Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]

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Thorvald
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MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Lun 31 Oct - 16:11

L'expression de sa fiancée indiquait bien à Thorvald que l'idée d'apprendre à cuisiner ne lui déplaisait pas, ce qui lui fit plaisir. Il n'y avait aucune raison qu'elle ne le désire, sauf si c'était pour lui. Une pensée qui gonflait son orgueil de fierté et qui lui donnait envie de l'embrasser à en perdre son âme. Mais cela ne se passerait pas ainsi. Ils restèrent un moment enlacé, profitant de l'instant présent, jusqu'à ce qu'on les retrouve et vienne quérir Idris. Il lui souffla « N'oublie pas notre promesse. » avant de la laisser filer avec un sourire qui exprimait toute la tendresse qu'il éprouvait. Il rentra chez lui sans retourner voir les autres hommes. Cette discussion pouvait bien attendre au lendemain. Il était épuisé. Cette journée avait été très forte en émotion. D'abord il se réveillait de plusieurs jours de délires, il filait jusqu'à la maison principale et interrompait une querelle qui promettait de dégénérer, il s'obstinait ensuite longuement avec Valkyon, puis rentrait épuisé chez lui, avait une joute verbale avec l'envahissante Nancy, et finalement il y avait eu ce banquet, où on avait déclaré qu'ils allaient se marier, Idris et lui, et les préparatifs qui commençaient déjà... Et demain promettait d'être pire.

Une pensée traversa son esprit. Et si la jeune fille n'avait pas dit à son père qu'elle voulait le marier, celui-ci aurait-il été plus clément dans la requête du jeune homme? Après tout, il ne s'entendait pas si mal avec le vieil homme. Il était un guerrier avec une bonne position et respecté. C'était assurément pour ne pas faire plaisir à Idris que le tout se passait de la sorte, et peut-être un peu pour son audace personnelle. Oh et puis de toute façon, ce qui était fait, était fait. Il ne pouvait pas y revenir, c'était inutile d'y penser. Valkyon était le seul responsable de leur situation et il comptait bien lui en garder rancoeur pendant un certain temps.

En entrant chez lui, il grimaça. Demain allait devoir être une journée de ménage poussé, même si ce n'était que pour y vivre un mois avant de repartir. Il n'était pas question de vivre ses premiers instants avec sa femme dans ce trou qui empestait la moisissure et l'humidité. Mais pas maintenant. Ses draps malodorants feraient amplement l'affaire. Il retira donc ses seuls vêtements propres pour l'instant, et ne gardant que le minimum, il se glissa entre ses couvertures dans un soupir. Le sommeil ne tarda pas à le gagner et il dormit profondément. Il rêva à Idris, dans un robe étincelante, avec un sourire tout aussi éblouissant. Elle était sienne, enfin. Et il pouvait pleinement vivre son amour sans avoir peur d'un rejet. L'ombre de Nancy vint plané sur son rêve, bientôt suivi d'autres femmes qu'il savait persistante. Il n'arriva pas à les éloigner, et à son réveil, il se jura de mettre cela au clair avec son ancienne réputation.

Ce réveil d'ailleurs fut légèrement brutal. Logan le secoua, et finit même par prendre son bras pour le tirer hors du lit, mais ce fut sur celui que Thor se réveilla et, sans réfléchir, quelqu'un lui tirait le bras, il se redressa sur son séant et retourna le bras qui agrippait dans un mouvement rapide, lui faisant une clé de bras fort douloureuse. Les affres du sommeil passé, il relâcha vivement sa poigne alors que l'autre grommelait. Le second des guerriers du Kodiak éclata de rire. « T'avais qu'à pas me réveiller comme ça! Les colonies sont dangereuses, tu sauras. » Bon, il n'aurait peut-être jamais osé dormir aussi profondément dans le sud, mais voilà... il était chez lui là! Et puis, il n'y avait aucun mal à des réflexes guerriers! Son ami répliqua en riant de faire attention à sa future femme. Le norrois grimaça. Ouais, elle aurait tôt fait de lui tordre de quoi... s'il osait. C'est à ce moment qu'il avait pensé à régler le problème de ses anciennes conquêtes. Mais avant, il mourait de faim!

La matinée passa rapidement dans un tourbillon de ménage. Il interdit fermement à Alhyssie, qui était venue l'aider avec Logan, d'entrer dans la pièce du bureau et d'ouvrir l'étagère. Il allait s'occuper de cette partie. Si elle, elle respecta ses directives, son ami était plus curieux et Thorvald dut le sortir par deux fois de la pièce en question. S'il devait montré ses oeuvres à quelqu'un, ce serait Idris qui pourrait les voir en premier, et personne d'autres. La matinée s'écoula terriblement vite, il devait refaire toutes ses armoires, rafraîchir tous ses vieux vêtements - certain ne lui allait même plus, car il avait pris du muscle. Tous ses effets personnels ramenés du sud avaient coulé dans la mer. Sur l'heure du diner, Alhyssie entreprit de préparer un repas, et le futur marié entreprit de lui donner un coup de main. Alors qu'elle partait chercher quelque chose, il plaça de la nourriture dans une petite peau et attrapa une couverture pour en faire un baluchon.

Lançant un clin d'oeil à son ami qui arrivait des latrines extérieures, il lui dit : « Couvres-moi mon vieux, et si tu vas là où tu sais, tu pourras réviser tes plans de descendances. » Puis il s'esquiva dans les bois sous le regard amusé de Logan. Il n'attendait pas depuis longtemps quand elle surgit de nul part. Il se redressa vivement et n'eut que le temps d'attraper son petit paquet avant qu'elle ne le tire plus loin. Rapidement, il prit les devants et la mena vers un endroit pas si loin de sa cabane qu'il appréciait particulièrement. Il y allait souvent pour pêcher, entre autre. Il insista quand elle voulu aller explorer leur futur demeure conjointe. « Pas tout de suite Idris, sinon on nous ramènera à nos tâches respectives. » Il s'assura qu'elle ne s'étale pas lorsqu'elle perdit l'équilibre et ils poursuivirent dans l'épaisseur de la neige jusqu'à trouvé un petit coin, à quelques minutes de là - c'était plus rapide en vol en fait. À destination, il lui sourit en indiquant du bras l'endroit qu'il avait choisi.

Face à sa question, il hocha la tête. « Je viens souvent ici quand je veux avoir la paix. » Il étala la couverture et découvrit les sandwichs, les petits fruits et les noix, ainsi que le fromage qui constituait leur repas. Il ricana sous le compliment sur la nourriture. « En fait j'ai eu de l'aid... » fit-il en même temps qu'elle parlait, mais il ne put terminé, car un renard sauvage l'attaquait, avide de câlins. Refermant ses bras sur sa taille, il l'accueillit avec joie contre lui. « Ça fait plaisir. » sourit-il en sentant son nez contre le sien. Elle lui parla ensuite de sa matinée et l'interrogea sur la sienne. Il haussa les épaules. C'était du stockage, des discussions diplomatiques et techniques, et du ménage. « Et ce n'est pas fini... » soupira-t-il. Palpitant? Il sourit, absolument, oui.

Elle l'agrippa et l'embrassa à nouveau, Thor ne résista absolument pas et la serra contre lui. Le baiser changea rapidement d'intensité et une chaleur agréable se dispersa dans son corps. Il posa délicatement son précieux trésor sur la couverture et entreprit d'explorer son visage à l'aide de sa bouche, puis son cou, sa gorge... mais il n'alla pas plus loin, car il se redressèrent vivement à l'écoute d'un son suspect. Il ne put s'empêcher de rire alors que sa bien-aimé chassait le petit voleur masqué. « L'odeur de la nourriture a du l'attirer. » fit Thor avant d'à nouveau entourer Idris de ses bras. Il posa un baiser rapide sur sa bouche avant d'ajouter, dans un clin d'oeil. « Il faudrait bien qu'on se nourrisse aussi. Personnellement... » Il plaça une main contre son ventre en grimaçant. « ... je suis plutôt affamé! » Il sourit alors qu'elle le traitait de goinfre, ce qui n'était absolument pas faux. Il était costaud, fallait nourrir ça pour se tenir en forme!

Ils s'installèrent pour manger, et le guerrier brisa la miche de fromage, se saisit d'un petit morceau et le tendit à Idris en souriant. Plutôt que de le prendre avec ses mains, elle avança sa bouche pour l'attraper avec celle-ci. Il avait terriblement envie d'elle, et de sentir cette bouche sur ses doigts n'étaient pas pour l'aider. Ils eurent du plaisir à manger, en s'échangeant des bouchées de temps à autre, et il avoua qu'Alhy l'avait aidé à faire le repas, mais c'est surtout que cela n'aurait pas été discret qu'il insiste pour le faire seul. Ce n'était pas compliqué de faire des sandwichs de toute façon. S'agissait de couper la viande correctement, en tranche, ou de la mettre en purée... il lui parla brièvement de ce qu'il avait fait, puis s'interrompit et se tut, avant de se pencher sur elle en souriant. Il attrapa une miette de pain sur le coin de sa bouche et le mangea. « En fait, je crois que j'ai encore faim, mais pour le dessert cette fois... » murmura-t-il avant de l'embrasser goulûment.

Il la poussa à nouveau gentiment sur le dos et ses mains se firent exploratrices sur les épaules et les hanches de sa fiancée, avant de finalement rejoindre sa bouche qui descendait lentement sur sa poitrine. Il tira légèrement sur le tissu, sans plus. Ce n'était ni l'endroit, ni le moment. Il revint finalement quérir cette bouche gourmande à nouveau avant d'enfouir sa tête dans son cou, en prenant bien soin de ne pas l'écraser, il la couvrait toute entière de son corps, le genou glissé entre ses jambes. Il inspira profondément, pour reprendre ses esprits. Ils étaient partis depuis assez longtemps maintenant... Il l'embrassa sur la tempe et s'écarta légèrement pour la regarder. Oooh, et puis un dernier... il l'embrassa sur la bouche en glissant une main autour de ses hanches pour la retourner contre lui et la presser contre son corps. « Tu ne m'aides pas à résister là... » murmura-t-il en riant alors qu'elle se pressait contre lui. Il avait hâte de lui faire découvrir les plaisirs de la chair, devinant fort bien qu'elle serait une amante passionnée et avide.

Un frisson le parcourut et il se détacha d'elle à regret. Il fallait rentrer. « Nous devons y retourner, sinon je suis sûr qu'ils iront jusqu'à nous enchaîné... » fit-il sur un ton amusé, même s'il craignait un peu que sa plaisanterie puisse s'avérer véridique. Il ne restait rien du goûter, alors il enterra simplement les écailles des noix et fit un beau petit tas de la couverture et de la peau. Attrapant la main chaude de celle qui partagerait bientôt sa vie, il l'attira à sa suite à travers le bois pour la ramener à l'endroit où ils s'étaient retrouvés. Il l'embrassa tendrement. « Aller, file. Je ne sais pas de quoi aura l'air le reste de la journée, mais demain nous serons mariés... » Cette perspective lui faisait plaisir et le rendait un peu nerveux aussi. C'était si rapide, si... expédié. Où était la place de l'amour dans tout cela?

Le Grand Rapace regarda Idris partir avec regret et retourna à ses occupations. À son arrivée, il y eut beaucoup de protestations, et Logan qui affichait un air moqueur. Il n'était pas dupe. Thor se contenta de sourire mystérieusement sans développer et reprit aussitôt ses activités. Voyant qu'il ne dirait rien, on abandonna. Bientôt, d'autres hommes surgirent afin de parler du mariage et donner un coup de main sur les réparations mineures à faire sur le bâtiment. On l'entraîna ensuite chez une des femmes couturières pour essayer de lui préparer un habit convenable - toute sa garde-robe était à refaire. Il passa trois heures à se faire piquer des aiguilles dans la peau, à grogner et grommeler, se faire traiter de petite nature et de tous ces noms ridicules que les femmes donnaient aux hommes pour justifier leur incapacité à manipuler une aiguille convenablement.

Au final, on le déshabilla, ne lui gardant que le strict minimum - cela ne le gêna pas, il n'était pas pudique - et le somma de revenir plus tard quand l'habit serait terminé. On lui trouva des vêtements pour le reste de la journée, et on l'invita à autre chose, mais il protesta. Il avait quelque chose de très important à régler personnellement avant. Comme on ne lui faisait pas confiance, il fit donc demander Éden, Nancy, Cassane et Astrid. Elles étaient probablement ses ex-conquêtes les plus actives... bah oui, pas une, mais quatre. La chasteté était pour les autres. Pour sa part, il primait la liberté d'expression... Ah-hum. La suite se déroula d'une drôle de façon. Déjà, en se voyant la face, aucune n'avait été ravi. Mais en plus, c'était pour se faire faire la morale par leur ancien amant, sur le fait qu'il était marié et que s'il en voyait une seule tourner autour de sa femme, la menacer, ou quoique ce soit... bref. Il leur servit une belle menace qui fut suffisante, selon lui, pour les empêcher de retenter le coup.

Par le fait même, il apprit qu'Idris avait nommé Nancy comme témoin principale, ce qui le surpris... jusqu'à ce que son esprit logique face le lien. Il s'excusa à celle-ci, qui se contenta d'un regard noir. Bon, ça ne serait pas fini avec elle... pourquoi la rouquine devait toujours rendre les choses compliquées? De toute façon, on le réclamait pour autre chose, alors il préféra mettre cet incident de côté dans son esprit. Pour sa part, Uber allait être son homme d'honneur. Il aurait aimé que ce fut Ansgar... mais la vie n'était pas aussi simple, apparemment. Surtout pas la vie avec Idris. Une pensée lui traversa l'esprit, et il fit rédigé un mot, qu'il confia à Uber justement, pour qu'il l'apporte à sa fiancée. Il y demandait en une phrase toute simple si elle ne pouvait pas plutôt prendre une oracle à la place comme demoiselle d'honneur. Sans plus. Il était donc évident qu'il avait su pour Nancy.

Son ami avait pour consigne d'attendre la réponse, mais n'avait aucune réponse à lui offrir en retour si elle avait des questions. Il devait se montrer muet, et patient. L'heure du repas du soir approchait, mais quelque chose disait au rapace que ce n'était pas maintenant qu'il allait pouvoir profiter de la chaleur de son aimée. Alors ça irait au jour du mariage? Il avait tant de choses à regarder encore... dont retourner essayer son habit plus tard. Au moins, là, sa maison était propre, et du bois était entassé près de celle-ci pour pouvoir les réchauffer et cuisiner!
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Idris
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MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Dim 6 Nov - 14:20

Finis étaient les jours où la cadette des Drakkhen fondait devant l’apparence mignonne des ratons-laveurs! Là, elle maudissait cette espèce sans gêne, particulièrement la vermine qui se tenait près d’elle et son fiancé. Il fallut une seconde balle de neige pour que l’animal comprenne enfin qu’il n’aurait pas une part du festin et, encore là, il se retournait de temps à autre pour voir si les Norrois avaient abandonné leur butin, À chaque fois, il tombait sur le regard haineux de la magicienne. Il n’eut d’autre choix que de se résoudre à se trouver un buffet ailleurs.

Le raton-chasseur put se compter chanceux que Thorvald soit dans les parages, car il parvint à distraire la rouquine en l’enlaçant à nouveau. Elle râla quand le Rapace affirma mourir de faim. « Tu n’es qu’un goinfre! Entre toi et un gouffre intestinal sans fond, il n’y a aucune différence, j’te jure. » Elle avait aussi un peu faim, donc elle ne pouvait pas trop parler si elle ne voulait pas se le faire remettre sur le nez. Son reproche avait été empreint d’amour typique à la jeune femme. Elle répondit d’ailleurs au sourire de son compagnon. Elle décida de continuer à le narguer avant leur mariage en prenant la nourriture qu’il lui tendait directement avec sa bouche, question de voir sa réaction. À savoir pourquoi, elle aimait le titiller en sachant qu’il savait qu’elle se gardait difficilement pour leur nuit de noce. Il décida de lui rendre la pareille à la fin du repas, qui s’était déroulé paisiblement avec de la petite conversation, en lui enlevant un morceau de pain du coin de la bouche avant de l’embrasser.

L’Oracle ne se fit pas prier pour répondre à cette preuve d’affection, étant avide de sentir les mains de son partenaire sur son corps et d’en faire de même avec le sien. Elle aimait sentir ses muscles et ses cicatrices de guerre, voire s’imaginer tous les tatouages qu’il pouvait bien avoir. « Oh, agace… » gémit-elle quand il décida d’abandonner son décolleté après si peu d’exploration. Elle l’enlaça autour du cou malgré tout et plaqua sa bouche contre la sienne encore une fois. Enfin, elle grogna lorsqu’il décréta que c’était assez. Elle n’était pas du même avis… ce pourquoi elle se pressa davantage contre lui, toujours un peu plus à chaque seconde. Elle alla même jusqu’à rire quand il se plaignit qu’elle ne l’aidait pas. « Ce n’était pas mon but de t’aider… » rigola-t-elle. C’était qu’elle commençait vraiment à se languir de lui! « Ça serait si pire que ça s’ils nous enchainaient ensemble? » lança-t-elle à la volée.

Malheureusement, ce fut sur cette note que se termina leur sortie « secrète » en amoureux, soit avec un Thorvald qui enterrait des noix et une Idris qui pliait la couverture. Le Renard fit exprès de ne pas se presser à rentrer à la maison, car elle tenait à profiter de son futur mari autant qu’elle le pouvait. Après tout, on avait tout fait pour les tenir éloignés l’un de l’autre depuis qu’ils étaient de retour… ce qui la frustrait au plus haut point. N’avaient-ils pas le droit à un peu d’intimité pour développer leur relation naissante? Apparemment pas, car on se dépêchait à se marier.

- Si ça pouvait finir cette histoire de mariage, qu’on puisse enfin avoir la paix!

Ce fut les bras croisés que la rouquine marcha jusqu’à la demeure familiale. Elle ne fut pas surprise de voir tout le cortège de bonnes femmes sortir à grande course quand elle fit son apparition. On l’avait cherchée et on n’appréciait pas qu’elle disparaisse en plein milieu de préparatifs importants. Comme si elle en avait quelque chose à cirer! Elle préférait passer du temps avec l’homme qui partagerait sa vie à compter du lendemain que de perdre son temps à dicter des choix ridicules.

… Parlant de choix ridicule, celui de sa demoiselle d’honneur lui revint en pleine tronche à peine une heure plus tard. Son très tendre fiancé lui avait envoyé une note lui demandant de choisir une Oracle… sans doute pour éviter ce calvaire à Nancy. La réaction initiale d’Idris fut de froisser le bout de papier et le jeter au bout de ses bras, ne pouvant pas aller le mettre dans le feu parce qu’on préparait ses cheveux pour le jour suivant. Elle eut même un petit éclat de colère – l’anxiété avait une drôle de façon de se manifester chez elle – envers le pauvre Uber, qui n’avait pourtant rien à voir dans cette affaire. Ce ne fut que devant son refus de quitter que la mariée grommela enfin qu’elle verrait qui ferait l’affaire. Elle aurait mieux faire de se décider avant, car sa charmante belle-sœur venait de faire son entrée et elle se porta volontaire, et ce, même si elle n’était pas Oracle. Puis comme le patriarche Drakkhen était là pour s’assurer que sa fille ne manquerait plus à l’appel, il appuya cette suggestion… Ce qui fit du pire cauchemar de sa cadette une réalité. Sérieusement, cette vache ne pouvait pas simplement s’étouffer avec son ragoût et sacrer la paix à tout le monde?

Il va sans dire que le sommeil ne fut pas facile à trouver pour la jeune femme. S’il y avait une personne qu’elle espérait voir oublier la date de son grand jour, c’était bien Tilda. D’autant plus qu’Uber avait filé dès qu’elle eut accepté de changer sa demoiselle d’honneur et il avait manqué de justesse la nomination de la femme d’Ansgar. C’était donc pour dire que Thorvald allait avoir une très belle surprise à l’autel. Elle espérait seulement qu’il ne croit pas qu’elle avait choisi sa belle-sœur pour se venger de lui… parce que même si l’envie lui aurait prit, ce qui n’était pas le cas, elle se serait arrangée pour ne pas en souffrir aussi, hein. Elle n’était quand même pas rendue là.

Mal à l’aise, elle se leva en plein cœur de la nuit et utilisa ses pouvoirs pour se transporter à l’autre bout du village. Elle prit ensuite sa forme de renard et se rendit jusqu’à la maison de son bien-aimé – sa future maison aussi – et entreprit de lancer de petites pierres à la fenêtre. Elle n’osait pas, après tout, faire irruption dans la demeure du Rapace sans y avoir été invitée. C’était des plans pour qu’il lui abatte son marteau sur la tête en croyant qu’elle était une voleuse! Le petit cœur d’Idris se mit à s’égayer lorsqu’elle vit une chandelle se faire allumer à l’intérieur… sauf qu’il déchanta aussi vite en voyant Uber sortir de la cabane. MERDE! C’était quoi, ça? Pourquoi le meilleur homme avait-il décidé de passer la nuit avec son ami? Le renard prit alors ses jambes à son cou et déguerpit aussi vite que ses pattes le lui permirent. Ce fut les oreilles basses qu’il se roula en boule sur son lit, déçu.


- Idris, allez, réveille-toi! MAINTENANT.

La pauvre rouquine sursauta si fortement qu’elle tomba de son lit, trouvant le moyen de reprendre sa forme humaine dans le processus, et se cogner le coin de la tête après une paire de jambes. Lorsqu’elle leva les yeux, non sans jurer comme une bûcheronne, elle frôla la crise cardiaque en apercevant Tilda. Peu importe l’heure qu’il était, c’était beaucoup trop tôt pour ça! Malheureusement, le souvenir que sa belle-sœur lui ait été imposée en tant que demoiselle d’honneur n’avait pas été effacé de son esprit. Elle comprit donc à regret que le monstre était là pour faire en sorte que tout se déroule comme prévu.

- Pas besoin de crier… Je suis debout… M’enfin, tu vois ce que je veux dire.

Elle se redressa maladroitement, seulement pour se faire tirer brusquement par le bras jusqu’au rez-de-chaussée. On ne lui laissa même pas le choix que de prendre un bain et se recouvrir légèrement à l’huile de jasmin. On lui fit ensuite enfiler une robe verte comme le jade à manches longues dont le tissu soyeux était mince et lui collait au corps comme une deuxième peau. La chose aurait été indécente, si elle n’avait été recouverte d’une seconde robe, celle-ci entièrement en dentelle. Il s’agissait d’un ancien vêtement de sa défunte mère, que l’on avait commencé à modifier en apprenant son retour aux Terres gelées et qu’on avait terminé la veille. (Voir ici.) Les détails étaient phénoménaux et faisaient preuve d’un savoir-faire hors pair. Le tout était de fleurs et de feuilles, rappelant le côté naturel qu’avait la décoration du mariage. Par la suite, on prit ses mèches bouclées et on les remonta afin d’en faire un chignon à l’apparence lâche, mais qui prit un bon moment à mettre en place. Quelques mèches avaient été laissées libres autour du visage de la mariée, qui se vit attribuer une couronne de fleurs blanches. (Voir ici.) Lorsqu’elle se vit enfin dans le miroir, elle en eut le souffle coupé. Ce ne serait peut-être pas le mariage de ses rêves, trop de gens chers à ses yeux manquants à l’appel pour que ce soit le cas, mais ce serait certainement mémorable. Elle fut si émue qu’elle accepta volontiers de serrer la main de Tilda, qui lui disait qu’il était temps de se diriger vers le hall principal, près duquel se tenait la cérémonie extérieure.

Idris sentait son cœur battre à tout rompre dans sa poitrine. Bon sang, elle allait se marier… là… maintenant… et avec Thorvald, de surcroît! Encore cette nuit, elle s’était réveillée en croyant avoir tout rêvé… comme si la dernière semaine n’avait été qu’un songe et qu’elle s’éveillerait à une réalité beaucoup moins plaisante. Pourtant, elle était bel et bien sur le point de descendre l’allée au bras de Valkyon, qui était fier d’elle, pour une fois. Elle ferma ses yeux pour prendre une grande inspiration; c’était le dernier moment avant que ne débute la cérémonie. Elle pouvait déjà entendre les invités qui discutaient de tout et de rien en attendant qu’elle fasse son apparition.

Puis vint le moment d’avancer…

Involontairement, la jeune femme serra le bras de son père. Le silence s’était installé sur l’assemblé, jusqu’à ce qu’une douce musique se mette à jouer. Le regard du Renard s’arrêta sur son fiancé, qui était en habit d’apparat. Jamais ne l’avait-elle vu aussi beau! Elle lui sourit, malgré qu’elle avait cette étrange envie de se mettre à pleurer – de joie – et cessa de regarder ce qui se passait autour… surtout de la vue de Tilda, qui lui aurait autrement donné la nausée. Elle se laissa docilement guider jusqu’à son futur mari, de qui elle prit les mains dès qu’elle en eut l’occasion. « Tu es… parfait, Thor. » souffla-t-elle rapidement. Elle fut soulagée de pouvoir triturer ses mains, car elle se sentait moins angoissée face à la cérémonie. Elle écouta distraitement le discours d’usage, se concentrant surtout sur les yeux gris qui l’admiraient avec un éclat d’amour dans les yeux. Elle revint à elle-même au moment où on lui demanda de prononcer ses vœux… qu’elle avait carrément oubliés. Elle avait été tellement bousculée d’un côté et de l’autre que ça lui était sorti de la tête.

Elle déglutit; elle allait devoir improviser. Heureusement, elle était gonflée d’amour et ne manquait pas de mots à dire à son futur mari.

- Avant-hier, je te confiais que j’avais le cœur brisé à l’idée de ne plus porter le digne nom Drakkhen. Je ne voulais en aucun cas te faire de la peine; les mots étaient sortis tous seuls de ma bouche… Mais je peux te dire une chose, Thorvald : je ne sais pas pourquoi ça m’inquiétait autant. Maintenant que je suis ici, les mains dans les tiennes, à unir nos deux vies… je ne ressens que de la fierté. Je prends le nom Svennson avec le plus grand honneur qui s’y rattache et je te promets de t’offrir une descendance digne de ton courage, ainsi que de tous tes exploits. Mon cœur, mon corps et mon âme sont à toi jusqu’à ce que je rende mon dernier souffle. Je t’aime, Thorvald, et je ne pourrais être plus heureuse de devenir ta femme.
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Thorvald
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MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Sam 26 Nov - 20:33

Le temps lui paraissa interminable entre le moment où Uber était parti joué les coursiers et celui où il revenait. On avait dû le ramener plusieurs fois au moment présent, car Thorvald ne cessait d'observer la porte. Pourquoi donc s'angoissait-il par son retour? Tout cela lui montait à la tête d'une drôle de manière. Cette effervescence de dernière minute lui faisait perdre toute notion d'espace et il avait du mal à se situé dans un lieu et à un temps donné. Quand l'homme revint enfin en annonçant qu'elle avait accepté, le guerrier fut terriblement soulagé. Une oracle de leur cercle serait bien plus approprié que cette guérisseuse jalouse. Ainsi, l'esprit allégé, il put se concentrer sur ses tâches diverses, et dut, à quelques reprises, sortir de ses préparatifs pour intervenir dans des conflits sans rapport.

Eh oui, Thorvald était peut-être le second d'Ansgar, mais il n'était pas connu que pour cela. Stratège et diplomate, il était régulièrement sollicité pour agir en tant qu'intermédiaire dans les conflits, arbitrant des parfois bagarre, pour ceux qui ne désiraient pas passer devant Valkyon qui avait son propre sens de la justice. Jamais celui-ci n'avait protesté contre les règlements de compte personnel, le rapace s'occupait simplement d'éviter les dérapages occasionnels. Pourquoi deux fois en cette veille de mariage? N'avait-il pas autre chose à faire? Mais il avait cru comprendre que c'était une question de compagne de premiers venus. Les hommes... quand il s'agissait de femme, parfois même les liens fraternels pouvaient se faire piétiner par la fierté exacerbée des norrois. Heureusement pour lui, il avait la plus belle et la plus loyale de toutes les femmes qu'il aurait pu rêvé de rencontrer. Et... il était sans doute le seul, du moins déclaré, qui voulait sincèrement s'unir à elle.

Il avait tant rêvé de ce jour... et il était tellement irrité de la façon dont cela se produisait. L'idée de faire sa demande plus tard et de s'unir à nouveau était un baume sur leur coeur, certes, mais il n'y aurait pas la même magie que celle du premier moment, légèrement gâchée par toute cette hâte et ce brouhaha incessant. Il récupérait en plus de ses blessures à travers tout cela, nécessitant de longues heures de sommeil pour son crâne blessé et claudiquant avec sa jambe gauche qui se remettait lentement, mais sûrement. Il aurait fier allure, demain. Déjà que ses interventions s'étaient faites sur un drôle de pas, et que cela s'était avéré inutilement court. Pourquoi vouloir lui éviter les soucis si c'était pour venir le chercher... la vie de médiateur non officiel n'était pas aisée. C'était le prix de la confiance, sans doute.

À quelle heure s'était-il couché? Aucune idée, mais il était terriblement tard, ou même tôt à vrai dire. Uber et lui avaient travaillés jusqu'à pas possible pour terminer les anneaux de mariage à temps. Il était fort compliqué de faire l'entrelacs que Thor désirait y voir et c'était un travail de longue haleine. Éclairé d'une lanterne et du feu dans la cheminée, le Grand Rapace faisait les détails grossiers alors que son ami s'occupait de la finesse. À un certain moment, des bruits étranges venant de l'extérieur leur fit lever les yeux. On lançait des trucs sur la maison? « Peux-tu aller jeter un oeil? Je dois finir ce museau, j'y suis presque. » lança-t-il à l'artisan qui se leva dans un haussement d'épaule pour aller jeter un oeil à l'extérieur. Après avoir ouvert la porte, il resta un instant dans l'embrasure. Perplexe, le futur marié leva les yeux vers lui. « Qu'y a-t-il? » L'autre sembla hésité, avant de dire qu'il pensait avoir vu Idris, mais qu'il n'en était pas certain. « Hein? » fit le barbu avant de se lever rapidement et d'aller voir par lui-même.

Personne. Uber lui pointa des traces dans la neige et ils sortirent jeter un oeil. Si, ça semblait être un renard. Faisant la moue, il parcourut les bois du regard. Si seulement il avait pu parler par l'esprit comme elle, il l'aurait rappelé près de lui... ce n'était pas le menuisier qui les aurait empêcher de se voir. Visiblement déçu, il soupira en baissant mollement les bras chaque côté de son corps. Son ami le prit par les épaules et lui balança des mots d'encouragement tout en retournant vers l'intérieur. Il fallait finir les anneaux, et ce rapidement. Ils avaient presque fini! Soupirant à nouveau, le guerrier retourna à son travail, motivé à offrir à Idris son plus beau cadeau de mariage. Environ une autre heure plus tard, les deux hommes soupirèrent et admirèrent le travail. Deux anneaux siégeaient sur un petit coussin au centre de la table. En ivoire, et de taille différente, l'un considérablement plus petit que l'autre, l'intérieur était incroyablement lisse, alors que l'extérieur était entièrement recouvert d'un entrelacs compliqué.

On y distinguait aisément deux totems, celui du renard et de l'aigle royal, qui était entrelacer d'une façon complexe. Le tout était d'un détail surprenant et d'une qualité incroyable. Au sud, ces bijoux vaudraient une belle fortune. Et ça ne lui coûtait que du bon temps avec un ami et une blessure dans la cuisse. Après des au revoir rapides, les deux hommes se séparèrent et Thor se laissa tomber dans son lit, ayant prestement retirer sa chemise et son pantalon. Il s'endormit aussitôt, d'un sommeil lourd et sans rêve. D'ailleurs, il lui semblait que cela faisait à peine cinq minutes qu'il s'était endormi quand on vint le secouer rudement. Il grogna et se retourna. Il reçut une claque dans le dos, mais ne s'en formalisa pas. On le poussa et il grogna. Il entendit des exclamations de voix vagues et irritées puis... se fut brutalement aspergée d'une pelletée de neige.

Ouvrant les yeux d'un coup, il se releva d'un bond et observa le coupable. Logan souriait, mais le sourire disparut rapidement quand Thor se propulsa vers lui. S'ensuivit une courte course qui se termina à l'extérieur à rouler dans la neige. Après avoir pris le dessus, à califourchon sur le coupable, il entreprit de généreusement lui ensevelir le crâne sous le rire général et ses protestations étouffées. Frissonnant sous l'humidité de la neige - il était en sous-vêtement - qui lui gelait sur la peau, il se redressa et lança à son ami : « Que ça te serve de leçon. » avant de retourner à l'intérieur. Deux fois en deux jours. Logan n'allait certainement pas le réveiller de nouveau de si tôt. Il marmonnait derrière, sa fierté blessée parce que le second des guerriers du Kodiak avait aisément pris le dessus sur lui. Dans la maison, Uber était présent, ainsi qu'Alhyssie qui le considérait d'un oeil moqueur. Elle l'avisa qu'il allait devoir se sécher rapidement, car la cérémonie était dans trois heures, et il devait se vêtir, se peigner, et être près sur les lieux avant l'arrivée d'Idris.

La pensée du mariage prochain fit baisser son humeur d'un niveau. Non pas qu'il était malheureux de se marier avec elle, mais cette pression le mettait à cran. Ce n'était pas comme cela qu'il avait imaginé ses jours heureux avec la jeune femme. Avisant son air renfrogné, on lui jeta des regards interrogateurs. Il haussa les épaules. « J'aurais préféré que ça se passe à ma manière. » fit-il simplement d'un ton bourru. Les deux norrois échangèrent des regards compréhensifs puis s'avancèrent vers le futur marié pour entreprendre de l'aider à se préparer. Il ne savait même pas quand était la dernière fois qu'il avait porté une tenue d'apparat.

Un rapide déjeuner, un séance de séchage et plusieurs jurons plus tard, Thorvald terminait d'ajuster ses vêtements en râlant. C'était loin d'être aussi confortable que ce devait l'être. N'était pas sensé pouvoir se battre avec cela? La jeune femme lui fit remarquer qu'il avait pris beaucoup de carrure depuis son dernier séjour et il haussa les épaules avant de se tourner vers le miroir. Il en resta surpris. Cet habit mettait en valeur la largeur de ses épaules et son immense carrure. Il allait avoir l'air d'un immense glacier à côté de sa frêle fiancée! Malgré tout, cela lui donnait fière allure. Sa barbe bien peignée et ses cheveux tirés en arrière, il pourrait presque passé pour un prince sudiste - un prince guerrier, évidemment.

Ils prirent la direction de la maison principale afin d'être sur les lieux du mariage avant la belle rouquine. Un mariage extérieure n'était pas pour lui déplaire, ils étoufferaient à l'intérieur! Déjà qu'il sentait l'irritation le tarauder en arrivant sur les lieux. Si seulement... un mariage sans son meilleur ami perdait un peu de sa grandeur, surtout qu'il savait qu'aucun des proches de son épousée ne serait là. Elle n'avait pas, comme lui, plusieurs amis ici. Ils étaient dans le sud ceux qu'elle désirait voir en ce jour. Oh comme il maudissait le père Drakkhen en ce moment. Mais le temps n'était pas à ces sentiments négatifs. On n'attendait plus que lui pour que la cérémonie débute; plus que lui et Idris en fait. Sur l'autel de fortune, il tripotait les anneaux dans sa poche, vérifiant sans arrêt qu'ils étaient toujours. Uber se racla bruyamment la gorge et les réclama. « Humf. Oui, bien sûr. » Il les lui confia un peu brusquement. Celui-ci l'incita à prendre de grandes inspirations; Thor lui lança un regard sombre. Il n'avait pas besoin de ses conseils.

L'autre le poussa gentiment de l'épaule, lui rappelant qu'il allait épousé Idris Drakkhen, dans quelques minutes, et qu'il avait l'air d'assister à des funérailles. Sur le coup, le rapace l'aurait bien envoyé valsé, mais l'information pénétra son cerveau et il réalisa qu'il était terriblement nerveux en fait, et que sa meilleure façon d'évacuer tout ce stress était de se défouler. Il aurait bien fait quelques kilomètres de course, là... « Ouais, désolé. » fit-il platement à son ami. Il se fit répondre que ce n'était rien, et il inspira profondément. Il allait épouser Idris, la renarde. Il allait vraiment le faire. Celle qui hantait ses pensées depuis plus longtemps qu'il n'osait l'avouer, qui habitait son coeur avec une telle force qu'il n'avait jamais pu aimer une autre femme. Cette fois, c'était vrai, tout cela était réel. Sous peu, elle parcourrait cette allée, habillée comme la digne fille du chef, et allait jurer de l'aimer. Elle serait sienne, et il serait sien. L'excitation qui le parcourait était un mélange d'angoisse, de hâte et d'anticipation. Il priait les Grands Esprits que tout se passe bien.

Discutant à voix basse avec son garçon d'honneur, il se tut rapidement quand la musique s'imposa et tourna le regard vers l'endroit d'où devait surgir Idris. Par contre, il eut le souffle coupé quand il aperçut l'être céleste qui marchait auprès du chef du clan. C'était... il n'y avait même pas de mot. Il avait l'impression d'avoir une vision. Si son ami ne lui avait pas donné un léger coup de coude pour l'empêcher de baver, il serait probablement tombé à genou. Et ce n'était même pas exagéré. Cette vision lui fauchait les jambes et il devait se faire violence pour rester bien droit. Il n'arrivait pas à sourire, il était trop nerveux, mais son regard exprimait mieux que quoique ce soit à quel point il la trouvait magnifique. Il ne remarqua même pas l'horrible Tilda qui s'installait fièrement près de la mariée, il n'avait d'yeux que pour elle. Plus rien n'existait, ni ne valait la peine d'exister.

Sa fiancée lui attrapa les mains et il n'arriva pas à décrocher son regard d'elle. Si elle le trouvait parfait, lui il manquait de mots pour définir l'émotion qui l'habitait. « Et toi, tu es resplendissante. » murmura-t-il du bout des lèvres, alors que le discours les unissant s'entamait avec une lenteur qui lui donnait envie de le secouer. Mais en même temps, cette voix chaude et sans expression semblait faite pour le plonger dans une sensation engourdissante. Rêvait-il? S'était-il cogné la tête si durement qu'il hallucinait tout cela? Il l'aimait tellement, il devait se faire violence pour ne pas l'attraper et la serrer dans ses bras pour qu'elle ne les quitte plus jamais. Il se sentait gonfler, comme plus léger, il avait l'impression que ses sentiments allaient le faire imploser, et il n'arrivait toujours pas à sourire, malgré le regard tendre qui admirait sa délicieuse compagne.

Ce fut le moment qu'elle prononce ses voeux, et il retint son souffle. Ses paroles le touchèrent plus qu'il ne l'admettrait et il se sentit terriblement ému. Il dut se racler la gorge pour prendre la parole à son tour, provoquant quelques amusement dans l'assemblée, qu'il ne voyait même plus. « Idris... j'avais préparé tout un beau discours, mais de te voir venir vers moi, éclatante de beauté et de dignité, j'en ai oublié mes mots... » Il serra ses doigts dans les siens et esquissa - enfin - un léger sourire un peu en coin. « Mais ce dont je suis certaine, et qui ne changera jamais dans mon esprit, c'est que je te protégerai toujours, peu importe les situations dans lesquelles tu te mettras. Je serai là pour toi, dans les meilleurs moments comme dans les pires, je te soutiendrai. Je te prête mon épaule pour pleurer, mon corps comme bouclier, mon âme tout entière t'es dévouée et mon coeur, tu l'as pris depuis déjà bien longtemps... » Il leva la main droite pour caresser sa joue et effacé, du pouce, une petite larme qui s'était échappée.

« Je t'aime Idris, à ce jour et à jamais. Je jure de t'être loyal et de toujours te respecter. » Il se tourna vers Uber qui tendit les anneaux sur un petit coussin vert. Se saisissant du plus petit, il le lui glissa à l’annulaire gauche, en ayant pris délicatement sa main dans sa paume. Il fut satisfait de voir son regard émerveillé devant la complexité de la gravure et le garçon d'honneur dut insister du regard pour qu'elle quitte enfin l'oeuvre du regard pour enfiler le deuxième anneau à Thorvald. Il était soulagé que la taille fut bonne - il avait préalablement, subtilement, pris les mesures, en jouant avec ses mains - mais il aurait pu se tromper. Ils plongèrent leurs yeux l'un dans le regard de l'autre, et le discours final fut déblatéré, pour les déclarer unis devant les Grands Esprits, dès ce jour et à jamais. On lui permit enfin de l'embrasser, et il ne se fit pas prier, il entoura promptement sa taille de son bras gauche et la tira vers lui tout en penchant la tête pour saisir sa bouche.

Sa réaction fut applaudit, sifflé, et provoqua quelques rires, mais il avait tant attendu ce moment qu'il n'avait pas pu retenir sa hâte. Il se sépara à nouveau d'elle et apprécia comme elle se tenait à lui. Lui caressant la joue de sa main droite, il sourit tendrement. « Te voilà mienne, et je suis tien. » Puis il se pencha un peu plus près d'elle et ajouta : « Tu aurais du me le dire que tu avais des ascendances divines, j'ai faillit me jeter à genou et te remercier de me choisir quand je t'ai vu. » murmura-t-il avant de lui adresser un clin d'oeil. Les invités semblaient attendre qu'ils ouvrent la marche, alors, sans lâcher ses hanches d'un bras possessif, il prit la direction du banquet placé à l'extérieur pour l'occasion. La musique entamait quelque chose de plus mouvant et, alors que les gens créaient un cercle autour d'eux, il entreprit d'ouvrir la danse, cherchant à ne pas trop faire remarquer sa blessure à la jambe - ce n'était pas très élégant. Pour l'instant, il pouvait compenser en changeant son poids de côté, mais au fil de la soirée, il allait se remettre à boiter sérieusement. Ce qui était, somme toute, tout à fait naturel.

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Idris
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MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Mer 7 Déc - 11:55

Chaque mot prononcé par la jeune femme n’avait pas été dit à la légère; elle pensait chaque parole au plus profond de son être. Elle était follement amoureuse de Thorvald, même si cela la surprenait encore. Elle savait, grâce à un seul regard, qu’il était celui qu’elle voulait à ses côtés pour le reste de ses jours. Il avait déjà été présent pour tous les moments importants de sa vie, ce n’était que naturel qu’il continue d’y être. Seulement, il y serait plus intimement lié dorénavant.

Idris esquissa un sourire, n’osant pas rire face à son fiancé, alors qu’il se raclait la gorge pour reprendre contenance. C’était plutôt flatteur pour son égo de savoir qu’elle lui faisait effet à ce point. Elle n’avait pas souvent eu l’occasion de le voir dans un tel état; elle était donc certaine de s’en souvenir longtemps. C’était le genre de détail qu’elle voulait graver dans sa mémoire à jamais, afin de pouvoir raconter leur grand jour à sa fratrie, ainsi qu’à leurs futurs enfants… Tout comme elle n’était pas près d’oublier les vœux du Grand Rapace. Ce dernier avait définitivement un talent pour improviser des discours et il ne manqua pas de faire monter quelques larmes aux yeux de sa belle. Celle-ci se fit violence afin de ne pas pleurer comme une madeleine, tant elle était émue. Son futur mari sembla le remarquer, car il essuya ses larmes à l’aide de son pouce. L’Oracle ne manqua pas de pencher légèrement la tête en direction de sa main, savourant le contact de sa peau contre son visage.

« Je t’aime aussi. » souffla-t-elle, même si elle avait déjà fait part de ses sentiments pour son futur époux il y avait à peine quelques minutes. Elle aimait avoir l’opportunité de le dire de vive voix. Ça lui confirmait que tout ça n’était pas un rêve et que ça se produisait bel et bien. Le regard de la Norroise bifurqua ensuite en direction du coussin vert que tendait le meilleur homme de Thorvald. Elle avait été si obnubilée par ce dernier qu’elle n’avait pas tenu compte des anneaux. Elle regretta presque de ne pas leur avoir porté attention plus tôt, car ils étaient magnifiques. Elle en eut littéralement la bouche qui tomba en les apercevant : il n’y avait rien de comparable à ces anneaux. Elle avait immédiatement reconnu leur totem, à elle et Thor, en plus de l’entrelacs à la fois délicat et détaillé qui composait le reste des anneaux. D’autant plus qu’elle avait remarqué qu’il s’agissait des défenses de phacochères qu’il travaillait depuis plusieurs jours sans ne jamais vouloir lui montrer. Elle en fut d’autant plus touchée, car elle savait mieux que quiconque ce qu’il avait dû endurer avant de se les procurer. Elle fut également étonnée de tout le travail qu’il avait fait non seulement pour les façonner, mais pour s’assurer que son anneau à elle était de la bonne taille. Elle se mordit la lèvre inférieure pour ne pas renifler trop fort à cause de ses pleurs.

Se relever la tête temporairement pour ne pas trop pleurer fut une bonne chose, car c’est alors que la magicienne croisa le regard d’Uber. Celui-ci semblait insister pour qu’elle passe la bague au doigt de Thorvald. « Bon, ça va, j’ai compris… » ronchonna-t-elle, jetant un dernier regard à l’anneau qui était apparu sur son doigt. Elle ne voudrait plus jamais s’en départir, c’était évident. Par la suite, d’une main tremblante, elle se saisit de l’alliance de son futur mari et la lui glissa au doigt. Le couple se serra ensuite les mains tandis que le discours final servant à les lier à tout jamais était prononcé. Tout au long du discours, le Renard remercier les Grands esprits de la bénir d’un tel homme pour partager sa destinée. Elle n’aurait pu demander mieux, ni plus honorable. Elle se laissa volontiers attirer à son homme, à qui elle rendit le baiser fougueux. Elle passa les bras autour de son cou et en profita pour lui caresser la nuque, ainsi que se blottir contre lui. Elle se permit ensuite un court rire, puis sentit le rouge lui monter au visage face aux applaudissements et sifflements de l’assemblée. Elle se cacha un peu dans la main de Thorvald, qui la caressait. Toutefois, elle pouffa de rire lorsque son amoureux blagua qu’elle avait des ascendances divines. « Il n’est pas trop tard pour me payer respect, tu sais. » dit-elle sur le même ton farceur, tandis qu’il la guidait le long de l’allée.

Elle devait admettre mieux aimer parcourir ce court chemin en compagnie du second des guerriers du Kodiak qu’avec son père. Elle était davantage à son aise; la partie la plus angoissante de la journée était passée. Personne ne s’était opposé à leur union et c’était ce qu’elle avait voulu. Le couple prit la direction du banquet, où ils se retrouvèrent encerclés de Norrois réclamant la première danse. « Donnons-leur ce qu’ils veulent. » dit Idris qui, encore une fois, se laissait guider par son amoureux. Elle suivait son rythme, étant préoccupée par la blessure à sa cuisse. Ils tournèrent, puis tournèrent encore, se rapprochant à chaque pas. Éventuellement, la jeune femme se leva sur la pointe des pieds pour murmurer dans l’oreille de son beau : « Quand est-ce qu’on peut se sauver pour aller consommer notre mariage, déjà? » Elle reprit ensuite une distance respectable, mais conserva son sourire coquin. Elle espérait rendre le Grand Rapace mal à l’aise un peu. Le rouge lui allait si bien, après tout… Sans savoir si elle avait réussi son coup, elle ajouta : « Ménage ta jambe, chéri… tu risques d’en avoir besoin ce soir. » Elle ponctua le tout d’un clin d’œil qui en disait long sur sa pensée.

À vrai dire, elle était demeurée chaste jusqu’à son mariage… mais cela ne voulait pas dire qu’elle n’avait jamais eu envie d’un homme. Elle n’avait simplement jamais agi sur ses désirs… mais les Grands Esprits savaient à quel point elle voulait s’unir physiquement avec son époux, surtout depuis qu’ils s’étaient embrassés pour la première fois. Elle se languissait de pouvoir passer une nuit intime en sa compagnie.

Au bout de quelques danses, on donna enfin congé aux nouveaux mariés pour qu’ils puissent aller prendre place à la table d’honneur, en compagnie de Valkyon, Uber et… Tilda. Ah, c’est vrai… cette chose était la demoiselle d’honneur d’Idris. Celle-ci força un sourire et se répéta que rien ne pouvait ruiner sa journée. Elle était mariée à son homme idéal et ne pouvait demander mieux. C’était ça, l’important. En attendant qu’on leur apporte un morceau de ce porc qui cuisait depuis des heures au-dessus de la braise, l’Oracle se pencha en direction de son mari. « Dis, je suis curieuse, qu’est-ce qui t’a donné l’idée de faire des anneaux avec les défenses? Tu avais déjà l’intention de me demander en mariage à notre retour, même en ne sachant rien des plans à mon père? » Elle se retint de mentionner que les plans de son paternel étaient de la merde, car le principal concerné ne se trouvait pas très loin. Elle ne cherchait pas particulièrement à être encore moins dans ses grâces qu’elle ne l’était déjà.

Par après, Valkyon demanda à ce que le couple prononce un discours. La rouquine eut la vilaine envie de lui dire d’aller se faire foutre, mais elle ne voulait pas faire honte à son époux. Après tout, elle était désormais une Svennson et refusait de faire une tâche à son nom le premier jour qu’elle le portait, hein! Elle se leva donc et fit signe à un Thorvald un peu inquiet qu’elle s’en occupait. « Le succès du clan dépend de chacun de nous et de la façon dont on se serre les coudes. Nous vous remercions donc d’être parmi nous pour célébrer ce jour qui a changé nos vies à jamais. C’est un jour de festivités, alors festoyez, les amis! Buvez, mangez et dansez à notre honneur… à l’honneur des Drakkhen et des Svennson! »

Elle leva la coupe et donna le signal à tous pour commencer à manger leur repas. Elle coupa un morceau de viande dans son assiette qu’on lui avait apporté et l’amena à la bouche de son amoureux. Elle tira la langue à ceux qui les taquinaient de loin et força Thor à avaler ce qu’elle lui donnait. Tout au long du repas, elle lui caressa la cuisse droite ou le bras, lui donna des bouchées et lui servit du vin. Ce ne fut qu’à sa troisième coupe qu’il lui fit un commentaire sur sa consommation d’alcool… Ce à quoi elle se pencha pour accoter sa joue sur l’épaule de son homme et lui dit : « Oh, mais je m’amuse! Tu sais… en attendant que… » Elle laissa sa phrase en suspend, préférant se lever et tendre la main à son époux. « Allons danser un peu? »
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Thorvald
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MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Dim 25 Déc - 16:01

Ils entamèrent une danse traditionnelle, comme les jeunes mariés qu'ils étaient. Habile danseur, Thorvald parvint à compenser pour son côté blessé et, comme à son accoutumée, il fut fort observé et complimenté. Par contre, il n'était préoccupé de celle qui tenait dans ses bras, qui suscitait aussi fort nombreux chuchotements. Il se sentait gracié par les Grands Esprits et craignait presque que cela fut présage sombre. Mais, en fait, n'était-ce pas plutôt au contraire un signe de renouveau? Après avoir tant perdu ces derniers jours et avoir vécu de si pénibles événements, d'être aussi gâté par les cieux ne pouvaient qu'être un présage d'une longue vie prospère. Lui qui avait toujours qui qu'il se marierait avec une femme qu'il n'aimait pas, ne pouvant laisser mourir sa digne lignée. Et aujourd'hui, il avait celle qu'il avait tant désiré, toute à lui, corps et âme. Pouvait-il être plus heureux? En présence de ceux qu'il avait laissé derrière, sans doute. Mais ce qui comptait le plus lui envoyait actuellement des regards coquins avec des commentaires qui le firent sourire, amusé. Elle était impatiente, il l'était sans doute tout autant, ce qui lui donnait encore envie de la faire languir.

Le Grand Rapace n'avait pas chômé et devait admettre que sa chasteté récente le travaillait un peu. Idris ne pouvait être plus désirable qu'en ce moment. Quoique... ne le serait-elle pas toujours, de plus en plus? Ce qui rendait ce jour si exceptionnel, c'est qu'il était le premier d'une longue vie à deux. Comme il tardait d'enfin pouvoir en profiter ensemble! Loin de toutes ces foules qui les acclamaient et les encourageaient, alors qu'il se fatiguait graduellement. La fatigue des derniers jours et des événements le rattrapait, il avait besoin de refaire le plein d'énergie s'il voulait se montrer attentionné le moment venu. Pour l'instant, ce fut le repas qui se présenta enfin à lui, et il était ravi d'enfin pouvoir se remplir le gosier. Il s'installa, soudainement plus allumé à l'idée de manger que bien d'autres choses - un état temporaire évidemment. « Les défenses? » Il rougit légèrement et haussa les épaules en prenant une gorgée de sa coupe pour masquer son malaise. « J'en avais déjà l'intention, oui. Plans ou pas, j'ai compris que je le regretterais toute ma vie si je ne faisais pas un mouvement vers toi. »

On leur demanda ensuite un discours et il se prépare à prendre la parole, mais sa belle le devança, il sentit une petite boule se former dans sa poitrine. Oui, il avait peur. Idris n'était pas une locutrice comme il l'était, et bien qu'il sache clairement que jamais elle n'entacherait son nom ou leur mariage volontairement, cela pouvait se produire par sa légendaire maladresse. Par contre, le discours fut bref, clair, et suscita les applaudissements. Il n'aurait pas dit la même chose, mais il était fier qu'elle ait pris l'initiative et prouvé à son père qu'elle n'était pas une effrontée et une gamine. À sa grande surprise, elle entreprit ensuite de le nourrir. Il accepta, amusé. À la manière dont elle provoquait des contacts et le caressait, il devinait fort bien qu'elle cherchait à susciter son intérêt pour quitter rapidement. « Je crois que tu en as assez pris Idris » fit-il alors qu'elle se resservait. Il fallait tout de même qu'elle se souvienne du mariage et de leur nuit de noce! Son commentaire le fit sourire et il haussa un sourcil. « C'est une façon de me dire : Vite avant que je tombes saoule par ta faute ? » Il rigola et repoussa sa proposition. « J'ai assez danser pour les trente prochains jours. »

Il se leva et lui tendit la main. « Allons parler avec nos compagnons. » C'était une façon comme une autre de quitter la table. La plupart des gens commençaient à se lever pour se rapprocher de la piste de danse et encourager les autres. En fait, il espérait se mêler à la foule, pour disparaître discrètement plus tard. Il alla retrouver Logan, passa voir d'autres gens, avec Idris à son bras, qui semblait s'ennuyer, mais qui demeurait polie. En fait, même en ce jour de mariage, on sollicitait son opinion, que ce soit sur un conflit, une décision importante, ou une question d'architecture ou de chasse. Il était, après tout, de bon conseil. Ce n'était pas le début et certainement pas la fin. Il faisait courir ses doigts, légèrement, dans son dos, son cou, sa nuque, se plaisait à provoquer des frissons alors qu'elle cherchait à garder contenance. Il appréciait d'autant plus les regards chargés d'impatience qu'elle lui lançait. Après un moment, il embrassa le crâne de sa bien-aimée et lui murmura à l'oreille. « C'est le moment de nous éclipser. » Il lui fit un clin d'oeil, lui prit la main et l'entraîna à l'écart dans un pas rapide. Il avait assez bu pour ignorer sa douleur, sans pour autant se sentir impuissant. Au contraire, il se sentait on ne peut plus prêt d'en venir aux faits.

Il l'aidait à se diriger dans la neige, le chemin éclairé par l'éclat des étoiles qui se reflétaient sur le blanc éclatant, l'empêcher de s'empêtrer dans ses mouvements fort peu convenables. Il la rattrapa par deux fois en gloussant et en l'embrassant passionnément, la serrant contre lui, avant de reprendre le chemin. « Attends. » fit-il lorsqu'ils furent près de la maison. Sans crier gare, il la souleva dans ses bras, lui adressant un sourire espiègle. « Laissez-moi vous faire passer le pas de ma porte, Madame Svennson. » Il dut se pencher un peu pour ouvrir la porte et elle se moqua de lui alors qu'il avait du mal à la retenir contre lui tout en tournant la poignée. Au bout de quelques secondes, il y parvint et lui adressa une grimace. « Cesses de te moquer de ton mari. Attends au moins le deuxième jour, non? » Il gloussa et la déposa à l'intérieur, la laissant admirer le décors... une... deux... trois minutes. « C'est bon, t'as assez fait le tour pour aujourd'hui! » Il revint la capturer dans ses bras en la soulevant et lui fit passer le pas de la chambre.

Il la déposa sur le lit comme si elle était le bien le plus précieux du monde. Il l'embrassa tendrement, doucement. « Je t'aime, Idris Svennson Drakkhen. »
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MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Ven 6 Jan - 10:16

Dans son état frôlant l’ébriété, tout ce que voulait le Renard était de danser toute la soirée durant. C’était de loin la meilleure façon de passer le temps en attendant de pouvoir prendre la poudre d’escampette avec son nouvel époux. C’est donc sans grande surprise qu’elle fit la moue lorsque ce dernier refusa de retourner se déhancher. « Parler avec les autres, ouais… » marmonna l’Oracle, peu enjouée par l’idée. Elle prit néanmoins la main de Thorvald et le suivit docilement, faisant son possible pour ne pas trébucher dans sa robe. Heureusement encore que sa tendre moitié ne marchait pas trop vite dans la foule!

Elle servit des sourires polis à ceux qu’ils allèrent voir, mais laissa surtout le Grand Rapace faire la conversation. De toute façon, elle n’avait qu’une chose en tête et c’était d’aller s’envoyer en l’air avec son mari. Celui-ci ne l’aidait pas à garder contenance, d’ailleurs : il la caressait doucement du bout des doigts à des endroits stratégiques, ce qui ravivait le désir de la rouquine à chaque fois. Elle en vint éventuellement à en vouloir davantage; elle s’ennuyait royalement à écouter son bien-aimé prodiguer conseil après conseil et les petits contacts qu’il lui accordait étaient sa seule source de plaisir. Elle soupirait de temps à autre en maudissant d’être tombée amoureuse du second des guerriers du kodiak. Son esprit taciturne et brillant était un peu trop en demande à son goût, surtout pour une soirée de mariage… Le leur, plus précisément.

Idris sursauta lorsqu’elle sentit des lèvres sur sa tête et qu’elle entendit les mots magiques : « C’est le temps de nous éclipser. » Elle jeta un regard empli de désir réprimé à son époux et modéra à peine un large sourire. Un peu plus et on pouvait dire qu’elle avait des étoiles dans les yeux. De toute évidence, elle essaya de ne pas trop laisser paraître son impatience de disparaître des lieux… de quoi éviter que tout le monde se doute que le couple quittait la soirée pour de bon. Elle souhaitait filer en douce avec le Norrois et éviter tout retard causé par des moqueries de leurs compagnons. Ce fut réussi, d’ailleurs, car personne ne s’interposa à leur fuite ou ne fit de commentaire quelconque. Si quelqu’un avait remarqué quelque chose, il s’était bien retenu de le laisser transparaître.

Les pas de la rouquine ne furent pas particulièrement gracieux… voire qu’elle s’empêtra dans ses propres pieds quelques fois. Elle parvint à se reprendre la plupart du temps… ne serait-ce que les deux fois où elle atterrit dans les bras de Thorvald. Elle pouffa de rire à chaque fois, s’amusant de la situation et étant bien trop fébrile face à ce qui s’en venait pour eux, puis accepta volontiers d’embrasser éperdument son homme. C’était qu’elle y prenait goût, à ses baisers! Un peu plus et elle lui demandait de la prendre maintenant, dans la neige, en plein milieu de nulle part. Par chance, ils arrivèrent à sa… non, leur demeure avant que cela ne se produise.

- Hmm… Attendre quOOII!

Ce qui était censé être une question se termina plutôt en exclamation de stupeur, car la jeune femme aux yeux turquoise se fit soulever précipitamment. De toute évidence, elle donna un coup de poing sur l’épaule de son mari, mais l’embrassa sur la joue par la suite. Elle riait aux éclats. Après tout, elle aimait bien se faire prendre de la sorte et c’était une belle surprise. « Tout le plaisir est pour moi, Monsieur Svennson…. Si vous parvenez à ouvrir votre humble demeure, bien sûr. Avez-vous besoin de me déposer le temps d’ouvrir votre porte? » Idris fit mouche avec ses taquineries, mais son tendre époux prit la chose avec un grain de sel. Depuis le temps, il était habitué à son sens de l’humour. Ils rirent donc de bon cœur lorsque le guerrier parvint enfin à ouvrir la porte avec sa femme toujours dans les bras.

Les rires du Renard s’estompèrent rapidement, toutefois, une fois qu’elle fut à l’intérieur de la maison. C’était, à vrai dire, la première fois qu’elle y mettait les pieds et la vue qui s’offrait à elle lui enleva les mots de la bouche. Elle ne savait que dire face à une demeure d’une telle beauté. La façon dont tout avait été travaillé, tous les petits détails cachés, c’était incroyable. Sans compter que la magicienne savait que son bien-aimé avait été celui à tout faire. Si ce n’avait été du fait qu’il était venu l’attraper à nouveau dans ses bras, sans doute aurait-elle passé des heures à tout admirer de près.

Ce ne fut qu’une dois dans la chambre qu’elle se souvint de la raison pour laquelle elle avait eu si hâte de quitter la cérémonie. Son cœur s’emballa et elle sentit une pointe d’angoisse naître en elle. Autant elle pouvait avoir envie de Thorvald, elle ne pouvait s’empêcher d’être un peu nerveuse. Elle se fit violence pour ne pas le laisser paraître et se concentra plutôt sur le regard empreint d’amour que lui envoyait son mari. Elle répondit tendrement à son baiser, puis colla son front contre le sien. « Je t’aime aussi, Thorvald Svennson. » murmura-t-elle.

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Thorvald
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MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Mer 11 Jan - 11:56

Thorvald ferma les yeux quelques instants, savourant les mots de sa douce moitié, savourant cet amour qu'il avait cru inatteignable pendant si longtemps. Tout son corps vibrait de bonheur, il avait l'impression que son coeur allait exploser dans sa poitrine. Il devait se retenir de toutes ses forces pour ne pas la serrer contre lui à l'en étouffer, tellement il sentait que ce sentiment ne saurait se tarir. Idris, pleine d'initiative, entreprit de le caresser et lui procura un frisson qui le fit sourire. Leurs lèvres se touchaient, se pressaient, il semblait que jamais il ne saurait étancher sa soif d'elle. Le désir grimpait en eux à une vitesse incroyable, attisés par cet échange de baisers, de plus en plus électrisés par le contact de l'autre. Il fut surpris qu'elle le pousse et sourit, constatant que jamais cette femme ne cesserait de l'étonner. Elle était d'une sensualité sans limite et, en ce moment, elle était plus désirable que tout ce qu'il avait pu rencontrer dans sa vie. Il se consumait intérieurement, cherchant à calmer ses ardeurs, sachant fort bien qu'elle débutait - bien qu'elle se montrait fort entreprenante!

Se relevant sur ses coudes, il aida la rouquine à lui retirer le haut de ses habits et la laissa explorer toutes ces marques qu'il avait acquis, preuves qu'il avait survécu à de nombreux combats, et qu'il était un homme fiable et un guerrier hors pair. Il s'enorgueillit de la voir ainsi s'intéresser à son passé, à ce qui faisait sa fierté de combattant. Il voyait la flamme du désir briller dans ses yeux, mais était déterminé à la laisser se mettre à l'aise. Il ne voulait pas qu'elle ressente un quelconque malaise, une quelconque hésitation. Cette nuit, elle serait sienne, corps et âmes, et il n'était pas question qu'elle le regrette. Il ne put retenir un rire gras alors qu'elle s'empêtrait maladroitement dans sa robe. En deux temps, trois mouvements, il la renversa sur le dos et la domina de son imposante stature. Le rire qu'il lui arracha sonna comme la plus belle des musiques à ses oreilles, et il la couvrit d'un regard gourmand, fier d'avoir la plus belle de toutes.

« Avec plaisir! » répondit-il alors qu'elle lui demandait, à sa façon fort peu romanesque, mais ô combien attendrissante, de la déshabiller. Ses doigts se firent légers, caressants. Il observa tous les frissons qu'il provoqua, son corps qui se arquait pour l'aider, pour le réclamer. Il posa doucement ses lèvres sur chaque nouvelle parcelle de corps qu'il découvrait. Il parvint ainsi à définir quelques zones particulièrement sensibles sur lesquelles il s'attarda, s'enflammant sous ses nombreux soupirs et ses mains qui cherchaient à établir un contact plus intime. Il termina en laissant sa robe tomber doucement aux côtés du lit et acheva de retirer ses proches vêtements. Il la couva à nouveau de son regard avide et se laissa guider par les mains de sa compagne pour se pencher à nouveau au-dessus d'elle, tendrement, avec un brin d'impatience qu'il tentait de contenir pour lui procurer la plus merveilleuse des préparations afin qu'elle ne souffre pas de leur union.

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Idris
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MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Ven 13 Jan - 18:37

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L’Oracle demeura là, étendue sur son dos, pendant un instant, à reprendre son souffle. Elle passa une main dans sa crinière rousse, qui avait passé un sale quart d’heure. Sa coiffure de mariage n’avait plus aussi fière allure qu’au départ, mais elle n’en avait cure. Elle ne s’était jamais sentie aussi ravissante de sa vie. Lorsqu’elle se roula sur le côté pour admirer le gris des yeux du second des guerriers du Kodiak, elle put constater qu’elle n’était pas la seule à baigner dans la satisfaction de ce qui venait de se produire. Elle laissa son bien-aimé entrelacer leurs doigts sur sa poitrine. Pour sa part, elle ne savait quoi faire d’autre que sourire. C’était bête, mais elle n’y pouvait rien.

Elle conserva le silence un moment, se plaisant à simplement regarder celui à qui elle avait uni sa vie. Elle ramena éventuellement leurs mains à elle et embrassa celle de son partenaire. Elle planta ensuite son regard dans le sien et prit un air plus sérieux. « Promets-moi de ne jamais me faire une Tilda. » Voyant le guerrier à ses côtés hausser les sourcils, elle entreprit d’expliquer ce qu’était une « Tilda ». « Tu me prives de ça, » commença-t-elle en les pointant du doigt, « et je te jure que ça va aller mal. Je ne veux pas qu’on finisse comme Ansgar et sa folle, malheureux comme des chiens. » L’idée sembla plaire au Grand Rapace, ce qui réchauffa le cœur de la rouquine… bien qu’elle n’était pas sur le point de l’admettre de vive voix. De toute façon, c’était plus qu’évident devant l’air ricaneur qu’elle affichait.

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MessageSujet: Re: On ne saurait trop étudier l'art de mourir [PV Thorvald]   Aujourd'hui à 14:02

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