentement était de la sortir de là, et il avait toute l'adrénaline nécessaire pour y parvenir sans un tressaillement.

Idris se tint à lui d'un bras - en fait il ne la lâchait pas - et se pencha pour tousser et cracher. « Vas-y, reprends ton air, ça va aller? » Sans perdre une minute, puisqu'elle respirait, il prit sa main et la tira vers la berge. Réalisant qu'elle trainait, il ralentit, lâcha sa main, passa un bras sous ses genoux et l'autre derrière son dos, et la souleva dans ses bras pour l'amener loin de tout cela. Il sentait son coeur battre la chamade, alors qu'il maudissait intérieurement les dieux. Quels esprits détournés et détraqués pouvaient-ils avoir pour leur dessiner un tel destin? Fallait être complètement sadique pour leur faire subir tout cela. Quand cela allait-il cesser? Il était épuisé!

Il ne la relâcha pas tant qu'il ne fut pas dans la forêt, de l'autre côté, et qu'il n'eut pas trouver un endroit où ils pourraient s'abriter. La déposant délicatement, il la saisit par les épaules et plongea son regard inquiet dans le sien. « Ça va aller? » Elle lui dit que ça allait, il soupira, ouvrit la bouche, la referma et la regarda dans les yeux. « En es-tu sûre? » Comment voulait-elle qu'il ne s'en fasse pas pour elle? Il se retint de l'attirer à lui et de poser son front sur le sien, et entreprit plutôt de couper des branches avec la hachette afin de leur faire un abris et de les protéger du vent. S'ils ne souffraient pas du froid, cela ne l'empêcherait pas de se statufier, car l'eau, elle, le sentait!

Exténué, il s'appuya contre un tronc d'arbre dans leur grotte de branches qui servait de pilier et de support. Le bruit du mouvement lui fit ouvrir les yeux sur une Idris trempée jusqu'aux os. La menace le fit sourire, bien malgré lui, alors qu'elle se blottissait contre son torse. Il était déjà un homme mort. Il lui semblait que son coeur avait arrêté de battre une centaine de fois depuis cette fichue tempête. Il saisit la cape et les en abrita, passant ses bras autour d'elle. Il sentait l'eau passer à travers ses propres vêtements, pour le peu qu'il en avait puisqu'elle portait sa chemise. Il s'appuya la tête vers l'arrière et ferma les yeux, cherchant à calmer les tambours dans sa tête.

La voix de la jeune femme perça le silence. Ne comprenant pas la question, il ne bougea pas. « Que veux-tu dire? » fit-il, les yeux toujours fermés. Elle lui dit de laisser tomber, il fronça les sourcils et redressa la tête. Il avait trop mal au crâne pour réfléchir... Sa réponse? Une question? De quoi parlait-elle... oh. De sa situation amoureuse? Elle y tenait tant que cela? Il sourit, touché par l'idée que cela lui tienne réellement à coeur. Soudain il alluma. Elle parlait du mariage, c'est ça? Elle se blottit davantage contre lui, appuyant sa tête près de son coeur, qu'il sentit, malgré lui, s'accélérer devant cette porte grande ouverte.

« Tu... tu parles des plans de ton père, c'est ça? » demanda-t-il, hésitant. Il appuya de nouveau sa tête contre l'arbre en soupirant, ce qui souleva la tête de la rouquine sur sa poitrine et poussa quelques mèches de cheveux lorsqu'il expira. Des plans qui ne lui plaisaient absolument pas. Il prit quelques instants pour placer ses idées, mais tout se bousculait dans son cerveau embrumé, fatigué, et douloureux. « Je refuserais. Peu importe ce que tu as pu faire, rien ne peut justifier qu'il te punisse... on voit bien comment le mariage d'Ansgar n'a en rien arrangé la situation, si ce n'est de convenance. Cela n'a pas attiré plus de respect d'un côté ou de l'autre. Ce n'est qu'une question de... politesse, envers le couple marié. » Il eut un ricanement amer.

« À voir le couple qu'ils forment, c'est un échec. Et, ce n'est pas pour être méchant, mais si tu devais épousé de force un homme qui n'a pas réellement plus envie de t'avoir, ça ne saurait bien se finir. Je veux dire, faut te connaître pour t'apprécier... Je... Eh bien... » C'est vrai quoi. Quand on ne la connaissait pas, c'était facile de mal interpréter ses réactions et de s'offusquer de ses enfantillages. Même ses frères et soeurs s'exaspéraient d'elle, alors qu'ils la connaissaient. Oh certes, ils lui pardonnaient toujours, mais cela ne se passait pas sans brasser, surtout avec sa soeur Randie. Quand ça se passait mal entre elles, ce n'était pas pour rire, c'était absolument terrible.

Il porta un main distraite sur la nuque de la jeune fille et se mit à lisser ses cheveux pour dégagé son visage, sans pourtant baisser la tête. Il sourit doucement. « Ce n'est pas tous les hommes qui réalisent qu'il vaut mieux mettre ton père en colère que toi... » Et il le pensait vraiment. Il préférait nettement se mettre le chef à dos que sa fille. « ... et ce serait dommage de... » ne pas pouvoir avoir le plaisir de se faire repousser plutôt que d'avoir le regret de n'avoir jamais oser. Que faisait-il? N'avait-il pas décider de garder cela pour lui? Il devait avoir manger un sacré coup sur la tête pour perdre soudainement toutes ses convictions.

Thor marqua une hésitation. C'était peut-être ses oreilles qui bourdonnaient, mais il lui semblait que sa respiration s'était accélérée et qu'elle était drôlement attentive. Tant qu'à lui, il avait terriblement chaud, et il avait l'impression d'être légèrement fébrile. Il déglutit et raffermit sa poigne autour d'elle, son bras droit passé sur son ventre, sa main se posant sur sa hanche droite - celle qui n'était pas blessé! Sa main gauche interrompit son manège et alla se poser sur son avant-bras opposé, abandonnant la douceur ses cheveux trempés - et maintenant bien lissés. Il était si bien, juste comme ça.

L'épuisement de la journée eut raison de lui, et il commença à s'assoupir. S'était-il endormi? Ou pas? Il ne passa pas cinq minutes qu'il reçut un coup de coude dans le ventre qui le fit expiré bruyamment. Elle lui demanda de ne pas s'endormir tout de suite et de dire le fond de sa pensée. Il gémit et gronda un peu en même temps. Elle allait finir par lui briser quelque chose, il en était persuadé. « Quelle pensée... » murmura-t-il, fermant à nouveau ses yeux. Son souffle était lent et régulier. Un nouveau coup le fit ouvrir les yeux, en expirant fortement et il se redressa un peu. « T'es complètement folle. » marmonna-t-il, avant de secouer la tête, un peu amusé malgré lui, et irrité à la fois.

« Ce que je disais... hum... » Il prit le temps d'y réfléchir, ayant attrapé préalablement son coude de sa main droite, ce qui l'emprisonnait dans ses bras en croix. Que disait-il en fait? Ses idées étaient si embrumées! Mariage... le mauvais caractère d'Idris... « Ah, oui, je disais que je connaissais pas une seule fille avec un aussi mauvais caractère. » Suite à quoi elle se mit à s'agiter, mais il renforcit sa poigne et posa son menton sur le crâne de la jeune femme, faute de pouvoir appuyer son front contre le sien dans la position qu'ils occupaient. Faisant fi de ses protestations, il poursuivit, en riant un peu : « Et je n'en connais pas une seule autre qui puisse me faire passer par autant d'émotions en si peu de temps, ni me faire mourir à ce point. »

Ses dernières paroles eurent le don de l'apaiser. Il poursuivit avant qu'elle ne l'interrompe. « Quand je t'ai vu tomber du navire... quand je t'ai perdu de vue après avoir plonger... quand j'ai vu ce puma sur toi, quand on a croisé ces ours et que j'ai pensé à ce qui aurait pu t'arriver, quand je t'ai vu plongé sous la glace et... à chaque fois... » Il leva sa main gauche et posa son index sous son menton qu'il leva vers lui, pour lire dans ses yeux. « ... que je te vois pleurer. » Il scruta son regard, y cherchant soit du rejet, soit le contraire. Soudain il ne sentait plus sa douleur, il ne sentait plus rien, tout ce qui lui importait, c'était elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Ven 30 Sep - 21:15

Idris devait bien l’admettre : le torse de son compagnon était plutôt confortable. Elle ne comprendrait jamais ces dames de la cour qui aimaient les hommes un peu bedonnants, sous prétexte que c’était plus confortable… Elle préférait de loin un corps bien musclé et des bras puissants qui encerclaient sa fêle petite taille. Elle se sentait hors de portée de tout danger à l’intérieur de ce cocon de chaleur qui, d’ailleurs, lui permettait de ne pas geler malgré qu’elle fût trempée jusqu’aux os. Elle acquiesça à la question du Grand rapace; bien sûr, qu’elle faisait référence aux manigances de son vieux. Elle remua un peu la tête sous le chatouillement de son souffle sur ses cheveux, mais ce ne fut pas suffisant pour qu’elle daigne ouvrir les yeux. Le bien-être qu’il lui procurait apaisait ses soucis, au point où elle se dit qu’elle pourrait facilement tomber endormie.

La rouquine changea néanmoins d’avis pour porter attention aux propos du guerrier. Elle appréciait sincèrement qu’il lui donne ses impressions quant à la situation qu’elle trouvait particulièrement difficile à traverser… Sans compter que c’était un soulagement que de pouvoir partager ce fardeau avec quelqu’un qui n’était pas lié de sang avec elle, donc aucunement obligé de formuler la moindre opinion sur le sujet. Elle fut d’autant plus heureuse de constater que les pensées de son camarade miroitaient les siennes. Peut-être s’était-elle trouvée un allier pour la supporter devant son paternel? Quoiqu’il était trop tôt pour formuler une telle hypothèse, déjà qu’elle ne demandait énormément du meilleur ami à son frère.

Elle esquissa un sourire, fière qu’on reconnaisse son tempérament à voix haute et qu’on mise sur elle plutôt que sur un époux qu’elle détesterait pour mourir. Il était plus qu’évident qu’elle mènerait la vie dure à n’importe quel prétendant qu’on aurait le culot de lui imposer.

Il y eut toutefois une partie du discours de Thorvald qui la rendait perplexe… Il avait commencé à dire quelque chose, une pensée personnelle…. La phrase commençant par « je » en étant la preuve, sauf qu’il ne la termina pas. Voilà qui était étrange… Elle n’avait pas l’habitude de voir le second des guerriers du kodiak hésiter dans ses propos. C’était un homme sûr de lui, alors pourquoi cet embarras soudain? Surtout avec tout ce qu’ils avaient vécus ensemble, il n’y avait plus grand-chose de tabou.

Ah, puis à quoi bon le harceler pour qu’il s’explique? Elle se plaisait davantage à le laisser lui caresser la tignasse. Jamais personne ne prenait la peine de lui caresser les cheveux et, pourtant, elle adorait ça. Elle ferma les yeux afin de mieux savourer la sensation, laissant échapper un soupir de satisfaction. Toujours est-il qu’elle sortit brusquement de sa rêverie après les paroles qu’ajouta son compagnon. Si ce n’était pas un préambule à une déclaration d’amour, elle ne savait pas ce que c’était. Elle se raidit sans le vouloir, se questionnant à ce qu’il voulait insinuer et ce qu’il était sur le point de dire… Du moins, elle espérait qu’il ajoute quelque chose et qu’il ne la laisse pas en plan comme ça. D’autant plus qu’il la tenait presque amoureusement… Elle sentait le battement de son cœur jusque dans ses tempes et osait à peine respirer, de peur de manquer les mots qui allaient suivre… et ils allaient suivre, pas vrai? Elle se releva pour jeter un coup d’œil au visage de Thorvald : s’était-il VRAIMENT endormi avant de terminer sa phrase? Ah, ça, non! Ça ne se passerait pas comme ça! Elle lui donna un coup de coude dans l’estomac, juste assez fort pour le faire sursauter. « Hé, ho, la Belle au bois dormant… Ce n’est pas le temps de t’assoupir, tu dois finir ta pensée, là! » Voilà qu’il avait le culot de lui demander de quoi elle parlait! Non, mais il se foutait de sa gueule? Malheureusement pour lui, son coude gauche était encore bien en forme et prêt à le frapper à nouveau. Peu lui importait qu’il la traite de folle, elle voulait savoir ce qu’il avait eu l’intention de dire. Ça ne se faisait pas d’arrêter de parler d’un coup net comme ça! « Crache le morceau! »

Elle respirait fortement du nez, question d’éviter de le secouer par les épaules… Non pas qu’il lui aurait laissé l’occasion, car il prit enfin la précaution de la maintenir en place. Il était mieux de vider son sac… Mais non! Il préféra l’emmerder en disant qu’elle était la fille au pire caractère qu’il connaisse. Ce n’était rien de nouveau, ça! Le Renard se démena comme un chat qu’on tente de mettre dans l’eau; or, elle ne put faire grand ravage. Même pas moyen de lui sacrer une tapoche derrière la tête, à celui-là! Pas que c’était la meilleure des idées, considérant la blessure qu’il avait à cet endroit, mais ce n’était pas l’envie qui manquait! Et s’il pensait que son front allait la retenir… Elle pouvait aisément lui faire claquer des dents, hein. Néanmoins, le rire du guerrier, en plus de ses quelques mots, firent changer d’idée à sa cadette.

… Elle le faisait mourir par en-dedans?

Idris sentit la culpabilité l’envahir; elle ne prenait pas sa révélation à la légère, loin de là. L’Oracle ne faisait pas exprès de blesser les gens autour d’elle. Elle n’avait simplement pas la langue dans sa poche et ne passait pas par quatre chemins pour faire connaître le fond de sa pensée, sans compter qu’elle n’hésitait pas à passer à l’action… Mais rarement essayait-elle de causer du tort volontairement à ses proches. Elle voulait dire quelque chose pour se défendre, n’importe quoi pour s’excuser au Grand rapace… Seulement, elle était sans mot. Elle n’osait même plus se débattre dans ses bras. Que pouvait-elle faire face à la liste d’événements tragiques qui s’étaient abattus sur eux, chacun causant un chagrin profond à son camarade? Elle hésita à aventurer son regard en direction de celui de Thorvald, gardant initialement les yeux baissés lorsqu’il lui souleva le menton. Elle finit par céder et plonger le turquoise de ses yeux dans le gris de ceux de son aîné rien que pour se faire transpercer le cœur avec ses derniers mots. Sa gorge se serra d’elle-même à l’entendre avouer qu’il mourait à chaque fois qu’elle pleurait.

Elle ouvrit la bouche afin de dire quelque chose… n’importe quoi, en fait… mais aucun son ne voulut quitter sa bouche. Le meilleur ami de son frère venait de percer une barrière invisible dont elle n’était même pas consciente… et elle ne savait pas quoi en faire. Toute sa vie, elle avait basé son idéal masculin sur l’homme qui la tenait dans ses bras : de l’apparence virile aux aptitudes de combat, en passant par le caractère taciturne et charismatique… Toujours est-il qu’elle ne l’avait jamais considéré directement comme étant un partenaire potentiel. C’était un peu comme s’il avait été si près d’elle tout ce temps qu’elle ne le voyait pas, et ce, même si tout pointait en ce sens. Aussi bien qu’elle fut frappée par une panoplie de souvenirs qui étaient plutôt évocateurs; tout était claire maintenant. Le Rapace s’était proposé pour l’accompagner jusqu’aux Terres gelées parce qu’il voulait passer du temps avec elle; il s’était rué sur le pont et jeté à la mer dans le but de la sauver; il la réconfortait lors de toutes ses crises, voire qu’il s’occupait davantage d’elle qu’il ne prenait soin de lui-même.

De ce fait, elle constata qu’il n’avait pas fière allure présentement. Elle nota également qu’il était plus chaud qu’il ne devrait l’être, surtout avec le vent qui faisait rage à l’extérieur de leur abri. Elle se mit à énoncer mentalement tous les symptômes inhabituels qu’elle avait remarqué chez lui : il faisait de la fièvre, il avait des troubles de concentration et de mémoire, il avait clairement un mal de bloc…

- Thorvald, es-tu certain que tout va bien?

Partie était la notion qu’il venait de lui déclarer indirectement sa flamme, le Renard ne pensait qu’à s’occuper de lui. Elle craignait que son coup à la tête ne cache un mal plus profond et plus dangereux pour sa santé au long terme. À quoi bon se pencher sur les questions du cœur s’il risquait de ne pas se rendre au lendemain? Elle entreprit donc de mettre l’envers de sa main sur le front du guerrier : il était définitivement fiévreux. Elle ne pouvait malheureusement pas y faire grand-chose… Elle pouvait, toutefois, essayer de soulager son mal de tête.

- Laisse-moi faire un instant, d’accord? fit-elle sur un ton anormalement préoccupé.

Elle ôta les mains de son compagnon de sur elle, puis se retourna pour se mettre à genou, face à lui. Elle se redressa ensuite de façon à pouvoir lui masser la nuque, le cou et la base des épaules. Son but était de faire descendre la tension dans ses muscles et ainsi diminuer la douleur qu’il devait ressentir. Elle affichait un air sérieux tandis qu’elle répéta le mouvement de sa nuque jusqu’à ses épaules à plusieurs reprises. Après coup, elle le massa de l’épaule droite jusqu’à la main, s’attardant à tous les muscles. Elle remarqua bien qu’il sombrait à nouveau dans le sommeil, mais c’était tant mieux. Elle ne cessa pas même quand elle vit qu’il s’était assoupi pour de bon.

Elle passa alors à l’épaule gauche… et s’attarda particulièrement au niveau de sa main. C’était fou à quel point les siennes paraissaient minuscules en comparaison! Son annulaire attira son attention plus que les autres doigts. Elle s’imaginait la bague qui pourrait s’y trouver, voire qui devrait déjà être là, considérant toutes les qualités désirables de son compagnon. Maintenant qu’elle était consciente des tendres sentiments qu’il nourrissait à son égard, elle ne pouvait faire autrement que se demander si c’était une possibilité à laquelle il avait réfléchie. Était-ce la raison pour laquelle il n’avait jamais pris femme, et ce, malgré sa popularité chez la gente féminine? Ladite raison qu’elle n’était pas censée être en mesure de deviner?

Elle secoua la tête : elle ne devait pas trop s’attarder à ça ce soir, sans quoi elle ne réussirait jamais à fermer l’œil! Elle prit une grande inspiration et vérifia sommairement l’état du bandage à Thorvald. Elle n’en était pas satisfaite, mais il serait difficile de le replacer sans avoir de l’eau chaude pour nettoyer la blessure et du tissu propre… Elle conclut cependant que sa vie n’était pas en danger – donc elle pouvait se remettre à respirer tranquille – et qu’il n’avait besoin que de repos. Elle se promit donc intérieurement de prendre sur elle à compter de cet instant et de lui rendre la vie plus facile au cours des prochains jours. Elle était faible, certes, mais elle était en mesure de contribuer plus qu’elle ne l’avait fait jusqu’alors. Enfin, elle embrassa son compagnon sur le front, plutôt que d’y coller son propre font, puis se blottit à nouveau contre lui, ramenant la cape par-dessus leurs épaules.

La rouquine sursauta à le sentir passer tout naturellement les bras autour d’elle. À quel point devait-il tenir à elle pour l’enlacer ainsi même dans son sommeil? Et elle, que ressentait-elle vraiment à son égard? Il était séduisant, ça, il n’y avait pas à dire… D’autant plus qu’il était l’une des rares personnes qui était capable de l’endurer sans vouloir lui arracher la tête au bout de cinq minutes. Mais était-ce de l’amour? La cadette des Drakkhen n’avait jamais vécu de romance ayant dépassé l’étape du flirt, et encore là, alors elle ne savait pas comment identifier les signes qu’elle était éprise de quelqu’un. (Sans mentionner que personne n’osait l’approcher de peur de recevoir un coup de masse en pleine tronche…) D’un autre côté, il n’y avait personne qui pouvait prendre la place du second des guerriers du kodiak dans sa vie, surtout pas après tout ce qu’ils avaient vécus ensemble. Il l’avait vue à son meilleur, spécialement à son pire… et il était encore là. Elle s’était ouverte à lui comme elle ne l’avait fait avec aucune autre âme qui vive, pas même sa famille… Il ne l’avait pas jugée, voire qu’il lui avait prodigué ses conseils. Ah! Ce qu’elle avait envie de s’arracher les cheveux à se demander ce qu’elle ressentait pour lui!

* * * * * * *

Quand le Grand rapace daigna enfin se lever, c’est une Idris accroupie près d’un rond de feu bien pétillant qu’il trouva. Elle s’était miraculeusement levée avant lui et avait trouvé le moyen de rassembler des pierres et des bâtons… Bon, elle avait volé quelques branches de leur abri, mais le trou qu’elle avait créé était à peine visible… Le vent s’étant calmé, il n’avait pas été trop difficile pour elle d’allumer le feu. Elle était même allée jusqu’à se concocter un mécanisme pour faire griller un lièvre qu’elle avait chassée à mains nues. « Ne cherche pas à savoir comment j’ai réussi à l’attraper… Tu ne veux vraiment pas savoir. » fit-elle du tac-au-tac, sans même avoir à le regarder. Elle se focalisait entièrement sur la cuisson de la viande. « Je me suis dit qu’un peu de variété ne nous ferait pas de tord. » Elle nota du coin de l’œil que son camarade s’était assis à ses côtés et, immédiatement, elle eut une quantité phénoménale de papillons dans l’estomac. Hé, merde… Elle ne pouvait pas juste faire semblant qu’il ne s’était rien passé la veille? Vite, elle devait trouver un commentaire totalement ringard et déplacé, de quoi l’agacer… N’importe quoi pour paraître normale et en contrôle d’elle-même, l’Idris qui énervait tout le monde. « Comment te sens-tu, ce matin? »



Quel flop total! Elle n’arriverait même pas à convaincre un ornithorynque qu’elle était une tornade rousse insouciante. C’était pathétique, son truc, franchement.

- Il n’y a que pour l’eau que je ne sais pas quoi faire… J’ai encore une réserve, mais elle ne durera pas éternellement et nous n’avons rien pour en faire bouillir. ajouta-t-elle afin de se racheter et faire passer son attitude comme étant un soucis axé sur leur survie.

Peut-être l’esprit stratégique de Thorvald embarquerait-il et il ne penserait plus au fait qu’elle lui devait une réaction… et une réponse. Putain de rat sans poil : elle lui avait promis une question en échange de son avis quant à son mariage forcé qui l’attendait! Oh, mais il ne penserait plus à ça maintenant, pas vrai? Si ça se trouve, sa commotion cérébrale lui avait fait oublier au cours de la nuit. De toute façon, c’était un truc de fille, il ne ramènerait pas ça sur le tapis, pas vrai? Elle sortit prestement sa dague et appuya sur la viande de lièvre afin de vérifier l’état de sa cuisson. Quand elle la jugea adéquate, elle entreprit d’enlever sa broche improvisée de sur le feu et de la déplacer de façon à faire refroidir leur déjeuner.

Elle revint inconsciemment s’assoir où elle était une minute plus tôt.

- Tu sais, j’ai une autre théorie quant à pourquoi tu n’es pas marié encore… dit-elle d’emblée. Tu n’as toujours pas pris femme parce que tu es inexplicablement tombé sous le charme d’une gamine qui, malgré son sale caractère, te faisait effet. Tu la croyais trop jeune, de toute façon… alors à quoi bon l’embarrasser de tes sentiments? D’autant plus qu’elle était comme de la famille mais, au fil du temps, ta considération pour ton meilleur ami et ton clan a laissé place à des sentiments que tu ne peux contrôler. C’était elle, ta perle rare… Malheureusement, cette gamine est une idiote qui ne remarquait pas toutes tes petites attentions… parce que son vrai talent, c’est se foutre dans les pires merdiers… et elle ne t’a jamais accordé l’attention que tu mérites. Pourtant, tu n’es pas capable de te marier parce qu’il y a toujours cette incertitude qui te tenaille. Voudrait-elle de toi, si tu le lui demandais, maintenant qu’elle est rendue à l’âge adulte? Elle marqua une courte pause. Est-ce que je me rapproche?

En tournant la tête, elle remarqua la proximité de la main du Norrois de la sienne. Elle déglutit. Elle était incapable de se concentrer sur les flammes, elle ne pensait qu’à cette fichue main! Elle s’éclaircit la gorge et glissa « subtilement » ses doigts tremblants pour les entrelacer avec ceux de Thorvald, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde et qu’il ne devrait même pas se poser de question, ni même remarquer que ça s’était produit. Ce fut une grossière erreur : une onde de frisson parcourut son corps en entier et elle ne put s’empêcher d’énoncer à voix haute : « Je ne veux plus te partager avec personne. » Son ton avait été plaintif, presque triste.

Elle-même surprise par ce qu’elle venait de dire, Idris plaça subitement les deux mains sur sa bouche. C’était quoi, ça? Était-ce de la jalousie à la simple pensée de toutes les femmes qui avaient eu le plaisir de partager sa couche? De quel droit était-elle possessive envers lui, d’ailleurs? Son inconscient venait de parler à la place de sa raison, cette dernière étant incapable de se décider sur ce que disait son cœur. Elle sut toutefois qu’elle pensait sincèrement qu’elle voulait garder le guerrier que pour elle. Son attirance était indéniable… voire que son attachement « familial » cachait plutôt des sentiments plus profonds. Elle l’avait peut-être appelé le septième frère Drakkhen la veille, mais ce n’était clairement plus ce qu’elle pensait de lui.

Horrifiée de ses dernières paroles, elle s’excusa avant de se sauver… vers le lièvre qu’elle découpa frénétiquement. Elle devait être aussi rouge qu’une tomate; elle ne pouvait pas faire face à Thorvald après ce qu’elle venait de lui dire. Bordel, et elle était encore prise avec lui pendant elle ne savait combien de temps. Ils n’étaient pas rendus au village, loin de là.

- Je crois bientôt être capable de me transformer… balbutia-t-elle pour changer de sujet. Je me suis bien reposée la nuit dernière et… d’ici cet après-midi, ou demain au plus tard, me métamorphoser en renard ou me rapetisser ne devrait plus être trop difficile. J-Je… Je pourrais même essayer d’envoyer un message à quelqu’un?

« Ne parle pas de ce que j’ai dit… Ne parle pas de ce que j’ai dit… Ne parle pas de ce que j’ai dit… » se répéta-t-elle mentalement, comme si la chose allait faire disparaître les quinze dernières minutes.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thorvald
Guerrier(ère)


Messages : 21
Date d'inscription : 16/06/2016

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Dim 2 Oct - 16:10

Idris semblait troublée, ça, il pouvait le voir. Mais... Thorvald ne voyait pas plus d'assentiment que de rejet. Elle semblait surtout surprise. À l'intérieur, il se traita d'idiot. Elle était en situation de faiblesse, ils vivaient des moments difficiles, et là lui, comme l'imbécile qu'il était, il lui balançait ces choses qui étaient le cadet de ses soucis... mais... il réalisait seulement à quel point il pouvait réellement la perdre. À quel il regretterait toute sa vie d'avoir garder le silence. Après avoir plongé dans les siens, les yeux turquoises se mirent à regarder son visage, il ne la quitta pas des yeux pour autant.

Si tout allait bien? Il haussa un sourcil. « Tu devrais plutôt te préoccuper de toi... » marmonna-t-il. Changer de sujet de cette façon, c'était comme recevoir une gifle. Elle posa sa main sur son front et il ferma les yeux, autant pour cacher la tristesse qui envahissait son regard que pour éviter qu'elle crève un oeil par maladresse - c'était Idris Drakkhen, tout de même. De toute évidence, elle venait de remarquer qu'il était fiévreux. Pensait-elle qu'il lui avait déclaré des sentiments sous l'emprise de la fièvre? Il était sincère. « Idris, je... » Elle lui demanda de le laisser faire. Comme cela semblait lui tenir à coeur, il haussa les épaules. Elle se dégagea, et il sentit son coeur se serrer, mais elle lui fit face.

Elle posa ses mains frêles sur lui et se mit à la masser. Ses yeux se fermèrent d'eux-même sous les bienfaits de ses doigts. Malgré tout, il entrouvrit les yeux. « Tu ne devrais pas... ton épaule... » mais il se sentait trop épuisé pour protester. Elle ignora avec brio ses protestations - comme sa déclaration - et poursuivit son chemin. Il ne pouvait pas nier que cela lui faisait un bien fou. Il laissa aller sa tête vers l'arrière et la laissa faire, abandonnant toute résistance. Sous l'effet tranquillisant des mouvements de la jeune femme, il se sentit de nouveau rapidement happé par le sommeil. Pourtant il aurait tant voulu savoir... mais sa tête l'amenait sur un tout autre chemin. Un sommeil lourd, et sans rêve.

Mais avant qu'il succombe totalement, il sentit ses doigts sur sa tête, ou le rêvait-il? Il devait rêver, il devait avoir tout rêver. La déclaration, sa réaction, tout. Pourquoi prendrait-elle soudainement soin de lui? C'était insensé. Quand il la sentit à nouveau contre son torse, ses bras remontèrent d'eux-même pour l'entourer et lui prodiguer les murs de ses muscles. L'avait-elle réellement embrassé sur le front, juste avant? Non, il dormait. Il sentait son souffle régulier, sa douleur apaisé, et comme il n'arrivait pas à ouvrir les yeux. Il dormait, assurément.

Quand il s'éveilla, le guerrier se sentit drôle et ne bougea pas tout de suite. Il mit un moment à réaliser que c'était une sensation de bien-être. Ses courbatures dans les épaules et les bras s'étaient mystérieusement nettement amoindries, tout comme sa nuque. Il avait par contre encore cette sensation de brûlure et d'étourdissement au niveau de sa blessure, mais il décida de l'ignorer. Ouvrant les yeux, il avisa que la rouquine étaient déjà active. Il remua et, sans doute qu'elle l'entendit, car, sans se retourner, elle déclara qu'il ne voulait pas savoir comment elle avait réussi à l'attraper... Attraper...? Il pencha un peu la tête sur le côté et avisa le lièvre. Effectivement, maintenant la question lui passait par l'esprit.

Il se frotta le front en soupirant. Il avait dû dormir longtemps et lourdement. La dernière nuit, il avait été tellement aux aguets qu'il n'avait qu'à peine fermer l'oeil. Toujours est-il qu'il se sentait nettement mieux que la veille. Sa blessure cesserait de lui brûler lorsqu'il lui prodiguerait des soins plus appropriés, pour le reste, il lui devait sans doute des remerciements. Hum... pourquoi? Pourquoi lui en devrait-il? Il s'installa près d'elle en grimaçant un peu. Il se sentait si endormi, il avait l'impression d'avoir manquer quelque chose. Il lui jeta un coup d'oeil. Ce matin? Lui avait-il dit que ça n'allait pas hier? Sûrement pas, ce n'était pas son genre. Il fronça les sourcils et baissa les yeux, cherchant ce qui lui manquait.

Comme son crâne commençait à l'élancer, le rapace aussi les épaules. « Hum. Ça va. Merci. » répondit-il platement. Merci pour... l'avoir demander? Non, il sentait que c'était autre chose. Valait mieux mettre cela de côté, il s'en souviendrait en temps voulu. Le temps de se réveiller! Il se frotta les yeux en baillant généreusement. Il n'avait même pas remarquer le manque d'assurance dans sa voix. L'eau? Hum, il y avait toujours le lac, c'était un lac d'eau douce, ils pouvaient prendre une chance de faire un trou et d'en récupérer. Par ce temps-ci, elle ne devait pas contenir grandes bactéries dangereuses risquant de leur refiler le va-vite.

Se frottant la barbe, il réalisa à quel point il devait être horrible à regarder. Le mouvement lui évoqua quelque chose, il fronça les sourcils. Frotter... massage... Idris... avait-elle....? N'avait-il pas rêver? Était-ce réel? Il se sentait comme si ça l'avait été. Il lui jeta un regard inquisiteur, mais elle était occupée et ne le vit pas. Elle se rapprocha de lui après avoir terminé leur repas, là où elle était précédemment, et se relança sur les théories. Il lui jeta un oeil perplexe. C'était vraiment le moment? Plus elle avançait, plus la mémoire lui revenait, et il ne pouvait s'empêcher de sourire en regardant ses mains. Une idiote qui ne remarquerait pas toutes ses petites attentions... et qui se foutait dans les pires merdiers... ça ne pouvait être plus juste. L'attention qu'il méritait? Il lui jeta un oeil.

Elle était plus que proche, elle avait le doigt dessus, parce que hier soir il lui avait déclaré ses sentiments, indirectement. Rien de cela n'était un rêve... et pourtant... cela voulait dire que sa réaction non plus. Réaction qui avait été absolument obscure. Il regarda, surpris, sa main qui s'était glissé sur la sienne, et lui jeta un regard incrédule. Le... partager? Il sentit l'espoir monté en lui comme une poussée d'adrénaline. Elle avait parler sur un ton si... si... équivoque. Mais elle avait retiré sa main, sans savoir quoi penser, il la regarda sans oser prendre la parole. Regrettait-elle ses mots? Pourtant, comme elle était impulsive, il se doutait qu'elle les pensait, et cela réchauffait son coeur qui avait souffert de sa première réaction.

Se retenant de rire, Thor, ne put empêcher un immense sourire de couvrir son visage ravagé par une barbe qui manquait d'entretien. Elle était rouge, jusqu'aux oreilles. Même si elle s'était tournée, il le voyait bien. Ne voulant pas la brusquer, il se tint silencieux. Il avait envie de pousser une exclamation de joie, de rire, de la saisir dans ses bras, de pleurer de soulagement, de..., de... tellement de choses. Mais il garda tout cela en dedans. Elle se montrait ouverte, mais tout n'était pas gagné. Il devait faire ses preuves. Il avait le reste du trajet pour lui montrer qu'il était sincère, et pour la faire tomber amoureuse de lui. C'était déjà beau si elle ne le considérait plus comme un frère!

Se transformer? Aussitôt, il se mit à réfléchir à ce que cela impliquait. Au fond de lui, il était persuadé de ne pas pouvoir voler. Un aigle au sol était complètement inutile. Sans qu'il se transforme, les tentatives d'Idris étaient vouées à l'échec. Ils devaient déjà avoir constaté leur absence des débris, il en était sûr. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'on les retrace, si elle pouvait contacter, ne serait-ce que Petterson qui s'occupait sûrement de l'escouade de recherche en vol, ils avaient une chance d'être repérer facilement. Fronçant les sourcils, il chercha une solution. Il pouvait toujours essayer de voler, peut-être que sa blessure à la tête n'allait pas réellement entraver son équilibre et ses repères.

Il grimaça. Il se connaissait. Le second des guerriers du Kodiak savait très bien qu'il ne pourrait jamais s'envoler et s'orienter. Il allait débouler en chute libre dans le temps de le dire, et pas question de risque la vie d'Idris pour une question d'orgueil. « Hum... » fit-il, en réflexion. La vie d'Idris... soudain il réalisa avec quel brio elle venait de changer de sujet. C'était voulu? Devait-il relancer? Il la regarda, ne sachant que faire. Elle pouvait soit le frapper pour lui faire regretter de l'avoir embarrassée, soit rougir davantage - ça lui allait terriblement bien, il sourit, ou répondre honnêtement aux questions qu'il se posait. Hum, le mieux était sans doute d'y aller à son rythme, il ne voulait pas la brusquer. Il n'était pas mieux parti si elle répondait que c'était partagé et qu'au final, elle avait réfléchit trop vite et ce n'était que dans le feu de l'action...

« Si tu contactes Petterson, il pourrait envoyer quelques volatiles survoler le lac et nous repérer. Après ce en serait qu'une question de temps qu'on nous envoie des gens à pied. » Il omis volontairement de parler de sa transformation, qui n'était absolument pas une option. « Soit nous restons sur place, soit nous continuons d'avancer pour leur faire face. Quand que nous allons vers le nord-ouest, nous pouvons les devancer. » Il secoua la tête. « Reposes-toi, il n'est pas nécessaire de te surmener, gardes tes dons d'oracle pour les moments importants. » Comme la prochaine fois où elle allait trouver le moyen de les couler dans un autre merdier.

Il lui sourit doucement, et pointa l'index vers le lièvre qui était hors de sa portée. « Tu sers? » Il sortit sa gourde et ferma un oeil, plissa l'autre, afin d'évaluer ce qu'il lui restait. Il était presque à sèche. Il mordit avec appétit dans la viande qu'elle lui tendit. Il sourit, amusé, à la pensée qu'elle était sûrement meilleure cuisinière sur une broche dans un lieu perdu, qu'à faire du pain ou des ragoûts dans une chaumière. Va savoir pourquoi, il ne l'imaginait pas beaucoup en bonne cuisinière. Il ne savait pas comment les repas fonctionnaient chez les Drakkhen, il ne l'avait connu sous cet aspects que depuis qu'ils étaient à Alombria, et faire griller de la nourriture sur le feu... c'était facile et à la portée de tous.

Soudain, il se sentit moins léger et réalisa qu'il lui avait dit... ce qu'il s'était dit qu'il garderait toujours pour lui. Pour cette histoire de mariage. Damné père Drakkhen! Il soupira. La balle était dans son camp à elle, maintenant, et les Grands Esprits seuls savaient à quel point il n'y était pas préparé. Après s'être sustenter, il se leva, lentement - par précaution - et, accroupit, il quitta leur abris sommaire pour s'étirer de tout son long à l'extérieur. Réalisant que la légère brise frappait directement ses bras, il se souvint que c'était la jeune femme qui avait sa chemise sur le dos... Il jeta un regard vers le ciel et cogna son poing dans sa paume ouverte. Le premier qui passait des commentaires sur l'honneur de la cadette Drakkhen allait se recevoir la raclée de sa vie, c'était une promesse.

Il se sentait encore chaud aujourd'hui, bien que moins pire après une nuit de sommeil. Il se tourna vers l'abris et observa Idris qui s'affairait autour du feu. Elle était belle même les cheveux en bataille, blessée, et portant une chemise d'homme... tant que c'était sa chemise à lui. « Idris? Je vais chercher de l'eau au lac, ça devrait être bon, je resterai près du bord, t'inquiète. » Elle se tourna vers lui et il lui sourit doucement. « Tu m'envoies ta gourde? » Il esquiva de peu la gourde qu'il faillit recevoir en plein dans les... parties sensibles. Il avait été assez rapide pour l'attraper en plein vol. Il retint la réplique qui lui brûlait les lèvres et se contenta de secouer la tête en marmonnant des choses incompréhensibles dans sa barbe.

Arrivé en bordure du lac, il décrocha son marteau à sa ceinture et entreprit de cogner. Un coup... deux coups... trois coups... il grimaça. La glace était particulièrement épaisse. Mais pas question de s'enfoncer sur le lac, s'il trouvait moyen de tomber, il était persuadé qu'en plus d'y couler, il se ferait haïr et qu'elle le battrait à mort quand elle rejoindrait parmi les esprits. Il mit donc un pied sur la glace pour aller plus loin et créa une fissure. Lorsqu'il obtint ce qu'il voulait, il regarda l'eau un moment. Proche des berges... la terre semblait trop bien gelée pour brasser de quelconques cochonneries et il était sûr d'avoir entendu que c'est la terre brassée qui créait l'eau contaminée.

Il remplit les gourdes et revint au campement. Il ne le savait pas encore, mais, heureusement pour lui, il avait raison et l'eau récupérée était tout ce qu'il a de plus sûr. Il s'arrêta à distance de leur abris pour la regarder s'affairer. Elle allait finir par se blesser. Oubliait-elle si facilement qu'elle était blessée à une épaule? D'ailleurs, son massage d'hier, ça ne lui avait pas fait mal? Il sentit le besoin pressant d'examiner ses blessures, mais sentait que ce serait probablement plus difficile que de la convaincre de lui donner sa gourde. Il s'approcha donc, en s'assurant qu'elle l'entende arriver.

Il s'arrêta près d'elle, le regard sérieux, limite soucieux. « Ton épaule, ça va? » Il s'abstint de dire qu'elle avait du s'empirer la veille, mais elle pensa sûrement la même chose que lui, car elle s'empourpra. Malgré lui, il sourit, amusé. Il ne l'avait jamais vu ainsi et c'était un côté plutôt agréable de sa personnalité. « Si tu fatigues, n'hésites pas à m'en faire part. D'accord? » Il se tourna vers leur abris de branchage, attrapa la hachette laissée au sol près de la porte, et entreprit de tailler une longue branche. Habilement, il l'aiguisa l'extrémité, arrondit l'autre et fit rapidement apparaître une lance. S'appuyant le dos contre un tronc, il entreprit d'en retirer l'écorce sur la longueur et de la polir à petits coups de hache bien précis.

L'un des nombreux talents du guerrier était la sculpture. Ce n'était un secret pour personne, il lui arrivait de faire des figurines de bois sur le campement pour passer le temps qu'il offrait aux hommes et femmes du clan qui pouvaient les donner à leurs enfants à leur retour. C'est ainsi qu'il fit naître une lance relativement équilibrée, au bout de vingt minutes. Il la soupesa, pinça les lèvres, amincit encore l'extrémité, puis hocha la tête, satisfait. « Hey, Idris. » fit-il en levant les yeux sur elle pour attirer son attention. Il la lui balança doucement, de côté évidemment. « Ça aurait été mieux avec une dague, mais s'pas si mal cette chose. » ajouta-t-il, en soulevé la hachette, en souriant, avant de la remettre à sa ceinture.

Il se redressa, quittant son dossier improvisé. « Es-tu prête à poursuivre? As-tu contacté Petterson? Il doit être en train de chercher un oracle s'il est au siège du clan pour pouvoir te répondre. » Si elle l'avait fait, évidemment. Il jeta un oeil sur le feu éteint, les capes roulées. Elle avait fait tout le travail, pendant qu'il taillait cette lance, pour elle, ça compensait, non? « Je peux te porter encore, si tu veux. » ajouta-t-il doucement en faisant un pas vers elle. Mais comme elle était en meilleure forme... il haussa les épaules. « Dit-le moi si tu changes d'avis. » Il tendit le bras droit, l'invitant ainsi à s'en servir comme appuie. Elle était toujours blessée à la hanche gauche, après tout.

Après quelques longues minutes de marche, qui semblait être emplies d'un malaise dont il se savait la source, il décida de mettre les choses au clair. « Écoutes Idris... » Il se gratta le menton en grimaçant, cherchant dans quels mots il allait parler. « Je ne vais pas te... te presser. Je me doutes que c'est un peu sorti de nul part, avec la situation et tout... prends le temps d'y penser... je... c'est... Y'a rien qui presse... tout de suite. » Parce qu'arriver là-bas, il voudrait savoir ses sentiments pour... intervenir, si besoin est. Il lui jeta un oeil en coin, mais vit plutôt au sol, de l'autre côté d'elle, quelques petits marcassins qui sommeillaient. Il l'immobilisa.

Quelle drôle d'impression de déjà vu. « Regardes. » chuchota-t-il en lui indiquant les bestiaux du menton. « Eh zut, la mère ne doit pas être loin... » Comme de fait, il entendit gronder plus loin en avant. Il pesta à mi-voix. Elle allait charger, d'une seconde à l'autre. « Ne bouges pas tout de suite... » sinon elle allait se diriger sur elle. Il glissa lentement ses doigts entre les siens, sans quitter la bête des yeux. Quand elle s'élança, il tira sur le bras gauche d'Idris qui se trouva rapidement derrière lui... et il la poussa dans le taillis. Il se poussa vers la droite, mais la fichue bête fut plus rapide que lui et pivota rapidement plus loin et revint à la charge. « Idris, ta lance! » Tant pis pour les marcassins, ce phacochère allait l'encorner!

« Vise, maintenant! » Il attrapait son marteau alors que la bête lui fonçait dedans. La lance transperça les côtes de la bête, suivi du moment où l'une de ses cornes s'enfonçaient dans l'intérieur de sa cuisse, dans un dernier élan de survie de la part de la bête. Il grimaça, surtout qu'en tombant, la corne avait tourné dans la plaie. Il tomba à genou et retira rapidement l'objet inusité de sa cuisse. Il jura en maintenant fermement une pression contre sa cuisse. Hum, les renforts allaient devoir presser la cadence... Il sourit et grimaça en même temps, lui donnant un drôle d'air. « T'as encore des lambeaux de ta tunique? » la questionna-t-il. Il ne l'avait, après tout, pas déshabillé avant de lui enfiler sa chemise.

Relevant un peu la main, il vérifia sa plaie. Ça ne saignait pas si abondamment, les artères n'avaient pas été touchées, il soupira de soulagement. Une idée lui vint. Avant de repartir, il allait arracher les cornes de cette salope, et les garder. « T'en fais pas pour moi, j'ai vu pire. » fit-il à l'intention de la rouquine.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Lun 3 Oct - 22:28

Nom d’un chien, qu’est-ce qui lui était passé par la tête pour dire à voix haute qu’elle ne voulait plus partager Thorvald avec personne? Rien. Il était bien là, le problème, son cerveau n’avait rien eu à dire là-dessus. C’était sorti tout seul de sa bouche. Heureusement qu’il n’y avait personne d’autre, sans quoi elle aurait eu la honte de sa vie! Elle connaissait un certain ours kodiak qui se serait fait un malin plaisir de se moquer de sa gêne et ses balbutiements ridicules… La fière Idris Drakkhen, qui ne recule jamais devant rien pour clamer haut et fort ce qu’elle pense, se retrouvait réduite à faire la patate chaude devant un mec qu’elle avait pourtant connu toute sa vie.

Elle était si énervée qu’elle ne manqua pas de planter le bout de sa dague dans sa paume. Elle grimaça et suça le sang qui s’était mis à couler, tandis qu’elle se retournait pour écouter les recommandations de son camarade. Elle le remercia silencieusement du regard de ne pas mentionner ce qui venait de se produire. Elle lui rendit donc son sourire, puis s’essuya la main sur la cuisse. À quoi bon faire attention à ses vêtements dans l’état qu’elle était? Ça ne se voyait presque pas qu’elle venait de rajouter une couche de sang par-dessus le reste de la crasse.

- Petterson, hein? C’est celui avec l’énorme grain de beauté sur le nez, pas vrai? Elle ne voulait quand même pas envoyer un message à la mauvaise personne, sans quoi ça ne serait pas d’avance! Elle suivit ensuite la direction pointée par le Grand rapace et laissa échapper un petit rire. Bien sûr, sire. Par quel morceau puis-je vous intéresser?

Elle fit une courbette de révérence au guerrier, clairement plus à l’aise à faire le bouffon qu’à parler d’affaires de cœur, puis lui servit un gros morceau de viande – pour un lièvre, quand même – bien juteux. Pour sa part, elle prit sa mini broche et mangea ce qui restait de l’animal directement sur le bâton. Ça lui permettait de ne pas avoir à trop lever son bras droit, évitant de ce fait d’empirer sa blessure. Disons que ça la tiraillait depuis le massage qu’elle avait prodigué au Norrois la veille… Sans compter qu’elle n’avait pas fait attention à la douleur tandis qu’elle leur préparait un feu, ainsi qu’un déjeuner de base.

Une fois qu’elle eut terminé de s’empiffrer, elle jeta le bout de bois directement dans le feu. Elle prit une autre branche afin de réorganiser la braise, question d’avoir un maximum de chaleur. Par après, elle fit le tour du rond de feu pour s’assurer qu’il n’y avait pas de débris qui risquait d’amener les flammes jusqu’à leur abri temporaire. Ça serait vraiment le comble de la merde si elle devait mettre feu à toute la forêt!

Le Renard leva la tête lorsqu’elle se fit interpeller et chercha autour d’elle où se trouvait le second des guerriers du kodiak. Elle haussa les sourcils à comprendre qu’il voulait retourner sur ce lac damné. Disons qu’elle n’en gardait pas vraiment de bons souvenirs… « Je ne sais pas, Thorvald… si c’est une bonne idée. » Elle se prépara à se relever, prête à l’accompagner coûte que coûte. Elle ne se le pardonnerait jamais s’il devait lui arriver malheur ou s’il devait se retrouver pris sur la glace avec un étourdissement dû à sa blessure. Il lui assura cependant que c’était sans danger et demanda plutôt à ce qu’elle lui envoie sa gourde. Elle obtempéra sans trop y faire attention, ne voulant pas montrer qu’elle s’inquiétait à mort à l’idée de le savoir tout seul sur la glace après ce qu’elle y avait vécu le jour précédent… et passa à un cheveu de ruiner ses bijoux de famille. Oups… Un peu plus et Monsieur Svennson n’avait plus de chance à une descendance. Sa compagne le regarda alors partir, les lèvres pincées pour ne pas pouffer de rire. Elle cria après lui : « Je n’ai pas fait exprès! »

Une fois sa besogne autour du feu terminée, Idris décida que c’était une opportunité en or de préparer leur départ. Quoi de mieux pour se changer les idées? Elle devait d’abord contacter Petterson, car il en allait de leur survie… mais elle pourrait ensuite ranger ce dont ils auraient besoin pour leur voyage.

**[Petterson – PNJ]Petterson, c’est Idris Drakkhen. Je suis en compagnie de Thorvald Svennson. Nous… Elle déglutit; elle n’avait pas pensé avant de contacter son compatriote à quel point il lui serait difficile de parler de l’accident de leur navire et de la mort de leur équipage. Il y a eu une tempête et le navire a coulé, si vous n’avez pas déjà trouvé les décombres sur la berge. Nous sommes les seuls survivants. Nous marchons depuis une journée en direction du village et venons de traverser un grand lac, bordé de montagnes et de forêt. D’ici peu, nous continuerons d’avancer vers le Nord, en espérant aller à votre rencontre éventuellement. Nous sommes ralentis par des blessures, mais nous sommes encore en un seul morceau… Enfin, deux, parce que… Peu importe, nous sommes en vie et c’est ce qui compte. Nous sommes dans l’incapacité de prendre la forme de nos totems pour l’instant. J’attends de vos nouvelles.**

Idris vida ses poumons en expirant longuement : le pire était fait. Elle roula les manches de sa chemise et sorti le baluchon contenant la viande de puma, question de vérifier ce qu’il leur restait en matière de nourriture. Elle fut soulagée de voir qu’ils en avaient encore assez pour se rendre jusqu’au lendemain, mais il leur faudrait penser à chasser éventuellement. Elle massa légèrement son épaule droite, cette dernière l’importunant dans son travail.

Elle ne vit pas le temps passer que, déjà, son camarade était de retour avec leurs gourdes bien remplies. Elle fronçât des sourcils en voyant la mine grave de Thorvald. S’était-il passé quelque chose en bordure du lac qui les mettait en danger? Elle leva les yeux au ciel quand il se renseigna sur l’état de son épaule. Elle sentait la colère monter en elle, n’aimant pas que quiconque insinue qu’elle était faible parce qu’elle était blessée. « Mon bras n’est pas encore tombé, alors tout est beau. » se défendit-elle. Encore une fois, le Norrois adoptait un comportement surprotecteur à son égard, ce à quoi elle se contenta d’acquiescer avec un « Ouais, ouais. » banal. Elle avait compris la veille qu’elle était mieux de lui demander de l’aide si elle se sentait mal, sans quoi il la forcerait à se laisser dorloter jusqu’à ce qu’elle aille mieux.

Elle ne se préoccupa pas davantage du Rapace. Elle avait d’autres choses à faire, tel que rouler les capes, éteindre le feu, reprendre sa gourde et l’attacher à sa taille, etc. Elle ne posa son regard sur l’homme barbu que lorsqu’il l’apostropha et qu’il lui lança une belle lance, fraîchement taillée. Elle sourit. « J’en déduis que la mienne était trop rudimentaire pour toi? » fit-elle sur un ton amusé. « La prochaine fois, tu n’auras qu’à demander. » ajouta-t-elle en avisant sa dague du bout de son index. Il n’aurait eu qu’à le dire et elle la lui aurait prêtée. Elle admira sa nouvelle arme tout en écoutant distraitement ce que lui disait le guerrier. « Je n’ai pas eu de réponse de Petterson ou d’un quelconque Oracle, mais ça ne saurait tarder. » Par après, elle dévisagea Thorvald : croyait-il sincèrement qu’elle se laisserait porter une seconde journée de suite? Il dut comprendre à son expression qu’elle s’en passerait, car il précisa qu’elle n’avait qu’à dire le mot si elle désirait monter sur son dos.

Son orgueil blessé une fois de plus, elle fut réticente à prendre le bras droit de son compagnon, mais finit quand même pas le faire pour s’acheter la paix. Elle n’avait pas envie de se coltiner un autre sermon sur les bienfaits d’accepter l’aide offerte si elle éprouvait de la difficulté à marcher. De toute façon, se tenir après le second des guerriers du Kodiak l’empêchait de gratter son flanc gauche qui la démangeait pour mourir. C’était bon signe puisque ça signifiait que les plaies guérissaient, mais c’était ennuyant à la longue.

Toutefois, son esprit vagabondait fréquemment vers les paroles de Thorvald la nuit précédente… en plus des événements de ce matin. Elle ne savait plus trop comment entamer une conversation. Elle se serait sentie mal de partir sur un sujet trivial, sans compter qu’elle manquait d’imagination pour commencer. Ce fut alors son partenaire de marche qui rompit le silence qui pesait entre eux. Immédiatement, son cœur s’emballa et sa gorge se serra. Elle savait qu’elle devrait éventuellement lui donner une réponse, lui confirmer ce qu’elle ressentait à son égard. « Mouais, bah… Ne t’en fais pas. Des fois, les choses ont juste besoin de sortir. J’ai juste besoin de… de réfléchir un peu, c’est tout. » Elle se sentait horrible de lui faire ça… soit de ne pas lui donner de réponse claire. Si elle, elle pensait souvent à ce qu’ils pouvaient être ou ne pas être, c’était clair qu’il devait se préoccuper encore plus de la chose.

La rouquine fut surprise qu’ils s’arrêtent après seulement quelques minutes de marche. Elle tourna la tête dans la direction indiquée par son camarade et jura entre les dents contre des marcassins. N’y avait-il pas un seul animal dans ces foutues Terres gelées qui surveillait ses progénitures de proche ou étaient-ils tous des parents indignes? Comble de malchance, la mère se manifesta peu de temps après. L’Oracle serra la mâchoire, ainsi que la main de Thorvald à ses côtés. Ils étaient vachement mal placés pour éviter le trouble. Ils n’avaient pas le temps d’aller nulle part avant que la laie ne fonce sur eux. Merde! Avant même qu’elle ne puisse formuler la moindre tactique à son compagnon, celui-ci la poussa dans le premier buisson du bord. « Salopard! » le maudit-elle intérieurement. Non seulement ça faisait mal, mais elle savait que ça signifiait qu’il se sacrifiait pour elle. Par instinct, elle se remit sur pied et agrippa sa lance… de façon à ce qu’au signal du guerrier, elle était déjà prête à empaler cette fichue bestiole!

Elle ne put malheureusement empêcher le phacochère d’atteindre le Norrois à la cuisse gauche, ce qui la fit crier de rage. La bête allait payer le prix fort pour son insolence! Idris trouvait presque dommage qu’elle ne puisse torturer l’animal plus longtemps avant que les Grands esprits ne le reprennent, tant elle lui en voulait. Cependant, ce n’était pas le temps de maugréer contre une défunte laie. Sans perdre un instant, le Renard retira sa chemise pour évaluer l’état de sa propre tunique, à la demande de son partenaire. « Cochonnerie! » sacra-t-elle, son mot étant bien choisi pour l’occasion. Il ne restait pas assez de tissu en bande continue pour qu’elle panse la plaie de Thorvald. Tant pis, ce serait la chemise qui écoperait! D’un habile mouvement de dague, elle retira une des manches du vêtement et se servit de cela pour faire son bandage. Elle serra le bout de tissu jusqu’à ce que son aîné lui fasse signe que la pression serait suffisante pour arrêter le saignement, tout en lui permettant de marcher sans trop de douleur.

Ce après quoi elle lui sacra une méchante claque sur l’épaule. « T’es dérangé, ou quoi!? T’as le syndrome du chevalier, maintenant? Je ferais quoi s’il devait t’arriver quelque chose de grave, hein!? » Elle était livide : son cœur avait arrêté de battre pendant les quelques secondes où elle avait vu cette défense s’enfoncer dans sa cuisse et que le Grand rapace s’était affaissé au sol. « Et je peux oublier de me faire porter quand je serai fatiguée. » fit-elle pour que sa rage passe comme étant immature plutôt que de l’inquiétude mal dissimulée. Elle allait le brasser par les épaules quand elle s’interrompit avec les bras dans les airs, à la mi-mouvement. Elle venait de recevoir une communication télépathique de Genevova, un Oracle mature qui était de la même génération que son premier maître, la défunte Hilda. D’un mouvement distrait, la rouquine fit taire son camarade en lui mettant la main dans… sur… quelque part dans les environs de la bouche, ce qui ne fut pas très réussi considérant qu’il bougea au mauvais moment. Peut-être lui avait-elle-même mis un doigt dans le nez, elle n’en avait aucune idée. Toute son attention était sur le contenu du message télépathique de sa consœur.

**[Genevova – PNJ] Nous avons un problème, Oracle. Thorvald a été atteint à la cuisse par un phacochère il n’y a pas cinq minutes. Marcher sera plus ardu pour lui; notre avance sera grandement ralentie désormais. Il serait plus sage pour nous de conclure d’un lieu de rendez-vous où nous pourrions vous attendre.**

Le Renard n’avait pas pris la peine de confirmer avec le principal intéressé de ce qui était la meilleure marche à suivre. Il n’avait qu’à ne pas se mettre les pieds dans les plats et elle l’aurait laissé décider des prochaines étapes. Maintenant, par contre, elle était déterminée à éviter autant de problèmes que possible. Il ne pouvait pas la contredire face à leurs compatriotes, de toute façon, car il ne possédait pas la capacité de communiquer par la pensée. Par chance, Genevova ne mit pas énormément de temps à répondre au message de sa cadette et lui indiqua un lieu sûr où les rescapés du naufrage pourraient poireauter en attendant les renforts.

Par après, elle prit le visage barbu de son compatriote entre ses mains, regardant ce qu’elle faisait cette fois. Elle s’assura que le gris de ses yeux était sur les siens, car l’information reçue était extrêmement importante.

- Petterson a dépêché l’Oracle Genevova pour nous assister à distance et celle-ci vient de communiquer avec moi. Le clan se doutait qu’il était arrivé malheur à notre embarcation, mais ils eurent un contretemps avant de pouvoir envoyer un bateau à notre recherche. Il n’a donc pas quitté port aussi tôt que tu l’avais estimé. Elle contactera les hommes en mer afin de les avertir de ne pas partir à notre recherche; ils ne nous trouveront pas sur les lieux du naufrage. Ils se contenteront de ramasser les débris et de brûler les cadavres. Toi et moi, nous sommes à nous diriger sur le plateau à proximité. Petterson dit y être déjà allé pour la chasse. Nous devrions y trouver une grotte spacieuse, où nous pourrons nous installer. Il y aura également un petit lac tout près, nous donnant accès à une source d’eau. Le lieu est la maison de chèvres des montagnes, ce qui pourra être une source de nourriture au besoin. Il y a sans doute d’autres animaux pour nous sustenter également. Selon les informations que j’ai reçues, nous en avons pour un peu plus d’une demi-journée avant d’atteindre le sommet du plateau, qui sera vers l’est. Une fois en hauteur, nous devrons longer la montagne à notre droite pour trouver la grotte en question. Elle marqua une pause afin de laisser une chance au meilleur ami de son frère d’assimiler tout ce qu’il venait d’apprendre. Ensuite, elle l’enlaça fortement et lui souffla à l’oreille : Ne me dit plus jamais de ne pas m’en faire pour toi. C’est comme me demander d’arrêter de respirer : ça n’arrivera que quand je serai morte. Compris? Elle recula. Maintenant, lèves-toi de sur ton gros derrière. Nous avons encore plusieurs heures de marche devant nous.

Elle lui tendit la main pour l’aider à se remettre sur pied, mais elle s’accroupit à nouveau pour s’occuper de la laie. Elle expliqua brièvement qu’elle souhaitait prendre de sa viande pour ajouter à leurs réserves. Il n’était pas question de dépecer entièrement l’animal, car ils perdraient une quantité considérable de temps, seulement de prendre quelques morceaux. La magicienne coupa une partie de la peau du phacochère afin d’y envelopper la viande saignante et de refermer le tout avec un bout de corde coupé du reste. C’était mieux que de laisser le tout saigner abondamment sur la viande de puma cuite. Elle ne fit aucun commentaire à propos de la demande de son compagnon d’arracher les défenses de la bête comme trophée de guerre. Elle pouvait comprendre pourquoi il y tenait…

Au moment de se remettre en route, la rouquine insista pour que son camarade prenne la lance dans sa main droite et s’appuie sur elle du côté de sa jambe gauche. Elle se foutait qu’il mette du poids sur son épaule blessée, car ça ne l’empêcherait pas de marcher. L’important était qu’ils se rendent tous deux à destination le plus vite possible. Ce n’était même pas ouvert à discussion. Elle ne lui laissa pas plus de choix à propos du baluchon de viande : c’était à elle de le traîner. Ils avancèrent donc ainsi, à un rythme lent, souffrant tous les deux de divers maux.

Ils avisèrent éventuellement un chemin permettant d’escalader le plateau au bout de trois heures. Le passage était escarpé, mais pas impossible à gravir dans leur condition. Ils n’eurent qu’à faire attention, notamment aux plaques de glace, et de procéder à la queue-leu-leu; l’Oracle n’hésita jamais à tendre la main au Rapace derrière elle et réfuta tout commentaire sur son propre état de l’envers de la main. Au bout d’un peu plus d’une heure, ils atteignirent une steppe suffisamment grande pour qu’il puisse s’y arrêter et se sustenter. La jeune femme pointa du doigt un endroit par terre où Thorvald devait s’installer. Elle profita du moment où il eut le dos tourner pour ramener ses cheveux sur son épaule droite, masquant le sang qui s’était remis à couler. Elle devait avoir rouvert la plaie puisqu’elle forçait constamment sans y faire attention. Elle ne pouvait rien faire pour son flanc gauche, où on pouvait y voir quelques taches de sang frais. Ce n’était rien de dramatique, alors elle se doutait bien que son compagnon ne dirait rien à ce sujet.

Par la suite, elle prit place directement derrière lui sur une pierre. C’était royalement inconfortable, un pic s’enfonçant dans sa fesse, mais elle n’était pas pour commencer à se plaindre. Elle but une gorgée d’eau et porta le bout de viande de puma que lui tendit le guerrier à sa bouche. Elle garda la nourriture à cet endroit une minute, le temps de commencer à masser la nuque du meilleur ami d’Ansgar. Elle arrêta le temps qu’il fallut pour terminer sa bouchée et se remit à son manège. Elle prodiguait les mêmes soins que la veille.

- Je ne veux pas que tu recommences à avoir mal à la tête. Tu dois être en forme pour terminer l’ascension de la montagne. Si tu ne veux pas penser au massage, contentes-toi de regarder le magnifique paysage en bas… parce que je n’arrêterai pas avant d’avoir fini. Point à la ligne.

Elle n’avait pas tort : ils avaient une vue magnifique sur la forêt, voire même que le lac où elle avait failli se noyer était visible au loin. C’était hallucinant de croire qu’ils y étaient pas plus tôt que ce matin! Elle devait admettre que les Terres gelées lui avaient manquées. Elle se sentait chez elle avec toute cette neige à perte de vue. Le sud, c’était bien… mais elle était une femme du nord.

Idris prit un autre morceau de viande que lui donnait son patient du moment, avant de continuer son massage, descendant le long de sa colonne vertébrale. Elle pouvait sentir toute la tension qu’il avait d’accumulé dans le corps. Un bon bain chaud à son retour lui ferait le plus grand bien… et à elle aussi!

- J’ai une idée pour passer le temps… à part se goinfrer dans la viande de puma. fit-elle en remontant vers les épaules. Jouons à une pensée pour une pensée! Je te dis ce à quoi je pense présentement et, après, tu me dis ce qui te passe par la tête. Marché conclu? De toute évidence, le guerrier n’était pas des plus enchantés… mais il plia au caprice de sa cadette, pour lui faire plaisir. Ce n’était pas la pire façon de s’occuper, alors bon, pourquoi pas? Je pense que si les choses se passaient différemment, ce serait facile d’être en amour avec toi. À coup sûr, Thorvald se raidit sous ses mains caressant ses épaules. Le sujet l’intéressait maintenant, ça crevait les yeux. Si nous n’avions pas toutes ces histoires de politique norroises, toutes ces obligations selon notre rang et notre famille… les choses seraient plus simples. Regarde les derniers jours : il n’y a que nous, personne d’autre… et nous nous sommes parlés plus que durant les cinq dernières années réunies. Je veux dire, se parler, vraiment, pas juste échanger des commentaires bidons de circonstance. Tu n’as pas à rapporter quoi que ce soit à Ansgar à tous les soirs… Je ne suis pas partie me promener de tous bords, tous côtés, à la journée longue… Nous ne partons pas à tout bout de champ dans des expéditions différentes. Il n’y a pas un seul idiot pour marmonner de quoi concernant mon apprentissage dans le sud, ni pour nourrir des rumeurs stupides. Nous avons du temps pour nous, ce qui ne sera plus le cas quand nous serons de retour à la maison. On nous séparera sans doute pour voir à nos blessures et mon père va me casser les pieds dès qu’il en aura la chance. J’ai peur que… que tout ce qu’on a réussi à gagner récemment ne disparaisse. C’est pourquoi… Elle cessa de masser les épaules de Thorvald, passant plutôt ses bras autour de son cou, déposant sa tête sur son épaule gauche. J’aimerais essayer de voir ce que ça serait d’être avec toi. Je sais que mes sentiments pour toi sont clairs, ce n’est que ma tête qui m’empêche de les voir en cherchant à faire du sens de tout ce qui s’est passé… en analysant la situation plus qu’il ne le faut. Elle frotta sa joue contre la barbe de son compagnon, avant de reprendre son discours. Ce matin, quand j’ai entrelacé mes doigts aux tiens, j’ai eu un frisson dans le corps entier. Ça m’a tellement fait étrange! Mais je suis persuadée que la clé est là… Peut-être qu’en se touchant ou en s’embrassant, ça m’aiderait à m’éclaircir les idées et ça me donnerait la réponse que je cherche. Elle se redressa sur sa pierre, ramenant ses mains à elle. Je ne parle pas de coucher ensemble, là. Je me garde pour le mariage. Mine de rien, j’ai l’honneur des Drakkhen à cœur! Et ne t’avise pas de te foutre de ma gueule! termina-t-elle en enfonçant son index dans l’épaule droite du Norrois devant elle. Elle était peut-être irréfléchie et d’avance sur son temps en matière de diplomatie avec les sudistes, mais elle demeurait une femme fondamentalement conservatrice en matière de vie personnelle. Ensuite, elle se pencha de façon à passer son bras droit par-dessus l’épaule de son compagnon, pressant inévitablement sa poitrine contre son dos. Elle fit un geste de la main. Donne-moi un autre morceau de viande. Et maintenant, c’est à ton tour. À quoi penses-tu?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thorvald
Guerrier(ère)


Messages : 21
Date d'inscription : 16/06/2016

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Mar 4 Oct - 17:57

Thorvald ne pipa pas un seul mot alors qu'Idris s'afférait à lui prodiguer un pansement. Elle semblait visiblement agité, alors que lui, il était parfaitement serein avec ce qui venait de se passer. Elle allait bien, et il n'avait qu'une petite piqûre - douloureuse et qui nécessitait quelques soins - mais rien de bien significatif. Elle serra le tissu autour de sa cuisse jusqu'à ce qu'il lui dise que c'était assez - il ne fallait pas non plus qu'il perde sa jambe en chemin! Il ne broncha pas sous le coup qu'elle lui refila, il soupira, plutôt. Le syndrome du chevalier? Voilà une pression typiquement sudiste - il n'y avait pas de chevaliers dans les terres gelées. « Il va rien m'arriver de grave... » marmonna-t-il. « C'est qu'une piqûre, j'ai vu pire. » ajouta-t-il sur un ton bourru.

Il ne savait pas trop quoi penser de son attitude. Ça lui tenait tellement à coeur qu'il puisse la porter? Ridicule, c'était probablement plus du à son état de santé. Allons! Même seul il pourrai survivre à tout ce qu'il a vécu sans problème. C'était elle, qui l'inquiétait, plutôt! Il fronça les sourcils et serra les dents pour éviter de commencer une tirade qui n'en finirait pas. Il soupira et baissa un peu la tête de ce fait même. De toute façon, il ne dirait pas grand chose, car voilà qu'elle lui plaquait une main dans le visage et lui frappait l'arrête du nez tout en lui fichant presque un doigt dans l'oeil. Il plissa le nez et y porta la main en se dégageant. Ça faisait mal! Elle voulait le rendre aveugle?! Y'avait des mouvements beaucoup plus gracieux pour faire taire quelqu'un!

Il lui jeta un regard noir, mais elle semblait ailleurs. C'était son pouvoir de communication? Il en oublia son mécontentement et attendit, avec une sorte de fébrilité, de savoir ce qu'il en était. Son silence l'irritait. Ne devrait-elle pas lui dire ce qu'il se passait et demander son avis? Réclamer ses conseils? Il se renfrogna. C'était inutilement long. Et il n'entendait rien. Jamais le fait de ne pas avoir de capacité magique en l'avait tant irrité. Finalement, elle lui saisit le visage et il soutint son regard, perplexe. Bon, ses estimations étaient donc erronées, mais il y avait pire comme mauvaise nouvelle dans la vie. Elle lui... donnait... des ordres là... non? Elle ne lui avait rien demander, elle avait décidé, comme ça, pour le fun. La décision n'était pas mauvaise, mais il rechignait à ne pas y avoir participer. Le pensait-elle incapable? Était-il devenu faible à ses yeux? Voilà qui n'était pas pour lui faire plaisir.

Le guerrier écouta les indications, le visage fermé. S'il lui semblait sérieux, il était en fait plutôt furieux. Contre lui, contre elle, contre Petterson, contre les Grands Esprits, contre le Chef Drakkhen... contre le monde entier. Mais... elle se jeta soudainement sur lui pour le serrer contre elle et lui murmurer quelque chose à l'oreille qui eurent beaucoup plus d'effets que cela n'aurait du. Il se sentait ému... elle tenait à lui tant que ça? Probablement son côté solidaire, elle avait toujours été d'une solidarité sans faille, le naufrage en avait été un exemple assez flagrant. Cette frénésie à vouloir tous les contacter et les sauver... Elle se recula avant qu'il ne puisse la retenir, encore un peu sous le choc, et incertain sur la véritable signification de ses mots.

« Mon gros... » répéta-t-il avec un air abasourdi. « Je vais t'en faire un moi, gros derrière... » gronda-t-il, ignorant sa main pour se relever seul comme un grand, mais il s'interrompit en chemin, la voyant se pencher sur la bête. Il revint sur son gros derrière pour se tirer vers l'animal et lui arracher ses défenses. Elle lui jeta un regard, mais ne releva pas sa lubie, ce qui lui allait très bien. Il la laissa faire le reste et se leva sans trop de difficultés. La douleur à sa cuisse n'était rien comparé à celle qui ravageait à nouveau son crâne. Comme si l'affluence d'émotions faisaient battre son coeur plus fort dans ses tempes et résonnaient dans sa tête.

Lorsqu'elle eut finit, elle insista pour qu'il se serve de la lance comme béquille et s'appuie sur elle, ce qu'il refusa avec énergie. Le ton monta, mais aucun des deux ne sembla vouloir céder, et elle était plus sur le point de s'emporter vivement. Serrant les dents, il céda. « C'est bon! D'accord, t'as gagné, on fera comme tu veux. » Il avait beaucoup trop mal à la tête pour s'obstiner plus longtemps avec elle, et encore moins pour l'entendre crier. Mais il prit grand soin de s'appuyer sur la lance, et non sur son épaule. Si ce n'est deux ou trois petites pertes d'équilibre - plutôt dues à sa tête - qui le firent tanguer et qu'il du se retenir à elle. Le chemin se passa tout de même relativement bien. Pas de réelles embûches.

Le grand Rapace remarqua bientôt qu'il s'épuisait vite, mais il s'efforça de ne rien montrer. Elle le trouvait déjà faible, de toute évidence, pas nécessaire d'en rajouter. S'il avait voulu la séduire, il se fourvoyait complètement. Il reculait plus qu'autre chose dans ses désirs... comme elle semblait vouloir se hâter, il commençait même à se demander si ce n'était pas pour se débarrasser de lui plutôt que pour leurs blessures. Elle lui tendait fréquemment la main, ce qui l'irritait abondamment, lorsqu'ils passèrent par un passage étroit et glissant. Elle balayait ses propos comme si cela n'avait aucun poids. Il dut se faire violence pour ne pas la saisir par les épaules et la secouer. Elle jouait à quoi, là?! Elle était blessée, et agissait comme si de rien était - et il omettait volontairement de réaliser qu'il faisait pareil.

De plus en plus tendu, irrité, autant par l'attitude de cette damnée gamine que par la douleur qui lui vrillait le cerveau, il accueillit avec un soulagement peut-être un peu trop évident la perspective de faire une pause. Sans protester, il s'installa où elle le lui indiqua. Il était trop crevé pour s'opposer à elle. Sa tête lui faisait un mal pas possible, sa blessure lui brûlait comme un soleil. Il se sentait à nouveau fiévreux. Il se sentait dans un espèce d'état second, de mode survie où tout ce qui comptait était l'objectif du moment; se rendre au plateau. Mais cette pause semblait être une bonne idée. Il devait simplement concentrer son énergie et, surtout, ne pas la perdre en la laissant trop redescendre. Mais pour ça... Idris était là pour empêcher son coeur activé par la balade de se calmer.

Déballant les provisions de puma, il attrapa ceux qui étaient le moins imbibé par la laie et en tendit un par-dessus son épaule à Idris après en avoir mis un dans sa bouche. Reposé sa cuisse lui faisait du bien. Il l'étira devant lui dans un soupir. Lorsqu'il sentit les doigts de la jeune femme sur sa nuque, il se raidit. « Idris... tu ne devrais pas... » protesta-t-il mollement. Trop épuisé pour une joute verbale, il n'en fit pas plus et ferma les yeux. Elle avait des doigts agiles tout de même... Son commentaire le fit sourire. C'était un peu trop tard pour sa tête... mais à quoi bon le lui dire. Il jeta tout de même un oeil à la vue qui s'offrait à eux, et ne put s'empêcher de constater que c'était, effectivement, merveilleux pour les yeux. Ses yeux perçants pouvaient même apercevoir le trou dans le lac où elle avait faillit disparaître à sa vue pour toujours... Il frissonna.

Thor tendit un autre morceau de viande qu'elle attrapa. Oh, le dos, ça faisait du bien ça... Il poussa un grognement de satisfaction sans réellement s'en rendre compte. Passer le temps...? Oh, il ne tenait pas vraiment à parler... réfléchir lui semblait un effort incommensurable en ce moment... bien que les mains de sa compagne lui prodiguait un certain soulagement. Mais il sentait que l'origine de ses maux n'étaient pas due à des tensions... il se garda bien de le lui dire. Elle allait inutilement s'inquiéter et ils n'en finiraient jamais de vouloir se soutenir l'un l'autre. Ils étaient deux grands idiots qui se reprochaient les même imbécillités et qui s'en faisaient pour les même choses. Beau duo. Autant que cette partie d'elle l'agaçait, autant qu'il l'appréciait, car cela témoignait d'un grand coeur, d'une grande force de caractère et d'une solidarité poignante.

« Une pensée pour une pensée... » répéta-t-il à mi-voix. C'était quoi ce jeu? Dire ce qui lui pensait par la tête? C'était plutôt le néant... mais bon, si elle commençait, il était assez vif pour pouvoir réagir. Il hésita un peu, puis finit par acquiescer. « Si ça peut te faire plaisir... » marmonna-t-il. Sa phrase ne fut par contre pas du tout ce à quoi il pensait et il ne put s'empêcher de se redresser. Si les choses se passaient... différemment? Attends, ça voulait dire qu'elle était amoureuse, ou qu'elle aurait pu l'être s'il avait pu se montrer à la hauteur? Il n'était pas certain, alors il demeura attentif à ce qui suivait. Pourquoi... de quoi parlait-elle? Politiques norroises? En quoi est-ce que leurs positions sociales les empêchaient... si ce n'était du mariage, il avait une position enviable que le père de cette dernière ne saurait dénigré.

Ils s'étaient en effet beaucoup plus parler dernière que durant toutes les dernières années... libre de toutes responsabilités, l'un comme l'autre, ils pouvaient se dévoiler entièrement et librement. Cette façon, qu'elle avait de dire « nous » lui faisait comme un noeud dans l'estomac, mais ce n'était pas désagréable... Elle avoua avoir peur que le lien qu'ils avaient réussi à tisser ne disparaisse. Il n'était pas d'accord. Jamais il n'oublierait -de plein gré- ce qui s'était passé... elle l'enlaça et il posa sa main gauche sur les siennes. Ses mots le laissèrent sans voix. Il se sentait... y avait-il réellement un mot pour découvrir cela? Bouleversé? C'était comme s'il fondait de l'intérieur. « Je sais que mes sentiments pour toi sont clairs. » Il retint ce petit bout de phrase, et se le répéta. Encore, et encore.

Le guerrier ne savait pas que dire... il était heureux, oui, de savoir qu'il avait pu lui procurer un frisson qui l'avait saisie. En se touchant, ou en s'embrassant? Elle parlait sérieusement? Elle lui demandait ça, comme ça. Il était bien prêt à lui éclaircir les idées de cette façon tant qu'elle voudrait... il déglutit. Il sourit à son dernier commentaire. Jamais il n'aurait pensé se saisir de sa pureté en haut d'une montagne, sale et ensanglanté... bon ok, peut-être l'aurait-il fait avant le mariage... mais si elle ne le désirait pas... il savait comment l'obtenir... Mais ce qu'il voulait, d'abord, et avant tout, c'était son coeur, et son être, entier, sans restrictions. Elle se pencha près de lui et plutôt que de faire ce qu'elle lui demandait, car il lui semblait que les mots avaient disparu de son esprit et qu'il ne pourrait que baragouiner des sottises, il se tourna sur son séant, plaça sa main gauche sur le visage de la jeune femme et la cueillit dans ses bras en posant ses lèvres sur les siennes, doucement, tendrement.

Il sentit une chaleur agréable se répandre dans son être, surtout quand il la sentit participer à l'échange. Il la pressa contre lui et se déplaça un peu pour l'attirer et finalement l'asseoir sur sa cuisse droite - celle qui n'était pas blessée - afin d'approfondir son baiser et son emprise sur elle. Sentant qu'il y prenait un peu trop goût, il s'écarta et, une main dans son dos, l'autre sur son visage, il glissa la deuxième derrière sa nuque et pencha la tête pour appuyer doucement son front contre le sien en fermant les yeux - évitant soigneusement sa blessure à la tête. « Après ce que tu viens de me dire, je ne pourrai jamais laisser qui que ce soit t'éloigner... je sais que je ne suis sûrement pas le seul qui est prêt à t'endurer dans les pires moments, simplement pour pouvoir t'admirer dans les meilleurs... »

Il s'éloigna un peu pour plonger son regard dans le sien. « Mais je crois bien être le seul qui ait acquis ce droit auprès de toi, et je ne m'en déferrai pas. » Il remonta sa paume sur l'arête de sa joue, les doigts toujours derrière sa nuque, et frotta son pouce sur sa joue en un geste tendre. « Mes sentiments pour toi sont sûrs depuis beaucoup trop longtemps pour laisser échapper cette chance que tu m'offres... et s'il le faut, je me battrai. » Elle ne sembla pas d'accord avec l'idée, il secoua la tête puis releva son menton avec sa paume pour monter un peu plus son visage vers le sien. « Tu ne comprends pas, Idris, à quel point je pourrais subir les supplices des enfers simplement pour un moment comme celui-ci. Pour t'avoir, juste pour moi... »

Il étouffa toute autre protestation en posant à nouveau ses lèvres sur les siennes, cette fois il se fit plus exigeant. Il se sépara finalement à nouveau pour enfuir sa tête dans son cou en la serrant contre lui, en faisant attention à ses blessures. De ce fait, il remarqua... qu'elle saignait... il avait été trop obnubilé par ses propres malheurs pour remarquer. Il recula et la considéra tristement. Il était temps de rentrer. Il attrapa un morceau de viande et le lui fourra dans la bouche, pour l'empêcher de formuler un quelconque argument concernant ses blessures. « Fini de manger, nous devons y aller. Nous pourrons plus amplement... discuter, à destination. » Il la repoussa gentiment, mais fermement, et se releva. Il n'avait pas beaucoup manger, mais elle n'avait pas pu le voir, de derrière lui.

Saisissant sa gourde, il en prit une grande lampée. Il se sentait un peu déshydrater. « Moi je vais bien, occupes-toi de manger, et arrêtes de t'en faire, bon sang, j'ai vu pire! Je suis pas une femmelette! » Lança-t-il à son intention alors qu'elle semblait vouloir à nouveau s'inquiéter de son état. Il état visiblement irrité. C'était une question d’orgueil. Un beau gros orgueil typique et mal placé de mâle. Il ne voulait pas passer pour un faible et rechignait à lui montrer des signes de faiblesse. « On est presque arrivé, je vais tenir le coup, et crois-moi que y'aura pas une blessure ou quoique ce soit qui m'empêchera de m'assurer que tu te retrouves en sécurité sur ce fichu plateau. » Sur ce il lui tourna le dos et prit une nouvelle gorgée d'eau et demeura silencieux. Il n'avait pas l'intention de s'éterniser plus sur le sujet, c'était inutile, ils étaient tous deux trop bornés.

Il porta une main à sa tempe gauche, du bord où était sa blessure, et pressa doucement en inspirant profondément. Lorsqu'elle déclara être prête, il lui fit signe de passer devant, sans un mot et entreprit de poursuivre l'ascension. Il lui laissa le plaisir de traîner la nourriture. De toute façon, avec les armes à sa ceinture, son marteau plutôt lourd entre autre, il ne voulait pas risquer d'être débalancé ou trop lourd pour la corniche. La dernière partie fut plus difficile que la première, et il se sentit sué, beaucoup trop pour ce simple effort. Il ne releva pas, ne commenta pas, serra les dents et força la montée en esquivant tous commentaires. Si elle pouvait réussir avec ses blessures, il saurait le faire avec les siennes.

Lorsqu'ils atteignirent le sommet, ce fut un soulagement évident pour tous les deux. Cela faisait des heures qu'ils circulaient... le soleil avait descendu, sans pour autant disparaître, et allongeait leurs ombres dans la neige. Il jeta un regard circulaire sur le plateau, et ne lâcha pas la main qu'elle lui avait tendu pour l'aider à monter le dernier passage. Il baissa plutôt le regard sur elle, sourit doucement et porta le dos de sa main à ses lèvres pour l'embrasser. « Nous y sommes. » lui dit-il doucement. Il relâcha ensuite sa main pour attraper sa gourde et y boire à nouveau de grandes lampées, il finit d'ailleurs par la vider. Bon. Ce fut rapide. De toute façon, elle avait dit qu'il pourrait la remplir non loin. « Trouvons cette grotte, maintenant. » Il repéra la montagne qu'ils devaient longer, sans pour autant se retenir de jeter un regard en l'air, sur la pente escarpée. Il n'était pas à l'aise de longer ce pic enneigé. Mais tant qu'ils restaient calmes, il n'y aurait pas de quoi s'inquiéter, n'est-ce pas?

Ils mirent moins d'une heure à trouver la fameuse grotte, qui s'avéra être en effet plutôt spacieuse et, heureusement, inhabitée. « Je ne sais pas pourquoi, mais je m'attendais à y trouver des bébés de je-ne-sais quelle espèce. » soupira-t-il, soulagé. La grotte était légèrement en hauteur et offrait une vue sur ce qui se trouvait au bas, leur permettant de ne pas se faire attaquer par des prédateurs comme dans leur précédant abris, puisqu'elle était plongée dans la montagne. « Je vais faire le plein au lac, veux-tu installer un feu? » Il se tourna vers elle, puis baissa les yeux sur sa ceinture et lui tendit la hachette. Il hésita, et la retira. « En fait, je pense qu'on va faire l'inverse. Me regardes pas comme ça! Faut être réaliste, j'ai plus de mal avec le bas du corps que le haut, et toi l'inverses. Tu aurais moins de mal à te rendre au lac, et moi à couper du bois. » Il eut un petit rire.

« Essaie de ne pas plonger dedans. Je peux te voir d'en haut, mais je n'ai pas particulièrement envie de courir, si tu vois ce que je veux dire. » Suite à quoi il s'accroupit en mettant son poids sur sa jambe valide et rassembla un petit cercle de pierre près de la porte, pour ne pas les enfumer comme de la viande bien apprêtée. Il releva les yeux sur elle, qui n'était pas encore partie. « Tu veux ajouter quelque chose? » Il lui sourit, amusé. « Tu n'as pas l'habitude de te retenir, pourtant! » Et si elle faisait mention du fait qu'il était en sueur, il se jurait de la pousser en bas de la montagne. Il allait faire ce feu et serrait intraitable là-dessus. De toute façon, rester occupé l'empêchait de s'effondrer.

Il se doutait que sitôt qu'il s'installerait pour se reposer, il n'arriverait plus à se relever avant au moins le lendemain matin. « Vas-y dont, j'vais pas mourir entre temps! Ça va aller, ça me fait du bien de me tenir occupé. » Il eut un ricanement et plongea ses prunelles dans les siennes. « Je mourrai pas tant que je n'aurai pas eu ce que je veux... » et il faisait de toute évidence référence à elle. Ce n'était, certes, pas une demande en mariage, il attendait d'être en meilleur état pour cela. Il ne se sentait pas mourant. Seulement affaibli. Il reconnaissait les symptômes, maintenant. Il était persuadé que sa blessure à la tête s'était infectée, faute de soins adéquats. Ce serait rapidement passé si les secours arrivaient avant qu'elle gagne en profondeur.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Sam 15 Oct - 17:50

L’Oracle véhiculait tout d’une nonchalance légendaire, de sa posture détendue à son langage familier, passant par sa demande banale de nourriture. Pourtant, son état d’esprit était tout autre que l’insouciance dont elle faisait preuve. Elle sentait chaque battement de son cœur de façon démesurée dans son crâne, à la manière qu’un marteau s’abattait régulièrement sur une planche de bois pour y enfoncer un clou. De plus, elle avait le cœur à la flotte. Elle venait, après tout, de s’ouvrir à son compagnon comme elle n’aurait jamais cru le faire et avait poussé son audace jusqu’à proposer davantage de contacts physiques afin qu’elle puisse mettre ses sentiments au clair. Ce n’était pas une mince affaire à ses yeux… Surtout que si son frère aîné venait à savoir ça, il lui arracherait sans doute la tête pour cette frivolité envers son meilleur ami. C’est vrai, on ne parlait pas du premier gars d’étable du bord, mais bien du second des guerriers du kodiak! Ansgar ne le lui pardonnerait jamais si elle devait venir à briser le cœur du Rapace, simplement parce qu’elle ne savait pas comment faire de l’ordre dans son cœur et sa tête. Venant d’elle, il croirait sûrement qu’elle ne faisait que s’amuser sans réfléchir aux conséquences, même si rien n’était plus faux.

Tout cela pour dire que quémander de la nourriture lui avait semblé la chose la plus « naturelle » à faire, soit ce à quoi on s’attendait de la part d’Idris Drakkhen, éternelle gamine ayant un gouffre intestinal sans fond à la place d’un intestin ordinaire! Le comparse de celle-là ne fut toutefois pas à bout de surprise : plutôt que de cueillir un morceau de puma tel que demandé, il se tourna plutôt de façon à embrasser sa cadette. Il va sans dire que l’heureuse élue écarquilla les yeux une fraction de seconde, pour ensuite les fermer afin de mieux savourer cet échange délicat. Elle ne put cacher son frisson de plaisir, mais ça lui importait peu. Elle était beaucoup trop concentrée sur cette curieuse sensation qui naissait au plus profond de son être. Elle ne savait pas à quoi elle s’était attendue en matière de premier baiser avec Thorvald, mais ce n’était certainement pas à ça. Ce n’était toutefois pas désagréable. À vrai dire, elle prenait un grand plaisir à répondre à cette preuve d’affection de son camarade, passant les bras autour de son cou et lui caressant la nuque. Elle se laissa joyeusement détrôner de sa pierre pour aller reposer sur la cuisse droite de son partenaire. Ça l’emballait, ce côté entreprenant, quoi! D’autant plus qu’elle cessait de penser à tout le reste… Il n’y avait qu’eux, deux Norrois s’embrassant sur un flanc de montagne, goûtant enfin à l’amour de l’autre, découvrant une nouvelle facette de leur relation changeante.

La rouquine grogna lorsque son prétendant rompit leur échange buccal : elle n’avait pas dit que c’était terminé! Elle le lui aurait fait savoir si elle n’avait pas voulu que la chose se continue… Elle se mordit l’intérieur des joues pour ne pas ruiner totalement le moment en se plaignant à tue-tête qu’il devait se remettre à l’embrasser et que ça saute. Après tout, il collait son front au sien, ce qui était mignon à croquer… sans parler des caresses que lui procurait ses mains.

- Ne pas être le seul? Tu te moques de moi, là… répondit-elle après un court rire. Une joie de vivre brillait dans ses yeux turquoise, alors qu’elle croisa le regard plus mature du Rapace. De son expérience personnelle, la plupart des garçons auraient préféré profiter d’elle à son meilleur et l’éviter à tout prix à son pire… car son pire était loin d’être une promenade dans le parc! Hm-hmm… acquiesça-t-elle ensuite, fermant les yeux et penchant la tête dans la direction qu’elle se faisait cajoler. Son expression de bien-être disparu derrière des sourcils froncés et une bouche pincée : il était sérieux, là? Ce bougre parlait sincèrement de se battre pour elle? Tu sais, je ne crois pas qu’il y ait une tonne de compétition se pointant à ta porte.

Et le voilà qui parlait d’endurer les pires supplices pour elle! Mais c’est qu’il était vraiment atteint du syndrome du chevalier, même s’il ne voulait pas l’admettre! Il n’avait pas à en faire autant pour elle qu’elle se sentirait comme la femme la plus chanceuse du monde. Cependant, elle n’eut pas la chance de le traiter d’idiot de première puisqu’il déposa à nouveau ses lèvres sur les siennes. Elle maugréa tant bien que mal, malgré que la chose sonna plus comme un drôle de grognement au travers d’un baiser davantage passionné que le premier. D’ailleurs, elle cessa toute protestation dans le temps de le dire le moment où leurs langues se mirent à valser allègrement. Bon, d’accord, elle pouvait bien oublier ces sottises romantiques… pour l’instant… parce que… parce que c’était vachement bien, ce baiser-là. Wouaouh! La pauvre magicienne constata avec -fausse – peine que ses lèvres étaient enflées à la suite de cet échange. « Wow… » souffla-t-elle, profitant du fait que Thorvald avait la tête dans le creux de son coup pour s’émerveiller de son talent. « Wow. » répéta-t-elle pour elle-même, toujours ahurie de ce qu’elle venait de vivre comme expérience. Elle comprenait définitivement pourquoi il s’était taillé une telle réputation parmi les Norroises… S’il était habile à ce point avec sa bouche, elle ne voulait même pas se risquer à imaginer le reste.

Quoique…

Malheureusement, les pensées coquines du Renard furent interrompues par un regard désolée. Elle baissa les yeux en direction de son épaule droite, saisissant par le fait-même pourquoi son compagnon semblait si affligé. Il venait de remarquer à quel point elle s’était démenée pour lui venir en aide depuis qu’ils avaient abattu la laie. Zut, flute! Elle voulut se défendre, mais se fit taire à la vitesse de l’éclair par un morceau de puma en pleine gueule. Elle mâcha la viande en jetant un regard mauvais au guerrier : ça ne se passerait pas toujours comme ça. Elle préférait de loin qu’il l’embrasse que de se faire donner un bonbon comme si elle n’était qu’un vulgaire chien… Non pas qu’elle n’aimait pas la nourriture et une bonne bière, mais c’était moins subtil comme message.

Elle prit la peine de s’essuyer convenablement la bouche, question d’enlever tout le sang et le restant de bouffe qu’elle avait partout sur le menton et le coin de la bouche, avant de se relever. « Tu es sûr que tu vas assez bien pour… » Et, une fois de plus, le Rapace rechigna. Il n’en fallut pas plus pour piquer Idris, qui n’entendait pas se faire piler sur les pieds sans réagir! « J’espère, pour être le second d’Ansgar! Surtout qu’en matière d’efféminé, tu as beaucoup trop de barbe. Tu ferais vraiment une femme moche! Non, mais t’as vu tout ce poil! fit-elle en gesticulant de la main en direction de son compatriote. Par après, elle fit un bec qui parle tout seul de sa main, se faisant rappeler pour la mille et unième fois que la priorité de Monsieur était de la ramener saine et sauve dans un lieu où aucun danger ne pourrait s’abattre sur elle. « Je me sens comme une demoiselle en détresse, bordel… » marmonna-t-elle en récupérant leurs effets personnels. « Allons-y. » décréta-t-elle, prenant la tête de leur expédition à deux.

L’Oracle se sentait somme toute revigorée de leur court arrêt sur la steppe. Ça lui avait permis de reprendre suffisamment de force afin de soutenir Thorvald durant la partie la plus ardue de leur ascension. Elle avait ainsi pu l’aider davantage, ignorant toujours avec brio son propre état de santé. Elle s’était donné pour mission de faire passer son partenaire en premier et elle ne reculerait devant rien pour y parvenir. « Putain, il était temps! » s’écria-t-elle en voyant enfin le sommet de cette fichue montagne. C’est qu’elle n’en pouvait plus de l’escalader! Elle avait l’impression que son bras droit allait carrément tomber de lui-même tant elle avait mal et que son membre était gluant sous une épaisse couche de sang.

Un sourire flatté et un peu de rougeur apparurent sur ses traits féminins à la suite de la bise de son compagnon sur l’envers de sa main. Elle devait admettre aimer les petites attentions que le statut de « couple » ou peu importe ce qu’ils étaient lui conférait. Ce fut donc de bonne humeur qu’elle imita le guerrier et but de grandes gorgées d’eau. Ça faisait un bien fou après l’énergie qu’ils avaient dépensé pour se rendre où ils étaient. « Ah, zut, la grotte… Elle ne pouvait pas être juste là, LÀ? » Elle tendait les mains vers la gauche, paumes vers le ciel, exaspérée. Il lui semblait que tout était infiniment plus compliqué que ça ne devait l’être, simplement parce qu’ils étaient à bout et se démenaient depuis trop longtemps.

Il va sans dire que la jeune femme traina des pieds pendant un bon quart d’heure, criant après son camarade dès qu’il osait lui dire d’accélérer le pas ou de ne pas oublier qu’ils avaient encore beaucoup de choses à faire avant la tombée de la nuit. Elle en avait marre, point! C’est pourquoi il lui fallut autant de temps avant de prendre sur elle-même et retrouver un rythme plus efficace. Peut-être seraient-ils arrivés à la fameuse grotte quelques minutes plus tôt si elle n’avait pas fait son enfant… Mais bon, est-ce que ça changeait grand-chose, quinze minutes, au point où ils étaient rendus?

- Ciel, ne me parle plus de rejetons! Si ce ne sont pas les miens, je ne veux pas en entendre parler! Elle ne constata qu’après coup comment sonnait son commentaire. Elle qui ne voulait simplement plus penser aux mésaventures qu’ils avaient eues avec les animaux… elle venait de se tirer dans le pied. Elle envoya un sourire jaune au Rapace, s’enfonçant ensuite au pas de course dans la grotte. Un feu, oui! s’empressa-t-elle de répondre, avant d’être tout aussi enthousiaste à l’idée de changer de rôle avec son camarade. Celui-ci sembla plutôt croire qu’elle lui en voulait de changer leur tâche aussi vite; elle ne le corrigea pas. Si elle pouvait s’éloigner et lui faire oublier qu’elle avait parlé d’une future marmaille, la vie était belle! Oh, mais quel rabat-joie! Moi qui voulait faire une petite saucette dans le lac… lança-t-elle pour rigoler. Elle ne se ferait pas avoir une seconde pas, ce n’est pas vrai. Thorvald… Rends-moi service : si tu te sens partir, éloignes-toi du feu. Parce que je te le dis tout de suite, je ne te mangerai pas si tu devais perdre connaissance dans les flammes et finir cramé… Ouais, c’est ça, tu dis que tu ne crèveras pas, mais avec la chance qu’on a eu depuis le navire, je ne miserais pas là-dessus! Je veux juste… graver tes traits dans ma mémoire, si jamais une maman chèvre devait décider de t’empaler parce qu’un de ses petits a perdu connaissance à te sentir les pieds!

Sur ce, la rouquine se sauva à la course, hachette et gourdes en mains. Elle avait laissé sa dague en échange – à la demande de son partenaire – et se dirigea en direction du lac. Elle souriait jusqu’aux oreilles, se remémorant la façon dont le second des guerriers du kodiak avait fait allusion qu’il la voulait. Enfin, qu’il voulait un peu plus que simplement l’embrasser, si elle avait bien compris… Si ce n’avait été de son flanc gauche qui lui piquait comme pas possible, elle aurait sans doute gambadé jusqu’à la source d’eau. Elle se sentait comme une gamine de douze ans! (Mademoiselle avait-elle eu un béguin passager pour le meilleur ami de son frère quand elle était adolescente? Peut-être…) Non, mais quelle fille n’aimait pas qu’on lui fasse la cour? D’autant plus qu’elle-même n’avait pas l’habitude de la chose. Elle avait toujours été trop brusque et directe pour la plupart de ses comparses masculins, sans parler qu’elle avait passé les trois dernières années à Alombria. Elle faisait donc ses premiers pas en amours, pas qui étaient maladroits. Elle ne savait pas trop comment agir en présence de Thorvald, maintenant qu’elle était consciente de ses sentiments envers elle. Tout semblait tomber en place le moment que leurs lèvres se rencontraient, mais autrement… elle se sentait comme un poisson hors de l’eau, en train de sécher au soleil.

La bonne humeur continua d’accompagner la cadette des Drakkhen tandis qu’elle remplissait les gourdes d’eau. Elle fit bien attention de ne pas trop s’avancer sur la glace, puis elle jeta même un regard vers la grotte pour saluer le Rapace de la main. S’il la surveillait réellement tel qu’il l’avait dit, il verrait certainement qu’elle lui disait bonjour. À cette pensée, elle soupira. D’épais flocons s’étaient mis à tomber mollement du ciel, ce qui rendait la vue époustouflante. Elle resserra le bouchon de la deuxième gourde et se dit que c’était une vie à laquelle elle pourrait s’habituer, soit aller chercher des provisions, chasser, préparer un foyer – temporaire ou non – en sachant que Thorvald serait toujours là quand elle reviendrait. Ça lui fit l’effet d’une révélation : si elle pensait si tendrement à une vie avec lui, c’était vraisemblablement parce qu’elle… parce qu’elle retournait ses sentiments, en bout de ligne.

Le cœur gonflé d’affection, l’Oracle attacha les gourdes à sa ceinture et entreprit de retourner à l’abri. Elle s’arrêta tout de même en chemin afin de couper quelques conifères, question de faire un semblant de matelas. Ce serait plus confortable que de dormir sur la pierre. En tout et partout, elle s’était absentée pour à peine plus d’une heure. « Tiens, ma femmelette adorée! » dit-elle, tout en lançant la gourde à son propriétaire. Elle tira la langue face à sa mine offusquée, puis se pencha pour voir ce qu’il tallait avec sa dague. Elle grogna à son tour quand il décida de cacher son ouvrage pour qu’elle ne voit pas ce sur quoi il travaillait. « Pff… Je n’étais pas si curieuse que ça, de toute façon… » Mensonge, ça la rongeait par en-dedans qu’il ne veuille pas lui montrer.

Le Renard se concentra sur la confection d’un lit de fortune, de quoi se changer les idées et ne pas bombarder son compagnon de questions quant à ce qu’il sculptait. (C’est cruel de la faire pâtir de même…) Elle confisqua la cape de Thorvald pour en faire le drap de fond. « Tu le veux, ton nid d’amour, ou tu ne le veux pas!? » Ces propos semblèrent le déstabiliser tout autant que lui faire plaisir, ce qui faisait une Idris satisfaite. Elle prit ensuite l’autre cape servant de baluchon à nourriture pour en faire une couverture. De toute façon, la peau de la laie servait de napperon au restant de viande de puma et ce que le Norrois avait fait cuire durant l’absence de sa douce. La jeune femme grignota d’ailleurs un peu avant de déclarer qu’elle allait se coucher. Le soleil n’était pas encore couché complètement, mais elle était vidée. Avec toute leur marche et leur escalade, elle avait épuisé sa réserve d’énergie.

Elle sourcilla à peine lorsque son partenaire vint la rejoindre et qu’il passa les bras autour d’elle. C’était devenu la chose la plus naturelle du monde en si peu de temps. Elle entrelaça leurs doigts et sombra à nouveau dans le sommeil. Elle ne se réveilla que quelques heures plus tard, en plein milieu de la nuit. Elle se retourna pour embrasser Thorvald sur la joue, mais plissa le nez face à l’odeur. Ce n’était pas tant la sueur qui la dérangeait, n’étant pas particulièrement mieux partie que lui malgré sa saucette dans le lac la veille, mais plutôt… Était-ce de l’infection qu’elle sentait? Elle approcha son nez de la blessure de son amoureux et sut qu’il souffrait définitivement d’une infection à la tête. Ça expliquait tant de choses… par commencer avec cette fièvre qu’il avait encore. Et la voilà qui passait son temps à se lover contre lui! Elle faisait une bien piètre Oracle présentement…

Elle s’écarta doucement pour ne pas le réveiller. Par après, tous ses mouvements furent lents et calculés, question de ne jamais perturber le sommeil du Rapace. Elle déchira une de ses manches afin de confectionner un oreiller de fortune, rempli de branches épineuses. Elle enleva ensuite le bandage de sur la tête du guerrier, car cela cultivait l’humidité, favorisant la propagation de l’infection. Elle imbiba un morceau de tissu issu de sa propre tunique avec de l’eau et nettoya tant bien que mal la blessure infectée… en se retenant de peine et misère de vomir. Disons que ça n’aurait pas été très romantique…

Elle se coucha enfin un peu plus loin. Elle ne voulait pas propager sa chaleur et empirer la fièvre du guerrier à ses côtés. Malheureusement, elle ne parvint pas à retrouver le sommeil et ne fit que tourner sur elle-même pendant une bonne heure. Elle finit par se lasser et tourner la tête vers l’extérieur. C’est alors qu’elle constata le magnifique paysage à l’extérieur de la grotte. Elle poussa un peu le Norrois sur le bras. « Thor… Vient par là, il faut que tu vois ça. » Il ne fut pas particulièrement enchanté de se faire réveiller, mais il ne put refuser de se lever à voir la mine émerveillée de sa compagne. Celle-ci l’aida à se remettre sur pieds et le traina de la main jusqu’à l’extérieur. Elle lui pointa ensuite le ciel. « Regarde, les Grands esprits dansent pour nous. » Sur un ciel au fond de mauve et de bleu marin dansait des rayons vert et blanc éclatants. C’était à couper le souffle. Instinctivement, la magicienne se mit à caresser la main du Rapace avec son pouce. « Je ne laisserai définitivement pas mon père me marier… Si ce n’est pas à toi. » fit-elle simplement. D’ailleurs, leur peuple avait toujours vu cette activité astrale d’un bon œil. Il croyait que cela annonçait la venue ou le début de quelque chose de positif. Idris aimait bien croire que les Grands esprits célébraient que Thorvald et elle aient enfin acceptés ouvertement leurs sentiments. « Que dirais-tu de danser avec eux? » Elle planta son regard dans celui de son partenaire, cherchant à ce qu’il lui fasse savoir s’il se sentait assez bien pour la chose…

N'ayant pas immédiatement de réponse, elle entreprit de faire les premiers pas par elle-même. Il s’agissait après tout d’un classique de la culture norroise, c’est-à-dire de danser en mettant principalement les pieds en valeur. (Comme ceci, même si le vidéo est long… La partie intéressante commence vers 1min30 et la partie en couple débute vers 3min55.) Les jeunes tourtereaux utilisaient souvent des festivités pour ainsi danser et se faire la cour ouvertement. C’est pourquoi la rouquine avait eu cette idée, car son corps parlait tellement mieux que sa tête. Peu lui importait que les mouvements lui faisaient un mal de chien et qu’elle le regretterait une fois le matin venu… elle voulait danser pour Thorvald, voire que ce serait infiniment mieux s’il se joignait à elle. Au bout d’un moment, elle s’approcha du guerrier, l’invitant silencieusement à se joindre à elle sous le ciel parsemé des couleurs typiques du Nord.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thorvald
Guerrier(ère)


Messages : 21
Date d'inscription : 16/06/2016

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Ven 21 Oct - 22:12

Quand Idris s'en retourna avec ses commentaires habituels, pleins de commentaires déplacés qui le firent roulés des yeux, Thorvald la suivit des yeux un instant, tout de même attendri parce qui se trouvait à être une preuve d'affection. N'avait-elle pas dit qu'elle voulait graver son visage dans sa mémoire? Il grimaça en se prenant la tête, maintenant qu'elle n'était plus là pour regarder... Il avait si mal! Il inspira profondément et se releva. Aller! Une belle récolte en perspective! En allant près du bois bordant leur abris, il repensa à ses paroles. « Si ce ne sont pas les miens, je ne veux pas en entendre parler! » Il sourit. Certes oui, il voudrait bien en parler. Ce n'était peut-être juste pas le moment pour le faire.

Bon aller! Un feu! Oh, n'était-elle pas partie avec la hachette? Oh et puis merde, il se servirait du tranchant de son épée, là où il en était... se creuser la tête était la dernière de ses priorités. Afin de garder son énergie et de ne pas flancher, il s'activa à occuper son esprit avec les derniers événements, Idris, entre autre, qui semblait terriblement bien réceptive à ses avances. Qui l'eut cru! Le coup à la tête, et l'infection, devait être véritablement tenace et il hallucinait! Il avait du mal à le croire. Cette rouquine diabolique, que personne ne réussissait réellement à approcher, qui avait le sourire d'un ange - mais les paroles d'un damné - qui avait des allures à faire fondre n'importe quel homme... Pouvait-il réellement l'avoir pour lui tout seul? Sa femme? Il pensait sérieusement à la demander en mariage, mais il hésitait un peu quant à au moment. Il ne tenait pas à se mettre le chef Drakkhen à dos.

Certes, Idris ne serait pas d'accord avec sa pensée, mais il préférait en parler avec l'homme en premier. Et si elle refusait... il était persuadé d'avoir les arguments pour la sauver d'un mariage forcé. Ce n'était pas de la méchanceté, mais il fallait être réaliste : Jamais forcé Idris dans un mariage ne pourrait être bien pour le clan. Même si elle pouvait faire des efforts incroyables quand il s'agissait de sa famille, la damné à une vie comme Ansgar... elle allait se battre, il en était sûr. Oh bien sûr, elle pouvait fort bien se défendre seule, mais si le but du père était de la calmer, en lui parlant, il pourrait lui assurer qu'il ferait ce qu'il peut pour contenir la jeune fille; c'est-à-dire se promettre à quelques raclées.

Dans quoi il s'embarquait... il ne doutait pas de son amour pour elle, il avait seulement peur que les sentiments qui semblaient naître chez elle ne soit que circonstanciels. Et si, au final, elle lui en voulait d'avoir été si vite? Si elle se mettait à le détester? Il se mettrait à s'en vouloir lui-même d'avoir détruit sa vie en la forçant à se lier à un homme plus vieux. Leur niveau de maturité était si éloigné l'un de l'autre! Il savait d'avance que cela causerait des frictions - c'était déjà le cas - mais si cela était la cause de ses réactions? De l'immaturité amoureuse? Trop de questions, il en était arrivé à une magnifique migraine. Il maugréa contre la tempête, le navire, le naufrage, les circonstances... contre sa vie et ses problèmes, contre ses dilemmes et sa volonté de tout réglé avant que ça arrive. Ne pouvait-il donc pas vivre dans le présent? Euhm... non. Assurément pas.

Soupirant, il rassembla sa récolte sur le bord de la grotte et alluma le feu. Il faillit s'y étaler, pris de vertige. Il pesta. S'il avait fallut qu'il donne raison à la renarde, son orgueil en aurait pris un coup pour la vie. Le feu allumé, il soupira, vérifia qu'il avait fait sa part de travail, puis se saisit d'une des défenses du phacochère et de la dague pour entreprendre de tailler son trophée. Il avait une idée en tête. Concentré sur sa tâche, il n'entendit pas la jeune femme revenir et sursauta, avant de lui jeter un regard agacé. « Femmelette toi-même. » marmonna-t-il, tout en continuant son oeuvre. Elle s'approcha et il recula le bras avant de couvrir son travail de l'autre. Elle ne devait pas voir!

Son grognement contredisait ses paroles. Il sourit sans rien ajouter. Dès qu'elle se fut éloignée, il entreprit de poursuivre son travail. Le Rapace avait toujours été un fin sculpteur, et il aimait sincèrement cela. De plus, cela l'empêchait de sombrer. Il était couvert de sueur et sa respiration était rapide. Ses yeux ne voyaient pas réellement clair. Il dérapa et grimaça, avant de se sucer le pouce en jetant un oeil vers la cadette Drakkhen. Elle n'avait rien vu, heureusement. Il reprit son travail plus consciencieusement. Elle semblait occupée à placer du branchage. Lorsqu'elle vint lui retirer sa cape, il lui lança un regard surpris, qui se changea en trouble. Leur... nid d'amour? Il ne savait pas comment réagir. Il était heureux, certes, mais surpris aussi. Comment pouvait-elle éviter le sujet une seconde, et lui faire des avances ensuite? Il ne comprenait rien.

Sur cette terre, il était sans doute celui qui la connaissait le mieux - outre sa soeur. Oui, même mieux qu'Ansgar, -selon lui- car les moments où l'aîné repoussait et ignorait la jeune fille, lui il avait pu observé ses réactions. Mais parfois, elle continuait de le surprendre. Ça lui rappelait une... adolescente. De réaliser subitement comme elle était jeune le fit grimacer. Elle était adulte et en âge de choisir son destin, il n'avait pas à juger de son âge. Même si c'était une des choses qui l'avait retenu si longtemps. Il lui jeta un regard de biais, admirant sa concentration et son regard sérieux. Elle était si belle, même sale et blessée. Il mourrait d'envie de la serrer contre lui et de l'embrasser à nouveau.

Thor tendit la main pour qu'elle lui serve un morceau de viande alors qu'il poursuivait son travail. Relevant la tête, il croisa son regard et lui sourit doucement. Elle déclara qu'elle allait dormir, ce qu'elle alla faire, non sans lui tendre le morceau qu'il grignota lentement. Il l'observa s'endormir. S'il avait été en pleine santé... il aurait eu besoin d'un tour dans le lac pour se rafraîchir l'esprit. Quoique l'idée de refroidir son corps brûlant n'était pas désagréable... Il rangea son matériel et vint la rejoindre, elle s'endormait déjà. Il hésita un instant, mais pas longtemps, et passa ses bras autour d'elle. Il posa son menton dans ses cheveux et soupira d'aise. Il ne prit que quelques secondes à s'endormir, ne réalisant même pas qu'elle avait entrelacer leurs doigts.

Son sommeil fut profondément lourd. Il avait chaud, si chaud! Il se sentait mourir. Ce n'était pas bon pour un norrois de faire de la fièvre. Ils résistaient très mal à la chaleur. Ses rêves furent nombreux et désagréables. Il rêvait à Idris, mais qu'elle le rejetait et lui disait que ce n'était que passager... sa pire crainte qui venait le hanter dans ses délires. Il frissonnait. Soudain il avait froid. Mais il avait si chaud aussi... Il dormait si profondément que jamais il ne réalisa qu'on nettoyait sa plaie. Il s'apaisa ne serait-ce qu'un peu, rafraîchi par la distance entre leurs deux corps et le tissu humide et froid qui parcourait son front. Sa respiration se fit plus lente, et son sommeil moins troublé. Il se détendit légèrement.

Une pression agaçante le tira de son lourd repos. Il gronda et se dégagea. Mais elle insista. « Voir quoi... » soupira-t-il, avant de finalement ouvrir un oeil. Elle ne semblait pas en panique, alors il ne comprenait pas pourquoi il devait se réveiller. Il se sentait entre deux mondes. Comme elle insistait, et semblait absolument en extase, il céda. Ce fut avec peine et misère qu'il se remit sur pied, avec son aide qu'il accepta sans vraiment le réaliser. Elle lui attrapa la main et le tira jusqu'à l'entrée de la grotte. « Hein? » fit-il avant de finalement levé la tête. Ah! Une danse oui... il sourit doucement. C'était effectivement terriblement beau, ce feu dans le ciel.

Fiévreux, il se sentait la peau sensible. le mouvement de la rouquine sur sa main le chatouilla agréablement. La marier... avec lui? Il lui jeta un regard surpris, et inquiet. Inquiet oui, car il avait peur que tout cela ne soit qu'un rêve et qu'elle revienne à la réalité arrivé au sein du clan. À quoi bon s'inquiéter... n'était-ce pas un signe divin qui l'encourageait dans sa voix? N'était-ce pas ce qu'il attendait? Il se tourna vers elle pour prendre la parole, mais elle fut plus rapide, lui proposant de danser. Il eut un petit rire en l'observant tendrement alors qu'elle lâchait sa main pour se mettre à danser. Elle bougeait si bien... elle était d'autant plus captivante que le ciel. Celui-ci l'illuminait plutôt d'une façon surnaturelle, lui donnant les allures d'une nymphe des neiges fêtant le retour de l'hiver. Ou il hallucinait. De toute façon, c'était un régal pour son regard et son coeur.

Malheureusement, il ne se sentait pas capable de répondre à son appel, même s'il en mourait d'envie. Adossé contre le mur de pierre, afin de conserver son équilibre, il ne pouvait que la dévorer du regard. Son coeur était déjà conquis, mais il lui semblait pourtant qu'il retombait amoureux d'elle. Cette danse était généralement dédiée aux amoureux. Il comprenait fort bien le message qu'elle lui envoyait. Elle s'approcha de lui, et il plongea son regard dans le sien. Il tendit la main pour attraper la sienne et la tira contre lui, interrompant sa danse. Sans plus de cérémonie, il l'embrassa tendrement. Puis avec plus de véhémence. Se sentant étourdi, il redressa la tête pour la regarder. Il posa sa main sur l'angle de sa mâchoire et lui caressa la joue de son pouce. « Je crois que je suis tombé amoureux... à nouveau. » chuchota-t-il.

En même temps, l'air frais lui faisait du bien, refroidissant la sueur qui le couvrait et éclairant son esprit embrumé. Malgré tout, il hésitait encore. C'était trop beau pour être vrai. Soudainement, il la pressa contre lui - délicatement mais fermement - en fermant les yeux et en posant sa joue dans ses cheveux. « Je t'en prie, dis-moi que je ne rêve pas, que je n'hallucine pas... que c'est bien toi et que tout cela est réel. » souffla-t-il dans ses cheveux. « J'ai peur, Idris. D'aller trop vite. Et que tu regrettes. » confessa-t-il dans un élan, puis regrettant ses paroles. Il soupira et se redressa, mais fut pris d'un nouveau vertige et tomba, plus qu'il ne s'appuya, de nouveau contre la parois rocheuse. Il laissa sa tête aller vers l'arrière et soupira.

Comme elle s'inquiétait, il rouvrit les yeux et le grand rapace plongea son regard gris dans le sien. « J'ai vu pire. » soupira-t-il. « J'ai seulement besoin de repos. » et de soins appropriés. Il porta la main à son front et réalisa que son pansement était... absent. Il regarda sa main, dans l'incompréhension. Elle sembla deviné sa pensée car elle précisa qu'elle avait nettoyé sa plaie qui s'infectait. Il grimaça et soupira. Ça avait aidé, il en état certain, mais cela ne pouvait malheureusement pas le guérir instantanément. Il posa ses mains sur ses épaules - plus délicatement sur celle qui était blessée - et la regarda sérieusement. « Idris, je ne te le cacherai pas, ça ne va. Oui je sais, tu l'as réalisé. Mais je ne peux pas te demander... pas dans cet état. » pas la demander en mariage. Il se sentait comme la pire des loques.

Si elle n'était pas de son avis, cela le préoccupait moindrement. « Bientôt les nôtres arriveront, et je me connais, je reconnais la situation. Libéré de la pression liée à la survie, je vais... » Il ravala sa salive. C'état un terrible aveux pour un fier guerrier comme lui. « ... fort probablement m'écrouler. » Il baissa des yeux honteux. Lui, ça le dérangeait. Même si ça ne la dérangeait pas, se retrouver en position de faiblesse alors qu'il voulait lui jurer de la protéger, c'était terriblement déplacé à ses yeux. Ses mains glissèrent sur ses bras et attrapèrent ses mains qu'il serra et porta sur son coeur qui battait sauvagement sa poitrine. « Je ne le laisserai pas t'emmener loin de moi, ça je peux te le promettre. Je veux juste... » que ce soit parfait, qu'il puisse la soulever dans ses bras, la faire tournoyer, lui montrer une joie éclatante et débordante de vitalité.

Fermant les yeux, il inspira profondément. Puis les rouvrit. « ... c'est si soudain, je... » Il eut un petit rire. « ... je ne suis pas aussi spontané que toi, j'ai besoin de me reposer. » C'était un peu spécial, de parler d'une future demande en mariage avec quelqu'un. Il réalisa soudain cela, il pesta contre lui-même. Il soupira et, épuisé, ses genoux cédèrent et il se laissa glissé le long de la pierre. Elle s'accroupit devant lui et il leva un regard un peu hagard. Il avait réellement besoin de repos. Il accepta son aide sans protester et retrouva leur couche de fortune, non sans un dernier regard vers le visage d'Idris sous les feux célestes. Il était déterminé à ne jamais oublié cette image. En s'endormant, rapidement, il murmura : « On parlera d'enfant une autre fois. » faisant référence à sa phrase prononcée plus tôt. Sa voix mourut sur les derniers mots, de toute façon il n'avait pas réellement conscience de parler. Il sourit, sombra dans le sommeil, et au bout d'un moment, fronça les sourcils. Si la présence d'Idris adoucissait son mal, son sommeil n'avait rien de chaleureux.

Il n'eut pas conscience si elle était retournée profiter du cadeau que les Grands Esprits leur offrait, ou si elle était revenue près de lui. Toujours est-il qu'à son réveil il chercha sa chaleur, mais ne la trouva pas. Ouvrant péniblement les yeux, il réalisa que le soleil planchait de toute sa puissance à l'extérieur. Il devait être extrêmement tard. Idris n'était nul part en vue. Il se frotta les tempes et réalisa que son bandage était absent. Il s'immobilisa un instant, puis jeta un oeil dans sa couche. Il ne le voyait pas. Nul part. Il fronça les sourcils, étirant sa plaie douloureuse, et grimaça. Il se sentait frais, ce matin. Une certitude le frappa. La renarde avait nettoyé sa plaie. Quand? Pendant qu'il dormait? Difficile à dire, mais il en avait la certitude. Ça faisait deux matins qu'il se réveillait plein d'impression et avec cette sensation d'oublier quelque chose. Il soupira. Il était plus que temps de rentrer.

Se levant doucement, il jeta un oeil autour. Il mourrait de faim! Il se servit donc généreusement dans ce qui restait, en engloutissant une grande partie, sans distinction pour la viande cuite ou non - il était habitué à devoir se nourrir sans feu. Puis sortit s'essuya les mains dans la neige et en prendre une poignée pour nettoyer sa barbe. Parcourant l'endroit du regard, il plissa les yeux afin d'apercevoir la jeune femme. Il la repéra, plus bas. Il ne put pas identifier ce qu'elle faisait par contre. Il s'adossa contre la parois rocheuse et se laissa glisser au sol. Sortant la dague et la défense de la laie, il poursuivit son travail de la veille. Une illumination lui vint; Idris l'avait réveillé cette nuit. L'idée de mariage lui avait réveillé cette certitude. Pourtant, il était sûr de ne pas avoir fait sa demander, car il s'était juré d'attendre de lui offrir un anneau.

Haussant les épaules, il continua à sculpter l'ivoire. Cela allait finir par lui revenir, comme la veille. Il devait seulement laisser du temps à son esprit confus pour se resituer dans le temps et l'espace. De temps à autre, il jetait un coup d'oeil vers la jeune femme, pour s'assurer de sa sécurité. Comme elle n'était pas immobile, il savait qu'elle était correcte. Elle l'appellerait sinon, comme lors de l'incident du puma. Il avait confiance. Ainsi, Thor préféra ne pas intervenir tant qu'elle ne le demanderait pas. De toute façon, il se sentait faible, malgré le gros repas qu'il venait de s'engloutir. Le mieux pour lui était de rester tranquille jusqu'à l'arrivée des renforts, s'il ne voulait pas finir au fond du lac!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Sam 22 Oct - 16:23

Les pieds de la Norroise semblaient bouger avec une volonté propre, la faisant sautiller et tournoyer sous la lumière diaprée. La chevelure de la jeune femme était un tourbillon de flammes qui prenaient vie avec les aurores boréales se reflétant sur chacune de ses mèches. La douleur avait été reléguée à l’arrière-plan et elle se concentrait sur l’émotion qui la poussait à se trémousser vigoureusement. Elle vibrait d’amour et souhaitait de tout son cœur que cela transparaissait dans ses pas endiablés. Ses mains taquines caressèrent la barbe de l’élu de son cœur, désirant qu’il se joigne à elle. Pour lui, elle était prête à calmer ses ardeurs, tant qu’elle pouvait profiter de sa présence à ses côtés.

Le guerrier, trop mal en point, ne put malheureusement participer à cette danse des amoureux en l’honneur des Grands esprits, mais cela ne déplut aucunement à sa bien-aimée. Cette dernière se laissa attirer avec un rire, étant trop obnubilée par ses sentiments joyeux. Elle accueillit le baiser langoureux avec un plaisir non dissimulé; son partenaire ne manquait définitivement pas de talent dans ce domaine. Elle frotta le bout de son nez contre celui du Grand rapace lorsque ce dernier rompit leur contact amoureux. Elle se sentit infiniment honorée qu’il déclare tomber à nouveau sous son charme; s’il savait seulement à quel point ça lui faisait plaisir à entendre. Elle s’était trop souvent sentie peu appréciée par ses pairs au cours des dernières années que ces simples paroles étaient un baume sur son cœur.

- Alors, nous sommes deux à s’être épris l’un de l’autre ce soir… murmura-t-elle d’une voix mielleuse.

Idris ferma les yeux sous le bien-être qui l’envahissait à la suite de l’éteinte qu’elle partageait avec son compagnon. Être une femme forte et indépendante ne changeait en rien le contentement qu’elle ressentait à être entourée d’un mur de muscles, ni de se sentir appréciée tel le plus estimable trésor du royaume.

En dépit de cela, elle sentit son cœur se contracter aux paroles prononcées par son amant. Elle était si absorbée par les émotions qu’elle découvrait en son for intérieur qu’elle n’avait pas pris la peine de se pencher sur la vitesse à laquelle ils avançaient dans cette relation naissance. N’empêche qu’elle aussi ressentait une crainte de perdre ce qu’ils avaient gagnés lors de leur retour parmi les leurs. La dynamique était vouée à changer entre eux à ce moment et seul le destin savait ce qui les attendait. Le Renard recula la tête et ses yeux turquoise se posèrent sur les traits masculins de son compagnon.

- Nous traverserons le pont une fois rendus à la rivière, répondit-elle fermement, mais doucement. Je ne regretterai jamais d’avoir pris la chance de t’ouvrir mon cœur ici, Thorvald, jamais. Sans quoi, je n’aurais jamais découvert ce qui s’y cache, ni même envisagé un avenir qui, présentement, me semble le plus enviable de tous.

Elle voulut lui dire à quel point elle se sentait complète en ce moment… Comment il parvenait à recoller tous les morceaux de son cœur et de son âme par son soutien inconditionnel et son affection sans faille. Toutefois, elle n’en eut pas la chance. Le second des guerriers du kodiak perdit l’équilibre, ce qui ramena sa compagne sur la terre ferme. Fini la fantaisie éclairée par les couleurs vibrantes du ciel… elle devait se concentrer sur son état de santé. Elle ne se le pardonnerait jamais s’il devait périr alors qu’ils étaient si près de rentrer chez eux. Sans compter qu’elle serait éternellement curieuse quant à ce que leur vie ensemble aurait pu être…

- Durant ton sommeil, j’ai constaté l’infection qui s’en est pris à ta plaie. J’ai cru bon de la nettoyer et de l’aérer… Je ne voyais pas quoi faire d’autre pour t’aider. Le cœur battant à tout rompre, l’Oracle se sentit soudainement envahie par une vague titanesque d’impuissance. Elle détestait voir ses êtres chers souffrir de la sorte, sans qu’il n’y ait quoi que ce soit qu’elle puisse faire ou quiconque qu’elle puisse aller quérir. Elle trouva le regard gris acier de son compagnon, refusant de détourner les yeux parce qu’elle ressentait une douleur émotionnelle. Elle serait forte pour lui. Peu m’importe, Thor, je vais être à tes côtés. Je ne laisserai rien t’arriver pendant que je parviens encore à respirer.

Elle resserra légèrement la poigne de ses doigts sur les hanches du Norrois afin d’accentuer ses propos. Qu’il demande sa main maintenant ou lorsqu’ils seraient au village était le cadet de ses soucis; du moins, tant et aussi longtemps qu’il serait dans un aussi mauvais état. Elle savait qu’une union était sur la table et c’était tout ce qui importait pour l’instant en ce qui a trait à leur relation. De toute façon, il serait inutile de faire des plans s’il ne survivait pas pour les mettre en branle et en profiter pleinement.

La magicienne sourit tristement à sentir les battements frénétiques du cœur de son bien-aimé, sachant que c’était sans doute davantage lié à son état physique qu’à ce qu’il ressentait. Elle apprécia cependant qu’il déclare être prêt à se battre pour la garder auprès de lui.

- Il n’y a rien que j’aurais pu vouloir plus entendre en ce moment.

Elle prit une grande inspiration par le nez afin d’éloigner les larmes qui menaçaient de couler sur ses joues écarlates. Elle s’était toujours opposée au projet de mariage arrangé de son paternel, mais voilà qu’elle avait désormais une raison concrète de refuser d’unir sa destinée à quelqu’un qu’elle ne connaitrait pas ou peu. Elle avait trouvé sa douce moitié et elle le savait. C’était aussi clair que de l’eau de roche, comme les siens disaient si souvent. « Ne t’en fais pas pour ça, je peux être spontanée pour nous deux… Mais tu me dois une demande digne des plus grands chefs de clans maintenant, par contre. » dit-elle avec un air de défi au visage. C’était à la fois une blague, car elle souhaitait détendre l’atmosphère. « Je te ramène au lit. » décida-t-elle ensuite. Par chance, son camarade jugea bon de ne pas s’obstiner avec elle. Il n’avait aucune chance de gagner, de toute façon.

Ainsi, le couple retourna vers leur « nid d’amour ». La belle rousse aida son tendre amant à s’étendre une fois de plus, veillant à ce qu’il soit dans le plus grand confort possible dans leur situation. Elle haussa les sourcils à la mention de futures progénitures, son cœur s’emballant à cette perspective. Elle avait toujours voulu fonder une famille nombreuse. Elle était donc ravie de savoir que ça faisait partie des choses que désiraient le Norrois. Elle lui caressa alors tendrement le front jusqu’à ce qu’il retrouve le sommeil. Dès qu’elle sut qu’il avait sombré, elle retourna faire un tour à l’extérieur. « Ô Grands esprits, je vous implore… Faites en sorte que Thorvald tienne le coup jusqu’à ce que les nôtres viennent à notre rencontre. Je… J’ai besoin de lui. Le clan a besoin de lui. »

( ˘ ³˘)♥

Dès les premières heures de l’aurore, la cadette des Drakkhen était debout et s’affairait à préparer le campement pour le réveil du Rapace. Elle avait débuté avec la mise en place de pièges rudimentaires, pour ensuite aller cueillir de l’eau. Elle avait continué avec une cueillette de branches pour raviver les flammes qui les gardaient au chaud, elle et son compatriote. De plus, elle veillait régulièrement à modérer la fièvre qui ne voulait lâcher prise de son amoureux. Éventuellement, après avoir dépecé deux lapins qu’elle avait attrapés, elle manqua de choses à faire. Sa viande était cuite… puis le reste de l’ouvrage avait été accompli, tandis que l’homme ne montrait aucun signe de reprendre conscience.

L’Oracle décida éventuellement de descendre dans la plaine enneigée et de s’amuser à faire des inukshuks, parfois en neige, parfois en pierres. Ce fut durant la mise en place d’une de ses œuvres d’art qu’elle reçu un message encourageant de la part de Genevova : le groupe de secours n’était plus très loin. Ce fut une excellente nouvelle qu’elle ne pouvait attendre de partager avec Thorvald… si seulement elle pouvait avoir le moindre signe qu’il était éveille. La rouquine parvint également à arracher une touffe de poils d’une chèvre des montagnes, ce qui lui valut une joue violacée et légèrement ensanglantée… mais elle avait obtenu suffisamment de lainage pour tresser un mince bracelet rudimentaire. Satisfaite, elle entreprit de rentrer au bercail temporaire.

Dès qu’elle aperçut une silhouette barbue accroupie, elle se jeta dans les bras de son compagnon, qui étouffa sous le poids soudain de sa belle. Elle colla brièvement son front à celui ardent de son camarade, avant de l’embrasser passionnément. « J’espère que tu as pu reprendre des forces avec tout ce sommeil! » Elle déposa ensuite sa tête sur son épaule, le serrant énergiquement dans ses bras. Elle soupira d’aise, avant d’entrouvrir mesquinement les yeux. Elle n’avait pas été sans remarquer que le Rapace s’était remis à son ouvrage et elle espérait bien avoir un aperçu de ce qu’il concoctait. Malheureusement, son partenaire comprit rapidement ce qui se tramait quand il la sentit s’étirer le cou pour avoir une meilleure vue. Ainsi, il eut droit à un autre grognement et un faible coup dans l’estomac.

- Je vais finir par savoir ce qui se trame, crois-moi… même si c’est la dernière chose que je fais! Je le jure sur le clan Drakkhen! Bah quoi? Ça devenait personnel, là… Elle voulait savoir, bon! En passant, L’Oracle Genevova m’a contactée ce matin. Nous devrions les rencontrer ce soir ou demain matin, au plus tard, tout dépendant des obstacles sur leur chemin.

Elle avait lâché cette information comme si c’était la chose la plus banale du monde, mais elle se doutait bien que le sous-chef des guerriers du kodiak était déjà en train d’analyser ce que ça signifiait. Il comptait le temps qu’il leur restait à être seuls ensemble, les heures avant qu’il ne reçoive enfin les soins dont il avait besoin. Tout sourire, elle revint vers lui avec la viande de lapin et pris place à ses côtés, mais en faisant face à l’extérieur de leur abri. Elle ne voulait plus s’éloigner maintenant qu’elle avait la chance de parler avec lui, mais désirait néanmoins lui donner la chance de se changer les idées avec sa sculpture.

( ˘ ³˘)♥

- Thorvald! Ils sont ici! ThorVAAALD!

Surexcitée d’enfin voir des visages familiers apparaître au loin, Idris s’était ruée à l’extérieur de la grotte et avait sauté dans les airs, question de faire signe aux siens qu’ils étaient ici-haut. Elle sous-estima malencontreusement le nombre de pas qu’elle pouvait faire et sentit des pierres lâcher sous ses pieds. Elle glissa instantanément, son dos se déchirant sous la paroi rocailleuse. Son genou gauche heurta un rocher, qui la fit pivoter et donc rouler. Au bout de quelques secondes, elle parvint à agripper une pierre qui dépassait. Elle avait une de ces nausées, mais refusait de lâcher prise… malgré cet étrange vent qui la poussa à fermer les yeux.

D’énormes serres l’agrippèrent par les épaules et la soulevèrent. Quand elle rouvrit enfin les yeux, elle constata qu’un aigle la ramenait à l’entrée de l’abri. Ledit oiseau prédateur reprit forme humaine. « Petterson! » Sans un mot de plus, la jeune femme se lança dans ses bras et l’enlaça. Elle lui agrippa le bras par la suite et l’entraîna jusqu’à Thorvald qui, finalement, ne se trouvait pas bien loin. Visiblement, il avait été alarmé par la chute de sa compagne et s’était rué à son secours. Elle lui serra l’avant-bras avec des yeux qui voulaient tout dire, avant de le laisser discuter avec le chef de l’expédition de secours.


( ˘ ³˘)♥

Les jours qui suivirent passèrent à une vitesse fulgurante. Les Norrois nouvellement arrivés avaient campé pour la nuit et, dès le lendemain, le groupe avait pris le chemin du retour au bercail. Le Rapace se faisait traîner par de vaillants gaillards, tandis qu’Idris marchait sous l’œil vigilant de ses compatriotes. L’Oracle Genevova avait guérit de façon superficielles les blessures de sa collègue, se concentrant plutôt sur l’infection du second des guerriers d’Ansgar. Il était primordial de surveiller son état jour et nuit afin d’éviter que l’infection ne prenne de l’ampleur et le tue.

Le premier soir, on avait retrouvé un renard recroquevillé sur la poitrine de Thorvald. Le deuxième, ce fut une Idris endormie en position assise qui avait refusé de quitter la couche de son camarade. On mit cela sur le compte de toutes les mésaventures qui les avaient frappés et immanquablement marqués à tout jamais. On ne se doutait pas que c’était bien plus cela, soit qu’ils formaient désormais un couple et que leur attachement allait au-delà d’une simple amitié.

Une fois de retour dans leur village, la cadette des Drakkhen dut s’admettre amèrement déçue. Les seuls membres de sa famille à s’être présentés étaient son neveux et cette sorcière Tilda… Son père était nulle part en vue, ce qu’elle prit pour un affront… autant pour elle que pour son petit ami, qui méritait mieux que ça comme accueil. Cependant, les autres Norrois furent plus chaleureux que ce à quoi elle s’était attendue. Elle en eut les larmes aux yeux, larmes qu’elle ne retint pas et elle prit dans ses bras tous ceux qui s’approchèrent d’elle.

Le père Drakkhen eut la grâce de laisser les revenants se reposer une nuit entière avant de convoquer sa cadette. Cette dernière se rendit à sa salle d’audience à contrecœur; elle savait que trop bien ce qui l’attendait derrière des portes en bois massif. Elle s’était vêtue de vêtements traditionnels, un col en fourrure de bison lui donnant fière allure. Ce fut donc la tête haute qu’elle pénétra dans la pièce ornée de trophées de chasse et de trésors d’expéditions passées. Son père était assis dans sa chaise, le menton dans le creux de sa paume.


- Tu en as mis du temps. fit-il sans plus de cérémonie. Même pas de « Bonjour. » ou de « Par les Grands esprits, je suis heureux de te revoir saine et sauve! » Tu fais dur.

- Désolée si un naufrage et des attaques répétées d’animaux sauvages, en plus d’une presque noyade et une chute en bas d’une montagne ont ruiné mon charme féminin, rétorqua-t-elle amèrement.

- Ça n’excuse pas ton comportement des dernières années.

- Je n’ai rien fait de mal… jura-t-elle entre les dents. J’ai acquis de l’information cruciale pour le clan et j’ai…

- Fais honte à ce clan qui est supposément si cher à tes yeux. Je vais être chanceux si j’arrive à te marier à un bouffon avec ta sale réputation! trancha le chef.

- Je ne suis pas une marchandise à expédier à l’autre bout des Terres gelées parce que tu en as marre. Je ne te laisserai pas répéter la même erreur qu’avec Ansgar. Ça n’a rien aidé, voire que les choses sont pires!


- Regarde-toi, qui crois que tu sais de quoi tu parles!
lança le père. Tu m’obéiras, fille. Le clan Aslak a un héritier qui serait peut-être assez fou pour…

- Non. interrompit durement Idris.

- PARDON? Le vieil homme se leva et se fit imposant de par sa forte stature, et ce, malgré la maladie qui l’avait rongée au cours des dernières années. Il s’approcha de sa progéniture, furieux. On pouvait pratiquement voir les veines dans son front et son cou qui étaient sur le point d’exploser sous le poids de la colère. Regarde-toi, qui pense tout comprendre après un tour dans le sud. J’ai dit que tu vas racheter ton honneur et te marier, Idris. Ce n’est pas ouvert à discussion.

- Non. répliqua la cadette de la maison, le ton plus ferme encore. Je ne me marierai avec quiconque si ce n’est avec Thorvald Svennson et c’est final.

Ni un, ni l’autre des deux Drakkhen ne remarqua que la porte en bois massif venait de s’ouvrir afin de laisser entrer une nouvelle personne. Ils étaient bien trop occupés par leur joute verbale pour ça. Des enjeux importants étaient sur la table, après tout.


- Fille ingrate! tonna le géniteur de la magicienne avant de lever la poing et laisser celui-ci s’abattre sur le visage de sa plus jeune fille. Cette dernière flancha sous la force du coup, fermant les yeux par le fait-même. Quand elle les rouvrit, elle remarqua quelques gouttes de sang au sol. Son père l’avait frappée avec l’envers de sa main gauche, celle ornée de bagues massives. Cela expliquait la douleur fulgurante qui monta à la joue de l’Oracle.

Idris leva lentement les yeux pour croiser le regard de son paternel. Elle bouillait par en-dedans et pas pour les bonnes raisons. Elle n’aurait jamais cru qu’il aurait été capable d’être aussi violent, ou qu’il se rendrait à jusque-là pour la punir de refuser de jouer le rôle d’une marionnette. Elle était sur le point de se jeter sur lui pour se venger, quand elle se sentit violemment tirée vers l’arrière et qu’un autre vint l’empêcher de sacrer le coup de poing qu’elle voulait servir à son père. Peu de temps après, ce fut un bras qui la poussa derrière lui, geste bien trop familier pour qu’elle ne comprenne pas que c’était Thorvald qui était intervenu en sa défense. Celui-ci n’avait clairement pas apprécié voir sa bien-aimée mal traitée de la sorte… mais ne désirait pas plus la voir s’abaisser au niveau de son géniteur. Le Renard déposa une main sur son épaule, touchée qu’il soit là une fois de plus. « Thor… » souffla-t-elle, reconnaissante.


- Mais quelle est cette histoire, Svennson!? s’enquéra le patriarche du clan, fou de rage… plus envers sa fille que le second de son fils.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thorvald
Guerrier(ère)


Messages : 21
Date d'inscription : 16/06/2016

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Sam 22 Oct - 22:29

Toujours l'oeil aux aguets, Thorvald finit par la perdre de vue. Bien qu'un peu nerveux, il resta sur place. Il l'entendrait, si elle l'appelait. Ainsi, lorsqu'il la vit à nouveau, il soupira de soulagement. Bien que cet endroit soit supposément sécuritaire, il ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Il se découvrait une nature surprotectrice qu'il n'avait pas connu jadis. Certes, il avait toujours eu une nature protectrice, à vouloir aider tout le monde et à risque sa vie pour les autres. Mais maintenant qu'il était près d'elle... il avait terriblement peur de la perdre. Est-ce que ce sentiment s'évaporerait un jour? Serait-il toujours condamné à sentir son estomac se nouer dès qu'il la perdait de vue? Probablement cela aurait été moins pire, avec une personne prudente...! Ce n'était certainement pas un qualificatif qui saillait à la jeune femme!

Idris se jeta dans ses bras et il expira bruyamment son air sous le choc. « Doucement. » fit-il, alors qu'elle collait son front au sien puis l'embrassait. Il se laissa emporter par le tourbillon vertigineux que celui-ci lui procura puis plongea son regard dans le sien. « Hum, ça va mieux. » pour l'instant, du moins. « Toi, ça va? » fit-il en examinant l'ecchymose sur sa joue. Son visage lui revint, comme une révélation, entouré d'un halo éclatant, ses boucles dansants autour d'elle. Elle se blottit contre lui et il l'entoura de ses bras musclés, son oeuvre dans la main. Cette nuit... il se souvenait vaguement. Quand il vit qu'elle s'étirait pour voir à nouveau, il retira sa main avec un bref rire, interrompu par un coup dans le ventre. Quoique léger, cela n'avait pas réellement fait mal, mais ça lui coupait l'envie de se moquer -il aurait pire sinon!

Soupirant, il roula des yeux. « Bien sûr que tu finiras par savoir... mais pas maintenant. » fit-il simplement, sans aller plus d'avant. Il accueillit ensuite avec une certaine joie, qui fut rapidement assombrie, la perspective d'un retour à la vie... normale. Bientôt, ils allaient se séparer, soignant chacun leur blessures. Il savait fort bien qu'il y mettrait du temps. L'infection ne disparaîtrait pas de si tôt et, si les guérisseurs pouvaient soulager le corps des blessures, ils ne le pouvaient pas des maladies, alors il allait devoir se battre avec ses propres forces. Et Idris allait rencontrer son père et... et... non, il voulait le voir avant. Les Grands Esprits seuls savaient si elle allait améliorer ou envenimer sa situation... et il voulait être là pour y veiller, afin qu'il n'en ressort que du positif.

La renarde se plaça près de lui, de côté. Il sourit, et reprit doucement son travail. Garder son esprit occupé l'empêchait de sombrer sous la douleur et la fièvre. Ses tempes battaient furieusement et lui donnaient de drôle de sensations. Il jeta un oeil à ce qu'elle faisait, elle avait des lapins. Reculant un tout petit peu, il établit un contact entre leurs dos, juste histoire de profiter de sa proximité. Il leur restait si peu de temps ensemble... et un tel comportement serait indécent au sein du clan s'il n'était pas marié, particulièrement pour la cadette Drakkhen.

Plusieurs heures plus tard, Idris se mit à crier. Il leva un regard vers l'extérieur pour jeter un oeil alors qu'elle se précipitait; il préférait éviter, n'étant pas en situation de le faire sans se retrouver le nez dans la neige. Une plainte et un bruit de corps qui tombe le fit se relever d'un bond, par contre, - et tangué, évidemment. Il se redressa et sa rua à l'extérieur. Il faillit bien débouler lui aussi, mais se retint à la paroi rocheuse marquant l'entrée de la grotte. Petterson descendait en piqué et fut plus rapide que lui. Il sentit son coeur se serrer en voyant la femme qui lui avait ravi son coeur, se jeter dans les bras de leur compatriote. Il n'y avait pas de place pour la jalousie. Il se secoua. Elle était contente, c'est tout!

Thor sourit à Idris. À partir de maintenant, tout irait mieux. Il entra dans la grotte pour discuter avec le second rapace, faire le point en gros. Le soir moi-même, il tenta de garder bonne figure, mais rassuré par la présence de ses pairs et quant à la situation d'Idris, il sombra sous la fièvre qui l'emporta dans un monde délirant, tel qu'il l'avait prédit à la jeune femme. Il n'eut pas conscience des soins de Genevova, ni du brancard qu'on construisit pour lui, et encore moins des mouvements causé par les irrégularités de la route. Tout n'était qu'un brouillard qui le brûlait et l'emportait. Il marmonnait des propos incorrigibles dans lesquels on peut identifier Ansgar, Idris, et quelques membres de l'équipage.

Régulièrement, il fallait rafraîchir son front et sa nuque, pour éviter que la fièvre l'emporte. Ils étaient arrivés à temps, l'infection commençait à s'enfoncer. Averti préalablement de l'état dégradant du second des guerriers du Kodiak, l'Oracle avait ce qu'il fallait pour endiguer le mal et s'assurer qu'il survive à ce périple. Elle avait prévu le coup et avait tout ce qu'elle pouvait lui attribuer en chemin. Un onguent entre autre, à l'odeur terrible, mais qui lui prodiguait un bien fou. Il ne reprit pas conscience réellement du trajet. Il avait quelques éclairs de lubricité, mais cela restait vague. Du moins, à chaque fois qu'Idris était à proximité, il tendait la main, ne serait-ce que pour établir un contact.

Une pression encourageant sur les doigts et son sourire le poursuivirent dans ses rêves agités. Il lui fallait être fort. Trois longs jours passèrent. Il n'eut que vaguement conscience de l'accueil chaleureux qu'ils eurent à leur retour, et on le plaça aussitôt chez la guérisseuse, Nancy, qui allait prendre le relais. l'Oracle Genevova avait d'autres responsabilités. Nancy était une jeune femme dans la vingtaine avancée qui avait soigné le guerrier à de nombreuses reprises. Petite, brune, un peu ronde, mais de façon séduisante, lui donnant des courbes délicieuses, elle avait aussi été l'une des amantes du norrois. Elle lui prodigua des soins avec douceur, rêvant qu'il voit son visage à son réveil et la demande en mariage.

Elle pouvait toujours rêver... lorsque Thorvald se réveilla, il commença par grimacer en portant une main à son front, qui lui démangeait. Une claque sur les doigts lui fit ouvrir les yeux de son ex-amante. Il ferma les yeux en soupirant et demanda : « Où est Idris? » ce qui ne plut guère à sa guérisseuse, qui fut surprise. Elle le remercia de sa gratitude sur un ton cinglant. « Pardonnes-moi, Nancy... je suis si fatigué... » soupira-t-il, ce qui eut le don de l'attendrir instantanément. Il était malade. Il n'y avait pas de place pour la jalousie. La rouquine n'était qu'une gamine qu'il avait pris sous son aile durant le périple, voilà tout!

« Où est Idris? » répéta-t-il. Elle haussa les épaules. Valkyon l'avait convoqué. Elle devait y être en ce moment. Alerté par cette idée, Thor se redressa d'un bond, provoquant un étourdissement et de l'agitation de la part de sa guérisseuse. « Je dois y aller. » Il repoussa ses protestations, se leva, s'habilla rapidement avec les vêtements propres qu'elle avait quérit chez lui - vu l'odeur, elle avait du les nettoyer, sa maison sentait fort probablement la poussière et le renfermer. Il se précipita à l'extérieur après avoir enfilé ses bottes et alla directement vers la maison principale. Un cri le fit accéléra le pas. C'était la voix du chef. Il grimaça, dans quelle situation elle allait encore s'embourber...!

La voix d'Idris résonna derrière le battant qu'il venait d'atteindre, et les paroles qu'elle prononça le clouèrent sur place quelques secondes, avant qu'il se secoue et pousse la lourde porte. Il n'eut pas le temps d'intervenir alors que l'insulte du vieil homme, ainsi qu'un puissant coup, vint ébranlé celle qu'il aimait. Par contre, il arriva à temps pour attraper Idris par l'épaule et la tirer vers l'arrière, puis en prenant son poing de sa main libre pour l'empêcher de s'abattre vers sa cible. Il relâcha rapidement et passa son bras devant elle pour la pousser dans son dos, comme il avait déjà fait précédemment. Le visage fermé, se retenant lui-même d'en faire de même avec Valkyon, il serrait le dents à les entendre grincer. Inspirant, il fit face à celui qui avait le potentiel de devenir son beau-père... S'il pouvait replacer la situation.

La façon dont elle avait souffler son nom et poser sa main sur son épaule était équivoque quant au fait qu'elle appréciait son intervention. Il n'osait pas se retourner pour voir la marque sur son visage, il savait qu'il s'emporterait le cas échéant. Le Grand Rapace répondit donc calmement, détachant ses mots pour se retenir d'exploser. « Je vais tout vous expliquer. » Ce à quoi il fut répondit qu'il « l'espérait bien. » Humf. Ça commençait mal, mais il lui semblait, au regard noir qu'il jetait sur sa fille, que la colère n'était pas dirigée sur lui. « Idris, sort. » fit-il sans regarder. « S'il-te-plait. » ajouta-t-il. Comme elle ne semblait visiblement pas convaincue, il se tourna vers elle en fronçant les sourcils. « S'il-te-plait... laisse-moi faire. »

Avisant les marques sur son visage, son regard s'attrista et il passa le pouce pour essuyer une trace de sang. « Fais-moi confiance. » ajouta-t-il en la poussant vers la porte. Derrière lui, le père Drakkhen s'impatientait. Il alla donc ouvrit la porte en encourageant la jeune fille en la tenant par le bras et poursuivit doucement jusque dehors. Ayant tous entendu l'agitation, les gens à proximité s'étaient approché. « Emmenez-la plus loin. » demanda-t-il à Hellis et Karl qui étaient près. Ils voulurent se saisir d'Idris, Thor avança la main. « Doucement, hein. » s'ils ne voulaient pas finir en charpie. Elle était visiblement mécontente, mais il ne voulait pas qu'elle écoute aux portes. Elle comprenait sans doute que c'était mieux ainsi.

Sans y porter davantage d'attention, il revint à l'intérieur et refermant la porte derrière lui. Le moment était venu beaucoup plus vite qu'il ne l'eut cru, il n'avait pas mangé, et venait à peine de reprendre conscience. Il soupira. Est-ce que sa vie avec la renarde sera toujours aussi mouvementée? Un raclement de gorge le ramena à l'instant présent, il s'inclina devant son chef. « Pardonnez-moi cette intrusion brutale. » demanda-t-il. Se redressant, il plongea son regard gris dans celui du patriarche. Il était visiblement sûr de lui, et sérieux, ce qui indiqua au vieil homme que les paroles de sa cadette ne semblaient pas sortir de nul part. S'il l'avait demandé en mariage? « Non, je ne l'ai pas fait. Pas encore. » Que signifiait donc tout cela? Par où commencer?

« Écoutez, je suis au courant pour votre intention de marier Idris à un homme de votre choix... pardonnez ma franchise, mais je crois sincèrement que cela ne rachètera pas son honneur, ni celui du clan. Un inconnu ne saurait contenir votre fille, qui est terriblement emportée et spontanée. Elle aurait tôt fait de faire tourner cela en situation dramatique sans même avoir le temps de réaliser ce qu'elle faisait. Je sais qu'elle respecte le clan, et malgré ce que vous pensez, elle vous respecte aussi. » Il était difficile à croire qu'il plaidait la cause de la jeune fille en parlant d'elle ainsi. Mais ils savaient tous deux que c'était la vérité. Elle agissait souvent sans vraiment réfléchir et regrettait ensuite. Il ne lui faudrait pas grand temps avant de déclarer la guerre à son époux.

L'homme reprit place dans son siège en soupirant. Lui faisant signe de poursuivre. L'absence d'Idris semblait avoir calmer son humeur, ne serait-ce qu'un peu. « J'ai une place respectable au sein du clan, et je connais Idris. Cela peut paraître fou, je l'admet, mais je l'aime, sincèrement. Je suis prêt à prendre la responsabilité de ses actes, peu importe la nature qu'ils prendront. Vous connaissez ma dévotion au clan, à vous, et Ansgar. Jamais je ne manquerai de respect à un Drakkhen, quel qu'il soit, et peu importe l'envie qu'il m'en prend. » Comme cette démangeaison qui lui prenait de retourner le coup qu'il avait porter à celle qu'il chérissait. Le vieil homme sembla comprendre la référence. Malgré les arguments du rapace, il ne semblait par contre pas convaincu.

Ils se confrontèrent donc un long moment, mais calmement. Le regard de Valkyon se faisait de plus en plus scrutateur, et Thor prenait un grand soin de démonter chaque argument pour le tourner en sa faveur. Oui, il savait comment Idris était. Oui, il était prêt à mettre son propre honneur en jeu. Oui, il avait confiance de pouvoir interrompre ses plans de fou - du moins quand il en aurait connaissance. Chacun des défauts qu'il lui jeta, il répondit par une qualité. Après tout, elle était aussi courageuse, solidaire, déterminée, forte, intelligente. Elle n'avait pas que des défauts, et le fait qu'il en eut conscience sembla plonger le père Drakkhen dans une grande réflexion. Il n'était pas sans savoir lui-même ces aspects de sa cadette, bien sûr. Mais son côté emporté avait tendance à tout balayer. La marier au second des guerriers de son aîné n'aurait, après tout, aucun aspect négatif. Si ce n'est qu'il perdait la chance de se lier à un autre clan.

Malgré tout, Thorvald avait gagner sur un aspect : Il prenait sérieusement le temps d'y penser, ce qui n'était pas négligeable. Cela faisait combien de temps qu'il négociait ici? Plus d'une heure, ça il en était certain. Il était épuisé, et affamé. Malgré cela, il restait debout, comme le fier guerrier qu'il était, en soutenant le regard du patriarche. « Je vous assure que je me battrai. » ajouta-t-il. « Non, ce n'est pas une menace. Je désire sincèrement épouser Idris, et je n'hésiterai pas à provoquer en duel celui que vous choisirez. Je vous en informe simplement. » Il ne voulait sincèrement pas le menacer, mais il se battrait sincèrement pour elle.

Finalement, sans avoir de réponse claire, il fut congédier. Valkyon Drakkhen allait y réfléchir sérieusement, c'était un atout non négligeable. Il n'insista pas, s'inclina et le remercia. Lorsqu'il ouvrit la porte et mit le pied dehors, il inspira profondément. Le soleil de midi plombait. Il ne savait même pas vers quelle heure il s'était levé et à quel moment il avait débarqué ici... il n'avait vu qu'Idris et son père. Et était visiblement arrivé au bon moment. Où était partie la rouquine? En même temps, il n'était pas si pressé de lui dire qu'il ne l'avait pas complètement convaincu - un plan qu'elle s'y précipite et gâche tout. En même temps, il lui faisait confiance. Il n'avait pas non plus particulièrement de retourner voir Nancy qui, il le réalisait maintenant, devait s'attendre à ce qu'ils reprennent leurs précédentes activités. Il se passa une main dans la barbe.

Il allait aller chez lui. Sa cabane était un peu à l'écart du village et en hauteur. Ainsi il mit un moment avant d'atteindre l'endroit et ouvrit le battant. C'était poussiéreux, ça sentait le renfermé et même un peu la moisissure. Épuisé, il fouilla dans les armoires. Périmé. Périmé. Périmé. Rien de sèche qui ne soit mangeable. Il alla finalement choir dans son lit et s'endormit en quelques secondes, mais dans un demi-sommeil. Peut-être aurait-il du rester auprès de la guérisseuse, mais le pire était passé concernant son infection, la fièvre était presque absente. La plaie commençait même à guérir. Il ne risquait donc rien à dormir dans sa propre maison. Soudain, il pensa que, si le père Drakkhen acceptait... il pourrait les forcer à se marier dans les prochains jours. Ce qui ruinerait son intention de faire une demande en mariage propre et respectable. Ce serait bien son genre de les marier, à peine remis de ce périple, et dans la hâte. Il sombra finalement profondément, en priant pour qu'il ait suffisamment de temps.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Dim 23 Oct - 16:35

La cadette des Drakkhen était loin d’avoir froid aux yeux; ce n’était pas une baffe qui allait la décourager de son objectif. Elle tiendrait tête à son père, coûte que coûte, car elle n’avait pas l’intention de marier quiconque d’autre que le meilleur ami de son frère. C’est pourquoi elle soutint le regard insatisfait de Valkyon sans ne jamais broncher. Elle était d’autant plus confiante dans sa cause maintenant que son partenaire était devant elle, prêt à défendre leur amour. Elle plaça toute sa confiance en ce dernier, car il faisait preuve davantage de tact qu’elle. Il avait d’autant plus de chance de convaincre leur chef de les laisser faire à leurs têtes.

Pourtant, l’Oracle dégonfla assez rapidement quand elle se fit ordonner de partir. Elle jeta un regard incrédule à celui qu’elle était venue à aimer de tout son cœur, ne comprenant pas qu’il croit meilleur qu’elle quitte les lieux. N’avait-elle pas son mot à dire dans les négociations menant à leur union? Elle ne bougea pas, même s’il lui demandait gentiment de disparaître. Ce ne fut qu’au contact de son pouce sur sa plaie qu’elle se rappela à quel point les choses avaient escaladées en violence lorsqu’elle avait été laissée seule avec son géniteur. Peut-être était-ce une bonne idée qu’elle foute le camp, finalement… non pas qu’elle n’aurait pas préféré rester ici et débattre ses intérêts. C’est pourquoi elle grogna jusqu’à ce que le couple atteigne la porte, et ce, malgré qu’elle n’offrit plus de résistance… À l’exception du moment où Hellis et Karl l’agrippèrent un peu trop fortement par les bras.

- Je ne suis pas une prisonnière de guerre, à ce que je sache! tonna-t-elle, enterrant presque l’avertissement du Grand Rapace de ne pas trop la malmener si les deux hommes tenaient à leurs vies.

**[Thorvald] J’espère que tu sais ce que tu fais! Si tu ressors et que je suis fiancée à un autre, je m’occuperai de te pendre par les couilles moi-même!**

Elle ne le pensait pas… m’enfin, qu’à moitié… C’était plus l’angoisse qui la faisait parler de la sorte. Elle détestait être exclue des décisions qui la concernaient, surtout celles d’une telle ampleur. Ah, ce qu’elle aurait aimé réduire son cher paternel en charpie jusqu’à ce qu’il accepte qu’elle épouse Thorvald… À la place de ça, elle se voyait de retour à l’infirmerie pour que la guérisseuse Nancy s’occupe de sa joue. Elle lui fit un commentaire cinglant comme quoi elle avait un don pour se foutre dans les pires merdiers partout où elle allait.

- Au moins, je fais de quoi de ma peau et je défends mes intérêts.

C’était quoi, son problème, à cette poufiasse? Idris ne lui avait jamais rien fait, voire qu’elle avait toujours été plutôt sympathique à son égard. La guérisseuse semblait toutefois avoir changé son opinion du Renard depuis le début de la journée, ce qui ne faisait aucun sens.

Bah, peu importait à la rouquine, elle avait d’autres chats à fouetter! Elle avait eu vent qu’un buffet avait été préparer afin de célébrer le retour des deux survivants du naufrage… ce qui lui fit une distraction parfaite en attendant d’avoir des nouvelles de son bien-aimé. Elle y vit alors une occasion en or de surprendre Thorvald et lui offrir un délice pour les yeux. Non, mais maintenant qu’elle avait la chance de prendre un bon bain chaud et de se parfumer à l’huile de jasmin… elle pourrait lui montrer ce qu’il avait réellement la possibilité d’avoir à lui seul. Elle prit également la peine de remonter ses cheveux en boucle durant leur séchage, question qu’ils ondulent à la perfection lors de la soirée à venir.

Pour ce qui est des vêtements, elle opta pour une robe en coton blanc à manches longues, par-dessus laquelle elle enfila une robe bourgogne qui lui serrait la taille, mais qui s’évasait vers le bas. Il y avait quelques fioritures typiquement norroises aux ourlets, le tout accentué de vert forêt. (Voir ici.)

Le reste de la journée, la rouquine tourna en rond dans sa minuscule chambre – auparavant une pièce de rangement et qui était toujours encombrée d’une panoplie de coffres. C’était à croire qu’on espérait qu’elle ne revienne jamais pour que la pièce retrouve sa fonction de jadis. Elle n’avait pas tant d’appétit, étant donné qu’elle ne savait toujours pas ce qui se passait entre son vieux et son amoureux. Était-il encore dans cette foutue salle d’audience ou non? Et s’il ne l’était pas, pourquoi n’avait-il pas tenté de la retrouver? Grognant à nouveau, la jeune femme se releva d’un bond sec. Elle quitta sa chambre afin de trouver le premier miroir pleine grandeur de la maison familiale et laissa tomber sa cascade rousse le long de son dos. Elle termina son ensemble avec des bracelets, des bagues et, surtout un diadème doré qu’elle affectionnait particulièrement. (Voir ici)

L’Oracle attendit que sa collègue, Genevova, vienne la quérir avant de se diriger vers le grand hall. Elle ne se souvenait pas de la dernière fois où elle avait été si fébrile, si on omettait les quelques jours passés avec le Grand Rapace pour seule compagnie. Il lui faisait définitivement effet. Elle mourrait d’envie de voir sa réaction lorsque ses yeux gris se poseraient sur elle. Quelle ne fut pas sa déception de constater qu’il n’était pas à la fête… qui était pourtant en leur honneur. Elle rouspéta en silence, échangeant uniquement des formules de politesse avec les Norrois qui venaient la saluer et lui dire à quel point ils étaient soulagés que tous deux aient pu revenir en vie. On lui offrit également des sympathies, qu’elle retourna aux membres des familles concernées.


- Ce qu’il est craquant… soupira fiévreusement une femme.

Idris, poussée par la curiosité, se retourna pour voir de qui il s’agissait. Son regard se mit à pétiller en constatant que sa femmelette s’était enfin décidé à faire une apparition! Un sourire désormais au visage, elle fendit l’air et contourna habilement la foule pour se rendre jusqu’à son beau, qui avait été accosté par une blonde plantureuse. « Où étais-tu, bordel! Tous ces gens-là sont là pour toi, espèce de nigaud! » lança-t-elle d’emblée, afin qu’on ne remarque pas à quel point elle était agitée. Cela eut également pour effet de décourager la blondinette, qui ne voulait pas se frotter au Renard à cause de sa réputation de mauvais caractère – réputation entièrement méritée.

La jeune femme tira son camarade par la manche et le tira de force dans un corridor jusqu’à ce qu’ils atteignent un coin sombre et isolé, là où personne ne pouvait les voir. Puis elle l’embrassa avec autant de passion qu’immédiatement après le naufrage, tenant son visage barbu entre ses mains. Elle se blottit contre lui avec tant de vigueur qu’elle plaqua son dos au mur : pas question qu’il aille nulle part! Les tourtereaux échangèrent donc un langoureux baiser qui dura plusieurs minutes, bien trop courtes au goût de l’Oracle. Cette dernière n’aurait pas refusé que leur embrassade se continue encore un peu. Elle se contenta néanmoins de coller son front à celui de son partenaire.

- J’espère que tu comprends que tu ne rêvais pas dans les montagnes à cause de la fièvre… et j’ai aussi quelque chose pour t’aider à ne pas oublier… fit-elle doucement, puis elle retira le bracelet qu’elle avait tressé avec la laine de chèvre des montagnes et d’un ruban découpé à même sa tunique ensanglantée – la sienne, pas celle offerte par le second des guerriers du kodiak. Elle attacha délicatement le bracelet au poignet gauche de son petit ami et caressa sa main, relevant ensuite son regard vers ses yeux perçants. Je t’aime, Thorvald. Elle marqua une pause, le temps que ses paroles fassent leur chemin jusqu’au cerveau de son partenaire. Je ne sais pas où tu étais, mais que dirais-tu d’aller profiter de cette fête? Elle l’embrassa brièvement sur la joue, avant de le diriger vers le hall où se trouvaient les autres convives. Va nous réserver une place à la table! lança-t-elle avant de se rendre elle-même vers la table où étaient tous les pichets de vin.


- Hé, Idris… Rumeur court que le Rapace cherche femme. Il paraît même qu’il aurait négocié le mariage avec ton père.

Une autre rousse, Nimue, qui avait un œil sur le vaillant guerrier. À cela, Idris sourit et prit un pichet… oh, puis deux… de vin. Elle s’éloigna en dansant et en chantonnant : « Oui et ce n’est pas avec toi. » Elle dansât au son de la musique enivrante, tournant sur elle-même pour éviter les danseurs. Son cœur était gonflé d’amour et d’espoir… jusqu’à ce qu’il ne devienne un trou béant. S’arrêtant net, la cadette des Drakkhen fixa l’élu de son cœur qui était bel et bien à la table, comme elle le lui avait demandé… mais il n’était pas seul. La guérisseuse Nancy était assise à sa droite, penchée de façon à ce que sa poitrine s’écrase contre son bras musclé, et la connasse osait lui dessiner de petits cercles sur la cuisse, très près de sa masculinité. Un peu plus et le Renard en échappait ses breuvages. La douleur se fit remplacer en moins de rien par de la jalousie, pour ne pas parler de rage digne d’un volcan en éruption. C’était SON homme qu’elle tripotait, là! Et lui, il attendait quoi pour la repousser?

D’un pas décidé, au point de faire peur à quelques invités, la magicienne se rendit à la table et déposa sèchement les pichets. La vaisselle et les ustensiles en tremblèrent. Elle s’assit à la gauche de Thorvald sans la moindre grâce et salua sèchement sa rivale. Cette dernière lui sourit avec le même degré de chaleur… qui n’était pas très élevée, en toute honnêteté.


- Salut, Idris… Ehm… Je ne sais pas si tu vois, mais nous étions en plein milieu de quelque chose. fit la brunette, pointant Thor du menton avec tous les sous-entendus du monde. En d’autres mots, elle demandait à la « gamine » de déguerpir.

- Hmm-mmm… répondit Idris, le coude sur la table et le menton sur sa paume. Elle avait un sourire qui voulait dire qu’elle le savait très bien et que c’était précisément pourquoi elle n’irait nulle part. Pendant un instant, elle baissa les yeux en direction des mains baladeuses qui ne voulaient pas quitter les cuisses de son amant, se jura intérieurement que si elle voyait le moindre signe d’excitation chez lui… il ne vaudrait pas mieux qu’un homme mort. Le guerrier attira son attention en disant que ses yeux étaient plus haut, ce à quoi le Renard lui jeta un regard l’avertissant de faire partir Nancy avant qu’elle ne pète la crise du siècle. Elle ne tolèrerait pas que la compétition se montre aussi audacieuse en sa présence. Franchement, elle commençait à maudire la popularité de son bien-aimé. Autant que c’était flatteur pour son égo, autant elle se sentait insécure.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thorvald
Guerrier(ère)


Messages : 21
Date d'inscription : 16/06/2016

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Lun 24 Oct - 19:24

À son réveil, Thorvald avait l'impression d'avoir un trou béant au milieu de l'estomac. Il gémit. Une odeur de potage lui monta au nez. Il hallucinait encore? En grimaçant, il s'extirpa du lit et traîna les pieds à travers la pièce avant d'ouvrir la porte. L'odeur était belle et bien là. Accompagnée dudit potage et de... de Nancy. Il soupira en se passant une main dans le visage pour essayer d'effacer les dernières traces de sommeil. « Qu'est-ce que tu fiches ici... vas-t-en. » Elle lui sourit, sans se laisser démonter, en disant que sa vieille cabane avait besoin d'une femme et que son estomac avait besoin de manger. « Je peux très bien me débrouiller, maintenant dégages. » Malheureusement, son estomac se manifesta bruyamment sur ces dernières mots, jetant au sol tout ce qu'il essayait de démontrer. L'odeur était terriblement appétissante...

Finalement il céda. S'installant à sa table dans un soupir, il engouffra sans un mot et avec une rapidité impressionnante ce qu'elle lui servait. Elle avait fait a manger pour une armée, et il fut cette armée. Il avala tout, puis soupira, repus, et satisfait. Elle le regardait en souriant. « Quoi? Qu'est-ce que tu veux encore? » soupira-t-il en s'évachant sur sa chaise de bois qui craqua sous son poids. Hein? Un banquet, ce soir? « Et il est quelle heure là? » L'événement était dans deux heures. Ah bon... il haussa les épaules. « J'aurai encore faim dans deux heures de toute façon. » ce qui eut pour effet de la faire rire. Il eut un sourire en coin. « Je te remercie, Nancy, mais je n'ai plus besoin de tes services. Ça va aller. » Elle soupirait, ne semblait pas apprécier qu'il la repousse si vivement. Habituellement, il était plutôt réceptif... mais pas là. Et plus jamais.

Il se leva. « Aller, s'il te plait, sort. » Elle le fit dans un haussement d'épaule. Le rapace savait fort bien qu'elle reviendrait à la charge plus tard, mais ça ne lui tentait pas de gérer cela maintenant. Il se tourna vers sa demeure. L'entrée donnait sur la salle à manger, on voyait un peu loin à gauche la cuisine avec un grand four à pain et une antre pour la cuisson, ainsi qu'un grand comptoir. Il y avait une armoire pour la vaisselle et pour la nourriture. À droite de l'entrée se trouvait une grande armoire où il rangeait tout et n'importe quoi, puis la porte donnant sur sa chambre. Un peu plus loin, deux sofas orienté vers la cheminée et une petite table, puis une autre porte, donnant sur une autre chambre. Il avait construit cette maison dans ses jeunes années, avec l'aide de plusieurs amis et d'Ansgar. On l'avait beaucoup taquiner à ce sujet, car c'était une maison pour établir une famille.

À la surprise de tous, il ne s'était pas marié après cela. Tout le monde pensait qu'il avait quelqu'un en tête en la construisant. Un peu à l'écart, des latrines extérieures, une cuisine très fonctionnelle, deux chambres... Au fil du temps, il avait meublé sa maison. La deuxième chambre faisait office de petit bureau où il rangeait des cartes sur ses explorations, et une grande étagère avec de nombreuses sculptures de sa main. Les portes, les coins de mur, tout était gravé avec des entrelacs d'animaux, tous les animaux totémiques qu'il connaissait entourait le bâtiment. Les chaises aussi, ainsi que les pieds de tables, même les pieds de sofas avaient été modifiés. L'antre était surmontée d'un aigle ouvrant grand ses ailes, mais dont le dessus était assez plat pour y placé des choses.

Peu de gens étaient venus dans sa maison et avait pu voir ce qu'il en avait fait. Ansgar, entre autres. Généralement, Thor sortait et n'amenait personne dans ce petit nid, qu'il avait décoré avec une personne en tête... l'étagère, à laquelle il n'avait jamais donné accès, renfermait plusieurs renards, quel mystère...! Il réalisait qu'il devait faire le ménage. S'il épousait Idris, il n'irait certainement pas vivre à la demeure familiale, c'est elle qui viendrait chez lui. Et en ce moment, la couche de poussière qui couvrait son mobilier était étouffante, malgré le linge qu'avait passé la guérisseuse afin de cuisiner sécuritairement. Est-ce qu'Idris savait cuisiner? Il sourit, à l'idée qu'il était peut-être meilleur cuisiner que sa chère et tendre. Il espérait seulement qu'elle ne mette pas le feu à leur demeure...

Cette pensée le remplissait de bien-être. Il fallait être malsain pour cela! Mais avoir la rouquine près de lui, dans les meilleurs moments, comme dans les pires, était ce dont il rêvait depuis si longtemps! Il entreprit donc de secouer ses vêtements, de rafraîchir sa garde-robe, de jeter ce qui était moisi, et de trouver un moyen de se vêtir ce soir. Il dut sortir en trombe, aller chercher Alhyssie qui habitait non loin, l'épouse d'un ami, pour lui demander de l'aide afin de ne pas sentir l'humidité au banquet. Elle s'amusait ouvertement et bruyamment de lui alors qu'il grommelait dans sa barbe. Au moins, grâce à elle, il fut fin près pour se présenter. Sa maison n'était pas propre encore, mais au moins, lui, il l'était! Un bon bain, des vêtements propres qui sentait frais, il était prêt!

Après avoir terminé de tailler sa barbe en brousse et une coupe de cheveux, gracieuseté de son amie qui lui avait chaleureusement fait remarqué qu'il avait l'air d'un ours mal léché, il quitta sa maison avec maint remerciements et se dirigea vers l'événement en leur honneur qui battait déjà son plein. Le grand hall était bondé de gens. Il s'arrêta à l'entrée pour parcourir la salle de son regard perçant. Il la vit enfin et en eut le souffle coupé, n'arrivant même pas à répondre à son sourire. Ses cheveux semblaient être une cascade de feu sur ses épaules, sa robe mettait en valeur ses jeunes courbes et la couleur de son teint. Les bijoux dont elle s'était paré lui donnait un air beaucoup plus noble que ce qu'un norrois aurait pu s'habituer. Elle était à couper le souffle, et c'était le cas de le dire. Logan, le mari d'Alhyssie, le gratifia d'une puissante claque dans le don et lui demandant de ne pas oublier de respirer. Le guerrier tourna un regard perdu sur lui alors qu'il s'éloignait en riant.

Se secouant, il revint vers l'endroit où il avait aperçu Idris lorsqu'Éden vint l'accoster. Il lui sourit poliment. « Bonjour Éden. » Et faillit ajouter que, dans son cas, il ne s'était pas ennuyé. Idris le héla brutalement, il ne put s'empêcher d'en rire. « J'étais pas loin. » Croyant que la jeune rousse était de mauvais poil, la bondinette s'en alla, non sans lui souffler un baiser au passage. Il n'y accorda pas plus d'attention, complètement obnubilé par la vision qui s'offrait à lui, et il la regarda avec gourmandise. Il se laissa volontairement entraîné plus loin, et accueillit son baiser. Il lui semblait que cela faisait une éternité qu'il ne l'avait embrassé... Il sentit le mur cogné contre son dos et ne s'en formalisa pas. Après quelques minutes il recula pour humer ses cheveux qui sentait si bon le jasmin, et appuya son front au sien.

Quelque chose? Oh, zut. Il avait complètement oublié ce sur quoi il travaillait... il lui fallait impérativement finir ça ce soir pour le remettre à Uber, qui était un ébéniste fort doué en particuliers pour ce qui avait trait aux gravures - il l'avait grandement aidé dans le décor de sa maison, le plus tôt possible. Il observa le bracelet qu'elle lui offrit en se sentant drôlement ému. Voilà qui n'était pas son genre! Il allait devoir se mettre un peu de plomb dans la tête sinon la soirée serait longue! « Merci, Idris. » se contenta-t-il de répondre, touché par son geste. Elle lui dit ensuite qu'elle l'aimait, et il mit encore quelques secondes avant que cela atteigne son raisonnement. Il la rattrapa avant qu'elle ne s'éloigne et l'embrassa sur le front. « Je t'aime aussi. » murmura-t-il avant de la lâcher et de la suivre.

« Je dormais. » ajouta-t-il, pour expliquer son absence, puis acquiesça sous sa demande et se dirigea vers les tables. Il prit place sur un espace libre et discuta avec les gens autour. Évidemment, Nancy vint vers lui. Il soupira. « Ce n'est vraiment pas le moment, Nancy. » lui dit-il alors qu'elle se penchait sur lui pour soi-disant vérifier ses plaies. Il soupira en la laissant faire à sa guise, n'ayant pas l'intention de s'obstiner ce soir. Sa conversation avec le père Drakkhen et sa hâte pour se préparer pour la soirée l'avait épuisé mentalement. Il préféra l'ignorer allègrement. Elle plaça sa main sur sa cuisse et il soupira en la repoussant doucement. Il ne voulait pas faire de drame. Elle revint à la charge, il plia. Il gérerait cela plus tard.

Deux pichets se posèrent brutalement alors qu'ils discutait avec Logan devant lui. L'homme lui parlait un peu des dernières années dans le nord. Idris prit place sèchement près de lui et il lui jeta un regard surpris. Mais il comprit rapidement devant l'échange entre les deux jeunes femmes. Évidemment... la jalousie féminine. Ce n'est pas comme si Nancy avait des chances de rallumer la flamme du Grand Rapace, mais toutes deux semblaient ne pas en prendre conscience. Il observa l'homme et l'autre en tournant la tête, puis fronça les sourcils en voyant où Idris posait son regard... un peu plus et il aurait l'air d'avoir pris son honneur dans la nature! « Idris... ce ne sont pas mes yeux là-dessous. » murmura-t-il en haussant un sourcil amusé. Son expression était menaçante et il soupira.

Fallait du doigté pour la suite, ne pas causer de drame en affichant ouvertement qu'il repoussait son amante. Nancy allait mal le prendre et reviendrait forcément à la charge plus tard... il regrettait de l'avoir choisi, elle s'était entichée de lui lors de leurs nombreuses rencontres; le barbu avait tendance à s'aventurer dans des histories rocambolesques et étaient habitués de revenir couvert de blessures, mais le coeur battant et ravi de son expérience. « Nancy... je crois que Petterson requiert ton attention là-bas. » fit-il en faisant un signe plus loin. Le rapace en question regardait effectivement par ici. Elle soupira et se leva, avec un regard qui disait clairement qu'elle n'en avait pas fini. Il haussa les épaules. Se tournant vers la jeune rousse, il lui sourit. « Elle s'inquiète de mes blessures... entre autres. » Il ajouta les derniers mots en avisant son air sceptique.

Ouais bon, il n'allait pas mentir non plus. C'était évident. Il ne pouvait pas effacer son passé qui fut... actif. Il n'était pas fait en bois non plus! Derrière Idris, il vit quelqu'un lui sourire en venant droit vers lui. Ils échangèrent un immense sourire, profondément ravis de se retrouver. « Uber! Ça fait un moment! » fit-il en se levant et en lui saisissant l'avant-bras accompagné d'une tape sur l'épaule. Ils échangèrent quelques paroles de politesse - entre grands amis c'était assez bruyant et mouvementé - et il termina en riant puis en disant : « J'ai un projet pour toi mon vieux, mais je t'en parlerai plus tard! » L'autre acquiesça, intrigué, puis s'intéressa finalement à Idris qu'il accueillit aussi. « Justement tiens. » ajouta Thor. « Prend la chaise à côté de moi! On pourra jaser! » Il faisait d'une pierre, deux coups. Cette place semblait trop convoité.

Pour son grand plaisir, l'ébéniste accepta. À ce qu'il parait, il avait eu un échange mouvementé avec Valkyon? Thorvald afficha un air gêné en passant la main dans sa barbe. « Hum, mouais. » fit-il sans en dire plus. Il n'avait pas vraiment l'intention d'en parler maintenant. Au même moment, les mets apparurent et s'éparpillèrent sur les tables. Les convives applaudirent le service et se servirent généreusement. « Tu n'as pas faim? » fit-il à l'intention de sa compagne qui remplissait à peine son assiette. La sienne recueillit déjà du poulet, des patates, et plusieurs mets en grande quantité. Non, mais quel ogre... et dire qu'il avait déjà fort mangé plus tôt. D'ailleurs, plus loin, Nancy lui lançait un regard frustré, ayant perdu la place qu'elle avait voulu garder à ses côtés.

Prenant une cuisse de poulet fort généreuse, il la déposa dans l'assiette de la renarde. « Toi aussi, tu dois reprendre des forces. » fit-il en lui souriant tendrement. Il l'admira encore quelques instants et ria de bon coeur sous son commentaire. « J'y peux rien, j'ai toujours eu l'oeil pour repérer les trésors... » fit-il à voix base et susurrante. Puis il se tourna vers Logan et Uber. « N'est-ce pas, qu'elle est fort en beauté ce soir? » Les deux hommes se regardèrent et acquiescèrent en gratifiant Idris de compliment, qu'ils pensaient. Il fallait être aveugle pour ne pas remarquer à quel point elle était ravissante. Elle ne put s'empêcher de s'amuser de la voir s'empourprer, et d'autant plus du coup qu'il se reçut sur le tibia sous la table. Il grimaça légèrement, pour la forme, mais elle n'y avait, heureusement, pas vraiment mis de force - un plan qu'elle le lui brise, on sait jamais! Elle était plus forte qu'elle n'en avait l'air. Bon ok, et lui il était plutôt solide. Bon duo, n'est-ce-pas?

La repas se passa ensuite dans la joie et la bonne humeur, et il se fit un devoir de remplir l'assiette d'Idris qui protestait en l'insultant, ce qui l'amusait. Ses deux amis n'étaient pas dupe et échangèrent un regard. Pour le moment, Thor s'en fichait. Tout ce qui comptait pour lui, c'était d'être de retour, en sécurité, et avec elle. Lorsqu'il se sentirait prêt, il lui ferait sa demande, en espérant que Valkyon accepte sa requête, et se battrait, le cas échéant, pour elle. Uber relança le projet dont il avait parlé plus tôt. « Hum, je t'en reparlerai Uber, je ne peux pas t'en parler maintenant. » lui répondit-il avec un clin d'oeil. Il était visiblement intrigué, et, évidemment, Idris le questionna. « Tu le sauras, mais pas ce soir. » fit-il, mystérieux, en souriant dans sa barbe. Il s'amusa de son mécontentement, mais ne flancha pas. Logan, amusé, lâchait qu'ils faisaient un beau duo, ce qui créa une certaine gêne, car il n'en avait pas encore parlé, et aussi parce que ça faisait plaisir à entendre. Même que ses oreilles rosirent... Uber lui donna un coup de coude dans les côtes en riant et il grogna, tandis qu'Idris semblait vouloir fondre sur son siège.

Le repas arrivait à sa fin, Valkyon se leva et attira l'attention. Tout le monde se tut rapidement pour écouter son discours. Celui-ci remit les âmes des naufragés entre les mains des Grands Esprits et les remercia d'avoir permis aux survivants de revenir à la maison. Après un beau discours sur le courage et les sacrifices, il annonça qu'il avait une grande nouvelle à leur annoncer. Un silence plana, et Thor se sentit soudainement nerveux et ses mains devinrent moites. Sous la table, il alla chercher celle d'Idris et la serra, les yeux fixés sur lui. « Pas de mariage, pas de mariage. » murmura-t-il faiblement dans sa barbe, comme une prière. Puis les mots tombèrent comme un couperet. Un grand mariage allait être célébré dans deux jours. Il se sentit pâlir et serra un peu plus fort la main d'Idris qui pétrissait la sienne.

Entre eux. Le menton lui tomba presque sur la table. Hein? Lui? Il se mariait dans deux jours? On applaudissait et on les félicitait. Ses amis affichèrent des airs incertains devant l'air ahuri du rapace. Il n'avait même pas l'air au courant de son mariage. Il hésitait entre la joie et la frustration. Il n'était pas prêt! Pas maintenant! Pas déjà! Et encore moins dans la précipitation! Il l'aurait demandé en mariage, dans quelques jours, puis ils auraient eu de longues fiançailles jusqu'à leur retour à Alombria et se serait marié devant leurs plus grands proches... Tous ses plans tombaient à l'eau alors qu'on se levait pour venir serrer leurs mains. Il parvint à esquisser un sourire, et à remercier les gens. Il tourna la tête vers Idris qui le regardait drôlement. « Je... il ne m'avait pas donner de réponses... » souffla-t-il à son intention, pour lui expliquer pourquoi il ne lui en avait pas parler. Ils durent se lever pour serrer les mains, et ils se mirent à taper dans leurs mains, pour demander un discours.

Posant son regard sur Valkyon, celui-ci semblait le défier. C'était clair, s'il ne pliait pas, il ne l'épouserait pas. Bon... il avait ce qu'il voulait, juste... trop rapidement. Les prochains jours allaient être un terriblement tourbillon. Il se racla la gorge alors que le silence se faisait et que les convives reprenaient leurs sièges. Soit! Il passa un bras autour des épaules d'Idris et pressa son épaule de façon encourageante, puis prit la parole. « Je sais que cela est sans doute une surprise pour vous tous... Et je ne saurais dire si le plus surprenant est que je me case, ou qu'Idris se case... ou que ce soit ensemble. » Il provoqua quelques rires dans l'assemblée et sourit, se détendant un peu. « J'espère avoir le plaisir de tous vous voir dans... deux jours? » Il jeta un regard au Chef qui approuva, satisfait. En fait, Thor était vraiment irrité par cette information, mais il joua le jeu. « À l'amour! » fit-il en prenant sa coupe et en la levant. Le monde reprirent en coeur ces deux mots et il vida son verre d'un trait.

Reprenant place tous les deux, il soupira bruyamment. Il ne devait pas avoir l'air abattu! Ne serait-ce que pour Idris. Il se requinqua mentalement et se servit un autre verre. « Ton père... » Il lui sourit en serrant son épaule avant de ramener sa main sur sa cuisse en la lâchant. Il sentit qu'il n'avait pas besoin de sortir l'insulte qui brûlait ses lèvres en regardant ses yeux. Elle semblait avoir compris que ce n'était pas du tout ce à quoi il s'attendait. Il attrapa sa main en caressant son auriculaire, là où il passerait une bague dans deux jours. « Je... ça te va ? » fit-il, un peu piteux. Elle ne s'y attendait pas, pas plus que lui. Sa réaction le fit sourire et se détendre davantage. Il l'embrassa sur le front, provoquant quelques sifflements des bancs proches. « Je t'aime, Idris. » murmura-t-il avant d'envoyer quelques invectives aux coupables. À quelques tables, quelques regards noirs se posaient sur Idris, mais il ne les vit pas. Ça n'allait pas être facile pour eux... !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Mar 25 Oct - 21:02

Si son regard avait pu tuer, fort probablement que Nancy et Thor seraient tous deux morts à présent. Le Rapace fut assez brillant pour comprendre que s’il ne faisait pas quelque chose bientôt, il aurait toute une scène de ménage sur les mains et ça ne serait pas si facile de réparer les pots cassés. Après tout, Idris n’était pas une force à prendre à la légère et quand elle explosait… les choses tournaient au vinaigre à une vitesse fulgurante. La mâchoire serrée, elle attendait impatiemment qu’il fasse quelque chose. Cette main sur sa cuisse la faisait enrager comme pas possible!

Heureusement, il ne tarda pas trop à envoyer la guérisseuse plus loin, vers ce pauvre Petterson qui avait eu le malheur de regarder au mauvais endroit au mauvais moment. Pour ce qui est du Renard, toutefois, elle releva la tête, satisfaite. Son homme avait bien géré la situation… jusqu’à ce qu’il commette l’erreur de dire que Nancy ne voulait que garder un œil sur ses blessures. « Ah bon? Quand t’es-tu fait mal à la cuisse, déjà? » Son ton était cinglant; le second des guerriers du kodiak allait devoir être plus prudent avec les multiples soupirantes qui lui tournaient autour à l’avenir. Sa bien-aimée n’avait pas un très grand seuil de tolérance.

La rouquine n’eut d’autre choix que de lâcher le morceau lorsqu’Uber fit son entrée. Elle en profita pour caler sa coupe de vin : elle en avait besoin. Encore une chance qu’elle avait une meilleure tolérance pour l’alcool que la compétition féminine. Elle tendit cependant l’oreille en entendant parler de projet. Thorvald avait-il entamé une autre œuvre depuis qu’il s’était mis sur la défense de la laie ou était-ce la suite de ce projet secret? Se flattant le menton, Idris fit mine de ne pas trop s’intéresser à cette affaire… bien que tout son non-verbal témoignait du contraire. Son regard turquoise était posé sur le profil de son amoureux, puis elle ignorait les commentaires des autres convives… qui comprirent rapidement qu’elle voulait savoir de quoi il s’agissait. À son plus grand dam, toutefois, son voisin de table refusa une fois de plus de révéler ce sur quoi il travaillait.

- N’essaie pas de changer de sujet avec la nourriture… lança-t-elle en guise de réponse au Grand Rapace.

Celui-ci sembla toutefois être passé maître dans l’art d’ignorer ses commentaires et préféra plutôt entasser de la nourriture dans son assiette. L’Oracle porta une main à son front en remarquant la taille gargantuesque de cette cuisse de poulet. « Tu veux me rendre obèse, ou quoi? » Ah, la, la… Comment pouvait-elle faire mine de rester offusquée quand il lui parlait avec des mots si doux et qu’il lui souriait de la sorte? Elle ne pouvait empêcher un sourire en coin d’apparaître sur ses lèvres. Il la flattait dans le bon sens du poil, c’était plus qu’évident. Toujours est-il qu’elle sentit le rouge lui monter aux joues avec les compliments que Thorvald était allé chercher chez Logan et Uber. La cadette des Drakkhen n’avait pas l’habitude d’être le centre de l’attention pour sa beauté, voire que c’était habituellement à cause de sa force de caractère. Un petit coup de pied sur le tibia fit comprendre à son bien-aimé que ça suffisait… et qu’elle avait aimé l’attention malgré tout.

Elle se mit ensuite à manger, pestant contre Thorvald à chaque fois qu’un nouveau morceau de viande ou de plat d’accompagnement apparaissait dans son assiette. Verrait-elle le fond de son assiette un jour ou allait-il continuer de la bourrer jusqu’à ce qu’elle explose? Elle se vengea en l’imitant, bien que ça ne fit pas grand-chose… Il avait clairement un appétit plus grand que le sien et s’amusait de la chose. Leurs camarades, quant à eux, se divertissaient de voir l’étrange chimie qui avait entre le duo près d’eux. C’était une toute nouvelle ambiance qu’il y avait entre eux et c’était à se demander si leurs quelques jours dans les montagnes avaient provoqué ce changement ou si ce n’était pas quelque chose d’autre…

- Et pourquoi ne peux-tu pas parler de ton projet maintenant? questionna la magicienne, caressant le bras de son amant du bout de son index. Bah quoi? Si ça pouvait lui donner la réponse qu’elle mourrait d’avoir… Elle fit la moue lorsqu’elle n’obtint pas ce qu’elle voulait. Tu me fais chier, cracha-t-elle tout bas.

Encore une fois, on vint couper court à sa mini crise, Logan passant un commentaire sur le duo qu’ils formaient. Ils allaient si bien que ça ensemble? Le Renard se cala dans sa chaise, glissant un peu vers le plancher. Elle ne voulait pas parler du couple qu’elle formait avec Thorvald, là, maintenant… tandis qu’ils ne savaient même pas ce que son… père… Parlant de père, le chef du clan attira l’attention de tous et déclara, après un hommage aux défunts du naufrage, qu’un mariage aurait lieu dans deux jours. La fille de Valkyon se mit à tripoter anxieusement la main que lui offrait son partenaire, ayant soudainement très peur de la fin de ce discours. Elle n’avait pas entendu parler de cérémonie à venir pour quiconque depuis son retour dans le Nord… Elle n’était donc qu’au courant de ses propres projets, mais ceux-ci n’avaient pas été confirmés.

La pauvre magicienne put sentir toute la couleur quitter son visage tandis que son père lâchait la bombe : c’était sa cadette et le second de ses guerriers qui étaient pour unir leur vie dans deux jours. Évidemment, toutes les têtes se tournèrent dans leur direction. Elle eut un rire jaune, surtout devant tous les regards haineux – provenant d’anciennes conquêtes et rivales pour le cœur de son futur époux. Pourtant, elle avait envie de pleurer. Elle avait l’amour de sa vie à ses côtés, son vieux avait accepter qu’ils s’épousent… mais le principal intéressé n’avait pas cru bon de l’en informer avant de le dire à tout le monde? Elle tourna la tête vers lui, cherchant une explication dans ses yeux gris.

Elle pinça les lèvres face à l’explication qu’elle reçut; ça ne l’étonnait pas de son père. Il avait un don pour n’en faire qu’à sa tête – comme si elle était bien placée pour parler. Elle préféra ne pas faire de commentaire et plutôt se lever pour serrer les mains des Norrois les félicitant. C’était une merveilleuse nouvelle, qu’on leur disait; c’était romantique, surtout après l’épreuve qu’ils venaient d’affronter ensemble; c’était une bonne affaire pour les alliés du clan Drakkhen, qui n’étaient pas sans vanter les mérites du Rapace.

Et voilà qu’on demandait un discours! Ah, ça, non! Idris refusait de dire quoi que ce soit de plus que les paroles d’usage. De toute façon, elle était sans doute la dernière personne dont on voulait entendre un discours parce que c’était certain qu’elle allait trouver le moyen d’insérer de la merde de buffle à quelque part et des couilles de vermine. Bref, tout ce qu’il y avait de moins romantique dans l’univers. Par chance, son fiancé était meilleur avec les mots qu’elle. Il avait d’ailleurs plus l’habitude d’avoir à servir des discours à ses hommes, donc il était plus dans son élément que sa belle. Cette dernière dut admettre qu’elle avait bien aimé ses quelques mots, ayant ri en même temps que les convives. Il était vrai que c’était inattendu comme union; elle-même ne l’avait pas vu venir avant ce jour où elle avait failli laisser sa peau dans le fond d’un lac gelé. Elle leva par la suite les yeux au ciel face au typique « À l’amour. » de son compagnon, mais leva quand même sa coupe.

Quel soulagement ce fut d’enfin pouvoir se rassoir! Elle pouvait enfin se permettre de vider son verre de vin et demander à son compagnon de la resservir. C’était probablement la seule façon pour que les tourtereaux puissent passer au travers de cette soirée. « Ah, ne m’en parle pas! » grogna-t-elle à la mention de son géniteur. Elle ne sait pas pourquoi elle s’était attendu à un autre comportement – moins puéril – de sa part. L’Oracle baissa ensuite le regard sur l’auriculaire que caressait Thorvald. Ça lui faisait étrange de se dire que d’ici deux jours, ce doigt ne serait plus jamais vide d’ornement. Elle était étrangement heureuse, malgré le stress provoqué par le mariage trop expéditif pour les deux principales personnes concernées. « Non, mais que veux-tu qu’on fasse? Je crois que déjà qu’il accepte de modifier sa décision de base… ça retient du miracle. »

Puis, pour un moment, la rouquine se permit de flotter sur son petit nuage. Son amoureux venait de déposer un baiser sur son front, tout en lui murmurant ce que toute femme voulait entendre. Les autres pouvaient bien siffler, ça n’affecterait pas l’humeur du Renard. Cette dernière constata toutefois que des regards noirs continuaient de lui être lancés. Elle eut envie de toutes les envoyer promener... or, elle jugea encore plus cruel de leur sourire, tout en levant le menton, puis en embrassant Thorvald directement sur la bouche. Cette fois, on cognait sur la table pour les encourager à continuer. Lorsque les amoureux se séparèrent, ce fut un regard triomphant – doublé d’un avertissement – envers une certaine Nancy. « Tu sais quoi? Je t’adore. »

Retrouvant son entrain, la cadette des Drakkhen se leva et tendit la main à son fiancé, le tout agrémenté d’une petite courbette. Après tout, un petit aperçu de son décolleté l’aiderait peut-être à se motiver à faire quelques pas avec elles. « Une danse pour votre future épouse, cher Thorvald? Je promets d’y aller doucement. » fit-elle avec un clin d’œil. Il fut plus réceptif à ses avances que sur la montagne, ce qui fit monter le bonheur de sa belle en flèche. Elle l’amena joyeusement sur la piste de danse et alterna entre des danses plus rapides et d’autres beaucoup plus lentes. Elle aimait particulièrement ces dernières, car elle avait une excuse de se blottir contre son chéri. Au bout d’un certain temps, elle se mit à approcher subtilement leur table jusqu’à ce qu’il annonce qu’il voulait se reposer. La rouquine resta debout, mais se pencha pour chuchoter à ses oreilles : « Pourquoi ne profiterais-tu pas de ce moment pour parler de ton projet secret à Uber? De mon côté, je vais aller prendre l’air un peu, je pense… » Elle colla son front au sien et le quitta, non pas sans un dernier regard mielleux derrière.

Ce furent des pas rapides qui l’amenèrent à l’entrée du grand hall et elle fit quelques mètres avant de s’adosser à une colonne. Sa respiration était plus saccadée qu’elle ne devrait l’être, mais elle n’y pouvait rien. Elle avait besoin d’un moment pour encaisser tout ce qui venait de se passer au banquet. Sa pire crainte, en quelque sorte, avait été réalisée… soit d’être mariée en vitesse au premier venu. L’envers de la médaille, et le bon côté pour une fois, fut que c’était avec la personne qu’elle désirait le plus épouser. Par la suite, elle n’avait même pas eu l’honneur d’apprendre la nouvelle en toute intimité, ni même de recevoir une demande digne de ce nom… Et elle ne pouvait même pas blâmer son fiancé pour ça, car ce n’était pas comme s’il n’avait pas eu de quoi en tête, selon ce qu’elle avait pu comprendre par les regards qu’il lui avait jetés. Elle se couvrit les yeux un instant et prit de grandes inspirations, puis expira longuement. C’était trop de choses en même temps…

Elle ne sut combien de temps elle était restée là, mais ce fut un fiancé plutôt inquiet qui vint la rejoindre éventuellement. Il lui prit les mains et l’observa, inquiet. Elle leva les yeux vers les siens et sourit faiblement.

- Tu sais… Dans deux jours, je… Je ne serai plus une Drakkhen dans deux jours. Je sais que c’est con et enfantin, mais ça va me faire étrange. Oh! Mais ne crois pas que je ne suis pas heureuse de devenir Madame Svennson, au contraire, mais… j’ai l’impression de devoir perdre une partie de moi-même afin de gagner ce que je veux. Elle renifla, puis essuya sommairement les larmes qui coulaient sur son épaule. Et comment vais-je me trouver une robe digne de toi en deux jours? L’Oracle Genevova a promis de demander l’aide de sa sœur, qui est couturière… mais n’aies pas d’attentes trop hautes. Oh! Mais pire que tout ça encore… quand allons-vous avoir du temps pour nous? Je n’ai même pas eu la chance de visiter ta maison et… j’aurais aimé, tu sais? Quoique bon… ça ne peut être pire que le placard qui me sert de chambre présentement. Elle marqua une pause afin de se lover contre le Rapace. Elle huma son odeur, qui était nettement mieux que celle dans leurs abris temporaires. J’ai oublié de te dire que ta nouvelle coupe te va à merveille. Tu en es d’autant plus séduisant! Ah, Thor… promets-moi que même si nous serons pris dans un tourbillon de préparations, nous aurons encore un peu de temps pour nous, d’accord? Et… Et j’aimerais un second mariage. Ne me fais pas cette tête! Je vais t’expliquer… Je veux un deuxième mariage où ma fratrie sera là, où ceux qui nous tiennent le plus à cœur pourront vraiment célébrer avec nous et nous encourager dans notre future vie commune. Tu crois que nous pourrions faire ça?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thorvald
Guerrier(ère)


Messages : 21
Date d'inscription : 16/06/2016

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Mer 26 Oct - 17:54

Thorvald sursauta de l'action indécente de sa... fiancée. Il ne la repoussa, certes, pas. Mais il prit note mentalement de lui faire part qu'il n'était pas fervent des épanchements publiques. Et puis bon, il avait toujours du se faire discret dans sa vie... il y a des habitudes qui ne se perdent pas. Malgré tout, il prit plaisir à son baiser et sourit à ses mots. Elle n'avait même pas idée à quel point ça lui faisait plaisir, surtout qu'il souffrait de la précipitation dans laquelle ils allaient bientôt être propulser. Il avait envie de la serrer contre lui et de lui communiquer tout ce qu'il ressentait sans avoir à le dire... mais ce ne serait pas maintenant. Il ne savait comment le dire, mais il allait le trouver. Il devait le lui dire, il se souvenait encore de la douleur dans le regard qu'elle lui avait jeté, comme s'il avait pu prévoir cela avec son père sans lui en parler... Lui aussi, il trouvait la nouvelle difficile à avaler.

Il jeta un regard surpris à la jeune guerrière alors qu'elle s'inclinait pour l'inviter à danser. Évidemment, comme ceux assis près de lui, il ne manqua pas la vue plongeante qui venait en bonus. Il se leva, masquant ainsi la naissance des seins de sa bien-aimé aux yeux des autres et la suivit. « Ce que je ne ferais pas pour toi. » lui répondit-il. Il avait encore la jambe raide de son combat avec le phacochère. Mais il pourrait bien endurer un peu de mal pour le bonheur qu'elle arrivait à lui procurer. Elle se montra très énergique, et il ne put s'empêcher de penser que cela promettait pour leur nuit de noce... et elle bougeait très bien. Plusieurs fois, ils ralentirent le pas, et il l’accueilli avec plaisir dans ses bras. Sa jambe se faisait de plus en plus douloureuse, et il se fatiguait vite, à peine remis de ses blessures, et déjà sur le point de se marier... il devait se reposer, les deux prochains jours promettaient d'être charger.

« Idris. » dit-il en interrompant leur danse. « J'en peux plus, je ne sais pas où tu caches toute cette énergie, mais j'ai besoin de repos. » admit-il à voix basse. Quelqu'un tout près lui envoyer une poussée amicale en disant que c'est ce qui arrivait quand un vieillard comme lui se ramassait une petite jeune. Thor l'envoya baladé dans un grommellement. « Le blanc c'est pour la sagesse, s'pour ça que tu resteras brun toute ta vie. » ajouta-t-il. Quelques poils blancs ne faisait pas de lui un aîné tout de même... il était encore jeune. Malgré tout, c'était une corde sensible, il y avait souvent pensé qu'il était sans doute dans un âge différent du sien. Mais ce soir, il ne voulait pas y penser. Ni plus jamais, d'ailleurs.

Il frissonna en sentant le souffle de sa belle près de son oreille. Hochant la tête, il approuva, c'était une bonne idée. Il serra sa main doucement en lui souriant et la regarda partir pendant quelques secondes. Hum. Il essaierait de faire vite pour aller la retrouver, il doutait que ce soit seulement à cause de la chaleur de la pièce qu'elle veuille prendre l'air. Se tournant vers Uber, il entama la conversation. Sortant de sa poche les deux cubes arrondis qu'il gardait sur lui, il lui parla de son projet. Certes, il pouvait en faire une grande partie, mais les détails qu'il voulait ajouter nécessitait la main experte de son ami. Particulièrement que le ton imparti était extrêmement court... « Je te paierai ce qui faudra l'ami, mais il faudrait que ce soit fait dans les temps, tu comprends. » Celui-ci acquiesça et promit de faire de son mieux dès qu'il lui aurait remis le format final, et qu'il n'allait rien lui demander. Ce serait son cadeau de mariage.

Reconnaissant, le Grand Rapace lui serra l'épaule en souriant. « Tu me sauves la mise, je te revaudrai ça. » Il ne saurait dire combien de temps dura sa discussion, mais il se mit aussitôt en quête de trouver Idris. Il repoussa gentiment ceux qui l’accostèrent en répondant à demi-mot ou en remettant la conversation à plus tard. Il chercha dans les couloir et se dirigea finalement vers l'entrée du grand hall. Un court gémissement attira son attention et il trouva une jolie petite rousse avec une fort triste mine. Il soupira de soulagement, il avait été inquiet qu'elle ne se soit enfuit, honnêtement... Mais en même temps, il s'inquiétait aussi de ce qui la mettait dans cet état.

Ainsi, saisissant ses petits mains au sein de ses grandes paumes, il plongea son regard dans le sien. Il n'avait pas besoin de le lui demander. Elle lui offrit un pauvre sourire et prit la parole. Son coeur se serra, réalisant qu'elle regrettait... mais il lui affirma que ce n'était pas le cas. Est-ce qu'être une Drakkhen lui tenait tant à coeur? Ce n'était qu'un nom... et le sien n'était pas dépourvu d'honneur. Ses parents avaient tous deux été de redoutables guerriers et il leur faisait honneur. Il le savait perdu jeune, mais à seize ans on est assez vieux pour retenir certaines choses essentielles, et il n'oublierait jamais leurs enseignements. Mais ce n'était pas le temps de penser à cela... elle lui parlait chiffon... c'était si long que ça de faire une robe de mariée? Ne pourraient-elles pas prendre une vieille robe d'Idris et la modifier? Les dimensions seraient déjà là, ce serait gagné, non? Mais il n'y connaissait rien alors bon.

L'essentiel de ses craintes semblaient résidé dans la peur de ne pas le voir durant ce laps de temps. Il ne pouvait nier que c'était court, qu'elle ne verrait probablement pas sa maison avant le mariage - il devait tout nettoyer et remplir les armoires avec suffisamment de vivres pour survivre jusqu'au prochain départ vers Alombria. Il devait rafraîchir ses habits de cérémonie pour les préparer au mariage, terminé les anneaux - ce qui ne serait sera pas de tout repos - et il n'aura probablement même pas le temps de se lancer sur le projet de cadeau de mariage qu'il avait eu en tête. Il la serra contre lui en fermant les yeux et en posant sa joue contre le dessus de sa tête. Il comprenait fort bien ses craintes et il les partageait. Il sourit doucement sous le compliment. Quelques jours en mer et d'autres en déroute en plein terres gelées... ça ne lui avait pas fait la plus belle tête. Au moins l'aurait-elle vu à son pire. C'était un avantage, non? Il ne pouvait qu'être à son meilleur désormais.

Malheureusement, il ne pouvait pas lui promettre ce qu'elle demandait... du moins pour le fait de se voir. Il recula, surpris, sous la demande d'un second mariage, qu'elle s'empressa de justifier. Il demeura pensif. Un deuxième mariage... préparé, avec ceux qu'ils aimaient, et l'opportunité de bien faire les choses à leur rythme, cette fois... « Oh Idris. » souffla-t-il. « Tout ce que tu voudras, si je pouvais me dédoubler je le ferais pour que les prochains jours ne nous apportent pas son lot de pression, mais ce ne sera pas le cas, je le sais aussi bien que toi... Je... j'aimerais te promettre que nous aurons du temps pour nous... mais deux jours... demain ce sera les préparatifs et le lendemain ce sera le mariage... Je peux toujours te promettre que je ferai tout mon possible pour venir t'arracher à tout cela demain ne serait-ce qu'une heure... Et s'ils nous cherchent ce sera bien tant pis. » Il lui embrassa tendrement le dessus de la tête.

« Ça te va? » Se souvenant de sa deuxième demande, il prit son menton entre son pouce et son index et lui sourit avec toute la tendresse dont il était capable. « Par contre je te promets que nous pourrons nous reprendre auprès de nos proches. Mais cette fois, tu devras attendre ma demande... » il se pencha pour l'embrasser doucement, mais brièvement malgré qu'elle sembla vouloir plus. Pour se rassurer, sûrement. « Peu importe comment se dérouleront les prochains jours, saches que je n'aurai de cesse de penser à toi. Ce jour nous unira pour toujours, mais ça fait déjà longtemps que tu as mon amour... » Il lui caressa la joue à l'aide de son pouce. « Si tu veux, nous pourrions profiter des derniers instants qui restent pour être ensemble et souffler un peu, pendant que nous en avons encore le temps...» Il ne put pas finir sa phrase, malheureusement.

Surgissant de nul part, Logan l'attrapa par le bras et le tira, lui affirmant qu'il aurait le temps pour ça après le mariage, mais que là il devait commencer à se préparer. « Hein? Maintenant? » Apparemment que c'était la demande du chef... Le rapace grogna et marmonna : « Je vais aller lui dire deux mots. » Repérés, ils étaient maintenant entouré de ceux qui allait s'occuper des vêtements et tout le tralala, sa fiancée se faisait déjà harcelé pour le choix des fleurs et des couleurs. Il se tourna vers elle et énonça : Dé-so-lé. Alors qu'ils étaient séparé par diverses responsabilité. Quant à lui, il se dégagea. « Où est-il ? » Ce qui laissa ses amis hésitants, mais comme il insistait, on le lui indiqua. Les précipiter n'était pas suffisant, mais il fallait aussi les empêcher de se reposer? Claudiquant un peu, la jambe raidit par les nombreuses danses, il trouva Valkyon et se planta en avant de lui, il lui jeta un regard interrogatif, teinté de provocation.

Avant qu'il n'ait pu prononcé un mot, il se fit interrompre. Il avait ce qu'il voulait, non? « Bien sûr, mais nous aurions aimé nous reposer ce s... » Il le coupa, affirmant que le banquet avait été leur moment et que maintenant il fallait se préparer. Sa cadette n'aurait pas un mariage de vaurien et ça se préparait. Humf, évidemment. C'est pas comme si il aurait pu donné un plus long délai... mais il retint un commentaire. Puis il lui lança qu'il devait se contenter chanceux qu'il le laisse la ramener avec lui à Alombria. « Hein? Mais bien sûr qu'elle viendra, ce sera ma f... » Mais finir une phrase serait un luxe. Apparemment qu'elle était une source de honte et que ce serait son rôle de la modérer afin que le clan ne pas subisse pas l'opprobre de sa mauvaise conduite. Il serra les dents, et les poings, mais j'ajouta rien. Il risquait d'empirer la situation. Cela prendrait sans doute du temps avec qu'Idris retourne dans les bonnes grâces de son père... et il fera tout ce qu'il pourra pour que ça arrive.

Tournant les talons en le saluant de la tête, le chef du clan l'arrêta. Se retournant, Thor lui jeta un regard interrogateur, sourcils froncés. Le bateau partait dans un mois. Cette nouvelle lui arracha une nouvelle vague de colère, mais il se contenta de tourner les talons et de rejoindre ses amis qui l'attendait plus loin, incertain de l'attitude à adopter. S'il restait un mois, pourquoi les marier maintenant... Sûrement pour observer comment cela se déroulait entre eux et se donner une marge au cas où il ne serait pas satisfait. Cet homme n'était pas chef pour rien, mais il était persuadé qu'Ansgar en ferait un bien meilleur. Elle était loin l'époque où leur mère pouvait l'adoucir. Avoir su tout cela, il aurait insister pour amener Randie, elle aurait été un choix stratégique. Mais comme on n'avait pas juger bon de le mettre dans la confidence... ce n'est pas comme si son meilleur ami connaissait ses sentiments pour sa cadette non plus.

Souffrant et fatigué, les prochaines heures furent pénibles. La lune brillait depuis un moment quand il se leva et quitta la pièce où il discutait de restrictions sur les invités et de précautions quant aux émissaires d'autres clans. On le laissa filer. Il était tard, il avait le droit d'aller se coucher. Mais il s'en alla plutôt furtivement vers la maison principale et passa la tête furtivement dans quelques pièces avant de tomber sur un amoncellement de femmes avec des montagnes de tissu qui jacassaient avec vivacité. Il repéra Idris. Pénétrant dans la pièce, on le chasse vivement, mais il ne s'en formalisa pas, attrapa la jeune femme à moitié endormie par la main et la tira à sa suite sans plus de cérémonie.

Malgré sa douleur à la cuisse, il garda un bon pas et, une fois dehors, et dans l'ombre, il soupira et se laissa glisser contre le mur derrière pour s'asseoir au sol, entraînant la jeune femme avec lui. Il l'accueillit contre sa poitrine en l'asseyant sur ses cuisses, passant ainsi un bras par dessus ses cuisses pour saisir sa hanche et l'autre derrière ses épaules pour la soutenir. Il posa sa tête sur la sienne et ils restèrent silencieux un instant. « Humm, si je ne bouges pas je vais m'endormir là... » murmura-t-il, les yeux fermés et toujours contre elle. Il sourit devant sa réponse. « Je crois qu'on a assez dormi dehors pour un bout. Mais je ne pouvais pas aller me coucher sans te voir au préalable. Après ne pas t'avoir quitté pendant si longtemps, c'est dur de ne plus te voir... même si c'est différent pour toi, considérant que tu étais consciente quand je délirais dans mon coin. » Il recula la tête et l'appuya à la froideur du bois derrière lui.

Ouvrant finalement les yeux, il les posa sur elle. « Je t'ai dit comme je te trouvais magnifique? » fit-il en prenant une mèche de feu entre ses doigts pour la lisser doucement. Puis il l'embrassa, d'abord légèrement, puis un feu coula dans ses veines et il se fit plus passionné. Haletants, ils se séparèrent pour souffler et il lui sourit. « Que dirais-tu qu'on se rencontre ici, demain, pour diner? Quand le soleil sera à son plus haut, et on ira dans le bois, chez moi on me cherchera et on dirait que tout le monde a décidé qu'on ne devait pas se revoir avant le mariage. » Il caressa sa joue avec l'aide de son pouce, ayant quitter sa hanche pour son visage. « Mais, euhm, sais-tu cuisiner Idris Drakkhen? » Sa réponse fut assez équivoque et il ricana un peu. « Bon d'accord, je m'en occupes alors. » Il haussa un sourcil. « Ne me sous-estimes pas, je sais très bien cuisiner, un célibataire ne se nourrit pas tout seul! » Il afficha un air moqueur. « Si tu veux, je t'apprendrai. »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Idris
Magicien(ne) errant(e)


Messages : 38
Date d'inscription : 04/05/2016

Feuille de personnage
Âge: 18 ans
Race: Norrois
Âme soeur:

MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Jeu 27 Oct - 10:11

La rouquine pouvait compter sur son partenaire pour qu’il lui dise les choses telles qu’elles étaient, sans de flafla pour les adoucir, et elle aimait ça de lui. Elle trouvait ça inutile d’essayer d’amoindrir les choses, car ça créait de faux espoirs et ne menait, par conséquent, qu’à de la déception. Toujours est-il que son petit cœur se déchira un peu à l’idée d’être tenue loin de lui pendant deux jours… C’était certes court comme période de temps, mais elle s’était habituée à l’avoir à ses côtés en tout temps. Sans compter que ce qu’ils avaient vécu avait été rude sur le moral et qu’elle se demandait comment elle dormirait sans ses bras pour lui fournir un sentiment de sécurité…

- Tu me le promets? demanda-t-elle d’une voix chevrotante. Que nous aurons au moins une petite heure demain? Je crois que je vais en avoir besoin… ne serait-ce que pour faire une sieste, blottie contre toi… Mais oui, ça me va. Elle trouva en elle la force de sourire, réconfortée à l’idée d’avoir un peu de temps à eux seuls. C’était d’autant plus important à ses yeux puisqu’ils étaient un couple récent. Elle aurait tant voulu pouvoir profiter davantage de leurs fiançailles, question de discuter de ce qu’ils voyaient pour leur avenir ensemble. Toutefois, elle ne put continuer sa ligne de réflexion, car son bien-aimé lui souleva le menton. Elle détailla ses yeux gris, qu’elle aimait bien. Elle se sentit plus légère lorsqu’il accepta sa proposition d’avoir une deuxième cérémonie. Elle hocha donc de la tête à sa requête toute simple. Bien sûr que je peux attendre ça, Thor. Tu pourras me le demander quand tu le voudras et je ne t’harcèlerai même pas… Du moins, je vais essayer de ne pas trop le faire. fit-elle après y avoir bien pensé. Elle était d’un naturel curieux et il n’était pas complètement fou de croire que s’il prenait trop de temps, elle tenterait peut-être de demander subtilement où il en était avec la planification de sa demande.

Le couple s’embrassa ensuite, ce qui termina de remettre l’Oracle d’aplomb. Elle était définitivement de meilleure humeur que lorsque son fiancé l’avait trouvée, pleurnichant la perte de son nom de famille. Elle voulut prolonger leur échange, mais le meilleur ami d’Ansgar avait d’autres choses à ajouter. Le Renard fit la moue, sans pour autant être réellement frustrée ou quoi que ce soit. Elle porta la main à celle de Thorvald qui caressait sa joue; elle adorait ces petites attentions délicates qu’il ne gardait que pour elle et qu’il n’étalait pas devant tout le monde. Ce n’était que pour eux, une intimité où ils n’avaient pas à prétendre à rien.

La pauvre Idris commençait à peine à s’emballer à l’idée de se sauver en douce du banquet pour passer le reste de la soirée en tête-à-tête avec son futur mari. Que soit maudit Logan, qui vint interrompre le tendre moment entre les tourtereaux. « Je n’en ai rien à cirer qu’il ait le temps après le mariage… il a le temps maintenant! Qu’est-ce qui peut bien presser autant, hein? » s’offusqua la future mariée. Le fait que ce soit un ordre de son paternel ne la surpris guère, voire que ça vint assombrir son humeur… car qui disait ordre de Valkyon, disait ordre qui devait être effectué maintenant.

La rouquine eut à peine le temps de rouler les yeux qu’elle se faisait tirer de côté. Elle protesta et jura comme une bûcheronne, jusqu’à ce qu’elle reconnaisse ses consœurs de la communauté d’Oracles et les meilleures couturières du clan. « Je ne sais pas, moi, quelles fleurs mettre en centre de table! Je ne savais même pas que je me mariais il y a une heure de ça! » grogna-t-elle, jetant un regard suppliant en direction du Grand Rapace. Il ne put malheureusement venir à sa rescousse cette fois-ci, car on l’entraînait déjà à la rencontre du géniteur de sa fiancée. Cette dernière lui mima aussi qu’elle était désolée, puis avant de lever les yeux au ciel une fois de plus. La soirée serait longue s’ils ne pouvaient même pas prendre quelques minutes pour respirer.

Comme de fait, ce ne fut pas la soirée la plus palpitante de son existence. Idris se fit traîner jusqu’à la maison familiale, où on l’installa dans le salon. Elle était assise en plein centre du divan et elle-ne-savait-combien de femmes lui tournaient autour, comme si elle était la reine d’une ruche d’abeilles. On la bombarda ensuite de toutes les questions possibles en ce qui a trait aux choix à faire pour l’apparence générale du mariage. « Et pourquoi ce n’est pas les hommes qui font ça!? » maugréa-t-elle, seulement pour se faire répondre que c’était scandaleux de même y penser. Pourtant, le Renard se dit que la décision ne devrait pas revenir uniquement à elle… Elle n’était pas la seule à se marier, à ce qu’elle sache! D’autant plus qu’elle aurait aimé avoir son mot à dire sur les invités… Pas qu’on l’aurait écoutée, mais elle aurait au moins pu participer.

L’interrogatoire dura de nombreuses heures et couvrit les aspects les plus importants de la cérémonie. La cadette des Drakkhen répondit machinalement, sans trop porter attention à toutes les démonstrations visuelles qu’on lui offrit. Où se passerait la cérémonie? À l’extérieur, choix qui surpris les femmes, mais ce fut un choix stratégique pour la magicienne : ça ne risquait pas de s’éterniser s’il ne faisait pas beau dehors! Puis personne ne voulait rester à se les geler pendant des heures, de toute façon. Tout ce qu’elle voulait présentement, c’était en finir avec ce mariage et aller s’enfermer en ermite avec Thorvald chez lui jusqu’à ce qu’un bateau puisse les ramener dans le sud… loin de toute cette folie. Qui serait la demoiselle d’honneur? Ce à quoi elle répondit Nancy, la guérisseuse, ne serait-ce que pour se venger de cette salope qui avait osé faire des attouchements à son homme devant elle. La vengeance était un met qui se mangeait froid, non? Alors, ça allait d’autant mieux avec son plan de se marier à l’extérieur. De toute façon, ce n’était pas comme si elle pouvait demander à Randie, hein! On aurait dit qu’on s’était assuré pour que personne qu’elle aime ne soit là… Même Hélicie avait disparu et ne pouvait donc être une présence sympathique et familière pour sa tante. Quelles fleurs seraient à l’honneur? Le muguet, Idris ne voulait pas trop de fla fla, puis elle n’était pas une fille prétentieuse. Quelle couleur dominerait le reste, outre du blanc pour aller avec le muguet? Vert, l’Oracle aimait le vert et ça allait bien avec ses cheveux. Ça ferait naturel avec les fleurs, aussi. Quelle vaisselle utiliser? Oh, bah là, ça devenait ridicule! Qu’ils prennent les premières assiettes du bord et qu’on en finisse! Malheureusement, ce n’était pas si simple, qu’on lui répondit.

Le groupe de femmes en était à discuter de la nourriture, chose à laquelle Idris n’avait même plus l’énergie de participer, quand Thorvald fit son entrée dans la maison. Il retrouva sa belle à moitié accotée sur le dossier du divan, joue écrasée sur son épaule, les yeux mi-clos. La pauvre était si épuisée qu’elle ne sursauta même pas face à vague d’offusque généralisée face au fait que le marié venait s’insinuer dans la partie féminine des préparatifs. Surtout qu’on s’apprêtait à aborder le sujet de la robe, maintenant qu’on avait décidé sur le gros du buffet.

Il fallut que la rouquine fasse un effort extraordinaire pour tenir sur pieds et, surtout, ne pas se planter en suivant son amoureux qui s’éloignait aussi vite que possible du salon. Ce fut toutefois une autre histoire quand vint le temps de se laisser choir sur lui. Pour ça, elle n’avait aucun problème! Elle se lova donc contre le guerrier, puis ferma enfin les yeux. Elle soupira de bonheur. « Ça serait si mal de dormir ici? Ne me dit pas que le grand Thorvald craint les hémorroïdes? » murmura-t-elle, trouvant évidemment le moyen de faire un commentaire déplacé malgré sa fatigue. « Ah, mais être consciente ne veut pas dire que tu me manques moins, hein… » répondit-elle par la suite. La jeune femme releva la tête à la suite du compliment que lui adressa son fiancé. Elle lui envoya un sourire sincère. « Je me souviens que tu l’aies mentionné devant Logan et Uber… Mais tu peux me le répéter autant de fois que tu le veux! J’aime ça. » Elle haussa une épaule pour ajouter à son petit côté à la fois effronté et charmant.

Elle répondit langoureusement aux avances de son compagnon, caressant son torse tandis que sa langue valsait avec celle du guerrier. Son bas-ventre se mit à la travailler, tout comme sa poitrine qui se durcit naturellement face à la passion qui montait. Encore une chance que le Grand Rapace savait quand s’arrêter avant que les choses ne dégénèrent! Car au moment où leur baiser prit fin, Idris pouvait sentir que ses lèvres étaient légèrement enflées, sans parler du fait qu’elle était à bout de souffle. Ça augurait une belle nuit de noces, à son avis!

- Toi aussi, tu as remarqué ça? fit-elle en relevant la tête. Elle n’avait pas été sans remarquer les efforts gigantesques que faisaient les Norrois pour la tenir éloignée de son amant. C’était un acharnement collectif contre les tourtereaux. Je crois que se sauver pour un repas dans les bois, ça serait de douces représailles… Elle adressa un sourire charmeur à son compagnon; elle ne détestait pas l’idée d’être isolée avec lui dans un endroit intime. Cependant, elle se renfrogna et gronda quand il lui demanda si elle savait cuisiner. Je ne suis pas encore morte de faim, tu sauras que ça compte pour quelque chose, le grand! On ne la voyait cuisiner que lorsqu’il était question de faire rôtir de la viande sur le feu ou de tout jeter les ingrédients dans un chaudron pour un ragout. C’est alors que Thorvald affirma qu’il serait celui de se charger de la nourriture, ce à quoi elle haussa les sourcils. C’était à son tour d’être sceptique. Si tu le dis, je te fais confiance. Elle eut un rire sec et reposa sa tête sur l’épaule de son amoureux. Si ça peut te faire plaisir… dit-elle sur un ton faussement non-intéressé, mais elle souriait. Elle aimerait bien s’améliorer en matière de cuisine, car elle comptait bien sur le fait d’avoir plusieurs enfants et il serait impérial de bien les nourrir pour qu’ils deviennent grands et forts.

Ils restèrent là un moment, enlacés, sans ne rien dire… jusqu’à ce que Genevova fasse son apparition et ne demande à Idris de revenir à l’intérieur. La cadette des Drakkhen obéit à contrecœur, caressant l’épaule de son fiancé une toute dernière fois.

Le lendemain fut similaire à la soirée le précédent, sans pour autant être une série sans fin de questions. La journée était plutôt dédiée à la confection de la robe de la mariée. La couleur principale était le blanc, car on voulait montré la pureté d’Idris – car, malgré son caractère endiablé, elle avait respecté la tradition de ne pas donner son honneur avant le mariage – et on décida que le vert serait une couleur secondaire pour rappeler les muguets. On avait, semblait-il, pris une des anciennes robes du Renard afin de servir de modèle pour un ouvrage de dentelle délicat et finement travaillé qui irait par-dessus la robe elle-même. On devait faire des ajustements de dernière minute, car l’Oracle avait terminé sa croissance à Alombria. Elle était notamment plus développée au niveau de la poitrine et des hanches, bien que la différence ne fût pas énorme.

Le temps fila plus rapidement que ne l’aurait pensé le Renard, car on lui annonçait déjà qu’elle pouvait aller se chercher de la nourriture dans la cuisine. Ce qu’on ne savait pas, cependant, c’était qu’elle avait caché des vêtements pour aller à l’extérieur sous les escaliers, puis qu’elle avait l’intention de filer en douce à l’extérieur. Elle se rapetissa afin de passer inaperçue et ne reprit sa taille normale que lorsqu’elle vit son bien-aimé qui l’attendait. « Vite, avant qu’elles ne se rendent compte que je ne suis plus là! » murmura-t-elle, le prenant par le bras et se sauvant à pas rapides. Ce fut éventuellement Thorvald qui prit le devant, car il était celui à savoir où ils se rendaient, après tout. Il dut se faire plus insistant quand sa douce moitié devint curieuse à la vue de sa cabane à l’écart du village. Le Renard avait involontairement bifurqué, poussée par la curiosité de voir où elle habitait, mais elle se fit tirer sur le côté, passant proche de tomber. Elle se rattrapa en sautillant l’espace de quelques pas, puis leur démarche redevint normale. Ils continuèrent ainsi un bon moment, soit jusqu’à ce qu’ils trouvent un coin caché par les arbres et au bord d’un lac.

- As-tu pensé que nous pourrons venir ici souvent, une fois mariés? dit Idris, plutôt satisfaite de l’endroit. Elle retourna ensuite sur la couverture que son futur mari avait mis au sol et elle ouvrit le panier. Elle était curieuse, ce n’était pas de sa faute! Elle haussa les sourcils et jeta un regard ébahi à Thorvald. Tu ne mentais pas hier, finalement! Ça semble délicieux! Elle marqua une pause, prenant un air coquin. … Mais pas autant que… Elle termina plutôt en embrassant son amant et en passant les bras autour de son cou. Merci d’avoir fait du temps pour moi. Elle colla son front au sien, puis frotta leurs nez ensemble. Aussi belle sera ma robe – les couturières sont en train de travailler un miracle – je dois t’avouer être contente de me sauver de tout ce brouahaha, même si ce n’est que pour une heure. Comment ça se passe, de ton côté? Idris prit un des morceaux de carotte coupées et le croqua pendant que son compagnon lui expliquait ce en quoi avait consisté sa matinée. Palpitant… fit-elle sans réellement le penser.

Elle embrassa de nouveau son amoureux; or, cette fois, le baiser ne fut pas chaste. Il monta en intensité au point où Idris se retrouva étendue sur le dos, glissant ses mains sous le tissu recouvrant son partenaire. Elle soupira lorsque celui-ci s’attarda à son cou… mais tous deux figèrent en entendant un bruissement dans les arbres. Ils se relevèrent aussi soudainement qu’ils s’étaient jetés par terre, craignant se faire prendre la main dans le sac… seulement pour se faire coincer par un raton-laveur. « Fout le camp! » cracha la cadette des Drakkhen, tout en jetant une balle de neige à l’animal!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Aujourd'hui à 14:01

Revenir en haut Aller en bas
 
On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]
» Lorsqu'on a peu d'imagination, mourir, c'est trop peu. Lorsqu'on en a, mourir, c'est trop. | Guerrière => Crèp
» Regardez ça aller. Est-ce que je tire trop fort sur la laisse de l'animal?
» FIDJI canichou abricot 17 ans abandonné car trop vieux (76)
» [Foret] Cette chasse est gardée et il y a un prédateur de trop ici... [PV: Len Tsukimori & Lena Carter]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Émeraude :: Autres lieux :: Les terres gelées-
Sauter vers: