Forum RPG médiéval-fantastique inspiré de la série Les Chevaliers d'Émeraude d'Anne Robillard
 

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 Retrouvailles [Zackeriel & Sibylle]

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Fraghstoam
Assassin apothicaire


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MessageSujet: Retrouvailles [Zackeriel & Sibylle]   Sam 17 Sep - 11:22

Fraghstoam se passa la main dans ses cheveux pour les tirer vers l'arrière et les noua solidement. Se faufilant dans l'ombre, il atteignit rapidement et facilement la porte principale sans se faire voir par les deux gardes qui discutaient plus loin. Il inspira profondément, et se glissa à l'intérieur du bâtiment. Selon ses observations, l'enceinte était plutôt simple. Une grande construction de pierre sur trois étages contenaient, dans un sous-sol sombre et humide, la prison. Sur l'étage du rez-de-chaussée se trouvait quelques autres prisonniers plus chanceux qui avaient droit au soleil, et l'étage au-dessus constituait une cuisine, des bureaux administratifs, une salle à manger et une salle de repos, ainsi qu'une sale pour les effets des prisonniers.

À l'extérieur se trouvait le dortoir, en bois, un peu plus loin. Ce sera facile à maîtriser. Puis l'armurerie et une autre cuisine, avec une immense sale de repas pour la garnison. L'armurerie se trouvait à près de 500 mètres de la prison. [Voir lieux ici ]Il avait pu y entrer la nuit, lorsque c'était vide, en crochetant la serrure. Il n'avait rien déplacé, pour ne pas alerter de gardes. Il avait examiné leur routine toute la journée, il manquait de temps. Le procès était dans trois jours, et il était déjà certain de la sentence. Ainsi, il pénétra dans le bâtiment de pierre. À sa gauche se trouvait des escaliers descendant, devant lui s'alignait des cellules. À petit pas, restant dans les ombres, il s'arrangea pour ne pas se faire voir. Il y avait deux rangées de cellules, séparées par un grand escalier montant. Il y avait deux gardes au bout qui jouet aux dés sur une table. Il prit son couteau et allait pour prendre une fiole lorsqu'il s'interrompit ; s'il les immobilisait pour poursuivre son exploration, à son retour la garde serait doublée.

Les deux dehors avaient été faciles à berner, mais cela n'irait pas plus loin. L'Empoisonneur masqué pesta intérieurement. Il revint silencieusement sur ses pas et descendit l'escalier vu précédemment. Au bas, une autre table, et trois gardes. La prison était vraiment minimale. Les captifs les plus dangereux étaient placés au fond. Mais la sécurité restait basique - qui donc viendrait libéré ces hors-la-loi sans foi? S'ils avaient été important, ils auraient été transférés. Ça sentait la pisse et l'humidité. Il plissa le nez, son masque ne saurait filtré la pourriture du lieu.

Il plongea la main dans sa sacoche de taille et saisit une fiole particulière, dont les deux extrémités étaient amovibles. Il pressa, le petit verre au centre se brisa dans un bruit qui fit tiquer l'un des gardes qui leva les yeux vers lui, mais il s'était caché. Il lança la fiole qui roula sous la table en laissant échapper un gaz. Le garde se pencha pour regarder, mais en vingt secondes, il s'endormit, comme les autres. Le Maître des Potions attendit un instant que le gaz se dissipe et alla récupérer la fiole dans les mains du garde. Le poison occasionnait de courtes pertes de mémoire. Il disposa l'alcool qu'il avait amené tout près, ce qui donnerait l'impression qu'ils s'étaient endormis d'ivresse. Il avança et distingua quatre rangées de cellules, avec des barreaux épais. Avançant dans la pénombre, il plissa les yeux. Prendre une torche aurait été trop dangereux.

Enfin, il la vit, parmi les autres prisonniers tous roulés en boule au sol. Elle était à l'extrémité droite de la prison. Il s'agenouilla devant la porte et passa son bras entre les barreaux. « Psssst, Sibylle. » fit-il, à voix basse. « Sibylle! » elle leva finalement la tête et l'aperçu, les yeux hagards sous le sommeil qui l'avait agité. Elle était sale et avait les traits tirés. Cela faisait déjà deux jours qu'elle était là. Il n'avait su la nouvelle que hier par un gars qui se ventait allègrement d'avoir jouer un tour à Rose Noire. Il n'en parlerait plus, il était mort. Mais cela, elle n'avait pas besoin de le savoir. « Je vais te sortir de là. » Il jeta un oeil autour. « Peux-tu courir? » Elle lui signifia que non, elle avait une cheville brisée. Elle était en effet terriblement enflée.

Fragh grimaça, regarda à nouveau autour et lui refila une fiole grosse comme son pouce. « Quelques gouttes seulement, sinon tu vas t'évanouir et ne te réveillera peut-être pas. » Elle s'exécuta. « Cela va prendre une vingtaine de minutes à faire effet. » Elle hocha la tête. Il lui laissa la fiole. Malheureusement, il ne pouvait pas la sortir dans cet état, jamais ils ne passeront les rondes des gardes, et ils seraient tout deux exécuté sur le champs. Il serra les dents sous son masque. Il devait revenir, avec du renfort. Il se leva, après un coup autour, il lui dit : « Tu ne peux pas t'enfuir dans cet état, il y a trop de gardes qui font des rondes. » Il secoua la tête et coupa court ses protestations. « Je reviendrai, avec du renfort. Nous n'aurions pas fait deux pas dehors que nous serons tous deux exécutés. Ton procès est dans trois jours, et ils ne t'exécuteront pas avant au moins le lendemain. Je serai là avant. »

Il plongea son regard dans le sien, qu'il percevait à peine dans la noirceur, la torche se trouvant à plusieurs pas de là. Étant habitué de circuler dans le noir, il la percevait tout de même relativement bien. Il se sentit pousser par un élan, une envie irrépressible de la serrer contre lui, il baissa les yeux en retenant un soupir. Puis releva la tête. « Ce ne sera pas ce vulgaire imbécile qui aura raison de la Rose Noire. » Il faisait allusion au Dernier Sourire, aussi connu sous le nom de l'Assassin souriant, ou Creson le Joyeux. Il devait ses surnoms au fait qu'il souriait toujours et prenait le temps de s'assurer que ses victimes meurent un sourire aux lèvres, à l'aide d'une dague (*tousse, quelle drôle de technique, je sais pas d'où ça vient *tousse*). De toute façon, il ne ferait plus chier personne. Il avait aussi trouver celui qui avait mis le contrat sur la tête de la jeune femme, et lui avait fait la peau. Il n'avait pas l'habitude de tuer gratuitement, mais dans l'occasion, il n'avait pas réussi à garder son sang-froid et avait agit sans réfléchir.

Et maintenant, il n'était pas plus intelligent, d'être là, comme ça, devant elle, complètement vulnérable dans cet endroit sans issu. La seule était au bout du couloir et pouvait se boucher facilement. D'ailleurs un éclat de voix retentit.
« Hey mec! T'étais supposé monté y'a cinq minutes, qu'est-ce qu'tu fous? » Fragh blêmit. Avisant ses camarades endormit, le garde tenta de les réveiller. Ainsi, ils avaient des comptes à rendre? À quel intervalle? Il se tourna vers Sibylle. « À quel intervalle doit-il monter? » Elle répondit vingt minutes, à sa connaissance. Il hocha la tête. Un prisonnier non loin se réveilla. Et le vit. Aussitôt, il s'écria qu'il voulait sortir lui aussi, de l'aider. Bref, il attira l'attention. Fragh pesta à mi-voix. Il n'avait aucune issu! Le garde se jeta vers lui avant d'appeler ses confrères plus haut.

Il n'avait pas le choix. Il murmura, pour la Rose Noire. « Je reviendrai. » puis il prit un élan et se lança à la course, avec la torche, le garde ne le vit pas tout de suite surgir de la noirceur, Fragh plongea et le saisit à bras le corps, le poussant au sol. Il se releva aussitôt, mais il fut saisit par la cheville et manqua de peu de s'étaler au sol. Avec un coup de pied bien placé, il entendit le poignet de son assaillant se casser, et il se releva pour foncer dans l'escalier, que deux gardes dévalaient. Et merde! Il sortit sa dague, pas de place ici pour les flèches. Il était mal préparé, ça pourrait causer sa perte. Heureusement, les prisonniers qui se réveillaient un à un se mettait à faire un boucan terrible.
« Y'a à un autre là! Hey toi, là-bas, dans le fond, sors-moi d'ici! » Il fut surpris que de purs inconnus lui face une ouverture. On voulut se débarrasser de lui rapidement pour aller arrêter l'autre intrus, qui au fond n'existait pas.

Ainsi, les gardes chargèrent. Souriant sous son masque, il esquiva habilement, étant en meilleure position qu'eux au bas de l'escalier. Il fit déboulé le premier et esquiva habilement les lourds coups du deuxième, bien plus agile avec sa dague et son expérience. Il la lui planta dans le mollet et sauta pour le saisir derrière le cou, et sous le bras, pour lui faire une prise qui le fit voler dans les airs. Il courut en haut des marches et dehors. On le poursuivit, mais il était rapide, et dur à repérer avec ses habits sombres. Ainsi, il fila dans la nuit. Malheureusement, la surveillance allait sûrement être renforcer. Il espérait seulement qu'on ne découvre pas que c'était pour Sibylle qu'il était venu. Heureusement pour lui, certains prisonniers allaient affirmer que c'était pour eux. Le côté négatif, c'est qu'on allait renforcer la sécurité pour au moins cinq d'entre eux. Donc tout l'étage.

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C'était bien beau tout ça, mais trouver du renfort... il aurait besoin de quelqu'un pour attirer les gardes et faire diversion. Qui, à Shola, saurait autant attirer l'attention? Le nom s'imposa dans son esprit. Zackeriel, bien sûr. Mais comment le trouver et le convaincre? Il ne l'avait pas vu depuis des siècles! Et n'avait plus attendu parler de lui depuis près d'un an, ou même deux. Avait-il retrouvé la mémoire? Survécu à sa cure forcée d'opium? S'il avait retrouvé la mémoire, peut-être avait-il replongé. Il grimaça, il ne voulait pas d'un homme faible et drogué. De toute façon, quelles étaient les chances qu'il le retrouve? Bon, une chose à la fois. D'abord, il devait faire le plein d'herbes pour créer ses potions, et il n'avait pas le temps de faire la cueillette. Il ne connaissait qu'un endroit où il pourrait faire sa récolte rapidement et sans problème : Magnolia. Une serre gigantesque possédée par une magicienne mauve particulièrement douée avec les plantes. Il n'y allait pas souvent, seulement lorsqu'il devait urgemment refaire son stock.

Il y fut à la mi-journée, quand le soleil était à son zénith. Après avoir quitter Sibylle cette nuit-là, il avait régénéré son énergie pour sauver du temps. Il lui reste deux jours et demi avant le procès, donc trois et demi avant son exécution - car c'était évident que ce serait le verdict de l'assassin. Devant la grande porte du domaine, il cogna, et appela. Comment faisait-elle pour savoir quand quelqu'un venait, dans un endroit si vaste? Il attendit un moment. Il n'avait pas de temps à perdre. Il soupira, tapa du pied, tourna en rond. Pensant à son masque, il tira sa capuche vers l'arrière et dégagea son visage, ainsi elle le reconnaîtrait et il serait moins louche. Il cogna à nouveau, et appela encore. « Eh oh, y a-t-il quelqu'un? » Finalement, une voix lui répondit d'attendre et le battant s'ouvrit tout grand.

Fraghstoam eut un mouvement de recul. Ça, ce n'était pas Capucine. C'était énorme et velu. Depuis quand y avait-il ce pardusse ici? Il n'était pas venu depuis fort longtemps. Il hésita, il ne semblait pas hostile. « Je cherche la maîtresse des lieux, Capucine. C'est pour une commande. » Le sourire de la bête était terriblement... niais. Fragh se retint d'afficher un air dubitatif. Mais c'était quoi ça?! Peu importe. Il le suivit à l'intérieur de la serre et on lui demanda d'attendre à quelque part. C'était différent de ce qu'il avait l'habitude. C'est sûr qu'habituellement, il envoyait une lettre pour avisé de son arrivée le lendemain, ainsi la magicienne était au courant de sa venue et avait le temps de préparer la commande, préalablement écrite dans la lettre.

Quelle ne fut pas sa surprise de voir la femme mauve arrivée en compagnie de... ZACKERIEL?! Son coeur se mit à battre plus vite. Son espoir revenait, il n'aurait peut-être pas à se débrouiller tout seul ou à saisir quelqu'un sous la menace. Cet homme semblait du genre honnête, il était sûr, vas savoir pourquoi, que s'il lui demandait un service, il le lui rendrait. Évidemment, l'Ombre avait l'intention de lui proposer ses compétences sous n'importe quel domaine en échange, afin de pallier aux lacunes que cela pourrait lui occasionner. Mieux valait ne pas mentionner la Rose Noire, par contre. Leur première rencontre laissait présager qu'il ne l'aiderait pas pour elle.

Gardant son calme, il salua le vagabond - qui de toute évidence ne vagabondait plus - de la tête et en fit de même pour Capucine. « Lady Capucine, je suis heureux que vous me receviez rapidement. Vous me voyez désolé de ne pas avoir prévenu d'avance cette fois, mais je suis en situation d'urgence... » Il jeta un oeil à Zackeriel, à nouveau. Pouvait-il lui demander cela maintenant...? Son insistance sembla inquiété la femme mauve. Il secoua la tête. « Certes oui, je le connais, mais je n'ai aucune mauvaise intention. Je l'ai rencontré il y a trois ans afin de l'aider à retrouver la mémoire. » Il se tourna à nouveau vers lui. « Ça a marché? » Hochant la tête, il ajouta : « Parfait. » Puis il marqua une hésitation. Il se tourna vers Capucine et débita sa commande. « S'il vous manque quoique ce soit, laisser tomber, je suis pressé. Dans deux heures maximum je dois être parti d'ici. »

Sortant sa bourse, il ajouta : « Je vous ajouterai un supplément s'il vous le désirez, je sais que c'est soudain. » Elle lui signifia que ce n'était pas nécessaire et, avec un regard sur les deux hommes, les laissa seul. Le rouquin posa son regard vert sombre sur le blondinet. « Je... » Il hésita, puis se lança. « J'aurais un service à vous demander, Zackeriel. » Il se passa la main dans sur le dessus du crâne. « Je sais que cela peut sembler déplacer, mais je... j'ai pour contrat de récupérer un objet dérobé. Malheureusement, je ne pourrai pas le faire seul. » Il passerait sous silence que c'était en fait une personne, et que c'était Sibylle. Il argumenta un moment avec lui, lui assurant qu'il lui serait éternellement redevable et que le hors-la-loi pourrait lui demander n'importe quoi, n'importe quand, et qu'il accourrait.

Après avoir parlementer un moment, l'Empoisonneur masqué réussit à convaincre le demi-elfe qui devait, préalablement, en parler avec la magicienne. Fragh hocha la tête. Qu'il en soit ainsi. Lorsqu'elle revint avec sa commande, il la prit et se tourna vers son ancien client : « J'attendrai à l'extérieur. » Et il les laissa régler cela ensemble. Hors de l'enceinte, il soupira et s'adossa aux murailles, la tête vers l'arrière, les yeux fermés, priant intérieurement que tout se passe bien, et jurant intérieurement à Sibylle qu'il ne tarderait pas.

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Sibylle
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [Zackeriel & Sibylle]   Dim 25 Sep - 12:15

Après des années à pratiquer la profession d’assassin, jamais Sibylle ne s’était retrouvée dans une situation semblable. Bien sûr, on avait déjà posé un contrat sur sa tête, et à de nombreuses reprises, mais jamais elle ne s’était fait prendre. Elle avait toujours été en mesure d’éliminer les mercenaires, assassins, chasseurs de primes qu’on lançait à sa poursuite. Elle était souvent plus maligne, plus raffinée et surtout plus rapide et changeante grâce à son pouvoir. Cependant, celui qu’on avait mis à ses trousses cette fois n’était pas qu’un vulgaire assassin. Il était certainement le plus fou d’entre tous, le plus maniaque et surtout celui qu’on craignait le plus. Celui qu’on appelait le Dernier Sourire était certes l’assassin ayant le plus de ressources du continent. Il avait à sa solde de nombreux espions, mercenaires, hommes de main et était infiltré dans pratiquement toutes les activités illégales d’Enkidiev, si bien qu’il passait maintenant le plus clair de son temps à organiser des assassinats, mais laissait le soin à ses sbires de faire tout le sale travail. Toutefois, lorsqu’on lui avait proposé le contrat visant à capturer la Rose Noire, il avait décidé de prendre en main les opérations sur le terrain. Après tout, elle était un assassin, elle connaissait les méthodes et elle était manifestement plus difficile que d’autres à attraper.

Ainsi, pendant des mois, il était parti à sa recherche, l’avait observée, avait noté sa manière de faire, les apparences qu’elle pouvait prendre. Il avait infiltré les endroits qu’elle fréquentait le plus souvent et avait placé ses espions partout. Si Sibylle se déplaçait, si elle faisait quelque chose d’inhabituel, il le savait. Il était patient et on ne lui avait pas donné de date d’échéance. On voulait seulement la capturer vivante et l’exécuter publiquement. Trop de nobles étaient morts de ses mains, ils étaient en colère. On voulait sa mort et qui de mieux pour la retrouver que le plus fou de tous les assassins? Toutefois, la Rose Noire n’était pas dupe. Elle sentait le regard des autres sur sa personne, elle percevait qu’une marque avait été posée sur elle.

Un soir, alors qu’elle parcourait la ville de Shola afin de démasquer et d’éliminer  ceux qui semblait conspirer contre elle, elle remarqua qu’on la suivait beaucoup plus près que d’habitude. Prête à cette éventualité, elle zigzagua dans la ville pour tenter de les semer jusqu’à un cheval qu’elle avait fait préparer. Enfourchant sa monture, elle quitta la capitale pour se réfugier chez un contact qu’elle avait préalablement rejoint. Cependant, le Dernier Sourire avait eu vent de cette tactique et avait réussi à soudoyer cet allié après la venue de la Rose Noire. Alors qu’elle arrivait chez lui, elle se retrouva nez à nez avec une dizaine d’assassins. La jeune femme le vit alors, le Creson Joyeux, souriant sadiquement, appréciant le piège qu’il avant tendu autour de celle qu’on croyait impossible à attraper.

Sibylle se défendit autant que faire se pouvait. Alors que le Dernier Sourire se retirait dans un coin de la demeure pour apprécier le spectacle, les dix mercenaires s’étaient jetés sur elle. Mieux formée qu’eux tous, elle réussit à tuer les dix hommes qui l’opposaient. Sa robe tachée du sang de ses ennemis, elle se dirigea vers la porte et sortit. À son grand soulagement, la voie était libre, mais on avait pris soin de tuer sa monture afin qu’elle ne puisse s’échapper. Poussée par l’énergie du désespoir, elle se mit à fuir, mettant le plus de distance possible entre cette demeure infernale et elle. Cependant, la laisser courir faisait partie du plan machiavélique de celui qui dirigeait les opérations. Peu de temps après, on la chassait comme un gibier à travers les arbres. La ville était près, si elle pouvait seulement l’atteindre, elle pourrait s’y camoufler en changeant d’apparence. Toutefois, un bolas s’entoura autour de sa cheville droite, la cassant d’un coup sec et la faisant trébucher. La horde de mercenaires l’encercla et l’Assassin Souriant réapparu. Elle ne pouvait plus s’échapper.

On l’avait amenée dans une prison. On l’avait dépouillée de ses armes, on l’avait indécemment dénudée afin de la fouiller – les geôliers y avaient pris un malin plaisir jusqu’à ce qu’elle prise la main de l’un deux d’un simple mouvement – et après lui avoir remis sa robe, on l’avait jetée dans une cellule qu’elle partageait avec d’infâmes hommes, stupides et bêtes, sans aucune classe vraiment. Sa cheville cassée la faisait souffrir, mais Sibylle se faisait un point d’honneur de n’afficher aucune faiblesse, aucune douleur. Aussitôt que les gardes se furent éloignés, l’un de ses partenaires de cellule – celui qui semblait avoir été élu comme le chef - s’approcha, un sourire éloquent sur son visage. Les trois autres pensionnaires s’approchèrent également, dans le but de la retenir. Oh, mais c’est qu’ils étaient naïfs de croire qu’elle était inoffensive en raison de la splendeur de sa robe, même si elle était dorénavant tachée de sang. La Rose Noire les laissa approcher, puis lorsqu’ils furent tous assez près pour qu’elle puisse les atteindre en faisant le moins de mouvements possibles, elle agit. Elle brisa le bras du premier, brisa le genou du deuxième, le pied droit et la main droite du troisième et finalement, la nuque du chef de la bande, qui s’effondra devant elle. On ne tenta plus de lever la main sur elle. Ils étaient maintenant trois.

***

Cela faisait maintenant deux jours que Sibylle était là, assise dans la cellule malodorante de cette foutue prison.  Elle avait cru comprendre qu’elle serait jugée publiquement et qu’on se ferait un plaisir de la faire souffrir – toujours devant public – avant de l’exécuter. Les gardes se faisaient un certain plaisir à venir la narguer, mais on n’avait pas tenté de lever la main sur elle depuis que l’on avait retrouvé le cadavre du chef des malfrats. Cela avait donc été établi, même blessée, sans arme et en infériorité numérique, elle restait dangereuse. La jeune femme n’avait pas voulu dormir la première nuit, craignant qu’on profite de son sommeil pour lever la main sur elle, même si elle était persuadée qu’elle avait dissuadé quiconque de le faire. C’est ainsi que la deuxième nuit, rongée par la fatigue et la douleur, elle s’était endormie malgré elle. Lorsqu’elle entendit la voix de Fraghstoam, elle crut d’abord qu’elle rêvait. Après tout, elle n’avait pas revu le Maître des Potions depuis leur séjour forcé – et assez libertin -  dans la cabane perdue au milieu de la forêt de Shola. Puis, lorsque la voix répéta son nom, elle se réveilla et regarda vers les barreaux de la cellule. Elle ne rêvait pas. Il était véritablement là. Que faisait-il ici? Bien sûr, ils avaient passé ensemble une semaine plus qu’indécente, mais jamais elle n’aurait pensé le revoir après cela. C’était une histoire passagère. Toutefois, alors qu’elle pensait que tout était perdu, qu’elle allait mourir comme dans une arène de gladiateurs, l’Ombra apparaissait devant elle afin de la sortir de là. Décidemment, il apparaissait toujours lorsqu’elle allait mourir. Une manie plutôt intéressante pour sa survie.

Il lui demanda si elle pouvait courir. Elle le pourrait sans doute, mais sa cheville cassée et non-traitée lui faisait terriblement mal. Toutefois, si sa survie en dépendait, elle pourrait probablement le faire. Sachant cependant que l’apothicaire refuserait de la mettre dans une telle situation, elle répondit qu’elle ne pouvait pas, lui montrant au passage sa cheville cassée qui enflait un peu plus à chaque jour. Toujours fidèle à lui-même, il lui refila une minuscule fiole et l’intima à en prendre quelques gouttes. Sibylle s’exécuta, sachant pertinemment que cela lui enlèverait toute sensation de douleur. Elle était dorénavant habituée aux drogues du mercenaire et surtout à leur efficacité. Alors qu’elle s’apprêtait à se lever afin qu’il la fasse sortir, il l’informa qu’il ne pouvait la faire sortir dans cet état en raison du nombre de gardes. « C’est ridicule, je peux venir à bout de ces brutes avec une cheville cassée, je ne suis pas mourante. » Cependant, il coupa court à ses protestations, lui disant qu’il reviendrait avec des renforts. Quels renforts? Qui au monde se porterait à son secours? Elle était détestée par tant de gens, crainte par tant de personnes. Oh ainsi son procès se tiendrait dans trois jours. Bien sûr, les crieurs publics avaient dû l’annoncer afin que toute la population s’y pointe. On aimait bien voir les gens mourir.

Le regard de Fraghstoam trouva le sien et elle s’y réfugia. Elle réalisa alors à quel point ce regard vert forêt lui avait manqué. Comme elle aimerait le toucher, juste sa main, afin de vérifier qu’il était vraiment réel, vraiment auprès d’elle à cet instant. La voix d’un garde retentit, mettait fin à cette proximité qu’ils venaient de créer. L’Ombre se retourna vers elle. À quel intervalle montait-il? Elle n’était pas très certaine, après tout elle commençait à perdre la notion du temps dans ce trou noir. « Environ aux vingt minutes. » Puis un autre prisonnier se réveilla, celui qui avait le bras cassé et alarma la garde en criant au mercenaire de le libérer lui aussi. Seigneur. Ne leur avait-on jamais appris les bases de la subtilité? Le Maître des Potions se releva, lui murmura qu’il allait revenir. « J’y compte bien. » Puis il disparut de son champ de vision. Furieuse d’avoir été ainsi interrompue par cette espèce de vaurien, Sibylle se releva – sa cheville étant maintenant pratiquement plus douloureuse – et se dirigea vers le prisonnier tout en affichant un regard noir. La soif de sang montait en elle. L’homme recula, sachant pertinemment de quoi la jeune femme était capable. La Rose Noire attrapa son bras cassé, qu’elle tordit pour lui provoquer plus de douleur. Puis, comme le bris de la nuque était la manière la plus rapide de tuer un homme sans armes, elle s’exécuta sur lui, provoquant le craquement tant attendu. Il s’effondra. Ils étaient maintenant deux.
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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [Zackeriel & Sibylle]   Mar 27 Sep - 15:00

Ils étaient en pleine discussion relativement à leur production d’orchidées qui prenaient un essor incroyable à ce temps-ci de l’année. Zack avait les mains encore pleines de terre, signe qu’il venait à peine de terminer sa besogne en compagnie de sa bien-aimée. Elle lui montrait un plan de son nouveau jardin exotique qu’elle voulait bâtir, lui demandant s’il pouvait lui fabriquer de nouveaux caissons de bois qu’elle escaladerait comme les marches d’un escalier. Tout ça avait pour but de simplement condenser le maximum de fleurs dans l’espace le plus lumineux de la nouvelle section. Les manches de la sempiternelle tunique écarlate du semi-elfe étaient roulées jusqu’à ses coudes et son pantalon marron était couvert de terre. Ses longs cheveux blonds en bataille étaient attachés à l’arrière de sa tête en chignon lâche.

Ils s’avancèrent donc en direction de Saros qui semblait les attendre patiemment. Capucine et Zackeriel tournèrent la tête de concert en sa direction et constatèrent qu’il était accompagné d’un visiteur. Le cœur de Zack ne fit qu’un bond dans sa poitrine lorsqu’il vit « Günter » se tenir aux côtés du colosse à fourrure. Il se souvenait bien de lui maintenant, après toutes ces années. Alors qu’il travaillait pour les Lames Pourpres, il avait régulièrement eu affaire à lui pour des poisons divers, mais aussi pour l’achat d’une quantité importante d’opium. À l’époque, il l’appelait Fraghstoam, bien qu’il n’ait aucune idée s’il s’agissait là de son véritable nom ou d’une identité factice. Néanmoins, il avait l’impression qu’une partie de son passé refaisait soudainement surface devant lui. Sans parler du fait que l’homme avait tenté de l’aider à retrouver la mémoire avec sa potion au goût de fond de botte poisseuse. Les deux semi-elfes s’observèrent un instant, le blond ressentant un certain malaise à voir son ancien apothicaire de service se tenir devant lui. Il le salua enfin sous le regard interrogateur de la magicienne qui se doutait bien qu’un truc ne tournait pas rond.

Fraghstoam s’adressa directement à la propriétaire des lieux s’excusant pour sa visite impromptue, mais lui assurant qu’il s’agissait d’une urgence. Zack remarqua la façon dont son ancien fournisseur l’observait. Il avait un truc à lui demander, pas vrai? Il était tenté de lui envoyer un message télépathique, mais s’abstint, le laissant discuter avec sa tendre moitié. Capucine n’était pas dupe. Elle demanda ouvertement s’ils se connaissaient tous les deux et l’Ombre s’empressa de répondre. « Il a raison », renréchit Zack. « Je me suis tourné vers lui pendant mon amnésie dans l’espoir qu’il m’aiderait, chose qu’il a faite. » Il omit de mentionner que l’homme lui avait déjà fourni tout ce dont il avait besoin du temps des Lames Pourpres, sinon la magicienne aurait été beaucoup moins coopérative à son égard. À la question de l’apothicaire, Zack se contenta de hocher de la tête. Bon certes, il n’avait que retrouvé partiellement la mémoire à l’époque – le reste s’étant produit naturellement lors du choc que lui avait causé la mort de Saoirse –, mais il n’avait pas envie d’embarquer davantage dans les détails.

L’assassin déroula une commande impressionnante d’ingrédients et sortit une bourse bien remplie de sa poche. Il voulait lui offrir un supplément pour le dérangement, chose à laquelle Capu refusa poliment. Zack voulut aller l’aider dans la préparation de la commande, mais le regard qu’elle lui lança lui fit comprendre qu’il serait peut-être mieux de rester derrière pour discuter avec leur visiteur. Chose à laquelle il obtempéra sans rechigner. Il sentait le regard pesant de Fraghstoam se poser sur lui alors que la femme mauve parme disparaissait. Il avait un service à lui demander… Eh bien, il avait donc vu juste! D’un œil curieux, il observa son compagnon qui semblait embarrassé. Tiens? C’était nouveau comme attitude de sa part? Il n’avait pour souvenir de Fraghstoam qu’un homme sûr de lui et inébranlable. Ça devait être drôlement sérieux… Le semi-elfe blond l’écouta jusqu’au bout, un air indéchiffrable au visage. Il appréciait l’apothicaire, ce dernier ayant toujours été juste avec lui. Chaque fois qu’il avait eu affaire à lui, le service avait été impeccable et il pourrait même dire… qu’il l’appréciait. Une main sur une hanche et l’autre se glissant sur sa nuque, Zack avait l’air incertain, voire malaisé.

- Écoutez Fraghstoam, fit-il doucement. Je ne trempe plus dans ces affaires là depuis un moment maintenant. Ça vous paraîtra peut-être étrange, voire même invraisemblable, mais j’essaie de me ranger maintenant. J’essaie de ne plus me mettre dans les merdiers les plus incroyables…

Les deux hommes discutèrent un moment. Fraghstoam avait vraiment l’air dans une urgence pas croyable et il semblait vraiment être dans une sorte de bourbe où il ne pourrait en sortir seul. Ils avaient déjà combattu côte à côte par le passé et avaient plutôt formé une bonne équipe. Cette faveur semblait lui tenir à cœur et Zack finit par plier. « Écoutez, je vis ici maintenant et je dois en parler à Capu… erh… Lady Capucine avant de décider quoi que ce soit. D’accord? » La principale intéressée revint enfin avec tous les ingrédients nécessaires qu’elle tendit à son client en échange du montant exigé. L’assassin se saisit donc du paquetage et déclara qu’il attendrait à l’extérieur avant de se faire escorté par Saros jusqu’à l’entrée. L’ancien brigand se retourna à nouveau pour faire face à sa petite amie qui le regardait, les bras croisés sur la poitrine. Il se massait encore la nuque, cherchant visiblement la meilleure façon pour lui exhiber le problème. Dans tous les cas, elle attendait des détails de sa part.

- C’est heu… un ami, commença-t-il. Il a accepté un travail important, mais à mal calculé la portée de celui-ci. Or, il aurait besoin d’un coup de main.

Il exhiba la chose à la femme insecte, enjolivant un peu ses propos pour éviter de lui faire comprendre qu’il devait dérober un objet en compagnie de l’assassin. Le cas échéant, elle se serait vivement opposée au projet. À voir l’expression qui ceignait son visage, il comprit qu’elle ne le croyait qu’à moitié. Merde, pourquoi était-elle si perspicace? Il lui expliqua que l’homme l’avait énormément aidé par le passé en lui permettant de retrouver sa mémoire grâce à l’une de ses potions… bien que cela n’était qu’à moitié vrai, elle sembla comprendre qu’il avait réellement envie de s’impliquer et accepte à contrecœur de le laisser partir. Un sourire s’esquissa sur ses lèvres fines et il glissa un doigt sous le menton de la belle pour lui faire lever la tête. Il échangea un tendre baiser avec elle pendant quelques instants, puis lui susurra quelques belles paroles, histoire de terminer de la convaincre. Une fois qu’elle lui donna sa bénédiction, il s’éloigna vers son cottage en trottant, prêt à faire son paquetage.

*****************

Ses pas le guidaient sur le chemin de terre battue qui menait vers l’entrée de Magnolia. Sa main gantée tirait sur les rênes d’un étalon brun et blanc qui déambulait à sa suite en direction des grandes portes de fer forgé. Il s’était sommairement nettoyé, avait enfilé ses brassards de cuir clouté ainsi que ses bottes dans le même matériel. Un simple plastron de cuir recouvrait sa poitrine par-dessus sa tunique et était attaché par des sangles sur ses flancs. Ses dagues (qu’il avait rangées dans des boîtes de bois sous son lit) avaient réintégré ses bottes et ses sangles. Finalement, sa lame fétiche battait sa hanche gauche. Ça lui avait fait étrange de la décrocher du mur, comme s’il accueillait à nouveau à bras ouverts un passé révolu. Sa main libre se posa sur le loquet de la porte de fer forgé et défit le tout avant de sortir. Fraghstoam l’y attendait et Zack crut percevoir une légère ombre de soulagement parcourir son visage.

- Alors, où va-t-on? Fit-il avec un sourire en coin.

Les deux hommes se serrèrent l’avant-bras, puis Zack mit un pied dans un étrier avant de se hisser sur sa monture. Ils se mirent donc en route et le semi-elfe écouta les bribes d’informations que voulut bien lui transmettre l’apothicaire. Cette histoire ne semblait pas des plus simples – pour peu qu’il savait – et à entendre les propos de son camarade, la quantité de gardes impliqués était plus que faramineuse. Il comprenait qu’il ait besoin d’aide. Il espérait seulement que cela ne le mettrait pas dans de beaux draps. Il ne pouvait plus trop se le permettre maintenant. Alors qu’ils chevauchaient, les deux anciens acolytes échangèrent très sommairement (du moins, du côté de Fragh) les derniers événements qui avaient teinté leur vie respective au cours des dernières années (qui s’étaient déroulées, somme toute, beaucoup trop vite). Zack lui raconta comment il avait retrouvé une partie de sa mémoire grâce à la potion et la façon dont il avait découvert son amie d’enfance mutilée par les Lames Pourpres. Il parla très globalement de son séjour de trois ans dans le désert, mais décida volontairement de taire l’existence de sa fille, Ishobel. Cette dernière bénéficiait du couvert de l’anonymat et c’était très bien ainsi.

- Ma rencontre avec Capucine est une… longue histoire si on puit dire, fit-il en réponse à sa question et en regardant droit devant lui. Bref, c’est le fruit du plus pur des hasards après que je me sois introduit involontairement dans son domaine sans y être invité. Disons simplement que les Lames Pourpres sont terriblement tenaces et qu’il me fallait un refuge improvisé. Elle m’a d’abord tenu captif, probablement suspicieuse quant à mes intentions, puis elle m’a permis de faire le sevrage le plus complet que j’ai eu de toute ma vie. Ouep, je ne touche plus à rien maintenant. Et, pour faire court, je ne suis jamais reparti de Magnolia. Je n’ai rien qui m’attend à l’extérieur des limites du domaine et Capucine est une motivation suffisante pour faire taire mes envies de vagabondage. Bref, il laissait clairement sous-entendre la véritable nature de son histoire avec son hôtesse qui allait, bien évidemment, au-delà des simples relations « patrons-employés ». Hum… je me demandais… Avez-vous entendu des ragots ou des nouvelles quelconques relativement à… Uriel ces derniers temps? Est-il encore à la tête des Lames Pourpres? Se risqua-t-il, s’interrogeant visiblement sur la vie de son jumeau qui, par moment, lui manquait cruellement. En tout cas, une chose est sûre, ton manque de loquacité n’a pas changé.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [Zackeriel & Sibylle]   Lun 3 Oct - 11:05

Il sembla à Fraghstoam que Zackeriel mit une éternité à la rejoindre, et il ne put s'empêcher de ressentir un immense soulagement à sa vue, qu'il tenta de ne pas faire paraître. Il avait eu le temps d'échafauder un plan, qui n'allait certainement pas lui plaire, alors il s'abstiendrait bien de lui en donner tous les détails. « Ce n'est pas bien loin d'ici, je vous expliquerai en chemin. » répondit-il en lui serrant le bras. « Merci, vraiment. » ajouta-t-il en le regardant dans les yeux, avant d'embarquer sur sa propre monture laissée un peu plus loin. Une jument alezane au tempérament très calme. En avisant l'étalon de son compagnon, il remercia le ciel que sa jument ne soit pas en chaleur, ça aurait compliqué les choses.

Les meilleurs mensonges étaient ceux qui frôlaient la vérité. Ainsi, l'assapothicaire ne précisa pas qu'il s'agissait d'une personne, mais bel et bien d'un bien à récupérer. Il lui expliqua qu'il avait besoin d'une diversion, car il y avait beaucoup de gardes, une cinquantaine approximativement. Le plan était qu'il ferait diversion pendant que Zack irait récupérer ledit objet dans un bâtiment moins surveillé, et lui attirerait l'attention près des prisonniers afin de lui libérer le chemin. Ce qui était, somme toute, assez faux, mais jamais l'ancien mercenaire de l'aiderait s'il savait la vérité... Ayant toujours été honnête et intègre, ce mensonge le travaillait un peu, mais il en allait de la vie de Sibylle... alors il était près à tout.

Ils poursuivirent ensuite une conversation à demi-mots, pour sa part du moins, alors que le blondinet racontait les effets qu'avaient eu la potion concoctée par le Maître des potions, puis ce qui en était découlé. Il n'avait, personnellement, pas grand chose à raconter, ses missions étant secrètes, et sa vie se résumant à son travail... il n'y avait rien de particuliers dans sa vie. La vision de la Rose Noire s'imposa et il la chasse. Rien de particuliers, voilà tout. « Et Dame Capucine? Je ne pensais pas que vous connaissiez Magnolia. » questionna-t-il, curieux de savoir comment cet homme avait pu se trouver chez l'herboriste chez qui il commandait quand il était pris par le temps.

Savoir qu'il était sevré fut un soulagement. Il n'avait pas envie de se coltiner un Zackeriel en manque d'opium, quoiqu'il aurait pu lui en procurer, mais il aurait alors eu plus de difficulté à le garder en vie. Car oui, son intention était de le ramener en vie. De toute façon, il ne pouvait pas se permettre de perdre Capucine en tant que source d'herbes, et de toute évidence elle tenait à cet homme. S'il était blessé, il allait le soigner. Et puis bon, à quelque part, il trouvait qu'il était un bon allié, il savait qu'il pouvait lui faire confiance, même s'il se gardait une réserve toute naturelle - il était un mercenaire lui aussi, après tout, il en voyait de toutes sortes.

Uriel? Hum, il en entendait moins parler, il ne faisait plus affaires avec eux vraiment, ses activités se concentrant sur des clients plus lucratifs et des activités beaucoup plus diversifiées. Sous son masque, l'Ombre eut un sourire amusé. Non, il n'était pas plus loquace. Ça ne changerait sans doute jamais. « Ma vie n'a rien de celles qu'on peut raconté. » fit-il simplement en haussant les épaules. « Quant à votre frère, dernièrement j'oeuvre surtout à Alombria, et très peu à Shola. Mes... activités ont un peu changées et je ne suis plus autant efficace pour les Lames Pourpres que je le fut à l'époque. Je crois qu'il dirige toujours l'organisation, mais je n'en ai pas réellement entendu parler dernièrement. Mes dernières... missions, se sont concentrées sur tout autre chose. » comme venger Sibylle.

Après quelques instants, l'autre demi-elfe put comprendre qu'il n'en dirait pas plus. Il avait conscience de ce que cela pouvait avoir d'exaspérant, mais ce n'est pas comme ça l'atteignait vraiment. Comme ils n'étaient qu'à environ 16h de distance à cheval, il décida de s'arrêter pour le repas du soir, que durant la nuit il commencerait à mettre son plan à exécution. « Nous camperons ici, ce n'est pas si loin, et comme j'ai certaines capacités, sans vouloir vous offenser, que vous n'avez pas, je vais m'assurer que tout soit prêt pour notre intervention. » Il descendit de cheval et se tourna vers lui. « Comme vous avez déjà pu l'expérimenté, j'ai quelques petits tours dans mon sac, alors, rassurez-vous, je ne vous enverrai pas sans quelques ressources supplémentaires. » Il faisait, évidemment, allusion à son couteau empoisonné que Zackeriel avait utilisé quand ils s'étaient battu sur les quais d'Ookabi.

Fraghstoam s'afféra aussitôt à faire un feu, après avoir attacher sa monture non loin. Comme il avait dit à son compagnon que le voyage serait court, pas plus d'une semaine pour sûr - c'était court pour Fragh - celui-ci avait amené des vivres. L'empoisonneur masqué secoua la tête. « Gardez-les pour plus tard, pour l'instant, je vais aller chasser. » Il se leva. Il ne savait pas dans quels états ils allaient sortir de son plan, et bien que celui-ci se régénérait, comme lui, il pouvait tout aussi s'épuiser. Alors mieux valait s'assurer de garder leurs énergies. Ainsi, armé de son arc, il attrapa un gros lièvre qu'il ramena et qu'ils mangèrent. Le soleil s'était couché, les plongeant dans l'unique clarté du feu. Comme ils s'étaient enfoncés en forêt, le couvert des arbres leur masquait la lune.

Un silence lourd plana après le repas. Comme la confiance n'était pas là à 100%, aucun des deux ne donnaient de détails de leurs vies privées - particulièrement que Fragh n'en avait pas - alors les sujets de conversation étaient assez pauvres. Comme le blondinet s'interrogeait sur ce qui l'attendait, il hocha la tête et lui donna plus de détails. « C'est un petit fort, il n'y a pas de murs qui l'entoure. Une prison, un baraquement et un bâtiment pour la cuisine et l'entreposage. C'est là qu'il faudra que vous entriez pendant que j'irai vers la prison pour attirer leurs attentions. » Ce qui sembla faire son affaire. Fragh hocha la tête.

« L'objet? C'est une épée, une grande épée, qui aurait semble-t-il pour mon client, des particularités spéciales. Elle serait magique apparemment. »
Là, il improvisait complètement, mais étant du genre impassible, tout le temps, c'était facile d'être crédible. Il lui décrivit sommairement la longue lame, mesurant près de quatre pieds de long, dont le manche serait un mélange d'or et de bronze trempé incrusté de pierres précieuses. Elle donnerait une force surhumaine à celui qui la possède. « C'est le capitaine de la garde qui la tient accrochée bien visible là où ils entreposent les armes. Ce qui est stupide, tant qu'à moi, mais je ne suis pas là pour juger ces hommes. » Il haussa les épaules. Logiquement, le capitaine la garderait avec lui. « Il semblerait qu'elle soit trop... addictive. Alors ils l'ont semble-t-il cadenassé à son socle. »

Il s'étira. Il allait avoir besoin de repos sous peu. « Savez-vous crocheter des serrures? Sûrement, non? » Il haussa les épaules. « Quoiqu'il en soit, dès que je ne pénétrerai la prison, ils se jetteront sur moi et vous aurez le champs libre, vous devrez foncer. Des questions? De toute façon, j'irai faire un tour, discrètement, dès demain, avant de mettre le plan à exécution, je ne veux prendre aucun risque superflu. » Dès leur nuit de sommeil complété, ils allaient reprendre la route, s'arrêter plus loin, et Zack devrait l'attendre pendant qu'il ferait le tour pour compter les gardes à sa manière discrète de se fondre dans les ombres. Son plan était infaillible. Il en profiterait aussi pour affiner certains aspects de son plan dont son compagnon n'était pas au courant.
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [Zackeriel & Sibylle]   Mar 11 Oct - 16:16

Il posa son regard de bronze sur son compagnon d’affaires improvisé, écoutant attentivement les paroles de ce dernier qui, somme toute, n’étaient pas très utiles. Bref, sa vie n’avait rien de particulièrement intéressant qui vaille la peine d’être raconté (c’est ce que Zack en avait déduit) et il avait passé le plus clair de son temps en Alombria, ce qui faisait en sorte qu’il n’était pas fin connaisseur des derniers ragots. Du moins, il put confirmer que – aux dernières nouvelles du moins – Uriel était encore à la tête des Lames Pourpres. Plus ça change, plus c’est pareil, pas vrai? Un silence de plomb retomba et Zack comprit rapidement que Fraghstoam n’en dirait pas plus. Bon sang, ce voyage allait être terriblement long s’il devait se coltiner le mutisme indéfectible de l’assapothicaire en plus!

Après quelques autres minutes de marche en silence, l’Ombre immobilisa sa monture et déclara qu’ils allaient s’arrêter dans le but d’ériger un campement pour la nuit. Ils descendirent donc de cheval et Zack écouta d’une oreille les propos de son compagnon alors qu’il dirigeait son destrier vers une étendue de verdure pour le laisser brouter. Certaines capacités qu’il n’avait pas? Était-il en train de le traiter d’incompétent? Ce n’est que quelques secondes plus tard que le semi-elfe put saisir pleinement les sous-entendus de son compagnon de route : il parlait de ses capacités à pouvoir créer des poisons et onguents de toute sorte. Hmmm… Cette mission devait être drôlement dangereuse si de tels dispositifs étaient requis afin de s’assurer de la victoire… Après tout, Zack se rappelait très bien le poignard enduit de poison qu’il avait utilisé lors de sa visite à Ookabi… Dans quoi s’était-il réellement embarqué?

Fraghstoam s’affaira à allumer un feu et Zack s’installa non loin afin de profiter de la chaleur qui en émanerait. Il tendit la main vers sa besace, sortit une bouteille d’eau de laquelle il prit une grande lampée puis voulut prendre de quoi manger quand l’Ombre lui demanda de garder sa nourriture pour plus tard. Il irait chasser? Bah… comme il voulait, il allait simplement monter la garde au campement pendant ce temps. Son compagnon disparut rapidement et l’ancien brigand s’occupa alors des chevaux, leur donnant de quoi boire et s’assurant que le reste de leurs effets étaient en sécurité. Au retour de l’assassin, le duo s’installa pour manger les lièvres qu’il avait ramenés et rapidement, la nuit s’installa. Assit près du feu, les deux hommes ne pipaient mots, ce qui contribuait à une ambiance lourde et inconfortable. Zack n’osait pas trop donner de détails sur sa vie, ne sachant pas réellement jusqu’à quel point il pouvait avoir confiance en Fraghstoam et ce dernier, pour sa part, n’avait simplement pas le talent pour faire la causette.

- Vous êtes restés bien vague en ce qui concerne cette mission, se décida enfin Zack, brisant le silence pesant. Si je dois m’embarquer dans cette histoire, je suis tout de même en droit d’en savoir davantage, pas vrai?

Il planta son regard airain sur l’autre semi-elfe et l’observa alors qu’il hochait de la tête et dévoilait enfin des détails quant à ce qui les attendait. Un petit fort, donc? Une prison, un baraquement et un bâtiment regroupant la cuisine et l’entreposage… C’était noté. Il se faisait une image mentale des lieux et si c’était un tant soit peu fidèle, ce serait un véritable jeu d’enfants de s’y retrouver. Selon les dires de son compagnon, il devait se rendre dans le bâtiment d’entreposage pendant qu’il attirerait la garde vers la prison. Le fils du duc de Shola hocha de la tête, visiblement satisfait par ce plan. Moins il aurait de soldats devant lui, mieux ce serait.

- Et quel objet je dois dérober?

Une épée magique? Voilà qui était intéressant. Zack n’avait que très peu vu d’objets magiques dans sa vie et aucun n’était jamais tombé entre ses mains… ce qui était peut-être mieux comme ça. Pendant un bref instant, ses vieux réflexes refirent surface et il songea au fait qu’il pourrait toujours soutirer plus d’information sur cette arme soi-disant magique et qu’il pourrait la revendre au prix fort. Mais bon, il avait accepté de prêter main-forte à Fraghstoam, pas de lui mettre des bâtons supplémentaires dans les roues! Il se contenta alors de hocher de la tête, notant mentalement la description faite par son nébuleux compagnon. Selon lui, elle serait accrochée au mur de l’armurerie, bien en vue, et serait enchaînée à son socle. Ce capitaine devait être drôlement fier de cette arme s’il tenait à l’exhiber de la sorte! Le haussement de sourcils de l’ex-sous-chef des Lames Pourpres en disait long sur ce qu’il pensait de cette vanité inutile.

- Vous plaisantez? Demanda-t-il avec un sourire en coin en réponse à la question de l’assassin. S’il savait crocheter des serrures? Savait-il réellement à qui il parlait? Les cadenas et divers verrous ne me posent aucun problème… À moins qu’ils aient utilisé une sorte de loquet encore jamais vu par le passé, je devrais pouvoir m’en sortir sans difficulté.

Il déclara alors qu’il attirerait l’attention de toute la garde, ce qui lui laisserait le champ libre pour travailler à sa guise. Si tout se déroulait comme il le croyait, ce serait visiblement du gâteau de prendre cette arme magique. Mais en même temps… ne serait-ce pas TROP facile, justement? Fraghstoam déclara qu’il irait faire une visite aux petites heures le lendemain, puis les deux jeunes hommes décidèrent de tenter de dormir afin d’être le plus en forme possible. Zack avait un drôle de pressentiment. Il ne savait pas trop à quoi c’était dû, mais il avait l’impression que son compagnon ne lui disait pas tout, ce qui n’aurait pas été nouveau en soi.

Dès le lendemain, les deux hommes déjeunèrent sommairement puis rangèrent leurs effets avant de seller à nouveau les chevaux. Zack jeta de la terre sur le feu pour l’éteindre, puis grimpa sur son étalon qu’il talonna pour rejoindre l’apothicaire. La journée s’annonçait superbe, mais le semi-elfe blond n’en profita pas vraiment. En fait, cette mission commençait à le tarauder. Cette drôle de sensation ne l’avait pas quitté depuis la veille, et ce, même s’il s’efforçait à la faire taire. Après tout, Fraghstoam n’était pas du genre à laisser quelque détail que ce soit au hasard, non? S’il disait avoir la situation en main, c’était qu’il disait la vérité. L’homme était probablement l’un des individus les plus organisés qu’il connaissait. Les missions qu’il accomplissait se résultaient toutes par un franc succès (enfin, de ce qu’il avait entendu dire). Mais malgré cette bonne réputation et la confiance que Zack lui portait, des détails le chicotaient toujours.

La journée se déroula trop vite. Ils avaient arrêté à quelques endroits désignés par le semi-elfe aux cheveux cuivrés et montèrent finalement un nouveau campement en pleine forêt. Alors que Zack mangeait de la chaire de faisan trappé par Fragh, il laissa son regard airain se perdre dans les flammes du brasier devant lui. Son compagnon avait pris les devants, profitant du crépuscule pour jeter un œil sur le fameux fort dont il avait préalablement parlé. Selon lui, il devait s’assurer que tout se déroulerait comme prévu. C’était louable en soi! Il mâcha donc la viande de volatile d’un air absent, son cerveau défilant mille et une hypothèses quant à la mission à venir. Une fois son repas terminé, il alla enterrer les restes plus loin, sachant que Fraghstoam avait déjà mangé. Les chevaux paîtraient plus loin et la brise du soir était fraîche. Un bruissement survint dans son dos. Zack fit volteface, une main sur son épée, et poussa un soupir en voyant l’assassin s’approcher de lui. Il déclara que le moment était venu de se mettre en branle et l’homme blond hocha de la tête d’un air entendu. Ils s’élancèrent donc à travers les arbres et les fourrés et s’arrêtèrent près d’une pente descendante. Tout au bas de la colline où ils se situaient se trouvait le fameux fort en question. Des torches brillaient de mille feux et Zack observa le paysage un instant, prenant en note les informations sur les lieux que lui donnait l’apothicaire. Lorsque la question d’user des poisons et onguents divers se fit soulever une nouvelle fois, le brigand sourcilla et tourna la tête vers son partenaire de travail.

- J’y pense, tu avais bien dit que, selon tes calculs, tous les soldats iraient à ta rencontre à la hauteur de la prison, ce qui me laisserait le champ libre, pas vrai? Fit-il d’un air soupçonneux. Selon tes propos, ce sera simple de pouvoir récupérer cette arme et je ne remets pas ta parole en doute. Seulement… Pourquoi aurais-je besoin de tes concoctions pour m’en sortir si la majorité des adversaires seront de ton côté? Ne devrais-tu pas les garder pour toi? Y a-t-il une chose que tu ne me dis pas? Ou doutes-tu du bon déroulement de ton plan? Son ton n’était en rien provocateur ni même insultant. Il semblait plutôt empreint d’un doute. S’il acceptait de se plonger dans cette histoire tête première, c’était qu’il faisait confiance à l’apothicaire. Autrement, il ne risquerait pas de se faire prendre comme un con.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [Zackeriel & Sibylle]   Ven 28 Oct - 12:58

Le regard sceptique et incertain de Zackeriel certifiait à Fraghstoam qu'il n'était pas dupe. Et c'était fort bien comme ça. Il n'aurait pas voulu se lancer là-dedans avec un homme stupide et sans bon sens. D'un commun accord, ils convinrent de prendre du repos. Dès que son compagnon s'endormit, il s'entoura de son aura régénérateur, qui était beaucoup plus efficace qu'un véritable sommeil. La nuit s'écoula donc rapidement, et efficacement. Il s'éveilla avant le vagabond maintenant placé, et s'étira avant de commencer à s'activer. Le blondinet ne tarda pas à se réveiller et à faire de même. Ils déjeunèrent rapidement et entreprirent de seller les chevaux. Après avoir effacer le plus gros de leurs traces, l'assapothicaire attendit que Zack en ait fini avec le feu et qu'il le rejoigne avant de se mettre enfin en route.

La route se parsema de plusieurs arrêts. Pour récupérer des plantes, entre autres, des écorces, des viscères, et toutes sortes de choses qui pourrait être potentiellement utile pour soigner Sibylle et semer les gardes. Il plaça des pièges à certaines endroits en prévision des recherches et de leur évasion. Il avait pensé à tout. Du moins, l'espérait-il. L'Empoisonneur masqué ne pouvait se permettre une seule erreur dans tout cela. Il espérait seulement que la colère du semi-elfe n'allait pas entraver l'évasion. Il allait être recherché quelques temps et associés au nom de Sibylle, mais il allait être en sécurité à Magnolia, personne ne le soupçonnerait d'y être. Quant à lui, on ne le verrait probablement même pas. Il avait peu de chance d'être associé à cela, sinon peut-être une Ombre, mais il n'était pas le seul à savoir se faire discret.

Après un souper de volaille, Fragh fonça vers le fort et entreprit de faire le compte. Ayant préalablement retrouvé une esquisse du portrait de Zackeriel, il la lança sous la porte des barrements. Ils ne manqueraient pas de la voir quand le soir tomberait. Il y avait deux gardes supplémentaires devant la prison, et la salle à manger se faisait bruyante, ils mangeaient. Après un bref calcul, il évalua le meilleur moment pour arriver - ils devaient avoir passer par le baraquement afin de voir le signalement de l'ex-brigand. Au retour, il se fit discret jusqu'au campement, où il fit exprès de faire du bruit afin de ne pas surprendre son acolyte et risqué de se blesser - quoiqu'il aurait pu se soigner.

« C'est l'heure. » fit simplement le Maître des potions. Satisfait de le voir près, il prit le temps de vérifier que le campement était à les accueillir à leur retour, et ils filèrent à travers le bois pour rejoindre le fort après plusieurs minutes. La colline donnait une vue parfaite sur les trois établissements. Fragh put constater avec ce qui se rapport un peu à de la joie que les baraquements étaient allumés. Personne ne dormait, mais ils avaient du voir le portrait. Zackeriel serait rapidement reconnu et on lui ferait face en nombre. Sibylle devait croupir dans sa cellule, mais il ignorait si on l'avait placé dans la même que le soir où il était venu, n'ayant pas pu le vérifier sans sonner l'alerte. Après tout, elle avait eu son procès le matin même et serait pendue le lendemain, cela ne faisait aucun doute. De toute façon, elle ne s'était sûrement pas laissée faire et devait être à nouveau au fond dans les cellules pour les plus coriaces.

Le terrain était magnifiquement éclairé et leur permettait de ne pas perdre de vue les rondes des soldats. « Les rondes près de la prison font un changement de soldats tous les vingt minutes. Il y a un deux minutes de flottement où ce sont ceux de l'intérieur qui jette un oeil dehors. Pour l'armurerie, ceux de la prison regardent environ aux cinq minutes. La ronde qui fait le tour du campement prend quarante minutes à le faire, et doit actuellement être derrière la prison. Les soldats sont pas mal tous au baraquements, ce qui laisse votre voie dégagée. Je ne mettrai pas long à provoquer l'alerte, mais attendez le signal d'alerte avant de sortir pour ne pas vous faire saisir. » Fouillant dans sa cape, il en sortit deux flacon. Une fiole qui semblait fort fragile et une plus robuste.

« Ça c'est pour vous. » Fit-il en tendant la plus légère. « Vous devez la lancer pour l'utiliser, elle se brisera et son contenu provoquera des brûlures cuisantes. Idéalement jetez la sur le plafond si l'occasion s'y prêtre. Surtout, n'y touchez pas, et ne touchez pas les gens atteints, si ce n'est de votre épée. Il me faut d'ailleurs celle-ci pour l'enduire du deuxième, qui provoque des paralysie temporaire de deux minutes environ. Mais vous ne devrez surtout pas la remettre dans votre fourreau tant qu'elle n'aura pas été nettoyée. » À ces mots, Zackeriel sembla plutôt perplexe et le regarda d'une drôle de façon. La question sur l'alerte le fit hausser un sourcil. « En effet. » Puis son comparse enchaîna sur le contraste entre la facilité de récupérer l'arme, et la nécessité d'avoir des poisons comme arme. Ses doutes étaient légitimes et, encore une fois, il apprécia qu'il soulève la question, démontrant d'une intelligence qui lui sera nécessaire pour sortir vivant de tout cela.

« C'est gentil de vous soucier de ma situation, Zackeriel. » Commença-t-il, une lueur amusée au fond de ses yeux sombres. « Mais j'ai suffisamment de poison dans mon équipement pour soumettre une armée entière, par toutes les méthodes possibles. Ces précautions sont simplement pour des imprévus. Si jamais un garde décidait de se faire un casse-croûte et sonnait l'alerte, nous serions tous les deux assaillis. Je vous assure que je n'ai pas l'intention de vous faire périr dans cette mission et que je vous viendrai en aide le cas échéant. Voyez cela comme de la prévoyance. Mon plan est sûr. Peu importe comment cela se déroulera de votre côté ou du mien, nous récupérerons ce pour quoi nous sommes venu. » Quelle belle façon de formuler cela. Heureusement, ladite épée était bel et bien dans l'armurerie, et cadenassée. Seulement, elle était aussi dans un socle solide entouré d'un verre qu'il devrait assurément cassé pour atteindre le loquet.

La réponse sembla tout de même le rassurer. « Il faut y aller sinon la ronde sera trop près de l'armurerie. Retrouvons-nous au campement. Je vous rejoindrai. » Puisqu'il était supposé faire diversion, logiquement, le blondinet y arriverait avant lui. Il descendit la côte rapidement et se camoufla dans son environnement. Semblait simplement disparaître dans un fourré et ne jamais réapparaître. Il jeta un oeil pour s'assurer que Zackeriel remplissait sa part du marcher. Dès qu'il s'engouffra dans l'armurerie. Fragh alla vers le baraquement. Il ouvrit à demi la porte et lança : « Il y a quelqu'un qui s'est infiltré dans l'armurerie, je vais voir! » Il referma prestement la porte et se colla au mur pour disparaître. Deux tête surgirent en demandant d'attendre, puis s'élancèrent.

Se dirigeant vers la prison, il se plaça au mur perpendiculaire à la porte et attendit. L'alerte de déclara rapidement, un homme surgit de l'armurerie pour brandir une cloche et y retourner prestement. Le baraquement se vide à une vitesse folle. Quinze soldats pour Zackeriel! Les deux qui faisaient la ronde autour de la prison s'y dirigèrent. Il ne restait donc que celui qui était à l'intérieur et les deux en bas. C'était si facile! Il enduisit son poignard de poison paralysant et se glissa à l'intérieur. À contre-jour des torches il fut repéré, mais avant que le garde ne lui fonce dessus, il bougea fluidement pour entouré son cou de son avant-bras et lui brisé la nuque. Il le déposa au sol sans un bruit et descendit doucement pour les deux gardes en bas des marches.

Les deux de la ronde firent irruption dans l'embrasure de la porte en haut. « C'est Zackeriel des Lames Pourpres! Il faut qu... » Étant repéré, ils s'interrompirent. Un fonça dehors pour sonner l'alerte alors que l'autre dégainait. Sans attendre, il remonta les marches quatre à quatre, alertant les deux gardes tranquillement assis à leurs tables, et planta son poignard dans le pied de celui juste devant lui qui hurla en se penchant et plongea pour rattraper l'autre qu'il plaqua contre le mur avant de lui tordre la nuque. Les deux autres arrivèrent à grand renfort de cris, alertant ceux qui sortaient du baraquement. Sept soldats prirent la direction de la prison. Il pesta et retourna à l'intérieur. Il passa sa lame sur la gorge de celui qui se présenta après avoir habilement éviter son coup d'estoc. La plaie n'était pas profonde, mais gela rapidement sa gorge et il n'arriva plus à respirer.

Il ne s'y attarda pas et fonça vers le deuxième qu'il tenta de pousser dans les marches. Il était habile. Finalement, avec un coup de pied bien placé, il l'envoya dans le mur et passa en trombe devant lui en attrapant ses clés au passage. Évidemment, le soldat le poursuivit. Mais ça l'arrangeait. Il alla droit vers où était la Rose Noire la dernière fois, avec une torche arrachée au passage. Non, pas là. Il l'entendit par contre l'appeler derrière lui. Il fit volte face et soupira de soulagement. Le soldat arriva. Il évita son coup de poing et l'attrapa par le bras en lâchant la torche qui tomba au sol. Avec une poigne qui le planta sur les barreaux, il l'immobilisa en lançant le trousseau à Sibylle. « Fait vite, il y en a d'autres qui arrivent. »
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Zackeriel
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [Zackeriel & Sibylle]   Ven 4 Nov - 11:07

Il scrutait le regard de son comparse et nota bien l’étincelle d’amusement qui y trônait. Bah… il se souciait de lui, c’était vite dit. En fait, la réussite de cette mission dépendait surtout de la capacité de Fraghstoam à ne pas se faire prendre. Zackeriel ne doutait pas de ses capacités, toutefois, personne n’était invincible. L’apothicaire acheva de tenter de le rassurer et déclara qu’il était temps de se mettre en action, autrement, la prochaine patrouille serait trop près de l’armurerie. L’ancien brigand hocha de la tête, puis s’éloigna de son comparse, rabattant son capuchon sur sa tête blonde par le fait même. Il contourna la pente abrupte et repéra, plus loin, une déclinaison douce du terrain recouverte d’arbres. Mieux valait passer par là pour éviter d’être à découvert. Il se glissa donc dans la flore locale, silencieux comme un chat, puis s’approcha du fort. L’assassin avait vu juste : en raison des rondes effectuées et du temps que prenaient celles-ci, le chemin que devait emprunter Zack était complètement exempt d’hommes. Il n’avait aucune minute à perdre! Il détala en direction de l’armurerie, évitant avec soin les cercles de lumières causés par les torches puis se plaqua contre le bâtiment de pierres. Son cœur battait la chamade et une certaine excitation le gagna. Ça faisait si longtemps qu’il n’avait pas trempé dans des activités criminelles du genre qu’il en avait oublié la sensation grisante qui les accompagnait. L’adrénaline découlant du danger était, par le passé, une autre de ses drogues, bien que beaucoup plus naturelle que l’opium.

Doucement, il se glissa jusqu’à la porte, puis tourna la poignée de sa main gantée. Il jeta un bref coup d’œil dans le couloir qui s’étalait devant lui et fut satisfait de réaliser que la voie était libre. Il pénétra donc dans le bâtiment et referma délicatement la porte derrière lui afin d’éviter qu’elle n’émette le moindre bruit. Tout au fond du couloir se trouvait une table, des chandelles et deux sièges vides près d’une autre porte. Sur la surface de bois se trouvait un paquet de cartes laissé en plan et plusieurs parchemins auxquels il ne porta aucune attention. Visiblement, entre leurs rondes, les soldats attribués à la garde de l’armurerie s’installaient là pour passer le temps. Le semi-elfe s’approcha de la porte du fond et tourna la poignée. Devant lui s’étalait effectivement une armurerie surprenante! Ils avaient l’embarras du choix en matière de lames et armes de tout genre! Bien qu’il ait voulu jeter un coup d’œil à tout l’étalage qui s’étendait devant lui, Zack décida d’aller droit au but. L’épée en question se trouvait effectivement au mur tout au fond. Ce dont Fraghstoam avait omis de lui faire mention, c’était que celle-ci était EN PLUS recouverte d’un socle de verre. Bah… Ce n’était pas un problème en soi. Il avait déjà vu pire.

Le brigand s’approcha de l’objet de son désir et observa le coffre transparent. Hmm… C’était un simple socle encastré dans un cadrage de bois. Ça avait l’air solide, mais franchement pas impénétrable. En fait, il suffisait de casser un coin pour fragiliser la structure et avec une pression, elle se délogerait sans problème. Glissant sa main droite à sa ceinture, le semi-elfe sortit une dague qu’il fit pivoter afin d’utiliser le manche comme marteau. Il palpa le coffre transparent et porta son choix sur l’un des coins qui semblait un chouïa moins résistant. Pourquoi? Parce que s’il venait à frapper le milieu de la boîte, le tout éclaterait en mille morceaux et ferait un vacarme d’enfer. Il frappa à trois reprises le coin grâce au pommeau de sa lame courte jusqu’à ce qu’un morceau se déloge. Le reste du verre craqua, mais tint bon. Zack se figea… tendit l’oreille et fut satisfait de ne rien entendre. Il avait encore du temps devant lui, mais il préférait accélérer la cadence. Il rangea sa dague, puis porta ses deux mains gantées au coffre. Bandant ses muscles, il poussa vers le haut et fut satisfait de sentir la structure se déloger de son cadre de bois. Il déposa cette dernière au sol, puis son regard airain scruta le loquet.

Il fut étonné par la simplicité du cadenas. Il suffisait de le crocheter et les chaînes tomberaient d’elles-mêmes. Zack porta une main à sa ceinture et sortir un rouleau de tissu. Il le déroula, laissant des petits outils métalliques à découvert. C’était l’une des rares possessions de son ancienne vie qu’il conservait toujours. Il prit deux ustensiles métalliques et se concentra sur sa besogne alors que l’alerte résonnait à l’extérieur. Fraghstoam accomplissait sa part du marché, à sa grande satisfaction. Il ne lui fallait encore que quelques minutes et il pourrait ensuite lui faire signe par télépathie pour lui dire de foutre le camp. Tout ça était un jeu d’enfants. Un déclic se fit entendre et le cadenas s’ouvrit. Le semi-elfe rangea prestement ses outils, puis détacha le loquet et fit glisser les chaînes. La porte extérieure de l’armurerie s’ouvrit à la volée et une cacophonie de voix envahit rapidement l’établissement. Qu’est-ce que…?!

La garde était là!! Et à entendre les voix qui gueulaient à tous vents, il comprit qu’ils étaient franchement nombreux. L’ancien sous-chef des Lames Pourpres tourna sa tête vers l’épée toujours au mur et songea au fait que son pouvoir lui serait fort utile. Il s’empara donc de celle-ci au moment où les soldats faisaient irruption dans l’armurerie, juste devant lui. « C’est Zackeriel des Lames Pourpres! » Gueula l’un des gardes. Et merde… lui qui s’était fait un point d’honneur de disparaître de la circulation pour qu’on oublie son existence, c’était maintenant foutu. « Il tente de voler la relique du roi Sin! » La relique de… quoi?? Il était en train de voler un objet ayant appartenu au défunt souverain? Le doute commença à planer dans son esprit quant à l’origine de cette mission, mais il n’eut pas tout le loisir de réfléchir, car déjà, le premier garde fondait sur lui. Il para son attaque grâce à l’épée qu’il venait de voler et frappa avec force sur l’arme de son adversaire dans le but de le déstabiliser… et l’homme put encaisser facilement le coup. Mais… mais elle n’avait rien de magique cette foutue lame! Elle devait donner une force surhumaine à son porteur… C’était quoi ce bordel?!

** [Fraghstoam] Ton plan a foiré! Les soldats ont rappliqué. Dépêche-toi de venir me donner un coup de main, ils sont foutrement nombreux! Et ton épée, c’est du toc. Pourquoi avoir menti sur ses pouvoirs et sur son origine?! Ça appartient à la royauté, ça! Ou alors tu es plus crédule que je croyais. Hey? Tu m’entends? **

Aucune réponse. Zack se pencha vers l’arrière pour éviter un coup de lame et se jeta sur le côté, esquivant par le fait même le balancier d’une hache. Les hommes n’en finissaient plus de rappliquer! Allait-il y avoir une fin? Dans leur empressement, les soldats accrochèrent la table à l’entrée et les parchemins s’étalèrent au sol. Le guerrier continua de répliquer avec férocité, déviant les lames qui fondaient sur lui et esquivant les coups qui étaient portés en sa direction. Quelques attaques firent mouche, mais son don d’autoguérison s’occupait de soigner ses blessures pour lui. Levant sa main, il attrapa le poignet d’un soldat et dans un coup sec, rompit l’articulation. Le bougre se mit à crier et lâcha son arme au même moment où l’homme blond lui flanqua son pied dans l’abdomen pour le faire reculer. Zack pivota sur lui-même et remarqua qu’un parchemin avait glissé à ses pieds, face vers le haut. Mais… mais c’était une image de lui! Avec une mention de recherche… Et tous ces autres parchemins déclaraient la même chose… Oh bon sang.

Les morceaux du puzzle s’enfilèrent dans son esprit et il remarqua à peine qu’une partie de ses adversaires sortaient de l’armurerie en pestant. Connaissant la minutie de l’assassin, il n’y avait aucun doute qu’il savait que son portrait avait été distribué aux gardes de ce fort. Mais… il avait disparu de la circulation depuis quelques années, alors pourquoi autant de parchemins se trouvaient-ils en ces lieux, là, maintenant? Comme si on l’attendait… Fraghstoam… savait. Il ne l’avait pas choisi lui pour rien! Ce n’était pas un hasard. Après tout, l’homme devait avoir un réseau de contacts impressionnant et si ce n’était qu’une banale mission, il aurait pu demander à n’importe qui. Or, il était venu le voir lui. Il se foutait de l’épée, il n’était pas venu pour ça. Il l’avait probablement utilisé dans le simple but d’être plus libre de ses mouvements… Tout était clair maintenant. Il n’était qu’un pion. Cette constatation fit naître en lui une cuisante colère qui se refléta jusque dans les traits de son visage. Sans plus attendre, il agrippa la fiole de l’apothicaire et faute de pouvoir la jeter au plafond (trop haut), il la fracassa aux pieds des soldats. Un grésillement se fit entendre et les gardes atteints se mirent à hurler de douleur. Le semi-elfe recula pour éviter d’entrer en contact avec le produit et balaya la pièce du regard. Une autre porte se trouvait tout au fond de l’armurerie et il fondit en sa direction. Il s’arrêta ensuite un instant, puis prit le deuxième flacon et fit glisser le liquide translucide sur sa lame. Au moins, ces mixtures étaient véritables.

** [Fraghstoam] Tu peux m’expliquer ce que mon putain de portrait faisait dans l’armurerie?!! Tu savais qu’ils s’attendaient à ma venue, pas vrai? Sale enfoiré!! Tu m’as jeté dans la gueule du loup! Tu es venu me chercher dans Magnolia SEULEMENT pour m’utiliser et te débarrasser de moi! Eh bien, tu sais quoi?! Ta soi-disant arme magique, je vais te l’enfoncer directement dans le cul dès que je tomberai sur toi, salopard! Et crois-moi, je tiens toujours parole. **

Il allait faire un massacre dès qu’il tomberait nez à nez avec lui. Évidemment, l’assassin évita royalement de répondre à sa provocation, ce qui, au fond, était peut-être mieux ainsi. Zack ouvrit la porte à la volée et s’engouffra dans ce qui semblait être la salle à manger. Les hurlements des soldats derrière lui retentissaient avec force et, rapidement, ceux qui étaient aptes à pouvoir le poursuivre s’élancèrent à sa suite. Le semi-elfe détala entre les grandes tablées puis ouvrit une autre porte qui donna sur une cuisine de bonne taille. Il nota ensuite une sortie vers l’extérieur et se rua sur celle-ci. Une fois dans la nature, il pourrait disparaître de la circulation. Il ouvrit la porte à la volée et s’arrêta net en voyant d’autres soldats l’attendre. Bon sang, ils étaient combien?!! Les voix derrière lui confirmèrent ses doutes : ceux qui n’avaient pas été atteints par la fiole grésillante rappliquaient également. Il était encerclé.

- Vous êtes foutu, Zackeriel des Lames Pourpres, fit l’un d’entre eux qui semblait être leur chef. Rendez-vous et faites face à la justice!

Pour toute réponse, l’homme blond se contenta de cracher au sol. L’un de ses adversaires s’élança vers lui. Il évita son attaque avec facilité et entailla la peau de sa gorge avec son épée. L’homme écartilla les yeux et s’écroula au sol. Un deuxième voulut l’affronter et Zack plongea son épée dans sa cuisse. Le poison faisant effet, le soldat ne sentit bientôt plus son membre paralysé et s’écroula au sol dans un cri de panique. Les coups pleuvaient, mais comme tout être de ce monde, le brigand n’était pas invincible. La fatigue le gagnait alors que ses adversaires, plus nombreux – et tout de même bien entraînés, précisons-le –, gagnaient du terrain. Après de longues minutes à répliquer farouchement et à paralyser tout ce que sa lame arrivait à atteindre, Zack fut finalement désarmé de l’épée de Sin puis plaqué au sol, face contre terre, dans un grognement de colère.

** [Fraghstoam] J’aurai ta peau!! Je me suis déjà évadé des geôles du palais, par le passé, j’y arriverai une deuxième fois, crois-moi!! **

On lui ligota les mains dans les dos et on le rua de coups jusqu’à ce qu’il cesse de bouger, grognant et toussotant. La poigne solide des soldats le souleva du sol pour le forcer à se mettre debout, puis on le poussa sans ménagement afin de le forcer à avancer. Une pensée pour Capucine envahit son esprit et sa gorge se noua. Elle qui croyait à une banale mission… Elle serait en proie à une inquiétude monstre en ne le voyant pas revenir. La mâchoire serrée, il se laissa guider vers il ne savait trop où.

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Sibylle
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [Zackeriel & Sibylle]   Jeu 1 Déc - 16:56

Les heures après le départ de Fraghstoam avaient semblé interminables. Tout d’abord, Sibylle avait dû supporter tous les commentaires dégradants, sexistes, à caractère sexuels et surtout morbides des gardes qui se croyaient bien à l’abri de l’autre côté des barreaux de sa cellule. Bien sûr, ils ne se risquaient pas d’y entrer, ils savaient fort bien qu’ils mourraient, même si elle était blessée, affamée et terriblement affaiblie. Ainsi, la jeune femme se contentait de garder la tête haute, sans répliquer à leur provocation, se jurant mentalement qu’ils périraient tous de sa main au moment où on la sortirait de cette foutue cage. Ses deux compagnons de cellule étaient toujours en vie, heureusement pour eux, ils avaient compris qu’il ne fallait pas la provoquer et, même s’ils avaient été soudoyés par les gardiens, aucun d’eux n’avait voulu s’en prendre à elle, sachant pertinemment qu’ils n’étaient pas de taille. Après tout, ils n’étaient que des vauriens de petite envergure, des voleurs, des pilleurs rustres et très peu subtils sans aucune expérience majeure dans le meurtre, la ruse ou bien dans les meilleures façons de torturer un homme sans le tuer. L’un des gardiens, dans un quelconque moment d’insanité, avait même tenté de lui faire une offre qu’il avait décrite comme « avantageuse ». La proposition était simple, elle passait la nuit avec lui, complètement à sa merci et il la délivrait. La Rose Noire n’était pas dupe. Elle savait fortement que le gardien n’avait absolument aucune autorité pour la faire sortir et à la vue de ses comparses qui la lorgnait de l’oeil « complètement à sa merci » signifiait à la sienne et également à celle de ses compagnons. L’assassin lui avait alors adressé un regard langoureux, tout en se mordillant la lèvre inférieure, lui disant que s’il jurait de la faire sortir, elle l’autorisait à venir profiter d’un petit avant-goût de ce que sa nuit pourrait être. Ce disant, elle dénuda son épaule droite, tout en lui faisant signe de s’approcher des barreaux. L’homme approcha, témoignant ainsi de l’étendue de sa stupidité, et posa une main sur l’une des barre du cachot et approcha l’autre de la poitrine de la meurtrière. Vive comme l’éclair, elle s’empara de cette main beaucoup trop aventureuse et cassa un à un les cinq doigts, avant de rompre le poignet. L’homme hurla de douleur, alors que ses compagnons tentaient de le tirer vers l’arrière. Lorsqu’elle eut terminé, elle le relâcha, un sourire sadique aux lèvres, et s’approcha une fois de plus des barreaux. « Peut-être qu’un autre d’entre vous veut tenter une autre proposition vulgaire? Je meurs d’envie de tuer quelqu’un! » Tous s’éloignèrent, la traitant de tous les noms. Elle retourna s’asseoir plus loin, essayant de grimacer le moins possible en raison de la douleur que provoquait sa cheville. Elle n’avait pas repris de la potion que l’Ombre lui avait donnée. Elle la gardait pour sa libération. Il viendrait la libérer. Il avait dit qu’il reviendrait.

Le jour de son procès, une armée – sans aucune exagération, ils étaient environ une vingtaine à l’attendre à l’extérieur de sa cellule – vint l’escorter jusqu’au lieu où sa sentence devait être donnée. On appelait cela un procès, mais Sibylle savait pertinemment qu’elle n’aurait aucune chance de se défendre. On voudrait seulement essayer tant bien que mal de la rabaisser, de l’humilier et on prononcerait sa sentence. La mort. Sans doute serait-elle torturée également. Une mort propre et rapide, on n’offrait pas cela aux assassins. Encore moins aux assassins dont les cibles faisaient partie de la noblesse. Ainsi, alors qu’ils dégainaient tous leur épée, celui qui semblait être le chef lui ordonna de se lever et d’approcher lentement. Si elle tentait quoi que ce soit contre l’un des gardes, il la transpercerait. N’étant pas assez idiote pour tenter quelque chose seule contre vingt lames, elle se contenta d’un sourire coquin et se dirigea vers le capitaine. « Je suis certaine que même le roi ne sort pas de son château avec une escorte aussi grosse. » Le capitaine la poussa dans le dos, la forçant à avancer. « C’est parce que le roi n’est pas aussi dangereux que toi, sale pute de meurtrière. » Elle se retourna vers lui, approchant son visage du sien, alors qu’elle sentait les pointes des épées dans son dos. « Je ne suis pas certaine qu’il apprécierait ce commentaire. » Le chef des gardes la gifla alors violemment en lui intimant de se taire. L’assassin resta de glace, même si la violence du coup lui avait fait terriblement mal. Après tout, on ne lui servait qu’un repas par jour – du pain à moitié pourri –, elle était blessée et fatiguée, ne dormant presque pas. « Quand je sortirai d’ici, je te trouverai. Et je te tuerai, lentement, pour que tu souffres et que tu me supplies de mettre fin à tes jours. » Il ne lui répondit pas, la poussant une fois de plus pour la forcer à avancer. Intérieurement, elle pria pour que Fraghstoam revienne vite. Sa soif de sang revenait et, elle devait se l’admettre, elle n’était pas du tout prête à mourir, encore moins tuée comme un animal dans une arène.

On la poussa dans un carrosse, son procès ayant lieu dans la demeure résidant non-loin de la prison. On lui avait bandé les yeux on l’avait ligotée fermement. Lorsque la meurtrière revit enfin la lumière, elle était dans une salle bondée de monde, attachée à une chaise en plein centre, devant une table longue à laquelle étaient assis six hommes qui la regardaient en souriant. Elle les connaissait tous, de noms et de vue bien sûr, bien qu’eux ne l’aient jamais rencontré personnellement. Enfin, pas sous le nom de Lady Sibylle. Ils avaient tous rencontré l’un ou l’autre de ses personnages. L’un des hommes se trouvant assis au centre de la table se leva et l’assemblée se tut. « Femme. Vous êtes ici pour faire face aux nombreuses accusations de meurtres dont on vous accuse. Vous y serez jugez et une sentence sera prononcée. Nous vous connaissons sous le nom de la Rose Noire, un assassin de luxe tuant des nobles pour d’autres nobles. Quel est votre véritable nom? » Un sourire se dessina sur les lèvres de Sibylle. « Oh, êtes-vous seulement en train de prétendre que vous jugez une femme dont vous ignorez complètement le nom? » Elle éclata de rire. Bien sûr qu’ils ne savaient pas son nom. Elle ne le révélait jamais. Seules quelques personnes sur le continent connaissaient son véritable prénom. L’homme exigea qu’elle réponde. « Très bien. Je suis Lady Anne, comtesse de La Feyre, ou bien Lady Constance, femme de Jérémy, marchand de joailleries ou peut-être Lady Marguerite, cousine du roi Edgar par sa mère. Je peux être aussi Lady Catherine d’Alombria, amante du prince Caïus, enfin, vous voyez où je veux en venir. Prenez le nom qu’il vous plaît le plus, puisque cela semble indispensable de nommer une condamnée. » La Rose Noire n’avait aucune intention de leur donner satisfaction en leur révélant son vrai nom. Même sous la torture elle ne plierait pas.

L’homme enchaîna en lui posant plusieurs questions auxquelles elle répondit vaguement, provoquant la colère des gens dans la salle. Si c’était des aveux qu’ils voulaient tirer d’elle, ils allaient être déçus. Elle était beaucoup trop fière pour leur donner ce qu’ils voulaient absolument. On la menaça de la torturer physiquement et psychologiquement, de lui couper la nourriture et de tout ce dont ils pouvaient penser, mais rien ne changea. Elle se contenta de quelques réponses plutôt abstraites. Au bout de ce qui semblait une éternité, les six hommes se levèrent. « Vous, la femme qui se fait communément appeler la Rose Noire, vous êtes reconnue coupable de plusieurs meurtres dans la noblesse du continent et également d’avoir volontairement refusé de vous confesser dans le cadre de ce procès. Vous serez donc condamnée à la torture, pendant laquelle vous nous supplierez de mettre fin à vos jours, puis vous trouverez la mort au bout de la corde. Cela aura lieu demain, lorsque le soleil aura atteint son zénith.» Son escorte s’approcha ensuite d’elle, détacha ses liens qui la retenaient à la chaise et la ligota de nouveau pour ensuite lui bander les yeux. Lorsqu’on la raccompagna dans sa cellule, les gardes s’assurèrent qu’elle était bien embarrée avant de la narguer quant à l’imminence de sa mort. Elle ragea intérieurement. L’un des deux prisonniers qui restaient s’approcha alors. « Hey chérie, tu veux une dernière baise avant de mourir? J’serai gentil avec toi. » Voyant noir, elle s’approcha de lui, faisant fi de la douleur de sa cheville enflée et cassée, et plaça son bras autour de son cou, appliquant une pression pour qu’il manque d’air. Lorsqu’elle sentit la vie le quitter, elle le libéra et se retourna vers son dernier compagnon de cellule, qui leva les mains en signe de reddition. « J’ai rien dit moi. J’veux juste pas mourir. » Les supplications ne valaient rien, la soif de sang venait de monter et elle ne se contrôlait plus. Elle s’approcha du pauvre homme et, comme elle l’avait fait à plusieurs reprises depuis son arrivée, elle lui brisa la nuque. Elle était désormais seule.

Alertés par le vacarme, les gardes arrivèrent et, à la vue des corps sur le sol, décidèrent qu’il fallait la freiner. Ainsi, avec mille précautions, car il était évident qu’elle ne serait pas coopérative, ils la déplacèrent de cellule, la menant vers celle de l’autre côté de la pièce où l’on trouvait diverses chaînes reliées au mur. On lui attacha les poignets, les jambes et même le cou. Ainsi liée, elle ne pourrait plus rien commettre. On prit également soin de changer les prisonniers de cellule, afin qu’elle se retrouve toute seule. Broyant du noir, elle ne pouvait qu’espérer que Fraghstoam se pointerait avant son exécution.

***

Ce fut un vacarme plutôt différent de celui qui régnait normalement dans la prison qui lui fit comprendre que quelque chose se passait. Fraghstoam. Il était là! N’hésitant pas, elle plongea sa main dans l’un des plis de sa robe et trouva la petite fiole que le maître des Potions lui avait donnée. La débouchant avec ses dents, elle prit quelques gouttes, espérant que cela lui permettrait de sortir en faisant le plus de carnage possible. Il se dirigea vers son ancienne cellule. Elle l’appela, afin qu’il sache qu’on l’avait changée de place. Quelques instants plus tard, l’Ombre apparut devant sa cellule, lui balançant un trousseau de clés qui tomba juste devant elle. Sibylle tenta de s'en saisir, mais malheureusement ses mouvements étaient restreints en raison du peu de d'espace que lui permettait ses chaînes. « Et comment suis-je supposée me libérer avec un trousseau de clés hors d'atteinte? » Cela semblait peut-être un peu dur comme commentaire, mais elle détestait être ficelée à un mur pendant que celui qui avait été son amant était le seul à s'amuser. Bien sûr, fidèle à son efficacité légendaire, Fraghstoam crocheta la serrure, attrapa le trousseau de clés et entreprit de la libérer rapidement. En guise de remerciement, elle lui souffla un baiser et se rendit jusqu'à la porte. Un homme arriva au pas de course dans sa direction et elle n'eut qu'à l'agripper par les épaules pour le forcer à se cogner la tête violemment contre les barreaux. L'homme tomba, complètement assommé. Elle contourna la porte rapidement et prit la dague qui pendait à la ceinture de l’homme, avant de lui plonger dans la gorge. L’assassin se retourna vers le mercenaire. « Je veux mes armes. Et je te jure, n’essaie pas de me convaincre de partir pendant que tu te charges du reste, tu ne réussiras pas. »  Son compagnon lui signifia que ses armes étaient à l’étage et, avant même qu’il ne puisse protester, elle se dirigea vers l’escalier. La potion commençait à faire effet et elle ne sentait presque plus la douleur de sa cheville.

L’Ombre prit cependant les devants pour les mener à l’étage puisqu’il connaissait le chemin. Ils rencontrèrent quelques assaillants sur leur chemin, desquels ils se débarrassèrent rapidement. Tous ceux que Fraghstoam écorchait de sa lame se retrouvaient incapables de bouger. Sibylle n’était pas aussi douce, n’hésitant pas à tuer tous ceux qu’elle rencontrait, ayant une très puissante soif de sang à étancher. Ils arrivèrent enfin à l’endroit où on gardait les effets personnels des prisonniers. Quelle ne fut pas sa joie de trouver ses étuis et ses poignards, en plus de ses broches pour les cheveux, dans lesquelles se trouvaient de petites lames dissimulées. La Rose Noire se dépêcha d’attacher ses étuis de taille, ceux à ses poignets, ceux à ses cuisses et elle mit ses bottes dans lesquelles elle inséra les quatre dagues qui devaient s’y trouver. « Je veux que tu me laisses le capitaine. Je lui ai promis une mort souffrante et je veux m’assurer qu’il l’aura. » Alors qu’elle finalisait de mettre ses broches dans ses cheveux, qu’elle venait de changer de couleur pour un roux flamboyant, elle se retourna vivement vers son compagnon. « Au fait, qui es-tu allé chercher comme renfort. Il n’y a personne avec toi. À moins que la raison pour laquelle il y a si peu de garde, c’est parce que quelqu’un les occupe plus loin? » Elle s’approcha de lui. « Qui serait assez fou pour se lancer dans une telle mission-suicide? »
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Fraghstoam
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MessageSujet: Re: Retrouvailles [Zackeriel & Sibylle]   Jeu 8 Déc - 20:01

La voix désagréable de Zackeriel résonnait dans son crâne, tonnant rageusement que c'était du toc et que Fraghstoam était soit un menteur, soit un imbécile. Le mieux pour lui était de l'ignorer. De toute façon, Sibylle requérait son assistance. Non, mais c'est qu'elle n'était que trop enchaînée! Il faisait noir, il n'avait pas distingué tout de suite à quel point ses mouvements étaient restreints. Ce fut donc dans un sursaut d'irritation qu'il réagit à sa somation, brisant la nuque du soldat entre ses mains et sortant ce qu'il fallait pour ouvrir la cellule et de la libérer. Quelle perte de temps... il aurait du réfléchir plus vite. Cette idée de traîner près d'elle aussi! Elle lui faisait perdre la raison, c'était d'un ridicule... attrapant le trousseau qu'il avait lancé, il agita les clés en cherchant celles qui concordaient avec les serrures et entrepris de la libérer, masquant le trouble qu'elle provoquait chez lui. Plusieurs années s'étaient écoulées, et comme toujours, il ne pouvait pas oublier ce regard, mais encore moins depuis leur dernier contact... il dut se retenir de ne pas attarder sa main sur sa peau alors qu'il lui retirait les bracelets métalliques.

Ce qui était sûr, c'est qu'elle ne perdait pas de temps. L'assapothicaire demeura un instant en suspens, après qu'elle lui eut souffler un baiser, pour la voir s'éloigner et tuer un homme, dans le temps qu'il fallait pour le dire. Bon... il ne lui restait plus qu'à faire de même. Elle avait du mal à marcher, sa cheville devait être dans un piteux état, et elle avait maigris. Ce genre de détail ne pouvait pas vraiment lui échapper. Roulant des yeux, Fragh sortit de la cellule et avança vers la sortie. Évidemment qu'il n'essaierait pas de la convaincre. De toute façon, il ne la laisserait pas partir seule, un plan qu'elle se fasse prendre plus loin... ce serait du beau gaspillage. Il espérait seulement que Zack allait s'en sortir en vie, sinon il pouvait dire adieu à Capucine pour les herbes, plantes et racines. « Les armes sont au deuxième... » et elle partait déjà. Il retint un soupir exaspéré. Il n'était pas tombé sur la dame en détresse la plus facile à sauver. Ne pouvait-elle pas y aller doucement? Il allait devoir l’amputer, si ça continuait comme ça...

Il n'eut pas le temps de la retenir ou de protester qu'un nouveau message télépathique lui parvint. Ah, il avait vu les affiches... Mais il avait mal compris le but de la manoeuvre. Il était supposé s'en sortir indemne. Il n'était qu'une diversion, son but n'était pas de s'en débarrasser. Mais bon, cela ne pouvait être éclaircit pour l'instant, ne possédant pas ce don. L'Ombre suivit plutôt la Rose Noire dans l'escalier, en se disant que jamais l'ancien mercenaire n'arriverait à mettre sa menace à exécution. Il la devança et prit rapidement le second escalier. Rapidement, d'autres soldats vinrent à eux. Dans un synchronisme surprenant, ils en attrapèrent chacun un pour lui briser la nuque, puis se retournèrent. Le court combat qui suivit fut particulièrement sanglant, mais dans un harmonie surprenante pour deux assassins solitaires. Ils travaillent bien ensemble, comme s'ils étaient connectés. Chose à laquelle il ne désirait même pas réfléchir. Ce n'était pas envisageable. La seule connexion qu'il avait, c'était ce poignard dans sa main qu'il glissait aisément sur les ennemis. Sibylle les achevait rapidement, sans se retourner.

Ils atteignirent enfin la salle des biens des prisonniers. Il s'appuya au cadrage de la porte pour observer le couloir et ne pas se retrouver piéger, et ne put s'empêcher d'observer la jeune femme qui remettait son équipement d'un oeil discret. « À ta guise. » fit-il simplement, en réponse à sa semaine concernant le capitaine. Il devait être du côté de Zackeriel par contre. Sa question le surpris et il haussa un sourcil. « Renfort? Je n'avais besoin que d'une diversion. Maintenant, partons. » D'ailleurs, au même moment, cette fameuse diversion résonnait à nouveau d'une voix rageuse dans sa tête. Sortant dans le couloir, il jeta un oeil par une fenêtre et avisa qu'on mettait le renégat au sol pour le ligoter. Et merde, ils allaient venir par ici. « Ils viennent par ici, il faut disparaître. » Il descendit rapidement les marches, sachant que la Rose Noire allait le suivre sur sa cheville blessée. Ils sortirent prestement et il lui attrapa le bras pour la tirer sur le côté du bâtiment et la plaquer au mur.

Des cris lui confirmèrent qu'on les avait vu. « Ne bouges pas. » lui murmura-t-il en mettant son index devant son masque, vis-à-vis sa bouche, pour lui signifier de garder le silence. Il pointa l'endroit où les gardes allaient apparaître et disparut dès qu'elle eut tourné le regard. Ainsi, lorsqu'elle ramena son regard sur lui, elle ne le voyait pas. Il utilisait sa capacité de camouflage, mais tous deux savaient qu'elle avait conscience qu'il était encore quelque part non loin. Six soldats surgirent, il entendit Zackeriel pesté jusqu'ici. Les insultes télépathiques le déconcentraient un peu. Il inspira profondément. Lorsque trois hommes, après une certaine hésitation - elle avait fait sa réputation déjà! - avancèrent vers elle, il les contourna, pas inquiet du tout pour ses capacités à s'en débarrasser, et alla directement vers les trois autres. Surgissant comme de nul part derrière eux, il entaille la nuque de l'un d'eux, la gorge de l'autre, et dut se battre quelques secondes au corps à corps avec l'autre.

Reculant vers le devant de la prison, l'Empoisonneur masqué attrapa de tout petit couteaux dans une pochette de sa cape et les lança. Ils plantèrent dans les hommes qui entouraient le blondinet. C'est qu'il y en avait des hommes aussi... Quatre étaient tombés au sol. Dans un mouvement fluide, il attrapa celui qui tenait son « allié » et le fit rapidement lâché pour le balancer dans un mouvement fluide par-dessus son épaule. « Ce n'est pas ce que vous croyez. » lança-t-il à l'intention de Zackeriel. En partie, oui. Il l'avait utilisé, mais il n'avait pas l'intention de le laisser se faire prendre. « Venez. » fit-il à l'homme affaibli par la fatigue. Il avait le choix entre se battre avec les gardes ou le suivre... Au détour du mur, Sibylle apparut. Fraghstoam la poussa devant, ce n'était pas le moment des joyeuses retrouvailles avec ces deux là qui ne pouvaient, de toute évidence, toujours pas se sentir. Une dizaine de gardes aux trousses, ils s'enfoncèrent dans le bois. Mais ce n'était pas donné.

La rouquine flamboyante perdit l'équilibre et Fragh pesta. « Tu devrais économiser cette cheville si tu veux survivre et ne pas te la faire amputer... » marmonna-t-il en lui tendant la main pour l'aider à se relever. Il ignora le commentaire désobligeant du troisième joyeux lurons. « Ce n'est vraiment pas le moment si vous voulez vous en sortir vivant. » répliqua calmement l'assassin de sa voix chaude. Il planta ses iris foncés dans ceux de son partenaire. « Vous retournerez à... là-bas. Mais en ce moment vous ne tiendriez même pas à cheval. »

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [Zackeriel & Sibylle]   Ven 16 Déc - 11:25

Il eut la mort dans l’âme l’espace de quelques instants. Le temps que l’image de sa bien-aimée se dessine et se dissipe de son esprit. Après quoi, il serra sa mâchoire et il sentit une colère bouillante le saisir aux tripes malgré la fatigue. Il fallait croire qu’il avait encore suffisamment d’énergie pour opposer résistance et pour injurier ses adversaires! Ainsi, Zack se mit à se débattre comme un diable dans l’eau bénite malgré ses mains ligotées dans son dos. « Lâchez-moi, espèces de couillons!! Si vous croyez que je vais me laisser faire, eh bien, vous pouvez vous foutre un doigt profondément dans le cul! Ôtez vos sales pattes de moi! RAH!! » Évidemment, son manque de coopération lui récolta un solide crochet du droit directement dans l’abdomen, ce qui lui fit perdre son souffle, momentanément. Sous l’impact, le semi-elfe se plia vers l’avant et toussota pour reprendre son air. C’est alors qu’il sentit ses geôliers se raidir. Que se passait-il? Il leva lentement la tête, sa vision étant légèrement embrouillée par sa coiffe défaite, des mèches blondes rebelles tombant sur son visage. La moitié des hommes qui étaient chargés de l’escorter se détachèrent de la garnison pour s’éloigner vers un bâtiment tout près qui semblait être son point de destination. Visiblement, ils avaient vu un truc suspect… Cet enfoiré de Fraghstoam, peut-être? Ce traître avait intérêt à le sortir de là au plus vite, sinon il allait amèrement regretter le jour où il était venu quêter son aide en Magnolia!

** [Fraghstoam] Espèce de salopard, j’espère que tu ne comptes pas fuir comme ça en me laissant derrière, parce que crois-moi, je te le ferai payer très cher! **

Puis, la suite se déroula vite. Beaucoup trop vite pour qu’il puisse saisir toute l’étendue de ce qui s’était produit. Ou peut-être que la fatigue était en cause? Possiblement… c’était un élément à ne pas négliger. Le fait est que, dans un éclair de rapidité, de minuscules poignards fusèrent en direction des soldats qui maintenaient l’ancien brigand. Les lames se fichèrent dans leur chair avec une précision surprenante, les forçant à s’écrouler au sol. Zack n’eut pas le temps de réagir que l’homme qui maintenait sa poigne sur lui fut déstabilisé avant d’être balancé lourdement au sol par nul autre que l’apothicaire lui-même. Ce fut plus fort que lui, le fils du duc de Shola le foudroya du regard. C’était bien parce qu’il était ligoté – les deux bras dans le dos – qu’il ne tenta pas de le ruer de coups, autrement, il aurait eu beaucoup de mal à se contenir. Bon, après… il commençait à manquer cruellement d’énergie, également. L’assassin tenta de se justifier en prétendant que « ce n’était pas ce qu’il croyait », réplique à laquelle le blondinet décida de ne pas répondre. Les chances qu’il l’invective, là, maintenant, étaient trop élevées, alors il préféra se taire, pour une fois. Le traître lui somma de le suivre et Zack obtempéra, ne voyant pas d’autres solutions plus satisfaisantes pour le moment.

Les deux hommes s’élancèrent donc en direction de la prison et contournèrent le bâtiment pour se subtiliser à la vue des renforts qui allaient arriver d’un moment à l’autre. Quelle ne fut pas sa SURPRISE que de tomber nez à nez avec une Sibylle plutôt amochée!

- Tu n’es pas sérieux?! S’exclama-t-il à l’intention de Fraghstoam malgré lui en toisant la femme rousse qui, visiblement, avait passé un bien mauvais séjour. Tu m’as leurré simplement pour lui venir en aide à elle?! Quelle mauvaise blague!

Évidemment, le semi-elfe aux cheveux cuivrés coupa net la discussion puisque, déjà, une dizaine de soldats partaient à leurs trousses. Le trio détala sans demander son reste, gravissant le flanc le moins abrupt de la colline et s’enfonçant dans la forêt qui entourait le fort. Évidemment, ils n’étaient pas sortis du bois [DUM DUM TSS], mais ils avaient déjà plus de chances de s’en sortir. Malgré la fatigue, Zack puisa dans ses réserves d’énergie pour augmenter la cadence, passant près de trébucher à quelques reprises. Il fallait dire que, les mains ainsi ligotées dans son dos, il ne pouvait pas utiliser ses bras pour s’agripper ou pour garder son équilibre. Des bruissements de feuillage derrière lui se firent entendre. Instinctivement, le semi-elfe se retourna pour constater que Sibylle avait trébuché. Fraghstoam se dépêcha de l’aider à se relever, et de par son commentaire, l’ancien brigand comprit qu’elle avait une cheville fracturée.

- En plus, c’est un boulet! S’exclama-t-il dans toute sa frustration.

Il n’eut pas le temps d’en dire davantage que l’assassin lui coupa la parole. Il n’avait visiblement pas envie de se coltiner une altercation… mais de toute façon, ils n’iraient pas bien loin à voir l’état de la femme indésirable. L’apothicaire planta son regard dans les iris airains de Zack et lui assura qu’il retournerait en Magnolia en temps et lieu. Oh, il y comptait bien. Il y arriverait facilement, sans son aide qui plus est. Le trio se remit en route, puisque les voix des soldats se rapprochaient. Évidemment, au bout de plusieurs mètres, Sibylle trébucha à nouveau – malgré l’aide de Fragh –, ce qui, somme toute, était normal vu sa cheville massacrée. Bon… il fallait être honnête, il était probablement le seul à pouvoir faire quelque chose dans l’immédiat. Certes, il était éreinté, mais il pouvait grandement améliorer la condition de l’assassin. Le hic était qu’il n’en avait aucunement envie. Mais il devait se rendre à l’évidence, elle les ralentissait et il n’avait pas l’intention de se faire pincer par sa faute. Il poussa un soupir d’exaspération malgré lui.

- Fraghstoam, détache-moi. Je peux régler ça, ou du moins, améliorer la situation, fit-il en désignant du menton la jambe de l’assassin. Eh oh, je ne parle pas de lui couper la jambe. Ne me regardez pas comme ça! Mais je peux la guérir. Du moins, je peux faire de mon mieux pour améliorer son état. Évidemment, Sibylle ne sembla pas lui faire confiance et, en temps normal, elle aurait eu raison. Allez, magnez-vous, on n’a pas que ça à faire, attendre une intervention divine!

Pivotant sur lui-même, le guerrier désigna ses bras ligotés et attendit que l’Ombre daigne enfin couper les liens. Une fois la besogne accomplie, il secoua ses bras pour améliorer la circulation sanguine, puis s’approcha de la jambe de la femme blessée. Évidemment, il reçut un regard de mise en garde de plein fouet et l’ignora royalement.

- Je vous assure, Sibylle, ça ne me fait pas plaisir non plus. Mais il est hors de question que je crève ici parce que votre cheville est cassée.

Une fois la portion blessée à découverte, le semi-elfe y glissa ses mains, à quelques centimètres de la peau et se concentra malgré les cris lointains des soldats qui les cherchaient avec ferveur. Une douce lumière blanche jaillit de ses paumes et son pouvoir s’afféra à guérir la blessure. Le semi-elfe suait à grosses gouttes, puisqu’il était déjà crevé d’avance. Si le plus gros du travail fut effectué, il ne put terminer complètement la besogne, de sorte que la cassure resterait sensible et serait encore douloureuse en cas d’impact ou si Sibylle y mettait trop de poids. Évidemment, il y avait une grande amélioration avec l’état précédent. Toutefois, la possibilité d’une nouvelle fracture était bel et bien présente, donc il fallait doubler de vigilance.

- Je ne peux pas faire mieux, fit-il avec un air fatigué malgré lui. Je suis trop crevé, alors c’est mieux que rien. Maintenant, debout, il faut foutre le camp. Et dès que nous les aurons semés, croyez-moi, je vous abandonne et je retourne chez moi en quatrième vitesse.

Le guerrier se releva et pinça l’arête de son nez, entre ses sourcils. Il venait d’avoir un vertige et il se sentait si las. En fait, il doutait même que son pouvoir d’autoguérison ne puisse s’activer en cas de blessure. Il avait trop pressé le citron. Malgré tout, il se remit en route, suivant les assassins qui ouvraient maintenant la marche. Leur fuite dura pendant un bon moment, le trio louvoyant dans la forêt afin de s’assurer de semer leurs poursuivants. Au bout d’un moment, ils réalisèrent qu’ils ne percevaient plus les soldats sholiens, ce qui était un bon point en soi. Ils se dirigèrent vers le campement qu’ils avaient laissé plus tôt et sans attendre – malgré son chancellement –, le blondinet se dirigea vers son étalon. La voix masculine de son compagnon de route le héla et Zack jeta à peine un coup d’œil par-dessus son épaule, s’affairant malgré tout à seller la bête.

- Ce que je fais? Je joue une partie d’échecs, ça se voit bien! S’écria-t-il d’un ton totalement cynique. Je fous le camp! C’est ce que j’avais dit que je ferais, pas vrai? Il est hors de question que je reste ici une minute de plus. Il s’appuya sur l’étalon l’espace d’un instant. Contrairement à ce que tu sembles croire, Fraghstoam, je n’ai franchement pas besoin de toi ou de ton aide. Je me suis déjà sorti seul de situation plus merdique que ça, alors fous-moi la paix.

Envolé les manières amicales et la sympathie qu’avait éprouvé Zack à son égard. En fait, il n’avait qu’une idée, ne plus revoir sa tronche… Ou encore lui foutre solidement son poing sur la gueule, mais il était franchement trop las pour ça, en ce moment. Il allait se rependre plus tard, si un jour leur route se croisait à nouveau.

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MessageSujet: Re: Retrouvailles [Zackeriel & Sibylle]   Ven 13 Jan - 20:33

Une fois ses précieuses dagues toutes bien en place dans leurs étuis, Sibylle se sentit à nouveau complète. Non pas qu’elle était incapable de tuer sans elles - elle avait su le prouver à de nombreuses reprises -, mais il était tellement rare qu’elle s’en départissait pendant une aussi longue période. Sauf une fois, il y a trois ans, dans une cabane perdue au fond de la forêt de Shola ... Et il se trouvait que cette personne, qui lui avait complètement fait oublier son âme de meurtrière pendant une semaine, se trouvait maintenant à ses côtés et était l’auteur de sa libération de surcroit. Définitivement, ils n’avaient pas la même définition de « nous ne nous reverrons plus jamais. » Toutefois, l’assassin ne pouvait pas se plaindre. Sans lui, elle serait probablement morte au bout de la corde. Alors qu’elle venait tout juste de glisser sa dernière arme dans un étui qu’elle portait à la cuisse, sous sa robe – qui était en lambeaux, ce qu’elle regrettait. Elle donnerait tout pour un bon bain et une robe extravagante et propre - , Fraghstoam répondit à sa question. Ainsi il n’y avait pas de renforts de prévu, seulement une diversion. La question demeurait tout de même. Qui était assez fou pour se jeter dans la gueule du loup et créer une diversion pendant qu’on libérait la prisonnière la plus dangereuse de l’établissement? Avait-il réussi à trouver quelqu’un d’aussi recherché qu’elle? Si oui, il avait fait fort. L’Ombre décréta qu’il était temps de partir. Ainsi, après avoir jeté un coup d’oeil dans le couloir et par la fenêtre, il lui annonça que la garde venait dans leur direction. Il fallait foutre le camp au plus vite. Comme le Maître des Potions semblait savoir où il allait, la Rose Noire le suivit dans l’escalier sans hésiter. Ce n’était pas du tout son genre de faire aussi facilement confiance à quelqu’un, mais après tout, son ancien amant venait de risquer sa propre vie pour lui éviter la potence.

Sibylle ignorait combien de temps durerait la potion de Fraghstoam. La dernière fois, l’effet avait duré assez longtemps, mais elle n’avait pratiquement pas utilisé sa cheville. Cette fois, elle en abusait abondamment. Pour l’instant, la douleur était supportable, mais il était bien évident que les effets s’estomperaient plus vite que tard. Alors qu’elle atteignait qui menait à l’extérieur de la bâtisse, le mercenaire lui tira le bras pour la tirer sur le côté et la plaqua contre le mur, l’intimant de ne pas bouger et de son index il lui signifia qu’elle devait garder le silence. Comme si elle n’avait pas compris. C’était sa vie qui était en jeu, elle ne prenait pas cela à la légère. Ses commentaires pourraient attendre à plus tard. Toujours en silence, l’apothicaire lui signifia d’où viendraient leurs assaillants et quand elle voulut croiser son regard pour lui dire qu’elle avait compris, il avait disparu. La jeune femme soupira. Les Elfes et leur pouvoir de camouflage, toujours à faire les plus malins. Bien sûr, elle savait qu’il n’était pas du tout dans la personnalité de l’Ombre de « faire le malin ». Après tout, elle n’avait pas vraiment à se plaindre, grâce à son pouvoir, elle pouvait aussi, d’une certaine façon, se camoufler.

Six hommes surgirent du coin du bâtiment dans leur direction. Trois se dirigèrent vers elle, non pas avoir hésité quelques temps, ce qui provoqua un sourire coquin sur les lèvres de la Rose Noire. Décidément, ils avaient été informés de ses meurtres à mains nues. Les trois autres hommes semblaient chercher une autre personne, sachant pertinemment que leur prisonnière n’aurait pas pu s’échapper sans une aide extérieure. Sachant très bien que Fraghstoam s’en chargerait, elle dégaina donc les deux dagues qui reposaient à sa taille. Elle devait minimiser ses efforts, sa cheville commençant à élancer. Pendant qu’ils la narguaient, de l’autre côté des barreaux de sa cellule, Sibylle avait eu le temps d’étudier leur uniforme et d’en trouver les points faibles. Ainsi, il y avait une ouverture à la base du cou, ainsi qu’une, plus petite, au niveau des épaules. Confiante en ses capacités, l’assassin lança rapidement sa première dague dans le cou du soldat le plus proche et fit de même avec le deuxième. Le dernier soldat approchait trop rapidement, elle n’aurait pas le choix de l’affronter au corps à corps. La jeune femme évita donc un coup d’épée en s’accroupissant. Ce faisant, elle retira une dague d’une de ses bottes et se releva promptement. L’homme savait qu’il ne devait pas la laisser s’approcher trop près, ainsi il donnait de grands coups d’épée pour la tenir à distance. Si elle n’était pas pressée, la Rose Noire aurait simplement attendu qu’il se fatigue. Mais sa cheville ne lui permettait pas de danser avec lui, alors elle devait trouver une solution hâtivement. Il fallait donc tenter le tout pour le tout. Entre deux grands mouvements de lame, elle se glissa entre les deux bras du garde et sans même sourciller, elle lui planta sa dague dans le coup. L’homme s’écroula sur le champ, comme une poupée de chiffon aussitôt qu’elle retira la lame. Le plus vite qu’elle put – la douleur de sa cheville commençait à se manifester de plus en plus – elle alla récupérer ses deux poignards qui logeaient dans le cou de ses adversaires et se retourna vers Fraghstoam pour la suite du plan.

Cependant, ce dernier avait disparu de son champ de vision. Ses adversaires reposaient sur le sol, ce qui lui laissait croire qu’il était en train de venir à la rescousse de « la diversion ». Ne voulant pas qu’on la laisse derrière, Sibylle se dirigea vers l’angle du mur et qu’elle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle tomba presque nez à nez avec Zackeriel. Non, mais c’était assurément une blague. Fraghstoam ne pouvait pas vraiment avoir apporté cet avorton pour venir la sauver? S’ils s’en sortaient vivants, cela ferait en sorte qu’elle aurait une dette envers lui. Cette seule pensée lui donna envie de vomir. Bien entendu, complètement fidèle à lui-même, le blondinet lâcha l’un de ses commentaires typiques, complètement dénués de subtilité. Ce qu’il était prévisible, cela en était décourageant. Pas étonnant qu’il ait servi de diversion, on l’entendait respirer des kilomètres à la ronde. « Je pense plutôt que la mauvais blague est que vous respirez encore. Mourir aux mains des gardes était trop difficile? » Avant que l’altercation ne s’envenime, l’Ombre la poussa devant elle, la forçant à avancer. Beaucoup de gardes se mettraient à leurs trousses, car, effectivement, le mercenaire avait réussi à trouver quelqu’un d’une valeur aussi grande que la sienne pour distraire les soldats.

Le trio se dirigea en direction de la forêt, alors qu’une dizaine de soldats se lançaient à leur poursuite. Et diantre! La cheville de l’assassin lui faisait de plus en plus mal, elle ne pourrait pas vraiment supporter la fuite. Elle endura la douleur pendant un moment, s’efforçant de penser à autre chose, mais bientôt, cela la rattrapa. De plus, elle était sous-alimentée depuis presque une semaine, elle manquait cruellement d’énergie. Après quelques minutes à courir dans la sylve, sa cheville ne put plus la supporter et elle s’effondra sur le sol, se retenant tant bien que mal avec ses mains. Fraghstoam vint aussitôt en son secours, lui mentionnant qu’elle devrait économiser sa cheville si elle ne voulait pas se faire amputer. « Comme si j’avais le luxe de me le permettre. Si j’économise ma cheville, je retourne là-bas et ils m’exécutent sur le champ. Alors je présume que tu devras faire de ton mieux pour que ça n’arrive pas. Et si je dois être amputée, je te préviens d’avance. Tue-moi. » Bien évidemment, Zackeriel se sentit obligé de passer un commentaire. Le mercenaire l’intima de se taire, ce qui évita à Sibylle de répondre à sa remarque. Les trois meurtriers se remirent en route, mais malgré toute l’aide que pouvait lui apporter le Maître des Potions, la cheville de l’assassin la faisait terriblement souffrir et l’empêchait d’avancer. Elle trébuchait sans cesse. Le bas de sa jambe enflait affreusement. Bientôt, cela serait irréversible. Foutus chasseurs de prime. Elle se vengerait, c’était certain.

Après quelques mètres où elle venait de trébucher à plusieurs reprises, Zackeriel demanda à Fraghstoam de le détacher affirmant qu’il pouvait régler ou améliorer la situation. Bien sûr, il parlait d’elle. Aussitôt, elle lui lança un regard noir. Qu’il essaie seulement de lui amputer la jambe, elle le tuerait à mains nues! Il expliqua ensuite qu’il pouvait essayer de la guérir. Et puis quoi d’autre? C’était probablement une diversion pour la tuer afin qu’elle cesse de les ralentir. Elle ne lui faisait pas confiance du tout. Alors que Sibylle intimait du regard à l’Ombre de ne pas le détacher, il se dirigea vers le blondinet et coupa ses liens. Instinctivement, elle porta ses mains à ses dagues à sa taille. Il n’allait certainement pas la prendre par surprise. Lui assurant qu’il voulait simplement la guérir et qu’il ne voulait pas mourir ici à cause de sa blessure, elle baissa quelque peu sa garde et le laissa observer sa cheville très mal en point. Quelques instants plus tard, une douce lueur blanche jaillit de ses mains et procura une sensation de chaleur dans la partie blessée de sa cheville. Aussitôt l’immense douleur diminua. Elle demeura présente, mais elle était beaucoup plus supportable. Vu l’état de fatigue dans lequel le guerrier était, il était évident qu’il ne pouvait guérir complètement la plaie. Toutefois, ce qu’il fit la soulagea grandement et lui éviterait probablement de devoir l’amputer. Les voix de leurs assaillants s’approchèrent de plus en plus. Ils ne pouvaient plus se permettre de rester sur place. Ravalant son orgueil – ce qui ne fut pas chose aisée – elle murmura un léger « merci » à son guérisseur puis se remit sur ses pieds.

Avec précaution, la Rose Noire posa son pied par terre et constata que la douleur était endurable. Aussitôt, elle suivit Fraghstoam qui les conduit dans la forêt vers ce qui semblait avoir été leur campement. Aussitôt, Zackeriel se dirigea vers les montures et entreprit de seller un étalon alors que le mercenaire lui demandait ce qu’il faisait. Bien entendu, il mettait les voiles, tout en répondant avec un summum de classe et en envoyant balader l’apothicaire. Sibylle roula des yeux de découragement. Elle se savait particulièrement orgueilleuse, mais le semi-elfe la surpassait grandement. Elle ignorait où il se dirigeait, mais il était évident que dans son état il ne s’y rendrait pas. « Bien sûr Zackeriel, jouez au lâche, nous ne vous retiendrons pas. » Elle se retourna vers Fraghstoam et haussa légèrement la voix pour s’assurer que le fuyard l’entendrait. « Laissons-le partir. Dans l’état où il est, il ne pourra même pas faire la moitié du chemin sans perdre connaissance. Et si d’autres gardes nous ont contournés, ils n’auront qu’à en finir avec lui. Ce ne sera pas difficile, puisqu’il sera inconscient. Quelle gloire de mourir ainsi, après avoir réussi à échapper à la justice toute sa vie. Zackeriel des Larmes Pourpres, tué alors qu’il était inconscient. » La rouquine promena son regard autour du campement. « Il faudrait plutôt réfléchir à un moyen de s’en débarrasser. Du moins ceux qui sont tout près. Pour les autres, on avisera. » Les voix s’approchaient de plus en plus. C’est alors que, sans prévenir, le Maître des Potions se dirigea vers celui qui voulait leur fausser compagnie.
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